La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- EEOT73! ME§> ET ME ESSUIES J&E/J&ET 31TM,
- S>©ÏÏÇM(3S2 L? MÏÊMJSTH3ÏÏE
- SOIXANTE-CINQUIEME ANNEE 1937 - DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C*, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- Le Gérant : G. MASSON. SUPPLÉMENT , AU No 3015 (15 DÉCEMBRE s 1937). “ j.;, ' ' Laval. — Impiumeiue Baenéoud. \ ' Published in France,
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- N° 30 *4
- LA NATURE
- 1" Juillet 1937
- LES RIVIÈRES AURIFÈRES DE FRANCE
- Parmi les métaux précieux, l’or est un de ceux qu’on rencontre le plus souvent, celui qui a la plus grande dispersion à l’état de traces. Il est distribué à la surface de la terre dans des roches appartenant à loutes les époques géologiques depuis le Précambrien jusqu’au Tertiaire.
- D’après Vernadsky, la croûte terrestre contiendrait i I d’or par l\o millions de I, ce qui donne 25 mgr par I. Élie de Beaumont a signalé l’or dans les laves et dans les émanations des volcans,
- Daubrée dans les basaltes des Puys, dans les granités du Plateau Central.
- On le trouve dans les liions de quartz traversant les roches métamorphiques qui sont le plus souvent des micaschistes et d e s gneiss. Il est donc naturel (pie les rivières qui couleni sur ces formations charrient des sables aurifères dus à la désagrégation de ces.. roches.
- C’est ce que nous pouvons vérifier, car toutes les rivières qui descendent des massifs cristallophylliens ou éruptifs des Vosges, du Plateau Central ou des Pyrénées ont toujours charrié et charrient encore de l’or.
- LES RIVIÈRES AURIFÈRES
- Le Rhin tient un des premiers rangs parmi les lleuves qui roulent des paillettes d’or avec leurs sables, c’est un de ceux où l’on en ramasse le plus, écrit Réaumur. Ce n’est pas, dit-il, qu’elles y soient plus abondantes et-plus grosses que dans quelques autres rivières du Royaume, mais « le Rhin tient à ce pays laborieux où l’on est attentif à profiter des productions minérales ». On orpaillait depuis Strasbourg jusqu’à Philippsbourg. Plus rares au delà, les paillettes d’or
- deviennent plus abondantes entre Port-Louis et Gemer-sheim dans le Palatinat.
- Nous tenons d’un vieil Alsacien, le Pr Bergmann, l’éminent chimiste de Strasbourg, que dans sa prime jeunesse c’était la distraction favorite d’un certain nombre de familles alsaciennes d’aller orpailler aux basses eaux sur les bancs de sable de la Robertsau. C’était là plaisir de jeunes et la curiosité l’emportait assurément sur le profit.
- Mais au siècle précédent, il y avait un certain nombre d’orpailleurs qui affermaient 2 lieues du cours du fleuve au « Magistrat » de Strasbourg, auquel ils devaient obligatoirement vendre l’or ramassé à 16 livres l’once. Ces ouvriers gagnaient communément, de 3o à [\o sols par jour.
- On le voit, l’or du Rhin n’est pas un mythe, encore qu’il ait donné naissance à des légendes. Haber et Ja-nicke ont calculé que le Rhin roule o mgr oo3 par t. Comme son débit est de 2.000m3 par s, c’est donc 200 kgr de métal qu’il entraîne par an et qu’il dépose au hasard de son cours.
- Le Doubs, — le vagabond, — ne passait plus pour être aurifère, encoi'e qu’en certains points de son parcours il ne soit facile de trouver des paillettes, notamment dans certains élargissements formant bassin. Cependant le nom de Chrysopolis donné à Besançon par les Grecs de Marseille paraît bien prouver que le Doubs donnait des sables payants. L’on possède d’ailleurs des titres qui prouvent que l’exploitation de l’or du Doubs a été affermée au Moyen Age.
- Les paysans qui, sur le Rhône, à sa traversée dans le pays de Gex, orpaillaient en hiver, gagnaient moins que ceux du Rhin, de 12 à 20 sols par jour. D’où venait cet or ici ? Assurément pas des massifs montagneux de la Suisse, car avec un bassin de décanta-
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- Fig. 2. — Le Rhône à Port-VEcluse (Photo Archives du Touring-Club de France).
- lion tel que le lac de Genève, où le grand fleuve s’épure, il y a peu de chance pour que les paillettes, si flottantes soient-elles, puissent en sortir, après un trajet de 70 km. C’est VArve qui apporte cet or au fleuve, car c’est à partir de l’embouchur^ de cet affluent seulement et sur 20 km environ que l’on
- trouve grains et paillettes du métal précieux. C’est dans le temps où les eaux sont basses, en hiver, que les paysans s’adonnaient à l’orpaillage, surtout peu après les périodes de débordements.
- Un autre torrent qui amène de l’or au Rhône, c’est le Fier, — « l’impérieuse petite rivière savoyarde », dont l’affluent le Chéran apporte une sérieuse contribution d’or alluvionnaire, car sur certains coudes de ce torrent savoyard, nous avons pu ramasser, après 1 h de lavage à la ballée, a35 mgr de grains d’or.
- La Cèze, petite rivière originaire des Cévennes, mais affluent très sérieux du Rhône en période d’orages, est une des plus riches en sables aurifères. On revoit périodiquement des orpailleurs sur ses bords. On en a vu pendant les jours sombres de la guerre et encore il y a quelques années. Les paillettes y sont parmi les plus grosses des rivières de France cl méritent le nom de pépites. On y voit parfois des orpailleurs timides, — fuyant si on les regarde avec trop d’insistance. Pourquoi ?... L’orpaillage est libre en France.
- Comme la Cèze et comme elle descendu des Cévennes, le Gardon est aussi riche en or. Nous y avons souvent vu des femmes orpaillanl et autour de i885 il y avait toujours des laveuses à la baltée en amont
- Fig. 3. — L’Arve il Bonneville.
- (Photo Archives du Touring-Club de France).
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- du Pont du Gard. Une analyse sur des sables prélevés au même endroit nous a donné, après un retrait des eaux, une teneur de près de 4 gr à la t.
- C’esl une autre rivière cévenole, VHérault, qui en « son soleilleux bassin » de Ganses, est riche en pail-lelles d’or et dont la richesse s’élend à d’importantes masses de sables des lcirasses encaissantes. De nombreuses analyses ont indiqué des teneurs de a à 3 gr sur des épaisseurs allant parfois jusqu’à a m.
- Mais la première place parmi les rivières aurifères de notre pays revient à celle qui a la plus grande renommée, à noire Aurigera, « la rivière porte-or », ÏAriège. Ses sables sont partout riches en or, en contenant jusqu’à 3 gr à la t, près de Foix, près de Pamiers, à Mircpoix, sables amenés par les nombreux affluents de l’Ariège, tous aurifères, la Beuze, le Scou-tex, la Mazère, le Tarol, le Ségalas, l’Àrize, le « tur-
- Fig. 4. — La Cèze à la Roque-sur-Cèze.
- (Cliché Paul Bernard, Bagnols-sur-Cèze).
- Fig. 5. — La Cèze à Bagnols-sur-Cèze.
- (Cliché Paul Bernard, Bagnols-sur-Cèze).
- l’industrielle Tray ère qui passe sous la concession du Châtelet, et dont un sous-aflluent, le minime Ardour, lave les micaschistes au milieu desquels se trouve la concession aurifère de Laurière, au nom évocateur, l’Orbiel — l’or vieil — qui coule près des concessions d’or de Villanière, de Salsigne et de Lastours...
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- Réaumur, observateur si précis, si consciencieux, avait déjà remarqué que l’or alluvionnaire est le plus pur de tous. Il a essayé l’or de toutes nos rivières. 11 avait trouvé que l’or de la Cèze était à 18 carats 8 grains, c’est-à-dire qu’avant d’avoir été affiné il contient près du i/4 de son poids en cuivi’e et en argent. L’or du Rhône ne contient que i/6 de ces métaux; il est à 20 carats. L’or du Rhin, plus pur, est à 21 carats i/4, — mais le plus pur de tous, c’est l’or de l’Ariège, qui est à 22 carats i/4.
- bulent » Salat surtout. Celui-ci a longtemps été le rendez-vous des orpailleurs de la région et c’est peut-être dans ce coin qu’on a vu le plus de paysans abandonner momentanément la culture pour se livrer au captage de l’or. Vers 1860, on rencontrait des orpailleurs vers Bonre-pos, P ra t et Lacave.
- Ausone assure que le Tarn, le Tar comme le nomment ses riverains, était aurifère : mais quelques analyses effectuées sur ses sables ne nous ont donné qu’une teneur infime et qui ne rendrait pas un orpaillage payant, — qui ne le rendrait même pas intéressant au simple point de vue curiosité.
- Signalons encore, enfin, la rapide Vézère qui emporte quelques paillettes des roches aurifères qui sont la source de l’or des mines de Gheni, de la Fagassière, de l’Auriéras... (*)
- 1. Voir La Nature, nos des 15 novembre et 1er décembre 1984.
- Fig. G. — Les bords du Gardon. (Photo Archives do Touring-Club de France).
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- Fig. 1. — L'Ariègc à Scix. (Photo Archives du Touring-Club
- L’ORPAILLAGE
- Comment se faisait l’orpaillage, c’est-à-dire la récolte de l’or P Nous possédons à ce sujet, un document explicite, d’une grande clarté, dans ces lignes de la Grande Encyclopédie de Diderot et d’Alemberl (1766) :
- « Quant à l’or qui se trouve dans les rivières, on « l’obtient en lavant le sable de leur lit. On choisit « pour cela les endroits 011 la rivière fait; des coudes, « où les eaux vont frapper avec violence et où il s’est « amassé du gros sable. Ceux qui s’occupent de ce tra-« vail se nomment orpailleurs. Ils commencent par « passer ce sable à la claie, afin de séparer les pierres les « plus grossières. On jette le sable avec l’eau sur des « morceaux de draps grossiers ou sur des peaux de <( mouton tendues sur une claie inclinée. Par là l’or, « qui est ordinairement en particules très fines, s’atta-« ehe avec le sable le plus fin aux poils du drap ou « de la peau de mouton, que l’on lave de nouveau « pour en séparer l’or et le sable. Pour achever ensuite « la séparation de l’or d’avec le sable auquel il est « joint, on en fait le lavage à la sébille, c’est-à-dire « dans une écuelle de bois dont le fond est garni de « rayures. O11 1 agite en tournoyant ; le sable qui est « plus léger s’en va par-dessus les bords de la sébille, « tandis que l’or reste au fond. » Au xixe siècle, on paraît avoir supprimé partout la cueillette de l’or sur drap ou sur peaux et on lave aujourd’hui encore, les sables directement à la sébille ou à la pelle, outil ayant la forme de la chistera des joueurs de pelote basque et qu’employaient les orpailleurs du Rhin.
- La sébille est devenue la bâtée, — ou battée, — (la balea des colonies espagnoles), — comme la claie est
- de France).
- devenue le grisley des appareils anglais pour le lavage des sables.
- Quel était le rendement de la sébille ou de la battée ? Les laveurs d’or les plus habiles de l’Amérique Centrale, les Indiens, arrivent à laver 5 m3 par jour, soit un maximum de 10 t. J’insiste : il y faut la plus grande habileté. Mais nos orpailleurs modernes n’ont jamais pu dépasser a m3 par jour. Or, 2 m3 ou 4 l à 1 gr donneraient 4 gr...
- Si nous en croyons un auteur anonyme de 1870, le rendement obtenu par les orpailleurs du Rhin était d’environ i kgr d’or pour 7 millions de kgr de sables ! C’est, en chiffres ronds, à raison de a m3 ou 4 t, un
- Fig. 8. — L’Anège à Aulus.
- (Photo Archives du Touring-Club de France).
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- rendement de 600 mgr par jour. Ce chiffre ne contredit pas celui donné par Haber. Si les eaux du Rhin entraînent o,oo3 en moyenne par t d’eau, il est normal que les sables du fleuve, dans les points de concentration, e n puissent contenir i5o mgr par t, voire davantage.
- Les femmes qui lavaient les sables du Gardon, en i885, nous assuraient en retirer près de •>, gr par jour. C’est aussi le maximum de ce qu’on peut retirer des sables de la Oèze.
- l'iy- 'J-
- Vn orpailleur sur la Gartempe. # #
- Pourquoi l’orpaillage, jadis si florissant, a-t-il été délaissé P 11 faut y voir tout d’abord l’effet de la baisse
- ===•:::• === 5 =
- constante du pouvoir d’achat de l’or qui a suivi la découverte de l’Amérique. Jusque-là, une quantité importante d’or était fournie par les alluvions des rivières de divers pays d’Europe..
- Une technique précise, méthodique, traditionnelle enfin, était employée depuis des millénaires. On circulait peu et les richesses, et la première de toutes, l’or, s’échangeaient sur place. Avec la multiplication des moyens de communication, l’or étranger vint prendre avantageusement la place de l’or indigène. L’orpaillage devait disparaître d’une part, — et d’au-Ire part la main-d’œuvre trouvait dans l’industrie une rémunération plus avantageuse pour un moindre effort.
- El citons les déceptions trop souvent éprouvées devant les changements de place des points riches ou encore la migration de l’or après une petite pluie...
- Les rivières ou ruisseaux qui roulent des paillettes d’or dans le royaume de France sont nombreux, écrit Réaumur, mais il vaudrait mieux l’emporter sur les autres pays par la quantité de la matière que par le nombre des endroits où on la trouve.
- Leon Laffitte.
- L'IGNITRON ET SES APPLICATIONS
- On désigne sous le nom d’ignitron un tube industriel à vapeur de mercure qui peut, suivant les cas, faire fonction de redresseur, de générateur de courant alternatif et de relais à grande intensité de courant. Nous allons étudier successivement son principe, ses réalisations et ses diverses applications.
- PRINCIPE DE L'IGNITRON
- Cet appareil résulte des recherches entreprises par divers ingénieurs (x) pour améliorer le fonctionnement des redresseurs à arc dans la vapeur de mercure, qui présentent divers défauts, dont le plus grave est le retour d’arc ou arc inverse. On a cherché à y obvier par l’emploi de grilles, d’écrans, par des dispositions spéciales de l’anode ou par des proportions convenables dans la forme des électrodes.
- L’arc inverse provient de la formation accidentelle d’un point cathodique sur l’anode, avec tension négative et courant inverse. L’anode, fonctionnant momentanément comme une cathode, collecte alors les ions positifs et il s’établit dans le redresseur une décharge auto-entretenue du type incandescent. Marshall a pu reproduire artificiellement l’arc inverse en bombardant l’électrode négative par des faisceaux de diverses radiations, produisant une ionisation, condition nécessaire et suffisante.
- Dans un redresseur ordinaire du type polyanodique,
- 1. L. R. Ludwig, A. Maxfield et A. H. Toepfer, An experimental ignitron rectifier. Electrical Engineer, janvier 1934, p. 73-78.
- l’arc inverse peut prendre naissance sous l’effet de l’une ou l’autre des trois causes suivantes :
- a) Dans la phase de non-conduction d’une anode donnée, il s’établit un courant continu inverse, provenant de la captation des ions diffusés dans la même enceinte par les anodes qui sont actives à ce moment.
- Fig. 1. — Coupe d’un ignitron à anode unique.
- A, allumeur ; D, valve électronique DKI 620 ; E, écran en acier ; G, anode en graphite ; K, cathode en mercure ; M, tubes de refroidissement en acier recouverts de molybdène ; P, tube de la pompe à vide ; R, circulation d’eau pour le refroidissement ; S, secteur ; U, utilisation ; V, paroi en verre ; T, tube en porcelaine isolant la tige d’anode.
- Echelle
- 10 cm.
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- 6
- Echelle
- ZZZZZZZZZZZZZ
- Fig. 2. — Coupe d’un ignitron polyphasé à f> anodes. Même légende que pour la figure 1. La construction est entièrement en acier.
- h) Au moment où le courant s’annule (point de transition), l’anode devient très fortement négative et un courant inverse de grande intensité s’amorce pendant un instant très court en raison de la forte densité d’ionisation de la région anodique à ce moment, ionisation créée par le courant normal avant le point de transition.
- c) À l’occasion, des conditions favorables s’établissent du fait d’une décharge incandescente auto-entretenue prenant naissance sur l’anode négative formant cathode. Un courant inverse élevé peut ainsi se maintenir pendant longtemps.
- Ainsi la probabilité d’établissement d’un courant inverse est liée à l’ionisation et à la densité de vapeur de mercure dans l’enceinte. On a donc cherché à éviter la décharge auto-enlretenue en phase de non-conduction en maintenant la densité de vapeur et les dimensions des redresseurs en dessous d’une limite
- telle que la tension
- Fig. 3. — Fonctionnement du convertisseur statique à ignitron.
- A, B, tubes à ignitron ; C, condensateur ; E, tension continue appliquée ; R, résistance d’utilisation ; I, inductance d’équilibrage ;
- Tr, transformateur.
- D
- —vAAAAAAAAA/—
- toOOTQQOm
- Tr
- §
- Bi
- g
- T.
- moyenne ne suffise pas à maintenir la décharge. La densité du gaz doit être assez faible pour que les ions résiduels se dis-sipent rapidement par diffusion. On arrive à diminuer la diffusion continue du courant inverse en coiffant l’anode négative d’écrans et de grilles et aussi en l’éloignant des autres arcs, sources d’ionisation.
- Ces constatations ont conduit à l’augmentation des dimensions des redresseurs polyanodiques,
- en vue de créer pour l’arc un passage tortueux ; à l’interposition de grilles et d’écrans, portés à une tension de valeur et de sens convenables pour interdire le passage des particules électriques ionisantes qui tendent à amorcer la décharge ; au refroidissement par circulation d’eau et à tous autres procédés évitant l’emploi d’un arc unique à basse chute de tension dont le rendement est mauvais.
- Mais la modification essentielle consiste à enfermer chacune des phases dans une enceinte propre. Pendant la période de non-conduction, l’anode, même négative, ne peut se transformer en cathode parce que l’enceinte est entièrement désionisée.
- Il faut cependant prévoir un moyen de réamorçage de l’arc au moment où la phase redevient conductrice. Ce rôle est assumé par un petit brûleur de garde, intermittent, à courant alternatif, et non permanenl à courant continu, sans quoi l’ionisation persisterait dans l’enceinte.
- La désionisation rapide de l’espace gazeux entre les électrodes est assurée par un refroidissement convenable.
- On a appelé ignitrons les redresseurs munis de ces perfeclionnemen fs, en raison de l’allumeur séparé (igniter) qu’ils comportent. Nous décrirons ci - dessous deux modèles d’ignitrons, un petit modèle à une anode pour courant monophasé et un grand modèle à six anodes pour courant hcxaphasé.
- IGNITRON MONOPHASÉ
- Il est représenté en coupe sur la ligure i. Son anode en graphite, placée à 5 cm au-dessus de la nappe de mercure formant cathode, est isolée de la plaque de scellement par un manchon en porcelaine. L’étanchéité à la jonction du manchon et de la cuve est assurée par des joints en caoutchouc. L’ensemble du redresseur est assemblé par écrous.
- Ce redresseur monophasé, établi pour alimenter un moteur à courant continu avec 3oo v et 5o A, peut fonctionner sans refroidissement artificiel, un refroidissement naturel par la cathode et la plaque supérieure assurant la condensation de la vapeur de mercure. Divers allumages en retour se produisent par les gouttes de mercure projetées de la cathode ou tombant de l’anode sur la cathode au cours du refroidissement.
- Un autre type d’ignitron, proposé par D. Silver-mann, comporte un condensateur en parallèle sur le redresseur. Ce condensateur, dont la capacité est telle qu’il se charge en /joo microsecondes à un potentiel supérieur à ioo v sous l’effet du courant circulant à travers la réactance en série, évite que la tension négative ne soit appliquée trop brusquement à l’anode.
- Fig. 4. — Courbe de la tension anode-cathode du convertisseur à ignitron en fonction du temps.
- E, période d’extinction de l’arc.
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- Le refroidissement a une importance primordiale. Si la température s’élève de i8° à 3o°, la fréquence des arcs inverses s’accroît beaucoup. On vérifie au stroboscope que la décharge apparaît dans les périodes de non-conduction. Mais à température plus basse, ce défaut ne se reproduit plus.
- Le bain de mercure formant cathode est également refroidi par circulation d’eau au moyen de tuyaux en fer extérieurement recouverts de molybdène. Ces tuyaux ne plongent qu’à moitié dans le mercure.
- L’allumeur est un cristal de carborundum qu’on amène en contact à la fois avec le bain de mercure et les tuyaux. L’arc s’allume alors spontanément. L’allumeur est entièrement surmonté par une cloche en verre.
- La calhode est contenue dans un bac en acier. Les parois latérales, également en acier et non plus en verre, peuvent également être refroidies par circulation d’eau.
- L’anode creuse, en fer, isolée des parois par un scellement de verre avec deux pièces de passage en « kovar », remplace l’anode en graphite.
- Cet ignilron, dont la chute de tension d’arc est légèrement inférieure à io v, peut alimenter normalement un moteur à courant continu de 5o A sous bon v pendant 20 h sans que survienne un arc inverse. La pression de vapeur de mercure est de a microns.
- IGNITRON POLYPHASÉ
- Cet appareil, représenté sur la figure 2, comporte six unités semblables à l’ignilron de la figure 1, mais en fièrement en enveloppes d’acier. Les canaux de circulation d’eau ont des collecteurs communs. L’igni-tron, qui développe une puissance de 86 kw (325 À sous 2()5 v en courant continu) ne mesure que a5 cm de hauteur sur /|0 cm de diamètre.
- L’arc, qui éclate sur l’allumeur au début de chaque cycle, tend à se fixer sur la couche de molybdène des tuyaux de refroidissement.
- Les cathodes sont interconnectées et le niveau du mercure est équilibré entre les diverses coupelles.
- L’amorçage de l’arc nécessite un courant de 10 A sous une tension légèrement supérieure à 4o v. Le temps d’application de celle tension 11’est que de 3 pour 100 de la période, ce qui correspond à un angle de phase de io°. Le courant moyen dans l’allumeur est ainsi inférieur à 0,1 A cl la puissance d'amorçage négligeable.
- CONVERTISSEUR A IGNITRON POUR LA PRODUCTION DU COURANT ALTERNATIF A PARTIR DU COURANT CONTINU
- C’est, en somme, le problème inverse de celui du redressement. Des études intéressantes ont été faites à ce sujet aux États-Unis (]).
- La production du courant alternatif peut être obtenue à partir du courant continu au moyen, soit d’un tube à vapeur de mercure à grille, soit d’un ignilron.
- 1. C. F. Wagner et L. R. Î.udwig, The Ignilron, type of inver-1er. Electrical Engineer, octobre 11)34.
- ........ il,,,:,:,:::,:,: ,, 7 =
- Le schéma d’un convertisseur monophasé à charge non inductive est représenté sur la figure 3. On désigne par E la tension continue constante ; par A et B les phases rendues alternativement conductrices par le fonctionnement du dispositif de contrôle. La fréquence du courant alternatif engendré est déterminée par celle de la tension de contrôle.
- Le processus est alors le suivant. Le tube A étant supposé conducteur, le condensateur C est chargé à la tension 2E, l’armature de droite étant positive. Lorsque le tube B devient conducteur, le condensateur se décharge à travers les deux tubes et le courant dans le tube A décroît jusqu’à zéro (circuit ouvert). La tension anode-cathode est ainsi égale à la tension du condensateur, diminuée de la chute de tension de l’arc dans le tube B.
- Lorsque l’armature de gauche du condensateur est à un potentiel inférieur à celle de droite, l’anode devient négative par rapport à la cathode.
- Le condensateur tend à se charger en sens contraire et la tension anode-cathode croît d’une valeur négative à une valeur positive comme l’indique la courbe de la figure 4-Plus la capacité est faible, plus la tension anode-cathode croît rapidement. Lorsque le tube A est conducteur, la décharge du condensateur eu sens contraire éteint l’arc dans le tube B. De sorte que les tubes A et B conduisent alternativement le courant. En passant par le transformateur, le courant ondulé donne naissance, dans le secondaire, à un courant alternatif qui se referme par la résistance de charge.
- Cette application exige qu’aussilôt après l’annulation du courant le tube supporte une tension largement égale au double de la tension continue et auparavant, pendant un court intervalle de temps, une tension approximativement égale au double de la tension continue. Plus la capacité est faible, plus court est le temps d’établissement de cette tension positive.
- La charge de la force contre-électromotrice est représentée sur la figure 5 sous la forme d’un, moteur à courant continu sans collecteur. A la vérité, le convertisseur ignilron joue ici le rôle de collecteur, ou, plus exactement, de commutatrice. Le moteur proprement dit est un alternateur synchrone ordinaire ou un moteur synchrone avec enroulements amortisseurs.
- Le montage du primaire est en étoile hexapliasée, celui du secondaire, en étoile triangle. Les forces
- 1 f6G66(
- Fig. îj. — Schéma d’un moteur sans collecteur" réalisé au moyen d’un ignilron hexaphasé et d’un moteur synchrone.
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- Fig. (i. •— Fonctionnement du convertisseur hexaphasé à ignitron.
- a, tension entre le neutre du transformateur et les cathodes ;
- b, courants anodiques ; c, tension cathode-anode sur le tube I.
- conlre-électromotrices positives sont c,, e2, e3, les négatives e4, e5, e6. La figure fi représente les valeurs instantanées de ces tensions et de la tension continue, dans l’hypothèse où l’inductance d’équilibrage I est assez forte pour que le courant continu dans ce circuit puisse être considéré comme constant.
- Le tube i étant conducteur et le tube a allumé, pour que i1 décroisse et i2 croisse, il est nécessaire qu’en valeur instantanée c, >- e2. Le point d’allumage du tube 2 doit donc tomber au moment où = e2. Il faut également que la commutation soit complète avant que e1 <C e2.
- Si l’allumage est avancé, la durée de la commutation diminue et le facteur de puissance devient plus mauvais. On réalise les conditions idéales si q atteint zéro juste avant que e1 n’égale e2.
- Le processus de la commutation est un court-circuit entre les bornes i et 2. Après la fin de-la commutation il s’annule et i2 croît jusqu’à la valeur que possédait i1 avant la commutation. Le courant dans le tube 2 conserve une valeur constante tandis que le tube 3 devient conducteur et ainsi de suite.
- Gomme on a supposé le courant constant dans le circuit continu, les tensions eu, e2 ... dans les transformateurs sont égales aux forces électromotrices engendrées correspondantes, pendant le temps où il n’y a qu’un seul tube conducteur.
- Dans les périodes de commutation, les tensions du transformateur sur les deux tubes étant commutées sont égales à la moyenne des deux tensions engendrées correspondantes. Le trait fort de la figure 6 représente la tension du réseau produisant la force contre-électromotrice à la tension appliquée. La
- valeur moyenne est égale à la tension appliquée et les variations instantanées sont absorbées par l’induc-lance d’équilibrage.
- La commutation impose que la tension anode-cathode devienne négative sitôt après l’annulation du courant anodique. La tension anode-cathode a la forme des tensions du transformateur e^, e2t, .... Dans le lube 1, pendant la période conductrice, la tension est égale à la chute de tension dans l’arc, c’est-à-dire pratiquement négligeable. Supposons nulles les impédances du transformateur. Tant que le tube 1 est seul conducteur, sa tension anode-cathode est égale à la tension du transformateur du tube moins eu, et, si le tube 2 est conducteur, la tension anode-cathode du lube i devient :
- ru — e-M = —
- Lorsque deux tubes adjacents sont conducteurs, les tensions des transformateurs des phases non couplées avec ces deux-là sont nulles. Si les tubes 2 et 3 sont conducteurs e2i — e3t, et, comme les transformateurs ont une impédance nulle, les potentiels des points 1 et 2 du triangle sont égaux : eu =0. Le potentiel anode-cathode du tube 1 est égal àe2, = 1/2 (e2 + e3).
- Une considération analogue montre que si les tubes f> et 6 seuls sont conducteurs, la tension anode-cathode du tube 1 est égale à 1/2 (e5 + e0). Du couplage entre phases, il résulte que la tension anode-cathode du tube 1, pendant que les tubes 3 et 4 sont seuls conducteurs, est égale à 2est — e3 + e4. On l’a ainsi représentée en c sur la figure 6. L’amplitude de la pointe négative et la forme de la courbe de tension anodique varient avec l’angle d’allumage, la charge, la réactance d’équilibrage, les transformateurs et autres caractéristiques.
- Aucun arc inverse ne doit se produire tandis que l’anode est à la tension négative de commutation. On ne doit pas avancer l’allumage lorsque la tension positive est appliquée. Le facteur de puissance est d’autant plus grand que l’intervalle de temps est plus court entre le moment où le courant s’annule et celui où la tension positive peut être appliquée.
- Fig. 7. — Schéma d’un circuit, utilisant Vignitron po'.r la soudure par point.
- A, ignitron ; B, tube électronique de commande ; C, autotransformateur ; D, commutateur ; E, machine à souder ;
- P, pièces à souder.
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- UTILISATION PRATIQUE DES CONVERTISSEURS
- On dislingue pratiquement trois phases par cycle complet de fonctionnement :
- i° Phase conductrice. — Le courant atteint rapidement son amplitude maximum. Le bon fonctionne-menl du convertisseur dépend de la précision de l’amorçage et du temps qui s’écoule entre l’extinction de l’arc et le départ de la conduction. Le temps de la commutation ne doit pas déborder sur la période de fonctionnement normal. Cette condition est de moindre importance pour les redresseurs ;
- Phase de rectification. — Le courant s’annulant au moment de la commutation, on n’observe pas sur l’ignitron le phénomène de surcommulalion qui se produit sur les machines. 11 n’y a ni balai, ni collecteur et point n’est besoin de régler à une valeur déterminée la force éleclromotrice de commutation. L’arc inverse, dont la probabilité subsiste, ne produit pas de court-circuit et le courant inverse s’annule rapidement ;
- 3° Phase de commande positive. — Au cours de celle phase, la plus longue, il peut y avoir formation anticipée d’un arc par avance à l’allumage. Les paramètres sont la valeur de pointe du courant et la façon dont la tension positive est appliquée à l’anode.
- Ou peut utiliser comme convertisseurs divers redresseurs à gaz, par exemple des tubes à grille de contrôle électrostatique entre anode et cathode. La tension de grille négative provoque la formation sur l’électrode d’une gaine d’ions positifs. Cette « charge d’espace » prévient l’amorçage d’un arc, tant que la grille reste négative. Ces tubes à grille et cathode incandescente sont construits pour des courants faibles et de petites puissances. Pour les puissances élevées, on préfère les tubes à cathode froide de mercure, avec une construction spéciale des électrodes pour prévenir l’arc inverse et l’allumage anticipé.
- EMPLOI DU CONVERTISSEUR IGNITRON
- Lorsqu’un courant de quelques ampères traverse le tube, il se forme pendant quelques millièmes de seconde un arc avec cathode sur le mercure. Pendant la phase de rectification, l’ignitron peut résister à une tension négative sur l’anode, malgré la proximité des deux électrodes, parce qu’il n’y a aucune source d’ionisation. Mais la densité de la vapeur de mercure doit être assez basse pour que les ions résiduels de la phase conductrice soient neutralisés peu après l’annulation du courant.
- 11 y a entre l’ignitron et les tubes à grilles une différence essentielle. Dans les tubes à grille, la cathode incandescente est toujours en puissance d’émission et la grille doit éviter l’amorçage du courant. Avec l’igni-Iron, la cathode est normalement non émetlrice et l’allumeur a pour effet d’amorcer la conduction en l’absence d’aucune région cathodique.
- L’avantage essentiel de l’ignitron est la suppression de la grille dans l’enceinte du tube. L’allumeur n’empêche pas la propagation de l’arc, à l’encontre de la grille, et il n’ajoute guère que 2 v à la chute de tension de l’arc. En outre, le contrôle par grille est une source de perturbation lorsque les conditions d’entretien de l’arc deviennent difficiles.
- L’ignitron peut cependant bénéficier du contrôle par grille. On place un tube de relais à grille à l’extérieur de l’ignitron entre l’anode et l'allumeur, qui ne consomme qu’une fraction d’ampère. Celle disposition supprime rallumage anticipé. En effet, la durée de « désionisation » dans l’ignitron atteint parfois quelques centaines de microsecondes après annulation du courant avant qu’une tension positive considérable soit appliquée à l’anode. Même après que le tube a été blo-
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- Schéma d’un circuit utilisant l’ignitron pour la soudure en ligne.
- Fig. 8.
- A, ignitron ; B, tubes de commande ; C, aimant permanent ; D, disque « timer » muni de pointes ; E, réducteur de vitesse ; F, moteur synchrone ; G, réactance ; Iî, potentiomètre pour le réglage du chauffage ; I, potentiomètre pour le réglage de l’équilibrage ; J, K, transformateurs de grille ; L, shunt ;
- M, instrument de mesure indiquant la composante continue ;
- N, relais de commande ; P, pièces à souder ; Q, commutateur.
- que par la grille, on ne peut garantir qu’une anode ne se formera pas accidentellement sur cette grille en détruisant le blocage. Or, ce retour d’amorçage sur la grille causerait l’allumage anticipé du convertisseur.
- Dans l’ignitron, il ne peut se former de charge d’espace que dans la région cathodique et non sur la grille. Comme cette gaine est très mince, la « perte de point cathodique » ne demande que quelques microsecondes au lieu de quelques centaines de microsecondes.
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- APPLICATIONS DE L'IGNITRON
- L’intérêt de l’ignitron résulte de ses petites dimensions et de ses faibles perles. Voici, par exemple, les résultats expérimentaux obtenus dans le fonctionnement de deux ignitrons en convertisseur monophasé. La charge est constituée par un alternateur synchrone triphasé de 100 kvA à 180 p : s, avec amortisseurs. Deux des bornes sont connectées aux enroulements à 3o2 v de deux transformateurs de 5o kvA. Les enroulements à 4/jo et 880 v sont connectés à travers les ignitrons et l'inductance compensatrice au circuit à a5o v courant continu. Les courants de court-circuit sont limités par une résistance de o ohm 25 placée en série dans le circuit d’alimentation. La commande des ignitrons est assurée par un changeur de phase relié aux trois bornes de la machine, le secondaire du changeur étant alimenté par un transformateur de pointe. La tension est appliquée dans les cieruits d’allumage par un tube de décharge à grille.
- La puissance en courant continu (:î5o v, i/jo A, soit 35 kw) est convertie par les deux ignitrons en courant alternatif à 180 p : s. O11 peut obtenir un fonctionnement pendant roo h consécutives sans perturbation. La température de l’eau de refroidissement varie de 35° à 4o°. La chute de tension de l’arc est beaucoup plus faible que celle d’un convertisseur normal. On peuI réaliser un fonctionnement analogue en hexa-phasé.
- L’ignitron, qui permet d’obtenir des courants instantanés de très forte intensité, est souvent utilisé pour la soudure électrique, soit par points, soit par ligne U).
- La ligure 7 montre le schéma général du montage pour la soudure par points, qui utilise deux ignitrons. Ces deux tubes sont montés en dérivation l’un sur l’autre, la cathode de l’un étant reliée à l’anode de l’autre, le tout étant placé en série avec l’autotransfor-maleur de soudure aux bornes du secteur. Chaque igni-tron est contrôlé par un tube électronique à grille, qui règle son allumage. La a machine à souder » est constituée par un transformateur dont le secondaire est une spire unique, aboutissant à deux charbons entre lesquels éclate l’arc sur les pièces à souder. Le réglage du courant est opéré par commutateur à plots.
- Sur la ligure 8, on a représenté le schéma du dispositif pour la soudure en ligne. On y retrouve les mêmes éléments que dans le schéma précédent, mais, en outre, des éléments supplémentaires pour le déclen-
- 1. J. W. Dawson, New Development in ignitron Welding Contact. Electrieal Engineers, décembre 1930.
- chôment de l’arc en temps voulu. C’est le dispositif connu sous le nom de « limer » ou « limiiuj ». La pièce la plus originale en est un disque à pointes entraîné par moteur synchrone par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse. Ce disque en alliage d’aluminium (iig. y) porte 120 trous également espacés à sa périphérie. Certains de ces trous sont munis de pointes en acier, associées, par exemple, par groupes de 4, comme le montre la ligure. Ces pointes défilent dans l’entrefer de l’aimant permanent C en produisant dans ses bobines une tension inductive qui commande par triode l’allumage de l’ignitron.
- La forme de l’onde du coulant, de soudure est représentée sur la figure. 10 pour un facteur de puissance de o,85. L’onde du courant de fusion (B) est déphasée par rapport à celle de la tension de ligne A. Lorsqu’il y a un certain retard à l’allumage, les boucles de courant sont celles figurées en C.
- On commande à la fois l’amplitude du courant et la durée de la soudure au moyen d’un système de tubes électroniques. A la fréquence de 60 p : s, fréquence industrielle normale aux États-Unis, 011 détermine la soudure avec une approximation supérieure à o,5 p : s. Pour un rapport convenable des enroulements, le transformateur de soudure peut donner un courant instantané de 7.000 A et même plus. L’intérêt du procédé est qu’il ne comporte aucun contacteur sur courant fort, toutes les commandes s’effectuant par tubes électroniques.
- Temps
- Forme des ondes du courant de soudure.
- A, onde de tension de ligne ; B, onde de courant de fusion non différée ; C, ondes de courant de fusion avec divers retards d’allumage.
- L’ensemble du dispositif de soudure, comportant deux ignitrons dans des tubes d’acier et une pompe à vide, est renfermé dans un panneau mesurant 62 cm x g3 cm.
- En résumé, on constate que grâce à ses perfectionnements qui lui confèrent un régime d’une grande souplesse, l’ignitron, commandé par des tubes électroniques à grille, se prête à de nombreuses applications industrielles mettant en jeu des puissances et des courants élevés. La création de l’ignitron marque un nouveau progrès des tubes à gaz ionisé qui, un jour ou l’autre, révolutionneront toute la technique électrique industrielle.
- Michel Adam.
- Fig. 9. — Disque muni de pointes, commandant les grilles. P, pointes ; E, évidements.
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- LES ACIERS A L'ALUMINIUM
- Dès son apparition sur le marché industriel, vers 1890, les remarquables propriétés réductrices de l’aluminium le tirent employer pour désoxyder et calmer l’acier fondu lors de sa coulée et avant sa solidification dans les lingotières. Ce résultat est obtenu par des additions d’aluminium de l’ordre de quelques centaines de grammes par tonne d’acier, ces additions étant soit de l’aluminium pur, soit du silico-aluminium à 45 pour 100 de silice obtenu directement à partir de la bauxite, soit du calco-aluminium ou calloy composé d’aluminium et de 10 à i5 pour 100 de calcium.
- Mais l’aluminium peut jouer, en sidérurgie, un autre rôle que celui de désoxydant, de réducteur, et on a constaté que des additions beaucoup plus importantes, pouvant atteindre 10 à i5 pour 100 dans certains cas, donnent avec le fer, en association avec quelques autres constituants, des aciers nouveaux présentant des propriétés extrêmement intéressantes, offrant de nouvelles possibilités en sidérurgie.
- Pour des teneurs de o à 34 pour 100 d’aluminium, le fer et ce métal forment une solution solide homogène dont les propriétés physiques varient suivant la teneur en aluminium.
- La densité diminue naturellement, mais moins que ne le donnerait la règle des mélanges.
- Le coefficient de dilatation change notablement au-dessus de 5oo° et surtout pour des alliages contenant plus de 12 pour 100 d’aluminium.
- La chaleur spécifique augmente légèrement avec la teneur en aluminium, passant de 0,1 x pour o,83 centièmes d’aluminium à 0,12 pour 15,5 centièmes.
- La conductibilité thermique passe de o,i5 pour 11,18 centièmes d’aluminium à 0,024 pour 16,6 centièmes. Elle diminue donc, dans cet intervalle, quand la proportion d’aluminium augmente.
- La résistivité électrique à froid croît proportionnellement à la teneur en aluminium. Au-dessus de 6oo°, la variation de résistance en fonction de la température est très faible.
- Les propriétés magnétiques des aciers au nickel, renfermant très peu de carbone et de 8 à 20 pour 100 d’aluminium, sont particulièrement intéressantes pour la confection des aimants permanents ; ils ont une bonne induction rémanente et un champ coercitif très élevé, aussi les emploie-t-on depuis 1982 pour confectionner des aimants plus légers et d’un plus long usage.
- Enfin les aciers à l’aluminium ont une résistance remarquable à l’attaque par les métaux fondus et à la corrosion, particulièrement à l’oxydation.
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- Les propriétés générales que nous venons d’énumérer ont été rapidement mises à profit en sidérurgie. Bien que l’aluminium ajouté à la fonte ait déjà donné des résultats intéressants, ce sont les aciers qui ont attiré plus particulièrement l’attention des industriels métallurgistes. Nous allons examiner rapidement quelques-uns des nouveaux alliages obtenus, d’après une étude de J. Bally parue dans la Revue de VAluminium.
- La propriété remarquable de l’aluminium de se diffuser à chaud dans certains métaux et particulièrement dans le fer fut très rapidement appliquée pour améliorer la résistance des aciers à l’oxydation.
- Au début, on chercha seulement à réaliser une protection superficielle, par la formation d’un alliage fer-aluminium à la surface de l’acier. La calorisation, l'aluminiage sont les procédés les plus connus. Actuellement, on tend à substituer à la pellicule protectrice la passivation du métal lui-
- rnème, obtenue par addition d’aluminium de l’ordre de 5 pour 100, ainsi que, dans certains cas, de chrome et de silicium. En effet, la composition doit être différente suivant les conditions d’utilisation de l’acier.
- Si l’on recherche, par exemple, surtout la résistance aux actions chimiques aux températures élevées, on pourra utiliser les alliages fer alloy (i4 pour 100 d’aluminium), duralloy d'Ugine (acier au chrome-aluminium), RAC-44 de Commentry-Fourchambault (chrome, 3o pour 100; aluminium, 5 pour 100; fer et divers, G5 pour 100), kanthal (suédois) (chrome, 3o pour 100; cobalt, 2,5 pour 100; aluminium, 3,5 pour 100), sicromal (allemand) et pyral (d’Im-phy) renfermant des proportions variables de chrome, silicium, aluminium.
- Si c’est la résistance mécanique maxima qui est principalement importante, alliée à une résistance chimique améliorée, on s’adresse à des aciers chrome-molybdène-aluminium (chromisco d’Escaut et Meuse, aciers PM d’Ugine).
- Enfin si l’on veut les deux qualités simultanément : résistance mécanique et résistance chimique, on emploie un des aciers spéciaux d’ïmphy, renfermant outre le nickel, le chrome et l’aluminium, des additions de titane et de vanadium.
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- L’aluminium a permis également la nitruration des aciers qui tend de plus en plus à se substituer à la cémentation au carbone suivie de trempe.
- La possibilité de supprimer la trempe, et par suite les déformations des pièces et leur rectification ultérieure, l’obtention d’une dureté superficielle notablement plus élevée et se conservant, dans un plus grand domaine de température, enlin la netteté, et la propreté des pièces 11e nécessitant pas d’opération de linissage sont les avantages principaux de la intimation.
- Ces avantages, dans les cas d’aciers ordinaires, sont peu importants, l’accroissement de dureté, par exemple, étant assez léger, et d’autre part, la nitruration, pénétrant en profondeur, augmente la fragilité.
- Mais si 011 utilise au contraire des aciers spéciaux, en particulier des aciers chrome-aluminium-molybdène, la proportion d’aluminium étant en moyenne de 1 pour 100, celle de molybdène de o,3 à o,5 pour 100, le durcissement superficiel est considérable, l’action de l’azote limitée à une couche de faible épaisseur, et très progressive, de sorte que la couche durcie, qui peut atteindre 0,2 à o,3 mm est solidement liée au noyau. La fonte nitrurée, de plus en plus utilisée dans le chemisage intérieur des moteurs à explosion ou à combustion, est également une fonte spéciale où interviennent essentiellement le chrome et l’aluminium. La dureté Brinell de ces fontes atteint cinq fois celle de la fonte ordinaire.
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- L’emploi des alliages d’aluminium pour confectionner des résistances électriques de chauffage tend à se généraliser de plus en plus. En plus de la protection contre l’oxydation à chaud, l’addition de chrome et d’aluminium augmente la résistivité. L’augmentation est rapide lorsque la teneur en chrome croît jusqu’à io-i5 pour 100, puis elle est plus lente et vers 20-26 pour 100 la résistivité devient constante. Par l’aluminium, l’accroissement de résistivité est notable pour des teneurs de o à 12 pour 100. A litre
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- d’exemple, nous donnons la composition de l’alliage RCA-44 des aciéries d’Imphy (ancien RNC-44) :
- Chrome................... 3o pour xoo
- Aluminium................ 5 —
- Fer et divers............ 65 —
- Cet alliage résiste à l’oxydation jusque vers i.3oo° et son coefficient de température est très faible.
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- Mais l'application la plus intéressante des aciers à l'aluminium est la confection des aimants permanents (pii, depuis 2 ou 3 ans, se développe très rapidement. Les aciers nickel-aluminium ont en effet des propriétés précieuses : ils résistent très bien à la chaleur. Tandis qu’un acier au cobalt, à partir de 2oo°, présente une baisse considérable de l’intensité d’aimantation, passant par exemple de io.ooo gauss à la température ambiante, à 6.000 gauss à 4oo°, à cette température, les aciers nickel-aluminium 11e sont pas encore influencés, et il faut arriver à 65o° pour passer par exemple de 10.000 à 8.000 gauss. Il en est de même pour la force coercitive qui se maintient sensiblement constante dans cet intervalle de température, tandis qu’elle diminue de moitié pour des aciers au cobalt.
- L’influence des chocs qui provoque la désaimantation est pratiquement nulle sur les aciers nickel-aluminium qui par contre sont mécaniquement fragiles.
- Les nouveaux aciers à l’aluminium ont provoqué une véritable révolution dans la forme et les dimensions des aimants permanents. Au lieu de chercher, comme dans les aciers à faible force coercitive, à avoir un coefficient de désaimantation faible, par l’adoption d’un rapport longueur/section assez élevé (4 à 8 en général), dans les aciers à l'aluminium à très forte coercivité, le coefficient de désaimantation peut être plus grand et le rapport longueur/section du barreau très faible (i/3 à 1).
- La possibilité d’une grande concentration magnétique a permis de réduire le poids et le volume des aimants. Dans une même application, on est passé successivement de 800 gr avec les anciennes fontes spéciales, à 3oo gr poulies aciers au tungstène, 100 gr pour les aciers au cobalt, et 60 gr seulement pour les aciers nickel-aluminium.
- Actuellement, les aimants permanents se trouvent réduits à un noyau de petite dimension, bloc parallélépipédique complété par des armatures en fer doux. Une particularité curieuse et que présentent seuls les aciers nickel-alu-minium est la possibilité de localiser les pôles dans la masse elle-même, supprimant ainsi les branches polaires distinctes dont la multiplicité peut être une complication pour les petites pièces.
- ^ " UN POULAILLER
- En France, en Belgique, en Angleterre, en Suisse et en Pologne, les établissements avicoles dans lesquels 011 élève un ou deux milliers de Faverolles ou d’Or-pingtons, de Leghorns ou de Wyandottes ne se comptent plus. Mais c’est surtout en Amérique qu’on a industrialisé, sur une vaste échelle, cette branche très intéressante de la zootechnie. En Californie, par exemple, il existe un couvoir de 3oo.ooo œufs environ à Pelura. Récemment, on a même construit, en plein cœur de Chicago (Illinois), un poulailler « gratte-
- Toules ces applications reposent sur un brevet délivré en xq32 à un Japonais, Tokushiehi Mishima, concernant « un acier fortement magnétique contenant du fer comme constituant principal avec addition de 5 à 4o pour 100 de nickel et de 1 à 20 pour 100 d’aluminium ». On peut ainsi « obtenir économiquement des aciers magnétiques ayant une force coercitive extrêmement élevée et un fort magnétisme rémanent, qui n’ont pas besoin d’être trempés et qui conservent ces propriétés d’une façon permanente sans être influencés par les changements de température et les chocs magnétiques ».
- Les applications du nouvel acier magnétique sont extrêmement nombreuses, depuis les magnétos d’allumage jusqu’aux appareils de mesures électriques; il tend même dans certains cas à se substituer aux électro-aimants, supprimant ainsi la sujétion de l’emploi d’une source électrique auxiliaire. Citons les pendules électriques, les écouteurs de téléphonie, les plateaux magnétiques de machines-outils.
- Cette dernière application montre d’une façon très frappante l’énergie magnétique spécifique élevée de ces nouveaux aciers. De 12.000 à i3.ooo ergs par centimètre cube pour les aciers au tungstène, elle passe à 38.000 ergs pour les aciers au cobalt et à 60.000 ergs pour les aciers nickel-aluminium.
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- Enfin, on peut réaliser par frittage des alliages magnétiques comprenant du fer, du nickel, de l’aluminium et éventuellement du cobalt. Le frittage consiste à agglomérer des matières pulvérulentes soit par compression, soit par chauffage, sans qu’il y ait fusion, soit par les deux actions simultanées, de façon à obtenir des pseudo-alliages dont la préparation par les procédés usuels serait impossible ou trop délicate.
- On peut ainsi obtenir des alliages magnétiques de grande rigidité sans fragilité, facilement usinables et qui peuvent être amenés à l’état de sections très minces. Les produits ainsi obtenus se caractérisent par une stabilité très grande au vieillissement, une facilité remarquable d’usinage après la trempe et une souplesse particulière en ce qui concerne les caractéristiques magnétiques.
- Cette brève revue des principales applications de l’aluminium ajouté au fer et aux aciers montre combien son champ d’utilisation est vaste et l’on est fondé à espérer que ce métal, si abondapt à la surface du globe et particulièrement en France, pourra trouver des emplois nouveaux cl des débouchés dans un grand nombre d’industries.
- II. Vigneron.
- « GRATTE-CIEL »
- ciel » à six étages. Cet immeuble urbain, qui ressemble extérieurement aux ateliers d’une firme industrielle ou aux bureaux d’une société commerciale (fîg. 1) abrite en réalité une troupe colossale de 23.000 poules. Son édification, à proximité immédiate des lieux de vente, réduit les frais de transport et diminue les risques de casse des œufs, sans compter que les consommateurs peuvent, en outre, acheter ceux-ci très peu de temps après leur ponte et par conséquent les avoir très frais.
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- Comme pensionnaires, on ne rencontre guère, dans cet original établissement, que certaines variétés de Legliorn, dont les sélectionneurs américains ont fait d’excellentes « machines à pondre », pour employer leur langage imagé. Chacune de ces poules donne en moyenne 180 œufs par an. Elles sont rustiques et précoces, les poussins vigoureux s’élèvent vite et bien en parquets, les coquelets batailleurs se différencient nettement de leurs compagnes après quelques semaines et manifestent l’instinct génésique dès l'Age de a ou \ mois tandis que les poulettes commencent à
- distribution des repas aux animaux, les garçons peuvent donc nettoyer aisément ces sous-planchers de cage.
- Dans d’autres halls plus spacieux, on voit des rangées de parquets à 3 étages superposés (fig. 3), servant de logements, soit à des couples reproducteurs, soit à des coqs étalons, soit aux nombreuses poules pondeuses. Devant chacun des casiers où vivent ces dernières, une boîte fixée au-dessous de la mangeoire individuelle relient l’œuf [tondu, qui y tombe par suite de l’incli-
- Fig. 1. — l'ne extérieure du poulailler gratte-ciel de Chicago. (Rial s-U nia).
- vers le début du cinquième mois.
- Toutes les volailles sont parquées selon leur Age, dans des salles différentes. Au sortir des incubateurs à siphon, on met les jeunes poussins petites « éleveuses-balleries » (lig. a), ces boxes, grillagé sur toutes ses une centaine la grille aux
- thermo-dans de Chacun de faces, abrite de jeunes volatiles. Au-dessous de mailles très serrées, qui tient lieu de plancher, règne une sorte de tapis roulant, qui recueille les résidus tombés des mangeoires ainsi que les excréments. Chaque tablier métallique sans fin s’enroule sur une bobine, fixée extérieurement aux montants des épinettes. Lors de la
- Fig. 2. — Une des batteries d’éleveuses pour poussins.
- Fig. 3. — Un des parquets pour poules pondeuses.
- naison du sol grillagé de la cage et d’où on peut le retirer sans peine. En outre, afin de stimuler la ponte, de fortes lampes électriques, installées au-dessus des étagères d’élevage, restent allumées i3 heures par jour. Enfin, des batteries de radiateurs chauffent l’atmosphère des salles dont des appareils automatiques contrôlent la température ainsi que le degré d’humidité. L’influence de l’hiver se trouve si bien éliminée par
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- tous ces moyens, qu’on constate très peu de variations saisonnièi'es dans la production des œufs.
- Naturellement, les techniciens de cette « ferme citadine )) exercent une surveillance de tous les instants sur leur troupeau avicole. Ils relèvent avec soin les tableaux de ponte a lin d’éliminer les sujets défectueux, ils donnent des rations savamment dosées à leurs poussins, à leurs coqs et surtout à leurs poules pour réaliser d’incomparables types d’ « egg-machines ». Ils observent les lois de l'hygiène vétérinaire la plus stricte
- pour préserver leur établissement des maladies, qui désolaient les basses-cours d’autrefois. Leurs volailles ne connaissent plus les déchéances du rachitisme, grâce aux vitamines, à l’huile de foie de morue ou à certains produits irradiés, qu’on mêle à leurs pâtées quotidiennes. Aussi, toutes ces mesures scientifiques, intelligemment appliquées, permettent au poulailler « gratte-ciel », encore unique au monde, de fournir chaque année, 4 millions 1/2 d’œufs frais aux habitants de Chicago. Jacques Boyer.
- MOSCOU PORT DE MER
- Le ior mai a été inauguré le canal Volga-Moskowa. Dès le a3 mars, droit au Nord de Moscou, on avait achevé le barrage de la Volga et ses eaux bloquées par les boucliers de fer aussitôt abaissés, débordaient, couvrant 027 km2 naguère habités ou cultivés. Le canal s’est rempli, faisant de Moscou le porl ccnlral du réseau fluvial de la Russie d’Europe.
- RÉSEAU FLUVIAL
- Comment pourrait prospérer et même vivre cet immense pays toujours menacé par la famine si les moyens de transport faisaient défaut ? Le blé peut pourrir en Ukraine alors que la disette menace les régions du Nord.
- Fig. 1. — Moscou, port de cinq mers : Mer Noire, Mer Caspienne, Mer d’Azof, Mer Blanche, Mer Baltique.
- OCt=GLACIAI^
- BLANCHE
- FINLANDE
- Leningrai
- foscou
- POLOGNE
- MERV=
- CASPIENNE
- ROUMANIE
- tanuhe
- Canal I/oIga Don en construct? wi‘
- Marinski existant...ddb
- ,, Moscou l/olga........mr
- „ Mer Blanche existant.
- MER=NOlRE:
- Echelle
- 1000k
- Et cette immensité délerminc le climat continental de EU. IL S. S. que la neige (‘ouvre en hiver, que le soleil brûle en élé. Nulle brise1 marine ne vienl rafraîchir les steppes torrides et comme le terrain esl très plat, l’irrigation est difficile ; pour celle raison, une bonne partie des Ierres fertiles restent inutilisables pour la culture.
- L’avenir du pays dépend des facilités de transport des matières premières et des produits de consomma-lion autant que de la fertilisation des terres sèches.
- Le gouvernement soviétique, soucieux également de pousser l’industrialisation du pays, a placé sur le même plan la production de force motrice. Les barrages établis sur les cours d’eau fournissent de l’énergie tout en permettant l’amélioration, de la navigation el le développement de l’irrigation.
- Le programme paraîtrait même fort ambitieux s’jl n’était à la veille d’être réalisé. Le réseau des voies fluviales doit couvrir toute la Russie d’Europe et relier chacun de ses ‘ points aux mers qui la bornent :
- Au Nord : Mer Baltique, Mer Blanche ; au Midi, Mer Caspienne, Mer d’Azov, Mer Noire.
- Si l’on tient compte de la Sibérie, la longueur des voies qui pourraient être navigables atteindrait 410.000 km pour les artères principales : Volga, Dvina, Dniéper, Ob, Irtych, Léna, Angara, Amour.
- En 1913, la longueur des voies fluviales aménagées ne dépassait pas 3o.ooo km, tandis qu’elle atteinl actuellement 110.000 km.
- Le fameux barrage du Dniéper, noyant les rapides et relevant le niveau des eaux, a permis aux navires de la Mer Noire de pénétrer au centre de l’Ouest russe.
- En 1933, le canal Baltique-Mer Blanche n’a pas eu pour seul résultat de relier ces deux mers, mais il les a réunies au système Marinski qui va rejoindre la Volga et par elle la Mer Caspienne.
- La Volga s’approche à moins de 100 km du Don et le canal qui doit les réunir est depuis longtemps en construction. Ce canal sera la porte ouverte vers la Mer Noire et la Méditerranée au bassin de la Caspienne et au système Marinski, desservant avec la Volga et ses affluents les trois quarts de la Russie d’Europe,
- Car la Volga forme le tronc de ce réseau fluvial se ramifiant de tous côtés.
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- Les touristes qui l’ont descendue sur le trajet habituel de Gorki (Nijni-Novgorod) à Stalingrad (Tzarit-zine), du pont de leurs confortables bateaux de ioo m de longueur, ont admiré cet immense cours d’eau de i, 2 et même 4 km de largeur. Ils se sont étonnés parfois des inutiles zigzags de leurs gro's bateaux, caïds ne savaient pas que, malgré leur faible lirant d’eau, 3 m, ces bateaux devaient se glisser entre des bancs s’élevant à i m de la surface.
- Et si l’on remonte au-dessus vers Kalinine (Tver) la Volga, bien plus étroite, devient inaccessible pour ces bateaux.
- On construit actuellement trois digues qui relèveront le niveau de la Volga, la rendant navigable pour des navires de 4 m 5 de tirant d’eau. Les centrales construites sur ces barrages fourniront annuellement /|0 milliards de kw/h et l’eau détournée du Meuve arrosera 4dh>0.000 lia.
- RAISON D'ÊTRE DU CANAL VOLGA-MOSKOWA
- (des! à cet ensemble que le canal Volga-Moskowa relie la capitale, qui deviendra le port ('entrai des cinq mers baignant l’Union Soviétique au Nord et au Midi.
- Moscou n’en était pas complètement isolée ; des barques pouvaient déjà cheminer de Moscou jusqu’à Léningrad en faisant un long crochet par Gorki ; mais le (-anal raccourcit ce chemin de i.too km. Il donne passage à des bateaux de 18.000 1, et de 4 ru 5 de tirant l’eau. Sa grande largeur, 85 m 5, permet de réaliser des vitesses commerciales de 20 km à l’heure, tandis que le canal de Kiel n’autorise'que G km.
- Il peut assurer dans chaque sens un traiic de i5 millions de tonnes.
- Du Nord descendent les bois, les matériaux de construction se croisant avec le blé de l’Ukraine, la houille du Donetz, le poisson et le sel de la Caspienne.
- Le traiic des voyageurs a commencé le ier mai, jour de l’inauguration ; on a vu dans le port fluvial de Moscou les bateaux destinés au service des passagers dans le canal : 12 bateaux de i5o à 300 places.
- De plus, cet ouvrage présente pour Moscou une signification particulière. La capitale est mal approvisionnée d’eau ; elle a des puits artésiens ; des canalisations lui apportent l’eau de sources, mais c’est la Moskovva qui lui fournit le principal ; les eaux en sont traitées dans de vastes bassins d’épuration.
- Or, la Moskovva ne peut suflire.
- A Moscou, je m’étais rendu compte en 1982 de la gravité du problème. On avait, fait un grand effort, posé dans l’année xbo km de conduites, faisant passer de 60 à 128 1 la quantité d’eau disponible journellement par tête.
- Cependant, 3o pour 100 des immeubles seulement étaient alimentés. Hors du centre de la ville on voyait les ménagères, avec leurs seaux, faire la queue près des fontaines. Lorsqu’il faisait chaud, la pression baissait, dans les conduites ; aux étages supérieurs des immeubles, les locataires ouvraient vainement leurs robinets, dont il ne sortait que de vagues bruits.
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- Le canal appelle la Volga à la rescousse et en déverse une bonne part dans la Moskovva ; on compte pouvoir débiter jusqu’à (ioo 1 quotidiennement par habitant.
- Grande est la dépense d’énergie pour assurer un tel débit et cependant, au point de vue énergétique, le canal rendra de bons services. Les stations centrales de Moscou brûlent de la tourbe, du charbon de Toula. Avec l’accroissement de la population, passée de 2 millions
- Fig. 2. — Carte du canal Volga-Moskowa.
- d’habilants en 1926 à 3.700.000 actuellement, avec les multiples usines, la consommation d’énergie devient très importante, mais aussi très irrégulière. Il faut donc chauffer inutilement des chaudières pour satisfaire aux pointes ; il faudrait même construire d’autres centrales dont la puissance serait commandée non par la consommation moyenne, mais par la consommation maxima.
- Le canal évite cet inconvénient en servant d’accumulateur d’énergie. Les centrales hydro-électriques de ses barrages remplissent des lacs lorsque Moscou 11e dépense guère de force et lumière ; puis, lors des
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- Fig. 3. — Le barrage qui élève les eaux de la Volga ; l'entrée du canal.
- pointes, les centrales des barrages et des lacs s’unissent pour satisfaire aux besoins de la ville.
- LE CANAL
- 11 s’ouvre du Nord au Sud entre la Volga et la Mos-kowa, au point où leur distance est sensiblement la plus courte. 11 passe auprès de la ville de Dmitrov et les fouilles ont montré que cette ville possédait autrefois 'un port ; elle était donc jointe à la Volga par un cours d’eau que l’on pouvait reconstituer.
- Le canal devait traverser la ligne de partage des (>aux entre le bassin de la Haute-Volga et celui de la 'Moskowa et de l’Oka. Une colline de 4o à 6o mètres les séparait.
- Aussi le canal devait s’élever vers son milieu à iGa m au-dessus du niveau de la mer, c’est-à-dire à i55 m au-dessus du'niveau de la Volga, qui cote 107 m auprès de la ville de Kimry.
- C’est de là que part le canal ; une digue de terre et
- Fig. 4. — Le canal Moscou-Volga.
- L’écluse géante de Chtou-Rino, près de Moscou.
- (Photo France-Presse).
- de pierre coince la Volga contre un barrage de béton armé de 216 m de longueur et 22 m de haut.
- Nous avons indiqué déjà que la fermeture des boucliers du barrage avait déterminé l’inondation d’une cuvette de 327 km2 et contenant 1.120 millions de m;! d’eau. On lui a donné le nom de Mer de Moscou.
- Là se trouvait la vieille ville de Kortcheva, des villages, des kolkhozes. Les maisons ont été reconstruites plus loin et des terres nouvelles ont été données aux paysans.
- Auprès du barrage, la station centrale hydro-électrique développe 29.000 kw. Le canal, profond de 5 m 5o, large de 85 m 5, peut recevoir des navires de 4 m 5 de tirant d’eau. Sa longueur atteint 128 km, mais à plusieurs endroits il coupe cinq lacs occupant une longueur de 19 km 5 sur les 128 km du parcours total.
- Grâce à six écluses il atteint vers son milieu, à Ilccha, la cote 162 m, c’est-à-dire 55 m au-dessus de la Volga d’aval, 38 m au-dessus du bief d’amont.
- A partir du village d’ikclia, il i’este au môme niveau jusqu’à Klebnikovo. De là, trois écluses le font descendre de 3o m ; la dixième écluse l’amène au niveau de la Moskowa, 6 m plus bas.
- Mais ce niveau même est relevé par rapport à l’ancien niveau de la Moskowa, car une onzième écluse barre la rivière, formant un vaste lac au Sud-Est de Moscou.
- Collines, rivières, routes, chemins de fer, tels étaient les obstacles ; 200 travaux d’art permirent de les surmonter. Travaux d’art dans les deux sens de ce mol, car ces constructions répondent à un but technique déterminé et d’autre part chacune d’entre elles présente un caractère particulier, un cachet original.
- Parmi les plus importantes, on peut décompter :
- 11 écluses énumérées déjà ;
- 11 barrages isolant notamment les lacs, leur servant de déversoirs ;
- 8 centrales électriques ;
- 19 ponts de chemin de fer ;
- 2 tunnels ;
- 5 stations de pompage.
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- Fig. 5. — Le barrage de Karamychevo, près de Moscou. (Photo France-Presse).
- Les stations de pompage permettent d’abord de remplir les divers biefs du canal ; le premier seul après le barrage sur la Volga peut s’alimenter directement.
- De plus, comme nous l’avons signalé, les pompes doivent déverser dans la Moskowa une partie de la Volga pour les besoins de Moscou. Aussi les pompes sont-elles extrêmement puissantes, chacune d’entre elles débite 20 m3 à la seconde.
- Un des vastes lacs retient i/jo millions de m3, c’est-à-dire la quantité d’eau suffisante pour alimenter Moscou pendant 1 mois, en cas d’arrêt du pompage. Un canal particulier de 3i km le joindra à la banlieue de la capitale, où l’eau s’engouffrera dans des conduits souterraines.
- Gomme il a été déjà noté, le pompage ne fonctionnera qu’aux moments où les réseaux électriques municipaux sont peu chargés tandis que, lors des pointes, toutes les stations hydro-électriques travailleront pour les réseaux.
- [Jn port est créé en face de Dmilrov, tandis que Moscou possède deux ports.
- Auprès de Khimki se trouve le port du Nord, avec une gare centrale à deux étages, revêtus de granit, marbre et diorite, flanquée d’une tour ; à ses deux extrémités deux larges coupes reçoivent un jet d'eau. La coupe du Nord est soutenue par des ours blancs, celle du Midi par des dauphins de la Mer Noire.
- Au Sud de Moscou, un lac forme gare d’eau.
- Naturellement, ces stations sont munies du matériel le plus moderne, grues, engins de manutention puissants et divers.
- CONSTRUCTION
- En septembre iq33 sont arrivés les premiers ouvriers. Les travaux n’ont duré que 3 ans 1/2.
- On a dû remuer iÙ2 millions de m3 de terre, utiliser 295.000 m3 de béton préparé sur place par i5 usines et des centaines de bétonnières.
- Les transports ont été assurés par 161 locomotives, 22.5 tracteurs, 3.o5o camions. Dans les chantiers tournaient 5.o5o moteurs et travaillaient 5o.ooo ouvriers.
- Les excavateurs, les pelles mécaniques ont cédé la place, lorsqu’il était possible, aux jets d’eau désagrégeant, emportant les terres.
- Le coût total atteint en chiffres ronds 2 milliards de roubles.
- Les travaux ont été préparés avec soin ; pour les premières études, les avions ont photographié une surface de 5.000 km2.
- A Dmilrov était installée une station expérimentale ; elle a pratiqué un millier d’essais sur 80 modèles diffé-rents de pompes, avant de proposer l’appareil adopté.
- Fig. 6. — Une écluse dans la Moskowa, à Perewa. (Photo France-Presse).
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- Fig. 7. — Un pont en construction sur le canal, non loin du bassin de Kliasma (Photo France-Presse).
- taules. Je citerai cependant ce guerrier (rouvé sur son cheval debout dans la terre. Revêtu de son armure et de sa cotte de mailles, il avait dû s’enliser dans la bouc des marais.
- D’ailleurs, des marécages insalubres subsistaient encore, mais la construction du canal a permis l'assèchement et l’allribulion à la culture de terres incultes.
- En résumé, celle réalisation fournil à Moscou l’eau dont elle a besoin, régularise son économie énergétique, et fait de celte capitale le port central du réseau fluvial de l’U. R. S. S. aboutissant aux cinq mers qui la bordent.
- Le réseau fluvial, pris dans son entier, permettra de fertiliser le sol et bientôt de mettre en communication les points importants du territoire soviétique avec tous les ports de départ vers les autres pays. En temps de paix, ce sera une facilité et une cause de développement pour les échanges commerciaux. La création en Russie d’un gigantesque réseau de voies navigables, accessible dans ses grandes artères à des bâtiments de grands tonnages, constitue un fait économique de la plus haute importance ; non seulement pour l’U. R. S. S. elle-même, mais pour toute l’Europe. On ne peut en mesurer dès maintenant toutes les conséquences ; mais celles-ci se feront sentir dans un avenir sans doute assez proche. En cas de guerre, des bâtiments légers pourraient même être transportés par cette voie d’une mer à l’autre, de la Mer Noire à la Mer Baltique, grâce au nouveau canal Moscou-Volga.
- C’est donc un très grand progrès dans la pénétration de l’immense terre russe, si mal desservie jusqu’ici.
- On ne fabriquait pas en U. R. S. S. des pompes aussi puissantes.
- Tout le matériel utilisé a été usiné dans LU. R. S. S., qui s’est piquée de n’utiliser que les ressources du pays et de réaliser le canal le plus beau du monde.
- Le coté artistique n’a pas été délaissé ; des tourelles se dressent çà et là, le canal même est orné parfois de bas-reliefs, comme celui qui ligure « La lutte pour le drapeau ».
- Ce bas-relief illustre les efforts d’émulation des diverses équipes, rivalisant entre elles pour obtenir la plus forte production.
- L’équipc victorieuse délient le drapeau rouge. Ainsi Normandie lutte pour le ruban bleu.
- Les ouvriers eux-mêmes ont célébré les fastes du canal dans un volume de vers ; ils éditaient aussi des journaux et notamment la revue intitulée « A l’assaut du canal ».
- Les travaux ont été suivis par des savants qui surveillaient les fouilles ; mais dans ce pays où le bois a formé jusqu’ici le matériau principal, les découvertes archéologiques ne sont pas très impor-
- Jules Cotte.
- Fig. 8. — Le pont du chemin de fer sur le canal à Khimlca. (Photo France-Presse).
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- DU NOUVEAU SUR LE SINANTHROPE
- La Nature a signale (ier octobre 1980) les découvertes d'ossements sensationnels près du village de Chou-koulicn, au Sud-Ouest de Pékin. Deux molaires y fuient trouvées en 1921 par les Drs Andersson et Zdansky, puis une troisième en 1927 par le Dr Davidson Black, qui l’attribua à un Hominien d’un genre nouveau : Sinanthropus sinensis. En 1928, le Dr W. C. Pci retira du même endroit des fragments de crâne, deux fragments de mandibules et de nouvelles dents isolées. L’année suivante, il exhuma une calotte crânienne bien conservée qui s’apparente singulièrement à celle du célèbre Pithécanthrope de Java. Depuis, le gisement n’a cessé d’être exploré méthodiquement et il a encore fourni deux calottes crâniennes, un moulage intracrânien, des mandibules, etc. Tout récemment, on signalait trois nouveaux crânes, un douzième fragment de mandibule, etc. Choukou-tien est donc un remar-q u a b 1 e rassemblement d'ossements céphaliques de Sinanthrope. Wcidcn-l'eich estime sa « population » déjà connue à io enfants, 2 adolescents et 12 adultes. Mais les os des autres parties du corps sont très rares.
- En 1981, le D1' Pei signala la découverte de restes de foyers et de nombreuses pierres travaillées parmi les couches fossilifères. Le Père Tcil-hard de Chardin les étudia et les montra à M. l’abbé Brcuil, professeur au Collège de France, qui confirma le fait dans L’Anthropologie. La Nature du i5 mai 1982 a résumé son élude.
- Depuis, toutes ces trouvailles n’ont cessé d’agiter le monde des préhistoriens.
- Certains ont vu dans le Sinanthrope un maillon de la chaîne réunissant l’homme aux singes et ils ont tracé un arbre généalogique : Sinanthrope cl Pithécanthrope, Néanderthalien, Homme. D’autres ont situé en Asie l’origine des races humaines en rapprochant Sinanthrope et Pithécanthrope du Javanthrope et de l’domo soloensis.
- La connaissance du feu et de l’industrie lilhique par le Sinanthrope pose d’autres problèmes troublants : faudrait-il reculer les preuves de civilisation jusqu’aux pré-hommes ?
- Enfin, les géologues ne sont pas d’accord sur l’âge
- des anfractuosités fossilifères de Choukoulien, que certains considèrent comme récentes et qu’il est très difficile de dater exactement, en l'absence de concordances connues entre la stratigraphie chinoise et l’européenne, au Quaternaire.
- Le dernier numéro de L’Anthropologie apporte bien du nouveau sur ces questions.
- D’une part, le P. Teilhard de Chardin, revenant des Indes et de Java, fait le bilan des connaissances de paléontologie humaine dans l’Asie méridionale (') et il cite des trouvailles toutes récentes de restes d’hommes dans les couches à Pithécanthrope de Java et
- celles à Sinanthrope de Pékin. A Java, dans les couches de Trinil, on vient de trouver deux dents humaines, de petits éclats et de petits grattoirs. Dans les grottes de la Chine méridionale, les couches à Hyslrix correspondant aux couches à Sinanthrope du Nord ont fourni plusieurs dents que von Kœnigswald considère comme humaines. Si ces découvertes sont confirmées, la question se posera de savoir à qui attribuer les traces de civilisation. Le Sinanthrope; fut-il le chasseur ou Je gibier ?
- Le même numéro de L’Anthropologie début e
- par une élude d’ensemble du Sinanthrope due au Pr Marcellin Boule (2). Ce sont les pages extraites de la troisième édition en préparation de son livre classique : Les hommes fossiles O, qui constituent la mise au point et la synthèse de tous les faits aujourd’hui connus sur celle difficile question.
- Au moment, où l’on vient de fêler à l’Institut de paléontologie humaine le jubilé scientifique de son directeur et fondateur, nous sommes heureux de donner ici la parole au maître lui-même et de reproduire le -chapitre qu’il vient de consacrer à sa discussion des faits.
- B u Mi Miiuui.
- 1. L’Anthropologie, t. XLV11, 1937, p. 23.
- 2. L’Anthropologie, t. XLV1I, 1937, p. 1.
- 3. M. Boule. Les hommes fossiles, 2e édition, Masson et. O, Paris.
- Fig. 1. — M. le Pr Marcellin Boule.
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- LE SINANTHROPE
- NOUVELLE DISCUSSION DES FAITS
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- Ln considérant comme démontrée l’élroite parenté des deux êtres fossiles que nous venons d’étudier, et à la lumière des nouvelles données morphologiques fournies par celui de Pékin, il convient de reprendre la discussion sur la place à attribuer au Pithécanthrope et au Sinanthrope dans la hiérarchie des grands Primates.
- Morphologiquement, il n’y a pas le moindre doute. Sinanthrope confirme et complète la démonstration qu’il s’agit de créatures intermédiaires entre le groupe des Singes anthropomorphes et le groupe des Hominiens. Mais si l’on veut préciser et chercher à établir des rapports phylogéniques, tout devient beaucoup plus difficile. J’avoue que maintenant, je suis loin d’avoir, pour l’hypothèse de la convergence exposée plus haut (x) et qu’on a, d’ailleurs, souvent mal comprise, la même prédilection qu’aulrefois.
- C’est que, en plus du grand volume cérébral, il y a vraiment, dans le développement de la région frontale du cerveau, dans certaines dispositions de la base du crâne, de la mandibule, du système dentaire du Sinanthrope, un ensemble de caractères concomitants qui, sans réaliser complètement le type morphologique humain, s’en rapprochent singulièrement. De sorte qu’on doit se demander si l’on peut encore parler d’un simple phénomène de convergence, comme je l’avais supposé à propos du Pithécanthrope, ou bien s’il y a lieu d’admettre des relations plus étroites, une parenté plus directe.
- Quelques anthropologistes avaient déjà proclamé la nature humaine du Pithécanthrope. Plus nombreux sont ceux qui, à la suile de Black, ont rangé le Sinanthrope dans les Hominiens, dont il serait le membre le plus inférieur, inférieur même à Y Homo neander-thalensis qui pourrait être son descendant direct. Pithécanthrope et Sinanthrope seraient ainsi de vrais ancêtres du genre Homo, de véritables Préhominiens.
- Celle conclusion, tirée des seules éludes anatomiques, est d’autant plus admissible qu’elle s’accorde fort bien avec l’idée générale qu’on peut se faire des processus morphologiques par lesquels a pu ou dû s’effectuer le passage d’un stade généralisé de Singe anthropomorphe à un stade humain primitif.
- La découverte, à divers niveaux du gisement de Choukoulicn, de foyers cinériliques impliquant l’usage du feu cl. contenant une industrie lithique cl, osseuse, a confirmé celte opinion dans la pensée de scs protagonistes et de ses défenseurs qui n’ont pas hésité à attribuer au Sinanthrope ces témoignages d’une activité vraiment humaine.
- Les produits de cette industrie, sur lesquels je ne
- I. Voir Boule (M.). Les hommes fossiles, 2° édit., p. J07-110.
- saurais m’étendre ici, d’abord décrits par Teilhard et Pei (Q, ont été étudiés sur place par l’abbé fireuil (2), qui a confirmé les vues de ses confrères, en les appuyant de sa haute compétence en archéologie préhistorique. Voici comment il s’exprime :
- « Le Sinanihropus a fait du feu et en quantité, il a eu un outillage osseux et il a travaillé la pierre, au même titre que les Paléolithiques occidentaux. Malgré son crâne si proche du Pithécanthrope, ce n’était pas seulement un Hominien, mais il avait un esprit ingénieux capable d’inventer et des mains assez habiles cl maîtresses de leurs doigls pour façonner des outils cl des armes. »
- Teilhard et Pei sont moins péremptoires, dans une forme plus heureuse : « Tous les”ïails positifs jusqu’ici constatés », disent-ils, « tendent à nous donner la conviction que Sinanihropus est l’IIominidé qui allumait le feu et taillait les pierres dans la caverne de Chou-koulien ».
- Évidemment, si le Sinanthrope a su fabriquer des instruments, s’il a été un faber, la question est tranchée en faveur de sa nature humaine. Mais le fait est-il démontré ? Il est permis d’en discuter.
- On peut d’abord remarquer que, pour donner au Sinanthrope un statut humain, les anatomistes s’appuient, sur les archéologues et les archéologues sur les anatomistes. Il faut dissocier les deux points de vue.
- Les circonstances de gisement et la nature, toujours la même, des débris osseux du Sinanthrope, rappellent plutôt ce qu’on constate dans un dépôt purement géologique de Mammifères fossiles que la manière dont se présentent les découvertes de squelettes humains.
- Comment s’expliquer l’absence complète de tous os longs et cette sorte de sélection des parties osseuses appartenant toujours à la tête et où prédominent, les mandibules P Après une longue discussion de ce phénomène, Weidenreich a cru pouvoir affirmer que ces parties sélectionnées ne sont pas arrivées dans la caverne par des moyens naturels, mais qu’elles ont dû y être apportées par des chasseurs qui se seraient attaqués principalement aux jeunes individus et auraient choisi de préférence, comme dépouilles ou comme trophées, des têtes ou des parties de têtes. Cette explication, en soi, est fort admissible. Mais il s’agit de. désigner le chasseur. Pour Weidenreich, celui-ci a été le Sinanthrope lui-même, c’est-à-dire un cannibale, le premier des cannibales !
- A celte hypothèse, aussi fantaisiste qu’ingénieuse,
- 1. Teilhard de Chardin (P.) et Pei (W. C.). The lithic industry of the Sinanthropus deposits in Choukoutien. Bull, of the Geol. Soc. of China, XI, n° 4, 1932. Avec de nombreuses figures.
- 2. Breuil (IL). Le feu et l’industrie lithique et osseuse à Choukoutien. Ibid., XI, n° 2, 1931). Voir aussi une communication plus récente dans L’Anthropologie, 1933, p. 740.
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- je me permets de préférer celle-ci, qui me paraît aussi satisfaisante tout en étant plus simple et plus conforme à l’ensemble de nos connaissances : le chasseur était un Homme véritable, dont on a retrouvé l’industrie lilhique (J) et qui faisait sa victime du Sinanthrope !
- A cela on objectera, naturellement, que si un tel Homme, contemporain de nos Chelléens, avait vécu à Choukoutien, il aurait dû y laisser tout ou partie tic son squelette. Je répondrai : « Pas nécessairement ». En Europe occidentale, où grottes et cavernes à fort remplissage sont si nombreuses et si riches en produits de l’industrie humaine paléolithique, la proportion des gisements ayant fourni les crânes ou les squelettes des fabricants de cette industrie est infime. On peut dire que l’absence de débris osseux humains est la règle et leur présence l’exception. Veut-on un exemple ? Dans la grotte du Prince, à Grimaldi, fouillée soigneusement et avec l’espoir, précisément, d’y trouver des squelettes comme ceux des grottes voisines, on n’a pu déceler le moindre débris humain dans les 4.000 ni3 de son remplissage où abondaient ossements d’animaux et pierres travaillées. Pourquoi n’en serait-il pas de même à Choukoutien P Est-il permis d’ailleurs d’affirmer, objectivement, que les morceaux de clavicule, d’humérus, de radius et le naviculaire, ont appartenu au Sinanthrope, puisque rien ne permet de les distinguer des mêmes os humains P
- Pour ces diverses raisons, il me paraît téméraire de considérer le Sinanthrope comme le monarque de Choukoutien, alors qu’il ne nous apparaît, dans son gisement, que sous les aspects d’un vulgaire gibier, au même titre que tant d’animaux qui l’y accompagnent.
- 11 n’en est pas moins évident que, tant par le volume de leur cerveau que par ce que nous savons de la structure anatomique de leur tête osseuse, le Sinanthrope et son frère le Pithécanthrope s’intercalent, dans la série des Primates supérieurs, entre les grands Singes antlii’opomorphes et les Hominiens. Je crois qu’il est permis aujourd’hui d’aller plus loin et de préférer l’hypothèse de relations génétiques directes à celle des ressemblances par convergence que j’ai cru devoir présenter autrefois. Nous serions ainsi en présence d’êtres fort supérieurs à tous les Anthropomorphes actuels, se rapprochant, par cela même, des Hominiens dont ils n’ont pourtant pas encore acquis tous les caractères anatomiques et intellectuels.
- Le difficile est ici, comme dans tant d’autres problèmes paléontologiques, de savoir à quel moment une forme intermédiaire doit sortir de la catégorie des ascendants pour entrer dans celle des descendants. Comment établir les limites de séparation P Nous savons que le caractère principal des Hominiens, celui
- 1. Il importe de remarquer que cette industrie n’est pas primitive, puisque M. Breuil lui-même reconnaît que a Beaucoup de (ses) traits ne se rencontrent chez nous qu’avec le Paléolithique supérieur ». Cette observation ne serait pas de nature à augmenter le crédit de la « typologie » en matière chronologique. Avec un être comme le Sinanthrope, en effet, c’est une industrie éolithique qu’on devrait trouver et non de vrais burins, de vrais grattoirs, et autres outils « parfois d’un beau travail ».
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- qui commande toute son architecture céphalique, est le grand développement du cerveau, siège des facultés intellectuelles. A cet égard, le nouveau petit groupe que nous éludions est exactement intermédiaire, puisque son volume cérébral moyen est de i.ooo cm3, supérieur de /joo cm3 au volume maximum des Anthropoïdes acluels, qui est de Coo cm3, inférieur de la même quantité à la moyenne humaine actuelle qui est de i./joo cm3.
- La solution plus prudente et la plus commode, sinon la meilleure, en présence de cet écart légal entre les tenants et les aboutissants de ces formes biologiques nouvelles, est de créer, pour désigner celles-ci, un terme nouveau et d’ailleurs fatalement provisoire. Celui de Préhominiens, déjà employé, me paraît résumer le mieux le statut zoologique du petit groupe que nous venons d’étudier.
- Ce terme de Préhominiens, je l’adopte surtout pour la raison suivante. Les découvertes effectuées depuis peu, tant en Australie qu’à Java et en Afrique, nous mettent en présence de crânes humains aux caractères primitifs et parfois assez voisins des crânes de Pithécanthrope et de Sinanthrope pour qu’on puisse les considérer comme représentant des êtres encore voisins de nos Préhominiens, mais ressemblant aussi beaucoup aux types archaïques de Néanderlhal parmi les fossiles et au type des Australiens parmi les vivants. Les faits nouveaux auxquels je fais allusion ne sont pas encore suffisamment étudiés pour que j’y insiste ici en ce moment.
- Du côté ancestral, notre documentation est encore plus pauvre. 11 est très possible que, parmi les nombreux types miocènes et pliocènes de Singes anthropomorphes fossiles dont nous ne connaissons que des fragments, il s’en trouve, comme Dryopithecus, Siva-pithecus, Ramapithecus, etc., qui aient présenté dans leur crâne des caractères supérieurs à ceux des Anthropomorphes acluels et notamment une capacité céphalique plus considéi'able, ce qui les rapprocherait des Préhominiens de Java et de Pékin. C’est le secret de l’avenir.
- Il ne paraît plus douteux maintenant, à la lumière des faits nouveaux, c’est-à-dire objectivement, qu’ici le continu remplace peu à peu le discontinu ; que l’Homme ne représente pas dans la Nature une créature spéciale, indépendante, une apparition brusque sans précédent. Mais que le « Roi de la création » s’est dégagé lentement, péniblement, de la tourbe des autres Primates ; que son principal instrument de domination, c’est-à-dire son cerveau, s’est forgé, perfectionné peu à peu, par le simple jeu de forces naturelles, si mystérieuses que nous apparaissent encore celles-ci.
- Élevé par lui-même à la suprême dignité zoologique, il semble bien aujourd’hui que l’Homme ne soit que le plus auguste des parvenus (x) !
- Marcellin Boule,
- Directeur de l’Institut de Paléontologie humaine.
- 1. Extrait de L’Anthropologie, t. XLVII, n° 1-2, avril 1937, pp. 18 à 22.
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- LA PHOTOGRAPHIE DES PAYSAGES ÉLOIGNÉS
- Voici une expérience facile à faire : munissons-nous d’une bonne jumelle, de préférence d’une jumelle à prismes de fort grossissement (io à ia fois), à grand champ ; plaçons-nous en un lieu découvert et regardons au loin. L’expérience peut se faire indifféremment à la campagne ou à la ville, et bien mieux dans les régions accidentées.
- Prenons bien notre temps et examinons en détail l’aspect des objets qui. se présentent dans les « champs successifs » embrassés par notre instrument. Varions encore l’expérience en la répétant à des heures différentes de la journée, car l’aspect des choses dépend de l’éclairement solaire qui, à certains moments, leur donne un relief qui disparaît totalement à d’autres. Pc qu’il faut surtout, pour que l’expérience soit bien eon\aineante, c’est un temps très pur, sans brume, avec, autant que possible, un brillant soleil qui accuse les contrastes.
- Nous serons alors tout surpris de découvrir certains aspects véritablement insoupçonnés, des sites superbes, de véritables « tableaux lointains » : telle grange, qui, à l’œil nu, semble un point blanc, forme, avec ces arbres qui l’entourent, une magnifique composition ; ce vieux clocher, là-bas, dominant un petit village dont les façades et les toitures des maisons brillent au soleil, donne à ce site un aspect reposant. Et ces sommets, couverts de neige, qui ferment l’horizon, montrent des reliefs, des arêtes rocheuses, des pentes verg)assées, des jeux de lumière tout à fait inaperçus à la vue simple. Quel regret, est-on tenté de s’écrier, de ne pouvoir conserver l’image d’aussi ravissants tableaux !
- Mais au fait, qui empêche de la conserver ? La photographie qui fixe en un clin d’œil — ou plus exactement en un déclic d’obturateur — les aspects les plus fugitifs de la nature, n’est-elle pas là pour nous tirer d'embarras ? Le tout est de disposer de moyens appropries, car il va sans dire que l’on ne pourrait employer les appareils ordinaires, même les plus perfectionnés. Dans ces appareils, les « champs » de notre jumelle seraient représentés par des surfaces quasi-
- microscopiques, et la définition en serait insuffisante, même avec un agrandissement convenable (D.
- Fig. 2. — Appareil pour la photographie des k paysages éloignés ».
- Il s’agit ici de l’appareil d’essai. Remarquer le support à bascule qui remplace la « rotule » ordinaire des appareils photographiques. On voit aussi, au milieu de la chambre, les deux crochets permettant de l’ouvrir et de la plier en deux pour le transport.
- Nous allons exposer, dans ce qui va suivre, comment on doit s’y prendre pour photographier ces « paysages éloignés » et indiquer quels appareils doivent être employés. Disons tout de suite que ces appareils sont infiniment simples à établir et d’un prix de revient autant dire dérisoire.
- Les essais que nous présentons ici sont le résultat d’expériences faites en vue de résoudre le problème posé. En réalité, ils n’apportent rien de nouveau, mais constituent seulement une application instructive et très amusante de la photographie, à la portée dé tous les amateurs sérieux.
- 1. Il suffira, pour s’en convaincre, de regarder les petites photographies placées en cartouche dans les figures 5, 7, 8, 9 et 11 de cet article.
- Fig. 1. — Coupe schématique de l’appareil pour la photographie des « paysages éloignés ».
- 0, objectif ; E, écran jaune ; D, diaphragme ; C, châssis photographique ; P, plaque sensible ; Dt, Dq Dq Dq diaphragmes intérieurs pour éviter les reflets de lumière sur les parois de la chambre.
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- T.
- Fig. 3. — Deux dispositifs de montage de l'objectif.
- A gauche : Montage simple : l1, planchette avant de la chambre ; O, objectif ; D, diaphragme ; E, écran ; C, épaisseur de carton pour obtenir la mise
- au point h l’infini.
- A droite : Montage plus soigné, à réaliser en métal ou en carton : P, planchette avant de la chambre ; 0, objectif ; E, écran ; D, diaphragme ; T, coulant de l’objectif. Pour régler une fois pour toutes la mise au point sur l’infini, intercaler entre P et T une épaisseur convenable de carton après avoir amené les parties a et a< au contact.
- des chambres ordinaires de i/ioo de i mm 5
- Notre but, en leur soumettant ces essais, est de les décider à pratiquer ce genre de photographie et surtout de les engager à concevoir et à construire des appareils vérilablemenl pratiques et portatifs : celui (pie nous avons établi et que nous décrivons étant seulement un modèle d’expérience.
- court foyer, microscope, miroir convexe, etc.) qui donne sur le verre dépoli de la chambre photographique une image agrandie de notre satellite.
- N’oublions pas que la Lune sous-tend, en moyenne, un angle de 3o' environ. Son image est très petite sur le verre dépoli
- elle est environ la distance focale, soit de environ de diamètre avec un appareil 9 x 12 muni d’un objectif de o m i35 de longueur focale.
- L’agrandissement indispensable pour avoir une image détaillée conduit à une difficulté réelle : l’allongement du temps de pose, qui a pour effet le déplacement de l’image sur le verre dépoli, par suite de la rotation de la voûte céleste. La Lune participe de ce mouvement apparent du ciel, et possède en outre, elle-même, un mouvement très compliqué, ce qui oblige de « suivre » un point de sa surface avec le plus grand soin pendant toute la durée de l’exposition.
- Pour un paysage éloigné, rien de tel : il est fixe par rapport à l’observateur. Ainsi, les poses longues sont permises, à condition d’avoir un appareil très stable. D’autre part, un paysage, pour offrir un aspect agréable, doit occuper une certaine étendue, son champ ne doit pas être trop restreint : il n’y aura donc aucune nécessité — sauf dans des cas spéciaux — de grossir l’image directe, si celle-ci est déjà grande par elle-même.
- A PROPOS
- DE LA PHOTOGRAPHIE ASTRONOMIQUE
- A vrai dire, la pratique de la photographie astronomique se trouve à l’origine de ces travaux. Lorsqu’on veut obtenir une photographie de la Lune, par exemple, on ne fait pas autre chose que de photographier un « paysage éloigné ». Seulement, ce paysage, c’est tout un monde ! Mais la méthode ne diffère aucunement de celle qui convient pour un paysage terrestre.
- L’appareil, toutefois, est un peu différent. Pour la Lune, on a recours, en général, à une lunette ou à un télescope à miroir réflecteur. L’image de notre satellite est reprise par un système agrandisseur (lentille achromatique, oculaire composé, objectif à très
- Fig. 4. — Verre dépoli quadrillé avec partie centrale transparente pour mise au point rigoureuse. Au centre, croix tracée au diamant.
- La mise au point s’effectue avec une forte loupe, (1e telle sorte que l’on voie très nettes, en même temps, la croix tracée sur le verre et l’image donnée par l’objectif. Le montage de droite exige que tout l’ensemble soit doublé d’un verre transparent. Les parties noires
- sont des bordures en papier gommé.
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- Fig. 5. — Le Cinq-Monts (1.877 ra), près de Laruns, vu de Sévignacq-Meyracq (Distance : 12 km 500).
- Vue prise avec un verre de lorgnon : m = 0 m 7G5 ; d = //85. Ecran, L. 100. En cartouche : Partie d’une photographie prise du même point avec un appareil 9 x 12 muni d’un anastigmat de 0 m 130 de longueur focale.
- d’une lunette astronomique (x) ou emploi en permanence d’un objectif astronomique de prix élevé ;
- 2° Luminosité considérable — relativement — de cet objectif, nécessitant un obturateur de grande ouverture réelle et de grande rapidité. Un tel obturateur ne se trouve guère dans le commerce et son prix serait très élevé. En outre, la grande dimension du rideau du volet d’obturation causerait sans doute une secousse au moment du déclenchement, d’ou un llou de « bougé » possible de l’image ;
- 3° Emploi d’un grand écran jaune — donc coûtant cher — pour couvrir tout l’objectif ou toute la plaque ;
- 4° Appareil encombrant et assez lourd.
- Pour obtenir des résultats comparables à ceux publiés dans cet article, et qui ont été réalisés avec une partie optique ayant une distance focale d’environ o m 8o, il faudrait un objectif astronomique d’au moins o m o54 d’ouverture et mieux de o m 075.
- Rappelons, à ce propos, que notre ami Lucien Rudaux a obtenu de magnifiques
- EMPLOI DES OBJECTIFS ASTRONOMIQUES
- Les objectifs astronomiques ont une distance focale généralement longue, qui varie de 12 à 16 fois leur ouverture. La première idée qui vient à l’esprit est donc d’utiliser, pour la photographie des « paysages éloignés », une lunette astronomique ou une longue-vue.
- Mais on rencontre là diverses difficultés. La montui'e des lunettes astronomiques ou terrestres se termine par un tube porte-oculaire, qui est d’un diamètre assez petit.
- Olerait-on même toute la partie arrière de la lunette pour lui substituer le châssis photographique que l’on ne couvrirait encore qu’une petite plaque, et le champ serait rond, limité, au maximum, par le tube de la lunette.
- Le mieux serait certainement de fixer l’objectif astronomique sur une longue caisse rectangulaire recevant, à l’autre extrémité, le châssis photographique.
- Il n’est pas douteux qu’une telle installation donnerait les meilleurs résultats. Mais elle ne va pas sans quelques inconvénients importants dont voici l’énumération :
- i° Immobilisation momentanée
- 1. O11 pourrait transformer complètement une lunette et lui donner un corps rectangulaire, la partie arrière pouvant recevoir indifféremment le système oculaire pour les observations directes ou le porte-châssis pour la photographie des « paysages éloignés ».
- Fig. G. — Le Pic du Midi d’Ossau (2.885 m) vu de Sévignac-Meyracq (Distance : 30 km).
- Verre de lorgnon : / = 0 m 765 ; d = //100. Écran, L. 100.
- Le nuage qui s’accroche au sommet du Pic est généralement un indice de changement de temps. Voir, à gauche de la petite photographie donnée en cartouche dans la figure 5, le Pic du Midi tel que le représente — du même point — un objectif anastigmat de 0 m 130 de longueur focale.
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- photographies du Soleil à l’horizon au moyen d’une lunette astronomique munie de son oculaire. En quelque sorte, il a donc photographié des paysages « très éloignés ». Mais le problème est, ici, particulier en raison de la très grande luminosité du sujet (le Soleil) ; l'obturateur est réduit à une lente et le champ très limilé, le Soleil a un diamètre angulaire moyen de .W.
- En résumé, nous ne conseillerons guère l’emploi d’un ohjeclif astronomique qui conduit à la construction d’un appareil encombrant, lourd et d’un prix élevé.
- LES TÉLÉ OBJECTIFS
- II existe bien un genre d’instruments spécialement construits pour donner des images directement agrandies des objets lointains : ce sont les télé-objectifs.
- Us rendent, dans certains cas, de réels services. L’avantage principal qu’ils offrent est une longueur assez réduite de l’ensemble : chambre et télé-objectif. Mais la longueur focale résultant est généralement assez faible, à moins d’avoir recours à des chambres à très long tirage. Au contraire, pour le but que nous nous proposons, une grande distance focale est nécessaire.
- Un télé-objectif est un instrument qui demande à être très bien construit et son prix est forcément élevé. Le réglage de la distance entre l’objectif proprement dit et le système agrandisseur est délicat, en raison du peu d’éclat des images sur le verre dépoli. La mise au point doit être effectuée chaque fois que l’on prend un cliché si le télé-objectif est moulé sur une chambre à soufflet.
- APPAREIL A MISE AU POINT EIXE
- Les diverses raisons précédemment exposées nous ont conduit à rechercher une solution plus simple, avec mise au point sur l’infini réglée une fois pour toutes, et d’un prix de revient très faible, si faible qu’il ne saurait rebuter aucun amateur digne de ce nom.
- La mise au point réglée une fois pour toutes sur l’infini n’exclut pas la possibilité de photographier des objets relativement rapprochés, comme nous le verrons plus loin : il suffit, pour cela, de monter l’objectif dans un tube coulissant que l’on éloigne plus ou moins de la plaque. En enfonçant le tube à fond, l’objectif se trouve automatiquement réglé sur l’infini. Si nous insistons particulièrement sur ce réglage fait une fois pour toutes, c’est qu’il présente le très gros avantage d’introduire, si l’on peut dire, une « cons-
- tante » dans les opérations photographiques. Nous y reviendrons d’ailleurs, à propos d’autres questions, dans la « Causerie photographique ». Constatons simplement, pour le moment, que de nombreuses « variables » interviennent dans la prise et dans le traitement d’un cliché, on a tout intérêt à éliminer la plupart de ces variables. On y parvient en rendant constants un certain nombre d’éléments qui dépendent de l’opérateur lui-même, par exemple : mise au point sur l’infini réglée d’avance, toujours le même diaphragme, le même écran, les mêmes plaques, etc.
- En agissant ainsi, on augmente considérablement les chances de réussite des clichés, le temps de pose dépendant alors uniquement de l’éclairement du sujet.
- Voici maintenant la description de l’appareil de prise de vues : c’est un appareil d’essai, construit grossièrement, mais qui a donné toute satisfaction.
- L’objectif n’est pas une pièce d’optique compliquée : c’est un simple verre... de lorgnon (ménisque concave-convexe). Nous avons d’abord utilisé un verre de o m 765 de longueur focale (i,3 dioptrie) i1) provenant d’un lorgnon hors d’usage. La plupart des photographies qui accompagnent cet article ont été obtenues avec ce veri'e, qui n’avait fait l’objet d’aucun examen préalable (voir les figures 5, 6, 7 et 8).
- Depuis ces essais, l’objectif précédent a été remplacé par un autre verre de série, mais sélectionné au banc
- 1. La dioptrie est l’unité de convergence. C’est la convergence d’un objectif de 1 m de longueur focale. Un objectif de 0 m 50 de distance focale a une convergence de 2 dioptries, etc.
- Fig. 7. — Le Pic de Lauriolle (1.791 m) vu de Sainte-Colonne (Distance : 11 km 500).
- Verre de lorgnon : / = 0 m 765 ; d = fl75. Écran, L. 100.
- En cartouche : Partie d’une photographie prise du même point avec un appareil stéréoscopique muni d’objectifs reetlinéaires de 0 m 099 de longueur focale. Le Pic de Lauriolle, sur cette petite épreuve, est à droite, contre la montagne du second plan.
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- Enfin K est I on parions p Pour rendre transportable, il deux parties de réunies au milieu res et deux crochets voit très bien ligure 2, qui fixée au moyen de
- Fiy. 8. — Arudij (Basses-Pyrénées), vu de Sévignacq-Meyracq (Distance : 1 1cm 500). Verre de lorgnon : / = 0 m 765 ; d = //51. Écran, L. 100.
- En cartouche : Partie d’une vue d’ensemble de la région prise du même point avec un détective 9 x 12, objectif simple achromatique.
- optique en observant une étoile artificielle parmi un lot de 5o verres neufs (1).
- Les résultats sont supérieurs à ceux fournis par le premier verre, mais il faut un examen extrêmement, minutieux pour apprécier la différence. Les figures 9, 10 et 11 ont été prises avec ce verre sélectionné.
- La figure 1 donne la coupe schématique de l’appareil d’essai. Cet appareil a été construit avec des planchettes provenant d’une caisse d’emballage, rabotées pour la circonstance. En O est l’objectif ; en C le châssis contenant la plaque sensible P, ou encore le châssis du verre dépoli. Par construction le verre dépoli doit occuper rigoureusement la même place qne la plaque sensible.
- Nous ne conseillons guère de fabriquer soi-même les châssis négatifs ou bien le châssis du verre dépoli, bien que la construction de ces accessoires n’offre aucune difficulté. Mais on peut utiliser, en les adap-lant, les châssis d’un appareil que l’on possède déjà, ou bien acheter quelques châssis en métal : on les Irouve chez tous les revendeurs d’articles photographiques (châssis négatifs et châssis pour le verre dépoli). Le prix de ces accessoires est très peu élevé et comme ils sont fabriqués mécaniquement par découpage el estampage, il y a concordance exacte entre la surface dn verre dépoli et la surface des plaques sensibles.
- D est le diaphragme fixe de l'objectif ; IV, IV, IV, IV, des diaphragmes rectangulaires en carton, de dimensions croissantes à partir de l’objectif, dont le but est d’interdire toute réflexion de lumière sur les parois internes de l’appareil, (les parois, ainsi que les diaphragmes, ont été soigneusement noircies avec du « noir à vignettes ».
- écran jaune : nous lus loin.
- l'instrument mieux i été construit en même longueur, par deux charniè-« Le Vill ». On ces crochets dans la représente la chambre sangles sur une planchette à bascule reposant elle-même sur un trépied photographique.
- (le premier appareil d’essai, qui utilise des plaques 9 x 12 est évidemment plus encombrant qu’un 2/1 x ’M) mm dans son sac « Toul-Prêt » ; mais replié en deux, avec châssis et voile noir à l’intérieur de la chambre, il est encore très transportable et nous l’avons déjà utilisé au cours de plusieurs excursions.
- Partie optique. — Nous avons vu que 1’ « objectif » est un verre de lorgnon (’). On choisira chez un opticien (2) un ménisque concavc-convcxe ou un verre plan convexe d’au moins o m 80 de distance focale (1,2,5 dioptrie), soit de 1 m (1 dioptrie), soit même de 1 m a5 (0,8 dioptrie) si l’on 11e craint pas de construire un appareil un peu long.
- 11 est bon de pouvoir se rendre compte de la valeur optique de 1’ « objectif » que l’on va utiliser. Cette vérification est une opération assiîz délicate.
- Comme moyen grossier, en première approximation si l’on peut dire, on peut se contenter de recevoir sur une feuille de papier blanc l’image qu’il fournit d’un objet lumineux : Lune, lampe électrique intense, et d’examiner celte image avec une loupe (le Soleil est trop lumineux)!
- Un autre moyen — perfectionnement du précédent, — consiste à examiner, l’objectif étant en place sur l’appareil, une source de lumière éloignée, en utilisant une très forte loupe (par exemple un complc-fils, un oculaire de lunette ou de microscope). Si le verre examiné est bon, on devra voir les détails de celle source, par exemple, si c’est une lampe électrique, on recon-
- 1. Je sais heureux tlo pouvoir remercier ici M. le Pr Henri Chrétien, de l’Institut (l’Optique, qui s’est intéressé à ces modestes essais de photographie « éloignée » et a bien voulu faire lui-même l’examen optique de ces verres.
- 1. Ces verres ont 40 mm de diamètre environ, une fois le pourtour douci.
- 2. M. H. Jobez, opticien, 218, avenue du Maine, Paris (14e), peut fournir ces différents verres.
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- naîtra le filament lumineux ; si c’est un bec de gaz, la forme du manchon incandescent et môme on pourra voir le treillis du tissu qui le compose si la distance n’est pas trop grande. Cette image sera colorée, entourée de bleu, car l’objectif n’est pas achromatique.
- On placera alors un diaphragme sur l’objectif ou en arrière, — suivant le dispositif que l’on adoptera,
- - diaphragme assez petit : f/5o, f/70 ou f/100 et on continuera l’examen à la loupe. L’image sera bien moins lumineuse qu’à pleine ouverture, mais elle sera beaucoup plus nette et, si le verre est bon, elle sera très nette.
- badin, voici une autre méthode, celle-ci parfaite, mais un peu délicate d’application : c’est celle dite de la « lame de couteau » de Foucault. On choisira une source lumineuse très éloignée et ponctuelle (une étoile brillante est la source qui convient le mieux, mais le mouvement diurne rend l’observation bien difticile). On placera l’œil en arrière du foyer, directement, sans employer de loupe, de manière que tout le faisceau lumineux pénètre dans la pupille. Alors l’objectif — notre verre de lorgnon — paraîtra uniformément éclairé, ce qui est logique puisque chacun des {joints de sa surface renvoie vers l’œil le rayon lumineux qu’il a reçu. On déplacera alors une carte opaque, une lame de couteau si l’on veut, transversalement, de manière à « couper » le faisceau lumineux. Si la lame se trouve entre l’objectif et le foyer et qu’on la déplace de gauche à droite, alors on verra l’objectif, — qui paraît uniformément éclairé — s’éteindre progressivement par la gauche, puisqu’on intercepte d’abord les rayons venant de la partie gauche de l’objectif.
- Si la lame se trouve entre le foyer et l’œil de l’observateur, on verra — toujours en déplaçant la lame de gauche à droite — l’objectif s’éteindre progressivement du côté droit, puisque cette lame interceptera d’abord les rayons provenant du bord droit de l’objectif, après leur croisement au foyer.
- Mais si la lame est placée juste au foyer, alors l’objectif, quand on déplacera la lame de gauche à droite, s’éteindra uniformément et si l’image focale est réduite à un point, il s’éteindra d’un seul coup. On ne voit plus l’ombre envahir l’objectif par la gauche ou par la droite (comme précédemment) mais l’obscurcissement se fait sur toute la surface de l’objectif. Ceci est vrai pour un objectif parfait.
- Or, un verre de besicles n’est jamais un objectif parfait. En supposant que sa matière soit homogène, sans aucune strie ni aucun fil, et que sa surface soit parfaitement traavillée, il n’est sûrement pas achromatique. Et alors — et c’est ici que la méthode est particulièrement intéressante, — tout ce qui ne concourt pas au foyer donne une lueur îésiduelle, la surface entière de l’objectif nous apparaît uniformément éclairée, elle 11e s’éteint pas complètement quand la lame de couteau passe au foyer, du fait des rayons bleus notamment.
- La méthode est d’une extrême sensibilité ; avec un peu d’habitude, il est facile de l’appliquer. Il reste à
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- interpréter ce que l’on voit. S’il y a beaucoup de lumière résiduelle blanche, si l’objectif reste partiellement éclairé d’un côté ou de l’autre, ou encore par zones, le verre n’est pas bon. S’il reste uniformément éclairé d’une faible lueur bleuâtre (avec une source très intense) il est très acceptable pour le but que nous avons en vue.
- Ce procédé permet de choisir, parmi plusieurs verres, celui qui est le meilleur. Si l’on fait la môme expérience, avec l’écran jaune en place, la lueur bleuâtre ne sera pas visible, et, si l’objectif est bon, il s’éteindra d’un seul coup (r).
- Ecran. — 11 est indispensable d’interposer sur le trajet des rayons lumineux un écran jaune assez saturé, ceci pour deux raisons :
- i° Les verres de besicles n’étant pas achromatiques, les rayons bleus et violets, plus réfrangibles, forment leur foyer en avant de celui des rayons jaunes, lesquels donnent naissance à l’image la plus lumineuse et sur laquelle on fait la mise au point. Les plaques orthochromatiques actuelles, dites « sans écran », sont
- 1. Pour une étude plus approfondie de la méthode de Foucault, le lecteur est prié de se reporter à Lunettes et Télescopes, par A. Danjon et A. Couder, § llG, p. 523 (S’adresser à la Société Astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (0e).
- Fig. 9. — Le Pic de Ger (2.612 m), vu de Laruns (Distance : 8 km).
- Verre de lorgnon sélectionné : / = 0 m 80 ; d = //80.
- Écran, L. 100.
- En cartouche : Partie d’une vue prise du même point avec un appareil G 1/2 x 11, objectif anastigmat.
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- Fig. 10. — Côle rocheuse près du sommet du Pic de Ger (Distance : S km).
- Paysage éloigné extrait, par agrandissement, de la figure 9. Malgré la simplicité de la partie optique, cet agrandissement est extrêmement net et il faut une bonne loupe pour
- reconnaître qu’il ne s’agit pas là d’une épreuve directe.
- 1res sensibles au jaune, mais elles le sont aussi au bleu et au violet. Donc, si on se contentait de photographier sans écran, en mettant au point sur l’image visible, celle-ci donnerait lieu à une image nette, mais il s’y superposerait une image « floue » produite par les rayons violets, bleus et verts (*). L’écran jaune, en absorbant notamment les rayons violets et bleus, permet donc d’avoir l’image jaune avec toute sa netteté.
- 2° L’air diffuse surtout la lumière bleue. Cette diffusion est d’autant plus grande que l’épaisseur d’atmosphère traversée est plus grande, et c’est à elle que l’on doit la couleur du ciel, la teinte bleue des montagnes éloignées. C’est elle aussi qui rend difficile la photographie des lointains avec les plaques ordinaires. La photographie des « paysages éloignés » doit tenir compte de celte propriété de l’atmosphère, la lumière bleue interposée entre l’objectif et le sujet étant une cause de voile.
- Là encore, l’emploi d’un écran jaune convenablement saturé absorbera la plus grande partie de celle lumière indésirable.
- Dans tous nos essais, nous avons utilisé l’écran
- 1. Les verres de besicles, employés nus (sans écran) donnent d’excellents portraits, très enveloppés, du fait de la superposition d’images de nettetés différentes produites par les diverses radiations du spectre.
- jaune L. ioo de Lumière (le chiffre ioo indique le nombre de dixièmes de mgr de matière colorante par décimètre carré d’écran).
- L’écran jaune peut se placer indifféremment en avant ou en arrière de l’objectif, mais la mise au point devra être faite avec cet écran si on le place en arrière de l’objectif.
- Monture de Vobjectif. — On peut imaginer toutes sortes de dispositifs pour la moulure de l’objeelif. La figure 3 représente deux modèles que nous avons essayés (la légende de la ligure donne tous les renseignements utiles). A gauche, une monture en bois et carton très simple à construire ; à droite, une monture plus « sérieuse » en métal ou en carton noirci et verni. La première permet de travailler seulement à l’inlîni ou à grande distance ; la seconde offre J’avantage, par suite du déplacement de l’objectif, de pouvoir prendre des vues de paysages ou d'objets relativement peu éloignés. Pour la prise de photographies à l’infini, l’objectif doit être repoussé à fond et réglé lorsque les points a et a' sont au contact.
- Mise au point. — Le réglage de la mise an point fait, une fois pour toutes, est une condition indispensable de succès. La caisse constituant l’appareil proprement dit devra donc, par construction, avoir une longueur bien déterminée d’avance. Elle devra être un peu trop courte, de 2 à 3 mm. On rattrapera celte insuffisance de longueur en intercalant des épaisseurs variables de carton G entre la planchette avant P (fig. 3, à gauche) ou entre cette planchette P et le tube porte-objectif T (fig. 3, à droite).
- La mise au point sera faite d’abord sans diaphragme, à la loupe, mais il est probable qu’elle variera un peu quand on placera le diaphragme D dans son logement, et c’est avec ce diaphragme qu’il faudra la terminer.
- Dans nos essais, la valeur de ce diaphragme a varié de f/5o à {/ioo.
- Voici comment il convient de faire la mise au point : le manque de lumière avec un si petit diaphragme ne permettrait pas de voir aisément l’image sur un verre dépoli ordinaire. Le procédé recommandé d’en enduire une partie de vaseline ne convient guère, les images sont alors granuleuses, striées, avec la lumière provenant d’un diaphragme aussi petit. Il faut alors avoir recours à un verre dépoli en partie transparent.
- La figure 4 indique le moyen de constituer aisément un tel verre. Au diamant, on coupe un verre dépoli quadrillé en supprimant au milieu une bande de 2 cm (dans un 9 x 12), et on coupe une bande de 2 cm dans une plaque de verre transparent. On assemble recto-verso ces trois morceaux avec du papier noir gommé (fig. 4, à gauche).
- On peut aussi (fig. 4, à droite) fixer ces trois morceaux sur une plaque 9x12 entière par le pourtour, l’épaisseur totale sera plus grande et il faudra en tenir compte dans l’exécution du châssis qui recevra ce verre spécial.
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- De toute manière, la partie dépolie sera tournée vers l’objectif et devra coïncider avec la face gélatinée des plaques.
- Enfin, au centre de la partie transparente, on tracera une croix au diamant.
- C’est sur celle croix que l’on fera la mise au point avec une forte loupe, en ayant soin d’obtenir en même temps la netteté de la croix (ce qui est facile) et les détails très caractéristiques du paysage (par l’in-lerposilion d’épaisseurs de carton à l’objectif). On contrôlera ce réglage par des essais photographiques et quand on aura obtenu la netteté maximum, on bloquera les vis qui maintiennent toute la partie optique.
- Celle détermination de la mise au point est évidemment de la plus grande importance, elle est un peu délicate à faire. L’appareil devra, pour ce réglage, être fixé sur un pied très stable ou sur une table.
- Diaphragmes. —• On les découpera dans du mêlai noirci (zinc, clinquant, tôle, etc.) ou dans du carton. Le montage de la figure 3, à gauche, offre un grand avantage : le diaphragme D s’enlève très facilement et alors, pour la mise en plaque, l’image est bien visible sur le verre dépoli. On replace le diaphragme avant d’effectuer l’exposition. Dans la figure 3, à droite, le diaphragme est fixe, difficilement accessible et la mise en plaque est un peu moins aisée (le voile noir est nécessaire pour la faire).
- Notons, en passant, qu’il serait facile d’imaginer un viseur précis pour effectuer cette mise en plaque, comme il en existe sur tous les appareils à main.
- Les diaphragmes employés, nous l’avons vu, ont varié de f/5o à f/ioo. On peut s’étonner de nous voir utiliser des diaphragmes si peu ouverts à une époque où l’on réclame des ouvertures d’objectifs toujours plus grandes. Nous n’avons pas constaté une grande différence de netteté entre les deux diaphragmes extrêmes, mais nous avons surtout cherché à travailler avec des temps de pose assez longs, faciles à compter.
- Nos vues ont été prises avec des temps d’exposition variant de 2 à 6 s, sur « plaques S. E. » de Lumière.
- A la montre, il est facile de compter, 3, 4 s, alors (pie l’on se trompe du simple au double ou au triple en comptant le 1/10 ou le i/5 de s.
- Ces temps d’exposition sembleront d’un autre âge aux amateurs qui trouvent que le 1/1.000 de s n’est pas assez rapide et auxquels on offre, à présent, des obturateurs donnant le i/i.25o de s (du moins le croient-ils !) O.
- Nous leur répondrons — car seuls les résultats comptent, — en les priant de regarder les figures 5 à 11 de cet article. Ces vues sont d’une « netteté parfaite », au sens que l’on attache d’habitude à cette
- 1. Cette vitesse est indiquée pour certains appareils 24 x 36 mm. Le rideau de l’obturateur parcourt l'imago dans le sens des 24 mm. Se représente-t-on l’énorme accélération que doit prendre l’ensemble de ce petit rideau qui, en une fraction de seconde, passe de la vitesse 0 (zéro) à la vitesse 108 km à l’heure pour retomber aussitôt à la vitesse zéro !
- 11-----—...... 29 =
- expression photographique. La figure 10 est d’ailleurs une confirmation de celte manière de voir et elle aurait pu subir un agrandissement bien plus considérable.
- Support orientable ; pied. — La photographie des a paysages éloignés » connaît un grand ennemi : c’est le vent. L’appareil doit rester rigoureusement immobile pendant les poses et il est indispensable que le pied soit robuste.
- Les rotules du commerce sont trop faibles pour un appareil aussi grand et nous avons été amené à construire un support à bascule spécial, que représente de manière suffisamment explicite la figure 2. La planchette sur laquelle on fixe la chambre porte sur deux
- Fig. 11. — Le Pic de Sogues (2.713 m) photographié à 5 km 500. Verre de lorgnon sélectionné : / = 0 m 80 ; d = //80. Écran, L. 100.
- Au-dessous : Partie d’une vue prise du même point avec un appareil 6 1/2 x 11 à pellicules, objectif anastigmat.
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- = 30 .
- boulons formant axe de rotation. Celui qui est caché est un boulon à oreilles. En le serrant, la planchette à bascule se trouve complètement bloquée. Le support est fixé au pied au moyen d’un écrou au pas du Cou près.
- Tel quel, l’appareil ne serait pas assez stable. Lorsque la mise en plaque, était faite, nous avons souvent utilisé un second pied que l’on coinçait legèvemenl sous l’avant de la chambre. Ainsi, la stabilité était complète pendant la pose.
- On pourrait utiliser, pour obtenir celte stabilité, deux tiges de bois de longueur réglable, formant V renversé et s’appuyant au sol, ou encore deux cordelettes attachées à des pierres, etc.
- Signalons enfin une cause perturbatrice de la netteté des images : l’agitation ou plutôt la « turbulence » atmosphérique. Certains jours, par vent chaud, nous avons vu à la jumelle le paysage « en ébullition », comme si un torrent d’air chaud montait devant lui. Les images étaient troubles et ondulantes. Dans ce cas, il vaut mieux s’abstenir de prendre des clichés.
- Obturateur. — Tout obturateur ne produisant pas de secousse lors du déclenchement peut être utilisé. Vu la longueur du temps de pose, nous avons souvent employé comme obturateur, un simple couvercle en carton, noirci intérieurement, et manœuvré comme l’antique bouchon d’objectif !
- CONCLUSION : APPEL AUX AMATEURS
- Et maintenant, il nous faut conclure. La photographie des <( paysages éloignés » est cxlrèmciiienl captivante, amusante et instructive. Elle est recommandée à tous ceux qui prennent leurs vacances en pays accidenté, elle leur offre un moyen d’atteindre des sites plus ou moins difficiles d’accès, et cela sans peine et sans risque. Aux excursionnistes, elle permet de prolonger plus avant leur randonnée en allant
- cueillir au loin les sommets qu’ils n’ont pu atteindre.
- Pour le moment, il est difficile de demander à des promeneurs, à des alpinistes, d’emporter avec eux une caisse de i m de long, sans compter les divers accessoires !... 11 faut trouver le moyen de réduire tout cela en un bagage léger et peu encombrant. Jci, nous lançons un appel aux amateurs sérieux, aux « bricoleurs » si adroits, si ingénieux, pour leur demander de trouver des solutions au problème suivant : construire une chambre photographique légère, de grandes dimensions (o m 80 à i m 20 de longueur), démontable ou pliable rapidement, qui, pour le transport, occupe le volume minimum. O11 peut imaginer pour cela des montages télescopiques, des tronçons rentrant les uns dans les autres, des parois à charnières, le tout se rabattant, des montures en cornière d’aluminium avec étui en étoffe noire étanche, etc....
- L’obligation de conserver les diaphragmes intérieurs complique le problème. En donnant à la chambre la forme d’un tronc de pyramide, l’ensemble pourrait être divisé en trois ou quatre tronçons s’emboîtant les uns dans les autres ; les diaphragmes, montés à charnières, pouvant se rabattre contre les parois internes. Les divers tronçons pourraient s’assembler et être maintenus par un accrochage énergique, donnant à l’ensemble une grande rigidité. O11 peut ainsi envisager l’exécution d’un appareil dont la longueur, fermé, pourrait être de o m a5 à o m 3o et qui, ouvert, aurait de o m 80 à 1 m 20.
- La sagacité et l’ingéniosité des amateurs sont appelées sur ce problème, bien reposant, avouons-le, par Je temps présent.
- Est-il besoin de dire que nous recevrons, avec le plus vif intérêt, les solutions et les résultats que l’ou voudra bien nous communiquer ; les plus intéressants seront publiés ici.
- Le problème est posé. Aux amateurs de le résoudre pour les vacances prochaines !
- Em. Toucner.
- = LA DIFFUSION SONORE DANS LES IMMEUBLES =
- ET LES HOPITAUX
- L'INSTALLATION DE
- Les installations de redistribution radiophonique peuvent rendre de grands services dans les hôtels, les écoles et les hôpitaux, et même les immeubles à mul-1 ipies appartements.
- En général, la redistribution sonore permet d’améliorer la qualité des auditions, tout en diminuant le prix des installations ; elle simplifie les manœuvres pour chaque auditeur, supprime pour eux le problème de l’alimentation du poste, supprime également les an tenues multiples.
- L'HOPITAL BEAUJON
- Dans beaucoup d’hôtels, surtout à l’étranger, des haut-parleurs de puissance réduite ou des casques téléphoniques, sont placés dans les chambres, à la disposition des voyageurs ; des haut-parleurs dans les salles communes permettent des auditions collectives et la distribution de renseignements ; les discours prononcés dans les salles de banquet peuvent, de même, être amplifiés par l’installation.
- Dans les écoles, des haut-parleurs permettent aux élèves de classes différentes de suivre simultanément
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- (les cours communs, d'assister à des conférences diffusées par la T. 8. F. Le haut-parleur peut être utile pour les leçons de danses rythmiques, de gymnastique, de musique et de solfège ; la musique aux heures de récréai ion n’est plus proscrite et égaie l’eeole.
- Fn système de cenlralisalion sonore installe dans un groupe; d’immeubles augmente aussi la valeur des appariements ; il évite les interférences produites par les antennes, il permet de régler les heures d’audition ('I la puissance sonore dans l’intérêt commun ; on peut ainsi faire disparaître le supplice que s'infligent des voisins en faisant fonctionner leur poste à haute intensité à des heures indues.
- Dans les hôpitaux, cliniques et sanaloria, en particulier, les convalescents ou les malades légers ont grand profit à trouver un casque téléphonique à proximité de leur lit ; l'effet psychologique est toujours salutaire. L’emploi du haul-parleur à puissance réduite dans les salles communes rend les réunions plus agréable et évite aux malades une impression d’isolement partirulicrcmenl pénible,.
- On supprime ainsi les installations individuelles poussiéreuses et même parfois dangereuses, les risques de contagion par les casques, et on peut réglementer les programmes et les heures d’auditions.
- L INSTALLATION DE L’HOPITAL BEAUJON
- L’hôpital Beaujon, construit à Clichy en iy3/i, est un hôpital modèle de plus de 1.000 lits.
- Il est doté d’une installation de diffusion sonore remarquable, avec 900 postes individuels et 4o hauts-parleurs de puissance sonore réglable.
- Une antenne commune dessert un centre de sonorisation et un réseau de distribution, avec des appareils récepteurs proprement dits, casques et hauts-parleurs.
- L’antenne bien dégagée a une longueur de i5 m environ ; elle est du type antiparasite à transformateurs, particulièrement utile pour éliminer les parasites locaux produits par les appareils à rayons X, les appareils à haute fréquence, les ascenseurs, les moteurs électriques, les sonneries, etc. La descente est effectuée au moyen d’un câble sous plomb.
- Le réseau de distribution basse fréquence est simplement formé par des câbles à deux conducteurs de (>5/]oo mm de diamètre sous gaine de plomb ; ils ne servent qu’à transmettre des courants basse fréquence de faible intensité, et, pour avoir une audition en haut-parleur, on utilise des amplificateurs locaux.
- Le ('entre de distribution 'permet de diffuser à l’aide de deux pick-up la musique enregistrée ; il assure la retransmission musicale par lignes téléphoniques ou Ihéâlrophoniques des différents théâtres de Paris. Un studio spécialement aménagé permet de diffuser des concerts et des chants au moyen de microphones, avec des programmes spécialement choisis ; en lin, la redistribution radiophonique assure la rediffusion des radio-concerts tandis que des microphones per-
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- Fit). I. — Installation de distribution sonore de l’Hôpital llati-ion. Si/sterne d’écoute individuel disposé près du lit. de chaque malade (Appareils L. M. T.).
- mettent de communiquer directement aux auditeurs informations et nouvelles.
- Les deux amplificateurs à étages push-pull de sortie donnent une puissance modulée de l’ordre
- Fig. 2. — Le meuble central de distribution.
- An c,(Mi Ire' du ta liteau en haut, le haut-parleur témoin ; en dessous, à gauche, le cadran de réglage du poste récepteur de T. S. F. ; au milieu, les sept clés de contacts permettant (l’assurer automatiquement à volonté la distribution radiophonique, microphonique, phonographique, théâtrophonique ou depuis un studio avec une puissance réglable. Sur la table horizontale, les plateaux tourne-disques avec les pick-up à amortissement par huile (Appareils L. M. T.).
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- de io w chacun, et un second groupe est tenu en réserve ; cinq types de programmes peuvent être choisis au moyen de relais commandés par des manettes disposées sur le tableau de bord du système. De grandes précautions ont été prises pour éviter des troubles de fonctionnement ; les réseaux ont été divisés en sections avec fusibles de sécurité sensibles et dispositifs de signalisation automatique permettant de localiser rapidement la cause d’une panne quelconque.
- Des écouteurs sont connectés au moyen d’un cable avec fiche à un boitier en matière moulée blanche placé près de chaque lit, comme le montre la photographie de la figure i. Le malade a à sa disposition un petit boîtier, également en matière moulée, contenant un potentiomètre permettant de faire varier à volonté l’intensité sonore. Les écouteurs ont des pavillons incassables en matière blanche, détachables du serre-tête ; l’ensemble est prévu pour permettre une désinfection efficace aux vapeurs de formol neutres à 8o°.
- La prise de casque comporte une résistance de
- charge, mise automatiquement en circuit lorsqu’on enfonce la fiche, de manière à éviter toutes variations des conditions de fonctionnement avec le' nombre des casques en service. Pour plusieurs programmes, il faut installer plusieurs câbles, et les prises comprennent autant de jacks qu’il y a de programmes.
- Les haut-parleurs électrodynamiques avec diaphragmes de 22 cm sont du type normalement utilisé dans les posles récepteurs de T. S. F. ; la puissance sonore est approximativement de i w 5 modulés grâce à l’emploi de deux étages d’amplification.
- La distribution est effectuée sous une tension de 4 à f) v, cl la puissance du « Central » est de 20 à /40 w.
- Ce « Central » est placé dans la bibliothèque de l'hôpital ; il est mis en action par le bibliothécaire, de telle sorte qu’il n’est pas besoin à cet effet d’un spécialiste technicien.
- Cet ensemble très complet constitue une installation-type dont il existe peu d’exemples, non seulement en France, mais même à l’étranger.
- P. H.
- LES NOUVEAUX MEMBRES DE L’ACADÉMIE
- DES SCIENCES
- LE DR LOUIS MARTIN
- DIRECTEUR DE L’INSTITUT PASTEUR DE PARIS
- Le 8 mai 1937, le I)1' Louis Martin a été élu membre libre de l’Académie des Sciences de Paris, en
- Fig. 1. — Le Dr Louis Martin.
- remplacement de l’explorateur Jean Charcot. Le nouvel académicien a poursuivi presque toute sa carrière scientifique à l’Institut Pasteur où il entra comme préparateur en 1892 alors qu’il venait d’être nommé interne des hôpitaux et depuis la mort du Dr Émile Roux (1934), il dirige ce célèbre établissement.
- Né au Puy en 1864, Louis Martin, après avoir fait ses études de médecine, se tourna vers la microbiologie. II remplit successivement les délicates fonctions de chef des services de sérothérapie antidiphtérique, puis de médecin et de directeur du fameux Hôpital Pasteur. Scs travaux bactériologiques portèrent principalement sur la diphtérie. Il signa avec Roux et Chailloux, la retentissante communication relative au traitement de celte redoutable affection, au Congrès de Budapest (1894). Par la suite, il étudia également la prophylaxie des maladies contagieuses, la tuberculose, le lélanos, la maladie du sommeil chez les blancs ; la spirochétose ictéro-hémorragique et la grippe. Chargé, à plusieurs reprises, de missions officielles lors de diverses épidémies, ce savant bactériologue devint sous-directeur de l’Institut Pasteur en 1917. Deux ans plus tard, il entrait à l’Académie de Médecine et était nommé 'président du Conseil supérieur d’hygiène publique de France.
- J. B.
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- LES ESSAIMS DE FOURMIS AILÉES
- Une phase carieuse de la vie des fourmis. —
- Tous les ans, au cours des chaleurs estivales, nous pouvons assister à un spectacle entomologique très intéressant et parfois môme quelque peu extraordinaire, celui de ces essaims de fourmis ailées qui s’abattent soudain en pluie plus ou moins dense sur les campagnes et jusque dans les villes. Ces essaims sont parfois si abondants et deviennent si gênants que les journaux les signalent.
- L’an dernier, en août iq36, il s’est produit sur quelques points de Lorraine, une chute de fourmis particulièrement intense. Certaines rues de Nancy étaient littéralement couvertes de ces hyménoptères. Ils appartenaient tous à des espèces très communes, en particulier à celle des Lasius. Les femelles atteignaient souvent une longueur de 8 à 10 mm. Leur abdomen volumineux et ovale possédait une surface un peu luisante, de teinte brun-noir, avec des raies plus ou moins foncées. Les mâles étaient de taille plus exiguë.
- Si tout le monde a pu constater, une année ou l’autre ces pluies de fourmis, il est bien peu de personnes par contre qui sachent exactement de quoi il s’agit. Le bref exposé ci-après satisfera leur curiosité.
- A un moment donné de leur existence, par un temps très chaud de préférence, les fourmis se reproduisent. Les mâles et les femelles, pour accomplir cet acte, ne restent pas sur le sol ; ils s’envolent pour s’accoupler dans les airs. Ce vol nuptial se fait souvent sur une grande échelle. Tous les reproducteurs d’une fourmilière partent en même temps et, comme le temps et la saison sont propices, il en va de même pour tous les nids voisins dont les habitants sont à point pour la génération.
- Après l’accouplement, les fourmis retombent sur le sol. Les unes ont encore leurs ailes, les autres ne les ont plus. C’est alors qu’on les voit circuler de tous côtés sans trop de hâte, bousculées par le vent, s’accumulant un peu partout.
- Que deviennent toutes les fourmis qui cheminent ainsi sur le sol ? Celles qu’un malheureux sort a poussées dans les villes ont, pour la plupart, un sort tragique. Beaucoup sont foulées au pied par les passants ou écrasées par les roues des véhicules. Certaines se noient dans les caniveaux. Un petit nombre de femelles ayant encore leurs ailes réussissent à reprendre leur vol, mais bien peu revoient un coin de verdure. Parfois, quelques-unes, s’étant introduites dans une maison, parviennent à y fonder une colonie. L’an dernier, chez moi, j’ai vu sortir un beau jour de dessous une plinthe de couloir des centaines de fourmis ailées. C’est là un fait exceptionnel.
- Les mâles meurent peu après l’accouplement. Cet acte termine leur existence. Quand les femelles, qui courent çà et là sur les chemins ou dans les champs, parviennent à proximité de quelque fourmilière de leur espèce, elles sont immédiatement accaparées par des ouvrières, privées de leurs ailes (si elles les ont encore) et emprisonnées en vue de la ponte. Cet acte n’a lieu en général que plusieurs mois après, mais au cours de
- leur captivité les femelles sont l’objet d’une sollicitude attentive, de soins empressés et d’une protection permanente.
- Les mœurs des fourmis ont été étudiées par de nombreux observateurs, possédant une grande patience. Bien peu d’entre eux cependant sont parvenus à assister à l’envol des hôtes ailés d’une fourmilière. C’est un spectacle fort curieux. Peu après leur départ du nid, on peut voir l’essaim composé de myriades de fourmis, montant et descendant avec une certaine vivacité, prélude mouvementé aux noces qui vont avoir lieu.
- Les fourmis ailées et la pêche en eaux douces.
- — Pêcheurs à la ligne qui lisez ces lignes, quand pendant l’été vous serez témoin d’une pluie de fourmis, profitez de cette aubaine pour faire une ample provision de ces insectes. C’est une des meilleures esches dont vous pourrez disposer. Les ablettes, gardons, chevesnes, vandoises et même les perches et les goujons s’en montrent très friands. Plus encore que dans la pêche dite « à la volante », elle réussit dans celle pratiquée entre deux eaux ou à fond, à peu de distance du bord des rivières et des canaux. En octobre, quand depuis longtemps la saison des ^essaims de fourmis est passée, le poisson reste toujours aussi avide de celles qu’on lui présente au bout de la ligne, que le temps soit frais ou chaud, nuageux ou ensoleillé, que le vent souffle du Nord ou du Sud.
- Avec la fourmi ailée, je n’ai jamais connu la bredouille et maintes fois, j’ai constaté l’insuccès complet de toutes les amorces, tandis que ces insectes étaient acceptés et gobés avidement. J’ai fait à plusieurs reprises l’expérience de pêcher avec des fourmis non ailées, du type ouvrière, que l’on voit courir rapidement sur Je sol et qui parfois mordent furieusement la main qui les saisit. L’insuccès fut complet. Le flotteur resta obstinément immobile. A quelle raison peut-on attribuer ce changement d’attitude des poissons ? Je croirais volontiers que l’attirance de la gent aquatique pour les fourmis ailées provient de ce que d’une part leur abdomen dodu doit constituer un mets délicat et d’autre part que les fourmis destinées à la reproduction ne contiennent que très peu d’acide formique.
- U n’y a aucune appréhension à capturer les fourmis ailées, car elles sont absolument inoffensives. Je ne conseille cependant pas d’aller les chercher dans leurs nids, avant l’été. Les ouvrières, défendant leur cité avec acharnement, auraient vite fait de causer à l’imprudent de douloureuses morsures. Il est bien préférable d’attendre la chute des essaims qui se produit au moins [\ ou 5 fois par an, pour peu que l’été soit chaud.
- Les fourmis ailées peuvent se conserver vivantes pendant de longues semaines. En les plaçant dans des tubes de verre bouchés au liège, avec un petit trou au bord pour l’aération, on peut en garder quelques milliers. Cela donnera l’occasion de faire, d’août à fin octobre, une longue série de belles pêches.
- René Brossard.
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- 34 ^ PRESTIDIGITATION
- LA PRESSE MAGIQUE
- La Presse magique, au sujet de laquelle un lecteur me prie de donner quelques détails, est loin d’être une nouveauté; elle a paru aux environs de 1879. L’appareil est formé de deux cylindres lisses superposés, comme dans un laminoir à papier, par exemple (lig. 1). On introduit à droite une feuille de papier blanc entre les deux cylindres
- et la feuille sort à gauche imprimée m y s térieusemen t, soit en noir, soit en couleurs. Blanche à l’entrée, elle ressort portant, suivant l’ordre de l’opérateur, soit la représentation d ’ 11 n e carte prise dans un jeu, le résultat d’une addition, un nom demandé, la fleur choisie, etc., ou toute autre réponse à la produc-lion de laquelle l’art du prestidigitateur n’est pas étranger (lig. •.>,) et que nous n’avons pas à étudier ici. Ce qui nous intéresse, c’est de savoir comment un simple jeu <ii deux cylindres lisses peut, faire de l’impression à volonté. Cela est plus fort que la typo ou que la litho !
- Le moyen est simple, mais justement à cause de sa simplicité, il déroute les chercheurs : les deux cylindres qui
- Fig. 1. — La presse magique transformant. du papier eu billet de banque.
- Fig. 2. •— Une bande préparée pour la presse.
- Victor Hugo
- semblent être métalliques sont en étoffe brillante et ne sont pas des cylindres indépendants ; que l’on veuille bien exa-
- miner la figure 3 qui donne la coupe schématique de la presse. Sur les axes MN, munis chacun d’une manivelle à poignée, l’une à droite, l’autre à gauche, la toile est fixée par ses deux extrémités. Elle est serrée, sur les axes, mais pas trop cependant, car elle doit recevoir deux feuilles de papier. La longueur de cette toile doit être un peu plus de deux fois celle du papier imprimé qui apparaîtra.
- Dans l’exemple ligure a, la feuille à apparaître ayant o m 60 de longueur, la toile mesure 1 m ao.
- Avant de présenter son expérience, le prestidigitateur insère secrètement sa feuille imprimée en 1. Pour cela, il lui suffit de glisser l’extrémité de celte feuille en I comme s’il s’agissait de deux rouleaux et de tourner la manivelle M sur la droit*; : l’axe M enlraine la toile qui à son tour entraîne la feuille imprimée et la dissimule dans la spirale. A la vérité, le cylindre M grossit et le cylindre IN diminue de grosseur, mais cela n’est pas sensible à l’œil des spectateurs. Lorsque, devant le public, b; prestidigitateur présente la press*;, et introduit le papier blanc en B, il lourne la manivelle, N vers la gauche : sa feuille blanchi; est, aspirée par la toile qui s’enroule et rejette, la feuille, imprimée d’un*1 quantité égale jusqu’à la sortie complète. La feuille blanche a complètement disparu : le mystère est accompli.
- Chose iissez rare, alors que emprunte des idées à la prestidigitation, ici c’est, la prestidigitation qui a utilisé l’idée en la perfectionnant, en augmentant, sa présentation mystérieuse; ce joli truc a d’abord été vendu dans plusieurs magasins comme prime et comme simple curiosité. On plaçait, une feuille de papier et l’on imprimait un billet de 100 francs (fig. 1). C’était déjà curieux, mais un peu simpliste. La prestidigitation a su compléter heureusement la magie du tour par sa présentation plus compliquée et moins banale.
- Le prestidigitateur Alber.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- GRAINS DE CACHOU
- 1° Voici, d’après Cerbelaud, la formule type de préparation des grains de cachou utilisés par les iumeurs pour parfumer l’haleine et faire disparaître l’odeur du tabac :
- Extrait de réglisse par infusion. . . 100 gr
- Glycyrrliizine.............................. 25 —
- Eau distillée...............................100
- Saccharine.............................. 0,50 —
- Cachou pulvérisé............................ 20 —
- Gomme arabique pulvérisée................... 20 •—
- Cascarille pulvérisée................... 2,5 —
- Charbon de peuplier..................... 2,5 —
- Iris de Florence............................. 5 —
- Essence de menthe Mit,chain............. 2,5 —
- — de roses........................... 0,25 —
- Essence de, badiane...................... 1 gr
- — de girofle...................... 0,25 —
- — de cannelle..................... 0,25 —
- Menthol cristallisé...................... 0,25 —
- Teinture, de musc au 1/10............. 0,25 —
- — d’ambre au 1/10............... 0,25 —
- Faire fondre, au bain-marie l'extrait de réglisse et la gly-cyrrhizine dans l’eau, ajouter la saccharine, le cachou et la gomme, évaporer à consistance d’extrait, incorporer la cascarille, le charbon et l’iris. Remettre la masse au bain-marie,
- y verser le mélange des parfums, faire une pâte homogène de consistance pilulaire que l’on divise en petites plaques de I mm d’épaisseur, obtenues en mettant la pâte sur une vitre cirée ou enduite, de beurre de cacao fondu, recouvrir ces plaques d’une mince feuille d’argent et découper sous forme de petit,s losanges. Laze.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1937 (’)
- 35
- Mois astronomiquement très chargé. Visibilité de Mercure et surtout de Vénus; Mars, Jupiter, Saturne et Uranus très bien placés. Voilà pour les planètes.
- Une belle conjonction de Vénus et de la Lune, le 3 août,
- Un très grand nombre d’essaims d’étoiles filantes et notamment les Perséides, surtout du 9 an 11 août.
- Puis la série habituelle des conjonctions, des occultations, des étoiles variables et des phénomènes du système des satellites de Jupiter, etc.
- Ajouter à tout cela une saison généralement agréable qui incite, le soir, à sortir jumelles, lunettes et télescopes....
- I Soleil. — Pendant le mois d’août, la déclinaison du Soleil diminue fortement.
- Ainsi, elle sera de + i8°/i/
- le ier août et seulement de + 8°/|P le 3i. La durée du jour décroît aussi fortement ce mois-ci : elle sera de i5l‘/|m le 1e1' et de 1HLaç)m le 3i. Cette durée est celle do la présence du disque solaire sur l’horizon.
- Nous donnons ci-dessous, comme tous les mois, le tableau du temps moyen à midi vrai, (c’est l’heure du passage
- Voici le tableau des éléments nécessaires pour orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Date (o*1) P Bo Lo
- Août 3 + 11051 -(- 5096 286075
- — 8 + i3,43 -j- 6,28 220,64
- — 13 + i5,2.5 + 6,56 i54,54
- — 18 + 16,95 4- 6,80 88,45
- — 23 + i8,54 + 6,99 22,3?
- — 28 + 20,00 + 7>'2 3i6,3i
- Fig. L — Déplacement sur le ciel de la petite planète Gérés (1) du 28 juillet au 14 septembre 1937, pendant sa période d’opposition au Soleil.
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire,. — Il ne faut guère essayer de voir ces deux lueurs en août. La lumière zodiacale peut être recherchée à la fin du mois, mais cette année, la Lune, pleine Je gênera cette recher-
- che.
- La lueur anti-solaire est, elle aussi, inobservable, étant encore trop fiasse sur l’horizon.
- IL Lune.— Les phases de la
- Lune, pendant d’août, 1937, se comme suit :
- le mois produiront,
- du Soleil au méridien dt Paris) :
- N. L. le 6, à 1237n* P. L. le 22, à ob47m
- Date Fleure du passage Date Heure du passage P. Q. le 14» à 2h28i“ D. Q. le 28, à 231155m
- Août 1 er 11 *>56n|5is Août 17 Iili54 1141 s
- — 3 11 56 43 — '9 11 54 i5 Age de la Lune, le ier août, à o1* 2.318 ; le 7 août = o->5,
- — 5 11 56 32 — 21 11 53 46 Rappelons que pour avoir 1’ âge de la Lune à une autre
- — 7 11 56 20 23 11 53 16 date du mois, il suffira d’ajouter aux nombres précédents
- — 9 11 56 5 25 11 52 44 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 7.
- — 11 11 55 47 — 27 11 52 11 Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 2, à i5i>
- — 13 1 1 55 27 — 29 11 5i 36 = -fi 22°3i/; le 16, à 9i‘ = — 22026L On remai’quera la
- — i5 11 55 5 — 31 11 5o 59 faible hauteur de la Lune dans le ciel le 16 août, vers i9b4om,
- Observations physiques. — Voir à ce sujet le « Bulletin astronomique » du n° 2994, du 1e1' février 1987. Suivre attentivement chaque jour la surface solaire. De très belles taches, très grandes, étaient récemment visibles. Rappelons qu’une simple jumelle suffit pour un examen préliminaire. Surtout nic pas regarder directement le Soleil, on serait aveuglé, mais projeter l’image du Soleil sur un carton blanc (de préférence à travers des volets entr'ouverts, l’image étant mieux visible en raison de l’obscurité relative de la pièce). Mettre au point en écartant peu à peu les verres de la jumelle, comme pour le cas d’observation d’objets rapprochés. Avec une bonne jumelle, l’image solaire est très belle, mais elle remue lorsqu’on tient l’instrument à la main ; de préférence, fixer la jumelle sur un pied ; par exemple, fixer cette jumelle sur une planchette vissée à la place d’une chambre photographique, sur un pied muni d’une rotule.
- 1. Toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps Universel (T. U.), compté de Ü'1 à 241', à, partir de 0U (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 h à toutes les heures indiquées, pour établir la concordance entre les heures des pendules et la production des phénomènes.
- au moment de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 août à 4*1- Parallaxe = 5g/5o,/. Distance = 366.490 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le i5 août, à 3>>. Parallaxe = 54/i6//. Distance = 404.076 km.
- Périgée de la Lune, le 29 août, à Distance = 36g.882 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune.
- 3 h
- . Parallaxe = 5g/i7/
- L
- e io,
- de 4.2o5 B. D.
- î° (6mg) : immersion à 2i*'i9m2
- occultation
- ULr, S
- Le 29, oh26m3s. occultation de 53 Taureau (5“4) : émersion à
- Le 3o, 3ha3mis. occultation de ij., Taureau (5m8s) : émersion à
- Le 3i, 3 0mqs occultation de 16 Gémeaux (6miBj : émersion à
- Lumière cendrée dt 3 la Lune. —- Il faudra l’observer le
- matin du ier au 4 août, (ce dernier jour à l’aube) puis à la fin du mois, le 3o et le 3i. Observation à faire avec une jumelle.
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la nouvelle Lune du 6 août puis de la pleine Lune du 22 août. Elles seront peu importantes,
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-
-
-
- 36
- leur coefficient maximum atteignant ioo centièmes (le 8 août).)
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-après, que nous avons établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les principaux renseignements utiles pour rechercher et observer les grandes planètes, à l’exception de Pluton.
- Date (o* T. U.) Angle de position de l’axe Latitude du centre Dia- mètre Phase Angle de position de la phase Magni- tude stellaire
- Août !«>• 36°5 i4°5 1 a"6 ."6 1 02°7 — O»» 5
- — 11 35,7 12,8 11 >7 1,6 101,5 — 0,4
- 21 34,6 10,8 io,9 i,0 99»9 — 0,2
- ASTRE Date : Lever Passage au méridien Coucher Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation VISIBILITÉ
- Août à Paris de Paris à Paris droite son apparent et étoile voisine
- 5 4k3om 1ih56m32s iqli2 2m 9h om + 170 c 3P35"2 Cancer
- Soleil . ’ •7 4 47 11 54 4> 19 2 9 46 -p i‘â 29 31 39,1 Lion > ))
- 29 5 4 1 1 5i 36 18 39 10 3o -h 9 25 3* 43,9 Lion
- 5 6 44 i3 3i 20 16 IO 32 + 9 27 6,0 p Lion l Le soir, au milieu du
- Mercure . >7 7 23 i3 35 *9 45 11 24 + 1 59 7,2 Lion mois. Plus grande
- 29 7 25 i3 i3 r9 1 1 r 51 — 3 5 8,8 Lion élongation le 17.
- Vénus. 7 1 8 *9 8 9 59 10 16 *7 5i 2 6 1 6 59 P + 21 21 26 25 16,6 >5,4 vj Gémeaux S Gémeaux Magnifique dans le ciel du matin.
- 29 I 39 9 22 >7 5 7 58 + 20 2 >4,4 Gémeaux
- 5 i4 27 18 38 22 49 i5 42 — 22 27 12,2 $ Scorpion
- Mars . >7 >4 10 18 i4 22 18 16 5 — 2.3 34 11,2 d Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- 29 13 56 l7 54 21 Ô2 16 32 — 24 35 10,4 a Scorpion
- Jupiter •7 •7 18 21 28 1 43 19 21 — 22 33 43,o h Sagittaire Presque toute la nuit.
- Saturne . 7 20 26 2 3o 8 3o 0 20 — 0 34 17,0 10 Baleine Presque toute la nuit.
- Uranus 16 21 43 4 5‘J 12 16 2 45 P 15 33 3,4 a Bélier Presque toute la nuit.
- Neptune . 16 I i5 7 39 »4 2 11 28 + 4 39 2,4 (t Lion Inobservable.
- Mercure va devenir un peu visible, le soir, au milieu du mois. 11 atteindra sa plus grande élongation du Soleil le j8 août, à 4l>, à 27°2:P à l’Est du Soleil. Celte élongation, quoique étant la plus grande de l’année ne sera pas la plus favorable au point de vue des observations, la planète se' couchant moins d’une heure après le Soleil. IJn équatorial sera utile pour la trouver dans les feux du couchant.
- Vénus s’éloigne de la Terre et son diamètre diminue. Malgré cela, elle reste un astre magnifique dans le ciel du malin.
- Dans une lunette astronomique renversant les images, Vénus, le i/| août, offrira une phase analogue au dessin n° 8 de la figure i du « bulletin astronomique » paru au n° :h)()S.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus en août :
- Date Fraction du disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- Août 4 0,671 i6"8 — 3,6
- — 9 0,691 16,2 — 3,6
- — 14 0,709 15,6 — 3,6
- — l9 0,727 15,2 — 3,5
- — 24 0,744 >4,8 — 3,5
- - ?9 0,760 >4,4 - 3,5
- Mars est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Son diamètre diminue et déjà bien des détails de sa surface vont échapper aux observations faites avec de petites Innettes.
- Nous continuons ce mois-ci le Tableau permettant de reconnaître les configurations martiennes (à condition de posséder un globe de la planète Mars ou un bon planisphère) :
- Voici quelques passages par le centre du disque du méridien zéro de Mars :
- Date
- Août Ier
- — 5
- — 9
- — i3
- — 17
- Heure (T. U.) Gl‘25m
- 9 1
- 11 38 i4 i5 16 5-i
- Date
- Août 21
- — 25
- — 29
- — 3i
- Heure (T. LJ.)
- jgU^m
- 22 7
- O 6 I 25
- Mai's tourne sur son axe en 24ll37m22s65 ; en 1 h, il tourne de i/|°Û2/ et en 1 mn de o°a/fi.
- Cérès, la petite planète n° 1, et aussi la plus grosse des petites planètes (son diamètre est évalué à 7O7 km) va passer en opposition le 21 août. Son observation sera difficile parce que lu planète se trouvera dans la partie la plus australe du Capricorne et même dans le Poisson austral.
- Voici quelques positions, où l’on pourra trouver Cérès, d’après les éphémérides que publie l’Annuaire astronomique Flammarion, éphémérides calculées par le P1’ N. Komendan-tolf, de l’Institut astronomique de Léningrad :
- Date (T. U.)
- Ascension droite Déclinaison
- Août 5,0
- — i3,o
- — 21,0
- — 29>°
- 22^ 1 2ino 22 5,6 21 58,6 21 51 ,7
- — 25o56'
- — 26 49
- — 27 35
- — 28 11
- Notre petite carte (fig. 1) reproduit la trajectoire apparente de Cérès sur le ciel pendant la période actuelle d’opposition. Jupiter est passé en opposition le i5 juillet. Il est, encore
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-
-
-
- visible presque loti le la nuit. Voici la série des phénomènes produits par les satellites de Jupiter :
- Date : Août Heure Satel- lite Phéno- mène Date : Août Heure Satel- lite Phéno- mène
- 1er i*'i8m I P. c. i3 20*>3iwi III E. f.
- 1 1 42 I 0. c. i5 20 7 II Im
- 1 22 36 1 Im. 16 0 3i 11 E. f.
- 2 1 19 I E. f. 16 23 16 1 P. c.
- 2 *9 44 1 P. c. ‘7 0 I I 0. c.
- 2 20 1 I 1 0. c. '7 *9 27 34 11 0. f.
- 2 20 59 I 111 P. c. 17 20 1 Im ,
- 2 22 I P. f. 17 23 37 1 E. f.
- 2 22 28 1 0. f. 18 J9 59 I P. f.
- 2 22 49 111 0. c. 18 20 47 1 0. f.
- 3 0 27 III P. f. 20 *9 28 IV 0. f.
- 3 19 47 I E. f. 22 22 27 II Im
- 3 20 38 IV P. f. 24 !9 11 II 0. c.
- 3 21 27 IV 0. c. 24 20 i4 II P. f.
- 4 1 16 IV 0. f. 24 22 2 II 0. f.
- 6 23 38 II P. c. 24 22 21 l Im
- 7 0 43 11 0. c. 25 *9 3o I P. c.
- 8 21 53 11 E. f. 25 20 25 I 0. c.
- 9 0 21 I Im. 25 21 46 I P f.
- 9 21 29 I P. c. 25 22 42 1 0. f.
- 9 22 G I 0. c. 26 20 0 I E. f.
- 9 23 46 I P. f. 27 21 8 111 Im
- 10 0 20 III P. c. 28 '9 46 IV Em.
- 10 O 23 I 0. f. 3i '9 47 11 P. c.
- 10 2 I 42 1 E. f. 3i 21 47 II 0. c.
- 12 0 49 IV Im. 3i 22 36 11 P. f.
- Saturne est très bien placé pour être observé puisqu’il sera en opposition avec le Soleil le mois prochain. Voici les éléments de l’anneau pour le i3 août :
- Grand axe extérieur................................. hî,,r]Z
- Petit axe extérieur.................................— 3W86
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau — 5° 189
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. — 3°897
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est surtout visible, lors de ses élongations. En voici la liste pour ce mois d’août.
- Date Elongation Heure
- Août 3 Occidentale I7h7
- — 11 Orientale i3,6
- — >9 Occidentale 15,8
- - 27 Orientale n,5
- Uranus va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 6 août à 13. Il sera facile de le trouver à environ i° au Nord-Est de l’étoile 0 du Bélier, par rapport à laquelle il sera à peu près immobile pendant tout le mois. La petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2992 (du 101' janvier 1987), p. 36, permettra de le trouver aisément. Uranus sera stationnaire le 19 août, à n*1 Neptune est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil au début du mois prochain.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 9*', Vénus en conjonction avec la Lune, à o°48/ S. Suivre ce phénomène dès le lever de Vénus, d’abord à l’œil nu, puis à la jumelle. La Lune (nouvelle le 5) présentera
- 37
- un très fin croissant. Très beau spectacle à suivre à l’aube. Le 4, à i3, Mercure en conj. avec p Lion (3m8), à o°9r S. Le 8, à iG11, Mercure en conjonct. avec la Lune, à 5°7/ N. Le 9, à 5b, Neptune — — à G^G' N.
- Le 14, à 201', Mercure — Neptune, à 2°37/ S.
- Le 15, à 2*', Mars — la Lune, à S.
- Le 18, à 23*', Jupiter — — à 3°a8' S.
- Le 24, à 2011, Saturne — — à 7°4'V S.
- Le 27, à i3*', Uranus — — à a'Yu/ S.
- Etoile f>olaire. Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Étoile polaire au méridien de Paris et quelques valeurs du temps sidéral :
- Temps sidéral à oh pour le méridien
- Date Passage Heure (T. U.) de Greenwich
- Août 9
- — >9
- — 29
- Supérieur
- 4h23»*33s 3 44 26 3 517
- 21*1 811117!
- 2 1 47 42
- 22 27 8
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol [3 Persée) variable de 2m3 à 3m5 en 2J2oIi49s; le iG août, à a1 '22111 ; le 18, à 23llnm; le 21, à i9,l59m.
- Minima d’éclat de (3 Lyre, variable de 3m5 à 4mi en 12*21 *'48In : le G août, vers 4l'48m; le 19 août, vers 4*’48m.
- Etoiles jilantes. — On sait que le mois d’août est marqué par une recrudescence d’activité des essaims d’étoiles filantes. L’essaim le plus célèbre est celui des Perséides, qui commence à être actif vers le 7 ou le 8 juillet, atteint son maximum vers le 9 août et cesse de donner des météores vers le 20 août.
- C’est donc vers le 9 août que la Terre traverse la partie la plus dense de l’essaim. Les météores sont rapides et laissent des traînées jaunâtres. Le radiant est alors voisin de l’étoile c Persée.
- Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, la liste des principaux radiants actifs en août :
- Ascension
- Epoque droite Déclinaison Etoile voisine
- Août jer au 4 29° + 36° P Triangle
- — 7 au 11 295 + 54 X Cygne
- — 7 au 12 292 + 7° S Dragon
- — 8 et 9 5 + 55 « Cassiopée
- — 9 au 11 44 + 56 y; Persée
- — 9 au • 4 9 — »9 P Baleine
- — 12 et i3 345 + 5o 3o84 Bradley
- — 12 au 16 61 4- 48 g Persée
- — 20 et 25 6 + 11 y Pégase
- — 21 au 23 291 + 60 0 Dragon
- — 23 au 3i 282 + 4i k Lyre
- — 25 au 3o 237 -f 65 ïj Dragon
- V. Constellations. •— L’aspect de la voûte céleste à Paris le 1e1' août, à 22ll3om ou le i5 août à 2ill3om est le suivant :
- Au Zénith : L’étoile o du Cygne. Autour du Zénith : le Cygne ; la Lyre ; la tête du Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; le Cocher (à l’horizon : Cape! la).
- Au Nord-Est : Persée; Cassiopée.
- A VEst : Andromède; Pégase; le Bélier.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Capricorne; l’Aigle.
- A l'Ouest : Le Scorpion; Ophirchus ; le Serpent; Hercule; le Bouvier ; la Balance.
- Au Nord-Ouest : La Grande Ourse; le Dragon; la Chevelure de Bérénice.
- Em. Touchet.
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-
-
- 38 ..."= LE CINÉMA D'AMATEUR =
- ET SES TRANSFORMATIONS
- Le développement du cinéma d’amateurs est très rapide, et d’autant plus remarquable que désormais les projecteurs pour films réduits, c’est-à-dire de format inférieur a 35 mm, peuvent être sonorisés dans des conditions très satisfaisantes. Les amateurs ne sc contentent donc plus d’utiliser dans leurs projecteurs des films positifs édités dans le commerce et établis généralement par réduction des films de format standard ; ils préfèrent procéder eux-mêmes aux prises de vues.
- Grâce aux perfectionnements des émulsions sensibles, la qualité des projections réalisées avec des lilms réduits, et si l’on se contente d’une surface en rapport avec leur format (avec des images qui atteignent au minimum i ni de large) n'est plus guère inférieure à celle obtenue, avec des films standard. Bien plus, on peut désormais obtenir des résultats ignorés encore des professionnels ; il e'n est ainsi pour la cinématographie en couleurs.
- A B C D
- Fig. I. •— Les différents formats de films.
- A. Film standard de .‘la mm. ; B, film sous-standard de l(i mm ; C, film de 8 mm coupé avec une rangée de perforations ; I), film de 8 mm non coupé avec deux rangées d’images sur la bande
- de 16 mm.
- Une des plus grandes difficultés de la cinématographie en couleurs professionnelle consiste dans le tirage des épreuves à partir du premier enregistrement original ; cette difficulté n’existe pas pour la cinématographie d’amateurs, puisque l’opérateur n’a besoin que d’une seule épreuve. C’est l’original lui-même qui la constitue, en général, dans la prise de vues ordinaire en noir et blanc, sur émulsion inversible.
- Les nouveaux films en couleurs, du type soustractif tri-chrome Kodachrome, que nous avons décrits précédemment ici-même, peuvent être utilisés à la prise de vues dans un appareil cinématographique ordiname, puis, pour la projection, après traitement convenable, également dans un projecteur quelconque.
- Le développement et la réalisation de la bande finale sont, d’ailleurs, effectués dans les laboratoires du producteur de films lui-même; le prix du film, tout en étant relativement élevé, n’est pas prohibitif, et le montant des opérations et traitements nécessaires est compris dans le prix total de vente.
- CINÉMATOGRAPHIE ET PHOTOGRAPHIE D'AMATEUR
- L’augmentation du 'nombre des cinéastes amateurs n’a pas beaucoup diminué le nombre des amateurs de photographie ordinaire.
- Par contre,1 la vogue du cinématographe d’amateur a provoqué, fait curieux, une évolution de l’appareil photographique ; ôn retrouve dans la majorité des modèles récents, dés dispositifs de caractère cinématographique.
- Les appareils folding plus ou moins encombrants, bien que pliants, de 9 x 1 i>, cm, ou même de 6 x 9 cm, avec châssis ou magasin à plaques, ne sont plus guère en faveur; on ne voit plus dans cette catégorie que des modèles 6 x 9 ou !\ 1/2 x 6 à pellicules, et le fait tient sans doute à l’amélioration de la qualité des émulsions sensibles sur pellicules, résultat des recherches entreprises pour améliorer la qualité des films cinématographiques.
- Mais, l’appareil photographique le plus employé est le modèle de petit format, de 6 x 6 cm, dans lequel on adopte, d’ailleurs, des bobines de pellicules de 6x9 cm, et surtout, le très petit appareil de poche de 2/4 x 36 mm utilisant le film cinématographique, perforé ou non, avec mise au point réflexe ou par télémètre, couplé ou non.
- La fabrication de ces appareils exige évidemment, lorsqu’on désire une qualité irréprochable, la plus grande précision; c’est à ce prix qu’on obtient des négatifs permettant finalement les agrandissements ; la quantité de l’émulsion prend alors une importance du même ordre que pour la projection cinématographique.
- La netteté de la prise de Mies exige, de même, la planéilé complète du film, la précision de la mise au point, malgré les faibles distances focales des objectifs généralement utilisés.
- Tous ces petits' appareils sont donc rigides, la mise au point des objectifs s’obtient par déplacement dans une monture hélicoïdale, le film perforé est entraîné par roues dentées ; l’obturateur est à secteurs ou à rideau. On trouve aujourd’hui dans le commerce des appareils munis de ces perfectionnements à des prix relativement très bas et inférieurs à ceux des appareils folding d’autrefois.
- Dans ces petits appareils, on peut évidemment utiliser toutes les émulsions employées pour le cinématographe, aussi bien les films orthocliromaliques non impressionnés parles rayons rouges, que les films panchromatiques sensibles même au rouge ; on peut également utiliser sans écran des films permettant la prise de vues en couleurs.
- Grâce à l’emploi d’objectifs d’une ouverture de l’ordre de F : 3,5 à F : 2 et d’émulsions dont la sensibilité est passée à 26° ou même 28° Schneider, la prise de vues est possible en instantanés lents, même par tous les temps ; avec des systèmes de développement convenables, la sensibilité des émulsions n’augmente pas le grain dans des proportions gênantes.
- Le succès de ces appareils photographiques de petit format n’a été rendu possible que grâce aux éludes d’ordre ci nématographique.
- LE CINÉMATOGRAPHE D'AMATEUR EST-IL COUTEUX?
- La dévaluation et les lois sociales ont augmenté le prix de vente du matériel et des films cinématographiques de
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- fabrication frai 1 vaise ou étrangère dans des proportions considérables, qui at teignent parfois /jo pour ioo ; niais ces augmentations sont du même ordre pour le matériel photographique.
- On peut trouver maintenant dans le commerce, des appareils photographiques très simplifiés, d’un format de 0 x 9 cm ou de (\ 1/3 x <i cm, à des prix inférieurs à 5o fr ; ils sont munis d’objectifs rudimentaires rectilignes ou achromatiques et, ne permettent les prises de vue que par une lumière favorable.
- Les appareils courants avec objectifs anastigmals, de foi-mat moyen ou réduit, coûtent quelques centaines de francs, de don à 5oo fr par exemple. Pour le même prix, on peut avoir, même actuellement, une caméra de prise de Mies, tout au moins de 9 mm 5, et les projecteurs simplifiés correspondants valent à peu près la même somme; on trouve aisément le même matériel d’occasion et en bon état à des prix inférieurs.
- Le prix de rc\ienl des lilms enregistrés par l'amateur n'est, d’autre part, nullement prohibitif. Si l’on choisit le format de <S mm, une bobine, de i5 m permettant avec 2 60 images au m une, projection d’une durée de 4 mu revient, développement et tirage compris, à 48 fr en film orthochromalique et à 58 fr en film panchromatique.
- Ln film de 9 mm 5, la même durée de projection exige une longueur de, 3o m, avec, 133 images au mètre, et le prix de revient est alors de l’ordre de, 58 à (19 fr.
- Lnfin, avec du film de i(i mm, désormais réservé plus ou moins à des privilégiés, la même projection exige la même longueur de film que pour le 9 mm 5, et revient de 9b à j 45 IV.
- (les prix paraissent encore relativement, élevés, si on les compare à- celui d’une bobine de pellicule photographique de, b x 9 cm de 8 poses, de l’ordre de, 8 fr 5o, ou d’une charge de film de petit format de 30 poses 3.4 x 3(3 mm, de l’ordre de 22 fr, mais examinée de plus près, la question change d’aspect.
- Dix mètres de film de format réduit représentent déjà plus d’un millier d’images, et, lorsqu’on utilise une caméra, ce n’est évidemment que pour obtenir des prises de vues de sujets intéressants. La consommation annuelle d’un amateur cinéaste 11e dépasse pas, en réalité, en moyenne 100 à j5o m, ce qui correspond à une durée de projection de l’ordre de 20 à 4o 11m, déjà plus importante qu’il peut le sembler a priori. La dépense totale du cinéaste ne dépasse pas ainsi actuellement 200 fr, et l’amateur photographe qui ne développe pas lui-même ses films, ne tire pas lui-même scs épreuves, arrive très rapidement à une dépense du même ordre qui ne correspond guère qu’à une dizaine de bobines, soit une centaine d’épreuves photographiques sur papier au total.
- UNE MÉTHODE PRATIQUE POUR RÉDUIRE LES PRIX DE REVIENT DES FILMS
- Comment diminuer encore le prix de revient des lilms enregistrés ?
- On 11e peut espérer, dans un proche avenir, une réduction des prix de vente du film ou des opérations de développement et de tirage ; on ne peut songer, non plus, à réduire encore le format. Avec le 8 mm, il semble bien qu’011 soit arrivé à une limite extrême déjà remarquable.
- On pourrait plutôt réduire la longueur du film nécessaire pour une durée de projection donnée ; c’est-à-dire diminuer la cadence de projection. Pour le film muet standard, elle est actuellement de 16 images par seconde, l’arrêt du film étant de i/3a de seconde, et l’obturation également de 1/02.
- ......T:--------- zzzii. i. ;:"i. 11~"~~.— 39 =
- Pour le film sonore, au contraire, on la porte à ?,4 images par seconde, de manière à augmenter la vitesse linéaire de l’enroulement dans la lecture de sons nécessaire à la reproduction correcte des notes musicales aiguës.
- En principe, pour obtenir un résultat optique suffisant, 011 pourrait réduire la cadence à 12 images par seconde, ce qui porterai! le temps de pose utile à 1/24 de seconde, et permettrait, en même temps, de diminuer l’ouverture des objectifs de prise de vues et de projection, ou l’intensité lumineuse de l’ampoule à incandescence de projection.
- La plupart des caméras de prises de vues perfectionnées, munies généralement d’un moteur mécanique à ressort, comportent un réglage de la vitesse permettant de faire varier la cadence de prise de vues, depuis 10 images-seconde environ jusqu’à 32 ou même (34 images-seconde environ, pour les prises de vues au ralenti. 11 n’y a donc aucune difficulté pour réduire la cadence à la prise de vues, mais il n'en est pas de même pour la projection.
- Lorsqu’on projette les images animées d’objets animés se déplaçant rapidement suivant des mouvements transvei'saux à la caméra, il est déjà difficile d’avoir une impression satisfaisante de continuité avec 16 images, et les résultats sont meilleurs avec :>4 images.
- Mais, surfont, la sensation de scintillement devient désagréable lorsque la cadence descend au-dessous de 16 images-seconde ; cela provient de ce que l’obturateur ne produit pas un nombre suffisant d’extinctions à la seconde, et ne comporte donc pas un assez grand nombre de pales. Avec des projecteurs munis d’un système d’obturation perfectionné, dont il existe, déjà des modèles industriels, le phénomène de scintillement disparaît presque complètement, même lorsque la cadence est réduite.
- En employant un projecteur convenable, la réduction de la cadence est ainsi parfaitement possible jusqu’à 12 images par seconde, et le prix de revient de l’enregistrement diminue dans des proportions appréciables; il suffit de choisir des sujets de caractéristiques convenables, de filmer des objets dépourvus de mouvements rapides transversaux, ou suffisamment éloignés de la caméra. Ce cas se présente très souvent, d’ailleurs ; avec son appareil à vitesse variable instantanément, l’amateur peut toujours modifier la cadence des prises de vues; il suffit pour la projection de ne pas combiner une bande enregistrée avec une cadence de 16 ou de 2.4 images, avec une bande enregistrée à 12 images. ,
- L’EMPLOI PRATIQUE DU FILM DE 8 mm.
- En théorie, le nombre des formats réduits est devenu assez élevé ; au lilm de 17 mm 5, d’origine essentiellement française, et qui est avec le film standard dans le rapport exact de 1/2, est venu tout d’abord s’ajouter le 9 mm 5, dit Pathé Baby, d’origine également française, mais répandu peu à peu en Europe, et qui comporte uniquement des perforations d’entraînement centrales.
- Puis, le film de 16 mm à perforations latérales a fait son apparition ; alors que le 17 mm 5 n’était plus guère utilisé qu’en France, le 16 mm s’est, au contraire, répandu dans le monde entier, de telle sorte qu’il est devenu peu à peu le véritable film sous-standard (fîg. 1).
- Enfin, récemment, nous est venu d’Amérique le film de 8 mm formé, en réalité, en coupant en deux dans le sens de la longueur une bande de xC mm, e tqui comporte aussi pour son entraînement une seule rangée de perforations latéi'ales.
- Malgré son apparition récente, ce format est devenu pour le 9 mm 5 un concurrent redoutable et souvent heureux.
- A l’heure actuelle, pour l’enseignement ou pour la petite
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- exploitation, pour les projections documentaires de toutes sortes, le film de i(> mm est de plus en plus adopté, et il a d’ailleurs été sonorisé dans des conditions très satisfaisantes. Mais les hausses successives de prix de revient ont eu 1411 effet plus important sur ce format que sur les autres plus réduits. L’ « amateur moyen » ne peut plus songer à utiliser un matériel aussi coûteux.
- Ainsi, pour des raisons techniques aussi bien qu’économiques, le 16 mm est désormais réservé plutôt à l’amateur averti, au semi-professionnel, ou à la petite exploitation.
- Le 9 mm 5 est, en principe, le format le plus économique ; il permet d’utiliser, en effet, dans les meilleures conditions, la surface utile de l’émulsion. Certains lui reprochent cependant sa perforation centrale qui crée une perte de surface du film, et diminue, selon eux, la précision de l’entraînement, et surtout la stabilité de la projection.
- Le film de S mm possède, nous l’avons dit, une seule rangée de perforations latérales, mais, la plupart du temps, dans l’appareil de prises de vues, le fdm initial de 16 mm n’est pas encore coupé, de sorte que l’entraînement s’effectue par les deux côtés. Les émulsions sont très diverses et d’excellente qualité; elles permettent même la cinématographie en couleurs comme le ifi mm. Dans les premières émulsions, il avait fallu réduire beaucoup la sensibilité pour diminuer l’importance de la granulation incompatible avec le faible format de l’image; cet inconvénient a été supprimé par la suite. La sensibilité des émulsions ortlio-cbro-matiques ou meme panchromatiques pour le 8 mm est désormais la même que pour le 16 mm.
- Ce format « a la mode » permet donc de bénéficier de
- la qualité et du mode de développement du 16 mm, avec un prix de revient Védwit, à condition évidemment de se contenter d’une projection de surface également plus réduite (de a m au maximum).
- On trouve d’abord ce lilm sous forme de bobines de îG mm, mais avec un nombre de perforations double. A la prise de vues, une moitié seulement du film est utilisée dans une première phase de l’opéra lion ; lorsque la bobine est entièrement déroulée, on la place de nouveau dans l’appareil de prises de vues, mais, par sa face opposée, de manière à impressionner l’autre moitié latérale de la bande.
- Après développement, la bande est coupée dans sa partie médiane, et les deux demi-bandes sont collées à la suite l'une de l’autre.
- On Irouve aussi maintenant du lilm de iG mm à double perforation, livré incisé suivant sa ligne médiane; l’amateur colle ensuite les deux parties à la suite l’une de l’autre.
- Il y a également du film de 8 mm tout coupé, qu’on peut employer dans une bobine, ou dans un chargeur, comme du film de 9 mm 5 ordinaire.
- Ces transformations des formats et des conditions qui déterminent leur choix, ont été accompagnées de modifications très importantes des organes mécaniques et optiques des caméras et des projecteurs. Les nouveaux systèmes d’enregistrement sonore direct et de reproduction sonore, avec systèmes de lecteurs de sons à cellules photo-électriques, ne sont pas moins intéressants ; nous les indiquerons dans un autre article.
- P. Hémardinquer.
- A L'EXPOSITION DE 1937
- LE NOUVEL AQUARIUM DU TROCADÉRO ET LA MAISON SONORE
- L’Exposition ne manquera pas d’attractions scientifiques; nous en avons déjà signalé plusieurs. En voici deux qui mériteront de retenir tout spécialement l’attention des visiteurs ; ce sont le nouvel aquarium du Trocadéro et la Maison sonore de la Tour Eiffel.
- L’aquarium du Trocadéro remonte à l’Exposition de 1878 ; notablement agrandi et reconstruit suivant les données les plus récentes, il pourra rivaliser avec les plus célèbres du monde, tant par sa présentation, que par la richesse de la faune et de la flore qu’il contiendra.
- Il pe comprendra pas moins de i4 bassins, dont l’un de très grande profondeur et un autre ayant l’apparence d’un torrent. 35 bacs seront consacrés à la présentation d’animaux et végétaux aquatiques et des poissons des rivières de France et 65 seront réservés aux différentes mers du globe et aux cours d’eau exotiques. Il n’y aura pas moins de 100 bacs au total.
- Le visiteur pourra admirer les espèces les moins connues : des pieuvres, des crabes géants de toutes sortes, des poissons éleclriques et même des requins.
- L’aquarium est complété par un terrarium et un aquater-rarium réservés aux animaux amphibies. Le public y verra des castors avec leur village, des crocodiles, des alligators, des tortues géantes, etc., dans leur domaine habituel.
- Et voici une attraction vraiment unique, due à M. J.-L. Breton, directeur de l’Office national des Recherches et Inventions, un « aquarium humain » représentant le domaine des travailleurs de la mer. C’est un bassin
- octogonal, sorte de grande cloche sous-marine, conlenant 3oo m3 d’eau, et dont la construction a exigé l’extraction d’un même volume de rochers. Sa profondeur sera de f\. m, et des glaces inclinées placées sur tout le pourtour permettront d’en examiner complètement l’intérieur.
- Dans cet aquarium, d’un caractère tout particulier, les membres du fameux club des « Sous l’eau », dont la création est due à M. Jean Painlevé, feront des démonstrations; on verra des chasseurs sous-marins vêtus de scaphandres légers, faisant la course aux poissons; on verra évoluer sous l’eau des cyclistes, des promeneurs acrobates, etc.
- D’autres démonstrations, d’un caractère plus classique et plus industriel, n’auront pas moins d’intérêt : plongeurs, pêcheurs de perles, scaphandres pour grandes profondeurs.
- Ces appareils aux lourdes armures d’acier pesant quelque 800 kg, munies d’articulations à roulements à billes, doivent êlrc suspendus à des chaînes et les mouvements de l’homme rm’elles contiennent ne deviennent possibles qu’au moyen de pinces et de leviers commandés de l’intérieur; l’examen seul de ces appareils remarquables, et dont on connaît déjà le rôle décisif pour la recherche des épaves, constituera une remarquable attraction. En outre, des projections lumineuses dans l’eau, des fluorescences diverses et des haut-parleurs sous-marins révéleront des effets physiques encore ignorés.
- LA MAISON SONORE
- A côté du Pavillon de la Photographie, du Cinématographe et du Phonographe, que nous avons décrit, la Maison sonore, pavillon à deux étages constituera au pied de la
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- Tour Eiffel une remarquable attraction destinée à mettre en relief les applications des cellules photo-électriques, de l’électro-mécanique et des appareils de diffusion sonore.
- Aucun opérateur à l’intérieur du pavillon, et pourtant le visilour aura l’impression d’être accueilli, guidé et charmé, par une multitude de serviteurs et d’artistes invisibles.
- Devant lui, les portes s’ouvriront d’elles-mêmes, des voix aimables lui souhaiteront la bienvenue ; des fauteuils s’avanceront vers lui. Un speaker invisible l’invitera à entendre un concert, ou à regarder une projection cinématographique ; tout à coup, des dialogues s’élèveront dans la salle ou dans les chambres voisines, et pourtant les interlocuteurs demeurent invisibles, tout bruit cesse sur l’injonction d’un autre speaker également invisible, les lumières s’allument et s’éleignenl; si la salle est trop encombrée, le visiteur est prié poliment de circuler, etc.
- Tous ces petits miracles apparents sont dus tout simplement, nos lecteurs l’ont deviné sans peine, à des cellules photo-électriques, sur lesquelles agissent des faisceaux de rayons lumineux ou des radiations invisibles infra-rouges.
- Ces cellules sont reliées à des amplificateurs mettant en action des relais électro-mécaniques reliés aux différents appareils de commande.
- Les visiteurs, en passant dans ces faisceaux lumineux, mettent automatiquement en marche ces différents mécanismes.
- Pour éviter le recours à tout opérateur, il fallait utiliser des dispositifs de reproduction sonore à mouvements continus, non à disques, mais à bandes sans fin. On utilise donc des machines avec des films sur lesquels les sons sont enregistrés photographiquement. La traduction sonore est obtenue suivant la méthode ordinaire, à l’aide d’un llux lumineux très fin qui traverse la bande et vient frapper une cellule photo-électrique reliées à un préamplificateur et à un amplificateur de puissance agissant enfin sur des haut-parleurs bien dissimulés dans les recoins des pièces et invisibles pour le visiteur.
- La Maison Sonore, réalisation d’un genre très nouveau pour l’Europe, constituera ainsi, sans doute, une des attractions les plus curieuses de l’Exposition.
- LE CINÉMATOGRAPHE EN RELIEF
- Le cinéma en relief par projection anaglyphique, mis au point par l’illustre Louis Lumière, trouvera une application particulièrement heureuse à l’Exposition, pour la présentation des paysages de nos plus belles régions françaises, et en particulier, au Pavillon de la Franche-Comté qui se trouve au Centre Régional de l’Exposition de 1987, sur le Champ-de-Mars (Rappelons, à ce propos, que M. Louis Lumière est. né à Resançon).
- Les films en relief et sonores, sinon en couleurs, comme l’annonçaient déjà certains de nos confrères trop enthousiastes, mais peu renseignés, mettront en valeur ces lumineux paysages de montagne, et constitueront, en même temps, une nouvelle attraction scientifique pour l’Exposition.
- LES SERVICES DE VISIO-TÉLÉPHONIE ALLEMANDS
- On voit actuellement, au Pavillon de l’Allemagne de l’Exposition de 1987, des cabines de réception et de transmission d’images animées, fort intéressantes et qui attirent l’atlenion sur Jes services de visio-téléplionie combinant la téléphonie et la télévision interurbaines en Allemagne, et permettant à deux correspondants de se voir l’un.et l’autre, en même temps qu’ils se parlent.
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- La transmission des images animées s’effectue au moyen d’un câble pour très hautes fréquences ; en réalité, la bande de fréquences transmise n’est pas inférieure à i.25o.ooo périodes-seconde ; on prévoit même la possibilité d’une transmission de (j-ooo.ooo de périodes par seconde, c’est-à-dire supérieure à la bande adoptée actuellement pour la télévision en haute définition par ondes hertziennes.
- Le câble comprend un conducteur axial intérieur fait d’un (il de cuivre, le conducteur cylindrique extérieur est formé de fils de cuivre, méplats, enroulés en hélice; au-dessus du conducteur extérieur sont placés une bande métallique, un guipage isolant et une enveloppe de plomb ; le diamètre extérieur total est de 18 mm.
- Les deux conducteurs sont séparés par une bande et un ruban de styroflex, substance diélectrique tirée d’une composition organique dite trolitul (polystyrol), et dont les propriétés diélectriques permettent de réduire l’affaiblissement, à o,ifi neper par kilomètre à r.00.000 de périodes-seconde.
- On a également utilisé, pour le service Rerlin-Leipzig, un câble comportant, un tuyau de cuivre cylindrique avec isolateurs en stéatite isolant le conducteur intérieur ; dans ce dernier modèle, la majeure partie du diélectrique est constituée par l’air.
- Les appareils émetteurs de télévision sont du type à analyse de 180 lignes, cadence de transmission : a5 images par seconde.
- On a entrepris aussi des expériences très intéressantes pour la transmission d’images animées, simplement par lignes téléphoniques urbaines, sans utilisation même d’amplificateurs intermédiaires. L’expérience a montré que ces lignes permettent, la transmission d’images animées, avec analyse à 180 lignes par seconde, jusqu’à une distance de 3 à 4 km, et l’on a même réussi à transmettre en même temps par la même ligne les images animées, la musique et les paroles correspondantes.
- Il semble donc qu’on puisse prévoir dès maintenant, d’une manière pratique, l’emploi des lignes téléphoniques d’abonnés pour diffuser les images animées, la parole et la musique, sans empêcher les communications téléphoniques normales, et simplement grâce à l’emploi dans des bureaux centraux téléphoniques d’amplificateurs spéciaux reliés au studio de télévision par des lignes spécialement établies, et d’un des types que nous avons rappelés précédemment.
- UNE UTILISATION DES CELLULES PHOTO-ÉLECTRIQUES
- Les applications des cellules photo-électriques sont particulièrement mises en évidence dans un pavillon de la Maison Sonore que nous avons décrit plus haut. Mais dès l'entrée de l’Exposition, tous les visiteurs seront en présence d’un dispositif photo-électrique fort pratique.
- Le comptage des visiteurs, dans les Expositions précédentes, s’effectuait par un dispositif mécanique ou électro-mécanique à tourniquet ; ce système est remplacé par un appareil entièrement automatique dont le fonctionnement est provoqué simplement par le passage du visiteur dans l’entrée, sans qu’il y ait contact mécanique quelconque.
- L’appareil comporte un système de projecteur de radiations infra-rouges qui agit sur une cellule photo-électrique disposée en face, de l’autre côté de l’entrée; cette, cellule est. reliée à un amplificateur et à un relais électro-mécanique qui met en marche un compteur. On obtient ainsi immédiatement un relevé, du nombre des visiteurs entrant dans l’Exposition.
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- LES INSTALLATIONS D'ORIENTATION ET DE SÉCURITÉ A L'EXPOSITION DE 1937
- L’Exposition s’étend sur une très large surface, et ses bât'-ments sont disposés assez irrégulièrement dans des centres éloignés les uns des autres. Pour se rendre dans les pavillons qui l’intéressent, le visiteur devra donc étudier son plan avec soin et arrêter son itinéraire.
- Des plans d’une lecture facile seront édités ; de nombreux appareils d’orientation automatique seront placés dans les endroits où la circulation sera la plus intense.
- Parmi ces appareils, les uns seront du type à indications lumineuses du genre de ceux adoptés dans le chemin de fer métropolitain. Il suffit d’appuyer sur un bouton disposé en face du nom du pavillon qu’on veut atteindre, pour qu'immédiatement apparaisse sur un écran en traits lumineux très distincts, le trajet le plus court à suivre.
- D’autres appareils seront encore plus curieux et plus pratiques ; ils donneront, en effet, des indications non pas seulement lumineuses, mais sonores. Ils contiendront un phonographe automatique et de très nombreux disques dont chaque enregistrement correspondra à un trajet distinct reliant l’endroit, où se trouve l’indicateur à un des pavillons de l’Exposition. En appuyant sur un bouton, l’opérateur obtiendra donc immédiatement toutes les indications verbales nécessaires pour atteindre le but désiré, dans les meilleures conditions.
- La nécessité d’assurer la sécurité de si nombreux visiteurs dans une véritable cité remplie d’objets d’art de grande valeur pose de nombreux et délicats problèmes. Il faut assurer la protection contre la maladie, les accidents, le feu cl même l’eau, étant donné la disposition de nombreux pavillons le long de la Seine.
- La protection contre l’incendie est particulièrement complète, l’expérience des expositions précédentes a donné à cet égard d’utiles indications; l’importance du matériel qui doit être mis en œuvre ne doit pourtant pas être sous-estimée, étant, donné le danger toujours présent dans une agglomération de constructions, bien qu’ignifugées et ininflammables.
- Une caserne de pompiers centrale est établie au Centre Régional avec un « départ » complet toujours prêt, comme dans une des casernes de la Ville de Paris. Deux postes auxiliaires sont prévus au Petit Palais et au Trocadéro, avec un matériel puissant, et, bien entendu, l’intervention rapide des pompiers parisiens des casernes normales de la Ville est prévue également. L’alarme peut être donnée au moyen de 5o avertisseurs téléphoniques servant à la fois à la police et aux pompiers.
- Soixante-dix bouches d’eau supplémentaires ajoutées aux ix5 déjà placées normalement ont été installées, et l’on a étudié la circulation possible des voitures au milieu de la foule des visiteurs.
- COMMUNICATIONS
- Séance du 3 mai 1937.
- Variations géographiques des venins. — M. Vel-iwAim a étudié les venins des Bothrops atrox (vipère fer de lance) des diverses régions de l’Amérique tropicale et des Antilles. Il a observé de très importantes variations dans leurs actions coagulantes, hénlolytiques, neurotoxiques et nécrosantes. Ces variations sont très sensibles d’un habitat à
- Deux bateaux-pompes pouvant débiter 3oo.ooo litres d’eau à l’heure sont amarrés sur la Seine et des tours de guet, avec des observateurs constamment en éveil, sont aménagées, de manière à assurer la surveillance en dehors des rondes régulièi’es.
- Une grande partie des pavillons sont construits le loxxg de la Seine, et même au-dessus du lleuve sur pilotis ; les risques de noyade ne sont donc pas négligeables. On a établi pour parer aux accidents possibles une série de postes vigies, dont chacun dispose d’un bateau rapide de sauvetage affecté à un secteur bien déterminé, et est pourvu d’appareils perfectionnés pour donner des soins aux noyés (appai'eils respiratoires, inhalateurs d’oxygène, nécessaires théi’apeutiques).
- Enfin, pour secouiir rapidement les malades et blessés, de nombreux postes de secours ont été installés au Clxamp-de-Mars, au Centre Régional, à l’ile des Cygnes, au Centre des Métiers, au Parc des Attractions, au Trocadéro, à la Porte de la Concorde.
- Ces postes de secours seront indiqués par des poteaux indicateurs et une liaison téléphonique sera établie entre les différents centres médicaux qui disposeront de matériel de transport perfectionné et de deux ambulances automobiles.
- Un service médical a été prévu pour assurer l’hygiène générale, l’assainissement des locaux, la dératisation, le contrôle de l’eau potable et des égouts.
- On voit ainsi l’importance et la complexité des problèmes de sécurité que pose une telle manifestation.
- LE PAVILLON DES ÉTATS-UNIS
- Le Pavillon des Etats-Unis est situé sur la rive gauche de la Seine devant la Tour Eiffel ; il est particulièrement remarquable par son architecture typiquement américaine dans son esprit et dans ses lignes.
- Le modèle caractéristique de l’ai'chitecture américaine est le gratte-ciel « sky-scrapper »; cependant, il était impossible, à l’Exposition, d’élever une construction de plus de 45 m de haut, il a donc fallu donner une impression évocatrice uniquement grâce aux lignes de l’ai'chitecture.
- Des deux côtés d’une tour centrale s’élancent deux larges murs-panneaux plats et sans fenêtres; l’un porte une représentation du champ bleu du drapeau américain, avec ses 48 étoiles illuminées la nuit; on voit, sur l’autre une grande carte des Etats-Unis en matière translucide, avec les villes désignées par des étoiles d’or, également éclairées le soir.
- La façade de la tour, enfin, est rouge, et sa décoration représente un totem d’indiens ; on a réalisé ainsi les trois couleurs du drapeau américain.
- N’oublions pas que l’Amérique prépare déjà l’Exposition Internationale de New-York exx 1939, dans la plaine de Long-Island ; on verra au Pavillon américain un plan' et des maquettes de celle remarquable manifestation internationale.
- P. II.
- l’autre sans qu’il soit possible de montrer une influence du climat. Le venin atteint son maximum d’activité au centre de la dispersion de l’espèce (au Venezuela dans ce cas). En s’éloignant de ce point, certaines propriétés s’exaltent, d’autres s’atténuent. Il est nécessaire de tenir compte de ces variations pour la préparation des sérums anlivenimeux. II y a intérêt à les préparer à partir de venins des types régionaux d’ophidiens.
- A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Les esters éthyliques et la tuberculose. —
- MM. Nègre, Berthelot et Rretey ont constaté sur le cobaye que les injections d’esters éthyliques d’acides gras à poids moléculaire élevé (arachidate, stéarate, palmitate, lau-rate, etc.) retardent l’évolution des lésions tuberculeuses. Les esters d’acides moins élevés (caprylate et caproïate) sont sans effet et ceux des acides légers (butyrate) provoquent au contraire une accélération de l’évolution. Les esters d’autres alcools (benzylique ou cinnamique) paraissent sans effet. MM. Guinard et Troisier ont constaté que, chez l’homme, les injections sous-cutanées de palmitate et de stéarate d’éthyle sont bien supportées mais laissent un placard induré qui ne se résorbe que lentement.
- Séance du 10 mai 1937.
- La disparition de la comète de Biela. — Découverte en 1826, la comète de Biéla se dédoubla au cours de son apparition de i846, fut revue dédoublée en i85a, puis disparut définitivement du ciel. La Terre ayant dû passer fort près de la comète en 1872, i885 et 1892, on a pu observer de fortes pluies d’étoiles filantes aux époques des passages de notre planète à travers l’orbite de la comète. Ces phénomènes ont fait admettre une dislocation de la comète de Biéla en une multitude d’astéroïdes. De nombreuses causes ont été proposées pour expliquer cette dislocation ; MM. Bos-1.KK et Roure font remarquer qu’à l’époque du dédoublement la comète traversait l’essaim des Léonides et l’a rencontré de nouveau à chacun des retours suivants. A leur avis, la désagrégation de la comèle est due aux astéroïdes, très nombreux surtout au xix° siècle;, q.u suivent l’orbite des Léonides.
- Pouvoir réflecteur du cuivre. — Les mesures du pouvoir réflecteur des métaux sont souvent peu concordantes. MM. Capdecombe et Jacquet montrent que ces divergences proviennent de différences dans l’état des surfaces, en relation avec les modes de polissage. Le polissage anodi-que se révèle le mode le plus parfait, tant par la qualité des surfaces, que par la régularité et la conservation du pouvoir réflecteur.
- Bronze de glucinium. — M. Terem a étudié la résistance aux agents chimiques des bronzes titrant de o,5 à xo pour 100 de glucinium. La résistance aux acides chlorhydrique et acétique est toujours excellente. Avec l’acide sulfurique, il y a production d’une petite quantité d’oxyde i'ouge adhérent. L’acide azotique attaque fortement ces bronzes dès que leur teneur en glucinium dépasse 2 pour 100. Les alcalis donnent une légère attaque, plus nette en ce qui concerne l’ammoniaque ; elle diminue quand la teneur en glucinium augmente. Les bronzes au glucinium résistent en général bien à l’eau de mer, quelques piqûi'es se manifestent cependant avec le bi’onze à 10 pour 100. En résumé, au point de vue pratique, les bronzes à 1 ou 2 pour 100 de glucinium paraissent les plus intéressants.
- Poussières atmosphériques. — Mme Herman-Montagne et M. Herman ont mesuré systématiquement, avec l’appareil d’Owens, les quantités de poussières contenues dans la basse" atmosphère de Lyon. La discussion des courbes obtenues et, en particulier, du nombre et de la position des maxima et minima, montre que ceux-ci doivent être rattachés aux conditions météoi’ologiques qui varient d’une saison à l’autre et non aux acci’oissements momentanés de la pi'oduction locale des poussières et fumées. Au contraix-e, les variations annuelles régulières semblent en relation avec le caractère périodique avec maximum hivernal de la pollution de l’air par les foyers domestiques.
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- Un alcool nouveau. — Par filtration à la trompe, M. Marcklet a pu retirer de la matière grasse des fruits du Fiamboisier une huile sans intérêt particulier et une cire dont il est parvenu à isoler un alcool cristallisé en G19 qui manquait dans la série des alcools isolés à partir des cires. L’auteur dénomme ce nouveau corps : alcool rubidacylique. Il fond à Ô2°5.
- Séance du 19 mai 1937.
- Deutériures alcalins. — MM. Hackspill et Borocco ont pensé qu’il était possible d’obtenir à partir de l’isotope de l’hydrogène et des métaux alcalins des composés analogues aux hydrures préparés par Moissan. Opérant dans un tube en pyrex où le métal distillé dans le vide est placé dans une nacelle en nickel, les auteurs font passer un courant de deutérium préparé par l’action du fer au rouge sur l’eau lourde. L’appareil est maintenu au voisinage de 320°. Dans ces conditions, iis ont obtenu de magnifiques cristaux des deulériums alcalins, de rubidium et de césium en particulier. En raison de la grande pureté du métal, la réaction est assez lente, plus lente en tout cas que la réaction analogue avec l’hydrogène. L’analyse de ces produits montre un léger excès de métal par rapport à la composition théorique.
- Pyrogénation des charbons. — De nombreux cher-cheurs se sont attachés au problème de la cokéfaction en étudiant les phénomènes de boursouflement survenant lorsqu’on atteint le point de fusion. M. Longchambon a examiné les houilles à des températures plus basses en mesurant les dilatations pendant la période de préchauffe. Il a pu reconnaître de nombreuses anomalies de dilatation qui doivent correspondi’e à des transformations irréversibles, car elles ne se présentent pas dans les courbes de refroidissement. Les températures auxquelles se produisent ces anomalies sont caractéristiques des houilles étudiées et sont très voisines quand elles se rapportent aux produits d’un même bassin. Les diagrammes sc terminent en général par une chute verticale qui doit correspondre au début de la fusion.
- Micelles argileuses. — M. Hénin affirme que les micelles argileuses doivent être asymétriques. En effet, en se desséchant, une suspension donne un dépôt qui ne se disperse plus, ce qui peut s’expliquer logiquement par des attractions entre charges électriques ou des liaisons entre fonctions chimiques. Il a vérifié au microscope polarisant qu’une suspension d’argile a ses éléments orientés, soit par le courant électrique, soit par voie mécanique (passage dans un tube capillaire, traçage de stries dans une goutte amenée à l’état pâteux, congélation). Une goutte suspendue et séchée rapidement donne également des filaments biréfringents. La réhumectation provoque une augmentation de la biréfringence et une orientation des files de micelles autour de lignes ou de noyaux. Ces faits prouvent que la micelle argileuse est géométriquement et électriquement asymétrique et donne des dépôts stables où elle se trouve orientée et liée à ses voisines par l’attraction de charges électriques ou la l'éaction de ses fonctions chimiques.
- Seismes profonds. •— Poursuivant ses études sur la détermination des foyers des séismes profonds, M. Bois montre que les différentes méthodes de calcul conduisent à des résultats dont la concordance est satisfaisante. Les séismes à foyers particulièrement profonds (plus de 4oo km) sont surtout fréquents sur la bordure du Pacifique et les profondeurs exceptionnelles atteintes à Célèbes et aux Iles Tonga.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sur la théorie mathématique des jeux de hasard et de réflexion, par R. de Possel. l broch. 44 p. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 10 francs.
- Dans le jeu de société, trois facteurs entrent en action : la réflexion, le hasard, la ruse. L’auteur montre comment ces facteurs peuvent être définis et comment on peut faire intervenir mathématiquement les deux derniers dans une théorie générale ; il fait ainsi entrevoir en quoi consiste la théorie générale du jeu créée par von Neumann en 1927 et à quels résultats elle aboutit.
- Univers 1937. Quelques aspects de l’astronomie contemporaine, par Paul Couderc. 1 vol. in-8, 182 p., 15 fig., 10 pl. Editions rationalistes, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Sans appareil mathématique, l’auteur a voulu exposer pour tous, avec précision, les prodigieux résultats de l’astronomie depuis le début du siècle. Successivement, il passe en revue l’exploration de l’univers (galaxies, spirales), la connaissance des étoiles (magnitude, masse, composition, etc.), les mouvements dans le ciel (vitesses, courants, rotation, expansion de l’univers), l’âge de l’univers, les étoiles nouvelles et multiples, le nuage cosmique (nébuleuses vertes), l’astrophysique. D’excellentes planches illustrent l’ouvrage, dont celles inédites provenant du télescope de Forcalquier sont particulièrement sûres et étonnantes. C’est une excellente mise au point et un bel exemple d’esprit scientifique.
- Traité pratique de construction et aménagement
- des usines, par L. Griveaud (Tome II), 1 vol., 340 p., 204 fig. Béranger, éditeur, Paris, 1936. Prix : 204 francs.
- Ce volume traite un grand nombre de questions importantes : alimentation de l’usine en eau potable et épuration de l’eau ; installations hygiéniques : douches, vestiaires, fosses d’aisances ; éclairage, chauffage, ventilation, purification et conditionnement de l’air, élimination des buées et poussières ; utilisation de la chaleur : choix des combustibles, fours industriels, séchoirs, chaudières à vapeur, production de l’énergie.
- L’éclairage et le démarrage électriques des auto-
- mobiles, par René Bardin, 6e édition, 1 vol., 72 p., 45 fig. Desi'orges, éditeur, Paris, 1937. Prix : 10 francs.
- L’auteur présente d’une façon simple les notions élémentaires sur le courant électrique, puis décrit les accumulateurs, dynamos, moteurs, appareils auxiliaires, avec leur entretien et leurs causes de mauvais fonctionnement.
- L’œuvre scientifique du Club Alpin Français (1874-
- 1972). 1 vol. illustré, 518 p. Au siège social du Club Alpin Français, 7, rue La Boétie. Paris, 1936.
- Le Club Alpin Français ne s’est pas contenté de développer en France le goût sportif de la montagne ; on lui doit d’avoir fait progresser la connaissance scientifique de la montagne, soit directement par lui-même, soit par les travaux qu’il a inspirés.
- Le résumé de ces travaux, dans la période 1874-1922, dressé par le Colonel Léon Maury est plus éloquent que tout commentaire. Dans les annuaires du Club, on trouve, sur toutes les questions scientifiques qui se rattachent à la montagne,, des exposés signés des noms les plus illustres ; citons au hasard : Dauhrée, Ch. Grad, E.-A. Martel, Janssen, E. Belloc, Goulier, Schrader, de Margerie, Villot, Helbronner et tant d’autres : cartographie, géologie, glaciologie, astronomie et météorologie, zoologie, botanique, ethnographie, toponymie, tous les problèmes que posent à cet égard nos montagnes ont été abordés et souvent résolus grâce au Club Alpin ; il peut être légitimement fier de son œuvre qui fait grand honneur à notre pays.
- La basse-cour productive, par Louis Brechemin. 1c>' vol ume. Les poules. 1 a'oI. in-16, 370 p., 120 fig. La Maison rustique. Paris, 1937. Prix : 16 francs.
- Aviculteur rompu depuis longtemps à toutes les difficultés et les surprises de l’élevage, l’auteur a, en plus, un beau brin de plume qui assure à ses écrits le plus grand succès. Rapidement, ses livres se vendent ; il les parfait et les complète à chaque nouvelle édition. Voici revenu une fois de plus le premier tome de la basse-cour productive. C’est une revue de tous les problèmes : choix des races, organisation des poulaillers,
- alimentation, incubation, techniques diverses de l’élevage familial à l’élevage industriel, production des poulets ou des œufs, maladies des poules, comptabilité. L’éleveur ne saurait se passer d’un tel guide.
- Contribution à l’étude des réserves naturelles et des parcs nationaux, î vol. in-8, 267 p., 47 pl. Mémoire n° V de la Société de Biogéographie. Lechevalier, Paris, 1937. Prix : 100 francs.
- La très vivante Société de Biogéographie se devait d’aborder ce problème. 11 lui fut posé en 1933 par le Pr Paul Lemoine qui distinguait les réserves de conservation qu’on garde intactes, sans que l’homme en approche, les réserves de réintroduction où i'homme essaie de maintenir ou de rétablir la l'aune et la flore, les réserves d’acclimatement qui conduisent aux parcs zoologiques, aux jardins botaniques, aux arbore lum, etc. Un groupe de biogéographes étudia les diverses réserves existantes qu’ils avaient vues et étudiées et ce livre groupe les résultats de cette vaste enquête. Après trois articles de définitions préliminaires (Petit, Racovitza, Joubert), on y trouve la Camargue (Talion), les Sept-lles (Feuillée-Billot), Néouvieille, dans les Pyrénées (Chouard), le Lauzanier, dans les Basses-Alpes (Marié), le Pelvoux (Valois), le parc national suisse (Barbey), les parcs de Pologne (Judakowski), ceux d’Algérie (de Peyerimhoff), les réserves de Tunisie (Lavauden) et du Maroc (Joleaud), les pays tropicaux (Humbert), les parcs du Congo Belge (van Straelen) et les réserves de chasse de l’Afrique Anglaise (Barclay), l’A. O. F. (Aubrévile) et Madagascar (Petit), le Canada (Berlioz) et les États-Unis (Dufrénoy), l’Imlochino (Evrard). M. Bresson termine par des réflexions sur la conduite et l’organisation des réserves. Cet ensemble éclaire les multiples problèmes de la protection des espèces en danger de disparition.
- Minerai nutrition of farm animais, par H. II. Mitchell et F. J. Mc Clure. 1 vol. in-8, 135 p. Bulletin of the National Besearch Council, n° 99, 1937. National Research Council, Washington, 1937. Prix : 1 dollar.
- On trouve dans le corps des animaux un très grand nombre d’éléments minéraux analysables chimiquement ou détectés par la spectrographie. Pour certains, on sait qu’ils sont indispensables et leur manque provoque des maladies ou la mort. Leur déficience dans les rations alimentaires est donc un des soucis primordiaux de l’élevage et des règles doivent être fixées et soigneusement suivies. Un comité de nutrition animale du Conseil national des Recherches a entrepris les observations et les expériences nécessaires, dépouillé la bibliographie et il présente ici les résultats obtenus, d’abord en ce qui concerne les principaux éléments : sodium, chlore, calcium, phosphore, magnésium, iode, fer, cuivre, manganèse, cobalt, zinc, fluor, sélénium, puis l’effet de ces minéraux sur la nutrition et enfin les besoins minima des divers animaux de ferme : volailles, porc, veau, mouton, cheval, pour aboutir à des considérations pratiques capitales pour l’élevage, v
- Au pays du grand silence noir (explorations souterraines), par André Glory. 1 vol., 275 p., xvi pl. et fig. Editions Alsatia, Paris, 1937. Prix : 18 francs.
- Notre collaborateur, l’Abbé Glory, appartient à cette jeune phalange de spéléologues qui, après la guerre, à la suite de N. Casteret et de de Joly, ont repris la tâche à laquelle E. A. Martel s’était consacré. Sans négliger les buts essentiels de la spéléologie, c’est-à-dire les progrès de la science souterraine et scs applications aux problèmes hydrauliques et d’hygiène, les jeunes explorateurs d’après-guerre ont introduit en spéléologie l’esprit sportif et la science s’en trouve bien ; ses adeptes savent se soumettre à un entraînement méthodique pour acquérir la technique nécessaire et de belles découvertes sont souvent leur récompense. M. Glory nous conte ici quelques-unes des plus brillantes aventures de sa carrière de spéléologue ; le lecteur se passionnera au récit émouvant des recherches audacieuses entreprises sous le commandement de M. de Joly, l’auteur sait faire admirer les qualités d’organisation et de chef. Qu'ë d’observations du plus vif intérêt l’Abbé Glory a su faire au cours de ces expéditions ! Animaux momifiés, cristallisations paradoxales et mystérieuses. Enfin, l’auteur secondant M. de Joly a eu la chance de participer à la découverte du fond de l’Aven d’Orgnac, d’une des plus belles grottes de France, dont il nous donne une impressionnante description. On ne saurait trop recommander la lecture de ce beau livre qui vibre de la plus noble inspiration.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Interrupteur automatique pour fer à repasser électrique.
- Beaucoup de l’ers électriques perfectionnés sont munis, à l’heure actuelle, d’un dispositif automatique produisant immédiatement la disjonction du circuit du secteur, lorsque la température du fer dépasse une valeur dangereuse. Avec un fer électrique ordinaire, il faut, en effet, éviter de laisser branché l’appareil à vide, sous peine d’accidents qui peuvent parfois provoquer des commencements d’incendie.
- Voici un dispositif additionnel, qui peut se placer immédiatement sur la fiche de contact d’un fer à repasser quelconque, et évite cet inconvénient; comme le montre la ligure 1, il est de petites dimensions, et se lixe comme intermédiaire entre les broches du fer cl les douilles ordi-
- Cel appareil comporte une bande bimétallique, suivant le principe classique. A la position de repos, cette dernière maintient fermé l’interrupteur; mais, lorsque le fer prend une température de plus de 220°, elle se courbe, de sorte que la partie isolante intérieure, sous la poussée d’un ressort, est rendue libre, et l’interrupteur fonctionne par un ressort de traction.
- La poignée d’isolement dépasse latéralement l’adaptateur comme on le voit sur la ligure. Lorsque l’interrupteur a mis l’appareil hors circuit, il suffit d’enfoncer à nouveau cetffe poignée poulie remettre en circuit et continuer le travail.
- Le système évite tout danger d’incendie, et permet, en outre, une économie de courant pendant le repassage.
- Constructeur : Êts Lefébure Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- AVIATION
- Nouvelles maquettes d’avions*jouets
- Les jeux de construction offrent aux enfants, et même aux jeunes gens, des distractions agréables et instructives ; en particulier, l’établissement de modèles d’avions les familiarise avec les caractéristiques essentielles des machines volantes modernes.
- Pour que cette distraction soit intelligente et utile, eîicore faut-il que les modèles réalisés soient bien établis, d’après les données exactes de l’avion à représenter.
- U11 éditeur français vient de présenter toute une série de planches en carton permettant très aisément, après un découpage et un collage faciles, l’exécution de toute une série d’avions modernes civils ou militaires : monoplans de course, avions de tourisme, avions de raids, avions de chasse,
- Fig. 2. — Maquette d’avion-jouet « Le Modèle Exact » ; Avion Simoun « Air-Bleu ».
- axions de bombardement, hydravions géants, avions sanitaires, ele.
- Ces planches, d’un prix modique, sont exécutées à une échelle très exacte, de, 1/20 à 1/100, et, sur chaque planche, sont indiquées toutes les caractéristiques de l’appareil représenté, ce qui permet à l’enfant, d’acquérir des notions intéressantes et utiles.
- Les numéros de toutes les pièces sont indiqués par des repères, ainsi que les endroits à coller; il suffit d’employer pour le collage une bonne colle de poisson, après un découpage et un pliage exécutés avec soin.
- Une fois les maquettes terminées, on peut les enduire d’une couche de vernis, ce qui améliore encore l’aspect, tout en protégeant l’objet (fig. 2).
- Fabricant : Le Modèle Exact, 124, rue de la Pompe Paris (16e).
- MÉCANIQUE AGRICOLE
- Outils modernes de jardinage et labourage permettant un travail rationnel du sol.
- La houe et la bêche sont les plus importants des instruments aratoires, non seulement depuis des siècles, mais depuis que l’homme a commencé à cultiver la terre.
- La houe se rencontre sous les formes les plus diverses dans le monde entier. Qu’il s’agisse de peuples civilisés ou de peuples plus primitifs, même de tribus restées à l’écart de toute civilisation, tous utilisent la houe.
- Une simple comparaison permet de constater qu’il existe une grande ressemblance entre la forme de la houe employée usuellement de nos jours et celle de la houe utilisée aux temps les plus reculés. En outre, le principe de son emploi est resté le même : on frappe coup sur coup, on n’avance que pouce par pouce dans un travail très pénible; le sol travaillé est ensuite piétiné à nouveau,
- sans compter qu’on Raclette de jardinage.
- doit toujours travailler dans la position courbée.
- Finalement le rendement n’est guère satisfaisant.
- Certes, au cours des temps, l’homme a appris à se servir de la traction animale pour un grand
- naires du cable d’alimentation.
- Fig. 1. — Fer à coupure autonatique de courant.
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- nombre de travaux. La charrue traînée, constamment perfectionnée, a été le point de départ des grosses machines agricoles avec tracteurs. Mais, dans le domaine des outils à main, l’évolution semble s’èlre arrêtée depuis des temps immémoriaux, et en tout cas, l’idée de leur appliquer le travail par traction ne s’était pas fait jour jusqu’ici.
- Les outils de jardinage et de labourage ont pourtant une une grande importance : préparer le sol pour les semis et les plantations, exécuter les semailles et plantations, conserver ensuite le sol dans un état convenant pour la culture, l’ameublir, l’aérer, lui donner et conserver l’humidité nécessaire et le débarrasser des mauvaises herbes, telles sont les tâches qui leur incombent..
- De même que l’artisan a besoin d’outils spéciaux pour chaque genre de travail, jardinier et cultivateur ont besoin d’outils adaptés à leurs divers travaux.
- Il intéressera par conséquent nos lecteurs d’apprendre qu'à la suite de recherches et essais approfondis, toute une série d’outils spéciaux permettant un travail rationnel du sol ont fait leur apparition.
- Ils renoncent à la méthode de percussion ou de choc, pour opérer par traction, on les manie, non pas en avançant, ce qui occasionne le piétinement du sol travaillé, mais en reculant.
- Les outils sont traînés à une profondeur uniforme dans le sol. Il en résulte un rendement de travail six à sept fois plus grand, parce qu’à chaque traction on avance au moins d’un demi-mètre, tandis qu’avec l’ancienne houe à frapper, l’outil reste en l’air pendant la plus grande partie du travail, sans compter qu’on n’avance que pouce par pouce.
- Alors qu’avec l’ancienne houe à frapper, la profondeur de pénétration de l’outil dépendait du poids de ce dernier et de la force du coup, donc du déployement de force, on constate que le travail les « outils à tirer » n’exige qu’un effort très inférieur.
- Il fallait créer aussi des outils pénétrant aussi facilement dans les sols lourds que dans les sols légers et se tenant d’eux-mêmes dans la terre sans pression. C’est ainsi que furent créés des socs spéciaux et des outils appelés raclettes qui, dans certaines régions, permettent non seulement d’exécuter plus facilement le même travail qu’avec les anciens outils, mais aussi d’obtenir de meilleurs résultats dans un temps beaucoup plus court. Il a été objecté que ces outils sont trop légers pour les sols lourds : on a fait l’expérience de les employer à ouvrir une route empierrée. L’expérience a parfaitement réussi.
- On connaît, dans tous les pays, l’image symbolique du semeur qui, le bras tendu, pi’ojette les graines à la poignée; Aujourd’hui, ce semeur est remplacé par les grands semoirs. Quant au jardinier et au paysan, ils disposent d’une nouvelle semeuse qui, munie d’un soc spécial, leur offre de grands avantages en ameublissant en même temps le sol et détruisant les mauvaises herbes.
- OBJETS UTILES Nouveaux bouchons en bois.
- Notre attention a été retenue, entre autres nouveautés à la Foire de Leipzig, par le « bouchon Marxen » qui remplace le bouchon de liège pour la fermeture des bouteilles de vin, champagne, spiritueux. Ces bouchons résistent à l’attaque de beaucoup de produits chimiques et même de l’eau oxygénée. Ils sont fabriqués en bois tendre auquel on donne une élasticité suffisante par des doubles rainures annulaires pratiquées au centre du bouchon, dans le haut. Une préparation spéciale extérieure qui semble de l’acétate de cellu-
- Fi<j. 4. — Bouchons en bois.
- lose le rend étanche. Il est livré avec ou sans tête ou motifs décoraiil's (lig. /|).
- Pour enlever ce bouchon, ou peut se servir d’un tire-bouchon ordinaire sans l’enfoncer autant que dans du liège; le bouchon 11e s’abîme pas, car le bois 11e casse pas et on peut l’utiliser à nouveau.
- CYCLISME
- Garages pour bicyclettes.
- On connaît les désavantages des crochets servant à suspendre les bicyclettes, signalons le « Gartoncycle », maintenant les bicyclettes debout, en ordre, facilement accessibles.
- Cet appareil est présenté en deux modèles : dans l’un, les supports des bicyclettes sont à angle droit sur le bâti qui les porte, dans l’autre, ils sont obliques à gauche à 45°, ce qui réduit l’encombrement à i3o cm contre 180 cm demandés par le dispositif à angle droit (lig. 5).
- Le prix ne dépasse guère 12 fr par bicyclette.
- Constructeur : E. Cochard, 15, place Carnot, Cliarleville (Ardennes).
- Fig. 3. — Deux modèles de « Gartoncycle ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Installation de systèmes de diffusion sonore.
- Nous pensons que vous voulez employer les étapes basse fréquentée tl’un poste de T. S. F. pour assurer l'amplification musicale nécessaire au fonctionnement (l’un système de diffusion microphonique. Dans ce cas, la puissance modulée obtenue ne peut évidemment dépasser 3 \v modulés, ou, au maximum, ,‘i w avec, un poste très puissant.
- Si l’on désire une intensité sonore plus élevée, il faut employer un amplificateur de puissance spécialement étudié.
- L'adaptation d’un microphone à charbon peut s’effectuer directement, le plus souvent au premier étage basse fréquence du poste de T. S. F. ou à l’amplificateur de puissance, par l’intermédiaire d’un transformateur élévateur de tension d’un rapport élevé, de l’ordre de 1/30 à 1/40. Avec un microphone plus fidèle, mais peu sensible, on emploie un étage de pré-amplification, au minimum avec lampe à forte pente, alimenté en courant-plaque redressé et soigneusement filtré.
- Le même montage peut servir pour la sonorisation d’un projecteur de cinématographie à lecteur de sons photo-électrique. H faut nécessairement un préamplificateur à la suite de la cellule photo-électrique. Si cette dernière est à gaz et si la puissance sonore nécessaire n’est pas très élevée, un seul étage à lampe à forte pente suffit également ; sinon on emploie plusieurs étages de préamplification généralement à liaison résistance-capacité.
- Vous pouvez trouver des détails sur les installations de ce genre dans les ouvrages suivants :
- Le cinématographe sonore. Technique. Pratique, par P. Hémardinquer. Eyrolle, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris.
- La pratique de la diffusion sonore (Public.-Address), articles parus dans La T. S. F. pour tous. Librairie Clréron, 40, rue de Seine, Paris.
- Machines parlantes et Radio, 13, rue de Madrid, Paris.
- Réponse à M. E. Chavrier, à Montaigu (Vendée).
- ' Emplois des carburants et du superhuilage en automobile.
- 1° Les produits décalaminanls en vente dans le commerce sont généralement à base de camphre végétal naturel. La proportion à employer varie de 1 à 6 gr par litre d’essence, suivant que l’on voudra obtenir une action assez rapide ou simplement une action préventive. Le camphre se dissout d’ailleurs rapidement dans l’essence.
- La naphtaline utilisée pour accroître la « richesse » du carburant est moins souvent adoptée et son emploi est plus délicat.
- 2° Pour le superhuilage, on emploie de l’huile très légère, mais qui est exactement de même nature que celle employée normalement dans le carter ; on peut, dans certains cas, l’additionner de graphite colloïdal.
- 3° Avec les carburants « poids lourds », il est à craindre qu’à froid l’essence agisse à peu près seule comme carburant ; l’alcool reste plus ou moins à l’état liquide dans les cylindres.
- Il peut en résulter un lavage des hauts de cylindres s’opposant à leur lubrification normale. Pour s’opposer à cet inconvénient, on recommande alors tout particulièrement le superhuilage, ou l’emploi de tablettes ou liquides spéciaux genre Carfohyd ou Anthène contenant à la fois des composés anti-calaminants et des corps gras.
- 4° Il y a intérêt à refaire le plein de l’huile consommée dans le carter avec de l’huile de même marque, ou, en tous cas, de même nature. En particulier, il convient de ne pas mélanger de l’huile normale, uniquement minérale, avec de l’huile « compound ».
- Ce n’est pas la variation de viscosiLé qui est la plus à craindre lorsque l’huile est usée, mais la diminution de ses propriétés lubrifiantes, scs modifications chimiques, la présence de granulations de calamine dans la circulation. 11 faut donc changer régulièrement l’huile du carter après un service variant suivant les cas entre 1.300 et 2.000 km au maximum.
- La fréquence des vidanges peut être diminuée si l’on emploie une huile de qualité supérieure : il ne semble pas qu’il y ait grand intérêt à employer de l’huile plus épaisse pour compenser les pertes de niveau dans l’intervalle. Il faut éviter, en effet, les surpressions au moment des départs du moteur à froid.
- 3° Vous pouvez trouver dans le numéro du Ier avril 1037 de La Nature une étude très documentée sur les caractéristiques des divers carburants d’automobile.
- Réponse à R. D., à Clermont-Ferrand.
- Réception des émissions phototélégraphiques.
- Les émissions phototélégraphiques de la 'Four Eiffel pour diffuser des cartes météorologiques ont toujours lieu régulièrement mais le système de transmission a été modifié ; en particulier, le procédé de synchronisme, dit à l’arrêt, entre l’émetteur et le récepteur a été abandonné, semble-t-il, de sorte que les appareils d’amateur déjà anciens, qui avaient été mis en vente il y a plusieurs années, ne peuvent plus être employés à cet usage sans de grandes modifications très difficiles à réaliser pratiquement.
- La réception de ces émissions ne semble donc plus à la portée des amateurs, et doit être réservée aux spécialistes, ou, en tous cas, pour des usages vraiment utilitaires, justifiant le prix élevé des appareils nécessaires.
- Réponse à M. P., à Alger.
- Culasses de moteurs d’automobiles.
- Nous avons décrit à plusieurs reprises des nouveaux modèles de culasses d’automobile, en particulier en alliages d’aluminium, mais nous ne connaissons pas les modèles que vous nous indiquez. Vous trouverez des détails pratiques sur la question dans nos chroniques d’Automobile pratique.
- Vous pouvez également vous adresser pour avoir des renseignements à ce sujet à L’Aluminium Français, 23 bis, rue Balzac, Paris, ou aux Établissements Borgo, 34, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine.
- Réponse à M. Léon, à Paris.
- Amélioration d’un amplificateur de puissance.
- En montant la bobine d’excitation de votre haut-parleur électrodynamique en série, et non en parallèle, dans le circuit d’alimentation plaque de votre amplificateur de puissance, vous avez évidemment modifié les conditions de fonctionnement, puisque vous avez créé une chute de tension supplémentaire.
- Il conviendrait, en tous cas, de disposer un troisième condensateur de 8 microfarads en parallèle, de manière à constituer une deuxième cellule du circuit-filtre, ou plutôt de supprimer la bobine de choc du circuit-filtre, qui serait remplacée, suivant la méthode connue, par cette bobine d’excitation.
- Vous pouvez trouver facilement dans le commerce des haut-parleurs à bobines plus résistantes, et placer l’enroulement en parallèle comme prévu. A la rigueur, vous pourriez utiliser une résistance en série, mais nous ne vous le conseillons pas.
- Si, d’autre part, vous désirez modifier la résistance de polarisation de l’étage de sortie, il est indispensable de régler les deux résistances de l’étage push-pull en même temps, par raison de symétrie.
- 3° Le bruit de surface que vous remarquez n’est probable-
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- ment pas dû à l’amplification, mais au pick-up et à son montage. Il conviendrait d’utiliser un filtre d’aiguille à l’entrée du système.
- 4° Il n’existe pas d’ouvrage consacré spécialement à l’étude des amplificateurs de puissance, mais vous pourrez trouver sans doute des renseignements utiles dans les ouvrages suivants :
- Entretien, dépannage, mise au point, des appareils radio* électriques, par P. Hémardinquer et II. Piraux (Eyrolles, éditeur) ; Le cinématographe sonore (Eyrolles, éditeur) ; La pratique du pick-up (Chiron, éditeur).
- 8° Pour vous renseigner sur les pièces détachées et les lampes destinées à la construction des amplificateurs de puissance, vous pouvez vous adresser, par exemple, aux fabricants suivants :
- Philips-Radio, 2, cité Paradis, Paris.
- Établissements Réalt, 98, rue de Flandre, Paris. Etablissements Homo et Beaugez, 9, rue des Bournaires, Clichy.
- Réponse à M. Fournie», à Paris.
- De tout un peu.
- M. B., Targoviste. — Adresses de fournisseurs de noix de coco, noix de kola, etc. : Lyon René, 2G, rue du Petit-Musc, Paris ; Comptoir Colonial Français, 27, rue de Trévise, Paris.
- M. A. B., Bruxelles. — Le meilleur produit phosphorescent utilisé aujourd’hui est le sulfure de zinc contenant une proportion déterminée d’un métal lourd, en particulier le cuivre, dans des limites très étroites : 0,00001 à 0,001 pour 100. En dessus comme en dessous, il n’y a pas de phosphorescence.
- On prépare le sulfure de zinc par précipitation du sulfate de zinc déjà pur (solution à 7 pour 100 de ZnSO4, 7 H20) rigoureusement neutre, par l’hydrogène sulfuré à la température de 50° ; on obtient ainsi un sulfure de zinc facile à laver.
- Le sulfure de zinc est alors calciné et 011 y ajoute le cuivre dans les limites indiquées.
- Ce procédé très économique donne des produits d’une phosphorescence supérieure à celle des produits radio-actifs généralement utilisés pour rendre lumineux les cadrans de montre et qui sont constitués par du sulfure de zinc pur additionné de 0,4 mgr de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc.
- Si vous 11e tenez pas à entreprendre une préparation de ce genre, vous trouverez dans le commerce des produits tout prêts : l’irradiante, des établissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire ; Radiana, maison Sauvage, 23, boulevard des Italiens, Paris.
- M. Giacomucci, Pantin. — La mousse des vins de Champagne est due à la fermentation, en bouteille, du sucre qui y est ajouté à cet effet. La qualité de <c sec », « demi-sec » ou « doux » est en fonction de la quantité de sucre.
- On admet qu’il faut 4 gr de sucre par litre pour obtenir une pression de 1 atmosphère. Par conséquent, pour avoir une pression de 6 atmosphères, il faut 24 gr de sucre par litre.
- Mais, plutôt que de faire cet apport de sucre dans chaque bouteille, on fait dissoudre la quantité totale nécessaire pour un tonneau dans quelques litres, et on fait ensuite le mélange lorsque le sucre est dissous. On appelle cette solution « liqueur de tirage ». Il est ensuite nécessaire d’ajouter des levures sélectionnées qui assureront la fermentation, et le. mélange est maintenu à une température d’environ 20°. La fermentation est obtenue en 1 mois environ, et l’on doit alors procéder à diverses manipulations, se terminant par le « dégorgement », pour évacuer les boues qui se sont formées. Enfin, le goût final est obtenu par l’introduction de la liqueur de dosage, préparée à l’avance, et qui donne le parfum spécial à chaque marque.
- Ecole municipale franco-chinoise, Tientsin. — La transsudation du liquide à travers des ampoules de vaccin est due très probablement à un défaut de scellement, ou à des fissures des ampoules, ces fissures pouvant s’être produites
- Le Gérant : G. Masson.
- au cours du transport. Il n’est pas possible d’expliquer que, même sous un climat très sec, le liquide suinte à travers le verre. Bien entendu, il 11e faut pas utiliser le contenu de ces ampoules défectueuses, qui pourrait être contaminé.
- M. Degland, à Saint-Vincent, Landes. — La filtration de Veau destinée à alimenter votre piscine, peut effectivement, être pratiquée sur de la laine tontisse, mais à notre avis au bout de peu de temps, il est à craindre que le développement de micro-organismes dans la masse. 11e soit susceptible de libérer le soufre que contient normalement la laine sous forme d’hydrogène sulfuré pouvant communiquer à l’eau une odeur désagréable.
- 11 serait donc préférable d’installer simplement un filtre à sable de rivière, en deux cuves jumelles dont l’une serait en fonctionnement, pendant que l’autre serait vidée, nettoyée et rechargée quand le sable se trouverait colmaté par les matières organiques apportées par l’eau à clarilier.
- Éventuellement, voici deux adresses de fournisseurs de laines tontisses : Rocques, 98, rue, de Lagny, Paris (20e) ; Jacques et Gie, 118, avenue Philippe-Auguste, Paris (11e).
- M. Krier, à Auffargis, Seine-et-Oise. — Le procédé suivant donne, paraît-il, d’excellents résultats pour la destruction des mulots :
- Prendre :
- Poudre de Seille.............. 18 gr
- Axonge.......................... 60 —
- Farine.......................... 28 —
- Pétrir le mélange et en former de petites boulettes pesant au maximum 1 gr, puis déposer lesdites boulettes dans les trous où sont logés les mulots ; au bout de très peu de temps les mulots disparaissent.
- M. Bezard, à Clichy. — 1° Le paratoluène sulfochlorure C6H4S03H,CH2Cl est un corps à fonction acide, c’est pourquoi il est le plus souvent utilisé comme parasiticide en mélange avec le, carbonate de chaux ou de magnésie qui en neutralisent l’acidité.
- Quant à son emploi en solution dans le trichloréthylène ou le triclilorobenzène, aucune règle 11e peut être posée d’avance sur la dilution à adopter, car elle dépend pratiquement des parasites à détruire, de leur résistance spéciale et des comblions locales, air libre ou lieux clos, etc., seule l’expérience peut fixer à ce sujet.
- Nous pensons toutefois que la proportion de 80 gr par litre de solvant pourrait servir de base à une préparation de ce genre.
- 2° Le, bromure d’éthgle, à notre avis, n’aurait, guère qu’une action anesthésique momentanée sur les punaises, un effet mortel nous paraît douteux.
- N. -B. — Merci de la bonne recette que vous avez bien voulu nous communiquer.
- Ecole Normale de Melun. — 1° Vous trouverez dans le n° 2988, p. 432, l’exposé d’un procédé très simple pour la destruction des fourmis, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Nous avons publié dans le n° 3000, p. 419, un article très complet de M. le Dr J. Legendre, sur le moustique des fosses d’aisances qui n’est autre que le Culex pipiens adapté à la vie larvaire dans les milieux excrémentiels humains, ce qui lui a fait donner le nom de stercoraire, toutes indications utiles y sont données pour la destruction complète de ce fâcheux parasite.
- 3° Un de nos abonnés a bien voulu nous communiquer la recette suivante qui, paraît-il, fait merveille pour assurer la tranquillité dans les chambres où s’introduisent les mous-
- tiques :
- Pétrole blanc........................ 1.000 cm3
- Essence d’eucalyptus................... 28 —
- Essence de girofle. ..... 10 —
- Naphtaline............................. 18 —
- Formol du commerce..................... 10 —
- Mélange à vaporiser le soir dans la pièce en tenant les fenêtres fermées bien entendu.
- Imp. Barnéoud, 8, rue Ricordaine, à Laval. — 1-7-1937. — Published in France.
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- N° 3005
- LA NATURE
- 15 Juillet 1937
- LES DIATOMÉES
- Les diatomées sont des algues microscopiques dont la répartition est exceptionnellement large et abondai'! le.
- Pari oui où il existe de l’eau douce ou de l’eau de mer, les diatomées apparaissent. Rien n’est plus simple que d’en faire d’abondantes récoltes.
- Chaque dialomée est constituée par une seule cellule généralement appelée fruslule dont la taille peut varier suivant l’espèce de a g (2/1.000 de millimètre) à 1 mm. Ces cellules vivent seules ou en chaînes qui peuvent alleindre 7 à 8 cm de longueur.
- L’enveloppe externe de la dialomée est constituée par un lin squelette de silice, de forme excessivement variable suivant l’espèce cl qui affecte la structure d'une b o î I e faite de deux valves réunies par une bande.
- Chaque fruslule renferme une cellule unique, constituée par un noyau baignant dans le cytoplasme qui renferme en plus quelques aliments de réserve sous forme de gouttelettes huileuses, des pyré-noïdes et des chromatophores de couleur brune légèrement, verdâtre.
- Les diatomées se développent par assimilation directe des sels minéraux dissous dans l’eau. Elles peuvent utiliser, à la lumière, le carbone du gaz carbonique en solution, grâce à la fonction chlorophyllienne des chromatophores qui sont constitués par un mélange de chlorophylle et de phycoxanthine.
- Pour cette dernière raison, les diatomées disparaissent au delà de 3o m de profondeur, la quantité de lumière devenant insuffisante pour provoquer les phénomènes de photosynthèse qui régissent leur existence.
- La multiplication des diatomées s’effectue par caryo-cinèse ou division cellulaire. La cellule grandit, la bande connective s’élargit, en même temps qu’il se forme deux nouvelles valves opposées dos à dos. Puis les deux frustules se séparent. Ce phénomène de division est assez rapide, il dure au plus 24 h.
- Mais on conçoit que les valves nouvelles s’étant formées à l’intérieur des anciennes, les diatomées filles sont de plus petite taille. Quand cette diminution s’est progressivement accentuée, par divisions successives et que Je fruslule est réduit de moitié environ, on observe la conjugaison de deux individus.
- Deux frustules se réunissent, s’entourent de mucus, les valves s’ouvrent et les masses protoplasmiques se réunissent, formant ce qu’on nomme un auxospore qui devient une dialomée nouvelle de grande taille et Je cycle recommence. Certains auteurs ont observé également la formation d’endocysles, de spores susceptibles d’un long repos et capables de donner ensuite
- naissance à des diatomées nor-m nies, ruais celle question est encore confuse et celle fa-cul lé paraît limitée à certaines espèces.
- D’autre paît, une remarque importante a été faite par P. Petit., au poinl de vue de la pérennité de l’espèce, il a observé que des diatomées desséchées lentement sur leur substratum, par exemple sur l’argile d’un ruisseau, reviennent à la vie par le retour de l’humidité, ce qui explique en partie la réapparition brutale de ces algues, au printemps ; Schumann a constaté, d’autre part, qu’elles supportent parfaitement la congélation.
- Un des caractères les plus remarquables des diatomées est le fait que chaque espèce a une forme constante du fruslule. Celle forme est régulière dans l’aspect, général et aussi dans les moindres détails : nombre et disposition des stries, lignes, perles, ornements, etc.
- Leur étude fait la joie- des micrographes. 11 a été décrit près de 12.000 espèces de diatomées. 11 est bien évident qu’il y a là une exagération et que les dia-lomistes ont une tendance excessive à multiplier les espèces, mais il faut bien convenir qu’il existe environ 6 à 7.000 espèces de diatomées vivantes ou fossiles d’espèces bien déterminées.
- ' Fiy. I à 3. — Quelques recolles de Diatomées.
- 1 et 2, dans le lac du Bois de Boulogne ; K, au Bord de la mer, à Marennes. (Photos L. Perruche).
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- Fig. 4 à 8. — Espèces d’eaux douces.
- 4. Cymbella gastroide ; 5. Gomphomma gracile ; fi. Campylodiscus spiralis ; 7. Nitsschia angularis ; S. Cyclotella striata.
- Les clichés qui illustrent cet article ne donneront qu'une très faible idée de la variété des formes que bon peut rencontrer dans l’étude de ces êtres minuscules.
- La finesse des détails fait que les frustules de certaines espèces sont employés comme tests pour apprécier les qualités des objectifs microscopiques, en particulier leur pouvoir séparateur. Pour l’examen d’un objectif faible, on utilise comme test la Pinnularia nobilis qui comporte 5 à 6oo stries par millimètre, puis pour les objectifs plus forts la Synedra pulchella qui en comporte 1.200, puis les Niizschia sigma ou Nitzschia paradoxa qui en portent 2.000 et 2.200 ; puis la Navicula rhomboïdes : 3.000 et pour les objectifs à immersion les plus puissants, YAmphipleura pellu-cAda qui porte de 4.000 à 4-200 stries par millimètre, chacune de ces stries étant séparée de la précédente par un espace d’un quart de g seulement.
- Les exigences des diatomistes ont été un rude stimulant pour les constructeurs et ont beaucoup contribué au perfectionnement des qualités optiques des microscopes modernes.
- Fig. 0 à 11. — Espèces marines.
- .Xavicula smithii et sa variété, récoltées à Cannes ; 10. Navicula fusca major et 11. Navicula chersonensis récoltées à Villel'ranche.
- On peut récolter partout des diatomées : dans les eaux douces, saumâtres, marines et même dans les sources thermales. Elles vivent en colonies étendues formant un enduit brunâtre ou olive foncé sur les pierres, les algues, les bois immergés, le béton des quais et, d’une manière générale, sur tous les corps immergés. Par exemple, les marches des escaliers des quais qui plongent dans la Seine à Paris sont couvertes de colonies de diatomées. O11 peut les récolter en abondance presque toujours sur les rochers suintants, au bord des fontaines permanentes, des mares, des étangs, des ruisseaux, des riviè-i'es, etc. Mais on en renconlx-e peu en pleine eau, il y a peu de diatomées d’eau douce planctoni-ques.
- Presque toutes les espèces d’eau douce sont fixées.
- Les diatomées des eaux saumâtres et marines sont d’espèces différentes et caractéristiques de leur habitat. On les recueille également sur les quais, les estacades, les rochers, les algues, etc.
- Dans les estuaires, à marée basse, par les journées ensoleillées, la vase mise à découvert se couvre d’une mince pellicule brune formée de diatomées pures ; il est facile de les récolter sur la tranche d’une carte de visite.
- Les chaluts des pêcheurs traînés sur les hauts fonds peuvent ramener des algues couvertes de diatomées. On en trouve sur les coquilles d’huîtres, sur les ascidies, sur la coque des navires, les bois flottés, etc.
- On peut aussi trouver des diatomées dans divers pi'oduits industriels et commerciaux :
- Sur les brins de zostères, dans la mousse de Corse des pharmaciens, dans les guanos ; ceux-ci sont particulièrement riches en belles espèces marines ingérées par les oiseaux avec les algues ou dans l’estomac des poissons dévorés par eux. Enfin, on trouve sur l’agar-agar de magnifiques diatomées en forme de rosace de cathédrale : YArachnoidiscus jœponicus. Ceci permet de reconnaître une falsification courante des gelées de fruits par addition de gélose. Il suffit de détruire la matière organique et d’examiner le résidu au microscope. La présence des espèces de diatomées caractéristiques de l’agar-agar permet de déceler la fraude.
- En mer, les diatomées ne se cantonnent pas uniquement sur les corps immergés. On trouve partout des diatomées d’espèces déterminées vivant en suspension, en pleine eau, à l’état planctonique. Leur nombre est prodigieux, surtout dans les mers froides : en pleine saison de prolifération, vers le mois de mai, il n’est pas rare de compter dans les mers nordiques plus d’un million de frustules par litre. Les mers chaudes sont beaucoup moins riches.
- II est très facile de récolter les diatomées plancto-niques par des pêches au filet fin ou par simple filtration de quelques litres d’eau de mer.
- Le rôle biologique de ces algues microscopiques est considérable. En mer, les algues planctoniques sont
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- seules capables de s’organiser directement à partir des sels minéraux et de l’acide carbonique dissous. Elles servent d'alimentation de base à une foule d’organismes animaux : infusoires, crustacés, poissons herbivores, etc. Ceux-ci deviennent la proie des poissons carnassiers dont beaucoup serviront ensuite à l’alimentation de l’homme. 11 est facile de comprendre que le rôle des diatomées est de toute première importance en biologie marine, il est la base même de la production vivante de la mer.
- Ces diatomées marines sont organisées tout spécialement pour la vie planclonique, leurs carapaces sont peu silicifiées, les gouttes huileuses du cytoplasme diminuent leur poids spécilique, certaines comme les Chœloceros, les Rhizosolenia, les Bacteriastrum, sont munies de longs appendices filamenteux facilitant leur flottaison en permettant aux moindres courants de les soulever.
- Si le rôle biologique des diatomées est considérable, leur action géologique n’est pas négligeable. Leur aptitude à utiliser la silice est tout à fait curieuse. Comme l’eau de l'océan ne contient guère que i/5oo.ooo de silice en dissolution, il faut bien constater que cette quantité est insuffisante pour constituer la masse énorme de frustules qui correspond à la formidable prolifération des diatomées. 11 faut donc admettre qu’elles sont capables de prélever celte masse énorme de silice sur les roches elles-mêmes.
- C’est ce qui a été vérilié expérimentalement, notamment par Murray et Irvine. On a pu constater que si les cultures de diatomées ne s’accommodent guère du quartz comme source de silice, elles se développent fort bien dans de l’eau additionnée de silice gélatineuse. Mais les expérimentateurs ont pu constater que l’addition de silicate de chaux est tout aussi efficace, même celle d’argile. 11 en faut conclure que ces algues microscopiques peuvent dissocier les combinaisons chimiques des roches et y prélever les matériaux qui leur sont nécessaires.
- L’Auvergne, pays de roches volcaniques récentes et, de ce fait, encore facilement attaquables par les agents atmosphériques, est aussi la région de France où les diatomées se développent avec la plus grande abondance. Dans l’étang de Saint-Loup, près du lac d’Ay-dat (Puy-de-Dôme), par exemple, les diatomées se reproduisent très rapidement. Quand les conditions atmosphériques sont propices, il se forme en surface une pellicule flottante de diatomées que l’on nomme papier météorique. Dès quelle a atteint une certaine importance, celte pellicule descend au fond, tandis qu’une nouvelle couche se reconstitue en surface.
- Le fond du lac s’exhausse ainsi lentement formant un dépôt moderne de diatomées. Ce phénomène se produit dans plusieurs lacs français dont le fond est constitué par des diatomées à peu près pures, souillées simplement par quelques débris organiques et un peu de matières minérales provenant de l’érosion des berges par la pluie ou de poussières transportées par le vent. C’est le cas notamment des lacs Pavin, Chauvet,
- Fig. 12 à 14. — Quelques espèces flottantes, plancloniques. 12. Un frastule isolé de Chœloceros ; 13. Une chaîne de Chœloceros ; 14. Coscinodiscus excentrions, vu de lace et
- de profil.
- Montcyneire en Auvergne. Arlouste, Lanoux et iSaguille dans les Pyrénées.
- Les dépôts de diatomées anciens correspondent généralement, à des lacs qui se sont trouvés comblés lentement par le mécanisme décrit ci-dessus : les diatomées ont ainsi détruit d’énormes quantités de roches silicatées puis ont accumulé la silice de leurs frustules en ces ossuaires immenses d’organismes microscopiques qui atteignent parfois plusieurs centaines de mètres d’épaisseur.
- Ces dépôts attestent d’une manière éclatante le rôle considérable joué par les êtres vivants dans la formation de certaines couches géologiques.
- Les dépôts très récents de diatomées, encore riches en matières organiques, ont fait désigner cette terre du nom de « farine fossile » à cause de l’usage alimentaire qui en est fait parfois, en Amérique du Sud notamment, où les populations arriérées qui en consomment sont remarquables par la proéminence de leur abdomen.
- En Laponie, ces terres alimentaires sont aussi fort recherchées et appréciées, en particulier celles de Degernsfors..
- Fig. 15. — Diatomées caractéristiques de Vagar-agar (Photo L. Perruche).
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- Fiy. II). — Diatomées du dépôt fossile d’Oamaru. (Cliché du IF Mann. D’après Robert Calvcrl, Diatomaeeous JîarLh, New-York).
- Dans la région de Kamin et de Vitlenberg, en Norvège, des gisements sont assez riches en matières organiques pour elle introduits dans la farine destinée à la fabrication du pain en cas de disette.
- On connaît aussi à Java des terres fossiles comesti-
- bles.
- L'examen microscopique des récoltes de diatomées fraîches est des plus simples : on dépose une goulle délayée dans un peu d’eau sur une lame, on la recouvre d’une lamelle et la porte sur la platine du micros-
- Fiy. 17. — Une composition décorative en diatomées offerte à La Nature par le Dr Caballero y Bastido en 1927.
- cope. On peut alors sur les organismes vivants distinguer la forme du frustule et aussi, si l’on utilise un grossissement suffisant (hou diamètres), les détails d’organisation cellulaire, la disposition de l’endochrome, ele.
- On remarquera aussi que certaines diatomées soûl douées de mouvements, notamment celles de la famille des Navicalées. Ce sont ces mouvements qui les avaient fait classer inexactement dans le règne animal par les premiers micrographes qui s’étaient adonnés à leur élude.
- Les dial.omisl.es préfèrent aux préparations à Létal naturel celles de diatomées nettoyées, e’esl-à-dire complètement débarrassées de matières organiques et ne comportant plus que le frustule de silice parfailemenl net.
- Pour arriver à ce résultat, la récolte est attaquée par un réaelif chimique susceptible de détruire les matières organiques. On peut employer l’eau de Javel, mais il est difficile de détruire ainsi la totalité des matières organiques si (‘Iles sont abondantes.
- L’ébullition dans l’acide nitrique donne de meilleurs résultats, mais encore incomplets.
- Pour atteindre une destruction complète, il faut, après attaque par l’acide nitrique, laver le dépôt, le décanter, le sécher puis le reprendre par l’acide sulfurique concentré, le chauffer près du point d’ébullition et y ajouter alors, lentement et en agitant constamment, de pet il os quantités de chlorate de potassium pulvérisé. Ou arrive ainsi à la combustion complète des matières organiques, mais l’opération est dangereuse pour les personnes qui ne sont pas habituées aux manipulations chimiques.
- Il est préférable de reprendre le produit de l'attaque par l’acide nitrique par quelques cristaux d’acide chromique que l’on recouvre d’acide sulfurique concentré. On laisse en contact 3 ou l\ jours, on reprend par l’eau et on lave le dépôt de diatomées par décantations successives.
- Enfin, ou peut employer la méthode très simple qui consiste à griller un peu de la récolte sur une lame de platine ou de nickel chauffée au rouge sur un bec Bunsen.
- Les frustules de diatomées préparées par l’un des procédés ci-dessus sont alors le plus souvent montés dans le baume du Canada. Ce montage ne donne pas de préparations très visibles : l’indice de réfraction de la silice des diatomées qui est de i ,44 à r,/j6 est trop proche de celui du Baume du Canada : i,53. Il est bien préférable d’utiliser comme milieu de montage la résine de Coumarone dont l’indice de réfraction atteint 1,72, les images sont alors parfaitement visibles et font apparaître les plus fins détails.
- Les micrographes habiles parviennent à monter des diatomées isolées. Pour cela, ils les prélèvent sous le microscope, dans une récolte, au moyen d’un cil de porc et les transportent sur une lame très légèrement encollée, puis les montent dans une goutte d’un milieu de montage approprié. On peut par le même procédé disposer un nombre considérable de diatomées différentes sur la même lame leur faisant figurer un des-
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- siii quelconque, telle la composition que le Dr Cabal-lero y Baslido, élève du Pr Rarnon y Cajal, de Madrid, réalisa pour La Nalure en 197 (fîg. 17).
- Les préparations de diatomées isolées permettent de constituer des collections fort utiles au point de vue systématique, car la classification de ces organismes est basée uniquement sur les caractères extérieurs des frustules. 11 n’est pas possible d’entrer ici dans les détails de celle classilicalion qui entraînerait trop loin cl qui ne présente d’intérêt «pie pour les spéciales les.
- ...: —...................53 =====
- 11 en est de même de la bibliographie excessivement abondante et qui ne peut être résumée ici. La plupart des ouvrages anciens sont épuisés et très coûteux, nombre d’études importantes sont dispersées dans les périodiques de tous pays.
- On ne peut «jue renvoyer aux ouvrages généraux ceux qui veulent joindre les amateurs enthousiastes de l’étude des diatomées, séduits par leur beauté, l’élégance et la variété de leurs formes.
- Lucien Perruche.
- .....---.-.- CINÉMATOGRAPHIE
- DANS TROIS DIRECTIONS PERPENDICULAIRES
- L'élude du vol des oiseaux ou des insectes se heurte à la d if lieu II é essentielle que présente l’impossibilité pour l’oeil humain de saisir et de différencier les mouvements très rapides.
- Celle difficulté a été éliminée, depuis Marey, par la cinématographie, et mieux encore, par la cinématographie ultra-rapide, mais il n’en reste pas moins que l’examen d’un film normal ne permet pas de délerminer avec précision les différentes formes de l'aile du volateur durant un battement.
- lin effet, une photographie, ou la succession de photographies que représente un enregistrement ciné-malograpimpie n’est autre chose que la projection perspective du corps étudié sur un plan et il n’est pas besoin d’insister pour montrer qu’une projection unique ne permet pas de déterminer exactement les différentes cotes du corps. Le pseudo-relief obtenu par des éclairages appropriés ne donne qu’une illusion et il apparaît impossible d’utiliser un film unique pour une restitution précise.
- Celle difficulté n’avait pas échappé à Marey, le génial inventeur de la cinématographie et il avait préconisé (1) l’utilisation de trois appareils cinématographiques convenablement disposés et synchronisés. Les axes optiques de ces appareils étant perpendiculaires deux à deux, il aurait été possible d’obtenir trois séries d’images, projections perspectives du même corps sur trois plans perpendiculaires, à condition d’avoir réalisé la synchronisation des prises de vues et leur restitution correcte.
- Marey avoue n’avoir pu réaliser semblable disposi-lif, faute de moyens matériels probablement, et avoir poursuivi ses études si remarquables sur le vol en utilisant des vues cinématographiques prises dans des directions différentes à des moments différents. Cette absence de synchronisme était une lacune que nous nous sommes efforcés de combler, le Dr Magnan, professeur au Collège de France et moi (2).
- 1. Marey, Le vol des Oiseaux, Masson, Paris, 1890, p. 169.
- 2. C. /?. Ac. Se., p. 723, 1er mars 1937.
- Il convient de signaler que les mêmes idées germant à peu près simultanément dans des cerveaux différents. M. Biet a remis au Dr Magnan dont il suivait les cours au Collège de France, à l’époque même où nous réalisions les premiers enregistrements, un mémoire dans lequel il exposait une méthode de cinématographies simultanées à cinq directions utilisant comme nous des miroirs plans.
- Fitj. 1.
- Schéma, de la cinématographie dans trois plans perpendiculaires.
- OEF, axe optique de l’appareil de prise de vues ; AEKL, miroir plan vertical dont les bords horizontaux font 45° avec l’axe optique ; 11EMN, miroir plan dont les horizontales sont perpendiculaires à l’axe optique et dont les lignes de plus grande pente font .45° avec l’axe optique ; ABCDEFGH, volume dans
- lequel l’oiseau est vu sous trois directions perpendiculaires.
- Le dispositif de M. Biet, dont le nôtre n’est qu’une simplification, n’a pas été, à notre connaissance, réalisé. Il comporte une pyramide régulière à base carrée définie par la condition que deux faces opposées soient rectangulaires ; la pyramide est constituée par des miroirs plans argentés ayant leurs faces réfléchissantes à l’intérieur. Un objet convenablement situé à l’intérieur de la pyramide est donc vu suivant cinq directions perpendiculaires, l’une directement par l’objectif du cinématographe dont l’axe optique est l’axe de symétrie de la pyramide et les quatre autres directions
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- élant définies par des axes optiques virtuels, images de l’axe réel dans les (] lia Ire miroirs.
- Théoriquement, il n’est d’ailleurs pas utile d’avoir un nombre aussi grand de miroirs et on déni o n t r e aisément qu’il est possible de trouver les cotes exactes d’un corps si on possède simultanément sa photographie directe et sa photographie dans un seul miroir.
- C e 11 e propriété s’apparente à la nécessité d’un double point de vue pour obtenir la sensation de relief, que les images soient effectivement séparées comme dans la vision binoculaire ou les stéréotypies ordinaires, ou qu’elles soient enchevêtrées géométriquement, mais séparées par leurs couleurs dans le procédé des
- Fiy. 3 et 4. — Deux fragments de bande cinématographique représentant suivant trois directions un oiseau fixé à un support.
- Fig. 2. — Les trois images d’un cube prises au cinématographe de MM. Magnan et Girerd.
- anaglyphes, appliqué à la cinématographie en relief par M. Louis Lumière.
- Le souci d’obtenir un document analogue aux trois projections habituelles du dessin de machine, document qui, sans restitution, donne une idée approximative des attitudes de l’oiseau, nous a conduit à utiliser deux miroirs plans convenablement disposés.
- L’axe optique de l’appareil de prise de vues étant horizontal, un miroir plan est placé de façon telle que son plan soit vertical et fasse un angle de /j50 avec l’axe, optique. L’autre miroir est défini en position par une horizontale perpendiculaire à l’axe optique et par une ligne de plus grande pente faisant de môme 4h° avec cet axe.
- Cela revient à remplacer deux des appareils de Mare y par les images virtuelles de l’appareil de prise de vues. (luire la simplification du dispositif, la synchronisa-lion est automatiquement réalisée.
- Nous reproduisons ci-joint (lîg. a) les trois images d’un cube vu suivant les trois directions ainsi réalisées. L’examen de ce cliché montre les déformations dues aux différentes perspectives utilisées. En particulier, les images données par les glaces sont plus petites que celle obtenue directement.
- Les autres (lîg. 3 et 4) représentent un cou-coupé, petit oiseau de 20 cm d’envergure, donnant près de 20 battements à la seconde, cinématographié en plein jour, à la cadence de 120 images par seconde.
- (les images multiples donnent une idée plus précise qu’une seule d’entre elles de la position exacte de l’oiseau. Pour obtenir des mesures, il est indispensable de faire une restitution.
- Cette restitution exige la connaissance des positions des trois centres optiques : le centre optique de l’appareil et les deux images de ce centre dans les glaces.
- Il est possible, en utilisant des repères convenables, de déleminer ces trois points à l’aide d’une seule photographie.
- Nous avons pu, grâce aux récents crédits d’outillage national, installer au Collège de France un dispositif dans lequel le volume utile atteint 1 nC, ce qui permettra bientôt l’étude d’oiseaux en vol libre.
- Nous espérons ainsi, en apportant plus de précision dans la détei'mination des positions des ailes d’un oiseau pendant le vol, pousser plus avant l’étude des ailes battantes et collaborer à la solution de l’énigmatique question du vol battu.
- Henry Girerd. Assistant au Collège de France.
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- ='= LES COMMUNICATIONS " :...
- DE L'AFRIQUE ORIENTALE ITALIENNE
- De tous temps les communications, les échanges, se sont laits par les routes et la civilisation a toujours dépendu de leur tracé et de leur entretien.
- L’empire du Négus était aussi mal desservi que possible, du fait de son histoire et de son organisation. Ce n’est qu’à la fin du siècle dernier que l’unité politique fut imposée par le Négus Menelik, après une suite de succès militaires qui aboutirent, selon les traditions médiévales européennes, non seulement à conquérir tout le territoire, mais à réduire en esclavage les vaincus, sans parler des razzias fréquentes, presque périodiques, dans les tribus voisines, singulier moyen d’action économique.
- Un empire basé sur la prédominance d’un groupe de guerriers cruels, ayant assujetti totalement les populations péri j ) 11 ér i q ues, sans trafic, sans échanges, n’avait pas besoin d’un réseau de voies de communications régulières.
- Bien plus, il trouvait dans son isolement une défense contre les intrusions étrangères, le pays ne pouvant être abordé qu’en traversant des régions sauvages ou désertes.
- Cependant, des Éthiopiens ayant commencé à voyager à travers le monde, séjourné et étudié en Europe et en Amérique, introduisirent une nouvelle mentalité dans le vieil empire. Menelik, puis ses successeurs, développèrent un certain trafic intérieur, des centres de production aux marchés, des marchés à la capitale, Ils encouragèrent même — avec beaucoup de réticences — les pénétrations pacifiques, commerciales, et c’est ainsi que la voie ferrée Djibouti-Addis-Abeba, concédée en 1894, fut inaugurée le 7 juin 1917, après a3 ans de tergiversations.
- En 1930, le ras Tafari, devenu Négus Neghesti, commença à transformer en pistes automobilables certaines des sentes que ne parcouraient que des caravanes.
- En 5 ans, il élargit et améliora quelque 6.000 km de pistes qui furent ouvertes aux camions. Le plan routier tenait bien moins compte du trafic commercial entre les diverses régions de l’Empire et les colonies étrangères voisines que des possibilités de transports mil il aires pour assurer partout la subordination des tribus et éviter les séditions. Les travaux de routes ordonnés par le Négus Ailé Sellassié étaient encore liés à son désir de réorganiser son armée à l’européenne
- et d’augmenter sa valeur offensive selon la tactique moderne, en permettant des manœuvres étendues et rapides.
- Tel était l’étal des communications abyssines au moment de la complète italienne.
- LES ÉLÉMENTS DU TRAFIC ET LES COMMUNICATIONS ÉTHIOPIENNES
- Les razzias fréquentes, illimitées et sans pitié, dans tous les territoires assujettis, avaient réduit la productivité des diverses régions. Les indigènes menaient une vie misérable, limitaient leurs récoltes, ignoraient leurs richesses minérales.
- Les seuls produits qui donnaient lieu à un ù'afic étaient le café, dont la culture avait été développée et améliorée par le Négus Neghesti, dans le Harrar ; le coton, dont quelques exploitations avaient été tentées sporadiquement et sans suite ; les graines oléagineuses, la canne à sucre. Sans intérêt immédiat pour l’indigène et même richesses dangereuses pour lui parce qu’elles attiraient taxations et réquisitions, les cultures industrielles ne s’étaient guère développées. L’élevage, diffus dans tout le Sud et notablement développé dans l’Ouest et le Nord, fournissait comme unique produit des peaux, conservées d’une façon primitive, qui alimentaient un trafic sensible.
- Parmi les produits minéraux, le sel, employé sur
- ’af
- z=M£T^Æ3E
- J^gordal^M^sgi0ua}x: Kassaï3ÿ?i AsmÉra^JtS^BjP-MGÆz
- = Routes existantes à soi artificiel
- = Routes pour camions sur soi nature/
- mmm Pistes pour cam ions cons -truites par le Néqus de 1930 à 1935 .
- Pistes pour camions en construction .
- 0000 Pistes de caravanes .
- xmx Ch.deFer.-----Frontières.
- Fig. I. — lioutes et pistes avant le début de la guerre ilalo-éthiopienne.
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- ____ Voie à transit double
- .... Voie à transit simple
- ____ Voie moins urgente
- à construire
- Dogali
- Saati
- Sabarguma o Damas
- Ghinda
- Barresa
- Arbaroha
- Asmana
- Sa/adaro:
- 'Uogherii
- Debaroa
- Deçà mare
- Cor-baria1
- ;* Te ram mi
- Arresa
- tAddi Caiè
- Coatit
- Senafè
- Barachit,
- Adi Çua/a
- Fig. 2. — Roules et pistes projetées en vue des opérations.
- beaucoup de marchés comme monnaie d’échange était extrait notamment du Plan de Sel et de la dépression dankali. En ces dernières années, l’or et le platine étaient aussi traités d’une manière limitée et primi-
- Fig. 3. — Situation à la fin de la guerre, en mai 1936 et premier programme d’extension.
- ! AsmSrajgfJ-' AdiÙgri
- Agée\Adgua ''O ; 1 Makafle]
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- Nairobi
- VLctqrLa
- tive, à partir des dépôts d’alluvions de l’Ouest, principalement dans le Bir-Bir.
- Ces richesses ne fournissaient qu’un trafic interne très limité et les exportations ne dépassaient pas, avant la guerre, la modeste somme de 23o à a5o millions de lires.
- La carte de la figure i donne une idée du réseau des communications d’Éthiopie avant la guerre. On y voit de simples pistes de caravanes, l’unique voie ferrée Djibouli-Addis-Abeba et le réseau de pistes automo-bilables récemment tracé dans un but militaire. Sauf le chemin de fer, les voies de communication ne présentaient aucun ouvrage d’art. Les ponts existants avaient été construits au xvne siècle par les Portugais sur le Nil, dans le Goggiam et l’Uollega ; un seul pont,
- Voies ferrées normales = Prolongements à voie
- -MER-^jA
- ^assaouahj
- iÇTROUGE’i
- iKhartoum
- ma Voies ferrées étroites . == Prolongements a vote étroite .
- .... Reseau aérien .
- __Frontières .
- YPT\! EN
- GOLFE OADEN ~ .
- /L.Tanom\ \__V
- s / A M N A <(R •
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- Ankobe'rx
- Aoms/0msmǣ
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- —-uBerbera SOMALIE BRITANNIQUE
- laprap \
- Djimma
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- Lac . Rudolpht
- OCEAN
- OUGANDA
- Mogadiscio
- INDIEN
- K E N I A
- Victoria
- -soo k
- ‘‘•vN. Mombasa
- Fig. 4. •— Voies ferrées et réseau aérien actuels et projets futurs.
- moderne, modeste, traversait le Gimma, au Nord du lac Rodolphe. Le pays était impraticable pendant toute la saison des pluies.
- Quatre voies traditionnelles de caravanes se dirigeaient, au Nord vers l’Ërythrée : par Gondar et Om-Ager, par Gondar et Agordat, par Gondar et Adoua, et la principale par Dessié et Macallé, toutes aboutissant au port italien de Massaouah. Trois servirent à l’avance du corps expéditionnaire.
- Deux lignes de caravanes s’orientaient vers la Somalie : Ghigner, Dolo et Lugh à l’Ouest et Harrar, Gor-rahei à l’Est aboutissant aux ports de Kisimaio et de Mogadiscio.
- Vers le Soudan, quatre pistes étaient tracées : Gon-dar-Galabat, Gondar-Noggara, Gore-Gambela, Addis-Abeba-Kurmuk, aboutissant à la longue frontière d’un
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- /'Y;/. 5 à S. — En, haut, à gauche, débarquement de matériel en dehurs du port de Massaouah encombré ; à droite, chantier dans le fond d'un torrent asséché ; en bas, à gauche, la voie ferrée et la route Massaouah-Asmara après leur aménagement ;
- à droite, une équipe de Iracailleurs 'indigènes.
- pays riclie, aux grandes possibilités économiques et commerciales.
- Au Sud-Ouest, vers le Kenya, une seule voie, se séparant de celle de Dolo, passait par JVJega et Moyale pour aboutir en Somalie.
- Vers les Soinalies française et anglaise, outre la voie ferrée, on trouvait la piste de Harrar à Djibouti et celle de Harrar à Berbera.
- L’effort de construction de pistes automobiles du Gouvernement abyssin s’était porté en dernier lieu sur la voie d’Addis-Abeba à Dessié, riche marché intérieur et station climatique ; sur celle d’Addis- Abeba à Debra-Marcos, vers le lac Tana ; sur celle d’Addis-Abeba à Gambela, vers l’Ouest ; et surtout, au Sud, vers la Somalie italienne : Addis-Abeba-Allata-Neghelli-Dolo ; Addis-Abeba-Ghigner-Dolo ; Addis-Abeba-Gliigner-Da-gnerrei et Harrar-Bur Dodi. Celte poussée vers le Sud n’était pas sans liaison avec des projets d’invasion militaire, telle l’expédition de Beiené Merid, en ig33, sur les postes italiens des confins de la Somalie. Tandis que les communications vers le Sud étaient améliorées et multipliées, celles vers le Nord étaient; abandonnées, de façon à rendre difficile une riposte par la frontière Nord. Les incidents d’Ual-Ual et leurs répercussions amenèrent la décision de l’Italie, malgré l’insuffisance des routes au Nord.
- LE RÉSEAU DES COMMUNICATIONS
- PENDANT LA GUERRE ITALO-ÉTHIOPIENNE
- Dès que l'Italie décida d'obtenir par les armes une solution totale et définitive des difficultés imposées à ses colonies de l'Afrique Orientale, Je problème des communications devint capital. A 4.000 km de la métropole, avec la crainte de voir les transports interceptés par la fermeture du Canal de Suez, il fallait constituer d’énormes approvisionnements pour assurer l’existence de l’armée en campagne et aussi des moyens de pénétration, de communication et de ravitaillement pour maintenir son efficience.
- L’Erythrée, point de départ des armées italiennes, était mal pourvue de voies de communication. Elle ne disposait que du chemin de fer à voie de q5 cm, long de 35o km, reliant Massaouah à Biscia par Asrnara, Iveren et Agordat, et un groupe de sentiers partant de Massaouah, construits à partir de 1896, incapables de supporter un trafic pesant et intense.
- Le chemin de fer à voie étroite, traversant, un pays mouvementé de haute montagne, ne pouvait guère être suffisamment amélioré. Restait la route. O11 traça un programme comprenant une grand’route à double transit, pour camions de Massaouah à Décaméré ( 134 km) et un réseau de voies à sens unique qui pou-
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- Fin. 9 «N- — A gauche, la magnifique imite d’Aba, rectiligne : à droite, en haut, creusement d’une route dans le roc sur le plateau ; en bas, route à flanc de coteau.
- vail être complété par quelques rocades (lig. a).
- Ce programme fut réalisé fébrilement de février à novembre iq35.
- La campagne militaire commença le 3 octobre xg35 et le plan fut modifié suivant les besoins des ai'mées. Au lieu de créer selon les règles de l’art des ouvrages parfaits et durables, il fallut tracer des pistes, puis les consolider, les élargir et les transformer en routes, à la suite de l’avance des troupes. Là où les moyens mécaniques manquèrent, quand ils ne purent passer, ce lut l’infanterie qui fit les pistes, suivie par le génie, puis par les centuries, encadrées militairement, presque toujours armées, qui consolidaient et perfectionnaient les voies sans interrompre le trafic.
- La difficulté et l’importance d’un tel trafic peuvent se juger par quelques chiffres : en un an, les voitures civiles transportèrent 5.685.34i quintaux vers les troupes en opération sur un parcours moyen de i5o km, soit un total de 85 millions de tonnes kilométriques 0) ; en avril rg36, 9.656 voitures circulaient sur le réseau de roules en continuelle extension. On peut dire que ce fut un des facteurs décisifs de la victoire, puisqu’il permit de manœuvrer rapidement en terrain très difficile et de faire peser tout le poids des ai’mes aux points où c’était nécessaire.
- A la fin de la campagne, le réseau routier était notablement amélioré. Notamment, la grande voie de Mas-saouah à Decaméré avait été prolongée par Adigrat jus-
- I. .1. Daix’Oua, lntendenza in A. 0. Islituto nazionale fascista rïi eu Unra, Roma, 1937.
- qu’à Macallé ; deux transversales partaient l’une d’Adua à Adi Ugi'i, l'autre d’Adigrat à Adua vers Om Ager. Au Sud, la roule partant de Mogadiscio atteignait Belet Uen, vers liarrar et une autre s’avançait vers Dolo. La liaison entre l’Érylhrée et la Somalie à travers l’Éthiopie était presque parfaite au moyen d’une voie permanente, à radier, pourvue d’ouvrages d’art, prête à servir, même au temps des pluies.
- LE PROGRAMME DU GOUVERNEMENT ITALIEN
- La campagne militaire se termina le 5 mai 1936 par l’entrée des troupes à Addis-Abeba. Restait à occuper le pays, ce qui rendait encore plus nécessaire un bon réseau de communications. Les pluies interrompirent le trafic sur les lignes Macallé-Dessié-Addis-Abeba, Gondar-Debra-Marcos-Addis-Abeba, Gorrahei-IIarrar, si bien que les troupes réparties dans les diverses régions auraient été totalement isolées sans le secours de l’aviation. Cet état ne dura qu’une saison. Le territoire conquis fut divisé en régions politiques et administratives (gouvernements de l’Amara, des Galla et Sidama, de l’Harrar et gouverneur d’Addis-Abeba, en plus des colonies de l’Ërythrée et de la Somalie italiennes agrandies selon une juste répartition géographique et ethnographique) et un plan « urgent » de
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- Fig. 12 à 13. — En haut, à gaucho, un pont rectiligne ; à droite, un pont en arc en construction ; en bas à gauche, le pont en béton armé de Doggali ; à droite, un pont, et une route de courbes parfaites.
- coinmuuicalions lui, (racé. Dans les grandes lignes, la capitale du nouvel empire, Addis-Abeba, forme le centre d'un réseau routier la reliant, aux principales régions périphériques, en plus de la voie ferrée de Djibouti. Les branches sont Ûm Ager-Gondar-Debra-Tabor (35o km) d’où une route va à Dessié (3oo km) et une autre à Addis-Abeba par Debra-Marcos (5oo km) ; Adigrat-Macallé-Quoram-Dessié (48o km) qui continue jusqu’à Addis-Abeba (370 km), mettant la capitale en liaison avec la Mer Rouge à Massaouah, par la vieille voie impériale des Négus ; Assab-Dessié (5o km), voie la plus courte vers la mer ; Addis-Abeba-Allala-Neghelli-Dolo (1.100 km), continuée jusqu’à Mogadiscio, sur l’Océan Indien ; enfin Addis-Abeba-Gimma (3oo km) vers l’Ouest qui, du point de vue agricole et minier, est le plus digne d’attention.
- Ge programme comporte un total de 28.000 km de routes automobilables, larges de 6 m, avec une banquette de chaque côté large de 1 m, sur radier bitumé ou asphalté, avec des courbes toutes supérieures à 3o m de rayon et des pentes ne dépassant pas 7 pour 100.
- Ce réseau ne comprend que les voies fondamentales et cependant il requerra un long effort pour sa idéalisation totale. Bien entendu, il connecte les routes de l’Érythrée et celles de la Somalie, déjà améliorées pendant la guerre.
- Une seule région avait, été prévue, moins bien pourvue de routes, celle que traverse le chemin de fer de Djibouti ; mais les accords italo-anglais de janvier 1937 pour le trafic à travers la Somalie anglaise prévoient d’autres voies parlant de l’Ogaden (Giggiga et llarrar) et aboutissant aux ports anglais de Zeïla et Berbera, sur la Mer Rouge.
- Ainsi, l’Éthiopie italienne pourra-t-elle atteindre les ports de la Mer Rouge : Massouah, Assab, Djibouti, et ceux de l’Océan Indien : Zeïla, Berbera et Modagiscio, rompant largement son traditionnel isolement et s’ouvrant au trafic. L’équilibre économique actuel répartit les transports éthiopiens vers l’étranger de la façon suivante : 88 pour 100 vers la mer, 11 pour 100 vers le Soudan, 1 pour 100 vers le Kenya (x).
- L’exécution de ce programme routier est très laborieuse, car presque tout le réseau est en haute montagne. Le tronçon Om Ager-Debra Tabor-Dessié est en grande partie à la cote 2.000 m et finit à 3.4oo m ; celui de Délira Marcos à Dessié également au-dessus de 2.000 m, sauf deux traversées du Nil bleu à 1.700 et 1.000 m ; celui d’Adigrat-Dessié-Addis-Abeba ne descend pas au-dessous de 1.400 m et monte trois fois au-dessus de 3.000, etc. La route d’Addis-Abeba à Dolo
- 1. Pini, Annali dei Lavori pubblici, septembre 1936.
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- descend de 2.64.0 m à a au après avoir franchi la cote a.920 ; elle a le tracé le plus tourmenté et traverse la zone la plus sauvage et la plus difficile, réduit des dernières résistances des petits chefs éthiopiens. La route la moins accidentée est celle d’Assab à Dessié qui s’élève régulièrement de la mer à a.fi/jo m, mais elle se déroule dans une région au climat terrible et sur un sol dur. Elle est la route dont la construction est le plus énergiquement poussée parce quelle réalisera la voie de communication la plus directe entre la Mer Rouge, le Choa et la capitale ; le tronçon Assab-Sardo est en plein effort constructif, et en même temps, on a commencé les travaux du nouveau port d’Assab, qui sera sur la Mer Rouge utilisable par les plus grands cargos et paquebots.
- L’auloslrade Massaouah-Décaméré a coûté 800.000 lires au kilomètre ; les roules successives ont, vu baisser ce prix à hoo.ooo lires. A ce taux, le réseau projeté de 2.800 km coûtera 1 ,4 milliard de lires; il emploiera 100.000 travailleurs, dont moitié d'italiens, et nécessitera 25.000 autres travailleurs pour les études et l’organisation des services. Ce sera un effort constructeur aussi ample que l'effort de guerre (p).
- AUTRES MOYENS DE COMMUNICATION
- La route est le moyen de communication le plus complet, le plus universel, pouvant se prêter à tous les besoins et c’est pourquoi le Gouvernement italien l’a préféré à tous autres, mais la technique moderne en permet au moins trois autres : aérien, lluviafile, ferré (à voie normale et à voie étroite), et même un quatrième, le téléférique, qui offrent diverses possibilités qu’on peut intègre]’ et coordonner dans un plan général.
- En c-e qui concerne les communications aériennes, l’exemple de la guerre plaide largement en leur faveur. Pendant la campagne d’Ethiopie, non seulement, la H. Aeronautica llaliana a assuré son service normal de transport, d’ordres, de surveillance et de participation à l’action, mais encore elle a permis une liaison constante dé tous les corps opérant à de grandes distances ; bien plus, elle les a fournis de vivres, de médicaments, de munitions, de toutes sortes de matériels, jusqu’à la viande sur pied, les animaux vivants ; sans parler de la poste aérienne qui permit de distribuer en 4 jours les lettres envoyées d’Italie aux soldats, celles-ci étant, transportées jusqu’à Asmara par la société civile « Ala Litloria » et après par les avions militaires dans tous les [joints du territoire, aussi sauvages et lointains qu’ils fussent.
- La multiplication des champs d'atterrissage pour les besoins militaires, l’équipement d’aéroports en liaison avec les principaux centres ont, permis dès l’automne i()3(i Je prolongement des lignes civiles à traversTcm-
- I. O11 a déjà construit (.’!() juin P, 137) I.()();» km de, routes avec, couverture en tût,unie : 1.337 km de roules au témoin tables avec utilisation de quelques tronçons de piste ; 90 km de piste adaptés pour le transit dans la période des pluies ; 1.078 km seront complétés avant Je «10 juin 1038.
- pire éthiopien sur les itinéraires Asmara-Massaouah, Asmara-Djibouti, Asmara-Addis-Abeba, Addis-Abeba-Harrar-Djibouti, llarrar-Mogadiscio. La ligne Khar-toum-Asmara fait de ce réseau une collatérale de la grande ligne du Gap au Caire par la vallée du Nil et Khartoum est aussi l’escale nécessaire de liaison avec la colonie italienne de la Méditerranée (Lybie et Cyrénaïque). Pour le moment, toutes ces lignes ne transportent, guère que la poste, en attendant les produits de valeur de l’Ethiopie.
- Les communications par eau sont secondaires à cause du régime des pluies qui rend les cours d’eau très irréguliers, mais elles ne sont pas entièrement à négliger. Elles servent déjà aux transports agricoles sur le lias Uebi Seebeli et sur le Giuba, en Somalie ; le commerce de Gambela, sur la frontière du Soudan anglo-égvplien, pendant, Ja saison favorable est entièrement desservi par nue Compagnie de navigation tluvialile. On peut les envisager dans l’avenir sur certains lacs, sur le Nil bien, sur l’Omo-Boit,ego, après des travaux rie régularisation et de barrages.
- 1^8 communications par voies ferrées sont plus importantes à considérer. Actuellement, on dispose à travers l’Afrique Orientale Italienne de la ligne Mas-saouah-Asmara-Keren-Agordat-Biscia (2Ô0 km) à écartement de q5 cm, fortement, remaniée et améliorée pendant, la guerre ; au début de 1935, elle faisait passer par semaine 4 trains et le tonnage mensuel ne dépassait pas quelques milliers de tonnes ; en avril 1936, elle voyait 7 couples de trains et 2 couples d’automotrices (« littorine ») assurant un service rapide journalier de voyageurs et, transportant 25.000 t de marchandises par mois.
- 1 «a 1 igné Mogadiscio- Afgoi- Adalei-V illaggio-1 Rica degli Abbruzzi, à écartement de 95 cm, longue de 110 km, n’a qu’une importance locale.
- 1-a ligne Djibouti-Addis-Abeba, à voie de 1 m, longue de 788 km dont 698 en Éthiopie et 90 en Somalie Française est, la plus importante. En iq34, elle transporta iho.ooo passagers et 59.81G t de marchandises et elle reste une grande artère de communication avec la Mer Rouge.
- Cette amorce de réseau, de 1.246 km, à voies étroites de deux écartements, 1 m et 90 cm, est, bien modeste. Les voies étroites se retrouvent dans toute l'Afrique sauf l’Egypte et l’Afrique Française du Nord. Eu Ethiopie, le terrain élevé, accidenté, difficile, s’oppose à un tralic intense qui nécessiterait des trains pesants et rapides. On envisage de mettre les voies existantes à écartement normal, en attendant qu’un tralic volumineux et abondant justifie la création d’autres lignes, à côté des routes et de leurs grands services automobiles. Les projets d’avenir, aujourd’hui hypothétiques, comportent les tracés de 1$ ligure 4 : Massaouah-Macallé-Quoram-Dessié (63o km), Dessié-Addis-Abeba (5oo km), Mogadiscio-Dolo (5oo km), qui fixeraient les grands courants d’échanges ; leur réalisation est subordonnée au développement des productions et à diverses considérations techniques.
- Pour être complets, ajoutons les téléfériques. Un a
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- été construit pour améliorer les communications entre Asmara et son port sur la Mer Rouge, Massaouah ; il est long de 75 km et peut transporter 3oo quintaux à l’heure. A peine terminé, on en envisage un autre entre Dessié et Millé, long de 100 km, pouvant porter i.200 à i.5oo quintaux à l’heure.
- Tels sont l’état passé, la situation actuelle, l’avenir projeté des communications en Éthiopie. Un tel tableau est plein d’enseignements. Il montre ce que la
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- technique peut fournir de moyens puissants à une expédition coloniale et aussi ce que la volonté de Rome a su obtenir, rapidement et glorieusement, pour réduire le dernier bastion de l’Afrique noire et rouvrir à la pénétration européenne, en entendant, cette pénétration d’une façon toute nouvelle dans l’histoire de la colonisation des peuples blancs.
- Armando Silvebtri.
- = LA SALLE DE SPECTACLE TRANSFORMABLE =
- DU NOUVEAU TROCADÉRO
- L’ancienne salle de spectacles du Trocadéro, réservée aux cérémonies officielles et aux spectacles populaires avait, malgré ses vastes dimensions, la plus triste réputation. Son acoustique était déplorable et les plus grands acousticiens avaient, vainement, essayé de remédier à ses défauts ; son éclairage scénique était insuffisant ; on regrettait aussi la pénurie des voies de dégagement pour le public, le confort insuffisant des loges et, des foyers d’artistes.
- Celle salle était, située dans l’ancien pavillon central qu’oni fait, disparaître les transformations exigées par le Palais. La nouvelle salle est entièrement, souterraine, elle contient 2.800 à 0.000 places, avec un balcon, et, un parterre qui, à lui seul, offre 1.700 places ; l'ensemble a un volume de 10.000 in!.
- Le public y accède par la place du Trocadéro au moyen d’escaliers monumentaux et de vastes ascenseurs contenant, chacun ]5o personnes ; du côté des
- Fig. 1. — Le nouveau Palais du Trocadéro. (Architectes : MM. Jacques Car lu, Boileau, Azema, Bercier et Romejen).
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- jardins, des escaliers traversant des orangeries à la manière du xvni0 siècle permettent également l’accès.
- Les dimensions de la salle sont de 4* m de longueur, sur une largeur moyenne de 37 m ; ces grandes dimensions posaient de difficiles problèmes d’acoustique et d’optique, pour assurer à chaque spectateur une visibilité et une audition satisfaisantes.
- L’acoustique architecturale possède aujourd’hui des principes rationnels qui sont un guide précieux pour l’architecte ; l’étude acoustique d’une salle est cependant restée toujours délicate, surtout lorsque le volume est important.
- Les caractéristiques acoustiques à obtenir ne sont, d’ailleurs, pas les mêmes, suivant que la salle est des-
- tinée aux représentations théâtrales, aux concerts, aux conférences, ou aux projections cinématographiques sonores. La construction de cette salle de spectacle était donc particulièrement difficile, car on la voulait adaptable à des spectacles très differents avec un nombre de spectateurs très variable.
- Il fallait, en particulier, établir une vaste salle d’audition de musique d’orgue et de grand orchestre, en réalisant l’émission du son dans l’axe de la scène ; d’autre part, on voulait une salle de théâtre avec un plateau convenant à des répertoires variés.
- Une solution neuve et originale a été adoptée ; on réalise, en quelque sorte, une salle transformable, dont les caractéristiques acoustiques et le volume varient à volonté suivant les usages désirés.
- Il a fallu établir, de part et d’autre de la scène, des salles d’échos, en quelque sorte, permettant de modifier la sonorité et la réverbération, suivant le caractère des émissions musicales produites (fig. 3).
- Des portes coulissantes situées à l’aplomb du balcon et sortant de chargeurs situés à droite et à gauche, permettent, d’autre part, de clôturer la salle et de former à l’intérieur de la grande une salle restreinte dont le nombre des spectateurs peut être limité à 1.000.
- Pour les représentations de comédies, les spectateurs ne sont plus dispersés sur un espace trop large, ce qui présente, d’ailleurs, des inconvénients au point de vue psychologique ; ils sont tous plus rapprochés de la scène, ce qui simplifie également le problème acoustique.
- L’ensemble des orgues électriques est un véritable monument qui ne pèse pas moins de 70 t, mesure 17 m de large, 8 m 5o de hauteur et 5 m 5o d’épaisseur ; c’est un bloc mobile qui roule mécaniquement, et peut se ranger, lorsqu’il est inutilisé, dans un local placé derrière le mur du lointain de la scène (fig. 2).
- Cet instrument historique, anciennes orgues de Cavaillé Coll, est ainsi à l'abri derrière le. rideau de fer.
- Le plateau de la scène a été très étudié ; il mesure 34 m de large, i3 m de profondeur et 19 m de hauteur. L’ouverture de scène est très grande, puisqu’elle ne mesui'e pas moins de 19 m 80 sur 8 m 60 de hauteur ; celle de l’Opéra de Paris n’a que i5 m 60, celle de la Comédie-Française 11 m, celle du théâtre de Florence 11 m 70, et celle du Covent Garden de Londres i5 m.
- Une telle ouverture ne convient qu’aux grandes mises en scène ; il faut la diminuer pour l’emploi des petits décors ou des décors d’intérieur. On obtient ce résultat au moyen d’un portail mobile qui permet de la ramener à 8 m 5o sur 6 m (fig. 3).
- Fig. 3. — L’ouverture de scène avec son portail mobile.
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- Un cadre mobile exécuté dans le même matériau que la salle vient, de part et d’autre, se glisser dans un portail mobile et évite au spectateur l’impression d’apercevoir une petite ouverture dans une grande scène.
- La fosse d’orchestre prévue pour i5o musiciens sera mobile suivant le même principe, et le proscénium aura 9 m de profondeur.
- Enfin une très grande cabine de projection sonore permettra les projections cinématographiques.
- Nous 11’insisterons pas sur les décorations remarquables, tant de la salle que des galeries et foyers,
- ... =.........= 63 =
- sobres et harmonieuses et le choix tout particulier des matériaux, tant au point de vue esthétique qu’acoustique.
- Les premiers résultats des auditions, dans quelques semaines, montreront tout l’intérêt de ces solutions audacieuses, dont il n’existe sans doute encore que peu d’exemples analogues. Il sera alors tout particulière-ment intéressant de revenir sur les détails acoustiques de la construction, étudiés, d’ailleurs, par M. Brillouin, le spécialiste bien connu.
- P. Hémardinquer.
- = LA FABRICATION DE L’ESSENCE DE CITRON =
- EN SICILE
- La Sicile est restée pendant de longues années le seul pays où la production de citions était assez abondante pour que l’on puisse traiter d’importantes quantités de fruits en vue de l'extraction des huiles essentielles et d’autres dérivés industriels.
- Les fruits de belle apparence et de grosseur convenable sont, en effet, généralement exportés à des prix rémunérateurs ; seuls les pelils fruits ou « refus » sont utilisés pour la préparation de l’huile essentielle et des jus. On se rendra compte de la quantité considérable de citrons produite en Sicile quand on saura que la production d’huile essentielle varie entre i5o et 2bo.ooo kgr par an : or, 100 kgr de fruits donnent seulement 3oo gr d’huile.
- Fig. 1. — L’atelier de manipulation des citrons (Usine Bosurgi).
- Depuis quelques années les États-Unis, grands consommateurs d’huile essentielle de citrons, ont entrepris la plantation de vergers immenses en Californie, et les <( refus » sont également utilisés. La rareté et la cherté de la main-d’œuvre ont obligé les Américains à utiliser des machines perfectionnées qui donnent une qualité d’essence moins appréciée que la qualité sicilienne.
- Nous avons essayé d’introduire ces procédés en Algérie, mais la quantité de fruits (citrons et oranges) de l’Afrique du Nord ne laisse pas place à une industrie rémunératrice des sous-produits. Nous utilisions des machines à râper le zeste, qui, réduit en line farine, donnait par pression une huile essentielle mélangée d’eau. Ce mélange, passé à l’essoreuse à grande vitesse, donnait d’une part l’huile essentielle et d’autre part les eaux résiduaires ; les tourteaux distillés à la vapeur d’eau donnaient de l’huile essentielle distillée.
- En Italie il en va tout autrement, comme le montrent les photographies jointes O-Les citrons sont d’abord coupés en deux, puis au moyen d’une cuillère ronde, la pulpe est séparée de l’écorce. Celle-ci, en forme de calotte demi-sphérique, est, traitée de deux façons. Mis entre les mains d'hommes exercés, les zestes sont pressés sur • une grosse éponge avec un mouvement de torsion très particulief qui en extrait la totalité de l’huile volatile. Un surveillant circulant entre les rangs des ouvriers prélève une des écorces et la serre entre ses doigts devant une bougie allumée : aucune goutte de matière inflammable ne doit provoquer cette ilanrme
- t. La principale usine de Messine où sont prises les photographies qui illustrent cet article, occupe 000 personnes et est dirigée par Miue Veuve Bosurgi.
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- Fig. 2. — Les appareils de dislillaiion et de déterpénation
- rouge fuligineuse caractéristique de la combustion des hydrocarbures.
- Mais le mouvement ]>a rl iculier nécessaire pour extraire la totalité de la matière aromatique est assez fatigant et ne peut être réalisé par les mains moins robustes des jeunes femmes employées en grand nombre dans ces usines. On a inventé depuis peu une petite machine composée d’un levier et d’un plateau mobile au moyen duquel il est possible de presser les demi-écorces sur une éponge et d’extraire en deux ou trois coups de levier très adroils et rapides la totalité de l’essence. Dans les deux ras, l’huile essentielle extraite de l’éponge est appelée « qualité à l’éponge » et fait prime sur les marchés.
- Si pour les véritables experts, l’huile essentielle de citron se juge surtout par la fraîcheur de son arôme et par l’excellence de son goût, les chimistes ont introduit l’habitude de les analyser et de titrer notamment l’aldéhyde « citral » qui est le principal constituant aromatique. Les essences à l’éponge titrent généralement plus de 4 pour ioo de citral, tandis que les huiles américaines à la machine titrent de 2,5 à 3 pour ioo et les huiles distillées de i à 2 pour 100. Le fabricant de boissons gazeuses reconnaît, bien volontiers que la qualité à l’éponge est toujours supérieure aux autres qualités.
- L’huile essentielle de citron contenant en moyenne 90 pour 100 de produits non oxygénés (lerpènes) et 6 à 9 pour 100 de produits oxygénés (dont plus de moitié de citral) et ces derniers étant seuls solubles dans l’alcool dilué, il faut, pour obtenir des concentrés destinés à aromatiser les sirops et les limonades, séparer la portion oxygénée de la portion terpénique ;
- c’est ce qu’on appelle la délerpénation. Celle-ci se fait par lavage ou par distillation dans le vide. Dans le premier cas, l’huile obtenue par pression des zestes est battue avec- un dissolvant qui est souvent l’alcool bon goût titrant 70 ou 8o°. Celle dilution ne permet pas loujours les envois à grande distance el pour oblenir l’essence délerpénée très concentrée sans alcool on emploie surtout le procédé de distillation dans le vide : une colonne de fractionnement permet de séparer les deux portions. La portion terpénique servant parfois à adultérer l’essence de pression, le gouvernement fasciste a tout simplement supprimé la délerpénalion en Italie ou, plus exactement, il con-fisque les lerpènes résiduaires, si bien que l’huile essentielle est toujours garantie- pure. L’huile aromatique n’est pas le seul dérivé industriel du citron ; on en lire aussi des jus qui sont rendus inaltérables par passage entre des électrodes d’argent ou par concentra lion sous forme, de sirops ; ceux-ci sont exportés. Les jus d’oranges sont obtenus au moyen de cônes eanelés tournant à grande vitesse au-dessus d’une rigole en métal inoxydable, sur lesquels les ouvrières pressent les demi-oranges. Le jus est immédiatement fi 11ré, rendu inaltérable el mis en bouteilles. D’autres jus sont utilisés pour la préparation de l’acide citrique. Dans, de grandes cuves, les jus fermentent et donnent un liquide alcoolique auquel on ajoute de la chaux pour obtenir le citrate de chaux. L’acide ensuite déplacé, donne l’acide citrique, tandis que l’on extrait l’alcool des résidus.
- Enfin le zeste est également utilisé et on en tire de la pectine, substance permettant d’obtenir des gelées alimentaires et des confitures ; les qualités inférieures sont utilisées dans l’industrie, notamment en savonnerie. La pectine donne un savon de toilette d’une douceur particulière, très apprécié des femmes élégantes qui connaissent depuis longtemps l’action satinante du zeste de citron employé comme cosmétique.
- Enfin,, la confiserie fait une importante consommation d’écorces salées. Les fruits coupés et débarrassés de leur pulpe sont rangés en ordre dans de gros fûts de bois qui en contiennent plusieurs centaines de kgr. Le fût est ensuite rempli de saumure et les écorces peuvent ainsi voyager sans risque de détérioration.
- Les agrumes sont la grande richesse de la Sicile. 90 pour 100 de ses exportations sont constituées d’agrumes et de dérivés d’agrumes et de nombreux organismes scientifiques veillent à la bonne tenue des cultures, au maintien des standards d’exportation et à la parfaite honnêteté des transactions. Depuis quelques années, une maladie particulière appelée le « mal secco )) sévissait dans les vergers siciliens; grâce à la collaboration du Commissariat général pour la lutte contre les maladies, du Consortium provincial et de la Regia stazione, la Cameria agrumaria (fondation trentenaire), a pu clore le concours qui avait été institué pour la découverte d’un remède efficace. Mais le remède 11’est certainement pas encore appliqué, car nous avons pu voir de nombreux vergers dans un état pitoyable. Ce mal qui n’atteint ni la bergamote
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- de Calabre, ni l’orange, ni la mandarine, semble avoir doux causes : i° l’irrigalion abusive el à contretemps, après une période de sécheresse, en vue d’oble-uir des fruits en dehors de la période normale de maturation ; l’emploi d’engrais mal étudiés de telle façon (jue le sol étant rapidement épuisé en éléments fertilisants, J'arbre meurt par carence, cas fréquemment observé en France, dans nos centres agricoles qui ont aisément trouvé le remède.
- Fn face, de la Sicile, la Calabre produit exclusivement la bergamote! dont on lire l'huile essentielle qui est la base de l’eau (h; Cologne et un jus très acide qu’on transforme en acide citrique.
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- Sicile et Calabre sont deux régions très montagneuses et volcaniques dont seuls les rivages et quelques vallées abritées sont cultivés en arbres fruitiers. Des « oueds » torrentueux descendant des montagnes assurent une irrigation précaire qu’il a fallu organiser à grands frais. Actuellement, grâce à l’effort des organismes corporatifs, des plans d’ensemble d’amélioration sont appliqués avec une persévérance el une science à laquelle il faut rendre hommage, si bien que I’agrumicullure italienne ne paraît pas craindre d’ici longtemps la déchéance dont des concurrents intéressés avaient annoncé l’imminence.
- R. M. Gattei-ossé.
- LE RÉGLAGE AUTOMATIQUE DE LA CIRCULATION
- L'intensité sans cesse accrue du fralie automobile en ville, les multiples croisements où il faut réglementer la circulation sous peine d’embouteillages inextricables el, d’autre part, le nombre de plus en plus grand d’agents qui seraient nécessaires ont conduit à rechercher des solutions automatiques. Le problème est extrêmement complexe el, sans entrer dans la description d’un cas compliqué, comme celui de la Place de la Trinité à Paris, où huit rues, à trafic intense, viennent aboutir, nous allons examiner le cas élémentaire du croisement de deux rues. 11 permettra de se rendre compte de la simplicité et de la robustesse des solutions en même temps que des multiples conditions que l'installation doit satisfaire après une discrimination que l’on peut presque qualifier d’humainement intelligente.
- Le système de régulation comprend des signaux, actionnés par des détecteurs, par l’intermédiaire d’un contrôleur automatique.
- La Nature a déjà décrit, dans son numéro du i5 février 1987, quelques-uns des signaux lumineux utilisés maintenant par la Ville de Paris. Nous ne reviendrons donc pas sur celte partie du problème. Nous allons expliquer la solution donnée au problème des détecteurs par la Société « L’Éclairage des Véhicules sur Rails » avec le dispositif Elecfro-Malic.
- Les détecteurs sont encastrés dans la chaussée et fonctionnent sous l’action de la pression qu’exercent sur eux les véhicules à leur passage.
- Un détecteur (fig. 1) comprend essentiellement deux lames d’acier à ressort, parallèles, distantes au repos de 3 mm enfermées avec leurs connexions électriques dans une gaine de caoutchouc. L’ensemble est monté dans une auge en fonte scellée dans les fondations de la chaussée. L’auge est recouverte d’une plaque de caoutchouc de 1 cm 5 d’épaisseur, à grande résistance à l’usure, sur laquelle passent les véhicules. Les connexions du câble qui arrive au détecteur sont faites
- dans une boîte à bornes qui est partie intégrante de l’auge en fonte. Tous les vides existant dans cet ensemble sont remplis de compound après montage.
- Les détecteurs ont environ [\o cm de large el !\ cm d’épaisseur. Us se construisent en diverses longueurs.
- Un contrôleur comprend essentiellement un arbre à cames dont la rotation est commandée par un solé-noïde. Cet arbre prend six positions différentes dans une rotation complète. Des cames en ouvrant ou en fermant des contacts réalisent dans chaque position le schéma électrique de commande voulu. L’appareillage à l’aide duquel sont établis les divers schémas comprend : quatre relais, deux lampes au néon, deux con-
- Vitj. i. — Un détecteur. Son fonctionnement au passage d’un véhicule.
- A, 13, lames de ressort ; C, plaque de caoutchouc.
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- Fiij. "2. — Vue du contrôleur, montrant les boulons de réglage des temps des divers mouvements, l’arbre à carnes commandant. les signaux. Les deux lampes à néon (non visibles sur la figure) sont placées à la partie arrière.
- den sa leurs el. des résistances électriques. La ligure 2 mon Ire la vue générale de l’armoire, généralement placée comme un avertisseur d’incendie à l’un des coins du carrefour.
- Examinons maintenant le fonctionnement de l’ins-lallation, en parlant de la position du contrôleur pour laquelle la circulation est libre dans le sens A el interdite dans le sens B (fig. 3).
- Les détecteurs sont situés aux extrémités des zones dites a zones sous contrôle ». Ces zones sont de longueur variable. Elles représentent l’espace dans lequel on ne pourrait, sans danger, donner un ordre d’arrêt au conducteur d’un véhicule lancé à la vitesse normale de marche. La distance admise n’est jamais inférieure à a5 m pour une vitesse de circulation de 4o km à l’heure ; elle est augmentée dans le cas où les véhicules peuvent avoir des vitesses plus élevées, ou bien si la rue est en pente descendante vers le croisement.
- Première phase. — Le droit de passage appartenant au sens A, si un véhicule a franchi le détecteur A el est entré, par conséquent, dans la zone sous contrôle, le droit de passage ne doit pas pouvoir être transféré au sens B, môme si un véhicule se présente dans cette deuxième direction, avant que le premier véhicule n’ait franchi le croisement.
- Quant au véhicule qui se présente dans le sens B, la liberté de passage doit lui être donnée immédiatement
- s’il 11’y a pas de véhicules dans les zones sous contrôle du sens A et, s’il y en a, aussitôt que ces véhicules auront eu le temps de franchir le croisement.
- Le contrôleur satisfait à ces conditions grâce aux dispositifs suivants :
- Un condensateur C, (fig. 4) est chargé par une source continue à travers une résistance B,. Un relais /•, qui provoque, lorsqu’il est excité, la rotation de l’arbre à cames du contrôleur (non représenté) est monté, en série, avec une lampe au néon L, aux bornes du condensateur U,. Le contact b est fermé lorsqu’un véhicule marchant dans le sens B attaque un détecteur 1)B.
- La lampe au néon a la propriété d’opposer une résistance pratiquement infinie au passage du courant lorsque la tension à ses bornes est inférieure à la tension d'ionisation, tandis que cette résistance tombe à une valeur relativement faible lorsque la tension aux bornes dépasse le point d’ionisation. Un courant susceptible de faire agir le relais t\ 11e pourra'donc s’établir dans le circuit lampe-relais (lorsque le contact b est fermé) que si la tension aux bornes de la lampe L, (donc la tension aux bornes du condensateur CM) dépasse la tension d’ionisation.
- Or, chaque fois qu’un véhicule circulant dans le sens A attaque un détecteur DA, il provoque la fermeture du contact a pendant un temps égal à la durée de son action sur le détecteur, donc inversement proportionnel à sa vitesse. Lorsque le contact a est fermé, le condensateur se décharge à travers la résistance S.
- Supposons maintenant qu’un véhicule marchant à 8 km à l’heure, par exemple, attaque le détecteur DA. Le contact a se ferme pendant 70 millisecondes et pendant ce temps le condensateur Cx se décharge complètement. 11 faut ensuite 5 s, par suite de la valeur donnée à la résistance R1; au condensateur Cj pour se charger à travers celte résistance 1Q jusqu’à la tension de 260 v qui est le point d’ionisation de la lampe L,. Le courant ne pourra donc pas s’établir avant 5 s dans le circuit Lpq, même si le contact b est fermé, c’est-à-dire si un véhicule se présente dans le sens B. Tout transfert du droit de passage est donc impossible pendant 5 s, ce qui donne au véhicule marchant dans le sens A, le temps de dégager le croisement. Si au lieu d’être de 8 km à l’heure, la vitesse de ce véhicule avait atteint 4o km à l’heure, le contact a n’aurait élé fermé que pendant i4 millisecondes, le condensateur Cj n’aurait pas eu le temps de se décharger complètement, la tension à ses bornes ne serait descendue qu’à q5 v. 11 faut ensuite 3,7 s pour que la tension remonte à 260 v et ce n’est donc plus que pendant 3,7 s (temps nécessaire pour qu’un véhicule marchant à 4o km à l’heure dégage le carrefour) que le transfert du sens de circulation aurait été impossible.
- Si avant l’expiration de ce délai de 3,7 s, une nouvelle voiture marchant dans le sens A s’engage dans la zone sous contrôle, elle provoque une nouvelle chute de tension, fonction de sa vitesse, aux bornes du condensateur Cj de façon à prolonger, jusqu’au moment
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- où elle aina à son tour franchi le croisement, le temps pendant lequel le droit de passage est obligatoirement maintenu en faveur du sens A.
- Tout véhicule qui se présente dans le sens R et attaque le détecteur R provoque la fermeture du contact b. Dès que la tension aux bornes du condensateur Cj et de la lampe L] atteindra 260 v, c’est-à-dire dès qu’il n’y aura.plus de véhicule dans les zones sous contrôle du sens de circulation A, un courant s’établira dans le circuit L^qb et le droit de passage sera transféré au sens R.
- Lorsque le trafic est intense, il peut arriver que les véhicules se suivent sans interruption dans le sens A, ce qui empêcherait indéfiniment le transfert du droit de passage à l’autre sens de circulation. Dans ce cas, le transfert a lieu d’office au bout d’un certain temps, grâce au dispositif suivant.
- Lorsqu’une voiture arrive dans le sens R et attaque un détecteur, le contact b se ferme comme nous l'avons vu. A ce moment, le condensateur C2 commence à se charger à travers la résistance R2. Au bout d’un temps fonction de la valeur de R2 donc réglable à une valeur fixée à l’avance (de 26 à 60 s), la tension atteint une valeur qui correspond au point d’ionisation de la lampe L,. Le courant s’établit alors dans le circuit L2R2. Le relais r2 provoque la rotation de l’arbre à cames à la place du relais /q et le droit de passage est transféré au sens R indépendamment du jeu des circuits GjLj/qS, donc en dépit de la présence d’un Ilot ininterrompu de véhicules dans le sens A.
- Deuxième phase. — Lorsque le droit de passage est transféré du sens A au sens R, les signaux, avant de passer du feu vert (passage libre) au feu rouge (passage interdit) et réciproquement, donnent un feu jaune d’avertissement.
- La durée de cette période d’avertissement est variable. Trois cas sont, en effet, à considérer :
- i° Le droit de passage est transféré de A à R parce qu'il n’y a plus de véhicule dans le sens A et qu’un véhieul e se présente dans le sens R.
- On conçoit qu’il suffise, dans ce cas, d’une durée d’avertissement très courte ;
- 2° Même situation, mais après que le signal d’avertissement a été donné, un véhicule franchit dans le sens A un détecteur et entre dans la zone sous contrôle. Il n’y aurait, en principe, rien à changer dans ce cas puisque ce véhicule, prévenu par le signal d’avertissement du changement imminent du sens de circulation, devrait ralentir et être à même de s’arrêter sur la ligne d’arrêt, le feu étant passé au rouge avant qu’il ne l’atteigne. Mais il faut défendre contre eux-mêmes les conducteurs imprudents qui auront, au contraire, le désir d’accélérer pour « brûler » le signal d’avertissement. 11 faut donc prolonger un peu la période d’avertissement pour que ce conducteur imprudent ail le temps de franchir le carrefour ;
- 3° Le droit de passage est transféré de A à R, bien qu’il y ait une succession ininterrompue de véhicules dans le sens A, le transfert ayant lieu (ainsi qu’il est
- ......... :.......... ........... — 67 s=
- expliqué plus haut), parce que des véhicules attendent depuis un certain temps pour passer dans le sens R. 11 faut remarquer que, dans ce cas, un certain nombre de véhicules du sens A vont être arrêtés sur la ligne d’arrêt, bien qu’ils soient entrés dans la zone sons contrôle à un moment où le signal indiquait passage libre. Mais lorsque le trafic est dense, la vitesse est faible et les véhicules peuvent être plus facilement arrêtés.
- Néanmoins, il faut laisser aux véhicules qui ont déjà franchi la ligne d’arrêt lors de l’apparition du signal jaune, le temps de dégager le carrefour. Dans ce cas également, on prolongera donc la durée de la période d’avertissement.
- Les procédés employés pour régler la durée de la phase d’avertissement sont analogues à ceux qui ont été décrits plus haut. On utilise les propriétés de la lampe au néon et la modification de la courbe de charge d’un condensateur en fonction de la valeur de la résistance mise en série avec lui.
- Troisième phase. — Après la période d’avertissement, le droit de passage est donné au sens R. 11 faut donc laisser aux véhicules qui étaient arrêtés le temps de démarrer et de franchir le carrefour avant que tout retour du droit de passage au sens A soit possible. Un dispositif toujours analogue à ceux précédemment décrits maintient donc le contrôleur dans cette position pendant 3 à 10 s suivant le réglage adopté.
- Quatrième phase. •—-A l’expiration du. temps accordé aux véhicules qui étaient arrêtés pour démarrer et libérer le carrefour, tout nouveau véhicule se présentant dans le sens R assurera le maintien du droit de
- Fig. 3. — Schéma du câblage pour la signalisation à un carrefour à 4 voies.
- Pédales
- dctectrices
- Pédales
- détectrices
- Lignetdarrêt des voitures
- Ligne d'arrêt des voitures
- ]| Pédales détectrices
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- A 412 volts
- a Jj^JOontact commandé
- peda/eredétSec1rlce
- nêrJafv dàiex'inirP ^6 ^ VOte QUl n 'A PSiS
- Fiij. 4. — Schéma général de lonc-lionneine.nl du contrôleur de circulation.
- passage dans ce sens jusqu’au moment où il aura pu franchir Je croisement, la quatrième phase étant pour le sens de circulation 11 ce qu’est la première phase plus haut décrite pour le sens de circulation A.
- Cinquième et sixième phases. — Les cinquième et sixième phases correspondent de même aux deuxième et troisième, A prenant la place de B et inversement.
- Nous ne dirons rien des dispositions spéciales qui peuvent être réalisées avec une grande facilité grâce à la souplesse des schémas électriques et qui dépendent de chaque cas particulier qui peut se présenter. Par exemple, au croisement d’une artère à grand trafic et d’une artère à faillie trafic, on peut donner le droit de passage en temps normal à la voie à grand trafic. Quand un véhicule se présente sur la voie à faihle trafic, il oh lient le droit de passage, soit au moment où un vide se produit dans la circulation sur la grande artère, soit au bout d’un temps maximum prédéterminé. Sitôt que le véhicule a franchi le carrefour, la circulation est automatiquement rendue à l’artère principale, qu’il y ail ou non un véhicule sur cette artère.
- La souplesse des schémas électriques permet, de tenir compte facilement des objections et de résoudre les cas particuliers, meme très rares, que l’on peut imaginer. Par exemple, si une voilure s’arrête en stationnement juste sur le détecteur, il faut que tout le système de signalisation ne soit pas bloqué. La solution est très simple : le détecteur est constitué par des éléments de longueur constante dont on assemble un certain nombre dépendant de la largeur de la rue. Le premier élément près du trottoir, là où peut stationner un véhicule, sera équipé de
- façon à pouvoir être mis hors circuit de l’installation : si le contact est fermé trop longtemps, sans coupure, un bi-lame thermique s’échauffe par le passage permanent du courant et au bout d’un certain temps ferme le circuit d’un relais qui isole l’élément du détecteur pendant toute la durée du séjour du véhicule sur lui.
- De même, on peut désirer que si un véhicule ayant déjà dépassé la pédale fait une marche arrière et repasse sur le détecteur, celui-ci ne fonctionne pas, où que si le conducteur d’une automobile sortant de la zone sans contrôle empiète sur sa gauche cl vient passer sur la pédale, celle-ci ne soit pas actionnée. A cet effet, le détecteur a ses lames A et. B disposées de façon à former deux contacts indépendants i et a, chacun d’eux commandant un relais, les deux relais étant disposés en cascade {tour finalement, actionner le mécanisme général. Si i est d’abord fermé, puis a, le fonctionnement est normal. Mais si la voilure vient dans Je sens inverse, dans le mauvais sens, a est fermé avant i et le circuit électrique n’est {tas fermé.
- Signalons encore que tous les divers temps donnés par l’appareil peuvent être réglés à volonté. 11 existe, en effet, {tour chaque direction, ou phase de fonctionnement du contrôleur, quatre boulons de réglage ; l’un relatif au temps d’avertissement (i à 10 s), un second au temps maximum pendant lequel la circulation d’une voie peut maintenir la circulation de la voie transversale en attente (io à (io s), un troisième est destiné au réglage du temps de démarrage (a à y5 s) qui donne une durée supplémentaire de protection aux véhicules pendant l’arrêt, enfin, le quatrième boulon sert au réglage du temps de passage ou de traversée (4 à so s), pendant lequel un véhicule est protégé au cours de sa traversée du carrefour lorsqu’il fait son appel, alors que le droit de passage appartenait déjà à la direction qu’il suivait.
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- Ainsi se trouve réglé avec une souplesse remarquable le problème de la circulation dans les grandes villes, comme Paris et Londres, dont les rues s’enchevêtrent et se croisent, non suivant un plan rationnel, mais d’après leur développement historique et posent, par suite, des problèmes inconnus par exemple en Amérique où les villes sont construites suivant un plan géométrique simple et les voies sont toutes larges et droites.
- L’automaticité gagne ainsi chaque jour du terrain dans toutes les manifestations des activités humaines.
- Ii. Vigneron.
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- L'INDUSTRIE DE LA VIANDE A TRAVERS LES AGES
- (c La civilisation, a écrit Jacques Rainville, a commencé le jour où les hommes ont conservé de la viande ».
- G’est en effet à des âges très reculés qu’il faut remon-
- de lui se trouvent son fds, quatre bouchers et quatre scribes qui inscrivent sur du papyrus le nombre des animaux qui passent, conduits par des domestiques qui brandissent des bâtons.
- Fig. i. — Le dénombrement du bétail en Egypte, sous la XIe dynastie. D’après la maquette trouvée dans la tombe de Mchenkwctrc (Musée du Caire).
- 1er pour trouver les premières traces de la civilisation. Et en ce qui concerne plus spécialement l’histoire de la boucherie, c’est chez les anciens Égyptiens -— bien (jne rien ne prouve qu’ils soient les inventeurs de la viande conservée — qu’il faut aller pour rencon-Irer, sous une forme même rudimentaire, les premiers essais d’une industrie de la viande. C’est chez eux et chez eux seuls que l’on a, jusqu'il présent, trouvé des documents complets sur l’élevage du bétail et sur la conservai ion de la viande dans les temps les plus lointains de la civilisation.
- C’est à la religion qui tenait une place très importante chez les Égyptiens que l’on doit ces précieux documents. Les anciens Égyptiens croyaient à l’immortalité de l’âme qui, pour eux, se traduisait d’une façon un peu simpliste par la prolongation dans l’au-delà de la vie quotidienne.
- C’est à cette conception de la vie future que l’on doit les chefs-d’œuvre de l’art égyptien, à savoir les Pyramides et les Mastabas ou les tombeaux.
- Or, c’est justement dans les tombeaux que les anciens Égyptiens plaçaient à côté de leurs parents morts tout ce qu’ils s’imaginaient qui pouvait être précieux à la vie de leur âme. Ainsi explique-t-on la présence au chevet des morts de différents objets représentant lou-tes les choses de la vie courante et surtout des aliments qui pouvaient nourrir l’âme dans l’autre vie.
- Grâce à la bienveillance des autorités égyptienne et américaine, on peut voir à l’Exposition internationale la reproduction exacte des deux modèles qui ont été trouvés dans la tombe de Mehenkwetre, grand dignitaire-chancelier du Palais royal, qui vécut 2.000 av. J.-C. sous le règne de Mentuhoteli III de la XIe dynastie.
- Sur le premier modèle (fîg. i), Mehenkwetre apparaît assis sous un porche, sans doute de son palais. Près
- L’original de cette maquette est au Musée du Caire.
- La deuxième' (iîg. 2) représente un abattoir. Au premier plan, on aperçoit un maître bouclier qui contrôle le dépeçage de la bêle. Sur les côtés de la boucherie, deux hommes préparent comme une espèce de pudding-fait avec le sang de l’animal qui vient d’être abattu.
- Tout à fait au fond, on voit deux cordes tendues d’un mur à l’autre et auxquelles sont accrochés des morceaux de viande.
- Celte représentation d’une boucherie telle qu’elle fonctionnait sous l’ancienne Égypte, nous fait connaître les procédés dont se servaient alors les Égyptiens et qui consistaient dans la dessiccation, le boucanage et le salage. Quelle différence avec les procédés utilisés
- Fiy. 2. — Un abattoir et une boucherie de l’ancienne Egypte.
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- de nos jours et dont le plus remarquable est, certainement, la réfrigération qui a été inventée par un Français, Charles Tellier, que l’on a, justement, appelé « le Père du Froid ».
- Charles Tellier dont l’idée de faire servir le froid à l’industrie de la viande a révolutionné le commerce de la viande, naquit en 1828.
- De bonne heure, il se consacra à l’étude des problè-
- Frigorifique — de véritables Hottes frétées exprès pour ce genre de transport emportent chaque année plus de 400.000 tonnes de viande de la République Argentine, ce qui représente à peu près la moitié de la quantité de viande consommée en Angleterre.
- La République Argentine qui a énormément profité de la découverte de Charles Tellier n’a pas oublié son bienfaiteur. Elle s’est inscrite pour 81 pour 100 de la
- Fig. 3 à 5. — Quelques vues du diorama du stand argentin, au Palais du froid, à l’Exposition. Une estancia argentine ; üne station de rassemblement ; Un abattoir industriel.
- mes de la physique industrielle ; son principal effort porta sur le froid artificiel. Ses recherches aboutirent à des découvertes qui sont un triomphe de la science française ; mais Tellier n’en tira aucun profit personnel, il mourut pauvre, à Paris, en 1913.
- Le premier bateau qu’il fréta pour transporter de la viande congelée, Le Frigorifique, amena au mois de juillet 1877, 21 t de viande de Buenos-Aires à Rouen.
- C’était la première fois que l’on faisait traverser l’Equateur à une aussi grande quantité de viande. Aujourd’hui — 60 ans après le premier voyage du
- somme versée à la souscription Charles Tellier, à laquelle ont participé dix autres nations.
- La République Argentine a tenu aussi à faire fondre en son honneur une plaque commémorative que l’on peut voir au Palais du Froid, au Stand Argentin.
- A la fin de l’Exposition, il est question que le Gouvernement Argentin place cette plaque, soit sur la tombe de Tellier au cimetière de Passy, soit sur le mur de la maison où il vécut.
- L’application si intéressanhte des découvertes de Charles Tellier et les utilisations qui ont été faites par
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- Fiij. (i. — Le Duke of Atlioll équipé pour le transport du bétail sur le rio Parana.
- la suile sont représentées au Palais du Froid dans le Stand Argentin.
- Pi<j. 7. — La péniche Pampa sur la Seine où seront débitées et dégustées des viandes argentines.
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- Un grand diorama (tig. 3 à 5) permet de voir les étapes par lesquelles passe la viande depuis la ferme où ranimai est élevé jusqu’à la boucherie. On voit, tout d’abord, des troupeaux de bœufs qui paissent tranquillement dans les Pampas ; de là, les animaux sont menés dans les abattoirs modernes où on les abat. On procède ensuite au dépeçage, puis au classement des morceaux de viande avant de les installer dans les chambres frigorifiques. Enfin, a lieu le transport dans des camions, sur des bateaux ou dans des trains spé-cialement aménagés.
- Pour donner une idée de l’industrie moderne de la viande de boucherie, on montre aussi un modèle du bateau Duke of Atholl (fig. 6), qui appartient à la flotte de transport de bétail du Rio Parana — affluent du Plata — et qui fait le voyage entre les régions du Nord de la République Argentine et Ruenos-Aires.
- Le bateau peut transporter jusqu’à 65o têtes de bétail. Il est divisé en 8 compartiments séparés et possède des abreuvoirs, des douches et des ventilateurs qui servent à rafraîchir les animaux pendant les grandes chaleurs.
- Ce bateau est une sorte de pullmann pour bétail.
- A côté du Palais du Froid, juste au-dessous du Stand Argentin, l’Ambassade d’Argentine a fait amarrer sur la Seine une péniche (fig. 7) sur laquelle se trouvent, installés une boucherie modèle et un restaurant où Je consommateur peut, avant de s’attabler, choisir le morceau de viande qu’il désire manger et qui est préparé et grillé sous ses yeux.
- La décoration en bleu et en blanc qui sont précisément les couleurs nationales argentines a été confiée au délicat artiste Christian Bérard. D’une simple péniche, il a fait une merveilleuse embarcation qui, par sa ligne et son élégance, n’eût certainement pas déplu à la reine Cléopâtre. Hortensia Drago.
- = LE GRAND DISJONCTEUR A 500.000 VOLTS =
- DE L'EXPOSITION
- Parmi les très grands appareils industriels offerts à la curiosité du public, à l’Exposition, le colossal disjoncteur à àoo.ooo v, capable de couper une puissance instantanée de 5.000.000 de kilovolts-ampère mérite une place à part (fig. 1 et 3). Il est actuellement le plus puissant du monde. *
- Outre les problèmes techniques soulevés par la construction du disjoncteur lui-même, un problème annexe, celui de l’essai de ces gigantesques unités s’est posé aux ingénieurs.
- Dans l’impossibilité de mobiliser la totalité de la puissance électrique de la Finance pour les essais de coupure, les constructeurs ont utilisé une solution très ingénieuse : le coup de bélier électrique produit par la mise en court-circuit instantané d’un gros alternateur dont le rotor, formant volant, possède
- une force vive considérable que l’on dissipe en un temps extrêmement bref.
- Nous dirons quelques mots de ce disjoncteur, qui appartient au type « orlhojecteur » à faible volume d’huile, tout en rappelant que nous avons longuement traité ici-même des réseaux à très haute tension et de leur appareillage (x).
- DISJONCTEURS A HAUTE TENSION
- L’extension des artères électriques d’interconnexion à très haut voltage, destinées à permettre une conjugaison harmonieuse de toutes les usines génératrices, thermiques et hydrauliques du pays, a eu pour corol-
- 1. Voir Im Nature, n° 2996 du 1er mars 1937.
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- luire lu nécessite de couper des puissances énormes, capables d’endommager gravement les uppureils.
- Il ne fuul pus confondre le modeste seclionneur ù contenu mobile, destiné à interrompre une section non parcourue par un courant nvec les interrupteurs proprement dits, cupuhles de couper le circuit en charge. Dans ce <'us, n lu puissnnee normnle du circuit coupé viennent s’ajouter les énormes courants transitoires de perturbation dont le type classique est l’exlra-conrant de self-induction, familier à tous les amateurs d’électricité.
- Il ne faut pas oublier, d’autre part, que la plupart des interrupteurs sont également appelés à fonctionner comme disjoncteurs automatiques, en vue de couper le courant en cas de court-circuit ; dans ces conditions, la puissance initiale à la coupure peut prendre des valeurs considérables.
- Ces courants perturbateurs, engendrés, conformément à la loi de Lenz, par le retour à zéro de tous les champs magnétiques, et statiques existant au voisinage des conducteurs, peuvent acquérir des valeurs instantanées énormes, atteignant couramment le demi-million de kilowatts..., disons plutôt de kilovolts-ampères, car il serait téméraire de faire une hypothèse sur le facteur de puissance dans un régime aussi troublé.
- Tant que dure l’arc de rupture, conducteur ionique gazeux, cette puissance vient s’y dissiper avec un dégagement de chaleur formidable. Des explosions électriques, entraînant la rupture des cuves à huile et des cloisons, sans parler de l’incendie immédiat avec un dégagement intense de fumées, telles sont les perspectives peu engageantes d’une défaillance de disjoncteur !
- EXTINCTION DE L’ARC
- Pour améliorer la sécurité tout en accroissant le pouvoir de coupure, les constructeurs se sont engagés dans la voie logique de Vextinction ultra-rapide de Varc.
- Si puissant que soit un arc à courant alternatif, il ne s’en trouve pas moins privé de courant ino fois par seconde — en admettant que la fréquence du réseau soit de 5o périodes — à l’instant où ce courant passe par zéro. À cet instant précis, il ne subsiste qu’une veine gazeuse d’ions qu’il suffit de disperser ou de refroidir rapidement pour <pie l’arc ne puisse se rétablir à l’alternance suivante.
- Dans les disjoncteurs classiques à grande masse d’huile, la majeure partie de celle huile ne joue qu’un rôle d’isolement ; une part infime concourt, par refroidissement, à l’extinction de l’arc. Pratiquement, on est conduit à des distances de coupure très grandes, en sorte que l’énergie dissipée est considérable. Le volume total d’huile devient énorme : 5o t d’huile pour un interrupteur triphasé aao.ooo v et il faut prévoir des appareils de re-f roidissemeut, d entretien du niveau et de filtration.
- Le poids total d’un tel interrupteur triphasé avoisine 100 t, ce qui suppose une installation de manutention et de levage assez importante, dont le prix s’ajoute à celui de l’interrupteur.
- Dans les nouveaux dis: joncteurs à grand pouvoir de coupure, le fluide utilisé joue un rôle actif, à la fois mécanique et thermique et il agit en mouvement : on peut employer l’air, l’eau et la vapeur d’eau, enfin l’huile.
- Nous ne reviendrons pas sur les nombreux systèmes utilisables et que nous avons précédemment dé-
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- Fig. 1. — Maquette du grand disjoncteur à 500.000 volts, record du monde, présenté actuellement à l’Exposition.
- L’appareil comprend deux parties symétriques, analogues à l'interrupteur représenté en coupe figure 5. Il peut couper 5.000.000 de kw/amp.
- Fig. 2. — Schéma d’un interrupteur à haute tension orthojecteur fonctionnant par projection d’huile.
- L’électrode mobile est formée par le tube 4 ; quand ce tube se trouve en bas de sa. course, le courant arrive par la borne 0, passe par les contacts frottants 0, Je tube 4, les contacts 10 et sort par la borne 14. Au déclenchement, le tube 4 remonte, un arc « libre » s’établissant d’abord entre ce tube et les contacts 10 ; mais dès (pie l’extrémité du tube se trouve à l’intérieur de la chambre isolante 1, une forte vaporisation se produit et l’huile est projetée à travers la partie étranglée, éteignant l’arc. Le piston fixe 10, placé à l’intérieur du tube mobile a pour objet d’envoyer un petit jet (l’huile avial supplémentaire, nécessaire pour la coupure des courants de faible intensité (Les schémas illustrant cet article sont empruntés à l’étude de Al. Saudieœur parue dans la Revue Générale d’Electricité).
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- crils. Rappelons que le iluide extincteur est projeté tantôt transversalement, tantôt en manchon annulaire ou axialement de façon à casser la veine incandescente de l’arc. Celte projection peut cire obtenue soit grâce à la très forte pression produite dans un pol d’explosion par l’arc lui-même, soit grâce à une soui'ce d’énergie extérieure : corps de pompe à piston, réservoir d’air comprimé.
- Dans les interrupteurs à soufflage magnétique, l’arc est divisé en plusieurs petits arcs en série formant autant de conducteurs mobiles qu’une réaction électromagnétique oblige à se déplacer rapidement ; les ions se trouvent ainsi disséminés dans l’air froid non conducteur et les arcs s’éteignent à la première alternance.
- Les interrupteurs à soufflage magnétique, pratiquement, sont réservés à des tensions relativement peu élevées ; les interrupteurs à air comprimé et à eau permettent d’atteindre des tensions supérieures, mais les grandes tensions d’interconnexion, notamment le 200.000 v, ne sont justiciables que des appareils à projection d’huile.
- PRINCIPES PHYSIQUES
- Passons aux dispositions du système a orthojecteur » à faible volume d’huile (fig. 2) utilisé dans le grand disjoncteur de l’Exposition.
- Fig. 3. — Vue prise en cours de montage, montrant
- les proportions colossales du disjoncteur à 5UÜ.0UÜ volts.
- Fig. 4. — Coupe schématisée de la partie active d’un pôle d’interrupteur à 100.000 volts.
- 1, chambre isolante, ü, deux ajutages ; 2, couvercle ; 3, contacts (( pare-clinrelle » ; 4, ajutage ; f*, anneau de guidage de l’arc ; (>, tube-réservoir ; 7, enveloppe en porcelaine ; H, orifices de communication pour l’huile.
- Les principes appliqués sont les suivants. Tant que la distance entre électrodes n’a pas atteint une valeur minima, dépendant de la tension, il est inutile de songer à couper l’arc ; nous devons prévoir une phase préparatoire d’ « arc libre ». Toutefois, cet arc libre devra dégager une quantité d’énergie la plus faible possible en vue d’éviter des pressions excessives par vaporisation d’huile ; d’01'1 nécessité de maintenir rectiligne cette partie de l’arc afin de lui conserver une longueur minima et de déplacer très rapidement l’électrode mobile.
- Dès que l’écartement minimum de coupure est atteint, il faut faire intervenir l’énergie supplémentaire d’extinction ; dans les orthojecteurs, cette énergie est produite par l’arc lui-même dans un pot de « semi-explosion » déterminant une projection d’huile.
- Ainsi conçu, l’appareil serait imparfait pour les faibles intensités (quelques centaines d’ampères) du fait que cette auto-projection d’huile serait trop faible. Un jet d’huile auxiliaire peu important, produit par un piston à ressort, a donc été prévu en vue de couper ces courants faibles.
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- FONCTIONNEMENT DU DISJONCTEUR
- La figure 2 montre schématiquement comment ces principes ont été appliqués. L’appareil comporte une chambre en matière isolante 1, dont la hauteur est de l’ordre du mètre pour i5o.ooo v, logée dans une cuve à huile 2 portée par un isolateur 3. L'électrode mobile est formée par un tube 4 qui se déplace verticalement, entraîné par deux tiges 5 reliées au mécanisme de commande.
- En position « enclenché », le tube 1 se trouve complètement dans le bas, engagé entre les contacts à ressorts 10. Le rant arrive par la borne 6, passe dans le couvercle métallique 7 et le support 8, puis dans le tube mobile 4 par l’intermédiaire des contacts 9 et 10, gagne le support 11, le fond 12 et sort par la borne i3.
- Au début du déclenchement, un arc s’établit entre les contacts fixes 10 et le tube mobile 4 ; c’est un arc « libre », car la partie inférieure 14 de la chambre est percée de nombreux trous qui livrent passage à l’huile et empêchent toute surpression.
- Le tube continuant à s’élever, l’arc pénètre dans la partie fermée de la chambre 1, pourvue de deux ajutages convergents : l’huile se trouve décomposée et vaporisée avec une pression assez forte, moins forte toutefois que dans un pot d’explosion proprement dit et d’huile, mêlée de gaz est projetée le long de l’arc qu’elle éteint par désionisation.
- Quant au jet d’huile « mécanique » destiné à la coupure des courants faibles, il est obtenu très simplement grâce à un piston fixe 16 relié au couvercle par la tige 17 et glissant dans l’intérieur du tube mobile formant cylindre. Cette injection axiale oblige l’arc à vaporiser une plus grande quantité d’huile et pi'o-cure une durée de rupture sensiblement constante, quel que soit le courant à couper.
- La figure 4 montre la disposition pratique de la partie active d’un pôle d’interrupteur orthojecteur à i5o.ooo v. Entre le premier ajutage 4 de la chambre de vaporisation et les contacts fixes 3 se trouve un anneau de guidage fixe 5, indispensable au-dessus de
- 75.000 v pour conserver à l’arc sa forme rectiligne.
- L’ensemble du pôle à i5o.ooo v se trouve représenté en coupe figure 5, l’interrupteur triphasé comportant trois pôles semblables. Pour obtenir le déclenchement, on libère l’arbre de commande 7 : l’arbre, les engrenages et les colonnes creuses 4 formant isolateurs pivotants, commencent à tourner sous l’action du ressort 9. Dès que cette rotation a débuté, le système de bielles et équerres 6 se trouve libéré et se relève brusquement sous l’action du ressort 10, entraînant l’équipage mobile 3 de l’interrupteur logé dans la porcelaine 2.
- Ici se place une combinaison mécanique curieuse. Le milieu de la colonne pivotante se trouve relié à un bras de sectionneur 8 par un système de bielles et manivelle, mais à l’instant où se produit le déclenchement de l’interrupteur, ce système bielles-manivelle se trouve au point mort. Il y a ainsi une véritable temporisation de 5 à 6 centièmes de seconde avant que le
- Fig. 0. — Le grand disjoncteur à 500.000 volts de l’Exposition.
- (Constructeur : Ateliers de constructions électriques de Delle).
- Fig. 5. — Coupe d’un pôle d’interrupteur orthojec-teur 150.000 volts.
- 1, isolant support ; 2, enveloppe en porcelaine ;3, équipage mobile de l’interrupteur à huile ; 4, double isolateur formant colonne rotative de commande ; 5, pignons coniques ; G, système bielles-manivelle entraînant le bras de sectionneur 8 ; 7, arbre de commande général; 9 et 10 ressorts.
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- bras de sectionneur se relève, manifestant aux yeux la coupure du circuit et garantissant la section isolée contre toute fuite de courant à travers l’huile de l’interrupteur.
- Pour l’enclenchement, un moteur électrique fait tourner l’arbre 7, provoquant d’abord l’abaissement du sectionneur, puis l’enclenchement de l’interrupteur.
- Les interrupteurs à 220.000 v, à plus forte raison l’interrupteur de l’Exposition à doo.ooo v, possèdent deux étages de coupure disposés en série, afin de réduire les courses des électrodes mobiles, la commande mécanique restant, bien entendu, unique. La maquette de la figure 1 montre clairement cette disposition : les deux minces colonnes médianes sont les colonnes pivotantes, puis viennent les colonnes contenant les interrupteurs à huile et, à l’extérieur, les colonnes d’arrivée et de départ du courant sur lesquelles viennent s’enclencher les bras de deux sectionneurs.
- La photographie (fig. 3), prise au cours du montage, donne une idée des dimensions colossales de l’appareil, création des Ateliers de Constructions Électriques de Delle.
- STATIONS A BÉLIER ÉLECTRIQUE
- Les stations d’essais à grande puissance instantanée, fonctionnant par coup de bélier électrique ou plutôt électromécanique, mériteraient une étude complète. Indiquons-en brièvement le principe.
- Un alternateur spécial, possédant un rotor en acier forgé à très fort moment d’inertie, c’est-à-dire capable de former volant, est tout d’abord « décollé » par un viveur d’une trentaine de chevaux, puis entraîné par un moteur asynchrone de i.5oo à 3.000 ch.
- La puissance de l’alternateur, toujours en nous basant sur les chiffres précédents, est de l’ordre de 20.000 à 5o.ooo kw en service permanent et du demi-million ou du million de kilovolls-ampère en courant de court-circuit. 11 va sans dire qu’une construction spéciale extrêmement robuste doit être adoptée pour résister aux formidables efforts éleclrodynamiques
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- déterminés par de pareils à-coups. En particulier, les têtes de bobines sont fortement entretoisées ; il existe également un puissant amortisseur d’oscillations. L’alternateur tout entier est isolé de ses fondations par une liaison élastique autorisant des mouvements d’une certaine amplitude.
- L’excitatrice, de son côté, doit être capable de supporter le courant instantané de plusieurs milliers d’ampères qui se trouve induit dans son circuit au moment du court-circuit principal.
- Un disjoncteur à très grand pouvoir de coupure est généralement placé en série avec l’appareil à essayer. Le contacleur principal, confondu ou non avec ce disjoncteur, doit pouvoir laisser passer avec un bon contact, des courants de l’ordre de 4oo.ooo A. L’installation est complétée par des réactances et des résistances servant au réglage du courant, par des transformateurs et des instruments de mesure.
- L’appareil essayé est placé entre des murs de béton, sous les tuyères de puissants extincteurs prêts à intervenir en cas d’explosion et d’incendie ; une trappe permet de laisser écouler l’huile enflammée dans une fosse.
- Les opérateurs sont abrités, à distance prudente, derrière un bouclier en acier présentant une meurtrière par où l’on peut observer les événements ; des dispositifs de sécurité sont prévus pour empêcher l’accès de la zone dangereuse tant que l’alternateur est excité ou pour couper cette excitation dès qu’une des grilles fermant celte zone vient à être ouverte.
- Les instruments enregistreurs comportent notamment des oscillographes électromagnétiques et cathodiques fournissant les courbes de tension et de courant avec une échelle des temps extrêmement longue. On arrive aujourd’hui à des longueurs de l’ordre du mètre pour l’oscillographe d’une seule période et ceci montre avec quelle minutie peuvent être étudiés les colossaux disjoncteurs à haute tension et à grande puissance. Pierre Devaux,
- Ancien Elève de l’École Polytechnique.
- LES NOUVEAUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE
- DES SCIENCES
- LE BOTANISTE AUGUSTE CHEVALIER
- Le Pr Auguste Chevalier, que l’Académie des Sciences de Paris vient d’élire, descend de modestes paysans normands, comme il nous le confiait, au cours d’un récent entretien. Mais il a sans doute, dans les veines, du sang des Vikings qui, voilà un millier d’années, s’emparèrent du pays de ses ancêtres 1 En tous cas, il possède par atavisme quelques restes de l’humeur vagabonde des conquérants Scandinaves, car la plus grande partie de sa carrière se passa en voya-
- ges d’explorations à travers nos colonies d’Afrique et d’Asie, d’où il rapporta une ample moisson de végétaux de toutes sortes 1
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- Né le 23 juin 1873 au hameau de Saint-Front (Orne), Auguste-Jean-Baptiste Chevalier fil ses premières études à l’école de son village, puis les poursuivit au
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- Fig. 2. — Le Pr Auguste Chevalier.
- Collège de Domfronl. et au Lycée de Caen. « A peine avais-je une quinzaine d’années, nous raconlail-il, je commençais pendant mes heures de loisirs, à seruler la nature, à collectionner des insectes ou à ramasser des plantes qu’un de mes amis, M. Corbière, auteur d’une ilore estimée de la Normandie, m’aidait à déterminer. J’entrais aussi en correspondance avec l’aimable biologiste Alfred Giard qui répondait, sans jamais se lasser, aux « colles » scientifiques que je lui posais. Cet homme, aux idées originales et si bienveillant pour les débutants, exerça une heureuse influence sur mon orientation intellectuelle.
- (( Donc, après avoir pris le grade de licencié ès sciences naturelles à la Faculté de Caen, je devins préparateur de botanique du P1' Bertrand à celle de Lille. Puis en 1897, j’entrais comme boursier au Muséum national d'Histoire naturelle, auquel je devais rester attaché. J’y préparais ma thèse de doctorat quand un événement fortuit 11e tarda pas à faire de moi un explorateur colonial. Le roitelet Samory venait d’être définitivement vaincu par nos soldats (septembre 1898). Le général Louis-Edgar de Trentinian, qu’011 chargea alors de pacifier et de mettre en valeur le Soudan français, avait demandé au Ministère de lui adjoindre un jeune botaniste capable d’étudier les productions végétales du pays. Je fus désigné pour cette mission que j’acceptais de prime abord sans grand enthousiasme, je vous l’avoue, car il me fallait abandonner la préparation de ma thèse. Néanmoins, après 18 mois passés sur le continent noir (1898-1899), je revins en France émerveillé par les richesses de la
- flore tropicale. Aussi, en dépit du peu agréable souvenir d’un serpent venimeux qui m’avait mordu, je ne tardais pas à retourner passer quelques mois en Afrique Occidentale afin de rassembler les produits végétaux devant figurer à l’Exposition universelle de 1900.
- Peu après avoir soutenu ma thèse de doctorat ès sciences naturelles (1901), j’allais encore au Sénégal, où je commençais mes premières éludes sur la culture du colon ».
- Depuis celte époque, les randonnées ' scientifiques du Pr Chevalier se multiplièrent. D’abord en 190a-190/1, il dirigea la mission Oubangui-Chari-Lac Tchad en Afrique Centrale. Mais nous ne saurions détailler tous les trésors qu’il découvrit au cours de ses explorations, ni énumérer toutes les espères nouvelles qu’il a décrites, ni signaler tous les Véqelaux utiles de l’Afrique tropicale française auxquels lui et ses collaborateurs ont déjà consacré 10 volumes, ni indiquer tous les résultats pratiques que les agronomes coloniaux ont tirés de ses recherches ou de ses observations, notons seulement ici les principaux faits qui ont mis son nom en vedette.
- En iqoJ, M. Chevalier découvrit dans le bassin du Chari un Caféier nouveau, le Coffea excetsa, de haut rendement, très résistant aux maladies et qu’on cultive maintenant dans la plupart d e nos colonies et des autres pays tropicaux. D’autre part, l’admirable herbier composé de i.5oo espèces d’arbres (dont aoo donnant des bois utilisables) qu’il rapporta de ses diverses courses à travers les forêts vierges de nos possessions africaine ou asiatiques, représente l’inventaire à peu près complet des ressources ligneuses du Soudan, de la Côte d’ivoire, du Gabon, du Congo et des principales régions de l’Indochine.
- « Voici comment je procédais pour recueillir chaque échantillon, nous raconte le savant voyageur. Dès que je voyais dans la brousse un arbre nouveau arrivé à complet développement et vivant dans des conditions normales, je le faisais abattre par les porteurs de ma suite ou par des bûcherons indigènes. Une fois le géant à terre, j’an prélevais des fragments (h; rameaux et si possible des Heurs ou des fruits, qu’il fallait parfois faire sécher avant de les emballer. En même temps, mes aides débitaient dans le coeur et dans l’àubicr. J’inscrivais ensuite un numéro d’ordre unique sur tous les échantillons provenant d’un mêbe arbre. Celle méthode, rarement employée par les botanistes prospecteurs, me permit l’élude ultérieure des nombreux matériaux successivement rapportés en France au Laboratoire d’agronomie coloniale que j’avais fondé au Muséum en 1911 et que je. dirige depuis cette époque ; elle facilita également ma tache comme chef de la Mission permanente au Ministère des Colonies, service remplaçant l’ancienne Inspection générale de l’agriculture coloniale de M. J. Dy-bowski et dont j’assumai la charge jusqu’en 193a. J’ai pu ainsi déterminer les espèces et en fixer l’origine botanique tandis que le microscope me révélait la structure anatomique intime des différents végétaux
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- d’où dépendent leurs qualités, leurs défauts, en un mot, leui inlérêl pratique.
- (t D’ailleurs, en examinant les revêtements muraux, le parquet, les labiés de travail et autres meubles des salles de mon laboratoire uniquement, réalisés avee des bois coloniaux, vous pouvez vous rendre compte, Monsieur, que leurs veinages sont des plus chatoyants. A quoi bon acheter à l’étranger des produits similaires à ceux (pie mes intrépides collaborateurs et moi-même nous avons découverts dans nos colonies africaines ou asiatiques. Les durs Ozobés de la Côte d’ivoire, et les légers Okoumés du Cabon valent les meilleurs Acajous de Cuba ou de Tabasco (Mexique), le Dibetou, le Badi jaune! ou le Limbo noir peuvent remplacer avantageusement, en ébénislerie, le noyer dont ils ont l’aspect ; dans le couIreplacage, l’Avoridé (Turra-canthus africana), le Samba (Triplochylon sololoxy-lon) ou l’iroke (Clilorophora exe cl sa) par exemple, l’emportent certainement sur bien des ligneux d’Eu-rope ou d’Amérique ! » •
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- Mais indépendamment des bois exotiques dont il a vanté les précieuses qualités, M. Auguste', Chevalier a appelé balte,nlion sur les différentes productions coloniales d’origine végétale, soit dans des cours qu’il professe au Muséum d’histoire naturelle depuis 1929 afin de se reposer de ses 20 années de randonnées presque ininterrompues, soit dans différentes revues spéciales qu’il a fondées ou auxquelles il collabore très assidûment (Revue des cultures colotüales, Bulletin agricole de l'Institut scientifique de Saigon, Revue de botanique appliquée et d’agriculture tropicale), soit dans divers livres, entre autres la Culture du poivrier (iqaû), les Caféiers du globe (1928), les Ressources végétales du Sahara (iq.'b)).
- Le savant spécialiste s’est attaché surtout à étudier les plantes tropicales présentant un intérêt économique. Quelle abondante documentation n’a-t-il pas rassemblée !
- Que de problèmes vitaux pour la mise en valeur de « l’autre France », n’a-l-il pas abordés et auxquels il a souvent apporté d’heureuses solutions pratiques ! Que de déboires, les observations qu’il a faites n’éviteront-clles pas aux planteurs de cotonniers et de théiers, aux cultivateurs d’ilévéas et autres producteurs de caoutchouc ?
- En particulier, pour l’arachide, principale richesse du. Sénégal, il a recherché les moyens rationnels d’étendre sa culture et de remédier aux dégâts des petits coléoptères qui l’attaquent.
- Il a publié également d’importants mémoires sur le palmier à huile, qui procure à 40 millions de Nègres, habitant; les
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- régions côtières de la Casamancc jusqu’au Congo, la base principale de leur nourriture.
- De ses divers voyages dans la colonie anglaise de « (Jold Coasl » et à l’île portugaise de San Tliomé, il a rapporté aussi d’intéressants renseignements, qui ont permis de prendre les mesures nécessaires pour implanter le Cacaoyer en Afrique Occidentale.
- Notons encore qu’à la suite de plusieurs missions officielles et de séjours prolongés en Indochine, en Malaisie, à l’Institut de Builcnzorg (Java) et à Ceylan, le P1’ Chevalier proposa au gouvernement français de remplacer les anciens jardins coloniaux par des stations expérimentales spécialisées chacune dans des cultures locales.
- Dans plusieurs des établissements ainsi créés sous son inspiration en Indochine, il introduisit différents arbres fruitiers d’Europe, de Chine et du Japon. Il a indiqué aux arboriculteurs asiatiques la marche à suivre pour éviter les mécomptes, car il montra expérimentalement que les variétés les plus estimées d’abricotiers, de pêchers, de poiriers et de pruniers de nos climats, transportées à l’état greffé sur les montagnes du Tonkin, dépérissent vite tandis que greffées sur des sauvageons indigènes elles se conservent cl fructifient normalement.
- En résumé, <‘es importantes recherches et ces voyages orientés surtout vers des buts pratiques ont fait de cet infatigable Normand, plein d’ardeur, un agronome colonial, d’une autorité reconnue dans le monde en lier.
- J. B.
- Fig. 3. — La maison de Cuvier, au Muséum,, où se trouve le laboratoire d’agronomie coloniale.
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- LES NOUVEAUX LABORATOIRES DE L'ÉCOLE
- NORMALE SUPÉRIEURE
- Les nouveaux laboratoires de l'École Normale Supérieure, récemment, inaugurés, attestent qu’on ne marchande plus à nos savants les moyens matériels pour mener à bien leur fécond labeur. Quelle différence entre les deux misérables pièces installées sous les combles, où Pasteur commença ses immortelles recherches et le palais dans lequel vont travailler scs heureux successeurs !
- Les nouveaux laboratoires se trouvent groupés dans les cinq étages d’un imposant bâtiment aux lignes sobres (lig. 1). Son architecte, M. Guilbert, a su allier l’esthétique avec les nécessités de la recherche scientifique. Un vaste hall permet d’accéder à l’intérieur de Lédilice que desservent un escalier monumental, un ascenseur et un monte-charge.
- Dans 20 pièces, d’une superficie totale d’envii’on 2.000 m2, occupant le rez-de-chaussée et la majeure pai lie du premier étage, travaillent les chimistes, sous la direction de M. Georges Dupont, professeur à la Sorbonne. Ce savant, ancien directeur de l'Institut du pin
- de la Faculté des Sciences de Bordeaux, étudiant spécialement les différents produits tirés des gemmes, on voit dans son laboratoire, entre autres instruments et appareils, la colonne de distillation fractionnée qui lui a permis de séparer les différents pinènes constituant l’essence de térébenthine, dont les points d’ébullition sont très voisins (fig. 2). Depuis sa nomination à l’École Normale Supérieure, M. Dupont a étendu le champ de scs investigations et les procédés spectrogra-phiqucs du physicien hindou, C. V. Raman, lui ont permis de découvrir une méthode générale d’identification de nombreux carbures d’hydrogène obtenus synthétiquement. L’installation tout à fait moderne des nouveaux laboratoires facilite de telles recherches, qui exigent de longues manipulations. Les conduites d’eau, de gaz, d’électricité, de vide et d’air comprimé courent au plafond du couloir central puis entrent dans les diverses salles où se trouvent, à portée de la main des opérateurs, robinets d’arrêt et interrupteurs. Ges pièces spacieuses et isolées sont largement aérées.
- Fig. I. — Les nouveaux laboratoires de VEcole Normale Supérieure.
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- Fit). '1. — Une salle des laboratoires de chimie. Fi<j. 3. — La « cour des acides ».
- Fii). 4. •— Le toit-terrasse, ses cheminées d’aération Fiy. — Mesures avec le micropholomètre Moll,
- et les serres
- Notamment, des tuvaux d’évacuaüon, noyés dans la maçonnerie, débouchent sur le toit-terrasse (tig. 5) et, près de chaque orilicc de sortie, une hélice mise en mouvement à volonté provoque une aspiration considérable, de sorte que les chimistes manipulant des produits toxiques n’ont plus besoin de laisser portes et fenêtres ouvertes pour ne pas être incommodés. De même, dans la « cour des acides » avoisinante (fîg. 3), maîtres cl élèves peuvent se livrer sans danger à des analyses minérales et pratiquer toutes les réactions susceptibles de dégager des gaz ou des vapeurs nocifs.
- La section de chimie dispose encore de deux étages en sous-sol ; le premier, éclairé par des soupiraux, abrite un atelier, des accumulateurs et une salle où sont, installés les mierophotomètres et appareils spec-Irographiques (fîg. 6) ; le second a des chambres froides dont on peut maintenir les températures constantes (entre —io° et —5o° au moyen d’une machine à chlorure de méthyle) et deux enceintes, qu’on chauffe à volonté jusqu’à + 5o°.
- Le deuxième étage de l’immeuble abrite les collections géologiques. Le long des murs de pièces spa-
- cieuses et. bien éclairées au moyen de larges fenêtres, les échantillons s’étalent sur les rayons d’armoires vitrées. Comme dans les autres sections, une salle de conférences et une bibliothèque spéciale complètent ces locaux rationnellement équipés.
