La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L'INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/439
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/439
-
-
-
- LA NATURE
- lEUTOTE MIS HT MÜ USil
- S©ÏÏI1M(SÏ1
- MŒmàsm
- ltemppstm:
- SOIXANTE-SIXIÈME ANNÉE 1938 - PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
- Page de titre n.n. - vue 3/439
-
-
-
- SUPPLÉMENT AU No 3027 (45 JUIN 1938).
- Le Gérant : G. MASSON.
- Lavai., -r« Imprimerie Barnéold.
- Published, in France.
- p.n.n. - vue 4/439
-
-
-
- N° 3016
- LA NATURE
- 1er Janvier 1938
- LES AUTOSTRADES ALLEMANDES
- Aussi loi après son arrivée au pouvoir, en U)33, le chancelier 11ilier a conçu, peut-être sous l'influence de l'exemple italien, l’idée de doler l’Allemagne d'un réseau roulier (oui; moderne. Dès le a3 septembre nj33, il inaugurai! le premier chanlier du premier tronçon d’un réseau d’auloslrades qui doit s’élendre sur 7.000 km et dont il se propose de faire construire i .noo km par an.
- On [k-m.iI. se demander pour quelles raisons et dans quels' huis le chef de LFlal allemand s’est décidé à engage!1 la somme énorme', de l\ milliards de marks, soit, Je mark compté à in fr, /je» milliards de J’rancs pour celte entreprise.
- On a voulu voir, avant tout, dans celle œuvre gigantesque, une entreprise essentiellement stratégique marchant de concert avec le réarmement intense! de l’Allemagne, ou encore une propagande de grande échelle pour le national-socialisme. S’il n’est pas don leux que ces deux facteurs ont joué leur rôle dans la décision du Führer, une étude plus approfondie du sujet permettra toutefois de lui trouver des raisons hieti plus pacifiques et peut-être plus importantes.
- Parmi celles-ci nous signalerons, en premier lieu, l’état d’mfériorilé du réseau routier allemand qui, à cette époque, se trouvait noloiremenl insuffisant pour salisfairc aux exigences du Irafic automobile moderne. Il est vrai que ce trafic est loin d’être aussi imporlanl que celui d’an Ires pays européens, notamment de l'Angleterre et de la France. Mais, même pour ce trafic reslrcinl, les roules nationales allemandes étaient insuffisantes et précisément cette insuffisance freinait le développement de l'automobilisme allemand, vivement désiré par le Führer. Le réseau routier allemand ne comprenait que a5o.ooo km contre 63o.ooo km en Fr ance. Ces routes étaient en général assez étroites (7 m en moyenne) et de construction très inégale selon les différents « pays ». Pour rapprocher le trafic aulomobile allemand de celui des autres grands pays, il fallait absolument remédier à cet état de choses. Aussi voit-on déjà l’industrie aulomobile allemande prendre un nouvel essor et la production est tout près d’atteindre celle de la France.
- Avec ce nouvel essor dans l’induslrie de l’aulomo-bile, rions arrivons à une aulre raison qui a posé sur la décision du chancelier : le bul social, cl e’esl là, à noire avis, le poinl capilal. La résorption du chômage sévissant en Allemagne en r<)33 (plus de fi millions de chômeurs) élail pour le nouveau régime une quesliou de vie ou de morl. Il est vrai que le réar-memenl inlenso et le rétablissement du service obligatoire oui déjà absorbé un grand nombre de chômeurs, mais si ! fi lier est arrivé à ramener le chiffre
- formidable de fi millions à moins de r million, c’est eu grandi' parlie. grâce à la eonslruelion des aulo-sl rades.
- Le développemeent de l’induslrie aulomobile assure le pain quotidien à bon nombre de chômeurs. A ceux-ci s'ajoulent les tuo.ooo ouvriers qui sont occupés à la eonslruelion même de ces routes, non compris le contingent important qui s’occupe de la préparation de la matière première. Le nombre de il) 0.000 peut sembler bien élevé,-mais il s'explique par le fait sign idéal if que dans celle eonslruelion, on uli-1 i se aussi peu que. possible, le. travail mécanique, de sorle que- la pelle, la pioche el la brouelle y ont relrouvé en grande partie leur ancienne importance.
- PROGRAMME RÉALISÉ
- Le Führer evfvisage donc la construction de 7.000 km d’aulostrades à raison de 1.000 km par an. Moire carie montre l'élal du nouveau réseau au 1e1' octobre de celle année, de même que les tronçons encore prévus. Voici l'énumération des autoslrades déjà en service :
- r) Kœnigsherg-Elbing 9a km
- a) Berhm-Slettin 14o •—
- 3) Slelliner Dreieck-Grünheide. . eq —
- 3 a) Fürstenvvalde-Francforl-sur-Oder . 3o —
- 4) Breslau-Kreibau 9L —
- à) GleiwiIz-Borsigwerk 11 —
- fi) Hambourg-Brême. 7T —
- 7) Hambourg-Lubeck 57 —
- 8) Bcrlin-Ilarmovre a a 5 —
- r7 •
- 'Hambourg
- Berlin
- 'ettin !
- \ Cologne
- 5
- 18 •
- — en projet
- Munich'’
- 100 200 Km.
- Fie/, t. — /.(! programme des auloslmd.es en Allemagne. Fiai des travaux le Ier octobre ITI7.
- p.1 - vue 5/439
-
-
-
- 9) Dresde-Meerano . . . . . . IOI
- 10) Halle-Leipzig . . 38
- 11) Sehkeuditz-Bayreuth. . •>()•>
- la) Cologne-Oberhausen. . ... (io
- i'3) Gœltingue-Cassel. . . • • >!)
- i4) Francfort-Nauheim .... . . 4o
- r5) Francfort-Heidelberg. . . . . sr»
- ifi) Heidelberg-Karlsruhe . r»o
- 17) Munich-Siegsdorf. . . . 100
- r8) Slullgarl-Kirchheim. . . 2/,
- km bitume cl, 4 pour 100 en petits paves. Le revêlemenl
- •— a clé spécialement éludié en vue de résister aux clïorls
- sialiques cl, dynamicpics qu’impose la circulation à grande vilesse cl d’ofIVir en ordre une l'ail de résistance
- — an roulement, conjugué avec un grand pouvoir anli-
- — dérapanl. Pour éviter une délérioralion des roules sous l’iniluenee des variai ions de lempéral lire, on a ménagé
- — dans ce revêlemenl bilumé des joints de dilalalion soigneusement ajuslés et espacés de îa à ao ru.
- Ajoutons <[ue les Icehnieiens veillent avec soin à ce
- Fig. 2. — Tronçon cle la nouvelle autostrade Berlin-Stettin, près de Joachimstal.
- fPhot.n Centrale du Reich pour le tourisme).
- 11 y a en tout environ i.fioo km de terminés (L). On voit par là que le projet est -encore loin de sa réalisation intégrale. Le programme des r.ooo km annuels n’a pas été exécuté jusqu’ici, mais il faut dire qu’il s’agit d’un début où les techniciens manquaient encore un peu d’expérience. Celle-ci .est acquise à présent et l’on peut prévoir que la construction se poursuivra maintenant à un rythme accéléré qui permettra sans doute la construction du réseau entier dans le temps prévu, c’est-à-dire dans l’espace de 7 ans.
- CARACTÉRISTIQUES DES AUTOSTRADES
- Ces routes ultra-modernes .sont construites dans la proportion de 91 pour t00 de béton, 5 pour 100 de
- •1. A la date de ce jour le réseau actuel est de 2 000 km.
- que les revêtements demeurent toujours lisses et soient également antidérapants. À cet effet, la couche supérieure de. ces revêtements se compose essonl iellemenl de, bélon d’asphalle ou de béton goudronné (Iîg. a.).
- (Iliaque autostrade se compose de trois parties : une voie montante, une voie dcscendanle, de 7 m 5o chacune et, entre les deux, une bande gazonnée de 4 m 5o à f» m, ce qui donne une largeur totale de 19 m 5o à mi m. Chacune des deux voies est divisée en deux moiliés par une bande de ciment coloré, ce qui permet de doubler en toute sécurité.
- Aux croisements et aux jonctions, on a pris des mesures spéciales de sécurité. Une jonction avec une route ordinaire ne se fait jamais au même niveau ; on a adopté différents systèmes de croisement ou de raccordement selon l’importance de la route secondaire et la nature du terrain. Si une roule nalionalc croise
- p.2 - vue 6/439
-
-
-
- une autostrade, ce croisement est toujours souterrain. Le principe « sécurité d’abord » est donc observé autant que possible à ces endroits.
- De plus, l’autostrade ne passe jamais par un lieu habité. Des tronçons de routes ordinaires relient celle-ci aux villes et aux Ainsi la capitale sera entourée d’un d’autostrades, mais les automobilistes qui veulent y pénétrer, le feront, par une route nationale. Pas de passages à niveau, la grande plaie des roules dans beaucoup de pays !
- On ne s’est toutefois pas contenté d’écarter par la seule construction des aulostrades, les dangers qui guettent l’automobiliste à tout moment. Tous les moyens auxiliaires possibles y ont été appliqués. De grands tableaux portant des inscriptions en gros caractères et lisibles de loin indiquent les lieux cl les distances. De'nombreux parcs (lig. 3) sont aménagés aux côtés des deux voies et des stations d’essence pourvues de tord le matériel nécessaire pour les réparations se trouvent le long de l’autostrade. On y a même installé des tanks sur roues pour accélérer l’approvisionnement des voitures. 11 va sans dire qu’une installation téléphonique toute moderne permet le dépannage rapide ainsi que l’appel de secours instantané en cas d’accident. En hiver, un service spécial est chargé d’enlever la neige et d’avertir les usagers du danger de verglas. Si ce dernier se produit, ce même service s’occupe de l’ensablement, de la route. Il est naturellement interdit de conduire des bestiaux sur l’autostrade, mais les animaux sauvages, dans cette Allemagne où selon ,1. K. Jerome, les chiens et les scarabées eux-mêmes respectent les nombreux « Verboten », se soucient fort peu des prescriptions, et de grands cerfs et des chevreuils en bois avertissent l’automobiliste qu’il se trouve à un endroit où ces,bêtes sont particulièrement nombreuses.
- La surveillance étroite d’une police routière spéciale motorisée contribue en plus à une stricte observation du code spécial de ces moyens de communication
- f 1 ‘
- modernes.
- Grâce' à toutes ces précardions, on est en droit de prétendre que ces aulostrades offrent à l'automobiliste une sécurité presque absolue.
- Un mot encore sur l’aspect général des aulostrades. Le ne sont pas, comme on pourrait le penser, des roules toutes droites comme les rêveraient peut-être les champions de course. Au contraire, en des courbes élégantes et faciles à prendre, elles épousent les lignes générales du terrain. Tanlôt elles sont bordées de verdoyantes prairies (lig. 4), ombragées par toutes sortes d’arbres fruitiers, tantôt elles longent une côte plantée de vignes ou surmontée des ruines d’un ancien château ; parfois, elles conduisent sur des ponts d’une grande hardiesse et de construction toute moderne à travers une profonde et pittoresque vallée comme le grand pont de montagnes de Mangfall dans la lïaute-
- 0. — l'n croisement et une station d'essence près de Holzkirclien.
- (Photo Cent raie du Reich pour le tourisme),
- Bavière, ou bien à travers les fleuves, comme à Sie-benlehen sur l'Elbe ou près de Stettin sur l’Oder.
- La construction et l’entretien des aulostrades sont
- l’ïtj. 4. — Les aiiloslrad.es ne sont pas de simples pistes ; on s’est évertué à leur ménaper un décor attrapant.
- (Photo Centrale du Reich pour le. tourisme).
- p.3 - vue 7/439
-
-
-
- 4
- Fig. ?>. — Des serviras spéciaux d’autobus sont organisés su r les ..auto str a de s.
- (Photo Centrale du Reich pour le tourisme).
- confiés à la Deutsche Reichsbahn (Chemins de fer de l’Empire). Pour donner à tout le inonde la possibilité de profiler de ce moyen de communication rapide, celle-ci a organisé, en dehors d’un service1, de transports lourds, un service d’autobus construits spécialement pour eel usage (lig. 5).
- AVANTAGES DES AUTOSTRADES
- Nous avons déjà vu que les aùlostrades garantissent à l’automobiliste une sécurité presque absolue. Ceci n’aurait pourtant pas suffi pour justifier l’énorme dépense que l’Allemagne s’est, imposée. Mais ce nouveau genre de roules offre d’autres avantages à ses usagers.
- Des expériences particulièrement, intéressantes, faites par le Dr Todt, inspecteur général du réseau routier allemand, ont démontré que sur les autostrades on circule d’abord bien plus rapidement et en même temps bien plus économiquement. Voici une de ses expériences :
- Sur une voiture de série de 3,a litres de cylindrée,
- munie d’appareils de précision pour le contrôle de la vitesse, des mouvements du volant et des leviers, des coups de frein et des contractions des ressorts, il a parcouru la distance entre Bruchsal et Bad-Nauheim une première- fois sur la route nationale qui passe par Heidelberg et Francfort, une deuxième fois sur l’aulo-slrade.
- Sur l’aulostrade, cette distance était de 147 km, sur la route, de 161 km, ce qui représente déjà un avantage de 9 pour ioo. La plus grande moyenne de vitesse possible sur la roule était de 71 km/h. H a ensuite fait le trajet sur l’aulostrade à la même vitesse moyenne, puis à une vitesse moyenne de 119 km, vitesse moyenne maxirna possible avec une voiture de ce genre. L’expérience a été concluante en faveur de Lan (estrade. Sur celle-ci, la vitesse moyenne de 1x9 km était 92 pour 100 de la vitesse maxirna al teinte de i3o km ; tandis que sur la roule, la vitesse moyenne de 71 km ne représentait que 56 pour roo de la vitesse maxirna de 127 km. Sur l’aulostrade, il a été exécuté r6 changements de vitesse contre 44o sur la route. Résultat : une uniformité 26 fois plus grande et une augmentation de vitesse de 68 pour 100.
- Plus frappante encore était la différence de consommation de combustible dans les différents parcours. Sur la roule, la voiture de l’inspecteur général avait consommé 27 1 d’essence pour la vitesse moyenne de 71 km, mais sur Lauloslrade, seulement if> I 6 pour cette même vitesse, et 26 1 à la vitesse moyenne de 119 km/h. A vitesse égale, on a fait sur cette dernière une économie de 42 pour 100. Donc, sur la roule nationale avec 10 1 on peut faire 60 km, sur l’aulostrade, à la même vitesse moyenne, on en fait 7F) pour 100 de plus. Mais en faisant sur l’aulostrade une vitesse de 119 km/h, on arrive à la consommation constatée sur la route, avec une vitesse plus grande de 68 pour 100.
- A cela s’ajoute le ménagement de la voiture. Les changements de vitesse étaient de 96 pour 100 moins nombreux sur l’aulostrade, les mouvements du volant 670 fois plus fréquents sur la route. Le nombre, des coups de frein était réduit de 99 pour roo sur l’aulo-strade.
- En dernier lieu, le Dr Todt a considéré le, ménagement des nerfs du conducteur. Sur la route nationale, il avait rencontré 35t voitures dont il avait dépassé j 58 contre o et 56 sur l’aulostrade. Sur la roule, il y avait 2x9 croisements et la longueur de la traversée de lieux habités était de 6r km, c’est-à-dire 38 pour 100 de tout le parcours. 11 est facile de voir combien la conduite d’une voiture sur l’antostrade, est moins fatigante pour le chauffeur'.
- CONCLUSION
- D’après ce que nous venons de dire, il est évident que la construction des autostrades présente des avantages réels et marque un énorme progrès dans le trafic moderne. Nous sommes même persuadés que l’Aile-
- p.4 - vue 8/439
-
-
-
- .::.' . '..........:. ......: —...........................::.:........ ..................: / = 5 =
- magne n’aura pas à regretter son effort formidable pour améliorer les conditions de la circulation. 11 sera ni la somme qu’il lui coûtera. peut-être nécessaire, dans un avenir plus ou moins
- Mais, est-ce à dire que les autres pays, la France éloigné, de penser tout de même à quelques autostra-
- en particulier, doivent imiter son exemple ? Nous ne des pour relier les centres particulièrement impor-
- le croyons pas, au moins pas sur la meme échelle. lants, mais la création de tout un réseau de ces routes
- Notre pays est doté du meilleur réseau routier de ne paraît pas indispensable, surtout si nous considé-
- 1 Europe et il peut en général suffire aux besoins de rons les sommes dont il faudrait grever notre budget...
- nos- automobilistes. Là où des défauts ou une certaine déjà si malade.
- insuffisance se sont montrés, on a déjà fait beaucoup .... E. et L. Kuentz.
- LE GLUCINIUM ET SES ALLIAGES
- Découvert en 1828 par Wœhler en Allemagne et Bussy eu France, je glucinium est parmi la quinzaine de corps simples de densité inférieure à 3 avec le magnésium (d = 1,7/1), l’aluminium (d — 2,58) et le silicium (d = 2,19), susceptible d’emplois industriels intéressants, soif à l’état d’alliages très légers, soit peut-être à l’état pur. Mais si J aluminium et le magnésium sont des produits industriels depuis plusieurs dizaines d’années, le glucinium est un tout nouveau venu dont la consommation mondiale 11'a pas dépassé 1 l cl la consommation eu France une centaine de kilogrammes. Cependant les débouchés augmentent et, en 1906, la consommation a certainement quadruplée. Le prix est d’ailleurs très élevé pour le métal pur, de l’ordre de 2.000 l'r le kilogramme, mais, au fur et à mesure que la demande s’intensifiera, le prix diminuera et on peut estimer que pour une production de 1 t en France, le prix tomberait aux alentours de 5oo fr le kilogramme.
- Les minerais de glucinium sont très répandus, [dus que ceux de cuivre ou de plomb, à la surface de la Terre: Le principal est le béryl, silicate double d’aluminium et de glucinium, dont la France possède quelques gisements aux environs de Limoges et d’Autun, mais qui se trouve surtout à Madagascar où il constitue le sous-produit des carrières de pierres précieuses d’Anlsibaré et où les minerais titrent jusqu’à 12 pour 100 de glucinium. On en trouve également en Russie, au Canada, aux Ltals/Unis, au Brésil, en Argentine cl au Chili. Le béryl sc rencontre dans les schistes micacés et dans les pegmatifes à gros grains. Etant pratiquement le seul minerai, on a appelé le métal béryllium en Angleterre et en Amérique, tandis qu’en France, on continue à l'appeler glucinium d’après les premiers chimistes qui l’ont étudié et ont surtout été frappés par la saveur douceâtre de ses sels, analogue à celle du glucose, d’où le nom de glucinium.
- La préparation du glucinium est assez laborieuse, l’affinité du métal pour l’oxygène étant très énergique. On utilise lelectrolyse d’un mélange de fluorure double de sodium et de glucinium et de fluorure de baryum (procédé Siemens) ou des procédés purement chimiques (Alais, Froges et Camargue) sur lesquels on ne possède aucun renseignement.
- Les propriétés physiques et chimiques du métal pur
- n’ont qu’un intérêt documentaire, car c’est surtout sous forme d’alliages qu'il est utilisé. Indiquons cependant que sa densité est de 3,84, son point de fusion à i.2780, son point d’ébullition à 1.990° et que sa chaleur de fusion égale à 277 cal est la plus élevée de tous les éléments. Son affinité pour l'oxygène est très grande ; il réduit la plupart des oxydes et sels oxygénés. 11 ne se combine pas à l'hydrogène, mais brûle dans le chlore, le brome et l’iodé, se combine à l’azote à 5oo°, au soufre, à l’arsenic fondu.et avec incandescence au phosphore gazeux. Il est attaqué à froid par les solutions alcalines caustiques et les acides minéraux loris (à l’exception de l’acide nitrique). Il ne s’allie ni au mercure ni au magnésium, mais, par contre, il s’allie en toutes proportions au cuivre, à l’aluminium, au fer et au nickel.
- La conductibilité électrique du glücinium pur est j 2 fois plus grande que celle du cuivre et, à Létal de métal, on l’utilise fréquemment pour la fabrication des fenêtres de sortie dans les appareils à rayons X et les appareils d’ionisation (génération des neutrons par exemple). La gluciue qui ne fond qu’à 2.525° et est moins basique que la magnésie peut servir à constituer certains creusets ; le nitrate est adjoint au nitrate de thorium dans la fabrication des manchons à incandescence pour augmenter la résistance mécanique des tissus imprégnés.
- En effet, une propriété intéressante du glucinium est de posséder un module d’élasticité supérieur à celui de l’acier, comme l’indique le tableau suivant :
- Glucinium........... 3o.ooo kgr-mm2
- Acier...............20-22.000 —
- Nickel.............. 22.000 —
- Aluminium. . . . . 7,000 —
- Magnésium. . . . . 4.000
- Zinc . . . . ... 9.000 •—
- Or, le module d’élasticité joue un rôle important dans les combinaisons avec les métaux : pour augmenter la résistance et la limite élastique, il faut augmenter le module d’élasticité, c’est-à-dire ajouter des éléments à module élevé, tel le glucinium, ou des métaux de grande densité. Aussi pour les alliages légers d’aviation le glucinium semble-t-il tout indiqué. Mal-
- p.5 - vue 9/439
-
-
-
- 6
- heureusement jusqu’à maintcnanl. il ne semble pas que l'on ail ohlcuu (.les résultats pratiques intéressants.
- Avec de nombreux métaux lourds communs à haut point de fusion : 1er, nickel, cobalt, cuivre, le glucinium possède' la singulière propriété de donner lieu au phénomène du durcissement, structural avec une intensité toute particulière et. celle propriété se conserve dans les alliages que donnent ces métaux entre eux. Pendant longtemps, l’acier a été le seul alliage qu'un traitement thermique peut faire passer d'une dureté de :•<>(> à l'étal, recuit à une dureté de plus de Goo après trempe, bc glucinium permet, d'obtenir des durcissements analogues sur le fer, le nickel, Je cobalt, le cuivre et leurs alliages, permet tant, de combiner la dureté de l’acier trempé aux propriétés caractéristiques, eu particulier la résistance à la corrosion, des métaux non ferreux, le cuivre en particulier.
- En mi mot, les alliages de cuivre et de glucinium (:t,o à a,5 pour ion) jettent un pont entre les aciers et les bronzes (oii les appelle d’ailleurs des bronzes au glucinium). Des premiers, ils ont, des propriétés mécaniques analogues à l’état, revenu, des seconds, ils oïd, la facilité d’usinage, l'inaltérabilité, la conductibilité électrique et les propriétés spéciales pour le frottement.
- Les alliages cuivre-glucinium sont donc particulièrement intéressants et ont été très complètement étudiés. Les alliages nickel-glucinium, ou nickel-cuivre-glucinium qui seraient, sans doute encore supérieurs n’ont- été jusqu'à présent que très peu utilisés. Quelques études ont été faites sur l'influence de l’addition du glucinium à des alliages à liante teneur en fer en présence de nickel. (Lest ainsi que Kroll a constaté un durcissement important pour des teneurs eu glucinium de i pour ion environ. Par exemple, un acier à 0,5 pour-ioo de nickel, î pour ioo de glucinium (l!<o,i) donne à l étal, recuit à 700° une dureté Krinell de :>Af> qui passe à ,'hSo après trempe à l’huile à 1,100" et à 0:v>, par recuit à /|5<>° après trempe. De même, Laissus a trouvé que la cémentation des aciers
- LES ENNEMIS
- La Salure a donné, dans son nu 0011, un très curieux article sur la photographie et la cinématographie des parfums, réalisées de la façon la [dus simple par le Pr II. Devaux. Les parfums sont' en somme des émanations matérielles des substances qui les produisent. Il u'csl, par -suite, pas étonnant que I on se trouve avoir affaire à elles ou à leurs similaires dans le domaine de l'horlogerie où l'huile joue un rôle capital.
- Un de nos maîtres horlogers,,Henri Robert, a, dans ses Eludes .sur diverses questions d’tmrloqerie (i<S5:>.), signalé un. cas très intéressant’ du durcissement de l'huile horlogère sous, l’inlluence d émanations analogues à celles étudiées par M. Devaux, je cite son texte :
- et des fontes au glucinium donne une dureté superficielle énorme pouvant atteindre i.5oo.
- Domine nous l’avons dit, ce sont surtout les bronzes au glucinium qui absorbent actuellement la presque totalité de la production de ce corps. Les pièces laminées acquièrent, par corroyage et traitement thermique une résistance à la traction égale à celle des aciers et la résistance à la fatigue et l’élasticité sont également très fortement accrues. C'est ainsi que sous forme de ressort, le bronze au glucinium peut supporter 5o pour j 00 de plus d'oscillations qu’nn ressort en acier avant sa rupture.
- Les conductibilités électrique et thermique sont inférieures à celles du cuivre, mais supérieures à celles des bronzes phosphoreux.
- Les propriétés que nous venons de rappeler brièvement ont. trouvé leur application dans un grand nombre de domaines, nous eu énumérerons quelques-uns. Dans l’industrie électrique, on s’en sert pour les plots de coffrets de manœuvre, les lames de conl,acteurs, les griffes de contact, des ressorts de toutes sortes, grâce à la faible oxydation à chaud,, la bonne conductibilité électrique et la sécurité de fonctionnement. Dans l'industrie mécanique, ou confectionne en bronze au glucinium des cônes de centrage, des douilles d’hélice à pas variable dans l’aviation, des coussinets, des sièges1 de soupape, des clapets, des roues d’appareils de précision, etc. Dans l’outillage, comme il ne donne pas d’étincelles, le bronze au glucinium sert à fabriquer des burins' ciseaux, marteaux, cte., utilisés dans les poudreries, fabriques d’explosifs, dépôts d’hydrocarbures, etc.
- On voit par ce rapide exposé que le glucinium a devant lui un champ d'application extrêmement important et la France qui possède dans sa colonie de Madagascar des gisements très abondants et très riches, pourra devenir un des gros producteurs de ce métal.
- H. VlCJINliKOiNV
- DE L'HUILE ?
- « Altération remarquable de l’huile. — Après avoir fait une expérience sur différentes huiles que j’avais mises sur des plaques, pour les comparer à des huiles connues,, l’une des plaques fut mise dans une boite en bois de noyer, sans que je m’en occupasse autrement, et malheureusement sans que j’eusse fait attention à ce (pii avait été dans celle boîte 'avant d’y mettre la plaque.
- « Ayant eu l’occasion d’ouvrir tout récemment la boîte dans laquelle les huiles étaient depuis G ou . 7 mois, je les ai trouvées toutes entièrement durcies ; sel cependant il y en avait que je connaissais, et qui ne pouvaient avoir été ainsi altérées que par line inlluen.ee étrangère et accidentelle puisqu’elles s’étaient parfaitement, conservées dans d’autres expériences.
- p.6 - vue 10/439
-
-
-
- « En nombre de circonstances, j’avais reconnu que Jes émanations auxquelles l’huile est exposée avaient une action marquée sur sa conservation, et pouvaient la faire épaissir plus promptement que cela n’aurait eu lieu si elle n'eût pas été exposée à ces émanations ; mais jamais je n’avais eu l’occasion d’observer un fait aussi grave. Je ne puis l’imputer qu’aux substances qui auraient été dans cette boîte à une époque plus ou moins reculée, et il m’est impossible de me les rappeler ».
- On conçoit que dans ces conditions, il soit du plus grand intérêt pour les horlogers d’être renseignés avec toute la précision possible sur les substances dangereuses pour leurs lubrifiants. Aussi ne pourront-ils qu’être reconnaissants à MM. Paul YVoog cl Jean Givaudon, qui viennent de consacrer une étude approfondie à rinfiuence de certaines émanations sur l'altérabilité desdils lubrifiants.
- Ges deux savants, directeur et chef de service des essais du Laboratoire central de la Compagnie française de raffinage, ont examiné avec un soin minutieux la dissolution de ces émanations dans les huiles, et mesuré les variations de viscosité constatées dans ces huiles. Ils ont à cet effet réalisé un micromontage très sensible permettant des mesures sur deux gouttes d’huile.
- Ces mesures se font dans des tubes capillaires 1res lins, numérotés et étalonnés A (lig. i). Ces tubes sont des tubes de thermomètres dans lesquels on a souillé une ampoule B, limitée par deux traits’ gravés. L'extrémité inférieure de ces tubes est moulée en forme de cène. Un lixe sur le capillaire, par serrage à vis indirect, une bague métallique C portant trois griffes JD qui supportent un petit verre de montre E de i/j mm de diamètre. Primitivement, on plaçait l’huile dans ce verre ; mais, pour rendre impossible tout contact cuire l’huile et le cuivre des griffes I), contact susceptible d’entraîner des effets de catalyse, ou a ultérieurement mis, pouivecevoir l’huile, un second verre de montre F, de n mm de diamètre dans le premier verre. L’huilè est ainsi à Pabri de toute pollution:
- Le tube capillaire est enfilé dans un bouchon de liège G qui le soutient. Ce bouchon est enveloppé d’une feuille d’étain mince, en vue d’éviter L’absorp-lion des vapeurs par le liège. Un petit tube de verre 11, fermé par un tampon de colon, traverse le bouchon, ainsi que sou revêtement et permet une ventilation ménagée du flacon I servant de chambre d’expérience. Les matières devant dégager des émanations sont introduites dans le flacon à la dos’e de 4 gr s’il s’agit de matières solides ou, si l'on s’adresse à des liquides, sous la forme de 3 gouttes déposées sur un rectangle de papier-lillre de loo x i3o mm, plié plusieurs fois sur lui-même.
- Deux • gouttes d’huile sont placées sur le verre de montre, celui-ci étant écarté du capillaire, puis la moulure, est relevée jusqu’à ce que la pointe du cône terminant le capillaire pénètre dans l’huile, sans toutefois toucher le verre.
- Vingt de ces flacons sont rangés dans une étuve à
- Fi y. 1.
- Micro-
- eau J (lig. a) maintenue à 35°. Avant de fermer la porte K de l’étuve, on engage sur chaque capillaire un tube de caoutchouc demi-vide dont l'extrémité passe par un des trous L percés dans une plaque de contreplaqué JM garnissant le haut de la porte. L’ensemble rappelle assez un standard téléphonique.
- Pour effectuer une mesure, on engage, dans l’extrémité du tube de caoutchouc correspondant au flacon sur lequel ou veut expérimenter, une douille creuse IN terminant un tube de caoutchouc qui communique avec une source de vide. La dépression est réglée à roo cm d’eau par un tube de Ma-riolle O et régularisée par une capa-eilé P. Un robinet à trois voies Q permet de mettre le capillaire en essai en communication avec le vide, ou après essai, avec l'atmosphère, une poire en caoutchouc B permettant, par pression, d’accélérer la descente de l’huile. La mesure 'consiste à noter le temps mis par .l’huile pour remplir l'ampoule sous l’effet de la dépression. Les mesures successives et l'exploration de tous les flacons en essai peuvent ainsi être effectuées, sans ouvrir l’étuve, et en .maintenant la température eo us ta nie nécessaire à des essais précis. Un projecteur permet d’éclairer à distance l'intérieur de l'étuve. Les visées, se. font au moyen d’une lunette.
- La sensibilité de la méthode de MM. YVoog cl Givaudon est mise eu relief par Je fait que la dissolution de, vapeurs dans l imite et leurs départs consécutifs peuvent être aisément suivis par les variations de viscosité de l’huile (pie le système enregistre. Par exemple, si l’on .opère en présence des. vapeurs produites par trois gouttes de benzène, de toluène ou de xylène, et si l’on trace la courbe des résultats obtenus, on con-
- ta o n I a ij e d e MM. h ochj c.L Givaudon pour mesurer ies variations de viscosité des tables sous l’influence d’émana lioiïs.
- le, flacon, le tulic capillaire et, la aoutic d'huile.
- Fij. "2. — Le dispositif de mesure.
- ï$xj=*
- VIDE
- p.7 - vue 11/439
-
-
-
- Heures
- Fit/. 3. — Courbes des variations de la viscosité d’une huile sous l'influence d'émanations de benzène, de toluène, de xylène.
- siale que celle-ci s'infléchit d’abord très rapidement par suile de Ja dissolution des vapeurs de ces carbures dans J.'huile. Puis les courbes remontent progressivement et d'autant [dus vile que le liquide émetteur de vapeurs est plus volai il (lig. 3). On a observé ce phénomène de rabaissement de la viscosité de l’huile sous l'effet de la dissolution de vapeurs avec un assez grand nombre de corps. Pour certains d’entre eux, la dissolu lion des vapeurs s’accompagne d’une coloration 1res nette de l'huile incolore au début de l'expérience.
- La liste suivante classe les divers corps étudiés en catégories. Hans la première figurent les corps n'eu traînant [tas de changement sensible de l’huile et pouvant jouer éventuellement le rôle d’inhibileurs (A). Dans la seconde (11), sont indiqués les corps provoquant une augmentation progressive de la viscosité de l'huile. La troisième (G) se rapporte aux corps émettant des vapeurs (pii, par leur dissolution, maintiennent la viscosité en dessous de Ja normale. Certains de (tes corps peuvent jouer le rôle d’inhibileurs ou d'accélérateurs.
- A. — Kssence de cil rouelle. Essence de romarin. Euealy.plol. Puis de France. iNoyer de France. Bouleau de (Norvège. Palissandre de Rio. Ébène de Maeassar. Santal Mai (iïanlalum album) Indes Françaises. Vernis
- n° l>o.45(j, genre Bakélite. Bobinage électrique imprégné de vernis n° :>3.45(). Peuplier. Frêne, Hêtre. Cochenille. Orme.
- B. — Essence de térébenthine. Huile de pin. Vernis gras n° u3.4fio, à base d’huile de lin. Toile huilée. Colophane. Aldéhyde cinnamique. Mélange parties égales d’essence de térébenthine et d’aldéhyde cinnamique. Feuilles de Laurus Camphora. Buis d’Amérique. Cédrat (cabinet de pendule). Cédrat (boîte à cigares). Santal (Faux Santal Madagascar). Sapin. Chêne. Palissandre Madagascar. Mélèze. Acajou, Gaïac de la Jamaïque. Gaïae du Mexique.
- C. — Essence de girofle. Essence de lavande. Essence de cèdre. Essence de santal. Essence de thym. Essence de cane Ile de Ceylan. Essence de bouleau. Torpillée!. Mélange parties égales d’essence de térébenthine et d’eugénol. Gaïacol. Menthol. Camphre. Santal (Tonkin). Thuya. Sycomore. Bois de Pose.
- MM. VVoog et Givaudon ont naturellement étudié particulièrement Faction des émanations corruptrices sur certaines huiles de haute qualité que la Compagnie française de raffinage produit pour l’horlogerie (huiles Chronax, Svntax, Minera, etc.).
- Ils sont arrivés à celle conclusion que les techniciens de l’horlogerie doivent donner beaucoup d’attention aux genres d’émanations susceptibles de venir en contact avec l’huile. Us attirent particulièrement cette attention sur les vernis isolants dont on imprègne les enroulements électriques qui entrent dans la construction de nombreux mouvements modernes.
- Ils ont ainsi mis en relief l’observation d’Henri Koberl, reproduite au commencement de celle note, et rendu service aux porteurs de montres et aux propriétaires de pendules.
- lln mal dont la cause est connue est rapidement guérissable. Surtout en mécanique !
- Léopold lirvntciinv
- P.-S. — Des rxiiÏTic,lires nimpléinenlaircs du laboratoire ont mis en relirl' riiillueneo du temps et colle des supports de l'huile. L’inllnonce du temps est soulignée par les indications de la figure 3. Uellc des supports l’a été par la neutralisation à l'épilame de disques de laiton sur lesquels ont été déposées quatre séries de goiitles d’huile : huilé do pied de mouton, huile ehronmx stabilisée (organique), huile synlhax (de synthèse), huile minera (minérale), régulièrement employées en horlogerie. J
- COMMENT L'HIMALAYA S’EST SOULEVÉ
- Un problème à la fois géographique cl géologique est offert par l’Arun, l’un des principaux tri biliaires du Gange. Il prend ses sources sur le Plateau Thibé-tain, coule longtemps vers l’Est, puis, brusquement, se dirige vers le Sud Yd al laque Ja plus haute partie de l'Himalaya, qu’il traverse par une série de gorges profondes^ entre le Gaurisankar (ou Everest) et. le Kang-chenjunga, ces deux rois de Eallitude. Il ne constitue pas un cas unique, car d’autres rivières thibétaines se comportent de meme, et dans la même région ; on l’a choisi comme type non seulement parce qu’il est
- le plus important de ces cours d’eau, mais encore parce que les récentes expéditions qui ont tenté la conquête des pics himalayens ont pu faire des études assez poussées sur son trajet en pays thibélain.
- Le Gcocjraphical .Journal de Londres pose clairement le. problème, sous la plume de M. L. R. Wager, qui a [iris part à plusieurs de ces expéditions : comment l’Arun a-t-il pu s’écarter de son orientation normale, cesser de côtoyer le gigantesque rempart et le transpercer en sa partie la plus élevée ? On a proposé deux théories qui fournissent des solutions très différentes.
- p.8 - vue 12/439
-
-
-
- 9
- D’après la première, l’Himalaya aurait eu jadis un drainage normal, les rivières coulant alors de ses crêtes les unes vers le Nord, les autres vers le Sud. Ce système aurait été modifié du fait que plusieurs de celles-ci auraient prolongé leur lit en amont jusqu’au point où elles capturaient plusieurs de celles-là. Les pluies sont beaucoup plus fortes sur le versant méridional de la chaîne ; ce versant est, à son tour, beaucoup plus escarpé que l’autre ; on en déduit que l’érosion y fut plus destructive et quelle permit aux rivières coulant vers le Sud de se creuser un passage jusqu’au versant thibétain.
- N’hésitons pas à dire que cette première théorie ne nous donne pas autant de satisfaction que la seconde. D’après celle-ci, l’A-rem et les autres rivières apparentées conserveraient le trajet quelles eurent dès le début, quand leurs eaux cherchèrent, à travers un terrain accidenté qui dévalait dans la direction des plaines du Gange, les routes les plus aisées. Au long-dès âges géologiques, la chaîne de l’Ilimalava aurait surgi si lentement que ces rivières auraient eu le temps de maintenir leurs cours primordiaux, grâce à la vigueur d’une érosion qui creusait plus profondément leurs lits, au fur et à mesure que s’accentuait le soulèvement de l'écorce terrestre.
- (t Si cette théorie dite du drainage antécédent, écrit l’auteur, pouvait être appuyée par des observations concrètes, elle nous éclairerait sur les premières phases de l’Himalaya ; en outre, elle nous fournirait le secret du mécanisme grâce auquel cette chaîne s’est élevée jusqu’à sa hauteur actuelle. »
- A L’OMBRE DES PLUS HAUTS SOMMETS DU GLOBE
- C’est à la recherche de ces observations que s’est attelé M. L. 1L Wager. Nous allons tenter de résumer la savante et passionnante discussion qu’il accompagne de caries et de photographies, que nous avons le regret de ne pouvoir reproduire.
- La carte représentant l’aire de drainage de l’Arun indique, par deux signes différents, les pics de 19.000 à 22.000 pieds et ceux qui dépassent cette dernière mesure. Seuls, l’Everest et le Kangclienjunga sont nommés. Le nombre des triangles indiquant des sommets de 6.000 à 9.000 m dans les parages du lit moyen de l’Arun est considérable : un véritable fourmillement. Mais leur dispension, désordonnée eu apparence, se cristallise en deux systèmes : la chaîne baptisée récemment « Népal-Thibel », qui forme la limite septentrionale du bassin de l’Arun. et celle, plus élevée, de l’Himalaya proprement dit.
- Celte carte s’accompagne du profil du lit la rivière. Nous y voyons quelle prend sa source sur le versant septentrional du Gosainllian, pic himalayen d’une altitude de 26.291 pieds (environ 8.600 m). Pendant la quasi-totalité de son cours en ter-
- ritoire thibétain, elle coule en pente relativement douce, ne décrivant des boucles accentuées qu’en contournant, çà et là, les masses granitiques qu’elle évite, et elle suit, durant ce parcours qui est de l’ordre de 170 milles, la direction Sud-Ouest. Elle aborde alors le massif himalayen, décrit brusquement un angle aigu et, en quittant le plateau thibétain, adopte pour son lit une forme convexe. Sa pente s’ac-cenlue et, prenant désormais la direction Nord-Sud, qu’elle ne quittera plus pendant la traversée de la chaîne de l’Himalaya, elle pénètre dans une première gorge, celle de Yo Ri, avant de s’engager un peu plus loin dans la gorge principale, celle de Kharta Shika, longue de 5o milles. Quand elle atteint la marge méridionale de la gigantesque chaîne, son altitude tombe à 200 pieds, bien qu’elle soit encore à /joo milles de la mer.
- L’auteur accumule les observations, prises sur place tant par lui que par d’autres explorateurs, et qui démontrent que l’action des glaciers quaternaires ne s’est pas exercée sur le haut bassin de l’Arun. Il combat l’hypothèse, généralement acceptée, que le plateau thibétain aurait été recouvert par une « nappe » de glace, comme lest, par exemple, le Groenland. Il n’a relevé aucun signe qui pourrait prouver que, durant les périodes glaciaires de l’âge quaternaire, la topographie de cette région ait été modifiée par les glaces ; tout ce qu’il puisse accorder sur ce point, c’est que les glaciers actuels de l’Himalaya étaient un peu plus étendus à cette époque.
- LES CAPRICES D'UNE RIVIÈRE
- La gorge de Yo Ri, que nous venons de mentionner, donne lieu à de curieuses remarques. Elle porte le nom d’une montagne de près de 6.000 m qui la domine et qui offre, dans le voisinage immédiat, 11.1 col, le Kuyok La, qu’empruntent les caravanes et qui n’a qu’une élévation de 600 m au-dessus de l’Arun. On se demande pourquoi ce dernier n’a pas attaqué le gigantesque rempart en ce point faible, où les bancs
- # *
- p.9 - vue 13/439
-
-
-
- = 10 ____________-_____................
- de roche sont composés de schistes tendres. Loin de tirer parti de ces circonstances favorables, il a entamé la montagne en une région composée de gneiss très dur et s’y est creusé cette gorge de Yo Ri, dont l’entrée a l’étroitesse d’une tranchée de voie ferrée et dont les parois dressent des falaises hautes de plus de 2.000 m.
- C’est là le principal des arguments qui militent en faveur de la seconde théorie que nous avons exposée, à savoir que le soulèvement progressif de l’Himalaya (soulèvement qui se poursuit de nos jours), n’a pas
- vallée dans les terrains sédimentaires du plateau thi-bétain. A cette action du soulèvement de l’anticlinal s est jointe celle de l’érosion générale pour changer radicalement la topographie de la région.
- Au sortir du canon de Yo Ri, l’Arun rencontre de nouveau des terrains sédimentaires sur une longueur de 11 milles et s’y creuse une vallée relativement large, avant d’aborder l'étranglement de la seconde gorge, moins étroite, mais beaucoup plus longue que la première ; entre ses parois abruptes, hautes de 1.000 à
- Fig. 2. —r Au pied du Mont Everest.
- modifié sensiblement le cours de ces rivières qui le traversent et qui se sont contentées de creuser toujours plus profondément leur premier lit.
- Si, à l’origine, la région que parcourt l’Arun avait eu l’aspect, qu’elle présente aujourd’hui, il aurait pris, pour dévaler vers la plaine du Gange, la route la plus aisée, soit cette dépression du col de Kuyok La ; puisqu’il ne l’a pas fait, force nous est de conclure qu’il avait déjà établi définitivement son cours, lorsque la surface prit sa forme actuelle. Il y a lieu de croire que la chaîne secondaire (le Nyonno Ri), que la gorge éventre, est un anticlinal qui s’est soulevé, hissant jusqu’à la surface ces bancs de gneiss auxquels la rivière vint se heurter, après s’être creusé une large
- 1.200 m, la rivière descend de 1.100 m pour une longueur de 18 milles (près de 29 km), et sans que son cours soit obstrué par des cataractes ou même par des cascades, ce qui indique manifestement qu’elle glisse sur un fond uni et convexe.
- On ne connaît que la partie thibétaine du défilé ; les membres des diverses expéditions anglaises organisées pour l’ascension de l’Everest n’ont pas pu en étudier la plus longue partie, qui se trouve dans le Népal, royaume himalayen dont l’accès est interdit aux étrangers. On sait seulement que cette section népalaise de la gorge est longue de 4o milles (64 km), que ses parois sont échancrées par des terrasses où les indigènes ont établi leurs hameaux, et que le lit reste
- p.10 - vue 14/439
-
-
-
- convexe jusqu’à l’issue, à partir de laquelle il redevient concave, tout en prenant la largeur et l’aspect d une vallée.
- LE SOULÈVEMENT DE L’HIMALAYA
- Nous n’avons pu donner que l’essentiel des observations et de l’argumentation de l’auteur; nous croyons devoir serrer son texte de plus près, en atteignant la lin de sa remarquable étude.
- « Le résultat du chargement et du déchargement de la croûte terrestre peut être recherché dans les travaux géologiques relatifs à la formation et à la disparition des nappes de glace qui se sont étendues sur divers pays, à l’âge quaternaire. En dépit des facteurs qui viennent compliquer le problème (tels les changements survenus dans le volume d’eau des océans ou les mouvements tectoniques qui ont fait surgir des montagnes), les observations recueillies en Scandinavie et dans l’Amérique septentrionale mettent en évidence le phénomène suivant : quand d’épaisses niasses tle glace se sont accumulées, la croûte a subi un affaissement, et elle s’est relevée plus tard, lentement et irrégulièrement, après la disparition de celte glace.
- « La difficulté que l’on éprouve à comprendre le mécanisme de ce phénomène, l'obscurité qui règne sur ses relations avec les résultats complexes que fournissent les inspections géophysiques, ne sauraient masquer le fait que le chargement et le déchargement de la croûte terrestre ont pour effet d'élever et d’abaisser l’altitude moyenne de la surface, et que ces changements peuvent être considérés comme proportionnels à la charge ajoutée ou retirée. »
- A l'endroit où l’Àrun traverse lTIimalaya, les principales unités topographiques sont moins compliquées que partout ailleurs dans la chaîne ; le plateau thi-bétain offre une surface à peu près plane, d’une hauteur moyenne de 16.000 pieds (environ 5.3oo m), et ces traits d’ensemble correspondent à ceux de l’Hi-malaya. En raison même de celte simplicité, il est plus facile de discuter sur les effets produits par l’érosion dans cette partie de la chaîne. Les énormes quantités de roches que les rivières ont rongées et emportées, en creusant les vallées profondes qui ôvenlrent là le massif, ont provoqué des soulèvements locaux, dus à la réduction de la charge sur la croûte ; et c’est exactement ce qui s’est passé ailleurs, avec la disparition d’une nappe dek glace.
- « En se plaçant sous un point de' vue purement théorique, remarque M. Wager, Nansen et Jeffrey s ont discuté l’un et l’autre, dans leurs ouvrages, sur la nature et l’amplitude du soulèvement veili al qui s'est produit dans les chaînes de montagnes, éehan-crées par de profondes vallées. L’Àrun apporte la preuve que les effets considérés par ces deux savants sous l’angle de la théorie se sont matériellement réalisés dans celte partie de l’Himalava. »
- Nombreux sont les explorateurs dont les observations scientifiques démontrent que la gigantesque chaîne a non seulement subi des soulèvements au cours des
- temps modernes, mais qu’elle en subit de nos jours. Quelques-uns des récents séismes enregistrés dans certaines parties de l’Himalaya semblent résulter de la continuité de la pression horizontale qui provoqua jadis l'exhaussement de ses pics ; mais il est d’autres tremblements de terre qui paraissent être des soulèvements verticaux tenant d’une cause différente.
- Dans la région liimalayenne du Sikkim, on a pu établir qu’un soulèvement qui s’est produit, pendant le développement des vallées, pour maintenir l'équilibre isostatique (Q, est l’unique facteur de l’exhaussement, et que c’est à son action qu’il faut attribuer la hauteur exceptionnelle de la chaîne au-dessus du plateau thibétain.
- M. L. R. Wager a traité celte question dans Nature, notre confrère londonien :
- « Si l’on nivelait la partie de l’Himalaya qui se trouve dans le Sikkim, en entassant les sommets des montagnes dans les vallées adjacentes, on obtiendrait un plateau qui dévalerait en pente douce vers la plaine du Gange ; à remplacement de la principale chaîne de l’Himalaya, ce plateau atteindrait une hauteur d’environ i5.5oo pieds (soit 5.100 m). 11 est significatif que ce chiffre est à peine inférieur à celui qui mesure l'altitude moyenne de la partie du plateau thibétain (5.3oo m) qui se trouve immédiatement au Nord du Sikkim. Ainsi, par rapport à la balance isostatique de la croûte, la chaîne liimalayenne équivaut ici à l’extension méridionale du bord du plateau thibétain, extension dont la hauteur décline d’une façon régulière. »
- Le savant auteur nous avait démontré que l’Arun
- 1. Ce terme, employé en mécanique, s’applique à une ligne passant par des points où l’équilibre est égal.
- Fig. 3. — Un haut plateau du Thibet et un monastère boudhisle.
- p.11 - vue 15/439
-
-
-
- = 12 ...................: ........................
- devait avoir creusé son lit primordial sur une pareille surface et il en tire la conclusion que le maintien, durant la période des grandes érosions, d’une balance isostatique approximative est la cause du soulèvement.
- Pour lui, la naissance de l’Himalaya oriental s’est effectuée en deux étapes distinctes, correspondant à deux processus différents. Dans la première, une compression horizontale créa un plateau élevé, conformément à un équilibre isostatique approximatif ; ce plateau n’est autre que celui du Thibet; mais, à sa formation, il s’étendait, plus loin vers le Sud et occupait la région où se dresse maintenant l’Himalaya.
- Dans la seconde phase, qui semble ne pas être close, l’action des rivières, creusant des vallées de plus en plus profondes sur le bord du plateau, a provoqué un soulèvement vertical sur ce même bord, et, cette fois encore, pour assurer l’équilibre isostatique.
- C’est bien celte seconde phase qui a vu naître les géants Itimalayens et leur a donné leur hauteur actuelle. Sans ces profondes gorges qui l’éventrent, il est probable que l’Himalaya oriental ne posséderait aucun de ces pics qui surplombent le plateau thibétain de 3.000 à 4-ooo m.
- Victor Forbin.
- LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES A ROTORS CONCENTRIQUES
- Des essais sont actuellement en cours en Allemagne pour l’adoption de nouvelles locomotives électriques à courant alternatif monophasé, c’est-à-dire nécessitant seulement deux conducteurs : le trolley de caténaire et les rails formant conducteur de retour.
- On sait que le monophasé présente de grands inconvénients pour la traction, notamment celui d’un démarrage difficile; aussi certains pays, tels que l’Italie, ont-ils équipé de nombreuses voies avec du triphasé, qui permet d’utiliser des moteurs présentant des caractéristiques meilleures, mais exige trois conducteurs, donc deux caténaires.
- En France, les Compagnies se sont délibérément orientées vers le continu à i.5oo v : solution techniquement parfaite mais solution de luxe, car les moteurs à courant continu ne peuvent guère supporter de tensions supérieures à i.5oo ou 2.000 v sous peine d’arcs circulaires ou flash au collecteur et, d’autre part, la tension ne peut être abaissée par un transformateur statique installé à bord de la locomotive. On est par suite conduit à l’installation de sous-station, transformant le courant alternatif du transport de force en courant continu, réparties à faible intervalle (tous ' les ?o km environ), ce qui grève lourdement les budgets de premier établissement et d’entretien.
- Les essais actuels présentent un grand intérêt à cause des matériels nouveaux et très divers présentés par différents constructeurs : redresseurs à vapeur de mercure installés sur la locomotive, moteurs à induction « en cascade » suivant le principe des groupes de laminoirs, moteurs à doubles rotors concentriques résolvant de la façon la plus curieuse le problème de la création d’un champ tournant à l’aide d’iin courant monophasé, enfin utilisation directe du courant « national » à 5o périodes, ce qui est très important au point de vue économique.
- LES ESSAIS DE LA REICHSBAHN
- La traction par courant monophasé de fréquence 16 2/3, telle que la pratiquent actuellement les chemins de fer allemands et suisses, a l’inconvénient de nécessiter des centrales génératrices et des lignes de ti’ansports distinctes des centrales et des lignes des réseaux généraux de distribution à 5o périodes.
- A l’origine, cette disposition était rationnelle parce que les réseaux industriels et nationaux ne semblaient pas appe-
- lés à prendre un développement suffisant pour assurer avec sécurité le dur service de l’alimentation des chemins de fer. La fréquence de 16 2/3 facilite d’autre part considérablement la construction des moteurs à collecteurs, particù-• librement indiqués pour la traction à cause de leur puissant démarrage et de leur stabilité de marche.
- Aujourd’hui, au contraire, l’existence des deux réseaux électriques, juxtaposés sur le territoire mais ne pouvant s’entraider à cause de leurs fréquences différentes, constitue une difficulté sérieuse. La tendance est d’utiliser le triphasé 5o périodes comme énergie « primaire », que l’on transforme en monophasé iG a/3 au voisinage des voies ferrées : mais l’on conçoit quel avantage énorme il y aurait à pouvoir utiliser directement dans les caténaires chacun des 3 courants monophasés dont l’ensemble forme le triphasé 5o périodes. Nous arrivons ainsi au problème central, qui est un problème de locomotives.
- Pour se documenter efficacement, la Reichsbahn a choisi la ligne très accidentée de l’Hôllental, où les rampes atteignent 55 pour mille, avec un trafic important, et a commandé une locomotive d’essai à chacun des constructeurs suivants :
- A. E. G., Brown-Boveri, Krupp et S. S. W.
- Les conditions imposées étaient les suivantes : quatre essieux moteurs, vitesse maxima 85 km/h, vitesse de service Go km/h sur la ligne de l’Hôllental avec 180 t de charge remorquée. La tension à la caténaire était fixée à 20.000 v au lieu des 10.000 v en usage sur les lignes allemandes, en vue de diminuer les pertes en ligne ; une grande importance était attribuée à la conservation d’un bon facteur de puissance (cosinus cp) car les chutes de tension inductives, pour une intensité de courant donnée, sont trois fois plus considérables à 5o périodes qu’à 16 2/3.
- LOCOMOTIVE S. S. W.
- La locomotive construite par la S. S. W. est tout à fait semblable aux locomotives à 16 2/3 périodes actuellement en service sur la Reichsbahn. Le transformateur, fonctionnant sous une fréquence triple, est sensiblement plus petit; par contre, si l’on n’avait pris aucune précaution, la tension aux lames de collecteurs eut été le triple de la tension (( interlame » normale, qui ne doit pas dépasser 3 v pour éviter le flash.
- p.12 - vue 16/439
-
-
-
- Ce problème particulier a été résolu en utilisant, pour chaque essieu, deux moteurs couplés en série, chaque moteur se trouvant alimenté sous 2 25 v au lieu de 5go sur les locomotives ordinaires.
- Détail curieux, cette locomotive à courant alternatif freine en courant continu (freinage rhéostatique). Toute communication se trouvant coupée avec la caténaire, on excite Pun des moteurs à l’aide d’une batterie d’accuma-lateurs de 24 v; ce moteur, fonctionnant en génératrice, excite alors les autres moteurs, qui débitent sur résistances.
- REDRESSEURS A VAPEUR DE MERCURE
- L’A. E. G. et Brown-Boveri ont construit toutes deux des locomotives à redresseurs à mercure.
- La locomotive de l’A. E. G. comporte un redresseur à grilles commandées, système Toulon, fonctionnant sous un maximum de 2.000 v; ce redresseur possède quatre groupes de quatre, anodes principales pour le réglage de la tension, deux anodes de point milieu, six anodes de réglage et une anode d’allumage.
- Le passage d’un ce cran » de marche au suivant se fait d’une manière continue au moyen de la 'commande des grilles mais on ne se sert, en pleine marche, que d’ondes de tension non réglées par les grilles, ce qui assure un facteur de puissance élevé.
- La locomotive Brown-Boveri est équipée d’un redresseur à dix anodes principales, deux anodes auxiliaires et deux anodes d’excitation. La vitesse est contrôlée par un commutateur à prises agissant sur l’enroulement à haute tension du transformateur.
- ROTORS CONCENTRIQUES
- La caractéristique essentielle de la locomotive Krupp est son moteur monophasé à rotor intermédiaire, système Krupp.
- Ce moteur comporte, en outre du stator et du rotor ordinaires, un second rotor intermédiaire de faible- épaisseur muni d’un amortisseur formé de conducteurs parallèles
- LES PROBLÈMES
- On jse souvient du profond étonnement que causa la'première communication du Dr Jolis. Schmidt sur le lieu de ponte de l’Anguille. Comment imaginer qu’un poisson d’eau douce, de rivière, d étang, doit se mettre en route à un moment donné et traverser tout l’Atlantique pour aller se reproduire entre les Bermudes et les Antilles, après quoi les larves qui ne ressemblent en rien aux adultes, mais sont foliacées et transparentes et qu’on avait décrites comme des espèces distinctes, les Leptocéphales, reviennent peu à peu vers l’Europe^ grandissent en rou|e,^ atteignant dans leur troisième année seulement les embouchures des rivières où elles se transforment en civelles ou petites anguilles, s’opacifiant, s’assombrissant, prenant leur forme cylindrique d’adulte.
- Cette histoire extraordinaire, merveillleuse, n’est pas
- .:.......... =- 13 =
- réunis en court-circuit ; ce rotor tourne fou sur ses propres paliers.
- Le stator, étant alimenté en courant monophasé, fournit un champ pulsatoire qui peut être décomposé, suivant la théorie classique, en deux champs de valeur constante tournant en sens inverse. Le rotor intermédiaire, alimenté, en courant continu, tourne au synchronisme avec le champ n° 1 et son amortisseur étouffe à peu près complètement le champ n° 2. Le rotor intérieur ne reçoit par conséquent qu’un seul champ tournant et bénéficie par suite des propriétés des moteurs triphasés.
- Au démarrage, en particulier, on peut augmenter le couple en recueillant, aux bagues du rotor intérieur, du courant triphasé qui peut être envoyé dans un second moteur, suivant le classique montage en cascade. On remarquera que le rotor intermédiaire, alimenté en continu, constitue un véritable rotor de moteur synchrone tournant à vide, en sorte qu’en forçant l’excitation, il est possible de l’uti-ser pour améliorer le facteur de puissance.
- Il est tout à fait curieux de constater que le rotor intermédiaire n’est soumis à aucun, effort mécanique, quelle que soit la charge du moteur ; il y a là une singularité que l’on retrouve dans l’étude des commutatrices, machines sans poulie où l’énergie électrique se transforme, à l’occasion d’un mouvement de rotation, mais sans qu’il y ait développement apparent d’énergie mécanique.
- La locomotive possède quatre moteurs Krupp couplés en cascade avec quatre moteurs asynchrones ordinaires, ce qui permettrait un nombre énorme de combinaisons ; les constructeurs se sont, bornés à trois combinaisons, ou « vitesses économiques », les transitions s’effectuant sur résistances liquides.
- Le freinage s’effectue sans précautions spéciales; les moteurs franchissent la vitesse de synchronisme et fonctionnent en génératrices, en renvoyant de l’énergie au réseau.
- La Reisehbahn a par ailleurs équipé un wagon dynamométrique destiné à l’étude détaillée des quatre locomotives à 5o périodes, au double point de vue électrique et mécanique.
- Pierre Devaux,
- Ancien Elève de l’Ecole Polytechnique.
- DES ANGUILLES =
- seulement celle de l’Anguille ; elle est aussi celle des poissons de la même famille, le Congre qu’on trouve sous les rochers de nos côtes et de ceux d’une famille voisine, les Synaphobranches qui, vivent plus au large, aux grandes profondeurs.
- Jusqu’à son dernier jour, Schmidt ne cessa de parcourir les mers, l’Atlantique d’abord, le monde entier ensuite, pêchant sans cesse, recueillant de nouveaux matériaux. A sa mort, les collections réunies à Copenhague comptaient 100.000 Leptocéphales.
- Johs. Schmidt avait déjà mis en œuvre une partie de ses récoltes et La Nature a non seulement rendu compte de ses recherches (n° 2207), mais elle a eu l’honneur de publier son travail original sur les Anguilles de Tahiti (n° 2765).
- Depuis, ses élèves ont continué son œuvre et c’est
- p.13 - vue 17/439
-
-
-
- 14
- Fig. 1. — Distribution géographique des Leptoeéphales de l’Anguille d’Europe (A. anguilla)) en traits pleins et de l’Anguille. d’Amérique (A. rostrata) en traits interrompus. Au nord de la ligne I. tous les Leptoeéphales ont plus de .90 mm ; au sud de la ligne II, tous ont moins de 90 mm. Fn cartouche, nombre de vertèbres des deux espèces. Au fond du Golfe de Gascogne, la croix indique la seule rencontre d’un l.eptocéphale de A. rostrata en 1930 (D’après ,Tohs. Schmidt et Bru un).
- ainsi que le D1' Anton Fr. Bruun vient de faire paraître (1) une monographie des Anguilles des grandes profondeurs, les Synaphobranches, qui confirme et étend les autres résultats déjà connus.
- LES SYNAPHOBRANCHES
- En 1862, Johnson décrivit un nouveau poisson, Synaphobranchits Kaapi, type d’un nouveau genre et d’une nouvelle famille voisine de celle des Anguilli-dés. Après avoir discuté s’il ne s’agissait pas d’une Murène, on accepta le genre dont on découvrit d’au-
- 1. A. F. Bruun, Contributions to the life liistory of lhe deep sea eels : Synaphobranchidœ. Dana-Bcport n° 9, Copenhague, 1937.
- Fig. 2. — Distribution géographique des deux espèces de Congres : C. conger européen en traits pleins; G. oceanicus américain en traits discontinus (D’après Jolis. Schmidt).
- 1res espèces. Il en est deux dans l’Atlantique nord, Synaphobranchus Kaupi et S. infernalis qui diffèrent notamment par leur dentition et le nombre de leurs vertèbres. Ce sont des poissons de profondeur qu’on a pris surtout à plus de x.000 m de la surface. On n’en connaît pas en Méditerranée.
- Les larves furent décrites par Schmidt en 1906. Dès 1909, il avait recueilli 126 spécimens de leptoeéphales et de larves pélagiques en transformation. Aujourd’hui, M. Bruun en a pu étudier 488, plus 37 d’autres espèces indopacifiques.
- Tandis que les adultes de S. Kaupi se rencontrent en profondeur au large des côtes de l’Atlantique nord, à l’Ouest comme à l’Est, les leptoeéphales vivent entre lâCsurface et 900 m dans toute la région entre l’Amérique et l’Europe. Les plus petites larves, de moins de 3o mm sont localisées entre les Antilles, la Floride et le cap Hatteras, jusqu’à 70° de longitude Ouest. Celles de moins de 5o mm se trouvent dans tout l’Atlantique, jusqu’au détroit de Gibraltar, en dessous de 4a0 de latitude Nord. Celles de 5o à 80 mm s’étendent dans une bande qui va de Gibraltar à 5o° N et 3o° W. Celles de plus de 80 mm sont toutes plus proches de l’Europe, au large du Golfe de Gascogne, de l’Irlande et de l’Ecosse. Enfin, les plus grandes, atteignant i3o mm et les individus en métamorphose sont pris à de grandes profondeurs, entre 2.5oo et 4-5oo m.
- L’espèce S. infernalis est moins bien connue, par 4i leptoeéphales et 2 civelles seulement. Mais elle semble aussi pondre près des Antilles où tous les petits individus ont été capturés, tandis que les plus grands en sont les plus éloignés, une larve de 87 mm ayant été prise par 4o° W., une autre de 90 mm par 3o° W.
- Tous les faits que le D1' Bruun vient de rassembler s’accordent si étroitement avec ceux que l’on connaissait déjà pour l’Anguille et le Congre, grâce à Johs. Schmidt, que l’extraordinaire histoire des voyages de l’Anguille, au cours de son développement, en est, sinon éclaircie, du moins confirmée et étendue à tout un groupe de Poissons apodes.
- Le Dr Bimun, dans le dernier chapitre de son rapport, examine trois des questions que pose cette extraordinaire similitude : la différence systématique du nombre des vertèbres des espèces voisines des deux côtés de l’Atlantique ; les déplacements de leurs larves leptoeéphales ; la distribution géographique des adultes.
- MOINS DE VERTÈBRES A L’OUEST
- Qu’on considère l’vVnguille, le Congre, le Synapho-branohe, ou encore des leptoeéphales qu’on attribue sans certitude au genre Uropterygius (Gymnomu-ræna) ou Channomurœna, on sait distinguer de chacun deux espèces dans l’Atlantique nord, différant par plusieurs caractères. Les larves leptoeéphales identifiées avec chacune de ces espèces se trouvent les unes dans la région orientale, vers l’Europe, le» autres, clans la région occidentale, vers l’Amérique. Lorsqu’on
- p.14 - vue 18/439
-
-
-
- 15
- compte les vertèbres et les myomères de ces poissons, on trouve les nombres suivants :
- Atlantique ouest Atlantique est
- Anguille . . . . A. rostrata
- 10/+-111
- Congre..............C. oceanicus
- i4o-i49
- Synaphobranche . . S. infernalis
- i3i-i4o
- Autres Leptocéphales. L. similis
- io4-ii3
- A. anguilla 11 i-i19
- C. conger 154-i 63 S. kaupi
- i43-i54
- L. euryarus j iii-ngj
- Les espèces des régions occidentales ont donc toutes moins de vertèbres et de myomères que celles des régions orientales et cette différence est souvent le seul signe commode pour les séparer. Or, toutes proviennent de la meme région de ponte. Il est vrai que "les espèces orientales ont une vie larvaire plus longue et que leurs leptocéphales atteignent une taille plus grande, tout au moins d’après ce qu’on sait de l’Anguille et du Synaphobranche. Mais le nombre des myomères est déjà fixé chez les plus petites larves. L’écart observé entre les espèces substitutives géographiquement reste à expliquer.
- UNE SEULE RÉGION DE PONTE
- L’Anguille d’Europe, A. anguilla, est une espèce d’eau douce qu’on trouve dans les rivières et les étangs, depuis la Norvège et la Baltique jusqu’à la Mer Noire, c’est-à-dire dans des eaux de températures extrêmement différentes et variables. Elle y vit de_io à 12 ans, puis descend vers la mer où l’on peut observer son passage à certaines époques, notamment dans }es détroits danois. On ne connaissait pas le lieu de ponte avant les expéditions de Johs. Schmidt dans l'Atlantique, à bord du Thor, puis du Dana. Schmidt a montré qu’elle ne pond pas en Méditerranée et que les larves les plus petites ne se trouvent que dans une région de l’Ouest de l’Atlantique Nord, à l’Est des Antilles, de la Floride et du cap Hatteras, tandis que les plus grandes ne se rencontrent qu’au large de l’Euro’pe, de l’Espagne à l’Ecosse. Les leptocéphales pénètrent en Méditerranée jusqu’à la Mer Ionienne. L’ensemble des pêches faites en une même saison, par exemple, au mois de juin, révèlent quatre groupes distincts, par la taille et la situation géographique :
- 7 à 37 mm. /io à 70 mm. 60 à 88 mm.
- Civelles ..
- Atlantique Ouest.
- Milieu de l’Atlantique.
- Bord du plateau continental euro péen.
- Eaux saumâtres ou douces de l’embouchure des rivières.
- Schmidt en conclut justement que la durée de la vie larvaire est de 3 années et que les leptocéphales, en grandissant, se déplacent de plus en plus vers l’Est.
- Le Congre européen, Conger conger, est une espèce littorale qu’on cherche souvent sous les pierres, à mer basse. Il a une distribution géographique plus méridionale que l’Anguille : rare en Mer du Nord, il abonde sur les côtes atlantiques et en Méditerranée. On connaît deux régions de ponte, l’une en Méditerranée, au-dessus des grands fonds, l’autre dans l’Atlantique où les larves les plus jeunes et les plus petites ne se rencontrent qu’à l’Ouest, tandis que les plus grandes, proches de la métamorphose, abondent au large de l’Irlande et du Golfe de Gascogne où Legendre vient d’en trouver en abondance dans les estomacs des Germons.
- Le Synaphobranchus Kaupi est, comme Bruun vient de le montrer, une espèce du large et des grandes profondeurs, qui ne pénètre en Méditerranée à aucun stade, ni larvaire, ni adulte. Comme pour les deux precedentes, la limite méridionale d’habitat est vers les Canaries et les îles du Cap Vert. Les larves leptocéphales montrent dans l’Atlantique une répartition tout à fait comparable à celle de l’Anguille et du Congre, si bien qu’on peut admettre pour toutes une même région de ponte.
- Les espèces occidentales substitutives, Anguilla ros-trata, Conger oceanicus, Synaphobranchus infernalis, moins longuement étudiées jusqu’ici, ont une distribution géographique de leurs larves qui recoupe en partie celle des espèces orientales, si bien que la zone de l’Atlantique comprise entre 20° et 4o° N, 5o° et 70° W., c’est-à-dire le Nord de la Mer des Sargasses, est le lieu de reproduction d’au moins six espèces d’Apodes. Le Congre, avec sôn“"autre Ilëu de ponte en Méditerranée est le moins localisé ; l’Anguille, cependant la plus largement étendue à l’état adulte, a le développement larvaire le plus lent et aussi la région de reproduction la plus étroite. Le I)1' Bruun voit dans cette concentration xles reproducteurs en un même lieu un indice de l’origine commune des Apodes et de leur séparation secondaire en types biologiques différents.
- Fig. 3. — Distribution géographique des deux espèces de Sgna-phnbranches : S. kaupi en traits pleins et S. infernalis en traits discontinus (D’après Bruun).
- > 801
- \ __S
- p.15 - vue 19/439
-
-
-
- FACTEURS DE LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
- Ces étonnantes migrations amènent à discuter des facteurs qui conditionnent la distribution géographique.
- Dans le cas de l’Anguille, il est certain que la nécessité pour la civelle de retrouver l’eau douce au moment de sa métamorphose est une conditionCêssentielle, mais qui n’est guère limitative, puisque l’adulte se rencontre aussi bien dans les eaux froides de Norvège que dans celles chaudes de l’Afrique du îNord. Par contre, la position définie de la zone de ponte et la très grande distance à parcourir par les larves doivent être dés facteurs bien plus importants. Cela expliquerait la répartition des espèces d’Anguilles à la surface du globe, établie par Johs. Schmidt (La Nature, n° 2707), leur absence sur la côte occidentale d’Amérique, dans
- 1 Atlantique sud, au Sud-Ouest de l’Australie par manque de lieu de ponte ; leur absence dans le Golfe de Siam, le Sud de la Mer de Chine et de la Mer d’Ara-fuva, trop proches des eaux profondes pour que les leptocéphales aient la place et le temps de migrer. Si l’espèce de l’Atlantique occidental, A. rosirata n’apparaît pas en Europe, c’est que son développement est trop bref pour un si long voyage.
- Ces considérations, développées par le Dr Bruun, appuient des notions qu’on oublie trop souvent ; qu’avant de chercher à la distribution géographique des êtres des causes passées, il faut analyser avec soin les causes actuelles ; et aussi qu’on ne peut se baser sur le seul habitat des adultes pour comprendre la vie d’une espèce, alors que les stades larvaires et les périodes critiques des métamorphoses sont autrement agissants.
- René Merle.
- ..... SUR UN PROCÉDÉ DE COPIE -
- PAR PROJECTION OPTIQUE DES FILMS GAUFRÉS POUR LA CINÉMATOGRAPHIE EN COULEURS
- Dans son numéro du i5 mars dernier, La Nature a inséré un article sur mon procédé de copie des films gaufrés réalisé par la Compagnie française Thomson-Houston.
- Cet article contenait des obscurités et des contradictions qui en ont rendu la lecture assez ingrate et l’intelligence plus difficile encore. MM. les Rédacteurs en Chef de La Nature, à qui j’ai fait part de ma contrariété, ont bien voulu m’inviter à rectifier par une relation nouvelle l’impression fâcheuse que ses lecteurs auront éprouvée, à l’époque. Je tiens à les remercier tout d’abord et très particulièrement de l’accueil infiniment courtois qu’ils ont fait à ma démarche et de la suite qu’ils me permettent d’y donner dans leur très belle publication, suivie avec tant d’intérêt par tout un monde de lecteurs curieux seulement de vérité scientifique.
- Pour ne consacrer que l’espace le moins étendu qu’il se pourra aux généralités qui, à ce sujet, ont été exposées plus d’une fois, et ici-même, je ne saurais mieux faire que de recommander la récente relation parue dans Science et Vie, n° 240, de juin dernier, sous la signature de M. J. Marchand. Les considérations générales les plus claires y servent de préface commune à une étude très objectroe du procédé Ber-thon-Siemens et du mien, d’ailleurs parfaitement distincts l’un de l’autre.
- Plusieurs solutions peuvent être données à un même problème. Elles peuvent être également bonnes théoriquement et, de ce point de vue, s’équivaloir. Ce sont les avantages pratiques différents dont elles s'ac-
- compagnent qui feront, dans le cas d’applications industrielles, préférer l’une à l’autre.
- La copie correcte de films gaufrés, qui a longtemps posé d’assez sérieux problèmes à la fois d’optique, de chimie, de mécanique, peut être obtenue aujourd’hui de plus d’une manière. Mais ce problème de la copie ne constitue pas un tout par lui-même, sans retentissement sur les conditions de prise des films originaux et sur celles de projection des copies en salles. Les importantes sociétés françaises et étrangères qui se sont appliquées à le résoudre ne l’ont donc pas traité comme en vase clos, et leurs très belles solutions ont déjà fait l’objet de démonstrations publiques.
- Invité, bien entendu, à ne parler ici que de ma contribution dans ce domaine, je le ferai aussi de la façon la plus objective et sans penser à aucune comparaison.
- Mes directives ont donc été les suivantes : baser la machine à copier, couramment appelée tireuse, sur un principe tel que :
- i° la prise de vues puisse avoir lieu à l’aide de toutes caméras et de tous objectifs du commerce sans autre modification que l’adjonction convenable du filtre trichrome dans le diaphragme voulu de chaque objectif ;
- 20 la prise et la copie se fassent sur émulsions courantes du commerce ;
- 3° la projection puisse elle aussi ne faire appel qu’au minimum de modifications des lanternes de salles, et quelle conduise, sous la consommation d’énergie la moins élevée qu’il se pourra, aux projec-
- p.16 - vue 20/439
-
-
-
- 17
- tions les plus lumineuses sur des écrans de dimensions moyennes usuelles et de constitution courante.
- La tireuse peut donc obéir à un principe qui en fera une machine de précision nécessairement, éventuellement complexe, et peut-être coûteuse, plus en tous cas qu’une tireuse pour le noir et blanc ; si c’est le prix auquel l’industrie cinématographique du film en couleurs doit acheter les facilités de prise et de projection, fourches caudines de l’exploitation commerciale de ce film, conditions mêmes de son existence, quelque sérieux que soit ce prix, il sera encore le moindre prix, et, à coup sûr, le juste prix.
- Origines. — L’inventeur du principe du film gaufré pour la cinématographie en couleurs, est, chacun le sait, un Français, M. Rodolphe Berlhon. Son mérite immense est au moins d’avoir imaginé la plus simple et la plus élégante application directe au cinéma en couleurs des idées géniales de Lippmann sur la photographie intégrale basées sur les propriétés de l’œil multiple des insectes. L’une et l’autre invention se succèdent à quelques semaines en 1908. 11 n’y a guère d’invention simple qui ne soit féconde. Mais la simplicité d’une invention, qui fait sa qualité fondamentale, n’entraîne pas toujours la facilité de son exécution (1).
- Il a fallu de longues années pour mettre au point le « gaufrage » du support cellulosique du film, c’est-à-dire la gravure des matrices qui, sous pression et à chaud, impriment l’optique multiple microscopique à raison de 25 à 3o lentilles par millimètre linéaire. Et il n’est, pas inutile de rappeler que c’est encore à un Français, Keller-Dorian, le célèbre graveur de Mulhouse, qu’est due au lendemain de la guerre celte conquête de laboratoire en mécanique de haute précision.
- Difficultés de la copie des films gaufrés, rela= tivement aux exigences de la prise de vues et de la projection. — Un film ordinaire en blanc et noir doit être tourné à l’aide de caméras comportant des trousses d’objectifs. Les champs angulaires étendus avec lointains exigent, comme on le sait, des objectifs de courte focale ; les gros plans sous faible champ angulaire, de longues focales. C’est l’abc du métier de cinéaste. En blanc et noir, pas de difficultés, à formai courant 18 x 24 (muet), ou i5 x 21 (sonore). L’image de champ variable est une image à deux
- :1. J’ai, en 1912, ignorant les travaux de Berthon, proposé la même application à la photographie des couleurs des idées de Lippmann sur la photo intégrale. Mais je n’ai pas eu l’audace de viser le cinéma. On trouve des relations de mes recherches dans La photo des couleurs (publication Ch. Men-del), septembre-octobre 1913 ; British Journal of Photo, Ist. May 1914 ; Eders, Jahrbuch f. Photo, 1913-1920 ; E. J. Wall, The histary of three-colour Photo, 1923 ; Alfred IIay, Handbuch der Photo, Band VIII, Farbenphoto 1929 ; Dr II. Heimer, Die Photographischc Industrie, n° du 24 mai 1933 ; etc...
- dimensions, produit brut, naturel pour ainsi dire de la prise, et produit brut encore, à sa suite, de la copie par contact ou, de préférence, et plus communément aujourd’hui, de la copie par projection optique. Dans ce dernier cas, on utilise, comme on le fait depuis longtemps pour l’agrandissement ou la réduction de photos, des objectifs de faible ouverture relative assurant une définition parfaite. Aucun obstacle, aucune complication, seul le temps de pose est à régler.
- Pour le film gaufré en couleurs, la chose est moins simple. L’image offerte en blanc et noir à deux dimensions par le film gaufré est, en effet, dès qu’elle se manifeste avec ses couleurs, un objet à trois dimensions : elle se compose des images microscopiques monochromes, juxtaposées dans chaque chambre élémentaire du film, et du filtre trichrome de prise ou de projection. L’ensemble est indissociable. C’est un solide géométrique qu’on se représente aisément, si on se réfère à la figure 2 du présent article et si on prolonge la nappe du cône «/, à la gauche du point I, jusqu’au plan du filtre. L’application de la photo intégrale, même limitée à la seule reproduction multiple et variée de point en point du filtre trichrome (à quoi se borne exactement la photo des couleurs par le film gaufré), le veut ainsi. Rien de comparable aux autres films en couleurs obtenus par teinture ou à l’aide de réseaux colorés trichromes insérés entre le support et la gélatine, qui ne cessent pas, eux, de ne proposer que leurs images à deux dimensions.
- C’est donc l’ouverture des faisceaux élémentaires dans chaque chambre microscopique qui, dans le cas des films gaufrés, est le principal facteur de séparation des monochromes, tant à la prise qu’à la copie et à la projection.
- Mais, de toute nécessité aussi, le film en couleurs devra être tourné ayec trousse d’objectifs.
- Or on conçoit bien que, à chaque objectif de la trousse, correspond un tronçon particulier de film original (film de prise), caractérisé comme solide géométrique par : distance et grandeur angulaire du filtre vues du plan du film. Cette distance apparente, cette grandeur angulaire, doivent être rigoureusement obser-
- p.17 - vue 21/439
-
-
-
- 18
- Fig. 2.
- vées par l’opliquc de copie (quant à la construction de ses pupilles), si on ne veut pas interpréter incorrectement un original par occultation d’une partie des faisceaux chromogènes qui en émanent, ou mêler à ces faisceaux des faisceaux parasites, et, inévitablement produire des copies entachées de dominantes colorées vicieuses.
- L’éloignement du plan du filtre peut être assez aisément réglé à une valeur uniforme par l’emploi de lentilles de champ très minces au voisinage du film lors de la prise ou de la copie. Mais la grandeur angulaire du filtre doit aussi être arrêtée à une valeur uniforme, sinon : autant d’ouvertures différentes des faisceaux des tronçons de copie qu’il y a de tronçons d’originaux et, surtout, autant de filtres différents pour la projection de la succession de ces tronçons composant un seul film-copie passant en salles. Pour tourner cet obstacle, auquel on serait acculé si on faisait travailler chacun des objectifs de la trousse avec son ouverture relative utilisable maxima, on devi’a aligner ces objectifs de prise sur une même ouverture relative, la plus petite inéluctablement. La pratique montre quelle est voisine de f/3,5 (car il faut que les bords des films voient le filtre dans son entier comme le centre) et celte ouverture est parfaitement satisfaisante pour l’enregistrement de très bons originaux. Pourtant cette ouverture commune et faible, conduira aux résultats suivants :
- i° copies dont la richesse des couleurs laissera à désirer, car, sur émulsions courantes du commerce, ne seraient corrects et proches des originaux sous ce rapport (foute copie en règle générale étant inférieure à tout original) que les films copies ouverts à au moins //2,5, mais c’est alors l’interdiction d’utiliser à la prise une trousse d’objectifs du commerce;
- 2° copies dont la projection sera très peu lumineuse. Il n’est guère possible, en effet, d’aligner sur une ouverture relative utilisable supérieure à f/3,5 les objectifs d’une trousse du commerce, au nombre d’au moins trois, tandis qu’il existe de très bons objectifs de projection ouverts couramment à f/s qui ne pourront être efficacement utilisés pour la raison, comme comprise plus haut, que l’ouverture des faisceaux élémentaires des films commande l’ouverture utilisable des objectifs de projection.
- Le rapport des éclairements d’un écran de projection avec objectifs passant de //a à f/3,5 étant dans le rapport du carré de l’inverse de 3,5 à 2, c’est un chiffre désastreux qui s’imposera si le gaufrage des films est sphérique. Si ce gaufrage est cylindrique, les films peuvent utiliser sans dommage sensible le dia-mèlre maximum de l’objectif de projection dans le sens du gaufrage, c’est-à-dire dans le sens des bandes du filtre et le rapport des éclairements de l’écran de projection avec objectifs respectivement ouverts à f/2 et f/3,5 est aloi’s l’inverse, à la première puissance seulement, de la mesure linéaire des ouvertures relatives. Comme le filtre coloré absorbe au moins les deux tiers du flux lumineux issu des lanternes, on comprend que la projection requerra l’ouverture maxima des faisceaux lumineux des films gaufrés en couleurs, si l’on ne veut pas multiplier par un coefficient compris entre 8 et 12 la puissance lumineuse de ces lanternes.
- Une question de première importance se pose alors :
- Est-il possible d’agir sur l’ouverture des faisceaux des films-copies gaufrés ? — Autrement dit, peut-on rendre pratiquement indépendantes les ouvertures des faisceaux des films originaux et copies ?
- On ne l’a pas cru jusqu’ici. Les lois de l’optique géométrique veulent, en effet, que le rapport de l’ouverture des faisceaux enregistrés par la copie à celle des faisceaux transmis par l’original pendant la copie soit l’inverse du grandissement. Si le grandissement vaut l'unité, cas général, les ouvertures des copies s’alignent sur celles des originaux. Si l’on veut bénéficier de la réduction possible du format 18 x 24 (pour les originaux) au format i5 x 21 (pour les copies) outre que- ce rapport est faible, on sera contrarié dans la transmission intégrale des faisceaux de l’original par l’éloignement plus grand du film original relativement à l’optique de copie, éloignement nécessaire pour respecter ce rapport, et par le décen-Lremcnt du film copie imposé par la présence de la trace sonore : on sera donc moins bien placé que dans le cas du grandissement unitaire.
- Y a-t-il là une impasse ?
- En ig34, j’ai déposé un premier brevet de copie par projection optique qui tranche la difficulté. Il dérivait de mes observations sur la photographie intégrale (à laquelle j’ai donné une solution partielle f1) utilisant plaques et objectifs du commerce en 1926-1932.) Mais la tireuse qui en découlait nécessitait des réalisations assez délicates en matière d’optique. Ce procédé consistait, en grandes lignes, à explorer les faisceaux lumineux élémentaires un à un d’une manière continue et progressive et à reprendre ces faisceaux dans le temps, suivant le même déphasage côté copie, en sorte qu’à la loi géométrique ci-dessus évoquée, bien connue et dite du « rapport des conver-
- 1. C. R. Académie des Sciences, 28 mai 1932 ; S. I. P., nos de mars et avril 193i ; Bulletin de la Société française de Photo, n° 10, octobre 1934.
- p.18 - vue 22/439
-
-
-
- gences », se substituait une loi beaucoup plus souple, de simple homothétie, rompant la rigueur de la conjugaison optique. Dans un brevet plus récent, de juin ig35 et ses additions, j’ai rendu abordable pratiquement la réalisation d’un processus très analogue et c’est celui qui a fait l’objet d’une application entièrement satisfaisante par la Compagnie française Thomson-Houston.
- On comprendra ce qui se passe en considérant les figures i et 2. La démonstration vaut la peine d’êti'e donnée avec toute rigueur car c’est par l’obtention de ce résultat très nouveau qu’un progrès important a pu être accompli dans une voie où je me sépare absolument de mes prédécesseurs et concurrents.
- Si l’on veut bien se reporter aux schémas 1, 2, 3 ci-contre, on lira sur le pi'emier, en faisant abstraction des rideaux R et IV, les conditions classiques de la copie à un grandissement quelconque. Je ne fais aucune hypothèse sur l’orientation du gaufrage de l’original, qui n’intluc en aucune manière sur le résultat, sauf le sens (droite et gauche) de l’image.
- Sur la figure 1, Ü est donc le système optique de copie, représenté comme lentille simple. F et F' sont les deux films, optiquement conjugués, circulant derrière les fenêtres fixes des couloirs G et C7. cp est la surface active de source, ce qu’on appelle spécifiquement la source, vue de F sous l’angle to qui est l’angle sous lequel le filtre de prise a été vu lui-même lors de l’enregistrement de l’original F. La pupille d’entrée du système 0 doit donc elle aussi être vue du plan du film original F sous le même angle to que la source cp, si l’on ne veut pas sacrifier pendant la copie une fraction des faisceaux élémentaires utiles. Si P et P7 sont deux points conjugués sur les films, si G est le grandissement F'/F, on a tg co/2 = G tg co7/2, oV étant l’angle sous lequel la pupille d’émergence de O est vue du plan de F' et procurant ' normalement l’ouverture des faisceaux enregistrables sur la copie. Si G = 1, to = oc/.
- Soit donc, à échelle très agrandie (fig. 2), le gaufrage du film-copie, dont l’ouverture Ü est prévue très supérieure à co;, par exemple dans le but d’utiliser correctement l’ouverture des objectifs de projection. Comment en copie faire passer les faisceaux enregistrés de la valeur o/ à la valeur 0 ? Considérons les trois régions ' de la source cp correspondant, sur la figure 1, aux trois bandes du filtre de prise, b, v, r, et soit une fente S dans un rideau R, disposé entre la. surface active de source et le film original, et non pas dans le plan de la surface active même, ce que personne encore n’a proposé ni tenté.
- Les lentilles A et B çonstruisent, confondue avec l’image du filtre portée par le film, une image de cp dans la pupille d’entrée de O, où l’on retrouve nécessai-
- rement interverties les trois zones bf, vr, r'. La fente S doit être vue du film F sous un angle au plus égal à celui que sous-tend l’une de ces zones (cette fente sera i'elativement étroite), 1 à 2 mm à une distance de i5 à 3o mm du film). Cette fente projette sténo-péïquement la source cp sur le plan du film F, les trois pinceaux r, v, b, s’y distribuant au contact, mais séparés. Quand la fente S se déplace parallèlement aux plans de F et de cp, ces trois pinceaux, de tout point de vue pris dans la pupille d’entrée de O, font apparaître sur le film original une image du sujet incomplète, mobile sur lui, et dont le « miroitement » Q change en tout point à tout moment. C’est, de prime abord, confusion apparente. Mais regardons ce qui se passe : sur la figure, on voit que le film original est d’abord seulement éclairé dans le haut par le pinceau r jusqu’au point T. Le faisceau chromogène ou dièdre de lumière co appuyé sur cp et sur T qui éclaire correc-lement ce point T, sera entièrement exploré sans omission d’aucun rayon utile quand la fente S l’aura traversé. Actuellement ne pai vient encore en T que le bord du faisceau v. Disposons un rideau R7 avec une fcnle S7 conjuguée à tout moment de S dans le système optique complet ABO. S7 sera nécessairement entre le film-copie et la pupille de sortie de 0. Si T7 est le conjugué de T sur le film F7, on voit que le film-copie est seulement éclairé dans le bas, conjugué du haut du film original F, par le faisceau r' et le point T7 est éclairé par le bord de ce faisceau. Qu’on fasse se mouvoir les fentes de mouvements parallèles et optiquement conjugués, on verra de proche en pi'oche le faisceau v apparaître en T et son conjugué v1 en T7,
- t. Opacité variable de tout point image sous chacun des faisceaux chromogènes.
- Fig. 3.
- 7Tu>
- \
- p.19 - vue 23/439
-
-
-
- = 20 • — —=• : ::.....................^___—
- puis les faisceaux b et b’. 11 en sera évidemment de même pour tout point du film, les zones éclairées H et H7 étant conjuguées à tout moment ; et c’est là que, du désordre apparent, naît l’ordre. On sait aussi, soit dit en passant, que l’interposition du film gaufré F sur le chemin des rayons qui vont de S à S' provoque par diffraction de part et d’autre de S', au moins deux images de S perturbatrices ; le rideau IV a pour fonction entre autres de ne laisser passer que l’image centrale.
- Le processus étant continu, à aucun moment on ne fait apparaître de monochromes complets sur l’un et l’autre film, les faisceaux étant explorés par éléments aussi petits que l’on veut et d’une manière progressive.
- Soit donc figure 3, un détail de la figure i et soit, dans la fenêtre H' d’un rideau R77 accompagnant à tout moment les trois pinceaux r7, v', b' au voisinage du film-copie F7, un système optique mobile composé de deux prismes encadrant une glace à faces parallèles. Si les deux prismes ont leurs arêtes en opposition et si l’ordre des rayons chromogènes est le même que sur la figure i, on voit que le bord du faisceau r7, qui frappera le premier point T7 quand la fente S7 va se déplacer, ne se propagera plus suivant la droite r'T’r', mais suivant la ligne brisée r7TV7 ; on voit que, venant après r7, le faisceau v' ne sera pas dévié, et enfin que, venant le dernier, le faisceau b' ne se propagera plus suivaht la droite 677’757, mais suivant la ligne brisée 57T7b77. Et l’on passera ainsi, de l’ouverture co7 à l’ouverture fi, si fi — co7 = 0 — a, a étant l’angle sous lequel de S7 on voit la plage éclairée H7 et 8 étant l’angle formé par les rayons limites réfractés par les deux prismes. Cependant la déviation des faisceaux ne se fait pas en T7 au niveau du film, mais à la sortie des prismes, ce qui pour tout point-image T7 va donner trois points distincts sur l’émulsion, l’écart e entre ce système mobile et le film n’étant pas négligeable, et l’image-copie sera massacrée. Cet écart e introduit, en effet, un glissement e des deux images r' et b' de part et d’autre de l’image centrale v’ pour chaque point T7. Seulement à fi — o7 = 0 — a — io° par exemple (très sensiblement le passage de //3,5 à //2) et à e = i5/io de millimètre, par exemple encore, on déduit l’angle au sommet des petits prismes et le glissement e signalé, et l’on trouve que ce glissement est très facilement compensé par des glaces à faces parallèles telles que g placées sur le parcours des faisceaux suivant schéma (fîg. 3), où elles n’imposent aux rayons qu’un déplacement de translation préalable à la déviation angulaire. Mes lecteurs peuvent faire le calcul. Il suffit qu’ils se donnent a, c’est le premier paramètre du système, capable de varier entre 107 et 1800, suivant la position donnée à S7 entre F7 et O, à partir du con-
- tact de F7 (où l’effet sur to7 est nul) jusqu’au contact de O (où H7 est infini). Bien entendu, ce glissement e pourrait être rattrapé en rapprochant le film F7 de O, mais ce serait au détriment de la mise au point. Au contraire, celle-ci faite, le réglage, par variation de c, de la position, plus ou moins près du film, du rideau R77 contenant le système optique mobile peut être utilisé pour agir sur la coïncidence rigoureuse, au i/3o, au i/5o de millimètre près, des trois images de tout point T7. C’est encore un calcul très élémentaire.
- Enfin, non seulement j’ai opéré de la sorte, mais j’ai poussé les choses un peu plus loin, en demandant la transformation fi — co7 non plus à deux prismes et à une glace, mais à une lentille divergente cylindrique ou sphérique (*), dont le schéma des prismes figure en coupe la décomposition polygonale et en remplaçant la petite toiture des trois glaces g par un verre cylindrique ou une calotte sphérique d’épaisseur constante. C’est alors l’anamorphose continue des faisceaux que l’on obtient, indispensable pour les films gaufrés en relief.
- Des considérations de nature absolument analogues à celles qui précèdent démontreraient que l’application de ce dispositif, moyennant quelques précautions, au film original et non pas seulement au film-copie, permettrait la copie non plus nécessairement avec un système optique principal de même ouverture utilisable, mesurée du plan du film original, que les faisceaux de ce film original, ce qui conditionne le choix de tels systèmes, mais encore avec des optiques d’ouverture beaucoup moins grande, en sorte que des objectifs d’ouverture relative utilisable valant seulement la moitié de celle des objectifs de projection peuvent être adoptés pour la copie, et que l’indépendance entière des ouvertures des faisceaux des films et des optiques de prise, de copie et de projection est ainsi assurée. Pratiquement des films originaux pris à l’ouverture de i/3,5 peuvent être copiés avec un système optique d’ouverture i/5 mesurée du plan de l’un des films, moyennant réduction et décentrement et les copies correctement projetées à l’ouverture 1/2.
- Pour conclure, ce procédé permet la copie des films gaufrés en procurant non pas'seulement des couleurs très brillantes dans une gamme très riche et moyennant l’utilisation de l’appareillage classique de prise de vues pour le noir et blanc et les émulsions du commerce, mais encore il permet de projeter des films sur écrans ordinaires ne dépassant pas 4 m 5o, avec des lanternes puissantes telles qu’on les trouve maintenant dans les salles, sans autres moyens spéciaux.
- .T. de Lassus Saint-Geniès.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 1. Voir Technique cinématographique, n° 73 de mars 1937.
- p.20 - vue 24/439
-
-
-
- A PROPOS DU RECORD D' ALTITUDE EN AVION
- On a pu lire dans les journaux quotidiens, il y a quelques semaines, des déclarations d’aviateurs américains envisageant dans un avenir prochain des vols à des altitudes astronomiques, a5.ooo. 3o.ooo m et plus, à des vitesses de 600 ou 1.000 km à l’heure. Pour eux, le fameux projet New-York-Paris en quelques heures n’a rien qui les étonne et, c’est tout juste si l’on ne propose pas déjà des actions de la société d’exploitation de ce réseau siralospliérique ! Nous n'en sommes pas là et il suffit de se rendre compte des difficultés à vainc te pour un vol de record d’altitude par exemple, dont la durée totale est d’une heure et demie environ pour comprendre combien les rêves des émules de .Iules Verne sont encore éloignés de la réalité. Les voyages de plusieurs heures à des altitudes supérieures à i5.ooo m posent des problèmes qu’il faudra sans doute de longues années pour résoudre.
- En ce qui concerne en particulier ces altitudes de vol élevée?, il est intéressant de suivre, depuis 1909 où il était de x.ooo m jusqu’en 1987 où il s’établit à iC.44o m, l’évolution du record d’altitude. Le tableau suivant donne, pour chaque année, l’altitude maxima atteinte, le nom du pilote et le pays détenteur. Entre 1913 et 1920 par suite de la guerre, aucune compétition sportive ne put avoir lieu.
- Années Pays détenteur Pilote Altitude alteinle
- «909 France Lalham 1.000 mètres
- 1910 )) Legagneux 3. ioo »
- 1911 » Garros 3.QI0 »
- iqi2 » Garros 5.6io »
- igi3 )) Legagneux 6.120 »
- 1920 Etats-Unis Schrœder 10.093 »
- 19 21 )) Mac Peady io.5i8 »
- 1923 France Sadi-Lecointe 1 i.i45 ))
- 1927 Etats Unis Champion 11.710 »
- 1929 Allemagne Neuenhoffer 12.739 i)
- 1930 Etats-Unis Sondek 13.157 »
- 1982 Angleterre Unwins 13.404 »
- 1933 France Lemoine 13.661 ))
- 1934 Italie Donati 14.433 »
- 1936 France Detré i4.843 »
- 19^7 Angleterre Adam i6.44<> »
- Si l’on traduit ce tableau par un graphique (fig. 1) on constate des.faits assez inattendus. Tout d’abord la courbe des records, de 1909 à 1913 croît normalement, les points représentatifs se disposant bien sur une courbe régulière. Chose très curieuse, quand, après une interruption de 7 années, les records sont de nouveau homologués,
- on constate que les points représentatifs en 1920, 1921, 1923, 1927 se placent, exactement dans le prolongement de la c o u r h e amorcée entre rgog et 1910. C’est dire que. l’aviation s’est perfectionnée d’une façon régulière, à un rythme normal et que les progrès accomplis ont bien suivi la cadence observée avant la guerre. Celle-ci, a-t-on dil, a fait
- Fig. 1. — Progression des records d’alliude.
- Années
- faire à l’aviation des progrès formidables. Il ne semble pas que ce soit exact, en ce qui concerne l’altitude tout au moins.
- Une autre constatation intéressante est que cette courbe des plafonds maxima tendait très nettement vers une asymptote, c’est-à-dire que le plafond ne saurait dépasser 12 à [3.ooo m. C’est dire que l’on avait pratiquement tiré le maximum des types d’avions et des moteurs dont la conception était la même que celle des appareils initiaux de l’aviation. Pour aller plus haut, il fallait trouver une nouvelle idée, un nouveau dispositif. Ce fut le turbocompresseur qui, en permettant de suralimenter en air les moteurs aux altitudes où l’atmosphère est raréfiée, leur conserva leur puissance effective et par suite la force ascensionnelle de l’avion. Aussi voit-on les records se situer nettement sur une courbe différente de la courbe primitive, sensiblement rectiligne, ce qui indique que l’on n’a pas encore tiré le maximum des nouveaux dispositifs. On peut donc prévoir l’ordre de grandeur des records futurs et, si aucune invention nouvelle ne vient modifier les conditions actuellement existantes, on peut par exemple espérer vers 1940 atteindre l’altitude de 20.000 m. Quant aux 3o.ooo, 35.000 m des enthousiastes, ce n’est pas encore le temps d’en parler.
- D’ailleurs un problème de physique du globe très intéressant se pose au moment présent pour la détermination exacie de l’altitude atteinte. Jusqu’à assez récemment, elle était déduite de la pression minima enregistrée par le barographe, suivant la formule de Soreau. Comme la température joue un rôle non négligeable sur les appareils de détermination de la pression atmosphérique, depuis juillet 1935, de nouvelles règles internationales ont été établies et la hauteur atteinte est calculée par la sommation de courbes successives entre la surface du sol et le plafond. L’exemple que nous donnons ci-dessous est relatif au vol accompli le, 3o juin 1907 par le lieutenant Adam montant un avion Bristol équipé d’un moteur Bristol de 270 ch qui fit passer le record d’allinide à l’Angleterre.
- Pression atmosphérique en mm. Hg.
- Température en degrés centigrades
- Épaisseur de la couche en mètres
- Altitude
- Altitude corrigée par la variation de pesanteur
- 757,4 701,9 ܰt,7 5oo,o 4oo ,3
- 299.6
- 202.2
- 102.3
- 113.6
- 102,0
- 92,6
- 77,8
- to° i
- 9,4 o,fi
- — i,9
- — 9,9
- — 23,5
- — 43,0 “ 49,7
- — 4b,4
- — 48,7
- — 49,0
- — 48,9
- 629 1.253 I 475 1.738 2.173 2.757 1.879
- 1 • 929 710 fi34 1. j 41
- 71 71
- 700 703
- 1.953 1. qfio
- 3.428 3.438
- 5.166 5 179
- 7.33g 7.357
- 10.096 10.121 .
- u 975 12.007
- >3.904 i3-944
- 14 6i4 i4.656
- ifL 248 i5.2g3
- 16 38g 16 44°
- La seule méthode exacie de détermination de l’altitude serait évidemment l’observation visuelle directe et sa mesure du sol avec une base de triangulation suffisante. Malheureusement, en général, les nuages et les conditions atmosphériques empêchent de suivre les évolutions de l’avion au-dessus de 6 à 7.000 m, de sorte que l’on est réduit à des formules dont la précision, au fur et à mesure que l’on s’élève devient de plus en plus aléatoire.
- La courbe de température montre que, dans le cas du dernier record, au-dessus de 12.000 m la température oscilla autour de — 5o°, la variation entre 3.000 et 12.000 m étant très régulière de — o,5 à — 48°. H. Vigneron.
- p.21 - vue 25/439
-
-
-
- LA CLARTÉ NOCTURNE
- Il est du domaine de la pratique courante de constater que même en l’absence de la Lune, et loin de toute ville dont les nombreuses lumières diffusent une appréciable clarté artificielle, la nuit n’est jamais complètement noire. Le ciel apparaît toujours d’une certaine brillance sur laquelle se détachent vigoureusement les masses noires des arbres ou des toits ; et pour qui circule dans la campagne, il règne une sorte de faible jour suffisant pour reconnaître le paysage, ou les maisons, conduire ses pas avec sûreté sur une roule qui se dessine clairement ; même, il est possible de lire le titre d’un journal.
- Bien entendu, il s’agit là de remarques dont notre œil n’est à même d'apprécier toute la valeur qu'après une suffisante adaptation.
- A ces constatations, il paraît intéressant d’apporter un témoignage documentaire, capable, d’autre part, de fournir des
- gislrer ce que nous discernons tout d’abord, possède la faculté d’accumuler l’énergie lumineuse ; et ainsi, simple question de temps, elle nous procure des images révélant nettement non seulement ce que nous ne faisons qu’entrevoir, mais aussi ce que nous restons impuissants à distinguer.
- Si l’obscurité générale de la nuit est suffisamment accentuée pour s’opposer à l’obtention facile de certains clichés par les moyens ordinaires, la qualité du ciel nocturne peut être cependant enregistrée avec un appareil d’usage courant, l’objectif étant laissé à toute ouverture ; une exposition prolongée, voisine d’une heure par exemple, sera suffisante pour que sc dessinent nettement des silhouettes d’arbres ou de monuments sur le fond lumineux du ciel, strié de multiples trajectoires brillantes qui fournissent par ailleurs l'instructif spectacle
- Fig. 1. — Clarté du ciel et traînées d’étoiles {Orion) ; obj. F — 4,5, pose 1 h.
- Fig. 2. — Clarté du ciel, avec Orion ; condensateur F — 1, pose 90 s.
- Fig. 3. — Clarté du ciel et étoiles du pôle ; condensateur F — 4, pose 10 mn.
- images dont le caractère ne laisse pas d’être curieux.
- La différence existant entre les rétines humaine et photographique est connue. Ce que notre œil voit instantanément, la plaque sensible met un assez longtemps à l’enregistrer. Mais ce que nous voyons à un moment donné est définitif : nous aurons beau prolonger la contemplation, rien ne sera ajouté à notre vision première. Tandis que la plaque sensible, qui réclame un temps appréciable pour commencer à enre-
- malérialisé de la marche apparente des astres (fig. i). Pour opérer plus pratiquement à tous égards, il faut avoir recours à des moyens un peu spéciaux. Dans cet ordre d’idées, un simple condensateur de lanterne de projection donne d’excellents résultats malgré ses défauts d’optique (nous l’avons démontré à propos de photographies au clair de lune, n° du i5 août ig36). Cet énorme et large objectif permet l’enregistrement de faibles lueurs qui, pour une même durée d’exposition,
- p.22 - vue 26/439
-
-
-
- Fig. 4. — Paysage dans une carrière de roches claires ; pose : 1 h.
- n'impressionneraient aucunement la plaque clans un appareil ordinaire. Rappelons que même avec le diaphragme nécessaire, on peut travailler ainsi dans Je rapport focal de F=i environ. Dans ces conditions, une courte cxposilion de i mu 1/2 seulement rend déjà 1res sensible la clarté générale du ciel sur laquelle se profilent les silhouettes terrestres. Et comme la plupart des étoiles visibles à l’œil nu s’v accusent nettement (sans que pendant cette pose réduite, el en raison du peu de longueur focale, leur déplacement ait été très sensible), il en résulte une image du ciel constellé surmontant le paysage (fig. 2), image rappelant le tableau que nous admirons à l’œil nu et que les moyens habituels ne peuvent procurer. Avec une cxposilion de xo mil, l’intensité de l’impression lumineuse est si marquée qu’elle se traduit par l’effet d’un ciel anormal, comme si toutes les étoiles étaient déjà visibles avant l’arrivée de la
- nuit (fig. 3).
- Adressons - nous maintenant aux paysages eux-mêmes, va-gu e m e n t illuminés par la clarté nocturne. Loi'sque la pose atteint environ 1 h, les vues obtenues sont suffisamment fouillées, le ciel affectant alors un éclat tout à fait diurne. De telles images (fig. 4, 5, 6) sont empreintes de ce ca-ractère spécial que lui confèi'c l’éclairement diffus arrivant de toutes parts et ne créant pas ainsi d’ombres
- =..... = 23 =====
- portées proprement dites. De toutes façons, nous rencontrons ici l’exagération des contrastes qui se remarquent déjà en plein jour entre les qualités des divers éléments du pay-
- Ai
- sage.
- La clarté nocturne générale persiste, quoique atténuée, même lorsque le temps complètement couvert ne laisse distinguer aucune étoile. Si les nuages isolés paraissent volontiers sc projeter en noir d’encre sur le fond du ciel, il s’agit là d’un effet de contraste beaucoup plus que d’une réalité ; car, à leur tour, ils paraissent relativement clairs lorsque l’on amène à se découper sur eux les opaques silhouettes terrestres. De ce fait encore, la photographie nous fournit un témoignage probant (fig. 7, 8) et ce n’est pas le moins intéressant dans l'ensemble du problème qu’on s’applique à élucider. L’étude de la clarté nocturne, qui nous est, dispensée, relient vivement, en effet, l’attention des astronomes et des physiciens.
- Fig. 5. — Un chemin encaissé ; pose 1 h.
- Quelle est l'origine de cette lumière ? — Disons tout de suite que, d’après les mesures effectuées, chaque point d’un sol hoi'izontal, et susceptible d’être exposé à sa totalité, -reçoit un éclairement équivalent à celui d’une bougie éloignée à la distance de 57 m. Sans plus, et un vei’s connu en fait foi, on l’a attribuée tout d’abord aux milliers d’étoiles parsemant le ciel.
- C’est dans ce sens que Newcomb, en 1901, s’attacha au problème en considérant que l’étude dé la lumière totale du ciel fournirait «'une-des constantes fondamentales les plus importantes de l’astro-physiquc » ; car son éclat serait la somme de celui de toutes les étoiles et de celte quantité découlei’aient des notions précieuses, relativement à la constitution de l’univers. Mais en réalité, le problème s’avère tout différent ainsi qu’il ressort des nombreuses recherches effectuées par la suite. Ces travaux, auxquels il faut attacher les noms de Ynténia, Lord Rayleigh, Fabry, J. Dufay, Caban-nes et de bien d’autres encore, nous ne pouvons ici
- Fig. G. — Statue de plâtre ; pose 45 mn.
- p.23 - vue 27/439
-
-
-
- 24
- Fig. 7. — Nuages suivis pendant leur marche devant le ciel ; pose 5 mn.
- qu’en résumer les principales conclusions fournies par les mesures visuelles ou photographiques, la spectro-graphie et la polarimétrie.
- D’après cela, le nombre total clés étoiles n’intervient que pour un tiers environ dans la brillance générale du ciel. Pour le surplus, il faut invoquer divers phénomènes dont les conséquences se superposent. La lumière zodiacale est un de ces phénomènes. A l’observation courante, elle se présente, on le sait, sous forme d’un fuseau allongé sans limites précises (fig. g). Mais quelle que soit sa nature : nébulosité lenticulaire centrée sur le Soleil, ou localisée aux environs de la Terre et due aux molécules d’un gaz raréfié ou à des électrons libres, on est conduit «à admettre que cette énigmatique formation, dont la concentration maximum se trouve au voisinage de l’écliptique, engloberait la Terre pour laquelle elle semblerait ainsi se répartir sur tout le ciel (ce que justifie son absence de limite apparente). Mais d’après les déterminations effectuées, cette lueur n’interviendrait que pour xo à i5 pour ioo, tout au plus, dans la brillance du ciel.
- Tout le reste de la clarté enregistrée, et qui en
- Fig. S. — Silhouettes sur ciel couvert de brume élevée ne laissant dist.inauer aucune étoile ; poise 1 h.
- constitue finalement la majeure partie, n’a pu encore s’expliquer très exactement. On a invoqué l’extension sur le ciel entier, du phénomène de l’aurore polaire. Ceci depuis la découverte, par Slipher (1915-Tgig) d’une raie verte brillante dans le spectre de la lueur nocturne et qui existe pareillement dans celui des aurores.
- Mais malgré celte analogie, J. Dufay a reconnu que le spectre d’émission du ciel nocturne diffère pro-fondément de celui de l ’aurore polaire ; ainsi
- les deux phénomènes sont distincts et celui qui entre en jeu dans le cas présent n’est pas seul en jeu pour
- Fig. 9. lumière
- Partie brillante de la
- zodiacale (obj. F pose 1 h).
- 2,0
- combler toute la.mesure. En effet, il se révèle aussi la présence d’une lueur dont le spectre continu semble indiquer qu’elle pourrait avoir pour origine une diffusion des rayons solaires hors de la TeiTe. Daixs ce cas, par quoi P Peut-être, ainsi que Ta suggéré P. Salet, par les innombrables météorites ou corpuscules cosmiques répandus dans l’espace P
- En conclusion, la lumière du ciel nocturne, de même que ses variations constatées et aussi le rôle de notre atmosphère, sont autant de sujets de la plus haute importance au point de vue de Taslro-pliysique et de la physique terrestre. La complexité de cet intéressant problème justifie donc que de persévérantes et longues recherches s’attachent à le résoudre.
- Lucien Rldaux.
- Fig. 10. — .Xutnics, suivis pendant leur marche, et accusant la clarté dans la région du ciel où se voit la lumière zodiacale ; pose 3 mn.
- p.24 - vue 28/439
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER J93S (')
- Quoique présenté sous une forme plus concise que précédemment, le présent « Bulletin astronomique » contient à peu près l’énumération de la totalité des événements célestes qui se produiront pendant le mois de février 1908,
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil variera, en février, de — i7°2i/ le xcl' à — 8T7' Je 28. La durée du jour, à Paris, passera de yh2.2lu le 1e1' à xoh5ain le 28. Le tableau suivant donne, de 3 en 8 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Fév. lui- lalVjm 19s Fév. 16 1 2li4m53s
- —.... 4 12 4 4° — «9 12 4 3g
- — 7 124 54 — 22 124 19
- __ 10 12 5 1 — 25 12 3 54
- — 13 12 5 0 — 28 12 3 24
- Observu lions , physiques. — Un trouvera au (( Bulletin
- astronomique » du xi° 2994, du xcl’ février 1907, quelques
- ind ica lions pour l’observal ion du Soleil. Voici les données
- nécessaires polir Soleil. orienler les dessins et les photographies du
- Date (o1’) P IL Lo
- Fév. 4 — i3>4 0 — o; 25 *M)4
- — 9 — >5,17 0 — 6,55 3o 1,11
- - 14 - iG,qG 0 — G, 80 235,27
- — 19 — 18,62 0 — 0,99 169,43
- — 24 — 20,13 0 — 7> >4 io3,58
- Lainière zodiacale; lueur unli-solaire. - — . La lumière
- zodiacale devient de mieux en mieux visible le soir, à l’Ouest. A observer du iG au 28, période pendant laquelle 11 Lune ne généra pas.
- I. Toutes les heures mentionnées ici sont exprimées ou Temps unirersel (T. IL), compté de ()h à. 24!1, à partir de ()h (minuit). Le « Temps universel » correspond au temps légal en France.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée, vers minuit, dr. ier au 5 dans le Cancer et du' 21 au 28 près de p Lion.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune en février 1908 :
- P. Q. le 8, à ol'33,n 1 D. Q. le 22, à 4h24m
- P. L. le i4, à 17h 14,n I
- Age de la Lune, le ier février, à oh = oj,4-
- Fins grandes déclinaisons, en février : le 10, à 3h = + 2i°35/ ; le a.3, à 1211 = — ai0»8L Remarquer la grande hauteur de la Lune dans le ciel le xo février, vers 20h3ora.
- Périgée de la Lune (plus petite dislance de la Terre), le 12 février, à 6h. Parallaxe' — 60 [i$n. Distance = 3(>4 1G0 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la l'erre) le 2/1 février, à x'1. Parallaxe = 54/n,/. Dis-1 a lice, = 4 o 4 G9G km.
- Occultations d’étoiles cl de planètes par la Lune :
- Date Lieu Éloile Magni- tude Phéno- mène Heure
- Fév. 4 Paris 20 13. D. + 5o 7111,2 6 9 I mm. 20111 im,2
- — 7 Paris 454 B. D. + 170 1mm. >9 49 4
- — 7 Paris p Bélier 5 6 Imrn. 20 52 8
- — 7 Paris 471 B. D. q- 17U 6 9 I m ni. 22 39 0
- - 8 Paris 643 B. D. q- 199 G 8 'Imm. 23 ig 0
- — 10 Paris 755 B. D. q- 210 G 3 Imm, 0 25 0
- — 21 Paris 1 Balance 4 7 Em. 1 57 8
- — 21 Paris 25 Balance 6 0 Em. 2 4g i
- Marres. — Les plus grandes xnarées du mois se produiront du 1/1 au 18 février, à l’époque de la Pleine Lune. Elles seront 1res importantes, puisque leur coefficient atteindra xo8 centièmes, le xG.
- 111. Planètes. — Le tableau suivant, qui a été établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de février xyo8.
- ASTRE
- 1
- Soleil .
- Mercure Vénus. Mars . Jupiter Saturne . UranusQ), Neptune f1)!
- Date : Février Lpver à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen-, sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- G 7 h 16 m 12'' 4m5os i6h54m 21 h i8in — 15044’ 82' 2g"2 Capricorne
- 18 G 56 12 4 44 17 >4 22 5 — 11 46 32 24,8 Capricorne r
- 28 G 38 12 3 ?4 17 3o 22 43 -86 32 20,2 Verseau j
- G G 28 10 44 i5 0 19 54 — 21 5i 5,4 Sagittaire 1
- 18 G 37 1 r i3 i5 5i 21 11 00 0 5,o Y Capricorne \
- 6 7 2.5 12 9 16 53 21 19 — 16 57 Q, 8 Y Capricorne j
- 18 7 1 2 12 20 17 29 22 18 — 12 5 9>8 0 Verseau ^
- 6 . 8 55 i5 6 21 18 0 18 + 1 37 5,o !\4 Poissons j
- 18 8 2 .3 14 5i 21 20 0 5i q- 5 16 4,8 s Poissons ^
- 6 7 6 11 4 a iG .9 20 55 — i7 59 3o,4 Capricorne ?
- 18 6 26 ii 6 1 3 47 2 1 G — 17 12 3o,4 Capricorne S
- 6 9 0 1457 20 55 .'011 — 1 15 .4,8 .5 Poissons )
- 18 8 i5 14 i5 20 j 4 0 i5 — 0 44 14,6 10 Poissons .)
- 3i 10 2g 17 4o 0 55 2 3o -|- 14 22 3,4 29 Bélier ?
- 2 8 32 i5 44 22 57 2 33 q- 14 36 3,4 ,29 Bélier j
- 3 ! 20 12 2 40 9 4 1128 d- 4 4a 2,4 89 Lion )
- 2 18 JO 0 3g 7 5 I 1 25 t- 5 0 2,4 8i) Lion ) 1
- VISIBILITÉ
- Inobservable.
- ^ • .fco.
- Inobservable.
- Dès l’arrivée de la nuit. Inobservable.
- Dès l’arrivée delà nuit.
- Première partie de la nuit.
- Presque toute la nuit.
- (1) Pour Uranus et Neptune, les positions sont données pour le 31 janvier et le 2 mars.
- p.25 - vue 29/439
-
-
-
- Mercure sera inobservable en février.
- Venus sera également, inobservable, arrivant, en conjonction supérieure avec le Soleil le 4 février, à /i1'.
- Murs, (buis les boissons, est visible (lès l’arrivée, de la nuit. Son diamètre est réduit maintenant, à moins de b".
- liras, la petite planète /|33, est passée en opposition le i/i janvier. Elle est encore bien placée pour les observations. On la trouvera aux positions ci-après (voir aussi la carte publiée au précédent « bulletin astronomique »).
- Date Ascension droite Déclinaison Magnitude
- Février 1 5I1 o»‘34s + 24"35' 7m,0
- — 7 5 .7 3/, -|- 20 2 7 7
- — i3 5 35 2 + .5 54 7 y
- — MJ 5 5 2 41 + 12 15 8 1
- — 25 6 10 26 4- 9 3 8 3
- Jupiter est. encore inobservable, trop près du Soleil. Saturne, sera en conjonction avec le Soleil à la lin du mois prochain.
- Voici quels seront les éléments de l’anneau à la date du 17 février :
- Grand axe extérieur........................ 36",58
- Petit axe extérieur........................3",06
- Hauteur de la Terreau-dessus du l’anneau . — 4")797
- Hauteur du Soleil au-dessus de. l’annrau . — G",208
- l remis est, encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Pour le trouver, utiliser une, jumelle et la petite carte parue au « bulletin astronomique » du n° 2992, sur laquelle on reportera les positions données au Tableau des planètes.
- iSeplune. vu se trouver en opposition avec le Soleil le 11 du mois prochain. Pour le reconnaître sur le ciel, il faut une, petite lunette cl une carte détaillée, connue celle que nous avons donnée au 11” 299/1.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 2o|l,Marsen conjonction avec Saturne, à 20 1' N.
- Le 4, à i8h, Saturne — la Lune, à 70 6' S.
- Le 4, a 2jl», Mars — la Lune, à 4°5g' S.
- Le 7> à 1 1 h, Uranus — la Lune, à 2°25' S.
- Le 15, à 23h, Mars — 189 Piazzi (6m,0), à 0019' S.
- Le 16, à i6*1, Neptune la Lune, à 6020' N.
- Le 17, à 5E, Mercure — -Jupiter, à i°23' S.
- Le 25, à 21 h, Mercure — t Verseau (4m,3), à 0° 3' N.
- Le 28, a 11 h, Jupiter — la Lune, à 5045' s.
- t'essayes de l’Etoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure (T. U.) Temps sidéral à o1' pour le méridien de Greenwich
- Fév. 3 Supérieur 161* 5111117S 8l'5om 3s
- — i3 16 il 47 <J 29 2(9
- 23 — 15 3 2 17 10 8 54
- Etoiles variables. — Minimu. d’éclat, visibles à l’oeil un, de l’étoile Algol (p Persée), variable de 2,ll,3 à oM1,5 en 2J20,1/i91" : Je 6, à 23Ilo5m ; le 9, à aoVib"1.
- Pc 7 février, maximum d’éclat de. T Grande Ourse, variable de 5m,5 à i3m,5, en 255 jours.
- Pc 19 février, maximum d’éclat de b Grande Ourse, variable de 5"’,9 à i3"‘,6 eu 299 jours.
- Pe 25 février, maximum d’éclat de b Cassiopée, variable de ,V",8 à i3m,0 en /112G jours.
- Mininki d’éclat de p Lyre, variable de 3'",5 à eu
- J2huh/i8m : le 3, vers 7**12m ; le 16, vers 7ui2m.
- Etoiles (Hantes. — Le îG février, essaim météorique dont le radiant, voisin de Capella (a du Cocher), est, situé par Ab := 7/1"; 1) = + /|8".
- V. Constellations. — 1,’aspecl. de la Voûte Céleste, le O1' lévrier, à ai1', ou le iô lévrier, à ao1, est ainsi représenté :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve l’étoile p du Coilicr. Autour du Zénith, les Gémeaux; le Taureau; Persée.
- A l'Est : Pe Pion; la Vierge; le bouvier.
- An Sud. : Orion ; Je Grand Chien; Je Petit Chien.
- ,1 l’Ouest. : Pe bélier; la baleine; Pégase.
- .lu Aord : Pe Dragon; la belle étoile Deneb, et du Cygne, frôle l’horizon. Em. Touciust.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’EMPLOI DES PELLICULES INVERSIBLES EN STÉRÉOSCOPIE
- La photographie stéréoscopique offre de nombreux avantages, mais, depuis quoique temps, elle est moins en faveur, sans doute en raison de la vogue des appareils de prises de vues de petit format, et surtout des caméras cinématographiques pour lilms réduits.
- Los appareils stéréoscopiques sont souvent plus encombrants et plus lourds que les appareils monoculaires, ils exigent l’emploi d’un système optique pour l’examen des
- positifs, mais une première amélioration leur a été apportée par la. substitution lies magasins à, bobines de pellicules aux anciens magasins à plaques. Ou diminue ainsi le poids de l'appareil et le prix du négatif, sans nuire à la qualité, grâce aux progrès des émulsions. Mais après l’exécution des négatifs, il reste à tirer des positifs inversés sur plaques de verre, ce qui complique le problème et augmente les frais.
- Il paraît possible aujourd’hui d’éviter cet inconvénient, 011 employant pour les prises de vues des pellicules inversibles, analogues aux Jllms qu’on emploie dans les caméras cinématographiques de format réduit. Ces films inversibles permettent d’obtenir directement des positifs sur le même support, à condition, bien entendu, de se contenter d’une seule épreuve.
- p.26 - vue 30/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Sur les autres mondes, ]>ur L. JVuoacx. I vol., 222 p-, 3I3 grav., 7.'! pl. en noiv, 20 pi. en couleurs. Librairie Larousse, Paris, .11)37.
- C'est à l'exploration du monde planétaire que nous convie ici notre collaborateur Rudaux ; il ne se contente pas d’exposer d'une lapon aussi claire qu’attrayante ce que nous savons aujourd’hui de ces mondes voisins et par quels moyens ces connaissances ont été acquises ; il met sous nos yeux dans une suite de magnifiques illustrations, tout ce que l’observation et surtout la photographie ont pu nous révéler de la surface île ces astres. Pour la Lune, si voisine de nous, cette documentation iconographique est particulièrement abondante et d’une véritable splendeur. Mais l’ambition de l’auteur no s’est pas bornée là : il nous transporte réellement sur notre satellite et sur chacune des planètes et là, synthétisant les données fournies par la science astronomique, il reconstitue ce que verrait l’explorateur terrien transporté dans ces antres inondes. Artiste aussi habile que savant astronome, il nous présente une série d’admirables paysages Lunaires et planétaires qui sont une joie pour la vue en même temps qu’une éloquente présentation des données scientifiques exposées dans le texte.
- L’éditeur mérite également de vifs compliments pour l’exécution parfaite de cet ouvrage qui enchantera les amis des beaux livres.
- Les tubes à vide èt leurs applications, par le If1' IL Laukiiauskn. Traduit de l’allemand par Ed. Labin. t. IL Les amplificateurs. 1 vol., 302 p., 127 Jig. Dunod, éditeur, Paris, 1937.
- L’ouvrage du l)1- Barkliauscn, professeur à l’Ecole supérieure technique de Dresde, sur Jes tubes à vide est un des plus remarquables qui aient été publiés sur ce vaste sujet. Du y trouve exposés avec autant de clarté que de précision le mode do fonctionnement des divers tubes à vide aujourd’hui utilisés eu. radio-technique, ainsi que des théories générales d'une grande valeur pratique, éclairant le technicien dans le choix des moulages, et lui permettant par des formules simples d’en calculer à coup sur Jes organes essentiels. La traduction française de ce livre est donc appelée à rendre de signalés services aux radio-électriciens français. Le présent volume est consacré entièrement aux problèmes d’amplification. U analyse d’abord lu préampliüeaiiou, dans laquelle Lampliü-•oateur n’agit que sur des amplitudes très petites et établit les conditions de fonctionnement optimum, puis il. passe à ramplilieatiou de puissance dans laquelle ou part d’ampii-Iudes déjà élevées et où les distorsions sont à craindre. Il montre comment celles-ci peuvent être délinics cl: calculées, comment on peut les réduire ou les supprimer, ci réaliser un rendement élevé.
- Il passe ensuite à l’auiplilication d’émission où il s’agit avant tout d’obtenir un rendement, élevé, Je degré d’ampli-liralion et l’absence de distorsions passent au second plan. Ces études sont suivies d’une théorie des montages où l’auteur analyse le rôle et Jes propriétés des éléments de montage extérieurs aux tubes. Cette théorie, très simple en môme lomps que très générale, est une des parties les plus originales de l’ouvrage et sera de lu plus grande utilité pour les techniciens.
- Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes, par l’Abbé II. Coste. Tome 1, 504 p., lig. Prix : 89 francs. — Tome II, 927 p., Jig. Prix. : .129 francs. Librairie des sciences cl: des aids, 109 fris, rue de Rennes, Paris, 1.937.
- La Hure de l’Abbé Cos te est un ouvrage fondamental, d’une exactitude rarement atteinte. Rééditée en 1.901 avec une introduction du professeur Flahault sur la flore et la végétation de la France qu’on considère comme l’étude de base de la géographie botanique on notre pays, elle était de nouveau épuisée, introuvable. Par un procédé nouveau de reproduction, ou vient d’en faire un nouveau tirage qui comprendra trois volumes et un supplément composé par M. Lhommc d’après les documents et manuscrits laissés par l’Abbé Coste. L’œuvre fera 1.900 pages et comportera 5.000 figures. Les deux premiers tomes viennent de paraître, parfaitement édités, avec
- tou le. lu précision désirable dans les très nombreux dessius. Il a'est aucun botanisle, systémalicien ou herborisàteur qui veuille ni qui puisse s’en passer.
- Discovery Reports. Volume XV. 1 vol. in-4°, 284 p., 59 lig., 99 pl. Cambridge University Press, London, 1937. Prix : 2 £. 1.9 sli.
- Le volume XV contient deux mémoires hydrographiques cl deux zoologiques. Les premiers, de M. Dcaeon, rassemblant toutes les données de la Discovery autour du Pôle Sud, essaient une. synthèse des mouvements des eaux de l’Antarctique ; on y voit Jes eaux subtropicales aller eu surface vers Je Sud el, les eaux an lave tiques froides aller en surface vers le Nord ; elles se mélangent cuire 40° et 90° et, eu profondeur, ou observe un courant antarctique intermédiaire vers le Nord, plus Iras, un courant chaud vers le Sud, plus bas encore un courant froid vers le nord ; les mêmes faits s’observent tout autour du pôle, mais la masse d’eaux froides du fond, au Sud. de l’Atlantique s’étend vers l’Est et va pcnt-êtva rejoindre la masse au Sud de l’Australie. Celle question capitale, pour expliquer la distribution du plancton. qui est la nourriture des baleines est confrontée, avec la théorie de lîjerkncs sur la circulation océanique et révèle certaines discordances. M. Powcll décrit 128 espèces nouvelles de Mollusques dragués dans les eaux de Nouvelle-Zélande et M. Aloo Laurio public do nouvelles notes biologiques sur les baleines, leur croissance, leur maturité et leur rythme de. reproduction ; de l’examen des corps jaunes prélevés sur les animaux pris par les méthodes modernes de pêche pélagique, il conclut qu’on détruit nombre d’immatures, (pie Je stock d’adultes va en diminuant et qu’une réglementation pro-
- I cri rire est nécessaire si l’on ne veut pas ruiner la pêche rapidement.
- Encyclopédie française. Tome VI. L’être humain. Santé, maladie, publié sous la direction de René Lkiu-oiie. 1 vol. in-4°, fi g., pl. Encyclopédie française, 13, rue du Four, Paris, et Larousse, Paris, 1939.
- Dirigé par un grand chirurgien, écrit par une équipe de maîtres de l’école médicale française, ce livre est une somme et un inventaire de la vie physique de l'homme, l’homme sain, de la naissance à la mort, l’homme malade, confié au médecin. Cela nous vaut un tableau bref de la physiologie, un autre' plus poussé des maladies et de leurs traitements, une vue très vivante de l’état actuel des grandes disciplines médicales, de la profession et du travail du médecin, de la recherche de laboratoire, pour aboutir à une conclusion du Dr Leri-che : ofi va la médecine ? vers un humorisme nouveau ; et la thérapeutique ? vers' la physiologie. Ecrit, comme toute l’Encyclopédie française, non comme une technique, mais comme une philosophie de notre époque, il s’adresse aux médecins qui y trouveront un tableau d’ensemble, une synthèse, une direction, et à tous les hommes, malades avoués ou qui s'ignorent, passés ou futurs, qui ne manqueront pas d’être frappés do la complexité de l’organisme, de l’harmonie de ses fonctions, de l'individualité des tempéraments, s’opposant à l’analyse, aux notious générales élémentaires,' justifiant l'énorme effort de recherche dont ce livre fait le point.
- La Bretagne, par René Musset, Doyen de la Faculté des lettres de Caen, Professeur honoraire à F Université de Rennes. I vol. iu-tti, 12 cartes. Collection Armand Colin, 103, boulevard Saint-Michel, Paris). Relié : 17 fr. 90 ; bro-» ehé : 19 francs.
- Sous une forme simple et attrayante, l’auteur expose l’organisation économique du pays en la. rattachant au milieu physique ; il dégage les traits d’une physionomie originale entre toutes : champs, maisons, villages, églises, châteaux, manoirs.
- II présente les types de villes, le développement,, l’activité des principales d’en Ire elles. H décrit la vie de la « Montagne » archaïque, l’existence du paysan, du maraîcher, du marin. Il lie le présent au passé : vieux saints celtiques, noms des villages prennent un sens. La vie religieuse, politique, est analysée avec tact et pénétration.
- p.27 - vue 31/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- CONSTRUCTION .
- La résistance du béton armé aux projectiles aériens modernes.
- Les bombardements aériens effeelifs que les guerres se poursuivant à l'heure présente ont permis malheureusement d'étudier, aussi bien en Espagne qu’en Chine, auront tout au moins un avantage indirect, c’est de renseigner exactement sur la valeur des abris bétonnés. Etant donné leur importance aussi bien pour la population civile dans les villes que pour les armées dans les abris de la ligne Maginot, celle valeur a une importance fondamentale. Jusqu’à ces derniers temps, par suite de l’accroissement continu du volume des bombes d’avion, on ne possédait pas de renseignements expérimentaux précis.
- C’est, qu’en effet, le problème du cuirassement conlre le bombardement aérien est totalement différent du même problème dans le cas du tir par canons.
- Les obus terrestres frappent l'obstacle avec une grande vitesse d’impact, leur charge explosive, par suite du développement des parois pour résister aux efforts du lir, n'est guère que de 5 à G pour ioo et ils louchent le but sous des angles variables dépendant des conditions du tir.
- L’obus aérien ne peut dépasser une vitesse d’impact de 3oo m environ par suite de la résistance de l’air et de l’absence de vitesse initiale (la pesanteur est la seule force motrice), par contre, il peut être à parois minces et contenir ainsi 5o à Go pour ioo d’explosif. Enfin, il rencontre l’obstacle sous une incidence très voisine de la normale.
- En ce qui concerne le basculement du projectile à l’impact, de lapon à le faire dévier et réduire (ou supprime]’) les effets d’éclatement, on a proposé des abris en forme tic cône ou pain de sucre. Quant à la résistance de l’abri, c’est-à-dire à l’épaisseur de ses parois, il est plus sûr de la calculer en supposant que le projectile arrive de plein fouet, normalement à la surface.
- L'effet de la perforation due au projectile est fonction de la nature du matériau de cuirassement : si l’on prend l'acier doux comme unité, si un projectile traverse <: d’acier, il traverse 5 à G e de béton armé (de résistance à la compression 200 kg/cm-) et. 55 à Go e de sable.
- Pour une même vitesse d’arrivée do 45o m/s, sur un revêtement de béton armé de 200 kgr/cm2 de résistance à la compression, ou a calculé que les épaisseurs traversées, en fonction du calibre de l’obus sont les suivantes :
- sable les abris bétonnés. Le sable, en effet, forme bourrage qui augmente la puissance de l’explosion et généralise les effets de dislocation.
- 11 y aurait peut-être intérêt, au lieu de constituer les parois des abris de blocs de béton homogène, de réaliser le saudwiohage dont nous avons déjà parlé à propos des blindages, en associant des plaques d’acier aux plaques de béton. Un augmenterait ainsi la résistance en diminuant l’épaisseur et par suite le prix de revient.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Anomalies de température des eaux souterraines.
- Un sait que la température des caves cl des sous-sols profonds est constante et égale à la température moyenne du lieu. C’est ainsi que les sous-sols de l’Observatoire de Paris, les catacombes et meme le métropolitain ont une lempérature constante de i i° environ.
- D’aulre part on sait également que lorsqu’on s’enfonce dans l’intérieur de la terre, la lempérature croit de i° par 55 m environ. C’est ce que l’on appelle le degré géothermique.
- Dans ces conditions, comment s’expliquer les variations considérables de température que présentent entre elles les diverses sources Si un grand nombre suivent la règle du degré géothermique, comme l’eau du puits artésien de Grenelle qui, puisée à une profondeur de 5/|8 m, a une température de n7°/i4, d’autres très nombreuses s’en écartent notablement.
- Par exemple, à Pressagnv l’Orgueilleux, l’eau artésienne est à j70 alors qu’elle devrait être à x3° ; tandis que par contre, à Pantin, ejle n’est qu’à :ujuG alors qu’elle devrait être à 37°o6.
- Les .géologues font cadrer ces résultats avec la théorie en disant que, dans les cas comme celui (le Prcssagny, l’eau a un gisement plus profond que le niveau où elle est puisée, tandis que pour les cas analogues à celui de Pantin, on suppose que le gisement de l’eau est à un niveau plus proche du sol ci que c’est par suite d’un accident local qu’elle s’enfouit plus bas, au niveau qu’atteint le forage.
- Mais il est des cas où de telles explications ne peuvent plus être considérées. C’est lorsque la température de l’eau est inférieure à la lempérature moyenne annuelle et M. P. Lemoine attire l’attention sur ce problème qui n’a pas encore été étudié, ni interprété.
- Obus de 77 mm . 0 m 4o Ira verse
- )) i5o mm . 0 m 80 »
- » 210 mm . 1 m 10 »
- )) 3o5 mm . 1 m 5o »
- )) 4 20 mm . 2 m 10 »
- Dans le cas de bombes d’avion à parois minces, ayant une même vitesse d’arrivée de 000 m/sec, on arrive, pour l’épaisseur de la dalle de béton fendue par l’explosion, aux résul-lals suivants :
- Poids de la bombe Epaisseur traversée
- 1 0 kgr . 0 m 45
- 1 OO » . . 0 m 55
- OOO » . 0 m 80
- I . (300 » 1 m 25
- H* OC 0 )> • . 1 m 00
- c’est-à-dire que pour être en sécurité, il faut donner au toit de l’abri une épaisseur double de celle indiquée.
- Enfin, il faut éviter de recouvrir d’une couche épaisse de
- Les sources qui se trouvent avoir une lempérature nettement inférieure à la normale sont en réalité assez rares. L’une d’elles est la source de Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure) célèbre depuis Louis XIII et qui avait une température aux griffons de G0 en iSi/j. Actuellement les eaux sont un peu plus chaudes (io°,5 à ii°,5) mais elles ne semblent plus avoir les mêmes propriétés non plus; on a dû perdre le griffon primitif au cours des travaux d’aménagement.
- M. Lemoine cite également les eaux de Frcsnes-les-liungis captées par les Romains et qui amenées par l’aqueduc d’Arcucil alimentaient Paris. Elles sont de y°,G à y°8; les eaux de Trebas (Tarn) seraient à 6° et surtout l’exemple le plus frappant est celui des sources d’Uammann Righa et Tenied cl Had en Algérie, dans les environs d’Alger et qui sont respectivement à 8° et 90.
- D’aulre part, on a constaté que la température des Océans, dans les très grands fonds est voisine de zéro. On admet, généralement, sans bien insister d’ailleurs sur le mécanisme de l’opération, que l’eau froide des pôles, plus lourde
- p.28 - vue 32/439
-
-
-
- (maximum de densité à 4°) gagne le fond des mers.
- Sans même s’arrêter aux difficultés de circulation des courants qu’il faut supposer exister, cette explication est en défaut pour les mers fermées comme la mer Caspienne. De plus, si le fond de la mer est à 6.000 m de profondeur, d’après le degré géothermique la température devrait y être de 3oo° environ. Il y a là une contradiction évidente, qui n’a jamais élé signalée et qui semble bien difficile à expliquer sans faire intervenir des procédés nouveaux et inconnus de refroidissement s’appliquant à la fois aux eaux marines et aux anciens sédiments marins desquels sortent en général les sources à température anormalement basse. En tous les cas, il est intéressant d’attirer l’attention sur ce problème et d’une façon générale sur la température des eaux profondes trop rarement notée par les observateurs.
- PHYSIQUE
- L’azote lourd et ses applications.
- On sait cpie, l’azote ordinaire est constitué par un mélange de deux isotopes dont les nombres de masse sont respectivement j!\ et i5, ce dernier n’étant d’ailleurs présent dans le mélange qu’à la dose de l\. millièmes.
- Le. professeur - lire y de l’Université de Colombia, titulaire. du prix Nobel ipa/j pour sa découverte de. l’eau lourde, dont la préparalion est devenue industrielle, .ainsi que nous l’avons signalé précédemment, s’est attaqué au problème de la séparation par voie, chimique des deux isolopes de, l’azole et l’a récemment résolu, malgré les difficultés particulières qu’il présentait.
- En ' effet, dans le cas de l’hydrogène par exemple, si gène! léger a un. poids de 1, l’atome d’hydrogène lourd, le. de.utérion, pèse. a. A la. même échelle, un atome d’azole léger pèse r/* et un atome, lourd i5. C’est cependant «le celle petite différence qn’Urey s’osl, servi pour séparer les deux isotopes.
- Il a utilisé une colonne à distillation fractionnée à plateaux de i5 cm de diamètre, et 10 m 5 de hauteur, garnie de r. :?oo pci ils plateaux d’acier formant étages. Au sommet de la colonne arrive une solution de sulfate d’ammonium, qui contient des atomes légers et des atomes lourds. À la partie inférieure île la colonne, Je sulfate tombe sur de la soude caustique et se décompose en donnant de l’ammoniac, dont une partie reste, dans la solution tandis que l’autre s’élève, dans la colonne où il rencontre Je courant descendant de la solution de sulfate d’ammonium. Les molécules d’ammoniac renfermant l’azote léger (N14) ont, tendance à rester dans le gaz, tandis que les molécules d’ammoniac renfermant l'azote lourd (N,,) passent plus rapidement dans la ' solution. C’est-à-dire que l’azole lourd s’accumule peu à peu dans la soin lion inférieure de sulfate d’ammonium. En.faisant fonctionner l’appareil en circuit fermé, on arrive, après 13 jours de traitement, à une teneur en azote atteignant a,5/| pour roo, correspondant à un enrichissement, de 6 fois cl. demie. Bien que l’on soit encore loin des teneurs que l’on a pu réaliser pour les autres isolopes matériellement isolés (deutérion, lithium 6 et 7, néon 20 et 22) on peut considérer le problème comme résolu et, un nouveau domaine de recherches extrêmement importantes est ouvert aux chercheurs. .
- En effet, nous avons vu, en parlant de l’emploi des isotopes radio-actifs (’), que ces corps, employés comme indicateurs, comme « étiquettes » pourrait-on dire, faciles à repérer, permet lent de suivre la trace d’un élément chimique à travers Iouïes ses transforma lions et les péripéties
- I. La Nature, 110 MO I il.
- . —::::::::: 29 =====
- de son voyage dans l’organisme des plantes ou des animaux.
- Les atomes lourds, en particulier le deutérion et son composé si intéressant, l’eau lourde (D20) ont déjà donné cuire les mains de savants tels que Krogh et Ussing de Copenhague, llevesy, Bonhoeffer, Münzberg et surtout Schoenheimer cl, Rillenberg à l’université de Colombia, des renseignements extrêmement importants. L’avantage de leur emploi, est qu’ils ne subissent pas le vieillissement comme les substances radio-actives, leur vie moyenne est infinie, de sorte que des expériences de longue durée peuvent être entreprises. Par contre, il semble que l’organisme vivant, plus subtil dans son inconscience que les savants, différentie nettement l’eau lourde par exemple de l’eau ordinaire, et que l’eau lourde, à des concentra lions fortes, se comporte comme un poison.
- L’intérêt considérable que présente l’azote lourd est de nous permettre, pour la première fois, de pénétrer plus profondément encore qu’avec Je deutérion dans la vie des tissus et de suivre leur histoire au cours de leur existence. C’est qu’en effet l’azote est l’élément essentiel de toute substance vivante depuis les protéines, l’albumine du blanc d’œuf, la caséine du lait, jusqu’au prol.oplasma et au noyau des cellules vivantes. Les possibilités et les perspectives que l’on peut entrevoir sont bien de nature à enthousiasmer les biologistes : non seulement, on peut espérer suivre la construction et la formation des protéines et leur mode d’action, mais encore résoudre des problèmes particuliers passionnants. Par exemple la vitamine I) qui empêche le béri-béri et la paralysie, produit essentiel' à l’existence, bien que présente, en 1 races infimes, renferme l’azole comme élément de base. En utilisant l’azoie lourd on pourra peut-être pénétrer plus avant dans le domaine mystérieux du système nerveux. De même, les bactéries qui fixent l’azole pour le transformer en nitrates livreront-elles aussi leur secret de fabrication. La chlorophylle est également un composé azoté, et on entrevoit un moyen d’étudier la photosynthèse dont le mécanisme est encore inconnu.
- Aussi un intérêt particulier s’altache-t-il aux recherches que. Schoenheimer et Riltenbcrg ont entreprises avec les mélanges riches en a/.ole lourd que leur ont immédiatement fournis IJrey et Huffman, leurs collègues à l’Université de Colombia.
- Tout d’abord, ils ont cherché si l’azole, lourd pouvait être utilisé comme indicateur. A col; effet, ils préparèrent, à parlir de l’azole lourd, la glycine, un des amino-acides entrant dans In constitution des protéines et constatèrent que l’idcnlifiealion future de son existence était possible.
- Ils combinèrent ensuite celle glycine « lourde » avec l’aride benzoïque pour former l’acide, hippurique, produit de désassimilation de l’organisme. Us firent absorber cet acide par des rats et le retrouvèrent dans les urines. Ainsi l’acide « étiqueté » par l’azote'lourd avait été absorbé par les parois de l’intestin et transporté par le sang dans les reins.
- Dans une autre expérience, ils injectèrent de l’acide benzoïque (qui est un résidu normal de l’activité vitale) et de la glycine « lourde » dans le sang et constatèrent, l’élimination d’acide hippurique « lourd ». Ceci montre que l’organisme, pour éliminer l’acide benzoïque peut se servir de glycine libre, sans que Je protoplasma soit forcé de s’adresser à une des protéines contenant de la glycine.,
- On voit par ces quelques exemples) premiers éléments d’une série, de recherches qui seront sans doute extrêmement importantes aussi bien théoriquement que pratiquement, que la séparation par Urey de l’azote lourd a une portée scientifique toute particulière. H. Vigneron.
- p.29 - vue 33/439
-
-
-
- 30
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTIONS D'AMATEURS Jeu de constructions d’instruments d’optique.
- Les jeux de consi .mêlions mécaniques ou éleclriqucs sont 1res en rogne à l’heure actuelle.
- Voici un nouveau jeu particulièrement original, qui permet aux amateurs de conslruire 1res rapidement et sans connaissances spéciales un 1res grand nombre d'instruments d’optique, depuis les plus simples jusque cl, . y compris des microscopes, des kaléidoscopes, des lanternes magiques,
- des caméras pholo-Fig. 1.—Construction d’un epidiascope. graphiques, des epi-
- diascopes et même,
- des projecteurs cinématographiques.
- Les appareils montés peuvent être utilisés pour des usages pratiques. Le jeu comporte. Ionie une série de châssis métalliques., de plaques, de tubes, de ris et d’écrous filetés, de supports divers et de. lentilles convergentes et divergentes, avec leurs montures rapidement démontables.
- Un livret de moulage fourni par le constructeur donne les instructions nécessaires pour assembler ces pièces détachées et réaliser les divers moulages.
- 31 41
- Montage d’un microscope à l’aide des pièces détachées de la ho île de. construction.
- Fig. 2.
- On voit sur les figures t et a, comment on peut réaliser un épidiascope pour la projection directe des corps opaques et un microscope pour observation directe ou pour photographie.
- Établissements Hornstein, 18, me du Temple, Paris.
- OBJETS UTILES
- Rasoir électrique automatique.
- fie rasoir automatique permet de couper le poil a sec, a la manière d’une tondeuse et non d’une lame coupante. La tête comporte deux peignes analogues à ceux d’une tondeuse, mis en mou-v e m eut alternatif par une petite bielle actionnée par un petit moteur élcclrique s’alimentant sur le secteur.
- La surface du peigne est plate, et, pour faire fonctionner l’appareil on l’applique à plat sur la peau.
- La plaque extérieure, de l’épaisseur d’une feuille de pa-p i e r d’emballage ordinaire, coupe le poil au ras de l’épiderme, sans racler la surface de celui-ci.
- Ce rasoir à sec est plus coûteux d’achat, qu’un rasoir ordinaire, mais il économise savon, crème, et blaireau. Il rase d’une façon parfaite, sans jamais irriter la peau. Le rasoir de sûreté à lame coupante min<;e se voit dès maintenant menacé dans sa suprématie. Une nouvelle évolution s’annonce, dans l’art de se raser. Panne!ier, ;>.(>, rue de la Pépinière, Paris.
- Fii/. fi. — Le nouveau rasoir.
- CINEMA
- Pied-support pour le cinéma d’amateur.
- Les caméras cinématographiques d’amateurs à films de petit, format peuvent, être utilisées à la main, mais les modèles plus lourds, pour prises de vues au studio et pour objectifs à longue distance focale demandent une grande, précision de visée, et un pied-support, devient nécessaire.
- Ces pieds sont généralement eu bois, construits pour assurer une stabilité rigoureuse ; ils sont munis d’une, plate-forme panoramique. p e r m e, I, I, a n I, l’orientation facile do la caméra dans tous les sens.
- Le modèle représenté ligure !\ est particulièrement pratique; il est muni de tiges réversibles avec pointes en caoutchouc, permettant. de le. poser sur le sol ou sur un parquet sans qu’il glisse; ira long manche permet d’orienter à distance la plate-forme pa-l noramiqne. dont le blocage dans le. sens vertical et, dans le. sens horizontal s’effectue en un seul temps. Ira fixation de la caméra sur la plate-forme est obtenue par un dispositif rapide, sans qu’il soit nécessaire de la visser de la manière habituelle.
- Établissements P. Monier, ,‘lj, avenue Nie], Paris.
- Fig. 4. — Vied-supporl perfectionné pour caméra d'amateur.
- p.30 - vue 34/439
-
-
-
- BOITE AUX
- COMMUNICATIONS
- Tension et bris spontané du verre (n° 3013).
- I.n y al lira a publié une intéressante observation rie M. P. Garnier, ila Bamako, sur la implore spontanée d’un verre, en quantité de petits morceaux. Voici d’abord la, photographie prise, après l’explosion, le fond du verre craquelé, fragmenté, dans un autre, verre resté intact cl, les débris granuleux ramassés dans toute la pièce.
- (le fait serait-il fréquent ? Al. Pierrot., surveillant général du lycée, Victor-Hugo, à Besancon, nous en envoie plusieurs observa l ions. Les élèves pensionnaires du lycée, dit-il, brisant fort souvent, leurs verres, on leur en a fourni d'incassables, choisis après une démonstration de solidité .faite par le vendeur qui les laissait tomber à terre sans dommages. En
- Fr/. I. — Le carre brisé <h Ihnnalm.
- juin dernier, alors que. les élèves élaienl-à labié et n’avaient pas encore versé de boisson dans les verres, une, explosion al,lira l'attention des surveillants : un verre venait de. « dis-para.il re. » et la labié, était à lel point ('ouverte de « grains de sels » qu’il fallut, changer le- plat et les assiettes. Récemment, un élève, en versant de l’eau dans son verre-, provoqua le même bris et les parcelles, heureusement inoffensives, couvrirent une surface, de 15 à 4 m2. Enfin, au lavage, ces verres incassables éclatent parfois an moment où on les plonge dans l’eau plus on moins chaude.
- A propos des brunies de sable (n° 3012). — M. Emile, Solari, à. (larqiiciranne, nous communique l'intéressante observation qui suit. :
- « .le crois intéressant, de'signaler que j’ai observé au sujet do l’une des brumes de sable — dont je n’ai pas noté la. date — probablement, le 20 mars P.)!!7 indiqué dans la communication de, M. Berger — ou tout cas vers celte époque — la venue de sables par vent au sol du Nord-Est. Comme l’arrivée, de vents du Sahara avait été annoncée par météo, j’ai pu conjecturer l'identité de ces sables — mêlés de gouttes de pluie qui en faisaient une boue légère, Irès visible sur les vil.ru-r'es et, les carrosseries d'autos — par l’observation suivait le : si le, vent au sol était bien N.-E., on voyait, vers 1.000 m environ, très nettement la course des nuages venant du R.-W. I.o vent au sol venant du N.-E était anormalement tiède. On pouvait penser, comme, je. l’ai fait, (pic les poussières de sable, portées par des courants Irès chauds en altitudes moyennes ou hautes, allaient; se. refroidir avec ces courants sur les Alpes et, revenaient, avec eux au sol vers la mer.
- LETTRES
- N,
- L’aspect caractéristique des gouttes ou jets boueux venant du ciel — cl, très visibles sur surfaces lisses — était très facile-,, ment observable et de nombreuses personnes en ont parlé ici ».
- De tout un peu.
- M. Ed. Gélis, rue de Furstembergq à Paris. — I» Les artisans capables d’exécuter de petits travaux de photographie sont extrêmement nombreux : adressez-vous, dans votre quartier, aux revendeurs d’articles photographiques ;
- 2" Société française de Photographie, nI, rue de fllicby, Paris (11"). ’ : '
- M. S. Brousse, à Saigon. — 1° La manière la plus simple de glacer des photographies consiste dans l’emploi de plaques de tôle émailléo ou do plaques en laiton chromé. Ces articles se trouvent dans les lionnes maisons de photographie. Au sortir du lavage, les épreuves sont placées, sous l’eau (pour éviter les bulles d’air) la face gélutinée du papier contre, la, surface polie, des plaques. On essore à l’aide de papier buvard et on laisse sécher librement à, l’air. Les épreuves, une fois sèches, se détachent d’rllcs-mêmes du support.
- On peut, plus simplement, utiliser des plaques de verre parfaitement propres, fruitées préalablement avec une solution de I à, 2 pour 100 de cire, dans lu benzine, ; cependant, il peut arriver, avec certains papiers, qu'après dessiccation il soit, très dillirile sinon impossible de, séparer le papier du verre. Ou oblient des résultats plus constants en plongeant les épreuves et le verre dans de, l’eau contenant une proportion très faible (2 cm3 pour I litre) de te Olacéine Lumière ». Le verre a l'avantage de permettre le glaçage sur les deux laces. Veiller surtout à, utiliser uni', eau dépourvue de, grains de sable.
- 2° Nous donnerons un peu plus lard le, moyen de construire lacilement un agrandisseur utilisant l’appareil de prise de vues. Dans votre cas, il faut, vous procurer un condensateur double de <S0 mm de diamètre, couvrant bien le format 4 1/2 x (i. Emu me source de lumière, une lampe opale de 4(f à LO vv. Vous déterminerez expérimentalement les distances de la lampe au condensateur et du condensateur à. l’objectif par un montage préalable effectué sur une labié. Ensuite, ayant ces données, vous pourrez (mlreprendre la. construction d’un agrandisseur verlicnl.
- M. G. Marquant, à Nort-Rerque. — Le métaldéhyde se trouve couramment chez lous les fournisseurs d’articles de camping sous le nom de Mêla ou charbon blanc.
- A défaut, vous pouvez vous le procurer à la. Société cenlrule de, produits chimiques, ancienne, maison Rousseau, 44, rue des Ecoles, il. Paris.
- M. Poncin, à Buzancy (Ardennes). — Le liquide employé dans la fnbricalion des accumulateurs pour empêcher le minium ou la lilharge qui doivent garnir les cellules, est simplement de l’acide sulfurique dilué.
- M. Joigneau, à Ag’en. — Pour enlever les lâches d'eau savonneuse sur votre sous-main en cuir, il vous suffira de les frotter légèrement avec une flanelle, très propre imbibée, d’alcool à brûler.
- Dans le cas où le cuir après celle opération aurait un peu baisse de ton, passer avec un pinceau une couche, légère de brou, de noix élendu d’eau, bien laisser sécher -puis eneans-liquer.
- M. Gandonef, à Franclieu (Saône-et-Loire). — La condition essentielle pour que le plafond humide de voire étable ne soit pas altéré est, d’assurer une circulation d’air, sans courants d’air cependant pouvant passer sur le dos des animaux, par des ouvertures grillagées disposées sur des murs opposés au Nord et, au Sud, ouvertures munies de volels, permettant de, régler à volonté cette circulation.
- p.31 - vue 35/439
-
-
-
- 9'
- 32
- Comme précautions complémentaires, vous pourrez, afin d’éviter le développement des moisissures, passer sur le bois une solution saturée de sulfate de cuivre .(vitriol bleu) utilisé couramment pour le sulfatage des céréales.
- M. Lambert, à Alger. — Pour entretenir en bon état de souplesse et rendre insensibles aux variations hygrométriques de l’air, les cordes de raquettes, il vous suffira de les enduire, étant bien sèches, d'huile de vaseline, puis le lendemain, lorsque l'imprégnation sera complète, de les essuyer soigneusement. ' ' • •
- ; W v
- M. Chairlbost, à Gariel. — L’engorgement des engrenages de. tondeuses à gazon est dû aux sucs albumineux qui fixent les débris provenant de la Ionie ; nous pensons que vous pourrez facilement obtenir un dégagement en faisant bouillir la pièce dans une eau additionnée de b pour 100 de lessive de soudé caustique'du commerce (potassium des peintres) ce qui sera sans aucun danger pour la. fonte ou l’acier.
- M. Roeltgen, à Senlis. — La nature des matériaux qui ont été ••employés dans la construction de votre maison a évidemment une relation avec J'humidité constatée, mais la cause essenliélle est ailleurs : disposition en bas de coteau, par exempte, .absence de cave, etc. C’est pourquoi l’imperméabilisation du mur de votre corridor ne sera qu’au palliatif.
- Si loiilel'ois vous voulez faire une ten tative, mous vous conseillons la fluatation au moyen' des produits que fabrique depuis de longues années la maison. Teisset-Kessler dé Clermont-Ferrand.
- (fnnnf à l’emploi d’un papier spécial, il.n’y faut pas compter, un décollement final sera toujours la. conclusion.
- M. Carrière, à Saint-Paterne. — Les fils de vos éclic-veaux qui se, prése.nlent lisses et raides sont très probablement constitués pur du coton gazé et ciré, les fils frisés étant du coton laissé à l’étal, milurel. et pmi lordu. A notre grand regret nous ne pouvons poursuivre- mie. étude [eehniqiie de. ce genre qui doit telro réservée à des spécialistes.
- M. Baldo Baldesehi, à Perugia (Italie). — Les souillures . de mouches s'enlèvent facilement lorsqu’elles ont été ramollies dans l’eau tiède ammoniacale.
- Dans le cas qui vous, intéresse de couvertures de livres non reliés, la manière la plus pratique d’opérer serait, à notre a,vis, de détacher par un trait de canif, la dite couverture puis de la mettre tremper un temps suffisant dans l’eau ammoniacale disposé® dans une cuvette photographique de dimensions ' convenables. • .Par--balancements prolongés de la cuvette, les souillures Ké'détacheront d'elles-mêmes et un frottement léger avec un. tampon de coton rendra au papier sa netlelé. Il ne restera plus qu’à, essorer la feuille au papier à (Mirer, puis, à laisser sécher sous une planche chargée de poids. Lu filet de. colle permettra enfin une remise en place presqu’invisible de.'l-a couvdrlure nettoyée.
- - .. ’ij" .. \ . - :
- M. Claudius, à Tiéntsin.— La préparation suivante peut être iMuploy.ét'.;s])niir .teinture en noir des clmussnres dé •- cuir jaune ;
- Prendre : y. .;. g"
- Nigrosine. à l’alcool , , . .. ; • - 40 gr
- G diorarne bique . . . i 50 —
- Alcool dénaturé J.000 cm3
- •g Agiter- fréquemment jusqu’à obtention d’un produit homogène, laisser reposer et décanter. .
- ..^employer au pinceau, sans filtrôr pour conserver les cires Vie la'gomme laque. /G"
- M. Bâpaud/ à Orléans. — Vous n’avez très probablement pas bien interprété notre réponse dû n° 2008, page 335,'concer-nantfl’olitentibn d’une' encre bleu-noir.
- m.
- V La formule "‘••lllc
- le (Je J?ase "d’ ii dc’hiéthvlè
- encre bleue.était lène . . . . .
- Eau ordinaire . A;.,
- jv m
- 8 gr 1.000 —
- Pour obtenir l’encre bleu-noir, nous conseillions de remplacer, un gramme de bleu par un gramme de nigrosine soluble à l'eau et la formule devenait :
- Bleu de méthylène........................ 7 gr
- Nigrosine à l’eau........................ 1 —
- Eau ordinaire....................... 1.000 cm3
- Bien enlondu il faut prendre de la nigrosine soluble à l’ean < ’.a1127 v//> _|_ SO MI2 et non la nigrosine à l’alcool non sul-l'onéo ; du reste toute autre couleur noire dite d’aniline pourrait être utilisée à la condition qu’elle soit soluble à l’eau.
- M. Sabatier, à Aies. — 1° Le degré chlorométrique d’une eau de Javel indique le nombre de litres de chlore contenus dans un litre de l'eau de Javel examinée.
- Pour déterminer le degré chlorométrique, on utilise mie solution titrée d’acidc arsénieux dite Liqueur de Penot contenant 4 gr 405 de As203 par litre , au.1 renient dit équivalente à un litre de chlore.
- Ou prend 10 cm3 de solution arsénieuse que l’on colore en bleu par quelques gouttes d’une solution d’indigo, on étend d’un peu d’eau et on y verse goutte à goutte au moyen d’une burette graduée de l’eau de Javel étendue au. 1/10, jusqu’au moment où le liquide est décoloré.
- Si pur exemple on a employé L‘l cm3 (si l’eau de Javel n’avait pas été étendue au 1/J0 on n’en aurait employé que I cm3 II), d’où la proportion :
- Si I cm3 II d’eau de Javel renferme 10 cm3 de chlore, 1.009 cm3 rcril'crnumt x de cl dore ;
- 1 000 x 10
- 1 ,3
- = 7.002 cm3 de chlore ou 7 I 002.
- Le. degré chlorométrique est, donc de 7°692 ;
- 2" Vous I couverez Ions renseignements, sur la fabrication des chlorures décolorants dans l’ouvrage « Les produits de blanchiment, par de Iveghel, édileur, (laulhier-Villars, 55, quai des '(iramis Aiigiislins à Paris.
- M. le D1' Doré, à. Cherbourg. — Le molleton est une élolïe de. laine douce et chaude, légèrement foulée, tirée, à poils, c’est-à-dire grattée soit des deux côtés, soit d’un seul, ayant l’apparence d’une flanelle épaisse.
- J.es laines légères conviennent à la fabrication de ce tissu dont le caractère essentiel est une certaine qualité spongieuse.
- On foule Jes molletons au savon, mais pendant trois quarts d’heure au plus afin de concilier la beauté de l’article avec l’élasticité moelleuse qui lui est propre.
- Ils sc fabriquent en France à Sornmières (Gard), Castres et Mazamel (Tarn), à Beauvais principalement.
- Les molletons sont de types unis ou croisés, employés habituellement en blanc pour camisoles, jupes de dessous, doublures de vêlement, chausses fil Iran les.
- Pour éviter le rétrécissement au lavage, il faut s’abstenir d’employer les alcalis caustiques, soude ou ammoniaque, ' seulement les cristaux de carbonate de soude à petite dose, ne jamais • « poignasser » suivant l’expression des teinturiers dégriiisseurs, ne pas frotter ni I,ordre à la fin de l’opération, mais nia nier « au -largo », enfin ne repasser qu’au fer à peine chaud.
- M. Hervochon, à Nantes. — Dans la taille du diamant, ce sont les disques d’acier recouverts d’égrisée (poussière de diamant) humectée d’huile, qui. sont mobiles et tournent à grande vitesse ; le diamant préalablement dégrossi en utilisant le clivage, e’est-à-dire les directions naturelles de rupture que préscnlent les, cristaux, est fixé et orienté de façon convenable pour l’usure.
- Le fixage du diamant sur son support se pratique avec un alliage à bas point de fusion, plomb, étain, bismuth, permettant les recti fi en liions successives pour régler les plans d’allaquc.
- Ouvrages à consulter Les Pierres précieuses par Jean Escard ; Le diamant par Boutan. Editeur, Dunod, 92, rue Bonaparte.
- L.
- y
- Le Gérant : dû: Masson.
- —
- Laval.
- lMPRiMF.rtiE Bahnkoud. — |-1 -1938. — Pnblished in France.
- p.32 - vue 36/439
-
-
-
- N° 3017
- LA NATURE
- 15 Janvier 1938
- L'ESTHÉTIQUE DES PONTS SUSPENDUS
- Dans un précèdent article, nous avons examiné le vaste sujet de l’esthétique des ponts métalliques, c’est-à-dire construits à l’aide de poutres et poutrelles rigides (1).
- Nous avons cru préférable de reprendre séparément l’étude des ponts suspendus, qui constituent un domaine à part. Faut-il redire ici qu’un semblable aperçu, essentiellement, sans prétentions, ne vise qu’à apporter quelques éléments concrets qui permettront à chacun de juger suivant son goût personnel (2) ?
- PONTS A HAUBANS
- Le pont suspendu est une des plus belles œuvres qui soient sorties de la main des hommes ; il unit la grâce à la force par une nécessité visible aux yeux. Il est l’image concrète d’une force brutale, la pesanteur, équilibrée par un effort « en souplesse », par un élément qui se prête pour mieux vaincre (fîg. i). On songe à 1’ « esprit de finesse » de Pascal, opposé aux constructions réticulées géométriques.
- Le câble, esthétiquement parlant, ne s’accommode d’aucun mélange, d’aucune surcharge. Les poutres de rigidité, actuellement utilisées pour raidir le tablier des ponts suspendus, n’ont droit qu’à un rôle visiblement subordonné ; le croi-sillonnage doit rester cantonné au-dessous du tablier (Pont Elizabeth, à Buda-pesth, fig. 3), ou, mieux, faire place à une poutre continue à âme pleine (Cavaillon, fig. 2). Quand le croisillonnement dépasse le tablier, le pont est tout
- t. Voir La Nature, n° 3000, du 1er août 1937.
- -• Voir notamment le numéro spécial sur l’esthétique des ponts, publié par le Moniteur des Travaux publics sous la direction de M. Jacques Pilpoul.
- à fait alourdi et prend un aspect industriel (Williams-burg, à New-York).
- Ta surcharge peut se présenter sous la forme de câbles présentant des dispositions autres que la grande courbe principale de sustentation et les suspentes verticales qui réunissent cette courbe au tablier ; un exemple affligeant est le pont-route d’Ivry - sur - Seine (1928) avec son entrecroisement de câbles obliques qui ne disent plus rien aux yeux et bizarrement réunis en l’air par de lourdes pièces métalliques formant étriers.
- Il faut classer à part les ponts à deux systèmes de haubans obliques partant en éventail du sommet de chaque pylône, système fréquemment utilisé pour supporter les passerelles des signaux dans les gares, les transporteurs aériens ou les ponts à transbordeurs : la courbe classique du pont suspendu disparaît alors puisqu’il n’y a plus à proprement parler de câble principal.
- Le pont Gisclard, près de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales) est une application de ce système, combiné avec des suspentes verticales. Cette formule, légère mais assez peu esthétique,--convient aux portées moyennes.
- « CHAINETTE »
- ET « PARABOLE »
- Abandonné à lui-même entre ses deux supports, un câble de poids uniforme prend spontanément la forme classique d’une chaînette.
- La chaînette est une courbe mathématique non algébrique, « transcendante », qui met en jeu les « lignes trigonométriques hyperboliques,» ou, ce qui revient au mêm'e, l’exponentielle cx. Il est curieux de
- Fig. 1. — Celle vue saisissante, en raccourci plongeant du pont de VHudson, montre le galbe pesant des grands câbles paraboliques. (Phot. Wide-World).
- p.33 - vue 37/439
-
-
-
- 34
- Fig. t.. Le pont suspendu de Cuvai lion, sur la Durance, record de France
- avec 308 m de portée.
- Pylônes (le 45 ni de hauteur, câbles d’ancrage rectilignes, poutre de rigidité du tablier
- très mince.
- constater que cette courbe d’aspect simple et qui se produit constamment dans la nature, est si mal accessible directement à l’esprit humain ; elle concrétise l'inverse de la fonction logarithmique, alors que les logarithmes n’ont fait leur apparition dans l’histoire des mathématiques qu’au temps des Stuart !
- Suspendons maintenant au câble un tablier de poids uniforme et supposons que le poids du câble puisse être considéré comme négligeable, ce qui est le cas général.
- La courbe devient alors une parabole, courbe depuis longtemps connue des philosophes grecs et que l’on retrouve en balistique, dans les sections coniques et dans une multitude de relations du second degré. La parabole, en effet, est algébrique et se prèle aux calculs les plus simples.
- Pratiquement, le poids propre du câble fausserait légèrement la parabole mais les constructeurs s’arrangent pour lui rendre sa perfection en agissant sur le réglage des suspentes.
- BEAUTÉ DES COURBES
- La beauté de la courbe des câbles de ponts suspendus ne semble du reste pas conditionnée par la complexité mathématique de son équation, mais par deux élé-
- Fig. 5. — Dans l’une des plus augustes perspectives du monde, voici VElizabelhsbrücke et, eu l’arrière plan, le pont Lanchid,
- sur le Danube, à Buda-Pestli.
- A gauche, tes collines de Buda ; à droite, Pesth. L’Elizabethsbrückc est porté par deux chaînes- doubles formées de plaques d’acier, suspendues à deux pylônes en forme de portiques ; les câbles d’ancrage droits et! dépourvus de suspentes ne sont pas très heureux mais sont bien équilibrés par l’aspect galbé de la travée de rive. Le pont Lanchid (voir aussi fig. 4). avec
- ses chaînes très tendues, est plus sobre. (Magyar-Films Iroda).
- p.34 - vue 38/439
-
-
-
- 35
- Fig. 4. — Pont Lanchid, à Buda-Pesth : travée de rive, côté Pesth, avec la retombée des chaînes.
- Chaînes doubles, poutre de rigidité montant au-dessus du tablier, pylônes en portiques massifs ; sous cet angle, l’ensemble' est lourd.
- menls fondamentaux qui sont la régularité de la variation du rayon de courbure et la claire expression de plusieurs efforts fondus harmonieusement en un équilibre unique.
- Ouvrons une brève parenthèse. La droite horizontale, qui exprime la fixité et le repos, l'oblique qui traduit une montée ou une descente, le cercle, qui atteste une finalité interne, inaccessible aux influences extérieures, représentent le diagramme d’une cause unique. Trop simples pour satisfaire pleinement l’esprit, on pourrait en dire çe que disait ce critique d’une certaine sonate en ut majeur : — 11 manque l’effet de surprise !
- La beauté émouvante commence quand une lulle se manifeste entre deux influences dis-liucles. Ainsi, dans la courbe d’un jet d’eau, qui est une parabole, l’élan interne de l’eau, qui tend à l’entraîner suivant la tangente à l’origine, est progressivement ployé par la pesanteur ; en chaque point de la courbe existe entre ces deux actions un « compromis )) différent et la lente variation du rayon de courbure atteste que ce compromis est harmonieux : une courbe brisée en de nombreux points serait inesthétique.
- On retrouverait des aspects analogues dans les raccordements paraboliques des voies de chemin de fer, dans des tracés d’arches et de voûtes, où la beauté résulle de la nature même de la courbe et non d’une intention ornementale.
- Les courbes suspendues, avec leur aspect en guirlande, tirent leur effet décoratif de l’équilibre entre deux efforts obliques de sustentation, appliquées aux extrémités, et d’une..série de forces verticales, approximativement égales et uniformément réparties, appli-. quées aux différents points de la courbe.
- Les deux premières forces étant concrétisées par le câble au voisinage des points d’attache, il suffit de suspendre au câble une série de suspentes verticales
- régulièrement espacées pour que le diagramme total des forces devienne visible.
- Subordination du tablier et de sa poutre de rigidité ; finesse mais visibilité des suspentes, toutes strictement verticales, à l’exclusion de haubans obliques qui donnent l’idée d’une surabondance des liaisons mécaniques ; prééminence majestueuse du câble parabolique, lelles sont les conditions essentielles de la beauté d’un pont suspendu. Nous apercevrons quelques conditions accessoires dans l’étude des différents ponts existant -dans le monde.
- Ajoutons que celle subordination de l’ouvrage entier au câble se retrouve dans le domaine technique, .lamais, à notre connaissance, un pont suspendu n’a péri par la rupture des grands câbles ; ce sont les suspentes ou les étriers des suspentes qui cassent (Saint-
- Fig. t». — Pont du Teil, sur le Rhône.
- Élégance sobre, pylônes et poutres du tablier minces les travées de rive, un peu courtes, sont portées par poutres galbées ; l’ancrage des câbles est lesté par deux portes en maçonnerie.
- p.35 - vue 39/439
-
-
-
- = 36
- Fig. 0. — Projet d’un pont sur un ravin (Arluby).
- Légèreté, parti constructif très franc, utilisation au maximum des dispositions du terrain pour l’emplacement des pylônes, des selles de renvoi des câbles et des ancrages (Établissements B. Baudin).
- Denis-de-Piles), ou le tablier qui se gondole sous une charge trop lourde et qui crève (La Voulte-sur-Rhône). On s’expliquera celle résistance si l’on songe aux dimensions énormes adoptées par les constructeurs : les câbles porteurs du pont sur l’Hudson, à New-Aork (fig. i et 9) ont un diamètre de près de 1 m et sont formés de 26.474 fils d’acier de 5 mm, capables de supporter un effort individuel de 3.i5o kgr. L'ensemble des quatre câbles pourrait supporter un effort de 35o.ooo tonnes !
- bourg, en Suisse, qui présente cette particularité de n’avoir pas de pylônes : d’un côté, les câbles passent sur des selles presque au niveau de la chaussée et de l’autre, ils montent s’ancrer dans la montagne ; le pont du Niagara, le pont de Brooklyn, à New-York, longtemps record du monde avec près de 5oo m de travée centrale.
- E11 France, un discrédit injuste fut jeté sur ce mode de consl ruction par la catastrophe spectaculaire du pont de la Basse-Chaîne, à Angers, qui se rompit par résonnance sous les pas d une troupe passant en marche cadencée ; les soldats, malheureusement, avaient baïonnette au canon. Il y eut aussi des tabliers de ponts suspendus retournés par le vent, ce qui s’explique par la souplesse et la légèreté desdits tabliers.
- Après 1870, cette défaveur s’atténua, mais il faut avouer que le développement fut lent tant qu’on demeura dans le domaine du pont susendu flexible, fléchissant d’inquiétante façon au passage des véhicules. Le très grand progrès technique qui a permis mis un développement considérable en Europe et littéralement prodigieux aux États-Unis, fut la mise au point, entre igo5 el 1912, des calculs de poutres de rigidité, basés sur les travaux des Français Maurice Lévy, Bésal, Godard, Pigeaud et de l’Allemand Meu-lan, qui surent lirer toutes leurs conséquences des
- Fig.
- — Pont d’Aramon, Gard, second de France après celui de Cavaillon, avec 361) m de longueur dont 27î) m pour la travée centrale.
- Noter les suspentes des câbles d'ancrage qui leur donnent une certaine courbure et le passage de la chaussée sur les massifs d’ancrage (Établissements 11. Baudin).
- DISPARITION
- DES PONTS « FLEXIBLES »
- Gomme les pouls en bois, les ponts suspendus remontent à une antiquité reculée, au moins au néolithique. Les ponts de lianes, comportant trois lianes, une comme plancher, deux comme garde-fous, sont utilisés par les peuplades primitives actuelles. Vinrent ensuite le chanvre, les chaînes, les barres de fer articulées, les fils de fer, les fils d'acier parallèles el enfin les fils d’acier tordus.
- Les premiers ponts suspendus véritables furenl construits vers 1800, aux États-Unis, par James Finley ; ils étaient suspendus à des chaînes. En France, le premier pont suspendu, qui existe encore, fut construit par le célèbre Marc Seguin à Tournon, sur le Rhône. Ge nouveau système eut tout d’abord un grand succès ; de celle époque datent les ponts suspendus de Lyon, Beaucaire, Conllans-Sainle-llonorine, La Roche-Bernard, La Caille, Grenoble, Saint-Christophe, dont plusieurs font encore un bon service.
- Citons, de la même époque, le pont de Fri-
- p.36 - vue 40/439
-
-
-
- études préliminaires de Rankine, remontant à 1860.
- Désormais disparaissent les haubans obliques qui rendaient les ponts « incalculables ». Les lourdes charges des camions, des locomotives, ne sont plus localisées : elles affaissent une longueur considérable de la poutre et cet affaissement, appliqué à un grand nombre de suspentes, reste par suite très faible. Le pont est indéformable ; il peut donner passage simultanément à plusieurs trains, à des lignes de métro, à huit ou dix files de véhicules et braver les vents de tempête !
- La largeur énorme des bras de mer à traverser, la nécessité d’un « tirant d’air » considérable, supérieur à 4o m, pour le passage des navires (c’est-à-dire que 1 ’Arc-de-Triomphe de l’Étoile passerait presque sous le tablier !), la force générale de l’ouvrage, l’architecture géante des pylônes, donnent du reste aux ponts suspendus américains un aspect nettement différent des ponts européens : il y a là deux domaines dont l’échelle n’est pas comparable.
- PONTS SUSPENDUS EUROPÉENS
- Le pont Elizabeth, sur le Danube, à Buda-Pesth, produit un effet, saisissant, dans le cadre illustre des collines de Buda, portant le Bastion des Pêcheurs et la Citadelle (fig. 3).
- La parabole est double et formée de plaques métalliques articulées, les suspentes s’attachant alternativement à l’une et l’autre parabole. Les pylônes, en forme d’arcs triomphaux, sont métalliques et ornés sans trop de lourdeur. Les câbles d’ancrage obliques qui partent du sommet des pylônes pour s’ancrer en
- ............................::: 37
- terre, ne supportent pas de suspentes et sont par suite rectilignes, ce qui n’est pas très heureux. Les travées de rive, qui mesurent 44 m 4o contre 290 m pour la travée principale sont en treillis métallique et galbées par dessous ; le treillis de la poutre de rigidité de la Iravée principale est situé au-dessous du tablier. Tout le parti constructif est très franc ; les ingénieurs hongrois ont même poussé le souci de la netteté technique jusqu’à utiliser deux couleurs différentes pour la peinture des éléments du tablier : teinte foncée pour les pièces de force, teinte claire pour les autres.
- Dans le même paysage du Danube, un autre pont de Buda-Pesth s’oppose à l’Elizabethsbrücke ; conception différente comportant deux piles peu élevées en rivière, paraboles très tendues, aspect sobre que certains connaisseurs préfèrent parfois à la majesté de son opulent voisin (pont Lanchid, fig. 3 et 4).
- Les Allemands, qui aiment mêler l’industriel au gothique, sont tombés dans le travers de pylônes excessifs, formant de véritables tours en maçonnerie, qui écrasent la parabole du câble (Breslau) ; à Cologne, l’âme pleine de la poutre de rigidité est certainement trop importante et réduit exagérément l’importance de la parabole. En revanche, le pont de Cologne-Mül-heim, sur le Rhin (1929) est un chef-d’œuvre d’élégance et de justesse ; les travées latérales, longues de 91 m, sont nettement subordonnées à la travée centrale qui mesure 3i5 m. On peut critiquer les câbles de oontreventement (câbles obliques de rive) rectilignes.
- La France compte un certain nombre de très beaux ponts suspendus, tels que ceux de Térennez (Finistère) (fig. 8), du Teil (fig. 5), de Gavaillon (fig. 2), de Svl-
- Fig. 8. — Pont de Térennez, sur l’Aulne (Finistère).
- La poutre rte rigidité rtn tablier se réduit à des garde-fous réticulés; cette poutre est moins haute que celle de la travée de rive, qui n’est .pas suspendue, ce qui surprend l’œil. L’ensemble est d’une légèreté remarquable.
- p.37 - vue 41/439
-
-
-
- 38
- Fig. K. — Le pout de VHudson dans son cadre naturel.
- Fig. 10. — Le curieux pont suspendu à tourelles de Langeais.
- La. disposition en échangettes permet d’élargir la chaussée dans la traversée des pylônes (Établissements B. Baudin).
- veréal, en Camargue. Le pont de Cavail-lon, record de France, franchit la Durance par une travée unique longue de 3o8 m ; les pylônes ont 45 m de hauteur.
- Tous ces ponts respectent une exacte subordination des pylônes à l’ensemble. Le pont de Langeais (fig. io) comporte des travées séparées par des pylônes en portiques un peu lourds ; on remarquera les câbles horizontaux d’équilibrage, reliant les pylônes et que les constructeurs tendent de plus en plus à éviter.
- PONTS AMÉRICAINS
- Avec les ponts américains, nous entrons dans le domaine du colossal : le pont de Philadelphie, sur' le De-laware, a une longueur totale de 991 m 5o avec une travée médiane de 533 m ; le pont de l'Hudson a 1.067 m de portée médiane ; la portée maxima
- p.38 - vue 42/439
-
-
-
- des différentes travées du pont de Golden Gâte, à San-Francisco, est de 1.280 m avee 27 m 5o de largeur : c’est le record du monde.
- Le pont de l’Hudson peut' donner passage simultanément à quatre files de voitures, trois files de camions et quatre convois de chemin de fer ! Nos photographies (fig. 1 et 9) donnent une idée dés dimensions prodigieuses de ce monument de F industrie . de l’acier. Le tirant d’air est de 60 m, c’est-à-dire que le tablier ne décapiterait que d’un quart les tours de Notre-Dame.
- Pureté de style, ampleur sobre des pylônes, subordination de la poutre de rigidité dont le galbe à peine indiqué_s’oppose à la cambrure de la parabole, le pont de l’Hudson possède les éléments d’un « canon » esthétique des pouls suspendus ; on pourrait critiquer les travées d’approche d’un style romain qiii peut, surprendre.... Mais il ne faut pas chicaner sur l’accessoii'e une des œuvres les plus nobles et les plus grandioses
- " : 1 : "-y . 39 =
- que la présente génération laissera de son passage en ce bas monde.
- Faut-il croire, comme l’affirme un de nos éminents spécialistes, que le pont suspendu est très loin d’avoir dit son dernier mot et que nous verrons des portées de 5.000 m ? Techniquement, cette réalisation n’a rien d’impossible ; elle marque la limite des aciers actuels.
- Esthétiquement, tenons pour probable que les lois de la beauté resteront inchangées : ce qui est « grand » à petite échelle peut seul être agrandi à l’échelle des géants... Rude a modelé en petit les ailes de la Marseillaise et les a transformées homothéliquement au pantographe : aussi restent-elles petites, tandis que le vent du large soulève encore les ailes d’une Victoire de Samo! h race à l’échelle d’une statuette de salon.
- Pierre Devaux,
- Ancien fitève fie. l’Rcole Polytechnique..
- E LA VESSIE NATATOIRE ET L'ADAPTATION = DES ORGANES AUX CONDITIONS D'EXISTENCE
- De Ions les organes des poissons, la vessie natatoire est l’un de ceux qu’analomisles et physiologistes considèrent comme étant tout particulièrement en relation étroite avec la vie aquatique.
- Rappelons les grandes lignes de l’organisation de cet organe. Il s’agit d’une poche, uni- ou multiloculée, logée à la partie antérieure et dorsale de la cavité abdominale, immédiatement au-dessous du rein et au-dessus de la masse viscérale (fig. 1). Ses parois sont, le plus souvent, fibreuses, mais elles peuvent être renforcées par des bandes musculaires ou des plaques osseuses. Des vaisseaux sanguins, plus ou moins nombreux et plus ou moins importants selon les diverses espèces de poissons, traversent ces parois et parfois s’épanouissent sur leur face interne en un réseau, le corps rouge. Au voisinage de ce corps, l’épithélium qui tapisse la cavité vésicale prend souvent une structure de glande à mucus et reçoit le nom de glande gazeuse. Un canal, le canal pneumatique, unit la vessie natatoire à l’œsophage chez certains poissons (Phy-sostomes) (fig. 1) ; il fait défaut chez les autres (Phy-soclistes). Cette vessie est tantôt libre, tantôt soudée par ses faces, dorsale et latérales aux parois de la'éavîté abdominale. Enfin, elle renferme un mélange de gaz dont la composition varie beaucoup d’un individu à un autre et, pour un même individu, selon les moménds. Dans l’ensemble, la composition de ce mélange est voisine de celle de l’air.
- ^L’existence de cet organe et les grands traits de sa structure ont provoqué, avant toute expérimentation, des hypothèses, voire des affirmations, sur sa fonction. Quer~peüt être le rôle d’une poche gazeuse logée dans l’abdomen d’un poisson ? Quiconque admet, comme évidente, l’utilité de tout organe ne doute pas que cette
- disposition anatomique n’allège le poissop, et, par suite, ne facilite ses déplacements.
- Parlant de cette conception, une série d’expériences ont été instituées, propres à en démontrer le bien fondé. C’est ainsi que l’on a tenté de mesurer les variations du volume d’un poisson au cours d’une migration verticale, et que l’on a cherché à apprécier les diverses valeurs de la pression intravésicale au cours de ces mêmes migrations. On a également établi que, pour un volume donné de la vessie natatoire, le poisson acquiert une densité égale à celle de l’eau. Le niveau pour lequel la vessie natatoire, par suite des pressions exercées sur elle pai,’ le milieu, atteindrait le volume nécessaire pour permettre cette égalité de den-
- Fig. I. — Vessie natatoire de Tanche, c.p., canal pneumatique ; /, foie ; i, intestin ; œ, œsophage ; en, vessie natatoire.
- p.39 - vue 43/439
-
-
-
- = 40 :>:::::=—========= - ===-= t
- sité serait le plan d’équilibre. Le canal pneumatique, muni d’un sphincter, jouerait le rôle d’une soupape de sûreté. En l’absence de canal pneumatique, une zone bien délimitée des parois vésicales jouerait le même rôle.
- Ainsi, une série de faits et d’expériences, formant un ensemble très cohérent en apparence, établirait le rôle hydrostatique de la vessie natatoire, conclusion devenue classique et universellement acceptée. Récem-
- ment, toutefois, une nouvelle série de recherches a tout remis en question. Elle a pour point de départ l’observation d’un poisson qui, privé de sa vessie natatoire, se déplaçait normalement dans l’eau, tout comme avant l’opération. La constatation du fait, véritable expérience cruciale, facile à réaliser, imposait une révision minutieuse des idées couramment admises et une critique serrée des expériences qui les avaient fait naître.
- Fig. 2. — Diverses formes de vessies natatoires.
- 1 à G, Cyprins ; 7, Trigle ; 8, Corvina ; 9, Johnius ; 10, Pogonias ; 11 à 15, Loches.
- p.40 - vue 44/439
-
-
-
- 41
- Et d’abord, la vessie natatoire est-elle, comme on l’a dit, l’apanage exclusif, ou presque, des espèces vivant en surface ? Une étude comparée, menée largement, montreraisément qu’il n’en est rien. Le principal argument invoqué à l’appui d’une relation entre la présence ou l’absence de vessie et le mode de vie repose sur la présence d’une vessie chez les larves de Pleuronectes, qui sont pélagiques, et sa régression chez les adultes, plus ou moins immobiles sur le fond. Les faits contraires ont été considérés comme des exceptions de faible intérêt. Cependant, ces exceptions sont fcprL^nonibreuses. Beaucoup d’espèces de fond et "d’espèces abyssales possèdent une vessie natatoire. Inversement, les Sélaciens, et ils abondent (Emissole, Acanthias, Scyllium), ne possèdent pas plus de vessie natatoire que divers Téléostéens pélagiques, tels certains Scombridés.
- D’autre part, la forme, le volume des vessies, la structure de leur paroi, leurs rapports avec les organes voisins sont-ils les mêmes, toutes choses égales, d’une espèce à l’autre ? Certainement non ; à ces divers points de vue, les vessies diffèrent considérablement. L’examen de nombreux poissons met en évidence la multiplicité des aspects extérieurs, aussi bien que la diversité du volume total rapporté aux dimensions du corps (fig. 2), et les différences constatées ne paraissent nullement correspondre au mode de déplacement des individus. De même, on n’aperçoit aucune relation entre le développement du réseau vasculaire des parois vésicales et le comportement. A priori, pourtant, une telle relation devrait exister ; une disposition augmentant la vitesse et l’abondance de l’émission gazeuse devi’ait caractériser les espèces dont les déplacements rapides et les migrations étendues dans le sens vertical, entraînent des variations appréciables du volume de la vessie. De même, le développement du réseau vasculaire, la présence ou l’absence de canal pneumatique jouent un rôle pratiquement négligeable ; mais il n’est pas absolument nul, et, tout spécialement, il ne devrait pas l’être dans le cas où les vessies renferment un abondant réseau vasculaire,. Or, les faits n’indiquent aucune concordance entre l’importance du réseau vasculaire et la perméabilité du canal pneumatique. Le sphincter que l’on a cru voir en un point de ce canal n’est qu’une pure hypothèse.
- Ces faits établis, d’autres questions se posent.
- Lorsqu’elle existe avec un volume considérable par rapport au volume du corps tout entier, avec un canal pneumatique perméable et des parois bien vascularisées, comment se comporte la vçssie natatoire au cours des migrations verticales des poissons ?
- Pour s’en faire une idée précise, rien ne vaut l’observation directe, facile à réaliser. Il est, en effet, possible d’extérioriser les trois quarts, au moins, de la vessie natatoire d’un Cyprin (Carassin, Tanche, Carpe), en conservant intacts les rapports de la vessie avec le système vasculaire et l’appareil digestif. On suit, alors, en soumettant le poisson a des pressions variées, le comportement corrélatif de la vessie natatoire et l’on constate aisément :
- i° que les variations ctuvyolume de la vessie ne sont sensibles que pour de fortes dénivellations ;
- 20 que ces variations se produisent à l’inverse des prévisions de la théorie classique : quand le poisson monte, tous ses organes, y compris la vessie natatoire, perdent du gaz. La vessie diminue de volume comme le schématise la figure 3. Ramenée à la pression normale, la vessie est presque complètement aplatie, elle met 48 h environ pour reprendre son volume normal.
- Les variations cle ce volume donnent-elles au poisson, à un instant déterminé, la densité de l’eau, comme l’affirme encore la même théorie P II suffit de mesurer la densité de quelques poissons pour se convaincre de l’impossibilité d’une telle relation. En effet, à la surface même de l’eau, la densité des poissons est très généralement supérieure à l’unité. Par suite, toute diminution du volume de la vessie correspondant à une migration en profondeur, et le poids de l’animal demeurant constant, comment sa densité deviendrait-elle égale à l’unité ? Et cela conduit à cette conséquence paradoxale que le « plan d’équilibre » se trouve au-dessus de la surface de l’eau. On ne saurait pourtant supposer que telle soit l’origine des Poissons volants...
- Quoi qu’il en soit, nous voici en présence d’un organe pour lequel -les naturalistes ont imaginé de toute pièce un rôle important : prenant leur hypothèse pour une réalité, ils ont conçp et interprété leurs
- Fig. 3. — Variations de volume d’une vessie de Tanche extériorisée.
- 1 et 2, au cours d’une décompression lente et progressive ;
- 3, retour à la pression normale.
- p.41 - vue 45/439
-
-
-
- = 42 —— . : ' :::=
- expériences dans le sens de leur hypothèse, négligeant l’expérience décisive qu’il fallait, avant tout pratiquer, Uexcision de la vessie. - •
- Or, le résultat- de celle excision ne laisse prise à aucune discussion sérieuse; la suppression du réservoir à gaz supprime le gaz lui-même, les poissons conservent néanmoins leur comportement normal. C’est là un résultat nettement positif et particulièrement démonstratif.
- En effectuant l’expérience, nous nous sommes placés dans l’hypothèse où nous modifierions l’allure des poissons : le résultat prouve que l’hypothèse est inexacte, les déplacements des poissons sont indépendants ~de la vessie natatoire ».
- Outre le rôle hydrostatique, on a également attribué un rôle à la vessie dans le déterminisme des attitudes des poissons, dans la production des sons qu’émettent certains d’entre eux (Trigle) et dans la régulation de leur formule sanguine.
- La vessie natatoire et l’oreille interne présentent, en effet, dans certairis groupes des rapports plus ou moins immédiats que l’on peut rattacher à deux catégories : ou bien, la partie antérieure, directement.ou par l’intermédiaire de prolongements plus ou moins nombreux et plus ou moins ramifiés, entre en contact avec l’oreille interne, ou bien, vessie et oreille sont reliées par un système de pièces .osseuses, de dispositions variables suivant les groupes. Pour certains, la vessie serait une caisse de résonance qui transmettrait, en les renforçant, les vibrations de l’eau ; mais il convient de remarquer que les poissons sans vessie ne paraissent pas avoir un seiis auditif inférieur à celui des espèces pourvues de vessie. Pour d’autres, les variations de volume de la vessie se répercuteraient sur l’oreille interne. Remarquons qu’il s’agit d’hypothèses qui ne reposent sur aucune expérimentation. Cette interprétation dépasse les faits : la cystectomie ne modifie en rien l’attitude et l’équilibre des poissons.
- Quant à la fonction phonatrice, elle n’existe que chez un très petit nombre de poissons : les Trigles, appelés encore Grondins, en raison du grondement
- consécutif à la constriction des bandes musculaires qui. doublent latéralement, les parois de leur vessie. On se demande vraiment l’utilité pour le poisson de celte émission de bruit.
- Pour ce qui est de la régulation de la formule sanguine,. il apparaît que les troubles, consécutifs à la ponction de la vessie résultent d’un traumatisme opératoire accompagné d’un épanchement sanguin. En effet,- aucune hémorragie ne se produit lorsque l’on vide la vessie extériorisée par section de son extrémité libre, une fois le choc opératoire passé.
- Pareilles constatations vont actuellement à l’encontre de l’opinion de la plupart des naturalistes touchant la signification de la forme du corps et des organes. Suivant eux, cette forme résulterait d’une adaptation aux conditions d’existence des animaux considérés. A cet égard, la vessie natatoire fournit un exemple véritablement décisif ; elle représente un organe qui ne soutient avec la manière de vivre aucun rapport utile ; elle n’est sûrement pas née du jeu des déplacements dans l’eau, qui sont l’une des conditions d’existence des poissons. Tout le prouve, aussi bien les données de l’anatomie et de la.physiologie comparative, que les données expérimentales. S’ensuit-il que la vessie natatoire ne joue aucun rôle dans l’économie des poissons ? Le prétendre serait s’éloigner des faits. Tout élément du corps, par sa présence même, exerce une action sur l’ensemble ; la question est de savoir si celte action concourt, utilement ou non, à l’existence de l’animal. En réalité, la formation des diverses parties du corps ne dépend en aucune manière de l’influence que ces diverses parties exerceront ultérieurement ; leur genèse est liée à un ensemble complexe de conditions. Dès que l’une de ces parties apparaît, la part qu’elle prend au fonctionnement général — l’action qu’elle exerce sur lui — est aussi bien gênante que favorisante : le fonctionnement général, pourrait-on dire en bref, est une somme algébrique.
- Etienne Rabàtjd et M,-L. Verrier, Professeur' à la Sorbonne. Directeur adjoint à l’École
- des Hautes Études.
- LES GOUFFRES A PHOSPHATE DU QUERCY
- HISTOIRE DE LEUR EXPLOITATION
- Tandis qu’il existe une abondante littérature sur les immenses gisements des phosphates nord-africains, maîtres du marché européen, les producteurs secondaires, presque tous en sommeil maintenant, disparaissent dans l’oubli le plus complet.
- Aussi nous a-t-il paru .‘intéressant d’évoquer l’époque où les remarquables gîtes français du Quercy connurent une activité extraordinaire, souvent insoupçonnée, et à jamais révolue....
- Une mission de recherches scientifiques, qui nous a été confiée par le Muséum national d'Histoire naturelle, sur la demande de M. le Pr Arambourg, nous a
- permis de les étudier en détail et de nous documenter sur la curieuse histoire de leur exploitation Q).
- • *
- # #
- Parmi les nombreux touristes qui visitent chaque été la pittoresque'région des « Causses mineurs », aux
- 1. Nous né discuterons pas dans cet article les problèmes multiples qu'ont soulevés le creusement de ces gouffres par les eaux du début du Tertiaire, leur remplissage par la « faune des phosphoritcs » et par le phosphate lui-même,- ainsi que leur fossilisation par les dépôts oligocènes.
- p.42 - vue 46/439
-
-
-
- confins du Lot, de l’AA'eyron et du Tarn, bien peu savent, sans doute, que le pays dont ils admirent les gorges pi’ofondes et les calmes- horizons fut l’un des centres miniers les plus actifs de France, , il y a moins de 60 ans.
- La a fièvre du phosphate », violente et brève, comme tant de « ruées » plus célèbres, est passée ici, laissant quelques fortunes, parfois des ruines, généralement un vague souvenir local.
- • C’est en i865 que A. Poumarède découvrit au hameau de Cos, près de Caylus (Tarn-et-Garonne) le premier gisement phosphaté. Fort étonné de voir combien dans un champ de blé les moissons se montraient abondantes et les épis remarquablement fournis, il eut l’idée d’analyser la terre rougeâtre qui donnait de telles récoltes et les curieuses pierres qui jonchaient le sol et gênaient les labours : toutes contenaient 70 à 80 pour 100 de phosphate de chaux !
- L’exploitation commença seulement en 1870, lors de la découverte d’autres carrières à Larnagol et Concots (Lot) d’abord ; aux environs de Caylus, Mouillac, Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne), Penne (Tarn), Ville-neuve (Aveyi’on) bientôt après ; enfin dans toute la région caussenarde comprise entre -Cahors, Figeac, Gaillac et Montaubanj où on les compte par centaines.
- Le phosphate, que Ton prenait autrefois pour de simples pierres calcaires et que l’on employait pour construire les murets qui servent de clôtures aux propriétés ou les cabanes destinées à abriter les troupeaux, devint une denrée achetée à prix d’or. Quand on eut appris à le reconnaître, on démolit ces murs pour employer leurs matériaux à fabriquer des engrais !
- En général, oh pouvait soupçonner la présence du phosphate à une dépression sensible de la surface du sol, mais souvent la recherche était guidée par les débris rejetés au dehors par les taupes ou par les fouilles faites en vue de la récolte des truffes, autre richesse du Quèrcy.
- Les anciens carriers distinguaient deux types de gîtes : les « poches », qui sont de véritables abîmes,
- “...............= 1 1 ' -......... 43 =
- comparables aux avens actuels, où les blocs phosphatés se trouvent mélangés à l’argile rouge ; les « filons », fentes du calcaire et galeries de grottes où le phosphate concrétionné tapisse les parois, ce qui avait longtemps fait croire à l’origine hydrothermale et geyser ienne du dépôt.
- Ces gisements de. phosphate, presque tous épuisés maintenant, sont devenus l’une des grandes étrangetés du Quercy. A Saint-Jean-de-Laurs, le gouffre, que l’on a vidé de la précieuse substance, débute par un entonnoir large de plus de 100 m et continue, jusqu’à 75 m de profondeur environ, par un abîmé impressionnant. Fréquemment, les travaux sont descendus au delà de 3o. et 60 m dans d’autres cavités où d’importantes galeries latérales ont été patiemment désobstruées. Il existe, près de Vaylats (Lot), un extraordinaire x’éseau hypogé qui fait communiquer entre elles plusieurs poches grandioses ; mais, depuis la cessation des travaux, nombre de ces cavernes ont été envahies par les eaux souterraines. Ce n’est d’ailleurs pas l’un des spectacles les moins étonnants que de voir, sur le Causse toujours desséché, le profond lac de Raynal ou l’étang à carpes de Cos, par exemple.
- L’origine même du phosphate est encore mystérieuse. Il proviendrait, sans doute, des calcaires voisins qui en contiennent un peu ; une partie pourrait cependant être rapportée aux cadavres des animaux dont les ossements se rencontrent fréquemment dans l’argile des poches (1).
- A l’époque lointaine (première moitié de l’ère tertiaire, du Bartonien au Stampien), à laquelle on rattache la formation phosphatée, le Quercy devait se présenter sous l’aspect d’une plaine mollement ondulée, peuplée d’innombrables petits cervidés, rongeurs,
- 1. Pour les différentes théories sur l’origine du phosphate, voir surtout. Tiievenin (A.), Étude géologique de la bordure sud-ouest du Massif Central, Bull. Sero. Carte géol., t. XIV, n° 93, novembre 1903 et Gaillard (C.), Les oiseaux des phos-phorites du Quercy. Ann. Univ. Lyon, nouvelle série, I, Sciences, fasc. 23, 1908’
- Fig. 1 et 2. — Aspects de la région des gouffres à phosphate (Clichés B. Gèze).
- A gauche, paysage de Causse. Les chemins bordés de murs en pierre sèche serpentent entre les bois de chênes truffiers et les rares champs cultivés. A l’horizon, le château d’Aubrelong, construit par les Templiers, domine le pays. C’est dans le bois situé à sa
- droite qu’a été exploité le dernier gouffre à phosphate du Quercy.
- A droite, gorges de VAveyron. Vigoureux méandres entre les plateaux calcaires tout percés de gouffres, en aval de Saint-Antonin,
- l’une des anciennes capitales du phosphate. r . 2
- p.43 - vue 47/439
-
-
-
- 44
- Quelques types de gouffres à phosphate (Clichés B. Gèze).
- Fig. 3. — « Poche » à phosphate de Cos. Découverte en 1865, exploitée la première en 1870 et transformée actuellement en étang à
- carpes, elle est devenue l’une des étrangetés du Causse de Caylus.
- Fig. 4. — Grande « poche » de Saint-Jean-de-Laurs. La plus importante de toutes, elle débute par l’énorme entonnoir que l’on voit ici ; au fond s’ouvre un gouffre, vidé de son phosphate, et qui descend environ à r- 75 m.
- Fig. 5. — Gouffre à phosphate de Raynal. Cette cavité, l’une des plus belles du Qucrcy, est maintenant à demi remplie par les eaux souterraines qui ont envahi ses galeries profondes, après l’abandon des travaux.
- Fig. 6. — Gouffre a phosphate de Prajous. Le dépôt phosphaté montait autrefois jusqu’au sommet de la falaise où la cabane abandonnée est le seul témoin de l’exploitation.
- Fig. 7. — Gouffre à phosphate de Pendaré. L’un des premiers exploités ; c’est un beau type d’abîme auquel les travaux ont rendu sa
- physionomie du début de l’èrc tertiaire.
- Fig. 8. — Gouffre à phosphate de Bach. Bon exemple de ce que les mineurs appelaient « filons ». Dans la masse calcaire, la longue fente (diaclase), remplie d’argile rouge en son milieu, présentait le long de ses parois corrodées d’épais placages de phosphate
- très recherché pour son excellente qualité.
- petits carnassiers, oiseaux de proie et de quelques représentants plus massifs d’une faune comparable à celle des savanes africaines actuelles.
- Les eaux superficielles s’engouffraient alors dans des abîmes déjà ouverts, remaniant et déposant à nouveau les argiles rougeâtres de la surface du Causse. « Pendant ce lent remplissage, des animaux sont tombés accidentellement dans les crevasses, d’autres ont vécu dans les groites ; les carnassiers ont pu y apporter des ossements de Ruminants ; quelquefois des portions de squelettes épars à la surface y ont été entraînées » (Thevenin).
- Lors de l’exploitation, les géologues pouvaient aisément se procurer ces fossiles à mesure de leur découverte ; mais il leur était inlerdit de suivre le détail, des fouilles, car les entrepreneurs méfiants craignaient la découverte de gîtes nouveaux, sous des terrains ne leur appartenant pas encore et qu’ils voulaient acheter à bas prix. *
- Malgré ces précautions, les paysans, qui au début avaient été souvent dupes de tels industriels sans scrupules, s’étaient vite repris et l’on cite même le cas d’un droit de ioo.ooo fr (un chiffre pour lepoque) payé pour les recherches dans une propriété d’où l’on ne
- p.44 - vue 48/439
-
-
-
- 45
- sortit péniblement qu’une charretée de phosphate !
- 11 est aujourd’hui difficile de se faire une idée de l’activité extraordinaire qui dut à ce moment régner dans le Quercy. De vérita-bl es trains routiers descendaient constamment au Lot, alors navigable, d’où les chalands portaient le phosphate vers Bordeaux.
- En 1886, l’extraction atteignit environ 00.000 tonnes, dont une partie seulement était achetée par des fabricants français qui le revendaient notamment dans la Creuse, tandis que la tuasse principale était exportée en Angleterre sous le nom de phosphates français ou phosphates de Bordeaux (Q.
- Seules les cavités entièrement vidées témoignent maintenant du travail stupéfiant qui fut accompli dans ces contrées. Ainsi, un bois de moins de deux hectares renferme, près de Conçois ,4o « poches » de 2 à jo mètres de profondeur. Toutes ont été littéralement « récurées » jusque dans les moindres anfractuosités et il est devenu impossible d’y découvrir, la plus petite trace de phosphate.
- Une aussi fiévreuse exploitation ne dura malheureusement pas très longtemps. La concurrence des phosphates récemment découverts en d’autres régions, l’épuisement des gisements les plus riches et la mauvaise qualité de certains produits portèrent un coup à Linduslrie qucrcynoise. En 1893 déjà, beaucoup d’entreprises avaient fait faillite ; en 1902, il ne restait plus que les centres de Cajarc et de Saint-iVlartin-la-Bouval et bientôt le travail cessa partout. Un essai de reprise vers 1920 à Cabèque, près de Caylus, ne semble pas avoir été très heureux. Quant aux fouilles que nous avons dirigées cet été et qui ont fait revivre pour quelques semaines l’antique tradition minière, elles ont beaucoup fait parler d’elles locale- -ment et sans doute suscité bien des espoirs....
- I. Risi.er (E.), Géologie agricole, Paris, Berger-Levrault, 1898.
- qa il a contribué à creuser jusqu’à une dizaine de mètres et, qui continue encore certainement plus bas.
- Il é I as, il n’y a pas lieu d’en garder le moindre, car il paraît à peu près certain qu’aucune société 11e continuera jamais de tels travaux dans un terrain vidé de ses richesses ; aussi, dernier exploitant du dernier gouffre à phosphate, conservons-nous comme une relique le dernier bloc de minerai que le Quercy ait bien voulu livrer !
- Bernaud Gèze.
- Fig. 9 et 10. — Le dernier gouffre à phosphate, à Aubrelong.
- (Clichés B. Gèze).
- A gauche, on voit la façon un peu rudimentaire, mais très suffisante pour répondre au but scientifique fixé, dont étaient conduits les travaux, dans cette modeste cavité dégagée au cours de l’été 1937.
- A droite, cramponné à l’échelle de corde, l’un des ouvriers descend au fond du trou
- LE DÉGAGEMENT DES ACCÈS DE PARIS
- On reconnaît l’approche d’une grande ville, en Allemagne, à l’élargissement de la chaussée, en France, à son rétrécissement.
- Vérité d’expérience hier, ceci ne sera plus qu’un souvenir dans quelques années.
- Sans doute n’esl-on pas en peine de trouver à cet étranglement de la chaussée des raisons historiques, empruntées à l’évolution de la ville. Elle a grandi par ondes concentriques successives, absorbant les faubourgs et venant s’arrêter, pour un temps, à courte distance des agglomérations suburbaines, promises aux annexions futures.
- S’agit-il d’une ville fortifiée, — et quelle ville importante ne l’a pas été à une époque ou à une autre ? —, la principale utilité de ses fortifications a élé de lui procurer, après leur dérasement, des boulevards et des dégagements circulaires.
- La chose est frappante à Paris, où les grands boulevards, les boulevards extérieurs, les boulevards des Maréchaux conservent le souvenir d’aulanl d’enceintes successives.
- Sur l’ancienne zone, une voie radiale relativement spacieuse relie les quartiers de la vieille ville à l’étroite rue centrale du village annexé. Voilà pour la nouvelle
- p.45 - vue 49/439
-
-
-
- 48
- Fig. I. — Emplacement des passages souterrains sur les boulevards des Maréchaux (Les chiffres indiquent, les largeurs de la chaussée).
- configura lion intérieure, si un plan d’urbanisme n’intervient pas. Extérieurement, les mêmes causes produisent le même effet.
- Aux portes de l’enceinte, le rétrécissement du goulot a d’autant plus de raisons de s’accuser que, pourvue d’un octroi, la ville trouve dans cet étranglement de la chaussée une commodité pour ses agents préposés à la visite des véhicules. La circulation centripète s’organise en une file indienne, doublée d’une réplique en sens inverse par le jeu des passe-debout.
- Poussé à l’absurde, ce système est capable de créer d’incomparables embouteillages, ceux que nous avons connus à Paris avant iq3o, alors que sévissaient les droits d’octroi sur l’essence, dont le fameux « bulletin vert » était l’indésirable corollaire.
- Tout ce schéma ne vaut naturellement que pour les villes anciennes et ne pi-étend, en aucune façon, encadrer les cités neuves, poussées comme champignons sur terrains vierges, et libres de se raccorder aux espaces environnants par de larges avenues ouvertes à tous les vents.
- Hormis ces cas de génération spontanée, le problème d’urbanisme, qu’avec l’évolution de la circulation routière posent les accès' des villes, trouve sa solution dans un compromis entre le respect d’un passé qu’il est malséant de massacrer, les exigences du présent qu’il faut satisfaire, les aspirations de l’avenir que, par un effort d’anticipation, il faut s’efforcer de discerner, si l’on veut faire œuvre durable.
- Le cas de l’Allemagne n’était pas, à ce point de vue, différent de celui de la France. Tout l’écart présent tient à ce qu’elle a cherché et trouvé, plus tôt que nous, cet utile compromis.
- SOUS NOS YEUX,
- PRESQUE A NOTRE INSU, LES ACCÈS DE PARIS SE DÉCONGESTIONNENT
- Voici, à Paris, ce qui se réalise sous nos yeux, par étapes successives, sinon suivant un plan d’ensemble, du moins avec une suffisante coordination, en dépit de la multiplicité des autorités de qui relève l’exécution des travaux, et du régime de la douche écossaise auquel les soumettent les fluctuations parlementaires.
- Car, simultanément sévit un fol engouement pour les grands travaux et une raisonnable passion pour les économies sévèi-es.
- Finalement, on réalise de grands travaux... à force d’économies.
- Ce sont, en effet, les crédits d’entretien qui pourvoient à ce que les autres auraient d’insuffisant. De ces derniers, par des pancartes piquées en tous lieux, on prend d’ailleurs soin de nous avertir qu’ils ne sont pas alloués parce que les travaux qu’ils financent sont jugés utiles à la collectivité, ou, simplement, parce qu’on veut en donner pour leur argent aux automobilistes qui, bon an mal an, payent plus de deux fois l’extension, l’amélioration, l’entretien des routes sur lesquelles ils circulent (les impôts frappant l’automobile et les carburants apportent aux divers budgets plus de 7 milliards par an, alors que les crédits afférents à toutes les routes n’en absorbent que 3). Non, l’assistance aux chômeurs est toute la raison d’être de ces travaux.
- Rénovant la formule des ateliers nationaux, dont la route « des 4o sous » évoque justement le souvenir, c’est une conception économique singulièrement paradoxale que celle qui fait du moyen une fin.
- Pas de plan d’ensemble, avons-nous dit. Est-ce bien réel ? Certain comité ne s’est-il pas constitué qui a mis sur pied un « plan d’aménagement de la région parisienne » ? Certes, mais le plan en question n’a pas le caractère d’un plan directeur et le comité celui d’un organe d’exécution. Il n’a cependant pas été sans utilité. On lui doit l’incorporation d’auto-routes au programme d’amé-
- Fig. 2. — Schéma du souterrain de la porte de la Villette.
- si p h \
- Qj / i
- B?Macdonald
- . 6a 1er les pour canalisations
- p.46 - vue 50/439
-
-
-
- 47
- nagement-entretien-amélioration, élaboré dès iq3i, par le corps des Ponts et Chaussées et méthodiquement poursuivi sous des noms divers.
- Nous verrons ce que doivent être ces auto-routes. Disons tout de suite ce qu’elles ne seront pas. Elles n’iront pas, à la manière des autostrades italiennes ou des <( reichsautobahnen » allemandes, de ville à ville, comme des artères indépendantes.
- l'if). 4. — Le meme achevé.
- Fig. 3. — Construction d’un bow-string au souterrain de la Yillette par-dessus le métropolitain.
- Nos auto-routes seront des exutoires rejetant loin de la périphérie de la capitale sur le réseau routier ordinaire, un courant automobile important ; elles seront aussi de vastes entonnoirs captant- et canalisant le mouvement inverse. Parce qu’elles seront exclusivement réservées aux automobiles, qu’elles excluront
- tous croisements de voies transversales, lous passages à niveau, toutes sinuosités, tous couverts bouchant la vue, quelles seront larges à souhait et pourvues du meilleur revêtement, qu’enfin on y observera — souhaitons-le tout au moins — une sévère discipline de marche, nos auto-roules participeront, cependant, de la formule italienne.
- Par une coïncidence heureuse, c’est à Versailles, à l’ombre du château qui conserve pétrifiée l’image de la grandeur française, devant ces avenues d’une impressionnante largeur qui en dégagent la majesté de façon si symbolique, que s’est élaboré le plan de notre première auto-route.
- UNE GRANDE VOIE DE ROCADE AUTOUR DE PARIS.
- LES BOULEVARDS DES MARÉCHAUX
- Une ceinture de boulevards, dont le développement atteint 35 km, délimite le périmètre de Paris tel qu’il s’est trouvé fixé sous le second Empire, par l’annexion
- des communes suburbaines de Batignolles, Montmartre, Belleville, Ménilmonlant, Vaugirard, Grenelle, Petit Montrouge, etc., bi’ef le périmètre du Paris de nos jours. Cette ceinture épouse le contour intérieur de l’ancien mur d’enceinte, aujourd’hui disparu à la faveur du déclassement des fortifications intervenu en I9I9-
- Dès iS61, cette ceinture de boulevards a existé... dans l’esprit du génial urbaniste qu’était Haussmann. Celui-ci en avait décidé la construction et comme il savait voir grand, il avait immédiatement fixé à 4o m la largeur d’emprise de ce nouveau boulevard (les anciennes routes royales avaient 3o m d’emprise ; l’avenue de Paris à Versailles en a 90).
- Mais des travaux intérieurs apparemment plus urgents (percée de l’avenue de l’Opéra, de la rue du 4 Septembre, du boulevard Haussmann, construction de l’Opéra) avaient détourné l’attention de cette grande voie de rocade qui, à la chute de l’Empire, n était toujours qu’à l’état de projet.
- Elle en fut tirée 4g ans plus tard.
- Alors, la situation était la suivante : sur tout le pourtour, un étroit chemin stratégique de 6 m, dont on avait, à la fin du xixe siècle, amorcé l’élargissement à i4 m, sur quelques courts tronçons, longeait l’enceinte.
- De cela, en quelques années,
- Fig. ü. — Eclairage du même souterrain.
- les services de la Ville de Paris ont fait une voie de dégagement circulaire qui fait honneur à la capitale.
- Le tracé adopté ne diffère pas sensiblement de celui qui avait été étudié sous le Second Empire.
- Dans le secteur Nord-Est cependant, entre la porte du Pré-Sainl-Gervais et la porte de La Villette, diverses considérations — le tracé défectueux et la pente excessive de l’ancien boulevard Sérurier, entre la porte du Pré-Saint-Gervais et la porte Chaumont comme, d’autre part, la nécessité de donner du large à la gare
- p.47 - vue 51/439
-
-
-
- 48
- Fig. fi.'.— Schéma d'un passage souterrain très court (porte d’Italie).
- La sortie de Paris est à l’air libre ; le boulevard de ceinture qui la croise est en souterrain.
- Paris-bestiaux, qui s’étendait déjà jusqu’à l’enceinte fortifiée — ont poussé à abandonner la ligne des anciennes fortifications et, sur une longueur de 2 km 5, à empiéter sur la zone frappée de servitude non aedi-ficandi — rattachée, comme on le sait, au domaine parisien — et à se rapprocher des nouvelles limites de la ville.
- Quant à la largeur entre alignements, le chiffre d’Haussmann — 4o m — a généralement prévalu, avec quelques écarts en moins ou en plus, justifiés par des circonstances locales. En moins, c’est 3o m du côté de l’Ouest, où cette largeur a pu paraître suffisante, en raison de l’existence de grandes voies de tracés sensiblement parallèles : route de la Révolte, entre la porte de Champerret et la porte Maillot, allée dite « des fortifications » se prolongeant par les avenues du général Sarrail et du parc des Princes, entre la porte Dauphine et la porte Saint-Cloud.
- Sur quelques sections, là où la disposition des lieux ne laisse pas prévoir d’immeubles riverains, la largeur a été ramenée à a5 m.
- En plus, c’est sur le tronçon compi’is entre les portes Dauphine et Maillot, où le souci de rester dans la note d’élégante grandeur, qui est celle du quartier, a fait donner au boulevard une largeur de 5o m, non compris les servitudes de reculement.
- LES PASSAGES SOUTERRAINS
- C/est de ce côté également, qu’a été construit le premier passage souterrain, destiné à supprimer le croisement à niveau à l’intersection de l’avenue Foch et du boulevard Lannes.
- Inauguré le 18 juin 1931, ce passage de la porte Dauphine est déjà une vieille connaissance des Parisiens ; comme ceux qui ont été construits depuis, qui sont en voie de construction, ou projetés, il appartient à un type d’ouvrages d’art d’une conception nouvelle et originale.
- Par leur objet, qui est de faciliter la circulation, ces souterrains, dont l’axe se confond avec celui du
- boulevard circulaire et qui sont implantés chacun à une porte de Paris, s’inscrivent explicitement dans l’ensemble des-mesures propres à dégager les accès de la capitale et à permettre, le cas échéant, la rapide évacuation de la population.
- Sans doute, n’est-ce point le premier exemple de tunnel urbain. Témoin la bruissante terza Galleria de Naples, long tunnel de 900 m sous la colline du Posil-lipo qui, de la place Sannazaro à Fuorigrotta, canalise un double courant d’élégantes autos, de lourds camions, de carrioles antiques, de tramways, de bicyclettes, d’ânes et de piétons fraternellement mêlés dans une promiscuité pittoresque.
- A Paris, rien de semblable, les nouveaux passages souterrains sont exclusivement réservés à la circulation automobile. S’ils sont pourvus de trottoirs, ce sont des trottoirs minuscules (o m 75), uniquement pour les besoins du service et rigoureusement consignés aux piétons.
- La chaussée de ces souterrains est en somme la première, en France, qui appartienne en propre aux automobilistes ; aussi bien les plus longs sont-ils vite franchis.
- Cinq passages de ce genre sont en service. Ce sont ceux de la porte Dauphine (248 111), de la porte de la Villelle (297 m.), de la porte Maillot (58i m), des portes Champerret et C-ourcelIes (657 m), de la porte d’Italie (19,5 m).
- D’autres sont en voie d’achèvement aux portes de Clicliy, de Clignancourf et de La Chapelle, enfin, à la porte Maillot, où le souterrain actuel (mis en service le 29 mai iy36) sera prochainement jumelé avec un deuxième souterrain appelé à faciliter l’accès du Bois à la circulation venant de l’avenue de la Grande-Armée, en supprimant le cisaillement avec l’avenue de Neuilly. Sa rampe d’accès du côté du Bois est à l’emplacement du restaurant Gillet, où tant de cortèges de noces en landaus se sont arrêtés jadis.
- On pourrait croire qu’à décrire l’un, on les aurait décrits tous. Ce serait méconnaître les difficultés inhérentes à la situation de chacun qui ont imposé autant de solutions qu’il y avait de cas d’espèces.
- Bornons-nous à quelques exemples choisis parmi les plus intéressants comme technique.
- Le souterrain de la porte de La Villette. — On
- se heurtait ici à deux difficultés. L’ouvrage devait passer au-dessus de trois souterrains du Métropolitain. Deux des traversées, étant de faible portée, comportent simplement un plancher en poutrelles enrobées pour Tune et en béton armé pour l’autre. La troisième a été d’une exécution autrement délicate. Elle a nécessité la construction d’un véritable pont constitué par trois bow-strings de 12 à 20 m de portée (fig. 3 et 4) supportant un plancher inférieur pour les chaussées du souterrain et un plancher supérieur pour les ouvrages de surface, c’est-à-dire pour la chaussée et les trottoirs de l’avenue de la Porte de La Villette. //.
- p.48 - vue 52/439
-
-
-
- 49
- Combien d’automobilistes franchissant la Porte de La Villette en direction du Bourget, de Sentis, de Compiègne, de Lille,- de Bruxelles, trouvent natui’el de n’être coupés par aucune circulation perpendiculaire, et ne soupçonnent pas qu’ils passent par dessus un bel ouvrage d’art. Pourtant le souterrain de la Villette est en service depuis le 6 août iç)34.
- L’autre difficulté tenait à la nécessité où l’on s’est
- Fig. 7. — Exécution des travaux du souterrain Champer-ret-Courcelles.
- Une dalle de 24 m de portée.
- trouvé de raccorder les deux tronçons du boulevard Macdonald en passant sous les voies en remblai des chemins de fer de l’Est, sans troubler leur exploitation et môme sans que soit réduite la vitesse des trains qui, pour les express, peut déjà atteindre à cet endroit 90 km/h.
- Denis, tandis qu’une trémie d’accès avec chaussée de 0 m à sens unique, située boulevard dè Reims (ancienne Boute de la Révolte), permet aux voitures venant de Saint-Denis d’emprunter le souterrain.
- En section courante, le souterrain comprend deux chaussées de 6 m à sens unique. Entre les deux trémies extrêmes, la longueur de l’ouvrage est de 657 m, dont /190 m de souterrain.
- Là, comme à La Villette, la présence de souterrains du Métropolitain — l’ouvrage n’en franchit pas moins de quatre — n’a pas facilité la tâche des ingénieurs. Pour reporter les charges et surcharges de surface en dehors des piédroits des souterrains du Métropolitain, des ouvrages spéciaux analogues aux précédents ont été construits.
- Quant à la couverture, elle comporte, en section courante du souterrain, une dalle en béton armé à deux travées solidaires de 7 m 5o reposant latéralement sur piédroits en gros béton et au milieu sur une ligne de poteaux en béton armé. L’épaisseur de la dalle de couverture varie de o m 4o (dalle pleine) à o m 80 (dalle nervu-rée à double hourdis).
- Mais au débouché de la trémie intermédiaire Stéphane-Mallarmé, les poteaux axiaux ont été supprimés sur une longueur de 26 m.
- Bravement, en cet endroit et
- Fig. 8. — Sortie intermédiaire du souterrain Champerret-Courcelles.
- Un agent posté sur le refuge à gauche règle la circulation par liants-parleurs. De place en place, des signaux d’alarme à la disposition du public, permettent de couper la circulation en cas d’accident. On aperçoit un tel signal sur le 2e pilier à partir de la gauche.
- Aménagement des portes Champerret = Courcelles. —
- A cet endroit, la situation était singulièrement compliquée. A la porte de Champerret, les boulevards de rocade subissen plus de 100 m le long de l’avenue de Villiers et leur trafic s’en trouve cisaillé par l’important courant de circulation Paris-Neuilly. Cette situation s’aggrave encore du fait que l’ancienne « Route de la Révolte », voie directe vers Saint-Denis, se raccorde tangentielle-ment au boulevard circulaire.
- On a voulu remédier à tous ces inconvénients. On y est parvenu en adoptant une solution qui permet, en outre, les croisements à niveaux séparés, tant à la porte de Champerret qu’à la porte de Courcelles, distantes l’une de l’autre de 200 m.
- Une rampe intermédiaire, avec chaussée de 6 m à sens unique, située avenue Stéphane-Mallarmé, permet la sortie des véhicules en direction de Saint-
- un décrochement de
- Fig. 9. — L’éclairage ' du souterrain Champerret~ Courcelles.
- sur cette longueur on a posé une dalle pleine en béton armé de 24 m de portée ayant une épaisseur de x m 3o dans l’axe et de o m 90 aux appuis. C’est cette dalle dont on voit la construction sur la figure 7.
- Aération, éclairage, sécurité. — Si l’on pousse l’investigation jusqu’aux détails, on voit que des trésors d’ingéniosité ont été dépensés, et toutes les ressources de la science mises à contribution pour assurer à ces souterrains un maximum de « confoi't ».
- p.49 - vue 53/439
-
-
-
- 5Ô
- Fig. 10. — Ce même 'pansage la veille de sa mine en service est, visité par de nombreuses personnalités.
- D’abord, on avait pensé que l’aération naturelle ne serait pas suffisante. L’ouvrage de la porte Dauphine,
- — le premier en date — est pourvu d’un système de * ventilation mécanique. Dans les caniveaux de chaque côté de la chaussée, tous les 2 ou 3 m, des baies ont été ménagées. Ces haies sont en communication avec des ventilateurs aspirants qui purgent le souterrain de tout air vicié.
- Mais on avait compté sans la pompe foulante et aspirante que constituent, dans chaque sens, les trains de véhicules passant en trombe. Celle pompe suffit à assurer une bonne ventilation et rend superflu tout dispositif mécanique. Aussi se contente-t-on, dans les nouveaux souterrains, de prévoir ce dispositif et d’en exécuter le gros œuvre de telle manière que, s’il était reconnu utile à l’hygiène du souterrain, il puisse être rapidement mis en service.
- L’éclairage posait un problème délicat. Il fallait que ces souterrains fussent bien éclairés. Mais bien éclairé ne veut pas dire : éclairé constamment à profusion
- Fig. 11. — Le souterrain de la porte de Clic-hy.
- Les travaux en voie d’achèvement (mars 1937).
- d’une lumière brutale ; bien éclairé veut dire : éclairé de telle manière que l’intensité lumineuse dans le souterrain prolonge, en quelque sorte, celle du dehors, afin que l’œil n’éprouve, à aucun moment, de ces coups de surprise qui peuvent avoir de si fatales conséquences.
- C’est pourquoi à un fond d’éclairage fixe donné par lampes à incandescence, ou tubes luminescents à faible consommation spécifique, se superpose un éclairage variable par foyers à incandescence réglé sur la luminosité extérieure par une cellule photo-électrique qui, suivant les variations de cette luminosité, déclenche automatiquement l’un des quatre x'égimes d’éclairage intérieur correspondant à l’une des quatre situations suivantes au dehors : plein soleil, temps brumeux, temps sombre, nuit.