- Le troisième étage est consacré aux nouveaux laboratoires de zoologie où, sous la savante direction de JM. Robert Lévy, les élèves abordent expérimentalement toute la biologie animale. Le maître étudie principalement les toxines sécrétées par les serpents, les batraciens ou les araignées et actuellement, au moyen des ingénieuses cellules photo-électriques d’Audubert, il mesure les rayonnements ultra-violets des œufs de discoglosse ou des nerfs de grenouille. D’autres recherches sont consacrées à la génétique, notamment suides élevages nombreux, en milieux définis, de mouches du vinaigre ou Drosophiles.
- Au sous-sol, les zoologistes de l’École Normale disposent d’aquariums d’eau de mer et d’eaux douces. Six cuves vitrées qu’on peut remplir, vider, aérer et chauffer séparément au moyen de canalisations diverses débouchant dans chacune d’elles sont réservés à
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- Fig. G. — Le laboratoire de zoologie. Fig. 7. — Les aquariums d’eau de mer.
- Fig. S. — Les aquariums d’eau douce. Fig. 9. — Une serre sur le toit.
- l’eau de mer. Des piliers, revêtus de carreaux de faïence blanche, séparent les récipients cl rendent, facile l'entretien de l'installation. Les petits aquariums pour poissons, mollusques et insectes d’eaux douces sont placés sur une tablette dans une salle du premier étage du sous-sol ; une passerelle y donne accès et des soupiraux vitrés éclairent ces divers bacs, où frétillent, pour l’instant, des cyprins, des scalaires, des « combattants » et autres hôtes minuscules des eaux exotiques.
- Quittons à présent la cave pour les étages supérieurs du bâtiment. Là, se trouvent les locaux de la section
- de botanique aux destinées de laquelle préside M. Bla-ringhern, remarquable sélecteur de céréales et de lleurs. Au-dessus de ses laboratoires et d’une salle de travaux pratiques, une terrasse surplombe d’une quarantaine de mètres le jardin de l’Pcole, où s’élèvent des serres ensoleillées, qui permettent aux savants « jardiniers » de cultiver nombre de plantes, d’observer maints phénomènes de biologie végétale, de semer des graines, de bouturer, de greffer ou d'hybrider, tout en admirant le superbe panorama de Paris, entre les dômes du Panthéon et du Val-de Grâce. Jacques Boyer.
- LE CERCOPITHÈQUE A TÊTE DE HIBOU
- Le Cercopithèque à tête de hibou (Ccrcopilhecus hamlyni Po-cock) est encore fort peu connu. Seuls, quelques spécimens ont été capturés dans la forêt de l’iluri, aux environs du lac lvivu et aux abords de Stanleyville (Congo). 11 n’est donc guère possible, grâce à ces données sporadiques, de fixer convenablement son habitat.
- Le caractère qui permet de le distinguer à première vue, est la présence d’une ligne blanche allant du front à la lèvre supérieure et descendant le long de la
- crête du nez. Toute la face assez allongée est encadrée de grands favoris lui donnant l’aspect d’une effraie, ce qui lui a valu son nom vulgaire.
- La face est de teinte plombée, tandis que le front est barré d’une tache jaune pâle, ce qui augmente l’aspect étrange de sa physionomie. Toute la partie inférieure du corps est noir foncé tandis que les mains, les cuisses et la queue sont gris. Le dos porte un pelage sombre moucheté de jaune. Les favoris encadrant la tête sont aussi noirs que l’abdomen. G. Bemacle.
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- LA QUADRATURE DU CERCLE
- Des trois problèmes célèbres dont s’est occupée l’antiquité, le plus connu est certainement celui qui a trait à la quadrature du cercle. Cette question a donné lieu à de nombreux travaux, elle a soulevé des polémiques violentes et l’intérêt qu'elle présente est encore vif puisque, à l’Exposition de jjpi7, le nombre tc est inscrit, au Palais de la Découverte, avec les 707 décimales actuellement connues.
- Qu’entend-on par a quadrature du cercle » ? Il est bon, tout d’abord, de poser correctement le problème. L’objet, principal de la géométrie est de mesurer l’étendue, c’est-à-dire de comparer une certaine étendue à une autre plus simple prise comme unité. Les géomètres, ayant pris la ligne droite pour mesure à laquelle ils rapporteraient toutes les longueurs, ont été conduits à choisir le carré pour mesure des surfaces.
- Carrer une surface c’est déterminer le côté du carré dont la surface est égale à la surface proposée. Ainsi carrer un cercle n’est pas, comme certains le croient, faire un cercle carré, ce qui est absurde, ni faire un carré d’un cercle; mais bien déterminer le côté du carié dont la surface est équivalente à celle du cercle.
- Avec intention, dans la définition ci-dessus, nous avons employé le mot déterminer et non le mot, construire, or, pour les anciens, il s’agissait de construire un carré ayant même surface qu’un cercle et, ils sous-entendaient,, avec la règle et le compas qui étaient les seuls instruments utilisés pour les constructions géométriques.
- Ainsi posé le problème est impossible, mais l’impossibilité est, relative aux méthodes employées pour atteindre le but, proposé.
- Des raisons de continuité prouvent aisément, l'existence d’un carré équivalent, à un cercle donné; mais pour construire une longueur égale; à la circonférence proposée il faut que tc, rapport, de la circonférence au diamètre, jouisse de certaines propriétés analytiques parfaitement définies. La question revient à savoir s’il possède ou non ces propriétés. La réponse négative et irréfutable ne fut donnée qu’en 188a par le mathématicien Lindemann qui démontra la transcendance de 71 et de e. Déjà les anciens avaient soupçonné que 77 était incommensurable, mais il fallut attendre jusqu’en 1761 pour que Lambert fournisse une preuve analytique de cette incommensurabilité; plus tard, Legendre démontra qu’il en était, de même du nombre tt2. Que 7t soit incommensurable n’est, pas une raison pour affirmer a priori l’impossibilité de construire une droite rigoureusement égale à la circonférence. Pythagore a vraisemblablement, donné le premier la démonstration de l’incommensurabilité de la diagonale du carré; cependant, avec la règle et le compas, on peut construire cette diagonale égale à la quantité irrationnelle \ 2, le côté du carré étant, pris pour unité. D’autre part, Hippocrate obtint la quadrature de surfaces limitées par des arcs de cercles ; son théorème sur les lunules est, resté classique bien qu’il n’ait avancé en rien la solution de la quadrature du cercle.
- Si Tt s’est, montré rebelle à toute construction, au sens précisé plus haut, c’est, que son incommensurabilité est, d’un
- ordre particulier : tc est, en effet un nombre transcendant, c'est-à-dire qu’il ne peut, être racine d’aucune équation algébrique à coefficients rationnels.
- Depuis l’antiquité de nombreux géomètres se sont attaqués à la résolution de ce problème ; certains par leurs recherches, ont, été conduits à la découverte de nouvelles relations, mais beaucoup n’ayant que des connaissances rudimentaires en géométrie ont, émis comme vraies les plus absurdes propositions. Ces auteurs ignorants et, entêtés ont soutenu leurs extravagances avec acharnement, et, des polémiques interminables, ont, opposé les « quadrateurs » et les (( anti-quadrateurs ». N’est-il pas curieux de noter qu’en 1778 un quadrateur fit, assigner l’Académie des Sciences devant le Tribunal du Châtelet à Paris! Il est, vrai que cette compagnie savant,*;, à la suite d’un remarquable rapport de Condorcet, avait décidé, en 1776, de ne plus donner suite aux communications sur la quadrature du cercle ou le mouvement perpétuel.
- Il faudrait certainement plusieurs volumes pour réunir toutes les solutions fantaisistes proposées avec le plus grand sérieux par les quadrateurs de tous les temps. Ce « musée des horreurs » de la géométrie ne cesse d’ailleurs de s’accroître et chaque année l'Académie reçoit de nouvelles démonstrations enfantées par les cerveaux des quadrateurs modernes ! Montucla a d’ailleurs fait, remarquer que ces prétendues solutions étaient, beaucoup plus nombreuses au printemps qu’à toute autre époque de l’année.
- La quadrature géométrique du cercle est, d’un intérêt purement théorique et les efforts des mathématiciens se portèrent vers la détermination numérique du rapport, de la circonférence au diamètre. Ce rapport, désigné aujourd’hui universellement, par la lettre tc — initiale du mot grec signifiant périmètre — n’exprime qu’une des propriétés du nombre tc, car ce symbole est représentatif d’un nombre qui s’introduit naturellement, dans différentes branches de l’analyse mathématique. Le profane serait fort étonné de le rencontrer dans la formule de Stirling, par exemple, qui donne approximativement la valeur du produit des n premiers nombres entiers, ou dans l’expression qui donne la sommation exacte des inverses des carrés des entiers de un à l’infini.
- Le plus ancien document mathématique qui nous soit parvenu est un papyrus égyptien, dit Papyrus Rliind, datant probablement de a.000 ans avant, .l.-C., et l’auteur Ahmès donne la première règle de quadrature : on construit un carré sur le diamètre diminué de sa neuvième partie. La valeur de tt ainsi obtenue est égale à :
- A Babylone et chez les .luifs, une valeur plus grossière était utilisée : le nombre a ; il est vraisemblable que ces déterminations ont été obtenues d’une manière empirique.
- Cependant nous penchons à croire que les expérimentateurs, même avec les moyens dont ils disposaient, auraient du parvenir à une meilleure approximation et, qu’ils ont
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- conservé le nombre 3 pour des raisons mystiques ou religieuses à cause de l’importance considérable attribuée à ce nombre par les anciens peuples de l’Orient.
- C’est Archimède qui donna la première valeur de tc déduite d’une étude mathématique; il démontra que ce nombre est 10 10
- compris entre 3 + —et 3 -1--------, c’est-à-dire entre 3,i/|o8
- 71 70
- et 3,1/128. Pour arriver à cette conclusion il calcula les périmètres des polygones réguliers inscrits et circonscrits à un cercle. Partant de l’hexagone, il détermina les périmètres des polygones de 96 côtés, et il supposa que la longueur de la circonférence était comprise entre le périmètre du polygone intérieur et celui du polygone extérieur. La marche de ses calculs est fort intéressante, surtout par la manière dont il extrayait les racines carrées, et en tenant compte des difficultés résultant des systèmes de numération alors en usage il faut reconnaître qu’il déploya un véritable génie pour arriver à ce résultat. Plolémée donna la valeur excellente tt -= 3°8/3o// qu’il faut lire :
- TC
- 3+(ki +
- 3o
- 3.6oo
- = 3 -12- = 3,i4iô.
- 120
- Trois siècles plus lard le mathématicien hindou Arga-Bhala trouve la même valeur qu’il exprime par la frae-62.83*2
- tion : ------.
- 20.000
- Brahmagupa, vers 1660, a énoncé que tc était égal à \/£t>, d" nombreux quadrâleurs se sont, d’ailleurs emparés de cette valeur qui paraît très simple, et que l’on peut facilement construire avec le triangle rectangle ayant pour côtés de l’angle droit 1 et 3. Citons enfin Bhaskara, autre auteur
- 754
- hindou, qui donna les valeurs —ft2?
- 1.260
- 3,i4i6, et
- 240
- 22 62 832
- valeurs —, J l0 ----------
- 7 20 000
- -- 3,i/|i6.
- Avant d aiiivcr aux travaux des mathématiciens européen.1 du Moyen Age et des temps modernes nous citerons les
- données par le savant arabe
- Alkharizmi au ix° siècle ; il est certain qu’il avait puisé ces évaluations aux sources hindoues mentionnées plus haut. Léonard de Lise* au xme siècle trouva que tc était égal à
- » • 44o
- 458- soil au xv'‘ siècle Turbaeh mentionne 1;
- 62 832
- valeur ------ déjà cil.ee ; mais il faut arriver à la fin di
- 20 000
- xvie siècle pour avoir une meilleure approximation avec Vieil', qui étendant la méthode d’Archimède jusqu’aux polygones de 6 x 2U> côtés démontra que tc était compris entre 3,1 \ 1 592(1535 et 3,i/| 16926637, résultat, exact jusqu’à la 9e décimale. Quelques années plus lard Adrien Médius père 355
- trouva la fraction
- — , qui donne les fi premières décimale
- de tc. 11 est facile de retenir cette valeur de tc grâce au procédé mnémonique suivant : on écrit, en les répétant une fois, les trois premiers nombres impairs à la suite les uns des autres : n3355, et l’on partage eu deux le nombre ainsi obtenu. La première partie n3, est le dénominateur et la
- T
- seconde partie 355 le numérateur de la fraction. L. Van Ceu-len calcula plusieurs valeurs de tc, dont la dernièi'e était exacte jusqu’à la 35e décimale.
- Mellius, au début du xvu® siècle, par une méthode plus rapide, parvint jusqu’à la même approximation.
- Enfin Grienberger, utilisant le théorème de Mellius, pousse ses calculs jusqu’à la 39e décimale; c’est, avant l’invention du calcul infinitésimal, la dernière valeur obtenue par des ]trocédés géométriques.
- En 1671, James Grégory établit la relation :
- x = tg x------i tg3 x + tg^ x — ....
- valable pour toute valeur de x compris entre — £- et —
- 4 4
- Pour Ig x — 1 on
- ; la série est convergente mais
- elle tend vers — avec une telle lenteur qu’elle est inutilisable
- malgré la simplicité des opérations auxquelles elle conduit. C’est ce que comprit Abraham Sharp, le premier malhémati-
- 7T
- cien qui utilisa ce développement en faisant x = — , et
- obtint 71 décimales exactes.
- De Lagnv, que Montucla appelle « le fléau des quadra-tcurs de son temps », avec la série de Grégory et la même
- 77
- valeur x = ~ poussa les calculs jusqu’à 127 décimales (dont 112 exactes).
- Entre temps Méehin, donna sa célèbre formule :
- f =4 arctsT“
- qui le, conduisit à une valeur de 7t à 100 décimales exactes.
- Véga, dans ses Tables de Logarithmes, donna, en 179/1, la valeur de tc avec 1/10 décimales (dont i36 exactes).
- Après Rutherford, i8/|i, il faut arriver à Dax, i844, pour parvenir aux 200 décimales. Celui-ci se servit de la formule simple qu’il avait, établie :
- arc tg----f- arc tg
- + arc igÿ
- Enfin William Shanks calcula (l’abord 53o décimales, puis 607 et donna, corrigés de toute erreur, en 187.3, les 707 chiffres décimaux que l’on peut, lire au Palais de la Découverte.
- Il existe d’autres méthodes, pour déterminer la valeur du nombre tc ; elles sont basées sur certaines propriétés analytiques de ce nombre. Ainsi à l’Exposition de 1937, dans la Section des Sciences Mathématiques, le public fait fonctionner un appareil qui réalise un véritable jeu de hasard, et le dispositif est conçu de telle manière que le rapport entre les coups joués et les coups gagnants est égal au nombre tc ! Nous re.iemirons prochainement, sur celle curieuse machine qui retiendra certainement l’attention .de nombreux visiteurs.
- Henri Bakolet.
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- LA FLORAISON DES BAMBOUS
- A partir du moment qu’il a choisi pour tyranniser son prochain ou pour asservir, en les domestiquant, bêles et plantes, l’homme trouble, de diverses manières, l’ordre des choses de la nature. En ses interventions, l’homme remporte parfois des victoires comme avec la pomme de terre. Le plus souvent, il échoue. Les exemples malheureux sont de tous les temps. Ils abondent et il suffit de savoir les surprendre.
- Ceci permet de dire qu’à de rares exceptions près, ce n’est, pas impunément que l’on force les êtres à sortir du milieu pour lequel ils ont été faits, dans lequel ils ont évolué, al home, selon les lois harmoniques générales de la création et cela donc depuis l’origine.
- A partir du moment où « déracinés », il sont hors du milieu qui leur convient, ils n’ont, plus de manière exacte ce qui leur est nécessaire. Alors, ils subissent certaines dégénérescences qui n’ont rien de congénital.
- fin cours de route, on voit animaux et végétaux sensibles, les uns aux maladies, les autres aux attaques des insectes.
- 11 n’y a pas là motif absolu, suffisant pour répudier en cet ordre d’idées tous essais. Il suffit de ne se lancer dans ceux-ci qu’après examens sérieusement conduits et cela de manière à éviter les erreurs, telles celles commises en grand avec nombre d’exotiques de toutes espèces (x).
- A propos d’un cas particulièrement spécifique, nous rappellerons que les Barnbusées °-— graminées non annuelles — que l’on rencontre à celle heure, en Europe comme en Afrique du Nord, sont d’introduction relativement récente. Parmi les variétés essayées, dans les parcs et jardins, mais aussi sous forme cultivée pour la production et la protection des berges des cours d’eau, il en est qui sont de petite taille, tandis que d’autres ont îles chaumes de plus ou moins gios diamètre, lesquels se dressent avec magnifiscence jusqu’à a5 et 3o m de hauteur (2).
- D’ores et déjà, les amis des Bambous, ceux qui s’y intéressent, savent que chaque variété fleurit au bout d’un nombre variable d’années à partir de son introduction et cela selon des cycles et lois encore mal connus, parce que de sens assez mystérieux, pour ne pas oser dire fantaisiste (3). Il est cependant possible d’avancer que la floraison se produit lorsque toutes conditions (y compris celle de l’âge du sujet) requises pour chaque variété, eu égard à cette « finalité », se donnent la main.
- Au moment de la floraison, ce qui attire, l’attention des moins avertis, c’est le fait très net, de la chute des feuilles et la formation des épillets chargés d’étamines. Le tout est couleur de froment, à l’heure de la moisson. Selon l’ordre normal des choses, la graine doit se former et les chaumes sont, voués à la mort. Pour les propriétaires, la chose compte comme un véritable désastre (').
- D’après M. Piedallu, d’Alger, qui fait autorité, la variété A'û/ra a fleuri en 1932, aussi bien en Algérie que là où il lui a été donné de l’observer en France, : Aude, Touraine,
- 1. Même lorsque les sujets, ainsi introduits, arrivent à se maintenir, sinon même à se régénérer (nous ne disons pas à s'acclimater), il 11’en subissent pas moins, au cours de leur évolution cyclique, nombre de vicissitudes.
- 2. « La Culture des Bambous », par M. A. Piedallu, Congrès hglve Médit., 1933.
- 3. M. le Dr Rives vient de signaler la floraison, cet été, des Bambous verts de la réaion de Valence.
- . Il y a une quizaine d’années, le Phyl. Simoni a fleuri et. a totalement disparu de niés cultures, donnant ainsi raison à la. théorie (Gaston Negre, Gard).
- Orléanais, Bretagne.... Les possédants qui se résolurent,, dès la floraison, à couper les liges au ras du sol (en prenant soin au surplus de butter et d’arroser le terrain quelque peu) réussirent, plus ou moins, à conserver des reliques de cette bambusée par rejets.
- Pour leur part, les variétés Midis et A area ont marqué, ici et là, au cours des derniers printemps, certaines velléités de mise à fleur. C’est ainsi qu’en ig3G, avec d’autres observateurs, nous avons cru devoir donner quelques avertissements à ceux qui tiennent à conserver leurs bambous. Dès aujourd’hui, nous désirons signaler que les choses ne se passent pas toujours « ici où nous sommes » avec les bambous — exotiques — comme il se devrait, si l’on ose dire : en bonne règle, selon la théorie.
- Mais ce n’est pas face aux quolibets qu’il convient de se taire. Nous devons tenter de comprendre pour pouvoir, si possible, expliquer.
- Ces quelques réflexions nous ramènent à notre entrée en matière pour souligner ce qui suit : les diverses variétés de bambous, introduites en Europe, comme au Nord Africain, n’étant pas chez nous en position naturelle (soit en un milieu adéquat à leur exacte convenance) se trouvent,, diiions-nous volontiers, quelque, peu désorientées (1). Ayant manqué une, totale floraison en ig3G, les Aurea fleurissent en masse au printemps 1907. C’est, là constatation de lait. A notre sens, l’affaire est à suivre de très près et cela non sans conseiller à nouveau un recépage en tout, ou en partie — cépée par cépée —- des chaumes ayant perdu leur vert feuillage, pour se parer en contre-partie et de manière totale d’épfllets couleur dorée. Sans cette précaution — chose1 déjà dite — l’on risque de voir périr cette variété de bambou (2).
- Ce sérail un manque à gagner lorsqu’il s’agit, surtout de culture de bambous et de plantations créées en vue de consolider les berges des cours d’eau à régime torrentiel (3).
- Four percer bis secrets de la nature (4), surtout lorsqu’il s’agit d’éléments placés en position anormale, « de déracinés », le mieux est d’organiser l’expérimentation multiple, comparative, qui seule permet d’observer. Il n’en est pas moins permis de dire que si la nature s’emploie, en tous fieux, de toutes ses forces — parfois par sortes de subterfuges — à maintenir la permanence des espèces animales et, végétales, elle n’en échoue pas moins lorsque l’homme, en tentant de mettre à son service certains végétaux exotiques, le fait par un choix mal calculé.
- En ci1 qui concerne les bambous, il est regrettable que la diffusion, en bonnes situations, des variétés connues depuis près de trois quarts de siècle en Europe ne se soit pas élargi»1. Malgré ce qui advient, nous conseillerons de planter des bambous au long des rivières et fleuves torrentiels de France, leur dynamisme valant mieux que les barrières inertes dos épis et, des digues artificielles d’un prix très lourd.
- Roger Ducamp.
- 1. C’est ainsi que. à basse altitude en climat doux et sec (Provence), les cônes de cèdres arrivés à maturité se désarticulent mal, trop et très en retard. Graines perdues.
- En Extrême-Orient l’on voit la vigne, en quasi perpétuelle végétation, vivre une vie anormale et donner par prolifération. de petites racines aériennes.
- t. On peut sans doute récolter les graines et les semer. Cette façon de faire est lente et peu pratique (A. Piedallu).
- 3. La défense des terres agricoles. Information agricole, mars 193G.
- 4. Comment définir la nature. La Nature, n° 2982, l°r août 193G.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MAI 1937, A PARIS
- Mois très chaud et très pluvieux, avec insolation très peu satisfaisante. La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 76a mm 3, est en excès de o mm 5 à la normale.
- Celle de la température, x5°,5, est supérieui'e de 2°,o à la normale et classe le mois qui vient de s’écouler au troisième rang parmi les mois de mai les plus chauds observés à Saint-Maur depuis 1874. On n’a noté que six journées dont la température a été inférieure à la normale. Le minimum absolu, 3°,9, a été noté le G et le maximum absolu, 3o°,6, a été enregistré le 3o. Les extrêmes de la température pour la région ont été : o°,5 à Vaucluse, le G et 33°,8 à Asnières, le 3o.
- Le total pluviométrique mensuel, 79 mm 9, recueilli en iG jours de pluie appréciable au lieu de i3, nombre moyen, est en excédent de 5i pour 100 à la normale. Les pluies ont commencé le 7. De cette date au 21, il a plu fous lés jours et la journée du 20 a apporté à elle seule une hauteur d’eau de 19 mm 8.
- A l’Observatoire de Monlsouris, la hauteur totale de pluie recueillie a été de 106 mm 7, supérieure de n3 pour 100 à la normale el classe ce mois de mai au troisième rang parmi les plus pluvieux depuis le début de la série des observations, c’est-à-dire depuis 1870. La durée totale de chute, 5a b a5 m, est supérieure de 36 pour 100 à la moyenne des a5 années 1898-1923. Hauteurs maxima de pluie en a4 b : pour Paris, 82 mm 4 à la Villette et, pour les environs, 4o mm 5 à Saint-Cloud, du 18 au 19.
- Les brouillards ont été quotidiens, mais généralement faibles et exclusivement matinaux. Un obscurcissement, s’est produit le 18 à Vaugirard, autour de i4 b 45.
- Les 3, 12, 13, 17, 21 el c.G, petits orages locaux; les 8, 18, 20 et 31, orages affectant à peu près toute la région.
- Les averses orageuses des 12, i3 et 18 étaient accompagnées de grêle sur plusieurs points.
- La durée de l’insolation, à l’Observatoire de la Tour Sainl-Jaeques, a été de 227 h 5 m et est supérieure de 7 pour 100 seulement à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l'humidité relative a été de 74,9 pour xoo et celle de la nébulosité de G2 pour 100. On y a constaté : 1 jour de grêle, 4 jours d’orage ou tonnerre, 8 jours de brouillard, 11 jours de brume, l'G jours de l'osée.
- Le premier chant du coucou le 4» de la tourterelle le 8, du loriot le 27.
- Les extrêmes météorologiques pour le mois de Mai.
- Mois le plus froid : 17/10 (?) (1) nxoy. 80,8 (?) (1).
- — et en 1879, — 100,0 (certain)
- Mois le plus chaud : 1768 (?) (1) — i8°,5 (?) (1).
- — eteni8G8, — 170,9 (certain)
- Ecart : 18 ans et 90,7
- La plus basse température observée en 1870 — 4°>9 (2) haute — — en 1922 33°, 4.
- Ecart : 5a ans et 38°,3.
- Plus grand nombre de jours de gelée : 4 en >874.
- Mois le plus pluvieux : 1981, 150 mm 5.
- Mois le plus sec : 1880, 1 mm 2.
- Le plus grand nombre de jours de pluie : 28 en i856.
- — petit — : 2 en 1880.
- Mois le plus couvert : 1926, néb. nxoy. 75 p. 100.
- — clair : 1909, — 3i p. 100.
- Jours d’orage ou tonnerre : 12 en 1890 et aucun en 1876 et 1880.
- Moyenne barométrique la plus basse :
- 1817, 751 mm 4 (niv. mer : 767 mm 8). Moyenne barométrique la plus haute :
- 1922, 761 mm 3 (niv. mer : 765 mm 9).
- 1. Chiffres douteux, fort incertains.
- 2. Température observée en fronde, à Choisy-le-Roi, par M. Renou.
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉCRÉATIONS ENFANTINES
- Ceci n’a pas pour but de révolutionner la marine à voiles. Prenez une planchette de moins de 1 cm d’épaisseur et d’environ 10 cm de longueur, donnez-lui la forme d’une navette, plantez à Pavant un mât gros comme une allumette, m u n i s s e z -la d’une voile en papier. Mettez votre bateau à l’eau pour le faire naviguer vent arrière. 11 y a île grandes chances qu’il se, place rapidement en travers du vent, il virera, tournera et avancera peu, à moins qu’il ne chavire dans une rafale.
- Prenez au contraire une antre planchette identique, taillez-la en ovale, équipez ce flotteur d’une voile et d’un mât pareils au premier, plantez ce mât au centre
- et même un peu en arrière du centre, mettez votre navire à l’eau en le plaçant son petit axe dans le sens du vent, il naviguera fort bien vent arrière sans faire d’embardées.
- J’ai fait bien des essais, c’est toujours le flotteur ovale qui a le mieux marché. Je ne me charge pas de donner la théorie de ce petit paradoxe.
- J. Maussieh-Dandelot.
- CONTRE LES LIMACES ET LES ESCARGOTS
- Depuis quelque temps, on voit apparaître un certain nombre de préparations destinées à détruire les limaces et les escargots. Le problème en vaut la peine, notamment dans les cultures maraîchères et fruitières, et particulièrement dans les plants de fraisiers, en plein rendement jusqu’à ce moment.
- Ces préparations sont généralement composées de son de meunerie saupoudré de métaldéhyde, plus connu sous le nom d’alcool solidifié ou de méta et elles sont très efficaces.
- La seule précaution à prendre est de ne pas laisser les enfants confondre les morceaux ou la poudre de métaldéhyde avec du sucre et d’éviter que les animaux de la ferme ou de la basse-cour viennent manger le son traité, car ce produit est toxique et peut provoquer des accidents.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- LA PRATIQUE DES ONDES TRÈS COURTES
- 100
- 300
- I
- B00
- 1500
- l
- 3000 30000 IDO00U3DD.ÜDD fyfpuences
- I_______|______| | en ki/ocycles.sec.
- 3 000
- Fi y.
- En principe, d’après la convention radio-télégraphique internationale, les ondes courtes ont une longueur inférieure à 200 in, elles peuvent être subdivisées, à leur tour, en ondes courtes proprement dites, ondes très courtes, et ondes ultra-courtes.
- Il faut donc considérer sur l’échelle des ondes courtes trois gammes distinctes (iig. 1) :
- i° Les ondes courtes de 50 à 200 ni (i.5oo à ti.000 kilocycles) ; ce sont les ondes adoptées normalement pour les radio-communications et la radio-diffusion, surtout, pour les émissions diurnes;
- 20 Les ondes très courtes s’étendent de 10 à 5o m (6.000 à do.ooo kilocycJes) ; elles sont employées normalement aujourd’hui par un grand nombre de postes émetteurs de radiotélégraphie et de radio-diffusion, plus spécialement pour les émissions à grande distance, et pendant la nuit. Les postes récepteurs « toutes ondes » d’amateurs permettent de recevoir ces émissions entre i5 et 100 m environ;
- 6° Les ondes ultra-courtes s’étendent en dessous de 10 m et leur fréquence dépasse 00.000 kilocycles ; on peut les diviser, elles-mêmes, en deux catégories : celles dont la longueur est comprise entre 1 m et 10 m environ, ou ondes très courtes, et celles qui s’étendent, au-dessous du mètre, ce sont les ondes ultra-courtes proprement dites ou micro-ondes.
- Ces dernières émissions permettent d’obtenir des effets particulièrement curieux, grâce à leurs propriétés directionnelles accentuées pour les radio-communications par ondes dirigées avec de très faibles puissances, la direction des navires ou des avions, les usages militaires.
- LA GAMME DE 5 A 10 M ET SON INTÉRÊT POUR LES AMATEURS
- Les émissions de la gamme de 5 m sont utilisées aujourd'hui, on le sait, dans tous les cas où il faut transmettre des images de télévision à liante délinition, et pour réaliser l'accompagnement sonore de ces transmissions visuelles.
- Elles permettent aisément d’établir des liaisons radio-télégraphiques ou radio-téléphoniques à des distances relativement considérables, en employant, des appareils émetteurs et récepteurs de dimensions extrêmement réduites, bien souvent portatifs, des émetteurs et des collecteurs d’ondes particulièrement simplifiés.
- O11 utilise désormais aux États-Unis les appareils émetteurs-récepteurs sur 5 m aussi facilement qu’on emploie des postes téléphoniques ; nous n’en sommes pas encore là en France. Cependant, il existe déjà un poste émetteur de télévision qui émet régulièrement sur une longueur d’onde de 8 m. Ce mois-ci, un nouveau poste émetteur à grande puissance, transmettant également sur celte gamme, sera installé à la Tour Eiffel et assurera la radio-diffusion régulière d’images animées et sommes. Dès à présent, de nombreux amateurs-émetteurs font régulièrement des expériences avec des postes de ce genre, et il est très facile de capter leurs émissions (üg. 1).
- La construction ou l’emploi d’un poste récepteur pour ondes très courtes de la gamme de 4 à 10 m présente donc en France un grand intérêt, d’autant plus que les appareils à adopter sont relativement simples et peu coûteux.
- 10(11)
- 500
- 200
- 100
- Radiopti
- sur
- grandes
- ondes
- ZOO
- Services
- publics
- 300
- Longueurs
- d'onde en m
- llad/ophlServicns Radiopl sur publics ondes partial-
- moyenim:
- 900
- liens
- sur
- ondes
- courtes
- 1500
- 27,000
- Ondes
- ultra-
- oourtei
- 70.000
- 200.DDQ
- Micro-ondes
- Ecarts en
- kilocycles :sec.
- — Les gammes de longueurs d'ondes (ou de fréquences) utilisées dans la pratique.
- De nombreux correspondants nous onl, d’ailleurs, écrit pour nous demander de leur exposer les particularités de ces appareils, et certains d'entre eux s’intéressent encore davantage et, avec raison, aux postes émetteurs-récepteurs, d’emploi désormais si facile. Nous étudierons donc spécialement. dans cet article la réception et l’émission radiophonique sur la gamme des ondes courtes de 4 à 10 m. Notons cependant qu’en France, en raison du monopole des P. T. T., les radio-communications en téléphonie ne peuvent être ef-t'ect ,uées p a r d e s amateurs qu’avec l’autorisation de l’Administrai,ion des P. T. T.
- Fn France, la gamme de 5 m à 5 m 357, soit de 56.ooo à Go.000 kilocycles, est réservée aux amateurs et, pour entreprendre les essais de transmission à grande distance, ces derniers doivent en demander l'autorisation sous la forme habituelle. On voit, d’ailleurs, sur la ligure 2, comment sont réparties les différentes gammes d’ondes très courtes en ce qui concerne leur usage actuel dans les différents pays pour la télévision et pour les essais d’amateur.
- Fig. 2. — Longueurs d’ondes et fréquences des postes de télévision et de radiophonie européens sur ondes très courtes.
- En haut, : la barnle réservée aux amateurs de France.
- Bande
- réservée
- aux
- amateurs
- m
- JM 56.000
- Allemagne
- Allemagne Tchécoslovaquie„ Allemagne
- Allemagne
- Allemagne
- Tchécoslovaquie^ Allemagne „
- Allemagne „
- Allemagne G^Brefagne 3 Allemagne . * Tchecoslc
- 5U.000.
- 52.000.
- ovaqute-
- Al/emagne (Berl inE.
- Allemagne . GdeBretagne'-'
- Allemagne (Brochen> gooOO Tchécoslovaquie
- Fra nce( Tour-Eiffel J
- 60.000
- 50:000.
- <*8.000
- L6000
- <*<*.000
- 1*2.000
- 38000.
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- <0 A3
- 8 C.
- c: Ï3
- O Cr>
- T C
- £ O ^4
- p.85 - vue 89/591
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-
-
- 86
- Onde porteuse
- [ ]
- ‘fàS ’ tféS 1 Hilocy. Hifocy. 500 Kc. _ 600 m.
- fiOO 10 500 ,
- 750 .. 15 400 «
- 1.000 - 25 300 „
- 1.500 “ 50 200 »
- 3.000 - 150 ion «
- 30.000 - 2700 10
- 300.000 - 27.000 1 ..
- l'i<l. 3. — /.es émissions radiopboni(jues normales e.ripent une bande de brouilla (je de I> à 10 hilocgrles de pari et d’autre de l’onde porteuse.
- En bas : nombre d'émissions radiophoniques simultanées théoriquement possibles par les gammes de longueurs d’onde considérées.
- COMMENT SE DISTINGUENT LES ONDES TRÈS COURTES
- Avanl d'indiquer les usages actuels et les méthodes de réception des ondes liés courtes suc lu ganiiiK! de 4 à jo ni, il nous paraît utile de rap-p e I e r e u c o r e sommairement les particularités de leur propagation. Les un-d e s c o u r t c s au-dessus de io m se propagent à des distances considérables grâce, ou Fe sait, à leurs réflexions sur des
- couches r é 11 é -
- classantes hypothétiques qui se trouvent dans l'atmosphère à une grande hauteur au-dessus du sol, de l’ordre de ioo km ; bien souvent, on peut recevoir ces émissions à très grande distance, alors qu’on ne les reçoit pas, au contraire, beaucoup plus près du poste émetteur. Les ondes courtes de i5 à joo m de longueur, en particulier, servent ainsi spécialement à la radio-diffusion à grande distance.
- Au-dessous de io m de longueur d’onde, la propagation s’effectue d’une manière toute différente; à mesure cpie leur longueur diminue, les ondes électriques se rapprochent des radiations lumineuses et semblent se propager suivant des lois comparables. En principe, les ondes directes de surface se transmettraient seules, et il n’y aurait plus de réflexion sur les couches élevées de l’atmosphère ; les communications à grandes distances seraient impossibles, et seules les
- transmissions locales seraient, à considérer.
- Les stations émettrices et réceptrices devraient ainsi demeurer visibles l’une pour l’autre; c’est pourquoi
- il y a intérêt à
- Fig. 4. — lleprésenlalion schématique de la modulation à variation d’amplitude (A) et à variation de fréquence (h).
- placer l’émetteur et le récepteur en des positions aussi élevées que possible au-dessus du niveau du sol. Pour les émissions de télévision, on a installé des antennes d’émissions pour ondes très courtes au sommet de la Tour Eiffel à Pa-
- ris, et sur une tour de l’Alexandra Palace, à Londres, par exemple.
- Ces ondes très courtes, dont seule la propagation directe est théoriquement possible, ne sont donc plus soumises à l'influence de l’état électrique des hautes couches de l’atmosphère. Les irrégularités de réception, telles le fading, dues aux variations des conditions de réflexion sur les hautes couches de l’atmosphère disparaissent donc; les irrégularités de réception proviennent uniquement des obstacles rencontrés sur leur trajet, en particulier dans les villes.
- De même l’influence de la plupart des parasites atmosphériques, et même industriels, est beaucoup moins à craindre que pour la réception des émissions sur la gamme, ordinaire de hroadeasling. Il n’y a plus guère à redouter que certains parasites particuliers, tels que ceux provoqués par les systèmes d’allumage des automobiles; cependant, comme nous le verrons, l'utilisation d’un récepteur à ondes très courtes dans les villes n’é\ile pas, le plus souvent, la nécessité d’adopter une descente d’anlenne protégée ou compensée.
- ('.es indications théoriques sur la propagation des ondes très courtes n’ont, d’ailleurs, rien d’absolu. Des réceptions, sinon régulières, du moins exceptionnelles, ont pu souvent cire obtînmes à de très grandes distances par suite de phénomènes encore peu expliqués, (l’est, ainsi qu’un amateur de l’Afrique du Sud, à Johannesburg, a pu entendre les émissions radiophoniques accompagnant, des diffusions de télévision anglaises rie Londres. Un amateur anglais a, de même, pu recevoir une émission expérimentale de télévision transmise de Moscou, et un autre amateur, également anglais, une émission américaine effectuée à Boston sur 7 m de longueur d’onde !
- Ces résultats fort intéressants au point de vue théorique 11’onf pas encore une grande portée pratique, mais en tout cas, la portée obtenue même dans des conditions normales n’est pas limitée à la valeur qui lui assignerait uniquement la théorie optique. 11 faut toujours faire entrer en ligne de compte les phénomènes possibles de diffraction et de réfraction.
- Les ondes très courtes, dans leur trajet, ne se déplacent pas à la même distance du sol, et les couches d’air traversées se trouvent à des températures, pression et humidité qui varient le long du trajet; il en est donc de môme de l’indice de réfraction; c’est pourquoi à grande distance ce rayonnement ne peut » se propager rigoureusement en ligne droite; l’influence des conditions atmosphériques n’est donc pas négligeable.
- Les expériences anglaises de télévision ont montré cependant que, pour la plus grande partie de la zone régulière de réception, les conditions sont à peu près conformes à la théorie, l’intensité de réception décroît régulièrement à mesure qu’on s’éloigne de l’émetteur.
- LES ONDES TRÈS COURTES ET LES QUALITÉS MUSICALES DES AUDITIONS
- La musicalité des réceptions radiophoniques a été constamment améliorée grâce au progrès des appareils récepteurs cl des postes émetteurs, mais il y a une limite vite atleinle, par suite des conditions particulières des transmissions actuelles.
- Des expériences d’électro-acoustique indiscutables ont démontré que la bande des fréquences musicales nécessaires pour une transmission intégrale de la musique et de la parole s’étend entre Go et 10.000 périodes-seconde au minimum. Les systèmes de radio-diffusion à haute fidélité
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- devraient permettre la transmission de cette bande, mais il n’en est rien, en principe, dans les conditions actuelles, puisque les postes émetteurs de radio-diffusion Iransmellenl seulement sur des bandes de brouillage limitées a io kilocycles aux États-Unis, et même à y kilocycles en Europe (fig. 3).
- De part et d’autre de la fréquence moyenne de l’onde porteuse de l’émission radiophonique, se trouvent, on le sait, des fréquences variables qui correspondent à des ampli .iules variables; c’est, ce que l’on appelle la modulation en amplitude. La superposition des < curants musicaux microphoniques aux oscillations porteuses à haute fréquence n’est pas un mélange et, pour rester audible, l’onde microphonique ampliliée a une fréquence très inférieure à celle de l’onde porteuse émise par l’antenne (lig. 4).
- Le courant initial de modulation envoyé au poste, émetteur est de quelques dixièmes de watt, alors que la puissance des courants haute fréquence de l’émetteur est de l’ordre de plusieurs dizaines ou de plusieurs centaines de kilowatts; le problème de la modulation est donc très délicat, et il faut déjà admirer les progrès réalisés par les techniciens.
- La limitation de la bande musicale transmise est due à la nécessité d’éviter les brouillages; étant donné l'augmentation du nombre et de la puissance des postes émetteurs, il faut réserver à chaque émission radiophonique, de part et d’autre de sa fréquence caractéristique, une bande de brouillage de l’ordre de y.ooo à io.ooo périodes-seconde, comme nous l’avons rappelé, bande fixée par les conférences internationales de radiophonie. Malgré les artifices employés et les progrès techniques constants, il est vraiment impossible de songer à transmettre la bande musicale intégrale avec le système de modulation actuel et des bandes de brouillage aussi étroites.
- L’importance relative de la bande de brouillage s’accroît, d’ailleurs, très rapidement avec la longueur d’onde. Pour transmettre une bande de fréquence de 8.000 périodes par seconde seulement avec une longueur d’onde de 10.000 m, la largeur de la bande de brouillage est de a.666 m; pour une longueur d’onde de 1.000 m, la largeur de la bande n’est que de 26 m 66 et, pour 10 m, elle ne serait plus que de 26 cm ! (fig. 5)
- Le nombre des émissions radiophoniques sur ondes longues simultanées est donc très restreint : il n’en est plus de même si l’on considère les ondes courtes et très courtes inférieures à 10 m, dont les fréquences porteuses sont supérieures à 3o.ooo kilocycles, soit 3o millions de périodes-
- 10 9 8 7 6 5 4 3 Longueurs dhnde
- 20.000 33.330 37.500 42.800 50.000 60.000 75.000 100.0QÜ Fréquences
- ' 1 1
- 1000à2000 kilocycles
- Fiij. a. — La bande de:5 longueurs d’onde de U à 10 rn {avec les fréquences correspondantes en kilocycles f sec.').
- est encore facilitée par le fait que les parasites sont en géné ral moins accentués.
- LA RADIO-DIFFUSION A HAUTE FIDELITE SUR ONDES TRÈS COURTES
- Pourtant, le problème de la radio-diffusion à haute fidélité sur ondes très courtes n’est pas si simple qu’il peut paraître à première vue ; il y a encore nombre de questions a résoudre pour l'établissement des postes d’émission dans les grandes villes, des stations-relais, et, pour venir à bout des irrégularités de réception dans certains îlots.
- 11 ne peut être question de remplacer les postes émetteurs de radio-diffusion actuels par des stations à ondes très courtes. L’établissement d’un réseau de radio-diffusion nationale exigerait, en tout cas, l’installation d’un grand nombre de relais régionaux. La construction des postes émetteurs est, d’ailleurs, délicate, puisqu’il est en tout cas nécessaire d’ob-tenir une fréquence très élevée absolument stable.
- Des essais de radio-diffusion à haute fidélité par ce procédé ont cependant été effectués régulièrement aux États-Unis ; l’emploi de cette gamme pour des transmissions particulières de haute qualité paraît dès à présent particulièrement intéressante, et c’est là une raison supplémentaire d’étudier et d’employer les postes récepteurs à ondes très courtes.
- Dans le même but, on a tenté d’utiliser des systèmes de modulation modifiés suivant une méthode déjà ancienne, mais qui n’avait pas donné de résultats pratiques.
- Dans le système à modulation par variation d’amplitude, 011 laisse la fréquence principale stable et on constitue, à côté d’elle, des fréquences latérales constituant la bande de brouillage habituelle. Dans le système à variation de fréquence, on maintient, au contraire, l’amplitude constante, cl on fait varier d’une très petite quantité la fréquence porteuse suivant le rythme de la fréquence musicale. L’idée
- seconde (fig. 5).
- A. une onde de 10 m correspond une fréquence de 3o millions de périodes-seconde et à une onde de 1 m une fréquence de 3oo millions. La bande de fréquence qui s’étend de 1 à 10 m est donc de a5 millions, et on pourrait théoriquement placer ainsi 270.000 émissions radiophoniques avec un écart de 10 kilocycles (fig. 3).
- En augmentant la largeur des bandes de brouillage du simple au double, on conserverait encore un nombre d’émissions possibles bien supérieures aux possibilités industrielles. D’ailleurs, ces émissions ont une portée toujours faible, et peuvent être dirigées. Deux stations de même longueur d’onde situées dans des régions assez éloignées l’une de l’autre, de l’ordre de 10 km seulement, peuvent ainsi émettre simultanément sans risque de troubles mutuels.
- En principe, en employant des ondes très courtes, la transmission intégrale de la musique devient possible ; elle
- Fig. 6. — Lampes spéciales pour la réception des ondes très courtes (Lampes boutons Philips sans culot).
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- Grille
- Filament
- Cathode
- Filament ' Plaque
- Plaque {enhaut ampoule)
- Grille N°2 Grille N°1
- (en bas ampoule>
- Grille N°3
- Fig. 7. — Connexions de la lampe bouton à chauffage indirect A, triode ; B, trigrille.
- est, d’ailleurs, difficile à analyser d’une manière simple, sans recourir aux mathématiques (11g. 4).
- Des essais de transmission avec modulation par variation de fréquence ont été effectués aux États-Unis par le major Armstrong, dont ou se rappelle les travaux sur la super-réaction ; la longueur d’onde employée était de l’ordre de G ni correspondant à 5o millions de périodes-seconde. A l’aide de ce système de modulation, on éviterait des difficultés dues à une émission électronique irrégulière dans l’amplificateur sur cette gamme de longueurs d’onde.
- LES POSTES PORTATIFS A ONDES TRÈS COURTES ET LES AMATEURS
- Une première application pratique actuelle des ondes très courtes est la diffusion des images animées de télévision et des émissions radiophoniques qui les accompagnent ; nous avons publié déjà plusieurs articles sur les procédés à employer pour la réception des images télévisées sur ondes très courtes, nous n’y reviendrons pas.
- Grâce au mode particulier de propagation des ondes très courtes, on peut cependant construire pratiquement des postes émetteurs mobiles peu encombrants et portatifs, et la longueur d’onde de 5 m, d’ailleurs admise pour les amateurs, comme nous l’avons indiqué, paraît particulièrement favorable.
- On peut déjà trouver aisément dans le commerce des ensembles émetteurs-récepteurs alimentés par batteries, et comportant, des antennes réduites.
- Les plus petits de ces appareils n’ont, guère que 20 cm de long et, 10 cm de hauteur; ils sont ainsi plus réduits que les petits postes ordinaires.
- On les emploie aux États-Unis en très grand nombre, non seulement pour des usages particuliers, pour les radiocommunications dans les propriétés, ou même dans des bureaux, mais encore pour des liaisons de police, pour les radio-reportages, les retransmissions, les services de presse, les explorations, etc.
- Fig. 8. — Coupe d’une pentode haute fréquence Weslern-Elec-tric pour ondes très courtes.
- Grille de sûreté.
- Cathode
- Grille écran
- Cathode
- Plaque
- Plaque
- Grilles de contrôle
- On les réalise sous des formes extrêmement diverses et parfois fort originales ; on en place dans des boîtiers d’appareils photographiques , dans des valises, dans des serviettes et même dans des chapeaux !
- Nous avons déjà expliqué pourquoi l’emploi des ondes très cour-
- tes est, nécessaire à la diffusion des images de haute définition, qui exige la transmission de bandes de brouillage d’une largeur de l’ordre d’un million de périodes-seconde ou davantage.
- Pour les postes émetteurs de radiophonie à ondes très courtes destinées aux amateurs ou semi-professionnels, l'avantage essentiel est la facilité avec laquelle on réalise des liaisons en ne déployant qu’une puissance extrêmement faible.
- Des radio-communications sont régulièrement effectuées à plusieurs dizaines de kilomètres, sur des longueurs d’ondes de l’ordre de 5 m, avec des appareils émetteurs récepteurs logeables dans une valise transportable.
- Nous montrerons comment on peut monter et utiliser ees dispositifs particulièrement intéressants.
- FAUT-IL EMPLOYER DES LAMPES SPÉCIALES POUR LES APPAREILS A ONDES TRÈS COURTES ?
- O11 peut- établir des postes émetteurs et récepteurs à ondes très courtes sur la gamme de 4 à 10 111 en utilisant des lampes modernes à chauffage direct, ou même indirect, île modèles ordinaires. Ces lampes ont désormais des capacités internes extrêmement faibles et c’est seulement pour les gammes de l’ordre du mètre qu’il est nécessaire de recourir à des types spéciaux. Bien entendu, ces lampes ordinaires doivent être utilisées avec des précautions spéciales, supports à faible, capacité et, à faibles pertes, connexions très courtes et emploi général de bobinages et de pièces bien choisis, sur les caractéristiques desquels nous reviendrons.
- 11 existe, d’ailleurs, dans le, commerce, pour les ondes très courtes, des lampes spéciales de faibles dimensions et, à faible capacité, en particulier, la lampe bouton, appelée ainsi à cause de sa forme et, qui ne possède pas de culot ordinaire de connexion (lig. G).
- Dans cette catégorie, il existe une lampe à trois électrodes pouvant être utilisée comme délectrice, amplificatrice et oscillatrice sur des longueurs d’onde de l’ordre de o m 5o au minimum.
- Cette lampe à chauffage indirect est chauffée sous une tension de 6,3 v avec une intensité de o,i5 mA ; les capacités internes varient de 0,6 jjljjlF à i,4 jjljjvF. La tension appliquée sur l’anode est de l’ordre de 90 à 180 v, les connexions du culot, sont indiquées sur le schéma de la ligure 7 et 011 utilise un support spécial.
- Dans ce même type, il existe un modèle pentode qui convient pour des longueurs au-dessus de 0,70 m et dont les capacités varient entre 0,02 jjljjlF et 3 puf.
- Une autre lampe pentode de construction américaine, également destinée aux ondes très courtes, est établie d’une manière symétrique, comme le montre la figure 8 et sert également pour les très hautes fréquences.
- Les pièces détachées à utiliser pour le montage des postes récepteurs à ondes très courtes doivent présenter un très grand isolement pour les hautes fréquences et éviter toutes les pertes; il faut choisir particulièrement les condensateurs fixes et variables, ainsi que les bobinages des récepteurs.
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- Nous reviendrons sur ces particularités dans un prochain article, en même temps que nous décrirons les systèmes récepteurs pratiques.
- P. IIÉMARD1NQUER.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES 89
- Séance du 24 mai 1937.
- Bactéries des roches anciennes.— L’évolution minéralogique des oolithes des minerais de fer est inexplicable par la seule chimie minérale. M. Cayeux expose l’importance de l’intervention d’une abondante vie bactérienne et signale qu’il a pu, avec l’aide de M. Ranboin, déceler par la microphotographie sous lumière infra-rouge des bactéries fossiles, toutes les fois qu’elles ne sont pas masquées par la trop grande opacité des oxydes de fer. Des bactéries ont ainsi été relevées dans les minerais barrérniens, jurassiques, dévoniens et siluriens en France et dans les gisements huroniens du Minnesota. L’auteur montre que les bactéries ont été sans doute très abondantes sur notre globe dès que le milieu marin a permis la vie. 11 en signale, en particulier, l’existence dans le Crétacé supérieur du bassin de Paris, dans le Précambrien du Calvados et dans l’Al-gonkien de la Colombie Britannique. Il est probable que les actions bactériennes ont joué un rôle très important dans la formation des terrains sédimentaires, même les plus anciens.
- Protection des réseaux contre la foudre. — Dans les calculs relatifs à la protection des réseaux de distribution électrique contre la foudre, on suppose infinie la vitesse de propagation des ondes et on ne tient pas compte, de la résistance de la liaison du parafoudre avec le sol. M. Boni en reprend ces calculs en faisant intervenir ces deux éléments. Il montre tout d’abord que le parafoudre ne protège nullement les installations situées en amont. En aval, l’onde résiduelle pi’ésente une pointe de courte durée, mais dont l’amplitude peut être très élevée si Fonde incidente est très raide et la résistance du conducteur de mise au sol élevée. Cette onde résiduelle a une importance d’autant plus élevée que la tension de service du réseau est plus basse. C’est ainsi que sur un réseau à basse tension, une onde incidente, même limitée à la tension de contournement des isolateurs, peut donner, en aval du parafoudre, des claquages des isolants. C’est un danger qu’il serait bon de prévoir en suivant le mode de calcul de l’auteur.
- Variations périodiques des longitudes. — La
- comparaison des services de signaux horaires montre des changements périodiques annuels notables qui peuvent provenir, pour une faible fraction, des erreurs systématiques de réception des signaux ou de détermination de l’heure, mais surtout de variations réelles des longitudes. Par une étude comparative des variations des différences de longitude entre les observatoires de Greenwich, Leningrad, Paris, Tokio et Washington, M. Stoyko montre que ces variations semblent être en relation avec celles de l’activité solaire et ne paraissent pas admettre de terme séculaire. Ces déductions portent toutefois sur 17 années d’observation seulement et ne sont pas à l’abri d’une banale coïncidence. Si on les admet, à une grande activité solaire correspondrait un maximum des variations des longitudes. On peut attribuer ces dernières, soit à des pulsations élastiques de la 'l'erre, soit à des contractions ou des dilatations de sa surface. Ces théories, la seconde surtout, ne paraissent toutefois pas expliquer des variations relativement importantes entre des stations aussi proches que Greenwich et Paris.
- La radioactivité artificielle en thérapeutique.
- — MM. A. et B. Lafay ont produit de l’iode radioactif par irradiation au moyen des neutrons produits par un tube contenant quelques milligrammes de radium et du gluci-
- nium en poudre. L’iodure de sodium radioactivé se montre très actif contre les rhumatismes sans donner lieu à des altérations de la formule sanguine. L’affinité de l’iode pour les tissus cancéreux permet en outre d’amener une source de layons [3 au sein même des tumeurs et, en particulier, d’en faciliter le diagnostic par leur radioactivité temporaire.
- Séance du 31 mai 1937.
- Lois empiriques. — Pour traduire mathématiquement une loi empirique, il est d’usage de rechercher un polynôme d’un degré plus élevé dont les valeurs se rapprochent autant qu’il est possible des valeurs observées dans un intervalle déterminé par les limites dans lesquelles on a pu faire varier les conditions expérimentales. M. Vehnotte fait remarquer qu’il est souvent nécessaire de calculer les valeurs approchées des dérivées de ces fonctions empiriques, une vitesse de réaction par exemple. U note que les valeurs de ces dérivées calculées à partir d’une représentation par polynôme sont souvent très différentes de celles qui peuvent être observées directement. On obtient une représentation bien plus satisfaisante et restant valable par différenciation au moyen des fonctions exponentielles, même en les limitant
- à deux termes de la forme : Ae a L + Be ^æ , dont la détermination des paramètres et les calculs de valeurs ne sont pratiquement pas plus compliqués qu’avec un polynôme du quatrième degré. Pour justifier son raisonnement, M. Vehnotte traduit les valeurs d’une fonction hyperbolique, mais il est malheureusement certain que la nature ne connaît pas de pareils choix, 'foule fonction peut se traduire par une série de Taylor ou une série exponentielle, il appartient à l’expérimentateur d’opter pour la plus rapidement convergente.
- Solubilité des précipités.— M. Bedel souligne l'importance, pour la précision des analyses quantitatives, de la connaissance de la solubilité des précipités en présence des produits de la réaction. En ce qui concerne le chlorure d’argent, l’auteur détermine sa solubilité en notant l’apparition des phénomènes de diffraction, dus à la formation du précipité, en ajoutant simultanément goutte à goutte des solutions millinormales de chlorures et sels d’argent solubles à 1 1 d’eau distillée bien agitée et contenue dans une cuve de verre à faces parallèles. 11 a pu ainsi vérifier que l’addition d’un composé soluble à l’eau de la cuve avait peu d’effet sur la solubilité du chlorure d’argent. Il y a cependant exception pour les sels mercuriques qui augmentent considérablement cette solubilité. La concentration des liqueurs réagissantes a peu d’influence avec cependant une légère tendance à la diminution de la solubilité si la concentration augmente.
- La vie des fourmis. Par une série de patientes observations, Mme Combes a pu établir que, dans toutes les colonies de fourmis, il existe parmi les ouvrières une élite d’individus, comprenant environ 20 pour 100 du total, ne présentant aucun caractère distinctif à la vue, mais dont les membres paraissent seuls capables de prendre l’initiative du travail et de l’organiser. Les groupes d’ouvrières privés de cette élite restent inactifs, quelques individus actifs ne suffisent pas à les entraîner au travail. Il n’a pas été possible à l’auteur d’établir si, au bout d’un temps assez long, les groupes ainsi privés d’activité ne s’organiseraient pas pour le travail. Il reste néanmoins prouvé l’existence de fourmis d’élite, ne pouvant être différenciées morphologiquement de leurs compagnes inactives. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’œuvre astronomique de Gassendi, par P. Humbert.
- 1 broch. 32 p. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 8 francs.
- Gassendi, savant et philosophe de la première moitié du xvne siècle, est une figure fort attachante. On sait qu’il déploya toute sa vie une intense activité, qu’il entretint une abondante correspondance scientifique et exerça une grande influence sur ses contemporains. Ceux-ci le tenaient pour grand astronome ; pourquoi la postérité n’a-t-elle pas ratifié ce jugement ? On trouvera la réponse à cette question dans la brochure où M. P. Humbert fait revivre l’œuvre astronomique de Gassendi : œuvre beaucoup plus remarquable par les méthodes mises en œuvre et l’esprit scientifique qui l’anime que par les résultats. Gassendi n’a pas eu la chance d’attacher son nom à une grande découverte ; mais il a formé des élèves rompus à des méthodes d’investigations rigoureuses et a ainsi préparé la voie du progrès.
- Materie und Strahlung, par L. Hopf. l vol., 162 p.,
- 56 fig. Julius Springer, éditeur, Berlin, 1936.
- C’est une tâche difficile que celle d’exposer en quelques pages de solide vulgarisation le chapitre le plus attrayant, mais aussi le plus ardu de la science moderne, à savoir les conceptions actuelles sur la constitution électrique de la matière, et la nature de la lumière, deux questions entre lesquelles les théories de la relativité, des quanta et de la mécanique ondulatoire ont créé des liens intimes. Le Pr Hopf nous paraît avoir remarquablement réussi ce tour de force de faire comprendre sans appareil mathématique l’essence de ces théories ; ceci ne veut pas dire qu’il n’exige de son lecteur aucun effort ; bien au contraire ; mais il lui fournit un guide excellent pour pénétrer dans ce domaine d’accès si malaisé et saisir la pensée des savants qui l’ont défriché.
- Methoden zur Bestimmung der elektrischen und geometrischen Struktur von Molekülen, par
- P. Debye. 1 broch., 34 p. Verlag von S. llirzel, Leipzig, 1937.
- Cette brochure reproduit la belle conférence prononcée par le Pr Debye, lors de sa réception du prix Nobel en 1936. On sait que le l)r Debye a consacré une grande partie de ses recherches au problème des molécules polaires, c’est-à-dire des molécules dont les charges électriques se sont réparties dissymétriquement de façon à créer un moment électrique. Celui-ci peut se mettre en évidence par diverses méthodes et sa mesure fournit d’autre part de précieuses indications sur l’architecture des molécules. L’auteur expose, avec la clarté qui caractérise tous ses écrits, l’état actuel de cet important chapitre de la science.
- Les tremblements de terre dans la Drôme et spé=
- cialement dans te Tricastin, par l’Abbé Louis Boisse.
- 1 broch., 33 p. Nogent-le-Rotrou, Imprimerie Daupeley.
- En 1934, 1935 et 1936, toute une série de secousses ont attiré l’attention des sismologues sur le midi de la Drôme, plus particulièrement sur une petite région au Sud-Est de Montélimar où des appareils enregistreurs furent installés, mais les indications manquaient sur les phénomènes sismiques antérieurs. Dans cette brochure, M. l’Abbé Boisse fournit, d’après les relations des archives, des renseignements remontant jusqu’au xvie siècle.
- Nouveau guide de l’électricien amateur, par
- J. Peube. 1 broch. de 64 p., 25 fig., 2 pi. Prix : 6 francs.
- Cette brochure pratique est destinée aux amateurs qui désirent faire eux-mêmes leurs installations électriques, de lumière et sonneries. Les indications données sont en accord avec les règles professionnelles de l’Union des Syndicats de l’Électricité adoptées désormais par la grande majorité des secteurs de distribution.
- Les notions générales d’électricité pratiques sont réduites au minimum. La description du matériel à utiliser pour les diverses installations est plus détaillée et les schémas d’installations simples donnés avec assez de précision pour permettre d’utiles applications pratiques à la portée de l’amateur.
- De sages conseils de sécurité terminent ce petit ouvrage. Les précautions à prendre pour éviter tout danger sont simples et peu nombreuses, mais le profane les néglige trop souvent.
- T. S. F. Nouveau guide de l’auditeur, par J. Peube.
- 1 broch. in-8 carré, 64 p., 20 fig. Prix : 6 francs.
- Ce petit ouvrage est destiné aux usagers débutants de la radiophonie, et leur donne des indications sommaires sur le choix et l’emploi pratique d’un récepteur de T. S. F., et spécialement d’un poste-secteur. On y trouve également un chapitre sur les parasites industriels et atmosphériques, et les moyens classiques permettant de les combattre.
- La lecture facile de cette étude résumée rendra des services au néophyte en lui offrant des notions générales simples, et il lui sera loisible, par la suite, s’il le désire, de se référer à des ouvrages plus complets.
- Storage réservoirs, par G. Biunsby Williams. 1 vol., 294 p., 164 fig. Éditeur : Chapman et Hall, Ltd, 11 Ilenrietta Street, Londres, 1937. Prix : 25 sh.
- L’auteur, ancien ingénieur en chef du Gouvernement du Bengale, a mis dans cet ouvrage consacré aux barrages-réservoirs son expérience de spécialiste de ce genre de constructions. Il y présente, sous une forme très claire et concise, les règles qui président à l’étude et à l’établissement des projets de barrages ; il passe en revue les divers types de barrages, mettant en relief les progrès que la technique moderne a introduits dans ce domaine des constructions, où abondent aujourd’hui des réalisations audacieuses que l’on n’aurait osé envisager voici seulement quelques années. Ce livre bien rédigé et bien présenté intéressera vivement tous les spécialistes.
- La vie de ta cellule végétale, par Raoul Combes. 3e volume. L’enveloppe de la matière vivante. 1 vol. in-16, 216 p., 26 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1937. Prix : 13 francs ; relié. 15 i'r. 50.
- Le troisième volume de La Vie de la Cellule végétale termine l’ouvrage du professeur de la Sorbonne, dont le but était une mise au point de l’état actuel de nos connaissances sur la structure et le fonctionnement de l’élément cellulaire chez les végétaux. Plusieurs données sur l’enveloppe cellulaire ont fait, au cours de ces dernières années, d’importants progrès, et certaines sont encore en active évolution, par exemple celles qui concernent la structure physique de la matière membraneuse, la constitution chimique de la cellulose et des composés poétiques, les hormones de croissance, la biochimie des résines, etc. L’auteur étudie successivement les aspects morphologique, physique, chimique et physiologique des problèmes qui se posent avec méthode et clarté.
- Handbuch der Binnenîischerei Mitteleuropas,
- par 1t. Demoll et N. N. Maier. Band III, Lief. 5. Die Lach= sartigen (Salmonidæ). lro partie, par E. Neresheimer. 1 vol. in-8, 158 p., 42 lig. 4 pi. Schweizerbart’sche Verlag-
- sbuchandlung, Stuttgart, 1937. Prix : 25 marks (pour
- l’étranger : 18,75 marks).
- Nous avons déjà dit les solides qualités du Traité des pêches maritimes de l’Europe septentrionale, dirigé par Lübbert et Ehrenhaum. Sur le même plan, les même éditeur a entrepris un autre traité en six volumes des pêches d’eau douce de l’Europe Centrale dont les directeurs sont Demoll et Maier. Déjà plusieurs fascicules ont été publiés et l’on peut juger <pie les deux traités seront également précieux. Le volume III est consacré à la systématique et la biologie des espèces de poissons et voici la première partie du long chapitre consacré aux Salmonidés. L’auteur rappelle brièvement leur anatomie, leur mode de vie, leur développement, puis aborde la monographie de toutes les espèces de truites et de saumons de nos canaux dont il étudie en détail la vie, la ponte, les parasites, la variation et les races, etc., tout ce qu’on en a pu savoir jusqu’aujourd’hui. Une bibliographie de travaux récents complète utilement l’ouvrage.
- Un homme et des bêtes, par Grey Owl. Traduit par Jeanne Rociie-Mazon. 1 vol. in-8, 319 p., 32 pi. Boivin et Cie, Paris, 1937. Prix : 24 francs.
- L’homme, c’est l’auteur, Grey Owl, le hibou gris, un Indien de belle race, chasseur de fourrures et spécialement de castors, qui parcourt la forêt canadienne avec sa femme Anahareo. Les bêtes, ce sont les castors qui, par l’ambassade de deux petits, obtiennent sauvegarde, droit de cité, royaume et reine. Et l’on apprend ainsi bien des choses fort belles sur l’auteur, son pays et plus encore sur les castors dont l’intelligence et la douceur des mœurs étonnent et charment.
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- LES AVIONS MODÈLES RÉDUITS
- LE CONCOURS DE « LA NATURE »
- Nous rappelons que la compétition pour modèles réduits que nous avons fondée en 1906 s’ouvre à nouveau en 1937. Cette épreuve, organisée par la Ligue Aéronautique de France, sous le Code sportif de la Fédération Aéronautique Internationale et de la Commission Sportive de l’Aéro-Club de France, comporte une coupe eL des prix qui n’ont pu être attribués en ig3G, mais qui, nous l’espérons, seront décernés en 1937.
- Le concours, en principe, doit avoir lieu le iG août au Centre de vol sans moteur de la Banne d’Ordanche.
- Nous reproduisons ci-dessous le Règlement de cette compétition.
- TITRE PREMIER. — Règlement général Article premier. — Lu revue La Nature crée une compétition internationale pour modèles réduits d’aérodynes dotée d’un objet d’art challenge et de prix en espèces.
- Elle charge la Ligue Aéronautique de France de l’organisation en se conformant à la réglementation sportive de l’Aéro-Club de France.
- Ahticle 2. — Sera gagnant de la Coupe le concurrent qui l’aura remportée deux fois et, dans le cas où cette éventualité ne se produirait pas, le gagnant de la troisième compétition.
- La Coupe est ouverte aux modèles réduits suivant spécifications portées au règlement annuel.
- TITRE il. — Règlement pou» l’année 1907
- Article premier. — La Coupe de la revue La Nature sera disputée en 1937, le iG août, au Centre national de vol sans moteur de la Banne d’Ordanche, par le Mont-Dore (P.-de-D.). Toutefois, les commissaires pourront reporter cette manifestation si les conditions atmosphériques les y obligent.
- Article 2. — Concurrents qualifiés : seront admis à concourir les modèles réduits d’avions présentés par des concurrents des nationalités appartenant à la F. A. I.
- Article 3. — Sont admis à concourir les modèles réduits munis de petits moteurs à essence. La cylindrée du moteur, ou la cylindrée totale des moteurs si l’appareil en comporte plusieurs, ne devra pas dépasser 5o cm3.
- Article [\. — Nature de" la Coupe : La Coupe a pour but de récompenser le constructeur dont l’appareil réussira à s’élever le plus haut en emportant une charge minimum de 5oo gr, y compris un barographe de contrôle ainsi qu’il est dit ci-après.
- Chaque concurrent aurait droit à effectuer deux vols dont le meilleur sera retenu pour le classement.
- Article 5. — Attribution de la Coupe et des prix : Le
- concurrent qui aura atteint la plus grande altitude au-dessus du point de départ sera classé premier. Il recevra un prix en espèces de 1.000 fr. Les concurrents classés deuxième et troisième recevront chacun un prix de 5oo fr. Toutefois, pour que la Coupe soit attribuée, il sera nécessaire que la hauteur atteinte au-dessus du point de départ soit supérieure à 200 m.
- Article G. — Le contrôle sera assuré par un commissaire et un aide-chronométreur de l’Aéro-Club de France à l’aide d’instruments de précision. E11 outre, les modèles devront emporter à bord un barographe pour modèles réduits.
- Le jury sera composé de trois personnes : l’une désignée par l’O. N. M., l’une par l’Aéro-Club de France et l’autre par la L. Aé. F.
- Article 7. — Pour avoir le droit de concourir, les concurrents devront faire parvenir à la L. Aé. F., avant le 1e1' août 1907, une formule d’admission du modèle adopté à cet égard. Chaque engagement devra être accompagné d’un droit de 3o fr non remboursable. Ce droit sera seulement de 20 fr pour les membres de la L. Aé. F.
- Assurances : Chaque concurrent devra justiiier d’une assurance pour les appareils qu’il présentera.
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- Voici le modèle des engagements.
- CONCOURS INTERNATIONAL, COUPE DE LA NATURE
- a Après avoir pris connaissance du règlement du concours international « Coupe de La Nature » pour modèles réduits d’avions moteur à essence, organisé par la L. Aé. F. le iG août à la Banne d’Ordanche, je vous prie de vouloir bien m’inscrire pour ......... appareils :
- Nom....................... Prénoms .......................
- Adresse ..................................................
- Profession...................... Club.....................
- Nationalité ..............................................
- Date de naissance et lieu ................................
- N° de licence de Modelliste...............................
- A quelle Compagnie êtes-vous assuré pour \os appareils P cl adresse de la Compagnie................................
- Retourner la présente demande avant le 1e1' août 1937 à la L. Aé. F. accompagnée de 00 fr pour les droits d’engagement par appareil, 20 fr. seulement pour les membres de la L. Aé. F. »
- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- De Moscou aux Êtats=Unis en avion par le Pôle Nord.
- Un équipage soviétique formé des pilotes Tchalov, Baïdou-kof et du radio Beliakof a réussi le 18 juin un raid d’avia-
- tion remarquable à bien des égards. Parti de Moscou, l’avion atterrissait G3 h 19 min plus tard près de Vancouver, aux États-Unis (qu’il ne faut pas confondre avec la ville du même nom en Colombie Britannique) ; il avait effectué un trajet de 8 3oo km sans escale, passant par le Pôle Nord. C’est San Francisco qui était le but du voyage; les aviateurs russes durent, en raison des conditions atrno-
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- sphériques, renoncer à l’atteindre, et durent s arrêter a i 200 km de la capitale de la Nouvelle Californie.
- S’ils n’ont pas battu le record de distance du vol en ligne droite qui reste détenu par Codos et Rossi avec 9 107 km, ils ont démontré que la liaison Europe-Amérique du Nord, par la voie du Pôle Nord, n’est nullement une utopie ; ce beau raid est egalement une nouvelle manifestation de l’effort accompli par la Russie d’aujourd’hui pour organiser ses territoires et ses communications arctique et se créer dans ces régions une situation privilégiée.
- L’appareil qui a réussi le raid est un monomoteur de qo5 ch, pesant 12 t; il emportait au départ 8 000 I d’essence.
- RADIO-ÉLECTRICITÉ
- Le nouveau poste de télévision de la Tout Eiiiel.
- Des émissions experimentales régulières de télévision ont été organisées depuis le commencement de iq30 dans la région parisienne, à l’aide du poste émetteur sur ondes tiès courtes installé à la Tour Eiffel depuis décembre 1905 : L’analyse des images transmises est seulement de 180 lignes, cl la cadence de transmission de 25 images par seconde; les programmes comportent uniquement des transmissions de télévision directe, et non de télécinématographe.
- 11 s’agit là de simples essais préparatoires, en attendant une installation plus perfectionnée qui ne le cédera en rien à celle des autres nations européennes, en particulier de EAllemagne et de l’Angleterre.
- Nous avons déjà signalé les démonstrations de radiophonie cl de transmission des images installes au Palais de la Radio, à l’Exposition de 1907. Un nouveau poste émetteur à grande, puissance de. Ho kw, dont, la construction était, décidée depuis longtemps, doit, en même temps, être installé à la Tour Eiffel au délmt de juillet, et remplacera la station existante.
- Ces émissions seront, tout d’abord, exécutées non pas suivant, un seul système, mais suivant plusieurs procédés, avec une définition de l’ordre de 4o5 lignes et une bande de fréquence de a.boo.ooo périodes-seconde. Plusieurs constructeurs ont déjà commencé l’installation de cabines de modulation au Ministère des P. T. T., et les émissions quotidiennes auront sans doute lieu alternativement avec, îles systèmes différents, de manière à pouvoir déterminer par l'expérience leurs avantages et leurs inconvénients respectifs, en attendant la détermination d’un standard définitif, comme cela a eu lieu en Angleterre.
- La transmission des sons s’effectue sur ondes très courtes, avec un décalage relativement réduit; de celte manière, il est possible comme nous l’avons déjà expliqué, d’employer une partit; commune du récepteur, à la fois pour la réception des images et celle des sons correspondants, d’ailleurs, on étudie en même temps des systèmes de transmission de lélécinématograpbe qui permettront d’augmenter l’intérêt des programmes diffusés.
- Les sons seront envoyés par une station séparée, et deux studios sont prévus, l’un au Palais de la Radio de l’Exposition, et, l’autre, au Ministère des P. T. T.
- La nouvelle station sera établie, comme l’ancienne, à la base de la Tour, et l’antenne au sommet ; la ligne qui doit joindre l’antenne au poste d’émission a ainsi /|o5 m de long, son diamètre est de plus de 12 cm, et son poids de 12 t.
- C’est un câble co-axial semi-exible; au centre, se trouve
- un tube de cuivre isolé d’un second tube de cuivre par des anneaux isolants en stéatite, l’enveloppe du câble est en lil d acier torsadé, son poids est de 3o kgr au mètre; il a fallu le monter par tronçons qui seront soudés les uns aux autres.
- Quelle sera la portée de cette nouvelle station ? Malgré sa puissance très accrue, en raison de la longueur d’onde réduite, utilisée, il ne faut pas cependant espérer une zone régulière do réception supérieure à Go ou 70 km, et, dans ces conditions, ces essais ne pourront être perçus que des amateurs parisiens, ou, en tout cas. de la banlieue parisienne.
- Si ces premiers essais donnent les résultats espérés, on pourra songer à l’installation do stations relais régionales, si attendues des amateurs de province.
- P. H.
- RADIO ÉLECTRICITÉ
- La radio=diffusion coloniale.
- La radiophonie, et spécialement les diffusions sur ondes courtes, devraient assurer une liaison régulière entre la métropole et les colonies, dans une nation comme la France dont l’empire colonial est si développé; à cet égard, la situation actuelle est encore extrêmement peu satisfaisante, et les nombreuses plaintes de nos correspondants îles colonies le démontrent trop .souvent.
- Le centre émetteur de Pontoise comprend deux postes de r i à r5 kw, pouvant fonctionner ensemble ou séparément, mais qui datent de iqHo, et, par conséquent, sont devenus très insuffisants quand on les compare aux postes étrangers. Différents projets ont été successivement étudiés pour leur remplacement ; actuellement, la construction aux Essarts-le Roi d’un nouveau poste de radio-diffusion semble décidée : ce poste aurait deux émetteurs sur ondes courtes, de 100 kw chacun, pouvant fonctionner sur cinq longueurs d’onde.
- Il est question également d’établir dans les colonies elles-mêmes des postes relais-locaux à ondes moyennes, permettant la transmission de programmes locaux et la retransmission des diffusions de la métropole. ’
- A l’heure actuelle, en réalité, les stations purement coloniales sont peu nombreuses et insuffisantes.
- Il existe à Madagascar un poste à Tananarive, émettant avec une puissance de 4oo w sur 5o m de longueur d’onde; il donne des concerts, conférences, nouvelles en fiançais et en malgache et bulletin météorologique.
- Dans l’Ile de la Réunion, un poste à Saint-Denis transmet sur 486 m, avec une puissance de 160 w, des informations et des radio-concerts.
- A Saint-Pierre et Miquelon enfin, il existe un poste local d’une puissance de 25o w, émettant sur 5a4 m 5o, et transmettant un concert un jour par semaine.
- En dehors de ces trois postes officiels, il n’existe guère, semble-t-il, que quelques petits postes privés en Indochine ; la belle station de Radio-Saigon a malheureusement dû cesser ses émissions.
- Le nombre des auditeurs coloniaux dans les possessions françaises, en dehors bien entendu de l’Afrique du Nord, ne dépasse pas quelques milliers. On le conçoit sans peine, étant donné cette pénurie d’émissions, et il serait temps de faire cesser enfin cet état de choses si déplorable au point de vue technique, économique, et national.
- P. H.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- DESSINS
- Un appareil pour permettre aux aveugles de tracer des pians.
- La privation de la vue n‘interdit plus heureusement aux aveugles de se livrer aux occupations les plus diverses, et l'emploi des caractères Braille leur permet désormais de lire et d’écrire.
- Beaucoup d’aveugles désireraient, en outre, pouvoir dessiner, et, en particulier, les spécialistes seraient heureux de pouvoir tracer des plans; c’est à leur intention qu’un de nos lecteurs ingénieux, M. Cousin, aveugle lui-même, a établi un dispositif simple, mais d’emploi très pratique.
- Ce système comporte deux réglettes en métal léger, et
- Celle graduation est formée de points formant saillie
- légère, tous les 5 mm ; tous les 5o mm, si; trouve
- barre
- Fig. 1. — L’appareil Cousin permettant aux aveugles le tracé des plans.
- de f> mm environ de longueur, pouvant être formée de deux points en ligne et, fous les 100 mm, une barre de 8 mm environ peut être formée de trois points en ligne.
- Les deux réglettes sont reliées par des écrous molletés pouvant être débloqués pour laisser passage au papier cidre elles, cl bloqués ensuite pour fixer la feuille.
- Une lame de ressort, coulissant dans les mortaises pratiquées dans les réglettes serf, en outre, à maintenir celles-ci appliquées l’une contre l’autre dans la partit1 médiane, dans le cas où la feuille de papiei* ne couvre pas toute la largeur comprise mitre les deux écrous de blocage.
- Cet appareil, de principe et de fabrication très simples, paraît ainsi bien adapté au but recherché, et, devoir rendre de grands services à toute une catégorie des plus intéressantes de travailleurs particulièrement méritants.
- Coiislruclrur : -M. 11. Cousin, i:ut), chemin du château-Gaillard, Villeurbanne (fihône).
- Produits photographiques en ampoules.
- Souvent, l’amateur ne dispose pas des moyens voulus pour doser lui-même les produits entrant, dans la composition des divers bains nécessaires au traitement des lilms et des plaques; si pour certains bains tels que celui de lixage, par exemple, on peut procéder au jugé, il en est d’autres où il importe de réaliser un dosage préois des divers constituants. C’est la raison d’être des « spécialités » vendues sous forme de poudres ou de liquides concentrés qu’il suffit, suivant le cas, de dissoudre dans une certaine quantité d’eau ou de diluer convenablement, pour obtenir un bain bien constitué.
- Cependant, les doses présentées sous forme de. poudre ont l’inconvénient d’être parfois sujettes à altération et de ne pas toujours se dissoudre d’une façon absolument régulière. D’autre part, les solutions concentrées exigent ordinairement un flacon-
- sul'lisaminenf dur, en duralumin, par exemple, entre lesquelles peut se glisser, comme le montre la figure i, une feuille de papier spécial, sur laquelle on reproduira les plans.
- La réglette inférieure porte un s triage horizontal, triangulaire, et la supérieure, un striage identique, mais vertical, c’est-à:dire perpendiculaire à celui de l’autre.
- Les stries des deux réglettes se correspondent exactement. Si l’on présente un poinçon spécial à écriture Braille devant un cran de la réglette supérieure, l’extrémité de l’outil coïncide avec un cran de la réglette inférieure.
- Si l’on interpose dans ces conditions une feuille de papier entre les deux réglettes, on pourra poinçonner autant de lois que les réglettes comportent de crans. En marquant à chaque coup de poinçon une légère saillie sur la surface du papier, on forme des lignes qui peuvent représenter fous les éléments d’un plan ou d’un dessin quelconque.
- Pour permettre à l’aveugle de se rendre compte de son travail, la réglette supérieure est graduée, en quelque sorte, suivant le système Braille, afin que l’on puisse connaître la distance séparant un nombre de crans déterminé.
- nage relativement lourd et encombrant,.
- Voici une nouvelle présentation originale qui semble bien préférable à celles qui l’ont précédée : elle consiste à réaliser des solutions à liante concentration et à les enclore en des ampoules de verre de io centimètres cubes scellées au chalumeau. On obtient ainsi le minimum de poids et de volume compatible avec une parfaite conservation.
- La marque Inox, qui a présenté ces ampoules à la dernière Exposition de la Photographie et du Cinéma, livre sous cette forme un excellent révélateur au paramidophénol convenant au développement des clichés négatifs, un révélateur au génol-bydroquinone pour papiers au gélatino-bromure et au gélatino-chlorure, un affaiblisseur au bichromate de potassium cl, divers virages à !’uranc (tons sépia), au cuivre (tons verts) et au fer (tons bleus).
- Les produits photographiques Inox en ampoules rendront les plus grands services aux explorateurs, mais intéressent aussi nombre d’amateurs, en particulier ceux qui procèdent eux-mêmes à leurs travaux photographiques au cours de leurs villégiatures ou de leurs voyages.
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- AGRICULTURE
- Appareil mobile capteur d’insectes, particulièrement applicable à la destruction du doryphore.
- Pour détruire les insectes nuisibles qui se trouvent sur les plants agricoles, et notamment, comme le doryphore, à l’état de larves ou de groupes d’individus logés sous les feuilles, il est pratique d’utiliser des auges qu’on déplace sous les feuilles pour récolter les bestioles qui tombent quand on heurte le plant ou qu’on agite les fanes.
- Un inventeur, M. Raimbault, a imaginé un appareil de ce genre qui est combiné pour ne pas détériorer les plants qu’on veut débarrasser des parasites, tout en rendant son action suffisamment automatique pour qu’on puisse opérer rapidement et avec le meilleur résultat possible.
- Une paire d e gouttières ou auges sont séparées par un intervalle s u i v a n l l’axe de manière que le plant puisse passer entre les auges, pendant que l’appareil se déplace.
- Sur le côté extérieur des auges sont placés des volets ou des sacs en toile ou en treillis métallique, et une palette articulée s u r 1 e manche de manœuvre de l’appareil reçoit un mouvement de déplacement à droite, à gauche, pour secouer les fanes pendant que
- Fig. 2. — Le capteur de doryphores ^ appareil chemine.
- en action. Un dispositif de rou-
- leau ou de galet sous les auges, ou bien des roues placées latéralement, permettent à l’appareil de se déplacer sur le sol.
- Pour le fonctionnement, l’appareil est poussé suivant l’axe de la file de plants, et ceux-ci s’engagent les uns après les autres entre les auges. La palette que l’on actionne bat les fanes, et les insectes tombent sur les auges ou sur les écrans de côté. De toutes façons, les insectes ou larves sont recueillis sur ces récipients collecteurs que l’on vide de temps en temps.
- Les essais effectués avec cet appareil ont permis de constater les excellents résultats qu’il donne. La rapidité du travail est considérablement plus grande que lorsqu’on procède uniquement à la main, comme c’est le cas le plus général.
- Cette petite machine agricole est destinée à rendre de grands services dans la lutte contre le doryphore si nuisible pour les plants de pommes de terre.
- Constructeur : Raimbault, agriculteur. La Plaine, par Choiet (Maine-et-Loire).
- OBJETS UTILES
- Boîte distributrice de cigarettes.
- Un ne peut guère conserver des cigarettes dans leur emballage de papier, elles s’y déssèchent, ni les présenter ainsi, elles glissent mal. C’est pourquoi on a fait des étuis
- pour la poche et des boîles pour le bureau. 11 en est de toutes sortes et de toutes matières, mais il est bien évident que le métal est le plus net et le plus propre.
- Si l’on vide un paquet de cigarettes dans une boîte et qu’on ouvre celle-ci chaque fois qu’on veut fumer ou offrir à fumer, les dernières cigarettes amont été touchées, frôlées, pressées bien des fois. Mais on peut imaginer un distributeur qui ne sorte qu’une cigarette à la fois. Bien des modèles ont été imagines dont certains pittoresques. Celui-ci se caractérise au contraire par sa sobriété : boîte qui est une boîte, simple de lignes; métal poli et brillant. La boîte peut contenir un paquet qu’on y vide, puis on ferme le couvercle. Ensuite, en soulevant la boîte fermée et
- Fig. 3. — Boite distributrice de cigarettes.
- la faisant tourner autour d’un axe situé à un bout, on voit apparaître dans une gouttière une cigarette unique qu’il n’y a qu’à saisir. A chaque mouvement de bascule, une cigarette sort.
- En vente chez Kirby, Beard et Cle, 5, rue Auber, Paris.
- CONTRE LES CHARANÇONS
- Voici la saison où les stocks de blé souffrent le plus des ravages des charançons.
- La lutte contre ces insectes présente deux apects qu’on pourrait appeler prophylactique et thérapeutique.
- La prophylaxie consiste à n’entreposer du blé que dans des locaux propres, dépoussiérés, sans recoins, sans plinthes, sans fissures où les insectes peuvent trouver abri. Dans les greniers et les magasins notamment, le sol doit ‘être uni et imperméable, c’est-à-dire au mieux en ciment.
- Malgré cela, il n’est guère de lieux de stockage où les charançons n’apparaissent à un moment, apportés avec les grains à l’état adulte ou dans les grains à l’état d’œufs et de larves.
- 11 est important de les détruire avant qu’ils aient pullulé et envahi tous les locaux.
- La difficulté n’est pas de détruire les adultes errant sur les grains, les sacs, les murs, qu’on peut atteindre assez facilement. Il faut aussi anéantir les œufs et les larves logés dans les grains où les insecticides pénètrent mal.
- On a déjà proposé divers produits chimiques qui agissent à l’état de vapeurs, mais certains, tels l’acide cyanhydrique et la chloropicrine sont toxiques pour l’homme et ne peuvent être manipulés sans de grandes précautions ; d’autres, tel le sulfure de carbone, sont inflammables.
- Récemment, M. Lepigre, après de nombreux essais faits en Algérie a préconisé l’oxyde d’éthylène, à la dose de 23 gr, additionnés de 227 gr d’acide carbonique, par mètre cube de grains et 53 gr, additionnés de 637 gr d’acide carbonique, par mètre cube d’air des locaux à désinsectiser.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
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- De tout un peu.
- M. Schmidt, à Belfort. — Pour faire disparaître Vendait <jras sur vos grils et bassines à fritures, il vous suffira de tremper ces objets dans une solution bien chaude contenant environ 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux des ménagères) et môme quantité de soude caustique (potassium des peintres).
- bien rincer ensuite à l’eau chaude, puis à l’eau claire pour éliminer le savon qui a été ainsi formé et qui pourrait donner un goût désagréable aux aliments.
- M. Voisin, à Clamart. — 1° Le mastic qui vous intéresse est très probablement un mélange d’albumine pulvérisée et de chaux éteinte tamisée ; seule une analyse chimique permet-1 l'ail d’en déterminer la composition précise.
- 2° Quant au ciment employé pour les réparations maritimes, h‘s indications que vous nous donnez sont insuffisantes pour que nous puissions utilement vous renseigner à ce sujet.
- R. G., à Rambouillet. — 1° Vous pouvez préparer une cxcellenle graisse d’armes en prenant :
- Suif de mouton .... . . 250 gr
- Huile de pieds de bœuf .... 500 —
- 2° Pour fourbir les aciers polis oxydes, employez simplement le rouge d’Angleterre très fin délayé avec quelques gouttes d'Imilc de vaseline, en vous servant d’un tampon de toile, de préférence en tissu de coton.
- M. Cruchon, à Rochefort. — 1° Pour éviter que l’huile de graissage appliquée sur les tourillons ne s’étende, il suffit d'appliquer autour de ceux-ci, lorsqu’ils ne sont pas encore gras, une couche très légère de vernis gomme laque étendu d’une quantité suffisante d’alcool à 95°.
- 2° Les gouttelettes d’eau que l’on observe à la surface des feuilles ne mouillent pas celles-ci parce qu’elles en sont séparées généralement par une couche cireuse recouvrant les cellules épidermiques.
- M. Degale, à Puyôo. — Il est de pratique courante, pour lisser le café, d’introduire dans le torréfacteur à la fin de l’opération, quand on aère le café, une trace d’huile d’olives, il se jieut dans le cas qui vous occupe que l’on ait employé ;i la place un peu d’huile de paraffine du type épuré que l’on Irouve couramment en pharmacie, l’emploi d’une résine nous paraît peu probable.
- M. Tschupp, à Épinal. — Nous pensons que vous pourriez redonner du corps à l’extrémité de vos busettes de carton, ail crées par le passage au vaporisage, en les trempant dans un vernis à l’acétate de cellulose, assoupli par exemple par une légère addition d’huile de ricin.
- 11 vous suffira, croyons-nous, de soumettre le cas à MM. Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire à Pantin, Seine, pour que cette maison mette à votre disposition le produit nécessaire.
- M. Vacherias, à Thiers. — Vous pourrez facilement éviter le grimpage des sels sur les cosses de votre batterie d’accumulateurs, en passant sur celles-ci, nettoyées et bien sèches, au pinceau une légère couche de la composition suivante :
- Paraffine.......................... 15 gr
- Essence minérale................... 85 —
- M. Bondil, à Marseille. — Les formules qui servent de brillantines vous donneront très probablement satisfaction : 1° Brillantine homogène :
- Huile de ricin blanche .... 50 cm3
- Glycérine............................. 150 —
- Alcool à 95°........................... 800 —
- 2° Brillantine non homogène :
- Huile de vaseline.............. 500 cm3
- Huile de ricin blanche. . . . 175 —
- Alcool à 95°..................... 325 •—
- Dans un cas comme dans l’autre, parfumer à volonté.
- M. Grillon, à Mesnières-en-Bray. — Pour remettre à
- plat voire plaque d’ébonile voilée, il vous suffira de l’immerger dans l’eau tiède, puis, pendant qu’elle sera encore chaude, de la mettre sous presse où vous la laisserez plusieurs heures jusqu’à refroidissement complet.
- M. Bourlier, à Nogent-sur-Marne. — Si l’écriture que l'on fait disparaître au moyen des solutions permanganate et bisulfite, provenait de l’emploi d’une encre à stylo à base de couleurs d’aniline, on ne peut guère envisager la revivification, eu égard à la fugacité de ces couleurs qui disparaissent le plus souvent à la lumière seule, sans laisser un substratum dans le papier ; mais il n’en est pas de môme pour les encres au fer ; dans ce cas, on peut généralement faire réapparaître les caractères en exposant la feuille de papier, préalablement imbibée d’eau avec une petite éponge, aux vapeurs de sulfhy-drate d’ammoniaque.
- On réalise facilement cette opération en prenant une petite caisse, en bois ou en carton, mettant au fond dans une soucoupe le sulfhydraLc, puis au-dessus, sur un cadre portant une mousseline, la feuille à traiter. Après quoi on remet le couvercle et il ne reste plus qu’à attendre que le résultat soit obtenu.
- M. T., à Strasbourg. — 1° Les reliures en cuir de vos livres ont évidemment été teintes au moyen de couleui's dites d’aniline qui résistent mal à l’action de la lumière ; pour les raviver, le mieux est de repasser au pinceau une solution benzénique de couleurs appropriées aux stéarates, qui ont la propriété de se fixer directement sur le cuir, môme gras, sans le mouiller, ni provoquer de décollement.
- Cette solution peut se préparer très facilement en prenant :
- Couleur au stéarate................ 15 gr
- Benzine lourde..................... 85 —
- Vous pourrez vous procurer des couleurs de ce type chez Orangé, 54, rue des Francs-Bourgeois, Paris (3e).
- 2° La formule suivante vous permettra d’obtenir sans difficulté une excellente lotion rafraîchissante pour faire disparaî-
- tre le feu du rasoir :
- Eau distillée d’hamamelis . . . 1.000 cm3
- Borate de soude................... 5 gr
- Glycérine blanche................. 10 cm3
- Menthol cristallisé............... 0 gr 25
- Essence de violettes artificielle . 1 —
- Broyer au mortier l’essence dans le mélange borate-glycérine, faire dissoudre d’autre part le menthol dans 25 cm3 d’alcool à 95°, ajouter l’eau d’hamamelis et verser peu à peu cette solution dans le mortier de façon à rendre le mélange homogène. Finalement filtrer sur un filtre en papier, préalablement mouillé.
- 3° Les fragments de pâte de verre se recollent très solidement au moyen de la pâte obtenue en ajoutant à quelques pincées de blanc d’Espagne en poudre, goutte à goutte, du silicate de potasse du commerce jusqu’à ce que le mélange prenne la consistance d’un mastic assez épais.
- Ce mastic acquiert la dureté de la pierre et résiste bien à l’eau, quand l’action n’est pas prolongée.
- M. Gelbert, à Tunis. — 1° Vous pourrez enlever la majeure partie des taches d’encre à stylo sur votre maroquin, en les frottant avec un chiffon propre imbibé d’alcool fort (alcool à brûler du commerce).
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- Au cas pou probable où elles résisteraient, les toucher localement avec un pinceau imbibe de la solution suivante :
- Eau de Javel........................... 20 cm3
- Eau ordinaire.......................... 75 —
- Vinaigre fort.......................... 25 —
- Dès que la tache a disparu, absorber l’excès do liquide avec un tampon de coton hydrophile, puis rincer à l’eau pure.
- Si la teinte rouge de fond avait quelque peu baissé, faire une légère retouche avec un peu d’encre rouge de bureau plus ou
- moins étendue.
- 2° Cirage blanc pour chaussures : l'rendre :
- Savon blanc............................. 00 gr
- Glycérine............................... 00 —
- Eau ordinaire......................... 750 —
- Amidon.................................. 00 —
- Prendre environ le fiers de l’amidon, le délayer dans le tiers également de l’eau froide, chauffer progressivement jusqu’à obtention d’un empois transparent.
- D’autre part, faire dissoudre le savon à chaud dans le reste de l’eau additionnée de glycérine.
- Mélanger les deux solutions, laisser complètement refroidir, puis incorporer les deux fiers restant de l’amidon non cuit.
- N. li. — On peut, si on le désire, remplacer ce j'este d’amidon par môme quantité de kaolin, de carbonate de magnésie, voire môme simplement de blanc. d’Espagne.
- M. de Saint-André, à Poitiers. — 1° L’es,sut aux Uni-chaux des alliages d’or nécessite la possession desdits touchaux qui sont de petites lames d’alliages d’or et de cuivre dont les titres sont connus et qui sont ordinairement soudés aux branches d’une sorte d’étoile. On s’en sert pour comparer leurs traces sur la pierre de touche, avant et après l’action de l’acide, avec les traces laissées dans les mêmes circonstances par les alliages d’or que l’on, examine.
- L’a,eide pour touchaux se compose de 98 parties d’acide azotique de densité -1,340 (37° .Baume), de 2 parties d’acide chlorhydrique de densité 1,173 (21° Baumé) et de 25 parties d’eau.
- La trace disparaît entièrement et presque subitement si elle a été laite avec du cuivre, elle résiste si le bijou est au titre de 750 millièmes ou au-dessus, un linge fin passé légèrement sur la pierre n’enlève pas la fi'acc.
- Avec une certaine habitude, on évalue d’une manière approximative le titre de l’alliage, en consultant la feinte verte plus ou moins foncée que prend l’acide, ainsi que l'épaisseur et la couleur de Ja trace d’or qui reste sur la pierre, sui'tout en faisant des épreuves comparatives avec les touchaux dont les titres sont connus.
- 2° On peut également révéler la présence de l’argent en employant l’acide azotique pur, laissant complètement celui-ci s’évaporer, en chauffant légèrement au besoin, puis en déposant une goutte d’une solution de chromate neutre de potasse à 5 pour 100, il se produit une tache rouge-brique de chromate d’argent, mais ce procédé est peu employé.
- 3° Le liquide « cherche pôle » a la composition suivante :
- Prendre :
- Glycérine................................. 50 gr
- Nitrate de potasse......................... 3 —
- Eau ordinaire............................. 20 —
- Eaii'e dissoudre d’autre part :
- Phénolphtaléinc............................ 0 gr 50
- Alcool à 95°.............................. 10 cm3
- Pins mélanger les deux solutions et imprégner du liquide obtenu des bandes de papier à liltrcr. Une coloration violette se produit à l'endroit où se trouve le pôle négatif, rien n’a lieu au pôle positif appliqué en même temps.
- M. Ferry, à Paris. — Pour argenter le verre, on commence par préparer les trois solutions suivantes :
- 1. Nitrate d’argent................... 5 gr
- Eau distillée...................... 100 cm3
- IL Potasse caustique.................... 4 gr
- Eau distillée...................... 100 cm3
- 111. Lactose (sucre de lait)............... 10 gr
- Eau distillée............................. 100 cin3
- Pj'endre ensuite :
- Solution 1............................... 50 cm3
- Solution il.............................. 100 —
- il se forme un précipité brun que l’on redissout en ajoutant goutte à goutte de l’ammoniaque sans excès, puis on complète à un lifi'e avec de l’eau distillée.
- Au moment de l’emploi, on ajoute :
- Solution 111..................... 50 cm3
- et on verse immédiatement le mélange sur ou dans le verre à argenter, pi'éalablemenf bien nettoyé au blanc, (l’Espagne, à l’acide nitrique, à l’eau, puis à l’alcool.
- La réduction de l'argent demande une, demi-heure à trois quarts d'heure, ou peut l’activer au besoin en plaçant le tout sur un bain-maj'ie tiède ; une fois le dépôt formé, il ne J'este plus qu’à laver à grande eau.
- St0 Isol, à Nice. — Le salpêtrage de votre mur a pour cause le voisinage probable d’étables ou d’écuries dont les déjections animales absoibées par capilku'ifé viennent se nitrifier au contact de l’air par intervention du ferment, étudié par Sehleasing et, Munfz ; il faudrait donc en premier lieu supprimer la cause*.
- Gomme, d’autre part, l’humidité favorise la circulation des sels, il conviendrait d’assécher les murs par le procédé Kna-pen, 54, nie (h*, Ja Bienfaisance, l'ai'is, qui donne des résultats satisfaisants.
- M1110 Laplace, à Challes-les-Eaux. — Le procédé le plus pratique pour imperméabiliser voire toile, fout en lui conser-vanl, sa porosité à l’air, est de la badigeonner copieusement avec la solution suivante :
- Vaseline............................... 10 gr
- Lanoline anhydre....................... 10 —
- Essence pour autos.................... 500 cm3
- Tétrachlorure de carbone . . 500 —
- Laisser ensuite les solvants s’évaporer à l’air libre.
- M. Bouleau, à Oullins. — L’alliage employé pour la eon-ferlion des plaques d'accumulateurs est une association de p’omb, d'antimoine et d’un peu de mercure. Si le mercure peuI. être chassé assez facilement en maintenant l’alliage fondu à une, température voisine, de 400° C., la séparation du plomb et de l’antimoine résiduels ne peut se faire correctement que par un traitement à l’acide nitrique qui dissout Je plomb et laisse l’antimoine à l’état, d’antimoniale d’antimoine ; d’où la nécessité de, j'epréeipifer le plomb de sa solution, par exemple par voie éleefrolytique, à l’état métallique.
- A notre avis, il serait plus économique de faire rentrer le vieil alliage dans la confection de nouvelles plaques après fusion en présence de charbon.
- M. DelneSte, Liège. — Adresses de constructeurs de gazogènes :
- Berlief, 1(10, boulevard de Verdun, Courbevoie.
- Ed. Brandt, 101, boulevard Murat, Paris (16e).
- C. G. B., 68-70, avenue de Saint-Mandé, Paris (12e).
- Gaz Industriel, 1.1 bis, rue de Moscou, Paris (8e).
- Pierson, 38, boulevard de Reims, Paris (17e).
- Venion, 48, irne des Petites-Écuries, Paris.
- Saliaticr-Decauville, 1, rue Jules-Lefebvre, Paris (9e).
- Valet, 121, boulevard Saint-Michel, Étampes (Seine-et-Oise).
- Rustic, à Montereau (Seine-ct-Marne).
- Nous avons publié deux articles sur le moteur Rupa, dans les nos 2797 du 15 novembre 1928 et 2879 du 15 avril 1932. Nous avons indiqué à cette époque que ce moteur était construit par les Usines mécaniques Cosmos, de Goerlitz. Nous ignorons où en est actuellement la mise au point.
- Erratum. — Dans l’article de M. Léon Laflilte sur les rivières aurifères do France, paru le 1er juillet 1937 (n° 3004), une double erreur a fait situer sur l’Ariège la ville de Seix, (jni est sur le Salai, et la ville d’Aulus, qui est sur le Garbet. Nous prions nos lecteurs de rectifier.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud. — 15-7-1937 — Published in France.
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- N° 3006
- LA NATURE
- J" Août 1937
- L'ESTHÉTIQUE DES PONTS MÉTALLIQUES
- #
- — « Le beau, a dit Platon, est la splendeur du vrai ».
- Cette forte maxime semble avoir directement inspiré les constructeurs de notre époque, architectes, ingénieurs, bâtisseurs de ponts et d’immeubles, pour qui la probité de la ligne, la sobriété des masses, la mise en évidence audacieuse des efforts, la haine avouée de la fioriture sont devenues des articles de foi. Heureux siècle, disons-le avant d’arriver aux inévitables critiques, qui a su retrouver et mettre en œuvre le sens de la grandeur !
- Dans cette recherche d’une esthétique nouvelle s’est produit le meme phénomène qui bouleverse notre civilisation tout entière : le machinisme, les moyens techniques déj>assent complètement l’homme.
- Dès à présent, on peut construire des ponts en béton armé, d’une seule arche enjambant i.5oo m (]), des ponts suspendus d’une seule portée, longs de 5 km : mais on attend encore les Michel-Ange et les Piranèse capables de découvrir les « canons » de beauté de cette architecture de titans.
- Nous voudrions dire aujourd’hui quelques mots de l’esthétique des ponts modernes en nous cantonnant dans le chapitre strict des ponts métalliques ; nous laissons de côté celui des ponts suspendus, qui méritent une étude à part. Dans ce bref aperçu, nous n’avons pas tenté de conserver une froideur impartiale, que le sujet ne comportait pas : le lecteur révisera nos jugements selon son goût personnel en se basant sur les quelques éléments précis que nous aurons pu lui apporter (2).
- 1. Freyssinet.
- 2. Le Moniteur des Travaux Publics a publié en 1931, sous la direction de M. Jacques Pilpoul, un numéro spécial très bien illustré, sur l’esthétique des ponts, qui reste un document de premier ordre malgré les progrès de la technique. Sous ce même litre, on peut consulter également une brochure du Colonel Icre, éditée par l’Office technique pour l’utilisation de l’acier, à laquelle nous empruntons plusieurs schémas.
- PROBLEME DE LA « TRANSPARENCE »
- Le grand ingénieur français Résal, constructeur de cet étonnant chef-d’œuvre métallique qu’est le pont Mirabeau, à Paris, a fait une large place dans son enseignement aux considérations esthétiques ; il a posé les règles d’un « bon goût » technique que ses successeurs semblent avoir parfois oubliées.
- Le fait qu’une construction utilitaire doive déshonore!' un paysage paraît, ou plutôt paraissait hier encore, à beaucoup de nos contemporains, une nécessité inévitable. Les ponts, monuments encombrants, visibles de loin, soumis d’autre part à des conditions
- pratiques très strictes, tendaient ainsi à devenir un « élément de laideur » dans les sites naturels.
- Une réaction se man i teste heureuse-ment, depuis quelques années, contre cette licence de la construction d e s ponts. En Grande-Bretagne, tout projet de pont un peu important devra être soumis «à une commission spéciale des Beaux-Arts, composée d’artistes et d’ingénieurs, qui ne délivrera 1’ « ædificatur » qu’à des constructions de bel aspect. Même tendance en Allemagne, où la mise en œuvre d’un programme d’autostrades, de plusieurs milliers de kilomètres, fait surgir de terre une multitude de ponts de tous calibres.
- Le « matériau » acier, ainsi que le fait remarquer M. Edouard Airnaud (1), pose du reste des problèmes esthétiques particulièrement épineux du fait que l’aspect change complètement suivant le point de vue du spectateur.
- Un exemple frappant est celui du célèbre viaduc de Viaur, non loin de Rodez. Le parti constructif est très franc, plus franc que celui du non moins célèbre viaduc de Garabit, construit par Eiffel près de Sainl-
- 1. Moniteur ci-dessus.
- Fig. 1. — Le pont en arc de Sydney, en Australie, record du monde des ponts métalliques avec 504 m d’ouverture.
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- de' consoles duc de Viaiir) lelles disparafes.
- Fig. 2. — Pont de Brüg, en Suisse.
- Pont à tablier supérieur sur poutres galbées, formant des arcs renversés. Treillis très simple en V renversé ; tout treillis complexe jure avec cette silhouette à courbe inférieure (Chemins de fer Suisses, Paris).
- Flour. Vus de face et de loin, c’est-à-dire en épure d’élévation, les grands arcs d’acier blanc semblent jaillir des piles et s’incurvent en deux immenses consoles équilibrées dont l’arc-boutement mutuel forme une arche aérienne.
- Voilà bien des qualités... mais si nous passons sous le viaduc ou seulement au voisinage d’une de ses piles, nous n’apercevons plus qu’un fouillis de barres croisillonnécs hachant le paysage en tous sens : une confusion qui n’a plus rien de la beauté sereine de l’ensemble et qui s’aggrave de la désharmonie entre
- Fig. 3. — Ligne continue dans un pont à plusieurs travées.
- Elle peut être fournie soit par une succession de poutres droites avec tablier à hauteur quelconque, soit par des arcs renversés avec tablier supérieur. Les arcs successifs, analogues aux arches de maçonnerie, conviennent aux paysages urbains.
- ce matériau exceptionnel, riveté, réticulé et les éléments environnants de la nature.
- On objeclera que les ponts ne sont pas faits pour être vus par-dessous ; mais il est de fait que les ponts antiques, les grands ponts eu maçonnerie, le célèbre viaduc en ciment sur l’Elorn, sont beaux sous Ions les angles. Au resle, le pont Alexandre III, fè pont Mirabeau, le viaduc de Passy (composé are-boulées comme le via-ne présentent pas de
- telles disparates.
- La vérité est que l’un des écueils esthétiques des charpentes métalliques, c’est précisément que « l’on peut voir à travers ». Cette possibilité, celte transparence ne doit être tolérée qu’avec circonspection et avec des lignes sobres présentant une « unité d’action » très nette. Tel est le cas des grands ponts réticulés à poutre droite, des bow-strings et de cet élégant viaduc d’Austerlitz, à Paris, où l’arche supérieure, triplement articulée, n’est barrée que par de longs tirants verticaux, soutenant le tablier.
- Enregistrons donc, avec M. Éouard Arnaud, ce fait souvent méconnu que l’effet, de claire-voie, en matière de ponts, peut être nuisible à l’esthétique. De beaux ponts « pleins », où le classique treillis fait place à des panneaux continus, ont pu être réalisés, principalement parmi les ouvrages à tablier supérieur sur poutre droite ou sur arches extrêmement surbaissées (fig. i3).
- — « Avec la pierre, dit M. de la Sizerannc, on fait des pleins par nécessité et des vides par élégance ; avec le fer, on fait des pleins par élégance et des vides par nécessité. »
- UNITÉ D'ASPECT
- ~ hOOCXI IXXX*! ixxAxi IXXX^l
- Deux qualités sont particulièrement à rechercher dans l’esthétique d’un pont : Vanité de l’ensemble, la clarté des détails et notamment du treillis.
- L’unité d’ensemble est particulièrement difficile à respecter lorsque des matériaux différents ont été utilisés, comme lorsqu’une arche en briques succède à une poutre métallique, elle-même suivie d’une poutre ou d’un arc en béton armé. Ces disparates choquent le goût ; mais on peut établir des ouvrages d’accès, par exemple en maçonnerie sur arches, aboutissant à une grande poutre métallique ; l’essentiel est que la différenciation soit nette et comporte une subordination.
- Les limites du goût semblent avoir été atteintes et parfois dépassées par les constructeurs allemands, qui ont llanqué certains grands ponts du Rhin de porches colossaux à silhouette médiévale ; le célèbre pont de
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- Londres, avec ses travées ouvrantes encadrées entre deux tours, montre ce qu’une telle alliance de la pierre et du fer peut avoir de spécial.
- Dans un pont entièrement métallique, la ligne générale peut se trouver altérée par des changements de conception, comme à Garabit où une arche gigantesque succède à une poutre droite, ou simplement par des proportions inégales.
- Prenons d’abord le cas, particulièrement épineux, où le franchissement est effectué au moyen de plusieurs travées indépendantes reposant sur des piles successives.
- Pour obtenir une ligne continue, il faudra s’adresser soit à une série de poutres droites égales qui présenteront l’aspect d’une poutre continue, soit à des arcs en dessous tous identiques (fig. 3).
- Si le pont est formé de bow-strings successifs, l’unité peut être sauvegardée en conservant une hauteur de membrures suffisantes à l’aplomb des piles ; l’angle *'*9- 4- — Pont en canlilever équilibré, à treillis, sur l’Oued-el-Kébir.
- des tangentes au départ doit être le plus Portées 25 m et 70 m ; le pont tonne une balance dissymétrique posée sur
- obi us possible. La comparaison des cro-
- •V / Vîg H V
- 3il ^
- Fig. 5. — Bow-slrings successifs.
- L’unité du pont, inexistante dans la silhouette du haut, est assurée dans le pont inférieur par la hauteur des poutres a leur jonction, au droit des piles. Les treillis ne sont pas irréprochables (Ces schémas et les suivants ont été communiqués par le colonel Icre).
- Fig. 6. — Problème des ouvrages d’accès.
- Le pont suspendu est gâté par des accès hétéroclites ; l’unité du pont à poutre droite est sauvegardée par la subordination
- très nette des accès.
- fris I »i\ï/rtVA\W\\Vrt
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- Fig. 7. — Pont de montagne sur la ligne suisse du Gornergral.
- l’on Ire continue légère -formant deux can I,devers posés sur deux limites piles eu maçonnerie et se raccordant en arc. Treillis mince en N (Chemins de fer Suisses, Paris, phot. Gyzer.)
- quis 1 cl 11, ligure 5, fait ressortir l’amélioration ainsi obtenue malgré un dessin réticulé différent pour les trois travées.
- L'accord des travées de rives et ouvrages d’approche métalliques avec la partie centx'ale est important ; la
- figure 6 montre un pont suspendu dont le bel effet de travée rigide sous câble a été gâté par les partis disparates adoplés pour les charpentes.
- Il suffit de peu de chose pour briser, aux yeux du profane, la continuité d’un pont qui est immédiatement saisissable pour l’ingénieur. Ainsi, le pont triple de la figure 8 a élé traité avec une travée centrale sous arc, système Yierendeel et deux Innées de rives à poutres droites pleines à tablier supérieur. Ces poutres, qui doivent résister par elles-mêmes, sont nécessairement plus hautes que la poutre du tablier Vieren-decl, qui est suspendue à l’arc ; mais le profane est choqué que la poutre la plus longue soit aussi la moins forte. Il y aurait avantage, malgré l’alourdissement, à renforcer fictivement celte dernière en remplaçant son garde-fou à grille par une foie pleine : c’est un exemple, du « plein ornemental ».
- Voici maintenant trois silhouettes de ponts étudiées pour un même franchissement (fig. <)). La poutre droite à âme pleine manifeste une unité rigoureuse, quelque peu monotone ; la silhouette n" a, grâce à un léger galbe de la ligne supérieure pour la travée médiane, accuse un aspect [dus composite mais bien équilibré tandis que l’unité de la silhouette 111 est déjà plus discutable.
- Quand l’unité d’un pont est très solidement établie sur une grandi' longueur, les disparates des approches sont moins nuisibles (fig. h). L’unité peut du reste être assurée par la jonction matérielle des travées, largement étalées aux yeux ; c’est le cas de la travée (.•entraie en arc, figure 10, n° i, qui vient s’encastrer puissamment avec des poutres droites des travées de rives, au droit des piles.
- La figure io, n° 11, montre un exemple de solidari-salion peut-être excessive et souligne la lourdeur des courbes à inflexions ou a courbures inverses ». Par contre, l’unité est quasi-inexistante dans le pont de la figure 10, n° III, par suite des jonctions trop grêles à l’aplomb des piles.
- PONTS A POUTRE PLEINE
- Les poutres maîtresses à âme pleine (fig. 13) sont aujourd’hui en faveur pour la construction des ponts métalliques dont la longueur n’est pas excessive. On
- Fig. 8. — Poutre Vierendeel avec deux poutres droites d’accès.
- Pour le profane, il est peu compréhensible que. ces poutres droites, très courtes, soient plus massives que le tablier central.
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- accorde à cette technique un aspect de tranquille robustesse dont le défaut serait de confiner à la lourdeur.
- Ce défaut est évité aujourd’hui très simplement, dans les poutres pleines à tablier supérieur, par de légei's galbes d’intrados dont les figures i3 et i4 donnent une idée. La courbe adaptée est une parabole à fort surbaissement (1/12 ou même i/i5), sans jarrets. On obtient un aspect très harmonieux en remplaçant la partie médiane de cette parabole par une ligne droite ; la figure 1/1, n° Il montre toutefois qu’il ne faut pas aller trop loin dans cette voie.
- =.= 101 =
- Le développement de la soudure, en supprimant les x’ivets et les grandes plaques de recouvrement, tend aujourd’hui à orienter les constructeurs vers les surfaces nues.
- DESSINS DES TREILLIS
- Les poutres métalliques réticulées, c’est-à-dire formées d’un treillis à claire-voie de poutrelles, ne présentent pas l’aspect de tranquillité des poutres pleines, dû à une compi'éhension immédiate des formes. Elles
- >0 «• uvt 1 * 1
- Fig. 9. •— Trois exemples de ponts à poutres pleines en trois travées, pour la traversée d’une même vallée.
- La poutre rectangulaire est très homogène mais monotone ; la silhouette n° 2, légèrement galbée, est plus expressive. La
- silhouette n° 3 paraît anguleuse.
- L’uniformité plane des tôles pleines n’est qu’une apparence ; en réalité, ces tôles doivent être raidies, c’est-à-dii'e renforcées cou Ire le gondolement par des nervures perpendiculaires à leur plan. La question est discutée de savoir si ces nervures doivent être dissimulées à l’intérieur ou placées en évidence sur la face extérieui-e (fig. 14) -
- Cette dernière solution a l’avantage d’ « égayer » les surfaces métalliques, sur lesquelles se projettent des ombres lors des éclaii'agcs obliques. Il est l’ecom-mandable d’adopter un espacement régulier, fornnant des carrés dans la partie centrale des travées. L’espacement peut être réduit au-dessus des piles, le spectateur comprenant d’instinct que la charpente doit êti'e renforcée aux points de partages.
- ont un aspect mécanique de « bielles arrêtées » qui risque de conduire au fouillis si le constructeur ne s’asti'eint pas à une discipline d’ensemble.
- La pi'emière condition à idéaliser est Yunité du, dessin ; si, par exemple, un grand pont métallique comporte des piles en treillis, un gi'and arc en treillis et un bandeau de tablier également tx'eillissé, il sera indispensable que ces trois treillis pi'ésentent des dessins tout à fait analogues.
- Seconde condition, un dessin très sobre : il ne faut pas confondre les ti’eillis de ponts, dit le colonel Icre, avec les ferronneries d’art ! Les dessins les plus usités sont les croix de saint Andi'é simples ou multiples (en forme d’X), les treillis en K ouvert vers la droite, la gauche, le haut ou le bas ; les treillis en Y avec
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- = 102 .................................— ..............
- pointe haute ou basse, les treillis en V bissecté avec pointe haute ou basse et les treillis en N droit ou renversé, particulièrement simples mais un peu pauvres.
- On joint parfois à ces conditions l’interdiction d’une échelle excessive, ce qui revient à proscrii'e les triangulations colossales qui furent de mode jadis. Nous ferons remarquer que la simplicité procurée par ces très grandes barres est cependant fort éloquente, au lieu que la complication des charpentes géantes est franchement désagréable (fîg. 5). Quant à 1’ « effet
- que les poutres à galbe supérieur s’accommodent de n’importe quel dessin. C’est l’inverse avec la poutre en arc renversé, dont on peut dire qu’elle jure avec tous les treillis quels qu’ils soient (fig. 16).
- La soudure contribue à alléger les ponts en treillis par la suppression des goussets d’assemblage, des pièces d’encastrement et accessoires ; elle se prèle particulièrement à l’assemblage des pièces tubulaires, difficile avec le rivetage. Des allégements très importants peuvent être attendus dans celle voie, au point
- i '-Kit
- Fig. 10. — Silhouettes de ponts en arcs.
- r es silhouettes nos 1 et 2 attestent une unité indéniable, grâce au puissant encastrement des poutres de rives avec l’arc ;
- l’unité est faible dans le pont n° 8.
- de surprise », il a bien son prix ; les membrures géantes d’un très grand pont sur bras de mer, comme le pont de Forth, sont à l’échelle du monstre et concourent au sublime... Il est vrai que le sublime n’est pas une qualité très française, nous lui préférons l’audace élégante et le goût.
- Quelques prescriptions évidentes achèvent de fixer le dessin des treillis. Les barres diagonales doivent être placées dans le sens court des parallélogrammes et non dans le sens long (fig. i5). Les poutres rectangulaires tendant à la monotonie, il est avantageux de les égayer par un treillis légèrement varié, tandis
- que les ponts devront être lestés par du béton en vue d’atténuer les vibrations !
- Notons encore la nécessité de « truquages » dans les cas où le métal permet, techniquement, des tours de force peu compréhensibles pour l’œil. Ainsi, le pont Mirabeau repose sur ses piles par deux rotules cylindriques de si petit diamètre que, vu dé loin, il aurait l’air perché sur pointes. Résal a jugé nécessaire — on le lui a reproché — d’ajouter aux arcs de fausses retombées donnant l’illusion que le pont s’appuie sur toute la largeur du couronnement de la pile.
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- Fii/. II. •— Train électrique de la ligne du Saint-Gothard sur le viaduc de Kerstelenbach.
- Fig. 12. •— Exemple d’ouvrage sur poutre pleine droite.
- Avec son léger treillis en losange, ce pont était un peu faible pour un traiic lourd et rapide. On l’a renforcé au moyen d’arcs renversés placés en dessous ; l’un de ces arcs est visible sous la membrure inférieure de la poutre droite (Chemins de fer Suisses, Paris).
- La photographie alourdit, ce pont qui est sobre et bien dégagé avec la ligne continue du trottoir soulignée par des consoles apparentes (Pont du Tilleul à Tourcoing ; Baudet, Donon
- et Roussel).
- Fig. 13. — Le pont, à poutre pleine, avec intrados légèrement cintré et tablier en dessus est l’ouvrage « passe-partout ».
- Peu encombrant, d’une élégance sobre et d’un dessin très franc, ce pont s’accorde admirablement aux nobles lignes
- ondulées d’un paysage de France.
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- MatSVsra:nïaMvtw<i%|t,<Wi5!î3i!îlîiAii4w»ïr*;s^VifWj)M!<A5??E
- Æi ^ K'M
- Fig. 14. — Ponts sur poutre pleine à intrados cintré : en haut, cintre parabolique, en bas, rectification excessive du milieu
- de l’intrados.
- Les nervures de raidissement sont apparentes.
- CHOIX D'UN TYPE
- Le pont à poutre droite et à tablier inférieur est le pont « passe-partout », excepté pour les usages urbains où il n’est tolérable que sur un très grand fleuve. La
- Fig. 15. — Disposition des diagonales.
- Les barres diagonales doivent occuper la diagonale la plus courte des quadrilatères qu’elles sous-tendent. L’arc n° 1 est plus satisfaisant que l’arc n° 2.
- poutre à âme pleine (pont-tunnel) n’est pas à recommander, malgré la réussite très particulière du fameux pont Britannia, sur la Mersey. Nous avons examiné ci-dessus les poutres à galbe supérieur, genre bow-string et Vierendeel.
- Les poutres droites à tablier supérieur sont très peu encombrantes. Dans les ponts ordinaires, on peut les
- placer très près de l’eau avec un galbe de l’intrados. Dans les ponts élevés et les viaducs, la poutre pleine est parfois trop sobre tandis que le treillis réalise la perfection : le viaduc des Fades, notamment, est certainement le plus pur et peut-être le plus beau du monde, " ' * L y
- Les poutres de hauteur variable avec tablier supérieur, c’est-à-dire les arcs renversés, sont toujours bizarres. Néanmoins, le nouveau pont de Brüg (fig. a)
- Fig. il. — .4rc à tablier supérieur.
- L’arc à fort surbaissement convient dans tous les cas, les faibles surbaissements devant être réservées aux vallées encaissées.
- est très supérieur à l’ancien avec ses fuseaux inesthétiques.
- Pour les moyennes et grandes portées, outre les ponts suspendus, deux solutions sont possibles : les ponts en arcs et les cantilevers.
- PONTS SUR ARC
- Le pont sur arc, c’est-à-dire avec tablier en dessus, a l’avantage d’être immédiatement compréhensible à l’œil. Les forts surbaissements (i/i5 ou même 1/18) sont plus esthétiques, les arcs à faible surbaissement (i/5) convenant aux vallées encaissées (fig. 17). Pour les surbaissements de 1/6 à 1/8, le tracé parabolique donne un galbe satisfaisant, mais la ligne circulaire est préférable au delà de 1/10 pour éviter une partie quasi-rectiligne et disgracieuse au voisinage des naissances.
- L’arc à trois articulations, avec deux moitiés galbées séparément, est d’aspect agréable ;
- Fig. 16. — Choix du treillis suivant la silhouette de la poutre.
- La poutre rectangulaire avec treillis trop simple (n° 1) est inerte ; un treillis varié (n° 2) permet de 1’ a égayer ». La ligne galbée (n° 3), plus vivante, s’accommode d’un dessin simple ; l’arc en dessous (n° 4) n’est jamais très satisfaisant avec un treillis.
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- Fi il. -18. — Voici un o iierut/e justement réputé : le pont en arc de la Huche-llernard, en France, à tablier intermédiaire.
- L’arc- est. triplement, articulé, au sommet et. aux intersections avec, le. laltlicr, avec, galbe». en fuseau des deux moitiés ; il se prolonge en dessous par des piles obliques très évasées dont, la continuité avec, l’arc supérieur est, visible au premier coup d'ail. Treillis exl.rémemenl, simple, en poutrelles ajourées, tirants verticaux de suspension du tablier réduits à de simples lils. 1,’eeil est, un peu surpris par l’amincissement de l’a.ri1, à la rotule supérieure formant clef (Ifaydé).
- on lui préfère», souvent aujourd'hui l’aie à doux arlicu-lalions (an', unique) fortement renbé au milieu ou d'épaisseur constante. Avec Tare encastré aux naissances, c'est-à-dire largement appuyé, à la rive comme une lotir oblique, la partie mince se trouve1, au eon-Iraire, au milieu.
- La ligure ai montre un exemple de puni à bétjttil-le.s, formule, permettent un dégagement précieux de l'intrados. Il en existe un exemple à Paris, à l’arrivée du mélro en gare de Grenelle, pour le franchissement du quai d’Orsay.
- Les pouls on arc à tablier inférieur (lig. iq) ou médian ont l’inconvénient d'encombrer le paysage ; aussi cherche-t-on à surbaisser les arcs. Il est à remarquer que ces arcs doivent résister à l'effort du venl, ce qui oblige à les réunir par des poutrelles formant au-dessus de la chaussée1, un loit disgracieux.
- La tendance est aujourd’hui de. supprimer ces poutrelles en élargissanl eonsidérablemenl les ares, ci1 «pii n’allère nullement la silhouette pour un spectateur au sol.
- Lee pont de1, la Koc-he-lternarel, en Frane'e, est un éléganl exeimpte ele pont <‘ii arc à trois articulations et à laltlier intermédiaire (lig. 18). Les grands r<»e»ords mondiaux sont détenus par le1 peint rte ltell-Gate, avec .105 m d'ouverture, dont l’arche est assez lourde, 1e pont, plus léger, de
- Ki11-\ an-kull, avt'c 5o,H m c 5o/| m d ’ou ve-rl lire (lit;', i ).
- I le1 puni de1 Sydney avec
- CANTILEVERS
- Les ranlilevers sont formés de consoles, équilibrées ou non, imposant sur les piles mminc aidant ete beaux elee balane'e <‘,t suppetrlant parlois dos poulres indépendantes au move'ii d’arliculalions.
- Fi</. 11). — Pont de Sony-Ma, en Indochine.
- Arc, à trois arl iru lai, ions, d'épaisseur décroissant ve*rs le' setmmel,, tirants elc s n s 11 e111 s i e h i gréâtes. Ircillis simple en N, pemlrclics transverses de l’arc ajourées, liema ri] uer l’e.xlrème, sobriété des culées, qui cemtraste; avec les monnmenls romantiques en vetgue il y a une <|uarnnlaine d’années (ltaydé).
- !Wi#Sl
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- Fig. 20. — Cantilever surbaissé : Pont de Pirmil, à Nantes (Daydé).
- Le pont de Cernaxoda, en Roumanie, offre un bel exemple de eanlilevers à tablier inférieur ; l’œil suit avec agrément la ligne expressive des membrures supérieures qui s’oppose au tablier droit.
- Deux ouvrages classiques représentent 1e eantilever à tablier intermédiaire : le pont du Firth-of-Forlh eu Écosse et le pont de Québec au Canada. Les consoles principales du Forth ont 206 m de. longueur ; elles sont réunies par de courtes travées en bow-string, les deux portées centrales atteignant ainsi fnq m.
- Le pont de Québec est formé de deux consoles montées sur pointe, longues de 177 m et réunies par une poutre de iq5 m. L’ensemble est beau, bien équilibré, à la fois puissant et léger, la triangulation est grande, sans lignes droites verticales excessives comme dans le pont du Forth. On sait, du reste, que pareil au célèbre chœur de la cathédrale de Beauvais, le pont de Québec a été victime de deux effondrements avant son achèvement !
- Quant aux cantilevers à tablier supérieur, ils viennent s’apparenter aux ponts en arcs, avec lesquels le public a tendance à les confondre. Nous retrouvons ici le viaduc de Viaur (ouverture 1220 m) dont [VI. Petit a dit qu’il est sans doute « l’ouvrage métal- ' tique le plus émouvant qu’il soit donné de conlem-
- Fig. 21. — Pont sur poétique à béquilles, récemment construit en Belgique.
- Surbaissement propre de ta parabole d’intrados 1/40. IJn pont à béquilles existe à Paris au débouché rive gauche du viaduc, de Passy.
- pler ». Tout à l’opposé, le pont de Pirmil, à Nantes, surbaissé, rasant l’eau, montre les ressources de ce système dans les cas les plus variés (Fig. 20).
- Quant au pont Mirabeau, ce n’est pas un eantilever pur. Les deux consoles sont dissymétriques : elles ont tendance à piquer du nez au milieu du ileuve, mais Résal a eu l’idée de les accrocher à lcr rive par des bielles verticales ancrées dans la culée ; ces bielles sont visibles pour un spectateur circulant sur la berge. La poutre centrale se Irouve réduite à l’articulation formant clef de voûte.
- Il est remarquable que Viaur, Pirmil et le pont Mirabeau possèdent tous trois la même trangulation Irès simple, en N ; et ceci confirme que le treillis doit être sobre quand la silhouette générale exprime suffisamment le mouvement.
- Faut-il conclure ? De tant de possibilités, de l’immense richesse technique que nous apporte le métal, on ne voit pas encore se dégager des « styles » distincts. Selon l’expression de M. Pompe, il n’y a p^s a un style de la pierre », il y a l’antique, le roman, l’ogival, tandis qu’il n’existe qu’un «style du fer». Résal écrivait, et. ses paroles restent vraies à quelques nuances près :
- « Dans tous les pays du monde, les ouvrages métalliques se ressemblent comme des frères : aucun caractère distinctif ne permet de discerner la contrée où le hasard les a plantés. Ce cachet de cosmopolitisme, qui exclut toute adaptation au génie propre de chaque nation, démontre qu’au point de vue esthétique, on n’est pas encore sorti de la période d’incubation. »
- Notre génération ou celle de nos fils verront-elles naître ces « styles nationaux » de la construction métallique ? Cela est plus que douteux. Il a fallu près de mille ans à la civilisation chrétienne pour concevoir les cathédrales : combien de siècles faudra-t-il à l’humanité pour arriver aux plus hauts sommets de l’Age du Fer P
- Pierre Devaux,
- Ancien Élève de l’École Polytechnique.
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- LE « BUNA » CAOUTCHOUC SYNTHETIQUE ALLEMAND «w
- C’esl en 1839 que Goodyear en découvrant le phénomène la vulcanisation détermina véritablement l’essor indus-Iriel du caoutchouc. Jusqu’en 187G le Brésil resta le seul producteur du latex des hévéas sauvages mais à cette époque, un Anglais, Wickham, réussit à sortir en contrebande de la brousse brésilienne 70.000 semences d’hévéas qui, essai-mées dans tout l’Orient, ont servi à créer toutes les plantations de caoutchouc des Indes néerlandaises, de l’Indo-rhine, etc...
- Ce n’est guère qu’à partir de 1910 que les produits de ces plantations commencèrent à jouer un rôle sur le marché mondial dont le développement se continuait à un rythme extrêmement rapide, la consommation passant de 70.000 t, en 1910 à 960.000 t en ig36, la majorité (60 pour 100 environ) étant absorbée par l’industrie automobile.
- Une matière dont le marché a un tel essor et dont les centres de consommation sont très éloignés des lieux de production devait inciter les chimistes à essayer de la réaliser par synthèse pour rendre les pays non producteurs indépendants des importations, surtout en temps de guerre. Pour l’Allemagne en particulier, dès 191/4 le problème de l'approvisionnement en caoutchouc se posa avec la même acuité que celui du ravitaillement en essence. Après la guerre, Ja disparition des colonies allemandes, dans certaines desquelles les plantations de caoutchouc auraient pu fournir une production importante, conserva à la question toute son actualité et les travaux de recherches furent continués avec la même ténacité. Après plus de i5 ans d’efforts, le succès a couronné les efforts et, dans son pavillon à l’Exposition internationale de Paris, le Reich expose avec une légitime lîerté le Buna, caoutchouc synthétique allemand.
- Dès 1880, Bouchardat avait émîs l’hypothèse que l’iso-prène, dont on constate là présence dans les produits résiduaires du caoutchouc, en était en réalité la substance-mère, dont, le latex dérivait par polymérisation. Malgré les nombreux essais, on ne put arriver à obtenir, à partir de l’isoprène que des produits assez différents du caoutchouc.
- Les recherches de Harris, Matthew et Hofmann ont donné une nouvelle impulsion aux recherches. L’isoprène en effet n’est qu’un des membres d’une famille d’hydrocarbures linéaires dérivés d’une substance fondamentale, le hutadiène et c’est ce corps qui est employé comme constituant de base du caoutchouc artificiel. Sans entrer dans le détail des opérations, tenu d’ailleurs assez caché par les usines allemandes, nous allons exposer rapidement les grandes lignes du processus chimique.
- Le hutadiène dont la formule est :
- GH2 = CH — CH - CH2
- se prépare à partir de l’acétylène en 4 stades successifs.
- La première réaction a pour but de fixer une molécule d’eau sur une molécule d’acétylène afin de former de l'aldéhyde acétique ou acétate d’éthyle CH3 — GHO. Elle est donc la même que le premier stade de la fabrication synthétique de l’acide acétique déjà pratiquée couramment, pour différentes applications.
- Ensuite les deux procédés divergent. Pour celui qui conduit, au hutadiène et ultérieurement au caoutchouc synthétique, en opérant dans des conditions déterminées en présence de lessive de soude, on transforme a molécules d’acétate d’éthyle en aldol suivant la réaction :
- :> G H3 GHO = CIP — CIP OH — CH2 — CHO.
- Le troisième temps consiste à traiter l’aldol par l’hydrogène pour le transformer en glycol butylique ou butol suivant la formule :
- GIP — GH.2 OH — CIP —GHO + II2
- = GH3 G1IOH — GH2 — CIPOII.
- Enfin on soustrait à ce, corps deux molécules d’eau et on obtient le. hutadiène, le corps fondamental de la synthèse du caoutchouc. Comme l’indique la formule que nous avons donnée plus haut, ce corps est caractérisé par l’existence de deux doubles liaisons, c’esl -à-dire que ses valences ne soid. pas toutes saturées cl que par suite il a une grande activité chimique. En particulier, la structure interne de ce corps implique la possibilité d’association d’un grand nombre de molécules isolées pour donner des polymères contenant n molécules de hutadiène associées, n pouvant être égal à plusieurs centaines et donnant alors, suivant les cas, des huiles, des substances similaires au caoutchouc et des substances résineuses. La polymérisation peut êti’e simple, lorsque ce sont des molécules de hutadiène seules qui entrent en combinaison, ou mixte lorsqu’elle a lieu entre des molécules de hutadiène et des molécules chimiques de nature différente présentant entre elles des affinités d’association. G’est aux polymères mixtes qu’appartiennent le Buna B et le Buna N.
- La difficulté pratique réside dans le contrôle de la polymérisation afin d’obtenir un composé final homogène et, déterminé et non un mélange de tous les produits qui peuvent se former. Dans le cas présent, la polymérisation par émulsion a donné la solution du problème. Elle consiste à émulsionner le hutadiène dans l’eau, c’est-à-dire à le mettre sous forme de fines gouttelettes en suspension. En ajoutant alors à l’émulsion certaines substances, dans des conditions de concentration et de température, bien déterminées, on obtient finalement un liquide laiteux semblable au latex de l’hévéa dont, on peut retirer par traitement, chimique le caoutchouc brut sous forme d’une masse rugueuse blanchâtre que l’on travaille ensuite comme le latex coagulé.
- Ge caoutchouc synthétique est d’ailleurs nettement différent, du produit naturel et. ses propriétés en particulier ne sont pas identiques. Il serait plus résistant à la chaleur et moins sensible à l’altération et, l’érosion. D’autre part, le Buna N se différencie du caoutchouc naturel par son inertie à l’influence des huiles et essences. Par contre, tandis que le caoutchouc naturel se prête facilement à l’incorporation des matières colorantes et de charge (noir de fumée, minium, etc.), les Buna ont besoin d’un traitement mécanique au laminoir beaucoup plus long pour leur donner la plasticité suffisante.
- Il résulte de ce que nous venons de dire que les usines qui actuellement, traitent, le caoutchouc naturel devront s’équiper d’une façon différente pour le traitement des Buna, de sorte que l’usine de synthèse et la fabrique de produits ouvrés doivent collaborer étroitement pour s’adapter l’une à l’autre.
- Actuellement, malgré le prix de revient des Buna infiniment plus élevé que celui du caoutchouc naturel, l’l. G. Earbenindustrie monte entre Hamen et Merselbourg, au village de Sckopau, une grande usine de fabrication du Buna dont la production est escomptée pour le début de 1938. Une seconde usine est en voie de préparation et le programme en comporte plusieurs autres, afin de rendre l’Allemagne indépendante de l’Importation du caoutchouc. Parallèlement les installations de malaxage et de broyage sont complétées dans les usines de transformation de façon à pouvoir utiliser le tiouveau produit dès qu’il sera industriellement, fabriqué.
- H. Vigneron.
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- 108 LEVERS TOPOGRAPHIQUES DU CORPS HUMAIN
- Parmi les applications modernes les plus importantes de la photographie figure la phofogrammelrie, dérivée de la pholo-topographie, errer vers iSaa par le Colonel Laussedal.
- Laussedat n’avait eonstilué que, la pholo-lopogra-phie terrestre, e’esl-à-dire les levers aides par la photographie, mais conduits avec, toute*, la précision démesure des hases, distances, ang'les, usuelle en topographie classique. Ce problème seul importait alors, Car on ne connaissait ni l'avion, ni même le ballon dirigeable, ni le gélatino-bromure qui rendit possible* l'instantanéité. Mais Laussedat n’eut évidemment pas élé inférieur aux problèmes les plus délicats qui découlèrent de sa méthode, et qui s’imposèrent, à ses conli-nualeurs quand on songea a utiliser, dans un but. topographique, des photos prises en avion.
- Pendant la guerre, on lit un large usage* de* ev.s photos, en tant que renseignements sur les positions ennemies. Mais ces renseignements restaient etrangers aux exigences de la topographie*. Ils ne prenaient quelque valeur l.opographiepie epi’en les repérant avec des cartes préexistantes. L avion, en ellel, ne fournil, que des images (irises à une eehelle inconnue, sous des
- angles inconnus, et dans des plans inconnus ... le tout
- cependant se prêtant à la restitution, mais très labo rieusemenl.
- Il fallut donc un travail considérable de la part de géomètres éminents pour étendre systématiquement aux cas les plus complexes les principes de la méthode Laussedal. M. Roussilhe, entre autres, a donné, dans son grand Traité de. PhoUnjranirnétrie les abaques complets des corrections pour les .déformations les plus compliquées.
- Il fallut, l’effort de constructeurs émérites pour matérialiser eus principes en mai lunes capables de, redresser les perspectives les plus... contorsionnées, de les traduire eu images orthogonales, et enfin de les dessiner en un tracé topographique correct, figurant non seulement les objets au sol (roules, maisons, etc.), mais aussi tous les mouvements du terrain, sons la forme conventionnelle des courbes de niveau.
- ( lar ce sont, des machines qui accomplissent aujour-
- fVr/. 1. — Schéma d’une radiographie de. misse. 1, vue, de l'are; 2, • vue de profil.
- £ro fil £
- d’hui ce travail ultra-compliqué, du topographe. Machines, il est vrai, dirigées par l’œil exercé d’un praticien, mais machines tout de même. Ou plutôt înaehinés-cerveaux, autoniaies jlourvus d’yeux-micro-scopes distinguant le centième de millimètre, de doigts goniomètres, appréciant les angles au quart de centième de grade, de tnains-panlographes traçant le tout avec la précision inébranlable de bras d’acier... Kl. comme c’est simple... ! On met le cliché photographique à un bout, (‘il lace d’une petite lunette... et la carte se dessine à l’autre bout.
- (les mai bines abattent naturellement un travail considérable. Avec deux praticiens servants, chacune arrive à faire un carré de... h à (i cm par jour. O’esl ainsi qu'avec de la patience on peut arriver à bout des travaux les plus importants ; par exemple la réfection au i/ho.ooo, en courbes et en couleurs, de l’ancienne carte d’état-major au i/Ho.ooo, noire et eu hachures, dont la lecture est si chargée, (le travail exécuté par les anciennes méthodes, et malgré le nombre respectable de h h o équipes d’opérateurs réparties sur tout le territoire, -— eût demandé environ Cio ans... Grâce à la mise en service d’une dizaine de ces machines, — en l'espèce des « sléréo-resliluleurs Loi v i 11 iers » — on pense s’en sortir en ah à lu ans ; ce «pii est acceptable pour une carte de quelque (ioo.ooo luir (G<* millions d’ha, une centaine de mille de ees petits carrés de h cm de côté), carie établie avec la rigueur traditionnelle dont s’honore h* Service Géographique de l’Armée. Kl, la topographie, encore inexistante, de nos colonies pose des problèmes non moins importants.
- Le génie de Laussedal, revit, doue, dans ees méthodes de photo-géométrie, qui mènent à des réalisations si parfaitement, simples. Si simples qu’elles devaient retenir l’attention de bien des esprits pour des applications très différentes de la topographie, et professionnellement aussi utiles, (l'est ainsi qu’on voit aujourd’hui la phologrammélrie employée par des architectes, des médecins, des policiers..., des éleveurs.
- Voilà bien des applications, et assez imprévues, du principe de la a ligne droite ». Nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir avec, quelques exemples pittoresques. Essayons par avance d’en dégager le principe commun d’utilité, en disant que, grâce aux méthodes de construction géométrique appliquées par Laussedat, à l’interprétation de documents photographiques, il est peu de professions qui ne puissent, de tels documents, si fragmentaires qu’ils soient, extraire des renseignements professionnels de la plus grande utilité.
- (l’est ainsi que des officiers de marine ont pu rétablir des plans secrets d’un nouveau cuirassé survolé en mer lointaine ; qu’un architecte a pu reconstruire fidèlement une église historique, rasée par la guerre, d’après une vieille carte postale ; qu’un policier trouve dans une photo l'identification d’un criminel, par une empreinte de talon ; que des éleveurs établissent des pedigrees. C’est ainsi enfin • •— et ce sera la justification de notre litre, — que des méde-
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- rins arrivent à localiser, au millimètre près, des lésions dans le corps humain.
- Bien sur, se dira-t-on tout de suite : par les rayons \. Oui, évidemment. Mais les rayons \ ne l'ont pas tout. Kl il y a encore la manière de s’en servir.
- Car, en somme, <jneI renseignement fournit au jusle une radiographie simple P Voici par exemple, un blessé qui a reçu plusieurs éelals dans la cuisse. On le passe à la radiographie et l’on ohlienl une image qui sera par exemple celle de la ligure i.
- Nous apprenons par là :
- i " qu’il y a Irois éelals ;
- >." que l’un se, trouve sur le plan horizontal à m cm au-dessus de la rotule, l’aulre à if) cm, l’autre à :>,o cm;
- qu’ils se trouvent également dans un plan vertical à ... cm du bord de. la cuisse.
- Cela est déjà précieux, car pour retrouver le projectile on n’a plus besoin d'enfoncer la sonde un peu au hasard à partir des trous. On sait, qu’en enfonçant la sonde dans la direction des points A,R,C, on va assurément rencontrer des éclats... quitte à traverser toute la cuisse. Car la radio ne nous dit pas à quelle profondeur se trouvent ees éclats. Nous avons un renseignement sur la situation en luiulcur de la (misse, (plans I’), en largeur de, la cuisse* (plans Q), mais aucun sur la position en profondeur.
- Kncore, dans ce premier exemple grossier, pourra il-on dire que de tels sondages lestent admissibles dans une masse musculaire telle que la cuisse. Il n eu serait plus du tout de. même, dans un milieu à organes complexes, tels que. ceux du thorax. Pour ceux-ci, en effet, se produira toujours et aggravée, - - la complication du cas de l’éclat C. Ksl-il en avant, ou en arrière du fémur i1 La radio ne nous le dit pas (rime layon absolument certaine.
- ylci il faut tout de .même ouvrir une parenthèse pour excuser ce «pie ces indications, conçues dans un luit, d'information générale, ont de rudimentaire. Elles ne s’adressent évidemment pas à des médecins dont l'œil « clinicien » a mille autres ressources d’appréciation, surtout dans des cas aussi simples. Mais en somme, il en est bien d’autres, très délicats, où l'expérience clinique la plus consommée aimera à s’appuyer sur un document graphique irréfutable, ce qui est le but, final de cet exposé).
- Il y a évidemment un moyen simple de se procurer ce renseignement qui manque sur la profondeur. C’est de radiographier de nouveau la cuisse blessée, non plus de lace, mais de profil. On obtiendra alors une radio telle que ligure i (vue de profil), apportant tous les renseignements coin plémentaires.
- Mais ce qui n’est qu’un jeu pour cuisse ou autre membre sera déjà un peu plus difficile dans le thorax. On ne radiographie pas si aisément, un thorax, ou un bassin, de profil. Et alors, surtout,, il faut abandonner ici la fiction de notre exemple, celle de corps étrangers, qui sont extraordinairement visibles au milieu de l’organisme. La recherche délicate qui importe réellement est celle des lésions organiques. Or celles-ci sont toujours difficiles à apprécier, même dans des cas
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- relativement simples, ceux où leur siège n’est pas trop intriqué dans d’au 1res organes. Les cas sont donc nombreux où la radio actuelle ne dit rien. Rien ou du moins, à la fois beaucoup et peu. Beaucoup : si elle décèle, tout, de meme la présence d’une lésion. Peu : puisqu'elle dit assez mal où celte lésion est située.
- On eut donc de bonne heure, en radio, l’idée de recourir à la vision stéréoscopique, qui donne déjà une sensation beaucoup plus directe, plus réelle, de la situation litigieuse. Mais le résultat est encore incomplet, insuffisant. Incomplet : car la plus belle stéréo du monde, ne peut montrer que ce qu’elle voit. Stéréo-graphiez un arbre. Vous le reverrez dans torde sa réalité : tronc noueux, feuilles suspendues dans l'espace, cl jusqu’au plus fin sillon de. l’écorce... Mais vous ne 'verrez pas l’écureuil (pii se cache derrière. Il en va à peu [très de meme en radio. Les radiations traversent bien les corps, mais en somme ne peuvent les montrer qu’à l’état d'ombres, de silhouettes. Or, ces silhouettes superposées se, cachent, ou du moins s'oblitèrent réciproquement. La lecture du document reste donc incertaine. Elle ne donne, aucunement, la certitude, absolue (pie donnerait une radiographie de la lésion isolée de loul son voisinage ei située dans l'espace, (lotie certitude, ce sont, les méthodes photo-grammélriques qui vont l'apporter au chirurgien. En effet, on saisit, qu'il s’agit bien de chirurgie, et non plus seulement, de. médecine. Le. médecin pourrait, se tenir satisfait de connaître l’existence de la lésion, puisqu'il ne la soigne (pu*, par des moyens extérieurs. Le chirurgien, au contraire, a le plus grand intérêt à savoir où, exactement, doit, porter son intervention.
- Situation exacte,, description exacte, tels sont les deux éléments nouveaux que la radiographie, peut aujourd’hui fournir au chirurgien, grâce aux méthodes j ihoI ogi’a m m é 1 r i q ues.
- Fi y. "1. — Schéma d'une i>rhc de s i. éréoradioy raphie.
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- Fig. — Le parallélogramme lesliluleur de la profondeur h. Los centres fixes A! et A3 restituant, les positions Al et Al» de l'ampoule, le petit, côté du parallélogramme restituant le déplacement, du ülm, on place la réglette LM au contact de l'imago Ll. Le point correspondant, sur l’horizontale, de la règle ' Al N représente alors la position de prise de Ll. On place de même la règle A2 au contact, de L2. La profondeur h se trouve ainsi restituée à partir du croisement I’ des deux règles.
- Situation exacte. — Kilo est extrêmement simple à définir, en parlant de deux éléments stéréographi-ques de distance principale et de base connues.
- La stéréo-radiographie s'exécute par des moyens un peu différents de la sléréo-photo. Ici comme là, il faut que le sujet soit « pris » de deux points de vue un peu différents, et sur deux éléments de plaques séparés. On y arrive en radio par le dispositif assez simple représenté sur la ligure •>,.
- L’ampoule À possède un mouvement de déplacement qui l'arrête soit en Ai soit en Aa.
- Le châssis C à films 3o/4o possède aussi un mouvement, de Iranslation qui lui permet de prendre alternativement la position (.1 ou (7. La lésion L d’un corps humain H, couché sur Je film, viendra donc former
- Fig. 4. — Epure du plan horizontal de L par rabattement.
- Plâ/t ctu décubi tus
- son image tantôt en Li, quand elle sera soumise à l’irradiation Ai, tantôt en La, sous l’irradiation Aa. Les mesures des déplacements de Ai en Aa, de C en (7, et la hauteur verticale entre l’ampoule et le film, sont standardisées, par exemple, AA' = 5 cm. ('A'/ = iy cm. H = 5o cm.
- Lorsqu’on radiographie ainsi, l’image d’un point quelconque L vient se former une première fois en un point Li, sur la première moitié (3o x ao) du film 3o/4o. Ce point, Li se trouve, par glissement du châssis, transféré en L3. A la seconde impression, l’ampoule étant en Aa, Limage de L vient se former en La, sur la deuxième moitié du film.
- Sur la double image radiographique, il est donc bien facile, connaissant toutes les mesures standardisées ci-dessus, de reconstituer la marche des rayons, et de trouver très exactement l’emplacement de L ftig. 3). On peut même alors en tracer une sorte de (( lever topographique » ramené au siège de la lésion, el aux organes essentiels voisins qui peuvent servir de, {•oints de repère, (l’est donc un grand point déjà acquis, car désormais le chirurgien sait, par où il peut le mieux accéder à la lésion L : par derrière, par devant, etc. 11 a en main un véritable plan coté, lui montrant que telle lésion se trouve à telle distance de l'omoplate, de la côte n° 3, 4, 5, etc. (fig. 4).
- Mais ce n’est, pas tout. La lésion est fréquemment placée de telle façon que la superposition, des organes la masque en partie. Elle peut même se superposer à elle-même, en ayant une profondeur non décelable. Il serait donc très utile qu’on pût la distinguer isolément de tout le reste, la radiographier de façon à en connaître tous les contours, indépendamment, de tous les organes avoisinants.
- On y arrive par un artifice nouveau, mis en œuvre par un appareillage spécial dont le principe est le suivant. Étant donnée la position connue maintenant de la lésion L, si l’on radiographie celte région avec un déplacement en sens contraire, de l’ampoule et du film, déplacement tel que le point L en reste le centre immobile, et cela en reproduisant exactement les données métriques de l’opération précédente, on obtiendra une radio où seul le plan de L sera représenté par des ombres nettes. Tous les autres plans, au-dessus et au-dessous, seront flous, indistincts, puisqu’ils auront posé avec des déplacements latéraux plus ou moins étendus. On aura donc ainsi une image nette et, isolée de la région observée.
- Cette méthode permet donc d’obtenir des images par tranches superposables. Aussi a-t-elle été baptisée radiolomie. On saisit que ces tranches superposées produisent l’effet de stéréo-synthèse signalé par Lumière.
- L’inventeur de cette méthode paraît être le Dr Bocage, de Paris (brevet 1924). Les réalisations mécaniques actuelles sont celles de Ziedses des Plantes à Ulreeht, (planigraphe construit par Massiot à Courbevoie), du Pr Yallehona, de Gênes (Stratigraphe), le Tomograplie Chaoul et Grossmann, de Berlin, l’Intra-scope de Siemens.
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- Le l)r Thiel, dans le service du Dr Pierre Bourgeois, à Brévannes, a réalisé non seulement la localisation en profondeur des points remarquables des lésions, ainsi que des repères anatomiques voisins utiles au chirurgien, mais il a suppléé à cette carence actuelle de la radio qui ne permet pas, en raison des formes et dimensions du corps humain, d’obtenir de bonnes images selon des plans antéro-postérieurs. En partant du couple stéréographique, il restitue en épures très rapides et très simples, sélectives à autant d’étages qu’on peut le désirer, et dans toutes les directions, les plans de la position debout, ces plans que les appareils de projection sélective ne peuvent actuellement donner. Ces épures permettent immédiatement le choix de la hauteur et de l’incidence de la radio par tranches. De plus elles donnent cette restitution en vraie grandeur (échelle 1/1) tandis que les documents radiographiques ordinaires présentent une accumulation de projections des plans1 superposés du sujet, tous à des échelles différentes, suivant les distances ampoule-film et ampoule-plan. Les radiotomies consécutives sont, elles, des projections toujours amplifiées, mais à une échelle parfaitement connue, puisqu’elles
- ...........-.:..:........ 111 =
- ne portent que sur un plan qui définit, par donnée même, les deux distances nommées ci-dessus.
- On assiste donc actuellement à la naissance d’une « radiogrammétrie par plans », différente de la radio-grammétrie par points, seule pratiquée jusqu’ici.
- Les premiers stéréogrammes utilisés ont été exécutés sur un châssis transposeur Philips. Ils sont mensurés sur un négatoscope stéréaulographique de Thiel. La prise en radiotomie est obtenue avec le planigraphe Ziedses des Plantes construit par Massiot.
- Il est à noter, — condition quasi indispensable, particulièrement dans les poumons soumis au mouvement de la respiration, — que l’opération pour le couple stéréo, se réduit à une pose du i/5 de seconde. Ce résultat est dû à la combinaison de plusieurs facteurs : puissance de l’ampoule, rapidité nouvelle des émulsions, étendage recto-verso de l’émulsion, action de deux écrans phosphorescents renforçateurs placés au contact des deux faces et qui jouent en outre un rôle continuateur de l’impression, l’ampoule éteinte. Quant aux planigraphies, elles utilisent des poses encore inférieures à la seconde.
- Paul Chaux.
- ; LES DIATOMITES
- «*
- Les roches organogènes formées par l’accumulation de frustules microscopiques de diatomées sont désignées sous des noms divers : kieselguhr, qui est le terme allemand ; tripoli, qui vient du gisement des environs de la ville du même nom ; randannite, du gisement de Bandanne, Puy-de-Dôme ; ceyssatite, du gisement de Ceyssat, Puy-de-Dôme ; farine fossile ; terre d’infusoire, terme impropre puisqu’il n’y a pas là d’infusoires.
- Le mot diatomite employé maintenant par les pétro-gi'aphes semble adopté définitivement. Dans son ouvrage sur les roches siliceuses, le Pr Cayeux s’exprime ainsi : « Le terme diatomite, déjà employé et « d’une acception très générale, me paraît préférable (( à tous les autres pour caractériser une vase à diato-« mées ancienne, plus ou moins consolidée, qu’elle « soit marine ou non ».
- Ces dépôts se sont formés lentement au cours des périodes géologiques par l’accumulation progressive des frustules de diatomées sur le fond des lacs, des estuaires ou des rivières (Q. Leur formation se continue de nos jours et en France, plusieurs lacs se comblent peu à peu par l’apport constant de frustules de diatomées.
- Le lit inférieur de l’Elbe jusqu’au-dessus de Hambourg est encombré de vases diatomifères. A Wismar (Mecklembourg-Schwerin) il se dépose 64o m3 par an de ces vases. A l’embouchure de l’Oder, dans le bassin du port de Swinmunde, on a retiré, en i83g, près
- de 100.000 m3 de vases composées pour un tiers de frustules de diatomées.
- On connaît un grand nombre de dépôts de diatomi-les enfouis dans les couches géologiques. Ils sont d’origine lacustre ou marine, qu’on distingue facilement par la nature des espèces de diatomées qui les composent. Les formations marines se sont probablement réalisées de la même manière que celles d’eau douce. Sur le rivage de mers peu profondes, il s’est formé des cordons littoraux qui ont isolé des étangs analogues à ceux d’aujourd’hui, par exemple l’étang de Thau ou celui de Leucate. Les diatomées s’y sont multipliées en abondance et l’absence de courants a permis leur
- Fig. 1. — Gisement de diatomites marines fossiles à Ouilles (Algérie).
- 1. Voir La Nature, 15 juillet 1937.
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- Fig. 2. — Diatomées ygrilisécs du ('rélacé supérieur (Tumnini) de llohèiiie. d'après II. \\ iesner. I, Cosvinodiseus : 2, liiddul-phia ; 3, Triceratium.
- dépôt par uni' chute incessante sur le fond de la mer, comme le marque la régularité des strates.
- ('('s formations oui élé plus ou moins considérables suivanl que les circonstances favorisaient ou non la eroissanee et la mnlli|)liealion des diatomées.
- Les dialomiles nalurelles se reneonlre.nl à létal d(‘ plus ou moins mande purelé, leur leinle varie*, du blanc pur au gris plus ou moins foncé. Elles sonl caraclérisées par une grande légèreté cl une porosité exceptionnelles.
- On admet assez souvent que les organismes plaucto-
- Fiy. 3. — Diatomées d'eau, douce fossiles du giscme.nl. de Mural (Caillai).
- niques lels que les diatomées, ont pu jouer un rôle, de premier plan dans la formation des pétroles.
- La décomposition des quantités énormes de matières organiques fournies par ees organismes doués d’une faculté extraordinaire de multiplication, a pu donner, dans certaines conditions, à l’abri de l’air, des bitumes el du pétrole, C’est ainsi qn'Englcr a obtenu du pétrole el des paraffines par distillation de bouillies végélales recueillies dans des marécages.
- C'est principalement eu Amérique que. les gé’olognes ont attiré l'attention sur les relations étroites entre les rouelles de roches à foraminifères, radiolaires, diatomées ('I le pétrole, delà est particulièrement net en daliforuie.
- Les plus importants dépôts de dialomiles se rencontrent dans fos districts les [dus riches en pétrole de daliforuie et les prospecteurs qui ont exploré (‘elle région admettent que ces dépôts sont, à l’origine des formations pétrolifères locales.
- D'ailleurs, dès iSqq, kramer, Spilker el SIa111 ont pu préparer à partir des diatomées des marécages de Slellin, une Imile hydroearbonée et une substance analogue à I’ozokérile.
- de n'est pas uniquement en daliforuie que l'on rencontre des dialomiles dans les gisements pétrolifères. La même coïncidence se retrouve dans les formations miocènes du Texas, de la Louisiane et du Mexique.
- Il est difüeile de lixer une date géologique à l’apparition des diatomées. Les plus puissants gisements du monde appartiennent au Tertiaire, mais on retrouve ces organismes à des époques bien antérieures sans toutefois (pie l’on en trouve de traces matérielles certaines avant l’époque, basique. Les Baclrylliunt du Trias (Ixeuper) de la frontière italo-suisse ne peuvent être considérés avec certitude comme des diatomées, delà ne permet pas de conclure que les diatomées ne sont pas beaucoup plus anciennes. Elles ont pu exister aux Ages les plus reculés sans que l’on en retrouve de Iraces paléonlologiqlies.
- En effet, les frustules des diatomées sont constituées par de la silice associée à de très petites quantités d’alumine, d'oxvde de fer, de magnésie et de soude. Les diagrammes de rayons X montrent une absence totale de structure cristalline. Il s’agit donc de silice amorphe, Celle-ci. est insensible à l’action des plus puissants réactifs chimiques acides mais elle est, par contre, très facilement attaquée par les solutions alcalines. Ceci explique la disparition, totale des diatomées dans ccrlaines formations qui certainement en cou tenaient. On a meme rencontré des roches dans lesquelles la silice, des frustules avait disparu, épigénisée par du carbonate de calcium, du phosphate de calcium, de la pyrite', de fer, tout en conservant la fine structure des diatomées. IM. L. Cayeux a montré que les phosphates de Cafsa sont en partie issus d’une dialomile. En effet, examinés au microscope, les grains de phosphates se résolvent en un feutrage très serré de frus-tules, pour la plupart réduits en fragments minuscules (surtout Triceratium et Coscinodiscus). Ces frustules sont phosphalisés.
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- Le giseinenl de Tcbessa présente un phénomène analogue.
- On rencontre d’ailleurs des diatomées dans des roches où elles ne jouent, qu’un rôle secondaire, notamment, dans les gaizes et, grès Jandéniens cl yprésiens du Nord de la France et de la Belgique, le tuffeau de la côte aux Buis de Grignon, etc. Toutes ces formations appartiennent au Tertiaire.
- Les diatomées du secondaire les mieux connues ont été décrites par G. 1>. llanna. Elles sont situées immédiatement au-dessous des premières couches tertiaires (Eoeène inférieur). Récemment IL Wiesner, de Prague, a découvert des diatomées dans le Crétacé supérieur de Bohème, dans des terrains plus anciens. Elles sont contenues dans des argiles appartenant aux couches de Brezno (classification de Fric) qui correspond au Turonien. Mais alors que les diatomées décrites par llanna dans le Crétacé de Californie ont conservé leur nature siliceuse, celles de Bohème sont épigénisées par de la pyrite. Ce fait nouveau est du plus haut intérêt.
- J’ai pu, grâce à l’obligeance de M. G. Deflandre, spécialiste français des microfossiles dont les travaux font autorité, examiner les diatomées pyritisées de Bohême qui lui ont été remises par M. H. Wiesner. Malgré la cristallisation de la pyrite, les formes générales sont très bien conservées. Sur les diatomées discoïdes, on observe parfaitement les mailles. 11 ne peut exister aucun doute sur la nature de ces objets microscopiques. On en jugera facilement en examinant les photographies qui en sont données ici (fig. 2). Elles sont dues à l’obligeance de la Société française de Microscopie et aux Annales de Protislologie que nous remercions de nous avoir autorisé à les reproduire.
- Les plus importants gisements de dialomile du monde appartiennent au Tertiaire. 11 semble que le développement prodigieux des diatomées à celte époque ait été facilité par la puissante activité volcanique. Les roches éruptives paraissent constituer une fertile source de silice pour l’élaboration des frustules. Les lacs de barrage formés par une coulée de lave dans une vallée sont particulièrement aptes à se transformer lentement en dépôt de dialomile.
- En fait, un grand nombre de gisements se trouvent inclus dans des basaltes, des tracliytes. On conçoit facilement que les trachytes à leucite, par exemple, riches en silicates alcalins, soient facilement attaquables et abandonnent volontiers leur silice. L’Auvergne, région de roches éruptives, est aussi, en France, la région la plus riche en diatomées vivantes et fossiles. De même, en Algérie, pour le bassin de la Tafna (province d’Oran), Gentil a montré que les éruptions basaltiques avaient eu lieu pendant le Miocène moyen, époque contemporaine de la formation des importants gisements de dialomile de la région d’Oran et Mosta-ganem.
- On trouve souvent, dans les dépôts de minces couches de cendres volcaniques (constituées surtout par des cinérites) qui témoignent de l’activité volcanique au moment même où s’accumulaient les organismes siliceux.
- Fig. 4. — Diatomées fossiles du gisement de Castel del Piano (Italie).
- D’autre part on a signalé, sur certains cônes volcaniques, des cavités dans lesquelles les algues se développaient avec tant de vigueur que les premières cendres émises au début des éruptions étaient formées de leurs squelettes. Le 2 septembre 1845, en Islande, lors d’une éruption de l’Hécla, les îles Shetland et les Orcades ont été, malgré la distance, saupoudrées de cendres organisées. C’est à une raison du même ordre que l’on doit l’abondance des diatomées dans les marécages alimentés par les geysers du Yellowslone Parle aux États-Unis.
- Le déplacement d’énormes masses de silice n’est pas le seul phénomène géologique dont soient responsables les diatomées. En effet, une espèce particulièi'e :
- Fig. S. — Diatomées marines fossiles du gisement de Saint-Laurent-la-Vernède (Gard) (Photo L. Perruche).
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- l'ig. Ü. — Diatomées marines fossiles du gisement d’El Mehdi (Algérie).
- Gallionella ochracea (ou ferrugina) est capable de déplacer l’oxyde de 1er dans les marécages et de le fixer en une variété particulière de limonite. Elle peut s’accumuler sur une épaisseur appréciable et devenir exploitable par simple draguage.
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- Les dépôts de diatomites étaient connus des anciens. Ils avaient décrit une terre blanche capable de fournir des briques d’une légèreté exceptionnelle et môme susceptibles de flotter. Les gisements de cette terre étaient situés en Etrurie et en Espagne. Ils furent retrouvés au xvn® siècle, mais leur nature exacte ne fut déterminée que bien plus tard. En i836, Fischer, pharmacien à Pirkenliammer, près Carlsbad, observa que le kieselguhr des marais de Franzenbad, en Bohême, était formé de frustules de diatomées. 11 signala le fait à l’Académie des Sciences de Berlin.
- Cette communication intéressa vivement Ehrenberg, le célèbre micrographe allemand. Celui-ci vérifia les observations de Fischer et les compléta en démontrant qu’il s’agissait d’une formation en eau douce, les diatomées de ce dépôt n’ayant jamais été rencontrées en mer.
- Ce fut le point de départ des travaux d’Ehrenberg qui étudia tous les dépôts connus alors. Il peut être considéré comme le fondateur de la diatomologie. En 1838, il publia son grand ouvrage : Die Infusions-ihierchen, dans lequel neuf planches sur soixante-quatre sont consacrées aux diatomées.
- Beaucoup de chercheurs suivent alors la voie ouverte par Ehrenberg et les découvertes de gisements se multiplient en même temps que s’organise la systématique des diatomées.
- En i854, Ehrenberg publie son énorme Mierogeo-logie (/ji planches) avec un supplément en i856. Il décrit plus de i5o gisements. Le tiers des familles de diatomées connues aujourd’hui a été désigné ou décrit par lui. L’ouvrage contient beaucoup d’erreurs dues à l’imperfection des objectifs qu’il utilisait alors, mais la découverte des objectifs à immersion provoqua un nouvel élan dans les recherches des diatomisles.
- Actuellement plus de 700 gisements ou affleurements de diatomites répartis sur toute la surface du globe ont été décrits et étudiés au point de vue des espèces qui constituent ces formations. L’ouvrage le plus complet sur la question est certainement celui de Tempère et Peragallo : Les diatomées du monde entier.
- Cet ouvrage donne la liste des espèces dominantes pour chaque dépôt étudié, résumant ainsi son faciès caractéristique, qu’il soit d’eau douce ou marin.
- Je ne pins donner ici qu’un aperçu très succinct de la répartition de ces gisements dans le monde en ne citant que les plus connus.
- En Asie, les dépôts de Sendaï et Yedo, au Japon, ont fourni de magnifiques espèces marines fossiles. Us sont de formation pliocène. Des gisements plus récents sont nombreux à Ceylan, Java, Sumatra, aux Seychelles, aux Philippines, sur les bords de la Mer Bouge.
- En Océanie, il faut citer le célèbre dépôt de Oamaru (Nouvelle-Zélande) qui s’étend sous des calcaires oligocènes et contient la plus grande variété de belles formes fossiles proche des dépôts des Barbades. Des formations également intéressantes se rencontrent à Melbourne, aux Nouvelles-Hébrides, à Samoa, Tahiti, aux îles Sandwich, à Kerguelen, aux îles Falkland.
- En Afrique, des formations marines fort importantes s’étendent le long de la côte algérienne dans les niveaux sahéliens d’Oran jusqu’en Tripolitainc. Des gisements ont été signalés en Abyssinie, dans la région des grands lacs, à Zanzibar, à Cape-Town, à Madagascar. Enfin les guanos de l’île Icliabo ont fourni aux amateurs de diatomées de très belles espèces.
- L’Amérique du Nord possède des gisements nombreux et de puissance considérable. Ils s’étendent le long des côtes du Pacifique, du Canada jusqu’au Sud de la Californie, descendent vers la base des Montagnes Bocheuses dans les Etats d’Oregon, d’Idaho, de Nevada, d’Utah et d’Arizona. Le plus important de ces dépôts est celui de Lompoc (Californie).
- Une autre formation s’étend le long de l’Atlantique, du Maryland à la Virginie.
- On en trouve également au Canada, notamment les dépôts du Loon Lake, de Quesnel, du Stewart Lake, etc.
- L’île de la Barbade possède des formations marines bien connues des micrographes, car elles sont riches en radiolaires et spiculés d’éponges; notamment à Newcastle, Springfield et Chalky Cliff.
- En Amérique du Sud, on trouve des diatomites au Pérou à Arequipa, au lac de Maule au Chili, au Cal-lao, aux îles Galapagos, etc.
- En Europe, les gisements sont nombreux.
- Les îles britanniques sont riches en dépôts de diato-
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- miles, ils appartiennent aux éluges holocènes cl pléistoeènes. Ou rencontre des gisements assez importants en Ecosse à Black Moss, au Nord-Est, du Loch Kinnord, à Ordie, à Drum ; également à Camphellown dans le comté d’Argyll et à Golspie dans le Sutherland.
- En Irlande, on exploite un gisement important sur les bords de la rivière Bann, de Toome Bridge à ('oie-rai ne. 11 existe également des dépôts dans les comtés d’Anlrim et de Londonderry.
- En Allemagne, les gisements du Hanovre sont exploités depuis i8(k>. La ville de Berlin est édiliée sur une couche de kieselguhr d’une quinzaine de mètres de puissance, Citons aussi les gisements d’Etlringen près du lac Laacher, de Tutelwiese (Spandau), de Ilabitsehtswald près de Casscl, ceux de la lande de Lünebourg et le gisement qui s’étend sur un tuf basaltique, sur les pentes de l’ancien volcan du Vogelsberg.
- En Autriche, on connaît les gisements de Kulschlin et Bilin, de Warsdorf.
- En Hongrie, Grunow et Pantocsek ont décrit une quarantaine de dépôts. Les plus connus sont ceux de Bory, Kekkô, Szakal. Tous sont d’époque tertiaire.
- En Italie, on rencontre des diatomites en Toscane, dans les formations de trachytes de la région du Monte Amiala, également, à Santa Fiora, Orvieto, etc.
- En Espagne, citons les importants dépôts marins de Moron et Cero del Ponto.
- En Suède, le gisement de Jallaszo près de Varias Sag, dans la province de Christiania, est caractérisé par ce fait qu’il contient environ 20 pour 100 de matières bi tum irieuses.
- En Norvège, on rencontre quelques dépôts d’eau douce et marins, notamment dans la formation éocène de Mo.
- Le Danemark possède une roche pétrie de fruslules de diatomées connue sous le nom de « môller ».
- En U. R. S. S., on ciie les importants dépôts de Simbirsk exploités industriellement, ceux d’Ananino, d’Archangelsk, de Kusnelzk de Kcrlsch en Crimée et de Bargasinsk en Sibérie.
- En France, les diatomites sont essentiellement localisées en Auvergne ; elles sont de formation tertiaire cl, quaternaire. Tous ces dépôts ont été étudiés par le Frère lléribaud qui a publié trois études importantes sur les diatomées d’Auvergne et par Lauby dans son ouvrage : Recherches paléophytologiques dans le Massif Central. Le travail de Lauby a été critiqué au point de vue des déterminations et de la systématique. Il n’en constitue pas moins, avec les trois mémoires du Frère lléribaud, les seules études publiées actuellement sur les dépôts de diatomées fossiles d’Auvergne.
- Voici, d’après cet auteur, les principaux gisements du centre de la France : Àuxillac près de Murat, Neus-sargues, Celles, Joursac, Pont du Vernet, Andelat,, Chambeuil, Fraisse-Bas, Fanfouilloux, Sainte-Anasta-sie, Moissac, Lugarde, Recoules, Fontillou dans le Cantal ; ceux du Puy-du-Mur, Saint-Saturnin, Ran-danne, Ceyssat, Creux-Mortier, Ponleix, Verneuges, Riom, dans le Puy-de-Dôme ; ceux de Ceyssac, Le Monastier, La Roche-Lambert, Vais, Mardanson, dans
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- la Haute-Loire ; ceux du Ranc, de Charay, Pourchères, Gourgouras, Rochesauve, dans l’Ardèche ; celui de Fou (.grande, dans l’Aveyron.
- Enfin un dépôt assez abondant existe dans la Drôme, dans le Miocène de Marsanîie (quartier de Casterbouze).
- Tous ces dépôts sont d’origine lacustre et ne renferment que des diatomées d’eaux douces. Seul le dépôt du Puy-du-Mur fait exception et, contient de nombreuses espèces marines. Il semble appartenir à l’étage aquilanien et paraît s’êlre formé dans une lagune. La présence de diatomées d’eau douce que l’on trouve mêlées aux espèces marines provient sans doute d’un cours d’eau qui devait, alors aboutir à la lagune. Ce même fait se produit actuellement à l’embouchure des lleuvcs où l’on observe un mélange
- analogue des espèces.
- H n’existe en France, en dehors du dépôt du Puy-du-Mur, qu’un seul gisement de diatomées marines : celui de Saint-Laurcnl-la-Vernède (Gard) reconnu en ii)32 par M. Roman, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon. 11 appartient au Tertiaire : Vindobonien inférieur. Son faciès est franchement marin ; il contient des foraminifères, des coccolithes, des silicofla-gellés et, surtout, en majeure partie, des diatomées. Celles-ci sont indiscutablement marines et, présentent de très belles espèces. Elles ont, été étudiées récemment par M. P. Lefébure qui en a donné une monographie très bien illustrée.
- Les dépôts de diatomées d’eau douce sont, de dimensions très variables, il en est, qui ne couvrent que quelques dizaines de mètres carrés ; ils se sont formés par assèchement de petits étangs ou même de simples mares, d’autres se sont, établis dans des marécages étendus et couvrent des surfaces considérables. Mais les gisements les plus puissants sont ceux d’origine
- Fig. 7. — Diatomées fossiles d’Australie.
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- Fig. S. — Diatomées marines fossiles du gisement de Lompoc (Californie).
- marine qui peuvent s’étendre avec des solutions de continuité plus ou moins caractérisées sur de grandes longueurs de côtes récentes ou anciennes.
- Les grands gisements des États-Unis sont tout à fait typiques à ce point de vue. L’un des plus purs et des plus considérables est celui de Lampoc, en Californie, qui est exploité par la Johns-Manville Corporation. 11 se trouve dans la vallée de Santa-Ynez, à une quinzaine de kilomètres de la côte du Pacifique. Il est extrêmement étendu : 8 à 900 m de largeur sur plus de 4 km de long. Sa puissance est d’un millier de pieds (3oo m) en moyenne, d’une diatomite remarquablement pure, blanche et légère.
- Le gisement est encaissé dans des roches ignées, notamment des serpentines et appartient au Miocène supérieur ainsi que le montrént les macro-fossiles que l’on y rencontre : empreintes de poissons, squelettes
- Fig. 9. — Poisson fossile des diatomites de Lompoc (Californie).
- d’oiseaux, bois silicitiés, rosies de phoques, de baleines, etc.
- On trouve, occasionnellement, intercalés dans les strates de diatomites, des lits très minces de cendres volcaniques qui présentent les caractères des rhyoliles.
- Les géologues américains qui ont étudié ces gisements expliquent ainsi sa formation : Les diatomées qui les composent sont des espèces des mers froides du Nord du Pacifique. Elles furent, à l’époque, entraînées, par les courants le long des côtes cl se sont accumulées dans des baies assez fermées où l’eau plus chaude provoquait leur mort et où le dépôt se faisait tranquillement à l’abri des vagues du large. La pureté des gisements indique que ces baies étaient de simples anfractuosités du rivage auxquelles n’aboutissait aucun fleuve dont le limon eût souillé le dépôt.
- 11 existe également en Californie un gisement de diatomite d’eau douce dont la formation est aussi tout à fait caractéristique : celui de Pit River. 11 s’étend au Nord du Mont Lassen, un ancien volcan, et au Sud de la ligne des glaciers du Sbasta près du confluent de Ilot Greek et de Pit River. Des éruptions volcaniques ont recouvert de laves plusieurs centaines de kilomètres carrés. Les eaux d’amont ont alimenté sur ce sol tourmenté une série de lacs. Les diatomées y trouvant un habitat favorable s’y sont développées prodigieusement et ont peu à peu asséché les lacs, formant une série de dépôts de diatomées d’eau douce; Maintenant les lacs ont disparu ; ils sont remplacés par la Pit River dont le cours torrentueux traverse des lits de diatomites et, par endroits, des gorges creusées par l’érosion dans les roches volcaniques qui constituaient les verrous barrant les lacs en aval. La rivière alimente même de puissantes usines hydroélectriques et la diatomite est exploitée industriellement.
- Ce mode de formation correspond assez exactement à celui de beaucoup de nos gisements du Plateau Central .
- Enfin, on attribue aux très grandes formations qui s’étendent en Afrique du Nord, le long de la côte, aux environs d’Oran, une origine lagunaire. Ce sont, en Europe, ceux qui se rapprochent le plus des gîtes américains. Ils sont, comme ceux-ci, constitués par une très belle diatomite blanche et légère. Ils sont aussi d’origine tertiaire et ont dû se former dans les lagunes qui bordaient la côte de la mer sahélienne. Ils sont indiscutablement des dépôts de mers peu profondes. Les empreintes de poissons qui abondent en certains points de ces gisements sont, en effet, en majorité des espèces littorales ainsi que l’a établi M. Arambourg qui les a étudiés.
- Les espèces de diatomées que l’on rencontre dans les divers gisements sont très variables : certains genres, espèces et groupes de formes sont spécifiques de certains dépôts, de certaines mers ou régions. Les mers arctiques et antarctiques ont leurs espèces propres, mais on n’y rencontre jamais certaines diatomées communes dans l’Atlantique ; les mers tropicales renferment des espèces que l’on ne rencontre pas ailleurs.
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- Il en est de meme pour les dépôts d’eaux douces. Certaines espèces sont limitées à des régions bien déterminées.
- Mais on doit dire qu’actucllcment la détermination des diatomées n’est pas susceptible de fournir des renseignements utiles et certains au point de vue slrati-graplvique. 11 n’y a eu dans ce sens que des travaux épars qui ne semblent pas être susceptibles de fournir un corps de doctrine.
- C’est ainsi que Staub, se basant sur les recherches de Pantocsek et sur ses propres travaux, a noté les différences que l’on remarque d’un étage à l’autre des formations marines tertiaires de Hongrie, essayant de mettre en évidence le fait que l’étude des diatomées fossiles peut avoir un sens au point de vue stratigra-phique. De meme, G. D. llanna a décrit toute une série d’espèces nouvelles qui n’ont, jusqu’ici, été'rencontrées que dans le Crétacé de Californie qui les a fournies.
- Par contre le Frère Iiéribaud, dans son troisième mémoire sur les diatomées fossiles d’Auvergne, examine l’importance taxonomique de ces algues au point de vue straligraphique et conclut négativement.
- Toutefois, cette étude est souvent susceptible de fournir des indications intéressantes : elle permet notamment de conclure avec certitude à une formation lacustre ou marine. Il faut tenir compte cepen-
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- dant du fait que des diatomées marines peuvent apparaître dans des lacs salés formés accidentellement à l’intérieur des terres. Ceci peut être le cas du gisement du Puy-du-Mur en Auvergne.
- De même, M. Ruth Patrick a étudié les diatomées du Great Sait Lake, le Grand Lac Salé, aux États-Unis : l’examen des sédiments actuels et des échantillons prélevés par sondages a montré à la base des espèces d’eaux douces. Ceci confirme que le Great Sait Lake actuel s’est formé par l’évaporation des eaux de l’ancien lac Bonneville. En effet, les dépôts ultérieurs renferment des formes euryhalines et d’eaux saumâtres qui correspondent à la concentration progressive des eaux en sels minéraux.
- Malgré son peu d’utilité apparente, il n’en est pas moins certain que l’étude des diatomées vivantes et fossiles est l’une des plus attachantes de celles qui s’offrent aux micrographes aussi bien au point de vue restreint de la recherche des espèces nouvelles qu’au point de vue philosophique. C’est l’étude des diatomées en général qui a conduit Comère à penser que « chez les Diatomées on trouve souvent le type avec « ses variétés et ils passent toujours des uns aux « autres, preuve qu’ils ne constituent qu’une forme « modifiée par les circonstances dans lesquelles s’est a opéré le développement ».
- Lucien Perruche.
- LE DÉVELOPPEMENT DES RÉGIONS ARCTIQUES RUSSES
- L’installation d’une expédition scientifique russe sur la banquise aux environs du pôle Nord ramène l'attention mondiale sur ces régions arctiques qui forment une importante partie du territoire de TU. R. S. S., puisqu’elles ont une surface totale de 3.900.000 km2 et représentent près de la moitié des terres situées au Nord du cercle polaire.
- Celles-ci sont évaluées, en effet, à 8.200.000 km2, les plus vastes territoires après ceux de l’U. R. S. S., étant le Groenland : i.85o km2 et le Canada : 1.750.000 km2.
- La Sibérie, dont les réserves minérales et forestières sont extrêmement importantes, ne peut être exploitée par suite de son immensité même et des difficultés de transport, le Transsibérien étant insuffisant pour assurer le trafic. Au point de vue militaire et également économique, les communications entre la Russie proprement dite et les rives du Pacifique, les débouchés possibles vers le Japon et l’Amérique occidentale ne peuvent être établis d’une façon satisfaisante.
- C’est pourquoi, bien avant l’avènement du bolchevisme, les dirigeants russes avaient pensé à assurer les communications entre les deux extrémités de l’Empire et en même temps l’exportation des produits
- originaires de Sibérie en passant par le Nord, le long des côtes baignées par les mers polaires. Le passage du Nord-Est avait déjà été cherché dès le xvie siècle, lorsque l’Espagne et le Portugal avaient monopolisé les routes du Sud vers la Chine et les Indes, mais l’expédition de Sébastien Cabot périt sur les côtes de Laponie et depuis cette époque les explorations vers le Nord furent faites par terre exclusivement. Vers le milieu du xix6 siècle, la route maritime redevint d’actualité et, en 1876, Nordenskiôld réalisa la traversée complète, le long de toutes les côtes Nord de la Sibérie, mais en hivernant en route. Au début du xxe siècle, une société norvégienne, fondée par Jonas Lied, obtint du gouvernement tsarisle une concession d’exploitation forestière importante dont les produits devaient être transportés d’abord par flottage le long de l’Obi et de l’Ienissei jusqu’à la mer de Kara où ils seraient chargés sur des bateaux pour leur expédition en Europe. En 1913, Fridtjof Nansen effectua le voyage à bord du navire Correct.
- Malgré les réussites, les traversées étaient aléatoires, pleines de dangers, et leur caractère d’exploit interdisait l’installation d’un service commercial régulier et sûr. Tout d’abord, les moyens d’étude et de prévision
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- du temps et d’observation des masses de glace en mouvement dépassaient les possibilités d’une entreprise commerciale normale, d’autre part, il faut bien le dire, ces moyens d’action n’étaient encore que dans l’enfance.
- C’est la télégraphie sans fil et l’aviation qui ont bouleversé les conditions d’existence dans les régions arctiques et diminué les difficultés auxquelles se heurtaient les explorateurs, car l’avion permet de survoler les eaux de l’Océan glacial arctique, d’étudier la posi-
- des ports de l’Europe du Nord à la mer de Kara avait été suivie par quelques cargos, mais irrégulièrement et au prix de grands dangers. Actuellement, grâce à l’avion et à la T. S. F., le voyage s’effectue sans difficulté et beaucoup plus rapidement. Tandis qu’aulre-fois le voyage aller et retour des côtes d’Angleterre à l’embouchure de l’Obi durait, en 191/4, 90 jours environ, la meme traversée est effectuée en k)3i en 68 jours seulement. Le taux d’assurance, qui renseigne sur les risques possibles, est en meme temps tombé de
- lion et le déplacement des glaces et d’indiquer par télégraphie sans fil aux navires les passes libres de glace. Aussi dès 1918 le gouvernement soviétique, désireux de tirer parti des richesses de la Sibérie, entreprit-il la construction d’un grand réseau de stations polaires, munies de T. S. F. et d’appareils météorologiques. De 3 en 1918, le nombre de ces stations est passé actuellement à 77. Elles fournissent aux navires et aux avions tous les renseignements météorologiques nécessaires pour les guider, de sorte qu’actuel-lement la traversée de l’Océan glacial dans les deux sens est rendue possible. Assez régulièrement maintenant des navires, chaque été, vont de Mourmansk en Russie d’Europe à Vladivostock en passant par le détroit de Behring. Leur nombre fut de 2 en iq35 et de i4 en ig36.
- Mais ces traversées « totales » sont moins intéressantes au point de vue économique que les « expéditions » ayant pour objet de transporter, vers les centres de consommation, les produits drainés dans l’inler-land sibérien. Parmi ces expéditions annuelles ayant lieu en été quand le froid desserre partiellement son étreinte, la plus importante est sans contredit celle de la mer de Kara dans laquelle aboutissent les deux plus grands fleuves sibériens, l’Obi et l’Ienissei. Nous avons vu qu’avant la révolution russe, la route allant
- 6 p. 100 en 191/4 à o,5 p. xoo en iqSa. Quant au tonnage transporté, sa progression est également remarquable, ainsi qu’on le voit par le tableau suivant :
- An nce Nombre de bateaux Trafic lofai (en tonnes)
- 1922 5 j3 627
- I927 G 24.
- ig3o 46 158 5of>
- ig33 3o 102.384
- 1933 3? 137.460
- 49X6 36 172.000
- Depuis quelques années, l’expédition de la mer de Kara est un événement important dans le commerce des bois. Seule exportation actuelle, les sapins et les pins provenant des immenses forêts de Sibérie atteignent en effet un tonnage impressionnant. On peut estimer à plus de ôoo.ooo le nombre des arbres abattus annuellement et cependant ce nombre ne représente guère que 1 pour 100 de ce qui pourrait être coupé dans les forêts sibériennes sans diminuer leur valeur totale.
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- Les communications avec le monde extérieur étant maintenant assurées d’une façon satisfaisante, le développement du territoire drainé par l’Obi et l’Ienissei a pu être entrepris. Des villes nouvelles ont été créées de toutes pièces, comme Port Igarka (i4.ooo habitants) sur l’Ienissei, à la latitude (i70a7;, Novi Port sur l’Obi, Kirowsk (35.000 habitants) dans la péninsule de Kola où l’on a découvert des gisements d’opalile actuellement exploités, etc...
- Encouragé par ces premiers résultats, le gouvernement russe a étendu plus loin son activité et depuis i<)33 des expéditions sont dirigées vers l’embouchure de la Lena, en doublant la péninsule de Tairnir par le détroit de Vilkitski. L’entreprise est beaucoup plus difficile car le détroit est souvent, même en été, encombré de masses énormes de glaces. Cependant, grâce à l’emploi des brise-glaces, 8.000 t de marchandises ont pu être transportées à l’embouchure de la Lena en iq33, et i3.ooo t en 1935. Une ville a été récemment créée dans cette région, Nordvick, sur la côte du Yakulia, à l’embouchure de la rivière Khalanga. Le sol est riche en sel, en charbon affleurant et en pétrole. On espère en 1938 commencer l'exploitation intensive du sel, ce qui intéresserait vivement toutes les pêcheries du Nord de la Sibérie dont le sel doit être amené actuellement de la Mer Noire soit par le Transsibérien, soit par la Méditerranée, l’Atlantique, le canal de Panama, l’Océan Pacifique jusqu’à l’extrême Est et de là, par chemin de fer ou transport lluvial, jusqu’aux lieux d’utilisation. Quant au pétrole, il sera plus lard raffiné sur place pour la consommation locale et le ravitaillement des navires et avions.
- A 200 km au Nord de Igarka, une autre ville se crée : Nordvisk, au centre d’une région dans laquelle on trouve du nickel et du charbon à faible profondeur et qui aura pour port d’exploitation une autre nouvelle ville : Dudinka.
- Pour atteindre les mines, un chemin de fer de 100 km est en construction entre ces deux centres.
- Enfin, partant de l’autre exti’émilé de la Sibérie, de Vladivoslock, par le détroit de Behring, depuis 1933, plusieurs vapeurs viennent chaque année mouiller à l’embouchure de la Kolima, y débarquant plusieurs dizaines de milliers de tonnes de matériel, destiné à créer des centres dans cette partie de la Sibérie riche en nickel, cobalt et métaux rares.
- Le peuplement de ces nouvelles régions a posé une série de problèmes pratiques qu’il a fallu résoudre simultanément sous peine de voir les colons périr au cours du long hiver sibérien, de froid et de faim. Le premier problème est celui de l’habitation. Naturellement, comme aux premiers temps du peuplement de l’Amérique, les forêts ont fourni le bois dont sont construites toutes les maisons, ainsi que les rues et les routes.
- La courte durée de'l’été et la rareté des chutes de neige en hiver empêchent le sol de dégeler à une profondeur supérieure à 1 m 5o à a m. En dessous, jusque vers 20 m, se trouve une masse d’eau et de terre éler-
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- nellemenl gelées. Aussi, pendant la saison des pluies, en été, l’eau ne peut être absorbée entièrement par le sol, et la surface de la toundra prend l’aspect d’un immense marécage.
- Il est impossible de bâtir dans ces conditions les maisons suivant les principes habituels. '
- Au début de la colonisation, les premières habitations furent construites sur fondations : elles se sont toutes écroulées : la chaleur des énormes poêles russes de chauffage dégelait le sol, qui se transformait en une masse pâteuse inconsistante, entraînant la chute de l’habitation. Actuellement, les maisons sont établies en laissant un espace entre le sol et le plancher du rez-de-chaussée permettant à l’air de circuler libre-* ment.
- Quant aux routes, ce sont de véritables parquets de bois flottants : sur la toundra on dispose de gros troncs d’arbres pi’esque jointifs, on remplit les intervalles avec de la sciure de bois et sur le tout, on cloue des planches.
- Un autre problème angoissant est celui du ravitaillement des populations que, de gré ou de force, le gouvernement soviétique installe sans esprit de retour dans l’extrême Nord. Prenons Port Igarka, par exemple : la plus proche station de chemin de fer est à 2.000 km, la Mer de Kara est à 600 km, au Sud, les immenses forêts sibériennes s’étendent sur des distances énormes ; au Nord, c’est la toundra dénudée et infinie. La température descend fréquemment et pendant de longues périodes à — 35° ou — 4o° G, et le travail d’abatage et de débitage du bois n’en continue pas moins. 11 n’est arrêté sur les chantiers que si le froid atteint — 6o°.
- Le long de la côte rien ne pousse que la mousse et le lichen, mais en dessous de la latitude de 68°, les radis, les choux, les oignons peuvent être cultivés. Il y a trois problèmes à résoudre, auxquels s’est attaché l’Institut d’Agriculture Arctique : amener les cultures aussi près que possible des régions polaires pour avoir une base de ravitaillement au voisinage des nouvelles villes ; sélectionner les cultures qui peuvent être entreprises dans le court été sibérien et qui sont capables de résister aux gelées occasionnelles de la mi-août ; enfin, étudier un mode de conservation qui permette de conserver les produits des récoltes pendant au moins deux années. En effet, les récoltes ne sont mûres que vers octobre, époque à laquelle la saison de navigabilité des fleuves est déjà terminée et, les mers polaires déjà glacées ; leur expédition pourrait donc être arrêtée par des froids prématurés et elles perdraient leurs vitamines, pourriraient ou germeraient sur place. La récolte d’une année ne peut donc être expédiée avec chances d’arriver jusqu’au consommateur que pendant la saison d’été suivante. La conservation dans de grandes caisses de bois et en atmosphère d’acide carbonique qui arrête les manifestations vitales, semble être la méthode qui donne les meilleurs résultats.
- Il est intéressant de signaler que tandis que la pauvreté du sol, la courte durée de l’été, les gelées qui
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- peuvent se produire en juillet et août sont défavorables à la végétation, l’abondance de lumière pendant l’hiver polaire, le soleil ne se'couchant pas pendant pratiquement 2 mois et donnant ainsi 24 heures d’éclairage par jour, a une action extrêmement puissante sur le développement des plantes : l’herbe, par exemple, croît dix fois plus vile que dans nos régions et les choux cultivés en serre à Igarka ont des feuilles plus grandes que ceux provenant des jardins maraîchers des environs de Paris.
- D’ailleurs, la question prix de revient n’intervient pas dans les cas de cultures arctiques ; c’est une nécessité inéluctable, une question de vie ou de mort pour les populations et pour la réussite de l’effort considérable que font les Russes pour développer leurs territoires arctiques.
- 11 semble que dans celle entreprise, la mystique,
- l’imagination un peu déréglée, le goût du colossal qui sont au fond de l’âme slave se soient donné libre cours. Les Russes, non seulement rêvent de développer intensément les richesses naturelles de la Sibérie arctique, de la peupler, d’en faire une voie de communication maritime entre les extrémités de leur pays, mais encore, ils y voient la route aérienne d’avenir, permettant de se rendre d’Europe en Chine et au Japon bien plus rapidement que par les routes actuelles. Ils étudient, par exemple, la roule Moscou-San Francisco en volant le long des côtes arctiques. Evidemment, le tracé est inlinimenl plus court, mais les dangers terribles que la nature a accumulés aux environs du pôle Nord s’opposeront sans doute toujours à une exploitation régulière et sûre.
- 11. Vigneron.
- LES CHRYSOPES
- Les Chrysopi des sont des Névroplères aux larves desquels Réaumur a donné le surnom mérité de « Lions des pucerons ».
- A lelat d’insectes parfaits, les membres les plus représentatifs de la famille, les Chrysopes vulgaires (Chysopa vulgaris Schn) (fig. 1), au corps grêle et de couleur verdâtre, possèdent de grands yeux proéminents, globuleux et d’un vert magnifique, qui brillent postérieurement de chaque côté de leur tête, tandis que leurs antennes, insérées sur le front et plus longues chez le mâle, vont en s’amincissant vers les extrémités. Leurs mandibules cornées et recourbées sont robustes et munies d’une petite dent. Leurs quatre ailes membraneuses dépassent leur corps contre lequel elles s’appliquent en forme de toit, dans la position de repos ; hyalines et nervées, elles réfléchissent de jolies nuances opalescentes vertes, rouges, bleues et violettes. Enfin, leurs pattes grêles et équidistantes portent, çà et là, quelques poils courts et très fins. On appelle souvent ces gracieux insectes « Perles aux
- Fig. 1. — Chrysope vulgaire adulte.
- yeux d’or » ou encore « Demoiselles terrestres », à cause d’une vague analogie de forme avec les sveltes Libellules.
- L’anatomie interne des Chrysopes adultes, bien connue depuis les travaux de Ramdohr, de Marcel de Sériés et de L. Dufour offre certaines particularités dignes de remarque. Au commencement de leur tube digestif se voit un appareil salivaire compliqué, qui com-pend un vaisseau cylindrique débouchant dans la tête, puis se divisant en deux branches traversant entièrement le thorax ; chacune de celles-ci forme ensuite une anse recourbée vers l’extérieur et remonte en sens inverse pour se subdiviser finalement en anneaux touffus entrelacés entre eux.
- Les organes génitaux des mâles se composent de trois plis spiralés de grandeur décroissante, remplis de microscopiques spermatozoïdes jaunâtres et de chaque testicule part un conduit déférent réuni à son congénère pour former un canal éjaculateur entouré à sa base de très courts vaisseaux appendiculaires avec des vésicules. Chez la femelle, les deux ovaires séparés comprennent chacun un faisceau d’une dizaine de gaines ovigôres insérées au côté externe des calices ; ceux-ci se réunissent en un oviducle commun et assez large portant un réservoir séminal ; en outre, deux appareils annexes s’aperçoivent : l’un formé de deux vésicules oblongues est probablement une glande sécrétant la coque des œufs et l’autre terminé par une double ramification d’ulricules ovoïdes constitue le pédi-celle de ceux-ci.
- L’été, les Chrysopes volent lentement, en agitant leurs ailes à la manière des papillons, soit aux premières heures de l’aurore, soit vers de crépuscule et surtout par les temps brumeux car pendant les grosses chaleurs diurnes, elles aiment à faire la sieste dans les buissons ou dans les bois.
- Quand une femelle de Chrysopa vulgaris songe à
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- établir sa progéniture, elle tâte avec ses antennes les rameaux d’un Rosier couvert de Pucerons, d’un Prunellier ou d’un Poirier dévorés par des Psylles, d’un Figuier, d’un Chêne ou d’un Tilleul remplis de Cochenilles ; elle se pose finalement sous une feuille et, les jambes écartées, elle applique l’extrémité de son abdomen sur la surface végétale en se trémoussant ; elle laisse suinter un mucus agglutinant sur lequel elle pond un œuf. Alors sans abandonner celui-ci, elle relève son abdomen tout en étirant le liquide visqueux, qui se sèche sous la forme d’un fil grêle semi-rigide au bout duquel l’œuf va se balancer (fig. 2). La femelle réitère et peut pondre ainsi xo à 12 œufs en une heure si rien ne vient la troubler. On rencontre les œufs des Chrysopes fixés en bouquets sur une seule feuille ou bien posés isolément, çà et là. « Je les ai observées pendant plusieurs années, écrit Réaumur dans ses célèbres Mémoires pour l’histoire des Insectes, avant que de savoir même qu’ils fussent des œufs. Rien d’auti'es ont îemarqué, comme je l’avais fait, sur des feuilles de chèvrefeuille, de prunier et de divers autres arbres et arbustes, des espèces de petites tiges, plantées les unes auprès des auti'es, qui ont chacune à peine la grosseur d’un cheveu, qui sont blanches et transpai’entes et longues de près d’un pouce. 11 y en a quelquefois 10 à 12 de posées assez près les unes des autres. Tantôt, elles pendent en dessous de la feuille, tantôt elles s’élèvent au-dessus ; d’autres sont dii'igées presque horizontalement et d’autres ont différentes positions moyennes entre les précédentes. Ces petites tiges sont rarement bien droites, elles ont quelque courbui’e. On en voit aussi de pai’eilles attachées contre les pédicules des feuilles et contre les bi’anches d’où les feuilles parlent. Le bout de chaque lige se termine par un renfle-ment lui faisant une petite tête qui a la figure d’une boule allongée. »
- De ces œufs, que d’anciens naturalistes avaient pris pour des fructifications de mousses ou de champignons, sortent des larves au corps ramasssé et au plus solide appétit. Ces voraces bestioles se jettent avec avidité sur les nonchalants troupeaux de Pucerons, de Psylles, de Cochenilles ou de Kei'mès, sur les larves de Mouches ou de Coléoptères et sur les nids de petites chenilles, à proximité desquels la prévoyance maternelle les a fait naître. Elles marchent lentement, en utilisant leur dernier segment abdominal comme un pied ; mais néanmoins les grandes incisions transversales de leur corps leur permettent une l’emarquable souplesse. Leur tête, leurs pièces buccales et leur pro-thorax s’agitent sans cesse à la recherche de quelque victuaille. Dès qu’elle se trouve à portée d’une pi'oie, la Chrysope ouvre ses mandibules (fig. 3) et avec les pointes de celles-ci perfore l’animal saisi, qu’elle maintient comme avec une pince pour pouvoir le sucer tout à son aise. Une fois le repas terminé, tel Hercule couvert de la toison léonine, elle s’affuble de la peau vide du Puceron, qu’elle vient de dévorer ! A défaut de la dépouille d’une victime, les lai'ves de Chrysopes protègent leur mol épiderme contre les intempéries à l’aide de llocons soyeux arrachés à des cocons ou au moyen
- Fig. 2. — Œufs de Chrysopes fixés sur une feuille
- de quelques brindilles, qu’elles entrelacent grossièrement autour de leur corps. On peut alors comparer chacune de ces sanguinaires chasseresses, dit Maurice Girard, à un chef sauvage portant à sa ceinture les scalps de ses malheureux adversaires. Si on lui enlève cette belliqueuse couverture, elle sème le carnage autour d’elle et en quelques heures, s’est refait une nouvelle toilette de dépouilles opimes, car il lui faut une vingtaine de Pucei'ons pour sa nourriture quotidienne.
- Après i5 jours environ de massaci'es et de pantagruéliques festins, notre larve repue se prépare à la nymphose. Elle choisit un lieu propice, soit une feuille eni'oulée ou pliée, soit une fissure d’écorce, puis tisse avec sa filiôi'e anale une petite coque soyeuse, blanche et de la grosseur d’un pois. Elle effectue ce li*avail avec art ; son corps entier change prestement de place en
- Fig. 3. — Larve de Chrysope vulgaire dévorant des Pucerons.
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- glissant sur l’enveloppe sphérique ébauchée comme la roue d’une meule. Cette période nymphale dure de 2 à 3 semaines en été et 8 mois pendant l’hibernation. Les larves de la dernière génération qui filent leur coque en septembre ou en octobre passent les froids avant de se métamorphoser. Ces nymphes, d’abord très pâles, se colorent peu à peu puis, au moment final, elles sortent en coupant avec leurs mandibules le bout supérieur de leur prison soyeuse. Une fois délivré de sa coque, l’insecte se repose, les parties molles de son corps se durcissent peu à peu tandis que ses ailes s’accroissent en s’ornant de leurs couleurs irisées et de leur opalescence verdâtre.
- Cosmopolites, les 100 espèces de Chrysopides se rencontrent dans tous les pays du monde, en Europe aussi bien qu’en Amérique du Nord ou en Afrique et jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. Leurs instincts carnassiers et leur voracité prodigieuse l'ont des larves des Cliryso-pes européennes de très précieux auxiliaires de nos bois et de nos jardins. On doit donc, non seulement les respecter en plein air, mais les introduire, à l’occasion, sous les châssis et dans les serres froides ou chaudes, car elles détruisent quantité d’Aphidiens, de Cochenilles et autres parasites très dommageables pour les végétaux.
- Jacques Boyer.
- :~-= LES ARGILES ......... : -
- LEUR CONSTITUTION - LEURS PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES
- Les argiles constituent une classe de minéraux naturels extrêmement abondants à la surface du globe. Elles intéressent à la fois le minéralogiste qui recherche leur origine car elles proviennent de la désagrégation des roches primaires, le céramiste, qui trouve en elles, depuis la plus haute antiquité, la matière première pour la poterie et la fabrication des briques, le physico-chimiste, pour lequel elles présentent des propriétés colloïdales et des phénomènes superficiels remarquables, enfin le chimiste agricole, qui depuis longtemps a reconnu qu’une grande partie de la fertilité du sol est liée à la présence de ces corps.
- Cependant, jusqu’à ces toutes dernières années, il n’était pas possible de donner une définition précise et générale de ce qu’est une argile, par suite de l’ignorance de sa constitution exacte. Tout ce que l’on pouvait dire est qu’une argile est un produit naturel caractérisé par sa plasticité et dont les composants chimiques sont l’alumine, la silice et l’eau.
- LA CONSTITUTION DES ARGILES
- L’année 1930 a marqué le début d’une nouvelle période de développement dans la connaissance de la structure des argiles. En effet, C. E. Marshall, étudiant les propriétés optiques des particules colloïdales d’argile dans un champ électrique, trouva qu’elles présentaient une double réfraction prononcée, qui ne peut s’expliquer que si les particules individuelles sont des cristaux anisotropes. De plus, lorsqu’un cation est remplacé par un autre, par suite d’un échange de bases, la double réfraction est modifiée, ce qui implique que les cations qui interviennent dans l’échange occupent des places bien déterminées dans le réseau cristallin élémentaire des argiles. En même temps, Hendricks et Fry, en combinant l’étude optique et l’investigation par les rayons X, arrivèrent à la conclusion que les
- argiles sont des matières essentiellement cristallines, constituées par des substances comme l’halloysile ou la montmorillonite.
- Enfin Pauling, dans deux mémoires fondamentaux à la National Academy of Sciences relatifs à l’examen par la diffraction des rayons X d’un grand nombre de minéraux ayant des plans de clivage très nets (gibbsile [Al2(OH)u], brucite [Mg3(OH)u], (3-cristobalite [SiO2], les micas, clilorites, pyrophyllite, talc et kaolinite, arriva à la conclusion que dans tous les cas les dimensions du cristal unitaire suivant le plan de clivage étaient sensiblement les mêmes (5,1 À et 8,8 A environ) .
- Cette constance des dimensions élémentaires l’amena à une conception nouvelle, extrêmement intéressante, de la structure du réseau cristallin des argiles : celle de réseau plan, à deux dimensions, du feuillet cristallin (déjà décrit par Brazz) différent des réseaux habituels considérés. en cristallographie, qui sont des réseaux dans l’espace ou à trois dimensions.
- D’après Pauling, les micas et les substances analogues seraient constitués comme des livres qui sont formés par la juxtaposition d’un certain nombre de pages de plusieurs couleurs (pages roses, pages jaunes, pages blanches, etc...). Dans le cas présent les « pages » se réduiraient à trois feuillets types :
- a) Le feuillet de silice, Si203(0H)2.
- b) Le feuillet d’alumine, Al2(01î)6.
- c) Le feuillet de magnésie, Mg3(OH)6.
- Chacun de ces feuillets peut être répété plusieurs fois et l’ordre de leur empilage différer suivant les corps. Bien plus, tous ces feuillets, au lieu d’être empilés de façon que leurs plans de symétrie soient tous situés dans le même plan vertical, peuvent être inclinés et se couper suivant un angle défini, à la façon d’un jeu de cartes dont les cartes peuvent, soit se recouvrir toutes entièrement, soit être décalées les unes par rapport aux autres (fig. 1). C’est ce qui se passe, par exem-
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- pie, dans le cas du talc et de la pyrophyllite où celte inclinaison atteint 120°.
- Les ligures 2, 3, 4 donnent la constitution des trois feuillets élémentaires. On remarquera que pour chacun d’eux les valences internes sont toutes saturées et qu’ils présentent une symétrie pseudo-hexagonale.
- Si on considère, par exemple, la kaolinile de formule globale Al2032Si022lPü, les feuillets de silice et d’alumine sont primitivement accolés comme l’indique la figure 5a. Mais, comme nous venons de le dire, les valences internes à l’intérieur de chaque feuillet étant saturées, pour que deux feuillets adhèrent, il faut qu’ils aient des ions communs assurant leur liaison. Si on suppose, dans le cas présent, que des groupements OH soient empruntés aux deux feuillets Al et Si en quantités égales, pour former de l’eau 1I20, un certain nombre d’atomes d’oxygène deviendront libres et pourront réaliser la soudure intime des deux feuillets. C’est ainsi qu’en formant quatre molécules d’eau on obtient pour la kaolinite la disposition représentée ligure 5 6 et c qui donne la formule finale Si4O10Al4(OII)8.
- Si on compare celte formule avec la formule globale indiquée plus haut, on voit que celle-ci confond les groupements OH qui font partie intégrante du réseau cristallin avec l’eau qui est retenue mécaniquement dans les feuillets ou adsorbée à la surface des cristaux, comme « l’eau de cristallisation » des sels minéraux.
- La structure mise ainsi en évidence permet d’interpréter un certain nombre de faits expérimentaux observés avec les substances argileuses, en particulier la contraction du réseau cristallin au cours de la déshydratation et la dilatation. Celle-ci inversement, accompagne l’absorption d’eau qui s’introduit alors entre les feuillets, les écarte tout d’abord, puis se fixe sur les surfaces de séparation et finalement les désagrège en particules colloïdales.
- La conception de feuillets cristallins a permis de rendre compte de la constitution des composés argileux de composition plus complexe, comme les chlo-rites, les micas, les feldspaths et d’expliquer un certain nombre de propriétés physiques et chimiques spéciales à celte catégorie de corps (comme les échanges de hases).
- LES PROPRIÉTÉS DES ARGILES
- Nous allons maintenant passer rapidement en revue les principales propriétés des argiles en indiquant leurs répei'cussions possibles sur les emplois industriels. Il est probable que les hypothèses et théories que nous résumerons seront à réviser complètement dans un avenir prochain, les études de Pauling, Marshall, etc... étant de nature à bouleverser complètement les conceptions actuellement admises.
- Propriétés colloïdales-----En effet, un grand nom-
- bre de propriétés, dont la plus importante est la plasticité, ne peuvent s’expliquer par une théorie pure-
- ment chimique et, au contraire, s’interprètent bien en s’appuyant sur la nature colloïdale des argiles.
- Dès 1 S 7 2, T II.
- Schlœsing reconnut l’existence de matières colloïdales dans les argiles. Si l’on mélange un échantillon d’argile commerciale avec un poids égal d’eau, puis qu’on laisse reposer le mélange et passe le liquide décanté dans un tamis fin, en répétant plusieurs fois l’opération on constate.que le résidu est dénué de toute plasticité et se comporte comme un mélange de sable, de graviers et de poussière de roche. La proportion de matière colloïdale que l’on peut retirer des argiles est très faible : 2 à 3 pour 100, même pour les échantillons les plus plastiques. On pense que cette matière colloïdale enrobe chaque particule d’argile d’une pellicule infiniment mince.
- Sa présence permet d’expliquer d’une façon satisfaisante les propriétés suivantes : l’eau est absorbée par les argiles en proportions assez nettement définies pour chacune d’elles. Quand l’argile est séchée et complètement déshydratée, elle est fortement hygro-scopique et absorbe, sans devenir humide d’une façon appréciable, jusqu’à i5 pour 100 de son poids d’eau. Il est donc difficile de conserver l’argile rigoureusement sèche.
- La nature liygi'oscopique de l’argile la distingue nettement du sable ou de la vase. L’action de l’eau qui désagrège l’argile, comme nous l’avons vu plus haut, s’accompagne d’ailleurs d’une légère augmentation de température. L’absorption d’eau peut atteindre dans certains cas 80 pour 100. Marshall estime que c’est grâce à cette eau qui pénètre le réseau et les feuillets que certains cations des argiles peuvent s’évader et être remplacés en totalité ou en partie par d’autres calions
- métalliques.
- C’est l’échange des bases, phénomène extrêmement impor-t a n t, surtout pour l’agriculture.
- Ajoutons que pour chaque nature d’argile il existe une proportion bien définie du mélange argile-eau pour que la pâte résultante soit dans l’état de plas-
- Fig. 1. — Deux modes d’empilage des feuillets cristallins.
- Fig. 2. — Réseau cristallin d’un feuillet de silice (Sii012(0H)4)'1. a = 5,0 Angslroms ; b = 8,7 Angstroms. Les atomes de silicium sont supposés dans le plan du dessin ; les atomes d’oxygène sont au-dessus de ce plan ; les groupes (OH) au-dessous.
- Atomes d’oxygène
- • Atomes de Silicium
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- tieilé oplimum pour son moulage el la fabrication des objets.
- Action des électrolytes. — Si, dans une bouillie d’argile, on ajoule des électrolytes tels que de la soude, du carbonate ou du silicate de sodium, la quantité de matière mise en suspension augmente tandis que l’addition d’un acide peut amener rapidement la
- précipitation des particules. Tout se passe donc comme pour une solution colloïdale ordinaire.
- La sensibilité des argiles à l’action des électrolytes est très grande : une très petite quantité de soude peut convertir une pale argileuse en un fluide visqueux qui, si on neutralise exactement la soude ajoutée par un acide, redevient solide.
- Les modifications des propriétés physiques ont une importance pratique considérable et il est intéressant de les étudier en fonction des colloïdes ajoutés.
- Ainsi Schureclit a constaté que le travail mécanique des pâtes de graphite liées avec de petites quantités d’argiles, utilisées par exemple pour la fabrication des
- creusets e n
- Fig. 3. — Réseau cristallin d’un feuillet de gibbsile (Al-J(011)la)n. a = 8,7 À ; b = 5,14 A.
- Les atomes d’aluminium sont supposés dans Je plan au dessin ; les groupes (OU) dessinés en noir sont au-dessus de ce plan ; ies groupes (Oit) dessinés en blanc sont au-dessous.
- Fig. 4. — Réseau cristallin d’un feuillet de magnésie (brucite (Mg(i(0H)12)n).
- Les atomes de magnésium sont supposés dans le plan du dessin. Les groupes (OU) noirs sont au-dessus de ce plan ; les groupes (OH) blancs en dessous.
- plombagine, est très facilité par des additions de o,3 à o,4 pour ioo de soude ou, dans certains cas, d’acide chlorhydrique, suivant la nature de la matière colloïdale présente.
- Quand une argile est saturée d’eau, l’addition d ’ u n électrolyte diminue l’adhérence mutuelle des particules et l’eau pénè-
- tre plus énergiquement dans la masse. Au contraire, l’addition d’un acide tend à coaguler les particules qui adhèrent alors entre elles et la masse devient semi-solide.
- Dans un liquide ayant un coefficient de capillarité supérieur à celui de l’eau (par exemple les acides), les particules ont tendance à précipiter, tandis que dans un milieu dont le coefficient est inférieur à celui de l’eau (bases ou alcalis) elles reslenf en suspension. On attribue à ce résultat l’adhésion des particules du liquide à celles du solide.
- La fluidité d’une pâte argileuse dépend non seulement de la proportion d’eau ajoutée, mais également de la présence ou de l’absence de petites proportions d'électrolytes. D’après Roldand, la plasticité de la pâte est augmentée (sans doute par coagulation de la matière colloïdale) par addition d’acides : chlorhydrique, nitrique, sulfurique, acétique, propionique, et de sels acides, comme les chlorures d’aluminium, de fer, le bichromate de potasse. Au contraire, la pâte devient plus fluide et sa plasticité moindre par addition d’alcalis, soude, potasse, baryte, eau de chaux, ou de sels basiques, l’action demandant parfois plusieurs jours pour se faire sentir et s’accompagnant de coagulation. Un excès d’alcali pcul d’ailleurs provoquer une action inverse et faire de nouveau augmenter la viscosité.
- C’est ainsi qu’Acheson a proposé l’emploi d’une solution de tannin et d’alcali pour rendre une argile fluide, suivi d’une addition d’acide — sans doute pour précipiter la matière colloïdale — pour augmenter la plasticité.
- On peut ranger, avec Mellor, Green et Baugh, en cinq classes les substances ou présentes ou ajoutées à la pâte argileuse suivant leur action sur la viscosité, la détermination des substances de chaque groupe devant être faite expérimentalement pour chaque argile.
- i° Les substances qui, tout d’abord, rendent la pâle plus fluide puis qui, à doses plus fortes, provoquent son durcissement (carbonates, sulfates, nitrates de soude ou de potasse, tannin, acide gallique, etc..., en général).
- a0 Les substances dont l’addition provoque d’abord le durcissement de la pâle, puis par additions plus fortes, la rendent fluide (sulfate de cuivre, ammoniaque dilué, alun, par exemple).
- 3° Les substances qui, à toutes doses, ne provoquent que la fluidité de la pâte (sulfate de mercure, chlorure de sodium, acide chlorhydrique, sulfate de magnésium en particulier).
- 4° Les substances qui n’ont pour effet que de durcir la pâte (acide humique, chlorure d’ammonium, chlorure et sulfate de calcium, aniline, méthylamine dans de nombreux cas).
- 5° Enfin les substances sans action appréciable (par exemple l’alcool).
- Pouvoir adsorbant. — Les argiles ont un pouvoir adsorbant analogue à celui des colloïdes ou plutôt à celui d’une masse inerte dont les particules seraient recouvertes d’une pellicule de matière colloïdale qui
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- remplirait également une pariie des intervalles entre les grains.
- Les argiles adsorbenl les colorants, le tannin, l’huile, la graisse, les sels, etc.... Avec les sels, l’adsorption est plus grande pour les chlorures et les nitrates (pie pour les sulfates, et sauf les carbonates, les sels alcalins ne sont pas adsorbés.
- Les argiles retiennent parfois si fortement les sels (jne, meme par lavage répété à l’eau pure, il est impossible de les éliminer, mais on peut les déplacer en lavant l’argile avec une solution d’un sel plus adsor-bable. Celte propriété a été utilisée dans l’industrie pour la clarification de certains jus.
- Semi=perméabilité. -— Lorsque l’on constitue une « membrane » d’argile plastique, on obtient une excellente paroi semi-perméable laissant passer les cristalloïdes (chlorure ferrique, sucre) et empêchant la diffusion des colloïdes (tannin par exemple, albumine et caoutchouc en solution aqueuse, etc...). Les colorants, par suite de leur composition complexe, jouent un rôle particulier et, bien que de nature non colloïdale, ne diffusent pas à travers l’argile (bleu de Prusse, bleu d’aniline, rouge d’aniline, vert malachite, fluorescéine, rosaniline, etc...).
- Plasticité. -—- C’est une propriété caractéristique des argiles et très importante pour les applications industrielles.
- La seule difficulté, et elle est capitale, est qu’on ne sait pas la mesurer, à peine peut-on la définir comme « l’aptitude d’une matière à changer de forme sans se rompre, la nouvelle forme persistant lorsque l’action qui l’a produite cesse ».
- De plus, suivant les applications, le terme plasticité ne désigne pas la même qualité : pour un briquelier et un potier, par exemple, le mot n’aura pas le même sens ; une bonne argile « plastique » pour l’un peut ne pas convenir à l’autre.
- La plasticité dépend d’ailleurs du liquide ajouté à l’argile : l’eau, l’huile végétale, la glycérine, l’alcool. D’une façon générale, il faut que ces liquides soient solubles dans l’eau, de façon à pouvoir pénétrer dans la couche d’eau entourant les grains d’argile et disloquer l’ensemble pour donner une masse plastique. C’est pourquoi l’éther, l’essence, le kérosène, l’huile machine ne donnent aucune plasticité à l’argile dont les grains se comportent alors comme des grains de sable en présence d’eau.
- On peut modifier, au moins dans des limites assez étroites, la plasticité des argiles. Pour l’augmenter on peut soit :
- i° augmenter la concentration en ions hydrogène en laissant la matière organique se décomposer (fermentation) et devenir acide, ou en ajoutant des acides faibles, ou encore en agitant l’argile avec de l’eau (sans doute pour hydrolyser le solide et libérer la matière colloïdale) ou en la laissant « pourrir » dans un endroit humide ;
- 2° ajouter des colloïdes (silice, alumine, hydrate de fer, gélatine, tannin, inuline, etc.) ;
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- 3° broyer suffisamment finement la matière pour que ses particules atteignent les dimensions colloïdales.
- Pour réduire la plasticité on peut soit augmenter la teneur en ions 011 (addition de lait de chaux, de phosphate ou silicate de soude ou de potasse), soit ajouter des matières incites servant de diluant, soit enfin chauffer l’argile vers aoo0 environ.
- Quant à l’origine de la plasticité, on en est encore réduit aux hypothèses ; mais la structure lamellaire des argiles et les actions capillaires doivent, ainsi que l’a supposé Le Chatelier, jouer un rôle fondamental. On a, en effet, vérifié que le mica et d’autres corps à structure lamellaire, lorsqu’ils sont réduits en paillettes infiniment petites, sont plastiques quand on les mélange avec de l’eau. Mais celle explication n’est pas entièrement satisfaisante et l’existence d’une substance colloïdale soit en masse, soit à l’état de pellicule enrobant les particules d’argile doit également intervenir dans le phénomène.
- Malheureusement, on se heurte ici à une autre difficulté : l’ignorance où l’on est de la nature, certains auteurs disent même de l’existence, de la substance
- *6 0 -4 Si
- 4 0+2 OH
- Atomes d’oxygène Q Groupes OH (_ ) ___-- daluminium O Atomes de Silicium •
- Fig. 5. — Structure de la kaolinile.
- Section perpendiculaire au plan des feuillets de la kaolinite.
- colloïdale conférant aux argiles leurs propriétés générales si spéciales.
- Il faut espérer que les travaux dont nous avons parlé au début de cette élude, en fournissant des renseignements nouveaux sur la structure des argiles, permettront de mettre de l’ordre dans celle question si mal connue à l’heure actuelle.
- Les divers traitements industriels que l’on fait subir aux argiles, suivant leur nature et l’usage auquel on les destine, sont des applications, empiriques pour la plupart, des actions des corps étrangers que nous avons rappelées rapidement, et qui toutes se rattachent à celles, plus générales, des substances colloïdales.
- La voie nouvelle dans laquelle se sont engagés les savants qui étudient la structure des argiles à l’aide des rayons X, les nouvelles conceptions sur le rôle et la nature des réseaux cristallins des différentes substances qui les constituent, promettent une grande fécondité, de résultats. Les mêmes méthodes sont appliquées également avec fruit dans letude des alliages.
- H. Vigneron.
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- 126 EN FLANANT A TRAVERS LES SCIENCES =
- UNE PIERRE TOMBE...
- S’il est une loi qui laisse sceptiques les jeunes élèves quand ou l’énonce pour la première fois devant eux, c’est bien la loi découverte par Galilée (1), loi d’après laquelle, en un même lieu, dans le vide, tous les corps solides ou liquides abandonnés à eux-mêmes tombent également vite. Faut-il s’en étonner quand on sait que celte loi, malgré l’autorité déjà grande du célèbre savant italien, eut peine à s’imposer lors de sa découverte ; elle semblait aller tellement à l’encontre des observations courantes!... Comment! Deux pierres de grosseur différente, une bille et une plume d’oiseau lâchées simultanément à la même auteur arriveraient au sol en même temps ?... Par Aristote (2) c’était absurde !... 11 est vrai que Galilée spécifiait que l’expérience devait se faire dans le vide, mais n’était-ce pas de sa part une affirmation gratuite? Ses expériences, il les avait réalisées dans l'air ; au reste comment eût-il procédé autrement puisque la machine pneumatique (3 4) n’était pas encore inventée?...
- C’est à Pise, sa ville natale, que Galilée fit les premières observations qui le conduisirent à la découverte de la loi qui porte son nom. U avait alors a5 ans. Du haut de la fameuse Tour Penchée, il abandonnait simultanément à elles-mêmes cinq billes de matières différentes : d’or, de plomb, de cuivre, de marbre et de cire. Le parcours était de 45 m environ. Les billes arrivèrent au sol pratiquement en même temps, exception laite toutefois pour la petite sphère de cire qui marqua un léger retard, si léger que Galilée l’attribua sans hésitation à la résistance de l’air refoulé par le corps dans sa chute. Cette explication (l) pouvait satisfaire certains savants, mais ne pouvait entraîner l’assentiment général. Que dis-je ? Galilée s’attira par ses expériences sensationnelles l’inimitié d’un grand nombre des « meilleurs esprits » de son temps qui ne juraient que par Aristote, au
- 1. Galilée (Galilei, dit) : illustre astronome, physicien et mathématicien italien, né à Pise en 1564. Sa vieillesse fut attristée par les démêlés retentissants qu’il eut avec l’Inquisition. II mourut aveugle en 1642.
- 2. Aristote, le célèbre philosophe grec (384-322 av. J.-C.), qui fut l’oracle des penseurs du Moyen Age, enseignait en effet qu’un corps qui serait une, deux, trois,... fois plus lourd qu’un autre tomberait une, deux, trois,., fois plus vite que cet autre.
- 3. Otto de Guerickc, l’ingénieux bourgmestre de Magdebourg, construisit la première machine à faire le vide en 1650, huit ans après la mort de Galilée.
- 4. Il est bon de noter que Galilée ne faisait ainsi que reprendre à son compte les idées du génial poète latin Lucrèce (95-53 av. J.-C.) : Omnia qua propter debent per inane quietum — Atquc ponderibus non œquis concita ferri (De Rerum Natura. II. v. 225 et suiv.).
- point qu’il dut quitter sa ville natale pour se retirer à Padoue... Et pourtant la loi de la chute des corps découverte par Galilée est, en réalité, conforme aux observations les plus banales.
- Considérez, plusieurs nageurs se laissant tomber en même temps dans la mer du haut d’un « plongeoir » ; ils arrivent à l’eau en môme temps. Tomberaient-ils plus vite si, au cours de leur chute, ils se tenaient par la main?... Non, tout le monde le sait bien. Alors ?... Alors, considérez une dizaine de billes d’acier semblables. Abandonnées à elles-mêmes, elles tomberont toutes de la même manière. Metlons-les ensuite dans un sac ; ne vous semble-t-il pas maintenant a priori que le sac ainsi lesté ne doive pas tomber plus vile que chaque bille prise isolément ? Insistons pourtant.
- Un morceau de craie, par exemple, est en réalité formé dî petits fragments semblables liés en quelque sorte les uns aux autres. Donc, en l’absence de l’action perturbatrice de l’air, ces petits grains de calcaire envisagés• isolément doivent tomber aussi vile que la pierre qui résulte de leur union ; chaque morceau de craie joue le rôle isolé dont il a été question plus haut, et le morceau de craie celui de l’en semble des nageurs lorsqu’ils se donnent la main.
- C’est par des considérations de ce genre que l’historien des mathématiques, Monlucla, prouvait la véracité de la loi de Galilée.
- « Dix hommes, écrivait-il, courant côte à côte ne. courent pas plus vite qu'un seul » ; il s’ensuit qu’une grosse pierre ne doit pas « courir » dans sa chute plus vite qu’une petite, la grosse pierre étant au fond, comme nous venons de le voir, constituée par plusieurs pierres se déplaçant ici côte à côte.
- Nous croyons ne pouvoir mieux terminer cette courte étude que par une expérience facilement réalisable.
- Plaçons une pièce de monnaie, non trouée et horizontale, un petit fragment de papier et laissons tomber la pièce. Le petit morceau de papier, n’ayant, pas à repousser l’air sur son passage, reste constamment appliqué contre la pièce de monnaie; il arrive au sol en même temps que celle-ci..., et la loi de Galilée se trouve ainsi contrôlée.
- Toutefois si celte expérience ne vous paraît pas suffisamment convaincante, il vous reste à effectuer l’irrécusable expérience du tube de Newton, décrite dans tous les manuels de physique, même les plus élémentaires, mais alors ayez à votre disposition, outre le tube, une machine pneumatique... Henri Daridon.
- CULTURE DU CHAMPIGNON DE COUCHE SUR FUMIER ARTIFICIEL
- La culture du champignon de couche sur fumier, dans des carrières et des caves, est une vieille industrie, pleine de secrets, de tours de main, d’empirisme. Telle champignonnière admirable, aux plus forts rendements, devient brusquement stérile ; là où les « rosés » pullulaient, ce n’est plus que putréfaction des « blancs ». Combien ont perdu leur temps et leur agent après avoir été séduits par les espoirs d’une
- telle culture ? Peu à peu, cependant, des progrès ont été accomplis. Les recherches de Costanlin et de Ma-truchot ont abouti à préparer des a blancs » purs, c’est-à-dire des mycéliums non contaminés par toutes sortes de moisissures, et Ton ensemence aujourd’hui les couches uniquement de blancs sélectionnés.
- Mais une autre difficulté est apparue grandissante. Pour faire les couches, il faut du fumier ; pour avoir
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- du fumier, il faut des chevaux. Or, le développement de l'automobile a chasse les chevaux des grandes villes et. en a réduit le nombre dans les campagnes. Si bien <pie les champignonnières des environs de Paris, installées dans les anciennes carrières d’où furent extraites les pierres de taille de la capitale, ne trouvent plus sur place les énormes quantités de fumier qui leur sont nécessaires cl doivent le faire venir difficilement et coûteusement de plus en plus loin.
- C’est ce qui a conduit M. A. Demolon, inspecteur général de l'Agriculture, et ses collaborateurs, MM. 11. Burgevin et M. Marcel, à réaliser la préparation d’un fumier artiiiciel, à partir de paille, sans intervention d’animaux domestiques.
- L’essai avait déjà été maintes fois tenté, mais sans résultats pratiques satisfaisants.
- Cependant, quelques points étaient déjà acquis. Par exemple, en iq32, Waht,
- Mann et Nissen avaient démontré expérimentalement que les lignines et les protéines insolubles constituent les éléments essentiels de la croissance du champignon ; la matière humique est donc fort importante, d’autant plus qu’elle est peu favorable aux fermentations microbiennes du fumier. Dans la pratique, ils obtinrent de bons résultats d’un compost préparé en ajoutant au fumier un quart de paille de blé et un mélange de sels composé de phosphate d’ammoniaque, de carbonate de chaux et de kaïnite.
- En 1929, E. Lambert a également utilisé, après fermentation, des composts de paille additionnés de sulfate d’ammoniaque, de phosphate acide d’ammoniaque, d’urée et de carbonate de chaux ; les résultats ont été tantôt favorables, tantôt défavorables, mais leur irrégularité n’a pas Fig. 1.
- permis de dégager l’influence des facteurs qui conditionnent la qualité du milieu.
- En 1930, l’étude systématique de tous les facteurs intervenant dans le développement du champignon de couche fut abordée au Centre des recherches agronomiques de Versailles. Elle vient d’aboutir à une réalisation industrielle parfaite (-1).
- Une première expérience, dans laquelle on avait mis en comparaison le fumier artificiel avec le fumier de cheval ordinaire, montra que le premier, tout en permettant le développement du champignon, était inférieur au dernier au point de vue du montage des meules et du rendement obtenu.
- Dans l’expérience suivante, on utilisa un fumier artificiel préparé avec de la paille de blé additionnée de 5 kgr d’urée par tonne de paille, dont l’humidité avait été ramenée par dessiccation à l’air libre à un
- 1. Demolon, H. Burgevin et M. Marcel, Le fumier artificiel et ses applications. Imprimerie nationale, Paris, 1935 ; Culture du champignon de couche sur fumier artificiel. Annales des sciences naturelles, Botanique, 10e série, t. XIX, 1937.
- taux de 68 pour 100. La composition de ce fumier était la suivante :
- pour 100 de matières organiques
- PH • • • • . - 6,44 Pentosanes . . i6,5
- pour 100 de matière sèche llexosanes 4,o 5
- Azote . . 1,46 Cellulose . 10,25
- P205 . . . 0,60 Lignine . 17 >90
- Potasse. 1,00 Acides h u m i-
- ques . . . 21,20
- Ilumine . 4,55
- — Culture de champignon de couche sur fumier artificiel au Centre de recherches agronomiques de Versailles.
- Sa teneur en principes nutritifs étant inférieure à celle du fumier naturel, on y ajouta, dans divers essais, du plâtre, du sulfate d’ammoniaque, de l’urée, du nitrate de potasse, un mélange de sulfate d’ammoniaque et de sulfate de potasse. Les récoltes obtenues montrèrent que le fumier artificiel utilisé sans autre addition que du plâtre est un milieu très favorable à la culture du champignon, avec un rendement atteignant celui d’une bonne pratique, en dépit des conditions moins satisfaisantes que celles réalisées dans les champignonnières. L’addition de faibles quantités d’azote (o,5 pour 1.000) sous forme d’urée et surtout de nitrate de potasse augmente sensiblement le rendement ; cette addition faite sous forme de sulfate d’ammoniaque a, au contraire, légèrement abaissé le rendement. Le mélange sulfate d’ammoniaque et sulfate de potasse, bien qu’apportant les deux éléments N et K en môme quantité que le nitrate de potasse, n’a pas augmenté le rendement. Ces résultats sont
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- en relation avec la variation du pH du milieu qui, au-dessous de pli = 6,o, exerce une action dépressive. Le développement du champignon s’est effectué régulièrement dans tous les cas, mais avec le nitrate de potasse, il a débuté plus tard, s’est effectué plus rapidement et a atteint finalement le chiffre le plus élevé.
- Les meules remontées après addition d’un engrais contenant de l’azote, de l’acide phosphorique, de la potasse et de la magnésie, n’ont pas fourni de nouvelles récoltes. L’arrêt de croissance ne lient donc pas à l’épuisement des éléments minéraux. D’ailleurs, les champignons ne prélèvent qu’environ io pour ioo des 'éléments minéraux du milieu et les principales pertes du fumier sont en penlosanes, en matières humi-ques et en lignine.
- Pour régler le degré d’humidité, on a essayé d’incorporer au fumier plâtré de la paille ou de la tourbe ; la paille a fortement réduit le rendement, la tourbe un peu. On a été ainsi conduit à modifier la technique habituelle en vue d’éviter l’excès d’humidité. Ordinairement, les champignonnistes introduisent un excès d’eau pour éviter l’arrêt de la fermentation par dessiccation ; ils maintiennent constamment la masse au voisinage de la saturation et le taux d’humidité croît rapidement à mesure que progresse l’humidification, par suite de la capacité élevée des colloïdes humiques pour l’eau. Dans la technique adoptée, on utilise un pied de cube très abondant (1.000 kgr de fumier artificiel déjà décomposé pour x.ooo kgr de paille et a.5oo 1 d’eau) ; on produit ainsi le départ et l’activité de la fermentation en même temps que le maintien de l’humidité dans la masse ; d’autre part, on procède à une série de recoupes, comme dans la pratique des champignonnistes, en ai'rosant modérément si le Lesoin s’en fait sentir. A chacune de ces recoupes correspond une reprise de la fermentation. En une cinquantaine de jours, avec cinq recoupes, on arrive ainsi à l’obtention d’un fumier suffisamment humidifié et dont l’humidité reste inférieure à 70 pour 100. Ces opérations se font de préférence à l’abri des pluies.
- La plupart des expériences ont été effectuées avec un fumier artificiel obtenu à partir de paille de blé. Cependant, une série a comporté l’utilisation d’un fumier provenant de paille d’avoine. Celle-ci a l’avantage de se mouiller plus facilement par arrosage au las. En ce qui concerne la croissance du champignon, elle s’est montrée équivalente à la paille de blé.
- - Le fumier obtenu par la technique décrite, sans autre addition (5 kgr d’urée par tonne de paille), conduit à un produit légèrement acide, de pH voisin de 6,5. Celte réaction se trouve modifiée par diverses additions. C’est ainsi qu’en augmentant la quantité d’urée à la fabrication, on élève progressivement le pH du produit final. En doublant la dose d’urée, toutes autres conditions restant les mêmes, on obtient un produit très voisin de la neutralité. Dans le fumier de cheval où l’excès d’azote uréique est considérable, la réaction devient nettement alcaline. Ce fumier renferme toujours de l’ammoniaque libre qu’il perd plus ou moins complètement au cours des recoupes suc-
- cessives. Le fumier artificiel, au contraire, ne renferme plus d’ammoniaque si l’on a utilisé une dose modérée d’urée. La réaction du milieu est encore plus directement influencée par les additions pratiquées au montage. Le sulfate d’ammoniaque employé avec succès par certains champignonnistes a une action acidifiante qui explique son rôle favorable. Le nitrate de potasse se comporte comme légèrement alealinisanl. L’urée alcalinise plus fortement avec abaissement progressif au cours du temps. Le phosphate d’ammoniaque alcalinise. Enfin, le carbonate de chaux se montre assez peu actif en raison de son insolubilité.
- Au cours du développement, la réaction du milieu se modifie peu lorsqu’elle est entre 6 et 7,5.
- Les limites sont assez larges, entre pli = 5,90 et pli = 8,0, mais un optimum existe vers 6,5 et un pli supérieur à 8,0 peut empêcher tout développement.
- En dehors de son action sur la croissance du champignon, la culture en milieu légèrement acide est favorable au bon état sanitaire et l’on ne constate, dans ces conditions, aucune des maladies si fréquentes dans les champignonnières. Aussi convient-il de surveiller le pH et de l’amener à l’optimum de 6,5.
- L’ensemble des éludes et des essais de MM. Demo-lon, Burgevin et Marcel conduit à une série de résultats pratiques qui enchanteront les champignonnistes et favoriseront singulièrement leur difficile industrie.
- Le fumier de cheval des champignonnières peut être remplacé par du fumier artificiel préparé à partir de paille de blé ou d’avoine, sans autre addition que celle d’azote minéral. On peut considérer que le cheval ne joue aucun rôle nécessaire au point de vue du développement du champignon.
- Les facteurs du milieu dont dépend éventuellement le rendement sont : l’humidité, le taux d’humification et la réaction du milieu. Au point de vue chimique, l’enrichissement du fumier artificiel ne présente qu’un intérêt secondaire.
- En ce qui concerne le passage dans la pratique de ces observations, les tentatives ont porté sur la confection d’un fumier par la méthode de dilution. Les proportions suivantes semblent donner les meilleurs résultats : une partie de fumier et cinq de paille humidifiée, plus la quantité nécessaire de sels nutritifs.
- Cette méthode permet d’accroître considérablement les quantités de fumier dont on dispose ; le fumier de cheval joue dans ce cas le rôle d’un large pied de cuve.
- Quand on peut opérer à l’intérieur des caves, la fabrication se fait très régulièrement, même pendant les périodes froides de l’hiver. La température atteint rapidement 8o° et au bout de 20 à 25 jours, les meules peuvent être montées.
- L’utilisation du fumier complètement artificiel n’a eu jusqu’ici qu’une application assez restreinte, les ouvriers n’étant pas encore entraînés à sa préparation. Toutefois, dans certaines exploitations éloignées des lieux de production du fumier de cheval, il commence aujourd’hui à être utilisé avec succès.
- Daniel Claude.
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- LES ROIS DE RATS EN FRANCE
- l’jir mu' jjole infra-marginale, annexée à I*ailiclc sur : Les « lois de rais » par le D1' A. Reh, paru dans h; numéro 3oo8 de La Nature, i5 juin 1907, il esl signalé (pie ce phénomène a étév observé en France.
- Il serait hasardeux dans le cas qui nous occupe, d’aflir-mcr la carence, des naturalistes français, et La Nature était d'autant mieux placée pour s’élever conlre cette assertion, qu’elle a publié en 1900, avec la photographie d’un roi de rais, un article d’Kmile Ouslalet, professeur d'ornithologie, au Muséum national d’Histoire naturelle, sur un de ees phénomènes lrou\é à (lourlalain (Kme-ol-Loir). Ousla-lel dit a\oir reçu de M. Henri Richer la photograjihie (reproduite page :>o) d’un roi de rais formé de sept individus encore jeunes, dont les corps avaient environ 10 cm. Ce roi de rais de, Courlalain avait été trouvé en novembre 1899 au
- fond d’un trou de mur, cl fut donné au Musée de Chàleau-
- il 11 n par M. II. Lecomte.
- En 190(1-1907, la Feuille des Jeunes Naturalistes, fondée à Mulhouse en 1870 et transférée à Paris après la guerre de 1870-1871, revue remarquable malgré son titre modeste, a consacré aux rois de rats foule une série de notes, dans six numéros consécutifs de septembre 1906 à février 1907. I.'enquête, entreprise par le directeur de la Feuille, Adrien Dollfus, provoqua quelques témoignages intéressants, venus à la suih' de sa remarquable élude sur la question. En
- réponse à Adrien Dollfus, le savant entomologiste mar-
- quis II. du Buysson, de Vernet (Allier), signalait Ja découverte d'un roi de rats chez lui deux mois auparavant (Feuille, des Jeunes Naturalistes, ior octobre 1906).
- a On vint un jour me prévenir, écrit M. 11. du Buysson, qu'il \ avait un nombre considérable de gros rats dans un compartiment d'un poulailler où l'on avait mis une mue à engraisser la volaille. Deux de mes domestiques et moi-même, les uns armés d'une pelle, les autres d’un balai, nous nous mîmes à faire la chasse et à abattre à mesure les rats qui grimpaient aux murs. On en tua neuf et tous appartenaient à la même espèce, au rat noir (Mus rallus L.). Deux des couvercles de la mue étaient relevés depuis un temps assez long i'i les rats y avaient, accumulé un monceau de paille qui leur servait de cachette. C’était en abaissant un de ces couvercles qu’on avait découvert cette nombreuse famille. Du seul d'entre, eux s’échappa... Il y avait là, le père et la mère, faciles à reconnaître à leur taille plus avantageuse, et huit, petits qui avaient presque atteint la taille d’adulte. C’était ceux d’une première, portée, car en écartant la paille, on en trouvait une seconde de tout jeunes, non encore sevrés, mesurant, U cm du nez à la naissance de la queue. Chose bizarre qui frappa mon attention et m’empêcha de les tuer sans regarder, c’est, qu’ils étaient tous adhérents les uns aux autres par la queue et je me suis demandé aussitôt comment, cet amas de sept bêtes, devenues adultes, auraient pu trouver les moyens d’existence. En les saisissant, le septième se détacha, il 11’avait, plus que la moitié de sa queue et l'extrémité qui le retenait aux autres s’était atrophiée et j’estime qu’il serait arrivé de lui-même à se détacher du bloc. Quant aux autres, la soudure était à peu près faite par le milieu de la queue de chacun, l’extrémité conservant peu sa mobilité ; l’un d’entre eux avait même l’une de ses pattes postérieures engagée dans ce nœud gordien ; je l’ai tirée de force pour J’en arracher et je l’ai trouvée blanchie et atrophiée, comme le bout de la queue de celui que j’avais d’abord détaché. Je continuais à examiner cette rosace composée de cinq animaux et je vis que cet accident provenait de ce que la mère avait fait ses petits dans un nid garni de
- duvet et c’est ce duvet, qui, par l’effet d’une bizarrerie due au hasard, s’est feutré de lui-même sous le frétillement de toutes ces queues, probablement encore humides du lit de la mère ou humidiliées par son lait. La bizarrerie consiste, surtout en ceci, c’est qu’il a fallu que tous ces rats en naissant soient placés dans le, même sens côte à côte, ou eu rond et se tournant le dos. Le duvet ne pouvait prendre de l'adhérence cl, se, feutrer en englobant, toutes ces queues au même point de leur longueur que parce que celles-ci se sont mues d’un mouvement de rotation uniforme. J’ai été surpris de ce que j’avais rencontré, mais j’ai pensé que ces bêtes, ainsi attachées, seraient, crevées dès que la mère aurait cessé de les allaiter. C’est la première fois que j’observais cela et comme je l’ai expliqué, celte soudure n’était pas congénitale, mais duc à un simple accident, survenu après la naissance ».
- Les explications très exactes de M. 11. du Buysson et, ses conclusions très plausibles présentent d’autant plus de valeur qu'elles émanent d’un naturaliste distingué, qui savait observer et décrire ce qu’il avait vu.
- A la suite de cet article, un correspondant de la Feuille des Jeunes \aluralisles, faisait remarquer que l’écrivain scienti-lique Henri Coupin, dans son livre La Vie curieuse des Bêles, a écrit : a Dernièrement on a envoyé au Muséum un roi de rais composé de, sept individus et, trouvé à Chaleauroux ».
- En janvier j9.i1, j’ai signalé dans le Bulletin de la Société nidionale </’Acclimatation de France, la capture d’un roi de j'als à Vézenobres, arrondissement, d’Alès (Gard).
- Cet exemplaire, trouvé par un nommé Delcuze, limonadier, était composé de six Tais (Mus rallus L). J’avais été mis sur la trace de ce roi de rats par les propos de témoins oculaires, et incité à me livrer à une enquête à son sujet peu après la lecture des articles de 190(1-1907 parus dans la Feuille. Je possède, dans mes papiers, la lettre où feu le limonadier Delcuze exprimait : a le regret de 11e pas avoir conservé le phénomène pour un musée ».
- Ajoutons qu’à la suite de la longue discussion engagée dans la Feuille des Jeunes Naturalistes, un correspondant,, .M. II. Martel, écrivait. : « Cette réunion ne devait-elle pas à l’origine s’appeler liouel de rais, car elle n’a lien de, loyal et montre bien l’image d'une petite roue... ? ».
- Adrien Dollfus, dont l’origine alsacienne et une parfaite connaissance de la langue allemande accentuaient l’autorité, répondit au colonel II. Martel : « Nos documents les plus anciens remontent au xvn° siècle et proviennent, d’Allemagne. Le phénomène était désigné dans ce pays sous le nom de BaUenluinitj (c’est-à-dire Roi de Rats). Mais il est fort possible qu’originairement cette désignation Kônig soit, provenue du mot français liouel que l’on prononçait, si je ne me trompe, Roi, et qui, par suite de cette prononciation, aurait été détournée de son sens primitif ».
- Quand on examine les gravures parues sur la couverture cl à la page 538, ligure h, du numéro 8000 de La Nature, ou a bien l’impression des rayons d’une roue de rouet.
- Au point de vue folklorique, qu’il n’est, pas déplacé d’invoquer ici, le mot roi s’attache surtout à une créature unique ou extraordinaire. Mais cette règle souffre des exceptions. II. du Buysson faisait remarquer que le Râle de genêt, est appelé Reï, di caïos (roi des cailles), en patois méridional. On dit aussi reine des abeilles; le roi des fourmis esl, un reptile de la Guyane qui se nourrit, de ces hyménoptères et, ne s’éloigne guère des lieux où il les trouve en abondance. Roi de rats ou Rouet de rats peuvent donc compter des partisans. Albert Hugues.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE J937 (')
- Toutes les planètes — sauf Neptune — sont visibles en ce moment. Bonne visibilité de Mercure à la fin du mois.
- Très belle conjonction de Vénus et de Régulus le 24.
- Observer l’éclipse du Satellite II par le Satellite 1 de Jupiter le 27 septembre.
- Oe mois-ci, on pourra voir un grand nombre d’occultations d’étoiles par la Lune, de conjonctions de planètes, etc. Voici, d’ailleurs, le détail de ces phénomènes.
- 11. Lune. - Les phases de la Lune, pendant le mois de septembre, se produiront ainsi :
- N. L. le l\, à 22l>54,n P- L. le 20, à nh32m
- P. Q. le 12, à 20|>57m D. Q. le 27, à 5h43m
- Age de la Lune, le iet septembre, à oh = a5J,5; le 5 — oj,o.
- I. Soleil. — En septembre, la déclinaison du Soleil varie fortement. De -f 8°aj7 le 1e1', elle tombera à — -.OkM le 3o. Le Soleil traversera l’équateur céleste le a3 septembre, à iih. Oe moment marquera le début de l’Automne astronomique. La durée du jour décroît fortement en septembre. Klle sera de i3h:<5m le icr et de 1 ih4am le 00. Cette diminution est surtout sensible le soir. Le Soleil, le 3o septembre, se lève à 5h4<)m du matin, c’est-à-dire 6hnm avant midi. Il se couche à i7h3im, soit 5h3im après midi. La matinée dure donc. 4o minutes de plus que la soirée.
- Le tableau ci-dessous donne, de deux en deux jours, I*' temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Sept. 1er 11 h 5oi»4 1 s Sept. 1 il i45mi4s
- — 3 11 5o 3 — >9 1 1 44 3i
- — 5 1 1 49 23 — 21 11 43 69
- — 7 11 48 43 — 23 11 43 b
- — 9 11 48 3 — 25 11 42 25
- — 11 11 47 21 — 27 11 4i 44
- — i3 11 46 39 — 29 11 4« 4
- — i5 11 45 67
- On sait que pour obtenir l'âge de la Lune à une autre date du mois, à oh, il sufiit d’ajouter aux nombres ci-dessus
- x jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 5.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 12, à 1811 = + 220io'; le 26, à 3h = + 22°3L On remarquera la faible hauteur de la Lune sur l’horizon le dimanche 12 septembre entre 7ll3om et i8h, lorsqu’elle sera au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance de la l'erre), le
- xi septembre à 2211. Parallaxe = 54,i5,L Distance
- — 4o4 200 km.
- Périgée de la lame (glus petite distance à la Terre), le 28 septembre à axh. Parallaxe = bg'hS'L Distance
- — 366 6g4 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 14, occultation de 36 Sagittaire (5m,i) : immersion à i8h45m,3. — Occultation de jj Sagittaire (3m,6) : immersion à i8ü45m,4.
- Le 16, occultation de 583g B. D. — i4° (7m ,0) 7 immer-
- sion à 22him,o.
- Le 28, occultation de p 2ihi5m,3. Bélier (5“,6) : émersion à
- Le 24, occultation de 54 Bélier (6m,5) : émersion à
- Le 25, occultation de t Taureau (4m,7) : émersion à 2 2h54m,o. — Occultation de 33o B. Taureau (6m,3) : émer-
- Observations physiques. — Nous avons donné dans le « Bulletin astronomique » du n° 2994 (ier février 1987) quelques indications pour l’observation quotidienne du Soleil. Le tableau suivant renferme les éléments nécessaires pour orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- Date (oh ) Sept. 2 +
- — 7 +
- — 12 +
- — Ï1 +
- — 22 +
- — 27 +
- P
- 2i(33 E +
- 22,5i E +
- 23,55 E +
- 24,44 E +
- 25,17 E 25,73 E +
- +
- ’0 Lo
- 7(21 25o(: 26
- 7,25 i84, 22
- 7,23 118, 20
- 7,16 52, *9
- 7j°4 346, !9
- 6,87 280, 20
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible, le matin, en septembre. On pourra l’observer du 2 au 16, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas. Cette observation doit être faite loin des lieux éclairés.
- La lueur anti-solaire est encore bien basse sur l’horizon, et il convient d’attendre le mois prochain pour la rechercher.
- L Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). L’heure d’été étant encore en usage ce mois-ci, ajouter lh à toutes les heures mentionnées ici pour qu’il y ait concordance entre l’heure des pendules et la production des phénomènes.
- sion à 23h2om,2.
- Le 26, occultation de io5 Taureau (6m,o) : émersion à oh59m,9-
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très belle, le matin, les Ier et 2 septembre puis, à la fin du mois, les 29 et 3o. A observer avec une bonne jumelle lumineuse.
- Marées; Mascaret. — Les marées les plus importantes du mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 4 et principalement à la pleine Lune du 20.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées :
- Marée du matin Marée du soir
- Date
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Septembre 19 21> 58 m o,83 151117m 0,89
- — 20 3 35 0,95 15 53 I ,00
- — 21 4 11 1 ,o3 16 3o 1,06
- — 22 4 48 1,07 17 7 1,07
- — 23 5 26 1 ,o4 «7 47 1,0 1
- — 24 6 6 0,96 18 28 0,90
- Le mascaret se produira à diverses reprises, en raison de 11 forte amplitude des marées. Voici les heures approxima-
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- tires de l’arrivée de la barre à Quillebeuf, Villequier et Caudebec-cn-Cuux :
- Date Coei'iicient de la marée Heure du Quillebeuf probable d’a mascaret à Villequier privée Oaudebee
- Sept. 21 1 ,o3 7I145111 81*2 2111 8!<3in>
- — 21 1 ,06 20 3 20 40 20 49
- — 22 1 ,07 8 20 8 57 9 è
- — 22 1,07 20 3g 21 16 21 25
- 23 1 ,o/j 8 58 9 35 9 44
- — 23 1,01 21 20 21 57 2 2 ti
- 111. Planètes. L e tableau qui suit contient les ren-
- seignements les plus importants pour rechercher et obser-\er les planètes principales pendant le mois de septembre 1937. (le tableau a été établi à l’aide des données contenues dans l'Annuaire astronomique Flammarion.
- 131
- Fraction du disque Magnitude
- Date illuminée Diamètre stellaire
- Sept. 3 0,203 9", 6 + i,3
- — 8 0,087 10,2 + >,9
- — i3 0,012 10,4 + 2,8
- — 18 o,o35 9,8 -f 2,3
- — 23 0,178 8,8 + 1,1
- - 28 o,4o3 7,4 + 0,1
- 1 énus s’éloigne de plus en plus de la Terre, mais est
- encore bien visible le matin dans l'aurore ; elle se lève
- plus de 3 heures avant le Soleil. Le i3 septembre, dans
- une lunette astronomique, renversant les images, Vénus
- présentera l’aspect du dessin n° 9 de la ligure 1 du Bulletin
- astronomique » du n° 2998.
- Voici, comme pour Mercure , la phase et la magnitude
- stellaire de Vénus :
- Fraction du disque Magnitude
- Date illuminée Diamètre stellaire
- Sept. 3 °,777 • 4V -F,5
- — 8 °> 792 13,6 - 3,5
- — 13 0,807 i3,2 - 3,4
- — 18 0,821 i3,o - 3,4
- — 23 o,833 12,6 - 3,4
- — 28 0,8/|8 12,4 - 3,4
- ASTRE
- Soleil .
- Mercure Vénus. Mars .
- Jupiter
- Saturne
- Uranus
- Neptune
- ’l
- * Date : Lever Passage au méridien Coucher Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation VISIBILITÉ
- Sept. à Paris de Paris à Paris droite son apparent et etoiie voisine
- 1er 5 h 8 m n i5om4is l8b33m i0^4im + 802C 3i'45"2 Lion
- 10 5 21 11 47 42 18 14 11 i3 + 5 0 3i 49,5 Lion »
- 22 5 38 11 43 27 l7 48 11 57 H- 0 23 31 55,8 Vierge
- 10 b !7 12 10 18 4 11 37 — 2 2 10,4 P Vierge 1 Le matin, à la fin du
- 22 4 27 10 52 17 18 11 5 + 4 49 9,° Lion 1 j mois.
- 10 2 6 9 34 17 1 8 57 + l7 20 i3,4 Cancer Le matin ; très bril-
- 22 2 36 9 44 16 5o 9 55 4- i3 26 12,6 a Lion lante.
- 10 22 i3 i3 45 33 17 '7 38 24 21 21 3i i4 17 2 17 36 — 25 25 22 47 9,6 9,° 39 5i Scorpion 1 Scorpion Un peu visible le soir.
- 10 i5 4o 19 49 Cs 58 19 16 — 22 44 40,4 71 Sagittaire Première partie de la
- 22 i4 53 19 2 23 I 2 19 16 — 22 44 39,0 7T Sagittaire nuit.
- 10 18 49 0 5i 6 48 0 i5 — I i3 17,4 12 Baleine Toute la nuit. En oppo-
- 22 18 1 0 23 0 56 5 56 0 11 — 1 36 17,6 5 Baleine sition le 25.
- 5 25 20 J9 4 3 2 4o 20 10 9 57 36 2 45 2 43 + + l5 l5 3i 23 3,6 3,6 cr <7 Bélier j Pres(lue toute la nuit.
- 5 25 5 4 45 3i 12 10 i3 57 18 »7 4i 24 11 19 11 22 + +- 5 5 32 i5 2,4 2,4 80 80 Lion Lion Inobservable.
- Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 1/1 septembre, à ioh. Ensuite il va s’écarter de l’astre du jour et il arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 00 septembre, à 3h, à i7°5i/ à l’Ouest du Soleil. Cette élongation, quoique peu importante, sera assez favorable pour les observations de la planète, que l’on pourra suivre de 10 à i5 jours après l’élongation maximum. Ayant trouvé la planète dans l’aurore, on peut ensuite la conserver longtemps dans le champ de l’instrument, bien après le lever du Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- A signaler, le a4 septembre, une très belle conjonction de Vénus et de Régulus (a Lion), à observer avant l’arrivée du jour (voir aux Conjonctions).
- Mars s’éloigne et devient de moins en moins visible, se couchant à présent un peu après 2iu. Son diamètre se trouve maintenant réduit à la moitié de ce qu’il était lors de l’opposition. On peut dire que les observations utiles faites avec de petits instruments sont terminées pour cette période de visibilité.
- Mars se trouvera en quadrature avec le Soleil, le 10 septembre, à ioh.
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- Cérès, la petite planète n" i, [>ouiTa é.lre recherchée à l'aide de ses positions, que voici, el, de la petite carie spéciale publiée au « Bulletin astronomique » pour le mois d’août 11)07.
- Date (o11) Ascension droite Déclinaison
- Sept. 0 2il'45m,3 — 28"35'
- — i/j 22 3g,6 — 28/18
- tlérès est passée en opposition avec le Soleil le 21 août.
- Jupiter n’est plus visible (pie pendant la première moitié de la uuil. Il s'approche de sa quadrature orientale avec le Soleil.
- On pourra observer les phénomènes suivants produits par les quatre principaux satellites de Jupiter.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date : Satel- Phéao- Date : 11< Sa ici- l’héno-
- Sept. lieu rc litc mène Sept. uire lile mène
- 1 er 21 11 qni 1 i». c. *7 '91 281» I P. c.
- 1 22 21 1 0. c. *7 20 4i 1 0. c.
- 2 !9 6 H E. f. 17 21 44 1 P. f.
- 2 2 l 55 I E f. 18 >9 5 11 0. f.
- 3 '9 6 I 0 f. .8 20 >4 1 E. f.
- 7 18 5 a 111 0. c. 2 l 21 52 III P. c.
- 7 22 1 1 11 P. c. 22 *9 2 ï è>l IV P. L
- 7 22 23 111 0. f. 23 31 H lin.
- 9 20 2.5 I lin 2/4 2 « 2 1 I P. c.
- 9 21 44 H E. f. 2.5 18 36 1 1 m.
- 10 18 45 l 0. C- 2.5 .8 5o II O. c.
- 10 ‘9 53 l P. f. 25 •9 I O 11 P. F.
- 10 21 *>J 1 0. f. 2,5 20 36 111 E. F.
- i4 19 4 IV E. c. 2,5 2 1 4o 11 0. F.
- 4 21 33 111 P. f. 26 18 5 I P. F.
- 16 18 &9 11 Im # 26 >9 2 2 1 0. F.
- 16 22 16 I Im 27 2.3 4 V Eclipsé
- 27 26 3 9 I par L
- Bemarquer, Je 2,7 septembre, l'intéressante — et rare éclipse du Satellite II par le Satellite I, de :îdh/|m à :i3,1aj)m. A suivre avec, une lunette de moyenne puissance.
- Saturne, sera en opposition avec le Soleil le, 2,5 septembre à 5h.
- Voici les éléments de l’anneau pour h v i/j septembre :
- Crand axe extérieur . /i.‘VCi)8
- Petit axe extérieur . . . . 3",33
- Hauteur de la Terre au-c lessus du plan de 1 l’anneau - 4°,207
- Hauteur du Soleil au-de s.sus du plan de I’ anneau. — 3°, 87 7
- Titan, le satellite le plus lumineux d< 3 Saturne, est sur-
- tout visible lors de ses le mois de septembre : élongations maximu. Les voici pour
- Date Elongation Heure
- Sept. 4 Occidentale *3'',7
- — 12 Orientale 9, ' n ,3
- — 20 Occidentale
- — 28 Orientale 6,6
- Uranus est visible, presque toute la nuit. O11 le trouvera au moyen de ses positions, données au tableau des planètes,
- et de la petite carte parue, au « Bulletin astronomique » du uü 21)1)2, page ali (il‘r janv ier 11)07).
- Neptune est invisible, en conjonction avec le Soleil le il septembre, à m1*.
- IV. Phénomènes divers. Conjonctions :
- Le 2, à ,">h. Vénus eu eonjonel. avec la lame, il 3°4u' N,
- Le 5, à 15h, Neptune — — à 6°2<y N
- Le 6, à r»\ Mercure — à O028' IN
- Le 1 a, à i8\ Mars — — i'i 8"2o/ S,
- Le 15, à o\ .Mercure — Nepl une à 4°35' s
- Le 15, à 6'L Jupiter — la laine, à 3°37/ S,
- Le 21, à cil / ? Saturne — --- à 7 ”4 y s,
- Le :>3, à |8\ Uranus -- — à 2 s,
- Le 24, à 5", Vénus (m; ignil ude : — d'VO en
- conjonction arec a Lion (Jtégu-
- lus) 3) • • h 002(d N.
- Le 3o, à ,-.i, 1 ; 9 Mercure (- - n"'. 1 ) en conjonction
- avec. Ne pl u ne (8' ",«) • • • • à 0" 1 y NT.
- Suiv re, dans la mâtiné e du 2/1, avec une jumelle , le n •P-
- proehemenl do Vénus et do Béguins.
- Etoile poinire ; Temps sidéral. — Voici quelques passages de I "Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Date Passage Heure (T. U.) Temps sidéral à o1 pour le méridien de Greenwich
- Sept. 8 Supérieur îî b 2 6 m 7 s 231' 6"'33s
- — 18 — 1 46 56 2,3 45'59
- — 28 — 1 7 44 0 2.5 2/|
- Etoiles rarialdes. — Minima d'éclat, visibles à l’a’il nu, de l'étoile Algol (fj Persée), variable de 2in,a à a"1,5 en aOo’Vjq1" ; le a septembre, à j1"’."1; le 8, à (d’D 1,n ; le 10, à aiCT)1"; le 28. à :d'a r" : le ao, à a.’B'ao"'.
- Minima d'éclat, de l'étoile Lyre, variable de 3”',5 à 4m,i en 1 aéd'/iS1" ; le i'\ septembre., vers o’1; le 2 (.5, vers 2ih(im.
- Be P'1' septembre, maximum d'éclat, de 11 Andromède, variable de 5m,li, à 14"l,7, en /107 jours.
- Le 1/1 septembre, maximum d’éclat de, B Serpent, variable de 5"',(i à 1a"1,8, en 354 jours.
- Le 2a septembre, maximum d’éclat de 0 Baleine, variable1 de 2111,0 à io‘",i en 33a jours. Utiliser la petite carte du 11" 298.4 (ier septembre 1986).
- Etoiles [Hantes. — De très nombreux essaims sont actifs en septembre. On en trouvera la liste au « Bulletin astronomique » du n° 2i)58 (11'1' août 1986).
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le i"1 septembre, à 2111, ou le i5 septembre, à ao*1, est le suivant :
- An Zénith. : Le Cygne; La Lyre.
- .lu Nord. : Le Cocher ; La Grande Ourse.
- .1 P Est : Pégase; Andromède; Le Bélier.
- tu Sud, : Le Capricorne ; Le Verseau; Le Dauphin; L’Aigle; Le Sagittaire.
- .1 P Ouest : Ophiiichus ; Le Serpent; Hercule; La Couronne boréale; Le Bouvier.
- La Balance et le Scorpion vont disparaître à l’horizon ouest.
- Km. Touchet.
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-
- = CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE (*) =
- LE CLASSEMENT ET LA CONSERVATION DES PHOTOTYPES (2)
- L'amateur débutant, dans sa grande lia le d'obtenir un ,.|io.|»é — son premier cliché ! — photographie bien souvent n’importe quoi et, naturellement, ne note rien. Qu’il réussisse ou non, il recommencera et les clichés, bons ou mauvais, vont, au début,- s’accumuler rapidement.
- Imaginons que notre amateur, ayant fait des progrès, continue ainsi pendant un certain temps. Il arrivera bientôt à posséder quelques centaines de clichés, ce (pii va encore assez vite, surtout avec, les petits formats. Si alors, il veuf rn rechercher un et qu’il n’ait rien noté, comment fera-t-il pour le retrouver i»
- Il y a évidemment un moyen simple (pii consiste à fouiller successivement dans toutes les boîtes où peut, se trouver ce fameux clicbé. Mais qu’on essaie de ce système seulement après 5 ou (1 années de photographie —alors que déjà on a oublié l’époque vers laquelle telle vue a été prise, - et l’on verra quel temps précieux on perdra. Il faut donc, mettre de l’ordre dans la collection de clichés et le mieux est. d’établir cet ordre dès le début.
- Le catalogue de clichés. ----- Nous prendrons donc soin d’ouvrir à l’origine meme de nos clichés, un « catalogue » ou, si l’on préfère, un embryon de catalogue.
- Il existe, en effet, un assez grand nombre de moyens de, classer les négatifs et, suivant, le genre de travaux auxquels on se livrera, on sera amené à noter divers renseignements (pie d’autres amateurs pourront négliger. Par exemple, l’amateur qui se, livrera à la photomierographie, à l'étude de l’histoire naturelle, à la photographie astronomique, etc., pourra classer ses clichés autrement, que, l’amateur (pii ne. prendra que des paysages, des portraits de famille ou des monuments.
- Nous conseillons donc aux débutants de commencer leur Catalogue de clichés sur un simple cahier « provisoire » et de noter divers renseignements, comme nous l’exposons plus loin. Après quelques mois, ces nouveaux amateurs auront jugé par l’expérience l’utilité des renseignements inscrits : ils pourront, donc, en supprimer certains qui leur paraîtront inutiles ou au contraire en introduire, de nnu-\ eaux.
- Alors seulement, ils se procureront, cette fois un fort registre de bon papier qui constituera Je véritable « Catalogue de clichés » et sur lequel ils recopieront les renseignements conservés du catalogue provisoire.
- Nous insistons sur l'emploi d’un fort registre. En effet,
- 1. Voir les iCs 29(57, 2972, 2974, 2979, 2981, 2989, 29815, 2987, 2989, 2998, 299(1, 2999 et 8002.
- 2. Ou désigne sons le nom de Phototypes les clichés ou négatifs, qu’ils soient; sur verre ou sur pellicules.
- Le Congrès international de Photographie, tenu à Paris du (i au 17 août, 1889, sous la, présidence de M. .Iules .lanssen, Directeur de l'Observatoire de Meudon, l’un des présidents de la Société astronomique de France, a, dans ses résolutions, décidé d’introduire une uniformité d’expression des données photographiques.
- Ainsi, pour les photographies obtenues par la seule action chimique de la. lumière, on distinguera sous le nom de phototypes celles produites directement par l’intermédiaire (le la, chambre noire (qu’on désigne généralement sous les noms de clichés ou 'négatifs) et sous le nom de photocopies les reproductions de ces images par une nouvelle opération photographique- (on les désigne encore sous les noms (Yépreuves ou de positifs).
- Les mots clichés et épreuves sont surtout les plus employés.
- au début d’une collection de phototypes, on ignore totalement l’importance qu’elle prendra avec le temps, et, pour peu que le « démon du gélatino » vous ait conquis, tôt on tard il faudra ajouter d’autres registres au premier.
- Le « Catalogue, de clichés » a une importance considérable dans le laboratoire de photographie, on le consulte presque constamment, et d’autant plus que. la collection s’enrichit.
- Tout d’abord, il a un rôle « chronologique » en lixant dans le temps une série de renseignements utiles. Il a un rôle <( technique » par les données scientifiques qu’il contient et. (pie l’on met à p roi if lors de l’exécution d’autres clichés, lia, enfin, pour son auteur, un rôle « personnel et conhdentici » sur lequel nous nous expliquerons plus loin.
- Comment doit-on établir le « Catalogue de clichés » !'
- Le classement le plus simple est évidemment, celui par ordre numérique. Donc, chaque cliché recevra un numéro d'entrée, les numéros se suivant sans interruption dans l'ordre chronologique. Les éléments les plus importants à noter, après le numéro, sont évidemment le Sujet, la Date et l’Heure.
- Voici donc pour les données « temps », qui affectent l’éclairage solaire, puisque la date et l’heure déterminent la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon.
- Lnsuile, on notera les données a météorologiques », qui interviennent pour réduire cet éclairage. On réservera donc une colonne spéciale à l’état du ciel, ce que l’on peut, ramener à quelques cas très nets et peu nombreux : i° ciel très pur, soleil; ciel blanc lumineux; ,'V ciel couvert; j" ciel couvert et très sombre.
- Enfin, ou inscrira les données « techniques » ou « physiques (') (pii interviennent également, pour réduire ou modifier l’éclairage et en régler l’action, c’est-à-dire : le Diaphragme; l’ivcran; le Temps de Pose; la Surface sensible employée (plaque, pellicule, marque) (2). Enfin, le Format, bien rares, en effet, sont les amateurs qui, avec le temps, n’ont pas une collection renfermant des plaques ou des pellicules de divins formats. L’indication de ce format, dans le Clalalogue renseigne immédiatement sur le groupe de boîtes où se trouva1 un cliché donné.
- M. L.-P. Clerc, dans la Technique photographique (p. 5o3) signale que les clichés- de formats différents ne pouvant, pas être mélangés, il y a lieu d’adopter un numérotage distinct pour chaque format, une lettre spéciale désignant alors
- 1. Ou peut, compléter ces données par des renseignements purement « photographiques », par exemple l’indication du révélateur utilisé, du genre de fixage, puis des opérations correctives, s’il y en a eu : renforcement, affaiblissement, etc. Pour avoir noté ces indications, nous avons reconnu, dans notre collection, que la plupart des clichés renforcés au hiehloruru de mercure, puis à, l’ammoniaque ont gravement souffert avec le, temps. Il est vrai qu’il est facile de les (( rajeunir » par un simple développement avec, du bain neuf. Les indications du Catalogue permettent de faire cette correct,ion à, coup sûr puisqu’on connaît, la cause qui a rendu ces clichés défectueux.
- 2. On utilise ici un certain nombre de ternies photographiques au sujet desquels nous n’avons, jusqu’à présent, donné aucune explication. Nous admettons que nos lecteurs les connaissent déjà. Nous avons eu soin, au début de ces causeries, de spécifier qu’elles ne constituent, pas un cours de Photographie Les débutants seront bien inspirés de lire Le. livre de VAmateur Photographe, par M. Geoiigks Cour,in (Paul Monte], éditeur, 189, rue Saint-Jacques, Paris (8e).
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- N: SUJET Date Heure Etat U u. Cl t L dia- phrag- me Eckan Pose SURFACE SENSIBLE fÔRMAÏ Observations
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- T.
- Fig. 1. — Modèle simplifié d’un « Catalogue de clichés ».
- Les phototypes ou clichés seront inscrits dans l’ordre de leur exécution. On pourra compléter les indications de ce modèle par tous renseignements utiles que la pratique conduirait à noter (Voir le texte).
- chaque série. A notre avis, ce classement, par séries convient parfaitement pour une collection très importante, notamment chez un professionnel; mais nous préférons, pour une collection d’amateur, le numérotage continu avec mention du format sur le Catalogue général.
- lin catalogue spécial peut être cependant établi pour les vues en couleurs (« Autochromes », « Filmcolor », « Lumico-lor », etc.). Si l’on préfère tout inscrire au catalogue général, il est facile d’y distinguer les vues en couleurs en les inscrivant avec de l’encre rouge, par exemple, ou en marquant le, numéro d’un trait, de crayon de couleur.
- La ligure i montre la disposition d’un Catalogue de clichés, simplification de celui que nous avons constitué. Il va sans dire qu’il s’agit là d’indications générales, chacun peut y apporter les modifications jugées utiles.
- Un dispositif commode consiste à adopter un en-tête « à la paresseuse », c’est-à-dire que le titre des colonnes de la première et de la dernière page du registre dépasse la dimension des pages, ce qui évite de les répéter chaque fois.
- Tout ceci semblera un bien long travail et bien des personnes, au début, pourront sourire de cette « bureaucratie photographique » !
- En réalité, dans le laboratoire — comme en tout d’ailleurs — Vordre, c’est du temps gagné, donc du temps que. l’on pourra consacrer à faire de la photographie. On appréciera surtout cette façon de voir quand on aura i5 ou 20 ans de pratique photographique : en se conformant aux indications données plus loin, l’amateur sérieux, celui qui veut produire en se distrayant, ne perdra plus de temps en vaines recherches. Il trouvera, en quelques secondes, le négatif dont il a besoin ou le cliché de projection qu’il veut montrer à un ami, etc.
- Examinons maintenant ici les trois points particuliers dont nous avons parlé plus haut, :
- i° Le rôle « chronologique » du Catalogue de clichés n’a pour ainsi dire pas lieu d’être expliqué. Dans maintes circonstances, on a besoin de connaître la date d’une photographie, par exemple pour un portrait d’enfant, pour une vue prise au cours de vacances, etc. Au cours d’une conversation ou d’une discussion, on peut être amené à invoquer le témoignage d’une photographie pour des faits remontant à plusieurs années; en connaître la date et l’heure est parfois de la plus grande utilité.
- On peut rappeler ici le cas de cette photographie publiée autrefois dans Photo-Revue et dans L’Astronomie d’après une revue américaine et grâce à laquelle un homme, accusé d’un meurtre, fut sauvé. En effet, au moment du crime, il se, trouvait photographié dans un groupe d’amis devant une maison sur laquelle l’ombre d’un toit — semblable à l’ombre d’un gnomon — fixait à la fois la hauteur du Soleil, donc l’heure et la date, comme il fut vérifié par la suite; l’ombre de la pointe du toit ne pouvant se projeter à cet endroit du
- mur que deux fois par an. Cette épreuve portait ainsi sa date !
- 2° Pour apprécier le rôle « technique » du Catalogue, il faut — comme nous le faisons — l’utiliser chaque fois qu’un cas difficile se présente. En effet, quand on possède une collection importante de clichés, il est bien rare s’il ne s’en trouve pas un dont les éléments, notés lors de son exécution, ne se rapprochent pas de ceux du cliché que l’on va faire. Aussi est-on certain de trouver dans le Catalogue des indications permettant de réussir à peu près à coup sûr.
- 3° Le Catalogue de clichés offre, en outre, pour son auteur, un autre intérêt; c’est même, peut-être, celui qui a la plus grande importance. Je sais bien qu’on objectera qu’il s’agit là d’une question de sentiment qui n’a rien à voir avec la photographie. Mais nous répondrons que notre existence tout entière se compose d’impressions et les questions de sentiment y jouent un rôle de premier plan!
- Le Catalogue de clichés n’esl-il pas, pour son Auteur, le livre de sa vie ? Beaucoup de ces clichés sont pour lui des souvenirs précieux des bons et des mauvais jours. Il en est qui lui ont donné bien de la peine, d’autres qui ont exigé une patience, extraordinaire; pour certains même, il a fallu de l’audace et du courage, parfois même un courage extraordinaire (nous en avons chaque jour des exemples par les illustrations des journaux et revues). Quelle importance ce volume va prendre pour nous avec le temps ! Car, dans Ions ces négatifs, il y a sûrement des portraits, des groupes de famille, et un beau jour — le temps ne s’arrête jamais — on sera bien heureux de retrouver dans ces images les traits de ceux qui auront disparu. C’est alors que l’on appréciera la valeur des renseignements de notre Catalogue et de tous les classements qui nous auront permis de conserver en bon état ces précieux clichés.
- Ainsi, pour nous résumer, tout photographe amateur digne de ce nom doit établir un Catalogue de clichés et il doit le tenir soigneusement ù jour.
- Avec les appareils de petit format, ce catalogue s’impose peut-être, davantage encore. En effet, avec ces appareils, on prend un grand nombre de vues — c’est si facile — et on est conduit, souvent, à les prendre très diverses, puisque la plupart des appareils donnent 36 vues successives sur la même bande de.film. Un portrait, par exemple, peut très bien se trouver intercalé entre les vues de deux excursions différentes.
- On range souvent les rouleaux de pellicules dans des boîtes spéciales contenant 43 rouleaux, soit donc plus de t 5oo vues. L’importance de ce chiffre, à elle seule, suffit à montrer la difficulté de retrouver, sans catalogue, un cliché donné, rien que dans une seule boîte.
- Le. Catalogue, pour les amateurs de « petit format » conservant leurs rouleaux de pellicules entiers, devra men-lionner le numéro de la bande et le numéro de l’image dans cette bande.
- En terminant cette question du Catalogue, ajoutons que d’autres renseignements devront encore y figurer : une étroite colonne (ou même une marge) suffisent pour les marquer. De tous ces clichés, l’amateur tirera, suivant les cas, des projections, des stéréoscopies, des épreuves sur papier pour sa propre collection. Aussi bien pour éviter des oublis et aussi des tirages en double, il placera une lettre sur le Catalogue, à l’endroit choisi, par exemple la lettre P indiquera que ce cliché a été tiré en « projection »;
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- l.i lettre S qu’il existe une stéréoscopie positive; la lettre E, qu’une épreuve sur papier figure dans la collection. Ainsi, grâce à ces indications bien sommaires, on trouvera — comme nous l’indiquerons bientôt, — en quelques instants ii'importe quel document de la collection. Enfin, on pourra encore réserver une étroite colonne donnant le a contraste » du négatif, déterminé par exemple au « Densimèlre Filmo-grapli ».
- Le Calepin de VAmateur photographe. — Les
- indications à faire figurer dans le Catalogue de clichés sont relevées d’après les notes inscrites au cours de la prise de \ nés. On peut évidemment écrire ces notes sur un papier quelconque, mais ainsi on risque parfois d’oublier un élément important. Pour éviter tout oubli, on placera dans le sac de l’appareil un petit carnet avec colonnes tracées à l’avance; on remplit ces colonnes au crayon dès la prise du cliché. Ainsi, aucune omission n’est possible. Avant le départ, on inscrit les numéros des châssis chargés ou des barillets (dans le cas d’un magasin) avec indication du genre, d’émulsion des plaques ou des pellicules.
- Avoir toujours soin de noter l’heure exacte (en a Temps universel » pour la France). Ne pas tenir compte de 1’ et heure d’été ». Ainsi, pendant la période d’application de l’heure d’été si on prend un cliché à i5ha5m, on notera i4h25,ü. Ce n\?st évidemment pas 1’ a heure du Soleil » comme disent bien des gens, mais c’est une précision suffisante pour utiliser — en France — les tables de temps de pose (x).
- La figure a donne le modèle, un peu simplifié, du Carnet que nous avons toujours dans le sac de chacun de nos appareils. On pourra introduire dans ce modèle les modifications que l’équipement de chacun peut suggérer. Ainsi, nous avons été conduit à adopter un « contrôle » de l’escamotage des plaques du magasin pour éviter les « doublés » (ce contrôle ne figure pas ici). Avec certains appareils modernes, cet accident n’est, plus possible. Il résulte presque toujours d’un oubli.
- Conservation des négatifs sur verre. — Les négatifs sur verre peuvent être conservés dans des boîtes en bois à rainures, soit plus simplement, et très économiquement, dans les boîtes en carton servant d’emballage aux plaques sensibles.
- Nous préférons de beaucoup ce second procédé. En effet, les boîtes à rainures coûtent cher, les clichés y sont séparés les uns des autres par une distance de quelques millimètres et elles occupent un très grand volume. Enfin avec le lemps, la poussière y pénètre plus ou moins.
- Le classement des clichés dans les boîtes d’origine occupe le volume le plus réduit. Les plaques seront placées dans des chemises en papier transparent ou en papier blanc. Notre collection est ainsi rangée : chaque plaque se trouve dans une chemise en papier blanc (2) (pour un 9 x 12, la
- 1. Au sujet du temps de pose — que nous étudierons plus tard — ce qui importe c’est la hauteur angulaire du Soleil au-dessus de l’horizon. Si le ciel est très pur, le temps de pose sera le même à Tombouctou ou au cercle polaire quand le Soleil est à 20° de hauteur ! Les tables de Temps de pose, dans lesquelles on entre par la date et l’heure, sont, en fait, basées sur la hauteur du Soleil. Cependant il y a d’assez grandes différences dans leur emploi pour la même heure, surtout vers le lever et le coucher du Soleil, si l’on se sert de telles tables par exemple à Lille ou à Perpignan ou encore à Strasbourg et à Brest.
- 2. Il faut proscrire complètement tout papier imprimé, et notamment le papier des journaux, comme nous l’avons vu parfois utilisé par les amateurs peu soigneux.
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- feuille de papier a 12 x 18 et elle est pliée par le milieu).
- Sur l’extérieur de cette chemise figure le numéro du cliché, le sujet et la date, écrits à l’encre noire. Mais toujoui’S, nous plaçons le cliché de manière que le côté image soit en contact avec le papier ne portant pas d’écriture. Ceci est indispensable pour éviter toute action ultérieure de l’encre .sur l’image argenlique. Les boîtes sont remplies de manière à pouvoir les fermer sans forcer. Dans une même boîte, les clichés sont empilés par numéro; et sur la tranche de la boîte, on place une étiquette portant les numéros extrêmes.
- Les boîtes sont rangées sur champ, à la manière de livres sur des rayonnages. On peut ainsi sortir une boîte sans loucher aux autres ; les numéros visibles extérieurement permettent, de, trouver immédiatement un cliché donné.
- L’emploi de pochettes ou d’enveloppes en papier cristal doit, être prohibé avec les plaques : le papier cristal est dur et, cassant, les angles des enveloppes se plissent, les angles coupants des clichés s’encastrent plus ou moins dans les plis du papier et très rapidement l’enveloppe est déchirée. La dimension des enveloppes est d’ailleurs prévue pour que les plaques y entrent librement, mais elles sont trop gran des pour les boîtes, dans lesquelles elles se coincent,.
- En résumé, le système des petites chemises en papier blanc que nous utilisons donne toute satisfaction : des clichés remontant à 45 ans environ sont la plupart intacts (sauf certains qui ont subi des opérations correctives : renforcement).
- Des précautions spéciales doivent être prises pour l’établissement, des rayonnages supportant la collection de clichés de verre, en raison du poids considérable que représente une collection un peu importante.
- Conservation des négatifs sur pellicules. Ici, l’emploi d’enveloppes en papier cristal est tout indiqué. Il faut éviter avec ces enveloppes de placer le côté image contre les parties collées et raccordées, la colle ayant parfois une action sur la gélatine.
- Ün emploiera ou confectionnera, pour ranger ces enveloppes, des boîtes dans lesquelles elles entreront librement, afin de ne pas froisser les bords du papier; les enveloppes seront placées sur « champ ». Un numéro d’ordre (celui du catalogue) et, le sujet, seront écrits, à l’encre de Chine, sur le bord de l’enveloppe, du côté en contact avec le dos du film. On pourra ainsi lire ces indications simplement, en compulsant les enveloppes à la manière des fiches dans un fichier.
- Un autre moyen de conservation des pellicules consiste à 1ns placer dans des « Albums spéciaux » qui renferment chacun 100 enveloppes transparentes, numérotées, à travers lesquelles les clichés sont visibles. Un répertoire, joint à
- Fiy. 2. — Le « Carnet de l’Amateur Photographe ».
- On trace à l’avance, sur un petit carnet placé dans le sac de l’appareil, les diverses colonnes, qui seront remplies au crayon au moment de la prise de vue. Ainsi est-on sûr de n’oublier aucun renseignement. Ces indications seront reportées ultérieurement au « Catalogue de clichés ».
- N* du CKôisii Plaque, Marque DATE (T. U) Diaph Ecran Pose SUJET f TA I OU CIEL, KEMAKqilfS
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- l’album, permet d’insci'ire, par ordre, le titre de chaque négatif.
- Il existe encore des « Albums classeurs », se glissant dans des emboîtages spéciaux leur donnant tout à fait l'apparence d’un livre et mettant les clichés complètement à l’abri de. la poussière. Ces albums forment <c filmathèque » et comportent, comme les précédents, 100 enveloppes transparentes et un répertoire. Leur prix est un peu plus élevé que celui des « Albums spéciaux ». A titre d’indication, voici les prix actuels (début de 19x7) du classement de 100 pellicules (i x 9 :
- Enveloppes transparentes en papier
- cristal................................a fr fin à 3 fr lin
- Album classeur contenant 100 enveloppes ...................................<i fr lio à 7 lr (in
- Album classeur formant u lilmalhè-
- que » (')..............................fi fr fin à 1 a fr
- Conservation des négatifs de petit format sur film. — (>n conserve les images de. petit, format sur lilm normal de llf) mm de largeur, soit en bandes entières de lit) images et d’environ im,(io de longueur, soit par fragments de (i images. La faible dimension de ces petits clichés
- I. Ces articles sont en vente dans la plupart des bonnes maisons de photographie.
- :>/i mm x 30 mm ne permet guère de les séparer les uns des autres. Au fond, c’est assez regrettable, et nous avons dé jà expliqué que le fait de laisser les images adhérentes les uns aux autres interdit toute correction à l’un «les cl iehés.
- Je ne connais rien de plus incommode pour la manipulation que ces longues bandes de im,0o qui se tortillent, s’enroulent sur elles-mêmes comme un ressort,,... et vous échappent des doigts au moment où vous croyez les bien tenir. Mais ne détachons pas les vues les unes des autres, puisque l’usage est ainsi établi et conservons les bandes soit entières, soit coupées toutes les six images.
- Dans le premier cas, nous placerons les bandes, soigneusement roulées, dans îles « boîtes spéciales » qui peuvent contenir /|3 rouleaux de 3(i vues chacun. La boîte est munie d’un registre formant répertoire.
- Dans le second cas, on placera les groupes de (i images dans des « boîtes spéciales » pouvant contenir ,r>o pochettes, soit dans des alhiims-rlassi’iirs dont, chaque feuille est aménagée pour recevoir les bandes de (i images. Il existe des albums de 1:1 feuilles, de ;>f> feuilles et de fin feuilles. Un registre accompagne chaque album.
- Dans la prochaine. « Causerie », nous examinerons comment il convient de classer et. de conserver les épreuves sur papier et les positifs sur verre ou sur lilm.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- GLAÇAGE A COUP SUR DES ÉPREUVES PHOTOGRAPHIQUES
- La toujours intéressante /'/m/o-bceue, nous fait connaître dans son numéro du 1er janvier 11137 une communication récente des Laboratoires Lumière à la Société française, de Photographie,, qui retiendra certainement l’attention de nos lecteurs puisqu'elle a pour but d'empêcher, au moment du glaçage, la gélatine d’adhérer au verre.
- L’auteur de la communication, AL Seyewetz, ayant supposé que celle, adhérence était, intimement liée à la tension super-licielle, a examiné si les diverses substances qui diminuent, cette, tension, jouissaient de la même propriété que le (ici de lue nf.
- Ces substances sont aujourd’hui employées en grand nombre dans l’industrie textile et la teinture, sous le nom de produits mouillants pour faciliter le mouillage des libres.
- Parmi celles-ci, on peut citer comme les plus connues les sulforirinates, les acides et les alcools -gras sulfones, Je propylnaph ta lène-sul Ion a te de sodium, qui sont vendus sous les noms commerciaux divers de Polysuifols, JNékal, Alborite, (ïardinol, etc.
- L'expérience a vérifié cette hypothèse et on a pu constater (pue, fous ces composés, employés à l’état de solutions diluées, empêchaient l'adhérence au verre, des épreuves gélafinées et qu’ils pouvaient être utilisés avantageusement comme succédanés du liel de bœuf, pour le glaçage des épreuves.
- Toutefois, plusieurs d’entre elles donnent naissance à des sels de chaux insolubles qui se précipitent quand on fait usage d’eau ea.le.aire. pour préparer les solutions diluées.
- Ce précipité nuit au glaçage régulier des épreuves ; 011 évite cet inconvénient par i'emploi d’alcools gras sulfonés tels que ceux que l’on, emploie aujourd’hui dans l’industrie textile pour remplacer le savon.
- Pour utilise]- ces composés, on les dilue, dans des quantités d’eau variables, suivant leur concentration initiale, pour obtenir une solution à environ I pour 1.000 et on immerge dans cette solution la plaque de verre, .et l'épreuve que l’on applique par sa, face gélafinée contre la plaque, de verre.
- Ajtrès égouttage, on chasse les bulles d’air interposées avec la paume, de la main, ou mieux, au moyen d’un rouleau en caoutchouc, puis on laisse sécher à la température ordinaire.
- L’épreuve se détache d’elle-même après dessiccation complète. et se présent,]*, parfaitement glacée.
- La. Eilaeéine, Lumière appartient à cette classe de composés. Elle peut être employée avec avantage en remplacement du lie! de lu eut et ne donne pas de précipité avec les eaux calcaires.
- POLISSAGE DU CELLULOÏD
- Enduire un morceau de feutre d’un mélange de benzine et. de poudre de pierre ponce aussi line, que possible, frotter légèrement, puis compléter l’opération, en polissant avec un morceau de' peau de chamois sur lequel on aura, mis un peu de blanc d’Espagne pulvérisé.
- Finalement, essuyer avec une flanelle bien sèche et, propre.
- DIMENSIONS DES MAILLES DE TAMIS
- Le numéro d’un tamis correspond au nombre de mailles par pouco de 27 mm.
- Encore, faut-il établir le diamètre des fils.
- Les décrets des 29 avril et 11 mai 1937, réglant les fraudes d’engrais et produits insecticides, donnent les diamètres suivants exprimés en fractions de millimètre :
- Tamis nu 40. DmmM.n c 0 mm 24 à, 0 mm 28
- — fit). — 0 mm 18 à. 0 mm 20
- — 100. — 0 mm 11 à 0 mm 12
- — 120. — 0 mm 10 à, 0 mm 11
- — 100. — 0 mm 07 à, 0 mm 09
- — 200. .— 0 mm 00 à. 0 mm 01 i
- — 200. — 0 i. m 00
- — 300. — 0 mm 04
- Il ne semble guère qu’on puisse réaliser plus lin que ce tamis aux mailles de moins d’un dixième de millimètre séparées par des fils de quatre centièmes de millimètre.
- l’oor la plupart des produits chimiques employés eu agriculture le numéro 200 est, pratiquement considéré comme le plus fin.
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- COMMUNICATIONS A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 31 mai 1937.
- Le lait pasteurisé. — La pasteurisation industrielle des laits a été rendue obligatoire en France par la loi du 2 juillet ig35. MM. Simonnet, Guitonneau, Mocquot et Kyrard ont recherché si cette opération ne diminue pas les qualités nutritives de cet aliment. Les essais ont porté suides laits soumis à une pasteurisation à 8o° ou 90°, suffisante pour une courte conservation et la suppression de la virulence des germes pathogènes normaux (bacille de Koch, Brucella). Les rats, alimentés pendant 8 mois avec ces laits pasteurisés n’ont montré . ni trace d’avitaminose, ni déficience de croissance ou de reproduction; la première génération a elle-même supporté ces essais dans les mêmes conditions pendant 4 mois. On peut faire, avec l’auteur, quelques réserves en ce qui concerne la vitamine antiscorbutique dont le rat supporte la carence. Notons toutefois que cette vitamine disparaît progressivement dans le lait, même conservé sans traitement. L’usage du lait pasteurisé est donc entièrement recommandable.
- Séance du 7 juin 1937.
- Contacts électriques. — MM. Boutry et Tréherne font remarquer que, dans de nombreuses mesures se ramenant à celles de résistances électriques, celles de tempéra-Iures par le pont de Smith par exemple, les variations de résistance des contacts, de ceux de commutation en particulier, rendent toute précision illusoire. Ces variations atteignent souvent 5o à 100 microlims. On peut améliorer ces contacts et leur stabilité par un travail très soigné des surfaces mais cette qualité 11e se maintient pas longtemps et nécessite d’ailleurs des pressions voisines de celles provoquant le grippage. Les auteurs proposent donc des contacts oscillants composés d’un tube de verre dur dans lequel sont soudées deux électrodes en platine; après introduction d’un peu de mercure pur ou chauffe sous vide pour sécher, dégazer et légèrement amalgamer le platine, puis on ferme le tube. Un tel contact se ferme et s’ouvre par un simple mouvement de bascule; sa stabilité est de l’ordre de + 2 microlims. Sa résistance est toutefois très sensible aux variations de température et il doit donc être utilisé dans un bon thermostat.
- Vieillissement des conducteurs électriques. —
- Le vieillissement des conducteurs électriques, qui se traduit par une diminution de leurs qualités mécaniques, est un fait déjà connu. On a pu l’attribuer à diverses causes, la plupart d’ordre mécanique. Par des essais prolongés pendant deux ans sur des éprouvettes de cuivre électrolytique soumises, les unes à un courant constant, les autres à des périodes de travail coupées par des repos prolongés. M. Yadoff montre que le passage continu du courant suffit à provoquer une évolution donnant une baisse de résistance mécanique pouvant atteindre 3 pour 100. Il s’agit plutôt d’une « fatigue » que d’un vieillissement, le seul fait d’une utilisation coupée par des repos faisant disparaître le phénomène. L’auteur a pu constater qu’il se produit parallèlement une petite diminution de la résistance électrique.
- Cémentation du nickel. — M. Laissus montre qu’il est possible de cémenter le nickel pur par le glucinium autour de i.i5o°. La dureté Brinell du métal est considéra-
- blement accrue, pouvant passer de 84 à 568 après un traitement de 10 h.
- La lutte contre les maladies à streptocoques. —
- Mmo Tréfouel, MM. Fourneau, Tréfouel, Nitti et Bovet, avant constaté un pouvoir antistreptococcique important au p-aminophénylsulfamide, ont cherché à exalter cette propriété en modifiant la fonction sulfurée. Ces recherches les ont conduits à utiliser les sulfones, l’une : dinitro-4-4-,-di-phénylsulfone, a montré des propriétés protectrices totales sur des souris infectées par 1.000 doses mortelles d’une souche très virulente de streptocoques. Cette sulfone agit non moins favorablement sur les septicémies pneumococciques. Les premiers phénomènes d’intolérance n’apparaissent que pour des doses décuples des doses efficaces. Ces résultats permettent d’envisager une chimiothérapie antibactérienne basée sur les composés du soufre.
- Séance du 14 juin 1937.
- Les signaux à éclats brefs. — M. Blondel recherche les conditions optima de perception des feux à éclats brefs utilisés dans les phares. Il montre que, contrairement à une idée préconçue des navigateurs, les éclats sont d’autant mieux perçus que leur durée est plus brève. Il expose ensuite que par suite de la constitution de l’œil, un éclat est d’autant mieux perçu que son image se place entièrement sur un même élément de la rétine, hors de la fovea ccntralis. Par suite de la très grande rapidité angulaire des mouvements de l’œil, ces conditions ne se trouvent en général réalisées que pendant des pauses purement accidentelles du globe oculaire. Au contraire un observateur a tendance à balayer l’horizon par son regard, rendant difficile la perception d’un faible éclat. L’auteur propose donc de fixer l’œil en position oblique par rapport aux signaux attendus au moyen d’un repère faiblement lumineux. On évite ainsi à la fois la dispersion de l’image d’un éclat sur de multiples éléments rétiniens et sa formation sur la fovea.
- Définition des aciers. — M. Charpy montre le manque total de précision de la classification des aciers d’après leur « nuance » : douce, dure, demi-dure, etc. Pour tenir compte des besoins et des possibilités de la technique moderne, seuls les chiffres ont une précision suffisante, en l’espèce la résistance. Il est en outre indispensable, pour que ces valeurs aient une signification complète, que les traitements de l’éprouvette entre le recuit de normalisation et la mesure soient exactement indiqués. Des éprouvettes refroidies, les unes dans le four, les autres à l’air libre, donnent des valeurs pouvant varier de 20 pour 100 d’une série à l’autre. Dans un souci d’exactitude, il serait préférable d’adopter les chiffres obtenus après refroidissement à l’air libre et calme, donc indépendants de la nature du four.
- Un nouvel oxyde de plomb. — En opérant dans une bombe sous une pression d’oxygène d’environ 200 atm, MM. Holtermann et Laffitte ont obtenu, soit par oxydation de C03Pb entre 36o° et 470°, soit par dissociation de Pb02 entre les mêmes limites, un oxyde noir qui correspond à la formule Pb On. A une température plus élevée cet oxyde se transforme en Pbg04 rouge; il n’a, par contre, pas été possible de le peroxyder aux températures normales de formation de Pb02.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Thalès (1935). Recueil de Travaux scientifiques de l’Institut d’Histoire des Sciences et des Techniques de l’Université
- de Paris. 1 vol., 292 p. Félix Alcan, Paris, 1936.
- Prix : 40 francs.
- Ce volume qui contient nombre d’études fort intéressantes se divise en six parties ; dans la première, consacrée aux mémoires originaux, il faut citer surtout deux exposés de caractère philosophique : la belle étude de L. de Broglie sur les théories de la lumière et celle de G. Bouligand sur la causalité mathématique. L’histoire des sciences y est repré-tée par des aperçus d’Abel ltey sur le rôle de la médecine dans le développement de la science expérimentale.
- Dans la deuxième partie consacrée aux recherches, citons le mémoire de Dedebant et Wolirlé sur la mécanique de l’atmosphère ; il expose une théorie originale et féconde, mais qui à notre avis n’a rien à voir avec l’histoire des sciences. M. Sclirecker publie une curieuse correspondance d’Arnauld, Malebranche et Preslel sur les nombres négatifs ; J. Duhem consacre quelques pages à une curiosité scientifique du Moyen Age, les aérostats captifs utilisés pour figurer des monstres vomissant du feu.
- La troisième partie reproduit les conférences données à l’Institut d’Histoire des Sciences ; mentionnons l’historique sommaire de la géologie par Je Général Perrier, l’histoire de la pharmacie par Guittard, la littérature chimique française par M. Metzger.
- La quatrième partie, consacrée à l’histoire, et ii la philosophie des sciences contient des études de MM. de SantelJano, A. Stem et Papanastassiou.
- Les cinquième et sixième parties sont consacrées aux analyses et à la bibliographie ; de cette dernière nous dirons seulement qu’elle est arbitraire et incomplète et que l’on voit mal les services qu’elle peut rendre à un historien.
- Enfin relevons que, sur les 292'pages -de ce volume, on n’en trouve pas une qui soit consacrée à l’histoire des techniques. L’Institut de l’Histoire des Sciences et des Techniques ne paraît pas avoir tenté .jusqu’ici le moindre effort pour défricher ce domaine qu’il s’est si ambitieusement annexé.
- Poussières de physique, tome II, par Jean-Joseph Yal-
- lory. 1 vol. in-8, 485 p., 173 iig., 12 pi. Éditions” Rieder.
- Paris, 1936. Prix : 60 francs.
- Professeur de physique, l’auteur a cherché un enseignement correct, basé sur le « crédit éclairé » accordé aux grandes découvertes et théories, choisies, discutées, admises par un « sauvage subtil », c’est-à-dire en critiquant et corrigeant les programmes scolaires. Cela l’amène à balayer les « poussières de tous les recoins de la physique ». Ce tome II examine la notion de force (cours de seconde) où se doivent distinguer poids et masse, puis aborde la dynamique (mathématiques élémentaires) où apparaît l’inertie. La chute des corps, le projectile galiléen, le boulet newtonien, la lune lui servent d’exemples pour faire comprendre clairement les lois de la chute : accélération, proportionnalité à la force, uniformité du mouvement. Cela le conduit à discuter profondément les notions de force, de masse, de temps, etc., tous les premiers principes jusqu’au seuil de la métaphysique. Des appendices traitent des tensions, du pendule, de l’hydrostatique, des vibrations, etc. Œuvre très originale et parfaitement didactique, sa présentation typographique ne l’est pas moins, dans une forme très soignée.
- Cours de Chimie industrielle, tome IV, par G. Dupont.
- 1 vol., 250 p., 77 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1937.
- Prix : 60 francs.
- Ce volume est consacré au vaste ensemble des industries organiques. Il étudie successivement les matières grasses et leurs industries ; les glucides, sucres, amidons, fécules et les industries qui s’y rattachent, y compris les industries de fermentation ; le bois et la cellulose ainsi que les industries qui en dérivent : explosifs, vernis, soies artificielles, matières plastiques, papeterie, distillation du bois. Il se termine par un chapitre sur les poudres, explosifs et gaz de combat. Dans ce livre destiné à l’enseignement, l’auteur n’a pu ni voulu entrer dans le détail même des techniques de chaque fabrication ; il s’est attaché à mettre en relief les faits et les don-
- nées essentielles, à dégager les grandes lignes de chaque industrie et à montrer dans quel sens s'orientent les recherches modernes.
- Réactions en chaînes. Première partie. Théorie des chaînes. Combustion de l’hydrogène, par Marcel Prettre. 1 brocli. in-8, 88 p., 12 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 18 francs.
- Depuis une dizaine d’années, on s’est appliqué à étudier les réactions d’oxydation perturbées par la température, la pression, l’état des parois, la lumière, les sensibilisateurs et les inhibiteurs, cas qui se produisent lors ue la combustion dans les moteurs et dans les projectiles, et l’on a abouti à la conception de réactions en chaînes linéaires ou ramifiées dont les principales données sont exposées ici en français pour la première fois.
- Le remplacement des rivets par la soudure dans la charpente métallique, par M. H. Gerreaux. I vol., 135 p., 151 fig. Institut de Soudure autogène, 32, boulevard de la Chapelle, Paris, 1937. Prix : 15 francs.
- La construction métallique subit actuellement une transformation importante grâce à l’emploi de la soudure et de l’oxy-coupage. L’assemblage des tôles et profilés pur le procédé classique du rivetage se trouve progressivement remplacé par l’assemblage direct au moyen de la soudure.
- Après une période d’expériences sur les types les plus divers de charpentes métalliques, on constate aujourd’hui une véritable éclosion de constructions soudées dans le monde entier.
- L’ouvrage de M. Corbeaux, chef des études à l’inslitut de Soudure autogène, arrive donc à son heure, cette étude documentée constituera un guide précieux pour les ingénieurs qui ont à mettre au point des projets de charpentes soudées ; elle étudie les propriétés mécaniques générales des assemblages soudés, puis examine les divers cas d’application de la soudure dans toutes les branches de la construction électrique.
- Si vous voulez faire de la vitesse..., par R. W. Sherman, traduit de l’anglais par G. F. Debray. 1 vol., 163 p. Dunod, Paris, 1937. Prix broché : 18 francs.
- Ce livre est le recueil de tout ce que les vieux conducteurs d’automobiles savent et que le conducteur moyen n’a pas eu l’occasion d’apprendre : c’est en quelque sorte le livre de l’expérience.
- L’ouvrage donne d’excellents conseils sur la bonne manière do conduire et de conduire vite, mais adroitement.
- Accidents d’automobiles, par A. Magnoux. 1 vol., 32 p., 5 fig. Dunod, Paris, 1937. Prix broché : 10 francs.
- En cas d’accident, l’automobiliste se heurte bien souvent à des difficultés de toute nature lorsqu’il s’agit do faire valoir ses droits. L’auteur de cet opuscule expose avec toute la compétence désirable les précautions à prendre et les formalités à remplir après tout accident, pour sauvegarder sa responsabilité et obtenir réparation des dommages occasionnés.
- Carte des centrales et réseaux électriques de la France, 3e édition en 7 couleurs. Syndicat des Entrepreneurs de réseaux et de centrales électriques, 54, avenue Marceau, Paris. Prix : 75 francs.
- La nouvelle édition de cette carte, formant un carré de 85 cm de côté, contient : en noir, toutes les grandes lignes de transmission de l’énergie électrique à 90.000 v et au-dessus, avec l’indication des centrales et des postes de coupure ou de transformation ; en couleurs, tous les réseaux de distribution, les lignes d’une même société étant tracées avec une même couleur. Cette disposition, extrêmement claire, permet de consulter la carte avec une très grande facilité. En annexe est éditée une brochure donnant le répertoire alphabétique de toutes les sociétés et de toutes les centrales, ainsi que la puissance des usines. L’ensemble constitue un document de référence de premier ordre. La 3e édition est à jour au 1er janvier dernier.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- A L’EXPOSITION Les feux d’artifice.
- L’Exposition de 1907 nous montrera des fêtes merveilleuses de la lumière et du son, grâce à la synchronisation des projections électriques et des diffusions sonores.
- L’attrait de ces fêtes nocturnes sera encore rehaussé par les remarquables installations hydrauliques aménagées sur la Seine, mais les moyens électriques mis en jeu seront complétés par les embrasements de la Tour Eiffel et les « fêtes du feu » sur la Seine, où l’on fera jouer des pièces d’artifices particulièrement curieuses.
- L’Exposition s’étend surtout en longueur, et sa largeur est faible en beaucoup d’endroits; les spectacles nocturnes seront suivis par une foule très dense, pour laquelle il faut prévoir des mesures de sécurité sévères.
- En particulier, le public doit être maintenu en dehors de la zone de chute des déchets de pièces d’artifice incomplètement consumées. Normalement, les fusées volantes employées dans les feux d’artifice comportent des baguettes qui, projetées à grande hauteur, pourraient en tombant blesser les assistants, et les bombes d’artifice sont, de même, ficelées étroitement dans des enveloppes de carton, dont la résistance renforce la puissance d’éclatement.
- Il a donc fallu étudier spécialement la composition chimique des matières explosives pour réduire les résidus au minimum, et inventer des procédés nouveaux, supprimer les enveloppes, assurer aux poudres une plus grande cohésion à l’aide de la presse hydraulique, pour obtenir une résistance indispensable, il a fallu aussi renforcer la mise de feu rendue de ce fait moins facile.
- Les jeux de feu sur la Seine présentent donc un caractère nouveau ; ce 11e sont pas des leux d’artifice proprement dits, mais des tableaux à couleurs changeantes ; la musique s’associera à la couleur.
- Pour obtenir ces effets, on emploie surtout des feux de Bengale et de petites bombes sans déchet lancées par des obusiers ; les effets électriques se joignent ainsi aux effets pyrotechniques, les 38 pontons de la Seine sont reliés entre eux, et commandés électriquement par le ponton studio, d’où le metteur en scène déclenche les mises de feu et les jeux de lumières.
- Pour doser, en quelque sorte, jusqu’à la hauteur de 80 m les effets lumineux des artifices, on emploie, en même temps que des colonnes d’eau pulvérisées et colorées, des colonnes d’air chaud chargées de fumées; des partitions musicales écrites par nos meilleurs compositeurs accompagnent ces galas de lumière.
- La Voie de la lumière sur le Pont Alexandre III.
- Nous avons déjà signalé les études entreprises pour faire du Pont Alexandre III pendant l’Exposition une voie centrale de la lumière et de la radiophonie. Cette belle réalisation due à la collaboration de l’architecte Favrier et de la Société Philips a été récemment inaugurée. De chaque côté du pont, s’élèvent maintenant six tours, constituées chacune par 24 tubes d’aluminium formant en plan une étoile à 8 branches et couronnées à leur sommet par trois anneaux
- Fig. i. — La Voie de la Lumière vue de nuit.
- symbolisant les ondes, surmontés chacun d’une étoile ; à la base, se trouve une rotonde de verre formant vitrine.
- Eclairés par des projecteurs la nuit, les éléments en aluminium sont mis en valeur, au centre, par des lampes à vapeur de mercure de 20.000 lumens, et la base est éclairée par des projecteurs diffusants intensifs à lampes à incandescence d’une puissance totale de plus de 4 kw, de même que le sommet.
- La sonorisation est obtenue au moyen de haut-parleurs d’un nouveau modèle, complètement invisibles, à double pavillon, et dissimulés dans la coupole en staff de la base; l’ensemble est ainsi parfaitement adapté à l’architecture, chaque pylône comprend un haut-parleur à aimant permanent de 20 w. L’alimentation des douze haut-parleurs est effectuée par amplificateur spécial de 180 w modulés.
- L’effet de l’éclairage est particulièrement heureux; la Voie de la Lumière ouvre d’intéressantes perspectives à la décoration lumineuse des grandes avenues de nos cités.
- TRAVAUX PUBLICS La plus haute route de l’Europe.
- C’est aujourd’hui la route française qui réunit les têtes des vallées de la Tarentaise et de la Maurienne, dans les
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- Alpes de Savoie, de Val d’Isère à Bonneval en passant par le Col de l’Iseran à 2.769 m d’altitude.
- Cette route a été inaugurée le 10 juillet 1937 pajr M. Albert Lebrun, Président de la République. Elle comble une des dernières lacunes de la route des grandes Alpes qui, par une voie accessible aux automobiles, réunit Nice au lac de Genève en longeant les plus hauts sommets des chaînes des Alpes Françaises.
- Le tronçon de route qui vient d’être terminé donne accès à des régions où l’on peut pratiquer en plein été le ski ce sport devenu cher à tant de jeunes gens de notre pays.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Préparation de l’acide acétique à partir du carbure de calcium.
- Le développement considérable dans ces dernières années de la soie artificielle et de l’industrie des matières plastiques cellulosiques a créé une demande très importante d’acide acétique, matièi’e de base essentielle dans ces industries. Aussi a-t-on cherché à produire synthétiquement et dans des conditions économiques ce produit que l’on retirait en partant de l’acétate de calcium obtenu au cours de la distillation du bois.
- La synthèse de l’acide acétique en partant de l’acétylène était connue depuis 1881 et ses conditions expérimentales déterminées depuis 1898 par Erdmann, Kôthner et Hof-mann. Elle est relativement simple et s’opère en deux temps, chacune des réactions étant accélérée par l’emploi d’un catalyseur convenable.
- On commence par hydrater l’acétylène qui donne alors de l’acétaldéhyde suivant la réaction :
- C2H2 + IPO = CH3CHO
- puis on oxyde cette acétaldéhyde qui, par fixation d’un oxygène, donne l’acide acétique :
- CH3CHO + O = CH3G02IL
- La première réaction est catalysée par le mercure ou l’oxyde jaune de mercure. Celui-ci est préparé facilement par oxydation électrolytique dans une cellule en fonte recouverte intérieurement d’un enduit de ciment. Le mercure forme l’anode, la cathode est une plaque de fer et le liquide électrolytique une solution de soude caustique. Des agitateurs mécaniques entre les deux électrodes servent à détacher de la surface du mercure l’oxyde qui se forme et à le maintenir en suspension. A la fin de l’opération on recueille l’oxyde par décantation.
- L’hydratation de l’acétylène s’effectue en milieu sulfurique étendu, à une température de ko à 8o°. L’oxyde de mercure se dissout en donnant du sulfate qui réagit sur l’acétylène que l’on injecte dans la solution pour former un précipité blanc d’aldéhyde trimercurique qui sous l’influence de la chaleur et en présence d’acide sulfurique plus concentré se décompose en sel de mercure et acétaldéhyde. Il se forme une boue contenant du mercure métallique qui sera réutilisé et l’aldéhyde acétique qui bout à ao°8 se dégage avec l’excès d’acétylène.
- En refroidissant le mélange gazeux dans une tour de finage, l’aldéhyde qui est soluble dans l’eau se dissout et l’acétylène est renvoyé dans l’appareil d’hydratation.
- Après concentration, l’oxydation de l’aldéhyde acétique s’effectue presque quantitativement soit à l’aide de l’air,
- soit à l’aide de l’oxygène pur, en présence d’un sel de manganèse agissant comme catalyseur. On utilise en généx-al l’acétate de manganèse finement broyé. L’oxydation a lieu à une température de Co° et sous une pression d’air d’environ k kgr, pression maintenue par un réglage convenable entre l’entrée d’air et la sortie des produits de la réaction.
- La fabrication synthétique de l’acide acétique, pratiquée en Allemagne et au Canada à Shawiningan Falls, au voisinage des usines de carbure, bien que théoriquement simple, est assez délicate dans la pratique tant par suite des dangers d’explosion que présentent l’acétylène et les produits parasites, comme l’acide peracétique, que par suite des autres corps qui peuvent se produire au cours des réactions, comme l’acétate de méthyle et l’acide formique dont il faut contrôler la formation et effectuer l’élimination dans le produit final dont la pureté atteint pratiquement 99,8 pour 100.
- H. Vigneron.
- RADIOPHONIE
- Le nouveau car de radioreportage.
- Le radio-reportage, cette forme ultra-moderne du journalisme, est rapidement entré dans les mœurs. Il exige des véhicules portant les appareils transmetteurs ; jusqu’ici ces véhicules étaient reliés par câbles au poste d’émission. On comprend aisément ce qu’un tel mode de liaison entraîne de sujétions et à quel point il paralyse le radio-reportage.
- Pour donner aux installations de reportage la mobilité nécessaire, une seule solution est possible : établir entre les postes mobiles et le poste d’émission une liaison sans fil par ondes très courtes. C’est ce qui se pratique déjà aux États-Unis depuis un certain temps.
- La Radio-diffusion nationale a suivi l’exemple américain, bille vient de mettre en service un nouveau car de radioreportage, muni de postes émetteurs et récepteurs à ondes très courtes de l’ordre de 5 m.
- Ce car de 6 t 1/2 est surmonté d’une tourelle vitrée où deux radio-reporters peuvent se tenir sans aucune gène, en se tournant le dos ; de là ils peuvent dominer et observer les foules.
- L’intérieur de la tourelle est parfaitement étanche au point de vue sonore, mais on peut mettre les microphones qu’elle contient en liaison avec l’extérieur, de manière à recueillir les bruits de la foule, et à régler l’intensité de transmission.
- Des groupes convertisseurs alimentent des appareils d’enregistrement photographique direct et un poste émetteur à ondes très courtes. Le radio-reporter dispose de multiples microphones, qui peuvent être installés aux endroits les plus propices, et il peut « mélanger » les courants microphoniques pour faire entendre à ses auditeurs les bruits de fond et ses commentaires.
- La voiture possède douze microphones extérieurs et un microphone intérieur; elle possède en outre un dispositif pour la diffusion des disques, enregistrés ou non directement.
- La portée prévue pour la liaison par ondes courtes est de l’ordre de 5 km. L’équipement complet comporte quatre ensembles émetteurs-récepteurs sur ondes courtes et ultra-courtes.
- Cette véritable cc usine roulante radioélectrique » a été essayée à l’occasion du « Tour de France » cycliste.
- P. H.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS —- 141
- PHOTOGRAPHIE
- Une nouvelle cuve pour développement lent.
- L’amateur qui procède lui-même au développement de ses clichés est aujourd’hui l’exception ; cependant, il est certain que l’on a tout avantage à développer soi-même et c’est extrêmement facile depuis qu’il existe des cuves se chargeant en plein jour et permettant de pratiquer, sans laboratoire, le développement automatique.
- Voici, dans cet ordre d’idées, une nouveauté intéressante qui a été présentée à la récente Exposition de la Phologra-
- Fig. 1. — La cuve 59 et ses plateaux en spirale.
- phie et du Cinéma : la cuve 5g. Celle-ci, qui est construite en bakélite, est caractérisée : i° par le fait qu’elle se charge en plein jour ; 2° par la facilité avec laquelle elle s’adapte à tous les formats compris entre le 6,5 x n et le 3 x 4, voire même à des formats plus petits, puisqu’elle admet des films de 24 et même de 16 mm de large.
- La cuve 5g se compose essentiellement d’un bac pourvu de rainures pratiquées face à face dans chacun des grands côtés, de deux plateaux symétriques pourvus chacun d’une rainure spirale et d’un couvercle.
- Le bac et le couvercle sont munis chacun d’une ouverture à chicane que l’on peut obturer au moyen d’un bouchon à vis. Les rainures sont au nombre de seize et disposées de
- lagon à permettre de placer les plateaux à spirale aux écartements correspondant à neuf largeurs de film. Le bac comporte, à la partie supérieure, vers l’arrière, un appendice destiné à recevoir la bobine de film à développer et une lente dans laquelle on glisse un ressort qui appuie sur ladite bobine et oblige scs joues à rester respectivement en contact avec chacun des plateaux à spirale pourvus, à cet effet, d’une échancrure de forme appropriée. Le couvercle coiffe le bac au moyen de rebords garnis, sur chacun des petits cotés, de deux dents à faible relief, disposées à la même hauteur qui, pénétrant dans des cavités correspondantes pratiquées l’une au-dessus de l’aulre sur le haut de la paroi extérieure du bac, permettent d’assigner au couvercle deux positions. A la position haute du couvercle, la cuve est étanche à la lumière, mais une fente subsiste entre le bac et le couvercle, à la partie antérieure, ce qui permet d’extraire le papier enroulé avec le film. A la position basse, la cuve est hermétiquement close, car le pourtour du bac est alors en contact avec une feuille de caoutchouc-mousse emprisonnée entre les deux éléments rigides qui constituent le couvercle.
- Fig. 2. — Un film à l’intérieur de la cuve.
- Pour charger la cuve il suffit, les plateaux à spirale étant disposés dans les rainures correspondant au format considéré, de placer la bobine dans son logement de façon telle que le ressort l’appuie entre les plateaux à spirale, de rompre le scellé qui maintient enroulé le papier de la bobine et de tirer une longueur de papier suffisante pour pouvoir continuer l’opération après avoir placé le couvercle; celui-ci étant enfoncé jusqu’au premier cran, on tire le papier doucement, sans secousses, en louvoyant tant soit peu si l’on rencontre une résistance ; peu après avoir sorti le repère de la première pose, on sent une résistance plus forte : il faut, à ce moment, déchirer le papier au ras du couvercle.
- Pour développer, on remplit la cuve de révélateur après
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- s’être assuré que le bouchon de vidange est bien en place; puis on enfonce à fond le couvercle, on visse le bouchon supérieur, on couche la cuve sur le côté, dans le sens indiqué par une flèche, on la frappe légèrement afin d’expulser les bulles d’air qui auraient pu adhérer à la surface sensible; enfin, on la redresse et on attend que le temps prévu pour l’opération soit écoulé. A ce moment, on vide le révélateur dans un flacon, on fait circuler de l’eau pendant 3 minutes ou, ce qui vaut mieux, on la remplit et la vide à trois reprises.
- On procède ensuite au fixage en introduisant dans la cuve une solution d’hyposullite de sodium, puis au lavage final à l’eau courante.
- Grâce à la cuve 5(), il est maintenant facile de développer sans laboratoire, à l’hôtel aussi bien que chez soi, les films de tous les formats courants. Cette nouveauté sera certainement appréciée des amateurs.
- ENTOMOLOGIE
- Conservation des collections.
- La conservation en bon état des collections entomologi-ques est le plus efficacement assurée dans une atmosphère nocive aux anthrènes, altagènes, mites, etc., ainsi qu’aux moisissures.
- Ce résultat est obtenu par la production de vapeurs dans le carton de collection, mais il est indispensable que le liquide à évaporer ne puisse couler hors du flacon qui le contient, malgré les manipulations du carton et quelle qu’en soit la position.
- M. Delvincourt a imaginé un type de fiole très bon marché qui remplit parfaitement cette condition.
- Elle se compose d’une ampoule collée sur un support en liège que l’on lixe lui-même dans un angle du carton par une ou deux épingles.
- Le liquide préservateur (acide phénique, créosote, essences diverses, etc.) y est introduit auparavant au moyen d’une seringue de Pravaz, que l’on trouve dans chaque pharmacie, et se vaporise de façon lente et continue.
- Il existe deux modèles de cette fiole : l’un collé à plat, l’autre debout ; ce dernier peut facilement être rechargé après évaporation complète du liquide, et sans devoir être retiré du carton à insectes.
- Constructeur : M. L. Delvincourt, 3, rue Titus, Nîmes (Gard).
- ALIMENTATION
- La gazéification chez soi des boissons et jus de fruits.
- Actuellement, le transport des jus fermentescibles dans les conditions imposées par les règlements d’hygiène exige la stérilisation des bouteilles et la pasteurisation des produits.
- Pour les limonades et sodas, c’est une double impossibilité, car l’acïde carbonique n’est, pas stérile et la pasteurisation d’un produit sous pression est illusoire. Industriellement, il n’est guère possible de livrer que des produits faits de sucre et de parfums de provenance étrangère, parfois distillés et souvent synthétiques.
- La gazéification individuelle, chez soi, supprime le problème de la conservation du produit fini et permet d’utiliser le fruit frais pour en faire un breuvage naturel, vivant et vilaniiné.
- Le problème de la gazéification individuelle se pose en mainte circonstance. Certains débitants désirent s’affranchir de l’cnlrepositaire dont les livraisons sont insuffisantes en période caniculaire. Les collectivités (coopératives d’usines, cantines, cercles, lycées, écoles, etc...); les organisateurs de congrès j réunions, bals, fêtes, noces, etc...; les spectacles de plein air, de sports ; le monde colonial qui dispose de fruits en abondance et pour qui se pose d’une manière constante le problème des rafraîchissements hygiéniques, sans alcool, mais avec une pointe d’acide carbonique ; enlin les maîtresses de maison soucieuses de servir à leurs invités un rafraîchissement de choix préparé sous leurs yeux.
- Un curieux appareil appelé <( Sana-soda », répond à ces besoins multiples, à un prix dix fois ! moindre que celui des machines industrielles, par un ma- Fig. 4. — Le gazéificateur
- niement enfantin, « Sanasoda ».
- qui peut fournir jusqu’à xoo bouteilles par heure.
- La combinaison brevetée de deux réservoirs reliés par un circuit saturateur en fait un appareil de grande simplicité et de fonctionnement sûr, puisque le seul fait de soutirer provoque l’amorçage automatique du circuit saturateur dépourvu d’organes mécaniques.
- En partant des prix commerciaux actuels, l’usager peut produire, à domicile, sans connaissance spéciale, de l’eau gazéifiée à 0,16 le litre, de la limonade à o,43 la bouteille et du soda de qualité à o,3o. De même et pour un prix infime, vins, cidres et moûts seront gazéifiés instantanément, à mesure des bésoins, en conservant leurs qualités et leur goût.
- Constructeurs : Société Osmo, 16, rue Clément-Marot, Paris, 8e.
- Fig. 3.
- Les fioles Delvincourt.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu :
- M. Questriaux, à Dinant (Belgique). — 1° Pour réparer .l’ébonile, l'aire fondre doucement 100 gr de colophane, puis’ y ajouter peu à peu en remuant constamment 00 gr de gutta-percha coupée en petits morceaux.
- Bien mélanger, puis couler sur une surface froide de façon à obtenir des plaquettes.
- Pour l’emploi, faire fondre à nouveau et couler le liquide chaud dans les lissures parfaitement sèches, lisser avec la lame d’un couteau chauffée, enlever les bavures et laisser refroidir.
- N. B. — Ne pas chercher à refaire la soudure de parties avoisinantes sans intervention de masse d'apport.
- 2° L’ébonile étant constituée par un mélange de caoutchouc et <le soufre, ce dernier, à la longue, s’oxyde au contact de l’air et les disques perdent de leur propriété diélectrique.
- Four les remettre en état, il suffit de les laver avec une solution très faible de soude caustique, de rincer, puis polir avec un chiffon de laine.
- 3° En aluminothermie, la soudure directe se fait par mise en liberté du fer de son oxyde par la poudre d’aluminium d’après la réaction :
- Fe203 + Al3 = A1203 + Fe2
- L’inflammation de la masse en un point se pratique au moyen d’une cartouche d’allumage constituée par un mélange d’aluminium et de bioxyde de baryum, la réaction se propage alors de proche en proche et la température s’élève considérablement, le métal libéré se sépare à l’état liquide que l’on coule sur les pièces à souder.
- N. B. — Le magnésium pourrait effectivement être égale ment associé au bioxyde de baryum pour constituer la cartouche d’allumage, mais nous ne pensons pas qu’il y ait avantage.
- M. Destexhe, à Waremme (Belgique). — 1° Le nettoyage des miroirs argentés se pratique simplement au moyen de rouge d’Angleterre impalpable délayé dans un peu d’huile.
- 2° Pour désinfecter sans aucun inconvénient l’intérieur de votre instrument de musique, il vous suffira d’y introduire quelques gouttes de formol du commerce à 40 pour 100 d’aldéhyde formique.
- 3° Egalement quelques gouttes d’huile de vaseline déposées sur un tampon de toile, suffiront pour l’enduisage des tubes coulissants de votre longue-vue et en assureront le glissement facile, sans qu’une oxydation soit à craindre.
- 4° Le moulage de votre bas-relief vertical pourra se réaliser en opérant ainsi :
- Constituer une caissette plate en bois léger, n’ayant qu’un fond un peu plus grand que le bas-relief à mouler et dont les bords seront trois réglettes de la hauteur correspondante à l’épaisseur que l’on vumt donner au moule.
- Fixer cette caissette le long du mur par des fiches en laissant le bord libre en haut, il ne restera plus qu’à couler dans l’espace vide entre mur et caissette du plâtre à mouler gâché à la consistance voulue.
- Le moule négatif ainsi réalisé permettra ensuite, après avoir été séché et huilé, de prendre un contre-type identique à l’original.
- N. B. — Avoir soin de passer préalablement sur le bas-relief le l’eau de savon assez concentrée pour éviter l’adhérence du plâtre de moulage, enduit que l’on enlèvera facilement à l’eau chaude après l’opération.
- M. le Pr Jacques, à Marboz (Ain). — La désignation « Produit nouveau » pour recouvrir l’intérieur de votre bouilloire de cuisinière est insuffisante pour que nous sachions de quel revêtement il s’agit. A notre avis, il serait plus sûr de recourir à un récipient étamé ou émaillé.
- M. Le Bourgeois, à Meudon. — Le noircissement du cui-cre se pratique habituellement au moyen de la solution suivante :
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . . 45 gr
- Acétate de cuivre..................... 25 —
- Carbonate de cuivre................... 25 —
- Acide acétique........................ 10 —
- Eau ordinaire . . ................. 1.000 —
- Porter à l’ébullition dans un récipient non métallique, y plonger les objets en laiton préalablement bien décapés, les laisser jusqu’à obtention de l’intensité désirée, rincer à l’eau claire, puis sécher à la sciure de bois.
- M. Bernède, à Bordeaux. — La teinture capillaire sui-
- vante qui est inoffensivo vous donnera très probablement satisfaction.
- Prendre :
- Henné en poudre.......................... 150 gr
- Noix de dalles........................... 100 —
- Feuilles de noyer.......................... 50 —
- Couvrir d’alcool et laisser macérer 8 jours en couvrant. Ensuite épuiser par l’eau bouillante dans un entonnoir de façon à obtenir 1 1 de liquide, puis ajouter :
- Glycérine blanche.......................... 20 gr
- On peut parfumer à volonté par 1/2 gr environ de l’essence préférée, cette essence étant d’abord dissoute dans la glycérine.
- Cette teinture ne doit s’employer que sur des cheveux préalablement dégraissés par une solution tiède de carbonate de soude à 5 gr par litre environ.
- M. de Rienzi, à Paris. — Il est toujours aléatoire de chercher à redonner de la souplesse au vieux caoutchouc, cependant, quand le durcissement n’est pas trop avancé, on obtient encore un résultat satisfaisant en faisant bouillir les objets plus ou moins longtemps dans une solution contenant environ 50 gr par litre de lessive de soude caustique (potassium des peintres).
- M. Lenfant, à Autun. — Les deux formules que nous avons publiées pour rendre le papier transparent sont les suivantes :
- lrc formule : Faire dissoudre au bain-marie :
- Térébenthine de Venise .... 20 gr
- Essence de térébenthine .... 100 —
- Ajouter ensuite en mélangeant intimement :
- Huile de ricin............ . . 200 gr
- Chloroforme............................. 50 —
- Vaseline................................ 20 —
- Cette composition s’applique au dos du papier avec un pinceau large.
- Pour favoriser la pénétration, appliquer un fer légèrement chauffé à 40°-45° C, après avoir interposé une feuille de papier parcheminé.
- 2® formule : Faire dissoudre :
- Gomme laque.................... 80 gr
- Alcool à 95°................... 1.000 cm3
- Filtrer et plonger dans la solution le papier qui ne doit pas être chargé de matières minérales.
- Laisser sécher et passer à l’étuve chauffée à 80° C., le papier devient immédiatement transparent.
- Le fer à repasser peut remplacer l’étuve, mais il a pour inconvénient de provoquer une légère distorsion du papier.
- N. B. — Sans passage à l’étuve, le papier resterait opaque.
- M. Fontaine, à Sennecé-lès-Mâcon. — Les Ronces qui ont envahi votre terrain (Rubus fructicosus ou Ronce des haies) ont en effet le grave défaut de donner des racines persistant longtemps dans le sol, qui émettent des sarments se marcottant naturellement, ce qui les rend envahissantes.
- A notre avis, le meilleur moyen pour les détruire est de commencer par couper toutes les tiges au ras du sol, puis de répandre à la surface une couche de 2 à 3 cm d’épaisseur de crud ammoniac ou vieilles matières d’épuration, que vous pourrez facilement vous procurer à l’usine à gaz la plus proche.
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- A défaut de ce produit, vous pourrez le remplacer par un arrosage copieux avec une solution de sulfate de cuivre ou vitriol bleu à 6 pour 100.
- N. B. — Avoir soin de faire les traitements ci-dessus en débordant d’au moins 1 m l’emplacement occupé par les ronces pour atteindre les jeunes racines n’ayant pas encore émis de pousses.
- M. Douche, à Tananarive. — 1° La régénération dos vieux caoutchoucs consiste essentiellement en une élimination du soufre en excès qu’ils contiennent, par des réactifs qui sont généralement la soude caustique, la chaux, les sulfures basiques de baryum ou de calcium, les sulfites, etc., réactifs qui, en même temps, saponifient les huiles des factices. Vous trouverez nombreux renseignements sur cette question dans l’ouvrage : L’Industrie du caoutchouc, par Jacobs, éditeur Béranger, 10, rue des Saints-Pères, à Paris.
- 2° Vous pourrez facilement réaliser une petite installation pour la fabrication du noir de fumée ou noir de lampe, en brûlant vos huiles résiduaires dans des sortes de lampes à niveau constant disposées en dessous d’un entonnoir en tôle conduisant les fumées dans une série de sacs en toile communiquant entre eux par des raccordements en tôle. En dessous de chaque sac, il suffit de disposer une trémie qui reçoit le noir au fur et à mesure de sa production et en permet l’emmagasinage.
- N. B. — Nous ne connaissons pas de constructeur spécialisé dans les installations de ce genre ; toutefois, nous pensons (jue les maisons suivantes seraient susceptibles de vous donner satisfaction : Brehicr, 52, rue de l’Ourcq, à Paris ; Courre!, 141), boulevard Victor-Emmanuel, à Bordeaux.
- M. Gros, à Marigny (Jura). — Votre maçon a parfaitement raison ; le salpêtrage est uniquement dû au voisinage immédiat de l’élable ; elle produit constamment des sels ammoniacaux qui se nitrifient ; aucun procédé efficace ne peut être appliqué dans ces conditions.
- M. Pierre Cot, à Perpignan. — La formule suivante de colle pour la reliure, vous donnera, pensons-nous, satisfaction :
- Farine de sarrasin................... <10 gr
- Térébenthine de Venise ... (50 —
- Colle forte de Givet................... 5 —
- Eau distillée........................ 500 —
- Acide phénique......................... 0 gr 50
- Faire gonfler la colle forte dans le tiers de l’eau froide pendant 12 h environ, puis liquéfier au bain-marie.
- D’autre part, porter à l’ébullition un second tiers de l’eau, puis y verser en filet un lait obtenu en délayant la farine dans le dernier tiers de l’eau également froide, maintenir l’ébullition jusqu’à obtention d’une masse bien liée transparente.
- Finalement introduire la térébenthine de Venise préalablement liquéfiée au bain-marie ainsi que l’acide phénique.
- Rendre le tout homogène et mettre en pots couverts.
- M. Ricard, à Paris. — La fabrication des articles en caoutchouc durci moulé ne présente pas de difficultés en dehors de l’acquisition d’un matériel spécial pour la compression dans les moules et la vulcanisation en autoclave.
- Le mélange-type de matières premières est le suivant :
- Caoutchouc pur para..................... 75
- Soufre.................................. 23
- Noir de carbone.......................... 2
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- Cuire 5 h sous 4 atm. Prendre un tiers de ce mélange, le réduire en poudre et y ajouter deux tiers de mélange frais.
- Mettre en moules, comprimer fortement et cuire à 4 atm 1/2. Laisser bien refroidir avant de démouler.
- A notre avis, vous pourriez utiliser pour de petites fabrications, le matériel réduit employé pour la prothèse dentaire.
- M. Lazarides, à Athènes. — 1° Pour recoller le marbre, on prend la solution commerciale de chlorure de zinc à 45° B. et on y ajoute 5 pour 100 de borax en poudre.
- Après dissolution et juste au moment de l’emploi, on en prélève la quantité jugée nécessaire pour la réparation et y incorpore de l’oxyde de zinc pulvérisé de façon à obtenir un ciment de consistance crémeuse, dont on enduit les parties de marbre à joindre, on serre fortement au moyen de ficelles convenablement disposées et laisse la prise se faire, ce qui demande toujours quelques heures pour qu’elle soit complète.
- 2° Le polissage du marbre s’effectue par l’emploi d’abrasifs de plus en plus lins délayés dans l’eau, en commençant par la |lierre ponce fine et utilisant ensuite la potée d’étain, finalement on encaustique et polit avec une flanelle bien propre.
- N. B. — Les professionnels emploient une pierre spéciale dite Gottland et pratiquent le finissage en mettant sur le tampon de la raclure de plomb.
- M. Deullin-Encausse, à Paris. — D’après les conditions que vous indiquez, le mieux est de préparer une encaustique à l’eau.
- Prendre :
- Eau de pluie...................... 1.000 cm3
- Savon noir en pâte................ 25 gr
- Sel de tartre..................... 5 —
- Cire d’abeille en copeaux. . . 150 —
- Faire dissoudre le savon dans l’eau, ajouter le sel de tartre, porter à l’ébullition, puis incorporer progressivement la cire en maintenant une ébullition légère, jusqu’à obtention d’une masse crémeuse.
- Si on désire une encaustique colorée, ajouter pendant la macération un peu de curcuma en poudre.
- Pour l’usage, on peut, suivant l’état de porosité du bois à encaustiquer, étendre de deux à trois fois le volume d’eau.
- M. Schmerber, à Bruxelles. — Pour nettoyer les fourrures blanches, on dispose celles-ci sur une table, poil en dessus, puis on applique avec un pinceau propre une bouillie claire de plâtre à modeler délayé dans l’essence de térébenthine.
- On laisse sécher, puis on remet la fourrure poil en dessous sur plusieurs épaisseurs de serviettes également très propres et on bat au moyen d’une baguette de rotin en secouant de temps en temps, pour éliminer le plâtre qui a absorbé toutes les impuretés.
- M. Moyen, Congo belge. — Les vernis à finir donnant un brillant remarquable sont établis sur les bases suivantes
- Copal dur......................... 35 gr
- Huile de lin cuite................ 15 —
- Essence de térébenthine .... 50 —
- Etant donné que le copal employé dont être pyrogéné, c’est-à-dire chauffé dans des conditions particulières pour en obtenir la solubilisation, ce qui demande la connaissance de certains tours de main, nous pensons qu’il serait plus pratique et plus économique de faire l’acquisition du vernis tout préparé, par exemple à la Maison Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. Perrot, à Chanibesy (Suisse). — Étant donné que l’alliage dont vous disposez est constitué par le bismuth et l’antimoine, nous pensons qu’il pourrait être utilisé facilement pour les usages industriels suivants :
- ' Planches à graver Clichés Alliage
- typogra- pour
- la Musique phiques Tneières
- Antimoine .... 17 9 15 9
- Plomb 73 33 70 9
- Bismuth lü 10 15 9
- Etain. )) 48 » 72
- 100 100 100 100
- N. B. — L’antimoine seul fond à 440° C.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-8-1937 — Published in France.
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- N° 3007
- LA NATURE
- 15 Août J937
- LE DÉVELOPPEMENT ACTUEL DES PROSPECTIONS GÉOPHYSIQUES DANS LE MONDE
- LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE LA GÉOPHYSIQUE
- La géophysique, c'est-à-dire l’exploration du sous-sol, basée sur la mesure de certaines propriétés physiques des couches terrestres, ne remonte guère au delà d’un demi-siècle (])- Vers cette époque, on songea à utiliser les anomalies du champ magnétique pour la localisation des gisements de fer en Suède. Puis, dès 1896, le savant hongrois Eôtvôs se lit le protagoniste de la méthode gravimétrique reposant comme principe, sur la différence de densité des roches, qu’il mesurait à l’aide de sa balance de torsion.
- Plus récemment, l’apparition du pendule Holweck-Lejay a donné un renouveau de faveur à ce mode d’investigation des richesses souterraines. De leur côté, des ap-p a r e i 1 s sismographiques (analogues à ceux employés pour l’étude des tremblements de terre) permettent d’en-registrer, en divers points, les vibrations résultant d’une explosion provoquée en un endroit déterminé. Avec un nombre suffisant d’opérations et des calculs convenables, on parvient à établir, de la sorte, le nivellement de l’assise rocheuse, des couches plus ou moins meubles situées au-dessus d’elle ainsi que l’existence d’une nappe aquifère ou pétrolifère, par exemple. Ces procédés ont été appli-
- 1. Voir dans La Nature, n° 2867 (15 octobre 1931), p. 341. Les méthodes géophysiques, par II. Vigneron, n° 29M (15 août 1933), p. 147. Recherche du pétrole par l’application de la méthode de la carte de résistivité du sol, par Ch. Berthe-lot, n° 2915 (15 octobre 1933), p. 347. Application des méthodes de prospection électrique à l’étude des projets de travaux publics, par Ch. Bertiielot ainsi que la brochure de M. Raymond Maillet, Directeur de la « Compagnie générale de géophysique » sur la Prospection géophysique des sols (octobre 1936).
- qués aux États-Unis de 1917 à 1920, puis par l’Allemand Mintrop. Toutefois, leur essor commença seulement en 1929, par suite de leur introduction dans la « Culf Coast » américaine pour la recherche des dômes de sel et ils se développèrent surtout à partir de 1930. E11 cette année, la mise au point d’une nouvelle méthode sismographique substituée aux précédentes a permis d’économiser les charges de dynamite, tout en obtenant des résultats remarquables môme aux très grandes profondeurs.
- Mais actuellement, la prospection électrique, semble l'emporter sur les autres systèmes géophysiques par sa généra-lilé et sa souplesse.,,Cette méthode d’exploration s’appuie sur le fait que les gîtes minéraux et éventuellement, les liions métalliques possèdent des résistances électriques différentes. A la suite des essais infructueux de Brown et de plusieurs techniciens, Conrad Sciai um berger, alors professeur à l’École nationale des mines de Paris, inaugura dès 1912 une série d’études systématiques qui, interrompues pendant la guerre, reçurent leurs premières applications industrielles dès 1920 et 3 ans plus tard s’implantèrent sur les terrains pétrolifères transatlantiques. En créant un courant continu entre deux points du sol, puis en étudiant le champ électrique qui en résulte dans un certain rayon et en répétant un certain nombre de fois les mômes mesures entre des points différents, cet habile ingénieur établit les caractéristiques du sous-sol. En 1928, à cette technique, s’ajouta la variante dite du carottage électrique. Celle-ci consiste à remplacer l’extraction d’un échantillon ou « carotte » par la mesure dans le sondage, de certaines propriétés électriques de la roche, suffisantes pour l’identification géolo-
- Fig. 1. — M. Conrad Schlumberger, créateur de la prospection électrique (1878-1936).
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- Fig. 2. — Le potentiomètre Schlumberger servant à la mesure de la résistivité électrique des terrains.
- gique des terrains traversés. Gomme ces constatations successives peuvent s’exécuter rapidement sur une hauteur importante alors que le « carottage mécanique » exige l’exti'action individuelle de chaque échantillon
- Fig. 3. — Une mesure délicate au potentiomètre Schlumberger.
- ou « carotte » longue d’un mètre au plus, il en résulte d’importantes économies de temps et d’argent, quand on songe que les puits atteignent parfois 3.ooo m de profondeur.
- LA PRATIQUE DE LA PROSPECTION ÉLECTRIQUE
- Dès 1928, des prospections électriques se généralisèrent, en particulier dans la Russie soviétique, puis à partir de 1982 aux États-Unis et au Canada. Malheureusement Conrad Schlumberger mourut en décembre 1986, mais la Compagnie générale de Géophysique qu’il fonda avec son Irère Marcel, également ingénieur spécialisé dans ce domaine, continue son œuvre et de nombreuses équipes françaises prospectent aujourd’hui dans le monde entier.
- Avant d’aller plus loin, définissons la résistivité électrique d’une roche. On nomme ainsi la résistance au courant électrique d’un cylindre de cette dernière ayant pour hauteur l’unité de longueur et pour section l’unité de surface. Pratiquement, la résistivité qui est l’inverse de la conductibilité, s’exprime en ohms-mètre-mètre carré. L’appareillage comprend d’ordinaire, comme générateur, une batterie de piles sèches, qui envoie du courant continu dans le sol par deux électrodes impolarisables d’émission. La différence de potentiel qui en résulte, entre deux autres prises de terre ou sondes de réception, se mesure au moyen d’un potentiomètre convenablement shunté et se trouvant branché sur une ligne volante. On détermine donc une courbe équipotentielle en maintenant une des électrodes en un point fixe et en tâtant le sol tout autour avec l’autre fiche. Lorsque l’aiguille de l’appareil ne bouge plus, l’endroit touché se trouve au meme potentiel que le premier. Le dessin de ces diverses courbes donne la carte des résistivités, d’où l’on s’efforce de déduire les âges géologiques des couches sous-jacentes. De tels documents ont permis de résoudre économiquement plusieurs problèmes intéressants de prospection.
- Au cours de ces dernières années, en examinant des caries de résistivité ainsi relevées, on a découvert entre autres un gisement salifèi'e en Alsace dont des sondages élecü’iques ultérieurs suffirent à préciser les profondeurs de la base des alluvions et du toit de sel. On a trouvé, également de la sorte, du lignite dans les Landes, du fer dans le Calvados, du cuivre et du nickel en Amérique, tandis qu’on a appliqué la même méthode dans le génie civil quand les travaux doivent s’exécuter dans des terrains ni aquifères, ni sablonneux. Elle a rendu de précieux services, par exemple aux constructeurs canadiens d’un tunnel à Bridge-River (Colombie britannique) et d’un barrage sur le Sainl-Lnurent, près de Mcvusburg (Ontario) en établissant, de façon exacte, la nature lithologique du sous-sol.
- Le carottage électrique, qui facilite énormément l’interprétation des cartes de résistivité, utilise un matériel assez simple. Sur l’arrière d’un camion automobile, on installe un treuil actionné par un moteur
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- et sur lequel s’enroule un câble très résistant à trois brins. Ce treuil se trouve entraîné soit par la boîte de vitesse, soit par les roues du véhicule. Le tricâble part du treuil pour passer d'abord sur une molette qu’il entraîne et le compteur dont elle est munie indique les profondeurs atteintes. Les opérateurs sont confortablement assis à l'intérieur du camion ; l'un deux maintient l’aiguille du potentiomètre au zéro, tandis que son compagnon surveille l’enregistrement du diagramme sur un papier entraîné synchroniquement par la marche du cable. Il existe également un appareil, de construction récente, dans lequel les inscriptions s’effectuent à l’aide de la photographie.
- D’autre part, aün de réaliser l’enregistrement simultané des deux diagrammes, on envoie du courant alternatif par l’électrode d’émission de la sonde attachée à l’extrémité du câble. On observe alors deux différences de potentiel entre les bornes de mesure : la première continué, caractérise la porosité et la seconde, alternative, indique la résistivité. On recueille simultanément, à l’aide de deux potentiomètres enregistreurs, ces deüx diagrammes dont les variations fournissent les positions exactes des différentes formations géologiques des couches traversées par un sondage. Dans l’étude de tels documents, les prospecteurs doivent se laisser guider par les principes généraux suivants.
- Les argiles, les schistes et les marnes, de formations homogènes et imperméables ont, d’ordinaire, une résistivité faible et une porosité nulle. Le gypse, le calcaire compact et autres roches dures offrent une résistivité élevée et aussi une porosité nulle.
- Les calcaires intermédiaires possèdent encore une forte résistivité, mais une porosité déjà notable. De leur côté, les sables aquifères des régions pétrolifères renferment généralement de l’eau salée ; ils apparaissent avec une faible résistivité et se révèlent sur le diagramme porosité par des centres de potentiel fortement négatifs. Enfin, sur le diagramme de porosité des sables pétrolifères, on observe des potentiels négatifs moins accentués que dans le cas précédent mais accompagnés, en revanche, d’une haut résistivité.
- L’ESSOR DE LA PROSPECTION GÉOPHYSIQUE
- S’appuyant sur ces idées théoriques et sur de nombreuses observations, la géophysique prend un essor de plus en plus considérable dans tout l’Univers. En France, la plupart des prospections ont été exécutées par les méthodes électriques système Schlumberger. En Normandie, plusieurs équipes de spécialistes ont pu, en étudiant de la sorte la tectonique
- des synclinaux ferrifères, établir avec précision l’allure des formations siluriennes.