- Il y a là un échelonnement d’intensité lumineuse allant de i35 à i5 lux. Tous les souterrains — sauf celui d’Italie dont la traversée est très courte — sont pourvus de ce système. Tout cet éclairage étant électrique, il a bien fallu penser à la panne toujours possible ; partout un éclairage de secours est prévu, soit par un changement instantané de réseau, soit par la mise en marche automatique d’un groupe électrogène à moteur Diesel.
- Ainsi, parlant de l’éclairage, empiète-t-on sur le domaine de la sécurité.
- Dans ce domaine, la cellule photo-électrique intervient à nouveau pour interdire l’accès du souteiTain aux véhicules trop élevés, lorsqu’il n’a pas été possible — c’est le cas à La Villetle et à Champerret — de donner au souterrain une hauteur suffisante pour admettre tous les gabarits pratiquement en usage.
- Le dispositif comprend un foyer lumineux, situé d’un côté du tunnel, qui projette un rayon lumineux horizontal sur une cellule photo-électrique placée de l’autre côté. Ce rayon lumineux constitue un a gabarit optique ». Vient-il à être intercepté par la superstructure d’un véhicule trop élevé, que la cellule photoélectrique déclenche instantanément une signalisation optique faisant apparaître, par tubes au néon, une inscription d’interdiction.
- Un dispositif sonore, comprenant deux haut-parleurs, complétait initialement cette signalisai ion optique ; le premier émettait un coup de sifffet, le second, placé 60 m plus loin, modulait l’avertissement : « Attention, voiture trop haute pour le souterrain, passez à droite. » Mais à l’usage la signalisation lumineuse a été reconnue suffisante.
- Dans l’intérieur du souterrain, des signaux d’alarme analogues à ceux en usage dans les compartimenls de chemins de fer sont, de place en place, à la disposition du public. En cas d’accident, il suffit de tirer l’anneau pour couper, par signal optique, l’accès du souterrain.
- Enfin, là où l’ouvrage est particulièrement important — Ghamperret-Courcelles — un
- p.50 - vue 54/439
-
-
-
- 51
- agent disposant de microphones et posté en un point central règle la circulation par hauts-parleurs.
- AU DELA DES PORTES, TROIS MANIÈRES DE DÉGAGER LA CIRCULATION
- Ainsi aménagés, on conçoit que les boulevards des Maréchaux apportent une puissante contribution aux dégagements des accès de la capitale, en permettant à tout véhicule de se rendre rapidement, — en dépit même d’un allongement du parcours, — d’un point à un autre de la périphérie, sans s’engager dans les encombrements du centre ; d’autre part ils épargnent ces encombrements aux véhicules qui traversent Paris sans arrêt.
- Enfin ils évitent les brisures de circulation aux portes principales.
- Quel soulagement cela procure-t-il à la circulation P On n’est pas encore très riche en statistiques sur ce point. Voici cependant des chiffres et qui sont éloquents : en 12 h, on a compté 10.800 véhicules franchissant le souterrain de La Villette. En 24 h, 9,5oo celui de la porte Dauphine ; tandis que, dans le même laps de temps, i5.6oo voitures passaient par dessus, sur l’avenue Foch.
- Dans la direction radiale, les travaux d’aménagement s’inspirent de trois principes :
- i° Élargir les chaussées ;
- 20 Créer des déviations ;
- 3° Construire des auto-routes à grand débit réservées à la circulation automobile.
- Voyons la chose aux portes mêmes.
- Leur nouvel aménagement comporte, tant à la traversée de l’ancienne enceinte fortifiée que du territoire de la zone, c’est-à-dire sur 4oo m de longueur, des largeurs entre alignements de 3o à 90 m, avec chaussées livrant toujours passage à un minimum de six files de voitures, soit 16 m 5o de largeur, à 2 m 75 par voiture.
- L’aménagement des portes a nécessité la construction d’un seul ouvrage d’art important, le pont de la porte de Pantin, destiné à livrer passage, à son étage inférieur, à une ligne métropolitaine de banlieue en projet et à un collecteur, et, à son étage intermédiaire, à une ligne de chemin de fer à triple voie qui croisait antérieurement à niveau l’avenue Jean Jaurès.
- Au delà des portes, deux cas se sont présentés. Ou la route avait une large emprise et une chaussée étroite et il suffisait, pour donner à celle-ci une bonne largeur, de tailler, sans formalités, sur les bas-côtés ; ou l’emprise elle-même était insuffisante et il fallait recourir à l'expropriation.
- Le premier cas était assez fréquent, soit que l’on ait eu jadis le souci de ménager, aux abords de la capitale, de larges accotements gazonnés et ombragés à l’usage des promeneurs, soit que, dans la période allant du temps des diligences et du roulage à celui
- Le vieux pont de Neuilly pendant les travaux de reconstruction.
- Vue prise pendant la dernière crue de la Seine.
- de l'automobilisme, on ait songé à restreindre les frais d’entretien en diminuant la largeur des chaussées sur lesquelles l’intensité du trafic était devenue très faible.
- Toujours est-il que, partout où cette situation s’est rencontrée, on a porté, ou l’on porte, en ce moment, la chaussée à 9, 12, i5 et même 21m.
- Ont, notamment, bénéficié de ces élargissements : la roule i3 à partir du pont de Neuilly, la route 192 vers le pont de Bezons, la route 1 vers Saint-Denis, la route 2 entre Aubervilliers et le Bourget et au delà de l’extrémité nord de l’aéroport jusqu’à la patte d’oie de Gonesse où la chaussée était,, jusqu’à l’an dernier encore, dangereusement étroite.
- Devant la nécessité d’entamer l’emprise, solution toujours onéreuse, lorsqu’il faut, comme c’est le cas généra], la prélever sur des terrains bâtis, on hésite davantage. On peut citer cependant un élargissement de ce genre dans la traversée de Pantin.
- Mais, le plus souvent, il semble plus expédient de contourner l’agglomération en créant une déviation.
- De telles déviations sont achevées autour de Ville-juif, en direction de Fontainebleau, autour de Bourg-la-Reine, en direction d’Orléans.
- D’autres sont eri cours sur la route 1 à Saint-Denis où la nouvelle voie empiétera un peu sur le domaine de l’établissement de la Légion d’Honneur ; et, plus loin, à Pierrefitte. En cours également une déviation sur la route i4 autour d’Épinay et d’autres en divers endroits.
- Tous ces élargissements se compliquent naturellement de la réfection des ouvrages d’art ; car, à quoi servirait-il de donner de l’espace aux automobilistes si c’était pour briser leur élan, en laissant subsister de place en place des pièges à accidents.
- Une foule de petits ponts par dessus des ruisseaux, des canaux, des lignes de chemins de fer ont dû être refaits. Parmi les ouvrages plus importants, citons les ponts de Joinville, de Champigny, de Billancourt, de Suresnes dont les travaux sont, soit en cours d’exécution, soit à la veille d’êti'e adjugés. Enfin, les ponts
- p.51 - vue 55/439
-
-
-
- Ce que sera le nouveau yonl de Ae-uillij.
- Fig. i:>, -
- de Neuilly cl de Saint-Cloud dont nous disons un mot plus loin.
- Mais à ce rajeunissement de la grande voirie suburbaine se rattachent des projets de plus grande envergure qui, faute de mieux, ont déjà reçu des approbations de principe.
- Du nombre est le projet de dégager le sud de la capitale par l'aménagement de la route 186 en grande rocade Yersailles-Choisy-le-Roi, avec suppression des croisements à niveau aux carrefours Pornpadour, lîelle-' Epine, etc.
- Le pont de Neuilly et le pont de Saint-Cloud.
- — Premier en date des ouvrages de Perronet, le pont de Neuilly qui avait été inauguré en grande pompe par le Roi Louis XV le 29. septembre 177a est voué à
- Fig. 14. — Le yonl de Saint-Chvud tel qu’il sera.
- Détail de la culée sur la rive droite.
- une disparition prochaine. D’ici a ans, il ne sera plus qu’un souvenir, tin souvenir digne d’être conservé, puisqu’avec ses piles amincies et le surbaissement de ses voûtes, il a marqué une époque dans l’évolution de l’art de construire les ponts.
- Le pont de Neuilly disparu, que restera-t-il de l’œuvre de ce grand ingénieur dont « le titre de gloire est d’avoir fait pénétrer en ce domaine de la construction des ponts, la vive clarté des principes de la mécanique, d’avoir osé, pour la première fois, traiter les problèmes de stabilité soulevés par ce genre de construction en usant des données de la science des forces et de l’équilibre, et d’être parvenu, grâce à celle vue rationnelle des choses, à assurer non seulement une meilleure répartition des efforts, mais encore à réaliser une sensible économie de matériaux, tout en améliorant grandement les conditions de la navigation au passage des ponts » ? (1).
- Son pont de Sainte-Maxence sur l’Oise, où toutes ses idées, y compris les piles discontinues à colonnes groupées avaient été réalisées, a été irrémédiablement détruit pendant la dernière guerre.
- Celui de la Concorde, devenu trop étroit pour la circulation actuelle, a été élargi mais sans altérer en rien son élégance architecturale. Le pouvait-on sans rompre une harmonie, dont on n’imagine pas qu’elle ne doive pas cire éternelle ? Et l’on sait, du reste, que les ingénieurs chargés de ce travail ont poussé le respect de l’œuvre de Perronet jusqu’à adopter pour l’allongement des piles, ces piles évidées, dont l’effet est si gracieux et qui, prévues dans le projet primitif de l’ingénieur du xvme siècle, avaient paru
- 1. Maurice d’Oca'gne, Hommes et choses de sciences, Yuibert, Paris.
- p.52 - vue 56/439
-
-
-
- 53 =
- Fig. 15. — Le vieux pont de Saint-Cloud, appelé à disparaître.
- trop osées pour qu’on lui permît de les réaliser.
- A Neuilly, aucun ensemble architectural grandiose n'imposait l’obligation de ne pas rompre avec le passé. Aussi le nouveau pont de Neuilly ne rappel-lcra-t-il en rien la silhouette de son ancêtre. L’âge de la pierre est passé, cependant le concours de ce matériau n’a pas été complètement écarté : la pierre de taille a trouvé sa place dans la décoration et le coffrage des culées de rives et des culées dans 1 île. Celles-ci sont réunies par une voûte de 32 m d’ouverture et des escaliers, d’un bel effet ornemental, font décrochements de part et d’autre. Tout le reste est béton ou acier.
- En béton les fondations et le gros œuvre des culées, en béton armé les massifs d’arrière-culée des passages souterrains, qui assureront sur chaque rive l’écoulement de la circulation transversale. En acier à haute résistance, entièrement soudée à l’arc, toute la charpente métallique dont les arches d’une portée respective de 82 m sur la rive droite, 67 m sur la rive gauche,
- sont chacune composées de 12 arcs métalliques arti lés aux naissances et où la répartition des charges en les arcs et le conlreventement, est obtenue par entre toises au plan supérieur et des butoirs dans plan des arcs, à l’exclusion de tout dispositif tel ( croix de Saint-André.
- C’est, réalisé avec la technique du xxe siècle, un ouvrage de style néo-xixe, plus sobre de ligne ( ses congénères de l’époque 1900 et mieux dégagé toute ornementation superflue.
- A Saint-Cloud, aucune concession n’a été faite passé. Moderne est le matériau et moderne l’aspe Tout est en béton ou en acier à haute résistance soi à l’arc. Pour la décoration, seuls ont été admis le c vre et le bronze.
- Peut-être reprochera-t-on à ce pont une certaine < cordance avec l’idée que l’on se fait de l’aspect tr£ tionnel du lieu. Mais qu’a fait Saint-Cloud de aspect depuis que son château, gardien de la traditi a été réduit en cendres par la torche incendiaire ?
- Fig. 16. — Vue d’ensemble du jutur pont de Saint-Cloud, dont Vaspect sera très moderne.
- p.53 - vue 57/439
-
-
-
- = 54 : . :.=-r.:r:-r——
- Par delà cet aspect — riche d’histoire mais, somme toute, court de durée — avec son modernisme franc et loyal, le nouveau pont ne va-.t-il pas rejoindre l’aspect clair et gai de ces coteaux verdoyants qui est leur physionomie de toujours ?
- C’est à l’heure où le soleil couchant dorera de ses derniers rayons le clinquant verdi de son parapet que la ligne sobre de son architecture se détachera en beauté sur son miroir d’eau mobile:
- Quant à reconnaître sa filiation avec les idées de Perronet, la chose est trop simple. !
- Des piles plus minces, des voûtes surbaissées pour donner plus de facilités à la navigation, voilà en dernière analyse, le fond des idées de Perronet. Dès lors, ces frêles pattes d’ibis qui supporteront le tablier, surbaissé jusqu’à la rectitude linéaire, du nouveau pont lui auraient plu par leur hardiesse et par les facilités certaines qu’elles apporteront à la navigation assez contrariée jusqu’ici par le pont actuel.
- Avec ses 3o m de largeur de tablier, il suffira pour longtemps à assurer l’écoulement du flot de voitures que l’auto-route de l’Ouest, dont il sera le débouché, ne manquera pas de grossir.
- L'AUTO-ROUTE DE L’OUEST
- L’actuelle avenue du Palais, transformée en une artère de 4o m de largeur avec trois chaussées, permettra la séparation de trois courants de circulation, deux qui existent déjà : accès au parc de Saint-Cloud et circulation urbaine, le troisième de circulation à grande distance que créera l’ouverture de l’auto-route.
- À quelques mètres de la grille du parc ce courant-là passera en tunnel sous le coteau de Saint-Cloud, ressortira à ciel ouvert 83o m plus loin, à la grille d’Orléans, passera sous la route nationale de Paris à Versailles par Saint-Cloud et longera finalement la lisière nord du parc juscru’à la porte du Combat.
- Par ce tunnel d’accès dont la section sera de 17 m et le tracé qui le prolonge, on a évité tout bouleversement au parc de Saint-Cloud, dont l’asnect, •— tout ce qui subsiste, en somme, de l’aspect traditionnel que nous évoquions plus haut — ne sera modifié en rien.
- Au delà du parc de Saint-Cloud, le tracé continue par la forêt domaniale de Fausses-Renoses jusqu’aux environs du puits d’Angle (croisement des routes nationales 307 et 3it a), gagne ensuite la forêt de Marlv, après être passé sous la route nationale de Versailles à Saint-Germain.
- Arrivé à la hauteur de Rocquencourt, il bifurque, en deux branches, l’une, à travers la forêt de Marlv, les bois d’Herbelav et de Poney, rattrape la route de Quarante sous vers Orgeval, l’autre travei’se la plaine de Gally et aboutit à la route nationale n° 10. vers l’étang de Saint-Quentin, un peu avant la fourche de Trappes.
- A partir du débouché du pont de Saint-Cloud pris comme origine de l’auto-route, la branche vers Orge-val a un développement de 22 km, l’autre un développement de 17 k 5oo. Le développement total est
- donc de 3o km environ avec des largeurs de plateforme de 2/1 m sur les deux branches, de 3o m sur le tronc commun et une section intérieure de 17 m ' dans le tunnel. Trente ouvrages d’art d’une portée de 12 à 35 m sont prévus.
- Le profil en long ne comporte que des rampes et pentes inférieures à 5 pour 100. Aux points hauts, des raccordements de rayon au moins égal à 5.000 m dans le plan vertical seront ménagés entre les déclivités de sens contraire. Donc, pas de dos d’âne et, dans tous les cas, une visibilité d’au moins 25o m sera assurée.
- En plan, aucune courbe de rayon inférieur à 1.000 m n’est admise, par suite aucun relèvement de la chaussée ne sera nécessaire et la visibilité sera du même ordre que la précédente.
- Le souterrain sera naturellement éclairé. Peut-être en sera-t-il de même du tracé à découvert et l’embranchement a été étudié de manière à permettre aux courants de circulation de bifurquer dans les différentes directions, sans se recouper ni se gêner.
- État actuel des travaux. — Les travaux sont très inégalement avancés sur les différents secteurs de l’auto-route ouest.
- L’un des stadës les plus longs à franchir, dans ce genre d’opération, est celui de l’expropriation, qui entraîne, même dans les cas d’urgence, d’interminables formalités : la branche Nord et une partie du tronc commun ayant pu être tracées sur des terrains domaniaux, les formalités d’expropriation se sont trouvées, de ce côté, réduites à leur plus simple expression et les travaux, entrepris dès le printemps de 1935, sont aujourd’hui très avancés.
- En particulier, dans la forêt de Marly, sur une longueur de 8 km, l’infrastructure est terminée. Seule la chaussée reste à construire. Mais ce travail ne peut être entrepris qu’assez longtemps après l’achèvement des terrassements, car il faut laisser se faire le tassement des remblais. Au surplus, rien ne presse, car à quoi servirait, pour l’instant, de procéder au revêtement d’une chaussée appelée à rester quelque temps encore entre deux hiatus.
- Un autre lot, celui qui réunit le précédent de celte voie nouvelle à la roule nationale n° iqo — où de gros tei’rassements ont été effectués à l’aide de puissants engins mécaniques : pelles excavatrices pour les déblais, bulldozers pour la confection et le nivellement des remblais, bennes automotrices pour la manutention des terres — est en bonne voie d’achèvement.
- Est également en cours d’exécution le tronc commun, à l'exclusion du raccord à la hauteur de Rocquencourt, dont les travaux doivent être adjugés très prochainement.
- Rref, dans un avenir qu’il serait téméraire de limiter trop rigidement — tant de circonstances peuvent bou-leverser les prévisions — mais que l’on aperçoit vers la fin de 1939, les automobilistes, débouchant de Saint-Cloud, franchiront, en quelques tours de roues, sur une route magnifique les 22 km qui séparent l’orifice du tunnel du raccord avec la route nationale aux
- p.54 - vue 58/439
-
-
-
- abords d'Orgeval-Bathemont en direction d’Ecquevilly et, au delà, vers les riantes cours de pommiers normandes.
- Sur le tronçon Rocquencourt-élang de Saint-Quentin, il est à craindre que les choses aillent moins vite. Là, en effet, les formalités d’expropriation ne sont pas terminées et l’on ne prévoit pas que les premiers travaux puissent être adjugés avant quelque temps.
- En mettant les choses au mieux, en supposant qu’aucun incident ne vienne troubler la marche normale des entreprises, nous aurons, en France, aux alentours de i()4i ou 1942, un réseau de 3o km d’aulo-routes... et un retard de i5 bonnes années au départ sur les pays voisins.
- Quand viendra le reste ? Le reste, c’est :
- i° L’auto-route du Sud qui, sur une longueur de 3i km, dégagera en fourche la sortie de Paris par Essones d’une part, où elle rejoindra la route 7 en
- .. " ' . = 55 =====
- direction de Fontainebleau, par Monthléry de l’autre où elle rattrapera la route 20 allant à Orléans ;
- 20 L’auto-route du Nord qui doit unir Le Bourget à la porte de La Chapelle et, peut-être, ultérieurement à la gare Saint-Lazare, ce qui permettrait de gagner en quelques minutes l’aéroport parisien à partir d’un point central de la capitale.
- Tout cela verra certainement le jour — au moins l’auto-route du Sud et les 6 km du premier tronçon de l’auto-route du Nord, dont le projet de terrassement est dressé, car la pénétration dans l’intérieur de la ville reste entourée d’un plus grand point de doute — mais pour l’instant, on attend la déclaration d’utilité publique qui n’est pas encore intervenue. C’est dire que l’heure d’inaugurer ces commodités n’est pas près de sonner.
- Georges Kimpflin.
- DISPOSITION NOUVELLE DES HÉLICES DES NAVIRES
- Malgré les vitesses remarquables obtenues par les navires propulsés par des hélices arrière, au prix d’une puissance mise en jeu formidable d’ailleurs, il est reconnu depuis longtemps que le problème de l’hélice n’est pas encore résolu d’une façon satisfaisante. Les remous que l’appareil de propulsion provoque à l’arrière du bateau correspondent à une perte d’énergie considérable, rendant le profilage de l’arrière très difficile à établir rationnellement et, tout comme dans les avions ou les automobiles rapides, Ja dépression créée freine l’avancement du navire. De plus, dans certains cas spéciaux, navigation sur les fleuves ou les canaux, ils conduisent à réduire d’une façon désastreuse la vitesse de marche pour éviter la destruction des berges.
- Le problème a été particulièrement étudié en Allemagne
- où le développement du trafic fluvial est extrêmement Fi,g. 1. Dioeises considérable. La figure 1
- dispositions d’hélices. m0nlre quelques-unes des
- solutions étudiées. L’idée la plus simple (fig. 1 a) était de faire travailler l’hélice à l’entrée d’un énorme ajutage de tuyère qui donnerait, à la sortie, une veine parfaitement régulière et s'épanouissant normalement. Mais il faut tenir compte des frottements aussi bien de l’eau à l’entrée, avant l’hélice, que dans la tuyère d’échappement même et le profil proposé fut rejeté, svirtout qu’il rendait la conduite et la gouverne du bateau très difficiles.
- Conservant le même principe, des maquettes
- furent l'éalisées (fig. 1, b et c) dans lesquelles, peu à peu, la tuyère de sortie était de plus en plus raccourcie, les évents de prise étant eux-mêmes déplacés le long de la coque.
- Finalement, la Schiffs und Machinenbau A. G. de Mannheim a construit un navire, le Rhenus 92, de 67 m de long, 8 m 16 de largeur maxima et 2 m 5 de tirant d’eau dont la figure 1 d donne la vue d’ensemble et la figure 2 la disposition nouvelle adoptée pour les deux hélices motrices. Celles-ci sont à l’avant, finement profilé et l’eau captée latéralement sous la quille assure, paraît-il, une propulsion très aisée tout en supprimant presque entièrement les remous et en assurant à l’hélice un excellent rendement.
- IL Vigneron.
- Fig. 2. — Le « Rhenus » 92.
- p.55 - vue 59/439
-
-
-
- UN VOLCAN SOUS UN GLACIER
- C’est en Islande que l’on' trouve ce phénomène naturel extrêmement rare d’un volcan dont les éruptions ont lieu sous la glace, c’est-à-dire que pendant les périodes de repos le cratère se remplit de glace et que pendant la période pré-éruplive, l’activité a d’abord à détruire la calotte glaciaire. Sur le mécanisme même de celle manifestation naturelle on en était réduit aux observations forcément incomplètes des fermiers islandais établis au voisinage des deux volcans Yalnajôkull et Myrdals-Ey jafallajokul, ces observations portant surtout sur une -manifestation secondaire : le torrent-formidable qui dévale des glaciers brusquement avant l’éruption proprement dite entraînant à la mer de nombreux icebergs arrachés par la violence de l’avalanche.
- Le Vatnajôkull au cours de ce siècle a été en activité en iqo3, 1922 et 1934 et sa dernière éruption a pu être étudiée complètement par Niels Nielsen qui dans un intéressant article du Geographical Journal en a exposé les divers aspects et le mécanisme. D’après ses observations, il a pu même fixer un ordre de grandeur des énergies et de ki quantité de chaleur mises en jeu, le cratère rempli de glace sc comportant comme un gigantesque calorimètre. Dès l’approche de la région A'olcanique, Nielsen constata que les moutons paissant au voisinage du volcan étaient atteints d’une maladie particulière caractérisée par des lésions des muqueuses du nez et de la bouche et la perte des poils autour de la bouche, cette maladie s’étendant également aux habitants. Elle est causée par les émanations des cendres du volcan qui renferment des quantités considérables de lluor, gaz éminemment toxique et corrosif. C’est, ainsi qu’en 1783, 70 à 80 pour 100 des troupeaux et 20 pour 100 de la population furent tués par ces émanations.
- Le mécanisme de l’éruption est le suivant. La vallée où est située la bouche du volcan a 9 à 10 km de long sur 7 environ de large et forme une cuvette d’une profondeur d’environ 4oo m. Avant l’éruption cette vallée est remplie de glace car la région d’Islande où elle se trouve est fréquemment parcourue 23ar des tempêtes et des ouragans qui transportent d’énormes quantités de neige (fîg. 1 a).
- Dans la première phase de l’éruption, qui reste invisible à l’observateur, la chaleur du volcan fond la glace partiellement et il se for-
- Fig. 1. — Le mécanisme des éruptions me un Uc souter-du volcan Vatnajôkull. rain, surmonté par
- une calotte de glace (fig. 1 b), dont le volume augmente peu à peu. À un certain moment, la pression de la masse d’eau et sans doute aussi son action thermique sur la paroi du glacier vers l’aval dè la vallée, détermine la rupture de celte paroi et brusquement le lac se vide. Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène, nous dirons que lors de l’éruption de 1934, la lar-
- geur du torrent dévalant de la moraine du glacier fut pendant 3(1 h de 8 km, avec une vitesse de 2 m par seconde et pendant 9G h de 25 km, la profondeur de cet Amazone temporaire variant- suivant les endroits de 3 à i5-20 m. Le volume débité peut être estimé à 80.000 m3 par seconde et la quantité d’eau totale sortant de la poche, à une dizaine de miliards de m3, soit 10 km3.
- La calotte de glace qui surmontait le lac, sous l’influence de la pesanteur, de la diminution de pression et de la chaleur volcanique s’effondre ensuite brusquement, les matières ignées fondent partiellement les blocs de glace et l’éruption se manifeste à l’air libre (lig. 1 c) envoyant en l’air un panache de fumée, de vapeur d'eau, de pierres et de cendres montant jusqu’à une hauteur de 10 à 12 km dans l’atmosphère. Dans l’éruption de 1904, l’épaisseur de la calotte de glace lors de sa dislocation était d’environ 5o m.
- Puis, au bout de deux semaines environ d’activité maxima, le volcan se calme peu à peu et rentre dans une nouvelle période de repos qui, d’après les prévisions durera jusque vers i945-ig5o.
- La fusion de 10 Uni3 de glace correspond à l’apport par le feu central de 8 x 1014 grandes calories, sans compter naturellement la chaleur perdue par évaporation, élévation de la température de l’eau au-dessus de o° etc..; Si on admet que la période d’activité sous-glaciaire est de 20 jours, on arrive à un apport journalier de chaleur d’environ 4 x io13 grandes calories.
- Rappelons que d’après des mesures de Wolf dans le lac do, laves Kilauea, l’apport quotidien de chaleur est d’environ 3 x 1010 grandes calories. Il faut se rappeler, en comparant ces deux chiffres que l’un correspond à un régime permanent, tandis que l’autre se rapporte à une période de paroxysme d’activité.
- Comment cette quantité totale formidable de chaleur est-elle apportée à la surface du globe ? On pourrait penser qu’elle est fournie par la solidification et le refroidissement du magma. Voyons à quels résultats numériques on arrive dans cette hypothèse.
- La densité du basalte liquide est de 2,7 environ, sa chaleur spécifique de 0,2 et sa chaleur de fusion de 100 calories. Si on suppose que la lave arrive au sol à la température de 1.2000 et est refroidie par le glacier à o°, on arrive au résultat suivant : 1 km3 de basalte libère 9,2 x io14 grandes calories, c’est-à-dire une quantité de chaleur du même ordre que celle que nous avons calculée plus haut.
- On pourrait donc supposer que pendant la période sous-glaciaire de l’éruption, il y a expulsion du sein de la terre d’un volume de lave de 1 km3 environ. Cette conclusion ne semble pas être conforme à la réalité car certainement la cheminée du volcan était complètement obstruée lors du début de l’éruption de iq34 et d’autre part on n’a pas trouvé de traces importantes de l’énorme magma qui aurait dû être expulsé.
- On en est alors réduit aux hypothèses : condensation de gaz ou de vapeur cl’eau, réactions exothermiques, etc... et ce sera sans doute un sujet d’études intéressantes pour les géologues lors de la prochaine période d’activité du volcan de déterminer les conditions exactes du phénomène dont l’ordre de grandeur est déjà connu.
- H. Vigneron.
- p.56 - vue 60/439
-
-
-
- LES EMPOISONNEMENTS FONGIQUES
- La communication de M. Gay concernant les traitements à appliquer contre l’empoisonnement par les champignons m’engage à compléter l’article paru dans La Nature du ier septembre ig35.
- On distingue à l’heure actuelle les espèces mortelles des espèces toxiques n’étant accidentellement mortelles que sur des organismes déjà usés.
- Les espèces mortelles sont au nombre de trois : Amanita phalloïdes, Amanita verna, Amanita virosa.
- Les espèces toxiques sont en bien plus grand nombre et peuvent être subdivisées d’après leur action, en plusieurs groupes :
- Champignons agissant sur le système nerveux : Amanita muscaria, Amanita pantherina;
- Champignons causant des troubles gastro-intestinaux plus ou moins graves : Entoloma lividam, Tricholoma ligrinum, Clitocybe dealbata, Clitocybe olearia, Russules âcres, ïnocybe Patouillardi et autres, Ilebeloma crustuliniforme, etc... ;
- Champignons agissant sur le sang (hémolytiques) : Lepiota helveola, Gyromitra esculenta, Peziza vesiculosa et. nombreux champignons consommés crus.
- Cet article sera uniquement consacré à l’empoisonnement phalloïdien.
- *
- * *
- Prenons un exemple typique décrit dans le Bulletin de la Société mycologique.
- M. H..., mange avec ses deux filles un plat de champignons à anneau récoltés dans la journée et qu’un paysan connaisseur lui a affirmé être bons. Le lendemain matin vers 5 h, ils se trouvent tous trois pris de vomissements incoercibles et de diarrhées excessivement douloureuses et persistantes. Le foie est gros et les reins se bloquent. Le médecin appelé ordonne des cachets de charbon composé et une potion calmante contenant entre autres de l’adrénaline. Le surlendemain vers io h le père va mieux, mais le soir il est emporté par une crise cardiaque.
- Les jeunes filles continuent à vivre le sombre tableau suivant : diarrhées, vomissements, crampes, le tout aggravé d’un ictère, de troubles visuels et de myocardies. L’anurie est absolue, le foie est gros. Les médications : charbon, adi’énaline, huile camphrée, sérum physiologique se montrent inefficaces.
- Quelques jours après, la plus jeune, après un mieux sensible, mourut subitement. L’aînée, après une convalescence très longue, succomba à une hématémèse.
- L’empoisonnement phalloïdien est donc du type « cholériforme » et caractérisé par :
- i° une incubation indolore variant de 8 h à i4 h et plus-,
- a0 une suite de vomissements et diarrhées intenses très douloureux, compliqués souvent de paralysies, d’ictères, de Iroubles visuels et du blocage des reins;
- 3° des rémissions souvent trompeuses.
- Du vieil arsenal médical dont font partie le charbon, les vomitifs, les purgatifs, les injections de sérum physiologique, seules les larges saignées, éliminant le poison de son milieu conducteur, ont résisté à l’usage.
- En 1926, M. le Dr Dujarric de la Rivière, continuant la tradition pasteurienne, parvint à préparer à l’aide du cheval un sérum actif.
- Donnons encore un exemple tiré du même bulletin.
- Mme G..., 21 ans, 43 kgr, mange 260 g d’amanites phalloïdes à son repas du soir. A 3 h du matin commencent les
- vomissements, les diarrhées avec douleurs abdominales sourdes qui ont persisté toute la nuit et le lendemain. Le I)1’ L..., appelé, prescrit une purgation (qui est rejetée) et la diète.
- Le mardi, mêmes symptômes avec accroissement de la douleur. Nouvelles prescriptions : potion au citrate et à l’urolropine, Uniment laudanisé, compresses chaudes, sérum glucosé goutte à goutte, injections d’huile camphrée.
- Le mercredi, apparition cl’un ictère, anurie complète et apnée pénible. Le pouls, petit, bat à i3o. Même traitement.
- Le jeudi, le docteur fait une injection de 20 cm3 de sérum antiphallinique qu’il venait de recevoir.
- Le vendredi, pouls à 100. Emission d’un litre d’urine avec traces d’albumine.
- Le samedi, grande amélioration. Les vomisements s’arrêtent , la malade s’assied, mais le soir le malaise devient général et amène une syncope. Le foie est gros, le corps est raide, la rétention d’urine est complète. Il s’installe une hyperesthésie qui fait hurler la malade au moindre frôlement. Les yeux présentent de la mydriase et les réflexes pupillaires sont abolis.
- La température s’abaisse peu à peu et le pouls monte à x3o. Puis survient un état comateux qui dure jusqu’au mardi.
- Le mardi, après une injection de sérum, la malade se réveille et répond aux questions. Nouvelle injection de sérum.
- L’amélioration se poursuit lentement malgré un nouvel ictère et une urticaire tenace. Emission d’urine avec fort dépôt.
- Enfin, la malade guérit après plus d’un mois de maladie et un amaigrissement de 6 kgr.
- Malheureusement ce sérum se conservant mal causa quelques échecs et sa diffusion limitée n’est pas celle que pouvait en attendre son auteur.
- C’est alors qu’en 1931, M. le Dr Limousin, constatant que le lapin semblait consommer sans inconvénient la phalloïde eut l’idée de faire ingérer aux empoisonnés sept cervelles et trois estomacs crus dudit animal, espérant ainsi neutraliser l’hépatotoxine et la neurotoxine constituant, d’après cet auteur, le poison phalloïdien.
- Les résultats se montrèrent inconstants, vu surtout la répugnance des malades à prendre quoi que ce soit alors qu’on force à avaler un mélange peu agréable. Il paraîtrait pourtant qu’après un lavage d’estomac et un enrobage du mélange dans la confiture, il serait mieux conservé.
- Des guérisons ne sont à l’actif de cette méthode qu’autant, que l’on puisse être sur des commératifs de la cause, en l’espèce de l’ingestion d’une amanite phalloïde.
- En iqof), M. le Dr Rinet analysa le sang d’animaux en expérience et ayant constaté chez les victimes une hypoglycémie accentuée, eut l’idée de composer un traitement compensateur constitué par l’injection de sérum glucosé très hypertonique. Les résultats furent très favorables chez les lapins traités.
- Enfin, en novembre 1936, une dernière méthode fut appliquée opportunément par le D1' Le Calvé, de Redon.
- Neuf religieuses avaient mangé des amanites phalloïdes et furent empoisonnées très gravement. Deux moururent rapidement, dont l’une déjà phtisique. Le Dr Le Calvé, après avoir essayé le charbon, l’opothérapie Limousin et l’injection de sérum physiologique isotonique n’obtint aucun résultat. C’est alors qu’il eut l’idée, d’après une ancienne technique américaine, de faire ingérer, par voie
- p.57 - vue 61/439
-
-
-
- = 58 . . . ,,,
- orale, à ses malades, de l’eau salée hypertonique (to gr par verre d’eau) et glacée, environ un demi-litre par petites portions. Les sept religieuses guérirent, complètement, sans aucune rechute.
- Voilà où en est la question.
- 11 est. intéressant de remarquer que le traitement médical classique, le sérum anliphallinique et l’organothérapie, cherchent à annihiler le 'poison considéré comme un toxique direct et que les méthodes des Dvs Binet et Le Galvc font appel à une nouvelle idée de poison humoral qui, d’après
- L Dr Guétrot, agirait comme un toxique indirect sur les hématies en détruisant l’équilibre normal du plasma.
- Nous nous garderons bien de conclure dans un sens ou dans l’autre, surtout quand il s’agit d’une chose aussi précieuse que la vie humaine. Nous estimons que tous les Irailemenls doivent être essayés, sans distinction d’école, et lorsqu’une de ces méthodes se sera révélée tout à fait efficace dans de nombreux cas d'empoisonnements phalloï-diens typiques, ne pas hésiter à l’appliquer systématiquement. G. Bcocu-Lafon.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1937, A PARIS
- Mois légèrement un peu froid, sec, exceptionnellement ensoleillé, malgré la fréquence très élevée des jours de brouillard.
- La pression barométrique à l'Observatoire du Parc de Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 76a mm 8, est un peu supérieure à la normale (+ o mm G).
- La température moyenne, 5°,4, est en déficit de o°,G avec une amplitude de 7°,4, supérieure de r°,o à celle que l’on observe en moyenne en novembre. Les températures quotidiennes ont oscillé autour de leurs normales sans présenter d’écarts importants, sauf pendant deux courtes périodes froides,, l’une du 10 au i5, l’autre à partir du an et se prolongeant jusqu’à la fin du mois. L’écart négatif lé plus fort a atteint, 5°,o le i4-
- Le maximum absolu, i4°,o, le 8, est inférieur de 2°,a au maximum absolu moyen; le minimum absolu, — 3°,9, le 29, n’est, inférieur que de o°,i au minimum absolu moyen.
- Le nombre de jours de gelée à glace, 8, est normal; celui des jours de gelée blanche, n, présente un excédent de 2 unités.
- Les extrêmes de la température pour la région, ont été de — G0,5, le 29, à Montesson et x5°,o, le 4, à Versailles.
- Le total pluviométrique du mois, au Parc de Saint-Maur, :>5 mm 1, dont plus de la moitié, i3 mm 6, a été fournie par la seule journée du Ier, n’atteint pas tout à fait la moitié de la normale. Il a été recueilli en 8 jours de pluie appréciable, au lieu de i5, nombre moyen, et il faut remonter à 3o ans en arrière pour retrouver un mois de novembre aussi sec. Aucune chute de neige n’a été constatée.
- À l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie a été seulement de 20 mm 7, inférieure de 58 pour 100 à la normale. La durée totale de chute, 21 h 5o m, est inférieure de 65 pour 100 à la normale des a5 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 h, ont été, pour Paris, 5 mm 8, du 18 au 19, à l’hôpilal Saint-Louis et, pour les environs, 9 mm 3, du ier au 2, à Montesson.
- De la grêle est tombée le 10, au Petit-Pantin, de 12 h 45 à 12 h 5o.
- Les brouillards ont été quotidiens, souvent épais. Celui du 29 a limité la visibilité à 10 m le matin à Colombes, Aubervilliers et Pavillons-sous-Bois.
- A J'Observatoire du Parc de Sainl-Maur, la moyenne mensuelle de l'humidité relative a été de 89,7 pour 100 et celle de la nébulosité de 59,0 pour 100. La durée de l’inso-lalion, 10.4 h 3 m, est remarquable et classe le mois qui vienl de s’écouler au troisième rang parmi les mois de novembre observés depuis 187.4 à Saint-Maur.
- On y a constaté : 2.3 jours de brouillard, G jours de bruine, to jours de rosée et 1 jour d’éclairs. Le 20, floraison de la rose de Noël,
- llésumé de l’année météorologique 4937:
- Année chaude, avec moyenne de température de ii°,4a, contre io°,a3, moyenne normale des Go années 187.4-1933. Les extrêmes absolus de la température ont été de — 3°,9 le 29 novembre et 35°,o le 7 août. Le mois le plus froid a été celui de décembre ig36, moyenne 3°,96 et celui le plus chaud, août, moyenne ig°,54.
- La hauteur totale de pluie tombée s’est élevée à 667 mm 2, répartie sur 172 jours de chutes appréciables, contre i65, chiffre normal. La moyenne normale de la hauteur de pluie annuelle au Parc Saint-Maur, est de 5g3 mm 6. Les.mois les plus pluvieux ont été : janvier avec q5 mm 8 d’eau et février avec 91 mm 8 d’eau; les mois les plus secs ont été : août, avec ji mm 4 d’eau et décembre ig3G, avec 17 mm 5.
- La moyenne barométrique de l’année, ramenée au niveau de la mer a été de 761 mm. 35. Le mois de décembre ig3G a présenté une moyenne plus élevée de 5 mm 5 que la normale et ceux de février et de mars, une moyenne plus basse de 7 mm 1 et de 7 mm 2.
- La moyenne annuelle de l’humidité relative de l’air et de la nébulosité du ciel ont été respectivement : 78,7 .pour 100 e! GG,5 pour 100.
- Pendant une grande partie de l’été, de la mi-juin aux premiers jours d’août, il y a eu absence, à peu près complète, d'orages ou de manifestations orageuses.
- On a observé pendant l’année : 38 jours de gelée, dont 1 de gelée totale; 45 jours de gelée, blanche ; i4o jours de rosée; 6 jours de neige; 4 jours de grêle; 1 jour de grésil ; 1 jour de givre; 16 jours d’orage plus 1 jour d’éclairs seuls; 126 jours de brouillard; 146 jours de brume et*4? jours de tempête. Em. Roger.
- p.58 - vue 62/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 octobre 1937.
- Plantes à acide cyanhydrique. — L’acide cyanhydrique existe'à l’état de glucoside dans certaines plantes, le laurier-cerise en particulier. Cet amygdonitrileglucoside libère l’acide sous l’iniluence des diastases et résiste, au contraire à l’action des acides. Ces diastases et surtout l’émulsine ne sont que lentement détruites à la température de l’eau bouillante. M. Plouvier montre qu’il en résulte que les colaturcs, même stabilisées, obtenues par projection des feuilles de laurier-cerise dans l’alcool bouillant, renferment HCN libre provenant d’une hydrolyse diastasique ; cet acide libre s’échappe par volatilisation et ce,happe aux dosages alTectués ultérieurement sur les cola-tm es. Pour doser HCN dans les feuilles, ou dans les végétaux On général, il est donc nécessaire de tenir' compte à la fois île la portion comprise dans la colature stabilisée et (le celle qui a été recueillie par distillation. Le rapport HCN dislille/HCN total donne d’ailleurs une indication sur l’aclivilé diastasique de la planle. On peut constater cpie celle activité est variable dans une même espèce suivant la saison et la partie de la planle.
- Séance du 3 novembre 1907.
- Rayonnement des métaux. — MM. Georges cl. •Iran Hmsour. mollirent que les mélnux ordinaires (Su, Pb, te, Z11, Al, Cu, Ni) énielient des radiations ionisanles. Uni1 parlie de celle émission esl due à l’aelion du rayonnement cosmique et en particulier à ses radiations très pénélranles. Il res le cependant une nuire parlie, formée de radiations peu pénélranles, qui paraîl issue direelemenl du métal. II a élé possible aux ailleurs de fixer la longueur d’onde de ces radiations propres entre r,8 et 5,5 angslrôms, en mesurant lcui pénétration dans les gaz et parfois, dans le cas de I et,lin et du plomb, a travers une feuille très mince d’aluminium. Il semble que ces radiations sont groupées en bandes situées dans la région des rayons X mous.
- Respiration des animaux marins. ~~ De nombreux auteurs ont mesuré la consommation moyenne d’oxygène par les animaux marins. M, Gompel reprend cette étude en dosant d’heure en heure l’oxygène dans l’eau où vit l’animal, cette eau étant isolee de l’atmosphère par une couche d’huile de vaseline. Il constate ainsi des variations tout à fait icgulieies dans la respiration et communes a tous les groupes (Cœlentérés, Echinodermes, Vers, Mollusques, Crustacés et Poissons). Les maxima correspondent aux hautes mers et les minima aux basses mers. Ce rythme persiste chez les animaux conservés en aquarium pendant une période pouvant atteindre plus de deux mois pour certaines espèces de mollusques.
- Le scorbut. — Le scorbut aigu, par avitaminose C totale, se manifeste d’abord par des lésions réversibles et curables ; à partir du a5e jour elles sont suivies par une cachexie progressive qui ne peut plus être enrayée par l’introduction de l’acidç ascorbique, même à hautes doses, dans les rations. MM. Motjbiquand et Tête montrent qu’il en est de même dans le scorbut chronique dû à l’avitaminose C partielle. On observe, à partir du 60e jour, des lésions osseuses ou périosseuses, pouvant entraîner un syndrome de rhumatisme chronique, qui ne cèdent pas à l’action de l’acide ascorbique. Le scorbut présente donc sous ses diverses formes tout d’abord une phase réversible dont les lésions disparaissent sous l’iniluence de l’acide ascorbique; elle est suivie d’une phase irréversible si l’avitaminose C, totale ou partielle, persiste.
- Séance du 8 novembre 1937.
- Étude de l’étincelle électrique. — Au moyen d’un miroir tournant, MM. Bull et Giraud-parviennent à étaler sur une plaque sensible, à la vitesse de i3 km/sec., l’image de l'étincelle électrique donnée par un condensateur de 1/ r oooR de microfarad, jaillissant entre deux électrodes de magnésium éloignées de 2 mm. Ils ont d’abord vérifié que la durée de l’étincelle est de l’ordre de 10“7 s, en accord avec les éludes des autres auteurs. En faisant ensuite agir un champ électrique de 1 000 v/ern, ils ont pu constater que l'Étincelle est courbée en are, sa convexité étant dirigée vers l'anode. Dans un champ magnétique, soit de 10 000 gauss, soit de 3o 000 gauss, il ne se présente aucune modification constanlc de J’él.inceHe mais, dans quelques séries, certaines étincelles paraissent périodiquement courbées en arc. Ge phénomène doit être dû à ce que, dans certaines conditions rarement réalisées, des électrons jouissent d’un libre parcours notable et voient leur trajectoire courbée par le i liamp magnétique.
- Rachitisme expérimental. — Il était admis que le rachitisme vrai ne peut pas être obtenu expérimentalement « liez le cobaye par le défaut de vitamine D joint à un déséquilibre phosplio-caleiquè. MUe Emisutque montre qu’il est possible, au contraire de produire ce rachitisme, à condition de partir d’animaux jeunes et d’ajouter à leur action une qeanlilÉ imporlanle d’épinards frais apportant une ample provision de vitamine A. Au bout de jours les radiographies montrent chez ces animaux un net rachitisme qui disparaît. rapidement si on ajoute à la ration de la vitamine D. b'auteur pense que la présence d’un excès de vitamine A est à l’origine du rachitisme expérimental par avitaminose D, mais il 11e lui a pas été possible d’effectuer une démonstration complète, les cobayes témoins privés d’épinards ayant rapidement succombé.
- Séance du i5 novembre 1937.
- Passage de Mercure devant la couronne solaire.
- — Le 11 mai 1937, Mercure a passé devant la couronne solaire pour les observateurs placés en France. A l’aide du coronographe du Pic du Midi, M. Lyot a pu photographier la planète se déplaçant devant" une protùbérance. Sur aucun cliché il n’est possible de voir, soit un anneau brillant, soit un point lumineux autour ou sur Mercure. Il est donc maintenant certain que cette planète n’a, sinon pas d’atmosphère, tout au plus qu’une atmosphère extrêmement réduite.
- Émissions anodiques des métaux lourds. —
- MM. Poiuot et Auclatr ont réussi à appliquer la méthode de l’anode chaude à des métaux lourds, au plomb en particulier. Jusqu’à ce jour on avait bien obtenu une émission de rayons posilifs à partir du plomb, mais seulement en utilisant des tubes contenant des vapeurs plomb-tétramé-tliyl, l’émission était très brève, ce composé étant rapidement détruit. Les auteurs utilisent une anode en bromure de plomb, peu . volatil, sous une tension de 4o à 45 kv. Le faisceau anodique a une couleur bleu violet et dure une I reniai ne de mn. 8on spectre comprend celui de l’arc du plomb, certaines raies du calcium et de l’aluminium provenant d’impuretés, des raies du cuivre provenant de la pulvérisation de la cathode et des bandes dues au bombardement des traces d’hydrocarbures que le graissage du matériel amène dans le tube. Cette méthode doit pouvoir être généralisée à tous les métaux. L. Bertrand.
- p.59 - vue 63/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La population de la France, par M. Huber, H. Bunle et F. Boverat. I vol., 250 p., 62 graphiques. Hachette, éditeur, Paris, 1987, Prix : 80 francs.
- Le sujet de ce livre est de ceux qui, avant tout autre, doivent retenir l’attention et provoquer les méditations de tout Français soucieux de l’avenir de son pays. On trouvera ici, non pas des dissertations faciles comme la question en provoque trop souvent, mais une excellente étude démographique due à deux statisticiens de profession : MM. Huber et Bunle qui ont su donner aux chiffres toute leur éloquence. La statistique, a-t-on dit, est une des formes du mensonge. Cette accusation est peutrétre justifiée contre ceux qui raisonnent sur les résultats bruts des statistiques sans se rendre compte ou en dissimulant leur exacte signification. Elle ne peut être portée contre MM. Huber et Bunle qui analysent, avec une froideur et une clarté toutes scientifiques, les facteurs déterminant les variations de la population, en attachant toute l’importance qu’ils méritent aux facteurs fécondité et taux de reproduction dont le calcul est le plus grand progrès de la démographie moderne. Les comparaisons avec les pays voisins, l’Allemagne notamment, exemptes du reste de toute exagération, sont fort instructives.
- M. Bonerat tire ensuite les conclusions de cette étude et montre les conséquences désastreuses de la dépopulation qui nous menace et propose des mesures pour enrayer cette chute de naissances qui s’aggrave chaque année. Puisse ce livre, édité aux frais de l’Alliance nationale contre la dépopulation, trouver de très nombreux lecteurs.
- World Natural History, par E. G. Boueenger. 1 vol. in-S°, 268 p., 176 fig. Batsford, 15, North Audlev Street, London W. 1, 1937. Prix : relié toile, 7 sh. 6 d.
- L’auteur était directeur de l’aquarium et curateur des reptiles au t( Zoo » de Londres ; il connaissait fort bien les animaux qu’il avmit longuement observés. Il sait les présenter ici d’une manière si vivante que 1a, science et ses théories ne font plus que transparaître à travers une charmante réalité. De remarquables photographies, parfaitement choisies ajoutent encore au texte et font de ce livre, comme le dit IL- G. Wells dans la préface, le présent, le prix, le livre de choix de la bibliothèque du jeune gentleman, disons de la jeunesse tout entière.
- Dans le jardin d’mon père, par Germaine Mait.t.v-1 vol. in-16, 135 p., 12 fig. Les cahiers champenois, André Brulliard, Saint-Dizier, 1937. Prix : 25 francs.
- Premier cahier d’une collection régionaliste dirigée par l’auteur. Elle y mêle les bêtes, les plantes et le folklore en une agréable fantaisie.
- D’Arsonval, 65 ans à travers la science, par le Dr L. Chau-vois. 1 vol. in-8°, 437 p., 1.50 fig. Editions Oliven, 6:5, avenue de la Bourdonnais, Paris, 1937. Prix : 80 francs.
- Préparateur de Claude Bernard en 1874, professeur au Collège de France jusqu’en ces dernières années, d’Arsonval a. longuement vécu les progrès scientifiques modernes. D’une curiosité étendue, d’une grande finesse, il a souvent participé aux découvertes ou a rendu possible leurs débuts par d’ingénieuses inventions. On sait qu’on lui doit, entre autres, le premier galvanomètre pratique et les applications médicales de la haute fréquence, la d’Arsonvalisation. Il a vécu près de Bernard, a vu Pasteur, les Becquerel, Paul Bert. aidé Georges Claude, défendu Lee de Forest, etc. Au soir de sa vie, il a confié an Dr Chauvois ses souvenirs sur les hommes et les choses et ce dernier les rapporte si fidèlement nue celte biographie. est l'évocation d’une vie, d’un milieu, d’une époque, tonie semée d’anecdotes où l’on retrouve l’esprit du maître.'
- Journées de la lutte chimique contre les ennemis des cultures. 1 vol. in-4°, 254 p., fig. Chimie et Industrie, Paris, 1937.
- Du 19 au 25 mai dernier s’est tenue à la Maison de la Chimie une réunion où furent présentés de nombreux rapports sur les produits chimiques utilisables contre les ennemis dés cultures : composés cupriques et bouillies bordelaises, soufre et dérivés, pétroles, pvrèthre, rotcnone, nicotine, scille, arséniates, composés lluorés, chlorés, nitrés, cyanamide, permanganate, formol, oxyde d’éthylène, etc., puis les procédés de défense contre les champignons, les virus, les insectes, et enfin les moyens de
- conservation des grains et des bois. Leur groupement forme jme bonne mise au point des ressources dont dispose actuellement l’agriculture.
- The basis oi tissue évolution and pathogenesis,
- par A. A. Gray. I vol. in-8°, 92 p., Il fig. Jackson son and C°, Glasgow, 1937. Prix : 7 sh. 6 d.
- O to logis te distingué, l’auteur a consacré la fin de sa vie à chercher dans les défauts d’audition des preuves de l’héré-ilité, notamment en ce qui concerne la surdi-mutité et les troubles vasomoteurs de la sclérose de l’oreille.
- Pression osmotique, par J. Duclaux. 1 broch. in-8°, 55 p., 20 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris 1937. Prix : 15 francs.
- Suite des leçons de chimie physique biologique professées au Collège de France. L’auteur aborde la pression osmotique passe en revue et discute les interprétations cinétiques, les démonstrations thermodynamiques, dont aucune n’est pleinement satisfaisante.
- Les substances histaminiques et la transmission chimique de T influx nerveux, par Georges IJngar. I vol. in-8°, 89 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937.
- L’influx nerveux, longtemps considéré comme un phénomène physique, électrique, s’est révélé en ces dernières années comme agissant sur des hormones dont deux ont été isolées, l’acétylcholine et la sympathine. Mais d’autres sont certainement aussi ea cause, notamment l’histamine, substance anormale, accidentelle, qui semble jouer un grand rôle dans nombre de processus pathologiques que l’auteur a particulièrement étudiés : vasodilatation, embolies, choc, états toxi-infe-clieux, etc., qu’il a pu grouper en un syndrome histami-nique.
- De certaines régularités des changements de la « matière vivante » sous l’influence des facteurs externes, principalement des rayons X et du radium, par G. A. Nadson. I broch. in-8°, 26 p., Il fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- Changements des caractères héréditaires provo= qués expérimentalement et la création de nou= velles races stables chez les levures, par G. A.
- Nadson. 1 broch. in-8°, 36 p., 25 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- Propriétés piézo=chimiques, physiques et biophysiques des ultrasons, par N. Marinesco. 2 broch. in-8°, 55 p., 19 fig., 5 pi. et 68 p., 18 fig., 7 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 15 et 18 francs.
- Le premier fascicule précise la technique des ultra-sons : émetteur piézoélectrique à quartz, amplitude, transmission, amortissement, etc. Le second est un résumé des recherches bio-physiques de l’auteur sur les colloïdes, les cellules et les èlres vivants, les réactions photochimiques et explosives.
- L’arboriculture californienne, par Paie Guérin. I vol. in-8°, 198 p., fig. Alcan, Paris, 1937. Prix : 40 francs.
- Les fruits de Californie ont conquis le monde ; leur valeur atteint 3,5 milliards de francs par an. L’auteur étudie leur production, l’organisation technique des cultures, le conditionnement des fruits, les industries des fruits frais, secs, en conserves, tes organisations de réfrigération et de transport, l’économie coopérative de la vente et do la distribution. 11 s'en démise une leçon : que la réduction des variétés, leur choix, leur normalisation ont permis la production abondante, la vente assurée et tendent vers la qualité bien mieux ([lie l’arboriculture française anarchique et désordonnée.
- L’or d’Alaska, par L. Legrand. I vol. in-16, 107 p., 29 fig. Berger-Levrnult, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- Récits d’exploration sous le cercle arctique, qui font une belle leçon de courage, de volonté et de bonté, écrite par un ancien trappeur pour ses enfants.
- p.60 - vue 64/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS =... 61
- TRAVAUX PUBLICS Les réseaux routiers du monde.
- Le développement des transports automobiles n’est possible que si les usagers ont à leur disposition un réseau de routes suffisamment dense pour que le trafic puisse péné-Irer dans foutes les régions du pays. À cet égard la France et l'Angleterre sont parmi les plus favorisées.
- En effet, en France, l’automobile dispose de 80.000 km de routes nalionales qui englobent les anciennes roules départementales déclassées, et de 670.000 km de chemins de grande communication, vicinaux et ruraux. Si on rapporte le nombre de kilomètres de roules à la superficie, on constate qu’en France, il y a environ 1 km de route par kilomètre carré.
- Le tableau suivant donne les renseignements complets pour quelques pays :
- Pays Superficie Longueur des routes S T Nombre d'autos Autos par km de route
- France . 544.6oo 651.000 0,8 1.914.000 2,9
- Angleterre. 228.000 283.000 0,8 1.843.000 6,5
- Allemagne. 463.000 346.000 i,3 968.000 2,7
- Etats-Unis . 7.750.000 4 900.000 i,5 i5.000.000 5
- Italie . . 3o6.ooo 169.000 1,8 38o.ooo 2,2
- Canada . 9.43o.ooo 654.000 i4,4 I . 120.000 1,7
- Brésil . 8.396 000 i48.ooo 56,7 128.000 0,8
- On remarque qu’en Angleterre, par exemple, la proportion des routes par rapport à la superficie est la même qu’en France, mais que la densité des voitures par kilomètre est plus du double. Comme c’est l’usager qui paye pour la roule, on voit donc que le contribuable français est plus lourdement taxé, puisqu’il doit entretenir une longueur de roules plus que double.
- En Allemagne, le développement routier est à peine plus de la moitié du nôtre pour une surface légèrement inférieure.
- Ma Ig ré son énorme surface, avec un développement de roules assez faible proportionnellement, les États-Unis arrivent à une densité de circulation presqu’égale à celle de l’Angleterre (5 au lieu de (3,8) et bien supérieure à celle de la France (:>.,<)).
- Quant au Brésil, il détient deux records minima : celui de la densité des roules (1 km de route pour 56 km2 7) cl de la circulation (0,8 automobile par kilomètre de route).
- MÉCANIQUE
- La nature du frottement des pneumatiques.
- Lorsque deux corps solides sont en contact et glissent l’un sur l’aulre, il y a frottement. Si l’on a pu mesurer le coefficient de frottement avec exactitude et déterminer les lois du phénomène, son origine est encore inconnue. La plupart des anciens physiciens, d’Archimède à Euler, considéraient que le frottement de glissement était dû à l’engrènement mutuel des aspérités des surfaces en contact. Ce n’est qu’en
- 18<) 1, qu’Euwig émit une autre hypothèse d’après laquelle le frottement serait dû, non pas exclusivement à un effet mécanique analogue à celui des dents des engrenages entrant en prise, mais à des actions moléculaires s’exerçant entre les particules superficielles des corps en contact.
- C’est vers une telle interprétation que tendent les théories modernes et les expériences de Langmuir, llarkins et Hardy sur les propriétés si spéciales des couches moléculaires superficielles et du champ de force qui les environne et qui semble bien prouver que la rugosité n’intervient pas seule. C’esl ainsi que deux surfaces, polies de façon à réaliser des l>olis d’ordre moléculaire, mises en contact dans le vide, pour éliminer la couche gazeuse adsorbée superficiellement, ont un frottement sensiblement égal à celui de deux surfaces n’ayant pas été traitées avec autant de perfection.•
- Aussi M. Brillouin a-t-il pu attribuer le frottement à des accrochages de molécules, accrochages qui provoquent leur vibration oscillatoire autour de leur position d’équilibre moyenne, ces oscillations correspondant à l’énergie thermique développée par le frottement.
- M. P. Woog de son côté attribue le frottement à des actions mutuelles des champs électro-magnétiques qui émanent des centres actils des molécules des corps en contact. La Nature a d’ailleurs donné un résumé de cette intéressante théorie et des résultats pratiques que son auteur en a déduits.
- Dans le cas des pneumatiques en contact avec les revêtement des chaussées, le problème est très différent. En effet un des corps en contact (le pneumatique) se déforme élas-liquemenl et de plus sa pression intérieure reste sensiblement constante, de sorte que la pression de contact avec le sol, même de surface irrégulière, est beaucoup plus uniforme que s’il s’agissait cl’un corps solide ordinaire. Il en résulte une laçon différente de se comporter du pneumatique lorsque la surface de la route est mouillée. En effet, avec les corps solides, en contact par de très petites surfaces, pratiquement les aspérités, la pression en ces points provoque Y arrachement de la pellicule liquide, tandis que le caoutchouc se moule sur les contours des aspérités. Si celles-ci sont polies, bien qu’irrégulières, comme une roule recouverte de gravillons lisses il est possible que l’expulsion de l’eau interposée ne soit pas parfaite : la tendance au dérapage est alors notable. Si au contraire la surface est râpeuse, c’est-à-dire si les gravillons ont de multiples aspérités fines et aiguës, même si la chaussée parait polie, elle peut présenter une bien meilleure adhérence que des roules à rugosité apparente beaucoup plus grande.
- En résume, il semble que le meilleur accrochage soit réalisé avec des revêtements présentant des rugosités de l’ordre du dixième de millimètre à un millimètre de dimension, à pointes effilées normales à la route.
- D’après M. Reddon auquel nous empruntons les renseignements précédents extraits d’une conférence à la Société tics Ingénieurs de l’Automobile, le frottement du pneumatique sur la route mouillée est la résultante de quatre frottements particuliers.
- a) Le frottement é’enyrènement dû à l’enchevêtrement des. aspérités des gravillons de la route et des cannelures du pneumatique d’une part, de celui des aspérités de l’agrégat et des porcs du caoutchouc.
- h) Le frottement liquide parfait ou onctueux entre la surface de contact des saillies de la bande de roulement et le film d’eau plus ou moins parfait étendu sur la route.
- c) Le frottement, pratiquement nul au droit des creux de la bande de roulement ou entre les gravillons ou leurs aspé-
- p.61 - vue 65/439
-
-
-
- = 62 : ................................................."...:
- ril.és suffisamment grandes pour que l’eau n’y puisse prendre aucune pression notable.
- d) enfin le frottement solide sur les arêtes, les sommets et les aspérités les plus grosses des .gravillons rugueux. Plus ce frottement solide est important, meilleure est l’adhérence.
- Une conclusion pratique peut être tirée de ces indications : tout au moins pour les vitesses usuelles de 3o à 80 km/h les routes les moins dérapantes ne sont pas celles dont la surface est la plus grossière, mais celles dont la surface est hérissée de nombreuses aspérités très fines souvent, à peine visibles à l’or il nu. 11. Vignisron.
- GÉOGRAPHIE
- Autour d’une énigme géographique.
- INul ne saurait ignorer que l’Amérique fut découverte par les Scandinaves cinq siècles avant les voyages de Christophe Colomb, qu’Erik le Rouge, parti d’Islande, reconnut la côte orientale du Groenland, puis celle du Labrador, et qu’il descendit probablement jusqu’à la région où New-York dresse aujourd’hui ses maisons géantes. Les essais de colonisation furent étouffés par un soulèvement des Esquimaux et la grande découverte elle-même tomba dans l’oubli. Le Groenland ne devait être retrouvé qu’au xvie siècle par Davis et Hudson.
- Erik s’étail-il lancé à l’aventure vers l’Ouest? L’étude les vieilles sagas norvégiennes a montré qu’il n’en fut pas ainsi. Deux ou trois générations avant son époque, un autre viking, Gunnbjorn, fils d’Ulf le Corbeau, partant d’Islande pour quelque expédition de pèche ou de piraterie, avait été poussé au large de la côte occidentale par la tempête et avait aperçu dans le lointain le sommet d’une montagne. Erik mettait donc à la voile avec une donnée quasi certaine; et c’est bien ce que précise la saga :
- « ...Il dit à ses compagnons qu’il se proposait d’aller à la recherche de la terre jadis aperçue par Gunnbjorn.... Parlant du fjord de Snaefells-jôkull, il atteignit la te montagne de glace, appelée Blaserkr ». De là, il vogua vers le Sud pour s’assurer s’il n’existait pas de terres plus habitables dans cette direction... ».
- C’est une autre saga qui pose la curieuse énigme que discute, en l’un de ses récents numéros, le Geographical Journal, organe de la Royal Geographical Society : d’après le récit de Gunnbjorn, au moment où il aperçut cette lointaine montagne de glace, il voyait encore la Snaefells-jôkull. Autrement dit, il avait pu voir simultanément une montagne grœnlandaise et une montagne islandaise.
- Si l’on songe que la largeur du détroit de Danemark' qui sépare les deux terres est de quelque Go lieues marines, il est difficile d’admettre que, d’un navire placé au milieu de ce détroit, ou puisse apercevoir des glaciers qu’une distance de iGG km sépare de l’observateur, dans l’un cl, l’an Ire sens. Fridtjof Nanscn, l’illustre explorateur, qui a navigué bien des fois dans ces parages, nie que cela soit possible.
- « D’après ma propre expérience, a-t-il écrit dans un livre paru en 1911, il y a là une flagrante impossibilité, même si l’on fait intervenir une réfraction puissaule, voire un mirage... ».
- En dépit de cette condamnation, un écrivain norvégien, M. F. Kr. Tornoe, a repris récemment le problème à pied d’œuvre. Embarqué sur un navire qui traversait le détroit de Danemark, il soumit la question à plusieurs membres de l’équipage. Le capitaine Potier Brandal déclara que, traversant le détroit au 68° de latitude Nord, il avait bien vu dans le même moment les montagnes d’Islande et du Groenland. Le chef-mécanicien Olaf Henricksen, qui avait navigué
- longtemps à bord de baleiniers, affirma qu’il avait aperçu ces montagnes simultanément. Tous deux assurèrent que point 11’était besoin de grimper dans les vergues pour jouir du spectacle, que l’on pouvait voir du pont.
- Non coulent des notes qu’il avait recueillies pendant le voyage, M. Tornoe demanda plus lard à ses informateurs de les confirmer par écrit. Le capitaine Brandal pi’écisa que c’était en 1927, à bord du baleinier Polaric, qu’il avait vu simultanément les deux terres, déclaration que confirma une lettre du capitaine Johan S. Overa, qui commandait alors ce navire. Par la suite, l’auteur interrogea d’autres gens de mer; quelques-uns avaient vu le phénomène, que les autres connaissaient par ouï-dire, de la bouche de vieux navigateurs.
- Le savant norvégien a réuni une copieuse documentation sur le sujet. Il mentionne la lettre d’un capitaine de grande expérience qui, en 1917, alors qu’il commandait le baleinier Loftingen, aperçut très clairement les deux pays, le temps étant exceptionnellement favorable. Il cite ce passage d’un livre de bord, datant de i5/ji, signé par le navigateur Gissur Einarsson : « Si le temps est clair et la visibilité satisfaisante, on peut voir, en voguant exactement vers l’Ouest, la montagne de Snaefells-jôkull en Islande, au Nord-Est et la montagne de llvitserk au Groenland, au Nord-Ouest ». Enfin, il fait des emprunts à un ouvrage de l’évêque Walkendorf, paru au début du xvie siècle et qui relate la même observation.
- Il est donc établi que les vieilles sagas avaient raison. Qu’il soit dit pour l’excuse de Nansen que, depuis la publication de son ouvrage, savants et explorateurs se sont beaucoup occupés du Groenland ; ils ont enrichi considérablement les connaissances que L’on possédait sur ce vaste pays ; on a pu notamment préciser la hauteur et la position de plusieurs de ses chaînes de montagnes et calculer à quelles distances maxima leurs principaux sommets étaient visibles. Un physicien suédois, le Pr Ilobhs, a démontré que la visibilité dans les régions arctiques pouvait augmenter, en des proportions très remarquables, quand une couche d’air chaud et sec s’étalait sur une masse d’air froid et pesant.
- Ces conditions ne doivent pas se réaliser fréquemment dans les parages brumeux du détroit de Danemark et M. Tornoe croit pouvoir dire que le phénomène d’optique que nous venons de décrire ne se produit probablement qu’une fois tous les 20 ans. Victor Forbin.
- CHIMIE
- Le caractère chimique du charbon colloïdal.
- D’après W. B. Wiegand, il semble que le charbon colloïdal dont les applications sont nombreuses dans les peintures, les encres, la préparation du caoutchouc, les huiles de-graissage, etc., puisse préscnler suivant son mode de préparation des caractéristiques chimiques soit acides soit basiques, tandis qu’en général on considérait que cet, élément était toujours complètement neutre.
- C’est ainsi que le charbon colloïdal préparé en atmosphère réductrice (en l’absence d’oxygène) a un caractère basique, tandis que celui préparé dans les flammes comme le noir de fumée du même noir d’acétylène, a un caractère acide. Ceci serait dû d’après Wiegand à la plus ou moins grande quantité d’oxygène ou de composés oxygénés absorbés par' la surface des grains colloïdaux.
- II en résulte que le pH des solutions contenant du charbon colloïdal varie suivant le mode de préparation de celui-ci et qu’il faut en tenir compte dans les applications pratiques industrielles rappelées plus haut.
- p.62 - vue 66/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS ...: 63
- ÉLECTRICITÉ
- Petite machine électrostatique à 109,009 volts.
- Celle machine ne prétend évidemment pas rivaliser avec la machine de 5 millions de volls, clou du Palais de la Découverte à l'Exposition de 1907. Elle n'en est pas moins fort intéressante, et comme jouet scientifique et comme appareil d’enseignement, car elle permet de réaliser toutes les expériences de l’électrotccUnique classique (fig. 1).
- 1311e comporte un seul plateau tournant à grande vitesse. Elle est mue soit à la main, soit par moteur universel, suivant le type. Elle s’amorce d’elle-même par temps sec ; de toute layon son amorçage est des plus aisés.
- Dans l’obscurité, les effluves qui s’en échappent, et qui, comme l’on sait, limitent le potentiel atteint, sont d’un très attrayant effet. L’illumination de tubes de Geissler variés, la production de belles étincelles sont également d’un attrait qui ne lasse pas.
- Les jeunes gens (et leurs parents) trouveront dans cette originale petite machine un agréable passe-temps scientifique pour les soirées d’hiver.
- Constructeur : R. Lordereau, 26, rue Pradier, Paris (19e).
- Transformateur à usages multiples.
- Les transformateurs abaisseurs de tension ont de nombreuses applications; en particulier, quand on veut redresser du courant alternatif, il faut employer un transformateur associé au rédresseur.
- Voici un modèle portatif, robuste et bien étudié, notamment pour la pratique automobile; il peut être utilisé sur le secteur de 110 à 220 v ; il permet d’obtenir au secondaire tles courants de h-12-18-:>48 v, avec des intensités convenant aux emplois industriels; il peut être combiné avec un redresseur et, en outre, il peut transformer la tension de 120 v eu 2.20 v, ou inversement.
- Combiné avec un redresseur, il utilise les deux allcrnanccs du courant, et peut charger, au régime normal de 10 A, h batteries de (> v, ou a batteries de 12 v, soit une tension limite tic 3(3 v.
- Fig. !. — Transformateur portatif à usages multiples.
- Vue: du côté utilisation ; Bloc redresseur ;
- Electrode de soudure.
- m
- Les prises de courant à 6-12-18-2/1 et 48 v peuvent alimenter sous une tension de 2/1 v une dizaine de lampes balladeuscs de 5o bougies ou sous une de 24 ou 48 v une machine-outil ; 011 s’en sert encore pour essayer des accessoires électriques : avertisseurs, dynamos, klaxons, etc.
- Combiné avec un redresseur et pouvant, débiter de o à 000 A, le transformateur sert encore pour tous les essais en courant continu, et particulièrement pour la recherche des courts-circuits et des mises à la masse; il remplace également dans les essais et les dépannages un accumulateur de (i ou 12 v.
- Enlin, le même appareil permet aussi d’exécuter des soudures au plomb ou à J’élain, de chauffer des pièces métalliques, de percer ou découper des tôles minces.
- Etablissements Mestre et Blatgé, 46, avenue de la Grande Armée, Paris (17e).
- PHOTOGRAPHIE La micro=projection avec un projecteur dfamateur.
- Pour l’enseignement, pour la documentation et pour l’amateur, la micro-projection présente un grand intérêt. Elle peut se pratiquer saris recourir à une source lumineuse, puissante combinée avec le microscope; beaucoup d’amateurs propriétaires cl’un microscope peuvent donc l’envisager. Voici un moyen simple pour réaliser un système de micro-projection avec un appareil de projection cinématographique pour films réduits. Il suffit de construire un support quelconque et d’y placer, comme le montre la ligure, les deux appareils, de façon que le faisceau lumineux du projecteur soit dirigé suivant l’axe du microscope.
- Le magasin du projecteur, situé entre la source lumineuse et l’objectif, est remplacé par une paroi en carton ou en métal, et. le faisceau lumineux issu de la lampe à incandescence survollée agit directement sur le condensateur, ou l’objectif du microscope.
- Bien entendu, le microscope doit être monté sur pied à rotule, de manière à être placé horizontalement, et on fait, varier l’oculaire suivant la distance et le grossissement que l’on veut obtenir.
- Lorsque l’écran est placé à grande distance, à 7 ou 8 m, le grossissement augmente, et peut dépasser 1 000, mais il faut alors employer un objectif sans oculaire, pour évriter les perles trop grandes de lumière.
- La projection est fort, intéressante quand il s’agit de sujets \ ivanls, infusoires, rofile.res, etc.
- Fig. I. — Adaptation d’un petit, projecteur cinématographique Pathé-Baby à un microscope, de projection.
- Fig. 1. — Petite machine électro- statique à 100.000 volts.
- p.63 - vue 67/439
-
-
-
- 64
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Un fil électrique chantant — M. Herrgott, ingénieur au Valdoie, nous fait l’intéressante communication qui suit :
- Voici une petite expérience fort simple qui m’a donné un résultat inattendu il y a déjà quelques années :
- Alla do montrer à mes jeunes fils le chauffage jusqu’à l’incandescence d’un ül métallique sous tension électrique, j’avais légèrement tendu dans une chambre sombre un fil d’un dixième de millimètre de diamètre de nickel pur, afin d’éviter l’oxydation rapide ; les deux extrémités de ce fil de 1 m 10 de longueur environ ont été placées sous courant de MO v ; la résistance était de MO ohms à froid.
- Naturellement le but cherché a été atteint, mais nous avons été surpris de constater que ce ül à peu près horizontal se mettait à vibrer tout comme une corde de violon sous l’archet et rendait un son de bourdonnement.
- C’était d’autant plus visible que les nœuds restaient brillants en ne bougeant pas et que les ventres ventilés par leurs propres vibrations devenaient de plus en plus rouge sombre vers le maximum de 10 à 20 mm.
- On pouvait même avec un objet isolant et non combustible déplacer nœuds et ventres en touchant légèrement le fil vibrant comme sous le doigt une corde sonore.
- 11 faut indiquer que ces 110 v étaient sous courant alternatif de 50 périodes et que dans l’expérience identique sous même tension en courant continu le fil ne vibrait plus, rendant seulement visible d’un rouge uniforme l’augmentation de la flèche du fil par sa dilatation.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Télescope électronique. — Sur les principes de l'optique électronique, voyez l’ouvrage L'oscillographe cathodique,
- 4 par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur), et les articles publiés dans La Revue scientifique, 3, rue Clément Marot, à Paris.
- 11 existe déjà des microscopes électroniques ; mais nous ne croyons pas que les télescopes électroniques aient déjà été réalisés en dehors des laboratoires.
- Réponse à M. Maire, à Paris.
- MiBruits parasites dans un récepteur. — Les cra-fmpiements peuvent provenir de causes extérieures ou intérieures. Dans le premier cas, on peut les attribuer à dos perturba-ptions industrielles, ou même à un mauvais contact dans la £ descente d'antenne ou la prise de terre. Dans le deuxième, on peut songer à un défaut du montage lui-même, contact défectueux ou lampe détériorée, par exemple.
- Pour déterminer l’origine du bruit, déconnecter les câbles d’antenne de terre du poste en fonctionnement. Si les bruits continuent, ils sont dus au récepteur lui-même (en supposant que la propagation ne s’effectue pas par les câbles d’ali-mentaticn). S’ils cessent, ils sont dus à une cause extérieure.
- Vous pouvez consulter à ce sujet, La T. S. F. sans parasites (Dunod, éditeur)'ou Entretien, mise au point, dépannage des appareils radio-électriques (Eyrolles, éditeur).
- Réponse à M. Gomez, à Paris.
- Modification d’une installation téléphonique. —
- En France, par suite du monopole des P. T. T., il est interdit aux abonnés de modifier en quoi que ce soit l’installation du téléphone automatique sans l’autorisation de l’Administration, et nous pensons qu’il en est de même partout où une ; législation analogue est appliquée. Il vous appartient, d’ail-;. leurs, de vous renseigner auprès du service des P. T. T., ou de là compagnie d’exploitation du pays où vous désirez installer votre appareil ; nous ne connaissons pas d’ouvrages qui pourraient vous donner une indication précise sur cette question très particulière.
- En principe, nous ne croyons pas, d’ailleurs, qu’il y ait
- d’inconvénients au point de vue technique à utiliser un inverseur permettant de faire fonctionner à volonté une sonnerie d’appel ou une autre. Il y a normalement des installations où l’on utilise deux sonneries, d’appel.
- Si vous désirez interrompre le fonctionnement de la sonnerie, l’emploi d’un interrupteur est possible, mais il est également possible d’utiliser un trembleur assourdi, ou d’assourdir le timbre de votre sonnerie ordinaire.
- Réponse à M. Leciievarier, à Québec (Canada).
- Réception des ondes très courtes. — Des récepteurs pratiques ont été décrits dans la revue. Les montages les plus sensibles sont à super-réaction, mais les appareils de réglage le plus facile sont des super-hétérodynes, à fréquence intermédiaire assez élevée. Vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage Ondes courtes et ultra-courtes, par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur).
- Les appareils de ce genre pour amateurs proviennent actuellement surtout des États-Unis. Vous pouvez vous adresser au Pigeon voyageur, 252, boulevard Saint-Germain, Paris.
- four les pièces détachées, permettant la construction de ces récepteurs par l’amateur lui-même : établissements Dyha, 34, avenue Gambetta, Paris (20u).
- Réponse à M. Soufflet, à Basècles (Belgique).
- Emploi de cellules photoélectriques. — Pour réaliser d’une façon simple la mise en marche à distance d’un petit moteur, "vous pouvez vous servir d’une cellule photoélectrique sensible, en utilisant au besoin un relais à cadre sensible agissant directement sur le relais secondaire de mise en marche du moteur, et sans amplification par lampes à vide.
- Vous pouvez adopter une cellule à couche d’arrêt, ou même une cellule au sélénium. Voici des adresses de fabricants :
- Société L. M. T., 44, quai de Boulogne (BouIogne-sur-Seine). Etablissements Gautrat, 24, rue de Vintimille, Paris. Établissements Chauvin et Arnoux, 190, rue Championnat, Paris (18e).
- Réponse à M. Dusseau, à Paris.
- Filtre antiparasite. — Les filtres d’arrêt intercalés sur les câbles d’alimentation d’un poste-secteur ne peuvent remédier à tous les troubles. Il faut s’assurer que les parasites proviennent bien du réseau d’alimentation ; il suffit généralement de débrancher le fil d’antenne et le fil de terre ; si les bruits se font encore entendre, ils sont dus aux parasites du secteur, uu encore à des défauts (mauvais contacts, par exemple) du récepteur.
- Les filtres d’arrêt sont extrêmement • simples ; ils peuvent être formés avec deux condensateurs de 0,5 uÉ montés, en série ; les deux armatures libres sont reliées 'aux deux fils d’arrivée et les armatures communes à une bonne prise de terre, qui dévie les courants parasites.
- On peut adapter, ce qui est préférable, des bobines d’arrêt en série dans chacun des câbles, mais pour laisser passage au courant d’alimentation, elles doivent posséder un enroulement d’assez grosse section.
- Voir : La T. S. F. sans parasites (Dunod, éditeur).
- Réponse à M. Doussau, à Bordeaux (Gironde).
- Appareil de musique électrique. — L’appareil Mar-lenot est du type à deux hétérodynes haute-fréquence. L’une de ces oscilla triées est fixe et accordée sur la fréquence de 100.00Ü périodes-seconde ; la fréquence de l’autre est variable sous Faction d’un ruban métallique coulissant que l’exécutant déplace le long d’un clavier. On obtient ainsi un battement à fréquence musicale qui est envoyé dans des circuits-filtres et dans des amplificateurs, après un redressement faisant apparaître la modulation. Ce système est monophoni-qué, il ne permet d’obtenir qu’une seule note à la fois.
- Réponse à M. Krebs, à Paris.
- Le Gérant ; G Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud.
- 1-15-1938 — Published in France,
- p.64 - vue 68/439
-
-
-
- N° 30 J 8
- LA NATURE
- 1er Février 1938
- L'ÉBÉNISTERIE DANS U ANCIENNE ÉGYPTE
- L’Égypte, mère des Arts et Techniques. Cette définition lapidaire, inscrite à l’entrée du pavillon égyptien de l’Exposition, est d’une rigoureuse exactitude. L’étude de l’ébénisterie égyptienne antique va nous le montrer.
- Tout d’abord, il importe de rappeler que le nom meme d’ébénistei'ie nous vient, par l’intermédiaire des Grecs, de la vallée du Nil : le bois africain que nous appelons ébène, les anciens Égyptiens le nommaient heben. En outre, on remarquera l’étonnante fixité de la technique parvenue, sur certains points, dès l’époque des Pyramides, à un degré qui n’a pas été dépassé.
- Nos sources d’informa-lion sont diverses : bas-reliefs et peintures nous donnent des représentations accompagnées d’inscriptions qui les eommen-lenl. Mais nous avons mieux, plus vivant, les meubles eux-mêmes ou du moins quelques-uns d’entre eux trouvés dans les tombeaux. Ce sont eux que nous interrogerons de préférence ici.
- LES PREMIERS MEUBLES
- Les plus anciens meubles conservés par le miraculeux climat de l’Égypte sont ceux que Sir Flinders Petrie exhuma à Tarkhan, près de Memphis, en i y i et qui sont à peu près contemporains de la Jre dynastie (vers 3.5oo av. ,L-G.). La plupart, des morts de ce cimetière étaient enterrés sur leur lit. Cela nous vaut de connaître les lits de cette époque reculée, fis sont assez -variés pour avoir fourni à l’archéologue anglais la matière d’un classement en cinq types différents.
- Le type le plus courant comporte un bâti rectangulaire composé de quatre perches, à section carrée ou circulaire, s’emboîtant aux extrémités par tenons et mortaises. Ce bâti était supporté par quatre pieds sculptés en forme de pattes avant et arrière d’un taureau. Souvent les muscles, plus ou moins stylisés, sont indiqués en relief. L’ensemble est en bois, mais les meubles plus riches avaient des pieds en ivoire, comme ceux trouvés à Abydos par l’archéologue français Ame-1 ineau (Musée du Louvre et Metropolitan Muséum de New-York). Le lit le plus complet trouvé à Tarkhan mesure i m 75 x o m 81. Il est intact (au Musée de Manchester).
- Les nattes de ces lits, généralement en fibre de palmier, montrent des motifs géométriques variés (fig. i). Il ne faut pas oublier que la vannerie était une des techniques les plus usitées en Égypte. D’ailleurs, à toutes les époques, les peuples orientaux ont toujours considéré les nattes et tapis comme des pièces importantes de leur mobilier.
- AU TEMPS DE CHÉOPS
- Pour l’Ancien Empire, nous avons des documents sensationnels, contemporains de la grande Pyramide,
- puisque ce sont les meubles de la mère de Chéops (vers 0.000 av. J.-C.). Cette découverte, due à l’égyp-lologue américain Reisner, est un des triomphes de la s c i e n c e archéologique. L’ensemble de la trouvaille, faite au cours des fouilles de 1905 sur le plateau de Gizeh, était contenu dans une seule salle. La minutie de l’explorateur fut telle qu’il ne lui fallut pas moins de 3ai jours, répartis sur plusieurs années, pour effectuer le déblaiement de cette pièce Mais aussi tout, ce qu’elle contenait fut sauvé et l’on put savoir c o m m e n t les meubles s'étaient effondrés, comment ils étaient auparavant et les reconstituer avec une parfaite exactitude. Toutes les parties subsistantes furent utilisées et les bois pourris remplacés par des bois de même essence, de même forme et de mêmes dimensions.
- Le résultat de ce travail, dû en partie à la collaboration de MM. Stewart et Dunham, et qui dura deux ans, est une véritable résurrection (fig. 2 et 3). Le fauteuil aux lignes sobres et d’une majestueuse harmonie produit une étonnante impression. Le siège et le dossier sont en ébène nu, les autres parties sont plaquées de feuilles d’or. Le siège devait être recouvert d’un coussin. On remarquera les pieds en forme de pattes de lion.
- La chaise à porteurs (fig. 3), dans laquelle des coussins devaient être placés, est décorée de feuilles d’or à décor quadrillé bordant les arêtes du bois, de chapiteaux pabniformes en or aux extrémités des brancards et d’hiéroglyphes d’or d’un merveilleux travail sur la traverse et les trois montants du dossier. Ces hiéro-
- p.65 - vue 69/439
-
-
-
- Fig. 2. — Fauteuil de la mère de Chéops. Les brus sont décorés de Heurs de papyrus.
- Fig. 3. — Chaise à porteurs de la mère de Chéops.
- Musée du Caire (d’après Reisncr).
- glyphes forment une inscription d’après laquelle ce meuble fut fait par ordre de Gliéops pour sa mère, la reine Hetepheres.
- Le lit, également en bois plaqué d’or, a la forme des lils égyptiens classiques : il repose sur des pieds en forme de pattes de lion légèrement plus élevés du côté de la tète et se lermiuant aux pieds par une paroi verticale. Celle paroi est ici en ébène recouvert d’une feuille d’or incrustée de Heurs et de plumes en faïence bleue et noire.
- Enfin on parvint à reconstituer également un gracieux baldaquin servant de lenle pour les déplacements de la reine par suspension de rideaux sur trois côtés. Ce baldaquin, qui mesure 3 m no de long, 2 m 5o de large el 2 m 20 de haut, pouvait abriter le lit, le fauteuil et les coffrets à bijoux et objets de toilette. Le tout est conservé au musée du Caire.
- Fig. 4. — Coffret à bijoux. Metropolitan Muséum.
- AU MOYEN EMPIRE
- Un ravissant ''coffret à bijoux, ayant appartenu à la princesse Sit-llathor (XIIe dynastie, vers 2000 av. J.-C.) fut trouvé au printemps de 1914 à El Lahun. 11 est conservé au Metropolitan - Muséum de New-York (fig. 4). Ce coffret, mesurant o m 28 de long, est 'en ébène avec inoruslalions d’ivoire et d’or et, par endroits de petites pièces de faïence bleue et de cornaline.
- Toujours au Moyen Empire, appartient une curieuse boîte à jeu en sycomore el ivoire, d’environ if) cm x 7 cm (fig. 5). Les pieds sont en forme de pattes de taureau en ivoire. Les dix pièces de jeu, en ivoire, se terminent en (êtes de chien et de chacal. La plaque d’ivoire formant couvercle est décorée d’un palmier et percée de trous pour la marche des pièces. Certains trous sont accompagnés du signe nefer (bon) indiquant un gain, d'autres soûl reliés par des lignes indiquant une rétrogradation connue dans notre jeu de l’oie.
- La classe moyenne de celle époque avait des meubles moins luxueux mais non sans intérêt. Le Metropolitan Muséum de New-York en possède un choix (fig. 6).
- Nous voyons deux tabourets bas qui sont des sièges (les tabourets pour les pieds ne furent en usage qu’à partir du Nouvel Empire), un siège pliant en X, à rivets centraux de bronze cl à siège de cuir presque intact, une chaise basse dont un des montants du dossier
- Fig. b. — Boite à jeu avec pièces dressées. Metropolitan Muséum.
- p.66 - vue 70/439
-
-
-
- a disparu ainsi que le siège (d’après les fragments subsistant, on sait que le siège était en cordes de lin entrelacées). Les meubles bas sont dus à l’habitude des Égyptiens de s’asseoir souvent comme les Orientaux de nos jours.
- LE LUXE DE TOUTANKHAMON
- Thèbes, la. capitale du Nouvel Empire, gorgée des " richesses rapportées par les pharaons de leurs campagnes victorieuses en Asie et en Nubie, était une ville d’un luxe fabuleux. On s’en doutait à voir les représentations peintes sur les parois des tombeaux, mais l’on se demandait malgré tout s’il n’y avait pas là quelque exagération. La découverte du tombeau de Toutankhamon, un pharaon de second ordre cepen-
- Fig. (3. — Ensemble de meubles. Metropolitan Muséum.
- danl, a montré que l’on était en dessous de la vérité. Je n'ai pas la prétention de décrire les richesses de celte fameuse tombe, qui forment un musée dans le musée du Caire, à laquelle son heureux inventeur M. Howard Carter a consacré trois volumes. Au reste, tous les périodiques en ont parlé lors de la découverte, spécialement Y Illustration et La Nature (n° 2537).
- Antérieur de quelques années à ce pharaon devenu subitement célèbre est Aménophis III. Dans la tombe de ses beaux-parents, on a trouvé plusieurs de ses meubles, notamment un lit (fig. 7). La fixité de certaines traditions égyptiennes apparaît nettement dans ce meuble qui repose sur des pieds en forme de pattes de lion (ceux du lit de la mère de Cliéops sont déjà en forme de pattes, de lion) et se termine par une paroi verticale du côté des pieds du dormeur. Toutefois cette paroi est ici consolidée par des jambes de force. Elle est décorée de représentations du dieu Bès destinées à assurer un sommeil agréable.
- De Toutankhamon, nous ne présenterons qu’un fauteuil (fig. 8) appelé par son découvreur le « trône ecclésiastique » en raison des inscriptions qu’il porte. Il est en ébène avec incrustations d’ivoire. Le dossier est plaqué d’or incrusté de faïence, de verre coloré et de
- 67
- Fig. 7. — Lit d’Aménophis IIL Musée du Caire.
- pierres semi-précieuses et décoré d’inscriptions verticales, au nom du roi, présentant un caractère religieux. Les pieds incrustés d’ivoire sont du type à tête de canard que l’on rencontre sur certains sièges pliants (au Louvre par exemple). Entre les têtes de canards s’enlevaient en claire-voie les signes, en partie brisés, de la Réunion des Deux Terres (Haute et Basse-Égypte). Le siège fort cintré suppose nécessairement l’usage d’un coussin. Devant le fauteuil est placé un tabouret pour les pieds avec des figures de Nègres et d’Asiatiques incrustées : ainsi étaient symbolisées les victoires du roi, comme dans la Bible (Psaumes XLVII, 4 et CX, 1).
- Le tombeau de Toutankhamon renfermait, sans parler des coffres variés, bien d’autres meubles : fauteuils, chaises, tabourets, trépieds, pliants, tables à jeu. Il importe de rappeler que le soi-disant « trône royal » (*) est un simple fauteuil d’intérieur du palais et non pas le siège symbolique de la puissance de l’État. Sa richesse a fait illusion à nos contemporains, mais sa décoration ne laisse aucun doute. Un détail montrera
- le raffinement de ces meubles : une chaise d’enfant en ébène incrustée d’ivoire et décorée de motifs repoussés sur plaques d’or repose sur des pieds en ébène en forme de pattes de félin dont les griffes seules sont en ivoire.
- Il y avait encore des lits funéraires en l’or-
- 1. 'L’Illustration du 12 janvier 1924 en a donné de bonnes rrêproduc-tions en couleurs, ensemble et détails.
- Fig. S. — Fauteuil de Toutankhamon (Par permission spéciale de M. Howard Carter).
- p.67 - vue 71/439
-
-
-
- = 68
- me d’animaux et des lits réels. Il faut signaler au moins un lit pliant, formé de trois pièces à charnières, qui fait penser à nos chaises-longues de jardin.
- Quand on compare ces meubles, d’une richesse un peu exubérante à ceux d’une si noble simplicité de la mère de. Chéops, on ne peut s’empêcher d’évoquer un parallélisme analogue à celui qui existe entre notre art roman et notre art rocaille : là aussi on trouve d’un côté la grandeur d’une harmonie majestueuse et de l’autre une grâce fleurie d’un charme un peu mièvre.
- LES MEUBLES COURANTS
- Les Égyptiens ordinaires étaient meublés beaucoup moins richement certes, mais non sans confort. Le musée du Louvre possède une fort belle chaise à incrustations d’ivoire, en partie restaurée, et le musée Borély à Marseille une chaise basse et un siège en X pliant. Le musée de Brooklyn expose une table (fig. g) déposée par la New-York Hislorical Society. Elle est inspirée des formes de l’architecture : pylône surmonté de la gorge égyptienne. Tous ces meubles sont authentiques mais sans origine très précise. Il n’en est pas de même de ceux de Sennezein et de Kha.
- Le tombeau de Sennezem (XXe dynastie, vers 1200
- av. J.-C.) trouvé intact à Thèbes par Maspero en 1886, renfermait tout un mobilier : plus de 4o coffrets en bois peint, une petite table, deux tabourets peints, deux v traîneaux funéraires et un lit funéraire. L’ensemble ne fut pas conservé réuni mais si le musée du Caire en expose la plus grande partie, certaines pièces furent vendues aux musées de Berlin et d’Amérique. Le coffret de la figure xo est typique. Son décor peint imite les incrustations et le couvercle est en fonne de toit de naos.
- Le tombeau, contemporain du précédent, de l’architecte Kha et de sa femme Mirit, trouvé intact par Schiaparelli en igoô dans les fouilles de la mission archéologique italienne à Thèbes, a enrichi le musée de Turin d’un ensemble sans rival en Europe. Il comporte des meubles funéraires et des meubles ayant servi. Parmi ceux-ci on note des tabourets en bois d’acacia, des trépieds, des pliants en X à décor de cols de canards, un lit à pieds de lion ayant même consei'vé ses couvertures, une table en joncs ligaturés sur laquelle reposent encore des pains, des supports de vases, de nombreux coffrets à linge en bois peint. Voici une chaise cannée, à pieds en forme de pattes de lion (lig. 11) qui, comme les coffrets, imite un meuble plus lâche et l’armoire (lig. 12) dans laquelle fut retrouvée la perruque de Mirit. Cette armoire, haute de 1 m 10, est en bois d’aca-décoratiou peinte inachevée et à couvercle eri toit de naos.
- Le coffret du musée de Bologne, dont la figure i3 donne le décor peint d’un des petits côtés, est analogue à ceux de Kha. Le .motif des antilopes opposées de chaque côté du bouquet monté est purement décoratif, sans signification religieuse ou magique. Les bords imitent des incrustations d’ébène et d’ivoire.
- avons la copie d’un meuble plus lâche. Cet usage du trompe-l’œil, grâce à l'efficacité des formules magiques, ne nuisait pas aux morts et permettait ainsi à leurs héritiers de satisfaire à la fois leur sentiment religieux et leur ladrerie.
- LA TECHNIQUE
- Les anciens ébénistes égyptiens usaient des bois suivants : le sycomore et l’acacia et, à un moindre degré, le caroubiei', le genévrier et le perséa. Le cèdre, le cyprès et l’ébène, que l’on devait importer, étaient utilisés surtout pour les incrustations et le placage. On a vu l’usage abondant de l’ébène pour les meubles royaux.
- On employait des outils très simples, voire rudimentaires : la hache, l’herminette, la scie, le ciseau, le bédane, le forêt à manche manœuvré par un archet, le rabot, l’équerre. Nous les connaissons soit parce que quelques-uns ont été retrouvés soit par les représentations des tombeaux. En effet, on ne compte
- Fig. 9. — Table chevillée datant du Nouvel Empire (Collection de la New York Historical Society, au Musée de Brooklyn). Fig. 10. — Coffret de Sennezem. Metropolitan Muséum.
- Fig. 11. — Chaise de Kha. Musée de Turin (d’après Schiaparelli). Fig. 12. — Armoire de Mirit. Musée de Turin (d’après Schiaparelli).
- p.68 - vue 72/439
-
-
-
- pas moins de six peintures et un bas-relief représentant des ateliers de charpentiers et d’ébénistes et deux modèles réduits en ronde-bosse.
- Le contre-plaqué, dont on fait si grand usage actuellement, est une invention égyptienne. En ig32, l’archéologue français Lauer a trouvé sous la Pyramide à degrés de Saqqarah un sarcophage du temps de Dje-ser (IIIe dynastie) contenant les restes d’un cercueil dont les parois contre-plaquées étaient faites de six couches de bois mince, de 4 mm d’épaisseur environ, d’un travail extrêmement soigné. Au tombeau de Rekhmara à Thèbes (vers i5oo av. J.-G.), on voit un exemple de fabrication de contre-plaqué : l’ouvrier pose une planche rouge sur une jaune. Afin de montrer que le bois jaune est celui de moindre valeur, l’herminette de l’ouvrier est fichée dans un bloc de ce bois. Un pot de ('elle forte est à côté.
- Quand le bois n’est pas contre-plaqué ou incrusté, souvent avec de l’ivoire, il est généralement peint. Parfois il est recouvert d’une légère couche de stuc supportant une feuille d’or.
- Une partie fort intéressante de la technique égyptienne concerne les assemblages. En dehors de l’emploi de la colle forte, on trouve les assemblages par lenons et mortaises (le plus employé), par chevilles (très employé), par clé a clavettes, par queues d’aronde et clavettes, par un lien de cuir, par un lien avec bouchage de l’orifice.
- Fig. 13. — Détail d’un coffret peint. Musée de Bologne, (d’après Capavt).
- LA PÉDOLOGIE OU
- 69
- Un des plus remarquables exemples d’assemblage est celui des angles du baldaquin de la mère de Chéops (fig. i4).
- Ce baldaquin servant aux déplacements de la reine devait être monté et démonté rapidement.
- Si les côtés comportaient simplement des colon-nettes s’emboîtant dans des douilles de cuivre, les angles étaient assemblés par lenons et mortaises, par cheville, verrouillage et par des crampons de cuivre réunis les uns aux autres par des cordes.
- L’usage des jambes de force se remarque sur de nombreux lits et chaises (par exemple, figures 6, 7, 8, 11).
- * #
- Les Égyptiens construisaient leurs meubles en vue de la durée : leur but a été merveilleusement atteint. Mais en outre, la technique de ces ébénistes remarquables a. duré également : certains outils, les assemblages, le contre-plaqué sont encore en usage parce que, depuis des milliers d’années, personne n’a trouvé le moyen de faire mieux. Et, sans parler du style Empire où l’influence de l’Expédition d’Égypte est flagrante, combien d’autres détails ont survécu jusqu’à nous. Quand un Ruhlmann réalisait d’admirables alliances d’ébène et d’ivoire, il ne faisait que. suivre-une tradition née sur les bords du Nil.
- Henry-de Morant.
- Les figures 4, ri, (i, 10 sont reproduites avec la courtoise autorisation du Metropolitan Muséum de New-York.
- SCIENCE DES SOLS
- Fig. 14. — Assemblage
- d’angle du. baldaquin de la mère de Chéops (d’après Reisner).
- Les analyses de sols, souvent à même de fournir des indications intéressantes pour la pratique agricole, réclament une interprétation que l’agronome a parfois assez de peine à formuler de façon précise.
- La connaissance des sols « en place » s’est révélée nécessaire pour une meilleure compréhension de leurs propriétés et de leurs aptitudes culturales en chaque région.
- La géologie agricole a certes déjà grandement contribué à expliquer les rapports existant entre un terrain géologiquement défini et la terre arable qui en provient (l’étude géologique des sols est toujours une opération préalable des plus utiles). Néanmoins, une discipline nouvelle de la science agronomique tend vers une étude « spéciale » des sols : celle de leur formation, en faisant intervenir non seulement l’origine
- géologique, mais tous les autres facteurs : climat, végétation, etc., et leurs mécanismes physico-chimiques.
- Pareille étude de la genèse des sols permet un classement en « types » qui facilite, grandement la» tâche des agronomes. Cette nouvelle science,' créée par l’École russe il y a près de 5o ans, fait en France ses premiers pas. . -
- LA GENÈSE DES SOLS , .
- Si l’on envisage un sol en dehors de toute préoccupation d’ordre agricole, au jpoint de vue de sa formation naturelle, on constate qu’il est le résultat de la transformation plus ou moins rapide de la roche mère, opérée par des agents physiques, chimiques et biologiques.
- p.69 - vue 73/439
-
-
-
- = 70
- Les altérations physiques (désagrégation des roches par le gel, le dégel, cristallisation des substances salines) agissent au début presque seules. Les altérations chimiques sont dues à la dissolution des sels (action de l’eau chargée d’acide carbonique), à l’oxydation (action de l’oxygène dissous dans l’eau), des combinaisons oxydulées de la roche et à l’hydrolyse (action des ions H et OH de l’eau) qui décomposent les silicates.
- Les allérations biologiques amènent surtout la formation de l’humus, produit de décomposition des végétaux qui joue un rôle énorme dans les altérations et migrations des éléments : en effet, grâce à ses propriétés colloïdales, l’humus, s’il est à réaction neutre ou légèrement alcaline, empêche l’enlraînemenl des bases et, s’il est acide, se comporte comme un colloïde protecteur qui assure la migration de divers éléments (bases échangeables).
- La transformai ion des éléments mécaniques issus de la roche-mère se poursuit plus ou moins lenlement, provoquant la naissance, le développement, la malu-rité et la fin de l’évolution d’un sol.
- Un sol commence à évoluer lorsqu’aux élémenls mécaniques s’ajoutent des éléments colloïdaux pour en faire un milieu favorable à l’installation de la vie organique qui, de son côté, va réagir puissamment sur la dynamique interne de la masse (Demolon).
- Son origine géologique domine sa naissance et lui confère une individualité marquée qui, souvent, se conserve en dépit de tous les facteurs extérieurs de transformation, mais généralement l’influence de certains agents tels que le climat et la végétation va croissante.
- Les savants russes ont classé les sols en deux grandes catégories : les sols ectodynamomorphes dépendant surtout des conditions climatiques et les sols endo-dynamomorphes pour lesquels l’influence de la roche-mère est primordiale. En France, ces derniers sont les plus nombreux et à chaque région géologique correspond un type déterminé. Ainsi que le dit M. Demolon, il suffit de comparer dans le centre de la France les landes stériles de la Corrèze, dérivées des. granités, avec les pâturages d’Auvergne, provenant des roches volcaniques, pour reconnaître l’importance de la roche originelle.
- Il en est tout autrement dans d’autres régions où le climat joue un rôle prépondérant. Certains sols de nos colonies, en climat tropical, dérivent de la même roche-mère que des sols de la métropole et présentent une texture et une composition physico-chimique toutes différentes ; ils sont très pauvres en silice, manquent d’humus et de bases échangeables et présentent, par contre, une accumulation de sels de fer et d’alumine capable de former une véritable croûte ; ce sont des sols formés par le climat. En certains points du sud de la France, les sols « à carapace calcaire » (le mouvement ascendant des solutions du sol l’emportant sur le mouvement descendant) sont aussi des exemples très nets de sols climatiques. *
- C’est donc par l’étude de tous les facteurs qui
- interviennent dans la formation des sols que l’on peut arriver à comprendre le mécanisme des trans-t formations subies par la roche-mère, la répartition des éléments originels et le sens de l’évolution lente et complexe vers un type déterminé Cette analyse fait appel à de nombreuses disciplines scientifiques telles que la géologie, la minéralogie, la pétrographie, la botanique, la physique et la chimie, la biologie, etc. On a donné à cette nouvelle science le nom de Pédologie (Pedon = sol et Logos = discours). La pédologie est la partie de la science du sol qui étudie d’une manière comparative la genèse du sol dans les milieux les plus variés du globe (Erhart).
- C’est un savant russe, Dokoutchaiev, qui doit être considéré comme le créateur de la pédologie. Ses premières observations sur les sols de Russie (tchernosem) lui révélèrent que des sols d’aspect semblable et paraissant de même nature peuvent avoir des origines géologiques différentes. II eut surtout recours à l’ob-servalion morphologique comparative des sols en profondeur en étudiant systématiquement la structure el la coloration de ces derniers jusqu’à la roche-mère.
- Celle façon d’étudier le sol en place, de noter la structure et la coloration des couches superposées, leur composition physico-chimique, leur flore et leur faune, est devenue le fondement de l’école pédologique russe.
- Les observations tirées de l’application de celte méthode amenèrent Dokoutchaiev et ses élèves à considérer le climat comme le facteur le plus important pour la formation des sols, celui qui détermine leur structure et leur nature physico-chimique.
- L’origine géologique des sols paraissant ainsi de minime importance, l’école russe en arriva à classer les sols en types correspondants aux différentes zones climatiques. Cette conception de la zonalité des sols fut appliquée par les Russes aux sols du monde entier et aboutit à une classification génétique générale des sols.
- Cependant cette idée de l’influence presque exclusive des facteurs climatiques fut tempérée par certains pédologues tels que Glinka ; 'c’est ainsi qu’on subdivisa les grands types de sols zonaux en sous-types basés surtout sur les différences de roches-mères.
- Peu à peu d’ailleurs, à la conception simple du « climat géographique » dépendant de la latitude, se substitua une idée plus complexe : celle du « climat pédologique » qui est aussi fonction de facteurs, purement locaux : influences du relief et micro-relief du sol, exposition, etc. Sur les cartes établies par les premiers pédologues russes, les subdivisions abondent à l’heure actuelle. Ainsi que le dit le professeur Aga-fonoff, initiateur des méthodes pédologiques en France, « le schéma de la carte pédologique primordiale doit se rapprocher peu à peu de la nature ».
- APERÇU DE LA TECHNIQUE PÉDOLOGIQUE
- L’examen du sol se fait sur son « profil », c’est-à-dire sur une coupe du terrain qui peut se présenter
- p.70 - vue 74/439
-
-
-
- accidentellement sous forme de tranchées, fossés, carrières, etc., ou qui est obtenue par creusement d’une fosse dont la profondeur peut aller de i m a5 à 2 m et même plus. Un profil n’est vraiment significatif que si le sol a atteint une certaine fixité et montre une succession de couches ou « horizons », plus ou moins distincts et délimités.
- Le profil pédologique qui provient des déplacements internes des substances du sol ne doit pas être confondu avec le profil géologique (couches de sédimentation).
- Ce qui distingue les horizons, ce n'est pas seulement leurs différences de coloration, mais aussi leur struclure. Lorsque la paroi de la coupe effectuée à travers le sol est nette, on en prend une photographie avant de se livrer à l’examen de la structure.
- L’emploi des lettres de l’alphabet est commode pour désigner les horizons successifs. Les variations d’un horizon se notent pur l’adjonction d’un nombre à la lettre indiquant cet horizon (Exemple : B1, Ba, etc.).
- Les fermes éluvial et illuvial, d’un usage courant en pédologie, servent le premier à désigner la couche superficielle (horizon A avec ses variations), qui, dans les régions humides, peut être plus ou moins lessivée par entraînement des constituants primitifs, et le second la zone qui reçoit des éléments nouveaux provenant de la percolation des couches supérieures ; celle zone, dite d’accumulation, ne correspond pas toujours au sous-sol agricole ; c’est l’horizon B.
- Dans les régions arides, l’ordre des horizons À et B peut être inversé, ce dernier étant le plus superficiel. Enfin l’horizon D correspond" à la roche-mère non encore modifiée.
- L’examen d’un profil doit comporter les caractéristiques des différents horizons, leur épaisseur et leur couleur, leur structure (granuleuse, feuilletée, poussiéreuse, etc.), les formes de concentration de divers sels (amas, taches, concrétions). L’observation à la loupe est très utile. On recherche aussi le carbonate de chaux dans les divers horizons et on détermine sur place le pH au moyen d’une trousse de poche.
- PRÉLÈVEMENTS D’ÉCHANTILLONS
- Parmi les types classiques de sols définis par la pédologie, les sols podzoliques (le mot podzol vient du russe et veut dire « comme la. cendre ») correspondent à une perle continue de fertilité en ce sens qu’ils sont appauvris en éléments solubles par lessivage (régions humides). Ces sols, de même que les sols iatériliques, où la destruction de l’humus et l’entraînement des hases sont extrêmement intenses, sont des sols pauvres en regard d’un autre « type » tel que le tcliernozem, caractérisé par un maximum d’humus saturé par les bases, où les phénomènes d’entraînement ne se manifestent pas (sols stables, généralement riches et profonds). Les coupes ci-dessus présentent nettement la succession suivante :
- Ai Terre végétale brune, riche en matière organique et-éléments fertilisants. 0 m 20 à 0 m 25.
- A2 Sous-sol, appauvri en colloïdes et en tous éléments. 0 m 70 à 0 m 80.
- Bi Horizon d’accumulation enrichi en tous éléments et en colloïdes. 0 m 40 à 0 m 70.
- IL Horizon de précipitation brun rouge ou brun orangé, extrêmement argileux et enrichi. 0 m 05 à 0 m 25.
- I) Le passage de Bs à la roche sous-jacente s’opère ici brusquement.
- 1° Horizons éluviaux (0,90 à 4 m).
- 2° Horizons illuviaux (0,50 à 1 m).
- 3° Roche sous-jacente 1 (craie sénonienne pour < les coupes ci-dessus). <
- On peut constituer une sorte de profil « en miniature » en prélevant des fragments typiques de chaque horizon que l’on place dans des boîtes suivant l’ordre de succession et dont on note les caractéristiques. Si on veut garder dans son état naturel une coupe de sol spécialement digne d’intérêt, on prélève une tranche complète : pour cela, on découpe à l’aide d’appareils spéciaux (caissons) un prisme droit sur toute la hauteur du profil : on a ainsi un monolithe. Une autre méthode plus facile ‘et moins onéreuse consiste a appliquer fortement contre la paroi une planchette (ou un fort carton) enduite d’un adhésif spécial. Après un certain temps de contact, on détache la planchette qui reste garnie d’une très mince couche d’éléments terreux conservant leur emplacement et leur structure naturels.
- ÉTUDE DES ÉCHANTILLONS AU LABORATOIRE
- Les sols rapportés au laboratoire sont des sols « morts », puisqu’ils ont perdu leur eau et sont réduits à la partie minérale et à l’humus.
- L’analyse mécanique (texture élémentaire) fournit déjà des indications sur les propriétés physiques, mais pour éclaircir la question de la genèse, il faut faire des analyses globales complètes, au moins des trois horizons : A, B et D (roche-mère intacte).
- Une très grande importance est attachée aussi à l’analyse des bases échangeables (cations Ca, Mg, K, Na...) permettant d’appréci-er le pouvoir d’échange des bases, qui est en relation étroite avec la nature physico-chimique des complexes adsorbants : alumino-silicates et colloïdes minéraux et organiques. Enfin, les
- p.71 - vue 75/439
-
-
-
- = 72 :.....................:
- analyses doivent être complétées par une étude minéralogique à la loupe et au microscope polarisant (étude des premiers stades de décomposition de la roche-mère).
- AUTRES OBSERVATIONS
- Pour analyser le mécanisme d’altération des éléments originels, les variations,plus ou moins grandes de leur répartition dans les divers horizons étudiés, le pédologue a encore besoin de posséder des données assez précises sur tous les facteurs qui ont agi sur le sol considéré.
- L’étude des conditions climatiques vient en premier lieu. Les observations sur place des données météorologiques et hydrographiques localés sont- du plus grand intérêt.
- Mais la formation d’un sol, dans le même territoire climatique, relève souvent d’autres facteurs qui influencent fortement sa genèse en la retardant : sols incomplètement formés dits azonaux, ou en la modifiant : sols dits intrazonaux. C’est ainsi que la végétation a une action marquée sur le substratum, nôtam-menl par l’intermédiaire de ses produits de décomposition (humus) qui jouent par leurs propriétés colloïdales un rôle énorme dans l’altération des éléments et la structure des sols, de même que dans l’activité microbienne.
- L’étude de la végétation doit être suivie de celle des conditions topographiques locales : relipf et micro-relief, exposition.
- Enfin, la connaissance approfondie de la nature de la roche-mère « qui est l’objet soumis à la genèse » (Agafonoff) sauf le cas des formations de sols humi-ques alpins, jointe à tous les renseignements fournis
- par l’élude des divers facteurs indiqués, permet au pédologue d’établir ce qu’on appelle un « type » de sol qui représente la résultante de tous les facteurs ayant contribué à sa genèse (Erhart).
- 11 est des cas où cette genèse d’un sol est particulièrement difficile à établir : en effet, un sol peut avoir .*subi des bouleversements dans le relief, des changements de climat et de flore, etc. Le pédologue peut se trouver,.èn présence de sols « vieux a, non demeurés en équilibré; avec le climat et la végétation et ayant subi des apports éoliens ou alluvionnaires, ou bien dont les horizons ont été enlevés par érosion ; soit en présence de sols « jeunes » à peine formés .(présols), soit enfin de sols enfouis (paléo-sols), recouverts par une nouvelle roche-mère.
- INTÉRÊT AGRONOMIQUE DE LA PÉDOLOGIE
- L’élude pédologique d’un sol ne peut résoudre tous les nombreux problèmes de nutrition végétale qui déterminent la fertilité, mais elle est un important outil supplémentaire d’investigation dans les recherches agronomiques.
- Un « type » de sol établi morphologiquement, sa genèse .entrevue à l’aide des observations sur le 'terrain, sa constitution pli y si co- ch imique .particulière déterminée au laboratoire, il devient plus aisé pour l’agronome*de tirer parti de l’expérience physiologique et.de l’observation culturale et de les mieux interpréter.
- L’établissement, lent et laborieux, de cartes agronomiques, dans chaque région par des équipes de chercheurs utilisant les méthodes pédologiques, facilitera grandement dans l’avenir la documentation des orga-. nismes officiels en contact direct avec les praticiens.
- L. Thkhoind.
- L’AUTORAIL A CHARBON DE BOIS DE LA COMPAGNIE DE L'EST
- La pauvreté de notre sol en pétrole, qui constituerait, pour nous, une grave infériorité en* cas de guerre, a conduit naturellement à la recherche de carburants nationaux, alcools, puis bois, susceptibles 'de remplacer dans les moteurs l’essence de pétrole.
- Récemment, M. Guillaume, Inspecteur divisionnaire du service de la voie à la Compagnie de l’Est, a proposé un nouveau combustible;, le carbone-carburant G. E. K. A., obtenu par traitement dans des fours spéciaux brevetés, des vieilles traverses de chemins de fer et des vieux bois durs Créosotés, hqrs de service (Charbons Geka i) ou des essences sélectionnées parmi les bois exotiques provenant de nos colonies et des bois durs,;de grande dimension, de provenance indigène (Charbon Geka 2).
- Ce 'charbon Geka 1 constitué :;,ï° de bois de cœur des' essences dures, chêne et hêtre, avec dessiccation avancée ;, 20 de créosote qui imprègne ces bois à raison de 10 à’j. 35 pour 100 en poids, a donné, à
- la suite d’analyses faites au Laboratoire d’essais des Arts et Métiers, les caractéristiques suivantes :
- Puissance calorifique de 8.000 calories ;
- Teneur en carbone total de 92 à g3 pour xoo ;
- Pourcentage de cendres, très réduit, de 2,4 pour 100.
- Ces mêmes caractéristiques, pour les bois exotiques et les, bois indigènes sélectionnés, mais non créosotés, charbon Geka 2, sont respectivement de 7.200 à 7.5oo calories, 85 pour xoo de carbone total, 2,5 pour 100 de cendres.
- Alors que la consommation par ch/h, au banc d’épreuves, est de 33o à 35o gr pour le charbon Geka 1, elle atteint 38o à 4oo gr pour le Geka 2.
- Utilisés dans les gazogènes à tuyères multiples, non refroidies, du système Guillaume, ces charbons donnent un gaz explosif homogène, riche en calories, parfaitement épuré, amené régulièrement au carburateur et qui, de ce fait, dans les mêmes conditions de marche et de puissance, permet une économie de
- p.72 - vue 76/439
-
-
-
- 73
- Fig. 1. — Automotrice à gazogène GEKA (système Guillaume) (moteur Diesel de JI.H/120 ch transformé pour la marche au carburant GEKA provenant de vieilles traverses de chemins de fer).
- 75 pour 100 par rapport à l’essence et de 5o pour 100 par rapport au gas-oil, le prix de revient de ce carburant n’étant que de o fr i4 à o fr i5 par ch/h.
- Essayé sur route, en 1933, par les Services d’études et d’expériences de Vincennes de la Direction d’Artil-lerie, dans un camion militaire de 5 t, sur rails, des loco-tracteurs de manœuvres, des grues-tracteurs et automotrices, des groupes électrogènes, fixes et mobiles, des tracteurs à chenilles, il ,a partout donné d’excellents résultats.
- Et c’est la raison pour laquelle la Compagnie des Chemins de fer de l’Est vient d’en faire l’essai sur un autorail construit en iq34 par les Entreprises industrielles charenlaises et qui peut transporter, à la vitesse de 90 km à l’heure en palier, 70 voyageurs et i.5oo kgr de bagages.
- Cet autorail, porté par deux boggies, l’un moteur, l’autre porteur, qui comporte un châssis et une caisse entièrement en duralumin, avait pour moteur, à l’origine, un Diesel Man, 6 cylindres, de n5-iao ch à i.3oo t/m.
- En vue d’utiliser, comme carburant, le gaz pauvre au lieu du gas-oil, la Compagnie de l’Est fil transformer ce moteur par la Société générale, de constructions mécaniques, de la Courneuve, qui réduisit le taux de compression, remplaça la pompe et les aiguilles d’injection par un mélangeur muni d’un correcteur d’air automatique et installa un dispositif d’allumage par magnéto à haute tension.
- Fourni par la Société Geka, le gazogène, du système, Guillaume, à tirage renversé et tuyères multiples non refroidies, comporte, comme accessoires, les dépous-siéreurs et filtres nécessaires.
- Ainsi modifié, ce moteur, alimenté au charbon de, bois Geka 1, développe, pour un poids total de a5 I, et avec la même vitesse, 90 km an minimum en palier, une puissance de 120-125 ch, un peu supérieure à celle obtenue antérieurement avec le gas-oil.
- Son démarrage au gaz est instantané, sans qu’il soit nécessaire de récourir au démarrage à l’essence, et ses
- ralentis identiques à ceux qu’on obtenait avec le moteur Diesel à gas-oil.
- La consommation du charbon, aux 100 km, n’étant que de 49 à 5o kgr, le prix du carburant, pour ce même parcours, n’est plus que de 2,5 fr environ, au lieu de 5o fr précédemment avec le gas-oil.
- L’utilisation, comme carburant, des vieilles traverses et autres bois créosotés, totalement impropres à un usage industriel quelconque, a donc permis à la Compagnie une économie de l’ordre de 5o pour 100.
- Si les filtres et dépoussiéreurs du gazogène, disposés sous la partie médiane du châssis, sont invisibles sur la figure 1, on y peut voir, dépassant la toiture, la tubulure de remplissage du réservoir de combustibles, contenant 200 kgr de charbon Geka, représentant 4 h de marche de l’autorail, et, à la partie inférieure, le fond du gazogène, d’01'1 part le tuyau de conduite du gaz, ainsi que les tuyaux recourbés de prise d’air à gauche, et du ventilateur d’allumage à droite. La figure 2 montre le peu d’encombrement du gazogène pour la puissance qu’il fournit. On aperçoit, dans le fond, près de ce gazogène, le ventilateur d’allumage actionné électriquement et, en avant et à gauche, le poste du pilote, lorsque l’autorail marche avec moteur arrière. Il y a là une innovation qu’il était intéressant de signaler.
- Georges Lanorville.
- Fig. 2. — Le gazogène GEKA, à 0 tuyères multiples non refroidies
- * #
- p.73 - vue 77/439
-
-
-
- 74
- E ENNEMIS DES RUCHES = ET MALADIES DES ABEILLES
- Comme tous les êtres vivants, les abeilles ont clés ennemis plus ou moins terribles et sont sujettes à diverses maladies dont Aristote, Pline et Columelle signalaient déjà l’importance voilà plus de 2.000 ans ! Heureusement, depuis lors, maints spécialistes ont étudié les dangers el les infections qui menacent les ruches et ont trouvé, dans la plupart des cas, des remèdes polir les combattre. En particulier, l’application de mesures prophylactiques, basées sur les doctrines pastoriennes, s’impose aujourd’hui aux apiculteurs qui veulent conserver à leurs diligentes mouches à miel, avec une florissante santé, leur légendaire ardeur au travail.
- MAMMIFÈRES ET INSECTES
- Jadis le plus gros des pilleurs de ruches était l’Ours brun pour lequel le miel constitue un vrai régal. Mais aujourd’hui ce carnassier est devenu très rare, même dans les régions montagneuses des Alpes et des Pyrénées et les apiculteurs européens ont cessé maintenant de le craindre. Par contre, ils redoutent encore l’espiègle ' Musraraigne.' (Sorep'araheus L.). Ce petit mammifère (fig. 1) à la fête allongée, au museau pointu, au pelage velouté et grisâtre, se cache pendant la journée dans un terrier, dans quelque anfractuosité d’un vieux mur ou dans le creux d’un arbre. Il sort de sa retraite durant la nuit pour attaquer les oiseaux, les vers de terre ou les insectes ; il sait également apprécier, en fin gourmet, aussi bien les rayons de miel que la cire. Cependant, sous, ce rapport, il laisse loin derrière lui un minuscule papillon, la Galleria mellonella ou Teigne de miel (fig. 2), dont le mâle a seulement 28 à 35 mm d’envergure, les ailes déployées. Celles-ci sont d’un brun cendré ou jaunâtre avec des stries longitudinales et des taches d’un brun pourpré le long du bord interne ; les inférieures portent une frange plus claire. La femelle, d’ordinaire plus grosse que son compagnon, se distingue, en outre, par une couleur plus foncée. Les ailes extérieures de ces mifcrolépidoplères se ferment à platimr le dessus du dos et, se redressant à leurs extrémités, ressemblent un peu à la queue d’un oiseau.
- Fig. 1. — La musaraigne (Sorex araneus).
- Fig. 2. — La teigne du miel (Galleria mellonella).
- Très agites, ces indésirables microlépidoptères ont des habitudes nocturnes comme lès Musaraignes ; elles se reposent pendant le jour mais voltigent à la tombée de la nuit et, pénétrant dans les ruches, vont alors y pondre leurs œufs.
- Aussitôt éclose, la petite chenille s’enferme dans un fourreau de soie blanche et durant sa croissance n’a qu’à sortir sa tête pour déguster la cire el le miel des cellules avoisinantes. Au bout de 3 semaines environ, les cocons s’entassent les uns à'côté des autres et finissent par envahir les rayons, couverts àlbrs d’une toile soyeuse. Pour détruire la maudite engeàrtce, d’avril à octobre, les apiculteurs doivent traiter les ruches attaquées par les vapeurs sulfureuses. Après avoir nettoyé soigneusement les cadres et les alvéoles, on dispose sur un plateau un récipient contenant du soufre qu’on allume. Ensuite, on interpose une première ruche vide entre celui-ci et celles à désinfecter. OEufs, chenilles et papillons sont tués par cette atmosphère toxique et il ne reste plus qu’a les enlever (fig. 3). On emploie aussi contre les Teignes le sulfure’de carbone dont on imprègne un chiffon qu’on place dans la ruche. ' :i"'-
- Un autre lépidoptère de plus grande taille, T/tc/ie-rontia atropos, qui aime beaucoup humer le miel, est aussi un grand ennemi des ruches. Ce papillon est plus connu Sous le nom vulgaire de Sphinx têle-de-mort à cause de la grande tâche médiane d’un gris blanchâtre, marquée rie deux points noirs qu’il porté Sur son thorax et qui'lui donne Une vague ressemblance avec un crâne humain décharné ; il mesure de 110 à
- p.74 - vue 78/439
-
-
-
- 75
- i/;o mm d’envergure. Ses yeux gros, saillanls et très brillants, ses antennes nomes en dessus, blanches au bout, sa spiri-trompe large et courte, ses ailes supérieures brunes, saupoudrées de points bleuâtres et sillonnées d’ondulations noirâtres, ses ailes inférieures d’un jaune ocre assez vif avec deux bandes transversales noires et son abdomen plus foncé, coupé par six anneaux noirs faisant le tour du corps, tout contribue à donner à cet énorme Achérontide un air éti’ange, auquel s’ajoute le cri aigu qu’il fait parfois entendre. L’organe sonore, placé de chaque côté, à la base de l’abdomen, consiste en une membrane entourée d’une touffe de poils étoilés qui entrent en rotation autour de leur point d’insertion, sous la volonté de l’insecte. Les abeilles lui font une guerre acharnée et, quand elles n’ont pu l’aiguillonner à l’entrée de leur ruche, elles le tuent à l’intérieur. Une fois l’insecte mort, elles l’embaument en le recoiivrant de propolis, qui le colle aux rayons. D’autre part, comme l’a constaté maintes lois, paraît-il, le savant apiculteur E. Alphandéry, afin de se garantir des Âtropos, des Hannetons, des Cétoines et autres gros insectes, les abeilles ont soin de construire derrière le trou d’envolée, deux ou trois rangs de piliers avec de la propolis mélangée de cire. Ces obstacles, disposés en chicane, constituent un passage sinueux et assez étroit à travers lequel les mouches peuvent circuler tandis que les pillards de plus forte taille restent à la porte.
- Les incursions des Fourmis ne sont guère à redouter que dans les ruches situées à proximité des forêts ou au milieu de parcs et de jardins très boisés. Afin de préserver les abeilles du dangereux voisinage de ces Hyménoptères, il suffit d’entourer les pieds des ruches de chiffons imbibés de pétrole.
- Quant aux maladies groupées dans le^u'aités d’apiculture sous le nom d’acariose, elles/proviennent de divers Acariens (Tyrogliphides, Phytoptides ou Sar-coptides), que l’on rencontre parfois dans les ruches. Les abeilles acariosées se révèlent inaptes au vol et se traînent péniblement sur le sol. Les remèdes sont, en outre, d’application difficile, car la gent apicole est aussi sensible que ses ennemis aux fumigations insecticides efficaces en l’occurrence. Les Acariens fixés sur le thorax des abeilles attaquent leurs trachées ; celles-ci deviennent jaune brunâtre par suite de petits grains de pigment qui, s’incrustant dans leurs parois, leur font perdre leur élasticité. Finalement l’hôte périt paralysé et intoxiqué.
- Signalons encore, bien que moins dangereux pour le rucher, le Pou des Abeilles (Braula cæca) (fig. 4), diptère gros comme une tête d’épingle (de i mm 5 environ de longueur), dur et de couleur brun-rouge luisant, à l’exception de ses antennes, qui sont jaunes. Privée d’yeux, de balanciers et d’ailes, la Braule parasite assez souvent les Reines italiennes ; elle se fixe sur le corselet de celles-ci d’où on peut la détacher pour la tuer. D’ailleurs Un peu de fumée de tabac suffit à lui faire lâcher -prise et on peut alors l’expulser de la ruche.
- La tête de ces poux, bien séparée du thorax, est
- Fig. 3. — L’enlèvement des teignes après sulfuration de la ruche.
- couverte de petites soies fines et jaunâtres. A la place habituelle de leurs yeux, se voient deux fossettes dans lesquelles les antennes s’enfoncent jusqu’au niveau de leur troisième et dernier article. Les trois anneaux thoraciques sont soudés en un corselet unique un peu élargi en arrière. Leurs pattes ont des cuisses épaisses, les jambes un peu arquées; le dernier article de leurs tarses très élargi porte des poils glanduleux, tandis que leur abdomen composé de cinq anneaux est très bombé. M. J. Pérez regarde la Braule comme un « commensal » plu-
- tôt que comme un insecte parasite. Quand elle veut manger, elle se porte, en effet, vers la bouche de son hôte ; l’agitation de ses pattes, munies d’ongles crochus, chatouille les organes buccaux de l’abeille qui dégorge un peu de miel. Ainsi s’expliquerait la prédilection de la Braule pour les femelles fécondes.
- Fig. 4. — Le pou des abeilles, grossi (Branla cæca).
- p.75 - vue 79/439
-
-
-
- ----- 76 :
- MALADIES BACTÉRIENNES DU cc COUVAIN »
- Les maladies bactériennes sont autrement redoutables pour les,abeilles. D’abord, la jeune famille apicole, qu’on englobe sous le nom générique de Couvain pendant ses stades larvaires (œuf, larve, nymphe ou pupe) peut être contaminée par la loque européenne (fig. 5), infection intestinale causée, d’après les recherches de. l’entomologiste White, par le Bacillus plulon. Ce bacille a r g de longueur, ne forme pas de spores et ne se cultive pas sur les milieux artificiels; d’autres microbes ..saprophytes l’accompagnent souvent. La loque européenne frappe surtout les jeunes larves, qui se contaminent probablement par voie buccale ; elles deviennent peu à peu fiasques et molles, jaunissent et finissent par noircir complètement. Après leur mort, elles se putréfient et dégagent une désagréable odeur ; il faut alors les faire disparaître et nettoyer soigneusement la ruche, car les rayons loqueux restent infectieux durant très longtemps, les microbes se trouvant protégés par le pollen.
- La loque américaine (fig. 6) attaque le couvain à tous les stades de son développement, depuis le moment où les larves commencent à s’alimenter jusqu’à leur pupi-fication. Elle est due au Bacillus larvœ, qui mesure 2 à 5 g de longueur et o g 7 à o g 8 de largeur ; ses spores absorbées avec la nourriture germent d’abord dans l’intestin, puis les bacilles envahissent peu à peu tout l’organisme. Tandis que dans la loque européenne, les larves non operculées se trouvent seules infectées, dans la loque américaine, les larves operculées le sont aussi et une fois mortes, elles offrent un aspect gluant. En outre, une ruche envahie par celle dernière infection, sent la colle forte des menuisiers, tandis que si elle est attaquée par la loque européenne, elle dégage une odeur aigre et puante. Comme mesures prophylactiques contre la loque américaine, les seules efficaces sont les désinfections des ruches altein-
- Fig. o. — La recherche à la loupe de la loque européenne.
- Fig. (i. — La loque américaine dans un rayon de couvain.
- tes par le formol, divers produits à basé de phénol et la chloropicrine.
- Moins grave que les précédentes par ses conséquences, le couvain sacciforme est probablement le fait d’un virus filtrant invisible. Au début, les larves atteintes prennent une teinte jaune, virant ensuite au brun ; l’infection se développe assez lentement et disparaît sans contaminer la totalité de la colonie apicole, prenant souvent fin avant l’application du moindre traitement. En outre, les téguments des larves attaquées restant durs, on peut facilement extraire celles-ci des cellules où elles se trouvent.
- MICROORGANISMES ET CHAMPIGNONS DES ADULTES
- Lorsque les abeilles deviennent adultes, de nombreuses maladies les guettent encore.
- Lue dissection de leur tube digestif fera comprendre ces divers dangers. Après la tête, on aperçoit l’intestin antérieur qui se compose du pharynx, de l’œsophage et du jabot très extensible. Sur la microphotographie de la figure 7, il est rempli de nectar et forme urt sac globuleux, tandis que vide, il est mou et très réduit. L’intestin moyen comprend le provenlricule s’invaginant d’un côté dans le jabot auquel il fait suite et d’autre part dans l’estomac qui, à l'état normal, ressemble à un large conduit brun foncé à sur face plissée plus ou moins ondulée et dont le sommet se trouve situé en face de la paroi dorsale du corps de l’insecte. Après vient l’intestin grêle qui se soude au rectum à l’extrémité duquel s’attache l’aiguillon. Les tubes de Malpighi ou organes d’excrétion, s’ou-
- p.76 - vue 80/439
-
-
-
- m -
- vrent au point d’union entre l’estomac et l’intestin grêle. Ces diverses parties du tube digestif jouent des rôles physiologiques différents, qu’on peut caractériser, grosso modo, de la façon suivante. Le pharynx et la partie antérieure de l’œsophage conduisent les aliments, solides vers l’estomac tandis que le jabot accumule le nectar. L’estomac transforme le pollen ingéré en bouillie (chyme), que les ouvrières donnent en nourriture aux larves. Enfin, le gros intestin ou rectum accumule les excréments qui seront rejetés ultérieurement.
- Prenant comme guide l’excellent ouvrage de G. Tou-manoff sur Les maladies des Abeilles, il est maintenant aisé de signaler leurs principales infections microbiennes. Dans l’intestin postérieur et surtout dans le gros intestin, les micro-organismes trouvent un terrain très favorable à leur pullulation. Là voisinent, en effet, avec, les masses fécales, des débris cellulaires et du pollen incomplètement digéré, qui constituent des aliments de choix pour les bactéries, levures ou champignons. La diarrhée ou dysenterie s’installe donc souvent parmi les essaims, surtout en hiver, au début
- Fig. 7. — Le tube digestif de l’abeille.
- du printemps, à la fin de l’automne, et aussi en été quand le temps pluvieux empêche les insectes de sortir. Les abeilles affaiblies ne volent plus, se traînent à terre et couvrent de déjections très abondantes les parois et l’entrée de la ruche (fig. excréments dégagent une odeur de farine avariée. Quoique non contagieuse, d’après l’avis de certains apiculteurs, beaucoup la production du miel et on conseille de transporter les colonies malades dans des ruches propres par une belle journée ensoleillée (fig. 9).
- La paralyphose, causée comme l’a montré le savant danois Bahr, par des bacilles para-typhiques qui se multiplient dans l’intestin postérieur, l’estomac et le sang des abeilles, est plutôt rare et peu dangereuse.
- La nosémiase ou nosémose ne cause pas grands dégâts aux ruches. Un protozoaire, Nosema apis (Zander) en est la cause et ses manifestations extérieures, ressemblant aux symptômes de la diarrhée, permettent difficilement un diagnostic sans l’intervention du microscope (fig. 10). Son cycle évolutif est
- Fig. 8. — Abeilles atteintes de diarrhée ou dgsenterie.
- voisin de celui de la pébriue des vers à soie. La spore du Fsosema apis est un corpuscule ovale, brillant, très réfringent, qui germe dans les cellules épithéliales de l’eslomac des abeilles. La nosémiase s’accompagne de diarrhée ou de constipation et les insectes, s’affaiblissant lentement, finissent par s’amasser en paquets pour mourir de paralysie. Souvent l’épidémie passe inaperçue, mais quand elle s’étend, on doit enlever le plus vile possible le matériel infectieux des ruches atteintes. Après avoir ramassé les cadavres d’abeilles nosémosées, on les brûle,' on chauffe le miel infecté
- — Enfumage des paniers en paille pour transporter des abeilles malades dans des ruches saines.
- p.77 - vue 81/439
-
-
-
- 78
- Fig. 10. — Spores de Nosema apis dans un frottis d’estomac d’abeille.
- afin de tuer les germes et on désinfecte les rayons. Enfin, il faut procéder également à l’épuration des eaux de source où les abeilles se contaminent fréquemment en allant y boire.
- Nous ne parlerons que pour mémoire de l'amibiase, maladie provoquée par un autre protozoaire, qui parasite les tubes de Malpighi des abeilles et que Prell a désigné sous le nom de Malpighamœba mellificæ. Les formes végétatives de cette amibe ont anéanti parfois des colonies entières d’abeilles en Suisse, en Allemagne et dans l’Europe centrale, niais on n’a pas encore signalé leur présence dans les ruches de France.
- Enfin, deux champignons inférieurs, l’ds-pergillus flavus et le Pericystis apis sont très dangereux pour les larves et un troi-
- sième, le Pericystis’ alvei, attaque les dépôts de pollen accumulés par les ouvrières en les recouvrant d’un, enduit blanchâtre de mycélium. Heureusement, ces mycoses s’observent assez rarement.
- En résumé, pour préserver les essaims des maladies parasitaires ou autres et combattre au besoin celles-ci, il faut observer quelques règles générales suggérées par la science et l’expérience des spécialistes. D’abord on doit abandonner les « paniers » et autres systèmes de ruches en paille difficiles à aérer et à tenir propres ; leur remplacement par des ruches modernes à rayons mobiles (lig. n), convenablement protégées des chaleurs et des froids extrêmes, s’impose aux petits comme aux grands apiculteurs. Ensuite, après avoir assuré la nourriture, le confort et l’hygiène de leur « cheptel ailé », les apiculteurs doivent savoir reconnaître les diverses maladies et prendre, le cas échéant, des mesures prophylactiques appropriées.
- Jacques Boyer.
- Fig. H. — Les ruches à rayons mobiles d’une exploitation apicole moderne.
- = LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE = DES CORNUES A GAZ D'ÉCLAIRAGE
- U, Depuis que Lebon découvrit le gaz d’éclairage et lin réalisa pour là première fois la préparation indus-ji/rielle, malgré les perfectionnements apportés à chaque stâcle de la fabrication, à la récupération et à l’uti-ilisation des sous-produits, le principe initial n’a pas été 'modifié. On chauffe toujours le charbon dans des cornues closes (horizontales, verticales ou inclinées) en brûlant autour du charbon ou du coke.
- !' La Detroit Edison Cy a mis au point un nouveau moyen de chauffage des cornues qui diffère des procédés actuellement en usage par deux caractéristiques : 'le chauffage est réalisé électriquement et la masse de charbon est chauffée de l’intérieur vers l’extérieur.
- Le principe de l’appareil est le suivant (fig. i). Le charbon est chargé dans une cornue cylindrique verticale qui peut en contenir 3o t. Dans l’axe du cylin-
- dre se trouve une électrode allant du haut en bas de la cornue et constituée par des morceaux de coke pur tassés. Le courant arrive par des conducteurs aux deux extrémités de cette électrode. Quand il passe au travers du coke, il le porte à haute température et le charbon immédiatement environnant s’échauffe, dégage son gaz et les autres produits de distillation et se transforme en coke. A ce moment, le courant ne circule plus dans l’électrode axiale, mais dans la couronne annulaire de charbon cokéfié qui l’entoure. En effet, la résistance électrique des morceaux de coke en contact médiocre dans l’anse d’allumage est beaucoup plus grande que celle de la masse de charbon aggloméré en cours de cokéification qui l’environne. C’est donc celle-ci qui va devenir le foyer calorifique et provoquer la transformation d’une nouvelle couche
- p.78 - vue 82/439
-
-
-
- annulaire de charbon. Au fur et à mesure que la cokéi-ücation du premier anneau se poursuit, sa masse se craquelle, se fend, sa résistance augmente et, à un certain moment, c’est la deuxième zone de charbon qui devient plus conductrice et à travers laquelle passe le courant électrique. Ainsi, de proche en proche, toute la masse de charbon se trouvera ti'aitée, l’opération progressant de l’axe vers les parois de la cornue.
- On voit combien ce procédé diffère des cornues chauffées de l'extérieur1 et dans lesquelles la réaction va de la périphérie vers le centi'e.
- H en résulte que, tandis que dans la méthode ordinaire les parois des cornues sont toujours soumises à de très hautes températures et que la chaleur doit les traverser avant d’atteindre le charbon, dans le nouveau procédé électrique, la chaleur est immédiatement fournie au charbon en contact intime avec le foyer calorifique et les parois qui ne sont portées à haute température qu’à la fin de l’opération sont beaucoup moins attaquées par les produits de la réaction et la chaleur et peuvent être beaucoup plus épaisses, ce qui augmente beaucoup leur durée de service.
- Le défournage se produit très simplement, en abaissant le fond de la cornue monté sur vérins hydrauliques ; le charbon cokéifié tombe directement dans une trémie et un transporteur l’emmène à l’extinction et au tas de coke.
- Les avantages évidents de cette méthode nouvelle sont très attrayants : facilité de construction des cornues verticales, grande capacité pour un encombrement superficiel extrêmement réduit, usure très faible, prix d’instàllatiôn inférieur à celui des batteries de cornues ordinaires, tenant tant à la construction qu'à la suppression de tous les organes accessoires : régénérateurs de chaleur, vannes, brûleurs, grilles, appareils de détournement, etc., facilité de réglage de l’opération, puisqu’il suffit d’agir sur l’intensité du courant pour modifier le régime de gazéification, tandis que dans la chauffe par l’extérieur, le volant constitué par la masse réfractaire des cornues et du foyer empêche le contrôle précis du régime ; enfin pureté des gaz et des sous-produits qui né sont plus souillés par les gaz du loyer pénétrant inévitablement par les joints et les parois poreuses, à haute température.
- Reste à savoir si le procédé est économiquement viable et si son application est possible pratiquement. D’après des expériences suivies effectuées à la Detroit Edison Cy, il semble tout d’abord que la quantité de produits extraits de la houille en employant la gazéification électrique soit légèrement supérieure à celle que donne le procédé classique. De plus, des essais très poussés ont montré que finalement le procédé électrique demande une dépense moindre en charbon pour réaliser la carbonisation complète.
- C’est ainsi que d’après les essais contrôlés par la American Gas Association, il faut pour carboniser i t de charbon gras de Pittsburg consommer 292 livres de coke et que la même opération demande 35o kw/h d’électricité dont la production, dans une centrale à vapeur,- demande la combustion de 290 livres de char-
- bon de valeur inférieure au coke. En soumettant le charbon à traiter à un préchauffage qui en élimine l’humidité, la consommation d’énergie électrique par tonne est d’ailleurs ramenée à 200 kw/h.
- Si nous ajoutons que les centrales thermiques, par suite de l’irrégularité de la consommation d’électricité, sont forcées de garder les chaudières sous pression, bien que ne les utilisant pas* pendant les deux tiers du temps, pour pourvoir faire face à la demande aux heures de pointe et que la production de la pleine puissance d’une façon, permanente ne nécessiterait qu’une consommation supplémentaire de charbon relativement peu importante, on conçoit que la carbonisation électrique peut fournir un débouché intéressant aux centrales électriques. Comme le gaz a, sur l’électricité, l’énorme avantage de pouvoir être emmagasiné facilement et que, d’autre part, la carbonisation électrique permet de faire varier à volonté le régime et les proportions des produits de distillation, lés Américains voient à l’heure actuelle dans ce procédé un moyen pour le charbon de regagner une partie du marché que lui a pris le pétrole. Il serait intéressant, d’autre part, de rechercher si ce mode de chauffage ne pourrait pas s’appliquer à d’autres produits que le charbon, en particulier dans les industries chimiques si nombreuses, où l’opération initiale est un traitement igné en cornue ou à l’air libre (grillage, fusion, dis-lillation). H. Vigneron.
- Fig. 1. — Cornue à gaz à chauffage électrique.
- i Câble' canducteup-i
- Electrode supérieure Cauverèle en tôle—_
- Revêtement tréfractaire
- Barre d’amenée du courant
- Ame cylindrique remplie de coké~
- Sorties du gaz
- Collecteur du / 3az
- Partie inférieure de la cornue \
- Mise à la terre
- Vérins hydrauliques
- Transporteur de coke
- Réceptacle
- de coke
- 7zWA///////^
- rit 1 nnn na ri f à l 'alon-t nnrl a l'n fan ^
- p.79 - vue 83/439
-
-
-
- = NOUVELLES CURIOSITÉS HYDRODYNAMIQUES =
- On raconte qn’un professeur . connu) — n’élait-ee pas Hatpri de la Goupillère ? — disait à ses. élèves: :
- La «' Mécanique de l’E air » se divise; eh deux sciences distinctes \ l'Hydrodynamique, qui esUdhéoriquemenl parfaite',épiais qui ne sert; à rien, ët l'Hydraulique, purement.empirique,^ qui est seule bonne à quelque chose ! .... i ~' " k ; • "
- ! INCERTITUDES HYDRAULIQUES
- Il y a du vrai sous celle boutade. Malgré les énormes progrès réalisés par l’hydrodynamique, grâce au calcul différentiel et notamment aux équations aux dérivées partielles, il reste dans la pratique de nombreux cas où le « comportement » général de l’eau en mouvement, le tracé des fdels, la répartition des vitesses ne peuvent être connus véritablement que par l’expérience.
- l!n tel fait, qui n’est pas humiliant en soi, s’explique tout d’abord par celle « forme a priori » de notre esprit qui fait que nous ne raisonnons bien que sur des proportionnalités : de là l’usage des dérivées successives. Nous sommes conduits, conformément à la mécanique classique, à affirmer que « les étals futurs d’une masse d’eau en mouvement peuvent être calculés si l'on connaît, à un instant déterminé, la position et les secteurs-vitesses de toutes les molécules » ; mais il est certain, sans invoquer Heisenberg, qu’une telle connaissance est impossible, en sorte que la suite des calculs risque de rester purement théorique.
- Au point de vue strictement mathématique, il pourra y avoir incertitude dans les cas de solutions singulières, de solutions-limites, d’indétermination. Buri-dan, père intellectuel d’un âne célèbre, qui mourut affamé entre deux picotins d’avoine, aurait ici son mot à dire : de quel côté Tombera un couteau placé sur sa pointe P Quels seront les mouvements d’un œuf sur un jet d’eau P
- Pour nous en tenir à un problème plus nettement utilitaire, l’hydrodynamique est incapable de résou-
- Fig. I. — Expériences réalisées au barrage de Vives-Eaux :
- dre.Tes problèmes de « veines médianes » produites à Pavai des barrages par l’ouverture d’une vanne (fig. i,
- 5 jet 6) ; à plus forte-raison, elle ne peut nous renseigner sur la façon dont se répartiront les creusements et .les dépôts dans le lit d’un cours d’eau présentant des «configurations déterminées, ce qui;aurait cependant un grand intérêt pratique (fig, 7).
- C’est, à des problèmes de cet ordre que nous consacrons la première partie du présent article, à l’occasion des remarquables expériences de MM. Gamichel, Parmentier et Escande au barrage de Vives-Eaux, près de Melun:
- Un autre cas intéressant est celui où on laisse à la masse.,d’eau en mouvement la liberté de prendre une « forme enveloppé » propre, étrangère au profil des canaux qui la guident. En coupant le blpc dynamique d'eau.ainsi formé, par des volets mobiles, on obtient une répartition correcte^ des débits, indépendants de ta charge; c’est le principe des partiteurs de débit Neyrel-Beylier (fig. 8). .
- Celle notion de liberté maxima devient particulière-rement intéressante dans le cas des mouvements tourbillonnaires. Déllecter rigidement un flux hydraulique sur le rotor d’une turbine Francis au moyen d’aubes fixes est une solution impérative, simple au point de vue intellectuel, mais qui ne répond peut-être pas au mieux à la nature des choses. Abandonner l’eau à son élan dans une bâche spirale pour former un paraboloïde hélicoïdal est autrement ingénieux ; un rotor approprié, placé au centre de cette trombe en miniature permettra de réaliser une turbine-tourbillon dont le rendement, la stabilité de marche et la simplicité de manœuvre sont tout à fait remarquables (fig. 12).
- VEINES LIBRES EN RIVIÈRE
- Considérons un modèle réduit d’ouvrage en ciment comportant un canal de faible section qui débouche dans un canal plus large. Par le canal étroit, faisons arriver un courant d’eau rapide qui vient s’écouler sous forme de veine isolée à travers la masse d’eau occupant la partie élargie. Trois cas peuvent se présenter (fig. 2).
- Pour des vitesses d’arrivée relativement peu élevées, la veine s’épanouit en demeurant stable dans l’axe géométrique du courant ; de part et d’autre de la veine, dans les angles de la rive, se forment deux tourbillons-rouleaux également stables. C’est le « régime de Poiseuille ».
- Pour une certaine vitesse « critique », la veine perd sa stabilité, les rouleaux latéraux croissent d’amplitude ; c’est le régime d’ « hésitation ». Si l’on force encore la vitesse, la veine se déflecte spontanément vers l’une ou l’autre des deux rives, indifféremment : c’est un phénomène d’indétermination.
- A ce fait capital de l’indétermination du régime final s’en ajoute un second qui n’était pas imprévisible. C’est qu’un obstacle insignifiant, au moment de
- p.80 - vue 84/439
-
-
-
- t'ig. 2. — Phénomènes d’indétermination obtenus à petite échelle au moyen d’un liquide visqueux.
- A gauche, régime stable lent de Poiseuille ; au milieu, régim transitoire ; à droite, régime x-apide : la veine s’est incurvée
- par hasard vers la rive gauche et le reste.
- l'établissement de la veine, suffit pour lui faire « choisir « la droite ou la gauche, taudis qu’un obstacle énorme ou "même une puissante roue à palettes, mue par un moteur, sont indispensables pour la faire changer de rive une fois que le régime est établi.
- MM. Camiehel et Eseande ont réalisé l'expérience frappante que voici, dans le canal expérimental du Laboratoire de Banlève (lig. 3).
- Le canal mesure 4 m de largeur, avec un tirant d’eau de 2 rn 8o ; au milieu d’un barrage, on ouvre une vanne de i m 4o de largeur débitant approximativement 3.Goo 1 par seconde. La veine s’établit dans l’axe, puis s’incurve rapidement et vient rejoindre l’une des rives. Pour la diriger vers l’autre rive, il faut utiliser une palette rotative à axe vertical de o m Go de largeur sur o m 8o de hauteur et tournant au moins à x,35 tour par seconde.
- Par contre, une mince lige de a5 mm de diamètre, placée verticalement
- de la vanne et légèrement sur le côté, dès le début de Vou-vertuve de la vanne, suffit à lever l’indétermination. Dé-flectée par cet obstacle insignifiant, la veine s’incurve
- vers la rive opposée, d’une façon stable ; un cylindre de îo cm de diamètre substitué à la tige est ensuite incapable de changer l’orientation de la veine.
- EXPÉRIENCES DE VIVES-EAUX
- Supposons maintenant qu’au lieu d’une vanne mé-
- Fig. 3. — Une tige de 2 cm 5 de diamètre suffit à déficeler un courant de 3.600 l par seconde ! (Laboratoire de Banlève).
- p.81 - vue 85/439
-
-
-
- Fig. 4. — Positions successives d’une veine au fur et à mesure du déplacement d’une ouverture dans un barrage.
- Les vannes 2, 3 et 4 forment la zone d’indétermination.
- diane, nous ouvrions une vanne latérale d’un barrage. Deux cas peuvent alors se présenter (fig. 4).
- Si la vanne est très près de l’une des deux rives, la veine issue de cette vanne se dirigera toujours obligatoirement vers la rive voisine. C’est la « zone obligatoire » (fig. 4, nos I et V).
- Si la vanne se trouve peu éloignée de l’axe du canal, on pourra obtenir la déllection à gauche ou à droite à la condition de disposer de vannes placées sur toute la longueur du barrage, d’une zone obligatoire à l’autre.
- Ouvrons la vanne i (fig. 4) située dans la zone obligatoire droite ; la veine se forme et va rejoindre la rive droite. Ouvrons maintenant la vanne voisine n° 2, puis fermons la vanne n° 1 ; nous avons « transporte » la veine vers la gauche, mais elle n’en conserve pas moins Y habitude prise, c’est-à-dire quelle se dirige toujours vers la rive droite. En procédant de proche en proche, nous pourrons obtenir des tracés paradoxaux tels que III et IV, jusqu’au moment où nous ouvrirons la vanne n° 5 située dans la zone obli-
- Fig. fj. — Réalisation, au barrage de Vives-Eaux, de l’un des cas de la figure 4.
- Vanne ouverte au voisinage d’une rive ; la veine se dirige-vers cette rive.
- gatoire gauche : la veine viendra alors tomber sur la rive gauche.
- Ces expériences ont été reprises sur une échelle grandiose au barrage de Vives-Eaux, en aval de Melun (fig. 1, 5 et 6). C/est un barrage à hausses mobiles, c’est-à-dire formé de panneaux à béquilles, effacés au fond du Heuve et que l’on peut relever individuellement à l’aide d’une grue spéciale à crochet courant sur un pont de fer ; il est ainsi facile de créer et de déplacer une passe tout le long du barrage. La Seine est recLiligne et suffisamment profonde en aval pour que les « rouleaux » puissent prendre toute leur ampleur.
- Outre les indéterminations de position d’une seule veine, que l’on peut toujours lever par le procédé de la tige, les expérimentateurs ont pu opérer sur deux veines obtenues à l’aide de deux vannes ouvertes (simultanément ou successivement). Si les vannes
- Fig. 6. — Deux vannes suffisamment écartées donnent naissance à deux veines divergentes.
- ouvertes sont très rapprochées, les veines s’attirent mutuellement et confluent (fig. 1) ; si les paires sont très éloignées, chaque veine s’incurve vers la rive voisine (fig. 6). Mais il existe de nombreuses positions, pour les deux passes, telles que la convergence ou la divergence des deux veines soit indéterminée, ainsi que la rive vers laquelle se dirigei'a la veine résultante.
- Il y a là une indétermination avec trois solutions possibles, l’indétermination pouvant être levée au moyen de deux tiges. L’ouverture de plusieurs vannes, dans un barrage, n’est donc nullement une opération commutative, la distribution des courant pouvant être très différente suivant l’ordre dans lequel auront été faites les manœuvres.
- LA « MÉMOIRE » DE L’EAU
- LTn cours d’eau se révèle ainsi comme un être mobile doué de « mémoire » et disposant, dans le cadre fixé par les berges, les obstacles, les îles, d’un certain
- p.82 - vue 86/439
-
-
-
- 83
- Fig. 7. — Orientations différentes des veines liquides obtenues à l’aide d'un modèle réduit de lit de fleuve présentant une île et un élargissement
- brusque.
- De gauche à droite : cou vergen ce vers la rive droite, divergence des veines, convergence vers la rive gauche. Les affouillements sont très différents suivant ces, trois , cas.
- nombre de solutions différentes qui ne sont malheureusement pas du tout équivalentes en ce qui concerne les affouillements et la navigation (fîg. 7).
- Tant que dure le régime permanent, un changement important n’est pas à craindre, à moins d’af-fouillements préexistants considérables. Mais à la suite d’un trouble tel qu’une forte crue, il peut arriver que les veines, les tourbillons, en un mot toute la physiologie du cours d’eau vienne s’inscrire, de façon toute différente dans le cadre des obstacles et des berges, en un mot dans son « lit mineur ».
- M. Camichel, opérant avec MM. Crausse et Baubiac, a pu étendre ses expériences aux cas de mouvements oscillatoires, analogues à des marées ou plutôt à des houles, et traversant une vanne. On retrouve les mêmes phénomènes d’indétermination, mais avec une hystérésie provenant de la « longévité » des rouleaux-tourbillons qui subsistent dans l’intervalle de deux impulsions hydrauliques.
- On conçoit l’importance de ces recherches en ce qui concerne la bonne conservation des lits affouillables et l’entretien général des cours d’eau. Il semble que dans bien des cas, des travaux très considérables pourraient être exécutés gratuitement par l’eau elle-même, qu’il suffirait de diriger par de minces tiges déflectrices. En tout état de cause, la législation actuelle paraît fort sage en interdisant aux riverains toute modification non autorisée de leurs berges, puisqu’il est prouvé qu’un simple poteau, judicieusement, placé, suffît à bouleverser le cours d’une rivière !
- PARTITEURS DE DÉBIT
- Les « partiteurs » de débit sont des appareils différents des vannes. Ce sont des ouvrages de bifurcation dont le rôle est de répartir le débit (volume passant
- par seconde) dans une proportion déterminée entre les deux branches aval du canal.
- La solution classique est imparfaite et très encombrante. Elle consiste à ralentir considérablement l’eau dans un bassin, d’où on la laisse s’écouler vers chacune des branches aval par de petites vannes.
- Le partiteur de débit Neyret-Beylier substitue à cette combinaison statique une conception dynamique, indépendante de la charge, bien qu’on ne prenne pas la précaution de ralentir l’eau (fig. 8). Celle-ci descend, au contraire, rapidement un coursier incliné en formant une nappe d’épaisseur régulière, où les vitesses des filets d’eau sont également uniformes. Un volet métallique présenté verticalement dans le courant divise la nappe, les débits se trouvant ainsi proportionnels aux largeurs respectives des passes, à droite et à gauche du volet.
- La nappe d’eau en mouvement, rencontrant en aval le plan d’eau relativement fixe, produit un « ressaut » (fig. 9), ou vague déferlante fixe, dont l’emplacement dépend de la hauteur de ce plan et de la vitesse de l’eau dans le coursier, c’est-à-dire de la charge. Mais il est essentiel de remarquer que le niveau aval peut être limilé par des déversoirs, en sorte que l’on peut s’arranger pour que le ressaut reste toujours en aval du volet. Dans ces conditions, la répartition assurée
- Fig. 8. — « Partiteurs de débit » Neyret-Beylier à volet..
- p.83 - vue 87/439
-
-
-
- 84
- Ressaut
- Fig. 9. — Principe du partileur à volet. .
- h, hauteur du niveau, amont .au-dessus du seuil,s ;.e, différence des niveaux amont et aval ; acmn, coursier incliné ; b, volet ;
- o, axe.
- par ce volet demeure effectivement à l’abri des variations de charge.
- On arrive à ce résultat paradoxal que le partiteur fonctionne en déversoir dénoyé même quand le niveau aval est plus haut que le seuil s du coursier ! D’autre part,, la différence e des niveaux amont et aval, autrement dit la perle de charge imposée par le fonctionnement du partiteur, est très faible ; pour h — 3o cm, on peut avoir c voisin de 5 cm, ce qui est très intéressant pour les canaux à faible perte, où les dénivellations disponibles sont chichement mesurées.
- Pour les canaux à forte pente, le plan d’eau aval, donc le ressaut, disparaissent. La figure xi montre les curieuses dispositions d’étanchéité dynamique du système, obtenues sans joints plastiques périssables. L’étanchéité le long de l’axe ab du volet est réalisée
- Fig. 10. — Déversoir à masque formant limiteur automatique de débit.
- Le débit décroît brusquement quand la nappe mobile atteint le masque.
- Masque
- Niveau bas
- Font débit
- Niveau haut
- Striction
- Débit faible
- du fait que l’eau quitte les arêtes arrière r et s du volet et ne rejoignent lés parois des canaux que notablement en aval, Taxe restant ainsi à sec ; de même, quand le volet est complètement fermé, à droite ou à gauche, son arête vient s'effacer derrière un redan de la paroi et se trouve de même à sec par suite du décollement des filets liquides.
- Les petites fuites d'eau qui se produisent sous les parois du volet sont à peu près intégralement resli-tuéçs' à leurs canaux respectifs par une tôle verticale intérieure reposant librement sur le fond.
- DÉVERSOIRS A MASQUE
- Citons encore quelques applications hydrodynamiques aux problèmes de répartition. Le déversoir à masque (lig. io) est susceptible de deux régimes suivant que la surface mobile de la nappe .atteint ou non le bord,inférieur du masque.'.Quand le contact se produit, un vif remous prend naissance au-dessus du masque • tandis;'qu’au-dessous,:1a veine s’étranglé ; c’est le phénomène classique de striction, dû à l’élan des molécules d’eau qui arrivent a l’ouverture en direction oblique.
- Tôle de partage
- Seuil accélérateur
- Fig. 11, — Partileur pour canaux à [prie pente, ab, axe du volet ; r et s, arêtes arrière du volet écartant l'eau de l’axe.
- Il en résulte ce fait paradoxal que le débit décroît alors brusquement ; réglé légèrement au-dessus de la nappe mobile correspondant au fonctionnement normal, ce dispositif très simple constitue un limiteur de débit, excluant toute possibilité de fraude par exhaussement du niveau amont.
- Parmi les appareils comportant llolteurs et contrepoids, citons les vannes à niveau amont constant et les vannes à niveau aval constant ; combinées avec un déversoir, ces dernières fournissent une solution au problème du débit constant, indépendant du niveau amont.
- TURBINES-TOURBILLONS
- Le principe des turbines-tourbillons est clairement explicité par les schémas de la figure 12.
- Au lieu de créer impérativement le « vortex » ou
- p.84 - vue 88/439
-
-
-
- 85
- Fig. 12. — Tableau expliquant la conception des turbines-tourbillons.
- 1, a orI,ex ordinaire ; 2, vortex « domestiqué » par l’adjonction d’une cloison horizontale, d’un tube d’aération et (3) d’aubes fixes ; 4, stabilisation du vortex par l’emploi d’une bâche spirale guidant l’eau arrivante ; 5, bâche sans orifice d’aération, le vortex est instable ; fl, bâche à noyau central, le vortex est stable et peut servir à. des usages industriels ; 1, turbine-tourbillon à libre déviation ; . S, turbine à réaction ; 9, turbine à réaction à roue-hélice, pour basse chute (Neyret-Beylier, système Reiffenstein).
- Fig. 13. —- Lignes d’écoulement du vortex le long du noyau-guide d’une turbine-tourbillon à roue-hélice.
- tourbillon, au moyen de pales fixes, comme dans une turbine Francis, on utilise la « trombe » naturelle qui se produit, très classiquement dans un vase que l’on vide par le fond (n° r). Un tel vortex est. malheureusement instable et vacille fortement ; on peut le (t domestiquer » à l’aide d’une cloison horizontale et d’un tuyau d’aération (n° a) complétés par des aubes fixes (n° 3) ; une solution préférable consiste à utiliser une bâche spirale appropriée (n° 4).
- Fig. 14. — Bâches spirales d’angles générateurs différents donnant un grand débit (ù gauche) et un faible débit
- (à droite).
- Les lignes noires représentent les trajectoires du liquide.
- p.85 - vue 89/439
-
-
-
- Le vortex ainsi obtenu est stable mais doit être aéré par un orifice central. Pour les usages industriels, on est conduit à supprimer cet orifice, ce qui compromet à nouveau la stabilité n° 5) ; on restaure celle-ci en disposant dans l’axe un noyau plein (n° (i). Le vorlex est alors parfaitement stabilisé et utilisable pour une turbine.
- Le n° 7 de la même figure représente une turbine-tourbillon à « libre déviation a ; le vor-tex est horizontal, l’eau sort sans vitesse et retombe en pluie. La turbine à réaction n° 8, avec roue-hélice centripète, donne un jet de sortie suffisamment redressé pour que le noyau (entrai ait pu être supprimé. La turbine verticale, n° y, à roue-hélice, utilise un tourbillon de basse chute
- Le réglage des turbines-tourbillons pose un problème particulier : théoriquement, la forme de la bâche spirale devrait varier suivant le débit dérivé (fig. 14) ; mais on peut remarquer (pie si' les bâches Br et B2 sont très
- Fig. 17. — Turbine-tourbillon de 455 ch fonctionnant à 85/100 tours/mn sous chute de G ni
- (Forges (le Lanoué. Neyret-Beylier eoiislr.).
- différentes à l’entrée, elles sont presqu’idenliques sur les trois autres quarts de leur pourtour. De là l’idée de régler le débit par une simple pale orientable, comme le montre la figure- i5 ; la figure j6 montre l’application de ce système de réglage à une turbine à simple déviation.
- Les turbines-tourbillons sont peu encombrantes, simples, robustes, faciles à régler ; elles livrent passage à des corps flottants relativement gros sans accident, ce qui permet d’élargir les grilles eL en facilite le nettoyage (fig. 17).'
- Pour l’équipement des basses châles, elles procurent des rendements tout à fait remarquables, atteignant encore 76 pour 100 au quart de charge, leurs possibilités d’utilisation couvrant d’autre part la même zone que les turbines Francis, jusqu’à des hauteurs de chute de 3oo m.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École. Polytechnique.
- 86
- Fig. 15. — Les deux bâches de la figure 14 ne diffèrent que dans la. région d’entrée : d’où l’idée de disposer la' pale orientable ci - dessus pour le réglage.
- (voir aussi fig. i3).
- Fig. 10. —• Disposition de la pale de réglage dans la bâche d’une turbine-tourbillon à libre déviation.
- LE PYGARGUE
- Le pygargue (UaUaëttis albicilla) est. un. oiseau de proie devenu fort rare en nos régions. On ne l’a plus signalé depuis 1892, q,uand Fabio en vit un nid près de Thonon. 11 habite toute l’Europe, surtout au Nord et l’Asie jusqu’au Japon. Une autre espèce du même genre, Haliaëtus Icacocephalus ou aigle à tête blanche vit dans l’Amérique du Nord et figure sur le blason des Etats-Unis.
- Le pygargue est robuste et atteint une grande taille, 85 cm chez le mâle, 1 m chez la femelle. On le reconnaît à son hec, à ses pattes et à son iris jaunes ; la tête et le cou sont gris-roux clair, le dessus de la tête brun, les rémiges brun-noir, les rectrices blanc pur. Le bec est plus long que la moitié de la tête, profondément fendu, à narines obliques et elliptiques.
- Le nid, grossier et volumineux, est construit sur
- p.86 - vue 90/439
-
-
-
- 87
- un rocher, dans des broussailles ou sur un grand arbre. La femelle y pond deux ou rarement trois œufs.
- M. Gunnar Granberg, d’Helsingfors, dont La Nature a déjà publié de remarquables photographies d’oi-
- seaux, vient de nous adresser une série d’épreuves, prises par lui dans l’archipel finnois, que nous sommes heureux de reproduire.
- René Merle.
- Fig. 1 à 9. — Quelques photographies de Pggaryucs.
- I.. Visite au nid, sur un grand pin. •— 2. Un 'jeune. •— 3. Un jeune pris au nid. — 4. Les œufs (8 x f> cm). — 3. Les petits à la naissance. — 0. Le vol du pyrargue. — 7. Chasse de macreuses sur un él-ang. — 8. La distribution du repas. — 9. Le
- premier envol.
- p.87 - vue 91/439
-
-
-
- 88
- = NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES
- LES LILLIPUTIENS, PYGMÉES, NAINS GROTESQUES LES MARIONNETTES VIVANTES
- Nous avons vu, flans un précédent article, qu’au début, co genre de marionnette était simplement pendu au cou de 'l’opérateur soit par une élastique, soit par un cordon de même couleur que le costume. Par ces moyens, la jonction de la tête vivante du montreur avec la marionnette était incomplète, l’illusion était insuffisante; alors le cou de la marionnette fut élargi, le costume habilement allongé entoura le cou du montreur et servit de suspension ; on eut ainsi un bien meilleur effet.
- De plus, un seul personnage pouvait être en scène, il n’était donc possible que de présenter des chansonnettes ou des monologues : on pratiqua alors deux fentes dans l’étoffe de fond, ce qui permit de mettre deux personnages en scène et, de donner des duos.
- Mais le grand inconvénient existait, toujours : alors que les marionnettes à fils, les guignols, les marionettes à pédales peuvent se déplacer, le ou les deux Lilliputiens ne pouvaient, bouger; ils étaient forcés de rester sans aller et venir et le jeu des jambes ne servait à rien sinon à exécuter une sorte de danse, sur place plutôt, ridicule qu’agréable à voir. Alors voici ce que l’on a imaginé : au lieu d’une étoffe de fond fixe, simplement fendue pour passer les fêtes et, les fils de fer rigides donnant le mouvement, on installe soit, un rideau d’élof'fe de, très grande envergure, soit, même deux ou trois rideaux glissant sur autant de tringles, ce qui permet, aux marionnettes de se déplacer jusqu’à sortir ou rentrer en scène ou d’être remplacées par d’autres.
- Fig. 1. — Marionnettes vivantes.
- Fig. 2. — Scène de danse avec marionnettes vivantes.
- Un autre inconvénient, était, que le mouvement, des rideaux attirait l’attention qui aurait, dù se porter sur les personnages et, que le, jeu des tiges était toujours visible. Alors on ajouta le dernier perfectionnement qui consiste comme dans la Magie noire, à entourer la scène de lumières dirigées vers le spectateur; seulement, ici, 'comme il n’était, pas besoin de cacher des entrées, des sorties, des apparitions, mais simplement, d’annuler légèrement, la netteté de vue des spectateurs, il a suffi d’employer un éclairage beaucoup moins intense et de mettre, quelques globes lumineux dépolis, autour de la scène.
- Les tentures sont, faites en étoffe noire souple, et les costumes des marionnettes en étoffes aux teintes vives. De plus, et c’est l’essentiel, l’inconvénient des tiges rigides trop visibles, est sinon supprimé, du moins très atténué, car les présentateurs étant munis de gants noirs absolument invisibles sur le fond peuvent au besoin sortir leurs mains et les approcher des marionnettes : les mouvements de celles-ci y gagnent en quantité et, en qualité, ce qui a permis d’intituler ce genre de spectacle « Les marionnettes vivantes ».
- La figure a représente une, scène de danse à deux personnages. Malgré leurs têtes disproportionnées (qui nous éloignent, du canon classique de, sept, têtes et demi pour la hauteur d’un personnage!) « les marionnettes vivantes » grâce à leurs mouvements libres et, bien conduits sont bien plus vivantes, plus naturelles que les marionnettes à fils.
- Le PRF.STUHOITATEUR Alber.
- p.88 - vue 92/439
-
-
-
- PLOCQ LE CHARMEUR D'OISEAUX
- 18734937
- La plus pittoresque figure du monde de l’ornithologie de notre époque vient de disparaître.
- Émile Piocq est mort le 19 novembre 1987, foudroyé par une embolie sur un de ces chemins de Vendée qu’il parcourait presque journellement et par tous les temps, en quête d’une observation ou d’une capture nouvelle.
- Il disparaît comme il a vécu, modestement, sans bruit, comme tant d’autres de ses vieux amis qui furent en France les précurseurs de l’acclimatation de tant de beaux oiseaux exotiques Pays-Meslier, Gornaly, tous bien oubliés aujourd’hui.
- Né en T87.8 à .Talinon (Vendée), Piocq n’a quitté sa province natale que pour courir la France et l’Afrique du Nord en quête d’observations nouvelles.
- Tour à tour la Vienne, l’a vu rechercher et découvrir un point tout à fait accidentel de nidification du guêpier; la Côte-d’Or, où il se rendait à une certaine époque presque chaque année chez son vieil ami Darviot. rechercher le cin-cie d’eau, le grand-duc ; la Haute-Loire où aux environs du Pùy il dénichait, l’hirondelle de rochers, suspendu par les pieds au-dessus d’un gouffre de 5o ni.
- Puis, ce. fut la Camargue, où il fit plusieurs excursions soit avec nous-mêmes, soit avec le baron de Sambuey, qui s’était immédiatement avoué conquis par tant de simplicité alliée à une telle acuité d’observation.
- Enfin, l’un de nous l’emmenait à trois reprises parcourir l'extrême Sud-Algérien où il étonnait les indigènes eux-mêmes, pourtant si adroits, par son extraordinaire maîtrise.
- C’est au cours de l’un de ees voyages qu’il fit, en cherchant, à atteindre un nid de grand-duc du désert sur un contrefort de l’Atlas saharien presque inaccessible, une chute de 10 m qui faillit être mortelle, et dont il se remit cependant avec une rapidité extraordinaire.
- Au cours de sa longue carrière de collecteur d’oiseaux, ii eut plusieurs accidents du même genre dont il se tira toujours avec un rare bonheur.
- C’est, qu’en présence d’une observation, d’une récolte intéressante, aucun effort, aucun danger n’arrêtait Piocq, il était, tout à fait inutile de lui conseiller l’abstention ou même la prudence. Nous l’avons vu sortir d’un trou de rocher, en la tirant par la queue, une énorme vipère à cornes, qu’il avait prise dès l’abord pour un reptile inof-fensif.
- C’est, que, non seulement le monde des oiseaux, mais toutes les branches de la zoologie l’intéressaient : mammifères, reptiles, insectes étaient pour lui également attachants.
- Il fut un des premiers en France à dresser des. loutres pour la pêche. Nous connaissons une jolie photographie, où Piocq est représenté tenant, sa loutre favorite dans les bras.
- Le bon peintre animalier Émile Mérite, a écrit naguère des lignes enthousiastes et charmantes sur sa première visite au « Charmeur d’Oiseaux ». Nous ne pouvons résister au plaisir d’en citer quelques-unes :
- (( Ma première surprise ne se fit pas longtemps attendre.
- Étant venu au-devant de moi à la gare, nous rentrions pédeslremcnt et de temps à autre je voyais Piocq interroger le ciel et suivre une idée fixe. Tout à coup à un petit appel en pleine rue, parmi la foule, une hirondelle vint se poser sur le doigt du solliciteur. « C’est une de mes pensionnaires, m’apprit-il, je l’ai lâchée en venant au-devant, de vous. Il faut bien qu’elle prenne l’air et se dégourdisse un peu ». Et voilà l’oiseau reparti, virevoltant dans l’azur, se mêlant aux autres. Nous étions rentrés et peu de temps après, en face d’une volière contenant des oiseaux de toutes sortes et qui, à divers titres, intéressaient notre charmeur. Celle fois l’hirondelle piqua des nues et vint voltiger autour de nous. « Tu veux rentrer ? » dit mon voisin à sa permissionnaire qui s’en fut rejoindre les consignés ».
- Il éleva aussi fréquemment, des geneltes et nous l’avons vu conserver longtemps des chauves-souris dont une femelle allaitant nn jeune. Des remparts d’Aiguesmort.es, il rapporta quelques murins à fin d’élevage. Mais c’est surtout le nourrissage et l’entretien des oiseaux indigènes et exo-tiques qui passionnèrent cet éleveur incomparable pour lequel leur biologie, avait, peu de. secrets.
- Parmi ceux que nous avons connus et observés chez lui, citons 1e troglodyte, le rossignol bleu d’Amérique et en tout, dernier lieu le râle de Cayenne.
- Il avait fait construire ii y a dix ans, une maison où il devait finir ses jours. Elle était adossée à un immense jardin admirablement dessiné et planté, entièrement recouvert de grillage et qui constituait bien le jardin-volière; idéal dont tous les amis des oiseaux ont rêvé.
- On peut dire que, dans de telles conditions, ses pensionnaires avaient l’illusion complète de la liberté, et que du coucou au roitelet huppé, il n’est guère d’espèces indigènes ou exotiques qu’il n’y ait gardées en captivité pendant de longues années.
- Ses connaissances, il les avait puisées dans le grand livre de la Nature trop souvent dédaigné par ceux qui, trop pressés, veulent surtout ....arriver.
- Piocq était un silencieux et un modéstè, il ne fut, il faut bien' l’avouer, guère encouragé à sortir de sa réserve et, à publier les observations dont la science aurait pu tirer tant de profils. Dans bien clés cas il ne signa même pas ses observations déliciëuses. et, si, complètes.
- « Je; ne suis plus à l’âge où l’on àpprérid le latin pour'pouvoir écrire sur les oiseaux » disait-il à un ornithologiste qui critiquait la ‘ systématique qu’il employait. Mais nous connaissons de lui et signées, des études sur ses élevages d’hirondelles, de choucas, lé plus intelligent fies corvidés, dont un exemplaire domestiqué le reconnut à sa voix, après une absence d’un an, àu retour d’une permission de détente pendant la guerre, alors que! son iphien ne. le reconnut que le lendemain ; de très complètes observations sur les grèbes, etc. ( ' i 1 ’ y , a , , , .
- Tous ceux qui;,ont connu Piocq, ‘garderont de cet observateur exceptionnel, de cet éleveur consciencieux, ‘de cet ami de la nature un impérissable et délicieux souvenir. „ Dr Charles Arnault et Albert Hugues.
- p.89 - vue 93/439
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1938 (')
- Il y a lieu de signaler, ce mois-ci, la bonne visibilité de la planète Mercure, à la fin du mois ; l’opposition de la planète Neptune ; un bon nombre d’occultations d’étoiles par la Lune et de conjonctions de planètes avec la Lune.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil sera de — 7°/|3/ le j-fiv mars e| t|e _j_ /|°[/ ]e 3j. Le Soleil traversera l’équateur céleste le r>,T mars, à 6h43m. Ce sera le commencement du printemps astronomique. Durée du jour : le Ier = to’LGG111; le ai = :r'dV|/im.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi, vrai :
- Date Heure du aassage Date H eure du passage
- Mars 1er i2k3m .38 Mars 19 Cn 00 1 3 1 O V3
- — 4 12 2 36 — 22 I I 57 46
- — 7 12 1 55 — 25 I 1 56 5i
- — 10 12 1 10 — 28 1 I 55 56
- — i3 12 0 2.3 — 31 I I 55 2
- — 16 11 •r>9 3 a
- Observa lions pli .y siques. Les renseign mien 1 s ci-après
- penne 1 e n t d’orienter les des si ns et les photo» 'rapides du
- Soleil
- Date P Ho L„
- Mars 1 îr 2l4q 0 — 7° 22 37’72
- - 3 21 >99 0 7,24 ( 1 ' >37
- - 8 — 2.3, 13 0 - 7,23 3o5,5o
- - r 3 24,10 0 — 7,20 23g,6.
- - 18 24,92 0 .. — 7>°9 173,71
- - 23 25,55 0 — 6,94 107,78
- - 28 26,01 0 — 6,73 4.,85
- - 3i 26,20 0 — 6,58 2,27
- Lumière zodiacale. —• Le mois de mars est particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale
- 1. Les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps Universel (T. U.), compté de 0n à 24h, à partir de 0h (minuit).
- le soir. La meilleure période sera celle du 18 au 3i pendant laquelle la lumière de la Lune ne gênera pas cette observation. Déterminer les contours de la lueur, repérés par rapport aux étoiles.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune, en mars :
- N. L. le 2, à 5ll4oln D. Q. le 24, à d
- P. Q. le 9, à 8h35<n N. L. le 3i, à i8h52'n
- P. L. le 16 à 5hi5'n
- Age de la Lune, le iRr mars, à oh (T. U.) = a8-*,4 ; le 3, a o!l = oj,8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 9 mars, à Qh = -f 2i°i9'; le. 22 mars, à 2ih = •— 2t°T2L
- Périgée de. la Lune (plus petite distance à la Terre) le ir mars, à 8h. Parallaxe = 5ç),23//. Distance = 369.261 km.
- Apogée de la Lune, le a.3, à ai-11. Parallaxe = 54'16'L Distance 404.076 km.
- Occultations d'étoiles ]>ar la Lune :
- Magui- Phéno-
- Date Lieu Etoile tude mène Heure
- Mars 8 Paris 78a B. D. + 200 5m. 1 Imm. l8li56m >4
- — 10 Paris i43o B. D. -f 1 qo 7 4 6 8 Imm. 18 43 4
- — 10 Paris i338 B. D + '8° I in 111. 22 32 0
- — 11 Paris 1551 B. D. -f 16» 7 4 1mm. 22 13 2
- — 12 Paris A1 Cancer 5 7 Imm. 21 58 2
- — 13 Paris A2 Cancer 5 7 Imm. 0 16 9
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront tout à fait au début (coefficient maximum : 99 centièmes le 4 mars), et, surtout du i5 au 19, au moment de la Pleine Lune (coefficient maximum : io4 centièmes le 17 mars).
- III. Planètes. — Le tableau suivant a été établi à l’aide des renseignements donnés par ï'Annuaire astronomique Flammarion. Il contient les indications nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mars ig38.
- ASTRE Date : Mars Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris
- Soleil . . 2 61i34m I2h 3m 1 s 171133m
- i4 6 9 12 0 6 17 52
- 26 5 44 11 56 33 18 10
- \ 2 6 35 11 47 16 5g
- Mercure . J4 6 25 12 23 18 22
- 26 6 7 12 55 ig 46
- 2 6 54 12 29 18 5
- Vénus. ! 14 6 34 12 37 18 4°
- 26 6 i3 12 44 19 16
- 2 7 52 i4 37 21 22
- Mars . i-4 7 22 i4 22 21 23
- 26 6 53 i4 8 21 24
- Jupiter . 1 2 26 5 4 45 23 10 9 3o 16 15 i5 *4 9
- Saturne . 14 6 46 12 5i 18 56
- Uranus 2 8 32 i5 44 22 57
- Neptune . 2 18 10 0 3g 7 5
- Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- 22h5im — 7021' 32' I9"2 Verseau
- 23 35 — 2 4t 32 i3,2 Verseau 1
- 0 19 -p 2 3 32 6,6 Poissons 1
- 22 3i — 11 33 4,8 Verseau \
- 23 54 — 1 43 5,o 27 Poissons (
- 1 i5 + 913 6,2 s Poissons J
- 23 J 5 — 6 26 9,8 f Verseau '
- 0 9 O 23 10,0 5 Baleine 1
- 1 4 + 5 44 10,0 s Poissons 1
- I 23 + 8 46 4,6 Poissons 1
- 1 56 -j- 12 2 4,4 Bélier (
- 2 29 + i5 2 4,2 29 Bélier )
- 21 17 — 16 24 3o,8 y Capricorne i
- 21 38 — 14 5o 32,0 â Capricorne j
- 0 26 + 0 25 i4,4 44 Poissons
- 2 33 -f- i4 36 3,4 2g Bélier
- Il 25 -j- 5 0 2,4 80 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le soir, à la fin du mois.
- Un peu visible le soir à la fin du mois.
- Dès l’arrivée de la nuit.
- Un peu visible le matin.
- Inobservable.
- Dès l’arrivée de la nuit. Toute la nuit.
- p.90 - vue 94/439
-
-
-
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 8 mars, à i?.h. H sera ensuite visible dans d’assez bonnes conditions, le soir, dans les quinze derniers jours du
- mois (élo ngalion maximum le 2 avril).
- Fraction Magni- Fraction Magni-
- illuminée tude i lluminée tude
- Date du disque stellaire Date du disque stellaire
- Mars 2 0,984 — LO Mars 17 0, g4q - i,4
- — 7 0,997 - i,3 — 22 0,847 — 1,1
- — 12 °>992 — i,5 — 27 0,681 — 0,7
- Vénus est pratiquement inobservable ce mois -ci. On
- pourra la recherchei à la fin du mois, dans le ciel du cou-
- chant, mais très près de l’horizon.
- Mars est encore un peu visible, dès l’arrivée de la nuit. Son diamètre, réduit à environ /i/;,5, ne permet plus aucune observation utile de sa surface.
- Bros, la petite planète. 433, traversera, ce, mois-ci, la région nord de la Licorne et sera, lin mars, à environ (i° au Sud de Procyon. Voici ses positions en mars :
- DaLe (T. U.
- Ascension droite
- Déclinaison
- Mars 3,o
- — 9,°
- —-i5,o
- -- 21,0
- — 27,0
- 6h28m!2S
- 6 45 5g
- 7 3 43 7 21 23 7 38 58
- + 6° 17'
- + 3 54
- -j- i 5i
- -f- o 5
- — 1 27
- Jupiter pourra être recherché, le matin, dans l’aurore, à la lin du mois. 11 est très près du Soleil et par suite aucun phénomène produit par les satellites ne peut être observé.
- Saturne sera en conjonction avec le Soleil le 29 mars, à 8h. Il sera invisible ce mois-ci. Voici les éléments de l’an-
- neau pour le 17 mars :
- Grand axe extérieur.......................... 35", 94
- Petit axe extérieur..........................— 3", 96
- Hauteur de la Terre sur le plan du l’anneau. — 6°,323 Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau . — 6°,625
- Uranus s’approche de sa conjonction avec le Soleil. On pourra le trouver en s’aidant d’une jumelle et de la carte spéciale parue au Bulletin astronomique du n° 2992, du 1e1' janvier 1937, sur laquelle on reportera sa position donnée au tableau des planètes.
- Neptune va se trouver en opposition avec le Soleil le 11 mars, à oh. Pour le trouver, utiliser notre carte (fig. 1) et une petite lunette astronomique.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à oh, Mercure
- Le 3, à oh, Vénus
- Le k> à 6h, Saturne
- Le 5, à i5h, Mars
- Le 6, à 17b, Uranus
- Le 16, à oh, Neptune
- Le 18, à oh, Vénus
- avec la Lune, à 7033' S. la Lune, à 6o3g' S. la Lune, à 6°43' S. la Lune, à 2°57' S. la Lune, à 20 5' S. la Lune, à 6°i8' N. Saturne, à 1° 4' N.
- Le 18, à igh, Mercure Le 20, à 5*b Mercure Le 21, à 8h, Mercure Le 28, à 7I1, Jupiter Le 28, à 22h, Mars Le 3i, à 2ol>, Saturne
- Saturne, à 2° 7' N" Vénus, à 1017' N" 189 Piazzi (6m,0), à o°io' N-la Lune, à 6° 6' S. Uranus, à 0044^ N. la Lune, à 6027' S.
- à oh (T. U.) = ioh3am34‘s ; ; le 3i — i2h3om5os. visibles à l’œil nu, de 2,n,3 à 3m,5 en à vnHm. à 4m,i vers
- Temps sidéral. — Voici le temps sidéral, pour le méridien de Greenwich : le ier mars h it = iihiim5g8; le 21 = nh5im35s Etoiles variables. — Minima d’éclat, de l’éloile Algol ([3 Porsée), variable a-L.o'Vig111 : le ior, à ?.?.h3om ; le 4, à ighTgm ; le 24, Minima d’éclat, de l’étoile (3 Lyre, variable de 3m,5 en rdvL'nS111 : le i/| mars, vers 2h?.4m ; le 27 mars 2h 2 4m.
- Fig. 1. — Marche de la planète Neptune, pendant l’année 1938, à la limite des constellations du Lion et de la Vierge (D’après VAnnuaire Astronomique Flammarion). Les chiffres indiquent la position de Neptune le 1er de chaque mois (1, 1er janvier 1938;
- 2, 1er février 1938 ; 13, 1er janvier 1939).
- Étoiles filantes. — Le 7 mars, deux radiants sont indiqués par W.-F. Denning comme actifs : i° l’un près de [3 Scorpion par 2o3° — 180 (lire : ascension droite 233° ; déclinaison —• 180); l’autre près de y Hercule par 244° + i5°.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier mars, à 2ih, ou le i5 mars, à 2oh, est celui-ci :
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Esl : Le Bouvier; la Vierge; la Chevelure de Bérénice; le Lion.
- Au Sud. : L’Hydre; le Corbeau; la Coupe; le Navire; le Petit Chien ; la Licorne.
- A VOuest : Le Taureau; le Bélier; la Baleine; Orion.
- Au Sud-Ouest : Le Grand Chien et Sirius (l’étoile la plus brillante du ciel). Em. Touchkt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- SAVON AUX HYDROCARBURES
- Prendre :
- Savon mou........................... 300 gr
- Essence minérale . ................. 100 cm3
- Alcool à brûler..................... 100 —
- Faire tiédir le savon au bain-marie, puis y ajouter progressi-
- vement en filet l’essence minérale d’abord, l’alcool en dernier lieu et rendre bien homogène.
- Mettre en boîtes munies de bons couvercles afin d’éviter l’évaporation des solvants.
- Pour l’emploi, enduire légèrement les mains, alors qu’elles sont encore sèches, d’un peu de la préparation, que l’on fera pénétrer le mieux possible dans la peau, laver ensuite à l’eau tiède sans autre adjonction, comme, pour le savonnage habituel.
- p.91 - vue 95/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Les Géométries, par Lucien Godëaux. 1 vol., 215 p., 30 fig. Armand Colin, Paris, 1937. Prix broché : 15 francs.
- L’auteur, un des maîtres de la géométrie moderne, retrace à grands traits l’évolution de la géométrie depuis les Grecs : Pythagore, Euclide, Apolllonius jusqu’aux modernes : géométrie analytique de Descartes, géométrie projective de Desargues, Pascal, Poncelet, géométries non euclidiennes, et il arrive aux toutes nouvelles méthodes de la théorie des groupes et de la topologie.
- Exposé lumineux, et d’une lecture extrêmement attachante ; accessible à tout lecteur armé de connaissances mathématiques élémentaires.
- De Mercure à Plutotl. Planètes et satellites, par Pierre Humbert. 1 vol. in-lG, 189 p., 16 lig. Collection « Sciences d’aujourd’hui ». Albin Michel, Paris, 1937. Prix : 25 francs.
- Professeur d’astronomie à l’université de Montpellier, l’auteur présente les planètes et leurs satellites, simplement, clairement, sans appareil mathématique, expliquant ce que les anciens y ont vu, ce que les modernes y cherchent encore. Ce voyage à travers le système solaire pose bien des problèmes : rotation de Vénus, taches de Mars, cirques de la Lune, aspect de Jupiter, origine des astéroïdes et de l’anneau de Saturne, planètes au delà de Pluton, etc.
- La métallisation par projection, par V. Schooi- et 0. H. Daesciile, traduit de l’allemand par A. Schubert.
- I vol., 212 p., 85 fig. Dunod, Paris, 1937.
- Le procédé de métallisation par projection de métal fondu ou de métal en poudre inventé par M. Schoop de Zurich a pris depuis sa naissance en 1910 un développement considérable. On trouvera ici P historique de l’invention, le récit, des difficultés des premières années et des combats livrés par l’inventeur, les étapes successives vers la mise au point industrielle, l’étude détaillée de la technique perfectionnée d’aujourd’hui ; après quoi sont passées en revue les principales applications actuelles du procédé.
- Introduction à l'étude des soudures, pat E. War-nant et P. Rosentiiae. Préface do M. Portevi.n. 1 vol. iu-8°, 70 p., 49 fig. Paris. Dunod, 1937.
- Les auteurs se sont proposés de condenser l’ensemble des problèmes relatifs à la soudure de manière à permettre aux ingénieurs d’acquérir, avec le minimum de peine, les connaissances indispensables pour aborder un domaine qui ne leur était pas familier.
- L’ouvrage comporte deux parties envisageant successivement la soudure du point de vue métallurgique et du point de vue constructif.
- Les calcaires de construction du Canada, par
- M.-F. Goùdge. Publication du Ministère des Mines et des Ressources. Bureau des Mines, n° 778. Ottawa, 1937 (Version française). 1 vol. in-8°, ix+212 p., pl. i-xl et 11 üg. texte.
- Cet ouvrage est avant tout pratique, mais un premier chapitre rappelle toutes les notions scientifiques utiles sur l’origine, la composition, les propriétés physiques des calcaires, leur essai en vue de l’utilisation pour la construction. Les gisements et exploitations de calcaire à bâtir sont examinés méthodiquement, ainsi que les modes d’extraction et les techniques les plus modernes pour la taille mécanique et le dressage, le surfaçage et la sculpture. L’auteur a insisté sur les facteurs économiques qui ont amené, au cours de ces dernières années, une amélioration très considérable de l’industrie du calcaire de construction canadiene.
- Le __ dernier chapitre concerne la durabilité du calcaire d’après les conditions externes (agents atmosphériques de désagrégation) et internes (structure, impuretés).
- Les calcaires de construction du Canada sont en général des calcaires durs et colorés (jaune clair, chamois, gris, brun, etc...) ; ils appartiennent au Précambrien, à l’Ordovicien, au Silurien et au Dévonien.
- L’alimentation dans ses rapports avec l’hygiène, l’agriculture et la politique économique. Rapport définitif du Comité mixte de la Société des Nations. 1 vol. in-8°, 360 p., tableaux et graphiques. Société des Nations, Genève, 1937.
- II y a deux ans, la Société des Nations créait un comité
- d’alimentation. Après 4 volumes de données préliminaires, 1 physiologiques, sociologiques et statistiques, voici le rapport définitif, plein de données nouvelles et de suggestions. Il constate d’abord les progrès acquis depuis un siècle, tant pour le ravitaillement que pour la santé publique : augmentation de la consommation de lait, de beurre, de fruits, de légumes. Il pose les bases des progrès futurs : initiatives des états, création de comités nationaux, éducation, niveau des revenus, dispositions d’ordre social, surtout en faveur des petits enfants et des écoliers, éducation des collectivités, etc. L’agriculture doit s’adapter à ce mouvement et y aider. Les principes d’alimentation rationnelle, notamment en ce qui concerne les différents âges et les diverses classes sociales ont besion d’être fixés par de nouvelles recherches .scientifiques. Un dernier chapitre prouve l’existence d’une mauvaise alimentation., même dans les pays les plus évolués et les plus riches : États-Unis et Europe occidentale, a fortiori en Asie et parmi les races de couleurs. On ne saurait trop méditer les idées et les conseils de cet ouvrage capital, bien qu’il appelle encore des retouches et des compléments. Il faut manger pour vivre et se survivre par la natalité ; les vitamines — question de mode — occupent une place de premier plan que la moindre disette rendrait aux calories ; les transformations de nourriture dont le type est l’élevage ne sont guère abordées ; le poisson est sous-estimé, etc. Mais le problème est si vaste, que ce n’est pas en deux ans qu’on en peut faire le tour.
- Les serpents, par Un. Curban et Gare Kaitepru). 1 vol. in-8°, 275 p., 6 fig. Bibliothèque scientifique. Fayot, Paris, 1937. Prix : 30 francs.
- De mauvaise réputation, le serpent a une histoire naturelle et une surnaturelle. En naturalistes, les auteurs racontent la, première, sans oublier les autres, dont ils font justice. Cela nous vaut, à côté de chapitres de zoologie sur les crotales, les vipères, les cobras, les boas, anacondas et pythons, beaucoup d’autres récits sur les serpents mangeurs de serpents, les arboricoles, les aveugles, les fouisseurs, les serpents à deux têtes, les serpents de nier et ceux qui têlent, et ceux qui fouettent, et ceux qui se mettent en cerceau, etc. Un dernier chapitre rappelle leur place dans l’histoire et les religions.
- Le Sahara, désert mystérieux, par Henri Liiote. I vol. in-8°, 127 p., 52 fig. Collection « La joie de connaître ». Bourrelier et Cie, Paris, 1937. Prix : 12 i’rancs.
- L’auteur qui a vécu des années dans ces régions inhumaines décrit ces immenses étendues si variées, révèle leur vie, explique les mystères qui ont effrayé tant de générations, en s’appuyant sur de nombreuses et très belles photographies des différentes régions du désert : le Iloggar, le Tanezrouft, les oasis, les ergs. Il étudie ensuite le climat, la flore, la faune puis la population, depuis les touaregs jusqu’aux mzabites. Après un court historique de la pénétration, du Sahara, il jette un regard sur l’avenir.
- Plantes médicinales de France, 2e série exotique. 8 planches en couleurs avec texte explicatif. Centre de documentation technique et économique sur les plantes médicinales et aromatiques, 17, rue Duguav-Trouin, Paris. Prix : 5 francs.
- D’un côté un texte court, dru, indique les caractères, la culture, la récolte, les utilisations ; de l’autre des figures en couleurs, précises, détaillées, montrent le cimicifuga, le cotonnier, les fusains, le henné, l’arachide, le soja, les grindelias, le riz, le sorgho et le mil.
- La question de la finalité en physique et en hio= logie, par Georges Matisse. 2 broch.. in-8°, 45 et 69 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cic, Paris, 1937. Prix : 10 et 18 francs.
- La téléologie apparaît dans les idées scientifiques sous divers principes de déterminisme : économie de matière et de place, moindre effort, temps minimum, moindre action, simplicité, etc., etc. L’examen de faits particuliers présentés par les êtres vivants montre que la finalité est illusoire, qu’on considère la forme, le fonctionnement, les instincts, les actes, l’adaptation ; elle est incompatible avec le devenir infini.
- p.92 - vue 96/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 novembre 1937.
- Phénomène de cristallisation. — Le silicotungstate d’ecgonine précipite d’une solution chlorhydrique d’ecgo-nine par l’acide süicolungslique sous une forme amorphe et so transforme rapidement en cristaux. MM. Hazard, Comandon et de Fonbrune ont enregistré ce phénomène au rnicrocinémalographe. La formation du précipité amorphe, qui ressemble à des grains de sable, est très rapide. Après quelques minutes apparaissent des aiguilles ténues au milieu d’une plage claire liquide. A ce moment il est probable que la phase liquide 11’est plus saturée. Les grains semblent attirés par les aiguilles et se dissolvent progressivement tandis que celles-ci croissent et finissent par constituer tout le précipité. Des cristaux très réfringenls apparaissent aussi parmi les grains amorphes. Ces cristaux grossissent au dél riment des grains puis disparaissent à leur tour au bénéfice des aiguilles cpii doivent être la seule forme stable du silicolungslaLe d’ecgonine dans les conditions normales.
- Séance du. 22 novembre 1937.
- Le frottement. — MM. Meuuieu et Dubois ont étudié les variations du eoellicienl de frottement cuire deux surfaces solides. Les courbes donnant ce eoellicienl k en (onction de la pression cidre les deux surfaces ou de leur vitesse relative sont d’aulanf plus régulières que celles-ci sont plus élevées. Aux faibles vitesses il y a tendance au grippage; si la vitesse croît,, 011 observe toujours un premier mini-muu de k pour une valeur de quelques dixièmes de millimètre seconde. Il y a ensuite un maximum pour une valeur de la vitesse d’autant plus basse que les surfaces sont plus dures. On observe ensuite une série île maxima et de 11 îi-nima qui s’espacent, lorsque les vitesses deviennent élevées. Si on polit les surfaces, les courbes semblent se replier a la façon d’un accordéon. Pour une pression tendant vers zéro la valeur au départ de h semble croître indéfiniment. Dans l'ensemble, l’alhire des courbes paraît surtout dépendre de la contexture superficielle qui peut être en relation avec l’état moléculaire pour des surfaces très polies.
- Les vases de Dewar. — M. P.-L. Vjoi.uk cite une note de .Iules V 101,1,1: du 5 juin 1882 dans laquelle, à l’occasion île mesures calorimétriques, ce physicien donnait l;i description d’un vase argenté à paroi de vide servant, d’enceinte thermiquement isolée. Lclle note crée à Jules Violle une antériorité très nette sur M. d’Arsouval (1888) et sur Dewar (1891).
- La stabilité des explosifs. — Par application de si méthode de dosage île NO, M. Lambhey montre que. l'élude prolongée des colons-poudres cl surtout des explosifs cristallisés purs tels que la tétranitropenlaéryfhrite conduit à admettre qu’au-dessous de 5o° les dégagements d’oxyde azotique proviennent soit d’impuretés, soit île l'absorption. On pourrait, aussi supposer, mais c’est une hypothèse peu vraisemblable, que la réaction de décomposition lente change de nature avec la température.
- Formation des colloïdes. — Lorsqu’on réduit les solutions des chlorures des métaux précieux par l’hydrogène naissant, on obtient les métaux en précipités non colloïdaux. MM. Zengheeis et Statiiis montrent qu’il suffit d’ajouter un peu de gomme à la solution et d’effectuer la réduction entre
- la température ordinaire et 6o° pour obtenir les métaux sous une forme colloïdale stable. L’hydrogène naissant est produit par la réaction de l’aluminium sur la potasse caustique.
- La chimiothérapie des infections. — MM. Leva-bixi, Girard, Vaismann, Ray et Richaud, continuant leur étude de l’action des composés sulfurés sur les infections, montrent que l’action antigonococcique ne va pas de pair avec l’action antistreptococcique. La première atteint son maximum pour les sulfoxydes, elle est pratiquement supprimée par la transformation en azoïques et très diminuée par les substitutions ailleurs qu’on para. Par des essais sur l’infection gonococcique expérimentale de la souris, les autours prouvent que le maximum d’action curative appartient au /i-nilro-ZiZ-amino-diphénylsulfoxyde. Ce composé est d’ailleurs bien toléré à une dose très supérieure à celle de 5 mgr par 20 gr qui assure la survie indéfinie des sujets.
- Séance du 29 novembre 1907.
- Spectres métalliques. — MM. Muraour et Michel-Lévy placent une feuille mince d’un métal, l’aluminium par exemple, au-dessus et très près d’un explosif lassé dans une rigide circulaire creusée dans un bloc de laiton. En visant a\ec un speclrograpbe un point situé à 5 cm plus haut, ils obtiennent au moment de l’explosion un spectre contenant eu absorption les raies de l’aluminium non. ionisé et en émission la raie 281(1 de l’aluminium ionisé. Ce spectre est identique à celui obtenu par la méthode d’Anderson avec un li! mince vaporisé par la décharge d’un condensateur puissant. I.a pulvérisation d’un métal par une explosion permet donc d’obtenir des spectres du type de ceux qui caractérisent les hautes tempéiallires.
- L’inertie chimique. — Au point, de vue mécanique, l’inertie est, définie par la continuation d’un mouvement, en direction et vitesse. Au point île vue chimique, on la considère plutôt comme, la paralysie d’une réaction. Il y a donc-là uni1 terminologie impropre. M. Renaud montre tout l’intérêt qu’il y aurait pour les chimistes à définir l’inertie comme en mécanique, à savoir comme la continuation d’une réaction suivant, sa vitesse actuelle. Les causes qui in Huent sur cette vitesse pourraient, alors être considérées comme des forces et le parallèle se poursuivre dans les équations fixant, à chaque, instant les proportions des corps en présence.
- Les valences du carbone. — M. Tmuuhkt expose l'intérêt lié à la considération d’une nouvelle disposition des valences autour de l’atome (le carbone. L’auteur propose de conserver le .schéma tétraédrique toutes les fois qu’il n’y a que des liaisons simples échangées et d’adopter un schéma plan à trois valences-à 120° avec une quatrième valence spéciale quand l’atome échange une liaison élhylénique. Celle conception, admissible en mécanique électronique, a l'avantage de rendre compte clés phénomènes spectraux et magnétiques particuliers aux composés éthyléniques, de leurs propriétés d’addition et de la facilité de transformation des isomères cis- et trans-. L’auteur montre que le schéma plan avec une valence particulière explique aussi l.i stabilité du noyau benzénique qui est alors constitué par b atomes plans formant un hexagone avec, au centre, un essaim, magnétiquement neutre, de 6 électrons de deuxième espèce. L. Bertrand.
- p.93 - vue 97/439
-
-
-
- 94 . NOTES ET INFORMATIONS
- ELECTRICITE
- Les énergies thermique et hydraulique dans
- l’alimentation du réseau électrique de la région parisienne.
- Il y a xo ans, la région parisienne était alimentée en électricité à peu près exclusivement par des centrales thermiques. Il n’én est plus de même aujourd’hui; les chutes d’eau du Massif Central, et dans une proportion moindre, celles de l’Est de la France et même celles des Alpes concourent pour une large part à la distribution de l’électricité dans la région parisienne. Une fraction importante de la puissance des grandes centrales hydrauliques mises en service dans ces dernières années a été affectée à ce service.
- En 1927, la région parisienne consommait 1.600 millions de kilowatts-heure, dont 19 millions seulement, soit 1,20 pour 100 provenaient des centrales hydrauliques du Massif Central. En 1936, elle a consommé 2.645 millions de kilowatts-heure dont 1.697 millions fournis par les usines thermiques et 948 millions, soit 35,85 pour 100 par les centrales hydrauliques. Sur ce chiffre, les usines du Massif Central ont fourni 702 millions de kilowatts-heure, celles de l’Est 167 millions et celles des Alpes 78 millions.
- A certaines périodes de l’année, les fournitures hydrauliques faites à la région parisienne dépassent celle des usines thermiques non seulement en énergie, mais aussi en puissance. Pendant le printemps 1937, qui fut très pluvieux, la puissance électrique mise en œuvre pendant les heures pleines de la journée provenait, jusqu’à 63 pour 100, des centrales hydrauliques.
- Cette transformation des sources d’énergie utilisées a modifié profondément le rôle des centrales électriques thermiques de la région parisienne. Celles-ci comprennent un certain nombre d’usines modernes et puissantes qui avaient été prévues pour être utilisées à charge à peu près constante au cours de la journée, les usines plus anciennes ayant, au contraire, un régime irrégulier pour faire face aux fluctuations de la consommai ion. Aujourd’hui c’est l’élcctricilé d’origine hydraulique qui est reçue à débit à peu près constant et les usines thermiques prévues pour un régime constant sont maintenant à un débit irrégulier. Les centrales anciennes comme celles de 8aini.-0ucn* ou d’Issy-les-Moulineaux ne sont plus que des usines rie secours mises en service pour assurer seulement les pointes d’hiver.
- Le matériel existant s’est bien adapté à cette transformation rie l’organisation et a fait preuve de toute la souplesse désirable.
- En particulier, il s’est révélé apte à faire face rapidement à de brusques demandes de puissance et c’est fort heureux pour la sécurité de la distribution électrique dans la région parisienne.
- En effet, l’énergie du Massif Central arrive à Paris par un petit nombre de lignes; une scide d’entre elles peut être chargée jusqu’à 120.000 kw. Un accident sur la ligne peut donc priver brusquement la capitale d’une fraction importante de l’énergie qui lui est nécessaire. L’incident est prévu ; il s’est, du reste, déjà produit; les centrales thermiques maintiennent toujours en marche au ralenti un certain nombre de groupes de réserve qui, en quelques minutes, peuvent être amenés à tourner à pleine puissance. Les groupes au repos exigent, par contre, près d’une heure pour être remis en marche.
- Ainsi, dans les réseaux interconnectés où sont associées les centrales hydrauliques et thermiques, ce sont ces dernières
- qui ont aujourd’hui pour mission de faire face aux fluctuations de la consommation et aux risques d’interruption partielle. Leurs machines doivent donc être étudiées pour se prêter à des mises en marche extrêmement rapides ; car il est toujours peu économique de maintenir en service ralenti un nombre important d’unités.
- Ces exigences nouvelles posent aux constructeurs de chaudières et de turbines d’intéressants problèmes pour lesquels il existe déjà, du reste, de nombreuses solutions.
- RADIO-ÉLECTRICITÉ
- Les radio=communications dans la police.
- La police parisienne est dotée, depuis quelque temps déjà, d’appareils émetteurs et récepteurs de radiotélégraphie et de radiophonie.
- Le réseau de police comprend essentiellement quelques postes émetteurs fixes, communiquant avec des postes récepteurs fixes et avec des postes mobiles, sur des automobiles; la police possède également un avion capable de correspondre avec les postes récepteurs.
- Mais les liaisons sont obtenues au moyen d’ondes de longueurs moyennes, ce qui offre l’inconvénient de ne pas éviter les troubles dus aux parasites industriels, et de ne permettre qu’un faible nombre d’émissions simultanées, pour ne pas causer d’inierférences, soit entre les différentes émissions, ou avec les autres services de radiophonie et de T. S. F.
- A l’éllanger, et particulièrement aux Étals-Unis, il n’en est pas de même; les liaisons sont obtenues uniquement par radiophonie et au moyen d’ondes très courtes.
- Même dans les villes de province américaines, on utilise pour la police des postes émetteurs fixes et un certain nombre de posles récepteurs sur automobiles, ou même sur motocyclettes, pour les agenls de la circulation.
- Il est ainsi possible île faire connaître immédiatement aux agenls de police toutes informations utiles concernant la sécurité de la voie publique, les accidents, incendies et autres sinistres.
- Les appareils signalisa tours d’incendie comportant un appareil téléphonique sont également reliés au central émetteur, de sorte que les indications peuvent être données immédiatement aux agents les plus proches du lieu de l’incendie.
- Un appareil de télégraphie à grande vitesse est placé dans ce centre de liaison et I nu les les indications concernant le service de police, Ielles que les signalements des malfaiteurs, sont immédiatement transmises. Au moyen de caries et de maquelles, les positions des automobiles et des motocyclettes des agents de service dans la ville sont connues à lout instant des opérateurs du bureau central, qui peuvent ainsi donner les ordres sans risques d’erreurs.
- Le poste «metteur est toujours placé à une aussi grande hauteur que possible, aux étages supérieurs des immeubles.
- Les appareils de réception mobiles sont des superhétérodynes sensibles, alimentés au moyen d’une batterie d’automobile à (oi lc capacité et d’un dynamoleur ; l’antenne de réception est placée sur le toit de la voiture, et elle est reunie au récepteur par un crible blindé.
- Les appareils de ce genre ont donné satisfaction aux États-Unis où ils fonctionnent régulièrement depuis longtemps. Des essais seraient en cours à Paris pour créer des liaisons analogues entre la préfecture, les commissariats et les dif-féi'cnles unités mobiles de la police, dont le nombre doit être, d’ailleurs, encore augmenté. p. H.
- p.94 - vue 98/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUFFAGE
- RADIO-ÉLECTRICITÉ
- Une chaudière électrique de secours pour l’été.
- Nouvelle forme
- Dans beaucoup d’installations de chauffage central, le chauffage de l’eau chaude est obtenu au moyen de la chaudière à charbon, servant également à la production de l’eau chaude ou de la vapeur utilisée dans les radiateurs.
- Pendant l’été et la demi-saison, la chaudière à charbon n’étant plus en fonctionnement, la distribution de l’eau chaude cesse, ce qui est fort gênant.
- Une petite chaudière à chauffage électrique, de bon rendement, montée verticalement ou horizontalement sur l’installation de chauffage central, comme le montre le schéma de la ligure i a été étudiée pour assurer ce service pendant l’arrêt de la chaudière à charbon. Elle peut se monter facilement sur toutes les installations existantes et remplace
- Vers vase d’expans ion
- 1
- a=â=
- Réchauffeur d'eau \
- Purgeur
- Départ eau | chaude
- Vanne d’arrêt du chauffhge par chaudière
- Ballon
- calorifuge
- lï
- Courant de chauffage
- EU ?
- Chaudière du chauffage Cl
- Retour chauffage C!
- Q), v
- SI
- Vanne damât du chauffhge r pfélectricité
- Fig. 1. — installation d’une chaudière électrique de complément pour l’été.
- complètement la chaudière au charbon pour la distribution d’eau chaude clans tous les postes d’eau reliés au ballon du chauffage central.
- Pour un ballon jusqu’à 200 1, la puissance est de i.5oo à 2.000 w; elle atteint 3.000 vv pour un ballon jusqu’à 3oo 1, 4.000 et 5.000 w jusqu’à 5oo 1.
- L’installation terminée, il suffit de remplir la chaudière comme un radiateur ordinaire et de relier la résistance chauffante au secteur.
- Par le jeu de deux vannes seulement, on peut me lire la chaudière électrique en circuit ou hors circuit. L’eau de cette chaudière circule dans les serpentins du ballon jusqu’au moment où elle est à la température voulue. Lorsque celle-ci est atteinte, la circulation s’arrête et le thermostat placé, dans la chaudière coupe le courant.
- Constructeur : Confort rationnel par l’électricité, 116, rue Danton, à Levallois (Seine).
- de postes récepteurs de T. S. F.
- Les postes-meubles américains ont beaucoup évolué dans ccs derniers temps pour aboutir à des formes augmentant la commodité d’emploi. Les constructeurs américains ont remarqué que l’emploi et le réglage des récepteurs sont malaisés lorsque l’auditeur est assis dans un fauteuil de bureau, ou sur un siège de repos, à plus forte raison sur un
- Fig. 2. — Nouvelle forme de récepteur de T. S. F. américain. Le modèle a fauteuil ». L’appareil représenté est combiné avec une table à ouvrage.
- divan, ou un lit. Les nouveaux modèles sont très bas, de ferme allongée, de dimensions relativement réduites, légers, munis de dômes ou rie roulettes, pour être déplacés facilement. Les cadrans et les boutons de réglage se trouvent sur l’éhénisterie et le haut-parleur sur le panneau antérieur; cm combine souvent ccs postes avec de petites bibliothèques, des tables à ouvrages, des labiés à jeu, ou même des « caves » à liqueurs ou à cocktails. La ligure 2 représente un de ces nouveaux modèles particulièrement heureux.
- Établissements Zenith-Radio, 4, boulevard Pershing, Paris (17e). -
- p.95 - vue 99/439
-
-
-
- 96
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS
- Réglage de l’intensité sonore d’an poste de
- T. S. F. — H est difficile d’indiquer sur chaque récepteur la position optima du bouton de volume-contrôle, le réglage do l’intensité sonore dépendant de l’émission cherchée, dont l’intensité varie suivant la distance et la puissance du poste émetteur. Il existe des appareils relativement simples appelés Output meters qui, connectés au circuit de sortie de l’ampliü-cateur, indiquent approximativement la puissance sonore.
- Réponse à M. G. Charpentier, à Lyon.
- Questions sur les lampes et valves de T. S. F.
- — 1° Vous trouverez des indications pratiques sur les principales lampes et valves de T. S. F., dans Les lampes modernes de T. S. F. ou Ce qu’il jaut savoir sur les lampes de T. S. F., par L. Chrétien Chiron, éditeur) et dans Entretien, mise au point des appareils radio-électriques, par P. Hémardinquer (Eyrolles, éditeur).
- 2° Vous trouverez des redresseurs permettant d’obtenir un courant redressé d’une intensité de 6 à 10 A, sous une tension de 8 à 10 v chez les constructeurs suivants :
- Etablissements Hewittic, 11, rue du Pont à Suresnes (Seine).
- Etablissements Ferrix-Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- Leur montage n’offre pas de difficultés.
- Réponse à M. Pierre Mallait, à Vichy (Allier).
- Construction d’un amplificateur à fréquence musicale. — Les pièces détachées, et, en particulier, les lampes provenant d’anciens postes de T. S. F. ne peuvent pas servir à la construction d’un amplificateur à fréquence musicale, puisque la plupart de ces pièces sont destinées au changement de fréquence, à l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence ou à la détection. Seules les pièqes des étages basse-fréquence peuvent convenir.
- La puissance sonore obtenue avec un poste de T. S. F., surtout d’ancien modèle ne dépasse guère il w modulés ; avec vos anciennes pièces détachées, vous ne pourrez donc établir un phonographe électrique à grande puissance.
- La seule solution, avec les pièces que vous possédez, consiste à monter un amplificateur comportant un premier étage à lampe triode, un deuxième étage à lampe de puissance, avec système d’alimentation et de redressement par valve, et liaison par transformateur, ou par résistance.
- Réponse à M. Bout y, à Paris.
- Amplification d’une réception par poste à galène. — H est peu recommandable d’adapter un amplificateur à lampe à vide à un poste à galène, le récepteur n’en garde pas moins, en effet, ses défauts spécifiques : manque de sensibilité et de sélectivité. Un amplificateur pour poste a galène n’a d’intérêt que s’il est extrêmement simple ; on peut le constituer au moyen d’une seule lampe triode ou pentode, de préférence à chauffage indirect, ce qui évite les ronflements lorsqu’on se sert d’un écouteur et d’une valve de redressement pour l’alimentation en courant de plaque. La liaison entre le poste à galène et la lampe se fait par transformateur de rapport élevé de l’ordre de 1/10.
- Réponse à M. R. B., à Paris.
- Appareils de musique électrique. — Les appareils les plus employés comprennent, soit une hétérodyne à lampe de T. S. F. produisant directement des oscillations à fréquence musicale, soit deux hétérodynes à oscillations à haute fréquence, qui par battement donnent des oscillations musicales de fréquences variables. L’appareil que vous signalez, le Trautonium, date de plusieurs années ; il appartient h la première catégorie.
- Il y a peu de constructeurs d’appareils de musique électri-
- ET RÉPONSES
- i
- ques. Nous vous signalons les établissements Martenot, 23, rue Saint-Pierre, Neuilly-sur-Seine.
- Réponse à M. L. G., à Alger.
- Amplification d’une réception téléphonique. —
- Pour adapter un système amplificateur à un appareil téléphonique de réseau, il faut demander, d’abord, l’autorisation à l’Administration des P. T. T.
- Un système amplificateur simple se compose d’une lampe triode, qui peut être alimentée par piles, reliée à l'appareil téléphonique par l’intermédiaire d’un transformateur basse-fréquence. Dans le circuit plaque de la lampe, on place un écouteur téléphonique ou un petit haut-parleur électro-magnétique, ou même électro-dynamique à aimant permanent.
- On peut utiliser aussi une lampe à chauffage direct, alimentée par Je secteur alternatif avec prise médiane sur un potentiomètre en shunt sur le circuit de chauffage, et alimentation plaque par une valve de redressement.
- Réponse à M. Franger, à Amiens.
- De tout un peu.
- M. R. L., à Sorcy. — D’après Dorvault, le vrésyl ou créoline est un produit complexe paraissant être un mélange de corps gras saponifiés par la soude et d’huile de goudron do houille. C’est un liquide brun foncé sirupeux à odeur de goudron et de créosote produisant une émulsion laiteuse avec 1 eau, soluble dans l’alcool et l’éther, sa composition est variable et sa préparation tenue secrète ; il est employé comme antiseptique à l’extérieur eu émulsion dans l’eau (5 à 20 pour mille).
- M. Guillebaud, à Pantin. — 1° Les « vers du bois » qui ont attaqué vos chaises sont des larves de l’Anolnum pertinax, vous les détruirez facilement avec un peu de patience en introduisant dans les trous une goutte de sulfure de carbone, au moyen d’un tube de verre effilé, puis en les rebouchant avec de la cire d’abeilles ;
- 2° Le glaçage des cols cl des manchettes se pratique avec un empois obtenu de la façon suivante :
- Prendre :
- Eau non calcaire............. 600 gr
- Borax pulvérisé. ....... 20 —
- Savon blanc en poudre. .... 5 —
- Porter à l’ébullition, puis y verser lentement sous forme de filet en remuant constamment un lait d’amidon préparé à froid avec :
- Amidon de riz................ 150 gr
- Eau froide................... 500 —
- L emploi étant bien homogène, le passer au travers d’une mousseline pour séparer les grumeaux, puis y ajouter'lorsqu’il est encore chaud :
- Cire blanche................... I gr
- 3° Les peintures laquées autres que les peintures cellulosiques sont a hase d’huile de lin cuite longuement sous pression, dite standolie ; un appareillage spécial étant nécessaire, le mieux est do faire l’acquisition de peintures toutes préparées.
- M. Cr..., Le Havre. — Nous ne pouvons, par principe, donner la composition d’un produit dont la formule n’est pas divulguée. Les produits de régime, en question sont généralement constitués par du sucre glace, à raison de 200 gr au kilogramme, do la poudre de cacao, 100 gr, complétés par des farines de blé, riz, ou banane, en proportions variables selon les marques.
- E. T..., Melle-lez-Gand. — Lés principaux centres d’exploitation de l’amiante sont : Canada, Le Cap, Rhodésie et U. R. S. S. (Oural). Vous pouvez d’ailleurs vous reporter à l’article que nous avons publié sur l’amiante dans notre numéro 2771, du 15 octobre 1927.
- Le Gérant : G. Masson. Laval. — Imprimerie Barnéoud. —1-2-1938. — Published in France.
- p.96 - vue 100/439
-
-
-
- N° 3019
- LA NATURE
- 15 Février 1938
- RECORDS DE VITESSE
- Nous vivons, dit-on, au siècle de la vitesse ; rien n’est plus juste si l’on considère la formidable progression des records de vitesse de toute nature depuis 1900 et leur répercussion pratique sur la vitesse des moyens de transports industriels, compte tenu du temps d’adaptation nécessaire.
- Il nous paraît intéressant de jeter un coup d’œil d’ensemble sur la question des hautes vitesses en insistant sur les progrès aérodynamiques qui les gouvernent en premier lieu.
- LES RECORDS DE VITESSE EN J937
- La fin de 1907 a été assez fertile en prouesses sportives qui ont amélioré nombre de records d’avialion et d’automobile. Il est probable que cet effort sera poursuivi dans les années qui vont suivre. A ce sujet, il est curieux de remarquer que si l’on porte sur un graphique les records mondiaux de vitesse obtenus en l’air et sur terre en fonction du temps, on s’aperçoit que leur évolution suit une courbe assez régulière. Les points correspondant aux derniers records : record d’Àgello, datant, il est vrai, de 198/1, avec 70g km/h sur hydravion Macclii - Castoldi à moteur Fiat 2.800 ch et de George Eyston avec 5oa km/h sur sa voiture « Thunderbolt » s’y placent assez normalement Z1).
- En extrapolant ces courbes pour l’avenir, on arrive à prévoir vers ig4o des vitesses de 84o, 85o km/h pour un appareil aérien et de 58o à 600 km/ pour un véhicule terrestre.
- Nous pensons ne pas mériter le reproche d’un excès d’optimisme en exprimant l’avis que ces vitesses pourraient être obtenues avant celle date, c’est surtout une question d’argent, et de volonté. Eyston estime d’ailleurs que sa voiture peut mieux faire et d’autres solutions sont susceptibles de la concurrencer sérieusement. Deux écoles s’affrontent en effet pour la conquête de ces records : celle,de la voiture lourde, ultra-puissante du type « Oiseau bleu » de Campbell, « Thun-
- 1. Voir La Nature, n° 2992, du 1er janvier 1937.
- Fi y. I.
- derbolt » d’Eyston d’un poids d’environ 7 t, et les voitures de course légères « Auto-Union » et « Mercedes » atteignant à peine 1 t. Sans mésestimer l’effort considérable représenté par la construction des voitures anglaises, nous pensons que l’étude des voitures légères sera plus féconde en résultats. En effet, la voiture d’Eyston avec ses 10 m de longueur, 2 m 5 de largeur et 1 m 27 de haut exige une véritable débauche de puissance, soit approximativement 4.700 ch, fournie par deux moteurs d’aviation, tandis que F « Auto-Union » de Rosemeyer avec un moteur d’environ 600 ch, a atteint à peine 100 km/h de moins pour une puissance huit fois plus faible. Une élude personnelle sur une maquette de voiture de course dessinée et essayée en soufflerie eh r935, nous permet
- d’ailleurs d’espérer que l’on peut faire mieux encore.
- Afin de juger l’importance des questions aérodynamiques dans l’obtention des grandes vitesses, examinons comment se présente le problème.
- On sait que la puissance fournie par le moteur d’une voilure sert à vaincre trois sortes de résistances :
- les frottements de la transmission (paliers, engrenages, etc.) ;
- les frottements de roulement (roulements des roues, déformations des pneus sur le sol, etc.) ;
- la résistance opposée par l’air à la pénétration du véhicule.
- La première dépend de la puissance du moteur et du mode de construction des organes ; la seconde, du poids de la voiture, du type et de la pression des pneus et de l’état du sol ; la troisième, de la forme de la carrosserie.
- Il a été établi que la résistance de l’air :
- La courbe des records de vitesse d’avions et d’hydravions.
- R
- 2<J
- dc.S.V2
- 2 g
- est, proportionnelle au poids spécifique de l’air
- au coefficient Cx dépendant de la forme du véhicule et habituellement déterminé en soufflerie, à la surface S du maître-couple et au carré de la vitesse de déplacement exprimé le plus souvent en mètres par seconde.
- p.97 - vue 101/439
-
-
-
- AUTOMOBILES A GRANDE VITESSE
- 98
- 900 r
- Fig. 2. — La courbe des records de vitesse des véhicules • terrestres.
- La puissance dont il faut doter le véhicule est égale au produit de la somme de ces forces par la vitesse de déplacement, le nombre de chevaux absorbé par la pénétration dans l’air vrarie donc avec le cube de la vitesse et prend ainsi une importance prépondérante vis-à-vis des autres résistances. C/est donc particulièrement sur la réduction du maître-couple et l’amélioration des formes de la carrosserie que doivent porter les efforts.
- Une étude personnelle que nous avons effectuée sur l’aérodynamique des voitures de course nous amène à penser qu’il est possible d’atteindre le record d’Eys-ton avec une voiture nettement moins puissante. D’autre part, nous avons signalé dans cette Revue (1) l’importance prise par l’action du sol sur la résistance d’un véhicule qui se déplace à sa surface, problème dénommé « interaction-sol ».
- Dans une communication faite au Congrès de Mécanique des Fluides de Lille en 193/1, nous avons montré que celle action était presque négligeable lorsque le profil du véhicule était disposé dans un plan horizontal de façon que les filets d’air soient écartés latéralement. En nous inspirant de ce principe, nous avons déterminé à la soufflerie de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr la résistance d’une série de maquettes de véhicules à deux, trois et quatre roues.
- L’idéal serait évidemment d’utiliser un seul fuseau parfaitement caréné, sorte de grosse moto, reposant sur deux roues et de maître-couple ne dépassant pas le gabarit du pilote, mais la difficulté d’y loger un moteur de grande puissance et les nécessités de l’adhérence et de la stabilité de route font écarter cette solution pour le moment.
- La maquette de voiture à trois roues, deux à l’avant, une à l’arrière, nous donne un résultat assez satisfaisant, mais implique soit la traction avant, quelque peu délicate pour une telle épreuve, soit la poussée concentrée sur l’unique roue arrière dont le pneu serait soumis à un rude travail. Il est vrai qu’il serait possible d’employer deux pneus jumelés à l’arrière pour mieux répartir les efforts (fig. 4)-
- En modifiant l’habillage du châssis classique à quatre roues des voitures de course des épreuves internationales, il y a certes encore 5), mais notre préférence va vers une voilure bi-moteur à deux fuseaux enveloppant entièrement les organes et dont les deux parties sont réunies par des entre-toises profilées (fig. 6). Cette solution présente les avantages suivants :
- excellente forme de pénétration, puisque l’allongement, ou rapport de la longueur à la largeur, de chaque fuseau est voisin de l’optimum-;
- interaction-sol et interaction entre les deux fuseaux pratiquement négligeables ;
- possibilité de faire varier l’adhérence sur chacun des essieux en donnant une incidence négative aux entretoises qui les enveloppent.
- Les essais de la maquette au tunnel aérodynamique nous ont donné des résultats assez encourageants puisqu’en admettant que la loi
- Fig. 3. — La voiture du capitaine Eyston.