- Divers de leurs collègues ont déterminé pareillement les failles du bassin ferrifère de Briey ; d’autres ont appliqué avec succès la méthode des résistivités aux gisements salins d’Alsace ou bien, en explorant une surface considérable du Sud-Ouest, ont repéré des lentilles de lignite incluses dans les sables des Landes tandis qu’on inaugurait à Péchelbronn le carottage électrique, en usage aujourd’hui dans 60 pour ioo des exploitations pétrolifères du monde.
- Dans les colonies françaises, principalement en Afrique du Nord, les géophysiciens s’employèrent uti-
- Fig. 5. — Enregistrement des mesures à l’intérieur du camion géophysique. L’un des prospecteurs maintient t’aiguille du potentiomètre au zéro ; l’autre surveille l’enregistrement du diagramme sur un papier entraîné synchroniquement par la marche du câble.
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- Fig. G. — Exécution d’un sondage vertical à grande profondeur dans les dunes de ferait au IS'ord du Caucase
- (V. R. S. S.).
- Fig. 7. — Descente de la sonde permettant d'explorer électriquement les sondages (champs pétrolifères du Texas, États-Unis).
- lemenl soit à lixer les meilleurs emplacements pour des barrages dans le Sud de la Tunisie, soit à fournir d’utiles renseignements sur les couches pétrolifères du Maroc, soit à découvrir des gisements dé fer dans la région de lîeni-Sapf (Province d’Üran).
- Notre pays joue, d’ailleurs, un rôle de premier plan clans (“G domaine. Les techniciens français après avoir créé les méthodes de prospection électrique et de carottage électrique, comme nous l’avons déjà noté plus haut, ont contribué à perfectionner les procédés gra-virnétriques et sismographiques. Plus de i3o de nos ingénieurs dirigent actuellement d’importants groupes de géophysiciens en France ou à l’étranger. On compte d’autre part, dans l'Univers entier, 3ao équipes « de surface » dont 17a aux États-Unis où on a essayé à peu près toutes les méthodes qui, malgré certains échecs initiaux, Unirent par donner des résultats remarquables surtout le long des côtes du Golfe du Mexique. Dans cette fameuse région de la « Gulf Goast », on voit maintenant à pied d’œuvre une centaine d’équipes géophysiques dont les découvertes pétrolifères représentèrent, en 1934, au Texas, i3 millions de barils et en Louisiane, 16 millions de barils (70 pour 100 de la production). L’année suivante, en Californie, les sociétés pétrolifères ont affecté une dépense de i.aôo.ooo dollars aux 21 équipes géodési-ques, qui ont réussi à trouver cinq champs de gaz naturels dans la San Joaquin Valley.
- En Russie soviétique, les travaux géophysiques s'exécutèrent. sur une très vaste échelle depuis 1929, grâce à la collaboration de MM. C. et M. Sclilumberger, qui y appliquèrent largement leurs méthodes électriques aux éludes tectoniques et aux recherches de pétrole. Ces saiants spécialistes obtinrent surtout d’importants succès dans la région de Bakou, tandis que des équipes gravimétriques de trusts locaux ou d’instituts d Etal découvraient des dômes de sel dans les environs de l'Emba, au Nord de la Mer Caspienne.
- En Roumanie, la géophysique débuta, il y a une trentaine d’années par les recherches qu'y exécuta, en Transylvanie, l’Institut Eotvôs, de Budapest, avec la balance de torsion, mais elle s’v développa seulement depuis la guerre et en particulier dans la zone pétrolifère située entre Targoviste et Buzan, au pied des Carpalhes. Dès 1923, plusieurs techniciens dressèrent une carte des résistivités de celte région et, peu après, (( l’Institut géologique de Roumanie » utilisa divers procédés électriques pour prospecter des gîtes métallifères dans la Dobroudja. Depuis 1931, une liliale de la Société Scld um berger y a démontré par ses travaux, l’intérêt du carottage électrique, que deux équipes oiTicielles appliquent aujourd’hui, comme moyen de contrôle à tous les champs pétrolifères roumains.
- Dans le reste du globe, les méthodes géophysiques ont encore rendu de signalés services, que nous résumerons très succinctement. D’introduction récente en Espagne, en Pologne, en Autriche, en Italie, dans les Balkans et en Grèce, elles n’y ont donné toutefois jusqu’ici que des résultats limités. Par contre, dans l’Amé-
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- rique du Sud, sept équipes Schlumberger de carottage électrique travaillent depuis plusieurs années au Vénézuela. En République Argentine, l’organisme d’Etat, des pétroles, l’Y. P. F. (Yacimienlos Peirolife-ros Fiscales) a installé en 1980 un service géophysique et une équipe de carottage électrique fonctionne maintenant à Comodoro Rivadavia. Dans les Indes Néerlandaises, trois équipes de carottage électrique exécu-
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- lent des prospections à Sumatra et à Sarjrwak, Enfin, des recherches géophysiques se font aujourd’hui par les méthodes Schlumberger en Turquie, aux Indes britanniques, en Iran et au Japon, pendant que 1’ « Impérial geographical Survey » poursuit, en plusieurs points du continent australien, de très intéressantes comparaisons entre les différents modes d’exploration du sous-sol. Jacques Royer.
- Fig. S. — Carte indiquant la répartition des équipes, qui exécutent actuellement des prospections géophysiques, dans divrses parties du monde, par les procédés Schlumberger.
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- FLEURS DE GYPSE AU FOND DES GOUFFRES
- Les stalactites excentriques ont intrigué les minéralogistes qui les surnommaient encore, il n’y a pas longtemps, une « végétation de cristal ». Mais, à côté de ces concrétions, maintenant expliquées (*) qui semblent croître d’une façon fantaisiste en dehors des lois physico-chimiques, il y a des curiosités souterraines qui paraissent plus énigmatiques encore : ce sont celles que M. Casteret déci’it dans son passionnant volume Au fond des Gouffres (1 2). Nos lecteurs connaissent déjà les hardies explorations de M. Casteret par le l'écit qu’il fit ici-même (n°. 2754) de ses premières découvertes dans les Pyrénées. On sait qu’il a depuis trouvé
- 1. A. Glory. Stalactites excentriques. La Nature, n° 2988, 1er novembre 1936.
- 2. Perrin, éditeur, Paris.
- le plus profond gouffre de France, qu’il a nommé Gouffre Martel en l’honneur du grand maître de la spéléologie, ancien rédacteur en chef de La Nature.
- M. Casteret y rencontra dans une salle entièrement décorée de tapisseries cristallines/formées de cristaux blancs aux formes fantastiques, à côté de concrétions microscopiques et de pièces géantes d’une limpidité idéale, des stalactites mates ou étincelantes, lisses ou épineuses, laiteuses, rouges, noires et même d’un vert cru. Ces diverses colorations sont dues à des décompositions par l’eau d’infiltration de minerais, dont la montagne est ici très riche et dépassent en pureté de coloris les fleurs teintées des nuances les plus tendres que l’on puisse trouver dans nos pays. Il y avait des aiguilles démesurées aussi fines que des fils d’arai-
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- Fig. 1. — Norbert Casteret. avançant par reptation dans un boyau souterrain.
- gnées qui, tremblantes, se brisaient au moindre souffle.
- Autour de certaines nodosités cristallines jaillissaient, comme des fusées de feux d’artifice, des baguettes rectilignes, sortes de règles prismatiques de 3 à 4 cm de diamètre et de 3o à 4o cm de long. Les unes laiteuses, les autres translucides, festonnaient de-ci de-là le plafond. Plus étranges encore étaient ces lanières argentées ayant l’aspect brillant d’écheveaux de soie et rappelant étrangement les fils de la Vierge des matins printaniers qui pendaient et se balançaient aux voûtes et aux parois. Ces extraordinaires formations minéra-
- Fig. 2. — Fleurs de gypse placées à dessein dans un pot pour montrer leur cristallisation en eldeweiss, rose, etc.
- Fig. 3. — Parterre de fleurs en forme de crosse.
- Fig. 4. — Tubercules, baguettes rigides et ramilles efflorescentes.
- les étaient si souples qu’on pouvait les enrouler et même les nouer autour des doigts comme un simple ruban.
- M. Alfred Lacroix, l’éminent minéralogiste de l’Académie des Sciences, à qui furent adressés quelques échantillons, répondit aussitôt qu’il s’agissait d’une trouvaille fort intéressante et que ces pièces constituaient des variétés de gypse revêtant des aspects extraordinaires.
- Or, ce gouffre de 482 m de profondeur a d’abord été exploi'é par son orifice inférieur, l’ancienne résur-
- Fig. 5. — Etude d’une baguette cristalline.
- A gauche, la baguette à l’œil nu est composée d’un agglomérat de bandes plates. Au milieu, l’une d’elles, vue sous un fort grossissement révèle des capillaires parallèles. A droite ligure d’un cristal de gypse, composant la baguette.
- gence du torrent souterrain. C’est à 1 km de cette sortie, que ces salles féériques furent rencontrées après que des stalactites de calcite eurent émerveillé la caravane des prospecteurs.
- Le gouffre s’ouvre dans des couches dévoniennes très riches en sels minéraux. La partie inférieure est sous-jacente d’environ 3oo m à un filon de blende (sulfure de zinc) et de galène (sulfure de plomb). y
- Comme les sulfures sont des composés binaires, ils se transforment en sulfate par oxydation. Ces derniers généralement solubles se dissocient avec formation d’acide sulfurique qui, au contact du carbonate de chaux, déplace l’acide carbonique pour finalement produire le gypse (S04Ca2H20).
- Une autre combinaison paraît possible. Dans les Pyrénées, comme à Cauterets, Eaux-Bonnes, Barèges ou Bagnères-de-Luchon, on rencontre souvent de l’acide sulfhydrique soit à l’état libre, soit à l’état de
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- sulfure. On le trouve aussi chaque fois que des eaux chargées de sulfates sont au contact de matières organiques. En présence de l’eau, l’air oxyde l’acide sulfhy-drique à la température ordinaire, avec formation d’acide sulfurique.
- Le fait que le gypse cristallise en stalactites n’a rien d’extraordinaire. Dans un ancien traité de cristallographie de 1872, de Romé de l’Isle appelle ce genre « gypses lenticulaires, cunéiformes, fibreux ou striés ». Ces espèces se présentent, dit-il, en « aiguilles ou rayons « divergents, autour d’un ou plusieurs centres comme « on le voit dans les gypses étoilés. Ces faisceaux d’ai-t( guilles divergentes seront tantôt concentrés en mas-<( ses globuleuses ou hémisphériques, tantôt en masses « coniques ou en filets roulés en forme de crosse. « Ailleurs, ils imiteront des espèces de choux-fleurs, « d’arbrisseaux, de Heurs de rose, etc. » (fig. 2).
- Notre auteur souligne que ces formes arborescentes ont déjà été trouvées en Grande-Bretagne, dans l’île de Scheppei, en Sicile, en Chine et à Angers.
- L’originalité de M. Casteret est d’avoir photographié et décrit en détail dans son livre Au fond des Gouffres, cette llore cristalline comparable à des plantes variées (fig. 2, 3 et 4). Ce sont, de préférence, ces parterres de Heurs que l’on trouve accumulés au ras du sol par bandes de 3 à 4 m de long sur 5 de large.
- Se sont-elles produites dans un milieu d’eau de gypse s’évaporant lentement, à la manière des merveilleuses efllorescences de calcite semblables à de minuscules sapins givrés que j’ai admirées à Orgnac, dans le gour du fond de la Salle Nord ?
- A ma demande, M. Casteret a eu l’amabilité de m’envoyer quelques échantillons. Voici le résultat de mes observations au microscope. Les bâtonnets rigides sont formés d’un accolement de fines lames de cristaux de gypse très longues et étirées, composées de macles produites par l’inversion d’une des moitiés d’un décaèdre primitif. Leur ensemble donne l’aspect d’un morceau de quartz fondu et laminé. Cependant, sous un grossissement moyen, on distingue nettement entre les lamelles, des canalicules très droits par où peut passer le liquide nourricier (fig. 5).
- Lorsqu’on détache une de ces bandes plates de cristal, on distingue nettement au microscope plusieurs capillaires très fins qui courent tout le long des macles. Du bleu de méthylène déposé à leurs orifices les remplit très vite par capillarité.
- Leur croissance se déduit de cette expérience. L’eau gypseuse avance dans ces centaines de fins canalicules par capillarité ; comme la cristallophylie imprime aux macles la même orientation, elles s’agglomèrent les unes à la suite des autres par bandes dont la longueur varie entre 2 mm et 5 mm. La réunion de toutes les bandes juxtaposées donne des règles rigides très longues d’un beau brillant à reflets d’argent.
- Les arbrisseaux sont composés de cristaux prismatiques hexaèdres aplatis, terminés à chaque extrémité par un sommet tétraèdre à plans trapézoïdaux, accolés en plaquettes. Les quatre trapèzes sont très inégaux,
- Fig. G. — Vue au microscope de Vextrémité d’un des losanges qui composent les ramilles.
- très allongés aux dépens des deux autres presque insignifiants.
- Ils prennent naissance dans le feuillage des cristaux inférieurs qu’ils repoussent et décollent par pression. Le liquide gypseux semble monter par imbibition entre les jointures des cristaux (fig. 6).
- L’ensemble présente l’apparence de délicates ramilles garnies de minuscules feuilles nacrées (fig. 7).
- On comprend que ces mystérieuses cristallisations
- Fig. 7.
- A droite, buisson de ramilles vues de profil. Au milieu, le même buisson vu de lace. A gauche, un cristal composant les losanges.
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- des abîmes, colorées par les sels de fer, plomb ou manganèse, aient excité l’admiration des explorateurs. Et pourtant, pour passer, il fallut se résigner à écraser sous les lourds souliers ferrés de ces bosquets fleuris, à briser des sceptres et des glaives de verre, des arbustes de corail, toute la prodigieuse floraison élaborée au cours des millénaires dans le laboratoire secret de la nature.
- — -i:--.— YAP, L'ILE
- Petit coin de terre d’une superlicie de 207 km2, Yap est la principale île de l’archipel des Carolines vendues à l’Allemagne par les Espagnols, en 1899, et occupées par les Japonais durant la grande guerre.
- Malgré son exiguïté, la possession de cette île a donné lieu, pendant la Conférence de la Paix, à d’âpres et longues discussions entre les Japonais et les Américains. C’est qu’elle est le point de jonction des câbles américains du Pacifique allant des Philippines à Shangaï et à Menado (Iles Célèbes, Malaisie). Elle a été finalement attribuée au Japon.
- Fig. 1. — Un « pa-baï », maison commune réservée aux hommes et aux femmes mariés.
- Devant cette maison, on voit plusieurs meules énormes qui constituent la monnaie du pays.
- Tandis que M. Casteret marchait courbé dans un couloir très exigu, attentif à ne pas briser les stalactites acérées qui blessent, il sentit soudain sa jambe prise comme dans des broussailles.
- C’était bien un buisson, en effet, mais un buisson de cristal, le plus beau, le plus délicat de la grotte.
- Abbé André Glory,
- Membre de la Société Spéléologique de France.
- HEUREUSE
- Ainsi qu’il ressort d’un rapport de M. Hobbs, l’éminent professeur de Géologie de l’Université de Michigan, les indigènes de l’île Yap sont moins avancés que leurs voisins des autres îles, mais ils ne veulent en aucune façon se laisser influencer par les « bienfaits » de la <( civilisation » moderne. Ils gardent jalousement leurs mœurs et leurs coutumes dont l'étude offre, de ce fait, un intérêt tout particulier.
- Les Yapiens sont généralement des hommes bien musclés ; leur peau est noir foncé et ils ont les cheveux ci'épus. Le costume masculin consiste en une espèce de culotte étroite, faite de tissu, ordinairement rouge vif. Les femmes et les jeunes filles ont, en guise de vêtement, soit une guirlande de fleurs, soit un pagne d’herbe et de feuilles, ou bien une courte jupe en fibres végétales.
- Néanmoins, la coquetterie n’a pas perdu ses droits à l’île Yap. Les femmes portent, sur un seul côté, un pendant d’oreille, gigantesque, en écaille de tortue ; les hommes font de même, mais leur pendant d’oreille est petit, en nacre polie et souvent d’une grande valeur. Les femmes n’ont pas de peignes ; elles se servent de leurs doigts pour arranger leur chevelure ! Par contre, les hommes ornent leurs cheveux de peignes énormes affectant les formes les plus diverses et taillés très artistiquement dans du bois de manguier blanc ou dans de l’écaille de tortue. Détail amusant : les chefs portent leur peigne dans un petit panier à main. C’est pourquoi, lorsqu’on s’adresse à eux, enlever son peigne est considéré comme une grande marque de respect.
- Les deux sexes mâchent constamment le bétel. Ce maMicaloire fournit un suc qui donne à la salive une couleur rouge sang se communiquant à la bouche et aux lèvres qu’il fait, en outre, gonfler démesurément. Néanmoins, à part celle défiguration de la bouche, les femmes de Yap sont, généralement, assez attrayantes.
- Notons, en passant, que les mamans manipulent, pendant les premiers mois, le nez de leurs-enfants nouveau-nés, pour lui donner une forme plate et large, tenue pour un signe de beauté.
- Les habitations des Yapiens méritent une mention spéciale. Elles sont de deux sortes : des huttes ordinaires où chaque famille vaque aux occupations vulgaires de la vie journalière, et les maisons communes. Celles-ci comprennent deux types différents : les « Fa-
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- Ju )) ou « clubs », où les jeunes gens passent la nuit, et les (( pa-baï », réservés aux hommes et aux femmes mariés.
- Les « pa-baï » sont des édifices de ioo pieds, dx'essés sur des soubassements de pierre et construits avec des troncs d’arbres reliés entre eux uniquement par des libres de cocotier, avec une remarquable habileté. Dans ce pays où le fer est à peu près inconnu, les artisans savent x'exnplacer, ti'ès ingénieusement, les clous à penture.
- Aux murs des pignons triangulaires et bizarrement poil u us sont appendues des rangées de figures grossièrement découpées dans du bois ou des noix de coco, cl fournies, moyennant finance, par les sorciers, comme préservatifs contre les mauvais esprits.
- Euiin, dernier détail. Comme on pratique encore les échanges à l’île Yap, l’ai'gent n’y a pas acquis toute l’importance qu’il a chez nous autres « civilisés ».
- Cependant, il en existe trois espèces : le « gau », coquilles de spondyle creusées au milieu et montées sur des cordons ; c’est plus spécialement la monnaie des hommes. Le « yar », coquilles de nacre, particulières aux femmes, c’est la petite monnaie du pays, pour les achats en commun.
- La troisième espèce, le « palan » ou monnaie de pierre, constitue la monnaie la plus curieuse de tout l’univers. Elle consiste en d’énormes meules rondes en pierre calcaire, creusées au centre, ayant de 6 à xu pieds de diamètre et pesant de 4 à 5 t. Cette monnaie dont on voit quelques échantillons devant le « pa-baï )) que représente notre photographie appartient aux grands chefs dont la richesse est proportionnée aux dimensions des « palan » qu’ils possèdent.
- Heureux Yapiens qui ne connaissent ni la crainte des voleurs, ni les sombres ti'anses des dévaluations présentes et futures ! L. Kuentz.
- LES TRAINS D'ATTERRISSAGE D'AVIONS
- L’aspect des avions s’est trouvé pi'ofondément modifié par les nombreuses recherches de ces dernières années.
- Après avoir supprimé les mâts et haubans, affiné toutes les parties des fuselages susceptibles de produire des tourbillons et décollements, les ingénieurs se sont ail aq ués aux résistances passives des trains d’atterrissage. Tout d’abord, les recherches ont porté sur les éléments des trains fixes : roues, jambes de force, barres de liaison, amortisseurs, etc., puis on a très sérieusement travaillé l’escamotage de l’ensemble à l’intérieur des ailes, fuselages ou carénages de moteurs. Suivant les types d’appareils, mono- ou multimoteurs, militaires ou commerciaux, le déploiement et le relevage des atterrisseurs s’opèrent par des réalisations mécaniques plus ou moins simples utilisant des systèmes hydrauliques, pneumatiques ou électriques. De plus, les conditions parfois contradictoires de légèreté et de solidité, de rapidité et de sécurité des mouvements en toutes circonstances de vol, de faible encombrement, rendent le problème technique quelquefois difficile à résoudre et nécessitent des solutions pai’fois assez compliquées.
- Nous allons montrer d’abord quelle est la part qui incombe au train d’atterrissage dans la insistance totale d’un avion. Puis nous passerons en revue les solutions employées pour escamoter en vol les trains d’attei’rissage.
- PART DE L'ATTERRISSEUR
- DANS LA RÉSISTANCE TOTALE D'UN AVION
- Suivant l’échelle et le genre d’appareil, le pourcentage de traînée ou résistance passive due au train d’atterrissage peut varier dans d’assez notables propoi--
- tions. Plus l’appareil pi'ésenle de faibles dimensions et une surface réduite, plus l’importance relative de la traînée de l’atterrisseur est grande. On peut, en effet, pour un avion rapide de tourisme et de sport chargé à xoo kgr au mètre carré, estimer que la résistance du train d’atteri'issage atteint presque le tiers de la insistance totale. Cette proportion peu\ d’ailleurs être encore augmentée si la voilure se trouve au-dessus du fuselage, nécessitant ainsi des jambes de force plus hautes que pour un avion à ailes surbaissées.
- Pour un bi-moteur de moyen tonnage, dont la présence des carénages des moteurs permet de diminuer la hauteur des parties de l’atterrisseur placées dans le vent relatif, la résistance du train d’atterrissage tombe au huitième de la insistance totale aux faibles incidences.
- On voit donc que, suivant les cas, le gain de vitesse que l’on peut espérer en carénant au mieux le train d’atterrissage ou en l’escamotant peut varier dans d’assez notables proportions. A titre indicatif, pour des appareils dont la vitesse oscille autour de 3oo km/h. le remplacement
- Fig. i. — Comparaison des coefficients de résistance de- la roue à haute pression du type ancien et du pneu profilé « Streamline ».
- JL=0,00208
- 0,00177
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- Coefficient de résistance
- 5.88 x 10
- b,! x 10'
- 2,k3 x 10
- 2,35 x 10
- Fig. 2. — Valeurs du coefficient de résistance de trains d’atterrissage fixes pour avion de 1 t 5. Résultats d’essais en soufflerie vraie grandeur avec des roues des 8,5-10.
- du Irain lixe caréné par un train escamotable se traduit par une augmentation de vitesse de 3o à io km/h. Mais, comme l’a fait judicieusement remarquer M. An-géli, si l’on part d’avions ayant la môme charge au mètre carré, le supplément de poids du système d’escamotage intervient d’une façon défavorable sur les performances si la surcharge due à ce système dépasse 3 à 4 pour roo du poids total.
- Pour les avions rapides conçus pour des vitesses de l’ordre de 4oo à 5oo km/h, il est hors de doute que l’escamotage du train est indispensable et son emploi se trouve maintenant généralisé sur tous les avions rapides.
- RÉSISTANCE D’ÉLÉMENTS DE TRAINS FIXES
- Vers 1930, les trains d’atterrissage subirent une série de transformations heureuses. Les essieux et les haubans disparurent, les pneus à haute pression lurent remplacés par les pneus ballons adoptés dans l’industrie automobile et les amortisseurs à sandow par des systèmes oléo-pneumatiques ou par des roues élastiques.
- Pour le môme travail d’absorption du choc à l’atterrissage et au roulement, le diamètre des
- Fig. 3. •— Pour diminuer l'interaction entre l’aile et les carénages de roues,, la forme (2) est préférable à la forme (1).
- roues diminua quelque peu ; d’autre pari, certains fabricants de pneumatiques donnèrent à leurs productions des formes en double ellipse réduisant de beaucoup leur résistance aérodynamique. A litre indicatif, la roue à pneu ballon (lig. 1), essayée dans un tunnel américain donne une I rainée i5 pour 100 plus faible que la roue à haute pression équivalente. La réduction du diamètre a été poussée à l'extrême pour les avions de course où, môme si le train rentre dans l’aile ou le fuselage, son encombrement doit être aussi réduit que possible.
- 11 n est pas rare d’employer des roues d’une quarantaine de centimètres de diamètre pour des appareils pesant en ordre de vol près de x.000 kgr.
- La loue étant choisie d’après les caiaeléx’isliques de l’appareil et la hauteur de chute calculée à l’atterrissage, comment réaliser le train le moins coûteux en
- résistance ? La plupart des avions modernes étant du tvpe à aile sui’baissée, la hauteur des jambes de force se trouvera déjà peu élevée ; de plus, les progrès dans la technique des aciers spéciaux permettent de réduixe chaque alteri’isseur à une jambe unique en supprimant toute conlreliche et barre de liaison qui étaient jugées encoi'e indispensables il y a 2 ou 3 ans.
- Le tableau de la ligure 2 donne les valeurs du coef-
- ficient
- de résistance
- * qe traius' d’atterrissage
- V2 ni/s
- de conceptions diverses essayés en présence de l’aile et du fuselage d’un avion du type surbaissé monomoteur de i.5oo kgr environ.
- Cet essai effectué dans la soufflerie américaine de 6 m de diamètre à la vitesse de 160 km/h, permet d'en tii'er des conclusions certainement exactes. On note que les meilleures solutions sont les deux dernières
- relatives aux jambes de force perpendiculaires à l’intrados de l’aile. La résistance de l’ensemble jambe profilée et caiénage de roues est équivalente au train pantalonné de profondeur constante rejoignant l’intrados de l’aile à incidence nulle, mais ce dernier donne moins d’interaction avec l’aile loi'sque l’incidence augmente.
- Si, pour des considérations de poids ou de contre-dérive dxies au carénage pantalon, on préfère caréner uniquement la roue, des essais que nous avons effectués sur maquettes nous ont montré que l’écoulement entre l’aile et le carénage était bien moins ti'oublé lorsque la ligne supéx’ieure du carénage était parallèle à l’intrados de la voilure (fig. 3).
- Pour des appareils multinxoteurs 0x1 les l’oues sont en général dans les mômes plans verticaux que les moteurs, la fîgui'e 4 nous indique quelques valeurs de diverses combinaisons, toujoui’s essayées dans la soufflerie américaine de 6 m. On note que, suivant l’échelle de l’appareil, les valeurs comparatives des diverses solutions peuvent êti'e différentes de celles appliquées à un monomoteur ; ceci provient de la proximité des capots moleux's qui modifient la vitesse et l’incidence sur le cai'énage de l’attemsseur.
- Avant de passer à l’examen des trains escamotables, nous croyons utile de l’appeler que l’emploi des amor-
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- Lisseurs oléo-pneumatiques se trouve maintenant généralisé sur presque tous les types d’appai'eils. Leur principe s’apparente à celui des freins à liquides utilisés en artillerie et consiste à dissiper en travail moléculaire des particules lluides la force vive produite par les chocs à l’atterrissage. Ils comportent une lige centrale solidaire de la roue munie de plusieurs pistons concentriques se déplaçant dans un cylindre allongé. Celui-ci est rempli aux deux tiers environ d’un liquide spécial incongelable, la partie supérieure formant capacité fermée est remplie d’air et de liquide à une pression déterminée. Au moment de la prise de contact de l’appareil avec le sol et lors du roulement sur le terrain, les chocs incomplètement absorbés par le
- rissage dans une région où sa résistance aérodynamique serait diminuée ou supprimée semble remonter à 1918. La première application fut effectuée par l’ingénieur américain Martin sur un petit biplan léger de 45 ch. Par une rotation autour du point d’attache sur le fuselage, les barres de triangulation et les roues venaient se placer contre le fuselage devant un petit carénage fixe.
- Deux appareils de course construits en Amérique en 1920 et 1922, le Dayton Wright et le Verville-Sperry possédaient les premiers systèmes d’escamotage, l’un dans des évidements latéraux et l’autre dans le bas du fuselage. Un système de tringleries, de pignon et de vis sans fin, permettait au pilote de commander à la main les opérations
- de relevage et de sor-
- Fig. 5. — Coupe d’un amortisseur 0 l é 0-pneumatique Messier du type droit.
- lie de l’atlerrisseur.
- Pendant les années qui suivirent, seuls
- les constructeurs américains Curliss et Gru-mann ont utilisé des trains rentrants sur leurs
- Fig. 4. — Valeurs du coefficient de résistance de trains d’atterrissage fixes pour avions de S t environ (Essais à la soufflerie de 6 m de diamètre sur maquettes à grande échelle : 1/2,8).
- pneu font monter la tige centrale et ses pistons, de telle sorte qu’une certaine quantité de liquide passe par l’intermédiaire d’un clapet dans la chambre supérieure. La pression augmentant dans cette chambre comprime de nouveau le liquide et l’oblige à repasser plus lentement dans la partie basse par une série d’orifices judicieusement calibrés, assurant ainsi l’amortissement voulu par perte de charge. Le même principe est appliqué à des cylindres contenant uniquement de l’air comprimé. D’autre part, la hauteur du cylindre peut, comme dans la roue élastique Messier (fig. 7), ne pas dépasser le diamètre de la jante et former ainsi un ensemble compact.
- ATTERRISSEURS RELEVABLES OU ESCAMOTABLES
- Au point de vue historique, l’idée d’augmenter la vitesse d’un avion en vol en plaçant le train d’atter-
- appareils de chasse,
- et il afal- Eiÿ. 6. — Essai d’un ensemble atter-risseur d’avion.
- lu, en Europe, attendre 1930, pour que l’application de l’escamotage de l’atterrisseur entrât dans une phase pratique et industrielle. D’excellents mécaniciens s’attachèrent à résoudre au mieux les divers problèmes posés et fondèrent des maisons spécialisées q u i possèdent maintenant une technique parfaitement éprouvée.
- Courses verticales d’écrasement du pneu et de l’ensemble en fonction du temps sous l’action d’une charge donnée (Air-Equipement).
- 1,5 Sec,
- Ecrasera t du pneu
- rem t te ia.1
- Centimètres
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- P e n d a n l une certaine période transitoire, comme la construction des cellules et fuselages n’avait pas été prévue pour l’utilisation complète de Eallerris-seur relevai île, les trains furent semi-escamotables, mais à l’heure actuelle, l’escamotage intégral est incorporé dans tout avant-projet d’avion rapide ci peut même avoir des répercussions sur l’ensemble du dessin c l’appareil. En particulier, la condition de logeabilité
- du train dans la partie centrale d’un appareil monomoteur peut amener à un choix de profils plus épais
- Fig. 9. — Trains d’atterrissage à rotation transversale commandée, par vis sans fin et pignon (avion Vullee, V-1A).
- Vue de côté
- Vue de face
- et, d’autre part, à une disposition de structure i n l e r n e différente de celle d’un appareil à train lixe.
- A u point de vue géométrique, nous distinguerons trois sortes de mouvements :
- a) rotation autour d’un axe parallèle ou oblique au déplacement de l’avion, vers la droite ou vers la gauche (sens transversal) ;
- b) rotation autour d’un axe perpendiculaire à ce même déplacement vers l’avant ou vers l’ai'rière de l’appareil (sens longitudinal) ;
- c) mouvements complexes avec double rotation. Examinons tout d’abord quelques systèmes à rotation dans le sens transversal qui sont généralement employés sur avions monomoteurs. Le principe utilisé par Verville (fig. 8), un des précurseurs du train rentrant, appartient à cette cate-
- se réduit à une vis verticale située dans le plan de symétrie de l’avion, commandée par une manivelle, pignons, tige et cardans sur laquelle vient coulisser un écrou à oreilles portant les deux axes d’articulation du sommet des contre-fiches latérales, les jambes de force placées au sol dans un plan vertical étant elles-mêmes articulées sur des tourillons fixés aux longerons. Ce schéma simple et léger convenait parfaitement bien à un appareil de course, la seule critique que l’on puisse lui faire était que son déploiement n’était peut-être pas très rapide ; une variante avec vis horizontale commandée par chaîne et attaquant deux écrous avait été prévue dans cet esprit.
- Un système à vis sans fin et roue tangente a été réalisé encore d’une façon plus simple par Vullee dans l’équipement de ses avions de transport rapides (fîg. 9).
- Il y a lieu de noter également son amor-
- Fig. 1.
- — Tloue élastique
- Messier.
- (Le système amortisseur situé à l'intérieur du flasque ne dépasse pas le diamètre de la jante).
- Fig. S. — Un des premiers trains rentrants dessiné aux Etats-Unis en 1922 et monté sur l’appareil de course Verville-Sperry.
- Fig. 10. — Train d’atterrissage Messier à déplacement transversal.
- Fig. 11. —A tlerrisseur relevable dans le sens longitudinal (avion de transport Douglas DG. 2).
- Tige de
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- tisseur à jambe unique maintenu par une sorte de parallélogramme destiné à limiter la course à l’atterrissage.
- Enfin, il existe de nombreuses commandes par vérins latéraux dont le fonctionnement est obtenu par la variation de pression d’u.11 liquide sur un piston, sur lequel nous reviendrons plus en détail dans la suite (fig. 10).
- Le relevage des alterrisseurs dans le sens longitudinal peut se faire vers l’avant, vers l’arrière ou suivant une ligne peu différente de la verticale passant par la position primitive du train sorti. Suivant le diagramme de charge de l’appareil, les deux premiè-
- Fig. 12. — Eléments de l’atterrisseur de l’avion Amiol SECM-350, position train sorti.
- res solutions présentent quelquefois l’inconvénient de modifier le centrage de l’avion et par là même l’équilibre longitudinal lors du relevage et de l’abaissement du train. Aussi chaque fois que la construction le permet, il est préférable que la position du train rentré soit peu distante de la position train sorti sur la vue en plan de l’ensemble.
- Les trains d’atterrissage du Douglas DC. 2, avion de transport employé sur de nombreuses lignes mondiales, des bombardiers Amiot 35o appartiennent à cette catégorie (fig. 11, 12 et 13), la commande des barres articulées s’opère par de doubles vérins hydrauliques. Le schéma de ces barres comporte toujours une ou plusieurs contrefiches longitudinales placées
- Fig. 13. — Eléments de l’atterrissage de l’avion Amiol SECM-350, position train rentré.
- dans le prolongement l’une de l’autre et verrouillées de façon à assurer la rigidité du système lorsque le train est sorti. Lors du relevage, cette ligne de continuité se trouve brisée et assure en même temps la déformabilité de la charpente articulée. Des exemples simples de ce principe sont matérialisés par les « genoux » mécaniques ou électriques représentés figures i4 et 17. Le train étant relevé, la pression d’un liquide ou d’air comprimé équilibre la tension d’un ressort antagoniste ; lorsque la pression cesse, le ressort se détend et réalise instantanément; par un système de biellettes le déploiement de l’atterrisseur.
- Enfin, pour des avions de coui'se où la place disponible pour loger l’atterrisseur est réduite au strict minimum, il est parfois indispensable de prévoir deux
- Fig. 14. •— Train rentrant avec système à barre brisée, piston et ressort antagoniste.
- / / &
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- mouvements de rotation. Dans un des Caudrons de course, par exemple, un premier vérin ramène les jambes élastiques vers l’axe de l’avion tandis qu’un second lire légèrement cette jambe vers l’arrière pour que la roue se loge entre les longerons (fig. i5).
- AGENTS MOTEURS DE RELEVAGE
- Diverses sources de puissance motrice peuvent être employées pour assurer l’escamotage et le déploiement des trains d’atterrissage. Comme certains constructeurs étaient déjà habitués à l’utilisation des fluides sous pression dans les amortisseurs, ils établirent facilement des systèmes pneumatiques ou oléo-pneumatiques. D’autres plus orthodoxes adaptèrent des commandes mécaniques ou électriques.
- Pour qu’un système atterrisseur escamotable ne soit pas une complication dangereuse, il est indispensable que son fonctionnement soit d’une rigueur absolue, quelles que soient les conditions de vol. Il est donc nécessaire de prévoir des dispositifs de sécurité assurant toujours l’abaissement du train. Dans le système Messier par exemple, la montée du piston solidaire de la roue est produite par une pompe puisant du liquide dans un réservoir et l’envoyant à la partie inférieure du vérin, tandis que la pression augmente dans une autre capacité reliée à la parlic supérieure formant accumulateur d’énergie. Pour faire descendre le train, il
- Vérins
- Fig. 15. — Train rentrant du Caudron de course C-4G0.
- Fig. 16. — Système de relevage et de descente Messier.
- A, pompe ; B, piston moteur ; C, réservoir de liquide ; D, accumulateur d’énergie ; E, F, clapet et piston auxiliaire s’ouvrant sous l’effet de la pression de A; G, robinet dont l’ouvcr-turc provoque, la descenle.
- Misniée
- Descanie
- su flit d’ouvrir un robinet qui permet la détente de l’air comprimé et, par là-même, la descente du piston et de l’atterris-seur complet (iîg. 16).
- Les commandes mécaniques dont nous avons examiné quelques types représentatifs à vis, au début de cette étude, sont de formes très diverses utilisant des engrenages, des pi-g n o n s, des c h a î-nes, etc. Parmi les systèmes fonctionnant à l’électricité, nous citerons le « ge-
- nou électrique »
- Air - Équipement qui comporte un moteur électrique avec réducteurs, embrayages et limileur de couple logé très ingénieusement à l’intérieur d’un tube entreloisé reliant les deux jambes de l'atterrisseur. Une barre de torsion emmagasine de l’énergie au relevage pour la restituer à la descente en vue de renforcer l’action du relativement simple peine compter un or appareil de 8 tonnes, ques )) à commande ment construits par
- Fig. 17. — Fonctionnement du genou électrique « Air-Equipement ». fin moteur électrique placé en A commande la déformation des lames y aboutissant.
- sandow de rappel. Cette solution est très légère, puisqu’il faut à gane moteur de 18 kgr pour un Des modèles de « treuils éleclri-par câbles ou chaînes sont égale-celle maison.
- CONCLUSION
- Ce rapide coup d’œil questions relatives aux trains d’atterrissage sont tout à fait d’actualité puisqu’elles préoccupent également constructeurs et utilisateurs. Pour des appareils dont la vitesse approche 3oo km/h, on peut se demander si le relcvagc du train apporte un bénéfice très net par rapport à un train fixe bien dessiné ; pour des vitesses approchant ou dépassant 5oo km/h, il est hors de doute que le train rentrant s’impose obligatoirement. Des différents systèmes de relevage méca-nique, pneumatique, oléo-pneumatique, électrique, quel est celui qui triomphera des épreuves pratiques ? Il faut attendre les résultats d’emploi sur les lignes aériennes et dans les formations militaires dans les années qui vont suivre pour se faire une opinion définitive. Jean Lac aine.
- d’ensemble monlre que les
- Fig. 18. — Le « genou
- électrique » en position abaissée.
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- D'OÙ VIENNENT LES METEORES ?
- Nous nous proposons, dans cet article, de passer en revue les travaux récents concernant les orbites et les vitesses des météores et d’en tirer, autant qu’il est possible, quelques conclusions sur l’origine des bolides et des étoiles filantes.
- Peut-être n’est-il pas inutile de définir les termes que nous emploierons. Nous appellerons météore tout corps céleste dont le passage dans l’atmosphère terrestre se manifeste par sa luminosité fugitive et son mouvement rapide. Le météore sera, dans la plupart des cas, une étoile filante, dont la masse est de l’ordre du décigramme et qui est presque complètement volatilisée avant d’arriver au sol. Si le météore est exceptionnellement suivi d’une traînée lumineuse, on le désignera sous le nom de bolide et le phénomène pourra s’accompagner ou non de détonation. Nous appellerons enfin météorite un bolide parvenu jusqu’au sol, corps dont la masse varie entre quelques grammes et des millions de kilogrammes. Sans doute pourra-t-on reprocher à cette classification d’être fort sommaire, d’introduire une distinction — d’ailleurs purement formelle — entre étoiles filantes et bolides, et de différer, par exemple, de la classification de VAmerican Meteor Society (1). Elle répond néanmoins par sa simplicité à l’objet limité et précis que nous nous sommes fixé.
- COMMENT SE POSE LE PROBLÈME DES ORBITES MÉTÉORIQUES
- Malgré le grand nombre d’observateurs et l’abondance des travaux, l’étude des météores a peu progressé depuis Schiaparelli. Peut-être faut-il attribuer cette stagnation au manque de cohésion, de liaison, de discipline, des travailleurs. Étant, d’accord tacite, presque exclusivement le domaine de l’amateur, l’étude météorique a vu éclore une quantité d’observations sur la couleur et la vivacité des phénomènes, la direction, la longueur apparente, la durée estimée des trajectoires, sans que l’on puisse en tirer des déductions sérieuses. Le progrès le plus notable, qui a fait faire à la question un pas définitif, a été réalisé le jour où des professionnels, pourvus de personnel et de crédits, ont pris l’affaire en main, comme ce fut le cas pour l’expédition organisée par l’Université de Harvard.
- Ce retard regrettable explique qu’en dépit de tous les travaux théoriques, le problème des orbites météoriques n’ait pu être tranché jusqu’à ces derniers temps. La nature de l’orbite soulève, en effet, celle de l’origine des météores, et elle est, d’autre part, caractérisée par la valeur de la vitesse héliocentrique du corps céleste. Celle-ci, soit V, au passage dans l’atmosphère terrestre, est fonction de la vitesse géocentri-que v, supposée non perturbée, de la vitesse orbitale de la Terre T = 29,768 km/sec, et de l’angle z formé par l’apex terrestre et le radiant météorique :
- V2 = T2 + v2 — 2T1) cos z.
- Or, à la distance Terre-Soleil, la vitesse parabolique U est de 42 km/sec. On peut donc se trouver dans l’un des trois cas suivants :
- V inférieure à U : orbite elliptique
- V supérieure à U : orbite hyperbolique
- V égale à U : orbite parabolique
- Le premier cas sous-entend naturellement que le météore appartient au Système solaire, tandis que le deuxième implique une origine interstellaire ou, du moins, la provenance d’un autre système stellaire que le nôtre.
- Nous nous posons donc la question précise : existe-t-il des bolides ou des étoiles filantes hyperboliques ?
- LES BOLIDES
- Il est d’usage de regarder les météores comme des débris cométaires. Et les comètes, on le sait, sont, dans leur majorité, elliptiques. Cependant, dès 1866, Schiaparelli (*) avait reconnu l’existence de quelques bolides hyperboliques et il formulait son opinion en ces termes : « La vitesse hyperbolique qui a été observée pour certaines météorites détruit toute probabilité d’une origine lunaire, rend une origine planétaire presque impossible et ne s’accorde pas avec l’origine cométaire, à moins que nous supposions, de la part des observateurs, des erreurs en dehors de toute probabilité. Il de-
- Fig. 1. — Bolide du 16 novembre 1929 photographié près du pôle céleste par M. W. J. S. Lockyer.
- vient, par conséquent, nécessaire de placer l’origine des météorites dans la région des étoiles fixes... ».
- H. A. Newton, le premier en 1886 (2) essaya de déterminer géométriquement les orbites des bolides. Il étudia 116 chutes, pour lesquelles il possédait le jour, l’heure et la direction de la vitesse relative. Mais il ne voulut pas se fier aux estimations particulières de la valeur de celle-ci et préféra baser tous ses calculs sur
- 1. Entwurf einer astromischen Théorie der Sternschnuppen.
- 2. Proceedings 0/ the Amer. Assoc. for the Advanc. 0/ Science.
- I. II. II. Nininger, Popular Astronomy, avril 1936.
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- = 160 : ................ ..... . ........ =. ..........
- la vitesse parabolique. Il en déduisit que 109 de ces bolides avaient un mouvement direct, que l’inclinaison de leurs orbites sur l’écliptique était inférieure à 35° et que la distance de leurs périhélies était comprise entre o,5 et 1 (*). Ainsi put-il généraliser, et conclure que les bolides se meuvent sur des orbites analogues à celles des comètes à courte période et possèdent de faibles vitesses..
- S’ils ne niaient pas •— et pour cause — l’existence des bolides hyperboliques, les travaux de H. A. Newton prouvaient donc qu’ils ne tombaient qu'exceptionnellement sur la terre, affirmation déjà contredite par l’observation. D’autre part, leur base était gravement ébranlée du fait que l’auteur avait postulé une vitesse parabolique, écartant a priori la possibilité de survenue d’un bolide rétrograde. C’est pourquoi, à la mort du mathématicien américain, W. H. Pickering reprit la question et, en 1910, fut amené à dire qu’il convenait de distinguer les sidérolithes (météorites ferrugineuses) et les aérolitlies (entièrement pierreux). Les premières, pensait-il, provenaient des comètes, tandis que les seconds étaient des débris terrestres remontant à l’époque où la Lune fut séparée de notre globe.
- Il pouvait, toutefois, sembler logique, avant d’étudier des orbites à partir d’une vitesse hypothétique, d établir des statistiques de bolides, permettant de calculer leur vitesse. C’est ce que fit von Niessl à partir de 1880, et la grosse valeur de son œuvre provient justement de sa base expérimentale. Sur i53 bolides, il en releva 79 pour 100 dont la vitesse était supérieure à 42 km/sec, et la moyenne générale demeurait de 61 km/sec, donc très fortement hyperbolique. De ces résultats surprenants, von Niessl tira une conclusion qu'Olivier exprime en ces termes : « L’hypothèse d’une vitesse hyperbolique pour les météores, dans beaucoup de cas au moins, est aussi pi'obable que celle d’une vitesse parabolique ». Il est à remarquer que, jusqu’en 1917, von Niessl soutint la distinction entre les bolides, hyperboliques et interstellaires et les étoiles filantes, auxquelles il attribuait une origine interplanétaire. D’ailleurs, à sa mort, en 1910, Schiaparelli, confirmé dans son opinion par ces recherches et celles de Hoffmeister dont nous parlerons bientôt, affirmait encore que, dans la majorité des cas, la vitesse des bolides excédait la vitesse parabolique.
- On peut cependant s’étonner du chiffre de 79 pour 100 du catalogue de von Niessl et se demander si une proportion aussi élevée n’est pas due à une erreur systématique, comme Schiaparelli en avait déjà suggéré la possibilité. C’est l’idée qu’émit, en 1928, W. J. Fisher, lequel proposa d’expliquer ce pourcentage inusité par une surestimation systématique des vitesses géocentriques. Pour qui sait la difficulté d’apprécier la durée des trajectoires météoriques, l’objection est, à coup sur, sérieuse. La détermination de la vitesse relative est, en effet, basée sur l’estimation, en temps, de la traînée lumineuse, et l’on conçoit que l’équation
- 1. Si la distance du périhélie était supérieure à 1, le météore ne pourrait rencontrer la Terre.
- personnelle de l’observateur y joue un rôle important. L’argument vient d’être repris par C. C. Wylie (x), qui fait remarquer que l’observateur a tendance à allonger la traînée, de sorte que celle-ci doit parfois cire réduite au quart — même lorsque l’observateur est entraîné aux mesures d’angles. De plus, il relève dans le catalogue de von Niessl une propension à accorder un poids plus considérable aux courtes estimations de durée. Dans quelle mesure ces critiques affectent-elles les valeurs de l’auteur allemand ? C’est ce que l’on ne pourra savoir qu’en reprenant, élément par élément, tous les objets catalogués.
- En tout cas, même si ces vitesses doivent être revisées, on ne peut pas ne pas constater que les dernières années ont confirmé les vues de von Niessl, par le nombre des bolides hyperboliques observés. Signalons notamment, parmi les plus récents que mentionnent les périodiques astronomiques, celui du 16 septembre 1929, observé aux Etats-Unis (vitesse héliocentri-que : 55 km/sec) ; celui du i3 décembre 1932, observé dans le Sud de l’Angleterre et le Nord de la France (56 km/sec) ; celui du 4 janvier 1933, vu, en particulier, à Montargis et à Guernesey (46 km/sec).
- Il ressort donc de ce résumé que beaucoup de bolides ont des orbites hyperboliques et qu’ainsi s’effondre la thèse, à base incomplète et tendancieuse, de IL A. Newton. Il serait prématuré, en l’absence de toute statistique récente, d’en tirer des conclusions. Tout au plus est-il possible de faire quelques constatations supplémentaires. On a prétendu parfois observer des bolides provenant d’un radiant météorique connu. Comme le dit Olivier dans son livre Meieors, il resterait à citer un exemple indubitable de ce fait, et à prouver, en outre, l’existence réelle de ce radiant. D’autre part, la structure des météorites, leur cristallisation, voire leur contexture chondritique, suggèrent une formation dans des conditions de température et de pression qui ne s’accordent nullement avec ce que l’on sait des comètes.
- Si l’on adopte les vues de Schiaparelli, de von Niessl, de Hoffmeister et d’Olivier, toutes les présomptions sont donc en faveur d’une origine intersidérale de la plupart des bolides. On peut aisément concevoir un système planétaire infligeant des perturbations à un courant de météores. Certains d’entre eux se verraient alors engagés sur des orbites à période plus ou moins raccourcie, et les autres — une bonne moitié peut-être — sur des orbites hyperboliques. Ainsi recevrions-nous les messagers des systèmes stellaires étrangers.
- LA THÉORIE CLASSIQUE DES ÉTOILES FILANTES :
- SCHIAPARELLI
- La théorie, dite classique, de Schiaparelli, admise jusqu’ici, fut édifiée à partir d’une statistique due à l’amateur français Coulvier-G ravier, qui calcula le nombre des étoiles filantes pour toutes les heures de
- 1. Popular Astronomy, mars 1937.
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- la nuit. Voici cette statistique, avec les valeurs trouvées ultérieurement par Schmidt et celles, plus récentes encore, de Hoffmeister :
- Heure Coulvier- Gravier Schmidt Hoffmeister
- 17-18 7,2 6,5 4,2
- 18-19 5,3
- 19-20 7,o 5,7
- 20-21 6,3 6,7 5,2
- 21-22 7,9 7,9 6,8
- 22-23 8,0 9,5 7,7
- 23-24 9,5 n,6 8,6
- O-I io,7 •4,i 10,6
- 1-2 13,1 i6,3 u,3
- 2-3 16,8 •7,9 12 3
- 3-4 15,6 18,2 12,1
- 4-5 13,8 18,8 •4,9 12,4
- 5- 6 6- 7 i3,7 i3,o • 5,4
- Or, le simple examen des nombres de Coulvier-Gra-vier montre que les météores sont plus nombreux dans la seconde partie de la nuit que dans la première. Soit a ce nombre avant minuit ; soit b ce nombre après
- minuit ; on constate que ~ = i ,68.
- Schiaparelli essaya, en 1866, d’interpréter ce fait curieux. Il se proposa de retrouver les nombres de Goulvier-Gravier en faisant des hypothèses logiques sur la vitesse des étoiles filantes et la distribution de celles-ci dans l’espace. Il se basa, d’ailleurs, non sur le nombre des météores eux-mêmes, mais sur celui des radiants, en supposant que, pour une zone donnée du ciel, le nombre des météores est proportionnel à celui des radiants. Il posait, de plus, ces deux postulats implicites : en supposant les météores distribués au hasard dans l’espace, pour une densité météorique donnée, le nombre des étoiles filantes passant à travers un élément donné de surface est proportionnel à leur composante normale moyenne de vitesse ; le nombre d’étoiles filantes noté par un observateur visuel est proportionnel au nombre total.
- Ainsi trouva-t-il que la variation observée de la fréquence météorique avec l’heure était le mieux représentée quand on prenait : V : T = \J â ce qui donnait une vitesse V parabolique. La moitié des météores était alors contenue dans un petit cercle ayant l’apex pour pôle et de 54°44' de rayon, donc représentant o,2ii3 de la surface sphérique totale.
- Mais, lorsqu’on voulut passer à l’application pratique de cette théorie, on se heurta à des difficultés presque insurmontables (x). Elles tenaient à la gratuité
- 1. Ainsi le nombre d’étoiles filantes observé dans la seconde moitié de l’année est-il plus élevé que dans la première ; le nombre des météores télescopiques est plus grand avant qu’après minuit, suivant M. F. de Roy (Gazette astronomique d’Anvers), ce que confirme M. Lacchini.
- /’antapex
- Fig. 2. — Distribution des météores en supposant la vitesse parabolique et la répartition unijorme.
- I, Avant minuit ; II, après minuit. La ligne continue correspond à la nouvelle théorie d’Opik ; la ligne pointillée à la théorie de Schiaparelli (d’après Harvard Col. Observ. cire. 335).
- des hypothèses qui avaient servi de point de départ. D’une part, en effet, l’hypothèse d’une distribution unifoi'me est purement arbitraire puisque, si les étoiles filantes appartiennent au système solaire, elles doivent manifester une préférence pour le mouvement direct ; d’autre part, le second postulat ne serait exact que si toutes les étoiles filantes étaient visibles quelles que soient leurs vitesses, c’est-à-dire si leurs masses avaient une certaine limite inférieure.
- Von Niessl et de Tillo, qui reprirent la question, l’abandonnèrent, semble-t-il, un peu désabusés, de Tillo ayant eu la surprise de ne trouver aucune concentration des radiants vers l’apex du système solaire, et von Niessl s’étant heurté à l’impossibilité de distinguer le radiant apparent du radiant réel.
- Fig. 3. — Météorite trouvée à Charcas (Mexique) en 180i, poids 780 kgr.
- (Collections du Muséum).
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- Fig. 4. — Bloc de fer météorique trouvé à Caille (Alpes-Maritimes') en 1828, pesant 625 kgr. (Collections du Muséum).
- Le travail le plus important avant l’œuvre capitale d’Opik esl dû à lloffmeister (1). Partant, lui aussi, de l’hypothèse d'une égale distribution dans l’espace, HolTmeister trouva que l’hémisphère céleste ayant
- l’apex pour pôle renferme les -A du nombre total N
- des radianIs et, ayant eu la sagesse de tenir compte de la distance zénithale de ceux-ci, il conclut que l’on voyait la plus grande quantité de météores quand le radiant était à 6°5 du zénith. Il s’ensuivait une relation entre le nombre N et la vitesse V, relation qui faisait aussi entrer en ligne de compte les coordonnées.
- Partant de cette relation et se donnant le nombre N, Hoffmeister montra que la fréquence météorique n’était nullement conforme à l’hypothèse parabolique et qu’il fallait adopter : V : T = 2.
- Il en déduisait V = 6o km/sec, vitesse fortement hyperbolique. Ces recherches, qui tendaient à prouver l’origine interstellaire des étoiles filantes, furent d’ailleurs poursuivies par l’auteur lui-même et par les Russes Fessenkoff et Scigolev qui, au moyen des tables établies par l’astronome allemand', aboutirent à des résultats identiques.
- FAIBLESSES DE LA THÉORIE CLASSIQUE ET INTRODUCTION DU FACTEUR LUMINOSITÉ
- Nous avons dit combien arbitraire apparaissait le second postulat de Schiaparelli, supposant la proportionnalité du nombre des météores observés au nombre total. Il n’est, pour s’en convaincre, que de
- 1. Untersuchungen zur astronomischen Théorie der Stern-schnuppen, 1922.
- jeter un simple coup d’œil sur le tableau suivant :
- Météores télescopiques : à la magnitude 15, des millions et des millions par jour.
- Météores visuels : y compris la magnitude 4, 24.000.000 par jour, pour le monde entier ; de magnitude o, 000.000 par jour.
- Météorites isolées : de 10 livres au moins, 90 par an aux États-Unis ; de 7.000 livres au moins 2 tous les 3 ans ; de 5o t au moins, 1 tous les 3o ans pour le monde entier.
- Météorites produisant des cratères : environ 1 de 220 t au moins tous les i5o ans pour le monde entier (1).
- En outre, la masse, la vitesse et la luminosité —- liée elle-même à l’énergie cinétique — sont liées entre elles, au contraire de ce que pensait naguère Hoffmeister (2), de sorte que l’on peut dire que le nombre des météores décroît quand augmente leur luminosité et qu’à de plus grandes vitesses correspondent un grand nombre de faibles masses. En somme, la luminosité et le nombre peuvent être considérés comme fonction l’une de l’autre et comme définissant la courbe de luminosité.
- En classant les étoiles filantes en deux catégories, suivant que leur éclat suit une croissance régulière, puis une diminution lente (type 1) ou bien passe par une pointe très brève et subit une chute brusque (type 11) on s'aperçoit même, comme le fit Hoflleit, que celle classification est aussi une classification des vitesses, celles du type II étant plus considérables — exception faite pour les Léonides. Plus est grande la vitesse avec laquelle le météore frappe l’atmosphère, plus est faible la distance entre son point d’éclat maximum et son point d’évanouissement.
- Il semblerait, du reste, que l’origine même de cette luminosité pût fournir — c’est le cas de le dire — quelque clarté supplémentaire sur la question. Or, c’est là le domaine de l’hypothèse. Il est, en effet, difficile d’expliquer comment une particule aussi ténue peut, dans les gaz raréfiés de la haute atmosphère, posséder une telle puissance lumineuse. Que l’on n’oublie pas qu’une étoile filante de deuxième grandeur, supposée à 100 km, possède, d’après M. Ch. Fabry, une puissance de 4-ooo bougies décimales ! L’impuissance de la vieille explication par l’inflammation étant constatée, Lindeman et Dobson (3) eurent recours à l’illumination d’un gaz formé en avant du météore, thèse que Sparrow ne tarda pas à réfuter, et à laquelle se substitua récemment l’explication déjà suggérée par M. Ch. Fabry et exposée par Opilc en 1934, explication selon laquelle la radiation naîtrait de la collision des molécules du météore avec celles de l’air. Il faut, du reste, ajouter à cette source de radiation, la lumière à spectre continu produite par la très haute température de Fonde de choc devant le météore, découverte
- 1. C. C. Wylie, Popular Astronomy, février 1936.
- 2. Astron. Nach., 1923, 1924, 1928. A ce compte, un météore rte vitesse nulle eût possédé une certaine luminosité !
- 3. Proceedings of the Royal Acad, of Sciences, Londres, 1923, p. 411.
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- grâce à leurs études sur les explosifs brisants par MM. Michel-Lévy et Muraour.
- L’examen des spectres — très difficiles à obtenir, d’ailleurs — n’apporte pas les éclaircissements que l’on pourrait en attendre. M. Baldet a exposé complètement la question en ig35 à la Société Astronomique de France, dans une remarquable conférence qui n’a malheureusement pas été publiée. 11 en ressort que le spectre photographique des météores est un spectre de lignes sur un faible fond continu — fond parfois même absent. Les éludes de Millman, portant sur a3 spectres, lui permirent de les diviser en deux types, le type Y, où les raies II et K du calcium ionisé sont prépondérantes et le type Z, où presque toutes les raies proviennent du fer. 11 semble donc, en attendant une documentation spectrale plus étendue — champ où les amateurs, suivant la technique préconisée par M. Baldet, pourraient travailler avec profit — que l’on puisse accorder la préférence à la théorie de M. Muraour. Ainsi la température développée par l’onde de choc s’élèverait-elle avec la vitesse : « Avec i5.ooo m de vitesse, dit cet auteur, nous atteignons théoriquement 35.ooo0. Et les bolides se déplacent à des vitesses qui dépassent 5o.ooo et même 70.000 m par seconde ».
- Sans apercevoir d’un coup tout l’ensemble que nous venons d’esquisser, Opik le premier, en iq3o, sentit la nécessité d’introduire dans les calculs le facteur luminosité, et c’est pourquoi il proposa, en premier lieu, de modifier ainsi qu’il suit, le deuxième principe énoncé par Schiaparelli : « Le nombre des météores observé dans une aire donnée, pour une densité météorique donnée de l’espace, est proportionnel à la composante normale de la vitesse, multipliée par l’aire observable de la courbe de luminosité ».
- 11 restait à déterminer l’aire ainsi définie, celle-ci dépendant évidemment du genre de relation existant entre la luminosité et la vitesse.
- 11 convenait de faire certaines hypothèses sur l’énergie et la lumière rayonnées par le météore. Opik posa donc tout d’abord que la quantité de chaleur totale rayonnée est proportionnelle à l’énergie cinétique, puis, que la quantité de lumière visible est proportionnelle à la radiation intégrale. La première hypothèse était une bonne approximation, le rapport de l’énergie rayonnée à l’énergie cinétique ne variant guère, entre 1/2 et 1. La seconde, qui paraissait à Opik plus douteuse, et dans laquelle, faute de connaître la trajec-loire météorique effective, il exprimait le rapport cherché par une constante, devait être confirmée par les travaux ultérieurs.
- THÉORIE D'OPIK
- Définissons donc avec Opik la luminosité absolue J comme l’intensité moyenne de la radiation durant le temps de visibilité effective. Si nous remarquons que la durée décroît, mais que la longueur de la traînée croît, avec la vitesse v croissante, et que cette I011-
- .........r,:::- ... 163 =
- gueur croît aussi avec la masse p, nous pouvons écrire : J = |Pù>", p et n étant des constantes. L’astronome n’observe pas, d’ailleurs, la luminosité absolue, mais la luminosité apparente /, et celle-ci est fonction de la distance moyenne au centre de la traînée, compte tenu d’une correction pour l’absorption atmosphérique. La coui'be de luminosité définit donc une certaine fonction F (J), de sorte que la fréquence des météores pour les luminosités supérieures à / est exprimée par une intégrale de celte fonction.
- La théorie d’Opik fournit alors le tableau suivant, en appelant a l’angle entre la direction de la vitesse relative et celle de l’apex.
- a
- o° 3o<> 600 qo° 120° ...
- n/)
- 2,65 2,55 2,o5 i,45 o,83 ...
- Opik eut soin ensuite de vérifier ses hypothèses en les appliquant, dans le cas d’une origine solaire et d’une distribution uniforme, à des observations faites à l’Observatoire de Tartu (Esthonie). P désignant l’angle de la direction météorique et celle de l’antapex, la fréquence résultant de la formule d’Opik pour des angles de 3o en 3o° est donnée par le tableau suivant :
- P 0° 3o° 6o° 9°o 120»
- n. , t avant rrequencel 1 ( apres minuit minuit 0,88 2,76 0,20 °)94 0,09 0,18 o,o3 o,o3 o,oi3 0,010
- Le rapport — est ici 2,1 et non 1,68. comme le veut
- Fig. tï. — Surlace du bloc de fer météorique trouvé en 1784 à Bendego (Brésil) et pesant 5.360 kg.
- (.Collections du Muséum).
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- L'EXPÉDITION DE L’ARIZONA
- 164
- la théorie classique. Certes, le désaccord n’est pas très considérable, et cette dernière pourrait être regardée comme une première approximation si l’on ne tenait pas compte des météores télescopiques, dont voici les chiffres, calculés de la même façon :
- P O» 3o° 60'1 9°° 120° .
- A • -, < i obs. 21 .6 18 9 i4 •
- Av. minuit j 1 cal 57 iQ 6 1 >9 0,8 .
- a • •. S i ob< 3i 17 î/j 10 10
- Ap. minuit j 1 cal. 60 / 20 4 0,6 0,2 .
- L’écart devient tellement grand que la théorie de Schiaparelli ne peut plus être considérée comme une première approximation ni comme une hypothèse de travail. La réconciliation de la nouvelle théorie et de l’observation exige donc, conclut Opik, d’adapter la distribution des directions à la valeur estimée de la vitesse. On se trouve alors en présence de l’alternative : ou bien on s’en tiendra à l’origine solaire (V : T = ^2) et l’on sera acculé à une distribution très inégale des radiants, la fréquence des mouvements directs étant 10 à 25 fois celle des mouvements rétrogrades ; ou bien on supposera une vitesse hyperbolique, ce qui ramènera une distribution uniforme. Seul, un travail expérimental de longue haleine, fournissant des statistiques détaillées, peut résoudre ce dilemme. C’est précisément ce que nous puisons dans les comptes rendus de l’Expédition de l’Arizona.
- Fig. 6. — La météorile Pallas du Musée de Saint-Pétersbourg actuellement à Moscou (trouvée en 17dê).
- (Photo France-Presse).
- C’est en 1900, que trois astronomes, Shapley, Opik et Boothroyd, accompagnés de leurs assistants, décidèrent de s’exiler dans les plaines de l’Arizona pour tenter d’apporter une solution détinilive au problème des étoiles lilanles. Celle offensive hardie, menée par l’Université de Harvard, était rendue possible par divers dons (x), et l’expédition, ayant élu Flagslalï comme quartier général, devait demeurer sur place d’octobre 1981 à juillet 1933. Elle se proposait les problèmes suivants : distribution des vitesses hélio-cenlriques, proportion des météores solaires et hyperboliques, distribution des vitesses hyperboliques, fréquence des masses relatives, densité absolue de la matière météorique à l’intérieur et à l’extérieur du système solaire.
- L’étude la plus importante étant celle des vitesses, le matériel fut conçu en fonction de ce but. « La détermination des vitesses, écrit Bemrose Boyd, est peut-être le problème le plus important de l’astronomie méléorilique et est encore actuellement non résolu (2). Il y a, pour l’attaquer, trois méthodes générales : i° mesures expérimentales à l’aide d’un miroir oscillant ou d’une chambre photographique équipée d’un secteur tournant ; 20 estimation ou reproduction de la durée ; 3° application statistique des observations de nombre, d’altitude du point terminal, ou de quelque autre quantité observable, d’où l’on puisse déduire théoriquement des relations entre ces quantités cl la vitesse. La deuxième de ces méthodes est la plus communément employée dans l’observation ordinaire ».
- L’observation visuelle s’effectuait dans deux stations placées sur une direction Est-Ouest, à 36 km l’une de l’autre. Chacune de ces stations consistait en une petite cabine de bois dont le toit était percé, sur chaque versant, d’une fenêtre carrée formant réticule, au moyen de fds distants de io°, figurant l’angle horaire et la déclinaison. Les observateurs — deux par cabine — visaient le ciel à l’aide d’un oculaire de 32 mm de diamètre, placé à 5o cm du réticule, et chacun d’eux devait surveiller un champ total de 6o° de diamètre centré sur le méridien, à 45° de distance zénithale Nord et Sud. L’eni'egislrement consistait à reporter les traînées observées sur une carte à l’échelle 1//4, reproduisant exactement les réticules, y compris l’épaisseur des fils.
- La détermination des vitesses était réalisée à l’aide de l’appareil à mouvement doublement pendulaire. Il n’était autre qu’un miroir plan de i5 x i5 cm, reposant sur trois supports formant un triangle rectangle isocèle, le support placé à l’angle droit étant
- 1. Mentionnons qu’en 1935, outre un don de 150 dollars du Research Found de l’Université de Pennsylvanie, 1 ’American Meteor Society reçut 1.000 dollars de l'American Philosophical Society pour l’étude d’une traînée météorique. Voilà de quoi faire rêver les astronomes français !
- 2. Les résultats de l’expédition de l’Arizona donnent justement à penser le contraire (P. R.).
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- d'amplitude. Tandis
- Eiy. 7. — Echantillons de météorites tombées en pluie en 1936 en Sibérie Occidentale, en Oural et en Ukraine.
- La miHéorite de gauche pèse 4 kgr et contient des inclusions de i'erro-nickel (Collections de l’Académie des Sciences de l’U. R. S. S ).
- (Photo France-PresseL
- fixe. Les deux autres étaient mobiles, de sorte que le miroir était animé d’une vibration conique d’axe vertical, de o sec i de période et d’un demi-degré
- qu’un observateur était installé au x'élicule, un autre plaçait l’œil au bord du miroir, embrassant ainsi un champ de 8o° en azimut et allant de io à i5° du zénith à io° de l’horizon. L’image d’une étoile semblait parcourir une ellipse — une circonférence si l étoile était au zénith — et un météore décrivait une courbe plus compliquée, d’allure cycloïdale, fermée dans le cas d’un méléore lent, ouverte pour un météore rapide.
- La vitesse angulaire se déduisait simplement du nombre des oscillations de l’image. On put déterminer la vitesse de 5o pour ioo des météores, et la précision était telle que, malgré les erreurs systématiques, la durée, pour les objets rapides, était évaluée jusqu’à o sec i.
- Pour l’observation télescopique, on employait deux lunettes de 4 pouces, disposées à 3 km l’une de l’autre, et grossissant 17 fois.
- Le calcul des vitesses se faisait en pointant l’une d’elles sur l’appareil ad hoc, de i/3o de seconde de période. Pratiquement, aucun méléore ne pouvait échapper à celle chasse.
- On labia sur une hauteur moyenne de 85 km 9, hauteur à laquelle la vitesse parabolique, à la distance zénithale de 45°, était de 20° à la seconde.
- Ainsi l’expédition étudia-t-elle 22.000 météores, parmi lesquels 3.54o furent observés simultanément des deux stations. Sur ce total, les météores des grandes chutes annuelles figurent seulement pour 7 pour 100. L’identification fut obtenue par enregistrement du temps avec une erreur probable de + o sec 8.
- Les tables relatives à l’observation visuelle concernent 279 météores et donnent les projections de leur vitesse perpendiculaires au rayon visuel. i5o de celles-ci dépassent 42 km/sec, soit 53,7 pour 100. 3a sont supérieures à 100 km/sec, et les quatre plus fortes sont de 320, 242, 2i3 et 202 km/sec.
- Les tables des météores télescopiques sont plus suggestives encore. Elles concernent 707 météores, allant jusqu’à la dixième magnitude visuelle ; 507 d’entre eux ont les projections de leur vitesse supérieures à la vitesse parabolique, soit 71,7 pour 100.
- Avant môme de discuter ces dernières données, Boothroyd pouvait dire : « Il est évident que les vitesses hyperboliques représentent la majorité dans notre liste. La fréquence des vitesses élevées est plus grande pour les météores faibles que pour les météores brillants », tandis qu’Opik parlant des étoiles filantes visuelles ajoutait : « Considérant le fait que les vitesses héliocenlriques doivent être plus grandes que leurs composantes observées et qu’une grande proportion de celles-ci dépassent la limite parabolique de 42 km/sec, nous concluons que les vitesses hyperbo-
- liques sont fort répandues parmi les météores visuels.
- Nous n’exposerons pas les hypothèses et les calculs qui permirent de passer, des projections des vitesses sur la sphère céleste, à la distribution spatiale de ces vitesses ; nous nous contenterons d’en donner les résultats. Voici le tableau des vitesses visuelles :
- Vitesse (km/sec) Pourcentage
- 3a 2,5
- 39 27,3
- 47 '8,7
- 57 16,8
- 69 9,3
- 83 5,7
- 198 4,3
- r 16 5,4
- i3q 5,7
- 165 3,6
- >97 o,7
- Pour les météores télescopiques, on utilisa seulement les durées supérieures à o sec 027, c’est-à-dire les 5/6 des étoiles filantes. Tenant compte de ce que les magnitudes télescopiques sont fonctiqns de la vitesse du météore et de l’ouverture de l’instrument, on les ramena aux magnitudes visuelles en traitant séparément les météores les plus brillants (magnitude moyenne 6,5) et les plus faibles (magnitude moyenne 8,5).
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- Vitesse (km/sec) m = 0,5 m = :8,5
- Nombre Pourcen- tage Nombre Pourcen- tage
- 27 0 0 "4 4,i
- 33 77 32,1 11 3,2
- 4o 32 i3,3 0 0
- 48 0 0 0 0
- 59 0 0 19 5,0
- 71 iti 0,7 23 0,8
- 84 30 i5,o 28 8,2
- IOO 38 15,8 10 2,9
- 1 20 3o 12,5 0 0
- l43 10 4,2 192 50,0
- .70 0 O 43 12,G
- 202 0 O 0 0
- 23(j 1 0,4 0 0
- Quant au pourcentage des vitesses héliocenlriques supérieures à 42 km/sec, il est le suivant :
- Magnitule 2,5 4,5 0,5 8,5
- Pourcentage
- 3 o 45 50 87
- Ainsi, pour les météores visibles à l’œil nu d’octobre el novembre ig3i, 3o pour 100 seulement sont d’origine solaire. Celte proportion devient infime pour les magnitudes élevées. 11 est, de plus, à remarquer que le pourcentage des météores appartenant à des radiants connus est à peu près égal à celui des météores d’origine solaire — et le premier ne forme guère plus de 7 pour 100 du total. On notera encore qu’à magnitude apparente égale, les météores hyperboliques ont davantage d’énergie cinétique que les autres et possèdent, par conséquent, de plus petites masses. Le très fort maximum de fréquence qui se révèle pour 1A3 km/sec, là où les observations à l’œil nu montrent aussi un maximum secondaire, dénote enfin que l’immense majorité des météores provient des espaces interstellaires. Celte conclusion logique est confirmée par les travaux sur la hauteur des météores, poursuivis par la même expédition. Elle trouva, en effet, que la vitesse relative moyenne est fonction de 2 — distance angulaire de l’apex et du radiant — la vitesse étant la plus grande pour z = o° et la plus petite pour z — 1800, ce qui aboutit au tableau suivant, indiquant la hauteur moyenne H du centre de la traînée :
- z o° 3o° Goo 9°° 1200 i5oo 1800
- H (km) 9'*,o 97,3 9', 7 84,0 80,4 77,4 OO ltT [>*
- La hauteur moyenne du point de disparition, calculée à l’aide de ce tableau, est de 25 km, en bon accord avec l’observation. Au contraire, une vitesse parabolique donnerait la valeur erronée 11 km.
- ORIENTATION DES RECHERCHES
- Ün aurait tort de croire que le problème des étoiles filantes est désormais dépourvu d’intérêt. On peut, en effet, considérer comme résolue la question de leur origine interstellaire ainsi que celle de la plupart des bolides. Mais il reste encore à fixer leur provenance puisque décidément, à part, peut-être, la petite minorité des essaims’réguliers, elles n’ont rien de commun avec les comètes. Le problème des comètes est lui-même remis en question, problème qui, d’après les travaux actuels de M. Baldet, semble s’orienter dans une voie toute nouvelle.
- 11 importe encore de déterminer la distribution des directions météoriques, à établir des statistiques de vitesses, à calculer la densité météorique de l’espace. Non seulement, du reste, on obtiendra ainsi de précieux renseignements d’ordre astronomique, mais on pourra, en outre, étudier la haute atmosphère. Opik 11e concluait-il pas de ses travaux, en septembre 1936, que l’atmosphère, à l’altitude de 90 km, doit être à la température de ioo° C., avec le même poids moléculaire moyen qu’au bord de la mer ? Et Haurvitz ne répète-t-il pas, après A. K. Das, qu’entre 100 et 200 km, la présence de l’oxygène atomique doit produire une température de i.4oo à 2.900° C. ?
- C’est là, en tout cas, un domaine où l’amateur peut faire merveille. L’observation de l’heure d’apparition du météore — à la seconde près •— l’observation de sa magnitude, de sa durée, de sa couleur, sont à la portée de tous. Il est même possible à deux amateurs, éloignés de quelques kilomètres, d’adapter un secteur tournant à leurs appareils photographiques et de mesurer des vitesses ou, en plaçant un prisme devant l’objectif, de recueillir des spectres. D’ailleurs, dans tous les pays, sauf peut-être en France, de nombreuses personnes se sont attelées à cette tâche agréable el aisée. C’est, aux Etats-Unis, Y American Meteor Society, présidée par Ch. P. Olivier, dont l’éloge n’est plus à faire et qui est organisée par régions ; c’est, en Nouvelle-Zélande, la Meteor Section de la New Zealand Asiro-nomical Society, dirigée par R. A. Mclntosh, et dont le rapport de 1931 contenait 6o3 radiants ; ce sont encore YAstronom Amaiér tchécoslovaque, où travaille le D1' Gutli, et la Section Météores de la Société Astro-nomique-Géodésique de l’U. R. S. S., qui étudie photographiquement la hauteur et la vitesse des météores brillants ; ce sont enfin les innombrables isolés qui opèrent en Angleterre, en Italie, au Japon.
- La Société Astronomique de France se doit de diriger, à son tour, de ce côté, les recherches de ses membres : ce sera la conclusion pratique de cet article, pour lequel nous devons adresser nos remerciements à M. Baldet, grand spécialiste de 1 etude cométaire, qui a bien voulu nous éclairer de ses conseils, après nous avoir indiqué la voie nouvelle où s’engagent les chercheurs américains.
- Pierre Rousseau.
- La figure 1 est extraite (lu Bulletin de la Société astronomique de France.
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- NOUVEAU SYSTÈME DE PROJECTION EN RELIEF
- SANS LUNETTES
- Tous les procédés de projection en relief qui ont réussi à donner une impression réelle et naturelle du relief sont fondés sur le principe de la vision binoculaire ; tous ceux qui ont donné des résultats pratiques, les anaglyphes ou les systèmes à polarisation de la lumière, exigent pour chaque spectateur des lorgnons spéciaux.
- Bien des procédés ont été proposés pour s’affranchir de cette obligation, tout en conservant le principe de la vision binoculaire ; tels sont, en particulier, les dispositifs à réseaux.
- Pour la photographie en relief, toutefois, la méthode suivante, toute différente, a déjà été mise en œuvre
- Fig. 1. — Principe du système de prise de vue Martin ; l’objet à photographier est éclairé par « tranches de lumière » successives verticales. Exemple schématique d'une sphère.
- avec un certain succès.
- Elle consiste à prendre à une échelle fixe des négatifs photographiques d’un objet dans une série de plans parallèles, situés à diverses distances de l’objectif, en réalisant celte condition que chaque image ne représente que l’intersection de l’objet par le plan correspondant. De ces négatifs on tire des positifs que l’on superpose.
- On reconstitue ainsi dans l’espace l’apparence de l’objet photographié, à condition que les distances des images positives soient égales à celles des
- plans photographiés, compte tenu d’un coefficient corres-pondant à l’échelle adoptée.
- C’est sur cette méthode qu’est fondé le procédé de pho-lostéréosynthè-se de M. Louis Lumière, que nous avons décrit naguère dans ces colonnes. Mais ce système ne permet que l’observation directe des vues obtenues, et non la projection en relief.
- Rideau obturateur
- Moteur synchronisé avec celui de ta
- Fig. 3. — Disposition schématique de l’appareil proposé par. M. Martin pour la prise de vues. Il comporte un rideau mobile à fentes démasquant successivement les rampes d’éclairage.
- Un inventeur, M. Martin, partant du même principe, a établi un dispositif présenté à l’Office des Inventions, destiné à la projection fixe, et même à la projection animée.
- Au cours de la prise de vues, le film enregistré doit se déplacer longitudinalement dans une caméra à une vitesse beaucoup plus élevée que la normale, de 96 vues à la seconde par exemple. Le studio de prises de vues comporte un système d’éclairage constitué par des rampes lumineuses encadrant la pièce et échelonnées en pi'ofondeur, avec des réflecteurs créant des lames lumineuses de faible épaisseur, parallèles au plan de façade de la pièce. En allumant successivement les groupes de rampes, on réalise ainsi un groupe de plans lumineux échelonnés en profondeur (fig. 1).
- L’allumage successif des rampes lumineuses est réglé par des bandes obturatrices mobiles portant des fentes de largeur égale à celle d’une rampe lumineuse ; la mise en action des différents groupes de lampes s’effec-
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- Fig. 3. — Prises de vues successives d’un vase.
- lue synchroniquement avec le déplacement du film (lïg. 2).
- La projection s’effectue sur un écran vertical mobile en profondeur ; ce déplacement est réglé de telle sorte que la distance entre deux positions successives de l’écran soit égale à celle qui sépare les deux lames lumineuses correspondantes dans le dispositif de prises de vues, ou proportionnelle lorsqu’il y a réduction (lig. 5). L’inventeur propose, dans ce but, l’emploi d’une série d’écrans tournants, tous montés sur un même arbre commandé par un moteur électrique et échelonnés en profondeur sur cet arbre ; chacun d’eux est formé d’un disque prolongé par un secteur ; les différents secteurs sont décalés de façon à ne pas se recouvrir les uns les autres. Le tout est enfermé dans une caisse munie d’une fenêtre rectangulaire à travers laquelle s’effectue la projection.
- Le déplacement de l’écran doit être en synchronisme avec la projection des images, un déplacement complet correspondant à 1/16 ou à 1/24 de seconde, par exemple, et à la projection de six éléments de chaque image, de manière à obtenir une perception dans l’espace de l’objet photographié.
- On voit sur les figures 2 et 4 des projets de réalisation d’appai'eils de prises de vues et de projection. Des expériences ont été réalisées au moyen d’appareils de
- Fig. 4. — Chambre de prises de vues d’essais avec ses lentes parallèles.
- petites dimensions qui donnent déjà des résultats intéressants pour l’enseignement et la publicité.
- Les photographies obtenues par ce procédé sur des plaques diapositives ne sont pas superposables pour la vision directe dans l’espace, comme les vues des appareils de stéréosyntlièse, ainsi qu’on le voit sur la figure 3, car chaque image est nécessairement entourée d’une ambiance obscure qui masquerait les suivantes.
- Pour la projection, ce fait 11’a pas d’importance, puisque les différents éléments viennent prendre successivement leur place dans l’appareil cinématographique. Avec des vues de stéréosyntlièse, au contraire, les parties lumineuses nettes constituant chaque élément seraient suivies en profondeur par une image fioue relativement éclairée, et l’ambiance lumineuse entourant chaque élément pourrait gêner la netteté de la projection.
- Axe
- commun
- Partie
- visible
- Fig. 5. — Système d’écran à plans décalés dont les éléments sont montés sur un même axe.
- A gauche : élévation de côté ; à droite : élévation vue de face.
- Les appareils de projection en relief de l’inventeur italien Guido Jellinek étaient cependant réalisés suivant ce principe, du moins à titre d’essais de laboratoire.
- La caméra était munie d’un objectif à grande ouverture et à grande longueur focale monté sur un chariot mobile. L’appareil de projection avait aussi un objectif animé d’un mouvement synchrone, et l’écran de projection lui-même se déplaçait suivant un mouvement oscillatoire correspondant.
- Le procédé de M. Martin paraît préférable et peut être utilisé aussi pour effectuer directement la projection en relief d’un corps opaque sur un écran mobile, en utilisant une lanterne de projection comportant un système d’éclairage, d’un type analogue à celui qui a été décrit pour le studio et synchronisé avec le déplacement de l’écran mobile.
- P. Hémardinquee.
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- L’ORÉOTRAGUE SAUTEUR
- Animal de montagne, vivant dans les régions élevées, depuis l’Abyssinie jusqu’au Sud de l’Afrique, l’Oréotrague est en quelque sorte l’homologue du chamois des Alpes. Pour les Boers du Sud-Africain, il est le « klipphok » ou le « Kilippspringer » ; les Abyssins le désignent sous le vocable de « sassa », tandis que les populations katangaiscs l’appellent « Kiporno ». Son nom scientifique n’est pas moins variable : Oreolragus oreolragus (Ziman), O. sallalrix (Bodd.), O. sallalor (Kirk.).
- Le corps ramassé, les membres vigoureux, l’Oréo-traguc peut exécuter des bonds énormes parmi les rochers parsemés de précipices. La surface antérieure de ses sabots lui assure une sécurité sans égale, en touchant le sol presque à angle droit. La tête, petite, arrondie, n’a de faibles cornes que chez le male ; elles sont annelées à la base, presque perpendiculaires à la ligne du front et ne dépassent jamais une dizaine de centimètres. Quant aux oreilles, elles sont longues, dressées et très larges. Les larmiers, au devant des yeux, sont nettement développés. Tout le corps est couvert d’un pelage jaune olivâtre moucheté de noir, sauf la partie inférieure du corps et l’intérieur des oreilles où la teinte vire au blanc. Celle fourrure constitue très probablement, bien plus qu’une protection contre le froid, une défense contre l’ardeur des rayons solaires. Les poils sont gros, creux et cassants, au point qu’une peau d’Oréolrague que l’on froisse enli’e les doigts produit un léger bruit sec, comme la paille. La taille ne dépasse généralement pas i m de longueur et 60 cm de hauteur au garrot.
- Essentiellement montagnard, l’Oréotrague ne quitte les sommets que lorsque les pluies persistent trop longtemps. Durant la forte chaleur du jour, l’animal dort à l’ombre des rochers, se hasardant à la pâture après la nuit venue. Au lever du jour ou au coucher du soleil, on peut l’apercevoir à distance, car il fuit le moindre bruit insolite, perché par couple à la pointe des rochers d’où il inspecte les alentours.
- Dans certaines régions, on rencontre parfois des petits groupes de sept à huit individus associés momentanément ou peut-être membres d’une même famille 1
- S’il n’est pas inquiété, l’Oréotrague est sédentaire ; il broute les feuilles de Mimosées, d’arbustes divers, les plantes alpines et les herbes aromatiques des hautes altitudes et ce n’est guère que la nuit qu’il descend vers les sources pour s’abreuver. On prétend, sans cependant en être tout à fait certain, que l’époque de sa reproduction coïnciderait avec le début de la saison des pluies.
- Peu abondant, parfaitement inoffensif et n’offrant aucun danger pour les cultures, l’Oréotrague mériterait, d’autant plus qu’il est gibier assez médiocre, d'être protégé contre les exploits cynégétiques d’ama-
- Fig. 1. — L’Oréotrague (Oreolragus oreolragus).
- leurs d’émotions analogues à celles de nos chasseurs intrépides de chamois.
- Sans doute même pourrait-on l’acclimater dans certaines montagnes de l’Europe où il se multiplierait peut-être à la place des chamois devenus rares.
- Jusqu’à présent, on en a rarement pris vivants et l’on n’en voit pas dans les jardins zoologiques de nos régions, où tant d’autres ruminants africains abondent et pullulent, pas plus qu’on n’en rencontre captifs des indigènes dans leurs pays d’habitat.
- G. Remacle.
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- 170 .- SUPERSTITIONS MÉDICALES E
- AUX ENVIRONS DE BRUXELLES
- Nous avons étudié, il y a quelques années, les Superstitions médicales aux environs de Paris (*). A cette occasion un ingénieur belge, M. Henri Michel, me signala que des pratiques semblables existaient aussi intenses dans les environs de Bruxelles en un grand nombre d’églises, bien que le clergé les condamne et lutte en vain.
- Fig. 1. — Le calvaire aux casquettes de l’église Sainte-Elisabeth, faubourg de Bruxelles.
- Ces superstitions ne se créent pas au hasard des pensées humaines ; elles s’édifient dans l’esprit en vertu de lois mentales si générales que nous en retrouvons les effets chez les peuples les plus divers, pouvant n’avoir entre eux aucune relation.
- Pour guérir, l’ignorant imagine que son mal est un être matériel dont il se débarrassera comme on fait d’une ordure. Bien des peuples sauvages croient qu’il suffit de se frotter, ou de se fustiger avec une branche feuillue pour lui donner son mal, après quoi ils la jettent. Dans l’Australie centrale, les indigènes se débarrassent des céphalalgies en plaçant sur leur chef des anneaux dont se parent leurs femmes ;
- quand ils croient transmis le mal, ils lancent ces anneaux dans la brousse.
- Mais le plus souvent le sujet craint que le mal laissé en liberté ne revienne ; il s’ingénie à le fixer sur un objet qui le retienne. Les ethnographes étudient cette croyance sous le nom de transfert.
- C’est une superstition très répandue, aussi bien chez les sauvages que chez les civilisés, qu’on se débarrasse d’une maladie en la communiquant à autrui, directement ou par des procédés détournés. Chez les nègres Bagandas, le sorcier fait avec de l’argile une image de son client, il la frotte sur le corps, puis l’enterre dans un chemin ; la première personne qui passe au-dessus attrape le mal et le patient est délivré.
- Dans les bazars hindous, souvent on observe un faible tas de terre ; il renferme des croûtes de varioleux ; qui les touchera débarrassera ce dernier de son mal en le prenant.
- Au Poitou, le paysan guérit de ses verrues en les comptant puis en mettant autant de petits cailloux dans une bourse qu’il jette sur la route ; celui qui la ramasse prend le mal.
- Celte croyance générale se retrouve dans les civilisations antiques sous la forme du bouc émissaire : le peuple le charge de toutes les maladies, de tous les maux dont il souffre, de tous les vices, de toutes les misères dont il veut se débarrasser, et, l’opération accomplie, il le chasse au loin ou le sacrifie.
- A un degré de plus, l’ignorant imagine que la maladie, telle une bêle méchante, peut retourner et le reprendre. 11 ne suffît donc point de la donner à un récepteur, il faut l’y fixer de façon qu’elle ne puisse le quitter ; d’où les nombreux rites de maintien, de fixation, de coercition.
- Ainsi nos villageois, pour enfermer leur mal de dents dans un saule, prennent quelques fibres de son bois, les enfoncent dans leur gencive et les remettent
- Fig. 2. — Le calvaire aux casquettes ayant été nettoyé, deux mois après, les bonnets ont reparu.
- 1. Voir La Nature, 1931, n° 2856, p. 406-409.
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- en place en les recouvrant de l’écorce. Qui a la goutte perce un trou dans un chêne, y dépose des rognures de ses ongles de pieds et des poils de ses jambes, bouche avec une cheville et recouvre le tout de bouse de vache.
- Ils ne se contentent point d’enfermer le mal, ils le lient, l’enclouent ou le piquent. Ainsi à Sussex (Angleterre) le vulgaire, pour guérir les verrues, se les pique avec des épingles qu’il enfonce ensuite dans l’arbre vénéré.
- Les fidèles emploient ces mêmes méthodes vis-à-vis de la divinité qu’ils adorent. Disons de suite à leur décharge qu’ils ne pensent pas ainsi communiquer la
- Fig. 3. — Le puits de Sainte-Renelde, à Saintes, près de liai.
- maladie au dieu récepteur. Il est placé trop haut dans leur esprit pour souffrir de ce contact. D’ailleurs Fra-zer rapporte dans son livre Le Rameau d’Or qu’à Cey-lan, en Écosse, chez les Dayaks de Malaisie, etc., le sorcier-médecin débarrasse son client de la maladie en la prenant, car le principe malfaisant ne peut rien sur lui.
- Le rite est le même s’il s’agit d’une maladie des animaux domestiques ; il paraîtra aussi efficace pour eux que pour les humains.
- *
- # *
- Fig. 4. — Le puits de Sainte-Renelde où l’on jette les langes d’enfants malades.
- Ceci dit, rapportons les superstitions que j’ai relevées avec M. H. Michel dans la grande banlieue de Bruxelles :
- A Haren, dans un faubourg de Bruxelles, le calvaire de l’église Sainte-Élisabeth reçoit les casquettes et
- Fig. 5. •— Les couronnes de fer de Gründe, près de Tirlemont. Elles sont garnies de ficelles et de mèches de cheveux.
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- Fig. fi. — Notre-Dame de Bonne Odeur, dans la forêt de Soignes. Rubans, ficelles, racines de fougère, épingles à cheveux, etc., noués aux barreaux de la grille.
- les bonnels des enfants al feints de maladies du cerveau ou du cuir chevelu. A l’époque où en fut prise la photographie de la figure i, il était couvert d’au moins cent bonnels. Par exception, une mère avait déposé les petits souliers de son enfant. Deux mois après, le calvaire fut nettoyé et remis à neuf ; les dons affluèrent de nouveau (fig. a).
- Au puits Sainte-Renelde, à Saintes, près de Hal,
- Fig. 7. — Le Christ de Hal.
- les fidèles font trois fois le tour de la margelle en la touchant (le nombre trois est fatidique, on fait de môme, en bien des pèlerinages, trois fois le tour de l’église) puis ils puisent l’eau miraculeuse (fig. 3). Dans le voisinage un bassin d’eau donne aux fidèles à la fois le pronostic et le traitement de l’enfant malade. On y jette ses langes cl s’ils flottent, il vivra ; on ne les reprend pas (fig. /|).
- En ces deux rites, on ne recourt point à la fixation ; il n’en est plus de môme dans les suivants.
- La petite église désaffectée de Gninde, près de Tir-lemont, expose des couronnes de fer, souveraines contre les maladies du cerveau et du cuir chevelu. Elles sont garnies de ficelles et de mèches de cheveux qui proviennent des malades (fig. 5). Môme coutume sévit près de là, à Racour, qui possède en plus un gigantesque saint Christophe lardé d’épingles.
- Fig. 8. •— Epingles à cheveux déposées aux pieds du Christ de Hal.
- C’est en vain que le clergé fermerait la chapelle ; la superstition trouve toujours moyeu de se manifester. Voici la grille de la chapelle de Nolre-JDame de Bonne Odeur, dans la forôt de Soignes, à Grœvendael (Bruxelles). Les fidèles nouent les maladies aux barreaux avec n’importe quoi : rubans, ficelles, épingles à cheveux, liges de fougère (fig. 6). 11 y a môme des jarretières ; elles proviennent des jeunes filles qui, pour se marier, nouent leur désir, espérant ainsi être exaucées.
- Voici le Christ de liai qu’une femme implore en lui touchant, le pied (fig. 7). La coutume est de lui gratter les orteils avec une épingle à cheveux ; un grand nombre de ces épingles sont laissées sur le socle (fig. 8). Il semble que ce soit une survivance symbolique d’une époque où l’on fixait son vœu avec l’épingle qui remplaçait le clou.
- Souvent clous et épingles sont des dons que l’on dépose, en exprimant un vœu, aux pieds de Jésus ou du saint. A l’église des Sablons, à Bruxelles, Guidon, saint succédané de saint Ëloi, reçoit des quantités de clous, et comme la tombe de Claude Boulon, chambellan de Charles-Quint, est au-dessous, c’est sur elle qu’on les.dépose. Les Belges suivent là une tradition
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- bien ancienne, car à l’époque préhistorique, Villanova, près de Pologne, livra aux fouilleurs 1/4.8/41 clous votifs.
- Le clou lui-même peut représenter une maladie, le furoncle, et son don exprime le vœu de s’en débarrasser. Les épingles, d’invention plus récente, ont remplacé les clous ; on les dépose non seulement aux pieds des statues du Christ, de la sainte Vierge et des saints, on les glisse aussi dans les fissures des menhirs que l’on implore, on les jette dans les fontaines sacrées.
- Pour Tylor et les ethnographes du xixe siècle, liens, clous et épingles ont toujours été votifs, mais il semble bien qu’ils ont servi d’abord à fixer la maladie ou le vœu, pins que, par la suite, 011 11’y a plus vu qu’une simple offrande.
- Enfin, nous donnons la photographie (fig. y) d’un copieux gisement de dons faits à certaines chapelles consacrées à saint Léonard par les forgerons de la région de Charleroi. Us façonnaient d’énormes clous en forme vague de jambes, de bras, de mains, de bonshommes et les offraient à leur saint. Ces représentations recherchées des collectionneurs sont devenues rares. M. Henri Michel a eu la chance d’en découvrir un gisement d’une trentaine de kilos près de Bruxelles !
- Sans doute on doit y voir l’ancien clou qui servait d’agent de fixation, soit à la maladie, soit à tout désir de l’implorant ; il est devenu un ex-voto symbolique !
- Ces quelques exemples montrent comment évolue l’idée de transfert dans la mentalité humaine. Elle s’applique d’abord au rite de sortie de la maladie matérielle sans s’inquiéter de l’objet qui le recevra. Puis elle s’assure qu’elle aura un récepteur. 11 faut ensuite que ce récepteur la garde, et pour qu’elle ne puisse s’échapper on l’y lie, on l’y cloue.
- D’abord la maladie est chose matérielle ; c’est une portion du malade (ongles, cheveux) qui la représente. Puis il suffit de penser qu’on la lie, en faisant un nœud dans"1 le vide pour admettre qu’elle est réellement captée.’
- Ne nous moquons pas de cette crédulité des sauvages et du vulgaire. Au moyen âge, toute une école
- Fig. 9. — Jambes, bras et mains en fer forgé, ex-voto de Saint-Léonard.
- de philosophes admit l’existence réelle, matérielle, de la parole et de la pensée.
- Enfin l’acte devient symbolique, on n’en comprend plus la signification ; et comme les anciens rites persistent à côté des nouveaux, il est difficile d’en comprendre l’évolution.
- Le même rite est pratiqué d’ailleurs pour plusieurs fins. Si 011 fixe par un lien ou un clou la maladie, on agit de même pour le désir d’obtenir une faveur, d’êti'e préservé d’un danger. On lie ainsi, à Nogent-le-Rotrou, la peur qu’ont les enfants, et nous avons vu que les jeunes filles nouaient avec leur jarretière leur envie de se marier. Dans l’Egypte ancienne, un nœud stylisé symbolisait la vie.
- Si on cloue la maladie, on cloue de même le vœu de la victoire. Les Allemands, durant la dernière guerre, ne s’en faisaient pas faute et hérissaient ainsi la statue en bois d’Hindenburg.
- Les sorciers du Congo tuent par envoûtement leur ennemi et, en enfonçant un clou dans la statue en bois d’un homme ou d’un animal fétiche, ils croient y fixer l’âme de leur victime et l’asservir par ce moyen. Leurs fétiches sont ainsi hérissés de clous.
- L’imagination humaine brode toujours sur le même thème, avec la même trame, dont elle construit des variantes à l’infini. Dr Feux Régnault.
- LA LIAISON DIRECTE FRANCE-ÉTATS-UNIS PAR TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Depuis 19118, on peut téléphoner par ondes hertziennes de France aux États-Unis, mais en passant par l’intermédiaire des installations anglaises, qui ont été décrites ici en leur temps; ce relais entraînait différents inconvénients administratifs, et surtout des délais d’attente dus aux connexions intermédiaires indispensables et à l’utilisation de la voie téléphonique Paris-Londres.
- Depuis décembre dernier fonctionne un service direct, réa-
- lisé en commun par la Société française radio-électrique et l’American Telegraph and Telephon Co.
- Une des particularités originales de celte liaison nouvelle est le recours aux ondes courtes, alors que les autres liaisons radiotéléphoniques avec l’Amérique du Nord fonctionnent sur ondes longues.
- Les ondes hertziennes de courte longueur donnent lieu à des effets de réflexion sùr les couches ionisées de l’atino-
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- iMB
- Fig. 1. — Les antennes d’émission du service France-Etats-Unis.
- sphère, dans des conditions très variables, selon les heures de la journée et les longueurs d’onde utilisées. La première qualité d’un service public, c’est la régularité ; le client qui désire converser par delà l’Océan ne doit pas être soumis aux caprices des intempéries. On a donc eu recours à quatre longueurs d’onde, interchangeables à volonté : iG m 58, 21 m 80 et 28 m 76 du côté France, une quatrième onde aux environs de 4o m étant en réserve. Pour obtenir ce résultat, on a dû établir deux émetteurs à deux ondes chacun.
- Ces émetteurs, placés à Pontoise, sont stabilisés par quartz piézoélectrique et thermostat, à moins de 1/1.000 près. La puissance utile obtenue sur le dernier étage est de it\ kw et en principe la transmission des fréquences de 5o à 100.oob périodes-seconde est possible.
- L’onde porteuse est supprimée lorsque les abonnés ne parlent pas, par la polarisation des grilles des lampes d’émission, ce qui réduit la consommation de courant et l’usure des lampes.
- Le système peut, d’ailleurs, être utilisé pour la télégraphie avec une puissance utile de 20 kw, et, pour assurer toute sécurité du trafic, les étages d’amplification pilotes et les machines d’alimentation sont en double.
- Le passage dhine longueur d’onde à une autre s’effectue en moins de deux minutes, grâce au réglage préalable de chaque émetteur sur deux longueurs d’onde réglées à l’avance; la continuité du trafic est donc absolue, quelles que soient les conditions de propagation.
- Les antennes sont du type dirigé à grande concentration, de 75 m de hauteur, orientées dans la direction de la station américaine, du type Chireix-Mesny.
- La réception s’effectue en Amérique à la station de Net-cong près de New-York ; le poste d’émission américain est situé à la station de Lawrenceville, en liaison avec la station de réception française de Noiseau.
- Les longueurs d’onde utilisées du côté Amérique sont : i5 m 61, 20 m 73, et 3o m 77; les antennes de réception sont du même type que celles employées à l’émission.
- Les récepteurs sont à changement de fréquence avec hétérodyne séparée; il a fallu surtout réduire au maximum le bruit de fond et éviter les effets du fading. La tension du signal d’entrée variant de x à 20.000, ce résultat a été obtenu grâce à l’emploi de lampes à écran à pente variable, de systèmes antifading perfectionnés et la puissance acoustique des signaux de paroles est, en moyenne, plus de mille fois supérieure à celle des bruits parasites.
- Les premières communications de téléphonie sans fil commerciales pouvaient être interceptées par tout auditeur de T. S. F.; il n’en est plus de même aujourd’hui; le seci’et est pratiquement assui’é, les communications restant inintelligibles à quiconque ne possède pas d’appareils compensateurs très spéciaux.
- A l’émission, au moyen de filtres, on ne conserve que la bande des fréquences de la parole, de 260 à 2.760 périodes-seconde.
- Fig. 2. — Les étages de puissance de l’émetteur.
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- Au moyen d’un modulateur de fréquence fixe à 3.000 périodes, on obtient des battements différentiels inverses des fréquences initiales, respectivement de 2.760 périodes (3.000-260), et de 260 périodes (3.000-2.760).
- On inverse ainsi, en quelque sorte, les fréquences de la parole et on dirige les oscillations après un nouveau filtrage vers la station d’émission. La transmission devient alors complètement inintelligible, les sons aigus correspondant aux sons graves, et inversement.
- A la réception, il suffit d’effectuer l’opération inverse, également au moyen d’un modulateur à 3.000 périodes, et l’on
- ....: .......... ===—= 175 =
- reconstitue les fréquences dans leur ordre normal d’émission initiale avec la parole ordinaire.
- Il a fallu spécialement étudier la liaison avec le réseau téléphonique qui posait des problèmes délicats, en particulier il a fallu recourir à des régulateurs automatiques de niveau, compensant les différences de sensibilité des différents postes d'abonnés.
- Le bureau central de transmissions radiophoniques est situé à Paris, rue des Archives, dans le Central téléphonique interurbain.
- P. H.
- = LES NOUVEAUX MEMBRES DE VACADEMIE =
- DES SCIENCES
- M. PAUL MONTEL
- Le public même instruit se désintéresse, d’ordinaire, des mathématiques pures. Beaucoup de jeunes adolescents et adolescentes en ont conservé un mauvais souvenir car les problèmes géométriques ou les équations algébriques furent cause de leurs échecs au baccalauréat ou dans certains concours ! Bref, les mathématiciens n’ont pas la « cote d’amour » dans le monde contemporain, plus matérialiste qu’idéaliste, plus épris des prouesses sportives que des recherches relatives aux quantités et à leurs mesures. Pourtant les hommes qui cultivent aujourd’hui la science des Euclide et des Newton n’ont rien de rébarbatif et les découvertes de certains d’entre eux ont très notablement enrichi le patrimoine intellectuel de l’Humanité !
- Interrogeons donc un des plus brillants représentants de l’école mathématique française, M. Paul Mon-tel, que l’Académie des Sciences de Paris vient d’élire, le 3i mai 1937, en remplacement du l'egretté Édouard Goursat. Au cours d’une causerie familière, dans son bureau de travail tout ensoleillé et dont les fenêtres ont vue sur les jardins de l’Observatoire, ce savant a bien voulu nous donner les renseignements suivants sur sa personne et sur son œuvi'e.
- « Né à Nice, le 29 avril 1876, je fis toutes mes études au lycée de cette ville, nous dit-il, et comme je mordais aux X, mon professeur m’engagea à me présenter à l’École Polytechnique et à l’École Normale supérieure. Reçu aux deux, j’optai pour cette dernière et je passai mon agrégation des sciences mathématiques en 1897. Nommé, dès l’année suivante, professeur de mathématiques spéciales au lycée et chargé de conférences à la Faculté de Poitiers, j’y restai 3 ans puis je devins pensionnaire à la Fondation Thiers (1901-1904), que je quittai pour aller professer au Lycée de Nantes. Peu après, je passai ma thèse de doctorat (1907) et je revins dans la capitale, que je ne devais plus quitter. Je vous ferai grâce des postes
- que j’occupai successivement dans divers établisseî ments parisiens d’enseignement secondaire ou supérieur. J’ajouterai seulement que, dès 1911, j’entrai à la Sorbonne comme maître de conférences ; depuis cette date, j’y ai enseigné les mathématiques générales de 1922 à 1925, ensuite la mécanique rationnelle de 1926 à 1930 et enfin la théorie des fonctions que j’y professe encore.
- Le mathématicien Paul Montel.
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- = 176 ..........:........................—.....=
- Mais laissons là cette énuméi'ation un peu fastidieuse pour vos lecteurs, qui aimeront mieux sans doute connaître les modestes « pierres » que j’ai apportées à l’analyse moderne.
- J’ai édifié de toutes pièces, la doctrine des familles normales qui s’est révélée, par la suite, comme un merveilleux instrument de travail entre les mains de P. Falou, de Julia, d’Ostrowoski et de mes nombreux élèves français ou étrangers. Aujourd’hui, cette théorie tend à devenir un important chapitre des mathématiques. Dans divers mémoires ou dans mes leçons, j’ai démontré, en effet, que les fonctions possèdent des caractères singuliers généraux comme les êtres vivants ou les ^objets matériels. Dans les régions de régularité, leurs propriétés communes accusent leur ressem-blance tandis que la nature et la distribution des points singuliers marquent leur individualité pi'opre ou révèlent leurs différences. J’ai découvert, en particulier, qu’une famille de fondions est normale lorsqu’elle admet trois valeurs exceptionnelles et depuis lors, ce critère capital a trouvé de multiples applications dans différentes branches de l’analyse. Il a également servi de base à la classification naturelle des fonctions analytiques, d’après le nombre de leurs valeurs exceptionnelles communes. En sorte, que l’on considère maintenant les fonctions holomorphes comme des fonctions régulières ayant pour valeur exceptionnelle l’infini.
- J’ai créé encore la conception des familles quasi normales holomorphes ou méromorphes, c’est-à-dire telles que toute suite infinie de ces fonctions renferme une séi'ie partielle convergeant uniformément, sauf peut-être en certains points irréguliers dont le nombre ne dépasse pas un entier fixe définissant l’ordre de la famille.
- Ces recherches d’analyse transcendante, et d’autres qu’il me semble difficile d’exposer à des personnes non spécialisées, m’ont conduit à des études d’algèbre assez curieuses. M. Landau avait montré que tout trinôme dont les deux premiers termes sont 1 + X a un zéro de module au plus égal à 2 ; mais ni cet algé-briste, ni Hurwitz n’avaient pu trouver la limite exacte pour un quadrinome du même type tandis que, grâce à la méthode de récurrence, j’ai pu déterminer la valeur de ce maximum pour un polynôme d’un nombre quelconque de termes. J’ai également donné des aperçus nouveaux où des théories algébriques personnelles soit dans mes Leçons sur les séides de polynômes à une variable complexe, soit dans mon Algèbre publiée en collaboration avec M. Borel, soit dans mes conférences sur Les fonctions entières ou méromorphes faites aux étudiants roumains de l’Université de Cluj en 1931. Dans mon livre Statistique et résistance des matériaux (1924) destiné aux élèves de l’École des Beaux-Arts, j’ai voulu traiter les problèmes d’une manière inédite à l’aide de considérations presque exclusivement géométriques. Quant à mes ouvrages : Eléments de mécanique (1921), Mécanique rationnelle (1925) et Théorie mathématique de l’élasticité (1928), ils offrent surtout un caractère pédagogique.
- « Mais je voudrais encore insister sur quelques-uns de mes travaux qui m’ont permis de créer un fort mouvement en faveur de la Géométrie finie. Après avoir fait connaître en France les recherches du professeur danois Christian S. Juel et de son école, je suis parvenu à une démonstration simple du principe de correspondance qui foi'me la base de cette méthode et j’ai énoncé plusieurs propositions nouvelles. Par exemple, j’ai pu caractériser le cercle osculateur d’une courbe plane ou les sphères osculatrices d’une surface par des propriétés qualitatives. Puis, plus récemment, j’ai découvert les liens rattachant les ci'itères infinitésimaux du second ordre d’une courbe gauche à ceux du premier ordre ».
- Si donc, comme le disait Platon, « le ciel fut le grand maître de calcul des hommes », les mathématiciens d’aujourd’hui ont singulièrement agrandi le domaine de la science antique en ouvrant des horizons insoupçonnés des ai'ithméticiens et des géomètres de jadis !
- Toutefois, dans l’exposé de ses titres et de son labeur, M. Paul Montel oublia de nous dire qu’il ne resta pas confiné dans sa « tour d’ivoire ». Esprit ouvert à toutes les disciplines, il se révéla encore comme un historien scientifique plein d’érudition et comme un critique averti. Avec l’active collaboration de chefs de section remarquables comme le physicien Fabry, l’ingénieur Raoul Dautry ou l’électricien Ernest Mercier, il fonda en 1921 et sut diriger avec autorité depuis cetle époque la collection Armand Colin, qui compte déjà plus de 200 petits volumes d’excellente vulgarisation consacrés aux différentes branches des connaissances humaines. Dans la grande Encyclopédie française, actuellement en cours de publication, il assuma la direction du volume des mathématiques, qu’il divisa en quelques rubriques fondamentales (le nombre, la fonction, le déterminisme, l’espace et le hasard) à chacune desquelles il attacha un auteur compétent.
- D’autre part, dans plus de 80 conférences, données dans des Universités ou dans de grandes Écoles étrangères, M. Montel a fait connaître ses méthodes et suscité d’ardentes sympathies. Aussi dans les Facultés d’Europe, ses élèves, devenus à leur tour mathématiciens distingués, ne se comptent plus. Citons-en quelques-uns au hasard de la plume : F. Bureau professe à Liège la théorie des variables complexes sur laquelle Goutcharoff travaille à Moscou, Milloux à Bordeaux et Soula à Montpellier. A Poznan, le Polonais Biernacki étudie les zéros des polynômes tandis que Dieudonné représente à Rennes et Marty à Marseille les fonctions univalentes ou multivalentes. Enfin, M. Nicolescu, de l’Université de Cernauti (Roumanie) a apporté d’in-léressants perfectionnements à la théorie des fonctions homogènes.
- M. Montel est donc non seulement un inventeur mal hématique éminent, mais un très actif « exporta-leur » de la pensée scientifique française.
- Jacques Boyer.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- Solution des problèmes proposés dans LA NATURE du 1er décembre 1936 (n° 2990)
- Rappelons l’énoncé des problèmes :
- Problème A. — Un propriétaire désire échanger, à superficies égales, un terrain rectangulaire contre deux autres de forme carrée. On lui propose plusieurs terrains de cette forme dont 4 ont des dimensions connues : 180 m, 286 m, a88 m, 363 m ; il peut naturellement choisir aussi parmi les autres. La longueur et la largeur de son premier terrain s’expriment par des nombres entiers de mètres et sont telles que la clôture avait îa plus petite longueur possible. Soucieux de ses intérêts il se décide pour deux nouveaux terrains après s’être assuré qu’il ne lui manquera que quelques mètres de son ancienne clôture pour les entourer. Quelles sont les dimensions du premier terrain et des deux nouveaux ?
- Problème B. — Le nombre x42.857 multiplié par tous les non-multiples de 7, supérieurs à 7, donne encore des produits à permutations circulaires à condition de supprimer le premier chiffre à gauche et de l’additionner au nombre restant. Exemple : 142.857 x 12 = 1.714.284, d’où 1.714.284 + 1 = 714.28s. Pourquoi? Cette loi est-elle toujours valable ? Comment la généraliser ! (D’après une suggestion de M. Samuel Marti, à Montbéliard).
- Problème C. — Pierre et Paul jettent alternativement un de après avoir fait les conventions suivantes : le joueur qui amène 5 ou 6 marque un point, celui qui amène 1, 2, 3 ou 4 fait marquer un point à son adversaire. Ils cessent la partie, Paul ayant joué le dernier coup, alors qu’il manque 2 points à Pierre et 3 à Paul pour gagner. Comment doivent-ils se partager les enjeux ?
- Solutions :
- Problème A. — Tout d’abord excusons-nous d’une regrettable erreur qui s’est glissée dans la rédaction de l’énoncé. Nous l’avons corrigée plus haut : les dimensions des carrés devaient être multipliées par 3. Néanmoins, plusieurs correspondants ont traité correctement le problème, sans pouvoir satisfaire aux dernières conditions, à cause des données erronées.
- Nous remarquons que :
- 3G32 -f 1802 = a852 + a882 = 164.169
- Décomposons ce nombre en facteurs premiers, il vient :
- 164.169 = 32.17.29.37.
- Les facteurs 17, 29, et 87 étant multiples de 4 plus 1 nous aurons 23-1 = 4, décompositions en somme de deux carrés. En appliquant les règles données dans noire article du Ier décembre, on trouve également :
- 4o52 -f 122 — 3872 + 1202 = 164.169.
- Pour que le périmètre du rectangle soit minimum il faut que la différence entre sa longueur et sa largeur soit la plus petite possible, condition réalisée avec :
- 9 x 07 = 333 m pour la largeur et 17 x 29 = 4g3 m pour la longueur. Le périmètre est alors a(4o3 m + 333 m) = 1.65a m. En formant les périmètres des couples de carrés déterminés précédemment on trouve aisément que 4(4o5 m + 12 m) = 1.668 m, diffèrent de 16 m du périmètre du terrain rectangulaire.
- Problème B. — Par définition 142.867 est diviseur de ioli — 1 ; par conséquent le caractère de divisibilité d’un nombre quelconque par 142.867 s’établit de la même manière que le caractère de la divisibilité par 9, diviseur de 101 — 1. On partage le nombre en tranches de 6 chiffres, à partir de lü droite, la dernière tranche à gauche pouvant at)oir moins de 6 chiffres, et Von fait la somme de ces tran-
- ches. Cette somme, réduite à 6 chiffres, si c'est nécessaire, par le même procédé, doit être divisible par 142.857.
- Si l’on considère un multiple quelconque de 142.857 et que nous lui appliquions la règle ci-dessus nous obtiendrons nécessairement pour somme des tranches un nombre divisible par 142.867; or tout nombre de 6 chiffres, non rnulliple de 7, et divisible par 142.857 est une des permutations circulaires de ce nombre. La démonstration précédente permet de répondre à toutes les questions posées dans l’énoncé du problème.
- Problème C. — Il est équitable de partager les enjeux proportionnellement aux probabilités de gain de chacun des deux joueurs, probabilités évaluées au moment où ils cessent le jeu. Pierre peut gagner en 2 parties, 3 parties ou 4 parties au maximum, car s’il ne gagne pas en 4 parties, c’est que Paul obtient la décision. Désignons par P le gain d’une partie par Pierre, et par p le gain d’une partie par Paul.
- Nous pourrons avoir les 10 combinaisons résumées dans le tableau ci-dessous. Dans la ire et la 3e colonne les probabi-1 2
- lifés sont pour P : - -, pour p : ~ , puisque c’est Pierre qui
- joue; dans la 2e et la 4e colonne ces possibilités sont égales 2 1
- à ^ pour P et -- pour p, le joueur étant Paul.
- Probabilités de gain
- - pour Pierre pour Paul
- PT p4 2 9
- P Y 1 P Y p-1 1 97
- pf 1 Pt P Y P 4 4 1$r
- 9 fJ T P T' p-i 3 4 “27”
- 9 P T P-Y 2 D 2 P T P T Ri HT
- 2 P '3' pt p 1 p 2 1 3 3 4 YT
- p A 3 p T 2 1 pt pt 2 ~W
- 2 P T Pl 2 1 Pt Pi 8 YT
- 2 P-3 1 Pi P 4 P Y 2 YT
- P f 1 p T 2 P Y A 27
- Totaux .... 57 19 YÏ" 27 24 8 81 27
- Donc les enjeux doivent être partagés dans la proportion de 19 à Pierre et 8 à Paul. On vérifie que la somme des pro-
- habilités ainsi obtenues est bien égale à l’unité.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A et B. — M. Tel lier, instituteur à Saint-Geor-ges-sur-Fontaine (Seine-Inférieure) ;
- Problème B. — MM. A. Veysseyre, 5, rue de Salon Montagne Verte, Strasbourg; P. Nibouliès, Cercle militaire, 19, place Bellecour à Lyon; .
- Problème A. — M'. A. Jouffray, Mantalot par La Roche-Derrien (Côtes-du-Nord).
- Problème C. — Mme Fersing, à Toulon.
- Henri Barolet.
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- 178 LE mois météorologique
- JUIN 1937, A PARIS
- Mois assez doux dans son ensemble, peu pluvieux, avec insolation satisfaisante.
- La pression barométrique moyenne, réduite au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, a été de 763 mm G, supérieure de x mm à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, i7°,2, est en excès de o° ,7 sur la normale ; cet excès provenant des tempé-ratures élevées de la première quinzaine au cours de laquelle 12 moyennes journalières dont xi consécutives, ont présenté, par rapport à leurs normales respectives, des écarts positifs atteignant 6°,8 le 6 et 6°,5 le 7. C’est à cette péi'iode qu’appartient le maximum absolu, 3i°,5, observé le 10 et supérieur de x°,7 au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, 8°,4, noté le 22, est supérieur de 2°,4 a la normale. 11 s’est produit au cours d’une période plus fi'aîche qui a débuté le i5 et a dux'é jusqu’à la fin du mois à l’exception toutefois des trois journées des 23, 27 et 28.
- Les extrêmes absolus de la température pour la région pai'isienne ont été de 6°,o à Sevran et 34°,8 (?) à Asnières.
- Les pluies, peu abondantes, ont été plutôt rares. La chute la plus foi’te, 8 mm 5, a été observée le 25 au Pai'c Saint-Maur, et le total mensuel y a été de 34 mm 3, correspondant à 10 jours pluvieux (au lieu de 12, nombi'e moyen).
- A Montsouris, la hauteur totale’de pluie recueillie a été de 4a mm 7, inférieure de 22 pour 100 à la normale en i3 joui’s de chute.
- La durée totale de chute, 24 h 12 mn est inférieure de 20 pour 100 à la normale. Hauteurs nxaxima en 24 b : pour Paris, 17 mm 6 à l’Observatoii'e national et 18 mm 5 à Asnières, du 10 au 11.
- La grêle est tombée, mêlée à la pluie, les 7, 10 et 11 par places.
- Des orages se sont manifestés le G sur quelques points et les 7, 10 et 11 sur toute la région.
- Tous les jours, dans la région, des brouillards matinaux ont été notés, peu étendus et généralement faibles. Un
- obscurcissement s’est pi'oduit le 10, autour de 17 h 5 à Vaugirard, au moment de l’orage.
- La durée totale de l’insolation, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 265 h. 5 mn est supérieure de 22 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité x'elative a été de 70,5 pour 100 et celle de la nébulosité de 56 pour 100. Il a été constaté ; 3 jours de gouttes; 3 jours d’orage; 3 jours de brouillard; 18 jours de brume lointaine et 22 jours de rosée.
- Les extrêmes météorologiques pour le mois dé juin.
- Mois le plus froid : 1916, moy. i3°,6
- Mois le plus chaud : 1775, — 210,4 (?)
- — en 1822, — 210,2 (certain)
- écart : i41 ans et 70.8
- La plus basse température observée : en 1881, 2°,i La plus haute température observée : en 1772, 35°,6
- écart : rog ans et 33",5 Mois le plus pluvieux : 1854» <95 mm 4-Mois le plus sec : 1921. 1 mm 1.
- Le plus grand nombre de jours de pluie : 24, en i83o.
- Le plus petit nombre de jours de pluie : 2, en 1870.
- Mois le plus couvert : 1886 et 1907, 72 0/0 de nébulosité. Mois le plus clair : 1887. 3a 0/0 de nébulosité.
- Il y a eu de la gelée blanche en juin, pendant les années i88r. 1890 et i8q3.
- i3 jours d’orage en juin 1910 et aucun en juin 1919 et 1923.
- 5 jours consécutifs (du 1e1' au 5) en juin 1846, sans trace de nuagps, fait extrêmement rare.
- Moyenne barométrique la plus basse :
- En 1852, 762 mm 1. Obs. de Paris ; niv. de la mer : 758 mm 5.
- Moyenne barométrique la plus haute :
- En 1806, 763 mm 1. Obs. de Paris ; niv. de la mer : 769 mm 5.
- Em. Rogku.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DES FILMS
- M. Paul Bernard, droguiste à Sisleron, nous communique le procédé suivant, vraiment économique, pour le développement des films photographiques :
- On achète deux tuyaux en Everite ou Eternil (plus légers et plus maniables que le grès) de 1 m de haut et de 10 cm de diamètre intérieur. On ferme l’extrémité élargie au moyen d’un moellon, qu’on hue en coulant un peu de ciment autour pour avoir une étanchéité absolue.
- Une vieille boite de conserve servira de chapeau de fermeture pour le haut de la cuve, permettant ainsi d’éclairer la chambre noire pendant le développement automatique.
- On remplit la première cuve avec 7 1 d’eau bien bouillie, et 1 1 de révélateur formule Bauchet (méthol 3 gr ; sulfite de soude anhydre, 40 gr ; hydroquinine, 6 gr ; carbonate de soude
- anhydre, 30 gr. ; bromure de potassium, 1 gr.).
- Ce bain maintenu à la température normale d’un appartement développe automatiquement en 20 mn, il se conserve pendant environ 1 mois, et permet de développer 23 films.
- Pour le fixage, on utilise la seconde cuve semblable, dans laquelle on fait dissoudre : hyposulfite de soude, 1 legr ; métabisulfite de potasse, 230 gr.
- Un simple plat suffira pour le rinçage, entre le développement et le fixage.
- Boite de
- Moellon
- -Ciment
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- LA CHIMIE DU RÈGNE VÉGÉTAL
- La nature est un immense laboratoire où, sous l’iniluence de l’énergie des rayons solaires, s’effectuent continuellement des échanges d’éléments, des transformations chimiques, des condensations, polymérisations ou dislocations de molécules pour donner lieu à la formation de multiples substances de nature complexe. Le règne végétal nous fournit ainsi une infinie variété de matières premières dont l’utilisation, par voie chimique, intéresse toutes les branches de l’activité humaine et forme la base de puissantes et innombrables industries.
- Les débuts de la civilisation sont liés à l’emploi des plantes, indispensables à l’alimentation des hommes et des animaux, sans parler de l’utilisation pratique du bois pour la construction et le chauffage. Les premières études, basées sur l’observation, ont porté surtout sur les applications thérapeutiques. Les recherches scientifiques qui, depuis un peu plus d’un siècle, ont scruté la composition chimique des produits végétaux naturels pour en découvrir les propriétés, les modes de formation et les possibilités d’application, ont abouti souvent à d’ingénieuses reconstitutions par synthèse. Mais la science est loin d’avoir élucidé tous les problèmes et des questions, d’un intérêt toujours renouvelé, se posent presque quotidiennement.
- Il nous a paru intéressant d’exposer en un tableau rapide les principaux groupes de substances chimiques que la plante est susceptible de nous fournir et les industries qui dérivent de leur emploi.
- Fibres. — Ce sont des produits de nature cellulosique ou des hydrates de carbone de grande complexité moléculaire et d’une constitution encore mal définie. On peut distinguer les duvets de semences comme le coton ou la soie végétale; les faisceaux vasculaires comme les fibres entourant la noix de coco; enfin les tiges ligneuses comme le chanvre, le lin, le jute, la ramie et jusqu’à un certain point le houblon et l’ortie. Ces matières naturelles, pour être transformées en tissus de toutes sortes, subissent des traitements mécaniques et chimiques qui alimentent une des parties de la gigantesque industrie textile. Un monde d’ingénieurs, de chimistes, de techniciens, d’ouvriers tirent leur existence du travail des fibres végétales.
- Le traitement mécanique du bois réduit en copeaux ou en sciure, fournit également la cellulose. Sous l’action de réactifs chimiques, acides ou alcalis, celle-ci subit de nombreuses transformations qui donnent naissance aux industries du papier, des textiles artificiels, des vernis cellulosiques, des explosifs.
- Huiles et graisses. — Ce sont des éthers-sels de glycérine et d’acides gras supérieurs. On les rencontre surtout dans les graines, d’où elles peuvent être extraites par ti'ois méthodes : a) par ébullition à l’eau après concassage, la graisse fond et s’assemble à la surface où on la recueille; b) par chauffage sous pression; c) par extraction au moyen de solvants : benzène, tétrachlorure ou sulfure de carbone. Ce dernier procédé donne le meilleur rendement. On distingue les huiles siccatives, demi-siccatives et non siccatives et les graisses végétales comme les huiles de coco et de palme ou le beurre de cacao. En dehors des usages alimentaires, les applications industrielles principales se trouvent en savonnerie, fabrication des vernis et peintures, des produits d’entretien, des produits pharmaceutique, l’adoucissage des textiles et des cuirs, le linoléum, les graissages fins, souvent en mélange à des huiles minérales.
- T an in s. — Ce sont vraisemblablement des phénols hydroxylés dont l’épuration est difficile. Ils sont contenus
- dans les feuilles ou les bois de certains arbres. On les utilise sous forme de poudres ou d’extraits aqueux dont la concentration varie de 20 à 60 pour 100. Ils servent essentiellement en tannerie, possédant la propriété de gonfler et d’anti-septiser les peaux.
- • Un produit de constitution très voisine se forme sur les feuilles de chêne par suite d’une piqûre d’insecte. C’est la noix de Galles qui est la matière première de l’acide tannique. Son emploi se trouve dans la fabrication des encres à écrire, de certaines teintures et en pharmacie.
- Gommes. — Ce sont des combinaisons complexes, voisines des hydrates de carbone. Elles ne possèdent pas de structure cristalline, mais se dissolvent dans l’eau pour donner des solutions visqueuses, ou se gonflent sous forme de gelées. Elles sont insolubles dans l’alcool. Par ébullition avec l’acide chlorhydrique on les transforme en une espèce de sucre. Physiologiquement, cc sont des excrétions d’ordre pathologique, dérivant d’une dégénérescence des tissus ligneux. La gomme arabique, bien connue, est le sel acide de calcium, magnésium et potassium de l’acide arabinique. Comme applications, on peut signaler la fabrication des colles, des couleurs, des vernis, l’apprêt des tissus, l’empâtage des allumettes.
- Baumes et résines. — Ce sont des produits d’exsudation de plantes de familles spéciales, et particulièrement des conifères, s’écoulant liquides par des incisions pratiquées aux troncs des arbres, et s’oxydant par contact avec l’air pour devenir concrets, cassants, et, le plus souvent, translucides. Ces substances paraissent jouer pour la plante un rôle cicatrisant. Chimiquement, ce sont des complexes formés par le mélange de différents éléments, acides monocarboniques et dicarboniques peu connus, alcools, éthers-sels (résènes) contenant de l’oxygène et probablement des oxy-terpènes à haute molécule. Par distillation des résines ordinaires on obtient l’essence et l’huile de térébenthine, la colophane et les huiles de résine. Les baumes sont des résines molles, généralement odorantes. Les applications industrielles sont nombreuses : fabrication des vernis, savonnerie, papeterie, encollage du papier, produits pharmaceutiques, etc.
- Les levures ou saccharomyces. — Ce sont des champignons ascomycètes que l’on trouve sur la peau des fruits sucrés arrivés à maturité. Ils jouent dans l’industrie chimique un rôle considérable. Ce sont les agents principaux de fermentation utilisés en brasserie, en distillerie, en boulangerie.
- Les produits de distillation du bois constituent l’importante industrie de la carbonisation. Elle fournit l’acide acétique, les acétates, l’acétone et autres produits analogues dont l’usage est bien connu. Par traitement du bois à l’acide chlorhydrique, on forme du sucre. Par incinération, on extrait la potasse.
- Caoutchouc, gutta=percha, balata. — Ce sont des sucs laiteux, s’écoulant par incision de certains végétaux exotiques et constitués chimiquement d’hydrocarbures. Le traitement de ces produits fait la base d’importantes industries. On en connaît les multiples emplois : pneus, matières isolantes pour l’électricité, enduits imperméables, etc...
- Saponines. — Ce sont des glucosides contenus dans certaines plantes comme la saponaire, le bois de panama. Quelques-uns contiennent de l’azote et forment le passage des glucosides aux alcaloïdes. Ces substances possèdent un pouvoir moussant considérable qui en indique l’emploi pour le lavage des tissus délicats et permet des usages en médecine et en cosmétique. On utilise généralement cette pro-
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- pi'iété dans la fabrication des appareils extincteurs d’incendie.
- Pectines. — Ce sont des substances hydrocarbonées à haute molécule qui constituent la masse intermédiaire entre les cellules de la plante, surtout dans les fruits à maturité, et permettent, par leur gonflement, la circulation de l’eau. On les extrait, depuis quelques années, des jus de fruits et on les utilise techniquement, soit en addition aux gelées et confitures, soit en pharmacie comme épaississants pour crèmes et pâtes, soit dans l’industrie textile pour certains apprêts.
- Mucilages. — Ces produits se forment en même temps que la gomme et constituent des substances de transformation des matières pectiques. Chimiquement, ce sont di'S polysaccharides qui possèdent un pouvoir gonflant et s’étirent facilement. On les extrait par traitement à l’eau et on les précipite de la solution incolore par l’alcool. Ces substances sont utilisées en médecine pour le traitement des blessures externes et les affections des organes respiratoires. Dans la technique, ils peuvent remplacer les colles et l’amidon pour les encollages et les apprêts.
- Cires. — Ces produits sont à la fois voisins des gommes et des résines. Ce sont des éthers-sels où les acides gras ne sont pas, comme dans les huiles, combinés à la glycérine, mais bien avec des alcools supérieurs comme les alcools céty-lique, cérylique, myricylique. Ils contiennent en outre d’importantes quantités d’alcools libres, d’acides gras libres et d’hydrocarbures. Possédant des points de fusion élevés, les cires trouvent emploi dans la fabrication des bougies, des cirages, de la cire à modeler, des plaques de phonographe, des allumettes, des produits cosmétiques. On connaît les cires de Carnauba, de Candelila, du Japon.
- Sucres. — Ce sont des polvalcools Irès répandus dans le règne végétal. Il existe deux groupes, les mono- et les polysaccharides. Nous n’insistons pas sur l’importance de l’Industrie sucrière et de son annexe la distillerie d’alcool. Le sucre même est une matière première pour la fabrication de l’acide oxalique et de la glycérine de fermentation.
- Amidons. — Ce sont des substances hydrocarbonées se trouvant dans toutes les parties des plantes, et surtout dans les racines, tubercules et bulbes. On les transforme par hydrolyse en dextrine ou amidon soluble puis en glucose qui donne l’alcool par fermentation. Ils servent dans l’industrie textile pour les encollages et apprêts et dans la fabrication des colles.
- Vitamines. — Ce sont des substances mal définies chimiquement, qui existent dans toutes les parties des plantes et constituent un élément indispensable à l’alimentation. Ces corps, d’une constitution moléculaire complexe, semblent avoir des effets étonnants au point de vue physiologique, et l’élude en est poussée, dans les milieux scientifiques, avec une grande activité. On les trouve particulièrement dans les légumes verts, la carotte, Va tomate, le citron, etc. ; on peut les extraire du son, de la levure de bière. On en distingue plusieurs espèces, les vitamines À, facteurs de croissance, les vitamines B qui influencent les échanges de substances, les vitamines C, antiscorbutiques, les vitamines D, anlira-chitiques. Certains produits végétaux comme le son, la levure de bière, l’ergot de seigle contiennent des alcools à très haute molécule, les slérines, surtout 1 ’ergostérine qui, par irradiation à la lumière ultra-violette se transforment en vitamines. Les vitamines naturelles se forment dans les plantes, d’une manière identique, sous l’action des rayons ultraviolets du soleil.
- Alcaloïdes. —- Ce sont des bases azotées qui se trouvent dans certaines plantes, combinées avec des acides organiques ou des tanins. On connaît principalement les alcaloïdes de
- l’opium dans les papavéracées, et les alcaloïdes de la quinine dans les rubiaeées. On les met en liberté au moyen d’alcalis forts (lait de chaux, magnésie ou ammoniaque), et on les extrait à la vapeur d’eau. Us exercent une action physiologique spéciale, et constituent des toxiques souvent violents, dont on fait grand usage dans la thérapeutique.
- Huiles éthérées. — Comme leur nom l’indique, ce sont généralement des élliers-sels d’une odeur agréable. On les extrait par différentes méthodes : par distillation à la vapeur d’eau; par enfleurage, en agitant les fleurs sur des cires ou des graisses molles qui s’imprègnent du parfum que l’on extrait ensuite à l’alcool par macération, ou par extraction à l’éther ou au tétrachlorure de carbone, ou enfin simplement par pression. 11 en existe plus de mille sortes, utilisées en parfumerie et en savonnerie.
- Principes amers. — Ce sont des produits complexes qui contiennent à la fois des groupes hydroxylés et des groupes amidés. On décompose l’extrait de plantes par l’acétate de plomb qui met la substance amère en solution, tandis que les substances étrangères sont précipitées. On élimine le plomb par l’hydrogène sulfuré et on extrait, après filtrage, le principe amer par les solvants. On connaît particulièrement l’absinthe, l’anguslure, la lupuline du houblon. Ce sont avant tout des médicaments, mais ils servent également dans la fabrication des liqueurs et de la bière.
- Substances albuminoïdes. — Elles se trouvent en abondance dans les tissus cl les liquides végétaux, mais n’en sont extraites qu’occasionnellemenl. On peut les stabiliser dans les plantes au moyen d’acides, et on les sépare facilement, à l’aide de certaines bactéries, en acide acétique, acide carbonique et ammoniaque. Les enzymes ou diastases, très proches des albuminoïdes, exercent une action catalytique accentuée dans les phénomènes de fermentation. Cette action se fait par hydrolyse ou par synthèse, par oxyda-du lion ou réduction. On connaît surtout la mallase, ex Imite de l’orge germé, l’émulsinc de l’amande, l’inverline de la levure de bière, dont une partie peut transformer cent mille parties de sucre brut en sucre inverti. Certaines plantes, comme l’artichaut, contiennent des sucs enzymatiques ou chrymosine, qui ont la propriété de faire cailler le lait comme la présure.
- Colorants. — Ce sont des combinaisons cétoniques à réaction faiblement acide, qui ont la propriété de teindre la laine ou les fibres végétales, sur mordants métalliques, grâce aux groupes hydroxylés qu’ils contiennent. On connaît : le eampêehe, le bois jaune ou de Cuba, le bois rouge ou de Brésil, le quercitron, le curcuma. Depuis le développement inouï de la grande industrie des matières colorantes artificielles, ces substances ont vu leur importance considérablement réduite, mais elles trouvent encore des applications particulières pour lesquelles on n’a pu les remplacer. Certains de ces colorants cependant, comme la garance et l’indigo, ont pour ainsi dire complètement disparu devant les produits de synthèse. D’autres colorants naturels, comme le cachou, le gambier, le kino dérivant d’hydrocarbures aro-liques devraient plutôt se rattacher aux matières tannantes, mais ils contiennent des groupes chromophores qui en permettent l’application à la teinture.
- Nous n’avons pu signaler, dans cette énumération rapide, que les groupes principaux des produits que le règne végétal apporte à l’industrie chimique. La liste est loin d’être épuisée, 'l’outes les parties des plantes sont le siège de réactions d’une complexité incroyable. La science en a dévoilé et reconstitué une partie, mais les découvertes qui restent, à faire nous permettent d’espérer, pour l’avenir d’autres fructueuses révélations. Ern. Schmidt.
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- = L'AUTOMOBILE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES. CONSEILS PRATIQUES
- LE DÉVELOPPEMENT DE L'AUTOMOBILISME EN FRANCE
- Eu 1931, le nombre des voilures de tourisme neuves mises en circulation en France était de i55./|58; en 1985, il atteignait 1/11.812, et il est passé à 168.4 29 en 1986.
- Ainsi, malgré les difficultés de toutes sortes, le nombre des voitures neuves, ou nouvellement immatriculées, au cours de l’année dernière représente le chiffre le plus important des six dernières années, et dépasse de beaucoup celui de 1901, année relativement prospère. D’ailleurs, le nombre des voilures importées ne dépasse guère 6.000.
- Si l’on tient compte des exportations, la production totale française peut paraître satisfaisante également, pour les voilures de tourisme. Elle était de 173.979 en 1981 ; pour 1986, elle est de 18/t.234- Il n’en n’est, d’ailleurs, pas de même pour les camions, puisque la production, de 35.2x7 en 1981, est tombée à 2/1. io5 en 1986.
- Cependant la progression de la fabrication en France n’a nullement suivi le rythme de l’étranger, en particulier celui des États-Unis et de l’Allemagne.
- Pour les voitures d’occasion, la progression des ventes a été beaucoup moins forte; le nombre des immatriculations a été, en effet, de 33<).5o2 en 1936, contre 296.084 en 1933, et 331.865 en ig34, par exemple.
- LES PROGRÈS DES PISTONS EN ALUMINIUM
- Les pistons en aluminium sur les moteurs d’automobiles sont aujourd’hui préférés aux pistons en fonte ; ils ont l’avantage de la légèreté et d’une bonne conductibilité calorifique.
- Leur fabrication soulève de délicats problèmes, souvent peu connus des usagers.
- Lorsqu’on a commencé à remplacer la fonte par l’aluminium, on cherchait uniquement à réduire le poids en employant un alliage de plus faible densité, on ne s’est pas préoccupé, au début, de la forme du piston.
- Une difficulté grave s’est manifestée immédiatement; l’aluminium et ses alliages ont un coefficient de dilatation beaucoup plus élevé que la fonte, il est donc impossible de régler le diamètre d’un piston d’alumininm comme celui d’un piston de fonte, si l’on veut éviter le grippage à chaud, et, en tout cas, assui-er le graissage normal des parois du cylindre.
- Le maintien obligatoire d’un jeu supplémentaire à fi'oid cause un bruit de claquement gênant et entraîne des inconvénients mécaniques au bout d’un certain temps de service. De plus, lorsqu’on a voulu l'éduil’e au maximum la niasse de l’organe en mouvement, on a constaté des effets d’ovalisation du piston au cours de sa dilatation et une action correspondante nuisible sur le cylindre.
- On a donc été amené à modifier la forme, à réduire, en particulier, la surface de « la jupe » et à reporter souvent les portées de l’axe de bielle vers l’intérieur du piston.
- La diminution de surface de la jupe ne va pas, à son tour, sans inconvénients, puisqu’on diminue ainsi la surface par laquelle se dissipe la chaleur recueillie par la tête du piston au moment de l’explosion.
- Pour garder des jupes suffisamment longues et en com-
- penser la dilatation, on a été amené quelquefois à percer sur les jupes des fentes longitudinales, inclinées pour éviter de rayer le cylindre. Une première catégorie de pistons d’aluminium, de modèles, d’ailleurs, très variés, présente donc des jupes à fentes longitudinales ou transversales; on a même adopté des entailles circulaires profondes créant une séparation thermique assez nette entre la tête du piston et la jupe.
- Un autre type de solution est représenté par la construction bi-métallique, employant des gaines, des ITetles, des armatures d’acier. On trouve de nombreux modèles comportant ainsi une tête et un fond en alliage d’aluminium léger avec une jupe en fonte spéciale mince.
- Cette solution est d’une application très délicate, en raison de la nécessité de maintenir la libre dilatation de l’alliage léger.
- D’autres inventeurs ont cherché plutôt à diminuer réchauffement du piston et les effets qui en résultent, de manière à éviter, en partie, les inconvénients dus à la dilatation.
- De là, en particulier, l’emploi d’ailettes de refroidissement dans le fond intérieur du piston, et la recherche d’une meilleure répartition des masses, en étudiant le profil en rapport avec 1 ’alésage (piston Diatherm) ; en employant des combinaisons de surépaisseurs de fond et de jupe pour équilibrer les bossages et les bielles, en ce qui concerne les déformations par les dilatations, la forme du piston se maintient mieux à toute température. Cette solution a été adoptée, en particulier, pour les modèles de gros diamètre destinés aux moteurs de gi'ande puissance.
- Les pistons en alliage léger étaient fabriqués tout d’abord avec un alliage d’aluminium-cuivre à 12 pour 100 de cuivre, dont le coefficient de dilatation est relativement élevé ; l’apparition de l’alpax a constitué un grand pi’ogrès.
- La conductibilité calorifique de cet alliage est, en effet, de 0,88 au lieu de o,3i pour l’alliage pi'écédent, sa densité est de 2,62 au lieu de 2,97 et sa dilatation de 21,5 x io~6 au lieu de 28 x io-6.
- Les pistons en alpax sont donc très répandus ; les progrès de la technique des alliages légers ont fait naître de nouveaux alliages au silicium à coefficient de dilatation plus faible. L’alliage à 18 parties de silicium et 3 parties de cuivre n’a plus qu’un coefficient de dilatation de 19 x io-<i,
- Fig. 1. — Pistons bimétalliques.
- A, piston à jupes d’aluminium et bagues d’acier (Floquet) ; B, piston à tête d’aluminium et jupe d’acier (Sunbeam).
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- Position levée, (avant usage)
- Position baissée et inclinée, protection —— contre les phares de face et de côté
- Position baissée protection contre les rayons solaires
- Fig. 2. — Ecran anti-éhlouissant « Antilux » dans ses différentes positions.
- alors que celui de la fonte est de n x io-c ; on utilise également des alliages au magnésium, au manganèse, et même au nickel.
- LA RÉGLEMENTATION DES PHARES D AUTOMOBILE
- De nombreux usagers de l’automobile ne sont pas encore d’accord sur les avantages de l’éclairage des routes par les ampoules à lumière jaune que nous avons eu l’occasion d’étudier dans nos chroniques d’Automobile pratique.
- Cette question peut sans doute être toujours discutée du point de vue technique, mais ne peut plus être du point de vue légal, car les arrêtés récents, que trop d’automobilistes ignorent encore, ont réglementé l’équipement des phares d’automobiles avec une grande précision.
- Une série d’arrêtés remontant à plusieurs années ont tout d’abord fixé les caractéristiques imposées aux phares pour la circulation sur route pendant la nuit, mais sans préciser les modèles d’ampoules à incandescence à employer.
- La loi du i4 août iq3G a complété ces arrêtés, en interdisant l’importation et la vente en France des lampes pour projecteurs d’automobiles dont les caractéristiques ne seraient pas conformes à celles indiquées dans les arrêtés ministériels édictés en application du Code de la Route.
- Les lampes pour projecteurs d’automobiles ne peuvent
- Fig. 3. — L’Aéro-Camp.
- Tente-camping se plaçant sur le toit de l’automobile. Le grand modèle déployé.
- désormais être mises en vente que si elles portent une marque très apparente attestant leur conformité au type agréé.
- Un arrêté du 5 novembre ig36 a encore complété cette loi, en imposant à touLe voilure mise en circulation après le 1er avril 1907 l’obligation d’être munie exclusivement de lampes de phares rayonnant une lumière jaune, et conformes à un type agréé.
- Ainsi, à partir du 1e1' avril dernier, toutes les voitures neuves mises en circulation sont obligatoirement équipées avec des lampes de phares jaunes, et, d’ici au ier janvier 1989, toutes les automobiles en circulation devront se conformer à celle obligation.
- Les phares d’automobiles ne servent pas seulement pour l’éclairage sur route; on les utilise désormais pour l’avertissement lumineux dans les grandes villes, afin de remplacer les signaux sonores par des signaux lumineux; à chaque carrefour, par exemple, l’automobiliste au moyen d’un contact très bref de son interrupteur projette un « jet lumineux » signalant la présence de sa voiture; avertissement efficace pour les voitures qui vont croiser, et qui a l’avantage de ne pas troubler le sommeil des riverains.
- L’inconvénient de cette méthode apparaît lorsque la durée du signal lumineux est trop grande, soit parce que le commutateur d’éclairage ne permet pas une manœuvre assez rapide, soit parce que l’automobiliste allume son phare trop tôt avant le croisement. Il risque alors d’aveugler les conducteurs des voitures qui viennent en sens inverse, et cet éblouissement est fort dangereux.
- L’emploi d’un signal lumineux éblouissant en remplacement du signal sonore avertisseur proscrit expose, d’ailleurs, ['automobiliste dans les villes aux contraventions comme sur la roule.
- De là, l’habitude d’employer pour les signaux avertisseurs l’éclairage Code non éblouissant, mais beaucoup moins efficace, puisque la lumière projetée sur le sol est peu visible, alors que le pinceau lumineux projeté à hauteur des yeux attire immédiatement l’attention.
- Puisque les signaux sonores sont défendus dans les villes, le plus sage est donc de diminuer la vitesse dans les endroits dangereux.
- ÉCRAN ANTI-ÉBLOUISSANT PRATIQUE
- L’éblouissement, phénomène optique et physiologique, est très dangereux pour Je conducteur de voiture. Il peut être provoqué par le soleil ou par des phares mal réglés ; l’emploi d’un système anti-éblouissant est donc à peu près indispensable,, surtout l’été.
- En principe, il suffit de disposer sur le pare-brise, devant les yeux du conducteur, un écran coloré transparent arrêtant les rayons qui provoquent l’éblouissement, mais ne supprimant pas la visibilité. Pour que le système soit efficace, cet écran doit être facilement orientable, le conducteur peut alors s’en servir dans n’importe quelle circonstance.
- Voici un dispositif très simple, qui paraît présenter à cet égard de nombreux avantages. C’est un écran transparent rectangulaire, incassable, de teinte vert-bleu ou jaune, dont la monture se fixe immédiatement sur le pare-brise au moyen de ventouses en caoutchouc, à l’endroit désiré par le conducteur, et où la protection est la plus complète.
- De poids inférieur à 100 gr, il permet d’obtenir une adhérence absolue sur le pare-brise, et ne risque pas de tomber au moment de son emploi.
- Il présente l’avantage de pivoter autour d’un axe articulé et, en même temps, de pouvoir être incliné plus ou moins dans le plan vertical. L’inclinaison obtenue peut
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- orienter l’écran dans l’axe des phares de la voiture venant sur la gauche du conducteur et peut dégager un champ suffisant de visibilité sur la partie droite de la route; ce mouvement est limité, de façon qu’on ne puisse involontairement dépasser l’angle utile pour éviter l’éblouissement.
- Dans la position d’orientation médiane, l’écran étant horizontal, le visage du conducteur est protégé contre les rayons du soleil, et la visibilité est satisfaisante.
- Lorsque le conducteur risque d’être ébloui par les phares des voitures qu’il doit croiser, il fait pivoter l’écran sur son axe central ; un angle est découvert à droite ou à gauche, suivant que la direction de la voilure est à droite ou à gauche, et l’angle découvert laisse un champ de vue suffisant sur la route (fig. 2).
- Fig. 4. — L’Aéro-Camp.
- Modèle simplifié, à gauche, déployé ; à droite, replié.
- AUTO-CAMPING ORIGINAL
- L’auto-camping est de plus en plus en vogue.
- Le voyageur qui veut éviter les hôtels, leur confort et leur cuisine, doit adopter la tente ou la roulotte.
- La première solution est économique, mais elle exige quelques soins et quelques précautions. Les difficultés d’installa-lion sont variables suivant les terrains, si l’on veut établir un abri stable, quelles que soient les conditions atmosphériques. La tente doit être étanche et résister au vent, comme, d’ailleurs, aux insectes, par beau temps. Même l’été, les nuits sont fraîches, le froid et l’humidité ne doivent pas péné-Irer à l’intérieur par le sol et le tapis de sol.
- La remorque est sans doute plus confortable et d’un emploi plus facile, puisqu’elle est généralement non démontable. L’automobile doit cependant être assez spécialement équipée pour assurer la manœuvre aisée du double véhicule formé par la voiture et sa roulotte, surtout lorsque la roule est difficile et présente des virages accentués, en montagne par exemple ; au point de vue confort, elle constitue cependant l’idéal.
- Un constructeur a voulu combiner les avantages de bon marché et de mobilité de la tente avec les qualités de confort et de stabilité de la roulotte; l’appareil réalisé est, en quelque sorte, une chambre à coucher aérienne disposée sur le toit de la voilure couverte d’acier et protégeant un vrai lit à l’abri de l’humidité et des insectes.
- Replié, le dispositif a l’encombrement d’une malle de toit, et ne modifie que très légèrement la ligne de la voiture ; son poids varie, suivant le modèle, de 3o à 5o kgr, de sorte que la surcharge correspond à peine au poids d’un passager. Il est fixé à l’automobile au moyen de deux ou de quatre écrous seulement, de sorte qu’on peut l’hiver l’accrocher au plafond du garage, ou le poser dans une pièce de la maison où il sert de lit de secours.
- Deux modèles s’adaptent aisément sans percement sur toute voilure à carrosserie fermée.
- Le type normal pour conduite intérieure comporte un bâti profilé en acier reposant sur le toit en quatre points par interposition de larges cales de caoutchouc spongieux ; cette liaison élastique évite toute détérioration.
- L’appareil est retenu à l’avant par deux crochets tendeurs fixés au rebord de l’auvent, et, à l’arrière, par deux tirants accrochés au pare-chocs. Une planche en bois contreplaqué supporte un matelas pneumatique, les draps et couvertures;
- un couvercle formant toit recouvre hermétiquement l’ensemble.
- Une manivelle escamotable agit sur deux parallélogrammes déformables qui permettent l’élévation rapide du toit entraînant quatre parois de toile, on forme ainsi une chambre parfaitement close. Une fenêtre munie de moustiquaires et de rideaux assure l’aération ; une fermeture éclair permet de fermer la porte, et une échelle mobile rend facile .l’accès à cet abri mobile, éclairé par une ampoule électrique alimentée par les accumulateurs de la voiture.
- Une toile accrochée au toit, cl fixée au sol par deux piquets, permet, d’autre part, de former un auvent supplémentaire pour les repas, par exemple. A l’arrière, deux coffres contiennent, les ustensiles indispensables : réservoir d’eau, réchauds, marmites, couverts, etc. ; une seconde toile peut constituer une autre pièce entièrement close formant cuisine-cabinet de toilette.
- Un modèle plus simple ne dépasse pas le toit une fois replié, et se fixe seulement par deux tendeurs latéraux. Pour le montage à l’arrêt, il suffit d’étendre Je plancher. Une toile imperméable développée, tendue par trois arceaux, permet d’aménager une tente parfaitement étanche, soutenue par l’échelle d’ascension. Un matelas pneumatique est gonflé avec une pompe, ou le gonfleur d’auto, ou même avec son propre souffle.
- On peut aussi employer deux lits superposés, comme sur les couchettes de navire, ce qui permet d’une façon économique le camping à quatre. Un modèle extra-plat équipant directement une carrosserie spécialement étudiée, et con-
- Fig. fi. — Confection d’un collier de serrage avec une pince Ligarex.
- A. pose de la boucle ; B el C, confection du joint.
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- Raccord de gonflage
- Soupape de / sûreté
- V Filtre
- Manomètre à boîtier caoutchouc alvéolé
- Soupape de retenue
- Soupape
- inférieure
- Bouton de commande
- Raccord pneu gauche
- Raccord pneu droit
- Valve de raccordement 'du contrôlair
- Fig. G. •—• Le vérificateur de pression ou « Controlair » Técalé-mit et sa tuyauterie permettant de gonfler deux pneumatiques en une seule opération.
- slilunnl un véritable double toit mobile, presque invisible, forme ainsi un abri mobile, à la fois esthétique et pratique.
- LIGATURE SIMPLE
- Les colliers métalliques sont très souvent utilisés sur les moteurs d’automobiles pour les joints, le montage des tuyaux en caoutchouc, etc. On trouve des colliers tout préparés dans le commerce, mais il est facile de les faire soi-même avec des rubans métalliques qu’on coupe à la longueur voulue; ce travail est facilité par la pince ingénieuse représentée sur la figure 5.
- On coupe une bande métallique pouvant faire deux fois le tour de la partie à ligaturer, en ménageant une longueur supplémentaire de l’ordre de G cm, et, à l’extrémité de cette bande, on accroche une boucle toute préparée, comme on le voit en A en pliant la bande sur 3 cm environ.
- On enroule la bande autour de la partie à ligaturer, en passant deux fois son extrémité dans la boucle, puis on prend la pince, et on écarte les leviers ; on engage d’abord la bande dans la fente étroite de l’outil, et ensuite le crochet dans le cran de la boucle (11g. 5, B).
- On tend la ligature en rapprochant avec force les poignées
- entre elles, et en
- Fig. 7. — Système de lavage rapide ® usinant que la pour carrosserie. bande glisse bien
- dans la boucle. On maintient ce serrage intégralement, en rabattant 1 ’ensem ble de l’outil qui doit alors couder la bande sur la boucle (fig- 5, C).
- On écarte ensuite les leviers pour dégager la pince de la
- ligature, et, si Je serrage est insuffisant à la suite d’une première manœuvre, on peut reprendre la bande à i cm de la boucle, et continuer le serrage de la ligature.
- Il suffit de couper Je plus court possible l’extrémité de la bande et de Unir de la rabattre.
- On peut .remonter le collier tout aussi facilement et ligaturer de même avec un lil métallique, au lieu d’employer une bande d’acier galvanisé.
- CONTROLEUR PERFECTIONNÉ DE GONFLAGE DES PNEUMATIQUES
- Avec des pneumatiques à basse pression, le contrôle périodique et précis du degré de gonflage des pneumatiques est, nécessaire, quel que soit Je mode de gonflement employé.
- Voici un nouvel appareil de gonflement qui permet la commande du gonflage, du dégonflage, ou la vérification de la pression de l’air dans la chambre en appuyant simplement sur un seul boulon.
- Branché directement sur un réservoir d’air comprimé, il supprime la manœuvre du robinet d’ouverture ou de fermeture, puisqu’il en fait lui-même office; enfin, il est muni d’un séparateur d’huile qui absorbe les vapeurs nocives pour le caoutchouc, et envoie dans les pneumatiques de l’air absolument pur.
- Comme on le voit sur la coupe de la figure 6, c’est un système à quatre ajutages commandés par la manœuvre d’un bouton à pression qui agit sur des soupapes intérieures.
- Pour se servir de l’appareil, on amène le tuyau près de la voilure et on branche le raccord sur la valve ; dans cette position, et sans appuyer sur le bouton de commande, on lit la pression sur le manomètre. Si le pneumatique est trop gonflé, il suffit d’appuyer légèrement sur le bouton île commande pour obtenir l’évacuation de l’air en excédent. Pour le gonflage, au contraire, on appuie à fond sur le bouton, ce qui relie la source d’air comprimé du raccord de gonflage ; une soupape de sûreté évite, d’ailleurs, tout danger.
- Le manomètre, protégé par un boîtier de caoutchouc amortisseur contre les chocs, est placé en dehors du circuit de gonflage, ce qui évite toute détérioration par surpression. Une tuyauterie double supplémentaire permet, d’ailleurs, de gonfler et d’équilibrer en même temps les deux pneumatiques avant ou arrière, en une seule opération.
- POUR POLIR LES CARROSSERIES
- Le polissage des carrosseries à peinture cellulosique s’effectue au moyen d’un tampon de laine ou de coton hydrophile imbibés d’une solution spéciale qu’on trouve facilement dans le commerce.
- On peut faciliter celle opération, la rendre plus rapide et moins fatigante en adaptant sur l’arbre du moteur d’un petit ventilateur électrique, à la place du ventilateur, un disque en bois recouvert de 4 à 5 couches d’un tissu de coton ou île flanelle. Un bon résultat est ainsi obtenu très rapidement.
- POUR LAVER RAPIDEMENT UNE VOITURE
- Malgré l'emploi des peintures cellulosiques, le lavage à l’eau avant l’essuyage à la peau de chamois constitue toujours l’opération nécessaire.
- Le meilleur résultat est obtenu sans risque de détérioration en entourant l’embouchure en cuivre d’un jet d’arrosage
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- avec une éponge ordinaire assez grosse, dans laquelle on a préalablement établi un évidement cylindrique, de diamètre correspondant à celui du jet. On ne risque plus les projections d’eau gênantes et on évite d’introduire de l’eau à l’intérieur du moteur ou de la carrosserie (fig. 7).
- TROUSSE DE FORTUNE
- Il est toujours bon de prendre des précautions en vue d’une réparation éventuelle des pneumatiques, et, en particulier, il faut songer aux défauts possibles des valves.
- On emportera donc toujours dans sa voiture quelques pièces de rechange de cet accessoire indispensable. Il est commode de les placer dans un évidement pratiqué dans la poignée en bois de la pompe (fig. 8), qui sera fermé en temps ordinaire, au moyen d’un simple bouchon de liège.
- RÉPARATION DE FORTUNE D'UNE TÊTE D'ALLUMAGE
- Les têtes de distribution des systèmes d’allumage a induction sont fabriquées en matières moulées isolantes, mais il peut se produire des fentes ou des défauts d’isolement dans la masse de la pièce. Des effluves et des étincelles jaillissent alors entre le plot central et les plots périphériques de distribution ; l’allumage s’effectue irrégulièrement, et il peut en résulter une véritable panne.
- Si cet accident se pi’oduil sur la roule, et qu’on n’ait pas sous la main une pièce de rechange, on peut tout d’abord tenter une réparation de fortune.
- On nettoie soigneusement la surface intérieure à l’aide d’un couteau ou de l’extrémité de la lame d’un tournevis et l’on dépose sur la surface, à l’endroit du défaut d’isolement, une très légère couche d’huile épaisse qui sert d’isolant de fortune. On pourra ainsi, tout au moins, terminer l’étape.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Contrôleur de pression : Établissements Técalémit, 18, rue Brunei, Paris (17e).
- Ecran Antilux, 3, rue Babie, Meudon (S.-et-O.).
- Ligature Ligarex, 3g, rue d’Artlielon, Meudon (S.-et-O.).
- Auto-Camping : Aéro-Camp., 20, rue Gide, Levallois-Perret (Seine).
- 11 / .1 Manche de la pompe dégonflage des pneu-
- V<w / màt/gues
- rS
- I Pièces de
- §§fP rechange
- ifljj pour les
- •S s®1 valves de
- chambre à air
- Fig. 8. — Étui pour pièces de rechange des valves.
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 juin 1937.
- L’acide ascorbique dans la végétation. — La
- réduction de l’acide nitrique dans les végétaux passe par les stades : acide nitreux, hydroxylamine, ammoniaque. MM. Lemoigne, Monguillon et Desveaux se sont attachés à l’élude de la transformation de l’acide nitreux en hydroxy-lamine. Ils remarquent que certaines plantes, le lilas en particulier, sont particulièrement aptes à réaliser cette réduction ; elles réduisent les nitrites avec une vitesse supérieure à celle de leur formation. Leurs jus se prêtent donc à l’étude de celle transformation. Le jus de lilas ajouté à une solution de nitrites provoque la disparition immédiate de 60 pour 100 de ceux-ci, le surplus est lentement transformé. Le phénomène de disparition immédiate persiste si le jus est, soit déféqué par le sous-acétate de plomb, soit porté à l’ébullition, il est donc certain qu’il s’agit d’une réaction chimique due à un composé contenu dans le jus. Les auteurs l’identifient avec l’acide ascorbique dont la présence dans les feuilles est constante. Le rôle de l’acide ascorbique dans la formation des composés azotés végétaux est donc très important.
- Séance du 21 juin 1937.
- La fragilité de revenu des aciers. — MM. Guillet et Ballay ont étudié l’influence de la température et de la durée du chauffage de revenu des aciers sur leur dureté et leur fragilité. Les courbes de résilience en fonction de la température de revenu montrent deux minima vers ioo°
- et, 35o°. Le revenu vers ioo° augmente la fragilité par suite de la décomposition de l’austénite résiduelle ; la dureté est, en général, un peu augementée. Au delà de ioo° la résilience augmente avec le revenu, c’est le traitement classique entre :>oo° et 260°. Vers 35o° on observe une chute de la résilience dont l’origine est inconnue. A des températures plus élevées, le revenu provoque une nouvelle augmentation de la résilience, à condition que le traitement soit rapide; par une chauffe prolongée la fragilité reparaît (maladie de Krupp) sans que la dureté augmente. Cependant pour certains aciers de nitruration (chrome, nickel, aluminium, molybdène), I l baisse de résilience est accompagnée d’un durcissement important, sans doute par formation d’un composé d’aluminium et de nickel.
- L’iode et le rachitisme. — Le rachitisme expérimental du rat est facilement provoqué par l’obscurité, la carence de vitamine D et un déséquilibre du rapport Ca/P en faveur du calcium. M. Lecoq montre que si on ajoute à la ration des animaux présentant ainsi des lésions osseuses caractéristiques, o,4 pour 100 d’iode, soit sous forme libre, soit sous celle d’iodures ou d’iodates, ou même dissimulé dans des combinaisons organiques, la guérison est de règle sans que les doses utilisées approchent de celles qui peuvent être toxiques. L’iode a donc une réelle action antirachitique, soit à l’état libre, soit à l’état combiné. Cette action peut donner des erreurs dans l’estimation de la valeur antirachitique du rapport Ga/P lorsque l’iode n’est pas absent.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Précis de physique, par G. Simon et A. Dognon. 1 vol. in-16, 1.079 p., 830 fig. Collection du P. C. B. Masson et Ci0, Paris, 1937. Prix : relié, 100 francs.
- La transformation du P. C. N. en P. C. B., jointe aux modifications récentes des programmes de l’enseignement secondaire, a nécessité de nouveaux précis pour les élèves des cours d’introduction à la médecine et de préparation à la licence. Cette collection marque ces nouvelles tendances et fournit tout l’enseignement théorique nécessaire. Déjà, le petit livre magistral de M. Brillouin avait donné les notions élémentaires de mathématiques pour les sciences expérimentales. Le précis de physique, dû à la collaboration de deux professeurs de physique, l’un de faculté des sciences, l’autre de faculté de médecine, part des mêmes mathématiques : notions de calcul différentiel et intégral et éléments du calcul des prohabilités, puisque la physique doit être une simplification et une mathématisation du réel. Ensuite, selon un ordre didactique nouveau on trouve traitées l’énergie mécanique, à partir de la théorie newtonienne, l’hydrostatique, y compris la capillarité et la tension superficielle, la dynamique des fluides et la viscosité, les mouvements vibratoires et l’acoustique. La deuxième partie concerne l’énergie thermique et donne les notions de thermodynamique indispensables à l'étude chimique et biologique. Les théories moléculaires groupent ensuite les propriétés des gaz et conduisent à la microphysique. Celle-ci comporte l’électricité statique jusques eL y compris l’électron, l’énergie électrique et les courants ; l’énergie rayonnante groupe les données de l’infra-rouge lointain aux rayons X pénétrants en passant par la lumière, l’optique physique et géométrique, les spectres, l’émission et l’absorption, les interférences. Enfin l’ouvrage se termine par l’étude de la radio-activité, liée aux autres connaissances physiques antérieures et s’ouvrant vers l’inconnu. On goûte fort ce classement nouveau des matières qui lie rationnellement les données anciennes, trop séparées dans les exposées classiques et conduit progressivement aux idées les plus récentes sur la constitution et les propriétés de la matière.
- Pression osmotique. L Partie expérimentale, par J. Duclaux. 1 vol. in-8, 05 p., 35 flg. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris 1930. Prix : 18 francs.
- ltevue des observations des biologistes et des physico-chimistes, des mesures fondamentales et des mesures occasionnelles réalisées par des méthodes diverses, pour aboutir à la conclusion que la théorie de van’t lloff, bien que vraisemblable et appuyée par d’autres données théoriques, mériterait une démonstration expérimentale directe et précise.
- Quelques idées actuelles sur la structure des métaux et des alliages, par S. Goldsztaub. 1 broch. in-8, 40 p., 18 flg. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 12 francs.
- Exposé de l’essai de Hume-ïtothery pour relier la structure des métaux et des alliages à leurs propriétés. La structure cristalline, aujourd’hui connue par les rayons X, est en rapport avec le nombre des électrons de valence. C’est un premier pas, plein d’avenir, vers la prévision théorique des différences de propriétés physico-chimiques.
- L’acide ascorbique dans les tissus et sa détection,
- par A. Giroud et C. P. Leblond. 1 broch. in-8, 47 p., 0 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 15 francs.
- L’acide ascorbique, c’est la vitamine C ou antiscorbutique. . On sait aujourd’hui le détecter dans les cellules grâce à une réaction imaginée par les auteurs de cette monographie. Ils donnent les résultats de leurs recherches et en dégagent les conclusions : localisation très précise, variations physiologique et pathologiques, révélation d’autres actions complexes.
- Précis de biologie végétale, par A. Guilliermond et C. Magenot. 1 vol. in-10, 1.072 p., 593 fig., 1 pl. en couleurs.
- Collection du P. C. B. Masson et Cie, Paris, 1937. Prix : relié,
- 100 francs.
- La récente modification des programmes de l’enseignement du P. C. N. des Facultés des Sciences, préparatoire aux études de médecine et de l’enseignement supérieur a obligé à modifier les manuels classiques que tous les étudiants ont connus. Cela nous vaut une série de nouveaux précis magistraux dont certains sont déjà parus : notions élémentaires de mathématiques, par Brillouin, chimie par Tian et Biche, biologie animale par Aron et Grassé, et dont les deux derniers sortent des presses : physique, par Simon et Dognon, biologie végétale, par Guilliermond et Mangenot. Cela fait un ensemble précieux, clair, bien à jour, dont profiteront nçn seulement les jeunes P. C. B. mais aussi les étudiants de licence. L’esprit de la réforme a été d’alléger beaucoup les détails, notamment les classifications systématiques, et de développer les notions fondamentales, riches de conséquences, acquises récemment et dont la compréhension peut donner le fil conducteur des études et des recherches d’aujourd’hui.
- C’est ainsi que la botanique est devenue biologie végétale, que l’étude des ordres, des familles, a disparu pour faire une large place à la cytologie, à la physiologie, à la biologie. Les deux auteurs, le maître et l’élève, enseignent tous deux ces matières et connaissent bien les besoins des _étudiants. Aussi ont-ils su choisir très heureusement ce qu’il fallait alléger ou développer.
- La première partie traite de l’organisation des végétaux : cellule, modes d’études, constituants, multiplication, différenciation, tissus. La deuxième est consacrée au fonctionnement : mécanismes, conditions nécessaires, eau, éléments chimiques, milieux thermiques et lumineux, métabolisme, parasitisme et symbiose, croissance, mouvements. La troisième étudie la reproduction asexuelle et. sexuelle, l’hérédité, l’évolution. La quatrième examine les micro-organismes : bactéries et champignons, si importants en médecine, tandis que la classification du règne végétal est traitée en abrégé dans un simple appendice, peut-être un peu sommaire pour donner une idée de la diversité des formes et des modes de vie.
- L’élève acquerra une vue -synthétique très poussée et très ordonnée des grands problèmes biologiques et cet excellent précis sera le manuel, le guide des jeunes générations imbues de généralisations.
- La féerie du microscope, par Marcel Roland. 1 vol. in-16,
- 2üü p., 2 pl. Mercure de France, Paris, 1937. Prix : 15 francs.
- L’auteur nous invite à nous pencher, à méditer sur les immensités d’une goutte d’eau. Tout lui est bon, l’humble mare cachée dans les bois, un vase de fleurs, une flaque, uiie gouttière engorgée. Il montre la faune prodigieuse qui y fourmille, le peuple pittoresque des Infusoires, les étonnants Rotil'ères, l’orgueilleuse Amibe, les Volvox, première manifestation du communisme, les Diatomées, admirable expression de l’éternelle beauté du monde. 11 fait voir en ces profondeurs de la vie le relatif de notre condition.humaine, et que nous n’avons rien inventé : amour, guerre, ruse, férocité, résistance ou ingénieuse adaptation aux forces obscures. En sorte que le tout-petit donne de très grandes leçons. La Féerie du Microscope procurera aux amis de la nature autant de joies que les précédents ouvrages de Marcel Roland.
- L’homme et le climat, par André Missenard. 1 vol. in-10,
- 270 p. Plon, Paris, 1937.
- Quelles influences les divers éléments du climat exercent-ils sur l’homme et quels seraient les desiderata des climats artificiels, du conditionnement de l’air, de la climatisation if L’auteur passe en revue tous les facteurs : froid, chaud, humidité, pression atmosphérique, lumière, champ électrique, ionisation, et même astres et rayons cosmiques ; pour chacun, il rappelle les écarts et les variations naturelles, les effets observés par des physiologistes et des médecins. Puis il cherche l’influence du climat sur l’activité humaine, Ja vie sexuelle et la reproduction, le système nerveux et le psychisme et même la morale sociale et la vie économique. Cela le conduit aux climats artificiels, modifiés systématiquement par l’homme et il s’élève contre les tendances actuelles à réaliser le confort d’une manière désordonnée. Le livre est fort intéressant à lire et pose de multiples problèmes qui restent malheureusement sans éléments directeurs et sans coordination.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La sixième comète de 1937.
- M. F. Baldet, astronome à l’Observatoire de Meudon, vient de donner dans les Circulaires nos 94, 9& et 96 du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France des indications sur la nouvelle comète découverte à Zurich, le 4 juillet dernier, par le professeur Finsler. Cette comète est la sixième que l’on découvre cette année et a été inscrite sous la dénomination provisoire 1937 /.
- Au moment de sa découverte, elle était située près de l'étoile variable Algol ((3 Persée), à la position suivante :
- Mouvement en 24 heures
- Ascen- En ascen- En dé-
- Heure sion Déclinai- sion clinai-Date (T. LJ.) droite son droite son
- 1937 juillet 4 o,13am.C 3**6,1J, 1 -j- 38ll27, 4- o“48s -f- o°3f/
- Magnitude : 7m,o. La comète apparaissait alors comme un objet, diffus, sans condensation centrale ni noyau.
- Une première orbite a été calculée par M. .lens P. Moller, à l’aide de trois observations faites les 4 et 5 juillet, à Copenhague et, le 7 juillet à Barcelone. Voici les déments de cette orbite provisoire (d’après la « Circulaire » n° 064 de l’Union astronomique internationale) :
- Date du passage au périhélie. T = 1937 août 12,4 (T. U.)
- Périhélie moins nœud. . . m = ii6°3G/ ,
- Longitude du nœud ascen- ( „
- dant...................& = 6i°53/ l I(P7’°
- Inclinaison............... i — i48°24/ '
- Distance périhélie . . . . ' (J - o,856 U. A.
- L’éphéméride calculée d’après cette orbite montre que la comète traversait la constellation de Persée. Le 6 juillet, elle était près de m Persée; le 10 juillet, près de l’étoile 12 Persée; le i4 juillet, un peu à l’Est de 36 Persée; le 18 juillet, à 20 environ au Nord-Ouest de a Persée et le 22 juillet, à mi-distance des étoiles 3a B. et i5 B. de la Girafe. La comète se rapproche à la fois du Soleil et de la Terre, elle augmente d’éclat et sera visible à l’œil nu. Le nouvel astre a été observé photographiquement à l’Observatoire Flammarion de Juvisy, par Mme Flammarion et M. Quénisset, et à l’Observatoire de Meudon, par M. Baldet. Les observations ont révélé que la comète, le 6 juillet, à ih, était de la magnitude 6,5 environ, avec une tête sensiblement ronde, de 5' à (V de diamètre et une queue line, faible, rectiligne, de i° environ de longueur. Pas de noyau stellaire visible dans la lunette-guide. Des spectres ont été obtenus à Meudon, au prisme-objectif, les 6 et 9 juillet.
- Au moment de mettre ce numéro sous presse nous parvient une éphéméride plus étendue des positions de la comète Finsler. Celle-ci, très probablement sera visible à l’œil nu, non loin du pôle, à partir des premiers jours d’août,. Voici quelques positions où on pourra la chercher :
- Date o\ T. U.) Ascension droite Déclinaison
- Août 7 nh38m,6 + 72°i5/
- — 11 i3h 5m,2 + 56°54'
- — i5 i3h36m,i + 4I024,
- — 19 i3h5om,5 + 28°42'
- 23 i3h58m,6 + 190 of
- D’après les photographies prises par M. Baldet, à l’Observatoire de Meudon, elle montrait une queue fine, à structure filamenteuse, de 3° de longueur. Em. Touchet.
- NÉCROLOGIE G. Marconi.
- Le créateur de la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi, vient de mourir subitement le 20 juillet 1937, à Rome.
- G. Marconi est né à Griffone, près de Bologne le 26 avril 1874 d’un père Italien et d’une mère Irlandaise. Il fit ses études supérieures à l’Université de Bologne où il fut l’élève du physicien Righi. Au premier rang des questions neuves qui passionnaient les physiciens de l’époque figurait la découverte des ondes électromagnétiques se propageant dans l’espace avec la vitesse de la lumière. C’est au physicien allemand Hertz que l’on devait cette confirmation de la théorie électromagnétique de la lumière formulée par Maxwell. Le professeur Branly, en particulier, avait étudié, en 1890, les propriétés de ces ondes et créé le célèbre détecteur à limaille,
- Fi y. 1. — G. Marconi (1874-1937) (Photo Boyer).
- perfectionné ensuite par le physicien anglais Lodge. Un Busse, Popoff avait utilisé le détecteur pour signaler l’approche des orages. Lodge l’avait employé pour détecter à distance des phénomènes comme le fonctionnement d’une sonnerie. Mais il était réservé au jeune étudiant de Bologne d’être le premier à entrevoir dans les ondes hertziennes un support pour les messages télégraphiques; et surtout d’être le premier à faire de cette conception une réalité.
- En 1895, à peine âgé de 21 ans, il se livre à de premiers essais dans son jardin et il acquiert la conviction que son rê ve est réalisable. Nul n’étant prophète en son pays, c’est en Angleterre que le jeune homme trouva accueil favorable auprès du Directeur du Service des Postes. Des essais entre Vimereux et Douvres, par-dessus la Manche, démontrèrent la justesse des vues de Marconi. Sa première installation comprenait, à l’émission un oscillateur de Hertz inséré dans une antenne mise à la terre et à la réception un cohéreur muni d’un frappeur également inséré dans une antenne
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- mise à la terre. Ce dispositif, breveté en 1896, permit d’envoyer les télégrammes très clairement reçus, malgré l’inexpérience de Marconi comme manipulateur d’appareil Morse.
- On sait que l’un des premiers télégrammes ainsi émis était un hommage du jeune inventeur au professeur Branly, témoignage qui fait autant honneur à son auteur qu’à son destinataire.
- Avec une extraordinaire activité qui ne s’est jamais démentie au cours de son existence, Marconi se consacra immédiatement à la mise en valeur pratique de son invention ; il apporta de nombreuses et importantes contributions à ses progrès techniques : citons entre autres les dispositifs de réflecteurs à l’émission et à la réception qui figuraient déjà dans son brevet de 1896 et qui ont trouvé leur emploi plus tai'd lors de l’avènement industriel des ondes courtes; l’invention fondamentale de la séparation du circuit oscillant et de l’antenne à l’émission avec couplage lâche; l’accord du circuit d’antenne sur la fréquence propre; l'invention d’un détecteur magnétique permettant la réception au son ; de nombreuses améliorations aux antennes et aux éclateurs; et enfin dans ses dernières années des travaux de très grande importance sur les ondes courtes et les réflecteurs.
- Ce bref résumé montre combien fut féconde la carrière de savant, d’inventeur et de technicien de Marconi.
- Mais son activité ne se borna pas là. Au tur et à mesure que la technique progressait, en grande partie grâce à lui* et que la portée des émissions augmentait, Marconi développait également l’organisation commerciale des radio-com-munications. 11 était à la tète d’un groupement de sociétés qui a tendu sur le monde entier un réseau serré de communications hertziennes. O11 sait le rôle que jouent aujourd’hui ces communications dans la vie des peuples.
- L’humanité doit au génie de Marconi ce nouveau moyen d’échange de la pensée, et à son énergique impulsion son introduction si rapide dans la pratique.
- MÉTALLURGIE
- La médaille Ressemer 1937 au Colonel Belaiew.
- Dans sa séance solennelle du 29 avril 1907, l’Iron and Steel Institute de Londres remit sa médaille d’or Henry Bes-semer à deux personnalités métallurgiques de premier plan : M. Aloyse Meyer et le Colonel N. T. Belaiew.
- Si M. Aloyse Meyer est un des plus grands représentants de l’industrie métallurgique luxembourgeoise et le président du Cartel de l’Acier, le Colonel N. T. Belaiew représente la
- science métallurgique la plus pure.
- On sait que la médaille Bessemer, créée il y a plus de soixante ans, est attribuée chaque année à un savant ou un grand industriel qui, par ses découvertes, a apporté la plus importante contribution à la sidérurgie. Aussi dans le palmarès des lauréats peut-on voir les plus grands noms de la métallurgie mondiale. En
- particulier, pour la France, cette médaille a été attribuée à des savants comme Floris Osmond, le créateur de la métallographie ; Pierre Martin, l’inventeur du procédé de fabrication de l’acier sur sole, qui porte son nom; Henri Le Chatclier, l’immortel créateur des équilibres chimiques et le maître de tous les mélallographes ; Alexandre Poureel, Charles F rémont, Albert Portevin. On trouve également les noms de grands industriels comme Henri Schneider et Henri de Wendel. A ces noms illustres s’ajoute celui du Colonel N. T. Belaiew.
- Dès ’sa sortie de l’Académie d’Artillerie Michel, de Saint-, Pétersbourg, le jeune Belaiew est remarqué par son maître Tschernoff, qui lui ouvre son laboratoire pour l’étude des grands cristaux trouvés dans les lingots et qui portent son nom. Sa thèse soutenue en 1910 constitue le programme de recherches de sa vie. Cette thèse « Sur la cristallisation des métaux » donne pour la première fois les définitions précises de la cristallisation primaire et secondaire admise à l’heure actuelle. Dans cette thèse 011 trouve également les premiers essais sur la structure de Widmanstaelten. cause de la fragilité des aciers surchauffés, considérée uniquement jusqu’alors, comme la structure des fers météoriques. Pour être complets, ajoutons que ses études sur l’acier de Damas datent de celte époque. L’Académie Michel lui confie la chaire de chimie générale.
- C’est vers cette époque (1910-1912) que le nom de Henri Le Chatelier attire en Sorbonne toute une pléiade de jeunes chercheurs étrangers qui viennent s’initier à la nouvelle science : la métallographie. Le Colonel Belaiew a donné ses impressions du premier contact avec le maître dans un récent article de la Revue de Métallurgie (1). Il passe un an dans les laboratoires de la Sorbonne, où il noue les plus solides amitiés non seulement avec le maître, mais aussi avec ses jeunes collègues, comme : Guichard, professeur à la Sorbonne, Jolibois, Dupuy, liackspill, Oswald.
- Dès son retour en Russie, il reprend ses importants travaux mélallograpbiques et le premier il obtient des micrographies à très forts grossissements qui font l’admiration des spécialistes. Au début de la guerre, le Colonel N. T. Belaiew est réformé pour blessures et envoyé en mission spéciale à Londres pour présider avec l’autorité d’un militaire et d’un savant le Comité d’Armement et de Munitions. La révolution russe l’oblige à rester en Angleterre où il publie toute une série de mémoires sur les constituants de l’acier, en particulier sur la perlite et la troostite. Il explique d’abord la nature lamellaire de la troostite, grâce à ses observations poussées; il précise l’influence des traitements thermiques sur la nature de ces constituants lamellaires.
- En 1928 on publie à Londres ses conférences à l’École des Mines de Londres sur la cristallisation des métaux ; cet ouvrage a été traduit dans les principales langues (2).
- Le Colonel Belaiew est aussi connu des archéologues et travaux sur la métrologie élamite font autorité.
- Depuis 1981, le nouveau lauréat est installé , en France. L’Institut de Soudure autogène lui a ouvert ses portes. C’est dans ce centre de recherches, entouré de nombreux amis, qu’il poursuit ses éludes, entre autres sur les cubes de la ferrite et la cristallisation mosaïque.
- Le Colonel Belaiew évoque avec émotion le souvenir de son premier maître, le professeur Tschernoff; il continue la lignée des grands métallurgistes français puisqu’il appartient à l’école de Floris Osmond et de Le Chatelier.
- D. S.
- 1. Revue de Métallurgie, numéro spécial, janvier 1937, p. 133.
- 2. La cristallisation des métaux, avec une préface de Henri Le Chatelier, éditée par l’Institut de Soudure autogène, 32, boulevard de la Chapelle, Paris (18e).
- Fig. 2. — Le Colonel Belaiew.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Construire une chambre ou boîte photographique 13 x 18 ou 18 x 24 destinée à la reproduction des dessins ou documents.
- l’oint n’est. besoin d’être ébéniste ou lin menuisier pour exécuter cet te chambre ; mais il s’agit, de travailler d’une certaine, façon si on ne dispose que de capacités manuelles tout, à fait ordinaires, l’as d'ajustages savants exigeant des qualités de métier. De simples juxtapositions faites avec du bois bien .sec. De petites équerres métalliques joindront les diverses planches aux angles. Des jo'nts également métalliques et vissés réuniront, les planches côte à côte entre elles. Enfin, les jonctions qui pourraient laisser passer le moindre soupçon de lumière seront obturées linement à la cire.
- Cette boîte doit être utilisée dans une pièce où règne le noir absolu. Celte condition est indispensable à son bon fonctionnement.
- La boîte doit, être stable, être mise à demeure sur une table ou un support quelconque (cela pour le sens vertical). Ce sont les documents à photographier qu’il faut pouvoir mettre à bonne hauteur et en place définitive. Il faut pouvoir également les éclairer tout autour électriquement. Des lampes électriques ordinaires d‘appariement suffisent, mais il ne faut pas qu’elles soient dans le champ photographique. La table ou support soutenant la boîte photographique peut, dans le sens horizontal, avancer ou reculer.
- Supposons, pour la clarté de notre description, que le formai, i3 x x8 ait, été choisi, il faudra qu’une plaque de ce format soit bien à l’aise sur un support, intérieur i de la boîte, que celte plaque puisse être mise dans un sens ou dans l’autre (la grande dimension dans le sens vertical ou dans le sens horizontal). 11 faudra donner à la boîte environ o m 35 dans le sens de la hauteur et, dans le sens de, la largeur, cela extérieurement. La longueur sera de 5o cm extérieurement aussi. Cela nous permet de déterminer les dimensions à donner à notre planche de base a; elle sera un tantinet plus grande o m Go x o m /|5, et, a cm i/a d’épaisseur.
- A moins d'avoir une. vieille planche à dessin solide et, bien plane — -chose fréquente chez un technicien — planche qui devrait, avoir à peu près les dimensions dont, nous parlons plus haut, il faudra nécessairement rapprocher l’une de l’autre deux planches issues du commerce. Les joints métalliques dont nous avons parlé interviennent ici. Ce sont, des fers plats pouvant avoir 3 mm d’épaisseur et 3 cm environ de large. Leur longueur serait un peu inférieure à la largeur totale de la planche de base. La figure D nous montre Lun de ces fers reliant deux planches. On les noie dans le bois que l’on entaille exactement à la dimension du fer. Quatre vis relativement fortes et courtes sont ajoutées. 11 ne faut, pas que les têtes des vis dépassent. La base exige trois fers de ce genre bien répartis sur la longueur.
- Notre planche de base ainsi faite, bien lissée au papier de verre lin, est fixée sur son support à l’aide de quatre vis fortes à tête ronde et large formant tire-fond (3). On voit même, ajoutées sous la tête de ces vis, des petits rectangles
- métalliques. Ils répartissent l’effort de serrage sur une plus grande surface et garantissent le bois de la forte morsure de, la vis.
- La boîte, proprement, dite est, faite de cinq parois : une plaque peu épaisse d’acier ou d’aluminium 8. Cette plaque avant, une arrière, une droite, une gauche et une au-dessus.
- La paroi de devant est faite d’une planche de a cm environ d’épaisseur (4). Cette planche est munie à l’avant de pièces de bois 5, 5 vissées horizontalement et ayant chacune une glissière 6 permettant la mise en place d’un porte-objectif i3 x 18 ordinaire du commerce. 11 faut donc qne les dimensions de ces glissières soient semblables à celles des chambres noires i3 x 18 pour que le glissement du porte-objectif soit parfait. 11 y a à 7 un trou dans le bois, c’est pour le passage des rayons lumineux obéissant aux lois de l’optique.
- A l’arrière de la boîte, il n’y a pas de planche, mais une
- plaque peu épaisse d’acier ou d’aluminium 8. Cette plaque se lève et s’abaisse. A droite et à gauche elle glisse dans deux rainures des planches latérales 10, 10. Sur la planche de base la plaque 8 pénètre également dans une rainure 11. En haut, un morceau de bois 9, dans lequel la plaque 8 est enfoncée serrée, vient s’appuyer sur les planches du haut et des côtés, fermant ainsi tout passage à la lumière.
- Les autres planches fermant la boîte n’ont de particulier que la présence, sur la paroi de gauche (à gauche en regardant l’objectif) d’une seconde plaque fonctionnant absolument comme celle d’arrière. En effet, le bois 12 ressemble à 9 et obture la lumière de même façon. La plaque 13 glisse dans deux rainures latérales 15, puis pénètre en bas dans la rainure ld. La rainure ld se trouve dans la planche 2 de base et les rainures 15 dans les morceaux de paroi 16. Une particularité de la planche du haut doit être également notée : cette planche a un évidement à 17 sur une longueur légèrement inférieure à celle de la plaque 13. Elle est égale-lement entaillée pour permettre le passage de la plaque 8, laquelle plaque, nous l’avons vu, glisse également dans les deux rainures 10.
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- Fig. 1. — Détails de construction de la chambre.
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- Toutes les planches sont reliées les unes aux autres par des petites équerres métalliques mises de-ci de-là, mais à l’intérieur de la boîte. Toutefois, il ne faudra pas que ces équerres puissent en quoi que ce soit gêner le glissement d’un châssis, porte-plaque photo que nous allons décrire plus loin. Nous avons d’ailleurs, en cette intention, enlevé de façon imaginaire une partie de la plaque 13. Cette ouverture irrégulière se voit sur la figure A ; et dans cette ouverture on aperçoit le châssis porte-plaque photo 1 de profil. Ce porte-plaque photo est donc parfaitement accessible lorsque la plaque 13 est complètement tirée en haut. Pour (aire tenir cette plaque 13 en celte, position élevée, on introduira dans les deux trous 1S de la plaque deux fines tigelles de métal qui, traversant la plaque 13, se tiendront horizontalement sur la planche du haut.
- La même chose sera faite pour la plaque S arrière.
- Ces ouvertures de plaques se font de la manière suivante : celle de côté 13 lorsque la pièce où l’on travaille est au rouge, et celle arrière lorsque l’on fait la mise au point à la lumière blanche.
- Le châssis porte-plaque photo, montré de profil à la figure A, est vu de face à la figure B. C’est une planchette percée d’une ouverture régulière 21 en forme de croix. Cette planchette a i cm 1/2 d’épaisseur environ. La plaque photographique qui, ainsi que nous l’avons dit, peut se mettre en hauteur ou en largeur, s’encastre dans un retrait du bois d’une très faible largeur autour de la croix. La profondeur de ce retrait est égale à l’épaisseur d’une plaque. Cette dernière doit être tenue à l’aide de petits crochets de métal 22 tournant chacun autour de la tête d’une mignonne vis, et semblables à ceux que l’on voit dans certains châssis ordinaires de photo.
- Derrière le porte-plaque se trouve une glace dépolie 23 tenue par les têtes relativement larges de quatre vis.
- De chaque côté du porte-plaque une équerre 19 assez lourde est vissée. Cela fait donc deux équerres. Ces deux équerres, qui doivent être rendues très lisses à leurs surfaces en contact du bois, doivent glisser bien régulièrement entre deux longues pièces de bois 20 rigoureusement parallèles. Ces pièces de bois sont des guides pour le porte-plaque. Lorsqu’on fait la mise au point, la plaque dépolie peut donc être poussée ou tirée tout à fait régulièrement. Cette sorte de chariot, ce dispositif glissant plutôt a sa route jalonnée de millimètre en millimètre par des petits traits. On peut, pour obtenir pratiquement ce résultat, visser sur un des guides 20 une règle graduée à dessin coupée dans ce but à bonnes longueur et largeur.
- "Voici comment il faut agir pour obtenir une parfaite mise au point.
- La plaque de fermeture de gauche étant baissée et la plaque arrière étant montée, on fait la mise au point sur la plaque dépolie... et l’on note à quel endroit des divisions s’arrête exactement le bord de l’équerre à ce moment. Or, 011 a observé le nombre de divisions séparant le plan dépoli du plan d’émulsion de la plaque photographique. Que reste-t-il à faire en lumière rouge ? A mettre la plaque photographique, puis à placer le plan d’émulsion exactement à la division où se trouvait le plan dépoli. On ferme alors les plaques 8 et 13. L’appareil est prêt, le diaphragme étant mis à son tour au bon chiffre, à photographier le document désiré.
- Pour ces sortes de travaux, le temps de pose importe peu : on n’est pas à une demi-minute près, donc point n’est besoin d’obturation précise et rapide. On enlève le bouchon, puis on le iemet lorsque c’est fait.
- AGRONOMIE
- La poudre de iourrage.
- Les progrès de la mécanique profitent à l’alimentation du bétail. On prépare des aliments de plus en plus assimilables sous forme de poudres de luzerne et autres fourrages que l’on peut du reste mélanger à des céréales et transporter économiquement en sacs sans perte et sans poussière.
- La farine de luzerne se prépare surtout en République Argentine;
- Nous donnons ci-joint le schéma d’une installation marocaine.
- La luzerne sèche est placée à la fourche dans un couloir au fond duquel existe une bande sans fin l’amenant à la trémie d’un hache-paille qui refoule la luzerne coupée dans
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- Fig. 2. — Installation de broyage du fourrage.
- une grande trémie où l’aspire un broyeur centrifuge à éléments libres martelant dans l’espace tous les produits et les mettant en morceaux jusqu’à ce qu’ils traversent des toiles métalliques pour se déposer dans un grand cône vertical tenu sur la pointe et qu’on appelle a cyclone ». La poudre de luzerne est ensachée au bas.
- Le tout est animé par un moteur de 10 ch ou mieux par le moteur d’un tracteur conduisant tout le matériel au bord du champ de luzerne.
- Le passage par le hache-paille n’est pas toujours indispensable, mais la régularité du txavail fait que le rendement horaire passe, par exemple, de 2 quintaux 1/2 à 4 quintaux.
- La luzerne en poudre est consommée surtout par les vaches laitières des régions surpeuplées du nord-ouest de l’Europe.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Restauration des daguerréotypes. — Voici, reproduit dans l'Agenda Lumière d’après The British Journal of Pho-tography, un procédé de restauration des daguerréotypes :
- Laver le daguerréotype à l’eau et à l’alcool en prenant le plus grand soin de ne pas frotter l’image qui s’effacerait. L’immerger ensuite dans l’eau additionnée de quelques gouttes de solution de cyanure de potassium à 10 pour 100 (poison violent).
- Laisser l’action se prolonger aussi longtemps qu’il est nécessaire en ajoutant, de temps en temps, une goutte de solution de cyanure.
- La quantité de cyanure doit être faible ; si elle est un peu trop élevée, on risque de détruire l’image.
- 11 va sans dire que l’application de ce procédé ne va pas sans quelques risques pour cette dernière. Nous vous conseillons de ne la pratiquer qu’après avoir reproduit tout d’abord votre daguerréotype. Cette opération n’offre aucune difficulté.
- 11 faut tout d’abord bien éclairer le daguerréotype et pour cela diriger sur lui un faisceau lumineux provenant d’un bon réflecteur ou encore du condensateur d’une lanterne de projection.
- Régler l’incidence de la lumière pour avoir le meilleur effet. Éviter les reflets et tout miroitement.
- En plaçant verticalement le daguerréotype, vous n’aurez qu’à disposer en face la chambre noire et opérer comme si vous preniez un portrait de près.
- Développer pour accroître les contrastes et, au besoin, faire suivre le développement d’un renforcement pour les augmenter encore. Le succès dépend du degré de conservation de votre document.
- Ensuite retoucher sur le négatif ainsi obtenu, — ou sur les épreuves que vous en tirerez — les petites taches que vous nous signalez exister dans l’original.
- Réponse à M, Deouineau, à la Ciotat.
- Photographies de documents. — Nous supposons que pour l’exécution des copies constituant la documentation que vous avez en vue, vous utiliserez un matériel d’amateur.
- Le procédé Je plus simple consiste à photographier les documents sur plaque, puis à en tirer des épreuves. S’il s’agit de documents en blanc et noir (caractères d’imprimerie, dessins, etc.) vous pourrez employer les plaques spéciales pour reproduction (Jougla) ou, tout aussi bien, les plaques lentes pour positifs (Lumière, étiquette rouge ; Guilleminot au « lactate » tons noirs, etc.).
- Vous pourrez encore photographier directement vos documents sur papier « inversible » (Papier « Icona », de Lumière) qui donne des images positives par développement et inversion ; mais à condition de placer un miroir ou un prisme devant l’objectif de l’appareil pour redresser l’image.
- Enfin, le procédé le plus économique — cela dépend du matériel dont vous disposez — consiste à faire de très petits clichés très nets, sur verre ou sur pellicules, et à les agrandir ensuite à la lanterne. En groupant les documents, on peut ainsi, sur une môme plaque, en reproduire un grand nombre à la fois. Diaphragmer pour avoir le maximum de netteté ; au besoin, développer dans un révélateur à grain fin.
- Nous ne vous conseillons pas de préparer vous-même le papier photographique pour le tirage des copies, cette préparation nécessitant tout un outillage industriel.
- Réponse à II. René Latiiène, à Bordeaux.
- Portraits photographiques. — Pour obtenir des portraits photographiques se détachant très nettement sur la feuille de papier sans qu’aucun fond apparaisse, il faut opérer comme suit.
- On se procure un fond blanc, bien régulier, sans pli ni taches et on l’éclaire fortement et uniformément.
- Le sujet sera placé en avant de ce fond et recevra l’éclairage normal. Au développement, le portrait se trouvera « silhoutté » en quelque sorte et, sur le cliché, le fond viendra très noir.
- Si on tirait un tel cliché sur papier, la tête serait bien détachée du fond, mais le bas du corps ne serait pas dégradé. Pour obtenir ce résultat, on double le négatif, du côté du verre, d’un dégradateur pelliculaire de forme convenable.
- On conçoit, à présent, que l’on peut exécuter plusieurs poses différentes et les tirer sur une même feuille de papier. Il faut, chaque fois, protéger la feuille entière pour ne laisser agir (pie le cliché que l’on imprime.
- Dans le cas du tirage de poses différentes, tracer à*l’avance un repérage des images, sur papier à calquer par exemple. Les clichés doivent être tous de même intensité et de dimensions appropriées.
- Si, dans le tii'age, quelque coup de lumière produisait un voile partiel du fond, on pourrait le faire disparaître à l’aide de réducteur Farmer (voir La Nature, n° 2967, du 15 décembre 1935 : Note sur l’exécution et le nettoyage des marges blanches).
- Enfin, il est aisé d’utiliser pour ce genre de tirages la lanterne d’agrandissement, ce qui permet de grouper ensemble des clichés de dimensions différentes en faisant varier le facteur d’agrandissement.
- Des essais préalables du temps d’exposition sont nécessaires. Certains sujets pourront comprendre un peu de fond, qui sera dégradé par le moyen du dégradateur pelliculaire. On complète souvent ces images par quelques coups de crayon ou d’estompe, surtout dans les tirages sur papier mat, qui sont les plus employés. Le ton sépia est presque toujours obtenu au moyen d’un virage par sulfuration.
- Réponse à M. André Cüignet, à Paris.
- De tout un peu.
- M. Bloch, Montmorency. — La formule des quatre épices employées dans les préparations culinaires est la suivante :
- Piment Tabago en poudre. ... 150 gr
- Gingembre — .... 50____
- Canelle — .... 30 __
- Laurier — .... io __
- Le Piment Tabago est le Piment de la Jamaïque, Myrlus pimenta, mais en grains un peu plus gros.
- M. Orth, à Colmar. — La coloration verte de l’eau de votre bassin est due à la prolifération d’algues à chlorophylle, le moyen le plus pratique pour empêcher ce développement est d’établir dans ledit bassin des plantes aquatiques supérieures qui seront utiles en même temps à la vie du poisson ; plantes que vous mettrez dans des pots en grès contenant un mélange de terre et gravier :
- 1° Comme plantes complètement immergées dont la plupart se reproduisent par boutures, vous pourrez adopter les Sagit-taria, les Nymphœa, les Littorella, etc. ;
- 2° Les principales variétés de plantes de surface pourront être, d’autre part, le Myriophillum verticilatum, le Myriophil-lum habratum, 1 ’Elodea canadensis, la Caolianiana, la Fonta-lis anlipyretica, etc., tous végétaux que vous pourrez vous procurer facilement chez les fournisseurs pour aquariums.
- M. Burgin, à Pantin. — 1° La formule suivante de vernis à l’acétate de cellulose vous donnera très probablement satisfaction pour vernir vos cannes :
- Acétate de cellulose................... 30 gr
- Tétrachloréthane...................... 360 cm3
- Triacétine.............................. 3 __
- Alcool à 95° .......................... 40 ___
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- Ce vernis employé tel quel donne une pellicule transparente invisible, il peut être additionné soit d’une couleur dite d’aniline ou encore d’une couleur minérale, lyais, dans ce cas, le vernis est opaque.
- 2° La Mite ou teigne des vêtements (Tinea pellionella) est essentiellement un insecte domestique faisant toutes ses transformations « a la maison » ; même si les fenêtres restent ouvertes, ce qu’il importe de clore, ce sont surtout les armoires où sont entreposés les vêtements, en plaçant dans la penderie un ilaeon à large col bourré de coton que l’on arrosera de tétrachlorure de carbone ; les vapeurs qui se dégagent du flacon ouvert auront tôt fait d’asphyxier les insectes à l’état de larves et même d’œufs, cela sans danger pour les étoffes et sans que l’incendie soit à craindre, le tétrachlorure étant ininflammable.
- Bibliothèque Moularès (Tunisie). — La résine ne peut nullement communiquer au savon la propriété de mousser avec une eau calcaire d’un degré hydrotimétrique aussi élevé que celui que vous indiquez, nous n’entrevoyons de solution possible dans cet ordre d’idées que par l’adjonction d’un alcool gras sulfoné du genre de ceux utilisés dans l’industrie des textiles, mais une mise au point par des essais systématiques serait nécessaire.
- M. Lachaux, à Fontainebleau. — Pour réaliser l’assè-chement de voti'e garage que nous supposons isolé, les dispositions suivantes sont à prendre :
- 1° Creuser autour du bâtiment au pied du mur et à l’extérieur, une rigole où viendra par gravité l’eau de surface de la pièce qui ainsi aura été surélevée.
- 2° Pratiquer dans les murs de petites ouvertures qui resteront constamment libres. D’un côté, celui des vents régnant, ces ouvertures seront au pied du mur ; au contraire, de l’autre côté, les ouvertures seront en haut du mur. Grâce à ces précautions, vous réaliserez une circulation régulière en diagonale de l’air de la pièce, air qui s’échappera au dehors lorsqu’il sera chargé d’humidité, de sorte que bientôt l’asséclie-ment désiré sera obtenu.
- M. Huyghebœrt, à Anvers. — À notre avis, le verre qui vous intéresse est constitué par un silicate double de chaux et de soude, sa coloration jaune a été obtenue par le bichromate de potasse. Vous pouvez prendre comme base de com-
- position :
- Silice............................ 1.000 gr
- Soude............................... 400 —
- Chaux............................... 200 —
- Bichromate de potasse............... 160 —
- Groupe de Normaliens, Perpignan. — Nous avons déjà
- traité les questions que vous posez. Dans le numéro du 15 juillet 1937, p. 95, réponse à M. T., Strasbourg, se trouvait une recette de lotion contre ie feu du rasoir. Les crèmes pour le visage furent traitées dans le numéro 2806, du 1er avril 1929, les huiles à brunir dans le numéro 2953, du 15 mai 1935, et les produits anti-hâle dans le numéro 2936, du 1er septembre 1934.
- M. Cambrelin, à Bruxelles. — C’est un fait connu que les clichés renforcés au bichlorure de mercure jaunissent plus ou moins avec le temps, l’image disparaissant parfois irrégulièrement.
- D’après M. Haddon, ce fait serait dû au bichlorure qui se fixerait sur la gélatine elle-même, en formant un composé presque insoluble, qui ne disparaît pas au cours des lavages les plus prolongés ; c’est ce composé qui provoque, à la longue, l’altération de l’image.
- Pour ramener les clichés à leur état primitif, il suffit de les passer dans un révélateur neuf. Laver ensuite environ 30 mn.
- M. Havard Duclos Mallez, à Valenciennes. — Très probablement le dégraissage de vos imperméables a été effectué à la benzine qui a dissout le caoutchouc et libéré la charge au lithopone, laquelle ne présente plus ainsi d’adhérence avec le tissu support.
- Pour rétablir celte adhérence, il faudrait procéder à une nouvelle application de caoutchouc ce qui nécessiterait l’emploi d’une machine spéciale, et n’est pas à la portée de l’amateur ; nous ne pensons pas d’autre part qu’aucune maison veuillo sc charger de ce travail.
- Toutefois vous pourriez essayer d’obtenir un résultat assez satisfaisant au point de vue imperméabilité en appliquant à l’envers, avec un pinceau large dit queue de morue sur le tissu bien sec la dissolution suivante :
- Caoutchouc para-gomme pure . 30 gr
- Solvant......................... 970 —
- Le solvant se compose lui-même de tétrachlorure de carbone . 800 cm3
- Benzine......................... 400 —
- M. le Dr Morel, à La Pouëze. — Le moyen le plus simple à employer pour enlever à votre eau-de-vie le goût fruité que vous vomiriez faire disparaître est de la filtrer lentement sur du noir animal, eu la repassant au besoin un certain nombre de fois.
- Ce procédé aura l’avantage de laisser l'eau-de-vie propre à la consommation pour la confection de liqueurs.
- N. B. — Avoir soin de bien couvrir l’entonnoir pendant ia filtration, pour éviter une perte d’alcool par évaporation, perle qui pourrait être importante.
- M. Grasset, à Beaune. — Le gauchissement que vous avez observé provient do ce que vous avez chauffé votre cadre métallique une fois monté, les parties encore froides s’étant opposées aux dilatations du reste.
- A notre avis le moyen pratique pour éviter cet inconvénient serait de dériver les quatre coins et do ne procéder au patinage par le feu que sur pièces libres.
- Ce patinage s’effectue habituellement avec la mixture sui-
- vante :
- Huile de lin..................... 150 gr
- Goudron de Norvège............... 700 —
- Essence de térébenthine .... 150 —
- On porte au rouge naissant la pièce à patiner puis on l’enduit de la mixture avec un tampon d’étoupe.
- Si la patine n’est pas assez accentuée, on recommence l’opération.
- M. G. Bibard, à Paris. — Il nous paraît peu probable que vos chiens aient léché le plomb qui garnit votre terrasse, car ces animaux guidés par leur instinct se gardent toujours très bien d’absorber des produits nocifs, surtout aussi peu savoureux que les sels de plomb.
- A notre avis les cas d’intoxication que vous signalez doivent avoir une autre cause à déterminer.
- Pour parer du reste à tout accident dû au plomb, le mieux serait, pensons-nous, de mettre à la disposition de vos toutous quelques bols de lait.
- M. Laurent, Réunion des Officiers à Marseille. — 1° Le papier à perforer pour miméographes, cyclostyles, etc., en vue de polycopies se prépare de la façon suivante :
- Prendre :
- Huile lourde de pétrole.................. 925 gr
- Ozolcérite................................ 40 —
- Oléine.................................... 25 —
- Beurre de palme.......................... 10 —
- Cette composition est appliquée sur une feuille de papier mince pesant environ 15 gr au mètre carré.
- On place la feuille sur une plaque de zinc polie, chauffée aux environs de 100° G., puis on applique la composition préalablement fondue, sur le côté libre.
- L’enduit pénétrant au travers du papier donne alors du côté métal, une surface parfaitement lisse, sur laquelle se fera l’écriture.
- 2° Nous ne possédons pas de données assez précises sur le procédé auquel vous faites allusion, pour donner des formules relatives aux solutions employées.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15-8-1937. — Published in France.
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- LA NATURE Septembre 1937
- LA PHYSIQUE AU
- PALAIS DE LA
- DÉCOUVERTE
- L’Exposition de 1987 consacrée aux Arts et Techniques se devait de faire une place à la science, dont les découvertes ont apporté, en tout temps, mais surtout au nôtre, une si puissante contribution au progrès technique.
- mis au courant des résultats atteints.
- Cette œuvre de belle vulgarisation a été entreprise à la suggestion de l’un de nos plus illustres savants, le physicien Jean Perrin.
- M. Jean Perrin a bien voulu nous autoriser à reproduire ici, en guise d’introduction, les passages essentiels d’un discours où il a exprimé l’idée qui l’a guidé dans la création du Palais de la Découverte.
- « Nous avons voulu, dit-il, qu’il devînt évident poui' tous que les récents cl prodigieux progrès de noire Civilisation ont leur source dans la Recherche pure et désintéressée, dirigée vers la Découverte des choses
- inconnues — en sorte que, par exemple, nul n’ignore, en sortant d’ici, que rien, je dis absolument rien, de notre formidable industrie électrique n’existerait sans tes découvertes des courants et de leurs propriétés par l’Italien Voila, le Français Ampère, l’Anglais Faraday.
- « Nous avons voulu, du même coup, répandre cette idée que le Pays, que tout Pays, a un intérêt pratique primordial, quelles que soient ses difficultés financières, à donner aux chercheurs de grande classe les sommes, en définitive insignifiantes, qui sont nécessaires à leurs travaux, au lieu d’économiser de façon absurde la semence nécessaire aux récoltes futures.
- « Enfin, mettant notre espoir en ce peuple qui, en tous pays apporte à la Science l’hommage d’une foi confuse et touchante, nous avons voulu favoriser, parmi les adolescents qui se pressent devant nos expériences, l’éclosion de vocations qui renouvelleront le miracle de l’ouvrier relieur Faraday, devenu le physicien le plus prestigieux de son pays.
- « Le Palais de la Découverte, édifié pour ce triple but, a été organisé par les savants de France. Vous verrez qu’il est cependant international, comme la Science qu’il résume. Nous nous sommes efforcés, sauf oublis qui seront réparés ou lacunes qui seront comblées, à mettre en lumière le rôle tenu par les grands chercheurs de toutes les nations.
- « El la solidarité de l’effort devient plus apparente encore pour les chercheurs vivants, dont les découvertes s’accumulent en ce Palais : c’est ainsi que telle découverte de chimie nucléaire résulte de la collaboration souvent consciente de chercheurs américains, anglais, français, italiens, attirés en même temps vers la même énigme, comme des chercheurs d’or fouillant le même placer.
- L’Exposition a ainsi été 1 occasion d une magnifique démonstration scientifique d’un caractère tout nouveau dans notre pays.
- Le Palais de la Découverte nous présente sous une forme concrète et vivante un tableau de l’évolution des principales branches de la Science, depuis l’époque où celle-ci, s’affranchissant des servitudes de la pensée, s’est décidée à interroger la nature par la voie de l’observation et de l’expérience,
- 11 établissant ses théories que sur des faits rigj^rfg^ë5^ ment vériliés, Æoiitrôlant^ toujours ses h yi/pîjièses iwmv
- üilité. CA
- la concordance u$-duclions avec la Le Palais de la est mieux qu’un r sans doute, on y voit des appareils curieux, des collections instructives, des souvenirs émouvants ; mais surtout on y voit la science même en action ; le public y assiste à l’effort du savant pour la découverte et est
- Le
- Fig. 1. -créateur du
- - M. Jean Perrin.
- Palais de la Découverte.
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- ------ 194 , ...' .....................-
- « Ce serait noire ambition, je l’avoue, ce serait notre ambition que, ainsi qu'il est advenu récemment en Belgique, la croisade en faveur de ta Recherche Scientifique devînt de plus en plus active en tous pays. Cela ]>our l'intérêt le plus matériel en même temps que pour l'Idéal le plus élevé ; pour la richesse que la. Découver le de l’Inconnu répandra comme une manne d'or sur tous les hommes ; pour le <lévcloppe-ment heureux et harmonieux d'organismes débarrassés de ces maladies <jui ont terrorisé ou décimé nos ascendants / pour les nobles loisirs enfin, <jui donneront à tous les joies de l'Art ou de la Science.
- « i\e voyez-vous pas qu'alors, la Paix s'imposera sans effort ? »
- Le Palais de Ja Découverte est tout un monde ; nous ne pouvons enlrepr'endre de décrire ici el d’expliquer tout ce qui y est exposé. Il y faudrait plusieurs volumes.
- Noire ambition est plus modeste ; dans la partie consacrée à la Physique, de nombreuses expériences, dont la plupart sont des modèles d’ingéniosilé, sont faites sous les yeux mêmes du public el accompagnées d’excellents commentaires. Mais ces leçons risquent de ne laisser à l’auditeur non préparé qu’un souvenir fugitif ; les pages qui suivent donneront, nous l’espérons, à nos lecteurs les éléments nécessaires pour comprendre le sens et la portée des expériences auxquelles ils assisteront ; elles leur laisseront un document qui' leur permettra, ensuite, d’y réllécliir à loisir.
- LES ORGANISATEURS ET COLLABORATEURS DES SALLES DE PHYSIQUE
- Avant de parcourir les salles consacrées à la Physique, il n’est que juste de citer les noms des savants
- qui ont assumé le grand effort d’en organiser les présentations el de les remercier tous de l’obligeant accueil qu’ils ont fait à nos collaborateurs, MM. Lesage el lvwal, ainsi que des facilités qu’ils leur ont accordées pour se documenter.
- Les sections consacrées à la Mécanique el à la Structure de Ja matière ont été réalisées suivant le plan détaillé de M. Jean Perrin. Plies comprennent : la Mécanique (salle Galilée) organisée par M. A. Marcellin, la Cristallographie (salle llaiiy), par M. Mauguin, assisté de M. Wyarl, les Plats de la matière, par M. James Basset, les Grandeurs moléculaires, par M1Iü N. Ghoueroun, la Fluorescence et Phosphorescence, par M. Francis Perrin assisté de Mme el M. Rouault et de M. Couslal, les Pleclrons el Rayons X, par M. llulu-bei et M110 Yvette Cauchois, les Rayons cosmiques, par M. P. Auger, la Radio-activité^1 par M. Debierne, la Synthèse atomique, par M. F. Joliot.
- La grande machine électrostatique a été’construite, sur plan détaillé de M. Joliot, par M. Lazard, avec la collaboration de M. Savel. La machine électrostatique à courant gazeux est l’œuvre de M. Pauthcnier el Mmo Moreau-Hanoi.
- Les démonstrations d'optique géométrique ont été préparées, sur le plan détaillé de M. Fabry, par MM. Bayle, Arnulf, Gueriau et Penciolelli.
- L’expérience de la vitesse de la lumière el lès salles d’Optique physique ont été organisées sur le plan de M. A. Colton par M. Andant.
- La salle Ampère-Faraday est due à M. Colton assisté de MM. Tsaï, Leprince-Ringuet, Poirson, celle des Phénomènes oscillants, à M. Lucas, sous le contrôle de M. P. Langevin, celle de la Physique du Globe, à M. Maurain, assisté de M. Salles,
- LA MÉCANIQUE (Salle Galilée)
- Le Palais de la l)écou\erle a été conçu dans l'intention détonner aux visiteurs un raccourci suggestif el fidèle Éè 1 évolution de la science, au moins dans ses lignfe'S"‘%ssenlielles. 11 est donc logique de commencer cet exposé par la mécanique, la première des sciences physiques, avec l’astronomie, qui ait créé un corps de doctrine cohérent, et su condenser en un petit nombre de principes généraux les lois d’un nombre immense de phénomènes de tous ordres.
- 11 fut meme une époque peu éloignée encore de Ja nôtre où l'on espérait pouvoir soumettre aux lois de la mécanique tous les phénomènes sans exception.
- La mécanique a pris, après Newton, le caractère d'une science presque purement déductive cl mathématique. Ce serait cependant une erreur de voir en elle une simple branche des mathématiques.
- File repose tout entière sur une série de1 recherches expérimentales rationnelles et méthodiques que l’on peut faire remonter à Galilée. Il y eut avant Galilée des savants et des philosophes de la nature ; mais Galilée est l’un des premiers qui apportèrent dans l’étude des phénomènes physiques l’esprit d’expérimentation méthodique de la science moderne.
- A cet égard, son œuvre constitue une véritable révolution. A la différence des savants imbus d’Aristote et de la philosophie grecque, il se refuse à chercher a priori le « pourquoi » des phénomènes, spéculation généralement stérile. Le « comment » seul l’intéresse.
- Pour déterminer les lois de la chute des corps, il pose certaines hypothèses mais, à l’encontre des Anciens, il cherche à en prouver l’exactitude par l’expérience.
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- C’est pour rendre un juste hommage à Galilée, ins-lauraleur de la saine méthode expérimentale, que son nom a été donné à la salle consacrée à la mécanique.
- De très beaux portraits des fondateurs de la mécanique, Archimède, Léonard de Vinci, Galilée, Newton, etc., ornent les murs de la vaste salle, où l’on assiste à quelques expériences fondamentales de la mécanique.
- Les principes de la statique, science de l’équilibre des eoi'ps {lésants sont rappelés aux visiteurs par quel-
- ............................ 195 =
- Les plans inclinés de Galilée. — Au centre de la salle sont reproduites les expériences de Galilée sur les plans inclinés. On y montre les lois du mouvement uniforme et du mouvement accéléré, au moyen de trois wagonnets, lancés simultanément du sommet de trois plans inclinés, de hauteurs différentes, prolongés par des pistes horizontales. L’expérience est déclenchée automatiquement par les visiteurs et les explications détaillées sont données par un haut-parleur qui reproduit un texte enregistré sur disque.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la salle Galilée.
- Les expériences sur les plans inclinés sont présentées au centre de la salle. Au fond on aperçoit Irois tours en verre,
- qui servent aux expériences sur la chute des corps.
- ques expériences sur l’équilibre des forces (forces parallèles de même sens ou de sens opposés, mobiles en équilibre sur un plan incliné, etc.). L’équilibre du levier a été étudié déjà par Archimède, dont les réflexions à ce sujet constituent la première recherche théorique de mécanique. Oubliée pendant des siècles, l’étude des leviers a été reprise à l’époque de la Renaissance et c’est à Léonard de Vinci, génie universel, que l’on doit le principe qui est à la base de la théorie du levier (expérience 10) : le produit du bras du levier par la force appliquée à son extrémité est constant.
- Lois de la chute des corps dans le vide. — Les
- lois de la chute des corps, également étudiées par Galilée dans les expériences célèbres qu’il fit à Pise, en lançant du haut de la Tour penchée des billes d’acier et d’ivoire, sont montrées au moyen de trois tours en verre, où l’on fait le vide, pour éliminer l’effet de la résistance de l’air.
- Une série d’expériences illustrent d’une manière suggestive les lois fondamentales de la dynamique, dont les énoncés sont dus principalement au génie de Newton. Parmi les principes énoncés par Newton, les
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- == 196 - ...:=....: ................—
- plus importants sont ceux de l’inertie et de l’égalité de l’action et de la réaction.
- Expérience sur le principe de 1*inertie. —
- D’après le principe de l’inertie, en l’absence de toute force, les corps matériels restent au repos ou en mouvement rectiligne uniforme. Ce pi'incipe est mis en évidence dans l’expérience suivante : une petite automotrice électrique peut se déplacer sur une piste circulaire. Cette piste circulaire est montée sur pivot et peut tourner autour d’un axe vertical passant par son centré. Pendant les périodes de démarrage ou de ralentissement, c’est-à-dire lorsque l’automotrice est en mouvement non uniforme, la piste circulaire prend un mouvement de rotation en sens inverse de l’accélération de l’automotrice qui la parcourt. En régime uniforme, par contre, la piste reste parfaitement immobile.
- La force centrifuge. — L’apparition de la force centrifuge dans la rotation est mise en évidence par quelques expériences très simples. On place des mas-selottes coulissantes suivant quatre rayons d’une roue qui tourne autour d’un axe horizontal. Ces masselottes sont reliées à des ressorts dynamométriques qui mesurent la valeur de la force qui agit sur les masselottes. On montre ainsi que cette force est proportionnelle au carré de la vitesse angulaire. Avec un dispositif analogue on vérifie, dans une autre expérience, la conservation de l’énergie cinétique dans le mouvement de rotation.
- Des phénomènes plus compliqués, dus également à la rotation, sont mis en évidence au moyen d’un
- g y r o s c o pe. Nous n’avons pas la place nécessaire pour aborder ici, même sommairement, la théorie du gyroscope. Rappelons seule-ment qu’un g y r oscope tournant à grande vitesse autour de son centre de gravité décrit en a4 h sidérales sous l’action des forces centrifuges dues à la rotation de la Terre, un cône de révo-1 u t i o n dont l’axe est paral-
- lèle à la ligne des pôles ; l’ouverture du cône est d’autant plus faible que la vitesse de rotation du gyroscope est plus grande.
- L’axe du gyroscope reste pratiquement immobile dans l’espace ; autrement dit, il reste pointé sur une même étoile.
- Les effets de la rotation sont encore montrés dans une expérience très intéressante à plusieurs litres (expérience de M. Francis Perrin). Un plateau horizontal (lig. 2), animé d’un mouvement de rotation uniforme autour d’un axe vertical, contient des récipients disposés à des distances inégales du centre. Ces récipients contiennent un liquide (une solution de lluorescéine, afin de rendre le liquide mieux visible) dont la surface s’incline sous l’influence de la force centrifuge qui s’exerce sur les différentes portions du liquide (arc de parabole).
- Cette inclinaison est d’autant plus accusée que le récipient est placé plus loin de l’axe de rotation. D’autre part, de petits fds à plomb, suspendus à des supports également disposés le long d’un même i'ayon du plateau tournant, s’écartent de leurs supports d’un angle qui est d’autant plus grand que le fil à plomb est placé plus loin du centre.
- Supposons cette expérience faite à plus grande échelle sur un liquide remplissant un immense réservoir disposé sur un plateau animé d’une rotation uniforme ; imaginons un observateur navigant à la surface de ce liquide ; quel que soit l’endroit où il fepa cette expérience, le fil à plomb prendra une direction perpendiculaire à la surface du liquide à l’endroit où il se trouve. Pour cet observateur, le fil à plomb indiquera la « verticale » de son lieu d’observation. Un corps matériel qu’il laissera tomber dans ces conditions, prendra, dans sa chute, un mouvement accéléré (cette accélération serait plus grande que l’accélération de la pesanteur terrestre) et suivant la direction indiquée par le fil à plomb.
- Si l’observateur ignore qu’il fait partie d’un système en rotation, il pourra admettre que cette chute est due à un champ de gravitation de forme particulière. Ceci nous donne une idée des principes de la Relativité généralisée d’après lesquels il est impossible de discerner les effets dus aux mouvements accélérés des effets dus à l’existence d’un champ de gravitation.
- Revenons encore au plateau tournant, où sont montrés les effets de la force centrifuge. Sur le plateau qui tourne jour et nuit, sans arrêt, on a semé des graines à differentes distances du centre. Ces graines ont germé et donné naissance à des plantes qui ont poussé dans des conditions tout à fait spéciales ; au lieu que leurs tigelles s’élèvent dans la direction verticale comme elles le feraient sur un plateau au repos, elles ont pris une inclinaison par rapport à la verticale ; tous les visiteurs pourront constater eux-mêmes que cette direction est celle qu’indiquerait à l’endroit de la plante un fil à plomb solidaire du plateau. L’effort de croissance de la plante s’exerce toujours contre l’action de la pesanteur ; mais la pesanteur à la surface du plateau tournant est la résultante de la pesan-
- Fig. 2. — Schéma de l’expérience sur l’effet de la force centrifuge.
- Un fil à plomb OA s’écarte d’autant plus de son support que ce dernier est placé à une distance plus grande de l’axe du plateau tournant. AP, force de la pesanteur terrestre ; AC et AC,, forces centrifuges qui augmentent avec la distance ; AR, la résultante qui détermine la direction du fil à plomb.
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- leur réelle et de la force centrifuge ; c’est contre cette pesanteur composée que la plante réagit. Elle ignore la pesanteur qui règne sur le sol avoisinant. Elle se règle sur la pesanteur propre du système où elle vit. (Géotropisme des plantes. Expériences de Francis Perrin ).
- Conservation de Vénergie. — Les machines simples de la salle Galilée permettent également de mettre en évidence le principe de la conservation du travail mécanique énoncé lui aussi par Galilée.
- On constate, en effet, que l’élévation d’un poids sur un plan incliné, par exemple, a toujours pour contrepartie l’abaissement d’un autre poids. Quand la machine a été bien étudiée pour éliminer les frottements, résistances passives, etc., l’élévation du poids résistant est à peu près égale à l’abaissement du poids moteur ; mais en réalité toujours inférieure. Il n’arrive jamais
- ... .................197 =
- qu’un poids puisse être remonté gratuitement. Il n’arrive jamais, non plus, que dans une série de transformations mécaniques, on retrouve intégralement l’énergie mécanique dépensée. Tout le monde sait qu’une partie de cette énergie s’est perdue en frottements. Mais c’est pour se retrouver sous une autre forme d’énergie, l’énergie calorifique. Il y a toujours proportionnalité entre la quantité de travail mécanique absorbé et la quantité de chaleur dégagée. C’est là un cas particulier du principe très général de la conservation de l’énergie qui s’applique à l’énergie sous toutes ses formes et dans toutes ses transformations et constitue une des grandes conquêtes de la science du xixe siècle (ier principe de la thermodynamique).
- L’expérience célèbre par laquelle Joule a, le premier, démontré expérimentalement l’équivalence du travail et de la chaleur, sera présentée dans la salle Galilée.
- ETATS PHYSIQUES DE LA NATURE
- CHANGEMENTS D’ÉTAT
- La matière se présente à nos sens sous ti'ois aspects : l’état solide, liquide ou gazeux. Généralement, suivant la température et la pression à laquelle on la soumet, une même substance peut affecter l’un quelconque de ces trois étals. On sait que tous les gaz ont pu êti'e 1 iqnéfiés et solidifiés. La plupart des solides ont pu être fondus ou volatilisés. On peut suivre les changements d’état d’un corps en traçant les courbes de changement d’état, par lesquelles on représente, par exemple, pour chaque température, la pression à laquelle
- s’effectue le c h angement d’état. La figure i représente 1 e diagramme ainsi obtenu pour l’anhydride carbonique (CO2). On y voit clairement que, pour une valeur donnée de la température et de la pression, le corps ne peut affecter généralement qu’un seul état ; sur les courbes de changement d’état, deux phases coexistent ; par exemple
- pour tous les points de la courbe de vaporisation, on a en présence du gaz et du liquide. Il existe un point où les trois phases coexistent, c’est le point triple. Un corps ne peut être amené à l’état liquide que sous une pression supérieure à celle du point triple.
- On voit également que la courbe de vaporisation s’arrête brusquement en un point, qui a reçu le nom de point critique ; au delà de ce point, il n’y a plus de séparation nette entre les propriétés de l’état liquide et celles de l’état gazeux. L’examen de la figure i montre que l’on peut faire varier la températu-re et la pression du corps de façon à le faii’e passer de la région où ‘ il est toujours gazeux à celle où il est toujours liqui-d e, sans franchir la
- Fig. 1. — Diagramme des changements d’états de la matière (Exemple de l’anhydride carbonique CO2).
- On a représenté sur cette figure les courbes indiquant, pour une température donnée, la pression à laquelle la substance change d’état. Au-essous du point triple, la substance ne peut jamais être à l’état liquide. Au-dessus du point critique, il n’y a plus de séparation entre l’état liquide et l’état gazeux.
- 80
- 60
- 140
- g 20
- Point critique
- Région ou CO2 est . solide Région où Cl est liquide
- ,§f à $/
- J Jy Région où
- CO2
- Ay est gazeux
- Sublimer Point triple
- -56*2-50
- Températures
- +5 0°
- Fig. 2. — Le réseau d’isothermes de l’anhydride carbonique CO2 (courbes d’Andrews). Ces courbes donnent pour une série de températures différentes et pour une même masse de la substance, la valeur du volume pour une pression donnée. Elles montrent l’évolution et le changement d’état de la substance quand la pression varie à température constante.
- AB, phase liquide ; BC droite de liquéfaction à pression constante (liquide et gaz en présence) ; CD, phase gazeuse ; EFG, isotherme critique ; F, point critique.
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- Fig. 3. — Appareil pour la démonstration des changements d’état (Liquéfaction de CO2 et congélation du benzène).
- courbe de changement delai. Il suffit que le point représentatif contourne le point critique.
- Région où
- Région ou le benzène est solide
- / Région où le benzène est liquide
- vj Région ou • 5 l 'eau est solide
- Températures °C
- Températures °C
- 7 *6 -5 -4- -3 2 •/ O
- Fig. 4. — La courbe de fusion Fig. fi. — La courbe de fusion de la glace. du benzène.
- Le corps passe d’une façon conlinue de l'élal gazeux à l’état liquide ou inversement.
- Le réseau de courbes isothermes tracé par Andrews Fig. t>. — Appareil pour la démonstration de la sublimation.
- à la suite de ses célèbres expériences de 1870 sur l’anhydride carbonique met ce même phénomène en évidence sous une autre forme ; dans chaque expérience, ou laissait la température constante et on notait les variations de volume en fonction de la pression (fig.
- Expériences de changement d’état.
- — IM. James Basset a
- mis au point un appareil spécial qui per- ri g. 1. — Appareil à ullra-pres-
- m.i .......... >
- de suivre sur un jusqu'à lü.OOO kgr/em2).
- écran de projection
- tous les phénomènes qui accompagnent la liquéfaction des gaz : isothermes d’Andrews, équilibre entre le liquide et sa vapeur saturée, point critique. La température et la pression sont projetées sur l’écran en même temps que le phénomène lui-même (fig. o).
- A l’aide du même ap-
- pareil on montre également la solidification sous l’influence de la pression (fig. 4 et 5).
- Un autre appareil permet d’observer le passage direct de l’état solide à l’état gazeux ou inversement en prenant pour exemple la sublimation du métaldéhyde (fig. 6).
- Fig. 8. — Coupe de l’appareil James Basset pour recherches sous pressions très éleuées. La pompe A refoule de la glycérine dans l’accumulateur de pression B et de là dans le pot de presse primaire C où elle soulève le piston G. Ce dernier soulève à son tour le piston de plus faible diamètre J, multiplicateur de pression, qui pénètre dans l’âme H du corps de presse F et refoule le liquide à étudier par le raccord 0 dans la chambre d’expériences L.
- U11 r ap res s io n s
- (fig. 7 et 8. — On verra dans la même salle le remarquable a p p a r e i 1 d’étude dans lequel M. Basset développe des pressions pouvant atteindre 12.000 kgr./cnr. La chambre d’études dans laquelle règne cette pression élevée possède une fenêtre à parois transparentes (g 1 a c e s épaisses à joints étanches) à travers laquelle on peut observer directement les phénomènes.
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- DISCONTINUITÉ DE LA MATIÈRE ET RÉALITÉ MOLÉCULAIRE (Salle 9)
- Certains philosophes de l’antiquité enseignaient déjà que lu matière est faite de grains indestructibles • en mouvement incessant. Les lois des combinaisons chimiques révélées par Lavoisier, Dalton, Gay-Lussac, apportent les plus fortes présomptions à l’exactitude de celle hypothèse ; elles imposent les notions d'atomes et de molécules : les diverses espèces chimiques sont constituées par des molécules d’une môme sorte dans chaque espèce, les corps simples présents dans ces molécules y figurant sous forme de particules identiques pour chaque corps simple : les alomes.
- Celle hypothèse d’une constitution discontinue de la matière est d’autant plus tentante qu’elle permet d’expliquer très simplement les divers états de la matière par le rapprochement ou l’écartement des par-lieules constituantes. Leur mouvement explique les propriétés calorifiques des corps ; il suffit, dans le cas d’un gaz, de considérer la température comme proportionnelle à l’énergie cinétique de ces molécules supposées libres, pour édifier une théorie qui cadre très exaclement avec la réalité (théorie cinétique des gaz).
- La physique du xix° siècle, craignant de retomber dans les explications purement verbales du Moyen Age, a cependant longtemps manifesté une grande méfiance vis-à-vis de ces théories ; elle n’a cédé que devant les expériences démontrant la réalité de l’existence des atomes et des molécules. Ces expériences se sont mul-lipliées à la fin du siècle dernier et au début de celui-ci.
- On assistera à quelques-unes d’entre elles dans la salle 9 et notamment aux célèbres expériences de Jean Perrin.
- MOUVEMENT BROWNIEN
- (( L’agitation moléculaire échappe à notre perception directe comme les mouvements des vagues de la mer à un observateur trop éloigné. Cependant, si quelque bateau se trouve alors en vue, le même observateur pourra voir un balancement qui lui révélera l’agitation qu’il ne soupçonnait pas. Ne peut-on, de môme, espérer si des particules microscopiques se trouvent dans un fluide, que ces particules, encore assez grosses pour être suivies sans le microscope, soient déjà assez petites pour être notablement agitées par les chocs moléculaires.... Il suffit, en effet, d’examiner au microscope de petites particules placées dans de l’eau pour voir que chacune d’elles, au lieu de tomber régulièrement, est animée d’un mouvement très vif et parfaitement désordonné. Elle va et vient en tournoyant, moule, descend, remonte encore, sans tendre aucunement vers le repos » (Jean Perrin, Les Atomes). C’est le mouvement brownien, ainsi nommé en souvenir du botaniste anglais Brown, qui le découvrit en 1827....
- Pour observer le mouvement brownien, répercussion visible de l’agitation moléculaire, on se sert
- Objectif microscopique
- Emulsion
- Couvre objet
- \y
- 1 - 1 Porte objet
- Fig. I. — Dispositif pour l’observa lion an microscope du mouvement brownien dans une émulsion.
- d’émulsions ; une émulsion est une solution dans laquelle le corps dissous est composé de l/rès grosses molécules, en liberté au sein du solvant. Comment celles-ci vont-elles se comporter sous le choc (les molécules beaucoup plus petites du solvant P
- M. Jean Perrin a démontré que les lois des
- gaz parfaits doivent s’appliquer aux émulsions faites de grains visibles et, qu’en conséquence, dans une colonne verticale ces grains se répartissent en fonction de la hauteur, suivant la môme loi que les molécules d’un gaz ; autrement dit, on doit retrouver dans une colonne d’émulsion, pour la diminution de la densité des particules en suspension en fonction de la hauteur la même loi que celle qui exprime la raréfaction de l’atmosphère en fonction de l’altitude.
- Avec les émulsions, cette observation se fait, non plus sur des kilomètres de hauteur comme dans l’atmosphère, mais sur des hauteurs de l’ordre de 1/10 de millimètre et à l’aide du microscope.
- L’émulsion utilisée dans l’expérience présentée aux visiteurs de la salle 9 (fig. 1) est une dissolution de gomme-gutte dans l’alcool soumise à une centrifugation fractionnée pour obtenir une émulsion homogène à grains égaux. Une gouttelette d’émulsion est déposée dans une cuve plate (profonde de 1/10 de millimètre), puis aplatie par un couvre-objet.
- L’objectif employé, de fort grossissement, a une faible profondeur de champ. En conséquence, à chaque réglage du microscope, on aperçoit une tranche horizontale de 1 micron d’épaisseur. En déplaçant le microscope, on fait, pour ainsi dire, le sondage de Latin o s p h è r e-émulsion à
- différentes altiludes.
- M. Perrin a donné d’ingénieuses méthodes pour dénombrer les grains présents dans chaque tranche. Les résultats de cette observation confirment les prévisions de la théorie.
- La figure 2, empruntée à l’ouvrage Les Atomes de Jean Perrin, esl une photographie qui montre comment les grains d’émulsion se raréfient rapidement avec la hauteur.
- Fig. 2. — Répartition des
- particules d’une émulsion en fonction de la hauteur.
- -L-
- ÜR
- «» «•*,
- ' ------JSiS*
- -'***• , v-
- 'éS'.pA-rL'-i'
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- LAMES MINCES
- FLUIDES A DEUX DIMENSIONS
- 200
- Le mouvement brownien est en quelque sorte un amplificateur du mouvement moléculaire ; mais il ne révèle pas les molécules directement à nos sens. L’observation des lames minces nous rapproche davantage de la perception directe des molécules.
- Les lames minces d’eau de savon sont formées de feuillets faits d’un seul lit de molécules et empilées en lames stratifiées à structure périodique et discontinue.
- Cette structure a été mise en évidence par l’examen de ces lames en lumière réfléchie ; les colorations de là lumière réfléchie sont dues, en effet, à des phénomènes d’interférence qui dépendent de l’épaisseur de la lame traversée.
- Lorsque l’épaisseur est inferieure à 20 millièmes de micron, toutes les radiations réfléchies se détruisent par interférence et la lame paraît noire. Au delà de 20 millièmes de micron, au fur et à mesure que l’épaisseur de la lame augmente, apparaissent le gris, le bleu-gris, le gris plus clair, le blanc, le jaune paille, le jaune vif, l’orangé, le rouge, le pourpre, le violet, le bleu, etc... (échelle des teintes de Newton). Il existe ainsi toute une série de teintes qui correspondent chacune à une épaisseur bien déterminée. Si la lame n’est pas d’épaisseur uniforme, les différentes couleurs qu’elle présente en lumière blanche réfléchie, dessinent, pour ainsi dire, sa carte topographique.
- M. Jean Perrin, qui a découvert la structure stratifiée des lames minces d’eau de savon a établi la loi suivante (loi des épaisseurs multiples) : « Dans une lame liquide stratifiée, l’épaisseur de chaque plage est un multiple entier d’une épaisseur élémentaire voisine de 5 millimicrons ». Les plages des lames stratifiées sont formées par un empilement en nombre quelconque de feuillets élémentaires identiques. D’après M. Jean Perrin, chaque feuillet élémentaire serait constitué, tel un « sandwich », par deux tranches de molécules de savon (oléate) séparées par une mince couche de molécules d’eau d’épaisseur négligeable.
- Fig. 3. — Plages d’épaisseurs différentes d’une lame de savon (cliché Jean Perrin).
- La divisibilité extrême de la matière peut encore être mise en évidence par l’étalement d’une goutte d’huile à la surface de l’eau, qui donne lieu à des phénomènes de coloration, variant avec l’épaisseur de la lame comme dans le cas des lames d’eau de savon.
- Des artifices simples permettent de suivre le processus d’étalement d’une gouttelette d’huile sur l’eau ; l’épaisseur de la lame se calcule aisément dans chaque cas d’après l’extension prise par la surface d’une goutte de poids initial connu.
- Un de ces artifices consiste à jeter sur l’eau de petits fragments de camphre. Lorsque la surface de l’eau est parfaitement propre, ces petits fragments sont animés de mouvements désordonnés qui cessent lorsque la surface est couverte d’un voile d’huile. Or, on remarque qu’il suffit de déposer sur l’eau une goutte d’huile, dont l’étalement correspond à un voile de l’ordre de deux millionièmes de millimètre pour que les mouvements du camphre ne se produisent plus en aucun endroit de la surface liquide. LTn autre procédé, dû à Devaux, permet de déceler des épaisseurs de voiles d’huile encore plus faibles. Si l’on saupoudre de talc la surface non souillée d’un récipient contenant de l’eau et que l’on y dépose une goutte d’huile, on voit celle-ci, en s’étalant, chasser le talc ; un disque de liquide non saupoudré et qui va en grandissant, apparaît sur la surface du liquide.
- Le talc recouvrant la surface de l’eau non souillée fuit lorsqu’on souffle tangentiellement sur la surface du liquide. Mais lorsqu’on répand le talc sur une surface recouverte d’un voile d’huile, il ne glisse plus comme sur la surface propre de l’eau : chaque grain s’aggrippe à la couche d’huile sous-jacente et la pellicule de substance grasse qui recouvre l’eau, invisible par elle-même, peut être décelée par les petits grains de talc qui flottent sur elle.
- Grâce à cette méthode ingénieuse, on peut déceler la présence d’un voile d’huile dont l’épaisseur est à peine supérieure au millimicron, voile constitué par une couche mono moléculaire.
- Les expériences de A. Marcellin ont montré que dans ces couches monomoléculaires les molécules d’huile ne sont pas, en réalité, jointives. La pellicule mince se comporte comme un gaz à deux dimensions dont les molécules sont toutes contenues dans un plan. Ce fluide à deux dimensions obéit à la loi de Mariotte, dans laquelle il faut remplacer le volume par la surface. En comprimant suffisamment le fluide, c’est-à-dire en'diminuant la surface qu’il occupe, on arrive à une sorte de liquéfaction du fluide. Elle se produit au moment où les molécules grasses se touchent ; la pression superficielle cesse alors de croître et la surface est saturée de matière grasse. Ces expériences sont montrées aux visiteurs grâce à un dispositif ingénieux réalisé par M. Dervichian.
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- CRISTALLOGRAPHIE
- Fig 2.
- Les corps solides, où la matière se révèle à nous sous des formes condensées, ne sont pas formés d’agglomérats de molécules et d’atomes disposés d’une manière quelconque. Les corps solides, dans leur immense majorité sont constitués par des assemblages, plus ou moins complexes, de très petits éléments cristallins, à structure intime parfaitement régulière.
- La salle consacrée à la cristallographie permet aux visiteurs de se rendre compte de cette ordonnance harmonieuse des structures cristallines.
- L’architecture interne des cristaux, révélée aux savants par les rayons X, est reproduite à un grossissement de 4oo millions, à l’aide de modèles qui montrent, d’une manière saisissante, la régularité avec laquelle sont disposés les atomes et les groupements d’atomes dans un cristal.
- Les cristaux revêtent, le plus souvent, des formes polyédriques, mais ce n’est pas là leur caractère essentiel. Le cristal est un milieu physique homogène et anisotrope (un corps est anisotrope lorsque ses propriétés varient suivant la direction d’observation). L’anisotropic des cristaux est discontinue ; c’est cette discontinuité des propriétés anisotropes qui est le trait distinctif de lelat cristallin. Cette anisotropie n’affecte pas nécessairement toutes les propriétés du cristal. Ainsi, le sel gemme, dont la forme cristalline est la plus simple de. foules (cristal à symétrie cubique), se comporte vis-à-vis de la lumière comme un milieu isotrope ; par contre, ses propriétés mécaniques, élastiques et chimiques sont anisotropes.
- On sait que l’observation des plans de clivage (faces suivant lesquelles Je cristal a la moindre cohésion mécanique) a suggéré à Haüy sa théorie réticulaire des cristaux, dans laquelle le cristal apparaît comme un édifice construit avec des éléments tous identiques et comparables à de véritables briques.
- L’idée d’Haüy a trouvé une confirmation éclatante dans la découverte par Laue, Friedrich et Knipping, des phénomènes de diffraction des rayons X par les cristaux.
- Dans les expériences sur la diffraction des rayons X, les cristaux se comportent comme des réseaux de diffraction. Ces réseaux sont formés par les plans réticulaires, disposés régulièrement dans l’espace et dont les distances sont de l’ordre de grandeur des dimensions moléculaires.
- On a été ainsi amené à identifier les briques élémentaires d’Haüy
- Fig. 1. — Flaque de quartz taillée perpendiculairement à l'axe optique et attaquée par l’acide fluorhydrique.
- (La structure réticulaire du cristal est nettement visible).
- (Photo A. de Grammont).
- Disposition des atomes de chlore et de sodium, dans un cristal de sel gemme (NaCl) grossi 400 millions de jois.
- Le petit cristal de sel pomme représenté au premier plan pèse 08 gr et contient 000.000 milliards do milliards d’atomes de chlore et autant d’atomes de sodium assembles comme dans le modèle. Le petit ballon à gauche contient les 25 gr de sodium métallique qu’on peut extraire du cristal par électrolyse ; le grand ballon, à droite, de 11 1, contient à l’état gazeux les 35 gr de chlore qu’on peut extraire
- du cristal.
- (Réalisé sous la direction de M. Mauguin).
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- = 202 —................. " . "V"
- avec des assemblages d’alomes ou de molécules (plus exactement d’ions), disposés aux sommets des figures géométriques, dont la forme varie d’une substance cristalline à une autre.
- L’étude de la diffraction des rayons X par les cristaux, faite surtout par les Bragg, père et fils, a permis
- ÉLECTROLYSE ET
- Les phénomènes d’électrolyse et d'électrophorèse nous montrent le rôle fondamental que joue l’électricité dans la structure intime de la matière. Les lois de l’électrolyse permettent d’entrevoir déjà, à condition d’admettre la réalité des molécules, l’existence d’une structure granulaire de l’électricité, et même de déterminer la valeur de la charge électrique élémentaire.
- L ÉLECTROLYSE
- Toutes les solutions aqueuses de sels, d’acides ou de bases se laissent traverser par le courant électrique et portent le nom d’électrolytes. Le courant est amené par une électrode reliée au pôle positif d’une source de courant continu (anode) et sort par une électrode reliée au pôle négatif de cette source (cathode). Le courant décompose la substance dissoute et les produits de décomposition ou ions apparaissent, les uns à l’anode, les autres à la cathode. C’est l’électrolyse. Les phénomènes chimiques et les phénomènes électriques sont étroitement liés, comme le montre la proportionnalité rigoureuse qui existe enti'e la quantité de la substance décomposée et la quantité d’électricité qui a traversé le liquide (loi de Faraday).
- La solidarité intime entre les phénomènes chimiques et les phénomènes électriques s’explique aisément par la théorie des ions d’Arrhenius. Suivant cette théorie, dans une solution, les molécules dissoutes sont dissociées en ions, c’est-à-dire en atomes ou groupes d’atomes chargés électriquement. Par exemple, dans une solution étendue de sel marin dans l’eau, les molécules de NaCl se brisent en ions de Na chargés positivement [Na+] et en ions Cl, chargés négativement [Cl-]. Sous l’influence d’un champ électrique, ces ions se mettent en mouvement, les ions positifs vers la cathode et les ions négatifs vers l’anode. La
- rigoureuse proportionnalité entre la quantité d’électricité ayant traversé la solution et la quantité de matière décomposée par l’électrolyse s’explique alors d’elle-même si l’on admet que tous les ions portent des charges électriques égales.
- de déterminer la disposition des atomes ou des groupements d’alomes à l’intérieur des briques élémentaires d’Haiiy. La symétrie des édifices cristallins, qui a permis de répartir tous les cristaux connus entre 3a classes de symétrie, tient précisément à la constitution régulière des cellules élémentaires d’un cristal.
- ÉLECTROPHORÈSE =
- Expérience. — Dans l’expérience réalisée au stand, on a surtout voulu montrer la localisation au voisinage des électrodes des phénomènes chimiques qui accompagnent l’électrolyse.
- Afin d’empêcher les produits de décomposition qui apparaissent aux électrodes de se mélanger avec l’électrolyte, on sépare le compartiment anodique du compartiment cathodique par un siphon (fig. i).
- On peut constater ainsi que le passage de l’électricité à travers l’électrolyse n’altère pas la composition de l’électrolyte contenu dans le siphon.
- Si l’on pèse la quantité de matière décomposée apparue dans les compartiments cathodique et anodique, on constate que le passage de la même quantité d’électricité décompose toujours, indépendamment des conditions de l’expérience, le même nombre de molécules-grammes (une molécule-gramme désigne un nombre de grammes d’une substance égal à son poids moléculaire). Il faut une quantité d électricité de ç)6.5oo coulombs, pour décomposer une molécule-gramme de sel marin.
- L ÉLECTROPHORÈSE
- Les particules en suspension dans un fluide se déplacent sous l’influence d’un champ électrique. Ce déplacement, ou électrophorèse, prouve quelles sont porteuses de charges élec-triques ; l’expérience montre qu’il existe des particules chargées négativement (gomme-laque, résine, émulsions d’huile, etc.) et d’autres chargées positivement (bismuth, fer, plomb, hémoglobine, etc.). On mesure la vitesse de ce déplacement en observant à l’ultra-microscope le déplacement de la sui'face de séparation du milieu trouble contenant les particules.
- La vitesse des particules est indépendante, dans une large mesure,
- Fig. 1. — Dispositif d’électrolyse.
- Fig. 2. — Dispositif correct d’électrophorèse dû à Mllc Choucroun.
- A, anode ; C, cathode ; G, tampon de gélatine ; M, membrane en cellophane ; T, tube rempli du liquide à étudier.
- S normal
- normal
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- de leur forme et de leur grandeur. Elle est proportionnelle à l’intensité du champ et est du même ordre de grandeur que la vitesse de migration des ions dans le champ électrique. L’électrophorèse est donc de nature analogue à la migration des ions. L’électrisation des particules s’explique en admettant que les particules en suspension fixent à leur surface (adsorbenl) des ions d’un certain signe. Ce fait a été prouvé par Jean Perrin qui a montré que l’électrophorèse ne se manifeste que dans les liquides ionisants. Le signe de l’électrisation de la particule dépend de la nature des ions quelle fixe de préférence.
- D’une manière générale, lorsqu’on place dans un champ électrique une solution colloïdale, c’est-à-dire contenant des particules en suspension, on observe deux phénomènes : d’une part, un mouvement propre du liquide par rapport aux parois du récipient, dû à l’exis-
- ...........:.———t.= 203 :----------
- tence d’ions au sein du liquide ; d’autre part, le déplacement des particules en suspension, qui est le phénomène proprement dit d’électrophorèse. Un certain nombre de précautions sont donc nécessaires pour étudier correctement l’électrophorèse.
- Le dispositif de M110 Choucroun utilisé pour les démonstrations du stand réalise ces conditions (fig. 2).
- Le tube T contient le liquide à étudier et est fermé aux deux bouts par une membrane en cellophane, afin d’empêcher les particules en suspension d’atteindre les électrodes. Les deux extrémités du tube plongent dans deux tubes contenant le même liquide. Un tampon de gélatine G, imbibé de chlorure de potassium (KG), normal, réunit les électrodes au liquide à étudier. Les électrodes A et G par où le courant arrive (anode et cathode) plongent dans une solution de chlorure de potassium normal.
- PHOTOLUMINESCENCE
- Certaines substances, soumises à l’action d’un rayonnement lumineux, absorbent cette lumière incidente, pour réémettre à leur tour dans toutes les directions un rayonnement caractéristique dont la longueur d’onde diffère de celle de la lumière excitatrice. Ce sont les phénomènes de photoluminescence, parmi lesquels il faut distinguer la fluorescence et la phosphorescence.
- Autrefois, on enseignait que la fluorescence cessait immédiatement avec la radiation excitatrice, tandis que la phosphorescence se pi'olongeail un temps appréciable après l’interruption de l’excitation.
- Mais, quand on a perfectionné les moyens de mesurer la durée d’une émission phololuminescenle, on a constaté que la fluorescence, quoique généralement de durée beaucoup plus courte que la phosphorescence, n’est pas elle-même un phénomène instantané.
- Cependant ce sont bien deux phénomènes de nature différente, et c’est ce que révèle l’influence de la température.
- La durée de la fluorescence est entièrement indépendante de la température du corps fluorescent ; au contraire, la phosphorescence est une émission lumineuse dont la durée augmente quand la température s’abaisse ; on peut dire qu’elle a une durée infinie aux très basses températures. Une substance phosphorescente maintenue très froide après excitation ne réémet que lentement sa lumière caractéristique et avec une faible intensité ; si on la chauffe, au contraire, elle réémet cette lumière en un temps très bref et avec une intensité beaucoup plus vive.
- Si les phénomènes de photoluminescence intéressent toujours le public par la beauté de certains de leurs aspects, ils intéressent le savant, parce qu’ils se rattachent à l’un des problèmes les plus difficiles qui
- soient posés à la science moderne : définir le mécanisme suivant lequel la lumière peut naître au sein de la matière.
- On admet aujourd’hui que c’est là un phénomène intra-atomique lié à la constitution électrique de la matière ; dans un atome
- ou dans une molécule, les électrons qui forment l’une des classes
- Fig. 1. — Schéma du mécanisme d’émission de la lumière de fluorescence.
- de constituants électriques de la matière, sont supposés répartis en couches ou niveaux énergétiques.
- L’absorption d’une énergie extérieure peut avoir pour effet de déplacer certains électrons et de les amener à un niveau énergétique plus élevé. L’atome ou la molécule sont alors excités. Quand l’électron revient, pour une raison ou une autre, à son niveau d’équilibre normal, il y a émission d’une radiation caractéristique (fig. 1 et 2).
- S’il en est bien ainsi, quel enseignement tirer de la différence entre la phosphorescence et la fluorescence ? C’est que, dans le premier cas,
- A gauche, sont figurés les niveaux énergétiques de l’atome. Le diagramme de droite montre l’évolution, en fonction du temps d’un atome entre son excitation et le retour à l’état initial. Sous l’influence de la lumière excitatrice, l’atome initialement sur le niveau A», passe sur le niveau d’énergie plus élevé Bo. Un choc avec une molécule du solvant amène l’atome à un niveau d’énergie plus bas B. Il reste sur ce niveau un certain temps, mesuré par la longueur du segment BB, d’où il retombe spontanément au niveau A. en émettant une radiation de fluorescence. Un nouveau choc contre une molécule du solvant le ramène à son état initial Ao-
- Energies
- Temps
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- So- — B/=p=j 1 i > \ Energies ,B° î “f B Temps
- P 1 1 1 1 1 1 A » \ P P.
- * 1
- M° A0
- b'ig. 2. — Schéma du mécanisme d’émission de la lumière de phosphorescence.
- L’atome, initialement sur le niveau A0, passe, sous l’action de la radiation excitatrice, sur un niveau plus élevé Bo. Soit spontanément, soit par réaction avec les molécules voisines, l’atome retombe ensuite sur le niveau métastable P, inférieur au niveau B. Il faut un apport d’énergie du milieu pour l'aire passer l’atome du niveau (3 au niveau B, d’où il pourra revenir spontanément à l’état A par émission d’une radiation de phosphorescence. Un choc contre une molécule du solvant l’amènera sur son niveau initial.
- il faut encore un apport d’énergie extérieure, fournie par le choc des molécules du milieu ambiant, pour amener la molécule à un état dans lequel elle est capable de rayonner. &
- Dans le cas de la fluorescence, la molécule n’a aucune énergie à emprunter au milieu extérieur pour rayonner. La fluorescence se manifeste même dans le vide, même aux très basses températures, cas où le mi-
- lieu extérieur est incapable de lui communiquer de l'énergie.
- FLUORESCENCE
- Optimum de fluorescence. — Le public pourra assister à une expérience mettant en évidence le phénomène suivant :
- Lorsqu’on augmente progressivement à partir de
- zéro la con-
- Fig. 3. — Schéma, de l’expérience sur l’opli- centration mum de fluorescence en fonction de la con- ’
- centration. d une Solu-
- Les récipients cylindriques contiennent, des solutions de fluorescéine dont les concentrations vont en croissant de gauche à droite (par. rapport à l’observateur). Les tubes sont éclairés, à leurs moitiés inférieures par des lampes placées derrière une plaque en verre dépoli. On observe ainsi qu’à leurs parties inférieures, les colonnes de, fluorescéine sont d’autant, plus rouges et sombres que l’on se déplace, de gauche à droite. Par contre, la lumière, de fluorescence, visible à la moitié supérieure, des tubes, passe par un maximum d’intensité pour un tube intermédiaire, où la concentration en fluorescéine n’est pas maximum.
- Lumière de ffuorescence
- Plaque . de verre dépoli
- Lumière
- transmise
- Lampes
- à incandescence
- lion fluorescente, l’intensité de la fluorescence augmente tout d’abord proportionnellement à la concentration, passe par un maximum pour une concentration bien déterminée, puis diminue.
- L ’ex p é-rience est effectuée avec des solutions de fluorescéine éclai-
- rées en lumière ordinaire : une série de tubes remplis de solutions de concentrations différentes sont placés côte à côte dans l’ordre des concentrations croissantes. Les tubes sont éclairés à leurs moitiés inférieures par des lampes placées derrière une plaque en verre dépoli. On observe ainsi qu’à leurs parties inférieures, les colonnes de fluorescéine sont d’autant plus rouges et sombres que l’on se déplace de gauche à droite. Par contre, la lumière de fluorescence, visible à la moitié supérieure des tubes, passe par un maximum d’intensité pour un tube intermédiaire où la concentration en fluorescéine n’est pas maximum.
- Une expérience analogue est effectuée avec une solution de bétaméthyle ombelliférone éclairée en lumière ultra-violette.
- Le phénomène a un grand intérêt théorique ; on comprend aisément que la fluorescence augmente avec la concentration puisqu’il y a un plus grand nombre de molécules fluorescentes présentes dans un même volume. Mais pourquoi diminue-t-elle quand ce nombre augmente encore ?
- C’est que les molécules qui en s’excitant ont emmagasiné une fraction de l’énergie lumineuse peuvent restituer celle-ci de deux façons : soit par radiation, soit par choc contre des molécules voisines. Les chocs sont d’autant, plus nombreux que l’espace où s’agitent les molécules est plus peuplé en molécules. On comprend alors qu’à partir d’une certaine concentration, l'effet des chocs devienne prédominant.
- Polarisation de la lumière de fluorescence. —
- La lumière de fluorescence est, toujours partiellement polarisée. Cette polarisation est très faible dans le cas des substances fluorescentes dissoutes dans un solvant peu visqueux (fluorescéine dans l’eau) ; elle est, au contraire, importante dans les solutions fluorescentes très visqueuses (fluorescéine dans la glycérine). Pour expliquer le phénomène, Francis Perrin fait intervenir le mouvement, de rotation de£ molécules du solvant, mouvement d’autant plus rapide que la viscosité est plus faible et qui tend à détruire l’anisotropie produite dans les molécules par la lumière excitatrice polarisée.
- L’expérience sur la polarisation de la lumière de fluorescence est réalisée en éclairant par en dessous trois cuves superposées, avec de la lumière polarisée au moyen d’un nicol tournant,. La première cuve, supérieure, contient la fluorescéine dans l’eau, la deuxième, la fluorescéine dans la glycérine et la troisième contient une solution colloïdale (milieu trouble).
- Durée de la fluorescence. — Les durées de fluorescence sont mesurées devant le public à l’aide du phosphoroscope classique de E. Becquerel, formé de deux disques tournants à vitesse réglable, à fenêtres décalées, entre lesquelles on place la substance étudiée ; celle-ci est irradiée par la lumière excitatrice à travers les fenêtres du disque arrière ; l’observateur voit la fluorescence à travers les fenêtres du disque
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- Fig. 4. — Phosphoroscopc. de Becquerel pour la mesure des durées des photoluminescences.
- A droite, un phosplioroscope A vitesse variable pour la mesure des photo-luminescences brèves (sel d’uranyle). La vitesse variable du phosplioroscope est indiquée par le compte-tours. Quand la vitesse augmente, la lumière, d’abord nulle, augmente et atteint son maximum à partir d’une certaine vitesse. On peut ainsi déterminer l’intervalle de temps qui s’écoule entre l’absorption de la lumière excitatrice par le sel d’uranyle et l’émission de la lumière de fluorescence. A gauche, un phosplioroscope tournant 1.000 fois moins vite et mettant en évidence un intervalle de temps 1.000 lois plus long qui sépare l’excitation de l’acide borique contenant la substance activante et l’émission de la lumière de phosphorescence.
- tifs
- phosphorescentes éclairées en lumière ultra-violelte invisi-h 1 e (1 u rn i è r e de Wood) ; on peut s’en servir également pour la signalisation. Les substances phosphorescentes ainsi éclai-
- avant. La fluorescence n’est observable que si la vitesse de rotation a une valeur suffisante, liée à la durée de la fluorescence (fig. 5).
- PHOSPHORESCENCE
- L’une des expériences du meme stand du Palais de la Découverte met en évidence l’effet de la tempéra-
- ture sur la phosphorescence. On projette de l’air chaud sur une courroie recouverte de substances phosphorescentes : les endroits touchés par l’air chaud deviennent plus lumineux, mais la durée de la phosphorescence y est beaucoup plus brève qu’aux endroits où la courroie n’est pas chauffée.
- On peut tirer de très jolis effets décora-des substances
- rées sont employées notamment à bord des avions pour rendre visibles du seul pilote les indications des appareils du tableau de bord.
- Ces diverses applications sont présentées avec beaucoup de goût dans deux stands voisins.
- Signalons aussi l’utilisation des substances phosphorescentes dans l’éclairage par lumière froide (stella-boules de M. Constat).
- Fig. 5. — Schéma du phosplioroscope de Becquerel.
- La substance phosphorescente est placée entre les deux disques tournants A et P> montés sur un même arbre et percés de fenêtres alternées. La substance phosphorescente est éclairée par la lumière excitatrice à travers le disque 15 et on observe la lumière réémise à travers le disque A (dis q u e avant).
- : LES ÉLECTRONS
- Les rayons X, les électrons, la radio-activité sont des découvertes qui datent de la fin du xixe siècle.
- Elles ont révélé aux physiciens un monde nouveau : le monde intra-atomique dont l’exploration, quoique encore inachevée, a, en outre, apporté une puissante contribution aux progrès de la technique, notamment dans les télécommunications, le cinéma sonore, l’éclairage, applications médicales et tant d’autres domaines tous tributaires des phénomènes électroniques.
- La découverte des rayons X et celle des électrons sont nées de l’étude du passage de l’électricité à travers les gaz.
- Dans la section consacrée aux rayons X et aux électrons, les expériences sont présentées et numérotées dans l’ordre historique, généralement si instructif. L’expérience n° i est donc consacrée aux phénomènes de la décharge électrique dans les gaz raréfiés.
- Décharge électrique dans un gaz raréfié..— Aux
- bornes d’un tube rempli de gaz (azote par exemple), sous une pression que l’on peut faire automatiquement
- varier à l’aide d’une pompe à vide, on applique une tension de 20.000 v continus. Les phénomènes lumineux à l’intérieur du tube varient avec la nature du gaz et la pression.
- En partant de la cathode (électrode supérieure du tube exposé), on obsei’ve à l’intérieur du tube des alternances de régions lumineuses et obscures : la gaine lumineuse cathodique, séparée parfois de la cathode par l’espace sombre de Aston ; la lueur négative ; l’espace sombre de Hittorf-Crookes ; la colonne lumineuse positive ; l’espace sombre de Faraday ; la lueur anodique et, entre celle-ci et l’anode, l’espace sombre anodique (fig. 2).
- Les espaces dits sombres émettent également de la lumière et ne paraissent sombres que par contraste (fig. 3).
- Les phénomènes lumineux changent d’aspect lorsque la pression varie. Dans le tube rempli d’azote, pour une pression de quelques milliers de baryes (*), la
- 1. La barye est la pression de 1 dyne par centimètre carré et correspond à une hauteur de mercure de 3/4 de micron.
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- Gênent rde courait à h f.e tens ?
- Récipients
- Poreux
- Robinet/ d'entrée de gaz
- Tube de décharge
- Pompe à
- Fig. 1. — Appareil pour réaliser la décharge électrique dans différents gaz sous pressions variables.
- La came de commande, mue par un moteur, comporte une encoche. Lorsque l’extrémité du levier tombe dans celle-ci, la pompe h vide est arrêtée et le tube à décharge est mis en communication avec le récipient de gaz par l’intermédiaire du robinet d’entrée. Lorsque l’extrémité du levier quitte l’encoche par suite de la rotation de la came, la pompe à vide se remet en marche, le robinet d’entrée du gaz est refermée et la pression dans le tube de décharge diminue progressivement.
- colonne positive de lumière diffuse, sans stries, s’étend jusqu’au voisinage de la cathode ; au fur et à mesure que la pression dans le tube diminue, la colonne posi-
- Espace sombre Espace sombre de
- d'Aston \ /HittorE Crookes Espace sombre de Faraday
- TÉn-----H1MHH!!!!! --------------------— Anode
- tnn
- Cathode
- Gaine cathodique
- Colonne positive
- ~.Lueur négative
- Espace sombre anodique
- Fig. 2. — Aspect général de la décharge luminescente dans un tube à gaz raréfié.
- tive est refoulée dans l’espace sombre de Faraday qui grandit ainsi que la toute la région cathodique.
- Pour une pression de ioo
- Fig. 3. — Intensité lumineuse le long d’un tube à décharge électrique dans un gaz raréfié.
- Intensité lumineuse rf\ ,
- \j 1
- Cathode Anode
- baryes, on voit apparaître des stries dans la colonne positive. Aux pressions inférieures, la colonne positive continue à diminuer, les stries se déplacent vers le bas, où elles disparaissent. L’écart en-
- Fig. 4. — Tube de Crookes.
- A, pièce polaire de l’électro-aimant ; G, croix.
- tre les stries augmente légèrement lorsque la pression diminue.
- Les rayons cathodiques, leur propagation rec= tiligne. Action du champ magnétique. La nature de ces rayons. — Si le vide pouvait êti'e poussé plus loin encore, on verrait l’espace sombre de Hittorf-Crookes gagner tout le tube et les parois du tube devenir légèrement luminescentes. C’est ce qui est réalisé dans l’expérience du stand 2 (fig. 4 et 5).
- Dans un tube, dit de Crookes, à vide très poussé, des rayons, du reste invisibles, prennent naissance à la cathode et se propagent en ligne droite. On les met en évidence par la fluorescence qu’ils excitent en rencontrant certaines substances : le sulfure de zinc, le plalinocyanure de baryum, etc. En plaçant un obstacle, une croix par exemple, sur le parcours des rayons cathodiques, on voit son ombre apparaître sur le fond du tube recouvert d’une substance fluorescente. C’est la preuve de la propagation rectiligne des rayons cathodiques.
- Les rayons cathodiques sont déviés par un champ magnétique ; si on alimente les bobines d’un électroaimant dont les lignes de force sont perpendiculaires à l’axe du tube, on voit l’ombre de la croix se déplacer vers le bas.
- Comme Crookes l’a supposé le premier, les rayons cathodiques sont formés de particules chargées d’électricité négative, qui, repoussées par la cathode, se propagent dans le tube avec une vitesse considérable. Les expériences décisives de Jean Perrin (1895) ont prouvé
- Fig. 5. — Schéma du tube de Crookes.
- Cathode
- Commande de. /électro-aimant
- Anode
- fars les pompes
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- qu’il en est bien ainsi. Elles sont pi'ésentées au stand 3 (fig. 6 et 7).
- Dans un tube à décharge, on produit des rayons cathodiques ; ceux-ci traversent le tube et parviennent à une anode, qui est un cylindre creux fermé à chaque extrémité par un écran muni d’une fente. Les rayons cathodiques la traversent et sont recueillis par un cylindre de Faraday. Lorsqu’on met celui-ci en communication avec un électroscope à feuilles, porté préalablement à un potentiel positif, on voit les feuilles retomber progressivement ; la charge positive de lelectx'oscope est donc neutralisée par les charges néga-
- Fig. G. — Reconstitution de l’expérience de Jean Perrin (18(Jo) montrant que les rayons cathodiques portent des charges électriques négatives.
- lives transportées par les rayons cathodiques. Au lieu de relier la cage de Faraday à l’électroscope, on peut aussi la relier à un micro-ampèremètre ; la déviation de l’aiguille montre que le cylindre de Faraday se charge négativement par les rayons cathodiques.
- On sait aujourd’hui que les rayons cathodiques ne sont autre chose que des projections d’électrons, particules élémentaires d’électricité négative, expulsés de la cathode et lancés à grande vitesse dans le vide du tube.
- Au stand 4, on montre, plus en détail, l'action d’un champ magnétique perpendiculaire à la direction de propagation d’un faisceau de rayons cathodiques. Les rayons cathodiques produits dans un tube sont cana-
- “20.000 volts
- Cathode Anode
- „Redresseur \, (VT Charge de XT Félectroscopel Substance \ V ffuorescente\\\
- Cylindre de Faraday
- ! <o
- Transformai à h*? tens"
- Electroscope^, Tension positive pour J S la charge de l'électroscd"
- AppHcat?du champ magnét. qui empêche les électrons d'entrer dans le cylindre de Faraday.
- Mise en commun mat" de (Gjlêlec-Jvtroscope et ducylind.de Taradaydutube à décharge
- mkm, Micro-ampêrem.
- Verre dépoli Système deproject"
- Fig. 7. — Schéma de l’expérience de Jean Perrin sur la charge négative des rayons cathodiques.
- lisés en traversant une anode creuse munie d’une fente à chaque extrémité. Ils pénètrent dans un deuxième tube perpendiculaire au premier et qui contient un écran fluorescent, disposé de manière que le faisceau de rayons cathodiques en rase la surface. En l’absence de tout champ magnétique, on voit une trace luminescente rectiligne dans le prolongement de l’axe du premier tube. Quand l’électro-aimant est excité, on applique un champ magnétique perpendiculaire à la dii'ection de propagation des rayons cathodiques et. l’on voit sur l’écran lluoiescent les rayons cathodiques s’incurver suivant un arc de circonférence (lig. 8).
- Au stand suivant (stand L), on montre Y enroulement des rayons cathodiques autour des lignes de force magnétiques (P. Villard et Plucker). Le champ magnétique, réalisé à l’aide d’une bobine courte, n’est pas homogène et les lignes de force divergent au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la bobine. Les électrons qui se meuvent dans ce champ tracent des courbes autour des lignes de force ; ces courbes ont l’aspect de spirales dont l’amplitude diminue dans les régions où les lignes de force sont plus denses (fig. 9 et xo).
- Fig. 8. — Action d’un champ magnétique sur les électrons en mouvement.
- l/ers les pompes
- Trace du pinceau Vcathodique dévié par le champ magnétique
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- Fig. 0. — Dispositif menant en évidence l'enroulement des rayons cathodiques autour des lignes de force du champ magnétique.
- Rayons cathodiques et autores boréales. —
- Cette expérience peut servir d’introduction à celle du stand voisin, où M. A. Dauvillier reproduit les phénomènes de l’aurore boréale, grâce à un dispositif ingénieux. On sait que la masse incandescente du Soleil projette des électrons qui, accélérés par le champ électrique intense de l’atmosphère solaire (chromosphère), quittent le Soleil avec une vitesse presque égale à celle de la lumière.
- Ces électrons d’une énergie formidable (plusieurs milliards d’électron-volts), émis en abondance, se répandent dans l’espace et certains abordent les régions supérieures de l’atmosphère terrestre. La Terre, gigantesque aimant, exerce une action magnétique sur les électrons et leur impose des trajectoires en forme de spirale, analogues à celles que l’on voit au stand 5.
- D’autre part, lorsque les électrons abordent l’atmo-sphèi’e de la Terre, ils ionisent par choc les molécules des gaz et donnent naissance à des électrons secondaires, d’énergie plus faible. Grâce à l’action du champ magnétique terrestre, les électrons primaires qui viennent directement du Soleil, s’enroulent autour de la Terre sans parvenir aux basses couches de l’atmosphère. Sans l’existence du champ magnétique terrestre, les électrons solaires parviendraient jusqu’à la surface de la Terre et y rendraient toute vie impossible en la bombardant intensément.
- Les électrons secondaires étant moins rapides que
- les électrons solaires sont encore plus sensibles à l’action du champ magnétique terrestre ; aussi peuvent-ils parvenir dans les basses régions de l’atmosphère.
- Dans l’expé-
- Fig. 10. — Schéma du dispositif mettant en évidence l’enroulement des rayons cathodiques autour des lignes de force du champ magnétique.
- Bobines du cham, 1 magnéticfue
- T\ ' ^Anode
- Lfjgggh^
- Cathode
- Vers les pompes ‘ vide
- rience de M. Dauvillier (li g. ii), la Terre et le Soleil sont re-p r ésenl és sc hé j n a l i-quemenl par deux sphères placées dans un récipient en verre, rempli d’un gaz raréfié. A l’intérieur de la sphère repré-senlanl le Soleil sont enfermés deux « canons à électrons ,».
- La sphère représentant la Terre renferme un aimant qui fait office du champ magnétique terrestre. M. Dauvillier montre, grâce à ce dispositif, que l’aurore boréale est une « lueur électrique atmosphérique », liée à la présence de gaz raréfiés dans la haute atmosphèreq elle naît du bombardement de ces gaz par les électrons du Soleil. Les draperies de l’aurore boréale dessinent, pour ainsi dire, sur l’écran céleste, les lignes de force du champ magnétique terrestre. Le Soleil et la Terre constituent ainsi deux électrodes d’un gigantesque tube de Crookes dont la cathode est un immense filament incandescent et dont î’anticathode est constituée par un aimant (fîg. 12).
- Fig. 11. — Appareil de M. A. Dauvillier pour la synthèse de l’aurore polaire.
- La sphère supérieure représente le Soleil, qui envoie un jet d’électrous rencontrant la sphère intérieure aimantée qui représente la Terre. Ces électrons s’enroulent dans le champ magnétique en produisant l’aurore.
- Fig. 12. — Trajectoire d’un électron solaire dans le champ magnétique terrestre.
- P, pôle magnétique.
- Vitesse et charge des électrons cathodiques. — Au stand 7, on reproduit l’expérience classique par laquelle Jean Perrin (1897) a montré que le faisceau cathodique subit l’action d’un champ électrique parallèle à la direction de propagation des rayons. En donnant à ce champ des valeurs appropriées, on peut soit accélérer, soit ralentir et même arrêter le faisceau cathodique. Dans l’expérience présentée au stand, on montre d’abord l’action d’un champ électrique antagoniste sur le faisceau cathodique. Au voisinage de la cathode, est placé un diaphragme percé d’un trou circulaire muni d’un croisillon centré sur l’axe du tube. Le long du tube et contre la paroi est placée une règle graduée recouverte d une substance fluorescente. A l’autre extrémité du tube sont placées deux anodes : l’une, en forme de cylindre, est directement reliée en
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- Fig. 13. — Appareil pour la détermination des vitesses des électrons à l’aide d’un champ magnétique antagoniste (Jean Perrin, 1897).
- permanence au sol et est, en même temps, reliée à la borne positive du générateur à haute tension ; la seconde anode est un disque recouvert d’une substance iluorcscente ; elle est placée en face de l’anode tubulaire et peut être portée à un potentiel négatif pr rapport au sol, à l’aide d’un potentiomètre. Deux bobines, dont le champ magnétique est perpendiculaire à l’axe du tube, sont disposées de part et d’autre de la partie ('entrale du tube.
- En l’absence de tout champ magnétique et lorsque la deuxième anode est reliée au sol, les rayons cathodiques aboutissent à cette électrode et la rendent fluorescente. Si on porte la deuxième électrode à un potentiel négatif par rapport à l’anode tubulaire, la luminosité de la deuxième anode diminue progressivement et, pour une certaine valeur du potentiel, elle disparaît complètement. On constate que cette valeur est précisément égale à celle qui a communiqué aux électrons leur vitesse.
- La deuxième expérience consiste à appliquer un champ magnétique, ce qui a pour effet de dévier le faisceau cathodique ; il tombe alors sur la règle graduée, où apparaît l’image brillante de la fente circulaire avec l’ombre du croisillon. En supposant que le faisceau cathodique est foi'iné de corpuscules (élec-
- Fig. 14. — Schéma de l’appareil pour la détermination des vitesses des électrons à l’aide d’un champ magnétique antagoniste (Expérience de M. Jean Perrin, 1897).
- Vers les pompes Y à vide
- Anode Cyhndrtqi
- ' Cathode
- Diaphragme avec croisillon
- Electrode à potentiel variable, (champ antagoniste)
- 269 =:
- Irons) possédant une charge négative e, une masse m et une vitesse Y, la théorie permet de déduire de ces deux expériences (valeur du champ antagoniste nécessaire pour arrêter le faisceau cathodique et courbure du faisceau cathodique dans le champ magnétique), la valeur de la vitesse des électrons, ainsi que celle du rapport e/m, dit charge spécifique des électrons.
- Phénomènes thermioniques et photo-électri-ques. — Le stand 8 est consacré aux phénomènes thermioniques.
- Les solides portés à une très haute température peuvent émettre des électrons. Le phénomène, découvert en 188/4, par Edison (effet Edison) a été étudié et expliqué par Richardson qui en a énoncé les lois fondamentales (üg. i5). Tous les conducteurs, les métaux notamment, renferment des électrons à l’état libre. Ce véritable gaz électronique peut s’échapper de l’intérieur des conducteurs sous l’influence de l’agitation thermique, mais le phénomène ne devient important qu’aux températures élevées ; on peut alors, avec des champs é]eclriques relativement faibles, extraire un nombre considérable d’électrons.
- La lumière, elle aussi, peut expulser des électrons renfermés dans la matière. C’est l’effet photo-électrique décou-vert par Hertz, précisé par Hallwachs, expliqué ensuite par .1. J. Thomson et, par Lénard.
- Lénard a montré que la vitesse des électrons émis par effet photoélectrique ne dépend que de la fréquence de la radiation excitatrice : elle est d’autant, plus grande que cette fréquence est plus élevée ; aussi est-ce à l’aide de lumière ultra-violette que l’on met le phénomène en évidence ; le nombre des électrons expulsés, par contre, ne dépend que de l’intensité de la radiation. Ces phénomènes ne peuvent pas être expliqués par la théorie ondulatoire de la lumière et
- Voltmètre
- - Ampèremètre du filament.
- 220 volts
- 2 volts
- Chaujjage du filament
- Fig. 15. — Dispositif mettant en évidence l’émission des électrons par un filament incandescent (effet Edison).
- Les électrons attii'és par l’anode sont recueillis par elle ; un courant s’établit et est mis en évidence par la déviation de l’aiguille du milliampèremètre.
- Fig. 10. — Relais photo-électrique.
- Tube au néon
- Secteur
- Cellule
- Triode
- Contacteur
- mm*
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- 210
- Cellule photo-résistante
- FâisùëZü-etetmriiièrg-
- Moteur
- r,Lentille
- Jodulateur
- Amplificatr. et relais commandé leslampi du stand
- Fig. 17. — Relais photo-électrique à. lumière modulée.
- ont conduit Einstein à formuler l’hypothèse de la constitution granulaire de la lumière, en accord avec la théorie des quanta.
- Les phénomènes photo-électriques ont trouvé une application dans les cellules photo-électriques qui sont des relais électriques commandés par la lumière. On peut distinguer les cellules photoconducirices et pholo-résislantes.
- Lue cellule photo-conductrice est constituée essentiellement par une ampoule en verre ou en quartz plus ou moins vidée, hermétiquement scellée, contenant deux électrodes, dont l’une, la cathode, est formée par une couche photo-sensible. Quand la cathode est éclairée, les électrons libérés à la cathode se dirigent vers l’anode et la cellule débile un courant électrique capable d’actionner, après amplification, un relais électromagnétique. Dans l’expérience présentée au stand 9, le relais électromagnétique commandé par la cellule photo-électrique, ouvre ou ferme le circuit d’alimentation d’un tube à néon (fig. 16).
- Au même stand, on présente une autre expérience sur les phénomènes photo-électriques. On y fait appel à une cellule photorésistante, dite également à couche de barrage. C’est une plaque de cuivre oxydée à sa surface. Elle jouit de propriétés de redressement (redresseurs à oxyde de cuivre) et, en même temps, de propriétés photo-électriques, car sa résistance ohrni-
- Fig. 18. — Principe de l’oscillographe (tube de Braun).
- Champ électrique
- Plaques déflectrices dans le sens horhontaI
- Lentille
- électronique
- §3? Ze. lreanode
- .Brille
- I Plaques déflectrices :
- I dans le sens vertical
- I Champ magnétique
- Couche de matière fluorescente
- Redresseur « * 3000 V.
- < tient) être
- que varie avec l’éclairement. Avec une cellule de ce genre, on a monté un dispositif qui n’est sensible qu’à une lumière modulée. Le courant engendré par la cellule est l'eçu par un amplificateur à courant alternatif, insensible au régime continu qui s’établit lorsque la cellule est éclairée par une lumière continue
- (%. 17).
- Oscillographe cathodique. — Les rayons cathodiques ont reçu une application très importante dans l’oscillographe cathodique, appareil de plus en plus utilisé pour l’analyse des phénomènes rapides et aussi pour la télévision.
- Les rayons cathodiques, 011 l’a vu, peuvent être déviés par les champs magnétiques ou électriques et celle déviation est proportionnelle à l’intensité du
- Fig. 19. — Oscillographe cathodique en fonctionnement (Observation d’une tension électrique alternative).
- champ déviateur. Les corpuscules du faisceau cathodique ayant une masse extraordinairement petite, l’obéissance est immédiate. Le faisceau cathodique est un index sans inertie. ’
- Les propriétés et les applications de l’appareil sont montrées aux stands xo et 11.
- Un oscillographe cathodique est un tube à vide très poussé, renfermant une source d’électrons, un dispositif servant à la modulation du faisceau électronique, un dispositif de balayage, obtenu par l’action d’un champ magnétique et d’un champ électrique, et tin écran fluorescent, sur lequel les points d’impact des électrons apparaissent sous forme de points lumineux (fig. 18 et 19).
- L’expérience 10 met en évidence l’action d’un champ électrique, d^un champ magnétique ou des deux à la lois, sur le faisceau cathodique.
- Au stand 11, on voit les applications de l’oscillographe cathodique à l’analyse des phénomènes oscil-latoii'es. Le cornant électrique d’un mici'ophone devant lequel on parle est amplifié et la tension alternative ainsi obtenue est appliquée aux bornes de deux pla-
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- ques qui provoqlient, suivant la direction verticale, la déviation du spot cathodique en fonction de la tension à examiner. Un dispositif spécial, appelé oscillateur de relaxation, fournit une tension alternative en dents de scie appliquée à une autre paire de plaques, qui donne au spot une déviation horizontale proportionnelle au temps. En l’absence du courant mierophonique, le spot parcourt sur l’écran, d'un mouvement uniforme, une ligue horizontale qui paraît permanente à l'observateur, par l’effet de la persistance des sensations visuelles.
- Plaques dé flectrices dans le sens vertical
- Couche de matière fluorescente
- Lentille électronique 3me Zme. VeAnode
- L1 133 \L
- V Ci
- Vrille
- ,Redresseur'
- * 3.000 V
- Amplificat.des oscillations de Amplificatr
- relaxation
- Oscillateur H
- II à relaxation
- ; —
- il
- Redressé 1.000 V <
- Microphone 50 périodes
- Fig. 20. — Application de Voscillographe cathodique à l’analyse des phénomènes rapides (Observation d’une tension électrique alternative ; analyse de la voix).
- Fig. 21. — Appareil Trillat pour la diffraction des électrons
- derniers temps, ont toujours pleinement confirmé ces prévisions.
- Mais l'avènement de la mécanique ondulatoire de Louis de Broglie et les expériences qui l’ont confirmée (diffraction des électrons par un cristal) ont montré l’insuffisance de cette conception simpliste de l’électron.
- D’après la mécanique ondulatoire, on doit admettre pour la matière le meme dualisme que pour le rayonnement, électromagnétique, dont le rayonnement lumineux est un cas particulier. L’effet photo-électrique oblige à admettre (pie la lumière, à côté de ses propriétés ondulatoires, possède également des propriétés corpusculaires. Ces deux manifestations, apparemment contradictoires, doivent être considérées comme deux aspects complémentaires d’une môme réalité physique.
- Louis de Broglie, frappé par ce caractère dualiste de la lumière, s’est demandé si un dualisme pareil n’existe pas aussi dans le domaine de la matière, si ce dualisme ondes-corpuscules ne constitue pas un caractère général de tous les phénomènes naturels.
- Guidé par ces considérations, Louis de Broglie fut
- Lorsqu’on parle devant le microphone, on imprime au faisceau cathodique, au cours de son déplacement horizontal, des déviations verticales proportionnelles à l’intensité des ondes sonores qui frappent le microphone. Le spot dessine alors sur l’écran des courbes qui traduisent fidèlement les particularités de la voix.
- Mécanique ondulatoire. — Les expériences précédentes peuvent toutes s’interpréter en assignant à l’électron, atome d’électricité négative, une nature corpusculaire. En appliquant à ce projectile, quand il est animé de vitesses très élevées, les lois de la mécanique relativiste d’Einstein, on peut prévoir toutes les circonstances de son mouvement dans les conditions les plus diverses ; les expériences réalisées jusqu’à ces
- Fig. 22. — Schéma de l’appareil pour la diffraction des électrons.
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- Fig, 23, 24, 23. — Diagrammes de diffraction électronique (,|. J. Trillat).
- A gauche : par une feuille d’or ballu (structure fibreuse) ; électrons de 43.000 v ; au milieu : pur un dépôt électrolytique (structure microeristalline confuse) ; électrons de 43.000 v ; à droite : par une feuille de mica ; électrons de 40.000 v.
- amené à penser qu'à ioul corpuscule matériel est associé un phénomène périodique, une onde, inséparable de celui-ci. Le calcul théorique montre alors que la longueur d'onde de l’onde associée est inversement proportionnelle à la quantité de mouvement (produit de la masse par la vitesse) du corpuscule. Chaque fois que
- Fig. 2(5. — Vue générale de la section consacrée aux électrons et aux rayons X.
- En haut : le générateur de tension Continue de 230.000 v, 30 inA ; au fond : un générateur de 100.000 v, pulsatoire, 200 niA Au premier plan, un tube de Lenard, L, ce lubc possède une fenêtre fermée par une lame mince, perméable aux électrons ; ceux-ci sortent dans l’air, rendant l’atmosphère environnante luminescente, ainsi (pie les différentes substances qu’ils frappent.
- la longueur d onde de l’onde associée est faible par rapport aux dimensions des obstacles matériels rencontrés par le corpuscule sur son trajet, les lois de l’optique géométrique s’appliquent et tout se passe comme si l’onde associée n’existait pas. On retrouve alors les lois de la mécanique newtonienne qui apparaît ainsi comme un cas particulier d’une mécanique beaucoup plus générale, qui est la mécanique ondulatoire.
- Par contre, lorsque cette longueur d’onde n'est plus négligeable par rapport aux dimensions des obstacles rencontrés par les corpuscules matériels, les ondes associées subissent toutes sortes de modifications (par diffraction ou interférences) et réagissent à leur tour sur le mouvement de la particule. Celle-ci n’obéit plus aux lois de la mécanique newtonienne mais à celles de la mécanique ondulatoire. En lin de compte, ce sont donc les ondes associées qui déterminent le mouvement et la répartition des particules dans l'espace, tandis que leur énergie se trouve localisée aux endroits où se Irouvenl effectivement les corpuscules.
- Dans le cas des élections obtenus dans les tubes calhodiques courants, la longueur d’onde de l’onde associée est de l’ordre de celles des rayons X et l’on conçoit qu’ils doivent donner lieu à des phénomènes de diffraction analogues à ceux que l’on observe avec les layons X. Notons ici, pour y revenir plus en détail dans le chapitre de l’Optique, que la diffraction est une manifestation caractéristique de phénomènes ondulatoires. Son apparition, avec des corpuscules matériels comme les électrons, révélée par une expérience fondamentale de Germer et Davisson, a apporté une frappante confirmation de la théorie en apparence paradoxale de Louis de Broglie.
- Dans les slands consacrés aux rayons X, ou verra que ceux-ci donnent lieu à des phénomènes de diffraction lorsqu’ils tombent sur des cristaux, véritables réseaux de diffraction naturels. C’est également aux cristaux qu’on fait appel pour provoquer la diffraction des électrons.
- Toutefois, lorsqu’on opère avec des électrons, il faut tenir compte du fait qu’ils sont beaucoup plus facile-
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- ment absorbés par la matière que les rayons X. Il faut donc, si l’on veut observer les phénomènes de diffraction des électrons par transmission, utiliser des pellicules très minces de substances cristallines. Dans l’expérience présentée qui a été réalisée par M. J. J. Tri! 1 al, professeur à la Faculté des Sciences de Besançon, on utilise un film mince d’or ou de platine. L’appareil pour la diffraction des électrons consiste en un tube à très haut vide, scellé, dans lequel les électrons, émis par un filament incandescent, sont accélérés à l’aide d’une tension de 45.ooo v et sont ensuite canalisés (fig. i>.r et 22). Le faisceau étroit de rayons cathodiques parallèles ainsi obtenu tombe sur la pellicule d’or mince qui le diffracte. Les rayons diffraclés dont les directions sont calculables a priori par les lois de l’optique, sont reçus sur l’écran fluorescent qui forme le fond du tube. On voit alors se dessiner sur l’écran fluorescent une ligure de diffraction dont la symétrie révèle la symétrie de la structure cristalline de la pellicule d’or (lig. 23).
- Les ligures 2/1, 2,r> montrent, les ligures de diffraction électronique obtenues de la même façon au moyen d’un dépôt électrolytique d’or à structure cristalline confuse, et au moyen d’une feuille de mica. Celte dernière donne une série de taches ponctuelles réparties avec une remarquable régularité.
- Les électrons dans Pair. — Les électrons s’observent et s’étudient surtout dans les enceintes où règne un vide aussi parfait que possible, car lorsqu’ils sont pro-
- jetés dans une atmosphère quelque peu dense, ils sont rapidement freinés par les chocs qu’ils font subir aux molécules matérielles qu’ils rencontrent. Ces chocs s ’accoin pagnei 11 d’ionisation et démission de lumière. Lénard a observé ces phénomènes dans l’air au moyen d’un tube cathodique à fenêtre ; les électrons peuvent sortir du tube à travers une, lame mince scellée dans un orifice de la paroi sur le trajet du f a i s c e a u cathodique. Celle expérience a été reproduite par M. llu-lubei avec, un tube cathodique à grande puissance dans lequel les électrons sont accélérés p a r un c b a m p d e 200.000 v. (tig. 2G et 27). Le publie peut constater que l’air extérieur est rendu luminescent autour de cette fenêtre.
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- Porcelaine
- Aux pompes ’l 1. à vide
- 0) ^.Grille
- \/Feudle d klurnirr \denviron 0,0! /m d ’épaissF transpar? aux électrons
- Piy. 21. — Schéma du tube à je nôt re de Lena rd.
- Tube à électrons de grande puissance réalisé par M. Hulu-bel, du Laboratoire de chimie physique de Paris (un courant d’électrons accélérés par un champ de 230.000 v traverse la fenêtre cl, se, propage dans l’air).
- LES RAYONS X
- Les rayons X ont été découverts par Roentgen en i8t)5. Lorsque, ces rayons cathodiques frappent un obstacle, celui-ci émet des radiations électromagnétiques de même nature que la lumière et les ondes hertziennes, mais de longueurs d’onde beaucoup plus petites, de l’ordre de quelques dix-millionièmes de millimètre. Les rayons X, comme toutes les autres radiations électromagnétiques, ne transportent pas de charge électrique et sont insensibles à l’action des champs magnétiques ou électriques, Ils se propagent en ligne droite. On les décèle soit par la fluorescence qu’ils provoquent sur les écrans appropriés, soit par leur action sur les plaques photographiques, soit par les phénomènes d’ionisation auxquels ils donnent naissance.
- PRODUCTION ET PROPRIÉTÉS DES RAYONS X
- Le générateur de rayons X le plus moderne est le tube de Coolidge. Dans un vide aussi élevé que possible, un filament incandescent; émet des électrons accélérés par une anode portée à un très haut potentiel. Cette anode fait en même temps office de l’obstacle
- anticathode contre lequel les électrons accélérés se heurtent en donnant naissance, au rayonnement X.
- Dans le tube de Coolidge, du stand i/j, une.fenêtre transparente, latérale, laisse voir l’anticathode portée
- Fig. 1. — Production de rayons X par un Vube Coolidge.
- Tra nsformateurdecha uffage — du filand incandesctémet--teur d'électrons.
- C cathode A anticathode
- Chaleur et lumière
- Fenêtre desortie des
- rayons X
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- au blanc par le bombardement électronique. On voit un écran fluorescent extérieur s’illuminer sous l’iniluence des rayons X venant du tube. On cons la te ainsi que les rayons c a t h o d i q u e s, heurtant un obstacle, engendrent à la lois chaleur, lumière visible et rayons X (lig. i).
- La pénétra= tion des rayons
- X. — La pro-p r i é t é la plus f r a p p a n l e des rayons X est l’ex-1 renie facilité avec laquelle ils traversent certaines substances opaques à la lumière ordinaire ; leur pouvoir pénétrant est fonction de la longueur d’onde ainsi que de la nature de la substance traversée. Les rayons X de grande longueur d’onde (rayons mous) sont plus facilement absorbés que les rayons X de faible longueur d’onde (rayons durs). Les corps simples à faibles numéros atomiques sont plus « transparents » aux rayons X que les corps à numéros atomiques élevés. Dans les corps composés, l’absorption totale est la somme des absorptions dues aux atomes des constituants simples. C’est sur ces propriétés que sont fondées toutes les applications radiographiques médicales ou industrielles ainsi que les méthodes de protection (écrans de plomb).
- Au stand i5, pour mettre en évidence les lois de l'absorption des rayons X, on fait défiler entre la fenêtre de sortie des rayons X et un écran fluorescent, différents objets dont on peut comparer ainsi le degré de transparence (fig. a).
- d’un électron devient ion positif. Ainsi, au sein d’un gaz ionisé par rayonnement X apparaissent des ions de, signes contraires. On peut déceler l’existence de ces (‘barges et môme les mesurer avec un électrpscope ou un éleelromètre. L’expérience présentée est réalisée de la manière suivante : dans une chambre d’ionisation à parois métalliques est placée une électrode plane isolée, reliée à un éleclroscope, les parois du récipient jouant le rôle de la seconde'électrode. On charge, au préalable, léleclroscope et l’on voit sur l’écran, sur lequel esl projetée son image, que la feuille s’écarte de la lige è laquelle, elle est suspendue. Lorsque les rayons X traversent la chambre, ils y produisent des ions ; le gaz contenu dans la chambre devient conducteur ; l'élee-Iroscope doit donc se décharger à travers lui. On voit, en effet, sur l’écran, la feuille de l’électroseope retomber lentement (fig. 3).
- La chambre de Wilson, appareil pour rendre visibles les trajectoires des particules ionisantes
- (sland 17). — Les phénomènes d’ionisation des gaz par les rayons X, la production des photo-électrons, peuvent être observés au moyen de la chambre à brouillard de Wilson, merveilleux appareil qui permet de voir les trajectoires des électrons et des particules ionisantes, en général, outil fondamental des recherches modernes sur les constituants de l’atome : électrons, protons, particules alpha, etc. Nous la retrouverons d’ailleurs dans d’autres sections du Palais de la Découverte.
- On sait que les ions possèdent la propriété de provoquer la condensation de la vapeur d’eau en servant de supports aux fines gouttelettes d’eau dont ils sont, pour ainsi dire, les germes. Si l’on refroidit la vapeur d’eau contenue dans une enceinte close, une partie de celle-ci doit se condenser. Mais cette condensation ne peut se produire que s’il existe dans l’enceinte des poussières ou des centres électrisés (ions), sur lesquels s’amorcera la formation des gouttelettes. L’appareil à brouillard de Wilson tire profit de cette propriété. Une brusque détente est produite à l’intérieur de l’enceinte par le recul rapide d’un piston ou d’une membrane
- Fig. 4. — Schéma d’une chambre de Wilson pour l’élude ____ des rayons X (Photoélectrons, effet Compton).
- Fig. 2. —• Schéma ' de l’installation montrant l’absorption des rayons X par la matière.
- Ionisation des gaz par les rayons X (stand 16) — Les rayons X ionisent les gaz suivant un mécanismi analogue à celui de l’effet photo-électrique dans le ca;
- des radiations visibles
- Fig. 3, — Chambre d’ionisation avec électrolyse m. 0 n t r a. n t l’ionisation produite par l e s rayons X.
- De môme que la lumièri ordinaire, ils se cornpor lent comme s’ils étaien
- formés de grains d'énergie ou photons. Un pho-lon heurtant un atome lui arrache un électron, cède à celui-ci toute son énergie et disparaît lui-même. L’atome, privé
- 2 appareils photographiques pour yv l'étude des trajectoires a LÆ dans l'espace n/X/L (stérêoscopie).
- I~—~1 Lampe à
- "1 * . 1 .1 a nr
- "ube a
- chambre de Wilson
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- Fiy. fi. — Effet photo-électrique composé (découvert par Pierre A user).
- Deux électrons sont émis par un même atome (Krypton), frappé par un photon de rayonnement X (00 kV). Un des électrons est extrait de la couche K de l’atome par effet photoélectrique ordinaire (le photon X est absorbé complètement et l’électron qu’il extrait s’en va avec une énergie cinétique égale à l’énergie du photon diminuée du travail nécessaire à l’extraction de l’électron de la couche K). L’émission du deuxième électron correspond au réarrangement ultérieur de l’atome ionisé par le départ du premier électron. Ce réarrangement interne ne s’opère pas, comme dans le cas du rayonnement de fluorescence, par l’émission d’une radiation caractéristique de l’atome, mais par l’émission d’un électron dont la vitesse est caractéristique de l’atome et indépendante de l’énergie du photon incident.
- élastique formant, le fond de la chambre (tig. 4). Cette détente refroidit la vapeur d’eau qui se trouve alors à l’état sursaturé. Si, à ce moment précis, une particule ionisante traverse la chambre, elle forme une traînée d’ions sur son trajet et ceux-ci condensent des gouttelettes d’eau autour d’eux. 11 se forme une ligne de gouttelettes qui jalonne et matérialise la trajectoire de la particule ionisante, la rend visible et permet de la photographier.
- L’épaisseur et la longueur de ces lignes de brouillard varient suivant la nature et la vitesse des particules ionisantes. Le passage d’un électron se traduit par une ligne très fine, tandis que les particules a et les noyaux atomiques donnent un trait beaucoup plus épais et rectiligne en général.
- L’effet Compton. Structure granulaire des rayons X. — Les lois quantitatives de l’effet photoélectrique ne peuvent s’expliquer que par l’hypothèse de la structure granulaire de la lumière, dont le rayonnement X est un cas particulier, hypothèse imposée, d’autre part, par les lois du rayonnement des corps en fonction de leur température (théorie des quanta).
- La diffusion des rayons X avec changement de longueur d’onde (effet Compton), confirme également l’hypothèse de la structure granulaire des rayons X. En effet, pour expliquer ce phénomène, on est obligé d’admettre qu’il se produit un choc élastique entre les grains de la radiation (photons) et les grains d’électricité (électrons). Ce choc est régi par les lois de la mécanique (conservation de l’énergie et de la quantité
- du mouvement. Le photon incident cède une partie de son énergie et de sa quantité de mouvement à l'électron qu’il heu île et se transforme ainsi en un photon de m o i n d r e énergie, donc de fréquence plus faible, puisque, d’après la théorie des quanta, l’énergie d’un photon est proportionnelle à sa fréquence (fig. fi).
- Spectographe magnétique
- 9:~ry.~ ••«a"1
- a électrons
- Tube a rayons X
- Fiy. fi. — Etude des photo-électrons des rayons X au moyen d’un champ maynétique (Maurice de Broglie).
- B, bloc de plomb qui porte, à sa partie supérieure, la plaque sensible D ; B, la substance à étudier, émettrieo d’électrons sous l’in 11 u e n c e des rayons X. Le champ magnétique est perpendiculaire au plan de la figure. Tous les électrons de même vitesse sont focalisés au même point de la plaque. On obtient ainsi, sur la plaque, une série de lignes, correspondant aux électrons de différentes vitesses émises par le radiateur R (spectre magnétique).
- Caractères ondulatoires des rayons X. Les rayons X et les cristaux. — Dans l’expérience que nous allons décrire maintenant, expérience montée au stand i8, les rayons X présentent , par contre, les caractères spécifiques des phénomènes ondulatoires. La solidarité intime entre l’aspect ondulatoire et l’aspect corpusculaire des phénomènes naturels, se manifeste dans le domaine des l'ayons X comme dans celui de la lumière ordinaire.
- On sait que le caractère ondulatoire d’un rayonnement se manifeste par les phénomènes d’interférence et de diffraction. Avec la lumière ordinaire, on peut obtenir des phénomènes de diffraction en réfléchissant un faisceau lumineux sur un réseau formé de traits équidistants gravés sur une surface parfaitement plane, à condition que l’écart entre les traits soient de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde de la radiation incidente, soit pour les radiations visibles, de l’ordre de un millième de millimètre. Dans le cas des rayons X, les longueurs d’onde sont i.ooo fois plus faibles ; l’industrie humaine est impuissante à tracer des réseaux lignés aussi fins.
- Mais la nature a suppléé à l’imperfection de nos moyens en mettant à notre disposition la magnifique collection de réseaux naturels, d’une perfection inégalable, constitués par les cristaux. Lin Cristal est formé, en effet, par l’assemblage d’éléments identiques — atomes, molécules ou grou-
- Fig. 7. — Distribution régulière des atomes dans un cristal cubique.
- (Sel gemme, NaCl ; en noir : les atomes de sodium (Na) ; en blanc ; les atomes de chlore (Cl).
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- r= 216 ..........:.......:..:i^.==rr.......-
- pements de molécules, — distribués régulièrement dans l’espace, aux sommets des mailles d’un réseau. La ligure 7 montre la distribution des atomes dans le cas d’un réseau cubique, qui est le plus simple. La distance mutuelle entre les atomes du cristal est du même ordre de grandeur que la longueur d’onde des rayons X.
- Ceux-ci peuvent donc pénétrer à l’intérieur du cristal, se réfléchir sur les atomes du réseau ; ceux-ci se comportent alors comme des sources ponctuelles de rayons X, émettant des ondes qui, dans certains cas, interfèrent entre elles, en raison de la répartition régulière des centres d’émission. En conséquence, si l’on projette sur un cristal un faisceau de rayons X, on ne peut observer de rayons réfléchis que dans certaines directions privilégiées, pour lesquelles les ondes réfléchies sur les différents plans parallèles ne se détruisent pas par interférence.
- Si tous les rayons du faisceau sont de même longueur d’onde, on observe que c’est seulement pour un certain angle d’incidence, bien déterminé, dit angle de Bragg, que l’on obtient la réflexion du faisceau. Lorsque, par contre, le faisceau est complexe, c’est-à-dire composé de radiations de fréquences différentes, il existe autant d’angles sous lesquels on reçoit des rayons réfléchis qu’il y a de radiations monochromatiques dans le faisceau. Le cristal fournit donc un moyen commode pour analyser un rayonnement X et nous le retrouverons dans la grande majorité des spectrogra-phes à rayons X.
- Le phénomène de diffraction des rayons X par les cristaux, découvert en 1912 par Laue, Friedrich et Knipping, peut servir ainsi à la mesure des longueurs d’onde des rayons X {spectro graphie), si l’on connaît les caractéristiques du cristal employé ; inversement avec des rayons X de longueur d’onde connue, on peut déterminer la disposition des atomes dans les cristaux (cristallographie par rayons X). L’exploration du monde minéral au moyen des rayons K a permis de déceler l’architecture interne de la plupart des cristaux. Les modèles de cristaux exposés dans la salle 7 consacrée à la cristallographie permettent aux visiteurs de se rendre compte de la régularité parfaite avec laquelle sont disposés les atomes, les molécules ou les groupements d’atomes à l’intérieur des cristaux, même les plus complexes.
- trograplies utilisés dans la pratique procèdent de la méthode goniométrique.
- La méthode la plus courante est celle du cristal tournant de Bragg, perfectionnée par M. de Broglie. Elle repose sur les propriétés focalisantes d’un plan réfléchissant tournant autour d’un axe situé dans son plan. Le cristal est monté verticalement sur la plateforme d’un goniomètre qui peut tourner autour de son axe. Les rayons X traversent une fente collima-trice qui délimite le faisceau incident. Les rayons X réfléchis par le cristal sont reçus dans une chambre d’ionisation ou sur une plaque photographique. Chaque radiation monochromatique que contient le faisceau donne une image de la fente (trait fin) à un endroit bien déterminé de la plaque (fîg. 8).
- Dans la méthode de Bragg et dans celles qui s’en inspirent, on est obligé de canaliser le faisceau des rayons X incidents à l’aide des fentes appropriées, aiin d’obtenir des raies très fines sur la plaque photographique et d’augmenter la précision des mesures. Lue grande partie de l’intensité des rayons X est ainsi inutilisée. Or, en général, l’intensité des raies d’émission ou des spectres d’absorption est très faible et pour les enregistrer, on a recours à des poses photographiques très longues et à des plaques très sensibles. Pour obtenir des photographies avec une pose moins longue ou pour étudier des raies très faibles, il faut employer des faisceaux de rayons X très intenses et convergents à partir des faisceaux incidents larges, non canalisés.
- Le speetrographe de Mlle Y. Cauchois, présenté dans l’un des stands, remplit ces conditions et permet de présenter au public, sur un écran fluorescent, toute une série de spectres de rayons K (spectres d’émission et d’absorption) (fîg. 9).
- Le speetrographe de Mlle Cauchois utilise la transmission d’un faisceau de rayons X large à travers une lame cristalline courbée suivant une portion de cylindre circulaire.
- Le rayonnement incident tombe sur la face convexe du cristal et le spectre se forme du côté concave. Les réflexions sélectives ont lieu sur des plans réticulaires qui sont situés normalement ou obliquement par rapport à la surface.
- LUMIÈRE ET MATIÈRE STRUCTURE INTERNE DE L’ATOME
- Fig. 8. —Analyse des rayons X suivant la méthode du cristal tournant.
- 0, cristal tournant ; F, fente ; A, anticathode ; R, point d’impact sur le film des rayons X (liffractés par le cristal.
- Spectrographes à rayons X. — La
- spectrographie et la cristallographie reposent, comme on vient de le voir, sur la mesure des angles, suivant lesquels se réfléchissent, sélectivement, les rayons X sur les plans réticulaires des cristaux. Aussi tous les spec-
- L’atome de Bohr. — Pour comprendre les phénomènes auxquels donne lieu l’interaction des rayons X et de la matière, il est indispensable de rappeler les notions fondamentales sur la structure interne des atomes. Celles-ci se résument dans le modèle atomique célèbre proposé par J. Perrin et Rutherford et développé surtout par Niels Bohr. L’atome est formé d’un noyau central où est condensée toute la masse de l’atome ; autour du noyau gravitent des électrons, sur des orbites bien déterminées (fig. 10).
- On se rend compte de la périodicité des propriétés chimiques des corps simples, — périodicité qui a servi de point de départ à Mendéléeff dans sa classification
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- des éléments, — en admettant que la répartition des électrons dans les atomes présente elle-même un caractère périodique. Les atomes reprennent les mêmes caractères chimiques lorsque le nombre d’électrons qu’ils contiennent augmente de huit.
- Les électrons sont répartis dans l’atome sur différentes orbites, chacune caractérisée par le travail à dépenser pour en extraire un électron et l’expulser hors de l’atome. Ce travail caractérise le niveau énergétique sur lequel se trouve l’électron. Ces niveaux énergétiques, bien délinis pour chaque espèce d’atomes, sont désignés couramment par les lettres K, L et M, la première de ces lettres correspondant au niveau pour lequel le travail d’extraction d’un électron est le plus élevé (lig. 11).
- Atome d'hydrogène
- Q) Noyau '
- Atome d'hélium
- Q Noya u
- Electron
- Electrons ^
- ___7®fe couche
- —
- électronique
- @ 3^) ^2? couche
- électronique
- Atome de lithium
- Fig. 10. — Modèles atomiques simplifiés des trois premiers éléments.
- Fig. — Vue d’ensemble de l’installation pour la démonstration des spectres d’absorption et d’émission à l’aide du speclrographe de MUc Y. Cauchois:
- l’anlicathode, il donne naissance au rayonnement, X par deux mécanismes : il y a d’abord émission d’un rayonnement X par freinage brusque des électrons. Ce rayonnement présente un spectre continu, limité du côté de grandes fréquences (courtes longueurs d’onde) par l’énergie des rayons cathodiques les plus rapides existant dans le faisceau incident. D’autre part, une partie des rayons cathodiques pénètrent dans l’anlicathode et frappent les atomes qu'ils y rencontrent en leur arrachant des électrons situés sur
- les couches les plus profondes. Les places ainsi laissées vacantes à l’intérieur des atomes par les électrons
- Fig. 11. — Les orbites électroniques ou niveaux énergétiques à l’intérieur d’un atome.
- 11 y a émission d’nne raie caractéristique d’un atome (rayons X de fluorescence) chaque fois qu’un électron saute d’une couche plus éloignée à une couche plus rapprochée du noyau. Tous les électrons qui aboutissent dans leur saut au niveau K donnent une raie K
- D’après Bohr, il y a émission d’un pholon ou grain de radiation électromagnétique, de fréquence bien déterminée, chaque fois qu’un électron « saute » d’un niveau plus élevé à un niveau plus rapproché du noyau : la différence entre les énergies que possède l’électron sur les deux niveaux se retrouve précisément dans l’énergie du pholon émis.
- On explique de cette manière l’origine des spectres émis par les différents atomes : la multiplicité des raies spectrales, autrement dit des radiations caractéristiques de l’atome, correspond à l’ensemble de sauts possibles des électrons d’une orbite à l’autre à l’intérieur de l’atome. Le spectre visible correspond à des sauts où interviennent les électrons périphériques de l’atome (électrons de valence) ; les spectres des rayons X d’un atome, par contre, sont dus aux couches les plus rapprochées du. noyau (couches K, L et M).
- Inversement, lorsqu’un atome absorbe de l’énergie (par absorption d’un photon ou par choc), celle-ci est dépensée soit à relever un électron à un niveau plus élevé, soit même à l’extraire complètement de l’atome.
- Lorsqu’un faisceau de rayons cathodiques frappe
- expulsés sont immédiatement occupées par des é leclro n s venant des couches voisines et il y a émission des pilotons dont les fréquences correspondent aux différences de niveau des orbites entre lesquelles ces sauts se sont effectués. Aussi trouve-t-on dans le rayonnement émis, outre le fond continu, un spectre de lignes, caractéristique de la substance dont est formée 1 ’an licatho.de.
- La loi de Moseley et la 'classification périodique des élé= ments. — Si l’on com-
- (Ka> Kps, etc.). J] y a autant de raies K que de niveaux d’électrons supérieurs au niveau K. De même les électrons qui tombent sur un niveau L, donnent des raies L. Par contre, si un électron, sous une action extérieure (plioton par exemple) est refoulé d’un niveau intérieur à la périphérie de l’atome (en pointillé), il échappe à l’action du noyau et peut quitter l’atome qui est alors ionisé.
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- raie déplaceejcx) pie déplacée (PJ
- diffusion c c f double
- î;
- üokkft.- i-i
- Mo Koc, a2 MoK fi,j3
- . n
- raies excitatrices^
- Fig. 12. — Diffusion avec changement de longueur d’onde (Effet Compton).
- A gauche : effet Compton simple. Le rayonnement caractéristique K d’une anticathode en molybdène est diffusé sur la paraffine (l’observation du rayonnement diffusé est faite à 90° environ du faisceau incident). On remarque à côté des raies nettes K„, Ko diffusées sans changement de longueur d’onde,
- * fJ,
- deux raies larges qui sont les raies déplacées par effet Compton (H. Hulubei).
- ,4 droite : effet Compton multiple. Dans l’effet Compton simple, le photon primaire perd une partie de son énergie lors d’un seul choc contre un électron. Dans l’effet Compton multiple, le photon primaire subit plusieurs chocs contre des électrons avant de sortir du diffuseur. Sur la photographie, on remarque, on bas, le spectre des raies excitatrices et, en haut, le spectre des raies diffusées. A côté de la raie C, déplacée par effet Compton simple, s’étale, vers les grandes longueurs d’onde, une bande correspondant à une diffusion double par effet Compton (H. llulubei).
- pare les raies correspondant à la couche (raie K), par exemple, de différents éléments, on constate que les fréquences de ces raies sont proportionnelles aux carrés de numéros atomiques des éléments correspondants (loi de Moseley). Le numéro atomique d’un élément, c’est-à-dire son rang dans la classilication de Mendéléelï, est égal au nombre d’électrons planétaires qui circulent autour du noyau. L’augmentation de la fréquence, lorsqu’on passe d’un atome léger (numéro1 atomique faible) à un atome (numéro atomique plus grand), donc plus riche en électrons planétaires, s’explique par le fait que l'énergie d’extraction des électrons des couches K,
- Fig. 13. — Spectre d’émission du rhodium (spectre K).
- Spectre obtenu par H. Hulubei avec un spectrographe à focalisation de Yvette Cauchois. A remarquer la séparation remarquable des raies (3i et (32 (environ 0,4 U. X.).
- est d’autant plus grande que le numéro atomique est plus élevé, car les noyaux plus lourds possède n t, une c h a r g e plus grande et exercent une attraction électrostatique plus forte sur les électrons planétaires.
- La loi de Moseley permet, par l’étude du
- Fig. 14 — Spectre d’absorption du radium (spectre L).
- Le rayonnement issu d’une anticathode à thorium traverse une couche absorbante formée d’un sel de radium.
- specti'e des rayons K, de situer un élément dans le tableau de Mendéléeff et de déterminer son numéro atomique. On a pu ainsi découvrir des corps simples, inconnus jusqu’alors et que les méthodes chimiques étaient incapables de déceler.
- Le laboratoire de rayons X de l’Université d’Upsala du Pr M. Siegbahn et le laboratoire de recherches physiques sur les rayons X de M. Maurice de Broglie, qui ont apporté une contribution si importante à nos connaissances sur les rayons X, présentent des appareils et un ensemble de photographies et de documents du plus grand intérêt.
- Le laboratoire de l’Université d’Upsala a exposé le spectrographe à vide de Siegbahn ainsi que de très beaux documents se rapportant à l’optique des rayons X, qui montrent l’analogie de ce rayonnement avec la lumière dans les phénomènes de réflexion, de réfraction et de diffraction.
- M. Maurice de Broglie présente des clichés et des photographies concernant la spectrograpliie cristalline des rayons X et la spectrographie magnétique des photo-électrons.
- Spectres d’émission et d’absorption. — D’une manière générale, on étudie les raies caractéristiques
- Fig. Ici. — Interaction entre matière et rayons X (Tableau récapitulatif).
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- d’un élément soit sur son spectre d’émission, soit sur son spectre d’absorption. Le spectre d'émission s’obtient (comme dans le cas de la fluorescence visible), en excitant, par un moyen approprié (impact des rayons cathodiques ou rayonnement X primaire), les atomes de la substance étudiée. Le retour à l’équilibre, c’est-à-dire à leurs niveaux énergétiques initiaux, des électrons déplacés par la perturbation, donne lieu à l’émission du spectre caractéristique de l’atome (voir lig. j 3).
- Le spectre d’absorption d’un élément (fig. i4) s’ob-
- ...... ........................: 219 ==
- tient en faisant traverser la substance par un rayonnement X à spectre continu (toutes les longueurs d’onde y sont présentes) ; dans le faisceau transmis, les différentes composantes du faisceau incident n’ont pas subi le même affaiblissement. Les rayons X du faisceau incident, dont les longueurs d’onde correspondent précisément aux niveaux énergétiques des atomes de la substance absorbante, sont très fortement affaiblis, leurs énergies ayant été en partie utilisées pour déplacer les différents électrons de l’atome vers la périphérie de celui-ci.
- RADIO-ACTIVITÉ, SYNTHÈSE DES ATOMES
- LA RADIO-ACTIVITÉ
- La théorie atomique explique admirablement les lois fondamentales de la chimie : elle voit dans chaque corps simple un assemblage d’atomes, particules toutes identiques entre elles pour un même corps simple, mais différentes, au moins par leur poids, d’un corps simple à un autre ; aucune réaction chimique usuelle n'esl capable de modifier un atome. Pour le chimiste, les a loin es sont donc insécables et indestructibles. La chimie admet l’existence de 92 corps simples, soit 92 atomes différents. Est-il donc vrai qu’il n’y ait aucune parenté entre ces 92 individus, aucune possibilité d’évolution d’un type à l’autre et pour l’homme aucun moyen d’action sur l’atome lui-même ?
- La radio-activité est venue apporter une réponse à cette question. Non, l’atome n’esl pas figé dans une forme immuable. Les premières découvertes de la radio-activité nous ont révélé à l’intérieur de certains atomes de surprenantes convulsions au cours desquelles un atome donne naissance à un autre atome entièrement différent, avec projection de débris matériels et émission de rayonnement. L’énergie mise en jeu dans ces transmutations, fort petite en valeur absolue, atteint en réalité une valeur prodigieuse si on la rapporte à l’unité de masse.
- La radio-activité nous fait assister à des transmutations spontanées de corps simples. Elle nous prouve .que l’atome chimique n’est pas l’ultime composant de la matière ; il est lui-même un édifice, d’architecture complexe, formé par l’association de constituants plus simples.
- L’étude approfondie des phénomènes radio-actifs a permis de commencer cette exploration du monde infra-atomique qui a fait, en ces dernières années, de si rapides progrès et par laquelle l’homme arrivera peut-être un jour à se rendre maître de la source d’énergie la plus puissante que recèle la nature.
- Le rayonnement des corps radioactifs. — Les
- transmutations affectent les corps radio-actifs atome par atome ; ce sont des explosions d’atomes. Elles se
- sont révélées aux premiers observateurs par les rayonnements qui en émanent.
- Ceux-ci se répartissent en deux catégories : les uns sont des rayons corpusculaires, véritables débris d’atomes projetés à grande vitesse, les autres sont des radiations électromagnétiques.
- Parmi les rayons corpusculaires, on distingue :
- i° Les rayons alpha, constitués par des noyaux d’hélium portant une double charge positive ;
- 20 Les rayons bêla, formés d’électrons très rapides, sont de même nature que les rayons cathodiques.
- Le rayonnement électromagnétique, ou rayonnement gamma, est de même nature que le rayonnement X; mais beaucoup plus pénétrant, autrement dit de beaucoup plus courte longueur d’onde que les rayons les plus durs que nous sachions produire actuellement dans nos installations industrielles.
- La vie moyenne des éléments radio=actifs. —
- C’est seulement; au moment de son explosion que l'atome est radio-actif et sur une quantité donnée d’un corps radio actif, une très faible fraction seule se désintègre à chaque instant. La radio-activité naturelle n’affecte que des atomes très lourds classés à l’extrémité du tableau de Mendéléeff et capables de se transformer spontanément sans apport d’énergie extérieure. Ces transmutations ressortissent d’une chimie toute nouvelle. A la différence des réactions chimiques ordinaires, les transmutations radio-actives sont indifférentes à l’action de la chaleur, de la pression, de la dilution ou de la concentration, de la lumière, des champs électriques ou magnétiques. Les réactions qu’elles mettent en jeu ont leur siège au cœur même de l’atome, dans le noyau, porteur de l’individualité de l’atome ; elles mettent en jeu des puissances immenses devant lesquelles nos moyens d’action usuels sont infimes, ce qui explique sans doute leur inefficacité.
- La loi quantitative fondamentale qui régit les transformations .radio-actives d’une substance simple est la suivante : la quantité transformée par unité de temps est proportionnelle à la quantité existante. Le coefficient de proportionnalité ou constante radio-active est
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- r-T^ 220 ............ :..........- ...
- caractéristique de la subslance. Celte loi revient à considérer la transformation radio-active comme un effet du hasard atteignant successivement certains atomes tandis que les autres restent inaltérés. Elle peut encore s’exprimer sous une forme plus frappante : parmi les atomes qui constituent la subslance, certains n’ont qu’une durée très courte ; d’autres vivent plus longtemps ; mais la vie moyenne de celle population est une constante qui caractérise son espèce.
- La vie moyenne de T uranium est de plusieurs milliards d'années, celle du radium est de l'ordre de 2.000 ans ; mais il est des substances radio-actives dont la vie moyenne est extraordinairement ('ourle : le radium (’/, par exemple, ne vil qu’un cent millionième de seconde.
- Les transmutations radio=actives. — Au cours de leurs désintégrations, les corps radio-aclifs donnent naissance à d’autres éléments, lesquels eux-mêmes radio-actifs se transforment à leur tour. Les radioéléments se répartissent en trois familles dans chacune desquelles les éléments s'enchaînent par un lien de filiation successive (Jig. 1).
- La famille du radium a pour substance-mère l'uranium 1 ; la famille du thorium a pour substance-mère le thorium ; la famille de l’actinium a pour substance-mère l’aclino-tiiorium. Un élément donne naissance au suivant, soit par émission d’une particule alpha (radio-activité alpha), soit par émission d’une [(articule bêta (radio-activité bêta). Par exemple, le radium (poids atomique : 226) donne naissance au radon par l’émission d’une [(articule alpha :
- Ra22e -> Radou222 + lie4 (particule alpha).
- Le radium H (poids atomique : 21/1) (hume naissance au RaC de même poids atomique, par l’émission d’une [(articule bêta :
- RaB214 -> Racll4 + particule bêla.
- Dans les émissions alpha, le nouvel atome a une masse atomique inférieure de !\ imités à celle de l’atome primitif, tandis que la charge électrique du noyau se trouve diminuée de 2 unités. Dans les émissions bêta, le nouvel atome a la même masse que l’atome qui lui a donné naissance, mais a des propriétés tout à fait différentes, du fait que son noyau a un
- Fig. I. — L’évolution de la fumille du radium.
- Le radium de poids atomique 22t>, lui-même descendant de l’uranium donne naissance par désintégrations successives à une - famille de corps dont le dernier représentant est le radium 1), de poids atomique 210. Le radium G se.transforme en lia B par .deux tiltrations différentes (fourche radio-active).
- charge positive [dus grande (nombre atomique augmenté d’une unité).
- Les rayons gamma accompagnent la plupart des transformations radio-actives.
- EXPÉRIENCES SUR LE RAYONNEMENT DES CORPS RADIO ACTIFS
- Les visiteurs peuvent assister à des expériences dans lesquelles se manifeste l’existence des divers rayonnements émis par les corps radio-actifs.
- Numération des particules alpha et bêta par Veffet ionisant. — Les particules alpha et bêla ionisent l’air ; on peut utiliser celle propriété pour les compter : un compteur est une chambre d’ionisation à paroi métallique, soumise à un potentiel élevé appliqué entre la paroi et une électrode centrale isolée reliée à la grille d’une lampe amplificatrice. Si, par une ouverture étroite, ou admet dans celle chambre un mince pinceau de rayons, l’ionisation qui en résulte provoque le passage de charges sur la grille de la lampe. On constate une série de chocs reproduits et amplifiés par le haut-parleur, preuve de la discontinuité du rayonnement.
- Dans l’expérience du Urand Palais, les rayons positifs a sont déviés par un champ magnétique sur un compteur, les rayons négatifs [i sur un autre compteur. A chaque choc de [(articule, un bruit se fait entendre et, en même temps, un motif lumineux s’allume avec l’inscription (( alpha » ou « bêta ».
- On peut ainsi dénombrer les particules (fig. 2)
- Scintillations par rayons alpha. — Les rayons alpha, bêta et gamma excitent la luminosité des substances phosphorescentes. Mais la luminosité due aux rayons bêla et gamma paraît continue, même examinée au microscope. Celle que provoquent les rayons alpha apparaît, au contraire, discontinue dans un microscope à faible grossissement; on aperçoit sur l’écran un fourmillement de [(oints lumineux naissant
- Fenêtre perméable aux parti-1 L rb'tCompteuràhoule euhoOt
- ï JL~ =d Haut Al parleur
- Amplificateur
- Fig. 2. — 1.) 6 l e c l i u n dos rayons a au moyen d’un compteur à boule.
- L’impulsion électrique provoquée dans te compteur par la particule oc se traduit, après amplification, par un son du liaut-parleur.
- Fig. y. — Reproduction des scintillations à grande échelle par :un oscillographe cathodique.
- S^Fenèfre transparente aux rayons alpha Compteur à boule
- Amplificateur
- Oscillographe
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- au hasard, qui ne subsistent qu’un court instant. Ce sont les scintillations ; chacune d’elles est attribuable à l’impact d’un projectile alpha. Le phénomène s’observe bien entendu dans l’obscurité.
- Il paraît donc impossible de le présenter à des spec-laleurs nombreux. On y a réussi cependant, grâce à une méthode ingénieuse (lig. 3).
- La décharge électrique produite dans un compteur de particules agit, après amplification, sur l'électrode de commande d’un oscillographe cathodique. Celui-ci est réglé pour que, en temps normal, le faisceau cathodique ne puisse atteindre l’écran lluorescent qui reste donc obscur. En menu; temps, sur les plaques élévia-Ilices, est appliquée une tension variable en fonction du temps qui imprime au faisceau cathodique un mouvement de balayage. Quand une particule a fait fonctionner le compteur, la charge appliquée à l'électrode de commande' de l'oscillographe allonge le pinceau cathodique qui heurte alors l’écran et fait apparaître une lueur au point, d'impact. Le publie aperçoit, en conséquence sur l’écran une succession irrégulière de points lumineux dont chacun traduit l’entrée d’une particule alpha dans le compteur.
- Observations par les trajectoires de brouillard.
- — On peut également suivre les rayons émis par les corps radio-actifs en photographiant les trajectoires de brouillard qu’ils font naître dans une chambre de Wilson, ce qu’on nous montre avec un appareil de construction fort simple. Les photographies ainsi obtenues et projetées devant les visiteurs mettent en évi-
- Fitj. 4. — Chambre de Wilson à axe vertical éclairée par une lampe à arc (Observation des parcours des rayons a. Réalisation de M. Surrugue).
- Pu, source de Polonium placée au centre de la glace transparente Y.
- dence, par exemple, l'existence d’un parcours rectiligne de longueur bien définie des rayons alpha dans la matière ; il est de l’ordre de quelques cent imèlres dans l’air. Les rayons bêla ont des parcours beaucoup plus longs et sont plus facilement déviés par les molécules rencontrées sur leur chemin (lig. /|, 5,
- (i et 7).
- Observations à l’électroscope. — Les particules alpha et bêla peuvent être étudiées globalement grâce à l’ionisation qu’elles provoquent dans les gaz qu’elles traversent. Cette ionisation se traduit par une certaine conductibilité électrique du gaz traversé par le rayonnement radio-actif, ce (pie l’on constate par la décharge d’un éleclroscope pi'éalablement chargé ou par la mesure directe du courant produit dans une enceinte bien délimitée remplie de gaz, appelée chambre d’ionisation.
- Expériences sur les émanations. — Dans une deuxième salle de démonstration située à droite de la vaste salle où sont réunis des souvenirs émouvants de la vie de Pierre et Marie Curie, on peut assister à des expériences très intéressantes sur les émanations radio-actives. Les émanations sont des élémenls radioactifs gazeux qui appartiennent à la famille des gaz rares (hélium, néon, argon, etc.) ; plus précisément,
- Fitj. 0. — Gerbe de particules a du Polonium (Photographie
- i.hv trajectoires obtenues dans une chambre de Wilson).
- On remarquera l’égalité des parcours des particules a.
- Fi y. M. — Principe d'une chambre de Wilson.
- Cî, glace transparente pour l’observation ; 11, ressorts rappelant le piston vers le bas ; E, chambre de détente saturée d’humidité ; P, piston ; 0, cylindre du piston ; S, source de lumière.
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- Fig. 7. — Photographie de trajectoires de protons, noyaux d hydrogène expulsés de la parafjine par le choc de particules a.
- On remarque une ligne brisée qui correspond au choc d’un proton contre un noyau d’azote. Le proton, réiléchi, revient en arrière. Le noyau d’azote, beaucoup plus lourd, subit un léger déplacement en avant suivant le prolongement de la bissectrice de l’angle formé par les trajectoires du proton avant et après le choc (Cliché F. Joliot).
- ce sont des isotopes (éléments ayant des propriétés chimiques absolument, identiques) de numéro atomique 86. On en connaît trois, une par famille radioactive : le ihoron, émanai ion du thorium, le radon, émanation du radium et 1 ’actinon, émanation de l’actinium. La vie moyenne de l’actinon est très courte (5 s), tandis que celle du radon est beaucoup plus grande (5 jours). On met en évidence les vies moyennes, si différentes de l’actinon et du radon dans l’expérience suivante. Un courant gazeux entraîne l’émanation dans un tube longé par un écran phosphorescent. On voit, dans le cas de l’actinon, que la luminosité
- Fig. 8. — Vitrine contenant les appareils originaux de Pierre et Marie Curie.
- C, chambre d’ionisation pour rayons a ; C1, chambre d’ionisation ; Q, quartz piézoélectrique pour la mesure de quantités d’électricité de Pierre Curie ; E, électromètre de P. Curie ; R, dessiccateur ayant contenu du radium, devenu violet par suite de l’action chimique du rayonnement radio-actif.
- de l’écran diminue très vite dans la direction du courant gazeux, à cause de la disparition rapide de l’acti-non. Il y a donc là un moyen pour déterminer la vie moyenne des corps radio-aclifs éphémères (mélhode bebierne).
- Les. émanations radio-aclives, comme les gaz en général, se condensent lorsqu’on en abaisse sul'lisam-menl la lempéralure. Dans une expérience présentée dans celle salle, on condense les émanations radio-aclives sur les parois d’un récipient plongé dans l’air liquide.
- Les émanai ions oui un grand inlércl, en thérapeutique où l’on se sert d’ampoules de radon, par exemple (Curiethérapie). Depuis la grande découverte de Mme et M. Joliot-Curie, les émanations sont également employées pour la synthèse des atomes.
- SYNTHÈSE DES ATOMES
- Les corps naturellement radio-actifs sont peu nombreux. La majorité des corps simples est stable.
- En 1919, Lord Rutherford a montré, pour la première fois, qu’il est possible de désintégrer certains atomes légers en les soumettant à un bombardement intense à l’aide de corpuscules appropriés, suffisamment puissants pour provoquer la dislocation de l’édi-lice nucléaire. Ces agents de destruction nucléaire sont des particules alpha, ces projectiles que lancent, telle une artillerie minuscule, les atomes du radium au moment de leur explosion. Ainsi, au lieu de rester spectateur passif de ces convulsions profondes de la matiôi'e que nous dévoile la radio-activité naturelle, le physicien se trouve armé pour agir sur les noyaux atomiques. Les premières expériences de Rutherford ont porté sur l’azote, à partir duquel il a obtenu une projection de noyaux d’hydrogène ou protons et un nouveau corps simple, isotope de l’oxygène. Depuis lors, par cette méthode ou par des méthodes dérivées comme le bombardement par des particules accélérées artificiellement au moyen de champs électriques intenses, on a réussi de nombreuses transmutations artificielles, au cours desquelles des atomes stables sont transformés en d’autres atomes stables et connus.
- La découverte de la radio-activité artificielle est venue, tout récemment, montrer qu’il est possible aussi de créer de nouveaux atomes instables, qui n’existent pas dans la nature. Cette découverte, due au génie de Frédéric et Irène Joliot-Curie, ouvre, une ère nouvelle dans l’histoire de la science, celle de la création d’atomes. >
- M. et Mme Joliot-Curie ont constaté qu’une feuille d’aluminium soumise à l’action des l'ayons alpha du polonium pendant quelques minutes présente, après enlèvement de la source des rayons alpha, une activité, dont l’intensité diminue de moitié au bout de 3 m i5 s. Le rayonnement de la feuille d’aluminium ainsi excitée est formé d’électrons positifs, comme le montre l’analyse dans la chambre de Wilson par les compteurs à fil. Ce rayonnement, dont l’origine
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- nucléaire est indubitable, survit à l’irradiation, et diminue suivant une loi exponentielle tout à fait analogue à celle qui régit les corps radio-actifs naturels. On a ainsi la preuve qu’on a créé artificiellement des noyaux instables radio-actifs.
- Outre la créai ion d’éléments inexistants dans la nature, ces expériences ont révélé l’existence d’un nouveau lype de radio-activité, avec émission d'électrons positifs, particules de même niasse (pue l’électron négatif, mais portant une charge positive.
- Les progrès récents dans la production des radioéléments artificiels ont permis d'obtenir ces éléments à l’aide de toutes sortes de projectiles, connue les particules alpha, les protons et les dénions accélérés, les rayons gamma et, surtout les neutrons. Dans l'expérience présentée au stand de synthèse atomique, les projectiles employés sont précisément les neutrons.
- Les neutrons sont des constituants élémentaires des noyaux atomiques, de masse sensiblement égale à celle du noyau d’hydrogène (proton), mais de charge électrique nulle ; ils ont été découverts par Chadwick, à la suite des travaux de Frédéric et Irène Joliot-Curie.
- Dans l’expérience réalisée au stand, on fait appel, en somme, aux trois types fondamentaux de transmutation dont nous avons parlé. Pour obtenir les neutrons, on fait subir au glucinium une transmutation artificielle, en le soumettant au bombardement des particules alpha, issues du radon ou de l’actinon, corps naturels radio-actifs. Les neutrons, sous l’action des noyaux du glucinium, activent l’aluminium qu’ils transforment en un noyau instable — processus de la radio-activité artificielle — en l’occurrence soit le radio-sodium, soit le radio-magnésium. Le radio-sodium ou le radio-magnésium émettent, pendant un certain temps, des électrons négatifs que l’on détecte à l’aide d’un compteur à fil.
- ---.... LES RAYONS
- La découverte du rayonnement cosmique par Hess en 1911 a ouvert un des plus passionnants chapitres de la physique moderne.
- Un profond mystère plane encore sur l’origine et la genèse des rayons cosmiques ; mais nous connaissons les extraordinaires propriétés par lesquelles ils se manifestent sur notre globe et celles-ci posent des problèmes d’une portée incalculable sur la nature de la matière et de l’énergie, la structure des noyaux atomiques et celle des étoiles.
- Les rayons X les plus pénétrants que nous sachions produire traversent quelques millimètres d’épaisseur de plomb ; les rayons gamma des corps radio-actifs, beaucoup plus pénétrants encore, en traversent quelques centimètres. Mais les rayons cosmiques traversent plusieurs mètres de plomb ; ils sont donc environ 200 fois plus pénétrants que les rayons radio-actifs et on ne peut les confondre avec ceux-ci.
- Fig. 9. — Trajectoires des électrons négatifs émis par du silicium préalablement irradié par les neutrons de Rn + Be. l.e silicium est placé à la partie inférieure de la figure.
- (Cliché F. Joliot).
- L'intérêt considérable qui s’attache à la synthèse des atonies est d’abord d’ordre purement scientifique puisque l’étude des radio-éléments artificiels permet de pousser nos investigations jusqu'à l’intérieur du noyau de l’atome. D’autre part, on entrevoit des applications en chimie, physiologie et surtout en thérapeutique, où les médecins fondent de grands espoirs sur l’emploi des radio-éléments artificiels, dont, la variété est si grande. On conçoit l’intérêt considérable qui s’attache à la production des très hautes tensions destinées à accélérer les projectiles, grâce auxquels on pourra, un jour proche, « fabriquer » des radio-éléments artificiels en quantités appréciables. La gigantesque machine de Joliot-Lazard prend, après la visite du stand de la synthèse atomique, sa véritable signification.
- COSMIQUES —...................... •
- Les rayons cosmiques ont une cause extra-terrestre, car, à la différence des rayonnements radio-actifs, les intensités observées croissent avec l’altitude à laquelle on fait les mesures. Le rayonnement cosmique n’est pas, du reste, homogène et on peut y distinguer des constituants de divers pouvoirs pénétrants.
- Nous savons aujourd’hui que les rayons cosmiques contiennent des corpuscules électrisés doués d’une énergie se chiffrant par milliards d’électrons-volts (1). Les électrons d’un tube à rayons X ont une énergie individuelle qui peut atteindre 4oo.ooo électrons-volts. Dans les rayonnements radio-actifs, on trouve des énergies de l’ordre de plusieurs millions d’électrons-volts ; la grande machine électrostatique du Palais de la Découverte peut imprimer aux particules des énergies
- 1. L’électron-voll est une unité d’énergie : c’est l’énergie acquise par‘un électron sous l’action d’une différence de potentiel de 1 v.
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- du même ordre. Les rayons cosmiques nous niellent donc en présence de grains d’énergie x.ooo fois plus puissants.
- LA DÉTECTION DES RAYONS COSMIQUES”
- t
- Pour délecter et étudier les rayons cosmiques, on utilise, de même que pour'des autres radiations corpusculaires, leur action ionisante sur les gaz. La trajectoire des rayons est jalonnée par une traînée d’ions positifs et négatifs, qui, témoignant de la présence de la particule ionisante, permettent d’étudier ses propriétés et de suivre les péripéties de son existence.
- Il existe actuellement trois méthodes principales pour l’étude des rayons cosmiques.
- Pour l’étude des effets globaux de ce rayonnement, on fait, appel à la chambre d’ionisation ordinaire, dans laquelle l'électrode collectrice recueille tous les ions engendrés par l’ensemble des particules qui traversent la chambre.
- Avec la chambre de Wilson (voir l’article sur les rayons X), on suit les trajectoires des rayons cosmiques.
- Fig. 1. — Détection des rayons cosmiques par un compteur Geiger-Midler (Absorption par un écran de plomb).
- C, compteur à fil Geiger-Muller ; A, amplificateur ; 0, mil magique; M, nricroampèremetre ; P, maison de plomb.
- Enfin, avec les tubes-compteurs Geiger-Mutler, on détecte individuellement les corpuscules et l’on détermine la répartition en direction des rayons cosmiques.
- Le compteur Geiger-Muller. — Le tube-compteur (fig. x et a) est un cylindre métallique suivant l’axe
- V
- Fig. 2. — Absorption, du, rayonnementyegsmique 'par un écran de plomb. Compteur Geiger-Mutler.
- lin fil de tungstène est tendu dans l’axe du cylindre en aluminium, rempli d’un mélange d’argon et .d’air, ]a pression de 1/10 d’atmosphère. On établit entre lel fil et le cylindre un potentiel disruptif (1.200 v). La décharge, du compteur est amorcée par le passage d’un rayon cosmique. L’impulsion électrique ainsi produite est transmise à la grille de ia lampe pré-amplificatrice L et, après amplification, sert à commander le haut-parleur, l’indicateur visuel et un appareil intégrateur.
- Fig. .‘L — Dispositif ‘montrant (pue tes rayons cosmiques arrivent en majorité suivant une direction voisine de la verticale.
- 0, deux compteurs montés en coïncidence dont le plan peut être incliné par rapport, h la verticale ; A, lampes amplilica-Iriees ; Th, thyratron déclenché par les impulsions coïncidentes ; ce relais commande le relais compteur T ; T, relais compteur téléphonique enregistrant les impulsions reçues par les compleurs A lil ; ;/, générateur de lension alimentant les compteurs, l’nmpliliraleur et le Ihyratron.
- duquel est tondu un mince (il métallique. Entre le cylindre et le lil, on'applique une ferle différence de potentiel qui est fonction de la nature et de la pression du gaz remplissant le tube ainsi que du diamètre du lil intérieur. Le passage de la particule ionisante se traduit par une brusque décharge électrique de courte durée et l’impulsion électrique correspondante peut, après amplification, actionner des ridais enregistreurs (compteurs mécaniques) ou un haut-parleur. Dans une des expériences présentées au stand des rayons cosmiques, on montre l’action du rayonnement, cosmique sur. un compteur à fil. On montre également faction absorbante du plomb sur le rayonnement cosmique, en faisant pénétrer- 'progressivement le tube-compteur dans un espace entouré de briques de plomb, dit « maison de plomb ». Le nombre d’impulsions (lu compteur diminue à mesure que l’on fait pénétrer davarifagé le compteur dans la maison de plomb.
- Expérience à deux compteurs. — Au même stand, on montre un dispositif détecteur des rayons cosmiques avec deux compleurs, montés en coïncidence suivant la méthode imaginée par Kolhœrster et Bothe (lig. 4). Les deux compteurs sont placés côte à côte et
- Fig. 4. •— Schéma du dispositif à deux compteurs en coïncidence.
- -1200V.
- +150 V.
- -1200V.
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- l’on s’arrange pour n'enregistrer que les impulsions coïncidantes, dues au passage d’un même corpuscule cosmique à travers les deux'compteurs. En .disposant deux, compteurs l’un au-dessus de l'autre, on réalise un dispositif à effet direct if : les rayons cosmiques ne sont enregistrés que lorsqu’ils déclenchent les deux compteurs .en même temps et doivent donc se trouver sensiblement dans le plan déterminé par les deux compteurs. Dans l’expérience présentée aux visiteurs, on peut faire varier l'angle entre h; plan des compteurs et le plan vertical et l’on vérifie que l’intensité du rayonnement cosmique, donnée par Je nombre d’impulsions par unité de temps, diminue lorsque l’on s'écarte du plan vertical (lig. a). La direction verticale est celle pour laquelle la proportion de rayons cosmiques très pénétrants est la plus grande. On doit s’at-
- Fig. ;i. — Chambre de Wilson commandée par deux compteurs en coïncidence, pour l’étude des trajectoires des rayons cosmiques (P. Auger et P. Ehrenfest).
- Vue de l’appareil du côté opposé à ta fenêtre d’observation. W, partie arrière de la chambre à détentes ; A, amplificateur et sélecteur des coïncidences suivi d’un thyratron ; S, servomoteur ; b, boîte contenant le système des contacteurs, commandant les différentes opérations nécessaires au bon fonctionnement de la chambre de Wilson (réarmement de la soupape après chaque détente, petites détentes de nettoyage, etc.). Le cycle complet de ces opérations est commandé par le mouvement du servo-moteur ; C, arrivée d’argon ; on remarque le barboteur (rempli d’un mélange d’eau et d’alcool) qui sert ii humidifier l’argon ; F, arrivée d’air comprimé.
- lendre à ce résultat, car les rayons abordant la Terre sous un angle qui s’écarte beaucoup de la verticale doivent parcourir un chemin plus long dans l’atmo-sphère terrestre et subissent, par conséquent, un affaiblissement plus fort que les rayons qui arrivent suivant la direction verticale.
- Expériences à la chambre de Wilson. — Une
- chambre de Wilson de grandes dimensions, à fonctionnement entièrement automatique, belle réalisation de MM. Pierre Auger et Paul Ehrenfest, permet aux visi-
- teurs de voir les trajectoires des rayons cosmiques (lig. 5). Ua chambre est remplie d’argon saturé de vapeur <1 eau à une pression. un peu supérieure à la pression atmosphérique. Les détentes sont produites par Je mouvement d’une membrane qui forme le fond de la chambre. I ) e r r i è r e celle membrane, se. trouve une chambre
- pleine d’air comprimé, dont on fait varier la pression pour manœuvrer la membrane. Cette manœuvre est assurée par une soupape commandée par un électro-aimant, lui-même commandé par l’impulsion amplifiée des tubes-compteurs, montés en coïncidence. Lorsqu’un corpuscule cosmique traverse les deux compteurs, l’impulsion électrique produite dans les compteurs .est amplifiée dans l'appareil à coïncidence et déclenche une décharge électrique dans un relais ionique 1res sensible, appelé thyratron.
- Le courant électrique qui traverse le thyratron
- Fiy. (i. — Un rayon cosmique solitaire (P. Auger et P. Ehrenfest)
- Fiy. 7 à 10 (P. Auger et P. Ehrenfest). — be gauche' à droite et de haut en bas : Production d’une gerbe dans une plaque de plomb par les rayons d’une gerbe primaire (La gerbe primaire g7 (en haut de la figure) en rencontrant la plaque de plomb p donne naissance à la gerbe g 1 (inférieure).
- Production d’une gerbe dans une plaque de plomb par les rayons d’une gerbe de plomb.
- Herbe produite par un photon 'primaire.
- (La trajectoire du photon venant du haut n’est pas visible étant donné qu’un photon ne produit pas d’ions sur son parcours) (P. Auger et P. Ehrenfest).
- La plus grande gerbe obtenue à Jungfraujoch par P. Auger et P. Ehrenfest.
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- allumé, court-circuile alors l’électro-aimant qui lâche son armature ; celle-ci, dans son mouvement, tend un ressort et ouvre la soupape. La détente se produit dans la chambre de Wilson ; en même temps, un éclair lumineux permet de voir la trajectoire du corpuscule qui a déclenché le compteur et a traversé la chambre. Dans les expériences de laboratoire, l’observation est remplacée par la photographie. Le rayon cosmique se photographie lui-même.
- Après chaque détente produite par un rayon cosmique, d subsiste des ions qu’il faut faire disparaître pour ne point troubler les observations ultérieures, lin servo-moteur qui s'enclenche automatiquement à chaque détente produit une série de détentes lentes pendant lesquelles les germes sont enlevés par un champ électrique ; ce même servo-moteur remet ensuite l’appareil en position d’attente où il est prêt à délecter un nouveau rayon cosmique.
- De très beaux clichés obtenus par la méthode de la chambre dé Wilson par Anderson, Hlackett et Occliia-lirii, Pierre Auger et Lhrenfest, sont projetés dans une cabine à fonctionnement automatique et accompagnés d’un commentaire très clair enregistré sur disque.
- C’est dans le rayonnement cosmique que l’on a découvert les électrons positifs qui paraissent en former un constituant important. Les clichés d’Anderson et ceux de Blacke.lt et d'Occhialini qui se rapportent à celte découverte se trouvent parmi les documents projetés.
- Le phénomène des gerbes. — Ce phénomène a été découvert grâce à la chambre de Wilson. On y observe parfois un très grand nombre de rayons, jusqu'à plusieurs centaines, parlant d’un centre commun ou de plusieurs centres distincts. Le nombre de ces gerbes augmente lorsqu’on s’élève au-dessus du sol, ce qui donne à penser qu’ils sont en relation avec la parti»' la plus molle, la plus absorbable, du rayonnement cosmique. Quel est le mécanisme de production de ces gerbes ? Les physiciens se perdent encore en (conjectures. 11 s’agit peut-être de la pulvérisation du corpuscule cosmique au contact d»î noyaux: atomiques ou de la pulvérisation de ces derniers lorsqu'ils sont frappés de plein fouet par les projectiles cosmiques ou même des di'iix à la fois (lig. r à i<>).
- L’origine des rayons cosmiques. — Où situer le lieu de naissance des rayons cosmiques P Est-ce dans le Soleil qui, tel un gigantesque blâment incandescent, émet des électrons, lesquels accélérés par le champ électrique de la chromosphère, y acquièrent des vitesses énormes et viennent frapper l’atmosphère terrestre P Faut-il chercher plus loin, au sein des étoiles de la Voie Lactée, ou même beaucoup plus loin encore, dans les Nébuleuses spirales perdues dans les profondeurs du Ciel ? Questions encore sans réponse. Peut-être même faut-il reculer leur origine, non point dans l’Espace, mais dans le Temps ; les rayons cosmiques seraient alors les survivants d’une époque située au début do l'évolution de l'Univers.
- électrostatique
- GÉNÉRATEUR ÉLECTROSTATIQUE A TRÈS HAUTE TENSION A ACCUMULATION DE CHARGES
- L’appareil le plus impressionnant du Palais de la Découverte est, sans aucun doute, le générateur électrostatique construit par M. André Lazard, sous la direction de M. Frédéric Joliot et avec la collaboration de M. Savel (lig. i).
- Cette gigantesque machine, qui fait l’admiration des visiteurs, n’a pas été construite pour constituer une attraction sensationnelle du Palais de la Découverte, mais fait partie d’un vaste programme qui doit doter la France d’un laboratoire, unique dans son genre, consacré à la synthèse des atomes, et qui sera placé sous la direction de M. F. Joliot avec, comme sous-directeurs, MM. Lacassagne, Francis Perrin et Lazard. La machine électrostatique y doit servir à la production d’ions extrêmement rapides. On sait que les ions extrêmement rapides sont capables de provoquer la transmutation des atomes qu’ils bombardent et peuvent, dans certains cas, transformer les atomes ordinaires en atomes radio-actifs.
- Le générateur de très hautes tensions de Lazard repose, comme tous les générateurs électrostatiques,
- sur le pibneipe de l’addition des charges. Comme dans l’expérience classique de Faraday, on y apporte des charges électriques successives sur un conducteur isolé. La charge se répartit à la surface du conducteur qui prend un potentiel proportionnel à sa charge totale. Mais, en pratique, on ne peut pas dépasser, avec une sphère de rayon donné, un certain potentiel limite au delà duquel les pertes par fuites électriques deviennent très importantes. Pour augmenter la valeur du potentiel limite, il faut placer les sphères conductrices sur des supports en matière isolante et, d’autre part, utiliser des sphères de très grand diamètre, afin de diminuer la valeur du champ au voisinage de celles-ci et limiter de la sorte les pertes par eflluves (effet Corona). En augmentant le diamètre de la sphère, on augmente sa capacité et il faut lui apporter une charge totale plus grande pour la porter au potentiel que l’on s’est fixé, car le potentiel que prend un conducteur de capacité donnée sous l’effet d’une charge Q est proportionnel à la valeur de celte’ charge et inversement proportionnel à la capacité du conducteur. L’énergie disponible qu’on peut recueillir dans une décharge se trouve également augmentée quand le diamètre de la sphère augmente car, à tension égale, l’énergie est proportionnelle à la capacité.
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- Si les caractéristiques électriques d’un générateur électrostatique dépendent de ses dimensions géométriques, elles dépendent aussi du dispositif d’apport des charges. Les dimensions du générateur lixent su tension limite, tandis que la vitesse d’apport des charges détermine l’intensité du courant que peut fournir le générateur en régime conlinu. En effet, dans ce cas, pour maintenir la tension du générateur à une valeur lixée, il faut compenser, par un apport constant, les charges qui s’écoulent d'une manière continue pendant le fonctionnement de l’appareil.
- Dans les générateurs à haute tension, il est souvent avantageux d’employer deux dispositifs identiques, Lun fournissant un potentiel positif et l’autre un potentiel négatif par rapport au sol. On obtient, alors entre les sphères des deux dispositifs une différence de potentiel double en valeur absolue de celle qui existe entre chaque sphère et le sol. On arrive ainsi à sim-pli lier notablement le problème technique de la construction du générateur, car pour obtenir une tension double avec une seule colonne, on serait conduit à donner des dimensions exagérées à la sphère et au pylône isolant.
- Le dispositif d’apport des charges, l’un des organes essentiels d’un générateur électrostatique, est constitué dans les appareils du type Yan de Graaf, par une courroie isolante mobile qui reçoit les charges électriques d’un petit générateur auxiliaire et les transporte vers la sphère à laquelle elle les cède par l’intermédiaire d’un système collecteur (fîg. 3 et 4)-
- Le générateur électrostatique, érigé dans la rotonde d’Antin, se compose de deux colonnes identiques, surmontées chacune d’une sphère creuse en laiton de 3 m de diamètre et de 3 mm d’épaisseur. Chaque sphère peut être portée jusqu’à un potentiel de a millions et demi de volts par rapport au sol ; de sorte qu’on peut obtenir entre les deux sphères une différence de potentiel de 5 millions de volts. Les colonnes sont formées de montants isolants constitués par 16 tubes en papier bakélisé, disposés sur quatre étages. La hauteur totale du pylône est de 9 m ; il repose sur quatre montants métalliques délimitant à la base de l’appareil une chambre de 3 m sur 3, haute de a m 60, fermée par des glaces. Chacune de ces chambres renferme le groupe moteur qui actionne les tambours d’entraînement des courroies, le générateur auxiliaire de 10.000 v qui fournit les charges, ainsi que les dispositifs de séchage et de chauffage de l’appareil. Les courroies, au nombre de trois par colonne, circulent à l’intérieur de chaque pylône et sont protégées contre la poussière et l’humidité de l’air ambiant par un coffre en papier bakélisé, qui part de la base métallique
- 1. — Vue d’ensemble du générateur électrostatique de 5 millions de volts.
- filet métallique qui entoure l’ensemble de l’appareil sert, de protection électrostatique.
- et monte jusque dans la sphère. Une ouverture carrée est pratiquée à la partie inférieure de chaque sphère pour permettre le passage des courroies à l’intérieur de celles-ci. Les courroies, à âme de coton, recouvert de caoutchouc sur les deux faces, ont une longueur de 22 m chacune ; leur vitesse linéaire atteint 70 km par heure (fîg. 5). Le dépôt des charges sur les courroies s’effectue au moyen d’un peigne, formé d’aiguilles de tapisserie distantes de 1 cm les unes des autres et placées en face de la courroie. Une tension continue de x 0.000 v, obtenue à l’aide d’un transfoi'inateur et d’un kénotron, est appliquée entre le peigne et le tambour et les charges qui quittent le peigne par effet des pointes sont recueillies par la courroie (fîg. 6).
- Ajoutons encore que les pylônes isolants sont mobiles sur des rails, ce qui permet de régler l’écartement entre les sphères.
- Le bon fonctionnemenet d’un appareil à très haute tension dépend, dans une large mesure, des conditions hygrométriques du local dans lequel il est installé et
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- Fig. 2. — Les sphères du générateur à î> millions de volts trucs de près.
- On voil, l'ouverture par laquelle on pénètre à l'intérieur de la sphère, où un véritable laboratoire peut être aménagé. Les rharges apportées sur la sphère se répartissent immédiatement sur la surface, extérieure, l'expérimentateur peut donc, rester à l’intérieur de la sphère pendant Je fonctionnement de
- l'appareil.
- Fig. d et 4. •— Principe du générateur électrostatique à addition de charges.
- Le dessin de détail montre comment les charges sont apportées à la courroie au moyen d’un peigne à aiguilles métalliques chargées par du courant continu à 10.000 v et se déchargeant par effluves.
- vSphère du ] générateur
- Tambour'
- Courroie
- Tambour,
- Courroie ^ en matière ! isolante !
- Source de 10.000Volts
- Tambom
- Fig. fi. — Le générateur à fi millions de volts. Détails du sgslème d’entraînement des courroies transporteuses des
- charges.
- (Le moteur et le tambour d’entraînement de chaque courroie sont placés sur un vérin, afin de pouvoir tendre convenablement la courroie qui s’allonge au bout d’un certain temps de fonctionnement).
- (1, courroies porteuses des charges ; Cf, courroies d’entraînement ; M, moteurs ; V, vérins.
- de Létal de propreté de lout.es les parties isolantes et des sphères. L'humidité et la poussière sont des ennemis eonlre lesquels il faut lutter sans répit. On a donc prévu un système perfectionné de séchage et de chauffage. L’air qui circule à l’intérieur des pylônes est desséché sur du c a r h o g e 1 (charbon de bois imprégné de chlorure de calcium), substance qui se régénère f a c i 1 e-ment par chauffage. af> kgr de carbogel sont affectés au séchage de chaque colonne. Les parois de l’appareil sont chauffées intérieurement par
- Fig. (i. — Le générateur à 5 millions de volts. Transfert des charges électriques de la courroie à la sphère.
- aiguilles
- Sphère du générateur
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- m
- M
- JP
- J I
- organes
- Fig. 7. — La base du générateur à 5 millions de volts.
- A il roi le ri, à gaiiclie : les deux cabines vitrées renfermant les d'rnl,nullement des courroies, les dispositifs de charge, les ventilateurs et les appareils de désséehage. Au milieu : le pupitre de commande, derrière lequel on aperçoit, ouvertes, les armoires où sont logés les organes assurant le fonctionnement automatique des différents organes.
- un courant d’air chaud afin d'empocher les condensa-Iions sur les surfaces extérieures. D’autre part, les colonnes et les sphères sont constamment débarrassées- des-poussières qui s’y déposent. On comprend que b; générateur de Lazard sc trouve dans des conditions île fonctionnement particulièrement mauvaises dans la rotonde. d’Antin, où l’atmosphère est fortement chargée d’humidilé (degré hygrométrique : 8o pour ioo) et de poussières.
- Tonies les commandes des différents organes du générateur ahoulissent, à un pupitre central d’où un seul opérateur peu! mellre en marche l’appareil et surveiller son fonctionnement. L’ensemble est protégé éleel roslaiiquement par une immense cage de Faraday constituée par un lilet métallique, relié à la terre, de ao ni de hauteur et de 20 m de diamètre.
- poussières sont chargées électriquement en traversant un dispositif .d’électrisation spécial (tube ioniseur) ; elles sont entraînées par un courant d’air entretenu par une soufilerie, puis se déchargent dans un collecteur centrifuge à l’intérieur du conducteur de forme sphéroïdale à charger ; de là elles reviennent à leur point de départ par une colonne de retour é 1 eet r i q uem en t isolée.
- Le tube ioniseur est un cylindre dans l’axe duquel est tendu un fil fin. En appliquant une tension élevée (8.000 v) entre le li.l et le cylindre, on fait apparaître une quantité égale d’ions positifs et négatifs. Etant donné la dyssymétrie du champ électrique à l’intérieur du tube, les ions des deux signes se distribuent dans des régions différentes de l’ioniseur ; lorsque, par exemple, le fil est porté à un potentiel négatif, les ions positifs sont rassemblés dans le voisinage'immédiat du fil et tout l’espace entre le cylindre et le fi] est occupé pratiquement par les ions négatifs. Dans ces conditions, les poussières qui traversent le cylindre se chargent négativement (lig. 9).
- Pour augmenter le nombre de charges apportées à la sphère par unité de temps (débit du générateur), on serait tenté d’augmenter la teneur en poussières du
- Fig. 8. •— Vue. d’ensemble du générateur électrostatique à courant gazeux (Pauthenier et Mme Moreau-Hanoi).
- GÉNÉRATEUR ÉLECTROSTATIQUE A COURANT GAZEUX (<)
- Dans la rotonde d’Antin figure un autre générateur électrostatique de très hautes tensions, également à addition de charges, mais dans lequel le transport des charges est assuré, d’une manière fort ingénieuse, par un courant d’air, porteur de poussières chargées.
- L’appareil, du à M. Paulhenier et à Mme Moreau-Hanoi, n’a pas les dimensions imposantes du générateur de Lazard, mais 1 originalité de sa conception en fait un des appareils les plus intéressants du Palais de la Découverte (lig. 8).
- Dans cet appareil, le transport des charges électriques est assuré au moyen d’un courant d’air qui entraîne, en circuit fermé, des poussières chargées. Ces
- 1. Cf. La Nature, 15 février 1937.
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- courant d’air traversant l’ioniseur. Mais on est arrêté dans cette voie par l’étoul'-fement de la décharge de l’ioniseur. On a donc adopté des ioni-seurs multicellulaires composés de tubes, à section hexagonale, d i s p o s é s en nid d’abeille.
- Les boules terminales ont la foi'iue d’un sphéroïde dérivé du tore (fig. 10). Ce choix est imposé par les propriétés suivantes : dans la région BB', presque plane, la courbure est très faible et le champ électrique, qui dépend de la courbure, est beaucoup moins important que dans la région équatoriale CC'. 11 en résulte que les fuites dues aux ouvertures pratiquées
- dans le sphéroïde pour le passage des colonnes isolantes sont moins importantes que dans le cas d’une sphère.
- Le diamètre maximum CC' du sphéroïde est de i m 80 ; sa hauteur est de i m. Les colonnes isolantes, en porcelaine ont 2 m 5o de longueur utile. La vitesse du courant d’air est de l’ordre de 60 m par seconde, correspondant à un débit de 120 micro-ampères envi ron. La tension limite obtenue avec le générateur exposé au Palais de la Découverte est de 1.800.000 v. La faible hauteur du plafond à l’endroit où se trouve installé le générateur ne permet pas de dépasser cette tension.
- Les poussières utilisées sont des sphérules de verre de quelques microns de diamètre en moyenne. Elles proviennent des cendres vitrifiées et très fines, résidus des fumées d’une centrale électrique chauffée au charbon pulvérisé.
- Fig. 9. — Ioniseur multicellulaire en nid d’abeilles de la machine électrostatique à courant gazeux.
- Fig. 10. — Boule terminale de la machine électrostatique à courant gazeux.
- L'OPTIQUE
- La science moderne de l’optique est née au xvn° siècle des observations, expériences et méditations de Descartes, Fermât, liuyghens et Newton. Dès le début, deux théories contradictoires se sont affrontées : la théorie ondulatoire soutenue par liuyghens, la théorie de l’émission soutenue par Newton. Pour Newton, les rayons lumineux sont les trajectoires de petits corpuscules lancés par la source lumineuse, trajectoires rectilignes lorsque le milieu est partout identique à lui -même ; pour liuyghens, la Lumière se propage dans l’espace par ébranlements communiqués de proche en proche à un milieu immatériel : l’éther ; à la façon des ondes qui se forment à la surface d’un étang quand on y jette une pierre.
- La théorie de l’émission expliquait parfaitement par les lois de la mécanique et de la gravitation les lois élémentaires et fondamentales de la réflexion et de la infraction dans les milieux isotropes ; mais malgré l’ingéniosité de Newton et de ses élèves elle se prêtait mal ou pas du tout à l’interprétation des phénomènes d’interférences ou de diffraction. Quand Young et Fresnel eurent précisé par leurs expériences les conditions dans lesquelles ceux-ci apparaissent, la théorie de l’émission se trouva condamnée. Fresnel, revenant aux idées d’Huyghens, fit triompher la théorie ondulatoire et sut expliquer tous les phénomènes connus à son époque par la simple hypothèse que la lumière est une propagation ondulatoire de vibrations transversales à la direction du rayon lumineux.
- Maxwell marque, quelque 4o ans plus tard, une nouvelle étape dans l’histoire de l’optique. Partant des
- idées de Faraday, il réussit, par un effort de synthèse admirable, à condenser en quelques équations restées célèbres les lois générales de l’électromagnétisme. Dans ces équations, il lut l’existence d’ondes électromagnétiques se propageant dans l’espace avec la vitesse de la lumière et hardiment, il conclut à l’identité de ces ébranlements électromagnétiques encore inconnus et des ondulations lumineuses. Selon Maxwell, ces ondes électromagnétiques devaient apparaître lorsque dans un circuit électrique on provoque des phénomènes électromagnétiques de fréquence élevée. Hertz, en 1888, montra l’existence effective de ces ondes, mesura leur vitesse effectivement égale à celle de la lumière, et les soumit à des expériences d’interférence et de diffraction qui les montrèrent douées des mêmes propriétés générales que les ondes lumineuses.
- Depuis les travaux de Maxwell et de Hertz, la lumière visible avec son entourage infra-rouge et ultra-violet ne constitue plus qu’un groupe étroit au sein de la grande famille des radiations électromagnétiques qui, du domaine de la T. S. F. avec ses ondes longues de quelques kilomètres et ses ondes courtes de quelques centimètres, s’étend jusqu’à celui des rayons X (longueurs d’onde descendant jusqu’au cent-millionième de millimètre) et à celui des rayons gamma du radium (longueur d’onde de l’ordre du milliardième de millimètre).
- La théorie électromagnétique de Maxwell diffère de celle de Fresnel surtout par le langage ; elle substitue à la vibration élastique de l’éther une vibration électrique ; mais le caractère ondulatoire est le même dans
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- les deux théories, sous deux noms différents et tous les résultats de Fresnel se transposent aisément dans la théorie électromagnétique plus générale.
- A la lin du xix® siècle, tout ce bel édifice sembla menacé de ruine : les lois quantitatives suivant lesquelles l’énergie se répartit entre les diverses régions du spectre du rayonnement « noir » sont établies expérimentalement par Wien ; impossible de les concilier avec les déductions rigoureuses de la théorie électromagnétique qui conduisaient à des conclusions absurdes.
- De là est née la célèbre théorie des quanta, formulée par Planck, qui marque le point de départ de la plus profonde révolution scientifique et philosophique survenue depuis Descartes. Suivant Planck, la source lumineuse émet son énergie par fractions discontinues, linies et proportionnelles à la fréquence de la radiation émise.
- De là à un retour à la théorie de l’émission, il n’y avait qu’un pas, hardiment franchi par Einstein ; s’appuyant sur les lois des phénomènes photo-électriques, Einstein attribue à la lumière une structure granulaire dont les éléments sont les photons ou quanta de lumière.
- Cependant les propriétés ondulatoires de la lumière n'en subsistent pas moins et la théorie des quanta, à elle seule, ne peut les expliquer. Les phénomènes observés obligent donc les physiciens à recourir simultanément à deux théories en apparence incompatibles. Einstein les concilie en admettant que toute radiation possède à la fois le caractère ondulatoire et le caractère corpusculaire.
- Nous avons vu comment Louis de Broglie, par une généralisation plus hardie encore el qui a reçu aussitôt une éclatante confirmation expérimentale, a étendu cette conception à la matière elle-même en associant une onde à toute particule matérielle élémentaire, telle que leleclron. Ainsi apparaît une intime parenté entre l’énergie et la matière : toute énergie a un caractère corpusculaire, toute matière a un caractère ondulatoire. Cette parenté théorique laisse supposer que l’énergie peut se transformer en matière et réciproquement ; telle est, en effet, la conclusion que l’on peut tirer du bilan de certaines réactions radio-actives.
- L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
- La lumière se propage en ligne droite : cette loi élémentaire n’est qu’une approximation. Elle suppose qu’il soit possible d’isoler un rayon lumineux, c’est-à-dire un pinceau infiniment étroit. Les phénomènes de diffraction prouvent que cela est impossible. Toutefois, cette première approximation est suffisante dans un grand nombre de cas. On se trouve alors dans le domaine de l’optique géométrique. C’est le domaine des lois élémentaires et classiques de la réflexion et de la réfraction.
- La section d’Optique géométrique présente à cet égard une série d’expériences simples, mais à grande échelle qui rendent visibles pour les spectateurs les
- cheminements des rayons lumineux, en employant comme milieux optiques l’eau colorée par de la fluorescéine et l’air chargé de fumées.
- Nous ne décrirons pas les différentes expériences élémentaires sur la réflexion et la réfraction. Nous dirons cependant quelques mots sur quelques aspects plus compliqués des expériences visibles aux stands de l’optique géométrique, en particulier, pour comprendre l’allure des rayons lumineux dans un miroir sphérique dont les propriétés sont montrées aux visiteurs et les expériences sur les défauts des systèmes optiques non corrigés, quelques notions sur les différentes aberrations des systèmes optiques sont indispensables.
- Aberrations géométriques focales.—. Lorsqu’une source ponctuelle envoie la lumière sur une surface réfléchissante courbe, les rayons réfléchis se concentrent, en général, sur deux lignes rectangulaires, situées dans deux plans différents (fig. i). Ces lignes, qui sont caractéristiques de la surface courbe donnée, sont les focales ; la distance entre les lignes focales mesu-re Yasligmatisme du système. Elle est nulle dans le cas du stigmatisme, où les deux focales se réduisent à un point, image de la source.
- Si, à la place d’une source ponctuelle, on a une source large, lorsque, par exemple, le faisceau incident est un faisceau large de rayons parallèles, l’ensemble des lignes focales dues aux faisceaux élémentaires du faisceau global forme une surface à deux nappes, appelée caustique (expérience avec le miroir sphérique) (fîg. 2).
- Aberrations chro= matiques. — Les
- aberrations géométriques ne dépendent que de la forme des surfaces réfléchissantes, il y a aussi, dans le cas de la réfraction, une aberration chromatique. L’indice de réfraction du milieu optique n’est pas le même pour les différentes composantes du spectre visible, le milieu optique se comporte donc à la manière d’un véritable prisme. Les différentes radiations constituant la lumière
- Axe du miroir
- Fig. — Lignes focales.
- Les rayons lumineux P, tombant sur un miroir courbe M, loin de l’axe, se réfléchissent en un faisceau qui se concentre sur deux lignes Ft F-2, perpendiculaires l’une à l’autre et situées dans des plans différents.
- Lumière
- incidente
- Fig. 2. — Caustique d’un
- miroir sphérique.
- Un large faisceau de rayons parallèles à l’axe du miroir M est concentré par réflexion, non pas au foyer ponctuel F, mais suivant une surface (caustique) dont la coupe est la courbe A F B.
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- blanche se dissocient au cours de leur passage à Ira-vers le milieu optique (pii les ré-I' r a e I e inégal e-juenl. L'image d'un objet, éclairé en lumière blanche, se I rouve ainsi e n I o 11 r é e d'un halo coloré ; ce ]> h é n o m è n e constitue l’aberration chromai iipie. On co r r i g e I e s aberrations géométriques (il chromatiques d’un sys-I cme optique à Laide de lentilles correct riees convenables; au stand consacré aux instruments optiques, les visiteurs peuvent se rendre compte des aberrations (pu* présentent les instruments non corrigés cl juger de I effet correcteur des lentilles, grâce à un système, de lentilles escamotables.
- Dans la section de l’Optique géométrique, on procède également à l’analyse spectrale de la lumière solaire recueillie par un bélioslat installé sur le toit du (iraud Palais. Lue partie de la lumière captée; par I héliosial sert à produire le grand arc-en-ciel qui encadre la porte d entrée à la section d’Optique.
- Signalons également les démonstrations intéressantes sur la vision des couleurs. La couleur d’un objet dépend à la fois des propriétés optiques de la substance dont il est fait et de la composition spectrale de la lumière (pii l’éclaire.
- Notons enfin les expériences consacrées aux mirages.
- EXPÉRIENCE SUR LA VITESSE DE LA LUMIÈRE
- Nous arrivons en lin à une expérience remarquable, organisée par M. Aimé Col ton, au cours de laquelle la vitesse de la lumière est mesurée sous les yeux memes du spectateur.
- Il s’agit de mettre en évidence le temps mis par la lumière pour parcourir deux fois une distance d’une trentaine de mètres (longueur de la salle). Le temps à mesurer est donc d’environ deux dix-millionièmes de seconde.
- (Lest donc la méthode du miroir tournant de Foucault qu’il a fallu employer. Mais, comme le conseillait Cornu, on a associé dans l’expérience la méthode de Foucault et l’emploi d'un miroir de retour à la station éloignée utilisé par Fizeau dans sa méthode de la
- roue dentée. Le miroir tournant employé a, comme celui de Miehelson, la forme d'un prisme droit dont la base es! un polygone régulier, ici un octogone. El comme il faut faire tourner très vile, il est construit dans le cas actuel entièrement en acier spécial à liante résistance mécanique. Les faces ont été polies à l'Institut d’Optique. Le miroir est entraîné — c’est une particularité intéressante de l'appareil — par le dispositif imaginé par MM. lienriot et lluguenard qui permet de faire tourner très rapidement, un appareil mobile sur un support entièrement gazeux. La ligure 5 représente cet appareil qui, dans l'industrie, sert à faire tourner très rapidement des centrifugeuses. De l'air comprimé s'échappe par une tuyère évasée présentant une série de Irons et entraîne un rotor également conique présentant une série de rainures hélicoïdales. L axe de rotation se stabilise d’une façon remarquable et on peut dépasser une vitesse d’un millier de tours
- Fi y. 4. — Sport ruyruplte y omit à grandi' dispersion.
- Installé sur la plate-forme qui surplomba la salle 41, il reçoit par la, lentille I, la lumière captée par l’héliostal, (ti^. ü). Une partie de cette lumière sert à former I’arc-en-eiel qui encadre tu porte d’accès à la section d'optique. Une autre partie est, renvoyée par le miroir M successivement sur deux prismes immense P et l’i, remplis de cinnamale d’éthyle, liquide très dispersif. On forme ainsi sur le mur de la salle un spectre du soleil de, plusieurs mètres de longueur. Par temps couvert, lorsque la lumière du soleil est insuflisanle, une puissante lampe à arc A se substitue au soleil. Elle s'allume automatiquement, pràce à un relais commandé par une cellule, pliolo-élecirique, installée sur le trajet des rayons
- solaires.
- Fi y. d. — L’hélioslul sur le toit du (iraud Palais.
- Le miroir inférieur nui par un mécanisme synchronisé avec le déplacement du soleil projet le la lumière sur le miroir supérieur lixe qui la renvoie verticalement à l’inférieur du (.ïrand Palais.
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- par seconde sans qu’on ait en aucune façon à se préoccuper du graissage.
- Le dispositif optique est le suivant (fi g. 6) :
- Un arc S éclaire vivement une ouverture rectangulaire At contre laquelle on a placé une mire de photogravure à large intervalle (o mm 4) formée d’une simple série de traits parallèles et équidistants. Les rayons partis d’un point de cette mire subissent toute une série de réilexions. Ils se réfléchissent d’abord sur un miroir concave auxiliaire Gj, puis sur le miroir tournant O et forment une image agrandie de la mire en A2 sur un second miroir concave. Les miroirs G. et C2 sont en verre et ont été recouverts d’aluminium (grâce à l’obligeance de M. de Grammont). Le miroir A2 est à l’extrémité du mur contre lequel la lumière suivra son trajet. Son foyer est au voisinage du miroir tournant O. Le faisceau lumineux obtenu se propage horizontalement jusqu’à la « station éloignée » à l’intérieur d’un tube horizontal en contreplaqué. A l’autre extrémité, il se réfléchit sur le miroir concave G2 d’un télescope qui donne près de son foyer en A8 une nouvelle image de la mire. Gelle image est exactement au point sur un petit miroir qui renvoie les rayons en sens inverse.
- Le télescope mérite une mention : c’est un bel instrument de 68 cm de foyer seulement, mais dont le
- L
- 4,5
- même et porte sa signature. Ge télescope a été légué par M. de Romilly à la Société française de Physique. Le miroir a été argenté par M. Couder ainsi que le petit miroir auxiliaire Aa pour lequel il a pris en réalité une lentille argentée sur sa face arrière.
- Fig. fi. — Ajiparoil de mesure de la vitesse de la lumière.
- 11, sirène Huguenard qui l'ail, tourner à grande vitesse le miroir polygonal ; .M, ouverture par laquelle les rayons lumineux parviennent au miroir tournant, ; T, coffre contre-plaqué de 30 m de long dans lequel se propagent les rayons lumineux pour aboutir au télescope de Foucault.
- miroir ouvert à
- a été taillé par Foucault lui-
- Fig. (1 — Schéma de Vappareil de mesure de la vitesse de la lumière (1).
- S, source lumineuse (arc) ; Ai, fente contenant une mire à traits parallèles équidistants ; Ci. miroir incliné ; 0, miroir octogonal tournant ; A2. miroir incliné sur lequel se forme, après réflexion sur C, et O une image agrandie de la mire A ; C'a miroir du télescope de Foucault à la station éloignée ; A3, petit, miroir placé au foyer de Ca et renvoyant les rayons vers la station de départ ; A4) fente dans laquelle se forme l’image de. retour renvoyée, par une lame transparente à 45° ;
- T, tube en contre-plaqué ; T>, glace fermant l’extrémité du
- fuite, pour montrer le télescope.
- Fig. 7 (en cartouche). — Mesure de la. vitesse de la lumière.
- La mesure du déplacement de l’image des traits m de la mire Ai (tig. (t) permet de mesurer la vitesse de la lumière ; en 1, les traits m de la mire dans la fente de départ Ai; en II, l'image ud dos traits se forme au retour dans une l'ente en croix A4 ; quand le miroir tournant est au repos, les traits nd apparaissent dans Ja branche verticale centrale ; en III, quand le miroir O tourne, on observe facilement le déplacement des traits nd, grâce à la forme de la fente.
- Les rayons de retour reviennent sur le miroir A2 et sont renvoyés sur le miroir octogonal. Lorsque celui-ci tourne rapidement, il reçoit les rayons de retour alors qu’il a tourné d’un petit angle e.
- Les rayons qui reviennent vers C, sont déviés d’un petit angle qui est approximativement as (2).
- Une glace sans tain transparente G renvoie latéralement une partie de ces rayons de retour et donne une image que l’on pointe avec un viseur V Celle image se déplace proportionnellement à la vitesse angulaire du miroir.
- C’est de son déplacement et de la détermination du nombre de tours du miroir O par seconde que l’on déduit la vitesse de la lumière. Ce déplacement pour l’expérience installée au Grand Palais est d’environ i mm 7 quand le miroir tourne à i.ooo tours par seconde. Pour le rendre visible plus facilement à l’endroit où se forme l’image
- 1. Remplacer sur la ligure 0 la lettre G par A,.
- 2. Ou est obligé d’incliner légèrement les faisceaux sur le plan horizontal et les miroirs Ci et. A» ne.sont pas exactement à la même hauteur. Cela est nécessaire pour que le miroir en tournant ne renvoie pas normalement sur Ci des rayons qui éclaireraient vivement le champ et empêcheraient de voir l’image de retour.
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- de retoux' A4, on place une ouvei'ture ayant la forme indiquée sur la figure 7 0).
- OPTIQUE PHYSIQUE
- Les phénomènes d’interférence. — Quand ou superpose dans certaines conditions deux faisceaux lumineux monochromatiques émis par une môme source, on observe sur un écran une alternance de plages claires et obscures. Ainsi, suivant la forte expression d’Arago, en ajoutant de la lumière à de la lu-mièi'e, on crée les ténèbres, phénomène difficilement explicable dans l’ancienne théorie de l’émission, mais qui s’explique aisément lorsque l’on admet le caractère ondulatoire de la lumière.
- Les deux faisceaux, issus d’une môme source, pi'o-viennent d’une seule et môme vibration ; mais, avant de se rencontrer, ils ont suivi des chemins différents ; à leur point de rencontre, ils créent des vibrations qui, suivant la distance de la source, sont en phase et s’ajoutent en donnant le maximum de lumière ou bien sont décalées Lune part rappox-! à l’autie et donnent une composante affaiblie qui tombe à une valeur minirna ou nulle aux points pour lesquels les vibrations sont de sens opposé.
- Si, au lieu d’employer une source lumineuse ne donnant que des ravoixs d’une seule couleur, on emploie une source de lumière blanche, c’est-à-dire d’une lumière composée d’un grand nombre de cou-lexirs simples, les interférences se manifestent par des phénomènes coloi'és. Les difféi'erxces de l'oute qui anxè-îxent entre les rayons lumineux des conflits entraînant la destruction du mouvement vibratoire n’ont pas la môme valeur pour les diverses coxileurs. En une certaine région du ti'ajel de deux rayons blancs superposés, l’uxxe des couleui's, le rouge par exemple, sera détruite, plus loin, elle sera portée à son maximum, tandis que les autres couleurs seront affaiblies. Tout le long du trajet commun, les couleurs élémentaires sei’oixt aiixsi séparées et mises en évidence.
- Expériences sur les interférences (Salle 120).
- Miroirs de Fresnel. — L’expérience classique des
- miroirs de Fi'esnel est reproduite à l’aide du dispositif que M. Cot-ton emploie dans soix eoui's à la Soi'bonne. Une plaque de verre argentée sur une de ses faces est sciée en deux ; les deux parties ainsi obtenues
- 1. Si l’on vent voir l'image de retour dans le cas du miroir 0 au repos, auquel cas elle est naturellement plus brillante, il faudrait orienter à la main ce miroir placé dans son carter protecteur. Pour éviter d’avoir à y toucher, un ensemble do deux miroirs auxiliaires a été disposé de façon à être amené à volonté dans une position telle qu’il renvoie la lumière exactement comme le ferait le miroir au repos. On escamote cet organe au moment de faire l’expérience.
- soxxt replacées ensemble, mais en inclinant légèrement l’un des miroirs par rapport à l’aulre. Les rayons lumineux issus d’un arc, et qui ont traversé mxe fente près des miroirs, forment ainsi, après réllcxioix, deux faisceaux ayant uixe région commune (partie bachmée sur la figure), où l’oxx observe les franges d'interférences.
- L’interférence est due au fait que les rayons qui se croiseixt n’ont, pas parcouru le môme chenxiix pour aboutir à l’écran E, où l’on observe les fi'anges.
- Anneaux de Newton. — Les anneaux de Newton s obtiennent en faisant tomber les rayons lumineux issus d’une source S sur un système interférentiel constitué par une lentille convexe placée sur une lame de verre plaxxe. L'interférence a lieu entre les l'ayons i’éfléchis sur la suri ace de sépai'ation intérieure enti'e la lentille et la couche d’air d’une part et les rayons qui se l'élléchissent sur la surface supérieure du plaxx V après avoir traversé la lentille.
- Le système interférentiel possédant la symétrie d’un cercle, les figures d’interférences sont des anneaux. Eix lumière monochi’omatique, on obsei've des anneaux alternativement brillants et sombres, la distance entre deux anneaux consécutifs augmentant avec la longueur d ’ o xx d e (expérience réalisée à l’aide d’écrans coloi’és). En lumière blanche, on observe des anneaux de Newton coloi'és.
- Pour faii'e varier l’épaisseur du coin d’air compris enti'e la lentille et le miroir plan, oix déforme élastique ment le
- Miroirs de Fresnel
- Fig. S.
- Fig. 9. — Anneaux de Newton. V, plan de verre que l’on peut déformer élasliquement en faisan l le vide au-dessous de lui ; K, rayon incident ; R, ll2 deux rayons présentant une différence de marche.
- Fig. 10. — Dispositif expérimental pour la démonstration des anneaux de Newton.
- S, source de lumière ; E, écrans colorés pour l’observation des anneaux en lumière monochromatique ; C, condensateur ; P, système do prismes à réflexion totale envoyant la lumière sur le système interférentiel, puis sur l’écran d’observation ; V, canalisation de vide ; M, manomètre ; A, organes de commande automatique.
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- plan de verre Y, en faisant le vide en dessous de lui.
- Interféromètre de Michelson. — L’interféroinè-Ire de Michelson est un des appareils les plus précis dont disposent les physiciens. 11 a été imaginé pour procéder à la mesure du mètre en longueurs d’onde. Il a servi aussi à la mesure précise de la vitesse de la lumière et ce sont les expériences négatives sur la détermination de la vitesse absolue de la Terre, qui
- ont conduit Einstein à formuler les principes de la Relativité restreinte. Le schéma de principe de l’appareil de Michelson est donné sur la figure 11.
- Interférence par les lames minces. Photographies inter= férentielles de Lipp= mann. — Lorsque la lumière tombe sur une lame transparente suf-lisamment mince dont l'épaisseur est de l’ordre de la longueur d’onde des radiations employées, elle donne des interférences dues à la composition des rayons réfléchis sur la surface supérieure de la lame avec ceux qui se réfléchissent sur sa
- Fig. 12. — L’inlerféromètre de Michelson.
- S, source de lumière ; L, lentille ; M, miroir ; G, lame semi-argentée ; M i iVJ2 miroirs perpendiculaires ; C, lame compensatrice.
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- surface inférieure après avoir traversé la lame. Si la lumière employée est blanche, il y a séparation des couleurs.
- Les phénomènes d’interférence par les lames minces sont montrés, à la salle ia5, au moyen d’une rosace garnie de lames minces de vernis. Invisibles lorsqu’on les regarde par transparence, les secteurs de la rosace présentent des couleurs éclatantes lorsqu’on observe la lumière qu’ils réfléchissent.
- Les plages différemment colorées de chaque secteur correspondent aux différentes épaisseurs de la lame de vernis.
- Dans la meme salle, on projette de très belles photographies en couleurs de Lippmann. Le procédé de Lippmann est basé sur la formation d’ondes stationnaires à l’intérieur de la couche photosensible au moment de l'impression. La couche photosensible est placée contre une surface de mercure jouant le rôle d’un miroir plan. Les rayons lumineux issus de l’objet à photographier traversent la couche sensible et se réfléchissent sur le miroir. 11 y a alors interférence entre les rayons directs et les rayons réfléchis par le miroir de mercure et formation d’un système d’ondes stationnaires. On sait qu’une onde stationnaire est caractérisée par l’existence de nœuds de vibration où l’amplitude est constamment nulle et de ventres, où elle est maximum. La couche sensible se trouve impressionnée dans le sens de sa profondeur, seulement à l’endroit des ventres. A chaque couleur correspond un système d’ondes stationnaires propre caractérisé par la distance entre deux ventres ou nœuds consécutifs et à chaque plage monochromatique de l’objet photographié correspond ainsi une stratification bien définie de la couche photosensible. La plaque se trouve ainsi divisée en un très grand nombre de plages minuscules, chacune de
- vers la lunette < d'observation
- Fig. ii. — Schéma de V interféromètre de Michelson.
- La lumière de la source S, réfléchie par le miroir M, tombe sur la lame à laces parallèles G. La l'ace arrière de celle-ci, légèrement, argentée, réfléchit une partie du i'aisceau et en laisse passer une autre partie. Après réflexion normale sur les mi-loirs Mi M2 placés à angle droit on obtient deux faisceaux OP qui interfèrent. La lame C sert de compensateur ; elle a môme épaisseur que la lame G. Chaque rayon traverse ainsi trois épaisseurs de la lame.
- Fig. 13. — Interférences par lames minces.
- L’interférence se produit entre les rayons BC et EF auxquels donne naissance la réflexion du rayon AB sur les faces avant et arrière de la lame. Le rayon EF qui a traversé la lame présente par rapport au rayon AB un retard optique qui correspond au trajet BD 4- DE à l’intérieur (le la lame, augmenté d’une demi-longueur d’onde en raison du changement de phase dû à la réflexion au point D.
- Fig. 14. — Diffraction par une fente.
- Chaque point d’une fente percée dans l’écran D et éclairée par la source S se comporte comme une source de lumière. Le point A, situé dans l’ombre géométrique de l’écran reçoit de la lumière de tous les points de la fente. Comme les trajets optiques ne sont pas égaux pour tous les rayons aboutissant ainsi au point A, il se produit des phénomènes d’interférence, franges alternativement, sombres et brillantes autour de la région Bi B2, image géométrique de la fente.
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- ces plages étant constituée, dans le sens de l’épaisseur de la plaque, par un empilement de lames minces, dont l’équidistance varie d’une plage à l’autre, suivant la couleur qui l’a impressionnée.
- Observée par réflexion en lumière blanche, la plaque ainsi formée reproduit les colorations de l’objet qyi l’a impressionnée ; elle est formée, en effet, d’une juxtaposition de systèmes de lames minces dont chacune favorise la radiation qui lui a donné naissance.
- Diffraction. — Les phénomènes de diffraction apportent la preuve que, contrairement à la loi approchée de l’optique géométrique, la lumière ne se propage pas en ligne droite.
- L’expérience est faite au sland 4 ; on éclaire en lumière parallèle (lig. 1.4) une feule fine percée dans une paroi opaque : ou s’aliène! à voir se projeter sur un écran une image fine et brillante de la feule cernée par l’ombre de la plaque. 11 n’en est rien. On voit apparaîIre sur l’écran une succession périodique de franges sombres et brillantes qui pénètre dans la zone de l'ombre géométrique. On doit à Fresnel les méthodes d’observation qui ont permis de faire des expériences précises sur les phénomènes de diffraction. Fresnel montra que la réparti lion des franges est indépendante de la pâture et de la densité des corps qui constituent la paroi de la fente, ruinant ainsi l’argument des Newtoniens qui attribuaient la diffraction à des forces attractives et répulsives exercées par la matière des bords de la fente sur les corpuscules lumineux.
- C’est sur ces expériences que Fresnel a fondé sa théorie ondulatoire dont les formules ont gardé toute leur valeur. Poisson, mathématicien illustre, ardent disciple de Newton, avait cru détruire la théorie de Fresnel en tirant de ces formules la conclusion, à ses yeux absurde, que le centre de l’ombre d’un écran opaque et circulaire devait être aussi éclairé que si l’écran n’existait pas. L’expérience fut faite, elle confirma le résultat du calcul et fut pour Fresnel l’occasion d’un éclatant, succès : elle est disposée au sland 4-
- Les phénomènes de diffraction, rebelles à la théorie de l’émission s’expliquent fort bien et se laissent prévoir- très exactement par le calcul, si l’on admet la théorie ondulatoire. Il suffit de supposer (principe de Huyghens-Fresnel) que chaque point atteint par une onde lumineuse devient lui-même un centre d'ébranlement d’où part une nouvelle oncle rayonnant dans lorries les directions. Dans le cas d’une fente, un point quelconque de l’écran de projection reçoit donc des ébranlemerds provenant de Ions les points compris à l’intérieur de la feule ; les rayons aboutissant ainsi en un point donné ont des longueurs de parcours différentes ; il y a donc interférence. Ce calcul montre et l’expérience confirme que, le phénomène se traduit par des franges régulièrement espacées.
- Réseaux de diffraction. — Les réseaux de diffi 'action constituent une application importante des phénomènes de diffraction.
- Si au lieu d’une seule fente ou d’un seul écran étroit on dispose sur le trajet de la lumière une succession de fentes transparentes ou d’écrans opaques (comme il en existe par exemple dans les trames de photogravure), on observe généralement des effets curieux et parfois très brillants.
- Un réseau de diffraction est constitué par un grand nombre de fentes très fines, parallèles, égales et équidistantes. Ou le tracera, par exemple, sur verre, en gravant des traits fins qui joueront le rôle d’écrans opaques et on observera la lumière qui traverse la lame de verre. On a alors un réseau par transmission.
- On obtient de même un réseau par réflexion en traçant. sur une surface métallique polie (miroir) des Irails parallèles et équidistants : les traits jouent ici le rôle de parties non réfléchissantes.
- Si on éclaire ce système par un faisceau lumineux oblique provenant d’une source unique, chaque feule du réseau se comporte comme une source nouvelle, mais avec retard de phase d’une fente à l’autre ; les ondes diffraclées par les différentes fentes donneront lieu en se rencontrant à des phénomènes d’interférence. Quand on éclaire le réseau par des rayons parallèles monochromatiques provenant d’une fente étroite, on observe une série de franges alternativement claires et obscures, régulièrement espacées. Cet espacement est proportionnel à la longueur d’onde de la lumière employée.. On comprend donc que si l’on éclaire le réseau en lumière blanche, il va décomposer cette lumière et en donner un spectre.
- Les réseaux sont très employés en speclroscopic parce qu’ils fournissent des spectres très étalés et qu’ils permettent de comparer avec une très grande précision la longueur d’onde d’une radiation quelconque à celle d’une autre radiation prise connue terme de comparaison.
- Diffraction par de petits écrans circulaires. —
- Un autre exemple intéressant de diffraction par écrans multiples est celui d’un grand nombre d’écrans circulaires disposés au hasard. L’expérience se fait avec de la poudre de lycopode répandue sur une glace réfléchissante. On éclaire la glace par une source intense de lumière .blanche et on observe des anneaux présentant de belles colorations.
- Les couronnes que l’on observe parfois autour du Soleil et de la Lune s’expliquent par un effet de diffraclion analogue sur des gouttelettes d’eau.
- Diffusion moléculaire. Bleu du ciel (Rayleigh). — Les molécules dont les dimensions sont petites par rapport aux longueurs d’onde du spectre visible dif-fraclenl la lumière dans toutes les directions et l’intensité de cette lumière diffusée esïjÿ inversement proportionnelle à la quatrième puissance de la longueur d’onde. Plus la longueur d’onde est petite, plus la radiation correspondante se trouve renvoyée dans toutes les directions et se trouve, par conséquent, affaiblie dans le faisceau direct. C’est ainsi que s’explique le bleu du ciel par suite de la prépondérance des radiations de courte longueur d’onde dans la lumière diffii-
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- sée latéralement par les molécules de l’air. C’est pour la même raison que le Soleil nous paraît jaune : dans le faisceau direct du Soleil, les radiations de courte longueur d’onde sont plus affaiblies par diffusion que les radiations de grande longueur d’onde. La lumière directe du Soleil nous parvient donc parliellement dépouillée de ses composantes violettes.
- Le coucher du Soleil. — Le Soleil nous apparaît rouge au coucher et d’aulant plus qu’il s’abaisse davantage sur l’horizon : c’est que les rayons directs doivent parcourir une plus grande épaisseur d’atmosphère pour nous parvenir, ce qui augmente beaucoup la diffusion latérale des radiations de courte longueur d’onde et accroît la proportion des radiations de grande longueur d’onde dans le faisceau direct. L’expérience présentée aux visiteurs avec un coin de verre opale dégradé permet de voir comment la lumière directe vire de plus en plus au rouge, avec l’épaisseur du coin interposé entre la source de lumière blanche et l’écran. Le verre opale contient de fines particules de phosphate de chaux en suspension. L’aspect bleuâtre des verres opalins s’explique par la lumière diffusée latéralement par le milieu trouble.
- Les belles couleurs que présentent les coquilles nacrées s’expliquent par la diffraction de la lumière par les lines stries de la surface de la coquille.
- Polarisation. —- La polarisation de la lumière nous révèle le caractère transversal des vibrations lumineuses. Les vibrations lumineuses s’effectuent dans un plan perpendiculaire à la direction de propagation de fonde (plan d’onde). Un rayon lumineux est dit polarisé recalignement lorsque la vibration s’effectue suivant une direction fixe dans le plan d’onde (lig. i5).
- Le plan qui contient la direction de propagation et le secteur représentant la vibration lumineuse rectiligne s’appelle plan de polarisation. Un rayon de lumière naturelle peut être considéré comme constitué par des vibrations rectilignes qui, en chaque point du rayon, sont réparties régulièrement suivant toutes les directions du plan d’onde. Ce rayon ne présente aucune dissymétrie. 11 n’est pas polarisé. Mais si, par un moyen approprié, on le dépouille de tout ou partie
- des vibrations qui s’écartent d’une direction privilégiée, on le polarise.
- On peut polariser un rayon lumineux en lui faisant traverser un cristal biréfringent, par exemple un spath d’Islande ou une tourmaline où il se divise en deux rayons polarisés à angle droit. Le cristal, pour' chacun de ces rayons, a donc supprimé les vibrations qui ne se trou-
- vent pas dans un plan déterminé. Pour obtenir un unique rayon polarisé, on utilise souvent des lames à faces parallèles formées de deux prismes en spath d’Islande convenablement taillés et accolés ; l’un des rayons réfractés est éliminé par ré-ilexion sur la face commune aux deux prismes, l’autre sort parallèlement à sa direction d’entrée. Ce système s’appelle un JNicol. Il peut servir aussi à reconnaître si un rayon lumineux est polarisé ; dans ce cas, en effet, pour une orientation convenable, il formera obstacle au passage des vibrations de ce rayon et il en éleindra la lumière.
- La réflexion d’un rayon lumineux sur un miroir, lorsqu’elle a lieu sons un certain angle (angle de Jlrewster) donne également naissance à un rayon réiléchi entièrement polarisé et l’on peut, de même façon, analyser le rayon réiléchi au moyen d'un second miroir orientable.
- Cette propriété est montrée aux visiteurs au moyen d’un miroir polariseur lixe et d’un miroir analyseur oscillant. L’intensité du faisceau réiléchi par celui-ci varie de zéro à une valeur maxima.
- Mentionnons ici que les cristaux naturels pouvant fournir de bons polariseurs, comme le spath d’Islande, sont rares dans la nature et ne se trouvent que rarement en grandes dimensions. Ils sont donc fort coûteux. On prépare aujourd’hui artificiellement- des plaques polarisantes de grandes dimensions eu parlant de lames contenant des cristaux de sulfate d’iodo-qùinine (pie l’on oriente pendant, la fabrication, au moyen d'un champ magnétique. De telles lames sont présentées aux visiteurs.
- Biréfringence. — Un rayon lumineux passant de l’air dans l’eau ou dans le verre donne naissance à un rayon réfracté suivant la loi des sinus de Descartes. Nous avons vu qu’un rayon lumineux passant de l’air dans une lame de spath d’Islande donne deux rayons. L’un de ces rayons, ou rayon ordinaire, suit la loi de Descaries, l’autre non. C’est, le rayon extraordinaire. La plupart des cristaux naturels sont biréfringents ; mais leur biréfringence n’a généralement pas le même caractère que celle du spath d’Islande. Ainsi le gypse et. le îrnca donnent bien deux rayons réfractés, mais dont aucun ne suit la loi de Descartes. Ces phénomènes sont dus au fait que les milieux cristallins, en raison même de leur structure intime, ne présentent pas les mêmes propriétés optiques dans toutes les directions. Ce sont des milieux anisotropes.
- Un milieu isotrope, comme le verre ou la plupart des liquides, peut être rendu artificiellement biréfringent en le soumettant dans une direction déterminée, soit
- Fig. 15. — Polarisation d’une onde lumineuse plane polarisée recliligncment.
- Toutes les vibrations s’effectuent suivant une mémo direction A perpendiculaire à la direction de propagation 0,0s du rayon lumineux. On a représenté l’amplitude de la vibration dans une série de plans (fonde P. Le plan OA est le plan de polarisation.
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- Fig. 10. — La biréfringence du spalli d’Islande.
- AA 1,,; direction^ de Taxe optique ; 1-tO, ruypïi o r d i n a i r e ; RE, rayon extraordinaire.
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- Fig. 17. — Aspect de la salle consacrée aux expériences de polarisation
- chromatique.
- à une compression soit à un champ électrique (phénomène de Ken), soit à un champ magnétique.
- Polarisation rotatoire. — En général, lorsqu'un faisceau de rayons polarisés rectilignement traverse une substance cristalline, le plan de polarisation reste inchangé. Cependant, il existe certaines substances minérales, tel le quartz taillé perpendiculairement à son axe, et certaines substances organiques (essence de térébenthine, acide tarlrique et solutions de sucre) qui ont la propriété de faire tourner le plan ,,de polarisation du rayon polarisé qui les traverse. De telles substances sont dites optiquement actives, ou encore douées de polarisation rotatoire. Suivant que la substance optiquement active fait tourner le plan de polarisation dans le sens des aiguilles d’une montre ou dans le sens inverse, elle est dite dextrogyre ou lévogyre. Pour expliquer la polarisation rotatoire, on admet que la substance active est capable de
- transmettre, sans altération, les ondes polarisées circulairement 0), mais la vitesse de propagation n’est pas la même pour les ondes circulaires polarisées à gauche et celles polarisées à droite. Si l’on fait tomber un faisceau de rayons monochromatiques polarisés rectilignement sur une substance optiquement active, les rayons polarisés rectilignement se décomposent en deux vibrations circulaires, mais de sens contraires et la rotation du plan de polarisation est due au fait que les deux vibrations ne se propagent pas avec la même vitesse dans le milieu optiquement actif.
- On appelle pouvoir rotatoire d’une substance optiquement active donnée, l’angle de rotation, exprimé en degrés, du plan de polarisation d’une onde polarisée rectilignement, qui a traversé i mm de la substance. Ce pouvoir rotatoire dépend, dans le cas de solutions, de la concentration de la solution. La mesure du pouvoir rotatoire est employée pour le dosage quantitatif des solutions optiquement actives : dosage des solutions sucrées par exemple (saccharimétrie).
- Le pouvoir rotatoire d’une substance est dû à l'existence d’une dissymétrie au sein de la substance active : dans le cas de solides, cristal de quartz par exemple, c'est dans l’arrangement des molécules les unes par rapport aux autres (distribution hélicoïdale) que réside celle dissymétrie; dans le cas d’une solution active, c’esl la dissymétrie de chaque molécule qui est responsable du pouvoir rotatoire de la solution.
- Bernaud Kwal et Marc Lesage.
- t. La lumière est dite polarisée circulairement lorsque le vecteur qui représente la vibration lumineuse tourne clans le plan de l’onde de manière que son extrémité décrit une circonférence. Suivant le sens de la rotation de ce vecteur, la polarisation circulaire est dite gauche ou droite.
- = EXPÉRIENCES D'ÉLECTROMAGNÉTISME = EXPÉRIENCES AVEC DES COURANTS TRÈS INTENSES
- (SALLE AMPÈRE-FARADAY)
- M. A. Cotton, l’organisateur de cette salle, fort remarquée depuis quelle est ouverte, à cause du caractère original et de l’importance des appareils exposés, a bien voulu accepter d’y guider lui-même nos lecteurs. Nous lui en exprimons ici tous nos remerciements.
- (N. D. L. R.).
- On s’est proposé, d’une part, de rappeler par quelques expériences simples faites avec des courants continus, les découvertes d’Ampère et Faraday qui ont fait surgir toutes les applications industrielles de l'électricité ; d’autre part, de faire, à certaines heures, des expériences en utilisant une dynamo donnant des cou-
- rants continus exceptionnellement intenses de l’ordre de 5o.ooo Ampères. Ces courants permettent de montrer des phénomènes, notamment les actions que le magnétisme exerce sur les phénomènes lumineux, qu’on n’observe d’habitude qu’avec de puissants électro-aimants.
- I. - EXPÉRIENCES D'ÉLECTROMAGNÉTISME
- En entrant dans la salle, les visiteurs voient (sur le côté gauche) des appareils qu’ils peuvent mettre eux-mêmes en action. Ces appareils permettent de consta-
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- 1er les laits essentiels les plus importants de l’électro-magnétisme : la découverte d’OErsted, l’action inverse des aimants sur un courant, les découvertes d’Am père sur les actions des courants sur les courants ou les propriétés des bobines et des solénoïdes. D’autres expériences illustrent le principe des moteurs électriques ou rappellent la découverte par Arago et Ampère de l’aimantation du fer doux par les courants et la réalisation des premiers électro-aimants. Vient ensuite l’induction, qu’il s’agisse de la production des forces électromotrices d’induction par le mouvement d’un circuit conducteur ou d’un aimant ou bien celle (pie Faraday a découverte en premier lieu, l’induction produite par la variation d’un ilux magnétique dans un conducteur immobile. Enfin, quelques expériences se rapportent au magnétisme, à l’orientation par le champ des substances cristallisées para ou diamagné-liques, aux propriétés du fer et des aimants, etc.
- Parmi ces expériences, citons-en quelques-unes présentant quelques particularités méritant d’être signalées.
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- ces fils, même enroulés, supportent des densités de courants élevées. Sans doute, le coefficient de foisonnement est plus élevé pour ces fils que pour la plupart des fils isolés autrement, mais l’absence de support, le fait qu’on peut refroidir ces bobines en les plongeant dans de l’eau par exemple, que la gaine peut être aussi, si on le veut, constamment mise au sol de façon a isoler le'conducteur des actions électriques extérieures, méritent d’être soulignés. 11 nous paraît probable que, dans certains cas, lorsque un rhéostat est nécessaire et qu’il ne faut pas s’imposer d’avoir des bobines peu encombrantes, de tels conducteurs pourront recevoir des applications.
- Le disque de Faraday. — Une expérience bien connue d’électromagnétisme est celle du disque de Faraday où un disque parcouru par un courant radial tourne entre les branches d’un aimant en U. Quand on essaie cette expérience, même si l’axe du disque est supporté par des roulements à billes très mobiles, on est frappé de la nécessité d’employer des courants
- Les courants dans des conducteurs revêtus de magnésie sous gaine de cuivre. — Dans plusieurs appareils, on a l’ait usage de fils de cuivre entourés de magnésie fortement comprimée et entourées d’une gaine de cuivre rouge que l’on fabrique par étirage et que l’on trouve maintenant dans le commerce. Ceux que la Société alsacienne de constructions mécaniques a bien voulu offrir pour ces expériences sont des fils en « pyrotenax » où un ou plusieurs conducteurs sont placés dans la gaine. L’absence de toute substance organique fait que de tels lils sont incombustibles : c’est pour celte raison qu’ils sont recommandés particulièrement dans les salles d’exposition, mais il y a d’autres raisons pour qu’on les signale.
- Pour la première expérience, l’action découverte par GErsled d’un courant sur la boussole, on sait que si l’aiguille est un peu longue, il est nécessaire, pour quelle se mette à peu près en croix, d’avoir un courant d’une quarantaine d’ampères et la loi de Laplace explique cela aussitôt. On s’est contenté de i5 A environ à la salle Ampère-Faraday, mais le fil employé comporte trois brins très proches les uns des autres dans la même gaine : ces trois brins sont en série et parcourus par le même courant (Des tubes concentriques, isolés les uns des autres, auraient rendu les mêmes services, mais on en trouve difficilement de diamètres convenables).
- On retrouve ces fils — mais à l’état de conducteurs simples — dans d’autres appareils exposés dans cette salle. On en a fait des bobines véritables, dont les spires sont simplement soudées entre elles en certains points, sans qu’il soit nécessaire d’employer des cadres, des joues ou des ligatures. La .magnésie conduit beaucoup mieux la chaleur qu’on ne le croirait et
- V*. P
- Fig. 1 et 2. — Le disque de Faraday. îauche, disque moteur ; à droite, disque générateur.
- intenses, qui risquent d’échauffer et d’endommager les contacts. Plus l’aimant est puissant et plus le champ agissant est intense, plus la roue tourne difficilement. Cela tient à une raison bien simple : les courants de Foucault qui prennent naissance dans le disque, courants qui sont d’autant plus intenses que la matière qui le forme est plus conductrice, jouent le rôle d’un frein proportionnel au carré du champ : c’est ce frein qu’on utilisé dans les compteurs. La roue de Barlow avec ses évidements et surtout ses dents tourne déjà mieux, mais la disposition adoptée dans l’appareil exposé au Palais de la Découverte (fig. i) où des fentes ont été pratiquées systématiquement dans tout le pourtour du disque est certainement la plus rationnelle.
- On retrouve plus loin (fig. 2) le disque de Fai’aday lui-même, sans fentes : on montre alors le phénomène inverse : en le faisant tourner avec une manivelle et un engrenage, on a une force électromotrice (entre l’axe et le mercure placé en dessous) suffisante pour faire dévier l’aiguille d’un millivoltmètre. Le frein produit par les courants induits dans la masse même du disque n’empêche pas, en effet, de lancer ce dernier avec une vitesse notable. Mais ce frein énergique n’en existe pas moins, l’expérience le montre aussitôt : l’aimant employé est, en effet, monté sur une glis-
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- Fig. 3. — Appareil de Jamin pour la rotation d’un cadre autour d’un pôle d’aimant.
- sière : on constate immédiatement, quand on l'écarte rapidement que les courants de Foucault cessent d’exercer leur action énergique.
- Induction unipolaire. — Arrêtons-nous encore aux expériences qui nous permettront de comprendre le principe sur lequel repose la grande dynamo unipolaire Poirson dont la masse imposante se trouve au milieu de la salle Ampère-Faraday.
- L’appareil représenté par la ligure 3 a été d’abord réalisé sous une forme un peu différente, par Jamin et il est bien connu : autour d’un pôle d’un aimant, on a disposé un équipage où le courant entre par exemple par une pointe et sort par une rigole annulaire. Dans le cadre mobile de cet appareil, les côtés horizontaux supérieurs qui rencontrent des lignes de force verticales et les côtés verticaux qui rencontrent d’autres lignes de force s'échappant latéralement de l’aimant jouent, les uns et les autres, un rôle utile et l'équipage tourne facilement.
- On pourrait évidemment modifier cet appareil en rendant mobile seulement soit un courant radial, soit un courant rectiligne parallèle à l'axe de la partie active de l’aimant. Mais il est plus intéressant de supprimer ce lil lui-même, d’enlever l’équipage précédent (ou la cloche mince qu’on peut lui substituer) et de faire tourner l’aimant lui-même autour de son axe. On prendra un barreau cylindrique aimanté dans lequel on fera passer le courant dans une partie seulement de sa longueur, inférieure à la moitié. Ampère, on le sait, faisait l’expérience en faisant ilotter, dans une éprouvette contenant du mercure, un tel aimant lesté par du platine ; le courant arrivait dans un godet pratiqué dans le pôle extérieur et contenant un peu de mercure. Un appareil a été exposé pour faire la même expérience. On a cherché, à vrai dire, non pas à avoir un mouvement de rotation continue, mais à observer et même mesurer, si l’on veut, le couple produit : à un lil de bronze B, on a suspendu un très bon aimant cylindrique d’Holtzer A (lig. /j), pourvu, dans l’une de ses moitiés, de deux anneaux C, 1), portant des pointes qui plongent dans des coupelles annulaires servant à l’amenée du courant. Lorsqu’on le lance dans l’appareil, le lil se tord : la torsion du fil permettrait de mesurer le courant : on a réalisé ainsi une sorte d’ampèremètre.
- Or, l’expérience inverse réussit, elle aussi, sans peine. Si on fait tourner rapidement (lig. 5), un tel aimant cylindrique et si deux balais ù,, />2 (lig. (i) appuient tous deux sur la surface cylindrique, l’un à un bout tout près du pôle, l'autre dans la région médiane d'où il ne sort [dus de lignes de force, on constate l’existence d'une force éleelromo-Iriee de quelques millivolls. (Lest celle expérience qui est surtout intéressante [tour comprendre Je fonctionnement de la dynamo Poirson.
- IL
- LA DYNAMO POIRSON
- £
- ('elle grande dynamo (tioo kvv) a été construite pour servir dans l'industrie éleclroly tique : c’est là surtout ([ue peinent être utilisées des dynamos à aussi liasse tension. L’intensité exceptionnelle des courants quelle donne permettra de faire d’un seul coup des dépôts (par chromage, par exemple) sur des surfaces très étendues, telles par exemple que de grandes hélices de bateaux. Au Palais de la Découverte, on a dû renoncer à montrer Ja fabrication de ce* dépôts éleclroly tiques, en particulier à (anse des dégagements de gaz accompagnant ces opérations.
- Mais l'importance même de l eleelrolyse, la fécondité des découvertes de Faraday dans ce domaine, apparaissent quand même si on remarque que tous les conducteurs employés sont formés d'aluminium ou de cuivre rafliné obtenus par éleelrolyse. Dans la salle
- Fig. 'i. — Schéma de l’appareil pour obser-ver un couple, produit par induction unipolaire.
- A, aimant cylindrique ; Ji, Jil de suspension mi livon/.e ; C, i>, anneaux conducteurs munis de p o i n t c s plongeant dans des coupelles annulaires à mercure. quand on l'ait passer un courant dans l'appareil, on observe la torsion du lil H.
- Fig. fi. — Expérience d’induction unipolaire.
- La rotation de l'aimant cylindrique A engendre un courant électrique.
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- Fig. 6. — Force électromotrice pur induction unipolaire. Quand le barreau aimanté A de la ligure 5 tourne, on observe l’apparition d’une l'orce électro-motrice entre les balais b i, h-.,
- Ampère-Faraday, il n’y a pas moins d’une douzaine de tonnes de ces métaux éleclroly tiques, employées à conduire aux divers appareils les courants de la dynamo. La partie principale est formée par de grosses barres d’aluminium de 3o x G cru de section, qui associées par trois en parallèle peuvent conduire des courants de
- Go.ooo Ampères sans que la densité de courant dépasse sensiblement i A par millimètre carré, de sorte que réchauffement de ces barres n’est pas gênant. Comme la dynamo elle-même, ces barres ont été prêtées par la Société d’Electrochimie et d’Ëlectrométatlurgie.
- Les appareils eux-mêmes et les connexions qui les
- unissent aux barres sont en cuivre de section réduite et la densité de courant y est beaucoup plus grande. Mais ces conducteurs de cuivre sont percés de canaux où l’on fait circuler de l’eau de source sous une pression de 4 kgr par centimètre carré (il a fallu pour cela installer une pompe et un réservoir spécial).
- Pour comprendre la dynamo Poirson elle-même, il convient de revenir à l’expérience indiquée plus haut où l’on recueille un courant entre deux balais blt b2, frottant sur un aimant (fig. 6). Dans cet appareil, la moitié S de l’aimant est inutilisée, en outre, une autre parti du llux, celle qui s’échappe de la face terminale N elle-même dans le sens de l’axe, n’intei’vient pas non plus. On est ainsi conduit à modifier l’appareil de deux façons :
- On ajoute d’abord une culasse en acier doux de révolution autour de l’axe de l’aimant qui ferme à peu près le circuit magnétique comme l’indique la figure 7 a. On concentre ainsi un flux radial intense entre les deux parties cylindriques en regard. La force électromotrice que l’on recueillera entre deux balais bx b2 se trouvera par là accrue.
- D’autre part, si on reprend l’appareil de la figure 6, on peut imaginer qu’on remplace, (fig. 7, b) le barreau NS par deux barreaux mis bout à bout, NSS'N', ayant leurs pôles de même nom au contact, c’est-à-dire
- par un barreau
- Fig. 7. — Principe de la dynamo unipolaire Poirson.
- En c, schéma de la dynamo Poirson.
- unique SS' ayant en son milieu un « point conséquent » N. On voit sans peine qu’entre deux balais b2, b2r situés de part et d’autre de ce pôle unique, on a une force électromotrice deux fois plus grande, l’ensem-
- C A- 0 1
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- Fig. 8. — Démonstration de la polarisation rotatoire magnétique.
- S, source de lumière ; G, bloc de (lint ou cuve remplie d’une solution d’io-uure de zinc ; P, pellicule polarisante ; A, pellicule polarisante servant d’analyseur ; B, biquartz à teinte sensible ; F, conducteur cyli'njdrique parcouru par un courant, créant un champ magnétique à lignes de force circulaires / centrées sur F ; H, champ magnétique au point M ; h, composante de H suivant la direction du rayon lumineux.
- ble se comportant comme deux générateurs du type de la figure 1 mis en tension (les balais bj, bi devenant inutiles).
- Or, dans la machine Poirson, on a effectué à la fois les deux changements précédents.
- Dans la figure 7 c, qui la représente s c hém a t i q uem eut, vue en coupe, on peut se représenter deux génératrices de la figure 7 a associées de façon à ne faire qu’un bloc unique ou un rotor dont toute la partie centrale périphérique est partout aimantée de la même façon, pôles Nord par exemple, tourne en face des pôles Sud opposés portés par la partie creuse cylindrique de la culasse immobile, ou stator, qui l’entoure. Le coui'ant est recueilli par toute une série de balais. Dans le modèle réduit, réalisé d’abord à l’Office National des Inventions, les balais 50, t>,' frottaient sur la surface du rotor cylindrique ; dans le grand modèle de 600 kw exposé au Palais de la Découverte, le rotor a sa partie centrale élargie et les balais figurés en bs, b2 frottent sur les faces planes normales à l’axe que présente ce rotor.
- On n’a pas figuré les bobines inductrices qui servent à aimanter l’ensemble, ni les ouvertures dans la culasse par où sortent de l’appareil les grosses barres conduisant les courants produits.
- Passons en revue les expériences auxquelles sont employés ces courants très intenses.
- EXPÉRIENCES AVEC DES COURANTS TRÈS INTENSES
- Champ d'un courant rectiligne. — Le courant de la dynamo passe dans un conducteur rectiligne formé d’une tige cylindrique de cuivre rouge de 6 cm de diamètre qui, sur une partie de sa longueur — 26 cm de long — n’a qu’un diamètre de 2 cm 5. Un trou axial de 1 cm de diamètre pratiqué sur la longueur totale du conducteur est parcouru par un courant violent d’eau. Dans ces conditions, le conducteur peut supporter 5o.ooo Ampères sans échauffement excessif.
- Le champ obtenu au voisinage est des milliers de fois supérieur à celui réalisé dans l’expérience d’OEr-sted. Il atteint, par exemple, ' 4.000 Gauss au voisinage de la partie la plus étroite du fil pour un courant de l’ordre de 25.000 A. Bien qu’il décroisse rapidement (en raison inverse de la distance à l’axe du fil), il est encore, dans les mêmes conditions de courant, de 100 Gauss à 4o cm de distance, de sorte qu’il ne faut pas en approcher des objets en fer qui seraient violemment attirés. Les visiteurs sont priés, au mo-
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- nient des expériences, de ne pas approcher trop près leurs montres bien que des précautions soient prises pour remédier à leur aimantation le cas échéant.
- Avec cet appareil, on peut réaliser des expériences que l’on ne fait d’habitude qu’avec des électro-aimants. En particulier, à cause de la valeur élevée du gradient du champ, on peut constater qu’un morceau de bismuth diamagnétique est repoussé par le conducteur tandis qu’un cristal de sel paramagnétique est attiré.
- Sur une plate-forme circulaire (fig. 8) entourant le conducteur, on dispose un bloc transparent de llint G ou une cuve remplie d’un liquide (solution d’iodure de zinc). Un faisceau de lumière polarisée traverse ce milieu transparent. En chaque point une des composantes du champ (dont les lignes de forces sont des cercles centrés sur le fil F) vient faire tourner les vibrations lumineuses en vertu de cette polarisation rotatoire magnétique que Faraday a découverte. Le phénomène est mis ici en évidence de la façon suivante :
- On a collé sur les deux faces de la cuve ou du bloc de verre des morceaux de ces minces pellicules qui constituent des polariseurs artificiels et que l’on trouve maintenant dans le commerce, l’un P sert de polari-seur, l’autre A d’analyseur. En outre, on a interposé dans le liquide un biquartz B à teinte sensible, comme on en employait dans les polarimètres à lumière blanche. En mettant au point sur B, on observe alors deux plages séparées par une ligne droite horizontale, l’une dans le haut, l’autre dans le bas, qui sont colorées de la même façon.
- Lorsque le plan de polarisation vient à tourner — ce que produit le passage dans le conducteur d’un courant de sens déterminé — la plage supérieure vire vers le rouge, tandis que c’est vers le bleu que vire la plage inférieure. Le champ, en un point quelconque M du milieu, a la direction MH, puisque les lignes de force sont des cercles centrés sur F. Or, de ce champ, la composante M h dirigée suivant le rayon lumineux est la seule efficace et le plan de polarisation tourne. Si alors l’observateur change de place et va là où se trouvait la lampe S, celle-ci étant mise à la place qu’il occupait lui-même, c’est l’inverse qui apparaît : c’est
- Fig. 9. — Balance électromagnétique pour la mesure des courants.
- la plage du haut qui paraît bleue.
- Gela montre la différence profonde qui sépare au point de vue de la symétrie la polarisation rotatoire magnétique et la polarisation rotatoire naturelle des milieux transparents comme l’essence de térébenthine ou l'eau sucrée (voir p. 46).
- Expériences avec des bobines. — Les trois expériences suivantes sont faites avec 3 bobines de 6 spires seulement chacune mais qui ont été construites de façon à supporter 20.000 Ampères. Chaque spire est un disque de cuivre rouge percé au centre d’un trou de 3 cm de diamètre et fendu suivant un rayon. Ces disques sont séparés les uns des autres sur toute leur surface, sauf suivant un secteur étroit, par une mince feuille d’isolant. On les empile en les décalant l’un par rapport à l’autre convenablement de façon à constituer la bobine.
- L’ensemble forme un bloc rigide serré entre deux épaisses plaques de cuivre rouge qui servent d’électrodes pour l’amenée et la sortie du courant. Toutes ces pièces de cuivre sont refroidies par des courants d’eau.
- La première de ces bobines est foi'mée en réalité de deux parties séparées par un petit intervalle à la partie centrale. Elle sert à mesurer le courant à l’aide d’une balance électromagnétique (fig. 9) qui permet de mesurer le champ produit au centre de la bobine. Celte balance est un instrument de démonstration robuste, de grandes dimensions, qui a été établi de façon que le courant auxiliaire circulant dans la partie ^mobile et qu’on mesure avec un ampèremètre thermique étalonné, puisse atteindre 5o Ampères. L’élément de courant que subit l’action que l’on mesure a 3 cm de longueur. Dans ces conditions, la force à mesurer est de l’ordre de 4o gr, de sorte qu’une balance robuste suffit à faire des mesures précises.
- La deuxième bobine sert à mesurer le courant qui circule dans ses spires par un autre procédé, par un procédé optique (fig. 10). On mesure la rotation magnétique du plan de polarisation d’un faisceau lumineux traversant une cuve remplie de liquide placée dans le creux de la bobine. La différence avec l’expérience indiquée précédemment est que, en tous les points du faisceau, la rotation magnétique est sensiblement la même, tandis que dans l’expérience faite avec un conducteur rectiligne, si l’épaisseur du milieu transparent interposé n’est pas très grande, les rotations sont plus grandes au voisinage du fil. On peut alors faire très facilement des mesures précises du courant en valeur relative, surtout si l’on se sert d’une source de lumière monochromatique convenable, car
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- Fig. 10. — Mesure du courant par la mesure de la rotation magnétique du plan de polarisation d’un rayon lumineux.
- 11, rayon lumineux polarisé ; B, spires parcourues par le courant à mesurer ; C, cuve remplie de liquide ; A, analyseur.
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- les mesures optiques des rotations se font alors, comme on sait, avec une grande précision (*).
- La troisième bobine sert à une expérience sur le phénomène découvert par Zeeman : lorsque l’on place dans un champ magnétique une source lumineuse émettant un spectre de raies, les raies d’émission sont modifiées, chacune d’elles est remplacée par plusieurs autres qui n’ont pas la même période vibratoire.
- On peut mettre l’existence du phénomène en évidence sans employer de speclroscope. Une flamme B (bec Bunsen minuscule) est colorée par une petite perle de verre qui la colore en jaune pâle. Sur le fond lumineux formé par une lentille éclairée par cette flamme, on place une autre flamme A colorée aussi par du sodium (ici une flamme à alcool). On voit alors, en plaçant l’œil derrière l’œilleton, les bords de la flamme A apparaître en noir sur le fond lumineux faiblement éclairé par l’autre flamme (fig. n). En effet, les parties extérieures plus froides de la flamme A renferment encore du sodium bien qu’elles n'émettent presque pas de lumière et elles absorbent la lumière venant de B.
- Quand on lance le courant dans la bobine, la lumière émise par la flamme B change de période. Elle n’est plus absorbée, les bords noirs disparaissent.
- III. - EXPÉRIENCE SUR LA BIRÉFRINGENCE MAGNÉTIQUE DES LIQUIDES PURS
- Un liquide transparent placé dans un champ magnétique est traversé par un faisceau de lumière polarisée rectilignement dont les vibrations font un angle de 45° avec les lignes de forces.
- Le milieu prend les propriétés d’un cristal biréfringent et les vibrations qui étaient rectilignes deviennent elliptiques.
- On explique ce phénomène en admettant que les molécules mêmes du liquide n’ont pas les mêmes pro-
- I. On peut même faire la mesure optique d’un courant intense sans bobine spéciale en plaçant un long tube plein de liquide au-dessus et à angle droit de barres rectilignes où circule le courant.
- Fig. 11. — Expérience
- mettant en évidence le phénomène de Zeeman.
- On observe deux flammes contenant du sodium placées l’une derrière l’autre. Les parties extérieures froides de la flamme la plus rapprochée de l’observateur n’émettent pas de lumière et absorbent celle qui vient de l’autre flamme ; celle-ci paraît bordée de noir. Si on soumet cette flamme à l’action d’un champ magnétique, les bords noirs disparaissent.
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- priélés dans toutes les directions, qu’elles sont anisotropes et quelles tendent à s’orienter (comme le font les cristaux) dans un champ magnétique parce qu’elles ne sont pas dans toutes les directions également magnétiques.
- Pour montrer l’existence de ce phénomène, on a employé un électro-aimant, d’une construction spéciale où on ne voit aucune bobine, car le cuivre est complètement entouré par du fer (fig. 12). Le conducteur comprend simplement deux grosses barres de cuivre placées verticalement l’une près de l’autre. Dans l’une de ces barres, le courant est ascendant. 11 est descendant dans l’autre. La coupe horizontale de la figure 12 indique la forme de leur section.
- Ici encore, ces conducteurs sont refroidis par un courant d’eau. Ils sont entourés par des pièces de fer qui forment autour de chacun d’eux un circuit magnétique presque complètement fermé, interrompu seulement par un entrefer étroit formant une sorte de long-tube vertical de section rectangulaire. Entre deux faces opposées de cet entrefer, on réalise un champ intense. Le tube rempli de liquide qui sert à l’expérience est disposé verticalement dans l’entrefer. Un courant d’eau maintient à température constante le liquide qui est ici de la naphtaline monobromée.
- Le faisceau lumineux horizontal provenant de la lanterne qui est située en bas à droite (fig. i4) est rendu vertical par un prisme à réflexion totale. De même,
- Fig. 12. — Electro-aimant pour expériences de biréfringence magnétique (coupe en élévation et section horizontale) .
- C, barres de cuivre servant de conducteurs ; E, circulation d’eau réfrigérante ; F, pièces en fer massif formant autour des barres G un circuit magnétique presque entièrement fermé.
- Fig. 13. — Schéma de l’expérience de biréfringence magnétique.
- N, S, pôles de l’électro-ai-mant ; T, tube de naphtaline monobromée placé dans l’entrefer ; lt, rayon lumineux dont les vibrations à l’entrée dans l’appareil sont rectilignes (V) et à la sortie, elliptiques (E) ; A, P, analyseur et polariseur ;
- L, viseur.
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- Fig. 14. — L’appareil pour l’expérience de biréfringence magnétique.
- E, électro-aimant ; R, rayon lumineux dirigé dans l’électro par le prisme P ; A, prisme renvoyant sur le viseur A le rayon sortant de l’électro.
- dans le capuchon qui surmonte l'appareil se trouve un autre prisme à réflexion totale qui renvoie les rayons dans un viseur horizontal.
- Lorsque le courant est lancé dans la bobine, on voit dans le champ du viseur deux plages 1 uni ineuses primitivement d’égale intensité prendre des éclats nettement différents. On a, en effet, placé au-dessus du tube et en dessous du polariseur, des lames cristallines convenables qui traduisent par celle différence d’intensité la déformation qu’éprouvent les vibrations lumineuses en traversant le liquide aimanté perpendiculairement aux lignes de force (lig. i3 et i4).
- IV. — EXPÉRIENCE SUR LA CHUTE DES CORPS DANS LE CHAMP MAGNÉTIQUE
- On fait avec de gros électro-aimants une expérience très frappante qui consiste à laisser tomber entre deux grandes pièces polaires des cadres conducteurs formés d’aluminium ou de cuivre. Quoique le métal employé ne renferme pas du tout de fer, on voit ces cadres tomber très lentement comme s’ils se mouvaient dans un milieu extrêmement visqueux. Cette viscosité apparente s’explique par la production de courants de Foucault dans la masse même du métal très bon conducteur.
- On fait ici l’expérience avec un électro-aimant où les noyaux ont, ici encore, au voisinage des pôles, la forme de deux dièdres droits terminés par de longues facettes verticales en regard. Les bobines magnétisantes sont disposées, cette fois-ci, à la façon habituelle autour du fer ; mais chaque noyau n’est entouré que d’une spire unique formée par un bloc de cuivre (fig. i5).
- Cet électro-aimant n’a pas de culasse : celle-ci aurait gêné pour l’observation de ce qui se passe dans l’entrefer étroit. La suppression de la culasse diminue d’ailleurs beaucoup moins le champ qu’on ne le croit généralement, mais elle a ici comme conséquence que les lignes de forces vont presque toutes se fermer dans l’air environnant et que des pièces de fer tout à l’entour sont attirées d’une façon particulièrement énergique.
- V. — EXPÉRIENCES SUR LA DÉVIATION MAGNÉTIQUE DES PARTICULES CHARGÉES
- Les dernières expériences disposées dans cette salle sont consacrées à l’élude de la déviation magnétique des projectiles électrisés, dans le tais de rayons très durs et difficilement, déviables, fies expériences ont été préparées par M. Leprince-Kinguet.
- On a placé une grande chambre de Wilson (75 cm de hauteur, 30 cm de largeur, 4 cm de profondeur) dans une bobine de grandes dimensions enroulée avec du tube de cuivre de section carrée partagé en des sections de longueur unitaire de 7 ni. Celte bobine est donc disposée connue celle qui sert à Bellevue aux expériences de i\l. Joliol. File a été construite également au Laboratoire du Grand Électro-Aimant et
- iM. Tsaï s’en est particulièrement occupé. Il a fait toutes les éludes et les dessins et a dirigé la construction que M. Collé a faite avec grand soin.
- (Cette bobine plate formée de huit galettes superposées a été étudiée de façon à ce quelle puisse servir de deux façons : à Bellevue, elle pourra être introduite entre les grandes pièces polaires de leleclro-aimanl de l’Académie des Sciences. Les galettes seront alors disposées en série, la bobine fonctionnera alors avec un courant de 10.000 A et le champ propre de la bobine — 11.000 Gauss — viendra renforcer le champ produit par l’élec-
- Fig. 15. — Electro-aimant, pour expériences sur la chute des corps.
- I', cadres en aluminium formant pièces polaires ; B, blocs de cuivre formant spire conductrice unique autour des noyaux en acier de l’électro-ai-mant. On observe la chute des corps dans l’étroit entrefer visible sur la figure.
- tro-aimant 1 u i -même. “ C ’est po ur que l’instrument puisse fonctionner dans ces conditions que la bobine a été entourée d’une carcasse imposante en duralumin visible sur la figure 16. Les actions électromagnétiques qui s’exerceront alors sur les spires de la bobine et qui tendent à la dilater, sont en effet considérables et il est tout à fait nécessaire de placer autour des spires un cadre aussi épais. Au Palais de la Découverte, on a disposé les galettes en parallèle, la dynamo de Poir-son l’a 1 i m e n t e
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- avec 20.000 A sous io v, le champ propre de la bobine est alors 3.ooo Gauss. A côte de la bobine se trouve un disjoncteur qui peianet de lancer à volonté le courant de la dynamo dans cette grande bobine ou dans les autres appareils indiqués plus haut. Le sectionneur est simplement formé de deux grosses tiges prismatiques de cuivre que l’on peut serrer avec des vis contre les barres. Là encore le refroidissement par l’eau sous pression a permis de réduire les masses de cuivre employées. Bien entendu, la manœuvre de l’appareil ne se fait que lorsque le courant est coupé.
- Les expériences que M. Leprince-Ringuet a préparées au Laboratoire de M. Maurice de Broglie et que l’on peut voir au Palais de la Découverte se rapportent soit aux rayons cosmiques, soit aux protons produits artificiellement par bombardement de particules et de substances radio-actives. Ces expériences se distinguent de celles que l’on voit dans une autre Section en ce que l’emploi d’un champ magnétique permet de mesurer l’énergie apportée par ces rayons et de déterminer le signe des charges.
- De telles expériences, on le voit, nécessitent des moyens déjà très puissants. Les services que peuvent rendre des instruments à l’échelle industrielle ressortent d’ailleurs de travaux qui ont été faits depuis 9 ans à Bel-levue avec le Grand Eleetro-Aimant de l’Académie des Sciences. Dans une salle annexe, au fond de la salle Ampère-Faraday, on a exposé une photographie grandeur naturelle de cet instrument. Il pèse une centaine de tonnes, il fonctionne avec g3 k\v et permet d’utiliser des champs ayant jusqu'à 75 cm de diamètre. A côté, une maquette représente l’instrument mis en place, avec le puits placé en dessous. O11 a installé dans ce puits un spectrographe de xo ni de haut pourvu en particulier d’un prisme liquide de grandes" dimensions, construit par M. Couder, qui a servi notamment à des recherches sur le phénomène de Zee-man. D’autres photographies se rapportent à quelques-unes des recherches, très variées, effectuées avec le Grand Ëlèctro-Aimant, par des physiciens français ou étrangers.
- On peut citer comme exemples les recherches sur la biréfringence magnétique des gaz comprimés ou liquéfiés, sur les propriétés magnétiques de la matière, sur l’obtention, par la méthode de désaimantation, de températures très voisines du zéro absolu.
- L’appareil avec lequel M. Rosenblum a découvert la structure fine du l’ayonnement a des éléments radioactifs est également exposé dans cette salle, ainsi qu’une photographie de la bobine sans fer qui sert actuellement à Bellevue aux expéi’iences de M. Joliot sur la radio-activité artificielle.
- En parlant de ces recherches l’an dernier, lors de la commémoration, à Lyon, du centenaire de la mort d’André-Marie Ampère, je soulignais ce fait que les recherches dans le domaine des sciences physiques exigent maintenant des appareils de plus en plus puissants. Il est l’are, en effet, qu’il se ti'ouve des hommes de génie qui établissent des rapports impi'évus entre des phénomènes en apparence distincts et qui savent
- faire des découvertes avec des appareils rudimentaires. Celles qu’ont, faites Ampère et Faraday ont provoqué le développement prodigieux des applications industrielles de l’électromagnétisme. Mais elles ont fourni aussi aux hommes de laboratoire pour leurs recherches de science pure des instruments nouveaux et puissants que l’industrie, par un juste retour, met au service de la Science. Aimé Cotton,
- Membre de l’Institut.
- Fig. 16. — Expériences de M. Leprince-Ringuet sur la déviation des projectiles électrisés animés de liés grandes vitesses (rayons cosmiques par
- exemple).
- Chambre de Wilson de grandes dimensions dans une bobine actionnée par un courant de 20.000 A.
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- W» = LES PHÉNOMÈNES OSCILLANTS
- On a eu l’heureuse idée de consacrer une seclion entière aux phénomènes oscillants en donnant des exemples d’oscillations empruntés à des domaines très différents de la physique.
- Les mouvements oscillants sont très nombreux dans la nature et jouent dans la physique et l’industrie un rôle important. Tous les mouvements périodiques, y compris les mouvements de rotation, peuvent se ramener à des mouvements oscillants. Les propagations ondulatoires, aussi bien celles qui se transmettent par des milieux matériels (comme les ondes élastiques dans les solides, les liquides ou les gaz) que celles que l’on rencontre en optique ou en électricité, les ondes lumineuses, les ondes hertziennes, ne sont autre chose que des px-opagations de mouvements oscillants. La plu-
- part des phénomènes oscillants peuvent se représenter d’une façon simple par un mouvement harmonique, autrement dit sinusoïdal ou une somme de mouvements sinusoïdaux. Les sons simples sont des oscillations purement sinusoïdales ; il en est de même des rayons lumineux monochromatiques. Les phénomènes oscillants obéissent tous à des lois qui s’expriment scientifiquement par des équations analogues, révélant des analogies profondes.
- Les caractéristiques essentielles d’un mouvement oscillant simple sont sa fréquence ou nombre de vibrations par seconde (hauteur dans le cas d’un son) et son amplitude maxima. La longueur d’onde est la distance qui sépare, dans un milieu donné où le mouvement se propage, deux points qui se trouvent à la même phase d’oscillation. La longueur d’onde est inversement proportionnelle à la fréquence et directement proportionnelle à la vitesse de propagation de l’oscillation.
- ACOUSTIQUE
- On retrouve dans la salle des phénomènes oscillants un certain nombre d’expériences classiques en acoustique : la sirène de Cagnard qui permet de mesurer la hauteur d’un son, les tuyaux sonores à l’intérieur desquels la vibration de l’embouchure donne naissance à une onde acoustique qui se réfléchit sur le fond du tuyau ; l’onde primitive et l’onde réfléchie interfèrent en créant des nœuds (endroits où les vibrations se détruisent et où l’air est immobile) et des ventres (endroits où les condensations et dilatations de l’air ont leur amplitude maxima).
- Les capsules à flamme manométrique de Kônig permettent d’explorer lame du tuyau et de révéler les nœuds et les ventres.
- On voit sur l’une des tables un are chantant de Poulsen. Cet arc engendré par une source de courant électrique est électriquement modulé par un circuit oscillant de fréquence bien déterminée. La gaine gazeuse incandescente qui entoure l’arc se contracte et se dilate à la même fréquence. L’arc fait entendre un son dont la hauteur dépend des caractéristiques du circuit oscillant (fîg. 2).
- Plus loin, on met en évidence les ondes sonores stationnaires. Un sifflet de Gallon, source sonore à fréquence réglable, est placé au foyer d’un miroir parabolique ; les ondes sonores réfléchies par ce miroir sont reçues sur un second miroir parabolique placé en face du premier et sur le même axe. Celui-ci les réfléchit à son tour vers son foyer où est placé un tube détecteur d’ondes stationnaires : c’est un tube horizontal en verre, ouvert à une extrémité et contenant un filament axial porté à l’incandescence. Un système d’ondes stationnaires dû à l’interférence des ondes directes et des ondes réfléchies s’établit à l’intérieur du tube. A l’endroit des nœuds, Pair reste immobile et le filament, garde son éclat ; à l’endroit des ventres, l’air, violemment agité, refroidit le filament qui s’assombrit et présente ainsi des alternances de régions sombres et brillantes (fîg. 3).
- Mentionnons rapidement un certain nombre de dispositifs classiques : le sonomètre pour mettre en évidence les lois des vibrations des cordes (vibrations transversales), les figures de Chladni, dessinées par une fine poussière sur une [flaque en vibration ; la pous-
- Fig. 1. — Salle consacrée aux phénomènes oscillants.
- On aperçoit la très longue cuve remplie d’eau qui sert aux expériences sur l’écho avec les ultra-sons. Au premier plan, appareils pour l’enregistrement des profondeurs marines par la méthode des ultra-sons.
- Fig. 2. — Schéma de l’arc chantant de Poulsen.
- C, capacité ; L, self ; U, self d’arrêt ; R, résistance variable ; A, arc.
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- Fig. 3. — Ondes sonores stationnaires.
- S, silllet <1e Gatton, source sonore ; M, miroirs paraboliques ]>our la réflexion des sons ; 1), détecteur à filament incandescent.
- sière s’éloigne des lignes nodales et se rassemble sur les lignes venti’ales.
- Plus loin, les vibrations d’une série de verges verticales (lîg. 4) à section rectangulaire sont étudiées avec le caléidophone ; l’extrémité de la verge décrit des ligures assez compliquées dites figures de Lissajous (fig. 5) qui, dans certains cas, se réduisent à des droites, à des cercles ou à des ellipses. On montre que ces figures sont celles que l’on obtient par la composition
- Fig. 4. — Vibrations des verges.
- Quand la verge vibre suivant la ligure a, elle émet le son fondamental ; en b, elle émet un p r e m i e r harmonique ; en c, un second harmonique.
- Fig. 5. — Figures de Lissajous.
- I. Figures provenant de la composition de deux vibrations de même période ; II. Figures provenant de la composition de deux vibrations dont l’une a une période double de l’autre.
- de mouvements vibratoires rectangulaires dont les amplitudes et les différences de phases vont en diminuant progressivement. L’expérience se fait par exemple avec un oscillographe catholique dont le pinceau cathodique est soumis à deux forces déviatrices à angle droit, périodiquement variables. On peut ainsi faire tracer au point d’impact des courbes de Lissajous.
- Mesure du temps de réverbération d’une salle.
- — Pour établir rationnellement une salle d’acoustique satisfaisante, il faut connaître son temps de réverbération. Si on crée, à l’aide d’une source sonore, un champ acoustique permanent dans la salle et qu’on supprime brusquement l’émission sonore, le son ne disparaît pas instantanément ; les échos successifs sur les parois l’entretiennent un certain temps ; il s’éteint progressivement. C’est le phénomène de réverbéra -
- Fig. G. — Appareil pour la mesure des temps de réverbération.
- A gauche : le condensateur tournant et son moteur d’entraînement.
- lion. Par définition, le temps de réverbération est le temps au bout duquel l’énergie sonore tombe au millionième de sa valeur initiale.
- Au stand 5, on assiste à une mesure de temps de réverbération. L’appareil installé par M. Kagan (fig. 6) transforme l’énergie sonore en énergie électrique et l’applique à un galvanomètre balistique dont la déviation est proportionnelle à la durée de décroissance de l’énergie sonore.
- La source sonore employée émet des sons « hullulés » obtenus au moyen d’un oscillateur électrique hétérodyne modulé à fréquence périodiquement variable au moyen d’un condensateur tournant. On produit ainsi un son de fréquence irrégulière ce qui évite la formation d’un régime pemianent d’ondes stationnaires dans la salle.
- Le temps de réverbération de la salle des oscillations est de 3 secondes quand il y a peu de visiteurs. Il diminue rapidement quand le nombre des personnes présentes augmente (absorption plus grande).
- Expériences du Pr Hartmann. Jets suprasoni= ques. Jets ondulés. Jets à plateaux. — Les jets d’air à vitesse supérieure à celle du son présentent, une curieuse structure périodique (fig. 7 et 8). Lorsqu’ils rencontrent un obstacle présentant des cavités (réso-
- Fig. 7 et 8. — à gauche : Structure périodique d’un jet d'air à vitesse suprasoniqur.
- à droite : Jet d’air à vitesse suprasonique frappant une paroi plane (Expériences de J. Hartmann).
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- n a t e u r s, ils peuvent donner lieu à des oscillations harmoniques. Cette propriété a servi au P1' Hartmann, de Copenhague, pour établir une génératrice acoustique produisant des ondes sonores dont les fréquences vont de 5.ooo à ioo.ooo périodes par seconde, avec une intensité qui ne peut être atteinte par aucun autre procédé. Les ondes de cette génératrice peuvent servir à précipiter les poussières.
- Les jets ondulés se rapportent plus à lelecrolechni-que qu’à l’acoustique. Un jet de mercure parcouru par un courant alternatif et soumis à un champ magnétique perpendiculaire à la direction du jet prend la forme représentée sur la figure 9 et se déplace dans un plan. M. Hartmann a utilisé ces jets ondulés dans des redresseurs de courant alternatif (Voir La Nature, n° 2917, i5 novembre 1933). En faisant osciller le système producteur du jet suivant l’axe du jet, il se produit, dans certaines conditions, un jet à plateaux (fig. 10) dans lequel apparaissent des déformations en forme de disques.
- Fig. 9.
- Jets de mercure ondulés (dispositif de
- Hartmann).
- Le jet de mercure traversé par un courant alternatif est soumis à l’action d’un champ magnétique constant.
- Les ultra=sons. — L’oreille humaine ne perçoit, parmi les vibrations acoustiques, que celles dont les fréquences sont, comprises entre 20 et 40.000 périodes par seconde. Il y a peu de personnes, du reste, qui puissent percevoir les sons qui se trouvent aux limites extrêmes de ce domaine.
- Les vibrations inaudibles de haute fréquence sont les
- Fig. 10. — Les jets à plateaux du PT Hartmann.
- ultrasons. Elles ont reçu d’importantes applications pratiques, du fait qu’elles permettent de créer dans l’eau des faisceau x sonores étroits, de véritables pinceaux sonores. Chi-lowski et Langevin les ont utilisés pour1 détecter les obstacles par écho : repérage des sous-marins, sondages acoustiques des fonds.
- Comme générateur d’ultra-sons, ils ont utilisé l’effet piézoélectrique découvert par les frères Curie, particulièrement marqué dans le
- quartz. Sous l’effet de variations de tension électriques appliquées sur ses faces, le quartz piézoélectrique entre en vibration synchrone et réciproquement quand il est soumis à des vibrations élastiques, il apparaît entre ses faces des tensions électriques variables de même fréquence.
- A la table 8 est montée une expérience due à MM. Lucas et Biquard qui met en évidence l'influence des vibrations élastiques d’un milieu sur ses propriétés optiques. Les ultra-sons se propageant dans un liquide y produisent des dilatations et compressions qui se succèdent périodiquement. A chaque instant, le liquide se comporte comme un milieu stratifié formé de couches successives de densités et par suite d’indices de réfraction différents ; vis-à-vis d’un rayon lumineux, il joue le rôle d’un réseau ligné, à trame très serrée, qui se déplacerait dans son plan. Il donne donc naissance à des phénomènes de diffraction qui se tradui-
- Fig. 11. — Etude de la pression de radiation des ultra-sons. T, transformateur d’alimentation haute tension ; L, lampes à cornes génératrices de courants à haute fréquence ; K, redres-seur-kenotron ; l’ensemble TLK fournit le courant à haute fréquence qui alimente le quartz piézoélectrique générateur d’ultra-sons ; Q, boîtier contenant le quartz piézoélectrique source d’ultra-sons ; M, miroir dirigeant les ultra-sons sur le pendule de torsion i\ qui mesure la pression de radiation.
- sent par l’apparition sur un écran de franges de diffraction régulièrement disposées.
- Plus loin (table 9), on assiste une expérience qui met en évidence la pression de radiation des ultra-sons sur un obstacle matériel (fig. n). Le faisceau ultra-sonore tombe sur un petit miroir suspendu à un fil de torsion et le fait tourner d’un angle qui mesure la pression exercée.
- OSCILLATIONS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES
- Le physicien allemand Hertz a eu la gloire de donner la première démonstration expérimentale confirmant la théorie électro-magnétique de la lumière de Maxwell. Il sut créer ces ondes électromagnétiques qui paraissaient une utopie de mathématicien ; il répéta sur elles les expériences fondamentales de l’optique et montra qu’elles se comportaient exactement comme les ondes lumineuses.
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- Fig. 12. — Excitateur de Hertz, pour produire des ondes électromagnétiques. Il est formé de deux boules AB reliées aux bornes d’une bobine d’induction qui développe entre elles une tension alternative. Chaque étincelle donne naissance à des ondes électromagnétiques détectées par des résonateurs analogues à l’excitateur ou par le cohéreur à limaille de Branly.
- On a reproduit (table 25) les principales expériences de Hertz (fig. 12 et i3) : réfraction par des prismes 'en paraffine, interférences par lames minces (la minceur s’évaluant par comparaison avec la longueur d’onde, les lames sont ici des plaques de paraffine de plusieurs centimètres d’épaisseur), polarisation par un réseau de fils parallèles qui absorbe les vibrations parallèles aux fils et laisse passer les vibrations perpendiculaires.
- A la table voisine figure un magnétron, générateur d’ondes hertziennes ultra-courtes (o m 80 de longueur d’onde). C’est une ampoule vidée avec un filament axial incandescent, servant de cathode et de générateur d’élections ; il est entouré de deux anodes semi-cylindriques Aj, A2 (fig. 1/4) séparées par des fentes. Un champ magnétique extérieur imprime aux électrons une déviation qui courbe leurs trajectoires ; à la tension d’anode on superpose une tension alternative convenable et les électrons dansent
- d’une anode à l’autre, à très grande vitesse, donnant ainsi naissance à des ondes hertziennes de haute fré-
- quence et de puissance relativement grande.
- EXPÉRIENCES SUR LE QUARTZ PIÉZOÉLECTRIQUE
- Au stand i4 nous trouvons les remarquables expériences de M. Armand de Grammont sur le quartz piézo-électrique.
- Une lame de quartz a généralement trois fréquences propres de vibration élastique, une pour la largeur, une pour la longueur, une pour l’épaisseur. La fréquence propre suivant une dimension est, en première
- TrrjUTrrmB
- Fig. 14. — Coupe schématique d’un magnétron.
- Fig. 15. —Bilarhe de quartz piézo-électrique.
- approximation, inversement proportionnelle à la valeur de celle-ci. Ainsi une lame de 1 cm dfépaisseur a, suivant cette direction, une fréquence propre de 275.000 périodes par seconde. Une lame de quelques millimètres carrés de surface et de quelques centièmes de millimètre d'épaisseur a une fréquence' propre de l’ordre de 5o millions par seconde. Pour mettre la lame en vibration mécanique, on l’utilise comme diélectri-, que d’un condensateur dont les armatures sont soumises à une tension électrique oscillante en résonance avec la fréquence propre du quartz. ^
- On voit que pour -
- faire produire au quartz de cette façon des sons audibles de 5o à 10.000 périodes, il faudrait de véritables blocs de cette substance et des puissances considérables pour les exciter.
- i\l. de Grammont a résolu de façon très ingénieuse le problème de faire chanter un quartz piézo-électrique.
- Deux minces lames de quartz, de même épaisseur, sont accolées l’une à l’autre de façon que leurs axes piézoélectriques soient en sens inverse ; elles ont de§ longueurs légèrement différentes. Leurs fréquences propres dans ces conditions sont très voisines, mais cependant légèrement différentes. Les vibrations élas-
- Fig. 16. — Bilame de quartz en vibration (A. de Grammont).
- Fig. 13. — Reproduction avec les ondes hertziennes des principales expériences de l’optique.
- G, générateur d’ondes très courtes ; A, antenne ; M, miroir parabolique réfléchissant les ondes ; P, prisme en paraffine ; R, réseau de fils parallèles pour la polarisation des ondes hertziennes.
- Fig. 17. — Piano à bilames de quartz.
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- tiques engendrées dans les deux quartz donnent naissance à des battements, ou renforcements périodiques se reproduisant à une fréquence qui est la différence entre les fréquences des deux vibrations qui se composent (fig. 16). La bilame émet alors un son audilde.
- Dans le curieux piano de la ligure 17, chaque note est donnée par une bilame de quartz vibrant en flexion sous l'influence d’un champ électrique alternatif. Les bilames jouent le rôle des cordes et les contacts électriques assurés par des touches celui des marteaux, (le piano comporte trois octaves aiguës depuis utu jusqu’à ut,,.
- A côté du piano figure un projecteur d’ondes acoustiques à très haute fréquence, réalisé avec 18 bila-mes, disposées sur un arc de cercle de 1 m de rayon ; toutes identiques et réglées sur 10.000 périodes par seconde. Les ondes sonores émises par chaque bilame convergent toutes au centre du système et l’intensité du son décroît vile quand l’oreille s’éloigne de ce point.
- A gauche du piano, on voit les quartz lumineux de Giebe et Scheibe. Ce sont des cristaux que l’on fait osciller dans une atmosphère raréfiée de néon. Lorsque le quartz est à sa fréquence exacte de résonance, il apparaît sur les deux faces du cristal une tension suffisante pour provoquer l’illumination du mélange gazeux. Le phénomène est très sensible aux moindres
- variations de la fréquence excitatrice ; il suffit de s’écarter de un dix-millième de la fréquence de résonance pour faire disparaître les phénomènes lumineux.
- AUTRES EXPÉRIENCES
- Limités par la place, nous ne pouvons que mentionner, sans nous y arrêter, les expériences sur le four électrique d'induction à haute fréquence de M. Ribaud, très employé aujourd’hui pour les traitements thermiques des métaux à températurcs précises.
- Signalons de même toute une série d’expériences inslrue-uves sur les lampes de T. S. F. (propriétés amplificatrice*, entretien d’oscillations de liasse fréquence, entretien électrique d’oscillations mécaniques, principes de la modulation et. de la détection, oscillations de relaxation, principe de la superhétérodyne, etc.).
- On montre également comment sont enregistrés et reproduits les sons sur film et sur cire et on peut voir, dans ces stands, les premiers phonographes.
- Au stand a7, on procède à des démonstrations sur le passage de la musique et de la parole à travers des filtres, qui arrêtent telle ou telle partie du spectre acoustique. On y montre, en particulier, que l’intelligibilité de la parole dépend beaucoup de la largeur de la bande de fréquence transmise par les filtres. On sait l’importance de ees questions dans tout ce qui louche à la transmission électrique, à l’enregistrement et à la reproduction de la parole et de la musique. L’audiomèlre du Laboratoire Électro-acoustique permet de mesurer directement la largeur de la bande de fréquence audible chez les visiteurs.
- L’analyse des timbres, des notes d’un diapason, des voyelles, des sons d’un instrument de musique, est effectuée à la salle 29 au moyen d’un microphone et d’un amplificateur, suivi d’un oscillographe cathodique.
- Plus loin, l’orgue électrique de M. Fournier permet, en particulier, de procéder à la synthèse des timbres. La soufflerie d’essai de M. Cavaillé-Coll permet aux visiteurs de comprendre le fonctionnement d’un orgue ordinaire.
- Signalons aussi le remarquable pendule de M. Holweck à lame oscillante (fig. 18) pour la mesure de l’intensité du champ île gravitation terrestre (table iG). Cet appareil permet d’effectuer la mesure de g en 3o minutes, avec six chiffres décimaux. 11 est 4oo fois plus sensible que les autres pendules destinés au même usage.
- Bernard Kwal et Marc Lesage.
- Fig. tS. — Le pendule de Holweck.
- METEOROLOGIE
- TOURBILLONS THERMO-
- Dans la section consacrée à la Physique du Globe, on présente une série d’expériences très frappantes sur les tourbillons d’origine thermique (découverts en 1900 par M. Bénard) et d’origine électrique (découverts récetnment par Avsec et Luntz). Ces tourbillons jouent un rôle important dans notre atmosphère et dans celle du Soleil par exemple.
- 7 ELECTRO-CONVECTIFS
- LES TOURBILLONS THERMO-CONVECTIFS
- Lorsqu’une portion d’un fluide est souririse à une température différente de celle de l’ensemble, il se produit des mouvements internes qui tendent à rétablir l’équilibre thermique dans toute la masse. Une circulation s’établit à l’intérieur du fluide entre les
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- Fig. I — Dispositif' pour la production des tourbillons cellulaires thermo-connectifs de Bénard dans les liquides.
- pallies chaudes et les parties froides et s’organise, (tomme l’a découvert Bénard, sous forme de tourbillons. Oii les rend visibles dans le cas des liquides en incorporant au fluide une poudre line d’aluminium ; dans le cas d’un gaz, on emploie la fumée de tabac.
- L’expérience de Bénard est présentée de la manière suivante : une cuve métallique remplie d’huile chargée de la poudre d’aluminium est chauffée par en dessous par la vapeur d’eau (fig. i). La surface du fond de la cuve et la surface filme du liquide se trouvent ainsi à des températures différentes. L’huile chaude monte, l’huile froide descend. On voit apparat Ife à la surface de l’huile un réseau de polygones réguliers (fig. a), qui révèle l’existence, au sein du
- Fig. 2. — Tourbillons cellulaires de Bénard. Aspect de la surface de la couche liquide.
- Fig. .‘h — Schéma, d’une cellule hexagonale.
- Ce schéma, s’applique à la luis aux tourbillons <; e 1 1 u 1 a i v e s d’origine thermique et d’origine électrique. Les flèches indiquent le. sens (lu mouvement tourbillonnaire.
- Fig. 4. — Tourbillons connectifs dans une. couche d’huile verticale.
- liquide, d’une juxtaposition de véritables cellules dont une est représenlée sur la figure 3. Chacune de ces cellules élémentaires est le siège d’une circulation propre ; le liquide chaud monte dans la région centrale, au voisinage de l’axe, atteint; la surface où il se refroidit et redescend ensuite latéralement. Celte expérience célèbre montre d’une manière saisissante que la convection de la chaleur au sein d’un fluide se fait par l’intermédiaire de mouvemenls organisés dont les cellules polygonales sont les éléments constitutifs. Ces tourbillons portent le nom de tourbillons cellulaires. Ils forment un cas particulier du phénomène général des tourbillons thermoconvectifs. Pour mettre en évidence l’aspect du phénomène dans la masse du liquide, M. Lunlz a employé le dispositif suivant : au lieu de disposer l’huile en couche mince et étendue, il emploie une couche haute et étroite. On peut, dans ces conditions, en utilisant une paroi laté-
- Fig. ’i. — Des tourbillons cellulaires polygonaux se transforment. en tourbillons en bandes lorsqu’on provoque une translation de la couche d’air (photo obtenue avec la fumée de tabac).
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- raie transparente, photographier l’aspect des phénomènes thermoconvectifs dans le plan vertical (fig. 4).
- Si au lieu de laisser le fluide immobile, on l’anime d’un mouvement d’ensemble par rapport aux parois, on passe du qas des tourbillons cellulaires au cas des tourbillons en bandes, signalés déjà par Bénard, puis étudiés par P. Idrac et plus récemment par Avsec au laboratoire de M. Bénard, à l’Institut de Mécanique des fluides. On présente aux visiteurs un modèle simplifié de l’appareil d’Avsec : une couche d’air est entraînée par un aspirateur à travers la chambre d’expérience. Celle-ci est limitée en bas par une plaque d’acier chauffée, en haut par une glace refroidie et latéralement par des parois en matière isolante. Au lieu de tourbillons annulaires fermés, on a ici, par l’effet conjugué de la translation et de la convection, des tourbillons allongés dans la direction du déplacement du fluide, et qui ne se ferment pas sur eux-mêmes. On les appelle « tourbillons en bandes longitudinales ». Ce sont de véritables rouleaux qui tournent tout en progressant (mouvement hélicoïdal d’une vis). Le sens de rotation varie lorsqu’on passe d’un rouleau au rouleau voisin, ce qu’on peut expliquer facilement à l’aide de l’analogie mécanique suivante : si on dispose, côte à côte, une série de cylindres se touchant par leurs génératrices et qu’on imprime à l’un des cylindres un mouvement de rotation autour de son axe, ce mouvement se transmet aux autres cylindres ; deux cylindres contigus tournent en sens inverse l’un de l’autre.
- Les phénomènes thermoconvectifs, dont on présente dans ce stand les différents aspects se retrouvent en météorologie où ils expliquent bien des phénomènes, par exemple les nuages en forme de rouleaux appelés aussi nuages en bandes, dont la largeur peut atteindre des centaines de mètres (au laboratoire, on arrive à des dimensions de l’ordre d’une dizaine de centimètres à
- peine). Signalons, à cette occasion, l’intérêt des nuages en bandes dans le vol à voile. Ces rouleaux nuageux animés d’un mouvement de rotation présentent évidemment une région où l’air monte et une autre où il descend. Un planeur qui se trouve engagé dans une zone de nuages en bandes pourra gagner de la hauteur s’il arrive à se diriger vers la région où le courant d’air est ascendant.
- TOURBILLONS ÉLECTRO-CONVECTIFS
- On peut encore obtenir des tourbillons en provoquant, au sein du fluide, des mouvements convectifs
- par des moyens autres que la chaleur. Avsec et Luntz, au laboratoire de M. Bénard ont découvert récemment des tourbillons dus à des actions électriques.
- Les tourbillons électroconvectifs prennent naissance dans un fluide dont la densité est partout la même, mais dont les couches inférieures et supérieures portent des charges électriques de signes contraires. Sous l’action d’un champ électrique, les couches chargées positivement se dirigent vers l’électrode négative et les couches négatives vers l’électrode positive. Une précaution essentielle est de choisir un fluide très peu conducteur, de façon que les charges électriques élémentaires (les ions) ne puissent s’y déplacer par conduction.
- Dans l’une des expériences présentées, on produit des tourbillons électroconvectifs de forme analogue aux tourbillons cellulaires de Bénard (fig. 6 et 7).
- Une couche d’huile est répandue dans une cuve métallique reliée à l’un des pôles d’un générateur de
- Fig. ï. — Tourbillons cellulaires électro-convectifs dans l’huile (aspect de la surface).
- tension continue (5o.ooo v). Au-dessus de la surface de l’huile, à 3o cm environ, est placée une pointe métallique reliée à l’autre pôle du générateur. Le champ électrique, très élevé au voisinage de la pointe, ionise l’air entre la pointe et la surface de l’huile et tout se passe comme si l’on avait placé une électrode plane en contact avec la surface de l’huile. La couche d’huile forme ainsi le diélectrique d’un condensateur plan emprisonné entre deux armatures portées à un très haut potentiel. Sous l’effet du champ électrique, des charges électriques de signes opposés apparaissent aux deux surfaces limitant la couche d’huile et un mouvement tourbillonnaire des couches chargées prend naissance. A la surface de l’huile on observe une division polygonale qui correspond à la formation de tourbillons cellulaires de même nature que ceux obtenus par voie thermique ; dans une couche d’huile mince et haute placée entre deux électrodes horizontales planes (fig. 8), on observe des tourbillons
- La pointe métallique
- ionise l'air
- PSIe P,
- ,, A. .
- L air ionise est bon côhduct!’ il constitue au contact avec la surface libre de la couche d'huile une électrode
- La cuve métallique constitue la 2,eme électrode plane Ek
- Vii). <>. — Dispositif pour produire des tourbilloris cellulaires j électro-convectifs.
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- électroconvectifs de même aspect que les tourbillons thermiques cités plus haut.
- Ajoutons que dans le cas des phénomènes électro-eonveclifs, en raison des forces électrostatiques considérables qui interviennent, le relief de la surface du fluide est' beaucoup plus accentué que dans le cas des tourbillons thermo-conveclifs que l’on obtient assez facilement même dans les fluides de faible viscosité. D’autre part, dans le cas de la convection électrique, on observe des variétés de tourbillons que l’on n’a pas encore pu observer dans le cas de la thermo-convection.
- Les phénomènes électroconvectifs, découverts il y a quelques mois seulement, jouent certainement un
- Fig. 8. — Tourbillons électro-conveclifs dans une couche d’huile placée entre deux électrodes planes et horizontales.
- Fig. 9. — Appareil pour la production de tourbillons électro-conveclifs dans une couche d’huile.
- grand rôle dans la décharge électrique à travers les gaz et dans le passage de l'électricité à travers les diélectriques fluides (perles dans les condensateurs à huile, dans les câbles à haute tension, etc.).
- Ils interviennent également en météorologie, où ils permettent d’expliquer la naissance de certaines formations nuageuses.
- Bernard Kwal et Marc Lesage.
- = BIBLIOGRAPHIE DU EE
- PALAIS DE LA DÉCOUVERTE
- Comme nous l’avons dit dans l’introduction de ce numéro spécial, le Palais de la Découverte contient de nombreuses sections consacrées aux diverses sciences. On a pu se rendre compte, par l’exposé qui précède, de l’effort déployé dans la section Physique. Il n’a pas été moindre dans la section de Chimie qui fera l’objet d’un article dans notre numéro du 15 septembre prochain.
- La section à’Astronomie est à elle seule une merveille de présentation si claire et si frappante qu’aucun guide n’y est nécessaire même pour le visiteur le moins averti.
- Enfin d’autres sections consacrées aux sciences biologiques sont également du plus haut intérêt.
- Pour en faciliter la visite, un certain nombre de Maîtres de nos Facultés ont rédigé 8 brochures de 100 pages chacune, abondamment illustrées, qui sont h la fois un guide permettant aux visiteurs de mieux comprendre l’idée directrice qui a présidé à l’organisation des sections de l’Exposition et encore une véritable mise au point écrite pour le grand public de diverses branches de la science contemporaine.
- La Médecine. Les aspects de la science médicale. 1 vol.
- de 82 p. avec lig. Prix : 6 francs.
- Les différents chapitres correspondent aux cinq sous-sections de l’Exposition de la Médecine.
- A propos des grandes étapes des découvertes médicales, les noms des savan ts, auxquels du début du xix6 siècle jusqu’à Pasteur l’on doit les principales acquisitions cliniques, sont énumérés avec leurs œuvres.
- . De même les réalisations scientifiques et prophylactiques du service de santé militaire y sont décrites. Des pages sont également consacrées dans ce chapitre à l’œuvre de Laennec sur l’auscultation et à la partie de l’œuvre de Lavoisier qui a trait à la thermométrie et à la calorimétrie clinique.
- On y trouvera comment on détermine en clinique la mesure de la quantité de chaleur élaborée par un sujet d’après l’analyse des gaz de sa respiration, ainsi que le nom des
- appareils qui permettent la mesure électrique et même l’enregistrement continu de la température du corps.
- Les quelques pages qui suivent donnent une idée des services que rendent en pratique médicale les applications de la physique : rayons X, ultra-violets, ondes courtes, courants de haute fréquence, substances radioactives, et cette partie se clôt par une brève étude sur les phénomènes d’anaphylaxie et sur le problème de la réanimation.
- Les autres chapitres de cette plaquette traitent des. différentes maladies du corps humain.
- La Biologie. 1 vol. de 118 p. avec fig. Prix : 6 francs.
- L’exposition de Biologie présidée par le professeur Laugier ne vise pas à apporter une présentation détaillée le tous les chapitres de cette science. On s’est limité à choisir dans le champ infini de la Biologie quelques points particulièrement importants.
- Ce volume Biologie explique ce que les visiteurs peuvent voir au « Palais de la Découverte », il est encore pour tous ceux qui ont de la curiosité intellectuelle une excellente mise au point de question suivantes qui paraissent quelquefois complexes.
- La bioénergétique et la nutrition animale, par H. Magne. — La biologie végétale, par R. Combes. — Le cycle du carbone, par L. Plantefol. — La biologie expérimentale, par E. Rabaud. — L’influence du milieu sur la couleur des animaux, par C. Veil. — Les ondes, bioélectriques, par L. Bull. — L’inscription des phénomènes biologiques, par L. Bull. — La psychophysiologie des sensations, par II. Piéron. — La biométrie humaine, par II. Laugier et B,. Bonnardel.
- La Chirurgie. 1 broch. de 68 p. avec fig.
- Le professeur Gosset a pensé que la curiosité des visiteurs de la Section de Chirurgie ne devait pas être dispersée sur un trop grand nombre de sujets, mais qu’il fallait la concen-
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- Irer sur les découvertes essentielles qui conditionnent la chirurgie, c’est-à-dire l’anesthésie et l’asepsie. On y a ajouté la transfusion sanguine qui retient l’attention du grand
- publie. ...
- Le docteur Monod passe rapidement, en revue les principales méthodes d’anesthésies utilisées.
- Il cite les gaz. ou produits employés, leurs avantages, leurs inconvénients et précise certaines techniques.
- L’asepsie chirurgicale est traitée par le docteur Pierre Friv det. Il fait à ce point de vue un historique de la chirurgie avant l’ère pastorienne, résume la théorie microbienne dp Pasteur sur l’infection et étudie ensuite la méthode antiseptique do Lister. Il explique ensuite les raisons pour lesquelles les chirurgiens ont dû abandonner cette méthode et montre, la naissance de l’asepsie avec Terrier, qui au lieu de s’ingénier à tuer les microbes dans les plaies chirurgicales trouve plus simple de ne pas les y introduire.
- Dans un dernier paragraphe, il montre ce que serait un bloc opératoire idéal'. C’est la description do ce que les visiteurs peuvent voir dans la section de Chirurgie.
- M. Tzanck traite de la transfusion sanguine et montre aux lecteurs que, bien que vieille comme la médecine, la transfusion n’a été praticable qu'après deux grandes découvertes qu’il décrit brièvement.
- Biologie animale, i broeh. de 80 p. avec lig. Prix :
- 0 francs.
- M. André Thomas étudie la culture des tissus et l'accroissement des organes in vitro, il explique ce que sont les cellules, il montre par quel procédé on obtient une culture de cellules des tissus.
- Le professeur Fauré-Fremiet, en quelques pages, traite ensuite du développement en partant de l’œuf et du spermatozoïde.
- Ce <iui concerne la méthode de greffe en transplantation animale est écrit par R. Michel May.
- MM. R. Ephrusi et J. Rostand traitent dans un quatrième chapitre ce qui a trait à l’hérédité, restée si longtemps mystérieuse et qui a abouti à la création d’une science nouvelle, la génétique. Cette science se fonde essentiellement sur des résultats qui obéissent à des lois rigoureuses qu’exposent les auteurs dans celte plaquette.
- La. question des jumeaux est traitée par M. J. Rostand, et M. Caridroit fait ensuite un exposé sur la sexualité.
- Au chapitre suivant, Jean Painlevé aborde la question de l’évolution et la plaquette se termine par quelques pages de Jean Rostand sur la parthénogéuèse, il montre ce que l’on a pu obtenir expérimentalement dans ce domaine et termine par une étude de la psoudo-parthénogénèso ou gynogénèse.
- Microbiologie. L’œuvre de Pasteur et ses conséquences.
- I broeh. de 96 p. avec lig. Prix : 6 francs.
- MM. Pasteur Vallery-Radot, Legroux et Schœn résumant les principales étapes de l’œuvre de Pasteur et montrent l’enchaînement qui va des travaux sur la dyssymétrie moléculaire à Ja prophylaxie de la rage.
- Le lecteur verra que c’est par une suite logique de ses études que Pasteur est passé des recherches de cristallographie et de chimie moléculaire à l’étude des ferments. Il verra comment Pasteur, dès ses premiers travaux sur les fermentations, a entrevu le but de ses recherches : les maladies virulentes. Il saisira l’importance philosophique et pratique de cette œuvre prodigieuse.
- Après l’œuvre môme de Pasteur, le public entrera cil contact avec, le labeur des Instituts Pasteur de Paris et d’outre-mer. Il aura une notion synthétique des vaccins et des sérums.
- Dans une dernière partie, divers auteurs schématisent les découvertes faites dans l’étude de quelques maladies virulentes et permettent de se rendre compte de l’effort réalisé pour préserver l’humanité de ces maladies ou pour les guérir.
- Le public aura ainsi, par la lecture de cette brochure, une vue d’ensemble de l’œuvre gigantesque de Pasteur et de ses continuateurs pour lutter contre les maladies Infectieuses.
- Hérédité, mutation et évolution. L’œuvre de Hugo de Vries. 1 broeh. de 96 p. avec lig. Prix : 6 francs.
- En 1899, L. Guignard découvre la double fécondation des
- plantes à fleurs ; IL de Vides lui écrit : « C’est ce qu’il y a de plus beau et de plus inattendu dans notre science » Six mois plus lard, les lois de Mendel, oubliées depuis 1866, sont mises eu valeur et appliquées aux plantes, aux animaux et à l’homme. La génétique, science des origines et de l’avenir des espèces, date de 1902 et trouve ses preuves dans les cultures pédigrées, les croisements et la cytologie nucléaire.
- Les mutations, variations brusques et, héréditaires de la plante GEnothère de Lamarck (de Vries), de la mouche Drosophile, (T. H. Morgan) et de nombreuses autres espèces sont synonymes d’altérations dans le nombre, la taille ou la forme des chromosomes. A. F. Hlakeslee fabrique en série la suite des mutantes de la Stramoine (Datura) après avoir reconnu la constitution aberrante de l’une d’elles, tout comme les chimistes établissent les séries des composés organiques possibles par la connaissance de quelques termes. Ainsi se prépare l’étude du polymorphisme de l’espèce.
- L’évolution, c’est-à-dire l’enchaînement naturel des êtres vivants au cours des temps géologiques, est un tout autre problème, analysé avec maîtrise par P. Bertrand pour les plantes qui ont fourni la matière des charbons ; l’examen d’un fragment de houille au microscope permet, mieux que l'analyse chimique, (l’en définir l’origine et la qualité industrielle.
- Symbiose et parasitisme. L’œuvre de Noël Bernard.
- 1 broeh. de 90 p, Prix : 6 francs.
- Noël Bernard a découvert le rôle des champignons qui vivent dans les racines et bulbes des Orchidées ; c’est une maladie nécessaire de l’enfance qui détruit la majorité des plantüles ; celles qui résistent forment des tubercules, renouvelés périodiquement : application des techniques pastoriennes pour l’étude de l’infection, de la phagocytose, de l’immunité. La vitalité exceptionnelle des survivants, désormais -en symbiose, leur permet de croîtro sur la cime des arbres, sur les troncs avec, un peu de terreau. N. Bernard a généralisé la portée de ses conclusions et a défini l’évolution par la symbiose (1910).
- Et depuis, J. Magrou, guidé par J. Coslantin, pour la pomme de terre et les plantes d'altitude, le docteur J.-G. llayner pour les Bruyères, Elias Melin pour les Pins, les Chênes et les Bouleaux, montrent que la végétation luxuriante dépend de l’activité et de la périodicité des mycorhizes. Gaston Allard, dès 1880, a réussi à acclimater en Anjou trois cents espèces d’arbres exotiques en traitant leurs souches comme des champignonnières ; les lichens des toits, les associations bac-lériennes avec les Myxomycètes, les cancers des plantes traduisent sous divers aspects les lois de biologie générale mises en valeur par M. Bernard, mort à trente-six ans (1911), qui éclairent d’un jour nouveau les principes de l’art des horticulteurs, des forestiers, des médecins.
- Hybrides sexuels et mosaïques. L’œuvre de Mendel
- et de Naudin. 1 broeh. de 94 p. avec lig. Prix : 6 francs.
- Du moine tchèque, G. Mende! (1865), découvre et explique les règles de l’hérédité chez le Pois ; généralisées en 1900 par H. de Vries à de nombreuses plantes à fleurs, à divers animaux et avec quelques précautions à certaines maladies ou anomalies de l’Homme, elles dominent les techniques modernes de l’amélioration des plantes ..cultivées et de la sélection du bétail.
- Do nombreux cas d’hérédité contrôlée paraissent être en contradiction avec les règles numériques de Mendel ; Gh. Naudin, dès 1861, avait fourni l’explication des mosaïques et de l’hérédité disjointe, dont les règles de Mendel sont un cas particulier. Dans tous les cas, les gamètes, à chaque génération, ont une tendance à s’épurer et l’étude des pratiques de l’hybridation est ramenée à l’étude des éléments sexués et do leur plasticité.
- En 1904, A. F. Blakeslee découvre des faits du même ordre dans la reproduction des Mucors, moisissures banales, et depuis, la polarité + et — des Champignons issus de spores do la mémo espèce donne lieu, pour tous les groupes de ces cryptogames, à des démonstrations qui dans les cas les plus simples montrent que la fécondité de l’œuf est un état de rénovation favorisé par dos forces physiques qui rappellent les actions de l’aimant sur la limaille de fer. On en a fait maintes applications à la génétique des Blés, des Orges, du Maïs, des Tris, Ancolies, Œillets..., aux mosaïques résultant delà greffe, à la reconstitution des vignobles, aux plantes panachées, aux hybrides horticoles, aux fruits nouveaux de l’Afrique du Nord, etc.
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- NOTES ET INFORMATIONS ..... ®*
- CHIMIE INDUSTRIELLE Nouvel alliage de grande densité.
- Dans les applications thérapeutiques du radium, surtout en doses massives, il faut se protéger contre les effets nuisibles des rayons y dans certaines directions. Aussi enferme-t-on le radium dans des récipients de plomb, ce métal étant choisi pour sa haute densité (n,35) car l’absorption des rayons y est proportionnelle à la densité de l’écran. On utilise dans certains cas des récipients pesant 25 à 5o kgr, mais dont le maniement est pénible et les dûnensions gênantes pour certains traitements. G. Smithells a cherché à réaliser un alliage plus dense et dont le prix ne soit pas prohibitif. Le seul métal pouvant convenir est le tungstène, mais celui-ci a un point de fusion supérieur à o.ooo0 et on ne peut actuellement chauffer à cette température une masse importante de l’ordre de 5o à 100 kgr. D’ailleurs même à très haute température, la poudre de tungstène ne fond pas; elle s'agglomère en grains plus gros par suite d’un phénomène que l’on appelle le frittage.
- Ge phénomène consiste en l’agglomération des poudres sous l’action de la pesanteur à une température inférieure à leur point de fusion. Tel est le cas par exemple pour la poudre de verre, dont les grains se soudent à des températures inférieures de plusieurs centaines de degrés à la température de fusion de cristaux de même composition. Plus la poudre est line et le chauffage lent, plus le frittage apparaît à basse température. Dans le cas des verres, il est certainement dû à des actions de viscosité et de tension superficielle.
- Un autre exemple est celui des briques et on a donné ce cas pour montrer très simplement que le frittage s’accompagne d’une augmentation de la densité d’autant plus grande que la température a été plus élevée sans atteindre celle de vitrification; les briques sont moins poreuses. Il en est de même pour la chaux, la magnésie et la poudre de charbon dont la densité, après chauffage prolongé à 900°, passe de i,7(i à i,84.
- Le frittage se produit moins facilement avec les substances cristallines pures qu’avec les substances amorphes ou celles qui renferment des impuretés abaissant le point de fusion et amenant le ramollissement partiel de la masse à plus basse température. L’importance pratique des impuretés est connue industriellement dans le cas de la magnésite. Celle d’Eubée en Grèce est plus pure que celle de Styrie, car elle renferme plus de fer. Celle dernière fritte plus facilement et à plus basse température, et est, pour celle raison, souvent préférée dans les applications.
- Ge que nous venons de dire s’applique également aux précipités lorsqu’on les abandonne à eux-mêmes. L’agglomération est souvent accompagnée d’une variation des propriétés chimiques : la chaux fortement chauffée l'éagit plus lentement avec l’acide carbonique, ainsi que l’avait constaté
- Jiaoull en 1881. L’alumine après calcination est attaquée très lentement par l’acide chlorhydrique bouillant et la silice 11e se dissout plus dans une solution chaude de carbonate de soude ou de potasse, etc...
- Le frittage du tungstène et du tantale, vers 2.4oo-»ôoo°, est employé industriellement, et c’est en s’appuyant sur les propriétés rappelées précédemment que Smithells a pu réaliser un alliage; de densité 16,3 à i(>,5. A cet -effet, il ajoute à la poudre de tungstène de petites quantités de cuivre ou de nickel, métaux fondant à une température inférieure (respectivement i.o84 et i.4oo° pour l’eutectique nickel-tungstène). Si les particules de tungstène sont mouillées par le métal liquide, le frittage se produit. On chauffe donc vers i.45o° en atmosphère d’hydrogène la poudre de tungstène additionnée de 5 pour 100 de cuivre et 5 pour 100 de nickel spécialement comprimée et moulée suivant la forme de la pièce liliale (tenant compte d’un retrait d’environ 20 pour 100) et 011 obtient un métal 5o pour 100 plus dense que le plomb, ce qui dans le problème spécial envisagé permet de réduire dans les mêmes proportions les dimensions des récipients contenant le radium.
- L’analyse micrographique montre les particules de tungstène occluses dans un ciment de cuivre, de nickel ou d’un mélange des deux suivant la composition employée. Bien que le tungstène lui-même ne soit pas usinable, l’alliage peut être travaillé mécaniquement comme un acier ordinaire.
- Par suite de la difficulté de préparer de grosses pièces par compression des poudres initiales, on a trouvé plus économique de constituer les récipients à radium par une série de rondelles circulaires soudées entre elles, leur diamètre étant de ia5 mm environ et leur épaisseur de a5 mm. Entre deux rondelles, après usinage soigné des faces en contact, on place une feuille de clinquant de nickel de o mm 1 d’épaisseur. E11 chauffant l’ensemble à i.45o° dans l’hydrogène, le nickel fond et assure une soudure parfaite des rondelles.
- Bien que cet alliage ultra-dense ait été primitivement destiné à réaliser les étuis pi’otecleurs de radium, on lui a trouvé de nombreuses autres applications d’un débouché industriel plus important. Citons l’équilibrage des vilbre-quins dans les voilures automobiles de course et les moteurs d’aviation, la confection des rotors des gyroscopes et surtout la réalisation de contact pour les interrupteurs électriques de grande puissance. Le tungstène par suite de sa faible tension de vapeur a depuis longtemps été utilisé pour les contacts électriques, mais la difficulté de l’obtenir en pièces do grandes dimensions limitait des puissances que l’on pouvait, couper. On a pu réaliser des interrupteurs dont les surfaces de contact constituées par ce nouvel alliage brasé sur les conducteurs de cuivre avaient des surfaces de 12 cm2 environ. On a pu ainsi couper sans aucune difficulté des courants de 100.000 A sous 6.000 v, ce qui ouvre des possibilités nouvelles dans le domaine électrique.
- H. Vigneron.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Aiguilles de phonographe non métalliques. — Les aiguilles non métalliques pour diaphragmes ou pick-up de phonographe sont généralement de forme prismatique en libre de bambou, ou cylindro-coniques en « porc-épic », et leurs propriétés électro-acoustiques sont analogues pour les différents modèles.
- Elles atténuent toujours fortement les notes aiguës. L’audition est très douce et nuancée, mais surtout satisfaisante pour les enregistrements de musique d’instruments à cordes, particulièrement de violon. La reproduction des disques déjà usagés est souvent meilleure qu’avec des aiguilles métalliques, parce que le bruit de fond, localisé sur les fréquences aiguës, est plus ou moins atténué également. Par contre, l’intervalle de puissance sonore est forcément réduit, et certains timbres déformés, en particulier, dans les enregistrements de voix aiguës. Ces aiguilles s’adaptent aisément dans la plupart des mandrins de diaphragmes et de pick-up. 11 faut en affûter la pointe après la reproduction de chaque face d’un disque. Cette pointe s’use rapidement, et les aiguilles sont de prix relativement trop élevé pour permettre un remplacement après chaque audition.
- Cet affûtage s’effectue au moyen d’un petit sécateur spécial pour les aiguilles en bois, et avec du papier de verre fin, ou une petite meule spéciale pour les aiguilles porc-épic.
- On trouve des aiguilles de ce type dans tous les magasins de matériel phonographique. Nous pouvons vous indiquer particulièrement les Établissements Hurm et Duprat, 14, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- Réponse à M. B., à Lyon.
- Études sur la projection en relief et la photographie intégrale. — Vous pouvez trouver une documentation détaillée sur les différents systèmes de projection en relief, et spécialement sur la question de la photographie intégrale, dans l’ouvrage Le cinématographe sonore et la projection en relief, par P. Hémardinquer, Eyrolles éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Des études sur les travaux de M. Estavane ont également paru dans La Technique cinématographique, 34, rue de Londres, Paris.
- Réponse à Dr Bocage, à Paris.
- Utilisation des aiguilles de phonographe semi-permanentes. — Dans les bons disques actuels, la matière constituant la surface du disque est assez abrasive pour assurer un meulage progressif de la pointe de l’aiguille et l’amener à se mouler, en quelque sorte sur la forme du sillon. C’est pourquoi, l’audition optimum est obtenue, en principe, vers le milieu des sillons.
- L’aiguille, dite semi-permanente, en métal très dur s’use beaucoup moins, mais ce meulage rationnel ne s’effectue plus, et c’est au détriment de la qualité de l’audition. L’usure du sillon augmente également. La durée efficace de service du disque est donc diminuée.
- Une aiguille cylindro-conique semi-permanente de ce genre peut servir pour 10 à 20 faces de disques, mais la durée de service est diminuée dans des proportions difficiles à préciser, de l’ordre du quart, par exemple, pour les amateurs difficiles.
- Béponse à M. Grouble, à Taza (Maroc). '
- De tout un peu.
- Mme Wiriath, à Paris. — 1° Le Dr Blanchod a conseillé un moyen très simple pour se mettre à l’abri des piqûres de moustiques, il consiste à frotter énergiquement la peau avec un tampon d’ouate imbibé de teinture d’aloès.
- La méthode peut également être employée comme curatif
- aussitôt après les piqûres, il ne se produit alors aucune réaction locale ou générale, il n’y a ni rougeur, ni œdème, ni douleur.
- La teinture d’aloès est ainsi composée :
- Aloès du Cap pulvérisé. ... 20 gr
- Alcool à 00°....................... 100 cm3
- Laisser macérer cinq jours en remuant de temps à autre puis filtrer.
- 2° L’un de nos lecteurs a bien voulu nous communiquer la formule suivante, grâce à laquelle on peut être assuré de dormir tranquille sans être incommodé par les mous-
- tiques.
- Prendre :
- Pétrole blanc....................... 1.000 gr
- •Essence d’eucalyptus.................. 25 —
- Essence de girolle..................... 10 —
- Naphtaline............................. 15 —
- Formol du commerce..................... 10 —
- A vaporiser le soir dans la pièce en tenant bien entendu les fenêtres fermées.
- 3° Les préparations du commerce employées couramment sont généralement établies sur les bases suivantes :
- Fleurs de pyrèthre fraîches. . . 100 gr
- Pétrole lampant..................... 1.000 cm3
- Parfum au choix : Essence de lavande, essence de mirbane, salicylate de méthyle, etc.
- M. Monsegu, au Parc Saint-Maur. — L’eau de Javel s’obtient très simplement en faisant passer un courant de chiure gazeux dans une solution de soude caustique d’après la réaction :
- 2Na01I + Cl2 = NaOCl + NaCl + 1120
- Comme la préparation du chlore comporte une installation spéciale, le mieux serait de vous procurer du chlore liquéfié en cylindres que vous ferez détendre au moment de l’emploi dans la lessive de soude caustique (adresse : Pelliot, 53, rue de Châteaudun).
- Pour tous détails sur la fabrication de l’eau de Javel consulter : Les produits de blanchiment, par de Keghel. Éditeur : Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris (Vl°).
- M. Da Cunha Réo, à Figueira (Portugal). — Nous pensons que vous pourrez facilement réaliser l’adhérence de votre papier sur aluminium en intercalant entre les deux une feuille de papier adhésif préparé de la façon suivante :
- Prendre :
- Gomme laque blanche. .... 30 gr
- Gomme élémi................ . .* 3 —
- Baume du Canada sirupeux . . 5 —
- Alcool à brûler à 95°........ 100 cm3
- Dans la moitié de l’alcool on dissout d’abord la gomme élémi puis le baume du Canada, dans l’autre moitié la gomme laque.
- Après dissolution, on mélange et on étend la préparation au moyen d’un large pinceau plat dit queue de morue, sur un papier fin non satiné, d’abord sur une face, puis après séchage d’un quart d’heure environ sur l’autre face.
- Il vaut mieux procéder ainsi que de tremper le papier dans la mixture, parce qu’il se produirait des surépaisseurs aux endroits où elle s’accumulerait pendant le séchage vertical.
- Une fois le papier bien sec et interposé entre les éléments à réunir, mettre à la surface une feuille ou deux de papier buvard et passer un fer à repasser modérément chaud (80° à 90° C.) pour produire la fusion des résines, ce qui déterminera l’adhérence. Quelques essais préalables vous fixeront du reste facilement sur les conditions de température à réaliser, compte tenu de l’absorption de chaleur par le métal support.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-9 1937 — Published in France.
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- N° 3009
- LA NATURE
- J 5 Septembre 1937
- = LA CHIMIE AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE =
- Pour visiter les expositions de lu chimie, le curieux qui pénètre au Grand Palais par la salle de la coupole doit réserver pour la fin de sa promenade les regards qu’invinciblement attirent les monumentales colonnes de la machine électrostatique de MM. Joliot, Lazard
- la sorcellerie : chouette, tête de mort, etc. et le vieux matériel de terre cuite et de verre vert où, pendant des siècles, de mystérieux chercheurs espérèrent découvrir l’élixir de longue vie et la pierre philosophale (lig. i) ;
- Fig. 1 — Un laboratoire d’Alchimiste.
- et Savel, réalisation grandiose de ceux qui, alchimistes modernes, contribuent à bâtir cette chimie nucléaire, réalisation des vieux rêves d’un autre âge.
- Qu’il monte au premier étage : là, dans un hall décoré en son centre d’appareils distillatoires dans lesquels un sillage luminescent indique le trajet des vapeurs, il trouvera réunies quatre reconstitutions de laboratoires :
- i° L’antre de Valchimiste où coexistent le bazar de
- 2° Le laboratoire de Lavoisier (1743-179/4), dont les découvertes marquent dans l’histoire de la chimie une étape fondamentale : à la néfaste théorie du phlogis-tique (calorique combiné) va se substituer une doctrine cohérente : « Rien ne se perd, rien ne se crée », point de départ des foudroyants progrès d’une science qui se bâtit depuis quelque i5o ans ;
- 3° Le laboratoire de J.-B. Dumas (1800-1884), dont les importants travaux sont marqués en particulier
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- par ses éludes sur les densités de vapeurs, sa classifî- 4° Le laboratoire de Marcelin Berthelot (1827-1907)
- cation des métalloïdes, sa loi des substitutions en chi- enfin, à qui l’on doit la thermochimie et la synthèse mie organique, ses recherches analytiques ; organique totale (tig, 2).
- CHIMIE MINERALE
- Il faut ensuite visiter les stands de la chimie minérale ; des « quatre éléments » trois s’y Irouvent rassemblés : l’air, l’eau, le feu. Mais quelle multiplicité d’aspects !
- i° L’air. — Autrefois considéré comme un élément unique, l’air atmosphérique s’est révélé un mélange complexe, ce que deux expériences vont montrer. L’une reproduit les opérations par lesquelles, le premier, Lavoisier (1774) mit en évidence deux des constituants de l’air : dans une cornue, du mercure est chauffé au contact d’un certain volume d’air-: à sa surface se forme une pellicule rougeâtre d’oxyde de mercure cependant que le volume du gaz diminue de 1/5 ; ce qui reste est un gaz inerte, incapable d’entretenir une combustion : l’azote. Le mercure a fixé de Voxygène (t/5 du volume total), ce que montre le chauffage de l’oxyde de mercure : en se décomposant, il dégage un gaz capable de rallumer une allumette presque éteinte et laisse un résidu de mercure.
- L’autre expérience (Jolibois) montre que, non seulement l’air atmosphérique contient de l’oxygène et de l’azote, mais encore un résidu de « gaz rares », ainsi que l’ont établi Rayleigh et Ramsay en x8g4 :
- De l’air atmosphérique débarrassé de ses impuretés traverse un tube à décharges dans lequel l’étincelle électrique (6.000 v.) excite une luminescence rose due à la superposition des luminescences : jaune très fai-
- Fig. 2. — Le laboratoire de Berthelot.
- ble de l’oxygène, rose de l’azote, mauve du mélange de gaz rares. A la sortie, Je fluide passe dans un tube contenant du cuivre que chauffe, à 6oo°, un four électrique : le gaz sort débarrassé de l’oxygène (retenu par le cuivre sous forme d’oxyde de cuivre) et une étincelle sous 6.000 volts y excite une luminescence rose car l’azote domine encore. Le gaz passe alors sur du calcium chauffé à 6oo° dans un nouveau four électrique : là, l’azote se fixe pour donner un nitrure et le gaz sortant donne dans les mêmes conditions que précédemment (6.000 v.), une luminescence violacée : celle du mélange des gaz rares. Ce mélange est complexe, il contient de l’argon, du néon, de l’hélium, du krypton, du xénon, ce dernier à la minime concentration de 1/100.000. Ces gaz recueillis industriellement comme sous-produits de la distillation de l'air liquiile (Georges Claude), servent à la fabrication de tubes luminescents : l’argon donne une lumière violacée, le néon rouge, l’hélium jaune, le krypton bleu, le xénon bleu violacé (fig. 3).
- L’Air liquide. — Tous ces « gaz ne sont pas que des gaz : la technique sait, en effet, les préparer à l’état liquide : ils bouillent alors dans les récipients qui les contiennent. L’air liquide est un mélange dont on peut séparer les constituants par distillation fractionnée. L’oxygène bouillant à — 182° et l’azote à — 196°, ce dernier se concentre
- dans le liquide et l’oxygène passe dans les vapeurs.
- . Aux basses températures que permettent d’atteindre les gaz liquéfiés, les propriétés usuelles de la matière se trouvent modifiées : c’est ainsi que la résistance électrique diminue dans d’énormes proportions, ce qui montre le phénomène de la supraconductivité des métaux.
- D’autres gaz existent dans la nature, qu’on sait préparer par diverses méthodes. Tels sont le gaz carbonique et l’hydrogène que l’on décèle d’ailleurs comme impuretés dans l’air atmosphérique. Le premier est plus dense que l’air, le second plus léger, ce qu’on montre facilement à l’aide de bulles de savon : gonflées avec de l’hydrogène, elles montent (principe des aérostats), gonflées avec du gaz carbonique, elles tombent. Liée à la densité, la diffusion permet de mettre en évidence les différences entre les gaz : ils traversent d’autant plus rapidement les parois poreuses qu’ils sont plus légers.
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- 2° L'eau. — Important constituant de la surface du globe, l’eau se rencontre dans la nature sous les trois états : liquide, gazeux (vapeur), solide (glace). Dans les océans, elle tient en dissolution une inépuisable réserve de substances importantes pour la science comme pour l’industrie. Pour n’en citer qu’une, le chlorure de sodium est générateur de la soude, de l’acide chlorhydrique, du chlore, du carbonate de sodium, etc.
- Plus pure est l’eau des pluies. Encore contient-elle quelques gaz en dissolution et il est évident (pie la préparation d’une eau <( chimiquement pure » exige des traitements particuliers, se terminant par une vaporisation suivie de condensation dans un appareil distillatoire.
- L’eau des chimistes est, en première analyse (Q, la combinaison, c’est-à-dire l’union dans un rapport invariable, de deux corps simples, l’hydrogène et l’oxygène (celui-là même que nous avons rencontré lors de la séparation des constituants de l’air). C’est ce que montre Yéleclrolyse de l'eau ; celle opération précise les volumes de gaz correspondant à une masse d’eau décomposée : r pour l’oxygène, 2 pour l’hydrogène, ce que note la formule : eau = 1120. D’ailleurs, la recombinaison de ces gaz, facilement obtenue p.ar combustion de l’hydrogène redonne l’eau sous forme d’une buée qui se condense sur les parois froides. C’est ce qu’exprime l’égalité :
- H2 + 1/2 O2 = H20.
- Une expérience ancienne, due à Lavoisier, montre également que l’eau contient de l’hydrogène et de l’oxygène : c’est la réaction du fer, au rouge, sur l’eau, que l’on formule :
- 3Fe + 4H20 = Fe304 + 4H2.
- Sainte-Claire Deville a montré que cette transformation est possible dans les deux sens : c’est un équilibre. La réaction qui se produit dans un sens est, pour une température donnée, limitée par celle qui a lieu en sens inverse :
- 3Fe + 4H20 X Fe3°4 + 4H2.
- Un excès d’eau provoque la réaction dans le sens de la formation d’hydrogène ; un excès d’hydrogène provoque la réduction de l’oxyde ferrique.
- 3° Le feu. — Précieux auxiliaire du chercheur, le feu fut longtemps limité au foyer dans lequel brûlait le charbon de bois. Mais quelle souplesse depuis lors !
- 1. Des travaux remontant à ces dernières années (Washburn et Urey 1932) ont mis en évidence dans l’eau une faible quantité d’eau « lourde » ou oxyde de deuterium, ayant toutes les propriétés chimiques de l’eau, mais de densité 1,1 ; un appareil pour sa préparation a fonctionné en 1933 à l’Institut de biologie physico-chimique (M. Champetier). Cette eau provient de l’union de l’isotope de masse 2 de l’hydrogène à l’atome d’oxygène ordinaire (0 = 16).
- Fig. 3. — Expérience sur l’air ;M. Jolibois), droite : supraconductivité des métaux aux basses températures ; maquette d’appareil G. Claude pour la liquéfaction de l’air.
- Toutes les températures, jusqu’aux plus élevées, peuvent être obtenues par un choix judicieux des sources de chaleur.
- Un premier progrès fut réalisé grâce à la découverte (Lebon, 1787) et à la distribution (1829) du gaz d’éclairage. Ce mode de chauffage amena une importante transformation du laboratoire, en permettant un emploi systématique de la verrerie : facilement réglable, la flamme du gaz permet, par l’interposition d’une toile métallique, d’obtenir un chauffage régulier par les gaz chauds de la combustion (le principe de la toile métallique, appliqué à la lampe des mineurs par Davy, évite les explosions en isolant la flamme du grisou).
- Combiné avec l’air comprimé, le gaz permet le travail du verre ordinaire ; avec Y oxygène, celui des verres moins fusibles comme le Pyrex, le Sibor. Sa flamme, d’un bleu à peine visible, lorsqu’il brûle avec une quantité suffisante de comburant, devient éclairante lorsqu’un excès de gaz s’y décompose en donnant des particules de carbone en suspension ; elle se colore en jaune intense, rouge cramoisi, vert..., selon qu’elle contient en suspension du sodium, du lithium, du baryum, propriétés utilisées précisément dans la recherche analytique de ces éléments. Que l’on fasse barboter le gaz dans du tétrachlorure de carbone, on voit aussitôt la flamme diminuer jusqu’à s’éteindre : c’est le phénomène de l’anti-oxydation (Moureu et Dufraisse, 1922) utilisé dans les extincteurs au tétrachlorure de carbone.
- Autre combustible, Y hydrogène comprimé, brûlé avec l’oxygène sous pression dans le chalumeau oxhydrique, permet d’atteindre des températures notablement élevées. La lumière Drummond (1826), obtenue en projetant le dard d’un chalumeau oxhydrique sur de la chaux, est due à la vive incandescence de cette
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- Fig. 4. — Le jour à rayons cathodiques.
- dernière. C’esi grâce au chalumeau oxhydrique que VerneuiJ (190/1) fabriqua les premiers rubis et saphirs artificiels, par fusion d’alumine dans laquelle il introduisait des sels colorés (2 pour 100 d’oxyde de chrome ou un mélange de i,5 pour 100 d’oxyde de fer et de o,oo5 pour too d'oxyde de titane). Ces pierres sont souvent plus volumineuses et plus homogènes que les gemmes naturelles.
- L’acétylène, dont la production se rattache à la fabrication du carbure de calcium au four électrique, joue dans les utilisations industrielles du feu un rôle important : 1 oxycoupage des tôles métalliques en est la preuve éclatante.
- Dernier progrès dans l’utilisation directe de la flamme, le chalumeau à hydrogène atomique (Lang-muir, 1926) est capable de fondi'e le tungstène(3.200°). "routes les flammes dont nous avons parlé jusqu’à maintenant doivent leur chaleur au phénomène de la combustion des gaz. Dans le cas de l’hydrogène atomique, la majeure partie de la chaleur est due à la recombinaison des atomes d’hydrogène, préalablement séparés sous l’action d’un arc électrique.
- Après les flammes, les fours. Eux aussi ont largement bénéficié des découvertes de la science. Vient d’abord le four à gaz, particulièrement perfectionné par les recherches de Méker.
- Les fours électriques peuvent être à résistance ou à arc. C/est, avec l’un de ces derniers que Moissan, le savant à qui l’on doit la découverte du fluor (x885), s’attaqua à la synthèse du diamant (1896).
- Largement utilisé dans l’industrie, le chauffage électrique permet la fabrication du carbure de calcium ; celle du carborundum (siliciure de carbone), produit
- aussi dur que le diamant, servant en particulier à la fabrication des meules ; la préparation des ferro-alliages ; celle du graphite artificiel par chauffage électrique à 2.000° d’une résistance de coke aggloméré (Âche-son) ; la fabrication de l’aluminium (four lléroult, 1886) ; la synthèse de l’acide nitrique par combinaison directe des éléments de l’air (Birkeland et Eyde, 1903).
- Mais les températures les plus élevées sont celles que donne le four cathodique (Trombe). C’est une ampoule à rayons X de type classique, en quartz, mais dans laquelle l’anti-calhode est consl ituée par un creuset de tungstène. La chaleur est due au bombardement de l’anticathode par les électrons, projectiles lancés sur elle à la vitesse de 5o.ooo km par seconde : la température n’est limitée que par le point de fusion des matériaux utilisés pour la construction du four (fig. /1).
- Pour la mesure de températures aussi élevées, il n’est j>1 us possible d’utiliser les thermomètres courants dont l’échelle de température ne dépasse guère 5oo°. E11
- dehors des « montres » fusibles servant en céramique, on a recours à des pyromètres ; les uns utilisent les variations de résistance d’un métal ; les autres, de beaucoup les plus utilisés, mesurent la variation de force électromotrice d’un « couple » formé par soudure de deux métaux ; pour les températures plus élevées, on a recours au pyromètre à radiations, mesurant. l’intensité du rayonnement émis par les sources de chaleur.
- CHIMIE MINÉRALE APPLIQUÉE
- Les industries minérales sont représentées au Palais de la Découverte principalement par la métallurgie et les grandes applications de la catalyse.
- Notons toutefois auparavant, présentée par les Laboratoires Kuhlmann, une intéressante étude sur l’influence du milieu dans la cristallisation, comprenant de jolies collections de cristaux, en particulier de sulfate d’ammonium et de sulfate de cuivre. A côté est exposé le matériel du chimiste analyste : creuset, des-siccateur, étuve, balance....
- i° La métallurgie. — Parmi les matériaux modernes, l'aluminium occupe une place à part. Identifié d’abord par Wœhler, ce n’est que par les travaux de Sainte-Claire Deville (i853) qu’il fut réellement connu. Il devint industriel en 1888, à la suite de la découverte par Héroult d’un nouveau procédé de préparation, réalisant une réaction déjà étudiée par Sainte-Claire Deville : l’électrolyse de l’alumine dissoute dans un bain de cryolithe fondue (fluorure double d’aluminium et de sodium). L’opération conduite vers i.ooo0 donne l’aluminium liquide que l’on coule en lingots. Cette technique a atteint un tel degré de perfection
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- qu’on peut actuellement obtenir directement du métal à plus de 99,5 pour 100 de pureté (les impuretés étant le fer et le silicium).
- La principale caractéristique de l’aluminium est sa légèreté : alors que les métaux usuels ont des densités de 8 environ, celle de l’aluminium 11’esl que 2,7. 11 est, par conséquent, tout désigné pour la construction aéronautique. Par ailleurs bon conducteur de l’électricité, il est avantageusement utilisé en éleclrotechni-que où l’on a souvent besoin de concilier cette propriété avec la légèreté.
- Ses alliages sont nombreux et possèdent des caractéristiques fort variées ; citons :
- l’alpax, à 10 pour 100 de silicium, servant plus particulièrement en fonderie ;
- l’alliage Y (/j pour 100 de cuivre, 1,5 pour 100 de magnésium, 2 pour 100 de nickel), très utilisé en construction automobile (pistons) ;
- le duralumin (4 pour 100 de cuivre, o,5 pour 100 de magnésium, o,5 pour 100 de manganèse, 0,6 pour loo de silicium), alliage très important en aéronautique ;
- l’alliage L. M. (4,75 pour 100 de cuivre, 0,75 pour ioo de silicium et 0,7b pour 100 de manganèse), alliage de forge ;
- l’almélec (0,7 pour 100 de magnésium, o,5 pour 100 de silicium, o,3 pour 100 de fer) servant à la construction des câbles électriques.
- Quoique l’un des métaux les plus facilement oxydables (l’aluminium se combine à l’oxygène en dégageant 386 calories), il est pratiquement inaltérable à l’air; en effet, l’oxydation superficielle recouvre le métal d’une pellicule d’alumine très adhérente, continue et imperméable, le protégeant contre toute oxydation ultérieure (Sainte-Glaire Deville, 1854)- Celte propriété peut être utilisée pour la protection de l’aluminium : il suffit de créer une pellicule d’alumine qui constitue à la fois un excellent isolant électrique et un moyen de protection contre les corrosions éventuelles. L’un des meilleurs procédés consiste en Y oxydation anodique du métal plongé dans un bain oxydant (procédé aluminite) : la couche protectrice est alors extrêmement efficace. Elle se prête, au surplus, à divers ü’aitements ; en particulier, elle permet le laquage de l’aluminium, la couche d’alumine jouant alors le rôle du « mordant » utilisé en teinture. En dehors de ce mode de protection, on peut avoir recours a d’autres revêtements : peinture, vernis, émaillage, nickelage, etc.
- L’étude de la corrosion offre en métallurgie un grand intérêt, mais il s’agit là généralement d’un phénomène lent. Etant; donnés les temps limités dont on dispose pour les essais pratiques, il a fallu avoir recours à des procédés accélérés, dont le plus répandu est l’essai au « brouillard salin ». L’appareil, extrêmement simple,
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- réalise le déplacement des éprouvettes à étudier dans une chambre où l’on pulvérise de l’eau de mer. 11 suffit d’observer de temps en temps l’apparition des « piqûres » et de suivre la marche de la corrosion. Bien entendu, ces essais ont une valeur relative. En effet, la présence de certains corps, dits inhibiteurs, au contact des métaux soumis à la corrosion peut retarder la marche de celle-ci.
- Plus jeune encore que l’industrie de l’aluminium est celle du nickel, métal que chacun de nous a quotidiennement l’occasion de manipuler, puisque les pièces de 5 francs sont constituées de nickel pur Mais, plus, qu’à son joli aspect (nickelage), c’est aux propriétés qu’il apporte aux métaux auxquels il est allié, qu’il doit son importance.
- En dehors des aciers au nickel, combinant une grande dureté sans fragilité et une forte résistance à l’usure, il existe toute une gamme d’alliages spéciaux à haute teneur doués de propriétés remarquables. En particulier, la dilatabilité des ferro-nickels, étudiés surtout par MM. Guillaume et Chevenard, peut varier entre les coefficients du fer ou du nickel pur et o : l’invar, alliage à 36 pour xoo de nickel, a une dilatation nulle ; il existe également différents ferro-nickels ayant même coefficient de dilatation que le verre (pla-tinite). Les bitumes, formées de deux métaux de coefficients de dilatation très différents, sont utilisées pour contrôler ou régulariser la température (avertisseurs d’incendie, disjoncteurs, etc.). Un des éléments constitutifs est généralement l’invar, l’autre peut être un ferro-nickel plus dilatable, ou encore du cuivre, du fer, du nickel ou du conslanlan. Ce dernier, alliage nickel-cuivre à 36 pour 100 Ni, sert dans les couples thermo-électriques fer-conslanlan.
- Les alliages de nickel-chrome sont fréquemment utilisés pour la fabrication des fours électriques à résistance : remplaçant le platine, trop coûteux, ils ont permis l’emploi industriel de ce mode de chauffage.
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- L’introduction du nickel provoque également d’importantes modifications des propriétés magnétiques du fer ou de ses alliages (perméabilité, point de Curie, etc.).
- Parmi les métaux modernes, notons encore le magnésium, encore plus léger que l’aluminium (d = 1,73), qu’on prépare par électrolyse. Se combinant, lui aussi, facilement à l’oxygène, il est protégé de l’oxydation par une pellicule superficielle de magnésie. On peut le purifier par sublimation. Pour sa protection, on peut le recouvrir yi’uiie couche de spinnel : on l’oxyde par électrolyse, puis on le plonge dans une solution de silicate et d’aluminate de sodium ; ce procédé est utilisé en aviation et pour la protection des bombes Elektron.
- Le premier des métaux alcalino-terreux, dans la classification atomique, et le plus léger d’entre eux (d = 1,7), le glucinium (Lebeau), sert à la préparation de bronzes spéciaux ayant la propriété de ne pas donner d’étincelles : d’où leur emploi dans les poudreries.
- Parmi les métaux isolés au laboratoire, mais non préparés industriellement, on trouve encore le gallium (Lecoq de Boisbaudran) qui fond à 3o° et le gadolinium (G. Urbain et Trombe), trois fois plus magnétique que le fer.
- En dehors des alliages métalliques dont nous avons parlé, l’industrie prépare des dérivés métalloïdiques ; nous avons déjà cité le siliciure de carbone (carbo-rundum). Pour la fabrication d’outils extrêmement durs, on a recours aux carbures de tungstène, de cobalt, etc. (société Le Carbone).
- Si l’analyse chimique donne des indications sur les propriétés des alliages, elle est impuissante à faire connaître tous leurs caractères. A l’analyse chimique, il faut ajouter les essais mécaniques et les examens microscopiques eL macroscopiques. Les premiers renseignent sur les qualités utilisables des alliages ; les seconds renseignent sur la constitution cristalline. Le microscope métallo graphique Le Chalelier a été conçu spécialement pour ces examens : par l’application suides éprouvettes, parfaitement polies, de réactifs conve-
- nablement choisis, on met en évidence tel ou tel caractère particulier de la structure de l’alliage examiné. Une jolie collection de photographies et des échantillons illustrent cette présentation (Portevin) (fig. 5).
- 20 La catalyse. •— Un catalyseur est un agent capable de provoquer une réaction dans des conditions où elle ne se produirait pas sans lui. Ouvrons le robinet d’un brûleur à gaz : le contact de l’air avec ce combustible n’est normalement accompagné d’aucun phénomène. Chauffons légèrement un fil de platine, mais en prenant soin qu’il 11e rougisse pas, et porlons-le au-dessus du brûleur : le platine rougit et le gaz s’allume.
- Soit encore un verre contenant de l’alcool : il ne se produit rien au contact de l’air. Introduisons dans le récipient une spirale de platine légèrement chauffée : bientôt elle rougit et se maintient en incandescence, cependant qu’une odeur d’aldéhyde éthylique se manifeste : nous avons constitué une lampe sans flamme.
- Dans ces deux expériences, le platine a joué le rôle de catalyseur. L’énergétique chimique admet que ce phénomène est dû à un accroissement important de la vitesse de la réaction qui se produit. Dans la lampe sans flamme, la réaction est une oxydation provoquée par la surface du métal, réaction qui, d’ailleurs, ne va pas jusqu’à la combustion mais s’arrête au terme acétaldéhyde : ce qu’exprime l’égalité :
- CIDCIPOH + 1/2 O2 = Cil3CHO + H20 + Q cal.
- La catalyse joue un grand rôle dans l’industrie chimique : parmi les plus importantes applications se placent la préparation de Vacide nitrique par oxydation de l’ammoniac et celle de l’anhydride sulfurique par oxydation de l’anhydride sulfureux.
- a) Synthèse de l’acide nitrique--Il a été indiqué
- plus haut que l’acide nitrique pouvait s’obtenir directement en partant des constituants de l’air : c’est le procédé de Birkeland et Eyde, utilisant l’arc électrique ; le rendement étant très faible, la méthode ne peut être exploitée que là où l’énergie électrique est très bon marché (Société norvégienne de l’Azote).
- La synthèse indirecte par catalyse consiste en une oxydation de l’ammoniac(Kuhlmann), pouvant être lui-même préparé synthétiquement à partir de l’azote de l’air et de l’hydrogène de beau (llaber, Claude). Ce procédé est utilisé en France par la Société Kuhlmann. Le calai) seur est constitué par une toile de platine très serrée (3.(ioo mailles au centimètre carré) ; le mélange d’air et d’ammoniac (à 9 pour 100 NIi3) se fait dans le tube à catalyse, l’ammoniac étant injecté contre la toile afin d’éviter un échauffement prématuré des gaz, pouvant le détruire avec formation d’azote. En cours de marche, la température de la toile est de 8oo° ; pour la mise en route, il suffit de provoquer réchauffement à l’aide d’un circuit électrique auxiliaire, mais pen-
- Fig. (). — Synthèse de l’acide nitrique.
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- cl mil le fonctionnement la chaleur dégagée par la réaction maintient cette température. L’oxydation s’écrit : 2N II3 + 5/aO2 = 2NO + 3H20.
- Immédiatement à la sortie, le mélange gazeux est refroidi dans un réfrigérant en acier inoxydable.
- Au contact de l’air des chambres de réaction et de l’eau des colonnes d’absorption se font les réactions nui vantes :
- 2NO + O2 = 2NO2 r N204
- 2NO2 + 1I20 - N0211 + N O3 H
- N0211 + NO2 = NO3 II + NO
- Il rentre donc dans le-cycle d’opérations un quart d’oxyde azotique (NO). 11 est nécessaire de réoxyder celui-ci avec de l’air ; comme cette réaction est lente, on laisse ces gaz en contact dans une chambre de réaction précédant un nouvel absorbeur. Après avoir répété plusieurs fois ce cycle d’opérations, l’excès d’air atmosphérique traverse un épurateur à carbonate de soude dans lequel il se débarrasse de son excès de vapeurs nitreuses. L’acide nitrique joue un rôle très important dans la préparation des engrais nilratés, celle des explosifs nitrés et celle du celluloïd.
- b) Synthèse de l’acide sulfurique (Kulhmann). — L’acide sulfurique de synthèse se prépare par hydra-I al ion de l’anhydride sulfurique (SO3) obtenu par oxydation de l’anhydride sulfureux (SO2. Les réactions s'écrivent comme suit :
- SO2 + 1/2O2 = SO3 . SO3 + Ii20 = S04Hz
- L’expérience est ainsi réalisée : un siphon de SO2 liquide envoie du gaz dans un tube où il se mélange à de l’air (teneur en SO2 : 6,6 à 7 pour xoo, correspondant à la composition des gaz de pyrite utilisés
- Fig. 7.
- A droite : expériences sur la catalyse ; à gauche : synthèse de l’acide sulfurique.
- industriellement). Le mélange préalablement séché par barbotage dans de l’acide sulfurique passe sur le catalyseur, actuellement constitué par un dépôt d’oxyde de vanadium sur du kieselguhr, chauffé à 420°. Le gaz sortant du tube passe dans de l’acide sulfurique dilué dont la teneur en I12S04 augmente. La transformation de SO2 en SO3 est mise en évidence par la propriété fumigène de SO3 qui donne au contact de l’humidité atmosphérique d’épais nuages blancs.
- 3° La géochimie. — La géochimie est l’application des méthodes de la chimie minérale à l’étude de la constitution de l’écorce terrestre, auxquelles viennent s’adjoindre des procédés empruntés au domaine de la physique : analyse thermique des minéraux et des roches, microscope polarisant, phosphorescence cathodique.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Après les stands de la Chimie minérale, nous conseillons la visite des stands de la Chimie organique. Rappelons auparavant que la chimie organique, autrefois étude des corps élaborés par les organismes vivants, est actuellement l’étude des composés du carbone. La première signification du terme a, en effet, perdu sa valeur lorsque, devant les multiples synthèses réalisées par Berthelot de i853 à 1859, il fallut renoncer à faire intervenir la force vitale comme facteur exclusif de la formation des matières organiques. Comme, toutefois, on avait constaté de' bonne heure que les corps « organiques » contenaient du carbone, et que, par ailleurs, le nombre des composés contenant cet élément dans leurs molécules allait sans cesse croissant, on généralisa l’ancienne classification.
- 10 Les méthodes et appareils de la chimie organique. — Avant d’assister aux expériences, il est recommandable de s’attarder un peu à l’examen des
- moyens mis en œuvre par le chimiste organicien. Pour la séparation des corps qu’il doit étudier, il lui faut avoir recours à des méthodes différentes parfois de celles qu’utilise la chimie minérale. Vient en premier lieu la distillation qui, par une évaporation accompagnée d’un refroidissement, permet de séparer soit un liquide d’un autre moins volatil (ballon à distiller), soit un liquide d’un résidu solide, soit un solide d’un autre solide capable de sublimer (cornues).
- Pour séparer un solide en suspension dans un liquide, la filtration peut être avantageusement, aidée par l’emploi du vide, exerçant un effet de succion sur le liquide. Dans certains cas, la centrifugeuse, projetant les particules les plus denses au fond du récipient, est d’un utile recours. La dialyse permet de séparer les particules colloïdales des liquides où elles se trouvent dispersées. Parfois, lorsque certaines substances solides ou liquides se trouvent dissoutes dans un solvant organique, il peut être avantageux de faire passer
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- dans le mélange un courant de vapeur d’eau qui entraîne le produit intéressant : c’est Y entraînement à la vapeur.
- Lorsqu’un chimiste pense avoir isolé un corps défini, il le soumet à certains essais : détermination de la densité, du point de fusion ou d’ébullition, de l’indice de réfraction (réfractomèlre), du pouvoir rotatoire (pola-
- une foule de substances minérales et organiques, en donnant naissance à dé nombreux dérivés. Exemple :
- CaIl5Br + Mg = C2HsMgBr.
- a° La méthode de Friedel et Crafts (1877). — dette méthode utilise la remarquable propriété qu’ont les carbures aromatiques (benzène et homologues) de
- Fig. S — Appareils et méthodes de la chimie organique.
- rimètre), de la chaleur de combustion (par combustion dans une bombe contenant de l’hydrogène sous pression) (Berthelot), étude des spectres d’absorption, du spectre Raman, etc.
- Pour la préparation des composés, trois grandes méthodes générales excessivement importantes sont à noter :
- i° La méthode de Grignard. — Cette méthode utilise les dérivés « organo-magnésiens », substances aisées à préparer et à manipuler, particulièrement pré-cieuses pour la chimie organique et dont la découverte est due à Grignard (1905). Ces substances, douées d’une grande réactivité, sont susceptibles de réagir sur
- réagir sur les chlorures et bromures alcooliques en présence de chlorure d’aluminium, pour donner, avec élimination d’acide, des homologues à nombre d’atomes de carbone plus élevé :
- C6H5H -f Cl — CH3 = HCl + C6H5 — CH3
- Benzène -j- chlorure = Sléihvl-benzène
- de méthyle ou toluène.
- 3° La catalyse, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, représentée par : a) la déshydratation en présence d’alumine ; h) l’oxydation catalytique en présence de platine par exemple ; c) l’hydrogénation catalytique en présence de nickel réduit (Sabatier et Sen-derens).
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- 2° Les formules en chimie organique. — Ayant isolé des corps purs dont il a déterminé la composition élémentaire, puis étudié leurs propriétés chimiques, le chercheur doit traduire celles-ci par des schémas qui représentent la structure des molécules, mettant, en relief leurs caractères. Ces constructions, généralement planes, mais parfois avantageusement spatiales, sont basées sur le principe de la tétravalence du carbone Couper et Kekulé) et celui de l’égalité des quatre valences. C’est cela que traduit la représentation tétraédrique (Le bel et Van’t lloff) de l’atome de carbone, dans laquelle on considère que les liaisons de l’atome de carbone sont forces égales dirigées dans l’espace de manière à former des angles égaux. Ces représentations, rendues nécessaires par le nombre souvent élevé d’atomes constituant les molécules organiques et par les phénomènes d’isomérie dont elles ont permis de rendre compte, ont montré comment des corps de môme composition chimique pouvaient avoir des propriétés différentes selon que les atomes étaient groupés d’une façon ou d’une autre. Les formules spatiales, en particulier, permettent d’expliquer comment dans des molécules constituées des mêmes atomes, groupés identiquement, les propriétés physiques et physiologiques pouvaient différer considérablement : il a suffi d’admettre (pie ces molécules étaient l’une à l'autre ce que la main gauche est à la main droite : son image dans un miroir (stéréoisémérie : Pasteur).
- 3° Synthèse totale. — La synthèse totale est celle de la matière'organique à partir de ses éléments principaux : le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, hile fut réalisée pour la première fois par Berthelot, dans sa mémorable expérience de l’œuf électrique : dans un récipient ovale plein d’hydrogène et traversé par deux électrodes jaillit un arc électrique. 11 se forme de faibles quantités d’acétylène, mises en évidence par précipitation d’acétylure cuivreux (rouge).
- L’acétylène, par hydratation, donne de l’acétaldéhyde : C2H2 + 1Ï20 = CH3 — GHO.
- La réaction se fait directement en présence de sels de mercure comme catalyseur. Ber-Ihelol a montré, en 1866, que par chauffage l’acélylène donne naissance à du benzène :
- -A:.,....................: 265 ==
- ordinaire, de 112 sur CO : le mélange des deux gaz passe, à la température de aoo° C, sur un catalyseur constitué de cobalt activé par du nitrate de thorium et dispersé sur du kieselguhr. L’autre est un appareil d’hydrogénation catalytique sous haute pression (a5o atm) utilisé pour la transformation des charbons en pétrole (procédé Bergius), le durcissement des huiles, ainsi transformées en graisses, la synthèse de l’alcool mélhylique à partir de l’oxyde de carbone :
- CO + ail2 = ilCIPOU.
- 4° Produits extraits du bois. — La distillation du bois fournit une solution aqueuse d’acide acétique, d’alcool méthylique, d’acétone, ainsi que du goudron végétal d’où l’on extrait la créosote et le gaïacol. Le bois sert également de matière première à une importante industrie : l'extraction de la cellulose, d’où dérivent la fabrication du papier et celle de la rayonne ou viscose ;
- 5° Synthèse partielle. •— Les deux exemples choisis utilisent comme matière première une substance fabriquée par la cellule végétale : l’essence de térébenthine, extraite de la gemme du pin par séparation de la colophane. Transformée et compliquée par la main de l’homme, cette substance donne naissance à des produits synthétiques reproduisant ceux que l’on trouve dans la nature. Tous ces corps appartiennent au groupe chimique des « terpènes », constitué par toute une série d’hydrocarbures de formule C10H1(i, ou de dérivés s’y rattachant, rencontrés fréquemment dans le règne végétal comme constituants des essences.
- A) Préparation du terpinéol. — Ce produit est un alcool terpénique cyclique de formule C10H18O. En raison de son odeur agréable, il sert en parfumerie comme base de certains parfums (muguet, lilas). 11 diffère de la terpinc C1U112Ü02 par l’absence d’une molécule d’eau. Par double hydratation, le pinène de l’essence de térébenthine, C1ÜH16, se transforme en terpinc C10ll20()2«; par déshydratation avec l’acide phosphori-
- 3C2H2 = CBH° ;
- celle réaction indique la possibilité de passer de la série « grasse », dans laquelle les elur-nes d’alomes de carbone restent ouvertes, à la série « aromalique », où les alomes de car-houe formenl des anneaux ou « cycles ».
- La a lampe sans flamme », dont nous avons eu l’occasion de parler, réalise une formai ion catalytique du formol à partir de l'alcool me IIndique. L’alcool peut être déshydraté par passage sur de l’alumine ; il se forme alors de l’éthane, gaz .combustible.
- Deux installations illustrent les études de laboratoire pour la synthèse de l'essence. La première la réalise par réaction, à la pression
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- CHIMIE ORGANIQUE APPLIQUÉE
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- que la lerpine sc transforme en lerpinéol, suivant schéma :
- Terpine —HOH — Terpinéat
- B) Synthèse du camphre. — Plus importante est la synthèse du camphre, fabriqué par centaines de tonnes à partir de l’essence de térébenthine. Son principal débouché est la fabrication du celluloïd, obtenu en malaxant de la nilrocellulose avec du camphre en présence d’alcool. Plastifiant remarquable, il donne ainsi une matière plastique sans égale, pouvant se mouler et se souder. Le celluloïd possède malheureusement une dangereuse inflammabilité, malgré laquelle il est encore utilisé pour la fabrication des films cinématographiques.
- De formule C10H16O, c’est une cétone, pouvant se préparer à partir du pinène C10H16. L’essence de térébenthine, par entraînement du pinène à la vapeur et action de l’acide chlorhydrique (saturation), donne le chlorure d’isobornyle qui, traité par le phénate de soude (camphénation) puis l’acide formique et l’acide sulfurique se transforme en formiate d’isobornyle. Ce dernier, par saponification, donne l’isobornéol, qu’une oxydation catalytique par l’air transforme en camphre. Les réactions se schématisent ainsi :
- Camphre
- Chlorure
- Isohornèol
- Pinène
- Les quelques expériences que nous venons de citer laissent prévoir un vaste champ d’applications.
- Formant à elle seule un corps de doctrine, la chimie des colorants applique les nombreuses méthodes générales de la chimie organique à la préparation de substances rivalisant avantageusement avec les matières naturelles. On peut dire qu’acluelleinent la majeure partie des colorants utilisés sont dérivés de la houille (*).
- De la teinture elle-même, peu est à dire, sinon qu’il s’agit d’une technique délicate, relevant du professionnel : en principe, la fibre à teindre est immergée dans un colorant, qui se fixe sur elle. Dans la teinture sur mordants, la fibre est préalablement mordancée par action d’un sel métallique ; le colorant est alors fixé et solidement retenu sous forme de complexe métallique. Devant les visiteurs, une machine imprime sur tissu le portrait de Lavoisier, réalisant mécaniquement l’application des colorants selon son dessin.
- L’une des plus anciennes matières colorantes artificielles est la fuchsine (Verguin et Renard, 185g), qui se forme dans l’oxydation d’un mélange d’aniline et de toluidines. Elle se présente sous l’aspect de cristaux verts donnant des solutions d’un beau rouge.
- Le vert malachite (Fischer, 1877) se prépare par oxydation de sa leucobase, produit obtenu par condensation de l’aldéhyde benzoïque sur la diméthylaniline.
- La réaction qui donne naissance à la fluorescéine est aussi une condensation : cette belle matière, douée d’une splendide fluorescence et d’un pouvoir colorant si grand que sa présence se reconnaît à la dose de 1 gr dans 4o m3 d’eau, se prépare en faisant agir une molécule d’acide phtalique sur deux molécules de résor-cinol. Elle est utilisée dans la recherche des sources.
- L’éosine dérive directement de la fluorescéine par fixation de quatre atomes de brome (Caro, 1874), ce qui donne des cristaux verdâtres et une solution rouge à fluorescence verte légère ; les encres rouges ordinaires sont généralement des solutions du sel de potassium de ce colorant.
- Les rhodamines se préparent d’une manière analogue, mais en substituant au résorcinol d’autres phénols tels que le diéthylmétaaminophénol. Ce sont des colorants très solides.
- Les colorants azoïques s’obtiennent par action d’un diazoïque (substance formée dans l’action de l’acide nitreux sur une amine), sur une amine ou un phénol ou un naphtol (copulation). Ces opérations peuvent être effectuées sur la fibre même.
- Le bleu de méthylène, découvert par Caro en 1877, se prépare en oxydant, en présence de sulfure d’hydrogène, la diméthylparaphénylènediamine.
- L’alizarine est le principal colorant de la garance, plante dont les propriétés tinctoriales étaient connues
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- des Grecs el des Romains. Isolée à l’étal pur en 1826 (Robiquel el Collin), elle fui synthétisée vers 1870 par Garo, Græbe et Liebermann, ainsi que par Rieser et Perkins. La fabrication se fait comme suit : i° purification de l’anthracène ; 20 formation de l’anthraqui-11011e par oxydation ; 3° sulfonation par l’acide sulfurique ; 4° enlèvement de l’acide sulfurique et oxy-
- dation. Cette préparation a complètement supplanté la récolte de la garance.
- Le plus anciennement connu des colorants organiques et l’un des plus solides à la lumière, à l’air et aux lessives, est l’indigo, dont l’usage en Chine et aux Indes l'emonle à des milliei's d’années. Il existe dans un gi'and nombre de plantes, comme le pastel, mais surtout dans les feuilles de VIndigofera iinctoria, plante croissant aux Indes, en Chine, à Java, aux Philippines. La constitution de ce colorant fut établie à la suite de remarquables travaux ; la première synthèse est due à Reyer (1878), qui fixa la formule définitive en i883 :
- La fabrication industrielle fut résolue à la suite des synthèses de Heumann (1890). L’importance du produit naturel a diminué dans les pi'opoi'tions où la production du colorant synthétique s’acci'oissait. L’indigo étant insoluble dans l’eau, la fibi’e est d’abord immergée dans l’indigo blanc, produit de réduction alcaline, qu’une oxydation ultérieure ramène à la forme colorée.
- A côté de ces coloi'anls types, il existe une multitude de nuances obtenues en remplaçant dans chaque série l’un ou plusieurs des réactifs par d’autres homologues ou déi'ivés.
- D’intéi'essantes collections représentent les grandes industries organiques :
- i° Le caoutchouc. — Le latex, liquide opaque séci'été par diverses plantes exotiques, donne, par coagulation, le caoutchouc propi'ement dit. Celui-ci est rarement utilisé sous sa forme natui'elle, mais additionné de colorants, de chai'ges minéi'ales et de factices. La vulcanisation (addition de soufre ayant pour but d’acci'oître la dureté) se fait en pi'ésence de certains produits dits « accélérateurs de vulcanisation ». Des anti-oxygènes (Moureu et Dufraisse) sont ajoutés en vue d’éviter le vieillissement ;
- 2° Cellulose et papier. — Le papier, préparé autrefois avec des chiffons, est aujourd’hui fabriqué surtout à partir du bois. Les troncs, débités en copeaux, sont , transformés en une pâte, par exemple par cuisson dans un autoclave en présence de
- soude ; celte pâle, blanchie par du chlorure de chaux est mise dans une « pile raffineuse », malaxant pluf 0x1 moins les fibrilles destinées à former le papier par leur enchevêtrement ; dans la préparation du papier « à la main », la pâle est finalement pressée dans une forme dessinant un filigrane, puis séchée ;
- 3° Peintures et vernis. — Les vernis sont des solutions de résines ou de matières plastiques dans des solvants comme l’alcool, l’acétate d’éthyle, etc., en pi’ésencc de siccatifs provoquant un durcissement convenable. Les peintures sont des suspensions de matières colorantes ou de laques dans des mélanges destinés à les fixer sur le supporlr à peindre ;
- 4° Résines artificielles et matières plastiques.
- — Il existe de nombreux types de l'ésines. Certaines sont obtenues par condensation de produits organiques : l'ésines glycéi'ophlaliques, phénol-formol, phénoliques, etc. Des matières plastiques déi'ivent de la cellulose : telles sont la soie au cuivi'e ; l’albène (acétate de cellulose), la viscose, le celluloïd_
- Une presse à mouler fabrique en acétate de cellulose la médaille de Schutzenbei'ger, offerte aux visiteurs ;
- 5° Résines naturelles. — Parmi celles-ci, les copals, les gommes-laques..., sont utilisés à la fabrication de vernis ; la « gemme » du pin donne par distillation l’essence de térébenthine et la colophane ;
- 6° Matières grasses. — Les graisses sont d’origine aniinale ; nous avons vu qu’on peut aussi les prépai’er par hydrogénation catalytique des huiles végétales. Celles-ci sont extraites de graines ou d’amandes. Les huiles d’animaux marins sont douées pai'fois de propriétés thérapeutiques intéressantes : c’est ainsi que l’huile de
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- J'oie de morue est douée d’un haut pouvoir antirachitique.
- La chimie thérapeutique. — Des tableaux permettent de se rendre compte des utiles contributions apportées par la chimie à la médecine et la chirurgie.
- Contentons-nous de citer au hasard : les analgésiques, comme l’aspirine, l’antipyrine ; les anesthésiques, tels le chloroforme, l’éther, la novocaïne, la stovaïne ; les antiseptiques, l’iodoforme, par exemple ; les arséno-dérivés pour le traitement des maladies à protozoaires ; la quinine pour celui du paludisme, etc.
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- La chimie biologique est l’étude de la chimie dans ses rapports avec les êtres vivants. Nous avons signalé qu’à l’origine ceci constituait la chimie organique.
- L’analyse en chimie biologique. — C’est à Lavoisier que l’on doit les premières analyses élémentaires
- comme celle de Marsh, pour l’arsenic, ou physiques, telle la recherche spectroscopique (Bunsen et Kirchoff).
- Constitution de la matière vivante. — Certains organismes ont la remarquable propriété de concentrer dans leurs tissus certaines substances comme le lluor, le brome, l’iode, le carbonate de calcium, la
- Fit). 12. — Méthodes d’analyse organique ; dans la vitrine de gauche, l’appareil de Lavoisier.
- des matières hydrocarbonées. La technique de la combustion, parfaitement au point, fournit des résultats d’une grande précision et est universellement employée. L’appareil de Liebig permet d’opérer par voie pondérale sur des quantités de l’ordre de un décL gramme. 11 est possible, grâce au micro-appareillage de Pregl, d’opérer sur des quantités de l’ordre du milligramme. Lu dehors du dosage carbone-hydrogène, exislenl, pour celui de l’azote, des méthodes spéciales «le macro-analyse (Dumas; ou de micro-analyse (Pregl). (nions egalement les méthodes de semi-miero-analyse (Ter M cul en).
- Dans les organismes, on trouve, parfois à l’état de traces, des éléments minéraux à côté des composés organiques. Leur recherche systématique a nécessité la mise en oeuvre de méthodes très sensibles auxquelles s’attachç particulièrement le nom de Gabriel Bertrand. Il existe des méthodes purement chimiques
- silice, etc. Mais en dehors de ces cas particuliei'S, la matière vivante considérée sous son aspect élémentaire présente peu de différences. Bien n’est plus convaincant à ce sujet, que la comparaison des constituants principaux (carbone, eau, etc.), du corps humain ou d’un tas de luzerne du même poids !
- Substances élaborées par les organismes vivants. — Les organismes contiennent une grande quantité de substances, souvent complexes. Les unes sont des éléments constitutifs des cellules vivantes, comme la cellulose, les matières protéiques ; d’autres, comme les sucres (saccharose, glucose, amidon), les lipides (graisses), sont des éléments nutritifs accumulés comme réserves alimentaires ; d’autres se forment au cours du métabolisme.
- Chimiquement, ces substances appartiennent à trois grands groupes :
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- i° Les protides dont font partie les protéines (albumine de l’œuf ou du sang, fibrinogène), les scléro-protéines, éléments constitutifs des muscles, des cartilages, des cheveux (kératine), etc. ;
- 2° Les lipides comprenant plus particulièrement les matières grasses et certains produits qu’elles donnent en se transformant dans l’organisme ;
- 3° Les glucides, parmi lesquels se trouvent les sucres, les hydrates de carbone, les hétérosides, matières formées par l’union d’un sucre avec une autre substance.
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- dont l’absence détermine des troubles caractéristiques de la nutrition (Mme Randoin et Simonnet). Elles sont classées en quatre groupes principaux, À, B, C, D (D : vitamine antirachitique).
- Les hormones. — Les hormones (Bayliss et Star-ling, 1902) sont des substances sécrétées par les glandes endocrines et agissant spécifiquement dans l’organisme. Parmi elles, l’adrénaline, isolée des glandes surrénales par Takamine (1903) agit sur la pression sanguine. Sa synthèse fut réalisée en 1904 (Stoltz).
- L’insuline, sécrétée par le pancréas, intervient dans
- Fig. IH. •— Sland de la chimie végétale.
- Principes actifs. — Certains composés, les bioca-lalyseurs, permettent dans l’organisme les transformations nécessaires à l’utilisation des aliments. Les hydro-lases permettent l’hydrolyse des esters : ainsi, les matières grasses, sous l’action de la lipase, se décomposent en donnant du glycérol et des acides gras. Les oxydases catalysent les oxydations, celles des sucres par exemple.
- Les vitamines. — La comparaison entre les régimes alimentaires naturels et artificiels a permis de mettre en évidence la nécessité d’introduire dans l’organisme certains principes. Ce sont les vitamines, substances agissant à des doses infimes, dont l’organisme animal est incapable de faire la synthèse, qui sont indispensables à l’accomplissement des phénomènes vitaux pendant l’âge adulte ou au cours du développement et
- le métabolisme des glucides (Mering et Minkowski. 1889).
- La thyroxine existe dans la glande thyroïde et agit sur le métabolisme azoté ; sa synthèse remonte à 1927 (Harrington et Barger).
- Les hormones sexuelles, actuellement très étudiées au point, de vue chimique et physiologique (Ruzicka, Butenandt, etc.) se l’attachent par leur constitution à la vitamine D et au cholestérol, constituant des calculs biliaires.
- Les alcaloïdes. — Il existe surtout dans les plantes, toute une série de substances azotées complexes, les alcaloïdes. Ces produits, présentant au point de vue chimique, la propriété d’être basiques, sont très employés en thérapeutique à cause de leurs propriétés
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- physiologiques. Celles-ci sont d’ailleurs extraordinairement variées. Certains alcaloïdes agissent à dose très faible : i/xo.ooo de gramnîe d’aconitine est toxique. Ces substances, relativement instables, peuvent se transformer l’une en l’autre, ce qui ne va pas sans inconvénient : ainsi la morphine (Sertümer, 1806), calmant énergique bien connu, se transforme sous l’action des acides en apomorphine, le plus violent des vomitifs connus. Parmi ces corps, citons la nicotine du tabac, la cocaïne (anesthésique local), la tropine (servant en ophtalmologie), la morphine, la codéine (calmant de la toux), etc.
- bien d’auLres substances importantes, telles que les pigments (hémoglobine, chlorophylle) seraient à signaler. Mais passons au stand suivant.
- Chimie végétale. — Cette visite complète tout naturellement les précédentes, puisque nous y voyons appliquées les diverses notions acquises en chimie
- minérale (étude des terrains, engrais) et en chimie organique et biologique (constitution des plantes). 11 11’est pas vain de signaler, en passant, le rôle des végétaux dans la vie animale, puisque c’est par leur intermédiaire (assimilation chlorophyllienne) que l’énergie du Soleil nous est transmise.
- La composition du sol (sable, calcaire, argile, matière organique) est d’abord présentée ; puis vient l'étude des colloïdes argileux et de la matière organique dans les sols ; les différentes méthodes appliquées à l’élude physicomécanique des terres (tamisage-sédimentation, lévitation) et à leur étude chimique sont réunies. Le rôle des engrais est mis en évidence par des tableaux.
- D’intéressantes collections d’échantillons de terrains, d’engrais, de produits agricoles, complètent cette exposition d’une science à laquelle est attaché le nom de Boussingault (1802-1887).
- CHIMIE PHYSIQUE
- Chimie et physique collaborent de plus en plus. Comme le faisait remarquer récemment le savant professeur suisse Briner : « d’abord comme désignation la chimie était seule, puis est venue la chimie physique et, dans ces dernières années, ce fut l’avènement de la physique chimique ».
- C’est que l’ambition du chercheur n’est plus seulement de décrire des corps nouveaux et des propriétés nouvelles, mais de s’attaquer au mécanisme intime des phénomènes. Pour cela, le chimiste doit avoir recours à des armes plus puissantes, permettant des explorations plus poussées.
- L’Électrochimie. — C’est en 1800 que Voila découvrit la pile qui porte son nom, empilage de disques de cuivre et de zinc, séparés les uns des autres par des rondelles de drap imbibées d’eau acidulée. En 1807, Davy, faisant passer le courant d’une pile à travers un bloc de soude ou de potasse, découvrit le sodium et le potassium. Ayant bien avant cela étudié les réactions par voie électrochimique, il avait déjà posé en principe que l'affinité chimique est due à des actions électriques, par là grand précurseur de nos physiciens modernes.
- Les lois de Véleclrolyse sont dues à Faraday, physicien anglais qui établit que la quantité d’électricité nécessaire pour décomposer une valence-gramme est 96.5/10 coulombs (1 faraday).
- La notion d’ion (*), qui remonte à Arrlienius (1887) admet que toute substance en solution aqueuse se scinde en ions, tels que des ions identiques introduisent des propriétés communes. Ainsi l’ion perman-ganique MrxO4 introduit la coloration rose ; l’ion cuivre, la coloration bleue, etc. Le spectroscope permet d’analyser la couleur de ces ions et d’y constater l’existence de bandes caractéristiques.
- Le fait que les électrolytes laissent, passer le courant
- I. La Nature, p. 202.
- électrique suppose qu’ils ont une conductibilité : le pont de Kohlrausch permet de la mesurer. Comme pour un conducteur métallique, une résistance de 1 ohm (ou une conductibilité de 1 mho) est celle qui, sous une différence de potentiel de 1 volt laisse passer un courant de 1 ampère. Au laboratoire, la mesure se fait par une méthode de zéro (déplacement du curseur d’un potentiomètre jusqu’à minimum de son dans un téléphone) ; dans l’appareil industriel, la déviation d’un galvanomètre permet l’enregistrement graphique des variations de résistance du liquide au cours du temps.
- Une auti'e mesure, liée à la notion d’ion, est celle du pH. Dans toute solution aqueuse, il y a des ions H+ (acides) et OH~ (basiques). Le pH se définit comme le logarithme de l’inverse de la concentration en ions hydrogène. Dii’e qu’une solution a son pH = 6, c’est dire que le nombre d’ions H+ contenus dans cette solution est io-6, soit 1/1.000.000 ; cette notion importante est particulièrement utilisée pour les solutions au voisinage de la neutralité (liquides biologiques). Il se trouve que le produit des concentrations en ions H+ et OH~ reste constant et égal à io~14 : une solution neutre contient des quantités égales (io~7) d’ions H+ et OH~. La mesure du pli se ramène à celle d’une différence de potentiel. Mais, dans la pratique courante, ôn a îecours à la méthode colorimétrique, plus simple et plus rapide : il suffit de verser dans la solution étudiée quelques gouttes d’un colorant convenablement choisi et de comparer à une échelle de teintes.
- Le ti'acé des courbes I = /(V), représentant les variations de l’intensité du coui'ant dans une solution quand varie la différence de potentiel entre deux électrodes, est intéi'essant pour l’analyse : les anomalies de ces courbes traduisent les propi'iétés des ions présents.
- Le mécanisme électrolytique suppose une dissociation des molécules avec foi’mation d’ions. Si une électrode extérieure à tension élevée envoie des électrons dans une solution de sulfate de cuivi'e, il se forme un
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- précipité d’hydrate de cuivre, alors que dans l’électro-lyse ordinaire il y a dépôt de cuivre. M. Jolibois interprète ce phénomène en admettant que l’elïet primaire du courant électrique est une dissociation de l’eau, avec apparition d’un excès d’ions OH~ précipitant le cuivre.
- Nous avons eu déjà l’occasion de parler de la protection électrolytique des métaux. Le polissage élec-troly tique effectué à la suite d’un polissage mécanique donne aux pièces un pouvoir réflecteur supérieur et augmente leur durée. Ce polissage améliore d’autre part la qualité des dépôts métalliques effectués ultérieurement (miroirs).
- L’une des grandes applications de l’électrolyse est Y accumulateur, dont l’ancêtre est la pile de Grove (18/42), simple voltamètre à électrolyte de soude. Aujourd’hui, le plus répandu des accumulateurs est l’accumulateur au plomb, à électrolyte sulfurique (Gaston Planté, i85g, Faure, 1881). L’énergie électrique est emmagasinée, puis débitée, grâce à des transformations chimiques. Dans la théorie de Gladstone et Tribe (1882), dite de la « double sulfatation », on admet que :
- Pb + 2S04H2 + PbO2 % PbSO4 + 2IPO + PbSO4
- Féry a, par contre, soutenu depuis 1919 que les réactions étaient les suivantes :
- Pb2 + S04II2 + Pb205 % Pb2S04 + IPO + PbO2
- L’ensemble plomb-acide sulfurique-lantale intercalé dans un circuit alternatif a la curieuse propriété de ne laisser passer le courant que pendant une demi-période : il constitue une valve. Le phénomène, facilement mis en évidence avec un oscillographe cathodique (J), peut être utilisé pour redresser le courant alternatif.
- Photochimie. — C’est l’étude des phénomènes chimiques déclenchés ou produits par la lumière, ou des manifestations lumineuses accompagnant les réactions.
- Parmi les phénomènes déclenchés par la lumière, l’un des plus frappants est la combinaison du chlore avec Vhydrogène : dans l’obscurité, ces deux corps peuvent rester au contact l’un de l’autre sans réagir, mais ils se combinent avec une telle vivacité sous l’action de la lumière (3.000 Â) que la réaction peut être explosive (canon photochimique) : il suffit de réaliser le mélange à volumes égaux. La même réaction peut être ralentie par un excès de l’un de ces réactifs (hydrogène) : sous celte forme, elle a donné naissance au photo-relais Chilowski, ingénieux appareil permettant de fermer un circuit électrique lorsque l’intensité de la lumière qui le frappe baisse en dessous d’une certaine valeur. Un autre type de relais lumineux utilise les variations de résistance produites sur des électrodes polarisées (tantale,
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- tungstène, aluminium) par un faisceau éclairant.
- Dans certaines réactions, la lumière intervient par la quantité d’énergie qu’elle apporte. Ainsi une solution de bleu de méthylène dans de la glycérine ou d’autres solvants comme la mannile, l’éry-llirile..., se décolore en même temps que le solvant s’oxyde (en donnant naissance à des célones, des aldéhydes, etc.) (Jean Perrin, Mlle Croucroun).
- Le lévulose, sucre des fruits (C6H120“) se décompose avec formation d’oxyde de carbone et d’hydrogène. 11 est possible de mesurer l'influence de la lumière en effectuant la réaction dans un récipient relié à un manomètre : l’examen de celui-ci montre que la transformation est proportionnelle à la durée de l’éclairage et inversement proportionnelle au carré de la distance. Ceci pi'ouve quelle est proportionnelle à l’énergie lumineuse reçue.
- L’examen des phénomènes lumineux accompagnant des réactions chimiques se fait dans un laboratoire noir et sombre.
- Une expérience simple montre la jolie luminescence que produit l’action lente du ferrocyanure de potassium sur une solution sodique de luminol. Une luminescence analogue a lieu lorsque certains organo-magnésiens sont mis au contact de l’air (chimiluminescence).
- La présentation des expériences de Haber et de Polanyi a pour but de montrer la luminescence jaune produite par action du chlore ou de dérivés chlorés, comme le chlorure de chromyle, le chlorure de mercure, etc., sur le sodium.
- Un montage dû à M. Auduberl montre que toutes les réactions, fut-ce une simple neutralisation, sont accompagnées de phénomènes pholochimiques dans l’ullra-violet : l’énergie lumineuse produite est mise
- 14. — Récentes expériences de photochimie (Haber et Polanyi)
- 1. La Nature, p. 210.
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- en évidence à l'aide d’nn amplificateur et d’un haut-parleur {compte-photons).
- Nous avons dit en chimie organique que le carbone est tét.ravalent ; toutefois, il peut exister des groupements dans lesquels une valence du carbone reste libre. La décomposition photochimique de l’acétone CH3.CO.CH3 libère des radicaux libres (CH3) très réactifs, capables par exemple de réagir directement sur un miroir de plomb, en donnant du plomb tétraéthyle, volatil.
- L’hydrogène atomique, que nous connaissons déjà par une application pratique, peut être produit par voie photochimique : si de l’hydrogène est introduit dans un récipient à fenêtre de quartz et éclairé avec une lampe à résonance (2.537Â), les molécules sont activées et la transformation H2 -> 2H a lieu. Pour le vérifier, le récipient contient de l’acide tungstique jaune que l’hydrogène atomique réduit (coloration bleue).
- Spectrographie. — Lorsqu’une lumière, celle du Soleil par exemple, est reçue sur un prisme, elle s’étale en un spectre multicolore allant du rouge au violet : ce spectre correspond à la lumière visible. Mais au delà du violet et en deçà du rouge- il existe d’autres lumières, invisibles cette fois, dites radiations ultra-violettes et radiations infra-rouges, caractérisées par leurs longueurs d’onde, inférieures à 4.000 A (1 Â = 1 dix-millionième de millimètre) pour l’ultra-violet ; allant de 0,8 à 20 microns (1 g = 1 millième de millimètre) pour l’infra-rouge.
- Si, ayant étalé le spectre d’une lumière à l’aide d’un prisme, ou d’un système de prismes et de lentilles, nous interposons une substance sur le trajet lumineux, nous constatons en général que l’intensité de certaines des radiations a diminué : la détermination
- de l’affaiblissement pour chaque longueur d’onde permet le tracé de courbes d’absorption. Dans l’ultra-violet et le visible, le spectre d’absorption, parfois composé de raies Unes (gaz), est généralement formé de bandes (molécules complexes). Dans l’infrarouge par contre, il est souvent possible de distinguer une structure « fine » dans certaines bandes. Ces phénomènes lumineux sont provoqués par les vibrations des atomes dans les molécules : lignes et bandes sont par conséquent caractéristiques des substances examinées, au même titre que la densité ou l’indice de réfraction.
- Les méthodes d’étude spectrographique permettent d’atteindre deux résultats :
- i° d’une part, elles fournissent au chimiste des indications en vue de l'anal,.se des substances et permettent de déceler des impuretés ;
- 20 elles permettent; d’autre part de tirer des conclusions relatives à la structure dos molécules.
- Parmi les speclrographes exposés, l’un d’eux (Huet, constructeur), à grande luminosité, pèse 800 kgr. Chacun de ses prismes pèse 2,3 kgr et les lentilles ont 3o cm de diamètre. Conçu par la Société générale d’Optique, il est plus particulièrement destiné à l’étude de l’effet Raman (lîg. i5).
- Effet Raman (1928). — C’est le phénomène qui accompagne la diffusion de la lumière par les molécules d’un milieu transparent quelconque. Sous l’in-lluence d’un faisceau de radiations de fréquence donnée N, un tel milieu (non fluorescent) émet d’au l i es radiations que l’analyse spectrale permet de séparer, comprenant :
- i° une radiation de même fréquence que le faisceau incident ;
- 20 de part et d’autre de cette radiation, d’autres d’intensité plus faible et de fréquences Nr = N — n,, N2 = N — n2, etc. (raies négatives) et NA = N + n,,, NA = N + n,2. etc. (raies positives).
- Les différences n1, n2, sont indépendantes de la radiation provoquant le phénomène ; celui-ci étant peu intense, son observation approfondie nécessite des appareils de grande luminosité, tels que celui que nous venons de décrire.
- Comme les mesures d’absorption ultra-violette et infra-rouge, la technique de l’effet Raman permet de vérifier la pureté d’un corps et d’y déterminer les impuretés. Mais son grand intérêt est d’aider à élablir la structure des molécules, plus particulièrement organiques, en déterminant quelle est la nature des liaisons entre atomes, et leur disposition dans l’espace. L’étude de la marche de réactions et la mise en évidence de composés fugitifs, a labiles », sont également justiciables de ces méthodes.
- Diffraction des rayons X------Le problème de l’exa-
- men direct des molécules suppose comme facteur prin-
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- cipal une lumière dont la longueur d’onde ne soit pas trop supérieure aux dimensions des détails à étudier. Le rayonnement que perturberont de si minuscules accidents aura par conséquent une longueur d’onde plus de io.ooo fois inférieure à celle de notre lumière visible : ce sera du rayonnement Rontgen (rayons X).
- L’analyse cristalline permet l’étude sans destruction des substances, par une « vision » directe de la structure, se traduisant par des clichés de diffraction ; ceux-ci permettent d’évaluer les distances entre les atomes, qui sont examinés à la place occupée par eux dans la matière observée.
- En chimie minérale, cette technique a permis de résoudre; bien des problèmes restés sans solution, tels que celui de la constitution des silicates, celui de la constitution des argiles.
- En chimie organique, elle a permis de déterminer la forme des molécules, leurs dimensions, les distances exactes séparant les atomes. En particulier, on a pu ainsi constater que des substances à haut poids moléculaire, ont des structures cristallines ou quasi cristallines (cellulose, amidon, caoutchouc, kératine).
- Ce sont ces schémas réalisés à l’échelle de 5.ooo km par centimètre que représentent les assemblages de boules décorant les stands des rayons X et de l’effet Raman.
- Utilisée à la résolution de problèmes industriels, comme celui de la lubrification, l’analyse rontgéno-graphique a permis de mettre en évidence l’orientation des molécules et les phénomènes de glissement qui l’accompagnent. Les connaissances ainsi acquises ont été mises à profit pour perfectionner la fabrication des huiles de graissage et pour mieux adapter les produits lubrifiants à leurs conditions d’emploi.
- Fig. 16. — Installation de rayons X pour l’analyse cristalline.
- Au premier plan : structure de quelques cristaux. Contre les murs schémas de molécules organiques et biologiques importantes.
- L’installation exposée dans le stand comprend : à gauche : le générateur haute tension ; au centre : le tableau de commande et de réglage ; à droite : le tube i) rayons X à anticathode tournante (Baudoin constructeur), fonctionnant sous un vide compris entre i/1.ooo.ooo et i/io.ooo.ooo de millimètre de mercure, vide que fournit un groupe de pompage à cinq étages (une pompe à diffusion d’huile, une pompe à mercure à trois étages, une pompe à huile à palettes) (fig. 16).
- Microphotoméirie. — Nous n’avons pas précisé comment se fait l’observation des spectres en lumière invisible ; en général, ceux-ci sont formés sur une plaque photographique que l’on observe après développement à l’aide d’un microphotomètre. Sur l’appareil exposé (Garlet constructeur), l’image d’une fente est formée sur le cliché examiné ; la lumière qui traverse (plus ou moins absorbée selon la transparence) est reçue sur une cellule photo-électrique ; les variations du courant (amplifié ou non selon le type de montage), sont enregistrées sur une feuille de papier photographique que déroule un tambour solidaire du mouvement de la plaque.
- CONCLUSION
- Dans les pages qui précèdent, nous avons cherché à mettre en relief les diverses activités du chimiste. A l’origine, guidé par le souci de savoir, il étudia la matière sous les formes où elle se présentait à lui. Mais, au cours de ses recherches, il foi’gea un outil qui bientôt lui permit de créer. Le plus frappant exemple est certainement celui de la chimie organique qui, partie de l’étude de quelques produits rencontrés dans la nature, a accru son patrimoine d’environ 200.000 composés ! *
- Parmi toutes ces découvertes, le hasard voulut que certaines eussent des applications pratiques qui, conjuguées à celles qui fuirent, faites dans d’autres domaines, contribuèrent à bouleverser les conditions de la vie humaine et à créer notre civilisation moderne.
- En môme temps qu’il bâtissait un monde, le chimiste réduisait à moins de 100 le nombre des constituants fondamentaux du Globe.
- En étudiant et comparant les propriétés physiques et chimiques de ces éléments simples, il fut possible de les classer par analogies. Certaines périodicités apparurent, que ie chimiste russe Mendéléeff traduisit sous forme d’un tableau dans lequel les éléments sont rangés par ordre de poids atomiques croissants, en lignes et colonnes, en sorte que soient l’un au-dessous de l’autre ceux qui possèdent des propriétés analogues (1869). Certaines cases restant vides, Mendéléeff admit qu’il leur correspondait des éléments non encore isolés (ekamanganèse, dwimanganèse, ekaiode, ekacésium).
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- Moseley (igiS) établit qu’il l'allait affecter chacune des cases du tableau d’un « numéro atomique » ; les physiciens montrèrent que ce nombre correspondait à la charge électrique du noyau. Parallèlement à ces notions, celle d’isolopie expliqua des interversions comme ('elles de l’argon (numéro atomique : 18 ; poids atomique 39.94) et du potassium (numéro atomique : 19 ; poids atomique 00.09), ainsi que les valeurs non entières des poids atomiques.
- exposé à la Section de Chimie : dans chaque case se trouve inscrit le nom de l’élément, suivi de son symbole et de son poids atomique. Viennent ensuite le numéro atomique et la répartition des électrons sur les 'différentes couches comptées à partir du noyau. Un dispositif lumineux éclaire successivement chaque case, cependant qu’un panneau de lampes dessine la configuration correspondante (fig. 17).
- Point de départ des tentatives faites pour unifier
- Fig. 17. —• Tableau lumineux de la classification périodique des éléments.
- Dans chaque case est inscrit le nom de l’élément suivi de son symbole chimique et de son poids atomique, de son numéro atomique et de la répartition des électrons sur les différentes couches comptées à partir du noyau. J2n pressant un bouton, une case s’éclaire (ici celle du Radium) ; en même temps un panneau de lampes s’allume et dessine la configuration
- correspondante,
- Pour chacun des éléments, l’étude des rayons X permit d’autre part de fixer une structure électronique ; en particulier, certaines propriétés chimiques se trouvèrent expliquées par l’existence d’une couche périphérique d’électrons de valence (1).
- L’hypothèse de Mendéléeff se trouva par la suite justifiée, puisqu’à ce jour ont pu être déterminés les poids atomiques de 88 éléments sur 9a et que les éléments n° 43 (masurium : découvert par Noddack et Tacke en 192b) et n° 87 (moldavium : découvert, par Horia Hulubei, en 1906) ont été décelés par leur spectre de rayons X.
- Ce sont tous ces résultats que coordonne clairement le Tableau périodique des éléments dû à Jean Perrin,
- 1. La Nature, p. 217.
- nos connaissances du monde qui nous entoure, ce tableau, triomphe de la théorie atomique, couronne une fructueuse étape dans la marche glorieuse de la Science,
- Mais déjà une étape nouvelle commence ; dans le noyau, minuscule centre de l’atome où se concentre la matière, les chercheurs commencent à entrevoir de prodigieux secrets, dont les moindres ne sont pas les transformations réciproques entre matière et énergie et la transmutation provoquée des éléments (Rutherford, Joliot-Curie) : une chimie nouvelle naît (?).
- lit dans cette synthèse qui exige jusqu’à la révision même de nos concepts, la Science avance infatigable vers son but éternellement fuyant, IL Vjaixajuç
- 2. La Nature, p. 222.
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- LES TYPHOÏDES DOIVENT DISPARAITRE = 876
- « La fièvre typhoïde est, avec la variole, la plus évitable de toutes les maladies »,
- Professeur II. Vincent.
- La fièvre typhoïde qui devrait, ainsi que la diphtérie, être en voie de régression, sem-ble, au contraire, avoir repris du terrain depuis 1918. Si, grâce à la mise en vigueur de certaines mesures d’assainissement, d’hygiène et de prophylaxie, le taux de morbidité par fièvre typhoïde est moins élevé aujourd'hui, cette maladie reste encore, en France, comme le montrent les statistiques, parmi les maladies les plus fréquentes (fig. 1).
- Knlre les climats polaires et les limites méridionales de la zone tempérée, sa fréquence croît à mesure qu’on se dirige vers le Sud. Ainsi, en Grande-Bretagne, en Belgique*, en Suède, au Danemark, elle est moins commune qu’en France.
- On la rencontre partout où il existe des hommes vivant en groupes. Les agglomérations urbaines sont un milieu de prédilection pour cette maladie. Elle y sévit à
- 2. — Distribution des fièvres typhoïde et paratyphoïdes, ' en France, en I
- LE BACILLE TYPHIQUE
- Bien que le bacille typhique (Bacillus lyphosus ou Eherthella lyphi) ait été, pour la première fois, isolé et cultivé par Gaffky, on le nomme le plus souvent bacille d’Eberth, parce que ce savant a, le premier, en ic88o, signalé la présence, du bacille dans les. organes des typhiques.
- Le bacille typhique, extrêmement mobile, se présente sous la forme d’un bâtonnet à bouts arrondis, mesurant a à 3 p sur o p. ti à o p 7. 11 porte en moyenne 9 à ia cils, souvent longs de plus de 8 p, qui ne peuvent être vus, par des procédés spéciaux de coloration, que sur des bacilles prélevés de cultures très jeunes (6 à a4 h) (fig, 3). Le bacille se colore facilement par les couleurs d’aniline, mais ne prend pas le Gram.
- Anaérobie facultatif, le bacille typhique se développe facilement sur tous les milieux d’usage courant : bouillon, gélatine, gélose, pomme de terre, lait, etc. entre 4° et 43°. On le caractérise parmi d’autres microbes voisins (B. coli et paratyphiques) en le cultivant sur des milieux spéciaux dits différentiels.
- En suspension dans l’eau, il meurt à fio° en 20 mn ; la lumière solaire le tue en 4 h 1/3 ou 5 h. Si les alternatives de gel et de dégel diminuent rapidement sa vitalité, le bacille typhique conserve sa virulence pendant 3 mois dans l’eau et dans la glace, pendant 5 mois dans le sol humide, et jusqu’à plus de 24 ans à l’obscu-
- l’élal endémique, mais croît au moment de la période estivo-automnale. En raison de la mobilité de la population en cette saison, les causes des épidémies passent souvent inaperçues.
- D’autre part, au cours des années, l’affection présente des oscillations plus ou moins marquées qui se
- renouvellent avec une cer
- Fig. 1. — Mortalité par
- lièvres typhoïde et paratyphoïdes en France, de 1919 à m:;.
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- tame périodicité, suivant un cycle de 5 à 7 ans (épidémies de Paris en 1936 et i()33). On a pensé que celle périodicité est due à l’arrivée d’éléments réceptifs qui viennent des campagnes se contaminer au foyer permanent constitué par les grands centres. Sur ce mode endémique et même sporadique, se greffent parfois des épidémies plus ou moins violentes.
- En ces dernières années, l’attention des hygiénistes a été attirée sur deux facteurs : la répartition géographique qui montre un maximum de fréquence et de permanence sur le littoral, particulièrement sur les côtes de Méditerranée et de l’Ouest (fig. 2) ; le maximum saisonnier pendant la période des vacances.
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- rité et à l’abri de l’air (H. Vincent). A l’encontre de plusieurs autres microbes, la bile ne le tue pas et n’empêche pas son développement.
- Le bacille typhique sécrète une toxine et provoque, dans l’organisme envahi, une infection et une intoxication.
- Il se rencontre chez les malades pendant toute la duréè de la maladie et il peut rester longtemps après dans la vésicule biliaire et dans la vessie des sujets guéris. Ceux-ci deviennent des porteurs de germes qu’ils répandent avec leurs urines et leurs selles, pendant quelques mois et parfois plusieurs années après leur guérison complète.
- L’homme est très réceptif pour le bacille typhique. Dès les premiers jours d’infection et souvent avant l’apparition de la fièvre, on trouve ce dernier dans le sang, d’où il peut être isolé pendant toute la durée de la maladie, mais il diminue de fréquence à partir de la deuxième ou troisième semaine. Le courant sanguin le répand dans tous les organes ; les voies biliaires, la rate, le foie et la moelle osseuse sont les endroits où il se localise et se multiplie électivement. Après la mort, on le trouve par culture dans tous les viscères et même dans le cerveau (H. Vincent).
- LES BACILLES PARATYPHIQUES A ET B
- Tandis que le bacille paratyphique B (Dacillus para-typhosus ou Salmonella paratyphi) était déjà fréquent, en France, avant la guerre, le bacille A fut assez rare jusqu’à cette époque. Les infections dues à ces deux bacilles sont répandues en Afrique du Nord.
- Le bacille paratyphique A se présente sous la forme d’un bâtonnet, le plus souvent ovoïde, mesurant de 3 à 4 F sur o 6 à o p; 7. Il porte de quatre à six cils et, comme le bacille typhique, il est très mobile. Le
- Fig. 3 — Bacille d’Eberth avec ses cils colorés.
- paratyphique B possède les mêmes caractères microscopiques que le bacille A.
- Le bacille A est plus fragile que le bacille B. Si le microbe n’est pas réensemencé régulièrement, sa vitalité dans les cultures s’épuise en 1 à 3 mois, tandis que celle du bacille B dure plus longtemps. Une température de 58° les tue. Les deux bacilles sécrètent des toxines solubles.
- Généralement, ces paratyphiques provoquent des affections cliniquement assez semblables à la lièvre typhoïde. La prophylaxie et la vaccination antiparatyphoïdiques sont exactement les mêmes que celles de la fièvre typhoïde.
- Gomme ces trois bacilles se ressemblent par leur aspect microscopique, on emploie pour les reconnaître l’essai d’agglutination par les sérums d’animaux vaccinés contre chacun d’eux ; elle est spécifique.
- On peut aussi les distinguer par culture sur des milieux différentiels, c’est-à-dire les milieux d’usage courant auxquels on ajoute certaines substances chimiques (tournesol, glucose, plomb, par exemple), sur lesquelles chaque bacille agit différemment (modifications de couleur du milieu, dégagement de gaz, etc.).
- Comme le bacille typhique, les paratyphiques peuvent rester longtemps vivants dans certains organes d’un individu guéri.
- LES TYPHOÏDES
- La pénétration des germes a lieu dans les voies digestives, où ils sont apportés par les aliments ou l’eau contaminés. Les germes peuvent aussi être transmis à la bouche par les mains souillées et c’est pourquoi on a pu dire que la fièvre typhoïde est parfois « la maladie des mains sales » (II. Vincent). Du reste, les hygiénistes ont signalé comme professions prédisposant aux affections typhoïdiques celles d’infirmiers et de blanchisseuses ; les premiers souillent leurs mains par contact avec les malades et leurs objets ; les secondes en lavant le linge de malades ou de porteurs de germes. Personne n’est à l’abri d’une contamination et c’est pourquoi on ne saurait trop recommander de se laver les mains après tout contact suspect et avant chaque repas.
- La durée d’incubation est de i5 à 21 jours ; rarement elle se prolonge jusqu’à 4 et même 6 semaines (Jaccoud, H. Vincent).
- Elle débute lentement par des malaises, de la lassitude, de rabattement, de la tristesse. Des maux de tête avec des bourdonnements d’oreilles, souvent des saignements de nez surviennent au début de l’infection. L’appétit se perd et le sommeil est mauvais. Après quelques jours, le malade s’alite avec une fièvre progressivement ascendante dans le cas de fièvre typhoïde. La céphalée, les étourdissements et l’insomnie augmentent. Le malade est agité ou assoupi et souvent dans la stupeur. Le délire n’est pas rare. La langue est sèche et chargée d’un enduit brunâtre ou noirâtre. Le ventre est ballonné, présentant des taches rosées
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- Fig. 4. — Lésions typhoïdiques des plaques de Peyer chez un adulte.
- caractéristiques qui peuvent s’étendre au thorax et à la racine des membres. La rate est tuméfiée. La diarrhée est fréquente.
- Dans les paratyphoïdes, le début de la lièvre est généralement brusque, s’accompagnant de sueurs ; en parliculier, les malades présentent de la stupeur et ont des taches rosées lenticulaires parfois très abondantes, plus précoces que dans la fièvre typhoïde.
- Lorsque la maladie va vers la guérison, la fièvre diminue graduellement, les symptômes nei'veux et digestifs s’amendent et la convalescence s’établit len-
- tement et péniblement après plusieurs semaines. Le convalescent est généralement très affaibli et considérablement amaigri.
- On observe assez souvent des complications, comme les ostéites, les pleurésies, les pneumonies, le laryngo-typhus, les angines, les péricardites, les abcès, etc. Par sa présence dans l’intestin, le bacille typhique détermine des ulcérations des plaques de Peyer. Leur nécrose peut aboutir à une complication très grave : la perforation ou à des hémorragies intestinales qui la perforation, ou à des hémorragies intestinales qui C’est pourquoi le malade doit être surveillé et suivre strictement le régime alimentaire prescrit par le méde-cin. Le malade et son entourage doivent savoir qu’un aliment, le pain, par exemple, peut provoquer une perforation mortelle. Dans aucun cas l’entourage ne doit laisser à la portée du malade ou du convalescent récent des aliments solides.
- Le diagnostic de la maladie est facilement confirmé par l’examen bactériologique du sang (hémoculture). La présence du bacille dans le sang est décelable dès le début de l’infection. Selon la statistique de Coleman et Buxlon, on le trouve dans 93 pour 100 des cas dans la première semaine ; dans 79 pour 100 des cas dans la deuxième semaine ; dans 56 pour 100 des cas dans la troisième semaine et enfin dans 3 a pour 100 des cas dans la quatrième semaine.
- (A suivre. )
- W. N. Kazeeff.
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- — LA MÉTALLURGIE DU FER
- DANS L’ASIE ANTÉRIEURE ET SES RAPPORTS AVEC LES MIGRATIONS DES PEUPLES
- LES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES ET L’AUBE DE LA MÉTALLURGIE
- Le fer est très répandu dans la nature, principalement sous forme de composés tels que les oxydes, sulfures, carbonates, phosphates, etc. Les principaux minerais actuellement exploités sont la magnétite (oxyde ferroso-ferrique Fe304), 1’oligisie (oxyde ferrique Fe203) et le fer spathique (carbonate ferreux FeCO3). Ces minerais abondent, les uns dans les pays Scandinaves, les autres en Sibérie, en Chine, aux Indes, en France, dans certaines régions méditerranéennes, etc. Le fer est donc pour le moins aussi répandu que les autres métaux. Il apparaît cependant dans l’histoire, en tant que métal usuel, beaucoup plus tard que le cuivre. En effet, alors que ce dernier commence à être utilisé, par exemple, en Egéide vers 3ooo av. J.-C., l’âge du fer n’y débute que 2.000 ans après.
- Le fer est déjà mentionné aux Pyramides (environ 2840-2680 av. J.-C.), mais peut-être s’agissait-il de fer météorique, connu depuis la plus haute antiquité et auquel sa rareté conférait une grande valeur. Pourtant, une découverte récente prouve que le fer terrestre était, dès la même époque, introduit en Mésopotamie.
- Au cours des fouilles effectuées dans les ruines d’Eschnunna, à 80 km de Bagdad, pour le compte du Chicago’s Oriental Institute, le Pr Franckfort a, par chance, mis au jour une jarre contenant environ 80 objets de cuivre et, parmi ceux-ci, un manche de dague en bronze évidé décoré de perforations. Des traces de rouille ayant attiré l’attention des archéologues, cet objet fut soigneusement examiné en laboratoire. C’est alors que l’on découvrit à l’intérieur du manche une masse de rouille, petite mais cependant trop grosse pour passer à travers les perforations.
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- L'analyse révéla qu’il s’agissait de fer terrestre. Ce manche de dague avait donc autrefois une lame en fer. D’aucuns conclurent, un peu hâtivement, que ce métal était déjà eu usage eu Mésopotamie a.700 ans av. .1date assignée aux objets découverts. Or, à celle époque, le bronze était peu Iravaillé dans celte légion el il n’v exislait aucune industrie du 1er. Par ('outre, la technique du cuivre y était 1res avancée et les Mésopolamiens connaissaient ce métal depuis plusieurs siècles ; à 8use même, ou en a retrouvé datant de 4.000 ans av. J.-C. Il est donc tout à fait vraisemblable que celle dague était d’importation lointaine ou une arme [irise à quelque combattant au cours de batailles en terre étrangère. On a même supposé quelle était d’origine sibérienne. Nous verrons plus loin (pie les peuples nordiques furent peut-être les premiers à travailler le fer.
- Aucune autre découverte analogue à celle d’Esch-nunna n’a encore été faite en Asie Mineure ou en Mésopotamie à laquelle on [misse attribuer une date antérieure à uooo av. J.-C. En effet, les plus anciens objets eu fer connus datent d’environ 1000 ; ce sont ceux d’Alishar (Anatolie) où les fouilles ont dégagé une grande quantité de ('Ions, verrous, anneaux, têtes de llèches, etc. O11 sait également que les Hittites travaillaient ce métal ; il est mentionné dans un message sur tablette d’argile adressé par un de leurs rois à Ramsès II (env. i3oo). On suppose que la fonte du fer était connue aux Indes dès i/joo. Ensuite vint l’âge du fer en Grèce (1100), puis les mines de limonite et les fonderies de llalstalt (800).
- On est justement surpris, à première vue, de constater à quelle perfection la métallurgie du cuivre et des métaux précieux était arrivée, alors que celle du fer n’était pas encore née. Nous suggérons de ce fait l'explication suivante.
- A la fin de 1ère néolithique, l’homme avait en main une technique ferme et sûre : celle de la pierre, qu'il appliqua au travail des métaux. Les peuples du Nord possédaient d’abondants gisements de fer qu’ils tentèrent sans doute d’exploiter au cours du troisième millénaire. L’entreprise était des plus difficiles, mais 11e les rebuta pas. 11 se créa peu à peu une métallurgie très primitive, évoluant dans le sens d’une industrie bien déterminée. Le fer de mauvaise qualité ainsi obtenu fut probablement employé longtemps concurremment avec la pierre.
- Pour les peuples du Sud, il en fut autrement. La technique néolithique leur servit tout d’abord à travailler le cuivre et les métaux précieux. Ceux-ci, particulièrement ductiles, se plièrent facilement sous le marteau des premiers métallurgistes. Plus tard, le bronze fut martelé également avec de bons résultats. Il est probable que des minerais de fer furent aussi exploités dans certaines régions. Toutefois, si le cuivre s’extrait el se travaille aisément, la métallurgie du fer pose des problèmes beaucoup plus compliqués. Les résultats durent être peu encourageants. Après 11’avoir obtenu que du métal de mauvaise qualité, impropre à la fabrication des armes, lei'ne et sombre,
- on négligea ce genre de métallurgie. En outre, l’Asie Mineure et la Mésopotamie se trouvaient favorisées par d’abondants gisements de cuivre, et ce fait dut suffire à influencer la métallurgie de l’époque el à exclure pour longtemps l’usage du « métal noir ».
- L’emploi du fer dépendait donc entièrement de méthodes nouvelles permettant l’obtention d’un métal suffisamment résistant pour pouvoir concurrence)' le cuivre et, plus tard, le bronze. Nous allons voir à présent quelle a pu être l'influence des migrations sur ce facteur.
- LES SUMÉRIENS ET LE DÉVELOPPEMENT DE LA MÉTALLURGIE
- Les peuples néolithiques avaient entre eux de nombreux rapports commerciaux et autres. D’après les fouilles effectuées en Mésopotamie, on peut admettre de telles relations entre les peuples qui s’y trouvaient avant l’arrivée des Sumériens, d’une part avec la Ghine el, d’autre part, avec l’Égypte ; des analogies oïd, en effet, été remarquées entre les poteries archaïques mésopolamiennes el celles de la Chine, de même qu’entre des sceaux susiens et certains motifs décoratifs de l’Égypte préhistorique. Ces rapports permettaient naturellement aux peuples néolithiques de bénéficier mutuellement des progrès réalisés dans les divers domaines de leur activité. Toutefois, ces progrès ne k passaient que très lentement d’une région à une autre, faute de voies de communication appropriées. Les migrations, en facilitant les contacts entre peuples, jouèrent un grand rôle dans la transmission des connaissances acquises.
- Une des plus anciennes migrations connues est celle des Sumériens. On les suppose dolichocéphales, à peau brune, aux cheveux noirs el frisés. D’après leurs propres légendes, ils venaient d’une contrée montagneuse et boisée ; peut-être s’agit-il des contreforts de l’Himalaya. Nous les imaginons, descendant par la vallée de l'Indus et venant s’établir en Mésopotamie après avoir suivi les côtes de la Perse. Ils furent probablement les fondateurs de la civilisation de l’Indus qui présentait de grandes analogies avec celle de Sumer. En effet, d’après certains archéologues, le commerce ne suffît pas à expliquer de telles ressemblances. Avant l’arrivée des Sumériens en Mésopotamie, les peuples néolithiques qui habitaient cette région venaient de découvrir le cuivre ; on en a retrouvé des ti'aces à Tell-el-Obéid (env. 34oo av. J.-C.) et à Suse.
- Avec l’occupation sumérienne, nous assistons à l’éclosion de la métallurgie. Les bijoux d’or et d’argent, les armes et objets de cuivre que nous a légués la fin du quatrième millénaire dénotent une technique et un sens artistique remarquables. C’est l’époque où débute l’âge chalcolitliique en Crète, à la suite des rapports commerciaux que ce pays entretenait avec Sumer.
- Rien ne permet de supposer que le fer fût connu dès ce moment-là en Basse Mésopotamie.
- L’Orient a toujours été considéré comme la patrie
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- des métaux. Les richesses de son sous-sol sont en effet considérables, quoique encore mal connues. La Chine, en particulier, possède à peu près de tous les minerais. La métallurgie y apparaît plus tôt qu’ailleurs. el l’on a dit que les empereurs légendaires chinois étaient des fondeurs de métaux. Quant à l’industrie du fer, elle aurait été florissante dans ce pays dès 2000 av. J.-C., c’est-à-dire 900 ans avant l’introduction de ce métal en Grèce et environ 700 ans après la date attribuée à la dague d’Eschnunna.
- ................— ..— 279 =
- Peut-être n’y en eut-il pas. Celte découverte extraordinaire, qui devait si fortement influencer l’évolution des civilisations futures, ne fut sans doute que la résultante de longs siècles d’efforts et débuta simultanément dans plusieurs régions, ainsi qu’il en est encore de nos jours pour la plupart des inventions de génie.
- En ce qui concerne l’Extrême-Orient, l’indus, la Mésopotamie, l’Ëgéide et l’Égypte, il ne s’agissait, 3.000 ans av. J.-C., que de la métallurgie du cuivre et
- Jjalstatt
- '7 / M
- Gisenvents de fer
- D oriens
- ----Indo- Européens
- Fig. 1. — Les gisements de fer et les migrations des peuples néolithiques.
- Les Sumériens étaient probablement en rapports avec l’Extrême-Orient avant leur établissement dans la vallée de l’Euphrate et ne cessèrent de l’être tout le temps que dura leur civilisation, avec comme intermédiaire celle de la vallée de l’indus. Cela pourrait expliquer la prépondérance de leur industrie métallurgique en Asie antérieure, fruit des connaissances de la Chine ancienne et de leur propre expéi’ience. Et ce serait suivant la même route que furent introduits en Égéide le bronze et l’usage de la soudure.
- Il est impossible actuellement d’assigner un lieu précis à la découverte de la métallurgie proprement dite.
- des métaux précieux. Jusqu’à présent, aucune trace de fer datant de cette époque n’a été retrouvée dans ces pays. La Chine même, si favorisée tant par ses richesses naturelles que par sa vieille science de la métallurgie, ne semble avoir connu le travail du fer que plus tard. Seule, la dague d’Eschnunna fait exception. Il existait donc, vers 2700, une industrie du fer quelque pari. Où ? Vraisemblablement du côlé de la Sibérie.
- Nous avons dit ci-dessus que la métallurgie du fer tlorissait en Chine vers 2000 av. J.-C. C’est une hypothèse généralement admise. Or, ce métal aurait été
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- = 280 :.............------------------------.........:
- connu aux Indes vers i/joo et introduit peu de temps après en Asie Mineure. Ce fait s’explique aisément.
- Au point de vue géographique, la Chine était en relations plus directes avec la Sibérie Orientale que les autres régions. De là, les méthodes de travail du fer ont pu être répandues aux Indes, par ce qui est de nos jours la Birmanie, à moins quelles n’y eussent été introduites simplement par les caravanes venues d’Asie centrale.
- LES INDO-EUROPÉENS ET L'INDUSTRIE SIDÉRURGIQUE
- Une autre migration, qui eut également des conséquences de première importance, eut lieu vers l’an 2000 av. J.-C. : celle des Indo-Européens qui, franchissant l’Hellespont, vinrent fonder l’empire Hittite en Asie Mineure au détriment du vieux royaume asiatique du Soubarou. Ces nouveaux arrivants ne tardèrent pas à entrer en relations plus ou moins pacili-ques avec les habitants de la Mésopotamie, les Égéens et les Egyptiens. Leur origine est aussi obscure que celle des Sumériens. On admet qu’ils descendaient de Sibérie.
- De leur côté, les Kassites aux cheveux blonds passaient les Monts Zagros vers 1800 et s’établissaient dans la vallée de l’Euphrate.
- Ces deux invasions ne semblent pas avoir modifié considérablement les conditions de vie des envahis. Ceux-ci, bien qu’ayant adopté la langue des nouveaux venus, gardèrent toujours l’empreinte de la vieille civilisation sumérienne. Cependant, puisque le milieu du second millénaire est marqué par les débuts de l’industrie sidérurgique en Asie Mineure, il paraît logique d’admettre que les Indo-Européens y jouèrent un rôle de premier plan. Ils apportaient, en effet, des méthodes nouvelles, correspondant spécialement aux nécessités imposées par l’industrie du fer. L’habileté métallurgique qu’ils trouvèrent chez les peuples conquis, combinée à leurs propres connaissances, permirent enfin à l’industrie si compliquée de ce métal de se développer librement. Les progrès furent sans doute assez lents au début, étant donné la période de troubles dont toute invasion est suivie jusqu’à ce qu’une relative unité politique et morale soit établie. Mais les fouilles d’Alishar montrent quel fut l’aboutissement de ces efforts. Si la technique n’était pas encore suffisante, elle était près de le devenir dès avant le xme siècle.
- Les minerais de fer sont relativement peu abondants dans cette région de l’Asie et n’étaient sans doute connus qu’en partie au deuxième millénaire, mais la petite quantité de métal extrait pouvait suffire à des usages encore restreints. Il se peut en outre que, la valeur du fer ayant été reconnue, on en ait importé de pays étrangers par les routes que les migrations avaient ouvertes.
- On dit que les Doriens apportèrent le fer en Grèce au xie siècle avant notre ère. En réalité, ils jouèrent dans la région méditerranéenne un rôle analogue à celui des envahisseurs de l’Asie Mineure. Le fer était •
- en effet déjà connu des Égéens grâce aux relations commerciales qu’ils entretenaient avec les pays voisins ; mais il préféraient les armes de bronze, leur habileté leur permettant d’obtenir un alliage de grande qualité, et le bel éclat du cuivre. Il fallut donc que la technique dorienne vînt se greffer sur la leur pour les convaincre d’utiliser le fer. La période de transition fut longue et les Grecs ne s’accoutumèrent que lentement aux difficultés de la métallurgie nouvelle. Notons qu’à Halstalt (Autriche), région avec laquelle la Grèce était peut-être en relations, l’industrie sidérurgique ne produisait encore que des articles de mauvaise qualité 800 ans av. J.-C.
- CONCLUSION
- Par ce qui précède, nous avons essayé de mettre en évidence le rôle joué par les migrations dans le développement de l’industrie sidérurgique ancienne, plus particulièrement dans l’Asie antérieure. Nous avons admis tout d’abord que les Sumériens furent les créateurs de la métallurgie en Mésopotamie, d’où elle rayonna par la suite vers les régions méditerranéennes. Ils ne pouvaient devoir ces connaissances spéciales qu’à leurs expériences accumulées au cours des siècles et à leurs contacts avec les pays d’Asie centrale et d’Extrême-Orient. 0.000 ans av. J.-C., les Sumériens étaient peut-être les seuls détenteurs des secrets métallurgiques de la Chine. Nous disons bien « secrets », le travail des métaux ayant été depuis ses débuts intimement lié aux rites magiques ; les forgerons constituaient des corporations jalouses de leur savoir et respectées du peuple.
- Nous avons ensuite indiqué par quel processus l’industrie du fer débuta en Asie Mineure à la suite des invasions indo-européennes : elle fut le résultat de l’habileté métallurgique des envahis combinée aux méthodes de travail nouvellement apportées par les envahisseurs. Malheureusement, quant à l’origine précise de ces derniers, le problème reste entier.
- Nous avons d’autre part mis en parallèle l’influence des Doriens dans la Grèce ancienne, bien qu’il s’agisse en ce cas non seulement de la création d’une industrie nouvelle, mais aussi d’un monde nouveau.
- Tout ce que nous venons de dire est basé sur des trouvailles archéologiques datées trop souvent de façon arbitraire. En outre, le fer est, de tous les métaux, le plus difficile à retrouver et nous avons vu, à propos de la dague d’Eschnunna, que seule un peu de rouille a dû contenter les fouilleurs. En archéologie, le moindre fait a son importance, qui est parfois considérable. Il suffirait, par exemple, de quelques découvertes analogues pour permettre aux savants de déterminer avec plus de précision les routes suivies par les anciennes migrations humaines. Nous sommes d’autre part persuadé que l’étude comparée des débuts de la métallurgie dans les diverses régions de l’Europe et de l’Asie est susceptible de mettre en lumière des rapports encore insoupçonnés entre certains peuples de la haute antiquité. N. Collins-Tenthorey.
- .é
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- L'ASSISTANCE RADIO-MÉDICALE EN MER = 281
- On no peut envisager l'obligation (l’embarquer un médecin sur tous les bateaux naviguant en mer, quel que soit leu tonnage. Força; est de se limiter aux grands navires de passagers. Mais tous les autres bâtiments : cargos, bateaux de poche, etc. peuvent aussi avoir des malades et des blessés à bord. Jusqu’à présent, il fallait attendre de rejoindre un port de relâche pour trouver des soins compétents, la boîte de pharmacie obligatoirement embarquée ne permettant que les secours d’urgence, généralement appliqués sans grande compétence.
- La Presse. Médicale nous apprend, grâce au Pr Guido Guida, qu’un centre radio-médical international a été créé à Rome, qui se propose de coordonner les efforts déjà entrepris en vue d’organiser une assistance médicale en mer par T. S. F. à partir d’un certain nombre de ports.
- Actuellement, les nations maritimes qui ont chargé des stations côtières de répondre aux demandes médicales sont les suivantes : Alaska, 16 stations; Allemagne, a stations; Australie, ni stations; Canada, 8 stations; Colombie, i station; Costa-Rica, i station; Danemark, 5 stations; Etats-Unis d’Amérique, 07 stations; Iles Fidji, 1 station; Finlande, a stations; France, 5 stations; Grande-Bretagne, 10 stations; Guatemala, 1 station; Honduras, 3 stations; Indes britanniques, 5 stations; Irlande, a stations; Italie, j5 stations; lies Mariannes, 1 station; Iles Marshall, 1 station; Nicaragua, a stations; Norvège, 5 stations; Nouvelle-Guinée, x station; Nouvelle-Zélande, 3 stations; Panama, a stations ; Papouasie, a stations ; Pays-Bas, 1 station ; Iles 8amoa, 1 station; Suède, 5 stations; Maroc, r station.
- Si l’on observe la distribution géographique de ces postes, il saute aux yeux qu’ils ne sont pas disti'ibués partout ; l'Atlantique méridional, les côtes africaines baignées par l’Océan Indien, l’Océan Pacifique sont complètement dépourvus de stations radio-médicales.
- Aussi, le Pr Guida propose les vœux suivants qu’il faut souhaiter voir réalisés rapidement :
- i° On devrait organiser quelques stations côtières de T. S. F. au Brésil, en Argentine, au Chili, au Pérou, en Afrique du Sud, à Madagascar, dans la Somalie italienne et au Japon, de manière que les bateaux eix navigation dans l’Atlantique méridional, le Pacifique méridional et l’Océan Indien puissent se tenir en coiitact radiotélégi’aphique avec elles, directement ou par-l’intermédiaire d’autres navires, quand les commandants aui’ont besoin de demander des conseils d’ordre médical;
- 20 On devrait instituer des « centi’es radio-médicaux centraux » sur le modèle de celui existant en Italie (médecins,
- spécialistes, listes des produits pharmaceutiques existant dans les pharmacies de bord des bateaux de tous les pays tant que les listes ne seront pas unifiées, réception de télégrammes dans les principales langues étrangères : allemand, anglais, français, italien; fiches médicales pour chaque malade, etc.)-;
- 3° Les stations côtières de T. S. F. chargées actuellement de ces services devraient servir à transmettre les messages de caractère médical ;
- /i° Pour juger de l’exactitude du diagnostic établi à distance et pour pouvoir en tirer un utile enseignement pour l’avenir, il serait désirable que les stations l'adio-médicales suivent le malade qui vient d’être hospitalisé et s’informent du diagnostic établi par le médecin de l’hôpital où le malade a été admis. Par suite, chaque malade devrait avoir une fiche médicale.
- Une copie de la fiche médicale devrait être envoyée au « Gentre radio-médical international » qui s’est proposé d’approfondir l’étude du problème vaste et complexe de l’assis-lance médicale maritime par T. S. F. ;
- 5° Les transmissions des demandes médicales par T. S. F. entre les navires en navigation et entre les navires et les stations côtières devraient être toujours faites « en clair » pour gagner du temps et pour éviter des erreurs de transmission, d’autant plus qu’une ordonnance médicale 11e pourra pas être transmise chiffrée ;
- (î0 Unification de la liste des produits pharmaceutiques de bord existant dans les navires en navigation. Le Comité radio-maritime international devrait nommer un oi'gane compétent à cet effet ;
- 70 Le commandant de chaque navire devrait posséder une publication contenant les l'ègles pour les ti’ansmissions îadio-médicales et la liste des principaux produits pharmaceutiques de bord, avec l’indication du mode d’emploi, de la dose à prendre chaque fois et de la quantité maximum à administrer dans les ik heures ; celte publication devrait être illustrée de figures portant les dénominations des différentes parties anatomiques du corps humain en vue d’établir avec exactitude, dans la transmission des demandes radio-médicales, la localisation du mal ;
- 8° Il serait désirable que toutes les nations maritimes ayant des services radio-médicaux enti’ent en collaboi’ation avec le « Centi-e radiomédical international » pour suivre une unité de directives, de manière à obtenir de meilleurs résultats au point de vue pratique.
- R. M.
- = TRACTION AVANT OU TRACTION ARRIÈRE =
- L’apparition sur le marché automobile il y a quelques années de voitures à traction avant construites en grande série a soulevé parmi les usagers un très vif intérêt et suscité de nombreuses polémiques sur les avantages et les inconvénients respectifs des deux modes de propulsion. Partisans et adversaires ont mis en avant des arguments auxquels manquaient souvent la précision et le contrôle expérimental.
- Dans une très intéressante conférence à la Société des Ingénieurs de l’Automobile (S. I. A.), M. Rôhr,
- directeur technique des automobiles Mercédès-Benz, a exposé les résultats d’une étude approfondie sur cette question et nous allons donner un résumé des conclusions principales auxquelles il est arrivé après de multiples expériences.
- Les facteurs qui influent sur les propriétés de conduite des véhicules, que nous considérons uniquement, à l’exclusion des questions mécaniques de rendement du moteur, de construction du châssis, de transmission, etc., sont les suivants ;
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- i° Genre de propulsion ;
- Répartition des charges sur les roues avant cl arrière ;
- 3° Moment d'inertie du véhicule par rapport à l'axe du centre de gravité perpendiculaire à la roule ;
- V’ Distance entre le centre de gravité et la roule ;
- 5° Empattement ;
- <i° Profil de la carrosserie ;
- 7° Rigidité latérale des pneumatiques.
- (les fadeurs font sentir leur influence sur les propriétés de conduite et le rendement de la voiture dans les cas suivants, qu'il faut étudier individuellement :
- a) En roulant horizontalement sur une roule dont l étal superficiel est variable, soif à vitesse uniforme, soit à vitesse accélérée, soit en freinant ;
- b) Sous l’inlluence d’un vent latéral ou de secousses latérales provoquées par les aspérités et irrégularités de la route ;
- c) En côte ;
- d) En virage.
- Nous allons examiner rapidement leurs effets généraux. Rappelons d’abord quelques propriétés fondamentales.
- [1 ne roue qui se développe sur un plan, si elle est rigide, suit la loi du frottement sec : la foret1 de frottement disponible est proportionnelle à la pression exercée par la roue cl au coefficient de frottement. Ea roue commence à déraper lorsque la résultante de la force d'entraînement et de la force latérale est supérieure au produit, de la pression par le coefficient du frottement.
- Due roue munie d'un pneumatique dérapt1 sous l'influence de faibles forces latérales avec, initialement, une vitesse constante. Mais, après suppression de, l’adhérence, il y a accélération du déplacement, latéral cl l'élasticité du pneumatique provoque des changements de direction, meme si l’automobile suit une roule rectiligne.
- La rigidité du bandage croît, surtout quand la roue est motrice, quand la roue n'est plus perpendiculaire aux forces latérales mais fait avec elles un angle plus petit (position braquée), car le bandage se déforme
- Fiy. I. — Efforty sur les véhicules suivant le mode de traction.
- ,---Résistance
- Résistance___i
- Voiture à traction arrière
- Propulsion
- Direption de marche
- 'Propulsion
- Voiture à traction avant
- moins dans le sens de la marche que dans le sens transversal.
- Des phénomènes sont très nettement ressentis par le conducteur, surtout, s’il joule avec des pneus insuffisamment gonllés ; il peut même se produire que la voilure prenne un mouvement de lacets à oscillations croissantes si les moments d’inertie sont importants. L'angle dont l'axe de symétrie s’écarte alors de la direction de maie,fie est appelé angle de lloftement.
- 1) L'effort, de propulsion du moteur est appliqué au milieu de l'essieu moteur, et le point d’application des résistances (résistance au roulement et résistance de l'air) se trouve en avant du milieu de la voiture dans les automobiles actuelles. Il en résulte immédiatement que le véhicule à roues arrière motrices se trouve en équilibre instable (lig. i). Quand l’adhérence des roues arrière est utilisée pour la .propulsion et le freinage, (h1 sorte qu’elles ne peuvent plus exercer de force d'orienlation latérale, le véhicule tend à pivoter autour de l’axe vertical passant par son centre de gravité dès qu’il est sollicité par une force latérale quelconque (vent, sol moins consistant sous un côté de la voilure, etc.) tendant à le faire dévier de sa direction de marche. L’axe de pivotement est, dans ce cas, à peu près à la hauteur du milieu de l’essieu avant. Dans la pratique, le conducteur combat ce pivotement par braquage dans la dii’eclion opposér..
- Dans les véhicules à L'action avant, au contraire, l'effort moteur est appliqué en avant du point d'application des résistances (lig. i). Donc le véhicule est en état d’équilibre stable cl peut supporter, sans dévier, de fortes impulsions tendant à le faire pivoter autour de l'axe vertical passant par le ('entre de gravité qui se trouve, dans ce cas, sensiblement vers le milieu de l’essieu airièie. Sitôt que le pivotement est amorcé, il se crée un couple d’orientation qui ramène la voiture dans sa direction primitive et elle suit ses roues avant dans la direction où elles sont braquées.
- Celle action est très nette loi'sque, roulant en ligne droite, on communique à la voiture une forte accélé-ralion (par exemple, lorsque, sur une route glissante, après un commencement de freinage non suivi d’effet, on veut redresser la voiture en donnant tous les gaz). La figure 2, établie d’après des essais, montre que le déplacement latéral est beaucoup plus grand avec la traction arrière qu’avec la traction avant. Si les quatre roues sont motrices, il n’y a pas pratiquement de déplacement.
- 2) La position du centre de gravité par rapport aux roues motrices et sa hauteur au-dessus du sol ont, sur la marche en ligne droite sur un sol horizontal, une influence que l’on peut caractériser comme suit : la puissance de traction utilisable croît quand le centre de gravité se rapproche de l’essieu moteur ; d’autre part, plus le centre de gravité est élevé au-dessus du sol, plus la charge diminue sur l’essieu avant et augmente sur l’essieu arrière quand le véhicule accélère.
- Avec la traction avant, on s’efforcera donc de placer le centre de gravité le plus bas possible et le plus à l’avant possible.
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- Quaul au couple de cabrage (ou de réaction), il lend, dans foules les voilures, à soulager les roues avant cl à augmenter la charge sur l’essieu arrière. Par suite, la puissance utile niaxirna d’un véhicule à roues avant motrices se trouve réduite de ce lait, tandis que celle d'un véhicule à traction arrière est au contraire augmentée.
- 3-/|) Le moment d'inertie du véhicule par rapport à Taxe vertical passant par le centre de gravité a nue importance primordiale {tour la stabilité de joule en marche rectiligne puisque l’accélération de pivotement provoque un couple qui est inversement proportionnel à ce moment d’inertie. On a donc intérêt à chercher à donner à celui-ci la valeur maxima compatible avec la facilité de virage, comme nous le verrons plus loin. Il en est de môme de l’empattement qui, lorsqu’il est giand, donne une plus grande valeur aux forces stabilisatrices dues aux pneumatiques.
- (i) La résistance de l’air sur la cax’rosserie détermine une pression résultante appliquée au centre de pression cl dont la position dépend de la forme de la car-. rosserie. Plus ce centre de poussée est situé vers l’arrière, plus la stabilité de l’automobile sera grande, quel que soit d’ailleurs son mode de propulsion. (Lest pour essayer d’atteindre ce résultat que l’on commence à munir les carrosseries aérodynamiques d’une dérive (ou plan de stabilisation), sorte de grosse nervure dorsale, située à la partie arrière de la voiture. Pour que celle dérive soit efficace, il faut quelle ait certaines dimensions, ce qui, au point de vue esthétique, soulève ('erlaines difficultés ; de plus, elle ne manifeste son action que lorsque le véhicule a déjà pris une position nettement oblique par rapport à sa direction de marche et est, par suite, insuffisante ; elle n’intervient d’une façon sensible qu’en cas de vent latéral. Pour les voilures à traction avant, la position du centre de poussée vers l’avant est sans inconvénient car l’ensemble est encore en équilibre stable.
- 7) Pour le freinage sur les quatre roues qui est maintenant universellement appliqué, le rôle important est joué par la répartition des charges sur les essieux. Quand la charge croît sur l’essieu avant jusqu'à un maximum de 60 pour 100 de la charge totale, la tendance du véhicule à déraper au freinage diminue ; au delà de celle valeur, elle croît à nouveau. Cette répartition est facilement réalisée sur les voitures à traction avant et correspond également à une meilleure utilisation de la, puissance de freinage. En effet, les freins sont, en général, réglés pour donner (3o pour 100 de leur effort sur l’essieu avant et 4o pour 100 sur l’essieu arrière. Dans le cas d’une voiture à traction arrière, c’est l’essieu arrière qui porte 55 à (io pour 100 de la charge et, par suite, si le réglage des freins est le même, les roues avant se mettent à patiner avant que les roues arrière ne soient bloquées. Si, en descente, on se sert du moteur comme frein et que le sol soit glissant (pluie ou verglas), les roues avant, lorsqu’elles sont motrices, cessent de maintenir le. véhicule dans le sens latéral lorsque la limite d’adhérence des pneus sur la route est dépas-
- Traction
- avant
- Traction pan troues motrices
- tiij. Z. — Trajectoires en période d’accélération.
- sée. Mais les roues arrière continuent à guider la voilure latéralement et son poids étant appliqué en avant de l’essieu arrière, au centre de gravité, le véhicule est en équilibre stable. Au contraire, la voiture à roues aiiière motrices est en équilibre instable et tend à pivoter de 1800 autour d’un axe vertical passant vers le milieu de l’essieu avant.
- En cote, la répartition de la charge entre les essieux est influencée par la hauteur du centre de gravité et l’angle de la pente. Les expériences et les graphiques (pie l'on ('u a tracés montrent que pour la traction amère, la pente limite susceptible d’être franchie autf-menle avec la chai'ge sur les roues arrière et, dans le cas de fortes pentes, avec la hauteur du centre de gravité. Pour les voilures à traction avant, la pente limite diminue quand la charge croît sur les roues arrière et quand le centre de gravité s’élève. C’est, ainsi qu’avec une charge répartie à 5o pour 100 sur chaque essieu et un coefficient de frottement de 0,2 (route glissante, verglas), la traction arrière permet de monter encore des pentes de 8 pour 100, tandis que la traction avant 11e peut déliasser fi pour 100. Si on déplace le centre le gravité vers l’avant (répartition sur les essieux de (io pour 100 à l’avant» condition optima indiquée plus haut), la traction avant permet alors de monter des rampes de 8,5 pour 100.
- La façon dont se comportent les deux modes de traction en ce qui concerne la pente limite accessible, c’est-à-dire celle que la voiture peut juste gravir sans glisser en arrière est très différente. Tandis que l’automobile à traction arrière dérape par les roues arrière, la voiture tendant à pivoter sur elle-même, ce que Ton 11e peut combattre que par des braquages continuels, la voilure à traction avant dérape par les roues avant, mais peut facilement être redressée, car il existe toujours une composante dé traction dirigée dans le plan de la roue.
- Enfin, en courbe, intervient la hxrce centrifuge appliquée au centre de gravité. Toutes choses égales d’ailleurs, on constate qu’il est possible de rouler plus vile en courbe en utilisant le maximum d’adhérence latérale avec une voiture à traction avant qu’avec une voiture propulsée par l’arrière. La différence entre les deux types de voitures est notable. Bien plus, si la
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- voiture chasse latéralement par dépassement de la limite d’adhérence, le dérapage est dû à un effort de propulsion trop grand. Avec la traction avant, c’est par l’avant que le dérapage s’amorce et il est facile de le corriger en réduisant légèrement l’accélération : la voilure reprend d’elle-même sa trajectoire normale. Avec la traction arrière, par contre, non seulement le dérapage s’amorçant par l’arrière, le conducteur ne peut l’apprécier visuellement, mais pour le combattre il doit, en réduisant la puissance, braquer simultanément les roues avant pour redresser la voiture. Si le
- braquage n’est pas estimé exactement et est effectué trop grand, la voilure se met à déraper dans l’autre sens et des oscillations dangereuses peuvent s’amorcer et faire sortir la voiture de la roule.
- Telles sont succinctement exposées quelques comparaisons que l’on peut faire entre les deux modes de traction. Chacune d’elles a ses avantages et ses inconvénients, mais il semble que dans les cas dangereux (virages, dérapages, routes glissantes) la traction avant offre pour la conduite des avantages qui expliquent sa faveur toujours croissante. H. Vigneron.
- E LE SOUS-SOL PARISIEN = RECÈLE-T-IL DU PÉTROLE
- L'hypothèse que formule le titre de cet article est loin d’être invraisemblable, comme les sceptiques pourraient le croire a priori. Nous savons que les gisements pétrolifères se rencontrent presque toujours dans le lit de mers anciennes ; et les énormes bancs de craie qui caractérisent la géologie du bassin de la Seine nous démontrent qu’il fut occupé par une de ces mers. Ainsi, la première condition pour que nous ayons quelque chance de trouver de l’huile minérale « sous nos pieds » est nettement vérifiée.
- Certes, l’idée seule qu’une grande ville ait pu se bâtir au-dessus d’un réservoir de pétrole nous paraît pour le moins bizarre, sinon saugrenue ; mais ce ne serait pas la première fois qu’une supposition aussi fantasque s’avérerait comme un fait réel. Dans un livre paru récemment (x), j’ai cité deux exemples. Le premier a trait à Oklahoma-Cily, ville de quelque cent mille âmes, qui s’est révélée tardivement comme le centre d’une des régions pétrolifères les plus riches des États-Unis. Le second nous transporte à Chicago : les géologues américains ont reconnu que ses fondations comportent une roche-réservoir, épaisse de 35 pieds, dont la richesse potentielle serait de 7 millions de barils d’huile par mille carré.... Colossales provisions d’hydrocarbures dont la mise en exploitation est renvoyée aux calendes, pour le jour encore lointain où l’Amérique souffrira d’une disette de combustible liquide !
- La pléthore en pétrole est loin d’être notre cas. A part le gisement alsacien de Péchelbronn et celui de Gabian (Hérault) qui n’a pas tenu ses promesses et est en voie d’épuisement, nous ne possédons aucune source visible de ce produit de première nécessité. Cependant, des géologues qualifiés sont d’opinion que notre sous-sol en recèle des quantités considérables, réserves qui n’attendent pour se révéler que des sondages profonds. Et l’on cite l’exemple de l’Allemagne qui, en forant des puits de plus de 2.000 m dans le Hanovre et d’autres régions, a trouvé des nappes dont la production annuelle totalise désormais plus de 320.000 t.
- En France, les investigations géologiques ne sont pas descendues jusqu’ici au delà de 1.700 m, maximum atteint au cours d’études poursuivies sur des bancs carbonifères. Mais voici que la Ville de Paris reprend un projet, conçu jadis par plusieurs savants (dont A. de Lapparent et Pierre Ter-mier), qui envisage l’exploration des terrains sédimentai-res de la région parisienne, au moyen d’un forage qui mesurera 2.5oo m au minimum, ce qui équivaut à dire
- 1. Ce qu’il faut connaître du pétrole, Boivin et Cie, éditeurs.
- qu’011 le poussera plus loin, s’il est nécessaire, perspective qui 11’a plus rien d’irréalisable pour les techniciens.
- Depuis u)3o, grâce au perfectionnement des appareils de sondage, les puits de 3 km se sont multipliés aux États-Unis. Au cours de ces trois dernières années, la mesure a élé largement dépassée par un puits du Texas, avec 3.ao4 m, par un deuxième foré dans l’Oklahoma (3.3Gq m), enfin par un troisième qui, en Californie, s’est arrêté à 3.4i3 m, record qui, vraisemblablement, ne sera pas de longue durée, car les foreurs américains proclament leur ambition de s’attaquer bientôt à leur quatrième kilomètre !
- EN QUOI CONSISTE LE PROJET
- Sous la signature de M. Ch. Finaton, notre excellent confrère, La Revue pétrolifère, vient de publier une élude technique d’un vif intérêt sur le futur puits parisien ; il nous permettra d’en tirer quelques informations.
- L’auteur nous apprend que le projet, qui pai’aissail abandonné, fut remis sur le tapis en 1935, quand la T. S. F. et quelques journaux quotidiens annoncèrent que la Ville de Paris avait voté les crédits nécessaires et que les travaux allaient commencer.... Nouvelle période de silence qui put faire croire à l’abandon définitif.... Mais il n’en était l’ien, nous assure-t-on, puisque des commissions étudient actuellement le problème. Ainsi, l’espoir d’une exploration profonde de notre sous-sol parisien, qui ne nous est encore connu que par les affleurements de couches géologiques relevés sur les bords du bassin de la Seine, promet d’entrer enfin dans la voie des réalisations.
- Il nous est impossible de préciser ce que pourra coûter l’entreprise; mais l’on peut toujours rassurer le contribuable et dire qu’il ne s’agit pas là de « chiffres astronomiques ». Une foreuse du système rotary, capable de faire descendre son trépan à quelque 3.000 m, vaut aux États-Unis l’équivalent de 4 millions de francs. Doublons celte somme pour l’achat du tubage et autres accessoires, pour l’organisation des chantiers, le paiement des appointements et des salaires ; et il nous reste de la marge avant d’atteindre la dizaine de millions, une ce paille » par comparaison avec les budgets publics de notre trop généreuse époque, et, de surcroît, un placement qui pourrait se révéler profitable.
- Ce n’est pas que nos édiles parisiens Se soient laissés tenter par la perspective de « frapper de l’huile », selon l’expression chère aux foreurs américains ; il est même peu probable que le souci d’enrichir nos connaissances géologiques
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- ail été d’un grand poids dans la décision prise. Le problème se posait devant eux d’une tout autre façon :
- Les ressources de la capitale en eaux potables sont très limitées. Sans parler des eaux d’adduction, elles ne se composent que de la fameuse nappe dite « des sables verts », située à une profondeur variant de 600 à 800 m et exploitée par des puits artésiens qui se sont multipliés depuis quelque temps, surtout dans le but d’alimenter les piscines municipales, abus qui s’est traduit par une diminution du débit. Or, on a des raisons scientifiques d’admettre l’existence d’une seconde nappe, plus abondante que la première située dans une formation plus ancienne et, naturellement, plus profonde. Si cette hypothèse fort vraisemblable se réalise, Paris disposera d’une réserve d’eau essentiellement thermale, plus ou moins minéralisée par des chlorures et des sulfates, et qui répondra largement aux exigences de son alimentation.
- CERTITUDES ET PRONOSTICS
- Lorsqu’ils poursuivent le creusage d’un puits profond, les foreurs tiennent à jour une sorte de « livre de bord » (le log des Anglo-Saxons) où sont enregistrées, avec leurs niveaux respectifs, les différentes formations rencontrées par le trépan. Grâce aux nombreux puits artésiens creusés dans Ja région parisienne (à commencer par l’ancêtre, celui de Grenelle, qui fut poussé, en i84i, à 548 m), grâce aussi au forage exécuté, en 1924, a Ferrières-en-Bray, et qui atteignit une profondeur de i.i5o m, nous savons déjà, d’une façon à peu près sûre, ce que nous réserve le premier millier de mètres du sondage envisagé.
- La traversée du Tertiaire, dont l’épaisseur variera selon l’emplacement choisi, n’offre qu’une alternance de bancs de calcaire et de bancs de marne. Le trépan aborde ensuite le Crétacé supérieur, constitué presque exclusivement par des bancs de craie, épais de plusieurs centaines de mètres et qui ont pour assises des lits de silex, que l’outil ne grignotera pas aussi facilement que les précédentes formations. Après qu’il aura traversé « les sables verts », il s’engagera dans le Crétacé inférieur, au sujet duquel nos connaissances sont moins précises; et c’est avouer que nous n’allons pas larder à descendre dans le domaine des faits non démontrés : des incertitudes.
- Entre 900 et q5o m, la sonde rencontrera quelques niveaux de minerai de fer, dont l’existence est connue par des affleurements, mais qui sont d’une importance si médiocre que l’on a renoncé à les exploiter. A 1.000 m environ, se présentera le Kimméridgien, connu tant par le forage de Ferriè-res-en-Bray que par les affleurements ; cette formation nous fournira les premiers indices d’hydrocarbures : elle renferme de telles quantités de coquilles marines que leurs débris se traduisent soit par une légère bituminisation, soit même par de véritables calcaires asphaltiques, qui affleurent, dans la région de Bcliey (Ain) et qui ont provoqué des tentatives d’exploitation.
- Poursuivant son avance, le trépan s’attaquera aux étages de calcaires et de marnes qui constituent le Jurassique supérieur et le moyen ; il y rencontrera quelques niveaux de minerai de fer qui, à en juger par leurs affleurements, ne sont guère plus intéressants que les précédents. A une profondeur de quelque i.5oo m, les sondeurs auront à batailler avec une couche de calcaires à polypiers, qui peuvent être presque aussi résistants que du granit. Plus bas, il faut s’attendre à recouper le prolongement des riches gisements de minerai de fer, exploités dans l’Est de la France; mais, dans la région parisienne, ils seraient situés à une telle profondeur que l’industrie minière ne saurait en tirer parti. Plus bas encore, on rencontrera des couches de schistes
- ............"."T"',y*.*— 285 —
- bitumeux — notre deuxième indice pétrolifère. Puis, après avoir traversé le Jurassique inférieur et ses insignifiantes zones ferrifères. nous abordons, vers 2.000 m, le Trias, champ d’hypothèses et champ de pi’omesses.
- Parvenu à ce point de son étude, M. Ch. Finaton nous dorme un avertissement qu’il sied de reproduire, tel qu’il l’écrit dans la Revue pétrolifère : « Ce qui a été dit jusqu’ici représente la très grande possibilité; ce qui va suivre n’est qu’une probabilité à laquelle il est prudent de n’attribuer qu’un taux de 5o pour 100, et encore ! »
- Les terrains triasiques de la région pai'isienne ne sont connus que par le sondage de Ferrières, soit à 70 km au Nord-Ouest de la capitale, où le Permo-Trias a été atteint à 1.028 m. Bientôt, à i.i5o m, le trépan s’y heurtait à des micaschistes, roche primitive qui mettait fin à l’exploration. Mais la tectonique souterraine est très capricieuse et il n’est pas déraisonnable de croire que le Trias se présente sous un grand développement dans la région parisienne. Acceptons cet espoir et voyons ce qu’il pourrait alors nous réserver.
- Gomme nous le rappelle M. Ch. Finaton, le Trias, surtout dans sa partie supérieure, est le terrain d’élection des faciès lagunaires : on y rencontre communément gypse, sel, dolomie, hydrocarbures. Sa partie inférieure offre souvent d’importantes formations gréseuses, qui retiennent une grande abondance d’eau sous forte pression. L’existence de cette nappe aquifère est à peu près certaine, comme nous l’avons remarqué précédemment; sa mise à jour suffirait à récompenser l’édilité parisienne pour son esprit d’initiative et ses efforts.
- L’existence d’une nappe pétrolifère n’est pas moins possible. Un détail géologique de grande importance milite en faveur de celle hypothèse : les bancs de calcaires dolomi-tiques se prêtent admirablement au rassemblement du pétrole; on les retrouve, comme ce roches-réservoirs », dans de nombreux gisements. Or, l’étude d’affleurements séparés de la capitale par des distances de 4oo à 900 km fournit des indices très acceptables sur la présence d’un tel banc dans les profondeurs du bassin de la Seine.
- En poussant le trépan plus bas encore, jusqu’à ce qu’il rencontre le micaschiste ou le granit, on recouperait probablement des couches de houille et des couches de minerai de fer, assez riches les unes et les autres ; mais ne soyons pas trop gourmands ! Si le puits nous donne de l’eau thermale et du pétrole, notre ambition devra se déclarer satis-faile !
- DIFFICULTÉS A PRÉVOIR
- Nous avons montré que le creusage d’un puits de trois milliers de mètres n’est plus fait pour déconcerter les foreurs, grâce aux progrès de la technique et aux perfectionnements apportés à l’outillage. Au Texas, un puits de pareille profondeur (9.000 pieds) a été achevé en 29 jours, compte tenu du temps pris par l’érection du derrick ou chevalement. Nous ne citons ce chiffre qu’à titre d’indication, sans espérer que le record soit brisé dans notre région parisienne !
- Le sondage projeté sera suivi avec une attention passionnée par la science française ; les géologues ont demandé qu’il soit « carotté » à partir du moment où le trépan pénétrera dans des formations pratiquement inconnues, c’est-à-dire dès son entrée dans le Jurassique moyen, vers i.5oo m. Nous rappellerons que le « carottage » est une opération qni consiste à recueillir, à l’aide d’un instrument spécial, des échantillons des terrains traversés et qni, nécessairement, immobilise l’outil de creusage pendant un temps plus ou moins long. 11 ne faut pas se dissimuler que l’exigence des
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- savants, d’ailleurs fort légitime, compliquera singulièrement le travail des professionnels.
- La question de la durée des travaux n’a qu’une importance très relative ; la question du tubage la dépasse par sa gravité. Le trou de sonde est armé de tubes d’acier dont la largeur diminue d’une section à l’autre. Par exemple, pour un puits californien qui « frappa l’huile » à 3.iq4 m, on employa d’abord des tubes de aC> pouces de diamètre, pour arriver finalement à celui de 4 pouces 3/4. Si le prélè-
- vement d’échantillons de roche doit se produire jusqu’au fond, il faudra établir des appareils spéciaux qui puissent « carotter » librement et efficacement sous un aussi faible diamètre.
- Faisons confiance à l’ingéniosité des foreurs! Berçons-nous de l’espoir, qui n’a rien de chimérique, qu’ils sauront faire remonter, du fond du Trias, et l’eau thermale qui remplirait nos piscines et le pétrole réclamé par nos raffineries ! Victor Formn.
- LE SENS DE L’ORIENTATION CHEZ LES NOMADES SAHARIENS
- ïs sait ciue les nomades sahariens font preuve d’une aptitude étonnante à s'orienter et à se diriger dans le déser I, condition, du reste, nécessaire à leur genre, de vie. Nous voudrions donner à ce sujet quelques précisions, tirées de notre expérience personnelle.
- Si un guide est inutile pour suivre, en automobile, les pistes
- Fiq x _ Dans ie jalonnées, il devient indispensa-f/o ggar. Lie lorsqu’on veut circuler à
- méhari. En effet, il ne suffit pas de suivre à peu près telle direction, en se fiant à la boussole ; il faut passer aux points d’eau, s’arrêter aux endroits où un peu de pâturage permet aux méhara de s’alimenter. 11 s’agit d’arriver à quelques centaines de mètres de points précis, difficilement repérables de loin ; si l’on manque çes derniers, on peut risquer sa vie. La boussole devient alors insuffisante. Aussi, la plupart du temps, l’aiguille aimantée ne sert à l’européen que de moyen de contrôle du guide, et celui-ci reste Je maître de la route. En quelques occasions, ou peut se fier à la boussole ; niais, dams ce cas, la parole est toujours, en dernier lieu, au guide. Ainsi, en 1928, le lieutenant Toubeau voulant déterminer le cours encore hypothétique de l’oued Tafassasset, le suivit jusqu'à la frontière algéro-soudanaise ; pour rentrer à son point de départ, il piqua à travers le Tiniri, marchant à la boussole ; mais, à l’arrivée dans la zone du puits cherché, ce sont les Sahariens qui y conduisirent, la colonne, tout en s’extasiant sur la façon sûre dont l’officier les avait dirigés pendant plusieurs jours.
- Un grade saharien est-il un spécialiste ? Non, bien que certains individus fassent preuve d’aptitudes particulières, tout nomade qui a suivi un itinéraire est capable de s’y diriger, même plusieurs années après.
- Le travail du guide est différent suivant la région parcourue, et celle-ci peut se rattacher à trois types : i° la montagne ; a0 la plaine nue et sans repères, lanezrouft ou tiniri ; 3° les amoncellements de dunes, ergs.
- La montagne, le Hoggar par exemple, n’offre pas de difficultés particulières et, du point de vue de
- l’orientation, ne présente pas un caractère saharien. Loin d’en manquer, on dispose d’une abondance de ]joints de repère. Les Ghaamba (tribus de la région d’Ouargla) disent que les Touareg connaissent loules les pierres de leur pays.
- Les tanezroufts ou les ergs mettent mieux en évidence les qualités d’orientation des indigènes.
- Dans les plaines, le guide suit sans s en écarler la ligne droite qui mène au puits. En voici un exemple :
- Ireversant le lanezrouft de l’Ahnet, au Sud-Ouest du lloggar, nous étions conduits par un Targui. Dans la plaine monolone, plate, nue et vide, bordée à l’horizon par un cercle parfait, il cheminait pendant des heures sous un azimut bien déterminé. Son angle de marche, contrôlé à la boussole, ne variait jamais de plus de a0 ou 3°. Certain jour, quelque temps avant le coucher du soleil, sa route s’infléchit sensiblement, sans raison apparente. La boussole montrait qu’il appuyait d’une dizaine de degrés vers le Sud-Est. Un peu plus tard, nous arrivâmes à un minuscule pâturage, invisible de loin, où, sur une surface de quelques dizaines de mètres de diamètre, de maigres touffes de végétation rompaient l’aridité environnante. Ce Targui savait qu’en modifiant légèrement sa direction, il parviendrait là et que nos méhara y trouveraient à brouter pour la nuit. Comme le dit Edeyen : « Le guide targui est une boussole vivante ».
- Dans l’erg, les dunes forment un dédale où suivre la ligne droite est impossible. Les méhara et les hommes seraient bientôt harassés s’il fallait escalader les dunes, gravir leurs versants, dont l’un est, de pente relativement douce et de surface assez ferme, mais dont l’autre est abrupt et formé de sable croulant. On doit éviter les perdes les plus raides, contourner les dunes les plus hautes, suivre les cols ou les couloirs qu’elles laissent entre elles. On marche alors en ligne brisée, en brusques zigzags, qui donnent bien vite à l’Européen l’impression que, laissé à lui-même, il serait irrémédiablement perdu. Là encore, il ne suffit pas de suivre à peu près telle direction malgré les détours, mais on doit aboutir au point d’eau caché entre deux dunes; l’erreur permise n’est même pas d’une dune.
- (( On cite (les guides qui, malades, s’encapuchonnent et se couchent en rond sur la litière oscillante de deux hottes de paille, pendues au flanc du chameau. De
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- temps à autre, la tête sort du capuchon et la main du burnous. Le doigt indique la direction nouvelle et l’inquiétante tortue, dont dépend le sort de la caravane, ne laisse plus rien passer hors de sa carapace », dit Edeyen.
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- Il est assez difficile de se faire expliquer par un indigène sur quels éléments il se base pour se diriger, parce que, pour lui, c’est un acte naturel et à peine
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- l’aspect du pays, l’état des pâturages traversés, les points particuliers de la route, les repères.
- Les indigènes tiennent constamment à jour leur connaissance des itinéraires. Chaque fois qu’ils se rencontrent, ils s’informent réciproquement de l’état des légions qu’ils ont traversées, de leurs possibilités et de leur praticabilité actuelles, points d’eau à sec, puits ensablés, pâturages desséchés ou florissants.
- fiel te faculté d’orientation est permise et complétée par les qualités d’observation que fait naître l’exis-
- Fig. 2. — Un oued, du Hoggar.
- Fig. 4. — Le tanezrouft.
- réfléchi. Les nomades ont une mémoire visuelle et topographique très développée ; l’itinéraire se grave dans leur esprit comme un film, qui se déroulera sans à-coups, lorsqu’ils repasseront plus tard par ce chemin. Cette mémoire topographique, ce sens de l’orientation sont développés par la vie au désert. Dès l’enfance, l’indigène circule avec ses parents quand la tente se déplace ; il conduit et garde les chameaux au pâturage ; jeune homme, il accompagne les caravanes. Et, en toutes circonstances, l’esprit du Saharien se concentre sur ces questions vitales. En voyage, sa préoccupation primordiale consiste à apprendre l’itinéraire ; même s’il paraît occupé d’autre chose, s’il converse avec ses compagnons, s’il chante polir rompre la monotonie de l’étape, son cerveau enregistre
- Fig. 3. — Sur les plateaux basaltiques du Hoggar.
- Fig. fi. — La hamada.
- lenee saharienne. Un nomade sait lire les traces ; c’est-à-dire qu’à de faibles indices, il peut dire le nombre de (-hameaux qui sont passés, leur allure, la date de leur passage et même, si celle-ci est récente, l’heure approximative : hier soir, ce matin, à midi ; il reconnaît ses niébara à la forme de leurs traces, aux rides, aux sillons qu'elles présentent. Nous avons eu sous nos ordres un méhariste qui identifiait les traces des 8o méhara de sa section,
- Tous les indigènes savent dessiner du doigt sur le sable une carte rudimentaire, mais grossièrement à l’échelle. Ce dessin est toujours orienté. Nous avons souvent fait l’expérience de tracer ainsi un croquis, sans tenir compte de l’orientation ; tous l’ont toujours effacé, en disant : « Non, ce n'est pas cela », et l’ont
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- aussitôt dessiné avec l’orientation convenable. Il semble qu’une de nos cartes ne leur serait intelligible qu’à la condition de la tenir orientée, tandis que nous ne la lisons commodément qu’en plaçant en haut le Nord dè la feuille et sans nous soucier de la direction du Pôle. Somme toute, cela paraît logique, car concevoir une représentation d’une région sur un plan, sans tenir compte de l’orientation, est une abstraction hors de la portée de gens sans culture.
- Des Touareg Taïtoq faits prisonniers à Inifel en 1887, lors d’un rezzou, et internés à Alger, exécutèrent
- la direction indiquée par eux serait bonne, mais que de points intermédiaires, d’où jamais personne 11’est parti pour Tombouctou, ils se trouveraient en défaut. Il n’en a rien été ; la direction qu’ils indiquaient du bras était à peu près celle que donnait la carte.
- Le guide n’est pas infaillible. Il arrive qu’il se trompe ; cela se produit d’autant moins souvent qu’il connaît mieux la région et qu’il y a circulé récemment. En cas d’erreur, son amour-propre l’empêche de l’avouer ; et, si Ton s’en aperçoit, il vaut mieux ne pas le lui faire sentir, tout en surveillant la route prise ;
- Fig. 0. — Un couloir entre les dunes.
- Fig. 8. — Une piste dans le reg.
- avec du sable un plan en relief de leur pays, d’après lequel le commandant Bissuel établit une carte au 1/800.000, dont l’exactitude relative fut reconnue par la suite.
- 11 ne faudrait donc pas croire que le sens de l’orientation des nomades se limite à la connaissance extrêmement précise d’une bande étroite de terrain, .d’un itinéraire ; il y a aussi compréhension de la position relative de différents points. Une expérience que nous avons faite sur le parcours In Salah-Tamanrasset le démontre. En plusieurs points de cette route de 700 km, nous avons demandé aux Sahariens qui nous accompagnaient dans quelle direction se trouvait Tombouctou. Il nous paraissait possible que d’In Salah, comme de Tamanrasset, lieux d’où l’on peut aller à Tombouctou par des itinéraires plus ou moins directs,
- Fig. 7. — Pistes tracées par les chameaux dans une sebkha près d’Ouargla.
- Fig. 9. — Méhariste descendant le versant croulant d’une dune.
- en généra], il se retrouve au bout de peu de temps ; alors qu’en lui témoignant son manque de confiance, on risque de l’affoler et de l’amener à se perdre définitivement.
- Il importe de noter que les sédentaires des oasis sont dépourvus de ces facultés d’orientation. Les nomades les considèrent, à juste titre, comme incapables de se diriger au Sahara. Au contraire, les nègres des Touareg, descendants d’esclaves capturés au Soudan, qui mènent dès l’enfance une vie entièrement nomade, sont aussi bons Sahariens et aussi bien doués au point de vue des facultés d’orientation que les Touareg eux-mêmes. Il faut donc bien voir dans ces qualités exceptionnelles le résultat d’un long entraînement et une adaptation aux conditions imposées par le Sahara.
- Capitaine F. Demoulin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1937 (')
- 11 y aura ce mois-ci plusieurs rapprochements d’astres bien intéressants à suivre : le 6, de Vénus et de l’étoile / du Lion ; le n, de Vénus et de Neptune ; le 18, de Mercure et de l’étoile 0 Vierge ; le 22, de Vénus et de l’étoile r, Vierge; le 29, de Mars et de Jupiter. Plus, naturellement, la. série habituelle des conjonctions de planètes avec la Lune (voir aux Conjonctions).
- Le :>.5, une intéressante occultation des satellites I et 11 de Jupiter, l’un par l’autre.
- Visibilité, plus ou moins favorable, de foules les planètes principales, etc.
- Voici d’ailleurs le détail des nombreuses observations (pie l’on pourra faire si l’étal du ciel est favorable.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, pendant le mois d’octobre passe de •— '.OS1 le ier à — i/|°/p le ai. La durée du jour diminue follement : de 1 ih38m le ier elle ne sera plus que de gh55ni le 3i. Celle diminution est surtout sensible le soir, comme nous l’avons expliqué le mois dernier.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris, de 2 en 2 jours :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Oct. ier 11 h 4om25s Oct. 1 7 11 fi 36m G»
- — 3 11 39 kl — '9 1 1 35 43
- — 5 11 39 10 — 21 11 35 22
- — 7 11 38 35 — 23 11 35 4
- — 9 11 38 2 25 11 34 48
- —- 11 11 37 3o — 27 11 34 36
- — i3 11 37 0 — 29 11 34 26
- — i5 11 36 32 — 31 1 1 34 20
- Observations physiques. — Observer régulièrement, chaque jour, la surface solaire. Voir à ce propos le « Bulletin astronomique » du n° 3oo4, du ier juillet 1937. Voici le
- leau des données permettant d'orienter. les dessins
- phob ogra iphios du . 8oleil :
- Date (o'1) P B0 L0
- Oct. 2 + 26; 13 E -f 6:65 2l4°22
- — 7 + 26,35 E + 6,37 I 48,2.5
- — 12 + 26,39 E + 6,o5 82,21
- — J7 26,25 E + 5,68 l6,33
- — 22 + 25,91 E + 5,27 310,38
- — 27 + 25,38 E + 4,82 244,44
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible à présent, le matin, à l’Est. Elle a une forme différente de la lumière zodiacale du soir, étant plus « cflilée a à son extrémité. On pourra observer celte lueur à condition d’être loin de tout lieu éclairé, du 3 au 16 oclobi'e, période pendant laquelle la Lune ne gênera pas sa visibilité.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée du ier au i3 octobre, puis du 29 au Si. Au début, elle sera placée dans les Poissons.
- 1. Toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique » sont données en Temps Universel (T. U.) compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). L’heure d’été sera encore en usage pendant quelques jours en octobre : ajouter 1 heure à toutes les heures figurant ici pour qu’il y ait concordance entre les heures marquées par les pendules et la production des phénomènes.
- A la fin du mois, il faudra la rechercher entre les Poissons et 1e Bélier. Cette observation doit être faite vers minuit, moment où la lueur anti-solaire, opposée au 8ole.il, atteint sa plus grande hauteur au-dessus de l’horizon.
- Alors que l’observation de la lumière zodiacale est très facile à faire, celle de la lueur an fi-solaire présente une réelle difficulté.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’octobre 1907 se produiront ainsi :
- N. L. le 4, à nh58m P. L. le 19, à ail^m
- P. Q. le 12, à t54710 D. Q. le 26, à i3fi26m
- Age de la Lune, le Ier octobre, à oh — 2Ôj,o; le 5, à oh = oJ,5.
- Pou'r avoir l’âge de la Lune, à oh, à une autre date du mois, ajouter aux nombres précédents 1 jour par jour écoulé depuis le ior ou le 5.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 10, à 3U = —. 2i05G' ; le 23 octobre, à gh = + 2x°52/. On
- remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel
- le octobre, à ah35m, au moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre),
- le 9 octobre, à i8h. Parallaxe -= 54,8,f. Distance
- == 400 070 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre),
- le ar octobre, à i6h. Parallaxe = 6o,4o,L Distance
- — 301 /|5o km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 11 octobre, occultation de 1 x 5 B. Sagittaire (5m,8) : immersion
- à i7h3(.)m,/i. — Occultation de 121 B. Sagittaire (5m,9) : immersion à i8h48m,a.
- Le a3, occultation de iio5 B. D. + 20° (5m,9) : émersion à y.3hiim,6.
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très lumineuse le ior et le 2 octobre, le matin. Observation à faire avec une bonne jumelle.
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 3 au 8 octobre (époque de la nouvelle Lune) et surtout du 18 au 2/1 (époque de la pleine Lune). Ces dernières seront très importantes.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer à Brest) :
- Marée du matin Marée du soir
- Date "
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Octobre *9 3 fi 41,1 0,96 i5l>23m 1 ,01
- — 20 3 43 1 ,o5 .6 3 1 ,07
- — 21 4 24 1,08 • 6 44 1 ,07
- — 22 5 6 ! ,o5 17 28 I ,02
- — 23 5 5o °>97 18 15 0,9'
- " 24 6 39 o,84 '9 4 0,76
- En raison de l’importance de ces marées, le mascaret se produira à plusieurs reprises ce mois-ci. Voici l’heure d’arrivée probable de la barre :
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- Date Coefficient Heure d’arrivée probable à :
- de la marée Quillebeuf Villequier Gaudebec
- Oct. 19 1,0! 19I1 3m igli/|Om I9h49m
- — 20 1 ,o5 7 20 7 57 8 fi
- — 20 1,07 iq 38 20 i5 20 24
- — 21 1,08 7 58 8 35 8 44
- — 21 0 0 20 16 20 53 21 2
- — 22 8 38 9 i5 9 24
- — 22 1,02 21 0 21 37 21 46
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous a été établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion. Il contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’octobre 19S7.
- Vénus est encoi’e bien visible le matin. Elle s’éloigne de la Terre et son diamètre diminue. Dans une lunette astronomique renversant les objets, Vénus présentera, le 10 octobre, un aspect analogue au dessin n° xo de la ligure 1 du « Bulletin astronomique » paru au n° 2998.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus en octobre :
- Date Fraction du disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- — — — —
- Oct. 3 o,80o I 2", 2 - 3,4
- — 8 0,872 12,0 - 3,4
- — i3 o,884 11,8 - 3,4
- — 18 05 00 c 11,6 — 3,4
- 23 0,904 11,4 - 3,4
- — 28 o,9‘4 11,2 - 3,4
- ASTRE
- Soleil .
- Mercure
- Vénus.
- Mars .
- Jupiter
- Saturne
- Uranus
- Neptune
- Date : Octobre Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- 4 5 h 55 m 11 b.Sgm 28® 171125m 12I140111 — 4017' 32' 2"3 Vierge
- .< 1 fi G i3 11 36 19 16 59 i3 24 — 8 5o 32 9,0 Vierge
- 28 6 32 11 34 31 16 37 14 10 — i3 5 3z 15,3 Vierge
- i 4 17 10 4° 17 2 11 38 + 4 13 6,2 j3 Vierge i
- .b 5 18 11 5 16 51 12 5o — 3 29 5,o Vierge (
- V 28 6 26 11 33 16 39 i4 5 — 12 2 4,6 Balance ^
- 4 3 9 9 53 16 35 10 5i -f 8 37 12,0 Lion
- !fi 3 42 10 0 16 17 11 46 -f 3 9 11,6 (3 Vierge
- ) 28 4 16 10 8 i5 58 12 40 — 2 36 11,2 y Vierge
- i i3 21 17 12 21 3 18 11 — 25 44 8,4 X Sagittaire j
- < 16 i3 6 17 1 20 56 18 47 — 25 10 8,0 <x Sagittaire >
- ( 28 12 49 16 5i 20 53 19 24 24 2 7.4 Sagittaire ’
- • 16 i3 24 17 35 21 45 19 23 22 33 36,2 71 Sagittaire
- . 16 16 23 22 i5 4 11 0 5 — 218 17.4 5 Baleine
- . i5 17 44 0 59 8 14 2 l\\ + i5 11 3,6 0 Bélier
- • i5 3 16 9 4i 16 6 11 24 -h 4 59 2,4 3o Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le matin au début du mois.
- Encore bien visible le matin.
- Le soir dès l’arrivée de la nuit.
- Dès l’arrivée de la nuit.
- Presque toute la nuit.
- Toute la nuit.
- Le matin avant l’aube.
- Mercure a atteint sa plus grande élongation du matin, le 3o septembre, comme nous l’avons signalé au précédent « Bulletin astronomique ». Il sei'a donc visible pendant une douzaine de jours au début d’octobre, dans des conditions assez favorables. Ensuite il se rapprochera du Soleil et arrivera à sa conjonction supérieure avec le Soleil, le 29 octobi’e, à ioh. Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Fraction du disque Magnitude
- Date illuminée Diamètre stellaire
- Oct. 3 0,63o 6^4 — 0,5
- — 8 0,801 5,8 — 0,8
- — i3 0,910 5,2 — o,9
- — 18 0,966 5,o — 1,0
- — 23 °>99I 4,8 — 1,0
- — 28 1,000 4,6 — 1,0
- Mars est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. Son diamètre à la fin du mois, se trouve réduit par l’éloignement à 7" environ. Les observations utiles avec des instruments de moyenne puissance sont maintenant terminées pour la présente période de visibilité de cette planète.
- Il sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 12 octobre, à i3h.
- Jupiter est un peu mieux visible que Mars, se couchant environ une heure plus tard. Son diamètre reste toujours très grand et permet l’emploi de petits instruments. Ceux-ci montrent facilement les bandes nuageuses qui traversent son disque aplati et les curieux phénomènes produits par les satellites.
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- Date : Oct. Heure Satel- lite Phéno- mène Date : Oct. Heure Satel- lite Phéno- mène
- 2 i8l>53m II P. c. n '9 110m IV Im.
- 2 •9 iG III Em. 18 18 39 11 1m.
- 2 20 29 1 Im. 18 18 48 1 Im.
- 2 21 2 III Ë. c. 19 17 21 I 0. c.
- 2 21 26 II 0. c. >9 18 20 I P. f.
- 3 ‘7 43 I P. c. *9 9 38 1 0. f.
- 3 19 1 I 0. c. 20 *7 12 111 P. L
- 3 ‘9 59 I P. f. 20 18 44 II 0. f.
- 3 21 *7 I 0. f. 20 18 58 III 0. c.
- 4 (8 33 I E. f 25 i5 ll 11 Occ.
- 4 18 59 II E f. 17 53 I mut.
- 9 ‘9 44 111 Im. 26 18 1 I P. c.
- 10 *9 38 I P. c. 26 •9 17 I 0. c.
- 10 20 57 l 0. c. 27 17 5o 111 P. c.
- 11 20 28 I E. f. 27 18 3o II 0. c.
- 12 ll 42 I 0. f. 27 18 47 1 E. f.
- i3 18 29 111 0. f. 27 18 49 11 P. L
- Remarquer la curieuse occultation mutuelle des satellites II et I à i5hi7m et à i7h53m, le a5 octobre. Ce phénomène est assez rare. Il se produit quand deux satellites s’éclipsent mutuellement, l’un passant devant l’autre, ou bien l’un projetant son ombre sur l’autre. Dans ce dernier cas, on observe un affaiblissement plus ou moins accusé de l’éclat du satellite éclipsé.
- Saturne s’est trouvé en opposition avec le Soleil le a5 septembre. Il est encore visible toute la nuit.
- Voici les éléments de l’anneau pour le 16 octobre :
- Grand axe extérieur................................ 43//,74
- Petit axe extérieur................................— a11,3b
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau — 3°,093 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. — 4°>356 On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations maxima.
- Date Elongation Heure
- Oct. 6 Occidentale 8‘S9
- — 14 Orientale 4o
- — 22 Occidentale 6,6
- - 3o Orientale 1,8
- Uranus est maintenant visible toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produisant le 4 du mois prochain.
- Nous avons donné, au « Bulletin astronomique » du n° 299a, du ifir janvier 1937, page 36, une petite carte qui permettra de trouver cette lointaine planète sur le ciel.
- Du ro au i5 octobre, Uranus passera à environ io' au Nord de l’étoile 0 Bélier.
- Neptune est visible le malin dans l’aube. On pourra le rechercher en utilisant la carte de son mouvement sur le ciel parue au « Bulletin astronomique » du n° 2994, du ier février 1937.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 4\ Vénus en conjonct. avec la Lune, à 6°39' N.
- Le 3, à ih, Neptune — — à 6°3o' N.
- Le 3, à 6h, Mercure — — à 70 3' N.
- Le 6, à ioh, Vénus — avec % Lion, à o° 7' S.
- Vénus présentera une magnitude de —3,4 et l’étoile de 4m,7- Rapprochement intéressant aisément observable dans l’aube.
- Le 11, à 6h, Vénus en conjonction avec Neptune, à o02or N.
- 291
- Vénus aura la magnitude — 3,4; Neptune : 8,0. Rapprochement intéressant à observer juste avant l’aube si l’atmosphère est très pure.
- Le 11, à i8h, Mars en conjonction avec la Lune,
- 12, ù i3h, Jupiter
- Le
- Le
- Le
- Le
- Le
- 18, à 18, à
- 21, '
- 22,
- 8h, Saturne i6h, Mercure à ih, Uranus Vénus
- a 20
- (-
- 4°53/ S. 3°58' S. 7°5i/ S.
- -0Vierge (4m,5), à o°i4' S. — la Lune, à 2°38/ S. 31U,4) en conjonction
- e 29, a 17
- h
- avec ri Vierge (4m,o) . . . . à o°i3/ N. Mars en conjonction avec Jupiter, à i03o' S. intéressant rapprochement à suivie du 27 au 3i octobre, dès le crépuscule.
- Le 29, à i8h, Mercure en conjonction avec X
- Vierge (4“\6).................à o°5f S.
- Le 3o, à 8h, Neptune en conjonc. avec la Lune, à 6°36/ N.
- Étoile Polaire; Temps sidéral. — On trouvera ci-après quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris et quelques valeurs du temps sidéral :
- Date Passage Heure (T. U.) Temps sidéra] à o1 pour le méridien de Greenwich
- Oct. 8 Supérieur 0l‘28ra29S ih 4m5os
- — 15 — 0 1 0 —
- — 15 — 23 57 5 —
- — 18 — 23 45 17 1 44 i5
- — 28 — 23 6 0 2 23 41
- Étoiles variables. — Minirna d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol ({3 Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j2oh49m; le 3, à 20h9m ; le 18, à 4hi2m; le 21, à ihim; le 2.3, à 2ih5om; le 26, à i8h3gm.
- Minirna d’éclat de l’étoile j3 Lyre, variable de 3m,5 à 4m,i en i2J2ill48m; le 9, vers 2ih36m; le 22, vers I9hi2m.
- Étoiles filantes. — Voici, d’après l'Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des principaux radiants actifs pendant le mois d’octobre :
- Ascension
- Epoque droite Déclinaison Etoile voisine
- ;. ierau 9 24° + 170 y Bélier
- 7 3i -j- 18 « Bélier
- 8 43 + 56 vj Persée
- 9 268 + 54 Ç Dragon
- i5 et 29 108 + 23 S Gémeaux
- 18 au 20 9° -f i5 v Orion
- 18 au 27 108 + 12 P Petit Chien
- 20 au 27 328 4- 62 « Céphée
- 21 au 25 112 -|- 3o fi Gémeaux
- 3i 29 + 8 Çi Baleine
- 3i 43 + 22 e Bélier
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le i6r octobre, à 2ih, ou le i5 octobre, à 2oh, est le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne; entourant le Zénith : Andromède ; Cassiopée ; Céphée.
- A u Nord : La Grande Ourse ; La Petite Ourse ; Le Cocher.
- A l’Est : Le Bélier ; Le Taureau ; Persée.
- Au Sud : Pégase; Le Verseau; Le Capricorne; Le Poisson Austral.
- A l’Ouest : La Lyre; L’Aigle; Hercule; Le Serpent.
- On remarquera, au Sud, dans le Poisson Austral et à faible hauteur au-dessus de l’horizon, la belle étoile a (Fomalhaut). C’est l’étoile de ire grandeur la plus australe visible en France.
- Em. Touchet.
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- 298 LE mois météorologique
- JUILLET J 937, A PARIS
- Mois peu pluvieux, assez chaud dans son ensemble, avec insolation déficitaire et remarquable par la rareté des manifestations orageuses.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc de Sainl-Maur, ramenée au niveau de la mer, 760 mm 3 est supérieure de o mm 6 à la normale.
- Celle de la température, i8°,8, présente une excédent de o°,6 résultant principalement de la faiblesse du refroidissement nocturne. Alors que la moyenne des maxima est sensiblement normale, celle des minima dépasse de i°,i la moyenne des 60 années 187^-1980. Les moyennes journalières sont presque toutes restées voisines de leurs normales respectives. La température a présenté une pointe de chaleur au début du mois et vers le 20, et elle est devenue fraîche au cours de la dernière décatie. Le maximum absolu, 3i°,i a été enregistré le 3 et le minimum absolu, io°,4, appartient à la journée du 17, il dépasse de a0,4 le minimum absolu moyen.
- Les extrêmes de la température, pour l’ensemble de la région,-ont- été de 7°,8 à Trappes et 34°,8 à Ville-Evrard.
- Le total pluviométrique mensuel, au Parc de Sainl-Maur, 33 mm o, pour 10 jours de pluie appréciable (au lieu de i3, nombre moyen) n’atteint que les 50 centièmes de sa valeur normale. Il a été recueilli en majeure partit1 entre le 6 et le 16 et les journées du 10 (10 mm a) et du 16 (9 mm 4) en ont, fourni à elles seules plus de la moitié. Du 17 au 3i il 11’est tombé que 1 mm 4 d’eau, le, a4.
- On n’a entendu le tonnerre qu’un seul jour, le i5.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie a été de 3o mm 4, inférieure de 35 pour 100 à la normale. La durée totale de chute : 3o li a5 m, est supérieure de 5 pour 100 à la normale. Les hauteurs maxima en a4 h, ont été : pour Paris, 18 mm 3 à la Ville!le et, pour les environs, 24 mm 5 à Rosnv, du i5 au i(i.
- Un coup de tonnerre a été entendu dans la nuit du G au 7 à Gharonne et à Levallois.
- Le 15, quelques coups de tonnerre ont été entendus dans la région Sud et Est, dans la matinée.
- Les brouillards ont été quotidiens en banlieue N., exclusivement matinaux, généralement légers et peu, étendus,
- seul celui du 26 a abaissé la visibilité à 100 m à Versailles et 200 m à Mari y.
- La durée totale de l’insolation, a3o h a5 m, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacqiies, est supérieure de 1 pour 100 seulement à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 78,1 pour 100 et celle de la nébulosité de 63 pour 100. On y a constaté : 3 jours de gouttes, 1 jour de tonnerre, 1 jour de brouillard, i5 jours de brume, 17 jours de rosée.
- Les extrêmes météorologiques pour le mois de juillet.
- Mois le plus froid : 1919- moy. i5°,2 Mois le plus chaud : i85g (et 1794?) moy. 220,6 (certain) écart : 60 ans et 70.4
- La plus basse température observée en 1795 (?), 4<\2 (?) La plus haute température observée en 1900, 38o,6
- (à Montsouris)
- écart : io5 ans et 34°,4
- Mois le plus pluvieux : 1801 (?), 171 mm 1 (?) (à Montmorency)
- et en ig36. 160 mm 4
- (au Parc St Maur) (certain)
- Mois le plus sec : 1825. 1 mm 7
- Le plus grand nombre de jours de pluie : 3o (?) en 1768 (?)
- Le plus petit nombre de jours de pluie : 1 (?) en 1800 (?)
- et 2 en 1826 et 1885 (cerlain).
- Mois le plus couvert : 1936, nébulosité moy. 82 0/0 Mois le plus clair : 1911, nébulosité moy. 21 0/0 Jours d’orage ou tonnerre : 11 en ig36 et aucun en 1898. Moyenne barométrique la plus basse :
- 1816, 751 mm o (niv. de la mer, 757 mm 4-)
- Moyenne barométrique la plus haute :
- 1885, 762 mm o (niv. de la mer, 766 mm 6.)
- Il y a eu des gelées blanches en juillet 1809 et 1856 dans la campagne autour de Paris.
- Le signe (?) incertains.
- indique que les chiffres cités sont douteux, fort
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA CONSERVATION DES OBJETS DANS LES MUSÉES
- On commence seulement à se préoccuper sérieusement et techniquement de la conservation des objets anciens dans les musées et un peu partout, des laboratoires scientifiques sont organisés auprès des principales collections d’objets d’art.
- Mouseion signale une récente étude de M. Lee G. Crutchfield, parue dans The Muséum News, sur la difficile question de l’enduit protecteur à appliquer sur les objets d’intérêt historique.
- Après avoir rappelé les principales qualités requises de la couche protectrice idéale : imperméabilité à l’air, respect de la couleur originale de l’objet à protéger, durabilité et solidité, emploi économique et application facile, Mr. Lee G. Crutchfield examine successivement les avantages et les inconvénients des produits les plus fréquemment employés. U retient quatre produits protecteurs, en usage dans les laboratoires du Muséum du
- Colonial Natural Ilistorical Park de Yorktown. La cire de para-line, le moins cher de ces produits, recommandable pour la plupart des objets en fer, donne de moins bons résultats avec le bois. Les solutions de celluloïd et de nitrocellulose dans l’acétone, quoique fort utiles pour recouvrir de menus objets en argent ou en cuivre, tels que cuillers, boucles, etc., pour donner plus de solidité à des objets fragiles ou pour préserver une inscription à l’encre de chine (numéros d’inventaire, etc.), ont le défaut d’être très coûteuses et doivent être considérées plutôt comme un ciment que comme couche protectrice.. Le noir de fumée, mélangé à de la parafme ou à de la laque, fournit un préservatif d’un effet agréable pour les objets anciens en fer.
- Mr. Lee G. Crutchfield conclut que les laques demi-mates constituent,, malgré leur prix élevé, la couche protectrice la plus satisfaisante à tous égards. Elles sont durables, propres, d’un emploi facile, et n’altèrent pas l’aspect naturel de la surface à protéger.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES 293
- Séance du 21 juin 1937.
- Rôle de défense des aliments. — M. Lassaruère signale que les aliments les plus divers (glucose, vin, bière, jus d’orange, jus de viande crue, lait, sérum, etc.) jouent un rôle de défense de l’organisme contre les infections et les intoxications. Il expose les résultats expérimentaux obtenus avec des animaux ayant reçu des doses mortelles de venin de cobra et simplement traités par une alimentation variée. 11 a ainsi obtenu la survie de 48 pour ioo des sujets, alors qu’au contraire, non seulement tous les témoins sont morts, mais aussi une exaltation de la toxicité du venin a été notée sur les animaux en état, d’inanition. L’auteur appelle trophophylaxie cette nouvelle fonction des aliments et l’attribue à des substances encore indéterminées : les tro-pbophylactines, qui résistent à une ébullition de 10 mn.
- Scorbut et jus de citron. — Le jus de citron est préconisé pour la protection des nourrissons contre les carences alimentaires. MM. Mouriquand, Tête, YVenger et Viennois indiquent que les doses employées (une à deux cuillerées à café par jour) sont insuffisantes pour empêcher l’apparition tardive de lésions ostéo-nmseulaires. Devant la nécessité d’augmenter les doses, les auteurs ont examiné la possibilité de conserver le jus de citron sans qu’il perde son activité. Ils ont ainsi noté que la stérilisation suivie d’une conservation sous l’azole conserve aux jus tout leur pouvoir anti-scorbutique. La conservation à l’air libre, même après stérilisation fait, au contraire, disparaître rapidement toute vertu protectrice ou curative, sans doute par suite de l’oxydation de l’acide ascorbique.
- La thérapeutique par le soufre. — Ajoutant aux recherches d’autres auteurs, M. Geey montre que le pouvoir antistreptococcique rattaché aux fondions sulfamide, sulfone et sulfure appartient aussi aux produits de réduction de l’acide sulfanilique après diverses substitutions, tels l’acide p-acétyl-amino-benzène-sulfinique et le p-aeétyl-ainino-lhiophénol. Le premier de ces composés a une action retardatrice sur l’infection, le second permet d’obtenir une proportion importante de survies. Il semble donc de mieux en mieux établi que le pouvoir antistreptococcique de ces composés est uniquement dû à la présence du soufre dans la molécule et non à un groupe fonctionnel particulier.
- Séance du 28 juin 1937.
- Le phénomène de Sagnac. — MM. Duioun et Prunier ont réalisé l'enregistrement des franges d’interférence correspondant au phénomène de Sagnac pour un observateur immobile. L’interféroinèlre tournant est éclairé à chacune de ses révolutions par une étincelle durant environ io-5 sec; les franges sont photographiées à travers une lunette scellée dans les murs du laboratoire. L’écarlcmcnt, des franges obtenues est comparé à celui réalisé dans une lunette entraînée par le mouvement de rotation de l’inlerfé-romètre. Ces écartements sont égaux à l’approximation de 5 pour ioo, très remarquable en raison d’énormes difficultés'expérimentales. Ce résultat est explicable par la mécanique classique mais paraît en contradiction avec les théories relativistes.
- Le plomb dans la Montagne Noire. — Les gîtes plornbifères les plus fréquents et les seuls observés en l*rance jusqu’à ce jour ont été formés à basse température. MM. Ra-guin et Vincienne décrivent, un gisement de galène qui, au contraire, appartient au type hypothennal et est situé à Lacombe (Aude). Le sulfure se présente tantôt en grains extrêmement fins, tantôt en agrégats de cristaux. La galène est comprise dans une assise de calcaire dolomilique, épaisse de quelques dizaines de mètres et intercalée dans des formations schisteuses. 'Fout comme celui du mispickel aurifère d ; Salsigne, ce gisement a dû se former à une assez grande profondeur. La comparaison avec les masses granitiques voisines appartenant à l’èrc primaire fait remonter ces minéralisations au cycle hercynien ou, peut-être, à un cycle antérieur.
- Déformations cellulaires par ondes courtes. —
- Les cellules animales portant des lésions provoquées par la foudre montrent des modifications purement mécaniques pouvant se ramener à rallongement en aiguille ou à la mise en spirale. M. .Jellineck a obtenu les mêmes déformations par l’éleclricilé industrielle. Aujourd’hui ce même auteur expose que (‘es mêmes altérations peuvent, aussi être produites par l’action des ondes ultra-courtes. En soumettant des lar\os de Solmrutndra maculosa à des ondes de 6 m émises dans une self sous une puissance de 5oo w pendant une seconde, il a obtenu tout d’abord des traces d’action calorifique, puis, plus profondément, dans la tunique stomacale, des déformations mécaniques typiques. C’est la première fois que de pareilles déformations histologiques sont observées comme conséquences de l’action mécanique des ondes courtes. Elles confirment les vues de d’Arsonval sur la nature de l'influence des courants à haute fréquence sur les tissus animaux.
- Séance du o juillet 1937.
- Dosage du phosphore. — MM. Cattelain et, Charrier décrivent une nouvelle méthode de dosage du phosphore à l’étal, phosphorique. Le phosphore étant précipité quantitativement en phosphate triplombique, celui-ci est lavé, puis décomposé par l’action successive des acides sulfurique et nitrique en excès; dans ces conditions l’acide phosphorique est libéré. On dose ensuite l’acidité de la solution, tout d’abord jusqu’à virage de l’hélianthine et ensuite jusqu’à virage de la phénolphtaléine. La différence entre les deux dosages correspond à la seconde acidité de l’acide phosphorique et permet donc d’évaluer la quantité de phosphore préalablement précipité avec le phosphate triplombique.
- Les lignites de la Savoie. — Par l’examen des grains de pollen fossiles, très abondants dans les lignites de la région de Chambéry, MM. Gourc et Bourdier montrent la présence, à l’époque de la formation des couches les plus profondes de ces lignites, du tilleul et de l’aulne. La présence de ces végétaux ne s’explique que par un climat doux et humide auquel a succédé une sécheresse et un refroidissement importants, caractérisés par l’apparition d’une flore à base de pins et d’épicéas. L’existence d’époques inlergla-ciaires, probablement d’âge antévvurmien, paraît donc démontrée; les couches les plus profondes des lignites cham-bériens remonteraient à l’une d’elles.
- L. Bertrand.
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- ------- 294 - . .... ..........=
- Séance du 5 juillet 1987.
- Rétention de la fluorescéine par les sols. —
- MM. Gxjillerd et Etrillard avaient noté la présence de la lluorescéine dans des eaux souterraines où les dernières projections dataient de 3o mois. Cette présence ne pouvait s’expliquer que par une rétention de la manière colorante par le sol. Pour le vérifier ils ont lessivé systématiquement un lot de calcaire imprégné par une solution de fluorescéine. Pour un vide intercalaire de 28 1 les auteurs utilisèrent 5oo m3 d’eau neutre pendant /120 jours, dont 3oo de lavage. Après ce lessivage les eaux montrent encore des traces appréciables de colorant, qui s’accroissent sensiblement après un arrêt du lavage ou si on utilise une eau à réaction légèrement acide (pli = 5,2). Il est donc nécessaire de tenir compte de cette longue rétention de la fluorescéine par le sol dans les recherches hydrologiques ; une attention toute particulière doit être apportée si les eaux étudiées sont susceptibles de subir des abaissements passagers de leur pli.
- Les irrégularités de la rotation de la terre. —
- M. Stoyko montre tout d’abord que les très faibles irrégularités constatées dans le mouvement de rotation de la terre marquent une périodicité annuelle. La vitesse de rotation est maxima de juillet à octobre. L’auteur expose ensuite que les variations du moment d’inertie de notre globe qui provoquent ces anomalies peuvent être expliquées par une variation de 4 cm du rayon terrestre. On peut en chercher la cause dans des phénomènes superficiels : l’afflux des eaux froides polaires dans les océans, l’accumulation des glaces et des neiges polaires, le cycle régulier de la végétation.
- La décharge de Geissler à la pression atmosphé= rique. — En faisant passer la décharge d’une magnéto à liante tension dans un tube contenant un gaz à une pression voisine de 760 mm de mercure, M. Jaffray a pu observer des phénomènes analogues à la décharge de Geissler. Il opère avec des électrodes écartées de moins de 3 mm et montées en série avec une résistance comprise entre quelques milliers et quelques centaines de milliers d’ohms. Il a alors observé un point anodique brillant, une colonne positive, un espace sombre et une gaine cathodique. Les stratifications de la colonne n’apparaissent pas dans l’air mais ont pu être observées dans l’oxyde de carbone, le méthane et l’air chargé de vapeurs d’essence de térébenthine. Si on abaisse progressivement la pression on observe une modification continue de la décharge dont les diverses parties se développent jusqu’à présenter l’aspect classique des tubes de Geissler.
- Bronzes de glucinium. — M. Terem a étudié en phase gazeuse, entre 6io° et 910°, la corrosion des bronzes de glucinium. Les mesures étaient effectuées par voie pondérale. L’auteur a noté que l’oxydation du cuivre est diminuée considérablement par le glucinium dont la teneur optima paraît êlre voisine de 2 pour 100. Un tel bronze s’oxyde moins que l’acier à 12,5 de chrome vers 6io° et lui est sensiblement comparable vers 8io°. La coloration du bronze à 2 pour 100 de glucinium reste inaltérée jusqu’à 8io°, malgré la formation d’une légère couche de glucine; elle passe au brun si la température continue à croître. Les bronzes à o,5 ou 1 pour 100 se recouvrent rapidement au chauffage d’une couche noire d’oxydes. L. Bertrand.
- Séance du 12 juillet 1937.
- Nouvel amplificateur. — Pour l’étude des déformations faibles et lentes, du type de celles rencontrées dans les recherches sur la stabilité des métaux, il est nécessaire d’utiliser des amplificateurs-enregistreurs ayant un gi'an-
- dissement dépassant x.ooo. Les amplificateurs optiques présentent de graves inconvénients lorsque l’enregistrement photographique doit durer plusieurs dizaines d’heures. Avec un double levier mécanique 011 peut obtenir l’enregistrement à la plume, mais les frottements subis par le second levier provoquent sur le premier et ses organes de transmission des pressions donnant des déformations de ces organes et de l’éprouvette incompatibles avec une bonne précision des mesures. MM. Chevenard et Joumier ont résolu le problème en faisant mouvoir le second levier par un servo-moteur électrique. Pour conserver la sensibilité des contacts, il est indispensable que la pointe du premier levier touche, non pas un point fixe du second, mais un disque rotatif porté par ce dernier.
- Les incendies de dirigeables. — M. Milxxoxjd explique les explosions spontanées des dirigeables, du « Ilinden-burg » en particulier, par la formation de tensions électrostatiques élevées au passage de l’hydrogène chargé de gouttelettes d’eau à travers une soupape étranglée. L’appareil se comporterait comme une gigantesque machine d’Armstrong. Il serait alors possible à une étincelle de jaillir entre l’enveloppe et une gouttelette, déclenchant une explosion, sans faire intervenir un contact avec le sol.
- Action de Vhuile sur les vagues. — On sait que le fait de répandre une mince couche d’huile sur la mer passe pour diminuer l’amplitude des vagues. M. Méxugoux, en analysant le phénomène, montre qu’il ne s’agit nullement d’une conséquence du pouvoir lubrifiant de l’huile comme on l’avait cru. La surface de la mer se l’ecouvi'c d’une couche monomoléculaire d’huile sur laquelle le vent a peu prise. Cette couche frotte sans glièsement sur l’eau et dissipe l’énergie à l’intérieur des masses liquides au lieu de lui permettre de s’accumuler supei’ficiellement sous forme de sillages. Le phénomène essentiel paraît être la pénétration de l’énergie au sein des couches profondes.
- La frigadréaction. — M. Debierne a observé un phénomène curieux et constant. L’adsorption d’un gaz tel que l’hydrogène, l’hélium ou, à un degré moindre, le néon, par le chai’bon, à la température de l’azote liquide, entraîne un très vif dégagement de chaleur, qui peut atleindxc 100 millions de calories pour une molécule-gramme de gaz. L’auteur examine les différentes causes possibles du phénomène et élimine en particulier la possibilité d’une réaction chimique, soit sur le chai'bon, soit de polymérisation. Il 11e l'esterait admissible qu’une réaction nucléaire rendue facile à basse température par la diminution considérable de l’agitation thermique et par la forme simple de l’atomé, des gaz expérimentés. Le nom de fi'igadréaction a été donné à ce nouveau phénomène. L’auteur n’a pas pu parvenir à mettre nettement en évidence les phénomènes d’ionisation qui devraient accompagner une action intxa-atomique. Si les phénomènes d’adsorption maintiennent à la phase gazeuse tous ses caractèi’es, l’élévation thermique peut d’ailleurs résulter très simplement de l’extrême compression du gaz adsorbé.
- La transmission de la fièvre jaune. — L'Aedes geniculatus est un moustique fréquent en France où il se développe surtout dans les i’égions boisées, ses larves vivant exclusivement dans les cavités des troncs d’arbi'es. Il pique voracement l’homme et les animaux, pénétrant parfois dans les habitations. MM. Roubaxjd, Colas-Belcouix et Stefano-i’oulo montrent qu’il peut servir de véhicule à la fièvre jaune. C’est la px’emièi'e espèce de moustiques d’habitat franchement paléarctique à laquelle cette dangei’euse faculté ait été reconnxie. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Chlorkautschuk und die iibrigen Halogenvcrbindungen des Kautscliuks, par Andréas Nielsen. 1 vol. in-8, 123 p.,
- 8 fig. llirzel, Leipzig, 1937. Prix : 6 marks ; relié, 7,20 marks.
- La collection « Chemie und Technik der Gegenwart » vient de s’enrichir d’un seizième volume tout à fait d’actualité. C’est l’étude technique du caoutchouc chloré, né il y a une dizaine d’années et dont, les usages vont en se multipliant. L’auteur rappelle les idées récentes sur la structure et la constitution chimique du caoutchouc, étudie sa chloration, passe en revue toutes les propriétés physiques du nouveau produit, décrit quelques-uns de ses emplois, notamment comme peinture et comme masse plastique, puis aborde les combinaisons plus récemment essayées avec le brome, l’iode, le lluor, et termine par une bibliographie et une énumération très complète des brevets d’invention existants.
- Les méthodes d’essai de corrosion des métaux et alliages, pur E. Herzog. 1 broch. in-8, 78 p., 23 lig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et C10, Paris, 193(5. Prix : 13 francs.
- Chef du service des recherches aux aciéries de Pompey, l’auteur a largement participé aux études de la commission française do corrosion. Après un rappel dos notions théoriques, il décrit et examine les procédés indirects d’évaluation de la corrosion, les méLhodes d’essais et mesures électrochimiques, les procédés directs et enfin les techniques diverses qui ont été retenues en ces dernières années.
- Morphologie des gels lipoïdes, par J. Nageotte. 4 broch. in-8, 177 p., 29 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 00 francs. Depuis de longues années, le professeur du Collège de France étudie avec un soin méticuleux les gels lipoïdes que sont les gaines de myéline des nerfs, les cristaux liquides, les vacuoles. Il examine ici leurs propriétés moléculaires, leurs modes de préparation et les conditions précises d’observation microscopique. Les deux fascicules suivants sont consacrés aux structures à surfaces hydrophiles telles que les figures myéliniques et à celles à surfaces hvdrophodes aux apparences de strates, gradins, bâtonnets, fibrilles, chenilles, etc. D’admirables microphotographies viennent justifier tous les aspects décrits.
- Comment on descend sous terre, par R. de Joly. 1 broch. in-16, 80 p., 7 pl. Imprimerie Chastanier et Almé-ras, Nîmes.
- Nos lecteurs ont lu récemment les deux articles du président de la Société spéléologique de France décrivant les buts, les moyens, le matériel des explorateurs de cavernes. Ils les retrouveront ici, réunis, développés, en un véritable manuel.
- En traversant les grandes capitales du Nord et leur région, par G. Berthillier. 1 broch. in-8, 100 fig., 1 carte. Éditions « Vie lyonnaise », Lyon. 1937. Prix : 12 francs.
- Au cours d’une croisière organisée par la Compagnie générale transatlantique, à Bergen, Oslo, Copenhague, Stockholm, Helsingfors, Dantzig, Gdynia et à travers l’H. R. S. S., de Leningrad à Moscou, l’auteur a pris notes et photographies, celles d’un touriste sans parti pris, qui fait aujourd’hui profiter de ses observations, de son expérience, des renseignements recueillis ceux oui veulent entreprendre le même voyage. C’est un vivant reportage et un guide excellent.
- Dynamische Botanik, par le Dr Friedrich Boas, 1 vol. in-8, 188 p., 64 fig. Lehmanns Verlag, München, 1937. Prix : 12 marks ; relié toile, 13,60 marks (pour l’étranger,
- 9 et 10,20 marks).
- Manuel de physiologie des plantes indigènes à l’usage des biologistes, médecins, pharmaciens, chimistes et agriculteurs, basé sur des travaux exclusivement en langue allemande, comme si aucun autre pays n’avait contribué à cette science. On reste stupéfait de cette partialité. L’auteur passe en revue les agents modificateurs des plantes : ions, sels, substances empêchantes et activantes, climat, en choisissant des exemples précis, dans le but de développer la productivité de la terre allemande.
- Die Wuchsstoffe der Pflanzen, par le Dr Gerhard Sciilenker. 1 vol. in-8, 106 p., 32 fig. Lehmanns Verlag,
- München, 1937. Prix : 4,80 marks ; relié toile, 6 marks (pour l’étranger, 3,60 et 4,50).
- Moins nationalement partial que la botanique dynamique de Boas parue chez le même éditeur, ce volume réunit un grand nombre d’acquisitions toutes récentes sur les substances favorisant la croissance des plantes, substances encore mal définies dont les mieux étudiées sont les auxines et dont on a déjà plus ou moins séparé des hormones, des vitamines, des « bios ». On y trouve les méthodes d’estimation qualitative et quantitative, la séparation des auxines A et B et de l’hété-rauxine, leurs effets sur les coléoptiles d’avoine en croissance, le géotropisme, le phototropisme de ceux-ci, les substances actives chez les champignons et chez les plantes supérieures. C’est tout un chapitre des actions infinitésimales qui s’ouvre encore.
- Les Conifères, par L. Parue. 1 vol. in-8, 294 p., 87 lig. Librairie de la Maison rustique, Paris, 1937. Prix : 32 francs. L’ancien directeur de l’École des Barres est un des meilleurs spécialistes en résineux, groupe d’arbres si difficiles à classer. Des tableaux dichotomiques, des descriptions claires réussissent à faire connaître toutes les espèces et variétés sauvages ou cultivées, des forêts et des parcs. Pour chacune on apprend non seulement les caractères, la distribution géographique, mais aussi les conditions de culture, les dangers de maladies et d’insectes, les possibilités ornementales et les usages industriels. De grandes et belles photographies reproduisent le port de chaque arbre.
- La psychologie de la forme, par Paul Guillaume. 1 vol. in-16, 236 p., 32 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1937. Prix : 16 francs.
- La théorie de la forme, de la structure, de l’organisation est née en Allemagne, au début de ce siècle, en réaction contre la psychologie analytique. Elle s’est révélée fort riche et s’est étendue jusqu’à la biologie et à la physique. L’auteur qui a suivi soigneusement ce mouvement d’idées en donne un exposé très clair. Les deux chapitres consacrés à la perception sont illustrés de nombreux exemples expérimentaux qui rendent concrète la notion de lois d’organisation et montrent l’insuffisance des explications traditionnelles. Les chapitres suivants sur le moi et l’action, la mémoire, l’intelligence, l’expression ne sont pas moins riches de suggestions théoriques intéressantes et d’expériences ingénieuses, et montrent sous d’autres aspects la fécondité des nouveaux principes.
- Dans le dernier chapitre, l’auteur situe la théorie de la forme dans les cadres classiques : spiritualisme et matérialisme, positivisme et métaphysique, rationalisme et empirisme, philosophie de la conscience et du comportement. Enfin il passe en revue diverses critiques, et notamment celle qu’on trouve dans quelques ouvrages français récents.
- Le profil graphique des individus et des groupes.
- Normalité et anormalité, par Alfredo Niceforo. 1 broch. in-8, 51 p., 19 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 12 francs.
- Voici une représentation par des profils graphiques des caractères morphologiques, biologiques, psychiques, sociaux, qui est tellement parlante qu’elle prend tout l’attrait d’un jeu. Le professeur de l’université de Rome compare ainsi des individus quelconques, des athlètes, des groupes sociaux, la Vénus de Milo, Dante, des rois de Bohême, et chaque fois, le « profil » qu’il obtient révèle des corrélations nettes et permet d’intéressantes conclusions.
- Bulletin de la Maison franco=japonaise. Tome VII, fasc. 1 et 2, 1935-1936, 2 vol. i.n-8, avec fig. et pl. Geuthner, Paris. Prix : cartonnés, 17 et 10 francs.
- La Maison franco-japonaise de Tokio publie un bulletin où sont traitées diverses questions intéressant les deux pays. On y trouve d’importants mémoires, dont le premier fut celui de Sylvain Lévi sur les matériaux japonais pour l’histoire du boudhisme. Les deux premiers fascicules du tome VII sont consacrés à trois études. La première du Dr Jean Motte traite du Castanea crenata qui semble appelé à être substitué en Europe au châtaignier ravagé par la maladie de l’encre et dont l’auteur relève un grand nombre de variétés japonaises qu’il décrit. La deuxième, du même auteur, présente une herbe commune au Japon, le Kikyo (Platycodon grandiflorum) récolté par les paysans pour ses propriétés médicinales. Enfin M. Hum-bertelaude publie un parallèle entre l’écrivain japonais Ueda Akinari et Prosper Mérimée.
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- Problèmes d’asymétrie dans les processus bic>= chimiques, par M. Schoen. 1 vol. in-8, 103 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cio, Paris, 1936. Prix : 20 francs.
- Suite de conférences clairement et allègrement écrites sur les problèmes d’asymétrie moléculaire, depuis les découvertes de Pasteur relatives aux corps raeémiques et l’hypothèse du carbone tétraédrique de Le Bel et de Van’t lloiï jusqu’aux nouvelles conceptions des sucres et aux efforts actuels des physiciens pour une représentation élcetronique.
- Mécanisme des réactions iermentaires. Son étude sur l’amylase et l’invertine, par L. Ambaud et M110 S. Tra-ut-mann. 1 vol. in-8, 103 p. Masson et Ci0, Paiïs, 1037.
- Prix : 35 francs.
- Une réaction fermentaire, diasLasique, telle que l’hydrolyse du sucre de canne par la saccharose ou celle de l’amidon par l’amylase n’est pas une réaction simple, mais suppose une série de processus de vitesses différentes : fixation du coloraient sur le ferment, rencontre de ce complexe avec le substrat, réaction hydrolytique proprement dite. Les auteurs exposent les expériences qu’ils ont laites pour distinguer les mécanismes successifs et aboutissent à considérer l’hydrolyse, dernier stade, comme indépendante de la concentration du col’erment et de celle du substrat, expliquant ainsi nombre d’anomalies s'opposant aux données classiques.
- Life historiés oi North American birds of prey,
- par Arthur Cleveland Bent. 1 vol. in-8, 409 p., 102 pl. Bulletin 107. U. S. National Muséum. Smilhsouian Institution, Washington, 1937.
- L’histoire naturelle îles oiseaux de l’Amérique du Nord a déjà donné lieu à 9 volumes de l’U. S. National Muséum et voici le dixième consacré aux Falconiformes, qui est la première partie de l’œuvre consacrée aux oiseaux de proie. Ouvrage de base, dépouillant tous les faits connus et toutes les publications antérieures, il est réalisé selon un [dan d’ensemble, eu tenant compte de la classification actuelle, de toutes les données biologiques, des renseignements sur le mode de vie, les nids, les œufs, les mues, les plumages, la nourriture, les migrations, l’habitai géographique, etc.
- Répertoire statistique des communes de l’Algérie.
- 1 vol. in-4, 280 p. Service central de statistique du Gouvernement général de l’Algérie, 1937.
- Tableau de répartition par communes et fractions de communes, et par race ou nationalité de la population algérienne recensée le S mars 1930. Les résultats d’ensemble sont : 7.234.084 habitants dont 987.252 européens ; 853.209 français.
- Téviec, station nécropole mésolithique du Mor= bihan, par Marthe et Saint-Just Péquart, M. Boule, IL Vallois. 1 vol. in-4, 227 p., 70 lig., 19 pl. Archives de l’Institut de Paléontologie humaine. Mémoire 18. Masson et O, Paris, 1937. Prix : 220 francs.
- Les mégalithes de Bretagne ont été tellement explorés et pillés que bien peu semblaient encore possible à découvrir. Cependant M. et Mme Péquart, fouillant surtout les îles de la côte, ont déjà trouvé maintes traces énéolithiques et gauloises. Cette fois, abordant en 1928, l’îlot de Téviec, à l’ouest de la presqu’île de Quiberon, ils ont eu la chance de mettre à jour, non seulement un énorme amas de coquilles, mais une nécropole antérieure aux mégalithes dont ils ont dégagé les restes de 23 sujets isolés ou groupés, de nombreux foyers de diverses sortes des silex taillés et des ossements d’animaux, le tout sans remaniement et sans grandes altérations. Ce mémoire rend compte de leurs importantes ^découvertes et l’étude anthropologique de MM. Boule et Valois situe le type humain de Téviec au voisinage de celui de Chancelade.
- Das Geiüge des Lebens, par Ludwig von Bertalanffy.
- 1 vol. in-8, 197 p., 67 lig. Teubner, Leipzig et Berlin. Prix : relié toile, 6,80 marks ; pour l’étranger, 5,10 marks.
- L’auteur, privat-docent à l’Université de Vienne, est bien connu par sa « Biologie théorique » dans laquelle il a pris position entre les données mécaniques et chimiques de la vie insuffisantes pour l’expliquer et les conceptions métaphysiques de Uentiléchie non abordables expérimentalement, ne gardant de celles-ci que certaines parties. Il reprend ici ce problème plus sommairement en cherchant la texture de la vie parmi toutes les données biologiques actuelles, de la composition
- du protoplasma et de la structure cellulaire jusqu’aux réflexes, instincts, etc., des échanges de matière jusqu’à l’hérédité. On lira avec grand intérêt ce nouvel exposé d’un essai de synthèse méritoire où l’on trouve la plupart des questions fondamentales posées par les recherches de ces dernières années.
- Le problème des aptitudes à l’âge scolaire, par
- André Ombueuanne. 1 broch. in-8, 59 p. Actualités scientifiques eL industrielles. ïlermann et Cie, 1936. Prix : 12 francs.
- Les inadaptés scolaires, par André Ombredanne, Mine N. Suarez et Mllie N. Canivet. 1 broch. in-8, 85 p., 45 flg. Hermann et Ci0, Paris, 1936. Prix : 12 francs.
- Ayant examiné 21 écoliers de la classe de quatrième empêchés de passer dans une classe supérieure, les auteurs ont réuni et comparé les notes scolaires, les résultats de l’examen physique et psychiatrique et les indications de nombreuses séries de tests. Ils présentent sous ces divers aspects ces inadaptés intellectuels et firent de très sages et fines conclusions, tant sur la manière d’orienter les tests que sur les facteurs très divers d’échecs scolaires.
- Le réseau arborescent, schème primordial de la pensée, par Julien Pacotte. 1 broch. in-8, 55 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 10 francs.
- Esprit de géométrie, esprit de système, l’auteur voit la pensée comme un ensemble de confluences et de diffluences dans des dipôles, en double couche quand ils sont de liaison, etc.
- La dore forestière de la Côte d’ivoire, par A. Aubré-ville. 3 vol. in-4, 910 p., 351 pl., 3 cartes. Larose, Paris, 1936. Prix : 300 francs ; reliés, 350 francs.
- Inspecteur principal des Eaux et Forêts, ayant passé dix ans à observer la forêt équatoriale, l’auteur a su reconnaître, décrire, étudier et figurer près de 600 espèces d’arbres dont beaucoup n’avaient pas encore été signalées. C’est donc u’n inventaire complet des richesses et des ressources en bois, qui sera la base de tous les travaux futurs. Forestier, M. Aubré-viile ne s’est pas borné aux descriptions scientifiques ardues ; il s’est appliqué aux caractères qui permettent facilement de distinguer les familles, les genres, les espèces ; il décrit le caractère forestier de ces espèces, leurs exigences, leurs préférences quant au sol, à la lumière, au climat, au voisinage d’autres espèces, leur répartition géographique, tous renseignements extrêmement précieux pour la protection et la régénération des forêts coloniales, la sélection et la multiplication, dans les massifs, des espèces de choix. De courtes monographies synthétiques sont l’occasion de signaler certaines espèces des zones de savanes de l’Afrique occidentale, espèces affines des espèces de grande forêt et de donner sur elles de brefs renseignements ; elles rendent, en l’absence de toute autre documentation, l’ouvrage utile à consulter pour l’étude des espèces arbustives de tout l’Ouest africain. C’est une oeuvre remarquable-, d’un intérêt scientifique de tout premier ordre dont il n’existe d’équivalent ni en A. O. F., ni dans nos autres colonies ; elle est le modèle dont il faudra s’inspirer pour inventorier plus complètement les richesses forestières de tous les pays tropicaux.
- Théorie de la dentition jugale mammalienne,
- par R„ Anthony et M. Friant. 2 broch. in-8, 71 et 81 p., 21 et 65 lig., 6 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cio, Paris, 1936. Prix : 15 et 20 francs.
- Nos lecteurs con naissent la théorie de Mu® Friant par l’article qu’elle publia le 15 octobre 1933 dans La Nature. Dans la première partie, le professeur du Muséum examine seul la molaire des mammifères, son caractère fondamental et son type morphologique archaïque ; dans la deuxième, il étudie avec sa collaboratrice l’évolution de la molaire chez les mammifères placentaires à partir du début des temps tertiaires.
- Classifications néolithiques, avec exemple de continuité dans la morphologie des pièces, par le Commandant E. Octobon. 1 broch. in-8, 41 p., 35 flg. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 8 francs.
- Elude des navettes, grnltoirs à encoches symétriques et pièces qui les accompagnent dans les industries à quartzites des pays toulousains, suivie d’une discussion sur les diverses classifications proposées pour le néolithique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE
- A propos des écrans polarisants.
- La Société Yvel nous communique les réllexions suivantes sur l’emploi (les écrans polarisants dans les pliares d’automobiles :
- « La polarisation transformant le faisceau incident en deux faisceaux d’égale intensité dont un seul est utilisable, ceci correspond à un rendement énergétique de 5o pour 100 au maximum, bien mauvais surtout lorsque c’est un rendement théorique qui ne pourra même pas être atteint.
- « Analysons la marche des rayons lumineux. Issus du projecteur, ils traversent le polariseur d’où perles par diffusion, transmission et réflexion qu’il est permis de chiffrer à 10 pour ioo environ. Les rayons polarisés émergents vont s; réfléchir sur les différents obstacles de la roule et vont finalement traverser l’analyseur. Pour les mêmes raisons que précédemment nous pouvons admettre une nouvelle perle d’environ xo pour xoo.
- « Les obstacles de la route étant partiellement diffusants vont agir sur les rayons polai’isés incidents, en transformant, ces derniers d’une part en l’ayons lumineux partiellement polarisés, d’autre part en décalant le plan de polarisation, (ieci conduira encore à une perte de quelques pour ioo.
- « Pratiquement nous 11e pouvons donc espérer obtenir qu’un l’cndemenl global de 3o pour 100, ce qui a pour consé-q uence :
- — soit une diminution de portée des projecteurs ; nous savons que cela est inadmissible. D’ailleui's, si cette solution était acceptable, il sei’ait alors plus simple et plus économique de diminuer la puissance des lampes et parlant leur éblouissement.
- — soit, puisqu’il est nécessaire de conserver la même visibilité, une augmentation de la puissance des projecteurs. Mais cette augmentation de puissance devrait se faire dans un rapport de 1 à 3.
- Une telle augmentation enli'aîne avec elle tant de difficultés que le procédé analysé ici ne pai'aît pas pouvoir recevoir d’applications pratiques, du moins avant un certain nombre d’années.
- Nous devons, en effet, considérer qu’augmenter la puissance des projecteurs dans un tel rapport conduit inévitablement entre autres :
- i° à transformer complètement l’équipement électrique actuel d’où augmentation sensible des prix et nécessité de nouvelles études et mises au point, d’autant plus nombreuses que la suppression presque inévitable de la tension 6 v conduira à une révision complète de tous les organes électriques de la voiture ;
- 20 à adopter des batteries d’accumulateurs de grande capacité, donc plus lourdes et difficilement logeables dans le gabarit des cari’osseries normales ;
- 3° à utiliser des lampes tx’ois fois plus puissantes, c’est-à-dii’e plus encombi'antes, plus coûteuses et de fabrication infiniment plus délicate, lorsque même cette dei'nière est possible, que celles en usage aujourd’hui;
- 4° à l’emploi probable de pi'ojecteurs adaptés aux nouvelles lampes, c’est-à-dire sensiblement plus volumineux et plus loui’ds que ceux qui équipent nos voitures, plus coûteux aussi, alors que la tendance actuelle, en accord d’ailleurs
- avec les lois de l’aérodynamisnxc, est d’en x'éduire l'encombrement au minimum ».
- I.’intéi'êt qu’a soulevé le nouveau matériau polarisant nous incite à compléter les informations fournies dans notre article, à faire quelques réllexions sur la communication de la Société Yvel, et à demander à nos lecteurs de nous sou-mettj’e leurs observations à ce sujet.
- D’après Lang, le produit à base de clxloi'ure de cobalt faisant l’objet, du brevet anglais 433.455 du i5 janvier 1934 permet de réaliser des écrans ne pi’ésenlant qu’une perle extrêmement faible par absorption, le faisceau transmis ayant une intensité de 48-49 pour 100 de celle de la source lumineuse et n’étanl pas coloi’é.
- lin effet, le pourcentage de polarisation et de transmission n’est pas le même pour toutes les longueurs d’onde par suite des pi'opriétés dichroïques de l’hérapalhite : faible pourcentage de lumière polarisée dans les exli'émilés rouges cl violettes du spectre, absorption presque complète pour les longueurs d’onde intermédiaii’es, de sorte qu’une source lumineuse vue à travers deux polai’iseurs ci'oisés dans la portion d’extinction sera encoi’e visible colorée en rouge foncé.
- lin ce qui concerne l’emploi dans les phares d’automobiles, nous l’ccon naissons avec notre cori’espondanl que J’Iiérapatbite n’est pas la solution parfaite, idéale mais qu’elle est une solution susceptible, si elle se généralisait, de faii’c réaliser un progrès sur l’état de chose acuel, sans conduire à des modifications radicales de l’équipement des voitures.
- Sur une route droite, de nuit, l’éblouissement et la gêne de conduite produite par une voilure venant en sens inverse avec ses phares de route allumés se fait sentir plusieurs kilomètres avant le ci'oisemenl. Si les conducteurs ne mettent pas les lumières code, l’éblouissement se produira jusqu’au croisement et jusqu’à ce moment la conduite sera dangereuse par suite de la difficulté de voir les obstacles. Les filtres polarisants rendraient de grands services dans ce cas, car si les deux conducteurs mettent leurs lumières code, la puissance lumineuse est moins de 45 pour 100 de celle des phares de roule, d’où encore avantage pour les écrans polarisants.
- Qu’en pensent nos lecteurs ?
- II. Vigneron.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Prise de température d’un piston en pleine marche.
- La mesure de la température exacte des organes des moteurs thermiques en fonctionnement, et notamment des pistons, pi'ésenlerait un grand intérêt, tant au point de vue de l’étude des rendements que de celle de la résistance des métaux. Malheureusement, une telle mesure, en pratique, est difficile et l’on est souvent réduit aux hypothèses en ce qui concerne la distribution et l’écoulement de la chaleur.
- M. IL W. Backer a récemment communiqué à VInstitution oj Mechanicals Engineers Q) la descidptioix d’un dispositif à double équerre déformable qui lui a permis d’étudier
- 1. Voir aussi Bulletin technique du Veritas, avril 1937.
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- directement, durant la marche, les températures en différents points d’un piston de moteur Diesel.
- Le moteur étudié était un Miclees-Ricardo à trois cylindres, sans soupapes, distribution par fourreaux, i43 mm d’alésage et 169 mm de course. Iî développait 60 ch à 1.200 tours/mn.
- Les mesures furent exécutées sur un seul piston, le cylindre correspondant étant muni d’une circulation autonome; plusieurs types de pistons furent essayés : en fonte, en aluminium, en alliages L8 et Y, à tracé normal et à nervures.
- Le dispositif thermométrique comportait des couples thermo-électriques placés en différents points du piston, notamment sur la face supérieure, sous le deuxième segment et en un point de contact avec le fourreau de distribution. Ces couples étaient constitués, dans le cas des pistons en fonte, par
- Sonde
- thermoélectrique
- Fig. t. — Système de biellettes articulées permettant de relier électriquement à un galvanomètre une sonde thermo-électrique placée à l’intérieur d’un piston de moteur Diesel.
- un assemblage fer-alliage Eurêka, les deux conducteurs étant montés dans une petite douille vissée dans la paroi du piston.
- Dans le cas des pistons en alliage Eurêka, le piston lui-même formait l’un des éléments des couples. Un couple cuivre Eurêka étant monté au centre de la face supérieure du piston, des jeux d’interrupteurs permettaient de brancher le galvanomètre, par des conducteurs en métal Eurêka, à différents points du piston, dont on connaissait ainsi la différence de température avec le point central.
- Restait le problème mécanique : relier par des conducteurs matériels ce piston, doué d’une grande vitesse alternative (jusqu’à 20 doubles courses par seconde) au galvanomètre extérieur.
- Ce résultat a été obtenu de la façon suivante (figure i). Deux biellettes A et B, formant une équerre articulée, étaient montées à pivot sur la face interne du piston et sur la bielle; deux grandes bielles C et D reliaient de même la tête de bielle du moteur à un point fixe. Cinémati-quement, l’ensemble formait un polygone déformable avec
- des déplacements angulaires relativement faibles, en sorte que le faisceau des conducteurs pouvait le suivre de bout en bout.
- La continuité des connexions aux points d’articulation était assurée par des ressorts plats en acier recuit, de i mm 7 de largeur et o mm i3 d’épaisseur. Les conducteurs, en fil de 12/10 de millimètre isolé, étaient fixés sur les bielles et biellettes au moyen de colliers espacés de 3 à 4 cm et le tout était isolé sous un enduit protecteur. Au voisinage immédiat du métal chaud du pisLon, les conducteurs étaient protégés par des tubes en porcelaine et en « cystaflex ».
- Les résultats des mesures furent les suivants : avec piston fonte en marche à pleine puissance (60 ch, 1.200 tours/mn) on trouve 44o° au centre, ce qui est comparativement considérable, 2200 seulement à la périphérie, ce qui s’explique par le contact de la paroi refroidie, i5o° sous le deuxième segment et 85° seulement dans la jupe à la hauteur de l’axe de pied de la bielle.
- Avec des pistons en alliage d’aluminium, meilleurs conducteurs de la chaleur, la température s’abaisse à 280° au centre mais s’élève à 1120 dans la jupe.
- D’autre part, la température s’accroît rapidement avec la vitesse du moteur, le couple fourni étant maintenu constant; ainsi, la température du centre, pour les pistons en aluminium, s’élève à 4a° quand l’allure passe de 800 à i.4oo tours/mn.
- Lors de la mise en route, à pleine charge, les pistons en fonte atteignent leur température d’équilibre en i4 mn et les pistons d’aluminium en 7 mn seulement !
- Ceci a une certaine importance pour les moteurs ordinaires, tels que les moteurs d’automobiles, du fait que cette mise eu température rapide abrège la péi'iode de « claquement à froid » et de forte consommation d’huile. A ce point de vue, malgré leurs allures généralement peu sportives, les taxis et les voitures de ville peuvent être équipés avec avantage de pistons en aluminium.
- La précision de ces mesures est de l’ordre de 7 pour 100 ; il sera intéressant de les étendre à d’autres types de moteurs.
- P. D.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Le verre mousse.
- On sait depuis longtemps que les verres ont un pouvoir d’adsorption superficielle considérable pour les gaz et qu’en particulier il est très difficile de débarrasser leur surface de la couche gazeuse qui y adhère normalement. Les verres également dissolvent à chaud des quantités importantes de gaz. E11 1881, Ilauway observa qu’en chauffant, des verres à 2oo° dans une atmosphère sous pression de 200 kgr d’oxygène ou d’acide carbonique et en laissant les verres se refroidir sous pression, la quantité de gaz dissous était si grande que, en chauffant, ensuite les verres à l’air libre, les gaz dissous en se dégageant provoquaient la désagrégation totale de la masse de verre qui prenait l’apparence d’une écume. En agissant sur la température et la pression, il aurait sans doute été possible de discipliner le phénomène cl d’obtenir, dans la masse de verre, sans la pulvériser, des multitudes de bulles de gaz de dimensions uniformes réalisant, au point de vue chimico-physique une émulsion de gaz dans un solide, et au point de vue pratique un verre-mousse, analogue au caoutchouc-mousse ou aux cendres volcaniques poreuses, comme la pierre ponce.
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- Industriellement, c’est par un autre procédé que l’on a tout récemment préparé des verres-mousses ou verres multicellulaires constitués par des bulles serrées les unes contre les autres, ne communiquant pas entre elles, l’épaisseur des parois qui les séparent étant relativement très faible par rapport à leur diamètre.
- Le procédé consiste à mélanger aux constituants du verre, à l’exclusion des matières oxydantes comme les nitrates et les sulfates, de la poudre d’aluminium et des oxydes métalliques, comme l’oxyde de titane, le chrome, le bioxyde de manganèse, ayant la propriété de se dissocier sous l’action de la température. Le mélange est fondu puis amené à une température voisine de son point de ramollissement pendant quelques minutes. Le fusionnement ou bullage se produit alors.
- A ce moment, les oxydes qui, à haute température, ont été réduits par l’aluminium et amenés à un état d’oxydation inférieur, tendent à reprendre leur état d’oxydation primitif; ils empruntent de l’oxygène à l’acide carbonique provenant de la décomposition des carbonates et libèrent de l’oxyde de carbone sous forme de bulles gazeuses qui restent occluses dans la masse de verre.
- Le produit final a évidemment une faible densité. C’est ainsi qu’avec un verre constitué par un mélange de sable, carbonate de soude, carbonate de chaux, bioxyde de titane et o,5 pour ioo d’aluminium, on obtient un verre-mousse de densité apparente i ,3 ; en opérant dans le vide, on peut arriver à 0,9 ou 1 et, en opérant différemment, à o,3 correspondant à une porosité de 88 pour 100.
- Ces verres multicellulaires ont des propriétés intéressantes : leur résistance à la compression est voisine de 4o-45 kgr par cm2 suivant les dimensions des bulles. Leur conductibilité calorifique est très faible et ils se classent parmi les meilleurs isolants avec les briques de diatomites et le liège aggloméré.