- Moteur de 2.800 ch ; détentrice du record de vitesse de 302 km/h.
- (Photo N. Y. T.).
- 1. La Nature, n° 2916, du 1er novembre 1933.
- p.98 - vue 102/439
-
-
-
- 99
- Fig. 4. — Maquette de voilure de course à 3 roues.
- de similitude soit respectée entre la maquette et la vraie grandeur, il suffirait de deux moteurs de 35o ch type aviation, pour atteindre le record actuel d’Eyston. Ces moteurs, s’il s’agit du type à cylindres en ligne à refroidissement par air, pourraient être placés en avant de chaque fuseau ; au contraire, pour des moteurs à refroidissement par eau, on peut utiliser la place située en arrièi'e du pilote, les radiateurs pouvant être disposés dans un canal situé derrière le cockpit et formant aussi surface de déi'ive stabilisatrice.
- Peut-être rencontrera-t-on quelque difficulté pour faire tourner les deux moteurs au même nombre de tours si l’attaque se fait séparément sur chaque roue arrière, mais les ingénieurs de l’automobile et de l’aviation ont résolu d’autres problèmes. D’autre part, on peut également utiliser l’attaque classique sur un pont ai'rière commandant les arbres de roues, solution déjà appliquée par Alfa-Roméo pour une voiture à deux moteurs.
- A titre indicatif, le graphique (fig. 7) exprime la puissance théorique totale nécessaire pour atteindre i4o m/s (5o5 km/h) avec les formes de véhicules
- Fig. 5. — Maquette de voiture de course normale à 4 roues extérieures.
- légers à deux, trois ou quatre roues qui viennent d’êti’e étudiées.
- Pour réaliser une grande vitesse, il y a lieu de remarquer que la puissance demandée est présentement moins importante dans le cas d’un véhicule terrestre que dans celui d’un avion. En effet, l’avion dépense pour déplacer ses ailes, qui assui'ent sa sustentation, une puissance supérieure à celle absorbée par la résistance au roulement d’une voiture. De plus, le rendement des hélices ne dépasse guère o,85 et se tient plutôt vers 0,80, tandis qu’il est possible d’établir une bonne transmission mécanique restituant q5 à 90 pour 100 de la puissance fournie par les moteurs.
- A titre d’exemple, on peut estimer à 800 ch la puissance dépensée par le moteur de l’hydravion d’Agello pour déplacer son aile et son haubannage et combattre ainsi l’action de la pesanteur à près de 200 m/s ; alors que la voiture d’Eyston, malgré ses 7 t, ne demanderait à la même vitesse que 200 à 3oo ch pour vaincre la résistance au roulement. Même en tenant compte du supplément que peut exiger la rotation des roues tournant à 2.000 ou 3.000 tours-/mn, on reste, dans ce cas présent, en dessous de la puissance utile
- Fig. fi. — Maquette d’un véhicule à deux fuseaux qui pourrait atteindre le record d’Eyston avec deux moteurs d’aviation
- de 330 ch.
- ' ~ ' A. Vue de côté. B. Vue de face.
- p.99 - vue 103/439
-
-
-
- 100
- - woo cv
- Fig. 7. — Puissance motrice nécessaire pour atteindre la vitesse de 505 hmjh avec des véhicules terrestres légers.
- (D'après les essais aérodynamiques sur maquettes effectués à l'Institut aérolerlmique de Rnint-Cyr).
- pour sustenter l’appareil aérien. Si le record du monde de vitesse en avion était battu par de très petits appareils du type Coupe Deulsch, par exemple, lu diflo-rence serait, moins grande, mais probablement toujours favorable aux véhicules terrestres.
- LES GRANDES VITESSES EN AVIATION
- Jusqu’à ces dernières années, les progrès des performances de vitesse pure s’affirmaient surtout dans les compétitions sportives, telles que les Coupes Schneider, Deulsch de la Meurthe et les National Air Races aux États-Unis. Mais depuis qu’une ère de réarmement intensif s’est ouverte, certains pays comme J’flalie,
- Fig. 9.
- l’Allem lot vues
- Fig. 8. — L’avion de chasse allemand Messerschmitt 109, frère aîné de l’appareil avec lequel Wurster vient, de conquérir le record de vitesse sur avion
- terrestre (til t hrn/h).
- (Photo obligeamment communiquée par «• L’Aéroiuiiilique ».
- — L’avant du capot de l’avion Messerschmitt, 100, montrant 1a. disposition du radiateur.
- (Document communiqué par « L’Aéronautique »).
- agne et demain l'Angleterre utilisent leurs pro-d'avions de combat comme avions de record.
- L’ingénieur-pilole allemand Wurster délient actuellement le record de vitesse sur avion avec 611 km/h sur une cellule dérivée de l’avion de chasse Messerschmitt iog à moteur Daimler-Benz d’environ i.ooo ch lig. 8 et 9) et les Italiens n’en sont pas très loin avec les brillantes performances de leur bimoteur Bréda.
- Eu France, seul l’avion de course Cau-dron-Renault 712 (fig. 10) qui a été malheureusement détruit lors de la tentative de Delmotte en avril dernier pouvait entrer en lice et il faut maintenant attendre au moins un an la sortie d’autres avions actuellement en cours d’étude.
- Comme introduction à l’élude des hautes vitesses, il serait très utile de se reporter aux comptes rendus du Congrès Volta qui se tint à Rome lin iq35 et réunit l’élite des professeurs, ingénieurs et pilotes s’occupant de ces problèmes. O11 y discuta les théories se rapportant aux vitesses voisines
- p.100 - vue 104/439
-
-
-
- 101
- Fig. 10. — Vavion de course Caudron-lhmauli C. 712, moteur Renault 750 ch, avec lequel Delmotte tenta de battre le record
- du monde de vitesse en avril dernier.
- de la vitesse du son ou supérieures à celle vitesse, les problèmes soulevés par les souffleries à grande vilesse, les aspecls du vol à haute altitude et les divers modes de propulsion à envisager tandis que les constructeurs et pilotes y donnèrent d’intéressantes précisions sur les hydravions de course.
- Suivant l’opinion même de ses créateurs, la formule d'hydravion, type appareil Macclii-Castoldi, détenteur du record de la plus grande vitesse, a presque atteint son plafond. Au point de vue de la réduction des résistances passives, il est impossible de gagner sur le maître-couple du fuselage conditionné par le gabarit humain à moins d’installer le pilote en position couchée. Mêmes difficultés pour les flotteurs dont le volume est à peine supérieur au minimum indispensable pour assurer la flottabilité. Quant à l’aile, il est également impossible de lui donner une surface inférieure aux i5 m2 indispensables à la sustentation, au décollage, à l’atterrissage et au refroidissement des 2.800 ch du moteur.
- A moins d’espérer une augmentation de la puissance du moteur sans supplément de poids par l’emploi de carburants spéciaux ou un gain appréciable de rendement sur le système d’hélices co-axiales, il faut chercher le progrès de la vilesse dans d’autres voies.
- Le recours à des appareils dérivés d’avions île combat ouvre des perspectives encourageantes, connue nous l’avons vu plus haut.
- Voici une autre voie possible : s’inspirer des succès obtenus par Caudron-Renaull dans les diverses Coupes Deutsch, avec de petits avions bien dessinés et dotés de moteurs de puissance raisonnable, et reconstruire le C. 712 et son moteur de 750 ch.
- Fig.
- a
- Lu troisième lieu, si les constructeurs de moteurs se décidaient à établir des . moteurs plats susceptibles d'être logés dans l’épaisseur de l’aile, il est hors de doute que l’on pourrait encore abaisser la traînée minima.
- Dans un autre domaine, l’idée de profiter de la diminution de la densité et par suite de la moindre résistance de l’air à haute altitude pour augmenter la vilesse des avions est assez séduisante. Par exemple, pour un même véhicule aérien et une puissance du moteur maintenue constante à toute l’altitude, les vitesses seraient approximativement multipliées par 1,7 à 10.000 ni et 3,3 à 20.000 in par rapport à la vitesse de l’appareil au niveau de la nier.
- Malheureusement avec les moteurs à combustion interne utilisés en aviation, une compensation inévitable vient réduire de beaucoup ces belles espérances.
- II. — L’htjdracion Macchi-Castoldi qui, piloté par Agello, confiais, en 1D34; et reste détenteur ciu record de vitesse.
- (Photo N. Y. T.).
- p.101 - vue 105/439
-
-
-
- 102
- Fig. 12. — La voiture allemande de Rosemeyer qui a atteint la vitesse de 405 km à l’heure sur l’autostrade Frankfort IJeidelbei'g.
- (Photo N. Y. T.).
- C'est ainsi que le volume cl’air nécessaire pour brûler au sol i kgr d’essence doit être triplé à io.ooo m et multiplié par i4 à 20.000 m. On voit quelles difficultés s’opposent au maintien d’une puissance constante en altitude, même au moyen de compresseurs à plusieurs étages. D’autres questions délicates relatives aux Hélices et aux cabines viennent s’y ajouter. Cepen-
- dant, si l’avion pouvait disposer d’un moteur dont la puissance fût indépendante de l’altitude, moteur , électrique, moteur a réaction chimique, etc., nul doute que la navigation stratosphérique ne nous réservât de grandes possibilités d’avenir.
- Dans le domaine des grandes vitesses, il est important de signaler que l’approche de la vitesse du son, 34o m/s, soit environ 1.200 km/h, se traduit par une modification profonde de l’écoulement de l’air autour du corps en mouvement. La pénétration du mobile comprime les couches d’air à la manière d’un coin, des ondes de choc prennent naissance et les formules habituelles de la résistance de l’air ne peuvent plus s’appliquer. On rejoint ici le domaine de la balistique, pour déterminer l’influence de la forme des profils, les lois de l’allongement, etc., il est nécessaire de construire des souffleries spéciales. Bien que les modèles essayés jusqu’ici, principalement en Amérique, soient de faibles dimensions, il apparaît dès maintenant que la propulsion aux vitesses supersoniques exigera des puissances motrices considérables qui en retarderont ou en empêcheront même la réalisation.
- Il semble ainsi que le désir de l’homme de se déplacer à des vitesses toujours plus grandes se heurte à une barrière difficile à franchir. Peut-être nous trouvons-nous devant la manifestation d’une loi naturelle tendant à freiner les bouleversements techniques, économiques et sociaux dus aux accroissements de vitesse dans tous les domaines ? .
- Jean Lacaine.
- = DURÉE DE LA VIE DES HOMMES FOSSILES =
- 11 est banal de déclarer que la longévité des hommes va constamment en croissant avec les meilleures conditions de vie, la nourriture plus abondante et les progrès de l’hygiène, de la médecine et de la chirurgie. En France, la durée moyenne de la vie qui était de 38 ans vers 1825 dépasse aujourd’hui 54 ans.
- M. Henri V. Vallois a rassemblé toutes les données relatives aux hommes fossiles qu’il a présentées au deuxième Congrès international des sciences préhistoriques d’Oslo et qu’il vient d’exposer dans L’Anthropologie.
- En examinant le degré de soudure des os longs du squelette ou en notant le stade d’éruption des dents, on peut déterminer à un ou deux ans près l’âge d’un enfant ou d’un adolescent ; chez l’adulte, l’estimation, moins précise, porte sur le degré d’usure des dents et surtout sur le degré de soudure des os de la voûte du crâne ; tous deux sont vraisemblablement plus précoces chez les hommes fossiles que chez les actuels.
- M. Vallois a examiné à ces divers points de vue 187 sujets, dont 20 de la race de Néanderthal, 102 du Paléolithique supérieur et 65 du Mésolithique. Le Néolithique ne fournit pas de données suffisantes, mais on dispose encore de 273 observations de Franz et
- Winkler sur l’âge du bronze en Autriche et de i4i de Spiegelberg et Pearson sur des Égyptiens de la période romaine.
- Tous les faits ainsi recueillis ont été réunis par M. Vallois dans le tableau suivant :
- Age de la mort en années
- 0 à i4 i4 à 20 21 à4o 41 à6o plus de 60
- Neanderlhal . Paléolithique supérieur . Mésolithique . Age du bronze Egyptiens de l’époque romaine .... Autriche, 1829 . Autriche, 1927 France, 1896-1go5. 40 24,5 3o,8 7,9 n 5o,7 i5,4 25,3 i5 9,8 6.2 17,2 l7 3.3 2,7 2,6 4o 53.9 58,5 89.9 39,7 12,2 ",9 n,5 5 ‘J’8 28.6 16.3 12,8 22.6 17.3 0 0 i,5 7,3 13.4 21 47.4 43,3
- Les discordances relatives aux enfants semblent sur-
- p.102 - vue 106/439
-
-
-
- tout tenir à ce que bien souvent ils étaient enterrés en dehors des champs de sépultures.
- Malgré cela, le tableau montre nettement que la durée de la vie humaine a été constamment en augmentant. Les vieillards, inconnus jusqu’au Mésolithique, commencent à compter dès l’âge du bronze, mais ce n’est vraiment que depuis le dernier siècle que leur proportion devient considérable.
- M. Vallois conclut : « Contrairement à ce que pensait Melchnikol'f et qu’écrivent encore beaucoup de biologistes, il est probable que c’est la mortalité précoce que nous constatons chez nos ancêtres qui cor-
- ..—---------103 =====
- respond à ce que l’on doit appeler l’état « normal » pour l’Homme. La longue survie observée de nos jours doit être regardée comme un phénomène secondaire, dû aux conditions de vie très nouvelles entraînées par la civilisation. Grâce à celles-ci, l’Homme moderne peut continuer à vivre à une période où l’affaiblissement de ses forces physiques et la réduction de son activité l’auraient rendu incapable de subsister dans une société primitive ».
- On sait quels problèmes sociaux soulève ce phénomène quand s’y ajoute la dénatalité.
- René Mekle.
- LA PROJECTION GÉANTE DE SUJETS VIVANTS
- Grâce aux appareils d’amplification et de diffusion, un orateur peut aujourd’hui se faire entendre par une assistance de plusieurs milliers ou même de dizaines de milliers de personnes.
- Mais si les auditeurs les plus éloignés peuvent alors percevoir clairement les paroles de l’orateur par contre, en raison de l’éloignement, ils ne peuvent plus distinguer nettement les trais de son visage, ni le détail des objets qui l’entourent. Il se crée ainsi un déséquilibre assez sensible entre les impressions visuelles et les impressions auditives ; l’attention s’en trouve fortement gênée.
- Il y a donc ici un problème à résoudre : amplifier l’aspect de la personne qui parle ou chante, ainsi que son entourage, dans des proportions analogues à celles de l’amplification sonore.
- Depuis longtemps, déjà, on a eu l’idée de projeter des images de sujets vivants ; rappelons l’attraction fort curieuse qui consiste à faire apparaître devant les spectateurs l’image minuscule et aérienne d’une danseuse.
- Cet effet s’obtient à l’aide d’un jeu de miroirs.
- Un premier miroir forme de la danseuse une image
- réduite et renversée ; celle-ci donne, dans un
- deuxième miroir, une deuxième image droite,
- , ,, & Fig. l.
- aerienne et encore réduite.
- Dans le cas présent, c’est l’effet inverse qu’il s’agit d’obtenir. Mais si l’on veut réaliser de forts agrandissements tout en conservant des projections de qualité, le problème devient difficile à résoudre, en raison, en particulier, des dimensions importantes du miroir.
- M. Louis Lumière, l’inventeur du cinématographe, chercheur infatigable, a étudié récemment les problèmes optiques délicats que soulève la réalisation de ces grandes projections de sujets vivants, et il a abouti à une réalisation fort ingénieuse, dont les applications pratiques peuvent être importantes.
- L’illustre inventeur a constaté, en effet, expérimentalement, qu’une surface réflé-
- chissante, même imparfaite, donne les meilleurs résultats au point de vue de la netteté et de la luminosité de l’image quand elle est frappée par le flux lumineux sous une incidence élevée (incidence rasante).
- Grâce à ce principe ingénieux, on peut éviter l’inconvénient d’avoir à réaliser des miroirs de très grandes dimensions et de qualité optique parfaite, ce qui entraîne des difficultés techniques considérables. Le système de projection réalisé suivant ce principe a permis d’obtenir des projections en couleurs très satisfaisantes, d’une luminosité parfaite, avec un éclairement de l’ordre de ioo lux, sur écran translucide de 4 x 5 m environ.
- Le sujet est placé dans une cabine fortement éclairée par plusieurs projecteurs, l’éclairage étant de l’ordre de 6.000 à 8.000 lux. Les rayons lumineux traversent un objectif formé par deux lentilles plan-convexe de grand diamètre, par exemple, formant un ensemble à long foyer, de manière à obtenir une profondeur de champ suffisante.
- Les rayons lumineux provenant de l’objectif tombent sur un miroir plan qui les renvoie vers l’écran translucide, sur lequel l’image agrandie du sujet est
- Principe du dispositif Louis Lumière pour la projection géante de sujets vivants.
- Projecteur éclairant le sujet
- ///y//^
- Cabine
- Objectif
- Miroit
- Centrage en hauteur
- Ecran
- translucide
- Système de repère pour \
- la mise au point Centrage en direction
- p.103 - vue 107/439
-
-
-
- = 104 ................:.....—7.......
- vue en transparence par les spectateurs placés de l'autre côté.
- Le miroir sert à redresser-l’image de haut en Las, cl l'axe optique de lobjeclif fait avec sa surface un angle très faible, de l’ordre de u° à 15°, de façon à obtenir des incidences rasantes suivant le principe du système.
- Il est utile évidemment que le sujet conserve une distance à peu près constante par rapport à l’objectif, et on peut adopter dans ce but un lil tendu servant de repère. Un opérateur placé dans la salle peut même indiquer par signaux, à chaque instant, si le sujet doit s'approcher ou s'éloigner de l'objectif.
- Cette invention, qui fait suite à tant d'autres du grand savant, n’est pas seulement applicable pour les grands rassemblements populaires dans les salles, ou même en plein air, durant la nuit, elle peut servir dans toutes les présentations commerciales, techni-
- = LE SENS D'ORIENTATION
- D’innombrables histoires authentiques ont été publiées déjà sur le merveilleux instinct, qui ramène, vers leurs nids, les pigeons-voyageurs, que la langue anglaise appelle plus pittoresquement homing pigeons, ce qui exprime combien ils sont attachés à leur home. Mais nous ne saurions hésiter à verser une nouvelle pièce au dossier, tant elle nous apparaît remarquable.
- Nous l’emprunterons au récit de l’un des savants .attachés à la New York Zoological Society et que publie le dernier numéro du Bulletin, l’organe de l’établissement.
- M. Lee S. Crandall s’était consacré, pendant plusieurs années, à l’élevage et au dressage de ces oiseaux. Un de ses meilleurs élèves était une femelle, baptisée « Blue » (Bleue), qui détenait un glorieux record de vitesse : lâchée à Salisbury, en Caroline du Nord, elle avait rejoint le lendemain son pigeonnier, dans le parc de la Société Zoologique’ après avoir parcouru en un jour 5o6 milles, soit près de 8io km.
- Des raisons administratives obligèrent bientôt l’auteur à se défaire de ses chers oiseaux, que l’on distribua à des amateurs ; « Blue » échut à un propriétaire d’Ulica, ville située à plus de 3oo km de New-York.
- ques, industrielles ou même scientifiques, toutes les fois qu’il est utile de projeter en l’agrandissant l’image (j’un sujet ou d’un objet quelconque.
- Grâce à elle, en particulier, et mieux qu’avec un épiscope ordinaire, les élèves des cours de médecine et de chirurgie pourront suivre les gestes du professeur faisant une opération, l’appareil de projection étant bien entendu disposé verticalement. Elle permet aussi, par exemple, de projeter l’image d’insectes ou de petits animaux, dont l’observation directe est difficile, précisément en raison de leur petitesse. Dans les démonstrations commerciales, ou les concours artistiques, elle peut faire connaître immédiatement à un nombreux public les détails des objets présentés, et la pratique en fera apparaître, sans doute, de nouvelles applications.
- P. Hémarjjikqukr.
- DES PIGEONS VOYAGEURS =
- Deux années s’écoulèrent, et M. Crandall, accaparé par d’autres travaux d’ornithologie, ne songeait plus guère à ses anciens élèves et à sa championne, quand, un après-midi, un gardien du parc zoologique pénétra dans son bureau, avec la nouvelle qu’un étrange pigeon voletait autour de la « maison des faisans », qui n’était autre que l’ancien pigeonnier.
- — .le me hâtai d’aller inspecter le mystérieux visiteur, écrit M. Crandall. Et, d’un regard, j’identifiai « Blue ». Je pouvais d’autant mieux la reconnaître qu’elle portail encore à la patte la bande que j’avais jadis numérotée. Puis, je l’avais toujours choyée et je me souvenais des moindres détails de son plumage.... Mais que venait-elle faire à New-York P
- Aussitôt, pour en avoir le cœur net, le savant écrivit à l’amateur' d’Utica, qui s’empressa de le renseigner : depuis 2 ans, l’oiseau n’était pas sorti de sa cage avant son évasion; il n’avait donc subi aucun entraînement.
- Comment avait-il pu, après 2 ans, découvrir le chemin de son ancien pigeonnier ? C’est une question à laquelle on ne saurait trouver de réponse satisfaisante.
- Victor Forbin.
- LES ALLIAGES PLOMB-CALCIUM DANS LES ACCUMULATEURS
- Les laboratoires de la Bell Téléphoné Gy étudient l’application des alliages plomb-calcium à la fabrication des plaques d’accumulateurs. Le plomb pur manque en effet de résistance mécanique et 011 lui adjoint en général'de l’antimoine (environ 9 pour 100). Mais l’antimoine est électro-positif par rapport au plomb; l’action locale due aux petites piles antimoine-acide sulfurique-plomb amène la formation de sulfate de plomb et une décharge spontanée des batteries d’accumulateurs qui, en moyenne, perdent 2.0 pour 100 de leur charge par mois en ch’cuit ouvert.
- L’alliage plomb-calcium à 0,01 pour 100 de calcium est mécaniquement satisfaisant et, comme le calcium est élec-tronégatif par rapport au plomb, l’action locale se traduit
- ici par le dégagement d’hydrogène sur le plomb et non plus par la sulfatation de celui-ci. Le calcium est dissous, mais comme l’alliage est constitué par des particules de Pb3Ca séparées les unes des autres par du plomb, l’attaque n’est que superficielle et l’acide n’atteint pas le calcium en profondeur.
- Les expériences ont montré que, après xoo charges et décharges, les accumulateurs au plomb-calcium perdent 80 pour 100 de moins que les accumulateurs ordinaires au plomb-antimoine.
- Des essais prolongés sont en cours et s’ils sont satisfaisants, la production commerciale sera alors envisagée.
- p.104 - vue 108/439
-
-
-
- L'AVENIR DE L'INDUSTRIE MINIÈRE AU CANADA GÉOLOGIE ET RICHESSES MINÉRALES DU MÔLE CANADIEN
- Parmi les importants événements économiques de noire époque, il en est un qui mérite de retenir noire attention autant que noti’e admiration, c’est l’essor de l’industrie minière au Canada. De 1901 à 1 g35, elle a crû,'en valeur, de 20 à 222 millions de dollars ; elle représentait donc, voici un an, environ 4,5 milliards de francs. Celle valeur a dû être notablement dépassée en 1 g3G, à cause de l'amélioration considérable du marché des métaux qui se manifeste avec ampleur, depuis le mois de mai 1906 et à cause aussi, et surtout, de l’effort minier poursuivi par le Canada, avec méthode et vigueur. Il est du même ordre que celui qui, pour la période considérée, a permis de porter la production des terres arables de l’Ouest canadien de 20 à 5oo millions de boisseaux de blé (tîg. 1).
- Quelle foi ne devons-nous pas avoir dans l'avenir de ce vaillant peuple canadien qui, après avoir vu, à la suite de la crise, ses exportations de blé décliner en valeur de 002 à i56 millions de dollars, de 1927 à 1906, s’est résolument tourné vers les recherches minières du môle canadien pour maintenir sa position financière internai ionale.
- I. — IMPORTANCE DE LA PRODUCTION MINIÈRE AU CANADA
- En 1905, les exploitations minières du Canada ont fourni 101 l d’or représentant une valeur de 2,4 milliards de francs. Parmi les pays producteurs d’or, le Rand occupe le premier rang avec 35o I, viennent ensuite les U. R. S. S. avec plus de 200 t, paraît-il, pour l’année 1936 (les TJ. R. S. S. arriveraient, assure-t-on, à plus de 35o 1; vers 1939 ou 1940), puis les États-Unis avec no t. Le Canada se place immédiatement ensuite avec ses 101. t. D’ici quelques années, le Canada espère fournir environ 200 t d’or par an.
- Le Canada produit quatre des métaux industriels les plus nécessaires au monde moderne : le nickel, le cuivre, le zinc et le plomb. Pour les trois premiers, la production canadienne de 1935 a dépassé tous les
- 1. Nous sommes redevables à l’Honorable T. À. Cre-rar, des cartes et documents photographiques accompagnant ce mémoire. Elles sont reproduites avec sa bienveillante autorisation, ce dont nous le remercions à nouveau.
- Pour la rédaction de ce mémoire, nous nous sommes aidé notamment du texte des douze causeries prononcées, en 1936, sur le réseau canadien de radiodiffusion par l’Honorable T. A. Crerar, ministre des Mines du gouvernement canadien. Nous lui exprimons notre gratitude pour son amabilité à nous communiquer ce précieux document.
- chiffres précédents. Pour le dernier, le plomb, la production "de iq35 n’a été inférieure que de 2,5 pour 100 à celle de iq34 qui correspondait à un record.
- En 1935, la seule production canadienne des mélaux secondaires s’est élevée à 102.600 I: représentant une valeur de 88 millions de dollars, soit 2,64 milliards de francs de janvier 1938.
- De 1984 à 1935, la production canadienne de cuivre est passée de 162.000 à 175.000 tonnes métriques, soil respectivement i3 à 17 pour 100 de la production mondiale de métal rouge.
- On trouve encore au Canada du charbon (on en extrait i4 millions de tonnes par an), de l’amiante, du soufre, du gypse, du pétrole, des gaz naturels, etc.
- Les houillères les plus importantes sont celles du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick) ; elles présentent celle particularité que les chantiers pénètrent loin en dessous du fond de l’Océan Allan-tique.
- L’amiante provient de la province de Québec. Les mines de Thelford sont le principal fournisseur du inonde, en raison de l’importance du gisement et de la qualité de la fibre. La meilleure sorte se vend jusqu’à 10.000 fr la tonne.
- Le pétrole est obtenu' dans la province d’Ontario, à raison de 3 millions de tonnes environ par an (celle du monde entier s’élève actuellement à 2.5o millions de tonnes). Enfin, les gaz naturels sont employés pour des besoins industriels et domestiques. La quantité vendue, en iq35, a correspondu à i5o millions de francs de janvier iq38.
- Dans l’ensemble, les mines métalliques oceupent 80.000 ouvriers et les mines de substances non mélal-
- Fîg. i. — Répartition de la, production minière et de la production agricole.
- au Canada.
- p.105 - vue 109/439
-
-
-
- 106
- Fig. 2. — Répartition de la production de substances minérales au Canada.
- liques (charbon, amiante, pétrole, etc.) environ 4o.ooo, soit un ensemble de 120.000 ouvriers.
- Après avoir mentionné les régions minières clu Canada, nous indiquerons les particularités de chacune d’elles, ainsi que les méthodes, particulièrement dignes d’attention, qui ont présidé à leur mise à fruit.
- Il y a là, en tout cas pour nous, un grand sujet d’étonnement.
- Comment le Canada a-t-il pu développer sa production minière jusqu’aux valeurs précitées. Certes sa superficie est considérable : 9.600.000 km2, mais il est desservi par le très rude climat septentrional, par le manque relatif de charbon, par une population relativement peu importante, à peine 9 millions d’âmes cl par le manque de moyens de transports dans la Laurentia, où se trouvent précisément les richesses minières.
- IL — RAPPEL DES RÉGIONS NATURELLES DU CANADA
- Géologiquement, le Canada comprend quatre régions distinctes, quatre parties dont chacune est um morceau d’une des grandes unités de la surface terrestre : la Laurentia, au centre ; la région paléozoïque plissée, ou région appalachienne, à l’Est ; le faisceau des grandes chaînes ou des Cordillères canadiennes, à l’Ouest, faisceau dont l’élément le plus oriental est ce qu’on appelle les Montagnes Rocheuses ; enfin, tout, au Nord, dans les Terres, éternellement glacées, d’El-lesmere, de Grinnel et de Grant, la région mésozoïque plissée que l’on a nommée, de façon assez malheureuse, la chaîne des Etats-Unis.
- La Laurentia est la terre d élection des gisements minéraux. ; t v '
- C’est un immense; pays, figé depuis le Cambrien, qui, après ce II e 6 po q u e p rod igi e u sei n e ri l reculée, n’a subi que des mouvements verticaux, de faible amplitude, sans se plisser. Partout où, dans là Laurentia, on trouve des dépôts paléozoïques, cambriens, siluriens ou plus jeunes, ces dépôts sont horizontaux,
- ou à peine inclinés ; ils peuvent être failles et dénivelés, ils ne sont jamais ni redressés ni plissés. C’est un des Irai I s les plus originaux du visage actuel de la Terre que ce vaste continent, depuis si longtemps immobile, uù de si vieux terrains sont demeurés intacts, à peu près dans l’attitude et avec l’aspect qu’ils avaient au moment — combien loin de nous, cependant ! — où s’est retirée la mer.
- III. — LA LAURENTIA,
- MÔLE OU BOUCLIER CANADIEN
- La Laurentia est formidablement étendue : au Nord, elle s’en va jusqu’à la région arctique, jusqu’au 76e parallèle ; au Nord-Est, elle se prolonge sous les détroits et sous l’Atlantique, par le Groenland et l’Islande et un vaste morceau du continent Nord-Atlantique, aujourd’hui effondré, lui appartenait ; à l’Est, elle est bordée par la région appalachienne ; au Sud, elle s’étend dans les plaines des Etats-Unis jusqu’au Texas ; au Sud-Ouest, c’est encore à elle qu’il faut rapporter le plateau du Colorado, où l’on voit, dans les parois en escaliers, des effrayantes gorges creusées par le fleuve ; à l’Ouest, supportant la Prairie, elle s’étend jusqu’aux premiers plis des Montagnes Rocheuses.
- La Laurentia qui, au Canada, occupe les deux fiers de la superficie est généralement appelée le bouclier ou, beaucoup mieux, le môle canadien. Il s’étend sur 3.ooo km dans le sens Est-Ouest et 3.000 km dans la direction Nord-Sud. Les Provinces de Québec, d’Ontario, la plus grande partie du Manitoba et une partie du Saskatchewan, se trouvent sur le môle canadien.
- Un môle est, par définition, un amas énorme de pierres fondées dans la mer et sur lequel déferlent et se brisent les vagues de l’Océan ; le mot est bien applicable à cet immense massif sur les bords duquel les vagues hercyniennes et alpines des Appalaches et des Rocheuses sont venues s’étaler et mourir.
- Socle puissant qui semble constituer l’armature de l’Amérique du Nord, lé môle canadien recèle et cache jalousement la plus grande partie des richesses minérales du Canada.
- « Le plateau laurenlien » (fig. 3), autre appellation du môle canadien, « est un obstacle des plus difficiles à franchir qui soient en Amérique du Nord » écrivit R. Blanchard ; « par son relief, son sol, ses eaux, sa végétation : bosses et creux, blocs instables et roches .moutonnées, lacs, étangs, marais, tourbières, çà et là, gorges grondantes où se ruent des flots roux ; mer d’arbres et, pire, encore, désolations des « brûlés » avec leurs fouillis de branchages d’où pointent de jeunes halliers. Par son climat, enfin : un hiver redoutable par ses basses températures et ses tourmentes de neige ; pourtant l’hiver était la seule saison possible de circulation, permettant d’éviter, grâce à la neige, les fondrières, les lacs, les rivières et les rocs, et surtout
- p.106 - vue 110/439
-
-
-
- Fig. 3. — Aspect typique du bouclier canadien.
- Ja torture des mouches et moustiques qui font fuir les Indiens eux-mêmes ».
- La bordure méridionale du môle canadien concentre une grosse partie de la population du pays. Sur un territoire de g,6 millions de kilomètres carrés, presque aussi étendu donc que l’Europe entière, ne vivent que g millions d’habitants, 60 pour xoo desquels sont concentrés dans les régions du Saint-Laurent, entre le lac Huron et l’embouchure du fleuve. Trois millions de canadiens français peuplent la province de Québec.
- Dans la Laurenlia canadienne, les gîtes métallifères sont souvent fort importants, entre autres : les filons de quartz aurifère de Porcupine (Province d’Ontario) ; les filons d’argent, de cobalt et de nickel constituant le célèbre groupe minier de Cobalt ; les amas de pyr-rholine nickelifère et de chalcopyrite, à Sudbury ; les veines d’amiante et de fer chromé de Thetford Mines, non loin de Québec, les veines de minéraux divers : mica, feldspath, apatite, corindon, etc., près de Kingston ; les gîtes d’apatite et de mica, près d’Ottawa ; le gisement, de talc de Madoc, près de Toronto. A joutons-y les puits de gaz naturels.
- IV. — NATURE ET RÉPARTITION DE LA PRODUCTION D'OR AU CANADA
- En ig35, la valeur de la production canadienne d’or a représenté 3,2 milliards de francs (Q, soit approximativement le i/g de celle du monde entier pour cette année-là.
- 1. Pour le dollar à 30 fr.
- La figure 5, qui indique les principaux centres canadiens d’extraction de l’or, nous montre aussi que la Province d’Ontario a concouru pour 67 pour xoo à la production d’or et celle de Québec pour un peu plus de g pour 100.
- Au Canada, on rencontre l’or dans les alluvions ou placei's et dans les filons.
- On exploite les placers à l’aide de di’agues, par exemple, comme le montre la figure 4, tandis que les filons sont mis à fruit selon l’art classique des mines ou des cai’rières.
- A l’époque glaciaire, voici des millions d’années, les glaciers, à la manière d’un formidable et puissant rabot, ont érodé, pulvérisé et dispersé à des centaines de kilomèti’es les roches aui’ifères de l’Est du Canada. L’or qu’elles contenaient est perdu à jamais. Par contre, dans l’Ouest, au Yukon et dans la Colombie britannique, par exemple, l’action destructive des glaciers n’a pas été aussi violente, dé sorte que les placets n’ont pas été bouleversés et qu’on peut fréquemment les exploiter, aujourd’hui, avec pi’ofit.
- Les l'oches aurifères ou gisements aui’ifères fîloniens, par leur importance, semblent appelés, spécialement ceux des Provinces de l’Ontario, de Québec et de la Colombie britannique, à jouer un rôle particulièrement fécond dans l’avenir du Canada aurifère.
- A ce point de vue, n’oublions pas que le Canada est un pays encore très jeune, quant à l’exploitation des mines métalliques, le développement de ses ressources d’or fïlonien s’étant surtout manifesté au cours du
- p.107 - vue 111/439
-
-
-
- 108
- Fitj — Extraction de l’or des sables de la rivière KlondiUc '(Youlion) an moyen de drogues.
- siècle acliiel. Les grands centres producteurs d'or, lel-les que les mines llollinger el. Lake-Shore, soûl, îles entreprises datant d'à peine un quart, de siècle. Très récemment, la production aurifère du Dominion s’est, accrue, grâce aux rendements d'un grand nombre de mines nouvelles, ouvertes dans de nouvelles régions fortement, minéralisées. El, pour chaque, nouvelle mine qui surgit, il y a, comme on le sait bien, d'innombrables prospects, y compris quelques-uns dont, on a fait, l’essai el qui ont été abandonnés, lin grand nombre d’autres sont, en voie de développement, ou attendent, d’èlre mis en valeur. Sauf dans les régions complète-
- ment dépourvues de mines métalliques, il y a peu de grands espaces au C.anada, de la Nouvelle-Ecosse au Yukon, c’est-à-dire de l’Est, à l’Ouest, et du Nord au Sud qui ne renferment, pas de gisements liloniens d’or, comme le montre la figure, fi.
- Bien que les ressources aurifères potentielles du Canada paraissent, grandes, il est difficile néanmoins de découvrir des massifs de minerai aurifère profitables. Les gîtes aurifères sont, parmi les gisements minéraux, les plus difficiles à trouver. Souvent, ils ih1 sont pas révélés par la zone superficielle rocailleuse décelant, généralement la présence, des autres gise-
- Fig S. — Centres principaux de Vextraction de l’or au Canada.
- isoo k.
- l' v
- QUÉBEC
- ll^ Moosonet
- ARIO (
- ETATS-UNIS
- l'oies ferrées Zone aurifère
- £. Mïc/ihk
- menls minéraux. En outre, les moyens scientifiques de prospection moderne ne facilitent pas beaucoup la découverte, de l’or et quelques grammes d’or disséminés dans une tonne de minerai ne sont pas non plus visibles à l’œil nu.
- En sus de ces difficultés, particulières à la prospection de l’or, d’autres font obstacle, à la découverte des gisements métallifères en général. La roche de. fond de la majeure partie du Canada est, enfouie sous une couche épaisse de. débris abandonnés par les glaciers ou par les lacs, qui représentent un héritage de l’époque glaciaire. Dette nappe superficielle ne donne aucune idée appréciable de la nature, de, la roche sous- jacente. Toutefois, sa teneur en or el, en roche aurifère
- p.108 - vue 112/439
-
-
-
- 109
- est, l’indice certain qu'il existe une richesse voisine.
- I ne des merveilles actuelles de l'exploitation aurifère au Canada, c’est qu’on découvre aujourd’hui de nouvelles mines dans des régions qui ont été prospectées et mises à Fessai pendant des années. Ail sein des plus anciens et plus riches camps aurifères pine et Kirk.land-La.ke, on a obtenu, au cours de ces trois dernières années, des succès notables dans l’exploitation de nouvelles mines. C'est la preuve convaincante de, l’existence de gisements d'or encore inexploités dans des remenls rocheux.
- Iletcnons une autre particularité des mines canadiennes plus remarquable encore, c'est, l'association de l’or à des métaux secondaires : cuivre, plomb, etc. Si les mines n avaient pas bénélicié de celte particularité, plusieurs parmi elles, même les plus puissantes, par exemple, la Noranda, la Flin-Flon- et la IVrilauuia auraient peut-être été forcées de fermer consécutivement à la baisse des prix des métaux en iqSa. Le rendement eu or par tonne de minerai est généralement faible — à peine quelques dollars — mais comme ces exploitations de métaux mineurs traitent annuellement des millions de tonnes de minerai, la quantité totale d'or produit de celte manière est considérable. Far exemple, la Noranda est devenue une des plus grandes productrices d’or du Canada et la Flin-Flon al teint le plus fort rendement aurifère dans les secteurs du Manitoba et la Saskatchewan.
- V. — NATURE ET RÉPARTITION DES MÉTAUX SECONDAIRES AU CANADA (NICKEL, CUIVRE, PLOMB, ZINC, ETC).
- La production canadienne de métaux secondaires a représenté, en :iy35, une valeur de 1,76 milliard de francs. .Dans la hiérarchie des pays producteurs, le Canada occupe le second rang pour le zinc (i/jo.ooo f), Je troisième pour le cuivre (175.000 t) et le quatrième pour le plomb (160.000 t). Lui seul, dans l’Empire britannique fournit plus de deux de ces métaux. Il subvient eu quasi-totalité aux besoins en nickel de l’univers (!).
- La majeure partie de la production de cuivre provient des minerais de cuivre et de nickel de Sudburv (Ontario), des minerais de cuivre aurifères de Noranda (Québec) et des minerais de cuivre et de zinc de Flin-Flon (Manitoba).
- Enfin, tout le nickel canadien provient de F International Nickel Company, du gisement bien connu de Sudbury (Mines Frood et Creiglon). On exploite', le initierai à de très grandes profondeurs ; 011 travaille actuellement entre 1.000 et 1.200 m et l’on se propose de descendre à plus de 2.100 m.
- I. La Nouvelle-Calédonie est le second centre, très remarquablement outillé et mis à fruit, de production niekelitere.
- Centres principaux de traitement des concentrés de minerais
- et d’a/finage des métaux au Canada.
- Ou rencontre encore, associé au nickel, du. platine. La production canadienne de ce mêlai est devenue très importante : 3.5oo kgr d'une valeur de !\ millions 1/2 de dollars en 1934
- La ligure 6 indique la position des prima [taux centres canadiens d’affinage des métaux.
- Parmi les plus importants ateliers d’afliuage des métaux, mentionnons la Canadian Copper Kefiners, à Montréal Fustis, qui fournit annuellement quelque 3o.ooo t de cuivre et environ 7 millions de dollars d’or.
- F’International Nickel exploite les plus grandes usines métallurgiques de Copper-Cliff et de Collision, ainsi que la plus grande aflinerie de nickel de Port-Colborne. Elle contrôle aussi l’Ontario lielining Company, qui exploite à Copper-Cliff la plus grande al’li-nerie électrolytique de cuivre de l’Empire britannique. Les autres établissements de ce genre se trouvent en Angleterre, au Pays de Galles et aux Étals-Unis. Lorsqu’on commença d’exploiter la mine Frood, il y a quelques années, on dépensa quelque 5o millions pour l’exécution d’un programme d’agrandissement, dans lequel figurait la construction de l’usine de Copper-Cliff — qui a continué de s’agrandir et qui a fait encore en iq35 pour 6 millions de dollars d’améliorations. La Falconbridge Nickel Mines Limited, projette aussi d’agrandir son usine, qui traite déjà 900 t de minerai par jour, pour en extraire une malle de nickel cuprifère envoyée en Norvège pour enrichissement ultérieur.
- Au Manitoba et eu Saskatchewan, l'industrie des métaux secondaires est représentée par la Hudson Bay Mining and Smelling Company, à Flin-Flon, sur la frontière de ces deux provinces. La mine Flin-Flon, à 65o km au Nord-Ouest de Wiunipeg a commencé ses opérations en. iq3o ; elle traite acluellement. [dus de i.5oo.ooo t de minerai par année et obtient environ ab.ooo t de cuivre, aidant, de zinc, et pour environ 7 millions de dollars d’or, d’argent et de sélénium. Le zinc est affiné à la mine et le cuivre à Montréal-Est.
- En Colombie britannique, l’industrie des métaux
- Pore u- 3
- a f ile u-
- Vig. <>
- p.109 - vue 113/439
-
-
-
- = 110 • —...................../....- ..=======:
- secondaires a été entreprise par la Britannia Mining and Smelting Company, à Britannia-Beach, à 3o milles au Nord de Vancouver, et par la Consolidated Mining and Smelting Company of Canada, à Trail, dans le Sud-Est de la province.
- La Consolidated Mining and Smelting Company exploite une des plus importantes entreprises minières et métallurgiques du Canada. Cette Compagnie et ses prédécesseurs ont produit plus de 2 millions de tonnes de plomb et plus d’un million de tonnes de zinc, depuis 1894. L’une de- ses mines, la Sullivan, à Kim-berley, est non seulement l’une des plus grandes productrices de plomb et de zinc de l’univers, mais aussi la plus grande productrice d’argent du Canada. La Compagnie achète et traite le minerai et les concentrés des différentes mines de la Colombie britannique. Actuellement, près de 2 millions de tonnes de minerai sont traitées à Kimberley et à Trail, chaque année, donnant du plomb, du zinc, de l’argent, de l’or, du cuivre, du bismuth, du cadmium et des engrais chimiques pour une valeur de près de 25 millions de dollars. Un programme de construction de 10 millions de dollars, complété en 1982, a permis à la compagnie de commencer à produire des engrais sur une grande échelle.
- VL — LES RICHESSES MINIÈRES DE LA COLOMBIE BRITANNIQUE ET DU YOUKON
- Ouvrons ici une parenthèse pour mentionner les richesses minérales de deux provinces bordant le bouclier canadien sur sa frontière occidentale : la Colombie britannique et le Yukon, constituant les Cordillères canadiennes. Elles se caractérisent par leur nature montagneuse et par la richesse de leurs forêts. Elles ont environ 800 km de largeur, le long de la voie ferrée du Canadian Pacific. Leurs forêts sont presque continues et, le plus souvent, d’une densité décourageante. Pas de routes, pas même de maisons, pas même de sentiers. Les rivières sont larges, profondes et rapides.
- Par ces indications, on se rend compte des énormes difficultés que rencontre le prospecteur. Ce n’est qu’au prix d’écrâsantes difficultés qu’il peut se déplacer et observer, sans cesse gêné par la nature accidentée des terrains et par leur revêtement de gros arbres et de broussailles. Si les fameux gisements de Britannia (5o km environ au Nord de Vancouver) et d’Anyox (5o km au Sud de Stewart et à 100 km environ au Nord de la rivière Rys, voir fig. 6) n’avaient pas été situés presque sur la côte, ils attendraient peut-être encore leur découverte. Sur les 800 km qui séparent ces deux gisements se trouve une région dont les caractères géologiques sont les mêmes d’im bout à l’autre. Au Nord d’Anyox, il y a encore 65o km sde territoire analogue. Qui peut dire ce que révélera à ceux qui l’exploreront à fond cette vaste région d’accès difficile ?
- Au Nord dii National Canadian s’étend un territoire où la rivière la Paix, la rivière Liard et d’autres pren-
- nent leur, source, et où l’on connaît des milliers de kilomètres cai'rés favorables à l’accumulation des gîtes minéraux. On a découvert et exploité des graviers aurifères en maints endroits et l’on a repéré des gisements filoniens. Quelques kilomètres seulement des creeks Dease, Thibert et McDame ont fourni la plus grande partie des 5o millions de francs d’or du district de Cassiar en 1874 et 1875. Mais ce territoire est une des dernières frontières de l’Ouest ; il oppose maints obstacles au prospecteur et il est dépourvu de moyens de transport convenables.
- Cependant, avec la croissance de la population du Canada, ces difficultés seront surmontées, car il y aura des hommes prévoyants et courageux pour s’attaquer à cette tâche.
- VIL — ORGANISATION DES SERVICES DE RECHERCHES MINIÈRES AU CANADA
- En dépit des obstacles que la nature oppose à la mise à fruit des richesses minières du môle canadien, quelle est donc l’organisation qui a permis d’obtenir si vite les merveilleux résultats que nous avons exposés et qui ont placé le Canada en tête des pays producteurs de substances minérales ?
- En premier lieu, le Ministre des Mines, M. Gordon a mis en application un plan destiné à activer l’établissement de la carte géologique des régions minéralisées à prospecter au Canada. La dépense engagée est d’un million de dollars. Les travaux sur le terrain sont actuellement poursuivis par 57 groupes de géologues, dans des régions offrant le plus de possibilités minières immédiates. Chacun des 67 groupes comprend trois à cinq géologues, assistés des géomètres, guides, porteurs, etc., nécessaires.
- Il ne s’agit pas en l’occurrence d’une main-mise de l’État sur les richesses minières éventuellement découvertes, mais de faciliter la tâche des sociétés privées en leur montrant la voie, en leur signalant les affleurements découverts, et au minimum en établissant les cartes géologiques des pays encore inexplorés. Indirectement, ces études permettent de donner du travail à une quantité assez considérable d’ingénieurs et de géologues sans emploi.
- Quelques idées générales du programme sont les suivantes :
- Développement de la géologie ; étude du potentiel de la teneur d’or de certains districts ; assistance au développement des mines ; relevés topographiques, carte géologique ; recherches d’hydrocarbures ; photographie aérienne employée pour les cartes topographiques et les études géologiques ; emploi des méthodes géophysiques.
- VIII. — EMPLOI DE L’AVION POUR LES RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES AU CANADA
- Sur ce sujet encore nouveau en France, M. Fei’nand Blondel a publié une étude vivante et pratique dans le numéro du 19 décembre 1936 du Génie Civil.
- p.110 - vue 114/439
-
-
-
- De celles-ci, retenons particulièrement que l’exploration aérienne a pris au Canada un très grand essor. Là première exploration aurait eu lieu en 1925 avec un hydravion dans le Nord de la Colombie britannique ; l’année suivante, une autre étude fut menée dans les territoires du Nord-Ouest. Ces essais montrèrent l’in-léret de l’exploration aérienne. Le prospecteur isolé étant incapable de couvrir les frais de telles entreprises, des sociétés d’exploration aérienne ont été fondées en 1928 : la Northern Aerial Minerai Exploration (N. A. M. E.), la Dominion Explorers, les-Prospectors Airways ; l’année suivante, la Consolidated Mining et Smelting Company of Canada créa sa propre organisation aérienne.
- Les levés géologiques qui se font par voie aérienne à 1.000 m d’altitude et à 200 km à l’heure, fournissent des indications précieuses. En de nombreux cas, elles permettent de dépister des zones minéralisées qui ne se discernent pas au cours d’une exploration à pied.
- Le coût de ces explorations aériennes est malheureusement aassez élevé, soit environ 5o fr par kilomètre carré en janvier 1938.
- IX, — AIDE DES CHEMINS DE FER CANADIENS AUX MINEURS. RÉCIPROCITÉ DES SERVICES
- Chacun connaît les immenses services que les trois Transcanadiens qui, par leur longueur, sont les principales voies ferrées du Canada, ont rendu au développement économique du Canada.
- Rappelons, d’après la figure 7 et sa légende, qu’il existe trois Iranscanadiens. La longueur moyenne de chacun d’eux dépasse 5.000 km.
- .:... ...... ...................111 =
- Le plus ancien, repéré 2, commence sur l’Océan Atlantique à Halifax, passe par Montréal, Winnipeg et aboutit a Vancouver, à l’Océan Pacifique. C’est le Canadian Pacific lequel a permis au Canada d’exporter vers l’Europe, spécialement vers le marché anglais, le blé et de nombreuses denrées.
- Le second en date, repéré 1, passe par Edmonton (Province d’Alberta) et aboutit aussi à Vancouver.
- Enfin, le plus récent, repéré 3, ou Canadian National, qui est le plus septentrional, part du port de Monc-lon sur l’Océan Atlantique et aboutit à Prince Rupert, sur la côte du Pacifique.
- De l’examen de la figure 7, il faut retenir l’emplacement de nombreux aérodromes, le long de la voie ferrée, spécialement entre Noranda et Winnipeg. Ce sont les bases de départ vers les centres miniers.
- A plus grande échelle, la figure 8 montre la physionomie, prise en ig35, du développement des centres miniers et d’affinage des métaux en liaison avec le rail, dans les provinces de Québec, d’Ontario et de Manitoba.
- Fidèles à leurs traditions, les chemins de fer canadiens sont venus à l’aide du mineur. Le rail a été posé dans des régions complètement inhabitées. Actuellement, la voie ferrée du Canadian National mène de Québec à Winnipeg par Arnos et Cochrane, traversant de l’Est à l’Ouest la partie méridionale du môle canadien.
- Les résultats ont récompensé ces initiatives et ces efforts. De 1932 à 1935, le transport par rail des produits miniers seuls est passé de 12,3 à 22,8 millions de tonnes. A elles seules, en 193/4, les mines ont payé aux chemins de fer plus de 2/10 millions de francs
- Fig 7. — Réseaux jerres canadiens et bases aéronautiques desservant les centres miniers.
- p.111 - vue 115/439
-
-
-
- 11g
- lia Je0w'.',a'"lCEn('Pa(ncia> .PiM^Craw * 5 jAfac/tenz/cffjUsî?^/^ ~*V_/ Pians Howey
- U E B E |C
- Hcarst
- irthcrn Empire
- Afinfo v,^
- ETAT G
- XJ N I S
- hntréal.
- Ottawa
- ETAT S
- UK I S
- Toronto*,
- « Centres
- Buffalo
- i’iij. 8. — Développement, eu 11)30, des vamps miniers entre Québec
- et Winniney.
- pour le Irauspurl de leurs produits : concentrés et mélaux.
- Les mines oui ainsi permis aux compagnies de che-mius de 1er de retrouver une partie de l’activité perdue à la suite de la crise. De 19:29 à ig34, en effet, les quantités de marchandises transportées s’étaient réduites de 1.1.5 à 5~ millions de tonnes.
- Par ailleurs, les chemins de fer ne participent pas seuls au développement minier. Il y a encore l’avion. Non seulement, il aide les prospecteurs en les amenant à pied d’œuvre et en permettant de faire des relevés photographiques, mais il sert encore à transporter le matériel.
- Au cours de l’année 190/1, l’aviation canadienne a transporté plus de 7.000 t de marchandises, soit trois fois plus que l'année précédente.
- X, - LIAISON ENTRE LA HOUILLE BLANCHE ET L’INDUSTRIE MINIÈRE CANADIENNE
- La ligure 2, placée au début de cette élude, montre que les charbonnages canadiens sont disposés excentriquement par rapport aux mines métalliques. Il y a
- été suppléé par le recours intensif à la houille blanche et à l’électrolyse (fig. 9).
- Grâce â l’énergie hydro-électrique, le Canada a pu fournir, en 1934, environ (ioo.ooo t de mélaux électrolytiques : cuivre, /inc, plomb, aluminium, obtenus à un grand état de pureté et à bon marché.
- Âu Canada, les profils des cours d’eau sont brisés et, principalement en bordure méridionale du môle, on trouve des rivières à gros débits et à chute importantes. De grosses usines hydro-électriques ont été établies sur la rivière Saint-Maurice (800.000 cli installés).
- La Shawinigan YValer and Power Company qui exploite l’énergie de la rivière Saint-Maurice, débouchant dans le Saint-Laurent, entre Québec et Montréal, possède, à elle seule, plus de 890.000 ch installés et 1.800.000 ch en réserve. Les deux plus grosses centrales sont situées à Shawinigan Falls et à Grand-Mère. Elles distribuent l'énergie produite à plusieurs centaines de kilomètres de distance entre Québec et Montréal par des lignes à baille tension (110.00 à 220.000 v). Cette société a créé elle-même, à proximité de ses centrales, plusieurs usines de produits chimiques qui utilisent son courant.
- La puissance développée sur ces deux rivières ne représente cependant qu’une partie de la puissance Iolaie installée ; celle-ci s’élève pour les Provinces de Québec cl d’Ontario à plus de 6 millions de chevaux, représentant 80 pour 100 du total canadien évalué â 7 millions 1/2 de chevaux installés.
- D'autres importantes chutes d’eau sont en cours d’aménagement au Youkon et en Colombie britannique.
- En 1935, les compagnies minières canadiennes ont acheté pour environ 220 millions de francs d’énergie électrique.
- XL — ROLE DE L’INDUSTRIE MINIÈRE SUR LA BALANCE COMMERCIALE AU CANADA
- Pays à faible population, le Canada a exporté, en ig35, la majeure partie de sa production de métaux, soit environ 200.000 t de cuivre, i48.ooo t de zinc, 147.000 t de plomb et 71.000 t de nickel. L’Angleterre et les Etats-Unis sont les principaux clients du marché canadien (fig. 10).
- C’est grâce à ses exportations de substances minérales que le Canada a, depuis 1933, une balance économique favorable:
- Rien que par ses ventes d’or à l’étranger, le Canada a pu, de 1929 à 1935, encaisser 472 millions de dollars laissant un crédit de 166 mil-
- Fiy. 9. — Centres principaux de production de la houille blanche.
- p.112 - vue 116/439
-
-
-
- 113
- IV;/. 10.
- IlégarLiLion dans le mande de la, production canadienne, de métaux secondaires.
- lions de dollars, après paiemen. eliaiulises à l’élrarmci'.
- I, des aehals de inar-
- XII. - INFLUENCE DE L'INDUSTRIE MINIERE * H SUR LA COLONISATION CANADIENNE
- La loi bien connue que la mine apporte avec elle la civilisation s’est particulièrement vérifiée au Canada, connue le montre la ligure n. Elle fait ressortir la large démarcation qui s’établit maintenant entre la limite de culture, eu égard aux conditions climatiques, d’une part, et, d’autre part, la limite de la colonisation dans les régions minières.
- Un exemple typique est celui de Sudbury, à 3oo km au Nord de Toronto1, célèbre par ses gisements d’or, cuivre, nickel, platine, etc. Il y a 3o ans, Sudbury notait qu’un petit village. Aujourd’hui, c’est une ville de 20.000 habitants.
- Et chaque année, sous Einlluence du développement de l’industrie minière, la limite de colonisation dans le Youkon et sur le môle canadien remonte vers le Nord.
- Ce succès n’est pas le simple attribut de la chance, mais celui d’un rude et constant effort. Le Canadien français et le Canadien anglais s’y sont associés. Le premier, représentant une race courageuse et solide, défriche avec ardeur l’âpre foret et y établit des îlots de culture et de pâturages. Sa rude vie
- est coulée par les ouvrages de M. Constantin-Weyer. Le second s’attaque de préférence aux richesses minérales, son esprit spéeulalif et joueur l’y prédispose.
- CONCLUSION
- Afin de ne point sortir du cadre de cette revue, nous garderons le silence sur l’énorme effort financier qu’a nécessité ce rude effort minier. Nous 11e parlerons pas non plus de 1 importance des dividendes distribués.
- Voyons plus haut et, pour cela, citons Pierre Tcrmier, l’incomparable maître. Que nous dit-il des Canadiens, de nos frères de là-bas, revenus sur le sol du vieux pays pour le défendre et s’illustrer sur la colline de Yimy P
- « Les Canadiens français étaient moins de 100,000, quand nous les avons laissés : ils sont plus de 4 millions, aujourd’hui, dont près de 3 millions au Canada et plus d’un million aux Etats-Unis. De la Province de Québec, qui est leur foyer, ils se répandent dans les provinces avoisinantes : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Ontario et, devant leur pacifique et irrésistible invasion, partout 1 élément anglo-saxon recule. En présence de ce miracle de conservation et de développement d’une race, nous demeurons pleins d’admiration et nous sommes, tout à la fois, consolés et attristés.' Vraiment, notre race est bien l’une des plus forte ; n’est-ce pas quelle ne peut périr et quelle se relèvera de ses passagères défaillances ? ».
- Fig. 11. — Frontière .minière en 1985 dans le bouclier canadien.
- LA LUMIERE SOUS LES ARBRES
- Les essences forestières sont divisées en essences d’ombre et essences de lumière. C’est dire l’importance du « couvert » du sol. Les chênes à feuilles caduques sont réputés essences de lumière, c’est-à-dire .limant la lumière et couvrant peu le sol. Or, en Basse-Autriche, MM. Sauberer et Trapp viennent de mesurer au moyen de cellules plioto-élec-triques, les quantités de lumière arrivant au sol sous un peuplement forestier de chênes (Quercus lanuginosa) et
- dans les clairières voisines. En hiver, sous les arbres ayant perdu leurs feuilles, la luminosité 11’esL que de 58 pour 100 de celle en terrain découvert; les rameaux recevant les rayons obliques du soleil arrêtent /12 pour xoo de l’éclairement. En pleine feuillaison, il n’arrive plus au sol que i3 pour 100 de la lumière du ciel. Que serait-ce sous un peuplement de sapins P Aussi ne doit-on pas s’étonner que l’berbe refuse d’y croître. Pierbe Labue.
- p.113 - vue 117/439
-
-
-
- 114 LA ROUE MOTRICE SPHÉRIQUE
- CHANGEMENT DE VITESSE CONTINU
- La roue qui est sans doute l’élément de machine le plus vieux du monde, affecte en général, dans ses multiples applications, la forme d’un disque plus ou moins aplati et sa surface de roulement ou bandage est une surface de révolution cylindrique, conique (roues de chemins de fer) ou sphérique, comme c’est le cas, en particulier, pour la plupart des roues d’automobiles dans lesquelles le pneumatique qui a théoriquement la forme d’un tore présente en fait une surface de roulement sensiblement sphérique, la bande de roulement se réduisant à une zone assez étroite de la sphère.
- Fiq. ! à 3. — Quelques aspects du modèle d’expérience de la roue sphérique motrice du Colonel Lamé.
- •I. Position de la roue motrice sphérique au départ, l’axe est vertical et porte seul sur le sol par son extrémité, la roue tourne librement « en toupie » sans entraîner la voiture. 2. La roue inclinée progressivement est venue prendre contact avec le sol sur des cercles de rayon croissant, la voiture démarre et augmente de vitesse. 3. Position du train propulseur en vitesse normale, la roue sphérique roule sur son grand cercle.
- On peut aussi imaginer des roues entièrement sphériques et on réalise effectivement pour divers usages de petites roulettes qui affectent cette forme, mais il n’y a pas à cela d’aulre raison que l’esthétique ou la fantaisie de l’artisan et, comme les roues d’automobiles, elles n’utilisent comme surface de roulement qu’une zone étroite englobant le grand cercle perpendiculaire à l’axe de la roue, c’est-à-dire l’équateur.
- Mais une sphère n’est pas nécessairement obligée de rouler sur son équateur ; elle peut aussi rouler sur n’importe quel cercle tracé sur sa surface et il suffit pour obtenir ce résultat d’incliner convenablement l’axe de rotation par rapport à la surface sur laquelle on fait rouler la sphère ; si, en particulier, on fait varier celte inclinaison de qo°, depuis la perpendiculaire au sol jusqu’à l’horizontale, la sphère roule sur des cercles de rayon pi’ogressivement croissant depuis un point jusqu’au maximum qui est le rayon d’un grand cercle. Le déplacement se fait vers l’avant ou vers l’arrière suivant que l’on incline la roue dans un sens ou dans l’autre. Si l’on actionne une telle roue par un moteur et qu’on lui confie la charge de propulser un véhicule sur route, on voit que ce véhicule reste immobile lorsque l’axe de rotation est vertical et qu’il prend des vitesses progressivement croissantes à mesure que l’on incline cet axe. Point n’est besoin d’ailleurs d’une sphère complète pour obtenir ce résul-IaI, une demi-sphère suffit.
- Tel est le nouveau mode de propulsion qu’un inventeur français, M. Maurice Lamé, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, ingénieur d’aéronautique, vient de mettre ati point en réalisant le châssis d’essai que représentent les figures i à 3.
- Le véhicule propi'ement dit, très simple, comporte deux roues latérales porteuses et une roue avant directrice ; le système propulseur formé par le moteur, la roue hémisphérique et une poutre-caisson qui les réunit est placé à l’arrière et articulé au centre de gravité du véhicule par un joint de cardan qui lui laisse tous les degrés de liberté voulus pour que l’on puisse placer facilement la roue dans toutes les positions requises sans qu’elle cesse d’assurer la propulsion d’une manière correcte.
- Au départ, l’axe de la roue est vertical et porte seul sur le sol par son extrémité qui saillit légèrement et la roue actionnée par une simple courroie ou chaîne, peut tourner librement sans entraîner la voiture.
- En inclinant légèrement la roue, le. bandage vient toucher le sol en un point voisin du pôle, c’est-à-dire sur un cercle de tout petit rayon et la voiture démarre lentement ; la vitesse croît progressivement quand on augmente l’inclinaison jusqu’à la position horizontale.
- La roue hémisphérique se substitue par conséquent à la fois à la boîte de vitesse, à l’embrayage et au différentiel des voitures classiques. Elle réalise simplement et économiquement le changement de vitesse continu
- p.114 - vue 118/439
-
-
-
- et dans les côtes permet toujours de tirer du moteur son maximum de rendement à la vitesse maximum.
- Une étude complète des conditions de fonctionnement de cette roue en position inclinée a été réalisée par M. Maurice Lamé ; elle montre que l’usure provenant du glissement relatif ne dépasse pas celle que subissent dans les virages les roues à large bandage telles que les pneus jumelés des poids lourds et des autobus parisiens.
- D’ailleurs le modèle d’e.vpérience, bien que muni d’une roue sphéiûque provisoire en bois, a pu d’emblée circuler dans les rues de Paris en se pliant à toutes les exigences de la circulation et totaliser ainsi une centaine de kilomètres sans difficulté.
- Ce modèle, équipé d’un petit moteur à deux temps de 270 cm3, ne pèse qu’une centaine de kilogrammes. Le constructeur estime qu’il est possible de réaliser sur ce principe une voitureIte à deux places, très légère bien qu’assez puissante pour atteindre une vitesse de 80 à 85 km/h en palier, ne consommant pas plus de 4 1 aux 100 km et d’un prix d’achat de l’ordre de 6.000 fr.
- Cette voiture, dont la figure 4 donne le dessin, résoudrait enfin le problème de la petite voiture populaire à bon marché dont on a vainement, jusqu’ici, recherché la formule par simple réduction d’échelle des voitures normales. Elle simplifierait singulièrement le mécanisme de l’automobile dont les changements de vitesse continus s’obtiendraient par l’inclinaison de la roue sphérique motrice. A. B.
- Fig. 4. — La voiturette populaire à 2 places, à roue motrice sphérique.
- = L'IMPRESSION DIRECTE SUR LES EMBALLAGES =
- (BOITES MÉTALLIQUES, FLACONS, AMPOULES, ETC...)
- La question de la décoration et de l’impression des emballages, boîtes, flacons, étuis, récipients de toutes formes et de toutes nature a une importance commerciale considérable, la vente étant influencée par la présentation de l’article.
- D’autre part, par suite de la multiplication des produits et des marques à apposer sur leur conditionnement, il est pratiquement impossible de constituer des stocks d’emballages vides de chaque nature et l’usage s’est généralisé de l’emploi d’emballages standards sur lesquels on réserve des emplacements destinés à recevoir les indications complémentaires.
- Par exemple, en parfumerie, sur les boîtes de poudres, les étuis à rouge, etc., on fera figurer la teinte du produit ; dans l’industrie des huiles de graissage, on indiquera par une lettre la fluidité de l’huile ; en confiserie, on imprimera sur les boîtes de bonbons le nom du confiseur, etc.
- Dans d’autres cas, par exemple, pour les produits pharmaceutiques en ampoules dont l’emploi se développe sans cesse, il est nécessaire de marquer dans chaque cas, d’une façon indélébile certaines spécifications et certains renseignements (date de préparation par exemple).
- Pendant longtemps, on a eu recours aux étiquettes pour toutes les indications particulières à apposer sur les conditionnements. Mais cette solution est peu satisfaisante : l’étiquette est loin d’être esthétique, elle peut se décoller, ce qui est désastreux et sa pose coûte
- relativement cher, car ies ouvrières, pour faire un collage correct, doivent opérer avec soin. Enfin, dans beaucoup de cas, le collage est difficile sinon impossible. C’est ainsi que sur le fer-blanc ou la galalithe, l’adhérence est très mauvaise et si en plus la surface ri’est pas plane (bouchons, étuis, couvercles, etc.), il est pratiquement impossible de coller convenablement une étiquette.
- Depuis quelques années, on a résolu la question en imprimant directement sur les objets et produits les marques, noms et références nécessaires quelle que soit la nature de la surface (fer-blanc, verre, porcelaine, aluminium, etc.) et la forme de l’objet à marquer (cylindrique, plate, ovoïde, etc.), l’impression pouvant d’ailleurs se faire par repiquage des indications sur les boîtes métalliques déjà imprimées en plusieurs couleurs par les méthodes habituelles.
- C’est sur le procédé de report dit a offset », procédé qui permet aujourd’hui en imprimerie les tirages les plus remarquables que sont basées les machines Dubuit qui satisfont aux desiderata énoncés plus haut et que nous allons décrire rapidement. Rappelons que dans le procédé « offset », au lieu d’appliquer directement un cliché métallique encré sur le papier, on imprime d’abord sur un support intermédiaire de gélatine ou de caoutchouc et que c’est sur ce support que l’on applique ensuite la surface à imprimer.
- Dans les machines Dubuit, on utilise un tampon de gélatine comme support auxiliaire qui permet d’im-
- p.115 - vue 119/439
-
-
-
- 116
- Fig. 1. — Repiquage sur boile rectangulaire.
- primer directement sur toute surface même si elle n'est pas plane : ou peut, par exemple, imprimer sur îles surfaces sphériques sur lesquelles le collage d’uue éliqueUe est impossible.
- 'Pour effectuer le repiquage, c'est-à-dire les impressions complémentaires à un endroit bien déterminé sur des surfaces déjà imprimées, en fer-blanc par exemple, on utilise des dispositifs spéciaux très simples. Pour les boîtes parallélépipédiques, le dispositif est constitué par un support fixe monté sur la platine portant le coussin de gélatine ou en dehors de cette platine. Ce support est pourvu de guides réglables dans lesquels la boîte à imprimer peut être appuyée par l’un de ses bords ; en faisant basculer la boîte autour de ce bord, on l’amène exactement en contact correct avec la partie possédant l’impression du coussin de gélatine.
- Pour les boîtes cylindriques, le dispositif comporte un guide rectiligne fixé en bordure du coussin de géla-line (fig. 2). A l’extrémité postérieure de la platine est rapportée une plaque de butée contre laquelle la boîte à imprimer peut être appuyée. Une fois la boîte ainsi appuyée, sa position de départ est exactement déterminée en faisant coïncider la génératrice de l’agrafage avec une aiguille de repérage dont la hauteur peut être réglée à volonté, ainsi que la position par rapport à la platine. La prise d’impression du coussin de gélatine à l’endroit désiré est fixée instantanément en
- déplaçant le cliché dans un cadre spécial et en l’immobilisant dans sa position par des vis de bloquage.
- ' Dans le cas des boîtes de confiserie, on place le couvercle à imprimer sur un mandrin porté par un support basculant l’amenant eu contact avec le coussin de gélatine (fig. 3). Le mouvement de bascule peut s'effectuer automatiquement, en synchronisme avec le mouvement d’encrage du coussin. Tout le travail de 1 ouvrière se réduit à mettre les couvercles de la main gauche sur le mandrin et les retirer de la main droite du coussin où l’adhérence de la gélatine lui permet de rester collé. On arrive ainsi facilement à une cadence horaire de 1.800 à 2.000 couvercles imprimés.
- #
- * #
- L’IMPRESSION INDÉLÉBILE SUR VERRE CÉRAMIQUE
- L impression sur verre, céramique et produits émaillés mérite un examen particulier. Aux procédés anciens : gravure au jet de sable, report sur papier à partir de la [lierre lithographique, décalcomanie, emploi du pochoir, les procédés par impression directe dont nous venons de dire quelques mots ont permis d’obtenir des impressions vitrifiées ou gravées absolument parfaites et à très bas prix.
- Pour l’impression, on utilise soit le procédé en creux, soit le procédé en relief connus en imprimerie, mais
- Fig. 2. — Repiquage sur surface cylindrique.
- p.116 - vue 120/439
-
-
-
- 117
- naturellement, en passant par l'intermédiaire d’un report sur gélatine de façon à pouvoir épouser toutes les irrégularités de la surface (fig. 4). Les impressions une fois faites doivent, pour être fixées, être soit attaquées à l’acide pour donner une gravure ou un dépoli, soit vitrifiées par passage clans un four. Dans ce dernier cas, il faut que l’encre d’imprimerie contienne de la poudre d’émail ou que, l’impression ayant été faite, on la saupoudre d’émail qui se colle dessus. De même dans le cas de fixation par attaque à l’acide, il faut que l’encre renferme de la résine ou du bitume de Judée, seuls produits résistant bien à l’acide lluor-hydrique.
- Suivant la concentration du bain cfacide, on obtient soif la gravure lisse (x partie d’acide du commerce à (io pour ioo, additionnée de 4 à io parties d’eau, le bain étant maintenu pendant l’attaque à i50-ao0 et les pièces au repos), soif la gravure granitée (solu-
- Fig. 3. — Repiquage sur une huile de conserve.
- lions plus concentrées : i partie d’acide à (io pour xoo et i ou 2: parties d’eau), soil le dépolissage (acide à 6o pour xoo, addition de bifluorure d’ammonium et de cristaux de soude).
- Pour la vitrification des impressions, la température de fusion de 1 email doit cire très basse dans le cas du cristal dont la température de recuit est de /ion0 ; pour le verre ordinaire, on peut chauffer jusqu'il noo° et pour le Pyrex et le Sibor, on peut pousser jusqu’à 6oo° sans crainte de déformation.
- Le chauffage s’effectue en général dans un four à moufle à l’abri des gaz de la combustion, les émaux étant des oxydes métalliques seraient en effet altérés par des gaz réducteurs. On utilise des fours à moufles discontinus pour vitrifier les objets en verre épais à cause du recuit nécessaire et des fours tunnels continus pour la cuisson des objets en verre mince. Des derniers sont chauffés
- Fig. \. — Impression sur ampoules de verre.
- par une rampe à gaz et traversés par un lapis métallique défilant dans l'appareil à une vitesse déterminée. Des obturateurs, à l'entrée et à la sortie, laissant passer exactement les objets, évitent lés pertes calorifiques.
- A litre d’indication, voici quelques chiffres relatifs à l'impression vitrifiée d'ampoules pharmaceutiques de 5 env‘. L’impression se fait à l’aide de machines Dubiiil à double encrage. Deux ouvrières peuvent imprimer 20.000 ampoules en, 8 h (fig. 5).
- La cuisson au four-tunnel de ces 20.000 ampoules prend 8 h avec une consommation de gaz de 4 m" à l’heure et une consommation d’énergie électrique pour les moteurs des deux machines et du tapis roulant de 10 kvv. On voit, même en tenant compte des frais généraux et d’amortissement, que le prix de revient est ex t rem em en t faible.
- Aussi, de plus en plus effectue-1.-on par ce procédé
- Fig. fi; — Une installation rompit'.te. pour impression vitrifiée sur ampoule.
- p.117 - vue 121/439
-
-
-
- = 118 ..........
- les graduations des tubes, des biberons, des seringues, des flacons, etc.
- De meme, dans les industries électriques et de T. S. F., les marques des lampes électriques, des bougies d’allumage, les caractéristiques indispensables relatives à la capacité, la résistance, la tension d’utilisation, les schémas de montage, etc., qui se faisaient par décalcomanie extrêmement onéreuse sont main-
- tenant réalisées à l’aide des machines Dubuit. On voit que les applications de l’impression directe sur les objets ou leurs emballages sont px-atiquement illimitées et donnent un résultat plus esthétique, plus sûr et en même temps plus économique que les procédés jusqu’à présent utilisés.
- H. Vigneron.
- MACHINE A MIRER ET CLASSER LES ŒUFS
- Les établissements avicoles dans lesquels on élève plusieurs milliers de Faverolles ou d’Oi'pingtons, de Leghorns ou de Wyandottes ne se comptent plus. En particulier, en Suisse, dans les cantons de Vaud, de Neufchâtel, dans le Jura et aux environs des grandes villes, comme Fribourg, Bei’ne ou Lucei’ne, cette industrie rurale est aujourd’hui des plus florissantes puisque plus de 3oo.ooo paysans, ouvriers, petits fonc-
- La Suisse consomme, en effet, annuellement 780 millions d’œufs dont elle importe environ un tiers et leur vente est pai'failement, organisée dans plusieurs coopératives entre autres par la S. R. O. (Société Romande des œufs). Ces sociétés centralisent les produits avicoles qu’elles vont chercher par camionnettes dans les fermes du voisinage. Dans chacun de leurs établissements dispersés çà et là, elles préparent les volailles,
- mais surtout font sur une grande échelle le commerce des œufs. Dans ces installations modernes, on peut admirer, entre autres dispositifs mécaniques destinés à faciliter la manutention, l’originale machine à mirer et à classer les œufs. Pour exécuter sa besogne journa-
- Fig. 1. -
- Fig. 2. — Les goulotles de classement par grosseur.
- tionnaires ou spécialistes professionnels se partagent le rendement-de plus de 5 millions de volailles de toutes races, qui ont apporté, l’année dernièxœ, 64 millions de francs à l’économie helvétique.
- 1. S’adresser pour eette machine à M. Schwar, administrateur de la Société coopérative romande pour la vente des œufs, à Vevey (canton de Vaud), Suisse.
- p.118 - vue 122/439
-
-
-
- Hère,, le mireui1 s’asseoit à proximité d’une caisse en bois dans laquelle s’empilent les œufs, qui s’écoulent à la queue-leu-leu, dans une goulotte légèrement inclinée. Chaque œuf passe devant une lampe électrique, dont le faisceau lumineux filtre au travers d’un orifice circulaire et renseigne sur la fraîcheur du blanc. Après mirage, l’œuf frais est repris par le conduc-leur de la machine qui le pose sur une sorte de chaîne sans fin ; il sépare les mauvais dans un casier spécial. Les œufs reconnus bons cheminent ensuite devant des goulottes qui les classent par grosseur. Une fois
- -........: M. FRANÇOIS
- L’éminent minéralogiste François Grandjean, que l’Académie des Sciences de Paris a élu, le 22 novembre 1907, en remplacement de Douvillé, naquit le 17 octobre 1882 a Lyon où son père, modeste employé de chemin de fer, se trouvait alors en résidence. Puis à la mort de ce dernier, sa veuve vint se fixer dans la capitale et son jeune fds, notre futur savant, fit ses éludes au Collège Chaptal, études brillamment couronnées par son entrée à l’Ecole Polytechnique en 1902.
- Là, comme nous l’a confié un de ses camarades, sa maturité d’esprit se révéla. Plutôt réservé que jovial, mais « piochant » dur, il a\ait pour principal objectif de sortir dans la a botte » 0), afin de pouvoir se livrer ultérieurement à son goût pour les recherches scientifiques. Son désir devait se réaliser, puisqu’il arriva troisième de sa promotion et sortit même le premier de l’École'supérieure des Mines, en 1908. Dès lors, sa carrière administrative allait heureusement se poursuivre, soit à l’École nationale des Mines de Saint-Étienne où il professa pendant 3 ans la géologie et la chimie, soit à l’École supérieure des Mines de Paris où, dès 1911, il suppléa Henri Douvillé dans sa chaire de paléontologie. L'année suivante, il succédait, dans le même établissement, à Pierre Termier comme professeur de minéralogie et de pétrographie, poste qu’il occupe encore à l’heure actuelle.
- M. Grandjean a bien voulu nous exposer ses travaux scientifiques lors d’un récent entretien que nous allons résumer succinctement.
- « Mes premières éludes minéralogiques, nous dit-il, remontent, à 1909. Je les ai entreprises en collaboration avec Georges Friedel au laboratoire de l’École des Mines de Saint-Étienne et elles se rapportent aux cris-
- 1. Dans l’argot de l’X, 011 désigne ainsi l’ensemble- des premiers élèves d’une promotion, qui peuvent choisir, à leur sortie, les carrières civiles.
- .......119 =
- le triage effectué de manière rapide, il ne reste plus qu’à les disposer dans les alvéoles de boîtes en carton pour les livrer aux clients. Indépendamment de la mireuse mécanique, la S. R, O. et d’autres grandes coopératives américaines ou européennes possèdent des camions qui livrent chaque jour des œufs frais à leurs abonnés citadins. Ce système de ramassage, de vérification et de vente parfaitement organisé sauvegarde les intérêts des aviculteurs et des consommateurs.
- J. de la Cerisaie.
- GRANDJEAN :.........................
- taux liquides, découverts peu d’années auparavant par Otto Lelimann. L’habile physicien allemand et ses disciples avaient déjà fait de nombreuses observations sur ces corps exceptionnels, improprement appelés du reste car ils diffèrent autant des cristaux que des liquides ordinaires. Mais aucun de ces chercheurs n’avait su interpréter les mystérieuses figures que le microscope leur révélait sur ce nouvel état de la matière auquel G. Friedel donna plus lard le nom d élai méso-morphe. Sans avoir compris toutes les propriétés essentielles de ce dernier, on sait maintenant que les corps susceptibles d’apparaître sous cette forme structurale possèdent des molécules très allongées, presque rectilignes. A une température convenable, celles-ci s’orientent à peu près parallèlement, dans une petite région autour d’un même point, sans s’écarter beaucoup d’une direction moyenne ou axe d’anisotropie, qui se confond naturellement avec l’axe optique. On peut donc désigner les liquides de Lehmann sous le nom de liquides anisotropes.-.
- « Dans une catégorie de ceux-ci, dite smeclique et que Lehmann nommait « fliessende Krislalle/», les molécules .orientées se répartissent dans l’espace, malgré 1 agitation thermique, en couches d’égales épaisseurs. Leur fluidité apparaît considérable dans le sens perpendiculaire à l’axe optique '(normal, à ces couches, en chaque point) mais fort petite dans les autres directions. Dans une autre classe de liquides, les nématiques caractérisés par la présence de fils noirs fins et que Lehmann appelait les « flüssige Kristalle », la fluidité, qui est très grande, existe, au contraire, dans toutes les directions. Ces deux groupes de corps ont un caractère optiquement positif tandis qu’on a rangé, dans une troisième famille dite cholestérique négative, les liquides à grand pouvoir rotatoire, qui donnent par réflexion de magnifiques couleurs polarisées circulai-rement.
- p.119 - vue 123/439
-
-
-
- = 120
- <( Dans ce domaine nouveau et alors peu exploré, nous nous attaquâmes, G. Friedel et moi, aux structures complexes prises naturellement par certains liquides smecliques quand on les examine en masse impor-lanle. Or, à notre grande surprise, les fils que contenaient ceux-ci nous apparurent sous la forme d’ellipses et d’hyperboles. En outre, ces coniques, qui sont focales, se groupent dans toute la masse du liquide et obéissent à des lois curieuses que nous avons établies. Mais je ne saurais entrer dans beaucoup de détails sur ces spéculations qui, chose rare, nous obligèrent à faire de la « géométrie d’observation ». .rajouterai seulement que nous avons étudié, en particulier, sur un peu d’azoxybenzoale d’éthyle mis entre deux verres et porté à une température d’environ iao°, un amas d’épures très compliquées.
- Puis, une fois les coniques focales reconnues, nous avons pu entrevoir certaines conséquences de leurs propriétés, en déduire, par exemple, qu’elles sont fies lignes de discontinuité de la structure.
- Mes autres contributions à la connaissance des corps isomorphes consistent surtout dans la découverte des gouttes à gradins des liquides smecliques ainsi que dans celle des plans différenciés et des « virgules » des liquides cbolestériques négatifs. Voici en peu de mots comment se présentent ces phénomènes. Si on dépose une goutte de liquide s mec tique sur une surface très plane, sa surface libre n’est pas conli-linue ; elle se compose de plans superposés parallèles, limités par des falaises de hauteurs très différentes. Le moindre attouchement provoque le glissement des étages les uns sur les autres et change les formes de leurs contours quoique leurs surfaces restent planes. Sans doute, le liquide smccli-que, dans ces conditions, possède une structure homogène et se compose d’un empilement de couches planes équidistantes. Dans les liquides némaliques, au contraire, ces couches planes n’exislent pas. Dans ceux du groupe cholestérique négatif, la surface est, ornée de surprenantes lignes de niveau entre lesquelles on distingue des « virgules » ou figures courbes définissant un pouvoir rotatoire. Effectivement lorsqu’on met, par exemple, une goutte de cyanobenzol-arnino-cinnamale d’amyle sur un clivage cristallin et (pi on suit une des « virgules » qui y apparaissent en passant d’une ligne de niveau à la suivante, on tourne dans un sens toujours identique.
- En paléontologie, j’ai procédé à de nombreuses recherches sur le siphon de diverses Ammonites et Bélemniles. Mes préparations de coupes médianes m’ont montré plusieurs caractères nouveaux sur les loges, les cloisons et la nature chimique de la paroi siphonale. En particulier, j’ai constaté que cette dernière n’est pas calcaire comme on le croyait auparavant, mais phosphatée.
- D’ailleurs, je ne suis pas resté confiné dans le laboratoire. .l ’ai voyagé pas mal tout en observant la nature, soit en France, soit à l’étranger. Vous rappellerai-je à ce propos les courses que j’ai faites avec mon maître G. Friedel aux environs de Saint-Étienne ? Elles nous permirent de suivre sur le terrain la roche singulière qui tapisse au Sud-Ouest le fond du bassin houiller et
- de distinguer, en rapport avec ladite roche, des zones d’écrasement séparant des granul i t es, des gran i les, des gneiss et des micaschistes à caractères pélro-graphiques distincts. Ges zones d’écrasement témoignent de l'importance des mouvements tectoniques antéstéphaniens dans le Massif Central. D’autre part, chargé des tracés de plusieurs feuilles de Corse, j’ai parcouru de 1909 à 1914, puis de 1919 à r 9 1 les régions centrale et méridionale de l’île. À l’issue de ces tournées, j’ai déterminé, en collaboration avec E. Maury, les contours géologiques des feuilles de Bastelica et de Corte ».
- Tous ces travaux ainsi que des missions d’études minières en Espagne, en Algérie, au Maroc, en Hongrie, en Asie Mineure et jusqu’à Madagascar, en Bolivie et en Chine valurent à M. Grand jean une juste notoriété dans les milieux scientifiques et de nombreuses distinctions. Enfin, depuis x935, il dirige le Service de la carte géologique de la France.
- Du reste, là ne se borne pas l’activité du nouvel académicien. De très originaux mémoires publiés soit dans le Bulletin de la Société zoologique, soit dans d'autres revues spéciales attestent sa sagacité de naturaliste. Fin particulier, pendant ses vacances qu’il passe dans sa propriété de campagne sise aux environs de Périgueux, il essaie actuellement de débrouiller l’écheveau si complexe des lois de l’évolution, grâce à des observations précises et très mi nu lieuses, qu’il poursuit sur certains groupes d’Arlhropodes.
- Jacques Boyer.
- M. François (trand.jcan, élu membre de l’Académie des Sciences de Paris, vle 22 novembre 1937.
- p.120 - vue 124/439
-
-
-
- DIX ANS D'ACTIVITÉ DU FONDS NATIONAL BELGE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
- Le Fonds de la Recherche scientifique de Belgique, créé à l’initiative du regretté Roi Albert, dont nous avons déjà entretenu les lecteurs de cette revue, vient, de célébrer son dixième anniversaire.
- Dans une brochure consacrée à cet événement, M. J. Wil-lems, secrétaire de cette remarquable institution, fait le bilan de l’activité du F. N. au cours de la première décade de son existence.
- Nous y relevons que 166 jeunes gens diplômés ont pu, grâce au concours pécuniaire du Fonds, poursuivre le chemin ardu de la recherche scientifique, sans devoir trop se préoccuper des contingences matérielles. A titre d’ « associés », 63 membres, ayant un rang inférieur à celui de chargé de cours, ont été pourvus en raison de leur situation et de leurs mérites particuliers, d’un complément de traitement pour leur conserver une situation décente en rapport avec ce qu'ils auraient pu trouver en dehors de l’Université.
- Le Fonds National a marqué la reconnaissance du pays, vis-à-vis de 45 savants, par l’attribution d’une rente annuelle à vie, contribuant à leur assurer une situation digne du rôle moral et intellectuel qu’ils ont et contribuent à l’emplir dans le Monde. Des allocations semblables ont été distribuées à un certain nombre de chercheurs distingués n’ayant aucun rapport administratif aves les institutions scientifiques.
- Sur les quarante millions distribués, quinze environ ont servi à subventionner des voyages d’études; cinq cent mille francs pour engagement, de collaborateurs techniques ; cinq millions pour prêts de matériel scientifique ; sept millions et demi pour subsides aux laboratoires scientifiques, etc...
- A signaler les heureux résultats obtenus dans le domaine agricole : orges nouvelles, fixes dans leur descendance, capables de soutenir la comparaison avec les meilleurs produits importés; houblons améliorés; lins à fleurs bleues, de forte croissance, résistant à la verse; fraisiers vigoureux
- ne dégénérant plus, sans compter des vignes donnant un raisin de table de toute première qualité; ces résultats sont infiniment précieux pour l’agriculture belge toujours insuffisante dans un petit pays surpeuplé.
- Par ailleurs notons les progrès réalisés grâce à l’intervention du F. N. dans le domaine industriel : améliorations nombreuses eu construction électrique ; connaissance meilleure du comportement des aciers, de l’écoulement plastique des métaux; résultats précis sur l’action du vent sur les bâtiments élevés, sans compter des progrès sensibles dans les techniques du verre, du cuir, du ciment, du copal, du caoutchouc, de la betterave sucrière, etc...
- Et ces résultats ont été obtenus par un minimum de dépenses n’excédant pas dix-sept millions, somme vraiment. dérisoire en comparaison des avantages obtenus. Les organisateurs du F. N. ont fait preuve dans la distribution des subsides d’un éclectisme et d’une compréhension des nécessités actuelles dont il y a lieu de les féliciter grandement.
- Les générosités particulières ne leur firent d’ailleurs pas défaut. Sans entrer dans le détail de celles-ci, signalons un peu au hasard de la plume, la Fondation Universitaire qui assure le recrutement des valeurs dans les milieux les plus défavorisés de la fortune, subventionne les publications scientifiques, distribue des bourses de voyages; la Fondation Francqui octroyant tous les deux ans, un prix de cinq cent, mille francs ; la Fondation nationale du Cancer assurant aux quatre centres universitaires les masses de radium nécessaires à leur activité. Et M. J. Willems, secrétaire du F. N. de conclure par ces sages paroles : « Puissent les artisans de celte grande et belle œuvre garder toujours la conscience de leurs hauts devoirs et ne cesser de veiller à créer et. entretenir ces « forces intellectuelles et morales » dont le Roi Léopold, disait dans son discours du Trône « qu’elles fécondent le développement d’un peuple ».
- G. Remacle.
- L'HIVERNAGE DE L'EXPÉDITION POLAIRE RUSSE
- Les dernières nouvelles de l’expédition polaire arctique russe, qui sont particulièrement critiques, par suite de la rupture de la banquise sur laquelle elle s’était installée et qui dérive maintenant dans les eaux chaudes, malgré le soin avec laquelle elle fut organisée, la remettent au premier rang de l’actualité. Le campement que représentent les figures x et 2 où l’on aperçoit l’installation éolienne qui permet de repérer la direction du vent et en même temps de produire l’électricité nécessaire au fonctionnement du • poste de T. S. F. et à l’éclairage, est situé sur une calotte de glace en-dessous de laquelle se trouve la mer polaire. Cette station flottante dérive vers le sud, dans la direction du Groenland, ainsi qu’on s’y attendait, étant donné ce que l’on connaît des courants maritimes arctiques. La dérive moyenne est de 4 km par jour et la vitesse augmente au fur et à mesure que la station s’approche du
- Fig. 1. — Les aéronefs de l’expédition soviétique posés sur la banquise au Pôle Nord.
- (Photo France-Presse).
- p.121 - vue 125/439
-
-
-
- 123 ==_________________
- tenant de 95 milles (i5o km environ). Un sondage effectué aux environs du pôle a indiqué une profondeur d’environ 4.270 m qui ne sera sans doute pas dépassée dans d’autres sondages. La couche chaude intermédiaire découverte par Nansen au nord du Spitzbcrg et qu’il attribua à l’eau salée provenant de l’Océan se trouve, au pôle, à une profondeur de 20 à 5o m. Vers 3o m, la température est sensiblement zéro degré, puis diminue régulièrement avec la profondeur pour s’établir à — o°,G7 au fond de la mer arctique. On a constaté également que la mer arctique au voisinage du pôle est beaucoup plus riche en plancton et en vie animale qu’on pourrait le supposer et que la banquise polaire, ainsi que Peary l’avait constaté et comme on peut le voir sur les photographies que nous reprodui-eouranl groënlandais est. Pendant le premier mois, le sons est beaucoup plus plate qu’aux environs du cercle
- déplacement fut de 84 milles (i35 km environ) il est main- polaire et auprès des terres.
- -- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1937, A PARIS
- Mois légèrement un peu froid, pluvieux, neigeux et peu ensoleillé.
- La pression barométrique, ramenée au niveau de la mer à l’Observatoire du Parc de Saint-Maur, a été constamment inférieure à la normale jusqu’au 17, elle s’est relevée à partir du 18 et est restée haute jusqu’à la fin du mois; sa moyenne, 75g mm 7 est en déficit de 3 mm o par rapport à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 3°,i, est inférieure de 0,2 seulement à la moyenne des 60 années 1874-1933. La moyenne des minima est sensiblement normale. Celle des maxima présente un déficit d’environ x° et le maximum absolu, io°,6, noté le Ier et le 2, est en déficit de 20,3 sur le maximum absolu moyen. Le même écart se retrouve en sens inverse sur le minimum absolu, — 4°,4, observé le 21, supérieur de 2°,3 au minimum absolu moyen.
- Les températures moyennes journalières, assez élevées au début du mois et du 23 au 25, ont oscillé autour de leurs normales respectives du 5 au x5. Du 16 au 21 et du 27 au 31, elles ont été basses avec des écarts négatifs atteignant jusqu’à — 5°,i.
- Le nombre de jours de gelée à glace, i4 dont 3 sans dégel, dépasse d’une unité le nombre moyen.
- Les extrêmes de la température pour la région ont été :
- — 8°,5 à Montesson et i3°,i à Paris (Passy).
- Au Parc de Saint-Maur en 19 jours de pluie appréciable, contre 16, nombre moyen, les précipitations, fréquentes et abondantes, ont fourni 74 mm 8 d’eau, total supérieur de 48 pour xoo à la normale. Il a plu tous les jours jusqu’au 9, date à laquelle on a recueilli en 24 h, i4 mm 4 d’eau (pluie et neige).
- Le nombre de jours de neige, 7, est trois fois plus grand que le nombi’e moyen; en 64 ans, il n’a été atteint ou dépassé que 7 fois en décembre.
- A l’Observatoire de Montsouris il a été recueilli 79 mm 6 d’eau et la durée totale de chute 64 h 55 m est à peu pi’ès normale.
- Les hauteurs maxima en 24 h ont été : pour Paris, i4 mm 9 à l’hôpital Saint-Antoine et pour les environs, 16 mm 6 à Villejuif, du 8 au 9.
- Les 5, 7, 18 et 28 de faibles chutes de neige se sont pi-o-duites sur plusieurs points. Les 9, 12, i3, 16, 19 et 20, des chutes plus importantes ont affecté toute la région. La neige a formé couche sur le sol api'ès les chutes du 16 et du 19 ; k 19, à 18 h, cette couche était de 10 cm à Fresnes, de 5 au bois de Vincennes et à Montsouris et de 2 au square de la Tour Saint-Jacques.
- Les brouillards ont été quotidiens et généralement matinaux dans l’ensemble de la région. Visibilité les plus faibles : 10 m à Igny le 22 et 20 m à Bi’évannes le 24, vers 9 h. Obscurcissement le 9 à Brévannes et le i5 à Sevran.
- La durée de l’insolation à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 32 h 5o m, est inférieure de 23 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 89,3 pour 100 et celle de la nébulosité de 85,0 pour 100. On y a constaté : 1 jour de gouttes ; 6 jours de sol couvert- de neige ; 21 jours de brouillai’d ; 6 joui’s de brume; 1 jour de l'osée; 10 jours de gelée blanche.
- Fig. 2. — Vue générale de la station dérivante installée sur la banquise au Pôle Nord.
- (Photo France-Presse).
- Em. Roger.
- p.122 - vue 126/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 novembre 1907.
- La chlorose. — M. Vidal montre que la chlorose calcaire de la vigne est bien due à la carence en fer. Le 1er loi al contenu dans les feuilles est cependant en quantité suffisante mais se présente sous une forme insoluble et inutilisable. Il suffit de mettre une solution d’acide citrique, puissant mobilisateur du fer, en contact avec une racine dénudée pour faire cesser la maladie. Les autres acides ont une action nulle ou peu énergique.
- Réaction sanguine des cancéreux. — M. Rousseau a réussi à isoler du sang humain normal un facteur oxydant qu’il n’a retrouvé-qu’à une teneur en moyenne moitié moindre chez les sujets cancéreux. 11 semble d’ailleurs que la disparition progressive de ce facteur dans le sang soit liée à l’évolution de la tumeur.
- Séance du 6 décembre 1937.
- Le rythme cardiaque du Doryphora. — MM. Trouve lot et Busniîl ont noté que certaines Solanées résistent au doryphora et ont supposé que les feuilles de ces végétaux contiennent une substance toxique pour cet insecte. Ayant alimenté des larves de doryphora aArec les feuilles de S. demissum, qui résiste particulièrement à l’insecte, ils ont pu noter un ralentissement très marqué du rythme cardiaque allant jusqu’à des arrêts de 3 à 20 secondes si l’ingestion se prolonge pendant 12 h. Les larves intoxiquées remises sur la pomme de terre reprennent lentement une activité normale. Les feuilles des hybrides provoquent des troubles cardiaques analogues mais moins intenses. Il est donc probable que l’on se trouvé en. présence d’un principe toxique tendant à mettre les insectes à l’état de vie ralentie.
- Transmission aérienne de la grippe. — En
- broyant dans l’eau physiologique des poumons desséchés de furets aLteinls de la grippe, on obtient un virus grippal que MM. Trillat et Beauvillain mettent en suspension dans l’air en très fines gouttelettes. Si l’on expose la muqueuse oculaire d’un furet sain à cet air ou si on laisse respirer l’animal dans ce milieu, le furet contracte la grippe. Cette contagion a non seulement été vérifiée par ses signes cliniques, mais aussi par la vérification de la présence d’anticorps à pouvoir neutralisant dans le sang des furets contaminés. Ces expériences démontrent nettement la propagation de la grippe par voie aérienne et la réalité du danger des brouillards susceptibles de contenir en suspension des germes pathogènes.
- Séance du i3 décembre 1937.
- Les mi ni ma d’Algol. — Les minima d'Algol et d’autres étoiles variables passent pour survenir à des époques différant de plus de 10 mn suivant les régions du spectre dans lesquelles on les observe. M. Mao-Lin a photographié Algol d’une façon presque continue à travers un prisme-objeclif et a étudié les variations enregistrées pour les régions du spectre entre 0,39 et o,65 jju L’examen des clichés ne lui a permis de constater aucun décalage des minima. Il est donc probable que les différences constatées jusqu’à ce jour étaient dues à des observations insuffisamment serrées ou manquant de précision.
- Polissage électrolytique. — Les méthodes classiques de polissage modifient la structure superficielle des métaux
- mous et y incorporent des grains d’abrasifs. Elles sont particulièrement mal adaptées à l’étude micrographique de l’aluminium. M. Jacquet a mis au point une technique de polissage électrolytique. Le bain est obtenu par un mélange d’anhydride acétique et d’acide perclilorique. L’échantillon est placé verticalement à quelques centimètres de la cathode; une tension assez élevée (5o à 100 v) est appliquée pour obtenir une densité de 3 à 5 A par dm2. La température est maintenue entre 45 et 5o° C. L’opéralion dure, environ un quart d’heure; on lave ensuite l’échantillon à l’eau distillée et on le sèche à l’alcool et à l’éllier. L’examen micrographique peut alors être poussé jusqu’au grossissement de 2 5oo diamètres. Il est à noter qu’un bain neuf ne donne pas tout de suite de bons résultats et d’autre part que, si un traitement mécanique superficiel a eu lieu, il faut poursuivre l’électrolyse assez longtemps pour dissoudre la couche anormale.
- Purification de l’eau. — MM. Austerweil et Fied-leu obtiennent de l’eau pratiquement pure par de nouveaux échangeurs d’ions. Pour capter les ions acides, ils utilisent des bases organiques insolubles donnant des sels insolubles, en particulier la laine, les crins ou la corne. L’eau à épurer perd ses bases en passant sur du lignite traité par S04II9 à 100 pour 100 et lavé. Un dégazeur enlève C02 ; l’eau passe ensuite sur les bases organiques dont on a pu renforcer l’activité en éthérifiant leurs fonctions acides. On élimine ensuite la silice par l’alumine activée. Les échangeurs se régénèrent facilement par les acides et les bases el la dépense ne correspond donc qu’aux produits de régénération. Pour l’eau de Paris, la dépense est de 46o gr d’acide sulfurique et. de i5o gr de carbonate de sodium par m3.
- L’insolation de Paris. — L’énergie G apportée par unité de surface du sol se compose de deux parties, l’une S, rayonnement direct, et l’autre D, diffusée par la voûte céleste. Soit Go l’énergie qui serait apportée si l’atmosphère n’existait pas et que la constante solaire permet de calculer, M. Brazier compare le rapport S/Go à S/A, rapport de la durée réelle d’insolation à la durée du jour et il montre qu’une relation existe entre ces deux nombres qu’il est possible de mettre sous une forme parabolique dont les coefficients subissent des variations annuelles ou semi-annuelles. Au contraire, aucune relation nette ne paraît exister entre S/A et D/Go. Ce dernier rapport varie de 0,21 par temps couvert à o,25 par temps demi-couvert. Il serait hasardeux de lui attribuer une variation annuelle.
- Les cultures microbiennes en milieu lécithiné.
- — MM. Levin et Olitzki montrent que les espèces microbiennes du groupe typhus-coli perdent tout ou partie de leur action pathogène si on les cultive dans un milieu contenant de la lécithine colloïdale. Ils ont opéré en ajoutant aux bouillons nutritifs, quelques heures avant les repiquages, une quantité variable d’une solution-mère contenant 10 pour 100 de lécithine d’œuf, 8 pour 100 de glycérine et 82 pour 100 de solution de Ringer. Après 10 passages l’action atténuante de la lécithine est déjà très sensible; elle devient très considérable après une centaine de passages. Le pouvoir protecteur n’est toutefois pas complet, surtout lorsque les doses injectées sont élevées. Ces expériences peuvent se rattacher à la théorie de Lominski sur l’atténuation du bacille tuberculeux dans la préparation du B. C. G.
- L. Bertrand.
- p.123 - vue 127/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Very low Températures. Livre I, 1 broch. illustrée, 32 p. Prix : 6 cl. net ; par poste : 7 cl. — Livre II, 1 broch. illustrée, 60 p. Prix : 2 sh. net, ; par poste : 2 sh. 2 d. — Livre III, 1 broch., 76 p. Prix : 1 sh. 3 d. net ; par poste : 1 sh. 5 d. Science Muséum, South Kensington, London, S. W. 1.
- Ces intéressantes brochures sont destinées à vulgariser les progrès de la science et de la technique des basses températures ; le premier contient un exposé de M. Crawhall sur les mesures de température, ja liquéfaction et la solidification des gaz, l’acide carbonique solide et les applications des basses températures ; la seconde due à MM. Crawhall et Kantorowicz a surtout un caractère monographique. La troisième reproduit les conférences données, lors de la dernière exposition des basses températures du Science Muséum, par M. Travers sur la technique des recherches aux basses températures, par M. Bainbridge sur la fabrication de l’oxygène, par M. Faulkner sur celle de la neige carbonique, par M. Cockroft sur la liquéfaction de l’hydrogène et de l’hélium, par M. Lindemann sur les propriétés de la matière aux très basses températures, par M. Simon sur la course vers le zéro absolu.
- Les rayons de la mort et autres nouveaux engins de guerre, par M. Seydewitz et K. Doberer. Traduit et adapté de l’allemand par le Capitaine G. P. Capart. 1 vol. in-16, 245 p. Hachette, Paris, 1937. Prix : 18 francs.
- Tout ce qu’on lit des rayons mortels, de la commande à distance des engins, des explosions à distance, des rayons aveuglants; des avions extraordinaires, des chars volants, des tirs silencieux, des rayons Z a été réuni dans ce livre, sans apporter ni certitude ni précision. On le quitte comme un cauchemar peuplé do fantasmagories.
- L’automobile, par A. Vilaseca, J. Glanuard, .T. Hesse. 1 vol. in-8°, 263 p., 107 Hg. Larousse, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage simple et pratique, mais très complet, est destiné surtout au grand public des automobilistes non professionnels conduisant eux-mêmes leurs voitures. Il contient la description des organes essentiels d’une voiture moderne et des accessoires indispensables, suivie de renseignements utiles sur l’achat d’une automobile, les lois récentes de la circulation routière, et surtout sur la conduite, l’entretien ; le dépannage et la réparation ne sont pas non plus oubliés.
- L’acoustique et la construction. Bases de la technique, par Jacques Brillouin. 1 vol. S4 p., 48 fig. Hermann, Paris, 1937. Prix : 18 francs.
- Sous une forme volontairement simplifiée, l’auteur présente dans ce petit livre à l’usage des architectes les principes d’acoustique sur lesquels reposent les méthodes modernes d’étude des salles et d’isolement phonique.
- Handbook of scientiüc and technical societies and institutions of the United States and Canada. 3e édition. 1 vol. in-S°, 283 p. National Research Council, Washington, 1937. Prix : 3 dollars ; relié toile, 3,50 dollars.
- Liste de toutes les organisations scientifiques et techniques des États-Unis et du Canada, avec pour chacune d’elles, l’objet d’activité, les conditions d’entrée, les réunions, les publications, les ressources de leurs bibliothèques, leurs subventions et récompenses.
- L’explosif en agriculture, par À. Piédallu. 1 vol. in-16, 189 p., fig. La Maison rustique, Paris, 1937. Prix : 12 francs.
- Mise au point et propagée par l’auteur, cette méthode simple et sans danger permet de planter partout des arbres qui poussent vite, de dérocher champs et prairies, d’arrêter l’érosion, d’élargir les chemins, d’arracher les souches, etc., sans efforts et sans grands frais.
- Traité élémentaire de chimie de Lavoisier (avant-propos de M. Le Chatelier). 1 vol. 192 p., 53 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1937.
- La publication du traité élémentaire de chimie de Lavoi-
- sier en 1789 a été un événement capital : elle a marqué la naissance de la véritable science chimique. On doit féliciter la librairie Gauthier-Villars d'avoir réédité ce chef d’œuvre dont l’intérêt actuel n’est pas seulement historique : on y trouve, dans une langue d’une éblouissante clarté, un modèle de méthode et de raisonnement scientifiques qui garde aujourd'hui toute sa valeur éducative. C'est une lecture que l'on ne saurait, trop recommander à quiconque s'intéresse à la science ou désire s'y consacrer.
- Discovery Reports. Volume XVI. 1 vol. in-4°, 446 p., 92 fig., 14 pi. Cambridge Univcrsity Press, London, 1937. Prix : 3 £. 3 sh.
- Quatre mémoires constituent ce volume. Le premier, de M. .T. B,. Norman, étudie les poissons côtiers de la Patagonie, de lu. Terre de Feu et des Falklands : 128 espèces, dont beaucoup sont seulement subantarctiques ou antarctiques. M. Ingram Hendey décrit des diatomées plancfoniques des mers australes et examine toutes les questions biologiques que soulève leurs variations, leurs structures, leurs fonctions, leurs rapports avec le milieu (influence de l’eau lourdo, des phosphates, etc.). M. N. A. Mackintosh signale la circulation saisonnière du macroplancton antarctique ; les trois espèces les plus abondantes vivent l’été en surface et descendent l’hiver vers 500 m, si bien qu’elles sont entraînées par les courants sur plusieurs centaines de milles. Enfin, M. John Hart examine le diatoméo pélagique Rhizosolenia curvala qui est confinée aux eaux les plus froides de la région subantarctique ; sa distribution géographique en fait un précieux indicateur des mouvements de ces eaux.
- Die Staaten der Ameisen, par le D1' Wilhelm Goetsch. 1 vol. in-16, 159 p., 84 fig. Collection Verstandliche Wis-senschaft. Julius Springer, Berlin, 1937. Prix : relié toile, 4,80 marks.
- Que n’a-t-on pas écrit du monde des fourmis ? Ce petit livre donne le goût de les observer encore en rappelant ce qu’on sait do leur anatomie, de leur développement, et surtout de leurs modes de vie et de leurs instincts, de leurs nids, de leurs greniers et de leurs cultures, de leurs organisations sociales et de leurs combats.
- Le Saint Suaire de Turin, par Paul Vignon. 1 vol. in-4, 216 p. il pl., 92 fig. Masson et Gie, Paris, 1938. Prix : 100 francs.
- Le Saint Suaire de Turin est, on le sait, un drap de serge, long de 4 m 36, large de 1 m 10, sur lequel apparaît la double trace d’un mort crucifié, flagellé, percé d’une lance, couronné d’épines. L’image de la face est particulièrement précise et impressionnante. Photographié en 1898 par le Commandeur Fia, puis en 1931 par Giuseppe Enrie, il n’a cessé de faire l’objet d’études multiples dont les plus complètes de beaucoup sont celles du professeur de l’Institut Catholique qui groupe ici les données scientifiques, archéologiques, historiques, iconographiques aujourd’hui rassemblées. L’homme du Suaire avait été supplicié et était mort comme Jésus-Christ, sa sépulture concorde avec les textes des Évangiles ; l’image du Suaire n’est pas une peinture, mais une image formée naturellement par des vapeurs ammoniacales agissant sur une poudre d’aloes imprégnant le tissu. On le sait à Turin depuis 1578 ; on le trouve à Lirey dès 1355 ; il y vint sans doute du sac de Constantinople par les Croisés, en 1204, peut-être en passant par Besançon avant Byzance, c’est l’inconnu ; mais des détails caractéristiques de l’image se reconnaissent sur de nombreuses figures du Christ depuis le ve siècle/révélant qu’elle était déjà connue. M. Vignon conclut que le Suaire est logiquement authentique, qu'il ne peut être œuvre de faussaire ni linceul d’un supplicié anonyme. Il faut lire dans son texte et juger sur les photographies qu’il reproduit, l’argumentation serrée, méticuleuse et claire dont il étaie son jugement.
- Œuvres d’art magdaléniennes de Laugerie-Basse
- (Dordogne), par l’Abbé H. Breuil. 1 broch. in-8, 30 p., 7 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 7 francs.
- Étude des objets d’art trouvés dans les fouilles de Le Bel-Maury, avec figuration des pièces, puis conférence du professeur au Collège de France sur l’évolution de l’art pariétal dans les cavernes et abris ornés de France.
- p.124 - vue 128/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- CHEMINS DE FER
- La locomotive Diesel électrique du P.=L.-M.
- Dans son numéro 3oii, du i5 octobre dernier, La Nature a décrit la nouvelle locomotive Diesel électrique du P.-L.-M., et nous étions convié, le 39 décembre dernier — le jour même où éclatait, à Paris, la grève des transports — à prendre part à la présentation de cette locomotive sur le parcours accidenté Paris-Dijon et retour.
- Le train d’essai, indépendamment de la locomotive elle-même, véritable centrale électrique sur rails, du poids de a a 8 t, était composé de sept, véhicules pesant au total 33o t, et devait effectuer le parcours de Paris à Dijon en 3 h, arrêts déduits.
- -Nous crimes la bonne fortune de faire, sur la locomotive elle-même, le trajet Laroche-Les baumes fioi km) qui fut parcouru en 5/| mn, et nous pûmes ainsi constater, malgré sa robustesse, la souplesse de sa marche, due à la constance de l’effort moteur, d’01'1 résulte la suppression complète du pilonnage des voies occasionné par les mouvements alternatifs des machines à vapeur, et dont la fatigue est ainsi considérablement diminuée. Ajoutons ici, pour les voyageurs, l’amélioration du confort due à l’absence totale des escarbilles et de la fumée.
- Pendant ce parcours de Laroche aux baumes, l’aiguille de l’indicateur de vitesse, placé dans la cabine de conduite, oscilla souvent entre 120 et i3o km, atteignant même, un moment i35 km, sans nuire pour cela à l’excellente tenue de voie de la machine.
- Les deux moteurs Diesel, au cours de ce voyage, furent utilisés à leur puissance maximum, qui est,, nous l’avons vu, de 4-/ioo ch, pour quelques-uns des démarrages et pour escalader les rampes, qui atteignent 8 mm par mètre, entre Laroche et Dijon.
- Le retour se ht à une allure plus rapide encore que l’aller, et l’on put notamment constater que les a5 km de Dijon à Blaisy-Bas, où la pente moyenne dépasse G mm par mètre, furent franchis à près de 100 km de moyenne.
- Sur le parcours total, aller et retour, de 600 km, plus de 100 km ont été parcourus à la vitesse de iao km à l’heure avec quelques pointes à i35 km, et au retour, parti de Dijon 20 mn après le train léger aérodynamique, le convoi remorqué par la Diesel électrique entrait en gare de Paris P.-L.-M. en même temps que lui.
- La consommation de combustible, qui fut d’environ, pour tout le parcours, 4 1 au km, correspond à une puissance moyenne d’environ 3.000 ch aux Diesel, dont la puissance uni horaire, on se le rappelle atteint 4.4 00 ch et. la puissance continue 3.800 ch.
- La remarquable, stabilité d’allure constatée au cours de ce voyage est due à la commande individuelle des essieux moteurs, ce qui permet d’en augmenter le nombre, et d’obtenir ainsi une adhérence et une puissance élevées, tout en limitant leur charge unitaire.
- Et les sept tonnes de combustible qu’emporte cette locomotive, suffisantes pour un trajet d’environ 2.000 km, lui permettent d’assurer le parcours Paris-Menton sans ravitaillement ni graissage en cours de roule.
- En raison des rampes, atteignant 8 mm par mètre, qui existent entre Laroche et Dijon, vers Blaisy-Bas, et entre Marseille et Menton, vers Carnoules, la Compagnie P.-L.-M. était forcée, sur ce trajet, d’utiliser successivement 5 loco-
- motives : une « Pacific », rapide, avec ses trois essieux couplés, mais insuffisamment puissante sur parcours accidenté, entre Paris et Laroche; une « Mountain », plus puissante, avec ses 4 essieux moteurs, mais moins rapide, entre Laroche et Dijon; une seconde « Pacific » de Dijon à Lyon, une troisième de Lyon à Marseille, et une seconde « Mountain » de Marseille à Menton.
- La Diesel électrique, qui unit la rapidité des meilleures Pacific à la puissance des plus puissantes Mountain, pourra, à elle seule, assurer la totalité de ce parcours, sans aucun relai à Laroche, Dijon, Lyon et Marseille. Chacun de ces relais comportant une sortie du dépôt, une manœuvre en
- Fig. b — La locomotive Diesel électrique du P.-L.-M.
- gare et une rentrée au dépôt, son emploi permettra une triple économie de travail, de temps et. d’argent.
- Bien qu’il n’ait pas encore été fait de mesures de la puissance à la jante, la locomotive Diesel électrique semble donc, actuellement, la plus perfectionnée des machines, et les essais en ligne, qui auront lieu, dans quelques mois, en même temps que ceux de l’autre prototype que la Compagnie Fives-Lille doit livrer en février, confirmeront certainement ces qualités.
- Georges Lanorville.
- BIOLOGIE
- La mort du cygne... par des diatomées.
- M. Ernest Gray, de l’East Anglian Instilute of Agriculture de Chelmsford signale une cause de mort des cygnes assez inattendue, dans une lettre adressée à notre confrère anglais Nature. En mars 193G, M. Gray reçut d’un jardin de Manchester le cadavre d’un cygne, mort en même temps que d’autres sur le même étang. A l’autopsie, l’animal fut trouvé sain, sans infection bactérienne, mais avec une entérite aiguë du duodénum; l’examen du contenu intestinal révéla de grandes quantités de Potamogelon et de frus-tules de diatomées, et une teneur excessive en silice. L’année précédente, à la même époque, un autre cygne était déjà mort avec les mêmes lésions. Cette périodicité, concordant avec Je moment de pullulation des diatomées, incita justement M. Gray à penser que l’entérite des cygnes était duc à l’irritation mécanique provoquée par les frustules de silice des diatomées et d’ailleurs aucun nouvel accident n’apparut plus sur l’étang curé de ses herbes et désinfecté par le chlore.
- p.125 - vue 129/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTES
- MÉCANIQUE
- Abri de plein air à couverture mobile.
- Réaliser un abri de plein air dont la couverture puisse se déployer ou se replier facilement, suivant les caprices de la température, et sans intervention de mécanismes compliqués, tel est le problème que s’est posé M. Gautier et qu’il a fort, ingénieusement résolu. Son invention répond à
- un réel besoin : terrasses d’hôtel, de café, magasins de plein air, lieux de réunion en plein air réclament des abris d’installation rapide, à surfaces importantes, que l’on puisse à volonté laisser entièrement
- Fig. 1. — La bâche vue en plan, découvertes ou protéger contre les intempéries. Des couvertures de ce genre conviennent également aux ateliers de séchage en plein air, et en temps de guerre au camouflage rapide.
- La réalisation conçue par M. Gautier est fort simple : des pylônes appropriés soutiennent les chemins de roulement : câbles ou poutres, sur lesquels reposent des galets fixés à des traverses. Sur ces traverses est fixée la bâche de couverture ; un système de câbles et poulies commandé par un mécanisme quelconque, à la main pour les petites surface, par moteur électrique pour les grandes surfaces, permet de rapprocher les unes des autres les traverses ; la bâche se replie alors en accordéon et découvre l’abri; si, au contraire, on fait reprendre aux traverses leur écartement normal, la bâche se déplie et l’abri est couvert. Cette manœuvre peut être très rapide; dans le cas d’un entraînement par moteur électrique elle peut être commandée à distance.
- Sur le plan de la figure i et l’élévation de la figure 2, on voit une bâche recouvrant un terrain rectangulaire; les traverses mobiles À sur lesquelles est fixée la bâche reposent
- Cable
- Chemin
- de roulement
- Fig. 2. — Le mécanisme de déploiement.
- par des galets sur deux chemins de roulement latéraux constitués par des câbles ; les traverses sont reliées à deux câbles sans fin passant sur les poulies B et C; les poulies B sont commandées par un arbre D, mû lui-même par un moteur par exemple. Suivant qu’on fait tourner cet arbre dans un sens ou dans l’autre la bâche se déploie ou se replie en accordéon.
- Construct. : M. R. Gautier, 6, Passage Dubois, Paris (19e).
- CINÉMATOGRAPHIE
- Nouvel accessoire pour le cinéma d’amateur.
- Le nombre des cinéastes amateurs augmente constamment; beaucoup d’entre eux enregistrent eux-mêmes les films qu’ils projettent ensuite. Les véritables amateurs ne se contentent pas de projeter immédiatement les films développés; le film positif, brut, en quelque sorte, est avant projection soumis à un travail de coupure et de classement.
- Il faut donc supprimer des parties du positif pour éliminer les vues défectueuses et classer les autres dans l’ordre désiré. Ce travail de montage s’effectue aisément en coupant des bandes du film et en les réunissant les unes aux autres dans l’ordre choisi, au moyen d’une colle spéciale pour acétate de cellulose qui réalise une véritable « soudure autogène ». •
- Le montage s’effectue généralement après un premier examen du film par projection ou par vision directe, c’est ce qu’on appelle dans le jargon technique des cinéastes <( visionner le film ».
- Au moment du collage, il faut encore procéder à un examen direct, pour bien effectuer la soudure, et ne conserver que les images absolument satisfaisantes. Cet examen final s’effectue à la loupe sur le film éclairé par transparence.
- Avec des instruments de fortune, ce serait une tâche assez malaisée. Les cinéastes professionnels emploient donc des appareils dits visionneuses, facilitant le travail et comportant un système d’éclairage, un dispositif optique à fort grossissement et des tambours de guidage sur lesquels passe le film. Ces appareils industriels sont trop coûteux pour un outillage d’amateur.
- Voici un appareil simple et de prix plus l'éduit qui paraît pouvoir rendre des services à de nombreux cinéastes amateurs.
- Il comporte, comme le montre la figure 3, un petit boîtier en tôle vernie renfermant une ampoule électrique à incandescence, avec des trous d’aération pour la ventilation à sa base.
- Le film passe à la partie supérieure sur des rouleaux de guidage, et il traverse une fente pratiquée dans un tube d’observation portant une loupe de gros diamètre à monture coulissante, qui permet ainsi aisément l’observation des images bien éclairées, au fur et à mesure du montage.
- La loupe de visée est adaptable aux différentes vues, les galets-guides évitent les rayures; l’appareil convient indifféremment à tous les formats : 8 mm, 9 mm 5 ou 16 mm, ce qui est très précieux pour les amateurs qui utilisent plusieurs formats.
- Visionneuse Monex, Établissements Pierre Menier, 36, Avenue Niel, Paris (17e).
- fyiâne
- Pylône—•!
- Fig. 3. — Visionneuse Monex.
- p.126 - vue 130/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la conquête des Canaries par VEspagne. — Un de nos lecteurs espagnols, M. Gallardo Gômez s’est ému de la phrase suivante de M. Forbin dans son article sur « Le serin à l’état sauvage » (n° du 1er décembre 1931, page 514) : « Quand l’Espagne eut conquis l’archipel (en 1483) et massacré la plupart des indigènes (comme elle devait le répéter bientôt aux Antilles). » et nous écrit :
- «' Souffrez que je vous dise que votre raccourci historique est une singulière façon de faire de l’histoire.
- Rejetant tout ce que la mythologie, la tradition orale, les récits non contrôlés, les documents apocryphes ou incertains peuvent dire sur ces Iles, il est hors de doute qu’en 1393 une /lotte équipée par des vizeainos (je ne dis pas « basques », mot qui pourrait prêter à l’équivoque puisqu’il pourrait se trouver des gens trop empressés de croire qu’il s’agissait des originaires du versant Nord-Occidental des Pyrénées) repérèrent ces îles.
- Vers 1400, un aventurier français appelé Jean de Bethencourt, ancien écuyer de Charles YI, conçut l’idée d’explorer l’archipel que le pape Clément VI avait placé sous la protection du prince espagnol Luis de la Cerda.
- Bethencourt, avec son sous-lieutenant français Cadifer de la Salle, partit pour les Canaries et ne croyant pps pouvoir s’en rendre maître avec les moyens dont il disposait, confia ses hommes à La Salle et vint à la cour d’Espagne pour y demander des renforts, qu’il obtint d’ailleurs grâce aux auspices de son oncle, Robert de Braquemont.
- A son retour aux îles, il se prit en querelles interminables avec La Salle et réussit à faire rebrousser chemin à son lieutenant vers la France. Bien entendu, Bethencourt trouva les îles à pou près dominées et pacifiées par La Salle. A quel prix - ? Je vous le laisse supposer, mais en y ajoutant que les gens d’armes enrôlés par Bethencourt et La Salle pour cette conquête étaient bien des Français, justement embarqués en 1402 à La Rochelle et que les autochtones des Iles Canaries n’étaient point de vulgaires sauvages, mais des gens paisibles, doux, qui considéraient comme un sacrilège tout versement de sang et qui cultivaient la musique et la poésie.
- Jean de Bethencourt, aventurier français, fut donc le premier gouverneur des Iles Canaries (D’Arvac : Notes sur la première expédition de Bethencourt aux Canaries, Paris, 1846 ; Gabriel Gravier : Les Canaries, livre de la conquête des Canaries 1 {02-1422, Rouen, 1874).
- Le second gouverneur des Iles Canaries fut le sieur.Maciot de Bethencourt, qui sans le moindre doute n’était point espagnol, ce qui n’empêcha pas qu’il massacra sans pitié les indigènes qui avaient échappé aux razzias impitoyables de ses prédécesseurs. Le sieur Maciot de Bethencourt poussa la cruauté jusqu’à n’accorder grâce à aucun indigène, fut-il chrétien ou païen, si ce n’était pour le vendre comme esclave. Les monstruosités du sieur Bethencourt poussèrent l’évêque Don Mondio à demander au gouvernement espagnol la destitution de ce triste sire. L’Espagne envoya alors trois bateaux de guerre sous les ordres de Don Pedro Barba de Campos qui de gré ou de force parvint à soumettre Maciot.
- La conquête do la Gran Canaria fut achevée vers 1480 par Don Pedro de Vera, tandis qu'Antonio Fernandez de Lugo Elisait de même peu de temps après avec Tenerifc et La Pal ma ».
- A propos des empoisonnements fongiques
- (n° 3017). — Notre collaborateur, M. Marcel Josserand nous écrit :
- a Dans son article sur « les empoisonnements fongiques », M. G. Bloch-Lafon, rappelant les différents groupes de champignons vénéneux, écrit : « Champignons agissant sur le sang (hémolytiques) : Lepiota helveola... ». Bien dans la littérature inyco-toxicologique ne permet, à ma connaissance, de ranger Lepiota helveola parmi les champignons hémolysants.
- Par contre, ce syndrome helvéolien a beaucoup de points communs avec le syndrome phalloïdien et ces deux types d’empoisonnements doivent être, sinon tout à fait identifiés l’un à l’autre, du moins étroitement rapprochés. C’est le point de vue que j’ai soutenu dans une étude publiée à la suite d’un empoisonnement helvéolien mortel que j’ai observé dans la région lyonnaise, voici quelques années et cette thèse a été adoptée, je crois, unanimement (notamment par le Dr Henry et par le Pr B. Wiki qui ont également étudié cette espèce). En effet, Lepiota helveola conserve pleine toxicité après dessiccation comme après ébullition, ce qui l’éloigne tout à fait des espèces hémolysantes. De plus, le tableau clinique déclenché par cette Lépiote est caractérisé par : longue incubation, crampes musculaires très douloureuses, vomissements incoercibles (dans le cas que j’ai observé, un homme vigoureux a vomi à peu près sans arrêt pendant 15 h consécutives !), rémissions. Or, tous ces symptômes sont superposables à ceux produits par l’Amanite phalloïde.
- Le classement de Lepiota helveola dans le groupe toxique qui lui convient n’a pas qu’un intérêt purement théorique car la thérapeutique varie pour chaque type de myco-intoxica-tion. On ne traite pas un empoisonnement phalloïdien comme un empoisonnement par hémolyse. Il est donc important de ne pas prendre l’un pour l’autre ».
- Bris spontané de verre. — M. Is. Maranne,, pharmacien à Périgueux, nous écrit :
- La Nature vient de signaler dans les numéros des 15 novembre et l01' janvier des observations concernant la rupture spontanée du verre. Ce phénomène pourrait être plus fréquent qu’on ne le croit, car j’ai moi-même été. le témoin d’un cas semblable, il y a une quinzaine d’années.
- « Je faisais une solution dans un mortier de verre, en remuant bien doucement, lorsque subitement une explosion se produisit et mon mortier vola en poussière. Je ne trouvai devant moi qu’une flaque du liquide répandu sur ma table avec, au milieu, un unique morceau du mortier de la grosseur d’une petite noix. Je possède encore ce fragment qui m’a paru curieux, car il était craquelé en une multitude de fentes entrecroisées lui donnant l’aspect d’un assemblage de cristaux juxtaposés. Quant au reste du mortier disparu dans l’explosion, je n’en ai retrouvé çà et là dans la pièce que quelques infimes fragments de la grosseur d’un ou deux millimètres.
- k Quelques mois après je fis une autre constatation qui se rapporte toujours à un bris spontané de verre. A un certain moment, alors que le silence était absolu dans la pièce où je travaillais, j’entendis un claquement sec qui provenait de F endroit où j’avais placé un autre mortier de verre quelques instants auparavant. J’allai me rendre compte et je constatai en effet que mon mortier était fendu, alors qu’il était parfaitement intact en le plaçant. J’achetai un nouveau mortier en remplacement du précédent, et deux mois après, le même claquement et la même fêlure se produisirent dans des circonstances identiques.
- « J’avisai mon fournisseur de ces diverses constatations en lui faisant remarquer que certainement la série de mortiers qui venaient de se briser devait provenir d’une coulée de verre défectueuse et que peut-être la présence d’une bulle imperceptible était la cause de ces accidents. Ce serait, en effet, un phénomène analogue aux larmes bataviques, ainsi que le remarque justement M. Garnier.
- a Depuis ces observations, je n’ai plus jamais constaté de rupture de mortiers, ceux que j’ai reçu par la suite étant encore intacts. »
- De tout un peu.
- M. Aubertin, à Longwy. — 1° Pour dépolir le verre, on applique régulièrement à la surface de celui-ci un mélange de fluorure d’ammonium et d’acide sulfurique, ce dernier mettant en liberté l’acide fluorhydrique qui attaque le verre en
- p.127 - vue 131/439
-
-
-
- donnant naissance à de minuscules cristaux de fluorures alcalins.
- Généralement on emploie un mélange de :
- Fluorure d’ammonium............ 200 gr
- Sulfate d’ammonium............. 10 —
- Eau ordinaire.................. 200 —
- Auquel on ajoute au moment de l’emploi :
- Acide sulfurique à 66 pour 100, 20 gr.
- On laisse agir un temps suffisant, suivant l’opacité que l’on veut obtenir, puis rince à l’eau claire ;
- 2° Les termes de dilution au 1/10 signifient qu’après cette dilution, le liquide contient le dixième de son poids ou de son volume du corps actif.
- Le plus souvent on réserve la locution au 1/10 à une dilution en volumes, par exemple 100 cm3 d’acide sulfurique au 1/10 renfermeront 10 cm3 d’acide sulfurique réel.
- Lorsque l’on emploie le terme de 10 pour 100, cette dilution sous-entend que le liquide contient 10 pour 100 de son poids c’est-à-dire que 100 gr renferment 10 gr d’acide sulfurique réel.
- Noter que ces conventions n’ont rien d’absolu.
- 3° La caractéristique du procédé Leblanc dans la fabrication de l’acide acétique est de remplacer la chaux habituellement employée pour saturer le pyroligneux par du carbonate de soude sec.
- La saturation se fait dans des cuves en bois, on la conduit très lentement pour éviter l’effervescence trop grande, on distille ensuite et concentre comme pour les sels de chaux. L’opération du « frittage » est également nécessaire ; elle a pour but de carboniser les matières goudronneuses et les homologues supérieurs de l’acide acétique, le charbon libéré reste incorporé au sel fondu. L’opération se fait dans une chaudière à fond plat munie d’un agitateur à palettes hélicoïdales. Cette chaudière est AÛvement chauffée de manière que le sel soit fondu lorsqu’il touche le fond. Des fumées abondantes se dégagent, le sel fondu s’écoule et on le laisse se solidifier sur des dalles disposées sur le sol. Outre leur coloration noire, les plaquettes contiennent du carbonate de soude ayant pris naissance au frittage.
- On purifie ensuite l’acétate par dissolution, ce qui se fait très simplement dans une cuve en bois munie d’un serpentin amenant de la vapeur. Le liquide tient en suspension le charbon qui noircissait la masse solide ; quand le frittage a été bien fait, ce charbon se dépose entièrement et la liqueur filtrée est d’un jaune pâle.
- Dans le cas d’un frittage défectueux, il faut décolorer la masse au noir animal, ce qui est une complication coûteuse ; dans les deux cas, on passe au filtre presse, puis le liquide clair est évaporé jusqu’à ce qu’il marque 27° à 28° Baumé. La liqueur sirupeuse est coulée dans des bacs de cristallisation en tôle galvanisée, la cristallisation s’y fait lentement et donne de volumineux cristaux que l’on essore à la turbine.
- L’acétate de soude ainsi obtenu fournit ensuite de l’acide acétique pur, alors que le pyrolignite de chaux ne donne que de l’acide impur dit « acide des Arts ».
- M. Cad, à Malzeville. — 1° Pour nettoyer les piqûres des vieilles gravures, on commence par les faire tremper an large dans un baquet d’eau et on les applique ensuite sur une feuille de verre que l’on pose bien d’aplomb horizontalement, puis on verse sur la gravure de l’eau oxygénée étendue de moitié d’eau, additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque ; on l’entretient humide par ce moyen une bonne heure, en ayant \soin que tout le papier soit imbibé.
- \ Quand le blanchiement est parfait, on rince abondamment, toujours sur la feuille de verre puis laisse sécher à plat.
- Si les gravures ont été coloriées, le mieux est de s’abstenir de tout traitement, car les couleurs disparaîtraient en même temps que les pigments secrétés par les moisissures, dont on voulait supprimer l’effet fâcheux ;
- 2° Il suffit le plus souvent pour nettoyer les tableaux de les laver à l’eau pure, au moyen d’une éponge fine, mais si le
- vernis est cause de l’obscurcissement, il faut enlever celui-ci, en frottant doucement la surface avec un tampon de coton imbibé d’un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d’huile d’aspic.
- Un peu d’expérience est nécessaire pour mener à bien ce travail, c’est pourquoi nous conseillons d’opérer au début sur un objet de faible valeur.
- Dans certains cas, un mélange d’une partie d’essence de térébenthine et de deux parties d’alcool réussit également bien.
- N. B. — L’huile d’aspic n’est autre chose que l’essence de Lavande commune 'Lavandula spica) qui se trouve dans le commerce à prix relativement bas.
- M. Severin, au Theil (Eure). — Sur un cuir éraflé, si on veut appliquer du vernis, celui-ci fait des taches plus fon-’cées aux endroits que les éraflures ont rendu spongieux.
- Pour éviter cet inconvénient, il suffit, avant de vernir, de faire un encollage avec de la gélatine ou plus simplement de la colle forte un peu épaisse.
- Après séchage, on polit légèrement au papier de verre, puis vernit finalement.
- Grâce à cette précaution, on peut vraiment remettre le cuir à neuf.
- M. Autrique, à Blankenberghe. — 1° Les peintures en poudre que l’on délaye dans l’eau chaude sont des peintures à la caséine, vous pouvez prendre comme type la formule sui-
- vante :
- Caséine pulvérisée. .;.... 10 gr
- Carbonate de soude....................... 5 —
- Chaux éleinte tamisée.................... 16 —
- Carbonate de chaux....................... 60 —
- Pigment.................................. 16 —
- Le pigment pourra être constitué par l’un des éléments suivants : bleu de prusse ; outremer ; ocre jaune ou rouge ; vert de chrome ; noir minéral, etc ;
- 2° Les crèmes instantanées pour la table se préparent ainsi :
- Faire gonfler préalablement 26 gr de gélatine blanche dite grenetine dans un demi-verre d’eau, puis liquéfier de préférence au bain-marie.
- D’autre part, faire bouillir trois quarts de litres de lait, additionnés de 200 gr do sucre et une gousse de vanille, ajouter la gélatine liquéfiée, rendre homogène et verser dans le moule approprié.
- IL ne reste plus qu’à placer le tout dans un endroit frais jusqu’à prise de la préparation qui doit se consommer froide ;
- 3° Voici une bonne formule de poudre pour les pieds qui a été utilisée avec succès pendant la dernière guerre :
- Acide salicylique.............. 2 gr
- Oxyde de zinc.................. 6 —
- Sous-nitrate de bismuth .... 10 —
- Talc.......................... 200 —
- Si ou veut l’employer sous forme de pommade, il suffira de remplacer le talc par :
- Vaseline blonde............... 200 gr
- M. Langer, à Weufchâtel. — Votre insuccès pour tremper le cuir doit être dû à ce que vous n’avez pas suffisamment relevé le point de fusion de votre matière d’imprégnation pour clapets ; dans cet ordre d’idées, nous pensons que vous pourriez faire intervenir la poix de Bourgogne, la cire Montané (Montan Wachs) ou même la résine colophane, la formule suivante servant éventuellement de base :
- Huile de lin.......................... 800 gr
- Huile d’olives........................ 400 —
- Huile de ricin........................ 400 —
- Cire Montané......................... 100 —
- Poix de Bourgogne..................... 600 —
- Mettre sur fou doux pour amener à fusion, rendre homogène et ajouter : essence de térébenthine, 200 gr.
- Faire tremper le cuir dans le liquide tiède jusqu’à imprégnation complète.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15 2-1938 — Published in France,
- p.128 - vue 132/439
-
-
-
- N° 3020
- LA NATURE
- J" Mars 1938
- UN OBSERVATOIRE MÉTÉOROLOGIQUE
- AU SAHARA
- Au milieu des sables brûlants du Sahara, à 2.000 km environ d’Alger et üP i.35o m d’alliInde, s’élèvent mainte-lanl. les pavillons de l'Observatoire du Hcnjgar, situé au voisinage de Tamanrasset. Ce site désertique 11e manque pas d’une grandeur sauvage, mais quoique le climat y soit tempéré puisque le thermomètre ne marque guère plus de 4o°, même pendant la saison estivale qui dure G mois, la végétation apparaît très raréfiée. Autour du bordj où le P. de Foucauld trouva la mort et qui se dresse au milieu de cette farouche solitude, poussent seulement une graminée, le Drin, ressemblant aux Oyats des dunes landaises et quelques pelits arbrisseaux rabougris dont les feuilles grises s’harmonisent avec la teinte des plateaux environnants.
- Bien que capitale du Iloggar, Tamanrasset n’a, d’ailleurs, comme population sédentaire qu’une trentaine d’Européen a et 260 indigènes. Selon une astronome voyageuse, Mme Gabriellc Camille Flammarion, qui la visita récemment, cette oasis, bâlie sur un sol formé de sable et de pierraille noire, se compose d’un « fort et de quelques maisons basses, sans étages, en mortier puis de cases en tord) et de quelques hectares de culture où des séguias amènent l’eau drainée par de profondes tranchées creusées en amont de l’oued. Là, ou cultive un peu de blé et d’orge dont la moisson commence au mois de mars. En mai, les figues cl les abricots sont mûrs ainsi que les premières lomates. Le raisin et la pèche attendent juillet. Mais le climat est trop froid pour le palmier.... L’atmosphère y est si sèche qu’on ignore presque la transpiration et que les muqueuses souffrent de celle sécheresse qui les brûle et à laquelle il faut s’adapter; les vents de sable emplissent les veux, les narines et les oreilles ».
- Le séjour dans une telle ambiance n’a rien de bien réjouissant pour des humains mais, par contre, la région est très favorable à diverses observations météorologiques. En particulier, on y peut poursuivre de fructueuses recherches relatives à la radiation solaire et au magnétisme terrestre.
- Après trois missions successives accomplies de décembre 1929 à mars tg33, M. A. Lasserre, directeur de l’Institut de Météorologie et de Physique du Globe de l’Algérie sut réaliser ce tour de force : construire un Observatoire en plein désert et y installer les instruments nécessaires. Il fallut amener d’abord presque tous les matériaux de construction (bois, fer, plâtre, chaux, ciment, etc.) d’Alger même et suides pistes chaotiques. On trouva seulement sur place le sable et les pierres.
- Actuellement, l'Observatoire de Tamanrasset comprend : trois pavillons scientifiques : un abrite les instruments
- magnétiques, l’autre, qui sert à la météorologie, contient les baromètres, les anémomètres , un cabinet de photographie, etc., le troisième est occupé par les divers postes de T. S. F. et l’atelier),, puis deux bâtiments d’habitation dont l’un ne fut achevé que vers la fin de 1907. Autour de ces constructions, se trouvent disséminés, çà et là, divers abris pour les aclino-mètres, thermomètres et pluviomètres ainsi que des piliers ‘ pour supporter liéliogra-phes ou théodolites. Enfin au milieu du parc des instruments se dresse une herse néphoscopique Besson pour la mesure de la vitesse des nuages. On pratique aussi à Tamanrasset des sondages atmosphériques. Les ballons-pilotes, abrités dans le pavillon météorologique, sont lancés après gonflement, par une porte de sortie latérale.
- Grâce à ce matériel scientifique et sous l’active direction de M. Coulomb, cet original établissement peut, avec son personnel d’élite, composé de MM. Dubief, Arbey, Lauriol, Dubeau et Derriche, mener à bien sa lourde tâche. Indépendamment des enregistrements météorologiques continus [pression, température, humidité sous abri, température vers la surface du sol (+ o m 10), à la surface et sous terre (— o m 10, — o m 20, — o m 4o, — o m 60 et 1 m), direction du vent], on y exécute des mesures régulières de magnétisme terrestre à l’aide des appareils de Mascart et de
- du Iloggar.
- Au milieu : herse à nuages ; au fond et à gauclio : habitation du chef - de la station ; à droite, pilier de l’actinomètre.
- p.129 - vue 133/439
-
-
-
- 130
- Fig. 2. — Un ballon-pilote gonflé est sorti du pavillon météorologique et va être lancé.
- La Cour, installés dans la cave d’un des pavillons cl, des observations actinométriqucs suivies (relevés journaliers de la radiation directe diffuse, totale cl réfléchie).
- Dans toute l’Algérie existent, du reste, maintenant deux services météorologiques qui coordonnent leur aelivilé et se complètent mutuellement : la section nord-africaine de l’Office national météorologique (O. N. M.) qui assure la protection de la navigation aérienne et l’Institut de météorologie de l’Université d’Alger dont dépend l’Observatoire du lïoggar, s’occupant plus spécialement de la physique du globe et des aspects de la météorologie en tant qu’elle intéresse la marine, l’agriculture, les prévisions à l’usage du public et la science en général. Au début, l’Université d’Alger contrôlait la plupart des stations sahariennes, mais aujourd’hui elle les a presque toutes cédées à l’O. N. M. et des militaires rengagés s’en occupent. L’administration universitaire d’Alger a conservé seulement diverses stations au Nord du Sahara comme Biskra, Laghouat, Ghardaïa, Gery-ville, etc. Toutefois, vu l’importance de l’Observatoire de Tamanrasset, ce dernier, d’accord avec l’O. N. M., utilise
- LE TARPON DE LA COTE
- Le tarpon, connu des indigènes du Gabon sous le nom de yondo-yondo, de son nom scientifique Megalops thrissi-noidus, habite exclusivement les mers chaudes. Son aire de dispersion sur la côte d’Afrique paraît être entièrement comprise dans la zone équatoriale proprement dite.
- C’est un poisson magnifique dont l’aspect général évoque avec une exactitude frappante l’idée d’un hareng gigantesque. La gueule énorme est cai’actérisée par une dissymétrie très accusée des mandibules, le supérieur extrêmement court, l’inférieur très long, appliqué presque verticalement quand la bouche est fermée : gueule de poisson carnassier typique qui lui donne un air de férocité têtue tout à fait spécial. Les lèvres épaisses ne portent pas, à proprement parler, de dents, mais une sorte de bourrelet cartilagineux épais et dur, rugueux comme une lime de taille bâtarde, rappelant de très près celles des percidés européens, le bar et la perche de rivière. L’œil, qui ressemble à celui du thon est, proportionnellement, beaucoup plus gros encore.
- L’ensemble de l’appareil natatoire disposé comme celui du hareng, comporte des pectorales très longues, une dor-
- pour la protection aérienne les renseignements qu’il recueille ainsi que des radio-sondages. L’O. N. M. lui-même compte y entreprendre sous-peu l’étude des parasites atmosphériques de T. S. F.
- Depuis le ier janvier 1988, on a ajouté à Tin-Zaouaten, sur la frontière de l’Afrique Occidentale Française, une nouvelle station dont les observations apporteront une aide précieuse pour la prévision quotidienne du temps faite à Tamanrasset. Bientôt peut-être on confiera à quelques indigènes instruits des postes météorologiques simplifiés. On en aménage un autre au sommet de l’Adrar Hadgcrane ; de là, un appareil de T. S. F. émeltrail, automatiquement les éléments enregistrés. Grâce donc aux renseignements recueillis par les chaînons de ce vaste réseau météorologique nord-africain, 110ns ne larderons pas à mieux connaître le climat du Sahara, l’énergie solaire et ses variations dans ces solitudes désertiques ainsi que les phénomènes encore si mystérieux du magnétisme terrestre.
- Jacques Boyeti.
- Fig. 3. — Salle souterraine du pavillon magnétique de l'Observatoire du lloggar (Appareils Maseart et de La Cour pour l’étude du magnétisme terrestre).
- ÉQUATORIALE D’AFRIQUE
- sale liante, nettement triangulaire, une caudale fortement échancrée. Détail curieux, il porte, implantée immédiatement après la dorsale, une sorte de ruban cartilagineux, souple et lisse, parfaitement compact et sans aucun soutien osseux, qui, pour un poisson de xoo livres atteint 80 cm de long pour 3o à 35 mm de largeur. Nageoire supplémentaire, siège d’une sensibilité spéciale ou simple ornement P Tous les tarpons que j’ai vus étaient munis de cet accessoire dont je n’ai jamais pu établir la raison d’être.
- La protection écailleuse du corps est tout à fait remarquable. Les écailles très grandes, beaucoup plus grandes proportionnellement que celles de la carpe d’Europe, sont d’une épaisseur et d’une dureté considérables ; elles se recouvrent les unes les autres sur les trois quarts de leur surface, un quart seulement admirablement argenté, les trois autres incolores et transparents constituant par leur superposition avec les écailles voisines une cuirasse difficilement vulnérable. Une écaille de flanc prélevée sur un poisson de i5o livres, de forme assez exactement ronde, mesurait 76 mm de diamètre pour une épaisseur de o mm 6.
- p.130 - vue 134/439
-
-
-
- Le tarpon a le dos bleu d’acier, tout le reste du corps somptueusement argenté justifie le nom de « roi d’argent » qu’on lui donne en Floride.
- J’ajoute pour compléter celte esquisse que le tarpon répand une odeur caractéristique, nullement désagréable, qui ne ressemble à celle d’aucune autre espèce : il ne sent pas le poisson. Sa chair ferme, presque dure, d’un goût très particulier, est considéi’ée non seulement par les indigènes mais encore par la plupart des Européens comme un mets très délicat.
- Le tarpon est un poisson de mer : il a été qualifié de a poisson d’estuaire », ce qui, à mon avis, est une grave erreur.
- La distinction entre poisson de mer et, poisson d’eau douce, en Afrique comme en Europe, ne. présente aucune difficulté. Les poissons des eaux douces d’Afrique ne supportent, pas plus que leurs congénères d’Europe le séjour dans l’eau salée. Le curieux chromis, si commun dans toutes les rivières et les lacs du Gabon, disparaît au voisinage des côtes, dès que la teneur en sel des eaux saumàlres devient suffisante pour qu’elles cessent d’êlre potables.
- Par contre, la distinction entre les espèces marines proprement dites et celles qui s’accommodent d’un régime mixte est beaucoup plus difficile à établir dans la région équatoriale que dans la zone tempérée. En Europe, le nombre des poissons qui vivent tantôt en eau douce tantôt en eau salée est, somme toute, assez faible : en Afrique Equatoriale, il est au contraire assez élevé.
- Aux estuaires des lagunes et des fleuves gabonais, on retrouve des espèces semblables, ou tout au moins très proches parentes de celles qui, sur nos côtes, envahissent, à époques fixes, les estuaires : six ou sept espèces de muges dont le muge céphalon, prototype de la famille, deux ou trois variétés d’aloses que l’invraisemblable ignorance des colons européens confond sous le nom de sardines ! Mais un assez grand nombre de grands poissons carnassiers venus de la mer s’y rencontrent communément : certains, comme le requin gris, le poisson scie ou la raie sont semblables ou très peu différents de leurs congénères des mers tempérées où, d’ailleurs, ils vivent exclusivement en eau salée sans jamais s’aventurer même exceptionnellement en eau douce, d’autres appartiennent, spécialement à la faune de l’Océan équatorial. Ces derniers appartiennent aux genres sciène, corb et ombrine, carangue et mégalope (comme le tarpon), voire, comme le magnifique thon doré, à la grande famille des scombres, universellement considérés en Europe comme des poissons essentiellement pélagiques.
- Tous ces poissons, loin de faire en eau douce des incursions rapides et accidentelles, y vivent habituellement et dans des conditions tout, à fait normales. Leur capture est banale dans les lacs de la région de Lambaréné à a5o km de la mer, dans l’Ogooué jusqu’à N’Djolé et même dans la N’Gounié, au pied des chutes Nagossi ou de l’Impératrice Eugénie, à plus de 3oo km de l’Océan.
- Si l’on affirme que le tarpon est un poisson d’estuaire, osera-t-on prétendre du même coup que le requin ou le thon le soient aussi ?
- Faut-il attribuer à la température exceptionnellement, élevée de l’eau cette facilité d’acclimatation à l’eau douce de poissons dont le caractère maritime est nettement accusé ? L’hypothèse n’est pas absurde. Mais elle n’explique pas pourquoi certains poissons de mer n’approchent jamais des estuaires alors que d’autres, qui leur sont étroitement apparentés, s’y engagent si volontiers et pour de si longs voyages. C’est un fait que le poisson scie et le requin atteignent et dépassent, N’Djolé alors que, de mémoire de pêcheur
- ... .....: 131 =====
- N’Komi, on n’a jamais pris, même dans les eaux saumâtres du Fernan Vaz, qui pourtant touche la mer, un seul de ces squales marteaux si commun dans tout l’Océan équatorial. Et le cas du squale marteau est loin d’être un cas isolé.
- Ces incursions prolongées en eau douce de tous ces gros poissons carnassiers et plus spécialement du tarpon, ont évidemment une raison d’être, mais celte raison n’apparaît pas de manière évidente et de prime abord.
- Les muges et les aloses se livrent à des mouvements d’immigration et d’émigration incontestablement conditionnés, en Afrique comme en Europe, par les époques de la reproduction. Les tarpons, pas plus que les autres grands carnassiers n’ont, dans l’un ou l’autre sens, de périodes de passage franchement déterminées.
- La présence en eau saumâtre ou douce des aloses et des muges est périodique, ces poissons disparaissant complètement au terme d’une période d’immigration des. parages ou quelques semaines auparavant ils étaient apparus en grand nombre. Les tarpons plus ou moins abondants suivant les époques, ne disparaissent jamais complètement.
- Il semble qu’ils entrent dans les estuaires à la poursuite des bancs d’aloses et de mulets et prolongent ensuite leur séjour, retenus en eau douce par l’attrait d’une vie facile. Us fraient, vraisemblablement en mer et. comme les thons, dans des fonds considérables; je n’ai jamais vu d’alevins de thon sur les côtes de Provence où pourtant les thons abondent — je n’ai jamais vu d’alevin de tarpon sur les côtes gabonaises et n’ai même jamais capturé de tarpon d’un poids inférieur à 7 ou 8 livres. La période du frai doit être longue et assez vaguement déterminée, ce qui expliquerait l’absence de migrations massives, à des époques déterminées.
- Il s’agit d’ailleurs en tout ceci d’hypothèses, fondées sans doute sur des observations patientes et attentives, mais qui n’ont pas la prétention d’être autre chose que des hypothèses.
- Les observations pratiquées en eau douce et surtout en eau saumâtre m’ont révélé dès le début, une particularité curieuse du tarpon.
- Aux heures où ils se montrent particulièrement actifs, peu après le lever du jour et à l’approche du crépuscule, ces poissons font à la surface de l’eau de fréquentes apparitions au cours desquelles il est facile, à une certaine distance, de les confondre avec des dauphins. L’apparition du poisson et celle du cétacé sont remarquablement semblables, laissant entrevoir avec une égale rapidité une portion de dos noir et un aileron triangulaire,, identiques, à peu de choses près. Dans un cas comme dans l’autre, l’oreille perçoit nettement le bruit d’un souffle rauque et bref, un bruit caractéristique de soupape s’ouvrant sous l’effort, d’un gaz comprimé.
- Je n’ai jamais vu de tarpon « souffler » en mer. Il « souffle » très souvent en eau saumâtre, beaucoup plus rarement et comme par fantaisie en eau douce. Or, il possède un appareil respiratoire semblable à celui de tous les poissons, sans la moindre trace d’organe spécial rappelant celui des souffleurs.
- J’ai longuement observé ce curieux phénomène, observation qui ne présentait pas en soi de très grandes difficultés. Une pirogue abandonnée à elle-même, flottant à la dérive au milieu d’une bande de tarpons ne les effraie en aucune façon et ils évoluent sans défiance autour d’elle, assez près d’elle pour la toucher parfois. Il m’a fallu cependant un certain temps pour me rendre compte, sans aucune erreur possible, qu’ils ne soufflaient pas mais, au contraire,
- p.131 - vue 135/439
-
-
-
- = 132 ...............:................:..................
- qu’ils aspiraient précipitamment au cours de ces rapides passages au-dessus de l’eau une quantité d’air assez considérable. Surgissant très rapidement, ils paraissaient s’enfoncer ensuite au prix d’un certain effort, un peu comme le font les poissons rouges quand ils viennent gober une bulle d’air à la surface d’un aquarium dont l’eau commence à manquer d’oxygène.
- L’eau trouble des lagunes d’Afrique interdit toute observation à io cm de profondeur. Mais le tarpon disparu, il m’était facile de le suivre au sillage de bulles d’air qui, remontant à la surface, m’indiquaient nettement la route qu’il suivait pendant 4o ou 5o m, parfois davantage. 11 m’est arrivé maintes fois de suivre ainsi un poisson de bout en bout et pour ainsi dire à la trace, de sa plongée à sa prochaine réapparition.
- Il n’est pas absurde de penser que le tarpon récemment sorti de la mer, son milieu normal, et souffrant dans l’eau surchauffée. des lagunes d’un manque d’oxygène, éprouve le besoin impérieux d’emprunter à l’air le complément d’oxygène qui lui est nécessaire. Poursuivant ensuite son voyage vers les eaux douces, déjà mieux acclimaté et trouvant dans les lleuves et les lacs une ambiance plus favorable, il cesserait alors tout naturellement d’user de ce procédé de respiration en quelque sorte artificielle.
- Ce sont les récits des prouesses des clubmen américains qui se livrent aux grandes pêches sportives dans les eaux du golfe de Floride qui ont fait connaître en France le tarpon, il y a quelque 3o ans de cela. Aucun poisson mieux que lui ne se prête aux fortes émotions sportives.
- S’il est, à taille égale, des poissons qui se défendent plus
- longtemps que lui, il n’en est pas qui se défendent avec une violence, j’allais dire une science comparable à la sienne. Passage sous l’embarcation, courses folles avec tête-à-queue et retour foudroyant, bonds effarants au-dessus de l’eau, voire par-dessus l’embarcation du pêcheur, il connaît tous les trucs, les essaie tous et ne se rend que complètement épuisé. Il nage avec une vitesse déconcertante.
- J’ai pris des tarpons à la senne en pêchant l’alose ou le mulet, captures qui n’allaient pas sans dommages pour le matériel; j’en ai pêchés spécialement en utilisant un filet construit sur le modèle de la thonaire des pêcheurs provençaux, dans lequel ils se prenaient d’ailleurs fort bien.
- Je l’ai pêché à la ligne en utilisant des engins de fortune que j’avais montés moi-même, engins au demeurant assez grossiers. Une des grandes difficultés de cette pêche vient du fait que le tarpon, même de très grande taille, se nourrit exclusivement de très petits poissons. La dureté des plaques qui tapissent sa gueule jointe à la nécessité d’employer de très petits hameçons (70 mm au maximum) causent à l’instant du ferrage de nombreux ratés : par contre, un poisson bien accroché ne se décroche que très rarement.
- Disposant seulement d’un appareil de pesage réduit, je n’ai jamais pu peser un gros tarpon autrement que découpé en quartiers, dont le total m’a donné 260 et 35o livres pour les deux plus grosses pièces respectivement prises à la ligne et au filet. A l’embouchure de la lagune, j’ai pu voir à diverses reprises et de très près, des poissons d’une taille incontestablement très supérieure. Je pense que ccs très gros tarpons doivent atteindre cl probablement dépasser Je poids de 5oo livres. Georges Trial.
- RÉSERVOIR GÉANT EN BÉTON « SOUPLE »
- Les entreprises Limousin viennent de terminer pour la, ville de Nantes un réservoir géant en béton armé, d’un lype nouveau et qui présente un grand intérêt. Par son plan en éventail et sa construction sur « vofi-lains » à paroi mince, il résout le problème des dilatations, d’origine mécanique ou thermique, qui étaient jusqu’ici l’écueil de ces sortes d’ouvrages.
- DÉFORMATIONS DES GRANDS BATIMENTS -
- La figure géométrique des très grands bâtiments, qu’il s’agisse de béton, de maçonnerie ou de charpente métallique, n’est invariable qu’en apparence. Des déformations très sensibles sont produites par l’action dix vent et les dilatations thermiques inégales, dues notamment aux rayons directs du soleil. C’est, ainsi que le sommet de la tour Eiffel présente des déplacements verticaux de l\o cm et des déplacements trans1 versaux pouvant excéder 70 cm !
- Quant aux gratte-ciel américains, des expériences récentes ont prouvé que la distribution des poussées du vent sur leurs façades est très différente de ce que l’on admettait jusqu’ici. Il ne s’ensuit pas, bien entendu, que les orgueilleux buildings de Manhattan soient menacés d’une prompte destruction ; mais la déformation réelle, produite par le vent, se trouve illogiquement distribuée et, finalement, les matériaux ne sont pas utilisés au maximum.
- Pour des bâtiments à usage d’habitation, des immeubles publics, des usines, ces déformations, essentiellement élastiques, ont peu d’importance. Elles ne deviennent franchement désagréables pour les occupants qxxe lorsqu’elles prennent l’aspect rythmique de trépidations et de vibrations. Dans ce cas, l’effet pénible commence, pour les habitants, bien avant que l’immeuble soit en danger ; un immeuble conslruit sur un sol ferme ou sur une plateforme artificielle, convenablement « chaîné », c’esl-a-dire ceinturé à la bailleur de chaque plancher par des armatures encadrant tout le périmètre, peut résister indéfiniment à des déformations, vibratoires ou non, d’amplilude relativement considérable.
- PROBLÈME DES RÉSERVOIRS
- La situation est toute différente si l’on a affaire à des réservoirs. Les besoins de l’hygiène moderne ont conduit les municipalités à créer des réserves d’eau, très importantes et à faire construire, pour les emmagasiner, des réservoirs dont la capacité peut dépasser 20.000 m3.
- Ces ouvrages, construits en béton armé, comportent en général des parois de faible épaisseur, ou voiles de béton, épaulées par des contreforts chargés d’équilibrer la poussée hydrostatique. Ces parois peu-
- p.132 - vue 136/439
-
-
-
- 133
- Fig. 1. — Maquette en coupe du nouveau réservoir géant de la ville de Nantes à a voûtains » rayonnants.
- (Projet Le Marée, phot. Limousin-Zuber).
- vent atteindre un développement en pian de plus de ioo m avec une hauteur de 6 à 7 m.
- Étant données ces dimensions imposantes et l’importance de la poussée du liquide, qui s’exerce en tout point de la surface mouillée et normalement à la paroi, des phénomènes de dilatation, de retrait et des déformations élastiques se manifestent avec ampleur ; des déformations de l’ordre de 10 cm ne sont pas rares et l’on conçoit qu’elles ne tarderaient pas, en l’absence de précautions spéciales, à compromettre l’étanchéité et meme à amener la fissuration et la dislocation générale du gros-œuvre.
- 11 ne saurait cire question d’aborder le problème de front en augmentant indéfiniment la résistance des parois'et des contreforts, en vue d’annuler les déformations ; autant vaudrait tenter de construire un pont suspendu dont les câbles porteurs seraient tellement tendus qu’ils resteraient rectilignes ! Il est du reste très difficile ou même impossible de calculer exactement la répartition des efforts dans les grandes constructions monol i thiques.
- Pratiquement, les constructeurs se rallient fréquemment à une solution imparfaite qui est celle des joints de dilatation ; 011 conçoit que pour les grands réservoirs, où les déformations sont considérables, cette solution est insuffisante et quelle est souvent incompatible avec les conditions d’étanchéité stipulées dans le cahier des charges.
- PROGRAMME DES TRAVAUX
- La conception actuellement à l’ordre du jour et qui a été adoptée pour le nouveau réservoir de Nantes, vise à procurer une complète liberté des éléments de l’ouvrage et plus spécialement des surfaces mouillées ; à la bouteille rigide on substitue, si l’on peut dire, la bouillotte en caoutchouc !
- Le programme fixé par la Direction des Travaux de la Ville de Nantes, ne comportait, à dessein, que les caractéristiques indispensables : capacité : 4o.ooo m3 au minimum, réservoir fondé sur le rocher granitique, composé de trois étages superposés non divisés en compartiments ; indication des cotes de hauteur des trop-pleins de ces trois étages-réservoirs (fig. 1).
- Les difficultés particulières du projet découlaient du fait que les trois compartiments superposés, jaugeant respectivement 18.100 m3 au rez-de-chaussée, i3.35om3 au premier étage et 8.3oo m3 au second étage, peuvent être vidés ou remplis indépendamment les uns des autres. Par suite, ces différents étages, nécessai-: renient solidaires au point de vue constructif, peuvent être soumis à des déformations discordantes de l’ordre de 8 à 10 cm, ce qui risque d’être désastreux pour la tenue de l’ouvrage.
- Les phénomènes de dilatations thermiques prennent; d'autre part une grande, importance à cause des vas-’
- p.133 - vue 137/439
-
-
-
- 134
- Fig. 1.
- l)emi-coupc du réservoir, montrant la disposition indépendante des trois compartiments.
- les dimensions de l'ensemble, soit 74 m de diamètre à la base el 22 111 de hauteur.
- CONSTRUCTION ALVÉOLAIRE
- Les dispositions adoptées sont les suivantes (lig. 2).
- L'ouvrage comporte trois étages superposés circulaires de diamètres décroissants, soit 74 m, 66 m,
- 54 ni 5o ; les hauteurs respectives, imposées par les cotes de trop-plein, sont de 5 m, 5 m et 4 m 5o.
- Au (‘entre du triple réservoir, la chambre des vannes est constituée par une tour circulaire de 10 m 3o de diamètre intérieur et de 22 m de hauteur.
- Le fond du compartiment inférieur est un simple radier en béton légèrement armé, appliqué directement sur le rocher ; on peut le considérer comme indéformable.
- L’ « écran » de retenue d’eau, autrement dit le
- Fi;/, tl. — Voûtai ns inférieurs inclinés à 4;j° cl contre for Vue prise au cours des travaux.
- I s.
- pourtour circulaire de ce compartiment inféreur a été constitué par 5o petites voûtes tendues, très minces et par suite très llexibles, inclinées à 45° et épaulées par des contreforts extrêmement rigides, placés à l’extérieur et encastrés dans le rocher (fig. 3). L’ensemble rappelle un parasol renversé ou une vaste fraise à godrons.
- Complètement indépendants au point de vue mécanique, les alvéoles ainsi constitués peuvent se déformer chacun [jour son compte, sans que les différentes dilatations se cumulent sur la périphérie. Elles sont d’autre part négligeables pour chaque voûtain, qui n’a que 3 m 5o de portée et qui est du reste très llexible. Il y a là une ingénieuse séparation des fondions, le voile de béton du voûtain travaillant uniquement en traction souple, comme l’enveloppe d’un ballon, tandis que la résistance au renversement est dévolue aux contreforts. C’est l’inverse ou plutôt le symétrique des barrages-voûtes, en forme d’arc à convexité tournée vers l’amont.
- L’aire intérieure du compartiment inférieur étant vide de lout obstacle, il a été possible d’y installer, sans liaisons, les poteaux supportant les étages supérieurs ; ainsi se trouve garantie l’indépendance constructive des différents étages.
- ÉQUILIBRAGE DES POUSSÉES HYDROSTATIQUES
- Le fond du deuxième étage est formé de 5o voûtains coniques divergeant à. partir du centre comme les rayons d’une roue. L’épaisseur de ces voû tains n’est que de 8 cm ; ils retombent deux à deux sur de fortes poutres de rigidité rayonnant également à partir du centre et reposant sur les poteaux occupant le compartiment inférieur.
- Le pourtour de retenue d’eau du second étage est formé de voûtains verticaux, autrement dit d’arcs de cylindre, également en voile de béton mince, tournant leur convexité vers l’extérieur ; ces cylindres se joignent les uns aux autres sur des poteaux verticaux qui tendent par suite à être renversés vers l’extérieur par la poussée hydrostatique. Celte poussée est équilibrée par des tirants intérieurs obliques ou « diagonales » (lig. 4), qui la transmettent aux poutres rayonnantes. Le compartiment tout entier éclaterait donc comme un soleil si l’on n’avait pris la précaution d’ancrer ces poutres dans la paroi de la tour centrale, renforcée par des cercles d’acier.
- La traction centrifuge exercée par chaque poutre est de l’ordre de 37 t ; la traction correspondante dans la paroi circulaire de la tour est de a65 t, qui sont équilibrées par 66 cercles d’acier de 25 mm.
- p.134 - vue 138/439
-
-
-
- Examinons les « inactions » de cet ensemble complexe au double point de vue des variations de température et des déformations provenant des poussées hydrostatiques lors du remplissage.
- Pour les voûtains, tant ceux du fond que ceux du pourtour, la question ne se pose pas, grâce à leur souplesse et à leur forme. Les dilatations radiales, par contre, doivent pouvoir s’exercer librement, ce qui a été obtenu très simplement en munissant les poteaux, qui supportent les grandes poutres radiales, de deux articulations, l’une au pied, l’autre au sommet. Ces poteaux se comportent ainsi comme autant de bielles articulées, permettant à l’ensemble du deuxième compartiment de se dilater librement autour de la tour centrale, qui demeure fixe par raison de symétrie.
- 11 en est de même si l’on considère les allongements dus à la poussée hydrostatique, toutes les poutres rayonnantes s’allongeant uniformément de 2 cm environ.
- Le fond du deuxième compartiment se prolonge vers l’extérieur en formant au-dessus du compartiment inférieur un toit annulaire également porté par poteaux articulés. Inversement, le pourtour vertical du deuxième compartiment se recourbe vers l’intérieur pour former à ce deuxième compartiment un
- I oit annulaire séparé du compartiment supérieur par un joint glissant. L’indépendance des trois compartiments est ainsi complète.
- Le compartiment supérieur est construit sur les memes principes et son toit est couvert d’une épaisseur de 5o cm de terre en vue d’atténuer les variations de température.
- TOUR CENTRALE
- Basé sur l’hypothèse d’efforts symétriquement rayonnants et sur le principe d’articulation totale des piliers, ce mode de construction laisse subsister un « degré rie liberté » surabondant, autorisant le renversement.
- II a donc été nécessaire de prévoir un point fixe inébranlable, constitué par la tour centrale et les trois « puits d’épanouissement » logés à l’intérieur. Ces puits sont de fortes conduites en béton de 3 m de diamètre, destinées au service général du réservoir ; on les a solidarisés avec la paroi de la tour au moyen
- 135
- générale des poussées hydrostatiques
- Fig. 4. — Equilibrage des forces hydrostatiques centrifuges. R, résultante hydrostatique sur un contrefort vertical séparant deux voû tains cylindriques du deuxième compartiment ; cette résultante se décompose en une force 'ertiçale — Y, qui est reçue par les piliers et une force oblique qui est équilibrée par la diagonale. Cette force oblique se décompose à son tour en une force verticale + V et une force horizontale centrifuge égale à R. La résultante générale R exerce sur la poutre horizontale une traction qui est transmise à la tour centrale (Génie Civil).
- de ceintures d’acier, de façon à réaliser un bloc d’une résistance à toute épreuve.
- La construction du réservoir de Nantes a nécessité la mise en oeuvre de 4-ooo m3 de béton, 5oo t d’acier et 35.000 m2 de surfaces de coffrage. Les voiles des voutains ont été exécutés en béton comprimé ; malgré une charge de 5.000 à 6.000 kgr par m2, ces voiles ne travaillent pas à plus de 20 kgr par cm2 de matériau en compression simple. Le projet a été établi par M. Le Marée, directeur technique des Établissements Limousin.
- Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’fîcole Polytechnique.
- LES NOUVEAUX CABLES TÉLÉPHONIQUES
- Dans un article publié il y a plus d’un an (i5 décembre 1936, p. 539), nous indiquions que les progrès de la télévision d’une part, les nécessités d’une grande vitesse de propagation d’autre part, faisaient envisager la substitution aux câbles téléphoniques à un très grand nombre de conducteurs, de câbles à une seule paire (ou à un très petit nombre de paires) utilisés pour un très grand nombre de communications simultanées.
- L’idée de superposer plusieurs communications téléphoniques par l’emploi de la modulation d’un courant porteur n’est pas une idée nouvelle. Dans la Lumière électrique
- du 17 avril 1886, le génial inventeur français, Maurice Leblanc, exposait les principes fondamentaux de cette technique. Malheureusement, comme on ne disposait alors pour produire des courants de fréquence élevée que de diapasons, il était difficile de faire une réalisation industrielle. Vers la même époque, un autre ingénieur français, Mercadier, jetait les bases de la télégraphie harmonique qui s’apparente d’assez près à cette technique.
- Ce sont les nécessités de la transmission de télévision qui ont déterminé la voie dans laquelle la technique s’engage à l’heure actuelle. Pour transmettre une image avec une
- p.135 - vue 139/439
-
-
-
- == 136 :................ - —.......-.........t-..=
- certaine finesse, il faut la décomposer au moyen d’environ 5oo lignes transversales et 4oo lignes longitudinales et le rayon lumineux doit explorer les petites cases ainsi formées au moins 25 fois par seconde, cela correspond à un courant d’une fréquence de 1/2 x 5oo x 4oo x 25 = 2.5oo.ooo périodes par seconde, c’est-à-dire d’une longueur d’onde de 120 m. On voit immédiatement que l’on a affaire à des émissions tout à fait analogues à celles de radiodiffusion, il faut donc s’abriter des perturbations qui pourraient être dues à des transmissions étrangères, donc protéger cette émission au moyen d’un écran. On a adopté la solution suivante : la paire utilisée n’est plus constituée par deux conducteurs identiques torsadés ensemble, mais elle est réalisée au moyen d’un fil placé le long de l’axe d’un cylindre et c’est ce cylindre qui constitue le deuxième conducteur et l’écran.
- On sait qu’un courant alternatif circulant dans un conducteur ne s’y répartit pas uniformément, il se localise dans une pellicule d’autant plus mince que la fréquence est plus élevée. Cet effet pelliculaire, ou effet de peau, est insensible dans un fil de cuivre jusqu’à des fréquences de l’ordre de quelques centaines de périodes, mais aux fréquences de 1.000.000 de périodes, cette pellicule n’a plus guère que o mm 7 d’épaisseur. Il suffira de donner au cylindre enveloppe une épaisseur très faible pour qu’il soit un écran parfait.
- La paire concentrique ainsi définie est d’un emploi courant depuis longtemps en T. S. F., pour la liaison de l’antenne au poste d’émission, mais il ne s’agit là que de faibles distances, ne dépassant pas quelques centaines de mètres. En télévision et en téléphonie, on envisage des distances considérables.
- Une des grosses difficultés de la réalisation de ces paires spéciales est la réalisation de l’isolant qui sépare les deux conducteurs. Dans les câbles ordinaires, on utilise le papier, mais aux fréquences envisagées, le papier a des pertes telles que son emploi doit être rejeté. On utilise différents isolants dont la matière varie suivant le constructeur ; certains constructeurs enfilent des l’ondelles de caoutchouc spécial sur .le conducteur axial, de place en place, c’est sur ces l’ondelles que s’appuie le cylindre extérieur, d’autres enroulent autour du conducteur axial du « cotopa » qui est un coton acétylé, d’autres enfin se servent du styroflex mis au point en Allemagne. Le styroflex est une forme spéciale d’un isolant d’un emploi courant dans la technique radioélectrique, le « trolitul ». Alors que le trolitul ne peut être que moulé, le styroflex peut former des bandes et des fils.
- Dans toutes les paires concentriques, un point important est la parfaite régularité de leurs caractéristiques, ce qui entraîne la nécessité d’une constance absolue de la distance respective des deux conducteurs.
- Du jour où l’on a envisagé de construire des paires spéciales transmettant des fréquences de l’ordre de plusieurs millions de périodes par seconde, il était naturel de penser à les utiliser pour la téléphonie par courant porteur. La téléphonie utilisé des bandes de fréquence de 3.000 à 4.000 périodes. On peut donc, en découpant des bandes de celle largeur dans l’ensemble des fréquences transmises par une paire, obtenir autant de conversations téléphoniques qu’on peut découper de bandes; les Américains établissent ainsi 200 communications simultanées de New-York à Philadelphie, les Anglais 5oo de Londres à Birmingham, les Allemands 200 de Berlin à Leipzig. En France, un câble sera mis en : service d’ici 2 ans entre Paris et Bordeaux, comportant une paire concentrique sur laquelle on pourra échanger simultanément 160 à 200 communications.
- L’affaiblissement de ces paires concentriques aux fréquences élevées est bien supérieur à celui des paires ordinaires aux fréquences téléphoniques et il faut, par suite, avoir - environ quatre fois plus de slations de répéteurs. Ces stations de répéteurs comportent peu de matériel puisque le même répéteur unique sert à toutes les communications
- transmises sur celte paire, mais le gain dû à un répéteur varie beaucoup avec la fréquence, or, ici, on transmet par la même paire des fréquences réparties entre 5o.ooo et
- 4.000.000 de périodes par seconde ; aussi faut-il prévoir des circuits de répéteurs spéciaux, beaucoup plus compliqués que les répéteurs ordinaires, et utilisant beaucoup les montages à réaction.
- Voici quelques précisions sur le câble Paris-Bordeaux qui sera fabriqué en France suivant la technique allemande. Il y aura en réalité deux câbles placés côte à côte dans la même tranchée, utilisés l’un pour les transmissions dans le sens Paris-Bordeaux, l’autre pour les communications en , sens inverse. Chaque câble comprendra : au centre, la paire concentrique (conducteur central de 5 mm, conducteur de retour constitué par des rubans de cuivre donnant un diamètre intérieur de 18 mm et un diamètre extérieur de
- 22 mm, isolement au styroflex), tout autour des paires et des quartes ordinaires pupinisées. Il y aura des stations de répéteurs principales où l’on amplifiera tous les circuits, aussi bien ceux de la paire concentrique que ceux des paires ordinaires, ces stations seront à É lampes, Orléans, Vierzon, Châleauroux, La Souterraine, Limoges, Brive, Péri-gueux, Monlpaon. En dehors de cela, des stations pour la paire concentrique, tous les 18 km pour la télévision, tous les 3G km pour la téléphonie. Ces stations ne seront surveillées que par une signalisation à distance à chaque station principale ; leur alimentation en énergie électrique à basse fréquence sera envoyée sur la paire elle-même. La paire concentrique sera utilisée pour 1G0 communications téléphoniques utilisant les fréquences de 100.000 à 700.000 périodes. Les fréquences supérieures de 1.000.000 à 4-ooo.ooo seront réservées à la télévision. Les paires ordinaires permettront l’établissement de 98 communications.
- Autant qu’on peut en juger pour une technique aussi jeune, de tels câbles ne semblent pas devoir être plus onéreux que les câbles ordinaires assurant le même nombre de communications ; de telle sorte que l’on obtiendrait, grâce à eux, une transmission de télévision, sans supplément de prix.
- Dans l’article extrêmement intéressant qu’il publie sur cette question, dans les Annales des P. T. T. de novembre 1937, M. Simon regrette que les ingénieurs français n’aient pas apporté une conli’ibution considérable à cette technique nouvelle. Nous le regrettons aussi et cela d’autant plus que, nous l’avons rappelé au commencement de celle note, c’est un Français qui, le premier, a vu la possibilité de cette technique. Mais aujourd’hui, quand un ingénieur français découvre une application nouvelle de cet ordre, peut-il espérer la mener à bien ? L’Administration française des P. T. T. est pratiquement seule à passer des commandes de câbles téléphoniques à grande distance, or, M. Simon le dit lui-même dans son article, p. 955, l’Administration estime indispensable que les systèmes qu’elle commande aient déjà reçu la sanction de la pratique. Puisque celle pratique ne peut se rencontrer qu’auprès d’une Admi-nistralon des Téléphones et que l’Administration française se refuse à courir le risque des essais, on ne saurait s’étonner qu’elle ne puisse utiliser que des systèmes étrangers.
- Robert Dreyfus.
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- p.136 - vue 140/439
-
-
-
- LA VISIOTÉLÉPHONIE
- Le mot quelque peu barbare de visiotéléphonie désigne, en attendant un mot nouveau plus satisfaisant, l’association de la téléphonie et de la télévision. Il s’agit de permettre aux deux correspondants non seulement de se parler, mais de se voir.
- Le jour où cette association entrera définitivement dans la pratique, le téléphone, cet outil indispensable de la vie moderne, changera complètement et chacun, au gré de son imagination, peut entrevoir les conséquences plaisantes ou lâcheuses de cette révolution.
- Ce jour n'est sans doute pas très lointain. Le problème fait l’objet d'études qui, en Allemagne surtout, ont été poussées très loin.
- Il est du reste plus aisé que celui de la télévision en général. 11 suffit de rendre visible le visage du correspondant. La transmission d’images en gros plan est relativement facile et n’exige qu’une analyse à nombre de lignes relativement faible, très inférieur à celui que l’on sait réaliser aujourd’hui pour les images à haute définition où il atteint normalement 4oo.
- Le problème des cables capables de transmettre les courants à très haute fréquence nécessaires est également résolu.
- La distribution des images à plusieurs postes est en bonne voie.
- On passera donc bientôt du stade expérimental actuel à l’exploitation technique.
- LA VISIOTÉLÉPHONIE EN ALLEMAGNE
- Les essais entrepris depuis 1929 en Allemagne se poursuivent régulièrement depuis ig35 entre Berlin et Leipzig, au moyen du câble qui réunit ces deux villes. C’est, donc le premier service régulier de visiotéléphonie par câble et sans doute le seul qui fonctionne actuellement au monde entre deux grands centres éloignés de plusieurs centaines de kilomètres.
- L’analyse est effectuée avec une trame de 180 lignes et une cadence de 25 images par seconde ; on obtient ainsi /jo.ooo points d’exploration, ce qui suffit pour la transmission normale de la tête et du buste.
- Pour la liaison, on utilise un câble à âme concentrique. Une bande de t à 2 millions de périodes par seconde est réservée à la visiotéléphonie, une autre de 100.000 périodes à t million de périodes est réservée aux liaisons téléphoniques par courants porteurs alternatifs (200 conversations).
- Au pavillon allemand de l’Exposition de 1937 à Paris on pouvait voir des cabines de visiotéléphonie (fig. 1).
- Les analyseurs utilisés désormais pour la télévision ont presque toujours recours au tube cathodique, et plus spécialement aux caméras électroniques. Cependant., la visiotéléphonie n’exigeant, qu’une finesse relativement faible d’analyse, on pourrait se contenter d’un analyseur mécanique.
- Chaque correspondant doit voir sur un écran l’image de son interlocuteur, image relativement peu lumi-
- neuse ; il est donc impossible de créer dans la cabine un éclairage général intense ; mais c’est alors l’exploration du sujet à transmettre qui devient difficile. On est souvent obligé d’adopter la méthode d’analyse à éclairage indirect d’Ekstrom.
- Le disque de Nipkow utilisé auti'efois n’a qu’un rendement lumineux très défectueux, puisque le faisceau lumineux d’exploration est limité par l’ouverture des trous. Le rendement est donné par le rapport enlrc la surface d’un élément et celle de l’image ; pour 180 lignes sa'valeur n’est que de 1/40.000.
- Une amélioration déjà sensible consiste à remplacer les ouverl tires ordinaires par des lentilles et à projeter sur Lobjel à analyser l’image d’une source lumineuse ou d’un diaphragme éclairé. Avec ce système, ou disque de Brillouin, la source hunineuse à grande surface, telle qu’une lampe à arc de 120 A, peut être remplacée par une lampe de petite surface, telle qu’une lampe à arc de 6 A.
- La fabrication d’un tel disque est cependant extrêmement délicate ; il a fallu utiliser des objectifs microscopiques bien corrigés et lumineux à la place de simples lentilles, pour obtenir un rendement lumineux satisfaisant et des images nettes sur la cellule de transmission.
- Le réglage de la position de ces objectifs est difficile, par suite de la force centrifuge ; leur fixation est peu sûre. Il en résulte des déplacements du point lumineux d’analyse et des distorsions de l’image correspondante.
- Dans le système d’analyse utilisé en Allemagne, on remplace le disque à lentilles par une couronne, en montant les objectifs microscopiques sur la surface intérieur d’un cylindre perforé tournant autour de son axe (fig. 2 et 3).
- Fig. I. — Intérieur d’une cabine de visiotéléphonie allemande (Pavillon allemand de l’Exposition 1937).
- p.137 - vue 141/439
-
-
-
- 138
- Fig. 2. — Coupe d’un analyseur à tambour à lentilles Telefunken.
- a, b, c, moteur (support) et axe d’entraînement ; d, tambour avec couronne de lentilles e et spirale inférieure / ; g, glissière pour film ; h, lampe à arc avec objectif i et diaphragme h ; l, objectif d’analyse avec fenêtre m, objectif de projection p et diaphragme à fente q ; n, cellule ; t, système de synchronisation d’image.
- La force centrifuge ne présente plus alors de composante pouvant déplacer les lentilles ; elle a exactement la direction de l’axe optique. Les lignes d’ana-
- lyse ont, en outre toutes la même longueur, puisque les objectifs ne sont plus disposés en spirale verticale, et le gain de lumière obtenu est de l’ordre de 20 à 3o pour 100, avec une consommation de courant 20 fois plus réduite pour la lampe à arc.
- La figure 2 montre la construction de cet analyseur. Le tambour est disposé sur l’axe d’un moteur d’entraînement synchrone suspendu verticalement ; il porte deux couronnes d’objectifs microscopiques. Ceux de la couronne inférieure servent à l’analyse, et sont placés suivant une spirale à deux spires; une analyse complète de l’image est ainsi oblenue par deux rotations du tambour.
- Grâce à un diaphragme mobile à volonté et qui tourne avec le système, on dirige alternai i vement la lumière sur une couronne ou sur l’autre, et la spirale sert également â la production des impulsions de synchronisation.
- Cet analyseur peut être utilisé également pour l’analyse de diapositives ou même pour la transmission des films au moyen de la couronne de lenlilles supérieure.
- Une lampe à arc avec un petit condensa leur sert à l’éclairage du diaphragme placé au foyer d’un objectif fixe, et le spot lumineux d’analyse est formé au foyer de chacun des objectifs de la couronne, au fur et à mesure de leur passage.
- Par suite de la rotation du tambour, la trajectoire est forcément courbée ; pour la redresser, on utilise une lentille cylindrique placée entre les objectifs et l’image du diaphragme.
- Un bâtonnet de verre dirige la lumière transmise par la couronne supérieure jusqu’à la cellule photoélectrique de transmission. Le faisceau de balayage est dirigé vers le sujet à analyser au moyen d’un objectif de projection, et les rayons réfléchis agissent sur des cellules photo-électriques.
- Pour faire varier les dimensions du spot lumineux d’analyse suivant la finesse de la Irame adoptée, il suffit d’agir sur le diaphragme qui peut êlrc réduit d'une manière continue.
- L’analyse étant à 180 lignes, chaque couronne de lentilles porte donc 90 lenlilles et la vitesse de rotation est de 3.000 lours mn ; l'entraînement du moteur esl assuré par le réseau alternatif à 5o périodes. En cas de réseau non synchronisé, le récepteur à rayons cathodiques est synchronisé par des montages de lampes excilées par les synchroniseurs de l’appareil de transmission indiqué plus haut (fig. 4). :
- LES DÉMONSTRATIONS FRANÇAISES
- L’Allemagne est indiscutablement en avance sur les autres pays au point de vue de la visiotéléphonie.
- Cependant la question n’est pas perdue de
- Fig. 3. — Vue extérieure et intérieure de l’analyseur du tambour à lentilles Telefunken.
- p.138 - vue 142/439
-
-
-
- 139
- Fig. 4. — L’analyseur Telefunken servant à volonté pour la visiotéléphonie ou pour la transmission des jilms cinématographiques.
- Ou aperçoit à droite et à gauche les carters correspondants.
- vue en France on des essais prometteurs ont été entrepris en ces derniers temps.
- On a ainsi pu voir dans un pavillon de l'Exposition des systèmes fort intéressants dus à MiVL Defrance et Cahen.
- Les deux cabines utilisées, servant simplement pour la démonstration, étaient très proches l’une de l’autre. Chaque intei’locuteur voyait sur l’écran d’un tube cathodique de grand diamètre de l’ordre de 3o cm l’image de son correspondant, et sa propre image était analysée au moyen d’une caméra électronique constituée, d’ailleurs, à l’aide d’un iconoscope simplifié, de petit diamètre, à grande sensibilité (fig. 5).
- La trame d’analyse peut ainsi être facilement modifiée, mais il est inutile de la porter au delà de 200 lignes environ.
- Le système a fonctionné pendant plusieurs mois ; les images étaient visibles dans des récepteurs séparés, placés également dans le pavillon, et permettaient à Ions les visiteurs de se rendre compte des résultats obtenus.
- Le problème des câbles à très haute fré-
- quence se prêtant à la transmission des émissions de télévision, a été abordé par l’Administration des P. T. T. Le nouveau câble téléphonique destiné à réunir Paris à Bordeaux a été étudié à cet effet. Quand il sera mis en service, rien ne s’opposera à la création d’un service régulier de visiotéléphonie entre les deux villes.
- LES DISTRIBUTIONS DE TÉLÉVISION
- Au problème de la visiotéléphonie, se rattache celui des réseaux de distribution de télévision, Dans un grand nombre de cas, pour des démonstrations en public, dans des hôtels, des hôpitaux, des théâtres, des administrations, on est amené à installer plusieurs récepteurs dans un même immeuble. L’expérience a montré qu’011 avait alors intérêt à utiliser un collecteur d’ondes commun et à relier fous les récepteurs à celui-ci. C’est, un problème d’anlenne commune d’un genre 1res particulier.
- En raison de la très haute fréquence des ondes considérées et de la gamme 1res large des signaux à transmettre, il faut employer un amplificateur haule fréquence commun adapté à ces fréquences, et suivi d’un filtre étudié pour cette bande. La liaison avec les récepteurs individuels est effectuée au moyen de câbles concentriques. l'ii;
- La question a déjà été étudiée pratiquement en Angleterre, par les établissements Baird en particulier, et un type de réseau pour 25 récepteurs a été réalisé avec succès.
- Ainsi, bientôt un nouveau progrès considérable sera accompli dans les communications à distance.
- P. Hémabdinquer.
- Cabine de visiotéléphonie et caméra d’analyse installées à l’Expo-de 1937 par la Radio-Industrie avec émission et réception cathodiques (Montage Defranee et R, Cahen).
- p.139 - vue 143/439
-
-
-
- L'AURORE BOREALE DU 25 JANVIER
- Beaucoup de personnes pensent assez volontiers que les aurores boréales ou australes sè produisent uniquement dans les régions polaires où leur splendeur lumineuse vient souvent dissiper les longues périodes d’obscurité que subissent ces régions chaque hiver. Cependant, de tels phénomènes ne sont pas aussi strictement localisés, ils peuvent au contraire s’étendre largement sur le globe terrestre et se manifester ainsi à des latitudes relativement basses ; et ceci plus fré-
- mérite de prendre rang parmi les plus belles qui aient été observées hors des régions où elles se montrent classiquement. On la vit non seulement sur toute l’étendue de la France, mais jusqu’au Sud de l’Europe et même du Maroc, car elle fut aperçue d’un navire, par 28° de latitude Nord. En maints endroits ce brillant météore provoqua une impression d’inquiétude, sinon de terreur, car d’aucune, raconte-t-on, furent portés à l’interpréter comme le présage
- Fig. 1. — L’aurore boréale du 25 janvier 1938.
- Caractère général des principales apparences vues simultanément ou successivement, d’après les descriptions fournies par
- divers observateurs du N. et du N.-W. de la France.
- quemment qu’on ne le croit en général. Aussi bien, observer une aurore boréale en France, comme le ! 25 janvier dernier, n’est pas du tout un événement exceptionnel ; mais cet événement est seulement assez rare pour que nous ne soyons pas blasés à son endroit. Et alors le spectacle attire vivement l’attention, surtout lorsqu’il revêt une magnificence l’imposant à l’admiration, même de ceux qui n’ont pas pour habitude de diriger leurs regards vers le ciel ou de s’occuper de ce qui s’y passe.
- L’aurore boréale qui se développa largement le soir du 25 janvier, principalement de 18 h 3o à 21 h 3o,
- de proches calamités ! Résultat immanquable, jusqu’à nouvel ordre, de tout phénomène inattendu dont la cause première est ignorée du commun des mortels.... Mais superstitions ou interprétations fantaisistes mises à part, nous enregistrons que partout les spectateurs eurent dès l’abord, et avant toute autre constatation susceptible d’édifier les initiés, l’impression de se trouver en présence des conséquences lumineuses d’une catastrophe, d’un immense incendie dont le reflet s’étendait largement sur le ciel. Cette unanimité apporte le témoignage d’une générale coloration rouge très accusée, qui a été la note dominante. Ainsi s’expli-
- p.140 - vue 144/439
-
-
-
- 141
- Fiy. 2. — Diverses apparences notées au poste de l’O. N. M. à Reims, par M. Bonnard, soldat observateur.
- A. Grande tache rouge brique vue de 20 h 53 à 20 h 59, venant du N. W., avec maximum de coloration à la base et vers la pointe ; B. Jets verticaux, rouges, s’élevant jusqu’à 25° et vus à l’horizon N.-W., de 0 h 50 à 1 b 8,
- le 26 janvier.
- que, d’après ce que rapportent les quotidiens, que bien des postes de pompiers, et en particulier tous ceux de Londres, furent alertés ! Par ailleurs, nous apprenons aussi que nombre de pêcheurs de la Mer du Nord restèrent au port, et que ceux qui se trouvaient en Manche furent si vivement impressionnés par le calme extraordinaire de la mer et l’aspect du ciel qu’ils n’osèrent pas jeter leurs fdets. Sans répéter ici tous les détails pittoresques que l’on a lus abondamment à cette occasion, soulignons seulement qu’ils sont significatifs de l’émotion éprouvée par une grande partie des populations.
- Il importe davantage de chercher à résumer les caractères généraux du phénomène. A la vérité, il est difficile de décrire un tel spectacle, aux phases multiples et sans cesse changeantes à tous égards : des plages lumineuses naissent, se dilatent, se transforment ou s’éteignent, se déplacent ou mieux se propagent d’un lieu à un autre, le tout dans l’espace de quelques instants ; la lueur dont elles brillent semble palpitante ou affectée d’ondulations comme sous l’effet d un
- souffle lent. Des rayons semblables à des jets de projecteurs s’élancent à des hauteurs variables, eux aussi fugaces et instables. Certaines aurores se manifestent seulement sous l’aspect de ces grandes lueurs mobiles isolées, ou se succèdent pour former une draperie, ou éclairement d’un segment de ciel plus ou moins voisin du Nord ; d’autres ne dessinent que des rayons de développement variable et vertical ou divergeant d’un point ou d’une zone déterminée soit dans les hauteurs du ciel, soit d’un arc voisin de l’horizon. D’après les obsei’vations effectuées un peu partout sur notre territoire le 25 janvier, la plupart de ces particularités ont été vues simultanément ou successivement. Les renseignements proviennent de relations qui nous sont parvenues directement et surtout de la documentation fournie par les différents postes ou stations de l’Office National Météorologique et que M. Wehrlé, directeur de cet organisme, a mise à notre disposition avec une obligeance dont nous tenons à le remercier. Citons également l’excellent et très circonstancié rapport établi par les élèves-maîtres de l’École normale d'instituteurs de Caen, et que le directeur de cet établissement a bien voulu adresser aussitôt à La Nature.
- Tous ces renseignements concordent d’abord, comme nous l’avons dit plus haut, pour signaler la lueur d’incendie répandue dans le ciel, lueur provenant de grandes taches mobiles et fluctuant dans leur éclat en même temps que dans l’intensité de leur coloration. Bien entendu, les aspects sont variables suivant les lieux d’observation. Il s’agit d’apparences se développant dans les très hautes régions de l’atmosphère ; les déterminations effectuées par M. Cari Stôrmer, l’éminent physicien norvégien, spécialiste de ces études, ont révélé des altitudes qui, à partir de ioo km, s’élèvent parfois jusqu’à 8oo, 900 et même 1.000 km. Nous ne connaissons pas encore les mesures relatives au phénomène actuel ; en tout cas, son ensemble se développa sur une étendue énorme. En raison des distances en jeu, les diverses particularités qui sont
- Fig. 3. — Dessin schématique et notation de colorations d’après un croquis pris dans la Seine-Inférieure par M. Gluck, à la station de Pavilly (0. N. M.).
- p.141 - vue 145/439
-
-
-
- = 142 :rrr=-——=
- localisées dans telle ou telle portion de l'atmosphère se voient sous des angles différents ; en meme temps des effels lumineux prennent une importance variable : on ne saurait donc donner une description unique, correspondant à toutes les observations.
- D’une manière générale, les aspects les plus notoires ont consisté dans l’apparition première de lueurs vers le Nord-Est et surtout vers le Nord-Ouest, et se développant en se propageant en direction du Sud-üucsl. Formes mobiles et changeantes dans leur intensité et leurs contours diffus, on les signale parfois comme des traînées allongées d’Ouest en Est. Au poste de l'O. N. M., de Reims, on vit à 20 b 5q une grande tache lumineuse en forme d’éventail courbe ou de virgule. Un aspect analogue mais orienté tout à fait différemment, a été observé à un autre moment à la station météorologique de Rennes par M. Rieffel. Généralement, ces grandes plages sont notées plus claires au centre ; en Bretagne et dans le Sud du Cotentin, elles sont vues se jjropageant du Nord-Ouest ou du Nord-Est vers le Sud-Ouest où elles s’évanouissent. Dans l’illumination rouge du ciel créée par ces formations, et recoupant celles-ci, s'élancent des rayons rouges, roses, blancs ou verdâtres, suivant les différents observateurs qui les comparent volontiers à des faisceaux de projecteurs. En divers lieux, 011 a observé ces faisceaux émanant d’arcs ou de segments se formant vers l’horizon Nord-Ouest, leur groupement semblant parfois dessiner les plis d’une céleste draperie. De grandes lueurs, comme une clarté de jour naissant, s’élevèrent aussi de l’horizon Nord ou Nord-Est. A Lille, celle sorte d’aube, vue à 21 b, parut bleuâtre, donnant l'impression d’une belle nuit d’été ; des colorations bleues sur différents points ont été également notées à l’observatoire de J’uvisy par M1110 Flammarion et M. Qué-nisset. A Caen, on remarqua à 20 h la formation, au Nord-Est, d’une lueur que l’on compare au lever du jour ; celte lueur grandit vers le Nord et à son maximum (20 b 20), elle formait un demi-cercle très éclairé à la base et occupant toute la moitié nord du ciel : son intensité était alors telle que le paysage parut aussi illuminé que par le plus brillant clair de Lune.
- Rien que par ces quelques descriptions — car la
- place nous fait défaut pour citer en détail toutes les observations effectuées, nous pouvons juger du caractère général, de la diversité, des multiples apparences et de la splendeur de ce magnifique phénomène dont, après la féérie maximum, les dernières phases furent visibles en certains points jusque vers 2 b du matin, le 2(3 janvier.
- Sans nous étendre sur les théories modernes relatives aux aurores polaires, rappelons que l’on admet qu'elles sont dues à des jets d’électrons en provenance du Soleil puis déviés et captés par le champ magnétique terrestre qui leur inflige des trajectoires courbes les faisant converger vers des régions de notre globe situées alors dans la nuit. A l’excitation lumineuse ainsi provoquée dans la très haute atmosphère s’ajoutent de notoires perturbations magnétiques ; remarquons cependant que de telles' perturbations se manifestent sans que pour cela on constate au ciel un spectacle lumineux. Celui du 25 janvier s’est accompagné d’un trouble intense dont la conséquence pratique a été tout d’abord (comme 011 l’avait déjà constaté fréquemment) l’arrêt prolongé de communications télégraphiques -ou téléphoniques et d’émissions de T. S. F. Les magnélograplies ont enregistré de notables variations des composantes'horizontale et . verticale et de la déclinaison. La ligure l\ reproduit la variation de la déclinaison à l’Observatoire magnétique de l’Institut de Physique du Globe (à Chambon-la-Eorèl, Loiret) que nous remercions pour son obligeante communication ; quoique très forte, puisqu’elle atteint une amplitude de près de ï°5, il en a élé noté néanmoins de plus considérables : celle du 25 septembre 1909 s’est élevée à 3°, sans s'être accompagné, seiublc-t-il, d’une aurore très importante.
- Gcci nous incite, pour terminer à rappeler cer-lains faits antérieurs. Personnellement nous avons contemplé de fort belles aurores en 189/1, 1898, 1908, 1915 ; et bien d’autres observations encore, à des époques plus récentes, notamment en 1926, témoignent de la fréquence relative du phénomène dans nos contrées. Mais plus reculés en date, il faut se souvenir des spectacles féériques qui illuminèrent le ciel dans l’hiver 1869-1870 et pendant le siège de Paris, et dont nombre de témoins se souviennent
- Fig. 4. — Perturbation magnétique du 25-26 janvier 1988 enregistrée à l’Observatoire magnétique de l’Institut de Physique
- du Globe, à Chambon-la-Forêt (Loiret).
- Variations de la déclinaison : ampleur totale 88b
- 25 janvier
- p.142 - vue 146/439
-
-
-
- ======= 143 =—
- encore. Cependant le plus magnifique de tous paraît être celui du 4 février 1872 ; celui-là fut visible de presque tout l’hémisphère N., ou plus exactement il se manifesta des aurores sur l’étendue de cet hémisphère ; citons même que le 2 septembre 1859, de tels phénomènes se produisirent simultanément sur toute la Terre.
- Ainsi, comme nous le disions au début, ces magnifiques spectacles dont par ailleurs l’étude plus poussée contribuera à une connaissance de nombreux phénomènes cosmiques et de la très haute atmosphère, ne sont pas exclusivement l’apanage des contrées polaires : elles sont là seulement plus fréquentes en raison des causes initiales de leur production.
- .Fig ;>. — L'aurore boréale du 4 février 1872, à Paris.
- D'après uue gravure parue eu 1883 dans Physique du Globe et Météorologie populaire, n
- par A. de Vaulabelle. Lucien Ruoaux.
- = ÉVOLUTION DES FLAMMES DE CHALUMEAUX =
- COMBUSTIBLES DE SOUDURE ET D’OXY-COUPAGE
- Les vieux livres de chimie que les sexagénaires de notre temps avaient entre les mains, durant qu’ils étaient sur les bancs du collège, ne manquaient pas de consacrer à la flamme des considérations qui paraissaient pertinentes et définitives.
- Que de choses, pourtant, cette tremblante et énigmatique émanation du feu ne gardait-elle pas cachées en elle ! Que de difficultés ne devait-elle pas susciter à qui, avide d’approfondir sa connaissance, sans souci tlu (( vautour éternel » entreprendrait, nouveau Pro-méthée, de ravir à sa substance le secret de sa nature ! Que d’inconnu ne tient-elle pas encore en réserve ! Quiconque a suivi, voici quelques semaines, les travaux, qu’en une séance tenue à Paris, le « Centre d’études thermiques » a consacrés à la théorie, à la production et aux applications des flammes, a pu s’en convaincre aisément.
- Bien des problèmes se révèlent hérissés de difficultés et les spécialistes ne dissimulent pas que plus d’une question « est bien loin d’être épuisée ».
- De ce nombre est la mesure d’une donnée essentielle : la température des flammes.
- De ce nombre aussi, la théorie de la vitesse de propagation des flammes dont l’un des rapporteurs à la séance du « Centre d’études thermiques », après avoir
- montré que certains développements théoriques permettaient de préciser dans le détail le mécanisme physique de la propagation de la flamme par déflagration, a déclaré : « Dans l’ignorance où nous sommes des valeurs absolues des vitesses de réaction aux températures élevées, il nous est impossible de calculer a priori la valeur de la vitesse de déflagration d’un mélange ; tout au plus pouvons-nous prévoir le sens et les ordres de grandeur de l'influence des divers facteurs physiques sur cette vitesse. »
- Il nous paraît néanmoins utile d’indiquer, qu’à notre avis, des mesures systématiques, effectuées sur la vitesse de propagation des flammes, seraient susceptibles de nous fournir de précieux renseignements sur les lois qui régissent les vitesses de réaction aux températures élevées ; il semble même que ce soit là, jusqu’à nouvel ordre, la seule méthode dont nous disposions pour atteindre ces phénomènes dont la durée, extraordinairement faible, se chiffre en cent-millièmes de seconde.
- Qualité des flammes soudantes. — Mais il apparaît que les connaissances touchant la production des flammes, en vue de certaines de leurs applications industrielles, sont maintenant très avancées.
- En particulier, les propriétés des flammes de sou-
- p.143 - vue 147/439
-
-
-
- 144
- Dard cyiindro-conique
- Panache
- Ces combustibles se classent, alors, dique le tableau suivant :
- dans 1 ordre qu m-
- Nature du gaz Proportion de gaz dans le mélange o/o maximum de W
- Acétylène. . 33 10,7
- Hydrogène . 3,4
- Gaz de ville . 5g 3,2
- Propane . . . . : 8 2,8
- Méthane . . . . 38 2,1
- Gaz à l’eau . 80 2,1
- Dard lamelliforme Panache en lame
- C’est une donnée quantitative, mais qui, selon la remarque de MM Granjon et Séférian, ne fournit aucune indication quant à la qualité des calories.
- Une notion qualitative peut-elle être introduite dans la question ? Les spécialistes que nous venons de citer l’ont pensé et c’est ainsi qu’ils ont été amenés à définir une donnée nouvelle pour laquelle ils proposent le nom de coefficient thermo-chimique.
- Le coefficient thermo-chimique, mesure de la « qualité » d’une flamme de soudure, — Ce coefficient tient compte à la fois de la qualité des calories disponibles — dues aux réactions de dissociation —- et de la température maximum de la
- Fig. 1. — Schémas de flammes oxgacétyléniques.
- En haut : dard cylindro-conique ; au milieu : dard annulaire ; en bas : dard lamelliforme. A. Obtention du mélange préalable (gaz ou vapeur et oxygène) ; B. Dard ou cône bleu ; C. Zone stationnaire ; D. Siège de la plus liante température (région utilisée pour soudure); E. Zone dite réductrice ; F. Panache (zone toujours oxydante et renfermant beaucoup d’azote).
- dure et d’oxy-coupage sont singulièrement élucidées et' les llamrnes acétyléniques ont acquis un polymorphisme, dont toute l’illustration ci-contre donne une idée, et qui dénote la recherche d’une adaptation aux besoins très variés de l’industrie.
- L’étude des propriétés thermiques des flammes a conduit à envisager leur puissance spécifique que l’on a défini comme la quantité de calories disponibles dans la llamme par unité de surface et unité de temps et qui s’exprime par la relation simple ;
- W = K. cal/cm2 sec.
- dans laquelle u est la vitesse de propagation de la combustion en cm/s ; Q le pouvoir calorifique inférieur du combustible par unité de volume exprimé en K.cal/cm3 ; s le rapport de la section de la buse à celle de la surface du cône de combustion.
- llamme.
- C’est dire qu’il est le produit de deux termes. Le premier appelé rendement chimique, est ie rapport des calories fournies par les dissociations aux calories totales disponibles dans la llamme ; le second, appelé coefficient de température, est le rapport de la température efficace de la llamme à la température de la source froide. En désignant par Q la somme des calories g, + q3 + qn des dissociations fournissant des gaz réducteurs (H2 ail par exemple), par Q' les calories totales disponibles dans la llamme, par T la température de la llamme et par V la température du métal à souder (source froide), le coefficient thermochimique en question s’exprime :
- _ Q T — T'
- Y ~ Q + Q' ’ T'
- Et en prenant le cas du fer T' = t.5oo° C., MM. Granjon et Séférian ont trouvé, pour ce coefficient, les valeurs consignées ci-dessous qui établissent un classement qualitatif des llamrnes de soudure :
- Coefficient
- Nature du gaz Combustion thermo-chimique
- A considérer la variation de cette caractéristique thermique en fonction de la proportion de gaz dans le mélange, on voit que, pour chacun des combustibles de soudure, elle atteint un maximum correspondant à un pourcentage déterminé de gaz dans le mélange.
- Acétylène . C2H2 -|- O2 79
- Gaz de ville. . Gaz de ville + (,28 O2 5i,6
- Butane . . . C4H10 +• 6,5 O2 44,6
- Méthane . CH4 + 2 O2 37
- Hydrogène . . H2 +~ O2 32,5
- p.144 - vue 148/439
-
-
-
- 145
- Que demande-Uon à une flamme d’oxy=cou= page ? — Le rôle d’une flamme d’oxy-coupage esl bien différent de celui d’une flamme de soudure.
- La flamme d’oxy-coupage joue un double rôle, celui de porter la région à couper à une certaine température, voisine de 1.200° à i.3oo° C. pour amorcer l’oxydation du fer, puis d’aider à la régularité de l’oxydation sous le jet de l’oxygène pendant la coupe.
- Toutes les flammes d’oxy-coupage ont un facteur complémentaire commun, qui est l’oxygène de coupe.
- Les conditions économiques d’une coupe dépendent, comme pour la soudure : de la vitesse de coupe, donc de la nature de la flamme de chauffe et de la quantité d’oxygène dépensée. Mais à ce dernier poste, il faut
- considérer l’oxygène de la combustion primaire et l’oxygène de la coupe.
- A supposer une consommation sensiblement constante par centimètre carré de surface oxydée de coupe, il faut bien voir que la quantité totale d’oxygène utilisée sera fonction du pouvoir comburivore. Par ailleurs, des facteurs, les uns étrangers à l’opération — comme les facilités de transport qui, dans certaines situations, peuvent faire prendre en considération la capacité d’un combustible à concentrer beaucoup de calories sous un faible volume — les autres inhérents au travail à exécuter — comme la profondeur de coupe — sont de nature à influer sur le choix.
- Fig. 2. — Brûleur à flamme « rnul-tidards » pour la trempe superficielle.
- C’est ce qui a permis à MM. Granjon et Séférian d’établir un parallèle des avantages et des inconvénients des combustibles susceptibles d’être employés à l’oxy-coupage.
- Ainsi l’acétylène, dans la plupart des cas, se classe en tête des combustibles de coupage.
- L’hydrogène plus coûteux et d'approvisionnement malaisé, avec, un réglage de liant me [tins difficile, a des avantages pour les coupes épaisses de 5oo à 1.000 mm. Il esl préférable pour le (‘onpage sous l’eau.
- Le gaz de ville 11e permet que des épaisseurs de coupe limitées à 200 mm au maximum. Son emploi est économique au voisinage des usines de production.
- Fig. 3. — Dards en couronne.
- Le propane et le butane ont l’avantage de contenir une grande quantité de calories sous un faible volume.
- L’essence ne présente aucun avantage particulier : son pouvoir calorifique est faible ; il y a difficulté d’évaporation et de réglage de la flamme ; c’est un combustible dangereux.
- Polymorphisme des flammes soudantes acéty= Iéniques. — Un fait qui paraît caractéristique de l’évolution de la technique des flammes soudantes, c’est la diversité d’aspect quelles sont susceptibles de revêtir maintenant, suivant la nature de la soudure à effectuer. A la séance du « Centre d’études thermiques », M. Meslier en a fait une démonstration par l’image, dont notre illustration reproduit l’essentiel.
- Sans doute, sur les chantiers, voit-on surtout la flamme à dard cvlindro-conique qui peut être regardée comme la forme normale et classique de cet agent de soudure. Par elle-même, elle convient déjà à une foule d’usages. Mais, sans dépouiller son aspect habituel, elle peut, par une multiplication des dards cylin-dro-coniques, viser des usages spéciaux tels que trempe superficielle, chauffes localisées, formage rapide à chaud, pour lesquels conviennent des brûleurs à flamme multidards (fig. 2).
- S’agit-il d’une
- opération à grande Tiy. U — Flamme additionnelle .. ^ acro-acetgleniquc suivant la flamme
- allure, comme soudante d’-un chalumeau de ma-
- eelle réalisée par chine à souder les corps creux.
- la machine à souder, où il faut pouvoir régler minutieusement la progression du c h a uffa ge de façon que, quelle que soit la vitesse, le métal entre en fusion instantanément P Ce qu’une flamme unique ferait mal, un dis-
- p.145 - vue 149/439
-
-
-
- 146
- Fig. 5. — Fards en rampe pour soudure rapide à la machine.
- posil.il' en « rampe, » (lig. 5) Texéeule à la satisfaction du soudeur.
- Ces flammes multiples peuvent d ailleurs être à puissances différentes ; ainsi dans les machines à souder les
- tôles d’acier de 2 mm, emploie-t-on un dispositif à 10 llammes dont la plus failde consomme i5 1 d’acétylène à l’heure, la plus forte 000 1 et les autres des volumes intermédiaires.
- Sans être aussi répandu que le dard evlindro-conique, le dard annulaire (fig. 1) est cependant courant, en particulier il est apprécié pour un chauffage rapide à grande puissance. Pour certains usages, il est plus expédient de recourir à des flammes en « lame » droites ou courbes (l>g- 1).
- Enfin, la soudure des métaux spéciaux implique l’usage de chalumeaux comportant le dispositif nécessaire à la production d’une flamme additionnelle (fig. 4), aéro-acétylénique, qui suit la flamme soudante oxy-acétylénique, afin d’empêcher le contact de l’air avec le métal à haute température.
- Ainsi voit-on que le grand développement, pris par la soudure autogène dans toutes les industries mécaniques, a suscité 1 éclosion de dispositifs très variés.
- C’est le cas de répéter que la fonction crée l’organe.
- Geohces Kimpjflin.
- UNE SUGGESTION POUR UNE MACHINE ÉLECTROSTATIQUE
- DONNANT DES TENSIONS DE DIZAINES DE MILLIONS DE VOLTS
- Le Dr A. L. Tchijovsky, de Moscou, nous soumet les curieuses suggestions suivantes :
- Il est connu que la physique de nos jours exige des tensions de plus en plus puissantes.
- Ceci est indispensable pour étudier la structure de la matière et la dissociation de l’atome.
- On a proposé, dans ce but, de nombreux types de générateurs, donnant des centaines de milliers et des millions de volts. Van-Graaf (États-Unis d’Amérique), en particulier, recommande une machine électrostatique fort ingénieuse. Elle est constituée par deux sphères métalliques à surface polie, ayant plusieurs mètres de diamètre, placées sur des supports-isolateurs en forme de verre. Un courant électrique qu’on obtient par transformateur de haute tension, découle des pointes et tombe, sous forme de charges électriques, sur une bande de soie sans fin en mouvement, celle-ci portant ces charges aux sphères métalliques. Les charges y sont enlevées par un peigne métallique relié aux sphères. C’est ainsi qu’une tension jusqu’à i.Soo.ooo v et davantage s’accumule sur ces dernières. Cependant, les supports nécessaires pour maintenir et isoler les sphères, à part qu’ils mettent à la terre une partie de la tension, empêchent encore l’électricité de s’accumuler ultérieurement sur la surface des sphères.
- Ne pourrait-on, peut-être, modifier cette machine pour pousser la tension jusqu’à des dizaines de millions de volts ? La chose est possible théoriquement ; les difficultés techniques ne sont pas insurmontables.
- Imaginons deux sphères métalliques, de plusieurs rnèlres de diamètre, semblables aux dirigeables sphériques. On les remplit d’hélium jusqu’à ce qu’elles se soient, équilibrées dans l’air. Il suffit ensuite, pour les maintenir sur place, d’appliquer une force négligeable d’en haut ou de côté, sous forme d’une ou de deux chaînes isolatrices. Mon idée essentielle est de donner aux sphères une surface énorme et de les débarrasser du dispositif qui les supporte. Toutes les autres modifications techniques de la machine ne sont pas difficiles à exécuter. Ces ballons immenses de la dimension d’un dirigeable, en raison de leur surface énorme, seront en état d’accumuler un potentiel électrique de plusieurs millions de volts, avec pertes négligeables. Naturellement, le système des deux sphères doit être maintenu dans l’air à une dizaine de mètres et un hangar spécial avec chauffage pour sécher l’air doit leur être réservé.
- On peut aller plus loin et concevoir des sphères entièrement équilibrées dans l’air, grâce à l’hélium et débarrassées complètement des isolateurs qui leur servent de soutien.
- Je suppose que la télémécanique en progressant, nous permettra de résoudre ce problème. Alors c’est à distance que les sphères et leurs mouvements dans l’air seront gouvernés. L’air sec seul — diélectrique admirable — enveloppera alors les ballons, et l’accumulation de potentiels à puissance renforcée sera un problème résolu.
- Dr A. L. Tchijevsky.
- p.146 - vue 150/439
-
-
-
- LA RÉPUBLIQUE DE CUBA
- La République de Cuba, contrairement à ce que bon ovoit, n’est pas réduite à une seule île, mais elle se compose de l’île de Cuba, dont la surface a élé estimée à 107.924 km2, de l’île des Pins, qui a environ 3.100 knr et d’une foule d’autres petites îles et d'îlots qui entourent Cuba et dont on peut estimer la superlieie à 3.5oo km2, ce qui donne une superficie totale pour la République de 11 4.524 km2.
- Dans une région de la province d'Orienl, il existe un petit noyau de familles qui se disent descendantes des Indiens primitifs, mais le nombre de ses individus n’arrive pas à deux centaines et, du reste, ils ont la meme vie que tous les autres paysans cubains.
- Après la découverte, Cuba fut conquise et colonisée par les Espagnols. Comme les Indiens périssaient, les colons introduisirent des nègres africains esclaves pour
- L’île de Cuba, qui donne son nom à tout le territoire de la République, fut découverte le 27 octobre 1492 par Christophe Colomb dans son premier voyage, après avoir relâché à l’île qu’il appela Saint Sauveur. 11 débarqua à Cuba le lendemain, 28 octobre, et prononça la phrase qui résumait son admiration : « C’est la plus belle terre qu’aient vue des yeux humains ». 11 y rencontra des Indiens à l’état primitif, dont le naturel était bon et doux et qui possédaient une agriculture rudimentaire. L’île était partagée entre deux groupes très différents, aux mœurs distinctes, les tainos et les siboneyes, les premiers plus avancés que les autres, mais tous d’une nature paisible.
- Au contraire de l’Amérique Centrale et du Sud et du Mexique, il ne reste pas un seul de ces Indiens.
- lè labeur des mines d’abord, et ensuite pour la culture de la canne et la fabrication du sucre. On appela aussi, des Chinois. L’esclavage sévit jusqu’en 1878, puis lés derniers Nègres furent libérés comme épilogue de là sanglante lutte pour l'indépendance de l’île qui dura de 1868 à 1878. Les insurgés et- les Espagnols, épuisés par l’effort, signèrent un. traité,,..parmi les clauses duquel figurait la liberté dès Noirs;*" ! *
- Lors de la révocation de l’édit de Nantes, aussi bien que lors de la cession de la Louisiane par la France aux États-Unis en i8o3, des coloris français émigrèrent à Cuba, s’y fixèrent!et devinrent planteurs pour la plupart. U en fut de môme lors de la révolte noire eh Haïti. Aussi, il n’est pa§ rare de rencontrer à Cuba des familles d’origine française. A
- p.147 - vue 151/439
-
-
-
- 148
- La ville de Cienfuegos, au sud de Cuba, fut fondée par un Français, Louis de Clouet, qui avait le grade de général dans l’armée espagnole et qui peupla la ville naissante avec de nombreuses familles amenées de Bordeaux. Un des colons fut Rousseau, valet de chambre de Napoléon à Sainte-Hélène, qui quitta cette île bien avant la mort de l’Empereur. De môme, le Dr Anlo-marchi, qui venait aussi de Sainte-Hélène, se fixa à Santiago de Cuba et y mourut.
- Par conséquent, la population de Cuba se compose de descendants d’Espagnols pour la plupart, de descendants de Français, de descendants de Noirs esclaves et de Chinois. De nouveaux jaunes continuent à s’y introduire d’une manière clandestine, pour se consacrer au commerce et à la petite agriculture. De nom-
- Fig. 3. — Le Capitole de La Hiybane, où siègent le Sénat et la Chambre des Députés de la République ; à droite, le palais de la colonie galicienne.
- breux Espagnols arrivent aussi, attirés par la fécondité du sol et l’espoir d’un travail bien rémunéré. Enfin, depuis la grande guerre, on compte une grande quantité d’immigrants européens, surtout Polonais, Tchécoslovaques, Lithuaniens et Russes, presque tous israélites. Ils ont donné naissance à un faubourg juif de la vieille Havane, font tous les métiers, impriment des journaux en carac-etc. D’après un recensement fait par eux-mêmes, il y a, à l’Université de La Havane, 600 étudiants d’origine juive, d’une première génération née à Cuba, sur un total d’environ 4.000 élèves.
- Les Chinois possèdent deux grands journaux, qu’ils sont seuls à pouvoir lire.
- La Havane a neuf grands journaux en espagnol, dont, un tire trois éditions quotidiennes, un journal rédigé en anglais pour les résidents américains et une vingtaine de revues, luxueusement éditées, littéraires, scientifiques, techniques et sportives.
- La population de la République dépasse légèrement 4 millions, dont 53 pour 100 d’hommes et 47 pour 100 de femmes ; la population blanche (y compris les étrangers) peut être évaluée à 72 pour 100 de la population totale et la population de couleur (Noirs, Métis et Jaunes) a environ 28 pour 100. La densité de la population est de 35 habitants par kilomètre carré.
- De ce que nous venons de dire quant aux origines de la population cubaine, il résulte un fait, peu divulgué en Europe, et surtout en France : c’est que les guerres d’indépendance de Cuba contre sa métropole, l’Espagne, n’étaient, pas faites par des Indiens contre leurs conquérants, puisque l’élément indigène avait disparu, mais par les descendants des Espagnols colonisateurs, aidés par des colons d’origine française, par des Nègres et des Chinois. Il y a même dans un petit parc de La Havane un monument élevé en ces dernières années par les Jaunes, en souvenir de l’insurgé chinois inconnu.
- La dernière guerre d’indépendance de Cuba provoqua la guerre hispano-américaine de 1898, terminée par la défaite de l’Espagne à Cuba et aux Philippines et la création de la République Cubaine le 20 mai 1902, après trois années d’occupation américaine. On comptait dans les rangs insurgés beaucoup d’Espagnols (natifs d’Espagne) qui sympathisaient avec la cause de la liberté. Le chef de l’État-Major du général insurgé Antonio Maceo, était un journaliste espagnol ; d’au-Iros, en quantité, suivirent cette voie. Dans les rangs espagnols, il y avait aussi quelques Cubains riches, voués à la cause de la Monarchie. C’est pourquoi l’on peut dire que les guerres insurrectionnelles de Cuba lurent de vraies guerres civiles, entre les partisans de la République et ceux de la Royauté, une préfiguration pourrait-on dire, de ce qui se passe aujourd’hui en Espagne.
- Revenant à la population cubaine, les recensements qui ont eu lieu, de la conquête à nos jours, peuvent se résumer ainsi :
- p.148 - vue 152/439
-
-
-
- 149
- Années Population
- 1774. • • • 171.620 habitants
- 1792. . . . 272.300 —
- 1817. . 572.863 —
- 1827. 704.487 —
- i84i. . . . 1.007.624 —
- 1861. . . . 1.396.530 —
- 1877. . . . 1.509.291
- 1887. . . 1.631.687 —
- 1899. . . . 1.572.797 —
- 1907. . . . 2.048.980 —
- 1919. . . . 2.889.004
- 1931. . . . 3.962.344 —
- ig36. . 4.046.706 —
- La République, , qui est du type repré
- sentatif et, unitaire, est divisée en six provinces. L’île des Pins, qui est ia plus grande de celles qui entourent l’île de Cuba, et dont elle est peu éloignée, fait partie, comme commune, de la pi’ovince de La Havane.
- Dix-neuf villes ont plus de 5o.ooo habitants.
- D’après le recensement de 1936, les plus grandes sont :
- La Havane. . Holguin. . Camagüey. Santiago de Cuba. Santa Clara . .
- 552.133 habitants 137.016 —
- i35.i26 —
- 104.729 —
- 98.183 —
- Tout le territoire cubain a été assaini par le service de salubrité publique, grâce à la découverte par le
- Fig. 4. — Le Palais présidentiel de La Havane.
- Dr Finlay, médecin cubain, du moustique transmetteur de la fièvre jaune, qui permit plus tard aux Américains d’achever le canal de Panama où tant d’ouvriers de l’ancienne Compagnie française avaient péri quelques années plus tôt.
- Ce qui fut un jour un foyer d’infection, Cuba et son collier d’îles et d’îlots, est aujourd’hui un paradis, un des pays les plus sains du monde.
- Juan-Manuel Planas.
- LA FABRICATION DES CRAYONS
- Les crayons ordinaires se fabriquent aujourd’hui dans le monde entier selon le procédé, breveté en 1794 par Nicolas Jacques Conté qui, selon son biographe Gaspard Monge, « avait toutes les sciences dans la lête et tous les arts dans la main ». La maison que créa cet ingénieux inventeur voilà près d’un siècle et demi subsiste toujours, bien que le brevet pris par son fondateur soit tombé dans le domaine public en 1824. D’ailleurs, de puissantes usines, pourvues d’un outillage perfectionné, se sont installées dans divers pays pour confectionner par millions les « petits bâtons de bois renfermant des baguettes de plombagine artificielle ».
- Le procédé de fabrication inventé par Conté consistait à broyer du graphite et à le mélanger avec de l’argile de manière à obtenir une substance plastique qu’on peut façonner par filage puis cuire à haute température afin de donner au mélange une résistance mécanique suffisante. Humblot, gendre de Conté, apporta au brevet primitif de son beau-père plusieurs perfectionnements tandis qu’Hardtmuth l’exploitait à Vienne (Autriche) dès 1816 et Lothar Faber dans son usine de Stein près de Nuremberg (Allemagne).
- Aujourd’hui la fabrication du crayon se fait, en principe, toujours selon la même méthode et com-
- porte trois opérations : la préparation de la mine de graphite, le façonnage du bois destiné à recevoir cette dernière et l’engainage suivi d’une ultime toilette. Mais l’outillage moderne permet une exécution plus parfaite et une production plus considérable.
- PRÉPARATION DE LA MINE DE GRAPHITE
- Comme matières premières, on utilise le graphite vulgairement appelé « mine de plomb » et l’argile ou silicate d’alumine hydraté. Les meilleurs gisements du premier corps se trouvent au Mexique, qui fournit du graphite amorphe, à Ceylan et à Madagascar où l’on rencontre le graphite en paillettes. Dans les deux cas, le produit natif est du carbone mêlé à quelques impuretés. A son arrivée aux usines, on le broyé afin de le réduire en poudre impalpable. Après triage par ventilation et lavage afin d’éliminer les traces de silice, d’oxydes de fer et d’aluminium qu’il renferme, on obtient une masse pulvérulente très pure qui donnera ultérieurement à la mine sa couleur et son « glissant ». L’argile provient de divers endroits du sol français et sa plasticité à l’état cru permet le travail et le filage du graphite auquel on l’incorpore ; la cuisson la durcit
- p.149 - vue 153/439
-
-
-
- 150
- Fig. 1. — Malaxage du lait d’argile avec la poudre de graphite ou autre, destinée à former la « mine » des crayons.
- en lui faisanl, perdre partiellement son eau de conslil.u-lion et, elle donne ainsi à la mine la rigidité nécessaire. On pulvérise l’argile puis on l’épure par lévigation,
- précipitation et décantation successives afin d’en retirer les grains de sable et les débris quartzeux. Dans ce « lait d’argile », on incorpore la poudre graphitique et on introduit le mélange pâteux dans des malaxeurs qui le brassent assez longtemps. On dirige ensuite cette pâte vers des meules en granit qui la broyent très finement. Après plusieurs passages sous ces « moulins bohémiens », des pompes reprennent la masse pâteuse pour l’amener dans des filtres-presses où elle se débarrasse de la majeure partie de l’eau qu’elle renferme (fig- 2).
- Des filtres-presses, sortent des galettes argilo-gra-phitiques auxquelles diverses machines (péfrisseurs, cylindres mélangeurs et corroycuses) donnent la forme de gros boudins plastiques homogènes et très fermes ; ces boudins passent dans des presses destinées à les comprimer 'très fortement et à les filer. Ces presses spéciales se composent d’un cylindre à parois très épaisses dans lequel descend un piston. A sa partie inférieure, le dit cylindre porte un orifice dans lequel s’enchâsse, une filière, garnie de corindon, d’agathe ou de saphir et de diamètre variable. La descente du piston dans’ le cylindre chasse la masse pâteuse qui s’y trouve et un couteau la sectionne en tronçons de 70 centimètres environ, qu’un ouvrier aligne parallèlement, sur des planches en bois ou mieux sur des plaques d’acier. On porte ensuite les baguettes de graphite artificiel dans des étuves où on les laisse’sécher. Une fois le séchage effectué, on coupe les mines à la longueur voulue et, on les dispose dans des creusets contenant chacun environ 6.000 mines qu’on introduit dans des fours électriques chauffés à 1.200°. Après cuisson prolongée, les mines, solides et dures subissent une 'trempe dans des corps gras appropriés. Elles sont alors prêtes pour leur gainage, appelé en termes techniques la « mise en bois ».