- Au point de vue acoustique ils sont remarquablement insonores et peuvent ainsi être utilisés pour réaliser des cloisons isolantes, surtout qu’011 peut les façonner avec une grande facilité : par suite de la faible épaisseur des parois de verre entourant les bulles, on peut en effet les couper, les scier, les percer, les travailler à la râpe, y enfoncer des clous capables de supporter des efforts de plusieurs kilogrammes, etc.
- Aussi les emplois envisagés sont surtout prévus sous forme de briques ou de plaques de plus ou moins grandes dimensions pour construire des cloisons légères et insonores dans les immeubles modernes et des revêtements calorifuges. La rugosité superficielle de ces plaques permet une bonne adhérence du plâtre soit comme revêtement, soit comme scellement.
- Enfin leurs propriélés abrasives, analogues à celles de la pierre ponce, pennetlronl sans doute de remplacer celle-ci üiins certaines applications. 11. Vignekon.
- AVIATION
- La préparation des vols polaires de VU. R. S. S.
- L’allerrissagc heureux des quatre avions de l’expédition polaire russe et l'installation d’une base d’études aux environs de 90° de latitude nord, la remarquable performance, d’autre part, des aviateurs qui, partis de Moscou, ont presque réussi d’un seul coup d’aile la liaison avec la côte ouest du
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- Pacifique, n’ont pu être réalisés qu’après une préparation spéciale minutieuse. En aviation peut-être plus encore qu’en tout autre sport, la réussite n’est due qu’à une longue patience et une prévision complète de toutes les difficultés qui peuvent se présenter.
- Dans la revue Les Ailes, nous trouvons d’intéressants renseignements sur les préparatifs qui ont permis le succès de l’expédition aérienne au Pôle. Le premier problème était celui de l’atterrissage du personnel et du matériel. Une descente en parachute était inaccepiame, car les conditions d’une descente au Pôle diffèrent de celles d’une exhibition sur un aérodrome connu, et d’autre part les quelque 10 t de provisions, d’armes et d’appareils scientifiques auraient considérablement souffert dans l’opération. Mais les récits de Nansen sur l’existence dans le bassin polaire central de grandes étendues de glaces à peu près unies sur lesquelles Peary put avancer de plus de 5o km par jour dans sa marche vers le pôle, convainquirent les aviateurs de la possibilité d’atterrir au Pôle même avec des avions de gros tonnage en les munissant de skis au lieu de roues, ce choix étant justifié par le fait que les champs de glace de vieille formation sont en général recouverts d’une couche de neige épaisse légèrement vallonnée. Afin de vérifier l’état de la glace à l’endroit choisi pour l’atterrissage, les aviateurs l’ont bombardé avec des bombes de 10 kgr qui peuvent traverser 5o à Go cm de glace. Ces bombes entraînent un fanion visible facilement à la surface du sol. Si la glace est peu épaisse (n’oublions pas qu’aux environs du Pôle, il n’y a pas de terre ferme, et que c’est sur la banquise qu’il faut par suite s’installer) la bombe la traverse et entraîne le fanion qui au contraire s’étalera sur la glace indiquant que l’épaisseur est suffisante si la bombe est arrêtée par la glace. Au cas où il n’aurait pas été possible de trouver un emplacement favorable, des parachutistes auraient été déposés sur la banquise avec des explosifs et le matériel nécessaire pour niveler une piste pour les avions de l’expédition.
- Celle-ci ne pouvait être entreprise qu’à une période bien déterminée. La nuit de l’hiver polaire ininterrompue jusqu’en février interdisait le vol dans celle saison. En été par contre d’épais brouillards se forment qui s’élèvent jusqu’à 5 et G.000 m, menaçant les avions de givrage. C’est seulement au pidntemps, de mars à mai, que le vol peut être entrepris; il fait jour et les brouillards ne s’élèvent encore qu’à i.5oo m environ.
- De l’Ile Rodolphe au Pôle, il y a 900 km environ à franchir dans des conditions particulièrement difficiles au point de vue pilotage, puisque l’aviateur n’a ni caries ni points de repère au sol et que le compas magnétique ne rend plus aucun service. Seul le guidage par radio, l’observation astronomique et les compas gyroscopiques peuvent être utilisés. Trois radio-phares ont été installés l’été dernier dans la Nouvelle-Zemble, au cap Désir et à Matochkin-Char, et à Elle Rodolphe.
- Le personne] lui-même a été soumis à un entraînement spécial : aux environs de Moscou, pendant l’hiver, il a vécu sur un champ de neige, dans les mêmes conditions matérielles que celles qu’il rencontrera pendant son long hivernage au Pôle. Il a mangé, couché, installé le camp, la radio, le moteur éolien, etc., vérifiant ainsi tous les appareils et s’accoutumant au régime alimentaire spécial.
- C’est grâce à ces multiples précautions et à la mise au point spéciale des appareils pour le vol dans les régions antarctiques que l’expédition jusqu’à présent a pleinement réussi.
- IL Vignekon.
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- 300 — INVENTIONS et nouveautés
- RADIO-ÉLECTRICITÉ
- Une curieuse application électro-acoustique des ampoules à incandescence.
- Les filaments métalliques des ampoules à incandescence ont une résistance ohmique qui augmente à mesure que la température s’accroît, c’est-à-dire en môme temps que s’accroît l’intensité du courant qui les traverse ; pour les filaments de carbone, la résistance baisse quand le courant augmente.
- Cette particularité a été utilisée souvent pour la réalisation de systèmes aulo-régulateurs. Les résistances employées doivent varier dans des proportions aussi grandes que possible, mais, progressivement; on a donc eu recours, le plus sou-
- Circuit
- compensateur
- Ampoule à
- in can descen ce
- Haut-parleur
- -Circuit compensât1
- Ampoule à incandescence
- Fig. 1. — Dispositij simple d’expansion sonore automatique.
- vent, à des filaments de fer plongés dans un atmosphère d’hydrogène; ces résistances sont employées en particulier pour s’opposer à l'influence des variations du réseau d’alimentation sur les récepleurs radio-électriques.
- Cette propriété a été récemment utilisée dans une autre application : pour augmenter le contraste sonore d’une audition phonographique ou d’une réception radiophonique, de manière à éviter le caractère plat ou monotone que présente la reproduction lorsqu’il existe un intervalle sonore insuffisant entre le son le plus faible et le son le plus intense que l’on puisse obtenir.
- Pour obtenir artificiellement ce contraste, on se contente d’assurer une amplification supplémentaire importante aux sons musicaux de niveau élevé, tout en évitant une amplification considérable pour les sons de faible intensité. Le contraste sonore est ainsi exagéré dans des proportions qui peuvent être de l’ordre de i à io; des dispositifs particuliers doivent cependant permettre de réduire les sons graves au moment des fortissimi de l’audition, et, au contraire, de les augmenter au moment des pianissimi, de manière à rétablir l’équilibre sonore.
- Des systèmes assez compliqués à lampe à vide supplémentaires, placés à la sortie de la lampe détectrice du poste radiophonique ou à la suite du pick-up phonographique, permettent d’obtenir ce résultat, dans des conditions plus ou moins
- satisfaisantes ; voici un montage beaucoup plus simple dont le fonctionnement repose uniquement sur les propriétés des filaments des ampoules à incandescence que nous venons de rappeler.
- Le système est formé d’un circuit à pont de Whealstone disposé entre l’étage de sortie du récepteur de radiophonie ou de l’amplificateur et le haut-parleur.
- Deux des bras du circuit comportent des résistances fixes R 1{„ et les deux autres des ampoules a miniatures » à incandescence munies de filaments spécialement traités, montés en série avec des circuits formés d’une inductance et d’une capacité en parallèle, destinés à permettre la compensation de l’amplification des notes graves.
- Four les fréquences au-dessus de aoo périodes-seconde, ces circuits peuvent être considérés comme court-circuilés, de sorte que le montage est formé uniquement par un assemblage de résistances.
- Ampoule à filament _/c/e carbone
- Sortie de
- Haut-pa rieur
- 1 et 2 Ampoules à filament métallique
- Ampoule à filament de carbone
- Fig. 2. — Dispositif d’expansion sonore à ampoules ù. incandescence, les unes à filament métallique, les autres à filament de carbone.
- Si le pont était en équilibre, aucun courant n’agirait sur le haut-parleur; on détermine donc les résistances R2, très petites vis-à-vis des résistances des ampoules, de manière à provoquer un déséquilibre initial.
- La tension appliquée à la bobine du haut-parleur est directement proportionnelle à la tension au secondaire du transformateur de liaison, et ne dépend donc que des perles d’énergie subies dans le montage.
- Lorsqu’on augmente le niveau de la tension appliquée, le courant moyen augmente dans les branches du pont, les filaments des ampoules s’échauffent, la résistance augmente. Le déséquilibre du pont s’accroît simultanément, et l’énergie transmise au haut-parleur devient plus grande.
- Plus le signal est intense, plus l’amplification est grande, d’où une expansion sonoi'e.
- On obtient une augmentation des notes graves pour les niveaux faibles, grâce aux circuits accordés montés en série avec les ampoules qui déterminent à ce moment un déséquilibre plus important des branches du pont.
- Dans d’autres systèmes encore plus simples, on peut utiliser la diminution de résistance à chaud des filaments de carbone, et établir des combinaisons très simples, à effet compensateur, avec deux lampes à filaments de carbone et deux lampes à filaments métalliques (fig. a).
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- MUSIQUE
- Le clavier ail 0. C.
- Cet appareil qui a obtenu la médaille d’or au concours d’inventions de la Foire de Paris se compose de deux supports réunis par un léger rail en mêlai ; il est immédiatement en place sur tous les pianos et ne nécessite aucune attache particulière. Dix ressorts à boudin, munis à l’une de leurs extrémités de billes qui peuvent circuler librement sur le rail supportent à leurs autres extrémités des annelets de caoutchouc où viennent se placer les doigts.
- Le rail lui-même peut s’abaisser ou s’élever sur les supports, selon les degrés de tension que l’on veut donner aux ressorts. Les ressorts sont soigneusement tarés, et plusieurs
- Fig. 1. — Le claui-rail G. C.
- jeux de diverses résistances peuvent être mis à*la disposition des artistes, selon leur musculature.
- Cet appareil permet à toute personne d’obtenir, dans un temps très réduit,, une virtuosité très supérieure à celle obtenue par les méthodes ordinaires. 11 présente, en outre, l’avantage de supprimer les exercices fastidieux de mécanisme jusqu’à présent indispensables pour atteindre la vélocité, la souplesse et la force dans le toucher des claviers.
- ^Cette invention est particulièrement intéressante pour les organistes qui ont besoin d’un entraînement considérable; en effet, la plupart des orgues anciens sont d’un toucher très dur. Si l’organiste travaille préalablement sur un piano, il n’est pas entraîné à fournir un effort aussi important que sur son orgue ; l’appareil réglable permet, ayant des ressorts étalonnés, d’obtenir un effort musculaire équivalent à celui exigé sur le clavier de l’orgue.
- Inventeur : Gilbert J. Carpentier, 34, rue Guynemer, Paris (6e).
- PHOTOGRAPHIE
- Un nouvel appareil photographique de petit format.
- Les appareils photographiques de petit format, permettant d’obtenir des images de 24 x 36 mm sur film cinématographique standard de 35 mm, sont très en vogue.
- Avec ccs appareils, la qualité des prises de vues dépend essentiellement de la précision du système de visée et de la mise au point. Le viseur assure « la mise en page » exacte du sujet photographié et la qualité artistique de l’épreuve.
- En réalité, le viseur le plus exact reste l’ancienne glace dépolie des appareils folding monoculaires; avec les viseurs de différents systèmes distincts de l’objectif, il y a toujours entre l’image aperçue par l’opérateur et celle que projette l’objectif de prise de vues, une différence parallactiquc.
- Les appareils de type reilex donnent, à cet égard, les meilleurs résultats; ils permettent à la fois une mise en page généralement correcte et une mise au point exacte sur un verre dépoli ou une loupe horizontale; mais on peut encore reprocher aux modèles à deux objectifs de ne pas permettre d’estimer exactement la profondeur de champ suivant le diaphragme utilisé, et de présenter également une différence parallactiquc plus ou moins importante.
- A ce point de vue, l’appareil reflex à un seul viseur, à escamotage du miroir et à obturateur de plaque, donne les
- Fig. I — L’appareil Super Exacta 24 x 30 à viseur réflexe.
- Système d'armement de l’obturateur, dispositif de sectionnement du film ; ampoule pour instantané.
- meilleurs résultats, puisque l’image aperçue sur le verre dépoli est produite par le même objectif que celui utilisé par la prise de vues.
- 11 existait cependant, jusqu’à présent, assez peu de modèles de petits formats du système réflexe; il est très difficile, en effet, d’examiner utilement une image de 24 x 36 mm seulement aperçue sur un verre dépoli.
- Dans un modèle récent d’appareil photographique de petit formai, muni cl’un système reflex monoculaire, cet inconvénient a été supprimé au moyen d’une loupe dont le foyer coïncide avec le foyer de mise au point, l’image de l’objet à photographier apparaît ainsi immédiatement sur le verre dépoli en format 4x6 cm ou même en 6 x 9 cm, avec une autre loupe auxiliaire.
- L’image aperçue est claire et brillante, et de format suffisant, ce qni permet une mise en page et une mise au point précises.
- Dans cet appareil, on utilise des chargeurs à film standard pour 1 m 60, soit 36 clichés, assurant le chargement et le déchargement en plein jour. Avec un petit couteau actionné par une vis mobile, on peut, d’ailleurs, couper le film sans aucune perte, et le dos amovible permet de sortir immédiatement la partie impressionnée, de sorte qu’on peut se rendre compte du résultat obtenu sans attendre d’avoir impressionné 36 clichés (fig. 1).
- L’obturateur est à rideau, et permet de faire des poses lentes et des instantanés depuis 12 sec jusqu’à un millième
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- de seconde, avec un retardement de 6 sec à un millième.
- L’armement de l’obturateur est réalisé par un levier, à l’aide d’une manœuvre très rapide, qui assure en même temps l’avancement du film sans risque de doublage de pose. On dispositif permet d’accoupler directement une lampe « éclair » à l’obturateur pour les prises de vues de reportage.
- Enfin, les objectifs sont montés à baïonnette et immédiatement interchangeables ; on peut ainsi adopter des modèles à court foyer et à grand angle, ou au contraire des téléobjectifs; un grand nombre d’accessoires sont d’ailleurs prévus pour des usages spéciaux.
- Etablissements Telos, 35, rue de Clichv, Paris.
- ÉLECTRICITÉ
- Un appareil de signalisation automatique contre le vol.
- Tl existe un grand nombre de dispositifs automatiques de protection contre le vol, commandés par une cellule photoélectrique, ou simplement par un relais mécanique ou électro-mécanique. Ces systèmes mettent en fonctionnement, le plus souvent, un signal sonore ou lumineux alertant les propriétaires de l’appartement ou le gardien d’un immeuble.
- Il existe également des modèles encore plus efficaces, mais aussi plus complexes, qui permettent d’alarmer automatiquement la police. Ils comportent des frais d’installation assez considérables, car ils exigent une ligne spéciale entre l’abonné et le poste de police.
- Voici un nouvel appareil qui permet de donner automatiquement l’alarme à la police, au moyen d’un appareil téléphonique ordinaire. Il peut donc être placé dans n’importe quelle installation téléphonique, et, au repos, ne gêne en rien le fonctionnement des appareils ordinaires.
- En cas d’effraction, d’agression, de vol, ou même d’incendie, l’appareil alerte automatiquement les services de police en donnant les indications utiles, et l’adresse où s’est produit l’incendie ou l’agression.
- L’appareil est très facile à placer puisqu’il est renfermé dans un coffret d’une dimension de 25 x 17 x i3 cm, revêtu de matériau insonore qui absorbe les bruits de fonctionnement.
- Il se compose essentiellement d’un moteur à ressort de phonographe pouvant être mis en marche, ou déclenché par un dispositif quelconque, et tournant alors pendant 7 mn environ.
- Ce moteur actionne, tout d’abord, un dispositif analogue à un disque d’appareil téléphonique automatique, de manière à pouvoir composer le numéro d’appel prévu. Le numéro composé, le moteur met en mouvement un disque de phonographe, sur lequel sont enregistrés le nom et l’adresse de l’abonné, et toutes les autres indications utiles; l’appel très distinct est répété un grand nombre de fois pendant plusieurs minutes.
- Un autre modèle à double appel compose automatiquement le numéro de la police, répète l’appel enregistré pendant 3 mn environ, coupe la communication, compose un
- nouveau numéro de téléphone (celui du domicile de l’abonné, par exemple) et répète de nouveau pendant 3 mn l’appel enregistré sur le disque.
- La mise en marche et le déclenchement du système peuvent êlre provoqués de plusieurs façons différentes; à la main, ou au pied, à l’aide d’un simple bouton, lorsqu’on veut donner l’alarme, au guichet des banques ou des postes par exemple.
- En reliant le système à un circuit sous tension, l’ouverture avec ou sans effraction des portes, des fenêtres, des meubles, des coffres, la section, l’arrachement d’un fil conducteur peut donner le même résultat. Enfin, on peut uti-ser, comme à l’habitude, le passage du voleur devant un faisceau invisible de rayons infra rouges agissant sur une cellule photo-électrique.
- Fig. 1. — Le signaphone Ericsson pour l’appel téléphonique direct, et automatique des services de police.
- Etant complètement insonore, le fonctionnement de l’appareil échappe complètement aux voleurs, de sorte que la police peut les surprendre en flagrant délit. L’avertissement simultané du propriétaire ou du directeur de l’établissement présente également des avantages.
- Il faut prévoir le cas où la ligne téléphonique de l’abonné est occupée au moment où l’appareil doit entrer en action ; aussi, lorsqu’une perturbation quelconque du réseau de protection a déclenché le mécanisme, l’appareil assure automatiquement la mise hors circuit de la ligne téléphonique à partir du point d’embranchement de l’appareil de signalisation, puis le branchement sur la ligne téléphonique, et. la libération de cette dernière, au cas où elle serait occupée.
- L’appel terminé, l’arrêt de l’appareil est obtenu automatiquement, ce qui le met hors circuit et libère la ligne téléphonique ; l’abonné peut alors se servir de son poste comme à l’ordinaire.
- Le dispositif peut actionner simultanément, dans le local où il est placé une ou plusieurs sonneries, sirènes, ou signaux lumineux.
- L’Administration des P. T. T. autorise, d’ailleurs, sans difficulté, le branchement de ce système sur les lignes du réseau d’Étal.
- Téléphones Ericsson, ni, rue Villiers-de-l’Isle-Adam, Paris (20e).
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- OBJETS UTILES Cuiller coupe grapedruit.
- Les perfectionnements des emballages et des moyens de transport ont permis de recevoir en Europe des fruits de toutes les parties du monde. Quelques-uns ont trouvé audience, la banane tout d’abord, et maintenant ces sortes de grosses oranges, les pamplemousses que les Américains recevaient de Floride, les Anglais des Antilles et qu’on prit l’habitude, en pays anglo-saxons de manger au début du repas, coupés en deux, présentés dans leur peau même et abondamment couverts de sucre en poudre. Lorsqu’ils sont bien mûrs, une cuiller à café ou à entremets suffit pour détacher la pulpe, mais s’ils le sont trop, le jus s’écoule lorsqu’on les fend; s’ils le sont moins, la petite cuiller d’argent n’est pas faite pour racler l’écorce et c’est pourquoi on vient
- Fig. 1. — Cuiller coupe grape-fruit.
- d’imaginer une cuiller spéciale aux bords légèrement dentés. Elle suffit à toutes les opérations : elle coupe le fruit, racle la pulpe et permet de la porter à la bouche.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Le raidisseur « Délavai ».
- 'font le monde connaît les raidisseurs ordinaires, employés pour tendre les fils de fer, et que l’on pose soit à une extrémité, soit au milieu de ces fils.
- Ils présentent deux inconvénients. Ils obligent à couper les fils, et ils nécessitent, à l’une des extrémités coupées, une torsion de fil qui occasionne une perte d’au moins :>.o cm.
- De plus, lorsque ce fil sert à étendre du linge pour le sécher, l’extrémité coupée peut occasionner des .accrocs à ce linge.
- Le raidisseur Délavai supprime tous ces inconvénients.
- Une simple lame de fer galvanisée, très résistante, est re-. courbée à angle
- droit à chacune /<y^. i. — Le raidisseur Délavai.
- de ses extrémités, la partie recourbée comportant une ouvertui'e en chicane pour le passage du fil.
- Elle porte, en son milieu, un axe enrouleur de forme cylindrique, fendu à sa partie inférieure pour le passage du même fil, la partie supérieure servant pour la manœuvre.
- Un système de dents et encoches, dissimulé à l’intérieur, permet le blocage du fil au fur et à mesure de la tension.
- Le fil étant fixé aux poteaux à ses deux extrémités, il suffit, sans le couper, de poser le raidisseur à cheval sur ce fil, en introduisant celui-ci dans les trous et de tourner celui-ci, à la partie supérieure, à l’aide d’une clé anglaise, par exemple, pour donner au fil la tension voulue, sans retour en arrière possible, l’accrochage se faisant au 1/12 de tour.
- Ce raidisseur, d’un prix minime, peut être employé avec fils à plusieurs brins, et même avec fils barbelés, en supprimant quelques picots de chaque côté de l’enrouleur.
- Vente en gros : Produits Industriels, 101, rue de Cha-ronne, Paris, 11e.
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Correspondance.
- A propos des Rois de rats (n° 3006), M. ... nous écrit :
- « Dans La Nature du 1er août 1937, p. 127, « Les Rois de rats en France », vous citez l’opinion de votre correspondant, M. Adrien Dolfuss, disant : « ...il est fort possible qu'originairement cette désignation Kônig soit provenue du mot français Rouet que l’on prononçait, si je ne me trompe, Roi... ».
- « Nous ne sommes pas complètement d’accord, l’auteur de cette phrase et moi.
- « Que, autrefois, rouet et roi se soient prononcés de même, c’est certain, mais la prononciation commune était roue et non roi.
- « Quand j’étais jeune, je passais tous mes étés en Seine-et-Marne et causais avec les paysans : tous disaient : mouè, touè ma fouè, un roué, bouère etc.
- <t Rappelez-vous, dans le Misanthrope, Philinte disant à Alceste :
- « Quand un homme vous vient embrasser avec joie 11 faut bien le payer de la même monnoie ».
- Je suis convaincu que la rime était alors correcte et que l’on prononçait jouée et monnottèe. Et cela d’autant plus que d’après tous les voyageurs ayant visité récemment le Canada, tous les Canadiens français prononcent, encore de cette façon : ils ont gardé l’idiome du xvu® siècle.
- (( Il est donc parfaitement admissible qu’un Allemand ayant entendu dire h roué », ait traduit Kônig, mais ce n’est pas « roi » que l’on avait dit ! »
- De tout un peu.
- MM. Diot, à Angers, Plichon, à Montgeron, Gilliard, à Marines, Dupuy, à Montluçon. — Les produits du commerce vendus pour la destruction des limaces et des escargots sont généralement constitués par du son additionné de 15 à 20 gr par kilogramme de métaldéhyde [CH3COH]8, obtenue
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- par polymérisation de l’acélaldéliyde en présence d’un catalyseur, acide sulfurique ou sels.
- Nous avons donné tous renseignements sur ce produit dans notre numéro 2993 p. 96, réponse à M. Rochel, de Châteauneuf-sur-Charente ; veuillez bien vous y reporter.
- M. le Dr Marco Dutto, Montevideo. — Nous avons publié un article sur la perle de culture dans notre numéro 2603, du 23 février 1924, p. 113, auquel vous pourriez vous reporter. Nous vous signalons en outre l’ouvrage de M. Boutan, La perle, étude générale de la perle et des mollusques producteurs de perles, 420 p., 167 fig., Paris 1923. Prix : 60 francs Éditeur : Doin, 8, place de l’Odéon.
- M. R. Moulié, à Saint-Leu-la-Forêt (Seine-et-Oise). — L'amplificateur de puissance, de construction américaine, (pie vous nous indiquez, ne nous paraît pas avoir été modifié. C’est un modèle destiné à différents usages : amplification microphonique, amplification phonographique avec pick-up, amplification radiophonique, et, enfin, emploi du courant redressé et filtré haute tension transformé par les valves pour l’alimentation d’un appareil séparé. La possibilité d’employer ces différents montages explique la présence d’une lampe préamplificatrice séparée et des bornes supplémentaires de connexion. Ces caractéristiques ont été étudiées par le fabricant lui-même.
- I.a lampe Métal Cl 1237 est plutôt, à notre avis, une lampe de puissance, qui doit correspondre au type 210 américain, aussi, il n’y aurait sans doulc aucun avantage à remplacer la lampe actuelle par une 210 à peu près identique.
- Les lampes do préamplification sont des lampes amplificatrices on tension, destinées à augmenter l’amplitude des oscillations musicales transmises à l'appareil, avant de les faire agir sur la grille de la lampe do puissance ; leurs caractéristiques dépendent '''ne do l’usage auquel est destiné l’amplificateur, de l’appareil produisant ces oscillations électriques et do la lampe de sortie.
- llans votre cas si vous utilisez un pick-up sensible à impédance élevée, nous ne pensons pas qu’il y ait intérêt à modifier l’étage de préamplification ; pour augmenter le volume sonore, il vaudrait mieux modifier l’étage de sortie, en employant deux lampes en parallèle, ou mieux en push-pull. Mais cette modification exigerait l’emploi de transformateurs à prise médiane et la modification des résistances de polarisation .
- Nous ne pensons pas que le support de lampe disponible sur le socle du châssis corresponde à un montage déjà réalisé.
- M. D., à Lyon. — Un transformateur simple, élévateur ou abaisseur do tension, pour descente anti-parasite et pour réception des ondes de broadeasting, peut comporter un enroulement de 230 à 273 spires de fil de 2/10 de millimètre sous deux couches de soie, en nid d’abeilles, type « mignonnette » de 26 mm de diamètre intérieur.
- Cette bobine est embrochée sur un mandrin en carton bakélisé de 23 mm de diamètre et au milieu de ce dernier. De chaque côté de la bobine, et à une distance de 6 mm, on enroule à spires jointives sur le tube, de 40 à 55 spires du môme fil de 2/10 de millimètre, isolé à la soie.
- L’ensemble est placé dans un boitier d’aluminium ou de cuivre de 12 à 15 cm de long, et d’une section carrée de 8 à 10 cm. Vous pouvez, d’ailleurs, trouver des indications sur les détails d’installation des antennes anti-parasites dans l’ouvrage La T. S. F. sans parasites (Dunod éditeur).
- M. Simounet, à Royat (Puy-de-Dôme). — 1° La hauteur de votre antenne paraît suffisante pour la mettre au-dessus du champ des parasites, sauf voisinage de lignes de distribution électrique que vous n’indiquez pas. Étant donné que votre récepteur est particulièrement sensible, il paraît inutile, cependant, d’employer un collecteur d’ondes aussi long et plus soumis aux effets d’induction nuisibles possibles.
- Vous pouvez donc, en principe, employer une antenne do faible encombrement : verticale, classique, sphérique, en parapluie, en parachute... et surtout une descente anti-parasite blindée à brins torsadés avec transformateurs, élévateur et abaisseur de tension. Pour les détails de cette installation, vous pouvez consulter par exemple La T. S. F. sans parasites, par P. Hémardinqucr (Dunod éditeur).
- 2° Il est bon de compléter l’effet do l’antenne anti-parasites avec un filtre d’arrêt sur les câbles servant à l’alimentation du poste par le secteur. Le survol tour-dévol leur du type que vous nous signalez n’a pas pour effet de combattre des perturbations parasites, mais de s’opposer aux variations du courant du secteur qui nuiraient à la régularité et la durée de fonctionnement de l’appareil. Il existe cependant des modèles do ces appareils combinés avec des filtres d’arrêt et servant ainsi à doux usages à la fois.
- 3° La plupart des systèmes antiparasites, soit à descente blindée directe, soit même à transformateurs, permettent difficilement la réception des émissions sur ondes courtes au-dessous de 200 m de longueur. Il sera donc recommandable avec votre appareil « toutes ondes » américain de choisir des transformateurs de liaison à prises intermédiaires permettant cette réception ; à cet égard, l’antenne doublet, d’un modèle très employé aux États-Unis, avec transformateurs correspondants, pourrait être recommandée.
- M. Mathoul, à Paris. — Un article sur les gaz méthane, butane, et propane a paru dans le numéro 2902 de La Nature.
- D’assez nombreux articles sur l’emploi des gaz carburants dans les automobiles ont été publiés dans La Vie Automobile (Dunod éditeur, 92, rue Bonaparte à Paris).
- M. G. Hanse, à Vailly-sur-Aisne. — La lampe binode est destinée, en T. S, F., à permettre une détection linéaire, et, par conséquent, fidèle des oscillations de grandes amplitudes qui lui sont transmises par les premiers étages d’amplification d’appareils sensibles. Elle ne peut donc être montée sur un appareil simple ne comportant qu’une lampe détectrice, elle ne permettrait pas, d’ailleurs, de faire un montage à réaction suivant la méthode classique.
- Si vous voulez monter un petit poste récepteur simple pour l’écoute avec casque téléphonique, il vaut beaucoup mieux employer simplement une lampe triode ordinaire d’un modèle récent, ou même d’un modèle déjà ancien, pourvu qu’elle soit en bon état.
- Vous pouvez trouver des schémas d’appareils de ce genre dans l’ouvrage Les meilleurs récepteurs de T. S. F., par P. llémardinquer (Dunod éditeur) ou Les récepteurs modernes de T. S. F. (Chiron éditeur).
- M. Texier, à Poitiers. — Les appareils de liaison téléphonique permettant les communications bilatérales en haut-parleur dans un appartement ou un immeuble sont établis suivant deux principes différents.
- Dans une première catégorie, les courants microphoniques amplifiés sont simplement transmis par câbles téléphoniques et actionnent des haut-parleurs.
- Une deuxième catégorie est formée de modèles constituant, en quelque sorte, de petits postes transmetteurs de T. S. F. émettant sur une longueur d’onde déterminée assez élevée. Les courants haute fréquence produits sont modulés généralement par un système basse fréquence actionné par un petit haut-parleur électro-dynamique réversible, formant à la fois microphone et récepteur.
- Un article sommaire a paru sur cette question dans la revue. Les appareils décrits sont encore de fabrication américaine et les communications sont effectuées par les fils du réseau d’éclairage servant, en même temps, à l’alimentation des postes récepteurs et émetteurs.
- Vous pouvez sans doute vous adresser pour avoir des renseignements sur ces appareils aux établissements Debor, rue Gustave-Eiffel à Levallois (Seine).
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15-9-1937. — Published in France.
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- i LA NATURE oa°1’" 1,37
- UN DRAME A L'EPOQUE PRÉHISTORIQUE =
- Kien de plus poignant, au cours d’une exploration des cavernes souterraines, que de se trouver soudain au détour d’une galerie de toute beauté, en présence de squelettes ou d’ossements humains.
- Quel drame effroyable a pu se passer sous terre et dont on est le premier homme à découvrir les indices. Ici c’est le suicide du bûcheron assassin Pansier, qui pour échapper à la justice, se jette dans un abîme profond de 88 m. Tombant dans ce puits à pic, les bras en croix, il s’écrase à 33 m sur un cône d’éboulis, se
- d’inanition sous une cheminée d’aven qui envoyait de sa bouche béante la lumière tamisée de l’extérieur.
- Mais lorsque le préhistorien exhume des couches archéologiques une tête concrétionnée qui garde encore après 8.000 ans de fossilisation l’expression d’une douleur intense, il se sent pris d’une profonde pitié envers ce l’este humain qui lui apporte du fond des époques préhistoriques un épisode tragique de sa vie de chasseur et de pêcheur.
- C’est bien cette impression qui nous saisit devant
- VI^' u
- Fig. 1. — La tête aux maxillaires distendus laisse Fig. 2. — La tète vue de côte démontre le décollement du condyle
- apercevoir l’orifice du pharynx. Une vertèbre du maxillaire inférieur, uniquement rattaché à la tête par de la
- est posée sur les molaires (Photo Bayol). terre concrétionnée.
- (Photo Bayol).
- brisant la colonne vertébrale. Le malheureux réduit à une loque informe, mais entraîné par une forte pente, roule comme un sac à 65 m de profondeur, cahoté et criblé de pierres coupantes qui tailladaient sa chair meurtrie.... Trente-deux ans après, avec le grand spéléologue M. de Joly, nous retrouvions son squelette en chien de fusil dans une cavité où il s’était traîné.
- Là, c’est un Arabe, chercheur de trésor, qui découvrant un trou s’y enfonce rapidement et se perd dans un labyrinthe de couloirs obscurs. L’explorateur américain Kidder, en 1923, découvre son corps momifié, mais doué d’une souplesse remarquable. Il était mort
- la remarquable pièce ti’ouvée par mon collègue, l’abbé Bayol, à 5 m de pi’ofondeur, sous la crypte de la chapelle du château de Saint-Privat (Gard), au milieu d’instruments variés en silex.
- Le crâne dolichocéphale, aux arcades sourcilières saillantes, rejeté en arrière est d’un type très ancien, peut-être mésolithique. Les mâchoires très ouvertes laissent apercevoir l’orifice du gosier et, sur le maxillaire inférieur, cimenté par la concrétion, une vertèbre humaine s’enchâsse par la saillie de l’apophyse dorsale sur les grosses molaires.
- A proximité gisait un poinçon en os.
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- M. Bayol eut l’idée de dégager la terre qui obstruait le pharynx. A sa grande surprise, ce dernier était rempli d’arêtes de poissons ; il en sortit une vingtaine et en y regardant bien, il en reste encore beaucoup. D’autres étaient prises dans la terre concrétionnée de la bouche et sous la vertèbre.
- M. Blanc, le fouilleur des Eyzies, qui avec M. Maury décèle les stations de la région, me confiait, lors d’une étude au Grand Roc, qu’à Saint-Cyprien il avait trouvé en avril iq36 dans un sarcophage d’un ancien monastère du xme un squelette, les bras allongés le long du corps, la bouche ouverte et à proximité de la suture pariéto-occipitale se trouvait une vertèbre humaine d’un autre individu.
- Le tassement du sol, la terre d’infiltration avaient recouvert entièrement le squelette. 11 semble bien ici qu’on se trouve en présence du cas courant des mâchoires s’ouvrant après la dissolution de la myosine dans les muscles, cette dernière ayant provoqué d’abord la rigidité cadavérique par sa coagulation provenant de l’acide lactique.
- Peut-on en dire autant du crâne de Gollias ?
- Lia présence de la vertèbre qui a été mise intentionnellement au fond de la bouche, calée par les grosses molaires pour provoquer!fiéçartement maximum des maxillaires écarte cette solution.
- Par souci religieux, on aurait pu enfoncer de force un poisson dans le gosier du mort comme nourriture dans l’au-delà ou comme tribut à payer à un génie funèbre servant de guide à 'l’âme errante. Les pièces de monnaie trouvées dans les écuelles ou dans la bouche des défunts antiques n’avaient pas d’autre but.
- Cependant, comme on n’a jamais signalé en pi’éhis-toiçe un tel fait, on ne peut retenir cette explication qu’avec beaucoup de réserves. Pourquoi un poisson plutôt qu’un petit gibier ou des fruits ? De plus, un examen attentif de la pièce que j’ai tenue en mains avec la permission de- M. Bayol, démontre que le maxillaire inférieur a^eté violemment rabattu et avec une telle force que le condyle, comnje le manifeste la photographie (voir fig. 2) est sorti dé sa cavité creusée dans l’os temporal. Le masséter a donc été arraché et le muscle temporal décollé. Or, au dire de médecins, l’apophyse styloïde et peut-être l’apophyse zygomatique auraient été endommagées si l’extraction du condyle avait été provoquée par un tassement du sol ou une chute de pierres post mortem.
- D’autre part, il semble difficile d’admettre que les gens de la tribu aient mutilé la face de leur semblable à un tel point de défiguration. Ils respectaient leurs morts « car ils croyaient à une seconde vie » (S. Blanc).
- 11 reste deux solutions.
- Le personnage était un malfaiteur dangereux et pour inspirer à la société l’horreur du mal, le sorcier l’a mutilé en le vouant aux dieux infernaux (les Romains jetaient le cadavre dans le Tibre) ou un ennemi politique et de guerre à qui, de son vivant, le sorcier a fait subir le supplice de l’étouffement en lui enfonçant de force un poisson à arêtes vives et longues.
- Une autre hypothèse me semble plus probable.
- Notre homme était un pêcheur. Saint-Privat côtoie le Gard.
- J ’ai vu pendant les dernières vacances les indigènes plonger à 5 m de profondeur et chercher le poisson au fond de l’eau sous les herbes, dans les trous et le remonter entre les dents. Un cordonnier y était particulièrement habile. La veille d’une réception, on lui commandait cinq ou six poissons. Lu n’importe quelle saison, hiver comme élé, il plongeait et rapportait, quelques heures après, toutes les pièces désirées.
- Les mésolithiques, entraînés à celle chasse sous l’eau, étaient tout aussi adroits. Qu’en remontant son butin, par un faux mouvement de mâchoire, la bête frétillante se soit introduite dans le gosier, rien d’impossible.
- Qu’au cours d’un repas, il ait englouti par voracité (les primitifs actuels dévorent et engouffrent avec une vitesse déconcei'tanle des morceaux entiers et crus) une grosse portion de poisson, et qu’ayant avalé de travers, le bol alimentaire ait obstrué la trachée-artère et provoqué 1’étôuffement, quoi de plus ordinaire dans la vie et si fréquent chez les enfants qui mangent trop vite.
- Suffoquant, iÉroule à terre ; les membres de la tribu accourent, on lüi ouvre la bouche et, pour maintenir les mâchoires tendues, une vertèbre qui décorait un collier est caléef entre les molaires du fond. Avec le poinçon d’os trpuvé à côté, on tâche de lui extraire le poisson du gosier. Le patient s’agite, l’asphyxie commence ; il faut faire vite. Un brusque mouvement des aides déboîfe le maxillaire inférieur, car les primitifs n’ont pas les gestes empreints de douceur.
- Il s’ensuit un déchirement des tissus qui rend désormais vaine la délivrance escomptée et, après quelques spasmes R’agonje, c’est la mort....
- Qui connaîtra jamais la véritable histoire de cette lamentable tête paraissant encore crier, après un enfouissement de 6.000 ans, l’effroyable drame dont elle a été victime ?
- Cette troublante énigme de la Préhistoire n’est pas la seule à décevoir la fierté, d’ailleurs légitime, que nous ressentons à la conscience du progrès moderne. Au fond de l’Aven de l’Étoile, aux environs de Marseille, notre ami Dujardin-Weber découvre en décembre 1935, sous un amoncellement de plus de 3 m 5o de blocs de rocher, le squelette d’un homme qui date de l’âge de la pierre polie.
- La mâchoire inférieure, étudiée en novembre dernier, par M. le Pr Beltrami, de la Faculté de médecine de Marseille, révèle des faits étranges.
- En effet, la radiographie prouve que ce néolithique aurait souffert d’un kyste paradentaire évolué et qu’un dentiste de cette époque lui aurait extrait sa grosse dent de sagesse.
- Cette incroyable opération éclaire singulièrement d’autres interventions chirurgicales relevées dans des sépultures de la même époque. Dans les grottes calcaires du Petit-Morin (Champagne), plusieurs crânes présentent dans leur parties plates des perforations régulières ; le Dr Prunière en les examinant, diagnos-
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- tiqua de véritables trépanations. D’autres, trouvés dans la région parisienne, possèdent même un sillon en l'orme de T, appelé sineipital. En étudiant les bords des cavités, le praticien reconnut avec surprise que les trépanations avaient été pratiquées durant la vie même du sujet et que celui-ci y avait survécu.
- Or, en les comparant avec celles des Incas dn Pérou cl surlout avec celles des Mélanésiens et de certaines tribus américaines qui pratiquent encore actuellement celle opération, on peut induire que les médecins pré-
- ...il-.......................... -.... 307 =====
- historiques opéraient le vivant, soit à l’occasion d une lésion provenant d’un coup de massue, soit pour soulager les maux de tête ou les troubles mentaux.
- Le patient croyait alors que l’esprit mauvais qui le torturait s’échappait par l’ouverture ainsi pratiquée.
- Les hommes néolithiques seraient donc les plüs anciens chirurgiens que l’humanité ait connus.
- Abbk A. Gloky,
- Membre de la Société Préhistorique Française.
- = ÉCRANS ACOUSTIQUES DE HAUT-PARLEURS =
- Les haul-parleurs ont reçu, en ces dernières années, de nombreux perfectionnements visant surlout à améliorer la qualité de la reproduction sonore. Mais leur rendement reste très faible.
- Tout haut-parleur comporte un moteur permettant la traduction des oscillations électriques en oscillations mécaniques, puis des organes diffuseurs de sons tra-duisanl, à leur tour, les vibrations mécaniques en ondes sonores, en agissant sur la masse d’air qui les entoure.
- Les moteurs de haut-parleurs sont, le plus souvent, aujourd’hui électro-dynamiques ou piézoélectriques ; la qualité de l’audition dépend non seulement de la régularilé du moteur lui-même, mais aussi de la façon dont s’effectue la deuxième transformation de l’énergie, c’est-à-dire de la manière dont le diffuseur agit sur la masse d’air environnante.
- Le mécanisme de cette transformation est assez complexe, malgré sa simplicité apparente ; les études entreprises pour l’améliorer sont particulièrement intéressantes.
- L'UTILITÉ DE L’ÉCRAN ACOUSTIQUE
- Un appareil électro-acoustique muni d’une membrane vibrante de petite surface, un récepteur téléphonique, par exemple, ne peut donner une audition de grande intensité, même si les oscillations de la membrane ont une grande amplitude.
- La surface du diaphragme, d’ailleui’s limitée par le pavillon de l’écouteur, est, en effet, trop faible pour provoquer la mise en mouvement d’une masse d’air importante.
- Pour obtenir ce résultat, il faut utiliser, entre le moteur et la masse d’air ambiante, un système adapla-lèur, constitué par un pavillon acoustique ou un diffuseur de sons.
- Le pavillon, en particulier, constitue un véritable transformateur acoustique ; il reçoit à son embouchure les oscillations à haute pression et à faible amplitude produites par les vibrations mécaniques du diaphragme et les transforme en oscillations de grande amplitude
- el de faible pression propagées vers l’air extérieur par la grande surface de la « gueule » du pavillon.
- Les pavillons, même perfectionnés, et quels que soient leurs avantages techniques, sont pourtant abandonnés dans les modèles de petite puissance employés dans les récepteurs de T. S. F. ou les types simples d’amplificateurs, et ils sont remplacés par des membranes coniques à action directe.
- Ces membranes, de plus grande surface que les diaphragmes primitifs, agissent directement à la façon d’un piston sur les masses d’air avoisinantes, Nous avons signalé déjà à plusieurs reprises leurs inconvénients et leurs perfectionnements ; en particulier, il n’existe pas de modèle permettant, d’une manière rigoureuse, à la fois la reproduction correcte des notes très graves et très aiguës. On peut construire des modèles assurant, soit la reproduction des notes graves, soit celle de notes médium ou aiguës, et l’on associe ces appareils. L’effet directif des hâüt-parîeurs à diffuseur est, d’ailleurs, faible, du moins pour la reproduction des notes graves.
- Le haut-parleur à membrane, généralement conique ou plus ou moins exponentielle, ne s’emploie pas, cependant, sans être encastré dans une ébénisle-rie ou un écran dont le rôle acoustique est primordial.
- Le cône vibrant se meut, en effet, suivant l’axe du moteur éleclro-dynamique, en avant, puis en arrière. Dans un premier mouvement, il comprime l’air qu’il trouve devant lui, el i'aréfîe celui qui se trouve en arrière, par une sorte de succion ; le même effet se manifeste en sens inverse, lorsque le cône revient en sens inverse.
- Lorsqu’on utilise un haut-parleur sans écran, les différences de pression tendent automatiquement à s’équilibrer ; la masse d’air mise en mouvement à l’avant suit, en effet, le bord du cône, et se précipite à l’arrière, où s’est produit un vide relatif, ou, inversement, dans le mouvement de sens contraire ; finalement, il y a équilibre de pression et Fonde sonore ne peut se produire.
- Ce phénomène est surtout sensible pour les sons
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- graves correspondant aux fréquences basses ou très basses. Il se produit des déplacements assez amples mais lents du cône, la longueur d’onde sonore est élevée ; elle atteint par exemple 20 m pour 16 périodes-seconde, 17 m pour 20 périodes, i3 m 60 pour 25 périodes, 6 m 80 pour 5o périodes. Pendant l’intervalle qui sépare deux oscillations du cône, l’onde sonore parcourt ainsi un trajet assez long et l’onde arrière peut facilement venir équilibrer l’onde avant.
- L'ÉCRAN NORMAL
- Pour éviter cet inconvénient, il faut essayer de supprimer l’influence de l’onde produite par la face arrière
- sur l’onde produite par la face avant, ou éviter le déphasage de 1800 des oscillations.
- Le système classique consiste à adopter un écran acoustique rigide, d a n s lequel le diffuseur est encastré, et qui sépare ainsi, en quelque sorte, la partie avant du système de la partie arrière.
- Il est facile de déterminer les dimensions de cet écran, généralemen l carré, suivant
- la fréquence la plus basse des sons à duire.
- Pendant l’intervalle d’une période, il se produit d abord en avant du cône une pression, puis une dépression, puis la pression recommence à augmenter ou à décroître. Il y a quatre changements de pression autour de la pression d’équilibre.
- Dans chacune de ces phases, l’onde sonore produite par la face arrière ne doit pas agir sur l’onde produite par la face avant.
- Il faut donc que l’onde sonore ne puisse pas parcourir dans cet intervalle de temps la distance séparant le centre de la face concave du diffuseur et la face convexe pour parvenir au bord de l’écran (fig. 1).
- Si F est la fréquence du son considéré, il se produira 4 F déplacements par seconde autour de la position d’équilibre et, pendant chacun de ces mouvements,
- l’onde sonore aura parcouru
- 34o m par seconde étant la vitesse normale de propagation du son dans l’air. Cette distance représente la moitié de la longueur minimum du côté L de l’écran.
- On peut ainsi poser :
- _ 34o X 2 __ 34o
- L ~ 4F “
- On trouve ainsi que pour reproduire des sons de fréquence 20, il faut un écran de 4 111 a5 de rayon ; pour la fréquence 3o, de 2 m 80 ; pour la fréquence 5o • de 1 m 70 ; pour la fréquence 100, de o m. 85 ; pour la fréquence 200, de o m j2.
- Le plus souvent, on n’utilise, d’ailleurs pas, sauf en cinématographie sonore, d’écrans plats, mais des ébénisteries, dont l’arrière n’est pas fermé par un panneau. Dans ce cas, il faut considérer, non seulement la surface avant de l’ébénislerie, mais encore les parois latérales, qui doivent être parcourues par l’onde sonore avant d’al teindre la partie arrière.
- Il est facile de déterminer les dimensions d’un écran acoustique, quelle que soit sa forme, puisqu’il suflil dévaluer toujours la distance séparant le sommet delà partie avant du cône du sommet de la partie arrière.
- LES INCONVÉNIENTS DES ÉCRANS ORDINAIRES
- On a reproché souvent à l’écran acoustique d’être encombrant, inefficace lorsque sa surface est insuffisante et n’est pas en rapport avec la fréquence des sons reproduits ; on a déploré également ses effets, directionnels irréguliers et ses résonances mal réparties, spécialement sur les fréquences graves.
- Dans de nombreuses ébénisteries, si la paroi arrière ne livre pas suffisamment passage à l’onde de dépression, on constate des résonances accentuées sur la
- Fiy. 2. — Dispositifs adaptateurs du haut-parleur à l'écran acoustique. A, conduit intermédiaire ; B, chambre acoustique à réflecteur ;
- C, pavillon court en substance insonore cl bourrade antivibraloirc.
- 's/;;;/;;;;/;;;/;;;;;/]
- Haut pârfeup
- Ouverture évitant les résonnances
- Conduit intermédiaire
- Réflecteur
- Chambre
- acoustique
- Paroi avant du poste
- Fig. 1.
- Le rôle de l’écran acoustique du haut-parleur. A, écran plat ; B, ébénisterie.
- Grâce à l’écran, ronde sonore engendrée par la face arrière du cône ne peut réagir sur l’onde
- engendrée par la face avant.
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- gamme de ioo à i5o périodes-seconde ; elles proviennent plus spécialement des masses d’air qui agissent à la manière des tuyaux d’orgues. Le cône du haut-parleur lui-même et tout l’équipage mobile peuvent présenter alors des vibrations propres sur cette gamme; on constate la production des « sons de tonneau », si désagréables pour les auditeurs délicats.
- Pour éviter cet inconvénient, il faut ouvrir complètement l’arrière de l’ébénisterie, réduire la masse de l’équipage mobile, augmenter la souplesse de la suspension de la bobine mobile, alin d’atténuer les résonances mécaniques.
- SYSTÈMES ADAPTATEURS
- On peut utiliser des dispositifs adaptateurs au lieu de monter directement le diffuseur sur la paroi avant de l’ébénisterie.
- Le haut-parleur agit sur un dispositif intermédiaire placé à l’intérieur de l’ébénisterie, soit directement, soit en projetant le son sur une surface réfléchissante formant une paroi de la chambre acoustique. Les parois de ce dispositif sont généralement recouvertes de matériaux acoustiques absorbants.
- En avant du diffuseur, on peut encore disposer un système auxiliaire, qui a pour but de mieux disperser les ondes sonores concentrées correspondant aux notes aiguës (fig. 2).
- LES RÉSONNATEURS ET L’UTILISATION DE L’ONDE ARRIÈRE
- Les dispositifs les plus intéressants ont pour but, d’une part, de s’opposer aux résonances sur les notes graves, d’autre part, d’augmenter encore la gamme des sons reproduits sans modifier la surface de l’ébénis-lerie ni même sa forme extérieure.
- On a proposé de disposer dans l’ébénisterie des enceintes de dimensions bien déterminées, communiquant avec le reste de l’ébénisterie uniquement par l’intermédiaire d’une ouverture de faibles dimensions. On forme ainsi des résonnateurs de Helmholtz ayant une fréquence de résonance égale et opposée à la résonance indésirable ; on réduit très fortement l’inconvénient signalé plus haut, comme le montre la courbe de la figure 3.
- La construction de ces chambres de résonance n’est pas difficile, puisqu’elles comportent simplement des parois en bois ; leur application pratique n’en est pas moins délicate, puisque leur rôle acoustique doit être parfaitement déterminé suivant les caractéristiques mêmes du système étudié.
- Dans d’autres dispositifs, on s’efforce plus spécialement de renforcer les notes graves, toujours insuffisantes lorsque la surface de l’ébénisterie est réduite, tout en évitant en même temps les résonances propres nuisibles sur ces mêmes notes, par formation de masses d’air sous pression à l’intérieur du boîtier.
- Onde
- sonore
- arrière
- Caisse
- vpzzzzzzzzzzzzzz
- avant
- résonnance
- K Paroi ! arrière
- 10.000
- Fréquences en période seconde
- Fig. 3. — Influence favorable d'une caisse de résonance intérieure.
- 1. Ébénisterie à paroi arrière ouverte ; 11. Ébénisterie munie d’une cuisse interne de résonance ; 111. Amélioration apportée par la caisse de résonance. Courbes de réponse correspondant aux dispositions I et IL
- A celle catégorie, appartiennent les systèmes américains, dits en labyrinthe. L’onde sonore produite par la face arrière de la membrane ne se propage pas directement en arrière de la face convexe ; à l’aide d’une série de chicanes, elle est forcée de suivre un trajet sinueux et relativement long. On augmente ainsi la longueur du trajet parcouru par l’onde, et tout se passe comme si l’on utilisait un écran de surface beaucoup pins grande, ce qui permet de reproduire beaucoup mieux les notes graves en même temps que les résonances sont diminuées ; les parois du laby-
- Fig. 4. — Labyrinthe acoustique en matériaux insonores.
- Trajet de . tonde \sa.rrière
- Onde directe avant
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- Sans labyrinthe
- Avec labyrinthe
- Fréquence en périodes seconde
- Fig. 5. — Effet d’un écran avec labyrinthe acoustique sur la courbe de réponse d’un haut-parleur.
- rinlhe peuvent être recouvertes de matériaux acoustiquement, absorbants (fig. 4 et 5).
- Dans une autre catégorie de dispositifs, au lieu d’essayer de supprimer les effets de l’onde arrière, on s’efforce d’utiliser celle-ci, en atténuant le déphasage de i8o°, pour augmenter la puissance et la qualité de reproduction des notes graves. Nous avons déjà décrit dans ces colonnes un modèle français à tubes de résonance particulièrement curieux établi sur ce principe.
- En plaçant, dans une ébénisterie un haut-parleur pour notes graves, un haut-parleur pour notes aiguës adapté à l’amplificateur avec les filtres nécessaires et en disposant dans cette ébénisterie un système perfectionné, à labyrinthe par exemple, on peut déjà obtenir des résultats d’une qualité remarquable. Les parois de cette ébénisterie sont, d’ailleurs, garnies de matériaux absorbants pour atténuer les notes aiguës (fig. 6).
- Un des dispositifs les plus récents dans cet ordre
- -2+15 Ebénisterie fermée
- ^2+io îg c ^3+ 5 ~ avec ouverture -""V* j \/\^^compensatrice
- S 0
- 2;- 5
- 1-, , / Avec écran
- s-15 S ordinaire . y 1 1 1 1 1 1 1 1
- |-20
- 40 60 80 100 200 400 600 800
- Fréquences en périodes seconde
- Fig. 7. — Résultats obtenus avec le même haut-parleur dans une ébénisterie ordinaire et une ébénisterie fennée à ouverture compensatrice (Bass Rcflex Jensen).
- d’idées comporte une ébénisterie qui n’est plus ouverte par l’arrière, comme dans les appareils ordinaires, mais complètement fermée ; elle ne comporte alors, à l’avant seulement, qu’une ouverture rectangulaire à laquelle on donne des dimensions calculées suivant la fréquence la plus basse des sons qu’on veut reproduire et la surface totale de l’ébénisterie.
- Ce système est dit à réflexion basse fréquence, parce qu’on contrôle ainsi, en quelque sorte, l’action de l’onde sonore produite par la face arrière du diaphragme.
- Pour le réaliser, on emploie un haut-parleur dont la fréquence de résonance est aussi faible que possible, et on peut déterminer les dimensions et la disposition de l’ouverture du panneau avant ; l’ébénisterie doit avoir une épaisseur de l’ordre de 12 mm pour les petits modèles, 16 pour les grands modèles et davantage lorsque la surface est plus grande ; on peut avoir intérêt à disposer des matériaux absorbants à l’intérieur de l’ébénisterie et, pour une ébénisterie, par exemple, de dimensions réduites, de 5o cm de hauteur, 35 cm de largeur et 22 cm de profondeur, les dimensions de l’ouverture sont de 25 cm de largeur et 6 cm 5 de hauteur, le diamètre du diffuseur étant de l’ordre de 17 cm.
- Par ce moyen, on étend beaucoup la gamme des fréquences enregistrées jusque vers 4o périodes, comme on le voit sur la courbe de la figure 7, et cela d’une manière simple et peu coûteuse.
- Le matériau absorbant, disposé intérieurement sur les parois de l’ébénisterie, a un effet sélectif très net, qui doit se manifester dans ce cas sur les notes aiguës.
- Ce système auxiliaire permet évident -* ment d’oblenir les meilleurs résultats possibles avec un liant-parleur bien étudié, ou un ensemble de haut-parleurs, et ne supplée pas aux insuffisances possibles des moteurs et des diffuseurs utilisés ; néan-éeran s perf ecti on nés haut-parleurs peut donner d’excellents résultats cl mérite d’être étudié avec intérêt. P. Hémardinquer.
- Fig.^ 0. — Dispositifs amortissant les sons aigus produits par la lace amère du cône et renforçant les sons graves par utilisation de l’onde, arrière dont le déphasage est corrigé.
- A, ébénisterie à tubes acoustiques ; B. ébénisterie à chicanes ;
- C, modèle à ouverture rectangulaire en dessous du cône.
- moins l’emploi des pour
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- LES TYPHOÏDES DOIVENT DISPARAITRE = 311
- L’HYGIÈNE PUBLIQUE
- L’eau, le sol, les vases contaminés par les déjections et l’urine des malades ou des porteurs de germes, sont les principaux réceptacles des bacilles typhique et paratyphiques.
- L’eau de boisson souillée est le facteur principal de transmission.
- Le lait additionné d’eau et non stérilisé, les légumes, les salades, les fruits, et. surtout les huîtres et les coquillages consommés crus sont aussi des agents redoutables de transmission de ces maladies.
- mortalité par 1.000 habitants avant l’installation d’une distribution d’eau potable, mortalité par 1.000 habitants après l’installation de la distribution d’eau potable.
- Fig. 1. — Influence de la distribution d’eau potable sur la régression de la mortalité par typhoïdes.
- 1. Hambourg; 2, Zurich ; 3, Angoulême ; 4, Rennes; î>, Lawrence CE.-IL).
- Nous rappellerons d’abord que l’eau de boisson est un facteur très important, mais non le seul.
- Les cultures maraîchères environnantes sont rarement arrosées par l’eau de la ville.
- Les banlieues se couvrent partout de taudis sans viabilité ; les maisons des lotissements ne eonjporlent parfois que des fosses fixes ou des linottes ; dans les puits creusés à quelques mètres des fosses ou des maisons, on trouve la nappe d’eau contaminée.
- A Drancy, en 1920, au milieu d’un groupe de maisons, se trouvaient un puits et un puisard. Le bacille typhique y fut apporté par un convalescent de typhoïde dont les matières usées allaient au puisard. Tous les habitants qui utilisaient l’eau du puits eurent la typhoïde, sauf un qui avait été vacciné au régiment !
- Les vacances sont une des principales causes de dissémination de la typhoïde. Les citadins se déplacent chaque année plus nombreux et plus souvent ; ils mangent, ils boivent alors dans des localités plus ou moins salubres et, infectés, ils reviennent à leur domicile avant la fin de l’incubation.
- Le diagramme (fig. 3), dressé d’après la statistique du D1' Thierry, montre l’augmentation des cas parisiens vers la fin des vacances et la proportion importante des infections rapportées de la campagne. Ces cas importés donnent lieu, par contagion, à des épidémies locales.
- Enfin, une autre cause considérable d’infection se trouve dans les coquillages, les oursins et autres « fruits de mer » qu’on mange crus. Un bivalve ne se plaît, ne prospère, 11’engraisse que dans des eaux riches en matièi'es organiques. Pêché au large, il est sec et coriace. L’élevage se fait dans des estuaires vaseux, des embouchures de ports. Partout, les coquillages sont entreposés dans les eaux des ports. Dans le vieux port de Marseille, dans la vieille darse de Toulon, dans
- Un grand effort a déjà été fait, en France, en vue de distribuer de l’eau potable, filtrée et purifiée, mais un tiers seulement des communes possèdent une adduction d’eau.
- Le diagramme (fig. 1) indiquant le taux de la mortalité typhique par 1.000 habitants dans quelques villes, 5 ans avant et 5 ans après l’installation d’un réseau d’eau potable, montre l’importance de cette mesure prophylactique.
- Le diagramme (fig. a) montre la diminution de la mortalité typhique dans les divers pays d’Europe.
- Puisque les cent res urbains possèdent tous une distribution d’eau potable, on pourrait s’étonner qu’ils restent des foyers endémiques de typhoïde.
- Fig. 2. •— Mortalité far typhoïdes et par 100.000 habitants dans divers pays d’Europe de 1803 à 1032. Les statistiques françaises pour les années 1803,
- 1003 et 1023 manquent.
- 1. Voir La Nature, n° 3000.
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- le canal de Cette, la pollution est maximale ; a i 1-leurs, elle dépend de la densité de la population et des égouts. Qu’un typhique ou qu’un porteur de germes apparaisse et les mollusques sont contaminés. L e plus souvent, ils n’affectent guère la population locale depuis longtemps immunisée, mais ils infectent le touriste imprudent qui veut goûter en passant les produits locaux et parfois ils transportent l’épidémie typhique dans les villes où on les expédie. On a cherché à épurer les coquillages techniquement, par stabulation, puis on a préféré des mesures administratives de protection des parcs. Celle-ci n’est pas toujours efficace.
- Netter et d’autres ont signalé que les contaminations typhoïdiques transmises par les mollusques sont généralement très graves. Le P1' II. Vincent donne de cette particularité une explication scientifique et rationnelle. Un mollusque, dit-il, se nourrit en absorbant de l’eau dont il retient, pour ainsi dire comme un filtre, toutes les particules infinitésimales, y compris les bacilles qui nous intéressent. Cette absorption et ce filtrage, par le mollusque, s’effectuent très rapidement. Il va de soi qu’un mollusque nourri d’une eau polluée emmagasinera rapidement une énorme quan-
- lü
- CAS PARiSÎENS.
- -----cas Importés.
- Fig. 3. — Influence des vacances sur les typhoïdes à Paris.
- Fig. 4. — Nombre des ampoules de vaccin T. A. B. livrées, pendant la grande guerre, aux armées alliées sur le front français.
- tité de bacilles, quantité qui peut correspondre à celle que contient i m3 d’eau polluée. C’est cette quantité énorme de microbes absorbée, en consommant un tel mollusque, qui crée la gravité de la contamination.
- LA PROPHYLAXIE
- La lutte contre la typhoïde consiste en mesures prophylactiques. Celles-ci doivent viser particulièrement l’évacuation des immondices et la distribution des eaux destinées à la boisson ; la réglementation des cultures dans les champs irrigués par l’eau d’égout; la surveillance des parcs ostréicoles ; l’extension du contrôle sanitaire à tous les coquillages, avec la détermination des zones salubres où le ramassage des coquillages sera autorisé, et des zones insalubres où le ramassage sera interdit ; l’interdiction d’arroser les végétaux, soit dans les champs, soit aux halles et aux marchés avec des eaux d’égout cou laminées par les matières fécales.
- Fig. 5. — Morbidité par typhoïdes dans l’armée française et par 1.000 combattants pendant la guerre mondiale. Ce diagramme montre la baisse en chute verticale de la morbidité grâce au vaccin T. A. B. de H. Vincent.
- La plupart de ces mesures sont déjà prescrites, mais il reste difficile de surveiller leur stricte application.
- Quelques exemples, empruntés au Dr Neveu, montrent bien les dangers des infractions aux règlements sanitaires.
- Il y a quelques années, un nourrisseur de la banlieue immédiate de Paris, fît laver le linge de sa femme atteinte de fièvre typhoïde grave, dans des baquets en bois servant au nettoyage des brocs et des bouteilles à lail : épidémie grave, localisée, ce nourrisseur ne desservant pas Paris.
- Un autre nourrisseur lavait ses bouteilles avec de l’eau d’un puits distant seulement de i m d’une fosse d’aisance ; deux crémiers mettaient les petits-suisses et le beurre à rafraîchir dans l’éau polluée d’un puits, etc. ; des enquêtes épidémiologiques le révélèrent.
- Le bacille d’Eberth résiste dans la glace ; si celle-ci est fabriquée avec de l’eau polluée prise dans les rivières ou les étangs, elle peut propager la fièvre typhoïde, comme le démontra l’épidémie de Rennes, produite par l'absorption de glace provenant, de la Vilaine.
- Le bacille paratyphique B peut être transmis par les viandes d’animaux malades, surtout par la charcuterie.
- Sans doute, les services sanitaires surveillent les eaux potables et les centres d’alimentation, mais on ne peut mettre un gendarme chez chaque nourrisseur,
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- éleveur ou maraîcher, pour faire observer les règlements sanitaires.
- On entend assez souvent dire que le vin tue les bacilles, qu’on peut boire impunément de la mauvaise eau coupée avec du vin, absorber des aliments contaminés en prenant du vin pendant le repas et qu’il est bon de boire du vin blanc avec les huîtres.
- Or, si l’alcool et le vin pur tuent expérimentalement ces bacilles (J. Sabrazès), leur action bactéricide est lente. Les travaux récents du Dr W. Dietze, bactériologiste allemand, ont porté sur le pouvoir bactéricide du vin à l’égard du bacille typhique. 11 employa cinq sortes de vins allemands tenant de 8,33 à xi,31 pour ioo d’alcool, dont un seul était rouge ; leur acidité par litre était de 5,4o à io,o5 et leur pli de 2,78 à 3,4g. Les bacilles typhiques furent tués entre i5 à 45 nm dans du vin pur, entre 1 h 1/2 à 4 h dans un vin coupé d’une égale quantité d’eau, au bout de 3 h 1/2 à 2 jours dans un vin coupé d’eau dans la proportion de 1 à 3. Le vin rouge qui avait la plus forte teneur en alcool et le pli le plus élevé fut le moins actif de tous. Cela indique que l’alcool n’agit pas seul, mais que l’acidité joue aussi un rôle dans la destruction des bactéries. Ces expériences démontrent que, pour que le vin ail une action antimicrobienne sur les bactéries se trouvant dans l’eau, on devrait faire le mélange d’eau et de
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- vin plusieurs heures avant le repas. Quant à l’action du vin sur les bacilles absorbés avec les aliments, elle est fort douteuse. L’ébullition reste le moyen de stérilisation de fortune par excellence, la chloration cl la javellisation les antiseptiques de choix pour les distributions d’eau.
- LA VACCINATION
- La plus efficace mesure prophylactique est incontestablement la vaccination polyvalente, actuellement obligatoire dans l’armée française, ainsi que chez les étudiants en médecine, les infirmiers et infirmières des hôpitaux, etc.
- Deux vaccins sont actuellement en usage, en France : le vaccin de H. Vincent dit le vaccin T. A. B. et celui de Widal et Salimbeni. Le premier est préparé avec des cultures des trois bacilles, émulsionnés dans l’eau physiologique et stérilisés par addition d’éther. Ce vaccin renferme, par centimètre cube : 2.5oo.ooo.ooo de bacilles, dont 1/2 de T, i/4 de A et r/4 de B. Le second est préparé avec des cultures émulsionnées dans l’eau physiologique et stérilisées suivant le principe indiqué par Pfeiffer, A. Wright, etc., à la température de 56° pour T et A, et à 57° pour B. Il renferme, par centimètre cube : 4.200.000.000 de bacilles,
- Fig. G à 9. — A l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce.
- En haut, à gauche, une phase de préparation du vaccin T. A. B. ; à droite, le contrôle du vaccin.
- En bas, à gauche, vue extérieure du laboratoire antityphoïdique de l'armée ; à droite, le musée du vaccin T. A. B.
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- dont 3/7 de T, et a/7 de chaque paratyphique.
- Ces deux vaccins sont très efficaces ; celui de H. Vincent a acquis une grande réputation à la suite de son application faite sur une large échelle dans les armées alliées pendant la guerre mondiale.
- Déjà, avant la guerre, de très nombreuses applications du vaccin de 11. Vincent, surtout dans l’Afrique du Nord et lors de diverses épidémies locales, en France, avaient démontré sa grande efficacité :
- Fièvre typhoïde chez
- Pays ou localité Nombre des non vaccinés Nombre des vacci- nés non vaccinés Cas | Décès vaccinés Cas | Décès
- pour 1.000
- Maroc oriental (1911 ) • • • 2.632 171 64,97 8,35 0 0
- Maroc oriental (I912)- •. • • 5.240 1.529 38,23 5,5i 0 0
- Maroc occidental (1912). . . . 6.293 10.794 .68,44 21, i3 0 0
- Algérie-Tunisie (1912). . . . 41.514 io.o3i 12,14 1,88 0 0
- Epidémie d’Avignon (1912Ï . 687 i.366 225,61 32,02 0 0
- Epidémie de Paim-pol (1912) . . 2 4o5 O O 41,66 4,58 0 0
- Epidémie de Puy-i’Evêque (1912). 388 3l2 62,85 7D4 0 0
- Grâce à ce vaccin, une grave épidémie typho-para-typhoïdique, déclarée à la fin de 1914 et menaçant toute l’armée alliée sur le front français put être arrêtée (fig. 4 et 5).
- Le maréchal Foch, dans son discours à l’Académie des Sciences du 4 décembre 1922, a dit :
- « Si on a pu écarter de nos soldats le lléau de la typhoïde pendant toute la durée de la guerre, c’est donc au Médecin Inspecteur Général Vincent qu’on le doit. Sans ses efforts multiples, il eût été impossible de conduire les Armées à la victoire finale, en raison des pertes énormes dues à la maladie, et de l’effet moral désastreux que ces pertes eussent produit sur les combattants survivants »... « Les services qu’a rendus le Médecin Inspecteur Général Vincent pendant la durée des opérations sont inestimables ».
- Fl, en 1925, le Congrès international de Médecine et de Pharmacie militaires, tenu à Paris et comprenant l\'i nations offrit, au nom de ces nations, au Pr Vincent une médaille portant la devise : Innurneros patriæ servavil, accompagnée d’une adresse disant notamment : « ...C’est vous qui avez remporté la victoire, une des victoires les plus décisives et les plus utiles de la grande guerre.. »
- Maintenant plus de 12 millions de vaccinations par le vaccin de H. Vincent ont été pratiquées (fig. 6 à 9).
- Brouardcl a indiqué que la population militaire des villes de garnison présentait naguère quatre fois plus de morbidité par typhoïde que la population civile. Actuellement, grâce à la vaccination obligatoire dans l’armée, ce rapport est inversé et on a pu constater, au cours de différentes épidémies d’après-guerre, que c’est la population féminine et les enfants qui fournissent les cas les plus nombreux — la plus grande partie de la population masculine ayant été vaccinée, soit pendant la guerre, soit au régiment.
- On ne saurait trop répéter que la vaccination apparaît comme le moyen capital pour préserver dans toutes les circonstances des fièvres, typhoïde et paratyphoïdes.
- Disons enfin que le vaccin antilyphoparatyphoïdique peut être associé aux vaccins antidiphtérique et antitétanique, de façon qu’une seule vaccination protège contre les trois infections.
- W. N. Kazeeff.
- LES MICROFOSSILES DE LA CRAIE ET DES SILEX
- Il ne semble guère difficile d’évoquer les paysages tei'restres — merveilleux pour notre imagination — qui se sont succédé sur notre globe àu cours des temps passés. L’œil, meme celui du profane, n’a besoin que d’un minime effort pour substituer à la llore et à la faune qui lui sont familières, celles d’une époque géologique donnée. L’Homme i'econnaît l’Arbre dans toute plante qui le domine, quelle qu’elle soit, et tout ce qui marche, vole, rampe ou nage, symbolise immédiatement pour lui l’idée de l’Animal. Il peut d’ailleurs voir, toucher, au Musée, les squelettes des grands Reptiles secondaires, les morceaux de Fougères arborescentes du Houiller. Ému, confondu peut-être, il n’aura néanmoins nulle peine à effectuer la
- liaison entre le monde vivant actuel, qu’il perçoit, et les états antérieurs successifs de ce même monde, au cours de son évolution.
- Bien autrement malaisée est la tâche qui réside dans l’évocation du monde microscopique, de l’Infiniment petit d’autrefois. Quelle difficulté, en effet, de faire revivre par la pensée ces microcosmes disparus, alors que, seuls, quelques rares usagers du microscope sont en réel contact avec ceux d’aujourd’hui.
- En dehors de cette minorité de professionnels ou d’amateurs, placés presque dans une condition semblable à celle du vulgaire par rapport à la vie qu’il perçoit, comment, pour ce dernier, accrocher à une réalité actuelle, à une entité compréhensible pour lui,
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- Fig. 1. — Reconstitution de micro-organismes pélagiques des mers crétacées.
- Magnifiquement conservés, à l’état de matière organique, dans les silex, ces Protistes peuvent être considérés comme de minuscules végétaux, mobiles grâce à leurs fouets ou flagelles, qu’on leur a restitués ici.
- (D’après un tableau exposé au Palais de la Découverte).
- l’image des infiniment petits, des « microbes x> (au vieux et vrai sens perdu du mot), qui vivaient dans les océans de divers âges géologiques P
- On a tenté de le faire au Palais de la Découverte (x) par le truchement de la photographie, du dessin, de la reconstitution.
- La photographie authentifie le dessin qui la complète. La microphotographie, ou photographie des objets microscopiques, se fait avec des objectifs pres-
- 1. Salle 24, « Évolution des Plantes » (Travail effectué au Laboratoire d'Évolution des Êtres organisés, Paris).
- Fig. 2. — Reconstitution de micro-organismes pélagiques des mers crétacées.
- En haut et en bas à droite, quelques Protistes à flagelles appartenant à la même famille que tous ceux représentés dans la figure précédente. A droite et à gauche, deux Itystricho-sphères, êtres encore énigmatiques, abondants dans les silex. (D’après un tableau exposé au Palais de la Découverte).
- -............— 315 =
- que sans profondeur : elle ne rend à peu près que des « lames », des « tranches » situées entre deux plans rapprochés, et les volumes ne peuvent pratiquement s’exprimer que par le dessin. La reconstitution, allant au delà, enlève au fossile, au microfossile, son caractère de cadavre réduit à un squelette ou à une peau : elle lui redonne les organes qui lui servaient à se déplacer, à se nourrir, à vivre.
- Le domaine des infiniment petits, ou plus exactement des Protistes fossiles, est immense : la micropaléontologie, science dont il dépend, va chaque jour se développant davantage, apportant sans cesse des solutions là où d’autres disciplines avaient échoué jusqu’alors. Parmi les applications modernes de la mieropaléonlologie, une des plus importantes, au point de vue économique, est celle qui a été faite à
- Fig. 3. — Rognons oû nodules de Silex.
- On remarque qne la masse siliceuse centrale, de teinte foncée, est entourée d’une partie claire, la «‘ patine ». C’est dans la partie foncée que se rencontrent les microfossiles les mieux
- conservés.
- la recherche des nappes de pétrole. Mais celle-là reste encore, par sa complexité, inaccessible au public, et sa compréhension exige un ensemble de connaissances géologiques approfondies. 11 n’en va pas de même lorsqu’on s’adresse, comme on le fera ici, au problème de la naissance et de la constitution de deux roches aussi vulgaires, au moins dans nos régions, que la craie et le silex.
- À vrai dire, ces deux roches, apparemment si dissemblables, sont intimement liées l’une à l’autre. Les silex que l’on rencontre à l’état de cailloux dans les dépôts d’alluvions, dans les sables des rivières, dans certaines argiles, ont quitté leur lieu d’origine. Celui-ci était toujours une assise crayeuse, dont la destruction a permis leur transport, parfois à de grandes distances, comme c’est le cas pour les silex de certaines plages bretonnes. Il faut donc toujours, par la pensée, replacer tous les silex au sein des couches de craie où ils
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- Fig. 4. •— Bâton de craie ordinaire, avec lequel on a tracé quelques lignes fines sur un carton noir.
- Fig. 5. — L’une de ces lignes de craie, vue au microscope, à un faible grossissement.
- Fig. (i. — Une petite portion de la même ligne, vue à un fort grossissement : les flèches montrent les coccolithes.
- ont pris naissance, et où on les retrouve encore aujourd’hui en place, formant des bancs de rognons ou de nodules, parfois des tables, généralement- parallèles au plan de stratification de la craie elle-même. Bien des falaises de craie, bien des carrières montrent ces bancs de silex que leur teinte foncée met immédiatement en relief.
- Mais pour imaginer comment ont pu prendre naissance les silex, il faut auparavant connaître l’origine des couches de craie. Seul, le microscope a pu dévoiler cette origine, que les raisonnements et les théories ne pouvaient expliquer. 11 est reconnu aujourd’hui que la masse principale de la craie pure, est constituée par une invraisemblable accumulation de petits corpuscules calcaires, les Coccolithes. On sait aussi, mais avec certitude seulement depuis le début de notre siècle, que ces coccolithes recouvrent la paroi cellulaire de minuscules algues flagellées auxquelles, pour celle raison, on a donné le nom de Coccolithophori-dées. Ces Protistes, à caractère végétal, vivent en suspension dans le plancton de tous les océans, et non seulement en surface, mais aussi jusqu’à d’assez grandes profondeurs (5oo et meme i.ooo m). Les mers de l’époque de la craie (époque crétacée) déposaien t donc des vases où les cadavres des Coccolitbo-phoridées, représentés p a r leu r s seules parties minérales, les coccolithes, consti-
- tuaient la masse principale du sédiment. Là où ces coccolithes se sont trouvés mêlés à de l’argile apportée par les fleuves, ont pris naissance des marnes calcaires, parfois insensiblement reliées à de la ('raie pure. Des numérations de coccolithes ont été faites dans certaines marnes : on en a compté, dans une marne plus récente que la craie, une marne éoeène, 800.000 par mm3, ou 8.101'1 : 800.000.000.000.000 par ni3.
- Mais ces marnes sont, moins riches en coccolithes que les craies elles-mêmes, où l’on trouve 5o et même 75 pour 100 de coccolithes bien reconnaissables ! 11 faut d’ailleurs noter que le reste de la masse crayeuse est surtout formé de eoecol i t lies brisés, pulvérisés, mêlés à une proportion variable de minuscules animaux à coque également calcaire, les Foraminifères.
- Une craie, dans ces conditions, est susceptible de contenir, très'approximativement, près de 10.000.000 de coccolithes par mm3, ou io16... :
- 10.000.000.000.000.000 par m3.
- La formation, le dépôt, de 1 m3 de cette craie peut donc être considéré comme ayant nécessité la mort et
- Fig. S. — Trois types de Coccolithophoridécs.
- La première figure représente une des espèces les plus communes, le Coccolilhus pelagicus. Songeons qu’il a fallu que vivent et meurent, dans la mer crétacée, plus de 500.000 milliards de cellules de cette espèce, pour constituer un mètre cube de craie....
- Fig. 1. — Quelques types de Coccolithes, vus de face (en blanc) et de profil (en noir).
- Ces corpuscules calcaires très petits (de S à 20 millièmes de millimètre) recouvraient la cellule de minuscules algues flagellées flottantes qui vivaient et vivent encore dans toutes les mers. Elles pullulèrent dans les mers au fond desquelles s’est déposée la craie (mers crétacées).
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- Fit/. U. — Les Diatomées, les Radiolaires, les spirales des Eponges, ont fourni la silice qui constitue les silex.
- rengloul issemenl de plus de DOD.000.001).000.000 de cellules de ces minuscules Cuccolilhophoridées.
- Ce chiffre, astronomique si l’on ose dire, n’est pas représentatif en lui-même. Il le devient davantage si l’on fait une comparaison avec certaines des conditions réalisées dans les mers actuelles.
- Les spécialistes qui étudient la teneur quantitative de la mer en Prolistes planctoniques — la quantité de Coceolithophoridées par litre en particulier —, ont fait déjà de nombreuses observations et un des chiffres les plus élevés, et exceptionnel d’ailleurs, est celui donné par Cran pour le fjord d’Oslo, où il a trouvé jusqu’à 5 à G millions de Pontosphœra Ihixleyi par litre d’eau de mer. Cette espèce de Coecolithophoridée est précisément très commune dans diverses craies.
- Si l’on compare aux précédents ce chiffre de 5 millions par litre, ou 5 milliards par mètre cube, on constate que i m3 de craie contient la même quantité de Coceolithophoridées que 100.000 m3 d’eau de mer : une colonne d’eau de i m2 de section et de xoo km
- de haut. Cependant, n’oublions pas que le chiffre du fjord d’Oslo est exceptionnel et que, pour certaines zones de l'Atlantique, le mètre cube de craie correspondrait aux Coceolithophoridées de plus de 2.000.000 de mètres cubes d’eau de mer !
- Mais, que sait-on de la puissance productrice des mers à l’époque de la craie ? En réalité, rien de précis. Il semble bien, pourtant, qu’on puisse leur attribuer une très grande richesse relative en Coccolitho-phoridées, coïncidant avec, une certaine alcalinité de leurs eaux, qui a permis que le calcaire de celles-ci 11e soit pas décomposé ainsi (pie cela se produit pour une grande partie de nos océans actuels.
- Le stock biologique microscopique que ces mers crétacées fournissaient en pâture à leurs petits et grands animaux n’était pas composé exclusivement de ces Protistes calcaires : en dehors de ceux, très nombreux sûrement, qui n’ont laissé aucune trace, il en est deux catégories dont les couches sédimentaires de l’époque de la craie nous révèlent encore l’exis-
- Fig. 10 (;\ gauche). — Un Péridinien, le Pcridinium conicum, conservé merveilleusement dans un silex.
- Ce micro-organisme, ù, carapace cellulosique, est absolument identique à celui qu’on peut trouver aujourd’hui dans l’estomac
- des sardines.
- Fig. 11 (à droite). — Un type de Dinojlagellé des silex, qui paraît ne plus exister dans les mers actuelles.
- Ce magnifique Hystrichodinium n’est pas rare dans les cailloux de silex du bassin de Paris où il a été découvert en 1935. 11 n’est sans doute pas une seule poutre de ciment armé qui n’en contienne au moins quelques exemplaires..
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- Fig. 12 (à gauche). — Un autre type de Dinoflagellé des silex, le Dinopterygium eladoides. Fig. 13 (les trois suivantes). — Quelques Hystrichosphères des silex parisiens.
- tence : ce sont les Protistes à coque ou squelette siliceux, et la série des Protistes, dépourvus de matière minérale, et conservés dans leur état organique originel à l’intérieur des silex.
- Les Protistes siliceux (Radiolaires, Diatomées, par exemple) n’ont laissé que de très rares traces reconnaissables dans la craie. Ce sont leurs squelettes qui, avec les spiculés siliceux des Éponges, qui vivaient dans la profondeur, ont fourni la matière même qui constitue les silex. Ainsi la pierre à feu (pierre à briquet,... pierre à fusil...) doit son origine, sa substance propre, à ces éponges et à ces squelettes (Radiolaires) ou ces valves (Diatomées) souvent merveilleusement sculptées, qui ont été bâtis par des myriades d’êtres microscopiques qui flottaient dans les eaux de la mer crétacée.
- Par quel moyen s’est effectuée la concentration, au sein de la boue crayeuse à Coccolithes et Foramini-fères, de la silice de ces squelettes, pour donner finalement la masse dure, translucide, et sans forme propre des silex ? Aucune des hypothèses formulées jusqu’ici ne peut être considérée comme ayant donné Ja clef de ce problème : le fait est là, inexpliqué
- Fig. 14. — Comment on détache, au marteau, les éclats de silex destinés à être examinés au microscope.
- encore aujourd’hui dans son intime mécanisme.
- Une seule chose est définitivement prouvée, c’est que cette opération a été rapide, comme a été rapide également le dépôt de la craie elle-même. Dans l’état actuel de nos connaissances océanographiques, aucune vase ne paraît se former avec une telle rapidité. Il semblerait qu’on doive imaginer, dans le sein des eaux relativement peu profondes de la mer crétacée, une véritable pluie de micro-organismes s’accumulant sur le fond, comme*neige en hiver. Et l’on en vient à concevoir d’immenses nuages de Coccolithophori-dées, pleuvant dru leurs cadavres, leurs coccolithes,-tandis que, entraînés par eux, les autres Protistes du plancton venaient s’enfouir dans la vase calcaire. Là, les Protistes siliceux, décomposés, abandonnaient leur silice dont les molécules se concentraient, se déplaçaient dans la boue et se substituaient aux molécules calcaires, tout en englobant dans le silex ainsi formé, tous les restes des autres Protistes, non siliceux.
- Ce sont ces restes, dont l’état de conservation est souvent extraordinaire, qui se retrouvent aujourd’hui dans bien des silex et qui jettent une lueur nouvelle sur l’évolution des Protistes. Leur étude demandera encore de nombreux efforts, mais les résultats obtenus au cours des toutes dernières années, sont des plus encourageants. Découverts et signalés il y a maintenant plus d’un siècle, ces microfossiles des silex n’ont été réellement étudiés que depuis moins de xo ans et les travaux importants qui leur ont été consacrés ne datent que de ig33 à 1937.
- Glanons quelques-uns de leurs résultats les plus marquants.
- On a rencontré dans les silex les restes momifiés, si l’on peut dire, de Protistes appartenant à l’actuelle famille des Dinoflagellés, et parmi eux, il en est qui sont absolument identiques à des genres vivants et même, parfois, identiques à des espèces actuelles. Ainsi, par exemple, le Peridinium conicum trouvé dans un silex du Danemark, est en tous points semblable à celui que l’on peut rencontrer dans l’estomac d’une sardine de l’Atlantique ou d’un « pilchard » du Pacifique.
- De tels exemples démontrent péremptoirement la
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- fixité de certaines espèces depuis l’époque secondaire. Ces espèces n’ont pas évolué, n’ont subi aucun changement et elles se sont perpétuées au cours des millénaires, sans variation ni dans leur taille, ni dans les
- délicates sculptures qui ornent leur carapace de cellulose.
- Pour certains géologues, la craie serait vieille de 80 millions d’années, pour d’autres, moins hardis, elle n’aurait guère que i5 millions d’années. Qu’on s’arrête à l’un ou l’autre chiffre, ou qu’on choisisse un moyen ternie, il n’en reste pas moins fort intéressant d’enregistrer ces deux faits :
- conservation aussi remarquable d’êtres microscopiques à l’état de matière organique ;
- perpétuation, durant un temps si long, et à travers deux époques géologiques successives, d’une même espèce, cependant fragile, puisqu’elle n’a pas encore été cultivée jusqu’ici par les prolislologues.
- Toutes les espèces dès à présent connues dans les silex ne se présentent pas sous le même jour, et il semble bien qu’on puisse affirmer, à l’inverse des exemples précédents, l'existence de types qui ne persistent plus aujourd’hui, ou, ce qui revient presque an, même, qui sont si rares qu’on ne les a pas encore rencontrés dans le plancton actuel.
- Gomme exemples, on peut citer ici les Hyslrichodi-nium, Dinopterygium, Palæohyslrichophora et Raphi-dudinium, découverts seulement depuis ig35, et surtout le groupe assez extraordinaire des llystrichosphæ-ridées. Les liyslrichosphères sont parmi les microfossiles organiques les plus communs des silex. Il est bien rare d’examiner, surtout dans le bassin parisien, des silex qui n’en contiennent pas au moins quelques spécimens. 11 ne fait pas l’ombre d’un doute que ces êtres, qui mesurent de 1/20 à 1/10 de mm, ont joué un rôle qui n’était pas négligeable dans les eaux des mers à l’époque crétacée : selon toute vi'aisem-blanee, ils ont dû régresser au cours de l’époque ler-
- Fig. lîi. — Eclats de silex, propres à l’examen micro scopique. Au-dessous de 1 mm d’épaisseur, les éclats sont suffisamment translucides pour pouvoir être étudiés par transparence.
- 319
- tiaire et les espèces des silex de la craie doivent être éteintes à l’époque actuelle.
- Les quatre genres cités plus haut
- (d’Hyslrichodi-nium à Raphido-dinium) sont de véritables Dinolla-gellés, dont nous n e connaissons encore ni l’ascendance ni la descendance, mais qui sont là pour nous démontrer l’existence d’une évolution chez les Di-noflagellés.
- Ainsi, ce groupe de Protistes, tout comme certains groupes d ’ a n i-rnaux ou de plantes supérieurs, renferme à la fois des types stables, fixés, apparemment immuables, à côté d’autres types dont l’évolution 11’est pas douteuse.
- Qu’on veuille bien noter maintenant que ce 11’est là qu’un des premiers résultats qu’a donnés l’élude microscopique des silex !
- De l’homme préhistorique qui, percuteur en main, se taillait dans un silex quelque pointe de flèche, au cimentier d’aujourd’hui qui mêle à ses cailloux de silex la chaux issue de la craie à coccolithes, que de générations humaines ont été tributaires de ces deux roches, toutes deux dues à l’activité biologique des mers de l’époque secondaire !...
- Ajoutons encore que l’on tend, actuellement, à mélanger aux bétons, des proportions appréciables de kieselguhr, dépôls fossiles siliceux de l’époque tertiaire, contenant en majeure partie des Diatomées et aussi d’autres Prolistes siliceux.
- Craie à Coccolithes, Silex à Hystrichosphères, Kieselguhr à Diatomées... nos murs modernes ne nous font-ils pas songer maintenant à quelque nécropole gigantesque — à l’échelle de ses morts — nécropole où dorment les restes innombrables d’êtres autrefois vivants, les uns disparus à jamais, les autres peuplant encore nos océans !
- Fig. 16. — Préparations microscopiques d’éclats de silex fossilifères.
- Les éclats sont collés sur une lame de verre au moyen de baume du Canada. En haut, une préparation placée de profil montre, au milieu, l’épaisseur de l’éclat de silex.
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- En dehors d’un film fixe (Q dont les projections successives expliquent ou résument la plupart des notions ou des idées qui viennent d’être exprimées, trois groupes de reproductions — peintures, photographies, dessins — sont présentés au Palais de la
- 1. Edition de la Photoscopie, 61, rue Jouffroy, Paris.
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- Fig. 17. — Falaises de craie d’Elrelat, avec bancs de silex intercalés.
- Il esl réellement effarant d’évoquer l’énorme quantité de minuscules Protistes dont la mort et la lente chute vers les profondeurs océaniques à l’époque secondaire (Crétacé), a constitué peu à peu des masses de sédiments comme ces falaises de craie.
- Découverte, qui visent à évoquer à la fois la variété des infiniment petits de l’époque de la craie, la beauté curieuse de certains d’entre eux, enfin, du point de vue purement scientifique, la coexistence de formes persistantes, presque invariables, à côté de types évolués, disparus aujourd’hui.
- Des trois tableaux où a été tentée une reconstitution de ces Protistes, deux ont trait aux microfossilcs des silex de la craie, le troisième se rapportant à une époque géologique plus proche, l’époque tertiaire, où ont abondé dans certains cas, les Protistes fossiles siliceux.
- Une série d'agrandissements photographiques des microfossiles des silex, permet de se rendre compte de leur merveilleux étal de conservation, fait qui doit frapper particulièrement tout esprit qui se souviendra qu’il ne s’agit point là de squelettes minéraux, mais bien de matières organiques à peine modifiées dans leur composition chimique. Enfin, à un échelon scientifique plus élevé, des planches de dessins et de microphotographies, extraites d’ouvrages récents, exhibent les principales espèces de ces microfossiles et comportent leurs noms ainsi que la date de leur découverte (1). Georges Deelandre,
- Maître de Recherches (C. N. R. S.).
- 1. Pour une orientation générale sur tes Protistes, consulter : G. Deflandue, Microscopie pratique. Le microscope et ses applications. La faune et la flore microscopique des eaux. Paris, P. Lechevalier, 1930, 373 pages, 113 planches noires, 20 planches en couleurs.
- Sur une branche récente de la micropaléontologic : G. DeFean-miE, Les Flagellés fossiles. Aperçu biologique et paléontolo-gique. Rôle géologique. Paris, Hermann et Ci0, 1936, 98 pages, 133 figures.
- Enfin, pour ce qui regarde les microfossiles des silex et la bibliographie française et' étrangère de la question : G. Defean-dre, Microfossiles des silex crétacés. Première partie, 1936 ; deuxième partie, 1937. Annales de. Paléontologie, tomes XXV et XXVI, 18 planches, Masson et Cie, éditeurs.
- LA CHARGE ÉLECTRIQUE DES COLLOÏDES ET SES APPLICATIONS
- La propriété électrique essentielle des colloïdes est la charge électrique que portent les particules qui les constituent, que ces particules soient solides (dans les suspensions et solutions colloïdales) ou liquides (dans les émulsions) en suspension dans un liquide ou dans un gaz (dans les brouillards et les fumées).
- Il est facile de mettre la charge électrique des colloïdes en évidence. Si on place un colloïde dans un tube en U dans chaque branche duquel plonge une électrode, et si on établit une différence de potentiel de ioo à 200 v, on constate que les particules colloïdales • se déplacent vers l’un des pôles. En d’autres termes, il y a déplacement l’un par rapport à l’autre des deux milieux (des deux phases) en présence (la matière colloïdale et le milieu dans lequel elle est dispersée) .
- Si les particules en suspension sont libres de se mouvoir sous l’action du champ électrique, on a ce que l’on appelle Vélectrophorèse (ou la cataphorèse). Si, au contraire, les particules sont maintenues immobiles, par exemple tassées de façon à constituer un diaphragme poreux où elles sont agglomérées et sépa-
- rées par des espaces vides capillaires, c’est le liquide qui se déplacera sous l’action du champ électrique ; on a donné à ce phénomène le nom d’osmose électrique.
- Ces phénomènes sont d’ailleurs réversibles, c’est-à-dire que si on provoque mécaniquement un déplacement relatif des deux constituants, il se créera une différence de potentiel et par suite, un courant électrique traversera le système.
- Si, par exemple, les particules colloïdales tombent dans le liquide, c’est-à-dire si la phase dispersée est mobile par rapport à la phase dispersante (analogie avec l’électrophorèse) il s’établit une différence de potentiel, donc un courant électrique, entre les couches supérieure et inférieure du liquide. Le phénomène a été observé par Billiter.
- Si, au contraire, les particules sont immobiles, constituant un diaphragme, et que l’on force le liquide à le traverser (analogie avec l’électro-osmose) la différence de potentiel et un courant s’établit entre les faces du diagramme. C’est le « courant de diaphragme » étudié par Quincke.
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- ORIGINE DE LA CHARGE ÉLECTRIQUE DES COLLOÏDES
- Kl U» (>.sl, encore inconnue cl il semble <|u’elle puisse être produite par plusieurs causes dont il est d’ailleurs impossible de déterminer rinlluenee respective dans chatpie (‘as i>arlictdier.
- Les hypothèses que l’on a émises jusqu'à présent peuvent se réduire à quatre principales :
- i° La charge est due à une cause purement physi-<pie comme l'éleclrisal'nm de. indlemenl. — Goehn a proposé la règle empirique suivante : quand deux substances non miscibles, dont l’une est un liquide pur, sont en contact, la substance qui a la constante diélectrique la plus lorle est positive par rapport à l'autre.
- La constante diélectrique de l’eau étant 81, l'une des plus élevées connues, on peut s’attendre à ce (pie toutes les substances soient électro-négatives par rapport à l'eau, (.'/est ce. que. l'expérience a vérifié. De meme, si l’eau est remplacée par la térébenthine dont la constante diélectrique n’est (pie de 5, toutes les substances (à l’exception du soufre) sont chargées positivement au contact de la lérébentbine.
- Malheureusement, la règle de Coelm n’explique pas le mécanisme même de la charge et, de plus, elle est inexacte dans le cas des solutions, aqueuses contenant des électrolytes.
- La charge est due à V absorption sélectine d’ions à la surface des grains colloïdaux. — Celle, hypothèse, duc à Taylor, s’adapte bien aux faits expérimentaux. Par exemple en solution neutre, ou dans l’eau pure, l'albumine colloïdale ne présente aucun phénomène d’électrophorèse ; elle est donc, électriquement neutre, (•(' (pie l’on interprète en supposant (pie les granules sont également perméables pour les deux ions 11 et Oll dont la concentration dans les particules colloïdales variera par suite proportionnellement à leur concentration dans le liquide. En solution acide, contenant. un excès d’ions IL, les particules se chargeront positivement ; en solution alcaline, c’est l’inverse qui se produit. L’expérience a vérifié ces conclusions.
- 3° La charge est due à Vionisation du colloïde lui-même. — C’est l’hypothèse émise par Zsigmondy dans le cas des substances ionisables dont les molécules sont très grosses et donnent alors aux solutions des p r oprié t és eolloïda 1 es.
- 4° La. charge est due à l’ionisation de substances étrangères incorporées à ta surface des grains colloïdaux au cours de leur histoire antérieure. — Hardy suppose, que. dans les colloïdes métalliques, une réaction a lieu au moment de leur formation, entre le1 métal et. l’eau, donnant soit des hydrures, soit des oxydés, qui s’ionisent ultérieurement. Pour Duelaux, la charge est due à des substances étrangères (traces de chlorure de fer dans les colloïdes d’hydrate de fer).
- La valeur de la charge électrique portée par une particule colloïdale est difficile à évaluer avec, précision ; elle est, de l’ordre de io-ft unité électrostatique C. G. S.
- .-:=r..:=== 321 =
- Nous allons étudier maintenant l'électrophorèse cl l’endosmose, les deux seuls phénomènes ayant une importance pratique industrielle.
- ÉLECTROPHORÈSE
- Comme nous l’avons indiqué plus haut, ce phénomène consiste en un déplacement vers les électrodes des particules colloïdales sous l'influence d’une différence de potentiel. Il a été étudié pour la première fois par Limier et Piéton en iBqa dans les sols (h* sulfure arsénieux, (pii se déplacent vers l’anode, cl les sols d’hydrate ferrique dont la migration a lieu vers la cathode. Lorsque le milieu dispersant est. l'eau, les substances colloïdales se classent en deux groupes suivant leur sens de déplacement. :
- i° Colloïdes négatifs se. déplaçant vers l’anode : les sulfures d’arsenic, d'antimoine, de cadmium, les métaux : argent, platine, or, mercure, cadmium, cuivre, fer et leurs sels (chlorures, indurés), le graphite, le quart/., h* feldspath, l'ambre, le soufre, h* sélénium, le tellure, la gomme laque, la soie, le coton, la poudre de lycopode, la porcelaine, l'argile, l’amiante, l’acide silicique, le chloroforme, certains colorants : bleu d'aniline, indigo, bleu de Prusse, éosine, fuchsine, etc., émulsions do sulfure, de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’éthylène, de gaz carbonique.
- Colloïdes positifs se déplaçant vers la cathode : les hydrates de fer, chrome, aluminium, cuivre, zir-eone, cérium cl thorium, solutions de Brcdig de bismuth, plomb, fer, cuivre ; l’albumine, l’hémoglobine, l’agar-agar, l'acide lilanique, certains colorants : violet, Hoffmann, rouge de Magdala, violet de méthyle, brun Bismark, bleu de méthylène.
- Dans d’autres milieux dispersants, les colloïdes peuvent, se comporter différemment. Par exemple dans l’huile, de .térébenthine, à l'exception du soufre, les colloïdes négatifs se déplacent, vers, la cathode, c’est-à-dire deviennent positifs. Dans l’alcool éthylique, les globules de térébenthine se déplacent vers le pôle posi-tig ; dans le sulfure de carbone, le quartz se déplace vers le pôle négatif, etc...
- La théorie du phénomène, qui n’implique aucune hypothèse quant à l’origine de la charge, a été établie par Helmhollz, qui admet, que lorsqu’une particule chargée se trouve en suspension dans un liquide, il se, forme une « couche double » autour d’elle. Si la particule est chargée positivement, elle est entourée d’une pellicule électrisée négativement, et inversement. La somme algébrique des charges des deux couches (‘.si mille et par suite, il ne. petit y avoir déplacement sous l’action d’un champ électrique que s’il y a glissement des couches électrisées l’une par rapport à l’autre. 11 faut donc avant toute électrophorèse qu’il y ait polarisai ion du colloïde.
- Signalons que l’action des électrolytes est extrêmement marquée sur l'électrophorèse. (Test.. ainsi que Burlon et Billiter ont montré que l’addition progressive d’électrolytes peut diminuer de plus en plus la mobilité des particules par l’action du champ éleelri-
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- que, arrêter leur mouvement (point isoélectrique) c’est-à-dire neutraliser complètement leur charge et même changer leur sens de déplacement.
- ÉLECTRO ENDOSMOSE
- C’est Reuss qui, dès 1808, observa le premier que de l’eau pure placée dans un vase divisé en deux compartiments par une cloison poreuse verticale, chaque compartiment renfermant nue électrode, traverse la cloison sous l’action d’une force électro-motrice appliquée aux bornes, de telle sorte que son niveau s’élève dans un compartiment et baisse dans l’autre.
- Wiedernann, vers i85a, a énoncé les lois qualitatives du phénomène et Freundlich a établi la formule théorique qui les résume (’). Elle fait intervenir la viscosité du liquide. On a vérifié que l’endosmose qui est ti'ès sensible à l’inlluenee de la température varie en effet sensiblement comme la fluidité (inverse, de la viscosité) du liquide.
- L’éleetro-osmose des solutions a été étudiée par 11 iI-torf, Parker, Perrin (1908) et plus récemment par Elissafoff. O11 a trouvé tout d’abord que, comme l’eau pure, les solutions se déplacent en général vers la cathode, mais moins vile, ce qui, dans l’hypothèse de la couche double, conduit à admettre que tous les solides sont chargés négativement au contact, de l’eau.
- Cependant l’addition convenable d’électrolytes peut, comme dans le cas de l’électrophorèse, provoquer le renversement du sens du déplacement pour un diaphragme donné. Perrin a énoncé le résultat général que tout diaphragme tend à se charger positivement dans une solution acide et négativement dans une solution alcaline. Tout ion de signe opposé tend à neutraliser la charge sur le diaphragme et cela d’autant plus que sa valence est plus élevée. Cependant, cette règle ne s’applique pas dans le cas des métaux lourds et des cations organiques.
- La théorie de l’endosmose peut être résumée comme suit :
- i° L’endosmose dépend de l’adsorption préférentielle ou sélective de certains ions et est influencée seulement par les ions adsorbés par le diaphragme.
- 20 Tout, facteur qui modifie l’adsorption influe sur l’endosmose.
- 3° La direction de l’endosmose indique le signe de la charge du diaphragme. Si le liquide se déplace vers la cathode, le diaphragme est négatif et inversement s’il se dirige vers l’anode, le diaphragme est positif.
- 4° Un diaphragme tend à devenir positif par adsorp-tion sélective de cations et négatif par adsorption sélective d’anions.
- 5° La charge positive produite par un cation
- 1. U eue, formule est : Q = .
- 4irr/
- Q est la quantité de liquide traversant le diaphragme par unité de temps, D et r, la constante diélectrique et la viscosité du liquide, E la différence de potentiel entre les électrodes, e le potentiel de la couche double de Hemlholtz au contact solide-liquide, q la section du diaphragme et l ta distance entre les électrodes.
- adsorbé est neutralisée plus ou moins complètement par addition d’un anion adsorbahle et inversement.
- 0° L’endosmose mesure la tendance d’un solide à former une suspension électrique dans un liquide donné.
- Sehwerin a appliqué ces principes en ajoutant, afin d’obtenir des suspensions stables, des acides aux substances qui se déplacent vers la cathode et des bases à celles qui vont vers l’anode. Il a également proposé, pour le même résultat, des additions de colloïdes adsorbés positivement ou négativement (alumine, silice, acide Immique, silice hydratée, etc.).
- APPLICATIONS DES PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES
- L’endosmose électrique et l’électrophorèse, deux phénomènes intimement liés, comme nous l’avons vu, ont été proposés pour résoudre un grand nombre de problèmes pratiques. Nous en passerons quelques-uns (‘u revue.
- On peut les classer en trois groupes distincts. :
- i° Procédés de déshydratation (dessiccation) électro=osmotique. — Ils ont, été proposés pour la déshydratation de la tourbe, du kaolin, de l’argile, du latex du caoutchouc, des matières colorantes colloïdales, etc...
- La possibilité de déshydrater économiquement la tourbe, produit combustible dont il existe d’immenses gisements facilement exploitables, avait soulevé un vif intérêt lorsque le comte Rotha Sehwerin commença’ ses expériences vers 1900. La tourbe peut renfermer jusqu’à 90 pour 100 d’eau, et, pour l’amener à une teneur de 20 pour 100 maximum à laquelle elle est utilisable, on opère par simple dessiccation à l’air puis finalement on chauffe pour évaporer l’excès et on continue l’action de l’air.
- Malheureusement, les essais n’ont, pas permis de traiter la tourbe par osmose en une seule opération. Partant de tourbe à 90 pour 100 d’eau, Sehwerin, par osmose électrique, avec un gradient de potentiel de 4-5 volts par centimètre et une consommation d’énergie de i3-i5 kw/h par mètre cube d’eau enlevée, a pu ramener la teneur en eau à 65 pour 100, mais pour aller plus loin, la dépense d’énergie excéderait l’énergie calorifique totale du produit final.
- 11 semble que l’eau contenue dans la tourbe soit en grande partie adsorbée, et qu’il soit difficile de l’éliminer par électro-osmose, tandis que l’eau retenue mécaniquement, au contraire, peut être facilement extraite par ce procédé.
- Peut-être tout espoir d’arriver à une solution! plus heureuse du problème par électro-osmose n’est-il pas à rejeter, car Fœrster a amélioré le procédé en désagrégeant préalablement au traitement les agrégats gélatineux renfermés dans la tourbe initiale. D’autre part, Sehwerin, en ajoutant des traces d’alcalis caustiques, a rendu la déshydratation de la tourbe plus facile. En combinant ces deux perfectionnements, un progrès notable est observé.
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- HAUTE FRÉQUENCE AMORTIE
- Los solutions précédentes se trouvant écartées, on était amené à l’emploi de fréquences élevées, qui présentent les grands avantages suivants :
- Par suite de la répétition rapide des phénomènes d’induction, les courants à liante fréquence ne nécessitent que des transformateurs extrêmement simples, dépourvus de noyaux de fer et ne comportant qu’un nombre restreint de spires.
- La haute fréquence permet d’utiliser les propriétés des circuits résonants ; c’est l’artifice des accords de T. S. F. appliqué à des puissances considérables.
- Il était permis d’envisager des longueurs imposantes d’étincelles, car lors de l’amorçage d’une décharge, le courant au voisinage des électrodes peut, devenir suffisant pour que la résistance de ta partie correspondante île l’étincelle soit très faible, entraînant une perforation quasi-instantanée du diélectrique air à l’autre extrémité de la décharge initiale.
- (testait à définir la nature de la source à haute fréquence : ondes amorties ou ondes entretenues.
- A priori, il semblait qu’une source d’ondes amorties soit (dus simple, plus robuste et moins coûteuse-.
- Un essai rapide permit, malheureusement, de constater qu’avec une puissance d’alimentation apparente de 8 kVA ('), correspondant à une longueur d’étincelles de a m, toute réception devenait impossible dans un rayon de 100 m.
- ONDES ENTRETENUES
- Les essais concernant les ondes entretenues furent, entrepris avec le concours de la société « Le Matériel téléphonique ».
- Un premier essai porta sur un générateur liante fréquence à auto-excitation, travaillant sur la fréquence de 600.000 périodes par seconde, ce qui correspond à une longueur d’onde de 55o m environ. Ue générateur fournissait une puissance de 160 kw à deux colonnes, montées en opposition de phase, constituées par des bobines de self surmontées par des condensateurs et terminées par deux pointes distantes de 6 m. De chaque point jaillissait une belle étincelle de 3 à 4 m.
- Du point de vue spectaculaire, la solution était satisfaisante, mais les parasites engendrés étaient formidables dans un rayon de quelques kilomètres et encore prohibitifs jusqu’à 20 km. La gamme des longueurs d’onde perturbées par l’onde fondamentale et par la deuxième harmonique ne pouvaient être placées simultanément dans des zones creuses de l’échelle des fréquences, où il n’y aurait pas eu de gêne pour les auditeurs.
- Les essais furent repris à la C. P. D. E. avec les variantes suivantes : la puissance fut réduite à 60 kw ; on utilisa une seule colonne constituée par une bobine de self oscillant en quart, d’onde ; la longueur d’onde
- 1. Il est difficile de chiffrer la puissance réelle, mesurée en kw, dissipée dans un circuit aussi spécial, très inductif mais aussi très résistant, avec une résistance essentiellement variable. Le terme de KvA 11e préjuge pas de la valeur inconnue du « facteur de puissance ».
- f u l réduite à 175 m de façon à se trouver en deçà de la gamme réservée à la radio- •-diffusion.
- Afin d’obtenir une giande stabilité de longueur d’onde et de réduire en conséquence la largeur de la bande perturbée, on utilisa un « générateur pilote » de faible puissance couplé à l’étage (k> kw par un amplificateur.
- (elle installation à u pilotage» a y a nI procuré des résultats, on décida de passer
- a ^ I installa lion /.'/y f; — Principe du générateur élec-définilive. ' trost aligne à courroies, système Van
- tien (irajf et Lazard-Joliot-Curie.
- Installation définitive. — Celle-ci comporte :
- Un dispositif d’alimentation en courant continu à haute tension ; un oscillateur liante fréquence réglé sur la longueur d’onde des bobines formant, les colonnes d’éclatement ; trois étages successifs d’aftipl'ifica-lion, dont le troisième comporte des lampes dé grande puissance ; les colonnes de self, terminées par la pointe d’éclatement et munies du dispositif de couplagè avec le généraleur ; ces colonnes sont montées en opposition de phase ; la longueur d’onde est voisine de 180 m et la puissance haute fréquence est de 200 kw.
- Alimentation. — L’alimentation se fait sur une arrivée diphasée à 12.000 v du réseau général « sous trottoirs » de Paris, par l’intermédiaire d’un transforma-
- Fig. fi. •— Schéma. d’un générateur à haute fréquence à ondes amorties.
- Le condensateur C se décharge, toutes les fois que sa charge devient suffisante, à travers l’éclateur auxiliaire E et la self S ; cette décharge est oscillante et produit une décharge oscillante à haute tension dans le circuit de l’éclateur HF.
- Circuit
- oscillant
- Eclateur H F
- Eclateur HE rO Ch
- Transformat !
- Transformateur HF
- Redresseur
- 335
- V Sphère
- Fi! de platine
- Courroie
- Fil de y platine
- Pty Moteur
- Secteur
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- Décharge H F
- ' Je.nétage d'amp!if/cat
- Oscillateur
- Accord
- 5000 colts
- Filtre
- V7///7/777?
- Redresseur;
- Secteur 12000 V.
- Fig. 1. — Installaiion dé/inidre adoptée pour la décharge à haute fréquence de /’Exposition.
- Los étayes d'alimentation I, 2 et il sont identiques.
- loi i r diphasé-dodécaphasé, fou n lissant r.i courants alternatifs dératés de oo° ; (‘('ri représente, soit dit ru passant, un assez joli record dr phases mulliplrs.
- Le transformateur absorbe 700 kVA lorsque la haute fréquence dissipe 300 k\v ; il est protégé par un disjoncteur à maxirna commandé à distance.
- Le courant du transformateur alimente quatre ampoules en série, 1rs deux dernières comportant un dispositif de réglage de la tension par grilles, de façon à obtenir une montée, en tension progressive de 11.000 à 30.000 v ; toutes les ampoules sont munies d’un système d’élimination des courts-circuits, par polarisation des grilles au moyen d’un thyratron.
- Un circuit indépendant à 330 volts alimente les auxiliaires des redresseurs ('I des lampes d’oscillation signalisation, ventilateurs, circuits d’entretien des ares, pompes de circulation d’eau, chauffage des iîIn menls, et moteur asynchrone synchronisé qui entraîne une génératrice destinée au chauffage des lampes.
- Réfrigération. — Les lampes de l'oscillateur et du premier étage d'amplification sont à refroidissement naturel, ('elles du deuxième et du troisième étages sont refroidies par une circulation d’eau de 4 I par seconde. Lu thermomètre et un manomètre à déclenchement arrêtent toute l’installation en cas d’éehauf-fement anormal ou de manque de pression d’eau.
- Oscillateur. — La lampe de l'oscillateur a une dissipation anodique de 4oo w. Elle est alimentée sous 5.000 y avec interposition d’un filtre destiné à stabiliser la fréquence malgré les variations de tension résultant des variations de charge.
- Premier et deuxième étages d’amplification. — Le premier étage se compose de deux groupes de deux lampes identiques à celle de l'oscillateur, montées deux à deux en opposition.
- Des dispositifs spéciaux sont prévus, à tous les étages, pour éviter les accrochages d’ondes courtes.
- Le deuxième étage comporte deux lampes à circulation d’eau, d’une dissipation anodique de 13 k\v et
- dont les grilles sont alimentées en opposition de phase.
- Plage de puissance.— Le troisième étage se compose également de deux lampes en opposition de phase. Elles ont une dissipation anodique de 80 k\v et peuvent fournir environ 130 k\v liante fréquence.
- Ce groupe do lampes alimente des circuits résonants couplés avec les selfs des colonnes au moyen de transformateurs d’adaptation. La puissance apparente totale des condensateurs de ces circuits résonants est de q, 000 kVA quand la'puissance haute fréquence est de 300 kvv.
- ('.(donnes d’éclaleinen I. —- Les colonnes-selfs constituent les transformateurs de tension liante fréquence ; clh ‘s se trouvent, en résonance pour la fréquence d’ali-menlalion (‘I oscillent en quart d’onde. La connexion d'allaquc peut être déplacée le long des spires inférieures pour ajuster la résonance.
- Très élégantes de proportions, les colonnes sont formées de 35 spires hélicoïdales de 1 ni de diamètre environ, en tube de cuivre de 30 mm de diamètre, maintenues entre quatre colonnes en quartz translucide de 10 cm de diamètre. Au sommet se trouvent les pointes de charbon d’où jaillit la décharge.
- La hauteur totale de ces colonnes-solénoïdes est dr 5 m et leur distance d’axe en axe, de 11 ni. Elles dominent un vaste bassin entouré de fleurs. La tension totale d’éclatement est évaluée à fi millions de volts.
- EFFLORESCENCES AÉRIENNES
- Les décharges aériennes obtenues avec ce dispositif sont, extrêmement élégantes et curieuses, (iliaque pointe émet une étincelle de plus de 4 ni de longueur, très ramifiée et très sinueuse, mobile et changeante, tout en étant fort peu bruyante. Au voisinage des pointes, la décharge a l'aspect d’un arc électrique sinueux, puis elle devient plus grêle en se ramifiant, ('I se perd dans l’espace en étincelles crépitantes. Les deux efllorescenees lumineuses se chevauchent fréquemment, mais il est exceptionnel qu’elles se rejoignent ; elles forment alors, durant quelques instants, un arc unique avec des ramifications plus rares, puis reprennent leur indépendance.
- (ïrâce à la mobilité des pointes, qui sont orientées par des servomoteurs, on peut diriger la décharge vers la nappe d’eau, sur laquelle les grandes fieurs de feu s’amorcent en crépitant.
- Dans l’espace qui entoure les colonnes règne un champ électromagnétique à haute fréquence extrêmement intense qui permet des expériences spectaculaires. Un fil métallique suspendu à l’une des pointes se couvre d'effluves mobiles et fond rapidement, tout en prenant un mouvement de grande amplitude. O11 peut aussi obtenir la rotation d’un moulinet électrostatique, l'illumination à distance de tubes à gaz de grande longueur et l’allumage de lampes sur circuit ouvert ou même à travers le corps des spectateurs.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
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- LA RÉHABILITATION DES ANIMAUX NUISIBLES 337
- Il n’est guère de pays civilisés où l’on ne se plaigne de la disparition ou de la raréiaelion du gibier. Les grands coupables sont désignés à la vindicte publique : renards, blaireaux et autres bêles de proie sont tenus responsables de celle destruction. Mais ils ont désonnais leurs dél'enseurs, eu Angleterre, aux Etats-Unis, en France, où s’ébauchent des campagnes de propagande à leur bénéfice.
- Un journal parisien reprochait récemment aux gardes-chasses « de se donner bien du mal pour détruire les renards et les blaireaux —- et d’être 1res fiers d’y parvenir — alors que les pies et les corneilles les laissent à peu près indifférents, en quoi ils ont grand toit ». Le collaborateur du Jour nous assure que les corvidés sont supérieurement doués pour découvrir les nids et les lanières du gibier de plume et rie poil et détruire œufs et petits. Ils visitent minutieusement les buissons ou se postent sur un arbre élevé, d’où ils épient les allées et venues du gibier, ce qui leur permet de repérer leur proie.
- Le renard doit une bonne partie de sa mauvaise réputation à sa négligence, car il laisse, comme témoignages de ses déprédations, des preuves matérielles, telles que débris de coquilles, plumes, duvet, tandis que les corvidés avalent tout — ce qui leur permet de plaider non coupables !
- Les Américains ont abusé de la distribution de primes pour la destruction des carnassiers, sous le prétexte que le gibier leur devait sa disparition rapide; mais naturalistes et chasseurs ont constitué, depuis peu, des comités d’enquête dans le but de faire cesser ce que l’on appelle pittoresquement, là-bas, des vermin cainpaigns (campagnes contre les animaux nuisibles). El celle initiative est déjà fertile en résultats, puisque douze Liais de l’Union ont abandonné le système des primes.
- L’une des informations les plus convaincantes, relevée par ces comités, concerne la « forêt nationale de Kaïbab », en Arizona. Pour y protéger les cervidés, on avait mis à prix les têtes des loups et des cougouars. Quelques années après la destruction de ces carnassiers, on se prit à regretter leux-extermination : délivrés de leurs ennemis hérédilaii-cs, cerfs et daims s’étaient multipliés dans de telles proportions que la forêt ne pouvait plus les nourrir et qu’ils furent décimés par la faim.
- Le directeur du Sei-vice biologique de l’État de Wyoming, M. O. J. Mui-ie, a poux-suivi des études sur l’alimentation des coyotes, ces petits loups de la Prairie que les fermiers de la région chargent de tous les crimes.. Nous fei-ons quelques emprunts au rapport de ce distingué savant, d’après la publication qu’en donne le Bulletin de la Société zoologique de New-York.
- Le coyote se nourrit surtout de petits rongeurs : souris des champs, mai-motes, lièvres ; il ajoute à ce menu des insectes, principalement des sautex'elles. Il ne constitue pas une menace pour le gi-os gibier : wapitis, daims, mouflons. On ne saui'ait nier qu’il s’attaque au bétail et à la volaille; mais ces méfaits sont largement compensés par les sex-vices qu’il rend à l’agi-icultxire, en détruisant rongeui-s et sauterelles. M. Mui-ie établit scienliJiqiieiqent que la proportion de noui-rilure utile à l’homme, que le coyote absorbe, n’entre que pour 12 pour 100 dans son alimentation.
- M. le Pr W. J. llamillon, de la Cornell University, l’auteur de l’article où nous puisons ces informations, nous assure que, d’après les enquêtes poursuivies par des biologistes dans plusieurs États de l’Union, les renards ne soixt pas les destructeurs de gibier qu’ils passent pour être, aux dii’es des gardes-chasses dont les x-apports s’alimentent d’observations superficielles et trop souvent ei-ronées. Les fruits sau-
- vages (surtout les mûres) tiennent une bonne place dans l’alimentation de ces canidés; ils y ajoutent de petits mammifères (rats, souris et autres rongeins), des insectes, des passereaux qu’ils surprennent au nid. Les biologistes américains estiment que le gibier a utile » (coqs de bnivèie, perdrix, cailles, etc.) ne î-eprésenle qu’une proportion de i5 à 20 poux- 100 dans leur nouxrilure, et que les services qu’ils rendent à l’agiieullure compensent, largement le tort qu’ils font aux chasseurs.
- Les skunks, ces parents américains de nos blaireaux, sont loin de mériter la x'éputation détestable qu’on leur a faite. Jusqu'en ces derniers temps, leur deslj-uetion était encouragée par l’oclioi de primes ; les biologistes,
- après avoir examiné les estomacs ou les excréments de plusieurs milliers de ces animaux, ont démontré qu’ils se nourrissaient presque exclusivement d’insectes cl de petits ronge m-s.
- Ils sont désormais px-otégés par la loi dans plusiexirs Étals, notamment dans celui de New-York, où les propriétaires de boublonnièi'es axaient constaté que les skunks sont particulièrement, friands des larves d’un cexlain charançon qui s’attaque au houblon.
- QUAND LES CARNIVORES PROTÈGENT LE GIBIER
- Les créatures dites nuisibles ne se contentent pas de rendre des services aux cultivateurs; dans bien des cas, elles auraient dx-oit à la î-econnaissance des chasseurs eux-memes, comme on en jugera par les exemples suivants.
- Le premier nous est fourni par le I)1' A. K. Fisher, à qui l’on doit de î-cmai-quables ouvx-ages sur la faune américaine. Dans le Nord de l’État de New-York s’étale un vaste marais que fréquentent les canards sauvages, les râles et autres oiseaxix aquatiques, ainsi que des tortues d’une espèce carnivore.
- Celles-ci avaient coutume de déposer leurs œufs sur une plage, à la grande joie des skunks du voisinage qui les dévoraient par milliers, avec ce résultat que la progéniture des chéloniens se trouvait réduite à de rares survivants. Cette destruction fut arrêtée par un caprice de la mode, quand la fourrure des skunks connut une vogxxe soudaine : en une ou deux saisons, la plupart de ces aiïinîâ'ux tombèrent sous le plomb des chasseurs. Ainsi délivrées de leurs ennemis héréditaires, les tortues se multiplièrent rapidement, et la nourriture qu’elles trouvaient dans l’étang devint insuffisante pour leur nombre.
- La faim les poussa bientôt à s’attaquer aux canetons ; les couvées lurent terriblement décimées ; les canards désertèrent en masse des eaux aussi meurtrières. Mais le jour vint où, sur un nouveau caprice de la mode, la chasse aux skunks cessa d’être rémunératrice ; ceux qui avaient échappé au massacre purent reconstituer leur espèce, au o-rand dam des voraces tortues dont les nids furent dévalisés
- o
- comme jadis. Les canards ont repi'is le chemin de l’étang, reconstituant ainsi l’un des plus beaux centres de chasse de la région.
- Un 'naturaliste anglais, M. Charles Ellon, expose le cas suivant, dans l’un de ses ouvx-ages. La Norvège possède une espèce de grouse (ou coq de bruyère) qui, jadis, se multipliait périodiquement, avant d’être décimée par une épidémie (la coccidiose). Tous les trois ou quatre ans, les chasseurs pouvaient êti-e certains de revenir avec leur carnassière bien remplie.
- Les Norvégiens eurent la malencontreuse idée d’organiser
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- une grande battue contre les aigles, les renards et les martres qu’ils considéraient, non sans de bonnes raisons apparentes, comme les pires ennemis de ces oiseaux. Or, la disparition des bêles de proie se traduisit presque aussitôt par une recrudescence de l’épidémie : en l’espace de quelques années, le précieux gibier que l’on avait voulu protéger par des mesures artificielles fut anéanti.
- Une enquête entreprise par un savant norvégien livi'a la clef du mystère. Normalement, la coccidiose ne sévissait que lorsque les coqs de bruyère, devenus trop nombreux, s’aggloméraient par grandes bandes. Les animaux de proie contrecan-aient le développement de l’épidémie en supprimant les animaux malades, dont la capture était plus facile que celle des sujets sains. Cette sélection naturelle cessant de fonctionner, la maladie avait progressivement contaminé toute l’espèce.
- Mentionnons encore ce fait que l’on a fréquemment observé : les rongeurs de petite taille (marmotes, écureuils de terre, rats, etc.) qui pullulent dans l’Amérique du Nord ne se contentent pas de dévaliser les nids des coqs de bruyère, des perdrix et des cailles pour en dévorer les œufs, mais s’attaquent volontiers aux poussins. En détruisant ces rongeurs, les renards protègent le gibier, indirectement, mais efficacement. A l’appui de cette constatation, nous pouvons citer un dernier exemple : quelques années avant la guerre, les chasseurs d’une province autrichienne procédèrent à l’extermination des renards, qu’ils rendaient responsables de la raréfaction du gibier de poil. S’il est vrai
- que les lièvres se multiplièrent rapidement, il n’est pas moins certain qu’ils furent bientôt décimés par une épidémie — et que l’on dut rétablir l’équilibre naturel en important des pays voisins plusieurs centaines de renards.
- 11 est manifeste que les bêtes de proie jouent un rôle bienfaisant dans l’économie d’un pays et qu’elles sont les victimes de préjugés qu’il conviendrait de dissiper par des campagnes de propagande. En réalité, l’expression d’animaux nuisibles devrait être exclusivement réservée aux rongeurs, qui sont, eux, de véritables « ennemis publics ».
- 11 est à peine besoin de rappeler qu’ils servent de véhicules aux germes de la peste, du typhus et d’autres maladies épidémiques. On ne saurait traduire en chiffres le tort qu’ils font au gibier; mais il est possible d’évaluer l’importance des dévastations que leurs hordes infligent aux récoltes : elles coûtent, de ce chef, un demi-milliard de dollars par an aux Etats-Unis. Et il faut ajouter à ce chiffre les irais qu’entraînent les campagnes organisées pour la destruction des rongeurs. A elle seule, la Californie a dépensé près de 900.000 dollars dans ce but, en 1936.
- En ses conclusions, l’auteur de la plaidoirie que nous venons d’analyser ne demande pas que toutes les bêtes de proie soient épargnées ; il admet qu’éleveurs et bergers n’hésitent pas à tuer les maraudeurs qui viennent harceler leurs troupeaux. Mais il déplore que ces carnassiers soient les victimes de préjugés que l’observation scientifique condamne sans appel.
- Victor Forhin.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1937 (')
- Une éclipse partielle de Lune — invisible à Paris — aura lieu le 18 novembre.
- De nombreuses occultations d’étoiles par la Lune se produiront ce mois-ci. A signaler, le 20, l’intéressante occultation de l’étoile Ç du Taureau.
- Suivre les étoiles variables Algol, [3 Lyre et les maxima de variables à longues périodes de R Corbeau et 1\ Hydre.
- Parmi les étoiles filantes, observer surtout les essaims des Léonides et des Andromédides.
- Uranus sera en opposition avec le Soleil le 4.
- Fig. 1. — Schéma montrant i\négalité de la matinée et de la soirée dans les premiers jours de novembre.
- (Les chiffres sont ceux du 1er novembre). Le Soleil met 2G minutes pour aller du méridien au point blanc, qui indique midi. On voit tout de suite que ces 2G minutes sont en plus dans la matinée et en moins dans l’après-midi.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit).
- V.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en novembre, devient de plus en plus australe et les jours diminuent beaucoup de longueur. Le ier, la déclinaison du Soleil sera de — i4°2o/ ; elle sera de — 2i°38/ le 3o. La durée du jour passera de 9h52m le Ier novembre à 8h33m à la fin du mois (cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon). Il existe, à celte époque de l’année, une grande inégalité entre la matinée et la soirée. En effet le Soleil, le 1e1' novembre, se lève à Gh38m, passe au méridien à nh34mi8s et se couche à iOh3om. De Gy'3Sm à midi, il y a 5h22m tandis que de midi au coucher, il n’y a que 4h3om. La matinée dure donc 5a minutes de plus que la soirée (lig. 1).
- Le tableau suivant donne, de deux en deux jours, le temps moyen à midi vrai ou l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Nov. 1er 1 1 1 ^r co 11118s Nov. 17 11H 35nl38s
- — 3 11 34 •7 — ‘9 11 30 3
- — 5 11 34 18 21 11 30 3i
- — 7 11 34 23 — 23 11 37 3
- — 9 r 1 34 32 — 25 11 37 37
- — 11 11 34 43 — 27 11 38 i5
- — i3 11 34 58 — 29 11 38 50
- i5 11 35 16 — 3o 11 3q
- Observations physiques. — Voir au n° 2994 du ier février 1987 quelques indications pour l’observation quotidienne du Soleil. Voici les éléments nécessaires pour l’orientation des dessins et des photographies du Soleil.
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- Date (o>>) P Bo ho
- Nov. 1 + 24“6G E + 4:33 I78°5i
- — G + 23,73 E + 3,8i ii2,58
- — 11 4- 22,62 E 4- 3,25 46, GG
- — îG -j- 21,3o E 4- 2,67 34o,75
- — 21 + i9>8° e + 2,07 274,84
- — 2G -j- 18, i3 E + 1 >45 208,94
- Lumière zodiacale; lueür anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible, le matin, avant l’aurore en cette
- époque de l’année. La meilleure période pour l’observer sera celle du 2 au i/j novembre, pendant laquelle la Lune ne gênera pas. Le malin, la lumière zodiacale a une forme nettement différente de celle qu’elle présente le soir, elle est bien plus « cfülée ». Nous l’avons souvent vue en
- novembre, à la fin de la nuit passée à l’observation des Léon ides.
- La lueur anti-solaire, bien plus difficile à voir, pourra être recherchée vers minuit, dans le Bélier, du ier au 11 novembre.
- IL Lune. — Voici les dates des phases de la Lune en novem bre :
- N. L. le 3, à 41*16m P. L. le 18, à 8'iiom
- P. Q. le 11, à gl'33in D. Q. le 26, à o1* 4m
- Age de la Lune, le i01' novembre, à oh (T. U.) = 27^,6; le 4 novembre, à oh = oj,8. Si l’on veut avoir l’Age de la Lune, à oh, à une autre date du mois, ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le 1e1' ou le !\.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le G, à q11 = — 2i°4o/ ; le 19, à 1811 =+ 2i°48/.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le G novembre, à ioh. Parallaxe = 54/o//. Distance
- = 4oG 070 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 novembre, à i!l. Parallaxe = Gi/20//. Distance
- = 357 .620 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 9, occultation de 583a B. D. — 170 (7“,4) : immersion à r7115Qin,4•
- Le 10, occultation de 5779 B. D. — i3° (ym,o) : immersion à i9h27m,7.
- Le 12,' occultation de 6790 B. D. — 5° (7m,3) : immersion à iGh5Gm,o.
- Le i4, occultation de % Poissons (4m,g) : immersion à Ohl5m,2.
- Le 20, occultation de Ç Taureau (3m,o) : immersion à 5h3r/m,3 ; émersion à Gh33m,i. L’age de la Lune sera de i7j,o. Notre satellite sera au surlendemain de la pleine Lune, l’immersion sera visible dans l’aube naissante. L’émersion qui se produira au limbe obscur, aura lieu 35 minutes seulement avant le lever du Soleil, donc presque en plein jour.
- Voici les heures de l’immersion pour différentes villes de France : Lyon, 5h42m,5 ; Strasbourg : 5!l4im,o ; Toulouse : 5h43m,2.
- Le 21, occultation de v Gémeaux (4m,i) : émersion à ohiom,3.
- = ::. . - , - 339 =
- Le a3, occultation de 84 B. Cancer (6m,4) : émersion à
- 2h3lm,7.
- Le 24) occultation de co Lion (5m,5) : émersion à 2h57m,2. Ëclipse partielle de Lune. — Le 18 novembre se produira une petite éclipse partielle de Lune, bien peu visible à Paris puisque la Lune entrera dans l’ombre 29 minutes après son coucher. On ne pourra donc observer, de Paris, dans les meilleures circonstances, qu’un léger assombrissement de notre satellite par la pénombre, vers le bord austral. La grandeur de cette éclipse sera de o,i5o le diamètre lunaire étant pris pour unité. Voici, d’après l'Annuaire astronomique Flammarion, les éléments de celte éclipse :
- Commencement du crépuscule astronomique à
- Paris................................. . 5 h 12m
- Entrée de la Lune dans la pénombre . . . 6>i 9“,9
- Commencement du crépuscule civil à Paris . 6ll29'a
- Lever du Soleil à Paris....................7h 5m
- Coucher de la Lune à Paris.................7I1 8m
- Entrée dans l’ombre........................7*i37m,5
- Milieu de l’éclipse............................8hi8m,g
- Sortie de l’ombre..........................gfi om,4
- Sortie de la prénombe......................ioh28m,o
- Celle éclipse sera surtout visible de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud, dans l’Océan Pacifique et au Nord-Est de l’Asie.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 18. Voici, pour Brest, quelques marées importantes :
- Marée c u matin Marée du soir
- Date
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Novembre ‘7 2h32Hl 0,9! i4> >55 m °,96
- — 18 3 17 I ,00 i5 4o 1 ,o3
- — 19 4 4 1 ,o5 16 27 1 ,o5
- — 20 4 5i 1,04 l7 16 1,01
- — 21 5 41 0,98 18 5 0,93
- Heure probable de l’arrivée du mascaret :
- Date Coe fficient Heure d’arrivée probable à :
- de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Nov. 18 — *9 — 19 — 20 1 ,o3 1 ,o5 1 ,°5 !,o4 ig'li 8'» 7 39 20 0 8 23 I9b55m 8 16 20 37 9 0 20Î1 4111 8 25 20 4G 9 9
- III. Planètes. — Le tableau suivant contient les renseignements les plus importants, donnés par l’Annuaire Astronomique Flammarion, pour rechercher et observer les planètes principales du système solaire pendant le mois de novembre 1937 :
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- ASTRE Date : Lever Passage au méridien Coucher Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation VISIBILITÉ
- Nov. à Paris de Paris à Paris droite son apparent et étoile voisine
- 1er Gl>38m 1 1 1134m i8« i6l>3om 141125m x 402.3' 32' 17 "3 Balance
- Soleil . 9 6 5i 11 34 32 16 '7 14 57 — 16 5o 32 21,3 Balance »
- 2 1 7 10 11 36 31 16 3 i5 46 — 19 53 32 26,4 Balance
- Mercure . 9 21 7 3o 8 28 12 I 2 1 3o (6 16 3o 32 15 20 16 36 — J9 7 23 56 0 CO « Balance 1 Scorpion J Inobservable.
- Vénus. .! 9 21 4 5i 5 26 10 10 16 26 i5 i5 40 24 13 36 14 33 — 8 19 i3 37 10,8 xo,6 « Vierge 1 Balance * Le matin.
- 1 Mars . . ! 9 12 28 16 41 20 54 20 2 — 22 20 7,o Capricorne 1 Le soir dès l’arrivée de
- 21 12 5 16 3o 20 57 20 39 —- 20 7 6,8 Capricorne la nuit.
- 1 Jupiter .! 9 12 0 16 i3 20 27 19 36 — 22 5 33,8 h Sagittaire Le soir, dès le crépuscule.
- 21 11 20 i5 35 '9 5o 19 45 — 21 45 32,8 h Sagittaire
- X Saturne .j 9 .4 46 20 36 2 3o 0 0 — 2 47 17,0 2 9 Baleine Premièi'e partie de la
- 21 13 58 >9 47 1 4i 23 58 — 2 54 16,6 2 9 Baleine nuit.
- Uranus 16 i5 3. 22 44 5 5? 2 36 + 14 47 3,6 0 Bélier Toute la nuit.
- Neptune . 16 1 i5 7 39 • 4 2 1 x 28 4 39 2,4 80 Lion Vers la fin de la nuit.
- Mercure est pratiquement inobservable ce mois-ci.
- Pentes est encore visible le matin, elle brille, d’un bel éclat dans les constellations de la Vierge puis de la Balance. Le 17 novembre, Vénus présentera, dans une lunrlle astronomique, l’aspect du dessin n° ir de la ligure. 1 du « Bulletin aslronomique » (n° 2998).
- Voici la phase et la magnitude slellairc de Vénus :
- Date Fraction du disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- Nov. 2 0,923 11", 0 - 3,4
- “ 7 0,932 11,0 - 3,4
- — 12 0,940 10,8 - 3,4
- — 17 0,947 10,6 - 3,4
- — 22 0,954 10,6 - 3,4
- — 27 0,960 10,4 - 3,4
- Mars est encore un peu visible, dès l’arrivée de la nuit. Sa distance à la Terre, qui était de 0,009 unité aslronomique (Terre-Soleil = 1) au moment de l’opposition (27-28 maij sera de 1,896 à la fin de novembre, presque trois fois plus grande. Le diamètre apparent, de ce fait, est bien réduit et ne permet plus, sauf avec de très grands instruments, de voir les détails de la surface.
- Jupiter se couche plus tôt que Mars. Pour l’observer, il convient de le rechercher dès le crépuscule.
- Son diamètre est si grand que son diamètre apparent dépasse encore largement 3a". On peut l’observer avec de petits instruments.
- Voici quelques-uns des phénomènes produits par les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de Jupiter :
- Phénomène du système des satellites de Jupiter :
- Date : Nov. Heure Satel • lite Phéno- mène Date : Nov. Heure Satel- lite Phéno- mène
- 3 17I11 [in I Im. 18 181127m I P. c.
- 3 l7 67 IV Ern. 20 16 19 I 0. f.
- 3 18 4» 11 P. c. 21 16 18 11 P. f.
- 4 16 45 I P. f. 21 16 19 II 0. f.
- 4 l7 58 I 0. f. 21 .8 25 II 0. f.
- 5 18 52 II E. f. 25 18 37 III 0. f.
- 7 17 5 III E. c. 26 *7 38 I Im.
- 10 '9 9 I Im. 27 17 i4 1 P. f.
- 11 l7 37 I 0. c. 27 18 i4 I 0. f.
- r 1 18 44 I P. f. 28 16 12 II P. c.
- 12 r7 6 I E. f. 28 18 10 11 0. c.
- • 4 16 29 III Im.
- Saturne est encore bien visible une grande partie de la nuit. Actuellement, l’anneau se referme : la hauteur de la Terre au-dessus du plan, de l’anneau, qui était, le 12 juillet, de 5°,07 ne sera plus que de 2°,/|3 le 17 novembre. Ensuite elle augmentera et sera de 2°,94 le 4 janvier prochain.
- Voici les éléments de l’anneau le 17 novembre :
- Grand axe extérieur....................... ^2", 13
- Petit axe extérieur...........................— 1 ", 78
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- Panneau.....................................— 20,426
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- Panneau.....................................— 4°,834
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- Ou pourra observer Titan, le plus lumineux des satellites
- Saturne, lors de ses te : élongations maxima dont voici
- Date Elongation Heure
- Nov. 7 Occidentale 4\5
- — Orientale 23,8
- — 23 Occidentale 2,8
- — 3o Orientale 22,2
- lIranas va se trouver eu opposition avec le Soleil le !\ novembre, à i3 h. Il est doue visible toute la nuit. Pour le trouver sur le ciel, utiliser la jubile carte spéciale de son mouvement parue au « bulletin astronomique » du n° 2992, du icr janvier i(j37, paye 30.
- Neptune s'approche de sa quadrature occidentale, on peut le voir, à présent, vers la lin de la nuit. Pour l’identilier sur le ciel, parmi les étoiles, se servir de la petite carte jaune au « Bulletin astronomique » du n° 2994, du icr février 1937, paye i3i.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ier, , à 81', Vénus en conj. avec la Lune, à 5°58' N.
- Le 2, à 1811, Vénus — 0 Vierge (4in,5), à o°io' S.
- Le 3, à i2>*, Mercure — la Lune, à 1054' N.
- Le 9, à 7'q Jupiter — la Lune, à 4023' S.
- Le 9, à i3h, Vénus — m Vierge (5m,2), à o°i 1' S.
- Le 9, à 211', Mars — la Lune, à flore' s.
- Le 14, à i6>>, Saturne — la Lune, à 7°56' s.
- Le 17, ci ii'qUranus — la Lune, à 2°45' s.
- Le 2C, à 15fl, Neptune la Lune, à 6°4i' N.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Nous donnons ici quel-
- ques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris et
- quelques valeurs du Temps sidéral :
- = 341 =3
- Temps sidéral à oh
- Date Passage Heure (T. U.) pour le méridien de Greenwich
- Nov. 7 Supérieur 22l‘26m4os 3I1 3m fls
- — 17 — 00 M 3 42 3z
- — 27 — 21 7 54 4 21 58
- Etoiles variables. — Minima d'éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (ji Pcrsée), variable de am,3 à 3m,5 en aj:ioh/jym : le 7, à 5h54m ; le 10, à ah43m ; le 12, à 23h3am ; le 15, à ao’bu1" ; le 3o, à 4haüm.
- Minima d’éclat de l’étoile (â Lyre, variable de 3m,5 à 4m,i en iajah/i8m : Je 4 novembre, vers i0h48m ; le 17, vers j4h:«4w; h: 3o, vei's i4ha4m.
- Le i3 novembre, maximum d’éclat de R Corbeau, variable de 5m,<.) à j/|m,o en 3a3 jours.
- Le 3o novembre, maximum d’éclat de R Hydre, variable de 3m,5 à ioin,i en 4i5 jours.
- Etoiles filantes. — On observera surtout les deux essaims suivants : i° l’essaim des Léonides, radiant Ç Lion qui donne, du j4 au 18 des météores rapides, avec traînées; a° l’essaim des Andromédides, radiant y Andromède, qui donne, du 17 au a3, des météores lents, à traînées. Ces essaims ont fourni, autrefois, de magnifiques pluies d’étoiles lilanles. Pour les autres essaims actifs en novembre, consulter la liste parue au « Bulletin astronomique » du nü 298C, du 1e1' octobre iy3G.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1e1' novembre, à aih ; ou le j5 novembre, à aoh, est celui-ci:
- Au Zénith : Cassiopée ; Andromède ; Persée.
- Au, Nord, : La Petite Ourse ; Céphée ; La Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; Le Cocher ; Le Taureau ; Orion.
- Au Sud : Pégase; Le Bélier; Le Verseau ; Les Poissons; La Baleine; Le Poisson Austral.
- A l'Ouest : Le Cygne; L’Aigle; La Lyre.
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne.
- Em. Touciikt.
- COMMUNICATIONS A U ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 juillet 1907.
- Petits tubes à émission Rœntgen. — M. Maillet indique qu’il a pu obtenir un rayonnement Rœntgen en soumettant un simple tube de verre de petites dimensions, contenant un gaz à une pression de S baryes, à des oscillations à haute fréquence et haute tension. On peut adjoindre au tube une électrode constituée par un petit bout de lil de nickel relié à la source oscillante (4o kv sous une longueur d’onde de 200 m). Le rayonnement émis est alors assez pénétrant pour être utilisé en radiographie et radiothérapie. Les dimensions très réduites de pareils tubes permettent de les faire pénétrer à l’intérieur du corps humain.
- La tenue des filtres anti=aéroso!s. — MM. Dau-trehande, Ancknot et Dumoulin montrent que les filtres anti-aérosols en papier d’alfa sont et percés » par le vieillissement à la vapeur d’eau mais peuvent recouvrer leurs propriétés protectrices par des colmatages à débit élevé. Étudiant maintenant les conditions exactes du viellissement de ces lil très, les aut eurs établissent que le temps de passage de l’air humide a peu d'influence, sa teneur en eau a un effet prépondérant : au-dessous d’un degré hygrométrique de q5 pour 100 les liltres résistent à peu jn-ès indéfiniment, à q5 pour 100 ils sont percés au bout de quelques minutes. Celte résistance à l’humidité diminue si le débit augmente. Toutes ces mesures ont été faites avec de l’air chargé de bleu de méthylène.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Dissociation de l’eau en H2 et OH, par II. Bering. 1 broch. in-8, 27 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cio, Paris, 1936. Prix : 10 francs.
- L’examen des spectres d’absorption ayant permis de caractériser les bandes d’011, on peut étudier les divers modes de dissociation de l’eau par la chaleur, par décharge électrique, par vapeur do mercure excitée et on rencontre quatre réactions différentes qu’on trouve ici étudiées et discutées.
- Réactions en chaînes (seconde partie), par Marcel Prettre. 1 broch. in-8, 79 p., 10 fig. Actualités scicntiliques et industrielles, llermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 20 francs.
- Après avoir rappelé les caractères des combustions en chaînes, l’auLeur analyse la cinétique de trois cas : 1° hydrogène et protoxyde d’azote, ou deutérium, ou oxyde de carbone ; 2° phosphore, ou soufre, ou leurs dérivés ; 3° hydrocarbures. Partout, il retrouve les mêmes lois qui précisent nos conceptions de l’oxydation, l’inflammation, la combustion et l’explosion.
- La métallurgie et les mines, par Léon Guillet (Collection, La France Vivante). 1 vol. 220 p. 120 fig. «1. de Gigord éditeur, Paris, 1937. Prix hroché : 18 francs. L’industrie métallurgique et minière joue un très grand rôle dans l’économie de la France ; les savants et industriels français ont d’autre part apporté une importante contribution au progrès de la technique. C’est de ce double point de vue que M. Guillet traite ici, à l’usage du grand public, ce vaslo sujet, en des pages pleines de pittoresque et de vie.
- Progrès dans la technique de la métallographie microscopique, par R. Castro. 1 broch. in-8, 58 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Gie, Paris, 1935. Prix : 12 francs.
- Bonne mise au point des techniques actuelles : prélèvement, préparation, polissage et attaque de l’éprouvette ; examen microscopique en lumière naturelle, sous divers éclairages, et en lumière polarisée ; dispositifs microscopiques récents et perfectionnés.
- Gases and Metals. An introduction to the study of gas-metal equilibria, par Colin J. Smjtiiells. 1 vol. in-8, 218 p., 145 fig. Chapman et Hall, London, 1937. Prix : relié toile, 18 sh.
- Membre de la direction des recherches de la General Electric C°, l’auteur a déjà publié à la même librairie deux volumes sur le tungstène et sur les impuretés des métaux qui procèdent des mêmes soucis et des mêmes études que le présent livre : obtenir des .produits purs, définis, constants, pour les multiples usages auxquels on les destine. Notamment, en électricité, les lampes, les valves thermioniques, etc., destinées à fonctionner sous vide nécessitent une connaissance particulière des gaz occlus, adsorbés, diffusés, dissous. Les principes généraux des équilibres entre gaz et métaux sont maintenant connus ; leurs applications aux divers cas sont plus complexes. Le problème est excellemment exposé dans ses fondements et ses détails et forme une introduction nécessaire à l’étude de nombreuses questions industrielles, y compris la catalyse.
- Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges, par D. Bois. Volume IV. Les plantes à boissons, 1 vol. in-8, 601 p., 111 fig. Encyclopédie biologique. Leclievalier, Paris, 1937. Prix : 120 francs ; relié, 132 francs.
- Voici le quatrième volume de ce grand ouvrage du professeur de culture du Muséum dont les trois premiers traitaient des légumes, des fruits, des épices, aromates et condiments. C’est un livre riche de documentation sur l’histoire, la culture, l’utilisation des produits végétaux. On y trouve la description des espèces et, de leurs principales variétés, leur origine, leur exploitation dans les divers pays du globe, les modes de préparation alimentaire, avec de nombreuses références à toutes les publications sur le sujet. Le quatrième volume sur les boissons débute, comme il se doit, par les vignes à vin, puis les pommiers à cidre, les poires à poiré. Viennent ensuite
- les orges et autres céréales, le houblon et la fabrication de la bière perfectionnée par les études sur les diastases et les levures. l!ne foule d’autres boissons exotiques sont passées en revue : le braga, le kwass, le saké, les bières de mil, les vins do palme, la pulque, les vins de canne et de sorgho, les eaux-de-vie, les jus de fruits exotiques et les sirops et jusqu’aux laits végétaux. Les plantes qui donnent des boissons par infusion ou décoction : café, thé, maté, cacao, sont examinées tour à tour et bien d’autres à peine connues en nos pays.
- La faune de la France illustrée, par Rémy Perriek. Fascicule V1J1. Insectes Diptères, par E. Séguy. 1 vol. in-16, 216 p., 844 fig. üolagrave, Paris, 1937. Prix : cartonné, 30 francs.
- En 11 petits volumes pouvant chacun tenir dans la poche, le P1' Rémy Pcrricr avait entrepris de classer en tableaux synoptiques toute la faune de France, l/auteur est mort récemment, mais des collaborateurs finissent l’œuvre puisque voici l’avant-dernier volume. Et bientôt les amateurs de zoologie disposeront d’un inventaire très commode et bien fait des principales espèces qu’ils peuvent observer. M. Séguy, du Muséum national, s’est consacré aux Diptères, insectes à deux ailes qui comprennent les mouches, dont le nombre est si grand que leur reconnaissance est difficile. Spécialiste du groupe, il a su faire œuvre d’initiation, choisissant les groupes les plus intéressants et les plus importants, dégageant leurs caractères essentiels les plus visibles, groupant en tableaux synoptiques leurs affinités et leurs différences pour aboutir à un ouvrage très précieux. De très nombreux dessins, fort clairs et oréeis. allègent le texte et attirent l’attention.
- Les Primates de l’Afrique, par Paul Roue. 1 vol. in-8, 223 p., 67 fig., 13 pi. Larosc, Paris, 1937.
- Le Comité d’études scientifiques et historiques de l’Afrique occidentale française publie ce lié ce qu’elle avait demandé au spécialiste du Muséum. 11 y traite de la systématique, de la biologie et de la distribution géographique de tous les Lémuriens et Simiens du continent africain, apès avoir examiné les collections du Muséum national et du British Muséum, observé les animaux en captivité du Jardin des Plantes et du Zoo de Vincennes et fait un séjour de 4 mois à l’Institut Pasteur de Kindia, au Sénégal et au Soudan. C’est le premier ouvrage on français qui envisage l’ensemble du groupe ; il réunit tous les documents connus et pose de nombreux problèmes complémentaires aux coloniaux observateurs, pour lesquels il sera le guide indispensable.
- Quelques travaux complémentaires relatifs à la propagation de la tuberculose, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 172 p., 9 fig. Imprimerie Sézanne, Lyon, 1937.
- Voici le cinquième fascicule de commentaires et de discussions sur la thèse soutenue il y a quelques années par l’auteur, que la tuberculose n’est pas contagieuse pour l’adulte et qu’elle se propage par hérédité. Ces idées révolutionnaires ont soulevé maintes protestations que l’auteur examine et réfute.
- L’asthme, sa pathogénie et son traitement, par
- Auguste Lumière. 1 broch. in-8, 42 p. Laboratoires Lumière, 45, rue Villon, Lyon, 1937.
- Partant de ses idées sur les colloïdes, l’auteur a considéré l’asthme comme une irritation broncho-pulmonaire due à une hypersensibilité humorale, à des précipitations du plasma sanguin ; on peut empêcher ces crises en stabilisant les humeurs et c’est ce nouveau traitement, ses réussites et aussi ses quelques insuccès, que le grand biologiste lyonnais expose et discute.
- Les méthodes modernes de la pêche sportive en mer, par Lucien Perruche. 1 vol. in-16, 130 p. Yictorion Frères, Paris. Prix : 9 francs.
- Cet excellent ouvrage traite des méthodes modernes de pêche sportive en mer, des engins, des appâts, etc. Il contient une monographie des principaux poissons et un lexique des noms scientifiques et locaux, une étude des côtes françaises et expose l’état actuel de la pêche sportive en mer à l’étranger.
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- == CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE (') =
- LE CLASSEMENT ET LA CONSERVATION DES PHOTOCOPIES (1 2)
- Nous avons appris, dans la précédente « Causerie », à mettre de l’ordre dans nos clichés, ordre sans lequel, pouvons-nous dire, aucun, travail sérieux n est possible.
- ]\lajs __ nous l’avons déjà signalé •—- le cliché est un moyen ; le but, c’est l’épreuve positive. Notre premier soin sera, évidemment, lors de nos débuts en photographie, de tirer vite une épreuve sur papier. Par la suite, nous tirerons de nombreuses épreuves sur papier de nos négatifs, soit par contact, soit par agrandissement. Nous tirerons aussi, sans doute, des positifs sur verre ou sur lilm pour constituer une collection de projections ou encore une collection de vues stéréoscopiques, si nous avons un appareil approprié.
- Enfin, si nous pratiquons un petit format, nous tirerons nécessairement des agrandissements sur papier et, peut-être, des contacts ou des agrandissements sur verre ou sur pelli--eule, en vue de la projection.
- Se représente-t-on, quand on débute, ce que sera cette série de documents au bout de quelques années P D’autant plus que, la plupart du temps, on fera des échanges avec des amis, avec des collègues de sociétés de Photographie, notamment des épreuves prises au cours de sorties communes. On recevra donc des photocopies sur papier et, de temps à autre, des positifs sur verre qu’il faudra bien ranger quelque part.
- Comment s’y reconnaître dans ce tas d’épreuves et de positifs si, dès le début, nous n’avons pris soin d’introduire de l’ordre dans cette collection ? C’est ce que nous allons exposer dans ce qui suit.
- Classement des épreuves sur papier. — La première chose à faire quand on tire des épreuves sur papier et une fois qu’elles sont terminées et séchées, c’est d’indiquer an dos de ces épreuves, au crayon (pas à l’encre, dont les constituants pourraient parfois agir sur l’image) le numéro du cliché dont elles sont issues et la date dudit cliché.
- Un premier moyen — trop simple — de classement consiste à mettre ces épreuves dans une boîte où les rejoindront les épreuves que l’on recevra. Cette boîte deviendra une sorte de « fourre-tout », et quand elle sera pleine, on en remplira une deuxième, etc.
- Si, un beau jour, on est amené à chercher une épreuve dans lesdites boîtes, les photocopies qui s’y trouvent subiront le plus inextricable mélange, et l’on sera vite rebuté de chercher quoi que ce soit dans ce « fouillis ». Décidément, ce classement n’est pas bon, et il faut trouver autre chose.
- Un moyen, très employé autrefois, était celui des albums de photographies : nous pouvons en parler en connaissance de cause pour l’avoir longtemps pratiqué.
- On colle donc les épreuves, dûment calibrées, soit à la colle d’amidon, soit — ce qui est mieux — à sec, en les disposant avec soin sur les feuillets de l’album, aussi bien au point de vue de la présentation qu’au point de vue de l’ordre que l’on s’est proposé. On collera aussi les
- 1. Voir les nos 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2985, 2987, 2989, 2993, 2996, 2999, 3002 et 3006.
- 2. Par « photocopies » on désigne les épreuves positives, qu’elles soient exécutées sur papier, sur verre ou sur film, ainsi que les clichés de projection et les vues stéréoscopiques, etc.
- épreuves que l’on peut recevoir, soit en les intercalant dans celles que l’on a tirées soi-même, soit dans un album spécial. El on aura soin de toujours indiquer, sous chaque image, une légende claire, la date et, naturellement, le numéro du cliché.
- Au début, ce système va bien quand on a peu d’épreuves, mais, avec le temps, les choses se gâtent plus ou moins.
- Tout d’abord, les albums dans lesquels les épreuves sont collées à l’amidon — ou d’ailleurs avec n’importe quelle colle — ont généralement la très déplorable propriété de se (( gondoler » de fâcheuse façon, tous les carions semblent s’entendre à merveille pour se tordre de la même manière et il esL impossible ensuite de les redresser, quelle que soit la pression à laquelle on soumettra l’album.
- Cad inconvénient ne se produit pas avec le collage à sec, les carions restent absolument plans. Avec ce système, on a l’avantage d’utiliser des cartons bien moins épais, donc de pouvoir conserver un bien plus grand nombre d’épreuves sous une même épaisseur.
- Maintenant, deuxième inconvénient des albums, bien plus grave que le précédent : avec le temps, certaines épreuves — évidemment mal virées ou mal lavées •— se détériorent plus ou moins, jaunissent et, sur certaines même, l’image s’efface complètement. Je sais bien que l’amateur sérieux, qui apporte le plus grand soin dans l’exécution de ses épreuves et les lave plutôt trop longtemps, ne craint pas cet inconvénient, mais tout de même, malgré tout, il peut se produire ? Et puis, il y a les épreuves que l’on reçoit, dont certaines tirées parfois au cours de vacances, traitées dans de mauvaises conditions ou encore tirées par des commerçants d’autant plus pressés qu’ils ont affaire à une clientèle de passage... I
- Au bout de quelques années donc, l’album que l’on avait préparé avec tant de soin commence à se détériorer, certaines images jaunissent et « passent » et on voudrait bien pouvoir les faire disparaître...
- Troisième inconvénient : tout classement ultérieur est impossible. Or, après quelques années, on s’apercevra un beau jour que si l’on pouvait modifier ce classement, la clarté de la présentation serait accrue. Ainsi, on voudrait, par exemple, réunir ensemble les portraits d’une même personne ; grouper les vues d’une région où l’on vient de passer des vacances et dans laquelle on avait déjà pris des vues autrefois, etc.
- L’album l'elié s’oppose à tout cela, et il ne faut pas songer à le remanier, par exemple en décollant des épreuves, on réussirait à tout gâter.
- Heureusement, il y a un moyen simple de tout arranger : c’est d’utiliser non des albums à feuillets fixes ou même à feuillets mobiles (car avec le temps on risquerait de ne plus trouver dans le commerce les mêmes modèles), mais des cartonnages spéciaux baptisés de nom assez compliqué de « portfolios d'agrandissement ». Ce sont des cartonnages assez élégants, formant couverture ou reliure, à dos entoilé extensible, munis d’un fermoir simple, et dans lesquels on place des cartons coupés au format convenable. Il est bon de les prendre un peu grands, de manière à fixer plusieurs épreuves par carton et aussi parce que l’on peut y mettre des agrandissements. Les formats 21 x 17 et 24 x 3o sont très pratiques.
- Les cartons seront choisis assez minces (prendre des cartons pour collage à sec), de la sorte un « portfolio » pourra
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- ===== 344 ” =
- en contenir un assez grand nombre, par exemple une quarantaine.
- On ne collera pas les épreuves, mais on les fixera à l’aide de coins gommés spéciaux que l’on trouve dans toutes les bonnes maisons de photographie, bazars, etc.
- On aura meme soin de placer les coins sans les coller aux épreuves qui, ainsi, seront « amovibles ». badin, on 11e iixera les épreuves que d’un seul côté des carions.
- Ce système a le grand avantage de permettre ultérieurement tous les classements possibles ou la suppression d’un earlon dont les épreuves viendraient à se détériorer.
- Établir torde la collection sur même carton, de même teinle, car autrement, lors d’un remaniement du classement, des cartons de teintes différentes risqueraient de sc trouver ensemble.
- Voici les dimensions principales, en centimètres, des « poi l folios à - agrandissement » du commerce (L) :
- Dimensions des plats. . i5x 21 22x28 28x8/1 35x/|5
- Pour épreuves. . . . i3xi8 18x24 2/1x80 3o x 4o
- Nous conseillons de faire couper les carions d’environ 1 centimètre de moins que la dimension des plats : ainsi nous utilisons des portfolios 22 x 28 et les cartons ont
- 21 x 27. Ils sont suffisants pour placer quatre épreuves
- y x 12, ou deux épreuves 18 x 18 ou une seule 18 x 2/j.
- Il est bon de prévoir, au début, une dimension assez grande, même si l’on pratique du petit format, comme nous l’avons dit plus liant.
- lui lixant les épreuves avec des « coins gommés », 011 peut se c-onlenler de cartons minces (qui seraient absolument inutilisables si ou collait à l’amidon, par exemple). O11 fera débiter ces calions dans des feuilles entières, en étudiant avec soin la dimension à leur donner pour avoir le minimum de chutes, lesquelles seront utilisées pour coller des épreuves à sec.
- Par le moyeu des « portfolios- », 011 constituera donc une collection d’épreuves avec le minimum de frais et l’on pourra la montrer aisément dans l’ordre que l’on voudra, en supprimant même., momentanément, tels cartons qui ne présenteraient pas un intérêt suffisant.
- Rappelons, pour nous conformer à une indication donnée dans la précédente « Causerie », que la lettre E devra figurer au Catalogue de clichés pour toute épreuve se trouvant dans la collection des « portfolios ». Ainsi, à première vue, en voyant le Catalogue de clichés, nous saurons que l’épreuve d’1111 tel cliché exisle et nous 11’aurons aucune difficulté pour la trouver immédiatement.
- Classement et conservation des positifs sur verre (projections, stéréoscopies, etc.). — Les
- mêmes considérations qui nous ont guidé pour le classement des négatifs et des épreuves — notamment l’économie de temps pour foule recherche — nous conduisent à un classement méthodique des positifs sur verre.
- E11 dehors de certains positifs pour décoration (tableaux avec boîte à lumière, vitraux et, autrefois, suspensions, etc.), les positifs que l’amateur tire pour son usage sont de deux sortes : i° vues pour projections; 20 stéréoscopies.
- Eu général, ces vues sont tirées sur verre et doublées
- t. K11 principe, nous nous interdirons dans ces causeries de donner cies indications publicitaires. Cependant l’amateur est souvent; bien embarrassé pour se procurer des articles dont il voit la description •—• le ras s’est souvent présenté pour nous-même. Nous signalerons donc ici que les portfolios d’agrandissement do notre collection sont établis par la Société « Artista », lo, rue de l’Échaudé, Paris (6e).
- d’un verre de garde. Si elles sont tirées sur film, il est prudent de monter celui-ci entre deux verres. Tous ces documents positifs sonL donc moins fragiles que les négatifs cl leur conservation dans des boîtes en bois à rainures est souvent pratiquée.
- On utilise aussi des boîtes en bois sans rainures, qui en contiennent davantage.
- Dans les deux cas, les clichés sont maintenus verticalement ou à peu près, et reposent par un de leurs côtés sur le fond de la boîte.
- Mais les boîtes en bois à rainures sont d’un prix assez élevé et occupent une place plutôt grande dans le laboratoire. beaucoup d’a ma leurs préfèrent employer les boîtes en carton ayant servi à l’emballage des plaques : cela conduit, il est vrai, à une manutention un peu plus compliquée, mais la conservation des positifs y est parfaite. On peut placer sept et parfois huit positifs doublés dans les boîtes d’emballage.
- La nécessité d’un classement sérieux se fait sentir ici comme pour les négatifs.
- On pourrait croire que le classement par numéros, tel que nous l’avons pratiqué pour les phototypes, conviendrait ? Ce serait là une erreur grave.
- Supposons, en effet, un amateur peu avisé, ayant ainsi classé plusieurs* centaines de clichés de projection. 11 veut, par exemple, montrer à ses amis des vues de glaciers prises au cours de plusieurs voyages. Pour ne pas ouvrir loules ses boîles et choisir les vues une à une, il lui faudra recourir à son catalogue de négatifs, chercher, par leur titre, loules les vues de glaciers et, grâce à leur numéro, il se reportera au positif. L'organisation d’une séance de projection serait donc précédée d’un travail fastidieux de recherche et de classement.
- Pour les projections — et aussi pour les stéréoscopies — nous préférons un classement particulier en séries.
- Chacun établira ces séries suivant le genre de travaux effectués de préférence : ainsi un amateur qui ne prendra que des paysages pourra établir plusieurs séries désignées par des lettres : A, Paris; R, environs de Paris; G, Alpes; I), Pyrénées, elc..., P, port-rails cl, groupes, etc...
- Un amateur qui, en même temps que des vues touristiques, se livrerait à des travaux artistiques ou scientifiques, pourrait eréir des séries particulières, par exemple : Fleurs, Stables, Astronomie, Physique, Histoire naturelle, etc. Ici, des indications générales, seules, peuvent être données.
- Les boîtes d’une même série porteront des numéros se faisant suite : Ai, A2, A3, elc.
- Enfin, il importe, quand, après une séance, on remet Jes projections en place, de s’assurer qu’il n’en manque pas et qu’elles sont toutes réintégrées dans leur boîte. Cette pré-eau lion pourra paraître superflue aux amateurs qui font leurs projections chez eux ; mais il y en a beaucoup qui projettent ou font projeter leurs clichés dans des séances organisées par des Sociétés. On remet la série des vues à projeter à un opérateur — pas toujours très... ordonné ni habile — qui vous les rend à la fin de la séance. Mais cet opérateur, travaillant dans une demi-obscurité, parfois dans un local étroit, peut se tromper; il arrive ainsi qu’il mélange à vos clichés ceux d’un autre conférencier ou bien encore il rend vos clichés à une autre personne.
- O11 peut supposer qu’il suffit, pour éviter toute erreur, de compter les clichés que l’on emporte et également de compter ceux que le projectionniste vous rend. Mais ce contrôle ne signifie rien, il est insuffisant et presque impossible : insuffisant car l’opérateur a très bien pu vous rendre le nombre exact de vues, en y intercalant des clichés ne vous appartenant pas ; impossible parce que, à la fin d’une
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- séance, entouré par les spectateurs et des amis, dans la cohue de la sortie, et souvent à une heure tardive, on a autre chose à faire que de compter des clichés. On prend le paquet que l’on vous rend et... on l’emporte.
- Comment donc s’assurer, au retour, que tous les clichés sont bien rentrés et reprendront leur place exacte dans les boîtes de classement ?
- On y parvient en numérotant, dans chaque série, les clichés à partir de i. Ces clichés porteront, sur le point blanc qui indique le sens de la vue, l’indication de la série. Ainsi, les premières vues de la série A seront numérotées Ai, Aa, A3,... Et, sur la boîte contenant les vues, on inscrira le numéro du premier et du dernier cliché. On tracera des étiquettes spéciales sur papier quadrillé, et on les collera sur les boîtes. Voici la disposition d’une de ces étiquettes (fig. i).
- Nous voyons immédiatement que cette boîte A3 est la troisième de la collection des vues de Paris et contient des vues de l’Exposition Coloniale de ig3i portant les numéros Ai 6 à A23.
- On conçoit maintenant qu’en divisant de la sorte la collection de positifs — et en créant, s’il y a lieu, de nouvelles séries quand le besoin s’en fait sentir — tout nouveau positif prendra sa place à la suite de telle série qui convient.
- Il y aura forcément une série spéciale : « Vues diverses » qui recevra certains clichés de projection ne trouvant place nulle part.
- La simple lecture des indications extérieures des boîtes permettra de sortir celles contenant les documents utiles pour une séance de projections ; il restera alors à faire un choix parmi les vues contenues dans ces boîtes.
- Si l’on possédait une collection très importante de projections, comprenant plusieurs milliers de vues, le même classement pourrait être suivi. Toutefois l’emploi de boîtes spéciales en bois deviendrait utile, boîtes dans lesquelles on pourrait consulter les clichés à la manière de fiches.
- Si le nombre des séries devenait très grand, il suffirait de les désigner par des lettres répétées AA, AB, AC, etc.
- Le même système de classement pourra être employé pour les stéréoscopies.
- A PARIS 16
- 5 Exposition Colon mie 1931 23
- Fig. 1. — Exemple d'une étiquette à coller sur les boîtes de classement des vues pour projections ou des stéréoscopies. On doit lire cette étiquette ainsi : 3e boîte de la série A, consacrée à des vues de Paris et contenant des positifs de l’Exposition coloniale de 1931 numérotés de A. 16 à A. 23.
- Pour les positifs de petit format, tirés sur film de 35 mm notamment, il serait préférable de grouper les images pour former des ensembles. Il n’est guère pratique, en effet, de tirer en positifs tous les sujets d’une même bande, car trop souvent on s’exposerait à voir projeter, au milieu d’une bande, des sujets n’ayant aucun intérêt ou d’un caractère trop personnel. A chaque rouleau, on pourra joindre une bande de papier contenant les légendes des figures.
- Catalogue spécial pour tirages d’épreuves. —
- Nous n’en dirons qu’un mot pour le moment. Il est fort utile, quand on tire des photocopies (par contact ou par agrandissement), de bien connaître le temps de pose afin de « gâcher » le moins possible de papier ou de plaques. On sera donc amené à constituer un petit catalogue spécial où l’on notera les temps d’exposition ayant donné, sur tel papier sensible ou sur telle plaque positive, une très bonne image. On tiendra compte dans les indications à inscrire de la puissance de la source lumineuse, de la distance de cette source au cliché, de la nature du papier sensible ou de la plaque, du facteur d’agrandissement, du diaphragme utilisé pour cet agrandissement, etc. Moyennant ces indications, on pourra se passer d’appareils spéciaux (densitomètres, photomètres, etc.) pour le tirage des positifs et on arrivera facilement à ne plus jamais « manquer » aucune épreuve.
- Nous reviendrons en détail sur ce sujet quand nous parlerons des tirages positifs.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES COQUES DE CACAO SOURCES DE VITAMINES
- Les recherches physiologiques actuelles ont montré que nombre de troubles de fonctionnement de notre organisme sont des maladies de carence dues à l’absence ou à l’insuffisance de vitamines ; l’étude du béribéri qui sévit chez les indigènes de l’Inde et du Japon a révélé en particulier que cette affection caractérisée par une anémie profonde avec paralysie et insensibilité de la peau, un amaigrissement rapide, des palpitations et une oppression intense, était due à la consommation de riz décortiqué, ce qui explique qu’en faisant consommer du riz entier (paddy), on faisait cesser les troubles et amenait rapidement la guérison.
- Il semble en effet que c’est surtout dans les parties externes des graines que se trouvent localisés les éléments utiles qui ont été désignés sous le nom de vitamines ; c’est pourquoi nous signalerons l’utile emploi que l’on peut faire des coques de cacao spécialement dans l’alimentation des enfants.
- Les coques de cacao contiennent une quantité importante de théo-stérols dont les Drs II. Labbé, de Balzac et Lerat ont fait une étude approfondie.
- Ayant choisi comme sujets d’expériences des rats rachitiques, ils ont mélangé à leur pâtée des coques de cacao et ont constaté que ces animaux guérissaient rapidement leurs os s’enrichissant, ainsi que le montrait la radiographie, en phosphate de chaux.
- L’emploi des coques de cacao dans l’usage courant ne présente aucune difficulté, puisqu’il suffit d’introduire dans une théière chauffée préalablement par de l’eau bouillante, que l’on enlève lorsqu’elle a cédé sa chaleur, une cuillerée à soupe de coques de cacao, qu’on laisse gonfler par la vapeur contenue dans le récipient, pendant quelques minutes ; puis on remplit la théière d’eau bouillante et laisse infuser suivant la pratique habituelle comme s’il s’agissait d’une infusion de thé.
- Il ne reste plus qu’à consommer l’infusion ainsi obtenue après l’avoir sucrée soit avec le sucre ordinaire, soit mieux encore avec la lactose ou sucre de lait que l’on trouve couramment dans le commerce ; une addition de crème complétera utilement la préparation en apportant un peu de matières grasses.
- Comme complément, on peut également préparer un dessert très apprécié des enfants, en faisant bouillir un demi-litre de lait, trois cuillerées à soupe de coques de cacao et un petit morceau de vanille. On passe et se sert du liquide ainsi obtenu pour préparer une boullie épaisse avec la farine d’arrow-root (farine retirée des racines tubéreuses du Maranta arundinacea, plante américaine ou du Maranta indica, plante indienne, famille des Amomées).
- Les deux préparations que nous venons d’indiquer, fort, succulentes, sont très appréciées des petits consommateurs, elles sont économiques et nous ne saurions trop en vulgariser l’emploi.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉCLAIRAGE
- Le Tout de France de la Lumière.
- L’éclairage des monuments par projection nous révèle souvent mieux que la lumière du jour les grandes lignes de leur architecture eL les détails de leur ornementation.
- Les éclairages magnifiques qui concourent puissamment à l.i mise en valeur du Irésor architectural d’un pays, sont restés jusqu’ici le privilège de la capitale ou des grandes villes. Pour en faire bénéficier la province et les petites villes, un fabricant de lampes électriques a eu l’heureuse idée d’organiser des convois automobiles qui de mai à octobre 1937, parcourent la France pour illuminer cathédrales, châteaux, vieilles rues, monuments, sites naturels.
- Gel, original Tour de France de la Lumière a dans son programme 43o illuminations différentes ; pour le préparer on a visité près de 800 villes ou sites.
- Cinq convois ont été équipés. Chacun d’eux do't parcourir une région différente.
- Leur composition a soulevé de nombreux problèmes techniques. Le matériel employé devait être très léger, d’un encombrement limité, et pourtant très robuste; il a donc fallu modifier les appareils utilisés ordinairement. Un projecteur ordinaire de 3 kw_ pèse, en général, avec son pied el sa lampe, environ 80 kgr; ceux qui sont employés sur les camions mobiles, n’en pèsent plus que i3.
- Dans chacun des convois, on trouve une remorque de 5 t portant un groupe électrogène de 45 kw à courant continu de 220 v, et un camion de 7 t 5 portant 10 projecteurs concentrants de 3 kw, 10 projecteurs diffusants de 1 kw 5, 700 m de câbles, un pick-up, des amplificateurs et 4 haut-parleurs.
- Le chef de convoi est un ingénieur éclairagiste et voyage dans une voiture de tourisme ; et les chauffeurs sont en même temps électriciens.
- Un premier convoi a parcouru l’Afrique du Nord, puis il est revenu à Marseille, et a continué sa tournée dans la région du Sud-Ouest.
- Fig. 2. — L'illumination de l’église Saint-Macloud à Rouen.
- Les quatre autres convois ont quitté Paris le 3o avril, et nt partis chacun dans leur région respective, le Nord, le Centre, l’Ouest et le Sud-Est.
- En tenant compte des projecteurs de rechange, les convois emportent un total de plus de i5o projecteurs, et 3 km 1/2 de câblé;' chaque lampe produit une puissance lumineuse de i.5oo.ooo bougies suivant l’axe du faisceau, et si tous les projecteurs étaient concentrés en un point, l’intensité totale serait de 126.000.000 de bougies; les phares les plus puissants actuellement connus donnent de 15.000.000 à 20.00.000 de bougies seulement!
- P. R.
- L’équipement électrique de l’Exposition.
- La puissance électrique totale nécessaire pour alimenter cette vaste cité éphémère qu’est l’Exposition dépasse 53.000 kw ; une grande ville de province comme Bordeaux se contente d’une puissance moindre; l’Exposition Coloniale n’employait que 17.000 kw.
- La dépense totale d’énergie, pendant les G premiers mois de l’Exposition, peut être évaluée à environ 20 millions de kw/h. L’installation a exigé xoo km de canalisations sou-
- Fig. 1. — Les grands monuments des provinces françaises illuminés par les projecteurs du convoi automobile du « Tour de France de la Lumière » Mazda. L’illumination du château de Saint-Germain-en-Laye.
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- lorraines, dont 66 km de haute tension, en câble à 4 conducteurs, et 5o km de câble à 4 conducteurs également de basse tension; ils alimentent 124 postes de transformation spécialement construits, qui reçoivent du courant sous 12.000 v dos sous-stations de Longchamps et Laos. Tous les postes sont reliés à l’une et à l’autre de ce6 sous-stations.
- Parmi les pavillons et attractions de l’Exposition, il en est, d’ailleurs, qui exigent une puissance électrique plus importante les uns que les autres, le Palais de la Découverte exige 5.000 kw, le Parc des attractions 4-5oo kw, la Fontaine du Trocadéro i.5oo kw, le Palais de la Lumière i.ooo kw, les pavillons de l’Allemagne et de l’U. R. S. S. 5oo kw chacun, les fontaines lumineuses sur la Seine /i.ooo kw; il faut enfin 2.000 kiv pour les musées d’Art Moderne et 2.000 kw pour l’illumination de la Tour Eiffel.
- P. H.
- PHYSIQUE
- La surface des verres polis.
- Lorsque l’on fait glisser l’une sur l’autre deux lames de verre rigoureusement planes et parfaitement propres, on peut arriver à les mettre en contact si intime que la réflexion des rayons lumineux sur les surfaces de contact soit pratiquement nulle. Quand ce résultat est atteint, ce qui est plus facile à supposer qu’à réaliser, les deux plaques sont en contact optique et adhèrent très fortement l’une à l’autre.
- Dans certains cas, la force nécessaire pour les séparer, normalement à leur plan de contact peut atteindre plus de 5o kgr par centimètre carré.
- Si Pune des plaques est plane et l’autre légèrement convexe, on réalise alors le phénomène classique des anneaux do Newton. Au point de contact on observe un anneau ou une plage centrale noire, entoürée, si l’on opère en lumière blanche, des anneaux colorés du premier, du deuxième ordre, etc. Théoriquement, il ne devrait y avoir aucune réflexion de la lumière par la surface de la tache noire centrale quand les surfaces de verre sont en contact parfait mais, si ces surfaces sont infiniment peu écartées, de quantités telles que la tache centrale reste toujours noire, la réflexion augmente de plus en plus.
- Au cours d’expériences avec des lames de silice, Lord Rayleigh observa que pour des couples de lames différents, les lames étant amenées au contact optique, la quantité de lumière réfléchie par la surface de contact variait dans de grandes proportions, de 1 à 10 dans certains cas. Il fut conduit à penser que c’était le caractère môme des surfaces qui entrait alors en jeu, et il entreprit des expériences dont les résultats sont particulièrement intéressants.
- Comme il est difficile de modifier la surface des plaques sans altérer en même temps leur planéilé, indispensable pour réaliser le contact optique, Lord Rayleigh opéra sur une seule lame immergée dans un liquide ayant identiquement employée, le liquide s’ajustant de lui-même automatiquement au profil de la surface solide.
- le même indice de réfraction pour la radiation lumineuse
- Le tétrachlorure de carbone a sensiblement le même indice de réfraction que la silice fondue et en lui ajoutant un peu d’éther on réalise une identité si parfaite des deux indices de réfraction pour les radiations vertes du spectre, que le rayon lumineux ne subit aucune déviation en traversant un prisme de silice immergé dans le mélange.
- Dans ces conditions, la lumière réfléchie que l’on observe est due aux propriétés superficielles, à la « peau » de la pièce de silice immergée. Si cette peau a des propriétés identiques à celles de la masse, on ne doit pas avoir de lumière réfléchie. C’est ce que Lord Rayleigh observa avec des lames de
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- silice du commerce préalablement flambées ou traitées par l’acide fluorhydrique. Mais en essayant de pousser le polissage plus loin, par action d’une meule recouverte de drap ou de feutre imbibé d’une poudre abrasive très fine, qui ne détruit pas le poli initial, il observa, ce qui est inattendu, une proportion beaucoup plus forte de lumière réfléchie.
- Ainsi, le polissage provoque une modification de la structure de la surface. On se trouve donc en présence d’un phénomène rappelant étrangement la couche de Beilby qui se forme lors du polissage des surfaces métalliques.
- En essayant de réduii'e au minimum la réflexion de la lumière, par ajustement de l’indice de réfraction du milieu liquide dans lequel on plonge la lame en expérience, on peut arriver à déterminer l’indice de réfraction de la surface, de cette lame. C’est ce que Lord Rayleigh obtint en employant un mélange en volume de 75 pour 100 de tétrachlorure de carbone et 25 pour 100 de benzine ayant un indice de i,5q6 analogue à celui du flint, tandis que la masse de la pièce de silice a un indice de i,46 inférieur à celui du crown.
- On voit donc combien importante est la modification superficielle provoquée par le polissage. En plongeant une partie de la lame dans l’acide fluorhydrique, on peut dissoudre cette pellicule de silice modifiée. En observant le décalage des franges d’interférence qui se produisent lorsque l’on applique une autre lame plane en contact optique avec la lame traitée on peut apprécier l’épaisseur de la couche modifiée. On trouve ainsi qu’elle est de l’ordre du vingtième de la longueur d’onde, c’est-à-dire égale à 3 à 4 fois la distance entre les atomes dans le cristal.
- On constate les mêmes phénomènes avec les verres ordinaires mais les résultats sont plus irréguliers car ils dépendent des conditions du polissage qui peut, soit créer la couche superficielle modifiée, soit au contraire la faire disparaître.
- Lord Rayleigh, en suivant optiquement l’opération de polissage par un drap humide imprégné de rouge, a constaté que la réflexion de la surface de silice passait par un minimum pour un certain degré d’humidité de la pâte polissante et qu’à ce moment la perte de poids par suite de l’abrasion était la plus grande. Il resterait, pour étudier complètement cet intéressant problème, dans le cas d’une substance transparente de composition simple, comme la silice, à déterminer quel est l’arrangement des molécules dans la couche superficielle. C’est un problème analogue à celui que l’on rencontre dans l’étude de la couche de Beilby. IL Vignekon.
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’amalgamation de l’or sous la tension superficielle.
- L’extraction de l’or des gisements naturels est soumise à des conditions qui sont particulières à ce métal. Tout d’abord, s’il existe un assez grand nombre de terrains à la surface du globe dont la teneur en or est en elle-même intéressante, beaucoup plus rares sont ceux qui peuvent être normalement exploités. En effet, il faut qu’une condition essentielle soit remplie : une quantité d’eau considérable à côté de la mine. Même si, par exemple, au milieu du Sahara- ou du désert de Gobi on trouvait des terrains aurifères, leur mise en valeur serait pratiquement impossible par suite de l’absence d’eau indispensable pour le broyage et le lavage du minerai aussi bien que pour le traitement au mercure ou au cyanure.
- D’autre part; l’or est,, parmi tous les métaux, celui qui a le plus de tendance à passer à l’état colloïdal,'ce que l’on appelle l’or fugitif, de sorte qu’au-dessous d’un degré de ténuité qu’il a malheureusement trop tendance à prendre,
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- l’or devient pratiquement impondérable et, malgré sa densité élevée, il échappe aux lois de la gravité s’il se trouve dans le plus léger courant fluide.
- Or dans l’amalgamation, par exemple, il faut que la gravité intervienne pour l’amener au contact du mercure; dans le lavage simple à la battée, encore réalisée par les indigènes dans certains districts de l’Inde, ceux-ci chiquent le betel et le rejettent dans les battées ce qui diminue la tension superficielle de l’eau et aide à la précipitation des particules très fines d’or qui, sans cela, seraient entraînées avec les eaux de lavage.
- Malgré tous les perfectionnements des tables d’amalgamation, si l’or dans le minerai est en notable proportion à l’état colloïdal, le rendement est médiocre et la teneur en or des résidus, des tailings terminaux, encore très appi’é-ciable.
- Cet inconvénient du « floating gold » comme le nomment les Anglais et les Américains devient de plus en plus désastreux au fur et à mesure que les gisements riches s’épuisent et que se développe l’exploitation des gisements pyriteux dans lesquels l’or se trouve inclus sous forme de très petites particules entre les lamelles de clivage du sulfure. Un certain nombre de procédés ont été mis au point pour résoudre la difficulté : chloruration, flottation et surtout cyanuration, mais les frais d’exploitation à la tonne (réactifs, main-d’œuvre, force motrice, broyage plus fin, etc...) s’accroissent parallèlement au rendement et dans beaucoup de mines équilibrent le gain en métal précieux récupéré.
- Un procédé nouveau vient d’être mis au point et est en montage dans certaines mines qui obvie à ces deux inconvénients majeurs : eau abondante et fugitivité du métal. Il consiste à forcer toutes les particules, gangue ou or à entrer en contact étroit avec le mercure, avec ou sans l’intermédiaire de l’eau.
- L’amalgamateur utilisé dans ce procédé est constitué par une cuve hémi-cylindrique de mercure dans laquelle Tourne d’un mouvement lent et continu une surface de révolution immergée au-dessous de son axe dans le mercure et à génératrice de très long développement par rapport à la longueur axiale. Les grains de sable aurifère sont déversés par une trémie à un bout et se précipitent successivement et d’une façon ininterrompue sur les parois du solide mouvant constitué par l’intersection du plan du bain et de la surface de révolution, s’y accrochent et y restent fixés jusqu’à la fin de l’immersion oit l’attraction due à la tension superficielle cesse. Ils se libèrent alors du solide mouvant, s’accumulent dans la zone de sortie et sont éliminés par un seuil déversoir. On peut d’ailleurs mettre en série plusieurs de ces cuves. Pendant l’immersion, le contact est parfait entre le mercure et les grains les plus petits, le contact étant favorisé par le brassage et la pression exercée par le mercure sur les particules.
- On peut ainsi, avec une installation de faible encombrement i,3 x i4 m et 3 axes, de vitesse i5 tours-minute, débiter à sec 6 t à l’heure au tamisage 20 mailles ou 4 t, au tamisage 100 mailles.
- Au fur et à mesure que l’amalgame d’or se forme, il s’accumule dans la partie basse de l’appareil et est recueilli par un échappement goutte à goutte continu pour éviter d’arriver, pour des teneurs de 4o pour 100 d’or, à une solution solide qui obstruerait l’orifice.
- Enfin l’amalgamation peut être également pratiquée à l’eau, ce qui permet de traiter les pulpes. Dans ce cas l’appareil est disposé de façon que le plan mercuriel soit surmonté d’une couche d’eau d’une dizaine de centimètres d’épaisseur laissant l’indépendance des zones d’entrée et de
- sortie. Le débit cependant est moins grand que dans le traitement à sec.
- Actuellement une installation est en montage pour traiter 4oo.ooo t d’anciens tailings d’une teneur moyenne de 3 gr 5 par tonne à la cadence de 200 t par 24 h avec une quantité de mercure en œuvre de l’ordre de 275 1.
- Ce procédé, outre les simplifications qu’il appoi'tera dans les mines existantes en dispensant de la cyanuration et de la flottation, pourra permettre l’exploitation de mines d’or ou d’argent en des x'égions où l’eau manque ou est insuffisante.
- IL VlGNERON.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Production du sélénium et du tellure au Canada.
- Le Canada, particulièrement les provinces de Québec, d’Ontario et du Manitoba, est le plus important producteur de sélénium du monde. Les emplois de ce corps sont variés et certains donnent lieu à une consommation très considérable.
- Le principal est dans l’industrie du verre. Les sels de sélénium donnent, en formant des colloïdes en suspension dans le verre, toute une gamme de couleurs depuis le jaune jusqu’au rouge grenat foncé suivant la composition du verre. Dans ceux fortement alcalins, la coloration est brun-noisette ; dans ceux moins alcalins, la teinte varie du rouge au pourpre. Les verres boro-sodiques renfermant du sélénium sont souvent jaunes et deviennent rouges par recuit. Les solutions de sélénium colloïdal peuvent être préparées aisément et, en lumière transmise, ont une couleur rouge presqu‘exactement. celle du sang artériel. On utilise ces propriétés pour préparer des pigments « rouge cadmium » très utilisés surtout en Allemagne. En effet, la Reichspost a fait peindre en rouge cadmium les boîtes aux lettres, véhicules de levée, camions et autobus, bureaux de poste, etc... Gomme le rouge cadmium est obtenu par précipitation de sels de cadmium par un mélange de sulfures de sélénium et de baryum, le débouché du sélénium à celte seule fin est considérable, puisque l’on évalue à 60 t par an la quantité consommée pour cet emploi en Allemagne seulement.
- Nous rappellerons également les applications du sélénium dans les piles photo-électriques et les redresseurs de courant dans l’industrie électrique. Utilisés primitivement pour les cornants de faible intensité et de bas voltage dans les appareils téléphoniques et radiophoniques, ils atteignent maintenant un domaine plus important et on construit des redresseurs au sélénium fonctionnant sous l\l\o v et débitant jusqu’à 4o A.
- D’autres utilisations, en médecine, en chimie comme catalyseurs, en métallurgie dans la composition de certains alliages montrent que ce métal commence à jouer dans la pratique un rôle de plus en plus important.
- Il en est de même du tellure, nouveau venu sur le marché industriel, et dont la production au Canada s’élevait en 19.H5 à 800 kgr. Gomme le sélénium, il est récupéré au cours des opérations de raffinage des anodes de cuivre de de Noranda à la Canadien Copper Refin ers à Montréal.
- Rien que les recherches pour l’emploi de ce métal soient à peine commencées, deux applications intéressantes sont déjà à signaler.
- Dans l’industrie du caoutchouc le tellure donne une plus grande résistance à l’usure et au déchirement. D’autre part, allié au plomb en petites quantités (0,02 à 0,08 pour 100) il permet à ce métal de mieux résister aux efforts de la gelée, des vibrations, des coups de béliers et à la corrosion.
- IL Vigneron.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUFFAGE
- Un radiateur électrique original.
- Les appareils de chauffage électriques à écrans chauffants, sont très goûtés, parce qu’ils permettent un chauffage doux et progressif.
- lin voici un modèle élégant et original ; il présente la
- particularité d’être transparent, il esL constitué pur un ruban métallique résistant, déposé dans la masse même d’une glace sans lai ji.
- Ce ruhan, parcouru par le courant électrique du secteur, chauffe la gl ace, la porte à une température élevée, et la chaleur ainsi dégagée par convection assure un effet efficace.
- Les échauffemcnts et refroidissemen fs successifs de la glace déterminant des dilatations et des contractions, n’ont pas d’effets nuisibles sur le panneau formé par une plaque de glace « Sécurit ».
- Il est facile, en faisant varier des dessins traces par le ruhan métallique, l’encadrement, et le support en bois,
- métal, ou verre du panneau, d’obtenir toutes les formes de décoration, en rapport avec les ameublements modernes.
- La puissance obtenue est relativement considérable, et
- de l’ordre de 1.000 w ; la largeur varie de o m 4a à o m 90, et la hauteur du panneau est de o m 87.
- Constructeur : Éts Paz et Sylva, 8, rue Cognac-Jay, Paris (7e).
- Un appareil de dépoussiérage pour radiateur.
- Le chauffage central par radiateur a deux inconvénients graves : il assèche Pair de l’appartement; d’autre part, la colonne montante d’air chaud, au-dessus des radiateurs, entraîne des poussières et noircit les murs et les plafonds avoisinants.
- Il faut donc humidifier l’air de la pièce, et éviter celle formation de la colonne d’air chaud.
- On emploie, à cet effet, des tablettes recouvrant le radiateur et des récipients contenant de l’eau placés contre les tubes ; nous avons déjà décrit différents modèles d’appareils de ce genre.
- Voici un appareil très simple et ti'ès pratique, que l’on peut disposer aisément sur tout radiateur, et qui constitue un couvre-radiateur à double effet.
- Comme le montre la figure 2, le dispositif en tôle, recouvert d’une peinture isothermique, se pose sur le radiateur sans être fixé au mur où à la cloison. De forme élégante, il contient à la partie supérieure un tiroir métallique mobile
- rempli d’eau, parfumée ou non.
- L’air chaud, chargé de poussières, est aspiré dans la cheminée de tirage ; il tourbillonne sur l’eau du tiroir, s’humidifie, et dépose ses poussières, puis il est renvoyé vers le centre de la pièce.
- Le flasque antérieur descend assez bas pour assurer un l i r a g e rationnel ; une chicane oblige l’air à tourbillonner dans l’eau, cl un rebord antérieur éloigne des murs l’air épuré.
- Constructeur : Éts Morel, 9, rue Chaptal, Paris (9e).
- MEUBLES DE BUREAU
- Classeur à bandes colorées.
- De grands progrès ont été réalisés en ces dernières années en ce qui concerne le classement méthodique des fiches de bibliothèque : formai normalisé, casiers à tringles, fiches articulées, perforées, encochées, réperloires à volets, etc.
- Récemment, la Maison de la Chimie, désirant réaliser un catalogue de bibliothèque rapide à consulter, de manipulation aisée, de mise à jour facile, fournissant une sélection apparente et automatique, fixa son choix sur des volets métalliques montés sur pivots et pouvant se feuilleter comme les pages d’un livre, dans les rainures verticales desquels coulissent des fiches amovibles et cependant assez bien fixées pour ne pas se détacher quand on les consulte. Les dimensions des fiches obligèrent les constructeurs, MM. Borgeaud et Cie, à étudier deux pièces mobiles, au haut et au bas de chaque cadre, pour introduire à volonté les fiches par le haut ou par le bas et une palette pour déplacer le contenu de chaque volet. En outre, et c’est là une nouveauté qui s’est révélée fort commode, le fond de chaque volet a été peint de bandes verticales de couleurs différentes dont chacune correspond par convention à une rubrique du classement. Chaque fiche peut être encochée sur son bord et laisser toujours apparaître la couleur de la ou des catégories de référence ; on peut encore découper les encoches de formes variées : ovale, ronde, carrée, triangulaire, etc., pour réaliser un second classement accessoire.
- Ce nouveau système, dénommé « Colorideal » réalise un perfectionnement des procédés habituellement employés dans l’établissement d’un catalogue de bibliothèque et permet une consultation plus aisée, une recherche plus rapide, une sélection apparente des ouvrages traitant d’une même matière. Si on a la précaution de protéger les fiches contre la salissure des doigts et de la poussière, à l’aide d’un vernis, on assure au répertoire une durée quasi illimitée, puisque les fiches sont soustraites aux nombreuses manipulations qu’entraîne obligatoirement la consultation des catalogues
- Rebord 'antérf
- Tiroir à eau
- Flasque antér. a redon
- Radiateur
- Flasque postér. galbé
- Trajet des
- fs d'air
- chauffé
- Fig. 2. — Appareil dépoussiéreur,
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- Un séparateur à ailettes, complément judicieux de ce cuiseur, à l’intérieur duquel on le place, le partage en quatre compartiments, et permet la cuisson de quatre légumes
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- Fig. 3. — Un fichier de la bibliothèque de la Maison de la Chimie.
- sur fiches ou feuillets mobiles. Son emploi se généralisera certainement dans les grandes bibliothèques publiques.
- Constructeurs, Borgeaud et Cie, 122, rue de Bagneux, Montrouge (Seine).
- OBJETS UTILES Cuiseur « Tub ».
- Il n’est pas de ménagère qui, absorbée par les soins de son ménage, n’ait laissé un beau jour brûler ses légumes ou transformer en colle ses pâtes ou son riz.
- Le cuiseur ce Tub a, présenté au Salon des Arts Ménagers, lui évitera le retour de pareils désagréments.
- Il n’est autre qu’une passoire, avec anse, présentant en son centre un tube éjecteur analogue au champignon d’une lessiveuse, et muni de quatre petits pieds qui le maintiennent légèrement au-dessus du fond de la casserole, de la marmite ou du fait-tout.
- Ce récipient étant rempli aux 2/3 de sa contenance, on y introduit le cuiseur, dans lequel on a versé les aliments à préparer, on pose le récipient sur le feu, et l’on n’a plus qu’à vaquer à ses occupations sans crainte de voir le liquide déborder.
- L’eau bouillante, éjectée par le tube central, brasse continuellement les aliments, active ainsi leur cuisson, et les empêche de se coller, ou d’attacher au fond.
- La cuisson terminée, le cuiseur, qui est en même temps une passoire, permettra de les égoutter, et au besoin de les presser.
- Fig. 4. — Cuiseur « Tub » avec séparateur.
- Fig. 5. — Marmite pour cuisson à la vapeur.
- différents utilisés, par exemple, pour la cuisson des juliennes et des quatre légumes qui accompagnent le filet de bœuf rôti.
- Ce séparateur à ailettes, placé au fond de la marmite ou du fait-tout, supporte le cuiseur, et permet de le maintenir au-dessus du niveau du liquide, facilitant ainsi la cuisson à la vapeur, si appréciée pour quelques légumes.
- Vente en gros : Produits industriels, iox, rue de Cha-ronne, Paris, ne.
- OBJETS UTILES Agrippeur « Kipp ».
- L’agrippeur « Kipp », à serrage et desserrage automatiques, nouveauté du Salon des Arts Ménagers, permet l’accrochage et le décrochage instantanés de tous objets à suspendre : serviettes, peignoirs, vêtements, filets ou sacs à provision, etc.
- Il peut, également, pour l’ensachage de grains ou de pommes de terre, maintenir debout les sacs de toile.
- Il se compose d’une base de forme circulaire, percée de deux trous qui permettent de fixer l’appareil, sur un mur ou une cloison, à l’aide de deux clous ou de deux vis. Une rampe inclinée, qui fait corps avec cette base, est percée en son pied d’une ouverture rectangulai re dans laquelle glisse très facilement, de bas en haut et de haut en bas, une seconde pièce, ou valet, portant à sa base un ergot qui limite son mouvement en hauteur et Fig. 6. — L’agrippeur « Kipp ». l’empêche de sor- L Valet bas ; 2, Valet haut,
- tir de la coulisse.
- Ce valet, recourbé en avant, porte à la base de cette courbure trois dents d’une largeur égale à la sienne, et qui reposent sur la rampe inclinée lorsqu’il est en position basse.
- 11 suffit, pour accrocher un objet quelconque, de soulever le valet, d’introduire l’objet entre la rampe et ce valet, et de laisser retomber celui-ci, qui le retient automatiquement. Un le décroche, non moins aisément, en le soulevant dans sa partie supérieure, ce qui soulève en même temps le valet et libère cet objet.
- Vente en gros : Produits industriels, xoi, rue de Cha-ronne, Paris, ii°.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Transformateurs pour antennes anti-parasites à ondes courtes.
- Un dispositif de descente d’antenne anti-parasites blindée ordinaire permet difficilement la réception des émissions sur ondes courtes au-dessous de 100 m de longueur, lorsque cette descente atteint une certaine longueur.
- Pour obtenir un bon rendement sur plusieurs points de la gamme de fréquences, on adopte des transformateurs d’entrée de poste comportant un certain nombre de prises et permettant une meilleure adaptation, suivant les différents modèles de postes récepteurs.
- Vous pouvez consulter, à ce sujet, l’ouvrage La T. S. F. sans parasites, par L, llémardinquer (Dunod éditeur).
- Comme constructeurs de transformateurs de ce genre, nous pouvons vous signaler les spécialistes suivants :
- Établissements Pival, 28, rue Arthur Rozier, Paris (19e).
- Établissements Ducretet, 89, boulevard llaussmann,
- Paris (8e).
- Réponse à M. B., à Amiens (Somme).
- Lutte contre te bruit.
- 1° Des arrêtés du Préfet de Police réglementent désormais à Paris, d’une manière très précise, la production des bruits dans les rues et même, dans certains cas, dans les habitations. C’est ainsi que les conducteurs d’automobiles doivent éviter l’emploi des avertisseurs sonores et se contenter de signaux lumineux effectués au moyen de leurs phares « code ». Les possesseurs d’appareils do T. S. F. bruyants doivent éviter d’ouvrir leurs fenêtres, et même d’utiliser leurs appareils à toute puissance après 22 h, etc...
- 2° Les appareils permettant de mesurer en décibels ou en népers, d’une manière évidemment approximative, l’intensité des sons ou des bruits sont généralement des sonomètres électro-acoustiques.
- Ces appareils comportent un microphone étalonné, un amplificateur à fréquence musicale et un système de filtres d’analyse avec un dispositif afl’aiblisseur étalonné.
- Les courants musicaux finalement transmis sont redressés, et agissent sur un appareil de mesure gradué directement en décibels, de sorte que leur manœuvre est facile.
- Vous pouvez trouver quelques indications simples sur ces appareils dans l’ouvrage Précis d’Acoustique, Eyrolles éditeur.
- Vous pouvez trouver des appareils industriels de ce genre plus ou moins complexes ; nous vous signalons, par exemple, les constructeurs suivants :
- Société Siemens. France, 17, rue de Surène, Paris.
- Établissements Gautrat, 24, rue de Vintimille, Paris (9e).
- Établissements L. M. T.., 46, quai de Boulogne, à Boulogne-Billancourt.
- 3° Le seul moyen d’obtenir une ventilation satisfaisante de votre appartement tout en laissant les fenêtres fermées, consiste à adopter un dispositif de conditionnement d’air simplifié. Des articles sur la question ont été publiés dans la revue.
- Réponse à M. G. F. D., à Paris.
- Entretien d’un radiateur d’automobile.
- La présence de la rouille est normale dans l’eau d’un radiateur d automobile. Le meilleur procédé pour en éviter les inconvénients consiste dans un nettoyage périodique complet. On vidange, et on remplit plusieurs fois de suite le radiateur, jusqu à ce que l’eau de vidange soit incolore.
- L'opération est plus lapide en vidant le radiateur et en le nettoyant ensuite au moyeu d’un courant d’eau, à l’aide d’un « jet » d’arrosage placé dans l’ouverture de remplissage.
- Le dépôt intérieur de sels sous la forme d’une croûte dure sur les parois d’un radiateur est beaucoup plus à craindre, li diminue la section des tubes et, par conséquent, la capacité, gêne les échanges de chaleur, puisqu’il est mauvais conducteur de la chaleur.
- Pour empêcher sa formation, on mêle à l’eau des produits tarrifuges : carbonate de soude, potasse, glycérine qui le ramollissent, et permettent l’élimination par lavage.
- Pour une couche épaisse, on lave le radiateur avec une solution de cristaux de soude à raison de 1 kgr environ pour 10 1 d’eau, et on rince ensuite. L’opération est effectuée à chaud, en faisant, par exemple, tourner le moteur au ralenti pendant une dizaine de minutes.
- Réponse à M. Pova, à Nice.
- Dépannage d’un récepteur de T. S. F.
- Vous n’indiquez pas la marque et le type de votre récepteur. D’après vos explications, le courant du secteur doit parvenir aux lampes de votre poste, mais les causes de « pannes » empêchant le fonctionnement de votre haut-parleur peuvent être multiples.
- On peut songer, avant tout, à une détérioration du haut-parleur lui-même, de la dernière lampe de sortie, ou de la lampe détectrice. 11 est bien difficile de vous donner unè indication a priori sans même être renseigné exactement sur les symptômes de la panne.
- Vous pouvez consulter à ce sujet, par exemple, l’ouvrage Entretien, mise au point, dépannages des appareils radioélectriques, par P. llémardinquer et H. Piraux. Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Réponse à M. Rivoire, à Vaison (Vaucluse).
- Signaux horaires par T. S. F.
- Les principaux signaux horaires de la journée que l’on peut capter facilement sont les suivants :
- 10 h 30. Stations anglaises. Signal horaire de Greenwich.
- 11 h 55. Signaux horaires internationaux par les stations allemandes.
- 13 h. Signaux horaires de Greenwich par les stations anglaises. 16 h. 45. Idem.
- 18 h 20. Signaux scientifiques de Rome.
- 19 h 10. Signal horaire de la Tour Eiffel.
- 21 h. Signaux anglais de Greenwich.
- 22 h 50. Signal Morse de Hambourg.
- 23 h 30. Signaux anglais de Greenwich.
- Pour avoir des indications détaillées sur les signaux horaires, vous pouvez vous adresser, par exemple, à Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg, à Paris.
- Vous trouverez des ouvrages sur l’horlogerie à la librairie Dunod, 92, rue Bonaparte, à Paris (6e), et dans la collection des Manuels Roret, chez Malfère, 12, rue Ilautefeuille, Paris.
- Réponse à M. Gauthier, à Caen (Calvados).
- De tout un peu.
- M. Lévy, à Strasbourg. — Nous avons publié plusieurs articles dans la revue sur les applications de l’optique électronique, et, en particulier, sur les avantages possibles de l’emploi des microscopes électroniques. Vous pouvez trouver
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- des indications sur cette question dans l’ouvrage L’oscillographe cathodique et ses applications, par P. Hémardinquer (Dunod éditeur).
- Les microscopes électroniques ne sont, d’ailleurs plus, à l’heure actuelle, des instruments de laboratoires, et plusieurs constructeurs européens établissent industriellement des modèles de fonctionnement régulier.
- Vous pouvez vous adresser, pour avoir des renseignements sur la question, à la Société belge d’optique et d’instruments de précision, à Gand Saint-Pierre (Belgique).
- M. F. B., à Paris. — Nous ne comprenons pas bien comment les bruits parasites que vous entendez dans votre récepteur de T. S. F. pourraient être dus aux vibrations de la colonne d’eau dans les tuyaux de votre appartement. Il s’agit, en effet, d’un côté d’un phénomène électrique, et, de l’autre, d’un phénomène mécanique.
- Il est possible pourtant de supposer, a priori, l’existence d’un contact défectueux, soit dans l’appareil de réception lui-môme, soit dans le fil qui le relie à la terre. Des vibrations mécaniques parasites pourraient alors déterminer des variations de contact électrique, et, par conséquent, des variations de résistance, se traduisant par des bruits violents dans le haut-parleur. Pour déceler, s’il y a lieu, ces défauts de contact, vous pouvez- utiliser les méthodes classiques, avec emploi d’une « sonnette » de vérification très simple, vous pouvez consulter, à ce sujet, par exemple, La T. S. F. sans parasites (Dunod éditeur).
- Vous n’indiquez pas si vous avez choisi comme prise de terre la tuyauterie de circulation d’eau dans laquelle se produisent les variations mécaniques constatées! Il serait intéressant, en tout cas, de vérifier si les bruits parasites sont encore entendus quand on choisit une autre prise de terre, ou si l’on se contente d’utiliser une antenne sans aucune prise de terre.
- M. le Dr Bonnel, à Saint-Gervais. — Nous pensons que vous pourrez faire disparaître ou tout au moins atténuer fortement le goût de bouchon pris par votre eau-de-vie, en versant dans la bouteille une cuillerée à bouche de bonne huile d’olives.
- Secouer vivement pour mettre en contact toutes les parties du liquide et répéter l’agitation plusieurs jours de suite.
- Finalement laisser reposer et enlever par décantation l’huile qui aura absorbé les produits malodorants.
- M. Manger, à Gournay-en-Bray. — A notre avis, le procédé que nous avons indiqué pour la désrdorisation du pétrole ne vous donnerait que des résultats pitoyables, le mieux est de faire un traitement à l’huile d’olives comme nous l'indiquons dans la réponse qui précède.
- M. Hosteins, à Anglade (Gironde). — Le fréon utilisé dans l’industrie pour la pi*oduction du froid est le dichlorofluorométhane connu aussi sous le nom de F12 ; voici quelles sont ses caractéristiques :
- Symbole................................... CF2C12
- Poids moléculaire. ....................... 120 92
- Température d’ébullition à 700 mm. . _ 29^8 C
- — de solidification............ ..... 154°8 C
- — critique .................... ..... 11105 c
- Pression critique......................... 40,9 kgr/cm2
- Lhaleur de vaporisation à — 10° C. . . 38,09 kcal/kgr
- — spécifique du liquide à 0°. . . 0,223
- Volume spécifique de la vapeur saturée
- .................... 0,0781 m3/kgr
- Poms spécifique du liquide à 0°. . . 1 395 kgr/1
- Pression de vapeur à — 20° C . . . ‘1,54 kgr/cm2
- ~ ~ — 10° C . . . 2 24 —
- - - 0° c. . . 345 _
- — + 10° C . . . 4^2 __
- — — + 20° C . . . g’78 _
- — + 30° C . . . 7,50 —
- — + 40° C . . . 9,78 —
- Le Gérant : G. Masson.
- Production théorique spécifique à —10° + 15° : 410 kcal/m3 (au régleur).
- Ces renseignements nous ont été très aimablement fournis par l’Association française du Froid, 36, rue de Naples, (à Paris (8e).
- Mme Aubac, à Sallanches (Haute-Savoie). — La première condition à réaliser pour qu’un ciment fasse prise dans les fissures de voire évier, est qu’il soit appliqué sur des parties parfaitement sèches. Si le robinet continue à couler, l’insuccès est certain.
- D’après les indications que vous nous donnez, la fuite du robinet doit être due à ce que le boisseau sur lequel s'appuie la pastille de caoutchouc est détérioré et déchire celle-ci, rendant impossible une fermeture hermétique. 11 11’y a qu’une solution : changer le robinet.
- Ce changement étant fait, boucher les fissures avec le mastic de fontainier composé de :
- Brique pilée.................... 300 gr
- Litharge pulvérisée............. 100 —
- Céruse en poudre................ 100 —
- Huile de lin . . . . . . . . 500 —
- Laisser bien durcir avant de faire intervenir l’eau, condition essentielle.
- M. Molinot, à Antibes. — Pour enlever les taches d'encre sur vos tables d’écoliers, passer avec une petite éponge un peu de la solution suivante :
- Extrait de Javel............... 200 cm3
- Eau ordinaire.................. 750 —
- Vinaigre fort.................. 250 —
- Lorsque les taches auront disparu, rincer à l’eau tiède.
- M. Vuillame, à Arbois (Jura). — 1° Le môme mélange :
- Huile de vaseline.............. 150 cm3
- Pétrole lampant................ 850 —
- qui vous a donné toute satisfaction peut être utilisé avec le môme succès ^pour votre nouvelle voiture.
- 2°° Les huiles compound destinées au super-huilage, c’est-à-dire au graissage des parties hautes des cylindres, par addition dans la proportion de 1 1 par 400 1 d’essence, sont constituées par un mélange d’huile minérale ne contenant que des hydrocarbures saturés et d’une huile végétale, probablement huile de ricin.
- Il en résulte un appoint de graissage dans toutes les parties de la chambre de combustion, particulièrement près des soupapes, ce oui assure leur bon fonctionnement, en même temps qu’il empêche l’usure des segments supérieurs et leur ovalisation.
- Gcs produits ne contiennent en réalité que des huiles convenablement choisies.
- N. -B. — L’huile de vaseline dé conviendrait pas dans ce cas, car elle manque d’onctuosité, elle résiste bien à l’oxydation, c’est-à-dire à la formation d’asphalte et de goudrons, mais elle adhère moins bien aux surfaces en friction.
- M. Cruchon, à Rochefort. — 1° Dans la plupart des cas, vous pourrez remplacer au laboratoire les capsules en platine, par de petites capsules plates en porcelaine d’environ 5 cm de diamètre, qui se comportent très bien, en ayant soin de chauffer au moufle ; seules les solutions alcalines, carbonates de soude et de potasse dans l’attaque des silicates, nécessiteront obligatoirement le platine.
- 2° Les plaques de bois bahélisé conviennent parfaitement pour garnir le dessus des tables de laboratoire, vous trouverez cet article, soit au « Bois bakélisé », 1, rue Mondétour, à Paris, soit à la Société « La Bakélite ». 14, rue Roquépine.
- 3° La proportion de couleur au stéarate nécessaire pour colorer une huile ou une essence dépend naturellement de l’intensité de coloration que l’on veut réaliser, quelques décigrammes par litre donnent déjà une coloration marquée.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1 10-37. — Published in France.
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- LA NATURE °**"1,37
- ..... — L’ABBE HENRI COLIN =
- PROFESSEUR DE PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE A L’INSTITUT CATHOLIQUE
- DE PARIS
- Le laboratoire de l’Institut catholique de Paris, où l’abbé Henri Colin poursuit depuis plus d’un quart de siècle ses remarquables recherches de physiologie végétale, donne sur une vaste cour qu’ombragent de beaux arbres. Après avoir traversé celle-ci et monté les deux étages d’un bâtiment à l’extérieur quelque peu vétuste, on pénètre dans des pièces aux murs garnis d’armoires vitrées où voisinent, en un fraternel et pittoresque pêle-mêle, des livres, des flacons, des bocaux de collection et divers appareils de chimie.
- Sur les tables d’expériences, des microscopes ou des balances, des plantes diverses étiquetées et tout un matériel propre à des analyses variées sont là pour attester que, malgré la modestie de leurs moyens d’investigation scientifique, le « patron » et ses élèves ne chôment pas.
- Aussi l’Académie des Sciences de Paris en appelant dans son sein, le 21 juin 1937, l’éminent botaniste Colin a voulu rendre un juste hommage à ses travaux, qu’elle avait déjà, du resté, récompensés plusieurs fois (Prix Montagne en 191a, Prix Long-champl en 1922 et Prix Vaillant en 1934).
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- Né à Bains-les-Bains (Vosges) en 1880, Henri Colin commença ses études secondaires et théologiques aux séminaires du diocèse de Saint-Dié, puis il s’adonna entièrement aux sciences. Après plusieurs années de préparation aux Instituts catholiques de Lille et de Paris, il entra au laboratoire de Gaston Bonnier à la Sorbonne où il prépara sa thèse de doctorat sur les diastases hydroUsantes, qu’il soutint en 1911. Nommé ensuite maître de conférences à l’Institut catholique de Paris, il y devint, en 1921, professeur de phy-
- siologie végétale et il occupe, depuis lors, cette chaire avec distinction. Tel est, rapidement résumé, l’honorable curriculum viiw, du nouvel académicien. Lais-son s-le maintenant nous exposer lui-même son œuvre scien tifique.
- « Mes travaux, nous déclara-t-il au début de notre entretien, se rapportent surtout à la physiologie des plantes, spécialement à la nature, à la genèse et aux transformations des glucides qu’elles élaborent. En particulier, la betterave m’intéressa de bonne heure. Les théories de la saccha-rogénèse, les relations entre la structure et le chimisme, le balancement; entre les cendres et le sucre, l'importance relative de la potasse et de la chaux, la technologie sucrière, l’étonnante variété des types spontanés et des sortes culturales, l’amélioration des races industrielles : toutes ces questions furent, de ma part, l’objet, de recherches ininterrompues.
- Au début du siècle, on considérait la formation du sucre dans la racine de betterave de la façon suivante. Le saccharose s’élabore d’emblée dans le parenchyme assimilateur de la feuille et des nervures puis s’achemine vers le pétiole, qui le transmet tel quel à la souche. Mais, en réalité, les choses se passent très différemment dans la nature. Au fur et à mesure qu’il chemine, le saccharose ne cesse de s’hydrolyser et du sucre réducteur avëc prédominance de glucose parvient principalement au seuil de la racine. Pour démontrer le fait je n’ai eu qu’à suivre, de proche en proche, les étapes de cette migration.
- Les relations entre la richesse saccharine et les autres caractères de la racine, dominent effectivement la question de la betterave industrielle. Rien ne me préoccupa donc davantage car, de quelque'façon qu’on s’y prenne, 011 11’alliera jamais le gigantisme à la
- L’abbé Henri Colin.
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- richesse, le sucre aux cendres et à l’azote. Or, devant les progrès incessants de la canne à sucre, la betterave lutte péniblement et doit, pour se maintenir en Europe, demander à des tarifs douaniers une protection suffisante, d’où la création de l’Institut international de recherches betteravières auquel, dès la première heure, j’ai prêté mon concours le plus actif.
- Mais on peut se demander si nos variétés sucrières, qui ont derrière elles un long passé de sélection, sont susceptibles d’être encore améliorées P Or les agronomes jugent la chose possible, mais pour légitimer de telles espérances, les savants pensent qu’il faut adopter de nouvelles formules. L’une de ces dernières, que j’ai préconisée et qui a fait ses preuves, consiste à réagir contre l’obtention intensive de bouquets foliaires énormes. Ces résultats expérimentaux et divers autres de moindre importance m’ont conduit à plusieurs perfectionnements adoptés aujourd’hui dans l’industrie sucrière. Aussi, consacrant mes modestes efforts, l'Association des chimistes de sucrerie et de distillerie me nomma membre de son conseil en 1921 et l'Institut belge de la betterave me fit le même honneur en 1982.
- Entre temps, du reste, j’avais effectué de nombreuses recherches sur les Composées à inuline, recherches que j’ai étendues aux Monocotylédones renfermant des glucides à base de fructoses analogues. A mesure que j avançais dans cette voie, la « matière lévogyre fondamentale » des anciens botanistes se résolvait en substances parfaitement distinctes et j’ai pu, de la sorte, ajouter plusieurs corps nouveaux à la liste des fructo-sanes préparées jusqu’alors. J’ai montré, d’autre part, que, quelle que soit, chez les plantes supérieures, la diversité des réserves glucidiques, tous ces principes s’édifient aux dépens des mêmes substances (saccharose, glucose, fructose), qui coexistent partout dans les feuilles sans que j’aie constaté une seule exception. L’assimilation chlorophyllienne semble donc se traduire par l’élaboration de ces sucres.
- Toutefois, si on examine les plus rudimentaires des plantes vertes, les Algues, la composition du milieu glucidique déconcerte quelque peu. Sauf pour certaines Chlorophycées, le saccharose n’existe pas et le sucre réducteur libre ne s’y rencontre qu’à l’état de traces indosables. Chez les Algues brunes, on trouve de la mannite, un colloïde protéique, l’algine et à la belle saison, dans les grandes espèces, on a observé un glucosane spécial qu’on a appelé « laminarine ». Chez les Floridés, il n’y a ni mannite, ni gélose, mais parfois de l’amidon et, chose curieuse, j’y ai découvert, en collaboration avec M. Guéguen, un principe nouveau auquel j’ai donné le nom de florido-side ; c’est un composé équimoléculaire de glycérol et de galactose, que j’ai retrouvé dans beaucoup d’autres espèces végétales.
- D’autre part, bon nombre de mes publications ont trait aux délicats problèmes de la génétique, de la greffe, de l’hybridation et je continue avec patience, dans mon laboratoire, des recherches variées sur l’hérédité biochimique. En particulier, les nombreu-
- ses expériences de greffage auxquelles je me suis livré ne sont pas, croyez-le bien, de simples distractions d’amateur, elles visent à élucider le mystère des échanges entre le sujet et le greffon. Un principe organique présent dans l’un seulement des associés végétaux se répand-il dans l’autre conjoint ? A celte question d’ordre scientifique général et d’intérêt pratique important, j’ai pu répondre, après de nombreux essais expérimentaux, d’une façon à peu près négative. Rarement un principe existant seulement dans une des plantes se répand dans l’autre végétal associé parce qu’une fois rendu dans le symbiote il s’y trouve transformé comme il arrive lorsqu’on l’y introduit par injection. Somme toute, la greffe n’exerce qu’une action de milieu, la plus curieuse de toutes ; sans altérer le chimisme de l’espèce, elle peut cependant modifier, dans une certaine mesure, la qualité des produits.
- Par contre, Vhybridation se révèle beaucoup plus efficace. Dès 1920, par exemple, j’ai cx-oisé entre elles deux orges, l’une blanche et rugueuse, l’autre noire * et lisse. J’ai alors obtenu un hybride noir et rugueux qui se dissocia, à quelques particularités près, suivant le schéma mendélien. Puis j’ai suivi, d’une année à l’autre, sa descendance jusqu’en iq33 ; les combinaisons apparues se trouvaient fixées et le complexe hybride ne varia plus. Pour les croisements que j’ai effectués entre les betteraves cultivées, ils mettent seulement en cause la race, sa genèse et sa fixation. Lors de mes premières expériences, voilà i5 ans, on croyait que l’hybride entre deux variétés d’inégale richesse saccharine tient tout au plus le milieu entre les parents. Or en procédant avec rigueur, sur castration préalable, je me suis vite aperçu que la betterave sucrière domine assez nettement la fourragère même quand la plante-mère appartient à une race très pauvre en sucre. Cependant les corrélations physiologiques limitent les possibilités de la génétique et il ne semble pas qu’on puisse réunir dans une même racine le summum de la taille avec la richesse saccharine. Comme on dit vulgairement, il faut se contenter d’une cote mal taillée !
- Voilà, nous dit en terminant l’abbé Colin, les principaux travaux que j’ai menés à bien jusqu’ici. Toutefois, chemin faisant, j’ai touché encore à beaucoup d’autres sujets car les recherches sur la composition des plantes exigent la mise en œuvre de toutes les ressources de la biochimie. Je rassemble actuellement les matériaux du second volume de mon ouvrage sur les diastases dont le premier volume a paru en 1931 et permettez-moi d’ajouter, pour clore l’exposé sommaire de mon activité scientifique, que j’ai eu constamment autour de moi un certain nombre d’élèves se destinant à l’enseignement ou à l’industrie. En outre, une quinzaine de jeunes savants sont venus préparer leurs thèses de doctorat dans mon laboratoire et c’est avec joie que j’ai pu transmettre également à bien d’autres de mes disciples le goût de la biochimie végétale à laquelle d’éminents maîtres m’avaient moi-même initié ». Jacques Boyer.
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- LE « MICROCONTACT » MOREAU-FEBVRE = 355
- Le problème du microcontact, autrement dit des contacts électriques francs établis entre pièces conductrices sous des efforts extrêmement faibles, présente un très grand intérêt pour l’industrie. Il arrive, en effet, dans un grand nombre de dispositifs automatiques, que 1’ « initiative » d’une manœuvre incombe à un instrument très délicat, du type galvanomètre, incapable d’exercer un couple notable.
- On assiste alors à un phénomène vibratoire assez mal défini, l’aiguille, par exemple, refusant de venir au contact complet avec le plot fixe, et le courant passant très irrégulièrement ou même pas du tout. Pour que le contact s’établisse franchement, il faudra que la grandeur qui détermine le mouvement de l’aiguille : intensité d’un courant, température d’une résistance, force électro-motrice d’une sonde thermo-électrique, varie d’une quantité appréciable; l’inverse se produira pour le « décollage » de l’aiguille. Finalement, il y aura une plage neutre, à limites mal définies, en sorte que le dispositif perdra toute précision et sécurité.
- Solution classique. — De nombreux systèmes ont été proposés pour remédier 5 cette difficulté mais leur nombre même atteste qu’aucun n’est parfaitement satisfaisant.
- La cellule photo-électrique, notamment, ne semble pas avoir donné tout ce qu’on en attendait : il est difficile, même avec des dispositifs optiques de concentration du rayon mobile, d’obtenir une action brusque pour une position définie et constante de ce rayon. De plus, l’ensemble est compliqué et coûteux.
- Une solution classique consiste à disposer l’aiguille au voisinage d’une lame isolante horizontale présentant un plot sans relief. L’aiguille se déplace librement, parallèlement à la lame, et toutes les 3o s, par exemple, une lame auxiliaire vient la soulever et la plaquer contre la première lame : l’aiguille touche ou non le plot suivant sa position.
- ('elle solution est surabondante, car elle permet à l’aiguille de venir se placer sur de nombreux plots différents, comme la manette d’un controller de tramway; on l’utilise pour des transmissions à distance d’indications d’appareils de mesures. Elle est malheureusement coûteuse et les appareils basés sur ce principe sont rarement irréprochables.
- Ainsi, malgré l’invention des lampes triodes, des cellules photo-électriques, le problème de la détection précise des très petites actions mécaniques reste une pierre d’achoppe-menl pour c.e nombreux dispositifs automatiques.
- Pont déséquilibré. — La solution que nous allons exposer est due à M. Moreau-Febvre, technicien connu des questions de chauffage automatique. Nous nous bornerons à une description schématique du principe.
- Supposons le galvanomètre G monté dans un pont de Wheatstone KLKT/, et admettons que la grandeur à détecter soit traduite par la variation de la résistance R insérée dans la branche KK7 du pont.
- Cette résistance étant en train de diminuer, par exemple, l’aiguille platinée A du galvanomètre finit par venir au contact du grain métallique fixe C, relié à la bobine B, qui commande un ensemble de relais schématisés par le tableau IL
- Le contact entre A et C, bien entendu, ne s’établirait pas franchement, puisque c’est là tout le problème ; mais on remarquera que la sortie de la bobine B est rattachée, non à l’autre pôle de la source de courant, c’est-à-dire en L' mais au point K. Par suite, si imparfait que soit le con-
- Fig. 1. — Schéma du micro-contact Moreau-Febvre.
- tact AC, il a pour effet de court-circuiler partiellement la résistance R, donc de diminuer encore la résistance de la branche IvK7, autrement dit d'accentuer le déséquilibre du pont : d’où action instantanément croissante du galvanomètre, produisant un collage énergique.
- A ce moment, le courant prend toute sa valeur dans la bobine B et les organes du tableau H sont entraînés, mais avec des inerties bien différentes.
- Le commutateur D fonctionne le premier ; c’est la branche KêL qui se trouve alors court-circuitée, en sorte que le déséquilibre du pont s’inverse et que l’aiguille A du galvanomètre se trouve brusquement rejetée en arrière. Immédiatement après, emporté par son élan mécanique, l’inverseur I achève sa course, en sorte que les connexions du galvanomètre se trouvent croisées : l’aiguille A est donc maintenue éloignée du contact C. En même temps, les relais X, qu’il s’agit de commander, achèvent de s’enclencher en position n° 2.
- Les circuits étant symétriques, les mêmes phénomènes se produiront en sens inverse pour la variation inverse de la résistance R.
- On remarquera que la précision des réglages se trouve ici dévolue aux relais du tableau et non plus au contact AC ; autrement dit, nous passons du domaine du microcontact à celui des contacts ordinaires et c’est ce qui fait le succès du système.
- Ce principe général de la réaction de l'effet sur la cause, qui est à la base de tous les amorçages : excitation initiale des dynamos par le magnétisme rémanent, allumage des combustions, démarrages des moteurs thermiques et des mitrailleuses, mérite d’être médité. Il apporte des possibilités nouvelles, non seulement dans le domaine électxique et mécanique, mais dans celui des appareils hydrauliques et pneumatiques et notamment des dispositifs à fuite du fluide, systèmes Area et Arquembourg.
- Pierre Devaux.
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- 366 LA LOCOMOTIVE DIESEL ÉLECTRIQUE DU P.-L.-M.
- A l’heure où les raffinements du confort, autrefois considérés comme un luxe, apparaissent de plus en plus à tous comme une nécessité, les grandes Compagnies de chemins de fer ont compris l’intérêt que présentait pour elles l’amélioration constante de leur matériel et les progrès qu elles ont réalisés du point de vue de la vitesse, de la sécurité et, en même temps, de ce confort, sont bien connus de tous les usagers.
- Kt il a suffi aux profanes de visi-ler les quelques imités les plus modernes de son matériel ferroviaire, présentées au public dernièrement, en gare de Paris, par la Compagnie P.-L.-M., pour s’en convaincre immédiatement.
- Fig. 2. — La mise sur roues de cette demi-locomotive montre la disposition des doubles essieux de boggies encadrant les trois essieux moteurs.
- Tâches imposées à cette loco= motive. — Nous n’avons pas l'intention, à la suite de cette visite, d’énumérer ici tous les progrès i'éa-lisés et nous nous contenterons, après l’avoir examinée en détail, sous la conduite d’ingénieurs autorisés, de faire connaître à nos lecteurs la nouvelle locomotive Diesel électrique qui devra remorquer, sans aucun ravitaillement ni graissage intermédiaires, à une vitesse commerciale minimum de 100 km/h, des trains de 45o I, sur le trajet Paris-Menton, desservant les plages ensoleillées de la Côte d’Azur.
- Ce parcours devant être effectué: en 10 h 3o au plus, non compris i x arrêts intermédiaires, cette locomotive doit pouvoir soutenir une vitesse de i3o km/h sur la plus grande partie du parcours, vitesse qui ne descend pas au-dessous de .85 km/h sur les sections Les Laumes-Dijon et Marseille-Fréjus, où les rampes atteignent 8 mm/m.
- Fig. 1. — L’un des boggies à deux essieux de la. locomotive IHesel-électrique du P.-L.-M.
- Elle doit, de plus, remorquer les rapides de Paris à Nice, dont le poids atteint (>oo t, suivant l’horaire des trains à vapeur actuels.
- Puissance de la machine. — Cette machine, d’un poids total, en ordre de marche, de 22.5 t, divisée en deux parties semblables, est du type 2-C-2 + 2-C-2, c’est-à-dire que chaque demi-machine comporte un boggie à deux essieux (fîg. 1) à l’avant et un autre à barrière, séparés par trois essieux moteurs (fig. 2). Son poids adhérent total, de 108 t, est partagé entre les six essieux moteurs, à raison de 18 t par essieu, le reste étant réparti entre les huit essieux de boggies.
- Sa puissance est fournie par deux moteurs Diesel développant, chacun, 1.900 ch à 600 t/m, en régime continu et 2.200 ch à 700 t/m, en régime unihoraire, soit une puissance totale de 3.800 ch en régime continu et 4-4oo en régime unihoraire.
- Son poids de 2 25 t, y compris 7 l de combustible, correspond au chiffre remarquablement bas de 5i kg i3 par cheval de puissance unihoraire Diesel.
- Les deux parties de cette locomotive, qui ne doivent jamais circuler isolément, sont accouplées en permanence par un attelage spécial. Pour cette raison, chaque partie comporte une seule cabine de conduite à l’extrémité opposée à l’accouplement. Celui-ci est constitué par une plate-forme mobile et un soufflet élastique, d’un gabarit sensiblement égal à celui de la caisse.
- Les deux parties étant absolument symétriques, cette machine peut rouler à grande vitesse dans les deux sens.
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- Fig. 3. —• Les parties basses de la locomotive sont carénées et les parois frontales profilées.
- Dispositions générales. — Toutes les parties basses sont carénées et les deux parois frontales profilées
- Uig. 3).
- Afin de fournir un appui invariable au groupe élec-Irogèrie, pesanl à lui seul 3o t 5 (fig. 4), le châssis est extrêmement robuste et comporte, outre les longerons principaux extérieurs, deux longerons composés intérieurs aux roues et entretoisés par des traverses en acier soudé.
- Ou remarque, dans chaque demi-locomotive, un compartiment pour la cabine de conduite, un second, plus vaste, pour l’appareillage électrique et un troisième qui renferme le groupe éleclrogène, les machines auxiliaires et les réfrigérants.
- Cabine de conduite. — La cabine de conduite, avec les appareils de mise en marche et de pilotage, comporte une série de lampes, doublées de sonneries, avertissant le conducteur lorsque la pression de l’eau ou de l’huile de graissage devient insuffisante. Une plate-forme oscillante sur laquelle se lient le conducteur, constitue ce qu’on appelle le « dispositif de l’homme mort » qui amènerait immédiatement la rup lure automatique du courant et provoquerait l’arrêt du train si, par suite de malaise, le conducteur ne pouvait conserver sa position normale sur la plateforme.
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- Appareillage électrique. — L’appareillage électrique esl double, sauf — ainsi que nous le verrons — la batterie d’accus, et chaque génératrice principale alimente en parallèle les trois moteurs de traction de la demi-locomotive correspondante. Ces moteurs attaquent, par engrenages bilatéraux de rapport 37/104, un arbre creux concentrique à l’essieu et la transmission du couple se fait directement de l’arbre creux aux roues motrices par une commande individuelle élastique d’un type déjà éprouvé sur de nombreuses locomotives électriques (fig. 5).
- La puissance unihoraire de chaque moteur de traction, à plein champ, est de 690 ch, et la puissance continue, à champ réduit, de 5io ch.
- La commande de chaque demi-équipement peut se faire de l’une quelconque des cabines de conduite.
- Avec un rapport de multiplication de 4^/35 entre arbres primaire, et secondaire, la vitesse de 700 t/mn des vilbrequins, au régime unihoraire, pour une puissance de 2.200 ch, donne à l’arbre secondaire une vitesse de 84o t/mn pour les génératrices. Au régime continu, pour une puissance de 1.900 ch, les vitesses respectives sont de 600 et 720 t/mn. Aux, régimes réduits,'on réalise 5oo et 600 t/mn pour 1.290 ch et 400 et 48o t/mn pour 760 ch.
- L'arbre qui actionne chaque génératrice principale porte en même temps une génératrice auxiliaire dont la puissance continue, sous 160 v, est de 100 kw.
- Si, par suite d’avarie, l’un des groupes électrogènes 11e pouvait plus alimenter ses moteurs de traction, la
- Fig. 4. — Mise en place du groupe éleclrogène de 30 l 5.
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- Fig. 5. — Un essieu, avec son moteur de traction.
- génératrice restée en service pourrait alimenter les deux groupes de trois moteurs, couplés en série.
- Dès que la vitesse, en régime de puissance continue, dépasse 45 km/h, une dynamo enti'aînée par un essieu de boggie assure l’excitation de la génératidce principale. Un rhéostat, asservi au manipulateur de commande, règle le champ de cette excitatrice.
- La batterie, au cadmium-nickel, qui comporte go éléments d’une capacité de 4oo AH, est unique pour les deux demi-machines, chacune d’elles renfermant la moitié des éléments.
- Pour une position donnée du manipulateur, la puissance développée par les Diesel est maintenue automatiquement constante, malgré la variation de profil de la ligne. Un combinaleur, asservi au manipulateur et aux relais nécessaires, permet de régler le champ de l’excitatrice, d’inverser le sens de marche, de shünter automatiquement les inducteurs des moteurs de traction et de les ramener au plein champ. Un rhéostat de sécurité, qui reste hors circuit tant que le moteur fonctionne normalement, s’intercale dans le circuit de
- champ de l’excitatrice en cas de baisse anormale du couple du Diesel et évite toute surcharge.
- Groupe électrogène. — Le groupe éleclrogène de chaque demi-locomotive, logé dans le troisième compartiment, est un moteur Diesel du type Sulzer 12 LD A 3i fonctionnant à 4 temps, avec injection directe de fuel-oil comme combustible. Il comporte deux lignes de six cylindres verticaux de 3io mm d’alésage et 3go mm de course.
- A chaque rangée de six cylindres correspond un arbre-vilbrequin, ces deux vilbrequins tournant en synchronisme. Chacun d’eux porte, à une extrémité, un appareil amortisseur d’oscillations de torsion et, à l’autre extrémité, un engrenage primaire. Ces deux engrenages attaquent un même pignon secondaire, solidaire de l’arbre commun des généi'atrices principale et auxiliaire (fig. 6).
- Deux groupes turbo-soufliantes Rateau à gaz d'échappement, placés à chaque extrémité du moteur, tournent à io.5oo t/mn en régime continu à pleine charge et refoulent à i,3 kg/cm2 l’air de suralimentation dans des collecteurs appropriés. Leur emploi permet d’augmenter la puissance fournie par la cylindrée et, par suite, de réduire l’encombrement des moteurs dont le poids net est d’environ 20 t, soit 9 kgr par cheval de puissance unihoraire, pour une consommation de combustible (9.600 cal/kgr) inférieure, en régime continu à plein champ, à 168 gr/ch h, celle de l’huile étant inférieure à j ,55 gr/ch h.
- Une machine imposante. — Telle est cette nouvelle locomotive dont la longueur hors tampons est de 33 m o5o, l’empattement total, 29 m 25o, avec un empattement rigide de 4 m 800 et de 2 m 4oo pour empattement d’un boggie, la distance entre pivots des boggies d’une demi-machine étant de 11 m.
- Le diamètre des roues motrices est de 1 m 510 et celui des roues des boggies de 1 m 020.
- Cette machine fait le plus grand honneur à la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourl, qui en est l’entrepreneur général. Les moteurs Diesel ont été fournis par la Compagnie de Constructions mécaniques, procédés Sulzer et les turbo-soufflantes par la Société Rateau. L’équipement électrique provient des Forges et Ateliers de Constructions électriques de Jcumonl.
- Elle constitue un nouveau pas d’une importance considérable dans la voie du progrès ; celui-ci porte sur quatre points importants : puissance, vitesse, économie de combustible, réduction des frais d’exploitation. Cette machine est, à l’heure actuelle, la locomotive Diesel électrique la plus puissante du monde.
- Fig. 6. — Le groupe électrogène, avec les génératrices principale et auxiliaire.
- Georges Lanorville.
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- LA LAQUE VÉGÉTALE D'INDOCHINE =
- Tout a été dit et écrit sur la beauté des magnifiques laques d'Extrême-(Ment et d’Indochine dont on a vanté la délicatesse et la solidité. Longtemps, on s’est contenté de descriptions enthousiastes, sans pénétrer davantage l’origine de cette industrie qui se perd dans la nuit des temps.
- Avant de commencer l’étude du latex de l’arhre à laque, il me paraît utile de préciser les différences qui existent entre deux produits naturels qui portent le nom de laque et qui sont originaires, tous deux, d’Extrême-Orient : la gomme-laque et le ' latex du J laquier. La gomme-laque, ou stick-lac, est une sécré-lion résineuse animale due à un insecte, le Coccus lacca, hémiptère de la famille des Coccidées. Ce produit est constitué par une résine accompagnée d’une matière colorante et d’une cire. Après divers traitements, il entre dans la fabrication des vernis à l’alcool et en forte proportion dans la composition des disques de phonographes.
- Les laques véritables sont d’origine purement végétale. On les obtient avec des latex récoltés en incisant en forme de V le tronc de divers arbres de l’ordre des Anacardiacées, principalement : en Chine et au Japon, le Rhus vernicifera D. C. ; au Tonkin, le Rhus succe-danea L. fils ; en Cocliinchine et au Cambodge, le Mela-norrhœa laccifera P. A l’état brut, le latex présente un aspect crémeux, tant par sa couleur que par sa consistance. Il possède une odeur légèrement butyrique au début et fortement acétique au bout de 4 ou 5 ans. Celui du Melanorrhœa du Cambodge a une odeur désagréable rappelant l’huile rance et le scatol.
- Conservé dans des paniers ou jarres en terre placés dans des endroits frais et obscurs, il ne subit, même en plusieurs années, aucune modification essentielle. Par densité, il se divise, après un repos prolongé, en quatre qualités, de prix et usages différents. Les deux premières couches sont riches en laccol ou moréacol et les deux dernières en laccase. C’est sous ces différentes qualités qu’on le trouve dans le commerce et la plupart du temps mélangé avec de l’huile d’Abrasin.
- La culture des laquiers est en décroissance au Japon et en Chine ; elle prend, au contraire, au Tonkin, une importance chaque jour plus considérable avec un rendement de 3.ooo kgr par hectare. Le Tonkin est le seul pays du monde exportateur de ce précieux latex dans les pays voisins et en Europe. L’exportation annuelle est d’environ i5 à 20 t. Le Rhus succedanea donne le latex d’exportation tandis que celui du Melanorrhœa suffit à la consommation locale.
- Préparation du latex. — Les différents latex sont filtrés par un procédé extrême-oriental pour les débarrasser des impuretés qu’ils contiennent : écorces et poussière. Après filtrage de 24 h, on baratte encore 48 h pour permettre l’évaporation de l’eau émulsionnée qui joue un rôle important dans la qualité de la laque. On filtre de nouveau et le latex est alors apte à
- être employé, seul ou mélangé avec de l’huile d’Abrasin, des siccatifs et des pigments minéraux convenablement choisis. Pour obtenir la couleur blanche, on emploie de la coquille d’œufs pulvérisée et parfois de la poudre d’aluminium ou d’argent.
- La laque ainsi préparée sert à vernir ces merveilles d’art asiatique qui font l’admiration du monde. Pour travailler, les artistes n’utilisent qu’un matériel fort simple dont la routine a consacré la perfection.
- En séchant, le latex constitue une pellicule très adhérente appelée « laque » qui résulte d’une interaction du laccol ou du moréacol et de la laccase, en présence de l’oxygène de l’air s’il s’agit d’un laquage à froid sur support en bois (Gabriel Bertrand). Lorsqu’il s’agit d’un laquage à chaud, sur support métallique, il paraît y avoir une polymérisation du latex (G. Brooks).
- Combien d’œuvres d’art se sont conservées absolument intactes à travers des siècles, grâce aux remarquables propriétés que nous verrons plus loin, et qui sont des merveilles d’habileté professionnelle et de patience orientale.
- Fig. 1. — Les arbres à laque d’Indochine et leur mode d’exploitation.
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- Laquage. — Pour laquer un objet en bois par exemple, on commence par boucher tous les interstices, les inégalités et les imperfections variées de la surface destinée au laquage, par - une couche de ladéX pur étendii à l'aide d'un pinceau lin et plat en queue de boeuf ou de cheveux. Puis, on étend sur la pièce une couche assez épaisse d’un mélange de laque et d’une sorte de kaolin très onctueux au toucher. L’objet a
- Fig. 2. — Panneaux et, meubles laqués dans un Salon de l’Agence de VIndochine à Paris.
- tique vernis noir brillant et inaltérable. Les Orientaux s’en servent depuis plus de 2.000 ans. Résistant aux agents chimiques, inattaquable par les bactéries, il est un étonnant moyeu de conservation. Marnais conducteur .de la chaleur, c'est aussi un isolant parfait des courants électriques. Son pouvoir isolant est supérieur, de 1/10 à celui du mica (essais confirmés par les compagnies d’électricité). Sans se ramollir, les laques séchées à froid résistent à 4io° ; séchées à chaud, elles ne commencent à ehar-bonner qu’à partir de 55o°. C’est donc un produit végétal remarquable. Malgré leur dureté, les laques sont d'une extraordinaire souplesse ; un lil ou un jonc laqués peuvent être pliés sans que la laque ne cède. Le temps ne peut rien sur elle : elle est inaltérable.
- En 1874, Je vapeur Le Nil. lil naufrage sur les côtes du .lapon avec un chargement important d’objets laqués ; après 18 mois d’immersion sous 85 brasses d’eau (87 in), ce stock d’ob-
- alors une surface uniforme qui, après séchage, est frottée à la pierre ponce.
- On passe ensuite une couche de latex pur destiné à lui donner un beau noir brillant, mais non verni. De nouveau, on recommence le ponçage et il ne reste, à la tin, qu'à donner Ja teinte et l’éclat en passant une dernière couche avivée au charbon de bois en poudre. Pour la dorure et l’argenture, on insuffle des poudres d’or et d’argent sur les objets fraîchement laqués et ornés des figurines voulues. La sculpture en fin relief se fait sur des couches très épaisses de laque (laque Coromandel). Ce sont de véritables œuvres d’art dues à la finesse orientale des ciseaux du maître. Hélas ! aujourd’hui, il ne faut voir en ces merveilles que des vestiges d’un passé qui ne peut plus revivre.
- Propriétés physiques et chimiques. — Comme 011 l’a vu plus haut, le latex en séchant présente une pellicule admirable. Cette dernière est insoluble dans fous les solvants usuels et très résistante aux liquides acides ou alcalins concentrés. C’est à ces remarquables propriétés que le latex doit surtout son emploi. Le laquage à froid ou à chaud donne toujours un magni-
- Fig. 3. — dans
- Artisans Indochinois procédant au ponçage de la laque les ateliers de J. Dunand, à Paris (Photo Sataün).
- jets fut retrouvé dans un état, parfait de conservation. On constate également d’autres faits curieux ; ni les huiles minérales, ni l’ozone ni même l’acide lluorhy-drique ne provoquent de ramollissement. Un vase en verre « Pyrex » laqué, contenant ce dernier corrosif 11e subit aucune attaque. De même, des bains-marie de laboratoire laqués n’éprouvent aucune détérioration par l’évaporation quotidienne de solutions nitriques (U. Brooks). Ceci mérite une attention toute particulière pour les laboi'atoires de recherches et pour les industries.
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- Usages. — La laque offre de multiples applications. Par sa légèi'etô et sa résistance, elle mérite d’être utilisée pour la défense nationale. Déjà, pendant la guerre, le laboratoire d’essais de l’aéronautique à Chalais-Meudon (section mécanique et chimique) démontrait la supériorité éclatante des laques sur les vernis synthétiques. Des centaines d’hélices de types différents (même pour dirigeables), des soupapes en bois, des Iodes de ballons furent laquées par des spécialistes indochinois. Le Ministre de l’Air décida, à cette époque, d’étendre le laquage à toutes les pièces fabriquées, particulièrement aux hélices. La protection des fusées d'obus n’est pas non plus dénuée d’intérêt pour l’artillerie : les fusées laquées, immergées pendant i mois, éclatent sans aucun raté. Les boîtes de conserves alimentaires laquées sont inoxydables ainsi qu’en filature, les bobines d’aluminium ainsi protégées. Imperméable aux gaz, la laque pourrait assurer aux masques un maximum de sécurité.
- Des fûts et bacs, citernes et cuves, trouvent dans la laque un revêtement idéal qui assure la conser-\alion parfaite des liquides : vin, bière, etc.... Un avenir industriel peut encore lui être réservé comme vernis protecteur des carènes de navires et de soüs-marins, contre la corrosion et l’encrassement dus aux bryozoaires, hydroïdes, mollusques, etc. Les essais du laboratoire maritime de Concarneau en ont fait la preuve. Les Ministères de l’Air et de la Marine, l’Office national des Recherches et Inventions trouveraient dans la laque la meilleure solution du problème des vernis. Un exemple à retenir est l’admirable salon laqué de Normandie qui
- Fig. 4. — Artiste indochinois décorant une table laquée avec des incrustations de coquilles d’œuf, dans les- ateliers de J. Dunand, à Paris.
- (Photo Salaün).
- Fig.
- — a La forêt », paravent de J. Dunand en laque noire polie, décoré de laques de couleurs et d’or (Photo Salaün).
- offre une sécurité parfaite contre l’incendie. Les bobinages de dynamos à basse et haute tension et les panneaux d’isolement pour les sous-stations de traction à, i.5oo v sont ainsi parfaitement isolés en même temps qu’ignifugés. Sur l’ardoise, la laque prend un aspect de marbre noir. ^
- Au point de vue artistique, la laque est un produit non moins remarquable qu’on retrouve sur les violons de Crémone si réputés, des vases sculptés, des portraits, des paravents, des boîtes, des meubles, etc.
- Malgré la très grande importance de la laque et malgré les recherches de divers savants, nos connaissances sur ce latex étaient encore très incomplètes. Dans les pages qui vont suivre, je donnerai, dans ses grandes lignes, la composition chimique des latex actuellement connus et j’espère que cela permettra d’élucider le mystère qui règne encore sur ce produit en Extrême-Orient.
- Composition chimique. — a) Rhus suc-cedanea. — Le latex brut contient deux corps distincts, la laccase et le laccol. On les sépare facilement l’un de l’autre par précipitation dans l’alcool ou l’acétone. La laccase précipitée est séparée par centrifugation, tandis que le laccol reste en dissolution ; on le débarrasse du solvant par distillation. La laccase, complémentaire activant, et son squelette minéral à base de manganèse, complémentaire actif, possèdent un pouvoir oxydasique puissant. C’est cette diastase qui conduisit le P1' Gabriel Bertrand (x) à édifier sa théorie classique des catalyseurs biochimiques, origine'de la décou-
- 1. C. R. Acad. Sciences, t. CXVIII, 1894, p. 1215.
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- Fig. G. — « Les canards », paravent de J. Dunand en laque noire et argent (Photo Salaün).
- verte de tout un monde d’infiniment petits chimiques qui donna un essor nouveau à la biochimie.
- Le laccol, partie principale du latex, est un diplié-nol en ortho terminé par une longue chaîne latérale non saturée. On l’obtient à l’état pur par distillation à 2 2o° sous vide de 1/20 de millimètre. Placé dans une armoire refroidie, il se prend en masse solide, blanche, cristallisée et fusible à + 23° sous vide et dont la séparation est très difficile. Sa densité est : <f.,2u — 0,9963 et son indice de réfraction n2uo=i,5o46
- Ses dérivés méthylés et acétylés sont liquides. Pour mieux étudier le laccol, on le transforme en un corps cristallisé, par hydrogénation catalytique à froid en présence du noir de platine. Le télrahydrolaccol obtenu, distillé dans un vide de o mm 02, cristallise en aiguilles fines dans du xylol. 11 fond à l’état pur à + 6:î°6. Ses fonctions phénoliques restent intactes après réduction et présentent les mêmes réactions que le laccol. On bloque ensuite ces fonctions pour obtenir différents esters acétique et propionique. Ces dérivés sont joliment cristallisés et ce sont eux qui ont permis d’établir la formule de constitution du laccol. Le dipropionyltétrahydrolaccol fond à 3/j°8 ci possède ranime formule C22H3U(0C02CH3)2, tandis que le diaeétyllétrahydrolaecol a pour formule : 022ll:s,1(0C0CH:i)2'et fond'à 58°7.
- bref, les faits observés et les résultats obtenus au cours de longues et pénibles recherches (Gabriel Bertrand et Georges Brooks) (*) ont démontré que le laccol extrait, du latex de l’arbre à laque du Tonkin possède la formule suivante : C°H3(OH)2C16H29.
- Il s’apparente, par conséquent, à la fois à deux principes immédiats très répandus dans tes organismes
- 1. Gabriel Bertrand et Georges Bhooks, C. H. Acad. Sciences, !.. CXGV, 1932, p. 403 et Bull. Soc. cliim., 4* série, t. LUI, 1933, |>. 432.
- vivants : au pyrocatéchol par son noyau cyclique et. à l’acide palmitique par sa longue chaîne latérale.
- b) Melanorrhœa laccifera P. — La même technique que précédemment est appliquée au latex de M. laccifera. On obtient le moréacol, corps phénolique et une sorte de gomme diastasique semblable à la laccase. Le moréacol présente tous les caractères et propriétés de son congénère le laccol. Distillé sous vide poussé de o mm 5 en présence de CO2, il passe entre 2^2° et f 2f)o° un cœur de distillation d’un jaune citron, cristallisable et fusible à + 28° sous vide, dont la densité est : d|(Jo = 0,987/4 et l’indice de réfraction 'G, « = 1.5277.
- Les dérivés acétylés et méthylés sont aussi liquides. Par réduction catalytique, on obtient le tétrahydro-moréacol qui, recristallisé dans l’étlier de pétrole, fond à + g5°3. Son dérivé diacétyl-tétrahydromoréacol C23H36(0C0CH3)2 est fusible à + 7o°5. Il résulte de ces faits que le moréacol possède la formule brute :
- C6H3(OH)2 C).
- Toxicité. — Le laccol et le moréacol, outre leurs remarquables propriétés, sont très toxiques, ce qui
- 1. Gabriel Bertrand et Georges Brooks, C. 11. Acad. Sciences, t. CXCV11, 1933, p. GGl ; Ann. Institut Pasteur, t. LU, 1934, p. G8.
- Fig. 7. — Portrait de J. Dunand, en laques de couleurs sur fond de coquilles d'œuf (Photo Salaün).
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- rend leur manipulation pénible et gêne leur utilisation courante. Les clous de vernis ou maladie du laqueur sont bien connus des artistes ou artisans asiatiques. A l’état de traces ou à l’état de vapeurs, ces produits provoquent des rubéfactions énergiques, des ulcérations érysipélateuses qui durent jusqu’à i ou 2 mois suivant la sensibilité de l’individu.
- 11 suffit, par exemple, de 9/10 de mgr pour provoquer l’apparition de boutons rouges semblables à ceux de la variole et de démangeaisons vives qui privent souvent de sommeil.
- Il résulte de cette étude brièvement exposée que le latex des arbres à laque d’Indochine (B. succedanea et M. laccifera P.) contient à l’état d’émulsion un principe oxydable, le laccol ou le moréacol, qui, au con-
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- tact de l’oxygène de l’air et sous l’influence de la lac-case contenue également dans le latex, se transforme en un magnifique vernis universellement connu sous le nom de « laque ». La connaissance de la composition chimique du laccol et du moréacol aidera à interpréter le phénomène biochimique de l’oxydation, si fréquent dans les organismes vivants.
- 11 est à souhaiter que l’emploi de ces produits naturels se vulgarise dans un avenir prochain et que la laque végétale d’Indochine occupe la place qu’elle mérite dans l’histoire des'vernis (1).
- Georges Brooks
- 1. Poux* plus amples détails consulter Georges Brooks, Laque d’Indochine, n° 94, Actualités scient, et industr. Hermann et Cie, édit. Paris, 1934.
- UNE ROUTE AFRICAINE NOUVELLE : LA LITORANÉE LIBYQUE
- Une nouvelle maille vient de se fermer sur le réseau de communications qui couvre progressivement l'Afrique : la grande route de 1.800 km, dite Slrada Lilo-ranca, établie tout le long du littoral de Libye.
- Celle relativement récente colonie italienne, grande Irois fois comme la France, est à la vérité un prolon-
- Pentapole qui comprenait Cyrène, Bérénice, Apollo-nia, Barces ou Barca et Plolémaïde.
- A l’Ouest, vers la Tunisie, c’est le désert semé de salines ; au centre, au fond de la Grande Syrie, c’est le néant de sables à l’Est, vers l’Égypte, c’est le néant de [lierres de la Marmarique. Enfin, l’hinler-
- Perna
- l'Tabnouk—
- Bertghasi.
- Ghàuarian
- Grande Syrie
- ° Ghadamés
- Fig. i. — Le tracé de la Route du littoral lybien.
- gement oriental du Sahara, prolongement désertique en grande partie. 700.000 indigènes et S0.000 Italiens vivent sur cet immense espace et sont groupés en des régions distinctes, séparées par de grandes étendues de désert. C’est d’abord la partie côtière occidentale, une première suite d’oasis constituant la Tripolitaine, dont le nom vient de la Tripolis antique : des trois villes de Leptis Magna, d’OEa et de Sabratha. Puis, sur la seconde bosse du rivage, la Cyrénaïque doit son nom à l’antique Cyrène hellénique, ville principale de la
- land est presque entièrement désert, sauf quelques très belles oasis dont Ghadamès et Koufra sont les plus célèbres.
- Du temps des Grecs, des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains, la Tripolis et la Pentapolis, seules régions habitées, étaient aussi les seules où fussent développés les moyens de communications ; pour le reste, on s’en remettait aux caravanes qui apportaient l’or, l’ivoire et les épices du pays des 'Garamanles et dés Gélules. Les cités de la Tripolis comme de la Pen-
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- Fig. 2. — Le théâtre antique de Sabratha qui a été restauré partiellement et inauguré par une représentation d'Œdipe-Roi.
- lapolis étaient surtout des comptoirs. Mais leurs alentours s’étaient progressivement civilisés et des cultures couvraient de vastes étendues, pour nourrir ces agglomérations considérables que furent Cyrène, et — au temps de sa splendeur — Leptis Magna, patrie de Scptime Sévère.
- Mais entre les deux provinces de Tripolitaine et de Cyrénaïque, le désert mettait une barrière quasi-infranchissable. Les Romains eux-mêmes, pour constructeurs de routes qu’ils fussent, ne tentèrent pas d’y tracer une voie. Peut-être n’en voyaient-ils pas l’utilité, ni même la possibilité. Il était réservé à leurs descendants de s’atteler à la tâche et de la mener à bien avec une rapidité caractéristique.
- En effet, durant le quart de siècle qui s’est écoulé entre l’occupation de la Libye et l’an ig35, les Italiens s’étaient contentés d’agrandir progressivement le réseau routier des deux possessions presque indépendantes de Tripoli-laine et de Cyrénaïque. Un premier regroupement colonial fut fait quand, il y a quelques années, ces deux colonies se fondirent en une seule, sous le nom de Libye, celle-ci comprenant naturellement Thinterland aussi bien que le littoral. Et peu à peu, le gouvernement italien sentit une nécessité de
- habitées du
- \:4‘
- 1.000 km de roules dans les zones fertiles ; il fallait en établir 8oo dans les zones désertiques, aiin de rendre possibles les mouvements rapides de matériel et d’hommes, indispensables à d’éventuelles opérations militaires. En même temps, la construction de cette roule serait un élément définitif de paeiliea-lion et permettrait de réduire, ou tout au moins de simplifier l’organisation de l’armée italienne en Libye.
- LA CONSTRUCTION DE LA ROUTE
- Le premier projet concret de iy34 prévoyait une dépense d’environ 76 millions de lires, plus 1 million 1/2 pour les case cantoniere, pour les maisons destinées au personnel d’en-tretien de la route. Une année plus tard, le projet étant au point, un décret royal prévoyait une dépense de 100 millions de lii’es qui devait être supportée par la Colonie, laquelle se retrouverait dans ses dépenses, par les économies ultérieures effectuées sur l’armée d’occupation. Un Office civil, créé en mai iq35 eut la haute main sur les opérations et décida de confier les travaux non pas à une seule entreprise, mais à un certain nombre de rivaux mis en compétition. 11 y eut 5o appelés et 10 élus, qui se partagèrent les tronçons et eurent donc à construire des longueurs dé route variant çntre 5o et 100 km.
- Sur le projet définitif, les dépenses d’établissement de la route devaient s’élever à environ 120.000 lires au kilomètre. Ces chiffres ne furent pas sensiblement dépassés. En effet, les conditions de construction étaient topographiquement assez bonnes et sur sa plus grande partie, le tracé de la route est rectiligne et plat, sauf toutefois sur un parcours d’ailleurs restreint, en
- Fig. 3. — lin aspect de la route Litoranée {c’est-a-dire : du Licteur) entre Sabratha et Zuara en Tripolitaine.
- SligÉlÉM
- lier
- davantage les deux zones
- .....
- gis
- rivage. Nécessité politique, administrative, commerciale, touristique. Et aussi, celle considérai ion devant l’emporter de toute sa force, nécessité stratégique. Vers 1934-1935, devinant l’imminence des opérations d’Éthiopie et prévoyant sans doute les difficultés de tout ordre qui en pourraient découler, le maréchal Balbo, gouverneur de Libye, établit le projet de liaison de tout le réseau routier littoral libyque, sous le nom de Strada Litoranea. Il y avait alors environ
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- Cyrénaïque, où le passage du littoral aux hauteurs du plateau a nécessité d’importants travaux de terrassement, une série de courbes aiguës et a occasionné une dépense de 36o.ooo lires au kilomètre, soit triple de la moyenne.
- L’ensemble du travail fut achevé en une quinzaine de mois, depuis novembre ig35 jusqu’à février de cette année. Conduit à une cadence rapide, malgré les conditions déplorables de travail — les ouvriers se trouvant souvent à 4o ou 5o km des puits et à 200 ou a5o km des points habités — l’établissement de la route progressa à une allure de près de 2 km par jour, chaque entreprise travaillant, comme il a été dit, sur le tronçon qui lui était concédé. Aujourd’hui (jne tout est en ordre, on a peine à concevoir ce que dut être l’enfer de ce travail, les hommes parfois ralionnés d’eau, le vent de sable détruisant ou enfouissant le Iravail en cours, la température écrasante, le logement dans des baraques de bois pour les Italiens, sous la tente pour les indigènes, le matériel vaincu par le désert et gisant le long des pistes, avant rétablissement de la route, les hommes brûlés par le soleil, rendus malades par l’eau saumâtre, minéralisée, qu’ils buvaient malgré les prescriptions, l’éclat aveuglant des pierres blanches sous le soleil d’Afrique, l’éloignement.... Italiens ou indigènes, il faut leur rendre hommage : ils ont travaillé avec un courage iul assahle et dans des conditions atroces. Et ils ont réussi. 3oo.ooo journées de main-d’œuvre européenne, /t millions 1/2 de journées de main-d’œuvre indigène, ont vaincu les déserts. Le ruban empierré va de Tunisie en Égypte, excellent d’un bout à l’autre, solidement encastré dans le sol, goudronné sur 5 m de largeur, avec 1 m encore d’empierrement de chaque côté.
- LE TRACÉ DE LA ROUTE
- J’ai dit qu’il y a peu d’ouvrages d’art. Huit ponts, dont le plus important est un pont de béton armé, à 5 arcs de 19 m de portée sur l’oued Soffigim, près de Misurata en Tripolitaine, marquent le passage des
- Fig. ?». — Une maison construite dans le désert pour le personnel d’entretien de la route. Elle est prévue pour deux
- familles.
- principaux oueds. A part cela et le franchissement du Djebel près de Derna en Cyrénaïque, les travaux ont élé simples. On voit d’immenses traits de route toute droite piquer sur l’infini pendant des dizaines de kilomètres, sans rencontrer un pli de terrain, sans traverser une oasis, sans qu’un seul arbre soit visible à des lieues à la ronde....
- En venant de Tunisie, les premiers tronçons construits pour l’achèvement de la Litoranée traversent une région pauvre, nue, désertique, où les salines brillent au soleil d’un éclat métallique. Puis on rencontre quelques oasis et aussi quelques villes antiques, célèbres pour leurs ruines et dont Sabra-tha est la plus réputée, grâce à son théâtre, que l’on a en partie relevé de son anéantissement. Comme dans nombre de théâtres antiques, on y donnera désormais, à la saison du tourisme, des représentations classiques : la première, cette année, inscrivit Œdipe-Roi, à son programme avec un singulier bonheur.
- Ainsi, d’étape en étape, la route nouvelle rejoint celle qui existait déjà depuis plusieurs années, le long du rivage de Tripolitaine, passant à Tripoli qui est l’antique OEa, puis à Leptis la Grande qui dut sa fortune à la munificence de Septime Sévère. On sait que Leptis Magna, qui était complètement enfouie dans le sable, ressort peu à peu de ce mouvant tombeau, pour prendre dans l’histoire des fouilles, la place d’une sorte de Pompéi africaine.
- Fig. 4. — Tripoli. Un des plus beaux vestiges de la domination romaine : l’arc de Marc-Aurèlc au cœur de la vieille ville.
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- Fig. 6. — L’.arc élevé par les Italiens dans le désert de la Grande Syrte à la mémoire des frères Philènes, héros de l’antiquité carthaginoise.
- Entendons par là qu’on y a retrouvé un ensemble de cités, où la vie est plus présente, plus sensible presque, que dans une ville comme Rome, où des constructions successives ont ravagé les vestiges du passé. Leptis Magna est écroulée : mais bien des morceaux sont restés sur place, qu’un immense et patient travail rapproche, rétablit et rend à une sorte de vie nouvelle.
- De Tripoli à Misurata, la route passe ainsi dans des alternances d’oasis, de cultures en plein rapport et de zones désertiques. C’est toute la Tripolitaine en quelque 3oo km depuis Zuara. Palmiers, murs blancs, terres rousses à l’ombre des dattiers, têtes de puits, mosquées au minaret en pain de sucre, passage des indigènes drapés dans leurs grands voiles et des bourricots neurasthéniques... tout le décor familier des oasis nord-africaines.
- Mais après Misurata, le désert reprend ses droits el c’est là que les constructeurs durent fournir un effort gigantesque. En effet,, longeant la mer, la route fait tout le tour de la Grande Syrie, sur 5oo km de parcours : 5oo km de néant. Des lignes droites de plusieurs dizaines de kilomètres tranchent en deux un
- infini de sable el de pierres où ne poussent que de maigres plantes grisâtres, auxquelles pourtant le printemps donne des louches de couleur d’une fraîcheur surprenante et éphémère. Les oueds sont d’inlimes dépressions où l’eau ne coule jamais. Celte configuration uniforme du terrain et sa siccité absolue expliquent à la fois la facilité relative du travail technique et les complications presque tragiques auxquelles il fallut faire face quand se posa le problème du ravi-laillement des milliers d’ouvriers italiens et indigènes.
- En plein désert, pour commémorer la construction de la route nouvelle, le gouvernement de Libye a fait ériger un arc de triomphe à la mémoire des frères Philènes, ces héros de l'antiquité carthaginoise qui, lors d’un litige entre Carthage et Cyrène, se firent enterrer vifs dans ce désert, pour que leur tombeau marquât la limite des possessions puniques. E'effet de ce monument de travertin romain, dressé sur l’immensité infiniment plate des sables, sobre de lignes et de décoration, est saisissant.
- Sorli enfin de ce désert de la Grande Syrie, on retrouve des aspects de plus en plus variés et riants ; el c’est, la Cyrénaïque. Cyrène morte n’est plus qu’un champ de ruines, dans un paysage admirable, en ler-
- Fig. 7. •—• A Derna, une des plus jolies oasis de la Cyrénaïque.
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- rasse au-dessus du [daleau el de la mer ; Apollonia a un peu plus de vie : mais e’esl surtout grâce aux établissements militaires. Par contre, Benghasi, réplique plus modeste de la grande Tripoli, semble en plein essor ; et, autour de Barcé, l’antique Barca, le plateau du Djebel est cultivé à perle de vue, formant une sorte de Beauce africaine, lin effort important a été tenté déjà en Cyrénaïque pour développer la colonisation. Quelque 3oo familles nombreuses occupent un certain nombre de centres de colonisation, créés tout récemment ; depuis des années, les colons étendaient
- faible étendue de l’immense colonie, moins de /400 km sur le parcours routier. Au delà de Bomba, nous retombons dans les secteurs nouveaux de la Litoranea : el désormais, jusqu’à la frontière égyptienne, pendant a5o km, il n’y a plus rien qu’une étendue triste de pierraille où rôdent des nomades aux tentes bariolées. Tobrouk, seul établissement de quelque importance, n’a pour le moment de raison d’être que la défense nationale. C’est une des plus belles rades naturelles du Nord de l’Afrique — une des seules, même. Mais il n’y a pas d’hinterland et les échanges s’y déroulent
- Fig. 8. — Les ruines de l’Acropole de Cyrène.
- Au centre le temple d’Apollon ; au tond le théâtre. La partie romaine de la ville antique est sur la droite
- de la photographie.
- leur action sur les plateaux du Djebel-el-Achdar, aux formes heurtées, aux oueds frais bordés de lauriers-roses, aux végétations si typiquement méditerranéennes. Les colons italiens, s’ils souffrent, en vrais Italiens, d’être éloignés de leur pays natal, reconnaissent que le climat est sain, moins pénible même que celui de la mère-patrie dans les provinces pauvres d’où on les a tirés : Pouilles, Calabre, Sicile.
- Par ailleurs, les oasis, dont celle de Derna est le joyau* offrent une succession d?aspects reposants sur tout le pourtour de la province, qui connut aux temps révolus une prospérité extraordinaire. Plus que la Tri-politaine, la Cyrénaïque semble promettre récompense à l’effort bolonisateur des Italiens. Mais ce n’est qu’une
- sur un mode ralenti. Autour, que ce soit dans l'intérieur des terres ou le long du littoral, des étendues aux ondulations très faibles se succèdent toujours pareilles et toujours recommencées. La roule qui n’a pas rencontré d’obstacle vient s’achever au poste frontière de la Bidotta Capuzzo et à la stèle milliaire qui marque le terme de la voie romaine.
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- Il ne semble pas qu’il faille voir dans la Strada Litoranea un organe économique dirèct. A ces nécessités économiques, les réseaux routiers de Tripolitaine et de
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- Fig. 9. — Construction de la route en corniche au sortir de Derna.
- Cyrénaïque offrait déjà ses ressources. On ne voit guère que des mouvements importants puissent se faire entre Tunisie et Tripolitaine, entre Tripolitaine et Cyrénaïque, entre Cyrénaïque et Égypte, par la route. Les idées maîtresses qui ont présidé à l’œuvre constructive ont donc été :
- le désir d’unilicalion, de resserrement de la colonie partagée jusque-là en provinces très distinctes ; l'exaltai ion de la mystique impériale ; la simplification du système stratégique, tant par rapport à la paix intérieure, que par rapport à nue lutte extérieure.
- 11 reste qu’en constituant la Route Littorale, les Italiens ont amélioré les conditions de passage tout le long de cette côte africaine et contribué largement au progrès du système routier méditerranéen.
- Christian de Caters.
- LES LIGNES DE TRANSPORT DE FORCE « INFOUDROYABLES » EN AMÉRIQUE
- C’est vers 1920 que les Américains, en Californie, installèrent les premières lignes de transport de force à grande distance sous très haut voltage (220 kV). Équipées avec des chaînes d’isolateurs à 12 ou i3 éléments, elles ont donné lieu au début de leur exploitation à de nombreux incidents dus aux oiseaux. Quand on eut installé des dispositifs empêchant les oiseaux de se poser au-dessus des isolateurs, ces incidents disparurent. Quand, en 1926, les réseaux de l’Est des Etats-Unis, se basant sur les résultats de l’expérience de la Californie, eurent installé des lignes à 220 kV, ils
- ont connu un très cuisant échec que rien ne faisait prévoir a priori. Ceci tient au nombre, et à la sévérité des orages qui se produisent dans les Etats de l’Est. C’est ainsi que la ligne, longue de 109 km, qui relie la centrale de Wallenpaupack (Pennsylvanie) au poste de Siegfried, fut foudroyée r5 fois dans la première année de mise en service sans compter le claquage des transformateurs de l’usine.
- La question des orages a une importance particulière aux Etats-Unis, car ils sont à la fois très fréquents et très violents. La carte que nous reproduisons figure 1, qui résume des statistiques s’étendant sur une période de 20 années, donne le nombre annuel moyen de jours d’orages, c’est-à-dire de jours dans lesquels au moins un coup de tonnerre a été perçu à l’oreille. On voit immédiatement que si le Canada et la Californie sont des régions tranquilles, au contraire la Floride et surtout la région de Santa Fé sont presque continuellement sillonnées d’orages.
- Les incidents d’exploitation des lignes à très haute tension proviennent exclusivement des coups de foudre directs soit sur les pylônes, soit sur les câbles, les effets d’induction ne créant jamais de troubles sur les lignes dont la tension dépasse iôo.ooo v. Le remède consiste à établir les lignes de telle façon qu’il soit pratiquement impossible à la foudre d’atteindre les conducteurs ; on a ainsi les lignes « lightning-proof », soit à laisser la foudre atteindre les conducteurs, en ne protégeant que le matériel, contre l’arc amorcé par l’onde
- Fig. 1. — Lignes isohérauniques.
- Nombre do jours par an où il y a un ou plusieurs orages (définis par Je fait.que le coup de tonnerre est perceptible à l’oreille).
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- de foudre. Le choix entre les deux procédés dépend de la puissance mise en jeu. Pour les transports à 220 ou i5o kV, la dépense que représente l’établissement d’une ligne lightning-proof est justifiée, tandis qu’au-des-sous de 100 kV, la protection des appareils est plus économique.
- La seule solution, pour que la foudre ne puisse al teindre directement les conducteurs, est de les proléger par des câbles de terre. En Amérique, toutes les lignes à haut voilage sont en nappe horizontale, avec deux fils de terre au-dessus. On considère en effet qu’à séeurilé égale, l’économie* résultant de la disposition en triangle, comme on le fait le plus souvent en France, disparaît si l’on prévoit deux fils de terre de chaque côté de l’axe du pylône cl qu'avec un seul lil de terre, la protection électrique n’est pas bonne (lig. 2). Ces fils de terre sont en général un peu sur-tendus de façon à avoir, au milieu de la portée entre deux pylônes, un écartement vertical plus grand entre conducteurs et tils de terre, ce qui donne la même sécurité qu’au voisinage des pylônes contre la chute de la foudre sur un conducteur.
- Les postes de transformation et de sectionnement sont également protégés avec beaucoup de soin : les fils de terre sont reliés à ceux protégeant le poste et souvent, au voisinage de celui-ci, on dispose quatre fils de terre sur les premiers pylônes.
- Les coups de foudre directs sur les conducteurs étant ainsi évités, il faut encore qu’un coup de foudre sur le fil de terre ou le pylône ne puisse parvenir aux conducteurs par un arc contournant la chaîne d’isolateurs. Il faut pour cela que le produit de l’intensité du coup de foudre par l’impédance qu’il doit traverser pour s’écouler au sol ne dépasse pas la tension d’amorçage de la chaîne d’isolateurs sous une onde à front raide.
- Nous avons exposé dans un article précédent les résultats des mesures sur les caractéristiques électriques des coups de foudre dont on peut déduire qu’en basant, les calculs sur une intensité maxima de 100.000 À on protège très efficacement les lignes qui seront alors parfaitement lightning-proof. Toute la question est donc dans le rapport entre l’isolement de la ligne et la conductibilité du terrain et, suivant les cas, on devra soit surisoler la ligne soit améliore]- les prises de terre. Dans beaucoup de lignes, en Amérique, la conductibilité des prises de terre locales esf très vite limitée par la nature des terrains, comme par exemple, pour la ligne à 280 kV de Boulder Dam à Los Angeles presque entièrement établie dans une région sèche et désertique. On doit alors augmenter la protection de la ligne même, en installant au-dessus d’elle un réseau de fils de terre, de contrepoids comme on les appelle, dont le développement est parfois considérable (fig. 3).
- On peut, également profiter du pouvoir isolant du bois, qui résiste à une contrainte d’impulsion de l’ordre de 5oo.ooo v par mètre, pour surisoler une ligne. En utilisant ainsi un portique dont la traverse est, en bois, on réalise un isolement très élevé entre les con-
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- Fils de terre FU de terre
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- Fils de transpot de force Fils de transpot de force
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- Fig. 2. — Disposition des lignes de transport de force et des fils de terre.
- a, aux États-Unis ; b, en France.
- docteurs d’une part et, d’autre paît, le câble de terre et la partie la plus haute du support, qui le soutient, line solulion parfaite consiste à placer les fils de terre sur des poteaux complètement séparés des supports des conducteurs. La ligne électrique est alors encadrée entre deux lignes de terre plus élevées qu’elle. C’est, ainsi qu’est installée la ligne à j 5o kV de la Tennessee Valley, line telle ligne coûte aussi cher qu’une ligne ordinaire sur pylônes métalliques et sa durée ne peut, guère dépasser 25 ans. Malgré cet inconvénient, on emploie cependant ce dispositif au voisinage des postes de façon à les protéger parfaitement sur une longueur de 1 ou 2 km.
- Dans une intéressante communication à la Société française des Electriciens faite par M. Aillcrel, on trouvera de nombreux autres détails sur. la protection des lignes. Cette question, surtout, dans les régions orageuses est très importante non seulement pour l’exploitation, les interruptions de courant et le foudroiement des câbles étant des accidents désastreux, mais également pour la conception même des programmes de lignes. Leur doublement dans un but de sécurité devient, bien moins impératif. D’autre part, si la puissance à transporter justifie une artère double, on a moins d’intérêt qu’autrefois à séparer les lignes suivant des trajets différents éloignés dans le but de les soustraire aux mêmes orages. En fait, on ne craint plus de superposer des circuits différents sur les mêmes supports, ce qui simplifie beaucoup le problème technique et financier.
- H. Vigneron.
- Fig. 3. — Protection de la ligne à 280.000 v de Boulder-Dam à Los-Angeles.
- Câbles
- de
- contrepoids
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- 370 REMARQUES SUR LES ÉLÉPHANTS AFRICAINS =
- D’une façon générale, les chasseui's se contentent... d’être chasseurs ! Le gibier qu’ils poursuivent n’est qu’une cible vivante qui ne les intéresse que pour ses dépouilles, ou pour le passe-temps qu’elle leur procure, sans parler des glorieux trophées qu’ils rapportent de leurs expéditions, quand il s’agit de représentants de la grande faune. Ne demandons pas à cette catégorie de chasseurs qu’ils ajoutent à leur butin cynégétique des observations personnelles sur les mœurs et habitudes des animaux qui tombent sous leur plomb : des cornes et des peaux (outre le récit plus ou moins dramatisé de leurs prouesses), sont tout ce qu’ils peuvent offrir à notre cui'iosilé.
- Mais il est d’heureuses exceptions à la règle : nous en relevons une dans le National Géographie Magazine, avec les notes sur les éléphants d’Afrique qu’y publie un chasseur bien connu. M. Edmund Heller a des antécédents qui l’autorisent à traiter ce sujet, car il a passé la moitié de sa vie dans l’intérieur du continent noir, soit comme chasseur professionnel, soit comme obtenteur d’animaux vivants, destinés aux jardins zoologiques, soit encore comme organisateur de safaris, expéditions qui permettent aux riches sportsmen de se mesurer avec la grande faune africaine, en s’exposant à un minimum de dangers.
- I/unc des observations les plus curieuses que nous trouvions dans son récit a trait aux ^éfenses des pro-boseidiens. Elles ne se développent p'as chez tous les mâles et, généralement, ceux qui les gardent à l’état embryonnaire atteignent une stature très supérieure à la moyenne. 11 en est qui n’en conservent qu’une, l’autre s’étant brisée à la racine au cours d’un combat singulier, quand l’accident ne s’est pas produit pendant que l’animal tentait de déraciner un arbre.
- Le poids d’une défense peut atteindre 70 kgr. La paire constitue une lourde charge pour les vieux mâles et une fatigue parfois intolérable pour les muscles du cou. Aussi les voit-on s’arrêter fréquemment au pied
- Fig. 1. — Un solitaire dans la brousse.
- d’un arbre et poser les extrémités de leurs défenses sur la fourche d’une branche basse, comme pour reprendre haleine. Selon la pittoresque expression de M. Haller, « la nature [tousse souvent trop loin une chose bonne en elle-même », et ces vieux éléphants, trop généreusement dotés en ivoire, en arrivent à ne plus pouvoir suivre la marche du troupeau. Contraints à mener une existence quasi solitaire, ils sont des victimes toutes désignées aux attaques des chasseurs, indigènes ou européens, qui hésiteraient à s’approcher d’une bande.
- PARTICULARITÉS SUR LA TROMPE
- L’auteur corrige certaines erreurs répandues sur ces pachydermes, notamment sur leur taille, leur poids et l’âge qu’ils peuvent atteindre. /
- Un lit parfois, dans des récits de chasseurs, des chiffres trop imposants sur la stature des proboscidiens qu’ils ont abattus. D’après M. Edmund Heller, le plus grand dont la mensuration puisse être considérée' comme authentique est un mâle que le commandant Powell-Cotton, explorateur réputé, tua sur le cours supérieur du Nil, dans la région du Soudan : il mesurait à l’épaule 10 pieds 5 pouces 1/2, soit 3 m 494, et 11e possédait pas de défenses. Cette dernière observation s’applique aux deux plus grands éléphants morts en captivité, et qui appartenaient aussi à l’espèce africaine.
- Jumbo, dont les premières années d’expatriation se déroulèrent à Paris, puis à Londres et qui, acheté par le fameux Cirque Barnum, périt au Canada, dans une catastrophe de chemin de fer, mesurait 3 m 22 et pesait 6.000 kgr. Khartoum le suivait de près avec 3 ni i45 et près de 5 t.
- Quant à la question de la longévité, l’auteur se prononce nettement contre la légende qui veut que les éléphants en détiennent le record, dans le règne animal. Aux Indes, les éléphants domestiqués n’atteignent la cinquantaine qu’exceptionnellement, malgré les soins dont on les entoure et bien qu’ils ne changent pas de climat. Il est probable que ce chiffre n’est pas dépassé par les éléphants sauvages. Ceux qui vivent dans les ménageries des régions tempérées 11e dépassent jamais la quarantaine.
- La trompe nous vaut tout un ensemble d’observations du plus vif intérêt. Vraisemblablement, c’est l’organe le plus parfait que l’on puisse trouver dans le règne animal, avec les multiples fonctions qu’il remplit, car il sert de main, de nez et de palais : les trois sens du loucher, de l’odorat, et du goût s’exercent par l’extrémité de cet appendice. On peut ajouter qu’il fait aussi office de bras, puisque l'éléphant l’utilise pour arracher un arbre ou soulever un fardeau.
- Des cinq sens, celui de la vue est le moins développé chez l’éléphant qui, au delà d’une distance de 10 à 12 m, ne distingue plus très nettement les objets
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- Fig. 2. — Un grand éléphant tué en Afrique orientale portugaise. Les défenses pesaient 200 livres.
- et les confond les uns avec les autres. Un chasseur poursuivi par un mâle en furie n’a qu’une chance, si mince qu’elle soit, de s’en tirer la vie sauve : c’est de rester droit et rigidement immobile devant celte masse de 5 t qui se précipite sur lui. Ne pouvant plus le distinguer des troncs d’arbres avoisinants, ranimai le cherchera dans une autre direction, sauf si le vent met son odorat; en éveil.
- L’ouïe est très fine : quand il a des raisons de s’inquiéter, l’éléphant d’Afrique soulève sans cesse ses vastes oreilles pour capter les moindres bruits. Mais c’est, en somme, l’odo-rat qui gouverne ses décisions. Lorsqu’un troupeau est en marche, les adultes dressent fréquemment leurs' trompes dans le sens de la verticale pour s’assurer qu’un relent suspect n’imprègne pas l’air. On affirme que ces animaux peuvent déceler l’odeur humaine à une distance de îBoui 200 m. Aussi, les chasseurs qui suivent un troupeau à la piste s’assurent-ils à tout moment, en frottant une allumette, qu’ils n’ont pas le vent ou la brise contre eux.
- Il est surprenant que l’éléphanteau doive subir un apprentissage avant de se rendre compte de l’importance du rôle que sa trompe jouera dans son existence. Mais il faut bien reconnaître quelle ne lui est d’aucune utilité, à ses débuts dans la vie. L’allaitement s’effectue directement par la bouche, la jeune bête se haussant jusqu’aux mamelles, plâcées entre les jambes antérieures de la mère. L’éléphanteau 11’a donc que faire de sa trompe qui pend, inerte, pendant ses premiers mois. 11 larde à découvrir qu’il peut la soulever, la courber, la dresser, ainsi que le font autour de lui les adultes, et les muscles qui la gouvernent se développent progressivement.
- Le jour vient où l’ambition lui pousse d’imiter maman et de se servir de sa trompe pour boire au trou d’eau. Les premiers résultats le déconcertent : soufflant, au lieu d’aspirer, il ne réussit qu’à produire des bulles d’air. Après s’y être repris à plusieurs fois, il apprend à remplir sa trompe, mais en laisse s’échapper le contenu qui, à son manifeste dépit, lui éclabousse les pattes. Son opiniâtreté l'eçoit enfin sa récom pense et, fier d’un succès si patiemment conquis, il se gorgera d’eau jusqu’à ce qu’une nausée l’avertisse qu’il ne convient pas d’abuser des meilleures choses.
- MŒURS FAMILIALES
- Les éléphants vivent par bandes de 20 à ko têtes, les deux sexes étant presque toujours égaux en nombre. Parfois, des troupeaux se rencontrent sur le rivage d’un cours d’eau et s’agglomèrent pour franchir plus commodément le courant. Les éléphants sqmt d’excellents nageurs ; mais ils s’inquiètent du sort des1 petits et prennent des précautions qui assurent leûr sauvegarde. Dans la majorité des cas, la bande obéit à l’autorité d’une femelle, choisie plus pour sa sagacité que pour
- son âge. Elle conduit ses « administrés » sur les lieux de pâture, donne le signal de la sieste,, les entraîne vers le bouquet d’arbres où l’on dormira debout (ces pachydermes ne se couchant sur le flanc que lorsque la maladie épuise leurs forces), mais ne s’accorde qu’un demi-sommeil, car elle redresse fréquemment la trompe pour enregistrer les senteurs de l’air.
- Les femelles commencent leur carrière maternelle vers l’âge de 12 ans et donnent naissance à un petit (toujours unique) tous les 5 ans. La gestation dure de 21 à 23 mois. L’éléphanteau n’est jamais sevré avant le début de sa troisième année et la mère ne cesse de s’en occuper et de le surveiller qu’à partir de la cinquième.
- Les petits sont la joie de la grande famille que constitue le troupeau. On tolère leurs fantaisies et leurs écarts. L’un de leurs jeux consiste à se cacher dans un buisson et à pousser des cris de détresse. Les mères se précipitent, affolées, à leur secours ; au moment où elles s’y attendent le moins, ils sortent de leur cachette et leur lancent des coups de tête dans le flanc. Ils s’attaquent de la même façon aux adultes mâles,; sans que ceux-ci en témoignent de la mauvaise humeur ou du courroux. !
- L’entraide est la loi du troupeau. Il ne redoute d’ailT leurs que l’homme, cartes puissances animales qui font domaine commun avec lui (le lion, le rhinocéros) le buffle, le léopard) s’écartent de sa route et l’on ne saurait citer aucun exemple authentique d’un éléphanteau mis à mal par un carnassier. Mais il faut une bonne dose de courage au chasseur pour s’attaquer à une bande, alors même qu’il est pourvu d’uh fusil perfectionné et que des guides indigènes lui tiennent toutes prêtes des armes de rechange, car il court le risque, après avoir abattu un premier éléphant, d’être assailli soudain par tpus les mâles du troupeau. ;
- M. Edmund Heller nous cite un cas remarquable. U
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- Fig. 3. — Un jeune éléphant rejoignant sa mère qui vient d’être tuée.
- dirigeaiI le' safari organisé dans le Kenya (Afrique orientale), an bénéfice de Théodore Roosevell. L’expédition suivait un troupeau à la piste. L’ex-président des États-Unis marchait en tête, avec le guide en chef et quatre porteurs de fusils, quand il aperçut, à travers l’écran de végétation, et à une distance d’une trentaine de mètres, le plus gros mâle de la bande. D’une première balle, il le fit s’abattre sur les genoux ; une seconde le foudroya.
- Les échos de la forêt vibraient encore, sous le fracas de la première détonation, quand un second mâle surgit soudain et se précipita dans la direction de Roosevelt, désarmé, les indigènes s’enfuyant avec les fusils
- Fig. 4. — f/n petit éléphant de deux ans, pesant seulement 5S0 livres (taille et poids d’un poney) à son arrivée au « Zoo » de Philadelphie.
- de rechange. M. Meller ne nous dit pas comment l’homme d’Étal évita la mort ; nous supposons qu’il bénéficia de la mauvaise vue de l’espèce. Mais l’auteur nous avoue qu’il apprit, dans cette minute, ce qu’est la peur, confession d’autant plus tragique que, plus d’une fois, il avait subi, sans trembler, les assauts des lions, des rhinocéros et des bufiles.
- Une photographie aérienne, prise par un aviateur militaire anglais, nous est une précieuse leçon do choses, sur ce chapitre de la combativité des probosci-diens. On y voit nue bande que terrifie le fracas du moteur ; et cependant, malgré une peur panique bien excusable, elle n’omet pas de se mol Ire aussitôt sur Ja défensive : quatre femelles forment le carré, autour de leurs quatre petits, taudis que les mâles galopent tout autour, cherchant le mystérieux ennemi et prêts à foncer dessus !
- Les unions, semble-t-il, se contractent pour la vie et la fidélité conjugale est une règle qui souffre peu d’exceptions. L’entente règne entre les membres du troupeau ; il est faux que les faibles, les malades et les vieux soient expulsés de la communauté et les duels qui mettent parfois aux prises les mâles adultes ne sont jamais des duels à mort : la réconciliation succède au combat.
- On ne sait, pas exactement pour quelles causes un mâle peut être renié par les membres de la famille ; mais le fait se produit de temps en temps. 11 serait intéressant de savoir s’il coïncide avec une inégalité numérique des sexes dans la même bande. L’ostracisme ne vise jamais un vieux, mais bien un adulte dans tout l’épanouissement de sa force.
- La rupture de tous liens sociaux ne tarde pas à exercer une action néfaste sur le proscrit, action qui se traduit finalement par une véritable démence. Il n’attendra plus une provocation pour attaquer férocement tout être vivant, qu’il s’agisse d’animaux ou d’hommes. Tant en Afrique qu’en Asie, on voit de ces éléphants pénétrer en plein jour dans un village, écraser rageusement les paillottes, piétiner à mort ceux des habitants qui n’ont, pas eu le temps de s’enfuir. Aux Indes, les autorités entretiennent des chasseurs professionnels, chargés d’abattre ces dangereux solitaires ; en Afrique, les villages menacés s’unissent contre le péril commun.
- L’éléphant captif conserve celte sociabilité, cet amour de ses semblables, sentiment dont on ne tient pas toujours compte dans les ménageries. Condamné à vivre dans l’isolement, de son enclos, il pourra se prendre d’affection pour son gardien, ce qui ne le retiendra pas de le mettre à mort tôt ou tard, dans un accès d’hypocondrie. De tels meurtres sont assez fréquents : peut-être n’a-t-on pas oublié la fin tragique de ce vieil employé du Jardin des Plantes qui, après avoir soigné un pachyderme pendant des années, fut écrasé sciemment par lui contre la muraille ? Dans les ménageries foraines et dans les cirques, où les éléphants sont plus ou moins nombreux, ils conservent une humeur égale et s’abstiennent de tout acte de violence contre leurs compagnons ou contre les hommes.
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- CIMETIÈRES D’ÉLÉPHANTS
- Les notes de M. Edniund Heller sur ce que nous appellerons « la vie courante » des proboscidiens présentent un intérêt incontestable, car elles nous permettent de reconstituer leur façon de vivre, tout en rectifiant maintes erreurs répandues sur leur compte.
- Les éléphants redoutent la grande chaleur. Us ne retrouvent réellement leur activité qu après le coucher du soleil, sauf si lé ciel est nuageux ou s'il souille un vent frais. D’une façon générale, (''est la nuit qu'ils parcourent la forêt, en s'arrêtant pour cueillir les feuilles, les bourgeons et les jeunes branches dont ils se nourrissent. Soit par esprit, de jeu, soit [jour s'assurer d'un seid coup ample provision de pâture, il leur arrive fréquemment de briser un arbre ou de le déracine]'. Ils ne dédaignent pas un changement de régime : à l'occasion, ils délaisseront la forêt et gagneront les clairières ou les abords des marécages et s’y gorgeront d’herbe fraîche.
- Et il y a aussi le fruit défendu ! Malgré la peur que l’homme leur inspire, ils ne résistent pas toujours à l’attrait qu’exercent sur leur appétit les plantations des indigènes : ils les envahissent de nuit et prélèvent un gros tribut sur les alignements de millet et de haricots, comme sur les régimes de bananes. Les cultivateurs se défendent en postant des gardiens qui ne cessent de crier, de sonner de la trompe ou de heurter leurs tam-tams.. Mais les éléphants ne s’aventurent jamais dans les abords immédiats des villages, qui n’ont à redouter, ainsi que nous l'avons noté déjà, que les incursions des individus solitaires, devenus de véritables bêles féroces depuis qu’ils ont été chassés du troupeau.
- Comme nous lavons dit également, les éléphants dorment de joui', à l’ombre d’un bouquet d'arbres. Ils s’y tiennent étroitement serrés, en groupe, compact, tous debout. Ces moeurs sont radicalement changées dans letat de captivité : les animaux y dorment la nuit et apprennent à se coucher sur le liane. Quand ils sommeillent ainsi groupés dans la partie la plus épaisse de la forêt, ils trahissent leur présence, et de fort loin, par une catégorie de bruits intestinaux qu’une décence peut-être exagérée ne nous permet pas de préciser davantage. L’oreille des chasseurs d’ivoire sait les guider d’après celle canonnade incongrue.
- En temps normal, la marche du troupeau est bruyante : les barrils stridents s’unissent au fracas des branches et des troncs cassés pour produire un vacarme sonore. Mais s’il y a du danger dans l’air, les choses se passent tout autrement. IJn silence absolu est observé par les membres du troupeau ; ils se déplacent alors sans que la direction de leur marche soit trahie ; malgré leur poids de plusieurs tonnes, nulle branche morte ne craque sous leurs pieds. Une bande de 3o à 4o têtes peut ainsi disparaître d’une forêt, à l’insu des chasseurs qui la poursuivent.
- lies pachydermes ne courent que dans un moment de fureur. Normalement, leur allure est une marche
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- allongée qui tient de la glissade, l’enjambée pouvant atteindre la longueur de C pieds 1/2 (1 m 97). Ils sont capables de mâcher ainsi pendant de nombreux kilomètres sans manifester de la fatigue. Us n’hésitent pas à descendre les escarpements les plus roides et, d’autre part, peuvent én escalader qui décourageraient chevaux et mulets. Mais le saut leur est interdit et une
- Fi y. o. — Crâne d'éléphant trouvé dans la brousse en Afrique Orientale.
- excavation large de 7 pieds (environ 2 111 i3j creuse devant eux un obstacle infranchissable. Daiis les jardins zoologiques récents, il suffit donc d’entourer les éléphants d’un fossé large de 3 m, aux murailles verticales, pour supprimer toute chance d’évasion.
- Au cours de la saison des pluies, ces animaux voyagent en file indienne; Ils poussent Limitation du Peau-Rouge jusqu’à poser les pieds sur les empreintes lais sées par celui qui marche en tête. Si le terrain est bien détrempé, le troupeau sème derrière lui un double chapelet de trous profonds de 60 à 70 cm., et dont la circonférence peut mesurer 1 m 1/2. Les chasseurs
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- Fig. G. — Caravane d’ivoire au Congo belge.
- qui s’engagent sur une pareille piste la suivent avec d’autant plus de fatigue que ces trous se remplissent d’eau à la première ondée.
- La question des « cimetières d’éléphants » ayant été de nouveau soulevée dans un livre de publication récente, il est intéressant de noter que M. Edmund lleller ne croit pas à leur existence, que, pour sa part, il n’en a jamais rencontré, et que, depuis 5o ans que l’on peut parcourir l’Afrique équatoriale ou tropicale dans tous les sens, on en est encore à attendre un cas authentique qui démontrerait que les proboscidiens se réfugient toujours dans la même refaite pour y passer paisiblement de vie à trépas.
- Admettre un pareil fait, ce serait accorder aux éléphants un sens de la mort que l’homme est seul à posséder. On peut établir avec plus de certitude que tous les animaux, atteints d’une maladie grave, sentent leurs foi’ces diminuer et cèdent au besoin de s’écarter de leurs semblables, probablement pour se garer de toute bousculade ou de tout horion. Et je regrette, à ce propos, de n’avoir pas découpé la lettre d’un chasseur, publiée par The Times, il y a quelques années, et qui exposait les faits suivants :
- Poursuivant une bande d’éléphants en Afrique orientale, l’auteur en avait blessé un, qu’il vit s’enfuir, clopin-clopant, avec ses congénères. La nuit qui tombait arrêta la poursuite, qui fut reprise le lendemain matin. En suivant le troupeau à la piste, on constata que l’animal blessé s’en était bientôt détaché pour aller mourir au fond d’un ravin, où l’on retrouva sa carcasse encore chaude.
- Les journaux ont signalé récemment la découverte de « cimetières de mammouths » en Sibérie ; mais il s’agit là d’un ordre de phénomènes bien connus. A l'embouchure de plusieurs fleuves sibériens, on exploite depuis des siècles, des carrières d’ivoire fossile formant de véritables îlots, reliques de troupeaux de' mammouths qui furent entraînés vers l’océan par des crues catastrophiques. Beaucoup plus ancien, mais créé par une cause analogue, est ce « cimetière de
- dinosaures » que des missions scientifiques exploitent dans le bassin de la lied Deer Hiver, en Alberta, au pied des Montagnes Bocheuses canadiennes.
- Bref, il se peut que l’on rencontre en Afrique, au -fond du même ravin, plusieurs squelettes de pachydermes ; mais le « champ de repos » où les éléphants moribonds se donneraient rendez-vous n’est qu’un mythe, grâce auquel la pénétration du continent noir s’est effectuée beaucoup plus rapidement qu’on aurait pu l’imaginer., la recherche de ces fabuleux amas d’ivoire ayant motivé de nombreuses expéditions.
- PROBOSCIDIENS ET LAMANTINS
- La denture des véritables éléphants (groupe auquel appartient le mammouth) présente des particularités fort curieuses. Les molaires, qui peuvent atteindre des dimensions énormes (jusqu’à 3o cm de longueur à la couronne et à peu près autant de hauteur), sont constituées par des lamelles parallèles et verticales. A l’encontre de ce que l’on observe chez tous les mammifères (à une exception près, comme nous allons le voir), elles ne sont pas iixées dans des alvéoles : elles glissent le long de la mâchoire comme entre deux rainures. Au fur et à mesure que s’use leur couronne, elles sont poussées de l’arrière de la bouche vers lavant et, quand l’usure fait quelles ne remplissent plus leurs fonctions, elles sont expulsées à l’état .de fragment, le « chicot » ne représentant plus que la trentième partie environ du volume original de la dent et sont remplacées automatiquement par celles qui les suivent. Au cours de son existence, un éléphant change ainsi deux fois sa denture et use conséquemment, a4 molaires, à raison de 12 par mâchoire. Le mécanisme est facilité par l’absence presque complète de racines.
- Soit dit en passant, ces dispositifs séparent très nettement les éléphants des mastodontes : les molaires de ces proboscidiens étaient ancrées aux mâchoires par de puissantes racines, et leurs couronnes, au lieu d’être plates comme chez les premiers, s’armaient de protubérances multiples, à la forme conique très accentuée.
- Cette unique exception à laquelle nous faisons allusion plus haut est offerte par les lamantins qui, eux aussi, ont leurs molaires, quasi mobiles, expulsées de la bouche après usure. Et voilà un rapprochement inattendu entre ces mammifères aquatiques et ces pachydermes essentiellement terrestres ! Mais, si bizarre qu’il nous paraisse, la paléontologie lui apporte une explication qui nous incline à croire qu’il ne s’agit pas là d’une coïncidence fortuite.
- Rappelons que les plus lointains ancêtres des éléphants ont été découverts dans le Tertiaire du Fayoum, vaste dépression du désert de Libye, où l’on s’accorde à placer le berceau des proboscidiens. On y trouve, notamment, les fossiles d’un mammifère dont la taille était moitié moindre de celle de nos éléphants et chez qui les défenses et la trompe émergeaient à peine de l’état embryonnaire. Dans ses lignes générales, le sque-
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- lette se rapproche autant de l’éléphant que du mastodonte.
- Or, dans-ce même Ëocène du Fayoum, on a découvert non seulement plusieurs formes ancestrales des lamantins, mais aussi une forme encore plus ancienne que l’on considère comme le « chaînon » entre Siréniens et proboscidiens. Si l’on avait le désir ou le loisir de philosopher, que de commentaires pourrait inspirer cette parenté entre deux groupes, appelés à des destinées si peu semblables ! C’est au lamantin, à sa tête ronde émergeant de l’eau, à la façon dont la mère tient son petit en l’allaitant, que nous devons la gracieuse fable de la sirène, évocation féminine dont on hésiterait à inscrire le pendant à l’actif de son majestueux cousin 1
- LES DOMAINES DE L'ÉLÉPHANT
- Les encyclopédies n’ont pas encore pris l’habitude de noter qu’il existe trois espèces d’éléphants, car la troisième est de découverte relativement récente : c’est l’espèce naine, cantonnée dans le Libéria, le Congo et le Cameroun, caractérisée non seulement par sa petite taille, mais aussi par ses oreilles rondes et par d’autres détails anatomiques. Elle n’est représentée dans les jardins zoologiques que depuis une quinzaine d’années. 11 n’est pas hors de propos de rappeler que l’hippopotame nain est confiné à ces mêmes régions de l’Afrique occidentale.
- M. Edmund Heller émet l’opinion que le terme de genre devrait être appliqué à ces trois espèces. L’éléphant africain a moins évolué que son congénère asiatique ; ses molaires comptent moins de plaques d’émail ; sa tête quasi sphérique évoque le crâne du mastodonte. Les différences externes sont caractéristique. L’oreille du second n’est que le tiers de celle du premier, quant à la grandeur, et elle présente des plis et des ourlets qui n’existent pas chez l’autre. La ligne doi’sale n’est pas la même : chez l’asiatique, le sommet du crâne est au niveau de l’échine ; chez l’africain, la tête est plus élevée et le cou la relie au garrot par une pente inclinée. Le front du premier se creuse de nombreuses dépressions, dont l’une sépare deux protubérances où les phré-nologistes voient les « bosses de la sagesse ».
- Si la taille du second l’emporte d’une trentaine de centimètres en moyenne, l’autre, plus épais aux épaules et aux hanches, a l’avantage du poids. Enfin, la femelle de l’éléphant indien n’est jamais armée de défenses, alors que celle de l’éléphant africain en possède généralement une paire, moins longue et moins massive que chez'le mâle.
- Si l’habitat de l’espèce asiatique n’a pas subi d’importantes modifications depuis les temps historiques, puisqu’on la rencontre encore dans toutes les régions boisées de l’Inde, de Ceylan, de la Bii'manie, du Siam, du Cambodge, de la Péninsule Malaise, de
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- Bornéo et de Sumatra, celui de l’espèce africaine a vu diminuer considérablement son étendue depuis trois quarts de siècle.
- Jadis, avant la pénétration européenne, elle pullulait entre le Sahara et le Cap de Bonne-Espérance, du rivage de l’Atlantique à celui de l’Océan Indien. Ses domaines s’étendaient du niveau de la mer jusqu’à des altitudes de l’ordre de 3.ooo m, limite extrême des forêts dans les massifs du Kilimandjaro, du Kenya, du Buwenzori. Décimé presque partout, grâce aux fusils perfectionnés dont disposent les chasseurs de race blanche, elle a totalement disparu de vastes régions, notamment dans l’Ouest et dans le Sud du continent noir. Des mesures de protection ont été prises en sa faveur par les autorités coloniales, britanniques, belges et françaises ; il faut souhaiter quelles soient rigoureusement appliquées — ce qui est demander l’impossible. Une expédition cynégétique, convaincue d’avoir tué plus d’éléphants que les règlements ne le lui permettaient, peut toujours prétendre (réédition de la fable du Loup et de l’Agneau) quelle s’est vue dans l’obligation de les enfreindre, devant l’assaut de pachydermes en furie !
- C’est l’excuse qu’invoque un a sporlsman » de ma connaissance qui, chaque fois que ses affaires l’appellent en Indochine, ne manque pas de s’offrir ce cruel passe-temps : il massacre sa demi-douzaine d’éléphants dans la jungle cambodgienne.
- DISSERTATION CULINAIRE
- M. Edmund Heller nous livre quelques remarques qu’il ne convient pas de négliger. L’une d’elles nous apprend que les pieds de devant, plus larges que les deux autres et d’un contour presque circulaire, peu-
- Fig. 7. — Le marché de l’ivoire aux docks de Londres. Un expert vérifie que des indigènes n’ont pas coulé du plomb dans les défenses pour en augmenter le poids.
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- vent mesurer, chez un mâle africain, jusqu a 68 pouces (i m Co) de circonférence. La hauteur à l’épaule est toujours le double de cette mesure. Ainsi, en étudiant les empreintes laissées par le troupeau-qu’il suit, un chasseur peut, savoir s'il compte dans ses rangs des individus de haute taille.
- On pourrait croire que les éléphants sont bien protégés des changements de température par leur peau, épaisse de 2 cm 1/2. Or, ils sont très sensibles au froid, dont l’action se traduit pour eux par des crampes d’estomac qui paraissent être fort douloureuses et inquiètent, à juste titre, les directeurs de cirques ou de ménageries. Le remède le plus efticace comporte deux opérations, aussi énergiques rime que l’autre. La première prend la forme d’un gigantesque cataplasme : deux draps de lit, entre lesquels on a disposé une couche de farine de moutarde, enveloppent le dos et le ventre du patient. La seconde semble avoir ses préférences : 011 lui donne à boire un baquet de gin et de gingembre. L auteur nous apprend que ce breuvage entraîne parfois les éléphants sur la pente fatale de l’alcoolisme, car on en voit qui, après en avoir goûté, feignent bientôt une rechute, se couchent sur le flanc, émettent des grognements de souffrance, avec l’espoir que les gardiens vont leur administrer une nouvelle dose !
- Nous devions aux récits de quelques explorateurs de croire fermement qu’une trompe d’éléphant, cuite sous la cendre, était un régal sans pareil ! Nous tenions de quelques autres que la chair de ces pachydermes se comparerait avantageusement à celle du bœuf. M. Ed-inund Relier nous appauvrit de ces illusions. Au cours de ses randonnées en Afrique centrale, force lui a été, plus d'une fois, de se contenter d’un « bifteaek » d’éléphant, à défaut d’une nourriture plus banale, mais plus digestive. Assurément, il reconnaît que l’aspect de cette viande rappelle le bœuf ; mais la similitude s'arrête là : à l’aspect ! Le goût en est détestable : 011 croirait mâcher du carton. Et l’on ne sait plus
- comment vider sa bouche de celle matière glutineuse qui se colle aux dents et à la voûte du palais comme le ferait de la poix fraîche !
- Les uègres, eux, sont friands de ce gibier. Dès que la nouvelle se répand dans les villages que des blancs ont abattu un éléphant, une ruée générale a tôt fait de rassembler des centaines d’amateurs autour de ces !\ ou 5 l de viande. Chacun tente de se servir le premier, pour s’adjuger quelque morceau de choix, et des mains se couvrent; d’estafilades, sous les lames trop pressées. Les convives qui sont venus de loin allument des feux d’herbes ou de bois et dévorent une partie de leur prise, sans attendre qu’elle soit rôtie ou même « revenue », comme disent nos ménagères. Les autres emportent leur part au village, pour la manger en famille. Il convient d’observer que l’aubaine est hautement appréciée, surtout en raison de sa rareté. Les indigènes 11e s’attaquent jamais à une bande et les seuls qu’ils réussissent à capturer dans leurs pièges sont les jeunes éléphants qui 11e savent pas éventer la fosse, dissimulée sous des branchages, au fond de laquelle est fiché un pieu, qui les éventre.
- Dans la partie de sou récit consacrée à l’exploit de Théodore Roosevelt, 1\1. Edmund Relier nous donne une idée de la voracité des autochtones de l’Afrique Orientale. Les pisteurs et les porteurs du safari 11’at-lendirent pas le signal coutumier pour dépecer la colossale carcasse. Affamés et assoiffés par une longue mari-lie, ils commencèrent par enlever l’énorme cœur et en burent le sang chaud, à tour de rôle. Puis, « comme autant de vautours humains », ils passèrent le restant de la journée à se gorger de viande, qu’ils dévoraient à moitié crue.
- Domine quoi les moeurs des primitifs se ressemblent, lie l’équateur au pôle ! Car ce tableau fait songer aux Esquimaux, eux aussi toujours affamés, qui se gavent de la chair et des entrailles d'un phoque ou d'un renne jusqu’à en étouffer, en réparation ou en. prévision des mois de disette. Victor For juin..
- LÈS PRÉCIPITÉS LIQUIDES
- On connaît depuis 1889 ce que Lehmann a appelé des cristaux liquides. Ce sont des corps, comme le benzoate de cholestérine qui présentent, au moment de leur cristallisation, des propriétés extrêmement curieuses car, ainsi que l’a montré Friedel, elles mettent en évidence l’existence d’un nouvel état de la matière, intermédiaire entre l’état amorphe et l’état cristallisé et qu’il a dénommé l’état mésomorphe.
- Plus récemment, en 1939, kruyt et Bungerberg de .long ont obtenu, par précipitation mutuelle de deux colloïdes, des précipités dont l’état liquide était indéniable et auxquels ils ont donné le nom de coacervals (de acervus, amas), le phénomène lui-même étant baptisé coacervation. Depuis celte date de nombreuses recherches ont permis d’observer la formation de coacervats non plus seulement dans le domaine des colloïdes, mais également dans celui, cependant si étudié, des solutions aqueuses d’électrolytes.
- Nous allons donner quelques renseignements sur ces précipités à contexture si remarquable.
- GÉNÉRALITÉS
- On sait que les particules colloïdales portent des charges électriques et que le signe de ces charges dépend de la composition du milieu dispersant. C’est ainsi que par addition d’électrolytes 011 peut arriver à changer le signe de la charge des particules après l’avoir annulé au point iso-électrique.
- Si l’on mélange deux colloïdes dont les charges des particules sont de signe contraire, il y aura attraction électrostatique entre les micelles qui neutraliseront leurs charges, si elles viennent au contact, déterminant la floculation des colloïdes. On dit dans ce cas que les colloïdes sont hydrophobes ce qui revient à dire que le milieu aqueux disper-
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- sa 11L est inerte1 pur rapport aux. particules qui y sont en suspension. Connue exemple typique de précipitation mutuelle de deux sols hydrophobes on peut citer l’hydroxyde de 1er et le sulfure d’arsenic.
- Mais les conditions changent si les deux sols sont hydrophiles, c’esl-à-dire si les micelles colloïdales, agrégats de particules élémentaires ou d’ions, sont capables d’attirer et de retenir les molécules d’eau environnantes, de s’hydrater en un mol.
- Sous l’action d’attraction, les dipoles de l’eau s’orientent au voisinage immédiat de la inicelle ; l’orientation étant moins parfaite au fur et à mesure que l’on s’en écarte. Si on veut une représentation macroscopique grossière d’une micelle hydratée, on peut imaginer un sac de graviers (représentant les granules initiales ou les ions dont le nombre peut varier de 10 par exemple dans le cas de l’oléate de sodium à plus de 10.000 dans la micelle d’hydrate ferrique) entouré d’un épais revêtement de caoutchouc mousse (figurant la couche d’hydratation).
- Si deux telles micelles hydrophiles chargées de signes contraires sont mises en présence, elles s’approcheront sous l'influence de l’ai traction de leurs charges, comme dans le cas précédent de la floculation des colloïdes hydrophobes, mais lorsque les couches d’hydratation vont entrer en contact, l’allure du phénomène va se modilier. Ces couches vont créer entre les micelles une force répulsive, d’autant plus forte que la distance qui les sépare est plus petite, de la même façon que, dans la comparaison précédente, les revêtements de caoutchouc s’opposeront au rapprochement des sacs qu’ils entourent. Il en résultera finalement un état d’équilibre lorsque l’attraction électrostatique des micelles sera compensée par la force répulsive due à l’hydratation.
- Dans ces conditions, le contact, et par suite la lloculation, ne peut s’établir et, si on examine au microscope le trouble formé par le mélange de deux sols hydrophiles de signe contraire, on constate qu’il est formé de petites gouttelettes rondes, dont les dimensions varient, suivant les conditions expérimentales, de i a quelques dizaines de (u. Ces gouttelettes sont, bien liquides, car si on écrase la préparation en pressant le eouvre-objet, on les voit se déformer, s’ovaliser pour reprendre ensuite la forme sphérique lorsque la contrainte cesse.
- Un exemple particulièrement net est celui des sols de gélatine et de gomme arabique. Le point isoéleclrique de la gélatine est 4,8 et celui de la gomme arabique 1,2. C’est-à-dire que pour un pli supérieur à /| ,8 les micelles de gélatine sont chargées négativement et qu’elles sont chargées positivement pour un pif inférieur à 4,8. Pour la gomme arabique, pour un pli supérieur à 1,2 les micelles sont chargées négativement.
- Il en résulte que dans la zone de pli comprise entre 1,2 et 4,8 les sols de gélatine et de gomme arabique ont des charges de signe contraire et par suite leur mélange peut donner lieu a coacervation. C’est ce que l’on constate en effectuant, au pli 4, un mélange de 33,3 pour 100 de gomme arabique et de 66,7 pour 100 de gélatine : il se produit un trouble formé de gouttelettes de 20 à 4o p de diamètre (1).
- I. il faut opérer au-dessus de 42°, température de gélification des sols de gélatine. On peut mélanger- par exemple 400 cm3 de gélatine à 0,4 pour 100 avec 100 cm3 de gomme arabique à 2 pour 100 et 50 cm3 d’acide acétique à 0 pour 100 (ces proportions ne sont pas constantes). La précipitation mutuelle est à peu près totale. II ne reste en solution que 5 pour 100 environ de la matière dissoute primitivement. Le précipité est une gelée gonflée d’eau.
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- MODIFICATIONS DE LA COACERVATION
- D’après le mécanisme même de la coacervation que nous avons exposé, suivant la théorie de Kruyf, deux facteurs déterminent le phénomène : la charge électrique des micelles d’une part, le degré d’hydratation de ces micelles d’autre part. C’est dire que toute modification de l’un ou l’autre de ces facteurs entraînera une modification de la coacervation.
- Pour agir sur la charge électrique des micelles 011 peut ajouter un électrolyte au mélange. L’attraction électrostatique sera plus faible (puisque les charges sont diminuées) mais la force répulsive duc à l’hydratation étant inchangée,
- les micelles auront donc tendance à l’autre jusqu’à ce qu’une nouvelle soit atteinte. Si on continue l’addition d’électrolyte, la charge devient de plus en plus faible et à un moment donné, la force répulsive d’hydratation sera assez grande pour désunir complètement les micelles. La coacervation cessera alors, le mélange des sols deviendra limpide et, à l’examen microscopique, se révélera parfaitement h o 10 o -gène.
- s’éloigner l’une de position d’équilibre
- l'ij. I. — Diagramme des étals d’équilibre entre un sel S et sa solution aqueuse.
- Dans l’exemple précédemment donné du mélange gélatine-gomme arabique, si on ajoute du chlorure de potassium eu quantité telle que la concentration finale soit par exemple de 10 à i5 milliéquivalents/litre, on constate une diminution du trouble, preuve d’une rétrogradation de la coacervation; par une concentration de 25-3o milliéquivalents/litre, le trouble est devenu léger, les gouttelettes de coacervation n'ont plus que 2 à 5 p de diamètre. Par une concentration d’environ 45 milliéquivalents/litre le trouble a complètement disparu, les gouttelettes ont été entièrement désagrégées. Remarquons que l’attraction électrostatique, étant égale au produit des charges (de signe contraire) des micelles, l’électrolyte a déchargeant » peut agir soit en diminuant la charge de la micelle positive (auquel cas, dans son action, c’est, l’ion négatif qui intervient) soit en diminuant la charge de la micelle négative (c’est-à-dire que c’est, la valence de l’ion positif qui sera déterminante).
- Par exemple considérons des mélanges isôliydriques (pli = 3) de gomme arabique et d’ovalbumine à 60 pour 100 de sol d’albumine. L’albumine est positive et, la gomme arabique chargée négativement.
- L'influence des ions négat ifs suivant leur valence sur la décharge des micelles d’ovalbumine est très nette, et conforme à la règle de Schultze-Hardy, comme l’indiquent les nombres suivants donnant la limite de concentration empêchant la coacervation :
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- ===== 378 .... ..............-
- Chlorure de potassium (ion Cl
- monovalent)................... 72 milliéquiv./l. environ
- Sulfate de potassium (ion SO'1
- divalent)..................... 5 a —
- Phosphate de potassium (ion
- PO-1 (vivaient)............... 3G —
- Si on agit sur la charge de la gomme arabique (négative) c’esL la valence de Pion positif qui doit être considérée. Les nombres correspondants aux précédents sont par exemple de /|G milliéquivalents/litre pour le chlorure de baryum (ion Ba-divalent) et de 87 environ pour le chlorure luthéo-oobaltique (Co(NIl3)6C1;T).
- Lue autre façon d’agir sur la charge des micelles est de modifier le pli du mélange des sols dans le domaine d’exis-tenee de la coacervation. Bungenbcrg de Jong et Dekker en étudiant le système gél a fine-gomme arabique ont montré que pour un pli donné, il existe une valeur optima de la composition du mélange pour laquelle la coacervation est maxima et que, en faisant varier le pli, il existe une valeur de celui-ci pour laquelle le phénomène présente une intensité maxima.
- Au lieu d’agir sur la charge des micelles, on peut essayer de modifier leur hydratation, c’est-à-dire agir sur le second facteur déterminant de la coacervation.
- Si, par exemple on ajoute de l’alcool à un sol hydrophile on déshydrate plus ou moins complètement les micelles, c’est-à-dire que la force qui prend la prépondérance est l’attraction électrostatique des charges. Par suite, par une addition suffisante d’alcool, la déshydratation pourra être suffisante pour que les micelles viennent au contact et que la floculation se produise. C’est ce que l’on a vérifié expérimentalement.
- La théorie du mécanisme de la coacervation que nous avons exposée et qui est due à Kruyt a permis encore de prévoir des phénomènes que l’on a ensuite constatés expérimentalement et qui peuvent sembler à première vue paradoxaux.
- Par exemple, par addition d’électrolyte en quantité convenable on a supprimé la coacervation. Si on ajoute de l’alcool on peut la rétablir. En effet, dans le premier traitement on a diminué la charge des micelles et donné la prépondérance à la répulsion due à l’hydratation d’où est résultée la disparition de la coacervation. Par l’introduction de l’alcool dans le système, on diminue maintenant cette hydratation et, à un certain moment, de nouveau les forces attractives des charges des micelles deviennent assez grandes pour provoquer l’accolement des micelles.
- PRÉCIPITÉS LIQUIDES
- Conséquence de la théorie de la coacervation, il est possible de séparer de certaines solutions salines sursaturées, non pas une phase cristalline, comme c’est le cas général, mais une nouvelle phase liquide, plus concentrée que la solution-mère.
- Rappelons, pour plus de clarté, le diagramme des états d’équilibre entre un corps dissous S et sa solution dans l’eau,
- par exemple en fonction de la température. La forme générale de ce diagramme d’équilibre est représentée par la figure x.
- On sait que si, à température constante T0, on augmente par addition de sel la concentration d’une solution dont le point représentatif est A par exemple, on décrira sur le diagramme la droite AT0 parallèle à l’axe des abscisses. S’il n’y a pas de germe cristallin dans la solution, le point représentatif du système peut dépasser le point C (correspondant à la saturation) et venir par exemple en B, c’est-à-dire que la solution est sursaturée. Cet état est d’ailleurs instable et, sous une influence quelconque (agitation, germes cristallins, etc.) se détruira spontanément en donnant des cristaux du corps S et la solution saturée de composition correspondante à C.
- Mais il y a des exceptions à ce processus général. Par exemple si on opère avec du molybdale de strontium (SHMo7!)23) légèrement soluble dans l’eau et qu’on examine directement sous le microscope une goulte de solution, on voit bientôt apparaître sur les bords de la gouLle, là où l’évaporation est maxima, non pas des cristaux, comme on pourrait s’y attendre, mais des gouttelettes d’un liquide qui se rassemblent en une couronne continue à la périphérie de la goutte-mère et qui, au bout d’un certain temps, laissent déposer' des cristaux qui les envahissent complètement.
- Ceci montre que le système est passé par un étal plus stable que la solution sursaturée préalable et qu’il s’est séparé une phase liquide de composition D plus riche en molybdale que le liquide surnageant de composition V.
- Si nous reprenons la théorie de Kruyt, nous dirons que les ions dans la solution sursaturée sont hydratés et entourés de dipôles 1120 qui empêchent les ions + et les ions — de venir au contact pour se disposer en édifices cristallins. Il y a simplement entassement, empilement des ions, formation d’un amas, d’un coacervat.
- Naturellement la densité de charge des particules qui est plus grande que dans le cas des colloïdes est peu favorable à la formation de précipités liquides mais, depuis que l’attention a été attirée sur ce phénomène et que des recherches systématiques ont été entreprises, on a trouvé un grand nombre de systèmes où le phénomène se produit.
- On opère en général par double décomposition, à température aussi constante que possible pour que l’orientation des dipôles de l’eau ne soit pas contrariée par l’agitation thermique.
- Voici quelques exemples étudiés par Kruyt et Bungen-berg de Jong :
- Chlorure de lutéo-cobalt et tartrate antimonyl-polassi-que ;
- Nitrate de cadmium et tartrate sodique ;
- Nitrate de cadmium et benzoate sodique ;
- Nitrate de plomb et succinale sodique ;
- Chlorure de baryum et molybdate ammonique ;
- Chlorure de strontium et molybdate ammonique.
- H. Vigneron.
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- LA TREMPE SUPERFICIELLE OXY-ACÉTYLÉNIQUE 379
- Pour diminuer l’usure des pièces mécaniques, on est amené à augmenter leur dureté superficielle. Ce résultat est obtenu soit par traitement physique, la trempe, soit par traitement chimique, la cémentation ou la nitruration. Ces procédés, qui donnent d’ailleurs d’excellents résultats, ne sont pas cependant sans présenter chacun des inconvénients particuliers auxquels il est impossible de remédier.
- Dans la trempe classique, à l’eau, à l’huile, à l’air, etc., il faut employer des aciers suffisamment carburés pour que les modifications de structure des éléments cristallisés puissent donner à la pièce une dureté superficielle notable. Pour doubler pratiquement la résistance à la pénétration d’un acier recuit, il faut que ce soit un acier mi-dur contenant au moins o,4 pour 100 de carbone.
- La pièce étant chauffée entièrement au four à la température de trempe est plongée brusquement dans le milieu froid (eau, huile, air), mais, par suite de 1 apport de chaleur entre le cœur de la pièce encore chaud et les couches superficielles, l’augmentation de dureté obtenue finalement est très inférieure à la dureté « théorique » de trempe. Par contre, la trempe pénètre sur une profondeur considérable, ce qui amoindrit la résilience de la pièce et nécessite alors l’opération de revenu pour remonter la valeur de la résilience.
- De plus, à cause de la plasticité de la pièce, surtout si elle est de grandes dimensions et plate (engrenages ou plateaux) ou allongée (arbres, vilbrequins), il peut se produire des gauchissements ou des distorsions désastreuses.
- Enfin, l’échauffement de la pièce et son refroidissement peuvent difficilement être localisés à certaines parties de façon à ménager des « réserves » qui seraient ultérieurement usinées ou qui doivent conserver leur état initialement doux.
- La cémentation consiste à donner d’abord aux couches superficielles de la pièce une plus grande richesse en carbone, puis à faire suivre ce premier traitement d’une trempe et d’un revenu, comme indiqué précédemment. On obtient finalement une pièce de composition hétérogène, mais dont la dureté superficielle est supérieure à celle obtenue par la trempe ordinaire et dans laquelle on peut « réserver » certaines parties, grâce à une opération de protection, telle qu’un cuivrage avant la cémentation.
- La cémentation est donc supérieure à la trempe ordinaire, mais elle présente les mêmes inconvénients : déformations au cours du traitement thermique qui est lent, les céments les plus rapides nécessitant un chauffage de 2 h pour atteindre une profondeur de 2 mm ; impossibilité de rectifier ensuite la pièce sans risquer d’enlever la couche cémentée. De plus, les aciers de cémentation sont des aciers doux à faible résistance à la traction et faible limite élastique. Si on veut appliquer la cémentation et conserver des caractéristiques élevées au cœur de la pièce, il faut
- s’adresser à des aciers supérieurs dont le prix est très élevé.
- La nitruration consiste à pi'ovoquer une incorporation superficielle d’azote sous forme de nitrure de fer par chauffage vers 55o° dans un courant d’ammoniaque gazeux. La température étant peu élevée, les déformations sont faibles ; la couche nilrurée est très fragile et par suite, on doit limiter à l’extrême son épaisseur. Il faut donc employer des aciers spéciaux : chrome-aluminium ou chrome-molybdène-aluminium assez coûteux. L’opération elle-même est assez longue et demande, suivant le volume des pièces, de 5 à 70 h. Bien que la dureté superficielle soit très supérieure à celle obtenue par les autres traitements et que la nitruration constitue un gros progrès, on voit quelle ne représente pas encore le procédé idéal.
- Depuis une dizaine d’années, la trempe superficielle oxy-acétylé-nique a été étudiée et mise au point dans son application technique. Elle consiste à soumettre à la trempe à l’eau une pièce en acier trempant dont seules les parties à durcir ont été chauffées, le reste de la pièce étant maintenu ou étant resté froid. La flamme du chalumeau oxy-acétylénique dont la température dépasse 3.ooo° convient particulièrement bien, surtout que l’on peut la localiser avec précision et, à l aide de becs appropriés, l’amener à épouser des surfaces de toutes formes. Comme son action s’exerce à l’air libre, elle peut être suivie immédiatement de l’opération de trempe dont la vitesse dépasse notablement celle qu’on peut obtenir dans une trempe massive et par conséquent, la dureté superficielle est beaucoup plus importante, tandis que le cœur de la pièce reste inaltéré et conserve ses propriétés mécaniques, particulièrement la résilience. Enfin les déformations étant évitées, on peut réaliser l’opération de trempe superficielle après usinage complet et supprimer dans la plupart des cas, toute rectification finale.
- Pour obtenir une trempe uniforme, il faut que différents facteurs soient maintenus constants : le débit de la flamme, la distance des dard.s à la surface de la pièce, la vitesse d’avancement de la flamme par l’apport à la surface, le débit et la disposition des jets de
- Fig. 1. — Trempe superficielle d’une glissière de locomotive.
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- trempe par rapport à celle-ci. C'est dire (pie ces conditions ne pourront être réalisées que par l’emploi de machines ou de dispositifs mécaniques assurant le déplacement régulier de la surface et du dard du chalumeau l’un par rapport à l’autre (iig. i). Il en résulte également que la trempe superficielle ne pourra être utilisée que lorsqu’on aura des séries assez importantes de pièces à traiter, justifiant la dépense d’installation de l’appareillage convenable. C'est sans doute une des
- difficultés d’application, du procédé. La trempe massive au contraire, ne nécessite qu’un foyer de chauffage et la forme des pièces importe peu. Quoi qu'il en soit, dans les usines fabriquant des engrenages, des arbres, des vilbrequins, etc. en série, les résultats obtenus sont tout à fait remarquables : économie de temps d’usinage, pas de déformation à la trempe, dureté superficielle plus grande, possibilité d’employer des aciers doux ordinaires.
- PHOTOGRAPHIE ET CINÉMATOGRAPHIE DU DÉGAGEMENT DES PARFUMS
- Le P1' Henri Devaux vient de faire à la Société de Physique une communication du plus haut intérêt sur la fixation spontanée du parfum des (leurs à la surface du mercure, ainsi que sur la « photographie et cinématographie des parfums » (fig. i, 5 et 9).
- Fig. 1. — Exhalaison du parfum d’un pétale de rose. Lame inonomoléculaire en expansion sur le mercure, révélation par lu buée (juin 11)37).
- Celte découverte, à la fois scientifique et... poétique, semble devoir être l'origine de nombreuses recherches. Pour les physiologistes, elle apporte la preuve que les odeurs sont bien dues à des substances matérielles, ce dont certains savants avaient fini par douter ; pour les besoins de l’industrie, elle permet de fixer, puis de dégager des substances volatiles sans aucune intervention de solvant alcoolique ou de corps gras.
- Quant aux physiciens, ils ne manqueront pas d’admirer à l égal d’une œuvre d’art celle technique si souple (‘I si simple qui permet de mesurer, sans appareil et en l'espace de quelques minutes, des masses de : dix-millionième de milligramme et le poids du parfum exhalé en a4 h par un pétale de rose !
- PRINCIPE DES « LAMES MINCES »
- Rappelons tout d’abord le principe des recherches, bien connues, de M. Devaux sur les « lames minces » et les lames « monomoléculaires » (Q.
- Si l’on dépose à la surface, préalablement nettoyée, d une nappe d’eau ou de mercure, de très petites quantités de substances telles que l’huile ou l’albumine, on constate la formation de vastes lames flottantes et extrêmement minces.
- Visibles par réflexion de la lumière, ces lames présentent souvent de magnifiques colorations dues à des effets d’interférences optiques, 'bout le monde connaît les moires somptueuses formées par des traces de mazout flottant sur beau des ports.
- Les propriétés physiques des laines minces sont extrêmement remarquables. On sait que le filage de l'huile, par exemple, employé pour calmer la mer, est exécuté avec des quantités prodigieusement faibles : I l d’huile, imprégnant un sac de filasse suspendu à l’étrave, suffit pour empêcher le « déferlement » des boules tout autour d’un navire durant 24 h !
- Les travaux du Pr Devaux et de ses émules ont per-
- I. Voir La Nature* n« 2878 du l61' avril 1932.
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- mis de constater que la quasi totalité des substances solubles peuvent être obtenues sous cette forme spéciale; il en est de même des substances solides ou semi-solides, telles que le sulfure de cuivre, les silicates, les cires, le caoutchouc. Détail remarquable, ces corps à deux dimensions conservent leurs propriétés spécifiques ; ainsi les lames de cire sont molles, les lames de silicate se cassent en grands éclats comme du verre, tandis que les lames de caoutchouc demeurent parfaitement rétractiles !
- Mais c’est par leurs discontinuités que les lames minces se sont montrées révélatrices. Semblables à des billes empilées en couches multiples, les molécules glissent les unes sur les autres, formant des arrangements bien déterminés correspondant à 1, 2..., ou n couches. Par contre, - au-dessous de l’épaisseur monomoléculaire, il n’y a plus rien, ou plutôt les lames se déchirent, présentant des lacunes.
- En s’appuyant sur ces discontinuités, M. Devaux a pu déterminer les dimensions des molécules, sans autre outillage qu’une cuvette à mercure, un double •décimètre de bureau et une bande de papier, formant barrière mobile pour réduire à volonté la surface.... Or, cette détermination rapide coïncide de façon remarquable avec les chiffres trouvés par dix (') méthodes physiques différentes, la plupart fort complexes !
- « GAZ A DEUX DIMENSIONS »
- Dans leur plan, les lames minces fluides nous présentent un état, particulier de la matière comparable à un gaz à deux dimensions, obéissant notamment ïi la loi de Mariotte. Les lames solides présentent, d’autre part, deux faces différentes, l’une mouillable, l’autre non mouillable, ce qui atteste que les molécules se trouvent orientées à l’intérieur de la lame, leur pôle te plus attractif pour l’eau (ou le mercure) se trouvant tourné du côté du liquide.
- Si la substance déposée en lame est volatile, elle peut se trouver fortement adsorbée, c’est-à-dire fixée par le liquide-support ; mais si l’on restreint la surface, par exemple au moyen d’une barrière mobile, le dégagement se produit : c’est, l’analogue d’une distillation sons vide.
- Sur les supports solides, des lames minces très adhé-1 entes se forment également ; c’est ainsi que les dernières traces d’humidité ou de matières grasses ne peuvent être ôtées d’une surface de verre que par flambage. Cette énergique adsorption peut, du reste, être utilisée pour des opérations chimiques. C’est ainsi que si l’on fait monter, au moyen d’air sous pression, une masse de bulles et, d’eau de savon (pal mi ta te de sodium) dans un gros tube vertical contenant des faisceaux de baguettes de verre, la composition du liquide sortant, par le bout est, nettement différente de celle du liquide qui retombe dans le bas : c’est l’analogue d’une distillation fractionnée.
- 1. Voir la récente édition du livre de M. Jean Perrin, les Atomes.
- ======.........................:.., .. 381 =
- Tels sont, brièvement résumés, ces puissants moyens physiques qu’il était particulièrement intéressant d’appliquer au problème des parfums.
- PARFUMS VISIBLES
- La sensibilité de l’odorat, chez l’homme et les animaux, est prodigieuse. Elle dépasse, ou semble dépasser, celle des meilleures balances ; celles-ci sont incapables de déceler la masse de parfum exhalée en 1 sec, par exemple par une touffe de jasmin, qui est, cependant largement perceptible pour plusieurs personnes.
- M. Devaux a eu l’idée d’étudier l’action du parfum du lis, de la rose, du jasmin, du troène, sur une surface de mercure talquée. On sait que le talc, répandu en mince voile à la surface de l’eau ou du mercure au moyen d’un tamis de soie, constitue un merveilleux « révélateur » de l’existence de lames minces. Si l’on touche la surface avec un fil de verre huilé, ou simplement avec les doigts, qui sont, toujours légèrement gras, on voit le talc s’écarter avec rapidité, formant une large auréole.
- Les résultats furent négatifs, même avec des fleurs odorantes et approchées très près de la surface. Cela est d’autant plus remarquable que du parfum en nature, approché à Laide d’un fil de verre, produit un écartement, très net. On pouvait donc penser que la fleur agirait directement, au bout d’un temps suffisant et moyennant une technique appropriée.
- Les expériences furent donc reprises de la façon suivante (lig. 3). A l’aide de bandelettes de papier gommé (qui h'émettent pratiquement pas de vapeurs perturbatrices), fixons un pétale de rose ou de lis sous une large plaque de verre, qui sera placée au-dessus d’une surface
- de mercure Fiy. 2. — Pétale de rose fixé sous
- fraîchement fa plaque de verre (fig. 3) pour être
- ' ' amené à 4 mm de la surface du
- nettoyee et tal- mercure.
- quée. Par ses extrémités, cette plaque repose sur des plaquettes'-;;., de verre de 4 mm d’épaisseur, accessoirement, utilisées pour le nettoyage du mercure.
- On voit alors le talc qui est, au-dessous du pétale se déplacer vers l’exté-r i e u r d’un m o u v e m e n t, lent, mais très régulier, en sorte que bien-
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- tôt, le pétale se trouve au-dessus d’un espace libre et qui va grandissant.
- — « On assiste littéralement, dit M. Devaux, à l’émission d’un parfum'floral, manifestée par l’ad-sorption de ce parfum à la surface du mercure. Celte émission est meme assez rapide, puisque la lame de parfum atteint plusieurs centimètres carrés dès la première minute. J’ai pu prendre des vues cinématographiques de ce phénomène.
- « Toutes les Ileurs odorantes que j’ai étudiées : Iis, rose, jasmin, tabac, sureau, troène, donnent un écartement du talc ; au contraire, les fleurs et feuilles non odorantes ne produisent qu’un faible écartement dû à la vapeur d’eau ».
- Voici quelques chiffres précis. Une surface de mercure ayant reçu pendant 10 mn seulement, le parfum de 7 [létales de rose à travers du papier à filtre (fig. 8), le laïc a été repoussé de 82 mm en face des [létales. La surface totale dégagée a été environ 8,5 x 20 =
- 1 70 cm2.
- ('elle, surface, ainsi garnie de -parfum de rose en une couclie monomoléculaire à molécules probablement écartées, a conservé l’odeur de rose pendant, 3o mn à découvert, puis pendant, 1 h sous le couvert d’une lame de verre. Remise à découvert, elle perdit toute odeur en 3o mn ; l’odeur ne reparaissait plus par rétrécissement de la surface (27 mai 1937).
- Dans une autre expérience, 80 cm2 d’une lame monomoléculaire de parfum ont été produits en 10 mn par 5 pétales pesant ensemble o gr 46, ce qui représente un débit, en 24 h, de 1 mgr 6 de parfum par
- gramme de pétale
- Fig. 4. — Tache monomoléculaire fleur.
- a’huile sur le mercure, révélée par
- ANALOGIE AVEC LA CHAMBRE DE WILSON
- Un procédé très simple permet d’accroître la sensibilité de la méthode.
- Lorsqu’on envoie de la vapeur d’eau, avec l’ha-leine, sur une tache monomoléculaire d’huile sur
- le mercure, on obtient un magnifique cercle de buée, qui révèle la lame grasse malgré sa minceur (fig1. 4). C’est que l’huile altère la « mouillabilité » du mercure.
- Pour appliquer celle méthode aux parfums floraux, on utilise une surface de mercure, qui peut être talquée ou non. Les pétales étudiés sont placés à faible distance de la surface, comme précédemment, et laissés en place un temps suffisant ; puis on envoie l’ha-
- l' tij. 5. — Exhalaison du parfum du lis (révélation par la buée).
- leine et on photographie. La buée subsiste longtemps si l’on a soin d’employer du mercure refroidi (fig. 1, 5, 9 et 6, 7).
- On sait qu’il est possible de déceler la présence de corpuscules électrisés, dans une atmosphère à trois dimensions, humide, en provoquant une brusque détente qui l’amène au voisinage de la saturation ; chaque particule forme alors le noyau d’une goutte de brouillard qui peut être photographiée. C’est le classique procédé de la « chambre de Wilson », que l’on a baptisé « la plus belle expérience du monde ».
- Réclamons hardiment Yex-æquo pour cette « méthode de la buée » qui repose, dans un espace à deux dimensions, sur un phénomène analogue... mais avec quelle supériorité pour l’élégante simplicité de l’ap-pareillage !
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- Surface.. talquée
- PIaque. de verre/ Pétale Plaquette
- Cuvette
- Fig. 3. — Dispositif utilisé.
- Le pétale est fixé par (les bandes de papier {sommé sous une plaque de verre reposant sur des plaquettes de verre de 4 mm d’épaisseur qui servent accessoirement au nettoyage de la surface du mercure. Le {létale se trouve ainsi maintenu à moins de 4 mm du mercure, dont la surface a été nettoyée et talquée.
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- RÉCUPÉRATION DU PARFUM
- La substance adsorbée par la surface de mercure n’est pas une matière étrangère au parfum. Il suffit de flairer la tache pour retrouver Vodeur de la fleur. Celte odeur est faible, mais on peut l’accroître énormément en faisant glisser une lame de verre sur le mercure de façon à réduire la superficie de la tache. 11 y a là un procédé de dégagement à froid et sans intervention de solvants ou de réactifs chimiques qui mérite d’être souligné.
- Nous avons ici, ajoute l'expérimentateur, un ensemble de faits démontrant la matérialité de ce qui produit les odeurs. Il paraît que cette démonstration était nécessaire, car plusieurs physiologistes, en face de l’impossibilité d’isoler la plupart des parfums, en étaient venus à supposer que ceux-ci étaient dus à des sortes d’ondes. L'exemple des corps radio-actifs et des radio-éléments artificiels atteste, reconnaissons-le, qu'une telle hypothèse n’était point absurde, et il n’en est que plus intéressant d’avoir la preuve de l’hypothèse contraire.
- Pétale de. rose ,
- Fig. fi. — Contour d’extension d’une lame de parfum sur le mercure.
- MESURE DU DEBIT DE PARFUM
- Si l’on admet que la lame de parfum obtenue est sensiblement monomoléculaire — ce qui résulte de certaines constatations —1 on peut avoir la mesure du débit de parfum de fleurs et pétales par une expérience de quelques minutes.
- Considérons, par exemple, l’essence de rose. Elle est de plusieurs essences dont le poids molécu-
- formée d’un mélange
- Fig. 7. — Extension du parfum d’une fleur de jasmin.
- Le contour révélé par la buée excède notablement le contour révélé par le talc.
- laire est compris entre 120 et 200. Connaissant ce poids moléculaire et la densité de l’essen-c e, q u e l’on peut prendre égale à 0,9, il est facile de calculer le poids de 1 cm2 de lame monomoléculaire de cette essence. A
- l’aide d’une formule déjà publiée, on trouve que ce poids est approximativement de 0,6. io-7 gr. Ceci indique pour la rose, étant données les surfaces des lames produites, un débit de plusieurs milligrammes de parfum par gramme de pétale et par 2k h.
- Pour le jasmin, on trouve un débit journalier de 10 mgr par gramme de pétale, c’est-à-dire que la corolle perd cha-, que jour i/roo de son poids sous forme de parfum ! C’est là un chiffre très supc-
- Fig. 8. — Passage du parfum à travers ui.e feuille de papier.
- A droite, une feuille de papier à filtre pliée, contenant deux pétales de rose et présentée à plat sur le mercure. Le talc est repoussé vers la gauche.
- Fig. 9. — Parfum de rose, révélation par la buée. L’aspect en nébuleuse est caractéristique.
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- rieur à ce que l’on admettait, faute d’une hase expérimentale.
- SOLIDES PEU VOLATILS
- Celle méthode très sensible a pu être appliquée pour manifester la volatilité de certains corps non odorants et considérés ordinairement comme complètement lixes.
- L’aeide picrique, par exemple, réduit en poudre el placé dans un pli de papier au voisinage du mercure talqué, provoque un écartement progressif du talc. Il en est de meme avec le biiodure de mercure (lig. 10).
- Si l’on jette, sur le mercure fraîchement nettoyé, quelques grains très lins de l’un de ces produits, on constate qu’ils sont animés d'un mouvement tourbillonnaire rapide el si l’on envoie une buée, on aperçoit le puissant mouvement centrifuge de la substance qui s'échappe de chaque grain.
- Le mouvement s’arrête assez vite avec le biiodure et l’acide picrique parce que le mercure exerce une forte attraction sur ces substances en sorte que la surface se sature. 11 n’en est pas de même avec le camphre et le paradichlorobenzène, dont les grains s’agitent
- ........ A L’EXPOSITION DE 1937,
- Le réseau téléphonique de l’Exposition n’a pas exigé la pose de moins de 57 km de câbles souterrains, dont 45 km de câbles armés; la longueur totale des circuits téléphoniques dépasse a.000 km; 1.200 postes au minimum sonl en fonctionnement,.
- Il a été établi, en outre, un réseau de sécurité destiné à la police et aux pompiers, et comportant 5o avertisseurs disséminés sur toute la surface de l’Exposition.
- En brisant la glaçai de l’avertisseur, un feu clignotant s’allume dans deux centraux d’appel, et lorsque l’appel est effectué par l’appareil placé dans l’avertisseur ouvert avec une.,clé, un feu iixe s’allume de même.
- L’écoute publique est obtenue par microphone avec amplification, permettant de faire entendre la parole dans un rayon de 3 m autour de l’avertisseur; les réponses sont données par haut-parleur. Un klaxon permet, en outre, d’appeler les agents, de planton dans le voisinage, et de transmettre les ordres de sécurité; on peut ainsi diffusée toutes les communications utiles.
- lin réseau d’exploitation technique relie, en outre, plus
- indéüinmenl : ceci prouve que la surface relient moins fortement la lame, qui peut ainsi s’évaporer.
- EXTENSION PAR CONTACT
- Les expériences ci-dessus ont été faites sans qu’il y eut contact entre la Heur et le mercure. On peut aussi procéder par contact, mais les substances liquides non volatiles peuvent alors ajouter leur action à celle du parfum.
- Si l’on approche un pétale de lis d’une surface d’eau ou de mercure talquée, on observe un vif écartement du talc à chaque contact de la lleur el à chaque cessation de ce contact ; on sait, comme il est facile de le montrer en se servant de substances colorantes, que ce sont là précisément les circonstances qui favorisent la transmission, à un liquide, des substances imprégnant un solide.
- L’expansion ainsi obtenue est beaucoup plus rapide qu’avec le parfum seul et il paraît certain qu’une matière non volatile y joue le rôle principal.
- Le pollen du lis, répandu sur le mercure, produit l’expansion du talc avec une véritable violence.
- Nombre de poudres inertes, telles que le talc ou le kaolin, peuvent acquérir la propriété d’écarter le talc lorsqu’on les imprègne avec le parfum du camphre, d’une fleur, d’une orange ou de tout autre fruit. C’est la vérification expérimentale de la fable classique : « La renoncule, un jour, avec l’œillet dans un bouquet se trouva réunie... ».
- Outre la photographie et la cinématographie, ces beaux phénomènes se prêtent à la projection à grande échelle, avec un appareil à miroir à 45° ou à prisme. Et rien n’est saisissant comme de voir se déployer sur un vaste écran les grandes nappes moirées de parfum de la rose ou du lis. Artiien.w.
- LE RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE ==:
- de 200 postes privés, tandis qu’un réseau de service médical permet d’établir la liaison entre le poste central el les postes secondaires, les postes-vigie sur la Seine, les ambulances, et les hôpitaux.
- Un autre réseau contrôle et, totalise les entrées, au moyen des appareils de comptage par cellule photo-électrique que nous avons décrits; un autre permet la signalisation pour la circulation des vedettes sur la Seine; un autre encore est destiné aux interprètes. Deux autres réseaux relient entre eux les pavillons des pares d’attractions.
- Il faut signaler encore, le réseau de distribution de l’heure, qui actionne 10 grands cadrans, 38 secondaires, et 100 pendules commandées par une horloge centrale; le réseau de diffusion sonore comporte ri:> lignes reliées à neuf centres d’amplification. Et, enfin,.un réseau spécial est réservé aux leles de la lumière, et du son, pour la diffusion des partitions musicales qui les accompagnent.
- A l’installation de ces liaisons ont travaillé pendant plusieurs mois une équipe de 120 terrassiers et un nombre égal de monteurs de l’Administration. P. H.
- if exhalée | parle fi biiodure
- Fig. 10. — Détection de
- Fe.rhalaison d’une substance générâlement considérée connue non rolatile (biiodure de mercure).
- Le dispositif est le même que lig. 8.
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- -...—. LE CINQUANTENAIRE
- DE LA SOCIÉTÉ ASTRONOMIQUE DE FRANCE
- Le 28 janvier 1987, la Société Astronomique de France a atteint, très exactement, son demi-siècle d’existence. Et, selon une habitude devenue, de nos jours, un usage, cet événement a été célébré en une séance solennelle tenue à !i Sorbonne, le iG juin dernier, près de cinq mois après!
- Il n’est guère dans les habitudes de La Nature de rendre compte de ces solennités, qui sont généralement prétextes à réjouissances et récompenses; aussi apprécions-nous particulièrement le grand honneur que nous a fait la Rédaction en nous demandant d’écrire cet article.
- Avant la fondation de la Société. — Camille Flammarion venait de publier, en 1879, son Astronomie populaire, qui connut, dès son apparition, le plus magnifique succès. La personnalité de son auteur, la grandeur des études célestes, la façon poétique et vivante avec laquelle étaient exposées les questions les plus arides et, aussi, la vente par livraisons à « deux sous », iout cela contribua à diffuser cet ouvrage et à intéresser à l’Astronomie des quantités de personnes qui, auparavant, n’y avaient jamais songé.
- A diverses reprises, dans l'Astronomie populaire, Flammarion exprimait le regret qu’il n’y eut pas, en France, d’observatoire ouvert au public désireux de contempler les curiosités du ciel. « ... Dans une ville comme Paris, écrite vait-il (1), centre de réunion des intelligences, foyer « d’attraction des Sciences et des Arts, il n’existe pas « encore d’observatoire populaire, ouvert à tous les amis a de la Science, etc. ».
- Et, parlant de l’Observatoire de Pai'is (2), il fait remarquer que le public y est admis le jour. « C’est à peu près, te dit-il, comme si on allait voir une pièce de théâtre avant et l’arrivée des acteurs : les décors n’en donneraient qu’une « idée imparfaite... etc. ».
- La publication de la première édition de VAstronomie populaire touchait à sa fin. Des lettres de lecteurs enthousiastes, par centaines, imploraient l’auteur de ne pas en rester là. Beaucoup demandaient à participer à la création de cet Observatoire populaire. D’autres demandaient à recevoir une revue périodique mettant les lecteurs au courant des progrès si rapides de la Science et donnant l’aspect mensuel du ciel, etc. « Ce journal astronomique, écrit a Flammarion, serait le complément de l’Observatoire pro-« jeté ». Et il ajoutait (3) : « Un mot encore et nous lais-« serons à chacun le soin de donner sur ce grand projet « son adhésion et son aide. Tous les souscripteurs seront a naturellement considéi'és comme fondateurs et comme « membres de la Société Astronomique. Leurs droits aux te ouvrages de la bibliothèque, aux conférences que l’on « pourrait y faire, aux publications, etc., seront réglés ulté-« rieurement ».
- « Voilà la semence jetée aux quatre vents du ciel ! s’écrie « Flammarion, que tous ceux qui aspirent à voir se répan-« dre les vérités astronomiques... se fassent connaître et « trouvent des adhérents autour d’eux, et la réunion « d’efforts intellectuels et relativement légers créera, dans « notre patrie, une institution qui lui manque... ».
- 1. Astronomie populaire, lro édition, .1879, p. 555.
- 2. Ibid, p. 719.
- 3. Ibid, p. 831. -
- Oui, la semence est jetée aux quatre vents du ciel, mais il faut encore du temps pour la voir lever.
- Après VAstronomie populaire, qui était une initiation astronomique d’ensemble, il fallait maintenant aux observateurs enthousiastes un ouvrage détaillé, une sorte de « Guide Michelin » des constellations, qui leur permit de se reconnaître dans le ciel étoilé. Très rapidement, en 1881, Flammarion publie Les Etoiles et les Curiosités du Ciel (ouvrage épuisé depuis longtemps et que tant d’amateurs aimeraient voir publier à nouveau, mis à jour et corrigé). Les lecteurs deviennent insatiables, leurs lettres se multiplient, ils réclament cette Revue dont Flammarion a exposé le projet. En mars 1882 elle paraît enfin. Elle a pour titre : « L’As-« tronomie, revue « d’Astronomie, de ce Météorologie et de « Physique du Glo-« be ».
- Nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici cet appel « A nos lecteurs » que Camille Flammarion a rédigé en tête du premier numéro, mais on nous permettra d’en donner quelques extraits :
- « Loin d’être une « science isolée et
- 0 inabordable, dit-il, l’Astronomie, renfermée à tort jus-« qu’en ces derniers temps dans des sanctuaires embastion-« nés est, au contraire, la science la plus sympathique et « la plus éminemment populaire, celle qui nous touche « de plus près, etc... ».
- Et plus loin : a Nous voulons populariser la Science, « c’est-à-dire la rendre accessible, sans la diminuer ni « l’altérer, à toutes les intelligences qui en comprennent la « valeur et veulent bien se donner la peine d’apporter « quelque attention aux études sérieuses; mais nous ne ce voulons pas la vulgariser, la faire descendre au niveau (( du vulgaire indifférent, léger ou railleur. Il y a là une « distinction que l’on ne fait pas assez. La Science ne doit (( jamais être abaissée ni travestie ; elle doit être présentée « dans sa sublimité et en pleine lumière et c’est à nous « de faire l’effort convenable pour nous élever jusqu’à elle. « Ajoutons que la nature est belle et agréable et que la « Science, qui en est son interprétation, doit n’être ni <c repoussante ni pédantesque ! ».
- Quelle belle leçon d’optimisme Flammarion nous donne ici et combien elle est de circonstance en notre époque bouleversée.
- Un lien solide existe donc à présent, grâce à la revue L'Astronomie, entre tous les observateurs du ciel for-
- Fig. 1. — Camille Flammarion (1842-1925).
- Fondateur de la Société Astronomique de France et de l’Observatoire de Juvisy.
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- mes à l’école de VAstronomie Populaire. Mais une revue, c'est un peu une voie à sens unique ! Les lecteurs ou abonnés lui transmettent. leurs observations, la revue en publie une partie, mais ces lecteurs communiquent difficilement entre eux et ne se connaissent pas. L’idée d’une Société Astronomique est toujours présente à l’esprit de Flammarion, d’autant plus que déjà des sociétés naissent à l’étranger (Société Flammarion de Bogota, en Colombie, en 1880; Société Astronomique de Liverpool (1881); Société Scientifique Flammarion de Jaën (Espagne) (1881) ; Société Scientifique Flammarion d'Argentan (1882).
- Un premier essai d’association est tenté par Flammarion en ruai 1882. 11 s’agit, d’une coopération entre les lecteurs de.L'Astronomie pour l’observation perpétuelle du ciel. Un grand nombre de lecteurs s’inscrivent, et le ciel est partagé en un certain nombre de zones allant du pôle Nord au pôle Sud. (iliaque membre de l’association a mission d’étudier et d’observer une zone déterminée.
- En 188/1, création encore, d’une Société Scientifique Flammarion, à Marseille cette l'ois.
- Fondation de la Société Astronomique de France. — Le 28 janvier 1887, à 8h3om du soir, quelques collaborateurs de U Astronomie et plusieurs astronomes ou amis de la Science du Ciel se réunissent chez M. Flammarion, à Paris, pour étudier les moyens de propager, en France, le goût, de l’Astronomie et de rendre plus profitables les études de tous ceux qui s’intéressent à cette Science et consacrent une partie de leur temps aux observations célestes.
- L’objet, principal de la réunion était la fondation d’une Société Astronomique française qui établirait un lien entre les observateurs isolés, centraliserait leurs travaux, permettrait des comparaisons instructives et les encouragerait à persévérer dans une voie utile au progrès.
- Voici, dans l’ordre où ils figurent au procès-verbal, les noms des douze personnes qui assistaient, à celle réunion préparatoire et qui furent les véritables fondateurs de la
- Fig. 2. — Le Salon de Camille Flammarion, IG, rue Cassini, à Paris, où se tint, le 28 janvier 1887 la première séance de la Société Astronomique de France.
- Société Astronomique de France : MM. Émile Berlaux ; Édouard Blot ; Charles Détaillé; Léon Fencl; Camille Flammarion; Philippe Gérigny; Armand Gunziger; Paul et Prosper llenry; J.-E. Mabire ; A. Sclimoll; E.-L. Trouvelol.
- La place nous fait défaut pour exposer les considérations que développa Camille Flammarion en faveur de la création d’une Société Astronomique. En voici la conclusion :
- (c En conséquence, nous demandons s’il y a opportunité « à fonder une Société Astronomique française, et si nous « avons assez de dévouement, de désintéressement, d’indé-« pendance de caractère pour consentir, malgré les obstacles « et même les oppositions inévitables de la première heure, « à en former le noyau ».
- La question, mise aux voix, la réponse est : « Oui » à l’unanimité.
- M. Flammarion expliqua ensuite que, dans sa pensée, la nouvelle société devait s’organiser de manière à conserver une entière indépendance, à ne pas être trop officielle et à rester animée d’une seule ambition : la libre recherche de la Vérité. 11 pense que les réunions de la Société seront plutôt des entretiens, des causeries entre camarades; il en voudrait bannir, dès le début, tout intérêt personnel. Il s’agit surtout, d’encourager les amateurs et de répandre de plus en plus le goût, de la [dus belle et de la plus importante des Sciences. Ce principe fut adopté à l'unanimité.
- Enfin, M. Flammarion proposa pour la Société le litre : « Société Astronomique de France » et l’on décida que le prix de la cotisation serait aussi faible que possible afin de. n'empêcher personne de faire partie de la Société.
- De 1887 à 1937. — Cinquante années ont, passé ! Depuis 1887, l’effectif de la Société s’est largement, développé et, hélas! renouvelé, mais l’esprit de l’association est resté toujours le même. C’est ce qui a toujours fait le grand succès de la Société. Le 3i décembre 1887, elle comptait 80 membres. Un an après, l’effectif était de 188. En 1913, plus de 3 000. Et depuis de nombreuses années, il est d’environ 5 000.
- Peu à peu, autour de Flammarion, vinrent se grouper les savants, les astronomes, les personnages les plus célèbres du monde entier. « Pour faire partie de la Société, a « dit Flammarion, il suffit d’aimer la Science ». Grâce à cette formule, toutes les classes de l’échelle sociale sont représentées au sein de la Société: des modestes travailleurs, des ouvriers, des employés, des ingénieurs, des docteurs, des généraux, des rois et même un empereur !
- Une heureuse disposition statutaire précise que les présidents ne peuvent être élus, au maximum, que pour deux ans. Excellente disposition qui permet un renouvellement périodique de la haute direction de l’Association. Il importé de conserver ici les noms des :?3 premiers présidents de la Société Astronomique de France, citons : MM. Camille Flammarion ; II. Faye ; Bouquet de la Grye ; F. Tisserand ; .1. Janssen; A. Cornu; 0. Callandreau ; IL Poincaré; G. Lippmann; E, Caspari ; IL Deslandres ; B. Baillaud ; P. Puiseux ; comte A. de la Baume Pluvinel ; P. Appell ; prince R. Bonaparte; Ch. Lallemand; général G. Ferrié ; E. Fichot ; général G. Perrier ; Ch. Fabry ; E. Esclangon ; J. Baillaud.
- Camille Flammarion, élu premier président en 1887
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- el 1888 lui, ensuite nommé secrétaire général, poste qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1925.
- La liste des présidents est un magnifique tableau d’honneur de la Science française et la Société a le droit d’en être tière. Pour ne pas allonger démesurément cet article, nous ne faisons pas suivre les noms des présidents de leurs titres, mais parmi eux nous trouvons des astronomes, des physiciens, des mathématiciens, des astrophysiciens, des ingénieurs-hydrographes, des géodésiens, etc. la plupart membres de l’Institut.
- Dix ans après sa fondation, en avril 1897, la Société fut reconnue d’utilité publique.
- Les premières séances de la Société furent tenues dans le salon de M. Camille Flammarion (fig. 2). Mais elles obtinrent un succès croissant et il fallut trouver un local spécial. Camille, Flammarion choisit l’Hôtel des Sociétés Savantes, 28, rue Serpente, à Paris, qui venait d’être construit. La Société y a son siège depuis cette époque.
- Au début, les séances avaient lieu dans une petite salle de l’hôlel au premier étage. Ensuite, on eut recours, de plus en plus fréquemment, à la grande salle de l’hôtel. De nos jours les séances ont lieu à la Sorbonne et parfois le grand Amphithéâtre s’est montré tout juste suflisanl, avec ses 3 000 places pour recevoir la foule des membres et de leurs invités.
- Un observatoire populaire fut installé en 1888 au sommet de l’hôlel des Sociétés Savantes et depuis il s’est développé, comportant deux coupoles et des équatoriaux assez puissants. Des observations publiques y sont organisées sous la conduite de membres de la Société. Les soeiélaire-s viennent y travailler librement.
- Aux séances mensuelles ont été exposés tous les problèmes de l’Astronomie, de l’Astrophysique, de la Physique et de la Météorologie, problèmes soulevés par les progrès de la Science au cours de ce demi-siècle qui s’étend de 1887 jusqu’à nos jours. En particulier, les théories si profondément remaniées de la Physique moderne, appliquées à l’Astronomie, 011L fait l’objet de nombreuses conférences dont il est impossible de donner ici une idée même succincte.
- La Société publia dès l’origine, un Bulletin, d’abord trimestriel, puis devenu plus tard, mensuel, contenant en dehors des faits propres à la Société (comptes rendus de séances, liste des membres, statuts, etc.) un certain nombre d’articles illustrés d’un très grand intérêt. Le premier volume (1887) a 128 pages. Nous avons vu que Flammarion avait fondé en 1882 la revue L'Astronomie. Celle-ci publiait les comptes rendus des séances de la Société et un grand nombre de communication que donnait, de son côté, le Bulletin. Celte concurrence, pour une fois « loyale », se termina en 189/i, dernière année au cours de laquelle parut L'Astronomie (ire série), la presque totalité des lecteurs de L'Astronomie s’étant inscrits membres de la Société.
- Le Bulletin était alors devenu un important volume, d’environ 600 pages chaque année. Mais quoique présenté sous l’aspect d’une revue, le Bulletin d’une société est un organe limité de propagande, il ne peut être notamment vendu au numéro comme un journal. La nécessité d’une revue astronomique pour les non-sociétaires se faisait* de plus en plus sentir. Aussi ai-je eu le très grand plaisir,
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- après en avoir soumis l’idée au fondateur de la Société, d’obtenir de lui qu’il consentit à autoriser la Société Astronomique de France à prendre pour son Bulletin le titre L'Astronomie. Les sociétaires reçurent donc, comme nouveauté de la 25° année d’existence de la Société, le fascicule de janvier 1912 avec la vignette bien connue de L’Astronomie. Cette deuxième série n’a plus eu d’interruption depuis, même pendant la période 1914-19x8.
- Si la Société Astronomique de France a connu un si beau développement, elle le doit évidemment à l’influence personnelle de son fondateur. Elle le doit aussi, il faut bien le dire à la collaboration dévouée el désintéressée, et de longue baleine de quelques admirateurs enthousiastes de son œuvre. Cet homme extraordinaire avait le don de susciter des vocations et de provoquer des dévouemenls.
- Le fonctionnement d’une Société d’environ 5 000 membres exige un très grand travail matériel : rédaction et impression de la revue, sa distribution, la comptabilité, rencaissement des cotisations, la bibliothèque, les prêts de lunettes, etc. Qu’on nous permette de rappeler ici, en celle revue de Cinquantenaire, les noms de M. Gaston Armelin, M. Emile Berlaux, Mmo veuve Berlaux, M. Maurice Ballot, secrétaire-adjoint, secrétaires-trésoriers et bibliothécaire auxquels il faut joindre celui de M. Eugène Leroy, trésorier depuis le 4 avril 1906. Ils ont beaucoup travaillé el dépensé le meilleur d’eux-mêmes pour Fa Société Astronomique de France ; leur influence a été considérable dans l’organisation el le bon fonctionnement de la Société.
- On commence à bien apprécier aujourd’hui, avec le recul du temps, l’action prépondérante qu’a exercée la Société Astronomique de France sur un grand nombre de scs membres, dont elle a parfois transformé la vie en l’orientant dans une voie nouvelle. Les voçalions qu’elle a suscitées ne se comptent plus et un grand nombre d’astronomes connus, officiels ou amateurs, généralement après avoir lu les ouvrages de Camille Flammarion, ont débuté dans l’astronomie comme membres de la Société. Plusieurs astronomes français — dont l’avenir s’annonce particulièrement brillant — ont fait leurs premières armes à l’Observatoire de la Société, rue Serpente. L’un d’eux est directeur d’un observatoire national français. Et nous pensons ne rien dévoiler en disant que, parmi les prochaines promofons, il y aura plusieurs astronomes qui, jeunes amateurs, venaient travailler aussi rue Serpente.
- Veut-on quelques précisions sur le rôle considérable joué par la Société sur certaines destinées ?
- Un jeune apprenti imprimeur a lu Flammarion et il entre dans la Société; le soir après son travail, il étudie; le Ciel le passionne et on le voit souvent à l’observatoire de la rue Serpente. 11 pense qu’il, peupfaire mieux que de composer l’indicateur des CheminsVd,e fer. Et le voici qui réussit, à force de travail, seul, à passer le « bachot ». Puis c’est la licence, le doctorat. De nos jours, il est Un de nos plus savants professeurs à l’Institut d'Optique jet à la Sorbonne.
- Un modeste ouvrier d’une fabrique de scies vient le soir, à la sortie de l’usine, à l’observatoire de la Société. Lui aussi « sent » qu’il peut faire autre chose. Il se met au travail, enlève le baccalauréat, passe sa licence et entreprend l’étude de l’optique. Nous le trouvons préparateur à la
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- Sorbonne et constructeur d’excellents objectifs astronomiques.
- Un dessinateur en bijouterie arrive à l’observatoire de la Société. 11 le fréquente avec assiduité, et cependant il n’est pas toujours encouragé à le faire ! Un jour, il m’avoue que son plus grand désir serait de devenir astronome dans un observatoire d’Etat. Un seul moyen lui dis-je : « passez la licence ». Et notre dessinateur se met au travail avec ardeur. Il réussit d’abord le baccalauréat, puis divers certificats de licence et nous avons assisté à sa soutenance de thèse de doctorat, qui lui valut les fécilitalions du jury. Aujourd’hui astronome dans un observatoire d’Etat, il est au premier rang des astrophysiciens.
- Nous pourrions faire des citations analogues par douzaines, montrant, l’énorme influence exercée par la Société Astronomique de France sur un grand nombre de ses adhérents.
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- Le 3 juin iip5 un deuil bien cruel frappa de stupeur la Société : Camille Flammarion venait de s’éteindre dans sa propriété de .luvisy où se trouve l’Observatoire qu’il a fondé (’).
- Bien des Sociétés, lorsque disparaît leur animateur, languissent puis finissent par disparaître à leur tour. Un moment, certains esprits timorés se demandaient ce qu’allait devenir la Société Astronomique de France ?
- Des amis de Camille Flammarion estimèrent à ce moment, que la personne la mieux qualifiée pour continuer l’œuvre du Maître, dont elle partageait les pensées et les travaux, et pour occuper les fonctions de secrétaire général était sa veuve, madame Gabrielle-Camille Flammarion.
- Et depuis douze ans, Mme Flammarion exerce ces fonctions avec succès et dans le même esprit que le fondateur de la Société ; et depuis douze ans aussi la Société a continué de progresser.
- Aujourd’hui la Société Astronomique de France, âgée de 5o ans, est prête à affronter l’avenir pour s’acheminer vers son centenaire. Mais il n’est pas douteux que sa route va être hérissée de difficultés. La situation financière actuelle la frappe durement (frais d’impression de la Revue, frais généraux, impôts, frais de poste élevés, etc). La cotisation si minime du début, (io francs) avait été portée à a6 francs après 1906. Il est probable qu’elle sera portée à 35 francs d’ici peu. Le Conseil a toujours présente à l’esprit cette décision prise à la séance du a8 janvier 1887 : « Le prix « de la cotisation sera aussi faible que possible, afin de cc n’empêcher personne de faire partie de la Société ». Vraiment, est-ce trop 3 francs par mois pour recevoir, chaque année, une très belle revue illustrée, de 600 pages environ, avec des planches hors texte, pour assister à des séances où l’on expose avec projections et cinématographe les découvertes les plus récentes de la science, pour profiter d’une bibliothèque et d’un observatoire muni d’instruments puissants etc. (1 2) ?
- Séance du Cinquantenaire. — Il nous reste à dire quelques mots de la belle séance du mercredi 16 juin 1937,
- 1. Nous renvoyons le lecteur à l’article que nous avons consacré à « Camille Flammarion » dans le n° 2673, du 27 juin 1925, ce qui nous dispensera de répéter ici certains détails.
- 2. Je me tiens à la disposition des lecteurs qui désireraient des renseignements plus complets. Ils n’auront qu’à m’écrire à La Nature.
- organisée pour commémorer le cinquantenaire de la Société, et qui eut lieu dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, en présence de M. Albert Lebrun, président de la République.
- Autour de M. Jean Perrin, membre de l’Institut, prix Nobel de Physique ; du Président de la Société ; du Bureau cl, du Conseil au grand complet, on pouvait remarquer plusieurs des anciens Présidents de la Société et. un très grand nombre de personnalités appartenant au monde de la Science, des Lettres et des Arts.
- De nombreux sociétaires de province et de l’étranger avaient tenu à s’associer à celte manifestation scientifique en y assistant personnellement. En outre, un très grand nombre de Sociétés, d’Académies, d’Observatoires de France ou de l’Etranger, s’étaient fait représenter par des délégués. D’autre part,, Mmo Flammarion a reçu une multitude de télégrammes et, d’adresses de collectivités, ou de personnes ne pouvant venir à Paris. La Nature était représentée par l’un de ses rédacteurs en chef et plusieurs de ses collaborateurs. L’amphithéâtre de la Sorbonne, malgré ses 3 000 places, s’est révélé ce soir-là un peu « juste » pour contenir la foule des sociétaires et de leurs invités.
- La séance fut simple, fut belle, fut émouvante et l’on doit féliciter sans réserve — et remercier — Mraa Camille Flammarion de l’avoir ainsi organisée. Le succès de cette cérémonie a été, pour elle, la meilleure des récompenses.
- La séance fut divisée, si l’on peut dire, en deux parties : la première fut celle du « Souvenir ». Elle comportait une allocution de M. Jules Baillaud, astronome à l’Observatoire de Paris, Président de la Société; une allocution de M. Jean Perrin; une conférence intitulée : « Un demi-siècle d’Astronomie », par M. Ch. Fabry, membre de l’Institut, Directeur de l’Institut d’Optique, ancien Président de la Société; « Une page de Camille Flammarion », lue par Jacques Castelot ; un film sur « Camille Flammarion et la Société Astronomique de France », réalisé par M. J. Leclerc; un disque enregistré par Camille Flammarion; etc. Tous ceux qui, comme nous, vécurent si longtemps auprès du Maître, travaillant des heures avec lui sous sa direction, avoueront avoir éprouvé une profonde émotion en le revoyant si vivant sur l’écran et en entendant sa voix! Merveilles de la Science, vous êtes encore bien imparfaites, car,, vous ne nous apportez, hélas! que des illusions...
- La seconde paille de la soirée comprenait, un concert, d’une très haute tenue musicale, et se terminait par les <( Ballets fantastiques » de la Loïc Fuller, véritable féerie de la lumière et de la couleur.
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- La Société Astronomique de France a un bien beau rôle, à remplir dans le demi-siècle qui commence pour elle. Souhaitons lui, tout d’abord, une active continuation de son développement, indispensable pour la réussite de son action en faveur de la diffusion de l’Astronomie. Et souhaitons lui, en outre, de ne jamais s’écarter de la voie que lui a si bien tracée son fondateur : à ce prix, elle peut aborder l’avenir avec confiance.
- Em. Toughet,
- Secrétaire-adjoint ( 1899-1929) et Vice-Président (1929-1933) de la Société astronomique de France.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AOUT J937, A PARIS
- Mois très chaud, exceptionnelleinenl sec, avec insolation légèrement déficitaire et pression barométrique remarquablement stable.
- La hauteur moyenne du baromètre, à l’Observatoire du Parc de Saint-Maur, 763 mm 2, réduite au niveau de la mer, est en excédent de o mm 8 par rapport à la normale. La différence entre le maximum et le minimum absolu, 10 mm 7, est la plus faible que l’on ait constatée en août depuis 187/1.
- La moyenne mensuelle de la température, i9°,5, supérieure de i°,7 à la normale, classe le mois qui vient de s’écouler au 8° rang parmi les plus chauds mois d’août de la série du Parc de Saint-Maur. Les trois quarts des moyennes journalières ont été supérieures à leurs normales respectives. La plus élevée, celle du 7, est en excédent de 7°,i. Le minimum absolu, 9°,8, le 20, présente un écart en plus de 2°,i à la normale et le maximum absolu, 35°,o, le 7, est supérieur de 3°,7 au maximum absolu moyen.
- Dans la région, les extrêmes de la température ont été compris entre 7°,x à Verrières et 37,3 à Asnières.
- Au parc Saint-Maur, le total pluviométrique, 11 mm 4, recueilli en 7 jours de pluie appréciable (au lieu de 12, nombre moyen) est exceptionnellement faible et met le mois qui vient de s’écouler au 2e rang parmi les plus secs observés depuis le début de la série des observations. Ce total, dont plus de la moitié (G mm 6) appartient à la journée du i4, a clé recueilli entre le 8 et le 19; il dépasse à peine le i/5 du total mensuel moyen.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie, 9 mm 5, est inférieure de 81 pour 100 à la normale et est, après celle de 1911, 9 mm 1, la plus faible enregistrée depuis 1873.
- La durée totale de chute, 5 h 35 m est inférieure de 80 pour xoo à la normale des 26 années (1898-1922).
- Les hauteurs maxima en 24 h ont été de i4 mm 5 pour Paris, à Belle ville et iG mm o pour les environs, au Petit-Pantin, du i4 au i5.
- La grêle est tombée, mêlée à la pluie, les 12, 27, et 3o.
- Des orages, relativement faibles, se sont produits les 8, 12, 14, 29 et 3o sur plusieurs points de la région.
- Tous les jours 011 a noté des brouillards matinaux, géné-
- ralement faibles et locaux. Celui du 25 a abaissé la visibilité à Go m à l’Observatoire du Mont-Valérien.
- La durée totale de l’insolation, 232 h 3o m, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques est sensiblement normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 70,8 pour 100 et celle de la nébulosité de 55 pour 100. Les vents du Nord y ont été très dominants et 011 y a constaté : 5 jours de gouttes, 3 jours d’orage, 11 jours de brouillard, 18 jours de brume et 20 jours de rosée.
- Les extrêmes météorologiques pour le mois d’août.
- Mois le plus froid : 1912. moy. i4°>9 Mois le plus chaud : 1780 (?) moy. 220,7 (?)
- et en 1842 nioy. 220,0 (certain) écart : i32 ans et 70,8
- La plus basse température observée : en i885, 5°,3 La plus haute température observée : en 1842, 360,7
- écart : 43 ans et 3i°,4
- Mois le plus pluvieux : 1784 (?), 174 min 5 (?)
- et en i85o, i58 mm 3 (certain)
- Mois le plus sec : 1793 (?), 1 mm 5 (?)
- et en 1861, 9 mm o (certain)
- Plus grand nombre de jours de pluie : 24 en 1860 et 1924. Plus petit nombre de jours de pluie : 1 en 1861.
- Mois le plus couvert : ig3i, nébulosité moy. 79 0/0 Mois le plus clair : 1893 et 1899, nébulosité moy. 29 0/0 Jours d’orage ou tonnerre : x3 en 1880 et aucun en 1923. Moyenne barométrique la plus basse :
- 1878, 753 mm 6 (niv. de la mer, 758 mm 2.)
- Moyenne barométrique la plus haute :
- 1869, 759 mm 8 (niv. de la mer, 766 mm 2.).
- Le signe (i1) indique que les chiffres donnés sont douteux, fort incertains.
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LE BOUTURAGE DES ROSIERS
- UN SCHAMPOING ÉCONOMIQUE
- Le bouturage des rosiers doit commencer fin juillet en prenant (les rameaux bien aoûtés dont l’écorce ne cède pas sous le doigt. On détache ce rameau avec un talon, en glissant le greffoir sous l’écorce de la branche de façon qu'un court lambeau d’écorce vienne avec. lui.
- Raccourcir le rameau à l’autre bout pour ne lui conserver qu’une longueur de 12 cm et enfoncer les boutures dans du sable jaune (in ; mettre une cloche, laisser à l’étouffée jusqu’à la reprise qui dure deux mois en bassinant de teinps en temps pour maintenir l’air humide et aérer légèrement.
- Après la reprise, repiquer en planches à 25 cm d’écartement.
- N. B. On dit que les arbres ou ai'biûsseaux s’aoûtent lorsque les hourgeoixs de l’année se liquéfient et prennent la consistance du bois. C’est au mois.d’août que ce phénomène s’accuse, l’importance en est considérable pour la production future des végétaux.
- Faire bouillir séparément, chacun dans un litre d’eau, les produits suivants :
- Savon‘mou blond en pâte. Carbonate de soude. . . .
- Bois de Panama divisé . .
- 500 gr 175 — 100 —
- Passer au travers d’un linge lin, mélanger les trois solutions puis ajouter :
- Eau non calcaire................. 7.000 cm3
- Laisseï reposer huit à dix jours, décanter le liquide clair, parfumer au choix et mettre en flacons en attendant l’emploi.
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- 390 LA radiophonie pratique =
- RÉCEPTION DES ONDES TRÈS COURTES
- Nous avons déjà montré l’intérêt des transmissions par ondes très courtes, c’est-à-dire de 5 à i5 m de longueur, tant pour la radiophonie, que pour la diffusion des images animées.
- Le premier problème qui se pose à l’amateur est celui de la réception pratique des émissions transmises, dès maintenant, par les postes émetteurs de télévision et par les stations d’amateurs, en attendant, du moins en Europe, la mise en service de postes émetteurs de radiophonie à haute fidélité.
- LES COLLECTEURS D'ONDES A EMPLOYER
- Nous avons déjà donné quelques indications, à propos de la réception des émissions de télévision cathodique à haute définition, sur le choix des collecteurs d’ondes très courtes.
- Lorsqu’il s’agit d’émissions radiophoniques, et surtout d’émissions d’amateurs généralement de très faible puissance, ce choix présente une importance encore plus grande.
- Dans certains cas, d’ailleurs, l’antenne qui sert à la réception radiophonique normale, qu’elle soit intérieure ou extérieure, peut encore convenir, et, avant de monter une antenne spéciale, on essaiera d’abord les collecteurs d’ondes ordinaires qu’on peut avoir à sa disposition. Inutile d’ajouter que cette antenne de grande longueur, générale-
- ment destinée à la réception des émissions de 200 à 2.000 m de longueur d’onde, ne sera pas accordée.
- A une petite distance de l’émetteur, une antenne intérieure longue de 2 m 5o à 3 m 5o environ peut suffire pour la gamme de 5 à 7 m ; elle sera formée par un simple câble isolé au caoutchouc, dont l’extrémité libre est accrochée au mur au moyen d’un isolateur, et l’autre au récepteur. Un simple fil métallique vertical de 2 m à 4 m de hauteur au maximum, peut également convenir, et, la plupart du temps, on n’emploiera pas de prise de terre
- Mais, il y a généralement intérêt à disposer en série dans le câble d’antenne un condensateur d’une très faible capacité, de l’ordre de 1/100.000 de p:F.
- Le système classique pour la réception des émissions à une distance relativement grande consiste en un dipôle ou doublet, comportant deux brins horizontaux d’une longueur de l’ordre de 1 m 20 à 1 m 85, et une descente double à brins parallèles, ou transposés, comme le montrent les schémas de la figure iF et iG, distants d’environ o m o5. Les brins sont écartés au moyen d’isolateurs spéciaux que l’on trouve aisément dans le commerce, ou que l’on peut construire soi-même.
- La descente d’antenne est reliée au système d’accord par l'intermédiaire d’un bobinage d’une à deux spires seulement, en fil de cuivre nu de 16/10 de millimètre de diamè-avec en série deux condensateurs ajustables d’une capa-de l’ordre o,o5/i.ooo de p.F.
- Le dispositif suivant est encore plus simple. C’est un brin vertical d’une hauteur de l’ordre de 2 m 5o à 4 m, avec une descente double ou un conducteur spécial blindé aussi court que possible. Entre l’antenne et le conducteur, on intercale, comme précédemment, un petit condensateur fixe. Le système peut être complété par un contrepoids qu’on réalise, par exemple, en Allemagne, au moyen d’un cercle de 3 m de rayon en fer, relié au blindage de la descente, ce qui diminue l’iniluence des parasites industriels, toujours à craindre malgré la faible longueur d’onde considérée.
- Pour obtenir des résultats sûrs et réguliers, il vaut encore mieux suivre pour l’installation du collecteur d’ondes des règles rationnelles, d’ailleurs très simples.
- En raison du mode de propagation de ces ondes quasi-optiques, l’emploi d’un collecteur d’ondes bien dégagé est très recommandable; les obstacles au voisinage de l’antenne gênent; la transmission directe.
- L’antenne la plus commode à installer dans les villes est du type vertical. On peut employer un tube de cuivre ou d’aluminium de 6 à 12 mm de diamètre, ayant pour longueur environ la demi-longueur d’onde de l’émission à recevoir. Au moyen d’isolateurs de porcelaine, on le maintient vertical, et aussi écarté que possible de toutes les parois.
- L’entrée de poste est constituée par un fil de cuivre de gros diamètre de l’ordi'e de 16/10 à 20/10 de millimètre, soudé à l’extrémité supérieure (fig. 1 E).
- Ire
- Fig. 1. —• Antennes -pour ondes très courtes.
- A, Aantenne doublet sans et avec réflecteur ; B, IF antenne en J sans et avec réflecteur ; C, P, E, antennes vertica’es simples ; F, G, descentes d’antenne transposée et à brins parallèles.
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- Lorsque la descente d’antenne ne peut être très courte, il vaut mieux employer l’antenne doublet, comme nous l’avons indiqué précédemment, et du type vertical, par exemple. Le collecteur d’ondes proprement dit peut être alors constitué par deux fils ou tubes de cuivre verticaux, d’une longueur de l’oi'dre d’une demi-longueur d’onde, au total.
- Les descentes d’antennes sont formées encore par deux fils de 20/xo de millimètre soudés à o m 4o de part et d’autre du milieu du tube, et qui se rejoignent avec 5 cm d’écart à une distance de l’ordre de o m 80 du tube. Les deux fils se suivent ensuite paxallèlement et sont écartés, comme nous l’avons montré, à une distance de l’ordre de 5 cm, au moyen de bâtonnets isolants disposés tous les 3o ou ko cm.
- En réalité, la longueur du brin rayonnant doit être de o X 95/4 et non pas exactement de %/4. Mais, pour la réception, une certaine approximation est suffisante, de sorte qu’une longueur de 1 m 20 pour chaque brin peut convenir pour la réception des ondes de 5 m (fig. 1 A, C, D).
- La descente peut être également constituée, comme le montre le schéma de la figui'e 1 D, par un fil sous gaine blindée, d’un type analogue à celui qui est employé pour les antennes anti-pai'asites ; le doublet ordinaire, lorsqxxe l’on minée, est amélioré encore par l’emploi d’une direction déterminées, est amélioré encore par l’emploi d’un tube mélalli-d’une demi-longueur d’onde environ, c’est-à-dire de même même longueur que l’aérien, et placé à une distance de l’antenne de l’ordre de X/4 soit 1 m 20 à 1 m. 5o pour une gamme de 5 à 7 m, comme le montre la figure 1 A', IV.
- Lorsqu’on dispose d’un emplacement assez étendu sur un toit ou une terrasse, le doublet horizontal peut, également, être employé avec succès. Il est encore constitué par un fil de cuivre, ou deux fils ou tube de cuivre, d’une demi-longueur d’onde chacun, suspendus par trois isolateurs au moyen de deux mâts ; on peut le compléter par un réflecteur formé d’xin fil de même longueur placé à une distance de l’antenne de l’ordre d’un quart de longueur d’onde. La liaison de l’antenne axi récepteur s’effectuera, bien entendu, dans le cas du doublet, par l’intermédiaire d’un transformateur, ou auto-transformateur, et dans le cas de l’antenne simple, en reliant l’extrémité de la descente à la bobine de couplage (fig. 1 A et 1 F).
- L’antenne en J est constituée, comme le montre le schéma de la figure 1 B, par un petit, brin d’un quart de longueur d’onde, et peut comporter, également, un réflecteur séparé, placé à xin quart de longueur d’onde; c’est un dispositif également très simple, et qui peut donner de ti'ès bons résultats
- (fig- 2).
- Pour les postes sur voitures, on utilise souvent une antenne verticale en quart d’onde, simple fil ou tube métallique (fig. 3 A), dont l’une des exti-émités est reliée à la masse du châssis de la voiture ; sa longueur est de l’ordre de 1 m 20 pour la réception des émissions de 5 m, la descente d’antenne est connectée à une distance de 3o cm de l’extré-nxité.
- L’emploi d’une liaison avec tube blindé con-centi’ique, ou même avec câble torsadé, est encore préférable lorsque la longueur de la
- Direction de i'émetteur
- Réflecteur
- Antenne! dipôle^
- Fig. 2. — Mode de réalisation d’une antenne dipôle.
- A, sans réflecteur ; B, avec réflecteur ; C, isolateurs pour descente transposée.
- connexion est relativement grande, ou que l’action des parasites est à craindre.
- L’antenne en quart d’onde peut ainsi ôti'e montée sur le toit de l’axitomobile, et l’on pexxt prévoir un système de charnières à ressoil pour éviter tout danger, en cas de passage sous une voûte, un pont, une porte de garage, etc. (fig. 3 D et 3 E).
- Fig. 3. — Antennes pour postes mobiles à ondes très courtes.
- A, B, C. schémas de montage ; D, antenne télescopique ; E, antenne à ressort.
- Liaison blindée
- FU torsadé
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- LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE RÉCEPTION
- Les récepteurs d’ondes très courtes sont plus simples et comprennent, en-général,, moins d’organes que les récepteurs d’ondes longues. Par contre, leur montage doit être effectué avec des précautions toutes spéciales.
- 11 s’agit, en effet, de recevoir des oscillations d’une fréquence extrêmement élevée, et les effets de capacité ou d’impédance prennent alors une importance extrême. Il suffit de deux connexions voisines disposées parallèlement à une distance de quelques centimètres pour constituer un véritable condensateur, créant de très fortes pertes en haute fréquence, ou des oscillations parasiLes.
- Le câblage du poste doit donc être particulièrement étudié. Les fils de connexion parcourus par les courants haute fréquence 11e doivent pas, autant que possible, être parallèles ou rapprochés, et surtout le nombre des connexions doit êLre réduit au minimum, ce qui concourt encore à donner à l’appareil un aspect d’extrême simplicité. Les lampes à culots de connexion spéciaux permettent de diminuer encore la longueur des connexions, et particulièrement des fils de connexion de grille qui transmettent les courants haute fréquence.
- Le choix du fil de connexion lui-même est important. Le courant alternatif ne se propage que dans une couche de la périphérie du fil de plus en plus mince à mesure que la fréquence augmente. La résistance en haute fréquence peut ainsi augmenter très rapidement suivant le type de conducteur.
- Avec un fil de 1 mm de diamètre, la pénétration des ondes est de o mm 5 pour une onde de 16.000 m, de 1/10 de millimètre pour une onde de 1.000 m de longueur, cl de 8/1.000 de millimètre seulement pour une onde de 4 m.
- 11 est donc inutile d’adopter des fils de gros diamètre, s’ils sont recouverts d’un alliage résistant, et, il est préférable d’utiliser simplement le fil de cuivre nu. De même, le fil divisé, dit fil de Litz, peut être intéressant pour les ondes courtes, mais beaucoup moins pour les ondes très courtes, si les isolants des différents brins ne sont pas établis avec soin.
- Le fil de cuivre nu ou argenté est donc généralement le meilleur; on aura soin, du reste, d’éviter les coudes à angle droit favorisant les pertes.
- Le choix des condensateurs est également essentiel, et en particulier, leur isolement, qui peut créer de véritables fuites pour les courants haute fréquence et les phénomènes
- Fig. 4. — Condensateurs variables pour ondes, très courtes.
- A, type normal ; H, modèle de précision avec isolement au quartz ou au micalex (matériel Dyn).
- de, résistance deviennent vite importants; c’est pour cette raison qu’on réduit au minimum les isolants dans ces condensateurs spéciaux, d’ailleurs fixes ou variables.
- Le choix de l’isolant, tant pour la construction des condensateurs que de toutes les autres pièces du montage, est évidemment essentiel; il suffit d’une pièce mal isolée pour que l’appareil le plus simple ne puisse fonctionner. Le quartz semble présenter, à ce point de vue, des avantages Irès nels sur les autres isolants, tels que l’ébonite, la bakélite et le verre.
- Voici les coefficients de pertes en haute fréquence de di\ers diélectriques, par rapport au quartz :
- M ica . ... r,5
- Pétrole .... 4
- Ëbonilc . i5 à 25
- Verre . . . 18 à a4
- Bakélite . . . . . 4o à 100
- Le mica qui vient immédiatement après le quartz est un excellent isolant, mais son usage est limité par sa faible résistance mécanique. Il existe des isolants composés à base de mica qui possèdent de meilleures qualités mécaniques.
- L’isolant de ce genre le plus récent est le micalex, dû à P. B. Crossly. 11 est formé de verre et de mica finement pulvérisés, mélangés dans des proportions telles que le verre devienne malléable et se mélange au mica, à une température de 700°. Le mélange est alors moulé à la presse hydraulique et on obtient un isolant possédant une bonne résistance mécanique, en même temps qu’un minimum de perles. La tension de disruplion sous un millimètre d’épaisseur est de 36.000 v, la densité de 2,45. Le coefficient de perle par rapport au quartz est de l’ordre de 4 seulement, et souvent même inférieur à celui de certains échantillons de mica.
- Les condensateurs variables pour ondes courtes doivent avoir une capacité résiduelle très faible cl ne produire pendant leur rotation aucun crachement ni aucun bruit de fond. On voit sur la figure 4 des exemples de condensateurs variables à air pour ondes très courtes, isolés au quartz ou au micalex. Les lames en laiton ont une épaisseur de 1 mm dans les modèles de réception et sont assemblées de manière à éviter toute vibration, l’intervalle des lames est de l’ordre de i3/io de millimètre. La tension de service est de 1.200 v, le contact est effectué par frotteurs doubles.
- Pour l’émission, et dans les appareils émetteurs-récepteurs, les fiasques de supports sont en micalex, les lames en duralumin d’une épaisseur de l’ordre de 15/10 de millimètre. L’espace entre les lames est de 3 à 5 mm, Le contact est obtenu également par un balai double, les tensions de service sont de 5.000 à 8.000 v.
- Le système de multiplicateur, étant donné l’exlrême précision du réglage nécessaire, doit être particulièrement étudié et absolument constant; d’ailleurs on 11’empJoie que des condensateurs variables de très faible capacité, de i5 à 2.5o cm, dont la résiduelle n’atteint guère que io cm.
- Les condensateurs fixes jouent également un rôle important et c’est pourquoi on emploie généralement des condensateurs à air, constitués par deux tubes ou des lames d’aluminium isolés par des bagues. Les supports de lampes sont, en quartz ou en trotilul, et on en exécute de spéciaux pour les lampes boulons, que nous avons décrites précédemment. La bakélite ne peut évidemment plus servir, ni
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- aucune matière moulée,, el,.pour réduire les perles en haute fréquence il faut de même séparer très nettement les douilles de [contact, en réduisant au maximum l’isolement, en remplaçant en quekpie sorte le diélectrique par l’air
- (hg. 5).
- Les douilles, elles-mêmes de très faible épaisseur, sont réduites au minimum ; à cet égard les lampes spéciales sans culot présentent de grands avantages, elles ne sont cependant nécessaires, nous l’avons dit, que pour des longueurs d onde inférieures à 5 m. L’exécution des bobinages, enfin, a elle aussi une importance essentielle; les enroulements sans carcasse sur air, en fil de gros diamètre, sont généralement les meilleurs. L'écartement des spires doit cependant être absolument lixe, car une très légère variation suffit pour provoquer une modification importante du réglage.
- Les modèles courants ont des bobinages cylindriques à spires écartées ou en spirales en fil de cuivre nu ou argenté, maintenues par leur propre rigidité, par des attaches de mica ou des cordonnets de soie.
- stituée par un bobinage d'une impédance d e quelques henrys, et un condensateur électro-chimique, pour éviter les brouillages amplifiés par la sensibilité de l’appareil.
- L a réception des ondes très courtes peut en principe, s’obtenir par tous les systèmes classiques : lampe déleclrice à réaction suivie ou non d’étages d’amplification basse fréquence, amplification liante fréquence directe ; changement de fréquence et enfin super-réaction.
- En fait, au-dessus d’une fréquence de oo.ooo kilocydes environ, les lampes ordinaires ne possèdent plus guère de pouvoir amplificateur ; c’est pourquoi les appareils à amplification directe ne peuvent être utilisés. On peut, adopter, par contre, la lampe détectrice à réaction modifiée suivant le but à atteindre, et en ayant recours, s’il y a lieu, à une lampe spéciale. Ces postes très simples et peu coûteux rendent de grands services aux amateurs avertis, mais, en raison de leur sensibilité relativement faible, leur réglage peut être assez délicat. Nous reviendrons sur ce point.
- En fait on utilise surtout les appareils à changement de fréquence et les montages à superréaction ; les premiers surtout, pour la réception des images et les autres pour la réception des
- émissions radiophoniques.
- 1 ’iü .
- LES POSTES DE RÉCEPTION SIMPLES
- Fig. 6. — Le plus simple des montages à déleclrice à réaction pour réception des ondes très courtes.
- Fig. fl. — Pièces pour montages à ondes très courtes.
- En haut, de gauche à droite : support de lampe en quartz ; condensateur à air réglable isolée au quartz ; bobinage en fil nu ; en bas, supports en quartz pour la lampe « bouton »
- La qualité du support est également essentielle pour éviter les perles. La porcelaine ou le quartz peuvent seuls assurer toute sécurité.
- Le blindage du poste doit être hermétique; on le réalise au moyen de cuivre ou d’aluminium suffisamment épais, de l’ordre de 5/io à jo/io de millimètre; souvent le blindage entre étages est également nécessaire, bien que l’utilisation des lampes modernes permette des simplifications sur ce point, comme nous le verrons plus loin.
- Les détails du montage lui-même, les découplages au moyeu de bobines de choc vraiment efficaces, sont souvent délicats. Ces bobines de choc doivent être en fil de gros diamètre, de l’ordre de 5/io de millimètre au moins, avec supports en matière isolante choisis suivant les indications précédentes.
- Les appareils récepteurs d’ondes très courtes sont très souvent à batteries et le sont toujours dans les installations mobiles. On peut également établir, comme nous le verrons, des postes-secteur, mais, dans ce cas, le filtrage du système d’alimentation doit être étudié avec le plus grand soin et il est nécessaire d’utiliser une cellule supplémentaire, con-
- Dans les appareils de réception simples à une lampe détectrice à réaction modifiée, on peut employer une lampe de type courant alimentée par batteries, et, en particulier, un modèle anti-microphonique à faible capacité, tel que la A. 414 K. Philips en faisant suivre l’étage détecteur d’un deuxième étage basse fréquence, à lampe trigrille par exemple, également alimentée par batterie.
- On voit sur la figure 6 un montage de ce genre, le bobinage d’antenne pour la gamme de 5 m comprend seulement deux spirés de ia mm de diamètre, la bobine d’accord el la bobine de réaction comportent 4 spires de même diamètre.
- Fig. 7. — Montage d’une lampe dètectrice à réaction du type américain « gland » ou « bouton ».
- Réaction
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- H.T.
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- Lu capacité niaxima du condensateur d’accord et du condensateur de réaction est de i5 u;aF, le condensateur de détection est au mica ou à air, d’une capacité de 0,1/1.000, et la résistance de détection est de 1 mégohm.
- L’emploi d’une lampe spéciale pour ondes courtes, type boulon, ne complique pas le montage, comme le montre la figure 7. On peut alors combiner des appareils de tout petit format qui tiennent dans le creux de la main : il existe un appareil américain de ce genre qui mesure 153 mm de haut, 21 mm de large, 38 mm de long.
- LES APPAREILS A SUPER-RÉACTION
- Les postes à super-réaction sont cependant les plus employés pour la réception de la gamme de 5 m en radiophonie, en raison de leur sensibilité ti’ès accentuée, sous un volume très réduit.
- Ces montages, connus depuis longtemps, ne sont plus utilisés désormais pour les réceptions sur la gamme des ondes moyennes ou courtes de i5 à Coo m de longueur d’ondes, mais ils restent particulièrement intéressants poulies fréquences élevées.
- Leurs inconvénients : bruit de fond continuel et faible sélectivité, deviennent, dans ce cas, beaucoup moins sensibles, tandis que leurs avantages s’affirment.
- Rappelons d’abord, sommairement, le principe de la superréaction.
- Dans la lampe détectrice à réaction classique, le système éleclro-magnétique ou électro-statique de réaction permet
- Fig. 9. — Montage à superréaclion à une lampe spéciale pour ondes de 2 à 10 m.
- Oscillation — locale
- + B.T. -
- H .T. +•
- Oscillation
- locale
- Fig. 8. — Principe du montage à superréaction à une lampe.
- d’augmenter l’amplification, en réalité, en diminuant la i-ésistance du circuit d’entrée. Tous les circuits électriques ont, en effet, une résistance généralement positive. L’intensité des oscillations est déterminée par la résistance du circuit et la différence de potentiel appliqué. Si la résistance du circuit était nulle, l’intensité du courant irait en croissant constamment, tant qu’on appliquerait la différence de potentiel ; les phénomènes se stabiliseraient dès qu’on supprimerait cette dernière.
- Avec un dispositif à réaction, on diminue la résistance du circuit d’entrée, normalement positive, et tout se passe comme si l’on introduisait dans ce circuit une résistance négative.
- Dans un système ordinaire à réaction, on sait également que, si l’on augmente le couplage de la bobine au delà d’une certaine limite, le fonctionnement est modifié et il se produit des accrochages empêchant toute réception par suite des oscillations locales qui prennent naissance.
- Le principe de la super-réaction consiste à éviter, par un artifice, la naissance de ces oscillations qui empêchent l’augmentation de l’amplification au delà d’une limite relativement faible.
- A cet effet, on crée des oscillations locales et de fréquence relativement peu élevée par rapport à celle des émissions à recevoir, au moyen de la même lampe dé-tectrice à réaction, ou mieux à l’aide d’une deuxième lampe formant oscillatrice locale. Dans les procédés classsi-ques la fréquence locale est de l’ordre de 10.000 à 20.000 périodes-seconde, mais elle peut varier su:vant la fréquence même des émissions à recevoir.
- Ces oscillations locales sont utilisées pour faire varier la tension-grille ou la tension-plaque de la lampe à réaction, et par conséquent, la résistance positive ou la résistance négative du circuit d’entrée, suivant une fréquence égale à celle des oscillations elles-mêmes.
- On peut ainsi arrêter immédiatement les oscillations autonomes de la lampe à réaction qui, dans le montage classique, empêcheraient toute réception; mais, pendant un temps très court, on peut, avoir une amplification considérable.
- Les oscillations de la lampe ne se produisent que pendant ccs instants très courts, de l’ordre du i/x.000 ou du 1/10.000 de seconde, et, après détection, on obtient finalement un courant moyen, dont l’intensité correspond aux variations d’intensité des ondes reçues.
- On peut comparer le phénomène à celui du cinématographe. Les images qui se succèdent sur l’écran ne se suivent pas avec continuité; il y a, en réalité, entre chacune d’elles un intervalle d’une fraction de seconde pendant lequel le faisceau lumineux est interrompu par les pales de l'obturateur tournant du projecteur, notre œil a cependant la sensation d’une projection continue par suite de la persistance de l’impression rétinienne.
- En principe, dans la super-réaction, l’amplification est
- + B.T -H.T.+
- Fig. 10. — Montage à superréaction sim-pli/ié à une lampe pour ondes de 3 à 8 m.
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- 3Ô5
- d’autant plus grande que la fréquence des ondes reçues est elle-même plus grande par rapport à la fréquence des ondes locales. Le système s’applique donc particulièrement à la réception des émissions sur ondes très courtes. L’augmentation d’amplification ne correspond pourtant pas, en réalité, aux prévisions théoriques des premiers chercheurs et, en particulier, d’Armstrong, son inventeur.
- La lampe détectrice du montage super-régénérateur peut être employée à la fois comme amplificatrice et oscillalrice locale ; pour la réception en haut-parleur, on peut évidemment faire suivre cette première lampe d’étages d’amplification à basse fréquence du type classique.
- Le montage classique à une lampe, représenté sur la figure 8, comporte un condensateur sliunté de grille habituel et des bobinages d’oscillation locale comportant de i.a5o à i.5oo spires. Les bobinages d’accord et de réaction sont choisis comme pour une lampe à réaction ordinaire, mais avec une bobine de réaction un peu plus forte que dans ce dernier cas.
- Le montage classique a reçu de nombreuses variantes ; on peut, en particulier, utiliser des lampes à deux grilles qui permettent d’abaisser la tension-plaque nécessaire.
- En général l’effet caractéristique de fonctionnement de ces appareils est un bruit de chute d’eau, ou de friture qui doit indiquer que le montage a été correctement réalisé.
- Après avoir allumé la lampe, on couple généralement les bobinages du circuit d’oscillation locale, ou bien on agit sur un organe quelconque du générateur d’oscillations, jusqu’au moment où l’on entend le souffle caractéristique.
- On se tient alors légèrement au delà de la limite d’entretien ; la position de décrochage des oscillations ne correspond d’ailleurs pas à la position d’accrochage. La meilleure position est la position voisine et au delà de la position de décrochage, et elle varie peu suivant la longueur d’onde des émissions à recevoir.
- On recherche les émissions comme d’habitude, à l’aide du condensateur d’accord et, lorsqu’on a trouvé l’émission cherchée, le souffle gênant continuel est, par là même, fortement atténué.
- On termine ensuite le réglage et on élimine le plus possible le bruit continu au moyen du rhéostat, s’il y a lieu, ou en faisant varier la tension des plaques. Comme dans la plupart des récepteurs, les différents réglages sont solidaires et la pratique en est rapidement acquise.
- Les montages à une lampe pour ondes ultra-courtes sont établis suivant ces principes.
- On voit, sur la figure 9, un récepteur à superréaction à une seule lampe, dans lequel les bobinages Si et S2 sont accordés sur l’onde à recevoir, et constitués par 3 spires de 20/10 de millimètre pour un diamètre de 5 cm. Les bobinages S3 et S4 en nids d’abeille, respectivement de i.5oo et 800 tours, à couplage variable, permettent de provoquer 1 oscillation auxiliaire.
- Les bobines d’arrêt Mg et M4 du circuit de chauffage, sont constituées par 3o spires de 5/10 de millimètre sur des mandrins de 2 cm, les bobines de choc haute fréquence Ki et K2 par 5o spires de fil de 5/10, également sur un mandrin de même diamètre.
- Le réglage de la réaction s’obtient en faisant varier la résistance de plaque R2 de o à 5o.ooo ohms ; les condensateurs Ci et C:>. ont une très faible capacité de 5/ioo.ooo de jjlF. La capacité des condensateurs. C4 et C5 est de 1/1.000 à 2/1.000
- Comme nous l’avons indiqué, ce montage est généralement suivi d’une lampe basse fréquence avec liaison par transformateur classique. En remplaçant, d’ailleurs, la
- Antenne
- Doublet
- k? ou 6F6
- Choc H F 50 spires
- ffilll___
- Fig. 11. — Montage à superréaction à une lampe suivie d’un étage basse-fréquence avec lampes en verre ou métalliques.
- lampe triode par une lampe à écran, les bobinages d’oscillation auxiliaire 11e comportent plus que 600 spires chacun et la réception est possible jusqu’à deux mètres environ de longueur d'onde.
- Avec ces appareils on peut se contenter à la rigueur d’une antenne très courte, du simple type métallique vertical.
- Le montage peut encore être simplifié, comme le montre la figure 10, où la réaction est obtenue en couplant le filament’ à la bobine de grille, et en maintenant la plaque à un potentiel peu élevé au moyen d’une capacité C3 relativement importante de l’ordre de 0,1/1.000. La fréquence de l’oscillation locale dépend alors des valeurs de la capacité et de la résistance de détection.
- Pour les appareils portatifs de très petit format, on emploie une lampe batterie 2 v d’un type ordinaire, ou même une petite lampe 2 v miniature, de fabrication anglaise par exemple ; la tension de plaque peut alors être abaissée à 45 v environ.
- Des montages absolument analogues sont utilisés avec des lampes à chauffage indirect du type 37 ou 6 C5 par exemple, verre ou métallique (lig. 11); dans les postes sur automobile, le chauffage des cathodes est assuré par la batterie d’accumulateurs de la voilure.
- Ces différents montages sont complétés généralement par une deuxième lampe basse fréquence, même pour la récep-
- Fig. 12. — Montage à superréaction avec oscillalrice séparée et haute fréquence locale.
- Antenne
- Doublet
- Dèteci r/ce
- Oscillation
- locale
- -i Oscillatrict
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-
-
- 396 .....— 1..-....
- lion à l'écouteur ; on a également tenté d’utiliser une première lampe pré-amplificatrice.
- L’inconvénient des postes à une lampe réside uniquement dans la difficulté des réglages, en raison des rôles multiples qui incombent à ( elle unique lampe ; c’est pourquoi on adopte souvent deux lampes au moins, la première étant dé-lectrice ou amplificatrice cl la deuxième oseillalrice, sans parler de l’étage d'amplification basse fréquence facultatif.
- La première lampe est moulée comme une lampe délee-trice à réaction, avec condensateur simulé de grille, et la deuxième lampe est montée en oseillalrice avec bobinages de grille cl de plaque destinés à produire l’oscillation locale, du même ordre que précédemment.
- Les oscillations de ia deuxième lampe sont transmises au circuit-grille ou plaque de la première, on obtient ainsi une variation de la résistance positive ou négative suivant le principe connu.
- Un voit sur la ligure i :>. un montage à trois lampes : une .détentrice, une oscillatrice locale et une lampe basse fréquence à liaison par transformateur.
- Des études très intéressantes ont été faites sur les appareils de superréaction à ondes très courtes pour déterminer leur sensibilité en fonction de la fréquence locale des oscillations.
- Pour un signal de 5 m de longueur d’onde, cette fréquence optima paraît être très élevée, de l’ordre de iôo.ooo à 200.000 kilocycles; la courbe de la figure i3 montre comment varie la sensibilité en fonction de la fréquence choisie, pour différentes tensions appliquées au circuit.
- En pratique, on n’a pas trouvé, en général, d’intérêt à porter ces fréquences au delà de 100.000 périodes seconde. Lorsque la fréquence augmente, il est en effet, de plus en plus difficile de produire une tension suffisamment ('levée.
- On peut effectuer le couplage avec un transformateur ordinaire d’étage intermédiaire de super-hétérodyne, dont la fréquence est de l’ordre de no kilocycles par exemple, mais on peut également employer un transformateur à couplage variable.
- Ce système n’augmente pas la sélectivité, les harmoniques de l’hétérodyne locale sont difficiles à éliminer, ce qui fait augmenter le bruit de fond. Mais on obtient une sensibilité plus grande (lig. i3).
- En principe, le poste à super-réaction pour ondes très courtes est donc très simple et peu encombrant ; on peut l’établir aisément grâce à l’emploi des nouvelles lampes batteries, le petit nombre des pièces détachées à utiliser en met la construction à la portée de tous.
- Pour terminer cette élude pratique de l’utilisation des postes à ondes très courtes par les amateurs, il nous reste à indiquer des montages à changement de fréquence, et surtout des modèles émetteurs-récepteurs portatifs, dont il existe des types si intéressants. Nous y reviendrons prochainement.
- P. Hémardinquer.
- Fréquence en kilocycles/sec.
- Fig. 13. •— Variations de la sensibilité d’un appareil à superréaction pour ondes très courtes suicant la fréquence, d’oscillation locale et, la tension appliquée.
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 juillel 1937.
- Constitution et rôle du photon dans F univers.
- Admettant la dipolarite du photon et le considérant comme le complexe d’un neulrino associé à un positon et à un négalon, M. Malfitano montre que cette hypothèse expliquerait beaucoup de faits, surtout si on suppose que le jiéutrino est formé par l’accumulation de photons. Les variations de la masse avec l’émission et l’absorption de radiations seraient une conséquence directe de cette hypothèse. L’espace-temps serait alors constitué par une dispersion de photons libres plus rapprochés à l’intérieur de la Galaxie et des autres nébuleuses spirales que dans le reste de l’univers. La gravitation universelle proviendrait de la formation de lignes de foi'ces constituées par des photons opposant leurs pôles de signes contraires ; les mouvements divergents des grandes nébuleuses spirales seraient dus à des lignes de forces analogues mais où les pilotons opposeraient leurs pôles de même signe. La loi de Coulomb s’expliquerait par l’orientation des photons sous l’influence du champ. L’auteur indique des expériences pouvant servir à contrôler son hypothèse : variation du pouvoir inducteur spécifique sous 1 influence de la lumière, modifications des rayonnements par leur croisement, etc... L’ingéniosité des physiciens ne rend pas impossible la réalisation de ces expériences.
- Séance du 26 juillel 1937.
- Formation des flammes froides. — La pression
- d’inflammation spontanée des hydrocarbures présente un minimum entre 2/io0 et 45o°. MM. Neumann et Toutakin ont pensé que ce minimum, lié à la formation de flammes froides, est dû à la présence de composés d’oxydation en chaînes. Ces composés sont inactifs tant que leur pression propre est très faible mais se dissocient brusquement avec formation d’une flamme froide dès que leur tens’on dépasse une valeur critique qui est de l’ordre de quelques millimètres de mercure. Celle décomposition est accompagnée de la formation de centi'es actifs. Les auteurs ont pu vérifier l’action du diétliylperoxyde sur un mélange équimolécu-iaire de bu tan 3 et d’oxygène. Il est possible que la formation d’alcools ou d’aldéhyde joue un rôle analo-gue.
- Chimiothérapie des infections pneumococcF ques. — Mmo et M. Tréfouëi., MM. Fourneau, Nitti et Bovet signalent les brillants résultats obtenus dans le traitement des septicémies pneumococciques de la souris par Je KÎgy F. (dipara-acétylaminophénylsulfone) administré par voie buccale. Cette action confirme le puissant rôle thérapeutique des dérivés sulfamidés, sulfurés et sulfonés. Le KV99 F. est non seulement particulièrement actif sur le pneumocoque mais aussi sur le streptocoque ; sa toxicité est pratiquement supprimée par l’acétylation, il est toléré par les souris à des doses très élevées, atteignant 1 pour 100 du poids des sujets, très supérieures aux doses curatives.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Pour comprendre l’Astronomie, par l’Abbé Mokeux. I voi. 230 p., 100 fig. Doin, éditeur, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Ces notions très élémentaires d'Astronomie sont destinées à des lecteurs qui ne possèdent que les rudiments de connaissances mathématiques ; l’auteur réussit à faire comprendre très simplement les mouvements de la Terre, la façon de déterminer l’orbite et les dimensions de notre planète ; il explique ensuite les lois de Kepler et montre comment elles ont conduit Newton à la loi de l’attraction universelle. Quelques notions sur la constitution physique du Soleil et des planètes, sur le calendrier, les saisons, les éclipses, puis sur les autres astres : comètes, étoiles, nébuleuses complètent ces leçons d’initiation, faciles à lire et très attrayantes.
- Einfïihrung in Théorie und Technik der üezime= terwellen, par O. Gnoos. lre partie. 1 vol. vin- 188 p,, 157 fig. Verlag S. Hirzel. Leipzig. Prix broché : 8 RM
- Les ondes hertziennes ultra-courtes, de l’ordre de 0,1 à 1 m ont pris, en ces dernières années, une grande importance, pratique et donné lieu à de nombreux travaux. La production d’ondes entretenues de cette nature fait appel à des méthodes très différentes de celles qui président à la production des ondes de longueur usuelle.
- Le présent volume est précisément consacré à la production et à la modulation des ondes à très haute fréquence. Le in; G roos, lui-même auteur de recherches originales sur la question expose d’une façon très approfondie le mécanisme, (les divers systèmes de génération d’ondes ultra-courtes : génération par. rétrocouplage ; magnétrons ; oscillations de Barkhausen. Après cet intéressant exposé théorique, il aborde plus en détail la technique de construction des appareils de ces trois catégories, et celle de leurs circuits. Ce traité très complet et très méthodique met utilement au point l’état de, nos connaissances dans un domaine qui se développe rapidement. Il sera d’un grand secours pour les radio-électriciens.
- La différenciation, par René Souèges. 2 brocli. in-8°, 8(i et 139 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 18 et 20 francs.
- Partout, la différenciation apparaît : cellulaire, liistogéni-que, ontogénique, sociologique, évolutive, dans les formes et, dans le temps. L’auteur précise ses principes, ses caractères, son déterminisme eL aborde la différenciation cellulaire ou histogénique dont il cherche les causes, Jes catégories, les effets, et les degrés chez les divers êtres vivants. Puis il passe à la différenciation organique ou ontogénique qu’il suit dans la formation des organes, le développement, le polymorphisme et la métagenèse. 11 en dégage une vue d’ensemble et mie question fondamentale, celle de la forme spécifique.
- Recherches sur le magnésium en biochimie animale, par J. Lavollay. 1 brocli. in-8, 83 p., 21 fig., 1 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 193G. Prix : 15 francs.
- Le jeune rat en croissance a besoin de .magnésium. Ce métal intervient dans le métabolisme comme la vitamine B, favorise l’action de celle-ci, permet, l’utilisation des glucides.
- Le magnésium dans les terres arables, par J'. Lavol-i.ay. 1 broch. in-8, 102 p., 27 fig., 3 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix ; 18 francs.
- Le magnésium existe dans les terres arables où il peut, être dosé par diverses méthodes que l’auteur décrit. 11 est un véritable engrais qui favorise les échanges de bases et accroît les récoltés.
- Introduction à l’étude des protéines, par J. Duclaux. Tome V, chapitre Ier du Traité de Chimie Physique. 1 broch. in-8, 29 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 10 francs.
- Le traité du professeur du Collège de France comprend déjà six fascicules formant le tome Ier et deux fascicules du tome II. Voici le premier fascicule du tome V, le mode de publication fractionnée adopté dans cette collection permettant l’apparition de parties diverses et éparses d’un ouvrage. On lira avec bonheur et profit ce fascicule qui, en quelques pages, rappelle
- l’histoire des idées sur les protéines, depuis l’époque de leur distillation sèche, puis de leur analyse élémentaire, jusqu’aux méthodes physico-chimiques actuelles. Esprit critique, l’auteur ne se paie pas de mots et juge avec sagesse et bonne humeur les innombrables efforts dirigés vers la connaissance de la structure et des fonctions des matières fondamentales de la vie, sans dissimuler leurs difficultés et leur inefficacité, en espérant mieux de l’avenir.
- Grundriss der vergleichenden Physiologie, par
- W. von Buddenbrock. 2e édition. Tome IL Physiologie der Siunesorgane und des Nervensystems. 1 vol. in-8, 567 p., 355 fig. Gebrüder lîornlneger, Berlin, 1937. Prix : 40,40 marks ; relié, 42 marks.
- Longtemps limitée aux animaux supérieurs qu’on peut se procurer dans les laboratoires, la physiologie tend à devenir vraiment générale en s’étendant, aux autres groupes. Et les progrès sont si abondants eL si rapides que les meilleures mises au point sont souvent, bientôt dépassées. Ce n’est pas le cas de ces Fondements de physiologie comparée dont voici heureusement, une 2e édition revue, complétée, tenant compte des derniers travaux. Le tome 11 est consacré à la physiologie des organes des sens et, du système nerveux. L’auteur y passe en revue le sens de la vision (phénomènes électriques et physico-chimiques dans l’œil ; sensibilité ; physiologie spéciale des yeux à facettes ou à lentilles ; sens des couleurs), les sens mécaniques (tact,, statique, équilibre, température), les sens chimiques, les organes de stimulation. La seconde moitié du livre est, consacrée au système nerveux dont le rudiment apparaît à peine chez les Protozoaires, mais se développe progressivement chez les Métazoaires, tout, en présentant partout les mêmes faits généraux d’excitabilité, de réflexes, de fonctionnement,. Ge tableau d’ensemble fort bien documenté, appuyé sur une bibliographie très complète où les auteurs étrangers n’ont, pas été oubliés, fournit d’amples données et permet d’utiles révisions dont, profiteront les chercheurs autant que les philosophes et les curieux des phénomènes sensoriels *èt' nerveux.
- Les poissons et le monde vivant des eaux, par le
- Dr Louis Rouue. Tome X. La philosophie biologique et l’économie générale du monde vivant. 1 vol. in-8, 232 p. Dela-grave, Paris, 1937. Prix : 25 francs ; relié, 50 francs.
- Voici le dixième et dernier volume de ce grand ouvrage poursuivi depuis 1926. Le professeur du Muséum, après avoir médité sur les formes et les attitudes, la vie et l’action, les voyages et les migrations, les œufs et les nids, les larves et les métamorphoses des poissons, le littoral et la haute mer, les grands fonds marins, les êtres des eaux douces, la culture des eaux et, l’économie aquieole, dégage la conclusion philosophique, de tant de travaux. 11 voit dans le monde vivant, dominé par la lutte pour la vie et les conflits alimentaires une économie naturelle, un équilibre harmonieux, une association d’énergies où l’on peut même trouver l’assistance et la solidarité. Il aborde la genèse du monde vivant, l’individu transitoire et, porte-germes, la lignée stable et immortelle dans ses créations successives. Il voit une progression, une ascension du monde vivant vers une meilleure utilisation de la nature inorganique. Et arrivé à l’homme, il en fait le grand conquérant de la nature. Des tables générales renvoient aux nombreux sujets traités dans ces dix volumes.
- Méditerranée, Mer Impériale, par Marcel Homet. 1 vol. 226 p. Éditions de la Nouvelle revue critique, 11, rue François-Mouthon, Paris. Prix : 15 francs.
- M. llomet, depuis plusieurs années, explore en journaliste, les pays musulmans limitrophes de la Méditerranée. Celle-ci est, aujourd’hui, comme elle le fut toujours, un champ clos où se heurtent les intérêts les plus contradictoires ; les situations acquises y sont menacées par de jeunes ambitions, certaines puissances européennes attisent, en essayant de le détourner à leur profit, le réveil arabe et les aspirations diverses des populations islamiques ; la guerre espagnole, les agitations politiques internes de la France ont dans tous ces pays et surtout dans notre Afrique du Nord des répercussions profondes et singulièrement périlleuses. M. llomet qui vient de vivre au Maroc français et espagnol des journées angoissantes jette ici un cri d’alarme qui mérite d’être entendu.
- La France est en danger en Afrique du Nord, trop souvent, par la faute de l’aveuglement des Français eux-mêmes.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE
- La chaleur latente de fusion de l’aluminium.
- Les valeurs que l’on trouve dans la littérature scientifique pour la chaleur latente de fusion de l’aluminium varient suivant les différents auteurs dans de grandes limites, de 77 à 94 cal par gramme. Presque toutes les déterminations ont été faites à l’aide du calorimètre à eau.
- Les mesures ont été reprises en 1986 au National Physicd Laboratory en suivant le phénomène par la méthode des courbes de refroidissement. Celles-ci mirent en évidence l’existence à la température de solidification de deux variétés allotropiques, une instable qui se iransforme ultérieurement en la variété stable avec dégagement de chaleur. On comprend alors les divergences constatées dans les déterminations de la chaleur latente de fusion. Si le métal est refroidi trop rapidement, la variété instable n’a pas le temps de se transformer en la variété stable, et on obtient, des valeurs de la chaleur latente trop faibles, puisqu’il manque la chaleur de transformation d’une variété dans l’autre.
- Des déterminations récentes, il résulte que la chaleur latente de fusion de l’aluminium est 83 cal par gramme, et 9 cal la chaleur de transformation de la variété instable en la variété stable.
- La radio=activité du potassium.
- Lorsque le phénomène de la radio-activité fut découvert, on pensa tout d’abord qu’il était caractéristique des atomes lourds seulement, dont la complexité était telle qu’ils pouvaient se briser spontanément. En 1906 cependant .1. J. Thomson montra que cette idée était inexacte et que des atomes légers présentaient le même phénomène. En particulier, le rubidium et le potassium émettent normalement de petites quantités de rayons (3. Les recherches récentes ont également montré que sous certains bombardements les noyaux des atomes légers deviennent radioactifs mais la question reste de savoir pourquoi le potassium est naturellement radio-actif.
- Il y a quelques années, Aston a découvert que le potassium était formé de 2 isotopes de masse 39 et 4i et c’est à ce dernier isotope moins abondant qu’il attribuait la radio-activité. Les expériences ultérieures ont montré que ce n’était pas exact. En 1986 Nier a isolé un isotope de masse 4o extrêmement peu abondant (1/10.000) et Smythe et Hemmendinger ont montré en 1937 que c’est à celui-ci qu’il faut attribuer l’activité du potassium ordinaire.
- CHIMIE
- La recherche de l’isotope de masse 3 de l’hydrogène.
- Après la découverte par Urey de l’isotope de masse 2 de l’hydrogène (deutérium symbole D), et sa concentration pai électrolyse, il était naturel de chercher s’il n’existait pas dans l’eau d’autres isotopes stables en particulier le trité-rium gll1 représenté par le symbole T. La méthode de concentration du deutérium devrfait également amener une concentration notable du tritérium dont l’existence a été démontrée d’autre part par Oliphant et Harteck qui l’ont obtenu par bombardement du deutérion par des deutérions animés d’une grande vitesse. Dans cette réaction il se produit d’ailleurs non seulement l’isotope de masse 3 de l’hydrogène, mais aussi l’isotope de masse 3 de l’hélium,
- ces deux produits étant stables dans les conditions normales.
- Urey s’est adressé à la Norsk Ilydro-Elektrisk Kvoelsto-faktiescls Kab à Oslo en Norvège qui est la seule usine produisant industriellement de l’eau lourde par électrolyse. Les expériences, quand on arrive ainsi à rechercher des isotopes qui n’existent qu’à l’état de traces, ressemblent étrangement aux premières opérations sur les minerais radioactifs : il faut traiter des tonnes de matière pour finalement arriver à un produit 11’occupant que quelques centimètres cubes.
- C’est ainsi que dans la recherche du tritérium, i3,ooo t d’eau ordinaire furent électrolysées pour obtenir 43,4 kgr d’eau lourde concentrée ayant une teneur de 99,2 pour 100 de D20. Par un traitement électrolytique qui dura 9 mois 1/2, un volume d’eau lourde fut ramené à 11 cm3 et examiné par F. W. Aston dans un spectroscope de masse extrêmement puissant et précis. Il ne peut déceler aucune trace de tritérium, ou en tous les cas, sa concentration relative par rapport au deutérium (T/D) serait inférieure à 2/1 o5.
- MUSÉOLOGIE
- La spectrographie des œuvres d’art.
- La spectrographie permet, sur de tout petits échantillons, de reconnaître nombre de constituants qu’aucune analyse, même microchimique, ne permettrait de déceler. Aussi, con-çoit-t-on son intérêt pour l’étude des objets antiques de valeur dont on ne peut prélever que d’imperceptibles particules.
- Mouseion rend compte d’une publication de Mr. Patrick D. Ritehie, du Courtauld Institute of Art de l’Université de Londres rendant compte de l’application de la spectrographie aux verreries anciennes de la Chine, de la période pré-Han à la période T’ang. Mr. Ritehie fait remarquer qu’elle permet de reconnaître simultanément' presque tous les éléments inorganiques d’un objet; la documentation photographique ainsi établie a un caractère objectif et permanent. Ii estime que cette technique est plus sensible et prête à moins d’équivoques que les méthodes chimiques et microchimiques ordinaires. De plus, elle a l’avantage d’une grande économie de temps quand il s’agit de traiter un grand nombres d’échantillons. L’auteur estime que la découverte, même de traces persque imperceptibles de certains éléments, peut parfois présenter plus d’importance que la connaissance des éléments principaux; par exemple, pour un objet en bronze de provenance douteuse, une trace d’une impureté métallique insolite peut amener la détermination de la source du métal. Alors que les méthodes microchimiques suffiraient à révéler une trace de ce genre dans un échantillon important, avec la petite particule que l’on peut prélever sur une œuvre de valeur, elles ne suffiraient plus qu’à déterminer les éléments principaux; ce sont là précisément les cas où la spectrographie prend toute sa valeur.
- Dans l’étude que publie Mr. Patrick D. Ritehie chaque échantillon est examiné pour au moins une trentaine des éléments les plus importants discernables de cette façon. Mr. Ritehie estime qu’une bibliothèque des spectrogrammes des matériaux entrant dans la composition d’œuvres d’art de toute espèce, d’une provenance et époque certaines, documentation réunie d’une façon systématique pendant plusieurs années, ne saurait manquer d’être de la plus^grande valeur en cas de diagnostic difficile et d’attribution incertaine.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OBJETS UTILES
- Carnet « Plu-Pla » à bloc amovible.
- Chacun connaît les carnets ou registres à feuilles amovibles dans lesquels des feuilles perforées à l’avance en plusieurs points sont introduites dans des anneaux qu’une tirette permet d’ouvrir ou de fermer à volonté.
- 11 est possible, tout en conservant la même et solide couverture, de remplacer les feuilles utilisées par des feuilles blanches.
- Mais, dans les carnets ainsi conçus, les anneaux métalliques, ainsi que la tirette qui les ouvre ou les ferme à volonté,
- Fig. 1 , — Le carnet « Plu-Pla ».
- I, grande plaquette rigide ou feuille ; II, petite plaquette rigide ; III, bloc monté sur une grande plaquette avec petite plaquette et bracelet de caoutchouc ; IV, bloc monté sur le carnet ouvert.
- forment un dos épais lorsque le carnet est fermé, et gênent considérablement, lorsqu’il est ouvert, pour écrire au verso des feuilles, c’est-à-dire sur les feuilles de gauche.
- Un carnet breveté, d’invention récente, supprime cet inconvénient.
- Il se présente sous diverses formes, toutes basées sur le principe suivant :
- Les feuilles de ce carnet, qui s’établit à la française, c’est-à-dire plus haut que large, ou à l’italienne, c’est-à-dire plus large que haut, présentent, près du bord gauche, deux encoches qui se correspondent sur leurs bords opposés.
- Ces feuilles sont placées sur une plaquette de carton rigide, ou de métal, de même grandeur que ces feuilles, et présentant des encoches correspondantes.
- Une troisième plaquette rigide, de faible largeur, présente à son tour les mêmes encoches.
- Le bloc de feuilles étant placé sur la grande plaque rigide, et la plaque de faible largeur sur ce bloc, de façon que toutes les encoches correspondent, un fort bracelet de caoutchouc, passé dans les encoches, relie solidement le tout.
- La couverture de ce carnet, très résistante, forme une sorte de pochette dans laquelle on introduit la grande plaque rigide. Cette couverture refermée, le carnet présente extérieurement le même aspect qu’un carnet ordinaire.
- Le bloc de feuilles étant complètement utilisé, il suffit de le sortir, en retirant le bracelet de caoutchouc, de le remplacer par un bloc neuf, entre les deux plaques rigides, de replacer le caoutchouc, et d’introduire la grande plaque dans la pochette, pour avoir un nouveau carnet prêt à servir.
- Le principal avantage de ce carnet est que le dos n’est pas plus épais que la tranche, d’où son nom de « Plu-Pla »
- Le « Plus-Pla » est en vente dans tous les grands magasins.
- Couvercles amovibles à charnière « Fix-Piv ».
- Y a-t-il chose plus désagréable — et moins hygiénique — que de trouver dans son verre, abandonne quelque temps, dans un bol, plat, casserole, une mouche ou un insecte noyés, ou une couche de poussière i1
- Il existe bien, évidemment, des rouvre-plats de plus ou moins grande taille, mais ees couvercles, dépourvus d’appareils pour les lixer, glissent facilement et tombent au moindre choc.
- Grâce à « Fix-Piv », ces inconvénients sont maintenant évités.
- Il se compose de deux pièces : un couvercle amovible circulaire, ou disque, qui existe en 9 diamètres : 65, 70, 95, no, i3o, i5o, 170, 190 et 2x0 mm, et un support à charnière qui se fixe au récipient à recouvrir, et permet de faire pivoter le couvercle.
- D’où son nom de « Fix-Piv ».
- Ces deux pièces, en aluminium, sont évidemment inoxydables, et leur emploi est des plus hygiéniques.
- L’assortiment complet, d’un prix minime, permet de recouvrir tous les ustensiles d’usage courant, depuis la plus petite tasse jusqu’à la plus grande casserole.
- Il protège efficacement la tisane du malade, et, posé sur une casserole, il facilite la surveillance de la cuisine sans avoir besoin d’être enlevé, et sans risque de brûlure, grâce à un prolongement du support permettant le basculage.
- Quatre séries ont été établies. Série « Para verre », pour 65, 70, 95 et 110 mm; série « Parabol », pour 110, i3o, i5o et 170 mm; série « Paraplat » pour i5o, 170, 190 et 210 mm; et enfin, série « Paratoul », comportant les neuf dimensions.
- Fabricant : Fix-Piv, 174, rue Vercingétorix, Paris, i4e.
- Fig. 1. — Couvercles « Fix-Piv ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Jeannin, à Bar-le-Duc. — Pour teindre votre fourrure blanche en châtain, il aurait fallu employer non la paraphénylènediamine, niais l’amidol en préparant les deux solutions suivantes :
- A. Amidol................................ 100 gr
- Alcool dénaturé........................ 500 —
- Carbonate de potasse.................... 40 —
- Eau ordinaire. . ................... 500 —
- E’amidol se dissout dans l’alcool, le carbonate de potasse dans l’eau, puis on mélange les deux solutions.
- IN.-B. — 11 y a nne légère effervescence.
- B. Bichromate de potasse. . . . . . 50 gr
- Eau chaude........................... 1.000 cm3,
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l’emploi, puis on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table poil en dessus.
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge.
- Après' séchage, on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile d’amandes douces.
- N. -B. — Vous pourriez démonter l’ancienne teinture dans un bain à 5 pour 100 environ d’hydrosulfite de soude acidulé par un peu d’acide acétique et rinçant à fond, mais nous craignons que la paraphénylènediamine résiduelle, associée, à l’amidol ne donne une teinte bâtarde.
- M. Huber, à Lyon. — Pour fabriquer le kirsch dans les meilleures conditions, on opère ainsi :
- Les cerises étant cueillies avec soin, on en coupe les queues et on verse les fruits dans un baquet ofi on les écrase avec un pilon de manière à concasser nne petite partie des noyaux Le tout est ensuite versé dans un tonneau de capacité suffisante et rempli aux deux tiers seulement. Un des fonds de ce tonneau doit être muni d’une porte devant servir, après fermentation, à retirer les fruits.
- Le remplissage ainsi effectué, on bonde sans presser et, on laisse fermenter, quand la fermentation est bien active, on frappe sur la bonde légèrement pour intercepter le passage de l’air.
- Au bout de ti semaines à 2 mois, selon la température et la capacité du tonneau, on procède à la distillation.
- On peut opérer soit à feu nu en ayant soin de dégarnir le fond de la cucurbite d’une couche de paille, soit au bain-marie,'ce qui donne un kirsch à goût moins empyreumatique.
- La distillation se fait suivant le procédé ordinaire, mais il faut arriver à obtenir, par des distillations successives, un kirsch à 53° centésimaux, qui descendra à 51-50°5 après refroidissement.
- Des alambics perfectionnés à rectificateur, par exemple ceux de Deroy, 71, rue du Théâtre^ à Paris (15e), permettront d’obtenir du kirsch en une seule opération.
- Le kirsch se conserve soit dans des vases de verre, bonbonnes, flacons ou bouteilles, soit dans des fûts en frêne, ce. bois présentant l’avantage de ne pas colorer le liquide.
- La première année, on place le kirsch dans une chambre à température douce, en recouvrant l’ouverture des récipients de manière à permettre une légère évaporation. Après une année environ de séjour, on bouche complètement et on conserve comme les autres spiritueux.
- M. Marquant, à Nortkerque. — Plutôt que de chercher à «. rattraper » la colle du commerce pour papiers peints qui
- vpua a dominé des mécomptes, le mieux serait de partir de pied fernîç,,en préparant la bonne colle classique à la farine de seigle ainsi constituée :
- Eau ordinaire.................... 2.000 cm3
- Acide pliénique.................. 2 gr
- Délayer à froid au moyen d’une petite quantité de cette solution, 150 gr de farine de seigle de manière à obtenir une bouillie claire, chauffer celle-ci doucement en remuant constamment jusqu’à formation d’un emp'tois homogène, puis ajouter le reste de la solution phéniquée.
- Grâce à la présence de l’acide pliénique, cette colle est d’excellente conservation.
- A. P., à Charenton. — 1° Le produit vendu sous le nom de savon noir ou savon mou est un savon d’oléate de potasse obtenu en partant d’huiles végétales de qualité inférieure.
- 2° Vous pouvez prendre comme type de lessive en poudre du commerce, la composition suivante :
- Carbonate de soude cristallisé ... 70 gr
- Silicate de soude................... 20 —
- Soude caustique..................... 10 —
- M. Jommart, à Lille. — La rire d’abeilles est constituée essentiellement par de la cerine ou acide cérotique soluble dans l’alcool et de la myricine ou palmitate de myricyle insoluble dans l’alcool, l’emploi (1e ce solvant ne conviendrait donc pas à la préparation d’une encaustique.
- Si l’essence de pétrole est substituée fréquemment à l’essence de térébenthine dans les préparations du commerce, c’est uni* quemenl par raison d’économie.
- M. Le Poulard, à Saint-Brieuc. — Les taches que l’on observe sur le pourtour des chapeaux, proviennent d’une part de l’efllorescenee des sels contenus dans la sueur, d’autre part des matières grasses apportées par les pommades ou les hrillanlines.
- Pour faire disparaître ces traces malencontreuses il convient donc d’abord, après avoir enlevé le ruban qui sera traité à part de laver les parties tachées avec une éponge douce imbibée d’eau chaude que l’on rincera fréquemment pour dissoudre les sels, puis on laissera sécher complètement le chapeau.
- Sur le chapeau bien sec on interviendra alors avec un solvant des matières grasses, de préférence le tétrachlorure de carbone qui a l’avantage d’être ininflammable, en se servant d’une flanelle bien propre dont on changera les parties frottantes à mesure qu’elle se chargera de graisse.
- Finalement on laissera sécher à l’air et on replacera le ruban qui aura été savonné dans de l’eau tiède additionnée de quelques grammes de carbonate de soude (cristaux des ménagères) et bien rincé.
- M. Dartois, à Lille. — Vous pourrez obtenir le blond cendré des cheveux au moyen de la préparation suivante :
- Poudre de henné. .................... 200 gr
- Tanin en poudre..................... 40 —
- Vitriol vert (sulfate ferreux) . . . 20 —
- , Bioxyde de manganèse. ..... 40 —
- Broyer finement jusqu’à obtention d’un mélange homogène.
- Pour l’emploi, délayer une quantité suffisante du produit, dans de l’eau tiède à consistance de cataplasme, faire bouillir quelques minutes, puis appliquér la pâte sur les cheveux, laisser en contact environ une demi-heure, puis laver à l’eau de savon et finalement à l’eau pure.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud.
- 15-10 1937— Published in France.
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- N° 3012
- LA NATURE
- Ier Novembre 1937
- LES ATMOSPHÈRES PLANÉTAIRES
- I. — LES DEUX CLASSES D'ATMOSPHÈRES PLANÉTAIRES
- Condition même d'existence de la cellule vivante, drapant et transfigurant les paysages, l’atmosphère a, depuis longtemps, posé aux astronomes un troublant problème. D’autres astres que la Terre sont-ils pourvus de cette enveloppe aérienne ? Quelles peuvent être leur composition, leur densité, leur épaisseur ? Entretiennent-elles, sur les mondes lointains, certaines formes de vie ? Curiosité combien légitime, puisque l’homme s’attache d’autant plus passionnément à une question quelle se relie plus étroitement au domaine habituel de son activité P
- Il y a plus d’un siècle qu’une solution approximative a été apportée à la ]) r e ni i è r questions. Oui, Vénus possède une a tin osp 11 ère, a f lirm e 1 examen -télescopique. N’apparaît-elle point, parfois, près de la conjonction inférieure, c o m m e un anneau lumineux prolongeant les cornes ? Au reste, si la couche ainsi illuminée ne dépasse guère 1.200 m, il est hors de doute que l’atmosphère s’élève beaucoup plus haut. Notre connaissance n’est pas moins positive en ce qui concerne Mars, dont les calottes polaires exigent la présence d’une atmosphère permanentet non condensable, dans laquelle on voit voguer quelques rares nuages brillants. Enfin, les changements rapides relevés sur les disques de Jupiter et de Saturne, leur
- albedo élevé Q), conduisent à admettre l’existence d’atmosphères jovienne et saturnienne. C’est encore la considération des albedos qui permet une première discrimination. Les albedos inférieurs à 0,10 trahissent l’absence d’atmosphère et la réflexion directe sur le sol ; c’est le cas de Mercure et de la Lune (0,07). Une valeur voisine de 0,15 (Mars) annonce une atmosphère décelable mais parfaitement transparente ; atmosphère
- épaissie, transparence atténuée avec l'albedo terrestre (o,3 8) et surtout avec celui de Vénus (0,62), dont le sol est en tout temps invisible. Pour les grosses planètes," les chiffres oscillent de < >, 4 2 à o,5, indiquant des gaz plutôt que des liquides ou que des solides.
- La mécanique et a théorie cinétique des gaz apportent une seconde contribution à l’attaque du problème. C’est, en effet, l’attraction newtonienne qui relient les molécules gazeuses autour d’un astre... du moins tant quelles n’atteignent pas la vitesse critique, vitesse avec laquelle un corps venant de l’infini toucherait le sol, et fonction de la racine carrée de la pesanteur. Si ce dernier facteur est trop faible ou si l’agitation moléculaire est trop considérable, il peut arriver que les molécules les plus rapides quittent l’atmosphère pour se ^.disperser dans l’espace. Les vitesses moléculaires
- 1. D’après Bond, l’albedo est la fraction de lumière solaire diffusée par fa planète.
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- sont, à o° C., pour l’hydrogène, i,84 km/sec, pour l’oxygène, o,46, pour le gaz carbonique, 0,39. 11 est donc clair qu’une masse planétaire trop faible ou, accessoirement, une température trop élevée peut chasser d’abord les gaz légers puis les autres. C’est ce qui s’est produit pour la Lune et Mercure, dont les vil esses critiques respectives — 2,4 .et 3,6 km/sec — n’ont pas pu retenir le gaz carbonique plus que l’hy-
- drogène. Vénus et la Tei're n’ont pas conservé leur hydrogène, mais possèdent probablement encore leur hélium, tandis que Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ont gardé intégralement leurs gaz originels, leurs couches extérieures étant vraisemblablement formées d’hydrogène et d’hélium.
- Ces considérations préliminaires nous permettent de classer les planètes en deux groupes : d’abord, celles dont l’atmosphère ressemble à la nôtre (Vénus, Mars, Pluton), où prédominent les gaz lourds et notamment les composés de l’oxygène ; celles dont l’atmosphère rassemble surtout des composés de l’hydrogène (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune). Nous mettons à part, bien entendu, les astéroïdes et les satellites — sauf celui de Neptune — que leur masse insuffisante a réduits à n’avoir plus d’atmosphère du tout.
- C’est naturellement à la speclroscopie «jue nous nous adresserons ensuite pour compléter ces renseignements par trop parcimonieux accordés, les uns par l’observation télescopique, les autres par la mécanique.
- II. - L’ANALYSE SPECTRALE ET SES DIFFICULTÉS
- Le principe de la méthode est simple : la lumière solaire réfléchie par la planète et traversant son atmosphère doit présenter les bandes d’absorption de celle-ci. Il semble donc que l’examen de ces bandes et raies d’absorption puisse mener promptement à la découverte des constituants atmosphériques cherchés. En fait, l’astro-physicien se heurte à des obstacles bien fâcheux.
- En premier lieu, beaucoup de gaz ne présentent pas d’absorption sélective, comme l’hydrogène, l’azote, l’hélium, le néon, l’argon, qui restent, par conséquent, hors d’atteinte. Ensuite, l’ozone terrestre, en coupant l’ultra-violet solaire, empêche d’étudier cette partie fort intéi'essante des spectres. Enfin, les bandes telluriques de l’oxygène et de la vapeur d’eau recouvrent celles qui pourraient éventuellement provenir des planètes. Les bandes XX 18.000, n.5oo et 9.600 de l’eau et celles de l’oxygène XX 7.5g4 et 6.867 sont particulièrement encombrantes.
- Le spectroscopiste peut donc assigner à ses travaux deux directions, soit qu’il cherche les constituants planétaires non telluriques dont les bandes sont visibles sur les spectres, soit qu’il s’efforce de distinguer l’oxygène et la vapeur d’eau planétaires des mêmes corps terrestres. Ces deux modes de recherches correspondent en gros aux deux classes d’atmosphères que nous avons envisagées, les atmosphères terrestres offrant des bandes telluriques, les autres montrant des bandes étrangères à notre globe, d’une étude moins malaisée.
- Fig. 3. — Jupiter photographié au télescope de 2 m 50 ; noter, sur la deuxième imagé, le satellite (lanymède (à gauche du disque) et son ombre sur
- la planète.
- (Photo Observatoire du Mont Wilson).
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- III. — L’OXYGÈNE ET L’EAU SUR VÉNUS
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- Dans cette revue, nous passerons rapidement sur Mercure, à qui les observateurs américains i-efusent toute enveloppe gazeuse, au contraire des astronomes de Meudon, qui en ont distingué de faibles traces. La proximité du Soleil n’en facilite point, d’ailleurs, l’étude spectrale, surtout dans le bleu et le violet, et les spectrogrammes, qui s’étendent jusqu’à X 9.000 11’onl point montré jusqu’ici de bandes sombres caractéristiques.
- Vénus est beaucoup plus digne d’intérêt et, sœur de la Terre par la taille, elle passa longtemps pour jouir, en outre, d’une atmosphère fort analogue à la nôtre. Les travaux récents ont révisé ces idées premières, sans élucider cependant ce qu’il est légitime d’appeler l’énigme de l’eau. Que l’on se rende compte des difficultés du problème :
- Pour distinguer les bandes de l’oxygène et de la vapeur d’eau dues à l’air terrestre de celles que peut engendrer l’atmosphère planétaire, on procède par comparaison ; on photographie, par exemple, en même temps que le specü'e étudié, celui de la Lune, laquelle, n’ayant point d’atmosphère, montre purement et simplement le spectre solaire, agrémenté, évidemment, des raies telluriques. Désignons par C ce spectre de comparaison, par P celui de la planète, par S le spec-Ire solaire, par t l’absorption terrestre et par p l’absorption planétaire. Nous pouvons écrire :
- C = S + t P = S + t + p
- D’où :
- P _ C = p.
- Les différences de ces deux spectres peuvent donc être attribuées à l’action particulière de la planète. Il est vrai que des précautions singulièrement délicates sont ici de rigueur. Pour rendre le moins intenses possible les raies telluriques, on opère à une altitude aussi élevée que. possible, quand la Lune est très haut dans le ciel, et dans un air très sec. On a soin de prendre les deux spectres au même moment et à la même hauteur au-dessus de l’horizon, ce qui exige la présence simultanée, et à des hauteurs égales, de la Lune et de la planète. Ces conditions réalisées, on peut essayer de voir, sur les deux séries de spectrogrammes, si les bandes planétaires sont plus sombres que les bandes correspondantes du spectre de comparaison. Si cela est, si, par exemple, les bandes de l’oxygène sont plus fortes sur la planète que sur la Lune, cela signifie que l’atmosphère planétaire est plus riche en oxygène que l’atmosphère terrestre. Mais hélas ! cela n’est pas, comme le montra Campbell en 1894. On doit donc faire appel à une technique plus rigoureuse et plus perspicace.
- Lowell et Campbell imaginèrent de photographier le spectre de Vénus au moment, des quadratures, c’est-à-dire quand elle s’approche et quand elle s’éloigne de la Terre. Ses raies d’absorption doivent donc être déca-
- Fig. 4. — Mars photographié au télescope de 1 rn 50 ; on remarquera la calotte polaire.
- (Photo Observatoire du Mont Wilson)
- lées, par l’effet Doppler-Fizeau, par rapport aux mêmes raies telluriques : si la dispersion est suffisante, les raies doivent paraître doubles. Si, toutefois, l’écart est trop faible, si même les raies se recouvrent partiellement, on n’en peut pas moins apprécier, à l’aide du
- Fig. 5. — La même région de Mars photographiée par Slipher avec des filtres jaune et bleu.
- Les photographies en lumière bleue montrent trois états distincts do l’atmosphère. Les vues 3 et 7 montrent une forte nébulosité, la vue 0 ne révèle pas de nuages mais une opacité générale, les vues 4 et 5 dénotent une grande transparence et montrent la Grande Syrte avec une précision voisine de celle des vues en lumière jaune 1 et 2.
- Lumière Bleue (1937>-
- L urhière Bleue
- 24 Sept 1926 .25 Mars 1935
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- onisé ^ Hy
- Hg MqFp N a, Hw0H0 0
- Ira
- olet
- Violet
- Bleu
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- Jaune
- Orange
- uge
- Infra-
- rouge
- KH h G
- k,102 k,308
- F b E D
- k,861 5,270 5,893
- CB A 63636,867 7,59k
- posées en astronomie. Mais la surprise que l’on en éprouva n’égala pas celle qui résulta de la découverte effectuée eu i()33 par Adams et Dunhain au Mont Wilson.
- IV. — L’ATMOSPHÈRE DE GAZ CARBONIQUE DE VÉNUS
- Fig. (i. — Le spectre solaire et scs principales raies et bandes.
- Les chiffres indiquent les longueurs d’onde exprimées en angstroms. Les lettres du lias marquent les raies de Frauenhofer ; celles du haut sont les symboles chimiques des éléments. Les raies Ha, 11,3, lly, llô, caractérisent l'hydrogène.
- mierophotomèlre, la légère dissymétrie née de leur chevauchement. C’est cette méthode que Saint John et Nicholson appliquèrent en 1921 au grand télescope du Mont-Wilson. La dispersion était de 3 Â par millimètre; l’elïet Doppler-Fizeau promettait un écartement de o,25 À entre les raies planétaires et telluriques ; les conditions atmosphériques étaient exceptionnelles. Pourtant, les deux astronomes ne trouvèrent nulle trace de raies planétaires et en conclurent que Vénus ne connaissait ni oxygène, ni eau.
- Ce résultat étonnant fut confirmé par les travaux de Slipher, commencés en 1903 à l’Observatoire Lowell avec un spectrographe à haute dispersion et poursuivis 3o ans plus tard au moyen de plaques enregistrant les radiations infra-rouges au delà de X 10.000. Là encore, le microphotomètre fut impuissant à détecter la plus fine dissymétrie des raies. Si donc, l’absence d’oxygène est fort étrange, celle de la vapeur d’eau reste l’une des plus irritantes énigmes qui se soient
- Adams et Dunham aperçurent, en effet, en examinant la portion infrarouge du spectre de Vénus, trois bandes magnifiquement définies, ’ ayant leurs tètes à XX 7.820, 7.883 et 8.689. Leur résolution en lignes fut relativement aisée. Puis, pour les identifier, on mesura l’écartement de ces lignes — écartement qui, on ne l’ignore pas, est fonction du moment d’inerlie de la molécule et peut, par suite, la caractériser. Ce moment d’inerlie, trouvé égal à 70,5. io~4" C. G. S., correspondait à la molécule de gaz carbonique. L’atmosphère de Vénus élaiI-elle donc constituée par du CO2 ? Adams et Dunham n’en doutèrent guère lorsque des expériences de laboratoire eurent montré que les bandes de rotation-vibration développées par la molécule de CO2 coïncidaient justement avec les bandes exhibées par les spectres. Ils en doutèrent moins encore lorsque Adel et Slipher eurent reproduit expérimentalement, en 1934, le spectre planétaire trouvé. Ces deux savants avaient employé, pour cela, un tube de 5 cm de diamètre, long de 22 m 5o, empli de gaz carbonique sous la pression de 47 alm, et qu’un rayon lumineux parcourait deux fois avant de tomber sur la fente d’un spectrographe. Ayant ainsi retrouvé les bandes de Vénus, ils purent estimer à 2 milles l’épaisseur de la couche absorbante, la quantité totale de CO2 étant peut-être sept fois plus grande. Vénus posséderait alors, dans son atmosphère supérieure seule, 10.000 fois plus de gaz carbonique que la Terre dans son atmosphère tout entière (1).
- V. L ÉNIGME MARTIENNE DE L'OXYGÈNE ET DE LEAU
- Venons-en à notre fameuse voisine la planète Mars. Que son atmosphère contînt de l’oxygène, on n’hésitait pas à l’affirmer il y a une dizaine d’années. Déjà, en 1909, comparant photornétriquement les bandes martiennes et les bandes telluriques, Very en déduisait que les premières étaient 24 pour 100 plus intenses que les secondes, tandis qu’en 1926, Adams et Saint Jolm découvraient, par mierophotométrie, un léger déplacement des raies de la bande a, imputable
- 1. A côté des 2 milles d'épaisseur de la couche absorbante vénusienne, notons, pour fixer les idées, que, dans l'atmosphère terrestre, supposée épaisse do K milles, l’oxygène compte seulement pour i mille 1/4.
- Fig. 7. — Spectres de Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, comparés à celui de la Lune et photographiés par Slipher.
- Noter l’élargissement considérable des bandes à mesure que l’on passe aux planètes plus éloignées (Monthly Notices 0/ the Royal A sir. Soc. 1933).
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- à l’effet Doppler-Fizeau ; ils en concluaient que Mars possède 16 pour 100 de la quantité d’oxygène au-dessus de Faire terrestre équivalente. Le résultat décisif (?) est cependant dû à Adams et à Dunliam et date de 1934.
- Ils utilisèrent un speclrographe de a m 70 de longueur focale, à 5,0 À de dispersion par millimètre, lixé au foyer coudé du télescope de a m 5o, avec des plaques dues au D1' Mees (Kodak) ayant leur maximum de sensibilité dans le rouge, vers X 6.800. Entre 1:98a et 1988, ils obtinrent 10 spectrogrammes, posés chacun 3 li. Pendant ce temps, la vitesse radiale de Mars avait varié de — 13,8 km/sec à + ia,0, vitesse qui devait correspondre à un décalage des raies de o,3a A, soit 0,067 mm. Or, les lignes de la forte bande B de l’oxygène n’olïrirenl qu’un décalage infime — 0,000a  — bien au-dessous de l’erreur accidentelle probable, + 0,0024 A. Le microphotomètre 11e put même déceler la moindre dissymétrie des raies, dissymétrie attendue vers le violet aux périodes de rapprochement, vers le rouge aux périodes d’éloignement. Quand on sait que l’appareil eut pu déceler une fraction de 1 /1.000 de l’oxygène terrestre, 011 s’explique qu’Adams et Dunliam aient évalué à 1/10 de 1 pour 100 la proportion d’oxygène de l’atmosplière martienne, comparée à l’atmosphère terrestre ! L’étude de la bande A ne donna pas de meilleurs résultats.
- En revanche, il sembla que, près de la bande B, vers le rouge, quelques lignes de la vapeur d’eau offraient un léger décalage, inférieur, du reste à celui que l’on eût imputé à l’effet Doppler en admettant, pour l’eau, une composante martienne. Si nous remarquons que, dans celle région du spectre, la sensibilité de la plaque diminue rapidement et (pue le foyer du speclrographe change, lui aussi, rapidement, nous conviendrons, pour nous prononcer sur la question de l’eau, qu’il faut attendre de nouvelles mesures. C’est ce qu’Adel et Slipher se préparent à faire, en opérant sur les lignes voisines de X 7.200. Pourtant, nous ne pouvons pas ne pas noter notre surprise que les observations montrent des traces si douteuses d’un corps qui existe, puisqu'on le voit. Il faut croire cpie la neige des calottes polaires se sublime et que la vapeur produite n’a qu’une densité extrêmement faible.
- VI. — L’AMMONIAC ET LE MÉTHANE SUR LES GROSSES PLANÈTES
- Le problème non moins complexe posé par les grosses planètes est maintenant considéré comme résolu par les savants américains. 11 se présentait d’ailleurs depuis 65 ans.
- Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune jouissent du privilège de posséder des bandes non telluriques d’absorption communes, très fortes à mesure que l’on s’avance vers le rouge et que l’on s’achemine vers les planètes les plus éloignées,-—- Pluton mis à part. Voici la distribution de ces bandes (*) :
- 1. Adel et Supiieb, Pliysical lie-view, 5 novembre 1934.
- Position
- (microns)
- Position
- (microns)
- 44 I-
- 459..
- 6 I 9.
- 48G..
- 647..
- 509..
- 656..
- 661...
- 534..
- 681...
- 702..
- 576..
- 719...
- 597..
- 726..
- 609-
- 782—
- La technique des émulsions photographiques a permis, en celle matière, des progrès considérables. Alors qu’en 1907, on 11’allait pas, sur Jupiter, au delà de la bande A de l’oxygène, les plaques à la néocyanine ont autorisé Slipher à plonger récemment dans l’infrarouge et, après avoir décelé les nouvelles bandes XX 7.920, 8.4oo, 8.6i5 et surtout la bande très
- intense X 8.810, d’atteindre, comme sur Mars, X 10.000. De plus en plus accentuées à mesure que l’on passe à Saturne, à Liranus et à Neptune, ces bandes finissent par ne plus laisser subsister, des spectres, que des cannelures brillantes dans le vert et le bleu. C’est ce qui explique la couleur des deux dernières planètes.
- Ces bandes ont suscité les interprétations les plus diverses, attribuées tour à tour à la chlorophylle, à l’ozone, à l’eau liquide. Ce 11’est qu’en 1932 que Wildt, de Gôtlingen, donna le mol de l’énigme. 11 remarqua que les fortes lignes de l’ammoniac concordaient avec les lignes XX 6.45o, 6.456,6, 6.473,8, 6.5oo et 6.5o8 de Jupiter, et que les bandes du méthane XX 6.190, 7.260 et 8.860 ressemblaient fort à quelques-unes du même astre. Celte curieuse constatation fut vérifiée l’année suivante par Dunham. 11 adapta au foyer du grand télescope du Mont-Wilson un spectrographe de Lillrow (') et photographia les régions spectrales rouge et inlra-rouge de Jupiter et de Saturne. Les bandes se résolurent en un nombre considérable de raies. 11 parvint alors à. identifier 60 lignes de l’ammoniac et 18 du méthane. Puis, il s’attaqua spécialement à l’étude de l’ammoniac. Ayant construit un tube long de 4o m, il l’emplit de ce gaz sous la pression atmosphérique et en reçut le spectre d’absorption. La similitude avec le spectre de Jupiter, dit-il, était frappante, l’intensité relative des raies, différente dans le ciel et en laboratoire, venant probablement des conditions de température. Aussi reconnut-il, sur la planète, l’existence d’une couche de gaz ammoniac, de quelque 10 m d’épaisseur, ce qui, si on suppose, conformément aux observations radiomélriques, une température de i4o° absolus (2)-, fait nager la couche d’ammoniac dans une immense atmosphère d’hydrogène.
- 1. C’est un spectrographe à aulocolliniation, ayant l’avantage de réduire de moitié le nombre des pièces optiques et fort utile, dé ce lait, pour l’étude des régions invisibles du spectre.
- 2. Le zéro absolu est à — 273° C.
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- Et le méthane ? Ce fut l’objet des recherches d’Àdel et de Slipher en ig34. Ils remplirent de Cil4 leur tube de 22 m 5o, sous la pression de 45 atm et de X 4-5oo a X io.ooo, photographièrent une vingtaine de bandes, Houes ou diffuses, mais reproduisant presque entièrement les spectres planétaires. Quelle est la quantité de gaz responsable de cette absorption ? Adel et Slipher penchèrent pour une épaisseur d’un mille. De plus, ils pensèrent que, les deux grosses planètes ayant à peu près la densité des liquides organiques, il serait peut-être possible d’y trouver d’autres hydrocarbures. La température superficielle de Jupiter — inférieure à — ioo° C — ne permettait de considérer pratiquement que lethane (point d’ébullition à — 96°), l’éthylène (— io3°) ou l’acétylène (— 85°). Les spectres de rotation-vibration, étudiés à travers 45 m de gaz, donnèrent des bandes assez fortes qui n’existent pas dans les spectres planétaires. Ainsi s’élimine la possibilité d’autres hydrocarbures que le méthane.
- De ces différents travaux, la physionomie de Jupiter se dégage peu à peu : une vaste atmosphère d’hydrogène, avec une couche de méthane et une plus faible épaisseur d’ammoniac ; des nuages formés peut-être de petits cristaux d’ammoniac gelé, la Grande Tache Rouge étant elle-même une île d’ammoniac solide, voguant librement sur un océan d’hydrocarbures couvrant la totalité de la planète.
- Saturne procède à peu près des mêmes caractères, avec des couches d’ammoniac et de méthane d’épaisseur moindre et une température superficielle inférieure de 10 à i5° à celle de Jupiter, ce que confirment les observations radiométriques.
- L’assombrissement des spectres s’accuse quand on passe à Uranus et à Neptune. On sait, depuis Huggins, qu’Uranus n’a pas de bandes sombi’es dans le bleu et le violet, mais les études plus récentes en ont dévoilé de nouvelles vers le rouge, si puissantes que presque toute la lumière de forte longueur d’onde est absorbée. Neptune en a encore de nouvelles, plus faibles, bien que, en dépit des plaques du savant Dr Mees, Slipher 11’ait guère pu explorer l’infra-rouge au delà de X 8.600. Il est à prévoir néanmoins que tout l’ammoniac. y est solidifié, et que les rayons solaires pénètrent profondément dans les atmosphères d’hydrogène et de méthane.
- Quant au dernier né de la famille solaire, Pluton, il n’a pas donné lieu jusqu’ici, en i'aison de sa petitesse, à des travaux très détaillés. Tout au plus Lampland et Slipher croient-ils que sa lumière, dans le jaune et le rouge, est un peu plus intense que celle du Soleil, et que sa couleur le classe entre Mercure et Mars.
- VIL - LE PROBLÈME DE L’ATMOSPHÈRE ET L’ÉVOLUTION PLANÉTAIRE
- Faut-il considérer ces observations, ces mesures et leurs interprétations comme décisives ? Malgré toute l’autorité qui s’attache aux noms de leurs éminents auteurs, dont plusieurs regardent comme clos le cycle de leurs recherches en ce domaine, il nous semble
- opportun d’étendre sur l’ensemble de respectueuses réserves. La difficulté d’examiner des spectres comportant des bandes si lloues, si diffuses, si mal définies, n’a d’égale que celle de leur fixer une origine précise, soit par identification pure et simple des raies — comme dans le cas du CH4 ou du NH3 — soit par des considérations théoriques — comme pour le CO2 de Vénus — soit par application de l’effet Doppler-Fizeau. On n’a pas oublié la mésaventure de Vegard, rejetant sur l’azote solide la responsabilité de la raie verte de l’aurore polaire, alors quelle est due toute bonnement à l’oxygène ionisé. 11 serait fort intéressant que, hors des États-Unis, et en attendant les révélations du futur télescope géant du Mont Palomar, on cherchât à obtenir une plus abondante documentation spectrale.
- Ces vues nouvelles ont naturellement provoqué l’éclosion d’idées nouvelles sur l’évolution planétaire, et l'époque est décidément révolue où les grosses planètes apparaissaient comme des mondes encore en fusion. Il convient, il est vrai, de distinguer les gi’os-ses des petites planètes, celles-ci ayant perdu presque toute leur atmosphère primitive et 11e gardant plus que les gaz lourds, gaz carbonique, azote, néon. C’est là, sans doute, l’aspect que nous présente Vénus. Peut-être un jour viendra-t-il où, comme sur la Terre, les plantes apparues pourront s’attaquer à celte masse énorme de gaz carbonique et en dégager l’oxygène, sous-produit de la vie végétale, préparant ainsi l’avènement de la vie animale. Mars paraît être à l’extrémité opposée du processus et l’oxygène doit s’y être en majeure partie combiné avec le fer, oxydation rendue plus rapide par la basse altitude de la couche d’ozone et donnant à la belliqueuse planète sa teinte bien connue.
- Les grosses planètes ont conservé, au contraire, après solidification du noyau, une enveloppe fluide formée d’hydrogène, d’hélium, de carbone, d’oxygène et d’azote, dont les combinaisons, au voisinage de i.ooo0 C. ont donné successivement naissance au méthane et à l’ammoniac. On peut alors, avec Russell, concevoir Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune comme autrefois entourés d’atmosphères d’hydrogène, mélangé d’ammoniac, de méthane et de vapeur d’eau, au-dessus d’un océan fortement alcalin. Le refroidissement progressant, l’eau a gelé à son tour, à une température dépendant du pourcentage d’ammoniac et pouvant être inférieure à — ioo° C., laissant subsister ainsi, comme le constatent les astronomes américains, des lits d’ammoniac et de méthane noyés dans un excès d’hydrogène.
- Ce schéma peut être rattaché à celui de Jeffrey s modifié par Wildt, suivant lequel chaque grosse planète est constituée par un noyau, de densité 5,5, revêtu d’une épaisse carapace d’océans gelés, profonds de milliers de kilomètres, surmontée elle-même d’une atmosphère si fortement comprimée que les gaz doivent y avoir une densité proche de celle qu’ils auraient à l’état solide ou liquide, aux environs de o,35. Wildt trouve enfin que le rapport de masse de l’hydrogène aux éléments lourds, déterminé par les valeurs obser-
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- vées de la densité moyenne et le moment d’inertie, est, sur Jupiter, du même ordre que sur le Soleil. Fions-nous aux années qui viennent pour éclairer définitivement cette question.
- Faisons encore confiance à l’avenir pour résoudre le problème corrélatif de la possibilité de la vie sur les autres planètes. D’ailleurs, si nous nous refusons à faire du roman et à envisager toute organisation vivante autre que celle qu’étudient les biologistes, ces possibilités apparaissent bien restreintes et probablement réduites à une maigre vie végétale martienne. Mais
- ......................................— 407 =r
- l’homme de science serait bien ingrat et ferait preuve d’un jugement bien étroit si, après les infinies possibilités que déroule devant lui la nature dans de multiples domaines, il lui refusait celle de s’organiser en êtres vivants plus ou moins différents des êtres terrestres. Peut-être, comme le suggérait naguère l’enthousiaste Lowell, si l’homme est destiné à ne jamais retrouver exactement son « double », renconti'era-l-il un jour des cousins éloignés, éparpillés à travers l’espace P
- Pierre Rousseau.
- LA MICROPHOTOGRAPHIE ~ AU SERVICE DE L’INDUSTRIE TEXTILE
- Le microscope a cessé depuis longtemps d’être l’instrument scientifique réservé aux patientes recherches des biologistes, des anatomistes ou des bactériologistes ; il s’est imposé peu à peu à la technique et a pénétré dans les laboratoires industriels. 11 fournil des méthodes d’analyse, d’identification, de contrôle d’une remarquable précision, et souvent il permet de suivre les transformations physiques, mécaniques ou même chimiques, sous l’influence de divers traitements, guidant ainsi les fabrications.
- Le perfectionnement des appareils d’optique, des accessoires, des sources de lumière, l’invention de l’ultra-micrpscope, l’application de la lumière de Wood par le microscope de fluorescence, les méthodes photomicrographiques ont élargi le domaine des applications et il n’existe plus guère aujourd’hui d’industrie qui puisse se passer du microscope.
- Ce n’est guère qu’à la fin du siècle dernier que la technique microscopique s’est implantée lentement dans l’industrie textile. Indispensable pour l’examen méthodique des soies artificielles ou rayonnes, elle s’est étendue aux fibres textiles naturelles dont elle a permis l’étude structurelle approfondie.
- Par l’examen microscopique des fibres observées sur la section d’un fil, on a pu les identifier, les différencier dans les mélanges et même, dans un grand nombre de cas, déterminer les proportions de chaque fibre dans un fil ou un tissu. La microphotographie a révélé maints détails sur les modifications des fibres aux divers stades de leur élaboration,
- MICROPHOTOGRAPHIE
- La microphotographie des fibres textiles est loin d’être simple. Ces fibres se présentent généralement comme sous la forme de petits cylindres dont on ne peut mettre au point qu’un seul plan, surtout sous forts grossissements. La microphotographie ne donne donc
- pas la vue d’ensemble que reproduit un dessin bien fait ; elle est plus rapide, plus sincère, plus probante.
- La technique microphotographique a été considérablement améliorée par la création de plaques spécialement appropriées et d’écrans colorés. Elle exige une connaissance approfondie, non seulement de la micrographie, mais aussi de l’art photographique. La préparation des fibres destinées à la reproduction micro-photographique doit être minutieusement effectuée, et il est nécessaire de multiplier les observations, avant de choisir les images typiques et impeccables à reproduire.
- La Société pour la chimie des corps gras Th. Bohme, à Chemnilz (Allemagne), qui s’est spécialisée avec un très grand succès dans l’étude et la fabrication des produits auxiliaires pour l’industrie textile, a installé depuis quelques années un laboratoire remarquablement outillé pour la microphotographie des fibres. Nous devons à l’obligeance de la direction de cette importante firme et du savant directeur de son laboratoire l’ingénieur Reumuth, les reproductions que nous allons présenter.
- Un problème intéressant de l’industrie textile moderne est le matage de la rayonne. Il consiste à atténuer, par divers procédés, le reflet trop accentué de cette fibre artificielle, notamment en y incorporant des pigments finement dispersés, comme le sulfate de baryum ou des sels de titane. La figure i montre deux fils matés par revêtement à l’oxyde de titane ou au sulfate de baryum et un troisième fil simultanément maté et avivé suivant un procédé nouveau, dit substantif, au cours de la fabrication. Dans les deux premiers, le pigment s’est réparti irrégulièrement à la surface de la fibre, ce qui explique qu’elle reste dure et sèche, tandis que dans le troisième, le pigment imprègne régulièrement la structure superficielle de chaque fibre individuelle, à la façon d’une rangée de perles ; cette fibre est élastique, douce et mate. La
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- de nids de coton non parvenus à maturité. Le coton mort ou cueilli avant maturité n’absorbe pos ou absorbe mal les colorants pour colon normal et forme des ladies claires dans une pièce teinte. La figure fi, prise à un plus fort grossissement, mordre bien celle différence. des libres.
- MICROCINÉMA-
- TCGRAFH1E
- Poussant plus loin leurs ingénieuses recherches, les techniciens du lexlile ont fait appel au cinéma. Kronacher a lilmé les phénomènes d’extension des libres de laine. Le film montre avec une netteté remarquable comment les écailles
- Fig. 1 et 2. — Pholomicrographies de fils de rayonne matés : le premier à l’oxyde de titane, le deuxième au sulfate de baryum, le troisième maté et avivé. A droite, coupe transversale
- à travers le dernier fil.
- superficielles se séparent les unes des autres par l’exten-
- Fig. 3. — Une fibre de laine trop dégraissée et fragile.
- Fig. 4. — Le feutrage de la laine sous l'aetion du savonnage et du foulage.
- Fig. fi. — Md de colon blanc dans une pièce teinte en bleu.
- ligure a montre en coupe une fibre de soie viscose matée suivant la méthode substantive.
- La microphotographie des fibres de laine a fourni beaucoup de renseignements sur les traitements et les détériorations que ceux-ci peuvent provoquer. On voit dans la figure 3 un exemple des raies noires qui apparaissent à l’intérieur d’un poil de laine après un dégraissage trop poussé ; ce sont des vides qui affaiblissent la fibre.
- La ligure 4 montre comment les fibres de laine se tordent et s’entrelacent sous l’action de l’alcali provenant de l’hydrolyse du savon et aussi du foulage qui provoque le feutrage et le mélange intime des poils de la laine.
- Les figures 5 et 6 offrent un exemple d’examen microphotographique appliqué au coton. 11 s’agissait de découvrir la cause de taches claires dans un tissu de coton teint en bleu (lig. 5). On reconnut à l’examen des épreuves que cette défectuosité était le fait
- Fig. (j. — Les fibres de colon non parvenues à maturité, causent des taches blanches.
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- sion du poil. Cunliffe a procédé à des observations analogues sur poils de laine et sur cheveux de nègres. Kurt Hess a élaboré des films intéressants sur la structure des fibres de cellulose et leur gonllement. Les techniciens de la Société Bôhme ont réalisé des films de propagande extrêmement curieux où l’on suit pas à pas l’altération, le gonflement et les effets des matières grasses sur des fibres.
- La figure 7 est la reproduction partielle d’un film montrant l’accélération du gonflement d’une fibre de laine dans une solution de savon. On y voit parfaitement les changements produits dans la coupe et la perte de force « nerveuse » et élastique de la laine sous l’action de l’alcali du savon.
- Le film de la figure 8 illustre le phénomène du feutrage. Les quelques phases représentées ici suffisent pour comprendre comment les fibres d’abord allongées se courbent, se frisent, se bouclent et s’enchevêtrent sous l’action de l’alcali du savon. Entre la première et la dernière prise de vues, il s’est écoulé environ trois quarts d’heure.
- La figure 9 donne deux images d’un film destiné à comparer la formation et la structure de la mousse. On y voit nettement la différence entre la structure grossière de la mousse de savon et celle, beaucoup plus fine, de la mousse d’un sulfonate d’alcools gras.
- Les images ont été choisies au moment de la formation des bulles.
- La figure 10 groupe quatre images d’un film d’une longueur de 3o m pris à l’ultramicroscope, sur fond noir, pour suivre les phénomènes de refroidissement et de figement des solutions de savon. Les parties moléculaires les plus grosses, stéarates et palmita-tes de sodium forment un enchevêtrement de filaments. Les parties ressortant comme des points blancs sont de l’oléate de sodium et d’autres sels d’acides gras à poids moléculaires inférieurs qui, à cette température, ne se solidifient pas, mais présentent encore un mouvement brownien violent. En refroidissant, le figement s’accentue et la dernière image montre un enchevêtrement d’éléments fucoïdes.
- On voit quelles ressources précieuses offre l’emploi rationnel de la microcinématographie à l’industrie lextile. Sans doute, il reste encore à surmonter des difficultés, notamment au point de vue de l’éclairage, mais les résultats obtenus font le plus grand honneur aux chercheurs de la firme allemande et permettent de prévoir la réalisation d’études de plus en plus précises et poussées intéressant tous les domaines de la technique.
- STRUCTURE SUPERFICIELLE DES FIBRES
- L’examen de la surface des fibres, et plus spécialement de la fibre de laine, ne laisse pas d’être difficile,
- même pour le technicien exercé. Les fîbi’es textiles ont une forme ronde ou ovale ; celles de coton sont enroulées en spirale. Isolées, ces fibres sont d’une grande finesse et exigent pour l’observation un peu minutieuse l’emploi de forts grossissements. Il faut réussir à d i f Té -
- Fig. 9. — Comparaison des mousses de savon (à gauche) et d’alcools gras sulfones (à droite).
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- Fig. 10. — Quatre images d’un film à l’ultra-microscope suivant les phénomènes du refroidissement et du figement d'une solution de savon.
- rencier avec une précision suffisante le plan supérieur qu’on veut étudier. La plupart des fibres, et en particulier la laine, présentent une semi-transparence comparable à celle d’un gel de gélatine un peu trouble. Les fibres animales sont enrobées d’une sorte de manteau d'écailles imbriquées, si bien qu’en observant au microscope la surface de la libre, on aperçoit une image brouillée par les détails de l’intérieur et de la partie opposée à l’objectif.
- La méthode usuelle .d’observation consiste à placer une fibre isolée sur un poyfe-objet, et à l’étaler dans un agent d’immersion, eau, glycérine, huile de cèdre, baume de Canada, en la recouvrant ensuite d’une
- lamelle de verre mince. La lumière, passant par un condenseur, est renvoyée par un miroir au travers de la plaque dans la lentille de l’objectif et, de là, parvient à l’oculaire. Quand on a utilisé un liquide d’immersion d’indice de réfraction convenable, on arrive à distinguer parfaitement la structure superficielle en écailles de la fibre, mais on perçoit en meme temps, à cause de la transparence, les écailles de la face opposée, ce qui donne une image confuse.
- Les techniciens spécialistes de la question se sont efforcés depuis longtemps de perfectionner 1 observation de l’épithélium de la laine. Il existe entre autres une méthode remarquable due à Aloïs Herzog, qui consiste à mouler la fibre
- dans un mastic résineux, incomplètement figé. En retirant, âpres refroidissement, la fibre à l’aide d’un scalpel, on obtient une empreinte négative qui varie suivant la nature et la provenance de Cette fibre. Saxinger emploie, dans le même but, la celloïdine. Le défaut de cette méthode est que l’on n’observe pas directement la fibre, mais une image de celle-ci. D’autre part, la tendance naturelle de la laine à l’ondulation empêche souvent de l’étaler convenablement et ne permet d’obtenir que des moulages très fragmentaires.
- Une autre méthode consiste dans « lepi-éclairage » usité couramment dans l’étude microscopique des métaux. 11 existe plusieurs moyens de laisser tomber la lumière de haut en bas sur l’objet, au travers ou en dehors de l’objeclif. On a pu effectuer, par ce procédé, d’intéressantes observations de la surface de la laine. Il ne permet pas, cependant, de réaliser des clichés microphotographiques d’une netteté suffisante, la transparence de la laine contrariant la réflexion de la lumière incidente projetée sur la fibre.
- Fig. 12. — La méthode Reumuth.
- .On peut citer encore le procédé de microscopie sur champ obscur par éclairage latéral. La fibre apparaît en clair sur fond noir ou sombre. Le rayonnement des bords des écailles gêne l’observation et brouille les détails. Malgré les perfectionnements apportés aux divers organes : lampes, miroirs, condenseurs, cette méthode n’a pas donné de résultats appréciables pour I étude des textiles.
- L’Anglais Manby et l’Américain Hardy ont proposé d’immerger la fibre jusqu’à la moitié de son diamètre dans un liquide qui ait approximativement le même indice de réfraction que la laine. On peut réaliser cette préparation de diverses façons (fig. 11 à i3).. On tend les fibres sur un porte-objet et on fait couler le long de celles-ci, à l’aide d’une mince baguette de verre, une goutte d’un liquide d’immersion de même indice de réfraction. On peut aussi étendre au préalable sur le porte-objet, une couche mince et uniforme du liquide d’immersion : solution de celloïdine dans l’acétate d’amyle, eau glycérinée et gélatine glycérinée, et y tendre foi'tement la fibre de laine, de manièi’e qu’elle
- Fig. II. — Procédés d’examen microscopique de la surface des fibres. Eu haut, procédé classique, par immersion dans la glycérine, sous lamelle eouvre-objet ; au milieu, nouvelles méthodes Hardy, Manby, R. 0. X., de semi- immersion ; en bas, le résultat obtenu : seule la moitié supérieure de la fibre est visible.
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- Fit). 13. — Quelques temps de la préparation des fibres pour l’examen microscopique suivant la méthode lieumuth : a, l’assemblage du cadre ; b, la lame enduite de R. 0. X. ; r, la fixation des fibres tendues ; d, le séchage ; e, la section
- des libres.
- Fig. 14. — Quelques aspects de fibres de laine microphotographiées.
- a, laine brûle, mérinos allemande ; b, laine brute mérinos allemande, lavée avec. 1 gr 5 par litre de carbonate de soude ; c, laine brute mérinos allemande, lavée avec 1 gr par litre de gardinol, sull'onale d’alcool gras de la maison Rôhme à (Ihemnilz ; </, laine de la Nouvelle-Zélande, dégraissée pendant cinq heures à l’éther, au Soxhlet ; e, laine de la Nouvelle-Zélande, dégraissée à l’éther et traitée pendant cinq heures par du trichloréthylène ; /, laine de la Nouvelle-Zélande, lavée en bain neutre et traitée comme le n° fi ; g, laine chlorée d’après un procédé nouveau ; h, laine chlorée normalement ; », laine, ayant subi un chlorage intensif ; j, détérioration de la laine par l’alcali, après lavage de 10 mn dans une solution à 2 pour 100 de carbonate de soude ; le, détérioration de la laine par l’alcali après traitement d’une heure à 00-70° dans une solution de 0,3 pour 100 de carbonate de soude ; l, même traitement ; m, laine lavée dans une solution de carbonate de soude séchée à 170° pendant cinq heures ; «, la même observée avec un relief supérieur de 0 mm 013 ; o, laine lavée en bain neutre et séchée à 170° pendant cinq heures; p, laine traitée par une, solution à 10 pour 100 d’acide sulfurique;
- q, laine de caséine de Feretti ; r, soie viscose matée.
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- Fig. 15. — Une fibre de laine grossie 10.200 /ois
- s’enfonce dans la couche jusqu’à la moitié de sa circonférence. Si l’indice de réfraction du fil et celui de l’agent d’immersion sont, à peu de chose près, semblables, la moitié immergée de la fibre disparaît au point de vue optique. On obtient ainsi des images extraordinairement nettes de la superficie visible de la laine, sans que les écailles inférieures soient percepti-bles.
- L’ingénieur Reumuth et ses
- collaborateurs,' opérant dans les laboratoires spécialement outillés des usines Bôhme à Chemnitz, sont parvenus à mettre au point cette méthode de manière à réaliser dans les conditions les plus favorables, l’obser-
- vation et la microphotographie des fibres en série. Ils ont choisi un milieu d’immersion dont l’indice de réfraction est celui
- de la laine ; ce liquide est dénommé R. O. X.
- être surélevé, au besoin, à l’aide d’un ou deux couvre-objet. Ce travail doit être exécuté avec une grande précisoin, de manière que les fibres soient immergées très régulièrement jusqu’au milieu de leur circonférence. L’agent d’immersion se fige ; on sépare alors à l’aide d’un scalpel ou d’un rasoir les fibres du cadre, sur les bords du porte-objet, et l’on obtient sur la lame une séide de fils de longueur convenable, bien tendus, préparés pour l’observation directe et la photomicrographie. Il est possible, par ce procédé, de faire rapidement un grand nombre d’observations et de contrôler par de multiples prises soit les matières premières, soit les opérations de filature. 11 n’est pas nécessaire de couvrir la fibre d’un couvre-objet et l’on pratique l’observation directe avec un épi-objectif approprié. De telles préparations demandent évidemment beaucoup d’habileté, de patience et d’habitude. Notamment, il est important de ne pas détacher les fibres du cadre avant que la masse d’immersion ne soit complètement figée. On s’assure par un rapide examen au microscope sous faible grossissement, en déplaçant les fibres sur toute leur longueur, de la réussite de leur préparation. On choisit alors les champs qui conviennent le mieux à une microphotographie.
- Les photographies groupées dans la figure i4 montrent comment, par la méthode' que nous venons de décrire, on peut procéder à l’étude méthodique des fibres, considérées dans le sens de la longueur.
- Ces remarquables travaux, établissant de manière indiscutable la structure interne et externe des fibres, permettent d’étudier avec une grande précision la marche des divers phénomènes dus à l’influence exercée sur la fibre par les traitements et les réactifs les plus variés. Indépendamment de l’intérêt pratique qu’ils présentent pour la technique industrielle, ils contribuent dans une large mesure à développer nos connaissances sur la nature, la formation et les transformations des matièi'es textiles.
- UNE FIBRE DE LAINE GROSSIE 10.000 FOIS
- La méthode de M. Reumuth est très ingénieuse et extrêmement simple. Il constitue, au moyen de bandes de verre collées ensemble, un cadre s’adaptant exactement sur une plaque porte-objet.
- Sur ce cadre, il place, en les étirant légèrement et soigneusement, une -série de poils de laine
- Grâce à ces nouvelles méthodes, les laboratoires Th. Rohme sont parvenus à rassembler une documen-
- Vig. 10. — Une fibre de laine décomposée par le bacille mésentérique, reproduite à même échelle que la fibre intacte (x 10.200) et à côté de celle-ci.
- secs et les fixe séparément avec de la cire d’abeilles, de la paraffine ou du mastic résineux spécial de Kronig fabriqué par les usines Merck, à Darmstadt. On peut ainsi étaler une quinzaine de filtres isolées, Lune à côté de l’autre, et pratiquement exemptes de toute ondulation (lig. n). On enduit alors un porte-objet, soigneusement nettoyé, d’une couche uniformément répartie d’un agent d’immersion : gélatine glycérinée, d’après Manby, ou mieux agent d’immersion R. O. X. de Reumuth. On porté ensuite le cadre préparé sur lé porte-objet qui peut
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- lation unique et très précieuse. Ils ont eu également l’idée de s’en servir pour réaliser une pièce d’exposition reproduisant avec une minutieuse exactitude une libre de laine isolée grossie 10.200 lois. Sur un cylindre de bois creux de 3o cm de diamètre, on a projeté trois microphotographies originales d’une même libre, chacune sous un angle de 120°, de manière à obtenir sur tout le pourtour du modèle une représentation lidèle et agrandie dans les proportions voulues. La perfection de la méthode H. 0. X. a permis la reproduction exacte de la structure superficielle des écailles de la fibre avec leurs proportions relatives, leur écartement, la profondeur des creux et tous les détails les plus précis. La ligure i5 montre cette fibre géante de 2 m de long, travail artistique qui fait honneur au mécanicien Kurt Stôhr qui l’a modelée.
- Un autre modèle du même genre et du plus grand intérêt a été exécuté par projection de microphotographies d’une des fibrilles formant la structure interne de la laine. Dans ce but, la laine avait été soumise dans des conditions convenables, à l’action du Bacillus mcsentericus qui, on le sait, décompose la fibre anatomiquement. L’élude microscopique de cette fibrille ainsi isolée a montré qu’au lieu d’affecter la forme d'un fuseau lisse comme on le croyait, elle présente une structure hélicoïdale analogue à celle des fibres de colon. La figure 16 reproduit le modèle en bois de celle fibrille, également exécuté à l’échelle de 10.200/1 à côté du modèle de la fibre elle-même.
- PHOTOGRAPHIE EN LUMIÈRE INFRA-ROUGE
- L’invention des plaques infra-rouges a mis à la disposition de l’industrie textile des possibilités d’étude et de vérification insoupçonnées.
- 11 existe un grand nombre d’objets de couleurs très foncées qui ne laissent passer ni les rayons du spectre visibles, ni les rayons ultra-violets. Ils se comportent vis-à-vis des plaques photographiques normales comme vis-à-vis de feuilles métalliques opaques. Une fibre de laine teinte en noir intense protographiée sur plaque orthochromatique ou panchromatique, ne peut donner, dans les conditions les plus favorables, qu’une silhouette foncée qui ne permet de discerner aucun détail. On peut désirer observer les particularités de l’intérieur de la fibre comme on examine l’intérieur du corps humain, à l’aide des rayons Rôntgen. Mais, tandis que ces derniers ne projettent sur la plaque qu’une ombre de l’objet, les rayons infra-rouges réfractés suppriment la couleur spécifique de l’objet, tout en donnant une image effective et réelle, avec tous les détails et toutes les précisions de structure. Ils permettent actuellement d’observer à l’état clair des fibres teintes de nuances très foncées, sans qu’il soit nécessaire de les décolorer par blanchiment réducteur ou oxydant, ou de les éclaircir par tout autre moyen chimique, par conséquent sans risque de modifier la structure originale.
- Dans l’application pratique de la photographie infrarouge, il n’est besoin ni d’éclairage particulier ni de
- lampes spéciales.
- Les sources lumineuses artificielles possèdent la [dus grande partie de leurs radiations dans les zones jaunes et rouges du spectre et il suffit de retenir par un filtre la fraction lumineuse. Les rayons caloriques invisibles traversent seuls le filtre, et servent à impressionner la plaque. Le verre 11’ab-sorbe pas ces rayons, au contraire des rayons ultra-violets qui sont retenus par le verre et nécessitent l’emploi du quartz. La photographie infra-rouge peut donc se servir des objectifs normaux et des dispositions optiques ordinaires de microscopie ; cependant l’emploi d’objectifs apochromatiques est particulièrement recommandable.
- La difficulté de la photographie par rayons infrarouges réside dans la mise au point, étant donnée l’impossibilité de discerner à l’œil la lumière filtrée et l’image sur le verre dépoli. On a dû procéder au début par tâtonnements, puis cette difficulté a été vaincue en intercalant devant le diaphragme des filtres spéciaux. Ces filtres consistent en deux verres, l’un rouge et l’autre bleu-violet. A l’aide du verre rouge, qui laisse passer encore une petite fraction des rayons visibles, on met au point sur le verre dépoli de l’appareil microphotographique et on intercale ensuite le verre bleu-violet. 11 n’est plus possible alors de faire une observation à l’œil, mais la plaque spéciale, sensible
- Fig. 17. — Une fibre de laine altérée. à gauche, sur plaque orthochromali-quo ; à droite sur plaque infra-rouge.
- Fig. 18. — Mélange de fibres d’un tissu endommagé. La photographie en infra-rouge révèle nettement des fibres de laine, de coton et de rayonne.
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- Fig. 19. — Fibres de colon teintes en noir. L’in/ra-rougc montre des cristaux d'oxyde de cuivre provenant d’une détérioration.
- aux rayons infra-rouges, fixe une image absolument nette.
- La figure 17 nous montre des clichés de fibres de laine peignée teintes en noir; Sur plaques orthochromatiques, 011 11’a pu obtenir qu’une silhouette bien découpée, permettant de distinguer la structure externe des écailles. Grâce aux plaques infra-rouges Agfa, on voit la fibre par transparence et on peut y découvrir des détériorations dues à l’action d’un acide.
- La figure 18 représente un mélange de fibres provenant d’un tissu endommagé. Alors que, dans la photographie de gauche, sur plaque orthochromatique, les fibres paraissent toutes identiques, l’emploi des rayons infra rouges, à droite, révèle un mélange de laine, de colon et. de soie à l’acétate matée.
- La figure 19 se rapporte à des fibres de coton teintes en noir d’aniline intense. La microphotographie aux rayons infra-rouges a permis de préciser une analyse mierochirnique peu concluante. On voit, à droite, des
- Fig. 20. — Reheveaux de laine à peine distincts sur plaque orthochromatique, très différents en infra-rouge, du fait d'une erreur de traitement.
- (Photographies originales du laboratoire spécial de 'microphotographie de la Th. Rôhine, à Chemnitz (Allemagne).
- cristaux d’oxyde de cuivre provenant d’une détérioration due à l’oxycellulose dont l’examen sur cliché orthochromatique (à gauche) était impossible.
- Les rayons infra-rouges peuvent également servir en macrophotographie. La figure 20 est un exemple de cette application à l’industrie textile. Deux éche-veaux de laine à tapis d’une nuance gris foncé presque noir, présentaient à la lumière du jour une légère différence de ton. Sur plaque orthochromatique, cette différence de ton était peu marquée, comme le montre l’image à gauche. La macrophotographie aux rayons infra-rouges révéla que ce défaut provenait d’une faute commise lors de la teinture. L’analyse ehi-1 nique confirma cette constatation. En effet dans un des cas, on avait oublié le traitement après teinture, aux sels de chrome. Ernest Sciimidt.
- Dr ès sciences.
- LE DJEBEL DRUZE
- « Suis toute nation plus forte que « la tienne, mais garde-moi dans ton cœur »
- Hâken.
- Djebel veut dire montagne et cependant, quand on arrive chez les Druzes, les hauteurs ne se détachent pas, enlisées peut-on dire dans une couche de lave atteignant 500 m d’épaisseur.
- Petit, même pour la modeste Syrie, le Djebel Druze est souvent d’actualité. Sans cesse des délégations, des notes, des demandes se succèdent auprès des autorités mandataires. Dans les agitations, les remaniements du Proche-Orient, les Druzes veulent jouer leur rôle et l’on sait leur ténacité et leur bravoure.
- Certes, pour le moment, le Djebel Druze est tranquille, surveillé de près d’ailleurs par des troupes françaises qui occupent tous les points importants, puisque Soueida, sa capitale, clef de la Syrie, protège Damas. Et qui tient Damas tient, Beyrouth. Des siècles de conquêtes l’ont prouvé.
- Comme presque tous les pays du Proche-Orient, le Djebel Druze a vu tous les passages, subi toutes les dominations. Sa population en garde les traces. On y voit des descendants des Egyptiens du temps des Pharaons, des Assyriens de Ninive et de Babylone, des Safaïles, des Romains, des Byzantins, des Perses de Chosroës, des Mongols de Tamerlan, des chrétiens d’avant Mahomet, des Arabes, des Nabatéens, enfin des
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- Fig. 1 à 4. — Kanaouat.
- De gauche à droite et de haut en bas :
- La c-ella du temple prostyle. — La porte de la basilique romaine du m° au iv° siècle, avec des éléments décoratifs plus anciens. Elle sert aujourd’hui de tribunal. — Le temple d’Ilelios. — Les colonnes du temple prostyle.
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- rr= 416 ..... ..............—
- Druzes qui eux-mêmes ont leur histoire et leur tradition en vieille Égypte. Mosaïque de races parmi lesquelles il est difficile de se retrouver.
- J’ai eu la chance, dès mon arrivée dans le pays, de Ire guidé par le Directeur du service des antiquités, l’Ahhé Mascle, aumônier militaire (*). Devant le tombeau de « Philippe l’Arabe », il m’a initié aux grands mouvements de terre et d’hommes qui ont fait de ces rocs noirs et rébarbatifs un pays si curieux.
- Il se trouve au Sud de la Syrie, sur la frontière de Transjordanie, à l’Est du massif du llauran avec lequel cerlaius auteurs, dont le comte de Vogue, le confondent (").
- C’est un massif entièrement formé de roches éruptives et les basaltes tapissent littéralement le sol.
- L’homme a vu ces éruptions, au moins les dernières qui ont dû être formidables et destructrices. Je possède, en effet, cadeau du père Mascle, un tas d’os brisés agglomérés par la lave ; on y distingue très nettement les doigts d’un pied d’homme.
- On a également retrouvé des silex taillés datant de l'époque néolithique, alors qu’on n’aperçoit nulle part de banc de silex en affleurement ; le Père Mascle les a découverts en général à 20 ou 3o m de profondeur, enfouis sous des couches de basalte.
- il y eut des éruptions dévastatrices, même aux temps modernes. Des légendes déformées et peut-être amplifiées ont gardé le souvenir de catastrophes ayant éclaté en 712 et m4. D’ailleurs, certaines relations existent de ces formidables déversements de lave qui avaient le caractère de véritables inondations : un manuscrit syriaque actuellement au British Muséum ainsi que des documents arméniens en font mention.
- Ce Djebel Druze qui semble figé depuis des millénaires est un pays étrange. Ses maisons sont celles que les Romains ont construites en lave. Les murs limitant les propriétés sont de cailloux tellement ajourés, dentelés, ciselés, qu’au soir, lorsque le soleil est bas, on a l’impression qu’une magnifique dentelle de Venise a été posée sur cette terre, pour le simple plaisir des yeux.
- Tout est noir, les maisons, les routes pavées de lave, les birketts, citernes qui contiennent la seule eau du pays. Et. noirs aussi sont les vêtements des habitants, sauf les voiles des femmes dont beaucoup sont blancs.
- (Lest le pays de la tristesse où ne subsistent, du passé, que des monuments en ruines, des villes détruises et des tombeaux de grands saints. L’étranger y éprouve un mortel ennui, encore plus quand la pluie line tombe lentement, sans violence, d’un ciel immobile aux nuages énormes et tourmentés... noirs eux aussi.
- Le Djebel Druze n’est gai qu’au printemps, lorsque son ciel est bleu et que les épis d’or des blés couvrent une partie — si faible — de la campagne.
- 1. L’abbé Masclo vient de publier aux Editions de Beyrouth un très remarquable volume, Le Djebel Druze qui fait autorité sur la question.
- 2. La Syrie centrale, 18f>0. Voyage au llauran et à la mer Morte, 1858 (Guillaume Rey).
- C’est une des régions où l’on rencontre le plus de vestiges romains, nabatéens, arabes et le Père Mascle qui s’est fait l’archéologue, le géologue et l’historien du pays dépense à cette recherche tout le temps que lui laissent ses « ouailles » en drap kaki.
- La population compte 57.600 Druzes, tous immigrés, dont beaucoup sont arrivés fuyant les armées françaises envoyées par Napoléon III en 1860.
- Ce sont des travailleurs obstinés, d’une extrême vaillance sur le champ de bataille. 11 me souvient d’avoir visité au Liban druze, d’où la plupart d’entre eux sont venus, le palais du plus grand prince qui les ait jamais dirigés : l’Émir Béchir. Ce château, en partie ruiné, devait être une merveille (Lamartine y a couché) : on retrouve encore très aisément, dans le « hammam » les canalisations d’eau chaude qui permettaient de prendre des bains alors que la neige couvrait le palais et il y avait également un système de chauffage central fort bien organisé.
- Les Druzes sont un peu des errants. Jamais jusqu’alors ils 11’ont pu se fixer. Ils affirment venir d’Égypte et au point de vue religieux forment une secte dépendant à l’origine des Arabes Chiites dissidents de l’Islam. Au Moyen Age, ils s’enfuirent à Lat-taquié et au Liban à la suite de leurs dissensions avec les musulmans orthodoxes, les Sunnites.
- 11 y a tout lieu de croire également qu’ils lurent les alliés des Croisés et qu’ils leur donnèrent asile lorsque les envahisseurs, battus par les Aarabes à la bataille de Hattin en juillet 1x87, se réfugièrent dans le Liban.
- On dit aussi que les « Galates », habitants des bords du Rhin, seraient allés jusqu’au Liban où ils se seraient alliés aux Druzes, ce qui expliquerait les yeux bleus et les cheveux blonds qu’on rencontre assez fréquemment.
- On peut aussi compter dans leur ascendance les Nabatéens, dont j’ai visité, au milieu des déserts de la Transjordanie, l’ancienne capitale, si curieuse, avec ses temples creusés dans la montagne et les monumentales portes sculptées à même le roc.
- Mon voyage à Pétra m’a laissé de forts souvenirs. Nous avions franchi le désert de Thi, 3oo km où seuls les mirages incessants mettent un peu d’animation ; nous avions descendu les redoutables pentes des montagnes d’Arabie, frontière entre l’Égypte, la Palestine, la Transjordanie et le Hedjaz ; nous avions, pendant des nuits et des nuits, couché tout habillés sur la pierre du « reg » dur sur lequel roulaient nos voitures. Nous avions bu de l’eau fortement magnésienne qui ne parvenait pas à désaltérer notre palais englué de sable... et nous étions enfin tombés au milieu d’une patrouille de police montée qui nous arrêta juste au moment que nous allions nous jeter dans un parti de brigands embusqués tout près de la piste.
- La religion des Di'uzes est secrète. Ayant reçu l’hospitalité chez Mme Naziré Jimblatt qui gère avec une admirable autorité tout le Liban Druze, j’avais demandé quelques précisions sur les croyances de mes hôtes.
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- On me répondit seulement : u Tout homme qui veut aller à Dieu le peut ».
- En fait, on est assez peu renseigné sur ce culte dont le fondateur fut Hâkem, sixième calife Fa!imite (descendant de Falima, fille de Mahomet mariée à Ali) qui disparut mystérieusement un soir de l’année 1020, d’une colline du Caire où il était allé étudier les constellations. Ses prédictions furent amalgamées avec celles de Durzi qui a donné son nom aux Druzes ; elles concernaient en particulier la croyance à la métem-
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- Fig. o à 7. — Chahba. La porte triomphale, la voie romaine, et à gauche le mur Kahjbé.
- Le théâtre romain.
- La mosaïque de la mère de famille assise entre la sagesse et la justice.
- psychose qui paraît avoir marqué la nouvelle religion.
- Les Druzes n’ont point d’édifices particuliers pour leur culte qu’ils pratiquent là où ils se trouvent, en général dans la salle commune d’une grande habitation. Ils adressent leurs prières à la mémoire d’hommes qu’ils vénèrent, sans s’occuper de leur religion, et l’on voit chaque jour des théories de Druzes se rendre au tombeau d’un chrétien aussi bien qu’à celui d’un musulman, quand le parfum des vertus de ces morts est conservé par la tradition.
- La moralité des Druzes est très élevée ; notamment ils ont pour la femme une considération et un respect qui détonent en Orient. On cite d eux un geste merveilleusement élégant alors qu’ils assiégeaient, en 1925-1926, la citadelle de Soueida où des officiers français étaient enfermés avec leurs femmes et leurs soldats. Les provisions et l’eau s’épuisaient, les combats étaient durs et meurtriers, car les Druzes follement braves sont impitoyables dans le combat. La garnison demanda que les Françaises, exténuées par le siège, soient évacuées sur Damas, et nos chevaleresques adversaires acceptèrent aussitôt. On vit ce spectacle digne de l’antique de guerriers druzes protégeant les femmes de leurs adversaires et facilitant leur retour à Damas où elles arrivèrent saines et sauves, sans avoir été molestées.
- • Certaines des coutumes des Druzes sont assez curieuses. Jadis Musulmans assez tiôdes, ils n’avaient pas de jour de repos. Depuis l’arrivée des Français, ils fêtent avec plus de ferveur la grande fête musulmane de l’Ait el Kébir, et pour ne pas imiter les chrétiens ni les Juifs, ils ont fixé leur repos hebdomadaire au vendredi comme les Musulmans.
- Ils portent une considération particulièrement attentive à l’hôte que « Dieu leur, envoie ». Le voyageur de passage est sacré et pour ne pas leur faire une grave injure, il doit s’arrêter longtemps à leur table qu’ils
- garnissent pour leur visiteur de tout vent trouver de mieux à lui offrir.
- ce
- qu’ils peu-
- Le Djebel Druze offre au touriste des -merveilles d’architecture ancienne. De nombreuses races, des
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- civilisations différentes y ont laissé des traces remarquables.
- C’est ainsi qu’en arrivant à Kanaouat, on est frappé par la vue magnifique du temple d’Hélios (fig. 4), qui dresse encore orgueilleusement sept colonnes, reliquat des trente et un fûts énormes qui jadis s’élançaient vers le ciel. Des chapiteaux corinthiens aux feuilles de laurier ou de chêne les couronnent. Malheureusement peu à peu ces vestiges disparaissent. L’État druze n’a pas de crédits pour restaurer ni même entretenir des souvenirs aussi importants du passé et les touristes qui pourraient s’intéresser à la sauvegarde de ces ruines sont rares.
- Toutes les dominations se sont exercées au Djebel Druze et des religions aussi diverses qu’anciennes y ont laissé des traces. C’est ainsi qu’à Kanaouat, on voit les restes d’un temple de « Zeus » dont une inscription : « A Zeus sauveur et illuminateur, Antiocos, fils « de Diomède, sauvé des abîmes d’une mer horrible, « a consacré dans sa reconnaissance ce bêma... l’an 5, « en exemple de la puissance de Zeus » a été enlevée et transportée sur une basilique voisine et aussi un temple proslyle dont les trois colonnes restantes (fig. i) portent des chapiteaux ressemblant à ceux que l’on voit aux ruines de Palmyre. Une partie des restes de ce temple est encore consacrée par les Druzes à la prière.
- Chaliba, une des rares villes du Djebel Druze, est également riche en souvenirs du passé. Nous y allâmes en partant de Soueida, à la fin d’une après-midi. Nos deux voilures roulaient à toute vitesse sur la route excellente qui réunit les deux cités. Devant nous, les volcans dressaient leurs cônes tronqués ; leurs pentes boursouflées, crevassées comme par de gigantesques explosions, monli'aient des rocs nus et sinistres. Le Père Mascle menait le train. Nous passions devant un piton vaguement entouré d’une banquette à demi-ruinée de pierres jadis soigneusement assemblées.
- — Voyez, me dit mon guide, ceci était un fort romain. Bientôt nos troupes, qui y font actuellement des travaux, vont venir s’y installer, car à 20 km à la ronde, il n’y a pas de meilleur point de surveillance.
- Devant nous se dressent, sortant du rocher, des murailles cyclopéennes. Une grande porte à demi-rui-née nous reçoit et nous jette brusquement sur une
- immense allée dallée, filant tout droit d’Est en Ouest à travers la ville.
- Nous continuons notre chemin. Des rues viennent couper la nôtre à angle droit. Des ruines de temples, d’habitations se dressent parfaitement alignées. Je pense à Pompéi qui possède avec Chaliba de nombreux points de ressemblance. Mais Pompéi est une ville morte ; ici, un brouhaha de vie anime la cité, car depuis 2.000 ans, elle n’a cessé d’être habitée.
- Voici la « Kalybé » 0) précédée d’une grande cour soigneusement dallée (fig. 5). Sa façade mesure 3o m, mais il est difficile de se faire une idée exacte de l’édifice, car une dizaine de familles y habitent et ont, à l’aide de murets, transformé une grande partie des bâtiments en salles de réunion ou en écuries....
- Un petit théâtre étale ses gradins sous la lune. 11 est remarquablement bien conservé (fig. 6). Ses proportions sont si justes, sa grâce si attachante qu’on l’imaginerait presque au sortir des jeux qui l’animaient il y a 2.000 ans.
- Nous suivons la grande rue qui mène au croisement de quatre larges voies fort bien dallées, au Tétrapyle, quadruples portes, juste au centre de la cité, qui malheureusement sont en partie détruites.
- L’horizon y est merveilleux. Philippe l’Arabe qui avait choisi ce lieu devait jouir intensément de sa capitale, si belle par son emplacement et les monuments remarquables que l’Empereur avait fait construire.
- (Test à Chaliba qu’on trouve les plus belles mosaïques : le cortège des noces de Thétis et de Pélée, une fête de mariage, la glorification de la mère de famille (fig. 7), la naissance d’Âmphitrite, d’autres encore qui ont été transportées à Soueida, au musée lapidaire que le Père Mascle organise avec soin.
- Des cavaliers Druzes, superbement harnachés, gardent les abords de la ville. On voit leur silhouette brune se détacher fantastiquement sur la lueur des torches que portent nos guides..
- C’est tout le passé vivant, car en 1.000 ans, les Druzes n’ont point changé. Marcel Homkt.
- 1. Vient du grec « Kalubé », signifiant habitation rustique. Comme t'inscription qui l’orne est accompagnée de « iéra sainte », on imagine qu’elle fut jadis la demeure de la divinité (indications données par le Père Mascle).
- PRÉPARATION DE HOUILLES TRÈS PURES MÉTHODES NOUVELLES
- L — EXPOSÉ
- Par une étude parue dans le numéro du i5 mars 1987 (p. 246-251 ), La Nature a mis ses lecteurs au courant de l’état actuel des connaissances actuelles relatives à la structure de la houille. La définition du « charbon pur » qui y a été donnée représente une préface au sujet que nous allons traiter aujourd’hui.
- Depuis quelques années, on remarque une tendance
- accentuée en faveur de l’emploi de charbons d’une pureté aussi parfaite que possible. O11 envisage couramment en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, la préparation de charbons industriels contenant un maximum de 3 pour 100 de cendres.
- Evidemment, il y a tout intérêt à transporter et à utiliser une houille la plus pauvre possible en cendres, mais on a aussi observé que les charbons ne contenant que o,5 à 1 pour 100 de cendres sont recher-
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- la première, de i m 65 d’épaisseur, comprend de la terre végétale enveloppant des débris calcaires de toutes grosseurs provenant de la voûte et des parois et une quantité énorme de poteries, débris d’anses, cols de pots, fonds, côtés de marmites de toutes les civilisations grecques, romaines, gauloises, mêlés à de la cendre très abondante.
- La deuxième couche, de o m 60 d’épaisseur, comportait avec de la terre argileuse des fragments de poteries néolithiques, des outils en silex et quelques ossements de Cervidés.
- On se trouve en présence d’un véritable silo qui devait porter un couvercle en coupole percé d’un orifice se fermant par une simple pierre plate. Dans sa plus grande largeur, l’intérieur mesure 5 m de circonférence et a m a5 de profondeur (lig. 3). Un homme peut s’y tenir debout et les trois ouvriers qui le vidèrent s’y trouvaient à l’aise.
- Les parois très durcies sont faites d’un mélange de chaux grasse et de graviers du Gard ; le revêtement intérieur est en chaux pure, mais grasse.
- A quelle époque remonte ce travail ?
- Pline, dans son Histoire Naturelle, rapporte que les silos « sont de la plus vieille pratique carthaginoise. Ils existent en nombre infini dans tous les pays barba-resques et remontent à tous les âges ». Mais ce qu’on ignorait, c’est que les « dolia » romains dont quelques beaux spécimens sont exposés à la Maison carrée de Nîmes devaient avoir leur origine dans les grottes préhistoriques.
- Ce silo a été intentionnellement ouvert à un endroit choisi, au-dessous d’une coupole rocheuse, cavité due à l’ancienne érosion fluviale, permettant au primitif de se tenir debout pour déposer ou retirer ses réserves agricoles, alors qu’aux alentours il faut se baisser pour passer. De plus, l’emplacement un peu en élévation a été préféré à tout autre pour sa sécheresse. Dans cette
- Fig. 3. — Coupe du silo montrant les deux couche: de poteries.
- couche | histocique
- couche
- Fig. 4. — Une lampe à huile du paléolithique inférieur
- trouvée aux Eyzies de Tac (Collection Blanc).
- grotte très humide, c’est un des rares endroits où l’eau ne suinte pas du plafond.
- Légèrement en surplomb, il évite les arrivées d’eau extérieures des pluies d’hiver et des orages defé, lesquelles pénètrent par les entrées jumelles.
- Pour éviter cette invasion, les habitants préhistoriques, comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres grottes, creusèrent dans le rocher en bordure de la bouche des trous réguliers destinés à recevoir les barres horizontales de bois d’une claie formant porte. A la balauzière, il y en a six environ.
- A un certain moment d’abandon, la fermeture convexe s’est recouverte d’une couche de terre végétale d’apport englobant les poteries et les ossements laissés par les derniers occupants de la caverne ; c’esl l’époque qui a suivi de près sa construction. Par suite d’un choc, le couvercle s’est effondré entraînant à l’intérieur la terre, les poteries néolithiques, les ossements de Cervidés qui jonchaient le sol ; c’est la couche de fond de o m 6o d’épaisseur.
- La cavité mise à jour a servi ensuite de dépotoir à tous les habitants des civilisations postérieures qui profitèrent de ce trou pour y jeter leurs débris ; c’est la seconde couche pré-romaine et gallo-romaine. Vers l’époque cai'olingienne, Je plein dut être fait, car de nouvelles couches terreuses le recouvrent ; au xii® siècle, la hauteur atteignait 4o cm. C’est la couche du cadran solaire canonial. En janvier iy3/j, le remplissage atteignait 2 m 80.
- 11 est difficile de donner une chronologie plus précise, car le sol a été surélevé par des crues considérables à des époques très irrégulières. En 1890, lors de la grande inondation, l’Ardèche débitait de 6.000 à 7.000 m3 par seconde. Tout bien posé, on peut sans exagération attribuer à l’époque néolithique, fin du néolithique, la construction de ce silo (vers 3.5oo environ av. J.-C.).
- Quelle était sa destination ?
- En plein Sahara, au Ténéré, M. Duprez a découvert un récipient de o m 76 de haut environ enterré dans le sable jusqu’au goulot qui mesure o m 4.7 de diamètre. Les pièces Ethiques trouvées aux alentours accusent la période néolithique qui, pour le Sahara, a été estimée de 8.000 à 5.000 ans avant notre ère.. Les fouilles de M. Evans à Cnossos ont révélé que dans le
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- Fig. 5. — Meules dormantes du Gard dressées, avec deux faces concaves (Photo Bayol).
- deuxième palais royal (1.700 av. J.-C.), bâti sur un emplacement néolithique, le cellier comprenait une série de 19 cuvons dans lesquels se plaçaient les doit a. Un de ces vases géants mesurait 2 m de haut et 4 m 5o de circonférence. Des silos analogues furent trouvés à Milo, Rome, Ostie, Pompéi. Les historiens sont d’accord pour y reconnaître des récipients destinés à recevoir les réserves de grains et d’huile. La grande huilerie de Stabies déblayée en 1779 possédait de ces grandes jattes en terre cuite, à forte panse et à font plat.
- L’huile jouait un rôle primordial dans l’antiquité et à l’époque préhellénique, pour l’alimentation (assaisonner le froment, le millet, le poisson, la viande, les légumes...), pour l’éclairage dans les lampes d’argile, pour la toilette et les frictions (héros d’Homère) et pour la conservation de certains tissus de lin.
- Au paléolithique inférieur, on connaissait les lampes à huile. M. Blanc, maître d’école aux Eyzies, en possède une dans sa collection (lig. 4)- En Afrique, les moulins de poids considérable, pilons et molette pour écraser les graines et les pulpes de fruits destinées à confectionner les galettes, gisent en grand nombre au Ténéré. A la grolle de Pâques (Gard), M. Bayol en a trouvé beaucoup en grès dont deux complètes avec leurs broyeurs en place. Utilisées des deux côtés, elles ont 5o cm et 58 cm de long (fig. 5).
- La Balauzière, à proximité du Pont du Gard, est dans le pays des olives. Les primitifs néolithiques connaissaient la pratique des meules dormantes qui abondent dans cette grotte et ils ont pu les utiliser pour écraser ces fruits et en extraire une huile grossière.
- Ce silo si bien préparé en chaux grasse provenant de pierres de chaux vive non pulvérisées, ce qui produit un mortier extrêmement solide et imperméable, aménagé dans un endroit abrité, était destiné, à mon avis, à recevoir de l’huile ; une réserve de blé ou d’orge n’eut pas résisté à l’humidité qui règne dans la grotte.
- Celte remarquable découverte nous ouvre des horizons nouveaux sur la vie privée de nos ancêtres néolithiques. On ne peut que souhaiter que le- Musée de Mmes place ce silo dans une des salles Bayol de la section préhistorique, à l’instar de ce que la Suisse lit récemment pour les fours de l’époque de La Têne découverts en uph à Sissach.
- Abbé A. Glory,
- Membre de la Société préhistorique française.
- — LES OISEAUX ET LES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES =
- Entre autres observations journalières qui se rattachent au problème énoncé dans le titre, voici un exemple illustré d’une photographie assez éloquente par elle-même. Mon collègue, M. A. Labitte, a photographié un poste de transformateur électrique sur lequel 18 Étourneaux ont été électrocutés.
- D’autres espèces plus rares, des insectivores notamment, peuvent trouver une mort semblable.
- Comme si ce n’était point assez des appareils qui constituent, un danger pour les Oiseaux, l’homme s’ingénie à parfaire l’œuvre de desli'uction. Voici un fait précis, qui a été observé : certains ouvriers qui réparent les fils électriques, le long des routes, tuent les Oiseaux qui se perchent sur ces fils; pour cela, ils prennent dans la main le fil sur lequel les Oiseaux sont posés ; par une traction et une torsion du fil qu’ils lâchent brusquement, ils lui impriment une violente secousse. Les Oiseaux sont projetés, puis violemment frappés par le fil, à la poitrine. La plupart sont tués sur le coup. Cette manœuvre s’exécute à distance d’un poteau à l’autre et les victimes sont généralement des Traquets, des Bruants, des Linottes, des Hirondelles.... Bien entendu, la Ligue française pour la Protection des Oiseaux proteste con-
- tre de tels agissements, d’ailleurs contraires aux lois.
- Les amis de La Nature — au double sens du mot, ! — connaîtraient-ils un dispositif qui permettrait de sauvegarder les Oiseaux du danger que présentent pour eux les appareils électriques, spécialement les transformateurs’? Et puis, voudraient-ils se joindre, d’une manière ou d’une autre à l’activité des protecteurs qui essaient de sauver la parure ailée de nos paysages de France ?
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- A. Feuiixée-Billot.
- Fig. 1. — Poste de transformateur, à Saint-Denis-de-Moron-val, près Dreux, sur lequel 18 Étourneaux ont été électrocutés. (Cliché André Labitte).
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- LES ÉBOULEMENTS DE LA PLAGE DE SAINTE-ADRESSE
- Le grand quotidien régional « Le Petit Havre », à la bonne confraternité duquel nous devons la plus grand»; partie de celte documentation, et que nous tenons à remercier ici, décrivait, dans son n° du a mars dernier, les dégâts causés la veille même, par la tempête, sur la plage de Sainte-Adresse.
- 11 est peu de touristes, avant visité Le Havre, qui n’aient poussé jusqu’à Sainte-Adresse, d’où l’on a une vue superbe sur la mer, ce qui a incité à la construction de coquettes villas sur le versant de la falaise.
- Un petit chemin pittoresque, la sente cimentée Alphonse karr, partant de la place Clémenceau, et passant près de l’endroit où le célèbre écrivain satirique possédait autrefois
- une cabane, longeait cette plage et était très fréquenté. De légères cabines avaient été élevées en bordure de mer et entourées de jardinets.
- Le tout semblait protégé, tout d’abord, par le grand Épi du Génie, qui avait été construit sous l a batterie de l’Épi, maintenant désaffectée, et par une estacade.
- Mais, par suite de la tempête, le Grand Épi, quelque peu vétuste, finit par céder, et ne retint plus les galets qui brisaient l’élan de la mer. Celle-ci, alors, s’acharna sur l’estacade, dont la partie en bois s’effondra à son tour. Et les galets et les vagues, conjuguant leur effort, démolirent les cabines, à l’exception d’une seule, montée sur pilotis, et les emportèrent, entraînant également, avec les jardinets, plusieurs miliers de mètres cubes de terre ; le bas de la sente s’effondra à son tour, et la falaise glissa vers la mer.
- Sur toute cette partie de la côte, très élevée, le sol, à la base, est constitué d’argile sur une épaisseur de 6 à 7 m. Au-dessus se trouve une nappe aquifère, une assise de sable ferrugineux, les couches du Gault renfermant une autre nappe aquifère, enfin, en remontant, des glauconies et des craies et argiles à silex.
- En raison de la présence de couches de sable, les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol, jusqu’à la couche d’argile et, s’écoulent vers la mer, entraînant un peu de sable. Cependant, la pente permettant l’écoulement des eaux, le sol avait fini par se stabiliser, et les galets amassés au bas de la plage brisaient l’assaut des vagues. Mais la destruction partielle du Grand Épi de la batterie et de l’estacade permit aux vagues de lancer ces galets, et d’en « bombarder » le pied de la falaise, les terres furent entraînées par la mer,
- Fig. 2. — Un châlet, lézardé de toutes parts, est irrémédiablement perdu.
- le sol de la plage s’affaissa, et les tei’rains, n’étant plus soutenus, commencèrent à glisser.
- Quelques jours après, et contrairement à ce que l’on espérait., la situation s’aggrava. La mer, au moment du reflux, ayant emporté de nouvelles masses de terre, la colline glissa de plus en plus et s’effondra littéralement, les jardins s’écroulèrent, les murs de soutènement des villas se montrèrent à nu, et les murailles de ces villas se lézardèrent de tous côtés.
- 11 fallut déménager en toute hâte, couper immédiatement eau, gaz, électricité, et interdire l’utilisation des égoûts, leurs eaux ne s’écoulant plus directement dans la mer.
- De même, la circulation dut être interdite dans toute la parlie menacée d’éboulement et les tramways arrêtés à la place Clémenceau, avant d’arriver à la falaise.
- Fig. 3. — La puissante digue de ciment, construite au pied de la. falaise de Sainte Adresse, et qui la protège contre les vagues de temvête.
- Fig. 1. — Au pied de la Villa des Flots, dont un pilier montre la chute de briques, Vécroulement des jardins a entraîné des arbres fruitiers.
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- Un crédit de 200.000 fr ayant été accordé, i5o ouvriers se mettaient immédiatement au travail, et à l’aide de grosses pierres, appelées communément « bittes de mer », ils construisaient en toute hâte une muraille à l’endroit meme où la mer avait fait s’effondrer la petite chaussée de ciment existant là, ce qui lui avait permis d’affouiller les terrains qui soutenaient la sente Alphonse lvarr.
- En même temps, d’autres ouvriers remontaient le Grand Épi de la Batterie en blocs agglomérés, afin de protéger le travail de leur camarades. L’urgence en était démontrée par l’effondrement d’un escalier existant au bout de la sente, et par lequel les ouvriers accédaient au chantier.
- Un mât planté dans le jardin de la belle Villa des Flots s’inclinait de jour en jour; des briques se détachant au pied du mur du garage, une cheminée de salon se disloquant, montraient que le travail d’affaissement continuait.
- Les chalets et villas situés en contre-bas étaient irrémédiablement perdus.
- Enfin, quinze jours environ après le commencement de la catastrophe, sous la haute direction de M. Beau, ingénieur des Ponts et Chaussées, une digue solide, longue de 80 m,
- épaisse de 1 m 5o à la base, haute de 1 m 5o au-dessus de la cote 8 rn 00, véritable rempart de ciment, était entièi’e-ment terminée. Le puissant épi, ayant plutôt les dimensions d’une digue, était construit pendant le même temps.
- Ralenties dans leur élan par cet épi, les vagues formidables qui ont accompagné, le i5 mars, les marées d’équinoxe, sont venues se briser moins brutalement sur la digue. Leur violence, quoique atténuée, les faisait rejaillir, à la rencontre de l’obstacle, en haute gerbes qui retombaient en pluie sur les galets amassés au pied des récents éboulements, sans causer de nouveaux dommages, et il semble que la situation soit enfin stabilisée.
- De nombreux affaissements se sont déjà produits dans celle région, et, au sud de La llève, ils ont emporté, en 49 ans, 4fi ni du plateau. Il est donc indispensable de briser l’élan des lames à l’aide de puissants épis, de protéger le pied des falaises au moyen d’estacades ou de digues, et de redresser les plages en utilisant des galets qui complètent la défense des terres.
- C’est, là, précisément, ce qui lient d’être fait à Sainte-Adresse. Georges Lanouvelle.
- PRESTIDIGITATION LA PRÊTRESSE D'ISIS
- Voici un Iruc intéressant, non par sa nouveauté, puisqu'il est composé, comme beaucoup d’autres, de moyens connus, mais parce que les moyens judicieu-
- Vig. U — Deuxième descente du voile. L’arrivée.
- seinent employés sont d’un heureux effet scénique. Il est, du reste, présenté avec une mise en scène d’une certaine importance.
- Le théâtre représente un hypogée ou du moins son entrée décorée de caractères hyéroglyphiques, de l’Ureus
- Fig. 2. — Le départ.
- el au Ires motifs égyptiens bien connus, afin, comme on dit maintenant, de « créer l’atmosphère ». Dans l'hypogée une table à pans montée sur quatre pieds et debout sur celle table un grand sarcophage. A droite cl à gauche, un aide en costume et au centre devant la labié, la prêtresse.
- A Lavant-scènc, le présentateur explique l’action. Il fait d’abord descendre le sarcophage de la table par les deux aides pour le placer à côté de lui. On le tourne et le retourne de tous côtés. Un spectateur est même invité à venir l’examiner. La façade du sarcophage formant couvercle est retirée puis remise et enfin après cet examen minutieux, la prêtresse ordonne qu’on lui descende le voile d’Isis.
- A ce moment descend du cintre une sorte de tube en étoffe légère, placé juste au-dessus de la table, soutenu par plusieurs cordons et qui descend assez bas sur cette table pour former un simple amas d’étoffe, excellente démonstration de la légèreté et du vide du tube.
- Tout l’examen du matériel étant ainsi terminé, le voile est remonté, les deux aides se replacent à droite et à gauche les bras croisés. La prêtresse commence ses incantations. Elle allume deux cassolettes à llamme verte, une de chaque côté du sarcophage, fait redescendre le voile qui tombe amoncelé autour du sarcophage, puis remonte. Les aides enlèvent le couvercle de ce dernier et les incantations ont produit leur effet. Une jeune femme se trouve à l’intérieur du sarcophage. Le couvercle est remis. On apporte une sorte de brasero, sur lequel la prêtresse jette des produits dégageant des odeurs agréables et produisant tout à coup une flamme éblouissante qui dure 3 s à peine. On ouvre de nouveau le sarcophage ; la jeune femme
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- a disparu mystérieusement,, car le sarcophage examiné de nouveau ne contient rien.
- En lisant la description ci-dessus, le spectateur a le temps de se rendre compte du rôle du voile, descendu vide d’abord, puis cachant la jeune femme qui pénètre dans le sarcophage par le haut au moyen d’une trappe caoutchoutée que son poids fait ouvrir et qui se referme sur elle ; le spectateur dont l’aUen-lion est divisée, détournée par\la mise en scène, ne pense pas à ces allées et venueV du voile soi-disant nécessaires pour prouver la sincérité de l’expérience (hg. i).
- Comme le voile formant tube est tenu par plusieurs fils, le lil d'acier qui soutient, la jeune femme et dont elle se détache aussitôt arrivée, ne peut être aperçu des spectateurs.
- .......=;....tt:...................:. 435 =
- Quant à la disparition, elle est basée sur le même principe que la magie noire, la vive lumière du brasero, aveugle pour ainsi dire le public et l’empêche d’apercevoir le passage de la jeune femme. Dans la table est pratiquée une trappe, actionnée du dessous de la scène. Cette trappe (fig. 2) coulisse entre les pieds de la table et elle remonte cachée par les deux aides qui vont s’emparer du sarcophage pour le faire examiner de nouveau. Dans le sarcophage, une ouverture caoutchoutée, semblable à celle d’arrivée en haut, est, pratiquée à la base pour le départ et elle s’ouvre automatiquement sous le poids de la jeune femme, lorsque la trappe s’enfonce sous ses pieds.
- Lk Prestidigitateur Alber.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1937 (')
- En décembre, il y a lieu de signaler une belle éelipse annulaire de Soleil qui sera réservée en entier aux habitants ou voyageurs de... i’Oeéan Pacifique !
- Peu de phénomènes astronomiques importants ee mois-ci. Plus grande élongation de Mercure le iu, bonne visibilité de Saturne, Uranus et Neptune
- De nombreuses occultations d’étoiles par la lame vont se produire dont une, fort intéressante, de l’étoile a du Cancer.
- Pour le reste, nous avons la série des phénomènes habituels : conjonctions de planètes et de la lame; minima de l’étoile variable Algol; queques essaims d’étoiles niantes, etc.
- I. Soleil. — Le décembre, à (>h, solstice d’hiver. Ce moment marquera le début, de l'hiver astronomique. Le Soleil atteindra le point le plus bas de sa course sur le ciel, sa déclinaison la plus •australe; à partir du 22 décembre, les jours vont, de nouveau, augmenter, après avoir atteint leur durée minimum.
- La déclinaison du Soleil sera de — 2i°/j7/ le ier décembre ; de — 23°27/ les 21 et, 22 ; et, de — 2d°7/ le 3i.
- Durée du jour : le ier décembre = 8h3im; minimum 8hnm du 20 au 24; le 3i décembre = 8lli5m.
- Le tableau suivant, donne le temps moyen à midi vrai ou, pour parler un langage plus simple, l’heure exacte du passage du Soleil au méridien de Paris (de deux en deux jours) :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Déc. 1er 11 h 3ga'4os Déc. 17 11 h 46m44s
- — 3 11 4° 26 — >9 1 1 47 43
- — 5 11 4i i4 — 21 11 48 42
- — 7 11 42 5 — 23 1 1 49 42
- — 9 ' 11 42 58 — 25 1 i 5o 42
- — 11 11 43 52 — 27 11 51 4‘
- — i3 11 44 48 — 29 11 52 40
- — i5 11 45 45 — 3i 11 53 38
- Observations physiques. — Poursuivre l’observation quotidienne du Soleil, voir au « Bulletin astronomique- »
- L Nous rappelons que toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. II.) compté 0h à 24h, à partir de 0h (minuit).
- du n° 2994, du j or février 191 ^7, quelques indications pour
- l’observation du So 1 cil. Pour ceux de. nos lecteurs que
- cette question in 1ère sse, nous leur conseillons de se repor-
- 1er à l'Annuaire astronomique Flammarion pour 19.36.
- Voici la suite d u ta ible.au contenant les données nécessaires
- pour orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Date (o11) P üo L0
- Déc. in' + 16” 28 14 + 0(82 >43°o4
- — 5 + 14,29 E + 0,18 77,i5
- — 1 1 T~ 12,1G E — °>4<i 11,27
- — iG + 9» 93 E — 1,10 — 1,73 3o5,3p
- — 21 7,Go E 239,52
- — 2G + .6,21 E 2,34 178,66
- — 31 + 2,79 B — 2,94 107,80
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Vers la fin du mois, on pourra observer la lumière zodiacale, le soir, au Sud-Ouest, après le, crépuscule. Cette observation doit être faite loin des lumières artificielles. La meilleure période pour cette observation sera celle du 22 au 3i décembre, pendant laquelle la Lune 11e gênera pas.
- La lueur unli-solaire pourra être recherchée du ier au 9 décembre entre a Taureau et <p Gémeaux) et du 26 au 3i (entre p Gémeaux et 0 Gémeaux) périodes pendant lesquelles la Lune sera au-dessous de l’horizon (observation difficile à faire).
- Eclipse annulaire de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil se produira les 2 et 3 décembre. Elle sera entièrement invisible en France. L’éclipse générale commencera à 2oh5m ; le milieu aura lieu à 23h5m et la fin de l’éclipse générale à 2h5m. Grandeur de l’éclipse 0,969, le diamètre du Soleil étant égal à un. La zone entière de l’éclipse annulaire se déroule dans l’Océan Pacifique. La plus grande durée de la phase annulaire atteindra 12 minutes. L’éclipse sera visible comme partielle du Nord-Est de l’Asie, du Japon, en Polynésie, dans la partie Ouest de l’Amérique du Nord et dans l’Océan Pacifique.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en décembre, se produiront comme suit ;
- N. L. le 2, à 23hiim P. L. le 17, à i8h52in
- P. Q. le 11, à 11> 12in D. Q. le 24, à i4h2om
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-
-
-
- —= 436 ....- =====
- Age de la Lune, le ier décembre, à oh = 27L8; le 3 décembre, à oh = oj,o. Pour connaître l’âge de la Lune à une autre date du mois, à oh, ajouter aux nombres ci-des-sus 1 jour par jour écoulé depuis le ior ou le 3.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 3 à i5 = — 2i°49'; 1° *7 décembre, à 6h = + 2i°4</; le 3o décembre, à 2ih = — 2i°49'. On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel, lors de son passage au méridien, le 17 décembre, vers minuit.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 3 décembre, à 1711. Parallaxe = 53,57,/. Distance
- = 4o(i 448 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 décembre, à 14!l- Parallaxe = GiOS^. Distance
- = 356 744 km.
- Apogée de la Lune, le 3o décembre, à 1811. Parallaxe = 53,58/L Distance = 4oG 3aa km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. —- Le 10 décembre, occultation de l’étoile 5858 IL D. — 20 (6m,4) : immersion à 17u44m,G.
- Le i5, occultation de 36 Bélier (6m,5) : immersion à
- oh26m,G.
- Le 19, occultation de 1 Cancer (6m,o) : émersion à
- 20h28m,0.
- Le 20, occultation de Go Cancer (5m,7) : émersion à
- 20h5lm,2.
- Le 20, occultation de a Cancer (4m,3) : émersion à
- 2i“4im,5.
- Belle occultation. La Lune sera âgée de 18 jours (fraction du disque illuminée = 0,87). L’émersion se produira 2 heures après le lever de la Lune : celle-ci aura une phase intermédiaire entre la pleine Lune et le dernier quartier. L’étode réapparaîtra derrière le limbe obscur au Nord-Nord-Ouest.
- L’Annuaire astronomique Flammarion rappelle qu’au Sud-Ouest de a Cancer, à 43' de distance, il y a l’étoile 60 Cancer, de G0 magnitude qui sera occultée avant, comme on vient de le voir. Au moment où se produira l’émersion de a Cancer, on devra donc voir l’étoile Go Cancer de l’autre côté de la Lune, vers le Sud-Ouest, à io' du bord éclairé de notre satellite.
- Voici les heures de l’émersion pour plusieurs villes de France : Lyon = 2ih45m,G; Strasbourg = 2ih45m,2; Toulouse = 2ih44m,5.
- Le 21, occultation de x Cancer (5m,i) : émersion à
- 3hI2m,I.
- Le 23, occultation de 237 B. Lion (6m,3) : émersion à
- ah38m,4.
- Le 23, occultation de 55 Lion (6m,o) : émersion à 4h27m,o.
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au moment de la Nouvelle Lune du 2 décembre et surtout à l’époque de la Pleine Lune du 17.
- Voici, pour Brest, les heures de ces plus grandes marées :
- Marée du malin Marée du soir
- Date "
- Heure Cuel fuient Heure Coefficient
- Décembre iG 2>i 7111 0,82 14ll33m 0,87
- — '7 3 0 0,92 i5 26 °>97
- - 18 3 5i 1 ,00 16 iG 1,02
- — '0 4 4a 1 ,o3 l7 7 1 ,o3
- — 20 5 32 1,02 17 55 °>99
- — 21 G 20 °,05 18 43 0,90
- — 22 7 7 o,85 19 3i O 00 0
- Voici à présent les heures d’arrivée du mascaret à Quil lebeuf, Villequicr et Caudebec :
- Dafe Coefficient Heure probable d’arrivée à :
- de la marée Quillebeuf Vilh quier Caudebec
- Déc. 18 — '9 — Ml — 20 1,02 r ,o3 1 ,o3 1,02 iql‘5om 8 14 20 3g 9 4 201*27111 8 5i 21 16 9 4« 2ob36m 9 0 2 l 25 9 5o
- III. Planètes. — Le tableau ci-après a été établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion. 11 renferme les principaux renseignements utiles pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de décembre 1937.
- ASTRE Date : Déc. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- Soleil . 3 7li,;0m 11 14011126s i51i54m 16h3 7 ni 22c 5' 32' 3o"5 Ophiuchus
- 15 7 3q 11 45 45 i5 53 17 3o — 23 16 32 33,4 Ophiuchus »
- 27 7 46 11 5i 4i i5 58 18 23 — 23 20 32 34,9 Sagittaire 1
- 3 9 9 i3 0 16 5. 17 54 — 25 49 5,6 S Sagittaire Le soir, plus grande élongation le 12.
- Mercure . ,5 27 9 >4 8 0 i3 12 i4 >7 '7 16 i5 35 18 57 18 52 — 24 2 I 25 '9 7 >° 9,6 <7 ç Sagittaire Sagittaire
- V’ Venus. ,! 27 6 2 6 36 7 5 10 10 11 38 54 11 i5 i5 i5 i4 11 18 15 33 16 35 17 40 — 18 2 I 23 7 27 '7 10,4 10,2 10,0 Y « Balance Scorpion Sagittaire Le matin, Vénus se rapproche du Soleil.
- Mars . 3 11 39 16 •9 21 0 21 i5 — 17 26 6,4 l Capricorne
- i5 11 11 16 7 21 4 21 5o — • 4 21 6,0 S Capricorne Dès l’arrivée de la nuit.
- 27 10 42 i5 55 21 8 22 25 — 10 58 5,8 Verseau
- Jupiter i5 10 0 14 20 18 4t 20 5 - 20 52 3.,4 Capricorne A peine v isible le soir.
- Saturne . 15 12 23 18 i3 0 7 23 58 — 2 48 16,0 Poissons Première partie de la
- nuit.
- Uranus 16 i3 3i 20 42 3 53 2 32 + >4 28 3,6 29 Bélier Presque toute la nuit.
- Neptune . 16 23 19 5 42 12 5 II 29 + 4 3i 2,4 99 Lion Seconde partie de la
- nuit.
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-
-
- Mercure sera visible — en de très mauvaises conditions par suite de sa forte déclinaison australe — comme étoile du soir au début du mois. Sa plus grande élongation du Soleil se produira le 12 décembre, à 19**, à 20°34' à l’Est du Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Fraction du disque Magnitude
- Date illuminée Diamètre stellaire
- Déc. 2 0,842 5,4 — o,4
- — 7 0,762 G,o — 0,4
- .— 12 o,64o 6,6 — o,3
- — *7 0,462 7*4 0,0
- — 22 0,237 8,6 + °>7
- — 27 0,044 9,6 -j- 2,0
- Me rcurc se trouvera en conjonction inférieure avec le
- Soleil, le do décembre, à 3h.
- Vénus est encore visible comme étoile du matin, mais elle se rapproche du Soleil et bientôt deviendra étoile du soir.
- Le 17 décembre, Vénus présentera l’aspect du dessin n° 12 de la figure 1 du « Bulletin astronomique » paru au n° 2998.
- Mars est visible dès l’arrivée de la nuit et, peut être encore observé avec des instruments très puissants. Son diamètre apparent, en raison de sa grande distance, sera réduit à moins de G11 à la lin du mois.
- Jupiter est maintenant à peine visible le soir, se couchant, le i5 décembre, 2**48"' après le Soleil. On pourra encore, très près de l’horizon, observer les quelques phénomènes suivants, produits par les principaux satellites dans leur révolution de la planète géante.
- Date : Déc. Heure Satel- lite Phéno mène
- 4 161*58™ I P. c.
- 4 17 53 I 0. c.
- 5 *7 *9 I E f.
- 12 16 q I lm.
- i3 16 34 I 0. f.
- Date : Déc. Heure Satel- lite Phéno- mène
- 13 161*46™ III E. f.
- *4 16 5i 11 lm.
- 20 16 12 I 0. c.
- 23 16 5i 11 P. f.
- 3o 16 48 II P. c.
- Saturne se couche le i5, presque à minuit. On peut donc encore l’observer. Voici les éléments de l’anneau pour le xi décembre :
- Grand axe extérieur......................... 4°",46
- Petit axe extérieur.............................— 1" ,73
- Hauteur de là Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.....................................— 20,447
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.....................................— 5o, 193
- Saturne sera stationnaire le ier décembre, à 22h et se trouvera en quadrature orientale avec le Soleil le 20 décembre, à a3h.
- Voici les élongations du Titan, le satellite le plus lumineux de Saturne :
- Date Elongation Heure
- Déc. 9 Occidentale th,5
- — 16 Orientale 21,1
- 25 Occidentale o,5
- Uranus, dont l’opposition avec le Soleil s’est, produite au début de novembre, est encore visible presque toute la nuit.
- ------ - ^ =. 437 =====
- On le trouvera à l’aide de la petite carte parue au « Bulletin astronomique » du n° 2992, du ier janvier 1987.
- Neptune se trouvera en quadrature occidentale avec le Soleil, le i3 décembre, à x3h; il sera stationnaire le 2,3 décembre, à i4h. Il se lève un peu avant minuit. Pour le trouver parmi les étoiles du Lion, utiliser la carte donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2994, du ier lévrier 1937.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ier, à i4tl, Vénus en conj. Le 4, à 17!', Mercure Le 7,
- Le 8, .à i5h, Vénus Le 9, à oh, Mars Le 12, à 11>, Saturne Le 14, à 20>>, Uranus Le 23, à 22!», Neptune
- avec la Lune, à 2°i4' N, la Lune, à 4°37' S. la Lune, à 4045r S. 8, Scorpion (2m,9), à oui3’ S.
- la Lune, à 6°48' S. la Lune, à 7050' S. la Lune à 2°48' S. la Lune, à 6°39' N.
- à 0*1, Jupiter
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris et quelques valeurs du Temps sidéral :
- Temps sidéral à oL pour le méridien
- Date Passage Heure (T. U.) de Greenwich
- Supérieur
- 20l»28m28s
- >9 49 1 19 9 32
- 5'> ima3s 5 4° 49
- 620 14
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (8 Persée), variable de 2***,3 à 3***, 5 en 2*20**49"*; Ie 3 décembre, à ihr5m; le 5, à 2 2Il4,li ; le 8, à i8h53m; le 23, à 2h59*" ; le 2,5, à v.8h48m; le 28, à 2oh37m; le 31, à 17**2 7m.
- Minima d’éclat de l’étoile (3 Lyre, variable de 3m,5 à 4111,1 en i2j2h48m; le i3 décembre, vers 1211; le 26 décembre vers 9h36m.
- Etoiles filantes. — Voici la liste des principaux radiants météoriques actifs en décembre :
- Époque Ascension droite Déclinaison Étoile voisine
- Déc. 1er «c* I 00 1 0 + 56o ri Persée
- — ter au 10 117 -f- 32 a-jS Gémeaux
- — 6 80 4- 23 Ç Taureau
- — 6 au i3 *49 + 4* Piazzi IX*1 — 254
- — 8 au 14 107 + 33 « Gémeaux
- — 10 au 12 i3o + 46 t Grande Ourse
- L’essaim des Géminides donne, du 8 au 14 décembre
- des étoiles 'lilani.es rapides, à courtes trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier décembre, à 2ih3om, ou le i5 décembre, à aoh3oin est celui-ci :
- Au Zénith : Persée; Andromède; Le Bélier. Le Zénith de Paris se trouve presque exactement entouré par 0 Persée et y Andromède.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Le Dragon; La Grande Ourse.
- A l'Est : Le Cocher; Le Lion; Le Cancer; Les Gémeaux; Le Petit Chien; Le Taureau; Orion.
- Au Sud : Les Poissons; La Baleine; L’Éridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l'Ouest : Pégase ; Le Cygne.
- AH air est. à l’horizon ouest, et Véga va disparaître au Nord-Ouest.
- t Em. Touchet.
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-
-
-
- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE (’)
- « LA PHOTOGRAPHIE COÛTE CHER ! »>
- Le moment semblera peut-être bien mal choisi pour parler de cette question. Et cependant, avant d’aller plus loin dans le développement de ces Causeries, nous voudrions nous élever ici contre cette affirmation — que nous avons souvent entendu énoncer — que « la photographie coûte cher » !
- Nous connaissons un certain nombre de personnes qui pratiquaient sérieusement et avec succès la photographie et qui l’ont abandonnée — ou presque — en prenant pour prétexte le coût de cette utile et intéressante distraction.
- Reconnaissons que, depuis une année, les prix de toutes choses ont très fortement monté. Mais beaucoup des remarques qui nous ont été faites remontent à plusieurs années. Et, en outre, si nous montrons que, malgré tout — et malgré toutes les hausses — la photographie est encore abordable, nos arguments n’en seront que plus convaincants!
- Nous allons donc nous efforcer de prouver que l’on peut encore pratiquer la photographie et se donner le très grand plaisir de produire de belles images pour une dépense relativement faible, qui, d’ailleurs, est loin d’excéder le montant d’un tas de distractions infiniment plus onéreuses... et jtarfois complètement inutiles.
- Pour éviter ici toute contestation ou discussion, on voudra bien nous permettre de nous en tenir à ces généralités.
- Nous mettrons de côté, dans les dépenses de photographie, le prix d’achat de l’appareil et des divers accessoires. L’appareil, à lui seul, nous l’avons déjà dit antérieurement, peut coûter de 3o à Zjo l'r jusqu’à des milliers de francs. Remarquons, en passant, qu’on peut réaliser de très bonnes pho-
- 1. Voir les n« 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2985, 2987, 2989, 2993, 2996, 2999, 3002, 3006 et 3010.
- tographies (et de bons agrandissements) avec un appareil très bon marché (lig. i). Mais l’argument du prix élevé de la photographie nous a toujours été donné par des personnes possédant déjà tout le matériel nécessaire et ayant réussi de très jolies épreuves. Un beau jour, elles laissent « tomber » tout cela, se privant ainsi d’une des distractions les plus passionnantes que l’on puisse connaître. A la base de ce a lâchage », il y a surtout, à notre avis, une sorte de paresse naturelle : ce qui gâte tout, de nos jours, c’est la recherche abusive de tout ce qui permet le moindre effort. Combien de gens « font de la photographie » et limitent déclencher l’obturateur P Un opérateur de métier se charge ensuite moyennant rétribution, de toute la cuisine, si intéressante, du développement, du fixage, du tirage-, des agrandissements, etc. Là, alors, la photographie coûte très cher, comme nous le montrerons plus loin.
- C’est ici le moment de citer le passage d’une lettre que m’adressait, — à propos de ces « Causeries » — un aimable lecteur de cette Revue, M. Lucien Paillard, de Paris :
- cc La photographie1 qui, pour atteindre à « certains résultats, requiert du soin, de l’ob-« servalion, de l'adresse' et un évident effort, a est délaissée en ce qui concerne la partie la cc plus attachante. Celle-ci est abandonnée aux (( soins du cc commis » photographe, qui dévête loppe ion négatifs à l’heure. Combien peu cc de gens apprécient une bonne épreuve ou un « joli positif ? Et, chose paradoxale, jamais « les appareils n’ont comporté autant de perce fectionnements et une optique si parfaite ! ce Lorsqu’on se promenait toute une journée ce avec un appareil qui, avec son pied, pesait ce plusieurs kilos, et que l’on n’était pourvu, ce parfois, que d’un seul châssis double, un ce cliché réussi était quelque chose de pré-cc eieux, d’attendu, d’émouvant !
- ce Aujourd’hui, quelle différence! C’est la facilité qui cc tue la réflexion, l’intelligence et l’effort. La science et cc l’ingéniosité que déploient les constructeurs est en raison ce inverse de l’habileté des usagers. Ceux-ci ne connaîtront cc jamais les joies que nous avons éprouvées — et que nous cc éprouvons encore — en présence de nos clichés réussis ».
- Ces divers arguments paraîtront d’une autre époque aux jeunes photographes imbus de l’esprit, moderne. C’est possible. Nous leurs répondrons que seul le résultat importe et que l’on doit faire l’impossible pour qu’il soit parfait,.
- Ceci dit, examinons ensemble le prix de revient de la c« distraction photographique », nous entendons par là la dépense que doit faire un amateur pour s’occuper une année entière (prise de clichés, épreuves sur papier, etc.).
- Nous prendrons le cas d’un amateur réfléchi, qui ne tire pas des vues à tort et à travers et nous admettrons qu’il exécute, en moyenne, io clichés par mois soit 120 par an. Ce chiffre paraîtra bien modeste à certains cc gaspilleurs d’images », mais il est déjà fort raisonnable; une collection qui s’augmente, chaque année, de 120 bons clichés devient assez rapidement importante.
- Calculons, en adoptant les prix pratiqués en mars-
- Et cependant leur situation financière n’était sûrement, pas la cause, de cet abandon. leur travail à
- Fig. 1. — Mifaget (Basses-Pyrénées). .lu fond, montagnes de la Vallée
- de Ferrières.
- Exemple d’un agrandissement, (réduit, ici), obtenu d’après un négatif sur pellicule pris avec un petit, appareil ti x 9 ayant, coûté... 45 francs !
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-
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-
- avril 1937, le prix de revient de 120 clichés de divers formats et de 2/10 épreuves 9x12 des dits clichés (en moyenne 2 épreuves par cliché) tirées sur beau papier dit « de luxe », que nous supposerons acheté par 100 feuilles. Nous arriverons aux prix suivants (nous faisons grâce au lecteur des
- détails) :
- Format 9x12 : 120 plaques, 2/40 épreuves 9x12 3o2 fr
- — 6 1/2x9 : 120 plaques, 2/10 épreuves yx 12 220 fr
- — 6x9 (pellicules), a/jo épreuves 9x12. . ig3 fr
- — 2/1 x 36 mm (lilm), 120 négatifs,
- a/jo épreuves 9x12......................... 1/17 l'r
- Ces prix ne comprennent que le coût des plaques, des films ou du papier; nous négligeons les prix du révélateur et du fixage, que l’on peut considérer comme insignifiants.
- Pour reprendre un argument déjà donné ici, on devrait ajouter aux prix ci-dessus l’intérêt, du capital engagé dans l’achat du matériel de prise de vues. Mais comme d’ordinaire les amateurs n’en tiennent aucun compte, nous nous limiterons donc exclusivement aux dépenses des surfaces sensibles.
- Si l’on s’en tient aux chiffres précédents, on voit que l’amateur sera quelque peu freiné dans sa production. 11 faudrait prévoir du papier grand format, des cartons, divers accessoires, etc. Mettons une centaine de francs pour tout cela, nous arrivons ainsi à ce l’ésultat. que pour 400 fr par an pour le format 9x12; 320 fr pour le 6 1/2x9; 300 fr pour le 6x9 et :>5o fr pour le 24x36 mm, un amateur aura de quoi occuper ses loisirs pendant la plus grande partie de l’année grâce à ses 120 clichés — que nous supposons tous réussis !
- Demandons-nous à présent ce que coûteraient, 120 clichés développés par un opérateur et 2.40 épreuves 9x12 tirées sur beau papier analogue- à celui prévu plus haut , les plaques ou pellicules étant achetées par l’amateur lui-même et le papier étant fourni, comme il est d’usage, par l’opérateur.
- Comme précédemment., il sera fait grâce au lecteur du détail des opérations et, en prenant comme base un tarif de mars-avril 11)37, on arrive aux chiffres suivants :
- 120 plaques 9x12 et a4o épreuves 9x12. . . . 654 fr
- 120 — 6 1/2 x 9 et a4o agrandissements 9x12 85o fr
- 120 clichés 6x9 sur pellicules et a4o agrandissements 9x12.............................................786 fr
- rao — 24 x 36 mm sur film et a4o agrandissements 8xi4...........................................4go fr
- Est-il besoin d’insister davantage pour montrer que la
- COMMUNICATIONS A
- Séance du 2 août 1937.
- Une éruption aux Antilles en 1718. — Le Weeldy Journal du 7 juillet 1718 contenait un récit très romancé d’une éruption survenue à cette époque à la Soufrière de l’île Saint-Vincent. Ce récit, écrit par Defoë, l’auieur célèbre de Robinson Cmsoë, pouvait passer pour entièrement fantaisiste, certains détails prêtant d’ailleurs à le faire tenir pour tel. Au cours de recherches dans les procès-verbaux de l’Académie Royale des Sciences, M. Lacroix a trouvé cependant une, note de De Ressons citant une lettre du naturaliste Du Lignon le Jeune, alors en mission à la Guadeloupe, qui signale qu’une éruption a bien eu lieu à Saint-Vincent le 5 avril 1718 sous une forme explo-
- .- .....-=.....-.— ...... ...-, -.. 439 =
- photographie coûte cher, très cher même, quand on ne la fait pas soi-même ?
- Reprenons donc les chiffres donnés plus haut soit 4oo fr pour le 9 x 12 ; 3ao fr pour le 6 1/2x9; 3oo fr pour le 6 x 9 et ü5o fr pour le a4 x 36 mm, lesquels permettent, comme on l’a vu, d’effectuer des agrandissements, etc. Et je pose ici cette question : « Est-ce une dépense exagérée de consa-(( crer une somme de a5o fr à 4oo fr (c’est-à-dire d’enviro 1 » 20 à 3o fr par mois) pour occuper ses loisirs pendant une a année entière, pour se livrer à une distraction particuliè-<( renient intéressante, pour produire un travail intellectuel « et artistique et réaliser parfois des œuvres d’art » ?
- Combien de gens consacrent à leurs loisirs — le mot est maintenant, officiellement adopté — des sommes infiniment, plus élevées, dont il ne reste rien souvent P N’oublions pas — et ici je m’adresse aux amateurs « sérieux » — que parfois il leur arrivera d’arnortir un peu ces frais photographiques en prenant, part, à des concours organisés par des revues ou des sociétés, concours où ils toucheront peut être, des prix en espèces ou des lions de marchandises à prendre chez des fabricants désignés ; on encore en adressant des épreuves intéressantes d’actualité ou de sujets artistiques à des revues ou à des journaux illustrés, etc P
- En résumé, — et, ce sera notre conclusion — malgré le prix élevé de, toutes choses, le prix actuel de la photographie ne doit arrêter aucun amateur ayant déjà le matériel nécessaire; cet amateur pourra restreindre sa production mais, à moins de le* supposer dans la gêne et obligé de, supprimer tout, ce qui est. superflu, il ne pourra arguer des piix pour s'abstenir-complètement de se livrer au plaisir de la Photographie.
- Ajoutons que le même amateur peut diminuer légèrement, ses frais en préparant lui-même les divers bains utilisés : révélateur, fixage, 'etc. Le gain est, Jcurtoul sensible si on fait venir les produits d’une maison importante „u lieu d’acheter les bains tout préparés — et préparés comment, parfois ? — chez de petits revendeurs. 11 faut aussi éviter tout gaspillage de plaques ou de, papiers et, diminuer, en conséquence, le plus possible, le nombre des « ratés ». Et pour cela, introduire dans le travail, le plus grand nombre possible de « constantes » (]).
- Amateurs, tous à l’ouvrage pour réaliser quelques beaux clichés d’ici la fin de l’année. Em. Touchet.
- 1. Voir à ce propos ce que nous avons écrit dans notre article sur « La photographie des pavsages éloignés » (n° 3004, du Dr juillet 1937, p. 23).
- sive ; les détonations très violentes ont été perçues à la Guadeloupe, alors que la Martinique, plus proche cependant, devait être comprise dans une zone de silence. Le récit de Defoë se situant, vers la fin mars 1718 doit relater les premières phases de l’éruption; il reste à en éliminer plusieurs points tels que la disparition momentanée de l’île et la formation d’immenses nuages de cendres, produits de l’imagination de leur auteur devant un formidable phénomène naturel.
- Ultra^filtres. — Le type normal de l’ultra-filtre est la membrane de nitrocellulose qui a les graves inconvénients d’être trop fragile et de ne pouvoir être mise en contact avec des produits chimiquement actifs. MM. Duclaux et
- L'ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Amat montrent qu’il y aurait un grand intérêt à réaliser des ultra-filtres sur le principe des filtres à sable en utilisant des micro-éléments d’un produit remarquablement inerte au point de vue chimique : le carborundum. Par lévigation des poudres du commerce ils ont obtenu des poudres de dimensions décroissantes, la plus fine formée d’éléments mesurant de 0,2 à o,5 p. En effectuant des dépôts superposés de ces grains, ils ont réalisé un ultra-filtre résistant aux solutions acides ou alcalines. Il est très difficile d’obtenir des grains très fins, mais une couche épaisse de quelques centièmes de millimètre est suffisante. Ces ultra-filtres n’arrêtent pas le rouge Congo, mais les auteurs espèrent les améliorer encore par colmatage.
- Protection des filtres aérosols. — Dans de récentes recherches, MM. Dautrebande, Angenot et Dumoulin ont montré que les filtres aérosols en papier d’alfa sont rapidement mis hors de service par le passage de l’air si celui-ci contient plus de q5 pour 100 de l’humidité saturante. Les auteurs montrent que ce fâcheux phénomène peut être évité en plaçant en amont du filtre une capsule desséchante. Les essais réalisés en utilisant le gel de silice ou le charbon actif ont porté à plus de 4 h la durée des filtres dans une atmosphère qui, sans cette protection, les aurait mis hors de service en moins de 5 min.
- Séance du 9 août 1987.
- Séparation des isotopes. — Les méthodes de séparation des isotopes ont un rendement très faible si le pouvoir séparateur de l’instrument ou la masse atomique des éléments sont élevés. MM. Bernamont et Macat ont imaginé de placer dans un faisceau intense d’ions positifs des isotopes à séparer, parallèlement à un puissant champ alternatif à haute fréquence produit entre deux plateaux. Si le temps de parcours d’un ion est un multiple de la période, sa vitesse de sortie est égale à celle d’entrée, sinon on constate une accélération ou un retard. En accordant la fréquence avec la vitesse d’un isotope, il doit être possible de recueillir les ions accélérés de l’autre isotope sur une électrode à potentiel négatif inférieur à celui du champ. Naturellement les plateaux doivent présenter des fenêtres pour le passage du faisceau. Le calcul montre que les tensions et fréquences nécessaires à la réalisation de l’expérience restent dans des limites possibles.
- La vitesse du vent en altitude. — Théoriquement, la vitesse du vent croît avec l’altitude suivant une loi logarithmique. M. Gibert fait remarquer que la quantité de givre formée sur un élément de tige verticale est proportionnelle à la vitesse moyenne du vent pendant l’exposition et peut donc servir à la vérification de la loi en négligeant le voisinage immédiat du sol où l’homogénéité de l’atmosphère n’est pas certaine. La loi logarithmique s’est ainsi révélée exacte par les mesures effectuées sur les balises jalonnant la roule du Mont-Ventoux. L’auteur a mesuré la longueur des aiguilles formées mais a vérifié la légitimité de celle méthode par des contrôles par pesées sur les dépôts de givre formé sur des fils voisins de l’Observatoire du1 sommet du Mont Ventoux.
- Séance, du 18 août 1987.
- Utilisation des réserves dans Vinanition. — On
- considérait comme prouvé que, pendant la période d’inanition suivant l’utilisation des réserves de glycogène, les
- dépenses des mammifères étaient couvertes à raison de i5 pour 100 par les protides et de 85 pour 100 par les lipides. A la suite des expériences de Mlle Boy, Mme Synephias et M. Terroine ont tout d’abord vérifié que la part des protides dans les dépenses énergétiques ne subit que de faibles variations, sans caractère systématique, chez un même individu. Il existe des variations plus importantes d’un individu à l’autre. Si, par contre, on compare des espèces différentes, il en est un grand nombre (souris, cobaye, chien, rat) dont l’utilisation respective des protides et des lipides est conforme à celle qui était admise jusqu’à ce jour. D’autres, par contre, le lapin en particulier, s’écartent considérablement de cette règle en utilisant 3o pour 100 de protides.
- Séance du 28 août 1987.
- L'anhydride chloreux. — M. Kantzer a prétendu avoir réussi à préparer l’anhydride chloreux, C1203, par l’action de l’acide sulfurique sur le chlorate de potassium en présence d’acide undécylénique. MM. Goodeve et Richardson contestent cette affirmation, la réaction étant toujours explosive à la température de — i5° dans les conditions indiquées. A — 78° et après dilution dans la silice, on obtient un produit solide et jaune clair dont le spectre d’absorption est celui du dioxyde CIO2 qui paraît donc avoir été pris, une fois de plus, pour l’hypothétique anhydride chloreux. L’existence de ce dernier n’est donc pas confirmée.
- Radio=activité des couches de neige. — M. Garrigue a mesuré aux environs de l’Observatoire du Pic du Midi la radio-activité de l’air inclus dans les couches profondes de neige. Les résultats ont varié dans de très larges limites. L’interprétation des résultats sur les pentes et au fond des vallées est incertaine. La comparaison des résultats obtenus près des sommets montre que la radio-activité est particulièrement élevée lorsque le vent souffle sur une face abrupte, donc peu enneigée et que la mesure est faite sur l’antre versant, près du point culminant.
- Séance du 3o août 1987.
- Pression et vitesse des lames déferlantes. — Si
- la propagation de la houle en haute mer peut être abordée par l’analyse mathématique, le déferlement des lames sur les côtes échappe encore à toute théorie. Celle-ci sera très difficile à établir par suite de l’extrême diversité des conditions. Des mesures directes ont été faites par M. Pétry sur le choc des lames de houles du Nord-Ouest sur une jetée de Dieppe. Trois disques d’un diamètre de G cm, reliés à des quartz piézoélectriques étaient placés sur une même verticale de la jetée; l’enregistrement cinématographique des lames permettait en outre de mesurer la vitesse verticale du déferlement. La vitesse horizontale de la houle, sa direction et sa* profondeur étaient mesurées entre deux balises au large. Des pressions atteignant 69 t par mètre carré à o m 35 du pied de la jetée ont été enregistrées pour une houle ayant un creux au large de 1 m 80. Une vitesse verticale de 77 m/sec a été notée pour une houle ayant un creux de 1 m 5o. Des houles plus profondes ont donné des pressions et des vitesses moins importantes. Aucune loi générale ne peut donc encore;: être affirmée, de longues et patientes recherches sont encôre nécessaires. M. d’Ocagne fait remarquer que ces mesures elles-mêmes sont très importantes pour le calcul des ouvrages maritimes, basé jusqu’ici sur le plus rudimentaire empirisme.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le baccara, par G. Le Myre. 1 vol., 20i p. Hermann et Ci0,
- Paris. 1935. Prix. : 12 francs.
- I.e baccara est un jeu <!e hasard bien connu et en apparence très simple ; comme tous les jeux de hasard il est soumis aux lois des probanilitcs et le joueur qui s’y conforme met à son actif le maximum de chances, l/auleur fait ici l’étude complète, au j;oint de vue probabilité, de tous les cas qui peuvent se présenter, et il en dégage les règles à suivre par les joueurs. Ges règles sont connues depuis longtemps. Mais les démonstrations de M. Le Myre ont le mérite d’être très claires (h faciles à suivre. Ce livre qui traite du baccara chemin de fer et du baccara en banque intéresse évidemment les amateurs de jeu, mais aussi et peut-être davantage les profanes à titre de distraction mathématique.
- Méthodes modernes de tournage, par R. Fontaine.
- I voi., loi p., 52 fig. CI). Réranger, éditeur. Paris, 1937.
- Prix : 38 francs.
- Gel, ouvrage n’est ni un manuel, ni un traité complet de tournage ; Fauteur n’a voulu aborder qu’un certain nombre de questions particulières sur lesquelles il .apporte, en un stvle très correct, une documentation étendue, ce sont : la détermination de la forme, le choix du métal et de la vilesse de coupe pour les outils de tour ; le problème du fournage côuique étudié d’une façon très complète, l’étude des causes du broutage et les moyens de l’éviter, enlin celle des mandrins de reprise.
- Les ponts suspendus, '! broch., 11G p., 37 fig., publié par
- l’Office technique pour l’utilisation de l’acier, Paris, 1937.
- Celle brochure appartient à la luxueuse collection éditée par l’O. T. F. A., éditée pour aider au développement des app'ications de l’acier. File donne des éléments de calcul des ponts suspendus : câble, poutre de ripidilé, pylônes et ancrages ; elle, y joint d’intéressants renseignements sur la fabrication des divers éléments de pont, ainsi que sur leur montage.
- Technique et économie nouvelles des carburants
- de synthèse, par M. Cn. Rbktiihi.ot. I vol., 372 p., 78 fig.
- Ruinai, éditeur, Paris, 1937. Prix broché : 7(i l'r 50.
- Fn 193(1, M. Herthelot publiait un premier ouvrage sur les carhura.nl,s de synthèse et de remplacement, question d'importance primordiale pour tous les pays qui peuvent être menacés .dans leur ravitaillement en combustibles pour moteurs. Depuis cette publication, cependant récente, les progrès techniques se sonf multipliés ; les industries auxquelles elles ont donné naissance se sont rapidement et puissamment développées. Dans son nouveau livre qui complète le premier, M. Herthelot, avec sa compétence et sa clairvoyance habituelles, dresse un bilan complet de cette évolution. Ce sont les procédés d’hydrogénation qui retiennent surtout, son attention : il examine tout d’aboni les procédés de production do l’hydrogène ; ceux-ci sont nombreux ; Fauteur les analyse et délimite les domaines où chacun d’eux présente un intérêt pratique. 11 résume ensuite les investigations poursuivies cn ces dernières années par les instituts de recherches, les savants et Jes industriels, pour dégager les facteurs essentiels qui interviennent dans l’hydrogénation du charbon et du goudron primaire. Il consacre un: important chapitre au problème si difficile de la construction des tubes d’hydrogénation en acier.
- Le, charbon n’est pas la seule matière à laquelle Fhydrogé-nallon puisse être avantageusement appliquée ; Fauteur'montre qu’elle mérite d’être étudiée pour les huiles de schistes bitumineux, relativement abondants on France, et pour les asphaltes.
- H passe ensuite à un autre chapitre important, celui de la production de carburants par réduction catalytique de l’oxyde de carbone au moyen de l’hydrogène : production d’essence par le procédé Fischer, production d’alcool méthylique par le procédé de Béthune.
- Notons encore d’intéressants détails sur le récent procédé Pott-Broche qui extrait de l’huile de la houille au moyen de solvants, en laissant un extrait qui se prête mieux à l’hydrogénation que les charbons bruts usuellement employés ; notons de même l’étude des procédés d’hydrogénation appliqués ù. la production (l’huile de graissage do qualité, et enfin celle des camions à gazogène, problème toujours i\ l’ordre du jour dans notre pays. Signalons enfin un intéressant chapitre dû à M. Hot sur le régime fiscal des carburants de synthèse et de remplacement.
- Introduction à la cinétique des réactions chimi= ques en phase gazeuse, par A. Lalande. 1 broch. in-8, 45 p., 9 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Gi0, Paris, 1930. Prix : 12 francs.
- Fxposé général de l’état actuel des liaisons entre les théories sur la constitution de la matière et le mécanisme des réactions chimiques, éludié dans les diverses sortes de réactions : simples, monomoléculaires, loi-, trimoléculaires complexes, en chaînes, photochimiques, etc.
- L’intersexualité et ses causes génétiques, par Anne-Marie Du Bois. 1 broch. in-8, 04 p., 10 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 15 francs.
- Explication en langage génétique des phénomènes d’intersexualité chez la Drosophile et les papillons Solenobia trique-ire lia et Lyrnanlria dis par. La substance masculinisante ou le gène mâle donneraient des mâles, et inversement.
- L’effet de position et la théorie de Vhérédité, par
- Tu. Doiizna.nsky. 1 broch. in-8, 39 p., 4 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix : 12 francs.
- L’effet de position des gènes et leur déplacement pourrait intervenir dans le développement et dans les variations.
- Applications de la 8-hydroxy quinoléine à T analyse biologique et agricole, par J. Lavollay. 1 broch. in-8, 45 p., 10 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1930. Prix . 10 francs.
- Nouvelle méthode de dosage du magnésium, du fer et du cuivre et résultats obtenus.
- Guide de l’amateur de champignons, par F. l’ou-ouet. 1 broch. in-10. Lechevallier, Paris. Prix : 9 fr. 50.
- Geffe série de planches en couleurs, sans prétention scientifique, est simplement destinée aux amateurs de champignons : ramasscurs et gourmets. Les champignons sont classés par couleurs, pour faciliter leur reconnaissance. Quelques sages conseils complètent cette publication, destinée à éviter (les erreurs graves ou mortelles.
- La vérité sur la radiesthésie, par Paul Seikes, 1 vol., 102 p. Dunoil, éditeur, Paris, 1937. Prix broché : 35 francs. L’auteur est un fervent adepte de la radiesthésie et l’objet; de son livre est de montrer que celle-ci repose sur des bases scientifiques. H faut tout d’abord lui rendre cette justice que son livre est clairement écrit ; l’on n’y trouve jamais le galimatias de termes pseudo-scientifiques mal définis, et pris dans les sens les plus" contradictoires qui rend si curieux certains livres de technique radiesthésique, tout en éveillant à juste tilre la méfiance du lecLeur qui veut comprendre.
- Tout le inonde sera d'accord avec Fauteur pour admettre qu’il n’est pas nécessaire, pour faire entrer dans le domaine scientifique mie classe de phénomènes, d’avoir pour ceux-ci une explication, qui les rattache à d’autres phénomènes connus. Il suffit que leur existence soit objectivement démontrée et qu’ils soient toujours observables ou reproductibles dans des conditions données. En admettant l’existence des perceptions radiesthésiques, si l’on veut démontrer que celles-ci ont pour cause des substances éloignées, de nature déterminée, il faut établir cette concordance par des observations suivies, répétées dans les conditions les plus variées. M. Serres ne nous apporte à cet égard aucun apaisement. 11 décrit très clairement l’appareillage, les méthodes et les prétentions des sourciers. Mais il ne justifie ces dernières que par des comparaisons qui ne sont ias des raisons ; la réalité des résultats est pour lui article de oi et il s’en prend vigoureusement aux sceptiques, en oubliant qu’en matière scientifique, le scepticisme systématique est une règle de conduite qui s’impose au chercheur dans tous les domaines.
- Pour écrire en français, par l’Abbé Moreux. 1 vol. i.n-10, 224 p., G. Doin, éditeur, Paris, 1937. Prix :
- 10 fr 50.
- Fidèle ù sa méthode pédagogique, l’Abbé Moreux essaie de montrer, avec exemples à l’appui, comment on doit tourner une phrase française ; comment éviter les fautes grossières, celles que l’on rencontre à chaque instant dans certains articles de journaux, rédigés ù la hâte, dans les lettres écrites par des ignorants ou même chez des écrivains très connus.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Le rotor de turbine à vapeur du Palais de la Lumière.
- La Compagnie Parisienne de distribution d’électricité présente au Palais de la Lumière le rotor basse pression de l’une des turbines à vapeur de 35.ooo kw qui équipaient naguère son usine Nord à Saint-Ouen.
- Ce rotor faisait partie d’une turbine à trois corps (haute, moyenne et basse pression) construite par la Compagnie Électro-Mécanique. Il pèse 28 t ; le diamètre extérieur des plus grandes couronnes d’ailettes est de 2 m 90. Le poids de vapeur traversant l’aubage par heure est de i3o l.
- La vapeur, après avoir traversé l’ailettage des corps haute et moyenne pression, arrive au milieu du corps basse pression. Là, elle se divise en deux flux qui, s’éloignant l’un de l’autre, traversent chacun l’une des moitiés de l’ailettage basse pression et s’échappent aux condenseurs reliés aux deux extrémités du corps basse pression.
- On ne se douterait guère, en présence du bon état et du bel aspect de ce rotor, qu’il a tourné pendant 3o.ooo h et conti'ibué, sans trace de fatigue, à la fourniture de 5oo millions de kilowatts-heure.
- CINÉMATOGRAPHIE
- L’écran panoramique de l’Exposition 1937.
- Nous avons décrit le Palais de l’Électricité qui s’élève au champ de Mars, face à l’École Militaire; il supporte sur sa paroi extérieure concave le plus grand écran de projection du monde, 600 m2, soit une longueur de 60 m et une hauteur de 10 m.
- Nous avons rappelé, à ce propos, ce qu’avait fait déjà M. Louis Lumière à l’Exposition de 1900. Le plus grand écran de projection moderne dans une salle de spectacles est celui du Gaumont-Palace qui a normalement une surface de 100 m2, et peut être agrandi jusqu’à 200 m2
- pour certaines scènes de films permettant des effets panoramiques.
- Le format du film utilisé à l’Exposition demeure de 35 mm et non du type « large ». La difficulté est donc grande pour obtenir une brillance suffisante de la projection, surtout dans les conditions de l’expérience. L’obscurité complète est impossible à obtenir en plein air, par suite de l’effet direct ou indirect des nombreuses sources lumineuses avoisinantes. 11 a fallu étudier et utiliser plusieurs appareils de projection synchronisés ainsi qu’un éci’an spécial à pouvoir réfléchissant accru, et des arcs extrêmement puissants.
- Cet écran n’est pas mat. Suivant un principe déjà adopté dans quelques salles, et, en particulier, en Allemagne, pour la projection des films en couleurs exigeant une très grande brillance, sa surface comporte une multitude de petites perles de verre rigoureusement sphériques.
- Ces perles sont fixées directement sur le mur. Un premier support de quelques centimètres d’épaisseur est composé d’un mélange de chaux et de sable exactement dosé. Ce support, une fois sec, a été recouvert de plusieurs couches de vernis isolant, pour éviter les réactions de la chaux cl du sable sur l’écran proprement dit.
- Ce vernis à son tour est recouvert de six couches successives de blanc de zinc portant, enfin, un vernis adhésif, sur lequel les perles ont été projetées au moyen d’un pistolet à air comprimé.
- L’écran a son pouvoir réfléchissant maximum dans un angle de /fll0 d’ouverture environ. Pourtant, plus de 4.000 personnes peuvent assister aux représentations dans de très bonnes conditions de visibilité, et la luminosité paraît même supérieure à celle qu’on obtient dans des salles closes.
- La projection est obtenue au moyen de trois éléments projecteurs (type Brokliss-Simplex) à arcs de 260 A sous 70 v, alimentés par une com-mulatricc de 800 A no v.
- Normalement, l’appareil médian sert uniquement à la reproduction des sons synchronisés au moyen d’un lecteur de sons, et il entraîne les deux autres appareils par l’intermédiaire d’un accouplement mécanique, au moyen d’un moteur d’un cheval et demi.
- Le troisième appareil peut servir également à des projections sur un écran central de 3oo m2, les deux autres appareils étant alors au repos, et les faisceaux lumineux obturés.
- Sur chacun des projecteurs latéraux, se trouve un objectif muni d’un système d’anamorphose dû au Pr Chrétien, et pei'meltant d’obtenir une image allongée dans le sens horizontal, de manière à déterminer l’effet panoramique final.
- Le projecteur de droite projette sur la moitié gauche de l’écran, et, inversement, chaque moitié d’image étant ainsi pi'ojetée par un appareil. Le réglage doit être effectué avec précision pour obtenir un raccordement exact des images ; ce raccord est facilité au moyen de caches spéciaux, en employant des condensateurs optiques très lumineux.
- A la prise de vues, on utilise, de même, deux appareils dont chacun prend une moitié de l’image. Ils sont également équipés avec des systèmes optiques d’anamorphose.
- P. H
- Fig. 1. — Rotor de turbine à vapeur exposé au Palais de la Lumière.
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- RADIO-ÉLECTRICITÉ Marconi et les ondes courtes.
- G. Marconi, à qui l’on doit les premières communications par ondes hertziennes, a obtenu ses premiers succès avec les ondes longues.
- Mais dès le début de ses recherches et pendant tout le cours de sa carrière, il a étudié les ondes courtes et cette branche de la technique radio-électiique lui doit une partie de ses progrès.
- Dès i8y5, guidé par les travaux de Hertz, il songeait à utiliser des réflecteurs paraboliques pour concentrer dans une direction donnée les ondes rayonnées par l’antenne.
- Les ondes utilisées avaient une longueur de l’ordre du mètre ; les miroirs étaient constitués par des feu’lles métalliques, et l'antenne était placé suivant l’axe focal. Un dispositif de ce genre permit en 1896 une communication très intelligible sur une distance de a.Boo m.
- Ces premiers essais furent interrompus parce que l’on ne pouvait produire à ce moment que des ondes amorties et de faible puissance.
- Dès 1916, cependant, Marconi et Franklin reprenaient leurs recherches sur les ondes courtes dirigées, en employant encore des ondes amorties de 2 à 3 m de longueur, mais avec éclateur perfectionné fonctionnant dans l’air comprimé.
- A Carnarvon, en 1917, des transmissions purent être ainsi obtenues sur une distance de 3s km.
- E11 1919, l’apparition des lampes à vide, grâce auxquelles on pouvait réaliser enfin des émissions entretenues sur ondes courtes, change complètement l’aspect du problème.
- A Carnarvon, en 1919, des communications radio-téléphoniques sur ondes dirigées de i5 m furent échangées sur une distance de ia5 km, et un peu plus tard un service duplex fut établi sur 160 km.
- En 1920, les premiers radio-phares à ondes courtes étaient mis en service à Inclikeith sur une longueur d’onde de 10 m.
- Le Beam-System Marconi, présenté vers 1921, devait permettre la réalisation des postes à ondes courtes dirigées utilisés en Angleterre par la Compagnie Marconi pour établir des liaisons régulières entre l’Angleterre et le Canada, d’une part, l’Australie, l’Afrique du Sud, et les Indes d’autre part.
- Le Beam-Sysiem emploie deux rideaux d’antennes verticales parallèles et isolées ; les antennes du premier sont alimentées par le poste émetteur et le deuxième rideau sert de réflecteur.
- Durant ses dernières années, Marconi avait continué ses recherches sur les ondes courtes et très courtes, non seulement en vue de perfectionner les moyens de radio-communications téléphoniques et télégraphiques, mais aussi pour assurer la direction des îaavires, ou même la commande à distance d’appareils électro-mécaniques.
- Dans ce but, il avait converti son yacht Eletira en un véritable laboratoire flottant, où il effectuait de nombreux essais de transmission, en liaison avec son laboratoire fixe terrestre de Sancta Maria Ligure.
- Ces problèmes de radio-communications et de télé-commande ont une importance militaire évidente. Aussi Marconi a-t-il été très discret sur les résultats obtenus. Est-il besoin de dire que ce gi’and réalisateur ne poursuivait, quoi qu’aient prétendu certaines informations fantaisistes, ni la chimère du « rayon de la mort », ni celle de la transmission de l’énergie par ondes hertziennes ?
- NAVIGATION
- L’emploi du gyro=compas dans la baie d’Hudson.
- La baie d’Hudson présente pour la navigation de gros dangers, résultant non seulement des risques de mer normaux mais également de la proximité du pôle nord magnétique qui se trouve aux environs de l’île du Prince de Galles. Un navire pénétrant dans la baie d’Hudson approche à moins de 14° du pôle magnétique et, par suite de la faible valeur de la composante horizontale du champ magnétique (qui devient nulle au pôle), la force directive sur l’aiguille de la boussole est très faible et, par suite, les perturbations qui, elles, ne sont pas modifiées, prennent une importance prépondérante. D’autre part, la distance du pôle géographique étant de plus de 25°, il en résulte que les boussoles gyroscopiques, sont encore parfaitement utilisables et que leur emploi est tout indiqué et pratiquement indispensable pour naviguer avec sécurité dans la baie d’Hudson. Ceci a été confirmé par l’expérience et d’une manière si nette que les compagnies d’assurances maritimes accordent des réductions importantes de primes aux navires utilisant les compas gyroscopiques que l’on peut, paraît-il, louer pour 3 mois pour une somme, compris les frais d’installation, de l’ordre de 200 livres.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Le nouvel observatoire géophysique de Chambon=la=Forêt.
- Les perturbations du champ magnétique terrestre produites par les courants électriques industriels ont nécessité dans plusieurs pays l’abandon d’observatoires magnétiques anciens et leur transfert en des lieux plus éloignés des grandes villes et des réseaux électriques. C’est ainsi que l’Observatoire magnétique central français qui était situé au Val-Joyeux, à Villepreux (Seine-et-Oise) à 25 km environ de Paris, vient d’être transféré plus loin dans une clairière de la forêt d’Orléans, sur la commune de Chambon-la-Forêt (Loiret).
- C’est un deuxième transfert. En 1882, une station magnétique avait été installée par E. Mascart et ses collaborateurs à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, mais en 1900 le voisinage de lignes de tramways électriques produisait de telles perturbations sur les mesures magnétiques qu’il fallut transférer ces mesures ailleurs. Ce fut l’origine de l’observatoire du Val-Joyeux qui, à partir de 1923, ajouta aux observations magnétiques des observations relatives à l’électricité atmosphérique qui ont porté sur le champ électrique, la conductibilité et l’ionisation atmosphérique. On a établi au Val-Joyeux une installation pour l’étude des courants telluriques et des variations de la composante verticale du champ magnétique leri'estre (par induction dans un grand cadre horizontal).
- . Mais les lignes électriques de toutes sortes se sont développées dans la région parisienne et des perturbations se sont manifestées par un élargissement des courbes tracées par les enregistreurs magnétiques et par certains petits accidents de ces courbes, surtout sur les graphiques donnés par les courants telluriques et le cadre induit. Les perturbations se sont aggravées de telle sorte qu’on a dû se résoudre à un nouveau transfert de l’Observatoire avant que les mesùres ne devinssent franchement mauvaises.
- P. H.
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- Le nouvel Observatoire de Cliambon-la-Forêt est situé sur le territoire de cette commune, canton de Beaune-la-Rolande. Il est en ligne droite à 87 km de Paris, 3o km Nord-Est d’Orléans, iG km Sud de Pithiviers. La voie de chemin de 1er la plus rapprochée est celle de Boiseomrnun-Nibelle, à 7 km environ. Les coordonnées géographiques de l’Observatoire sont : latitude 48°i/iî6// Nord, longitude 2°i5/3G// Est de Greenwich, soit o°4/38// W de Paris. L’altitude de la dalle du pilier où se l'ont les mesures magnétiques est d’environ i33 m.
- Le terrain est constitué par les sables et argiles de la Sologne, reposant sur des marnes au-dessous desquelles on rencontre les sables de l’Orléanais. La susceptibilité magnétique du terrain est de 2 x io_(i, c’est-à-dire qu’il peut être considéré comme pratiquement non magnétique.
- Le batiment principal comprend, au rez-de-chaussée, les bureaux et laboratoire, au premier étage deux logements; au deuxième étage deux chambres destinées aux personnes venant travailler à l’Observatoire. Dans le terrain sont disséminés quatre pavillons, deux pour les observations magnétiques et deux pour les observations électriques.
- Le pavillon magnétique principal comprend un sous-sol dont une partie est surmontée d’un laboratoire de deux pièces. Le sous-sol comprend quatre pièces entourées par un couloir et séparées en groupes de deux par une allée centrale. La nature argileuse du sol tendant à la formation d’une nappe d’eau pouvant s’élever jusqu’au voisinage de la surface, on a établi un soubassement et des parois étanches ainsi qu’un drainage des terrains. Le sol des caves est à 1 m 80 au-dessous de la surface du sol ; des parois épaisses et un revêtement de leiTe de 2 m d’épaisseur assurent la protection thermique. Naturellement, les conditions nécessitées par la nature des mesures ont été respectées et, dans la construction n’entrent ni fer ni matériaux de propriétés magnétiques sensibles. Ajoutons que les mesures régulières ont été commencées le Ier jamier iq3G.
- H. Vigneron.
- CINÉMA SONORE
- Les films sonores en ozaphane. — Pour enregistrer photographiquement ou éleetromécaniquement les sons en vue de la reproduction photo-électrique, on a utilisé un très grand nombre de supports : celluloïd, acétate de cellulose, ou même papier.
- On vient d’essayer, en Angleterre, comme matière poux-ruban sonoi-e, l’ozaphane qui sert déjà à l'aix'e des films cinématographiques sans perfoi-ations.
- L’ozaphane est une qualité spéciale de cellophane, cellulose régénérée de la viscose, déjà ininflammable par elle-même traitée par des sels ignifugés. L’épaisseur des bandes est de l’ordre de 4 à 5 centièmes de millimètre seulement, et sa résistance est relativement gi-ande.
- L’émulsion sensible photographique n’est plus à base de sels d’argent ; elle est constituée dans la masse même du support, par une matière colorante exempte de grains, composée d’un mélange stable de phénols et de dérivés diazoï-qnes sensibles à la lumière. Le traitement ressemble aux méthodes de tirage des ozalides, le mélange sensible est développé et fixé sous l’action du gaz ammoniac, sans aucun bain ni lavage.
- Celle émulsion est peu sensible à la lumière et ne pei-met d’obtenir que des positifs par contact direct avec des positifs. Le tirage du ruban est donc obtenu en pi-enant comme
- cliché initial un premier film positif de celluloïd oi'dinaire.
- Dans le système anglais, dit Duo-Ti-ac, le ruban a 4 mm de large et comporte pourtant deux pistes sonores parallèles côté à côte, comme l’indique le nom du système : l’enre-gislremenl est symétrique, comme les pistes sonox-es des films à haute fidélité, et la partie transparente de la « piste » correspond uniquement à la modulation.
- Sur une bobine très réduite d’un diamètre de 17 cm, il est ainsi possible de placer un em-egistrement correspondant à une audition de 20 nui pour chaque film ; une bande standard assure une audition de 3o mn, soit i5 inn pour chaque piste. Son prix serait de l’ordre de 80 fr seulement.
- La deuxième piste est explorée après la première dans le sens inverse, le î-etour de la bande s’effectue automatiquement et la piste sonor e est assez large pour assurer une reproduction acoustique correcte, par un centrage facile de la fente de lecture du reproducteur photo-électrique.
- Les constructeurs ont pu combiner ce système de reproduction sonore avec un appareil récepteur de T. S. F., de manière à constituer un radiophonographe à films, original et pratique.
- P. IL
- MÉTÉOROLOGIE Brume de sable.
- De temps à autre, on signale dans le Sud de la France, notamment dans la vallée du Rhône, des vents de sable apportant des poussièi-es du Sahara. U11 tel fait a encore été observé en France, en Suisse et en Autriche, le 21 mai dernier, et à Zurich le 10 juin.
- M. P. Berger vient d’en rendre compte dans les Archives des sciences physiques et naturelles de Genève et il a réuni à ce propos un certain nombre de détails pxécis et intéressants.
- « M. .lelen, dit-il, pilote commercial tchèque, en rentrant de Marseille, me prévint qxre la nuit du 9 au 10 juin fut troublée, à Marignane, par de violents vents, extraordinairement chauds, venant du Sud. Il me fil remarquer que son avion était comme incrusté de sable, ramassé en vol, enti-e i.5oo et 2.5oo m. En effet, sur les mâts noirs du train d’atterrissage, sur les bords d’attaque des ailes et de l’empennage, se trouvaient des traînées de sable blond ».
- CeJ.le poussière, examinée au microscope et analysée, contenait des tx-aces de substances organiques : spores, fragments d’insectes, mais elle était surtout composée de grains minéraux, de 1 à 4o p, blonds oxx blancs, certains biréfringents, dans lesquels on reconnut des cai’bonates, du quartz et du feldspath, des limoniles, des parcelles de mica.
- M. Berger ajoute :
- « Cette poussière présente une grande analogie avec celle observée dans certaines légions des Alpes suisses les 20 et 2i mars 1937 et qui est considérée comme d’origine saha-î-ienne. La plus grande partie de ce sable s’est probablement déposée sur l’avion entre Marseille et Genève. Le soir, à Dubendorf, le ciel au couchant était gris-blond : le disque solaire — dès 5° à 70 en dessus de l’horizon —- devint comme de l’argent fondu, sans êti-e éblouissant cependant. D’après la situation météorologique qui exista du 8 au 10 juin 1937 sur le Nord du Sahara, la Méditeri-anée, la France et la Suisse, il est logique d’admetti-e que cette pous-sièx-e est d’origine saharienne. En effet, une dépi-ession s’est déplacée du Sud-Est du Max-oe sur le Sud-Ouest de la France, puis vei’s la Bretagne. A l’Est, elle fut toujours accompagnée de vents du Sud. »
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHRONOMÉTRIE
- Le compteur de temps « Chronoflex ».
- De patientes recherches effectuées sur les différents procédés de chronométrage et les appareils utilisés à l’heure actuelle pour la mesure des temps très courts ont amené la création d’un compte-secondes ayant les qualités des compte-secondes actuels et comportant des améliorations de détail intéressantes, qui en font, un appareil de première nécessité pour tous les laboratoires.
- Fig. 1. — Le Chronoflex.
- Les différentes caractéristiques du « Chronoflex » sont les suivantes :
- Il est monté sur socle, et le mouvement ayant toujours la môme position relative offre une précision plus grande qu’un compte-secondes de poche qui fonctionne dans toutes les positions.
- „Le volume du mouvement a permis d’adopter des rouages robustes et de donner à l’organe régulateur des dimensions plus grandes. Cet organe est protégé par un dispositif pare-eboe permettant de le rendre insensible aux chocs accidentels.
- Le (( Chronoflex » est incliné sur son socle, ce qui permet, de lire les mesures dans un plan perpendiculaire au regard de l’opérateur et, par conséquent d’éviter les erreurs de parallaxe.
- Le cadran est, teinté légèrement, pour éviter que l’œil se fatigue par la réverbération sur un cadran blanc.
- La graduation du cadran peut être faite à volonté, en graduation normale, en graduation tachymétrique (compéti-
- tion en course de vitesses) ou en graduation sphygmométri-que (pour médecins).
- La commande est faite à distance par flexible, ce qui donne une très grande facilité de manœuvre. Ce flexible commande l’arrêt et la mise en marche des aiguilles, mais n’effectue pas la remise à zéro, ce qui permet, de faire des mesures de totalisation. La remise à zéro est commandée par un bouton placé sur le côté de l’appareil. L’appareil est muni, en outre, d’une aiguille totalisati’ice pour 3o mn.
- Le « Chronoflex » est construit en grande série. Sa qualité et sa précision répondent aux normes exigées par les services techniques du Ministère de l’air et il a subi des essais officiels sévères et, des épreuves d’étalonnage à l’Observatoire national de Besançon. Enfin il est exécuté pour les précisions suivantes :
- i/o, i/io, i/:>o, i/5o et i/ioo de seconde.
- Par l’énoncé des différentes caractéristiques ci-dessus on peut se rendre compte que le Chronoflex facilite grandement la tache des chronométeurs et des utilisateurs.
- Constructeur : Société d’horlogerie Lip, Usines de la Mouillère, Besançon.
- MÉTALLOGRAPHIE
- Nouveau microscope métaHographique.
- La métallograpliie tient une place importante dans les indus tr i e s métallurgiques.
- Le microscope métaHographique que nous allons décrire présente des avantages de commodité et de sécurité sur les modèles employés jusqu’à présent, et constitués par des bancs plus ou moins encombrant ou des microscopes ordinaires avec illuminateurs. Il a en outre le mérite d’être de construction française.
- Le socle est constitué par une cage entièrement métal li-
- Fig. 1. — Microscope métaHographique Sachet type TM. Réjlex.
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- que montée sur quatre patins de caoutchouc; il porte l’ensemble du système optique, lui aussi fixe et rigide (fig. x).
- La platine porte-objet est réglable en hauteur au moyen d’une crémaillère et d’une vis micrométrique, et la platine carrée fixe peut être munie d’une sur-platine à déplacements rectangulaires permettant l’examen méthodique de l’échantillon posé sur la platine, la face polie en dessous.
- La source lumineuse est constituée par une lampe à bas voltage à filament rectiligne disposé horizontalement. Des variations importantes de l’intensité lumineuse peuvent être obtenues de manière à régler la luminosité de l’image suivant le pouvoir réflecteur de l’échantillon.
- Deux dispositifs différents et interchangeables permettent l’illumination; l’un est destiné aux objectifs faibles et moyens, l’autre aux objectifs puissants.
- Les l'ayons lumineux l'éflécliis par l’échantillon traversent à nouveau l’objectif et tombent verticalement sur des miroirs d’obsei'vation ou de photographie. Lorsque le tube oblique portant l’oculaire d’observation est rentré à fond, le miroir d’obsei'vation est placé dans l’axe optique et renvoie l’image dans l’oculaire. En tii’ant ce tube vers l’observateur, le miroir d’observation s’efface, les rayons traversent un oculaire de projection, et sont réfléchis par un grand miroir de photographie sur un verre dépoli (fig. 2).
- L’observateur, assis devant l’appareil, est placé dans une position confortable, et il a, à portée de sa main, tous les organes de commande, ce qui constitue un avantage appréciable sur les installations horizontales anciennes.
- Le verre dépoli sur lequel l’image est projetée est incliné vers l’observateur qui peut ainsi effectuer une mise au point précise à l’aide d’une loupe; cette image est suffisamment lumineuse pour que plusieurs personnes puissent l’examiner simultanément.
- Le verre dépoli peut êti'e remplacé par un verre clair, sur lequel on peut appliquer un papier à dessin calque, translucide, et on dessine alors très aisément les contours de l’image.
- L’appareil complet, en ordre de marche, est relativement
- Fig. 2. — Coupc schématique du microscope Réflex.
- Système collecteur
- Ampoule
- declairage
- Echantillon observé
- Oculaire
- Mise au point
- Miroir de renvoi pour l’observation dans l’oculaire
- Obturateur de. chambre noire
- Verre dépoli —Æ
- Commande
- de
- l obturateur
- Oculaire
- projection
- Miroir de renvoi pour microphotographie
- peu encombrant, puisque sa hauteur est seulement de /12 cm, sa largeur de 20 cm et sa longueur de 3o cm.
- Constructeur : Microscopes Nachet, 17, rue Saint-Sévcrin, Paris (5e).
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil photographique de petit format.
- Les appareils photographiques de très petit format connaissent une grande vogue ; avec des films cinématographiques standard de 35 mm, dont les émulsions sont aujourd’hui si parfaites, avec des mises au point de précision et des objectifs de qualité, ces appareils donnent des clichés excellents, peu coûteux, se prêtant à de forts agrandissements et à la projection.
- Une qualité essentielle d’un appareil photographique de ce genre est la facilité de manœuvre et la rapidité avec laquelle on peut obtenir un grand nombre de clichés. Le faible encombrement et la légèreté sont égaleixxent des qualités importantes.
- Un nouveau modèle, qui vient d’être introduit en France, semble pi'ésenter, à cet égard, de nombreux avantages; il
- Fig. 1. — Appareil photographique de petit format « Le Robot ».
- mérite bien son nom original de « robot » (automate), car son automatisme est particulièrement étudié.
- C’est un appareil minuscule, tout en acier, permettant d’obtenir 5o vues 24 x 24 mm, sur une bande de film cinématographique de 1,60 m de longueur. L’objectif de très court foyer, de 3 cm, évite l’emploi d’un système à tirage, et l’appai'eil est ainsi toujours prêt à fonctionner, tel qu’il sort de la poche ou de son étui.
- De plus, gi'àce à un ressort spécial, dont l’armement suffit pour 24 vues, une seule pression sur une manette déclanche l’obturateur, l’arme à nouveau, et fait avancer le film d’une vue.
- Un écran jaune est placé à demeure sur l’appareil, et mis en place par le simple déplacement d’un levier; le viseur peut, de même, servir de viseur de côté par simple rotation.
- Ce petit appai’eil plaira aux amateurs qui veulent un appareil toujours prêt à servir, avec tous les accessoires à portée de la main. Ses objectifs sont, d’ailleurs, interchangeables, et, à côté des modèles à court foyer et à grande ouverture, on peut utiliser des télé-objectifs pei'metlant la prise de vues à grande distance.
- Constructeur : Etablissements J. Chotai'd, 2.0-22, nie Bobil-lot, Paris (i3e).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum. — La Chimie au Palais de la Découverte (n° du 15 septembre 1937). — Quelques erreurs se sont glissées dans cet article ; nos lecteurs les auront sans doute rectifiées d’eux-mêmes.
- Page 201, lro colonne, 31° ligne : il s’agit de la chaleur de combustion moléculaire exprimée en grandes calories.
- Page 202, l133 colonne, 18° ligne : le glucinium appartient au groupe chimique des éléments terreux, dont l'ont partie le magnésium, le zinc et le cadmium.
- Page 204, 11<3 colonne, 9e ligne : lire oxygène au lieu de hydrogène.
- Page 205, lre colonne, 13° ligne : lire quatre forces égales... ; 53° ligne : il s’agit de la déshydratation de l’alcool éthylique (C2ll5()ll), donnant de l'éthylène (C2114) et non pas de l’éthane (C2liu) comme il a été indiqué.
- Page 200, lr0 colonne, en bas : au sommet supérieur des 3 derniers hexagones, ajouter une barre verticale représentant un groupe <c méthyle » Cil3.
- Page 271, l1'0 colonne, 2e réaction : dans le 2° membre, lire :
- 2 PbO2 ; 2e colonne, 9° ligne : lire : Mn° Ghoucroun.
- Page 274, lre colonne, 8° ligne : poids atomique du potassium : 30,09, et non 30,09.
- Fonctionnement défectueux d’un phonographe.
- Les variations de tonalité constatées avec votre phonographe pour la reproduction d’un disque quelconque peuvent provenir d’un excentrage des disques utilisés, ou d’un défaut de l’axe du plateau tourne-disque: 11 suffit, en effet, d’un excentrage supérieur à 3/10 de millimètre pour déterminer un effet acoustique perceptible.
- Il faut, en tout cas, vous rendre compte si le diamètre de l’axe du plateau tourne-disque n’est pas trop petit, ce qui causerait des variations de centrage du disque au cours de l’audition par suite du « jeu » ainsi produit.
- Si le phénomène est dû à une fabrication défectueuse des disques eux-mêmes, le seul remède, à défaut de reprise par l’éditeur, consiste à agrandir le trou central de la rondelle de carton, de façon que le centre coïncide réellement avec celui des sillons. Pour éviter le « jeu » entre ce nouveau trou et l’axe du plateau tourne-disque, on adapte sur cet axe une petite i'ondelle de serrage en caoutchouc.
- Réponse à M. Cottu, à Rennes.
- Consommation d’un poste de T. S. F.-secteur.
- La consommation d’un poste-secteur est généralement faible, puisque l’inlensité du courant d’alimentation sur le secteur MO v est de l’ordre de l’ampère. Connaissant d’ailleurs, exactement cette indensité 1, on en déduit immédiatement la dépense par heure de service, puisqu’on connaît aussi la tension E du secteur. La puissance absorbée est approximativement E 1 exprimée en watts.
- Sans aucun ampèremètre, il est possible de déterminer la consommation d’un récepteur en observant simplement le compteur de l’appartement, le poste de T. S. F. étant le seul appareil électrique en fonctionnement.
- Le compteur comporte une fenêtre à sa partie antérieure à travers laquelle on aperçoit un disque tournant qui actionne le mécanisme et porte sur sa tranché un repère permettant le comptage du nombre de tours. Sur la plaque du compteur, se trouve également l’indication de sa constante, c’est-à-dire du nombre de watts-heure correspondant à un tour du disque (0,1 w/h, par exemple).
- Il suffira donc de déterminer directement le nombre de toux's de disque par heure, ou plutôt de l’observer pendant
- quelques minutes et d’en déduire le nombre cherché par une simple règle de trois.
- Si le disque fait 500 tours par heure, soit 10 à la minute, la consommation dans l’exemple précédent sera de : 000 x 0,1 = 00 w/h = 0,0 liw/h. On en déduira immédiatement la dépense horaire correspondante.
- Si l’on constate une consommation exagérée, il peut être utile de vérifier le récepteur, mais aussi le compteur !
- Réponse à M. Chain, à Paris.
- Cellules photo-électriques au sélénium.
- Les cellules photo-conductrices au sélénium sont à peu près les seules qui peuvent être réalisées assez facilement par un amateur.
- On trouve chez les marchands de produits chimiques du sélénium en poudre qui doit être ensuite traité pour obtenir la forme cristallisée (sélénium « métallique ») seule utile au point de vue photo-électrique.
- Le support est constitué par un bobinage plat sur une carcasse formée par une bande de carton d’amiante entre deux feuilles de mica rectangulaires. Cette carcasse est séchée parfaitement avant la fabrication de la cellule.
- Pour le bobinage, on emploie du fil de fer doux recuit fin et souple, décapé à l’aide de toile émeri fine et enroulé à spires assez serrées sur la carcasse (pas d’environ de 2 mm).
- On réalise un deuxième enroulement en logeant les spires de la deuxième hélice entre celles de la première ; il ne doit pas y avoir do contact entre elles.
- La poudre de sélénium est étalée sur le support en forme do tas allongé, on la fond sur un réchaud électrique ou sur une plaque de tôle placée sur un réchaud à gaz, mais à température pas trop élevée. On étale soigneusement la masse en fusion sur le bobinage. On laisse refroidir la cellule.
- Pour transformer le sélénium, on recuit la cellule en chauffant de nouveau le support, mais sans fusion du sélénium. La transformation dure une trentaine de minutes, la surface devient grise et rugueuse.
- On vérifie finalement la sensibilité de la cellule au moyen d’un milliampéremètre sensible et d’une pile en série.
- Vous pouvez trouver des indications sur les montages des cellules au sélénium dans l’ouvrage La télévision et ses progrès, par P. Ilémardinquer (Dunod, éditeur).
- Réponse à M. Etienne Klein, à Strasbourg.
- De tout un peu.
- M. Alban, à Varengeville-sur-Mer. — Le champignon qui a envahi votre demeure est très probablement de Mcrulius lacrymans ou champignon des maisons ; nous pensons que vous pourrez facilement en obtenir la disparition en badigeonnant les parties atteintes, ainsi que les partie voisines encore indemnes, avec la mixture suivante obtenue par mélange
- de deux solutions :
- Solution A.
- Chlorure de zinc sec. ..... 300 gr
- Eau ordinaire...................... 1.000 cm3
- Solution B.
- Soude caustique en plaques. . . 900 gr
- Eau ordinaire . ................... 4.000 cm3
- Verser la première solution dans la seconde, agiter pour assurer la dissolution de l’hydrate de zinc d’abord'précipité, puis passer au tamis pour séparer les grumeaux avant emploi.
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- M. Moccaden, à Damas. — Le ramollissement- des- os en vue (le moulages industriels né présente aucune difficulté, puisqu'il suffit pour cela de les immerger pendant un temps suffisant dans une solution aqueuse à 10 pour 100 environ d’acide chlorhydrique du commerce, appelé vulgairement acide muriatique.
- Quant au redurcissement ultérieur, on pourra envisager do plonger les os ramollis d’abord dans une solution de chlorure de calcium, puis dans une solution de phosphate de soude, mais il est évident que des essais systématiques et une mise au | toi ni, seraient nécessaires.
- A notre avis, il est. beaucoup plus simple de découper directement à la scie dans les os dont, ou dispose, après les avoir dégraissés dans un bain chaud de carbonate de soude à 5 pour 100, ce qui est «le pratique courante pour l'obtention des boutons, manches de brosses à dents, etc.
- M. Brock, à Anvers. — 1° La Poix, de ftourgogne ou Poix des Vosges vraie provient de l’exsudation après incisions de l'Abics excelsa appartenant a la famille des Conifères, elle est jaune fauve, cassante à froid, coulante à chaud, tenace, d’odeur spéciale et de saveur parfumée.
- On lui substitue le plus souvent la poix blanche préparée avec le galipot, ou la résine jaune mélangée de térébenthine et brassée dans l’eau, celle-ci a une odeur de térébenthine et une saveur amère.
- 2° Les sorbets dont le type est la glace à la vanille se préparent ainsi :
- Mettre dans une casserole en cuivre non étaméc 1 1 de bon lait avec une demi-gousse de vanille, faire bouillir, puis aussitôt, sucrer avec 375 gr de sucre, enlever du feu et laisser refroidir.
- D’autre part, battre ensemble sept jaunes d’œufs et ajouter au lait sucré qui devra être presque froid, passer pour enlever la pellicule d’albumine, remettre sur le feu et tourner avec une cuiller jusqu’à ce que le liquide commence à prendre consistance, mais bien se garder de le laisser épaissir.
- Laisser refroidir, mettre en sorbetière en remplissant seulement aux deux tiers de la capacité, couvrir et faire prendre dans la glace, en troublant la. prise avec une spatule en bois de façon à obtenir .un grain fin et non une, séparation de l’eau de la préparation en gros cristaux de glace, ce qui donnerait, une présentation fâcheuse.
- Les sorbets se liquéfient en revenant à la .température ordinaire, c’est pourquoi lorsque l’on a en vue la préparation des crèmes glacées américaines, on y ajoute soit de la gélatine blanche soit de la gomme adragante, celle dernière étant surtout réservée à une présentation mousseuse (une cuillerée à bouche environ par litre de liquide).
- A notre connaissance, l’amidon n’est pas utilisé dans ces préparations.
- N. -11. — Nous recevrons avec plaisir communication des données que vous possédez sur le café torréfié.
- École française d’ingénieurs, à Beyrouth. — 1° La formule suivante de crème pour le visage vous donnera certai-
- nement satisfaction :
- Prendre :
- Gélatine blanche de Greneline. . . 4 gr
- Eau distillée de roses............... 15 —
- Glycérine neutre à 30°............... 100 —
- Essence de géranium rosat .... V gouttes
- Faire tremper la gélatine dans l’eau de roses pendant quelques heures, ce qui lui fera absorber de deux à trois fois son poids d’eau, liquéfier alors au bain-marie. Ajouter la glycérine, l’essence de géranium, mélanger et mettre en pots.
- Si on désir*- que l’application donne une sensation agréable de fraîcheur sur la peau, ajouter 0 gr 5 de menthol cristallisé dissous dans quelques centimètres cubes d’alcool à 05°.
- 2° La formule suivante a été donnée par Robinet dans son Dictionnaire de technologie comme étant celle de VEau de Cologne de Jean-Ma,lie Farina :
- Prendre :
- Eau-de-vie . . 15.000 cm3
- Camphre............................. 4 gr
- Sauge, thym (de chaque)............. 23 —
- Mélisse, meut lie (id.)............ 375 —
- Acoro (l'alamus* aromatisas) . . . 15 —
- Angélique (racine).................. 8 —
- Violette, roses (llcurs de chaque). . 125 —
- Lavande (llcurs).................... 00 —
- Oranger (fleurs).................... 15 —
- Absinthe (llcurs)................... MO —
- Muscade............................. 15 —
- Girofle, cannelle (macis de chaque). 15 —
- Citrons oranges (zestes de) ... 22 —
- Distiller au bain-marie, recueillir 000 cm3 et ajouter à l'alcoolat. obtenu :
- Essence de citrons, de cédrats, de
- mélisse, de lavande (de chaque). 45 gr Essence d’anthémise(camomille), de
- néroli (de chaque)............. 15 —
- Essence de jasmin................ 39 •—
- Essence de beruamotte............ 375 —
- 3° Le cor-livide suivant, a été préconisé par Cerbelaud :
- Acide salicyliquc cristallisé ... M gr
- Acide lactique officinal................... 8 —
- Acide acétique eristallisable ... 2 —
- Ether sulfurique.......................... 10 —
- Alcool à 05°.............................. 10 —
- Essence de géranium rosat. ... 0 gr 50
- Collodion ricine.......................... 05 gr
- Solution au 1/100 d’éosinale de po- ’
- tasse.................................... 0 gr 25
- 4° Pour la destruction des rats, préparer des boulettes en pétrissant :
- Poudre de SciIle.......................... 15 gr
- Saindoux............................ . 00 —
- Farine................................... 25 —
- Ces boulettes pesant tout au plus I gr seront introduites dans les trous assez profondément pour être hors d’atteinte des animaux domestiques.
- 5° La formule suivant*: permet de préparer facilement une bonne eau de table efficace dans la gravellç, urique, la goutte et les calculs urinaires, le carbonate de Jithine étant un bon dissolvant de l’acide urique qui s’élimine par les urines sous
- forme d’uralo de lilhine.
- bicarbonate de soude............... 55 gr
- Acide tartrique pulvérisé .... 35 —
- Carbonate de lilhine............... 10 —
- Paire dissoudre 3 gr de ce mélange par bouteille d’eau d’environ un litre, boucher aussitôt et conserver dans un lieu frais.
- N.-R. — Rien entendu l’eau employée doit être pur% et exempte de toute contamination.
- Si on veut avoir en même temps une eau magnésienne, remplacer une partie du bicarbonate de soude par du carbonate de magnésie, ce qui donnera comme formule :
- bicarbonate de soude.............. 45 gr
- Acide tartrique pulvérisé .... 35 —
- Carbonate de lilhine ....... 10 •—
- Carbonate de magnésie............. 10 —
- M. Buchs, à Genève. — Le procédé Ozofer dont nous avons donné la description dans le n° 2390 du 17 janvier 1920, a, été perfectionné et mis au point par M. II. Claude qui demeurait à cette époque, 25, rue Dareau à Paris, procédé auquel il a donné le nom de graphitique ; vous pourriez vous adresser à lui pour renseignements complémentaires.
- Nous ajouterons qu’une note très intéressante sur cette question a paru dans le n° 22 du 15 novembre 1923 de la Photo-Revue, 118, rue d’Assas à Paris, page 169. Cette note donne l’explication des insuccès que l’on a pu éprouver.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Rarnéoud.
- 1-11-1937.
- — Publishcd in France.
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- N° 3013
- LA NATURE
- 15 Novembre 1937
- LES ANNÉES DE LA FRANCE SONT-ELLES COMPTÉES ?
- Il est regrettable au plus haut point que l’ordre d’urgence des problèmes français soit exactement if l’inverse de leur ordre d’importance. Le financier prime toujours l’économique et l'économique b; démographique. Or le premier, qui se pose de laçon
- cœur, Demain ! toujours demain ! Un jour, ils tombent foudroyés sans savoir pourquoi.
- D’autres sont atteints d’une maladie grave à marche lente, mais peu douloureuse à ses débuts. S’il leur arrive de souffrir également d’un mal aigu,
- FRANCE
- Hommes
- 400 300 200 100 0 0 100 200 300 400
- en mille
- Ages
- CANADA
- Femmes
- Hommes
- 100 200 300 400
- 400 300 200 100 0 0
- en mille
- Fig. 1. — Composition de la population par âge vers 1931 en France et au Canada
- si aiguë, n’est que secondaire, car il n’est que la résultante des deux autres.
- Le Français a souvent; entendu les mots : « dépopulation et dénatalité ». Quoique vague dans son esprit, cette menace y résonne comme un remords ; mais il n’est pas de remords si cuisant qu’on ne puisse l’endormir, sinon le tuer. Rien n’est plus facile que de faire le sourd.
- En notre époque fiévreuse, on rencontre bon nombre d’hommes d’affaires surmenés, qui s’épuisent à gagner de l’argent ou à éviter d’en perdre, mais qui ne trouvent pas le temps de s’occuper de leur maladie de
- mais bénin, comme une rage de dents, ils consacreront, toute leur attention à ce dernier, au détriment de leur santé.
- Le cas de la France s’apparente étroitement à celui de ces deux insouciants. Absorbés par des misères financières, par un péril extérieur immédiat, les pouvoirs publics et l’opinion ajournent sans cesse l’étude d’une question vitale, parce qu à aucun moment elle ne semble requérir Fextrenie urgence.
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- ______l_________i__________1--------1----L_
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- Cig. 2. — Population à prévoir pour la France jusqu’en 1985 (en millions d’habitants).
- Première hypothèse : les taux de fécondité féminine et de mortalité à l’intérieur de chaque groupe d’âges restent constants, au niveau de 1935.
- Deuxième hypothèse : les taux de fécondité féminine et de mortalité diminuent au rythme moyen des dernières années.
- Pendant longtemps, la population de la France a, comme toutes les autres, vécu sous la loi naturelle : la natalité, non contrôlée, non limitée, était si élevée, que le nombre des individus avait sans cesse tendance à s’accroître ; c’était aux famines, aux guerres, aux épidémies, conséquences directes de la surpopulation, que revenait la tâche de rétablir l’équilibre en détruisant des excédents qui n’auraient pas dû voir le jour. Depuis un siècle et demi environ, cette loi natui'elle est délibérément; transgressée. Phis importante que sa contemporaine, la Révolution tout court, la révolution démographique a passé beaucoup plus inaperçue. A la même époque, la vie humaine s’est accrue de façon prodigieuse : progrès de la médecine, progrès de l’hygiène, progrès technique (permettant d’accroître la masse des subsistances), ont contribué à une baisse profonde de la mortalité.
- Voici comment la vie moyenne en France a évolué depuis plus d’un siècle :
- Vers 1800 3o ans
- » 1860 l\0 »
- )> 1900 45 »
- Avant la guerre . 5o »
- Actuellement. 58 »
- Ainsi, en un siècle, la vie de l’homme a doublé en France ; évolution d’importance exceptionnelle, dont on ne trouve aucun exemple dans l’histoire. En même temps que nous, d’autres pays ont fait mieux encore : le « Hollandais moyen » vit jusqu’à 63 ans et le record de la spécialité appartient au Néo-Zélandais avec 67 ans.
- Ce mouvement peut-il se poursuivre indéfiniment P Nullement. La science, souvent victorieuse de la maladie, a été jusqu’ici impuissante contre la vieillesse. A So ans, on meurt comme autrefois. Le centenaire reste
- une heureuse exception, une sorte d’oubli de la part de la mort.
- Le diagnostic est clair : le progrès social et médical rend à l’homme la quantité de vie à laquelle il a droit, mais elle ne l’accroît pas. Mathusalem peut reposer en paix ; son record n’est pas en danger.
- Ainsi, l’évolution fondamentale de la France se résume en deux constatations :
- La mortalité a baissé de moitié.
- La natalité a subi une réduction analogue.
- On pensera sans doute que les deux courants s’annulent ; que s’il naît moins de gens, il en meurt moins, ce qui dissipe tout sujet d’alarme.
- C’est là une erreur énorme, très fréquemment commise, et lourde de conséquences. Une baisse équivalente de la mortalité et de la natalité a, en effet, deux effets distincts :
- i° elle maintient le total de la population ;
- 20 elle vieillit celte population.
- Voilà le point essentiel. On ajoute en haut, on enlève en bas. Moins de jeunes, plus de vieux. Qui oserait soulenir qu’il n’y a pas là un changement et un changement grave ?
- Déjà, notre population a beaucoup vieilli. On esl frappé, en revenant d’un pays neuf comme le Canada, de voir la proportion de figures âgées dans une foule française.
- 11 y a fort peu de temps qu’est apparu en pleine clarté ce danger national, celui dont l’action est la plus nocive parce que la plus sournoise, celui que nous risquons, faute de remèdes préventifs énergiques, de ne plus pouvoir conjurer : le vieillissement de la population sur lequel nous allons revenir un peu plus bas.
- On a pris l’habitude pour juger de l’évolution quantitative de la population, de se reporter à la balance des naissances et des décès ; c’est la méthode la plus condamnable qui soit, parce que la balance naissances-décès, esl une sorte de bilan sans amortissement, un faux bilan dont on ne saurait trop dénoncer les méfaits. Autrement instructive est la méthode reposant sur la notion de reproduction : pour que l’avenir démographique du pays soit assuré, il faut que chaque génération assure son remplacemenI intégral par la suivante. Ceci permet de voir qu’aucune baisse de mortalité — si importante soit-elle —- ne peut compenser une trop grande insuffisance des naissances. Même avec une mortalité nulle jusqu’à un âge élevé, un pays où les familles n’ont qu’un enfant en moyenne est évidemment voué à l’extinction.
- Pour rendre encore plus frappante la menace qui pèse sur notre race, nous avons procédé à des calculs sur les années à venir, de façon à pouvoir présenter les perspectives qui s’ouvrent à la population française.
- Qu’on veuille bien noter que nous n’entendons nullement formuler des prédictions ; nous ne parlons pas au futur, mais au conditionnel. En nous plaçant dans certaine hypothèse, nous en déduisons les conséquences certaines, inévitables, du ressort de la seule arithmétique.
- Non seulement nous n’émettons aucune prophétie,
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- Sur sept habitants, iIy a aujouct ’hui
- Sun sept habitants il y aura dans cinquante ans ( 2 ehypothèse)
- Fig. 3. — Evolution future de la composition par âge de la population française.
- mais nous nous efforçons de déjouer nos propres calculs en montrant au pays la route où il est engagé de façon qu’il redresse sa direction, tel un marin donnant un coup de barre après avoir vu que son bâtiment va droit sur un écueil.
- Il ne s’agit donc pas d’examiner avec soin un peu plus tard si les prévisions antérieures se sont ou non réalisées ; une prévision conditionnelle n’est ni vraie ui fausse ; c’est une fiction commode pour décrire le présent.
- Pour mieux marquer encore qu’il ne s’agit nullement de faire œuvre de prophète, nous avons adopté successivement deux hypothèses qui conduisent à des résultats très différents.
- Pans la première hypothèse, nous supposons que les lois de mortalité et de fécondité restent ce qu’elles sont aujourd’hui. Reprenant la comparaison du navire dont il s’agit de faire le point, nous admettons qu’il va con-linuer dans la direction où il se trouve.
- Mais il est à présumer que de telles éventualités ne se réaliseront pas : il n’y a aucune raison pour admet-Ire que la mortalité cesse de baisser après une chute qui dure depuis plus d’un siècle. Il est également à présumer que, sauf redressement qui n’esl; pas encore
- en vue, la fécondité continuera également son mouvement rétrograde et ceci nous conduit à la deuxième hypothèse.
- Dans celle-ci, nous admettons que la mortalité et la fécondité continuent de baisser au rythme suivi actuellement. Par ce moyen on parvient à une mortalité beaucoup plus faible que celle d’aujourd’hui. Pour certains âges, la réduction atteint 70 pour 100 et même 75 pour 100. Nous croyons donc avoir fait la part assez belle au progrès social et médical, sans d’ailleurs avoir nullement la prétention de lui assigner une limite.
- Précisons que, dans l’une et l’autre hypothèses, nous n’avons fait entrer aucune migration et qu’il serait facile de procéder aux corrections nécessaires si une politique d’immigration était à nouveau adoptée.
- Dans l’une et l’autre hypothèses, les résultats sont extrêmement préoccupants.
- Suivant la première hypothèse, on voit la population décroîti’e à un rythme modéré au début, qui tend ensuite à s’accélérer jusqu’à dépasser un million tous les 5 ans.
- Suivant la deuxième hypothèse, le déclin est d’abord plus long, mais s’accroît très rapidement jusqu’à dépasser 2 millions en 5 ans.
- Fig. 4. — Pour cinq hommes de 20 ans à 00 ans combien de vieillards de plus de (>0 ans ?
- Pour cinq hommes de 20 à 60 ans , com bien de viellardsr (p!us de 60ans) ?
- H y a 50 ans Aujourd'hui Dans 50 ans
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- Fig. 5. — La courbe des naissances en Allemagne.
- En définitive, on parviendrait, en iç)85, à une population de 34 millions dans la première hypothèse et de 29 dans la seconde. La régression serait ainsi de î/5 ou de i/3.
- Mais notons bien que le total de la population n’a qu’une importance secondaire. Si aucun danger extérieur ne menaçait notre pays, on pourrait fort bien concevoir, le progrès technique aidant, qu’une Iren-laine de millions d’habitants seraient à l’aise sur notre territoire et que la division du travail s’y ferait suffisamment pour porter pleinement, ses fruits.
- Le fait grave, c’est moins' la diminution du nombre absolu des habitants (pie le vieillissement, continu, donc la perte de qualité, qui menace notre pays.
- En effet, dans la deuxième hypothèse (malheureusement plus vraisemblable que la première), le nombre des moins de 20 ans diminue des deux tiers. Au contraire, celui des vieillards s’accroît de moitié. Et ceci est une prévision relativement sure, puisque tous les sexagénaires de 1985 sont déjà nés. A moins d’un accroissement de mortalité, qui ne pourrait tenir qu’à une guerre ou à tout autre fléau, le nombre des vieillards en France est, appelé à augmenter. Voici d’ailleurs les résultats essentiels auxquels nous parvenons dans la deuxième hypothèse (en milliers d’habitants) :
- 1935 1985
- 0 ig ans. ]2.‘i3 3 3.80G
- 30 à 5f) ans. 33.13a 17.400
- 60 ans et plus . G.063 8.439
- Total. . 4t.426- 29.645
- fl est à peine utile de dire qu’avant la réalisation d’éventualités aussi graves, d’autres événements surviendraient qui précipiteraient;l’effondrement de notre pays.
- Nous ne voudrions pas avoir à parler du péril extérieur. Il offre des arguments trop faciles dont il nous déplaît d’user. Il n’est nullement, d’ailleurs dans notre intention de proposer une sorte de course à la population qui ne pourrait qu’aboutir à des catastrophes plus étendues encore.
- Mais nous n’en sommes certes pas là : alors que les pays voisins s’efforcent de lutter — et avec un certain bonheur — contre une dépopulation qui les menace eux aussi, nous constatons avec amertume que le problème démographique reste malgré les efforts de l'Alliance Nationale, incompris de la grande majorité de nos contemporains, qui témoignent soit d’une indifférence coupable, soit d’une hostilité déclarée contre ceux qui dénoncent le danger de la dépopulation et du vieillissement.
- Nous admettons parfaitement que, du point de vin* quantitatif, une population peut être menacée par deux dangers : l’excès de nombre et son insuffisance. Nous serions les premiers à préconiser l’instilution d’un birth control si la natalité dans notre pays était suffisamment élevée pour que des craintes puissent être nourries sur la possibilité d’assurer la subsistance d’un nombre d’hommes toujours croissant. En fait, nous n’avons jamais rencontré de néo-malthusiens qui connaissent vraiment tous les éléments du problème. Chaque fois que nous nous sommes trouvé en présence d'un adversaire épris d’esprit, scientifique et passionné avant tout de vérité, il ne nous a pas été difficile de lui faire modifier sa position.
- Que disent les adversaires du redressement de la natalité ? Certains bornent leur science à la connaissance de quelques mots ou clichés comme « lapinisme » ou <( chair à canon », « multiplication des pauvres », etc....
- Il n’est pas nécessaire d’entrer en discussion avec eux car on risquerait, soit de perdre son temps, soit d’ébranler des convictions sentimentales auxquelles ils ont l’air de tenir par-dessus tout. Ne nous heurtons pas à la foi et voyons sur quels arguments s'appuient les demi-compétences qui défendent le néo-malthusianisme :
- Leur premier argument est qu'avant de songer à relever la natalité, il faut, d’abord abaisser la mortalité qui est encore Irop élevée en France. Une mortalité est toujours trop élevée ; des progrès appréciables pourraient être faits chez nous, moins comme on le croit parmi les enfants en bas âge (dont la mortalité est comparable à celle des pays voisins) que parmi la population adulte qui paye à la mort un tribut beaucoup plus élevé que dans les pays limitrophes comme l’Angleterre et l’Allemagne. Lutter contre l’alcoolisme et contre le taudis serait probablement le meilleur moyen de combattre cette infériorité affligeante. Mais (pion veuille bien noter qu’en aucune façon la baisse de la mortalité ne peut suffire à redresser notre bilan. Nous entendons par là non pas le faux bilan des naissances et. des décès, mais le véritable bilan de la reproduction qui faiL que 100 Français ne seront remplacés que par 87 Français. Pour faire passer ce déficit de 87 à <)(), il suffirait d’augmenter la natalité de 10 pour ioo, chose relativement facile ou bien de réduire la mortalité de i3 à 4 c’est-à-dire dans une proportion supérieure à deux tiers, ce qui, dans Létal actuel de la science est absolument chimérique. Bien plus : pour rétablir l’équilibre intégral, il faudrait supprimer tota-
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- lement lu mortalité de o à 4o ans, chose absolument impossible, alors qu’il suflirait de relever la fécondité de i5 pour 100 environ. La disproportion enli'e les deux efforts est si manifeste que nous n’insisterons pas sur ce point, 1 éloquence (les chiffres nous dispensant de tout commentaire.
- Quant à l’argument de l’inutilité d’un effort quelconque, puisque notre population s’accroît encore ou ne diminue (pie très légèrement, il témoigne d’une telle méconnaissance de la question, qu’on devrait le passer sous silence s’il ne trouvait encore de très nombreux partisans ignorants du phénomène du vieillissement.
- Le vieillissement, déjà commence dans notre pays pose en effet un certain nombre de problèmes redoutables dont; aucun n’a encore été abordé et que les mesures prises dans différents domaines risquent au contraire d’aggraver.
- Dans une population constante, mais vieillissante, les affaires ne peuvent guère s’étendre et, par suite, le nombre des emplois marque aussi le pas. Qu’advient-il dès lors de l’avancement des jeunes P (le mot avancement est pris ici dans son sens le plus général). 11 ne peut évidemment plus être assuré comme par le passé.
- Pour préciser ce point, prenons un exemple concret ii une échelle très grossie ; dans une armée en guerre, où les cadres sont décimés, l’avancement est très rapide ; mais en temps de paix, si aucun décès ou départ ne se produit, seule une faible minorité avancera, car il y a toujours plus de lieutenants que de généraux ; et celte observation vaut dans le civil, ailleurs même que dans l’administration.
- Notons bien que malgré les déceptions qui peuvent atteindre les intéressés, leur sort reste plus enviable que celui de leurs pères, puisqu’une meilleure réussite se fut faite au détriment de la vie d’une partie d’entre eux.
- Il ne s’agit pas uniquement, avons-nous dit, d’avan-eement administratif. Dans la hiérarchie des revenus et des fortunes, il y a aussi une question d’âge. La richesse est en grande partie entre les mains des personnes âgées. PlufUrpbuste qu autrefois, le père sexagénaire quitte plus tard son commerce et garde son fils dans une position subalterne,
- En raison de la stagnation de la population, peu d’affaires nouvelles se créent. Or, c’est précisément dans celles-là que les jeunes avaient une chance de parvenir rapidement à un poste élevé. Dans les anciennes, il faut attendre patiemment son tour.
- Voilà déjà un premier aspect de la question, fertile en développements et qui montre que le chômage, du moins sous certaines formes, est parfois la conséquence non d’une surpopulation, mais au contraire d’une insuffisance de population.
- Certains problèmes sociaux peuvent se poser de façon aiguë, tel celui des assurances sociales : moins de cotisants, plus de retraités, voilà l’équilibre détruit, même en règne de capitalisation, parce que le poids
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- de la dette accumulée ne pourra pas être supporté par les générations réduites.
- Pour être moins facilement chiffrables, les conséquences morales d’une telle évolution sont également préoccupantes. Une population vieille est-elle aussi capable qu’une autre de s’adapter à de nouvelles conditions, particulièrement à une époque de progrès matériel rapide. Ne risque-l-elle pas d’être un jour frappée comme un individu, de sclérose, de paralysie, d’être gouvernée par des hommes trop éloignés de leur temps ?
- Les néo-malthusiens ont volontiers recours à un argument séduisant : « soit, puisque nous ne pouvons lutter du point de vue quantitatif, rattrapons-nous sur la qualité. Moins de jeunes, c’est entendu, mais plus beaux, mieux instruits, mieux élevés ».
- Il est toujours facile d’esquiver un effort en le remplaçant par un vœu platonique. Mais nous croyons qu’ici ce vœu n’a précisément aucune chance d’être réalisé et que les peuples supérieurs en quantité le seront aussi en qualité.
- D’abord, le champ sur lequel s’exerce la sélection étant plus étendu, un peuple moins nombreux aura moins de chances de découvrir les esprits d’élite qui font la gloire et le bonheur d’une génération.
- Avec une natalité un peu plus faible, la France n’aurait eu ni Pasteur, ni Claude Bernard, ni Pierre Curie, ces hommes-là qui, précisément, ont permis à tant d’autres de vivre.
- En outre, la densité elle-même favorise l’éclosion des hommes supérieurs.
- Sans pousser la thèse à l’extrême, nous croyons qu'une vie trop facile, conduit à négliger l’effort et <pie le génie a plus de chances de surgir par la pression démographique, par la nécessité de la lutte. Prenons l’exemple des derniers jeux olympiques disputés à Berlin : A-t-on remarqué que les pays qui ont accusé les plus grands progrès sont précisément ceux où la densité de la population cause le plus de préoccupations : Allemagne, Italie, Japon ? Au contraire, les nations à faible natalité ont accusé un déclin évident : Suède, Angleterre, et surtout la France, qui n’a pu dans les épreuves d’athlétisme enlever le moindre point. Quant aux Américains, ils n’ont dû leurs succès qu’au progrès de la race noire qui précisément, a une natalité sensiblement plus élevée aux États-Unis que la race blanche. L’argument de la qualité opposée à la qualité, a donc reçu un démenti sur toute la ligne.
- Ce que l’on constate dans le sport, de façon tangible, grâce à l’existence des records et à la précision des performances, doit vraisemblablement se produire dans d’autres domaines. Gardons-nous donc de nous endormir béatement sur l’oreiller d’une qualité que l’on ne fait; d’ailleurs rien pour améliorer.
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- Si les perspectives qui s’ouvrent à la population française sont excessivement sombres, en revanche, elles
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- pourraient être grandement améliorées si l’effort nécessaire était entrepris en pleine clarté. Pour rétablir notre équilibre démographique, il faut s’attaquer encore à la surmortalité française et surtout combattre la dénatalité ; pour cela, il est nécessaire de dépister les causes du mal. La principale est le souci de prévoyance matérielle qui anime justement les parents désireux de ne pas s’inlliger un fardeau trop lourd. Le « vivre mieux » a remplacé le « vivre plus » au point que la société actuelle rappelle le fameux Ugolin, en refusant de donner le jour à des enfants pour pouvoir leur conserver des parents.
- Un enfant de plus dans le ménage, c’est une charge supplémentaire qui trop souvent dépasse les possibilités et met à l’épreuve le budget familial.
- A ce mal, un remède souverain : faire en sorte qu’à partir d’un certain rang, du troisième par exemple, l’enfant cesse d’être une charge.
- Quelques essais timides ont été faits dans cette voie : des avantages légers sont consentis aux familles nombreuses qui bénéficient d’un sursalaire, de facilités de logement ou de .transports. 11 s’en faut de beaucoup que ces avantages soient suffisants. Bien au contraire, la législation iiscale désavantage systématiquement les familles nombreuses en n’accordant pas les dégrèvements à la base correspondant aux besoins vitaux et en pénalisant les ménages obligés de consacrer à leur logement une partie appréciable de leurs ressources.
- 11 serait facile et peu onéreux de i'éaliser une péréquation qui présenterait en même temps l’avantage de x'éaliser une justice sociale vers laquelle de timides pas ont seulement été faits.
- Ce n’est en effet qu'une fois les salaires établis qu’on songe à fixer les allocations familiales. Les familles arrivent alors quand « la distribution est terminée » (c’est-à-dire quand les patrons estiment avoir consenti le sacrifice maximum) et ne reçoivent qu’une sorte d’aumône. Telle est l’histoire des fameux accords Matignon de juin ig36. Il nous semble que la seule formule logique et juste consisterait au préalable à déterminer quelles sommes il est possible de réserver à l’ensemble des salariés et à répartir ensuite ces sommes d’après les capacités et les charges de famille de chacun. Jamais il ne nous a été opposé un argument sérieux à cette méthode qui se heurte en réalité à l’opposition sournoise des bénéficiaires des privilèges actuels.
- Cette péréquation des salaires (qui peut s’étendre à d’autres catégories de revenus) devrait être d’autant moins combattue quelle permet précisément de mieux élever les enfants qui ont vu le jour et de résoudre le problème de l’enfance sous-alimentée. Là aussi, en travaillant pour la quantité, on travaille pour la qualité, ce qui confirme que les deux points de vue sont moins opposés qu’on ne voudrait le faire croire.
- Si puissants et si variés sont aujourd’hui les moyens dont dispose l’État, qu’il lui est relativement facile d’agir sur la natalité. Le problème de la population dirigée, au moins aussi important que celui de l'éco-
- nomie dirigée, est aussi plus facile à résoudre, parce qu’inlinimenl moins complexe. L’exemple de l’Allemagne qui a réussi en très peu de temps à faire remonler le nombre de ses naissances à un niveau suffisant pour rétablir l’équilibre réel de sa population est trop probant pour qu’un doute puisse encore être émis sur l’efficacité de mesures pro-nalalistes bien comprises.
- Rien ne s’opposerait d’ailleurs à l’institution d’un contrôle sanitaire pour s’assurer que les allocations familiales ne sont pas détournées de leur but et que tous les soins nécessaires sont donnés aux enfants qui doivent rester les bénéficiaires exclusifs de la réforme.
- La France a eu raison d’entrer dès le début du siècle précédent dans la voie de la réduction de la natalité. 11 est regrettable que son exemple n’ait pas été suivi par d’autres nations qui allaient droit à la surpopulation.
- Mais il est non moins regrettable qu’emporté dans son élan, notre pays ait dépassé la juste mesure et compromis gravement son avenir.
- La masse d’étrangers auxquels il a été nécessaire dès avant la guerre de faire appel prouve de quel côté est chez nous le danger.
- A-l-on déjà oublié que si la guerre avait été perdue en i()i/| (et cette défaite n’a tenu qu’à une décision du commandement allemand) notre pays aurait subi une amputation analogue au premier partage de la Pologne ? Mais, faute d’une natalité suffisante, cette amputation eût été définitive. Les Allemands avaient tout prêt un plan de colonisation méthodique et d’élimination progressive des éléments français restés dans les provinces conquises. Lutter contre un peuple plus prolifique, c’est jouer une partie nulle contre une défaite. Le jeu n’est plus égal, les dés sont pipés et la première défaite est fatale.
- La génération qui se retire actuellement de la vie active n’a pas rempli son devoir ; elle se plaint aujourd’hui de voir par des dévaluations successives s’amenuiser son épargne accumulée au cours d’une vie de travail. Elle aurait dû songer que l’argent, que les titres de rente ou de retraite ne sont pas une richesse par eux-mêmes. C’est le travail de la génération active qui permet aux uns et aux autres de toucher le fruit de leurs économies. Insuffisante en nombre, la génération actuelle a décliné l’effort qui lui était demandé et répudié les engagements pris en son nom par celle qui l’a précédée. A elle de ne pas retomber dans la même erreur et d’éviter le risque d’être abandonnée à son tour.
- La France oublie que si les pays ne peuvent espérer comme les individus une mort douce, ils possèdent, par contre, le privilège enviable de pouvoir échapper à la mort en se prémunissant à temps contre la vieillesse.
- Le plus terrible danger qui puisse menacer un peuple s’est attaqué au nôtre. Pour le conjurer, il faut se résigner à un remède héroïque : ouvrir les yeux (x).
- Alfred Sauvy.
- 1. Les figures de cet article sont dues à M. Depoid que nous remercions de sa collaboration (N. D. L. R.).
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- LES FOSSILES DES POTASSES D'ALSACE = 455
- On ne connaissait jusqu’à présent à peu près aucun fossile dans les différents gisements de potasse de l’Ancien et du Nouveau-Monde. Dans la potasse de l’Allemagne du Nord cependant, on avait trouvé du pollen de conifères. L’absence de fossiles pouvait s’expliquer par la forte salinité des eaux où se déposai! la polas.se, qui en bannissait toute vie.
- Pour le géologue straligraphe, les fossiles sont avant loul des repères qui lui permettent de préciser l’âge d’un terrain. Les gisements des formes fossiles d’insectes son! rares et leur évolution a été très lente : leur intérêt pour lui est donc faible. 11 est primordial, an contraire, pour le paléontologiste qui se propose de connaître la phylogénie des espèces actuelles, et pour le paléogéographe qui désire être renseigné sur le climat, le relief, l’hydrographie du sol à une époque disparue.
- Ou connaît dans la Houille des empreintes d’insectes fossiles admirablement conservées.. Ces insectes du Carbonifère sont très différents des insectes actuels, à tel point qu’il a fallu créer {tour leur classification des ordres nouveaux et que les relations entre ces ordres et ceux où l’on range les insectes actuels sont encore aujourd’hui discutées sur beaucoup de points.
- C’est dans le Secondaire qu’il faudrait chercher les points de départ des ordres actuels. Malheureusement les quelques gisements d’insectes fossiles que l’on y connaît, dans le Lias et dans le Jurassique (surtout celui de Solenliofen en Franconie) sont des repères bien insuffisants pour reconstituer leur évolution.
- Au début du Tertiaire, elle est déjà presque terminée, et là encore, les gisements d’insectes fossiles sont rares. Quatre d’entre eux ont livré 90 pour 100 des insectes tertiaires connus ; ce sont l’ambre de la Baltique, le gisement d’OEningen en Suisse, celui d’Aix-en-Provence et les schistes argileux de Florissant, en Amérique du Nord, dans le Colorado. Un cinquième gisement vient depuis peu s’ajouter à ceux-ci : j’ai eu la bonne fortune de découvrir, en 1983, dans une des couches de potasse exploitées par des mines dans le sous-sol du Haut-Rhin, un niveau fossilifère (fig. 1), extrêmement riche en insectes et en plantes fossiles (1). J’y ai trouvé plus de i.5oo spécimens d’insectes fossiles en prospectant 5oo m2 environ de surface du gisement et il est évident qu’on pourrait en découvrir infiniment plus, puisque la matière première où se trouvent les insectes est pratiquement illimitée (ce sont les schistes abattus avec la potasse), et ce niveau fossilifère existe dans toutes les mines de ce bassin, y compris celles situées en pays de. Bade, sur la rive
- I. Quiévkkux (F.), Note sur un niveau fossilifère découvert dans une couche de potasse du bassin oligocène d’Alsace. C. R. S. Soc. Géol. Fr., fasc. 14, p. 223, 1933. — Sur un niveau fossilifère du bassin potassique oligocène du Haut-Rhin. C. R. Ac. Sc., t. CXCIX, p. 877, 1934. — Esquisse du inonde vivant sur les rives de la langue potassique. Bull. Soc. industr. Mulhouse, t. CI, p. 161-187, 5 pl., 1935.
- Fig. 1. — Les couches stratifiées des potasses d’Alsace. En b, le niveau fossilifère.
- droite du Rhin. L’extrême variété des espèces parmi les i.5oo spécimens trouvés permet d’affirmer que ce gisement, le jour où il sera prospecté à fond, ce qui est loin d’être fait, sera un des plus riches du monde en insectes fossiles.
- L’état de conservation des insectes fossiles de la potasse d’Alsace est aussi remarquable que l’abondance des espèces. Les détails les plus fins de l'organisation ont été conservés : la nervation des ailes, les poils du corps ou des pattes, la structure des yeux composés. Un grand nombre de ces insectes sont donc susceptibles de détermination précise et leur comparaison avec le vivant peut être poussée très loin, malgré les difficultés que présente souvent la détermination des insectes, même actuels, du fait du nombre énorme des genres et des espèces. On sait que la classe des Insectes est la plus riche de tout le règne animal. On en connaît déjà plus de 5oo.ooo espèces, et nul doute que ce chiffre soit loin d’en représenter la totalité. La détermination d’insectes fossiles exigera donc un soin extrême et nécessitera ' longues recherches.
- Là où la connaissant, des formes vivantes nous apporte des matériaux de comparaison suffisants, on constate que les insectes fossiles de la potasse peuvent se classer, à un certain nombre d’exceptions près, dans des familles et dans des genres vivants. Là s’arrête généralement l’identité : l’espèce fossile est rarement
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- Fig. 2. — in diptère : Cyltaromyia (Juicvrcaxi Séguy.
- identique à une espèce vivante O). Mais il ne faut pas perdre de vue que les caractères nécessaires pour conclure à ridentité absolue manquent la plupart du temps. Par contre, il est souvent possible d'arriver à trouver une affinité marquée avec une espèce vivante ou avec un groupe d’espèces, bien entendu, tout cela est fonction du degré de conservation des fossiles, qui est ici souvent très bon et parfois excellent.
- L’âge des insectes de la potasse d’Alsace est connu ; le niveau straligraphique de la couche de potasse où ils se trouvent appartient à l'étage sannoisien, c’est-à-dire à la base de l'Oliyocèna (Tertiaire ancien).
- (les insectes sont donc à peu près contemporains de ceux de l’ambre de la Baltique. Les ressemblances entre les deux faunes sont, d’ailleurs, faibles. L’une, celle de la Baltique, est une faune habitant les forets, qui s'est trouvée engluée dans la résine. L’autre, celle d'Alsace, a vécu surtout dans les marécages, au bord d’une lagune où des coups de vent l'entraînaient.
- Mais, pour l’une comme pour l’autre faune, la conclusion est la même. Ce serait une erreur, en ce qui concerne la grande majorité des insectes, d'y voir les ancêtres des formes actuelles. Ils ne diffèrent pas plus des insectes actuels que ceux que l'on viendrait à découvrir, de nos jours, dans une île inconnue.
- O11 trouve cependant dans cette faune d’insectes fossiles de la potasse un certain nombre de précieuses exceptions, formes archaïques parfois disparues aujourd’hui. Je citerai ainsi le Diptère Cyltaromyia Quie-
- I. Il y a toutefois quelques exceptions. C’est ainsi que M. M. Quilis, entomologiste espagnol, spécialiste (t’ilymé-noptères Braconides, me signale que certains des spécimens fossiles que je lui ai soumis appartiennent sans hésitation possible à des espèces vivantes (Aphidius arundinis liai, et Aphidius granarius Mars.).
- vreuxi Séguy (lig. a)> fiui appartient à la famille des Tipulides. Ce genre aujourd’hui disparu en Europe et qui y était inconnu même à l’état fossile, existe encore en Amérique du Nord. Un autre Diptère fossile, Prulosciara sp., présente des caractères qui le font langer sans hésiter parmi la famille des Sciarides, et cependant par certains caractères de la nervation des ailes, il se rapproche de la famille des Cecidomyi-des (moucherons qui produisent des galles). Il s’agit évidemment d’un Protosciaride, insecte à caractère archaïque, établissant un pont entre ces deux familles.
- Pour un troisième Diptère, Hercostomus sp. (lig. 3), le cas est plus curieux encore. On trouve dans ce niveau fossilifère deux espèces, l’une voisine d’une espèce actuelle, et l’autre, archaïque, présentant dans la nervation de ses ailes une nervure qui n’existe plus chez les Diptères actuels qu’à l’état de pli vestigial, la nervure médiane postérieure vraie, dont les recherches de morphologie comparée sur l’aile des insectes de MM. Yignon et Séguy avaient déjà permis de soupçonner l’importance.
- Des trois exemples sont loin d’épuiser tout ce que l’élude paléontologiquc des insectes de la potasse d’Alsace peut révéler sur la phylogénie des insectes. Il n’en reste pas moins que la grande majorité des insectes trouvés sont voisins des actuels. L’évolution des insectes depuis le Tertiaire ancien jusqu’à nos jours, soit pendant une période de temps qu’on a estimée à là ou :îo millions d’années, a donc été extrêmement faible.
- Il est intéressant de rapprocher cette constatation de ce <pie Ton sait de l’évolution des Mammifères. Apparues au début du Tertiaire (à l’exception des Marsupiaux plus anciens), les formes les plus anciennes connues présentent généralement des caractères archaïques et primitifs et ont subi des modifications pro-
- Fig. 3. — in diptère : Hercostomus sp.
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- fondes, portant surtout sur les os des membres et des extrémités, avant d’aboutir aux formes actuelles La vitesse d’évolution des différents groupes du règne animal est donc loin d’clre une donnée constante.
- A l’extrême, l’évolution a pu parfois être à peu près nulle depuis le Primaire jusqu’à nos jours. C’est le cas des Arachnides, dont on retrouve d’ailleurs un certain nombre dans le niveau fossilifère de la potasse d’Alsace.
- Des vertébrés supérieurs, on n’a trouvé aucune trace dans ce gisement, sauf une plume d’oiseau. Aucun poisson. Les Mollusques y sont d’une rareté extrême ; j’en ai trouvé deux spécimens dont une Melania sp. (mollusque d’eau saumâtre).
- La faune d’insectes fossiles de la potasse d’Alsace est, au contraire, extrêmement variée. On y trouve des
- Fig. 4. — Un Hémiptère voisin des Cigales : Philænus sp.
- Orthoptères (sauterelles et grillons), des Dermaptères (Perce-oreilles), des Psocoptères (poux des bois), des Thysanoptères (très petits insectes qui vivent sur les lleurs). Certains, bien conservés, ont permis des rapprochements intéressants. L’un d’eux, Frankliniella oligocœnica Pr. et Qu., appartient à un genre inconnu jusqu a présent à l’état fossile, et présente des affinités avec certaines espèces de Frankliniella, de l’Amérique moyenne, vivant sur les hauts-plateaux du Mexique, dont le climat tempéré chaud est analogue au climat méditerranéen.
- Les Hémiptères sont nombreux (près de 200 spécimens) : punaises des bois telles que Geocot'is sp., Cyr-lopeltis sp., Corixa sp. et Hémiptères homoptères parmi lesquelles une petite cigale (Philænus sp.) (fig. 4)), des pucerons et des Psylles (insectes intermédiaires entre les Cicadelles et les pucerons) dont une espèce est particulièrement abondante.
- Fig. 5. — Un Coléoptère Curculionide.
- Parmi les Névroptères, on trouve une Sialide (famille la plus primitive des Névroptères) : Raphidia cf. macu-licollis Steph. et un Ascalaphide : Helicomilus sp.
- On trouve un certain nombre de Lépidoptères (papillons) appartenant à la famille des Tinéides (Mites).
- Parmi les Coléoptères (au nombre de plus d’une centaine) des Carabides, des Staphylinides, des Cucujides, des Ténébrionides, des Anlhicides, et de nombreux Curc-ulionides ou charançons (fig. 5).
- Les Hyménoptères trouvés comprennent des Hymé-
- Fig. 6. — Un IFgménoplère Braconide : Micregaster sp.
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- Fig. 7. — Un autre Hymênoptère Braconide : Phænocarpa sp. et à côté un Chalcidide.
- noplères supérieurs (fourmis) et de nombreux petits Hyménoptères parasites, lehneumons, Braconides (fig. G), Ghalcidides (fig. 7).
- Les Diptères sont les insectes les plus nombreux dans cette faune, à la fois comme nombre d’individus et comme nombre d’espèces. On y trouve des moucherons : Myeétophilides (fig. 8), Sciarides, Chironomides
- Fig. 8. — Un Diptère Mycétophilide : Phronia cf. basal is Winn.
- (parmi ces derniers, certains indiquent par leurs affinités des marécages, d’auti'es le voisinage d’eaux saumâtres) ; des moustiques : Dixa sp., Aëdes sp., Culex sp. ; des cousins ; Tipulides parmi lesquels Cyitaro-myia sp., Limnobia sp.
- On y trouve aussi de nombreuses mouches : Taba-nides (Taon), Empides, Phorides, Agromyides, Dro-sophilides, Chloropides, etc.
- Fig. 9. — Un Libocèdre : Libocedrus cf. decurrens Torr. Fig. 10. — Un cyprès : Cupressus cf. lusitanica Mill.
- Je me bornerai à des indications encore plus brèves en ce qui concerne les plantes. Elles sont représentées par des feuilles et par des graines. Les conifères sont très nombreux : deux espèces de Libocèdre, dont l’une très archaïque, l’autre, au contraire, très voisine des Libocedrus decurrens Torr. (fig. 9), espèce localisée de nos jours sur les chaînes côtières du Pacifique (Orégon et Californie). C’est un bel arbre d’une quarantaine de mètres. Ses feuilles constituent les restes fossiles les plus fréquents dans la potasse d’Alsace. On trouve un Cyprès (fig. 10), très voisin d’une espèce
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- du Mexique : Cupressus lusitanica Mill, un Widdring-tonia, un Pedocarpus. Parmi les Angiospermes, il y a des Monocotylédones (fig. ix) (Graminées, Lilia-cées, etc.) et des Dicotylédones : trois espèces de Myr-tacées (fig. 12), un camphrier (Cinnamomum Scheuch-zeri Heer), un Acacia, un Myrica, un Rumex (oseille), etc.
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- De l’examen de cette faune et de cette flore se dégage une première conclusion : il apparaît certain que la contrée où s’est déposée la potasse d’Alsace à l’époque oligocène n’était ni un désert, ni une steppe. C’était une région boisée, parcourue par de nombreux ruisseaux, avec des mai'écages et, en son centre, une lagune salée (dont la présence est indiquée par les affinités de nombreux Diptères).
- On peut considérer également comme démontré que le climat n’était ni tropical, ni subtropical, ni désertique. Les affinités d’un très grand nombre d’espèces de plantes et d’insectes indiquent un climat méditerranéen, c’est-à-dire un climat tempéré chaud avec une saison chaude et une saison froide (hiver doux).
- Si l’on trouve toutefois quelques exceptions, mais rares, constituées par des plantes ou des insectes, ayant des affinités avec des familles subtropicales, il est permis de croire que c’étaient là des survivants de l’Ëo-cène, dont le climat, comme en témoigne la faune de Bouxwiller, dans le Bas-Rhin, avait été notablement plus chaud.
- Le climat local de l’Alsace, au début de l’Oligocène, paraît donc avoir été à la fois plus tempéré et plus humide que celui d’auti'es régions de la France plus méridionales (Aix-en-Provence), à cette même époque.
- Il faut ainsi l’enoncer à chercher dans une évaporation intense, due à un climat torride, la cause du dépôt de la potasse en Alsace (*). Aucune des diverses hypothèses faites pour expliquer l’origine des gisements de potasse de l’Allemagne du Nord ne s’applique ici (théorie de la bari’e d’Ochsenius, théorie du climat désertique de Walther). Il y a d’ailleurs une différence essentielle entre ces deux gisements : celui de l’Allemagne du Nord contient à peu près tous les sels que l’on trouve dans l’eau de mer et leur ordre de cristallisation successif y est en gros réalisé, tandis que celui d’Alsace n’en contient que deux : chlorure de potassium et chlorure de sodium.
- Si donc la potasse n’a pu se déposer en Alsace directement à partir de l’eau de mer, il faut chercher ici un mécanisme de formation indirect, pour lequel deux hypothèses sont nécessaires : la présence quelque part, en Alsace ou non loin de l’Alsace d’un gisement de potasse plus ancien qui constituera la source de la potasse à l’Oligocène, et l’existence d’un bassin fermé
- 1. L. Joleaud, Genèse des dépôts de potasse comparée aux conditions géologiques du lac Assal (côte des Somalis). Rev. Sei. lllustr., vol. LXV, p. 274-275, 1927.
- Fig. 11. — Une graminée : Chloris sp. et deux insectes : un Psyllide et un Formicide.
- sans écoulement à l’endroit où va se former le nouveau dépôt.
- Cette dernière condition s’est trouvée réalisée à l’Oligocène par l’effondi'ement de la vallée du Rhin. On sait que l’épaisseur des sédiments oligocènes qui s’y sont déposés dépasse i.5oo m. Pour préciser le mécanisme de cet effondrement, je ne puis mieux faire que
- Fig. 12. — Une graine de Myrtacée.
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- de citer ici l’explication d’une clarté lumineuse qu’en a donné M. Gignoux (*) :
- « On arrive, pour l’épaisseur totale de l’Oligocène d’Alsace à un minimum de 720 + 3o + 4oo + /joo = i.55o m. Or, ce sont là, pour la plupart, des sédiments déposés au voisinage immédiat du niveau de base qui régnait au moment de leur formation ; les épisodes témoignant d’une profondeur un peu notable marnes à Foraininifères et schistes à Poissons) sont en effet peu importants. Par conséquent, il est absolument nécessaire d’admettre que le fossé rhénan s’effondrait au fur et à mesure qu’il tendait à se combler par la sédimentation. Et c’est précisément cet équilibre entre sédimentation et effondrement, qui a permis l’accumulation d’une (elle niasse de dépôts lagunaires et l’enfouissement rapide, sous un puissant manteau argileux protecteur, des sédiments éminemment instables et fragiles, organiques ou salins, qui nous ont donné le pétrole au Nord, la potasse au Sud.
- Or, le comblement des bassins lacustres ou lagunaires ou des bras de mers intérieures, est un des phénomènes géologiques les plus rapides que l’on connaisse, puisque c’est presque le seul dont nous puissions apprécier les progrès au cours de la brève période historique. Si un tel bassin appartient à une région stable, où le niveau de base reste fixe, son comblement sera un épisode fugitif, un éclair dans la durée infinie des temps géologiques ; et quand ce comblement sera achevé, les sédiments passeront par dessus sans s’y arrêter et iront se répartir plus loin, dans d’autres bassins. Mais ici, les effondrements sont intervenus pour localiser le phénomène toujours au meme endroit, pour le raviver toujours au moment où son évolution même était sur le point d’amener son arrêt, pour créer, en d’autres termes, dans le fossé rhénan, un appel continu de sédiments. Ainsi se trouvera automatiquement réalisé l’équilibre dont nous parlions tout à l’heure entre l’effondrement et la sédimentation. »
- D’où viennent ces sédiments ? En grande partie, ce sont certainement les matériaux recouvrant primitivement les Vosges et la Forêt-Noire. Prolongeons cette hypothèse et; étendons-la à la potasse elle-même. On
- I, M. Ghjnoux et C. Hoffmann, Le bassin pétrolifère de Péchelbronn. Bull. Sera. Cart. géol. A. L., t. I, fasc. 1, ].. 1-4G, 3 pl., 1920.
- est ainsi amené à supposer qu’il y avait, enfoui dans le sol à l’emplacement des Vosges ou de la Forêt-Noire futures, un dépôt ancien de potasse, peut-être permien comme la potasse de Stassfurt, mais beaucoup plus probablement triasique. Les mouvements orogéniques, qui ont eu pour résultat la formation des Vosges et de la Forêt-Noire amènent ce dépôt de potasse en surface. Il est aussitôt lessivé par les eaux de ruissellement et celles-ci se rassemblent dans un bassin fermé, à l’endroit où se creuse le fossé rhénan, y formant une lagune ou plutôt un marais-salant, où les sels cristallisent à nouveau.
- 'Reste une difficulté à résoudre : l’élimination des sels de magnésium dans le nouveau dépôt (on n’en trouve, sous forme de carnallite, que sur une petite surface, au sommet d’une des couches du bassin potassique d’Alsace). On est amené à supposer que les sels de magnésium, pendant le trajet de la saumure entre le gisement ancien et son nouveau point de dépôt, se sont combinés avec les roches calcaires pour former de la dolomie (carbonate double de calcium et de magnésium) pratiquement insoluble.
- Quant à la présence des insectes fossiles et des restes de plantes dans l’argile de la couche de potasse, elle s’explique aisément ainsi que leur état de conservation.
- Le vent (Q entraîna et précipita dans ce marais-salant tous ces petits insectes ailés, mauvais voiliers, qui sont de beaucoup les plus nombreux parmi ceux qu’on y retrouve de nos jours. Les eaux, par suite de la très forte concentration saline, étant elles-mêmes impropres à la vie, les causes de destruction des restes organiques y étaient réduites au minimum. L’absence de vagues du fait de la faible profondeur, le dépôt dans le marais-salant d’une vase excessivement fine firent le reste. Après le dépôt de la formation salifère, une épaisse couche de sédiments argileux recouvrit le tout, et c’est ainsi qu’ont pu parvenir jusqu’à nous avec la potasse tous ces témoins paléontologiques d’un phénomène sur lequel on avajt jusqu’à présent peu de données, et qui pourra sans doute grâce à eux être éclairci. ' François Quiévreux.
- i. Le transport par le vent a produit pour ces insectes l’effet d’un véritable criblage. La grande majorité des insectes fossiles de la potasse ont une dimension comprise entre 2 et 3 mm. L’influence d’un classement par dimensions est manifeste.
- LES RÉCENTS PROGRÈS DES CHAUDIÈRES
- ULTRA-RAPIDES
- La Nature a signalé précédemment l’invention de ces curieux types de générateurs de vapeur à très forte production, dénommés chaudières à. explosions et chaudières à foyer sous pression continue.
- Depuis leur apparition, ces engins nouveaux se
- 1. Voir La Nature, n° 2878, du l6*- avril 1932.
- sont perfectionnés pour s’adapter aux besoins de la pratique et la chaudière Velox, à foyer sous pression et circulation accélérée, s’est répandüe dans le monde à de nombreux exemplaires.
- Des possibilités réellement extraordinaires se trouvent ainsi ouvertes dans le domaine technique de la vapeur ; dès à présent, on peut établir des turbines et
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- leurs chaudières sur l’emplacement autrefois réservé à la chaufferie seule ; on peut combiner en une seule machine la chaudière et la turbine, l’ensemble constituant un groupe mécanique autonome, rival du moteur Diesel. On peut également construire des groupes électrogènes de secours, à vapeur, dont la rapidité de démarrage est telle qu’il n’y a rigoureusement aucune interruption de courant et que les innombrables moteurs alimentés par le réseau « ne perdent pas la phase » !
- Extrême réduction de l’encombrement des chaufferies, transformation totale de la conception des machineries à bord des navires (*), possibilité de construire des centrales électriques peu encombrantes, sans danger et sans fumées, au milieu des villes, généralisation des usines souterraines, soit pour des fins d’urbanisme, soit dans un but militaire, tels sont, parmi bien d’autres, les aperçus que nous ouvre l’utilisation des chaudières suralimentées à foyer sous pression (1 2).
- VAPEUR OU DIESEL ?
- Fig. i. — Vue complète de la nouvelle centrale électrique de 32.000 kw, à Oslo : les deux générateurs de vapeur, à gauchet sont à peine plus encombrants que le groupe turbine (l).
- 1. Les photographies qui illustrent cet article ont été communiquées par la Cie Electro-Mécanique et la Cle Brovvn-Boveri.
- Dans sa lutte contre les moteurs à explosions et à combustion interne, genre Diesel, la machine à vapeur est handicapée par cet accessoire encombrant, coûteux, dangereux et irrationnel que constitue la chaudière.
- Dans une centrale actuelle, où les constructeurs de turbines sont parvenus à ramasser sous un volume réduit une énorme puissance, le bâtiment de chaufferie paraît en retard d’un siècle, avec ses façades géantes, ses tuyauteries, ses parcs, ses silos, ses rues de chauffe. Outre les servitudes légales et techniques de toute espèce, une telle installation représente un capital considérable qui n’est que très imparfaitement utilisé en dehors des heures de « pointe », c’est-à-dire de consommation maxima de courant.
- On sait que ce problème de la pointe se pose aujourd’hui avec une telle acuité, pour les centrales de la région parisienne, qu’il est question d’établir une usine d’accumulation-pompage dans la grande banlieue. Cette usine pourrait être combinée avec le futur hydro-aéroport transcontinental de Trappes, dont le plan d’eau serait utilisé pour l’accumulation, les machines se trouvant à Marly (3).
- Physiquement, le défaut capital des chaudières est que la transmission de la chaleur s’y fait à travers des
- 1. Voir Fr. Munzinger, rapport à l’Institution of Mechanicals Engineers, 20 novembre 1930, analysé dans Technique moderne, du 1er juin 1937 ; voir aussi, pour les puissances supérieures à 209.000 ch, la conférence de Hardy dans The Electrician, du 19 juin 1930, analvsée dans 'Technique Moderne, du 10 avril 1937.
- 2. Les chaudières Velox sont construites par la Société Brown-Boveri, à Baden (Suisse) ; voir notamment la Revue Broum-lioveri, n° de janvier-février 1937.
- 3. Voir La Nature, n° 3001, du lo mai 1937.
- parois métalliques, au lieu que dans les moteurs, la haute température produite par l'inflammation du mélange combustible se trouve immédiatement et mécaniquement utilisable.
- Accessoirement, les moteurs à compression préalable, fonctionnant suivant le cycle à 4 temps ou à a temps, suralimentés, bénéficient d’une amélioration appréciable de rendement thermique provenant de l’élévation de la température maxima.
- On sait que les ingénieurs se sont efforcés, dans divers pays, d’accroître le rendement thermique des machines à vapeur par l’augmentation du « timbre » pression, donc de la température de la chaudière,
- Fig. 2. — Déchargement, à Oslo, de l’un des deux générateurs de 75 t/h destinés à la centrale.
- Les générateurs peuvent être entièrement montés et essayés en usine, puis expédiés par grosses unités séparées, ce qui abrège considérablement les délais d’installation sur place.
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- Fig. 3. — Autre vue de la centrale d’Oslo montrant le groupement des
- appareils.
- Seuls, les condenseurs sont logés en sous-sol.
- ainsi que par la surchauffe. Les pressions de ioo atm ne sont plus aujoui'd’hui très rares et l’on a meme pu pousser, à l’aide de dispositifs spéciaux, jusqu’à la température et à la pression critiques : il n’y a plus alors, à l’intérieur de la chaudière, de surface de séparation proprement dite entre l’eau et la vapeur !
- Notons en passant que dans toutes ces chaudières à haute pression, en pratique au-dessus de 21 atm, les questions de circulation interne prennent une importance capitale ; on peut dire que la « pompe de circulation d’eau bouillante » tend à devenir la règle et ceci pose, bien entendu, des problèmes très spéciaux d’étanchéité et de résistance, ces pompes étant parfois appelées à travailler aux environs de 3oo°.
- Toutefois, même dotée de ces chaudières modernes, la machine à vapeur est encore fort loin de pouvoir lutter avec les moteurs à essence ou Diesel, pour le rendement et le poids. C’est en agissant sur la combustion elle-même que la solution a été trouvée.
- UNE LOI PHYSIQUE NOUVELLE
- Il y a des inventeurs qui ont de la chance. Ce ne sera diminuer le mérite de personne que de constater que les constructeurs de chaudières à explosions et à foyer sous pression ont été entraînés, sans idée préconçue, dans celte voie, en cherchant à réaliser cette grande chimèi’e industrielle : la turbine à gaz.
- Obligés d’étudier, pour l’alimentation de leur turbine, des chambres de combustion produisant dii’ec-tement un puissant jet de gaz sous pression, ils ont été tout naturellement conduits à examiner ce qui se passerait si l’on refroidissait ce gaz dans les tuyaux entourés d’eau d’une chaudière.... A ce moment, ils ont fait une découverte l'emarquable : c’est que pour ces gaz brûlants et animés d’une vitesse pouvant dépas-
- ser 200 m par seconde, la rapidité de transmission de la chaleur à travers les parois métalliques est environ 15 fois plus grande que pour les gaz à mouvement lent !
- C’est là une découverte d’une portée incalculable, la plus importante, vraisemblablement, que l’on ail faite en ce domaine depuis Séguin et depuis la construction du chemin de fer de Saint-Étienne.
- FOYERS SOUS PRESSION
- Pratiquement, la combustion sous pression peut être réalisée de deux façons.
- Dans les chaudières à explosions, le foyer est muni d’une soupape d’admission et d’une soupape de décharge, tout comme un cylindre de moteur à explosions. Un compresseur, introduit tout d’abord un mélange d’air et de combustible gazeux, puis la soupape d’admission se ferme et le mélange est enflammé. Au bout d’un temps de l’ordre de la seconde, suffisant pour une combustion connecte, la soupape de décharge s’ouvre ; les gaz brûlés, à haute température
- Fig. 4. — Générateur à haute pression : 3 t à l’heure sous 80 atm, à 470°.
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- et à haute pression, traversent à grande vitesse les tubes de chauffe en cédant complètement leur chaleur à l’eau qui circule à contre-courant.
- Ainsi refroidis, mais non complètement détendus, ces gaz traversent ensuite une turbine entraînant le compresseur. Détail paradoxal, on peut régler la combustion de lelle façon que ces gaz, détendus dans la lurbine, sortent plus froids que l’atmosphère ambiante. Dans ce cas, une partie de la-chaleur fournie à l’eau se trouve empruntée à l'air extérieur suivant le principe classique de la machine frigorifique renversée ou pompe de chaleur de Lord Kelvin : c’est un joli tour de force thermodynamique !
- L’autre solution est celle de la combustion constante ; air et combustible sont introduits sous pression et brûlent sans arx'êt, les gaz brûlés traversant les tubes de chaudière et la lurbine qui entraîne le compresseur. Dans le cas, très fréquent, où le combustible employé est le mazout (fuel), on a donc l’équivalent d’un foyer ordinaire muni d’un seul brûleur très puissant et fonctionnant sous forte pression d’air et d’huile combustible.
- Les chaudières à foyer sous pression comportent un certain norrçbre d’auxiliaires essentiels : pompe d’alimentation de la chaudière, pompe de circulation, pompe de combustible, pompe pour l’huile du système de réglage et de lubrification. Ces auxiliaires sont entraînés par moteur électrique, ainsi que le compresseur durant la phase de départ, quand la turbine d’échappement ne peut fournir aucune énergie. Une turbine à vapeur, éventuellement alimentée par un accumulateur de vapeur avec brûleur-réchauffeur, peut être prévue pour parer à une panne du réseau.
- CENTRALE D'OSLO
- Ces principes ont été appliqués à la nouvelle centrale à grande puissance d’Oslo, établie en pleine ville
- Fig. 5. — Centrale souterraine de 20.000 kw sous abri bétonné. De gauche à droite : réservoir à combustible pour une semaine, générateur de vapeur avec ses auxiliaires ; groupe turbine.
- Fig. G. — Deux générateurs produisant chacun 45 t de vapeur à l’heure, sous 00 atm et 420°, destinés aux services d’électricité de la ville de Wellington en Nouvelle-Zélande.
- l’holographie prise au banc, d’essais. Au premier plan les filtres et ies appareils d'alimentation et de réchauffage.
- en remplacement de l’ancienne centrale à turbines de Rosenkranzgate, de ia.ooo kw. Détail remarquable, la nouvelle centrale, qui comporte deux générateurs de 75 t de vapeur à l’heure et un groupe turbo-alter-nateur de 3a.000 kw, a 'pu être logée en entier sur un emplacement moindre que celui de l’ancien bâtiment des chaudières ! Les constructeurs indiquent à ce propos qu’on peut concentrer une centrale Velox à raison de 42 kw par mètre carré de superficie, tandis que le chiffre de 10 kw par mètre carré est déjà fort élevé pour les centrales ordinaires.
- La construction de la nouvelle centrale a été faite dans un temps remarquablement court, l’installation complète ayant pu être préalablement montée chez le constructeur, avec auxiliaires et tuyauteries, puis transportée après démontage en quelques grosses unités. Les ingénieurs qui ont eu à s’occuper de centrales thermiques apprécieront cette possibilité d’éviter une « reconstruction » totale de l’ensemble, qui fait gagner des mois de travail (fig. 2).
- INSTALLATIONS SOUTERRAINES
- Pour les centrales souterraines, destinées notamment aux ouvrages fortifiés, les générateurs Velox autorisent un encombrement plus réduit que n’importe quel autre système, y compris le moteur Diesel.
- La figure 5 représente un type caractéristique de centrale souterraine, destinée à être établie en abri bétonné sous une voûte analogue à celle d’un tunnel à double voie ;
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- Fig. 7. — Groupe de secours à démarrage rapide.
- I , générateur ; 2, auxiliaires ; 3, séparateur de vapeur ; 4, turbine ; 5, condenseur; 6, alternateur.
- elle comprend : un générateur fournissant 8o t de vapeur à l’heure, une turbine à vapeur avec son condenseur, un alternateur de 20.000 kw, tous les auxiliaires et l’appareillage de couplage.
- Les réservoirs à combustible liquide se trouvent tout à l’arrière, dans un local protégé contre l’incendie. Ils contiennent une provision correspondant à 2 millions de kilowatts-heure, suffisante pour environ une semaine.
- CENTRALES « INSTANTANÉES »
- Le problème des centrales de secours, capables d’un démarrage très rapide, voire instantané, en cas de panne du secteur principal, semblait jusqu’ici ne pouvoir être résolu que par les moteurs à explosions ou les Diesels.
- Le cas du démarrage rapide, n’excédant pas quelques minutes, est celui des centrales de secours alimentant un réseau de chemin de fer ou des communes peu importantes, tandis que le démarrage instantané est exigé pour les grandes villes, où existent de nombreux moteurs, des ascenseurs, des ateliers et où toute interruption de courant est inadmissible.
- Grâce à sa souplesse, le générateur Velox trouve son application dans les deux cas.
- Fig. 8. — Centrale « instantanée ».
- I, générateur ; 2, ^accumulateur avec son brûleur autonome 3 ; 4, turbine ; 5, détendeur. L’alternateur tourne continuellement, en service normal, entraîné au synchronisme par le réseau.
- La figure 7 représente une installation de réserve pouvant démarrer, au besoin automatiquement, et atteindre sa pleine puissance en un temps compris entre 5 et 8 minutes. Elle comporte un générateur j , avec son groupe d’alimentation 2 et l’habituel « séparateur » 3 (destiné à empêcher la vapeur, produite en régime tumultueux, d’emporter des paquets d’eau dans la turbine), la turbine 4 avec son condenseur 5 et l’alternateur 6.
- Pour obtenir le démarrage instantané, deux conditions, l’une thermique, l’autre électrique, doivent être réalisées. 11 faut avoir une réserve d’énergie pour attendre la mise en train du générateur et il faut que l’alternateur soit accroché sur le réseau avec la même sûreté qu’un engrenage qui vient entrer en prise.
- La première condition a été réalisée en adjoignant au générateur 1 un accumulateur de vapeur 2 conte-
- Fig. 9. — Groupe éleclrogène fourni aux usines Blin-et-Blin puissance de vaporisation du générateur, 16 t/h.
- Au fond, le générateur avec les énormes conduites de vapeur calorifugées ; au premier plan, les turbines et l’alternateur. L’encombrement total est du même ordre que pour un groupe Diesel de même puissance.
- nant en permanence de l’eau et de la vapeur à i3o atm ; la température est produite et entretenue dans cet accumulateur par un brûleur chauffant un serpentin 3.
- La condition d’accrochage électrique a été réalisée par une disposition aujourd’hui classique, qui consiste à laisser tourner constamment à vide l’alternateur, entraîné comme moteur synchrone par le réseau. Dans ces conditions, non seulement l’alternateur n’absorbe qu’une puissance réelle insignifiante, mais il fonctionne en compensateur de phase, c’est-à-dire en améliorant le « facteur de puissance du réseau ». La chaudière et la turbine (fig. 8) sont construites pour une pression de 25 atm ; l’accumulateur est chargé à i3o atm, mais fournit sa vapeur à la turbine par l’intermédiaire d’un détendeur 5.
- En temps normal, le turbo-groupe tourne, entraîné par le réseau, avec sa vanne principale d’ali-
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- mentalion ouverte, mais ses soupapes de réglage fermées ; le condenseur, est parcouru par un faible débit d’eau de réfrigération, afin que la turbine tourne dans le vide avec des pertes réduites.
- Dès qu’une panne de courant se produit, l’allerna-leur commence à débiter de la puissance, les soupapes de réglage s’ouvrent et l'accumulateur alimente la turbine. Au moment de l’ouverture des soupapes, le ü'énéraleur et ses auxiliaires sont mis en marche auto-
- O
- matiquemenl, et viennent bientôt se substituer à l'accumulateur pour la fournil lire de vapeur.
- Fig. 10. — bue arrière d'un générateur de 9 t/U sous 25 alrn. Les auxiliaires, disposés eu colonne verticale, sont, visibles à
- droite.
- Les eonslrueteurs sonl parvenus à réduire cette période transitoire à moins de !\ inn, ce «pii est un résultat remarquable.
- MISE EN ROUTE AUTONOME
- Une critique que l’on peut faire aux chaudières comportant des auxiliaires essentiels, notamment des pompes de circulation interne, c’est qu’une panne du secteur, arrêtant ces auxiliaires, supprime toute possibilité de px'oduclion de vapeur. Ainsi, une perturbation du réseau peut entraîner un arrêt « thermique » de la centrale, ce qui est‘bien le monde renversé !
- Pour parer à ce risque, les constructeurs se sont
- 465
- Fig. IL — Essai de démarrage de F un des générateurs de Wellington.
- La puissance maxima a été atteinte en 5 mn 5. La montée progressive de la tempérât lire est -nécessaire pour épargner les auhages des turbines.
- ralliés au principe d’une turbine à vapeur auxiliaire, capable d’inlervenir immédiatement en cas de défaillance du réseau. Afin d’éviter un trop grand nombre de petites turbines auxiliaires, voici la disposition qui a été adoptée pour une cenlrale comportant, un générateur et une turbine avec condenseur.
- La lurbine à vapeur auxiliaire est unique. Elle entraîne les machines suivantes : une dynamo Léo-
- nard à voltage réglable et son excitatrice (pour la commande et le réglage du groupe dos auxiliaires du généra-leur), la pompe d’alimentation, les pompes de circulation du condenseur et enfin un petit alternateur triphasé ; ce der-u i e r alimente les moteurs de la pompe de circulation, de la p o m p e à combustible et d e la p o m p e d’extraction du condenseur. Lors du démarrage, cet al terri a I e u r fonc-t ion ne comme moteur, recevant son énergie soit du réseau soit d’un
- Fig. 12. — (hampe d’auxiliaire de chaudière rapide pour locomotive.
- Une turbine à vapeur entraîne une pompe d'alimentation, une pompe de circulation, une pompe à combustible, une pompe à huile de, lubrification et de réglage, et une, dynamo.
- # * *
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- = 466 .-==
- pelil groupe de secours à essence ou Diesel ; l’autonomie de la centrale est ainsi complète.
- A bord des locomotives, où la chaudière Velox est peut-être le générateur de l’avenir, le groupe des pompes a pu être ramassé sous la forme d’une petite tourelle verticale (fig. 12) comprenant turbine à vapeur, pompe d’alimentation, pompe de circulation, pompe du système de réglage à huile sous pression, pompe à combustible et dynamo, sans parler de divers trains d’engrenages. La dynamo, utilisée en service normal comme génératrice d’éclairage, est employée au démarrage comme moteur, à l’aide de la batterie d’accumulateurs de la locomotive.
- A BORD DE V « ATHOS II »
- Au Ier. janvier dernier, /|6 générateurs Velox à foyer sous pression avaient été installés, en différents pays, par les créateurs de ce nouveau genre de chaudières, la société Brovvn-Boveri, ou par ses licenciés, et plusieurs étaient en service depuis des années. Une chaudière pour locomotive, fournissant 12 t de vapeur à l’heure sous 20 atm, a été livrée à l'Office des Chemins de fer en j y05.
- A la mer, le paquebot de r.5oo t Alhos II, de la Compagnie des Messageries Maritimes, vient d’être doté d’une chaudière Velox dans des conditions très intéressantes (Q.
- L’appareil moteur de ce paquebot était constitué par deux groupes de turbines développant chacun 3.35o ch et alimentés par sept chaudières fournissant; de la vapeur à i4 atm et 3oo° ; la vitesse de route était de 1 4 nœuds.
- La mise en service de paquebots étrangers plus rapides ayant conduit la Compagnie à étudier la transformation de l'appareil moteur, les ingénieurs s’arrêtè-
- I. Bulletin technique du Bureau Vévitas, juin 1937.
- rent à la solution suivante : sur chaque arbre d’hélice, une nouvelle turbine d’amont, la vapeur à haute pression étant fournie par une unique chaudière Velox installée à la place d’une des sept chaudières déjà existantes.
- Cette chaudière, timbrée à 55 atm, fournira 34 l à l’heure de vapeur à 45o°. L’installation comprend en outre :
- un compresseur d’air refoulant au foyer sous 3 atm cl entraîné par deux engins moteurs : une turbine à gaz d’échappement tournant à 6.700 lours/mn et une turbine à vapeur d’appoint, alimentée par les anciennes chaudières à i4 atm ;
- les différentes pompes de circulation et de réglage, mues par une turbine de 100 ch également alimentée en vapeur à i4 atm.
- Des essais partiels à trois quarts de charge ont fail ressortir un rendement de la chaudière égal à g3 pour 100, les auxiliaires absorbant d’autre part 5 t à l’heure de vajieur à i4 atm.
- Pour le service d’électricité de la ville de Wellington en Nouvelle-Zélande, deux générateurs de 45 t à l’heure sous 3o atm ont été fournis (fig. 6). L’essai au banc a prouvé un rendement de 95,6 pour 100 en pleine charge, en tenant compte de la puissance absorbée par les auxiliaires, non compris la pompe d’alimentation. C’est là un résultat tout à fait remarquable.
- La figure 11 retrace d’autre part le démarrage ultra-rapide d’une chaudière qui a été mise en pression el a débité sa puissance nominale, à partir de l’état froid, avec tous ses auxiliaires ai'rêtés, en 3 mn 5.
- Ces quelques chiffres montrent le grand intérêt des générateurs à foyer sous pression pour les centrales de réserve et de pointe, qui doivent toujours être mises en pression dans un délai minimum.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l'Ecole Polytechnique.
- LA MACHINE A CALCULER LE NOMBRE TT
- Dans un précédent article (Q, nous avons fait allusion à celle curieuse machine qui fonctionne au Palais de la Découverte et permet par le simple jeu du hasard d’obtenir, approximativement, le nombre tc.
- L’appareil intrigue beaucoup les visiteurs qui ne voient de la machine, enfermée dans un carter, que le compteur à trois rangs de chiffres et le bouton de mise en marche. Quand 011 tente l’expérience, on entend le ronflement d’un moteur, quelques secondes après un déclic fonctionne et tout s’arrête ; parfois une petite lampe électrique s’allume, tel ou tel compteur enregistre une unité de plus et le profane se demande quel rapport il peut y avoir entre l’appareil qu’il a sous les yeux et le nombre tc !
- t. Voir La Nature, du 15 juillet, 1937.
- Disons tout de suite que cette machine permet d’exécuter automatiquement la vérification expérimentale du Problème de /’Aiguille. Nous exposerons d’abord ce problème et sa solution théorique, en rappelant quelques principes du Calcul des Probabilités, il sera ensuite facile d’expliquer le fonctionnement; de cel ingénieux dispositif conçu par M. Sainte-Laguë, docteur ès sciences, et construit; par la Société des Jouets et Automates français, à Paris.
- Problème de VAiguille. — Des parallèles équidistantes sont tracées sur un plan horizontal et on jette, au hasard, sur ce plan une aiguille parfaitement cylindrique. Quelle est la probabilité pour que l’aiguille rencontre une des parallèles ?
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- La probabilité cherchée, P, est égale à :
- Vil
- na ’
- en désignant par la longueur de l’aiguille et par 2a l’écarlement des parallèles. Si on détermine, a poste-
- n
- riori, la valeur de cette probabilité — rapport — du
- nombre des rencontres au nombre total d’expériences — on obtiendra une valeur approchée de 71, car de l’équation précédente, on tire :
- _ __ 2/ _ 21 N
- aV a n
- lvn particulier, si on prend 21 — a, — longueur de l’aiguille égale à la demi-distance entre les parallèles
- — nous aurons simplement : tt = .
- n
- La démonstration classique nécessite l’emploi du calcul intégral, mais il existe une méthode élémentaire et fort élégante, publiée en 1860, dans le Journal de Liouville par E. Barbier : c’est cette dernière que nous exposerons ici.
- Quand, dans un jeu de hasard, on cherche à évaluer numériquement la chance du joueur, on est conduit à la notion d'espérance mathématique. On appelle espérance mathématique, le produit d’un gain éventuel par la probabilité qu’a le joueur de l’acquérir. Ainsi à pile ou face, l’enjeu étant de 2 fr, l’espérance mathématique du joueur qui parie face est de 1 fr,
- car la probabilité d’obtenir face est — : on a bien
- 2
- 2 fr x — = 1 fr.
- 2
- S’il y a plusieurs gains, l’espérance mathématique totale est égale à la somme des espérances mathématiques relatives à chaque gain. Une loterie de 100 billets à 1 fr offre 3 lots : 5o fr, 3o fr, 20 fr ; l’espérance mathématique, par billet, est encore de 1 fr. E11 effet, les chances de chaque billet étant identiques, un joueur qui achèterait les 100 billets aurait la certitude de gagner 100 fr, donc l’espérance mathématique attachée à chaque billet est de 1 fr. Dans ce second exemple, nous avons évalué directement l’espérance mathématique sans calculer les espérances de chaque gain possible et le résultat est valable quelles que soient les conditions du tirage. Ainsi, il est quelquefois plus avantageux de déterminer l’espérance mathématique totale, plutôt que de calculer les espérances mathématiques de chaque gain éventuel. Ceci posé, revenons au Problème de, l’Aiguille et demandons-nous quelle est l’espérance mathématique d’un joueur qui recevrait 1 fr à chaque rencontre de l’aiguille avec une parallèle. Voici le raisonnement de Barbier : le problème ne change pas si, au lieu d’une ligne droite (aiguille), nous jetons sur le plan une figure polygonale quelconque, ouverte ou fermée, et l’espérance mathématique de chaque côté sera proportionnelle à sa longueur, de sorte que l’espérance totale sera proportionnelle au périmètre de la figure considérée. Cette
- 467
- ! ( Aiguille \ Üectro aimant Cylindre
- Plaques Chemin roulant
- Fig. 1. — Vue en plan de la machine.
- règle est valable à la limite où le polygone devient un cercle. Nous pourrons écrire : E = /*L, E est l’espérance mathématique, L la longueur du périmètre et k un coefficient à déterminer. Donnons au cercle le rayon a, sa longueur sera 2 rat et, dans ce cas particulier, nous aurons toujours deux points de rencontre avec le réseau de parallèles ; l’espérance mathématique sera 2, donc :
- 2 = k x 2Tca.
- Par unité de longueur, l’espérance mathématique sera :
- k
- 2 ___ 1
- 27ia r.a
- et pour une longueur 2I : —
- 7i a
- Mais si 21 < 2a, il n’y a qu’une rencontre possible, autrement dit un seul gain éventuel, par conséquent l’espérance mathématique se confond avec la probabilité et cette dernière est bien :
- 2/
- na
- résultat indiqué plus haut.
- Voyons, maintenant comment la machine résout le problème de l’aiguille. Elle se compose de trois parties essentielles (fig. 2) : i° un plancher mobile (chemin roulant) formé de plaques de cuivre d’égale longueur et séparées par un étroit intervalle ; d’axe en axe de deux intervalles consécutifs, il y a exactement 15o mm : c’est le réseau de parallèles ; 20 un prisme en acier doux à base carrée de 5 mm de côté et de j5 mm de longueur joue le rôle de l’aiguille ; 3° un système de compteurs enregistrant 1) le nombre total
- d’expériences N ; II) le produit N x — ; III) ]e nom-
- 7T
- bre des rencontres n.
- Quand on appuie sur le contact, on déclenche une minuterie qui fait circuler le chemin roulant de gauche à droite ; en même temps un électro-aimant, dont le noyau est perpendiculaire au plancher mobile, aspire l’aiguille et la fait tourner de façon quelle se présente dans tous les azimuts par rapport; aux intervalles des plaques (fig. 1).
- La minuterie est, à dessein, mal réglée, la durée de son fonctionnement est variable avec, chaque expérience ; quand elle s’arrête, le plancher s’immobilise,
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- compteurs
- (mmdgmrtro
- Etecbro-aimant....
- Çylmdre (cuivre)
- Chemin roulant
- Moteur
- Cylindre (mica)
- Contact
- Chemin roulant
- Fig. 2.
- Vue en coupe de. la machine.
- le courant est rompu dans l'électro-aimant et l'aiguille tombe, au hasard, sur le chemin roulant.
- A chaque essai, le compteur I enregistre une unité ; s'il y a rencontre, l’aiguille tombe à cheval sur deux plaques consécutives, elle ferme un circuit électrique qui, par l'intermédiaire d’un relais, actionne le compteur III ; enfin le compteur II est lié au compteur 1 par un train d’engrenages, de manière que ses indications soient égales à celles de I multipliées par —- .
- Ainsi, tordes conditions de hasard étant réalisées au
- N , .
- mieux, le rapport donne approximativement tu et,
- par le dispositif décrit à l’alinéa précédent, le cornp-
- teur 111 (n) et le compteur II (—portent, à chaque
- instant, des nombres sensiblement égaux, ce qui permet de vérifier la théorie.
- Suivant les lois du hasard, l'indication du compteur III présente des écarts par rapport, au nombre théorique inscrit à chaque instant par le compteur II. On peut donc se demander quelle approximation il est permis d’espérer dans la détermination de tu par celle méthode expérimentale.
- Le Calcul des Probabilités répond à la question. Sur roo.ooo expériences nous devrions avoir, théoriquement., loo.ooo x — = ej.Hdi rencontres ; l’unité
- 77
- d’écart est dans ce cas de aoo environ. Rappelons que l’unité d’écart, est 1 écart tel que la probabilité qu’il
- g/.
- ne soit pas dépassé est égale à------; autrement dit,
- " 10 i
- sur ioo machines fonctionnant simultanément, au bout de loo.ooo essais nous trouverions, en moyenne, 84 compteurs III indiquant un écart de aoo unités au plus avec les compteurs II correspondants. En admettant un écart réel compris dans les limbes de l’unité
- d’écart, l’erreur sur la probabilité « posteriori. —
- 77
- .. . i 200 2
- —- serait, au maximum de -——--------- •= ---—et sur tc
- ioo ooo i.ooo
- environ ro fois plus grande, soit —-—, ainsi la pre-
- ioo 1
- mière décimale serait exacte et le nombre obtenu serait compris entre 3,ia et 3,ifi.
- Ce résultat n’a rien qui doive surprendre ; il ne faut pas oublier que les lois du hasard ne sont que des lois limites qui ne sont justifiées, avec des probabilités très voisines de l’unité, que si les expériences portent sur de très grands nombres.
- La précision de la méthode est médiocre et il ne viendrait à l’idée de personne de l’utiliser pour déterminer tu ; néanmoins, il faut féliciter les organisateurs du Palais de la Découverte d’avoir présenté au grand public une machine originale qui met, en évidence les propriétés du nombre tu dans un domaine où beaucoup ne s’attendaient pas à le rencontrer.
- #
- * *
- Pour satisfaire la curiosité de plusieurs lecteurs, nous
- donnerons, pour terminer, les 707 décimales de tu
- d’après YY. Shanks.
- __ o 77 “- 0,
- r 4 i h <)• a fi r> 3 r». 8 9 7 9 a 3 S 4 fi.
- a fi 4 3 3. 8 8 a 7 9. H n a. 8 S. 41971.
- fi 9 3 t) <). 8 7 5 1 n. 5 8 a 0 9. 7 4 9 4 4.
- 5 <) a 3 o. 781 fi 4- 0 fi a. 8 fi. a, 0 8 9 9.
- 8 (i a 8 o. 8 4 8 a 5. 3 4 a 1 t. 7 0 fi* 7 9-
- 8 a i 4 8- 0 8 fi 5 1. 3 a 8 a 3. 0 fi fi 4 7.
- o (j 3 8 4- 4 fi n 9 n. r» n r> 8 a. a 3 1 7 a.
- 5 3 5 o 4. 08 1 a 8. 4 « 1 1 1. 7 4 fi 0 a.
- 8 4 i o a. 7 0 1 9 3. 8 5 a . r. 0 fi fi fi 9.
- 0 4 4 h a. a 9 4 8 9. r> 4 9 8 n. 8 8 1 9 fi.
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- 4 8 8 i r>. a 0 () a n. 9 fi a 8 a. 9 a fi 4 0.
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- i 3 8 4 i. 4 fi 9 5 1. 9 4 i fi 1. 1 fi 0 9 4.
- 3 3 n 5 7. a 7 n 3 fi. fi 7 fi 9 fi. 9 1 9 fi 3.
- n 9 a 1 8. fi 1 1 78. 8 1 9 3 a. fi 1 1 7 9.
- 3 1 n 5 1. 1 8 r> 4 8. 0 7 4 4 fi- a 3 7 9 9.
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- 8 9 1 a a. 7 9 3 S 1. 8 3 n 1 1. 9 4 9 1 -)-
- 9 8 8 3 fi. 7 3 3 fi a. 4 4 0 fi fi. fi fi 4 3 0.
- 8 fi 0 a 1. 3 9 5 0 1. fi 0 9 a 4- C oc
- a 3 0 9 4 • 3 fi a 8 5. fi 3 0 9 fi. fi a 0 a 7.
- 5 fi fi 9 3. 9 7 9 8 fi. 9 fi 0 a a. a 4 7 4 9.
- 9 fi a 0 fi. 0 7 4 9 7. 0 3 0 4 1. a 3 fi 6 8.
- 8 fi i 99. 5 1 i 0 0. 8 9 a 0 a. 88377.
- 0 a 1 3 1. 4 1694. 1 190a. 9 8 8 fi 8.
- a 5 4 4 fi. 8 r fi 3 9. 7 9 9 9 °- 4 fi fi 9 7.
- 0 n 08 1. 7 0 0 a 9. fi 3 1 a 3. 77381.
- 8 4 a 0 8. 4 1 3 0 7. 9 1 4 fi T. 1 8 3 9 8.
- 0 5 7 0 9. 8 5, etc..
- Henri Baroret.
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- LES TEXTILES ARTIFICIELS EN ALLEMAGNE 469
- On sait le rôle économique de premier ordre joué par le coton, dans le monde. Pendant longtemps, le coton après avoir dominé et quasi supplanté le lin, a possédé sans concurrence tout un vaste domaine du marché des iexliles. Rappelons à grands traits son histoire.
- En 1325, on lisse, pour la première fois, à Manchester, le coton des Indes : c’est le début de l’industrie anglaise du coton qui, un jour, dominera le monde. Au Moyen Age, les villes italiennes se disputent le monopole de son commerce ; aux xvne et xvm6 siècles, l'Angleterre acquiert, dans l’Amérique septentrionale, de vastes régions où les fermiers anglais, sur un sol vierge, commencent la culture du coton, qui désormais, en grandes quantités, gagnera les lies britanniques, où il sera tissé à côté de la laine et du lin. Aux méthodes artisanales primitives se substituent bientôt, avec l’avènement de la machine à vapeur, celles de la fabrication industrielle en masse. En 17f)«), Richard Arkwright, treizième enfant d’une famille de pauvres manœuvres anglais, invente la lilcuse mécanique et, en 1786, Edmond (larlwrigbf, pasteur anglais, construit le premier métier mécanique ; deux inventions qui ne tarderont pas à changer l'aspect meme du monde. Les quantités croissantes de coton embarquées d’Amérique pour l'Angleterre dépassent bientôt les besoins de la consommation anglaise ; dans la première partie du xix° siècle, la province du Lancashire lile et tisse pour le monde entier : le bon marché de ses étoffes lui assure une sorte de monopole. La guerre de Sécession américaine, entre les Etals du Sud, planteurs de coton et les États du Nord, viendra- toutefois ébranler profondément l’industrie cotonnière européenne. Le blocus des côtes des États du Sud suspend presque entièrement, pendant quatre années, les importations de colon en Europe, le manque de matières premières arrête l’un après l’autre les filatures et lissages anglais et français. 11 a fallu de longues années pour réparer les dommages causés à l’industrie textile européenne par la guerre de Sécession.
- C’est la disette des matières premières qui, à cette époque, suggère, pour la première fois, l’idée d’une production artificielle de libres textiles susceptibles de remplacer les libres naturelles. Les chimistes qui abordent ce problème constatent que le coton est une cellulose chimiquement presque pure ; on va donc essayer en Angleterre, en France, en Amérique et en Allemagne, de produire avec de la cellulose des fils tissables et c’est le comte Hilaire de Chardonnet qui, après les expériences fondamentales du savant anglais 8wan, donne à ce problème sa première solution industrielle, en dissolvant de la nitrocellulose dans un solvant organique et en refoulant le liquide ainsi .obtenu, à travers des trous extrêmement lins percés dans l’agate, au sortir desquels la cellulose arrive dans une solution où elle se solidifie sous la forme de fils. M. de Chardonnet construit en 1884, à Besançon, la première usine de soie artificielle, et fonde ainsi une
- industrie nouvelle qui se développe lentement d’abord, mais qui prend après la guerre de 1914-1918 un éblouissant essor. La production mondiale de soie artificielle n’est encore que de 12.000 t en 1913 ; ce chiffre est cependant déjà considérable en comparaison du chiffre de production de la soie naturelle, qui est de 20.000 t pour cette même année. Pendant la guerre, la nitrocellulose, base de la soie artificielle mais aussi des poudres, est fabriquée eu quantités immenses pour des buts, hélas, moins inoffensifs que l’habillement. La fin de la guerre laisse disponibles des stocks très considérables et réduit à l’inactivité des usines gigantesques. Celles-ci cherchent dans la soie artificielle un débouché à leur activité et leurs efforts aboutissent rapidement ; les applications de la soie artificielle se multiplient et 5 ans après la guerre, la production de soie artificielle dans le, monde est déjà de 68.000 t, de 218.000 t (m 1961 et de /jho.ooo l en 1936.
- GÉNÉRALITÉS SUR LA SOIE ARTIFICIELLE A LA VISCOSE
- L industrie textile allemande, placée pendant la guerre mondiale dans une situation analogue à celle de l'industrie européenne pendant la guerre civile américaine, a essayé d'y remédier en se tournant à son tour vers les textiles artificiels. Ce n'est pas la soie, produit de luxe, qu'il faut remplacer, mais le colon, produit bon marché et d’immense consommation. Les premières tentatives dans ce sens échouent, faute d'une base technique solide. Avec la soie artificielle dont le til sans lin est découpé, en sections ou « mèches », on fabrique une fibre-mèche. Le fil qu'011 obtenait au début avec, la fibre-mèche était trop dur et cassant pour se prêter à un usage normal. Peu de temps après la guerre, on a toutefois commencé les premières tentatives sérieuses pour substituer à cette fibre-mèche quelque chose d'essentiellement différent, une fibre
- Fig. 1. — La tenue à l’eau de la fibre Vistra XT-b.
- Dans le premier verre, à gau elle de la laine de mouton ; dans le second, de la laine artificielle Vistra ; dans le troisième, de la laine de cellulose ordinaire ; celle-ci s’imbibe en quelques secondes et tombe au fond du verre.
- La laine naturelle et la Vistra XT-ft flottent, même après plusieurs heures.
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- Fig. 2. — A gauche, un tissu en Vislra ; à droite, un tissu en colon naturel, vus au microscope.
- (Hcinarquor l’homogénéité du tissu en fibre artificielle lundis que le tissu de coton présente de nombreux nœuds).
- artificielle semblable aux filtres naturelles coton, laine, lin et soie et les dépassant meme par certaines de ses qualités. En Allemagne, l’usine de Cologne-Rottweil réussit pour la première fois à fabriquer une telle fibre artificielle sous une forme utilisable, perfectionnée depuis d’année en année, et qui a reçu le nom de Vistra. Celte nouvelle, fibre se présente non pas en fils sans fin comme la soie naturelle ou artificielle, mais forme une mèche relativement courte ; il fallait cependant pouvoir la filer sur les machines existantes. Aussi a-t-il fallu résoudre une foule de problèmes techniques et scientifiques, avant de réussir à produire cette fibre artificielle sous une forme satisfaisante.