- Fig. 2. — Les filtres-presses expriment l’eau de la pâte argilo-graphitique LES MINES A CRAYONS
- d’où sortira la future « mine ».
- D’autre part, on mesure la dureté des mines de graphite au moyen d'instruments spéciaux permettant de les classer. Dans le commerce mondial, on a adopté maintenant 17 graduations, désignées par les initiales des mots anglais suivants : black, noir (B), Hard, dur (H), Firm, ferme (F), Hard and Black, dur et noir (11 B). On ajoute ensuite un chiffre devant B et devant H pour caractériser les sortes plus tendres ou plus dures. On va couramment depuis le u° 6 B, la mine la plus tendre dont se servent les artistes ou les architectes jusqu’à 9 11, la mine la plus dure nécessaire aux topographes pour le tracé des courbes de niveau sur les caries à grande échelle des régions monlagneuses.
- En outre, comme les plus tendres graphites laissent toujours sur le papier un trait grisâtre avec reflet brillant, on leur substitue parfois le noir de fumée. Les crayons ainsi réalisés sont extrêmement fragiles
- p.150 - vue 154/439
-
-
-
- 151
- mais laissent, sur les feuilles des papiers rugueux employées par les artistes, des traits d’un beau noir velouté.
- On confectionne également des mines de couleur en utilisant comme matière plastique du kaolin auquel on incorpore soit de la terre de Sienne, soit , des laques, soit divers produits chimiques tels que le blanc de titane, l’outremer ou le bleu de Prusse. Une fois le mélange opéré, on le verse dans des « moulins allemands ». Ces appareils ressemblent aux moulins bohémiens et n’en different que par leur meule supérieure seule tournante. Les particules traversant les moulins allemands fournissent des mines très fines qu’on sèche dans des étuves. On malaxe les galettes sorties des étuves en y ajoutant de l’eau et une gomme agglomérante. La pâte est ensuite filée dans une presse. spéciale puis après séchage et tronçonnage à la longueur voulue, une trempe dans des bains de certaines.*' cires donne aux mines colorées l'onctuosité néces-"' saire. Cette dernière opération s’effectue dans des fours électriques assez vile pour que la chaleur n’altère ni la vivacité des pigments, ni la composition de l’agglomérant.
- Enfin, on vend aussi des mines à copier capables de tracer des traits indélébiles sur le papier. La fabrication de ces mines à copier est délicate ; on s’adresse au violet de méthyle, à la fuchsine ou à l’éosine. Tantôt les pigments colorés sont des colloïdes visqueux, retenant l’eau avec énergie, tantôt des substances cristallines d’une agglomération difficile. On choisit d’ordinaire le talc pour constituant plastique des mines à copier et on règle leur dureté par l’addition de gomme adragante comme agglomérant..
- FAÇONNAGE DU BOIS D’ENGAINAGE DES MINES
- Pour enchâsser les mines, on emploie du bois de genévrier (Juniperus Virginia) improprement cèdre et qui vient de divers Liais de l’Amérique du Nord. Cet arbre possède des qualités de finesse de grain, d’homogénéité, de rectitude de fibres et de douceur de taille qu’on ne trouve guère réunies clans d’autres. Pour certains crayons vendus a bas prix, on utilise des bois exotiques ou européens très inférieurs. Il y a quelques années la Société des crayons Conté a tenté ch; se servir d’une dizaine de bois africains (okoumé, parasolier, bahia, ayélé, lô, pri, samba, érnien et sibo) ayant des densités très voisines de celle du genévrier de Virginie mais ces essences ne lui ont pas donné satisfaction.
- On commence par débiter les grumes en plateaux de 60 mm d’épaisseur puis ces plaquettes passent sous d’autres scies qui les divisent, perpendiculairement à leur grande face, en une série de lamelles un peu plus
- Fig. 3. — Presse verticale de 100.000 legs pour le filage des mines des « crayons à copier ».
- épaisses que la moitié du diamètre du futur crayon. On tronçonne ensuite les dites lamelles à la longueur que doit avoir ce dernier. On obtient ainsi des plan-
- Fiy. 4. — Le montage des crayons.
- p.151 - vue 155/439
-
-
-
- 152
- Fig. o. — Machine à roue pour vernir les crayons finis.
- chettes de largeurs différentes destinées à fournir ultérieurement 2, 3, 4, 5 ou 6 crayons et qu’on soumet à un étuvage méthodique pour les débarrasser de leurs résines volatiles.
- Une fois sèches, les planchettes de cèdre passent dans des machines qui les rabotent, les bordent et les rainent en un seul passage. Ce fraisage à la toupie d’une rainure destinée à recevoir la mine exige une extraordinaire piîécision. En effet, alors que le charpentier compte par centimètre, l’ébéniste par millimètre et le modeleur par dixième de millimètre, le fabricant de crayons doit se préoccuper du centième de millimètre.
- Les opérations du collage des planchettes dans les rainures desquelles les mines se trouveront emprisonnées, s’effectuent moitié mécaniquement, moitié à la main. Des machines, constituées essentiellement par un cylindre tournant garni de brosses suivant ses génératrices, vont les encoller. Ces brosses s’humectent à leur passage dans un récipient contenant de la colle chaude et la déposent sur les lamelles de bois qui défilent. Les planchettes encollées tombent alors sur une chaîne qui les apporte aux ouvrières chargées de mettre les mines dans les rainures et de les recouvrir d’une seconde planchette préparée de la même manière. On met les planchettes doubles qui enchâssent ainsi les mines sous une presse hydraulique pendant 24 heures jusqu’à prise de la colle. On les insère ensuite entre les deux meules cylindriques à axes parallèles des machines à rogner dont le mouvement de rotation rapide les ramène toutes à une longueur uniforme, en éliminant l’excès de colle et de mine à leurs deux extrémités.
- Vient alors l’arrondissage, qui se pratique avec une sorte de toupie. Les planchettes passent d’abord au-dessus de cette fraiseuse spéciale qui enlève successive-
- ment, sur les deux faces plates, l’excès de bois et découpe d’abord d’un côté puis de l’autre les 6 crayons (ronds, hexagonaux ou de toutes autres formes) virtuellement contenus dans le bloc primitif.
- FINISSAGE ET DÉCORATION DES CRAYONS NUS
- Il ne reste plus qu’à procéder à la toilette des crayons. On leur fait d’abord subir un ponçage soigneux à l’aide de diverses machines, variables selon la forme du ci'ayon et le fini désiré. On les recouvre ensuite d’une couche de peinture ou de vernis qui tout en les empêchant de s’encrasser au contact des mains, leur donne un aspect plus agréable à l'œil. Comme enduits protecteurs, on utilise soit des solutions de gommes laques dans l’alcool, soit comme le fit l’une des premières la firme suisse Caran d’Ache, des vernis cellulosiques colorés, qui forment un enduit très brillant.
- Jadis le vernissage s’opérait à la main. Les ouvriers l’étendaient avec un tampon sur les crayons, qui se déplaçaient dans une sorte de tunnel en bois où leur surface séchait. Aujourd’hui les crayons tombent sur une grande roue en bois, qui accomplit un tour complet en une minute et qu’alimente une trémie à la base de laquelle se trouve un doigt animé d’un mouvement de va-et-vient. Celui-ci pousse successivement chaque crayon au travers d’un récipient métallique contenant’du vernis et pourvu, à l’entrée et à la sortie d’un petit disque en caoutchouc perforé ayant le diamètre du crayon. Une ouvrière se tient, devant chaque roue et recueille les crayons à leur passage. Ceux-ci doivent repasser une dizaine de fois sur la machine à roue afin d’y recevoir du vernis, tantôt coloré et tantôt sans pigment. Une fois sèche, la couche de vernis cellulosique communique aux crayons un brillant éclat.
- Après une ultime toilette, des machines automatiques portant un timbre en acier chauffé vont permettre à des ouvriers d’appuyer contre chaque crayon une pellicule très mince d’or, d’argent, de bronze ou d’aluminium afin d’y imprimer soit un nom, soit un signe distinctif, soit un numéro, soit d’autres marques commerciales. Parfois certaines sortes de crayons sont taillés à un de leurs bouts avec des épointeuses automatiques dont les mécanismes essentiels sont des fraises en diamant tournant à très grande vitesse.
- Finalement toutes les catégories de crayons vont s’entasser dans les salles de paquetage en attendant les clients. Là, des ouvriers ou des ouvrières les assemblent par douzaine en boîtes ou en paquets et les classent par catégories.
- Jacques Boyer.
- p.152 - vue 156/439
-
-
-
- A PROPOS DES EMPOISONNEMENTS FONGIQUES
- L’article de M. Blocli-Lafon, paru dans le n° 3017, du i5 janvier dernier, a suscité diverses remarques. A celle de M. Josserand sur Lepiota helveola publiée dans le numéro du i5 février, il convient de joindre celle de M. Maranne, pharmacien à Périgueux, sur la toxicité du Gyromètre et la lettre du Dr Limousin, professeur à l’École de médecine et de pharmacie de Clermont-Ferrand, relative à son moyen de traitement des intoxications par les champignons.
- M. le Dr Limousin nous écrit :
- « Le procédé que j’ai préconisé pour traiter les empoisonnements par les champignons, et en particulier par l’amanite phalloïde, a toujours donné d’excellents résultats aux médecins qui l’ont employé.
- « Contrairement à ce que dit l’auteur, les résultats ne sont nullement inconstants, mais bien au contraire, les médecins qui se sont donné la peine de l’employer ont été émerveillés de la rapidité et de l'efficacité de son action.
- <( Quoi-qu’en dise l’auteur qui ne l’a certainement pas employé, ce procédé 11’est nullement répugnant. Il l’est peut-être pour celui qui éveiltre les lapins et vide l’estomac, mais une fois l’estomac vidé et haché menu, les malades l’absorbent sans difficulté. Il est faux de dire cpic le mélange est peu agréable pour les malades; personnellement, je l’ai essayé sur moi-même, j’ai fait absorber le mélange à des malades atteints d’intoxications variées, je n’ai jamais constaté de répugnances de leur part.
- « Plus loin, l’auteur conclut en disant : « Des guérisons
- ne sont à l’actif de cette méthode qu’autant que l’on puisse être sur des commémoratifs de la cause, en l’espèce de l’ingestion d’une amanite phalloïde. Je ne sais pas ce qu’auront compris vos lecteurs ; pour moi, je ne saisis pas lies bien le sens de ccLtc phrase. Je pense que l’auteur veut dire que les guérisons obtenues par mon procédé ne sont nullement prouvées.
- « Je tiens à votre disposition, comme aussi à celle de l’auteur, de nombreuses observations enthousiastes de médecins qui ont appliqué ma méthode avec succès, dans des cas où il s’agissait indiscutablement d’amanite phalloïde. .
- « Mes travaux tant expérimentaux que cliniques ont été résumés dans la thèse de Paris, 1934, du Dr Lucien Dequeant, et depuis, tous les ans, j’ai reçu de nouvelles observations favorables de nombreux confrères. La plupart insistent sur la rapidité d’action du mélange et l’amélioration rapide de l’état général qui s’ensuit ».
- D’autre part, M. Maranne signale qu’il a toujours vu consommer sans danger le Gyromitra esculenta. Dans une localité d’Auvergne, dit-il, où la Morille n’était pas connue, j’en ai récolté et fait manger à beaucoup de personnes, pendant. une dizaine d’années et les paysans qui récoltaient le Gyromitra le vendaient au marché sous le nom de Morille. Ainsi, peul-on considérer le Gyromitra comme parfaitement comestible, et si l’on a pu signaler des indispositions dues à ce champignon, celles-ci devaient tenir à la nature du sol et être légères.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR LA PROPRETÉ DES PRODUITS LAITIERS
- La Feuille d’informations agricoles de la Maison de l’agriculture contient l’importante note ci-dessous :
- Des derniers travaux du professeur Guittonneau, ^ directeur du Laboratoire national des industries laitières, il résulte que la vaisselle laitière doit être tenue en grande partie pour responsable de la haute teneur en germes microbiens des laits de consommation des grandes villes.
- Une nette démonstration de ces faits a été donnée par les concours de propreté organisés en 1937 par les syndicats de contrôle laitier de Seine-et-Marne et de Seine-ct-Oise. Certains éleveurs ont pratiqué couramment le nettoyage des seaux et bidons au moyen de l’eau de Javel. Dans les seaux à traire, la teneur en germes microbiens par cm3, qui était en moyenne de près de 100.000 (maximum 350.000, minimum 5.000) a été abaissée dans tous les cas. Des teneurs de 3.000 germes ont été enregistrées couramment et la teneur maxima a été de 30.000 par cm3.
- Voici les détails de la méthode de nettoyage dont l’application stricte permet d’obtenir de pareils résultats.
- 1° Nettoyer soigneusement la vaisselle laitière (bidons, seaux à traire, filtre, etc.) suivant les procédés habituels avec de l’eau chaude carbonatée ;
- 2° Plonger toute la vaisselle laitière pendant une demi-heure dans une solution antiseptique contenant 300 mgr de chlore par litre d’eau ;
- 3;> Pour rincer en dernier lieu employer de l’eau pure sans microbes et pour cela y mettre quelques gouttes d’eau ' de Javel pour avoir 1 mgr de chlore par litre.
- Solution antiseptique. — Pour éviter la rouille du matériel, ajouter 5 pour 100 de silicate de soude. Le mieux est d’avoir un bac contenant de l’eau avec 5 pour 100 de silicate de soude et d’y ajouter chaque jour, car le chlore s’évapore, la dose d’eau de Javel voulue.
- L’eau de Javel est livrée avec une étiquette donnant son titre en degrés. chlorimétriques. Un degré correspond à un
- dégagement d’un litre de chlore par litre d’eau de Javel. Or, 1 1 de chlore pèse 3 gr 2.
- Pour avoir une solution antiseptique à 300 mgr par litre, on devra donc mettre un degré pour 10 1 et si l’on a une eau de Javel titrant 15° il faudra 1 1 d’eau de Javel pour 150 1 d’eau.
- Eau de rinçage. — Pour la stérilisation de l’eau de rinçage il suffira de 300 fois moins de chlore, soit une cuillerée à café dans 100 1 d’eau.
- NOUVELLE MÉTHODE DE SENSIBILISATION DES ÉMULSIONS PHOTOGRAPHIQUES
- De nombreuses méthodes ont été proposées pour sensibiliser les émulsions photographiques ; l’emploi des vapeurs ammoniacales est assez difficile en pratique. Le gain de sensibilité est élevé, mais la finesse du grain disparaît, et la durée de conservation du hlm ne dépasse pas 5 ou 6 heures.
- Une nouvelle méthode, due aux laboratoires Agfa d’Amérique, évite ces inconvénients. Elle utilise, pour sensibiliser le hlm, un peu de mercure ou d’amalgame d’argent à forte teneur de mercure. Le hlm est placé dans une boîte hermétiquement fermée, avec le mercure contenu dans une soucoupe ou un tube. La durée du traitement varie de deux à huit jours environ.
- La finesse du grain est conservée et la sensibilité chromatique relative n’est pas modifiée. Le gain général de sensibilité varie entre 75 et 150 pour 100. Après traitement, cette augmentation de sensibilité se maintient une huitaine de jours. Le même traitement peut être appliqué après la prise de vues et avant le développement.
- Cette méthode simple et peu coûteuse paraît devoir rendre de grands services pour les prises de vues nocturnes, les instantanés rapides par temps sombre, et elle permet d’utiliser des émulsions à grain très fin normalement peu sensibles.
- p.153 - vue 157/439
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1938 (')
- Mercure sera visible le soir, dans des conditions favorables, à partir du début du mois, son élongation maximum se produisant le 2 avril. Le 8 avril, conjonction de Mercure et de Vénus, ce qui sera une occasion très favorable pour observer les deux planètes, voisines l’une de l’autre.
- Essayer d’observer la conjonction de Vénus et d’Uranus, le i5 avril.
- Jupiter réapparaît le malin.
- I. Soleil. — Le Soleil, eu avril, s’élève rapidement dans l’hémisphère nord. Sa déclinaison sera de + 4°2T le i01' et de + i4°39/ le 3o. La durée du jour en ce mois sera de 12h48m le Ier et de i4h27m le 3o.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de 3 en 3 jours :
- Date Heure du passage Date Heure du passage
- Avril 1er n 1154m 44s Avril 16 1 ih5om35s
- - 4 11 53 5i — 19 II 49 52
- ~ 7 11 5a 28 — 22 11 49 i4
- — 10 x 1 52 8 — 25 11 48 4°
- — i3 11 5i 20 — 28 11 48 10
- Observations physiques. —- Ne pas manquer d’observer chaque jour, le Soleil. Voici les données permettant d’orienter convenablement les dessins et les photographies du Soleil :
- Date (oh) P B0 L0
- — — — —
- Avril 5 — 26 ”38 0 — 6°3o 2g6°31
- — 10 — 26,37 0 — 5,96 23o,32
- — i5 — 26,18 0 - 5,59 164,3o
- — 20 — 25,81 0 — 5,i8 — 4,73 98,27
- 25 — 25,26 0 32,22
- — 27 — 24,g8 0 - 4,54 5,80
- — 3o — 24,51 0 - 4,^4 3â6,i5
- Lumière zodiacale. — On soir, du 17 au 3o avril. pourra surtout l’observer,
- IL hune. — Phases de la Lune en avril 1938 :
- P. Q. le 7, à i5hiom I D. Q. le 22 à 20*>i4"1
- P. L. le i4, à i8h2iin | N. L. le 3o, à 5ll28'n
- 1. Toutes les heures figurant flans le présent « Bulletin Astronomique » sont basées sur le temps de Greenwich ou Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de Y heure d’été, ajouter 1 h à toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin.
- Age de la Lune, le ier avril, à oh = 0^2 ; le 3o avril = ^D^-
- Plus glandes déclinaisons de la Lune : le 5 avril, à i5,: = + 2i°6/; le 19 avril, à 3h = — 20°2/.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 5 a\ril, à 4h. Parallaxe = 5g!2gn. Distance = 367 6i3 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 20 avril, à 1711. Parallaxe = 54/i2//. Distance = 4o4 572 kni.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Date Lieu Étoile Magni- tude Phéno- mène Heure
- Avril 5 Paris 948 B. D. -f- 20° 6m,8 1mm. iqhi7m, ,5
- — 5 Paris 969 B. D. -j- 20° 6 8 I rn rn. 21 37 2
- - 5 Paris 989 B. D. -(- 200 6 1 Imm. 22 5g 4
- — 9 Paris 1972 B. D. -j- 100 7 4 Imm. 19 52 2
- — 10 Uccle 19 Sextant 5 9 Imm. 20 43 8
- — 10 Paris 19 Sextant 5 9 Imm. 20 48 6
- I X Paris 62 Lion 6 2 Imm. 19 55 6
- — 11 Uccle 62 Lion 6 2 Imm. 19 57 2
- — 17 Paris 4444 B. D. — 20° 6 3 Em. 23 5i 5
- — 18 Paris 4454 B. D. — 200 6 4 Em. 1 41 8
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout au début, du 1e1' au 4 (coefficient maximum : io3 centièmes le 2), puis à la fin du mois, les 29 et 3o.
- Heure probable d’arrivée
- Coefficient du mascaret a
- Date de la marée Quillebeuf Villcquier Caudebec
- Avril 1 102 2ûh 5m 20^42™ 2ol'51m
- — 2 xo3 8 21 8 58 9 7 21 26
- — 2 io3 20 40 21 17
- - 3 101 8 59 9 36 9 45
- III. Planètes. — Le tableau suivant contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’avril. Les données qu’il contient sont extraites de VAnnuaire astronomique Flammarion.
- ASTRE Date : Avril Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- I 5^3 im 1 xh54I»44s 181119m 0I141 m + 4024' 32' 3"3 Poissons \
- Soleil . 7 5 '9 11 52 58 18 28 1 3 + 6 4l 32 0,0 53,5 Poissons (
- 19 4 55 11 49 52 18 46 1 47 + I I 2 3x Bélier (
- 3o 4 35 11 47 53 19 2 2 28 + «4 39 3x 47,9 Bélier '
- Mercure . 1 7 *9 5 4 36 5x 12 12 55 2 20 16 19 12 2 2 4 0 + + x5 52 i4 36 8,6 11,4 6 Bélier \ Bélier c
- Vénus. \ 7 i9 6 5 53 37 12 13 52 2 19 52 20 28 1 2 59 56 + + I I 32 16 4i 10,2 10,4 a Poissons j Bélier ^
- Mars . \ 7 6 25 i3 54 21 25 3 3 + 17 4i 4,2 6 Taureau J
- 19 5 59 i3 4i 21 24 3 37 4~ 19 56 4,0 Taureau j
- Jupiter 7 3 42 8 38 i3 35 21 47 — 14 5 32,8 à' Capricorne (
- >9 2 59 7 59 i3 0 21 56 — i3 24 33,6 a Capricorne \
- Saturne . 1 7 5 *7 11 27 17 37 0 37 + 1 35 i4,4 44 Poissons )
- 4 33 10 45 16 58 0 42 + 2 9 14,4 S Poissons )
- Uranus 1 6 37 x3 52 21 6 2 38 + x5 1 3,4 0 Bélier
- Neptune . 1 16 7 ‘ 22 34 5 5 11 22 + 5 20 2,4 80 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le soir, au début du mois.
- Le soir, dans le crépuscule.
- Dès l’arrivée de la nuit.
- Un peu visible le matin.
- Inobservable.
- Presque inobservable.
- Toute la nuit.
- p.154 - vue 158/439
-
-
-
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir le •>. avril, à i8°54/ à l’Est du Soleil. On pourra le rechercher île 10 à i5 jours avant cette date. Cette élongation sera très favorable pour les observations. Voici la phase de Mercure :
- Fraction
- illuminée Magni-Date du disque tude
- Avril i o,484 — 0,1
- — 6 0,298 + 0,6
- — 11 0,147 + i,4
- Fraction
- illuminée Magni-Dale du disque tude
- Avril 16 o,o45 + 2,3
- — 21 0,002 -j- 3,2
- — 26 0,018 + 2,8
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 21 avril, à 2211. Il sera en conjonction avec Vénus le 8 avril (Voir aux Conjonctions).
- Vénus devient un peu visible le soir, dans le crépuscule. Son diamètre, pendant tout ce mois, augmente lentement (de 10^,2 à Magnitude stellaire : — 3,4. Le disque est
- encore éclairé presque de face, la fraction du disque illuminée le 1e1' — 0,972; le 26 = 0,939.
- Mars est encore un peu visible le soir, se couchant 3 h après le Soleil. Le diamètre, extrêmement réduit par la distance, ne permet plus d’observations utiles.
- VUj. f. — Trajectoire céleste de la petite planète Vesta (4) pendant sa période d’opposition, du 28 avril au 7 juin.
- L’opposition se produira le 21 mai, l’éclat de Vesta sera de 5m,9, elle sera visible à l’œil nu.
- Vcsla, Ja petite planète n° 4, découverte par Olbers le 29 mars 1807, sera en opposition le mois prochain. Elle va atteindre cette année son éclat maximum : 5m,g. Notre carte (iig. 1) permettra de la trouver sur le ciel. Sa position, le 28 avril, sera : Ascension droite = Déclinaison
- = --- II°25/.
- Pour la trouver aisément, prendre des photographies de la région où elle se déplace.
- Jupiter devient un peu visible le matin. 11 passera, vers le milieu du mois, très près de l’étoile p. du Capricorne. Voici quelques-uns des phénomènes produits par les satellites et que l’on pourra observer en avril :
- 12, I Em. 4h4om. — 20, I P. f. 4ham. — 27, II P. c. 3*29®; 1 P. c. 3h43m ; II O. f. 3h48m.
- Saturne est inobservable (la conjonction avec le Soleil aura lieu le 29. mars). Voici les éléments de l’anneau pour le i/| avril :
- Grand axe extérieur ........ 35",98
- Petit axe extérieur . ...................— k"
- Hauteur de la Terre sur le plan de Panneau. — 7°,871 Hauteur du Soleil sur le plan de Panneau , — 7°,o42
- ............. :r:......: ..rr .155 =====
- Uranus est presque inobservable (il sera en conjonction avec le Soleil le 4 mai). On pourra essayer de le trouver encore, au début du mois à l’aide de ses coordonnées qui figurent dans le Tableau des planètes.
- Neptune est encore visible toute la nuit (l’opposition a eu lieu le 11 mars dernier). O11 le trouvera aisément avec une pelile lunette astronomique et à l’aide de la carte (tig. 1) donnée au précédent « Bulletin astronomique » (n° 0018). il faudra retourner celle carie si on utilise une lunette avec oculaire astronomique.
- IV. Phénomènes divers.
- Le 1, à 23h, Vénus en conj.
- Le 2, à 6h, Mercure —
- Le 3, à 2I1, Uranus —
- Le 3, à 8h, Mars —
- Le 8, à i6h, Mercure —
- Le 12, à 711, Neptune —
- Le i5, à 2oh, Vénus —
- Le 25, à 2h, Jupiter —
- Le 28, à 1ih, Saturne —
- Le 29, à ioh, Mercure —
- Le 3o, à 13b, Uranus —
- — Conjonctions :
- avec la Lune, à 3°39' S. la Lune, à o°i 1' N. la Lune, à 1049' S. la Lune, à o°42' S. Vénus, à 3°53' N. la Lune, à 6°23' N. Uranus, à o» 9' N. la Lune, à 6022' S. la Lune, à 6017' S. la Lune, à 3022' S. la Lune, à io38' S.
- Etoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure(T.Ü.) Temps sidéral à oh pour le méridien de Greenwich
- Avril 1 Inférieur ol^GtaSis I2h34“’47s
- — 11 — 017 II i3 14 12
- — i5 — 0 1 28 i3 29 59
- — i5 — 23 57 32 i3 29 5q
- — 21 — 23 33 58 i3 53 58
- Etoiles varia Ides. — Le 2 1 avril, maximum d’éclat de S
- Hercule, variable de 5m,9 à iom,i en 3i6 jours.
- Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (jâ Per-sée), variable de 2“,3 à 3m,5 en aJ20h48m : le i3, à 22h/i9m; Je 16, à i9h38m.
- Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile (3 Lyre, variable de 3m,5 à 4m,i en i2i2ih48m : le 9, vers oh ; le ai, vers 2i]l36m.
- Etoiles filantes. — Le principal essaim météorique actif en avril est celui des Lyrides, dont le radiant est voisin de l’étoile io4 Hercule (2710 4- 33°) et qui donne des étoiles filantes du 19 au 22.
- Du iG au 00 avril, radiant par :>.oG° + io° près r, (Bouvier).
- Du 29 au 3o avril, radiant par 326° — 20 près de a Ver-
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste le ier avril, à axu3om, ou le i5 avril à 2oh3olu :
- Au Zénith : Lu Grande Ourse.; le Petit Lion; le Lynx.
- Au Nord, : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée; le Dragon; le Lézard.
- A VEsl : Le Bouvier; la Couronne boréale; Hercule; le Serpent ; la Vierge.
- du Sud : Le Lion; l’Hydre; le Corbeau; la Coupe; la Machine pneumatique.
- A l’Ouest, : Le Cocher; le Taureau; les Gémeaux; Orion; la Licorne ; le Grand Chien ; le Lièvre.
- Em. Touchet.
- p.155 - vue 159/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire astronomique et météorologique Camille Flammarion, publié, par l’Observatoire de Jirvisy. 1 vol., 453 y., avec 93 ligures, cartes, diagrammes, 1 portrait et 2 frontispices. Flammarion, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Connue chaque année nous signalons la parution de cette excellente publication qui rend les plus signalés services à tous ceux qu’intéressent le spectacle et l’étude des phénomènes célestes.
- Einiührung in die Kernphysik, par Dr II. Kallmann. 1 vol. in-8°, 1937, 21(1 p. Franz Deuticko, Leipzig et Vienne.
- Parmi les problèmes qui sont actuellement l’objet de l’attention des physiciens, le plus étudié est certainement celui de la constitution du noyau atomique. Les mémoires, dans toutes les parties du monde, se succèdent à un rythme accéléré et il est nécessaire de pouvoir de temps en temps « faire le point » et se rendre compte de l’état actuel de la question. C’est ce qu’a très heureusement fait le Dr Kallmann. Son livre, dépouillé de tout appareil mathématique agressif, présente en deux cents pages un excellent résumé de nos connaissances sur le noyau. Le plan eu est très simple : étude des particules mêmes : électron, proton, position et neutron, puis étude du rôle attribué dans le noyau à ces divers éléments, puis étude de la stabilité et des propriétés du noyau ainsi constitué et enlin actions mutuelles et réactions entre deux noyaux. La bibliographie comporte plus de 250 mémoires dont les dates de parution vont jusqu’en 1937.
- Colorimétrie, par A. Jouniaux. 1 broch. in-8, 44 p., 27 lig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cio, Paris, .1937. Prix : 10 francs.
- Principe, description des méthodes pur variation d’épaisseur, par dilution, par échelle de teintes et applications des techniques précédentes à des titrages et des mesures. En ultraviolet, l’œil est remplacé par un spectrophotomètre, en infrarouge par une pile thermo-électrique, dans la région visinle du spectre par une cellule photo-électrique.
- Potentiométrie, par A. Jouniaux. 1 broch. in-8, 43 p., 27 üg. Actualités scientifiques et industrielles. -Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 10 francs.
- Principes de l’électrotitrimétrie, des mesures de pH et de rll.
- Méthodes de détermination du terme des réactions chimiques quantitatives, par A. Jouniaux. 1 broch. in-8, 40 p., 43 üg. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cio, Paris, 1937. Prix : 10 francs. Méthodes chimiques telles que précipitation, dissolution, coloration et décoloration, méthodes physiques de mesure de la force électromotrice, de la conductibilité électrique, de la chaleur dégagée et de la variation du point cryoscopique.
- Réîractométrie, par A. Jouniaux. 1 broch. in-8, 32 p., 24 üg. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937 : Prix : 10 francs.
- Principe, appareil et applications analytiques.
- Leçons de philosophie chimique, par J.-B. Dumas (Collection Les Classiques de la découverte scientifique). 1 vol. 270 p. Gauthier-Villars, éditeurs, Paris, 1937.
- Ces leçons ont été professées en 1836 au Collège de France ; elles sont consacrées aux lois fondamentales de la chimie, celles par lesquelles commence aujourd’hui encore l’enseignement (le la chimie. Aux débutants qui éprouvent quelque peine à en comprendre l’enchaînement, on ne saurait trop conseiller la lecture de ces belles leçons, admirables par le style, la clarté et l’amour de la science qui les anime. Nous ne parlons plus tout a fait la même langue que Dumas qui se déclare ici partisan de la notation dite des « équivalents » contre celles des « atomes » qui est la nôtre aujourd’hui ; mais scs définitions sont si claires, si précises, que l’exposé ne comporte pour le lecteur aucune obscurité et lui permet, au contraire, avec l’aide de la préface de G. Urbain, de comprendre clairement les motifs de cette controverse où la rotation atomique ne devait triompher que beaucoup plus tard. Dumas fait en même temps la biographie des savants dont il expose les découvertes : Lavoisier, Scheele, Priestley, Proust, BertholleE et tant d’autres. Il retrace le caractère émouvant de la plupart de ces existences et pour Lavoisier son éloge est d’une magnifique éloquence.
- La bière, par M. H. van Laer. 1 broch. in-8°, 39 p., 1 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 10 francs.
- Industrie scientifique, la brasserie est ici expliquée, puis la valeur alimentaire de la bière discutée, puis les données statistiques réunies par le directeur de l’Institut national des fermentations de Bruxelles.
- Les Arachnides de France, par Eugène Simon. Tome VI, 5e partie. Œuvre posthume publiée par L. Berland et L. Page. 1 vol. in-8, 319 p., 527 üg. Encyclopédie Roret. Malpère, Paris, 1937. Prix : 35 francs.
- Voici le 12e et dernier volume de l’œuvre commencée en 1874 par le maître de l’arachnologie française ; le synopsis et le catalogue de toutes les espèces d’Araignées observées en France. Scs élèves l’ont achevée en publiant aujourd’hui le dernier manuscrit, auquel ils ont ajouté plus de 500 figures faites d’après les exemplaires déposés dans les collections du Muséum. C’est un livre de fond et un modèle de faunistique que tous les zoologistes admireront en l’utilisant.
- Handbuch der Seefischerei Nordeuropas, par H. Lüb-bert et E. Eiirenbaum. Band III. Heft 1. Naturgeschichte der nonlaflaulisehcn Mille und Robben, par E. Hentschel. 1 vol. in-8°, 52 p., 60 lig., 10 pl. Schweizerbart’sche VcrJags-bucliliandlung, Stuttgart, 1937. Prix : 15 RM (étranger : 11,25 marks).
- Bonne monographie des Cétacés (baleines, baleinoptères, cachalot, delphinaptères et dauphins) et des Pinnipèdes ou Phoques des mers du Nord de l’Europe, traitant de l’anatomie, du mode de vie et de la systématique des diverses espèces.
- L’année psychologique, par Henri Piéron, 37e année, 1936. 2 vol. in-8°, 844. p., üg. Alcan, Paris, 1937. Prix : 150 francs.
- Comme chaque année, on trouve dans ces deux volumes l’analyse de tous les travaux (1513) parus dans les périodiques les plus divers du monde entier et concernant les problèmes psychologiques ou les domaines voisins : anatomie, biologie et physiologie nerveuses, psychologie comparée, ethnologie, psychiatrie, psychotechnique, éducation, métapsychie ; c’est une documentation considérable, nécessaire à tous ceux qui s’occupent de l’homme, de sa mentalité, de ses réactions. Une chronique rappelle les événements de l’année intéressant la psychologie : congrès, créations de chaires et de laboratoires, « personalia ». Huit mémoires et deux notes sont consacrés à des recherches originales : perception des accroissements de luminosité, par Piéron ; aptitudes motrices et aptitudes perceptives, par Fauville •; perception du relief en fonction du temps, par Geblewicz et Shen ; variations de la toile d’une araignée selon l’âge, par Tilquin ; encéphalogrammes de l’intoxication mescalinique, par Chweitzer, Geblewicz et Liberson ; facteurs des épreuves d’intelligence, par M110 Monin ; émotivité des parkinsoniens, par Aubrun ; réflexions sur l’attitude mystique, par de Somer et enfin comparaison de la sonométrie hétérotonale avec la photométrie hétérochrone, par Piéron.
- Collection « Géographie Universelle » ; t. XIII, IL Baulig, Amérique septentrionale (Etats-Unis), 324 p., 66 üg., 66 hors-texte, broché : 90 francs ; t. XI, Aug. Bernaud, Afrique du nord, 284 p., 74 üg., 90 hors-texte, broché : 100 francs ; Paris, A. Colin, 1936 et 1937.
- L’ouvrage do M. Baulig, qui avait consacré le tome précédent à la géographie générale de l’Amérique du Nord et au Canada, sera apprécié du public français, qui s’intéresse de plus en plus aux Etats-Unis. L’auteur expose comment cette grande république est constituée d’éléments régionaux bien distincts et souvent antagonistes, et comment la crise actuelle, consécutive à la mise en valeur totale du sol, marque le passage de la jeunesse à. la maturité. Les illustrations variées montrent l’aspect et la vie du.pays sous toutes leurs faces ; ces paysages sont analysés par des légendes qui en font ressortir les éléments caractéristiques.
- Le volume de M. Bernard, qui fut un collaborateur de Lyautcy, commence l’Afrique, avec des considérations générales et l’étude «le l’Afrique française du Nord : Tunisie, Algérie, Maroc. Il n’était pas facile de renouveler un sujet tant de fois traité. L’auteur a pu le faire, grâce à sa connaissance approfondie d’une région qu’il a fouillée, particulièrement au point de vue do la géographie humaine et dont il donne, le premier, un tableau (l’ensemble. La documentation cartographique est remarquable et l’illustration à la fois documentaire. et pittoresque.
- p.156 - vue 160/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE La fabrication de l’acide sulfurique.
- La guerre d’Espagne, en privant les usines de fabrication d’acide sulfurique des pyrites des Asturies, a ramené l’attention du grand public sur le problème, fondamental en temps de guerre, de l’approvisionnement en matières premières. On s’est d’ailleurs aperçu fort heureusement que les pyrites de Bilbao, si elles sont particulièrement faciles à traiter, peuvent être remplacées par des pyrites d’autres origines, pendant longtemps considérées comme sans valeur parce que trop difficiles à griller. Mais les fours, leur construction et leur fonctionnement ont fait depuis une vingtaine d’années des progrès tels qu’ils peuvent traiter des pyrites de nature très diverses, ce dont on ne s’est d’ailleurs aperçu qu’à l’occasion du conflit espagnol.
- D’autres nations n’ont pas la possibilité de trouver des pyrites sur leur sol ou dans les pays limitrophes, elles sont forcées d’importer ces minerais. Tel est le cas de l’Inde en particulier. Aussi de nombreuses recherches, très activement poussées et encouragées par le gouvernement, ont-elles été entreprises pour arriver à fabriquer l’acide sulfurique en partant du seul minerai de soufre abondant aux Indes : le gypse. D’après des expériences récentes, il est possible d’obtenir de l’anhydride sulfureux en traitant par la chaleur des mélanges de gypse et de bauxite. On obtient en même temps de l’alumine qui peut convenir pour en extraire l’aluminium ou préparer les sels d’aluminium.
- STATISTIQUE
- La population de la France en 1936.
- D’après le dernier recensement du 8 mars ig36, la population légale de la France est de Ax.go5.9O8 habitants en augmentation de 71.045 seulement sur le recensement de 1901. Dans l’intervalle des deux dénombrements on avait constaté environ 176.000 naissances -de plus que de décès. Il en résulte donc pour la période 1931-1936 un excédent d’émigration totale nette d’environ io5.ooo personnes.
- Dans le même temps la population étrangère recensée a diminué de 437.000 unités, et 270.000 étrangers ont acquis ia nationalité française.
- La population semble s’êlre accrue d’un recensement à i’aulre dans 36 départements et au total de 409.000 personnes environ (Bouches-du-Rhône, Seine-ct-Oise, Seine, Corse, Bas-Rhin, Var, Alpes-Maritimes) et diminuée de 338.000 environ, dans 54 départements (Ardèche, Aude, Gard, Hérault, Isère, Loire, Meurthe-et-Moselle, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Saone-et-Loire : dans chacun d’eux il s’est abaissé de plus de 10.000).
- On a recensé 38.oi4 communes dont 11 inhabitées (10 détruites par la guerre), 463 de moins de 5o habitants, G.753 de iox à 200, 6.129 de 201 à 000, 8.358 de 5oi à 1.000, r.223 de i.5oi à 2.000. On a compté 4o4 villes de plus de 10.000 habitants (218 de 10.001 à 20.000, 62 de 20.001 à 3o.ooo, 78 de 3o.ooi à ho.ooo, 3g de 5o.ooi à 100.000, et 17 de plus de 100.000).
- Les villes de plus de 100.000 habitants. sont (les chiffres étant donnés en milliers) : Paris 2.83g, Marseille 914, Lyon 570, Bordeaux 258, Nice 2.41, Toulouse 2x3, Lille 200, Nantes 195, Strasbourg 190, Saint-Etienne igo, Le flavre x64, Toulon i5o, Rouen 122, Nancy 121, Reims, 116, Roubaix 107, Clermont-Ferrand 101.
- Le nombre des habitants a diminué dans 9 d’entre elles : Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Saint-Etienne, Le Havre, Rouen, Roubaix, Clermont-Ferrand. II. Vigneron.
- AÉRONAUTIQUE
- L’entraînement des parchutistes.
- Parmi les attractions les plus spectaculaires de l’Exposition de Paris, il faut citer la tour d’entraînement des parachutistes qui di'essait sa plateforme de lancement de 5i m 65 au-dessus du sol, alors que les tours les plus hautes en fonctionnement, en Europe ne dépassent pas 3o m (tour de Snialorsk en U. R. S. S.) et 25 m en France (tour d’en-traînement d’Istres dans les Bouches-du-Rhône).
- Les Russes qui sont les innovateurs de ce mode d’en traînement, ont cherché à réaliser le lancement à l’aide d’une catapulte duc à l’ingénieur Ivan Titov.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- Le parachutiste se place sur une plate-forme à claii’c-voie, sous laquelle fonctionne un puissant ventilateur.
- Il ouvre son parachute ; le violent jet d’air le déploie entièrement, et, l’homme arraché du sol, s’envole littéralement.
- La puissance du ventilateur est telle que le parachutiste peut s’élever jusqu’à une hauteur de 80 m. À ce moment, il redescend normalement, comme s’il s’était jeté d’un avion.
- Un grand nombre de parachutistes peuvent être projetés dans une heure par celte toute moderne catapulte.
- Lesterait à savoir si l’impression ressentie au cours de cet envol est la même que celle que l’on éprouve loi'sque, quittant la tour de lancement, la vitesse de descente s’accélère jusqu’au moment où le parachute entre en fonctionnement et freine, le mouvement.
- Fig. I. — Le parachute catapulté.
- (Photo Presse-Illustration).
- p.157 - vue 161/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTES
- 158
- ÉLECTRICITÉ
- Vérification automatique des postes de T. S. F.
- L’organe vital d’un poste récepteur de T. S. F. est la lampe à vide. Aussi faut-il vérifier périodiquement celles-ci et. s’assurer du maintien de leurs caractéristiques.
- Voici un nouvel appareil (fig. i) qui se prête au contrôle
- Fig. |. — Appareil de vérification automatique des lampes et organes d’un poste de T. S. F. a Carlomalic » Philips.
- de foules les lampes ; il n’exige aucune manœuvre spéciale de l’opérateur.
- Il suffit de placer la lampe sur un support, d’introduire,
- dans la fente supérieure la carte perforée correspondant au type de la lampe et de manœuvrer un levier ; on lit instantanément sur un appareil de mesure la qualité de la lampe. L’échelle est divisée en deux parties, l’une rouge, l’autre bleüe ; si l’aiguille se place sur la partie rouge, la lampe est à rejeter, 'sur la pnrlie bleue la lampe est bonne.
- Une petite; lampe à incandescence s’allume, si le filament est coupé, et une lampe au néon signale un court-circuit entre les électrodes ; un commutateur à 8 boulons Fig 2. — Une carte perforée poussoirs permet de détermi-de contrôle. ner les coupures ou courts-cir-
- cuits entre les électrodes.
- On-vérifie, ensuite la penle de la lampe en agissant sur un boulon poussoir qui augmente de quelques volts la tension négative de grille ; toutes les gammes sont réalisées sur un tableau de contacts et la carte à perforations permet de conserver ceux correspondant aux tubes à étudier (fig. 3).
- Un seul milliampèremètre permet ainsi de qualifier le courant plaque d’un tube quelconque; le shunt de cet appareil est placé sur le tableau de contacts; les perforations de la carte ajustent ce shunt à une valeur correspondant à la lampe qu’on examine.
- Enfin, également par introduction de la carte appropriée
- dans le pont de contact, l’appareil peut être utilisé comme appareil de; mesures universel des tensions alternatives ou continues jusqu’à ooo v, des courants alternatifs ou continus jusqu’à i Â, des tensions de sortie des récepteurs, des résistances de i ohm jusqu’à 5 mégohms, des condensateurs depuis i.ooo micro-microfarads, jusqu’à e.oo microfarads.
- Sociélé Philips, a, Cité Paradis, Paris.
- Fig. 3. — Les contacts de l’appareil.
- ART DÉCORATIF Nouveau procédé de dessin.
- Un procédé de dessin, récemment breveté, vient d’apporter à l’art et à la technique des possibilités d’effets nouveaux intéressants à signaler. Ce perfectionnement, inventé par Philippe Nachet, ancien élève de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs, diplômé d’art industriel, est le suivant : on dessine sur le côté mat d’une feuille d’acétate de cellulose ou d’un produit similaire (rhodoïd, etc...). Le dessin terminé, une feuille de métal (or, argent, bronze, etc.) est appliquée sur la face postérieure brillante de la feuille, d’acétale, puis l’ensemble est protégé par un verre, une glace ou une feuille transparente souple.
- Le fond peut êlre choisi aussi divers qu’on le désire ; plaque de métal, feuille métallique collée sur bristol, ou encore métallisation par projection au pistolet de pigments ou de fils fondus sur la face postérieure brillante de l’acétale ou sur une autre feuille. L’effet obtenu est remarquable.
- Grâce au recul du fond brillant, miroitant, en arrière du plan du dessin, et aux différents angles sous lesquels la lumière ressort après avoir traversé les blancs et s’être réfléchie sur la couche métallique, l’ensemble donne une impression saisissante de profondeur, de relief et de transparence. Pour le. portrait, l’impression de vie est infiniment plus grande que sur une photographie ou un dessin ordinaire.
- Ce procédé, semble appelé, dans un avenir très proche à une grande extension, grâce aux applications multiples qu’on en peut tirer : panneaux décoratifs, décoration en général, mobilier, etc. L’ensemble du dessin et du fond peut épouser des faces galbées (colbnnes, portes cintrées, etc...). Le motif décoratif peut, être une reproduction mécanique, une photographie, etc. ; d’autre part, M. Philippe Nachet a également employé avec succès des pigmenls métalliques aux couleurs moirées, chatoyantes et variées.
- M. Philippe Nachet, La Masure, Chaton (Seine-cl-Oise).
- p.158 - vue 162/439
-
-
-
- 159
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- La densité des étoiles. — Le compagnon de Sirius a posé anx astronomes et aux physiciens un problème surprenant. Alors que l’étoile principale (la plus brillante du ciel) a pour magnitude — 1,58, le compagnon, très faible, a pour magnitude 8,44. Ainsi Sirius est plus de 9.000 fois plus brillant que son satellite. Les observations sont d’ailleurs très difficiles, le compagnon étant situé très près de l’étoile principale. La masse de Sirius est de 2,56 fois celle du Soleil et celle du compagnon de 0,75 à 0,95 fois seulement. Les spectres de Sirius et de son. satellite sont tous deux de la classe A et leurs températures sont, par suite, du même ordre de grandeur. Comment expliquer l’énorme différence d’éclat des deux astres alors que les masses sont dans le rapport de 3 à I ? Eddington a admis que la température eflectivc du compagnon, d’après son spectre, est d’environ 8.000° et il a déduit que son rayon est de 19.600 km. En adoptant comme masse du compagnon, la. valeur moyenne 0,85, il en résulte pour cet astre une densité de 53.000, Irois mille fois plus élevée que celle du platine ! Ce fait peut se concevoir dans un corps composé d’atomes que l'ionisation a dépouillés de. leur armure électronique et que la gravitalion stellaire peut rapprocher jusqu’au contact. Si. au lieu d'adopter la magnitude 8,44 do Harvard on adopte la valeur 7,1 donnée par Vissotsky, la densité n’est plus de 53.000 mais de 9.000 fois celle de l’eau. Une petite étoile A. C. + 7°8247, de magnitude 13m,5, qui est une naine blanche, comme le compagnon de Sirius, a été étudiée par G.-P. Kuiper. Se basant sur des conclusions de F. Chandras-ckhar, il a assigné à cette étoile, dont le parallaxe est de 0/',065, un diamètre égal à la moitié de la Terre, ce qui conduit à une densité moyenne de 36.000.000 de fois celle de l’eau ! La densité centrale serait d’environ 1 milliard de fois celle de l’eau et la pesanteur à la surface 3.400.000 fois celle que nous éprouvons ici.
- Pour toutes ces questions, veuillez vous reporter à la bibliographie ci-après : « Le compagnon de Sirius » : revue L’Astronomie (Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (6°), 1922, p. 193 ; 1926, p. 97 et 1936, p. 35. — Cours (VAstrophysique, par J. Bosler, pp. 560, 566, 575. — « Densité des Étoiles » : même cours, pp. 520 à 600. — L’Astronomie, 1936, p. 97. — « Étoiles et atomes », par A.-S. Eddington, dont une traduction française complète a paru dans L’Astronomie, de juillet 1928 à avril 1929 (voir notamment : 1928, pp. 438, 462 ; 1929, p. 176). — « Mises au point d’Astrono-rnie stellaire », par Henri Mineur, L’Astronomie, années 1931, 1932, 1935, 1936. — Enfin, Univers 1937, par Paul Couderc t Édition s rationalistes, 54, rue de Seine, Paris (6e).
- Réponse au Colonel R..., Montpellier.
- Poste émetteur-récepteur de T. S. F. — Un poste émetteur-récepteur, même de petite puissance, ne peut être employé qu’avec l’autorisation de l’Administration des P. T. T.; les bandes de longueurs d’onde réservées aux amateurs, en France, sont les suivantes :
- De 5 à 5 m 357 ; de 10 à 10 m 71 ; de 20 m 83 à 21 m 43 ; de 41 m 10 à 42 m 86 ; do 75 m à 85 m 71 ; de 150 m à 174 m 9.
- L’opérateur est astreint à posséder un ondemètre de précision suffisante (0,5 pour 100) dans le but d’éviter les brouillages possibles avec les autres émissions.
- 2° Nous avons étudié dans nos chroniques de radiophonie les systèmes d’antennes pour ondes courtes et très courtes. Une antenne doublet, ou même un simple tube métallique peut servir le plus souvent.
- 3° Avec un petit poste émetteur de ce genre on emploie en général un microphone simple à contact du type téléphonique « solid-back ».
- B,épouse fi M. Dussau, fi Agen.
- Chaufie-pieds électrique. — Pour improviser un chauffe-pieds électrique, il suffit de loger une résistance dans
- une boîte cylindrique ou rectangulaire en fonte ou en matière réfractaire. On peut la faire soi-même en enroulant un fil autour d’une feuille d’amiante, mais il est plus simple d’employer une résistance pour radiateur électrique bobinée sur un noyau en terre réfractaire, ou une résistance plate pour fer fi repasser ou pour réchaud qu’on trouve dans le commerce. La puissance utilisable dépend du compteur et de l'installation ; une consommation de 2 à 3 A sous 110 v paraît suffi sa nie.
- Réponse à M. Cacet, îi Saint-Amand-dc-Boixe (Charente).
- Construction de postes émetteurs-récepteurs à ondes courtes. — La construction de postes émetteurs-récepteurs fi ondes courtes et très courtes est facile, mais leur emploi est subordonné fi l’autorisation de l’Administration des I>. T. T.
- Pièces détabhées aux Établissements Dyna, 34, avenue Gambetta., Paris ; l’appareil télé-radiophone décrit dans La Nature est en vente au Pigeon-Voyageur, 252 bis, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Réponse à, Imprimerie Toxier, à Poitiers.
- Films en couleurs autochromes. — Il existe aujourd’hui des pellicules autochromes à réseau trichrome en mosaïque pour photos en couleur suivant le procédé. Lumière. On peut obtenir ainsi des films cinématographiques, mais, en raison du grossissement de la projection, les grains colorés apparaissent ; la question est à l’étude dans les laboratoires Lumière fi Lyon.
- Réponse fi M. Julien à Lausanne (Suisse).
- Mélanges antigel pour radiateurs d'automobiles. — Les plus simples sont à base de glycérine ou d’alcool.
- Avec 10 pour 100 de glycérine (en volume), le point de congélation est abaissé à — 2°, avec 30 pour 100 à — 11° ; avec 10 pour 100 d’alcool dénaturé, le point de congélation est abaissé fi — 3° et avec 30 pour 100 à — 12°. La glycérine présente l’inconvénient, lorsqu’elle n’est pas parfaitement neutre, d’attaquer les joints ; l’alcool s’évapore assez rapidement. On peut aussi mélanger la glycérine et l’alcool par parties égales, et, dans co cas, le. point de congélation est de — 4° avec 10 p. 100, et — 13° avec 30 pour 100. L’alcool dénaturé peut être remplacé par l’alcool de bois.
- Réponse à M. Gibert, à Paris.
- M. Royer, Paris. — La question a été maintes fois traitée dans la boîte aux lettres de La Nature.
- Mme Laugenbaeher, Paris. — Établissements Tito-Landi, 38, boulevard Henri-IV, Paris.
- M. Dinioeh, Paris. — Vous pourriez vous adresser à la Société française de photographie, 51, rue de Clichy, Paris.
- M. Maire, Paris. — Pour le télescope électronique, consulter M. Tellmann, 8, rue de Richelieu, Paris.
- De tout un peu.
- M. Dauplay, à Jurançon. — 1° Le bronzage du cuivre et du laiton se réalise au moyen de la préparation suivante :
- Prendre :
- Chlorhydrate d’ammoniaque . . 45 gr
- Acétate de cuivre.............. 25 —
- Acide acétique................ 10 cm3
- Eau ordinaire ....... 1.000 —
- Porter fi l’ébullition dans une bassine de cuivre non étamée oa un récipient en porcelaine, y plonger les objets à bronzer, bien décapés, puis lorsque la teinte désirée est obtenue, rincer à l’eau pure et sécher dans la sciure de bois.
- p.159 - vue 163/439
-
-
-
- = 160 .........=.......----------------------------------:
- 2° Pour bronzer Valuminium, étendre au pinceau sur l’objet une couche d’huile d’olives ou de préférence d’huile de lin, chauffer sur un bec Bunsen, l’huile cuit et contracte avec l’aluminium une très grande adhérence.
- La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir qui peut être plus ou moins accentué, elle est très uniforme.
- Au cours du chauffage, qui doit être assez élevé, on peut, si le bronzage n’est pas suffisant, passer de nouvelles couches jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat cherché.
- M. Bloch-Lafon, à Paris. — 1° Le ciment pour fixer les lettres sur les glaces de vitrines est généralement constitué
- par :
- Vernis copal clair . . . . . 150 gr
- Huile de lin cuite.............. 350 —
- Rendre homogène, puis y ajouter progressivement de façon à obtenir une pâte épaisse, un mélange de :
- Litharge broyée................. 100 gr
- Blanc de céruse sec............. 50 —
- Ce mastic durcit très rapidement.
- 2° Le résultat de votre examen est exact, les préparations pour indéfrisables sont essentiellement des solutions de carbonate de soude à 80 gr par litre environ, le borax intervient très probablement comme léger antiseptique.
- M. Daloglou, à Mons. — Vous pourrez facilement assurer la conservation de jus d’oranges en y ajoutant une trace d’acide sulfureux, soit sous forme de solution d’acide sulfureux dit « liquide » du commerce, à la dose de quelques gouttes, soit en mettant quelques centigrammes de bisulfite de soude.
- Bien entendu ces additions doivent être très légères pour ne pas modifier le goût et afin de ne pas dépasser les limites légales de tolérance, qui sont voisines d’un maximum de 0 gr 330 d’acide sulfureux par litre, si vos préparations étaient destinées à passer dans le commerce.
- M. Gaget, à Saint-Amand-de-Boixe. — Le salpêtrage des murs doit avoir pour origine le voisinage d’étables ou d’écuries dont les purins viennent s'infiltrer dans les soubassements. Malheureusement, même si vous pouviez supprimer la cause, les murs resteront longtemps encore imprégnés des sels ammoniacaux dont la nitrification .amène des efflorescences. Peut-être en réduisant la circulation de l’eau dans l’épaisseur du mur pourrez-vous obtenir une amélioration. La Société Knapen, 54, rue de la Bienfaisance à Paris, vous renseignera sur les possibilités dans ce cas.
- N. -B. — Tout mortier appliqué sur un mur salpêtre ne peut avoir qu’une durée très précaire.
- M. Berliet, à Lyon. — Les poudres de bronze employées en peinture sont simplement des alliages broyés finement par percussion dans des moi tiers en fer.
- Les bronze or et argentan (imitation d’argent) les plus couramment employés ont les compositions suivantes :
- Cuivre Zinc Etain Fer
- Jaune pâle. . . . . 82,33 10,59 )) ))
- » foncé . . . . 84,00 13,39 )) 0,16
- » orange . . 90,00 9,00 î) 0,07
- » )) . . 98,93 0,73 )) 0,20
- Cuivre .... . . 99,90 )) )) 0,08
- Violet .... . . 98,22 0,50 traces traces
- Vert . . . . . . . 84,32 13,02 )) 0,30
- Blanc .... . . )) 2,30 94,40 0,03
- Leurs désignations comirterciales sont or ];âle, or rouge,
- riche vert, or vert anglais, cuivre naturel.
- Les bronzes dits à laquer contiennent un peu de paraffine.
- Les bronzes dits patentés, sont colorés par addition de matières colorantes organiques.
- MM. Banque et Sénez, à Marseille. — Pour enlever les fards gras ou liquides, on trempe un tampon de coton hydrophile dans l’eau tiède puis on l’imbibe d’un peu de la
- solution suivante :
- Glycérine neutre................. 200 gr
- Borate de soude.................. 100 —
- Eau distillée d’hamamelis. . . 200 —
- Ensuite on savonne légèrement et rince à l’eau tiède.
- On peut également enduire la peau à démaquiller d’un mé-
- lange composé de :
- Beurre de coco...................... 100 gr
- » de i acao....................... 70 —
- Lanoline anhydre..................... 10 —
- Cire blanche......................... 20 —
- Eau oxygénée......................... 10 cm s
- Puis terminer au moyen de la préparation indiquée ci-dessus.
- MUe Bichard, à Paris. — 1° Les taches rousses des livres sont dues au développement de moisissures dont les sécrétions sont colorées. Il est facile de les faire disparaître par un traitement à l’eau oxygénée alcalinisce, dont nous avons donné le détail dans le n° 3015, page 599. Veuillez bien vous y reporter.
- 2° La réparation des déchirures du papier s’effectue au moyen d’une colle au savon de résine additionnée d’un peu de kaolin, la seule difficulté est de n’employer que juste la quantité nécessaire pour combler l’espace libre sans empiéter sensiblement sur le papier lui-même. Il est indispensable de se faire préalablement la main en opérant sur un papier sacrifié avant d’entreprendre la réparation définitive. Après séchage de la colle, on repasse au fer modérément chaud avec interposition d’un buvard pour amener la fusion de la résine.
- G. V., à Karmas (Lithuanie). — 1° Lne extraction de l’huile de lin on partait:t de la graine comportera nécessairement l’acquisition coûteuse d’un matériel pour le broyage et l’expression avec une presse hydraulique. A notre avis il sera beaucoup plus économique, si vous avez en vue la fabrication de vernis gras, d’acheter directement l’huile de lin que l’on trouve dans le commerce et qui est d’une manipulation facile.
- 2° l’our imperméabiliser les coutures d’un vêtement de cuir, il suffira d’v appliquer au pinceau la mixture suivante :
- Vaseline.................... 10 gr
- Lanoline anhydre ...... 10 —
- Essence de pétrole......... 500 cm3
- Tétrachlorure de carbone . . . 500 —
- M. Lamidey, à Montgivray (Indre). — -1° Vous pou-
- vez employer comme solvant du bitume de Judée tous les hydrocarbures, en particulier la benzine.
- 2° L’épuration industrielle des eaux est basée sur les deux principes suivants :
- a) Précipiter la chaux et la magnésie qui sont à l’état de bicarbonates par- neutralisation de l’acide carbonique à fonction acide, par une solution de soude caustique d’après la réaction :
- CuO + CO2 + 2(NaOIl) = CaCO3 + C03Na2 + Jl^O.
- b) Amener également sous forme insoluble les sulfates de chaux et de magnésie par double décomposition avec le carbonate de soude :
- CaSO4 + C03Na2 = C03Ca + SOLNa2.
- Les carbonates de chaux et de magnésie ainsi insolubili-sés sont ensuite séparés par sédimentation en faisant circuler l’eau de bas en liait dans une colonne verticale munie de chicanes, l’eau épurée se déversant à la partie supérieure.
- Pour déterminer les quantités do soude caustique et de carbonate de soude, on sc base sur la composition de l’eau à épurer, ce que l’on ne peut connaître que par une analyse sérieuse.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud.
- 1-3-1938. — Published in France.
- p.160 - vue 164/439
-
-
-
- N° 302 J
- LA NATURE
- 15 Mars J 938
- LE PILOTAGE DES AVIONS MODERNES
- Los avions d’il y a 20 ans étaient des machines comparai ivement. fort simples et qui n’exigeaient dn pilote que des réflexes « intuitifs » ; le manche à balai, ou levier de pilotage à deux degrés de liberté, suffisait pour le maintien de l'équilibre tandis que le palon-nier, ou levier oscillant mû par les pieds, assurait la direction.
- C’est l'époque tragique de la guerre aérienne, où des « archanges » étourdissants, les.Fonck, les Guy-nemer, font véritablement corps avec leur machine, se retournent sur l’aile pour d ’i n vrai sem hl a bl es ra f al es
- de mitrailleuse, font preuve d’une souplesse et d’un « sens de l’air » admirables si l’on songe aux appareils qu’ils montaient.
- Tout est relatif : les plus rapides des avions de chasse de. la guerre nous paraissent aujourd’hui lents, peu puissants et affligés d’une traînée, ou résistance à l’avancement considérai) le.
- De plus, ils sont semblables à eux-memes en plein vol et lors des manœuvres d’envol et d’atterrissage, ce qui. exige que ces manœuvres soient exécutées à une vitesse considérable, sous peine de perle de vil esse et, de chute brutale, sans parler des grandes longueurs de roulement à prévoir sur les aérodromes. Ce ne sont pas là de. bonnes conditions de sécurité.
- QU’EST-CE QU'UN AVION « MODERNE « ?
- L’avion moderne se différencie, de ces ancêtres sur deux points principaux : par ses qualités intrinsèques de puissance, de rapidité, de finesse et par ses dispositifs spéciaux : hélice à pas variable, volets d’inlrados, train d’atterrissage escamotable qui en font, une véri-lable machine, à transformations (fig. 1, 2, fi et T2).
- 1. Les photographies illustrant cet article ont été obligeamment communiquées par MM. Durandcau et Schmitt.
- Voler à 5oo km à l’heure est tout différent du vol à afin km à l’heure classique ; ce n’est pas une différence de degré mais de nature, par suite des proportions de temps différentes accordées au pilote dans l’élaboration et l'accomplissement d’une manœuvre, pour : l’opération intellectuelle, la coordination céré-bello-médullaire et l’opération musculaire proprement dite. Le réflexe doit être vif et impeccable mais préparé
- par une connaissance constante et instinctive de toutes les indications des cadrans du tableau de bord, toute hésitation étant interdite quand on file à 100 ou i5o m par seconde (fig. 5).
- L’adaptation au changement de vitesse aérien constitué par les hélices à pas variable, les volets et les trains éclipsables n’est pas moins nécessaire et délicate. Voler à plein gaz, hélice au pas minimum et volets d’intrados ouverts peut arriver aux meilleurs pilotes, stupéfaits de ne pas avancer ; mais le geste instinctif de sortir (2) à 100 m du sol ses volets oubliés, en vue d’un atterrissage peut lui coûter la vie.
- Quant aux avions qui ont atterri « sur le gé'sier » parce que le pilote avait oublié de déployer le train, on ne les compte plus et c’est peut-être l’une des fausses manœuvres tpie « pardonnent » le plus aisément les avions actuels.
- QUATRE PROBLÈMES
- La fabrication et le pilotage des avions modernes posent quatre problèmes bien distincts ou plutôt quatre séries de problèmes.
- Tout d’abord, des problèmes purement constructifs :
- 2. FanI,-il rappeler, pour trancher .une• vieille querelle, que, sortir est, authentiquement un verbe actif ? Le vénérable-Littré indique : « Sortir une voiture d’une remise ».
- Fig. 1. — Les trois phases de Vescamotage .du train d’atterrissage d’un avion de course.
- La- trace blanche est due au reflet de l’hélice on rotation (’).
- p.161 - vue 165/439
-
-
-
- 162
- Fig. 2. — Avion « Balaie », de Caudron, un des types les plus modernes d’appareils de grandes compétitions sportives.
- puissance, sécurité et longévité du moteur, alimentation automatique du moteur suivant l’altitude, qualités mécaniques et aérodynamiques du planeur ou cellule formant le reste de l’avion. C’est un ensemble de questions extrêmement complexe, où le constructeur doit tirer de la matière le parti maximum, tout en conservant une honorable marge de sécurité, et où les progrès de la métallurgie se traduisent par des gains immédiats.
- En second lieu viennent les techniques particulières : dispositifs de vol sans visibilité (P. S. Y.) ou même de pilotage automatique, hélices à pas variable, volets, train éclipsable, etc. Nous trouverions ici un emploi généralisé de l’air comprimé ou « déprimé », de l’électricité et de l’hydraulique pour les commandes
- et les liaisons de reproduction de mouvement, appelées asservissements ou servitudes.
- La troisième série de problèmes appartient au domaine physiologique. Le corps humain n’est pas fait pour de semblables vitesses, ni surtout pour des accélérations, tangenlielles ou normales, qui peuvent atteindre 5 ou 6 fois l’intensité (g) de la pesanteur.
- Lors d’une ressource, par exemple, c’est-à-dire au cours de la manœuvre consistant, après une descente « piquée » très rapide, à remonter brusquement, l’organisme du pilote peut se trouver momentanément sidéré, par une véritable paralysie momentanée. C’est du moins ainsi que l’on explique la perte de certains hydravions qui sont venus percuter la mer. En liaison étroite avec ces questions physiologiques, mais formant un domaine distinct, existe une quatrième série, celle des problèmes psychologiques et techniques du pilotage, tels qu’ils se présentent à l’aviateur.
- Quelles sont les impressions d’un débutant, ou d’un pilote habitué aux anciennes machines, quand il prend place dans un de ces bolides de l’air ? Comment doit-il s y prendre pour tirer le maximum de son « pur-sang » et pour éviter des catastrophes P Tel est le sujet du présent article.
- Nous avons fait des emprunts à un remarquable ouvrage que AÛennent de publier deux pilotes-techni-ciens, MM. Durandeau et Schmitt, et qui constitue le meilleur abrégé à mettre entre les mains des pilotes (i).
- Fig. 3. — Nez aérodynamique d’un avion moderne, logeant le moteur VOLETS D’INTRADOS
- de variation de pas de l’hélice.
- Les volets d’intrados se rattachent à la classe générale des dispositifs hypersusten-tateurs destinés à augmenter la « portance » au moment de l’atterrissage. Tels sont les becs, les fentes, soit fixes, soit automatiques, les ailes à rotor avant, les ailes soufflées, etc.
- Pratiquement, seuls les volets ont survécu ; ils consistent en fragments rectangulaires découpés dans le bord amère des ailes et pouvant être ouverts à la volonté du pilote (flg. 4, 6 et 9). Les volets ressemblent donc aux classiques ailerons, commandés par le levier de pilotage (oscillation transversale) et dont l’objet est de maintenir l’équilibre tranversal de l’avion. Ils en diffèrent en ce qu’ils sont
- i. Le pilotage des avions modernes, éditions Blondel La Rougery, préfaces de MM. Marcel Riflard, Détroyat et Deliuolte. Nous remercions les auteurs qui ont bien voulu, nous aider de leurs illustrations.
- p.162 - vue 166/439
-
-
-
- 163
- plus vastes et plus rapprochés de la carlingue ; de plus, ils s’abaissent simultanément au lieu de posséder des mouvements inverses, comme les ailerons ; les volets ne produisent donc aucun couple transversal mais une forte augmentation de la traînée et de la portance. En position complètement ouverte, ils sont inclinés à 45° environ sur l’aile.
- Un pilote qui ouvre ses volets ressent un effet de freinage et un effort de basculement, contre lequel il réagit par la manoeuvre du levier de pilotage ; en même temps l’avion devient capable de planer sous de grands angles, c’est-à-dire de voler très cabré sur sa trajectoire, ce qui raccourcit la prise de terrain et le roulement à l’atterrissage.
- Sur un Caudi-on-Goëland, l’abaissement des volets fait perdre 5o km à l’heure et celui du train également 5o km à l’heure.
- Le pilote peut donc freiner dans l’atmosphère comme un automobiliste sur la route.
- Au décollage, un braquage léger (io à i5°) des volets fournit un supplément de poussée appréciable sans trop accroître la traînée.
- ACCIDENTS TYPES
- Il ne faut pas sortir les volets à des vitesses supérieures à i5o km à l’heure, sous peine de risques de rupture.
- Si le dispositif de commande est à servo-moteur, ou manuel mais démultiplié par engrenages, le pilote ne se rend pas compte de la résistance opposée par les volets. Cette résistance est au contraire sensible à la main, dans le cas d’une commande équilibi’ée pour la vitesse optima correspondant à la manœuvre. Toutefois, ce système, comme les dispositifs à servo-moteur, peut provoquer des accidents par son fonctionnement trop rapide.
- Si Ton quitte le terrain, volets ouverts à i5° et surtout si l’on s’en éloigne, api’ès un atterrissage manqué, avec volets ouverts à 45°, la fermeture brusque des volets peut provoquer une perte d’altitude instantanée de io à 6o m suivant le type d’avion.
- Accident-type n° i. —Le pilote se prépare à atterrir, hélice au petit pas, volets complètement sortis.
- Il s’aperçoit qu’il est trop « long », c’est-à-dire que l’avion ne pourra pas être arrêté sur la longueur du terrain ; l’avion est chargé et la proximité du sol interdit toute évolution en S.
- Le pilote doit remettre du moteur, passer l’obstacle qui limite le terrain, faire un tour et revenir. Si, le pilote, pour prendre de la vitesse, rentre ses volets, l’avion s’enfonce à plat et percute l’obstacle ou même vient au sol à plat.
- Fig. 4. — Disposition classique des volets d’intrados, en position ouverte, sur un avion de ligne.
- Accident-type n° 2. — Le pilote descend, volets sortis, hélice au petit pas pour permettre une bonne reprise en cas de nécessité. Pour prolonger son vol, il descend à plat, à coups de moteur ; au dernier moment, se trouvant trop court, il rentre ses volets pour s’allonger... et tombe à plat.
- Erreur analogue à celle d’un automobiliste qui prétendrait passer « en prise » dans une côte alors que son moteur peine déjà durement en seconde !
- Accident-type n° 3. — C’est un accident de virtuose.
- Le pilote veut faire une prise de terrain avec nombreux virages sur l’aile pour raccourcir sa descente. Au cours d’un dernier virage à la verticale, il sent dans son empennage un remous annonciateur de vrille ; les commandes deviennent molles et l’accident survient.
- Cette vrille inattendue provient d’une action aérodynamique particulière des volets qui, dans ces conditions de vol très spéciales, peut perturber l’écoulement de l’air derrière la voilure de l’avion.
- En résumé : les volets d’intrados sont des organes d’atterrissage, et s’en servir comme de commandes en vol serait « la pire des erreurs ». Manœuvrer les volets à moins de 200 m du sol est toujours dangereux. En toutes circonstances, le moteur doit passer avant les volets ; il faut :
- Réduire le moteur avant d’ouvrir les volets,
- Accélérer le moteur avant de fermer les volets.
- HÉLICES A PAS VARIABLE
- Si Ton dessine l’hélice d’un avion en vue du vol à grande vitesse, on est conduit à adopter un grand pas, c’est-à-dire des pales fortement inclinées sur Taxe de rotation ; mais la traction sera insuffisante au décol-
- p.163 - vue 167/439
-
-
-
- 164
- Fig.
- Poste de pilotage d’un bimoteur « Gofiland » montrant la complexité des organes de contrôle et des commandes.
- pression de freinage : 8. Altimètre d'alicr-12. iîouLon de réglage Variomrlre ; 17. Comstar 1er des moteurs ;
- 1. Levier de -profondeur ; 2. Volant de gauchissement ; 3. Commande de freins ; 4. Indien leur de a. Rhéostat de réglage de l’éelairagc ; 0. Indicateur de vide ; 7. Indicateur de |,en|e longitudinale vissage; Altimètre normal ; 10. Horizon artificiel Spcrry ; II. Conservateur de cap Sperry-Badin Kpcrry-Badin ; 13. Indicateur de vitesse; 14. Indicateur de virage ; la. Indien te ir de pente ; 11», pas ; 18. Interrupteurs d'éclairage; iü. Indicateur de pression du démarreur; 20. Bâtonnier; 21.
- 22. Démarreur du moteur gauche ; 23. Démarreur du moteur droit ; 24, 23. Avertisseurs lumineux d incendie ; 20, 27. Boutons de contrôle d’incendie; 28. Indicateurs de température d’huile ; 20. Indicale.ir de pression '-d’huile ; 30. Indicateur (le. pression d’essence ; 31, 32. Compte-tours électriques et leurs interrupteurs ; 33, 34. Commandes des extincteurs ; 33, 33, 37. Contacts des moteurs ; 38. Commande de relevage du train ; 30. Commande des volets ; 40. Commande de la pompe Messier ; 41, 42. Commandes des gaz; 43. 44. Correcteurs altimétriques; 43, 43. Robinets d’essence sur moteurs; 47. Indicateurs de position de plan fixe ; 48. Commande de réglage du plan fixe ; 40. Réglage du jeu des commandes du moteur ; 30. Interrupteur d’éclairage de la cabine ; 31, 32. A11limage des fusées ; 33. Prise de courant de secours ; 34, 33. Robinets d’isolement des réservoirs ; 33, 37. Indicateurs lumineux du train en position haute ; 38, 30. Indicateurs lumineux du train en position basse ; 30. Interrupteur général du courant ; 32, 33. Jaugeurs d'essence ; 34. Indicateur de position de train ; 33. Indicateur de position de volets ; 33. Interrupteur de mise en circuit des précédents instruments ; 37. Indicateur de pression de la pompe Messier ; 38. Indicateur de pression de l’accumulateur du train ; 30. indicateur de pression de l’accumulateur
- des volets.
- lage et ne permettra dé mol Ire à profit qu’une partie de la puissance offerte par le moteur.
- L’hélice à forme invariable est donc l’équivalent
- Fig. 3. — Avion Caudron-Penault, tgpe Coupe Dcutsch de la Mcurthc. Lignes fines, miels d’intrados importants.
- d’une transmission d’aulomobile d’où sérail absente la (( boite des vitesses ».
- Les hélices à pas variable résolvent ce problème.
- Elles sont, soil à deux pas, grand et, petit (Hamillon), soil, à variation de pas continue (Ratier). La manœuvre s’effectue à l’aide d’un levier à deux posil ions (Douglas, Boeing, .Innkers) ou au moyen de commutateurs électriques (majorité des avions français). Le pivotement des pales est alors assuré par un petit, moteur électrique, très démultiplié, monté an centre de l’hélice et il y a lieu de tenir compte, pour la manœuvre, de la durée de fonctionnement, qui n’est pas instantané (fig. 3, 7 et R).
- p.164 - vue 168/439
-
-
-
- 165
- En vol normal, l'hélice est mise à un pas grand ou assez grand ; le petit pas s’emploie dans les cas suivants :
- au décollage, jusqu’à ce que 'l’avion quitte le sol et se trouve par suite en état d'avancer avec moins de résistance. C’est l'équivalent du démarrage d’une automo-
- bile ;
- a l'atterrissage, volets ouverts, afin d elre prêt'à repartir avec l’accélération maxima en cas d’erreur de pilotage. Ainsi, un
- Fig. 7. — Moteur de variation du pas d’une hélice tripale llalier, arec les rupteurs de courant correspondant aux trois degrés du pas.
- La position « drapeau » correspond à un pas intini.
- automobiliste qui désire disposer d’une i'orle accélération pour se tirer d’un encombrement met son levier en seconde.
- En principe, l’hélice doit passer avant le moteur ; il faut régler l’hélice d’abord et donner les gaz ensuite.
- Hélice, moteur, volets, celle formule « devrait être inscrite en lettres d’or » au tableau de bord des avions modernes !
- L’écueil des hélices à pas variable, pour un pilote étourdi, est qu’il risque d’emballer très dangereuse-
- — Hélice Ihilier à pas variable eu vol : diamètre "1 ni 10, poids Ü8 A'y.
- ment son moteur, l’hélice étant au petit pas. Différentes « sécurités » mécaniques ou électriques ont été imaginées pour parer à cet inconvénient.
- Le réglage optimum de l’hélice en vol comporte un « fignolage » précis sur lequel nous ne pouvons insister ici. llalier et Labinai ont mis au point, un régulateur automatique de pas qui est particulièrement indiqué à bord des avions mullimoteurs.
- En cas de panne d’un seul moteur d’un avion mul-limoleur, l’hélice inutilisée peut, être mise « en drapeau )) (pales parallèles à l’axe) réduisant ainsi au minimum la résistance à l’avancement par la suppression de la rotation « en moulinet .
- TRAINS ESCAMOTABLES
- « Eliminer de la silhouette de l’avion moderne tout ce qui n'est pas nécessaire au vol », tel est le souci qui a présidé à la conception des trains d’atterrissage escamotables.
- Ces trains peuvent être nuis par un disposilif hydro-pneumatique (Messier), par un « genou électrique », etc-., ou par une commande mécanique à main. L’escamotage sc fait dans l’aile pour les avions à un seul moteur et dans les nacelles motrices pour les mullimoteurs (fig. io et 11).
- Fig. à. — Montage des volets d’intrados sur un avion éi un seul moteur.
- p.165 - vue 169/439
-
-
-
- 166
- Fig. 10. — Train releuable sur bi-moteur « Typhon ».
- Chaque voue s’escamote dans une des nacelles motrices.
- L’emploi des trains est soumis aux règles suivantes .
- .4u sol, ils ne doivent évidemment pas être manœuvres, sous peine de voir l’avion s’affaler piteusement !
- Si la commande peut être déclenchée par un simple geste, on bloquera le train, au hangar, à l’aide de pièces de bois, afin d’éviter la fausse manœuvre d’un curieux quelconque.
- Joindre à ces « sécurités » de gros cordages, rouges, par exemple, qui en
- che, le dispositif de fermeture du train peut se trouver alimenté ; vérifier, avant les premiers tours de moteur, que la commande est au zéro. Ne débloquer la commande qu’au moment de mettre les gaz pour partir, si la particularité du train l’exige, car un geste inopiné peut faire crouler l’avion au cours du roulement sur la piste.
- En vol, on ne rentrera pas le train avant d’avoir pris 200 m d’altitude, d’abord parce que le moteur peut avoir une panne et aussi parce que le reploiement du train perturbe l’équilibre de vol de l’avion. Mais si cette faute a été commise et que le pilote soit obligé d’atterrir, il vaut mieux se poser « sur le gésier », à tous risques, que d’essayer de sortir le train : il en résulterait un freinage brutal et, probablement une perte de vitesse.
- Un avion capable de filer 3oo km à l’heure ralentit igo km à l’heure quand les volets et le train sont ouverts, et le vol devient incertain ; il y a donc lieu de sortir ces deux organes notablement avant l’atterrissage pour s’accoutumer au nouveau régime de vol.
- Ce n’est qu’ensuite que l’on sortira les volets et, par un vent violent, ceux-ci seront même inutiles.
- signalent la présence : le cas s’est vu d’avions partant avec le train bloqué ! Dès qu’on met les moteurs en mar-
- Fig. 11. — Boue relevable d’un bi-moteur « Goéland ».
- Fig. 12. — Avion moderne en plein vol.
- Noter la « gueule de requin » par où s’engouffre l’air de refroidissement
- du moteur.
- p.166 - vue 170/439
-
-
-
- 167
- IMPRESSION DE VITESSE
- Une étude minutieuse serait nécessaire pour faire saisir les différentes impressions que produisent sur un novice : la vitesse, les accélérations et la soudaineté d’application des accélérations — en somme, les trois premières dérivées de l’espace — à bord d’un avion moderne.
- Une accoutumance progressive est nécessaire, d’abord comme passager puis comme pilote. Le néophyte arrivera ainsi : à une estimation précise des manœuvres, à une estimation exacte des vitesses, des temps et des accélérations,
- à une confiance totale dans la vitesse, que viendra heureusement compléter la connaissance raisonnée de l’hélice à pas variable, du train éclipsable et des volets d’intrados.
- Tant que le pilote ne sera pas absolument familiarisé avec les réactions d’un avion moderne — et encore ! — il devra disposer d’instruments de contrôle de vol tout à fait irréprochables ; prétendre initier les débutants sur un avion insuffisamment équipé constitue une lourde erreur, car ils resteront incapables d’apprécier exactement ces énormes écarts de vitesse qui font la sécurité à l’atterrissage des avions actuels.
- Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LE PUMA OU COUGUARD
- Ce félidé porte aussi un troisième nom : celui de « Lion d'Amérique ». Son aspect général et son pelage d’un fauve uniforme rappellent, en effet, la lionne. Ils sont identiques, dans les deux sexes. La taille, cependant, est chez lui inférieure, d’un quart environ, aux proportions de la Heine des déserts. A peu près égal au Léopard, il a le corps plus arrondi, le cou plus court, les pattes plus trapues, les doigts plus larges. Du museau à la naissance de la queue, il mesure en moyenne i m 60, et 65 cm de hauteur au garrot. J’ai vu un exemplaire géant qui atteignait i m 90 de longueur.
- Il y en a d’ailleurs deux espèces : celle de l’Amérique du Nord, Felis puma couguard, plus petite et moins nombreuse, et celle du Continent méridional, Felis puma con-color, qui fait l’objet de cette étude.
- Animal nocturne, confiné dans les ravins, les forêts, les rochers de la grande Cordillère et des Chaînes montagneuses secondaires, il est difficile de pénétrer dans ses habitudes. Seuls d’heureux hasards et d’incessantes enquêtes ont pu me fournir des détails inédits sur sa manière de vivre.
- Au Chili, où j’ai passé 36 ans, leur nombre est considérable encore. Dans les massifs côtiers et centraux, moins élevés, moins étendus, moins boisés, la race diminue davantage. Plus faciles à traquer et à rejoindre, dès que leurs sanglants méfaits ont signalé leur présence, ils ne tardent pas à tomber sous les balles. Ils abondent surtout dans les contrées du nord, du a3e au 33e degré, et plus encore dans celles du sud, du 38e au 45e degré.
- *
- * *
- Les Pumas vivent solitaires durant les mois où l’amour ne règne point, ni les charges de famille. L’égoïsme du ventre les rend insociables. Mais, au printemps, fin septembre et commencement d’octobre, plusieurs mâles s’attachent aux pas d’une femelle. C’est ainsi qu’un paysan, à l’affût dans les bois de Puren, au 38e degré, vit défiler devant lui une de ces princesses félines, et trois placides galants, au petit pas de promenade. Si les choses se passent en pleine liberté comme dans les cages d’un parc zoologique, aucune lutte grave ne décide du sort : ou bien la belle choisit son préféré et évince les autres concurrents par des fins de non-recevoir, ou bien le plus fort s’impose à eux par de significatifs grognements qui les intimident. Mais, qui pourra jamais deviner tous les drames forestiers P
- L’ardeur violente des couplés dure une demi-journée
- environ, avec des saillies qui se répètent chaque demi-heure et que soulignent les beuglements de l’épousée.
- La gestation ne dépasse pas no jours. Pendant ce temps, le couple vit ensemble., ou à peu près. Pour mettre bas, la femelle cherche un endroit abrité et sûr. En 19x3, des montagnards découvrirent dans la Chaîne côtière de Mélipilla, au 36e degré, une Puma en gésine. Elle s’était fait un lit de ramée, dans une caverne d’un mètre et demi de large sur deux et demi de profondeur, située au fond d’un ravin escarpé, et dont l’accès était défendu par les eaux d’un torrent qui grondaient à 1 m au-dessous de l’ouverture.
- La portée normale est de deux ou trois petits, quatre ou cinq rarement. Mère pour la première fois, la couguarde croque ordinairement sa tendre famille : c’est du moins ce que l’on observe dans les Jardins d’acclimatation, indice d’une coutume dans l’espèce. Pareille monstruosité se rencontre d’ailleurs chez d’autres animaux.
- A l’encontre de la tigresse qui, en captivité n’a point de lait — je l’ai constaté au Chili même — la femelle du Puma nourrit abondamment sa géniture derrière ses barreaux de fer.
- Les petits sont d’un roux clair, taché ou rayé de noir, les trois premiers mois. Cette première teinte passe au châtain foncé, qui peu à peu va pâlissant et fait place au fauve clair des adultes chez les deux sexes. De là cette gamme de tons que l’on trouve chez les individus tués par les chasseurs, et qui dure plus d’une année.
- Le père ne défend pas les nourrissons contre l’homme ni les chiens : en cas d’alerte, il décampe aussitôt, poltronnerie qui n’est guère à sa louange ! Sa compagne seule leur tient tête. En 1917, l’une d’elles fut surprise, dans les montagnes d’Aculéo, 34° degré, par une troupe de chasseurs en battue. Elle se replia, mais en couvrant de son corps les deux petits qui trottinaient sous elle, et en faisant face aux nemrods prêts à la cerner. Blessée d’un coup de feu, elle se roulait sur le sol pour les protéger encore. Capturés aussitôt, les deux orphelins furent emportés à la villa du propriétaire et nourris au biberon. Tout alla bien durant quelques semaines; mais le lait de vache ayant fait défaut, on essaya du lait condensé. Il provoqua une dysenterie qui, en 3 jours, fît tourner de l’œil les deux petits frères. Je vis leur mère empaillée, et eux-mêmes réduits à l’humble condition de tapis.
- A l’instar de la chatte, la maman Puma apporte à ses rejetons des proies vivantes, levrauts, lapins, qui leur ser-
- p.167 - vue 171/439
-
-
-
- = 168 ................... ................
- vent d’amusellcs avant que de nourriture. 'Ions les lelins, clans leur enfance, aiment le jeu. Les jeunes eouguards, en cage, n’ont pas de plus grand bonheur que de courir après une boule, grosse comme un potiron, qu’ils se disputent à coups de pattes et d’adresse.
- Contrairement aux affirmations de certains zoologues, le Puma se reproduit parfaitement en captivité, il a l’extrémité de la queue ornée d’un pompon noir, et il ne grimpe pas aux arbres, au sens strict du mot : il se réfugie ou se met aux aguets sur ceux-là dont il peut atteindre les branches d’un saut.
- *
- * *
- La mère veille sur sa famille plus longtemps que son volage époux. Celui-ci a repris son existence vagabonde que la Couguarcle dresse encore ses petits à la chasse, aux ruses, aux embûches, et partage avec eux ses palpitantes victimes.
- Pris dans le premier âge, ils deviennent bientôt assez familiers avec leur maître et leur gardien pour les suivre dans leurs allées et venues et leur faire des échanges de caresses. Cependant, l’instinct sauvage reprend vile le dessus. Les dompteurs, par exemple, les mai!lisent bien moins que le lion. Leur méchanceté se cache sous la sournoiserie et n’attend que l’occasion d’agir. En nji5, un curieux, trop confiant à la vue de la placidité des Pumas du Jardin zoologique de Santiago, approcha la main des barreaux. Agriffée aussitôt par l’un des fauves, elle fut coupée en deux d’un seul effort de mâchoire.
- *
- * *
- Ce félin est l’un des carnassiers les plus redoutables aux troupeaux de torde espèce. Au Chili, il s’attaque aux chevaux, mulets, ânes, grands ruminants, chèvres, pores, moutons, guunacos, et en Patagonie aux nandous. Il chasse surtout de nuit, et parcourt plusieurs lieues en quête d’une proie. Iles le-1 -il bredouille !’ il cherche fortune eu plein jour. Sa tactique ordinaire est d’approcher la victime de son choix en rampant sans le moindre bruit, mais toujours de façon à Ja dominer d’une certaine hauteur, d’où il s’élance pour retomber sur elle cl la labourer de ses ongles puissants. Manque-t-il son coup, à cause de la distance ou de la mise en éveil de la bête ? Il se lance à ses frousses, tâchant de se maintenir sur une ligne plus élevée, alin de l’obliger à fuir vers quelque précipice au fond duquel il la retrouvera assommée. Du moins, il espère la fatiguer à la course et la forcer à se rendre à bout de forces. Voici un épisode de ces chasses à courre.
- En janvier 1918, M. Michel Elchépare, Basque français et le plus fameux nemrod des Andes, longeait une haute vallée, à 4.000 m d’altitude, quand il aperçut, sur les pentes arides opposées, une guanaca grimpant éperdue avec son petit. Cent mètres en arrière trottait un puma, sûr de s’emparer du jeune animal dont Jes Irébuchements et les halles trahissaient déjà la grande lassitude. Une balle, qui ricocha entre les pattes du félin, l’arrêta net cl lui lit faire une volte-face qui sauva les fugitifs.
- Le couguard a des délicatesses gastronomiques : le porc, Ja brebis, le poulain ont ses préférences bien avant les chevaux et les gros encornés. A leur défaut, il se repaît de la première proie venue. Celles de moindre taille il les croque en entier : lièvre, lapins, renardeaux, rats. Mais ce ne sont que des pis aller, aux époques de malchance !
- Avant tout, il est avide de sang, ce qui le pousse à de véritables carnages. Dans la vallée de la Rivière Claire, au 35e degré, des charbonniers m’ont rapporté le fait suivant.
- Durant l’été de 197.9, un de ces fauves s’en prit successivement à trois troupeaux, dans la même nuit, égorgea 18 moulons, 70 brebis et li chèvres, dont il vida les veines.
- Ne saisit-il qu’une seule proie i1 11 en dévore les chairs, jusqu’à être repu. Le reste, si la bêle est de forte taille, il le traîne à plusieurs centaines de mètres, et autant que possible vers un endroit boisé. Là, à l’aide des mâchoires, il casse des ramées cl en recouvre complètement le cadavre en partie dépecé : prévoyance prudente qui dissimule sa réserve aux yeux des autres carnassiers et des oiseaux rapaces. En lieu découvert, il creuse le sol et enterre sa provende. Garde-manger feuillu ou silo, il veille dessus en faisant la digestion à une courte distance, prêt à les défendre contre les maraudeurs à poils ou à plumes. Les jours suivants, il retourne s’y restaurer, mais abandonne les reliefs dès qu'il y sent les premiers fumets de faisandage.
- Seul l’âne réussit à se dégager des étreintes du couguard. Un baudet se voit-il menacé par un de ces carnassiers ? Au lieu de détaler comme Jes autres animaux, il se campe sur ses quatre fers, protège sa tête entre les jambes de devant, et non sans frémir, attend l’assaut. Dès que le couguard s’abat sur lui, le malin Aliboron se jette à terre,, et se roule et se retourne sur le dos, écrasant sous son poids le félin qui, abasourdi, ne tarde pas à lâcher prise. Pendant que celui-ci s’ébroue et revient de sa stupeur, le roussin décampe cl va au loin lécher ses blessures. Du moins il s’est sauvé la vie !
- *
- * *
- Comme tous les félidés, le puma n’est guère secondé par l’odorat pour découvrir ses proies. Par contre, ses oreilles sont d’excellents cornets acoustiques qui enregistrent à grande dislance les moindres bruits révélateurs.
- Sa force et sou agilité sont surprenantes. D’un coup de-pal le, l’un d’eux Jécharna un côté entier de la tête à un cheval de M. Elchépare. Il charrie, à un demi-kilomètre, le corps d’un gros ruminant^ à travers les obstacles et Jes inégalités de terrain.
- Poursuivi par des chiens, un de ces fauves franchit d’un élan une gorge profonde qui enserre le cours d’un torrent. En 1979, j’en mesurai la largeur : elle indiquait un bond de 9 ni, ce qui fait une magnifique performance!
- Dans les collines de Puren, les deux frères Boisier, savoi-siens d’origine, virent leur troupeau de moutons décimé par un couguard. C’était en 190/1. Or, pour faire son coup, le ravisseur devait sauter une muraille de près de 3 m, avec sa proie dans la gueule ! Pour en finir, ils fabriquèrent une cage-piège, avec une solide charpente de poutrelles et un treillis serré de gros fil de fer. Elle comprenait deux cliarn-bretles : celle du fond, avec une brebis comme appât vivant, et l’autre avec entrée libre et une porte levée à glissière. Celle-ci devait retomber derrière le carnassier dès que ses doigts fouleraient un ressort dissimulé dans le plancher. Plusieurs semaines passèrent avant que la défiante bête pénétrât dans l’énorme chatlière. Enfin, une nuit, elle s’y décida. Mais, lorsque les deux hommes vinrent faire à cheval leur ronde habituelle, ils ne trouvèrent qu’un amas de bois brisés et de mailles tordues, où pendaient des touffes sanglantes de poils roussâlres. Ils restèrent ébahis devant cette démolition qui supposait chez le captif une force insoupçonnée.
- Dans la vallée de la Rivière Claire, les montagnards réussirent avec leurs chiens à cerner un couguard, et à l’enfermer, dans un enclos d’abord, puis dans une cabane de pierres qui en occupait le milieu. De là, ils s’en furent à cheval jusqu’à la ville prochaine pour y chercher deux fusils. A leur retour, ils trouvèrent la maisonnette à moi-
- p.168 - vue 172/439
-
-
-
- lié démolie : l’animal en avait ébranlé et séparé les blocs de base, et dans un bond de 2 m 1/2 avait franchi les murs d’enceinte.
- Dans la haute vallée d’un massif côtier, au 34e degré, en 1917, un chasseur et sa meute avaient acculé un puma contre une paroi rocheuse coupée à pic. Après avoir brisé l’épine dorsale aux trois chiens plus agressifs, il se ramassa soudain sur lui-même, et dans un élan prodigieux passa, comme un bolide, au-dessus de l’homme et des bêtes et disparut dans la brousse.
- #
- * *
- Timide par nature, il devient hardi sous l’aiguillon de la faim. En 1922, toujours dans la région montagneuse de la liivière Claire, un travailleur gardait de nuit une batteuse mécanique. A l’une des branches d’un chêne il avait suspendu un saignant gigot de mouton. Tout à coup survient un rouguard qui bondit vers le quartier de viande fraîche. Saisissant un tison ardent, l’homme s’élance vers l’animal qui devant la flamme s’enfuit. Pour l’intimider, le veilleur avive alors le feu de camp. Mais le fauve revient à la charge lois sur fois, si bien que, de guerre lasse, l’ouvrier enferme le cuissot dans le foyer du moteur. Cependant le carnassier affamé continue à rôder aux alentours. Craignant alors pour soi-même, le montagnard retire le gigot, cL le tenant sous le bras dévale à toutes jambes par les lacets du chemin. Quelle ne fut pas sa frayeur quand il s’aperçut que Je eou-guard était lancé à ses trousses? Et ce fut, au clair de lune, une course épique, lutte de vitesse entre l’homme qui ne voulait point lâcher son morceau de mouton et la bête qui n’y renonçait pas. Heureusement, les nombreux coudes du sentier brisaient l’élan de celle-ci. Au bout d’un quart d’heure, une lumière apparut par la lucarne d’une hutte de charbonnier. A sa vue, le fauve s’arrêta net. 11 était temps, car le fugitif épuisé s’affalait sans connaissance sur le seuil, en appelant au secours.
- La même année, et au même lieu, un bûcheron s’élait construit une cabane en grosse ramée oîi il logeait avec son chien. Or, tout au long d’une nuit, un puma en fit, le siège, reniflant de convoitise, passant les griffes à travers les interstices des branches pour agripper l’aboyant roquet ou son maître, malgré les coups de bâton que celui-ci lui assénait sur la patte. 11 ne s’éloigna qu’aux premières lueurs de l’aube.
- *
- * #
- Mais, s’attaque-t-il vraiment à l’homme, à l’inslar du ligre et de la panthère? De soi, non; il fuit presque toujours. Cependant, la fringale lui enlève la poltronnerie, et j’ai relevé des faits assez nombreux qui le prouvent. En voici quelques-uns.
- En 1910, les habitants de la même vallée découvrirent les restes sanglants d’un voyageur qu’un eouguard avait dévoré en partie et dissimulé ensuite sous un amas de branchages. En 1918, un de ces montagnards perçoit, la nuit, un vacarme insolite dans l’enclos de ses bêtes. 11 y court, armé d’une serpette fixée à un long manche, et voit un puma qui traquait une pouliche. Il fonce sur le félin qui aussitôt se retourne contre lui, et par ses bonds l’oblige à reculer et à grimper lestement à un arbre. L’animal y saute à son tour, et un. duel aérien s’engage éclairé par la lune presque pleine. Trois heures durant, jusqu’à l’aurore, le fauve de *on côté s’efforce d’atteindre la branche où le pâtre est à califourchon, et celui-ci, pour sa part, repousse à grands coups de fer les tentatives de son ennemi.
- ==r- 169 =
- L’aube seule y mit fin, par l’arrivée soudaine, de muletiers, dont les voix firent déguerpir le carnassier furieux.
- En 1922, au 39e degré, dans les ravins de la région de Quépé, une indienne Araucane va laver du linge au ruisseau assez éloigné de sa hutte. 'Comme, après plusieurs heures, elle ne revenait pas, sa fille part à la découverte, et voit sur les bords de l’eau les herbes foulées, des lambeaux de robe, et une mare de sang. Elle vole chercher du secours. Les proches et les voisins battent les environs, et trouvent enfin dans un fourré, à plusieurs centaines de mètres, le corps de la malheureuse à demi dévoré par un puma.
- Au 38° degré, en 1927, parmi les collines de Contulmo, un de ces bandits des bois se jette en plein jour sur un troupeau de moulons, et en emporte un au galop. La pastourelle s’élance vaillamment sur ses traces, et à coups de baguette veut l’obliger à lâcher prise. Mais lui s’abat sur elle, d’une griffade lui ouvre la poitrine, et lui hume' le sang.
- , En décembre 1928, dans un domaine forestier au 4oe degré, un eouguard se glisse dans une bergerie. Aux. bêlement affolés de ses bêtes, le pâtre va s’enquérir de leur cause. Aussitôt, le félin tombe sur lui, le terrasse, lui ouvre la gorge d’un seul effort de crocs et s’en repaît à son aise.
- Le a.G janvier tq.'hi, un de ces carnassiers, en maraude dans les cordillères de Parral, au 30e degré, mange presque entièrement un pastoureau et décime ensuite les brebis.
- Il n’est donc pas toujours prudent de se fier à la proverbiale couardise du-, puma.
- #
- / # #
- Gomment le chasse-t-on ? Au Chili, une seule méthode est employée par des nemrods spécialistes qui, de-ci de-là, existent encore dans le pays. J’en ai connu un qui m’a narré sa carrière cygénétique, et comptait à son tableau une centaine de coug lards.
- Dans son rustique chenil grouillaient une vingtaine de chiens, descendants incertains de pointers et de braques. Signalait-on, dans la contrée, la présence d’un de ces félidés ? Il y conduisait sa meute qui, en ordre dispersé, cherchait la piste. Facile à trouver sur un sol herbeux, encore humide de‘rosée et gardant bien le fumet de la bête, elle devient introuvable sur un terrain aride et brûlé de soleil. Le puma semble le savoir. Se sentant poursuivi, il emploie ses ruses, choisit pour s’éloigner des coulées pierreuses qui ne «ardent point l’odeur, exécute des sauts d’un rocher à un autre, fait des crochets qui s’entrecroisent sur une pente dénudée et en sort d’un bond formidable. Aussi arrive-t-il, été, que les limiers errent, par monts et par vaux, trois et quatre jours de suite, sans découvrir la bonne direction. C’est donc partie perdue ! En hiver, par contre, les traces l'estent longtemps fraîches, et c’est, l’affaire de quelques heures, d’un jour tout au plus.
- L’un des chiens llaire-t-il la vraie piste ? D’un cri joyeux il l’annonce à la bande, partout disséminée, et tous se précipitent derrière lui. Leurs abois deviennent furieux dès que la bête a été aperçue. Par une tactique instinctive, ils se déploient pour la cerner. Bientôt encerclé, le fauve saute au premier arbre venu. C’est, là son suprême recours, et aussi sa perle assurée. Assiégé par la meute hurlante, il n’ose plus descendre, de son perchoir pour tenter une nouvelle échappée. Le chasseur qui arrive à cheval peut donc le fusiller à son aise.
- Toutefois le a Léon Ira », le spécialiste du métier, méprise l’arme à feu et n’emploie que le lasso, tâchant de prendre l’animal au cou ou à plein corps. Il y faut une adresse extrême, à cause des branches où facilement s’accroche la
- • *
- p.169 - vue 173/439
-
-
-
- ===== 170
- corclc, et de par l’habileté féline que met le puma à la dévier d’un rapidé coup de patte. Est-il enfin saisi P L’homme tire sur la lanière tissée, comme un sonneur sur sa cloche, et à force de poignets et de secousses s’évertue à faire dégringoler le fauve qui, en un clin d’œil, sera déchiré par les chiens.
- Naturellement, il se cramponne autant qu’il peut à sa branche, et parfois si fortement qu’il faut le tuer sur place, et lui scier ensuite les ongles, incrustés dans le bois, afin de l’en pouvoir détacher.
- Mon héros faisait mieux encore. Il montait lui-même à l’arbre, se campait sur une branche à i m du couguard, sans tenir compte des soufflements et des griffes menaçantes de celui-ci, et lui adressait un petit discours afin de l’inviter au calme. A la longue la bête féroce était à demi médusée, et mon bonhomme le cravatait gentiment avec le lasso. Youlait-il les capturer vivants ? il réussissait, à lui seul, à leur lier les quatre pattes, et à les bâillonner en leur plantant, dressé dans la gueule, un bâtonnet effilé aux deux bouts.
- # *
- Si, dans sa fuite, le puma ne trouve point d’arbre sur lequel se jucher, il s’accule à quelque rocher abrupt, s’assied, et fait face aux chiens. Il éventre les plus hardis, et en grondant lient les autres en respect. Tant qu’il est sur ses gardes, attentif, prêt à la riposte, inutile de lancer sur lui
- la meute : il en ferait un carnage. Il suffit d’attendre. Les hurlements des limiers, la tension des sens, la conscience de sa situation critique, influent peu à peu sur lui. Quand il se juge perdu, il perd contenance, tourne la tête pour éviter les regards de l’homme, laisse échapper un miaulement plaintif, et bientôt verse de grosses larmes. Dès ce moment, il s’abandonne à son sort, il se rend, il est à la merci du lasso et des crocs. A peine a-t-il un sursaut sous l’étreinte de la corde et des chiens.
- *
- * #
- Comme tous les grands félins, il peut vivre une quarantaine d’années. Au Chili, étant le roi des solitudes et sans antre ennemi que l’homme, il a bien des chances d’arriver à cette vieillesse s’il reste confiné vers les sommets et ne s’approche pas des troupeaux domestiques. En 1922, M Michel Etchépare allait franchir la frontière d’Argentine, à 4.5oo m d’altitude, quand un de ses chiens tomba en arrêt à l’ouverture d’une caverne. Intrigué, le Basque pénétra dans la grotte : un vieux puma y gisait, sans l’ombre d’une blessure, mort depuis moins d’une semaine. Il s’était retiré là pour finir ses jours à l’abri des ténèbres et de la solitude.
- Tel est le puma dans les grandes lignes de son existence.
- Abbé Emile Housse.
- De l’Académie des Sciences du Chili.
- UNE VOIE NOUVELLE EN OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE
- LA CHROMOPTOMETRIE
- Lai eu l’occasion, en août 1937, cle visiter à l’Exposition Internationale de Paris le Palais de la Découverte.
- A ma grande surprise je me suis trouvé, en arrivant au stand présentant la mesure de la réfraction oculaire statique, en face d’un appareil construit d’après mes recherches par M. Jules Peter, opticien à Lyon : l’ériciscope.
- Cette sorte de consécration officielle d’une méthode d’étude de la vision que j’ai mise au point m’a décidé à exposer aux lecteurs de La Nature ce qu’est la chro-moptométrie, point de départ de la réalisation de l’ériciscope et de leur montrer la voie nouvelle qu’elle ouvre en optique physiologique.
- QU’EST-CE QUE LA CHROMOPTOMETRIE ? (1)
- La chromoptométrie est, ainsi que l’indique l’étymologie du mot, une mesure de la vision par les couleurs.
- Celte méthode consiste à utiliser pour l’étude de la vision humaine, un fait expérimental qu’a étudié sous le nom de « vision paradoxale )> mon collaborateur, le Dr René Imbert en 1929. Voici ce fait :
- . 1. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ici des notions relatives à la chromoptométrie : La nouvelle signalisation des chemins de fer français et les aberrations chromatiques de l’œil humain. La Nature, n° 2861, 15 juillet 1931, p. 56 à 61.
- L’œil humain n’est point achromatique comme l’avaient cru Newton et Euler, c’est-à-dire qu’il n’est point capable de faire converger en un seul et même point de sa rétine des rayons lumineux émis d’un même point de l’espace, quelle que soit leur couleur. L’œil humain normal présente au contraire des aberrations chromatiques notables. Donc, recevant un faisceau lumineux blanc constitué par des rayons parallèles, il décompose ce faisceau à la manière d’un prisme. Les rayons violets, indigos, bleus et verts convergent en une série de foyers échelonnés en avant de la rétine. Les rayons jaunes viennent pratiquement converger sur la rétine. Les rayons orangés et rouges vont converger en arrière de la rétine.
- Donc tout objet polychrome (c’est-à-dire émettant une lumière composée de plusieurs radiations colorées du specti'e visible) est vu entouré d’un halo constitué par les rayons colorés pour lesquels la mise au point n’est pas faite sur la rétine.
- Nous sommes accoutumés à ce phénomène à tel point que nous ne le percevons pas et que nous jugeons nets les contours d’un objet si une seule des radiations qu’il émet fournit une image nette de ces contours sur notre rétine.
- Des recherches expérimentales ont montré qu’en choisissant convenablement deux objets monochromatiques (c’est-à-dire n’émettant chacun qu’une seule couleur du spectre visible), l’un bleu et l’autre rouge,
- p.170 - vue 174/439
-
-
-
- 171
- ils sont vus également nets ou plus exactement également flous, si un sujet possédant une vision normale les regarde simultanément à une distance de un mètre et quarante centimètres. C’est ce fait qui constitue la <( vision paradoxale ».
- Cependant, si un sujet myope se place dans les conditions voulues pour réaliser la vision paradoxale, il ne peut l’obtenir : l’objet bleu lui apparaît flou et l’objet rouge net ; l’inverse se produit pour un hypermétrope. Tous ces faits s’expliquent aisément en étudiant les schémas ci-joints (fig. i).
- BASES NOUVELLES
- FOURNIES A L’OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE PAR LA CHROMOPTOMÉTRIE
- Jusqu’à la mise au point de la chromoptométi'ie, il était admis en optique physiologique deux propositions que voici :
- i° L’œil humain ne peut percevoir nettement un objet qua condition que celui-ci soit le foyer conjugué de sa rétine, c’est-à-dire qu’à condition que toute la lumière émise par l’objet vienne former à travers les milieux réfringents de l’œil une image réelle de cet objet.
- 2° C’est la déformation du cristallin qui, rendant l’ensemble de l’œil plus ou moins réfringent, permet à la rétine de devenir le foyer conjugué d’objets situés à des distances différentes. Ce phénomène constitue l’accommodation mécanique, laquelle conditionnerait classiquement les limites de l’espace dans lesquelles un sujet peut nettement percevoir les objets.
- Plusieurs faits d’observation journalière : perception nette et simultanée d’objets situés à des distances très différentes de l’observateur, lenteur des mouvements du cristallin et par suite de l’accommodation mécanique, rendent expérimentalement inacceptables les deux propositions ci-dessus, classiquement considérées comme exactes.
- La chromoptométrie nous a permis de modifier ces propositions en les remplaçant par les suivantes qui sont l’exposé des résultats expérimentaux qu’elle fournit :
- i° L’œil humain permet la perception nette d’un objet toutes les fois que, pour une seule des radiations émises par cet objet, la rétine se trouve être son foyer conjugué.
- 2° La rétine d’un œil humain normal possède un foyer conjugué violet à dix centimètres en avant de l’œil et un foyer conjugué rouge Virtuel, c’est-à-dire qui devrait, si cela était réalisable, se trouver au delà de l’infini en avant de l’œil. L’œil humain normal peut donc, en raison de la proposition précédente, avoir la perception nette et simultanée d’objets polychromes échelonnés depuis dix centimètres en avant de lui jusqu’à l’infini. Ceci constitue l’accommodation chromatique toujours réalisée et indépendante des mouvements du cristallin.
- Rayons blancs „ bleus „ Jaunes „ rouges
- Fig. 1. — L’œil et les visions colorées.
- Schéma I. — Un œil humain normal recevant un faisceau de lumière blanche venu de l’infini fait converger les rayons jaunes sur sa rétine en J (emmétropie), les rayons rouges en arrière (hypermétropie), les rayons bleus en avant (myopie).
- Schéma IL — Un œil humain normal voit un point lumineux blanc P très rapproché comme étant un point bleu B entouré d’un halo rouge violacé (mélange de toutes les couleurs du spectre sauf le bleu). Un point blanc situé à l’infini (c’est-à-dire envoyant des rayons parallèles) apparaîtrait comme étant un point jaune J entouré d’un halo gris, mélange de toutes les couleurs du spectre sauf le jaune.
- Schéma III. — Un œil humain normal verrait un point lumineux blanc situé au-delà de l’infini (point virtuel émettant des rayons convergents) comme étant un point rouge R entouré d’un halo bleu violacé (mélange de toutes les couleurs du spectre sauf le rouge).
- Schéma IV. — Un œil humain emmétrope voit deux points lumineux, l’un rouge Pi, et l’autre bleu P placés à 1 m 40 au-devant de lui et côte à côte comme étant deux petits cercles égaux R et B (vision paradoxale); >
- RÉSULTATS PRATIQUES
- OBTENUS A PARTIR DE LA CHROMOPTOMÉTRIE
- i° Étude de la vision chez l’homme. — La notion de vision paradoxale a conduit M. Jules Peter, opticien lyonnais, à réaliser un instrument : l’ériciscope permettant d’étudier la vision humaine avec une précision absolue (fig. 2).
- 11 est admis en optique physiologique que lorsqu’un œil esL trop réfringent (myopie) ou, au conlraii'e, insuffisamment réfringent (hypermétropie), un verre
- p.171 - vue 175/439
-
-
-
- = 172 ...........:---:v
- correcteur convenable peut remédier à cet inconvénient. Il s’agit de trouver ce verre qui, théoriquement, est unique pour chaque cas.
- La méthode qui lixe le choix définitif de ce verre consiste à faire dire par le sujet examiné quel est celui, d’une série de verres successivement placés devant son œil, qui lui permet de lire avec le maximum de netteté des signes noirs sur fond blanc placés devant lui dans des conditions déterminées.
- Il suffit de faire consciencieusement et sans parti pris l’expérience ci-dessus pour constater qu’il est impossible, même à un professionnel de l’optique médicale, de trouver dans les séries de verres correcteurs d’essai habituellement utilisées, moins de trois verres successifs dont les pouvoirs correcteurs paraissent égaux. Il ne peut en être autrement car, à travers les divers verres paraissant équivalents, le sujet fait la mise au point grâce aux divers rayons colorés si les signes présentés sont tracés sur fond blanc (accommodation chromatique) ou bien grâce à la déformation du cristallin si les signes à examiner sont .présentés«sur fond monochi'omatique. (accommodation mécanique). De plus, la chromoptométrie pratiquée au moyen de l’ériciscope évite de faire appel à la mémoire visuelle du sujet auquel on demande d’indiquer la différence de netteté entre deux objets vus simultanément eL non successivement. On réalise le même progrès qu’en lui demandant d’apprécier une différence de teinte entre deux objets observés au colorimètre au lieu d’être examinés séparément. De ces faits expérimentaux résulte, pour le choix du veri'e correcteur, une
- Fig. 2. — Ericiscope ./. Peter (Modèle P>).
- Cet appareil est constitué par une boite à lumière dont une lace porte un test chromoptométrique mi-partie rouge et bleu protégé des lumières parasites par une rallonge parallélipipèdi-que. Une graduation spéciale mobile avec le test permet de mesurer la réfraction dans les divers méridiens de l’œil (étude de l’astigmatisme). Le test représenté à droite de l’appareil est constitué par des lignes parallèles tracées en noir opaque sur les fonds monochromatiques juxtaposés de part et d’autre de la ligne médiane.