- Les déchets de coton (linters) conviennent particulièrement bien comme matière de départ pour obtenir la cellulose chimiquement pure, destinée à la fabrication des fibres de soie artificielle ou des textiles artificiels. Le coton, à l’état cru, renferme déjà 90 pour 100 de cellulose pure ; un simple traitement par une solution de soude caustique permet d’éliminer les impuretés et de réaliser une cellulose de haute qualité, à 99 1/2 pour 100. Mais utiliser les déchets de coton, c’est toujours être tributaire du coton. On s’est donc tourné vers le bois, avec l’espoir qu’il donnerait la cellulose à meilleur marché. On ne faisait ainsi que suivre
- l’exemple de l’industrie du papier qui depuis longtemps produit de la cellulose pure à partir du bois de pin le meilleur marché, en éliminant toutes les substances étrangères et en traitant les copeaux de bois par une lessive de sulfite. Des éludes et des expériences de longue haleine furent nécessaires pour résoudre les problèmes se rattachant à l’emploi du bois comme matière de départ de la soie artificielle. On adople aujourd’hui, pour fabriquer la soie artificielle à la viscose (qui couvre environ 85 pour 100 de la consommation lolale de soie artificielle) le bois de pin et depuis peu aussi, le hêtre ; par contre, la soie artificielle à l’acétate et au cuivre utilise toujours les « linters » de coton, c’est-à-dire les courtes fibres non diables des semences du fruit du cotonnier.
- O11 sait combien se sont multipliées les applications de la soie artificielle qui fait aujourd’hui une redoutable concurrence aux tissus de colon.
- Le bas, les dessous, les étoffes et les doublures eu soie artificielle ont, grâce à leur aspect et à leur qualité, fini par s’acquérir la faveur du public.
- L’amélioration technique de la matière, tenacement poursuivie par tous les industriels de la soie artificielle explique cette faveur. La soie artificielle, après avoir triomphé de ses maladies d’enfance, s’est montrée agréable à porter, durable, lavable à froid et à chaud. On a réussi à briser les reflets excessifs des fils lisses et à obtenir des retors mats, d’un brillant, discret, au lieu des fils trop brillants du début. On a fait des fils donnant des tissus peu froissables, en incorporant à la fibre des résines artificielles, type bakélite, et en la rendant ainsi insoluble, réalisant, pour ainsi dire, un squelette de fibres élastiques.
- La fabrication industrielle de la soie de viscose, après des dizaines d’années de travaux de laboratoire et d’usine, se fait à peu près comme suit : la cellulose, extraite, grâce à un traitement chimique approprié, du bois de pin ou de hêtre, arrive, sous la forme de plaques comprimées, à l’usine de soie artificielle. C’est là qu’elle est broyée et traitée par certaines substances chimiques, pour être transformée en viscose liquide, ou solution à filer proprement dite, laquelle, refoulée à haute pression, à travers des filières, en sort, d’une façon analogue à l’eau qui s’échappe de l’arrosoir, mais en distribution infiniment plus fine, sous la forme de fils extrêmement ténus.
- La filière n’est qu’un des organes, parmi tant d’autres, qui interviennent dans la fabrication de la soie artificielle. On aura une idée des difficultés qu’a rencontrées la mise au point des techniques de fabrication, en songeant à celles auxquelles s’est heurtée la seule réalisation de filières satisfaisantes.
- Naguère faites d’un alliage d’or et de platine, on les fabrique aujourd’hui, de préférence, en tantale. Les orifices sont forés dans la filière en tantale, avec les instruments de précision les plus fins qu’on puisse imaginer, à raison de 200
- Fig. 3. — Cycle de la fabrication de la laine de cellulose.
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- Fig. 4. — Le matelas de fibre sortant de la machine à découper les fils.
- à 5.000 Irons par centimètre carré, suivant la grosseur du fil à Hier. C’est dire que chaque oriiice n’a, le plus souvent, que o mm 07 à o mm 08 de diamètre ; il 11 en présente pas moins un alésage parfaitement circulaire, exempt d’arôtes susceptibles de nuire au poli de la surface du lil. La précision de fabrication de ces Irons permet même de forer, dans un métal de 1/5 de millimètre d’épaisseur, des trous soit, parfaitement cylindriques, soit en cône pointu, soit enlin d’une forme combinée, d’une précision de 1/1.000 de millimètre.
- Les fils de viscose s’écoulant de ces libères passent à travers un liquide précipitant, où ils se coagulent. Tous les brins individuels sortant d’une filière donnée sont contractés sous une faible torsion, de façon à former le retors de soie artificielle. C’est ce retors qui est enroulé, lavé et séché ; on achève de lui donner la torsion voulue dans des dispositifs de retordage, après quoi on le débarrasse, par un traitement chimique approprié, de toutes matières superflues. Ce procédé, en apparence simple, exige un liés grand nombre d’opérations techniques successives.
- LA LAINE A LA CELLULOSE
- La laine à la cellulose est une nouvelle matière textile artificielle récemment créée en Allemagne et qui, à côté de la soie artificielle, prend actuellement une importance rapidement croissante Elle diffère essentiellement de la soie artificielle par son mode de fabrication et ses qualités. La matière de départ, la cellulose, est la môme. Tandis que la soie artificielle s’écoule de la filière sous la forme d’un fil sans fin, le brin filé de viscose est, pour la fabrication de la laine artificielle, découpé en mèches individuelles constituant une fibre floconneuse. C’est avec ces flocons <pi’on file le retors comme on fait à l’ordinaire des fibres naturelles, mais le retors ainsi réalisé, au lieu d'une apparence lisse, présente une surface fibreuse. Les étoffes confectionnées avec ces fils sont douces, moelleuses et d’un brillant mat. Les bouts de fils microscopiques qui, invisibles à l’œil, sortent du retors, accrochent les uns aux autres les fils contigus et donnent à la structure de l’étoffe une grande stabilité. (Test aussi l’emploi des mèches courtes qui augmente les interstices d’air, emprisonnés dans la fibre et donne à celle-ci des qualités isolantes et un poids spécifique moindre.
- Hâtons-nous de dire que la laine artificielle à la viscose n’a pas acquis du premier coup et ne possède pas encore toutes les qualités des fibres naturelles, coton et laine. Par rapport à celles-ci, la laine de cellulose manquait surtout jusqu’ici d’élasticité et de résistance à l’humidité ; les étoffes et les vêtements fabriqués avec cette matière perdaient leur stabilité de
- forme par l’humidité, c’est-à-dire sous la pluie, à Ja lessive, etc. Les laboratoires des grandes usines allemandes ont beaucoup travaillé, ces derniers temps, à remédier à ce défaut, en accroissant très considérablement la résistance de la fibre à l’humidité. La grande Société 1. G. Farbenindustrie qui, dans la fabrication allemande de la laine de cellulose, occupe une position prépondérante, a récemment mis sur le marché deux nouvelles fibres artificielles à base de viscose, la Vislra XT et la Lanusa, qui présentent des qualités spécifiquement laineuses. Ces fibres spéciales possèdent à sec une résistance supérieure à une bonne laine ; elles lui sont équivalentes, en ce qui concerne la résistance à l'humidité. Les articles fabriqués avec cette matière sont parfaitement laineux à la vue et au loiicher et, dans de larges limites, non froissables. D’autre part, la fibre se tient parfaitement dans les
- Fig. 5. — Le matelas sortant de la machine à découper est découpé en bandes enroulées en bobines que l’on envoie à la
- filature.
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- nuances les plus chaudes. Toul en élanl, d’un brillant soyeux, elle ressemble, par la structure variée de sa surface, à la libre de la laine naturelle. Le fil retient, en raison de son ondulai ion, d’innombrables interstices d’air qui confèrent au tissu d'excellentes qualités calorifuges.
- La fibre à cellulose hydrophobe récemment mise sur le marché présente un nouveau progrès. On y a supprimé l’affinité de la libre pour l’eau, non par une imprégnation, mais par une conversion chimique. L’effet de répulsion pour l’eau subsiste après la lein-fure. Si on met celte libre dans l’eau, on la voit flotter pendant des heures à la surface, car, comme la laine véritable, elle n’absorbe que peu d’eau, tandis que les autres laines à viscose s'imbibent immédiatement d’eau et vont au fond.
- D’autres essais, encore en cours, ont pour objet la fabrication d’une libre laineuse de cellulose annualisée. On voudrait créer une libre synthétique à base azotée qui, même par sa composition chimique, se rapprocherait de la laine. Cette libre se distinguera essentiellement de la libre italienne Lanilal qui, comme on sait, se fait avec de la caséine (J).
- J. Lu Mature, n(J 2Ü(SI, 1,'i juillet IDot).
- La laine de cellulose, quoiqu’à ses débuts et malgré les défauts quelle possède encore, s’est déjà conquis des champs d’application intéressants. On en fait, non seulement des étoffes pour robes et costumes de femmes, des doublures et du linge, mais aussi des complets et pardessus d’hommes, des velours et des peluches, des étoffes de décoration et de meubles, des rideaux en tulle, dentelles, lils pour ouvrages de femme, articles tricotés, cravates, parapluies, nappes, courte-pointes, étoffes de reliure, coton de bandage, etc. On a même, ces temps derniers, fait des malles (et des valises) en laine artificielle ; ces malles, qui ont l'aspect d’élégantes malles en cuir de bœuf, sont non seulement d'un grand bon marché, mais d'une résistance et d'une durée remarquables.
- La laine de cellulose est ainsi en train de devenir une fibre synthétique universelle, mise en œuvre à coté des libres naturelles et en combinaison avec elles, hile est en progrès continu et les essais intensifs poursuivis dans les laboratoires, les ateliers d’essais textiles ('I les usines permettent d'entrevoir, dans un très prochain avenir, un développement mondial plus rapide, plus ample que celui de la soie artificielle.
- IIahiu Lokwunbujku et Au nnn (Jkadkinwhz.
- L'ACTION DU VENT SUR LES CONSTRUCTIONS
- Parmi les caractéristiques architecturales de l'Exposition Universelle qui se lient à Paris actuellement, l'une des principales est le développement en hauteur d’un grand nombre de constructions : le pavillon de l’Allemagne, la porte monumentale de la place de l'Alma, les pylônes de la place de la Concorde, la colonne de la Paix du Troeadéro, la tour du pavillon du Tourisme, qui s'élèvent toutes à plus de 5o m, sont les exemples les plus typiques. D'autre part, les pavillons temporaires présentent tous d'immenses surfaces planes, légers revêtements appliqués sur de frêles ossatures de poutrelles d’acier. Toutes ces constructions offrent au vent une surface considérable. Quels sont, les effets auxquels elles sont soumises et comment les architectes ont-ils pu en tenir compte dans le calcul de la construction ? Bien que Paris soit situé dans une
- Fig. I. — Hé partition schématique des filets d'air autour d'une maison à toit à forte pente.
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- région où les vents n'atteignent jamais les vitesses que Ton observe dans les pays tropicaux et même en Amérique du Nord, la connaissance des pressions et des dépressions dues aux vents ainsi que leur répartition est un problème qui ne peut être négligé.
- Dans une étude d’ensemble publiée par la Revue des Questions scientifiques, le B. P. Cattala, de l’Observatoire de Tananarive, résume l’état actuel de nos connaissances sur cette question. Le bilan est encore maigre actuellement, malgré le nombre et les moyens d'investigation des laboratoires aérodynamiques qui sc sont tous plus ou moins spécialisés dans l’étude des problèmes d’aviation. Les expériences sont peu nombreuses et n’ont porté en général que.sur des formes très simples de bâtiments isolés. Quant à la théorie, si elle peut fournir quelques indications permettant d’orienter les expériences, elle est totalement impuissante à évaluer les forces aérodynamiques.
- En effet, si l’on veut appliquer les équations de la théorie mécanique des lluides, qui suppose que les fluides sont parfaits, c’est-à-dire incompressibles et sans viscosité (ce qui est entièrement faux pour l’air et à peine moins pour l’eau), on aboutit à ce que l’on appelle le « paradoxe de d’Alembert .» d’après lequel, quand le régime permanent est établi, un obstacle placé dans un courant d’un fluide parfait n’oppose aucune résistance au courant et n’en subit aucune action !
- Si on lient compte de la viscosité, la difficulté n’est
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- |)üs résolue : on aboutit à des équations qui ne peuvent s’intégrer que dans des cas extrêmement particuliers, qui ne se rencontrent jamais dans la pratique et même alors, si le régime turbulent est atteint, s’il y a, en un mol, formation de remous, les résultats obtenus cessent d’être applicables.
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- Il faut donc ne compter que sur les résultats expérimentaux. Mais il est très difficile d’opérer à l’air libre et sur des modèles grandeur nature, tant par suite des conditions impossibles à connaître exactement du vent naturel, que par suite des influences notables qu’exercent la nature des surface, l’épaisseur et le prolil des parties non directement dans le vent, la rugosité du soi, etc... et de la durée des expériences. Signalons cependant que, pendant ti ans, en 1890, lors de la construction du pont sur le Forlh, l'ingénieur Baker expérimenta sur une plaque de 28 m2 et que des ingénieurs américains à 1’l.lniversilé de Michigan étudient actuellement les effets du vent sur les pylônes des ligues de transport de force.
- (Test Eiffel qui entreprit le premier des recherches de laboratoire en soufflerie dans laquelle le vent a des constantes exactement définies. Mais alors il 11’est plus question d’opérer sur l’objet lui-même. II faut employer une maquette réduite et, des résultats enregistrés, extrapoler jusqu’aux dimensions réelles.
- A ce stade de l'expérimentation s’introduit une notion particulièrement, importante, qui ne s’est d’ailleurs précisée que pou à peu dans les 15 dernièrés années, à la suite des éludes aérodynamiques sur les modèles réduits d’avions, c’est la notion de similitude dynamique, totalement différente de la similitude mécanique qui consiste à réduire toutes les dimensions dans le même rapport.
- Pour qu’il y ait similitude dynamique, il faut qu’il y ait égalité, dans les expériences de laboratoire et la réalité, d’un certain nombre appelé nombre de Reynolds. Celui-ci est défini par la relation ^7—, L étant
- une longueur caractéristique qui spécifie l’un des obstacles géométriquement semblables, V la vitesse d’écoulement, uniforme du lluide loin de l’obstacle et v la viscosité spécifique du lluide (quotient du coefficient de viscosité par la masse spécifique).
- En d’autres termes, si on réalise un modèle au centième, pour que le nombre de Reynolds soit le même que dans la réalité, il faut que la vitesse du vent à pression et température égales, soit 100 fois plus grande dans la soufllerie que dans l’atmosphère.
- Mais alors une nouvelle difficulté se présente. : la vitesse du vent dans la soufflerie devrait atteindre plusieurs centaines de mètres par seconde, ce qui est pratiquement impossible à réaliser dans des mesures précises et, de plus, on sait
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- Fi y. 2. — Répartition des filets d’air autour d’une maison à toit à faible pente.
- (pie pour des vitesses voisines ou supérieures à celles du son (33o m par sec.), les phénomènes changent d’allure, présentent une discontinuité et que les mesures n’ont plus aucune signification.
- On sera donc forcé de ne plus opérer dans des conditions strictes de similitude et les résultats ne seront plus indépendants de la grandeur des modèles sur lesquels les mesures sont offert nées.
- Enfin, autre complication, les effets du vent sur une partie quelconque d'un obstacle et sur son ensemble dépendent de la forme Lola le de I obstacle. Ils ne .sont pas additifs. Par exemple, une plaque rectangulaire isolée, perpendiculaire à la direction du vent, ne subit pas la même action que la façade, de même surface, dune maison. On devra donc, en soufflerie, opérer sur un modèle aussi semblable que possible à l’obstacle réel et, dans le cas d’une maison, la reproduction des balcons, encorbellements, cheminées, etc., peut ne pas être sans influence sur les mesures. En particulier, la reproduction du sol et de sa rugosité a une action très nette car elle détermine la répartition en hauteur des vitesses du courant aérien.
- Il ne faut pas conclure de ce que nous venons de dire (pie, les expériences en soufflerie sont dénuées de valeur ; elles donnent heureusement; plus même qu’un ordre de grandeur des phénomènes réels, et bien interprétées fournissent des chiffres suffisamment approchés pour être utilisables dans la pratique. Les succès obtenus dans le perfectionnement des profils des avions en sont la preuve ; même en opérant sur des maquettes extrêmement réduites, mais soigneusement semblables à l’original, les résultats expérimentaux sont encore valables. C’est ainsi que M. Kampé de Eériet, directeur de l’Institut de mécanique des fluides
- Fi(j; U. — Distribution des pressions sur divers types de construction d’après Van de Perre.
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- I<ig. 4. — liéparlilion des efforts du vent sur un hangar d'aviation type Belfort complètement fermé (a) ou muni d'un lanterneau (b).
- de Lille, en utilisant une .manuelle au -—-—du Moi « l
- .). oou
- Cervin, a non seulement retrouvé les formes d’écoule-menl des filets d’air autour de la montagne qu’il avait observées par cinématographie accélérée des nuages, niais il a découvert, grâce à la maquette, des pari huilantes qui n’ont été observées qu'après coup sur les lilms.
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- Nous allons donner maintenant quelques résultats qualitatifs et les conséquences pratiques que l’on peut en déduire.
- La ligure i donne la distribution schématique des lignes de courant d’air quand le vent régulier est établi. On voit que la façade 1 exposée au vent est frappée par les blets descendants d’air du tourbillon A dans lequel se produit un écoulement en spirale, dans une direction perpendiculaire à celle de propagation générale, et qui détermine un écoulement en jet le long des parois latérales, analogue aux tourbillons marginaux des ailes d’avion.
- La façade IV opposée au vent est soumise à des vents ascendants irréguliers B et G dus aux tourbillons qui se forment à l’arrière de l’obstacle. Si donc on installe une cheminée sur le toit III et qu’elle ne soit pas assez haute pour aboutir au-dessus de la zone tourbillonnaire, la fumée sera rabattue, la cheminée « refoulera ». Si on ne peut faire la cheminée assez haute, on aura intéi'êt à la rapprocher du faîte du toit, à l’intersection de II et III. La même chose si la cheminée est sur le versant II du toit, le vent pouvant avoir une orientation inverse.
- Si le toit est très peu en pente, la distribution des blets d’air peut être celle représentée sur la bgure 2. Tandis que dans la bgure 1, la façade I et le toit II subissent une pression, III et IV une dépression, dans le cas présent, I et la partie haute de II sont en pression, tandis que la bordure de II en B sera en dépression, d’autant plus forte que la courbure des blets d’air est plus grande.
- On voit donc que suivant les profils relatifs des maisons, les effets du vent peuvent être différents et par suite la nécessité s’impose de mesurer en chaque point la pression du vent et sa direction.
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- Celle-ci, ainsi que Newton l’avait indiqué Je premier, est proportionnelle au carré de la vitesse du vent, à condition que celle-ci soit très inférieure à celle de la vitesse du son. Si on exprime la vitesse v en mètres par seconde, la pression dynamique qui en résulte q en kilogrammes-force par mètre carré, on a comme expression de la pression :
- en négligeant les variations de masse spécifique de J’aii1 avec la température et la pression.
- Le tableau suivant donne quelques pressions ainsi calculées :
- Vent (m./s.) Pression tKg'./m2;
- 10 6,6
- 20 25
- 3o 56
- 4o 100
- La vitesse de 4o m/s (144 km/h) est en général la vitesse maxima du vent dans les régions tempérées. Mais aux États-Unis et dans les pays tropicaux les cyclones et tornades ont des vitesses atteignant 60, 70 et même 80 m par seconde. Les pressions sont alors respectivement de 226, 3oo et 4oo kgr. par mètre carré.
- En réalité, les efforts supportés par les parois d’une maison sont la différence entre les pressions extérieures et la pression intérieure. La pression extérieure est loin d être uniforme sur une façade ou une surface quelconque. Les hgures 3 et 4 donnent les répartitions pour quelques types de constructions. Certaines parties subissent des pressions, d’autres des dépressions particulièrement importantes, en particulier l’arête horizontale de la façade exposée au vent, les arêtes verticales et les bords des toitures de faible pente subissent de très fortes aspirations. C’est ce qui explique l’habitude qu’ont les paysans dans les régions où régnent de grands vents comme le mistral de charger de grosses pierres le bord inférieur des toitures.
- Dans certains cas, on peut observer des maxima de pression sur les parties centrales des façades exposées au vent égales à 1,59 et sur les toitures peu inclinées des dépressions maxima de — 1,89.
- Lorsqu’une construction n’est pas entièrement close (bouches d’aération, cheminées, fenêtres, etc.), on constate que sous l’influence du vent, la pression intérieure devient inférieure à la pression statique extérieure, cette diminution variant de — 0,29 à — 0,47 suivant les cas. Il en résulte que les mesures barométriques faites à l’intérieur d’un immeuble doivent être soigneusement corrigées sans quoi elles demeurent fonction de la vitesse du vent à l’extérieur.
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- Les conclusions pratiques des études expérimentales peuvent être résumées comme suit, d’après Cattala : loule muraille extérieure verticale doit pouvoir supporter un effort de 4- i,3y pendant que les trois autres soutiennent au plus — o,4y. La môme muraille doit pouvoir aussi résister à — o,4y, l’une quelconque des Irois autres portant + 1,37. 11 faut donc calculer chaque mur pour quatre cas distincts.
- Pour les surfaces inclinées, comme les toits, ils doivent pouvoir supporter une pression maximum qui dépend de leur pente et surtout pouvoir aussi résister à une dépression rnaxima de — o,4y quelle que soit leur pente, chacun des versants pouvant se trouver sous le vent suivant la direction d’où il souille. O11 voit donc que les toits, généralement calculés pour résister à une charge, ont surtout à redouter les effets des dépressions qui soulèvent leurs éléments et désagrègent tout l’ensemble.
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- Lnlin, il ne faut pas oublier les caprices du vent, les rafales qui, en quelques secondes, changent et dfin-I en si lé et de direction, de sorte que les constructions ne subissent pas les seuls efforts constants cités plus liant, mais aussi des effets brusques et violents, déterminant des accélérations dont les répercussions, en particulier sur les constructions mécaniques à claire-voie (ponts, pylônes de T. S. F., lignes de transport de force, etc.) sont certainement notables, bien qu’inconnues encore.
- Quant à l’action de l'eau de pluie qui accompagne souvent les rafales, contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, elle n’augmente pas sensiblement la densité du mélange qui vient battre les murailles et on peut la négliger dans l’évaluation de la pression exercée par le vent.
- 11. Vigneron.
- LES MŒURS DES CASTORS
- La réputation que l’on a faite à ces rongeurs d’être doués d’une intelligence supérieure 11e paraît pas exagérée à quiconque a joui du privilège de les étudier de près, ce qui n’est devenu possible qu’au Canada ; depuis quelques années, les castors, qui figurent sur les armes du Dominion, y ont trouvé des asiles inviolables dans les grands parcs nationaux qui s’échelonnent entre la région de Québec et les Montagnes Rocheuses ; n’étant plus harcelés par les trappeurs, ils ont renoncé partiellement à leurs habitudes nocturnes et ne s’effarouchent plus du voisinage de l’homme, si bien que le touriste peut les voir vaquer à leurs travaux, sur les rives des lacs qui parsèment ces immenses domaines.
- De nombreuses études ont été consacrées à ces animaux ; celle qui vient de paraître en librairie sous le litre bien approprié de : Un homme et des bêtes (Q l’emporte sur les précédentes par l’exactitude et la minutie des détails : c’est comme une reconstitution de la psychologie du castor. Et c’est aussi, dirons-nous, un chant d’amour composé par un homme qui a vécu la moitié de sa vie dans un contact intime avec son «héros ».
- Il sied de présenter l’auteur, ce que nous ne pouvons faire ici que brièvement. Grey Owl (le Hibou gris) est issu d’une Indienne Apache et d’un Ecossais. Quelques années de son enfance se déroulèrent en Grande-Bretagne. De retour au Nouveau-Monde, il fut adopté par des Odjibways, tribu répandue dans la province canadienne d’Ontario. Il apprit avec eux à chasser les animaux à fourrure, et la « science des bois » n'eut bientôt plus de secrets pour lui. En iyi4, à 1 âge de 26 ans, il s’engagea, comme le firent tant d’autres Indiens et métis, dans l’armée canadienne.
- Blessé deux fois en France, il fut réformé comme invalide eu xy 1 7 et, retourné au Canada, y reprit bientôt son double métier de trappeur et de guide.
- La guerre lut-elle responsable de son changement de mentalité ? Il prit bientôt en pitié le « peuple des castors », qu’il avait si longtemps pourchassé. Il en recueillit plusieurs, dont il fit ses compagnons inséparables. Ses tentatives d’élevage attirèrent l’attention de notables Canadiens-Français de la province de Québec, où il vivait, et qui lui suggérèrent l’idée de donner des conférences sur les mœurs de ces rongeurs. Puis, il s’enhardit à écrire sur le sujet un article qui parut dans un grand magazine d’Angleterre. Ce début fut remarqué ; un éditeur londonien lui demanda un livre, dont Grey Owl fit une autobiographie où abondent les tableaux de la vie sauvage, œuvre remarquable, écrite d’une plume à la fois sobre et imagée, et dont une traduction française serait certainement bien accueillie.
- De nouveaux livres ajoutèrent au renom de l’auteur qui, entre temps, avait été engagé par le Gouvernement Canadien comme collaborateur du Service des Parcs Nationaux ; fixé dans l’un de ces domaines, en la province d’Alberta, il s’y consacre à la conservation de la faune sauvage et, plus particulièrement, à celle des castors, que de nombreux savants y viennent étudier sur le vif.
- Nous 11e passerons ici en revue que la partie de l’ouvrage qui s’occupe de ces rongeurs, auxquels l’amour de Grey Owl prête une âme quasi humaine.
- UNE RACE VOUÉE A L’EXTINCTION
- A l’arrivée des premiers Européens en,, Amérique du Nord, les castors y pullulaient ; les Indiens professaient une sorte de culte à leur égard ; les assimilant
- 1. Boivin et Cie, éditeurs, Paris.
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- à l'espèce humaine, ils les appelaient « le peuple des castors », les « petits hommes », les « mères qui parlent ». Ce dernier surnom est amplement justifié par tout ce que nous apprend hauteur sur la richesse surprenante du vocabulaire de ces animaux, qui savent exprimer distinctement les émotions et les sentiments les plus variés. Nombreux étaient les camps où vivaient des castors apprivoisés ; et l'on voyait souvent des femmes qui, pleurant la mort d'un enfant en bas âge, se consolaient en donnant le sein à des castors nou-
- dres cours d’eau forestiers, les plus petits lacs, avaient leurs colonies de rongeurs.
- Au début de la guerre mondiale, les mesures de protection furent annulées et l’extermination reprit de plus belle. Pendant une dizaine d’années, les chasseurs s'enrichirent d’une façon prodigieuse jusqu’au moment où ils constatèrent que le castor avait pratiquement disparu. Et ce fut la réédition de l’histoire du bison, dont les bandes formaient, aux Etats-Unis, un total de 3 à 4 millions dé tètes, en 1887, et qui
- h'ùj. 1. — llulte de castors sur un lac Canadien (on voit un tics rondeurs pénétrant dans l’abri).
- veau-nés. Aujourd’hui encore, quand un Indien a tué un castor pour vendre sa peau, il 11e mange de sa chair que s’il est affamé, mais il ne permettra pas à ses chiens d'y porter la dent, et confiera à l’eau d’un lac les entrailles, les os, la queue, bref, toutes les parties qu’il 11e saurait réserver à sa propre nourriture.
- Grey Owl reproche au Gouvernement Canadien de n'avoir pris (|ue des mesures tardives pour empêcher la destruction de cette intéressante espèce. L’initiative des lois de protection appartenait aux gouvernements provinciaux. Ceux de l’Ontario et de Québec s’ému-renl, il y a une cinquantaine d’années, du massacre que poursuivaient les trappeurs ; ils interdirent cette chasse, et l’espèce 11c tarda pas à se multiplier. L’auteur nous assure que, bien qu’il ne soit pas un vieil homme, il se rappelle le temps où les castors se comptaient par millions dans ces deux provinces ; les moin-
- furent. si rapidement anéanties que les chasseurs continuèrent, pendant deux ou trois ans, à chercher dans les immensités du Far-West les troupeaux désormais inexistants. Grey (hvl nous livre cette information lamentable : au cours de ces cinq dernières années, il a parcouru plusieurs districts de l’Ontario et du Québec, et, sur un itinéraire qui totalise plus de 4.5oo km, il lia pu relever que douze fois les signes révélant la présence de castors, et cela dans des territoires qui devaient en nourrir jadis des dizaines de milliers.
- Les ennemis du castor (car il en compte !) prétendent que l’on doit l’inscrire sur la liste des animaux nuisibles, en raison des dommages qu’il inflige aux forêts. Grey Owl fait justice d’une pareille accusation. 11 est certain que ces rongeurs abattent des quantités d’arbres, soit pour se nourrir, soit pour édifier leurs
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- huiles el leurs digues ; mais ils ne s'attaquent guère qu’aux arbres qui ont poussé sur les rives des lacs el qui, généralement, n’ont; qu’une valeur commerciale fort médiocre.
- En dédommagement de la destruction que l’on porte à son débit, le castor rendait à l’homme des services que l’on n’a découverts et appréciés qu’après sa disparition. Nous rappellerons que, dans les solitudes du Canada, dépourvues de routes, les voyages ne peuvent s’effectuer que par le système du portage : montés dans des pirogues légères, les hommes suivent les chapelets de rivières el de lacs, franchissant à pied les solutions de continuité, tout en portant sur leur dos esquifs, bagages et provisions.
- Or, ces « ingénieurs-nés » que sont les castors bâtissent des digues qui, barrant les cours d’eau en des points judicieusement choisis, élèvent le niveau des rivières, ce qui leur permet de charrier les troncs qu’ils veulent transporter à leur demeure ou sur de nouveaux « chantiers de construction ». Depuis la destruction des castors, ces digues, qu’ils entretenaient en bon étal, sont tombées en ruines, avec ce résultat que beaucoup de rivières n’ont plus assez d’eau pour être navigables, ce qui oblige les piroguiers à faire de longs et laborieux détours à la recherche de voies d’accès. Les agents du Service canadien chargé de combattre les incendies de forets perdent, de ce chef, des heures précieuses.
- LES CASTORS A L’OUVRAGE
- Il faut parcourir toute l’oeuvre de Orey Ovvl et y recueillir maints tableaux épars pour reconstituer l’existence des castors et rendre pleine justice à leur merveilleuse intelligence. On ne saurait employer ici le mot instinct, car ils possèdent une faculté de raisonnement qui les amène à modifier leurs habitudes, selon l’aspect, du problème qu'ils ont à résoudre.
- Dès que les jeunes (de deux à trois par portée) achèvent leur deuxième année, ils quittent le domicile paternel el parlent à l’aventure, cherchant un conjoint dans une colonie voisine. La séparation.s’effectue toujours quelques semaines après le retour du printemps. Le nouveau couple étudie soigneusement les rives du lac qu’il s’est choisi pour domaine, avant de se décider sur l’emplacement de la maison où se fondera le foyer.
- La technique de la construction est d’un caractère unique. Travaillant avec, un acharnement prodigieux, les castors abattent des arbres, débitent branches et troncs, charrient tous ces matériaux à l’endroit choisi ; ils ont aménagé préalablement sur les rives des plans inclinés qui en facilitent le glissement jusqu’à l’eau. Les grosses pièces servent à établir les fondations, que l’on épaissit jusqu’à ce qu’elles s’élèvent au niveau de la surface du lac, tout en ménageant un trou qui constituera la porte d’entrée, en reliant, par un tunnel incliné, l’intérieur de la « loge » à l’eau profonde.
- Branches et rondins sont accumulés sur cette plateforme. Les laborieux ouvriers les cimentent d’un mor-
- FUj. 2. — Plusieurs arbres abattus par les castors qui s'arrangent toujours pour les faire tomber dans la direction de l’eau.
- lier qui n’est autre (pie la vase recueillie du lit du lac et qu’ils apportent à pleines brassées. Il est nécessaire de faire remarquer ici que les membres postérieurs, qui sont, larges et palmés, jouent exclusivement, le rôle de pieds, tandis que les membres antérieurs sont réellement des bras et des mains. Au travail, les castors marchent le plus souvent debout, et c'est bien entre leurs, bras
- qu’ils apportent Fi y. îi. — Travaux hydrauliques des leur charge de castors.
- 'vasp " (Croquis de (irey Owl).
- Ils arrivent ainsi à bâtir une butte compacte, haute de m 5o environ et d’une largeur à la base (pii varie de 3 à 8 m. Les maçons se transforment alors en mineurs : rongeant intérieurement le monticule, ils l’évident, jusqu’à ce qu’ils aient o b t e n u un espace suf-
- Hauf-fond
- tte des
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- Fig. 4. — Un castor construisant sa hutte contre le mur de la cabane de Grey Owl qui le regarde travailler. L’animal poussera la familiarité jtisqu’à construire une partie de sa hutte à l’intérieur même de la cabane.
- lisant autour du trou à plongeoir qui demeurera l’unique voie d’accès. L’intérieur de la hutte aura bientôt l’aspect suivant : j° tout près de cet orifice, une petite dépression comblée d’herbes desséchées où les loca-laires épongeront leur toison trempée d’eau, dès leur entrée ; 20 un emplacement utilisé comme salle à manger ; 3° une plate-forme semi-circulaire, aménagée contre le mur, couverte d’une épaisseur de copeaux aussi fins que du papier et qui sert de chambre à coucher.
- Les castors ne sont jamais satisfaits du confort que leur assui'e leur hutte ; ils travaillent sans cesse à l’améliorer, tronçonnant les branches qui émergent de la muraille, renforçant le mortier qui bouche les interstices. Ils ont une sainte horreur des courants d’air et s’ingénient à supprimer les moindres vents coulis, en prévision du froid quasi polaire qui les emprisonnera chez eux pendant 6 ou 7 mois.
- Us ne se laissent pas prendre au dépourvu par la rigueur de ce long hiver qui, recouvrant le lac d'une glace épaisse de plus d’un mètre, les empêcherait d’aller chercher les branches dont ils se nourrissent, s’ils ne conjuraient la menace de famine par un procédé fort ingénieux. Bien avant la fin de l’automne, ils font provision de bois comestible, le traînent jusqu’à la hutte et rassemblent en forme de radeau. Le poids de cet amas est juste assez lourd pour que l’approvisionnement se maintienne à bonne distance de la-surface. Ainsi, quand l’eau est congelée, ce garde-manger se trouve placé sous la glace. Les castors n’y ont recours qu’après avoir épuisé les provisions accumulées dans l’intérieur de la loge. Us hissent alors, par le plan incliné du trou à plongeoir, la quantité
- de branches et de rondins qui les alimentera pendant une journée ; ils ne mangent que les rameaux tendres et aussi l’écorce des grosses pièces ; les branches et bûches dépouillées sont évacuées par ce tunnel, et c’est de cette même façon qu’ils se débarrassent de la « literie », quand elle est souillée. 11 n’est pas inutile d’observer que le mur de la maison est assez solide pour braver les attaques des loups et des ours.
- LES CASTORS ET L’HYDRAULIQUE
- Le travail où se révèle le mieux l’intelligence de ces animaux et leurs facultés de raisonnement, c’est la construction de la digue qui joue un rôle capital dans leur existence. Grey Owl revient fréquemment sur le sujet, et ce qu’il en raconte paraîtrait à peine croyable, si les faits n’étaient pas confirmés par de nombreux, observateurs. .
- Dès qu’un couple de castors élit domicile dans un petit lac et, parfois, avant même d’avoir achevé sa demeure, il se préoccupe de l’importante question du niveau, qui doit rester constant ; trop élevé, il peut submerger la maison ; trop bas, il peut la mettre pour ainsi dire à sec, avec ce redoutable résultat que la porte d'entrée, n’étant plus immergée, livre la famille à la merci de ses ennemis.
- Les deux « ingénieurs » ne font rien à l’aveuglette. Us consacrent plusieurs journées à l’inspection minutieuse des lieux, avant de s’arrêter au choix d’un emplacement. U est curieux de noter que le point est toujours judicieusement choisi. Grey Owl cite le cas de ses deux castors apprivoisés, qu’il lâcha dans un lac sur la rive duquel il venait d’établir son campement. Après une inspection méthodique, les deux rongeurs se mirent au travail. Or, quelque temps plus tard, en visitant le chantier, l’auteur constata, à faible distance du barrage en cours d’achèvement, la présence d'une vieille digue qui devait dater d’un siècle. : à quelque cent années d’intervalle, les constructeurs avaient choisi le même emplacement, leur intelligence leur révélant que l’on ne saurait trouver mieux.
- Ces digues sont des ouvrages considérables, qui exigent une somme de labeur inouï. Dressées à rentrée ou à la sortie du cours d’eau qui alimente le lac, elles mesurent près de 3 m de haut, sur upe longueur qui peut atteindre une centaine de mètres ; l’épaisseur est de a m à la hase, de 3o à [\o cm à la crête. Les fondations (soit la partie qui se trouve sous le niveau de l’eau) sont consolidées par de grosses pierres, que les castors extraient de deux fosses qu’ils creusent aqx deux bouts de l’ouvrage. Gomme ils l’ont fait pour la maison, ils bouchent de vase les interstices de la passade.
- A ce propos, rappelons que leur queue, massive, plate, lourde et. nue, ne leur sert pas, comme on l’a
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- cru longtemps, à pétrir le mortier. Son rôle ne répond qu’à deux fonctions : elle assure l’équilibre du rongeur, quand il marche debout, et elle lui permet d’exprimer de violentes émotions ou de lancer, au bénéfice de ses congénères, un signal d’alarme. Grey Ovvl compare à la détonation d’une arme à feu le fracas que produit cet appendice, frappant avec force la surface de l’eau. 11 lui ajoute une autre utilisation bien inattendue, en l’un de ces délicieux tableaux épars dans son œuvre : jouant avec ses petits, une maman les laissait s’installer sur sa queue et les véhiculait à tour de rôle, tout comme sur un traîneau. A remarquer que les enfants — tel le conducteur d’un char romain — se tenaient debout, les « mains » cramponnées aux poils de la nuque maternelle !
- L’entretien de la digue est un constant souci. De l’intérieur de leur hutte, les caslors se rendent compte immédiatement que quelque chose ne va pas, puisque le niveau de l’eau est indiqué en permanence pàr le trou à plongeoir. Ils se hâtent d’aller inspecter le barrage, découvrent la brèche, procèdent immédiatement aux réparations. Cette vigilance cause trop souvent leur perte, car les trappeurs provoquent l’accident, avant de poser un piège en bonne place. Happé par une patte, le pauvre animal se précipite dans l’eau profonde, entraînant l’engin que l’on a eu soin d’alourdir d’une pierre ; et il péril asphyxié après :>o uni de supplice.
- UN PRODIGE D’INGÉNIOSITÉ
- Quand une rivière est trop peu profonde pour que le transport des troncs puisse s’effectuer facilement, les caslors résolvent la difficulté en y creusant un chenal. S’ils ont épuisé la végétation sur les rives du lac ou s’ils ont découvert, dans l’intérieur de la foret, un boqueteau d’essences dont ils sont friands, ils établissent un canal qui, s’amorçant sur un cours d’eau, permettra de convoyer ce bois jusqu’au lac ; mais ils u'adopteront cette solution qu’après s’être assurés que les -bêtes de proie (ours, loups, coyotes) ne fréquentent pas le district.
- Tous ces travaux sont nettement utilitaires ; mais il en est un autre dont ils pourraient se passer et qu’ils n’exécutent, semble-t-il, que pour témoigner de leur joie, de vivre. Dans les régions écartées où ils n’ont pas encore souffert des attaques des trappeurs, ils édifient, sur plusieurs points de la rive du lac, des abris de branchages bien fermés du côté, de la terre et largement ouverts du côté de l’eau. Ce sont autant de charmilles où parents et enfants prennent leur bain de soleil et, se livrent à leurs amusements coutumiers : gambades, pirouettes, lutte à bras-le-corps.
- Grey Owl nous cite un cas de science hydraulique, qu’il appuie d’un croquis que nous reproduisons (fig. 3). Le lac A, de médiocre étendue, était le domaine d’une famille de castors ; il avait pour déversoir la rivière B, à l’entrée de laquelle ils avaient établi le barrage X, assurant ainsi au petit lac, jadis peu profond, un niveau convenable. Après épuisement de
- r............... .................479 =
- la nourriture aux abords de la mare améliorée, ils avaient découvert,que les essences comestibles abontr daient à Z. Le problème se posa nettement devant leur sagacité. De A à Z, la rivière décrivait des sinuosités qui totalisaient une distance considérable (plus de 3 km), et le long d’un lit encaissé où l’eau coulait avec une vitesse torrentueuse ; remonter un pareil coulant en traînant, à la nage de pesants troncs, il ne fallait pas y songer.
- Nécessité est mère de l’invention, chez les caslors comme chez les hommes. Nos ingénieurs quadrupèdes savaient que, par terre, la distance entre A et Z était très réduite (deux centaines de mètres environ). Le creusement d’un canal entre les deux points n’était, en apparence, que jeu d’enfants. Mais leurs connaissances en hydraulique leur révélaient ce péril : la vitesse du courant démontrait que le niveau de l’eau, à Z, était plus bas que dans le lac. Conséquemment, celui-ci se viderait par le canal envisagé.
- J’imagine que les caslors se grattèrent longuement l’oreille, avant de crier eureka ou quelque chose d’analogue ! Partant de la rive du lac et de son point le plus favorable;, l’artère fut poussée, en ligne droite, jusqu’aux 5/6 de sa longueur. Là, le creusage fut interrompu sur une. épaisseur de 4 à 5 m et repris de l’autre côté de cette muraille D, massif barrage qui s’opposerait au drainage du lac. Encore une vingtaine de mètres à excaver, et le canal aboutissait; à l’élargissement de la rivière, en face de cette région Z si convoitée. Plus tard, pour parer aux risques de crues, cette digue naturelle fut exhaussée d’une couche de pierres et de mortier.
- Ainsi, grâce à cet ingénieux dispositif, les castors
- Fig. ;i. — L'n castor inspectant le matériel des cinéastes qui opèrent dans le voisinage.
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- pouvaient charrier facilement jusqu’à D les troncs abattus. Là, ils n’avaient qu’à les traîner sur l’épaisseur de la muraille pour les remettre à Ilot et les convoyer jusqu’à leur Initie. Après l’exposé d’un tel cas, qui oserait refuser à ces rongeurs une intelligence quasi humaine P
- A cette intelligence s’ajoute une force musculaire que Grey Owl qualifie de phénoménale. Ils transportent des troncs disproportionnés avec leur propre taille et leur propre poids, et ils y mettent un acharnement et une adresse admirables. L’auteur insiste maintes fois sur ce point : lorsqu’ils ont entrepris un travail, ils le poursuivent jusqu’au bout, quelles que soient les difficultés matérielles qui surgissent ; qu’une solution se révèle inefficace à l’expérience, et ils en essayeront une autre.
- Leur adresse se manifeste constamment. Quand ils s’attaquent, à un arbre, ils le rongent de telle façon qu’il s’abat immanquablement dans la direction voulue, soit vers le point de la rive le plus rapproché. 11 est sans exemple qu’un castor soit écrasé par la chute de l’arbre, accident dont les bûcherons ne sont pas toujours indemnes. Si le pesant tronc qu’il s’agit de faire glisser à l’eau sur le plan incliné préparé à l’avance, ne se présente pas de coté, l'animal passera sa tète sous l’une des extrémités et, d’un effort renouvelé autant qu’il le faudra, le placera dans la position convenable. Mais, s’il constate que la charge est trop pesante, il appellera, d’un cri spécial, l'aide d’un compagnon.
- L’ESPRIT DE FAMILLE
- Nous l’avons dit : Grey Owl n’a pas voulu écrire une monographie du castor, et il nous faut fouiller son œuvre pour recueillir ce qui concerne cette étonnante espèce, parmi tant d’intéressants tableaux sur la vie sauvage au Canada, sur les mœurs des Indiens, sur les exploits des piroguiers.
- Les castors semblent apporter de la réflexion à tous leurs actes. Quand les jeunes sont d’âge à se marier, soit à a ans révolus, ils quittent leurs parents et s’en vont à l’aventure, cherchant, parfois fort loin, une compagne ou un compagnon qui 11e soit pas « de leur sang », comme s’ils connaissaient les dangers des unions consanguines. Ils s’accouplent pour la vie, dont la durée est d’une quinzaine d’années chez leur espèce. Aussitôt constitué, le ménage se met en quête d’un domicile. Tous les lacs 11e se prêtent pas à l’existence de ces prévoyants rongeurs et deux conditions dictent le choix : il faut, avant, tout, que les rives se prêtent à l’édification d’une digue, et il faut aussi qu’elles soient couvertes d’arbres à l’écorce comestible, lois que peupliers, saules, aulnes.
- C’est à la fin de leur troisième année que les castors atteignent leur complet développement ; ils mesurent alors, du bout du museau au bout de la queue, un peu plus d’un mètre (107 cm en moyenne), et pèsent de 3o à 4o livres. La portée vient au monde au printemps suivant. S’il s’agit d’un vieux ménage, les petits de
- l’année précédente prennent aussitôt la clef des champs, quittent le lac natal, font connaissance avec le monde extérieur en vagabondant de-ci, de-là, mais regagnent fidèlement le logis avant la fin d’août, afin d’aider les parents dans les préparatifs que l’hiver prochain impose. La plupart du temps, ces jeunes ont leur propre huile, que le père les a aidés à construire ; mais il n’est pas rare que la même loge abrite des castors de plusieurs générations, car l’espèce produit, comme la nôtre, des célibataires endurcis qui s'attardent auprès de leurs parents, esquivant ainsi les responsabilités conjugales.
- La façon dont les castors passent la saison froide, durant laquelle ils restent, emprisonnés dans leur butte, me rappelle la répartie d’un fermier de l’Ouest-Canadien. Comme je m’apitoyais sur son sort, en évoquant le rude et long hiver qui sévit sous cette latitude, il 'protesta gaiement :
- -— Mais c’est, notre meilleure saison ! On n’a rien à faire, que de s’amuser aux veillées !
- A quelques détails près, c.’esl. bien de celte manière (pie les rongeurs traversent les t> ou 7 mois de grande froidure. A l'encontre de tant d’espèces qui les supportent passivement, dans le sommeil léthargique de l’hiberuage, ils gardent une bonne partie de leur activité, qu’ils consacrent à de petites besognes domestiques. Il leur faut plonger fréquemment pour se réapprovisionner au radeau amarré en eau profonde, expulser ordures et déchets. Mais le plus clair de leurs veilles se passe à bavarder. Grey Owl nous assure que c’est la gent. la plus loquace qui soit au monde, et il en parle en connaissance de cause, car une famille de castors apprivoisés avait construit sa hutte de telle manière que la moitié se trouvait placée dans sa propre cabane de rondins ! (fig. 4).
- Il entendait les « rires » des petits, taquinant les grands, ou leurs cris éplorés, quand ils recevaient une correction des frères aînés à bout de patience, ou les grognements du père et de la mère qui morigénaient les perturbateurs et s’elïorçaient de rétablir la paix. Kl, parfois, de sourds murmures révélaient une causerie générale, aussi placide qu’en peuvent tenir des paysans canadiens, an cours d’une veillée.
- Parmi les délicieux tableaux qu’offre l’œuvre de Grey Owl, je n’en citerai plus qu’un. C’était après le retour du printemps, alors que la débâcle venait de libérer le lac de ses derniers glaçons. Les parents avaient construit devant la loge un étroit radeau sous lequel les petits pourraient trouver refuge, au cas où quelque oiseau de proie fondrait sur eux. La mère jugea qu’il était grand temps de leur donner des leçons de plongeon. Les trois marmots s’étaient hissés sur la plate-forme flottante. A tour de rôle, elle les prit dans ses bras, disparut au fond de l’eau, y resta pendant quelques minutes et ramena les novices qui, à en juger par leurs mines, se montraient satisfaits d’une expérience qui faisait d’eux de grands garçons !
- Victor Forbin.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- Solutions des problèmes proposés dans LA NATURE du 1er mai 1937 (n° 3000)
- Rappelons l’énoncé des problèmes :
- Problème A. — Quelle unité de longueur faut-il choisir pour que, dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse ait même mesure que Je double du grand côté de l’angle droit P (Proposé par JVJ. Armand André, xo, place Maurice Rouvier, à Marseille).
- Problème B. — Étant donné un poids de /jo kgr on se
- propose d’en faire quatre parts, en kgr, avec lesquelles on
- puisse faire à l’aide d’une balance Roberval, toutes les pesées en kgr, de i à 4o. (Problème ancien, proposé par M. le commandant Thiriat, xi, rue Louis llénion, à Quim-per).
- Problème C. — Un propriétaire veut diviser un champ
- triangulaire ayant pour côtés 77 m, 5i m, /jo m. 11 fait
- creuser un puits à l’intérieur du terrain de manière qu’en joignant le puits aux trois sommets du triangle on délimite tl'ois propriétés dont les surfaces soient proportionnelles aux nombres 1, 3 et 4- Quel doit être l’emplacement, du puits commun ?
- Solutions.
- toutes les pesées, et rien que les pesées, de 1 à 87 kgr; il y a même dans ce cas trais solutions différentes. Le lecteur s’assurera que le raisonnement élémentaire ci-dessous n’est valable que si le poids total N est un nombi’e d’une certaine forme, ce qu’on ignore, a priori, sans avoir fait la théorie générale pour N quelconque.
- Supposons donc que nous ayons déjà x poids effectuant, les pesées de 1 à n kgr ; le poids suivant P devra permettre la pesée n 4- 1, par différence avec le poids maximum n ; soit P — n = n + 1, d’où P = 2n + 1.
- P joint aux x premiers poids fera ensuite toutes les pesées de 1 à an + 1 + n = 3n + x.
- Le poids suivant, P' sera déterminé de la même façon :
- P' — (3n + 1) = 3 n + 2 Pr = 3(2/1 + 1) = 3P.
- En construisant ce. raisonnement nous trouverons P'7 t = 3PQ etc. Ainsi les poids successifs sont les termes d ’une progression géométrique de raison 3 ; comme néces-sairement, le premier poids doit être de 1 kgr, il faudra prendre pour poids divisionnaires les nombres de la progres-
- Problème A.
- C
- Fig. 1. — Solution du problème A.
- Soit x l’unité de longueur choisie, la relation proposée peut, s’écrii'e :
- c* 2 * * * * = 2 bx
- ou, sous forme de proportion.
- o. b
- jc c
- 2
- La construction est immédiate : par le point M, milieu de
- RA = c on élève la perpendiculaire MD; la longueur
- DA = x est l’unité cherchée (üg. 1).
- La démonstration est évidente en considérant les triangles rectangles semblables ABC et AMD.
- Problème B. — L’énoncé suppose que le pi'oblème est possible, c’est-à-dire que 4 poids sont suffisants pour faire
- toutes les pesées de 1 à 4o kgr. Seule, une étude particulière, que nous ne pouvons exposer ici, permet d’affirmer qu’on peut déterminer 4 nombres l’épondant à la question. Pour 37 kgr, par exemple, le problème serait insoluble sous cette forme, car il faut au moins 5 poids pour effectuer
- sion 1, 3, 9, 27, etc.
- Or on constate que la somme des 4 premiers nombres de celle suite égale bien 4o; ces 4 nombi'cs répondent donc à la queslion. 11 est remarquable que le raisonnement, précédent, n’a utilisé les données que pour vérifier qu’elles étaient compatibles avec la solution découlant nécessairement de la théorie. Comme nous l’avons fait, observer plus haut, c’est parce que 4o = 1 + 3 + 9 3"—*
- + 27 = --------• qu’il y a solution acceptable; tous les
- 2
- 3»—1
- nombres de la forme---------, et ces nombres seuls, peu-
- 2
- vent être divisés en n parties : x, 3, 9, ... 3,l_1, donnant
- 3»?—1
- par sommés ou différences tous les nombies de 1 à ——,
- et chacun de ces nombres ne peut être obtenu que d’une seule manière par la combinaison d’éléments tous différents. Ajoutons qu’il y a 8 décompositions d’un poids de 4o kgi' permettant de faire toutes les pesées de 1 à 4o kgr ; la précédeixle est celle qui comporte le minimum de poids, elle était connue antérieurement à Nicolas Chu-quet (i484).
- Problème C. — Soit ABC le triangle proposé. Partageons chaque côté en 8 parties égales et joignons les points homologues entre eux de façon à former un réseau de parallèles aux trois côtés du triangle. Chaque maille du réseau est un triangle semblable à ABC et le rapport de similitude
- est de -ï— .
- 8
- Tous les triangles ayant pour base AB et pour sommet un point, quelconque de la première parallèle à AB ont leur aii-e
- égale à JL_j s désignant l’aire du triangle ABC. De même
- l,i 4e parallèle à BC est le lieu des sommets des triangles
- / Q
- ayant BC pour base et pour acre —— . Le point P où se i'en-
- 8
- contrent, ces parallèles est nécessairement situé sur la 3e parallèle à AC et les triangles APB, APC et BPC satisfont aux conditions de l’énoncé. Mais on aurait pu considère!- la 3° parallèle à BC et la 4e parallèle à AC ce qui aurait
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- 482
- Fig. 2. — Solution du problème C.
- fourni une aul.ro solution, le puits étant on PL Il y a donc c:i tout G solutions puisque ce raisonnement peut, se répéter pour les a autres côtés. Ces G solutions sont représentées sur la ligure a; on vérifiera que les points P, P' ... etc., marquant les emplacements du puits sont situés aux sommets d’un hexagone ayant les mêmes médianes que celles du triangle ABC. Il est aisé de calculer les hauteurs des triangles parcellaires puisque chacune d’elles est une fraction connue de la hauteur correspondante du triangle ABC. Le tableau ci-dessous résume les éléments des G solutions du problème.
- S = \/ p(p — a)(p — b)(p — c) — 924 m2 ; 2S = 1.848 m2.
- 1.848
- 1.848
- Hfl =---------= 24 m ; H*
- 77
- H„
- i.848
- 4o
- *5i
- 46 m 20.
- Hn
- 30 m 235 ;
- 3 IL
- I. — a-']r]m,ha — —g—= 3m ; b -4om, hb — '— i3m5g ; 8 8
- c — 5i m, hc =
- 4H0
- a3 m 10.
- IL — a = pjm,/ia.
- lia
- 8
- 3m; b - 4o m, //* — = 18 in 12 ;
- O
- III. —a = 77 m, ha =
- c — 5i m, hc 3 H a
- 3 IL
- = 17 m 3z.
- H*
- 9 m; b — 4om,/<* = —5- = 411153 ;
- O
- c = 5i m, hc =
- 4HC
- 23 m 10.
- IV. — a — 77m,ha = —^ —12m; b = l\om.,hb — = 4m53 ;
- O O
- c = 5i m, he
- 3 H,
- ~~8~
- 17 m 02.
- -iT- , 3H0 1,1 4 IL «
- V. — ci —nnra., ha = —rr- = 9 m; o = 4° m,hb — -rp = 18m 12 .
- O O
- H,
- c = 5i m, hc = = 5m 78.
- VI. — a = 77m,/în — = 12 m; b — 4om, A* = = i3m5g ;
- O O
- lir
- c = 5i m, hc = —= 5 m 78.
- O
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — Mme Fersing à Toulon; MM. Daniel
- J. Buiz, Colegio Maximo, S. Miguel (République Argentine); Fréquenez, 12, rue La Pérouse, Valence (Drôme); J. Huber, ingénieur E. C. P. à Elisabeth ville (Congo) ; Antoine Jouf-fray à Manlalot, par La Boche Derrien (C.-du-N.) ; Louis Schæl'fer, ingénieur, 1G avenue Tissot, Lausanne (Suisse) ; llibon à Paris; B. Lutin, Puichat, Genève (Suisse); Arnaud André, 10, place Maurice Bouvier, Marseille.
- Problème B, C. — MM. Dr L. Monthelic, 87, rue de Passy, Paris; André Denoréaz à Aigle (Suisse); B. Tellier, instituteur à Sainl-Georges-sur-Fonlainc (S.-I.) ; lluyghe-bært, 5a, rue de P Ancienne Église, Anvers (Belgique).
- Problème B. — MM. Emile Foucaud, professeur à l’E. P. S., 07, boulevard de la Liberté, Bourges; Raoul Beiss, ingénieur civil des Mines, roule du Cap, Antibes (Alpes-Maritimes).
- Problème C. — Le P. J. II. Fournier, séminaire Saint-Antoine, 33, rue de l’Alverne, Québec (Canada); M. Robert Ruhlmann, Palais du Commerce, Bennes (l.-et-V.).
- Problèmes proposés.
- Problème A. — On construit des carrés sur les 3 côtés d’un triangle rectangle, comme s’il s’agissait de démontrer géométriquement le théorème de Pylhagorc, et on joint les sommets extérieurs des carrés de manière à obtenir un hexagone irrégulier. Sachant que le triangle a même mesure que son périmètre et que la longueur totale des lignes intérieures de la figure est de 90 m, on demande le périmètre de l’hexagone. (Proposé par M. Maurice Arnaud, 10, place Maurice Bouvier, à Marseille).
- Problème B. — Un élève se trompe en portant sur sa copie le produit suivant : M x N = 235.779. Cependant, aussi consciencieux qu’étourdi, il s’assure, sur sa copie môme, que le premier et le dernier chiffre sont exacts, et refait la preuve par 9 et même la preuve par 11. Son professeur lui fait remarquer que si le nombre eût été exact, la preuve par 7 eut donné un résidu nul, et l’envoie au tableau refaire l’opération. Malheureusement on a oublié les nombres M et N. L’élève se souvient seulement qu’ils avaient le môme nombre de chiffres, que 4 chiffres différents suffisaient pour les écrire et que M était pi’emier et plus grand que N. On demande aux lecteurs de lui venir en aide et de retrouver M et N et le produit exact. (Proposé par M. Antoine Jouf-fray à Mantalot, par La Roche Derrien (C.-du-N.).
- Problème C. — Trois hommes A, B, C, possèdent en commun une certaine somme S, leurs parts respectives étant entre elles comme les trois nombres entiers 3, 2, 1. A prend dans la masse une somme x, en garde la moitié et dépose le reste entre les mains d’une certaine personne D ; B prend
- 2
- T
- son tour dans la masse y, dont il garde les
- et donne
- le surplus à D; enfin C prend ce qui reste, soit z, en garde
- 5
- par devers lui les , et donne le reste à D. Il se trouve
- 6
- que les dépôts faits entre les mains de D et appartenant à A, B, C sont égaux.
- Trouver d’après cela, S, x, y, z. (Jean de Palerme, 1225).
- Henri Barolet.
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- : LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- SEPTEMBRE J 937, A PARIS
- Mois doux dans son ensemble et pluvieux. Insolation excédentaire.
- La pression barométrique moyenne, ramenée au niveau de la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 761 mm 3, est inférieure d’environ 2 mm à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 15°,4, est en excès de o°,6- Le mois a débuté par une période chaude à laquelle appartient le maximum absolu, 3o°,5, le icr. Dès le 10, la température s’est abaissée au-dessous de la normale. Elle ne s’est franchement relevée qu’à partir du 25. Le minimum absolu, G0,5, enregistré le 22, est remarquable. Depuis 187/1, on n’a constaté en septembre que deux minima absolus plus élevés, 7°,8 en io33 et G0,9 en 1875.
- Les extrêmes de la température pour la région ont été : 4 ',0 à Trappes, le 23 et 32°, 1 à’ Asnières et à Sevraii, le 7.
- La première gelée blanche de la saison a été signalée le 22 à Jouy-en-Josas et à Saint-Cloud.
- Les pluies, fréquentes et abondantes, appartiennent en majeure partie à la période fraîche. Du 9 au 20, il a plu tous les jours. Au total, on a recueilli, en i4 jours, au lieu de 12, nombre moyen, Go mm o d’eau dont i4 mm 5, soit presque le quart, ont été fournis par la seule journée du i5. Ce total est supérieur d’un peu plus de 25 pour xoo à la normale.
- Les extrêmes météorologiqties pour le mois de septembre.
- Mois le plus froid : 1912. moy. ii°,4 Mois le plus chaud : i865. moy. i9°,4 et eu 1776 (’!), écart : 47 ans et 8°.o
- La plus liasse température observée : et) 1877, o'.G La plus haute température observée : eo 1911, 35",8
- écart : 34 ans et 35",2 Mois le plus pluvieux : 1896, 118 mm 4 Mois le plus sec : )8g5. 0 mm 1
- Plus grand nombre de jours de pluie : 23 eu 1829 et 1856. Plus petit nombre de jours de pluie : 1 eu i8g5.
- Mois le plus couvert : 1927, nébulosité moy. 77 0/0 Mois le plus clair : i8q5, nébulosité moy. i4 0/0 Jours d’orage : 8 en 1894.
- Moyenne barométrique la plus basse :
- i83g, 751 mm 2 (niv. de la mer, 757 mm 6.)
- Moyenne barométrique la plus haute :
- i865, 761 mm 9 (niv. de la mer, 768 mm 3.).
- LA TEMPÉRATURE MOYENNE MENSUELLE DEPUIS UN SIÈCLE ET DEMI
- D’un travail sur la température du climat parisien et de celui du nord de l’Ile de France, que je viens d’achever, s’étendant depuis 1784 jusqu’à nos jours, et portant sur deux longues séries d’observations faites, la première, à Montdidier (Somme) cl la
- Saint-Maur), on peut retenir les résultats suivants quant à la variation de la température moyenne mensuelle pour chacun des mois de l’année.
- Les mois d’hiver qui étaient autrefois plus froids, sont devenus maintenant très chauds et, inversement, ceux d’été, de très chauds qu’ils étaient anciennement, sont devenus, aujourd’hui plus froids.
- Le tableau ci-dessous, le démontrera d’une façon évidente ainsi que le graphique.
- lq. 1. — Courbe des écarts de la
- deuxième, à Paris (Parc
- La hauteur totale de pluie recueillie à Montsouris, 70 mm 2, est supérieure de 46 pour 100 à la normale. La durée totale de chute, 4G h 5o m, est en excès de 57 pour 100 à la normale.
- La hauteur maxima en 24 h a été, pour Paris, 23 mm 5 au square Louis XYI et, pour les environs, 26 mm 5 à Saint-Cloud du i5 au 16.
- La grêle mélangée à la pluie, est tombée sur quelques points les 1/1, 17 et 20.
- Les brouillards quotidiens, ont été matinaux et généralement faibles; cependant ceux du 29 et du 3o, ont été épais et ont affecté la région entière.
- Les 8 et i5, le tonnerre a été entendu sur quelques points.
- Les i4, 18 et 20, orages sur presque toute la région.
- La durée de l’insolation, à l’observatoire de la tour Saint-Jacques, 201 h 3o m, est supérieure de 12 pour 100 à la normale.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 79,1 pour 100 et celle de la nébulosité de 54 pour 100. On y a constaté : 1 jour de gouttes; 3 jours d’orage et tonnerre ; 10 jours de brouillai'd ; i3 jours de brume; 16 jours de rosée.
- Température moyenne.
- Mois Pendant les 60 premières années Pendant les 60 dernières années Écart entre les deux périodes
- Novembre .... 5°,65 5°, 98 + o°,33
- Décembre 20,70 3°,33 + o°,63
- J anvier i°,i3 20,86 + x°,73
- Février 3°,23 3°, 78 + o°,55
- Mars 5°,5i 6°,33 + o° ,82
- Avril 90,55 90,60 + o°,o5
- Mai x4°,48 i3°,45 — i°,o3
- Juin i7°)4o i6°,46 — o°,94
- Juillet i9°,46 l8°,2I I°,25
- Août i8°,85 i7°,75 I°,IO
- Septembre .... i5°,65. i4°,8i — o°,84
- Octobre io°,63 io°,i8 — o°,45
- Moyenne générale. io°,35 IO°,23 O0,I2
- De novembre à avril, la moyenne des écarts positifs est di o°,68 et de mai à octobre, celle des écarts négatifs est de o",93. Em. Roger.
- Membre de la Société Météorologique de France.
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- = L'AUTOMOBILE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- LES AVERTISSEURS ET LA SÉCURITÉ
- L’usage des avertisseurs sonores est désormais interdit la nuit dans les grandes villes ; la plupart des conducteurs s’efforcent, même pendant le jour, de se servir le moins possible de leurs klaxons. Ce silence relatif est bien accueilli des habitants des villes dont il ménage les tympans fatigués, mais accroît-il la sécurité ?
- Les débutants craintifs font un usage immodéré du klaxon ; ils s’imaginent qu’il est indispensable d’avertir une ou deux fois avant chaque croisement, ou lorsqu’on va dépasser un piéton.
- En réalité, l'usage de l’avertisseur augmente la sécurité, mais il ne L’assure pas. Ce qu’il faut, avant tout et en toutes circonstances, c’est régler sa vitesse de façon à demeurer toujours maître de son véhicule. 11 ne sert à rien d’avertir à un croisement si la vitesse de la voiture est trop grande pour permettre un arrêt immédiat; un avertissement trop bruyant et trop soudain aggrave même parfois le danger.
- Il en est ainsi lorsqu’on veut dépasser un enfant, une personne nerveuse, ou un animal, un chien, par exemple. La plupart du temps, en conduisant avec prudence, il est possible d’éviter l’usage de l’avertisseur, même dans les villes, sans compromettre en rien la sécurité.
- Ceci ne veut pas dire évidemment que dans un croisement, à visibilité défectueuse, dépourvu de signal lumineux automatique, on ne doive pas annoncer son passage suffisamment, à temps.
- Nous avons étudié dans une récente chronique l’emploi des signaux lumineux de nuit pour la circulation dans les villes. Le choix pour le conducteur n’est plus facultatif, d’ailleurs, puisqu’il existe à ce sujet une réglementation dans la plupart des villes; mais, même sur route, l’emploi des signaux lumineux peut être préférable la nuit à celui des signaux sonores. Il en est ainsi, par exemple, lorsqu’on veut dépasser un camion bruyant. Malgré l’emploi d’amplificateurs de sons plus ou moins efficaces, le conducteur du camion peut percevoir difficilement l’appel sonore de la voilure qui veut le dépasser; au contraire, un signal lumineux rapide attire plus sûrement son attention.
- LE MOTEUR DIESEL LÉGER D'AUTOMOBILE
- Nous avons déjà indiqué les avantages des moteurs Diesel
- légers pour les camions ou même les automobiles de tourisme , et donné quelques indications sur les premiers modèles réalisés. Rappelons que ces moteurs brûlent du gasoil, d’un prix de vente moins élevé que celui de l’essence, et que grâce à leur taux de compression extrêmement, élevé, ils brûlent ce combustible avec un rendement supérieur à celui
- du moteur à explosion ; ils ont donc une consommation très économique.
- La Société Citroën vient de présenter un petit moteur Diesel fort remarquable; c’est, probablement, le plus petit du monde, avec i 1 77G de cylindrée seulement.
- Il est à 4 cylindres de 7b mm d’alésage; sa puissance fiscale n’est que de 7 ch, mais sa puissance effective de !\o cb. Sa vitesse de régime est de 3.5oo tours-minute, sa vitesse au ralenti de 35o tours seulement, et son poids de quelque aoo kgr.
- L’alimentation s’effectue par injection directe avec plusieurs filtres intercalés, et la mise en roule est obtenue immédiatement, au gasoil, grâce à un système de réchauffage de la chambre de combustion.
- La consommation sur les camionnettes est, de 7 à 10 1 aux joo km, suivant la charge, ce qui assure une économie très importante.
- Un grand nombre de ces moteurs ont été mis en service dans ces derniers mois.
- UN ACCESSOIRE UTILE D ALIMENTATION D’ESSENCE
- La plupart des voitures modernes sont munies d’un réscr-vo:r d’essence à l’arrière du châssis; l’alimentation du carburateur est alors obtenue par une pompe mécanique ou électrique.
- Un phénomène assez curieux vient parfois interrompre le fonctionnement, normal de la pompe, c’est le blocage par vapeur, ou vapor-lock. 11 est dû à la formation de poches de vapeurs d’essence dans le circuit d’alimentation, sous l’effet, de l’élévation de température créée à l’intérieur du capot par l’échauffemehi du moteur; la circulation d’essence est interrompue et, le moteur s’arrête.
- On supprime ce phénomène en refroidissant simplement la pompe, au moyen d’eau froide par exemple, mais la panne, si elle n’est pas grave, n’en est pas moins gênante.
- Un petit accessoire ingénieux, intercalé facilement dans le circuit d’alimentation, permet d’éviter cet inconvénient. En cas de blocage, il alimente normalement le carburateur el aspire les vapeurs d’essence de la pompe qu’il dirige vers le1; cylindres. Il est relié à cet effet par son extrémité inférieure au tuyau d’arrivée d’essence, et, par son extrémité supérieure, à la pipe d’admission du moteur, où règne la dépression.
- Comme le montre le schéma de la figure 1, il comporte un réservoir et un pointeau commandé par un flotteur ; ce pointeau ouvre ou obture la communication avec la tuyauterie d’admission. A la partie supérieure se trouvent une bille-soupape en communication avec l’atmosphère, et à la partie inférieure un clapet supprimant l’effet de la dépression du moteur sur le carburateur.
- Quand le phénomène de blocage par la vapeur se produit, le débit de la pompe est insuffisant, la soupape supérieure n’est plus soumise à la pression d’alimentation, elle s’ouvre et met ainsi l’intérieur du système en communication avec l’atmosphère. L’essence contenue dans le réservoir s’écoule directement dans le carburateur. , ,
- Le.niveau d’essence s’abaisse alors et entraîne le flotteur. Ce dernier actionne le déclic du. pointeau de l’ajutage de dépression. Les vapeurs contenues dans les tuyauteries et la pompe à essence sont aspirées ; de l’essence à température
- Fig. 1. — Dispositif « Anti-Vapor-Loclc ». Técalémit.
- Ajutage a /a dépression
- A, pointeau
- C, Flotteur
- D, ni veau
- F, clapet
- G, bille soupape
- E,cuve
- Raccord du carburateur
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- Fig. 2. — Nouveau poste Auto-Radio Philips type monobloc avec haut-parleur incorporé.
- Vue (l'ensemble : détails du mode de fixation par un seul boulon ; construction spéciale des bords du boîtier, assurant une protection électrique
- complète.
- moins élevée arrive à la pompe qui est refroidie automatiquement et reprend son fonctionnement normal.
- Le niveau d’essence remonte donc dans le réservoir auxiliaire, le llolleur s’élève, le pointeau obture l’ajutage de dépression, et l’ordre normal est rétabli.
- S’il y a panne, par suite d’arrêt, complet de la pompe à essence, le système fonctionne, tout au moins pr<>\ isoirement, comme un élévateur d’essence, et peut (dors servir à gagner le plus prochain garage.
- L’été, et loules les fois que la pompe est soumise à une leinpéralure plus élevée, le démarrage est rendu plus facile et l’amorçage de la pompe automatique. Ce dispositif est, d’ailleurs, simple et peu coûteux.
- LES PERFECTIONNEMENTS DES POSTES DE T. S. F.
- POUR AUTOMOBILES
- Les récepteurs de T. S. F. d'automobiles sont on grande vogue aux Étals-Unis, où l’on compte plus de 4 millions d'appareils en service; les appareils de ce genre n’ont pas rencontré en France la même faveur. Les premiers appareils étaient, i> est vrai, de construction couranie, et n’étaient pas parfaitement adaptés à celle application spéciale. La pratique a dégagé peu à peu les caractéristiques nécessaires à un bon récepteur d’automobile.
- Dans les premiers appareils utilisés sur automobile, les organes de transformation du courant de l’accumulateur de la voiture pour l’alimentation-plaque des lampes de T. S. F. et le haut-parleur, étaient séparés du récepteur lui-même ; l'installation était donc encombrante et compliquée.
- Voici un nouvel appareil qui présente à cet égard de grandes simplifications, tout en assurant un excellent fonctionnement. Toute l’installation, avec le haut-parleur, le bloc vibreur d’alimentation, les filtres de déparasitage, etc., est contenue dans un boîtier métallique de dimensions très réduites, ig x xg x ?./| cm, comme le montre la figure 2.
- Le montage de l’installation devient ainsi simple et rapide. Le bloc récepteur, avec son haut-parleur incorporé, est fixé au tablier de la voiture à l’aide d’un seul boulon ; le boîtier est, d’ailleurs, muni d’une tête de connexion orientable, qui permet de fixer commodément les câbles de commande dans tous les cas. L’accès du châssis reste aisé, il suffît de rabattre les deux côtés de la boîte pour vérifier ou remplacer les lampes.
- Cet appareil présente encore un autre avantage essentiel du point de vue radio-électrique. Il était autrefois indispensable, avec les appareils ordinaires d’établir une installation anti-parasite complète sur l’automobile, au moyen de capacités en shunt sur les appareils d’éclairage et de démarrage, de résistances en série sur les bougies, ou encore de blindages séparant le récepteur du moteur. Avec ce système de bloc-central renfermant des filtres anti-parasites incorporés, tous les anti-parasites extérieurs sont superflus.
- Le récepteur est entouré d’un boîtier absolument étanche aux perturbations électriques. Les oscillations parasites engendrées par la dynamo, le système d’allumage, le rupteur, etc. sont arrêtées ou absorbées dans l’appareil. La suppression des résistances de bougies présente l’avantage d’éviter des troubles possibles dans l’allumage (fig. 3).
- Seul le système, de commande et de réglage est extérieur; I cadran de recherches peut être monté en différents endroits de la voiture ou sur la barre de direction, mais il ne comporte que deux boutons, l’un servant au réglage des condensateurs variables, l’autre à la détermination du volume sonore.
- Le bouton ordinaire de commutation des gammes d’ondes est, remplacé par deux boutons poussoirs, un pour chaque gamme de longueurs d’onde. Ces boutons ferment, le circuit d’un relais électro-mécanique actionnant un commutateur de longueurs d’onde couplé mécaniquement d’une façon très ingénieuse à son armature.
- Le montage radio-électrique lui-même est très sensible, beaucoup plus même que celui d’un poste récepteur fixe usuel. On peut ainsi compenser l’insuffisance de rendement de l’antenne et avoir une grande réserve de puissance, soit pour atténuer les effets du fading, soit pour diminuer l'importance des variations dues aux effets des obstacles environnants, immeubles élevés, masses métalliques, ponts, etc.
- Les conditions acoustiques de l’audition dans l’automobile dépendent de la carrosserie, et les bruits extérieurs, tels que vom-brissements du moteur, bruits de la rue, sifflement du vent, bruissement de la pluie, peuvent gêner l’audition. Il y a donc intérêt à pouvoir faire varier la tonalité générale de
- Fig. 3. — Filtres antiparasites incorporés dans le boîtier de l’appareil « Auto-Radio » et relais de commutation servant à la télécommande électrique du combinateur des gammes de longueur d’onde.
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- Fig. 4. — Balai pour éviter la buée.
- l’audition, suivant la nature des bruits de fond. A cet effet, l’appareil est muni d’un dispositif de variation de la tonalité plus efficace et plus souple que celui d’un appareil ordinaire.
- Le prix de revient de cet appareil spécial n’est pas plus élevé que celui
- d’un appareil quelconque, de montage radio-électrique correspondant. On voil cependant comment la construction de ces appareils spéciaux a pu être perfectionnée, et les services qu’ils peuvent rendre désormais aux automobilistes.
- DISPOSITIF SIMPLE CONTRE LA BUEE
- De nombreux moyens ont été proposés pour éviter la buée sur les glaces ; ies plus simples sont encore les plus sûrs. Indiquons donc ici un balai mobile avec raclette en caoutchouc qui se place sur la face intérieure du pare-brise au moyen d’une ventouse en caoutchouc. Lorsque la buée se forme à l’intérieur de la voiture le conducteur manœuvre la raclette à la main et peut ainsi nettoyer la glace pour rétablir la visibilité (fig. 4).
- Fig. S. — Détail du carburateur Gyros.
- Gicleur de ralenti
- Vis de correction du gicleur de puissance
- Gicleur du starter
- Vis de réglage du pointeau
- Commande du starter
- Arrivée
- d’essence
- décantation
- Vis de vidange de la cuve a décantation
- Papillon
- hélicoïdal
- Vis de réglage du ralenti
- du papillon
- NOUVEAU CARBURATEUR ORIGINAL
- Il y a déjà de très nombreux systèmes de carburateurs ; voici un modèle nouveau qui semble encore présenter des particularités originales.
- Il comporte, comme le montre la figure 5, une cuve à niveau constant circulaire, placée directement au-dessus et clans l’axe de la tubulure verticale. Sous la cuve sont ménagées des ailettes fixes, analogues à celles d’un ventilateur, destinées à canaliser l’air pénétrant dans l’appareil.
- Au moment de l’aspiration du moteur, ces ailettes déterminent un mouvement rapide tourbillonnaire entretenu par un papillon hélicoïdal remplaçant le papillon plan habituel. Le gicleur principal débouche dans l’axe de ce mouvement tourbillonnaire qui s’effectue donc dans une zone de dépression importante.
- L’appel d’essence est obtenu par un orifice ne réduisant pas la tubulure, et on évite l’étranglement des appareils habituels destiné à augmenter la vitesse du gaz près du gicleur. On peut ainsi diminuer la dépression dans la tubulure d’admission et faciliter l’amorçage du gicleur principal.
- Un filtre à air entoure entièrement l’appareil. Il protège l’entrée d’air principale, celles du ralenti, du starter, et d’émulsion du grand gicleur. Il supprime encore les dangers d’incendie par suite d’un retour de flammes au carburateur. La cuve ordinaire à niveau constant comprend une cuve auxiliaire à décantation contenue dans la première, qui permet de contrôler le réglage du niveau d’essence, même le moteur étant en marche.
- Une vis de correction, placée sur l’écrou de fermeture et facilement accessible, permet de faire varier le réglage sans démontage et de donner un réglage puissant pour la route, un réglage économique pour la ville ou la promenade.
- Tous les organes sont accessibles, l’appareil tout entier est démontable à la main, sans aucun outil ; chaque organe du gicleur peut être atteint isolément et par-dessus.
- L’appareil, enfin, assure un départ rapide par tous les temps, grâce au starter qui est un véritable petit carburateur indépendant ; il débite un mélange émulsionné qui ne peut laver les cylindres et entraver leur lubrification normale.
- AMPLIFICATEUR DE SONS
- L’emploi des amplificateurs de sons est, obligatoire sur les poids lourds, mais beaucoup d’usagers hésitent devant les appareils électro-acoustiques, parce qu’ils craignent leur complexité et leur fragilité.
- Le système nouveau représenté sur la figure 6 paraît ne pas avoir ces inconvénients. Il est à la fois sensible, robuste et étanche; scs organes intérieurs sont protégés contre les intempéries, les chocs, la poussière, les jels d’eau de lavage, par un couvercle en tôle perforé.
- Le montage est rapide et l’appareil est très simple au point de vue électrique.
- Il comporte, en effet, comme capteur de sons disposé à l’arrière de la voiture, un mi-
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- Fig. 7. — Montage d'un tuyau de caoutchouc avec un t>vY)htTnrhf\iv h umilip.rs.
- Fig. 8. — Adaptation de tubes en carton sur des phares.
- eroplione spécial robuste, dont la plaque sensible est reliée au centre d’un disque métallique possédant une fréquence propre de vibrations voisine de celle des avertisseurs d’automobiles courants. Une membrane conique disposée au fond d’un boîtier en tôle de forme tronconique est reliée au centre de ce disque, et l’ensemble joue à la fois le rôle de collec-teur et de sélecteur de sons.
- Le récepteur, disposé à côté du conducteur, est constitué simplement par un haut-parleur électro-dynamique de type ordinaire, qui reproduit les vibrations sonores sélectionnées par le capteur de sons.
- Toute l’installation est alimentée par la batterie d’accumulateurs de la voiture, d’une tension de 6 à 12 v. La consommation varie de o,Go à o,G5 À pour 12 v, et de o,85 à 0,90 A pour G v.
- POUR MONTER DES TUBES EN CAOUTCHOUC SUR LES TUYAUTERIES
- Lorsqu’on démonte des tubes en caoutchouc de gros diamètre, ceux de la circulation d’eau, par exemple, il est souvent difficile de les remonter à la main, par suite de leur rigidité due à l’épaisseur des toiles.
- On peut faciliter l’opération, comme le montre la figure 7, en utilisant un embauchoir du type employé pour les souliers. Pendant qu’on tient l’instrument de la main droite,
- Fig. 6. — Schéma de montage de l’amplificateur de sons Chausson pour poids lourds.
- Capteur
- Ecouteur
- Masse
- Masse
- Allumage par magnéto ou diesel
- Allumage batterie et bobine
- FU allant à
- Tirette de contact du tableau de bord
- \ lnterrupfrà
- Masse s Intercaler dans I t le circuit
- Batterie
- Batterie
- on enfonce le tuyau sur le tube métallique, en mouillant légèrement, s’il y a lieu, pour faciliter le glissement.
- POUR LOCALISER LA DÉCHIRURE D'UNE ENVELOPPE PNEUMATIQUE
- Cerlaincs petites déchirures produites dans l’épaisseur d’une enveloppe pneumatique, par une petite pointe, une épingle, ou une aiguille, par exemple, sont difficiles à localiser par un simple examen visuel. Il est pourtant indispensable de déterminer la position de la pointe et d’enlever celle-ci, car elle causerait, par la suite, de nouvelles déchirures de la chambre à air.
- Pour faciliter cette recherche, on prendra un tampon de coton hydrophile léger et on le déplacera à la main à l’intérieur de l’enveloppe. Une petite masse de coton s’agglomère autour de la pointe métallique et indique ainsi sa position.
- POUR AMÉLIORER L’ÉCLAIRAGE DE LA ROUTE
- L’éclairage des phares par temps de pluie ou de brouillard peut être parfois amélioré très simplement en disposant autour de la partie cylindrique, en avant des glaces, deux tubes en carton, liés à la rigueur autour du phare et formant des sortes de para-soleils cylindriques qui réduisent l’ouverture du faisceau. Cette concentration lumineuse semble favorable à la portée de l’éclairage (fig. 8).
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Poste auto-radio-Philips 2, Cité Paradis, Paris.
- Carburateur Gyros, Brissonnct, 2, rue Charles Renouvicr, Paris (20e).
- Anti-Vapor Lock, Société Técalémit, 18, rue Brunei, Paris (17e).
- Balais pour buée, Accessoires Auto-Lux, 10 bis, rue d’Issv, Billancourt (Seine).
- Amplificateur de sons, Établissements Gilbert Lan Fernier, 2.4, rue Camille-Pelletan, Levallois (Seine).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- à la surface du plâtre ordinaire sec qu’on laisse un jour ou NETTOYAGE D'UN CARRELAGE deux en contact, puis remplace à deux ou trois reprises par
- du plâtre neuf.
- Il ne reste ensuite qu’à lessiver à l’eau seconde des peintres Pour faire disparaître les taches d’huile sur un carrelage, il (lessive de soude caustique à 5° Baumé) et finalement à rincer
- faut d’abord en absorber la plus grande partie en répandant à l’eau tiède.
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- COMMUNICATIONS A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o août 1907.
- La séro-anatoxitbérapie. — M. Ramon présente le principe <runo thérapeutique nouvelle des toxi-infeclions, le tétanos ou la diphtérie, par exemple. L’anatoxine provoque l'immunité, mais celle-ci est trop longue à s’établir pour parer à une infection qui évolue déjà, rendant nécessaire l’utilisation de sérums contenant des antitoxines dont, par contre, l’effet est trop court et rend indispensables des injections répétées, laissant place à des rechutes ou récidives. L’auteur a eu l’idée d’associer les deux traitements en injectant une dose massive de sérum et des doses plus taibles et répétées, s’il est nécessaire, d’anatoxine. On peut ainsi supprimer les injections répétées de sérums et éviter les complications ultérieures de l’inleclion. L’expérience a prouvé que les réactions allergiques dues aux anatoxines sont rares pour l’anatoxine diphtérique et rarissimes pour l’anatoxine tétanique. Une purification peut d’ailleurs en diminuer la fréquence et l’intensité.
- Séance du i3 septembre 1937.
- Le bore dans les potasses d’Alsace. — M. Gabriel Bertrand a dosé le bore dans la sylvinite des diverses couches des gisements ; il a trouvé des teneurs variant de 1 à 10 mgr par kilogramme ; les teneurs les plus élevées se lencontrent dans les couches colorées en rouge et surtout eu gris. L’auteur a ainsi été amené à penser que le bore provient, non seulement de l’évaporation des eaux, mais aussi et surtout de la pénétration dans la sylvinite des couches d’argiles colorées voisines. La teneur en bore de ces dernières est en effet de 5o à 260 mgr par kilogramme. Le bore étant maintenant reconnu comme un élément nécessaire aux plantes, celte élude montre l’intérêt qu’il y aurait à réaliser des mélanges des sylviniles des différentes couches pour obtenir le rapport bore/polassium optimum pour la végétation.
- Lames déferlantes. — Poursuivant ses études sur les lames déferlant contre un obstacle, M. Pétry expose que les vitesses verticales mesurées et atteignant 77 m/sec s’accordent mal avec les effets d’une simple réflexion contre la paroi. Il faut en rechercher la cause dans les masses d’air comprimées entre la volute et le corps de la lame. Cet air s’échappe après le choc dans la direction de moindre résistance, c’est-à-dire vers le haut, pulvérisant et projetant sous forme d’embrun la crête de la lame.
- Séance du 20 septembre 1937.
- Le silicium dans les aciers. — M. Charpy fait la critique du dosage du silicium dans les aciers par dissolution du métal dans un mélange d’acides sulfurique et azotique, concentration, filtration et pesée du résidu. Le poids de celui-ci peut, en effet, être augmenté par la silice provenant des vases de verre et par les poussières émanées des bains de sable.
- De plus, le résidu peut contenir de l’alumine incolore ou d’antres oxydes métalliques plus faciles à déceler par la coloration donnée au résidu. 11 y a donc lieu de faire une correction en déduisant du poids de la silice celui du résidu obtenu après traitement à l’acide lluorliydrique et même, éventuellement, de 11e doser que le silicium non oxydé contenu dans le métal • en réalisant la première attaque par le chlore gazeux. Si on tient compte de ces corrections, les résultats de l’analyse sent souvent largement modifiés dans le sens d’une forte diminution du silicium jugé nuisible. Beaucoup de cahiers des charges imposent aux aciers une teneur limite en silicium, il serait logique qu’ils précisent la méthode analytique devant servir à la mesurer.
- Le diacétyle dans les beurres. — Le diacétyle est un constituant normal des beurres et un facteur important de leur arôme. Les améliorants étant interdits par la loi du 2 juillet 1935 et le diacétyle pouvant être utilisé comme tel, il est utile de connaître la quantité normale contenue dans les beurres naturels. Ce composé est habituellement accompagné de quantités plus importantes d’acétylméthyl-earbinol pratiquement dépourvu de goût. MM. Bmoux et Jouis indiquent que, sans que la règle, soit absolue, les deux teneurs varient parallèlement d’un échantillon à l’autre. Les crèmes sont plus riches que les beurres en diacétyle, celui-ci passant en grande partie dans le babeurre, la portion restant dans le beurre disparaît petit à petit, probablement par réduction ou évaporation. Des analyses effectuées sur des beurres normands montrent que la teneur en diacétyle est en général inférieure à o mgr 5 par kilogramme. Les beurres de première qualité, obtenus dans les laiteries coopératives ou industrielles, accusent souvent une teneur allant jusqu’à 1 mgr 5 et exceptionnellement 2 mgr. 5. La teneur en acétylméthylcarbinol varie entre 1 mgr 3 à 69 mgr 1 cl est en général voisine de 25 mgr.
- Séance du 27 septembre 1937.
- Mesure de l’état électrique des isolants. — Tout corps électrisé crée autour de lui un champ dépendant de multiples facteurs et en particulier des masses environnantes. Tout mouvement d’une masse métallique voisine modifie l’état électrique d’une électrode placée en un point quelconque du champ. O11 peut mesurer ses variations de potentiel par un amplificateur à lampes sensible. En opérant ainsi, MM. Dupin et Sacré ont pu vérifier que les corps isolants, le caoutchouc en particulier, se chargent sous la moindre influence (agitation ou frottement) de quantités d’électricité correspondant à des potentiels pouvant atteindre plusieurs centaines de volts. Ils peuvent ainsi provoquer des perturbations dans le fonctionnement des appareils voisins et, en particulier, dans celui d’amplificateurs à lampes. Il est probable que les vêtements caoutchoutés se chargent ainsi, produisant un véritable bain électrique pour les personnes qui les portent. Il serait utile de Aurifier s’il n’en résulte pas Aine action physiologique bonne ou mauvaise.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Raies d’absorption dans les spectres stellaires, par
- I*. Lacroute. 1 vol., 92 p. Hermann et Cie, Paris, 1937,
- Prix : 20 francs.
- 1.'étude des spectres stellaires est un des problèmes les plus importants et les plus difficiles de l’astrophysique ; l’interprétation de ces spectres à l’aide des théories électroniques et quantiques, leur reproduction au laboratoire permettent, dans une large mesure, de pénétrer la structure du monde sidéral et d’en suivre l’évolution. M. Lacroute, à qui l’on doit d’importants travaux personnels sur la question, expose ici les idées actuelles sur la formation des raies d’absorption observées dans les étoiles et examine dans quelle mesure ces idées permettent de comprendre les résultats des observations. Cette heureuso mise au point de l’état actuel d’une question très touffue constitue, par son effort de classification et de s>slématisaLiou ainsi que par sa documentation très complète, un excellent instrument de recherche et de travail.
- Thermodynamique et métallurgie, par L. Grenet.
- 1 vol., 222 p., 50 lig. Ch. Béranger, Paris, 1937. Prix :
- 00 francs.
- La thermodynamique a trouvé en chimie et en chimie physique un domaine d'applications fort important ; ses lois très générales permettent de prévoir, en effet, l’évolution des systèmes et constituent un guide précieux pour l’étude des phénomènes toujours compliqués que révèle l’observation. Après avoir rappelé, sous une forme très claire et souvent très originale, les principes et les lois essentielles de la thermodynamique physico-chimique, l’auteur en fait l’application à un certain nombre d’exemples industriels et métallurgiques qu’il a eu l’occasion d’étudier de très près, au laboratoire et à l’atelier : combustions, réduction de l’oxyde de fer par le carbone a,u haut fourneau, désoxydation et affinage des métaux, réac-(ions des bains métalliques, calcul de l’oxygène dissous dans l’acier, constitution des alliages, phénomènes de trempe, diagrammes d’équilibre. On trouvera dans les pages consacrées à ces sujets des analyses pénétrantes des phénomènes observés et une utile mise en garde contre l’emploi aveugle de la théorie pure.
- Les moteurs Diesel à grande vitesse, par P. M. Hei.dt.
- Traduit et adapté do l’anglais, par 11. Petit (2° édition). 1 vol.
- illustré, 564 p. Dunod, Parfis, 1937.
- Depuis la première édition de ce livre, également traduite-par M. H. Petit, la technique du moteur Diesel à grande vitesse a évolué très rapidement et a exigé une iefonle presque complète de l’ouvrage. C’est donc un traité nouveau qui est présenté au public et qui le mettra entièrement au courant des développements importants pris en ces dernières années par le moteur Diesel rapide, autrement dit par le moteur Diesel léger. Lu recherche des économies de carburant impose en effet ce type de moteur dans les véhicules utilitaires : camions, locomotives, navires ; aussi a-t-il fait l’objet de recherches approfondies poursuivies en tous pays ; des progrès techniques très importants ont été réalisés ; on en trouvera l’exposé complet dans le présent ouvrage. Après le rappel des notions de thermodynamique indispensables pour comprendre le, mécanisme du moteur Diesel et une étude rapide des combustibles pour Diesel, l’auteur aborde les problèmes capitaux il u moteur rapide : la pulvérisation et l’injection du combustible.. avec le résumé des études expérimentales faites sur la question en Amérique et en Angleterre ; les chambres de précombustion, les .mécanismes de turbulence et les chambres auxiliaires, il décrit en même temps les principales réalisations connues. Il étudie ensuite le moteur à deux temps, donne un aperçu du problème du moteur Diesel d’aviation et du moteur Diesel de locomotive. Quelques pages sur divers détails de construction, sur la mise en route et sur l’entretien du moteur terminent cet utile ouvrage que M. Petit a complété par un intéressant chapitre sur les progrès récents de la construction française dans ce domaine.
- L’homme, l’électricité, ta vie. 1 broch. illustrée, 66 p. Editée pour la classe 17 bis de l’Exposition Internationale de Paris, par Arts et Métiers graphiques. Paris, 1937.
- Cette brochure luxueuse, magnifiquement illustrée et d’une originale typographie., constitue un splendide document iconographique à la gloire de l’électricité et de ses applications. Notons en particulier les reproductions en couleurs du beau
- tableau de Dufy qui orne le Palais de la Lumière à l’Exposition. Des. techniciens et des spécialistes autorisés, MM. Male-garo, Detœuf, Ch. François, R. Dautry, J. Sclz, P. Recht, M. Raynal, M. Courtine, A. Lejard, résument en petits articles frappants les principaux services que l’électricité rend à l'homme. Un poète, L. P. Largue, nous dit, mais en prose, l’heureux concours que la lumière électrique a apporté à l’art décoratif et à l’esthéliquc des intérieurs modernes.
- Les maisons des hommes (de la hutte au gratte= ciel), par A. Demanueon et A. Weileu. 1 vol. illustré, 128 p. Collection « La joie de connaître ». Édition Bourrelier et Ci0, 76, rue de Vaugirard, Paris, 1937. Prix broché : 10 francs.
- L’extrême variété des maisons qui se rencontrent sur noire globe justifie une étude raisonnée dont cet intéressant ouvrage indique les grandes lignes. Observer a Laide de photographies et de plans les différentes formes des habitations, en rechercher les causes, connaître la façon dont elles ont été construites, les matériaux employés, leurs utilisations par les habitants, tel est Je but qu’il poursuit.
- Que d’observations en cours de route, que de questions soulevées en passant de la case du nègre au gratte-ciel du nouveau monde, de l’iglou des esquimaux à la maison de bambou des Japonais. Voilà de la géographie vivante !
- L’ingénieur, par R. Grandmaître. 1 vol, 126 p. Ch. Bérin-ger, éditeur, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- L’auteur, ingénieur belge, dit éloquemment la grandeur et l’utilité du rôle des ingénieurs ; ils étudient leur formation dans les principaux pays d’Europe ; il donne ensuite les sages réflexions que lui a suggérées sa carrière sur le caractère qu’il convient de donner à cette formation, il montre la nécessité d’une culture générale et celle d’une culture scientifique réelle dans laquelle l’étude des théories explicatives cède le pas à l'étude des faits et des lois ; notons aussi d’intéressants exposés sur la protection du titre et de la profession d’ingénieur.
- Paquebots, cargos et chalutiers, par Marc Benoist.
- 1 vol. in-8, 182 p., fig. Collection « La France vivante ». J. de Gigord, Paris, 1937. Prix : 15 francs.
- Remarquable et très vivante évocation de l’activité de la iiiarine de commerce et des pêches. Le lecteur passe du bureau de l’armateur à celui du courtier, fait connaissance du capitaine, de l’équipage, puis s’instruit des voiliers, des paquebots, des cargos, des navires spéciaux, bananiers et pétroliers. Viennent ensuite les pêches : baleine, morue, hareng, sardine, thon et les bateaux si variés qui s’y livrent. D’exeellentes et nombreuses photographies agrémentent cette initiation.
- La tannerie (tome 11), par Louis Meunier et Cl. Vanev.
- 1 vol., 542 j)., 120 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1937. Prix : 90 francs.
- La publication du tome II de la tannerie complète la réédition de cet excellent traité technique, entièrement remanié, avec la collaboration de spécialistes autorisés, MM. Cham-bard, Jamet, Gaslellier et Roos, professeurs à l’École française de tannerie à Lyon, pour tenir compte des progrès accomplis en ces dernières années dans les différentes branches de la tannerie. Ce. volume débute par l’étude du commerce des peaux dans le monde entier ; on y trouve l’état de la production et la liste des spécialités des divers pays producteurs, ainsi que les différents modes de classement des qualités commerciales suivant les pays. Le chapitre suivant est consacré à la description détaillée des outils et du matériel de tannerie. On trouve ensuite, l’étude de la teinture et des apprêts du cuir, celle des extraits tannants, puis les différentes méthodes actuelles de tannage, et enfin des compléments sur l’examen microscopique des peaux et cuirs.
- Prospecçao magnetica no norte de Santa Catha= rina, par Malamphy, Souza et Amaral. Serviço geologico e minoralogico Rio de Janeiro. Boletim, n° 85, 24 p., 23 fig.
- Premier essai d’application des méthodes géophysiques de prospections à la recherche pétrolifère, au Brésil. Les investigations ont porté sur un espace d’environ 10.000 km2, à la limite de l’État de Parana et de l’État de Santa» Catharina. Sur les itinéraires choisis, les intensités horizontales et verticales ont été mesurées chaque kilomètre, au moyen de magné-tomètres Askania ; d’importantes anomalies ont été consta-
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- lées ; diverses hypothèses ont été proposées pour les expliquer.
- O Cretaceo de Sergipe, par Maury. Monographias do Seroiço geologico e mincralogico. Rio de Janeiro. Monogr. xi. 1936. 1 vol., 283 p., 6 tableaux hors texte et 1 atlas.
- Les dépôts crétaciques de l’État de Sergipe (Brésil) appartiennent à l’Albien moyen, au Turonien inférieur et au Mæs-Irichtien ; ils sont très fossilifères. Après un exposé strati-graphique sommaire et une comparaison des formations crétaciques du Brésil avec celles du Venezuela, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou, du Mexique et du Texas, l’auteur étudie en détail les formes fossiles : quelques algues calcaires, un poisson ganoïde, de nombreux lamellibranches, gastropodes, céphalopodes, échinodermes. Les foraminifères sont à peine représentés.
- La vigne et le vin. Numéro spécial de la Revue des Agriculteurs de France, 116 p., ligures en noir et en couleurs, 8, rue d’Athènes, Paris.
- Éditée à l'occasion de .l'Exposition internationale, cette somptueuse publication réunit les noms les plus connus, les illustrations les plus heureuses g la gloire des grands vins de France. Chaque vignoble est décrit et loué, l’organisation professionnelle expliquée eL les dernières pages sont consacrées au vin inspirateur des arts.
- Plantes médicinales de France. 17e série. 8 pi. en couleurs. Centre de documentation sur les plantes médicinales, Paris, 1937. Prix : 5 francs.
- Le Centre édite une nouvelle série de planches en couleurs, avec texte au verso, représentant l’olivier, le garou et les daphnes, les potentilles et le fraisier, la benoîte et l’aigre-moine, les ciguës, l’œnanthe safranéc, la bétoine et les ger-mandrées, le safran et l’ail.
- La cueillette des plantes médicinales, par E. Perrot et M. Euriat. 1 broch. in-8, 52 p. Centre de documentation sur les plantes médicinales, Paris, 1937. Prix : 6 francs. M. le professeur Perrot, directeur du Centre, rappelle le développement de la cueillette des plantes médicinales en France, puis M. Euriat, instituteur à Saint-Maurice-sur-Moselle, conte comment il a pu embellir et enrichir son école en apprenant à ses élèves à cueillir les plantes sauvages, puis en organisant leur vente coopérative. Bel exemple d’initiative à imiter.
- Discovery Reports. Volume XIV, 1 vol. in-4°, 404 p., 279 fig., 5 pi. Cambridge University Press, London, 1937. Prix : 2 £ 15 sh.
- On sait qu’une série continue d’expéditions dans l’Atlantique austral est organisée par le « Discovery Committee », notamment dans le but de connaître la biologie des baleines qu’on sèche activement dans tout l’Antarctique. Ces croisières et les observations à terre à la Géorgie du Sud ont fourni une masse de données nouvelles, hydrographiques et zoologiques que les « Discovery Reports » publient progressivement. Voici le 14e volume tout entier consacré aux Crustacés. M. Gurney, continuant l’étude des larves de Décapodes, encore si mal connues qu’il est difficile d’identifier celles qu’on rencontre, s’attaque à celle des Hippolytidés et en rapproche les formes voisines qu’on a déjà décrites, sans aboutir encore à un classement certain. Les trois autres mémoires sont tous consacrés à Euphansia, le « Krill » des baleiniers, nourriture des grands Cétacés. M. Fraser suit le développement, les stades larvaires de l’espèce E. superba, de beaucoup la plus abondante ; elle se développe en deux ans ; les œufs et les premières formes vivent en eau profonde ; les suivantes se trouvent en eau chaude profonde ou en eau froide de surface, avec des migrations verticales diurnes ; enfin les jeunes sont constamment en surface, si bien qu’on doit admettre un large déplacement selon la saison et l’âge. M. Dilwyn John décrit les dix espèces d’Euphansia de l’Antarctique et reconnaît les larves de cinq d’entre elles. Mme Hélène Bargmann étudie les sexes, les organes reproducteurs, la fécondation chez E. superba.
- Atlas de poche des principaux produits marins rencontrés sur les marchés du Maroc, par
- A. Gruvel et W. Besnard. 1 vol. in-16, 217 p., 127 fig. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1937. Prix cartonné : 18 francs.
- Petit guide très simple écrit pour aider le personnel du service des pêches et les pêcheurs du Maroc à reconnaître les poissons et crustacés comestibles et à les dénommer exacte-
- ment. line table donne la correspondance des noms latins, français, espagnols, portugais, arabes et clileuh.
- La vie des animaux sauvages du Cameroun, par
- le l)r ÉMii.E Gromier. 1 vol. in-8, 276 p., 39 lig. hors texte.
- Bibliothèque géographique. Payot, Paris, 1937. Prix :
- 36 francs.
- Voici dans la même collection le troisième volume de l’auteur sur les animaux sauvages d’Afrique. Cette fois, c’est le récit d’une grande randonnée à travers la forêt tropicale primitive du Cameroun et sur sa lisière nord. Il y a rencontré nombre d’animaux rares et qu’on n’approche guère en liberté, tels que le gorille, le bongo ; il a surpris les petits mammifères et les oiseaux ; il a naturellement vu l’éléphant et les souimangas et les phasmes. De chacun il a noté les mœurs, la vie, les traces, les chants. Et il donne ici ses notes de voyage, toutes chaudes pourrait-on dire, pleines d'observations sur le vif, mêlées de réflexions sur la nature sauvage et -es indigènes, précieuses pour le naturaliste en chambre, et si vraies qu’elles donnent envie de le suivre.
- Les horizons de la médecine, par Auguste Lumière.
- 1 vol. in-16, 252 p., 28 lig. hors texte. Collection « Sciences
- d’aujourd’hui ». Albin Michel, Paris, 1937. Prix : 25 francs.
- Do divers côtés, on se demande où va la médecine. L’auteur montre ses erreurs basées sur les coïncidences (cas de la tuberculose, du cancer), les statistiques insuffisantes ou erronées, les méfaits do l’autorité, les lacunes de l’examen des malades, l’ostracisme qui frappe les novateurs. Et il répète sans se lasser tes faits qu’il a su mettre en évidence : la théorie colloïdale des maladies qui rénove la médecine humorale, la non contagiosité de la tuberculose, maladie chronique et héréditaire due au terrain plus qu’au bacille, les thérapeutiques par modification du milieu : autohémothérapie, granulothéra-pie, emploi des sulfamides, etc. Ces thèmes neufs et personnels réveilleront-ils la médecine qu’il voit stagnante et endormie ?
- Mœurs et coutumes des Esquimaux, par Kaj. Birket-
- Smitii. 1 vol. in-8, 283 p., 16 fig. hors-texte, 1 carte. Bibliothèque scientifique. Pavot, Paris, 1937. Prix : 32 francs.
- Directeur du Musée national danois, l’auteur a réuni tout ce qu’on sait de ce peuple, dont le groupe du Scoresby Sound est le mieux connu en France par les expéditions répétées du Dr Charcot. Il a voyagé de tribu en tribu, du Groenland au Canada arctique, do la baie d’Hudson à l’Alaska. Il décrit le pays, sa découverte, les conditions de sa civilisation, la lutte pour la nourriture et contre le froid, la langue, le mode de vie en communautés, les conceptions religieuses et sociales de ce peuple chasseur, très différent des Peaux-Rouges et des Asiatiques, qui fut en contact répété avec les Nordiques d’Europe bien avant Christophe Colomb. On sait l’effort du Danemark pour préserver la race au Groenland ; que deviendront les 40.000 Esquimaux actuels au contact de notre civilisation p
- La famille OtomLPame du Mexique central, par
- Jacques Soustelle. 1 vol. in-8, 571 p., 22 fig., 17 pl., 9 cartes.
- Travaux et Mémoires de l’Institut d’Fitnologie, 191, rue Saint-
- Jacques, Paris. Prix cartonné toile : 100 francs.
- La tribu Otomi et les autres Indiens voisins sont parmi les populations mexicaines les plus mal connues. Leur culture matérielle, leur organisation sociale, leur religion ont subi fortement l’influence européenne, mais leurs langages subsistent avec tous leurs caractères originaux. Au cours de plusieurs missions, l’auteur a observé leur vie et surtout recueilli leurs dialectes qui révèlent une parenté de toutes ces tribus agricoles et leurs affinités avec l’est du Mexique. Ce livre est une précieuse contribution à l’ethnologie de ce pays, encore si peu exploré.
- Annuaire statistique. 52e volume, 1936. 1 vol. in-8, 862 p.
- Imprimerie nationale, Paris, 1937.
- Publié chaque année par la Direction de la statistique générale et de la documentation, cet annuaire officiel est le recueil de tous les renseignements concernant notre pays. Cette année, on y trouve plusieurs tableaux nouveaux : les résultats de la grande enquête agricole de 1929, les quotients de nuptialité et do fécondité, la statistique des permis de chasse, l’état des stocks mondiaux des principales matières premières. Les nombreuses rubriques, les résumés rétrospectifs, les données sur les colonies et les pays étrangers permettent de se documenter aisément et sûrement sur toutes les questions et l’on ne consultera jamais assez ce précieux instrument de travail et de réflexion.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Estanave.
- Nous apprenons avec regret la mort de M. Estanave, dont nos lecteurs connaissent les beaux travaux sur la photographie intégrale el la projection en relief.
- Né en 1807, préparateur à la Faculté des Sciences de Paris en 1898, puis secrétaire de la Faculté des Sciences de Marseille de 1909 à 1928, vice-secrétaire de la Société Mathématique de France en 1907, M. Fstanavc s’élail surtout fait connaître à partir de 190O par ses brevets français, allemands et américains, sur la photographie intégrale et l’observation des clichés au moyen des réseaux.
- Reprenant les travaux de Lippmann, et complétant les recherches de Frédéric F. lves sur le même sujet, ce physicien éminent et ingénieux avait réussi à obtenir pratiquement des résultats extrêmement encourageants. Au moyen d’appareils de prise de vues et de projection établis d’après ses plans, ou même construits entièrement par lui, il avait démontré la valeur pratique des principes exposés par lui dans de nombreux mémoires et dans son ouvrage sur Le llelief photographique à vision directe.
- Tous ceux qui s’intéressent, tant au point de vue théorique que technique, aux problèmes de la vision en relief et de la projection stéréoscopique, doivent le considérer comme un des plus remarquables précurseurs.
- P. H.
- NAVIGATION
- Les flottes pétrolifères.
- Le développement de l’utilisation du pétrole est de plus en plus important dans le monde et constitue une caractéristique très nette de l’évolution industrielle contemporaine.
- En effet si l’on considère la production totale d’énergie primaire dans le monde, on trouve que les pourcentages relatifs ont varié en quelques années d’interval’e de la façon suivante :
- Années igi3 1930
- Charbon . ... 9°.r‘ ?3,5
- Pétrole et gaz naturels . 7>2 20,7
- Force hydraulique . 2,3 8,5
- Mais c’est surtout dans la propulsion des navires que le pétrole a concurrencé le charbon avec une telle efficacité qu’en 1986, le tonnage total des navires utilisant le pétrole a dépassé celui des navires utilisant le charbon. Le tableau suivant donne la marche de cette évolution, les nombres se rapportant au pour cent du tonnage brut mondial.
- Navires à voile au charbon à pétrole
- 19T 4 8,06 88,84 3,io
- 192.3 1 ,90 53,56 44,54
- 1934 1,86 51,69 46,45
- 1986 1,63 49,i 49,27
- Le tonnage étant, en 1986, de 32.087.000 de tonnes de jauge mues par le pétrole et 31.947.000 de tonnes par le charbon.
- Dans cette concurrence active, il y a lieu de signaler la remarquable progression de la Hotte Diesel. Si, entre 1914 et 1924 on a assisté à une brusque poussée de navires chauffant au mazout au lieu du charbon, à partir de cette date le tonnage des navires utilisant le combustible liquide n’augmente plus sensiblement tandis que la llotte Diesel progresse constamment d’année en année.
- L’importance du pétrole dans l’économie mondiale el notamment à bord des bateaux a entraîné la création el F: développement d’une Hotte pétrolifère d’un fort tonnage. Cette Hotte qui se composait en 1914 de 385 navires représentant un tonnage de 1.479.000 de t s’est développée d’une façon continue pour atteindre en juin 1987 un tonnage de 9.957.000 tonnes avec x.558 navires.
- La répartition de ces navires est la suivante :
- États-Unis 394 navires 2.575.200 t
- Crande-Bretagiie. 3 94 » 2.533.5oo »
- Norvège 280 )) 1.856.g5o »
- Hollande 93 » 447-3oo «
- Italie 72 » 356.35o »
- Panama 4o a 3gj.200 «
- France 3o » 241.800 »
- Colonies anglaises . 33 » 229.760 »
- .1 apon 28 » 222.800 »
- Allemagne 27 » 169.000 »
- Suède 17 » 128.500 »
- Canada 27 » 123.600 n
- Russie 24 » 119.300 »
- Danemark i4 » 107.000 »
- Espagne 17 » 84.900 »
- Belgique 8 » 57.3oo »
- F11 ce qui concerne la France, les importations de pélrole dans les ports français avant la guerre atteignaient environ 700.000 t, et les exportations étaient à peu près inexistantes.
- Jusqu’en 1981, le raflinage n’étant pas organisé en France, les importations comprenaient surtout les produits finis. A partir de 1981, les produits bruts augmentent et les produits finis diminuent el à partir de 1933 les produits bruts importés dépassent largement les produits finis.
- Parallèlement, les exportations, insignifiantes en 1918 (non compris les soutes), ont très largement progressé et comprennent une bonne partie de produits finis.
- Ce mouvement a nécessité la création de nombreuses installations de stockage dans les ports (i.3oo.ooo m3) et dans les raffineries (2.800.000 m3). Le tableau suivant permet de suivre le développement de cet accroissement.
- Importation dans les ports français (en milliers de tonnes)
- Produits bruts Produits finis
- 1918 87 610
- iq3o 5x6 3.i38
- 1982 i.ig3 3.3og
- 1934 4.576 2.097
- 1935 5.648 1.^65
- ig.36 6.189 1.935
- L’exportation a suivi une marche parallèle :
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- Soutes Exportatio
- 191a i5 8
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- 1932 | 4*18 355
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- 193 b t38o i.tizd
- II. VlGNKRON.
- ECLAIRAGE
- Les essais d’éclairage public avec sources à grande hauteur.
- Avec, les candélabres parisiens à faible bailleur, la nml-liplieilé des foyers lumineux n’augmenle pas la visibilité des obstacles, et, par temps de pluie, l’éclairage direct, pro-_____ duit des images réfractées ou réfléchies,
- sur les glaces et, les pare-brise des automobiles, ce qui provoque des phénomènes d’éblouissement.
- Les candélabres déjà anciens sont remplaces peu a peu à l’occasion de l’Exposition de 1907 par de nouveaux appareils à ampoules à incandescence de grande hauteur, munis de diffuseurs translucides.
- Nous avons déjà donné quelques détails sur les appareils employés dans ce but à I intérieur de l’Exposition de 1907, dans lesquels on utilise des lampes à incandescence ou des tubes luminescents.
- Des essais de ce genre ont eu lieu place de la Concorde avec des mats de 3o m de bailleur, qui, une fois repliés, ne dépassent pas a m; chaque foyer lumineux comporte six éléments superposés, équipés avec une lampe à incandescence de i.5oo w placée dans un réflecteur en verre prismali-lique argenté, formé d'une pièce supérieure de révolution, et d’une pièce inférieure constituant, une sorte de masque vers l’extérieur de la place (lig. 1).
- La partie antérieure de chaque appareil est, fermée par un verre cylindrique prismatique destiné à améliorer encore la répartition du faisceau et à augmenter l’intensité de réelairement aux alentours du loyer. La puissance de chaque groupe de, foyers alcint ainsi 9 kw, et la puissance totale de, l’ensemble des foyers 90 kw.
- La difiieulté de la solution de tels problèmes est, augmentée par la nécessité d’adapter des systèmes d’éclairage nouveau à des monuments et à des ensembles architecturaux ; les résultats obtenus avec les méthodes d’éclairage récentes sont sans doute plus satisfaisants encore dans des ensembles entièrement modernes comme l’Exposition de 1937, et, c’est là surtout qu’on peut juger la qualité des moyens actuels.
- P. II.
- TRAVAUX PUBLICS
- Fig. 1.
- Appareil d'éclairage à colonne lumineuse et à six loyers pour candélabres de grande hau-t eur (co 11 -struetion Ho-lophane).
- L’emploi de liquides boueux dans les batardeaux.
- Dans le port de Miami (Floride) on a récemment utilisé un liquide boueux (de densité 2,8) pour lever un navire
- de 2.000 1, île 3 m dans un batardeau. Le tirant du vaisseau était de 4 m 5o et on avait décidé de le ramener à 4 m. Comme le navire était sans cargaison ni machines, on 11e pouvait le soulever que de quantités très faibles, aussi décida-t-on de le faire flotter sur un liquide plus dense que l’eau de 111er (densité 1,2 environ). On l’enferma donc dans un batardeau dont l’un des côtés était constitué par Je quai même, et ou pompa de l’eau boueuse. Bien que la nuit, busqué le pompage cessait, le bateau s’enfonçât dans le liquide clair surnageant, lorsque l’on agitait de nouveau le mélange boueux dans la piscine, il se déjaugeait de nouveau et ou put. ainsi le soulever de la hauteur désirée. O11 introduisit alors sous sa-quille du sable et des graviers pour le maintenir dans la position de travail sans que sa coque ait subi aucune détérioration.
- AGRICULTURE
- Le permanganate de potasse comme engrais.
- Des expériences récentes effectuées en Angleterre ont montré que des additions aux engrais de permanganate de potasse en faible quantité augmentent notablement le rendement des cultures de radis, laitues et autres légumes. O11 constate également, la disparition des vers de terre cl, des mauvaises herbes dans les gazons, ce qui indique son emploi pour l'entretien des terrains de golf autour des trous.
- On attribue ces résultats au fait que le permanganate de, potasse ('si, un oxydant très énergique qui transforme dans le sol l’azote organique en nitrates et d’autre part, qu’il apporte au sol des quantités de manganèse qui, bien que très faibles, peuvent avoir une action catalytique sur un certain nombre de réactions qui se produisent dans les plantes.
- H. Vigneron..
- ZOOLOGIE
- Crustacés logés dans des coquilles de Bivalves.
- M. Marc André vient de passer en revue, dans le Journul de Conchyliologie, les Crustacés qui se couvrent et se protègent, d’une valve de Lamellibranche, tout comme les Ber-nards-l’Ermile se logent dans une coquille vide de Gastéropodes On en connaît au moins trois genres : Porcellunopugurus, Hypoconcha et Conchœcetes. Le premier est un vrai Bernard-l’Ermite qui choisit une coquille où il loge son abdomen et ses œufs. Les deux derniers sont de vrais Crabes, voisins des Dromies. Hypoconcha a été vu en 177(1 (d dessiné à Saint-Domingue par le Père Nichol-son; le dessous du corps est normalement calcifié tandis que le dessus >,sf, mou et membraneux; l’animal se recouvre complètement d’une valve de taille appropriée, si bien que lorsqu’il se déplace, on voit seulement bouger une coquille. On a découvert plusieurs espèces en Amérique dont deux ont été recueillies dans le Golfe de Californie par le regretté naturaliste Diguet, notre collaborateur.
- Le genre Conchœtes habite l’Océan Indien et le Pacifique; sa quatrième paire de pattes est, munie de puissants crochets qui tiennent fa coquille.
- D’autres Crabes, notamment certains Dorippe de l’Inde et de la Chine, font de même, mais cette adaptation ne s’observe pas chez les espèces de nos côtes.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHONOGRAPHE
- Appareils simples pour l'enregistrement phonographique direct.
- L’enregistrement phonographique direct, sur disques spéciaux en matière suffisamment malléable, en métal, en gélatine, ou en nitrate de cellulose, se prête à de nombreuses applications; nous avons déjà consacré plusieurs études à ces questions.
- L’amateur qui possède un phonographe mécanique peut aisément enregistrer sa voix ou celles des êtres qui lui sont chers, réaliser de véritables « lettres parlées ». L amateur de T. S. h. peut enregistrer toutes les réceptions radiophoniques, et, au moyen d’un microphone, effectuer des enregistrements électriques de Ions genres.
- Pick-up
- Fig. 1. — Système d’entraînement simplifié Egovox pour diaphragme. mécanique ou pick-up, permettant d’effectuer l’enregistrement direct des sons avec n’importe quel phonographe '{en A). en li, comptent on adapte un pick-up à un récepteur de T. S. I'., pour enregistrer les radio-concerts.
- Il existe désormais de nombreux appareils très perfectionnés pour l'enregistrement phonographique direct et, en particulier, pour la sonorisation des filins d’amateur, mais la plupart sont, assez compliqués et coûteux; beaucoup d’amateurs se contenteraient d’un système plus rudimentaire.
- Voici l’exemple d’un matériel très simple :
- Il comprend un dispositif d’entraînement, du diaphragme, ou du pick-up graveur qui se place aisément, sur le plateau du phonographe.
- Voici un autre modèle comportant un diaphragme plus sensible, spécial pour l'enregistrement, et un cornet dans lequel parle l'opérateur. Une aiguille, avec pointe en saphir est placée dans le, mandrin du diaphragme; elle est guidée transversalement par l’intermédiaire d’une tige reliée à un chariot entraîné par une vis sans lin, solidaire de l’axe du plateau porte-disques. Le mode de liaison de la tige au diaphragme, par l’intermédiaire d’un ressort, en spirale, est particulièrement simple et ingénieux. Les disques sont, en aluminium et, la reproduction s’effectue au moyen d’une aiguille en bois ou en corne; les sons enregistrés peuvent d’ailleurs être reproduits également, à l’aide d’un pik-up.
- Avec un bon phonographe et un diaphragme métallique, il n’est même pas besoin d’utiliser un diaphragme d’eni'e-gistrement spécial et il suffit, de guider le diaphragme servant, de graveur, après avoir bien entendu, remplacé l’aiguille de reproduction ordinaire par un graveur en saphir.
- L’enregistrement électrique avec pick-up s’obtient très
- facilement, lorsqu’on possède un poste récepteur de T. S. F. dont les étages d’amplification basse fréquence sont bien étudiés et un moteur tourne-disques avec pick-up.
- Le pick-up est utilisé comme graveur, en remplaçant encore l’aiguille ordinaire par un burin en saphir, et il est entraîné transversalement pendant l’enregistrement par un système analogue au précédent, disposé sur le plateau porte-disques. La reproduction s’effectue aussi de la même manière avec une aiguille en bois ou en corne.
- Four l’enregistrement des émissions radiophoniques, le pick-up est relié à la sortie du récepteur par l’intermédiaire d’un condensateur de o,5 à a pF, et en parallèle avec le haut-parleur ordinaire.
- Four obtenir l’enregistrement microphonique, le microphone est adapté aux étages basse fréquence du poste récepteur par l’intermédiaire d’un transformateur de rapport élevé, de l’ordre de 1/20 à 1//10. Le microphone et sa pile de !\ v sont, reliés au primaire, et les deux extrémités du secondaire sont, connectées aux bornes normalement réservées au pick-up.
- On prend alors, bien entendu, les précautions indispensables pour éviter l’effet Larsen d’oscillation basse fréquence, en écartant suffisamment, le microphone du récepteur et du pick-up et, en employant s’il y a lieu, des câbles blindés avec blindage mis à la terre, pour la liaison du pick-up et, du microphone; il est bon également, d’utiliser un potentiomètre pour le réglage de la tension du courant d’alimentation du microphone.
- ÉLECTRICITÉ
- Câbles chauffants électriques.
- Les installations les plus récentes de chauffage électrique par résistance utilisent des câbles chauffants.
- Nous allons décrire un modèle de câble de ce genre qui semble particulièrement, étudié. Il est, constitué par une résistance électrique boudinée sur une âme d’amiante. L’ensemble est, entouré d’une couche d’un corps isolant, électrique et, conducteur thermique. Le tout est recouvert d’une couche de plomb assurant complètement, la protection (fig. a).
- La chaleur produite par le courant dans le fil résistant est, transmise immédiatement au plomb à travers la couche isolante êt diffusée dans le milieu ambiant.
- Le fil chauffant, formé par l’alliage de deux métaux peu oxydables (nichrome) est ainsi à l’abri de l’air. Calculé pour une température de service de Soo°, il ne travaille, d’ailleurs, qu’à une température voisine de ioo° ; le coefficient de sécurité élevé assure une grande durée de service.
- L’enyeloppe extérieure de plomb permet l’emploi du câble sans précautions spéciales, dans toutes les applications, l’immersion dans l’eau, dans les acides, etc.
- Celle enveloppe peut, d’ailleurs, être asphaltée, enveloppée de papier imprégné, armée de deux couches de feuillard, asphaltée une deuxième fois et recouverte à nouveau de papier imprégné. Le
- I‘tg. t. — Le câble électrique chauffant Draka.
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- câble ainsi armé peut alors être enfoui directement dans le sol et résister à toutes les corrosions.
- La longueur du fil à employer et son diamètre sont déterminés par la puissance électrique à dissiper et la tension du courant utilisé. La puissance dissipée au mètre linéaire est de 3o w dans les conditions normales d’utilisation.
- Un câble de i mm de diamètre, par exemple, a une résistance au mètre de o ohm 61 ; il laisse passer un courant de 7 A ; son diamètre extérieur est de 5 mm.
- Voici quelques exemples d’applications. Pour le chauffage des serres, par exemple, il suffit de disposer tout autour de la serre, sous la verrière et, à proximité des plantes, des câbles de longueurs convenables.
- Le chauffage est ainsi très bien réparti dans toute la serre la durée de service de l’installation est beaucoup plus grande que celle des appareils électriques ordinaires, par suite de la protection efficace des câbles.
- Le chauffage électrique des couches facilite la croissance et la maturité des plantes; il est difficile à réaliser par les procédés ordinaires. L’usage du fumier, qui dégage de la chaleur par fermentation, offre de multiples inconvénients. Les tuyaux à eau chaude enfouis dans le sol sont d’un emploi malaisé ; le câble chauffant est adopté couramment aujourd’hui en Norvège, au Danemark et en Hollande.
- La terre constitue un excellent accumulateur de chaleur. Un chauffage continu n’est donc pas nécessaire et une interruption de 12 h du chauffage d’une couche soigneusement établie ne fait pas baisser la température de plus de 20. On peut utiliser ainsi avec avantage le courant de nuit.
- Les câbles armés sont enfouis directement à 3o cm environ dans Je sol ci disposés en lacets parallèles, espacés entre eux de i5 cm envi ion, pour assurer une bonne répartition de la chaleur.
- Les installations sont réalisées de façon à dissiper environ 200 w par mètre carré de surface à réchauffer. L’énergie consommée est d’environ 1 kw/h par mètre carré et par jour. Pour un hiver normal, il est nécessaire de chauffer 00 jours; la consommation est donc de 5o kw/h par mètre carré.
- Pour le chauffage des immeubles, le câble chauffant n’est pas moins intéressant. Le meilleur procédé est, en effet, le chauffage à basse température avec appareil disposé le plus bas possible dans les pièces à chauffer.
- Avec les câbles chauffants, on peut établir les plinthes chauffantes, analogues aux plinthes ordinaires.
- Le chauffage idéal est pourtant le chauffage par le plancher, les plafonds et les parois. Le chauffage par rayonnement permet de chauffer les habitants eux-mêmes des immeubles, au lieu de chauffer uniquement le local.
- Une surface d’émission importante, mate et à température relativement basse, de l’ordre de 3o° à /j5°, permet d’obtenir ce résultat.
- Les câbles sont placés directement dans des rainures pratiquées sur le parquet et recouverts de papier métallique, ou dans des tubes noyés directement dans le béton.
- Pour le chauffage par le plafond, le câble peut être fixé sur les lattes et recouvert d’une couche de plâtre, sans précautions-spéciales. Il peut, enfin, être fixé sur le mur et être recouvert de plâtre ou disposé dans des tubes encastrés eux-mêmes dans le mur.
- Le câble chauffant se prête aussi à de très nombreuses applications industrielles, telles que : chauffage des bains et des étuves, réchauffage des canalisations, chauffage des aquariums, des couveuses, etc.
- Constructeur : Confort rationnel par l’électricité, 11G, rue Danton, Levallois (Seine).
- OBJETS UTILES
- Enrouleurs et boudeurs souples « sol ».
- La mode des cheveux courts, adoptée aujourd’hui par beaucoup de femmes, les a conduites à rechercher de nouvelles coiffures s’adaptant à cette mode.
- De là est venue la vogue des indéfrisables, permanentes et autres ondulations, qui ont fait le bonheur des coiffeurs.
- 11 est encore des femmes, cependant, qui préfèrent se coiffer elle-mêmes. Et, d’autres, qui ne recourent à l’artiste capillaire qu’à intervalles assez éloignés, entretiennent elles mêmes leur coiffure entre ces visites.
- Les enrouleurs et boudeurs « Sol », présentés au Salon des Arts Ménagers, facilitent cet entretien. La pièce principale de ces petits accessoires de la toilette féminine est constituée par un caoutchouc sou-p 1 e, cannelé, d’un diamètre de 4 à 5 mm, à âme de laiton très souple, et d’une longueur d’environ x8 cm poulies enrouleurs,
- 9 cm pour J es boudeurs.
- Une petite bande de gutta, très élastique, d’une longueur à peu près égale à la moitié de la longueur de la pièce principale, et d’une largeur égale à son diamètre, est percée, à chaque extrémité, un peu élargie et arrondie, d’un petit, trou rond d’environ 1 mm de diamètre.
- Les extrémités de la pièce principale à âme de laiton étarit, introduites dans ces petits trous, la lame de gutta vient, s'appliquer sur cette pièce principale, en son milieu.
- Qu’il s’agisse de faire un rouleau, des bouclettes, des frisettes ou des guiches, il suffit (fig. 3), de placer la totalité des cheveux pour le rouleau, ou la pointe des petites mèches pour les bouclettes, frisettes ou guiches, entre la pièce principale et la petite bande de caoutchouc, d’enrouler bien droit jusqu’à la hauteui voulue, et, de replier en dessous les extrémités de la pièce principale pour avoir, le lendemain, une coiffure seyante.
- Fabricant : Veuve Lathout, 46, Faubourg du Temple, Paris.
- Fig. 3. — Pour mettre les cheveux en forme.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNIC ATIONS
- A propos du cinquantenaire de la Société Astro= nomique de France (n° 3011).
- Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour nous féliciter de l’article paru sur ce sujet dans notre numéro du 15 octobre.
- Mais ils nous font observer, comme membres de la Société Astronomique de France, qu’ils ont le devoir de signaler le rôle de notre collaborateur M. Émile Touchet, qui a écrit l’article, et qui est ainsi entièrement passé sous silence.
- 11 est juste, nous écrivent-ils, de rendre hommage à son dévouement inlassable à la Société Astronomique. Collaborateur enthousiaste de Camille Flammarion, secrétaire-adjoint pendant 30 ans et vice-président pendant quelques années, son nom mérite de figurer en bonne place dans la liste qu’il a établie des membres ayant le plus contribué à la prospérité de la Société.
- État de tension et bris spontané du verre. — ,M. P. damier, de Bamako (A. O. F.) signale un fait, assez rare heureusement, de bris spontané du verre. « Il était environ midi, dit-il, et nous lisions après déjeuner pendant que le boy débarrassait la table. Tout à coup, nous entendîmes une détonation comparable à celle d’une bouteille thermos qui se brise. C’était un verre à boire qui venait d’éclater en mille morceaux, parsemant de débris toute la pièce (5 m sur 7). Seule, la partie supérieure s’était dispersée en fragments ; l’inférieure avait conservé sa forme, mais était toute craquelée, comme le, montre la photographie, maintenue dans l’autre verre qui ne fut même' pas fêlé ni ébréché. Les verres en question sont importés de Tchécoslovaquie et vendus comme « incassables » ! Le, boy qui tenait les verres en main ne fut aucunement blessé ».
- Il s’agit sans doute d’un verre recuit et trempé dont une erreur de fabrication a provoqué un fort état de tension interne. Spontanément ou sous un léger choc rompant l'équilibre des tensions, il a éclaté, comme on le réalise classiquement en préparant des larmes bataviques par coulée de gouttes de verre fondu dans l’eau froide.
- Contre l’empoisonnement par les champignons. — Ln de nos abonnés, M. Cay, nous rappelle, à propos des accidents qui se produisent chaque année, en cette saison, qu’un article pan; il y a déjà quelques années dans Ombres cl Lumière, indiquait que le charbon est un contre-poison efficace ; il citait ce fait que quatorze personnes ayant absorbé des champignons, furent prises de douleurs après le repas, et qu’un docteur appelé à leur donner des soins, les soulagea en quelques instants par l’ingestion de dix en dix minutes d’une cuillerée à soupe d’eau cbarbonnée obtenue en écrasant du charbon de bois fou de la braise) à l’aide d’une bouteille, et le mettant dans des carafes d’eau.
- Cette médication, bonne dans des cas analogues, c’est-à-dire quand les douleurs se produisent peu de temps après l’ingestion, n’aurait aucun succès dans les empoisonnements se manifestant tnrdivemen!..
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- F. M., Marseille. Manuels pratiques à l’usage des conduc-icurs d’automobiles : Weiss. Manuel de l’automobiliste. Garnier, éditeur. Prix : 13 fr 50 ; Baudry de Saunier. Les recettes du chauffeur. Flammarion, éditeur, 2 vol. Prix : 24 francs ; Zerolo. Guide du chauffeur. Garnier, éditeur. Prix relié : 20 francs ; Lecerf. Manuel de l’automobiliste. Baillière, éditeur. Prix : 29 francs ; Champly. Guide pratique du chauffeur d’automobile. Desforges, éditeur. Prix : 24 francs.
- M. Lartigue, à Orizaba. •— Les confitures de coings se préparent ainsi :
- Prendre des coings bien essuyés, les couper en huit ou dix morceaux, que l’on jette dans une bassine en cuivre non étamée, avec une quantité d’eau suffisante pour les recouvrir.
- Faire cuire une demi-heure, passer au tamis moyen pour séparer la pelure et les cloisons, peser le jus et y ajouter Lrois quarts de son poids de sucre cristallisé.
- Remettre sur le feu, laisser cuire une heure environ et mettre en pots.
- Le coing n’étant pas un fruit acide, il ne peut y avoir d’acidité à neutraliser. Si vous en avez constaté la presence, c’est qu’une fermentation s’était déjà déclarée, la tyndalisa-tiou ayant été insuffisante pour opérer la stérilisation ; dans le cas de récipient en fer blanc, il est plus pratique de stériliser à l’autoclave, en une seule fois entre U0°-120° C.
- M. Lemoine, à Liège. — L’alinéa des Recettes du Laboratoire, page 219 auquel vous faites allusion ne mentionne nullement l’enlèvement des impuretés apportées par le méthylène dans le but de dénaturer l’alcool et le rendre impropre à la consommation ; mais il indique que la dénaturation peut être effectuée, si l’intéressé en fait la demande au service des contributions indirectes par d’autres produits que le méthylène tels qu’élher, acétone, etc., autrement dit il s’agit d’un remplacement de méthylème et non de son enlèvement.
- Il est évident que même si nous en avions connaissance, nous ne saurions vulgariser un procédé qui serait susceptible de permettre une remise en état de consommation d’un alcool dénaturé intentionnellement par l’État.
- M. ï. Portron, à Paris. — Comme suite à notre précédent»; réponse, nous vous signalons <jue les poules ne sont pas seules ennemies des vipères. M. le Dr E. L. de Bevaix, Suisse, nous a en effet signalé que les Pintades et les Paons détruisent très rapidement les vipères qui s’approchent des habitations ; il en a fait l’expérience concluante dans une propriété familiale infestée de vipères, le résultat fut rapide et complet (La Nature, n° 2831, 15 avril 1930, p. 383).
- D’une façon générale, on peut dire que tous les oiseaux de basse-cour, dindons, oies, canards, etc., bien protégés par leur couverture de plumes, agissent de même.
- De tout un peu.
- M. Buchs, à Genève. — Fi vous désirez effectuer la reproduction de dessins au trait d’après calque directement en positifs, c’est-à-dire sans inversion, I»; mieux est d’employer le procédé gommo-ferrique ou cyanotype qui a été exposé avec beaucoup de clarté dans la Photo-Revue (n° 10 du 15 aovit 1937, p. 254).
- Dans l’ordre indiqué^ on mélange les solutions suivantes : Gomme arabique à 20 pour 100 .. . 20 volumes
- Citrate de fer ammoniacal à 50 pour 100. 8 —
- Perehlorure de fer à 50 pour 100. . . > 5 —
- Lorsipie le liquide, d’abord trouble, s’est éclairci, on l’étend sur le papier avec un largo pinceau, en opérant dans un local faiblement éclairé puis on fait sécher rapidement.
- L’insolation au ch assis-] tresse donne une image très peu visible jaune sur fond blanc sale, cette teinte blanc sale indiquant la destruction du sel ferrique par la lumière.
- On développe avec une solution à 10 pour 100 de ferrocya-nure de potassium (prussiate jaune), qui transforme en une variété de bleu de Prusse le sel ferrique non décomposé.
- On élimine ensuite les produits résiduels dans un bain acide (acide sulfurique à 4 pour 100 ou acide chlorhydrique à 10 pour 100) et on lave en frottant doucement la surface du papier avec un tampon de coton, pour balayer les produits non dissous.
- N- h- — Avoir soin de faire flotter le papier, image en des-
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- sous et non de l’immerger, car l’image obtenue serait plutôt dans l’épaisseur du papier qu’à la surface ; de temps à autre, on relève un coin de ce dernier pour vérifier le progrès du développement et sitôt que l’image a atteint l’intensité nécessaire, on la plonge dans le bain acide, ce qui lui donne en même temps du brillant et dégage les traits.
- Par ce procédé, le bleu a partout la même intensité, le papier ainsi préparé ne peut donc être utilisé pour l’obtention de demi-teintes.
- Association des Villages sanatoriums, Haute-Savoie. — Les produits, qui placés dans les W.-C., en assurent la désodorisation par les vapeurs qu’ils dégagent, sont généralement à base de trioxyméthylène (Cfl-O)'1 ou aldéhyde formique polimérisé, poudre cristalline blanche fondant à 171°-172°, mais se sublimant déjà à 100°.
- Le triformol se décompose assez facilement eu mettant en liberté l’aldéhvde formique cette décomposition a lieu même à froid quand on ajoute au trioxyméthylène des peroxydes alcalins ou alealino-Ierreux, dans cet ordre d’idées, on peut donc utiliser par exemple le peroxyde de sodium, le peroxyde de, magnésium (Hopogan ou le peroxyde de zinc (Ectogan). Ces deux derniers sont insolubles dans l’eau, mais se décomposent également sous l’action de ]'humidité de l’air, ce qui leur permet de réagir sur le trioxyméthylène.
- M. Guéret, à Meung'-sur-Loire. — Lu composition des spécialités qui vous intéressent n’a pas été vulgarisée, nous regrettons vivement de ne pouvoir vous renseigner à ce sujet.
- M. A. Mira, à Oran. •— Vous pourrez préparer facilement une, lionne graisse pour essieu.r de roi turc s en prenant :
- Suint de laine neutre ..... 7 kgr 5
- Suif de mouton.................. 7 — 5
- Paraffine....................... 25 —
- Huile de lard................... 35 —
- Huile minérale................... . 25 —
- Fondre doucement en évitant l’inflammation du mélange,
- puis ajouter en remuant :
- Graphite pulvérisé.................. 5 kgr
- Honner, si op le désire, une légère coloration par addition d’une trace de jaune ou de, rouge au stéarate, préalablement dissous dans un peu d’huile minérale.
- M. D..., à Boufarik. — Vous aurez très probablement satisfaction avec', l’encre pooir marquer les oranges.
- Broyer ensemble longuement :
- Noir de fumée........................ 15 gr
- Huile de lin cuite................... 85 —
- N. IL — Il est essentiel d’employer l’huile de lin cuite, c’est-à-dire siccativée.
- Pour réaliser des encres colorées, remplacer le noir de fumée par de l’outremer ou du cinabre.
- M. le D’ D..., au Dorai. — Il est évident que les vril-lettes en rompant les fibres du bois de votre violon en modifient l’élasticité, ce qui en diminue (a résonnance.
- Pour détruire ees parasites, le mieux est de placer dans la boîte où vous logez l’instrument un ou deux petits flacons à large col, bourrés de coton hydrophile, sur lequel vous verserez de temps à autre quelques centimètres cubes de sulfure de carbone. Refermer ensuite la boîte le plus hermétiquement possible.
- Enfin, pour boucher les trous, se servir simplement de cire d’abeilles colorée au ton du vernis en y incorporant une quantité suffisante d’oerc jaune ou rouge teinté au besoin par une pointe de noir de fumée.
- M. Martin, à Nîmes. — Vous pourrez facilement rendre votre fosse en ciment étanche à l’huile par application d’une solution de colle forte chaude, étant bien entendu que ledit ciment n’est pas déjà imprégné d’huile.
- Au cas où il en serait ainsi, il faudrait au préalable brosser avec une solution également chaude contenant, environ 10
- pour 100 de lessive de soude caustique (potassium des peintres) et rincer à fond, toujours à l’eau chaude, de façon que la gélatine de la colle ne se trouve en contact qu’avec du ciment débarrassé de toute matière grasse.
- N. IL — Si le réservoir n’est pas encore établi, employer le ciment de Portland de préférence au Wassy, qui résiste fort, mal aux huiles.
- M. Aubert, à Argelès-sur-Mer. — 1° Pour empêcher la corruption de l’eau destinée uniquement à des arrosages, il vous suffira de placer à la surface un nouet constitué par un morceau de chiffon dans lequel vous aurez mis quelques cristaux de sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- 2° La coloration bleue que présente l’eau de votre fontaine est très probablement due au développement d’algues de la famille des Oseillariées et non à la présence de sels dissous dans cette eau, à moins toutefois qu’elle n’ait circulé sur des pyrites de cuivre (Chalcosine).
- M. Nauzer, à Lausanne. — Nous pensons que la formule suivante vous donnera, satisfaction pour l'argenture, que vous avez en vue :
- Prendre :
- Phosphate de soude................. 12 gi 5
- Potasse caustique.................. 7 — 5
- Cyanure de potassium............... 10 —
- Faire dissoudre dans 000 cm:t d’eau distillée.
- D’autre part, faire une seconde dissolution avec :
- Nitrate d’argent................... 5 gr
- Eau distillée......................100 oma
- Verser peu à peu cette solution dans la première en agitant pour redissoudre le cyanure d’argent d’abord précipité au début du mélange.
- Pour l’emploi, porter le bain à une température voisinc.de l’ébullition, y plonger les objets à argenter bien décapés et. les y laisser jusqu’à ce que la couche d’argent déposée soit jugée suffisante. Rincer à l’eau pure et sécher dans la sciure de bois.
- M. Bezard, à Clichy. — 1° Les produits employés pour la destruction des rats qui produisent la momification des cadavres sont à base d’arsenic dont les propriétés conservatrices sont bien connues ;
- 2° Le carbonate de baryte ingéré donne au contact du sue, gastrique, du chlorure de baryum qui est en réalité le toxique ; l’action serait la même sur les animaux domestiques.
- M. Trudaine, à Paris. — Vous pouvez prendre comme type de préparation employée pour la destruction des envies ou petites peaux qui entourent les ongles, la formule qui suit :
- Eau d’hamamélis........................ 95 cm3'
- Borax pulvérisé......................... 5 gr
- Acide salicylique, . 2 — 5
- Parfumer au choix.
- Pour l’usage, tremper un petit pinceau dans la solution et en badigeonner la naissance de l’ongle.
- MM. Pélican, à Brazzaville et Morel, à Fougères. — La soudure pour aluminium s’obtient en fondant ensemble à
- 700° les éléments suivants :
- Etain................................ 550 gr
- Zinc................................ 380 —
- Aluminium.............,............ 80 —
- Et on emploie comme décapants des chlorures ou des fluorures alcalins par exemple :
- Chlorure de potassium................ 000 gr
- Chlorure de calcium.................. 300 —
- Cryolithe (A12F«, fi NaF)............ 100 —
- qui sont susceptibles de donner avec l’aluminium des sels doubles facilement fusibles formant un revêtement protecteur.
- Pour l’emploi, on délaye le fondant avec quelques gouttes d’eau de façon à faire une pâte que l’on applique sur les parties où doit s’effectuer la soudure.
- Le Gérant : G. Masson.
- Lavai,. — Imprimerie Barnéoud.
- 15-11 1937
- Published in France.
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- N° 3014
- LA NATURE 1er Décembre 1937
- L'ARCHIPEL DES NOUVELLES-HÉBRIDES
- EN MÉLANÉSIE
- Les Nouvelles-Hébrides, condominium franco-bri-lannique, dont font politiquement partie les îles Banks et Torrcs, s’étendent dans l’hémisphère austral sur une distance de près de i.ooo km, entre le i3e et le p,i6 parallèle, à quelque 2.000 km à l’Est des côtes d’Australie. Elles groupent douze îles principales, de dimensions d’ailleurs très inégales, et une centaine, de moindre importance. La superficie totale de l’archipel peut être évaluée à iô.ooo km2 environ. Tout chiffre plus précis serait pour l’instant; illusoire.
- On doit à Queiros la découverte de ce groupe, en rfiofi. A vrai dire, le navigateur espagnol, en donnant le nom d ’Espirilu Sanlo à la terre sur laquelle il venait d’aborder, ne se rendit pas compte du caractère insulaire de celle-ci et la prit pour une partie avancée du fameux continent, austral dont on supposait alors l’existence. Ce fut Bougainville, longtemps après, en 1768, qui rectifia l’erreur de Queiros, en montrant qu’il s’agissait en réalité d’une île, la plus vaste d’un archipel, qu’il appela les « Nouvelles-Cy-clades ». Quelques années après, Cook, visitant à son tour le groupe, pi'écisa la position de plusieurs îles, en découvrit de nouvelles et substitua à l’appellation de Bougainville, celle de « Nouvelles-Hébrides » qui a prévalu depuis lors. Par la suite, divers navigateurs rectifièrent encore la position et les contours de certaines terres mais l’hydrographie, comme la cartographie de l’archipel, sont cependant loin d’être achevées cl sur les cartes actuelles des Nouvelles-Hébrides, de grandes étendues de côtes sont encore représentées par un pointillé prudent.
- Ces îles offrent, dans l’ensemble, une configuration très montagneuse et la plupart d’entre elles ont une altitude voisine de t.ooo m. Certains sommets appro-
- chent de i.5oo m et le point culminant, le Mont Tabwemasaha, dans l’Ouest de Santo, n’atteint pas loin de 2.000 m. Les cours d’eau sont très nombreux mais fort capricieux et le nombre de ceux qui sont navigables est très limité. Ils sont d’ailleurs simplement accessibles à de légères embarcations et seulement sur un parcours restreint, à proximité de leur embouchure. Les rivières ont en effet toutes un régime torrentiel et sont sujettes à des crues aussi subites que violentes. Pour peu que l’on pénètre tant soit peu à l’intérieur des terres, on se trouve le plus souvent en présence de véritables torrents, bordés de grandes et délicates fougères arborescentes, qui forment, dans les montagnes, des chutes sauvages et pittoresques. Dans les solitudes de plusieurs îles, des cratères éteints, immenses parfois, tel celui de Lacona, abritent un certain nombre de lacs aux eaux vertes et Iran-
- '»uil|.c&.
- Les côtes néo-hébridai-ses, généralement battues par une mer agitée, surtout celles tournées vers l’Est d’o'ù vient l’alizé, sont escarpées sur une bonne partie de leur étendue, mais peu découpées et n’olTrenl, le plus souvent, aux navires que des abris précaires. Les mouillages vraiment sûrs sont en nombre extrêmement limité. Le relief accidenté du pays, la présence d’une brousse très touffue et l’absence de sentiers indigènes dans les régions inhabitées obligent parfois, quand on circule sur certaines’ îles, à longer le rivage, là .où celui-ci n’est pas trop abrupt. 11 faut alors ou cheminer parmi le dédale des palétuviers, lorsque la côte est basse et vaseuse, eii profilant de la marée basse, ou emprunter de grandes plages, couvertes de débris de coraux éblouissants de blancheur, à moins qu’elles ne soient de sable noiQ volcanique, d’une finesse extrême, où la grande houle du Paci-
- Fig. 1. — La grande rivière se jetant dans la baie Dillon, sur la côte orientale d’Eromanga (Photo E. Aubert de la Rüe).
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- fique vient mourir en larges nappes d’écume. On lié,site, pour peu que le soleil ne brille, à s’engager sur ees vastes étendues sablonneuses, tellement la réverbération est. intense sur les premières et la chaleur suffocante sur les autres.
- Les Nouvelles-Hébrides, j’ai pu le constater, possèdent un stade ancien comme la plupart des archipels mélanésiens, mais les volcans ont joué un rôle
- des hauteurs, dont les plus récentes datent de îipui, forment, sur ses lianes boisés, de longues traînées sombres. Deux volcans ont une activité permanente, le Mont Benbow à Ambrym et le lalme dans l’Rst de Tanna, dont les cratères, sièges de formidables explosions, vomissent journellement d’énormes quantités de cendres, entraînées fort loin par l’alizé, et embrasent tout le ciel quand vient la nuit. Le "volcan de
- Fig. 2 à S, — Quelques aspects de volcans des Nouvelles-Hébrides.
- V gauche, en haut, te volcan de Lopevi (1.440 m). A droite, l’intérieur du cratère, profond de 300 à 400 ni du Muni Benltow, le volcan de l’île Ambrym. A gauche, en bas, la bouche active du cratère du Benbow. A droite, le volcan lahue à Tanna.
- ('Photos E. Auherl de la Büei.
- considérable dans leur formation. Leur nombre est immense. Beaucoup sont éteints, mais depuis peu, et ils sont dans bien des cas admirablement conservés. Nombreux sont les cônes de scories et, les cratères béants, dont une végétation luxuriante, n’a pas tardé à s’emparer pour les transformer en de véritables pyramides de verdure ci en gouffres verdoyants. Ailleurs, l’activité interne se manifeste toujours et revêt les formes les plus diverses et les plus impressionnantes. Lopévi, le type parfait du volcan insulaire, émerge brusquement de l’océan et dresse son sommet pointu à plus de î./joo m d’altitude. Ses éruptions sont intermittentes et les coulées de lave, issues
- Tanna est sans danger pour les populations établies à son pied, celui d’Ambrym peut être redoutable lors de certains paroxysmes, Ce fut le cas en itjid, en i<j:u) et tout dernièrement au mois de mars de celle année, où des Ilots de lave s’échappèrent de lissures ouvertes sur son liane ouest, et allèrent se figer dans la mer, du côté, de, (’.raig’s Cove.
- A Tongoa, le sol est, brûlant, .tandis qu’au sommet d’Aoba une puissante bouche de vapeur trouble de ses grondements le silence de la foret. Du peu dans toutes les îles, à Pentecôte, Lfale et Kpi notamment, ce sont des sources chaudes, souvent en bordure du rivage et légèrement, saumâtres, dans lesquelles des crabes mal-
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- chanceux vonl, s'ébouillanter. Les solfatares de Vanna Lava, en pleine montagne et dans une région très boisée, offrent un spectacle vraiment extraordinaire. Luire des monticules de soufre:, pareils à de grandes lenni-lières, mais d’un jaune éclatant, que h‘s fumerolles édi lle.nl lenlemenl, le sol chaotique laisse fuser bruyamment des vapeurs. Des bassins de boue chaude, où viennent crever de grosses bulles de gaz, voisinent nvcc des vasques d’eau bouillanle. (les sources alimen-
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- on se trouve simplement en présence de récifs-fran-geanls, arrivant à former autour de eeriaines îles une ceinture plus ou moins continue qui rend en général leur accès très délicat.
- La longue chaîne d’îles que représentent les Nouvelles-Hébrides occupe', une zone particulièrement ins-lable de l’écorce terrestre, ainsi qu’en témoignent l’aelivilé volcanique cl aussi les tremblements de terre, très fréquents mais heureusement peu violents.
- Fig. 6 à 9. — Quelques aspects de côtes.
- En haut, à gauche, la côte occidentale de l’île Tanna.
- A droite, récif frangeant en voie de soulèvement dans l’Est de Malekula.
- En has, à gauche, la Savane du plateau calcaire, sur la côte ouest d’Eromanga,
- A droite, Je massif montagneux au Nord de l’île Tanna et, au premier plan, récif corallien mort, et exhaussé
- (Photos E. Aubert de la R fiel.
- lent un gros torrent, aux eaux acidulées et fumantes, la rivière Nagusi, qui descend tumultueusement vers la mer sans avoir le temps de se refroidir complètement.
- Les atolls caractéristiques sont pour ainsi dire exceptionnels.aux Nouvelles-Hébrides, mais les récifs coralliens ont cependant une grande extension. Le sont parfois des récifs-barrières, à l’abri desquels s’élendent des lagons peu profonds, semés de coraux vivants, aux teintes si délicates, parmi lesquels évoluent des poissons superbement, colorés, mais qu’il faut bien se garder de pécher car leur chair peut dans bien des cas produire de redoutables démangeaisons cl meme de graves empoisonnements. Habituellement:,
- Il est bien raie de voir une semaine d’écouler sans que le sol ne tremble et souvent les secousses sont accompagnées de forts grondements souterrains et de raz-de-marée, ces derniers très localisés en général. L’un des plus violents séismes dont-on conserve le souvenir fut celui de janvier 1927 à Porl-Vila, où les secousses se prolongèrent d’une manière incessante pendant près d’un mois, provoquant l'ouverture d’une crevasse non loin du chef-lieu et metlanl en émoi toute la population.
- dette instabilité du sol se traduit en définitive par un lent exhaussement du pays et les points du rivage sont nombreux où l’on peut, voir des récifs-frangeants,
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- morts, en train d’émerger. Ce mouvement de surrec-lion se poursuit depuis fort longtemps et bien des côtes offrent une curieuse succession de gradins étagés, correspondant à autant d’anciens récifs coralliens soulevés, dont les plus hauts sont maintenant à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Ce corail mort, que les vagues et plus tard les intempéries ont rongé forme des escarpements et des surfaces grisâtres hérissés d’aspérités tranchantes et remplis de cavités, dont certaines sont des grottes immenses. Sanlo, Pentecôte cl surtout Eromanga et Tanna possèdent ainsi d’immenses cavernes, repaires de chauves-souris innombrables, où les indigènes cherchent un refuge lors des cyclones. Pas dans toutes cependant. Certaines sont tabous cl pour rien au monde les Canaques n’y pénétreraient, car des esprits les hantent. D’autres, principalement à Eromanga, ont servi jadis de lieux de sépulture et renferment un grand nombre de sque-let.les disposés sans ordre. Ce qui m’a toutefois le plus frappé,®en visitant ces grottes, a été de voir dans l’une d’elles, un nombre considérable d’empreintes de mains ou plus exactement le contour en noir de mains largement ouvertes, ressortant sur les parois de corail, souvent à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus du sol et impossibles à atteindre actuellement. Les insulaires ignorent tout de l’origine de ces emprein-les de mains humaines et leur signification demeure mystérieuse. On en connaît du reste de semblables en Australie, en Espagne et ailleurs, à,propos desquelles aucune explication satisfaisante ne paraît encore avoir été donnée.
- Le climat de l’archipel est dans l’ensemble chaud, humide et pluvieux, mais cependant moins pénible pour l’Européen qu’on ne le représente habituellement. Ces îles ont sur beaucoup d’autres régions tropicales Davantage appréciable d’avoir une saison fraîche très marquée. Il est bien certain, étant donné la distance en latitude séparant les points extrêmes du groupe, ,que les conditions climatiques ne sont pas partout rigoureusement les mêmes. L’année se divise en deux saisons, l’une chaude, très pluvieuse et pénible, allant de novembre à avril, avec des températures oscillant entre 22° et 33°. C’est la période des calmes, celle où l’alizé est le moins violent et le plus irrégulier, mais celle aussi des cyclones, particulièrement à redouter entre décembre et mars. Leur force est variable et, comme leur trajectoire n’est pas toujours la même, toutes les îles ne sont pas nécessairement éprouvées chaque année par un ouragan. Certaines, plus favorisées, sont relativement épargnées, ainsi Tanna, qui n’a pas subi de cyclone depuis bientôt 20 ans. D’autres sont moins favorisées, Epi notamment, dont les plantations viennent d’être ravagées à plusieurs reprises ces dernières années. Dans l’hémisphère austral les saisons sont inversées et les mois les plus frais sont ici ceux de mai à octobre où l’alizé du Sud-Est, entretenant un ciel assez nuageux, atteint sa plus grande force. La température est alors agréable et le thermomètre se maintient le plus souvent enitre 180 et 26°, descendant même la nuit jusqu’à i3°.
- La température moyenne de l’année est de 24°. En ce qui concerne les pluies, on ne saurait distinguer nettement de saison sèche et de pluvieuse, surtout dans le Nord de l’archipel. Il pleut, en fait, pendant environ 220 jours par an, mais d’une façon particulièrement intense pendant les mois les plus chauds. La hauteur des pluies, de même que la température, vont en décroissant progressivement du Nord au Sud, à tel point que la hauteur d’eau tombée annuellement varie à peu près du simple au double, d’une extrémité à l’autre du pays. Les îles Banks reçoivent près de 5 m d’eau, Port-Vila de 2 m 5o à 3 m seulement. D’autre part, dans tout l’archipel, l’importance des pluies varie également d’une façon très sensible suivant l’exposition des versants, ceux qui sont tournés vers l’alizé étant toujours beaucoup plus humides. Les personnes qui se représentent les îles océaniennes avec un ciel perpétuellement pur et ^ensoleillé risquent d’être fort déçues aux Nouvelles-Hébrides, où le mauvais temps est au contraire la règle. Aussi, la navigation dans ces parages est-elle loin d’être de tout repos.. L’océan est toujours très houleux et les courants de marée, d’une grande violence, entretiennent entre les îles, surtout dans les chenaux étroits, une mer agitée et hachée et provoquent, au large des pointes, des remous où les petits cotres utilisés par les colons ont souvenl du mal à manœuvrer.
- Les Nouvelles-Hébrides sont habituellement représentées comme des terres excessivement verdoyantes, que la forêt recouvre uniformément du rivage aux sommets les plus élevés. Telle est sans doute la physionomie de certaines côtes, celle même de plusieurs îles lorsqu’on les contemple du large. Mais quand, au lieu de longer simplement quelques parties du groupe, on en fait par mer le tour complet, on ne tarde pas à se rendre compte que la forêt, si étendue soit-elle, n’est qu’un des aspects de la végétation néo-hébridaise et laisse de vastes espaces aux savanes et également à de curieux maquis, formés d’arbrisseaux rabougris et de courtes fougères drues et argentées, cachant mal un sol rouge-sang qui fait ressembler certaines montagnes d’Aneitium et d’Eromanga à celles si arides de la Nouvelle-Calédonie. Il y a même des districts absolument désertiques, telles les plaines de cendres et de scories entourant les volcans actifs d’Ambrym et de Tanna, où les grosses pluies tropicales ont creusé d’extraordinaires ravinements, donnant à ces régions une apparence véritablement lunaire.
- Si, après avoir fait le tour des îles en bateau, on pénètre à l’intérieur des terres, on est surpris de constater combien, même là où le pays semblait le plus boisé, la forêt est loin d’avoir les proportions imposantes que l’on pouvait imaginer à distance. Elle offre bien souvent une physionomie étrange et inattendue mais ne revêt jamais l’aspect grandiose de la sylve tropicale d’Afrique ou d’Amérique, car il y manque ces arbres parfaitement droits et démesurément hauts, au tronc gris pâle et nu, dont la frondaison s’épanouit à plus de 5o m du sol. Ici, la forêt, avec ses arbres plus trapus que grands, souvent munis de puissants
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- contreforts, ses enchevêtrements de lianes et son sous-bois épais, est surtout très touffue. Le pandanus, avec ses longues feuilles coriaces et son tronc ramifié à la base, est l’un des plus curieux représentants de la flore néo-hébridaise, tandis que les fougères arborescentes, hautes comme des palmiers, en sont le plus gracieux ornement. Le banian, dont le tronc tourmenté rappelle quelque monstrueux nœud de serpents, en est le géant.
- Plus on monte, moins la forêt est haute et plus elle
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- ascensions, car le feuillage des arbres forme un écran opaque et si, par hasard, on découvre une échappée, il y a bien des chances pour qu’un brouillard humide et froid, en général accompagné d’une forte brise, enveloppe la montagne et vous dérobe le panorama grandiose que l’on pouvait espérer trouver sur les hauteurs. Il en a été ainsi, à peu près chaque fois que j’ai atteint un sommet. Ma seule satisfaction alors, après une rude montée, était de pouvoir jouir pendant quelques moments d’une température délicieusement fraîche. Je n’ai vraiment pu admirer la vue que sur les hauteurs d’Ambrym, en grande par-lie privées de végétation. .J’avais eu soin, sur cette île, d’installer mon camp en pleine montagne, pour atteindre rapidement le sommet du volcan actif lors, des éclaircies. Au delà du paysage lunaire, qui l’environnai l, c’était l’océan très bleu avec des îles à perle de vue.
- Fig. 10 et 11. — Quelques Pandanus.
- A gauche, sentier canaque dans la lorêt, à Tanna.
- A droite, pandanus isolés dans la savane d’Ei'ate (Photos E. Aubert de la ltüe).
- est serrée et inextricable. A partir de l’altitude de (ioo m, on est en général dans les nuages et la condensation devient très forte. Même lorsqu’il ne pleut pas, l’humidité suinte de toutes les feuilles et dégouline le long des troncs tortueux et moussus. 11 est exceptionnel de trouver un sentier indigène au-dessus de 6oo m, aussi doit-on se frayer un passage au coupe-coupe pour atteindre les sommets. Les arbres, chargés à crouler de lianes et d’épiphytes, mêlent leurs branches supportant de délicates orchidées et la marche finit par devenir absolument acrobatique, d’autant plus que nombre d’entre eux, arrachés par le vent ou simplement morts de vieillesse, sont couchés à terre. Beaucoup, décapités par les cyclones, demeurent encore un certain temps debout ; les lianes et les mousses leur donnent une fausse appax'ence de vie.
- Il est rare de pouvoir jouir de la vue au cours de ces
- Les savanes sont généralement cantonnées dans le Nord et l’Ouest des îles, là où le climat est le plus sec et elles atteignent leur plus grande extension dans la partie méridionale du groupe, en particulier sur les plateaux d’Efale et d’Eromanga, coupés de temps à autre par de profondes vallées boisées. Au milieu de ces prairies surgissent, de place en place, des pandanus revêtus de lichens formant de longues chevelures jaunes et des acacias au tronc noueux, tous inclinés dans la même direction, du fait de l’alizé qui fait onduler les hautes herbes d’un vert si tendre, en janvier, et qui prennent ensuite, en séchant, une teinte beige, avant de devenir la proie des feux de brousse, allumés périodiquement par les indigènes.
- La brousse néo-hébridaise abrite des plantes redoutables, les orties canaques, pouvant devenir de véritables arbres et dont les larges feuilles luisantes pro-
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- (luisent, au moindre contact, des brûlures et des démangeaisons douloureuses qui persistent des jours entiers. Elle ne recèle, par contre, aucune bête féroce et les rares crocodiles, que Ton rencontre dans les rivières du Nord de Santo et des îles Banks, semblent eux-mêmes très pacifiques. Les serpents, des boas de petile. taille, fort nombreux dans certaines îles, toujours paresseusement enroulés autour des branches des arbres, sont absolument inoffensifs, comme les gros lézards verts ou noirs, les geckos, si communs sous les lambeaux d’écorce des arbres morts et les ravissants petits scinques, argentés ou mordorés, qui peuplent les toitures des cases et disparaissent au moindre bruit. Les indigènes ont cependant une véritable terreur de tous ('es reptiles.
- En dehors des espèces introduites par l'homme, telles que le chat, le chien, le cheval, le taureau, que l’on rencontre maintenant souvent à l étal sauvage ('I les rats innombrables qui ravagent les cocoleraies, les mammifères sont exclusivement représentés par des roussettes, immenses chauves-souris aux dents très acérées, passant la journée suspendues aux arbres, où ('Iles forment parfois de véritables grappes. Elles prennent leur vol à la tombée de la nuit et l’on peut alors les voir passer très bas, dans un silence absolu, allant à la recherche des fruits dont elles se nourrissent exclusivement, .l’ai été plus d’une fois témoin des repas de roussettes et j’ai pu constater qu’elles sont alors beaucoup moins silencieuses, surtout lorsqu’elles s'abattent sur un manguier ('l s'en disputent les plus beaux fruits. Les indigènes, pour lesquels ces rongeurs sont un plat de choix, n’ignorent pas leur passion pour les mangues cl les attendent armés de bâtons. Ils en font alors en quelques instants de véritables hécatombes.
- Les îles abritent une très grande diversité d’oiseaux rares et. presque chaque année des expéditions viennent d’Angleterre, d’Amérique et d’Australie en capturer un grand nombre, non seulement pour des musées et des jardins zoologiques, ce qui est parlait, mais aussi pour des lins commerciales, trafic qui devrait être absolument, interdit, surtout quand il s’agit d’espèces rares dont les Nouvelles-Hébrides sont l’unique habitat. Les oiseaux ont d’ailleurs sur place de redoutables ennemis, les colons d’une part, pour qui la chasse aux pigeons et aux canards principalement, est une grande distraction et les indigènes, abattant à coups de flèche, pour les manger, les perruches ('I tous les oiseaux qu’ils rencontrent.
- Le monde des insectes est largement représenté et malheureusement pas seulement par des espèces inoffensives. Les moustiques infestent toutes les parties basses et les lieux habités. Indépendamment de l’anophèle, qui propage le paludisme, on trouve parfois de véritables nuages de Culcx, responsables. de fréquents cas d’éléphanliasis chez les indigènes. Les mouches sont plus nombreuses encore, et constituent une 'véritable plaie, tellement elles sont harcelantes. Elles ne durent 'heureusement qu?un temps, sans cela certaines régions de l’archipel, là où abonde le bétail
- sauvage notamment, seraient à peu près inhabitables de leur fait. Les mouches font leur apparition avec, la saison chaude et disparaissent quelques mois plus lard, quand le temps se rafraîchit. II en est de toutes les couleurs, de ravissantes et de hideuses. On les trouve depuis le bord de la mer jusque dans les montagnes, dans les savanes comme dans les forêts. Elles surgissent de partout dès le lever du jour, vous repèrent aussitôt et ne vous quittent plus avant la tombée de la nuit. Toutes ces mouches se collent, à vous, pénètrent dans les veux, les oreilles et la bouche. Manger devient un véritable supplice, car ce sont aussitôt des nuages entiers qui vous environnent, se précipitant dans les plais et vous disputant, la moindre, bribe de nourriture.
- Les sangsues terrestres sont un autre inconvénient de ces îles, mais sont fort heureusement localisées dans les parties les plus humides de la forêt, se tenant sur le sol et les feuilles des arbres, vous attaquant de préférence lorsqu’il pleut.
- Des crustacés de toutes sui tes se rencontrent un peu partout. Le long du-littoral, c’est tout un monde de crabes, dont beaucoup appartiennent à des espèces terrestres, ('relisant dans le sol de profonds terriers, mais dont la prudence n'est pas la qualité dominante ; nombreux sont ceux allant s’ébouillanter maladroitement dans les sources chaudes où s’accumulent des monceaux de carapaces. Le sont aussi des colonies innombrables de Bernards l'Hermitle, qui. s’aventurent fort loin dans l’intérieur, cherchant à dévorer les noix de coco tombées. En montagne, ce sont d’autres crabes et dans tous les torrents de prodigieuses quantités de délicieuses palémones. On trouve des crustacés dans les endroits les plus inattendus. De gros crabes élisent domicile dans les vieux arbres cl. les quittent la nuit pour aller explorer les cases des indigènes dans le voisinage. Les pagures, dont le plus curieux représentant est le crabe des cocotiers, si apprécié des Canaques, sont les plus audacieux. Dans les maisons de Porl-Vila, le chef-lieu de l’archipel, il n’est pas rare d’en voir cramponnés aux supports des moustiquaires et d’autres, qui par un prodige d’adresse, se promènent au plafond des pièces, en s’agrippant aux moindre aspérités. Les visites nocturnes de tous ces crustacés finissent par être un peu encombrantes car ils traînent bruyamment leurs grosses pinces, mais ils son1, néanmoins bien inoffensifs, malgré leurs airs provoquants. Les Canaques, munis de torches, qui sont des feuilles de cocotiers bien sèches ou des gerbes de grands roseaux, passent des nuits entières à les capturer et s’en délectent.
- Tels sont les principaux aspects physiques des Nou-velles-llébrides et quelques considérations sur leur llore e! leur faune. J ’aborderai dans un prochain article l’étude des populations si curieuses et pittoresques qui peuplent ces îles mais disparaissent malheureusement, d’une façon assez rapide, en même temps que leur civilisation primitive et si originale.
- E. Aubert de la Rüe.
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- .— ..LES TUYAUX DE PLOMB
- HISTOIRE ET PROGRÈS DE LEUR FABRICATION
- Le tuyau de plomb que nous sommes habitués à voir serpenter à travers nos demeures pour conduire l’eau et le gaz et évacuer les eaux usées, n’est pas précisément ce que. l’on a coutume de nommer une « cou quête des temps modernes ».
- Le plomb élan! un des métaux les plus anciennement connus (') et présentant par suite de sa malléabilité des facilités de travail exceptionnelles a été de Ions temps utilisé pour façonner les objets les plus variés dont nous retrouvons des spécimens dans les diverses fouilles archéologiques.
- Parmi ces objets datant de plusieurs millénaires, une très grande place doit être faite aux tuyaux de plomb dont ou a découvert des longueurs considérables.
- LA TECHNIQUE DES TUYAUX DE PLOMB CHEZ LES ROMAINS
- Les [dus anciens de ces tuyaux ne semblent pas remonter à des époques antérieures à la civilisation romaine et on en retrouve d’ailleurs eu abondance dans tous les pays où les Romains ont vécu et plus ou moins imposé leur façon de vivre.
- La question de la distribution de 1 eau aux populations les ayant toujours préoccupés au premier chef, leurs ingénieurs ont du utiliser toutes les ressources de leur art [tour aller chercher parfois fort loin celle eau si précieuse et la véhiculer sans perles exagérées.
- De là ces aqueducs remarquables, ces ouvrages d’art, considérables et de là aussi presque sûrement la mise au point de la fabrication à peu près industrielle des tuyaux de plomb.
- Ceux-ci .étaient, d une part, utilisés pour former des siphons permettant ainsi aux grandes conduites d’ame-née d’eau le franchissement facile des rivières ou des vallées profondes et on les employait, d’autre part, pour la distribution de beau en ville et à l’intérieur des villas.
- Citons les siphons du Rhône entre Trinquelaille et, Arles, de l’Ouvèze à Vaison (tuyaux de o m i6), de la Charente à Saintes, cl, les franchissements des vallées du Caron . (<) tuyaux.de o m :ise dédoublant en iS tuyaux de o m 17), de Rouant (la tuyaux de o m :v.i se dédoublant en a/j tuyaux de o m 17), le vallon de Sainl-lrénée, tous ouvrages situés sur l’aqueduc de 5:? km amenant l’eau du Mont Pilât à Lyon.
- En ce qui concerne les distributions d’eau dans les villas, nous pouvons indiquer que : la Maison de Livic, à Rome, comprenait de nombreux tuyaux de plomb ; à Pompei, dans la Domus Vetliorum, il a suffi de rétablir la communication avec la conduite principale pour voir à nouveau couler les fontaines.
- Enfin, les tuyaux de distribution se retrouvent dans le sol des rues de presque toutes les villes romaines et des villes où les Romains ont établi des colonies, telles que : Paris, Nîmes, Vaison, Vienne, Arles, Être tat, Poitiers, Metz, Bayeux, Clermont-Ferrand, Saintes, en France, Batli et Exeter, en Angleterre.
- Presque toutes les villes d’eau recèlent également des vestiges souvent importants de canalisations en tuyaux de plomb ; sans compter Bath (Angleterre) où les tuyauteries en service qui conduisent l’eau des Sources aux Bains sont encore celles établies par les Romains, nous citerons Royat, Luxeuil, Plombières, Bourbon-Lancy, Sainl-Galinier, les fouilles récentes des Fonlaines-Salées près de Vezelay, etc., etc.) (Voir Bonnard, La Gaule thermale).
- Les tuyaux de plomb romains dénommés « Fislulæ » ne sont donc pas des raretés, mais on se rend compte au contraire que leur production a été en quelque sorte industrialisée, par la corporation des plombiers ou « Piumbarii ».
- La section droite de ces tuyaux est en général piri-forme (tig. a) et celte forme spéciale a intrigué un grand ingénieur, Belgrand (x) et un grand savant, Frémonl (2) qui n’ont pas dédaigné de rechercher quelles avaient pu être les méthodes de fabrication de ces tuyauteries.
- Vitruve (Marcus Vilruvius Pollio), architecte romain du L1' siècle av. J.-C., dans son traité De Archilec-lura, a laissé quelques détails intéressants sur les tuyaux de plomb, mais n’a rien dit de leur fabrication [tas plus que Sexlus' Julius Fronlinus, directeur, en Lan 97, des Services hydrauliques de Rome, dans son ouvrage De Aquœductis.
- Des recherches de Belgrand et Frémonl, il semble
- I. « Les aqueducs romains ", par Belgrand. Paris 1875.
- IL <( L’évolution du tuyau », par Fremont. Paris 1920.
- Fig. I. — Tuyaux de plomb romains, trouvés au Collège de France en 1933.
- 1. Hollard, La Nature, n° 3000, 1er mai 1937.
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- Fig. 2-, — Coupe d’un tuyau romain (soudure à bourrelets).
- résulter ce qui suit. Certains tuyaux peu nombreux d’ailleurs et de tout petits diamètres étaient obtenus par coulée.
- La grande majorité des tuyaux ordinaires était obtenue à partir de la feuille de plomb coulée.
- La largeur de la feuille de plomb, donnée en doigts romains, caractérisait le type du tuyau et son calibre ; c’est ainsi que, d’après Vitruve, on peut donner le tableau suivant :
- Dénomination Larg de la en doigts romains eur aine en mètres Diamètre intérieur approxi- matif Po en livres romai- nes ids en kilo- gram- mes
- Centenaire . 100 i,856 55 cm 1.200 393
- Octogénaire. 80 i,485 45 cm 960 3.4,6
- Quinquagénaire 5o 0,928 25 cm 600 196,5
- Quadragénaire. 4o 0,742 22 cm 48o i57,2
- Tricénaire . 3o 0,557 16 cm 36o i*7,9
- Vicénaire 20 °,37i 9 cm 211 690
- QuiDzénaire. i5 0,278 8 cm 180 58,9
- Dénaire . 10 0,186 5 cm J20 39,3
- Octonaire . 8 0,148 4 cm 96 3i,4
- Quinaire. 5 0,093 2,5 cm 60 *9,6
- Les épaisseurs des feuilles varient de 5 à 7 et parfois i5 mm (Luxeuil), mais pour la grande majorité des tuyaux 1 épaisseur est de 7 mm. Leur diamètre varie le plus souvent de 5 cm à 16 cm et 22 cm ; les tuyaux
- plus gros sont relativement rares. 11 est d’autre part bien exact que la longueur uniforme des tuyaux était de 10 pieds, soit 2 m 95 environ ; c’est ce que l’on peut vérifier sur les tuyaux d’Arles (Musée lapidaire).
- La feuille ou bande de plomb était roulée autour d’un mandrin et les bords rabattus de telle sorte que la section droite était piriforme (üg. 3, a).)
- La jonction des lèvres de la lame se faisait, semble-t-il, de diverses façons. On a cité des lèvres agrafées, d’autres jointoyées par du mastic ; sans vouloir contester leur existence, il est bon d’insister sur ce fait que l’immense majorité des tuyaux de plomb romains est à lèvres soudées.
- Parmi les lèvres soudées, on distingue deux types principaux : le type à bourrelet et le type sans bourrelet.
- Pour le type à bourrelet (lig. 2), le processus opératoire devait être le suivant : la forme du tuyau obtenue, le plombier romain plaçait le long des lèvres deux boudins d’argile de façon a former une espèce de gouttière tout le long de l’arête supérieure. 11 promenait ensuite au-dessus de celte gouttière une polaslre ou poêle allongée ayant comme fond un grillage sur lequel brûlait du charbon de bois. Sur les lèvres de la feuille de plomb ainsi réchauffées, le plombier versait du plomb assez chaud, d’où fusion des bords, puis par refroidissement formation d’un bourrelet homogène de plomb, en somme une véritable soudure autogène des lèvres (fîg. 3 f), 3 c).
- Belgrand a fait remarquer que seule la section piriforme permettait de limiter le réchauffage à la partie supérieure des lèvres de la feuille, tandis qu’avec la forme circulaire une partie importante de la feuille était soumise à l’action de la polastre, d’où difficulté d e chauffage correct et risques plus grands de fusion prématurée (fig. 4).
- L’opération était bien conduite car, lorsque l’on fait une attaque macrographique, après polissage, il est impossible d e distinguer les bords anciens de la feuille (fig. 2 et 6).
- Par contre, on remarque 1 e s différences de grosseur et d'orientation
- Fig. 3. — La soudure des tuyaux de plomb chez les Romains, a, rabattement de la feuille de plomb autour d’un mandrin pour lui donner une section piriforme ; b, formation d’une gouttière au moyen de boudins d’argile et coulée de plomb pour réaliser la soudure des lèvres ; c, la soudure terminée, il s’est formé aux lèvres un bourrelet homogène de plomb, en somme une véritable soudure autogène.
- Mandrin
- Feuille coulée
- Jet deplamb n
- fondu n odyures
- noua ms / _\ aar^/Te
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- des cristaux de plomb. En effet, quand le métal tondu se solidifie, le passage de l’état liquide à l’état solide est toujours accompagné de formation de cristaux dont l’axe prin-c i p a 1 commence au point du début de solidification.
- On voit bien que la feuille primitive à cristaux moyens orientés vers le centre — par suite du cintrage — a été dans ses extrémités refondue ; la refusion donne des axes de cristallisation entièrement nouveaux et une cristallisation beaucoup plus grossière. Tout ceci est bien conforme à la soudure par apport de plomb fondu très chaud entre les lèvres à souder.
- Eniin, la macrographie et l’analyse chimique sont d'accord pour indiquer qu’il s’agit bien de plomb et non d’un alliage d’étain. C’est donc bel et bien, comme l'indiquait M. llollard dans son article, une opération de soudure autogène qui remonte à deux millénaires.
- Après enlèvement; des boudins d’argile, le bourrelet formait cet aspect si caractéristique du tuyau romain ordinaire.
- Ce bourrelet est parfois exempt de bavures ; par (•outre, il s’en rencontre avec des bavures très prononcées (Bath (fig. 5), Vienne (fig. 3, c). L’examen macrographique indique parfois la présence de tout petits cristaux à la partie supérieure du bourrelet (fig. 5). Il y a donc eu une espèce de martelage de la matière en voie de passage à letat solide. Etait-ce dans le but de faire pénétrer le plomb entre les lèvi'es ? Toujours est-il que la production (probablement involontaire) de métal à grain plus fin rendait le plomb du cordon de soudure un peu plus tenace (écrouissage très léger). La technique de cette fabrication paraît en tous cas plus avancée que la première.
- Enfin, il y a la classe des soudures sans, bourrelet ; ce type de tuyau romain dont les lèvres sont parfaitement soudées présente des arêtes assez vives (fig. 6).
- Belgrand en a donné un des-s i n, Frémont
- Fig. 0. — Tuyau de plomb romain, soudure sans bourrelet.
- en parle, mais ni l’un ni l’autre n’expliquent le processus de fabrication de ce genre de tuyau que l’on trouve un peu partout (Fontaines Salées, Collège de France, Vienne, etc.). Or, il est impossible d’expliquer la soudure des lèvres à bords francs par la technique déjà exposée ; la jonction supérieure montre que les lèvres sont parfaitement appliquées l’une contre l’autre ; nous croyons même que dans certains cas, il y a eu chanfreinage préalable (fig. 7).
- Dans ces conditions, il a été impossible de verser le plomb entre les lèvres supérieures, sans quoi, il y a ni ait un bourrelet qui précisément n’existe pas et des arêtes fondues plus ou moins alors qu’elles ne présentent aucune trace de fusion.
- On remarque, par contre, que certains points de l’intérieur du tuyau apparaissent comme ayant été fondus. Peut-on conclure que la soudure autogène se faisait en versant du plomb fondu à l’intérieur de l’ébauche du tuyau inclinée en conséquence et posée sur une masse d’argile tête en bas ? Ce point ne nous paraît pas bien élucidé.
- Il n’en reste pas moins que la fabrication de ce type de tuyau sans bourrelets supérieurs reste certainement très différente de celle des tuyaux avec bourrelet dont la technique de
- fabrication semble bien élablie.
- De même, il existe deux types très différents de soudure des tuyaux entre eux.
- Charbons ardents
- 'échauffée.
- ' Fig. 4.
- Dans le mode de soudure de la figure 3, le réchauffage du joint est assuré par rayonnement ; la section piriforine (à gauche) du tuyau est préférable à la section circulaire, parce qu’elle limite aux lèvres l’action de la chaleur.
- Fig. 5. — Tuyau de plomb romain trouvé à Bath (Angleterre).
- Zone de cristaux fins
- Gros
- cristaux
- Gros
- cristaux
- Echelle
- Fig. 7. — Type de soudure sans bourrelets. Chanfreinage probable.
- Arêtes de la feuille primitive
- Chanfhein \. probable
- * *
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- Fig. S, 0, 10. — De tjauche à droite : Jonctions de tuyaux romains entre eux ; détail de la jonction montrant le gaspillage de métal et la technique primitive de cette soudure ; détail de la jonction de deux tuyaux romains à soudure sans bourrelet ; la jonction est un simple collage.
- Dans les dénaires comme dans les quinzénaires trouvés il. y a quelques années au Collège de France, comme encore dans le quinzénaire trouvé il y a près de ioo ans rue Gay-Lussac, la jonction des tuyaux entre eux se fait d’une façon ultra-simpliste : on creusait un trou en terre autour de la jonction à réaliser, les tuyaux ayant été préalablement emboîtés par évasement de l’un d’eux ; on garnissait l’excavation d’argile et on coulait ime masse de plomb (fîg. 8 et 9). Le réchauffage des tuyaux (s’il se pratiquait) était forcément très mauvais ; aussi il n’y avait plus soudure autogène mhis seulement collage (fîg. 10) et les tuyaux se séparent sans aucun effort.
- Par contre, si l’on examine les tuyaux d’Arles, on voit que ces quinzénaires sont jonctionnés par une soudure solide formée de deux troncs de cône accolés par la base. On a l’impression que non seulement le moule était très correct, mais que l’on a peut-être même travaillé avec un chiffon le plomb encore chaud, comme on le fait actuellement lorsqu’on veut lisser une soudure.
- Cette technique est en tous cas bien plus avancée que celle relative aux précédentes jonctions.
- A remai’quer que cette soudure perfectionnée se voit
- Fig. 11. — Estampille d’un tuyau de plomb romain trouvé à Sainte-Colombe en 1873 (musée de Vienne).
- CNIEVS TA... HERMES VE
- sur des quinzénaires du type à bourrelets qui nous paraissent de technique ancienne.
- Il n’est d’ailleurs pas très étonnant que la technique des Plumbarii romains ait été plus ou moins bien appliquée selon qu’il s’agit de tuyaux faits en des lieux plus ou moins éloignés de Rome.
- Les tuyaux de plomb semblent bien, en effet, avoir été fabriqués dans certaines villes déterminées d’où ils étaient expédiés aux points d’utilisation en général très proches.
- Car chaque tuyau portait sur son liane et le plus souvent sur ses deux lianes des inscriptions venues très certainement de fonte dans la feuille-mère ; ces inscriptions indiquaient selon les uns (Belgrand) le nom du propriétaire et de l’édile, selon les autres, le plus souvent le nom du plombier fabricant.
- C’est ainsi que dans la vallée du Rhône, riche en souvenirs romains, on peut rencontrer à Arles el à Nîmes des dénaires du même fabricant :
- CANTIUS O POTIIUNUS O FAC
- A Nîmes également, on trouve des dénaires de :
- CRISPIUS PRIMIGENIUS . F .
- Par contre, ces deux fabricants ne se retrouvent pas à Vienne (Isère), centre de fabrication important qui envoyait des tuyaux vers Lyon : ces tuyaux se reconnaissent à la marque VF (Viennce Fecit).
- Nombre des estampilles de Vienne ont été en effet
- Fig. 12. — Autre estampille du musée de Vienne.
- QVINTVS VF
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- retrouvées à Lyon, telles : satto et senter v. f. ou
- LUCIUS VERUS BELLICUS VF. LR MARTIALIS VF.
- On a pu remarquer aussi qu’un certain Eutyches travaillait à Lyon (LF) et aussi à Vienne (VF) ; ce ne sont peut-être, il est vrai, que des homonymes.
- A signaler plus spécialement l’estampille vassedo vf trouvée à Trinquetaille (Arles), à Chalon-sur-Saône et à Varois, près de Dijon. Nous ne saurions donner toutes les estampilles du Musée de Vienne qui sont remarquables et fort nombreuses (33). Le savant conservateur de ce musée, M. A. Vassy, en a donné une description complète et détaillée dans une communication au Congrès d’Orange en iq3/|.
- Mais nous ne résistons pas au plaisir de donner la reproduction de deux estampilles qui portent des dessins pour le moins curieux et qui prouvent que les Plumbarii cherchaient à mettre un peu d’originalité dans leurs marques de fabriques (fig. u et 12).
- Cet ensemble de courtes indications sur la fabrication des tuyaux de plomb romains nous permet de conclure qu’il y avait une certaine normalisation des formes et une certaine unité de fabrication suivant deux ou trois modes bien distincts.
- ..... ::........ ;--------- 507 =
- Celle fabrication probablement régie par les règles de la corporation des Plumbarii devait se concentrer dans des ateliers artisanaux qui, pour la plupart, devaient alimenter les environs immédiats et parfois pour les plus importants d’entre ces ateliers, certains centres peu éloignés de la même province.
- LE TUYAU DE PLOMB AU MOYEN AGE
- Quoique pendant cette période on ait constaté une certaine régression dans les pratiques d’hydrolhéra-pie, on n’en continua pas moins à utiliser le tuyau de plomb qui, à cette époque était pratiquement la seule tuyauterie connue pour véhiculer l’eau nécessaire à l’alimentation des cités.
- Toutefois, la technique de la fabrication avait évolué et le tuyau fabriqué à partir de la feuille coulée était arrondi sur un mandrin ; sa section droite était circulaire et la soudure des lèvres de la feuille se faisait au fer à souder, avec de la soudure à l’étain.
- Concurremment avec ces tuyaux, vers le xvne siècle, on s’avisa de faire les tuyaux dans un moule. La figure i3 montre l’aspect que représentait à cette
- Fig. 13. — Aspect d’un aledier de confection de tuyaux de plomb au xvue siècle. Au-dessous : demi-coupe et dessin du moule.
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- époque un atelier de confection de ces tuyaux et donne coupe et dessin du moule.
- Le tuyau était fait par coulées successives : la crémaillère permettait d’arracher le noyau et le moule lui-même s’ouvrait en deux. L’extrémité du tuyau déjà moulé était réintroduite dans le moule jusqu’au-dessous du trou de coulée et se fondait au moment de la coulée du plomb, se soudant ainsi d’une façon autogène au tronçon de tuyau en cours de moulage. La longueur du moule était tantôt de 2 pieds 1/2 (o m 81), tantôt de 3 pieds (o m 98) ; mais à chaque opération on réintroduisait de 6 pouces (o 111 162) le tronçon dans le moule. Finalement, on donnait aux tuyaux terminés une longueur de 12 pieds, soit 3 m 90 (l) (2), et parfois de 18 pieds soit 5 111 85 pour les plus petits.
- Les dimensions habituellement, employées étaient (i), en traduisant en millimètres les valeurs du pouce (27 mm) et de la ligne (2 mm 256) :
- 27/ 5,6 41/ 6,7 54/ 9,0
- 81/11,2 io8/i3,5 162/16,8
- A l’époque de Louis XIV où la consommation de plomb pour les statues, les toitures et les canalisations fut prodigieuse, on retrouve principalement les dimensions de 4 et 8 pouces et 1 pied, soit 108 mm, 216 mm et 324 mm dans les canalisations des fontaines de Versailles. On a même signalé des tuyaux de 65o mm de diamètre et 35 mm d’épaisseur dans le parc de Versailles.
- Ces tuyaux étaient faits suivant la technique habituelle, feuilles de plomb roulées et soudées à l’étain. Le plombier Denis Joli y, qui s’intitulait ingénieur ordinaire du roi, avait conservé l’habitude de marquer les tuyaux qu’il fournissait vers 1664 pour Versailles et Vincennes d’une estampille en forme de lleur de lys (fig. 14).
- Ces tuyaux, pour la’majeure partie, sont encore en place et servent à alimenter actuellement les jeux d’eaux des fontaines de Versailles.
- C’est vers 1787 que la technique de la fabrication * semble s’orienter vers des procédés nouveaux ; on commence à étirer des tuyaux coulés d’un peu plus d’un- mètre de long. Un noyau en acier introduit dans le tuyau conserve le diamètre interne ; le passage au
- 1. Belidor. L’architecture hydraulique. Paris 1740.
- 2. L’encyclopédie (1751-1772).
- banc à étirer à travers des filières de plus en plus petites permet de réduire l’épaisseur du tuyau ; on pouvait atteindre ainsi des longueurs de plus de 5 m.
- Vers 1811, Auger essaya de faire passer le tuyau coulé muni de son mandrin à travers des paires de cylindres de laminoir concaves cl par paires alternées tantôt horizontales, tantôt verticales.
- Entre 1820 et i84o, Barr, en Angleterre, Lagoulte et Simon, à Paris, Crossley et Heywood, à Londres, Moisson de Vaux, à Paris, Falguière, à Marseille, Menlzel, à Cologne, prennent des brevets pour la fabrication des tuyaux de plomb par pression et principalement par la pression due à la presse hydraulique.
- 11 semble bien que ce soit Sieber, de Milan, qui réussit le plus vite à mettre au point l’emploi de la presse hydraulique pour filer le tuyau de plomb.
- En 1827 encore, on se servait de tuyaux moulés, soudés ou physiqués, étirés et lilés. Les principales dimensions employées étaient alors :
- 27/6,8 41/ 9 54/ 9 68/12,3
- 81/12,3 108/12,3 135/13,5 - 162/13,5
- 216/13,5 a5o/15,8 320/15,8 65o/35
- LA FABRICATION ACTUELLE DU TUYAU DE PLOMB
- Vers i84o, les tuyaux lilés commencent à conquérir le marché et on peut dire que vers i85o ce type de tuyau est le seul qui subsiste.
- Les presses à tuyaux des types primitifs étaient évidemment fort différentes des presses actuelles comme dimensions et comme puissance. Mais les principes essentiels 11’ayant pas varié, il nous semble parfaitement inutile de nous appesantir sur la description des presses de type ancien.
- Il existe deux méthodes principales de filage du tuyau de plomb à la presse hydraulique : la méthode directe et la méthode inverse.
- Dans chaque méthode (fig. x5), le plomb est coulé dans une chambre en acier ou conteneur dont l’orifice de coulée peut se boucher hermétiquement. Un refou-loir mû par une presse hydraulique comprime le plomb et l’oblige à passer par un espace annulaire constant compris entre un poinçon (ayant comme diamètre extérieur la dimension intérieure du tuyau) et une filière (ayant comme ouverture la dimension extérieure du tuyau). Tantôt la filière est fixe et le poinçon est mobile avec le refouloir (méthode directe), tantôt le refouloir est fixe et la filière est mobile avec le refouloir sur lequel elle est fixée et qui, dans ce cas, est creux (méthode inverse). On conçoit bien que l’une comme l’autre de ces deux méthodes donnera un tuyau parfaitement concentrique puisque l’espace annulaire entre le poinçon et la filière à travers lequel le plomb est foncé reste constant.
- Fig. 14. — Tuyau de plomb du château de Versailles, époque de Louis XIV, avec estampille en fleur de lys.
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- Ces deux méthodes sont employées indifféremment dans des presses où la sortie du tuyau se fait par en dessous ou, au contraire, par en dessus.
- 11 en résulte plusieurs types de presses assez différents, mais analogues quant aux principes de travail.
- I.es pressions utilisées dans la presse hydraulique sont de l’ordre de 100 à 3oo kgr par centimètre, suivant le diamètre et l’épaisseur du tuyau.
- En ce ’ qui concerne le dimensionnement des tuyaux, les tableaux standards indiquent 441 valeurs différentes ; la plus faible dimension étant 3/o,8 et la plus forte i5o/io. On peut d’ailleurs aller plus loin et obtenir dans des fabrications spéciales les diamètres intérieurs de 220 mm et même 3oo mm.
- On conçoit donc que l’outillage de fabrication comprend un grand nombre de poinçons et de filières différents.
- Mouvement du piston Piston plein
- Parois du conteneur
- Filière ou matrice
- Méthode directe
- Fig. lti. — Principe de la fabrication du tuyau de plomb par filage à la presse hydraulique.
- La température de coulée du plomb n’est pas indifférente, aussi munit-on les chaudières de fusion de pyromètres qui indiquent la température et évitent de faire une surchauffe génératrice d’oxydes.
- Dans certaines presses, on prend la précaution de chauffer le conteneur avant les premières coulées de la journée ; et de même vers la fin de la journée, il y a lieu de couler le plomb un peu plus froid de façon qu’il se fige dans le conteneur tout en le remplissant sans entraîner de bulles d’air. Il faut éviter une surchauffe du plomb qui risque de transformer une partie du plomb en oxyde. D’autre part, le plomb trop froid s’écoulant difficilement, on doit éviter un trop gros refroidissement. Il y a là, en somme, tout un doigté qui est à acquérir et qui permet seul de livrer des tuyaux impeccables.
- Le conteneur ne reçoit que des quantités limitées de plomb qui vont jusqu’à quelques centaines de kilogrammes dans certaines presses. Le travail est donc essentiellement discontinu et suivant les nécessités de
- fabrication une même dimension de tuyaux peut obliger à remplir p 1 u-sieurs fois le con teneur.
- Lorsqu’on remet la presse en marche après un remplissage du conteneur, le tuyau qui sort présente le plus souvent un défaut au raccordement entre l’ancienne et la nouvelle charge.
- Dans la fabrication du tuyau où l’on coupe celui-ci tous les 10 m cela ne présente pas d’inconvénient, car l’ouvrier coupe largement au delà de la jonction la partie suspecte de tuyau et la rejette. On obtient ainsi des tuyaux parfaitement concentriques, sans raccords ni renflements, d’une homogénéité complète.
- Signalons en passant que pour les câbles électriques armés recouverts d’une enveloppe en plomb, il n’en
- Fig. 17. — Batterie de trois presses à filer le tuyau de plomb à sortie par le dessous.
- Introduction du plomb e RèchaufTeurxsJÏ'^t
- Câble ou mandrin
- Fig. lfi. — Schéma de la machine à filer les tuyaux de plomb d’une façon continue.
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- = MO .-. .
- va pas de môme et il est nécessaire qu’il y ait continuité absolue de la couverture ; les chefs de fabrication ont une série de tours de mains et en particulier surveillent très attentivement les tempéi'atures pour que la jonction des anciennes et nouvelles charges ne se distingue pas.
- On a essayé un certain nombre de machines s’appuyant sur des principes mécaniques différents pour obtenir une fabrication réellement continue des enveloppes de cables. En particulier, on a employé le système de la vis qui est assez difficile à mettre au point. 11 semble toutefois que certaines de ces machines donnent actuellement des résultats satisfaisants. Nous en donnerons une description rapide, car ces machines, quoique destinées à la fabrication des câbles électriques armés, peuvent servir à la fabrication du tuyau de plomb (fig. 16).
- Une alimentation continue de plomb fondu se fait au sommet d’une vis qui force le plomb pâteux à passer à travers une filière et recouvre ainsi de plomb le câble armé qui passe au travers de la vis et de la filière. Le maintien d’une température rigoureusement constante et l’usure des vis sont les inconvénients principaux de ce genre d’appareil.
- Le tuyau sortant de la presse est, comme nous lavons dit, livré dans le commerce sous forme de couronnes pour les petits diamètres et en longueurs
- droites de 4 m (normalement) pour les dimensions au delà de 60 mm de diamètre intérieur.
- * *
- La fabrication des tuyaux de plomb remonte donc déjà à plus de deux millénaires : les plombiers romains la pratiquaient suivant une technique assez bien définie et somme toute relativement compliquée.
- L’évolution de cette technique a été fort lente et l’on peut dire que jusqu’au xvn° siècle, elle •s’était à peine améliorée.
- Mais vers cette époque, la fabrication du tuyau tend à s’industrialiser et comporte des installations et des machines (moules à crémaillère) qui excluent l’ancien atelier artisanal.
- Les progrès de fabrication deviennent alors de plus en plus rapides jusqu’à la mise au point, il y a un siècle, de la fabrication par filage à la presse hydraulique.
- 11 s’agit alors d’une fabrication industrielle nécessitant d’assez importantes installations et un matériel coûteux, mais permettant la fourniture à la clientèle de toute une gamme de tuyaux adaptés aux nombreux usages pour lesquels ils sont employés et remplissant toutes les conditions désirables de régularité et d’homogénéité. J. Maiiul.
- LA DISTRIBUTION DE L'ÉLECTRICITÉ DANS LES NUAGES ORAGEUX
- Le mécanisme de la foudre, tout au moins celui de la décharge elle-meme, a fait l’objet de nombreuses éludes cl nous avons ici môme résumé les principales données du problème et les conclusions déjà acquises (l).
- Mais la question reste entière en ce qui concerne la formation dans les nuages des charges électriques, leur répartition et leur condensation en certaines régions. Cependant c’est certainement en envisageant Je problème sous cet angle que l’on arrivera à déterminer les conditions dans lesquelles se forme la foudre.
- Lu i<)34, à l’observatoire de Kew, MM. Simpson et Scrase ont; mis au point une méthode très simple d’en-regislrènient de la distribution de l’électricité dans les nuages à l’aide d’instruments peu coûteux attachés à des ballons-sondes. Depuis cette date, les sondages effectues ont été assez nombreux pour permettre déjà de tirer quelques conclusions générales qui sont résu-
- 1. Voir La Nature, n° 2995, 15 février 1937.
- niées dans un mémoire présenté à la Royal Society de Londres.
- Le but qu’ont poursuivi les expérimentateurs était d obtenir des informations sur les variations de signe du gradient de potentiel lorsque l’on s’élève dans l’atmosphère, du sol jusqu’aux régions situées au-dessus des nuages orageux. Le phénomène physique auquel ils se sont adressés est celui du courant qui parcourt un long conducteur terminé par des pointes lorsqu’il se trouve dans un champ électrique intense, le sens du courant dépendant de la direction du champ, l’électricité positive se dirigeant vers l’extrémité du conducteur qui est dirigée vers le potentiel positif. L’intensité de ce courant dépend de celle du champ électrique mais ne lui est pas proportionnelle, il faut un champ minimum dépendant des conditions atmosphériques (pression, hygromélricité) et de la forme des pointes pour qu’il se produise un courant. 11 n’était pas question dans les expériences que nous allons résumer de déterminer des valeurs du champ, mais simplement le signe des charges électriques, de
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- m =
- sorte qu’un simple dispositif indicateur de pôle était suffisant.
- Dispositif d’exploration. — L’appareil, baptisé (îlti-élecirographc est représenté figure i. Une monture d’aluminium porte un mouvement d’horlogerie bon marché qui fait tourner deux disques montés sur l’arbre de l’aiguille des minutes.
- Sur le disque inférieur en aluminium recouvert de noir de fumée s’inscrivent les courbes de pression et d’humidité. Pour la pression, les expérimentateurs utilisent le montage anéroïde ordinaire que l’on distingue sur la figure avec levier amplificateur. Pour l’humidité, un dispositif très simple d’hygromètre à cheveu est employé. Le disque supérieur est isolé de l’axe par un manchon d’ébonite et également isolé du disque inférieur par une cale isolante. 11 porte un ergot qui, après une rotation d’un tour complet, vient rencontrer une butée pour empêcher que les enregistrements ne continuent et ne se brouillent. Un tour complet s’effectue en i h environ ce qui, comme nous le verrons, est plus que suffisant pour un enregistrement complet jusqu’à 8 km d’altitude.
- Sur ce disque d’aluminium isolé on dispose une rondelle de papier, imbibée d’une solution détectrice de polarité, sur laquelle frottent deux électrodes constituées par des épingles en fer attachées aux extrémités de deux bras flexibles en bronze phosphoreux montés sur une cale en ébonite. L’un des bras est relié à la masse de l’appareil, l’autre est isolé et relié à un fil sous gaine caoutchoutée isolante d’une longueur d’une vingtaine de mètres.
- Le papier détecteur de polarité doit donner une inscription permanente et non fugace comme la trace brune laissée par le passage du courant lorsque l’on emploie la classique solution d’amidon et d’iodure de potassium. La meilleure solution d’imprégnation est
- la suivante :
- Fcrricyanure de potassium. . . 5 gr
- Nitrate d’ammonium................ îoo —
- Glycérine.......................... Go —
- Eau............................... 3oo —
- Avec celle composition et des poinles de fer, il se forme un dépôt de bleu de Prusse à l’anode dont la coloration apparaît au bout de quelques minutes et est permanente. On l’améliore encore en lavant cnsuile le papier dans l’eau et en le séchant. On peut ainsi déceler des changements de signes de courants dont l’intensité est de i/io de micro-ampère.
- La figure a montre le principe de fonctionnement de l’appareil. À est l’extrémité du fil dont nous avons parlé plus haut, B et G sont les devix électrodes frottant sur le papier imprégné de la solution déteclrice, D les fils conducteurs reliés à la carcasse de bambou dans laquelle on place tout l’appareil. Si le gradient de potentiel est positif, comme on l’a supposé sur la figure, il y aura afflux de charges positives en D qui sortiront en A. La pointe G est donc l’anode et c’est à cette électrode que se produira la coloration bleue,
- Fig. 1. — L’alti-électrographe.
- la pointe B ne laissant aucune trace. Si le champ change de sens, c’est alors la pointe B qui donnera la teinte bleue.
- Pour éviter de perdre les appareils et leur détérioration lors de la des-eenle, ils sont enfermés dans une 1 é g è r e armature d e bambou et suspendus à un parachute qui est détaché du ballon - sonde automatiquement à u n e altitude déterminée au départ. A cet effet, le crochet est ouvert par un dispositif
- Fig. 2. — Schéma du fonctionnement de l’alti-électrographe.
- Nuage
- +++++++++++++++++++
- \ \ { / /
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- Fig. 3. — Lancement d’un ballon-sonde muni d’un alti-électrographe.
- anéroïde Baker : la déformation de la capsule détermine le fonctionnement d’une gâchette qui actionne le déclenchement. La figure 3 montre l’ensemble de l’appareillage et du ballon-sonde au moment du lâcher.
- Le ballon a un diamètre de i m 5o, pèse i5o gr, a une force ascensionnelle de 1.800 gr lui donnant une vitesse verticale d’environ 5 m par seconde lorsqu’il enlève les instruments dont le poids total est d’environ 645 gr (x) ; la vitesse de descente du parachute est environ le double, de sorte qu’un sondage jusqu’à 8.000 m dure au total 45 mn et sur le diagramme, en plaçant les électrodes à 3 cm environ du centre du disque, l’échelle est d’environ 3 mm/mn.
- Lors du dépouillement des résultats d’un sondage, on tient compte du diagramme du disque inférieur qui donne la pression barométrique d’où l’on déduit l’altitude en faisant des corrections évidemment un peu aléatoires, car la température exacte n’est pas connue, l’appareil ne comportant aucun enregistreur de température. On tient compte également des conditions au sol au moment de l’expérience.
- 1. Se décomposant en : alti-électrographe 443 gr, parachute, système de déclanchement 70 gr, carcasse de bambou 103 gr, 20 m de fil et contrepoids 23 gr.
- Durant la période de juin iq34 à octobre u)36, 70 sondages ont été effectués dans des nuages pluvieux ou orageux et les enregistrements de 3i d’entre eux ont fourni des diagrammes satisfaisants. Ce nombre est évidemment très faible et il serait intéressant, maiutenant que la technique de MM. Simpson cl Scrase est bien au point, que dans tous les pays des éludes syslémaliques soient entreprises pour compléter la documentation et élucider le problème si intéressant de la foudre.
- D’ailleurs les auteurs ont donné une statistique des résultats négatifs qui montre que dans i4 cas les appareils n’ont pas été retrouvés et que dans 16 autres, les diagrammes ne présentaient aucune indication paisible du gradient trop faible de potentiel qui doit être au minimum de 10 v/cm pour que l'enregistrement se produise d’une façon nette.
- Représentation des résultats et cas simples théoriques. — Les diagrammes représentant les sondages donnent la variation du signe du gradient de potentiel avec l’altitude. Chaque sondage est représenté par une bande verticale, les portions ombrées indiquent les gradients de potentiel positifs, les portions non ombrées les gradients de potentiel négatifs, les largeurs étant proportionnelles à la largeur des traces éleclrolytiques. Pour les parties du sondage n’ayant donné auciihe indication, le diagramme est réduit à une simple ligne. Bien qu’il n’y ait aucune relation précise entre la grandeur du gradient et la largeur du trait du diagramme, on peut cependant dire que plus le gradient est grand, plus le trait est large, mais qu’à haute altitude il suffit d’un gradient plus faible pour produire le même courant. Dans plusieurs cas, l’intensité du courant était telle qu’il se produisait des étincelles aux électrodes ; la largeur de la trace de bleu de Prusse est alors certainement inférieure à celle qui devrait correspondre au gradient réel. Les altitudes où les températures sont de o° et — io°, ont été calculées d’après les renseignements à la surface du sol et ont été trouvées coïncider à 200 m près avec les observations directes faites en aéroplane les jours des sondages.
- Les diagrammes ainsi établis sont trop variés et trop peu nombreux encore pour qu’on puisse en tirer une classification simple et ils révèlent une grande complexité dans • la structure électrique des nuages donnant lieu au phénomène de la foudre.
- Cependant on peut considérer quelques cas théoriques simples dont l’examen permet de mieux comprendre ce qui se passe dans la réalité. Dans les figures 4, 5 et 6 les auteurs ont examiné en particulier trois exemples caractéristiques.
- La figure 4 représente le cas type d’un orage dans lequel, suivant la théorie de Simpson, la séparation de l’électricité est due à la rupture des gouttelettes d’eau pendant leur chute, les gouttelettes se chargeant positivement et l’air négativement. Dans cette théorie, dans la partie inférieure d’un nuage chargé de
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- Change de
- la pluie
- Gradient de potentiel au sol
- Gradient de potentiel au sol
- Gradient de potentiel au sol
- Fig. i, fi, (». — Répart il ion des charges électriques et gradients de potentiel au sol dans quelques cas simples théoriques.
- huit détermine» lu ere'alion cl 1 ’ae»e roissemenI, du champ éleetriepii». Le nuage» devrai! doue cire chargé posili-\cmciil, eVsl-à-dire» avoir sa parlic supérieure chargée positivement e»( sa parlic inférieure chargée néga-livemenl. Le gradient de pnlenliel au sol devra il, donc être» négatif pcndaul (oui le («mips où le nuage défile aii-di'ssus de la slalion <»t positif pendant qu’il s’ap-prochc cl (ptand il s’éloigne».
- Du sondage en un point epie'leonepie» du nuage' sérail alors du Iyp<* représenté en i, <;’<»sl-à-dire décelanf un edunnp négalif du sol à la parlic inférieure du nuage, un champ positif dans le sein même, du nuage' cl enfin un champ négalif au-ele'ssus du nuage.
- Dans le troisième e'.xemple, ligure1, (i, on a e'omhiné les de'iix ras précédemls : ediarge, posilive au sommeil du nuage», charge négative», dans les régions inférieure1,s cl, ediarge posilive Ircs forte localisée vers la hase, vers le; froi11 élu nuage1. Du semeiage; passant à proximité de la région posilive1 se»ra du type; 1, tandis epie; vers 1 ’airié're; du nuage», il se'ra du type» a, analogue» à celui de l’exemple précéel<»nl.
- Exemple d’enregistrement. — A liire elexemple, nous donnt'.rons les résultats de; (> sondages effee'lués pendant un 1res violent orage, qui
- Fig. 1. —Résultat des sondages obtenus au cours d'un violent orage le 2fi juin 11135. dura plus de a h, le au juin iq35
- (lig. 7), bien que le»s ballons n’aient pu s’élever au-dessus du nuage doid la zone supérie'ure» est ainsi restée inexplorée. Dm» carae»lérislique; de cet orage fut ejue pendant presque» toute sa eluréc le; gradient de polen-lie'l au sol fut. praliepi<»ment négatif, sauf de; uombre'ux renversements de signe dus aux éclairs dont le nombre atteignit plus ele, 33eq dont aqo dans la direction posilive.*, e’est-à-elire correspondant à une augmentation du gradient positif ou une diminution ou un renversement du gradient négatif. D’après les sondages, si on néglige; de petits changements temporaires du gradient dus certainement, à des déchargés locales dans le nuage, on peut dire <jne* la charge
- foudre1, il existe» une région e'hargée» posilive'ineml par suite» de» la rupture» de»s goutle's elVau dans un vmle'iil courant d’air aseeuidanl, la e»harge; négative1 prise par l'air se» elistribuant dans la masse du nuage1.
- La pluie» abondante1 <pii pre>\ ie'i 11 de» la portion positive; du image1 doit amener au sol une cliarge positive» tandis epie» la pluie prove'iiant élu reste du nuage» deiit être; e'hargée néga I i vemien I. Le» gradient ele» pe >1 e» 11 ! i e» 1 doit donc aveiir l’allure» représeulée» sur la ligure».
- Les sondages, suivant epi’ils Irave'.rse'iil, la région de» eoncenl rat ion d ’éle»et riei lé positive; ou le»s aulre's régions élu nuage; doivent cire de1 type; différent. Dans le; pre'inicr e»as (semeiage» 1) 1111 doit rcncemlrer une» légiem peisilive; e I e » p 11 i s le» sol jusepi’au e-enlre; ele1 la région peesilive», puis un champ négalif jusepi’au ve>i-sinage» du somme»! du nuage» « » I e»nfin une pe'lite» région posilive (1 la limite» supérieure; du nuage». Au contraire» un sondage» fait plus loin du centre» orageux (soiulage» :>.) prése'iiie» un gradie'iil négalif du sol jusepi’au somme»! du nuage» et un graelie'iil positif au-dessus.
- Dans la ligure» 5, le, type», du nuage» cliarge'» de» foudre; eeerre'spond à ce; epii devrait se1 passer élans la théorie» de» Wilson élans laepielle l’adseirpliem séDeliw» ele»s ions par les gouttes d’eau tombant dans un champ préi'xis-
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- du nuage avait un gradient de potentiel négatif jusque vers 3.000 m et un gradient positif au-dessus, correspondant à une charge négative dans la base du nuage jusque vers 3.ooo m et une charge positive au-dessus.
- Des résultats actuellement obtenus par MM. Simpson cl Scrase, il semble qu’un nuage chargé de foudre a une charge posilive dans ses régions supérieures, une charge négative à la partie inférieure et très fréquemment vers sa base, une zone chargée positivement, ('(die zone se trouve en général au voisinage du centre actif de l’orage et laisse tomber une pluie abondante chargée positivement. La région de séparation entre les portions du nuage chargées de signe contraire, la zone neutre, se trouve à des altitudes où la température est très inférieure à o°, de sorte que l’on
- peut penser que la production des charges électriques dans les régions les plus élevées des nuages dépend de la présence de cristaux de glace et non de celle de gouttes d’eau.
- 11 îi’est pas douteux que des sondages plus nombreux, avec adjonction d’enregistreur de température en particulier, fourniront des indications extrêmement intéressantes, dont la valeur est déjà démontrée par les résultats obtenus. Il sera alors possible de choisir entre les deux théories actuelles de Wilson et de Simpson, peut-être même d’en élaborer une plus Conforme encore à la réalité, en même temps qu’une meilleure connaissance de la formation, de la circulation cl de la constitution des nuages chargés de foudre.
- H. Vigneron.
- LE SERIN A L'ÉTAT SAUVAGE
- Parmi les créatures qui s’inscrivent sur la liste de nos animaux domestiques, nulle n’est plus populaire que le petit chanteur au plumage d’or, de mœurs cl de manières si sympathiques qu’il a conquis rapidement tous, les pays civilisés, peuplant la volière du riche comme l’humble cage du pauvre. D’où est-il originaire P Quand et comment débuta sa carrière d’oiseau cosmopolite P Compte-t-il encore des congénères vivant à l’étal de nature P Autant de questions qui doivent intéresser ses innombrables amis.
- Son nom vulgaire est une première .énigme ; on retrouve dans le vieil anglais le terme « serin » pour désigner Je pinson., ce qui nous porterait à croire qu'il dérive du parler normand. Quelle qu’en soit l’étymologie, les Anglo-Saxons l’ont abandonné au profit de finch pour le pinson, tandis que nous le réadoptions en le dotant de plusieurs dérivés : serine lie., petit orgue mécanique inventé en France, au xvm° siècle, pour l’éducation musicale du serin et autres oiseaux de cage ; seriner, serinage.
- Les serins appartiennent à la famille des Fringillidés qui comprend d’autres passereaux (linottes, bruants, pinsons, moineaux, etc.). Ils comportent trois espèces dont deux sont; répandues dans le bassin méditerranéen. C’est de la troisième que sont issus les serins domestiques ; son nom scientifique (Dryospiza cana-ria) nous rappelle son habitat : l’archipel des Canaries, auquel s’ajoute l’île de Madère. De fait, canari est devenu le synonyme de serin.
- La date de l’introduction de ces oiseaux en Europe a donné lieu à bien des controverses. L’excellente étude que vient de publier le Bulletin de la New York Zoolo-gical Society, sous la signature de M. Myron Gordon, professeur à la Cornell IJniversity, nous fournit une version qui paraît avoir rallié la majorité des ornithologues.
- On a des raisons de croire que les autochtones des
- Canaries, ces fameux Guanches qui, pour de nombreux anthropologistes, sont les survivants des Crô: Magnons, avaient déjà coutume de capturer des serins et de les garder en cage. Quand l’Espagne^cut conquis l’archipel (en i/j83) et massacré la plupart des indigènes (comme elle devait le répéter bientôt aux Antilles), les colons adoptèrent celte même habitude.
- Or, vers le milieu du xvie siècle, un navire espagnol qui se rendait des Canaries à Milan, fit naufrage en vue de l’île d’Elbe. Avant d’abandonner l’épave, les matelots eurent la charité de libérer les quelques couples de serins qu’ils apportaient de ces terres lointai-, ncs et qui réussirent à gagner l’île. Les conditions climatériques et alimentaires quelle leur offrait favorisèrent leur multiplication rapide. Pour des raisons que l’on croit pouvoir attribuer au changement de régime, le plumage se modifia, prenant celte belle teinte d’un jaune uniforme qui s’est fixée chez les canaris domestiqués.
- Les ancêtres en leur habitat. — Les canaris demeurés à l’étal: sauvage dans leurs îles africaines sont loin d’être unicolores ; la livrée est verdâtre et olive, relevée de barres sombres ; le frontale poitrail et le croupion sont d’un jaune verdâtre ; l’abdomen, d’un jaune blanchâtre ; la femelle n’est pas aussi brillamment colorée que le mâle.
- La monogamie prévaut, les couples se constituant pour la vie. Le ménage se construit un nid, soigneusement caché dans le haut des buissons ou dans les basses branches d’un arbuste, à 2 ou 3 m du sol. De moeurs sociables, les canaris vivent par bandes nombreuses. Leur vol est étrangement gracieux ; M. Myron Gordon le décrit comme un enchaînement d’ondula-, lions, de ricochets, de vagues. Un serin domestique évadé de sa cage vole de cette façon.
- La couvée compte de quatre à cinq œufs, teintés
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- de gris ou de bleu pâle, parsemés souvent de taches d’un brun roux. Le climat et la géographie de l’archipel permettent aux canaris d’élever plusieurs nichées par an ; leur nombre est généralement de quatre ; il atteint parfois la demi-douzaine.
- Les premiers nids s’édifient en février ou en mars, et dans les régions proches de la mer, qui jouissent, en celte saison hivernale, d’une température modérément chaude ; c’est ;'i ce niveau que se trouvent les plantations de canne à sucre, de bananiers, de caféiers, de dattiers, d’orangers.
- Quand les petits sont en état de voler, la chaleur est devenue torride dans ces régions côtières. Les canaris parlent en quête de quartiers plus confortables, qu’ils trouvent au plecl des montagnes volcaniques, à des altitudes variant entre 4oo et 900 m, où règne alors un climat tempéré, comparable à celui de la Provence et de l’Italie centrale : c’est à ces niveaux que s’étalent les vignobles, à Madère comme aux Canaries.
- Les oiseaux s’attardent dans ces régions jusqu’à ce que la deuxième couvée soit élevée, avant de monter bâtir leurs troisièmes nids toujours plus haut, entre 900 et i.ioo m d’altitude, où ils retrouvent un climat tempéré, dans un cadre de grands arbres et de buissons de lauriers.
- Reprenant en août leur migration quasi-verticale tout en~fuyanl la chaleur (pii les poursuit, ils tressent leurs quatrièmes nids dans la région des pins, des genévriers et des fougères arborescentes, à une altitude de deux milliers de mètres. Et, certaines années, ils montent ensuite chercher la fraîcheur à une altitude de plus de 3.000 m : ils édifient là leurs cinquièmes nids dans un véritable paradis terrestre où les pentes de la montagne sont tapissées de belles fleurs odoriférantes. Les botanistes y ont recensé 90e espèces de plantes lleurissant.es, dont 270 ne vivent qu’aux Canaries.
- On conçoit que les prolifiques canaris se seraient trouvés depuis longtemps à l’étroit sur leurs îles et que la faim aurait provoqué leur dégénérescence, peut-être meme leur destruction, si la nature ne s’était pas chargée de limiter leur nombre à une proportion raisonnable. Elle a pour auxiliaires les éperviers, les faucons et les hiboux qui abondent dans l’archipel et font des coupes sombres dans les rangs des canaris, sur lesquels les oiseleurs ne prélèvent que les quelques individus réclamés par les demandes locales. Les petits chanteurs sauvages ont cessé d’être, depuis longtemps, un article d’exportation ; la concurrence de leurs congénères « civilisés » les a dépouillés de toute valeur commerciale.
- A la conquête du monde. — Revenons à ces naufragés qui/trouvant dans Elle d’Elbe une terre d’élection, y firent souche, au cours du xvi° siècle. La grâce et le chant des petits immigrants ne lardèrent pas à leur valoir l’attention des insulaires. Leur vogue s’étendit bientôt à l’Italie continentale, au Tyrol, à l’Allemagne du Sud. La capture des canaris procura de gros
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- profits aux oiseleurs ; ils y mirent un tel acharnement que les oiseaux, en dépit de leurs hautes qualités prolifiques, disparurent totalement de l’île.
- Mais l’élevage de leur progéniture s’était rapidement développé dans divers pays, d’abord au Tyrol et en Bavière, puis dans l’Est de la France. L’éducation améliorait le chant aigu et monotone de l’espèce sauvage, l’enrichissait de ces roulades mélodieuses et variées qui devaient faire du serin le plus précieux des oiseaux de cage. Et cette mode s’imposa, pendant le xvii0 siècle, que les femmes de la noblesse d’Europe portassent un canari sur le bout de l’index, quand elles recevaient des visites ; et c’est ce qui explique pourquoi bien des portraits peints à cette époque montrent de grandes dames en compagnie de leur oiseau favori.
- On construisit bientôt des machines spéciales pour perfectionner le chant des gracieux captifs : telle, cette serinette, appelée aussi lurlulaine, inventée par tin artisan de Nancy. Leur élevage devint une véritable industrie, qui s’ingénia, par voie de sélection et de croisement, à modifier les formes du canari, selon les exigences d’une mode locale, tout comme 011 l’a fait pour les chiens.
- Ces poursuites se continuent de nos jours, créant des variétés qui s’éloignent de plus en plus du type ancestral. Dans certains pays, on recherche les oiseaux coiffés d’une épaisse crête ; dans d’autres, on préfère là calvitie complète. Les Français ont produit un type aux plumes ébourriffées ; les Écossais en ont un dont la queue se recourbe sous les pattes ; les Belges exhibent dans les concours une variété dont le cou a pris une telle longueur qu’il a l’air de supporter la tête avec èflort. On doit à certains centres d’élevage des canaris de taille gigantesque ou de taille minuscule. En Angleterre, le comté de Yorkshire est fier de ses serins, longs de 20 à 22 cm, minces et droits comme un I et dont les ailes s’ornent d’une frange noire.
- Comme l’observe le savant professeur de l’Université de Cornell, les canaris ont pris une place définitive dans notre civilisation. On l’a bien vu durant la Grande Guerre, quand on recourait à l’odorat si délicat de ces oiseaux pour déceler l’approche des gaz mortels que l’ennemi lançait sur les tranchées. Ils continuent à poursuivre cette même mission protectrice dans les houillères grisouteuses : les mineui’s ne s’engagent dans des galeries suspectes que munis de la cage d’où partira le S. O. S., sous la menace d’un danger,.
- Nous ajouterons que ces oiseaux ne se contentent pas d’égayer « en personne » les oreilles humaines : les honneurs du microphone sont offerts à ceux qui sortent vainqueurs d’un concours de chant. Leurs accents sont « broadeastés » tout comme s’il s’agissait du discours d’un homme d’État ou de la harangue d’un virtuose de la politique. Hollywood, cette capitale mondiale du cinéma, est toujours prête à payer la forte somme pour enregistrer les roulades de ces champions.
- Victor Forrin
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- VÉHICULES AUTOMOBILES AU GAZ
- Attaché depuis sa i'ondalioii au développement cl au progrès de l'automobilisme, I’ « Automobile-Club de France » organise de lemps à autre des démonstrations avant pour objet d’encourager les efforts de l'industrie en vue d<s faire accepter au moteur un aliment, d’origine nationale.
- Ses encouragements dans ce sens sont parfaitement. éclectiques. Par là, l’A. O. F. prend une position « au-dessus de la mêlée » qui autorise1, de sa pari, un contrôle rigoureux des épreuves placées sous son pavillon cl confère à leurs résultats un incontestable intérêt documentaire.
- (l’est ainsi, qu’en septembre dernier, s'est courue... à petite vitesse1, à travers toute1 une1 légion de France, une1 épremve1 de véhiemles au ga/ (le1 ville1.
- Fig. i. — A leur arrivée place de la Concorde, les véhicules ont aux ]>ersonnuîilés conviées par /’Aulomobile-Club «le I;
- Nouveauté P Nouveauté si l’on veut ; meus que l’on prenne la peine ele e'onsulie'r les registres de l’étal edvil du moteur à explosion, on verra qu'aucun aliment autre que Je», gaz n’avait été prévu pour lui autour de son berceau lorsepi’il vint au monde dans les premiers jours de l’an 18G0.
- Voie'i, en effet, Iranseu'il, d’après le. luvxel ele1 Lenoir, le procès-verbal de cet acte mémorable epii a eu sur l’évolution de. notre « étal leclmiepie » une si prodigieuse influence :
- « i° Combinaison ou mélange de
- air et des gaz
- admis epi’après vaporisation et, solide, epi’après gazéification.
- Aussi bien le premier véhicule automobile qui ail incontestablement roulé sur route, le vieux break du Houennais Fdouard Delamarre-Deboulteville, était-il équipé d’un moteur 8 ch au gaz de ville. Cela nous reporte1 aux environs de 1880. Depuis lors P... Depuis lors, le gaz avait été perdu... Helrouvé, pendant, la guerre, il se1 Inde, sans précipitation, de rattraper le temps perdu.
- Déjà dans le cours de, ces dernières années avait-on vu, à l’occasion de1 manifestations diverses et notamment de1 rallies aux carburants nationaux organisés sur l'initiative de l’A. C. F., qui1 des questions techniques essentielles comme la compression du gaz, sa mise (ni bouteilles, sa détente et sou mélange avec, l’air comburant, avant accès au carburateur, avaient été étudiées et résolues de façon satisfaisante.
- Ces mêmes rallies avaient permis de discerner les qualités propres du gaz (d notamment son liant pouvoir anli-délonanl, avantage majeur si le moteur y était adapté, mineur s’il avait été construit pour le taux de compression volumétrique admis par l'essence pure.
- Or, en favorisant l’élévation du taux de compression — ce que le gaz sollicitait de fai ri1 —- on améliore le rendement.
- Le riieuil dont nous parlons vient de le démontrer riait eme.nl.
- Les six véhicules engagés (un car, uni1 arroseuse-balayeuse, deux camion» civils et deux «aillions militaires) ont permis de s’en convainen*. Sur trois d’entre eux «pie j’isole de IVnsemble parce que leur poids en charge étant du même ordre (10 I, 10 J h, xo I h) les résultats se prêtent à une comparaison plus facile, la progression croissant!1 des consommations épousant la progression décroissante du taux de «“«impression volumétrique (rapport du volume occupé par les gaz en lin de compression au volume «le la chambre «h1 combustion) est frappante, ainsi qu’on le voit sur le tableau ci-dessous :
- Véhicule
- élé présentés rance.
- inflammables.
- « 20 Action du mélange dans une machine à peu près de la même manière qu’une machine'à vapeur ordinaire. Le gaz employé esl le gaz «/’éclairage. » (lue des trois étals de la matière, le gazant x soif le mieux adapté à la carburation, c«da n’app«‘lle pas de démonstration, puistpie, liquide, le carburant nVsl
- Arroseuse-balayeuse. Camion civil . Camion militaire.
- Consomma- Gonsom ma-
- Taux de tion aux lion de
- compression ioo km calories à
- volumétrique (m3) la T/K totale
- 7A)5 hl 233
- G, b 58 043
- 5,8 Gg.S to 00
- *
- * *
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- vi <|u’à col Us démons-
- loujours cl ne dépas-lorsqu '(‘Iles les dépas-MKi km, comme le prouve du circuit parlant de Paris pour à Paris après arrèls à Orléans, Limoges, Bérigucux, Poiliers, l'ours, Le
- Fig. 2. — L’ensemble des véhicules.
- Au |imui<T plan, le car, seul de sou espèce à avoir pris pari à celle compétition de poids lourds.
- Limoges de auo m1 à l'heure, Bordeaux de 200 1113 à
- iN 'aurai I-
- Iralion, que le eircuil eu question aurait eu sou ulililé. Mais ou peut, de Ja ualure du eircuil cl de ses parliculari-lés, comme de, la formule de la coui-pélition, déduire ce qu'ambitionne le eaz-carburanl et. les conditions qui doivent, èlre remplies pour que celle ambition soif salisfaile.
- Ambition 1res modeste : assurer des transports lourds sur des distances assez courtes, de l'ordre d’une cculaine de kilomètres. Seuls, en elïel, les poids lourds étaient admis et les étapes journalières qui leur étaient imposées n’at-Icignaicnl pas saient guère, saienl, les le tracé reu lier ( diàleauroux,
- Boi'deaux, Sainte Mans, Chartres.
- La raison de ces courtes étapes c’est qu’elles correspondent à la consommation de rapprovisionneme.nl possible à bord, dont le renouvellement est subordonné à l'exislence de poslcs de distribution de gaz comprimé à :mo kgr par centimètre carré ; poslcs qui ne courent pas encore les roules.
- Pi 11 fait, le circuit n’a renconlré de lels postes lixes qu'eu cinq endroits : Paris (pii dispose d’un poste de .'100 m;; à l'heure, Orléans de 100 m:i à l’heure,
- l’heure, Le Mans de 100 nr! à l’heure.
- Partout ailleurs Ja pitance quotidienne a élé assurée par un compresseur sur remorque de Go m:,/h qui s’approvisionnait lui-même aux usines locales.
- Ainsi se dégage l’idée (pie le développement de la traction au gaz, est subordonné à l’exislence de poslcs de compression dont l'équipement se poursuit lenle-nienl... mais sûrement. Gnoiums Ixiimj’fliîn.
- ; LA RICHESSE ICHTHYOLOGIQUE ] DU GRAND LAC DU CAMBODGE
- Le Giraud Lac du Cambodge constitue une réserve alimentaire de toute première importance pour les populations javanaises, grosses consommai ri ces de poisson. La récolte annuelle du Grand Lac est de l’ordre de 100.000 t de poisson frais. Les divers traitements que leur font subir les pêcheurs indigènes : séchage, mise en saumure, etc., réduisent cette quanti lé à environ ah.000 tonnes de produits marchands, dont ad.000 sont exportées vers Java.
- Le rendement calculé sur la surface du lac en hautes eaux s’élève à 10 t au kilomètre carré alors qu’il n.'atteint guère que 1 t au kilomètre carré dans la région maritime Nord-Atlantique, une des mieux exploitées du monde.
- Sous la direction de M. Pierre Clievey, l’Institut Océanographique de l’Indochine à Cauda a étudié avec beaucoup de soin et de méthode les causes déterminantes d’une aussi prodigieuse puissance de produc-
- tion. Les résultats de ces recherches ont été publiés à la lin de l’année dernière (1).
- Les conditions biologiques du Grand Lac du Cambodge sont tout à fait spéciales ; elles sont la conséquence d’un régime hydrographique exceptionnel.
- Si l’on examine la carte (11 g.. 1) ou voit que le Grand Lac est traversé par le cours d’eau Tonlé Sap. 'D’autre part, le Mékong, dans son cours inférieur, se divise en deux bras : le Bassae à l’Ouest et le Mékong proprement dit à l’Est. C’est au point de division de ces deux bras que le Tonlé Sap vient joindre ses eaux.
- En saison sèche, les eaux du Grand Lac s’évacuent normalement par le Tonlé Sap puis les vallées du Bassae et du Mékong.
- Au contraire, en saison des pluies : à la lin du prin-
- 1. P. Cheveï, Le Grand Lac du Cambodge. Les causes profondes de sa richesse ichthyologique. Institut «océanographique de l’Indocliinc. Note n° 29, 1936.
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- PHNOMPENH <gl
- DE CHINE
- Fig. 1. — Le réseau hydrographique de la Cochinchine et du Cambodge.
- En hachures, les deux limites d’extension du Grand Lac.
- temps, les eaux des l'on les des neiges du Thibet et les eaux de ruissellement de l’immense bassin du Mékong clèvenl considérablement le niveau de celui-ci. Le débit par seconde passe de ib.ooo à 60.000 m3. Les eaux envahissent tout le système hydrographique étendu et dépourvu de pente de la Cochinchine et du Cambodge. Ceci renverse le cours du Tonlé Sap et les eaux remontent vers le Grand Lac. Celui-ci se remplit alors et sa superficie devient ü’iple de celle présentée aux basses eaux (les deux contours du lac sont figurés sur la carte en hachures).
- Au point marqué Snoclrou, un barrage de vase maintient un niveau minimum en saison sèche.
- doute la zone périphérique qui est chaque année alternativement submergée et asséchée est couverte par une forêt. Celle-ci est en pleine végétation au moment de la montée des eaux, vers juin, et c’est également la période du frai des poissons. C’est donc en pleine forêt inondée que s’effectue la ponte et l’éclosion des œufs.
- Les eaux prennent la coloration d’une infusion de thé et constituent un véritable bouillon végétal où pullulent les organismes de toute sorte, animaux et végétaux : algues, protistes de toute nature, etc.
- C’est au milieu de cette sorte de purée alimentaire que les alevins et leurs parents trouveront des con-
- ditions exceptionnelles pour grandir ou se reconstituer.
- Les observations de l’Institut Océanographique de l’Indochine ont démontré de manière indiscutable que la vitesse de croissance des poissons est plus rapide dans le Grand Lac que partout ailleurs dans les fleuves et les arroyas du Cambodge.
- La méthode de lecture des écailles, en particulier, a donné des indications précieuses. On sait que les écailles apparaissent sur les alevins au premier âge. Idles grandissent ensuite en même temps que l’animal (1), mais leur nombre reste constant. Leur développement se lait, par addition d’anneaux au bord de chaque écaille, dont la suite forme des lignes concentriques parfaitement visibles.
- En été, quand la nourriture est abondante, les lignes assez espacées montrent une croissance rapide ; en hiver, au contraire, l’alimentation est ralentie et les lignes se montrent plus serrées. Une zone d’été et une zone d’hiver correspondent donc à la durée d’une année.
- Les différences sont particulièrement bien marquées dans les régions tempérées où les saisons sont très nettement délimitées. Elles le sont moins sous les tropiques. Cependant les travaux de l’Institut Océanographique de l’Indochine ont montré, qu’une différence de /|° à 5° seulement suffit pour ralentir la nutrition et causer un trouble de la croissance qui s’inscrit sur les écailles. La connaissance de ce fait rendra les plus grands services dans l’avenir pour l’étude des migrations des poissons le long des côtes d’Annam et permettra de vérifier les observations des indigènes et leurs idées sur ces phénomènes.
- L’élude des écailles des poissons du Cambodge a montré que leur rythme de croissance suit l’alternance des saisons des pluies et des saisons sèches, la période de développement coïncidant avec celle d’inondation de la forêt.
- D’autre part, dès x9a5, l’Institut Océanographique a pu constater, en mer, un phénomène qui est également; lié au régime hydrographique du Grand Lac : c’est l’existence, au Bouches du Bassac et du Mékong d’une remarquable concentration de. poissons. Il se forme là, à proximité de la côte, un banc de pêche saisonnier d’une densité de poissons qui contraste avec la pauvreté relative des mers qui l’entourent.
- Ce phénomène se produit au moment où les eaux douces commencent à baisser dans le .Grand Lac, apportant en mer leur masse de matières alimentaires. Ceci a pour conséquence un développement rapide des hôtes de ce banc. L’examen des écailles des poissons qui y sont capturés montre un rythme de croissance accéléré correspondant à cet afflux de substances alimentaires, qu’on ne trouve pas sur les écailles des poissons capturés à quelque distance, dans la même région de la Mer de Chine.
- Ces études méthodiques ont prouvé de manière tout à fait nette que c’est à l’inondation annuelle des forêts
- 1. La Nature, n° 2999, 15 avril 1937, p. 366.
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- de la périphérie du Grand Lac du Cambodge qu’il faut al tri huer sa production exceptionnelle et par voie de conséquence celle de l'embouchure du Mékong en mer.
- Ces travaux ont'permis à l’administration française de prendre, sur la proposition de l’Institut Océanographique d’Indochine, les mesures nécessaires pour sauvegarder l’existence de cette forêt dont la disparition entraînerait celle de la production du Grand Lac et des bancs de pêche de l’embouchure du Mékong.
- En juin dernier, à Paris, à l’assemblée générale de la Société Centrale d’Aquieulturc et de Pêche,
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- M. Pierre Chevey, directeur de l’Institut Océanographique d’Indochine, a présenté une série de films cinématographiques inédits sur la pêche du Grand Lac du Cambodge. Ces documents excellents marquent de manière frappante la puissance de production des eaux du Grand Lac et montrent les curieux procédés d’exploitation des pêcheurs indigènes installés à demeure dans des villages bottants édifiés sur d’immenses radeaux et qui se déplacent sur le lac suivant les nécessités de la pêche.
- Lucien Perruche.
- RAMONAGE DES TUNNELS
- Chacun sait quelles fumées dégagent les cheminées de locomotives, et combien ces fumées déposent de suies sur les murs des habitations longeant les voies, sur les toitures, ainsi que sur les terrains avoisinants.
- Et les riverains de ces voies ont pu constater, en récoltant leurs légumes, que ces légumes eux-mêmes sont recouverts d’une couche de suie grasse, plus ou moins adhérente, qui tache les mains, et dont il est assez difficile de les débarrasser.
- En plein air, cependant, où elles sont entraînées par le vent, le plus souvent à d’assez longues distances, la densité de ees suies est naturellement réduite en raison de la surface recouverte.
- 11 n’en est pas de même dans les souterrains, ou tunnels, traversés par ces voies, où les suies projetées par les locomotives adhèrent, en grande partie, aux parois des voûtes, où elles forment une couche grasse, qui s’épaissit de jour en jour, et qui, à la longue, se détache peu à peu pour venir souiller le ballast, qu’il faut alors renouveler.
- Malheureusement, les travaux qu’entraîne le renouvellement de ce ballast sont beaucoup plus coûteux à l’intérieur des souterrains qu’à l’air libre, et c’-esl la raison pour laquelle le P.-L.-M., avant d’y procéder, a décidé de les faire précéder d’un ramonage de ces souterrains. On évite ainsi que la chute des suies ne vienne, dès après celte opération, polluer immédiatement le nouveau ballast, dont ces ramonages préliminaires permettent d’espacer le renouvellement.
- La Société « Les Fils d’Albert Collet », a imaginé, pour réaliser celte opération avec le maximum de rapidité et, surtout, avec le maximum de sécurité pour le personnel qui en est chargé, le train spécial que nous allons décrire, et qui comprend :
- i° line draisine P.-L.-M. de la série 600, d’une force de 75 ch.
- 20 Un wagon, portant l’appareillage de nettoyage, et qui doit être lesté de 5 t à l’ex-
- trémité opposée à celle <[ue charge cet appareillage.
- Un wagon plat pour recevoir les suies.
- Le dispositif de ramonage proprement dit est constitué par une herse en quart de cercle qui peut pivoter d’un quart de tour dans le sens de marche, et sur laquelle sont articulées dix perches, lorsqu’il s’agit de ramoner un tunnel à double voie, et sept' perches seulement, au maximum, lorsque le tunnel 11’a qu’une seule voie.
- Chacune de ces perches est munie, à volonté, à son extrémité, soit de sabots à crocs, soit d’une sorte de brosse armée de brins en grosse corde à piano.
- Les sabots à crocs sont employés, pour un premier passage de l’appareillage, lorsque le souterrain à ramoner est sec, les deux autres passages, — car il en est généralement pratiqué trois, — étant effectué avec les brosses.
- Fiy. I. — L'appareil du ramonage des tunnels. Pour le déplacement de la gare au tunnel, la herse et les balais sont abaissés sur le wagon plat.
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- Fi y. 2. — Le wagon ramoneur arec a a herse et ses balais redressés.
- Lorsque le sou lorrain esl humide, les (rois passades nécessaires soûl effectués à l'aide de brosses.
- Chacune de ces perches esl tirée, fortement, vers la herse, par un ressort, réglable au moyen d’un volant, et qui exerce; une force de /j5o kgr par ressort.
- Le ramonage est exécuté, pour la moitié du tunnel, dans un sens de marche. Pour l’autre moitié, dans le sens contraire.
- : ANTIQUITÉS
- Quand les Français débarquèrent en Tunisie en 1S81, ce fui [rour eux un éblouissement.. C’était, la partie la plus riche de l’antique Province Romaine cl, de tous côtés, en pleins champs, se profilaient, sur le beau ciel africain, arcs de triomphe, aqueducs, temples, puissants murs écroulés, magnifiques vestiges de villes ensevelies. Devant ces trésors, chacun se découvrit, une fane d’archéologue et les premiers fouilleurs furent les ofliciers autour de leur garnison.
- Cinquante ans d’occupation en Algérie avaient hélas! amené des désastres pour l’Antiquité. Sans
- Au départ du garage, et pendant le déplacement, jusqu’à la tète du souterrain, la herse portant les balais, et ces balais eux-mêmes, par conséquent, sont abaissés sur le wagon plat collecteur de suites. L'appareillage reste ainsi dans les limites du gabarit de chargement.
- \ Leulrée du souterrain, l’équipe chargée du travail, et qui comprend un mécanicien et trois manœuvres, tous tpi a Ire revêtus de vêtements imperméables, de hottes et de gants, de casques type motocycliste, et de'masques, pour les protéger contre les éludés de, suites, redresse la herse d’environ /jf)", au moyen de trois treuils disposés à tel effet dans le, wagon à matériel. Les balais se trouvent ainsi disposés eu éventail cl viennent au contact de la voûte.
- A I aide des memes treuils, on amène alors la herse, à la position verticale, ce qui a pour effet de tendre chacun des ressorts qui sollicitent chaque balai. A lin d'empêcher tout déplacement de la herse au cours du travail, celle-ci, à ce moment, esl amarrée au moyen tic chaînes de sécurité.
- On règle ensuite, par une tension individuelle de chacun tics ressorts, la foret' qui applique chacun des balais, et qui esl fonction de l'épaisseur de suie rencontrée. Dans la plupart tics cas, cl ceci se conçoit aisément, la tension va on augmentant du pied droit vers le sommet île la voûte.
- La mise en place de l'appareillage à l'entrée du tunnel demande, au total, 8 mn au maximum.
- Alors commence le, travail, qui exige, en général, ainsi que nous l’avons vu, trois passages dans chaque sens, à l’allure tle .’> km à l’heure, le premier, si le tunnel esl sec, étant pratiqué à l’aide des sabots à crocs. Dès que le ramonage est terminé, et pour la rentrée au garage, l'appareillage esl effacé, abaissé à nouveau sur le wagon plat collecteur, opération tpii demande, elle aussi, environ 8 mn.
- (l’est ainsi, notamment, qu’ont, été nettoyés, sur le réseau P.-L.-M., en mai iqh5, h; tunnel Sainlo-lrénée, à Lyon, d’une longueur tle n.ioq ni ; en octobre 193(>, le Iminel de I ’ Albespey re, près d’Alès, d’une longueur de î.leti ni ; en lin, en décembre ]<).'>(), le tunnel des Leharmeaux, entre Paray-le-Mon ial et Lozannc, d’une longueur de 4.153 111. CiEoiiuiis Lanouville.
- TUNISIENNES ...............................
- aucun respect, tous les corps de métier s‘étaient rués sur les-monuments romains, carrières commodes d’où les blocs s’extrayaient tout taillés : la route de Constant! 11e à Raina est faite de pierres antiques dont 3oo portent tics inscriptions !
- L’opinion publique commençait à s’émouvoir aux justes clameurs des savants indignés et des lois vinrent enlin protéger les souvenirs du passé.
- Coïncidant avec le Protectorat Tunisien, débutait donc une ère nouvelle où s’éveillait l’intérêt des vieilles pierres.
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- BULLA REGIA,
- L’ACTUELLE HAMMAN DERRADJI
- Sise à <8 km de Souk el Arba, Huila Hegia avait déjà été ex [dorée avant la Régence par MM. Gagnai et Sala-din. Ils axaient pris des photos, enlreprise héroïque t'ii ees temps de pesant matériel, et, lorsqu’ils revinrent avec le Gouvernement Krancais, ils s'aperçurent qu'une porte Iriomphale, encore vaillante lors de leur premier voyage, n'existait plus (pie sur leurs photos, un entrepreneur chargé de la route en ayant, trouvé les matériaux à sa convenance ; il fallait arrêter ces dépradations et c’est peu après que se présenta Je I)1' Carton, jeune médecin militaire, récemment nommé à Souk el Arba, louché de la grâce archéologique.
- t u ouvrier italien qu'il avait soigné lui ayant montré dans un buisson l’inseripl iou d’un marbre, il vint avec sou ordonnance el, tous deux, piochèrent, dégageant peu à peu (io inscriptions tombales et. du mobilier funéraire ; celle heureuse réussite, au moment où une surveillance des ruines s'imposait lui procura la direction des fouilles.
- Hatiiî sur une éminence qu'encerclent, les derniers contreforts bleutés des Monts de khroumirie, Huila Hegia devint une ville sous le règne, de Micipsa U 48-118) un des nombreux; enfants du prolifique Massinissa qui laissa 44 lils.
- Non loin de la rivière Hagrada, elle domine une florissante contrée, considérée sous l'Empire comme le grenier de Home. Elle puf avoir de do à 40.000 habitants. Son nom de Huila la montre consacrée à Haal et l'épithète de Hegia lui vient de ce qu’elle fut capitale de plusieurs rois numides. L’un d’eux, lliarbas, y fut massacré par Bogud, autre roi numide, l’habile Pompée les ayant, fait, se dévorer entre eux. Puis, s'écoulèrent deux siècles de sereine, prospérité pendant lesquels s’élevèrent les monuments dont ou voit, les ruines.
- Lu 1889, le l)1' Garlon étant envoyé en garnison près de Pougga, la direction des fouilles de Huila Hegia passa en d’autres mains, pour lui revenir 20 ans plus lard.
- La glande originalité de cette ville est dans ses palais souterrains, fastueux modèles des tanières troglodytes actuelles du Sud Tunisien, exemples uniques dans les villes romaines dégagées à présent.
- Le hasard, ce dieu malin, fut, comme il en est coutumier, à l’origine de leur découverte : poursuivant un renard, un chasseur pénétra à sa suite sous une voûte où il fut tout surpris de rencontrer un chapiteau corinthien. C’était en 1902 et M. Lafon, des Ponts et Chaussées, alors chargé des fouilles, eut la lionne fortune de dégager cette singulière construction, vous devinez avec quelle curiosité.
- Ce premier palais découvert est spacieux. Le patio intérieur s’encadre d’une colonnade sur laquelle donnent les chambres, ainsi que l’usage s’en est perpétué
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- chez les Arabes. Parmi celles-ci, des Thermes privés indiquent la richesse de ci; domicile.
- \ii bout, un escalier orné de deux bancs, descend à un luxueux sous-sol. La pièce, principale était la salle à manger, le triclinium des anciens, aux étincelantes mosaïques. On y voit encore l'emplacement de trois lits de repos et de la table autour de laquelle s’étendaient les convives. Ils avaient sous les yeux une grandi1 mosaïque inondée de lumière montrant des animaux sauvages lut tant aux jeux du cirque ou traqués par les chasseurs, tableaux reproduisant sans doute les plaisirs favoris du maître de céans. IJn ours debout, armé d’un bâton, avait, d’abord fait baptiser celle demeure « le balais du Raideur » avant, d’être la Villa de la Chasse, nom sous lequel elle est connue à présent.. Une citerne à portée de la main facilitait le service. s
- Les chambres à coucher souterraines ont aussi leur lapis de mosaïques et leur fond surélevé d’une marche servant de, lit, disposition restée en usage chez les Troglodytes de la montagne. Celle, mode, particulière.'à Huila Hegia, n'y aurait-elle pas été importée par un habitant des Djebels où l’on v il sous terre i* La prospérité de ce personnage, lui aurait fait ajouter à sa maison un luxe jamais connu aux Malmata. Simple supposition, mais, ce qui est certain, c’est que l'idée eut du succès et que dans le même quartier qui. devait, réunir le « gratin » de la ville, 011 à déjà dégagé plusieurs de ces palais princiers; non pas établis sur le même plan, mais toujours- élégants.
- Une réplique de la Villa Ale, la Chasse est, celle, de la Pêche, quant à son décor tout au moins, mais les amours qu'on voit à eê>lé s’adonnent à la pêche.
- Dans une salle arrondie, une line mosaïque interprète la faune des eaux y compris les canards et les échassiers guettant leur proie.
- Au ('entre, une vasque délicatement ouvragée amenait, pour la joie des oreilles et des yeux des jets d’eau par ses six ouvertures. Coûteuses fantaisies de seigneurs fortunés ! De, beaux fragments de marbres rares et des débris de sculpture affirment encore la richesse ilt; ces demeures souterraines. Ces chambres n’étaient pas sombres, prenant leur lumière du patio aux baies cintrées el en recevant, de supplément par quelques soupiraux.
- Des briques creuses permet tant le chauffage des murs feraient croire que ces fastueux sous-sols s’habitaient en toute saison et qu’on en recherchait autant la chaleur en hiver que la fraîcheur l’été, mais évidemment ces gens notaient guère sensibles à la beauté du paysage* puisque les plus riches se tenaient comme des taupes.
- Comme en ces deux jolies habitations, la mosaïque d’Amphitrite du palais voisin était également plaeée dans le trie]muni, de manière à charmer les regards des trois soupeurs mollement allongés.
- Des flots, qu’animent des poissons de tous genres, émerge la Déesse. Elle est nue, parée de bijoux, posée sur un triton voisin d’une,.néréide ; une sorte d’auréole lui nimbe la tête tandis que des amours
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- voletant au-dessus d’elle s’apprêtent à la couronner. Des pinces et pâlies de homard hérissent les chevelures de ces monstres marins.
- Sous ce grand tableau, on voit un petit portrait de femme qu’un large soupirail éclaire généreusement. La mosaïque en est très line et il est exécuté avec le talent que les Romains savaient mettre dans leurs bustes. C’est une pièce charmante, moins « pompier » peut-on dire, que celle grande ligure d’Amphi-trite que (ouïes ses qualités n’arrivent pas à rendre amusa nie.
- Ce porlrail, s’il ne représente pas la maîtresse de maison, doil (oui au moins être celui d’une personne chère au possesseur de cel immeuble.
- Sous le cadre, un cartouche renferme une Heur de lolus cernée de rinceaux. Serail-ce le. blason de celle belle tlame ? lit elle-même n’élaif-elle pas la légitime propriétaire de celle riche villa P
- L’on reste pensif devant celle femme et sa lleur héraldique dont l'enfouissement préserva les couleurs.
- Lu njoD, le Capitaine Rennet du 3° bataillon d’Afrique, se passionna, à son tour, sur les fouilles du temple d’Apollon, d’où furent exhumées bon nombre de statues d’art inégal, valant parfois des archaïques. Elles sont maintenant au musée de Tunis.
- Ce temple, par les inscriptions qu’il contenait, est le plus précieux auxiliaire de l’histoire de celle petite capitale, tous les faits mémorables ayant été gravés sur ses pierres. On sait ainsi qu’il fut élevé à la fin du règne de Tibère, l’an 35 de notre ère, mais peut-être n’étail-il qu’une restauration d’un temple plus ancien consacré a Raal, le dieu punique.
- line des inscriptions explique que la ville dut sa fortune au icr siècle à sa situation privilégiée sur la roule de Carthage à llippo Regia. Les habitants se rendant compte des avantages qu’ils en reliraient, honnêtement célébrèrent celui à qui ils en étaient redevables et c’est sans doute la raison de la statue colossale de Vespasien trouvée ici-même ; ce monarque ayant fait travailler la 111° Légion à celle voie, source de leur nouvelle opulence, ils ne pouvaient moins faire que d'honorer dignement leur bienfaiteur.
- Une cinquantaine d’années plus tard, l’Empereur Hadrien éleva la ville au rang de colonie.
- Mais revenons à la chronologie des fouilles. En 1910, reprenant la direction des Antiquités de Huila Regia, le IA Carton découvrit le Palais d’Amphilrile cité plus haut tout en poursuivant le dégagement des Thermes.
- Les Thermes, aux murs puissants, formaient les ruines les plus élevées de l’endroit, visibles'de fort loin. 11 fallut retirer une hauteur de 8 m de terres dans lesquelles se retrouvèrent, superposés, un cimetière musulman, des traces de campement avec foyers et débris culinaires, des restes d’habitations byzantines et peut-être vandales pour atteindre enfin les mosaïques du sol, et, c’est l’amorce d’une rue pavée attenante qui incita le Directeur à poursuivre ses recherches dans les Villas de la Chasse et de la Pêche, leur supposant, judicieusement, un voisinage analogue.
- Les Thermes majestueux de Rulla Regia montrent bien 1 empreinte des conquérants sur l’ancienne ville punique ; eu effet, les Romains pouvaient se passer de Théâtre, Amphithéâtre, Cirque, ou les partager avec une localité voisine, mais les Thermes étaient, pour eux, nécessité première. C’est là qu’on passait ses loisirs, non seulement on s’y baignait, et plusieurs fois par jour, mais on y faisait de la culture physique, déjà en honneur chez ces admirateurs de la force ; 011 y causait, jouait ou musardait ; les Thermes, pour eux comme [tour les berbères romanisés, remplaçaient nos cercles ou cafés, les hommes y vivaient entre eux les heures que les affaires n’absorbaient pas.
- Des inscriptions relatent que ce monument, énorme pour l'importance de la ville, fut élevé, sous l’Empire, à la lin du u° siècle aux frais d’une certaine Memmia Eidiana, fille de Memmius Eidius, ancien consul, dont il (xsl, parlé ailleurs. Peste ! celle généreuse personne faisait largement les choses !
- Dégagés actuellement, ils présentent d’amples salles aux arches monumentales, des pavements de mosaïques de dessins variés, allant de l’humble lleurelle au scorpion, l’ennemi séculaire. A travers les piliers d’une voûte obscure se voient encore d’anciennes conduites d’eau.
- On peut aisément y évoquer la vie antique et la foule des élégaids patriciens peuplant ces pièces somptueuses, niais aujourd’hui, seules les cigognes qui ont perché leurs nids sur le faîte de la haute façade animent encore de leurs larges vols ces témoins du passé.
- Avoisinant les Thermes, sept ouvertures béantes s’alignent à la suite, ce sont d’antiques citernes dont Tune est le palace où vit le gardien des ruinés. On 11e manquait pas d’eau ici ! Chaque logis possédait citerne ou puits et la source du Nymphée coulait déjà abon danle.
- De Eautre côté de la roule, de [lésants blocs qu’éparpilla on ne sait quel cataclysme sont les débris d’une forteresse punique paraît-il, mais on 11’en reconnaît plus rien. Enfin, plus loin, l’église du prêtre Alexander a été découverte en 191/4. Les fouilles indiquèrent qu’elle fut la proie des flammes et, chose curieuse, la population chrétienne disparut en même temps, car nul 11e rechercha jamais les objets précieux ensevelis sous les cendres et poutres noircies. On y retrouva croix et plats de métal, chandeliers de brome, reliquaires, etc. Deux sacristies s’appuyaient à l’abside, l’une contenant les objets du culte, l’autre les amphores qu’emplissaieni encore les grains offerts par les fidèles. Sur le côté se retrouvent les auges (compagne* habituelles et d’emploi discuté) des basiliques chrétiennes.
- Tout ce matériel d’un art plus indigène que Romain est de la fin du vi°, ce qui fait supposer que cet incendie aurait pu être allumé par les Arabes envahisseurs, massacrant ou emmenant les Chrétiens à leur suite.
- Deux colonnes de marbre gris ont été redressées, coiffées de leurs chapiteaux ainsi qu’une grosse vasque où subsiste le conduit d’arrivée et sortie de l’eau.
- Le dramatique événement qui causa la fin de cette
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- Quelques vues de Dulla Regia.
- Fig. 1 à 1. —
- 1. Restes des thermes parmi les fleurs.
- 2. Mosaïques de la grande salle des thermes.
- 3. Salle des thermes où subsiste une conduite d’eau.
- 4. Partie supérieure de la villa de la chasse.
- 5. L’élégant sous-sol de la villa de la chasse, ü. Le temple d’Apollon.
- 7. L’église d’Alexandre.
- (Photos de Lyée de Belleau).
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- louchante petite paroisse a gardé son secret, le pays, devenu musulman en perdit le souvenir.
- (les mines sympathiques ne sont pas désertes, dépendant du village d’ilammam Derradji dont on n aperçoit guère les hahitations, mais seulement la population et ses plantureuses cultures. Un modeste hôtel, aménagé pour les touristes, n’est |>lus consacré à leur usage mais à celui de colons.
- hors de ma visite', la source vive du Nymphée s'entourait d'une tumultueuse assemblée de nymphes. Illles sc livraient à leurs champêtres occupations, la\anl les toisons récemment coupées et déployant à cet effet des Ilots d’éloquence, semblables en cela aux lavandières de tout pays.
- Uepuis la mort du D1 (laiton, les fouilles sommeil lent, Les vieilles pierres sc tapissent peu à.peu dune folle végétation de lleurell.es odorantes, les sentiers disparaissent sous la verdure. Espérons que la Mature ue \a pas de nouveau envahir ce qui coûta tant de peine à exhumer, et que prochainement sonnera l’heure de nouvelles découvertes.
- EN BYSACÈNE, HAÏDRA,
- L’ANTIQUE AMMÆDARA
- \ la frontière algérienne, distante de Tebessa de llü km seulement, s’étalent, sur un ample espace, les ruines d'Jlaïdra (pie horde l'oued pittoresque de ce nom.
- Chacune des anciennes v illes romaines, malgré leur ressemblance, possède' un monument typique qu’on ne peut oublier ; pour ilaïdra, c’est son imposante forteresse byzantine. bar celle excellente coutume des inscriptions sur la pierre, on sut (pie la 111° Légion aménagea vers l’an i !\ de notre ère la roule d’Amma'dara à Leplis Magna [tassant par Suffelula (Sbéilla) et Taca-pas ((dallés). Les chefs d’armée s’installèrent donc ici une grande partie du icr siècle, ne l’abandonnant pour Theveslc (Tebessa) qu’à la lin du règne de Vespasicn. De ce demi-siècle d’occupation est née la ville d’Amma'dara, bien placée à l'embranchement • de cette roule nouvelle et de celle qui reliait Carthage à The-v este.
- Le premier souci des conquérants étant d’établir un réseau de communications à travers le pays, il est curieux de rappeler leurs procédés. Les grandes voies se composaient de quatre couches : grosses pierres brutes d’abord, puis mortier, cailloux, enfin pierres irrégulières, le dallage supérieur n’existant qu’à l’abord des villes. La largeur mirîima était de 2 m 37. La route de Carthage à Tebessa avait 7 m. Celle de Conslantine à Pliilippeville 7 m 20. Évidemment, les automobiles et gros camions 11’existant pas alors, la locomotion était lente, cependant, ce mode de fabrication avait du bon puisque tant de routes faites par les Romains subsistent encore partout où ils s'étaient établis.
- En 1862, un savant archéologue, Victor Guérin, fit à Ilaïdra une expédition, terme qui n’est pas exagéré car, y venant de Bordj el Arbi, le Caïd lui fournit, par crainte des brigands qui infestaient la contrée,
- cinq cavaliers armés jusqu’aux dents, complétant l’escorte habituelle du voyageur.
- Il laissa uu récif piquant de celle visite el, le premier, lit une sorte d'inventaire des monuments debout ou visibles. Tout ce que signalait, celle consciencieuse nomenclature est resté, el, si faute d’argent, les fouilles n’ont pu être activement poussées, on a cependant un peu déblayé et mis de l'ordre depuis celte époque.
- Colle ville, d origine militaire, éloignée de la cote, si vaste quelle ail, été, se montre bien différente des joyaux que furent Leplis, Sabrala, Dougga, huila begi.ï, Timgad, Djemila.... Certes, les fouilles peuvent encore réserver des surprises, mais, jusqu'ici, on ne semble pas se trouver ou lace d'une cité bien opulente. Sans doute, la population se composait-elle d’agriculteurs, provinciaux aux goûts modestes, vivant, sans faste, dépensant peu, peuple heureux puisque sans histoire ; aucun personnage d’Amma'dara n’étendit au loin sa réputation, quoique trois mausolées importants honorent des célébrités du cru.
- Le théâtre, à peu près dégagé aujourd'hui, n’est pas de ceux dont, on parle, les Thermes n'avaient, rien d’imposant puisqu'il n’en reste rien, el, en réalité, la v ilit' romaine est tout entière absorbée par la ville byzantine aux restes magniliques.
- Dans la première partie du v° siècle, les Vandales, après avoir envahi les possessions romaines d’Europe, du hhin à l’Espagne, [lassèrent en Afrique en !\'M) sous la conduite de Genseric et, en l’espace de 10 ans, s’emparèrent de tout ce pays sur lequel régnaient les bornai us, du Maroc à la Cyrénaïque. E11 barbares qu’ils étaient, ils ne surent créer aucune œuvre durable et c’est de la reconquête byzantine que date la renaissance des villes africaines.
- C’est, en 533 que Justinien organisa, sous les ordres de Bélisaire la campagne qui devait rendre à l’Enipire les provinces perdues. Les Vandales résistèrent peu, et ces opérations guerrières apparaissent, à distance, comme une promenade militaire, mais sitôt reconquise, le premier soin dans chaque grande agglomération fut, de la pourvoir d’un système défensif, tant était forte la crainte qu’inspiraient les indigènes peu ou mal soumis.
- En une soudaine éclosion, les villes se hérissèrent donc de forteresses couronnées de tours d’architectures assez semblables entre elles.
- Utilisant pêle-mêle et sans goût les restes des monuments précédents, les nouveaux occupants firent surgir avec une incroyable rapidité sur tous les fronts de l’Empire ces citadelles pour le défendre. Cette hâte explique le puzzle dont leurs murs sont composés, faisant voisiner une colonne ronde avec des pierres carrées et enclavant sans pitié dans la maçonnerie tout chapiteau égaré, les guerriers s’étant improvisés bâtisseurs, souvent au préjudice de l’Art.
- Justinien, économe de ses troupes, désirait que l’importance de ces forteresses n’exigeât pas une trop forte garnison et il écrivait en 534 au général Bélisaire, avec les égards dus au triomphateur : « Si votre Gran-« deur constate que certains châteaux du « limes »
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- a sont 1 rop étendus pour se garder efficacement, elle « les fera reconstruire de manière (ju’un petit nombre « d’hommes suffise à les protéger ». il faut se souvenir que les armées de l’Ilmpereur avaient de nombreuses colonies à garder.
- Ainsi qu’à Thevesle, c'est Solomon qui construisit celle superbe citadelle d’Ammaulara protégeant une ville ouverte, (l’est un énorme, quadrilatère de, aoo m sur mi, dont mi cnl.é s’accole au mur cuivré de soleil
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- de la basilique judiciaire ; une église et des batiments militaires l’occupaient, pouvant, en cas d’attaque, abri-lcr la population civile. L’enceinte extrêmement épaisse; esl pourvue d’un chemin de ronde et comprenait neuf tours carrées et une ronde servant d'habitations. Elles dominaient les murailles crénelées, percées de hautes portes dont l’une s’ouvrait sur un pont traversant l’Oued. De ce colé, la rivière est bordée de (puais datant de l'anliquilé, destinés à en régulariser le coins.
- /<’/;/. 8 à 13. — Huïdra.
- 8. Mausolée de la Tétrarclue. 1). Arc, de Septinie-Sévèrc.
- 10. basilique Saint,-Cypriée.
- M. Citadelle byzantine.
- O. basilique du monnslère.
- 13. M usée en plein air du I)1' Dolec. Masclriolo, directeur des fouilles.
- (Photos de Lyée de helle.au).
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- En 534, la Tripolitaine, la Proconsulaire et la Bysa-cène étaient reconquises. Restaient à soumettre la Numidie et les Maurétanies.
- M. Ch. Diehl a donné sur les traitements octroyés à l’époque byzantine des précisions intéressantes à rappeler à l’occasion de ce château fort : « Six gouver-« neurs furent alors chargés par Justinien de l’admi-« nislration civile, assistés d’un état-major de 5o perce sonnes. Ces auxiliaires recevaient un traitement de « ifio sous d’or : :>.5o6 fr 4o » en 1896, époque où l’historien écrivait.
- « Le gouverneur provincial recevait 448 sous d’or « soit 7.017 fr. 90 (avant, bien entendu, nos succes-« sives dévaluations). Le Proconsul de Cappadoce louée chait jusqu’à 20 livres d’or, mais c’était un person-« nage d’une autre importance que les consulares « africains.
- « Les chefs militaires étaient beaucoup plus payés ee et, en réalité, d’une telle importance que le Magis-ee ter africain e'vtait plutôt vice-roi. IJn nombreux étalée major l'entourait, atteignant avec la troupe jusqu’à « plusieurs milliers d’hommes. Le premier de ces chefs a vice-roi fut, comme, de juste, Bélisaire qui avait fait ee pour Justinien la reconquête de l’Afrique, et, après ee lui, Solomon. »
- L’Afrique fut alors divisée en quatre provinces :
- Tripolitaine, eapilale Leplis Magna ;
- Bysacène, capitale Capsa (Gafsa) ;
- Numidie, capitale Cirla (Constant ine) ;
- Maurétanie, capitale Cœsarée (Cherchell).
- ee Chacun de ces territoires militaires porta le nom « ele ee limes » et fut commandé par un duc qui reee-« vail 1.08a sous d'or, soit a4-783 fr, mais il avait à ee appointer les hommes. »
- Celle somme assez honorable fut décrétée par l’Empereur Justinien lui-mème pour tenter de remédier à la fâcheuse habitude qu’avaient alors les officiers de s’approprier la majeure partie de la paye de leurs soldats. L’histoire ne dit pas si cette mesure généreuse les lit revenir à de meilleurs sentiments et améliora les moeurs de l’époque.
- Mais retournons aux monuments d’TIaïdra.
- Le bel are de Triomphe de Sep lime Sévère avait ét é érigé en 195 à l’Empereur africain chéri de ses concitoyens. Précédant celui de son fils Caracalla à Tebessa, il est de l’époque de ceux de Sbeïtla Dougga, Djemila et peut-être le plus beau. Sa frise importante pour l’ensemble, fut ainsi conçue pour l’ampleur de l’inscription. Les Byzantins l’ayant gainé de pierres de taille pour en faire un fortin, il est, de ce fait, demeuré en bon état de conservation et ce rude écrin s’écroulant permet à présent d’admirer la finesse des sculptures. Ses tons ocrés, couleur de tabac blond sont les plus chauds parmi ces ruines.
- Les nouveaux venus ayant, avec eux, ramené le culte catholique, de tous côtés sur le sol africain s’épanouirent dos basiliques chrétiennes, llaïdra en compte quatre, dont celle d’un monastère qui. pouvait d’ailleurs déjà exister, la vie monacale ayant commencé à se répandre en Afrique à la fin du ive siècle.
- Avec ses arcs formant feston dans le ciel, elle est, à mon goût la plus plaisante en ses proportions réduites. Comme la plupart des églises byzantines, elle est pourvue de ces auges en pierre qui, depuis 5o ans, troublent la tête des savants et ont fait couler beaucoup d’encre, nul ne pouvant en déterminer l’emploi exact.
- A première vue, il paraissait probable que ces longues pièces étaient des écuries munies de mangeoires, les trous percés au-dessus servant à attacher les chevaux. On sait que les Turcs, en s’emparant d’Otrante en i48o, convertirent une église en écurie, cet le .supposition semblait donc juste et on admit qu’une basilique possédait un fondouk pour les pèlerins et le logement pour leurs chevaux. Puis, à la réflexion, on s’aperçut que les auges étaient trop rapprochées pour qu’en face s’alignent les chevaux. On pensa alors que ces récipients étaient plutôt destinés aux offrandes des fidèles subvenant par leurs dons aux frais du culte. Egales, elles pouvaient, en effet, contenir de semblables mesures de grains.
- Mais alors, pourquoi ces cellules à deux cuves près de la longue salle ? Ce qu’on prenait pour une écurie n’aurait-il pas été un réfectoire pour les moines et les petits réduits des salles à manger pour les hauts dignitaires de la communauté P
- Un fait existe, c’est la présence de rangées de bassins à 1 m du sol, contre les basiliques chrétiennes.
- La basilique des Martyrs aux belles colonnes jumelées possède devant l’abside les bases de petits piliers qu’on pense être une sépulture d’évêque ; la notice épiscopale d’Afrique parlant d’ailleurs d’un Episcopus Amtmvdercnses, ce devrait être ici le siège d’un évêché.
- Celle de Saint-Cyprien qu’avoisinent les débris du Capitole et du Forum est bien conservée. Ses mosaïques sont au musée du Bardo à Tunis. Elle montre encore les vestiges de sa double rangée de colonnes formant cinq nefs.
- Quelques maisons particulières ont été dégagées en ces parages, exhibant les mosaïques de leur sol.
- Des tombeaux et mausolées bordent une voie dallée et, près de l’Oued, le beau mausolée létrastyle à deux étages, encore en très bon état, n’est privé que des bustes funéraires qui en paraient la loggia.
- La forteresse dont les murs épais bravent les siècles fait encore une formidable, impression et on s’étonne que les Byzantins si solidement établis dans tout le pays n’aient pu résister aux hordes arabes qui conquirent finalement l’Afrique du Nord en 698.
- Aujourd’hui, llaïdra, qui remplace la défunte Am-mædara, est modestement une petite gare frontière avec un poste de douane et quelques maisons basses.... Des chèvres broutent dans l’enceinte qu’animaient les soldats de Justinien, une caravane s’estompe à l’horizon, ultimes signes de vie sous l’immuable soleil qui dora ces vieilles pierres jadis peuplées. Ainsi vont les choses. Quelle salutaire leçon d’humilité vous inflige pareille visite !
- M. de Lyke.de Belleau.
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- UN ÉCRAN CINÉMATOGRAPHIQUE GÉANT = 527
- Au Palais de l’Électricité et de la Lumière, à l’Exposition, a été présentée au public une réalisation très remarquable, due à M. le Professeur Chrétien : une projection cinématographique géante, en plein air, sur un écran de 60 m x io m.
- M. Chrétien, inventeur des télescopes à faible encombrement; qui portent son nom, est un spécialiste des questions à’anamorphose optique, autrement dit des déformations volontairement imprimées aux images et suivies, au besoin, d’une « restitution » ultérieure.
- L’intérêt, pratique de ces méthodes est d’autoriser un encombrement réduit de l’image matérielle emmagasinée. Tel est le cas des pistes sonores anamorpho-
- Le rapport de la largeur à la hauteur était de 60 m sur ro m, donc de 6, pour cet écran, alors que pour les images des pellicules, ce rapport est de 2/4 mm sur 18 mm, soit 1,33. Pour obtenir l’anamorphose avec un seul appareil de projection muni d’un hypergo-nar, il aurait donc fallu que ce dernier procurât un rapport d’anamorphose de 6 divisé par i,33, soit 4,5.
- Ce chiffre ayant paru excessif, on décida d’utiliser deux appareils de projection, tournant au synchronisme grâce à des axes de jonction à cardans. Chaque appareil, équipé d’un hypergonar de module 2,2b, couvrait ainsi une surface de 3o m sur 10 m, soit la moitié de l’écran.
- Fig. 1. — Façade principale du Palais de l’Électricité et de la Lumière montrant l’écran géant concave de 60 m sur 10 m. * Les, appareils (le projection se trouvent dans le petit bâtiment en « tortue » au premier plan ; ils comportent (leux appareils cinématographiques synchrones absorbant chacun 225 A sous 60 à 65 v et une « lanterne magique » fixe absorbant 450 A
- sous RO à R5 v.
- sées pour les copies de fdms en format réduit ; tel est aussi le cas de ce précieux hypergonar à lentilles cylindriques qui permet d’enregistrer sur un film, un « angle de paysage » double ou triple de l’angle normal. Sur le film, les images sont écrasées transversalement,, en accordéon, mais des lentilles cylindriques convenables, utilisées à la projection, leur restituent sur l’écran les proportions normales. Ainsi est entré dans la pratique cet écran de largeur triple dont Abel Galice avait fait dans son « Napoléon » un si romantique usage !
- UNE APPLICATION DE U « HYPERGONAR »
- C’est précisément à l’hypergonar que recourut l’éminent physicien pour couvrir l’énorme étendue de l’écran en plein air formé par la façade concave du Palais de la Lumière.
- Une difficulté annexe dut être résolue, celle de la suture, sur l’écran, des deux images. Si on écartait les images, il restait une ligne noire et si 011 les laissait chevaucher légèrement, la partie commune formait une bande deux fois plus éclairée que le reste.
- La solution, fort simple, consista à placer devant les appareils des peignes verticaux à dents triangulaires, analogues à ceux qu’utilisent les photographes pour les « bords flous », interceptant la moitié du flux lumineux sur la partie de chaque faisceau correspondant à la zone de chevauchement.
- UN ÉCRAN EN PERLES DE VERRE
- La luminosité d’un écran de 600 m2, exposé à toutes les intempéries, posait d’autre part un problème difficile. Cette luminosité devait être très élevée, eu égard à l’impossibilité de distribuer sur 600 m2 un
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- == 528 -,
- 11 ux lumineux colossal el à l'intense réverbération de toutes les lumières de b Exposition, (pii risquaient d’ « éteindre » les images.
- Après plusieurs mois de recherches portant sur [ouïes les peintures et revêtements métalliques ou métallisés, le choix s’est porté sur des perles de verre de 2 à 3 dixièmes de millimètre, fabriquées en Allemagne. Ces perles sont projetées à l’aide d’un pistolet à air comprimé sur une couche de vernis spécial, avant séchage de ce dernier.
- Ce revclement procure une très grande économie, de lumière, parce qu’au lieu de dilïracler celle lumière1 dans toutes les directions comme un corps niât, il la renvoie suivant des directions formant un angle relativement faible. Pour des speelaleurs dont l'angle d'observation ne dépasse pas on", ce qui élail le cas, la luminosité élail exeellenle.
- Rappelons, car c’est un fait trop oublié, que c’est à M. Chrétien que nous devons le précieux principe des eaiaphales, utilisés pour la signalisation routière. Ces minuscules miroirs que vous voyez s’allumer sur une plaque de signalisation, sur une barrière de passage à niveau ou sur les piquets d’un chantier, dans la lueur des phares, sont en réalité formés d’une len-lille.dont la face postérieure est argentée ; les proportions sont Ici les que la lumière est renvoyée vers la source, avec une très faible ouverture angulaire, en sorte que le condueleur en profile au maximum. C’est là un principe lout voisin de celui de I’ « écran à billes )> de l’Kxposilion, cl qui a sauvé bien des vies humaines.
- P nui un I Rivaux.
- LE COEFFICIENT DE FROTTEMENT DES REVÊTEMENTS ROUTIERS
- La détermination du roelTirienl. de l'rollemeid. pneuma-tique-e.haussée, dont Pimporlanee pour la circulation automobile, est primordiale, a fait l’objet (l'éludes exlrêmemenl nombreuses dans Inus les pays, et en particulier en Amérique, en Anglclerrc, en Allemagne et en France1.
- Dès ny.di, MM. Debès, Nanti et llupner, ingénieurs en chef des Poilts cl Chaussées nul, effectué en France des essais systématiques, continués par différents expérimentateurs depuis cette époque. Le principe des appareils employés est toujours h1 meme, les différentes réalisations pratiques ne se distinguant que par des perfectionnements de détail et des commodités d’utilisation ou de mesure. Il est représenté srlirmaliquemrnl sur la ligure. Perrière un tracteur, une roue munie d’un pneumatique est chargée de poids connus dont, elle transmet l’elTorl. au sol. Celle roue est reliee au tracteur par un ciricr comportant, des dynamomètres. Four mesurer la tendance au glissement, latéral, on peut orienter la rom1 en lui faisant faire un angle constant, a\ee la direction de. marche.
- Les coefficients de frottement varient 1res rapidement avec
- l'i'I. I. — /’mic/pe drs aiii>arrils dr. uirsurr du coef/icicrtl de jrut Iniru I drs j> iuui nui liij lies sur 1rs rout.rs.
- la vitesse et ni général diminuent sensiblement au fur et à mesure que. celle-ci croît,. Le tableau suivant, donne quelques-uns de ces coefficients pour une vitesse, de 3o km à l'heure.
- Nature du revêtement
- Sec U11 m i d c
- Pavage en pierre d’échantillon , o,5i
- Pavage mosaïque i 0 ,(3o
- Pavage en briques î ,04 o,47
- Pavage en bois o, 9!) 0,2b
- Réton de ciment .... o,8o 0,4 G
- Asphalte comprimé .... 0,78 0,21
- Béton et bitume à chaud. 0,95 0, Go
- Tarmacadam et similaires . 0 , ()2 0,55
- Empierrement goudronné l’apis autidérapantssur asphalte 0,61
- et bois. ... ogjti o,55
- On voit que si, sur sol see, la nature du n (vêlement ne
- fait varier que dans de faibles limites le coeflicienl de frol-
- lemciil, (o,N à il, lorsque la surfa e de la roule est humide
- les variations sont beaucoup plus importantes (de o,:>. à o,(>j.
- Revêtement propre'
- On constate également, ce (pie. tous les conducteurs ont depuis longtemps vérilié, que le pavage de bois et, le revêtement d’asphalte, présentent une adhérence déplorable par temps humide. C’est d'ailleurs pourquoi on élimine ces revêtement, de plus en plus, malgré leur insonorité. t, .
- Insistons encore sur le, fait (pie les nombres que nous venons de donner sont relatifs à des surfaces propres, non souillées par la graisse, la glaise et l’argile ou les feuilles d’arbres, dont l'influence est, de, diminuer sensiblement les nombres précédents, et (pie la vitesse est, celle de 3o km à l’heure. Même dans les villes, surtout la nuit, cette vitesse est, largement dépassée et par suite, l’adhérence des véhicules au sol encore moindre que, celle, indiquée;
- II. Vigne bon .
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- LE PROBLÈME DE LA FORÊT
- futilité de la forêt, « mère des sources » et « dispensatrice des pluies », comme encore les rôles supérieurs de protection que joue l’arbre à l’égard des vallées, à l’orée des torrents, pour modérer les inondations et, dans une certaine mesure, pour puriiier l’atmosphère, n’ont-ils pas été sul-lisamment démontrés ?
- Ce sont là, quoique certains prétendent, des signes de la valeur sociale (Reynard ) de la forêt. La conservation des l'orèts sur a5 à 3o pour joo de la surface totale dans le monde — sinon plus — se commande donc dans l’intérêt de tous.
- Ainsi, les mesures conservatoires à édicter dans l’ordre général des choses procèdent en partie de l’idée internationale.
- Eu ce qui concerne, en pareille affaire, les intérêts généraux propres à la France, la forêt s’impose d’une part dans ce même ordre d’idées comme un luxe utile et de l’autre comme une richesse dont les possibilités annuelles en produits de foules sortes, demeurent de A à Z indispensables à-la vie familiale et à J’économie générale du pays. « C’est que celui-ci n’a pas assez de véritables forêts » (J).
- ' Ainsi, à la manière de ce qui existe déjà entre les mains de l’Elal pour un total de;l’ordre de i.5oo.ooo ha (chiffre rond), bien des provinces j devraient posséder un complément de nouvelles et vasle$; forêts domaniales dressées sous le vocable de parcs de la nation.
- De telles réserves forestières pourraient, certes, appartenir aussi à de grandes villes, aux départements, et mieux encore, cire placées entre les mains des « régions économiques » à l’abri des tentations spéculatives. Pour lesdiles régions, elles constitueraient des « caisses d’épargne » au propre et au figuré : l’hygiène morale, espaces pour les loisirs, etc...
- Sans doute, parmi les 2.000.000 ha (chiffre rond) de bois et forêts appartenant aux communes (1 2), lesquels sont soumis au régime forestier, en est-il formant masses assez importantes et qui au surplus sont riches en matériel. Il n’eu est pas moins vrai que de telles forêts sont en très petit nombre (faciles à compter) tout le reste n’étant, le plus souvent, composé que de boqueteaux morcelés n’ayant « subjectivement » que valeur privée (3 4) entre les mains de municipalités et de sections de communes qui ont hérité de la faveur insigne de les posséder.
- Sur les six millions d’hectares (grosso modo) portés aux matrices cadastrales comme appartenant aux particuliers, c’est chose pire encore. La moitié de cette surface, poussière de terres plus ou moins déboisées, est entre les mains de. » i.ôoo.ooo propriétaires, soit en moyenne 2 ha par tète (•*).
- 1. Georges Fabre, le reboiseur aux vastes conceptions, a éloquemment dit : « Les forêts ne sont, pas exclusivement matière fiscale, si l’on sait s’en servir ; elles sont pour les clients des eaux de la houille blanche de puissants éléments de travail et de prospérité ».
- 2. A de très rares exceptions près, ces terres forestières détenues depuis toujours par les communautés doivent être considérées comme une richesse gratuite mise par de très nombreux hasards à la disposition des habitants. Lorsqu’il y a mévente annuelle, chute des prix ; il ne s’agit que d’un manque à gagner et non d’une exacte perde budgétaire comme on veut bien le dire et le faire croire.
- 3. Produits annuels délivrés en nature et non vendus.
- 4. Ce qui, d’après M. Gazin, rend ici la gestion complexe difficile (disons « économiquement impossible ») c’est justement l’extrême morcellement de cette poussière de boque-
- teaux, Celte formule de propriété forestière française n’en est pas moins (il faut y insister) une valeur intéressante, car elle répond sur place à des besoins familiaux de toutes sortes,
- 11 y a donc, sur 3 millions d’hectares, richesse toute relative ; celle-ci est, sans conteste possible, éminemment précieuse dans le seul cadre familial. Ici ces lopins boisés, répondent en effet au travers du pays, en particulier en montagne et dans les régions froides, à des besoins campagnards exacts. Au titre de l’économie générale en soi, il mut le dire, iis comportent pour fort peu de chose.
- Très heureusement, il existe parmi 3 autres millions d’hectares de bois et forêts cadastrés au nom des particuliers, i.boo.ooo ha plus dignes d’intérêt.
- Ces derniers, par leur manière d’être, peuvent quant à eux, jouer au titre « subjectif », mais aussi quelquefois a objectifs », des rôles de certaine importance (parcelles allant jusqu’à 5o lia).
- L’on compte ensuite 5.700 domaines boisés privés couvrant (ioo.ooo ha. Leur importance relative varie de 5o à 200 ha Lun. Puis voici enfin, entre les mains de 3.200 autres propriétaires, le reliquat, soit une surface de bois et forêts de yoo.ooo ha (en chiffre rond), tènements de 200 ha et au delà. En moyenne 281 ha par tête (5).
- Sous ces dernières positions (5o à 200 ha et au delà), de tels massifs boisés sont, au contraire, capables de jouer en association par coude à coude et remembrement, au titre de l’intérêt général, les rôles supérieure de haute valeur, tels qu’ils sont dévolus à la forêt-forêt.
- Malheureusement, il se précise de jour en jour que de pareils domaines boisés deviennent dans l’état actuel des choses (du fait de certaines contingences bien connues et d’autres diverses) de plus en plus lourds à gérer, à maintenir ou encore à « revitaliser ». De tels domaines luttent en effet, dans le temps et cela non sans peine — ici sinon là —- contre bien des difficultés : le partage; le manque de chemins de vidange ; l’appauvrissement et la diversité du matériel sur pied qui rendent la vente ardue; la baisse des prix ; la rareté de la main-d’œuvre (très spéciale) ; les transports, etc...
- Pour sauver, dans le temps et l’espace, pour conserver au pays ces richesses forestières encore existantes entre les mains desdils propriétaires particuliers conscients de leurs devoirs, il convient, au fur et à mesure d’occasions favorables et des possibilités budgétaires, de continuer et d’intensifier leur incorporation au domaine privé de l’État ou de tous autres groupements impérissables (villes, départements, régions économiques) groupements capables de constituer de proche en proche de grands massifs boisés aussi homogènes que possible et dès lors, aménageables utilement.
- C’est seulement par de telles conceptions de remembrement que l’on assurera la constitution, la conservation, l’existence et la permanence des importantes masses forestières telles que l’intérêt général les réclame et les commande.
- Ce n’est au surplus que par cette voie que la France arrivera à lutter contre la concurrence étrangère sur le marché du hois, par abaissement des frais généraux d’exploitation, de surveillance, de mise en valeur et de transports (réseau routier), lesquels écrasent de tout leur poids la petite propriété forestière privée sinon communale.
- Roger Ducamp
- Conservateur des forêts en retraite.
- surtout en pays de montagne, là où il ne reste à cette heure •pie des broussailles, sinon des arbres.
- 3. Il y aurait sur ce nombre, 1.810 possesseurs de plus de 300 hectares boisés. La forêt privée, R. de Passillé, Le Temps, 4 février 1936.
- Il en est de même pour certains bois communaux dont les produits se vendent.
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- 53° = naissance et vie des marionnettes
- LES LILLIPUTIENS, PYGMÉES, NAINS GROTESQUES
- Un jeu d’enfanls qui eut un certain succès a donné l’idée d’une nouvelle sorte dans la famille des marionnettes. Présentées sous différents noms, ces marionnettes ont été appelées les Lilliputiens, les Pygmées, les Nains grotesques, etc. Voici comment elles furent inventées. Le jeu d’enfants était composé de grandes feuilles de carton sur lesquelles étaient représentés en pied des personnages plus ou moins comiques et tout au moins des types bien caractérisés, tels que le Marin, l’Indien, le Grand-Turc, le Clown, le Gendarme, le Petit Chaperon rouge, la Vieille portière, etc. Une ouverture ovale modiliée suivant les besoins par la chevelure, par la coiffure, était pratiquée à la place du visage et l’enfant présentait sa ligure dans l’ouverture. On lit ensuite des feuilles, où les membres dessinés à part, étaient fixés sur pivots et actionnés par derrière par des ficelles comme les polichinelles de carton.
- De là à créer les marionnettes à tête humaine, il n'y avait qu’un pas et ce fut l’origine des marionnettes spéciales que je vais décrire.
- Les deux ligures ci-dessous (lig. i et a) nous montrent deux personnages de ce genre de marionnettes. Pour les présenter, il faut naturellement un théâtre spécial : il est excessivement simple et se compose d’une toute petite scène avec rideau d’avant-scène. Le décor n’est qu’une draperie unie en étoffe de couleur.
- Fig. 1 et 2. — Deux personnages.
- Lorsque le rideau se lève, un personnage seul est en scène : c’est une petite marionnette de 4o cm de haut à tête humaine, qui chante, débite des monologues, en accompagnant son texte de gestes appropriés ; lorsqu’il a fini, il salue, le rideau se baisse, se lève de nouveau sur un nouveau personnage qui occupe la scène.
- Comment ces marionnettes vivent-elles P Elles sont de construction à peu près semblable à toutes celles dont nous avons donné la descrip-
- Fig. 3. — L’anatomie de la marionnette.
- lion, mais le buste, au lieu de se terminer par un cou proportionné à la tête que devrait avoir
- la marionnette pour sa grandeur est évasé assez largement pour recevoir une tête humaine.
- Les membres sont composés comme ceux des marionnettes à fils, en bois ou en tubes d’étoffe bourrés de chiffons ou d’étoupe avec articulations soit métalliques, soit en cuir, mais les fils qui régissent les mouvements n’existent pas : la draperie de fond qui louche presque l’avant-scène est munie en son milieu d’une fente longitudinale. La personne qui doit faire
- vivre la marionnette se trouve derrière cette fente et
- elle passe sa propre tête avec le petit personnage pendu à son cou. Aux avant-bras de la marionnette ainsi qu’aux cuisses sont fixées des tiges de fer rigides dirigées en arrière et c’est en agissant sur ces tiges, derrière la fente que le montreur fait agir le personnage.
- Malheureusement, le jeu des liges est assez difficile à dissimuler et celte présentation ne permet que des mouvements sur place, ce qui limite beaucoup les effets à obtenir.
- Nous verrons prochainement comment on est arrivé à perfectionner ce genre amusant, à faire agir deux, puis plusieurs personnages, ce qui permet de donner des duos, et même des petites scènes (en bon français des scénettes, qui ont été appelées, je ne sais pourquoi, des saynètes, en s’inspirant de l’espagnol, pour continuer à ne pas employer ce que nous avons chez nous).
- Le Prestidigitateur Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER J938 (’)
- lion début... astronomique pour 1.988 ! Tout d’abord, très bonne période de visibilité de la petite planète Eros, dont l’orbite est, en grande partie, intérieure à celle de Mars.
- Oc nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, notamment de ’Ç du Taureau et de v des Gémeaux le i4 janvier.
- A signaler l’élongation de la planète Mercure le 21 janvier (on pourra voir cette planète dans l’aube) puis les maxima de plusieurs variables à longues périodes, et de nombreuses conjonctions de planètes avec la Lune. Observer la lumière zodiacale et essayer de voir la lueur antisolaire.
- du ior au 2 janvier, puis du 18 au 3i janvier, pendant lesquelles la Lune 11e gênera pas.
- La lueur anli-solaive pourra être recherchée vers minuit du 1e1' au 8 janvier (non loin de S Gémeaux) puis du 24 au 01 (dans la région de y et S Cancer). Observation difficile.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier, se produiront ainsi :
- N. L. le i«r, à i8h58m D. Q le 28, à 8l> 9»>
- P. Q. le 9, à i4lu3‘n N. L. le 3i, à i3i>3o>»
- IJ. L. le 1O, à 5l‘53|n
- I. Soleil. — Le Soleil, en janvier, remonte sensiblement vers l’hémisphère nord. Sa déclinaison, de — 2$02r le ier janvier, sera de — i7°29/ le 3i. La durée du jour augmente en ce mois et passera de 8uiGm le ier à 9hxgm le 3i. Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris (de deux en deux jours) :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Janv. 1er 1 1 h 54 m 7S Janv. 17 I2hom44s
- — 3 11 55 4 — <9 12 1 22
- — 5 11 55 59 — 21 12 1 58
- — 7 11 50 52 — 23 1 2 2 3o
- — 9 11 57 43 25 12 3 0
- — 11 11 58 32 — 27 12 3 26
- — i3 11 59 t8 — 29 12 3 5o
- — i5 12 0 2 — 3i 12 4 10
- Observations physiques. — On continuera l’observation quotidienne du Soleil en notant et dessinant (ou photographiant) tonies les taches visibles. Observer soit directement avec la lunette munie de verres noirs, soit par projection. Ce dernier jnocédé est très pratique pour la mise en place des détails sur le disque solaire, mais pour l’observation des lins détails, il vaut mieux la faire directement à l’oculaire.
- Pour orienter les dessins et photographies du Soleil, utiliser les données du tableau suivant :
- Date I1 Ho L0
- inv. i«r *4“ 2°3o E — 3(o0 q4 °03
- — 5 + 0,35 E — 3,52 4i>o6
- — 8 ~ 1,10 0 — 3,85 2,45
- — 10 _ 2,07 0 — 4,07 330,11
- — i5 — 4,40 0 - 4,^8 270,27
- — 20 — 0,78 0 — 5,o6 204,44
- 25 — o>°4 0 — 5,5o i38,0o
- — 3o — 11, r9 0 — 5,90 72 > 77
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible maintenant, le soir, au Sud-Ouest. Pour l’observer, il faut attendre la venue de la nuit complète et être loin de toute lumière artificielle. Les périodes les plus favorables pour voir la lumière zodiacale seront celles
- I. Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps Universel (T. L.), compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). Le Temps Universel coïncide avec le temps légal en France.
- Age de la Lune, le Ier janvier, à oh = 2g3,0; le 2 janvier, à oh = o3,2. Pour avoir l’âge de la Lune du 3 au 3j. janvier, ajouter à o3,2 le nombre de jours écoulés depuis le 2.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 10 janvier, à i8‘* = + 2i°4G/; le 27 janvier, à 3h — —2i°42/. On
- remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel
- le i3 janvier, lors de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le i5 janvier, à 211. Parallaxe = Gi^". Distance
- = 35p 082 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 27 janvier, à 6h. Parallaxe = 54'4". Distance
- — 4o5 670 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le G janvier, occultation de 55o5 B. D. — 3° (7m,5); immersion à i8b26m,6.
- Le 7, occultation de 16 Poissons (5m,6) : immersion à 1 ;)hiGm,9.
- Le 11, occultations de : i° 54 Bélier (6m,5) : immersion à i8h7m,9 ; 20 432 B. D. + 180 (Gm,7) : immersion à
- 2oh5im,7 ; 3° 459 B. D. + x8° (7“,3) : immersion à
- 2.3h4Gm,5.
- Le i3, occultations de : i° 53 Taureau (5m,4) : immersion à 22h48m,5; 2° 74.0 B. D. + 20° (G111,9) : immersion à
- 23h33m,o ; 3° 744 B. D. + 20° (Gm,i) f. immersion à
- 23h54n’,8. . •
- Le 10, occultation de 781 B. D. + 20° : immersion à oh2Gm,7.
- Le i4, occultations de : C Taureau (3in,o) : immersion à 4h29m,G. La Lune sera âgée de J23,4 et la fraction du disque illuminée sera de 0,9). L’étoile disparaîtra derrière le bord obscur, vers le Nord-Est.
- v Gémeaux (4m,i) : immersion à 22hi3h,G. La Lune sera âgée de i33,2 et la fraction illuminée du disque sera de 0,98, donc la Lune presque pleine. L’étoile disparali.ru derrière le bord non éclairé, à l’Est. "
- Voici les heures de l’opcultation de v Gémeaux : Pour .Lyon,-à 2ahi7m,2 ; pour Strasbourg, à 22h22m,2 ; pour Toulouse, à 22hI2m,0.
- Le 17, occultation de u> Lion (5m,5) : émersion à
- 2ih55m,g.
- Les occultations de £ Taureau et de v Gémeaux, qui se produisent toutes deux le i4 janvier, seront particulièrement intéressantes à observer.
- Marées. — Les plus grandes marées de janvier se produiront tout à fait au début du mois, à l'époque de la nouvelle Lune (plus grande marée le 4, coefficient 0,80) ; puis au milieu du mois, au moment de la pleine Lune du 16 (voir ci-après) et enfin, à la fin du mois, après la nouvelle Lune du 3i janvier.
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- 532
- Voici, pour Brest, quelques-unes des plus grandes maréés :
- Marée du matin Marée du soir
- Date
- Heure Coefficient Heure Coefficient
- Janvier i5 2h5o<« O 00 0 15k 17,n 0,92
- — 16 3 43 °>97 iG 8 1,01
- — 1 7 4 33 i,o4 16 56 1,06
- — 18 5 19 1,06 17 42 1 ,o5
- — 19 6 3 1 ,o3 18 23 o,99
- — . 20 6 44 0,94 19 4 0,88
- — 21 7 25 0,82 *9 46 o,75
- Vénus sera inobservable ce mois-ci. Elle va se trouver en conjonction supérieure avec le Soleil au début du mois prochain.
- Mars est un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. Son diamètre se trouve de plus en plus réduit par la distance et pour l'aire une observation un peu fructueuse de sa surface, il faut, à présent, un instrument très puissant.
- Petites Planètes. — Deux petites planètes accessibles aux petits instruments seront observables en janvier : la petite planète Nausikaa (u° n>3) et la petite planète Eros (n° 433). La première se trouvera en opposition le 3 janvier. Elle atteindra la magnitude 9,0. Voici quelques positions calculées par le professeur Ch Strackc où l’on pourra la rechercher.
- 111. Planètes. — Le Tableau ci-après, qui a été établi à l’aide des données extraites de VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour
- Date
- Janv. 6.0
- Ascension droite
- G li 5 3 2
- Déclinaison
- -j- 33°27'
- rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de janvier 1938. —- i4,o — 22,0 6 43,4 6 35,i -j- 33 12 + 32 45
- ASTRE Date : Janvier Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- Soleil . . :i 71146 m 7 42 7 32 1 ifi54m 7S 12 59 18 12 i3 0 ifjli 2 m 16 17 16 34 i8h45m 19 38 20 29 — 23° 2' 2 I 32 — 19 3 32' 35"o 32 34,6 32 .32,5 Capricorne Capricorne Verseau ))
- Mercure . ' 20 7 « 6 2 6 10 1 1 29 10 23 10 22 i5 5r <4 43 14 34 18 23 18 0 18 45 — 20 27 20 52 — 22 23 9>8 7,8 6,2 u Sagittaire w Sagittaire % Sagittaire Le malin, plus grande élongation le 21 janvier.
- Vénus. \ I i3 25 7 >4 7 28 7 32 11 19 x 1 37 11 54 i5 24 15 47 16 17 18 8 19 i3 20 18 — 2.3 3.3 — 22 58 — 20 41 10,0 10,0 9,8 g Sagittaire n Sagittaire Capricorne Inobservable.
- Mars . 1 13 25 10 20 9 58 9 27 i5 49 i5 35 i5 21 21 10 21 i3 21 16 2.3 39 23 i3 23 46 — 9 3o — 5 5i — 27 5,6 5,4 5,2 Verseau f Verseau Poissons Un peu visible le soir.
- Jupiter ^ 1 25 9 4 7 45 i3 29 12 18 17 54 16 5o 20 20 20 43 — 20 4 - 18 44 3o,8 3o, 2 Capricorne Capricorne Inobservable.
- Saturne . j 25 11 17 9 45 *7 9 i5 4° 23 0 21 35 0 i 0 7 —> 2 2Û — i 44 15,6 i5,o Poissons 1 Poissons 1 Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus 3i 10 29 17 40 0 55 2 3o -(- 14 22 3,4 29 Bélier Première partie de la nuit.
- Neptune . 3i 20 12 2 40 9 4 11 28 + 4 42 2,4 99 Lion Presque toute la nuit.
- Mercure va se trouver à sa plus grande élongation du malin, le 21 janvier, à 3h, à 24°iG/ à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher 5 à G jours avant et une dizaine de jours après la date de sa plus grande élongation. Mercure sera stationnaire le 9 janvier, à 20h.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Date Fraction du disque illuminée Diamètre Magnitude stellaire
- — — — —
- Janv. 1 er 0,021 tt 9,9 + 2,3
- — 6 0,169 0,358 9,2 + I,1
- — 11 8,2 + °,5
- — 16 o,5i6 7,3 6 6 + 0,2
- — 21 o,633 + 0,1
- — 26 0,718 6,1 0,0
- — 3t OC • r-- O 5,7 0,0
- Au moment de son opposition, la planète se trouvera non loin de l’étoile 6 des Gémeaux.
- Eros est celte petite planète (la première du genre qui fut découverte) dont l’orbite est en grande partie intérieure à celle de Mars et qui se rapproche parfois considérablement de la Terre.
- Le i4 janvier, elle sera à 32 i43 000 km de notre planète. Eros se trouvera, au début de janvier, à 4° à l’Est de l’étoile e de Persée. Elle traversera ensuite la partie Nord-Est de la constellation du Taureau, la partie Nord-Est d’Orion et passera fin février, au-dessus de l’étoile Betel-geuse. Elle va atteindre la magnitude 7,6 et sera donc visible dans une petite lunette ou une bonne jumelle. Voici, d’après l’éphéméride calculée par II. von Schelling, publiée par les Aslronomische Nachrichten, n° Ç229, les positions de la planète en janvier :
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- Date (T. U ). Ascension droite Déclinaison Magnitude probable
- Janvier 2,0 3h54,n54s + 49"10 7,7
- — 8,o 4 3 44 + 44 37 7,6
- — i4,o 4 i5 23 + 39 4o 7,6
- — 20,0 4 29 6 —f— 34 34 7,6
- — 26,0 4 44 18 4- 29 28 7,6
- Notre figure i montre la trajectoire décrite par Eros sur le ciel pendant le mois de janvier.
- Fig. I. — Déplacement de la petite planète Eros (433) à travers les constellations de Persée et du Taureau, du 2 janvier au I01' lévrier 1938.
- (Carte céleste de la Société astronomique tchèque, à Prague, dessinée par K. Novak).
- Jupiter va se trouver en conjonction avec le Soleil le 29 janvier, à a3h. 11 est donc inobservable ce mois-ci. Tout au plus pourrait-on le voir quelques minutes, au couchant, dans les premiers jours du mois.
- Saturne est, encore bien visible, dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 janvier xg38 :
- Grand axe extérieur........................... 38",08
- Petit axe extérieur...............................— 2", 22
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau . . — 3°, 346
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.......................................— 5°, 731
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satel-liles de Saturne, lors des élongations maxima de la planète, que voici :
- Date Elongation Heure
- Janv. 1er Orientale 20^3
- — 9 Occidentale 23,8
- — 17 Orientale 20,1
- — 25 Occidentale 23,7
- Uranus arrivera en quadrature orientale avec le Soleil le 3o janvier, à 8h. On le trouvera au moyen d’une simple jumelle et de la carte spéciale parue au « Bulletin astronomique » du n° 2992, du ier janvier 1937, sur laquelle on reportera sa position donnée au Tableau des Planètes.
- Uranus sera stationnaire le 18 janvier, à 2h.
- Neptune devient de mieux en mieux visible. Son opposition avec le Soleil se produira dans deux mois. Pour le trouver, utiliser une petite lunette et la carte donnée au a Bulletin astronomique » du n° 299/1, du ier février 1937, sur laquelle on reportera sa position donnée au Tableau des Planètes.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ier, , à 1 b. Vénus en conj. avec la Lune, à 2024' S.
- Le à 8b, Mercure — la Lune, à 0024' N.
- Le 2, à 11 b, Mercure — Vénus, à 3o J G' N.
- Le 3, à 18b, Jupiter — la Lune, à 5o 5’ S.
- Le 7, à oh, Mars — la Lune, à 6023' S.
- Le 8, à 9I1, Saturne — la Lune, à 7°Hi' s.
- Le n, à ijb, Uranus — la Lune, à 2°4 1 ' s.
- Le 20, à 7b, Neptune — la Lune, à 6029' N.
- Le 29» a i3b, Mercure — la Lune, à 3028' S,
- Le 3., à 1 b, Vénus — Jupiter, à o"37' s.
- Le 3,, à 14b, Jupiter — la Lune, à 502.5' s.
- Le 31, à 15b, Vénus — la Lune, à 60 4' s.
- Circumpolaires ; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire et de 0 Petite Ourse au méridien et quelques valeurs du Temps sidérai :
- Temps sidéral à oh pour le méridien
- Date Etoile Passage Heure de Greenwich
- Janv. 1 u Petite Ourse Supérieur i8b49m48s Gb39«i57s
- — 11 — — 18 10 17 7 19 28
- — 21 — — 17 3o 47 7 58 48
- — 21 <? Petite Ourse Inférieur 21 /jo 2 7 58 48
- — 3i — — 21 o 45 8 38 14
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (jÜ Persée), variable de am,3 à 3m,5 en 2j2oh/i9m : le 12 janvier, à 4h32m; le 15, à ih2im; le 17, à 22hioln; le 20, à i8h59m.
- Le i3 janvier, maximum d’éclat de R Verseau, variable de 5ra,8 à io™,8 en 358 jours.
- Le 25 janvier, maximum d’éclat de R Lion, variable de 5m,o à ion,,5 en 3i5 jours.
- Le 29 janvier, maximum d’éclat de U Orion, variable de 5m,/j à i2m,2 en 377 jours.
- Minima d’éclat de l’étoile (3 Lyre, variable de 3m,5 à 4m,r en i3j2h48ra : le 8 janvier, vers i2h; le 22 janvier, vers 9h36m.
- Etoiles filantes. —- Le radiant le plus important du mois de janvier est celui des Bootides qui donne, les 2 et 3 janvier, des météores rapides, à longues trajectoires, émanant de la région de jâ Bouvier.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier janvier, à 2ih, ou le i5 janvier, à 20h, est figuré comme suit, :
- Au Zénith : Le Cocher; Persée.
- A u Nord : La Petite Ourse ; Cépliée ; le Dragon.
- A VEst : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est, : La Grande Ourse.
- Au Sud : Orion; le Taureau; le Grand Chien; l’Éridan.
- A l'Ouest : Andromède; Pégase; le Bélier; la Baleine.
- Em. Touchet.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- LA PRATIQUE DES ONDES TRÈS COURTES. LES POSTES ÉMETTEURS-RÉCEPTEURS
- Nous avons exposé dans un article précédent les méthodes pratiques permettant, d’installer des récepteurs pour ondes très courtes, et les caractéristiques de leurs différentes parties, en particulier des antennes. Le système le plus employé est l’appareil à super-réaction; cependant, le récepteur à changement de fréquence, généralement plus compliqué, présente des avantages de stabilité et de facilité de réglage. Il assure la réception avec le maximum de musicalité, et on sait qu’il est employé exclusivement pour la réception des images animées transmises au moyen des ondes très courtes.
- LES ADAPTATEURS A ONDES TRÈS COURTES
- La méthode de réception par changement de fréquence permet d’utiliser avec un dispositif additionnel n’importe quel appareil récepteur de broadeasting pour la réception des ondes très courtes et spécialement les postes superhétérodynes qui sont actuellement en majorité.
- Au moyen d’un système adaptateur, très simple, on peut employer les étages moyenne fréquence du super-hétérodyne pour amplifier et détecter les battements produits par le changeur de fréquence additionnel pour ondes très courtes.
- En reliant directement la sortie de l’adaptateur, non plus au premier étage moyenne fréquence, mais au circuit d’accord, c’est-à-dire en laissant en circuit le système changeur de fréquence du récepteur ordinaire, on obtient, la réception des ondes très courtes par double changement de fréquence.
- Enfin, en reliant directement la sortie de l’adaptateur aux étages basse fréquence du récepteur, l’adaptateur est utilisé, soit, comme simple lampe détectrice à réaction, soit comme poste à super-réaction à une lampe, et l’on peut même songer à employer dans ce but l’appareil additionnel séparé.
- On voit sur la figure i, un schéma d’adaptateur de ce
- Fig. 1. — Adaptateur à une lampe et à batteries pour ondes très courtes.
- l'ers récep t ordinaire
- + HT
- + BT zHT
- genre, enfermé généralement dans un blindage complet.
- Le circuit d’accord L1 et Cj en llartley comprend un bobinage en fil de 20/10 de millimètre nu, à 7 spires, sur un diamètre de 3 cm, et une longueur totale de 5 cm ; la position de la prise sur ce bobinage permet de contrôler les oscillations.
- Le condensateur d’accord G^ a une valeur maximum de 0,1/1.000 u.E ; on le manœuvre au moyen d’un manche isolant assez long.
- Le circuit L., C0, permet de coupler l’adaptateur au poste récepteur ordinaire aux bornes « antenne » et de <c terre », par l’intermédiaire des capacités C0 et C de 2/1.000 de pF. Le couplage de la bobine L1 avec la bobine L3 est fixe ; cette dernière est un bobinage en nid d’abeilles ordinaire accordé par un condensateur ajustable de o,a5/1.000. Ce circuit L2 C,, est accordé sur une longueur d’onde relativement courte, de même que le circuit d’entrée du récepteur.
- Les capacités de liaison C4 et C5, sont de 0,1/1.000 et les bobines de choc indispensables S et S„, comportent 20 spires de fil de 20/10 de millimètre, sur un diamètre de 2 cm, et une longueur totale de 7 cm.
- La résistance R, de 5oo.ooo ohms, assure l’écoulement des charges de grille ; on emploie une lampe oscillatrice triode à pente élevée d’un type récent, alimentée par batteries. Le système peut ainsi être adapté à un poste super-hétérodyne ancien modèle, alimenté par batteries, d’un prix d’achat modique.
- Les progrès des lampes à chauffage indirect permettant d’employer une lampe de ce type pour équiper un récepteur adaplaleur. On voit, sur la figure 2, un montage de ce genre comportant une lampe triode à chauffage indirect de type américain, en verre ou métallique. Le bobinage d’antenne L4 comporte seulement 1 spire 1/2; le circuit oscillant L2 C2 - est réalisé au moyen d’un bobinage en fil de cuivre nu de i5/io de millimètre comportant C spires de fi cm de diamètre intérieur, espacées de 3o/io de millimètre.
- La bobine de eboe S comporte Go spires de fil de /1/10 isolé au coton, d’un diamètre de l’ordre du centimètre, avec intervalle de t\] 10 de millimètre entre les spires, simplement suspendu en l’air.
- La résistance variable de 200.000 ohms‘intercalée dans le circuit de plaque donne un potentiel optimum sur la plaque et sur la
- grille. La résis- n . , , , ,
- , , , . rt-g. 2. — Adaptateur a une seule lampe
- tance de 10 me- ‘
- gohms, shuntée comme à l’habitude, placée sur le circuit de grille, diminue le potentiel positif appliqué sur cette grille. Cette résistance ne doit, d’ailleurs, p a s avoir de self-induction, et le condensateur de grille doit être excellent, au mica, ou à air.
- et chauffage indirect pour ondes très courtes (montage F?, AV),
- Antenne
- 6C5 ou37
- 10 MSI
- 0,05/1.000
- 0,02/1000
- 16/1.000
- wvwvwv-200.000 w
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- 535
- 1 meg S!
- KSLf 250:
- WiVÿtib'-Choc H F
- 10 Kû
- Fiij. 4. — Superhélérodyne. simplifié pour ondes très courtes à liaison haute fréquence par résistance-capacité.
- Pour obtenir le meilleur fonctionnement, il faut régler le couplage entre les bobinages Lj et L2, et le maintenir relativement lâche.
- 11 est enfin possible d’établir des récepteurs adaptateurs plus complets. On voit sur la ligure 3 l’exemple d’un appareil américain à trois lampes.
- La première est une penlode haute fréquence reliée à une deuxième pentode dans laquelle s’effectue le changement de fréquence sous l’action d’une oscillatrice locale triode séparée, constituant la troisième l’appareil.
- Dans les appareils récents, on utilise souvent des lampes métalliques. Il existe aussi aux Etats-Unis quelques modèles permettant la réception de la gamme la plus étendue, de 4 à a.ooo m de longueur d’onde !
- 11 convient de choisir la longueur d’onde sur laquelle doit être accordé le poste récepteur ordinaire, c’est-à-dire, la fréquence intermédiaire utilisée. Ce x’églage s’effectue aux environs de i.Soo kilocycles, soit aoo m de longueur d’onde.
- R, z= 300 w. R2 = 100.000 ut. R3 = 2 (D0 w. R( = 1 M a ; R5 = 50.000 w. Rf, = 100.000 ut. R7 = 50.000 O). R8 = 25.0)0 w.
- Ci = Co = C3 = 15 pji.fd. c„ = C7 = 0,002 jifd. C« =100 pjxfd. C„ = 0,001 p-fd.
- Cio = 0,01 jxfd. Ci2 = 0,01 gfd. Ci3 = 100 ppfd. Ci 4 = 0,001 pfd.
- reil ordinaire ; il est bon de la maintenir entre S.ooo et 4.000 kilocycles, c’est-à-dire d’avoir une longueur d’onde comprise entre ?5 et ioo m.
- Les transformateurs correspondants sont faciles à construire : 4o spires de fil de a5/ioo à deux couches de soie, enroulées sur un mandrin de ao mm de diamètre, à écartement de 5 mm, ils sont ajustés au moyen de condensateurs variables à air ou aii mica, d’une capacité de l’ordre de a5o p.p,F.
- Le montage peut être simplifié, comme on l’a fait aux Etats-Unis, par l’utilisation de systèmes de liaison à résistance-capacité (lig. 4). L’appareil comporte seulement quatre lampes : une délectrice autodyne jouant le rôle de lampe à changement de fréquence, deux étages d’amplification intermédiaire à résistances, une seconde délectrice triode. La qualité musicale de l’audition serait très satisfaisante.
- Un potentiomètre de contrôle intercalé dans le montage de la grille écran de la première lampe permet de régler le changement de fréquence, sans provoquer un fonctionnement nuisible en super-réaction. Le couplage entre la bobine d’antenne et la bobine d’accord doit être assez lâche.
- Bien entendu, dans ces conditions, la fi'é-quence intermédiaire n’est pas déterminée d’une manière nette, mais l’appareil est simple et peut donner des résultats satisfai-
- tes amplificateur interméd.'
- Fig. 3. — Adaptateur complet à 3 lampes pour ondes très courtes.
- LE SUPER HÉTÉRODYNE POUR ONDES TRÈS COURTES
- On construit d’excellents modèles de super-hétérodynes destinés à la réception des ondes très courtes. Ces appareils ne comportent pas de lampes à haute fréquence et le système changeur de fréquence est établi, suivant une méthode classique, avec une lampe à chauffage indirect ordinaire, du type octode par exemple, dans laquelle une capacité de neutrodynage est prévue entre la grille de contrôle et la grille oscillatrice.
- On peut également utiliser des lampes spéciales type a gland » ou « bouton », en employant des bobinages d’oscillation de 8 à i5 mm de diamètre, comportant quelques tours de fil de cuivre nu de ao/io de millimètre.
- La fréquence d’amplification intermédiaire, dans ces superhétérodynes, est beaucoup plus élevée que dans un appa-
- sants ; il est, d’ailleurs, construit industriellement.
- Signalons un dispositif américain curieux, assez complexe, dont le principe est indiqué sur la figure 5; il est, basé à la fois sur les principes du changement, de fréquence
- Fig. 5. — Schéma de principe du récepteur sup er-i nfrag en éra. leur.
- jer
- convertisseur
- 50-60 1,5 \ 22,5
- mégaçycles mégacycles\ mégacyles
- Fréquence interméd rl basse
- Fréquence
- intermédiaire
- élevée
- Superrégénération ' -détection
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- 536
- et de la superréaction. Il a surtout été expérimenté dans les laboratoires.
- Les ondes à très haute. fréquence recueillies par l’antenne sont d’abord transformées dans un premier convertisseur en oscilla-lions de fréquence intermédiaire convenable, ce qui fournit une première sélection. Les étages suivants, et, en particulier, le deuxième détecteur, au lieu de produire des oscilla lions à fréquence musicale, convertissent ces signaux en oscillations de fréquence beaucoup plus élevée, ce qui assure une amplilicalion considérable; puis un dispositif à super-réaction donne des oscillations à fréquence musicale amplifiées de la manière ordinaire, qui agissent, enfin, sur un haut-parleur. Un appareil de ce genre comporte donc un premier convertisseur avec un étage de pré-sélection, un oscillateur et une lampe de conversion. La fréquence obtenue est de l’ordre de i.5oo kilocycles. Le changement de fréquence suivant amène cette fréquence à 22,5 méga-cycles, et les oscillations obtenues sont transmises directement au système à super-réaction avec troisième détection. La première operation arrête une grande quantité de parasites, élève Je niveau des bruits utiles par rapport aux bruits de fond et supprime les signaux-images. Le second convertisseur augmente ïa sélection, et fournit la fréquence très élevée nécessaire à une amplification efficace. En même temps, on évite l’influence des parasites, en particulier, ceux dus aux moteurs à explosion, et on obtient un réglage automatique de l’intensité de réception.
- LE CONTROLE DES POSTES-RÉCEPTEURS
- Les appareils de réception ne peuvent pas toujours être essayés aisément sur une émission; les émissions sur ondes liés courtes sont en effet relativement rares, et, d’ailleurs,
- Fig. 7. — Emetteur très simple pour ondes de 5 m réalisé avec des lampes-batteries classiques (montage Cliquet).
- B 406
- Choc 2
- Choc 1
- G> (O
- -HT
- pour le réglage des super-hétérodynes en particulier, il est nécessaire d’avoir à sa dispositiôn un oscillateur modulé.
- Un montage de ce genre list extrênlbment simple et peut être établi facilement au moyen de pièces détachées du commerce. « '...
- Le schéma de la figure 6 montre comment dm réalise un appareil de ce genre, formant un petit poste miniature émettant, sur une note musicale continue et sur une bande de fréquence variable de 67 à 37 mégacycles-seconde.
- La lampe oscillatrice est du type triode ordinaire avec circuit de grille accordé par condensateur de 4o p.p.F. Un condensateur de 6/1.000 de uF, shunlé par une résistance de 70.000 ohnis, provoque des coupures des oscillations à la fréquence d’environ 3oo par seconde, de manière à rendre le signal audible. La haute tension nécessaire est de 60 v, et, en la faisant varier, on modifie légèrement la tonalité musicale de la note produite.
- La gamme couverte est obtenue par le condensateur disposé aux bornes d’un enroulement de 5 spires en fil de cuivre nu, ou recouvert d’argent. Une prise est effectuée sur le bobinage après deux tours ou deux tours et demi à partir de l’extrémité reliée à la masse, et la bobine de choc intercalée dans le circuit de filament doit présenter une faible résistance, pour ne pas déterminer une chute de tension importante du courant d’alimentation.
- Four vérifier le fonctionnement des postes émetteurs récepteurs que nous allons décrire, on peut établir de petits ondemèlres d’absorption constitués par un bobinage et un condensateur formant un circuit oscillant accordé, dans lequel on intercale une ampoule à incandescence de lampe de poche ou une ampoule au néon. On peut même employer un bobinage de 2 spires d’un diamètre de 5osmm, en fil de 20/10 de millimètre qu’on couple au bobinage de l’émetteur, après avoir intercalé une petite ampoule à incandescence, qui s’éclaire si l’appareil fonctionne. Le tout est fixé à l’extrémité d’un manche isolant.
- LES POSTES ÉMETTEURS RÉCEPTEURS
- La construction des postes émetteurs réduits sur ondes très courtes de la gamme de 5 m est très simple et les pièces à employer sont peu nombreuses et peu coûteuses. Il faut cependant les choisir avec le plus grand soin, les précautions à prendre étant encore plus impérieuses que pour les appareils récepteurs.
- En raison de la très faible puissance nécessaire, il n’est pas indispensable d’employer des lampes d’émission spéciales et l’on peut se contenter des modèles à chauffage direct employés sur les anciens postes à batteries, par conséquent de prix réduit.
- On voit sur la figure 7 le montage d’un appareil à deux lampes, pour l’émission en radiophonie; les deux lampes sont d'anciens modèles à batteries ; la première est une triode et la deuxième une pentode. L’alimentation est obtenue au moyen d’un accumulateur de 4 v et d’une pile de go v.
- Le bobinage d’oscillation L„ est constitué par 6 spires de fil de cuivre nu ou argenté de 12/10 de millimètre enroulées en hélice sur un diamètre de 12 mm; la prise est effectuée sur la deuxième spire du côté de la plaque.
- Pour couvrir la gamme de 8 m, on emploierait 7 à 8 spires du même fil sur un diamètre de i5 mm, et la longueur du bobinage serait de 20 m.
- Le condensateur d’accord C1 a une capacité de l’ordre de 10 UjaF, et le condensateur C3 de 200 ppF ; la résistance Rj est de 2.5oo à 5.000 ohms, suivant la haute ten-
- 70 K SL
- 0,006 mfd
- Fig. ü. •— Oscillateur modulé pour la gamine de 5 m.
- p.536 - vue 516/591
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- 537
- sion utilisée. La bobine de choc basse fréquence S est constituée par un bobinage basse fréquence ou, à la rigueur, par le primaire d’un transformateur basse fréquence ordinaire. On utilise pour la modulation un transformateur microphonique de rapport i/3o du type ordinaire, qui agit sur la grille de contrôle de la lampe de modulation peu Iode.
- Lorsqu’on relie directement le circuit L2 Cx à l’antenne en quart d’onde, d’une longueur de l’ordre de 1 m 3o, on dispose en série un petit condensateur ajustable de 5o jjljjlF.
- Les bobines de choc sont réalisées en bobinant 5o spires jointives de lit émaillé de a/io sur un tube isolant de xo mm de diamètre.
- Pour augmenter légèrement la puissance de ce petit poste, on peut modilier la tension de plaque et la porter jusqu’à 120 v. On en vérilie le fonctionnement, comme il a été dit, avec un circuit oscillant et une ampoule à incandescence.
- Bien que ce montage soit moins recommandable, on combine généralement dans un même ensemble le récep-Icur et l’émelleur. Lu commutateur faisant passer de la réception à l’émission, on peut, avec deux appareils de même type, établir une liaison en duplex. Ces appareils combinés dits « Iransceivers » sont très l'épandus aux Etals-Lnis ; leur faible poids, leur faible encombrement les rendent facilement transportables et permettent des utilisations très diverses.
- La ligure 8 montre un moulage sur la gamme de 5 m à une seule lampe, extrêmement simple, qui permet d’intéressants essais.
- La lampe triode à chauffage indirect est alimentée au moyen d’une batterie d’accumulateurs de 6 v et d’une batterie de piles de 3oo v au maximum.
- Le bobinage d’antenne Lt et le bobinage de modulation L4, consistent chacun en deux spires de fil de 12/10 de millimètre d’un diamètre de 9 mm. Ils sont montés entre les deux bobinages L2 et L3 de l’oscillateur, constitués avec
- 5 spii’es de lîl de 16/10 de millimètre d’un diamètre de 12 millimètres. La longueur totale enli'e les deux bobinages est également de 12 mm.
- Le condensateur C2 a une capacité de 1/10.000 de piF ; l’accoi'd est obtenu au moyen du condensateur Ci; de
- i,5/ioo.ooo de
- Fig. 8. — Le plus simple des montages d’un poste émetteur-récepteur à une lampe sur la gamme de 5 m.
- jj.F, et le condensateur fixe C3 de découplage fait 4/1.000 de pF.
- Les résistances de plaques R et R2 sont respectivement de 10.000 et de 100.000 ohms du modèle 1 w et 1/2 w ; la résistance R3 de 3o.ooo ohms est du modèle 1 w. On utilise, bien entendu, un microphone très simple à un bouton, une bobine de choc S d’un modèle que nous avons décrit précédemment, e t
- un commutateur tripolaire pour passer de la position (c émission » à la position « réception ».
- Sur la position « réception », le casque téléphonique est mis en série dans le circuit de plaque, en intercalant la résistance 113 qui fait varier la tension plaque, et la résistance I\2 qui abaisse la tension plaque à la valeur convenable. Le systè-m e fonctionne alors comme un posle de superréaction à une lampe et le microphone n’agit pas.
- Dans la position te émission », le microphone est mis en service et agit par absorption. Les récepteurs téléphoniques sont également court-cir-cuités, ainsi que la résistance R2, de manière à augmenter 1 a tension de plaque (3oo v au maximum) .
- L’encombi’e-ment de cet ap-appai’eil est mi-n i m e ; 8 cm x 17 cm x 10 cm de sorte qu’on peut le monter sur une bicyclette ou une motocyclette, ou même le porter à la main.
- On le relie à un des modèles d’antenne que nous avons indiqués, dont 1 e plus simple est un tube en aluminium ou en cuivre d’une longueur de l’ordre de 1 m 20, cou-lissable.
- Si l’on désire des résultats plus
- Fig. 10. — Schéma du dispositif d’alimentation simplifié.
- ° TR
- 220 g
- R
- + HT- -BT *
- Fig. 9. — Schéma de principe du récepteur-émetteur dit Téléradiophone sans la partie alimentation.
- Ci — Condensateur ajustable de 40 cm. L — Self 4 sp.
- Ca — Condensateur variable de 20 cm. C3 — — fixe, 330 cm.
- C/( — — — 0.000 cm.
- C5 — — - 0,1 Mi'd 1.500 v.
- Cr, — — — 600 cm.
- C7 — — — 20 Mfd 50 v.
- CR— — — 0,5 Mfd 1.500 v.
- Ri — Résistance 1 O.
- R2 - — 5.000 ox.
- R3 — Potentiomètre 5.000 w.
- R4 — — à interrupteur
- 250.000 w.
- R5— Résistance 400 w.
- SF — Self de choc à fer type B. F. prise médiane.
- CHi et CH2 — Selfs de choc haute fi’équence.
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- réguliers à une distance plus grande, un choisit des montages à deux lampes au moins, qui permettent des liaisons régulières sur plusieurs kilomètres; en été, on peut ainsi relier des voitures en marche, jusqu'à :u> km.
- On voit sur la ligure y le schéma d’un appareil à deux lampes construit en France, dans lequel on utilise des lampes à caractéristiques américaines, du type pentode, aA5 ou 4a pour les lampes en verre, tiF6 pour des lampes métalliques. On peut l’alimenter par le courant du secteur, t) v IL lîn dispositif est également pré\u pour la recharge redressé par une valve biplaque à chauffage indirect qui donne le courant d’alimentation plaque de a5o v et de
- ia5 mA, et par des cellules à oxyde de cuivre pour le chauffage du filament sous une tension de (i v ü. Un dispositif est également prévu pour la recharge des batteries utilisé comme poste mobile, et le transformateur comporte un écran électro-statique relié à la terre pour arrêter les parasites du secteur, aussi bien que ceux du système de réception Uq (lig. loU
- Un condensateur \ aria h le d'antenne, d’une capacité maxirua do 4o cm, permet un couplage optimum, et le circuit oscillant commun à la réception et à l’émission LGa, comprend un bobinage en lil de ao/io de millimètre de deux spires de 5o mm de diamètre pour la gamme de 4 m 5o à ti m, écartées de 10 mm, ou quatre spires de 5u mm également écartées de b mm pour la gamme de S m 5o à 11 m.
- Fil position réception, le système fonctionne comme l’appareil précédent, en dispositif de super-réaction à une lampe; la position émission peut être déclenchée à distance par un relais électro-mécanique. On voit sur la ligure il, les différents aspects de l'appareil, qu’on relie à une antenne, constituée par un tube vertical en quart .d'onde, d’une hauteur de i m :u> avec une prise, à o m .‘15 de. la base, et un brin hori/oulal de liaison de o m <>o.
- LES DIFFÉRENTS USAGES DES POSTES ÉMETTEURS-RÉCEPTEURS
- Ces petits postes émetteurs-récepteurs peu-Jogés dans des boîtiers blindés, des valises, des serviettes, même des chapeaux!
- Ils permet lent de créer des liaisons entre points peu accessibles, en montagne, par exemple, ou même dans les mines, ou encore de relier une station mobile, à un poste lixe, comme on le fait pour la retransmission îles radio-reportages.
- On considère, aux Flals-Unis les « Iranseci-vers » comme, de véritables petits postes téléphoniques mobiles, utilisables dans les appartements ou dans les immeubles.
- On peut s’y essayer en France, à condition, bien entendu, d’être en règle avec l’Administration des J*. T. T. qui conserve, toujours, rappelons-le, le monopole des radio-communications, en dehors des propriétés privées.
- L’amateur, l’usager, outre l’intérêt de recevoir des émissions régulières en ondes très courtes dont le nombre augmente constamment, trouveront un nouveau champ d’activité d’ordre technique, scientifique et pratique.
- P. IluMAftDINQUHn.
- Fig. 11. — Différents aspects de l’émetteur-récepteur Téléradiophone.
- En haut, à. gauche, le bloc d'alimentation ; à droite, l’appareil complet ru par derrière ; en bas, à gauche, Vappareil complet arec son antenne mise en place (d’après Toute la Radio).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NETTOYAGE D’UN CADRE DORÉ
- On |ieut débarrasser de sa peinture un cadre autrefois doré en l’enduisant de la mixture suivante :
- Acétone .... 240 gr Acétate d’amyle . 20 gr
- Benzine......... 40 — Parafline .... 5 —
- Laisser en contact un temps suffisant pour que l’enduit de peinture se gonfle nettement et enlever la pellicule avec une lame mousse, ce. qui permettra de ne pas toucher à la couche sous-jacente de dorure. Finalement frotter doucement avec une flanelle imprégnée de la même mixture.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Atome et Cosmos. Le Monde de la Physique moderne, par Hans Rejchknbach, professeur à l’Université d’IstamhouL Traduction de Mauhiok Lecat. I vol., 284 p.
- H. Flammarion, éditeur, Paris.
- I. e livre de l'ancien maître de Philosophie scientilique à U Université de Berlin a pour objet de jeter un coup d’œil sur la pensée physique, de donner un aperçu de ses résultats et de montrer comment, les théories physiques contemporaines se coordonnent en un tableau du monde. La haute originalité de cet exposé tient à ce qu’il est étroitement associé à la discussion des problèmes philosophiques connexes. Espace, temps, mécanique, chaleur, lumière, électricité, chimie, autant de questions examinées à la lueur de deux célèbres théories de la Relativité et des Ou an tu.
- La conclusion de l’auteur est que les concepts fondamentaux et, familiers de la science physique antérieure, notamment les notions d'espace, de temps, de substance et de causalité, ne sont valables que dans les domaines de dimensions moyennes, mais non pour le microcosme, ni pour le macrocosme.
- Celte analyse pénétrante et écrite dans un langage peut-être un peu rude, mais accessible, à tous fait clairement comprendre l'orientation que les découvertes modernes ont imposées à la physique, ainsi que l'obligation où s’est trouvé le, savant de reprendre la critique de la connaissance et «le créer de nouvelles forums de pensée.
- Blasticity, Plasticity and Structure of Matter, par
- R. Houwjnck. 1 vol. in-8", .‘17(1 p., 214 lig. Cambridge Univer-sily Press, London, 1937. Prix relié toile : 21 sh.
- La chimie physique a fourni une foule d’idées nouvelles sur ces vieilles propriétés de la matière. Les déformations élastiques cl, plastiques n'ont plus seulement été mesurées, mais liées à. la structure interne des corps ù leur état de solide, de gel, de fluide, aux phénomènes de prise en masse, de polymérisation, de gonflement, de thixolropie. Il n’est pas jusqu'aux cristaux qui ne soient plastiques et M. Burgers a écrit sur ce sujet un chapitre magislral de ce livre. D'ainre part, une quantité de produits industriels posent, les mêmes problèmes : verre, résines, asphaltes, caoutchoucs naturels et artieiels, celluloses, celluloïd, rayonne, textiles, gélatine et colles, caséine, pâtes de boulangerie, peintures, vernis, argiles, etc. Leurs techniques attendent des découvertes de laboratoire de nouveaux progrès en même temps qu'elles fournissent une masse- de faits à mettre en «ouvre pur la science pure. C’est le grand mérite de ce livre d’avoir cueilli partout tous les faits disparates, de les rapprocher et de suggérer ainsi des synthèses ou tout, au moins des orientations fertiles pour chacun des intéressés.
- Cambridge üas Analyses. I hroeh., 24 p., 2(i lig. Cambridge Instrument C°, London, 11137.
- Description des nouveaux appareils d’analyse élccl rique des gaz par le principe du fil chaud et de leurs multiples applications aux laboratoires et aux industries.
- Comment calculer le temps d’usinage, par E. Dej.u.
- I vol. (14 p., U lig., 17 abaques. Desforges, éditeur, Paris, 11)37. Prix : 45 francs.
- I,'auteur donne ici une série d’abaques utilisant les propriétés, de la série géométrique décimale et qui permettent par simple, lecture de déterminer les puissances transmises par les courroies et pour différentes opérations mécaniques : tournage, fraisage,, perçage, alésage, rabotage, rectification, les efforts de coupe, ainsi que la productivité des machines en fonction de leur puissance et celle des outils en fonction «le leur résistance.
- Le moteur, par H. Petit et G. Moim (8e édition). 2 volumes illustrés. Dunod, éditeur. Paris, 11)37.
- Le nombre de scs éditions dit éloquemment la valeur de cet excellent ouvrage de vulgarisation et d’instruction pratique consacré au moteur d’automobile. On y trouve le rappel des notions élémentaires de mécanique indispensables pour quiconque veut comprendre ce qu’est un générateur d’énergie, une explication très claire du fonctionnement du moteur, la description claire et précise de ses différents organes, enfin une étude compréhensible pour tous des divers modes de fonctionnement d’un moteur avec la définition de ses caractéristiques. Cette nouvelle édition connaîtra le même succès justifié que colles qui l’ont précédée.
- Pour utiliser l’électricité, pur IL de Ghaekignv. Bibliothèque des Sciences pratiques, publiée sous la direction de l’Abbé Moheux. 1 vol., HH) p., <59 lig. G. Loin, Paris, 1937. Prix : 18 francs.
- Un trouvera ici «les conseils pour pose)' soi-même les sonnettes électriques (même avec tableaux indicateurs), les installations téléphoniques privées, les lampes, pour utiliser les moteurs et les appareils ménagers. Le volume se termine par un chapitre sur les « bricolages », écrit à l'intention des amateurs électriciens.
- La récupération des solvants volatils, par C. S. Robinson. 'Traduit de l’anglais par G. Genin (2e édition. 1 vol., 307 p. 41 lig. Dunod, éditeur, Paris, 1937.
- Cet ouvrage traite, d’une façon complète cl, pratique, un problème qui a pris une grande. importance dans de nombreuses industries. Depuis 1928, date «le la première édition de la traduction française, l'emploi des solvants volatils s’est encore développé et de nouveaux solvants sont apparus. M. Géiiin a complété le travail de M.. Robinson en décrivant dans des chapitres supplémentaires les améliorations les plus récentes apportées aux techniques et aux appareils et en donnant des indications de prix de revient.
- L’utilisation alimentaire de la cellulose, par M Man-«;«)!.]). 1 hroeh. in-8°, 38 p. Actualités scientifiques et indus-Irielles. Hermann et CiC!, Paris, 1937.
- Le professeur de, U niversité de Berlin réunit loules les données acquises sur la digestibilité et la valeur alimentaire des celluloses, leur utilisation possible pour la nourriture animale et humaine, leur digeslion arlilicielle pour en faire des aliments.
- Le problème du pain, par Raimond Cl iu.emkt. I. Les méthodes «l’appréciation de la, valeur boulangère îles farines et des blés. 1 vol. in-80, (il p., 9 fig. Actualités seionlijiqucs et industrielles, Hermann et Cic, Paris, 1937.
- •On se préoccupe beaucoup de connaître la valeur boulangère «les blés et des farines et de multiples appareils sont imaginés pour mesurer les qualités mécaniques des pâtes et du gluten L’auteur les décrit et résume ses recherches sur la relation eiitre les mesures qu’ils donnent et les constituants chimiques ou physico-«‘himiques.
- Dana Reports. N‘* 9, lu et il. I vol. in-4", 112 p., 94 lig., I pl. Reitzel, Copenhague ; Oxford l’nivcrsily Press,. London, 1937. Prix : Il sh.
- La fondation Carlsberg continue de mettre en œuvre les innombrables matériaux recueillis pendant les campagnes du Dana, sous la, direction du l)r Jolis Schmidt, et notamment son expédition autour du monde. Le Dana-lieport, n° 9 de M. A. F. Broun est une, importanle addition à l’histoire îles anguilles ; on connaît celle de nos rivières, mais les mêmes voyages sont le lot des larves du Congre de nos côtes et, d'autres Apodes, les Synaphobranehes, vivant au large en profondeur, dont on n’avait que "quelques individus et que le Dana a' recueilli par cen taines, si bien qu’on peut trouver «les lep-tocéphales de toutes les espèces dans la même région de la Mer des Sargasses. Le numéro 10, dû à M. L. Bertin, étudie l’anatomie, l’embryogénie et la bionomie d’un autre poisson abyssal, (’j/finn, dont il a reçu 33 adultes cl, 47 larves ; c’est une forme à caractères larvaires persistants que l’auteur considère comme rachitique par manque «1e nourriture irradiée dans les proftmiicurs (?). Enfin, le 11° rapport est l’œuvre posthume du Pr Louis Joubin qui avait commencé le classement et l’élude des Céphalopodes, Octopodes du Dana ; il décrit des espèces nouvelles et surtout il souligne l’abondance des jeunes en surface, où on les croyait rares tant qu’on ne savait pas les capturer.
- Biologie des Crustacés phyllopodes, par Paul Mathias. I vol. in-80,. 107 p., 8 fig. Actualités scientifiques et indus-Irielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Excellente monographie de ces Crustacés inférieurs qu’on trouve sporadiquement dans les flaques et les mares : conili-tions de vie, mouvement, respiration, alimentation, reproduction, durée de vie, régénération, dissémination et_ répartition géographique, formes fossiles. C’est un modèle d’étude écologique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Lord Rutherford oi Nelson.
- Le 3o août 1871, naissait en Nouvelle-Zélande, près de Nelson, quatrième de douze enfants, eelui qui devait devenir l’un des plus grands physiciens du monde : Lord Rutherford of Nelson. Son œuvre magistrale se rapporte aux phénomènes de radio-activité et de transmutation des éléments.
- En 1896, Becquerel découvrait la radio-activité de certains éléments, en particulier l’uranium et bientôt après 1’. Curie isolait le radium. Mais les phénomènes observés ne pouvaient s’interpréter par la théorie classique de l’atome indivisible, universellement admise. Ce sont Rutherford et Frederik. Soddy qui fournirent l’explication, qui révolutionna de fond en comble toute la physique atomique, en attribuant la radio-activité à la dissociation des atomes individuels des éléments radio-actifs avec émission de particules alpha qui sont des atomes d’hélium chargés positivement, de particules bêta, ou électrons chargés néga-ti\ement, et de rayons gamma, radiation pénétrante, lis montrèrent victorieusement, malgré le tollé général qui accueillit au début la publication de leurs recherches, que les éléments radio-actifs, comme conséquence de l’émission des particules chargées, se transforment continuellement en d’autres éléments : c’est la transmutation des éléments, le rêve éternel des alchimistes. C’est ainsi que l’uranium après avoir subi une série de transformation donne finalement l’élément stable : le plomb. Rutherford étudia les durées de vie moyenne des diverses substances radio-actives, la nature et les propriétés physiques de leurs radiations. En 1908 son œuvre fut reconnue par l’attribution du prix Nobel de chimie. Toute celte période de sa vie s’était écoulée au Canada où il avait été nommé en 1898 professeur de physique à la Mac Gill Lniversity à Montréal.
- En 1907 il quitte le Canada et succède à Schuster comme professeur de physique à l’Université de Manchester. En 1911 il publia sa théorie de la structure atomique, qui, modifiée légèrement par Bohr et ses successeurs, est encore aujourd’hui universellement admise : l’atome est un système solaire, avec, au centre un noyau chargé positivement et à l’extérieur, gravitant suivant des orbites distinctes, des électrons en nombre plus ou moins grand.
- En bombardant les atomes avec des particules alpha des substances radio-actives, Rutherford montra que ces particules sont déviées si elles passent au voisinage du noyau mais 11e sont pas influencées si elles traversent seulement le système des électrons planétaires et, d’après les déviations observées, il arriva à déduire la forme de la structure atomique.
- En 1919, il quitta l’Université de Manchester pour occuper la chaire de physique expérimentale à Cambridge et devenir ensuite en 1927 professeur à la Royal Institution, succédant dans cette chaire, ainsi d’ailleurs qu’à la direction du Cavendish Laboratory, à sir J. J. Thomson.
- Il consacra alors son activité scientifique à l’étude des transmutations, montrant le premier que l’hydrogène pouvait être produit par bombardement de l’azote avec des particules alpha. On sait qu'actuellement presque tous bs éléments ont pu être transmutés sous l’action de divers bombardements. 11 est intéressant de signaler à ce sujet que l’un des projectiles les plus efficaces est le neutron, dont
- l’existence avait été prédite par Rutherford il y a plusieurs années et qui ne fut découvert qu’en 1982 par J. Cliad-wick.
- Ces quelques lignes suffisent pour se rendre compte de l’importance et de la valeur de l’œuvre de Lord Rutherford et de la perte immense pour la science que représente sa disparition à un moment où il était en pleine activité créatrice. Énumérer les titres et récompenses qui ont récompensé une carrière aussi féconde serait fastidieux. Disons seulement que l’Angleterre l’a dignement consacrée en plaçant sa tombe dans l’Abbaye de Westminster, à côté de celle de ses illustres prédécesseurs : Newton, Kelvin et Faraday.
- Senderens.
- Le chanoine Jeau-Baplisle Senderens qui vient de mourir, le 2(i septembre, après une longue et magnitique carrière dans la chimie organique, était né le 27 janvier i85(i à Barbochen, petite commune du canton de Rabastens de Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.
- C’est surtout en collaboration avec M. Sabatier que Senderens entre 1892 et 1907 effectua ses plus remarquables travaux.
- Débutant par une étude des métaux nitrés extrêmement intéressante de par la natui’c imprévue des combinaisons obtenues, celle collaboration devait, de 1899 à 1907, atteindre une originalité, une ampleur et une fécondité qui liront époque dans la science : il s’agit de la création dès méthodes d’hydrogénation et de déshydrogénation par les métaux divisés, tels que le nickel, le cuivre, qui ont rendu célèbres dans le monde entier les noms des deux savants. Grâce aü nickel, l’hydrogène peut être fixé sur les carbures non saturés, sur les carbures aromatiques, les aldéhydes, les célones, les phénols, les nilriles, les composés nitrés etc., avec une facilité et une élégance qu’on n’aurait jamais imaginées avant ces recherches. Pour citer un bel exemple, alors que Berlhelol et Wreden avaient à peine entrevu la transformation du benzène en cyclohexane, une telle opération est un jeu quand on opère en présence du nickel. De même l’alcool en présence de cuivre divisé subit une scission fondamentale en hydrogène et aldéhyde. Ces phénomènes ont familiarisé les chimistes avec la notion pratique de la catalyse; leur découverte a eu des conséquences innombrables, tant pour la chimie pure que pour les applications industrielles.
- Mais la catalyse ne s’applique pas qu’aux hydrogénations et déshydrogénations; habilement orientée avec des matériaux appropriés, elle intervient dans une multitude d’autres phénomènes. En substituant aux métaux divisés certains oxydes ou sels, thorine, alumine, sulfate d’aluminium, etc., on réalise la déshydrogénation des alcools en carbures non saturés, on change les acides en cétones, avec toutes les modalités que comporte la variété des substances mises en œuvre. Cette tâche occupa principalement Senderens (souvent en collaboration avec M. Aboulenc), de 1907 à 1913.
- Dans les dernières années de sa vie, retiré dans son pays natal, Senderens continua surtout ses éludes de catalyse par voie humide et retira, notamment de l’emploi de l’acide sulfurique à doses minimes, des effets remarquables soit pour déshydrater certains alcools soit pour les élhérifier en éthers-oxydes ou en éthers-sels. ‘
- II. Vigneron. :
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- ASTRONOMIE La Comète d’Encke.
- La comète périodique d’Encke a été retrouvée, le 3 septembre dernier, à l’Observatoire Lick, aux Etats-Unis, par le Dr 11.-M. Jeffers. Son éclat était alors extrêmement faible, de 18e magnitude, et l’on doit féliciter M. Jeffers d’avoir pu délecter un astre aussi peu lumineux. On doit aussi admirer la précision des calculs astronomiques, qui permettent de retrouver sur le ciel la place exacte où, dans les profondeurs de la nuit, « palpitait » cette extraordinairement faible nébulosité !
- Contrairement à l’usage actuel, d’après lequel on associe aux comètes le nom des astronomes qui les découvrent, la comète d’Encke fut trouvé le 26 novembre 1818, par Pons, concierge de l’observatoire de Marseille.
- Arago et Olbers reconnurent que la comète de Pons était identique à celle de i8o5 et Olbers parvint, en outre, à l’identifier avec les comètes parues en 1786 et 1795.
- On doit à l’astronome allemand Encke le calcul des éléments elliptiques de cette comète, dont il fixa à environ 3 ans et 106 jours la période de révolution.
- Tous les trente-trois ans environ — écrivions-nous ici-même (La Nature, n° i64i, du 5 novembre igo4) — la comète se trouve dans des conditions de visibilité favorables, et peut devenir juste visible à l’œil nu. Le fait s’est présenté en i8o5, en i838, en 1871 et à la fin de 1904. Depuis notre article de 1904, trente-trois années ont passé et, de nouveau, la comète d’Encke va se présenter dans des conditions de visibilité favorables.
- En effet, dans la <c Circulaire » n° 99 du Service des Informations rapides de la Société Astronomique de France, M. F. Baldet a calculé l’éclat de la comète en partant de la magnitude 18,0 du 3 septembre. D’après les chiffres qu’il publie, il est probable que la comète atteindra la visibilité à l’œil nu, comme nous le verrons plus loin.
- Voici tout d’abord, d’après l’Annuaire du Bureau des T.ongitudes pour 1937, les éléments actuels de l’orbite elliptique de la comète d’Encke :
- Durée de la révolution sidérale. . . . 3anB,28400
- Époque du précédent passage au périhélie ...................... . 1934 septembre i5,22.54
- Distance périhélie (Terre-Soleil = 1). . o,33x83
- Distance aphélie........................ 4,0869
- Excentricité .......................... 0,84981
- Longitude du périhélie.................. iSg^ôW'
- Longitude du nœud ascendant. . . . 334°39,ii,/
- Inclinaison............................. i2°33,35,/
- (Calculs rapportés de l’équinoxe 1934,0).
- La comète a été observée en 1786, 1795, i8o5, 1819 puis à toutes ses apparitions ultérieures. Nous assistons actuellement au 4oe retour de cet astre.
- La comète d’Encke offre une particularité curieuse : c’est d’être, à chacun de ses retours, un peu en avance. Autrement dit, il y a constamment une diminution de la période. A la fin du xviii® siècle, cette période était de
- i2i3 jours environ. Elle était de 1212 jours en 1818; de 1211 en x838 ; de 1210 en i858 ; de 1209 en 1879; etc. D’un retour au suivant, l’accélération du moyen mouvement diurne était, jusqu’en i858, de o'^io. Cette accélération est actuellement voisine de
- On doit à Encke la découverte de cette accélération. La cause en est probablement, un « freinage » de la comète à l’époque de son périhélie, freinage causé par une résistance du milieu interplanétaire, au voisinage du Soleil, dont l’atmosphère et le rayonnement s’étendent si loin. Camille Flammarion remarque toutefois que, s’il est logique de supposer que la comète, excessivement légère, peut éprouver une insistance de la part d’un milieu même extrêmement ténu, les autres comètes à courte période n’offrent pas d’indice d’une diminution analogue. Il lui semble, d’autre pai't (Astronomie populaire, p. 63i) que l’influence des petites planètes, dans la zone desquelles la comète voyage pendant deux années, c’est-à-dire pendant à peu près les deux tiers de sa révolution, pourrait bien ne pas être nulle, de même que celle des innombrables corpuscules météoriques qui remplissent l’espace au voisinage du Soleil.
- La comète d’Encke va passer au périhélie le 27 décembre prochain. Son éclat va augmenter et elle atteindra peut-être la visibilité à l’œil nu. Pour rechercher cette comète, on utilisera une bonne jumelle et une carte détaillée du ciel, sur laquelle on reportera les positions de la comète données ci-api'ès. Malheureusement, comme le fait remarquer M. Baldet, la comète sera mal placée dans le ciel, dans le voisinage du Soleil, à l’époque de son plus grand éclat. On aura plus de chances de la trouver vers fin novembre, alors qu’elle n’aui’a pas encore atteint son éclat maximum. A ce moment, la Lune ne gênera pas sa recherche.
- L’éphéméride ci-après, extraite de la « Circulaire n° 99 » du Service des Informations rapides, a été calculée par M. L.-E. Cunningham :
- Distance
- Date Ascension Décl i- au à la Magnitude
- oh, T. U.). di roite naison Soleil Terre probable
- Nov. r9 x 9!! 35m7 + 23032' o,94 0,27 9,8
- — 23 !9 0,2 + 16 32 0,87 °,29 9,4
- — 27 18 3o,o + 9 52 0,80 0,3i 9,°
- Déc. 1 18 4,3 + 3 46 0,73 o,34 8,6
- — 5 •7 41,9 — 1 4o 0,66 o,38 8,2
- — 9 >7 22,7 — 6 3o o,58 o,43 7,7
- — i3 *7 7,° — 10 48 o,5i o,5o 7,1
- — ll 16 55,5 — i4 40 o,44 o,58 6,5
- — 21 16 49,9 — 18 9 o,38 0,68 5,9
- — 25 16 52,1 — 21 14 o,34 0,80 5,5
- — 29 J7 3,i — 23 52 o,33 °,93 5,6
- La distance minimum à la Terre a été atteinte du 11 au 19 novembre; quoique faible, elle fut encore de 4o millions de kilomètres !
- La comète d’Encke est la 8e comète découverte en 1937, elle a été inscrite sous la dénomination provisoire 1937 h.
- Em. Touchet.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉTÉOROLOGIE
- Baromètre lndic prédisant le temps.
- Les baromètres anéroïdes que l’on consulte si fréquemment en vacances pour prévoir le temps sont souvent accusés d’inexactitude et maudits par les promeneurs qui, sur la foi de leurs indications, avaient compté sur une journée ensoleillée et, au bord de quelques heures, voient l'orage s’abattre sur eux.
- Les baromètres, comme leur nom l’indique d’ailleurs, servent à mesurer la pression atmosphérique et les appareils actuels sont établis pour donner cette mesure, avec une précision suffisante, de r mm de mercure. Mais dans la prévision du temps, parmi les multiples facteurs qui interviennent (température, humidité, etc...) le plus important est non pas la pression atmosphérique, mais la variation de celle pression. Si elle augmente, la tendance est an beau ou à l’amélioration, si elle baisse, au contraire, la situation va devenir plus mauvaise. Aussi les inscriptions que l’habitude et la tradition font figurer sur les cadrans : « pluie ou vent, incertain, beau, beau fixe », n’ont-ellcs aucune valeur pratique et il serait tout aussi bien de les supprimer entièrement.
- Pour apprécier les variations vit; la pression atmosphérique, les baromètres ordinaires comportent, une aiguille de repère, manœuvrée de l’extérieur à l’aide d’un bouton mole té.
- Si l’on place lors d’une première observation, par exemple le. matin au réveil, cette aiguille de repère en superposition avec l’aiguille indicatrice du baromètre et si l’on consulte à nouveau le baromètre quelque temps après, par exemple vers l’heure du déjeuner (ou plus tard dans la soirée) l’aiguille indicatrice aura dans la plupart des cas changé de place (c’est-à-dire que la pression atmosphérique aura varié depuis le matin) cl ne se trouvera plus sous l’aiguille de repère.
- Si la nouvelle position de l‘aiguille indicatrice*, est à droite de l’aiguille de repère, c’est-à-dire à droite de la position qu’elle occupait le matin, l’observateur dira « la pression augmente » et. conclura « le temps va s’améliorer » ou inversement.
- Et pourtant, dans un très grand nombre de cas, cette déduction sera inexacte.
- En effet, depuis le. matin, lors de la superposition de l’aiguille de repère avec, l’aiguille indicatrice, qui marquait par exemple à ce moment 758 mm, cette dernière aura très bien pu se déplacer touj d’abord vers la droite, par exemple; de b mm jusqu’à 11 b pour marquer alors 7(1/1 mm, puis ensuite de 11 h à midi se déplacer vers la gauche de * mm pour marquer finalement. 76a mm.
- A midi, lors de la nouvelle consultation du baromètre, tout se sera donc, passé comme si l’aiguille indicatrice s’était déplacée vers la droite, de !\ mm, c'est-à-dire que les apparences feront conclure, au moment considéré, à une augmentation de la pression (c’est-à-dire à une. amélioration probable du temps) alors qu’au moment de cette deuxième observation vers midi, l’aiguille indicatrice est en train de se déplacer on réalité lentement vers la gauche, o.’est-à-dire que la pression diminue et qu’il y a probabilité, pour que le temps tourne au mauvais 011 continue à y rester s’il y était déjà.
- Dans le nouveau baromètre anéroïde « lndic » à cadran,
- l’aiguille de repère a été supprimée et l’appareil comporte une double flèche rouge mobile incurvée, actionnée automatiquement par le mécanisme barométrique lui-méme de la façon suivante :
- Celle double ilècbe mobile peut osciller autour d’un axe situé en son milieu? d’une manière telle qu’une seule moitié (c’est-à-dire une seule Ilècbe) gauche ou droite, peut être visible.
- Lorsque la pression atmosphérique augmente, la moitié droite, c’est-à-dire la flèche droite, apparaît seule et indique « Tendance au beau » tandis que lorsque la pression diminue, e’esl, la Ilècbe gauche (moitié gauche de la double Ilècbe) qui seule peut être vue en indiquant « Tendance au mauvais ».
- INDIC
- Le baromètre lndic.
- Fig. I.
- Ces indications (Ilècbe rouge à gauche ou flèche rouge à droite) sont réalisées automatiquement sous l’influence du plus léger déplacement de l’aiguille indicatrice, c'est-à-dire de. la plus petite variation de la pression atmosphérique.
- Quel que soit le moment où le baromètre « lndic » est consulté., et. cela sans avoir fait, aucune manoeuvre ou pris aucune précaution, l’observateur est toujours renseigné sur le sens dans lequel la pression atmosphérique varie, c’est-à-dire sur le sens dans lequel le temps va changer, autrement dit sur la tendance du temps.
- Pour reprendre l’exemple ci-dessus, le baromètre « lndic » qui marquait 708 mm le malin, et dont l'aiguille indicatrice vers midi est en lace de la division 7(’>:>. mm après avoir atteint 7G/j mrn vers rr heures indiquera « Tendance au mauvais » car à ce moment la pression tend à diminuer.
- Ce nouveau baromètre « lndic » n’est, pas autre chose qu’on excellent baromètre anéroïde à cadran, dont la construction est d’ttne très grande, précision. Un organe supplémentaire remarquablement équilibré cl 'd'une, très grande sensibilité actionne sons l'influence de, la plus légère varia-
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- lion de pression atmosphérique, c’est-à-dire sous l’action d’un Liés petit déplacement de l’aiguille indicatrice de l’ordre du millimètre de mercure, le système à double llèche mentionné plus haut.
- L’ensemble du mécanisme même est contenu dans un « emboîtage; » dont les dimensions sont précisément celles des baromètres anéroïdes ordinaires.
- Cnnslmclem-s : l'vlablissements L. Maxant, /jo, rue Bel-grand, Paris.
- CHAUFFAGE
- Appareil humidificateur d’air pour chauffage central.
- Si le, chauffage central par radiateurs constitue sans doute, à l’heure, actuelle, la solution la plus élégante, il n’en présente pas moins deux inconvénients, souvent signalés : dépôt de poussières noires sur le plafond, notamment au-dessus dos radiateurs, et assèchement do l'atmosphère.
- Pii/. I. — l.o pu.se des supports de injijiitreil humidificateur.
- On a depuis longtemps cherché un remède à eés inconvénients. Les appareils imaginés sont nombreux, et La Nature en a déjà signalé quelques-uns.
- Il est néanmoins intéressant, de faire connaître un modèle qui joint l’élégance à la simplicité : le. super-Supradia.
- Il comporte, tout d’abord, à chacune des extrémités du radiateur, un support muni à sa partie inférieure de deux ergots, l’un en arrière, du côté du mur, l’autre en avant, et un ressort formant collier de serrage sur le tuyau transversal du radiateur, et muni d’une boucle, à chacune de ses extrémités.
- L’une des boucles du collier-ressort étant, accrochée à l’ergot arrière du support, celui-ci est posé sur l’extrémité du radiateur, entre, les premiers éléments. La boucle libre du collier de serrage est saisie avec, un crochet, fourni avec, l’appareil, passée sous le luyau transversal, et accrochée à l’ergot avant (fig. i).
- Fiy. 2. — Pose de la tablette.
- Les deux supports placés ainsi reçoivent chacun un hcc mobile qui se place dans une glissière, ménagée sur les supports. Percé d’un trou à son extrémité opposée au bec, il y reçoit un ressort dont l’autre extrémité est attachée à une, barrette qui se place dans l’un des crans du support, ainsi que nous le venons plus loin.
- (ies deux supports sont, destinés à recevoir dos tablettes qui peuvent être faites d’une glace, d’une, dalle, do, verre, d«; marbre, opaline, etc., et qui existent en toutes dimensions suivant, longueur et. largeur du radiateur. Sur la tranche, de, cette tablette qui sera appliquée contre le mur, on colle à l'avance uni; bande de feutre fournie avec elle.
- Les becs mobiles étant placés de façon que, leur éloignement du mur, au repos, soit inférieur d’un centimètre et (terni environ à la largeur de la tablette choisie, le bord antérieur de celle-ci est, placé contre, les deux beos, et, la tablette inclinée, vers le, mur est lirée, en avant, de, façon à vaincre la résistance des ressorts, jusqu’à et; qu’elle' puisse être posée horizontalement à plat sur les1 supports, dont elle est séparée par dos cartons isolants. Le bord postérieur, garni de huître, est alors appliqué fortement contre le mur par les ressorts dos becs mobiles, et aucune poussière, ne peut s'élever le long de, ce, mur (lig. a).
- I tes coulisses amovibles munies de mamelons, placées à l’intérieur et à raison d’une pour chaque support, de façon que ces mamelons pénètrent dans les trous correspondants du support, sont munies de rainures latérales se faisant face, et qui permettent de glisser sous la tablette un tiroir humidificateur, complètement, invisible, rempli d’eau qui s’évapore lentement sous l’action de la chaleur dégagée par le radiateur, et empêche le dessèchement de l’atmosphère (fig. 3).
- Fig. .3. — l.e tiroir humidificateur.
- Les tablettes, plus ou moins riches, peuvent être choisies de façon à s’harmoniser avec l'ensemble de la pièce, et, recevoir une, garniture, vases, bibelots, portraits sur chevalets, qui complètent le décor du home.
- En vente. : Maison Vouilloux, rue de, La borde, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Écrans pour plaques orthochromatiques.
- Il n’est pas conseillé d’utiliser les écrans pour plaques « autochromes » Lumière comme filtres pour plaques orthochromatiques. En effet, pour l’emploi avec les-plaques « autochromes », l’écran doit absorber l’ultra-violet, l’extrême violet et atténuer les radiations bleues et vertes (sauf le bleu-vert pour lequel les plaques présentent un minimum de sensibilité).
- On obtient ce résultat au moyen d’un filtre jaune-orangé ordinairement constitué par un mélange de colorants : jaune, éteignant le violet et un peu le bleu, et rose, atténuant le vert. Ainsi, ces écrans spéciaux transmettent trop de bleu et de violet pour constituer des filtres orthochromatiques réellement efficaces.
- Nous vous conseillons de vous procurer des écrans, par exemple de la série L de Lumière, qui ont été spécialement étudiés pour absorber les régions ultra-violette, violette et bleue du spectre. L’absorption non sélective de ces écrans est à peu près nulle et se limite à la perte de lumière par réflexion sur les surfaces extrêmes. Il en résulte que le temps de pose n’est pas modifié, avec ou sans écran, quand on photographie seulement les régions rouge, jaune et verte du spectre. Voici la liste de ces écrans, leur emploi et le coefficient approximatif de pose (le nombre qui suit la lettre L indique le poids du colorant en dixièmes de milligrammes, par décimètre carré d’écran) :
- Coefficient
- Emploi de pose
- L. 5 Appareils à main avec plaques orthochromatiques ........................................ 1,5
- Appareils à main avec plaques ordinaires. 2 L. 10 Paysages et portraits sur plaques orthochromatiques ...................................... 2
- L. 20 Paysages sur plaques panchromatiques. . 3 à 4
- L. 50 Paysages avec lointains et nuages. ... 0 à 8
- L. 100 Reproductions ; travail au téléobjectif
- (photographie des paysages éloignés, voir n° 3004, du 1er juillet 1937, p. 22 à 30) ; nuages, photomicrographie, etc. 12 à 16
- Nous pensons que, pour le travail courant, vous pourrez, de préférence, arrêter votre choix sur l’écran L. 20.
- Réponse à M. R. Cayeux, à Neuilly-sur-Seine.
- Amplification de la réception obtenue avec un poste à galène.
- En montant un amplificateur à une lampe à la suite d’un poste à galène, on n’obtient évidemment qu’une amplification en puissance des oscillations musicales recueillies à la sortie du détecteur à galène. On peut donc réaliser une audition en haut-parleur, assez faible, d’ailleurs, si l’on n’utilise qu’un seul étage, mais on n’améliore ni la sensibilité, ni la sélectivité de l’appareil.
- En général, ce dispositif n’est donc pas très intéressant et il vaut mieux recourir à un petit poste simple à une ou deux lampes, avec une détectrice, suivie d’une lampe basse fréquence. Vous pouvez trouver des schémas d’appareils de ce genre dans des livres ou dans des revues de T. S. F., en particulier Le Radio-Monteur (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. Muller, à Paris.
- Écran acoustique de haut=parleur.
- Les écrans acoustiques les plus simples comportent une ébé-nisterie avec panneau arrière complètement plein, mais recouvert à l’intérieur d’un matériau absorbant. Le haut-parleur
- électro-dynamique à diffuseur conique est encastré, comme à l’habitude, dans la paroi antérieure de l’ébénisterie, mais une ouverture rectangulaire est pratiquée dans cette paroi en dessous du diffuseur, et permet de ramener vers l’avant une partie des ondes sonores produites par la face arrière convexe du diffuseur, en atténuant le décalage de phase.
- La disposition et les dimensions de la fente pratiquée dans la face avant de l’ébénisterie dépendent des dimensions du diffuseur ; voici, à ce sujet, quelques données :
- Haut-parleur de 25 cm de diamètre environ. L’ébénisterie a une hauteur de 70 cm, largeur : 67 cm, profondeur : 32 cm. L’ouverture antérieure a une largeur de 30 cm, hauteur de 12 cm. La distance à la partie supérieure du boîtier est de 44 cm.
- Pour un haut-parleur de 37 cm, ébénisterie : hauteur : 85 cm, largeur : 80 cm, profondeur : 47 cm. Ouverture : largeur : 35 cm, hauteur : 15 cm. Distance du haut : 50 cm.
- Réponse h M. ltené Bize, à Saint-Étienne-au-Mont (P.-de-C.).
- Nouveaux appareils de téléphonie d’appartement.
- Les appareils à amplification radio-électrique pour les communications téléphoniques en haut-parleur dans un appartement, construits récemment aux Etats-Unis, appartiennent à deux catégories différentes.
- Les uns fonctionnent à l’aide d’amplificateurs à fréquence musicale et comportent uniquement des microphones et des haut-parleurs, avec des câbles de liaison et des inverseurs à plusieurs positions mettant en relation les différents correspondants.
- Les autres permettant la transmission le long des lignes du réseau d’éclairage, au moyen de courants porteurs haute fréquence ; ce sont de véritables petits postes émetteurs-récep leurs de téléphonie sans fil. Leur fonctionnement est plus facile sur le secteur continu que sur le secteur alternatif ; cependant, au moyen de filtres, on peut éviter le bourdonnement dû au secteur alternatif.
- Pour renseignements à ce sujet, vous pouvez vous adresser à des représentants de maisons américaines, par exemple, aux établissements Debor, 2, rue Gustave-Eiffel, à Levallois (Seine).
- Réponse à M. Pasquier, à Paris.
- Questions diverses sur la télémécanique.
- 1° Les appareils d’endomécanique, comportant un système de pick-up et de disques enregistrés sur Desquels on détermine à l’avance les oscillogrammes permettant la commande des mouvements d’une machine électrique, ont été étudiés par M. Dussaud ; ils ont été décrits dans La Nature. Pour plus de détails, veuillez vous adresser à M. Jean Hesse, librairie Larousse, 13, rue Montparnasse, Paris.
- 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrages consacrés exclusivement à l’appareillage employé pour la télémécanique par fil et sans fil. Cependant, vous pourrez trouver des indications à ce sujet dans l’ouvrage de P. Maurer : Machines automatiques mécaniques et électriques (Armand Colin, éditeur) et dans Le Poste de l’amateur de T. S. F., par F. Hémardinquer (Chiron, éditeur).
- 3° Parmi les ouvrages récents sur les cellules photo-électriques contenant des indications sur leurs applications et des schémas de montage des systèmes de commande, nous pouvons vous citer Les cellules photo-électriques de Zworykin (l)unod, éditeur).
- 4° Pour avoir des indications sur les systèmes de radiogoniométrie en ondes ultra-courtes, vous pouvez consulter le livre Ondes courtes et ultra-courtes (Dunod, éditeur) ou Eléments de radiogoniométrie (Chiron, éditeur).
- Réponse à M. Christophe, à Gand (Belgique).
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud. — 1-12-1937.
- Published in France.
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- N° 3015
- 15 Décembre 1937
- LA NATURE
- VAVIATION COMMERCIALE FRANÇAISE
- LE RESEAU
- C’est en 1933 que le Ministre de l’Air décida de fusionner les cinq Compagnies qui, antérieurement, assuraient les services commerciaux d’aviation en France : Air Orient, Air Union, Aéropostale, Cidna et Farman, en une Compagnie unique « Air France ».
- Cette transformation s’était imposée déjà à toutes les autres grandes nations : l’Angleterre, depuis 1924,
- AIR FRANCE
- simplifiant considérablement les services de direction et d’exécution qui se retrouvaient dans chacune des Compagnies absorbées), au point de vue technique, en conduisant à la création d’un matériel autonome, en choisissant dans chaque cas les appareils les plus appropriés, en stimulant les recherches techniques et en mettant progressivement au point les nouvelles formu-
- Fig. 1. — Carte du réseau Air France.
- avait groupé toutes les lignes internationales en une Compagnie unique : l'Impérial Airways, en 1926, l’Allemagne avait suivi l’exemple avec la Deutsche Lufthansa et, en 1930, les États-Unis avaient également confié leurs lignes extérieures au Pan American Airways.
- C’est qu’en effet cette concentration offre de multiples avantages : au point de vue commercial (en assurant, par l’unité de direction, la coordination des horaires avec ceux des Compagnies étrangères, en permettant des combinaisons multiples et des correspondances étendues), au point de vue administratif (en
- les d’appareils, d’abord sur les secteurs européens les plus faciles et les mieux surveillés, puis successivement sur des secteurs de plus en plus difficiles.
- La nationalisation des chemins de fer, au point de vue exploitation et matériel de traction, présentera sans doute les mêmes avantages.
- Dans le cas particulier de l’aviation commerciale, la concentration a permis de supprimer les doubles emplois et d’alléger dans des proportions considérables l’effort de l’État. Les crédits ouverts au budget pour subArentionner les lignes du réseau qui étaient, eh 1932, de 196 millions de francs, ont été ramenés en 1936 à
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- 139,5 millions, soit une diminution de 29 pour 100, malgré les difficultés économiques, la rénovation du matériel et l’ouverture de lignes nouvelles dont, en particulier, la ligne transatlantique Dakar-Natal.
- Il est intéressant, au bout de 4 années à peine de fonctionnement, au moment où notre aviation militaire se propose de faire, à travers le monde, une démonstration de grande envergure, de jeter un coup d’œil sur l’œuvre considérable accomplie par la Compagnie nationale de Transports commerciaux Air-France.
- Son réseau, dont la figure 1 montre le développement, survole 87 États répartis sur quatre continents ; quatre de ses lignes franchissent régulièrement la Méditerranée et la ligne d’Amérique du Sud a réalisé, de continent à continent, le premier service aérien transocéanique.
- La longueur du réseau atteint 39.223 km, soit presque le tour de la Terre, et les avions d’Air France ont parcouru au 3o juin 1987, 35.000.000 de kilomètres.
- Le réseau d’Air France assure, au départ de France, des relations aériennes régulières :
- avec les principales capitales et grandes villes d’Europe ;
- avec les pays méditerranéens sous pavillon français ;
- avec l’Afrique Occidentale Française et l’Amérique du Sud ;
- avec l’Indochine et l’Extrême-Orient.
- Constitué primitivement au gré des initiatives privées, il a été, depuis la fondation d’Air France, coordonné, rationalisé par la suppression de certains services parasites, et complété sur les points où il présentait des lacunes :
- en Europe, par l’ouverture de la ligne Paris-Madrid et celle de la ligne Paris-Rome, en 1935, puis par le prolongement sur Stockholm de la ligne France-Scandinavie (1986) ; enfin, par la mise en service de Paris-Genève direct (1987) ;
- entre l’Europe et l’Afrique du Nord, par l’ouverture aux passagers de la ligne Marseille-Alger et Marseille-Tunis, la création des services Paris-Alger et Paris-Tunis dans la même journée (1935), l’ouverture d’un service reliant Oran à Toulouse et Paris (ig35), et le prolongement jusqu’à Dakar de la ligne Casablanca-Toulouse (igSà) ;
- vers l’Amérique du Sud, par l’ouverture du service postal 100 pour 100 aérien sur l’Atlantique Sud, le ier février 1935 et de la ligne Casablanca-Dakar aux passagers (1936), celle de la ligne Buenos-Aires-Santiago du Chili (hiver 1936-1937) également aux passa-sagers ;
- vers l’Extrême-Orient enfin, par l’ouverture (en 1935) de la bretelle Bangkok-Hanoï, sur la ligne Marseille- Saïgon, qui permet une correspondance aérienne vers la Chine (1936).
- Ainsi constitué, le réseau aérien français permet d’as surer, seul ou en liaison avec les Compagnies étrangères, dés relations extrêmement rapides dont les chiffres suivants donnent quelques idées :
- Paris-Londres .... 1 h 3o
- Paris-Amsterdam . 2 h 3o
- Paris-Berlin 4 h 20
- Paris-Prague 4 h 4o
- Rome-Paris 6 h 4o
- Paris-Lisbonne. ... 7 h 3o
- Paris-Alger 8 h
- Rome-Londres .... 8 h 3o
- Lisbonne-Londres. 9 h 3o
- Paris-Tunis ÏO h
- Lisbonne-Amsterdam. I X h
- Paris-llelsingfors . I 2 h
- T uni s-Amsterdam. i3 h
- Alger-Amsterdam. . . i3 h
- Bucarest-Londres . i4 h
- Moscou-Paris .... i4 h
- Toulouse-Dakar. . . . 18 h
- Casablanca-Amsterdam . 18 h
- Paris-Rio-de-Janeiro . 2 jours
- Paris-Buenos-Aires. . 3
- Paris-Santiago-du-Chili . 4
- 71 mn)
- Il est intéressant de rappeler que la Compagnie Air France, dont l’exploitation se trouve, sur certains parcours de son réseau mondial, en parallèle direct avec les aviations étrangères, détient également le record des Compagnies nationales sur sa ligne la plus courte, Paris-Londres, et sur sa ligne la plus longue, celle d’Amérique du Sud :
- 35 h 35 mn, de Natal à Paris ;
- 66 h 29 mn, de Buenos-Aires à Paris.
- Tout récemment, le record de la traversée commerciale Dakar-Natal qui était de i3 h 87 (16 septembre 1935) a été abaissé à 12 h 3g avec le nouveau Far-man « Ville de Dakar » (le 18 octobre 1987).
- Le tableau suivant donne la liste des lignes actuellement exploitées par Air France, seule ou en pool avec les Compagnies étrangères.
- LIGNES EXPLOITÉES PAR AIR FRANCE (ÉTÉ 1937)
- 1) Toulouse - Barcelone-Alicante-Tanger-Rabat-Casablanca, 1.845 km. Service quotidien.
- 2) Marseille-Barcelone, 4g5 km. Service quotidien (sauf lundi).)
- 3) Casablanca-Cisneros-Dakar, 2.85o km. Service hebdomadaire.
- 4) Dakar-Natal-Rio-de-Janeiro-Buenos-Aires-Santia-go-du-Chili, 9.183 km. Service hebdomadaire (ligne postale).
- 5) Marseille-Alger, 8o3 km. Service quotidien (sauf lundi).
- 6) Paris - Strasbourg - Nuremberg - Prague -Vienne-Budapest-Belgrade-Bucarest, 2.214 km. Service quotidien.
- 7) Prague-Varsovie, 53o km. Service hebdomadaire.
- 8) Paris-Cologne-Berlin-Francfort-Paris (Air France),
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- 1.776 km. Service quotidien (sauf dimanche) ; la Deutsche Lufthansa assurant la rotation Berlin-Francfort-Paris-Cologne-Berlin. Ces deux services par rotation ont été inaugurés le i5 juin 1987.
- 9) Paris - Bruxelles - Rotterdam-Amsterdam (Air-France-K. L. M.-Sabena, 460 km. Service quotidien).
- 10) Paris - Bruxelles - Hambourg-Copenhague-Stockholm (Air-France-Sabena K. L. M. A. B. A.), 1.610 km.
- Service quotidien (sauf dimanche).
- n) Marseille - Naples - Athènes -Tripoli (Beyrouth)-Damas-Bagdad-Bouclxir - Djask - Karachi - Calcutta-Rangoon - Bangkok - Vientiane - Hanoï, 12.664 km (Service hebdomadaire) .
- 12) Bangkok-Saigon, 83o km. Service hebdomadaire.
- 13) Paris-Londi’es, 376 km. Quatre services quotidiens aller et retour, dont deux dimanches inclus.
- 14) Paris-Lyon-Marseille, 780 km. Un service quotidien (sauf dimanche), un service quotidien (sauf lundi), soit deux services par jour, sauf lundi et dimanche.
- 15) Marseille-Cannes, r5o km. Service quotidien (sauf dimanche).
- 16) Lyon-Genève, x 13 km. Un service quotidien (sauf dimanche), un service quotidien (sauf lundi).
- 17) Marseille-Ajaccio-Tunis, 1.000 km. Service quotidien (sauf lundi).
- 18) Paris-Bordeaux-Madrid (Air France-L. A. P. E.),
- 1.075 km. Sei'vice quotidien (sauf dimanche ) (Momentanément suspendu). ^
- 19) Paris-Toulouse, 610 km. Sei'vice hebdomadaire (dont un postal seulement dans le sens de Paris-Toulouse).
- 20) Paris-Marseille-Rome, direct, i.4oo km. Service tri-hebdomadaire (Ala Littoria) ; via Gênes, i.54o km. Service tri-hebdomadaire (Air France et Ala Littoria).
- 21) Paris-Genève, direct, 4o8 km. Du i5 juin au 2 octobre.
- 22) Paris-Bordeaux-Biarrilz, 700 km. Pour la saison d’été.
- Le matériel qu’Air France avait reçu, à sa constitution, des anciennes Compagnies formait un ensemble disparate et composé, en grande partie, d’appareils déjà anciens et trop nombreux. 11 comprenait 226 avions de marques diverses, dont 180 monomoteurs et 33 hydravions monomoteurs ou bimoteurs.
- Trois ans après sa formation, tous les avions monomoteurs et tous les hydravions ont été retirés de l’exploitation régulière des lignes. Grâce aux mesures prises pour accélérer le roulement des appareils, moins de 100 avions, dont i5 hydravions tri ou quadrimo-
- Fig. 2. — Le Bloch 220. Vue extérieure.
- leurs, suffisent à assurer la totalité des services sur un réseau considérablement plus étendu.
- En octobre 1987, la Hotte d’Air France est ainsi consi i tuée :
- Avions terrestres :
- 16 Wibault 282 T et 283 T 21 Potez 62 et 62/1 3 Dewoitine 333 .
- 1 — 338 .. .
- 5 Breg'uel 3g3 T .
- 3 Gaudron C. 445 . . .
- 4 Bloch 220.............
- Hydravions :
- 13 Lioré 24.2..............
- 2 Breg'uel « Saigon ». . ,
- Fig. 3. — Le Bloch 220. L’aménagement intérieur.
- trimoteur
- bimoteur
- trimoteur
- trimoteur prototype trimoteur bimoteur bimoteur
- quadiimoleur
- trimoteur
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- Chai'ge à vide . . . .
- — totale autorisée.
- — utile (fret, poste,
- messageries) . Vitesse maximum .
- — à Go pour ioo de
- la puissance .
- — de croisière . Nombre de passagers . Personnel d’équipage . Rayon d’action . Nombre de moteurs. Marque des moteurs
- Pour VAtlantique Sud
- Fig. 4. — Le Dewoitine. Vue extérieure.
- a Farman 220 . . . . . quadrimoteur terrestre
- x Blériot« Santos-Dumont». hydi'avion à coque,
- quadrimoteur
- 2 Latécoèi'e 3oi .... hydravion à coque,
- quadiàmoteur
- Cette flotte est composée de matériel de gros tonnage (9 à 18 tonnes) et les plus récents disposent de vitesses de ci'oisières élevées, de l’ordre de 3oo km à l’heure. C’est en particulier le cas pour le Bloch 220 à 16 places et le Dewoitine 338 à 22 places sur lesquels nous allons donner quelques renseignements.
- Le Bloch 220, dont i4 exemplaires sont en commande et seront mis en service sur le réseau continental est un monoplan entièrement métallique, à aile basse cantilever (fig. 2). Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Envergure...................22 m 720
- Longueur . ...............19 m 25o
- Hauteur. . .... . . 3 m 920
- Surface totale portante . . " . 72 m 2
- 6 4io kgr 9-i55 —
- 771 —
- 3/jo km/h
- 320 —
- 28o-3oo —
- 16 passagers 2
- 1.000 km 2
- Gnôme-Rhône i4 No, 1 /2 compi'esseur
- Puissance .... 2X890CV—1780CV
- Propulseur. . . . Hélice à pas variable Ratier,
- Tripale, réglaljle en vol.
- Train escamotable Messier.
- La figure 3 montre la vue intérieure de la cabine des passagers, garnie de fauteuils Pulmann.
- Le Dewoitine 338, commandé en 22 exemplaires, équipera, dès l’année 1938, les lignes du réseau'd’Afrique, du réseau d’Extrême-Orient et, par la suite, de l’Amérique du Sud. Le pi'ototype Clémence Isaüre a déjà effectué un certain nombi'e de voyages sur le parcours Toulouse-Casablanca-Dakar et doit incessamment commencer le service régulier.
- La version « long-courrier » prévue pour la ligne d’Oiûent-Marseille-Damas-Saïgon sera utilisée sur la totalité du parcours.
- Il disposera dans ce cas de 8 couchettes et de 4 places assises.
- C’j|3t un monoplan entièrement métallique à aile basse trapézoïdale mono-longeron dont les caractéristiques sont les suivantes :
- Fig. 5. — Le Dewoitine. Vue intérieure.
- Envergure . . . . . . ,29 m 38o
- Longueur. . . . . . . . ... 22 m i3o
- Hauteur totale . . . . . . . . . 5 mN74
- Surface totale .... . . . . 99 m2
- Poids total en ox-dre de marche. 11.100 kgr
- Charge utile théorique ...... 3.5oo —
- — commerciale (fret et passager-s) . 2.060 -—
- Nombx-e de passagei’s 22
- Equipage. . , . . . . . . . . 3 plus un Steward
- Vitesse maximum — de croisière à 1.800 m. et 60 pour 300 km/h
- 100 de puissance. ....... 260 —
- Plafond 5.ooo m
- Rayon d’action 2.5oo km
- Nombi'e de moteurs ....... 3 Hispano-Suiza 9Vd
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- 549
- Puissance totale 575 GV x 3 .1.725
- Train éclipsable Messier.
- Hélices à pas variable tripales Hispano-Suiza (licence Hamilton), 3 pas réglables en vol.
- Les fauteuils sont disposés par rang de trois côle à (‘ôte avec un couloir central (lig. 4‘)-
- L’effort considérable dont nous venons de tracer un rapide aperçu est illustré par le développement du trafic qui n’a cessé de croître régulièrement avec une sécurité et une régularité parfaites, comme le montre le tableau suivant; :
- Années Passagers transportés Kilomètres parcourus Poste transportée en kgr
- 1982 4o 138 176.968
- 1934 50.019 10.029 07.3 219 4^6
- iq35 60 719 9 688 261 271.133
- iq36 66.670 9.576 3i5 334.996
- 1er semestre
- *937 36.5oi 4 8I1 .19a )90.000
- IL Volta.
- Fig. fi. — L’un des ports aériens de la Cie Air France. VAérodrome de Bron. Lyon.
- POLLINISATION PAR LES MOLLUSQUES
- On connaît le rôle important, des insectes dans le transport des grains de pollen des étamines au pistil des fleurs. Certaines plantes ne peuvent donner de graines que si certains insectes ailés existent dans la région. Mais les insectes sont-ils seuls à jouer ce rôle ? A plusieurs reprises, des naturalistes ont trouvé des Escargots et des Limaces sur des fleurs et ont vu des grains de pollen fixés sur le mucus ou la coquille du mollusque. M. P. H. Fischer, après avoir
- rappelé ces observations signal»! dans le Journal de Conchyliologie. ses propres observations. Il a vu des Agriolimax et des Hélix hispida grimper sur des tiges de Renoncules et s’installer dans une corolle et parfois changer de fleurs. La coquille des Hélix est alors chargée de grains de pollen et il est donc probable que les mollusques jouent dans la fécondation de certaines fleurs un’rôle non négligeable.
- * #
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- 550 LE SORT DE L'ALCOOL DANS L'ORGANISME
- L’étude physiologique du sort de l’alcool éthylique dans l’organisme intéresse non seulement l’homme de science, mais encore l’hygiéniste, l’économiste, le sociologue; c’est ce qui explique la curiosité que suscite toute recherche portant sur ce sujet.
- Nous voudrions ici exposer brièvement les progrès réalisés dans la connaissance des destinées de l’alcool chez l’ho-inéotherme — homme, mammifères — et leur signification, grâce aux travaux conduits à l’Institut de Physiologie de la Faculté de Médecine de Strasbourg (Directeur G. Scliaelïcr) et qui sont résumés dans l’ouvrage de E. Le Breton, intitulé « Signification physiologique de l’oxydation de l’alcool éthylique dans l’organisme », paru en 1936 dans les Annales de Physiologie.
- L’intérêt de ces recherches réside en partie dans le fait qu’elles ont été effectuées à l’aide de techniques très précises et qu’avant d’aborder les problèmes physiologiques Fauteur a fait une élude critique et expérimentale de la biochimie de l’alcool éthylique. Expliquons-nous.
- Si depuis les expériences classiques de Benedict, et Atwa-ter en 1902 on sait que l’alcool est oxydé par l’homme, il pestait à montrer à quoi peut servir l’énergie que libère cette combustion. L’alcool est-il simplement apte à donner de la chaleur, à permettre le réchauffement, le maintien de la température centrale quand la température extérieure s’abaisse ? Peut-il servir à la contraction musculaix’e, l’énergie chimique potentielle qu’il contient peut-elle être transformée dans le muscle en travail mécanique comme celle du glucose ? Enfin, l’alcool peut-il être utilisé pour cet ensemble d’oxydations, les unes liées aux synthèses (travail chimique), les autres sans rapport direct avec elles (oxydations indépendantes) qui dans leur ensemble sont inséparables des manifestations de la vie, et qu’on est convenu d’appeler « respiration élémentaire des cellules » ?
- Tels étaient les problèmes posés aux physiologistes. Pour les aborder, il faIlaiL résoudre au préalable un certain nombre de questions d’intérêt théorique secondaire, qu’ils avaient négligées. E. Le Breton a fait ce travail indispensable à tout progrès dans l’étude physiologique de l’alcool. Ces questions préjudicielles étaient les suivantes :
- i° Comment l’alcool est-il oxydé par les homéolhermes ? Par quels systèmes fermenlaires, diastasiques ?
- Quelle est la vitesse de cette oxydation, dans quelle mesure est-elle fonction des doses administrées à l’homme ou aux animaux ?
- En ce qui concerne la première question l’auteur n’a pas apporté de contributions personnelles, mais a rassemblé au début de son livre, en un exposé synthétique très clair, l’état actuel de nos connaissances sur le mécanisme de l’oxydation de l’alcool chez les êlres vivants. En effet, qu’il s’agisse des micro-organismes ou de l’homme, l’alcool est oxydé en passant par les mêmes stades intermédiaires, à l’aide des mêmes systèmes diastasiques.
- Dans un premier temps l’alcool passe à l’état d’acétaldéhyde, oxydation qui consiste en la perte de deux atomes d’hydrogène (en présence d’oxvgènc on a formation d’eau) :
- CH3 — G
- H
- H + Oïl
- système
- enzymatique
- CH3
- //°
- Cf + H2
- Ml
- (l’hydrogène est fixé par O2 ou un autre accepteur)
- Cet acétaldéhyde est à son tour oxydé en acide acétique. Ici plusieurs possibilités; n’en retenons qu’une : l’acétaldéhyde fixe de l’eau et passe à la forme hydratée qui par oxydation perd à son tour ail et donne de l’acide acélique cl, de l’eau (en présence d’oxygène).
- />«
- CH» _ C^-OH + J/;Seqiie = CH» - COOH + H»
- (l’hydrogène est fixe par O2 ou un autre accepteur^
- Enfin l’acide acétique est oxydé à son tour, mais par des voies compliquées : formation d’acide fumarique, malique, etc., etc., pour aboutir finalement chez les êtres aéi'obies à CO2 et I120.
- Les systèmes enzymatiques, diastasiques, qui permettent qu’aux basses températures compatibles avec la vie ces oxydations aient lieu, sont complexes, complexité reconnue être analogue pour tous les systèmes susceptibles d’oxyder les métabolites que livre aux cellules la digestion. Dans le cas de l’alcool le système responsable de la transformation jusqu’au stade acide acétique est bien connu ; il comprend :
- i° L’enzyme proprement dit, une déliydrase; elle active l’hydrogène de l’alcool et de l’acétaldéhyde pour le rendre mobile — c’est l’alcool-déhydrase idenlique à l’aldéhy-drase.
- 20 Un coenzyme — codéhydrase — idenlique à la cozy-maso de la fermentation alcoolique. La constitution de ce corps est actuellement connue (Warburg et, Christian, Euler cl Myrhack), c’est un adénine-pyridine-nucléotide. L’hydrogène de l’alcool ou de l’acétaldéhyde rendu mobile par l’enzyme vient se fixer sur le noyau pyridine, avide d’hydrogène, qui passe à l’état de déhydropyridine.
- 3° Des transporteurs d’hydrogène. La codéhydrase cède ensuite l’hydrogène pris à l’alcool à un transporteur intermédiaire (flavine, cytochrome, glutathion); celui-ci est réduit pendant que la codéhydrase repasse à l’état oxydé.
- /i° Des accepteurs définitifs de l’hydrogène. Les transporteurs cèdent l’hydrogène à des accepteurs définitifs, c’est-à-dire; à des corps qui ne peuvent plus le céder dans les conditions réalisées dans les cellules (réactions irréversibles). Chez les êlres aérobies l’accepteur définitif sera l’oxygène — on aura H2Ü — chez les êtres monocellulaires anaérobies ce sera un métabolite qui donnera un produit de fermentation rejeté dans le milieu extérieur. Expérimentalement on peut prendre comme accepteur d’hydrogène le bleu de méthylène ou la quinone.
- Enlin les études faites in vitro sur ce système enzymatique ont révélé la très grande affinité qu’il a pour l’alcool et l’acétaldéhyde, ce qui explique pourquoi l’oxydation de ces corps se fait avec une vitesse maximale dans l’organisme même pour une concentration faible déjà suffisante pour saturer l’enzyme. Par contre, ainsi que le font remarquer E. Le Breton et G. Schaeffer (Biologie Médicale, t. XXVII, 1937), on connaît mal dans quelle mesure et par quelles voies l’alcool ou ses produits de dégradation peuvent être transformés en réserves de graisse ou de glycogène.
- La deuxième question : « vitesse d’oxydation de l’alcool chez les homéolhermes et facteurs qui la commandent » a été étudiée expérimentalement par Le Breton. Nous ne pouvons ici que résumer très brièvement ses apports.
- Il était admis classiquement que l’alcool ingéré diffuse
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- très vite dans tous les tissus de l’organisme et, depuis les recherches de Melianby (1919), Widmark (xgSo) et Nicloux (xgâa), que la vitesse d’oxydation est indépendante de la quantité d’alcool présente dans les cellules chez les homéothermes. E. Le Breton, par des expériences très nombreuses et précises, est arrivée aux conclusions suivantes :
- x° L’alcool ingéré ne diffuse que lentement dans l’organisme. Suivant les conditions d’alimentation on peut avoir souvent des rétentions de longue durée dans l’estomac; api'ès injection sous-cutanée la diffusion est également très lente. Au contraire, injecté dans le péritoine ou dans les veines, le passage et la répartition de l’éthanol dans l’organisme sont rapides.
- 20 Si en donnant l’alcool par une de ces deux voies (pour lesquelles on a : dose injectée par kilogramme d’animal = concentration idéalisée au niveau des tissus) on mesure la vitesse de combustion de l’alcool par les diverses espèces en fonction de la dose administrée, on constate que les homéothermes étudiés se classent en deux catégories :
- a) ceux qui insensibles à la dose brûleront la même quantité d’alcool par kilogramme d’animal et par heure en dépit, des variations de la concentration dans les tissus (de o,5 à 2 g 5 par kilogramme). Dans ce groupe on trouve le rat, la souris, le chien, probablement l’homme.
- b) ceux qui oxydent d’autant plus vite l’éthanol que sa concentration s’élève (jusqu’à la limite toxique) : coq, lapin. Chez ces derniers la vitesse d’oxydation est fonction de la concentration en alcool, mais augmente moins vite qu’elle. Si l’alcoolémie passe de r à 5, la vitesse d’oxydation passe de r à 2.
- Ces conclusions en désaccord avec certaines opinions classiques tirent leur force, nous l’avons dit, des techniques employées. Les auteurs tels que Melianby et Widmark avaient toujours estimé la vitesse d’oxydation de l’alcool en suivant chez le sujet en expérience la chute de la concentration dans le sang qui leur apparaissait être un reflet exact de ce qui se passait dans toutes les cellules. E. Le Breton a démontré les erreurs que comporte cette technique des « alcoolémies », et n’a employé dans son travail que la méthode d’estimation directe, préconisée par Gréhant et Nicloux dès 1907. Elle consiste à peser exactement l’alcool administré à l’animal ; en fin d’expérience on le saei'ifie, on le broie, on distille quantitativement l’alcool qu’il contient encore et on le dose. L’alcool oxydé est donc obtenu directement sans intervention d’hypothèses ou de calculs. Celle méthode est sans conteste la meilleure qui existe, le dosage même de l’alcool par la méthode de Nicloux (19ar) étant d’une très grande précision.
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- * *
- Toutes ces recherches proprement biochimiques permettaient d’aborder les problèmes physiologiques en toute sécurité et en se plaçant dans des conditions « standard » les seules permettant des comparaisons. Le premier de ces problèmes, souvent étudié par les physiologistes, était : l’alcool présente-t-il lors de sa combustion dans l’organisme une action dynamique spécifique P G’est-à-dire augmente-t-il les échanges d’un sujet placé dans les conditions du métabolisme de base : repos complet, température extérieure réduisant au minimum la perte de chaleur par rayonnement, jeûne suffisant pour que l’effet des aliments sur la consommation d’oxygène, sur la production de cha-
- .....551 =
- leur, soit dissipé P On sait que certains aliments comme la viande, les albumines, ont une telle action et augmentent le métabolisme de base de 3o pour 100, comme si leur oxydation livrait dans l’organisme une partie de l’énergie qu’ils contiennent sous une forme inutilisable pour les cellules, chaleur qui ne peut servir qu’au réchauffement quand le sujet, homme, chien, etc., a froid. En ce qui concerne l’alcool certains physiologistes avaient avancé qu’il ne donne pas d’augmentation des échanges, d’autres par contre avaient affirmé que son oxydation augmente la production de chaleur des homéothermes d’une quantité variable allant suivant les auteurs de i5 à .100 pour 100 de la chaleur de combustion de l’alcool brûlé. Reprenant la question sur diverses espèces, avec une bonne technique de mesure du métabolisme basal, E. Le Breton et G. Schaeffer, en 1933, purent montrer de façon indiscutable que jamais l’alcool n’augmente les échanges, il n’a aucune action dynamique spécifique. C’est même selon ces auteurs le seul aliment vecteur d’énei'gie, qui ingéi'é à doses non toxiques, brûlé en quantité importante par rapport aux oxydations totales, n’en présente aucune. Il faut en conclure comme corollaire immédiat, que l’alcool se substitue purement et simplement aux aliments vrais qui se trouvaient être oxydés par l’animal au moment de l’administration.
- Cette constatation posait une série de problèmes : quelle est l’ampleur des substitutions P Est-elle la même pour toutes les espèces P Quels sont les facteurs susceptibles de modifier la vitesse de l’oxydation de l’alcool P A toutes ces questions le travail de E. Le Breton apporte une réponse.
- Tout d’abord, en collaboration avec M. Nicloux et G. Schaeffer (C. B. Acad. Sciences, vol. 200, 1935), l’auteur montre qu’il existe un assez bon parallélisme entre le métabolisme basal et la vitesse d’oxydation de l’alcool; autrement dit, en plaçant des animaux adultes d’espèces différentes dans les conditions du métabolisme basal indiquées ci-dessus, on constate que plus les oxydations totales sont grandes, plus la quantité d’alcool oxydée par kilogramme/heure est grande.
- Mais alors que chez le rat, par exemple, la chaleur libérée par l’oxydation de l’alcool ne fait que 5o pour 100 de la chaleur totale produite par cet animal, chez le lapin l’alcool couvre jusqu’à 80 pour xoo des échanges totaux.
- Ces faits devaient trouver leur explication dans les recherches subséquentes de E. Le Breton. En effet, la vitesse d’oxydation de l’alcool est soumise pour une espèce homéotherme donnée à deux catégories de facteurs, les uns constitutionnels, les autres expérimentaux.
- Examinons d’abord l’influence des facteurs constitutionnels. La vitesse d’oxydation de l’alcool exprimée en milligrammes par kilogramme d’animal et par heure, appelée coefficient d’éthyloxydation (C. E. 0.) par M. Nicloux, varie avec la race, le sexe et l’âge.
- La race est importante à considérer, aussi bien quand il s’agit de déterminer .la valeur du C. E. 0. que celle du métabolisme de base. Si les animaux sont de race pure, les chiffres varient peu autour de la moyenne, d’un animal à l’autre, pour des conditions expérimentales identiques; la variation est importante si la race des sujets est indéterminée.
- En prenant des animaux de race pure (rats de la souche Wistar) nés le même jour, on voit que le coefficient, est plus grand pour les femelles que pour les mâles.
- Enfin U âge s’est montré, de ces trois facteurs constitutionnels, celui dont l’importance est primordiale et l’intérêt dominant : chez le rat Wistar, le C. E. O. passe de f>3o mgr pour des rats âgés d’un mois à 280 pour des
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- animaux adultes de quatre mois; la courbe d’évolution en fonction de l’âge est régulière et suit celle du métabolisme; l’alcool chez cette espèce couvre toujours 5o pour ioo des oxydations totales. Par contre chez une espèce comme le coq Leghorn, on voit qu’au cours de la croissance la vitesse d’oxydation diminue peu, alors que les échanges totaux (métabolisme basal) passent de 8 cal 6 par kilogramme et heure chez le poussin, à a cal 8 chez le coq adulte. Il s’ensuit que la part prise par l’alcool aux oxydations va en augmentant quand l’animal vieillit.
- Passons à l’influence des facteurs expérimentaux.
- a) Nous avons vu plus haut que l'influence de la dose avait permis de distinguer deux catégories d’espèces : les unes insensibles, les autres sensibles à la concentration d’alcool réalisée dans l’organisme. C’est pourquoi dans toutes les expériences on a choisi la dose d’alcool qui donne la vitesse d’oxydation maximale pour l’espèce étudiée.
- b) Le régime alimentaire auquel est soumis l’animal au moment de l’administration de l’alcool est très important. Chez les espèces qui présentent une grande action dynamique spécifique des albumines, si on donne l’alcool au moment où l’animal brûle des protides on a une vitesse d’oxydation plus grande que si l’animal consomme du glucose. D’autre part nous avons pu montrer (Dontchcff, G. R. Soc. Biol., 1907) que chez le rat blanc nourri exclusivement avec des graisses, la quantité d’alcool oxydée est de 4o pour 100 plus faible que si l’animal a un régime hydrocarboné. Cette influence de l’alimentation sur le C. E. O. permettra sans aucun doute de comprendre mieux le mécanisme de l’oxydation de l’alcool dans l’organisme. Nos recherches sur ce point se poursuivent.
- Il restait à étudier-les deux facteurs expérimentaux qui influencent le plus la valeur du métabolisme basal, à savoir le travail musculaire et le froid.
- e) Influence du travail musculaire. La question de savoir si l’alcool est utilisable dans la production du travail musculaire a suscité beaucoup d’investigations, non seulement en raison de son intérêt théorique, mais parce qu’elle présente une importance économique. En effet, un gramme d’alcool apporte 7 cal 1, alors qu’un gramme de glucose 11’apporte que 8 cal 37. Mais malgré les efforts des physiologistes depuis 3o ans pour savoir si l’alcool est un aliment, de travail,’ Thorne Garpenter, spécialiste des problèmes de nutrition, conciliait en iq33 que la question 11e pouvait être tranchée par les travaux faits à cette époque.
- En iq34 E. Le Breton a repris cette étude, et grâce aux conditions rigoureusement comparables dans lesquelles elle a placé les animaux, elle a pu démontrer sans aucune ambiguïté que, l’animal fournissant un travail musculaire tel que ses oxydations totales soient doublées ou triplées, la vitesse d’oxydation de .l'alcool reste rigoureusement la même; donc ce corps est totalement inutilisable en vue de Vaccomplissement du travail musculaire.
- d) Influence de la température. Si on soumet les homéo-thermes à des températures extérieurés basses, leurs échanges augmentent. Il ressort très nettement dés expériences de E. Le Breton faites sur plusieurs espèces animales, que la vitesse d’oxydation de l’alcool' n'augmente jamais lorsque sous l’influence du refroidissement les animaux doublent ou triplent leurs combustions totales. Ainsi l'alcool est inutilisable dans la lutte contre le refroidissement. C’est, le seul corps que nous connaissions qui, susceptible, d’être oxydé en quantité importante, ne puisse servir â la ther-mogénèse active de réchauffement.
- Ces deux derniers faits sont d’une grande importance, car ils sont la réfutation scientifique d’idées très répandues
- dans le public et partagées par de nombreux médecins, à savoir que les travailleurs manuels, ou les habitants des pays froids, peuvent consommer de plus grandes quantités d’alcool parce qu’ils en oxydent, en brûlent davantage. Le sentiment d’euphorie qui s’installe chez les travailleurs fatigués après ingestion d’alcool, la sensation de bien-être due à une vasodilatation périphérique qu’éprouve le sujet refroidi buvant un liquide riche en alcool, rendront, nous le savons, difficile la diffusion de cette vérité : l’alcool n’est pas un aliment de travail, non plus qu’un aliment de réchauffement.
- *
- # *
- Quelles sont donc les oxydations auxquelles l’alcool se substitue quand le sujet est placé dans les conditions de métabolisme de base ? Ce ne peut être ni le travail musculaire qui est produit dans ces conditions (contractions cardiaques, tonus musculaire, etc.) ni ce reste de thermorégulation qui persiste chez un animal après qu’on le place dans une enceinte de température peu éloignée de sa température centrale, donc l’alcool doit servir à la respiration élémentaire des cellules indépendamment de toute activité fonctionnelle. Les preuves de cette affirmation résident d’une part dans ce qui a été vu en comparant les différentes espèces d’homéolhermes et d’autre part dans les expériences faites sur les poïkilothermes : grenouilles, tortues.
- En effet, plus les processus de thermorégulation et de travail physiologique sont intenses chez une espèce et moins la quantité d’alcool brûlé par rapport aux oxydations totales est grande; tous les faits connus concernant les jeunes animaux sont également en accord avec cette conclusion. D’autre part, on constate que chez le poïkilotherme l’alcool peut couvrir 90 pour 100 et plus des échanges totaux, si on le. place à xo°. Dans ces conditions, ces animaux qui par définition sont dépourvus de thermorégulation, restent parfaitement immobiles, Lun- tonus musculaire est faible, la consommation d’énergie ne peut être en rapport ici avec rien d’autre que la respiration élémentaire des cellules.
- Si l’alcool est oxydé, en vue de couvrir cette respiration élémentaire, et pas dans d’autres buts physiologiques, c’est donc que le système enzymatique engagé dans la respiration élémentaire est différent des systèmes enzymatiques qui sont responsables des oxydations en rapport avec le travail ou le réchauffement. Autrement dit, â la différenciation physiologique se superpose une différenciation biochimique que ces recherches démontrent. Quand le même aliment, glucose, est oxydé en vue de la respiration élémentaire des cellules, du travail musculaire ou du réchauffement, il l’est par des systèmes enzymatiques différents, par des voies différentes, ce qui permet à l’organisme de garder constante sa composition, même quand il modifie grandement ses oxydations pour lutter contre'le froid on accomplir un important travail musculaire.
- Nous pensons avoir pu montrer dans ces quelques pages que les recherches de E. Le Breton constituent, comme l’écrit le physiologiste suédois Thunberg, a un travail standard sur la physiologie de l’alcool, une étape sur le chemin de la connaissance de l’oxydation de ce corps dans l'organisme ». Les conclusions auxquelles elle aboutit dépassent le cadre du problème de l’alcool; elles sont en rapport avec la suite des travaux qui se poursuivent dans le laboratoire de G. Schaeffer et qui tendent à résoudre les problèmes posés par l’interdépendance des divers systèmes d’oxydation chez 1,’homéotherme.
- L. Dontcheff.
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- LES VOITURES ALLÉGÉES DU RÉSEAU DE L'ÉTAT
- Depuis les premières voitures à voyageurs, qui u étaient en somme, vers le milieu du siècle dernier, et pour les voitures de première classe, que les antiques diligences montées sur roues « à mentonnets », ainsi qu’on les appelait à cette époque — les voyageurs de troisième classe devant se contenter de chars à bancs où ils étaient exposés à toutes les intempéries, — que de progrès ont été accomplis !
- Après les voitures à compartiments indépendants et clos, vulgairement qualifiés de « cages à mouches », vinrent les grandes voilures à couloir desservant tous les compartiments, dotées d’un cabinet de toilette, puis, en raison de l’augmentation sans cesse croissante des dimensions de ces véhicules, les voilures à boggies, qui permettent d’inscrire ces longues voitures dans toutes les courbes de la voie, même des plus faibles rayons.
- Dans les premières voitures à boggies, cependant, si le châssis était métallique, la caisse et toutes les parties dont elle se compose, restaient en bois, recouvert seulement, à l’extérieur, d’une mince tôle clouée. En raison de ce mode de construction, le châssis seul participe aux efforts de traction et de choc, normaux ou accidentels, et c’est, pour éviter ce grave inconvénient qu’on en vint peu à peu aux voitures métalliques, dans lesquelles châssis et caisse constituent un tout assemblé intimement et de façon inamovible, sans pourtant que soit utilisée toute la résistance que l’acier employé dans la construction de ces voitures permettrait d’obtenir.
- 11 eût fallu, pour cela, augmenter la masse et la section des éléments. Or, on 11e pouvait le faire sans augmenter le poids des voitures, et l’on sait que le poids est le principal ennemi de toute locomotion.
- Une nouvelle voiture allégée. — Fort heureusement, les ces de la technique moderne ont permis la construction d’une nouvelle voiture dans laquelle, et malgré son poids inférieur à celui des anciens modèles, les éléments de lance répartis dans toute la périphérie permettent d’arriver au moment d’inertie de valeur maximun 1.
- Chacun-sait, et depuis longtemps, que la forme tubulaire, à section circulaire, est celle qui présente la meilleure forme de résistance à la compression. Ne pouvant, pour de multiples raison cette forme aux
- rapprocha le plus possible et c’est ainsi que naquit la « voiture allégée » du réseau de l’État qui, toutes conditions égales par ailleurs, ne pèse plus que 35 t 45o au lieu des 46 t 5oo que pèsent les voitures métalliques offrant même nombre de places, même confort et même sécurité.
- La manière dont a été obtenu ce résultat est fort simple. Encore fallait-il y songer. Les trois éléments d’autrefois, toujours indépendants : châssis porteur, caisse et pavillon, ont été fondus en un seul, et constituent une sorte de poutre en treillis, monocoque, indéformable, construite en acier soudable des Aciéries de Pompey, acier PM 20, présentant des caractéristiques élevées (*) ou en acier supersoudai des Aciéries de Longwy, de propriétés analogues.
- Dans cette voiture extrêmement rigide, les longerons de châssis constituent la membrure inférieure, les battants de pavillon la membrure supérieure, les courbes qui ceinturent les membrures, les montants d’autrefois et le panneautage extérieur le contreven-lement.
- Disposition générale. - Vue d’une extrémité (iig. 1), c’est-à-dire en section droite, la caisse se présente sous forme d’un ovale aplati sur ses deux faces latérales et est formée de quatre quarts de coquille ayant chacun, suivant leurs génératrices, l’amplitude d’un compartiment d’une cloison transversale à l’autre, reliés par des anneaux formés de quatre parties semblables, réalisés par des emboutis en Ü de 2 mm 5 d’épaisseur, fermés par des semelles soudées électriquement, puis assemblés entre eux par rivetage.
- La ('arène de la caisse est ainsi constituée par une
- 1.1° Résistance à la rupture = 65 kgr/mm2 ; 2° allongement sur éprouvette type et entre repères-types, après rupture = 22 pour 100 ; 3° coefficient d’élasticité *= 53 ; 4° coefficient de résilience (.Unification française), énergie absorbée à la rupture par centimètre carré de section de l’éprouvette = 7.
- Fig. 1. — Vue en bout dune voiture allegee
- la voiture
- ressour-
- resis-
- s, donner rigoureusement nouvelles voitures, on s’en
- aux parois
- is latérales aplaties, à F emmanchement supérieur escamoté
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- 554- -..........— " ..=-=: : ——; - - . ==3==.:
- Le renforcement en cas de collision est obtenu par un caisson « anti-collision » qui comporte quatre fers en 1, en acier PM 20, disposés dans le dossier de la voiture, encastrés dans la traverse d’attelage, en acier PM 20 elle aussi, et prenant appui sur des poutres en treillis dissimulées dans le plafond de la plaie-forme d’accès, de façon à répartir sur tout l’ensemble, en cas de télescopage, l’effort du tamponnement.
- Le panneautage extérieur de la caisse, qui concourt à la rigidité de l’ensemble, est en tôle d’acier AG 54 de x mm. 5.
- Montage de la caisse. — Pour le montage de la caisse, on constitue d’abord, sur mannequin (lig. 4) :
- i° Chacun des quarts inférieurs et supérieurs qui, réunis, formeront la voilure (fig. 4, nos 1 et 5) ;
- 20 Le châssis qui supportera le plancher et qui comprend les traverses-pivots,
- Fig. 3. — Mode d’assemblage de la voiture allégée.
- (Extrait de la Revue générale des Chemins de fer. Dunod, éditeur).
- Fig. 2. — Coupe de la voiture, montrant les pièces principales.
- A, anneaux en ; B, cornières soudées reliant les anneaux ; C, portions d’anneaux au droit des baies ; D, longerons de châssis ; E, battants de pavillon ; F, profilés du châssis support ; G et H, petites longrines.
- (Extrait de la Revue générale des Chemins de-fer. Dunod, éditeur).
- suile de viroles réunies les unes aux autres par soudure électrique et enlreloisées par les battants de pavillon et les longerons de platelage.
- Ces quarts de coquilles se raccordent eux-mêmes les uns aux autres selon les plans diamétraux de la caisse, horizontal et vertical, à l’aide de cornières en acier PM 20 (fig. 2 et 3).
- Résistance de la voiture. — Pour faciliter la construction en séi’ie, on prépare séparément chaque partie de l’arma-lurc de la caisse sur un mannequin ou foxane rigide.
- Des conlrefiches reliant le platelage à la partie inférieure des montants d’ossa-lure de la caisse, situés au droit de chaque cloison transversale, assurent la insistance aux efforts de flexion, les longerons et longrines centrales de choc du châssis pouvant eux-mêmes supporter un effort statique de 200 t.
- Cornière d'assemblage
- Assemblage de la cloison
- Renfort de porte - bagages
- Fer en U
- Tôle de face
- Longeron de châssis
- Fer en U
- JL 6o*JoxS
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- les traverses d’extrémité et les brancards de caisse (tig. 4, nos 2 et 3) ;
- 3° Les cloisons intérieures et l’ossature des compartiments (lig. 4, n° 4)-
- La demi-coque inférieure étant assemblée par rivetage reçoit le châssis support de plancher fixé par soudure électrique. On pose ensuite les tôles de plancher, les cloisons de compartiment et de couloir et les dispositifs anticollision des extrémités.
- La demi-coque supérieure du pavillon, assemblée elle aussi par rivetage sur mannequin, vient alors coiffer le tout, et fermer complètement la caisse (lig. 4, ii° (i).
- On procède alors à la soudure électrique des cloisonnements intérieurs sur les anneaux. Celle opération terminée, la caisse vide, sans garnitures, pèse i4 t 900.
- Les boggies. — Les boggies monobloc, sur lesquels la caisse repose par l’intermédiaire de blocs en caoutchouc, sont en acier moulé à 5o kgr de résistance avec 20 pour 100 d’allongement et les essieux, allégés, en acier I), sur lesquels sont montées les roues mono-bloc. de 920 mm de diamètre, sont munis de boîtes S. K. F. à deux rangées de rouleaux.
- Chaque boggie comporte un appareillage complet tic frein à air à puissance auto-variable, celte puissance, à 120 km à l’heure, étant de 180 pour 100 du poids de la voiture et de 80 pour 100 à 80 km à l'heure, ce qui permet, par exemple, d’arrêter en (>oo m une rame roulant à 120 km à J’heure.
- L’un des deux boggies, en outre, porte la dynamo à 04 v qui assure l’éclairage des voitures et le conditionnement de l’air.
- Chauffage, aération, éclairage, insonorisation, calorifugeage. — Le chauffage et l’aération sont assurés par le procédé dit « air pulsé ». Les couloirs sont chauffés par radiateurs thermosialiques Westinghouse dissimulés dans la paroi extérieure, pour ne pas gêner la circulation. L’air arrivant du dehors à la partie inférieure des radiateui's ressort à la partie supérieure, à l’intérieur de la voiture, après s’être échauffé par convection.
- Le chauffage et la ventilation des compartiments ont lieu également par air pulsé, à raison de 12 renouvellements à l’heure, ce qui a permis de supprimer les glaces mobiles, souvent bruyantes, jamais complètement étanches à l’air et à l’eau et qui, lorsqu’elles sont ouvertes, donnent naissance à des mouvements tourbillonnaires qui augmentent considérablement l’effort de traction de la locomotive. On envisage, dès maintenant, un traitement hygrométrique de l’air pulsé pendant les périodes de chauffage, de façon à diminuer sa sécheresse, ainsi qu’un refroidissement de cet air pendant les grandes chaleurs.
- L’éclairage direct, dont on connaît les
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- Fig. 4. — Schéma des phases successives de la construction.
- (Extrait de la Revue générale des Chemins de fer).
- inconvénients, a été remplacé dans ces voilures par l'éclairage indirect par réilexion sur les pavillons des compartiments, de couleur claire et chacun des voyageurs des voilures de première classe dispose, en outre, d’une liseuse individuelle qui lui permet de travailler ou de lire sans importuner ses voisins.
- Toutes les tôles de plancher et de parois susceptibles de vibrer, ainsi que les canalisations, sont recouvertes au pistolet d’un adhésif sur lequel on projette des brins de laine. C’est le procédé du « flockage » qui, en même temps qu’il diminue les bruits, sert au calorifugeage.
- L’appareillage de frein des boggies, en supprimant les timoneries de freins et la soudure électrique, ail lieu du rivetage, utilisée pour de nombreux assemblages, contribuent à rendre ces voilures insonores, ainsi que les deux couches d’Isorel, qui recouvrent la tôle
- Fig. 5. — Mécanisme permettant l’escamotage de Vemmarchement supérieur.
- (Extrait de la Revue générale des Chemins de fer).
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- de plancher en métal léger, et qui sont surmontées elles-mêmes de tapis et; de linoléum.
- Aérodynamisme. — La forme presque cylindrique de ces voitures les rend déjà évidemment aérodynamiques et cet aérodynamisme a été complété par divers dispositifs.
- Le soufllet habituel, qui permet Lintercirculation, a été doublé, dans les voitures allégées, d’un second soufllet, en toile, qui épouse la forme de ces voitures et qui est composé de deux demi-soufflets portés chacun par l’un des deux véhicules accouplés. Tendus par des ressorts, ces demi-soufflets, grâce à un dispositif spécial, peuvent's’inscrire dans les courbes sans déchirure de la toile.
- De plus, le jeu d’une Iringlerie (lig. 5), solidaire du mouvement des porles, permet l’escamotage de remmarchement supérieur au moment de la fermeture de ces porles. On évite ainsi les redans, inévitables dans les voilures ordinaires par la nécessité où l’on se trouve1 de ménager un emmarchement convenable.
- Enfin, le système de chauffage et de ventilation adopté a permis de supprimer les aérateurs ou souffleurs statiques existant habituellement sur les voitures et qui, de même que les redans, freinent considérablement l’effort des locomotives.
- L’ensemble des nouveaux dispositifs de ces voitures allégées constitue donc un progrès remarquable, aussi bien du point de vue de l’esthétique que des qualités aérodynamiques. 11 va sans dire, sans que nous y insistions, que leur décoration intérieure, avec les encadrements de glaces et les porte-bagages en métal chromé, ajoute à cet ensemble une note d’élégance qui n’est pas sans charme.
- Essais statiques et en marche. — il résulte d essais statiques de flexion verticale, sur pièces isolées et sur l’ensemble, que cette voiture présente une résistance en charge considérable. Les essais en marche ont. prouvé, d’autre part, par comparaison avec des voilures métalliques d’un modèle courant, que ces voilures allégées, auxquelles sont attelées des locomotives à paroi frontale profilée (lig. 6), aussi bien en ce qui concerne les mouvements transversaux que les oscillations en courbe, les mouvements verticaux et l’insonorisation, se montrent nettement plus confortables que les voitures ordinaires.
- On ne saurait donc trop féliciter le Réseau de l’Étal de l’intéressante initiative qu’il vient de prendre.
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- Fig. 6. — Locomotive à paroi frontale profilée attelée à une rame de voitures allégées.
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- PRODUCTION ET UTILISATION DES RADIO-ELEMENTS ««
- LE CYCLOTRON
- GÉNÉRALITÉS
- Les recherches des physiciens et des chimistes modernes ont abouti à une conception de la structure de l’atome sans doute bien proche de la réalité étant donné, non seulement les multiples propriétés dont elle rend compte, mais également celles quelle permet de prévoir et que l’expérience vérifie a posteriori.
- L’atome se présente au savant moderne comme un système solaire en miniature. A la périphérie gravitent,, obéissant aux lois de la mécanique des quanta, les électrons planétaires chargés négativement, en nom-lire bien déterminé suivant, les différents éléments et auxquels sont dues les propriétés électriques, chimiques et mécaniques par lesquelles l'atome se révèle à l'expérimentateur extérieur.
- Au centre de l’atome se trouve le noyau, infiniment petit, dans lequel se trouve pratiquement concentrée toute la masse et dont la charge positive détermine* h* nombre des électrons planétaires et, par suite*, la personnalité même de l’atome.
- Si la connaissance de, la « partie extérieure » de l’atome est actuellement satisfaisante*, si on sait le nombre d'électrons epii gravitent autour du soleil central, si on peut expliquer par exemple les particularités de l’émission ele la lumière et des raelialions, par contre, jusqu’à ces dernières annexes, la connaissance* ele la partie interne de l’atome, du noyau, était restée* un mystère*, sauf en ce qui e'oncerne* sa charge et sa masse, par suite de sa petitesse même et élu champ électrique extrêmement intense dont il est entouré et qui le protège comme* un blindage contre les actions extérieures.
- La meilleure méthode* pour obtenir ele*s renseignements sur le noyau consiste à h* bombarder avec des projectiles atomiques assez puissants pour traverser sa cuirasse électrique et à le disloquer tout au moins partiellement afin d’examiner les fragments et les éclats ainsi obtenus'.
- 11 y a une quarantaine d’années, on découvrit, dans l’émission spontanée de certains atomes lourds (polonium, radium, etc.), les projectiles de cette artillerie atomique, les rayons a formés de particules chargées positivement et qui, en 1919, permirent à Rutherford d'expulser pour la première fois 'de. l’azote, un proton, c'est-à-dire*- un~ noyau d’atome d’hydrogène. Depuis cette date, de nombreuses recherches ont été faites avec des particules' chargées positivement : protons, dénierons, particules a, etc;., auxquelles on communiquait une vitesse aussi
- grande que possible, par action d’un champ électrique, de façon à leur donner une énergie d’impact suffisante pour vaincre la répulsion électrostatique qui s'exerce entre le noyau et. le projectile tous deux chargés positivement.
- Dette énergie s'exprime en électron-volt défini comme l'énergie que prend un électron sous une différence d(* potentiel de 1 v. Sa valeur est égale à i,(i io-12 erg. Pratiquement, on l'exprime en million d’éleclrons-voll MV valant i,(i 10"“ erg. Les particules a émises par les éléments radio-actifs ont des énergies de l'ordre de 0 à 10 M. V.
- Le problème pratique de l’artillerie atomique consiste à produire un nombre aussi grand que possible de projectiles ayant des énergies aussi élevées que possible.
- Lu principe, la solution est simple. Comme les atomes sont neutres, il faut d’abord les ionise]*, c’est-à-dire leur donner une charge de façon (pu* les forces électriques puissent agir .sur eux. Il y a de nombreux moyens d arriver à ce résulta!, par exemple en faisant passer un are ou un faisceau d’électrons dans un gaz à basse pression composé des atomes à ioniser. Si cette source d'ions est disposée à l’une des extrémités d’un tube et qu’une différence de potentiel importante soit maintenue entre ses deux extrémités, les ions sous l'influence du champ seront entraînés et formeront un faisceau, leur vitesse étant, d’autant, plus' grande que la différent*** de potentiel sera elle-même plus irnpor-
- bnj. \, — /•(’ cyclotron de V llmcersilé de Berkeley.
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- tante. Par exemple, si elle est d’un million de volts, les ions portant une charge simple acquerront une énergie de i M. V., ceux portant deux charges de 3 M. V., etc.
- Mais les difficultés pratiques sont énormes lorsque ion opère avec des voltages aussi élevés (isolement, nature des diélectriques, production des charges électriques à haut potentiel, protection des opérateurs, etc.).
- LE CYCLOTRON
- E. O. Lawrence et M. S. Livingston, de l’Université de Californie, à Berkeley, ont élégamment évité ces difficultés dans un appareil primitivement appelé accélérateur à résonance magnétique, mais qui est maintenant universellement connu sous le nom de cyclotron.
- L’intérêt de cet appareil est tout d’abord de ne nécessiter la mise en oeuvre que de voltages facilement maniables, de l’ordre de 5o.ooo v et ensuite de permettre de communiquer aux particules atomiques des énergies théoriquement infinies et qui, pratiquement, ne sont limitées que par les dimensions mêmes de l’appareil.
- Le fonctionnement du cyclotron repose sur un théorème de Larmor : la vitesse angulaire d’une particule chargée se déplaçant sur une trajectoire non rectiligne dans un champ magnétique est indépendante de sa vitesse linéaire.
- L’appareil dont la figure i donne une vue d’ensemble et la figure a le schéma de fonctionnement est constitué par deux électrodes creuses A et B enfermées dans une enceinte métallique dans laquelle règne une atmosphère d’hydrogène à une pression d’environ io-4 mm et située entre les pôles d’un électro-aimant disposés de façon à ce que le champ magnétique créé soit dirigé perpendiculairement au plan de la figure.
- Le diamètre de l’enceinte métallique est d’environ 70 cm et sa hauteur intérieure de 9 cm. Les électrodes creuses A et B que l’on appelle des dés, par suite de leur forme rappelant celle de la lettre D sont reliées à un générateur d’oscillations électriques O.
- Fig. 2. — Schéma de fonctionnement du cyclotron.
- Considérons un ion créé au point P dans la fente séparant les deux électrodes, par bombardement du gaz par les électrons émis par un filament chauffé par exemple. Si à ce moment A a atteint son potentiel négatif maximum l’ion sera attiré vers lui et pénétrera à l’intérieur du dé A dans une région dépourvue de champ électrique où il .continuera à se déplacer avec une vitesse uniforme. Tout ce que nous venons de dire se passe en présence du champ magnétique qui va contraindre l’ion à parcourir une trajectoire circulaire dont le rayon dépend de sa vitesse. 11 en résulte qu’au bout d’un temps l l’ion va de nouveau se retrouver dans la région G comprise entre les dés. Si à ce moment B a exactement atteint son potentiel négatif maximum, l’ion recevra une nouvelle accélération, pénétrera dans le dé B où il décrira une trajectoire circulaire de rayon plus grand et, d’après le théorème de Larmor, retraversera la zone séparant les deux dés, exactement au bout du temps t. L’ion sera donc en phase avec l’oscillateur et chaque fois qu’il traversera la zone G, il recevra une impulsion qui augmentera sa vitesse.
- Si par exemple une différence de potentiel alternative de 5o kv est appliquée aux dés, Lion, après 5o révolutions (c’est-à-dire après avoir 100 fois traversé la zone G) aura une énergie de 5 M. V. si sa charge est de une unité, comme celle d’un proton. Il aura progressé du centre vers la périphérie, en parcourant un chemin en spirale et lorsqu’il atteindra les bords de l’appareil, sous l’action d’une plaque I), appelée déflecteur, portée à un très haut potentiel, sa trajectoire sera modifiée, prendra un rayon de courbure suffisamment grand pour qu’il puisse, à travers une fenêtre W, passer dans le monde extérieur. Cette fenêtre est constituée par une feuille de platine de a centièmes de millimètre d’épaisseur, sa surface est de i5 cm2 environ et peut résister au passage d’un courant de ao g A d’ions ayant une énergie de 5 M. V.
- Le faisceau de projectiles est ensuite dirigé sur diverses cibles : tungstène, glucinium (qui donnent des neutrons en quantité infiniment supérieure à celle que l’on peut obtenir par tous les autres procédés) et sur les corps que l’on veut étudier.
- Nous n’entrerons pas dans les détails de construction et d’opérations du cyclotron, ce qui sortirait du cadre de cette étude générale. 11 nous reste maintenant à exposer les résultats que ce nouveau moyen d’action sur le constituant ultime de la matière a déjà permis d’obtenir et le champ, encore à peine défriché, des applications qu’il a ouvert aux chercheurs, aussi bien dans le domaine de la physique pure que de la chimie, de la biologie et de la médecine.
- LES APPLICATIONS DU CYCLOTRON EN PHYSIQUE
- Bappelons d’abord succinctement quelques notations d’atomistique moderne.
- Les particules a sont les noyaux des atomes d’hélium et sont représentées par le symbole 2He4, l’indice a
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- indiquant la charge du noyau (le nombre atomique), l’exposant 4 la masse de la [(articule. Cette dernière indication doit figurer dans le symbole pour distinguer entre les divers isotopes d’un même atome (7).
- Le proton étant le noyau d’un atome d’hydrogène sera représenté par le symbole jH1.
- Le neutron est un noyau d’hydrogène, mais de charge électrique nulle. 11 sera donc représenté par
- x-
- Dans la même représentation, l’azote sera 7N14, le lithium sLiG ou sLi7 suivant les cas, etc.
- 11 est alors possible de traduire les résultats des expériences par des formules, analogues aux formules chimiques classiques, mais qui rempliraient de joie les anciens alchimistes, car elles montrent que la transmutation des éléments les uns dans les autres a cessé d’être une chimère pour devenir une réalité.
- C’est ainsi que Blackett a montré que les particules a sont capturées par les atomes d’azote et qu’il y a immédiatement rupture de l’atome pour donner deux [(articules dont l’une est un proton et l’autre une particule de masse atomique 17 qui est, comme on l’a vérifié ultérieurement, un isotope de l’oxygène. De sorte que l’on [(eut écrire :
- 7N14 + 2 lie4 = 8017 + jH1.
- De même, Cockrofl et Wallon, en bombardant du lithium par des protons, ont constaté l’émission de particules a, réaction que l’on peut écrire :
- 3Li7 + jbi1 = 2 Ile4 + 2He4.
- Grâce à l’emploi du cyclotron, en bombardant à l’aide de deuterons des cibles constituées de pratiquement tous les cor)(s simples, on a pu obtenir des transmutations dans tous les cas, même celui de l’uranium.
- En 1934, L Curie et F. Joliot ont trouvé qu’en bombardant du bore, du magnésium, de l’aluminium par des particules a, il y avait une émission considérable de positrons, et d’électrons et que, si on supprime le bombardement, l’émission ne cesse pas instantanément, mais diminue à un taux caractéristique de 1 élément. C’est ainsi que pour le bore, l’activité est réduile de moitié en 10 mn environ. On a trouvé par l’analyse chimique que le corps provoquant cette activité se comporte comme l’azote et on a représenté le phénomène par l’équation :
- cBo10 + 2He4 = 7N13 + X
- X étant le neutron. L’azote de masse atomique i3 qui intervient dans cette équation est instable et par conséquent, tend à se transformer en 1 élément immédiatement inférieur, le carbone, par perte d’une charge positive, d’un positron, suivant la formule :
- 2N13 = 0C1S + e+.
- 1. C’est ainsi par exemple que pour le lithium où tous les atomes ont une charge de 3, la masse atomique de 8 pour 100 des atomes est de 6 ; 92 pour 100 ont une masse atomique de 7, do sorte que le poids atomique d’un échantillon quelconque est compris entre 6 et 7. On dit que le lithium est formé de 2 isotopes que l’on représente par les symboles Jü6 et ;.Li7.
- ......=;............ :r: : 559 =====
- Cette réaction est possible, car on connaît un carborie de masse atomique i3.
- La propriété de devenir radio-actifs par bombardement à l’aide de particules a fournit une méthode très simple d’examen des transmutations produites. La détection de l’activité peut être faite par 1 eleeiroseope ou le compteur de Geiger. La seule mesure précise qu’il est nécessaire de faire est celle de la vie moyenne de la substance radio-active. Nous verrons plus loin les applications en chimie pure de ces propriétés. Dans ce domaine de la transmutation des éléments encore à peine défriché, le cyclotron sera certainement un puissant instrument de découverte. En effet, l’agent indispensable pour réaliser une transmutation est un faisceau intense de particules chargées rapides, le cyclotron les produit en abondance ; c’est ainsi qu’en débitant ao-3o (uA à 5,5 millions d’électron-volts, régime normal de l’appareil, l’émission représente, en nombre de particules, l’émission totale de i kgr de radium.
- Les neutrons produits en grande quantité par le bombardement du glucinium par des particules a ou des deuterons sont extrêmement intéressants car, n'ayant pas de charge électrique, ils échappent aux répulsions électrostatiques du noyau et peuvent le bombarder avec une grande efficacité. Habituellement, on se sert, comme source de neutrons, d’un petit tube de verre dans lequel on emprisonne du radon en présence de glucinium. Le cyclotron en fonctionnement normal produit des neutrons à un taux 100.000 fois plus fort que la quantité de radium en équilibre avec 1 gr de radium. L’intensité du faisceau de neutrons est telle qu’à 10 m de l’appareil, dans l’appareil de condensation de Wilson, le nombre des centres de condensation est plus de 10 fois celui que l’on obtient en plaçant à 20 cm seulement 1 gr de radium mélangé de glucinium. G’est dire quelle puissance de production possède le cyclotron et, comme nous l’avons dit dès le début, rien n’empêche, en augmentant ses dimensions, le voltage appliqué et l’intensité du champ magnétique, d’arriver à des résultats encore [dus formidables.
- 11 ne faut pas cependant oublier qu’à ce moment des difficultés nouvelles se présenteront sans doute qui reculent loin dans l’avenir la réalisation de la libération de l’énergie du noyau des atonies et la production industrielle de l’énergie par désintégration de la matière. Les expériences ont montré que la masse et l’énergie sont mutuellement convertibles et que, dans beaucoup de cas, un excès d’énergie est libéré par le bombardement d’un noyau, provoquant la formation d’un nouveau noyau de masse différente. Malheureusement, il y a si peu de projectiles qui soient efficaces et rencontrent un noyau, que, malgré que chaque fois que « le coup est au but », il y ait libération d’énergie, au total la dépense -d’énergie est infiniment supérieure au gain. Peut-être, dans l’avenir, par un moyen encore inconnu, pourrait-on améliorer le rendement, l’efficacité du tir, augmenter en un mot la proportion des coups au but ; ceci est une anticipation et non un rêve, car le chemin à parcourir
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- n’est pas plüs considérable que celui qui séparait les millionièmes d’ampère de l’émission thermo-ionique des électrons dans les premières expériences, des centaines d’ampères que débitent couramment les modernes thyratrons.
- LE CYCLOTRON ET LA BIOLOGIE
- On sait que les rayons X, les radiations du radium et, d’une façon générale, de toutes les matières ionisantes provoquent à l’intérieur des tissus vivants la destruction des cellules si elles sont suffisamment intenses. Suivant leur nature, les cellules résistent plus ou moins bien : les cellules jeunes, à croissance rapide, sont, plus sensibles que les cellules plus vieilles. C’est ainsi que la peau d'un enfant est plus « radio-sensible » que celle d’un adulte et que les cellules malignes comme celles eonst il liant le cancer sont moins résistantes que les tissus normaux. Or, le cyclotron est un générateur extrêmement puissant de neutrons ; ce sont des nouveaux venus dans le domaine biologique et leurs actions inconnues jusqu’alors ont commencé à être étudiées il y a seulement ans environ. Les expériences physiques que nous avons relatées plus haut montrant qu’ils ont une puissance d’ionisation formidable, avant toute chose, on chercha à protéger les expérimentateurs contre leur action possible. C/esI ainsi qu’à Berkeley, l’appareil fut. entouré complètement d’un mur d’eau de i m d’épaisseur, la table portant les instruments de mesure placée à plus de 20 m de l’appareil et la salle dans laquelle il était situé, complètement isolée et interdite pendant son fonctionnement.
- Ces précautions se sont révélées judicieuses, car d’après les premières expériences biologiques, en opérant sur un rat dont on suivait la teneur du sang en globules rouges, par la même méthode que les radiographes emploient pour contrôler leur étal de santé, on constata que les neutrons sont 5 fois plus actifs que les rayons X pour le rat. Des résultats du même ordre furent également trouvés en ce qui Concerne l’action destructive sur les œufs de drosophile, les semences de blé, les spores de fougère, etc.
- L’action sur les divers tissus vivants fut ensuite entreprise. D’après les premiers résultats préliminaires, il apparaît que les neutrons agissent d’une façon un peu différente de celle des rayons X sur les tissus. On a trouvé par exemple que pour le carcinome mammaire (sorte de cancer) pour une intensité de 700 /• ('), f>o pour ioo seulement, des cellules survivent et qu’à 1.000 r, elles sont toutes tuées, les nombres correspondants pour les rayons X étant respectivement 3.6oo r et 4-5oo r. 11 est intéressant de noter que {jour tuer l’animal en expérience, une souris dans le cas particulier, la dose de neutrons correspond à 120 r, tandis quelle est de 4oo r pour les rayons X, c’est-à-dire que la dose que peut supporter la souris est de
- 1. r est le rœntgen défini comme l’ionisatîon produite par mie unité de charge électrostatique dans i centimètre cube d’air dans les conditions normales de température et pression.
- 4oo/3.6oo soit le 1/9 de la radiation nécessaire pour tuer le cancer dans le cas des neutrons et seulement 120/700 ou 1/6 dans le cas du traitement par les rayons X, ce qui montre un avantage marqué en faveur des neutrons. Ces études méritent donc d’être poursuivies activement.
- APPLICATION DES RADIO-ÉLÉMENTS EN BIOLOGIE
- Une autre application que le cyclotron a permis dans le domaine biologique, comme nous le verrons plus loin, aussi bien que dans celui de la chimie pure, découle du fait que pratiquement tous les éléments peuvent être rendus radio-actifs. Or, les éléments radio-aetlvés sont des isotopes d’éléments ordirnaires, de sorte que, puisqu'ils se comportent à tous les autres points de vue (chimique, thérapeutique, etc.), comme ces éléments, on peut les leur substituer en huit ou en partie. Ceci revient à dire que si l’on a, par exemple, rendu radio-actif le sodium, dans le chlorure de sodium, dans toutes les transformations que pourra subir ce sel, il transportera avec lui cette propriété, celle étiquette, qui permet de le déceler où qu’il se trouve, même en doses qui échapperaient, à l’analyse microchimique la plus raffinée.
- Ln effet, pour des déterminations quantitatives ordinaires, il faut opérer sur au moins 1 o-6 gr ; pour les analyses spectroscopiques, on peut descendu1 jusqu’à io~!l gr. Pour les mesures de radio-activité, on peut suivre un élément même lorsque*, la quantité présente n’est, que io-17 gr, c’est-à-dire lorsqu'il est réellement invisible.
- Or, un des problèmes les plus importants des recherches biologiques est de suivit; le processus par lequel les tissus des plantes et. des animaux réalisent la synthèse des divers composés organiques à partir des matières nutritives qui leur sont fournies et la répartition de ces composés dans tout l’organisine. Celle dernière partie du problème est beaucoup simplifiée si, dans les matières nutritives, on introduit des isotopes iadiô-actif's de certains corps dont la présence, dans les différentes parties de l organisme‘peut, ensuite être examinée par les méthodes spéciales à la radio-acli-vilé.
- lin des premiers exemples d’application pratique a été réalisé en iq3i par Uevesy qui utilisa, ne disposant pas du cyclotron à cette époque, les isotopes radioactifs de plomb que l’on rencontre dans la nature. Si l’on fait pousser une plante dans Une solution renfermant un sel de- plomb, ce métal, entrant par les racines se répand dans toute la plante et peut être décelé qualitativement e t évalué quan t M al iveméhl; dans les cendres des fruits, des feuilles, des tiges, etc. Si après un certain temps, la plante est transférée dans une solution imtritivc ne renfermant pas de plomb, les quantités de métal absorbé restent inchangées et 011 petit, par suite, supposer que, la fixation est, définitive, Or il n’en est rien, Èn répétant les expériences et en utilisant d’abord un sel de plomb radio-actif
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- (radium J.)), non iseulement les mesures gont plus aisées niais si la piaule (après avoir été plongée jusqu’à cp tj ne l’étal d'équilibre soit atteint) est transférée dans im milieu de même composition, mais où le plpmb radio-actif est remplacé par du plomb ordinaire, on constate que les alom.es radio-actifs disparaissent graduellement el sont remplacés par du plomb ordinaire. En d’autres termes, les atomes de plomb ne sont jamais fixés dans les tissus, mais se déplacent dans la plante, s échangeant entre les cellules ; les composés chimiques sc forment et se détruisent continuellement. On a aussi pu montrer que dans certains cas, les atomes de plomb engagés dans des combinaisons organiques dans les plantes pouvaient être partiellement remplacés par d’autres métaux lourds, le cuivre eu particulier.
- Avec des éléments qui sont des constituants normaux des tissus, on pouvait penser que la fixation était définitive. Au contraire, on a obtenu des résultats très analogues. Grâce au phosphore radio-actif, on a pu constater que les atomes de phosphore sont en déplacement constant dans les plantes, passant, pendant la croissance, des feuilles anciennes aux nouvelles.
- Dans les animaux, le phosphore introduit par injection se répartit immédiatement, par l'intermédiaire du sang, dans tout J organisme et est éliminé par les reins et la rate. Les échanges qui se produisent dans les os et les dents peuvent être suivis par remploi du phosphore radio-actif. On sait que l’organisme utilise les os comme réserves de sels inorganiques ; l’expérience a montré que les atomes des sels insolubles déposés, meme à une distance considérable des vaisseaux sanguins, dans la denture par exemple, sont en état d’échange constant avec les atomes des sels en solution dans les liquides des tissus et le sang. Quand, par exemple, on donne une dose de phosphore radioactif à un rat, après une semaine, en tuant l’animal, ou trouve 29 pour 100 du phosphore dans les os, 0,2 pour 100 dans les molaires, 3,3 pour ioo dans les incisives (qui sont, en état de croissance constant) et 3,2 pour ioo dans le foie. Si on laisse vivre le rat, on constate que le phosphore radio-actif est graduellement remplacé par le phosphore ordinaire même dans les incisives et les racines des dents bien que beaucoup plus lentement, malgré leur éloignement du système circulatoire.
- Ces quelques exemples suflisent pour montrer les services que peut rendre en biologie l'emploi de la radio-activité provoquée.
- En médecine, il n’est pas douteux que Fou pourra en retirer également ifc indications extrêmement précieuses, en parficuïierim ce qui concerne la distribution et l’efficacité des médicaments dans l'organisme. En les rendant radio-actifs, on pourra suivre leur élimination naturelle, la proportion qui s’accumule dans l’organisme et voir les organes qui les concentrent. Ainsi, des discriminations pourront être établies entre les diverses préparations pharmaceutiques et leur valeur thérapeutique mesurée sans contestations. Par exemple, entre les innombrables préparations de phos-
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- phatps assimilables, liquides on solides, sur la valeur desquels les médecins ne sont pas d’accord, il sera possible de choisir définitivement celles qui ont une action certaine que l’on pourra d’ailleurs mesurer.
- De même, dans le frailement de la syphilis par les composés de bismuth, ou a pu suivre, à l’aide du radium E employé comme indicateur, la rétention du bismuth dans J'organisme où il s’accumule en doses considérables en maintenant un étal antisyphilitique cl comparer l’efficacité des divers sels de bismuth. Ou a aussi montré que dans le cas des tumeurs cancéreuses, les tissus malades retiennent des doses de Idsmulh supérieures à celles qui se fixent dans les tissus sains.
- Les radio-élémenls peuvent être non seulement utilisés comme indicateurs, mais également comme médicaments proprement dits et agir par les électrons el les rayons y qu’ils émettent. C’est ainsi qu’il est possible de préparer du sodium (sous forme de chlorure de sodium) si fortement radio-activé qu’il est comparable au radium lui-même. Mis sous forme de solution physiologique, on peut l’injecter dans la circulation sanguine, où il produira dans tout le corps, des radia-lions qui dans certains cas de leucémie auront un effet, extrêmement salutaire. La méthode de traitement par iujeclion de sodium radio-activé est supérieure au trai-lemenl par les rayons X ou les applications de radium, car on peut localiser exactement le point d application sans courir le risque de soumettre le reste du corps à lac lion des radiations. De plus, la courte vie moyenne du radio-sodium (i5 h) permet de graduelle rayonnement et de faire des applications de courtes durées sans nécessiter comme pour le radium de retirer le tube de substance radiante, opération parfois douloureuse.
- Dans ces applications médicales, on n’en est encore qu’à l’aurore du développement, mais les perspectives que l’on entrevoit sont des plus prometteuses.
- LES RADIO-ÉLÉMENTS EN CHIMIE
- Nous terminerons cet, exposé des applications que le nouvel outil de travail, le cyclotron, permet d’envisager ou d’étendre, en disant quelques mots de remploi 4es connue indicateurs en chimie
- analytique. G’gst nu chapitre tout nouveau dp cette science qui, pour les chimistes classiques semblera un peu mystérieux e<t eu dehors de leur discipline actuelle.
- JJn problème que Ion rencontre fréquemment est celui de la distribution des traces d’un élément entre précipité ci solution, j)e petites quantités d’un élément peuvent .être incluses, soit par corprécipitalion, soit par adsorption dans les cristaux d’un précipité ou bien rester dissoutes quand on a effectué J a précipitation complète.
- Par exemple, si on veut déterminer la teneur en plomb de roches ordinaires ou de météorites, dans lesquelles cette teneur est de l’ordre du-i/ioo.ooo, les méthodes analytiques ordinaires sont impuissantes.
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- é= 562 .........—--------------------
- Üii utilise alors le radium D comme indicateur. A cet effet, on ajoute une quantité connue de liai) à la solution. Par éleclrolyse, il se dépose RaDO2 en même temps que le plomb. Si, à la lin de l’opération on ne récupère que So pour 100 du liai) ajouté à la solution, on en déduit que l’analyse du plomb n’a été réalisée, elle aussi, qu’à 80 pour 100 et on augmente de ‘20 pour 100 les résultats trouvés pour obtenir la teneur réelle en plomb de la roche examinée.
- Une autre application : la détermination de la solubilité du clïromate de plomb qui, à la température ordinaire, est trop faible pour être trouvée avec exactitude par les méthodes gravimélriques ordinaires. On ajoute une quantité connue de ThB à une quantité connue d’un sel de plomb soluble et la radio-activité du mélange est déterminée en unités quelconques, par exemple, le nombre de divisions de l’échelle de l’élec-Iroscope parcouru par minute par le spot lumineux. On sait donc qu’une division de l’échelle correspond à une certaine quantité de plomb (par exemple o mgr ooi). Ceci étant établi, on prépare le clïromate de plomb à partir du mélange à la façon ordinaire et, quand la solution saturée est en équilibre à une température donnée, on évapore à siccité quelques centimètres cubes de la solution et l’on mesure à l’aide de l’électroseope l’activité du résidu presqu’invisible, on détermine ainsi la solubilité. Somme toute, à une détermination de poids, nous avons substitué l’observation d’une propriété qui se mesure avec une sensibilité supérieure à celle que donne la balance et, de plus, nous avons fait porter celte mesure sur une grandeur absolue supérieure, c’est-à-dire que nous avons utilisé deux facteurs d’amplification.
- L’emploi des indicateurs isotopes peut seul renseigner sur les autres changements des atomes et des molécules à l’intérieur d’une substance homogène. Un exemple très simple est le mélange d’une solution activée de nitrate de plomb à une solution ordinaire de chlorure de plomb de même concentration. En faisant cristalliser par refroidissement du mélange le
- chlorure de plomb, on constate, ce que la théorie de la dissociation électrolytique prévoyait, que les cristaux renferment des atomes de plomb provenant, eu nombre égal, des deux solutions initiales. Au contraire, si on dissout simultanément du nitrate de plomb activé et un autre sel de plomb dans lequel le plomb est engagé dans un radical non ionisable, comme dans le plomb lélraphényle, par recristallisation, on constate qu’il n’y a eu aucun échange d’atomes de plomb entre les deux sels. U race à celle méthode, on a pu, surtout en chimie organique, étudier le mécanisme de certaines réactions, examiner la solidité des liaisons des dérivés bromés ou iodés, par exemple, montrer que la racémisation d’un composé iodé optiquement actif est précédée d’une substitution, etc.
- CONCLUSION
- D’après ce rapide exposé, on peut juger de l'intérêt que présentent les radio-éléments, non seulement, au point de vue de nos connaissances de la constitution ultime de la matière, mais également au point de; vue des applications possibles dans les domaines les plus variés : biologie, médecine, agriculture, chimie pure, etc., où ils se présentent comme un nouvel outil de recherche extrêmement efficace.
- Jusqu’à ces dernières années, le champ des applications était restreint, car on était limité, comme matériel de bombardement de la matière aux radiations spontanées des corps radio-actifs, peu nombreux, rares et par suite coûteux.
- Le cyclotron met à la disposition des expérimentateurs un moyen d’action infiniment plus puissant et plus maniable qui permet de rendre tous les éléments pratiquement radio-actifs et élargit ainsi à l’infini le domaine des recherches dont les premiers résultats montrent déjà la très grande valeur scientifique et pratique.
- H. Vigneron.
- LE NOUVEAU PHARE D’OUESSANT
- Les abords de la pointe de la Bretagne dont les roches granitiques se dressent face aux houles de l’Océan sont parmi les plus dangereux du monde (fig. i).
- La presqu’île d’Audierne terminée par la pointe du llaz se prolonge par une longue bande de roches sous-marines, s’étendant à plus de 12 km en mer, jalonnée par Sein, levennec, Basse-Froide, Ar-Men, constituant la chaussée de Sein qui ne laisse, entre la côte et l’île de Sein, qu’une passe étroite : le raz de Sein.
- Au Nord, l’entrée de Brest dont la rade magnifique est capable d’abriter les flottes les plus puissantes est défendue par une multitude de récifs, îles et îlots : Reniguel, Molène, Bannec, la chaussée des Pierres-Noires, Quemenès, Trielen, Lytiry, les Serroux, la chaussée des Pierres-Vertes et Ouessant, la plus grande
- des îles, à 4 h de bateau de Brest, véritable sentinelle avancée à l’entrée de la Manche, au bord d’une fosse de i5o m de profondeur.
- Entre la côte et l’archipel, le chenal du Four, entre les îles et Ouessant, le passage de Fromveur sont les seules l'outes que puissent emprunter les navires.
- Plus au Nord enfin, les Roches de Portsall, le plateau de Ruysen et le plateau du Lezent, défendent l’entrée de l’Aber Benoît et de l’Aber Wrach, véritables fjords pénétrant profondément dans les terres.
- A ces obstacles naturels, la nature en a ajouté d’autres tout aussi redoutables : mer agitée sauf en de très rares accalmies, courants violents, changeant d’intensité et de sens au gré des marées et des vents et, pendant les longs mois d’hiver, brumes épaisses mas-
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- quant les récifs sous-marins en dérasanl, à peine la surface de l’eau.
- Pourlanl ees parages sonl extrêmement fréquentés aussi bien par les vaisseaux allant à Brest que par ceux passant de J’Atlanlique dans la Manche.
- Si les éléments semblent avoir à plaisir rendu celle côte hostile aux marins, les hommes y ont, ae-c u m uI é les moyens de protection el les dispositifs de sécurité : feux lixes, phares,
- I jouées lumineuses el sonores, phares ra-diogoaiométri-ques. Si d’une façon générale,
- I e s e ô les d e France sont, les mieux balisées du monde, si nous pouvons èlre légitimement liers de leur éclairage el de leur signalisation, c’est sur l'extrémité de la presqu’île armoricaine que se trouvent concentrés les plus puissants moyens de défense contre la traîtrise des éléments marins.
- Du feu de Pontusval dans les Côtes - du-Nord, en face de Brignogan, au feu de Beno-1 det à l’embouchure de la rivière de Pont-L’Abbé, ao phares et 56 feux ou bouées s’allument le soir pour guider les navires. Au pavillon de la Marine Marchande à l’Exposition de Paris, une maquette en relief permettait de se rendre compte d’une façon frappante de leur distribution, car en appuyant sur un boulon, on allumait tous ces feux.
- La liste des phares sepls est particulièrement intéressante et leurs noms sont tous familiers et universel-
- r... ----------- , - 563 ==
- lement célèbres. Ce sont : le phare de l’Jle Vierge, au Nord de l’Aber-YVrach, le phare du Stiff, le phare de Créach et le phare de la Jument, trilogie qui signale et délimite Ouessant el le passage du From-veur avec le phare de Kéréou sur l’île Bannec, le
- phare du Four, le phare de Tré-zieu, le phare de Kermorgan cl le phare de Saint - Mathieu j a 1 o il liant le chenal du Four ; le phare des Pierres-Noires garde la chaussée de$ Pierres - Noires et l’entrée dq goulet de Brest que délimitent d’une façon encore plus précise les phares du petit Minou, de Porlzic el en face le phare du Tou-linguel ; le phare de Morgat el le phare du Millier délimitent la baie de Douarnenez ; le phare de la Vieille, le phare de l’île de Sein et, en sentinelle avancée, le phare d’Ar-Men jalonnent la chaussée de Sein. Enfin, au Sud, le phare d’Eckmühl signale la pointe de Pennmarc’h, De tous temps, l’île d’O uessantj prolongée dans plusieurs directions par des chaussées, a porté des phares pour empêcher les navigateurs de s’en approcher à moins de a milles 1/2. Le phare du Créach qui se dresse en arrière d’un entassement cyclopéen de blocs de granit déchiquetés dressés vers le ciel (lig. a) était primitivement constitué par une tour au sommet de laquelle on allumait des feux de goudron. Il fut ensuite équipé l’un des premiers des lentilles et des lampes les plus puissantes et déjà, à l’Exposition
- Ph.du Four'
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- Fig. 1.
- Carte des abords de Brest.
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- l 'niverselle de iqoo, figura il. l'optique (|ui y a (dé ins-lallée depuis et qui va être remplacée par h* magni-
- fique dispositif installé au sommet de la tour du pavillon de la lumière et dont les rayons couvraient lout Paris chaque soir.
- Le phare encore en service comporte une oplique double de o m do de distance locale donnanl deux éclals blancs de .1/10 de se-('oude loules les m s. La puissance lumineuse esl de :m ou do millions de bougies suivanl que laie électrique alternatif des lampes esl alimenté sous 4<r> \ à (io ou no A.
- La portée pendant la moitié de l'année est de 57 km (d i milles) el pendant les périodes brumeuses de :«> km (i:< milles), mais par brume 1res épaisse, elle est inférieure à :> milles 5 qui, comme nous l'avons dit plus haul, n'assure pas une protection complète.
- Aussi le Service des Phares et Balises a-t-il, dès îçpaS, établi un programme d’amélioration de la signalisation, en cours de réalisation, comportant le mouillage de nombreuses bouées lumineuses et de signaux sonores, aussi bien autour d’Ouessant que le long de la chaussée de Sein et l’augmentation de la puissance du phare de Créaeli. En oulre, les navigateurs trouvant lmp brève la durée, des éclals, on a prévu b* doublement de leur durée.
- Fil/, li. — La nouvelle optique du phare de Créach. (Constructeur : Société des anciens établissements barbier, Bénard-Turemie).
- //;/. 4. — Coupe verticale de l’optique du phare de Créach.
- Ventilateur principal Ventilateurs de tirage
- Hottes dàspirat' des gaz \ Treuil VI monte -\ charge m
- Lampe à arc
- chelles
- Cuve et flotteur à mercure
- I Moteur Lcommandt la rotation du phare
- Moteur de commande des vérins
- Vérins hydrauliques
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- 565 =
- Lampe à arc en attente
- i Lampe
- Escalier.
- 'Bague de jcrise de (courant
- Monte-charge
- Fig. 5. — Coupe horizontale à travers l’optique du phare de Crêach.
- On a résolu ce problème dont les conditions semblent contradictoires, en utilisant des arcs électriques à courant continu de forte densité de courant, dont le cratère positif brillant couvre toute la surface du charbon, Chaque arc absorbe 5o kw et la dimension de la source est de 28 mm de diamètre. Dans ces conditions, la distance focale a pu être portée à 65 cm.
- D’autre part, l’optique a été réalisée à l’aide de quatre appareils formés chacun de deux panneaux groupés (fig. 6) et placés, à cause de leurs grandes dimensions sur deux plates-formes superposées de façon à reproduire quatre fois au cours d’une révolution le caractère du feu à deux éclats groupés toutes les 10 s. Les panneaux dont la hauteur est de 2 m 20 ont une surface utile de verre de 20.836 cm2 par panneau. Ils se composent d’une lentille centrale et de 11 éléments annulaires échelonnés, formant une partie dioptrique dont l’ouverture est de 85°, la distance focale de o m 645 et l’amplitude horizontale de 8o°i5. Celte
- Fig. 6. — Vue des lentilles du phare.
- Le nouvel appareil qui sera installé au Créaeh ligurait à l’Exposition el nous allons le décrire brièvement.
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- La ligure 3 montre la vue d’ensemble de l'appareil optique installé à Paris et la ligure 4 la coupe verticale du phare. La lanterne circulaire qui abrite les appareils d’éclairage a un diamètre de 5 rn 5o et, une hauteur totale de i3 m /40, y compris le paratonnerre. Elle pèse environ 38 t et comprend à la partie inférieure un soubassement, formé de panneaux de fonte boulonnés, de 2 m de hauteur, au-dessus un vitrage cylindrique formé de glaces de 8 mm d'épaisseur, divisé en 'deux étages de 2 m 78 et 2 m 5o de hauteur respective et enfin à la partie supérieure une coupole en cuivre rouge surmontée d’un ventilateur cylindrique, d’un paratonnerre et d’une girouette.
- Le système optique du phare présente des particularités intéressantes imposées par les conditions à réaliser : augmentation de la puissance lumineuse et, augmentation de la durée des éclats.
- En effet, pour augmenter l’intensité lumineuse, on est conduit à augmenter la dimension des panneaux optiques et la brillance de la source, en utilisant l’arc électrique. Mais les dimensions transversales des arcs sont faibles et, pour avoir des éclats de durée assez longue, il faut diminuer la dislance focale ou l’amplitude des panneaux optiques. Si, d’autre part, on ne veut pas que les éclats successifs soient trop espacée, il faut accroître la vitesse de rotation de l’optique, ce qui réduit la durée des éclats.
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- Fig. 7. — Les lampes à arc.
- partie dioptrique est comprise entre huit anneaux catàdioptriques de coupole et huit anneaux catadioptriques de couronne inférieure jouant le rôle de prismes à réflexion totale et permettant une meilleure utilisation du flux lumineux.
- La rotation est assurée par un moteur électrique à l’aide d’un réducteur de vitesse à vis fans fin qui lui fait accomplir un tour complet en 4o s. Tout l’ensemble tournant repose, comme dans tous les phares modernes, sur un bain de mercure de 80 1 environ correspondant à un poids de i.ioo kgr de mercure.
- La lampe à arc (fig. 7) comporte un système de régulation dont le rôle est de maintenir rigoureusement au foyer du système optique le cratère'du charbon positif et de maintenir également constante la distance entre les charbons pour éviter une variation dé tension aux bornes. .Ce but est atteint en faisant avancer simultanément les deux charbons au fur et à mesure de leur usure. De plps, le charbon positif est animé d’un mouvement de rotation afin que le cratère lumineux soit parfaitement régulier. L’allumage est instantané, les charbons étant à l’extinction et
- un électro-aimant décollant le charbon négatif au moment de la fermeture de l’interrupteur dêallumage.
- La tension aux bornes est de 85 v et l’ampérage compris entre 45o et 5oo A. Le charbon positif de 28 mm de diamètre a une usure horaire de 3oo mm environ, le charbon négatif de i4 mm de diamètre a une usure horaire de 80 mm environ.
- Pendant les périodes de beau temps clair, on remplace les lampes à arc par de simples lampes à incandescence de 3 kw (sous 110 v).
- Ces arcs puissants dégagent des quantités de gaz importants qu’il faut évacuer. Aussi, au-dessus de chacun d’eux se trouve une boîte qui recueille les gaz cl les dirige dans un collecteur central où deux ventilateurs électriques accélèrent leur évacuation.
- La chaleur dégagée par le fonctionnement des arcs atteint i3a.ooo cal/h, qu’on évacue à l’aide d’aspirateurs électriques répartis sur le pourtour de la lanterne à hauteur de la base de la coupole.
- Le poids total de la charge axiale de l’ensemble des appareils est de 36 t environ.
- Nous ne ferons que signaler les nombreux dispositifs accessoires que nécessite une installation si importante : monte-charge pour la manutention des lampes à arc de réserve, systèmes de contrôle électrique de l’usure des charbons pour permettre le remplacement des lampes (il y a toujours deux lampes en service, l’une en activité, l’autre en attente, le changement se faisant grâce à un système de rails à embranchement sur lesquels roulent les chariots porte-lam-
- Fig. 8. — La chaussée de Sein et les phares qui la jalonnent.
- Ces phares coopèrent avec le phare ( d’Ouessant . à la signalisation de cette côte dangereuse.
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- pes), connexions mobiles du courant d’alimentation des lampes, dispositifs de sirène de brume, etc.
- Aussi la puissance installée nécessite-t-elle des groupes générateurs dont la puissance totale atteindra 600 ch qui seront produits au Créach même par des locomobiles. Naturellement, il y aura également des
- ..' =
- générateurs de réserve, le service des phares ne pouvant jamais être interrompu.
- Telles sont les caractéristiques principales de ce nouveau phare, le plus puissant de nos côtes, qui bientôt éclairera les approches de l’île d’Ouessant.
- H. Vigneron.
- = SUR LES ILLUSIONS D'OPTIQUE = PROVOQUÉES PAR UN PHARE TOURNANT <’>
- Me trouvant un soir sur une place, à k km du phare puissant installé, pendant l’Exposition, devant l’École de Guerre, tournant le dos à ce phare et levant les yeux, j’ai eu, sans y penser, l’impression très nette que les faisceaux qui balayaient le ciel provenaient d’un phare tournant à l’opposé du phare réel. D’autres personnes, invitées à se placer de la môme manière, ont éprouvé, sans hésitation, la même impression.
- Cette observation fait aussitôt songer au phénomène de l'antiphare décrit récemment par MM. Colange et Le Grand (2). Elle s’en distingue cependant par plusieurs points :
- i° L’antiphare lui-même n’est pas visible. En se plaçant sur la terrasse très dégagée de l’Institut d’Optique il ne l’est pas davantage. Cela vient de ce que les faisceaux, au lieu d’être quasi horizontaux et de passer très près de la tête de l’observateur, comme c’était le cas pour les observations précitées, ont une forte inclinaison vers le haut. L’apparition du point, antiphare, due à la rétro-diffusion, relativement intense dans une direction très voisine de celle du faisceau, ne peuL donc se produire. Le faisceau, très visible au zénith, cesse par extinction au-dessus de l’horizon. L’impression reste cependant très nette qu’il émane d’un point non visible situé vers l’horizon, comme si un phare, caché par un rideau de brume, lançait des faisceaux inclinés, visibles seulement au-dessus de ce rideau. Les conditions précises indiquées comme étant nécessaires au phénomène de l’antiphare ne sont donc pas aussi rigoureuses quand il ne s’agit que de l’illusion sur le point dé départ des faisceaux.
- L’explication géométrique du phénomène a la même base évidemment que celle que donnent MM. Colange et Le Grand pour l’antiphare : le plan contenant le faisceau et l’ocil de l’observateur, tourne autour de la droite qui joint celui-ci au phare. Si l’observateur ne voit pas le phare, si son jugement n’est pas influencé par le sens dans lequel le faisceau s’élargit et dans lequel sa brillance décroît, ce qui est le cas quand on est suffisamment loin du phare et qu’on voit rapidement passer le faisceau au voisinage du zénith, en tournant le dos au phare, il est clair que les sensations musculaires que l’observateur éprouve pour suivre le faisceau c’est-à-dire le mouvement du plan en question, sont exactement les mêmes que si ce faisceau émanait réellement de l’antiphare.
- Cet élément physiologique me semble jouer dans la question un rôle essentiel. Tl a une réalité objective plus certaine que le phénomène-de perspective évoqué par MM. Colange . et Le Grand, fis considèrent, à partir de chaque point C du faisceau, une droite CD parallèle à la droite qui va du
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences le 8 novembre 1037., . ..............
- 2 Comptes rendus, 204, 1937, p. 1882. ; é ' C -
- phare P à l’observateur ,0 et disent : « l’observateur voit toujours les droites PC et CD dans le prolongement l’une de l’autre; or toutes les droites telles que CD paraissent diverger du point E à l’infini de la droite PO; il en sera donc de même pour le prolongement de tout rayon lumineux tel que PC ».
- On peut opposer à cette explication que rien ne rend visibles les droites CD en dehors du faisceau, qui, lui, ne va pas passer par le point E à l’infini. Mais si, en même temps que la tête tourne pour suivre la rotation du faisceau, les yeux tournent dans leurs orbites pour suivre le faisceau depuis le zénith jusque vers l’horizon, ce qui est la meilleure manière de créer l’illusion de l’antiphare virtuel, la sensation du plan passant par le faisceau et l’œil est créée ainsi que la rotation de ce plan autour de la droite PO, exactement comme si le phare était devant l’observateur, au loin sur celte droite PO.
- Pourvu, bien entendu, que ne soit pas trop rapide l’extinction du faisceau, qui doit largement dépasser le zénith, les seules conditions atmosphériques dans lesquelles j’ai trouvé impossible l’illusion de L’antiphare virtuel sont celles où le faisceau s’arrête net sur des bancs de nuages, en en faisant voir les détails. Aucune illusion n’est alors possible sur l’origine de la tache éclairée qui tourne rapidement autour de l’observateur.
- a0 Tout ce qui précède s’applique, je le rappelle, au cas où l’observateur tourne le dos au phare. Si, au contraire, il se place de manière à regarder perpendiculairement à
- la ligne qui le joint au phare, en fixant les yeux vers le
- zinith, il se produit une autre illusion qui renforce d’ailleurs celle de l’antiphare : lorsque le faisceau, aperçu en vision indirecte, s’approche du zénith, il semble courbe, avec sa concavité vers le zénith. Dès qu’il a dépassé le zénith et s’en éloigne, sa concavité change de seps. Cela donne, dans une certaine mesure, l’impression qu’on voit deux faisceaux distincts venant l’un du phare et l’autre
- de l’antiphare virtuel, et constamment opposés l’un à
- l’autre. Bien entendu, dès qu’on cesse de fixer les yeux au zénith, cette illusion disparaît. Un autre observateur, invité à observer dans ces conditions, a éprouvé immédia-tenient la même impression sans qu’il eût été aucunement averti.
- Bien que cette illusion renforce celle de l’antiphare virtuel, elle doit avoir, je pense, une autre origine. Elle doit être due à la courbature de la rétine et à la distorsion des images formées dans l’œil en vision indirecte. En effet l’illusion disparaît, ou s’atténue beaucoup, dès que l’on suit attentivement le faisceau dans son mouvement, au lieu de garder les yeux fixés vers le zénith. J’ajoute qu’il m’a semblé que la concavité apparente du faisceau vers le zénith était plus accentuée quand l’image s’en formait, sur la partie de la rétine opposée à l’arcade sourcil-hère. Louis Dunoyer.
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- LA FABRICATION DES SKIS
- Si l’utilisation des skis, pour la progression sur terrains recouverts de neige, est en France de date relativement récente, il n’en est pas de même en Norvège. Dans ce pays nordique, en effet, d’immenses étendues neigeuses, rendant, en hiver, la marche extrêmement difficile, parfois même impossible, ont incité depuis longtemps les habitants à faire usage d’appareils légers, de grande surface portante, s’adaptant aux chaussures, et grâce auxquels on peut progresser facilement sur la neige, sans y enfoncer, et avec une rapidité beaucoup plus grande qu’avec de simples souliers, et même des raquettes à neige.
- L’usage des skis, en hiver, s’est peu à peu généralisé dans nos régions montagneuses, où il n’est pas rare d’en voir des enfants chaussés pour se rendre à l’école. Et le facteur, pour ses tournées, le docteur, pour les soins à donner aux malades, le bûcheron, pour son travail, et même, quelquefois, le prêtre, pour aller porter à ses ouailles les secours de la religion, se sont vus dans l’obligation de les adapter à leurs chaussures pour atteindre les villages ou hameaux isolés, perdus dans la neige qui recouvre les routes et empêcherait, pendant des mois souvent, toute communication avec les agglomérations voisines.
- Le ski, engin de sport. — Si, pendant de longues années, le ski ne fut employé que pour ces fins utiles, il advint que de jeunes sportifs, en déplacement en montagne pendant l’hiver, s’essayèrent à le pratiquer et le plaisir qu’ils y trouvèrent fut si grand qu’ils prirent, peu à peu, l’habitude de se rendre en montagne chaque hiver pour se livrer à nouveau à cette pratique, entraînant avec eux amis et amies, si bien que, d’utilitaire, le ski devint, peu à peu, un agrément, créateur d’un sport nouveau qui connaît à l’heure actuelle une vogue imprévisible à ses débuts. Et les grandes Compagnies de chemins de fer qui desservent des régions montagneuses, en bonnes commerçantes, en ont grandement facilité l’extension en créant, pendant les périodes d’enneigement, des trains à marche rapide, à tarifs réduits, qui permettent aux amateurs de ce sport de le pratiquer, même avec un congé de très courte dui'ée. Mieux encore, grâce aux billets d’aller et retour de week-end, il est possible, par exemple, aux fanatiques partant de Paris le samedi soir, vers 20 h, d’arriver au sommet du Revard, à 1.536 m d’altitude, — l’une des plus réputées parmi les stations de sports d’hiver, — en débarquant vers 5 h du matin, le dimanche, à Aix-les-Bains, où les attendent des auto-cars qui les conduisent à Mertens, point de départ du téléférique du Revard, dont ils atteignent le sommet 20 mn après leur départ d’Aix-les-Bains.
- Et, repartant le soir même de cette gare, ils peuvent, le lundi matin, reprendre leurs occupations avec une vaillance accrue par cette journée passée dans l’atmosphère vivifiante de la haute montagne, d’où l’on domine un panorama splendide.
- En raison de la vogue croissante prise par ce sport, nous nous sommes rendu à Chambéry, que domine
- superbement la Dent du Nivolet, derrière laquelle se trouve le Revard, et où nous avons été bienveillamment autorisé à assister à la fabrication des skis dans les ateliers des établissements Michel.
- Hickory et frêne. — Deux variétés de bois sont couramment employées pour cette fabrication : l’hickory, Carya alba, ou noyer blanc d’Amérique, proche parent de notre noyer et, comme lui, de la famille des Juglandées, importé du Canada et des Etats-Unis, et le frêne, Fraxinus excelsior, de nos pays, dont le bois est très recherché pour sa ténacité et son incomparable flexibilité et qui doit toujours être abattu en hiver, cet abatage étant arrêté avant mars, en raison de la montée de la sève.
- On emploie de préférence, pour la fabrication des skis, le frêne de marais, dont la souplesse est parfaite, de préférence au frêne de montagne, plus dur, plus cassant et souvent tordu.
- L’hickory est reçu d’Amérique en lattes mesurant de i.g5o à 2.44o mm de longueur, no de largeur et 35 d’épaisseur. Le frêne, dès son arrivée à l’usine, est tronçonné dans sa longueur, puis débité en planches de 35 mm d’épaisseur. Au cours de ce travail, pratiqué suivant le schéma de la figure i, on obtient des planches présentant deux genres de veines. Pour celles qui proviennent du pourtour de l’arbre, les couches concentriques du bois donnent ce que l’on appelle la veine « plate » ou « sur dosse ». Les mêmes couches, pour les lattes provenant de la partie centrale, donnent la veine « droite » ou sur « quartier », d’un plus bel aspect, et généralement préférée par les amateurs, quoique les lattes en veine plate donnent des skis glissant mieux et plus souples (fig. i et 2).
- Transportées dans un premier atelier, ces planches, après enlèvement du cœur de l’arbre et des rives, c’est-à-dire des parties situées près de l’écorce, sont disposées sur des tréteaux, et, après examen, pour chaque planche, de l’emplacement des nœuds et de l’écorce, un spécialiste trace, à l’aide d’une règle, une droite indiquant le passage du premier trait de scie.
- Un guide permet ensuite, à la même scie à ruban, de débiter les planches en lattes de 110 mm de largeur, ces lattes étant reprises au fur et à mesure par un troisième ouvrier qui les charge sur un wagonnet facilitant leur transport au hangar de séchage (fig. 3).
- Séchage des lattes. — I] a été reconnu, à la suite d’une longue pratique, que ce hangar (fig. 4), devait être orienté Nord-Sud. On a constaté, en effet, qu’une autre orientation produit une torsion du bois. Pour éviter, d’autre part, au cours du séchage, la fente des lattes, on trempe leurs deux extrémités, avant l’empilage, dans un bain de paraffine fondue.
- Ce séchage se prolonge pendant deux saisons, c’est-à-dire que les bois abattus en hiver ne sont employés, pour la confection de skis, qu’au second automne suivant leur abatage. Afin d’éviter, le plus possible, leur gauchissement au cours de cette longue période, cha-
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- que lit de ces lattes, qui sont d’ailleurs écartées les unes des autres pour faciliter le séchage, est séparé du lit supérieur par cinq rangs de liteaux.
- Skis de 1 m 80 à 2 m 30. — Au sortir de la pile de séchage, il est procédé à la coupe de long des lattes, la longueur à leur donner étant déterminée par les qualités et défauts qu’elles présentent. On obtient alors, par élimination des parties défectueuses, des lattes variant, en longueur, de io en io cm, de i m 8o à i m 3o. Ainsi amenées à leur longueur définitive, ces lattes sont dégauchies sur l’une de leurs grandes faces, rendue bien plane par cette opération, puis sur l’une de leurs petites faces, rendue ainsi bien droite.
- Alors est déterminé l’emplacement de la pointe, ou spatule, que l’on choisit suivant le fil du bois et les défauts que peut présenter encore cette latte. Autant que possible, on réserve, pour cette spatule, le côté du pied de l’arbre, qui est d’une souplesse plus grande.
- Les lattes passent ensuite à la raboteuse qui leur donne une largeur rigoui'eusement constante, variant suivant le type de ski (tourisme, descente, slalom), largeur qui servira de base pour le toupillage.
- Fig. 3. — Les planches destinées à la fabrication des skis sont tracées, les lattes débitées à la scie à ruban et chargées sur wagonnet.
- Après avoir mis la machine en marche, l’ouvrier, pour ce travail, appuie le bord du gabarit contre une sorte de poulie folle, montée sur billes sur axe vertical et placée sous la toupie qui tourne à 4.8oo t/m. Suivant le profil du gabarit, la latte, évidemment, se rapproche ou s’éloigne de la toupie qui lui donne ainsi, sur toutes ses parties, l’épaisseur désirée.
- Une seconde passe avec le même gabarit permet le débillardage de la seconde latte, cependant qu’un aide, dans la même salle, en monte, deux autres sur un second gabarit (fîg. 6).
- Cœur *irr///777J Partie
- inutilisable
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- Fig. 1. — Comment doivent être débitées les grumes dont on tirera les planches destinées à la fabrication des skis.
- Passages à J a toupie. — C’est maintenant que vont commencer, aux différentes toupies les passages successifs qui donnent peu à peu, à la latte encore brute, la forme définitive du ski. Ces opérations se font à l’aide de gabarits donnant, automatiquement, les épaisseurs et profils voulus, et, en raison des six longueurs différentes de skis, le nombie des gabarits utilisés pour ces travaux est d’environ une centaine aux établissements Michel, gabarits doubles, d’ailleurs, permettant le montage de deux lattes sur chaque gabarit (fig. 5).
- En premier lieu est effectué le débillardage, ayant pour but de tirer le ski en épaisseur, c’est-à-dire de lui donner le profil voulu. Pour cette opération, deux laites ont été placées sur le gabarit, une de chaque côté, et maintenues solidement à l’aide de presses doubles, montées sur tige filetée, qu’un écrou à double manette permet d’assujettir solidement sur les latles.
- Fig. 2. — Aspect des lattes.
- Préparation de la pointe. Cintrage de la spa= tule et cambrage du ski. — Les lattes débillardées, fixées sur un autre gabarit, sont présentées à nouveau à la toupie, placée à hauteur voulue, qui, va, maintenant, faire la pointe du ski.
- La spatule, dont la largeur vient d’être ainsi obtenue, doit être maintenant cintrée, c’est-à-dire relevée, afin de faciliter le glissement du ski sur la neige. On
- Fig. 4. — Paraffinage des extrémités et empilage pour séchage.
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- ----Semelle bois dur
- —— Bois ien dre ——Latte travaillée ----Semelle bois dur
- ___. Semelle dure profilêe
- s'appuyant sur le guide
- Table de la toupie
- Fig. 5, — Fixation des lattes sur un gabarit.
- obtenait ce cintrage, autrefois, en ramollissant le ski dans leau bouillante ou, à l’intérieur d’un tube hermétiquement fermé, dans la vapeur d’eau bouillante, et en l’immobilisant ensuite, jusqu’à séchage complet, sur une forme spéciale, à l’aide de cales et de serre-joints.
- C’était là un procédé lent, qui n’est plus employé aux établissements que nous avons visités, où l’on obtient le cintrage très rapidement par un procédé nouveau et d’une remarquable simplicité.
- Ce cintrage de la spatule est suivi du cambrage du ski, qui a pour but de lui donner une courbure en hauteur permettant de compenser le poids du skieur, et de le répartir sur toute la longueur.
- Ce cambrage se fait sur table métallique spéciale, cintrée à la demande, chauffée électriquement, un transformateur permettant dé régler parfaitement la température désirée. Maintenus à chaque extrémité par une barre de fer que quatre presses, une à chacun des quatre angles de la table, appuient fortement sur leurs extrémités, les skis y sont cambrés en un temps rigoureusement contrôlé et qui n’excède guère io rnn («g. l).
- Profilage en largeur et rainurage. — Les lattes venant du cambrage sont maintenant profilées en largeur, toujours à la toupie, sur gabarit spécial pour chaque opération et pour chaque longueur, et c’est précisément ce qui explique le grand nombre de gabarits utilisés dans cette fabrication. Puis, de chaque côté de l’emplacement du pied, et afin de les affiner, les skis placés sur d’autres gabarits sont nervurés, ce qui les rend plus légers et en répartit de façon rationnelle la flexibilité.
- Enfin, et toujours à l’aide d’une toupie, les skis montés sur d’autres gabarits reçoivent, sur la semelle, et exactement au milieu, la rainure spéciale, qui doit être bien droite, afin d’assurer au skieur une direction correcte.
- Ponçage de la semelle et appareillage. — On
- procède alors au ponçage de la semelle. Deux cylindres horizontaux, placés à quelque distance l’un de l’autre et qui entraînent une toile sans fin, recouverte d’émeri, de papier de verre ou de carborundum, tournent à grande vitesse dans le même sens, enfermés
- dans une sorte de caisse aux parois amovibles qui reçoit la poussière de bois provenant de ce ponçage. Reposant légèrement sur les parois de cette caisse, placées à un niveau légèrement inférieur à celui de la surface travaillante des cylindres horizontaux chargés d’abrasifs, le ski est appuyé et poussé en même temps sur ces rouleaux, qui tournent en sens contraire du mouvement de translation imprimé par l’ouvrier et, en quelques secondes, la semelle est entièrement poncée (fig. 8).
- C’est alors qu’a lieu l’appai'eillage des skis, appareillage effectué de façon que les dimensions, le dessin, des veines, le poids et enfin, d’une façon générale, les qualités de ces engins soient aussi semblables que possible pour chacun des deux skis appareillés. Ainsi classés par paii'es, mais encore bruts, ceux-ci sont portés aux ateliers de finition.
- Finition du ski. — Celle-ci est effectuée par des ouvriers qui, armés de la wastringue et du râcloir, achèvent de rendre absolument semblables comme poids, souplesse et fini, les skis déjà appareillés.
- Aloi's, a lieu dans le même atelier, le ponçage de la face supérieure du ski. Pour cette opération, celui-ci est posé sur un établi spécial, comportant à une extrémité un support sur lequel repose la spatule, qui ne risque pas ainsi delre déformée au ponçage. Il est aloi’s pi'atiqué à l’aide de cales de liège enduites d’abi'a-sifs en poudres de plus en plus fines donnant un poli pax-fait à ces engixxs.
- Le chef de fabrication conli'ôle à nouveau le poids, I’épaisseur, la souplesse et le fini de chacun des skis d’une même paire qui sont, api’ès l’éception, envoyés aux ateiiei’s de teinture et de vernissage.
- Teinture, vernissage et pose des fixations. —
- Les teintures employées, teintures alcalines, d’origine allemande, sont utilisées notamment pour la façon dite « Hickory ». Elles sont sans aucun l'apport, d’ailleurs, avec la teinte de l’hickory, qui est blanc à l’état natui'el, et donnent aux skis une teinte noyer un peu rougeâti'e. Cette teinture est suiviè d’un second et léger ponçage, du bouchage des pores et de quelques autres opérations, huit au total pour les skis de luxe et, enfin, du vernissage (fig. 9). L’apposition de la marque de fabrique, soit en décalcomanie, soit en dorure, à l’aide d’une matrice en cuivre chauffée, complète cette finition des skis qui reçoivent, pour terminer, l’indication de leur longueur et un numéro d’ordre par paire, après quoi, toujours assemblés par paires, ils sont portés à l’emmagasinage, dans une salle où sont également emmagasinés et classés les multiples gabarits employés dans la fabi'ication.
- Les fixations de différents modèles, qui ont pour but de maintenir solidement le pied sur le ski, grâce à un étrier et à des courroies pour le pied et le coude-pied, sont adaptées au moment de la livraison, après choix par le client du xnodèle qu’il préfèi'e.
- Bâtons de skis et luges. — Les bâtons de skis, dont les pièces sont fabriquées le plus souvent en cam-
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- De gauche à droite et de haut en bas :
- Fig. 6. — L’ouvrier toupilleur débillarde et son aide recharge un gabarit. Fig. 7. — Les skis reçoivent leur cambrure sur la table électrique.
- Fig. 8. — La semelle des skis est poncée.
- Fig. 9. — Une partie de l’atelier de teinture et de vernissage.
- Fig. 10. — Pose des disques sur les bâtons.
- Fig. 11, — Montage d’une luge.
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- pagne, sont généralement assemblés à l’usine, où un bâton, le plus souvent en châtaignier, quelquefois en frêne ou en bambou, terminé d’un côté par une pique, et portant à l’autre extrémité une dragonne, reçoit le disque en rotin que quatre courroies de cuir rattachent en son centre à un anneau de métal qui est fixé sur le bâton à l’aide d’une goupille (lig. io).
- Nous n’insisterons pas sur la fabrication des luges, le plus souvent en frêne, des types Davos ou Chamo-nix, que produisent également ces établissements et qui n’est, en somme, qu’un simple assemblage, relevant de l’art du menuisier, de pièces usinées mécaniquement (fig. n).
- Georges La.norville.
- = LE PROTOXYDE D'AZOTE, = LE MEILLEUR DES ANESTHÉSIQUES
- Le développement de la chimie organique a fourni, surtout depuis le début du xxe siècle, un nombre toujours croissant d’anesthésiques dont quelques-uns seulement ont pu être utilisés pratiquement. C’est qu’un anesthésique ne doit pas seulement supprimer la douleur, il faut encore qu’il soit sans danger ; certains provoquent trop aisément des syncopes respiratoires ; d’autres agissent trop lentement et risquent de ne produire qu’une insensibilisation incomplète ; beaucoup s éliminent difficilement et provoquent des complications post-opératoires, pulmonaires, hépatiques ou rénales. Enfin, il est un point de vue qui, s’il n’intéresse pas le patient, a son importance pour le chirurgien : la simplicité et la sécurité d’application.
- I. — HISTOIRE DES ANESTHÉSIQUES PAR INHALATION
- En i844, un dentiste du Connecticut, nommé Horace Wells, essayant sur lui-même les effets hila-lions médicamenteuses, avait constaté que le protoxyde d'azote provoque, quand on le respire, une « ivresse gaie » et exerce toujours une action sur la sensibilité. C’est vers i84o seulement, en Amérique, que fut créée l'anesthésie chirurgicale et, en 1842, Crawford Long enleva une petite tumeur ganglionnaire après inhalation d'éther sulfurique (x).
- En i844, un modeste dentiste du Connecticut, nommé Wells, essayant sur lui-même les effets hilarants révélés par Davy des inhalations de protoxyde d’azote, roula sur le plancher et se blessa. Revenu à lui, il affirma n’avoir ressenti aucune douleur. Le lendemain même, il se faisait administrer du protoxyde d’azote par son ami, le Dr Colton, pour se faire extraire sans douleur une dent gâtée. L’anesthésie était découverte.
- En 1846, son élève Morton prit avec Jackson un brevet relatif à l’anesthésie à l’éther sulfurique. Puis ce fut le tour, en 1847, du chloroforme dont les propriétés anesthésiques furent découvertes accidentellement en Angleterre. Dès lors, le protoxyde d’azote fut abandonné complètement pendant une vingtaine d’années. Il revint ensuite à la mode en Amérique et le Dr Colton fonda à New-York un établissement spécia-
- 1. Dr J. Lavoure, Anesthésies par inhalation ; le N20. Bullet. Médical, 2 lévrier 1935, p. 79.
- lement destiné à l’extraction des dents sous protoxyde d’azote. On l’employa aussi en Europe et Paul Reri démontra l’innocuité du protoxyde et son efficacité anesthésique. Cependant les progrès de la chimie synthétique mirent à la mode de nouveaux anesthésiques et peu à peu le protoxyde tomba dans l’oubli.
- La difficulté de l’obtenir pur et l’absence d’appareils pratiques et économiques pour l’administrer furent pour beaucoup dans sa disgrâce.
- Jusque vers 1904, le chloroforme fut très employé ; mais on constata qu’il est toxique et on lui préféra l’éther sulfurique qui, tout en donnant une anesthésie suffisante, est plus maniable et moins dangereux. L’appareil à rebreathing du Pr Ombredanne, c’est-à-dire à réinhalation des produits d’expiration, en particulier du gaz carbonique, excitant du centre respiratoire, augmente encore la régularité de l’anesthésie à l’éther. Les accidents pendant l’opération furent dès lors à peu près supprimés, mais les complications post-opératoires sont fréquentes et, en particulier, les complications pulmonaires. L’éther â un autre inconvénient : il est très inflammable. Reaucoup moins dangereux que l’éther et le chloroforme, le chlorure d’éthyle est employé couramment depuis 1896 ; il est également très inflammable et s’élimine si rapidement qu’il est difficile à manier pour des anesthésies de longue durée. Citons encore l’éthylène et divers autres corps, employés purs ou en mélanges dont le type est le mélange de Schleich.
- II. — EMPLOI DU PROTOXYDE D’AZOTE COMME ANESTHÉSIQUE
- A l’heure actuelle, en Amérique et en Angleterre, le protoxyde d’azote est employé dans la majorité des opérations chirurgicales ; il n’est guère appliqué en France qu’aux malades qui ne supportent ni l’éther, ni le chloroforme, et il n’a pas donné lieu à beaucoup d’études.
- Pourtant, depuis i5 ans, le Dr Desmarest utilise journellement le protoxyde après avoir mis au point un appareil et une technique parfaits. Son expérience et celle de nombreux chirurgiens américains et anglais qui utilisent exclusivement cet anesthésique, permettent d’affirmer son innocuité absolue. Son utilisation constitue la seule méthode d’anesthésie qui ne présente aucun danger pour le malade et qui ne demande au
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- chirurgien que la peine de s’initier ou d’initier une infirmière intelligente à son emploi.
- De nos jours, les États-Unis consomment 5oo t de protoxyde par an, l’Angleterre, 200 t, la France moins de 2 1. Il semble cependant, d’après des enquêtes récentes, qu’en Autriche et en France le protoxyde commence à attirer l’attention du monde chirurgical.
- III. — PROPRIÉTÉS DU PROTOXYDE D'AZOTE
- L'oxyde nitreux ou protoxyde d’azote NaO lut découvert par Priestley en 1772. C’est un gaz incolore, d’odeur agréable, de goût faiblement sucré. Il n’est ni toxique ni irritant. Le poids du litre de gaz dans les conditions normales de température et de pression est d’environ j gr 978. 11 est facilement liquéfiable (à i5° sous 77 alm) en donnant un liquide de densité 1,2257, dont la chaleur de vaporisation décroît beaucoup quand la température s’élève. 11 se transporte dans des bouteilles d’acier (1 kgr de protoxyde correspondant à 53o 1 de gaz à la pression ordinaire). Le gaz a une assez grande solubilité dans l’eau ; il est trois fois plus soluble dans l’alcool éthylique. D’autre part, il est soluble dans l’éther, l’acétone, les alcools supérieurs, les dérivés lialogénés.
- Il se décompose facilement, mais sous l’action de la chaleur seulement, en donnant un dégagement d’oxygène. Ceci explique qu’il puisse provoquer à la température ordinaire l’asphyxie des animaux, bien que, au contact d’une llamme, il augmente leclat de celle-ci grâce à l’oxygène provenant de sa décomposition par la llamme. Certains métaux (magnésium et zinc surtout) sont attaqués par la solution aqueuse du gaz.
- A chaud, N20 peut donner par son oxygène des mélanges détonants avec des gaz combustibles.
- Il 11e forme pas de combinaison avec l’hémoglobine et 11e remplace pas l’oxygène dans la respiration. Aussi, employé pur, paralyse-t-il les centres respiratoires.
- IV. — PRÉPARATION
- Il existe trois procédés principaux pour préparer le protoxyde d’azote :
- i° Réduction des dérivés oxygénés supérieurs ;
- 2° Décomposition de l’azotate d’ammonium ;
- 3° Décomposition des corps susceptibles de provoquer la formation momentanée d’acite hypo-azoteux. Il convient de choisir parmi ces méthodes celle qui remplit au maximum les deux conditions d’économie et de pureté du gaz obtenu.
- Une préparation intéressante consiste à chauffer une solution d’azotite d’hydroxylamine ou plus simplement d’une liqueur mixte d’un azotite alcalin et d’un sel d’hydroxylamine. On obtient le gaz à l’état pur en absorbant par une solution de sulfate ferreux le bioxyde qui l’accompagne.
- Parmi les nombreuses causes d’irrégularité dans Je processus d’anesthésie, une des principales est la présence d’impuretés dans le gaz anesthésique. Ces impuretés peuvent être : l’oxyde nitrique, l’oxygène, l’oxyde
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- de carbone, l’azote, l’eau et le bioxyde d’azote. La plus importante de ces impuretés est l’azote 0).
- Le protoxyde à usage anesthésique doit contenir au moins 95 pour 100 de N20 ; on ne doit y déceler aucune substance solide, liquide ou combustible. Il ne doit pas contenir d’autres oxydes d’azote ni de chlore (2).
- L’oxygène est rarement présent en quantité importante. Il provient seulement de fuites d’air pendant la compression. L’oxyde nitrique, qui est très toxique, se rencontre toujours dans le protoxyde bx*ut. Mais les producteurs l’éliminent soigneusement et depuis quelques années le protoxyde anesthésique en est pratiquement exempt ; un dosage* par une des méthodes indiquées ci-dessous (2), est néanmoins une bonne précaution. L’oxyde de carbone a été décelé il y a quelques années dans un certain nombre de protoxydes, mais il se trouve toujours en proportion trop faible pour présenter le moindre danger. L’azole est parfois en quantité assez grande ; on en trouve jusqu’à 2 pour 100 ; ce n’est pas un poison, mais il diminue le pouvoir anesthésique et réduit la marge déjà faible (jni sépare l’état d’anesthésie de l’état de cyanose.
- Fn Angleterre, on produit actuellement un pro loxyde à 99,9 pour 100 de N20. Il contient moins de 0,08 pour 100 d’azote, moins de 0,02 pour xoo d’oxygène et il est dépourvu de CO, de NO et d’eau. L'industrie française livre également un gaz d’une ti'ès grande pureté, exempt de l’humidité qui, par congélation, gênait la régularité du débit.
- 1. Le dosage s’effectue par condensation du gaz à analyser dans l’air liquide ; le résidu gazeux est constitué par de l’azote et de l’oxygène. Ce dernier est ensuite dosé par absoi-ption au moyen du pyrogallol.
- Dans les essais courants, on peut dissoudre le gaz dans l’eau privée d’air ; la dissolution comporte deux phases : au cours de la première, la plus rapide, N20 se dissout abondamment ; ensuite on observe la dissolution plus lente de l’azote ; le point d’intersection des deux courbes de dissolution indique la teneur en azote. Pour caractériser l’oxyde nitrique NO, on a proposé l’emploi du permanganate en solution étendue ainsi que l’absorption par le sang (formation de nitroxyhémoglobine donnant des bandes d’absorption analogues à celles de la car-boxyhémoglobine). Un procédé de dosage plus sensible consiste à fixer NO par une solution sodique à l’aide d’un excès d’oxygène et à évaluer colorimétriquement le nitrite formé par réaction sur une solution d’acide sulfanilique et d’a-naphtylamine.
- 2. C’est pourquoi, s’il est préparé par action d’un nitrate sur un sel d’ammonium, il faut éviter d’employer comme sel le chlorure d’ammonium qui donne toujours du chlore, du NO2, et beaucoup d’azote.
- Fig. 1. — Appareil du Pr Desmarest pour l’inhalation de protoxyde d’azote.
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- V. — ACTIONS PHYSIOLOGIQUES DU PROTOXYDE D’AZOTE
- Le protoxyde se dissout dans le plasma du sang plus facilement que les constituants de l’atmosphère (*).
- Si on l’inspire au lieu d’air atmosphérique, la pression de dissolution qu’il exei'ce chasse rapidement une grande partie de l’oxygène et de l’azote qui se trouvent dans le sang. Aussi, sauf pour les interventions de très courte durée, est-on obligé d’adjoindre au protoxyde une certaine quantité d’oxygène, nécessaire pour satisfaire aux besoins vitaux.
- Un admettait autrefois que le protoxyde agissait en asphyxiant, c’est-à-dire par désoxygénation. 11 est aujourd’hui généralement admis que les propriétés anesthésiantes du N20 sont dues à une action d’ailleurs mal connue sur les tissus nerveux, favorisée par la-solubilité du gaz dans les lipoïdes (2).
- Dissous dans le sang, le protoxyde ne se combine pas avec l’hémoglobine ; il n’altère ni les globules rouges, ni les globules blancs. Pendant l’anesthésie, l’hémolyse n’est pas accrue : il ne se produit qu’une légère modification du temps de coagulation. Sur l’appareil respiratoire, les effets sont nuis, ainsi que sur le foie (3) et le tube digestif. Les études cardiographiques démontrent que le gaz n’a aucun effet spécifique sur le cœur. Tout au plus constate-t-on des réactions éphémères (tachycardie au début de l’anesthésie) dont le patient se remet au plus en quelques minutes (4). Cependant, le protoxyde a la propriété d’augmenter la tension, ce qui est un petit inconvénient pour le chirurgien, mais souvent un gros avantage pour le malade (en particulier dans des cas d’urgence comme des occlusions intestinales) et ce qui, de plus, le préserve du « sliock opératoire » dû le plus souvent à une diminution de la tension artérielle (5).
- En ce qui concerne les reins, il provoque une vasoconstriction et une diminution de la sécrétion de l’urine, mais jamais de lésion.
- 11 résulte de tout ceci que le protoxyde est le plus inoffensif de tous les anesthésiques, le seul qui ne lèse aucun organe important. 11 doit ces gros avantages au fait qu’il s’élimine rapidement par les poumons ; quelques bouffées d’air frais suffisent pour réveiller le malade. La quantité dissoute dans le sang a diminué de moitié 3o s après la fin de l’anesthésie. En a mn, il n’en reste plus que quelques traces. C’est donc l’anesthésique de choix pour tous les malades et surtout pour les anémiés, les shockés, les vieillards, les diabétiques, les sujets à fonction rénale déficiente ; bref dans tous les cas où le risque opératoire est ti'ès élevé.
- Dans la petite chirurgie, pour des interventions insi-
- 1. 100 cm3 de sang dissolvent 43 cm3 de N20 à la pression de 7G0 mm et seulement 1 cm3 d’azote.
- 2 Flexer Lawton, Guide pratique d’anesthésie et d’analgésie au protoxyde d’azote. Doin, éditeur, Paris.
- 3. Ce qui n’est pas le cas pour l’éther ou le chloroforme.
- 4. Chez les sujets atteints de maladie de cœur, les réactions initiales peuvent être plus sérieuses. Aussi doit-on, dans ce cas, réaliser l’anesthésie lentement et éviter l’apparition de l’asphyxie en ajoutant suffisamment d’oxygène au protoxyde (3e note).
- 5. Exception à faire évidemment pour les grands hypertendus.
- gnifianles, pour des affections ne mettant pas en cause la vie du patient, le protoxyde est également à recommander. Son innocuité permet d’utiliser l’anesthésie dans bien des cas où l’on opérerait sans l’employer (dans l’art dentaire par exemple).
- Pour les petites interventions, de très courte durée (incisions d’abcès, réductions de fractures, pansements douloureux), l’emploi du protoxyde est tout à fait à recommander. Dans ce cas, on n’emploie pas d’oxygène avec le protoxyde et le malade ne subit aucune préparation. On applique le masque bucco:nasal sui-le visage du patient et on met ce masque en communication avec un ballon dont on entretient la tension par addition presque continue de protoxyde. Le malade se réveille dès qu’on enlève le masqiie. L’anesthésie <( à la reine » (/) esl une simple analgésie réalisée au cours de l’accouchement par la patiente elle-même : chaque fois que celle-ci sent venir des contractions douloureuses, elle s’applique pendant quelques instants le masque bucco-nasal et les quelques bouffées d’anesthésique aspirées font disparaître la douleur. Le protoxyde convient particulièrement à cet usage.
- VI. — IMPRESSIONS DU PATIENT ANESTHÉSIÉ
- L’action du protoxyde esl rapide ; en une minute, le patient a perdu connaissance. Il ne garde donc aucun mauvais souvenir ; il n’a à supporter aucune mau-\ aise odeur, comme dans la narcose à l’éther. Si le gaz esl administré à nue pression convenable, le malade, après une sensation de fourmillement dans les membres, éprouve une sensation de bien-être qui suscite un état d’euphorie et d excitation. Ensuite commence la perle de connaissance ; le pouls s’accélère, les pupilles se dilatent. Le sens de l’ouïe est le dernier à disparaître. Le sommeil vient généralement d’une manière insensible, sans aucune sensation pénible, sans péi'iode d’agitation. Dès qu’on cesse l’anesthésie, le malade se réveille sans malaise, dans l’état d’esprit où il se trouvait en perdant connaissance, parfois avec une certaine euphorie. 11 peut immédiatement se mettre sur pied si son étal le permet. Il arrive très rarement qu’il vomisse. Si les vomissements se produisent, ils sont brefs, bien moins pénibles qû’après l’éthérisation et se produisent immédiatement après le réveil. Le malade peut s’alimenter dans les heures qui suivent. On n’a jamais eu, pendant l’opération à déplorer de syncope mortelle.
- VII. — INCONVÉNIENTS DU PROTOXYDE.
- MOYENS D’Y REMÉDIER
- Un reproche a été fait au protoxyde : étant hyper-tenseur, il produit un saignement capillaire important, ce qui gêne parfois le chirurgien dans son travail et nécessite un plus grand nombre de pinces hémostatiques. Ce saignement oblige à faire une hémostase plus soignée et l’on voit rarement se produire des hématomes après des opérations où l’on a utilisé du protoxyde. Ce léger inconvénient est compensé par
- \. La reine Victoria qui utilisa la première ce procédé original a Aralu son nom à la méthode.
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- l’avantage que présente pour le malade l’hypertension provoquée qui, soutenant le cœur sans le fatiguer, permet de prolonger sans danger une intervention chez un malade gravement atteint.
- Un inconvénient qui décide beaucoup de chirurgiens à ne pas utiliser le protoxyde est que, employé seul, il est nettement insuffisant dans certaines opérations, en particulier en chirurgie abdominale. L’anesthésie provoquée n’est pas assez profonde pour empêcher le malade de se contracter, ce qui gêne parfois beaucoup le chirurgien à l’ouverture et à la fermeture de la paroi abdominale. Le malade « pousse », projette en avant ses anses intestinales ; en outre, sa sensibilité réflexe n’est pas entièrement abolie (1).
- Cet inconvénient a fait grand tort au protoxyde auprès de beaucoup de chirurgiens. On y a pourtant pallié parfaitement. La méthode consiste à donner préalablement au malade un médicament qui l’empêche de prendre une altitude réfractaire et même, si l’opération doit être longue, l’assoupit et au besoin l’endort. C’est ainsi que certains chirurgiens, poulies laparotomies, commencent à endormir le malade au protoxyde et, 2 mn environ avant l’incision de la paroi, donnent quelques bouffées d’éther, continuant ainsi jusqu’à ce que la partie douloureuse de l’opération soit terminée ; ils repassent ensuite au protoxyde, quitte à redonner un peu d’éther s’ils sont gênés lors de la fermeture de la paroi. L’emploi des anesthésiques de base constitue un perfectionnement applicable dans toutes les méthodes d’anesthésie. C’est ainsi que le tri-bromoélhanol, encore appelé averiine ou reclanol, a donné de très bons résultats. Très peu toxique, il a une action liypolensive que compense l’action inverse du protoxyde. 11 permet d’obtenir un silence abdominal complet.
- M. Desmarest, protagoniste en France de l’anesthésie au protoxyde, conseille particulièrement pour la préparation du malade, l’emploi de l’avertine (2).
- S’il est possible de donner le chloroforme, le chlorure d’éthyle, et même l’éther à la compresse, il est indispensable d’avoir un appareil pour le protoxyde d’azote. Aussi l’anesthésie au protoxyde ne peut-elle être confiée qu’à un anesthésiste spécialisé. Une infirmière intelligente, attentive et adroite s’initiera rapidement à la méthode.
- Chassant rapidement l’oxygène et l’azote qui se trouvent dans le sang, le protoxyde nécessite, sauf poulies anesthésies de courte durée, l’adjonction d’une certaine quantité d’oxygène, nécessaire aux besoins vitaux. Le malade préparé d’abord au protoxyde pur est soumis ensuite à des doses alternées de protoxyde
- 1. J. A. Sabourin, Technique moderne de la narcose au N20. Gazette Médicale, 15 septembre 1934.
- 2. Il faut éviter l’emploi d’un adjuvant trop toxique ou difficile à éliminer, tel que l’atropine.
- L’avertine est administrée par lavement (dose maxima : 0,10 par kilogramme de malade) le malade s’endort tranquillement dans son lit et on le soumet une demi-heure plus tard à l’anesthésie au N20.
- La morphine employée seule paraît être, parmi les alcaloïdes, le plus efficace pour la préparation du malade. Elle prolonge la durée de l’anesthésie, augmente le tonus musculaire et diminue la valeur de la ventilation pulmonaire.
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- et d’oxygène. On se guide pour cela sur le rythme respiratoire et sur la couleur de l’oreille. On peut remplacer l’oxygène par de l’air atmosphérique.
- L’administration du mélange N2Ü et O doit se faire sous une tension supérieure à la pression atmosphérique et en milieu clos.
- D’autre part, il convient de faire respirer au patient de l’a c i d e carbonique provenant d’un cylindre ou plus simplement de l’air exhalé par la respiration en vase clos (méthode de réinhalation ou de rebreathing) (x). En effet, le gaz carbonique est stimulant et régulateur de la fonction respiratoire ; il possède une action tonique sur tous les muscles du corps ' et en particulier sur les muscles inspirateurs.
- Donné dans la proportion de 5 à 10 pour 100 avec des doses sous-anesthésiques d’éther, d’éthylène ou de protoxyde, il produit u n effet additif, renforçant le pouvoir ânes- ! thésique. Rapidité du sommeil, diminution de la quantité d’a n e s t h é-
- ',;WA:chÀS:'K«Ne ir
- Fig. 2. — Appareil Magil à débit intermittent, sur chariot.
- sique neces-saire, suppression des
- petites alertes du début, diminution de l’encombrement bronchique, diminution de la cyanose, tels sont les grands avantages dus à l’emploi du gaz carbonique pendant l’anesthésie. Enfin il supprime le hoquet postopératoire et stimule le péristaltisme intestinal. Il faut cependant éviter l’administration de doses trop élevées qui, exagérant la ventilation pulmonaire, épuisent le malade et gênent l’opération.
- Le procédé le plus courant en Amérique consiste à
- 1. M. Robin, Les inhalations carboniques dans l’anesthésie chirurgicale Bulletin Médical, 9 mars 1935, p. 165.
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- administrer le gaz carbonique mélangé d’avance à l’oxygène dans la proportion de 4 à 7 pour îoo.
- Signalons enfin que, pour éviter les abaissements de température et de pression qui peuvent se produire lors de l’emploi du protoxyde, il suffît d’u t i 1 i s e i deux cylindres en parallèle, le débit étant ainsi diminué de moitié. Cette précaution n’est nécessaire que rarement avec les appareils donnant un gros débit de gaz (x).
- Plusieurs appareils permettent l’a n e s t h é s i e au protoxyde d’azote sans difficultés. Desmarest allie la simplicité à l’écono-
- Fig. 3. — Appareil Nargraf, à cadrans indicateurs.
- Celui du P
- mie. Il comprend (fig. i)
- i° Les bouteilles contenant les gaz à inspirer ; 2° Une poche en caoutchouc où se mélangent
- les
- gaz inspirés et expirés (N20-0-C02 et vapeur d’eau) ; 3° Un masque respiratoire.
- L’emploi du rebreathing permet une notable économie de gaz. Avec cet appareil très simple, l’anesthésie est aussi facile qu’avec lelher, mais pour les
- interventions de longue durée, l’anesthésiste doit surveiller très attentivement le malade, la marge qui sépare la cyanose du réveil étant très faible (2). Aussi cet appareil nécessite-t-il une surveillance constante du malade par l’anesthésiste qui, toutes les quatre ou six inspirations doit donner du protoxyde ou de l’oxygène.
- Il existe actuellement des appareils qui mélangent automatiquement O et N20 au taux désiré par l’anesthésiste et qui débitent le mélange de façon intermittente en suivant le rythme respiratoire (fig. 2).
- I. Quand te protoxyde contenu dans un cylindre est dégagé <\ l’air libre, on constate que ta pression dans le cylindre baisse rapidement comme si le cylindre était presque vide pour remonter dès qu’on arrête le dégagement. En effet, pour une détente rapide d’environ 10 1 par minute, la température à l’intérieur du cylindre s’abaisse rapidement, accompagnée d’un abaissement de la pression ; en outre, il faut tenir compte dans l’abaissement de température de la chaleur d’évaporation du N20 qui augmente rapidement quand la température s’abaisse.
- t. Le signe le plus net du début de cyanose se reconnaît à la coloration de l’oreille.
- Dans les appareils Nargraf (fig. 3 et 4), le rebreathing détermine la quantité de gaz débité. Le réinha-laleur donne la capacité respiratoire du patient ; la pression de l’air réinhalé peut aussi êti'e mesurée et lue sur un cadran ou enregistrée.
- Le gaz anesthésique n’étant pas détruit dans le corps, il suffit, une fois le malade endormi, d’en débiter des quantités très faibles pour maintenir indéfiniment la narcose. Le rebreathing présente un inconvénient : le réservoir où se mélangent les gaz inspiré et expiré s'enrichit de plus en plus en gaz carbonique. Ce gaz peut s'accumuler au point de produire des accidents chez le malade ; on y remédie par l’emploi d’un filtre constitué par des granules de chaux sodée. Le passage d'une partie de chaque inhalation sur ce filti’e élimine une quantité de CO2 suffisante pour permettre une réinhalation totale. La réinhalation avec absorption de CO2 améliore la respiration et réduit au minimum la consommation de gaz anesthésique.
- Beaucoup d'appareils américains comportent des dispositifs permettant d’adjoindre au protoxyde, l’éther, le chloroforme, le chlorure d’éthyle.
- Le protoxyde s’emploie aussi en stomatologie et en oto-rhino-laryngologie. Pour la plupart des interventions dans la bouche, l’administration du gaz se fait au moyen d’un inhalateur uniquement nasal qui remplace l’inhalation bucco-nasale employée dans la grande chirurgie.
- Le masque nasal de Flexer permet, grâce à une soupape réglable, d’administrer sous pression du protoxyde pur, sans rebreathing. On peut utiliser le môme dispositif en oto-rhino-laryngologie, pour les anesthésies de courte durée.
- Jean Seyewetz.
- Fig. 4. — Appareil Nargraf enregistreur.
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- HISTOIRE DU PREMIER MUSÉE AUTORISÉ = 577 PAR LE GOUVERNEMENT
- Dans un article précédent 0), nous avions fait allusion au « Musée » créé à Paris par celui qui devait se rendre célèbre en jouant, dans l’histoire, le rôle que la fable attribue à Icare : Pilatre de Rozier, le premier des aéronautes. La création de ce Musée fut d’ailleurs une œuvre suffisamment originale pour assurer à elle seule à son auteur une place dans le Panthéon des hommes de science. Nous avons eu la bonne fortune de retrouver récemment des documents jetant un jour nouveau à la fois sur la personnalité curieuse de Pilatre et sur le rapport étroit existant entre son Musée et la grandiose entreprise où il trouva la même fin que son légendaire prédécesseur.
- Ce dut être aux alentours de l’année 1780 que l’idée d’une institution pour l’enseignement et nous dirions aujourd’hui, la vulgarisation des sciences germa dans son esprit. La chose n’était pas, en soi, absolument nouvelle, il y avait déjà des « Musées » en Angleterre et en Hollande. En France même, 10 ans plus tôt, un projet du même genre avait été soumis au jugement de l’Académie royale des sciences, projet qui, il est vrai, resta sans suite. Cependant si, dans le domaine des idées, comme en d’autres, Pilatre se montra, en général, assez peu scrupuleux (il fut à plusieurs reprises accusé de plagiat et, semble-t-il, pas toujours à la légère), son singulier génie sut combiner et rénover les conceptions d’autrui jusqu’à leur donner un aspect inattendu et parfois véritablement original. Enfin, il faut reconnaître qu’il posséda vraiment le sens des affaires ou, si l’on préfère, l’art de s’assurer tous les concours nécessaires pour faire aboutir ses entreprises et, en premier lieu, cela va sans dire, les concours financiers. Voilà qui n’est nullement un talent négligeable !
- Au cours de la séance de l’Académie royale des sciences du mercredi 99 août 1781, Marquer (2) donna lecture, de la part de Pilatre de Rozier, d’un prospectus (c’est le nom même que l’auteur donnait à son papier) décrivant le projet du Musée pour lequel l’approbation de la savante compagnie était sollicitée. Le texte manuscrit, de la main même de Pilatre, existe encore dans les archives de l’Académie des sciences où nous avons pu le consulter. Après un préambule assez simple, exposant les raisons qui doivent justifier la création du nouvel établissement, on y trouve d’abord l’énumération succincte des machines et appareils nécessaires pour en équiper les laboratoires ; puis vient la liste des cours qui seront professés, soit, pour chaque année :
- « i° Un cours complet de chimie avec l’analyse et « l’histoire naturelle des substances employées dans « tp<? arts ;
- « 20 Un cours complet de physique expérimentale
- t. La Nature, numéro 2991 du 15 décembre 1936. La mort d’Icare (Pilatre de Rozier).
- 2. Pierre-Josepti Macquer, médecin et chimiste, 1718-1784.
- « dans lequel on s’appliquera particulièrement aux « arts mécaniques ;
- « 3° Un cours des arts et métiers dans lequel on « suivra les principes décrits dans les volumes de <( l’Académie ;
- « 4° Un cours sur les teintures et apprêts des étof-« fes ;
- « 5° Un cours de langue anglaise ;
- « 6° Un cours de langue italienne ».
- Ce canevas porte la marque de l’esprit qui préside à la conception du Musée et en fait l’originalité ; c’est à juste titre que Pilatre pourra dire, plus tard : « ... les « Musées de Hollande, d’Oxford et de Londres, n’ont « pas un but aussi général que ce Musée, qui fut le « premier établi dans la Capitale française ». En effet, il s’agit d’uns institution vouée non pas à la science pure mais à ses applications techniques et c’est en somme la première ébauche de ce que sera, ro ans plus tard, le Conservatoire des Arts et Métiers, tel qu’il existe encore, de nos jours.
- On trouve d’ailleurs en toutes lettres dans le prospectus l’expression arts et métiers que nous y avons soulignée. Cependant, on ne saurait attribuer la paternité de celle-ci à l’auteur dudit texte car il n’a fait que l’emprunter à l’Académie elle-même qui, dès 1761, avait entrepris la publication d’une série de monographies (27 d’entre elles parurent effectivement) dont le titre contenait déjà les mots en question C). C’est d’ailleurs à ces volumes que Pilatre se réfère.
- Si, d’autre part, il prend soin de nous expliquer le rôle important de l’enseignement des langues « ...parce « quelles sont indispensables pour l’intelligence des « autheurs qui ont écrit », on peut s’étonner à bon droit, quelqu’intérêt que l’on puisse porter à l’art de la teinture, de la place importante qui lui est donnée. A cela on trouve réponse dans le fait que notre homme s’étant personnellement occupé de cet art ne manquait pas de prétentions, sinon de connaissances réelles, en la matière !
- Poursuivant l’analyse du prospectus, nous noterons que, pour marquer le caractère hautement désintéressé de l’entreprise, l’enseignement du Musée sera dispensé à « douze personnes qui seront logées, chauf-« fées, éclairées et instruites aux dépens de l’établis-« sement » et, comme il faudra, en définitive, beaucoup d’argent pour exécuter tout ce programme, on compte pour cela sur ceux, quels que soient leurs titres, leur qualité, et leur naissance, qui voudront bien s’engager à souscrire annuellement 72 livres.
- Ces principes étant admis, l'estait la mise en œuvre et c’est là que Pilatre devait donner la mesure de ses talents. N’oublions pas, en effet, que si de nos jours l’enseignement technique et la culture scientifique ont
- t. Description des arts et métiers, faites ou approuvées par MM. de l’Académie Royale des Sciences. Paris 1761.
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- pris une place considérable dans la société, l’idée du Musée était, comme nous l’avons dit, assez neuve en 1781. L’orientation des esprits et la vogue des questions scientifiques donnait, il est vrai, à cette idée de sérieuses chances de réussite, mais la personnalité de son promoteur n'était pas encore suffisamment connue (et, peut-être, surtout, pas assez avantageusement connue) pour suffire à faire affluer les souscriptions. Pilaire était d’ailleurs le premier à le reconnaître et cherchait partout des appuis.... L’Académie royale fut assez réticente bien que ses membres dussent être, de droit et sans bourse délier, membres du Musée. Une nouvelle lecture du prospectus, imprimé celle fois, ayant été faite au cours de la séance du samedi 17 novembre 1781, la Compagnie argua du fait même de l’impression pour se dispenser d'émettre un avis, ce qui était, du reste, conforme aux usages admis pour les mémoires variés qui lui étaient présentés. C’était cependant un rude coup pour le Musée, mais, par fortune, son créateur avait, dans'1’ le même temps, obtenu l'approbation du gouvernement (nous ne savons pas exactement sous quelle forme) et la protection de Monsieur (le Comle de Provence, frère du roi) qui
- Fig. 1. — Frontispice de la liste, imprimée en 1780, des membres du premier Musée.
- * m TOUTES LES PERSO SX K S
- : - ....d..-
- ; qui composent
- LE PREMIER ML SEE
- autorise7 par le Gouvernement, nous ia protection
- ' ' DE MON SIEUR ET DE MADAME. X-
- CGC'r • •
- ** Imprime
- par Ordre du Con/cii du Mu(ee.
- + J *
- daigna encourager cette entreprise. A cela d’ailleurs se bornait le concours des autorités ; la question financière restait entière car l’on ne pouvait compter sur les souscriptions pour constituer le capital initial, indispensable au démarrage de l’affaire. Là encore, Pilaire fit merveille et trouva un prêteur en la personne d’un contrôleur des rentes de l’Hôtel-de-Ville, originaire comme lui de l’Est, nommé Nicolas Jac-quin, dil de la Erasme 0) qui lui avança en deux fois une somme de 12.000 livres portant intérêt à 4 1/2 pour xoo (soit 6.000 livres le 12 octobre 1781 et 6.000 autres le 18 mai 1782).
- Pour avoir idée des possibilités représentées à l'époque par les diverses sommes dont il a été parlé jusqu’ici, il convient de les multiplier par un coefficient cpie nous nous garderons de fixer avec précision, en <‘cs temps de monnaies iloltantes, mais que l’on pourra supposer voisin de i5 sans être loin de la vérité.
- La question d’argent ainsi brillamment tranchée, venir à bout des difficultés secondaires ne fut plus qu’un jeu. Le premier Musée fut installé dans la demeure même de son fondateur, rue Sainte Avoye, vis-à-vis celle du Plaire (2). Une société philosophique qui eût pu légitimement lui contester la priorité du litre, car elle avait été fondée dès 1780 sous le nom de Musée de Paris, se vit interdire toute réclamation par l’admission en bloc de tous ses membres, sans faire fonds, au sein de la nouvelle Compagnie ; enfin une certaine Société patriotique bretonne bénéficia du même traitement, mais nous ne saurions dire pourquoi.
- En dépit, ou peut-être à cause même de cet afflux massif d’invités, les abonnés pavants ne boudèrent point et l’affaire montée par le génie de Pilaire connut rapidement un succès et une vogue considérables, si bien que, 4 ans après sa fondation, elle comportait 711 membres (3) ce qui, même en tenant compte des billets de faveur, représentait une belle renie annuelle. L’Académie des Sciences, sortant de sa réserve, s’était inscrite en foule, à commencer par son secrétaire perpétuel, le Marquis de Condorcet. Si l’on parcourt la liste, on y trouve, non seulement la plupart des personnalités éminentes, des sciences el des arts, mais, encore el -surtout, les plus grands noms de France.
- Enfin, on ne s’étonnera pas d’apprendre que le succès de Pilaire avait été particulièrement complet auprès des dames (admises au Musée sur un pied parfait d’égalité avec les représentants du sexe, fort) el si la comtesse d’Angivilliers et la marquise de IVlon-
- 1. Jacquin se retira plus tard à Oberenheim, en Alsace. Archives Nationales, tonds XLII, liasse 040. L’auteur tient ici à remercier Me Labouret (actuel titulaire de l’étude de M® Tru-bert, notaire de. Pilaire de Rozier) qui a bien voulu l’autoriser à publier les documents contenus dans ses archives.
- t. Actuellement impasse ou passage Sainte-Avoye (3e arr.). La rue du Plâtre (4e arr.) n’a pas changé de nom, elle non plus.
- 3. La liste imprimée des membres du Musée est encartée dans une pièce de l’étude Trubert intitulée : Procès verbal de la Succession Pilatre de Rozier. A. N., fonds XLII, liasse 028, 31 août 1785.
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- tesquiou s’inscrivirent, comme leurs époux, dans les rangs des fondateurs, la comtesse de Buffon prit place seule dans cette cohorte privilégiée, le comte, en dépit de sa célébrité, restant modestement parmi les simples souscripteurs ; il en fut de même pour le ménage de la comtesse de Castelane et celui de la duchesse de Monthazon ; quant à la princesse d’Hénin, elle affichait encore plus d’indépendance, en s’inscrivant seule au Musée, avec le titre de fondatrice, le prince étant sans doute alors trop occupé des charmes de MUe Sophie Arnould, pour s’intéresser aux sciences. Cet exemple princier ne fut d’ailleurs pas isolé, le duc de Luynes et le marquis de Richelieu s’étant, pour des raisons <pie nous ignorons, abstenus de suivre l’exemple de leurs épouses admiratrices de Pilaire de Rozier.
- Parmi ces noms brillants, les roturiers font presque tache : notons cependant ceux de : Sedaine, remarquable par sa qualité de membre de l’Académie Française, du grand libraire Panckouke et de Monsieur Blanchard Vaéronaule dont le titre est bien souligné, l’exemple i'écent des Monlgolfier ayant montré que l’aérostation pouvait mener aux honneurs ; les Mont-golJier eux-mêmes brillèrent pourtant par leur absence, leurs relations avec Pilaire s’étant passablement refroi dies, ainsi qu’on l’a dit précédemment. Un buste d’Etienne, probablement une réplique de celui sculpté par Houdon, figurait cependant en bonne place 0) dans les locaux du Musée. Du reste, la navigation aérienne était à l’honneur, M. de Flesselles, dont on sait l’appui qu’il apporta aux expériences de Lyon, étant inscrit premier de la liste, avec le titre de président.
- • Sans doute, il faut bien admettre que la mode (nous dirions aujourd’hui le snobisme) avait attiré une bonne partie de cette brillante société, mais cela même ne plaide-t-il pas en faveur de la curiosité et de l’in-lense vie intellectuelle du temps !
- Enfin, n’oublions pas que l’enseignement officiel des sciences était alors pratiquement nul (2).‘ Seuls les pères de l’Oratoire leur réservaient une part assez considérable parmi les. matières qu’ils inculquaient à leurs élèves (3). Dans ces conditions, les cours de physique et autres sciences que des particuliers ouvraient à titre privé (et il y en eut beaucoup d’autres, de Musée de Pilaire n’étant que la plus importante entreprise de ce genre) ne pouvaient compter que sur l’engouement bénévole du public et si ceci prit parfois les proportions d’un enthousiasme irréfléchi, la science y a; en fm de compte, certainement gagné.
- * D’ailleurs, en raison probablement de ce que nous venons de dire, la conception primitive du Musée, telle que Pilaire l’avait définie dans son premier pros-
- 1. A. N., fonds XLII. liasse (124, In vonluire de la succession Pilaire de Rozier, du 21 juin 1785.
- 2. Si l’on excepte toutefois l’enseignement supérieur dispensé . à quelques « spécialistes » au Jardin du roi et au Collèae de France.
- 3. C’est d’ailleurs grâce à cela que l’Oratoire de France s’est trouvé être la véritable pépinière d’où sont sortis une grande partie des savants et inventeurs français du début du xix® siècle. Les savants travaux du R. P. Bonardet amènent peu à peu au jour ce côté jusqu’ici peu connu de l’histoire des sciences.
- Fiy. 2. — Portrait de Pierre-François Mitoüart (1733-1786) maître apothicaire fort expert en chimie, qui enseignait cette science aux membres du Musée de Pilatre de Rozier. (Document communiqué par M. le Dr P. Dorveaux).
- pectus, évolua quelque peu. On possède à ce sujet divers documents probants : le premier est une nouvelle édition du prospectus, publiée probablement aux environs de 1783. Quant au second (1), il est constitué par les statuts mêmes du Musée, rédigés de la main du fondateur (le style du document ne permet pas de doute à ce sujet).
- Mentionnons quelques passages de ces deux brochures : tout d’abord, il est noté dans la première que Sa Majesté a daigné joindre ses encouragements à ceux de son frère ; le but de l’entreprise est devenu fort vaste, il s’agit simplement à présent de « ... satisfaire le goût des arts et développer le génie » ; on a renoncé aux arts de la teinture pour enseigner 1 ’hip-piâtrique et nous ne saurions cette fois dire les raisons d’une telle sollicitude pour la race chevaline ; la langue allemande a été jugée digne d’intérêt, autant que l’anglaise et l’italienne.
- Admirons enfin ce dernier trait : « La Capitale pos-« sède beaucoup d’établissements intéressants dont les « détails sont aussi ignorés des nationaux que des « étrangers ; les professeurs du Musée qui ont obtenu « l’entrée du plus grand nombre de ces établissements, « y expliqueront tout ce qui échapperait à la curio-« si té des voyageurs. »
- Qui ne reconnaîtrai! ici l’idée des conférences-pro-menades !
- 1. Les deux brochures sont encartées dans' la pièce notariée du 31 août 1785, citée plus haut.
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- Et tous ces avantages ne coûtaient toujours que 72 livres par an aux souscripteurs, encore que les dons généreux ne soient point repoussés, étant bien entendu que « la somme excédente la souscription, quoique abandonnée à la libéralité, doit être au moins de 48 livres ». Voilà de la générosité dirigée !
- Le second document, c’est-à-dire les « Statuts et règlemens du premier Musée autorisé par le gouvernement », nous renseigne avec encore plus de précision sur le fonctionnement de l’institution.
- Nous passerons sur le préàmbule pour en retenir seulement que, se félicitant des succès déjà acquis, on en attribue le principal mérite au « goût du peuple français pour les sciences » et l’on ajoute que, dans ces conditions « qui oserait fixer un terme au Musée ? ».
- L’article III énonce, avec quelqu’ostentation, un principe admis dès leur fondation (vieille alors d’un bon siècle) par toutes les sociétés savantes, à savoir que « Le Musée formant une société libre, qui « a pour base cette égalité précieuse « qui mêle les rangs sans les confon-(j( dre, le Conseil sera composé d’offi-« eiers pris parmi les fondateurs, mais « indistinctement dans toutes les clas-a ses de citoyens ».
- Ce qui paraît vraiment neuf là dedans, c’est uniquement la définition d’une égalité qui mêle les rangs sans les confondre. Pilaire s’est montré un précurseur dans l’art de ces formules balancées que nous comparons familièrement à un nègre blanc.
- Au reste, on peut juger par ce qui a été dit plus haut du brillant recrutement des fondateurs (et même des simples souscripteurs) que l’égalitarisme ainsi proclamé n’avait nullement rebuté ceux qui, par leur naissance, eussent pu prétendre au rang le plus élevé et, on peut même logiquement admettre qu’ils virent là un attrait de plus à la nouvelle institution, en conformité avec les idées et surtout la mode intellectuelle du temps. On retrouve ici tous ceux qui applaudissaient. à la même époque les audaces du Mariage de Figaro.
- Le Conseil, constitué comme on vient de le dire, jouissait des pouvoirs les plus étendus quant à l’organisation du Musée, le choix des professeurs, encore que la présentation de ceux-ci appartînt exclusivement à Pilaire de Rozier qui se réservait aussi le droit de suspendre les cours qui n’auraient. pas plus de 12 assistants.
- D’ailleurs, toute décision de nature à entraîner des frais ne pouvait être définitive qu’avec l’accord exprès de notre homme et de ceci l’article XLI donne
- fort explicitement la raison : « Le Conseil et les membres « du Musée, ne contractant pour eux-mêmes aucune « espèce d’engagement envers le Public, si ce n’est « celui, A olontaire, mais d’autant plus sacré pour eux, « de faire servir et leur zèle et leur talens à l’avan-« tage du Musée, M. de Rozier, seul tenu des engage-« mens pécuniaires, qui sont une suite de sa pro-« priété, conserve à perpétuité, la garde des Sceaux, « dont l’empreinte deviendra une preuve de son « acquiescement aux arrêts du Conseil portant sur des « objets de finance ».
- Enfin, pour marquer encore plus nettement qu’il est maître chez lui, Pilaire se réserve aussi les fonc lions de trésorier, le Conseil ayant seulement le droit de lui nommer un adjoint, le candidat à ce poste étant du reste présenté par lui-même !
- On ne saurait s’assurer avec plus de savoir-faire, une multitude de concours bénévoles en vue d’une entreprise parfaitement lucrative.
- Fig. 3. — L'optique, tableau de Boilly.
- La très élégante jeune femme qui sacrifie ici au goût de son époque, en s’intéressant à la science, n’est qu’une simple bourgeoise. Cependant., à l’époque où ce tableau fut peint (1793) Sébastienne Louise Géty (c’est te nom du modèle) pouvait prétendre compter parmi les grandes dames du nouveau régime. Lite venait en effet, d’épouser Danton.
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- Ou doit reconnaître que Pilaire eu donnait à ses souscripteurs pour leur argent. Les professeurs étaient des esprits fort distingués, (liions parmi eux 0) Mifoüarl (qui enseignait la chimie), apothicaire et savant réputé, dont Pilaire avait été l’élève, de Par-cieux, professeur de physique, neveu du célèbre* mathématicien membre de l'Académie des Sciences ; Pierre Flamlrin, vétérinaire lyonnais, qui devait devenir plus lard correspondant de l'Académie, enseignait l'hip-pialriqiie ; à Joseph Sue, distingué représentant d une grande famille de médecins était réservée l'anatomie ; culin parmi les noms des professeurs de langues étrangères, on peut retenir celui de l'abbé Curioni, auteur d'ouvrages estimés sur la langue italienne,.
- Les laboratoires étaient fort richement montés, car l'inventaire de leur contenu, effectué après la mort de Pilaire, demanda de nombreux jours et comporta aSo postes, rien (pie pour les machines et les produits chimiques. Nous avons compulsé celte énorme liste et nous sommes assuré ainsi qu’elle comprend bien tout ce (pii se faisait de mieux et de plus moderne à l’époque pour l’enseignement des sciences. Nous nous abstiendrons d’en reproduire ici l’énumération (pii, meme résumée, ne manquerait pas de paraître fastidieuse cl dirons seulement «pu* si les engins classiques, comme la marmite de Papiu, l’éolipyle et le banc de Newton y figurent en bonne place, les mécaniques alors tout récemment imaginées pour démontrer les phénomènes électriques n’y sont pas oubliées (1 2 3). Le tout a cependant un peu le caractère de physique amusante qui est bien dans le goût de l’époque. Ceci s’accentue encore si l’on examine la bibliothèque, dénombrée dans l’inventaire en une vingtaine de postes seulement et où l’on trouve pêle-mêle VUisloire naturelle de Bui'fou, les Fables de La Fontaine, les œuvres de J.-J. Rousseau, les Mémoires de l’Académie des Sciences, à côté du théâtre de Corneille. Rien dans tout cela n'est certes à dédaigner, mais l’ensemble ne saurait constituer une documentation systématiquement rassemblée pour un institut scientifique ; Pilatre et ses souscripteurs étaient plus curieux d’expériences pittoresques que de lectures ardues!
- L’augmènlation du nombre des cours, en même temps que celle des collections d’appareils de physique, avait nécessité l’emménagement du Musée dans un nouveau local ; une maison sise « rue Saint-« Honoré, au coin d’une nouvelle rue près du Palais (( royal », appartenant au duc de Chartres et pour laquelle il était versé à un sieur Bazin (;i), principal locataire, un loyer annuel de 6.3oo livres, somme considérable si l’on veut bien se reporter à ce que nous avons dit de la valeur de l’argent à cette époque.
- Les bienfaits des autorités et notamment de la
- 1. L’aiileur est redevable des renseignements ici donnés sur tes professeurs du Musée, à la grande érudition, qui n’a d'égale que l’inépuisable complaisance de M. Je Docteur P. Dorveaux, archiviste de l’Académie des Sciences.
- 2. Citons le pistolet de Volta, le théâtre de pantin, et la bouteille de Leyde.
- 3. Archives Nationales, fonds XLII, liasse 628, procès verbal, succession Pilatre de Rozier, du 31 août 1785.
- Fig. 4, — M. de F La s,s elles, prêsideul lia Musée. M usée Carnavalet.
- famille royale n'étaient ni toujours gratuits ni directement. monnayables !
- On doit supposer en conséquence que la nouvelle extension des affaires du Musée ne fut pas sans nécessiter un apport de capitaux de la part de son propriétaire. Celui-ci, nous Lavons dit précédemment, était du dernier bien avec une dame Weiss, veuve d’un médecin, qui jouissait d'une honnête aisance. C’est de ce côté qu’il chercha, et obtint, le concours financier indispensable, mais nous devons à la mémoire de notre héros de signaler que la dame Weiss, tout en cédant aux entraînements de son cœur, ne perdit pas tout à fait la tête et que les ib.ooo livres dont elle disposa en faveur de Pilatre de Rozier firent l’objet d’une reconnaissance de délié en bonne et due fonne, datée du q mai 1783 et comportant mention d’un intérêt de /j i/a pour ioo (’). Ceci nous conduit, équitablement, à atténuer l’épithète de ruffian dont nous avions gratifié Pilatre ; atténuer seulement car, tout bien pesé, une telle commandite ne saurait être considérée comme un placement de... mère de famille.
- Pendant que le Musée connaissait ainsi un succès qui comblait les espoirs de son créateur, celui-ci,
- t. A. N., fonds XLII, liasse 640.
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- Fig. 5. — Le Comte de lluffon, le célèbre naturaliste, maître de /orges à Montbard, 'membre de l’Académie française cl de l’Académie royale des sciences. Musée Carnavalet.
- comme on ne l’ignore pas, s'enthousiasmait pour la navigation aérienne, issue de la découverte des Monl-gollier et trouvait dans cette voie la gloire et la mort des héros. L’historien doit aux circonstances de cette lin tragique de pouvoir jeter quelques clartés nouvelles sur la vie et les entreprises de l’Icare des temps modernes, car la brutalité de la catastrophe du i5 juin 1785 fît accourir tous ceux associés par la nature, les circonstances ou leur propre gré, à l’activité de la victime : les héritiers et les créanciers.
- La famille, oubliant les brouilles passées, ne songea plus qu’à réaliser l’actif de la succession. Si le père — le vieux soldat — était mort depuis 1782, la mère vivait encore ainsi que deux sœurs dont nous dirons quelques mots : la cadette Marie-Anne, née en 1757, s’était laissé séduire par un officier d’infanterie, méridional, originaire de Tarascon, en garnison à Metz, nommé Jean de Léaulaud. Cette liaison, d’où naquit en 1787 une fille, Christine, devait aboutir (en 179/j) à un mariage en bonne et due forme suivi (en 1801) d’une reconnaissance de la bâtarde (1). Quant à la sœur aînée Elisabeth, née en 1760 (1), elle marqua un
- 1. Metz, documents généalogiques, par J. J. Barbé, publiés à Metz en 1934, p. 196, colonne 2 et 270 colonne 2.
- penchant égal pour l’année, mais fil preuve de plus de sagesse en épousant un officier de dragons, le sieur Klein de Vilquoy. Ce) te union aux débuts réguliers devait cependant évoluer moins favorablement car, en 1785, les époux étaient séparés de corps, le mari demeurant à Paris, en l’hôtel royal des Invalides, et la femme, dans la meme ville, rue de l'Arbre sec, paroisse de Saint-Cerinain-l’Auxerrois Q).
- Comme on le voit, en dépit de leurs destinées opposées, les sœurs de Pilaire de Rozier eurent en commun avec lui le goût de s’écarter des sentiers battus, en matière sentimentale tout au moins.
- La gloire du défunt avait pu laisser espérer à sa famille que la succession serait opulente, mais la ruée des créanciers devait leur enlever toute illusion à cet égard ; aussi les héritiers naturels, en l’absence de tout testament, n’aoeepièrenl-ils la succession que sous bénéfice d’inventaire.
- A cet inventaire, il fut procédé par les soins du notaire Trubert (le seul (pii, comme on le verra [dus loin, devait gagner quelqu’argenl dans l’affaire). Le résultat en a été consigné dans un registre de plusieurs centaines de pages, reliées en veau comme il se doit. Nous avons déjà parlé de ce qui, dans ce document, concerne le Musée proprement dit. Le mobilier, lui aussi dénombré et estimé, porte la marque de la vocation du défunt '. les chaises « à la montgolfière )) y figurent en bonne place ainsi que le buste, déjà mentionné, d’Étienne de Montgolfier. Enfin, la partie la plus intéressante, pour l’historien tout au moins, de ce bilan, est celle qui traite du passif de la succession. Nous y trouvons, en effet, le détail des frais de l’entreprise de Boulogne. Pilaire s’était adressé au fournisseur habituel des navigateurs aériens : Réveillon, le fabricant de papiers peints et celui-ci lui avait délivré tout ce qu’il fallait pour traverser la Manche par la voie des airs, au plus juste prix et payable au comptant, comme il le devait à sa réputation bien établie de commerçant avisé (2). Le total de son mémoire (s’élevant à plus de 4o.ooo livres) avait été réglé intégralement. Moins heureux se révéla Romain, le compagnon d’infortune et de gloire de Pilaire. Ce dernier, par un contrat en bonne* et due forme daté du 17 septembre 1784 s’était engagé à lui verser, en échange de sa collaboration, une somme de 7.400 livres payable lors de l’atterrissage en Angleterre. Il va sans dire que cette somme n’avait jamais été versée, pour cause majeure, mais, d’autre part, l’astucieux Messin avait trouvé le moyen de se faire avancer 8.900 livres par son associé, qui se trouvait ainsi, à litre posthume, créancier de la succession.
- Le roi lui-même, s’il ne joua pas le rôle que certains pamphlétaires du temps lui attribuèrent (11’hési-fanl pas à travestir la mort de Pilaire en une sorte
- I Inédit. Indications puisées dans les actes notariés déjà ci Lés.
- 2. Réveillon, souvent considéré comme une sorte de Mécène de l’aérostation, se fit payer intégralement toutes ses fournitures. Les Montgoifiers, qui eurent l’heureuse fortune d’obtenir du roi d’importants subsides en durent ainsi verser la majeure partie à l’avisé fabricant de papiers peints.
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- de .suicide provoqué par les exigences des autorités) avait bien quelques droits à faire valoir, car il est trop souligné (toujours dans l’inventaire en question) que S. M. a bien voulu faire délivrer à la succession les arrérages échus de la pension du défunt, sans aucune retenue ; en droit strict quelque retenue n’eût sans doute pas été injustifiée.
- lin présence de tant de charges et des réclamations qui s’élevaient de tous les points de l’horizon, les héritiers prirent la prudente résolution de renoncer purement et simplement à la succession, par acte passé en l’étude de M° Trubert, le :>3 août 1786 (x). Les créanciers 11’avaient alors plus qu’à se partager la proie qui leur était abandonnée, la réalisation en détail du gage eût, probablement, donné un résultat dérisoire, mais la famille royale se décida enlin à se départir de son attitude réservée. L’expérience avait démontré que le Musée était une institution fort viable, en dépit des erreurs de son créateur, si bien que le comte d’Artois, s’associant à son frère le comte de Provence, lit les fonds nécessaires au rachat en bloc du Musée (avec les charges et bénéfices afférents). Après plusieurs mises à l’enchère infructueuses, celui-ci fut adjugé à l’homme de paille des princes, un certain François-Isidore Lambert, procureur au Châtelet, à la date du vendredi 9 septembre 1785. La mise à prix était de 4o.ooo livres et l’adjudication fut faite à 4o.5oo livres, aucun autre enchérisseur ne s’étant présenté. Le Musée continua ainsi, sans interruption notable, comme le signale le Guide des amateurs et étrangers de Thiéry, publié en 1787.
- Les gages restants ayant été, tant bien que mal, réalisés, les demandeurs reçurent chacun un peu plus du tiers de leurs créances. La veuve Weiss recueillait le fruit de sa sagesse relative. Le sieur Lange, épicier célèbre par son rôle dans l’invention de la lampe à cheminée de verre, encaissait 435 livres et 16 sols pour une créance totale de i.o4i livres (il était d’ordinaire plus heureux dans ses transactions commerciales !).
- Les employés du Musée (le premier d’entre eux était un certain Hecquembourg) voyaient leurs gages (assez irrégulièrement acquittés par le fantasque Pilaire) réglés au marc-le-franc. Les artistes enfin, dont les mémoires traînaient depuis fort longtemps, tel celui
- 1. A. N., fonds XLII, liasse 628.
- = UN PARC NATIONAL
- A l’exemple du Canada et des États-Unis du Nord, qui les premiers ont compris le rôle important, tant scientifique qu’économique, des grandes réserves naturelles érigées en « Parcs nationaux », les principaux Étals d’Europe, particulièrement l’Allemagne sous l’impulsion d’Hermann Gœring, et la Russie, constituent d’immenses domaines où les reliquats d’une faune, d’une fiore, d’une végétation rares, ou en voie d’extinction, sont appelés à se reconstituer et à évoluer, selon leurs lois propres, à l’abri des interventions et des dépradations humaines.
- Fig, 6. — Une précieuse de laboratoire, admiratrice de Pilaire de tiozier, la Duchesse de Luynes, buste par Boudon. Musée Carnavalet.
- du peintre Gervais qui avait décoré la montgolfière lors de l'ascension des Tuileries, avaient leur part de la maigre pitance.
- L’acte qui met ainsi le point final à la liquidation des entreprises aventureuses du nouvel Icare porte la date du 10 août 1789 et l’on n’ignore pas que le peuple français, en dépit de son « goût pour les sciences » se donnait alors d’autres sujets de préoccupation, pendant que les belles duchesses, précieuses de laboratoire, devaient, peu après, voir d’autres soucis leur faire oublier jusqu’à la mémoire du séduisant aéronaute.
- Charles Cabanes.
- DANS LE VERCORS =
- La France, elle, va perdre une de ses plus belles réserves naturelles : les Hauts Plateaux calcaires du Vercors.
- De Villard de Lans, ou plus exactement de C01-rençou au cirque d’Archiane s’étend sur 35 km en longueur et de 6 à io en largeur, un complexe difficilement pénélrable de bassins fermés : poliés d’Her-bouilly, de la Coinchette, d’Arbaunouze; de zones calcaires dénudées : lapiaz du Clôt d’Aspres, de la Mou-cherolle, du Purgatoire, du Glandasse ; d’innombrables crêtes, vallons et effondrements où la forêt règne
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- inextricable, vierge même 04 bien des points ; Crète des Pisés, de I# Sarna, Pus de lu Ghèyi’e, ütawé du Loup, creux du Pleyuel, de Tiolache, etc, (îes étendues dont la carte d état-major ne donne qu’une idée incomplète, anciennes propriétés des évêques de Die et des marquis de Sassenage dont les bornages se retrouvent enfouis sous bhunius, ne furent pénétrés au cours des siècles passés qu'en de rares points ; ceux où s'exercaient l’industrie du fer : « martinets a d'Arbaunou/,e, ceux où des bûcherons recherchaient sur l’ordre de Colbert des nuits pour les galères.
- Plus lard et jusqu a nos jours, qui., voient leur disparition, les transhumants apportaient une .certaine animation, dont les « jasses » ruinés sont les témoins sur les pâturages des crêtes les plus élevées,
- Mais le coeur même du massif : de Carrelle à Pré-Grand U est resté à l'abri de toute intrusion humaine, c’est pourquoi l'ours y est signalé de temps à autre ; la flore et la faune y sont particulières.
- Il ne faut pas oublier, d'autre part, que le tourisme dont vivent en grande partie tordes les communes du Vereors se verrait gravement atteint par la présence de camps militaires sur les Hauts-Plateaux. Ces derniers sont, en effet, encore plus que les Grands Causses, un prototype de terrain calcaire où les eaux de pluie et de fonte' des neiges lessivent la surface, s'engouffrent, circulent en profondeur et sans avoir été 1 iltfées sont restituées directement par les innombrables résurgences qui s'onvrent selon les différents niveaux imperméables du Crétacé : albien, hauteri-vicu, valangiuien. L’Aduin, le ruisseau de Combemâle, les Dcramats deviendraient ainsi des égouts redoutables pour les populations, ainsi que l’ont prouvé les remarquables explorations souterraines faites depuis 3 ans par le groupe de spéléologie' du Club Alpin Français. Ces explorations eonlirmenl formellement les découvertes de Martel faisant un cas de conscience pour les pouvoirs publics d’établir tics périmètres de
- Fig. 1. — Panorama des liauts-Plalcaux et de la Chaîne du Vereors.
- Au premier plan le poljé (l’Arbaunouze avec de nombreuses dolines sur lit gauche. Au centre le lupin/, du » Purgatoire », /.ont' de calcaires fissurés qui n’a jamais été traversée en longueur. — lin Ire le Purgatoire et les crêtes, zones boisées où l'Administration des eaux et forêts voudrait établir des réserves de bois tic papeterie. — A droite à l’horizon, le Grand Yeymont 2.341» ni, point culminant du Vereors et zones boisées sur lesquelles tirera il, l’armée. — De gauche à droite
- 70 km2 sans aucun habitat permanent.
- C’est là un paradis encore peu connu de l'entomologiste, du botaniste, du géographe.
- Or, les besoins de la défense nationale ont fait envisager par l’autorité militaire l'achat de ces solitudes pour en faire qn champ de tir d’artillerie lourde.
- Cependant, il ne s’agit point seulement de conserver pour la joie de quelques initiés, des espèces animales ou végétales en voie d’extinction. L’Administration des Faux et Forêts, dont le travail n’est conçu et ne reçoit sa récompense que dans le temps, envisage et a commencé l'acquisition de ces zones dans le but relativement proche d’en faire en certains points particulièrement déshérités, une réserve de bois de papeterie, qui viendra soulager en partie l’économie nationale obligée à des importations ruineuses pesant lourdement sur notre balance des paiements. L’admirable réseau routier que gardes généraux, brigadiers, bûcherons et chômeurs ont établi en quelques années étaient destinés à voir descendre et passer aisément au long de son profil spécialement étudié les plus grands épicéas. Toute la peine qu’a donnée l’élargissement des virages ne servira-t-elle donc qu'à faciliter le passage de la volée des pièces à longue portée P
- protection très étendus pour la préservation des sources en pays calcaire.
- Il ut' faudrait donc pas que l'attrait des sommes importantes dont dispose le budget, de la Guerre, sommes qui, à notre époque, seraient vile épuisées par les budgets communaux qui en bénéficieraient une fois pour toutes, mettent eu balance cl fassent perdre de vue la science, les intérêts économiques permanents et futurs, l’hygiène des sources.
- Il appartient donc, aux commissions de préservation des si les de la Drôme et de l’Isère, aux grands groupements touristiques : (Mub Alpin, Touring-Glub, syndicats d’initiative, aux conseillers généraux qui pourront sc rendre compte, dans le vallon de la Fauge des effets des tirs sur les épicéas, aux groupements de l'industrie du papier, des forces hydrauliques et au Ministère de la Santé publique, de soutenir l'Administration des Faux cl Forêts dans scs projets d’érection des Hauts Plateaux de l’Est du Vereors en réserves et parc national.
- Souhaitons que ce ne soit point là vraiment la lutte du Pot de Terre contre le Pot de Fer.
- G. Boissièke.
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- HISTOIRE DU THERMOMETRE
- Le thermomètre, d’un emploi si courant de nos jours, n’est pas d’origine bien ancienne. (Lest un physicien belge, van Helmonl (1577-1044) qui, au début du xvne siècle, imagina, semble-t-il, pour la première fois de substituer au sens du toucher celui de la vue pour évaluer l’étal calorifique d’un objet. Toutefois, on ne sait rien de bien précis sur l’appareil qu’il construisit à eel effet ; certains de ses contemporains virent dans son instrument un mécanisme propre à entretenir un mouvement quasi perpétuel, les variations de température du milieu ambiant entretenant les oscillations de l’indicateur Ihermométrique.
- Viviani et Libri attribuent l’invention du thermomètre à l’illustre physicien italien (lalilée; en 1 T>t)7, celui-ci aurait utilisé une sorte de malras emprisonnant de l’air sous un index de mercure (lig. 1, A). Mais les œuvres de Calilée n’en font aucune mention (•I c’est généralement un Hollandais, Cornélius van Drebbel ( 157a-1 (i3:>.) que l'on considère comme l'inventeur du thermomètre. D’origine paysanne, cet homme ingénieux acquit de son vivant une grande réputation de science ; il fut même appelé à la Cour de plusieurs monarques, du roi Jacques F1' d’Angleterre en particulier.
- Puisque les gaz subissent des variations de volume considérables pour de faibles variations de température, il devait venir à l’esprit d’utiliser cette propriété pour construire un appareil destiné à repérer la température des objets. C’est ce que lit van Drebbel. H prit une fiole grosse* comme un umf de pigeon munie d’un tube de la grosseur d’une plume d’oie. Il remplit d’eau la moitié du tube*, le. reste du tube et l’ampoule étant pleins d’air, puis il boucha le tube pour le déboucher sous l’eau ; le liquide demeura en partie dans le tube (lig. 1, B), de sorte qu’en chauffant la boule F, on put assister à un refoulement du liquide en T par l’air dilaté et qu’au contraire, on puf, constater une ascension de l’eau dans ce menu' tube lorsque le froid diminuait la pression à l'intérieur de F.
- On transforma ensuite l'appareil de van Drebbel qui se trouvait composé, comme on vient de le voir, de. deux pièces, de façon qu’il ne fut plus formé que d’une seule (lig. a). On remplissait cet instrument, en trempant l'orifice E dans de l’eau après avoir chauffé B pour en chasser l’air. Bientôt on se rendit compte que l’eau n’était pas un liquide convenant à l’emploi qui lui était destiné, l’eau se congelant dès qu’il faisait froid. Aussi la remplaça-t-on par le mélange de trois parties d’eau et d’une d’acide azotique teintée par de l’azolale de cuivre. Malheureusement, ces appareils dont on admirait la sensibilité n’étaient au fond que des barothermosc.opes ; il est vrai qu’au moment où ils furent inventés, on ignorait le baromètre. Aussi, dès qu’on se rendit compte de Faction perturbatrice de la pression atmosphérique, modifîa-i-on la forme des thermomètres jusqu’alors en usage.
- Le premier thermomètre à liquide fut construit par les académiciens de Florence, il était constitué par une
- boule de verre creuse surmontée
- d’un long tube fermé à son extrémité supérieure ; le liquide Iher-
- Fiy. I. — A yauche, Fiy. 2. — Le ther- Fiy. 3. — Le ther-
- le thermomètre à air m omette de van ru ont être' des aca-
- de (lalilée ; à droite, Drebbel en une démiciens de Floral ai de ean Drebbel. seule pièce. rence.
- momélriquc utilisé était, celte fois, de l’espril-de-vin coloré en rougi* par de la racine d’oreanefte (fig. 5).
- Certains techniciens, pour remplir le réservoir, procédaient de la façon suivante : « 11 faut échaufer la boule, ou phio'le de verre de ce thermomètre, afin que l’air se raréfiant, il en sorte la plus grande partie. On trempe pour lors le bout du tuiau, qui est ouvert, dans cét esprit de vin coloré, qui y montera et remplira non seulement le tuiau, mais même la boule, ou phiole ; il faut laisser refroider le thermomètre jusqu'à ee qu’il reste environ la moilié du tuiau vuide. On peut alors ehaufer à la lampe d’un émailleur, le bout (h* ce tuiau jusqu’à ce que le verre se fonde, puis avec, un autre petit morceau de verre,-ou des petites pincettes de fer, toucher à ce qui est en fonte, et lourner celte matière jusqu’à ce que le trou soit, bouché, et, la superficie unie (Delaneé, T rail é des baromètres, etc., i (>88, p. 71 et 7a) » (').
- Ce mode opératoire était évidemment défectueux. Les académiciens de Florence procédaient autrement. L’appareil était rempli jusqu’au quart environ du tube d’alcool coloré, puis on chauffait, le liquide jusqu’à ce qu’il atteignit le sommet du tube (l’air se trouvait donc en ce moment totalement chassé de l'instrument) et on fermait à la lampe aussitôt. Ainsi rempli, ce thermomètre était, comme on le, voit, en tout point semblable à ceux qu’on utilise de nos jours.
- Cu remarqua plus lard que le réservoir ne devait pas être renflé « en grosse boule », la chaleur ne se communiquant qu’assez lentement au centre du réser-
- t. Plus e/xacfe.mcnl : Traitiez des baromètres, thermomètres et notiomètres ou hygromètres, par M. fi***, h Amsterdam, chez Henry Wetstein, -1088.
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- voir et o n l’aplatit en forme de lentille, « en manière de dame à jouer a u tric-trac ».
- Les échelles de r e p è r e s furent tout d’abord des plus fantaisistes ; chaque physicien eut la sienne. Les académiciens de Florence plaçaient le zéro de leur graduation à l’endroit où s’arrêtait 1 a colonne liquide lorsque le thermomètre
- se trouvait dans les caves de leur observatoire. D’autres physiciens marquaient zéro à l’endroit où se trouvait le sommet de la colonne lors des grandes gelées d’hiver. Le « chaud » était donné par le contact avec la main d’un « fébricitant » ou encore par une exposition en plein soleil par les plus chaudes journées d’élé....
- Fig. 4. — Un thermomètre à très long tube.
- Fig. 'i. — Thermomètre verre.
- à flotteurs de
- Vers le milieu du xvn° siècle, Robert Boyle (ifiafi-if>()i) proposa de prendre la lempérature de congélation de l’eau comme point fixe. Mais on devait vite se rendre compte qu’un seul point fixe était insuffisant. C’est ainsi que dans un ouvrage déjà cité et qui fait autorité en la matière, Relancé écrit (p. 78 et 7 4) : « On pour-roi t faire que tous les Thermomètres se rapporteraient, si l’on v oui oit, en les divisant, observer la métode suivante :
- « Le Thermomètre étant fait comme il est ci-devant décrit et étant mis sur sa planche et dans sa bordure, on le doit placer dans l’endroit où il doit toujours demeurer.
- « 11 faut ensuite soigneusement observer en hiver quand l’eau commence à geler, et marquer alors sur la planche l’endroit où répond la superficie de la liqueur rouge.
- (( Mettez en été un peu de beurre sur la houle de ce même Thermomètre, et observez quand ce beurre fondra, vous ferez alors une seconde marque sur vôtre planche à l’endroit où finira la liqueur, divisez en deux parties égales l’espace qui est entre ces deux points, cl l’endroit de la division fera la marque du tempéré, qui ne sera ni chaud ni froid.
- « Divisez chacun de ces espaces en dix degrés égaux. Marquez encore quatre de ces degrés au-dessus du point où le beurre fond, et quatre autres au-dessous de celui où l’eau gèle ; vous aurez ainsi quinze divisions pour le froid et quinze pour le chaud. »
- Pour avoir plus de sensibilité, on donna au thermomètre un volume intérieur aussi grand que possible ; on utilisa des tubes de i m de long, mais un thermomètre de :i m de haut est un appareil encombrant, difficile à transporter ; aussi essaya-t-on de donner au tube une forme ramassée, sa longueur ne changeant pas ; on donna à l’ensemble des formes plus ou moins harmonieuses, telles que celle représentée par la ligure 4 inspirée de gravures anciennes (ainsi d’ailleurs (pue les ligures 0 et fi).
- Vers ifip/i, Charles Renaldini, de Pavie, faisait marquer zéro degré à son thermomètre quand celui-ci était plongé dans un mélange d’eau et de glace, les autres degrés étant obtenus par des mélanges en proportions déterminées d’eau froide et d’eau bouillante. En 170J, Newton substitua l’huile de lin à l’alcool, parce que ce liquide bouillait à température plus élevée (pie l'esprit-de-vin. Les points de repère étaient au nombre de six : i° température de la glace fondante ; 20 température du sang humain ; 3° température de la fusion de la cire ; 4° température de l’ébullition de l’eau ; 5° température de la fusion d’un alliage de plomb, de bismuth et d’étain ; fi° température de la fusion du plomb.
- Signalons qu'on construisit dès le milieu du xvu° siècle bien d’autres thermomètres que ceux dont nous avons fait mention. L’un d’eux est particulièrement curieux et rappelle le ludion. 11 était constitué par un cylindre de cristal de 4 à 5 pouces de long et d’environ 1 pouce 1/2 de diamètre ( fi g. 5). Ce cylindre complètement clos contenait au-dessous d’une petite couche d’air, de l’eau-de-vie dans laquelle nageaient 10 ou r.2 petites boules soufflées d’émail de couleur, plus ou moins lourdes, et renfermant de l'air. Lorsqu’il fai-sait bien froid, foules ce s petites boules llottaient à la surface du liquide et il en descendait au contraire <( à proportion que le chaud augmente, en sorte que pendant une très grande chaleur, toutes les houles sont en bas. »
- Et Delancé ajoute (ouvrage déjà cité) : « Aiant trouvé cette sorte de Thermomètre, on a crû qu’on pourrait composer une machine, par laquelle on pourrait connaître l’augmentation ou la diminution de la fièvre. On a pour cela fait une de ces machines, en
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- figure de petite tortue, pour la pouvoir facilement appliquer et lier sur le bras (lig. 6). Lorsqu’on l’a appliquée au milieu d’un accès de lièvre, on remarque combien pendant un certain espace de temps, par exemple pendant 7 ou 8 minutes, la chaleur que le bras lui communique fait tomber de ces petites boules ; on fait la même chose en un autre accès, et comparant ces deux observations, on conclud que l’accès, auquel il est tombé en bas plus de boules, est plus-fort cl plus-violent que l’autre. »
- Disons également dès maintenant que dans beaucoup de thermomètres, on remplaça l’alcool par du mercure, ce dernier liquide présentant de nombreux avantages : i° il est bon conducteur de la chaleur, donc se met rapidement en équilibre de température avec le milieu ambiant ; 20 il ne se solidifie qu’à basse température et ne bout qu’à température relativement élevée ; 3° il ne mouille pas le verre, etc....
- Ce fut le physicien allemand Daniel Fahrenheit (rO90-17/10) qui, le premier, en 171/1, construisit des I hermomètres comparables, quoique de grandeurs dif-férenies-. Il utilisait pour cela, comme liquide thermo-métrique, de l’esprit-de-vin, marquait o° en face du sommet de la colonne d’alcool quand le réservoir élail plongé dans un mélange réfrigérant de glace, d’eau et de sel marin en proportions déterminées, et 3a° lorsque le thermomètre était plongé dans de la glace fondante. Fahrenheit adoptait en outre un troisième point fixe correspondant à la température d’un homme sain tenant le réservoir du thermomètre dans sa bouche ou son aisselle ; mais, ayant eu connaissance des travaux d’Amontons au sujet d’un prétendu thermomètre qui n’était en réalité qu’un barothermoscope dans le genre de celui de van Drebbel, le célèbre constructeur allemand modifia dans la suite son troisième point fixe qui fut repéré désormais par la température de l’eau bouillante ; en outre, il substitua le mercure à l'alcool.
- Ferchault de Réaumur (1683-1767), célèbre en particulier par ses travaux sur l’incubation artificielle (l), construisit en 1730 des thermomètres à liquide eon-
- 1. Voir fi co sujet, La Nature, 1er mars 1937, L'incubation artificielle, par Henri Dakiuon.
- stitué par un mé-lange d’eau et d’alcool en proportions telles qu’il se dilatait des 80/1.000 de son volume en passant de la température de la glace fondante (repère zéro) à la température de l’eau bouillante (repère : 80). L’espace compris entre ces deux repères fut divisé en 80 parties égales ou degrés. Le thermomètre de Réaumur, fort bien accueilli en France et en Italie, devint vite l’objet de vives polémiques. On lui reprocha surtout d’utiliser un mélange dont les qualités thermométriques étaient inférieures à celles du mercure. Une partialité sans retenue, que dis-je, l’esprit, de nationalité lui-même, envenimèrent la controverse et l’on vit, à la suite de ce différend, chaque nation adopter un thermomètre dont la graduation lui. serait propre.... (l’est ainsi que la Société royale de Londres eut un thermomètre gradué en sens inverse des autres : avec cet appareil, le « très chaud » était repéré par le chiffre o°, le « chaud » par a5°, le « tempéré » par 45° et la <( gelée » par 65°....
- C’est le Suédois Celsius (1701-1744), professeur de physique à Upsal, qui imagina 1 ’échelle centigrade actuellement en usage dans noire pays et qui insista sur la nécessité de deux points fixes et de deux seulement. La graduation centigrade fut adoptée par les Suédois dès 17.42. Mais ce n’est qu’avec Dulong et Petit et surtout avec Régnault, (1810-1878) que la thermométrie devait enfin entrer dans la voie de la précision. Les expériences de ces savants sont classiques et figurent dans les ouvrages de physique meme élémentaires.
- 11k xm Damiion.
- Fig. (i. — Thermomètre en forme de tortue pour prendre la température du bras.
- = UN EMPLOI NOUVEAU DES MÉLANGES RÉFRIGÉRANTS =
- A BASE D’ACIDE CARBONIQUE
- A l’usine génératrice de Quccnslone sur les -chutes du Niagara, il a été nécessaire de démonter, pour réparation, un générateur de 55.000 kva dont Je rotor pesait 270 t. Pour extraire l’axe de c-c générateur dont la longueur était de g m, le diamètre de 80 cm et qui présentait un trou axial de 20 cm de diamètre, les ingénieurs ont eu recours à l’emploi du froid. En faisant circuler dans le trou central un liquide réfrigérant composé de 1 t d’alcool et 3 t d’acide
- carbonique liquide qui donne une température de —- 720, l’arbre s’est contracté suffisamment au bout de 2 h pour qu’on puisse le retirer sans efforts. Le môme procédé sera appliqué pour le remontage. C’est, là une application intéressante de la dilatation qui n’avait jusqu’à présent été utilisée qu’en sens inverse, pourrait-on dire, en chauffant les pièces extérieures à monter sur les arbres.
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- 588 - LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1937, A PARIS
- Mois chaud, sensiblement normal quant aux précipitations, mais déficitaire pour l’insolation.
- La pression barométrique moyenne, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, réduite au niveau de la mer, 7(11 mm 6, n’est inférieure que de o mm 3 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, ii°,7, est en excédent de i°,5 et classe octobre 1987 parmi les mois d’octobre franchement chauds. La température s’est maintenue voisine de la normale du 5 au 18. Le 19 a été la seule journée un peu froide du mois, avec; un écart de — a0,7 à la normale. Au début et à la Un du mois, le temps a été chaud ou très chaud. Le 26, la moyenne journalière, i6°,3, est supérieure de près de. 8° (7",9) à celle; que l’on observe; en moyenne à celte date*. Fait assez rare en octobre*, on n’a noté aucun jour de gelée blanche.
- Le. minimum absolu, o°,o, le ao, est supérieur de 3°,5 au minimum absolu moyen. Le maximum absolu, aa°,a, le •>.'], est sensiblement, normal.
- Sans la journée du a(> qui a fourni à elle seide, au Pare Saint-Maur, 36 mm 8 d’eau, le mois d’octobre*. 1907 eût été sec : les la autres journées de; précipitations observées au cours du mois 11’ont en effet totalisé que. e.5 mm 5 et le total mensuel, tia mm a, ne dépasse la moyenne que de 1 mm i\ en 10 jours au lieu de i5 que l’on observe, généralement.
- A l'Observatoire ch* Montsouris, la durée, totale de chute, 36 h 4o m est, supérieure' île ai pour 100 à la normale.
- Le 3, vers 11 h 5, il a éclairé et tonné à Vaugirard.
- On a noté tous les jours, dans la région, des brouillards parfois épais, mais exclusivement matinaux et généralement locaux. La visibilité s’est abaissée à 10 m le ao, à 7 h à Meudon.
- Des obscurcissements ont été observés le 3 et le !\ à B révannes et, le 9 à la Tour 8ainl,-.lacques.
- T,a durée totale d’insolation, ttc. h 5 ni, à l’Observatoire
- de la Tour Saint-.lacques, est inférieure de 10 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 86,5 pour 100 et celle de la nébulosité de 69 pour 100. Il y a été constaté : 1 jour de, gouttes, 19 jours de brouillard, 5 jours de brume, iS jours de rosée. Aucune hirondelle n’a été aperçue au cours du mois.
- Les extrêmes météorologiques pour le mois d’octobre.
- Mois le plus froid : 1887. moy. 60,7 Mois le plus chaud : 1831. moy. i4°,7 écart : 56 ans et 8°,o
- La plus basse température observée : en 1887, -4"-8 La plus haute température observée ; en 1921, 28",2
- écart : 34 ans et 33°,o
- Plus grand nombre de jours de gelée : 9 en igo5 et 1919. Mois le plus pluvieux : 1896, 158 mm 7 Mois le plus sec : 1752, o mm o? et 1 mm 8 en 1809. (certain).
- Plus grand nombre de jours de pluie : 27 en 1907.
- Plus petit nombre de jours de pluie ; o? en 1752
- 3 en 1809 (certain).
- Mois le plus couvert : 1934, nébulosité moy.
- 83 0/0
- Mois le plus clair : 1762, nébulosité moy.
- estimée de 10 à 12 0/0 ?
- et 28 0/0 en 1908
- (certaine).
- Moyenne barométrique la plus basse :
- i865, 748 mm 1 (niv. de la mer: 754 mm 5). Moyenne barométrique la plus haute :
- j83o, 763 mm 4 (niv. de la mer, 769 mm 8).
- T.e, signe ? indique que les chiffres cités sont douteux.
- Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PILES DE PONTS ET BARRAGES ÉCONOMIQUES
- Le bois manque, -eu - région - désertique, de même le ciment cl, autres liants, mais la pierre n’est point rare.
- Aussi a-t-on été. amené au Soudan à construire des ponts A piles en pierres sèches très larges, des troncs de pyramides se joignant à la base dans l’oued desséché. Évidemment on diminue ainsi la section offerte au débouché de l’eau et il faut multiplier les piles. Il est à remarquer que le débouché s’accroît très vite quand l’eau monte puisque les pyramides s’écartent l’une de l’autre ce qui n’arrive pas avec les piles maçonnées verticales. On signale pareils ponts sur le « Marigot » Delaba au Soudan.
- Au Maroc, on a eu l’idée de construire des barrages en pierres sèches en les empilant entre les parties d’une échelle double placée en travers de l'Oued et constituée par des,sections de voie ferrée de 0 m 60 it traverses métalliques rivées (fig. 1).
- On maçonne en lia vers du lit une muretfe de béton de 0 m 50 formant rainure pour appuyer les hases do, ces chevalets de 4 m -50 do hauteur. On empile (les pierres. Tous les mètres, 011 relie les rails des deux montants au moyen de fils de fer de 5 mm d'épaisseur.
- Pour éviter que les crues n’emportent les petites pierres, on protège les parois pur un grillage de fil de 1er galvanisé.
- Au niveau du déversoir, on peut compléter les traverses par une bande de tôle ondulée.
- Les eaiix boueuses jointoient les pierres et des plantes peuvent croître pendant les périodes d’assèchement.
- Mais les rails dépassant le niveau de l’eau arrêtent les maté-
- riaux flottants. Il importe, doue de visiter le barrage après chaque crue... et avant aussi si possible! Pikkhk Laure.
- Fiij. 1. — Coupe d'un barrage exécuté par le Génie rural d'Oujda en 1036.
- ligatures avecdes 0 de 5”/,.n
- — NIVEAU ou BARRAGE
- — Niveau Oel'eau dans la seguia
- NIVEAU FOND SECUIA
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- = L'AUTOMOBILE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- LE SALON DE J 937
- Le Salon de 19^7 a été caractérisé par la recherche de l'économie et de lu vitesse.
- On évalue à 08 pour 100 l'augmentation du prix de revient survenue en 1937 du l'ait de la hausse des salaires, des matières premières et des frais généraux, tandis que les prix de vente n’ont été augmentés que de 35 à 4o pour 100.
- Mais si l’on considère les prix des automobiles en franc-or depuis 191/1, ou constate qu’ils n’ont cessé de baisser.
- JÎ11 1914, une voiture légère valait 7.000 fr, or, en 1920 j.ooo, en 1900 4.4oo, en 1935 3.6oo, en 1967 a.4oo fr seulement; en même temps, la production annuelle est passée de 45.000 à a35.000 voitures; aussi, y avait-il une voiture pour 375 habitants en 191/1, cl il y en a une par 17 habitants en 1967 !
- Pour diminuer le prix, accroître l’économie d’emploi et augmenter la vitesse, à égalité de puissance des moteurs, 011 s’est, attaché à réduire le poids de la voiture, et à chercher la meilleure utilisation de la matière.
- Une voiture, dite « légère » pesait, il \ a quelques années, une quarantaine de kilos par cheval de puissance effective, et, près de 200 kgr par passager transporté; au Salon de 1937, certains modèles pèsent moins de :>,5 kgr par cheval et de i5o kgr par passager. Les progrès proviennent, surtout d’une meilleure étude du châssis et des organes mécaniques, et de l’emploi de nouveaux métaux plus résistants et plus légers pour la construction du châssis et. des carrosseries.
- Pour un même service, la consommation d’essence cl d’huile a diminué notablement. La compression est plus « poussée », la rotation plus rapide, la carburation est, plus complète et plus rationnelle.
- Le taux de compression, qui était de 5,5 en moyenne, atteint parfois 7 aujourd'hui; la vitesse de rotation qui restait inférieure à 3.000 tours-minute dépasse souvent 4.ooo ; aussi, atteint-on une puissance effective de 3o ch par litre de cylindrée, au lieu de 20 il y a quelques années.
- En même temps on arrive à des économies de carburant, de l’ordre de 20 pour 100.
- L’entretien est également réduit au minimum par une lubrification plus rationnelle et. plus économique; l’amortissement annuel est plus faible.
- Le XXXIe Salon de, l’Automobile 11’a pas présenté de nouveautés révolutionnaires; il a cependant mis en évidence d’intéressantes modifications apportées en particulier aux modèles utilitaires qui forment, désormais la majorité de la production française.
- Tout automobiliste exige aujourd’hui une voiture rapide; grâce aux moteurs <1 poussés », aux châssis et aux carrosseries de faible poids, les constructeurs ont pu lui donner satisfaction. Mais il a fallu donner aux voilures légères cl rapides même solidité et même tenue de route qu’aux modèles plus lourds.
- La rigidité des châssis actuels, et, en particulier, des châssis ce bloc-tube » supprime les oscillations dangereuses. L’adhérence au sol et la tenue de route sont améliorées par la répartition des masses, leur éloignement du centre de gravité, et, en général, la forme de plus en plus basse des carrosseries. La plupart des modèles sont munis de roues avant indépendantes qui assurent une suspension très sou-
- ple, sans exiger une trop grande flexibilité des ressorts avant (fig. 1 et 2).
- La plupart des freins sont, en outre, équipés avec un système auto-serreur mécanique qui augmente leur efficacité et facilite leur réglage.
- Pour la première fois, on a vu un modèle de voiture dont le châssis et la carrosserie sont remplacés par une carcasse coulée en alliage d’aluminium, proposée à la Société des Ingénieurs de l’Automobile dès 1935.
- Cette carcasse comporte deux panneaux longerons, un auvent formant entretoise tubulaire de section triangulaire cl une traverse avant support de moteur. Sur celte carcasse, sc fixent les organes mécaniques et la carrosserie. Les éléments sont en alpax traité; la résistance des panneaux-longerons équivaut à celle des longerons d’un camion de 2 I.
- On a ainsi une voiture de poids plus faible, à résistance égale, que celui d’une voiture classique à châssis à tôle d’acier et carrosserie lôlée. La carcasse ne pèse qu’une soixantaine de kilos et. le poids total «l’aluminium utilisé est de l’ordre de 100 kgr.
- Le nombre des marques des voitures exposées était, cette année réduit à 5o, y compris les exposants étrangers, et les :’,48 voitures présentées étaient de i3i modèles différents.
- Bien qu’011 ait pu voir b:i voitures à 4 cylindres, 67 à (' cylindres et. 17 à 8 cylindres, les voitures à 4 cylindres sont, la majorité des modèles courants ; les moteurs à 6 cylindres sont réservés à une clientèle riche, tout, autant et même plus que les moteurs à 8 cylindres en V, qui équipent des soit lires de prix moyens, niais de construction spéciale.
- L’attention du grand public; se porte surtout sur la voiture utilitaire, très économique, de dimensions réduites, transportant deux ou quatre passagers. Il existait, déjà un modèle intéressant, de prix inférieur à 20.000 fr, pour deux passagers; cette année, ou en voit de la même catégorie pour quatre (fig. 1).
- hy. I. — Voiture populaire à quatre places de 1937 (Type Juvaquatre Renault).
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- Enfin, sur certains électrique, de grand diamètre,
- Les bord,
- voilure est chargée à l’arrière. Les pare-brises,
- Fig. 2 à 4. •— Simplification de la suspension à roues avant indépendantes de la direction et du châssis à plancher. métallique soudé aux longerons
- (Juvaquatre Renault).
- La forme générale des carrosseries demeure aérodynamique, mais l’exagération primitive des lignes s’atténue. Les caisses sont encore plus basses, mais plus larges, grâce à la suppression des marchepieds. Dans les voilures de grand tourisme, trois passagers peuvent tenir sur chaque banquette et le déplacement des leviers de commande sur le côté dégage les places à l’avant (lig. 3 et 4).
- La voiture populaire française de 1907 est ainsi un modèle à 4 places relativement confortable et rapide, lin modèle très remarqué, à carrosserie 4 places deux portes, 11e consomme guère que 7 1 de carburant à la vitesse de (>o km à l’heure; sa suspension, à roues avant indépendantes, est très simplifiée. Les roues sont reliées au châssis par un parallélogramme déformable, dont la base inférieure est constituée par le ressort et les côtés supérieurs par une biellelle triangulaire attachée directement à l’axe des amortisseurs. Le nombre des articulations est ainsi le même que dans une suspension ordinaire à essieu monobloc (fig. 2).
- La direction à vis et secteur transmet son mouvement au pivot par l’intermédiaire de deux bielleltes reliant le levier mobile au levier de direction, réduisant les articulations. Un ressort à trois lames maîtresses donne toute sécurité, puisque, si une lame casse, le conducteur peut continuer sa roule.
- La poussée et l’effort retardateur sont transmis au train avant du châssis par l’intermédiaire de la bielle triangulaire formant le côLé supérieur du parallélogramme articulé, sans organe spécial.
- La carrosserie, soudée aux longerons, concourt à la résistance de l’ensemble. La transmission se fait par un tube central de poussée (fig. 4).
- La voiture moyenne de tourisme bénéficie d’améliorations apportées au confort de la carrosserie : toit ouvrant ; calfeutrage très soigné supprimant des courants d’air ; insonori-
- sation ; sièges avant facilement réglables, parfois même en marche au moyen d’une simple poignée.
- modèles, un ventilateur envoie dans des tubulures dirigées vers le pare-brise, de l’air chaud en hiver, de l’air froid en été.
- L’emplacement réservé aux bagages a été augmenté; les valises sont accessibles de l’intérieur, et bien des \oitures ont maintenant des supports fixés sur le toit, prêts à recevoir des porte-bagages; évitant des montages de fortune.
- Notons encore des perfectionnements de détail, particul ièrement pratiques.
- Le double bouchon du réservoir permet le remplissage indifféremment à droite ou à gauche de la route, le cric latéral avec logement préparé recevant la lige, placé sous la traverse du châssis, facilite les manœuvres de soulèvement.
- Le robinet de réserve évite la panne d’essence, phares peuvent être réglés de la planche de pour corriger leur orientation quand la
- réglables graduellement, comportent souvent deux panneaux séparés. Un accoudoir central augmente le confort dans les voitures de grande largeur; les capots sont plus rigides, munis de fentes d’aération élégantes et efficaces, etc.
- La vogue revient aux carrosseries découvertes ou décapotables (fig. 5 et fi).
- Le moteur « llotlant » a été perfectionné ; il réduit les vibrations et le bruit. D’ailleurs, les voilures américaines doivent leurs qualités de silence," avant tout, à la suspension élastique du moteur qui évite la transmission des vibrations, mais qui diminue la rigidité, d’où nécessité de renforcer la rigidité du châssis, comme nous l’avons rappelé plus haut.
- COMMENT RÉDUIRE LA CONSOMMATION D’ESSENCE
- La consommation 11e dépend pas seulement du type de la voiture, mais aussi de l’usage qu’on en fait : service de roule ou service de ville, vitesse moyenne à laquelle on roule.
- La cylindrée du moteur est une donnée essentielle, mais
- Fig. 5. — Carrosserie conduite intérieure et décapotable de 1937. Caisse très large sans marchepieds, châssis tubulaire surbaissé. Sièges disposés entre les essieux (Berliet Dauphine).
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- Fi y. G. — banque lies
- il faut aussi tenir compte de la vitesse de rotation ; un moteur de petite cylindrée qui tourne! vite consomme plus qu’un moteur de grosse cylindrée qui tourne lentement. D’ailleurs, une faible consommation d’essence ne doit jamais être compensée par une forle consommation d’huile!
- Lorsqu’on constate une consommation d’essence exagérée, bien supérieure à celle indiquée par le constructeur, il l'auL d’abord procéder à un examen attentif du carburateur. Si cet organe est avantages.
- ancien, il peut y avoir intérêt à le remplacer par un modèle plus moderne ; en particulier, l'adjonction d’un système à starter présente des Le réglage défectueux peut souvent être corrigé ; il se manifeste par des symptômes nets.
- S’il est difficile de mettre le moteur en marche à froid, d’obtenir un ralenti satisfaisant, si le moteur « tousse » longtemps après sa mise en marche, la proportion d’air admise est trop grande, le gicleur trop petit, ou la prise d’air mal réglée.
- IJn mélange trop riche en essence est aussi nuisible qu’un mélange trop pauvre; mais, pour le service de ville, il est nécessaire d’utiliser un mélange riche. Le simple examen d’une bougie permet d’en juger. Si la carburation est bien réglée, l’enduit est brun clair, de plus en plus clair si la proportion d’air augmente. S’il y a excès d’essence, le dépôt est noir mal, gras et brillant avec excès d’huile.
- On réduit la consommation en diminuant l’ouverture de la buse et du gicleur. On vérifie le nouveau réglage d’après la teinte de la porcelaine des bougies.
- Il 11e faut rien exagérer; un mélange trop pauvre entraîne la détérioration des soupapes et des bougies, diminue l’agrément de la conduite; finalement, l’économie est illusoire, surtout dans les villes où il faut changer de vitesse fréquemment.
- Une consommation anormale d’essence peut aussi provenir de fuites de carburant par des joints en mauvais état, à un flotteur de carburateur percé ou coincé, à un pointeau détérioré ou sali. L’usure de l’axe du papillon ou un montage défectueux produisent le même effet, et la véri-lication des gicleurs, qui doivent être toujours fournis par le constructeur, est essentielle.
- L’excès de consommation peut encore tenir à un manque de compression provenant du mauvais état des soupapes d’échappement, à des ressorts trop faibles, à l’usure des segments, à une tuyauterie d’échappement encrassée, à un mauvais réglage de la distribution, à des entrées d’air additionnels, au patinage de l’embrayage, à la détérioration d’une pompe d’alimentation.
- Un moteur neuf ou récemment révisé, non rodé ou trop serré, provoque aussi une consommation plus élevée.
- Il y a également une relation étroite entre le réglage de l’avance à l’allumage et la consommation. Un retard ou un excès d’avance se traduisent par une perte de puissance et une augmentation de consommation ; le meilleur point de réglage correspond, suivant la méthode classique, au point de disparition du cliquetis. Il convient donc de surveiller l’état des bougies, le calage du distributeur, la qualité des étincelles.
- Il y avait autrefois sur les voitures des systèmes de réglage de l’air de carburation permettant une notable économie d’essence. La manette de réglage d’avance à l’allumage, dans les systèmes semi-automatiques, assure une nette amélioration de la consommation, si l’usager sait la manœuvrer.
- Trois passagers peuvent prendre place confortablement sur les et les carrosseries découvertes et. transformables sont plus appréciées (Peugeot 402).
- La consommation dépend également du prolil
- de la
- route et des qualités du conducteur. Les accélérations brutales et inutiles, les coups de freins, les arrêts brusques, sont autant de causes de consommation anormale. Les changements constants de vitesses dans les villes produisent le même effet, et c’est pourquoi il est souvenl plus économique d’utiliser une voiture très souple pouvant rouler en prise directe, même au ralenti. L’emploi des boîtes à quatre vitesses est également recommandable.
- 'fous les frottements augmentent également la consommation, el on les néglige trop souvent : freins mal réglés serranl constamment, pneumatiques insuffisamment gonflés, transmissions non rodées ou mal entretenues. Lorsqu’un moteur est « froid », son rendement est évidemment beaucoup plus faible qu’à sa température normale de fonctionnement ; c’est pourquoi l’usage d’un thermostat présente des avantages.
- Enfin, des facteurs accidentels augmentent parfois la consommation dans des proportions sensibles. Un temps chaud détermine une perte de puissance, un temps froid abaisse la température du moteur, si le refroidissement n’est pas limité; un temps humide nuit à la carburation. Le vent ajoute une résistance à l’avancement, et plus l’altitude est. élevée, plus la perte de puissance est importante, plus la consommation augmente.
- L’AMÉLIORATION DES CULASSES EN FONTE LE SYSTÈME POLYMÉTAL
- La puisance effective d’un moteur dépend beaucoup du taux de compression, mais le phénomène de détonation s’oppose à l’augmentation de ce taux au delà d’une limite vile atteinte. Plusieurs moyens permettent de reculer cette limite et d’augmenter ainsi la puissance :
- i° utilisation d’un carburant spécial à indice d’octane élevé, ou addition d’un corps antidétonant;
- 20 emploi d’une bougie froide et de soupapes de grand diamètre, évitant l’apparition des « points chauds » ;
- 3° emploi d’une culasse en alliage léger, bon conducteur de la chaleur.
- Dans cet oi'dre d’idées, on peut se borner à une simple modification de la culasse en fonte classique. C’est en 1935 qu’un ingénieur anglais eut l’idée d’augmenter le rendement du moteur en tapissant l’intérieur des culasses en fonte d’une mince couche de cuivre ; cette pellicule suffit pour retarder la détonation, et l’opération la plus délicate consiste à diminuer le volume de la chambre d’explosion.
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- L’améliora lion du taux de compression de la culasse par rabotage simple n’est intéressante que pour des moteurs à très basse compression, avec emploi de carburants antidétonants, car celle transformation provoque des phénomènes d’auto-allumage et de cliquetis.
- La métallisation extérieure de la chambre d’eau par un métal léger bon conducteur est une autre solution, mais la métallisation du fond des chambres est préférable, bien que de réalisation difficile.
- Après sablage et décapage, la culasse en fonte présente une surface très oxydable; la projection du métal liquide sur cette surface ne donne pas un recouvrement adhérent; la pellicule peut se décoller au cours des dilatations ou du nettoyage.
- lin nouveau procédé dit « polymétal » donne depuis peu des résultats plus assurés. Les surfaces de la culasse, de la tuyauterie d’admission et d’échappement, et des chambres d’eau sont complètement recouvertes d’une couche très adhérente par un traitement électrique, le poli de la surface empêche, en partie les dépôts de calamine sur les parois. Le métal est d’abord raboté, puis sablé, trempé dans un bain de perméabilisation qui rend la surface de la fonte apte à recevoir le dépôt électrolytique.
- La pénétration du recouvrement est, intime; la couche
- Hy. 7. — Amélioration d'un hig. 8. — Bande de feutre placée pare-choe arrière au moyen sur les culbuteurs de soupapes de plaquettes en caoutchouc pour régulariser le graissage, confectionnées dans une vieille aux extrémités et éviter les enveloppe de motocyclette. pertes d'huiles.
- conductrice ne peut se détacher, ni par dilatation, ni par grattage. Cette culasse polymétal augmente très nettement la puissance.
- AMÉLIORATION DES PARE-CHOCS ARRIÈRE
- Un peut étendre en hauteur la protection assurée par les pare-chocs, et spécialement par les pare-chocs arrière, en disposant de chaque côté des plaquettes verticales auxiliaires. Mieux que des plaquettes métalliques, on choisit du caoutchouc, par exemple des morceaux d’enveloppes pneumatiques de petit diamètre, telles qu’enveloppes de bicyclettes, ou mieux de motocyclettes (lig. 7).
- GRAISSAGE DES SOUPAPES A CULBUTEURS
- Les soupapes à culbuteurs, commandées par en dessus, exigent un graissage régulier, abondant, réglable suivant le service : ville ou route. Le graissage des extrémités de l’arbre de commande est toujours plus difficile que celui du centre.
- Si le débit d’huile est normal au ralenti, il peut être irrégulier aux extrémités et il risque d’être un peu trop fort, lorsque la vitesse de rotation augmente, pour la montée d'une côte, par exemple. L’huile peut être projetée hors du carier et couler sur les tuyauteries d’échappement, d’où consommation exagérée et odeurs désagréables. On évite ces inconvénients en disposant une bande de feutre au dessus de l’arbre des soupapes, connue le montre la ligure 8, ce qui diminue en même temps le bruit du moteur et atténue les cliquetis inévitables. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Culasse Polymétal, Établissements Brissonnel, a, rue Uharlcs Kenouvier, Paris (20e).
- Automobiles Renault, Billancourt, (Seine).
- Automobiles Berliet, Lyon-Venissieux (Rhône).
- Automobiles Peugeot, quai de Passy, Paris.
- COMMUNICATIONS A L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 octobre 1907.
- Détermination chimique des plantes. —
- MM. Lac.vju et M vomis montrent que l’analyse périodique, soit de la plante entière, soit d’une feuille prise en place déterminée, iixe l’évolution de la plante et permet de fixer les conditions optima de, culture. Cette détermination est toujours sujette à révision et ne convient qu’à la région où t'Ile a été faite. Kl le doit en particulier être révisée si la variété cultivée vient à changer ou si des conditions économiques imposent d’autres valeurs aux divers éléments de la plante. Les coud liions de culture comprenant plusieurs groupes de facteurs (plante, sol, atmosphère, interventions culturales), il est possible d’agir sur plusieurs d’entre eux pour parvenir à l’évolution la plus favorable. Il est impossible de modifier les facteurs météorologiques malgré leurs variations importantes d’une année à l’autre. Il sera donc utile d’effectuer toutes les déterminations sur un nombre aussi élevé que possible d’années.
- L'extinction des flammes. — On considère, en général, que les extincteurs fonctionnent en ajoutant à l’atmosphère un gaz incombustible. MM. Dufraisse et Le Bras
- montrent qu’au contraire la flamme est souvent mieux étouffée si on ajoute au mélange une vapeur combustible. S’il s’agit, par exemple, d’éteindre une flamme d’hydrogène, 4,5 pour 100 de vapeur d’alcool éthylique jouent le même lôle que i5 pour 100 d’azote. Il est nécessaire que la teneur de l’extincteur en gaz combustible soit telle que le mélange à l’air ne puisse lui-même en aucun cas être inflammable. Le bromure d’éthyle, qui n'est inflammable que dans des mélanges plus riches en oxygène que l’air, peut donc, non seulement, être ajouté avec avantage! aux extincteurs, mais aussi être employé seul.
- Vaccination contre la fièvre pourprée. — Depuis que Badger a noté l’identité antigènique, de la lièvre boutonneuse et de la lièvre pourprée des Montagnes Rocheuses, on a pu espérer créer une immunité simultanée contre les deux affections, la seconde élanl, d’ailleurs d’un pronostic beaucoup plus sévère. MM. Beanc et Baetazard montrent que la fièvre boutonneuse crée une immunité totale contre la lièvre pourprée. Ils ont cherché à réaliser une atténuation de la maladie et y sont parvenus en utilisant le virus bilié de la boutonneuse. L’inoculation par voie intracutanée ne provoque aucune réaction, ni générale, ni locale, chez le
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- cobaye et donne l’immunité contre les deux affections. Les auteurs cherchent à mettre au point une vaccination identique pour l’homme.
- Séance du 11 octobre 1907,
- L’âge des basaltes, — Près de Jointy (Cantal) se trouve un affleurement de basaltes. MUo Boisse de Black montre qu’il ne peut s’agir d’une formation miocène, la vallée qui la contient, n’étant pas creusée à cette époque. Ces basaltes semblent reposer sur des dépôts glaciaires ; ils doivent donc être de formation quaternaire. 11 est ainsi très probable que l’activité volcanique du Cantal ne s’est pas arrêtée immédiatement après les grandes coulées du pliocène supérieur, mais qu’elle s’est continuée, comme dans la région du Mont-Dore, jusqu’à une époque beaucoup plus récente.
- Les vésicants des renonculacées. - M. Coms montre, que les renonculacées contiennent, des principes qui, après broyage de la plante, se transforment, sans doute sous l’influence d’un ferment, en protoanémonine. Ce composé se présente sous la forme d’une huile, vésieante et lacrymogène et se polymérise rapidement en anémonine. Ces produits sont particulièrement abondants dans urie espèce alpine, Ranunculus Ihora. Cette plante passait, au Moyen Age, pour avoir servi aux Gaulois à empoisonner les pointes de leurs flèches. Il n’a pas été possible à l’auteur d’extraire de ce végétal une substance pouvant servir dans ce. but.
- Le zinc et les hormones, — Les sels de zinc exaltent et, prolongent les propriétés hypoglycémiantes de l’insuline. M. Schwab montre que ces mêmes sels jouent un rôle idem-tique vis-à-vis de l’adrénaline dont, les propriétés hyper-glycémiantes sont cependant inverses de celles de l’insuline et dont la composition chimique, est tout à fait, différente. II faut donc rejeter l’hypothèse, d’une combinaison particulièrement active des sels de zinc avec l’hormone. Il s’agit probablement d’une modification de la structure colloïdale du protoplasma sous l’influence de l’ion Zn, amenant un changement de ses propriétés fixatrices.
- Séance du 18 octobre 11)37.
- Spectres d’absorption des bouillons microbiens.
- .. M. Debiesse a suivi les modifications des speclres
- d’absorption des bouillons Martin et Sauton au cours de l’évolution de différentes cultures. Il lui a été possible de noter des déplacements du seuil d’absorption cl de caractériser ainsi les espèces microbiennes. Avec les bacilles tétaniques en bouillon Martin on note, non seulement un déplacement, du seuil, mais aussi l’apparition au début du f>® jour de nouvelles bandes qui se déplacent et disparaissent au cours du (>® jour. 11 en est, de même avec le B. G. G. en bouillon Sauton, une bande supplémentaire apparaît entre le 12e et le ai® jour. L’auteur signale l’intérêt qu’il y aurait à poursuivre ces recherches dans l’infrarouge el sur les spectres Raman.
- Séparation des gaz permanents. — M. Delaplack montre, par l’étude, de, la pression des gaz difficiles à séparer physiquement, (azote, oxygène, oxyde de, carbone et méthane) qu’aux basses températures et en présence de gel de silice, il devient très facile de séparer deux groupes contenant, l’un l’oxygène et l’azote, l’autre l’oxyde de. carbone et le méthane. Cette méthode, peut être utilisée avec avantage en analyse eudiométrique.
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- Produits de la combustion des hydrocarbures légers. — On a surtout étudié la combustion incomplète des hydrocarbures légers en dosant le gaz carbonique et l’oxyde de carbone dans les résidus de la combustion. MM. Maillard et Friedrich montrent qu’il se forme d’autres produits, dosables par condensation dans l’eau froide des gaz de combustion. En opérant avec un excès d’air de 10 pour 100 dans une enceinte à parois maintenues à .jo®, ils ont noté la formation d’acides, l’acide acétique dominant; leur quantité est variable suivant l’origine des carbures mais n’est que peu affectée par leur densité ou par l’addition d’alcool. Ils ont trouvé également des aldéhydes, surtout du formol, dont la proportion croît très sensiblement avec la proportion d’alcool contenue dans le carbure. Ils ont remarqué la formation d’un résidu insoluble ou peu soluble dans l’eau dans lequel ils ont identifié le phénol et, l’acroléine.
- Titrage optique des suspensions bactériennes.
- — M. Bonet-Maury mesure au spectrophotomètre en lumière, rouge filtrée, les densités optiques de suspensions microbiennes dont, il a évalué par les méthodes habituelles les concentrations. Il montre qu’il existe une proportionnalité très précise entre ces deux nombres pour une même culture. Ce rapport varie un peu avec, des types différents d’une même espèce, bactérienne, suivant, son âge et ses conditions de culture. 11 doit être possible de fixer des conditions permettant une bonne définition de la valeur de ce, rapport pour chaque espèce, donc, d’effectuer le dénombrement d’une culture par une, simple mesure de densité, optique.
- Rayonnement des végétaux. — On a souvent affirmé l’érnision d’un rayonnement ionisant, par les végétaux. P. Becquerel l’a attribué au seul rayonnement [3 du potassium contenu dans les plantes. M. Articas confirme ce point de, vue. Il a repris cette étude en opérant sur les cendres dont il mesure l’effet ionisant avec un électro-mètre de Pohl très sensible. Il lui a été possible de déceler le rayonnement dans le tabac, la vigne, vierge et l’aucuba ; il a vérifié qu’il y a bien proportionnalité entre l’intensité de saturation et. la teneur des cendres en potassium. Le rayonnement, est localisé dans la partie soluble des cendres; la fraction insoluble, qui pourrait, contenir du radium, ne manifeste aucune activité.
- Séance du 26 octobre 1937.
- La lumière du ciel nocturne. — M. Dufav expose que la diffusion de la lumière des étoiles de la Voie Lactée peut, contribuer à produire le spectre, continu du ciel nocturne!. En calculant, la diffusion produit*! par des étoiles uniformément réparties entre deux plans parallèles et, en tenant compte des variations de son intensité, avec l’angle de, diffusion, l’auteur obtient une courbe représentant la lumière provenant de la Voie Lactée dans les différentes régions du ciel, entre le plan galactique, et ses pôles. Cette courbe est en remarquable accord avec celle, résultant des mesures d’Elvey et Roach de la composante cosmique de la lumière du ciel nocturne. D’autres observations viennent, à l’appui de cette hypothèse, en particulier le l'ait que les régions sombres du ciel émettent plus de lumière au voisinage de la Voie Lactée qu’aux grandes latitudes galactiques. Par exemple, la plage sombre voisine de a Cygne paraît, très noire par contraste mais sa brillance est, en réalité, de 2/10 supérieure à celle des régions plus éloignées de la Voie Lactée.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Schwingende Kristalle, par L. Bergmann. 1 broch. illustrée, 48 p., 42 fig., éditeur B. G. Teubner, Leipzig et Berlin, 1937. Prix : RM 1,20 (RM 0,90 pour l’étranger).
- Cette petite brochure de vulgarisation consacrée aux cristaux piézo-électriques et à leurs applications explique fort clairement le phénomène de la piézo-électricité et donne un aperçu très complet des divers travaux auxquels il a donné lieu depuis le moment où ses applications pratiques ont attiré sur lui l’attention. Celles-ci se sont multipliées depuis le jour où Chilowski et Lange vin ont les premiers réalisé la détection d’obstacles sous-marins par ultra-sons. On peut s’étonner que le nom de cet inventeur et de ce savant ne figurent pas dans le livre allemand. Ceci noté, constatons que l’auteur fait une levue fort intéressante de ces applications ; oscillateurs, pendule à quartz, stabilisateur de fréquence, fréquence mètres, oscillographes, haut-parleur, microphone, générateur et récepteur d’ultra-sons, etc.
- Metallography, par C. H. Desch, 4e édition revue. 1 vol. in-8, 402 *p., 147 fig., 17 pi. Longmans, Green and C°, London, 1937. Prix relié toile : 21 sh.
- La 4® édition de cet ouvrage classique est un livre nouveau, entièrement réécrit sur le plan primitif, pour tenir compte des progrès récents de l’anaiyse thermique, de l’étude microscopique et surtout des nouvelles méthodes d’examen par les rayons X qui révèlent les structures intimes, les déformations mécaniques, les changements dus aux variations thermiques, le vieillissement. Un chapitre est consacré à la corrosion. Traité selon les idées actuelles sur la structure moléculaire et cristallographique, cet ouvrage est le guide indispensable des physico-chimistes, des ingénieurs, des métallurgistes qui veulent aborder l’étude des métaux, chaque jour plus complexe.
- Les fleurs des bois, par C.-L. Gatin. 2° édition, revue et augmentée, par Mm° Y. Allorce-Gatin. 1 vol. in-16,.270 p., 31 fig., 104 pi. dont 90 en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste. Lechevalier, Paris, 1930. Prix : 50 francs.
- Cette excellente « Encyclopédie » est le guidé de l’amateur d'histoire naturelle dans ses excursions. Ses volumes, d’un format de poche, richement illustrés, bien conçus, ont tous eu le suces qu’ils méritent et les premiers parus sont épuisés ou arrivent à leur 2e édition. C’est le cas de celui-ci qui apprend à faire une herborisation, à préparer un herbier, à étudier les fleurs, à observer la vie do la plante, à noter son habitat et ses rapports avec les arbres de la forêt. Ces conseils pratiques sont suivis d’une description des principales espèces qu’on rencontre, classées par familles, représentées dans des planches très claires, expliquées par une page de texte en face de chaque figure.
- La pêche et la conserve du thon dans la Bretagne de l’Atlantique, par C. Robert-Muller, 1 vol. in-8, 115 p., 0 fig. Baillière et fils, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- Le thon qu’on met en conserves, le germon, inspire depuis quelque temps nombre d’études justifiées par son importance économique. I.’auteur, professeur à l’Ecole des Hautes Etudes commerciales, examine : les bateaux et leur construction, les modes de pêches, les pêcheurs, le gréement, les modes de vente, la cuisson, la mise en boîte, les problèmes économiques do la vente et donne ainsi une monographie très complexe et très précise d’une activité qui se développe largement depuis une trentaine d’années.
- Encyclopédie française. Tome IV. La vie, publiée sous la direction d’ANDRÉ Mayer, 1 vol. in-4, fig. Encyclopédie française, 13, rue du Four, Paris et Larousse, Paris, 1937.
- Sous la direction du professeur au Collège de France, sous son impulsion et avec sa large participation, voici un des plus larges et des plus vivants tableaux de la vie qu’on ait tracés jusqu’ici. L’introduction rappelle par son ampleur et sa hauteur de vues les grands discours les plus classiques et les plus célèbres. Le plan des chapitres qui suivent maintient toutes les collaborations au même niveau. Tout d’abord, c’est
- la place de la vie dans l’univers, la masse et la répartition de la matière vivante, ses fonctions, les cycles géochimiques (où la mer est trop peu considérée). Puis c’est un essai de caractérisation des êtres vivants par leur composition, leurs structures, leurs actions (sauf les psychiques). Rapidement, il est traité des formes (un autre volume leur sera tout entier consacré) ; puis c’est l’examen des mécanismes qui assurent le maintien de la vie : régulation humorale, hormonale et nerveuse, régulation du milieu intérieur, maintien de la composition et de la structure, modifications par les divers agents. Enfin, une dernière partie traite de la transmission de la vie : reproduction, développement, croissance et sénescence, hérédité. Par moments, les sujets se rapprochent de ceux traités dans le tome VI sur l’être humain et l’on sent alors les différences du point de vue médical, plus individuel, plus spécialisé et de celui biologique qui cherche constamment les vues les plus générales.
- An experimental study of the problem of mito= genetic radiation, par Alexander Hollaender et Walter I). Claus. 1 vol. in-8, 96 p., 20 fig. Bulletin of the National Research Coun'cil, Washington, 1937. Prix : 1 dollar.
- Un flot de publications a annoncé puis discuté l’existence de rayons « mitogénétiques » émis par les cellules vivantes. Les auteurs les ont cherché par les méthodes les plus diverses eL les plus sensibles, biologiques et physiques, y compris les compteurs de pilotons de Geiger-Müller. Rien ne s’est révélé, même dans les conditions précises répétant les expériences les jil us heureuses !
- L’excitabilité itérative, par Louis Lapicque. 1 broch. in-8, 67 p., 12 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 18 francs.
- Début d’un exposé de physiologie nerveuse sur les effets des excitations répétées. Le professeur de la Sorbonne rappelle l’évolution des idées sur ce point, décrit la technique, examine l’addition latente et le temps de sommation et cherche à expliquer la nature du processus.
- Le système nerveux végétatif, par J. Tinel. 1 vol. in-8, 847 p., 306 fig. Masson et Ci0, Paris, 1937. Prix : 160 francs.
- Magistral ouvrage sur un des chapitres les plus difficiles de la physiologie et de la clinique. L’ensemble des fonctions de l’être vivant, leur harmonie, leur régulation sont commandées par des actions physicochimiques, humorales et hormonales, et contrôlées par une série de systèmes nerveux : les uns autonomes, périphériques, locaux ou interstitiels, qu’on trouve partout, dans les artères, les muscles, l’intestin, etc. ; les autres plus généraux, sympathique et parasympathique, qui s’intriquent avec le système nerveux central cérébro-spinal. Leurs liaisons anatomiques sont très difficiles à suivre, mais certaines substances, telle l’adrénaline .pour le sympathique, l’acétyl-choline pour le parasympathique, permettent de dissocier leurs actions, et plus encore les observations cliniques qui révèlent une si grande variété de syndromes, accompagnées de toutes les ressources techniques d’analyse des réflexes et des fonctions. L’auteur a su réunir dans ce traité toutes les données éparses, les lier et les augmenter de sa longue expérience à l’hôpital et au laboratoire ; il apporte ainsi une vue complète et coordonnée de ce qu’on sait des fonctions végétatives, de leurs troubles aux manifestations si diverses, des moyens de les reconnaître et de les traiter.
- Oxygénothérapie et carbothérapie, par L. Dautre-bande. 1 vol. in-8, 300 p., 82 fig. Masson et Ci0, Paris, 1937. Prix : 55 francs.
- L’oxygène et l’acide carbonique ont pris en ces dernières années une place de premier plan dans la thérapeutique : on en fait respirer non seulement aux asphyxiés, mais aux opérés, aux anémiés, à de nombreux malades pulmonaires, sans parler de leur emploi dans les plongées, l’aviation ù hautes altitudes, le séjour en atmosphères confinées ou toxiques, etc. L’auteur passe en revue la physiologie de leur action et décrit les techniques de leur emploi.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- LES PRIX NOBEL DE 1937
- Les prix Nobel de physique : Davis son et Thomson.
- Ce prix, pour 1937, a été attribué au Pr Ihomson, de l’Université d’Aberdeen et à J. Davisson, du laboratoire de la Bell Telephon C°, de New-York, pour leurs recherches sur la diffraction des électrons.
- Etudié dès 1899 par Campbell Swinton, ce phénomène semblait s’interpréter normalement par les théories classiques et la théorie des quanta jusqu’au moment où, en 1921, Davisson et Kunsman trouvèrent que pour certaines surlaces polycrislallines, il existait des directions de diffraction privilégiées.
- Bien que dès 1924, L. de Broglie ait formulé sa théorie célèbre, associant des ondes au déplacement des particules, qui lui valut également le prix Nobel, il semble que c’est l’intérêt d’une expérience accidentelle qui conduisit Davisson et Germer à étudier la diffraction des électrons par un cristal de nickel, ce qui devait fournir une vérification particulièrement frappante de la théorie de de Broglie.
- .Maintenant, les trois pionniers de cette nouvelle conception physique qui se montre si riche en conséquences sont titulaires du prix Nobel. Il est intéressant de remarquer que les recherches de Davisson ont été poursuivies dans le laboratoire d’une société iiuluslrielle. En Amérique, en effet, les grosses sociétés n’hésitent pas à poursuivre des recherches théoriques, sans rapport immédiat a priori avec leur activité commerciale et industrielle, persuadées qu’elles sont que tôt, ou tard ces travaux conduiront à des applications pratiques du plus haut intérêt.
- I/exemple du laboratoire de la General Electric C° montre nettement les résultats intéressants que l’on peut obtenir de la collaboration de la science et de l’industrie aussi bien que de la subvention pure et simple de laboratoires officiels.
- Les prix Nobel de chimie : Haworth et Karrer.
- Le prix Nobel de chimie est partagé entre le professeur
- W. N. Haworth, de l’université de Birmingham, et le pro-
- fesseur Paul Karrer, de l’université de Zurich.
- Haworth a très largement contribué à élucider, en associant les 'méthodes physiques et chimiques, la structure et les formules de constitution de divers composés organiques et, notamment des sucres, des saccharides et plus récemment de la vitamine G. La Nature a déjà résumé (n° 2952) il y a deux ans ses travaux sur les sucres. Il a également
- fixé la nature de la vitamine G qui n’est autre que l’acide
- ascorbique dont il a réussi la synthèse.
- Karrer s’est aussi occupé de la vitamine G ou acide ascorbique, mais scs recherches les plus connues portent sur les vitamines A et B. Notamment, il a suivi la transformation des carotinoïdes en vitamine A et celle des flavines
- en vitamine B. Enfin, tout récemment, il a isolé, avec Soloman, une vitamine E des substances insaponifiables contenues dans le germe de blé.
- Le prix de médecine : Szent=Gyorgyi.
- Le prix Nobel de médecine pour 1987 récompense les travaux du professeur Albert von Szenl-Gyôrgyi, de l’Université de Szeged, en Hongrie, sur la vitamine C.
- Depuis qu’il existe des marins faisant de longs voyages sans toucher terre, ils redoutaient une maladie, le scorbut,
- Fig. 1. — Le professeur Szent-Gyôrgyi.
- caractérisée par de l’anémie, des saignements des gencives et de la peau, l’hypertrophie des capsules surrénales, puis des troubles graves du système osseux. On savait que ces accidents disparaissent rapidement dès qu’on peut manger des légumes frais, des fruits et particulièrement des citrons. Szent-Gyôrgyi, après avoir beaucoup expérimenté sur des animaux privés de suri'énales, isola en 1928 de la zone corticale de cette glande une substance en CcH806 qu’il appela d’abord acide hexuronique, puis acide ascorbiti-que. 11 retrouva le même corps dans beaucoup de plantes où il est le facteur réducteur de la plupart des sucs végétaux. L’acide ascorbitique est indentique à la vitamine G et il guérit le scorbut. On peut le préparer aisément à partir du paprika ou poivre rouge; Szenl-Gyôrgyi indiqua une réaction colorée caractéristique de sa présence. On a pu en faire la synthèse. G’est donc à l’éclaircissement complet d’une des mystérieuses vitamines en même temps qu’à un moyen thérapeutique particulièrement actif que le nom de Szent-Gyôrgyi reslera al lâché.
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- ASTRONOMIE
- Nouvelle tache blanche sur Saturne.
- La « Circulaire » n° 100 du Service des Informations rapides de la Société astronomique de France nous apprend qu’en observant la planète Saturne, le 19 octobre 19^7, à aohi5ra (T. U.), M. Léonid Andrenko, astronome au deuxième Observatoire astronomique d’Odessa, a été vivement frappé de constater la présence, dans la zone équatoriale de la planète, d’une grande tache, blanche de forme elliptique. Cette tache se détachait sur le ton jaune de la zone équatoriale.
- Le phénomène fut immédiatement confirmé par plusieurs étudiants d’une école normale qui collaborent au même observatoire.
- La veille, 18 octobre, ainsi que les jours précédents, les observateurs n’avaient pas remarqué cette formation.
- Le diamètre angulaire de la nouvelle tache a été estimé au i/3 ou au i/4 du diamètre équatorial de Saturne. Les observations ont été faites à l’aide d’un équatorial de om,i6a d’ouverture, muni d’un grossissement de 35o lois. M. Andrenko fait remarquer l’analogie d’aspect de cette tache avec celle qui fut découverte le 3 août 1933, par M. Will Hav, à Norbury (Angleterre) et indépendamment, le même jour, par M. Weber, à Berlin-Steglitz.
- Après un peu plus d’un mois de présence, celte tache s’allongea en perdant de la netteté et finit par se fondre dans la bande équatoriale d’où elle était, issue.
- Rappelons que des apparitions analogues ont été observées autrefois, en 1876-1877 et en igo3.
- Asaph Hall découvrit, la première, à l’Observatoire de Washington, et la suivit du 7 décembre au a janvier : la tache s’allongea et se perdit en une longue bande brillante.
- La tache de 1908 fut signalée par l’astronome E.-E. Bar-nard et fut observée notamment par M. W.-F. Denning en juillet et août de la même année.
- Ces curieuses taches, dont la nature nous échappe, offrent, un moyen de déterminer la rotation de Saturne car elles marquent un repère visible — et sans doute mobile — à sa surface. Les durées de rotation trouvées sont assez différentes. Camille Flammarion, à propos de l’apparition de 1903, faisait, remarquer (L'Astronomie, 1908, p. 456) que la période de rotation déduite était de ioh39m,5 tandis qu’Asaph Hall, en 1876-1877, avait, trouvé iohi4m,24s. Mais Flammarion ajoutait que la tache de 1908 était apparue à une latitude de 8o° à 85", tandis que celle de 1877 se trouvait, dans la zone équatoriale; « Ne peut-il se faire, ajou-u tait-il, que Saturne tourne plus rapidement à l'Équateur « qu’aux latitudes élevées, comme Jupiter ou le Soleil P ».
- Ext. Touohet.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Une nouvelle cuve de fermentation.
- On sait depuis longtemps que pour conférer aux vins rouges le maximum de qualités, il faut qu’au cours de la fermentation le moût soit en contact aussi constant que possible, avec le marc, que celui-ci ne s’acélitie pas et que la température du moût reste modérée sans qu’il perde d’alcool ni de bouquet,.
- Pour réaliser ces conditions, on utilise de nombreux modèles de cuves. Aux cuves ouvertes à chapeau flottant, dans lesquelles le marc doit être foulé à la main et qui nécessitent,
- tle nombreux remontages, on substitue des cuves dans lesquelles le chapeau est maintenu immergé par des claies. Mais le résultat n’est pas toujours satisfaisant, car le contact du moût et du marc comprimé et rempli de gaz carbonique est très imparfait.
- MM. Dueellier et isman ont réalisé une cuve qui semble remplir toutes les conditions pour satisfaire aux exigences d’une fermentation parfaite. Le principe de l’appareil est représenté sur la figure 1. La cuve close 1 de fermentation est surmontée d’un cuveau ouvert ?. IJn tube latéral 3 fait communiquer la partie inférieure de la cuve avec la partie* supérieure du cuveau et sert de réfrigérant dans sa partie médiane. Un joint hydraulique 4 fait communiquer la par-lit* supérieure de la cuve avec le fond du cuveau. Enfin une valve hydraulique 5 débouche à une de ses extrémités à l’in-lérieur de la cuve, sous le plafond, tandis que son autre extrémité est immergée dans un récipient partiellement rempli d’eau.
- Fig. I. — La Cure Ducellier-lsman à remontages et lessirages automatiques.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant. On remplit la cuve par l'ouverture 7 que l’on ferme ensuite et on remplit, le joint hydraulique 4 de vin ou de moût. Sitôt que la fermentation se produit, le gaz carbonique s’accumule au-dessus du chapeau de marc cS1 et la pression qu’il exerce forci* une partie du moût à monter dans le cuveau par le tube 3. Ue remontage automatique dure jusqu’au moment où le cuveau s’étant rempli, la pression du gaz à l’intérieur de la cuve est légèrement supérieure à celle de la colonne d’eau û de la valve.
- A ce moment, cette valve fonctionne, le gaz de la cuve s’échappe à l’air et tout le moût du cuveau se précipite dans la cuve par les tubes du joint, hydraulique produisant un arrosage total du marc qui se trouve submergé et désagrégé.
- On aura idée de la violence de cet arrosage quand on saura que dans une cuve de roo h), 80 hl de moût, se déversent sur le marc en if> à 20 s.
- Après celte opération, la valve se remplit de nouveau d’eau, et les mêmes phénomènes se reproduisent.
- L’intérêt particulier de cette cuve est son fonctionnement entièrement automatique qui permet, d’obtenir des vins rouges de meilleure qualité, plus colorés et, plus fruités, grâce à l’épuisement complet du marc.
- H. V.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHYSIQUE
- Un appareil d’enseignement pour la mesure de la résistance de l’air.
- La résistance de l’air, mise à l’ordre du jour par les développements modernes de l’aviation et la course aux grandes vitesses des véhicules de toutes sortes, a trouvé sa place dans les programmes de renseignement. Un chapitre spécial lui est consacré dans la classe de mathématiques élémentaires, et l’on s’est ingénié à réaliser des dispositifs expérimentaux pour mettre en évidence les lois principales qui régissent la progression d’un mobile dans l’air.
- Parmi les dispositifs mis en œuvre pour montrer expérimentalement ces lois, les uns appliquent la méthode dite du tunnel aérodynamique, où les filets d’air se déplacent autour d’un obstacle fixe ; ils pèsent comme avec une balance les efforts supportés par cet obstacle. D’autres au contraire mettent en évidence la réaction totale que supporte un objet de forme déterminée, progressant dans l’air immobile à des vitesses variables à volonté. On emploie alors un manège animé d’un mouvement de rotation, supportant les surfaces que l’on veut étudier.
- L’équipage mobile subit de la part de l’air un couple résistant qui varie avec la vitesse de rotation, mais qui de toute façon nécessite, pour maintenir une vitesse constante, un effort moteur rigoureusement égal à l’effort résistant. L’appareil de M. Acloque donne, par simple lecture d’une déviation angulaire, le couple moteur.
- Le manège est mis en mouvement par un moteur électrique dont on peut régler et mesurer la vitesse de rotation. Cette mesure se fait par l’observation stroboscopique d’un disque portant plusieurs rangées concentriques de secteurs alternativement noirs et blancs éclairés par une lampe au néon alimentée directement par le réseau alternatif. Lorsque l’une des rangées du disque paraît immobile, on sait exactement et simplement déterminer la vitesse de rotation du système.
- Pour exercer son couple actif, le moteur prend point d’appui sur le bâti de l’appareil par l’intermédiaire d’un ressort qu’il tord proportionnellement à l’effort qu’il développe, c’est-à-dire à la résistance de l’air sur les palettes qu’il entraîne. Ce ressort est un simple fil d’acier, qui sert en même temps à soutenir l’appareil. On sait que le couple de torsion développé est propoi'tionnel à l’angle dont on a fait tourner son extrémité depuis sa position d’équilibre.
- La figure ci-contre schématise ce dispositif. On y distingue le moteur soutenu par le fil de torsion, reposant très légèrement sur une crapaudine qui guide sa partie inférieure et lui permet ainsi de supporter le contact (d’ailleurs très léger) des deux balais qui amènent le courant. Suivant la vitesse, la grandeur et la forme des surfaces, l’effort demandé au moteur est tel qu’il l'ecule en sens inverse de la rotation et tourne d’un angle que l’aiguille indique sur une graduation.
- Pour augmenter la commodité et la précision de la lecture, la graduation au lieu d’être fixe, est entraînée avec le moteur,
- dans son recul, et l’on projet le sur ce cadran, au moyen d’un polit miroir, l’image d’un fil fin qui constitue une aiguille fixe très précise.
- L’équipage mobile peut être changé suivant la loi que l’on désire mettre en évidence. C’est ainsi que pour vérifier la loi des vitesses, on place aux extrémités du système mobile des palettes planes rectangulaires, et on les entraîne successivement à des vitesses variables, en mesurant pour chacune l’angle de recul du moteur, proportionnel à la résistance. On montrera l’iniluence de la surface en remplaçant ces deux palettes par deux autres de même longueur,
- Fig. 1. — L’appareil de M. Acloque.
- mais de largeur différente. Pour des vitesses de rotation égales, on trouvera alors que la résistance de l’air varie dans le rapport des surfaces. Enfin, en remplaçant ces palettes planes par des corps de formes variées, on constatera, parfois avec surprise, qu’un cône plein pénètre mieux par sa pointe que par sa base, une demi-sphère par sa face bombée, un œuf par l’extrémité la moins pointue, etc...
- On voit ainsi comment on peut, avec un matériel peu encombrant et d’un maniement simple, montrer nettement les effets aérodynamiques.
- Constructeurs : MM. G. Massiot et Cl6, 07 bis, rue de Belfort, Courbevoie.
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- PHOTOGRAPHIE
- Chargeur pour appareils de petit format.
- Les appareils photographiques de petit format, de a4 x 30 mm, dans lesquels on utilise du film perforé standard de 35 mm, sont de plus en plus en vogue.
- On peut charger ces appareils en plein jour au moyen de carLouches de films pour 30 vues, ou même pour 18 vues
- Fig. 2. — A : la bobineuse à manivelle. B : le chargeur. C : l’appareil monté.
- seulement, mais ces cartouches coûtent assez cher. Aussi beaucoup d’amateurs utilisent-ils du film standard acheté au mètre, et le montent dans des magasins en chambre noire.
- Cette opération est assez longue et délicate ; elle doit être effectuée dans l’obscurité, ou seulement à la lueur d’une lanterne vert foncé pour les émulsions panchromatiques.
- Voici un accessoire ingénieux qui évite cet inconvénient, il permet la recharge rapide en plein jour de plusieurs magasins pouvant contenir au total io m de film, ce qui correspond environ à 25o vues.
- L’appareil se compose d’un corps en matière moulée, dans lequel peut se glisser un chargeur de modèle normal pour appareils Leica, Conlax, Rétina, etc. Une fois le couvercle fermé, on actionne à l’aide d’une manivelle, le noyau du chargeur et l’on enroule sur la bobine une longueur de film déterminée. Un tableau indicateur indique le nombre de vues correspondant au film enroulé.
- A cette bobineuse, s’adapte un magasin de grand diamètre également en matière moulée, à lèvres de velours, chargé en chambre noire, pouvant contenir io m de film.
- Le magasin se monte dans une glissière de la bobineuse, après qu’on a fixé l’extrémité du film dans la fente de la bobine d’un chargeur ordinaire placé dans la bobineuse.
- L’ensemble de la bobineuse et du magasin de io m forme une enceinte étanche à la lumière, après blocage des couvercles par des mollettes. Une fois bobinée la longueur de film désii'ée, on ferme le chargeur placé dans la
- bobineuse, en tournant une molette extérieure. On enlève le couvercle et on retire le magasin prêt à être placé dans l’appareil photographique, après calibrage de l’extrémité, suivant la méthode ordinaire.
- Les opérations de rechargement se répètent jusqu’à épuisement du film contenu dans le grand magasin de io rn.
- Le système est économique, puisqu’il évite les perles de film; il est précieux lorsqu’on n’a pas de chambre noire à sa disposition, dans les excursions eL en voyage.
- Etablissements Summor, 27, place Alphonse-Deville, Paris. HYGIENE
- Pèse=personnes « Dyna ».
- L’esthétique et l’hygiène sont d’accord pour prescrire de maintenir le poids normal, de surveiller l’amaigrissement comme l’obésité dès leur début.
- Rien de plus simple avec le pèse-personnes « Dyna », simple boîte en métal laqué au four, recouverte de caoutchouc, longue de 28 cm, large de 20, haute de 6, pesant 3 kgr, qu’on pose à plat sur le sol, par exemple près du lit ou dans la salle de bains, et sur laquelle on passe chaque matin à son réveil. Un cadran gradué de o à 5o donne instantanément le poids, réel pour un enfant de moins de 5o kgr, auquel on ajoute 5o ou 100 kgr pour les adultes, selon l’aiguille qui se déplace et apparaît devant les chiffres. Rien n’est plus simple, ni plus rapide, ni plus précieux pour connaître si le régime de vie est sage, ou si l’on s’empâte, ou si l’on maigrit, et régler sa vie en conséquence avant qu’il ne soit trop tard.
- « Qui souvent se pèse bien se connaît... et bien se porte ».
- Constructeur : Société d’applications scientifiques, 19, avenue Trudaine, Paris.
- Fig. 3. — Le pèse-personnes « Dyna ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adaptation de plusieurs haut-parleurs sur un récepteur.
- Vous il'indiquez pas quel est le modèle de haut-parleur que vous voulez relier à votre récepteur de T. S. F. au moyen d’un câble de plusieurs mètres de long.
- Il est indispensable d’employer à cet effet un haut-parleur électro-dynamique à aimant permanent, ou même un modèle électro-magnétique ordinaire, si vous ne voulez pas prévoir un système d’excitation séparé, ou un câble à plusieurs conducteurs dont la pose est délicate, permettant l’excitation du haut-parleur additionnel au moyen du courant d’alimentation plaque du récepteur lui-même.
- Généralement, le haut-parleur additionnel est branché à deux bornes ou à deux douilles disposées à cet effet, et qui sont reliées aux bornes d’entrée de l’enroulement primaire du transformateur du haut-parleur ordinaire du poste.
- Pour monter en série ou en parallèle plusieurs haut-parleurs additionnels d’une façon rationnelle, il est d’abord nécessaire évidemment de connaître le type de ces haut-parleurs et, par conséquent, l’impédance de leurs enroulements ou des enroulements primaires des transformateurs, s’il s’agit de modèles électro-dynamiques.
- Réponse à Mlle E..., :\ Ally (Haute-Loire).
- De tout un peu.
- M. Joüet, à Saint-Servan. — La première condition à réaliser pour restaurer une gravure est de la débarrasser non seulement des moisissures visibles, mais aussi des spores qui fatalement donneraient par la suite de nouvelles générations.
- La gravure est d’abord trempée au large dans un baquet d’eau, on l’applique ensuite sur une feuille de verre que l’on pose bien d’aplomb et on verse sur la gravure de l’eau oxygénée étendue de moitié d’eau et additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque. On l’entretient humide par ce moyen une bonne heure en ayant soin que tout le papier soit imbibé.
- Quand le blanchiment parfait est réalisé, on rince abondamment toujours sur la feuille de verre, puis laisse sécher à plat.
- Pour recoller la gravure, se servir d’une colle d’amidon obtenue en délayant celui-ci dans l’eau froide, puis en versant le lait obtenu dans de l’eau bouillante additionnée d’un demi-gramme environ de bichlorure de mercure et 1 gr de sel marin par litre d’eau.
- Institution- Saint-Joseph, à Rodez. — Les moisissures qui se développent sur les animaux empaillés sont les moisissures courantes, Mucor mucedo, Rhizopus nigricans, Asper-gillus niger, etc., cela par suite de l’humidité du lieu où ils sont conservés, mais le plus souvent l’altération est due à la présence d’un dermeste, VAttagenus pellio.
- Pour lutter contre les parasites, on commence à pulvériser en surface de la benzine en opérant de préférence pendant le jour pour éviter une inflammation, ensuite on pulvérise la
- solution suivante :
- Acide phénique cristallisé ..... 2 gr
- Alcool saturé d’acide arsénieux. . . 1.000 cm3
- Alcool à 95°............................ 300 —
- Essence de pétrole...................... 1.000 —
- Et on replace aussitôt dans les vitrines que l’on ferme hermétiquement.
- M. de Montarby. — Vous pourrez détruire la mousse qui s’est, développée sur vos bancs de pierre en badigeonnant ceux-ci par temps sec avec une solution aqueuse contenant 10 pour 100 de chlorure de zinc du commerce à 40° B.
- M. Chevallier, à Suresnes. — Les produits anti-mites dont l’emploi s’est vulgarisé en ces derniers temps sont presque toujours à base de paradichlorobenzène (CGI14C12), corps solide incolore fondant à 53°, qui se sublime facilement ; son odeur est piquante, on y distingue une odeur anisée et une odeur d’amandes amères, l’ensemble est plutôt agréable. Il jouit d’une réputation très méritée pour l’éloignement et la destruction de certains insectes ; en particulier, mis en sachets dans les cartons, malles et armoires qui contiennent des vêtements de laine, il empêche complètement les ravages des mites, sans laisser l’odeur tenace et désagréable de la naphtaline.
- On le présente généralement en petits cubes ou pastilles, sans addition de substances étrangères.
- M. C..., à Besançon. — Le sulfure de carbone ayant un point d’ébullition très bas, 45° C., une émulsion perdrait très rapidement son pouvoir parasiticide, c’est pourquoi on emploie le plus souvent sa combinaison avec les alcalis caustiques, sous forme de liquide brun, mélange de carbonate et de sulfo-carbonato alcalin.
- La réaction qui se produit est la suivante :
- 3CS2 + 3K20 = K2C03 4- 2 [K2CS3]
- Ce liquide est ensuite étendu d’une quantité d’eau suffisante, variable avec l’application que l’on a en vue.
- M. Gallardo-Gomez, à Puerto-Real. — A notre avis, le moyen le plus pratique et le plus économique pour détruire le thym sauvage, Thymus serpyllum (Labiées) qui a envahi vos terres, serait d’effectuer des arrosages par temps sec avec une solution d’acide sulfurique- (huile de vitriol) à 4 ou S pour 100.
- Bien entendu, il sera nécessaire de vous procurer pour traiter de grandes surfaces, un pulvérisateur agricole, genre Yer-morel et observer les précautions d’usage dans les manipulations de l’acide.
- M. J. de Lens, à Bandol. — L’insecte qui a envahi le bois constituant le fond de votre glace est la Vrülette opiniâtre (Anobium pertinax) ; à notre avis, le mal est trop avancé pour que l’on puisse utilement y remédier, le mieux est l’enlever complètement la partie boisée et de la remplacer par des feuillets badigeonnés avec la mixture suivante, mélange
- de deux solutions :
- Solution A :
- Chlorure de zinc solide..................... 300 gr
- Eau ordinaire............................. 4.000 —
- Solution B :
- Soude caustique en plaques................... 900 gr
- Eau ordinaire............................. 4.000 —
- Verser la première solution dans là seconde, agiter, laisser reposer, puis passer au travers d’une toile métallique en fer pour retenir les grumeaux.
- La même solution pourra être employée pour la préservation des charpentes, si vous craignez que 1 ’Anobium ait gagné votre grenier.
- Laboratoire de Leysin. — L’écartement de 40 cm entre les barreaux de votre claie permet trop facilement aux chats si souples de s’introduire dans votre voiture, nous pensons qu’il serait beaucoup plus simple de la recouvrir d’une bâche, par exemple vieille toile de tente ou bâche réformée de wagon jilat.
- M. Carrel,’ à Pontarlier. — Le meilleur isolant que vous puissiez employer pour confectionner une marmite norvégienne est la plume que l’on se procure facilement à la campagne : on a constaté, en effet, que la plume avait une efficacité
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- absolue de 94 pour 100, c’est-à-dire ne laissait perdre que 6 pour 100 de la chaleur de la marmite.
- Quant à la construction rationnelle, elle comporte la préparation de deux coussins emplis de la môme matière, un pour le fond lixe, l’autre mobile, pour couvrir en dernier lieu.
- Le tissu employé devra être en laine, ainsi que celui du sac devant recevoir la marmite ; tout autour du sac, vous mettrez encore de la plume tassée et pour l’immobiliser, vous en clouerez les bords sur des tasseaux de bois disposés à bonne hauteur dans la caisse qui contiendra le tout.
- Grâce à ces précautions, vous obtiendrez certainement le résultat attendu et pourrez avoir grand profit à utiliser l’appareil.
- Institut Pasteur de Dalat (Annam). — Pour repolir un collier d’ambre, il suffit de le frotter avec un chiffon de toile imprégné de la mixture suivante :
- Tripoli fin.................................. (iO gr
- Glycérine..................................... 20 —
- Huile de ricin................................ 20 —
- Pour terminer, faire un brillantage au moyen d’un morceau de flanelle de laine saupoudré de tripoli sec en poudre impalpable.
- Publicité. — Pour donner de la rigidité aux douilles de chasse, il suffit d’y appliquer une couche de vernis à la gomme laque que l’on trouve couramment dans le commerce.
- N. B. — Ne pas employer de vernis au celluloïd qui serait susceptible d’exploser.
- M. Hochet, à Châteauneuf-sur-Charente. — 1° La colle à la pomme laque employée particulièrement pour le collage des bois, vous donnera certainement satisfaction au point de vue de la résistance à l’humidité. Prendre :
- Gomme laque en écailles............... 350 gr
- Alcool dénaturé à 95°................. 650 cm3
- Faire digérer à douce chaleur, de préférence dans un ballon, surmonté d’un tube, pour éviter l’évaporation du solvant, en agi tan jusqu’à homogénéité complète.
- N. B. — Observer que les colles alcooliques sont plus longues à sécher que les colles aqueuses, les résines ayant une plus grande force de rétention pour les solvants volatils que n’en ont en général pour l’eau les éléments employés dans les solutions aqueuses ;
- 2° Les cols et manchettes à apprêt permanent résistant au lavage sont simplement imprégnés d’une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone.
- M. B..., à Mandelieu. — La peinture sur porcelaine nécessite l’emploi de couleurs spéciales vitrifiables généralement livrées en poudre que l’on trouve facilement en ville chez tous les fournisseurs d’articles pour dessin. Le point le plus délicat est la cuisson qui demande une grande expérience et la disposition d’un four spécial. En général, on peut trouver pour effectuer cette cuisson des céramistes qui consentent à cuire les pièces en même temps que celles de leur fabrication ; les fournisseurs ci-dessus sont également à même de vous renseiener sur ces spécialistes.
- L’ouvrage Les industries d’amateur, de Graffigny, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris, renferme une étude très détaillée de la peinture sur porcelaine, vous y trouverez les éléments essentiels pour une bonne exécution.
- M. DalogloUj à Mons. — 1° Voici, d’après Cerbelaud, une bonne formule de dépilatoire pour la destruction des poils
- superflus :
- Monosulfure de sodium ,............ 3 gr
- Chaux vive en poudre . . . . . . 10 —
- Amidon de riz...................... 10 —
- Au moment de l’emploi, ajouter une quantité suffisante d’eau de roses pour faire une pâte épaisse et appliquer celle-ci sur les parties à traiter pendant 3 à 5 minutes.
- Pour éviter l’irritation de l’épiderme, on fera une expérience
- préalable de la mixture sur une partie du bras, pour se rendre compte du temps nécessaire pour que les poils tombent en passant le doigt. 11 est, en effet, essentiel de déterminer la sensibilité personnelle, car elle varie suivant chaque sujet, de plus, les poils bruns résistent plus que les poils blonds ou rouges.
- Une fois fixé sur le temps juste nécessaire pour que les poils tombent, on opérera dans les mêmes conditions sur la partie velue à épiler, qu’on lavera ensuite sans frotter avec un tampon de coton hydrophile imbibé d’eau tiède, puis on poudrera enfin la partie épilée à l’amidon ou à l’oxyde de zinc ;
- 2° Vous trouverez des articles très compleLs sur la préparation des peintures cellulosiques dans les n05 442 et 443 de la lievue de Chimie industrielle, octobre et novembre 1928.
- M. de C..., à Wagram. — Nous pensons que vous voulez parler des parquets huilés qui peuvent être entretenus en passant à la surface un chiffon mouillé. Pour effectuer cette opération, on commence par nettoyer soigneusement le plancher à la paille de fer pour le rendre perméable, puis on applique au pinceau une couche d’huile de lin très chaude ou d’huile de lin froide additionnée de 10 pour 100 de siccatif liquide (siccatif pour peinture).
- On laisse sécher au moins 24 heures, puis on donne deux couches en les espaçant également d’une journée, au moyen de siccatif incolore à parquets, à la gomme laque ou à la colophane que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- J. J., Mâcon. — Nous vous conseillons de consulter le petit opuscule de MM. Legendre et Thevenin : Comment économiser le chauffage, 1918, Masson et Cie, éditeurs, prix 2 fr. D’après ces auteurs, le pouvoir calorifique de la houille est de 7.200 à 7.800, de l’anthracite, de 7.800 à 8.300, du coke, de 7.000 à 8.000.
- Il est facile de calculer le prix de revient d’un combustible en divisant le prix du kilo par le nombre de calories fournies, et de se rendre compte ainsi s’il est d’un rendement avantageux.
- M. Jonckeere, Lokeren. — Nous ne comprenons pas votre demande, n’étant pas qualifiés pour fournir les produits en question. Vous les trouverez probablement aux établissements Gattefossé, 15, rue Constant, à Lyon.
- M. Arnaud, à Vidauban (Var). — 1° Les charbons de Berzelius employés pour couper le verre se préparent de la façon suivante :
- Prendre :
- Noir de fumée......................... 180 gr
- Gomme arabique......................... 55 —
- Benjoin en poudre ....*.. 25 —
- Gomme adragante.........................25 —
- Laisser gonfler pendant ving-quatre heures dans un peu d’eau, puis en ajouter juste la quantité nécessaire pour obtenir une pâte épaisse et ferme ;
- Façonner à la main sous forme de crayons d’un centimètre de diamètre et laisser sécher à l’ombre.
- Une fois le crayon allumé, il suffit de souffler dessus nour avoir une pointe assez chaude, que l’on applique sur la fente amorcée par un trait de lime ;
- 2° Vous trouverez le petit flacon métallique désigné dans les cabinets de physique sous le nom de « Pistolet de Volta » chez Bourret, 119, boulevard Saint-Germain, ainsi que chez Deyrolle, 46, rue du Bac.
- M. Chardin, à Pantin. — Il n’y a aucune raison pour nue les sels de manganèse, s’ils sont présents dans le sulfate de zinc, produisent une mousse dans la colle. A notre avis il s’avit plutôt d’une fermentation due à l’insuffisance d’anti-septione, la colle séjournant dans un milieu à température trop élevée.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15-12-1937 — Published in France.
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- LA NATURE
- SOIXANTE-CINQUIÈME ANNÉE — 1937
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABETIQUE
- Académie des Sciences : communications, 42, 89, 137, 185, 293, 341, 396, 439, 488, 592.
- Académie des Sciences : nouveaux membres, 32. 75, 175, 353.
- Accumulateurs : plaques, 96.
- Acide acétique i\ partir du carbure, 140.
- Acide ascorbique et végétation, 185.
- Acide carbonique : nouvel emploi, 587. ,-o\ciers à l’aluminium, 11.
- Aciers : définition, 137.
- Aciers : fourbissage, 95.
- Aciers : fragilité et revenu, 185.
- Aciers : silicium, 488.
- Afrique orientale italienne : communications, 55.
- Agrippeur « Kipp », 350.
- Aiguilles de phonographe non métalliques, 256.
- Aiguilles de phonographe semi-permanentes, 256.
- Air-France : réseau, 545.
- Alcool dans l’organisme, 550.
- Alcool : dénaturation, 495.
- Alcool nouveau, 43.
- Aliments : rôle de dépense, 293.
- Alliage blanc, 144.
- Alliage de grande densité, 255.
- Aluminium : chaleur latente de fusion, 398.
- Aluminium : soudure, 496.
- Amalgamation de l’or sous tension superficielle, 347.
- Ambre : polissage, 600.
- Amplificateur de puissance : amélioration, 47.
- Amplificateur nouveau, 294.
- Anesthésique : protoxyde d’azote, 572.
- Anhydride chloreux, 440.
- Animaux empaillés : moisissures, 599. Animaux nuisibles : réhabilitation, 337. Antilles : éruption en 1718, 439.
- Appareil photographique do petit format, 301, 446.
- Arctique russe : développement, 117. Argenture, 496.
- Argenture du verre, 96.
- Argiles, 122.
- Argile : micelles, 43.
- Assèchement d’un garage, 192.
- Assistance radio-médicale en mer, 281. Astronomie : bulletin, 35, 130, 289, 338, 435, 531.
- Atmosphères planétaires, 401.
- Atomes : synthèse, 219.
- Auto-camping, 183.
- Automobile : carburants et superhuilage, 47.
- Automobiles : développement en France, 181.
- Automobiles : manuels, 495.
- Automobile pratique, 181, 484, 589. Aveugles : appareil à tracer les plans, 93.
- Aviation commerciale française, 545. Avion : de Moscou aux Etats-Unis par le pôle nord, 91.
- Avions jouets : maquettes, 45.
- Avions modèles réduits : concours de La Nature, 91.
- Avions : irains d’atterrissage, 153.
- B
- Bactéries des roches anciennes, 89. Bactéries : titrage optique, 593. Bambous : floraison, 83.
- Baromètre Indic, 542.
- Barrages économiques, 588.
- Basaltes : âge, 593.
- Bassines à friture : nettoyage, 95. Batardeaux : emploi de liquides boueux, 492,
- Beliaiew : médaille Bessemer, 188.
- Beurre : diacétyle, 488.
- Bicyclettes : garages, 46.
- Bore dans les potasses d’Alsace, 488. Bouchons en bois, 46.
- Bouillons microbiens : spectres d’absorption, 593.
- Bouturage des x-osiers, 389.
- Brillantines, 95.
- Bronzes de glucinium, 43, 294.
- Bruit : lutte, 351.
- Brume de sable, 444.
- Bruxelles : superstitions médicales, 170. Buna, caoutchouc synthétique allemand, 107.
- c
- Câhles chauffants électriques, 493.
- Cacao : coques, sources de vitamines, 345.
- Cachou : grains, 34.
- Cadre métallique gauchi, 192.
- Café : lissage, 95.
- Canada : sélénium et tellure, 348.
- Canal Volga-Moskowa, 14.
- Caoutchouc durci moulé, 144.
- Caoutchouc synthétique allemand « Buna », 107.
- Caoutchouc : rajeunissement, 143, 144. Capteur de Doryphores, 94.
- Carburant d’automobile, 47.
- Carbure de calcium et acide acétique, 140.
- Carnet « Plus-Pla » à bloc amovible, 399.
- Carrelage : nettoyage, 487.
- Castors : mœurs, ‘475.
- Supplément au n° 3015 de La Nature du 15 décembre 1937.
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- Cellules et ondes courtes, 293.
- Cellules photo-électriques au sélénium, 447.
- Celluloïd : polissage, 130.
- Cémentation du nickel, 137.
- Cercle : quadrature.
- Cercopithèque à tête de hibou, 80. Chambre photographique : construction, 189.
- Champignon de couche : fumier'artificiel, 120.
- Champignons : empoisonnement, 495. Chapeaux : taches, 400.
- Charançon : destruction, 94.
- Charbons de Berzelius, 000.
- Charbons : pyrogénation, 43.
- Chargeur pour appareils de petit format, 598.
- Chaudières ultra-rapides : récents progrès, 400.
- Chevalier (Auguste), 75.
- Cheveux blond cendré, 400.
- Chimie au Palais de la Découverte, 257, 447.
- Chimie du règne végétal, 179. Chimiothérapie des pneumococcics, 390. Chrysopes, 120.
- Ciel nocturne : lumière, 593.
- Cigarettes : boîte distributrice, 94.
- Ciment étanche à l’huile, 490.
- Cinéma d’amateur : ses transformations, 38.
- Cinématographie dans 3 directions, 53. Cinquantenaire de la Société astronomique de France, 385.
- Cirage blanc pour chaussures, 90. Circulation : réglage automatique, 05. Cire d’abeilles, 400.
- Citron : essence en Sicile, 03.
- Citron et scorbut, 293.
- Classeur à bandes colorées, 349.
- Clavi-rail G. C., 301.
- Colin (Abbé Henri), 353.
- Colle à la farine de seigle, 400.
- Colle à la gomme laque, 000.
- Colle pour reluire, 144.
- Collections : conservation, 142.
- Colloïdes : charge électrique, 320.
- Comète de Biela : disparition, 43.
- Comète 1937 f, 187.
- Comète d’Encke, 541.
- Compteur de temps « Ghronoflex », 445. Concours de La Nature : avions modèles réduits, 91.
- Conducteurs électriques : vieillissement, 137.
- Confitures de coings, 495.
- Contacts électriques, 137.
- Coques de cacao, sources de vitamines, 345.
- Corps humain : levers topographiques,
- 108.
- Courants très intenses, 238.
- Couvercles amovibles à charnière, 399. Craie : microfossiles, 314.
- Crèmes de marrons, 329.
- Crème pour le visage, 448. Cristallographie, 201.
- Crustacés logés dans des coquilles de Bivalves, 492.
- Cuiller coupe grape-fruit, 303.
- Cuiseur « ïub ». 350.
- Cuivre : noircissement, 143.
- Cuivre : pouvoir réflecteur, 43.
- Culasses de moteurs d’auto, 47. Cuve à fermentation, 595. Cyclotron, 557.
- D
- Daguerréotypes : restauration, 191. Davisson, prix Nobel, 595.
- Décharge de Geissler à la pression atmosphérique, 294.
- Dégraissage d’imperméables, 192. Dénatalité de la France, 449.
- Dépilatoire, 000.
- Dépoussiérage pour radiateur, 349. Désinfection d’un instrument de musique, 143.
- Désodorisation des W. C., 490.
- Dessins : reproduction, 495.
- Deutériures alcalins, 43.
- Diacétyle dans les beurres, 488.
- Diatomées, 49.
- Dialomites, 111.
- Dialomites : applications industrielles, 424.
- Diffusion sonore dans les immeubles et les hôpitaux, 30.
- Diffusion sonore : installation, 47. Dirigeables : incendies, 294.
- Discontinuité de la matière, 199. Disjoncteur à 500.000 v, 71.
- Djebel Druze, 414.
- Documents : photographies, 191. Doryphore : capteur, 94.
- E
- Eau : corruption, 490.
- Eau de Cologne, 448.
- Eau de Javel, 250.
- Eau-de-vie : goût de bouchon, 352. Eau-de-vie : goût fruité, 192.
- Eau lithinée, 418.
- Eau verte, 191.
- Ebonite : dressage, 95.
- Ehonitc : réparation, 143.
- Eboulements de Sainte-Adresse, 433. Eclairage public à grande hauteur, 492. Ecole Normale Supérieure : nouveaux laboratoires, 78.
- Ecrans acoustiques de haut-parleurs, 307, 514.
- Ecran anti-éblouissant, 182.
- Eman cinématographique géant, 527. Ecran panoramique de l'Exposition, 442. Ecrans polarisants, 297.
- Ecrans pour plaques orthochromatiques, 514.
- Ecriture : revivification, 95.
- Electricité : lignes et oiseaux, 432. Electro-acoustique : curieuse application des lampes à incandescence, 300. Electrolysc et éleel i ophorèse, 202.
- Eleetromagnétisme, 238.
- Electrons, 205.
- Electrostatique, 220.
- Eléphants africains, 370.
- Encaustique à l’eau, 144.
- Encre pour oranges, 496.
- Enrouleurs et boudeurs souples, 494. Envies : destruction, 496.
- Epices (quatre), 191.
- Eruption aux Antilles en 1718, 439. Escargots : destruction, 84, 303.
- Essais aux touchaux, 96.
- Essaims de fourmis ailées, 33.
- Essence de citron en Sicile, 63.
- Estunave : nécrologie, 491.
- Etats chimiques de la nature, 197. Exposition de 1937, 40.
- Exposition : équipement électrique, 346. Exposition : réseau téléphonique, 384 Ex li action des flammes, 592.
- F
- Fer à repasser : interrupteur, 45. Fermentation : nouvelle cuve, 596.
- Feux, d’artifice, 139.
- Fièvre jaune : transmission, 294.
- Fièvre pourprée : vaccination, 592.
- Films : développement économique, 178. Films sonores en ozaphane, 444.
- Filtration de l’eau de piscine, 48.
- Filtres anti-aérosols, 341, 440.
- Fissures : mastic, 352.
- Flammes : extinction, 592.
- Flammes froides, 396.
- Fleurs de foudre à l’Exposition, 592. Floraison des bambous, 83.
- Flolles pétrolifères, 491.
- Fluorescéine : rétention par les sols, 294.
- Foret : problème, 529.
- Fossiles des potasses d’Alsace, 455. Foudre et lignes de transport de foire, 368.
- Foudre : protection des réseaux, 89. Fourmis ailées : essaims, 33.
- Fourmis : vie, 89.
- Fourrage en poudre, 190.
- Fourrures blanches : nettoyage, 144. Fourrure blanche : teinture châtain, 400. France : dénatalité, 449.
- Fréon, 352.
- Frigadréaction, 294.
- Frottement des revêtements routiers, 528.
- Fumier artificiel pour champignon de couche, 126.
- •
- G
- Garages à bicyclettes, 46.
- Gaz : automobiles, 516.
- Gaz permanents : séparation, 593. Gazéification des boissons et jus de fruits, 142.
- Gazogènes : constructeurs, 96. Gazomètres à eau : maladie microbienne, 327.
- Géophysique : développement des prospections, 145.
- Glaçage do photographies, 136.
- Glucinium : bronzes, 43, 294.
- Gouffres : fleurs de gypse, 149.
- Grains de cachou, 34.
- Graisse d’armes, 95.
- Graisse pour essieux de voitures, 496. Gravure : restauration, 599.
- Grils : nettoyage, 95.
- Gyro-oompas dans la baie d’Hudson, 443.
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- H
- Haut-parleurs : adaptation, fi09. llauL-parleufs : écrans acoustiques, 307, 544.
- Haworlh, prix Nobel, 595.
- Hormones et zinc, 593.
- Houilles très pures : préparation, 418. Iluilo sur les vagues, 294.
- Humidificateur d’air pour chauffage central, 543.
- Hydrocarbures légers : produits de combustion, 593.
- Hydrogène : isotope de niasse, 3, 398.
- I
- Ignilron et ses applications, 5.
- Illusions d’optique d’un phare tournant, 55 ;.
- Imperméabilisation dé la toile, 95. Inanition : utilisation des réserves, 410. Incendies de dirigeables, 294.
- Interrupteur pour fer à repasser, 45. Iode et rachitisme, 185.
- Isolants : mesure de l’état, électrique, 488.
- Isotope de l’hydrogène, 398.
- Isotopes : séparation, 440.
- J
- Jardinage : outils, 45.
- K
- Ivarrer, prix Nobel, 595. Kirsch : fabrication, 400.
- L
- Lac du Cambodge : richesse iehfhyologi-que, 517.
- Lait, pasteurisé, 137.
- Lames déferlantes, 488.
- Lames déferlantes : pression et vil esse, 440.
- Laque végétale d’Indochine, 359.
- Lavage des autos, 184.
- Lessive en poudre, 400.
- Ligature simple, 184.
- Lignes de transport de force infoudrova-hles, 368.
- Dignités de Savoie, 293.
- Limaces : destruction, 84, 303.
- Litoranée libyque, 363.
- Livres nouveaux, 44, 90, 138, 186, 253, 295, 342, 397, 441, 489, 539, 594.
- Locomotive Diesel électrique du P.-L.-M., 356.
- Lois empiriques, 89.
- Longitudes : variations périodiques, 89
- Lotion pour la barbe, 95. Lumière du ciel nocturne, 593. Lumière : tour de France, 346.
- M
- Machine à calculer r, 466.
- Marconi et les ondes courtes, 443. Marconi : nécrologie, 187.
- Marionnettes, 530.
- Marmite norvégienne, 599.
- Marrons : crème, 329.
- Martin (Dr Louis), 32.
- Marbre : collage, 144.
- Mastic de fontainier, 352.
- Mathématiques : récréations, 177, 481. Mécanique, 194.
- Merulius : destruction, 447.
- Métallurgie du fer et migration des peuples, 277.
- Météores : d’où viennent-ils ? 159.
- Mél éorologie, 250.
- Météorologie : mois, 84, 178, 292, 389, 483, 588.
- Micelles argileuses, 43.
- Micro-contact Moreau-Febvre, 355. Microfossilcs de la craie et des silex, 314.
- Microphotographie de textiles, 407. Microscope électronique, 351.
- Microscope métallographique, 445.
- Mirbirs argentés : nettoyage, 143.
- Mites : destruction, 192, 599.
- Molécules : réalité, 199.
- Mollusques : pollinisation, 549.
- Montagne Noire : plomb, 293.
- Mon tel (Paul), 175.
- Moscou port de mer, 14.
- Moteurs d’auto : culasses, 47.
- Moulage de bas-relief, 143.
- Mousse des pierres : destruction, 599. Mousse du vin de Champagne, 48. Moustiques, 48.
- Moustiques : piqûres, 256.
- Mulots : destruction, 48.
- Mur : salpêtrage, 96.
- Musées : conservation des objets, 292. Musée. : le premier autorisé, 577.
- N
- Nécrologie : Estanave, 491.
- Nécrologie : Marconi, 187.
- Nécrologie : Rutherford of Nelson, 540. Nécrologie : Senderens, 540.
- Neige : radio-activité, 440.
- Nickel : cémentation, 137.
- Noir de fumée : fabrication, 144. Noicissement du cuivre, 143.
- N o u ve 11 es-H ébrid es, 497.
- Nuages orageux : distribution de l’électricité, 510.
- O
- Observatoire géophysique de Chambon-la-Forêt, 443.
- Oiseaux et installations électriques, 432.
- Ondes cour Les : déformations cellulaires, 293.
- Ondes très courtes, 85.
- Ondes très courtes : réception, 390. Optique, 230.
- Or : amalgamation sous tension superficielle, 347.
- Or dans les rivières de France, 1. Oréotrague sauteur, 169.
- Orientation des nomades sahariens, 286. Os : ramollissement, 448.
- Oscillants (Phénomènes), 246.
- Ozaphane : films sonores, 444.
- Ozofcr : procédé, 448.
- P
- Palais do la Découverte, 193, 257, 447. Papier : fixation sur aluminium, 256. Papier pour miméographe, 192.
- Papier transparent, 143.
- Parasites de T. S. F., 352.
- Para toluène : sulfochloruré, 48.
- Parc national du Yercors, 583.
- Parfums : photographie et cinématographie du dégagement, 380.
- Parquets huilés, 600.
- Peinture sur porcelaine, 600.
- Permanganate de potasse comme ongrdis,
- 492.
- Pèse-personnes « Dyna », 598.
- Pétrole à Paris P 284.
- Pétrole : désodorisation, 352.
- Pétrole ; flottes, 491.
- Phares d’auto : réglementation, 182.
- Phare d’Ouessant, 562.
- Phare tournant : illusions d’optique, 567. Phénomène de Sagnac, 293.
- Phonographe défectueux, 447. Phonographe : enregistrement direct,
- 493.
- Phosphore : dosage, 293.
- Phosphorescence : produits, 48. Photocopies : classement, 343. Photographie : causerie, 133, 343, 438. Photographie : cuve pour développement, lent, 144.
- Photographies de documents, 191. Photographie des paysages éloignés, 22. Photographies : glaçage, 136. Photographie : produits en ampoules, 93.
- Photoluminescence, 203.
- Photon dans l’univers, 396. Phototélégraphie : réception, 47.
- Physique au Palais de la Découverte, 193.
- Pierre qui tombe, 126.
- Piles de.ponts économiques, 588.
- Piscine : filtration de l’eau, 48.
- Pistons en aluminium, 181.
- Piston en marche : température, 297. Plans : appareil à tracer pour aveuglés, 93.
- Planètes : atmosphères, 401.
- Plantes : détermination chimique, 592. Plaques d’accumulateurs, 96.
- Plomb dans la Montagne Noire, 293. Plomb : nouvel oxyde, 137.
- Plomb : tuyaux, 503.
- Pneus : contrôleur de gonflage, 184. Pneumococcies : chimiothérapie, 396.
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- Pôle : préparation des vols de l’U. R. S. S., 299.
- Polissage des carrosseries, 184. Pollinisation par les mollusques, 549. Ponts métalliques : esthétique, 97. Porcelaine : peinture, 000.
- Portraits photographiques, 191.
- Poste secteur : consommation, 447. Potasses d’Alsace : bore, 488.
- Potasse d’Alsace : fossiles, 455.
- P'ôtassium : radio-activité, 398.
- Poulailler gratte-ciel, 12.
- Poussières atmosphériques, 43.
- Poux, 448.
- Précipités liquides, 370.
- Précipités : solubilité, 89.
- Préhistoire : drame, 305.
- Presse magique, 34.
- Prestidigitation, 34, 434.
- Prix Nobel de 1937, 595.
- Projection en relief, 250.
- Projection en relief sans lunettes, 107. Protoxyde d’azote anesthésique, 572. Pyrogénation des charbons, 43.
- Q
- Quadrature du cercle, SI. Quatre épices, 191.
- R
- Rachitisme et iode, 185.
- Radiateur d’auto : entretien, 351. Radiateur : dépoussiérage, 349.
- Radiateur électrique original, 349. Radio-activité, 219.
- Radio-activité artificielle en thérapeutique, 89.
- Radio-activité des couches de neige, 440. Radio-activité du potassium, 398. Radiodiffusion coloniale, 92.
- Radiophonie pratique, 85, 390, 534. Radio-reportage : nouveau car, 140. Raidisseur Délavai, 303.
- Ramonages de tunnels, 519.
- Rats : destruction, 448, 496.
- Rats : rois, 129, 303.
- Rayons cosmiques, 223.
- Rayons Rœntgen : petits tubes d’émission, 341.
- Rayons X, 213.
- Récepteur de T. S. F. : dépannage, 351. Récréations enfantines, 84.
- Réflexion du cuivre, 43.
- Réfrigérant à acide carbonique : nouvel emploi, 587.
- Reliures : coloration, 95.
- Renonculacées : vésicants, 593.
- Réseaux : protection contre la foudre, 89.
- Résistance de l’air : mesure expérimentale, 597.
- Rivières aurifères de France, 1.
- Rois de rats, 303.
- Rois de rats en France, 129.
- Ronces : destruction, 143.
- Rosiers : bouturage, 389.
- Rotation do la terre : irrégularités, 294. Roi,or de turbine à vapeur, 442.
- Routes : coefficient de frottement, 528. Route la plus haute d’Europe, 139. Rutherford of Nelson : nécrologie, 540.
- S
- Sagnac : phénomène, 293.
- Sahariens : orientation, 286. Sainte-Adresse : éboulements, 433. Salpêtrage d’un mur, 96.
- Saturne : nouvelle tache blanche, 596 Savoie : lignites, 293.
- Scluuupoing économique, 389.
- Scorbut et jus de citron, 293.
- Séismes profonds, 43.
- Sélénium au Canada, 348.
- Sels : grimpage, 95.
- Senderens : nécrologie, 540.
- Serin à l’état sauvage, 514.
- Séro-anatoxithérapie, 488.
- Sicile : essence de citron, 63.
- Signaux <\ éclats brefs, 137.
- Signaux horaires par T. S. F., 351.
- Silex : microfossiles, 314.
- Silicium dans les aciers, 488.
- Silo préhistorique : découverte, 430. Sinanthrope, 20.
- Sinanthrope : du nouveau, 19.
- Skis : fabrication, 568.
- Société astronomique de France : cinquantenaire, 385, 495.
- Solubilité des précipités, 89.
- Sorbets, 448.
- Soudure pour aluminium, 496.
- Soufre thérapeutique, 293.
- Spectres des bouillons microbiens, 593. Spectrographio des œuvres d’art, 398. Streptocoques : lutte, 137.
- Sulfure de carbone, 599.
- Superhuilage, 352.
- Snperhuilage d’automobiles, 47. Superstitions médicales aux environs de. Rruxelles, 170.
- Szenl-Gyürgyi, prix Nobel, 595.
- T
- Tables de laboratoire, 352.
- Taches d’encre à stylo : nettoyage, 95. Taches des chapeaux, 400.
- Tamis : dimensions des mailles, 136. Teinture capillaire, 143.
- Télémécanique, 544.
- Téléphone : réseau de-l’Exposition, 384. Téléphonie d’appartement : nouveaux appareils, 544.
- Téléphonie sans fil directe France-États-Unis, 173.
- Télévision : nouveau poste de la Tour Eiffel, 92.
- Tellure au Canada, 348.
- Tête d allumage : réparation de fortune, 185.
- Textiles artificiels en Allemagne, 469. Textiles : microphotographie, 407. Thermomètre : histoire, 585.
- Thomson, prix Nobel, 595.
- Thym : destruction, 599.
- Toile : imperméabilisation, 96.
- Touchaux : essais, 96.
- Traction avant ou arrière, 281.
- Trains d’atterrissage d’avions, 153. Transformateurs pour antennes à ondes courtes, 351.
- Trempe superficielle oxy-acétylénique, 379.
- Trocadéro : salle de spectacles transformable, 61.
- 'frousse de forLune, 185.
- Tuberculose : esters éthyliques, 43. Tunisie : antiquités, 520.
- Tunnels : ramonages, 519.
- Turbine i\ vapeur : roLor, 442.
- Tuyaux de plomb, 503.
- Typhoïdes : doivent disparaître 275, 311.
- U
- Ultra-filtres, 439.
- V
- Vaccination contre la fièvre pourprée, 592. Vagues : action de l’huile, 294.
- Végétaux : rayonnement, 593.
- Véhicules automobiles au gaz, 516. Venins : variations géographiques, 42. Vent : action sur les constructions, 472. Vent : vitesse en altitude, 440.
- Vercors : parc national, 583.
- Vernis i! finir, 144.
- Vernis à l’acétate de cellulose, 191.
- Verre : argenture, 96.
- Verre : bris spontané, 495.
- Verre mousse, 298.
- Verres polis : surface, 347.
- Verre : recollage, 95.
- Vésicants des renonculacées, 593.
- Viande : industrie à travers les âges, 69.
- Vin de champagne’ : mousse, 48.
- Vipères : ennemis, 495.
- Voitures allégées du réseau de l’Etat, 553. Vol : signaplione Ericsson, 302.
- V rillettes. 496, 599.
- Y
- Yap, File heureuse, 152.
- Z
- Zinc et hormones, 593.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Adam (Michel). — L’ignitron et ses applications, 5.
- Ai.beh. — La presse magique, 114. — Le voile d’Isis, 434. — Les lilliputiens, pygmées, nains grotesques, 530.
- Arthenay. — Photographie et cinématographie du dégagement des parfums, 3S0.
- Aubert de la Rüf. (1<L). — L'archipel des Nouvelles Hébrides, 407.
- IL (J.). — Les nouveaux membres de l’Académie des Sciences, 32, 75, 175, 353.
- Barolet (Henri). — La quadrature du cercle, 81. — Récréations mathématiques, 177, 481. — La machine à calculer le nombre 7T, 400.
- Rertuelot (Ch.). — ('réparation des houilles très pures, 418.
- Bertrand (L.). — Résumés des communications à l’Académie des Sciences, 42, 80, 137, 185, 293, 341, 300, 439, 488, 592.
- Boissjère (G.). — Un pare national dans le Ycreors, 583.
- Roule (Marcellin). — Le Sinanthrope, 20.
- Rover (Jacques). — Un poulailler gratte-ciel, 13. — Les nouveaux laboratoires de l'Ecole Normale Supérieure, 78. — Les clirysopes, 120. — Le développement actuel des prospections géophysiques dans le monde, 145.
- Rhooks (Georges). — La laque végétale d'Indochine, 359.
- Rrossard (René). — Les essaims de fourmis ailées, 33.
- Cabanes (Charles). — Histoire du premier musée autorisé par le gouvernement, 577.
- Caters (Christian de). — La Litorunée libyque, 303.
- Chaux (Paul). — Levers topographiques du corps humain, 108.
- Claude (Daniel). — Culture du champignon de couche sur fumier artificiel, 120.
- Collins-Tentiiorey (N.). — La métallurgie du fer eu Asie antérieure et ses rapports avec les migrations des peuples, 277.
- Cotte (Jules). — Moscou port de mer, 14.
- Cotton (Aimé). — Expériences d’électromagnétisme et avec des courants très intenses, 238.
- 1). (P.).— Prise de température d’un piston en marche, 297.
- Daridon (Henri). — Une pierre tombe..., 120. — Histoire du thermomètre, 585.
- Deflandre (Georges). — Les microfossiles de la craie et des silex, 314.
- Demoulin (Capitaine F.). — Le sens de l’orientation chez les nomades sahariens, 280.
- Devaux (Pierre). — Le grand disjoncteur à 500.000 v de l’Exposition, 71. — L’esthétique des ponts métalliques, 97. — Fleurs de foudre à l’Exposition, 332. — Le micro-contact Moreau-Febvre, 355. — Les récents progrès des chaudières ultra-rapides, 460.
- Dontçheff (L.). — Le sort de l'alcool dans l’organisme, 550.
- Drago (Hortensia). — L’industrie de la viande à travers les âges, 69.
- Ducamp (Roger). — La floraison des bambous, 83. — Le problème de la forêt, 529.
- Dunoyer (Louis). — Sur les illusions d’optique provoquées par un phare tournant, 567.
- Feuillée-Billot (A.). — Les oiseaux et les installations électriques, 432.
- Forbin (Victor). — Le sous-sol parisien recèle-t-il du pétrole ? 284. — Réhabilitation des animaux nuisibles, 337. — Remarques sur les éléphants africains, 370. — Les mœurs des castors, 475. — Le serin à l’état sauvage, 514.
- Gattkfossé (R. M.). — La fabrication de l’essence de citron en Sicile, 63.
- Girerd (Henry). — Cinématographie dans 3 directions perpendiculaires, 53.
- Gi.ory (Abbé André). — Fleurs de gypse au fond des gouffres, 149. — Un drame à l’époque préhistorique, 305. — Découverte d’un silo préhistorique, 430.
- Ghadenwitz (Alfred). — Voir Loewenberg (llarry).
- H. (P.). — Diffusion sonore dans les immeubles et les hôpitaux, 30. — Le nouveau poste de télévision de la Tour Eiffel, 92. — Radiodiffusion coloniale, 92. — Nouveau cas de radio-reportage, 140. — La liaison directe France-Etats-Unis par téléphonie sans lil, 173. — Le tour de France de la lumière, 346. — L’équipement électrique de l’Exposi-lion, 346. — Le réseau téléphonique de l’Exposition, 384. — L’écran panoramique de l’Exposition, 442. — Marconi et les ondes courtes, 443. —. Les lilms sonores en ozaplianc, 444. — Ksfanavc, 491. —. Essais d’éclairage public à grande hauteur, 492.
- 11é.mardinquer (P.). — Le cinéma d’amateur et ses transformations, 38. — La salle de spectacle transformable du Troca-déro, 61. —• La radiophonie pratique, 85, 390, 534. — Nouveau système de projection en relief sans lunettes, 167. — Ecrans acoustiques de haut-parleurs, 307.
- IIomkt (Marcel). — Le, Djebel Druze, 414.
- Hugues (Albert). — Les rois de rats en France, 129.
- Kazeeff (W. N.). — Les typhoïdes doivent disparaître, 275, 311.
- Kimpfein (Georges). — Une maladie microbienne guette les gazomètres à eau, 327. — Véhicules automobiles au gaz, 516.
- Kuentz (L.). — Yap, File heureuse, 152.
- Kwal (Bernard) et Lesage (Marc). — La physique au Palais de la Découverte, 193, 246.
- Lacaine (Jean). — Les trains d’atterrissage d’avions, 153.
- Laffitte (Léon). — Les rivières aurifères de France, 1.
- Lanorville (Georges). — La crème de marrons, 329. — La locomotive Diesel électrique du P.-L.-M., 356. — Les éboule-uients de la plage de Sainte-Adresse, 433. — Ramonage de tunnels, 519. — Voitures aflégées du résau de l’Etat, 553. — La fabrication des skis, 568.
- Laruiî (Pierre). — Barrages et piles de pont économiques, 588.
- Lesage (Marc). — Voir Kwal (Bernard).
- Loewenberg (llarry) et Gradenwitz (Alfred). — Les textiles artificiels en Allemagne, 469.
- Lyée de Bëlleau (M. de). — Antiquités tunisiennes, 520.
- M. (R.). — L’assistance radio-médicale en mer, 281.
- Mahul (J.). — Les tuyaux de plomb, 503.
- Merle (René). —• Du nouveau sur le Sinanthrope, 19.
- Perruche (Lucien). — Les diatomées, 49. — Les diatomi-tes, 111. — Les applications industrielles des diatomites,
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-
- =S= 606 , .;.== t..................------.................
- 4^4. — La richesse ichthyologique du Grand Lac du Cambodge, 517.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 181, 484, 589.
- QuipvnEux (François). — Les fossiles des potasses d’Alsace, 455.
- Reqnault (Dr Félix). — Superstitions médicales aux environs de Bruxelles, 170.
- Remacle (G.). — Le cercopithèque à tête de hibou, 80. — L’oréotrague sauteur, 169.
- Rouer (Em.). — Le mois météorologique, 84, 178, 292, 389, 483, 588.
- Rousseau (Pierre). — D’où viennent les météores ? 159. — Lps atmosphères planétaires, 401.
- S. (D.). — La médaille Bessemer au colonel Belaiew, 188.
- Sauvy (Alfred). — Les années de la France sont-elles comptées ? 449.
- Schmidt (Ernest). — La chimie du règne végétal, 179. — La iqicrophotographic au service de l’industrie textile, 407.
- Seyewetz (Jean). — Le protoxyde d’azote, le meilleur des anesthésiques, 572.
- Sii.Vestri (Armando). — Les communications de l’Afrique orientale italienne, 55.
- Touchet (Em.). — Photographie des paysages éloignés, 22. — Bulletin astronomique, 35, 130, 289, 338, 435, 531. — Causerie photographique, 133, 343, 438. — La sixième comète de 11)37, 187. — Le cinquantenaire de la Société astronomique de Fiance, 385. — La comète d’Encke, 541. — Nouvelle tache blanche sur Saturne, 596.
- ViAU.ARU (R.). — La chimie au Palais de la Découverte, 257, 447.
- Vigneron (Henri). — Les aciers à l’aluminium, 11. — Le réglage automatique de la circulation, 65. — Le « Buna », caoutchouc synthétique allemand, 107. — Le développement des régions arctiques russes, 117. — Les argiles, 122. — Préparation de l’acide acétique à partir du carbure de calcium, 140. — Nouvel alliage de grande densité, 255. — Traction avant ou arrière, 281. — A propos des écrans polarisants, 297. — Le verre mousse, 298. — Préparation des vols polaires do l’U. R. S. S., 299. — La charge électrique des colloïdes et ses applications, 320. — La surface des verres polis, 347. — L’amalgamation de l’or sous tension superficielle, 347. — Production du sélénium et du tellure au Canada, 348. — Lignes de transport de force infoudroyaolcs en Amérique, 368. — Les précipités liquides, 376. — Le nouvel observatoire géophysique de Chambon-la-Forôt, 443. — L’action du vent sur les constructions, 472. — Les flottes pétrolifères, 491. — Le permanganate de potasse comme engrais, 492. — La distribution de l’électricité dans les nuages orageux, 51.0. — Coefficient (le frottement des revêtements routiers, 528. — Senderens, 540. — Le cyclotron, 557. — Le nouveau phare d’Ouessant, 562. — Nouvelle cuve do fermentation, 596.
- Voûta (II.). — L’aviation commerciale française, 54.5.
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-
- TABLE DES MATIERES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumés des communicalions (I.. Bertrand), 42, 81), 137,
- •I8i», 293, 34 I, ;i%, 439, 488, 592 Les nouveaux membres de l’Académie des Sciences.
- Louis Martin (J. B.).................................. 32
- Auguste Chevalier (J. B.)................... ....... 75
- Paul Monte! (J. Boyer)................................175
- L’abbé Henri Colin (J. Boyeh).......................353
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Disparition de la comète de Biela.........................43
- La quadrature du cercle (11. Barolet)........................81
- Lois empiriques..............................................89
- Variations périodiques des longitudes........................89
- La sixième comète de 1937 (E. Touchet)....................187
- Irrégularités de la rotation de la Terre..................294
- Le cinquantenaire de la Société astronomique de France
- (E. Touciiet)..................................... 385, 495
- Les atmosphères planétaires (P. Rousseau)...................401
- La machine t\ calculer le nombre (H. Barouet). . . . 4G(i
- La comète d’Encke (E. Touciiet).............................541
- La lumière du ciel nocturne.................................593
- Nouvelle tache blanche sur Saturne (E. Touciiet). . . 590
- Récréations mathématiques (H. Barolet)............... 177, 481
- Bulletin astronomique (E. Touciiet). 35, 130, 289, 338, 435, 531
- Optique...............................................230
- Phénomènes oscillants.................................240
- Météorologie..........................................250
- Expériences d’électromagnétisme et avec des courants
- très intenses (A. Cotton)................................238
- Phénomène de Sugnac........................................293
- Décharge de Geissler à la pression atmosphérique. . . 294
- Erigadréaclion............................................ 294
- A propos des écrans polarisants (H. Vigneron)..............297
- La charge électrique des colloïdes et ses applications
- (H. Vigneron)............................................320
- Tenue des filtres anti-aérosols............................341
- La surface des verres polis (H. Vigneron)..................347
- Les précipités liquides (H. Vigneron)......................370
- Constitution et rôle du photon dans l’univers..............390
- Formation des flammes froides..............................390
- Chaleur latente de fusion de l'aluminium...................398
- Radio-aclivité du potassium................................398
- Ultra-filtres..............................................439
- Protection des filtres aérosols............................440
- Estanave (P. H.)...........................................491
- Lord Rutherford of Nelson : nécrologie.....................540
- Le cyclotron (H. Vigneron).................................557
- Illusions d’optique provoquées par un phare tournant
- (L. Dunoyer).............................................507
- Histoire du thermomètre (H. Daiudon).......................585
- Emploi nouveau des mélanges réfrigérants à acide carbonique .................................................... 587
- Les prix Nobel de physique : Davisson et Thomson. . . 595
- 2. Chimie.
- III; — SCIENCES PHYSIQUES
- 1. Physique
- L’ignitron et ses applications (M. Adam)...................
- Pouvoir réflecteur du cuivre...............................
- Micelles argileuses........................................
- Solubilité des précipités..................................
- Les argiles (H. Vigneron)..................................
- Une pierre tombe... (H. Daridon)...........................
- Signaux à éclats brefs.....................................
- La physique au Palais de la Découverte (B. Kwal et M. Lesage).
- Mécanique.............................................
- Etals chimiques do la nature ; changements d’état. Discontinuité de la malière et réalité moléculaire. .
- Cristallographie......................................
- Electrolyse et électrophorèse.........................
- Photoluminescence.....................................
- Electrons.............................................
- Rayons X. . . . .................................
- Radio-activité : synthèse des atomes. ......
- Rayons cosmiques......................................
- Électrostatique.................................... . .
- 5
- 43
- 43
- 89
- 122
- 120
- 137
- 194
- 197
- 199
- 201
- 202
- 203
- 205
- 213
- 219 223
- 220
- Les aciers à l’aluminium (H. Vigneron).....................11
- Bronze de glucinium........................................43
- Alcool nouveau.............................................43
- Deutériures alcalins.......................................43
- Pyrogénation des charbons..................................43
- Le « Buna », caoutchouc synthétique allemand (II. Vigneron).....................................................107
- Cémentation du nickel.................................... 137
- Définition des aciers.....................................137
- Nouvel oxyde de plomb.....................................137
- Préparation de l’acide acétique à partir du carbure de
- calcium (H. Vigneron)..................................140
- La fragilité et le revenu des aciers......................185
- La médaille Bessemer au colonel Belaiew (D. S.). , , . 188
- Nouvel alliage de grande densité (H. Vigneron). . . , 255
- La chimie au Palais de la Découverte (II. Viallard). 257, 447
- Dosage du phosphore.......................................293
- Bronzes de glucinium......................................294
- Lo verre mousse (lî. Vigneron).......................... 298
- L’amalgamation de l’or sous tension superficielle (H. Vigneron) .................................................347
- Production du sélénium et du tellure au Canada (H. Vigneron).................................................' . 348
- Recherche de l’isotope de masse 3 de l’hydrogène. . . 398
- Séparation des isotopes...................................440
- L’anhydride chloreux..................,.................440
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- 608
- Los textiles artiüeiels eu Allemagne (II. Loeavenberg et
- A. Gradenyvitz)..........................................469
- lloro dans les potasses d’Alsace.........................488
- Silicium dans les aciers................................488
- Riaeétylo dans les beurres.................................488
- Senderens : nécrologie (11. Vigneron)......................640
- Exlinetiou des flammes...................................592
- Séparation des gaz permanents............................593
- Produits do combustion des hydrocarbures...................593
- Les prix Nobel de chimio : Haworth et Karrer.............595
- IV. — SCIEN CES “N ATURELLES
- 1. Géologie.
- Bactéries des roches anciennes....................................89
- Le sous-sol parisien recèle-t-il du pétrole ? (V. Fournis)............................................................284
- Plomb clans la Montagne Noire...........................293
- Les lignites do la Savoie........................................293
- Les microl'ossiles de la craie et des silex (G. Deflandre). 314 Les fossiles des potasses d’Alsace (J. Quiévreux). . . . 455
- Age des basaltes.................................................593
- 2. Physique du globe. — Météorologie.
- Poussières atmosphériques...................................43
- Séismes profonds........................................... 43
- Développement actuel des prospections géophysiques dans
- le monde (J. Boyer)......................................115
- Fleurs de gypse au fond des gouffres (A. Glory). . . . li'J
- D’où viennent les météores ? (P. Rousseau).................159
- Rétention de la florescéino par les sols..................294
- Les éboulemeuts de lu plage de Sain le-Adresse (G. Lanor-
- ville)...................................................453
- Une éruption aux Antilles en 1718..........................439
- Radio-activité des couches de neige........................440
- Vitesse du vent en altitude................................440
- Le nouvel observatoire; géophysique de Chambon-la-Forét
- (11. Vigneron)...........................................443
- Brume de sable.............................................444
- La distribution de l’électricité dans les nuages orageux
- (11. Vigneron)...........................................510
- Le muîs mélcoruloyiquc (F. Roger). 84, 178, 292, 389, 483, 588
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Un poulailler gratte-ciel (J. Boyer).........................13
- Du nouveau sur le Sinanthrope (K. Meule)..................19
- Le Sinanthrope (M. Boule)....................................20
- Les essaims do fourmis ailées (li. Brossard)..............33
- L’industrie de la viande à travers les âges (il. Drago). 69
- Le cercopithèque à tète de hibou (G. Remacle).............80
- La vie des fourmis...........................................89
- Levers topographiques du corps humain (P. Chaux.). . . 108
- Les chrysopcs (J. Royer)....................................120
- Les rois de rats en France (A. Hugues)....................129
- L’oréotraguo sauteur (G. Remacle)...........................169
- Déformations cellulaires par ondes courtes..................293
- Réhabilitation des animaux nuisibles (V. Foubin). . . 337 Remarques sur les éléphants africains (V. Foubin). . . 370 Les oiseaux et les installations électriques (A. Feuillée-
- Rillot)...................................................432
- Utilisation des réserves dans l’inanition. .................440
- Les mœurs des castors (V. Forbjn).......................475
- Crustacés logés dans des coquilles do Bivalves............492
- Le serin à l’état sauvage (V. Foubin).......................514
- La richesse iehthyologique du grand lac du Cambodge
- (L. Perruche)....................................517
- Le zinc et les hormones.............................593
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les diatomées (L. Perruche)................................49
- Fabrication de l’essence de citron en Sicile (R. M. Gattk-
- eossé)..................................................63
- La floraison des bambous (R. Ducamp).......................83
- Les diatomites (L. Perruche)..............................111
- Culture du champignon de couche sur fumier artificiel
- (L). Claude) ..........................................126
- La chimio du règne végétal (E. Schmidt)...................179
- L’acide ascorbique dans la végétation.....................185
- La crème de marrons (G. Lanouville).......................329
- La laque végétale d’Indochine (G. Brooks).................359
- Le permanganate de potasse comme engrais (II. Vigneron).......................................................492
- Le problème de la forêt (11. Ducamp)......................529
- Pollinisation par les mollusques..........................549
- Détermination chimique des plantes........................592
- Yésieants des renoneulacées...............................593
- Rayonnement des végétaux..................................593
- Nouvelle cuve de fermentation (II. Vigneron)..............596
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Les rivières aurifères de France (L. Laffitte). .... 1
- Les communications de l’Afrique orientale italienne
- (A. Sll.YESTRl)..........................................55
- Le développement des régions arctiques russes (11. Vigneron).................................................... H7
- Vap, l’île heureuse (L. Kuentz)...........................152
- La métallurgie du fer en Asie antérieure et ses rapports avec les migrations des peuples (N. Collins-Tenthorey). 277 Le sons de l’orientation chez, les nomades sahariens
- (F. Dumoulin)...........................................280
- tu drame à l’époque préhistorique (A. Glory)...........305
- La Liloranéc libyque (C. de Caters).......................363
- Le Djebel Druze (M. Homet)................................414
- Découverte d’un silo préhistorique (A. Glory)............430
- L’archipel des Nouvelles Hébrides (E. Aubert de la Rue). 497
- Antiquités tunisiennes (M. de Lyée de Beliæau)............520
- Un pare national dans lo Vercors (G. Boissière). . . . 583
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Esters éthyliques de la tuberculose..........................43
- Variations géographiques des venins..........................42
- La radio-activitc artificielle en thérapeutique...........89
- Le lait pasteurisé..................-.....................137
- Lutte contre les maladies à streptocoques.................137
- Superstitions médicales aux environs de Bruxelles
- (IF F. Régnault)...........................................170
- L’iode et le rachitisme. ....................................185
- Les typhoïdes doivent disparaître (\V. N. Kazeeff). 275, 311
- L’assistance radio-médicale en mer (R. M.)...................281
- Rôle de défense des aliments. . ..........................293
- Scorbut et jus de citron.....................................293
- Thérapeutique par le soufre................................. 293
- Transmission de la fièvre jaune. :...........................294
- Chimiothérapie des infections pneumococciques. . . . 396
- Les années de la France sont-elles comptées ? (A. Sauvy). 449 Séro-ana toxithérapie.......................................488
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- Le sort, de l’alcool dans J'organisme (L. Dontuhekf). . 550 Le jiroloxydo (l’azote, le meilleur des anesthésiques
- (J. Seyewetz).........................................512
- Vaccination contre la lièvre pourprée....................592
- Spectres d’absorption des bouillons microbiens. . . . 595
- Titrafic optique des suspensions baclériennes............595
- Le prix .Nobel de médecine : Szent-Gyürgyi...............595
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Les nouveaux laboratoires de l’Ecole Normale Supérieure
- (.1. Boyer)..................................................78
- Prise de température d’un piston en marche (P. D.). . . 297
- lino maladie microbienne guette les gazomètres à eau
- (G. Kimrfi.in)...............................................327
- La trempe superficielle oxy-aeéLvlénique........................379
- Préparation des houilles très pures (G. Rerthelot). . . 418
- Les applications industrielles des dial,omîtes (L. Perruche)........................................................424
- Les récents progrès des chaudières ultra-rapides (P. Devaux).......................................................400
- Les tuyaux de plomb (.1. Maiiiu.)...............................503
- La fabrication des skis ((!. Laxorvii.i.e)......................508
- 2. Photographie.
- Photographie des paysages éloignés (L. Touciiet). ... 22
- Le cinéma d’amateur et ses transformations (P. Hémar-
- dinquer).................................................38
- Cinématographie dans 3 directions perpendiculaires
- (IL Girerd)..............................................53
- Nouveau système de projection en relief sans lunettes
- (P. 31 é'M A R 1)1 NOUE K ).............................167
- Photographie et cinématographie du dégagement des parfums (Artiienay) . 380
- Kpeetrographie des œuvres d’art............................398
- La microphotographie au service de l’industrie textile
- (G. Schmidt)............................................407
- L’écran panoramique de l'Exposition (P. 11.).............442
- Ecran cinématographique géant (P. Devaux)..................527
- Causerie photographique (E. Touciiet).
- Le classement, et la conservation des phototypes. . 133 Le, classement et la conservation des photocopies. . . 343
- « La photographie cofile cher ».......................438
- 3. Électricité.
- Diffusion sonore dans les immeubles et les hôpitaux
- (P. H.)......................................................30
- Le grand disjoncteur à 500.000 v de l’Exposition (P. Devaux) .......................................................71
- Protection des réseaux contre, la foudre. ...... 89
- Radiodiffusion coloniale. (P. 11.)..............................92
- Contacts électriques...........................................137
- Vieillissement des conducteurs électriques.....................137
- La voie de la lumière sur le pont Alexandre....................139
- Nouveau cas de radio-reportage (P. II.)........................140
- La liaison directe France-Etats-Unis par téléphonie sans
- m (P- H.).................................................. 173
- Nécrologie : Marconi...........................................187
- Nouvel amplificateur...........................................294
- Ecrans acoustiques de haut-parleurs (P. IIémardinquer). 307
- Fleurs de foudre il. l’Exposition (P. Devaux)..................332
- Petits tubes à émission Rœntgen...........................341
- Le tour de France de la lumière (P. H.)...................340
- L'équipement électrique de l’Exposition (P. H.). . . . 340
- Le micro-contact Moreau-Febvre (P. Devaux)....................355
- Lignes de transport de force infoudroyabîes en Amérique
- (11. Viu.nero.n)..........................................308
- Le réseau téléphonique de l’Exposition (P. 11.)...........384
- Le rotor de turbine à vapeur du Palais de la Lumière. . 442
- Marconi et les ondes courtes (P. H.)......................443
- Films sonores en ozaphane (P. 11.)............................444
- Mesure de l’état électrique des isolants......................488
- Le nouveau poste de télévision de la Tour Eiffel (P. H.). . 92
- Essais d’éclairage public à grande hauteur (P. II.). . . . 492
- liadiophonie pratique (P. IIémardinquer).
- Ondes très courtes.......................................85
- Réception des ondes très courtes.........................390
- Postes émetteurs-récepteurs d’ondes très courtes. . . 534
- 4. Travaux publics. — Arts de l’ingénieur.
- Moscou port de mer (J. Cotte).............................14
- La salle de spectacle transformable du Trocadéro (P. Hé-
- makdinquer)...............................................01
- L’esihétique (les ponts métalliques (P. Devaux)..............97
- La plus haute roule d’Europe.................................139
- Pression <‘l, vitesse des lames déferlantes..................440
- L’action du vent sur les constructions (11. Vigneron). . 472
- Lames déferlantes............................................488
- Emploi de, liquides boueux dans les batardeaux. . . . 492
- Ramonages de tunnels (G. Lanorvili.e)........................519
- barrages et. piles de ponts économiques......................588
- 5. Transports.
- Réglage automatique de la circulation (H. Vigneron). . . 05
- Traction avant ou arrière (11. Vigneron)....................281
- La locomotive Diesel électrique du P.-L.-M. (G. Lanor-
- vi eue)..................................................350
- Véhicules automobiles au gaz (G. Klmreein)..................510
- Coefficient de frottement des revêtements routiers (H. Vigneron) ...................................................528
- Voitures allégées du réseau de l’Etat (G. Lanorville). . 553
- ï/automobile pratique, (L. Picard) :
- Développement en France................................181
- Pistons en aluminium...................................181
- Phares : réglementation................................182
- Ecran anti-éblouissant.................................182
- Auto camping............................ .... 183
- Ligature simple. .....................................184
- Contrôleur de gonflage des [meus.......................184
- Carrosseries : polissage...............................184
- Voitures : lavage......................................184
- Trousse de fortune.....................................185
- Tête d’allumage : réparation...........................185
- Avertisseur et sécurité................................484
- Moteur Diesel léger....................................484
- Essence : accessoire d’alimentation....................484
- T. F. F\ : jiost.es de voilures........................485
- Anti-huée..............................................480
- Carburateur original.................................. 480
- Amplificateur de sons..................................480
- Tubes de caoutchouc sur les tuyauteries. . . . 487
- Pneumatique : déchirure............................. . 487
- Eclairage de la route.................................487
- Le Salon de 1937...................................... 588
- Essence : réduction de consommation....................590
- Culasses de moteur : amélioration......................591
- Pare-chocs arrière : amélioration. ....... 592
- Graissage des soupapes. ...“...........................592
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- 6. Aviation et Aéronautique.
- Les avions modèles réduits : concours de La Nature. . . 91 lie Moscou aux Etats-Unis en avion par le pôle nord. . 91
- Les trains d’atterrissage d’avions (J. Lacaine)...............159
- Incendies de dirigeables.....................................294
- Préparation des vols polaires de i’U. R. S. S. (II. Vigne-
- rois) ..................................................... 299
- L’aviation commerciale française (H. Voûta)..................545
- 7. Guerre et Marine.
- Action de l’huile sur les vaglies..........................294
- L’emploi du gyro-compas dans la baie d’IIudson. . . . 443
- Les (lottes pétrolifères (H. Vigneron).....................491
- Le nouveau phare d’Oucssant (H. Vigneron)..................552
- VIII. — HISTOIRE DES SCIENCES
- Histoire du premier musée autorisé par le gouvernement (U. Uabanes)..............................577
- IX. - VARIA
- A l’Exposition de 1937 (P. H.).......................40
- Les feux d’artifice à l’Exposition..............................139
- Prestidigitation (Ai.rer) :
- La presse magique............................................34
- Le voile d’tsis.............................................434
- Marionnettes (Ai.iser) :
- Les lilliputiens, pygmées, nains grotesques . . . 530
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 1. Inventions et Nouveautés.
- Interrupteur pour fer à repasser..........................45
- Avions-jouets : mai]nettes................................45
- Jardinage : outils modernes.............................45
- Mouchons en bois . . . . ......................... 45
- (iarages à bicyclettes....................................45
- Appareil à tracer les plans pour aveugles.................93
- Produits photographiques en ampoules......................93
- Capteur de doryphores..................................94
- Cigarettes : boîte, distributrice. ......................94
- Charançons : destruction...............................94
- Cuve pour développement lent.............................141
- Collections : conservation...............................142
- Gazéilicateur de boissons et jus de fruit................142
- Chambre photographique : construction....................189
- Fourrage en poudre...................................... 190
- Lampes à incandescence : utilisation électro-aeousti-
- que....................................................300
- Clavi-rail G. C..........................................301
- Appareil photographique de petit format. . . 301, 445
- Vol : signalisation automatique..........................302
- Cuiller coupe grape-fruit................................303
- Raidisseur Relavai.......................................303
- Radiateur électrique original............................349
- Dépoussiérage pour radiateur...........................349
- Classeur à bandes colorées.............................349
- Cuiseur « Tub »........................................390
- A grippe ur « Kipp »............................, . 350
- Carnet à bloc amovible.................................399
- Couvercles amovibles à charnière.......................399
- Compteur de temps « Chronollex ».......................445
- Microscope métal lographique...........................445
- Enregistrement phonographique direct...................493
- Câbles chauffants électriques..........................493
- Enrouleurs et boudeurs souples.........................494
- baromètre Indic........................................542
- Humidificateur d’air pour chauffage central. . . . 543
- Résistance de l’air : appareil d’enseignement..........597
- Chargeur pour appareil photographique..................598
- Pèse-personnes « Dyna »................................598
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Grains de cachou...................................... 34
- Récréations enfantines.................................84
- Limaces et escargots : destruction.....................84
- Glaçage do photographies..............................135
- Celluloïds : polissage................................135
- Tamis : dimensions des mailles........................135
- Films : développement économique. ....... 178
- Conservation des objets dans les musées...............292
- Coques de cacao, sources de vitamines.................345
- Bouturage des rosiers.................................389
- Schampoing économique . 389
- Carrelage : nettoyage.................................487
- Files de pouls et barrages économiques................588
- 3. Boîte aux Lettres.
- Diffusion sonore : installation..........................47
- Autos : carburants et superhuilage................... . 47
- Phototélégraphie : réception.......................'. 47
- Culasses do moteurs d’autos..............................47
- Amplificateur de puissance : amélioration................47
- Phosphorescence : produits...............................48
- Mousse du champagne......................................48
- Filtration pour piscine..................................48
- Mulots : destruction . 48
- Para toluène : sulfoehlorure.............................48
- Moustiques........................................... . 48
- Grils et bassines fi friture : netloyage.................95
- Graisse d’armes................................. 95
- Aciers : fourbissage..................................95
- Café : lissage.............: . . •................95
- Sels d’accus : grimpage..................................95
- Brillantines.............................................95
- Ebonitc : dressage.......................................95
- Eerithre : revivification................................95
- Reliures en cuir : coloration............................95
- Lotion pour barbe...................................... 95
- Verre : collage.........................................9.5
- Taches d’encre à stylo : nettoyage.......................95
- Cirage blanc pour chaussures. . . 95
- Essais aux touchaux......................................95
- Liquide cherche-pôles................................... 95
- Argenture du verre. . . 96
- Mur : salpêtrage................................96, 144
- Toile : imperméabilisation...............................95
- Plaques d’accus......................................... 95
- Gazogènes : constructeurs. ..............................96
- Ébonite : réparation....................................143
- Miroirs argentés : nettoyage............................143
- Cuivre : noicisscment. . 143
- Teinture capillaire.....................................143
- Caoutchouc : rajeunissement.....................143, 144
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-
-
-
- Pu pi er transparent......................
- Ronces : destruction......................
- Colle pour reliure........................
- Caoutchouc durci moulé....................
- Marbre : collage..........................
- Encaustique à l’eau.......................
- Fourrures blanches : nettoyage............
- Vernis h Unir.............................
- Alliages blancs...........................
- Daguerréotypes : restauration.............
- Photographies de documents................
- Portraits photographiques.................
- Quatre épices ............................
- Eau verte.................................
- Vernis à l’acétate........................
- Miles : destruction.......................
- Eau calcaire..............................
- Assèchement de garage.......................
- Dégraissage d’imperméables................
- Eau-de-vie • goût fruité..................
- Cadre métallique gauchi...................
- Miméographes : papier.............. . . .
- Aiguilles de phonographe, non métalliques.
- Projection en relief......................
- Aiguilles de phonographe semi-pértnanentes
- Moustiques : piqûres.....................
- Eau de Javel..............................
- Papier sur aluminium......................
- llois de rats.............................
- Limaces et escargots : destruction. . . .
- T. S. F...................................
- Transformateurs pour antennes à ondes courtes. . 351
- Lu lie contre le bruit..................................351
- Radiateur d’auto : entretien............................351
- Récepteur de T. S. F. : dépannage.......................351
- Signaux horaires par T. S. F............................351
- Parasites de T. S. F....................................352
- Eau-de-vie. : goût de bouchon...........................352
- Pétrole : désodorisation................................352
- Fréon...................................................352
- Mastic de fontainier....................................352
- Superhuilage.............................................352
- Tailles de laboratoire...................................352
- Fourrure blanche : teinture..............................400
- Kirsch : fabrication....................................400
- Colle à farine de seigle. ...............................400
- Lessive en poudre...................................... 400
- Cire d’abeilles..........................................400
- Chapeaux : taches........................................400
- Cheveux blond cendré 400
- Phonographe fonctionnement défectueux. . . . 447 l'osle secteur : consommation...........................447
- . . 143 . . 143 . . 144 . . 144 . . 144 . . 144 . . 144 . . 144 . . 144 . . 191 . . 191 . . 191 . . 191 . . 191 . . 191 192, 599 . . 192
- . . 192 . . 192 . . 192 . . 192 . . 192 . . 250
- . . 250 . . 250 250 250 250 303
- 303
- 304
- 611
- Cellules photo-électriques au sélénium..................447
- Merulius : destruction..................................447
- Os : ramollissement.....................................448
- Poix....................................................448
- Crème pour le visage....................................448
- Eau de Cologne..........................................448
- Rats : destruction......................................448
- Eau lithinée............................................448
- Procédé Ozoler..........................................448
- Sorbets.................................................448
- Société astronomique : cinquantenaire...................495
- Verre : bris spontané...................................495
- Champignons : empoisonnement............................495
- Automobiles : manuels...................................495
- Confitures de coings................................... 495
- Alcool : dénaturation...................................495
- Vipères : ennemis.......................................495
- Dessins : reproduction..................................495
- Désodorisation des W. C.................................496
- Graisse pour essieux de voitures........................496
- Encre pour marquer les oranges..........................496
- V rillettes................................... 496, 599
- Ciment étanche à l’huile................................496
- Eau : corruption........................................496
- Argenture...............................................496
- Rats : destruction. . 496
- Envies : destruction....................................496
- Soudure pour aluminium..................................496
- Ecrans pour plaques orthochromatiques...................544
- Poste <\ galène : amplification.........................544
- Haut-parleur : écran acoustique. . 544
- Téléphonie d’appartement................................544
- Télémécanique...........................................544
- Haut-parleurs : adaptation . . 699
- Gravure : restauration..................................599
- Animaux empaillés : moisissure..........................599
- Mousse des pierres : destruction........................599
- Sulfure de carbone......................................599
- Thym : destruction......................................599
- Marmite norvégienne.....................................599
- Collier d’ambre : polissage.............................600
- Colle à la gomme laque. ................................600
- Peinture sur porcelaine.................................600
- Dépilatoire.............................................600
- Parquets huilés.........................................600
- Charbons de Rer/.elius..................................600
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux, 44, 90, 138, 186, 253, 295, 342,
- 397, 441, 489, 539, 594
- Le Gérant : G. Masson.
- Lavai,.
- Imprimerie Barnéoi'J).
- 1937. — Published -in France.
- p.611 - vue 591/591
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