- série d’hésitations énervant à la fois le sujet et l’examinateur. C’est pourquoi bien souvent, en réalité, le verre correcteur est choisi d’après une détermination approximative, quand elle n’est pas erronée.
- L’emploi de la vision paradoxale évite ces tâtonnements et, grâce à l’ériciscope, on peut trouver sans hésitations, l’unique verre corrigeant la vision. C’est celui qui, à i m 4o, permet de voir également nets des signes observés simultanément et tracés les uns sur un fond rouge, les autres sur un fond bleu, tous deux pratiquement monochromatiques. Si le fond bleu donne une vision plus net le que le fond rouge, le verre correcteur constitue avec l’œil un ensemble insuffisamment convergent. Dans le cas contraire, c’est l’inverse.
- La délicatesse de celte mesure est telle que souvent il est impossible de trouver dans la boîte d’essai usuelle le verre correcteur cherché. On constate simplement qu’il se trouve, entre deux des verres présentés, l’un étant trop convergent ou Irop divergent, l’autre ne I étant pas assez. Mous voilà loin de l’approximation de la méthode classique pour laquelle trois verres au moins de la boîle d’essai paraissent égaux (fig. 3).
- Un autre avantage de la méthode chromoptomélri-que, praliquée avec l’ériciscope, est de permettre à quiconque de faire le diagnostic (je dis diagnostic et non mesure) d’une anomalie de la réfraction oculaire. Aussi voudrais-je que les élèves des écoles et même bien des travailleurs subissent systématiquement cet examen qui peut être pratiqué par un instituteur ou un chef d’atelier. On verrait rapidement le nombre considérable d’individus à vision anormale échappant aux épreuves actuellement en usage. Cependant une vision normale est indispensable à l’être humain dans la plupart des branches où s’exerce son activité. Combien de sujets sont considérés comme des maladroits ou des paresseux en raison d’une mauvaise vision que l’on est actuellement impardonnable de méconnaître.
- a0 Elude des variations de la vision. — La ehromop-tométrie, étant donné la précision introduite par l’ériciscope dans la détermination de la réfraction oculaire, a permis de mettre en vue les faits suivants :
- a) L’œil humain est toujours p]us réfringent à la fin de la journée que le matin au réveil.
- b) Sous l’action de certains médicaments ou même en raison soit du régime alimentaire, soit du genre d’existence, la réfraction oculaire d’un sujet peut se modifier.
- Ces notions, encore nouvelles et peu appliquées à l’observation clinique, permettent d’entrevoir qu’un jour il sera peut-être possible de faire mieux pour les anormaux visuels que de leur prescrire le port de verres correcteurs. En tout, cas, l’ensemble de mesures actuellement réunies permet d’affirmer que la plupart des anomalies de la réfraction, oculaire (astigmatismes exceptés) sont liées non à des anomalies de la forme de l’œil, mais à des déséquilibres de la nutrition générale encore mal connus et dont l’étude est négligée. La chromoptométrie bien comprise permet sans prise
- p.172 - vue 176/439
-
-
-
- 173
- de sang el rapidement de suivre les variations humorales d’un sujet dont le métabolisme a été étudié antérieurement, avec une sensibilité qui échappe encore aux examens actuellement en usage.
- 3° Elude du rôle du cristallin dans la vision. — La cliro-moplomélrie montre, qu’à lout instant el en toutes conditions, la rétine d’un œil humain normal a un nombre incalculable de foyers conjugués colorés, échelonnés de l’intini à dix centimètres en avant d'elle. Ceci nous explique comment nous pouvons voir nettement, en même temps, le disque lunaire pratiquement à l'infini et des objets très proches de nous : branches d’arbres ou barreaux d’une fenêtre. Nous ne sommes pas surpris non plus de constater qu’un tireur peut voir nettement et en même temps, la hausse et le guidon de son fusil ainsi que le but à atteindre : objets placés tous trois à des distances bien
- Fig. 3. — Photographies réalisées sur plaques sensibles à toutes les couleurs avec l’objectif hyperchromaliqm du l)v Polack reproduisant les aberrations chromatiques de
- l’œil humain.
- A. Test do l’ériciscopc vu eu « vision paradoxale » par un sujet normal ; 11. Test de l’éri-ciscope vu par un myope (0 dioptrie 10) ; C. Test de l’ériciscopc vu par un hypermétrope (0 dioptrie 10). Au-dessus de A, tableau d’essai actuellement en usage vu par un sujet normal. Au-dessus de B, même tableau vu par un sujet normal rendu myope par un verre (0 dioptrie 75). Au-dessus de C, même tableau vu par le sujet normal rendu hypermétrope par un verre (0 dioptrie 75).
- différentes de sa rétine. Les
- faits ci-dessus, incontestables et connus de tous, sont inexplicables si l’on veut considérer l’accommodation mécanique comme notre seul moyen de mise au point , sans tenir compte de l’accommodation chromatique encore passée sous silence par les rédacteurs d’ouvrages classiques.
- En revanche, le cristallin dont les mouvements ne se produisent qu’avec lenteur, nous permet de compenser les variations durables physiologiques ou anormales de la réfraction oculaire. Ces variations inévitables au cours de l’existence, suivant qu’on est reposé ou fatigué, à jeun ou en état de digestion, seraient très gênantes si l’accommodation mécanique ne nous permettait pas de les compenser. Seules, les variations pathologiques de la réfraction oculaire ne permettent pas aux mouvements du cristallin de maintenir l’accommodation chromatique dans les limites assurant une vision normale. C’est pourquoi certains sujets, à réfraction oculaire normale ou exactement corrigée, constatent au cours de leur existence des moments où leur vision devient trouble. Ce fait, souveilt signalé aux médecins traitants, est classé comme ti’ouble nerveux insignifiant. En réalité, il doit retenir l’attention du médecin car il est le premier symptôme d’une instabilité humorale pathologique' dont l’origine doit être précisée et la cause traitée. w
- CONCLUSIONS
- J’arrête ici ce trop long exposé.
- Je m’excuse d’avoir été obligé d’utiliser quelques termes techniques en les définissant de mon mieux.
- Il a été, jusqu’à ce jour, classique d’admettre comme exactes des notions fondamentales d’optique physiologique s’avérant en franche contradiction avec des faits d’observation courante, parce que le raisonnement sur la lumière blanche sans tenir compte des différences de réfraction de ces divers composants colorés.
- Le but que je me suis proposé, en rédigeant ces notes, est de rectifier dans l’esprit du lecteur les notions de cet ordre acquises durant les années d’élu-des générales alors que la chromoploniétric était encore à naître.
- J’espère y avoir réussi et avoir montré en même temps que la chromoptométrie ouvre une voie nouvelle en optique physiologique et médicale : l’étude des rapports entre 1 équilibré humoral et la réfraction oculaire statique. /
- " ! .. V '
- Dr J.-L. Pecii,
- Professeur de Physique médicale à Ja Faculté de Médecine de Montpellier.
- p.173 - vue 177/439
-
-
-
- «* NOUVEAU DÉTECTEUR DES GAZ DE COMBAT =
- Pour dépister rapidement la présence dans l’atmosphère de très petites concentrations des produits qui, sous le nom de gaz de guerre ou gaz de combat, se sont fait une place dans l’arsenal des armements, où ils ont vite acquis une réputation tristement célèbre, on s était appliqué jusqu’ici à chercher des réactifs sensibles et spécifiques de chacun d’eux.
- M. Kling, directeur du Laboratoire municipal de Paris, vient de présenter à l’Académie de Médecine une autre technique d’ordre général, basée sur l’activité ionique de tous ces produits. Beaucoup, en effet, sont instables en présence d’eau et s’hydrolysent spontanément plus ou moins vite en libérant des acides ; d’autres peu-yent être décomposés par la chaleur et produisent ensuite la môme réaction.
- M. Kling a conçu une méthode qui repose sur le principe suivant :
- Si l’on fait passer de l’air non souillé de produits agressifs, et ne contenant seulement que les éléments normaux gazeux de l’atmosphère (O, N, CO2, etc.) dans de l’eau teintée en bleu par un indicateur de pH au bleu de bromophénol, la couleur ne vire pas. Mais si cet air renferme, même à des doses extrêmement faibles, un produit agressif hy-drolysable, le pH de l’eau se modifie et lorsqu’il s’abaisse au-dessous de 4, la couleur bleue vire au jaune.
- Comme les produits agressifs sont très inégalement décomposés par l’eau, on accélère leur hydrolyse, en faisant passer le courant gazeux dans un tube de platine chauffé ; il s’y produit une décomposition pyro-génée qui met en liberté une certaine quantité d’hy-dracide.
- „ A la faveur de cette décomposition, des substances lentement ou difficilement hydrolysables, voire non liydrolysables dans les conditions de l’expérience, agissent rapidement sur le réactif avec une sensibilité dont on aura une idée quand on saura que pour obtenir le virage du bleu au jaune il suffit d’ajouter à 2 cm3 de la solution alcoolique o cm3 02 d’acide chlorhydrique Nf 100, ce qui correspond à o mgr 0071 de chlore, o mgr 0098 de phosgène, o mgr 0110 ue chloropicrine.
- Celte technique est mise en œuvre dans un appareil pratique et portatif (fig, 2).
- Le tube de platine, constituant le système de pyrogénation, est chauffé par une rampe alimentée à l’acétylène dissous. L’air y circule, appelé par une pompe démultipliée, du type excentré à palettes, débitant 000 l/h, qui provoque l’aspiration.
- Le réactif est préparé selon les indications de Clark et Lubs par addition, à o gr 1 de bromophénol, de 3 cm3 de soude jN/20. On broie le mélange dans un mortier et on le dilue à 260 cm3 par addition d’eau pour obtenir une solution à o gr o4 pour 100.
- On dilue ensuite cette solution au 1/10 dans l’alcool à 95° et
- on amène le réactif aux conditions oplima de sensibilité au moyen de quelques gouttes
- d’acide sulfurique N/xoo, de
- telle sorte que 4 gouttes de cet acide étant versées dans 20 cm3 de réactif y déterminent un virage du bleu violet primitif au vert-jaune.
- La réserve de réactif est conservée dans un flacon R
- d’où on la transvase à chaque opération dans le barboleur B, en agissant sur une poire de caoutchouc.
- *
- * *
- Rompant avec la classification physiologique des gaz de guerre en : suffocants, lacrymogènes, irritants, nauséeux, vé-sicants, toxiques, etc., M. Kling a proposé, à l’occasion de cette communication, un nouveau groupement, dont la clef peut, semble-t-il, être mise sous la forme suivante :
- Fig. 2. — Schéma du nouveau détecteur.
- ?DMPe
- Fig. i. — M. André Kling, dans son laboratoire.
- p.174 - vue 178/439
-
-
-
- 175
- Effet de Parme chimique Dose dangereuse Réaction produite Nature du phénomène
- Première catégorie instantané éloignée du seuil d’agressivité momentanée (disparaît avec la cause) ^ physico-chimique réversible
- Deuxième catégorie instantané voisine du seuil d’agressivité durable chimique irréversible réaction rapide
- Troisième catégorie à retardement voisine du seuil d’agressivité durable chimique irréversible réaction lente
- Avec les gaz des catégories 2 et 3, l’application de cetle méthode est particulièrement rapide, elle est un peu plus lente avec ceux de la première. Ainsi dans un temps compris entre 2 mn et 3 mn 1/2, on détecte la surpalite, l’ypérite, la chloropicrine à la dose de
- 5 mgr par mètre cube ; il faut 4 mn pour déceler 10 mgr/m3 de bromure de benzyle.
- Placé à l’entrée d’un abri, l’appareil de M. Kling peut être un utile avertisseur.
- Georges Kimpflin.
- LES SONDAGES PROFONDS EN MER
- LA GÉOLOGIE DU FOND DES OCÉANS
- La connaissance de la structure de l’écorce terrestre a un intérêt non seulement théorique en permettant de suivre son histoire à travers les âges, mais aussi pratique en fournissant des indications précises sur la composition des couches géologiques et les gisements métallifères qu’elles renferment. Les résultats actuellement acquis sont extrêmement nombreux bien que, pourrait-on dire, nos moyens d’investigation soient limités en profondeur et en surface : en profondeur parce que les sondages les plus profonds n’ont pas dépassé 2.000 m, et encore sont-ils en très petits nombre, de sorte que nous ne connaissons à peu près la composition du sol que jusque vers 4 à 5oo m ; en surface parce que les terres ne constituent guère qu’un peu plus du quart de la surface terrestre, le reste étant occupé par les mers et les océans. Malgré cela, les savants ont pu reconstituer avec précision la vie antérieure de notre globe.
- Il est évident que si des documents pouvaient être retirés du fond des océans, dont certaines fosses plongent au-dessous du niveau de la mer plus profondément que l’Himalaya ne dresse ses sommets au-dessus du sol, nos connaissances seraient infiniment élargies. En effet, bien que la plupart des terres aient été à un moment de leur histoire recouvertes par les eaux marines, comme par exemple le bassin de Paris, qu’occupait l’ancienne mer albienne, il est probable que certains fonds de mer l’ont toujours été. Là se sont déposés, depuis les temps les plus reculés, strates après strates, toutes les matières en suspension dans la mer, tous les débris des animaux et des plantes qui y ont vécu, à l’abri des oxydations, des désagrégations par le vent et des bouleversements superficiels. Malheureusement, jusqu’à présent, les dragages ne fournissaient
- qu’une poignée de renseignements sur la couche superficielle du fond des mers et les indications sur la nature de ces fonds se réduisent à bien peu de choses : roc, sable, argile, gravier...
- Loin des côtes, dans les grandes profondeurs de l’Océan les matériaux se sont accumulés lentement
- Fig. I. — Le sondeur à explosion de M. Piggot.
- p.175 - vue 179/439
-
-
-
- 176
- au cours des siècles, de solde qu’une profondeur de quelques mètres peut correspondre a plusieurs âges géologiques. Aussi y aurait-il un intérêt puissant à pouvoir y prélever des « carottes », analogues à celles que donnent les forages de recherches terrestres dans lesquelles, la disposition des couches est rigoureusement
- conservée. ;
- C’est ce que M. Snovyden Piggol a réussi à l’aide d'un dispositif très ingénieux qui lui a permis déjà’d’oble-nir des carottes parfaites de à 3 m de longueur, prisés a îles profoiideursj: de plus de /j.ooo ni. .
- L’appareil'dont la ligure 2 donne une vue d'ensemble, que l’on attache à l’extrémité d’un câble de sondage est un véritable canon qui, lorsqu’il arrive à loucher le fond de la mer, il tire, non pas un projectile, mais un tube earotlier qui sous L'influence de la (•barge de poudre, pénètre dans le terrain et y découpe un échantillon que l’on remonle ensuite.
- La figure 1 montre le détail des parties fondamentales de l’appareil. Sa mise au point a soulevé d’intéressants, problèmes dont nous dirons quelques mots au cours de la description. Ces parties fondamentales, au nombre de 5, sont : le canon, la cartouche, le mécanisme de mise à feu, le dispositif d’évacuation de l’eau et le trépan.
- Le canon en acier, de 25 cm de diamètre et 5o cm de
- long, est muni à sa partie supérieure d’un anneau en acier forgé destiné à l’amarrer sur la ligne de sondage. A la partie inférieure, le cylindre d’acier a été tourné en cône de façon à présenter une partie cylindrique de 3 cm de long, la paroi étant réduite à 3 cm
- d’épaisseur. Dans cette partie cylindrique se trouvent percés l\ trous clans lesquels on peut insérer des goupilles de cuivre de 3 mm de diamètre. L’âme du canon est. forée à 5 cm de diamètre.
- La cartouche est constituée par un cylindre d’acier sans soudure de 5 cm de diamètre ci 12 cm de long et de 6 mm d’épaisseur de parois, fermé à ses deux extrémités par deux
- Fig. 2 et 3. — L’ensemble de l’appareil (à gauche) et le détail du dispositif de mise à feu (à droite).
- Percuteur
- $-Canon
- Gâchette
- Goupille
- de sécurité
- manchons vissés dont l’un porte un logement pour une amorce de fulminate de mercure. Au-dessus de l’amorce, on place un disque de cuivre rouge qui formé fermeture étanche et empêche la pression de l’eau aux grandes profondeurs soit de mouiller la capsule, soit même, en la déformant, de provoquer un allumage prématuré. Ce disque a également pour rôle de maintenir la capsule dans son logement malgré la pression développée à l’intérieur de la cartouche par la combustion de la poudre. A l’autre extrémité, la cailouchc est également fermée par un opercule de cuivre sur lequel vient s’appliquer à l’extérieur un disque d’acier destiné à supporter la pression de l’eau qui pourrait défoncer l’opercule. Toutes ces précautions sont indispensables lorsque l’on opère à des profondeurs de 2 à 3.000 m où la pression hydrostatique peut dépasser 100 kgr par centimètre carré.
- La constitution de la charge est aussi fonction de la profondeur à laquelle on veut prendre l’échantillon. Elle doit développer une énergie suffisante pour vaincre la pression hydrostatique et l’inertie de la partie en mouvement, et enfin communiquer au dispositif de carottage une puissance lui permettant de pénétrer dans le sol rencontré. Seule, l’inertie de la partie formant projectile peut être calculée à priori. Pour les autres éléments déterminants de la charge, il faut les adapter aux conditions rencontrées à chaque expérience.
- Le dispositif de mise à feu est extrêmement simple et robuste. 11 comprend uii percuteur, bandé par-un ressort axial puissant et portant un ergot circulaire à sa partie terminale. Cet ergot E s’engage dans un logement L pratiqué dans une pièce formant gâchette, solidaire du trépan (fig. 3). Quand celui-ci rencontre le sol, la rampe K de la gâchette vient s’appliquer contre l’extrémité T du canon et force la gâchette à glisser vers la droite dans le schéma, libérant ainsi le percuteur. Naturellement lors de la mise à l’eau de l’appareil, une goupille convenable immobilise la gâchette et n’est retirée qu’au dernier moment, quand l’immersion commence.
- Le trépan est muni à sa partie supérieure d’un dispositif d’évacuation de Veau dont le rôle est extrêmement important. E11 effet lorsque le tube trépan est projeté à grande vitesse dans la boue qui recouvre le fond de la mer, l’eau qu’il contient forme balle également et empêche par suite la boue de pénétrer à l’intérieur du tube carottier. L’idéal serait évidemment d’avoir un tube cylindrique, ouvert aux deux extrémités, qui pénétrerait alors à travers l’eau et la bouc sans les mettre en mouvement. Mais cela n’est mécaniquement pas possible, car il faut d’abord que la propulsion due à l’explosion soit parfaitement centrée suivant l’axe du trépan et ensuite que l’effet soit communiqué aux parois du tube. D’où la nécessité d’un dispositif spécial solidarisant l’axe du trépan et ses parois. La figure 1 montre la forme de celte pièce qui rappelle celle d’un éjecteur inversé. Elle est calculée de façon que pour chaque section la surface disponible pour l’eau soit la même tandis que les
- p.176 - vue 180/439
-
-
-
- parois extérieures s'évasent progressivement. A la partie supérieure, cependant, cette section va en augmentant, de telle sorte qu’il se produit à la sortie du tube un vide partiel, une cavitation, pendant le mouvement rapide dans l’eau, qui supprime presqu’entière-ment la contre-pression due à la colonne d’eau dans le trépan et réalise très sensiblement les mômes conditions que pour un tube cylindrique ouvert aux deux extrémités.
- Enfin le trépan proprement dit est un tube d’aciei de r>7 mm (•/ i/4) de diamètre intérieur et 3 mm d’épaisseur. Il porte à l’intérieur 4 cannelures, comme un canon, mais ces cannelures sont rectilignes et les vides correspondent à 4 ouvertures extérieures à la partie supérieure du tube. Leur rôle est, lorsque l’on retire le trépan, de permettre à l’eau de pénétrer jusqu’à sa partie inférieure pour remplir la cavité laissée par le trépan, en un mot de supprimer la succion. Le tube dans lequel se trouvera récollé-l'échantillon est en laiton et coulisse librement contre les cannelures.
- A l’exfrémiLé du trépan se trouve une couronne cou-paule d’acier a outil ayant un léger jeu axial, lorsqu’on retire le trépan, elle permet à l’eau qui pénètre par les cannelures de venir prendre la place de l’appareil.
- .. .......:......................-il-;::,:::::::: 177 =
- Pour examiner les échantillons, on coupe le tube tic laiton suivant deux génératrices et on trouve à l'intérieur une carotte aussi nette que celles que l’on obtient dans les forages terrestres ordinaires au diamant.
- Dans deux campagnes destinées à mettre définitivement au point son appareil, M. Piggot en ig35 a obtenu 14 carottes dont les longueurs ont varié de t ni 20 a 2 m 75 à des profondeurs variant de 3 fi 5 à 2.25o m. Eu 3 <)3t>, entre Terre-Neuve et l’Irlande, 11 carottes ont été obtenues, la plus profonde à 4.200 m et l’une d’elles renfermait une vingtaine de centimètres de roche.
- On voit que l’appareil de M. Piggot permet d’obtenir des échantillons très intéressants, dont l’étude ne peut qu’étendre nos connaissances sur la structure et la constitution de l’écorce terrestre. En particulier, dans les grandes fosses, où le fond est en général constitué par des argiles rouges, on a trouvé que la teneur en radium est anormalement élevée. Aussi est-il à souhaiter que les expéditions océaniques et hydrographiques adjoignent aux sondages simples, la prospection du sol par carottage.
- H. VlGNEBOIN.
- LES COUCHES MONOMOLÉCULAIRES MULTIPLES
- Lorsque nous avons ici même (Q rendu compte des expériences entreprises par Langmuir et Miss Blodgelt sur les lames monomoléculaires, nous avons indiqué que ces savants avaient mis au point une méthode permettant leur transfert très simple sur un support rigide.
- En opérant dans des conditions bien déterminées sur des couches monomoléculaires d’acide stéarique à la surface d’un baiu d’eau additionnée de sels de baryum ou de calcium, on peut, en plongeant une lame de verre ou de métal par la tranche dans le bain, retirer la couche d’acide stéarique en soulevant la lame avec soin. On arrive à juxtaposer ainsi, comme les feuillets d’un éphéméride, plus de 700 couches mononioléculaires. Cet empilement présente des couleurs d’interférence, comme les couches concentriques de nacre dans les perles, qui permettent de mesurer avec une grande précision les dimensions des molécules de nombreuses substances. On peut également s’en servir pour déterminer la valeur absolue de la longueur d’onde des rayons X.
- Ces applications, purement scientifiques, ne semblaient pas susceptibles de développements intéressants et nouveaux lorsqu’on décembre 1936, au cours d’une visite au laboratoire de Langmuir, à la General Electric Cy, le Dr Dorothy Wrinch posa la question de savoir si la technique mise au point pour la réalisation des empilements de couches monomoléculaires d’acide stéarique ne pourrait pas être appliquée a l’étude des protéines. Quelques expériences suffirent pour montrer qu’il en était bien ainsi. Un nouveau domaine s’ouvrait aux investigations. Ce sont les premiers résultats
- 1. Voir La Nature, n° 2976, p. 40b.
- des expériences que nous allons résumer d’après une communication de Langmuir de septembre 1987.
- Si l’on prend une plaque de cuivre chromée et qu’on réalise le dépôt de 49 couches monomoléculaires de stéarate de baryum, 011 constate, en l’examinant à l’œil nu à la lumière d’une lampe à vapeur de sodium, qu’il existe un minimum très brusque de l’intensité de la lumière réfléchie pour un angle d’incidence bien déterminé.
- Si on plonge la plaque ainsi préparée dans une solution de nitrate de thorium, pendant quelques secondes seulement, puis qu’on la lave, elle devient capable de fixer certains constituants d’une solution clans laquelle elle est ensuite plongée, en particulier d’une solution de protéines et d’autres substances biologiques.
- La plaque, retirée de la solution à étudier, est lavée puis séchée et ensuite examinée de nouveau à la lumière monochromatique. Toute variation d’épaisseur due à la substance retirée de la solution est nettement visible à l’œil nu par la variation de la position du minimum de réflexion, même si cette variation d’épaisseur n’atteint que 2 x io~8 cru. On a ainsi réalisé une méthode quantitative extrêmement simple, permettant de mesurer le diamètre ou les dimensions des molécules de diverses substances. Par exemple, eu plongeant la plaque dans une solution d’albumine du blanc d’œuf, on obtient une augmentation d’épaisseur de Do x io~8 cm, tandis que si on répète l’expérience en prenant une solution d’une autre protéine, le virus de la maladie du tabac appelée mosaïque, dont On sait que le poids moléculaire est très élevé (de l’ordre de 17.000.000, si tant est que les mesures cryoscopiqueS’ou-autres aient une signification quelconque dans ces conditions), on trouve un
- p.177 - vue 181/439
-
-
-
- 178
- accroissement de 3oo x io“8 cm. Chaque protéine expérimentée a donné une épaisseur caractéristique constante, permettant ensuite son identification à l’aide d’une mesure s’effectuant en quelques minutes.
- Langmuir et Blodgett ont constaté de plus que les protéines ainsi fixées par la plaque conservaient leur activité biologique. Par exemple, on forme sur la plaque une couche monomoléculaire de toxine diphtérique. Bien qu’alors la plaque ne fixe plus de toxine diphtérique, elle est capable de fixer l’antitoxine. Il semble donc qu’il y ait là une mé-
- thode intéressante nouvelle, pei'meltant de rendre visibles ces films ténus, qui pourra s’appliquer dans l’établissement des diagnostics.
- Elle permet également de déceler l’existence de quantités infimes de matières dissoutes. En modifiant la technique précédente, on a pu, par exemple, déceler dans l’eau la présence de sels inorganiques à des concentrations de l’ordre de io~9 molécule-gramme par litre, ce qui correspond environ à une partie de sel dans io billions de parties d’eau! II. V.
- L’OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE D’EINDHOVEN
- La petite ville hollandaise d’Eindhoven possède aujourd’hui un observatoire astronomique remarquable à bien des égards. L’Association Néerlandaise Astronomique et Météorologique compte à Eindhoven une section dont les membres décidèrent de construire, eux-mêmes, un miroir de 3o cm ; la N. V. « Philips », la grande société de lampes électriques dont les usines se trouvent à Eindhoven a mis à la disposition des amateurs astronomes le matériel nécessaire. Quand le polissage de ce miroir — travail très minutieux et exigeant une très grande patience — fut presque terminé, on se trouva en face d’une grande difficulté financière : comment se procurer la partie mécanique du télescope et l’observatoire nécessaire ?
- La question fut résolue par une intervention généreuse du docteur A. F. Philips, qui offrit, non seulement l’ensemble des instruments nécessaires, mais
- Fig. I. — Le nouvel obsei'vatoire « Dr Philips », à Eindhoven, vu la nuit.
- aussi, l’édifice ; la couronne d’Eindhoven offrit, de son côté, le terrain nécessaire, dans un endroit de son parc favorablement situé. L’édifice, achevé fin d’été 1907, est maintenant équipé d’un télescope de 3o cm dont le miroir sera sous peu remplacé par un miroir de 00 cm. Les astronomes professionnels et amateurs qui l’utilisent se proposent d’v mettre au point de nouvelles méthodes d’observation utilisant les plus récents progrès de la physique, en collaboration avec les laboratoires Philips.
- LE NOUVEL OBSERVATOIRE ET SON INSTALLATION
- Le bâtiment de l’Observatoire est une tour, haute de 20 m, en briques, construite suivant les plans de l’ingénieur Kalff ; elle est peinte d’une couleur très claire, afin d’assurer une réflexion aussi grande que possible de la chaleur (fig. 1).
- Dans les observatoires astronomiques, on prévoit, le plus souvent, des fondations séparées pour l’édifice et le télescope. A Eindhoven, l’instrument d’optique repose, par l’intermédiaire de poutres en ciment armé, directement sur les murs de l’édifice ; néanmoins, les trépidations provoquées, lorsqu’on marche sur le plancher, au-dessous de la coupole, ne peuvent être transmises directement à l’instrument, puisque le plancher de la pièce où se font les observations est isolé des murs au moyen de feutre.
- Les fondations de l’édifice consistent en une plaque de base, d’une épaisseur de 20 cm, posée sur une couche de sable. Le diamètre de cette plaque dépasse largement, de 1 m 1/2, les murs de base. Ceux-ci sont prévus pour supporter les instruments sans qu’il se produise de trépidations gênantes.
- L’édifice comprend quaLre compartiments superposés, dont le premier est absolument étanche à la poussière et servira pour tailler et polir le miroir définitif de 5o cm. Au-dessus, se trouve le hall d’honneur, de hauteur double. L’étage suivant est aménagé comme cabinet de travail et bibliothèque ; il contient aussi le mécanisme de commande du télescope. Vient, enfin, la chambre des observations avec le grand télescope, monté sur un pied en béton, sous sa coupole.
- Celle-ci, dont le diamètre est voisin de 5 m, tourne sur un rail au moyen de galets sur roulement à billes. Elle pèse 1.800 kgr ; néanmoins on peut, très facilement, la déplacer avec une seule main. Un trouve
- p.178 - vue 182/439
-
-
-
- Fig. 2. — Le montage du télescope dans les ateliers des usines Philips.
- encore, dans la coupole, un cercle métallique de contact, mis à la terre et auquel sont raccordés les paratonnerres.
- On a apporté aussi le plus grand soin à l’outillage de l'Observatoire et notamment Fig. 3. — à son outillage photographique.
- LA CONSTRUCTION DU TÉLESCOPE
- Le nouveau télescope de l’Observatoire d’Eindhoven a été prévu pour un miroir ayant un diamètre d’au moins 5o cm et un loyer de 325 cm. Le miroir déjà prêt, du diamètre de 3o cm, ne sera placé que provisoirement dans le télescope et y restera jusqu’à ce que le grand miroir soit terminé.
- Ce télescope se trouvera être l’un des plus grands des Pays-Bas.
- Faut-il rappeler que la construction du mécanisme de l’instrument, et plus encore celle du miroir exigent une extraordinaire précision ?
- Le télescope, de 4 m de haut, pèse plus de i.5oo kgr. La lunette proprement dite est fixée à un axe dont le diamètre dépasse ro cm. A température normale, le jeu de cet axe, dans le palier à roulement à billes,
- est de six millièmes de millimètre ; son excentricité, dans la position exactement horizontale de la lunette, est d’un millième de millimètre ; moindres encore sont les tolérances des nombreux engrenages commandant le télescope. Le mouvement du mécanisme tout entier est si souple qu’un petit moteur de phonographe suffit à le déplacer. La vitesse de déplacement est réglée au moyen d’une horloge spéciale qui entraîne le télescope exactement à l’allure des étoiles dans le champ de l’instrument. La mise au point, sur un corps céleste déterminé, est donc maintenue automatiquement.
- Le télescope tout entier a été étudié et exécuté dans les usines « Philips ». 11 donnera un grossissement de 6oo environ ; une toute petite partie de la lune remplit déjà le champ de l'instrument.
- Le télescope est également aménagé pour la photographie.
- LA FABRICATION DU MIROIR
- Dans la fabrication des tubes émetteurs de T. S. F., un des rayons d’activité des usines Philips, on utilise le « joint ferrochrome » pour souder le métal au verre ; ce procédé peut aussi être employé dans la réalisation de miroirs de télescopes ; pour cela, on procède de la façon suivante : on construit d’abord une charpente métallique ayant le diamètre requis ; sur celle-ci, à une température élevée, on soude une plaque en verre, couvrant entièrement la surface du métal. Cette méthode présente des avantages nombreux et considérables sur les miroirs entièrement en verre.
- Vprès refroidissement, la couche de verre est taillée et polie. C’est là un travail très difficile, minutieux et qui prend beaucoup de temps ; il fut exécuté par les membres de la section d’Eindhoven. Sur la surface polie, et ayant la forme requise, on dépose une mince couche d’aluminium dont le pouvoir réfléchissant est très élevé.
- L’intérieur de la coupole et le télescope de l’observatoire d’Eindhoven.
- p.179 - vue 183/439
-
-
-
- Ë LE SÉCHAGE DU BOIS = PAR HAUTE FRÉQUENCE
- En Allemagne, TInslilül seienlilique de. recherches'-pour le travail mécanique du bois, l’Institut, scientifique de la construction cl les laboratoires de quelques usines s’intéressent vivement, au séchage du bois par ondes courtes, en partant, de ce principe que le bois étant constitué de molécules actives doit réagir sous l'influence d’oscillations électro-magnétiques de fréquence définie.
- L’action du champ de haute fréquence-sur le bois ne se réduit pas à l’absorption d’énergie électro-magnétique par les éléments actifs et, à réchauffement de la masse; la structure colloïdale de l’échantillon a aussi une grande importance. • ,
- llolzniarkf, de Berlin, observe que les travaux effectués récemment par un laboratoire scienlilique ont fait constater l'influence 1res importante d’-un champ de haute fréquence sur les matières colloïdales de sorte que l’absorption de l’énergie d’un champ doit, être attribuée non seulement à la constitution moléculaire, mais encore à la-structure du bois.
- Dans un champ de haute fréquence, le séchage se fait extraordinairement vile et il se signale par maintes particularités.
- Tandis que dans le séchage ordinaire par la chaleur, l’énergie calorifique empruntée au milieu extérieur chemine de l’extérieur vers l’intérieur, suivant les lois connues de la propagation de la chaleur, de telle sorte que les - couches internes sont à une température plus basse que les couches externes, dans le cas du séchage du bois au moyen d’un champ de haute fréquence, il apparaît immédiatement, que le contraire se produit.
- L’énergie des oscillations électro-magnétiques de haute fréquence se trouve transformée en énergie ealoriliquc ; il en résulte un échauffement uniforme de toute la masse ligneuse. Cependant, les couches extérieures du bois continuant à dégager de l'humidité, l’utilisation de cette chaleur latente de vaporisation produit un refroidissement du bois ; par suite, la température des couches externes est plus basse que celle des couches internes, ce qui est confirmé par l'expérience.
- Si on prolonge l’influence des radiations après le complet dégagement de l’humidité du bois, une distillation sèche commence alors, entraînant une carbonisation des couches internes, tandis que les*couches externes demeurent intactes. La teneur en eau étant à peu près la même dans toute la massé, depuis le début de la période du retrait, toute tension intérieure est écartée, le séchage s’effectue uniformément,-‘les fentes et les: voilemenls sont évités dans la plus large mesure ; aux essais qui ont été faits dans un laboratoire d’usine d’automobiles, le retrait tangentiel a été dé 6 pour ioo,.le retraitrradial de 5 pour ioo, correspondant au retrait produit par le séchage naturel.
- , Pendant lte séchage',' ld bois a été soumis !à l’action d’un fort courant d’air, pour accélérer l’évapora lion de Team ! Le séchage du -bois dans un--champ de haute fréquence n’exige que le i/i.ooo du- temps nécessaire avec les autres procédés de séchage. . r" «
- Des essais ont été poursuivis en vue d’établir l’inllucncc des ondes courtes sur les propriétés mécaniques du bois. On a opéré sur les bois de bouleau et de pin en vue de connaître l’influence de la résine sur la dessiccation, trois séries d’expériences ont été effecluées :
- a) avec- une teneur d’humidité de 5o à Go pour îoo ;
- h) à l’air sec à l’air (18 à ao pour 100 d’eau);
- c) à Délai de siceilé parfaite.
- La durée de l’exposilion aux radiations a varié de îo à Go miaules. Le nombre total des éprouvettes essayées a été rie 4oo.
- On-Ht ensuite des essais de llexiou dynamique et statique, de résistance à la compression axiale, de retrait, d’hygros-copicité, de gonllemenl, sur des éprouvettes soumises ou non à l’influence des ondes. On obtint les résultats suivants :
- Le bois soumis à l’action du champ de haute fréquence accuse une hausse de température et un abaissement de teneur en eau; chez les Conifères, il y a aussi perle de résine.
- L’action des ondes courtes sur du bois absolument sec est en général plus puissante. 11 n’y a que de légères et passagères modifications dans les propriétés mécaniques du bois ; il n’est donc pas impossible d’obtenir une amélioration des qualités du bois par le traitement au moyen des ondes courtes.
- Le retrait du bois reste à peu près inchangé; l’hygros-copicité cl, le gonllemenl, restent les mêmes, que l’on soumette aux radiations un bois sec à l’air ou un bois humide.
- Les essences feuillues sont plus sensibles aux ondes courtes que les essences résineuses, la résine pouvant jouer un rôle spécial mais qui n’est pas encore bien fixé.
- Quant à la longueur des ondes, dans un essai, on a utilisé des ondes de 5 à G m ; dans un autre des ondes de 4 à 4,5 m avec les lignes de force du champ électrique orientées dans la direction des fibres du bois.
- Les ondes courtes ne permettant pas l’utilisation toujours satisfaisante de l’énergie électrique, on a essayé récemment l’effet des ondes longues, soit de ao à 4o m et même de 5ooi.5oo m. Avec ces ondes, outre le séchage du bois, il semble que l’on obtienne des actions subsidiaires de grande importance pratique, par exemple un accroissement des qualités mécaniques du bois (la résistance à la compression s’éleva de 878 à 4oo kgr par centimètre carré), et une diminution de l’hÿgroscopicité. En outre, par hautes températures, soit au moins no°, des parasites (champignons et insectes) seraient détruits. x
- Gomme onde voit, il reste bien des points à préciser dans cette technique, mais les résultats obtenus jusqu’à présent ouvrent la voie à des ' recherches nouvelles que. justifie le grand intérêt offert par le procédé de séchage du bois au moyen des ondes électro-magnétiques.
- . »
- ’ : Henri Blin.
- p.180 - vue 184/439
-
-
-
- LE BUREAU DES CHÈQUES POSTAUX DE PARIS
- ORGANISATION GÉNÉRALE DU SERVICE FRANÇAIS DES CHÈQUES POSTAUX
- Créé par la loi du 7 janvier 1918, le Service des chèques postaux permet à chaque titulaire d’un compte courant postal d’effectuer des payements ou des encaissements sans avoir besoin de se déranger. Un particulier, une société commerciale, une banque ou n’importe quel groupement légal peut, apres son agrément par l’administration des P. T. T., se faire ouvrir un de ces comptes courants, tenus par des Bureaux de chèques, dans 17 des principales villes de France : Paris, Alger, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Lille, Limoges, Lyon, Mai'seille, Montpellier, Nancy, Nantes, Orléans, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse.
- Nalurellement le Bureau des chèques postaux de Paris est le plus important d’entre eux. Installé à l’origine rue Saint-Roeh et ensuite rue du Louvre, on a dû le transporter en novembre 190.0 dans un nouveau bâtiment sis rue des Favorites à Vaugirard, vu le dévclopement considérable de son trafic dont quelques chiffres suffiront à donner une idée. Alors qu’en 1900, cet organisme postal faisait !\!\ millions d’opérations, il en a exécuté en 1906 exactement 53.329.o85, se décomposant de la façon-suivante :
- Fig. 2. — Un coin de la salle des armoires métalliques contenant les dossiers des titulaires de chèques postaux.
- Chèques débités.
- Crédits.
- Chèques de payement ....
- Chèques de virement, ....
- Par mandats de versement à un bureau de poste.
- Par virements.
- 5.5o8.146 7.128.782
- 3r. i6o.35f> 9.53t.80T
- Fig. I. — Un coin du hall de tri.
- A leur arrivée au Bureau centra.], tes chèques subissent un premier tri par groupes et sont répartis entre tes diverses salles de travail.
- Le total de ces opérations représente, pour l’année, 2.o5 milliards de francs (débits ou crédits) et 180 milliards de francs comme virements.
- FONCTIONNEMENT DU BUREAU DES CHÈQUES POSTAUX DE PARIS
- Le maître architecte M. Michel Roux-Spitz, l’habile constructeur de ce palace en béton armé, simplement bouchardé pour en régulariser les surfaces extérieures, s’est efforcé de réaliser des liaisons mécaniques rapides entre les diverses salles de façon à réduire au minimum les allées et venues des 1.578 hommes ou femmes qui y travaillent. De son coté, l’administration a adopté d’ingénieuses machines, des tubes transporteurs, des monte-charge et autres appareils spécialement étudiés, de façon à simplifier la -besogne quotidienne de ce personnel que nous allons voir à l’œuvre.
- Fuirons d’abord dans le vaste hall de tri où arrivent,' de minuit à 4 h du malin, les chèques de toute la France, amenés des gares par des camions automobiles. Là, les employés assis devant des casiers porteurs de numéros vont faire subir au contenu des sacs postaux un premier triage, de manière à répartir les pièces qu’ils renferment par groupes entre les diverses salies de travail ou de comptabilité, superposées à tous les étages du batiment. De multiples monte-dossiers élec-
- p.181 - vue 185/439
-
-
-
- 182
- Fig. 3. — Atelier des machines à imprimer les enveloppes destinées à l’envoi des chèques reçus par le Bureau central de Paris aux titulaires de compte. (MM. Séailles et Tison, constructeurs).
- triques, installés dans l’épaisseur des murs latéraux ou transversaux du hall, assurent cette répartition dans un minimum de temps.
- Avant de monter au premier étage, jetons un rapide coup d’œil sur les armoires métalliques contenant les dossiers des 230.222 titulaires de comptes ouverts actuellement à Paris et qui renferment toutes les pièces d’archives utiles pour les références de service (lettre de demandes d’ouverture du compte signée par l’intéressé, adresse et numéro du compte de celui-ci, enquêtes administratives, etc.). Au voisinage, se trouve l’atelier d’imprimerie, où l’on voit, entre autres curiosités, 6 machines sélectives à adresser les enveloppes d’un fonctionnement très original. Parmi les 230.222 titulaires d’un compte postal, qui ressortissent du Bureau parisien, une moyenne d’environ ôo.ooo donnent, en effet, chaque jour, des ordres de payements et reçoivent des versements par mandats ou par virements. Or pour aviser ces 5o.ooo titulaires des opérations effectués quotidiennement à leur compte, il faut employer une enveloppe portant leur nom et adresse. En d’autres termes, on doit imprimer, durant la journée, une cinquantaine de mille d’enveloppes portant chacune un libellé différent.
- Voici comment MM. Séailles et Tison ont résolu mécaniquement ce délicat problème. Les 230.222 adresses sont d’abord repoussées chacune sur des plaques en zinc au moyen d’un « adressographe a ordinaire mais de grand modèle. Puis une fois ces clichés constitués, on les emmanche dans des coulisses sur des châssis en fer blanc, que leurs axes solidarisent les uns aux autres et qui se trouvent pliés en accordéon f par groupes de 200, dans un tiroir métallique. La
- liaison de ces châssis entre eux évite tout reclassement des adresses qui conservent leur ordre initial dans le meuble fichier.
- Au fur et à mesure des besoins journaliers, on enclenche successivement chacun de ces châssis dans la machine à l’arrêt et celle-ci, une fois mise en marche, entraîne en moins d’une minute un lot de 200 adresses qui, durant leur passage, se déplient automatique ment et se replient à la sortie. En même temps, cette rotation détermine l’entraînement d’une sorte de roue en fonte portant 200 fiches numérotées, chacune d’elles correspondant à une des adresses du châssis enclenché. Ce système permet la sélection des sus-criptions, car il suffit d’appuyer sur une de ces fiches pour que le numéro, le nom et l’adresse du titulaire de compte se trouvent imprimés sur l’enveloppe. L’ouvrier opère donc de la manière suivante. Placé face au volant (fig. 3), il appuyé avant et pendant la marche de sa presse typographique .sur les numéros des fiches, que lui indique une liste préalablement établie par une de ses collègues des salles de travail. La rotation du disque sélectif et l’enfoncement de telle ou telle fiche par le conducteur de la machine assure, à l’instant où passe l’adresse désirée, les 4 manœuvres suivantes : encrage de la plaque, prise d’une enveloppe dans le magasin ad hoc, impression de celle-ci par son passage sur un cylindre et éjection de l’enveloppe imprimée dans la boîte sur laquelle s’appuie la main gauche du typographe.
- hevenons maintenant dans l’une des t3 salles de travail qui, chaque matin, reçoivent du hall de tri la correspondance relative à toutes les opérations possibles des titulaires de comptes ressortissant du bureau
- Fig. 4. — Un coin d’une salle de travail.
- Chaque malin, les 13 salles oie travail reçoivent du hall de tri la correspondance relative à tontes les opérations des titulaires de comptes.
- p.182 - vue 186/439
-
-
-
- de chèques de Paris. A leur tour, les employées de cette section classent ces diverses formules (mandats-cartes de versement et de payement, mandats-poste on mandats télégraphiques, chèques nominatifs, chèques d’assis-gnation tirés au profit de tiers ou chèques au porteur établis sans nom de bénéficiaire, chèques de virement d’un compte à un autre, etc). Au moyen de machines à écrire et à additionner de différents types, ces dames vont ensuite porter à chaque compte individuel l’opération qui le concerne, après avoir vérifié si l’ordre envoyé est régulier et exécutable. Trois de ces femmes constituant un groupe de travail, sont chargées de tenir à jour les comptes courants de 4oo à a.5oo clients suivant l’activité des dits comptes. A côté d’elles, se trouve un fichier contenant les noms, adresses, signatures et bordereaux de situation journalière de ces titulaires, de façon à leur permettre les contrôles nécessaires. La postière établit donc la fiche qu’elle n’aura plus qu’à introduire dans
- Fig. ci. — Timbreuse (Système L. Bernard) pour authenlifier les chèques postaux.
- Fig. (i. — La Section internationale et des enquêtes.
- l’enveloppe imprimée tout à l’heure pour l’envoi ultérieur de celle-ci au destinataire. Quant aux mandats, une machine à commande électrique facilite leur authentification. Cette timbreuse construite par \I. Léopold Bernard se compose d’un socle en fonte à l’intérieur duquel se trouve logé le moteur électrique et que surmonte un bâti en forme de col de cygne porteur de blocs d’acier gravé l’un en creux, l’autre en relief. Dans ceux-ci sont ménagées des ouvertures où peuvent s’ajuster à volonté des blocs mobiles pour l’indication des jours, mois et année. On met la machine en marche et on l'arrête au moyen d’une boîte à boutons commandant un disjoncteur. Pour timbrer les mandats, l’ouvrier les empile d’abord à portée de sa main sur un plateau horizontal puis il les glisse successivement entre les deux blocs gravés (fig. 5).
- Avant la mise des fiches individuelles de situation dans les enveloppes, en vue de leur expédition aux destinataires, les mandats, ordres et chèques passent aux services de la comptabilité pour l’établissement des bordereaux. Quand il s’agit de payements ou de virements à l’étranger, on dirige les ordres vers la section internationale, qui établit les mandats nécessaires et renvoyé ensuite les formules à l’une des salles de travail chargée de les acheminer, après repoi’t du débit sur le compte du client (fig. 6).
- Cependant on a dû créer un service spécial pour certains gros titulaires de comptes de chèques postaux comme les banques, les grands magasins et autres sociétés importantes. Dans ce cas, une ou même parfois plusieurs employées sont chargées d’effectuer les
- p.183 - vue 187/439
-
-
-
- 184
- opérations d’une seule de ces maisons et établissent leur situation journalière sur des registres par les méthodes ordinaires de comptabilité.
- SERVICE DES PAYEMENTS A VUE.
- jours par conduite pneumatique, à la salle de réception où après nouvel enregistrement et timbrage au balancier, on retourne le dit mandat encore par un tuyau identique au guichet payeur. Ce voyage et la douzaine de manipulations comptables nécessaires n’exigent pas plus de 7 à 8 mn environ. Le déposant du document n’a donc pas attendu bien longtemps ! Enfin certains commerçants ou industriels demandent d’être payés à vue au Central de la rue du Louvre, qui tenait jadis leur compte. Afin d’accélérer, en ce cas, les opérations, des télétypes raccordent directement le Bureau de Vaugirard à celui du Lou-
- en code convenu, les ordres de payement.
- Tel est, dans son ensemble, le fonctionnement de cet organisme postal admirablement agencé. Le Service des chèques postaux affranchit, d’ailleurs, les titulaires de comptes des risques inhérents à la manipulation, au transport ainsi qu’à la garde des espèces métalliques ou fiduciaires. Aussi des transactions portant annuellement sur des centaines de. milliards se font aujourd’hui par l’intermédiaire des 17 bureaux centraux de France énumérés ci-dessus et de la recette principale des postes d’Ajaccio qui exécute les mêmes opérations pour la Corse.
- Jacours Boymr.
- Enfin, comme les chèques nominatifs ou d’assignation simple peuvent être présentés à l’encaissement tous les jours, un Service des payements à vue a été également établi au Bureau des chèques postaux de Paris et fonctionne avec une extrême rapidité, grâce à une série de dispositifs et d’appareils que nous allons décrire pour terminer (fig. 7 et 8).
- Après avoir donné son mandat à un des guichets ouverts dans un bail spacieux, le porteur reçoit un numéro d’attente. Sitôt la pièce déposée entre les mains de la receveuse, celle-ci l’envoie par tube pneumatique à une de ses collègues qui, assise dans une pièce voisine, l’enregistre puis la donne à un employé se tenant devant le pupitre de départ d’un autre réseau à air comprimé. Cet électricien regarde le numéro d’ordre et le nom du tireur du mandat qu’il insère dans une cartouche. Il place ensuite celle-ci dans l’un ou l’autre des 8 tubes pneumatiques chargé de l’amener jusqu’à la salle de travail où se trouve le compte de l’intéressé. Là, une employée s’empare du mandat, quelle vérifie et le passe aux écritures, puis le renvoie, tou-
- Fiij. 8. — Transmission pneumatique des chèques payables à vue.
- p.184 - vue 188/439
-
-
-
- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- Solutions des problèmes proposés dans LA NATURE du Ier juin 1937 (n° 3002)
- Rappelons l'énoncé des problèmes.
- Problème .4. — Quel est, le plus petit nombre avant roo diviseurs P
- Problème B. — Trouver un nombre dont la somme des diviseurs soit un carré pariait.
- Problème G. — Par combien de zéros se termine le produit des p83 premiers nombres ?
- Solutions.
- Questions courtes, simples, tout au moins en apparence, mais pent-èlre un peu abslrailcs, car peu de lecteurs ont tenté de les résoudre. La période des vacances a sans doute incité au repos nombre de nos correspondants, ou bien l’arithmétique offre-t-elle pour beaucoup moins d’attraits que la géométrie ou l’algèbre ? Nous penchons plutôt pour celle dernière hypothèse car le nombre des réponses parvenues pour les derniers problèmes semble prouver la préférence des amaleurs pour les questions géométriques ou algébriques. Nous en Rendrons compte, dans l’avenir, pour satisfaire aux goûts de tous.
- Problème A. — D’après Fermât : « Le plus petit nombre ayant ioo diviseurs aurait 3i chiffres, et la 66° puissance de ce nombre multipliée par Ja 4 e d’un autre de 9 chiffres donnerait le plus petit nombre ayant un million de diviseurs )). Ayant voulu vérifier cette assertion, il y a une vingtaine d’années, nous avons été surpris de trouver un nombre'. beaucoup plus modeste.
- Le calcul étant très facile, nous avons pensé amuser nos lecteurs en leur posant celle petite question.
- Un nombre étant décomposé en facteurs premiers, le nombre de ses diviseurs est égal au produit des exposants, augmentés de 1, de tous ses facteurs.
- Autrement dit : soit, A = 2a$bb .... le nombre des diviseurs de A sera :
- (tt + 1) (b + 1) (c + 1) ....
- Le nombre A devant être minimum il faut que. a, b, c, soient pris les plus petits possibles et naturellement, affectés comme exposants aux premiers facteurs premiers, ces exposants allant en décroissant du plus petit au plus grand facteur.
- Or :
- IOO = 1.100 = 2.5o = 4-25 = IO.IO = 25.2.2 = 5.5.2.2.
- Ce produit doit être un carré parfait. Le problème est largement. indéterminé et conduit visiblement à des équations de degrés élevés lorsqu’on donne aux exposants diverses valeurs.
- Une méthode indirecte consiste à évaluer successivement les sommes des diviseurs des nombres 2, 2-, a3 ... ; 3, 32, 3;i ; 5, 52, 5:i, ... et à décomposer chaque somme en facteurs premiers. Désignons par S”' la somme 1 + m + 1 id + ms ... -f- m'1. m êlant premier nous combinerons ces sommes S"1 de manière à ce que tous les exposants du produit soient pairs.
- Formons les tableaux des sommes des diviseurs des pre-
- miei -s lac eues premiers
- s2 = 1 3 = 3 S7 = i 8 = 23
- s; = 7 = 7 s; = 67 = 3x19
- S* = i5 = 3X5 s7 = 3 4 00 = 24 X 52
- Sl = 3i = 3i s;= 2801 = 2801
- s* = 63 = 32x7 s7 = 19608 = 23 x 3 X 19 X 43
- s':= 4 = = 22 s" = 1 12 = 22 x 3
- s! = i3 = = i3 s” = 2 i33 = 7 X 19
- K = 4o = = 23 X 5 s” = 3 l464 = 23 X 3.6i
- s3 = i 121 = = >i2 S" = i6io5 = 5 X 32 21
- Sl = 36'1 - = a2 X 7 X '3 s" = 177156 = 2-’ X 32 X 7 X 9 x 37
- s; = 6 = = 2X3
- s! = 3i ; = 3i Ainsi S'J = 22 , donc
- le plus petit nombre
- s3 = 3 1 56 : = 22 X 3 X i3 répondant à la ques-
- 781 = 11X71 lion est 3, on trouve
- sj = ensuite, avec un seul
- sî = 3go6 = 2 X 32 X 7 X 3i facteur premier, s; -
- 2® X 52 “ (22 X 5)2
- COJ'l espondant au nombre A - 73, et 31 dont la somme
- des diviseurs est égale à 112 = 121.
- E11 combinant les S deux à deux :
- La première décomposition donnerait 2", c’est vraisemblablement le nombre auquel Fermât fait allusion, quoiqu’il n’ait, que 3o chiffres (99 log 2 = 29, 801 la dernière comporte les plus petits facteurs, ce qui conduit à la solution : •. , • : - : ,
- : A =' 2-1,34.5.7 = 16.81.5.7 = ' 45.366
- Problème B. — En conservant les mêmes notations que ci-dessus, la somme des diviseurs d’un nombre A, y compris le nombre lui-même, est égale à :
- S‘ X S” = (2 X 3)2 avec A = 22 ; S* X S* = 3i2 avec A = 4oo ; etc.
- Trois à trois :
- S2 x s:; x s; = 2^ X 32 x 52 ; A = X 33 x 5= 1080 S*x SaXSj= 2SX 32X i32; A= 2 X 32 X = a25o, etc..
- Puis :
- >« + 1.
- 4- 1
- 5e+ '
- s! x s; x s; x s" = 2^x32 x ?2 x j32 x 192 ;
- A = 33.53.72.i i2, etc...
- 2 — 1
- 3
- 1
- 5— 1
- p.185 - vue 189/439
-
-
-
- = 186 ...............:...-... ..............
- Il y a vraisemblablement de très grands nombres qui répondent à la question, probablement même une infinité, bien que la démonstration paraisse très difficile.
- Le lecteur vérifiera que le cube du nombre 75i.53o est un nombre qui admet 4.096 diviseurs dont la somme est égale au carré du nombre : x.292.054.400.
- Euler, a donné une table de la somme des diviseurs des puissances des nombres premiers jusqu’à 1.000; cette table a été étendue par Landry au cours de ses recherches sur les nombres parfaits.
- Problème C :
- Soit N = 1.2. 3 ... 982.983 = g83 !
- Supposons ce nombre décomposé en facteurs premiers :
- nous aurons N = 2a.3C5c........Il est évident que le nombre
- des zéros est égal à l’exposant c du facteur 5, car l’exposant a de 2 lui est < ertainement supérieur.
- Le problème revient donc à déterminer l’exposant du facteur 5 dans le produit 983 !
- Les entiers qui contiennent 5 en facteur dans ce produit sont tous des multiples de 5 :
- 5,2 x 5,3 x 5, ... 196 x 5;
- par suite, il y a 196 multiples de 5 et leur produit peut s’écrire :
- 5196 (1-2.3 ... 196).
- En raisonnant sur le produit entre parenthèses, comme nous venons de le faire, on trouve :
- 1.2.3. ... 196 = 539 (i.2.3. ... 39).
- Or chaque exposant est égal au quotient entier, par 5, du dernier nombre de la factorielle. D’où la solution, en
- désignant par [-y-] le quotient entier de a par b,-[983] + [1|C] + [^] + [|]= M)6 + 39 + ?+ i = 243
- Donc le produit des 983 premiers nombres se termine par 243 zéros.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — M. A. Jouffray à Mantalot, par La Roche-Derrien (G.-du-N.).
- Problèmes A, B. — MM. Fréquenez, 12, rue La Pérouse, Valence (Drôme); Daniel J. Ruiz, Faculté des Sciences, Casilla n° 7, San Miguel (République Argentine).
- Problème B. — M. Arnaud André, 10, place Maurice Rou-vier, Marseille.
- Problèmes proposés.
- Problème A. — Une vedette interrogée sur son âge répond au journaliste indiscret : « Mon âge multiplié par lui-même surpasse de 1 le double du vôtre multiplié par son triple ! ». Quels sont les âges de la vedette et du journaliste ? (Proposé par M. R. Sagot à Paris).
- Problème B. — Une salle, supposée sans ouvertures, a pour dimensions : longueur, 8 m ; largeur, 7 m ; hauteur, 6 rn. Sur un des grands murs, à 1 m du plafond et à 3 m de la petite paroi adjacente, se trouve une mouche. Celle-ci ne peut se déplacer que suivant une parallèle au plafond, à la vitesse de 3 m à la minute, et dans la direction opposée à la petite paroi.
- Dans le coin inférieur, à l’intersection du plancher et des deux parois considérées il y a une araignée ; elle ne peut se mouvoir qu’en ligne droite, mais dans toutes les directions. Sa vitesse de déplacement est de 5 m à la minute. La mouche et l’araignée partent en même temps et celle-ci rejoint sa proie dans le temps minimum.
- Déterminer par le calcul et sans extraire de racine carrée, la longueur des chemins parcourus par la mouche et l’araignée.
- Problème C. — Pour gagner à la Loterie Nationale j’ai été consulter un célèbre Fakir. Je vois, a-t-il dit, un nombre de 6 chiffres. Partage-le en 2 tranches de chacune 3 chiffres. Multiplie le nombre formé par la tranche de gauche par 7, celui formé par la tranche de droite par 4 et retranche le second produit du premier : la différence doit égaler la somme des chiffres du numéro gagnant. Mais prends ce numéro le plus élevé possible et évite les zéros qui éloignent la Fortune capricieuse.
- Henri Barolet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1938, A PARIS
- Mois pluvieux, remarquable surtout par la fréquence exceptionnelle des précipitations, peu ensoleillé, chaud dans son ensemble malgré les froids des premiers jours.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc de Saint-Maur, réduite au niveau de la mer, 763 mm o, est inférieure de 2 mm x à la normale.
- Celle de la température, 5°,3, est supérieure de 2°,5 à la normale et fait figurer ainsi ce mois parmi les plus chauds des 64 dernières années. La période froide de la fin de décembre s’est prolongée jusqu’au 6 janvier. Le 4, la moyenne de la température journalière a été inférieure de 6°,8 à la normale respective de cette date et on y a noté le minimum absolu mensuel, — 6°,9. Du 7 à la fin du mois, les températures moyennes de chaque jour ont été excédentaires, notamment le 13, où la moyenne des 24 heures a atteint n°,7; en excédent de 9°,i, c’était ainsi la température normale des premiers jours d’avril. Le maximum absolu mensuel, iS^o, a été observé le 12. Le nombre de jours de gelée à glace, 7, dont 2 de gelée totale, est égal à la moitié du nombre moyen.
- Les extrêmes de la température pour l’ensemble de la région ont été compris entre — n°,o à Versailles le 4 et i5°,5 à Passy (Paris) le 17.
- On a noté, au Parc Saint-Maur, 25 jours de pluie appréciable. C’est le nombre le plus élevé que l’on trouve en janvier dans la série des observations du parc ; la moyenne est égale à i5. Le g il a été recueilli 9 mm 6 d’eau. Le total mensuel, 65 mm 6, dépasse la normale de 67 pour 100. On a noté 4 jours de neige et 2 jours de tonnerre. Depuis 1874, on avait entendu 6 fois le tonnerre en janvier et jamais à deux dates différentes.
- A l’Observatoire de Mont souris, la hauteur totale de pluie recueillie a été de 66 mm 9, supérieure de 66 pour 100 à la normale. Le nombre de jours, 26, est en excès de 8 à la normale. La durée totale de chute, 70 h 55 m est supérieure de 26 pour 100 à la moyenne. Les hauteurs maxima de pluie en 24 h ont été : pour Paris, 10 mm 2 à Mont-souris et, pour les environs, 12 mm 9 à Jouy-en-Josas du 8 au 9.
- Les Ier, 3 et 4, la neige est tombée sur toute la région.
- p.186 - vue 190/439
-
-
-
- 187
- Les 2, 19, 27 et 29, des flocons de neige mélangés à la pluie, au grésil ou à la grêle ont été notés sur plusieurs points.
- Le 27, un orage s’est manifesté sur toute la région entre 10 h et i4 h i5.
- Le 29, un orage a affecté Paris et sa banlieue O. et N., entre 7 h 3o et 7 h 45.
- Les brouillards ont été quotidiens, mais exclusivement matinaux et généralement de densité moyenne. Des obscurcissements se sont produits le 27 sur Paris et la banlieue E., entre i3 h i5 et i4 h, et le 29, à l’hôpital Saint-Antoine, vers 7 h 4o.
- Une aurore boréale a été observée le 25, par l’Observatoire du Parc Saint-Maur, ainsi qu’à Mon tesson et au Bourget (entre 19 h et 23 h).
- La durée totale de l’insolation, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 54 h 20 m, est sensiblement normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur; la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 85,7 pour 100 et celle de la nébulosité de 83 pour 100. On y a constaté : 4 jours de neige, 5 jours de sol couvert de neige, x jour de grêle, 1 jour de grésil, 2 jours de tonnerre, 16 jours de brouillards, 7 jours de brume, 3 jours de rosée, 5 jours de gelée
- blanche, 1 jour de verglas, 2 jours de tempête. Le premier chant de la grive a été entendu le 17.
- Nomenclature des orages en janvier, à Paris.
- En 808, on entendit le tonnerre depuis janvier jusqu’en février, ainsi qu’en mars (d’après Arago).
- En i4ii, le 25 (orage affreux autour de Paris).
- — 1666, le 29.
- — 1735, le 25.
- — 1739, le 17 (a duré plu-
- sieurs jours sur toute la France).
- — 1706, le 5.
- — 1757, le 26.
- — X7&8, le 4.
- — 1762, le 11.
- —- 1778, le 22.
- — 1782, le 17.
- — 1794, le 25.
- En 1817, le 6.
- — i834, le ier.
- — 1837, le 23 (ou 25).
- — 1847, le 28.
- — i856, le 24.
- — 1873, le 19-
- — 1895, le 23.
- — 1899, le 2.
- — 1904, le i4.
- -— 1910, le 24.
- — 1922, le 4.
- — 1923, le 20.
- — 1931, le 25.
- __ iq38, les i 27 et 29.
- Em. Roger.
- COMMUNICATIONS
- A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 décembre 1937.
- Lames monomoléculaires. — Une souillure à la surface d’un bain de mercure se traduit par la formation d’une luxée sous l’influence de l'haleine. Ce phénomène est dû à un très fort affaiblissement de la mouillabilitë provoqué par la présence d’une lame mono moléculaire du corps étranger. M. II. Devaux réalise l’expérience en touchant la surface du mercure avec un fil métallique portant une trace de corps gras. Toutes les substances à affinités lipoïdiques donnent un résultat analogue, en particulier les essences végétales, les acides gras et une multitude de corps organiques. L’expérience réussit même avec des substances de volatilité extrêmement faible (biiodure de mercure, acide cérotique). Dans tous les cas, on constate une émission centrifuge de la substance. La puissance attractive propre au mercure joue un rôle essentiel dans le phénomène, elle provoque l’extension des substances peu volatiles et retient au contraire celles qui sont très volatiles. Dans ce dernier cas il est même possible qu’il y ait formation de combinaisons.
- Les ions métalliques dans Valcool. — Poursuivant ses recherches sur l’analogie des alcoolats métalliques avec les solutions salines, M. Brun étudie la mobilité des ions métalliques dans les deux cas. Les potentiels de décomposition sont un peu plus faibles pour les alcoolats que pour les sels. Les mesures de conductibilité montrent également que les ions K et Na sont un peu plus mobiles dans l’eau que dans l’alcool. Ces mesures confirment, néanmoins l’analogie ionique des alcoolats et des sels.
- Transmission des ondes radio-électriques. —•
- MM. .1 ouaust, Bureau et Eblé ont étudié les coïncidences des évanouissements brusques des ondes courtes avec les phénomènes magnétiques et solaires. Ces recherches ont porté sur 76 évanouissements l’elevés pendant une année d’observations. Dans 20 cas, l’agitation magnétique était telle qu’elle n’a pas permis de faire une étude utile des coïncidences. Dans 4i cas, une petite perturbation a été notée à la même heure que l’évanouissement; cette perturbation était douteuse dans 3 autres cas. Il est probable que pour les autres cas, des perturbations magnétiques avaient également
- lieu en des points éloignés de celui de l’observation; cette coïncidence de perturbations éloignées a été relevée dans quelques cas. L’observation simultanée du soleil montre, par ailleurs, que l’origine probable des évanouissements et des perturbations magnétiques réside dans des éruptions chromosphériques. Les perturbations coïncidant avec les évanouissements n’ont en tout cas aucun des caractères des orages magnétiques.
- Le calcaire des crustacés. — La consolidation rapide du squelette tégumantaire des crustacés après la mue étant connue, M. Drach a recherché les sources du calcaire nécessaire à cette minéralisation chez les Décapodes. L’alimentation ne joue aucun rôle, l’animal restant à jeun plusieurs jours après la mue. Par un phénomène général chez les Brachyoures, il y a accumulation de calcaire dans l’hépato-pancréas avant la mue et ces réserves sont utilisées au début de la reconstitution du squelette. Ce n’est toutefois-qu’une partie du calcaire nécessaii'e, le cinquième environ. La majeure partie du calcium vient de l’eau de mer. La formation du squelette débute avec les réserves de l’animal et se poursuit par prélèvement du calcaire de l’eau de mer qui en contient envix-on 5oo mgr par litre. L’auteur a pu constater qu’en maintenant les crustacés dans un petit bassin contenant de l’eau de mer aérée mais non renouvelée, la formation du squelette est rapidement arrêtée.
- La chloropicrine et la vitamine B1 du blé. — La
- chloropicrine est très employée pour la désinsectisation des céréales et la dératisation des navires. On a déjà reconnu qu’elle est sans action sensible sur les diastases, sur le pouvoir germinatif et sur la qualité du glutem M. Silberstein a étudié son action sur la vitamine Bj du blé en observant le maintien du poids de pigeons ayant un régime carencé en vitamine Bx seulement et recevant en plus, les uns du blé non traité, les autres du blé ayant été soumis à la chlo-i-opicrine. Les courbes des poids des deux lots montrent que la chloropicrine n’a aucune action destructrice sur la vitamine B1. Sous ce rapport son usage est donc plus recommandable que celui du gaz sulfureux qui détruit cette vitamine.
- L. Bertrand.
- p.187 - vue 191/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Encyclopédie de la radioélectricité, par Michel Adam. 1 vol., 700 p. avec 2.080 11g. plans et abaques. Clairon, éditeur, Paris, 1.037. Prix relié : 150 francs.
- Yoici pour la première fois eu Franco un dictionnaire complet. des ternies utilisés en radiotechnique, d’après les données les plus récentes. Rien n’est plus utile que de lixer le sens précis des fermes employés dans une technique on constante évolution ; il faut féliciter M. Adam du travail minutieux qu’il s'est imposé pour mener cette tàclie à bonne lin.
- Cette encyclopédie offre, de plus, à l’ingénieur un formulaire pratique complet contenant- les formules, les tableaux de coefficients numériques dont il a, constamment besoin et bien d’autres renseignements utiles : schémas do montages, caractéristiques de pièces détachées, systèmes de réception et d'antiparasitage, codes inlcrnulionaux, de...
- Compte=rendu des travaux de la IIIe Conférence mondiale de .Vénergie, tenue à Washington en 1936. 10 volumes publiées par F United States Government prin-ling Office, à Washington 1). C. (États-Unis d’Amérique). Prix : 22 dollars ; chaque volume séparément : 2,50 dollars. Ces 10 volumes traitent respectivement les sujets suivants : I. Compte-rendu général du Congrès. — II. Ressources en énergie, leur mise en valeur et leur utilisation. — III. Statistiques concernant l'énergie, avec référence particulière à leur usage international. — IV. Organisation dans les principaux pays de la production, du raffinage et de la, distribution du pétrole' et de ses sons-prodnifs. — V. Organisation dans les principaux pays, des entreprises privées de distribution d’électricité et de gaz.. — VI. Organisation des entreprises publiques de distribution d'électricité cl de gaz. — VU. Ulilisalion des ressources hydrauliques. — VIII. Rationalisation de fa distribution de l’énergie électrique et du gaz. — IX. Rapports généraux en anglais. — X. Rapport généraux eu français, allemand et espagnol.
- La soudure à la portée de tous. Collection Les Lieras de l'Artisan. K.-II. Lemonon, éditeur, '27, nie d’Eughien, Paris, 10e. Une plaquette de 48 liages, 160 x. 225 mm. Prix : 4 fr 05.
- 52 formules pour la préparation des mastics,
- par A. CiiEMisT. 1 vol., 02 p. Desforges, éditeur, Paris, 1037. Prix : 5 francs.
- Prévisions météorologiques journalières à longue échéance pour 1938,' do II. Chrétien, pour la France, la Suisse, l’Allemagne occidentale, les Pays-Ras, l’Angleterre. Année 1038. Éditions Blondel La Rougcry, 7, rue Saint-Lazare, Paris, 1038. Prix : 0 francs.
- M. M-. Chrétien est l’an Leur d’une méthode de prévision du temps à longue échéance qui attribue les perturbations météorologiques à des causes d’origine cosmique. Avec un beau courage, il donne ici le tableau de scs prévisions jour par jour pour l’année 1038. II sera facile ainsi de les confronter avec la réalité et de juger ie mérite de la théorie à la qualité de ses résultats.
- Huiles minérales, par Henri Delaiiaye. 2e édition. 1 vol. in-lü, 33 p., 15 fig. Collection des manuels pratiques d’analyses chimiques. Béranger, Paris, 1938. Prix : relié toile, 00 francs.
- Précieux manuel pratique d’analyses : viscosités, point d’inflammabilité, essais chimiques, des produits pétrolifères : kérosène, huiles lourdes, gas-oil, fuel-oil, brais, paraffines, bitumes, asphaltes, et des produits de remplacement, suivi du rappel de la législation actuelle sur la vente des combustibles liquides, les établissements classés, les règles d’expertises, le régime douanier. On y trouve toute la réglementation actuelle et les techniques de contrôle officielles.
- Précis de blanchiment, teinture, impression et apprêts des tissus, par Y. DE Prat. 1 vol., 175 p., 99 fig. Ch. Béranger, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Ce petit livre contient beaucoup de substance en peu de pages : exposé des principes qui régissent les opérations industrielles de blanchiment, teinture, impressions, apprêts poulies textiles usuels, aperçus sur les procédés et produits nouveaux ; procédés d’économie domestique pour tout l’entretien, le nettoyage des étoffes, la conservation des lainages, etc...
- La signification générale de la différence sexuelle,
- par II. !. Maresquelee. I vol. in-8°, 74 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et C10, Paris, 1937. Prix : 18 francs.
- Les études récentes sur les champignons montrent que la différenciation sexuelle n’est qu’un perfectionnement secondaire, non un principe fondamental de biologie générale.
- The emhryonic development of Drosophila mêla= HOgaster, par Ü. F. Poulton. 1 broch. in-8, 51 p., 20 fig., 2 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 15 francs.
- Etude du développement et de la topographie de l’embryon do la Drosophile, matériel de choix des études de génétique.
- Les lois quantitatives de la croissance, par G. Teis-sier. I broch. in-8°, 47 p., 9 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Clu, Paris, 1937. Prix : 10 francs. Revue dos travaux récents sur la croissance globale et relative des organismes vivants.
- Le glutathion, par Léon Binet et Georges Wei/ler. 1 vol. in-8, 89 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cic, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Le glutathion formé do trois acides aminés doit à une fonction sulfhydrile SH un pouvoir d’oxydo-réduction qui s‘est révélé en ces dernières années d’importance primordiale dans Fac.livilé fermentaire, la respiration, la multiplication cellulaire, etc. Les auteurs qui ont participé à ccs recherches rassemblent ici tout ce qu'on sait déjà de ce corps et de ses effets.
- L’esprit et le réel dans les limites du nombre et de la grandeur, par Francis Maugé. 1 vol. in-8, 367 p. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1937. Prix : 30 francs.
- Essai pour aborder le problème de l’esprit et de sa. loi, en lace du réel, tiraillé entre les données du rationnalismc et son aspiration profonde, qu’on l’appelle élan vital ou inven-lion. L’auteur choisit comme domaine d’examen les mathématiques oïi il trouve une démarche progressive, mais hésitante, s'efforçant de conserver l’acquis tout en y ajoutant de nouvelles intuilions, de nouvelles activités, tendant à enserrer le réel dans un dyamisme toujours plus constructif.
- La dénatalité mortelle. Comment enrayer la crise des naissances, par T. Boverat. 1 vol., 84 p., nombreux graphiques et figures. Éditions de l’Alliance nationale contre la dépopulation, 217, rue du faubourg Saint-Honoré, Paris. Prix : 0 francs.
- M. Boverat expose à nouveau, avec toute la clarté nécessaire, les cruelles et inéluctables conséquences de la dénatalité qui sévit en France à une cadence accélérée. Vérité amère, mais qu’il faut bien proclamer : la Franco sans enfants sera sous peu une nation de vieillards, vouée à l’effondrement financier et à la misère, proie facile et sans défense. Il est encore temps de s’arrêter sur cette pente fatale ; on peut agir. M. Boverat énumère toute une série de mesures judicieuses qui, prises à temps, pourront enrayer le mal : puisse-t-il être lu, entendu et obéi.
- Introduction à T étude pétrographique et géochi= inique des roches argileuses, par P. Urbain. 2 vol. in-8, 6| et 83 p., 1 et 16 fig., 3 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Ci0, Paris, 1937. Prix : 15 et 18 francs.
- Les argiles forment une des plus vaste catégories de roches sédiment-aires, dont la classification reste difficile en raison de la variabilité de leur composition chimique.
- L’analyse microscopique de leur texture et de leurs minéraux caiactéristiques y a beaucoup ajouté, mais les méthodes physiques récemment appliquées et mises au point enrichissent encore plus leur connaissance. L’auteur décrit les techniques et les acquisitions de l’analyse thermique et différentielle, de la spectrographie de rayons X, des perfectionnements aux séparations en milieu aqueux, en y comprenant les ressources de l’électrodialyse et de l’électrophorèse.
- p.188 - vue 192/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- COMBUSTIBLES
- Le pétrole marocain arrive en France.
- CYsl. un événement, qu’il convenait de noter : Le Havre vient de recevoir i ooo I de pétrole, marocain, dont la Ral-linerie de. Normandie a pris livraison. Le chiffre paraîtra insignifiant, compare aux ioo millions de J'r que l’Empire Chérifien paye annuellement pour sa consommation de carburants liquides, mais il est une première preuve tangible des possibilités pétrolières du Maroc.
- Nous n’en sommes pas encore, à un commencement d’exportation : il ne s’agit, que d’essais de raffinage, portant sur de l’huile brute produite par les niveaux superficiels du Djebel Tselfat cl, du Bon Draa, dans la région de Petitjean. Les ingénieurs qui dirigent les travaux de recherches in territoire marocain ont prélevé, de. différents forages, ce millier de tonnes dans h' seul but, nous précisc-t-on, de déterminer le volume des roches imprégnées, à chacun des niveaux déjà reconnus comme productifs. Des calculs permettront d’établir les courbes de productivité d’un certain nombre de puits et d’évaluer le volume d’huile récupérable par nr1 de roche.
- Nous n’avons nulle intention de. refaire, ici l’historique de la prospection pétrolière marocaine, sujet, que. nous avions développé dans La Nature, en parlant de, l’éruption du Djebel Tselfat. Nous nous contenterons de dire que. les travaux de recherches se. poursuivent et que leurs résultats sont encourageante. Certes, avec un sous-sol aussi tourmenté que l’est celui de l’Afrique du Nord, il serait vain d’attendre, du Maroc des gisements aux formes régulières, longs et larges de plusieurs lieues, comme celui de Kirkouk, pour ne, citer que cet exemple. Mais, selon l’expression de M. L. Migaux, ingénieur au Corps des Mines, et qui fut longtemps le directeur du Bureau chérifien de recherches minières : « Il faut liien peu d’espace pour loger un million de l (de pétrole), et les points propices sont nombreux, au Maroc ».
- Signalons que, devançant celte première exportation d’huile, marocaine, la Résidence générale avait demandé au Gouvernement français de déposer un projet de loi accordant, l’admission en franchise douanière du pétrole brut chérifien ; ce projet sera présenté aux Chambres avant la fin de la session actuelle.
- V. F.
- RADIOÉLECTRICITÉ Antennes tournantes de T. S. F.
- Grâce aux ondes courtes de moins de roo m de. longueur, on peut établir des radio-communications à très grande distance avec une puissance relativement faible, souvent inférieure à une cinquantaine de kvv. Ces ondes peuvent être dirigées, aussi les stations qui travaillent dans une direction bien déterminée sont-elles munies d’antennes spéciales, ayant la propriété d’émettre un faisceau d’ondes, d’angle relativement faible, dans une direction déterminée.
- Ces réseaux se composent de nappes d’antenne, généra-
- lement verticales et parallèles, dont l’une forme émetteur et l’autre réflecteur. Lorsque d’une même station on veut, entrer en relation avec des régions placées dans des directions différentes, il faut, établir des l’éseaux d’antennes différents, disposés dans les directions convenables. C’est la solution employée dans la station coloniale, de Pontoise.
- Mais c’est une solution coûteuse.
- Il y a déjà longtemps cependant qu’on a employé des émetteurs dirigés mobiles, pour des stations de faible, puissance émettant sur ondes ultra-courtes; les phares radioélectriques aériens tournants en sont un exemple. Mais on a renoncé, jusqu’ici, à une solution de ce genre
- Fiq. I. — L’antenne tournante de la station hollandaise P. C. J.
- pour les postes sur ondes courtes dirigées en raison des dimensions de l’antenne et des difficultés d’assurer sa mobilité. Cependant, l’idée vient, d’être reprise avec succès en Hollande à la station de radiodiffusion coloniale P. C. .1. dont, la puissance-antenne a été1 portée de ao à Go kvv.
- Les pylônes d’émission sont montés sur de lourds chariots, et ceux-ci se déplacent sur une voie circulaire, de sorte que l’antenne peut être orientée dans une direction quelconque. Les chariots sont, reliés par un pont, d’acier tournant autour de son'centre, sur un pivot, métallique, reposant sur des fondations en béton. Les manœuvres s'effectuent aisément, à l’aide de treuils.
- P. II.
- p.189 - vue 193/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Construction d*un agrandisseur pour petits formats.
- Pour les amateurs photographes possédant un appareil de petit format et désireux de faire eux-mêmes leurs agrandissements, voici un appareil bon marché, facile à construire et possédant toutes les qualités des meilleurs agrandisseurs.
- Cet appareil utilisant comme objectif celui de l’appareil se compose comme le montre la figure x, d’un cais-
- Fig. 1. — Vue de l’agrandisseur.
- son plat en planches de io cm, long de o m 80, et que l’on peut pendre à un mur au-dessus d’une table. Ce caisson est muni sur toute sa longueur de deux feuillures dans lesquelles coulisse une caisse longue de 280 mm. Cette caisse sera équilibrée à l’aide d’un contre-poids pouvant se mouvoir à l’intérieur du caisson et relié par un câble passant sur une poulie à gorge.
- A la partie supérieure de la caisse mobile, fixons le projecteur qui peut être réalisé simplement en adaptant à la base d’une boîte métallique de 120 mm, deux lentilles formant condensateurs, et à la partie supérieure de la boîte
- disposons une lampe opale de 70 à 100 bougies; cette boîte sera ventilée par des ouvertures appropriées.
- Sous le condensateur, à 10 mm, fixons une tablette en tôle, percée d’une ouverture correspondant au format des films. Sous cette tablette, dans les deux feuillures dont la caisse est également munie sur sa face avant, adaptons une planchette coulissante sur laquelle bous fixerons une tablette horizontale. Cette tablette percée aux dimensions de l’appareil supportera celui-ci. Tout cet ensemble supportant l’appa-
- Cette tablette percée aux dimensions de votre appareil supportera celui-ci. Tout cet ensemble supportant l’appareil pourra être rapproché ou éloigné du film par une vis à double filet, droit et gauche, commandant un levier et permettant une mise au point rapide et précise.
- Inutile de dire que le parallélisme doit être aussi précis que possible entre les lentilles, la tablette et l’appareil.
- Le film sera placé entre deux verres 9x12 reliés par une charnière en papier. Tout près de la charnière, fixons à l’aide d’étroites bandes de papier gommé, une petite largeur de tulle. Ce tulle, situé dans le plan du film, servira à faire une mise au point facile et précise.
- Sur notre table de laboratoire, plaçons une planche d’un format plus grand que nos agrandissements. Cette planche sera bordée sur deux côtés d’un même angle par de minces réglettes de bois dépassant de 5 à 6 cm la face de ce plateau, et recouvertes de papier noir mat.
- Le cadrage de l’agrandissement se fera sur une feuille de papier blanc sur laquelle on aura dessiné les formats employés. La mise au point terminée, il sera facile, même dans l’obscurité, de glisser la feuille de papier sensible contre l’angle formé par les deux réglettes.
- Si l’on désire réserver autour des agrandissements une marge blanche, on découpe ce cadre dans une feuille de zinc qu’on pose sur le papier sensible.
- La manœuvre de cet appareil est des plus rapides et avec un peu d’habitude, le tirage d’un agrandissement devient une opération plus aisée que le tirage direct au châssis. Elle a, en outre, l’avantage qu’on peut tirer d’un cliché seulement la partie intéressante ou artistique.
- Cet appareil, utilisé avec un objectif de focale 5o mm, peut facilement, en étant accroché au mur à une certaine hauteur au-dessus de la table, agrandir jusqu’au coefficient 4o, agrandissement que bien peu de films sont capables de supporter.
- Les appareils de petits formats peuvent servir à l’occasion pour la reproduction de documents, photographies et même de micrographies. A cet effet, il suffit de doter l’objectif de lentilles additionnelles qui peuvent être réalisées économiquement par l’utilisation de verres de presbytes de 1 à 10 dioptries, fixés à l’objectif par une fine monture métallique.
- Pour utiliser ce dispositif il y aura lieu de déterminer expérimentalement au verre dépoli les distances correspondant aux longueurs marquées sur l’objectif.
- Avec ces verres de lunettes mal corrigés, il est recommandé de diaphragmer.
- Fig. 2. — Elévation et vue en plan de l’appareil.
- Vue de profil
- Vue de face
- Vue par dessus
- p.190 - vue 194/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATION
- L’antiphare. — M. E. Janmonile, de Watermael, Belgique, nous communique l’intéressante observation qui suit :
- (( Me trouvant la nuit du 11 septembre 1937 au large des côtes belges, j’ai observé très nettement l’illusion de l’anti-phare, bien que je n’étais aucunement averti à son égard.
- A l’époque je l’ai considéré comme un simple effet de perspective ; votre récent article me pousse à essayer de justifier cette hypothèse.
- Soient (en plan et en élévation) P le phare, 0 l’observateur, PA B et PA/B/ deux positions du faisceau.
- Pour un déplacement angulaire donné ÀPB du faisceau, on constate que 3e déplacement angulaire AOA/ d’un point rapproché du faisceau, vu de 0, est plus grand que le dépla-c e m e n t angulaire BOB/ d’un point éloigné, d’où résulte immédiatement l’illusion d’un faisceau tournant autour d’un point situé à l’opposé du phare réel.
- Cet « antiphare » doit être un point tel que les faisceaux PAB et PA/B/, vus de 0, semblent y converger ; il doit donc se trouver à la fois dans les plans OP AB et OPA/B/ dans lesquels ces faisceaux sont contenus, c’est-à-dire sur leur intersection. Or, cette intersection est tout simplement la droite PO, et l’antiphare est donc le point de fuite (situé sous l’horizon) du prolongement de cette droite. L’antiphare lui-même ne peut donc jamais être visible puisque le faisceau n’existe pas en dessous de l’horizon.
- Le phénomène s’explique en somme très facilement, ce qui ne l’empêche pas d’être très frappant. Il peut être facilement reproduit et étudié en chambre en matérialisant les faisceaux et la droite PO à l’aide de ficelles tendues ».
- De tout un peu.
- M. L. Buchet, Liège. — 1° L’hélium fut observé dans le spectre solaire par l’astronome français Janssen, utilisant pour la première fois le spcctroscope, à l’occasion de l’éclipse de soleil du 18 août 1868 (C. /?. Ac. des Sciences, 1868). La même observation fut faite par Lockyer le 20 octobre suivant. Frankland et Lockyer attribuèrent cette raie nouvelle du spectre à un corps simple nouveau, qu’ils nommèrent hélium. L’hélium a été découvert sur la terre en 1895, par W. Ramsay, dans les gaz extraits d’un minéral uranifère, la clévéite, où il i echerchait l'argon.
- 2° Le chimiste français Philippe Lebon (1769-1804) inventa l’éclairage au gaz, en partant de la distillation du bois, et non de la houille. Ses premiers travaux sur cette question dalcn'. de 1797.
- 3,; Pascal a obtenu le vide dans son appareil en le remplissant de mercure et en le retournant.
- 1YL Carrel, à Pontarlier. — 1° Vous pourrez vous procurer des marmites norvégiennes prêtes à l’emploi chez M. Joly, 15, rue de la Procession, à Paris (15e).
- L’épaisseur de l’isolant dépend de la surface de la caisse exposée au refroidissement.
- 3° L’emploi d’un revêtement métallique serait un non-sens,
- la chaleur passant très facilement au travers des métaux (pouvoir diathermique). D’autre part, une toile cirée serait très vite altérée par la chaleur.
- 4° Il n’y aurait aucun avantage à séparer les deux capuchons dont vous parlez.
- 5° L’usage des briques réfractaires ne s’impose que dans la construction des fours où la température très élevée peut amener la fusion du revêtement.
- 2° La peau de mouton conviendrait également comme isolant, mais il serait préférable d’utiliser la laine en masse comme la plume que nous avons préconisée.
- 7° La brochure en question de MM. Legendre.et Thevenin, éditée par la Section d’hygiène de la Direction des Études et expériences techniques, a été éditée par Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Van de Meersche, à Wavre. — A notre avis, les plaquettes qui vous intéressent sont obtenues sans intervention photographique par gravure à l’acide sur réserves, autrement dit les plaquettes sont d’abord imprimées avec un composteur chargé d’un enduit résineux au noir de fumée qui recouvre la partie inscription à protéger, puis on immerge la plaquette dans le bain d’eau-forte qui doit déterminer les creux autour des lettres.
- Quand on juge l’attaque suffisante, on enlève la réserve au moyen de la benzine et on recouvre le tout d’un vernis non-définitif qui garnit par conséquent les creux.
- Une fois le vernis bien sec, on ponce bien à plat pour enlever le vernis des surfaces qui ressortent ainsi en clair, mettant l’inscription à nu.
- On chauffe alors légèrement la plaquette pour amener la fusion du vernis contenu dans les creux et sa fixation sur le métal en même temps qu’il acquiert du brillant.
- Vous pourrez prendre comme base de préparation en vue du remplissage des creux les données suivantes :
- Asphalte......................... 300 gr
- Cire jaune........................... 300 —
- Poix noire.......................... 150 —
- Poix de Bourgogne..................... 50 —
- Si on ne trouve pas la coloration noire suffisante, on peut, lors de la fusion du mélange pour rendre la masse homogène, ajouter une quantité suffisante de noir de fumée.
- K. M..., à Marcq (Belgique). — 1° Nous ne croyons pas à l’efficacité du fagot, pour éviter les effets du gel dans un réservoir en zinc situé au grenier.
- Le mieux serait de recouvrir ce réservoir d’une ou deux vieilles couvertures, pour empêcher le refroidissement de l’eau par contact avec l’air froid qui circule autour du récipient.
- 2° Les braises dites chimiques sont constituées par de la braise de boulanger que l’on a immergée dans une solution concentrée bouillante d’acétate de plomb, puis qu’on a laissée se sécher à l’air.
- Ainsi préparée, la braise peut être broyée, puis mise en pâte avec une eau légèrement gommée, ce qui permet de mouler en petites briquettes aux dimensions convenables pour alimenter dos chaufferettes spéciales comportant un petit tiroir et un papillon réglant l’entrée de l’air.
- M. Autrique, à Blankenberghe. — Un mélange à parties égales de carbonate de chaux et carbonate de magnésie imprégné d’eau glycérinée à 5 pour 100 vous donnera une excellente pâle pour le nettoyage des vitres, marbres, etc.
- M. Jean Bégis, à Aarau (Suisse). — L’ « objet » Reinmuth, découvert le 30 octobre 1937, sous l’aspect d’une image stellaire de 10° magnitude, était une petite planète passant à une distance relativement faible de la Terre. L’information — d’allure sensationnelle — publiée dans certains jour-
- p.191 - vue 195/439
-
-
-
- naux provient, sans aucun doute, d’un journaliste à court de copie. Nous avons rendu compte, ici même (La Nature, n° 2047, du 15 février 1935 : (A propos de la chute des météorites) de l’effet mécanique que .produirait sur la Terre la rencontre d’un corps céleste de l’ordre de 1 million de tonnes. Voyez aussi dans VAstronomie, octobre 1937, un important article de M. F. Baldet sur « Les météores ». Les habitants de notre planète — sans être cependant entièrement garantis — n’ont à peu près rien à craindre de ces rencontres célestes ; mais, par contre, ils sont bien plus menacés par eux-mêmes, comme tout le monde peut en l'aire chaque jour, la triste constatation.
- M. A. Baud, à Lyon (Rhône). —- 1° Le photomètre d’agrandissement « Largodrem » peut permettre, dans une certaine mesure, d’établir la gradation de vos clichés, mais non pas de la manière simple que vous envisagez par la variation de position du curseur de la résistance. Vous projetterez, au moyen de l’agrandisseur, et en l’absence de toute lumière étrangère, la partie la plus dense, puis la partie la plus transparente de chaque cliché sur le petit rectangle blanc de l’appareil. Vous réaliserez l’égalité d’éclairage au moyen de la lampe et du curseur, et lirez, chaque fois, le temps de pose, par exemple celui de la colonne marquée A. Vous déterminerez ainsi pour chacun de vos clichés, deux nombres qui correspondront aux densités extrêmes. Ces nombres vous serviront ultérieurement pour les tirages sur papier.
- D’autre part, vous pourrez établir une échelle de teintes (reproduction photographique d’une échelle quelconque allant du blanc au noir) que vous ferez étalonner au « Densimètre Filmograph ». Il vous sera alors facile, en plaçant l’échelle dans les mêmes conditions d’agrandissement que Jes clichés, de passer des temps trouvés aux densités en mesurant au » Largodrem » chacune des teintes de l’échelle.
- 2° La « Causerie photographique. » traitera, le moment venu, les questions (lu, « développemenI à grain fin » et de « l'agrandissement ».
- M. Chaffin, à Arles. — Pour réaliser les abat-jours décorés translucides, on commence par peindre à l'aquarelle sur le. papier à dessin, sans aucune préparation. Il suffit ensuite, pour donner de la transparence de la tremper dans une solution do benzine contenant environ 50 pour 100 de paraffine.
- Si on veut que cet U* transparence soit encore plus grande, ajouter à la solution ci-dessus un peu de vaseline blanche.
- M. Alibert, à Paris. — 1° Les farts que l’on applique sur la face inférieure tics skis pour faciliter le glissement sur la neige, ont une composition très variable suivant l'état de celle-ci et aussi les préférences des skieurs, il y a des farts à la paraffine, a. la cire, au goudron, etc., certains mêmes sont désignés par leurs pays d’origine, tels sont les fards suédois, norvégiens, autrichiens, dont la provenance est gardée la plus secrète possible par les usagers.
- Nous pensons toutefois que vous pouvez prendre connue base d’une préparation de ce. genre :
- Cire d’abeilles................. 100 gr
- Paraffine........................ 20 —
- Essence minérale. .... 900 cenfirnhes
- 2° La gomme laque se dissout directement dans l’alcool fort à 95° par macération à froid un peu prolongée ou léger chauffage (ne pas filtrer la solution afin de conserver les cires que contient la laque et qui sont utiles).
- M. Vignier, à Antibes. — Vous pourrez rendre une certaine souplesse à votre timbre de caoutchouc en enduisant la surface au moyen d’une petite spatule en bois chargée d’une solution do soude caustique (potassium des peintres) employé tel quel puis rinçant soigneusement à l’eau claire, ce qui enlèvera une partie du soufre de vulcanisation.
- Avoir soin de surveiller l’opération afin que le gonflement des parties en creux ne lasse pas disparaître l’inscription en relief.
- M. le Dr Jacques, à Nancy. — La gravure du bronze d’aluminium s’obtient facilement après protection des endroits à ne pas attaquer par un vernis ; en faisant deux traitements successifs, l’un par l’acide nitrique (eau forte), l’autre par l’acide chlorhydrique seul, la première opération enlève le cuivre, la seconde l’aluminium et le zinc.
- N. -IL — On se trouve bien de rincer entre les deux traitements.
- M'. Dèze, à Artins (Loir-et-Cher). — 1° Vous pouvez prendre comme type de vernis pour colorer en jaunit des lampes de phares, la formule suivante .
- Nitrocellulose. ........................ 40 gr
- Gomme laque..................... 40 —
- Essence de térébenthine. . . . 250 cm3
- Alcool méthylique. . . . . . 25 —
- Acétate d’amyle................. 500 —
- Après dissolution, colorer suivant l’intensité désirée, par une solution d’une couleur dite d’aniline dans l’alcool, ajoutée goutte à goutte en quantité suffisante.
- Pour l’emploi, plonger simplement la lampe dans le vernis et laisser sécher librement à l’air.
- A noire avis, vu la faible quantité de vernis qui vous sera nécessaire, le mieux serait d’en faire l’acquisition tout préparé, par exemple à la Maison Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- 2° Réserve faite de la nature du terrain, nous pensons que pour conserver la viabilité des allées de taillis, il suffira d’empêcher le développement de la végétation en y épandant du cru d’ammoniac ou de vieilles matières d’épuration que vous trouverez facilement à l’usine à gaz la plus proche.
- 3° L’ouvrage « Manuel de l’artificier- » édité par la librairie Mnlo, 12, rue Haufefeuille, à Paris répondra très probablement fl votre désir.
- M. Martin-Bertrand, à Mâcon. — Nous ne saurions vous engager à utiliser pour le transport du -vin un réservoir ayant contenu de l'essence ou du pétrole, quels que soient les moyens de désodorisa!ion employés et les précautions prises, vous vous exposeriez à des mécomptes, il est plus piaulent de vous abstenir.
- Compagnie de Géophysique, à Paris. — Vous trouverez fous les produits marchands du tungstène aux Établissements Marret-Bonnin, 220 rue Saint-Martin à Paris ainsi qu’à la Maison Polack, 8, rue Gail, (10e).
- M. M. Raynaud. — A notre conaissance, il n’existe pas encore dans le commerce de matériel pour la conservation, des fruits par l'éthylène d’où obligation de faire soi-même une installation de ce genre.
- Pour la production de ce gaz, on pourrait assez facilement utiliser le procédé synthétique de Berthelot qui consiste à chauffer Jégèremnt en proportions convenables un mélange d’acétylène et de l’hydrogène, gaz qui sont aujourd’hui livrés couramment comprimés en bouteilles d’acier.
- C2H2 + H2 = C2H4 acétylène éthylène
- L’éthylène pourrait être également mis à la. disposition du commerce, si l’emploi en était généralisé, comme sous-produit des gaz de houille, où il existe en proportions d’autant plus grandes que la température de chauffage de la bouille a été plus élevée. Consulter à ce sujet la Compagnie des Mines de Béthune, Service commercial des produits chimiques, 97, Rue de Lille à Paris qui s’est, particulièrement occupée de l’utilisation rationnelle de tous les éléments contenus dans les gaz s’échappant des four à coke.
- Le Gérant : G. M^gorç,
- Lavai,, — Imprimerie Barnéoud.
- 15-3-1938
- Published in France.
- p.192 - vue 196/439
-
-
-
- N° 3022
- LA NATURE
- l" Avril 1938
- = LA DÉRIVE DES CONTINENTS = A LA LUMIÈRE DES DERNIÈRES RECHERCHES
- Que les continents se déplacent à la surface de la Terre comme de gigantesques radeaux, que l’Europe et l’Amérique voient leur distance varier d’année en année et que s’accroisse ainsi, jusqu’à la fin des temps, la dislocation de la Pangée primitive, l’idée, assurément, est bien faite pour plaire aux cerveaux modernes, épris de théories grandioses et subissant avec impatience le joug des explications classiques. Elle n’est pourtant pas nouvelle puisque, bien avant Wegener, qui s’en fit l’apôtre enthousiaste et en devint la victime, avant même le commandant Boulanger, Mar-tovani ou Snider-Pellegrin qui, au cours du xixe siècle, en suggérèrent l’hypothèse, le Père Pla-cet, dès 1668, publiait un opuscule « où il est montré que devant le déluge, l’Amérique ne s’était point séparée des autres parties du monde », confirmant ainsi, deux siècles et demi à l’avance, l’opinion des géologues modernes, pour lesquels la séparation de l’Amérique du.Nord et du Groenland ne date que du Quaternaire.
- Les continents dérivent-ils vraiment P Nous, verrons ce qu’il est possible d’en penser provisoirement, à défaut d’une solution définitive. En tout cas, ce qu’il semble permis d’af-lirmer, c’est que, si celle-ci ne s’est pas encore fait jour, c’est simplement parce que le problème a été abordé du mauvais côté. Il n’y a nul paradoxe à dire, qu’il n’est pas plus du ressort des géologues que des paléontologistes, et qu’il apparaît d’ordre exclusivement astronomique. Nous n’en voulons pour preuve que les conclusions obtenues en quelques années par M. Stoyko, astronome à l’Observatoire de Paris, dont les travaux sur l’heure ont été déjà présentés à nos lecteurs (Q.
- LA CONSTITUTION DE LA TERRE
- La vieille théorie du feu central est reléguée depuis longtemps au magasin des hypothèses désuètes et périmées, et l’on conçoit maintenant la Terre comme un corps entièrement solide, du sol au centre, sinon, elle ne pourrait résister à l’action des marées. Le Pr Mal-
- 1. La Nature, Ie1' lévrier 1U37.
- ladra, de l’Observatoire du Vésuve, d’accord, semble-t-il, avec la plupart des géologues, en esquisse ainsi le portrait :
- On y rencontrerait, en partant du centre, d’abord un noyau métallique, de 3.4oo km de rayon, composé de fer et de nickel, et de densité égale à 10. Une première enveloppe de 1.400 km entourerait ce noyau, divisée elle-même en deux couches, l’une de densité 8, où domineraient encore le fer et le nickel ; l’autre, de densité 5,8, formée surtout de silicates. Noyau et enveloppe coïncideraient avec ce que Suess a nommé le A’i/é dans sa nomenclature baroque. Le Sima viendrait ensuite, comme une couche de i.54o km de silicates magnésiens, de densité 4, suivi par le Sial, qui n’est autre que la croûte terrestre, partagée en deux divisions : l’une superficielle, épaisse de 20 km, de densité 3 et composée de roches granitiques ; l’autre, de 4o km, de densité 3,2 consistant en un lit basaltique.
- C’est cette dernière qui doit aujourd’hui attirer spécialement notre attention car, située à une faible profondeur, soumise à une températui’e élevée, elle se trouve vraisemblablement dans un état de forte viscosité et peut alors, selon le P1’ Malladra, « fonctionner comme une couche plastique, une couche-coussinet ». Elle se trouve donc à point nommé pour jouer le rôle d’élément sustentateur dans le flottage des continents que suppose la théorie de Wegener.
- LA DÉRIVE DES CONTINENTS.
- PREUVES ET OBJECTIONS
- Nous voici donc en possession d’une couche fluide, dont la viscosité est peut-être voisine de celle de la poix ou de la cire à cacheter. C’est dans cet océan visqueux que baigne la couche supérieure de Sial et que les continents plongent leurs racines, s’enfonçant davantage lorsque leur poids s’accroît — par exemple sous l’amoncellement des glaces — émergeant s’il diminue. C’est également sur ce lit moelleux qu’ils glissent par inertie, sollicités par les forces dont le globe est le siège (fig. x).
- Fig. 1. — Les couches superficielles de la Terre.
- Le bloc de Sial qui forme les continents plonge d’autant plus profondément dans la couche plastique de Sima que sa hauteur est plus élevée. Sous la mer, l’épaisseur de Sial est très faible ou nulle.
- p.193 - vue 197/439
-
-
-
- 194
- Fig. 2. — Trois phases caractéristiques de l’histoire de la Terre.
- On remarque que l'Amérique et l’Australie, d’abord soudées à l’Ancien Continent, s’en détachent peu à peu. Le bloc de terre non morcelé des temps primaires est la Pangée, formant une île dans la Panthalassa (d’après Wegener).
- Aussi Wegener peut-il raconter la genèse à sa manière : aux temps carbonifères, il y a quelque cinq cent millions d’années, le Sial vêtait la Terre tout entière, couvert lui-même par la Panthalassa. Mais, peu à peu, le Sial se rétracta, se replia sur lui-même cl émergea. Ainsi naquit, au sein de la mer universelle, un îlot solide, la Pangée qui, se scindant et se subdivisant au cours d’innombrables millénaires, allait former les continents. L’ère tertiaire vit, de la côte occidentale d’Afrique, se détacher l’Amérique du Sud, tandis que l’Inde se séparait de la côte orientale. L’ère quaternaire assista à l’élargissement de la fissure atlantique et à l’écartement progressif des masses continentales. Ainsi, par fragmentations successives, se formèrent les continents actuels (fig. 2).
- On est évidemment en droit de se demander quelles forces ' purent présider à cette fragmentation et obligèrent les morceaux de Sial à vagabonder sur la couche basaltique sous-jacente. La théorie de Wegener admet deux composantes, dirigées, l’une vers l’équateur, l’autre vers l’ouest. La première provient de la poussée archimédienne provoquée par la déviation de la verticale dans la couche fluide ellipsoïdale. Estelle suffisante, toutefois, pour refouler vers l’équateur les socles continentaux ? Oui, répondent Epstein, ^W.-D. Lambert, Schweydar et Rolin-Wavre, car cette foi'ce polifuge équivaut, à la latitude de 45° où elle est maximum, à la 1/800.000 partie du poids des continents. Elle suffirait à les déplacer même si le lit
- basaltique était mille fois plus visqueux que la cire à cacheter. Et M. Pierre Dive, à qui nous empruntons ces chiffres, conclut qu’ « une terre dont tous les continents ne sont pas réunis à l’équateur est certainement en état de déséquilibre » (l). Quant à savoir si cette force est de taille à plisser les continents et à faire surgir les montagnes, c’est une autre affaire, et un terrain réservé aux joutes des géologues.
- La seconde composante, qui s’exerce vers l’ouest, trouve sa cause, d’après Schweydar, dans la différence de précession entre l’axe de révolution des continents et l’axe de rotation de l’ensemble du globe. Pour Schwarz et Wettstein, elle naît, au contraire, de l’action retardatrice des marées. De toute façon, elle est beaucoup ])] 11s considérable que la première composante.
- Mais ce sont là de purs schémas mathématiques, et les représentants des diverses spécialités scientifiques n’ont pas tardé à apporter leur pierre à l’édifice wegènérien, lequel a pu ainsi s’étayer d’un triple faisceau de preuves géologiques, biologiques et géodésiques.
- Voilà longtemps que l’on a remarqué l'identité d’aspect et de structure de la côte ouest d’Afrique et de la côte de l’Amérique du sud. L’orientation et la .nature géologique des reliefs y décèlent l’ancien contact. Les Zwarte Berge du Gap concordent avec de vieux plissements au sud de Buenos-Ayres ; le plateau de gneiss de l’Afrique occidentale correspond à celui du Brésil ; le cap San Roque s’emboîte dans le golfe de Guinée ; les chaînes de la Guyane brésilienne prolongent celles du Soudan ; il n’est pas jusqu’au massif armoricain qui ne se continue dans les Appalaches.
- La climatologie apporte des faits non moins troublants. Le plus caractéristique consiste1 dans le climat tropical révélé par les forêts de l’époque carbonifère, tandis que des vestiges de glaciation en Amérique du Sud, en Afrique méridionale, en Australie, dans l’Inde, imposent l’idée, au même moment, d’une période glaciaire intense. Ainsi le Spitzberg jouissait-il d’une chaleur tropicale alors que l’Afrique était recouverte de glaciers ! La chose est d’autant plus malaisée à expliquer que ces formations glaciaires se dispersent à diverses latitudes. On y parvient néanmoins en admettant qu’avant la dérive, toutes les terres portant ces formations étaient réunies autour de l’Afrique du sud, ce qui, non seulement fournit une calotte polaire acceptable mais autorise, de plus, le tracé de l’équateur carbonifère, indiqué par la grande ceinture houillère contenant des fossiles tropicaux (fig- 3).
- Venons-en aux arguments paléontologiques. La parenté des faunes et des flores des continents éloignés avait été déjà signalée par Buffon et expliquée ensuite par l’existence de continents de jonction, de ponls,
- 1. La dérive des continents et les mouvements intra-tellu-riques, 1933.
- p.194 - vue 198/439
-
-
-
- 195
- Charbons Tropicaux marquant la ceinture houillère. O Glaciations
- effondrés depuis celte époque. Mais on ne peut rendre compte, de cette façon, de la parenté de la faune australienne avec la faune américaine, la première étant, du reste, tout à fait étrangère à celle des îles de la Sonde, pourtant beaucoup plus proches. On ne comprend pas davantage l’analogie des plantes des îles Hawaï et des plantes de l’Asie, et leur dissemblance de celles de l’Amérique du nord. La parenté des fossiles indique, au contraire, celle des continents. Le Pr E.-W. Mac Bride cite meme des rais des forêts du nord de la Scandinavie qui, tous les io ou i5 ans, se pressent vers le sud, envahissent les pâturages et se précipitent dam la mer en nageant vers l’occident. 11 en est de même pour une espèce de pluvier habitant la Colombie britannique, qui émigre chaque automne vers les îles Hawaï, distantes de près de 4.000 km, et reviennent au printemps.
- Signalons encore un curieux argument tiré par M.-C.-L. Sagui.de l’étude des monuments de l’antiquité (*). Cet auteur note, en effet, que la Pyramide de Cliéops, située à la latitude 29°58'55//, fut sans doute bâtie par les Égyptiens exactement sur le trentième parallèle, et; que l'écart angulaire aujourd’hui constaté provient de la dérive de l’Afrique, et non de l'ignorance des lois de la réfraction par les constructeurs. La même hypothèse peut expliquer l’élargissement du détroit de Gibraltar, détroit dont Tite-Live et Cornélius Nepos évaluaient la largeur à 7.400 m et qui atteint maintenant i3 km.
- Ajoutons honnêtement que ces diverses sortes d’arguments furent rudement combattues dans une récente discussion géophysique de la Royal Astronomical Society de Londres (2). Sir A. Smith Woodward fit remarquer aux paléontologistes que l’on connaît plusieurs exemples d évolution parallèle et que, par exemple, la tortue australienne Miolania, semblable à la tortue Niolamia de Patagonie, ne prouve nullement l’existence d’un ancien continent antarctique joignant l’Australie à l’Amérique du Sud, car ces deux bestioles sont des formes extrêmes dérivées d’un sous-ordre presque universellement répandu autrefois. Le Dr Harold Jeffrevs, géophysicien renommé, observa, en outre, que Visostasie,
- 1. La Teoria di Wegener sulla dériva dei conti-«cnh, T932.
- 2. The Observatory, mars 1935.
- Fig. 3. — Tracé de l’équateur carbonifère, d’après les charbons tropicaux.
- On voit que les vestiges de glaciation sc rassemblent bien autour d’un pôle situé aux environs du Cap.
- le llottage des continents, sur lequel est édifié tout le système, n’est peut-être pas toujours conforme à la réalité, en Amérique du nord, no-t a m m e n I; . Et le D1' Wright résuma les interventions de Sir Frank Dvson, le fameux astronome, du !)r de Graff-llunler et du Pr Jones en disant que jusqu’ici, nulle certitude - n’avait pu être obtenue sur ce point.
- L'ASTRONOMIE A LA RESCOUSSE :
- LA DÉRIVE VERS L’ÉQUATEUR
- yiludc Washington - Greenwich, Gre enwich-Paris, 11 a s h i ng ton-Pa-
- ris, Paris-Leningrad, Leningrad-Tokio, Paris-Tohio.
- La pente montante des courbes indique une an sm en talion de longitude.
- Aous manquons de points de repère terrestres pour déterminer l’écart éventuel des socles continentaux ? Empruntons-au ciel ! Les étoiles ne fournissent-elles pas des bornes idéales pour accrocher nos mètres ? Il paraît fort simple, pour estimer la dérive vers lcqualeur, de mesurer la latitude d’une station plusieurs années de suite et d’en regarder la variation. M. Ed. Guyot, directeur de l’Observatoire de Neuchâtel s’est livré à celte investigation (1), en confrontant les mesures de latitude effectuées de 1899 à 1922 dans les stations de Mizusavea (Japon), de Carloforte (Italie) et de Ukiah (États-Unis). Il eut soin, bien entendu, de tenir compte de la variation périodique qui, en 46o jours environ, fait, vagabonder le pôle terrestre à l’intérieur d’un cercle de i5 m de rayon, variation
- 1. Annales Guébhrrd-Sévcrine, 1935.
- Fig. 5. —La station de Ber-Bechid (Maroc), organisée par le Service géographique de l'armée, pour la révision des longitudes de 1933.
- p.195 - vue 199/439
-
-
-
- 196
- Fit). 6. — Révision des longitudes de J933. Mission de l’Observatoire de Pans
- à Alger.
- Le dépouillement des bandes du chronographe. On reconnaît, sur cette photographie, M. A. Lambert, chef de la mission.
- Groenland et l’Europe, et il en déduisait les déplacements suivants :
- de i8a3 à 1870 : /po ni, soi! 9 m par an ;
- de 1870 à 1907 : ngo ni, soit 02 m par an.
- C'est assurément fort beau, mais notons que la T. S. F. n’existait pas et que l’on opérait alors par transport de chronomètre, ce qui est bien sujet à caution ; puis, que ces déterminations ne furent pas faites rigoureusement au même point ; enfin, qu’une erreur de 2" dans la position de la Lune suffisait pour amener une erreur de longitude de 180 m ! Le professeur danois Nôrlund vient d’ailleurs de reprendre ces mesures à Kornock (Groenland) et n’a décelé aucune variai ion vvegenérienne.
- Les chiffres relatifs au déplacement Amérique-Europe ne sont pas beaucoup plus sûrs. Pour les différences de longitude entre Cambridge (Etats-Unis) et Greenwich, Wegener trouva en effet :
- due au fait que notre planète est un solide élastique, dont J’axe de rotation n’est pas, par conséquent, absolument fixe — variation périodique des latitudes qui ne dépasse pas o^f). Ceci posé, le savant trouva qu’en 11 ans, 21, le pôle s’était déplacé de o",o62, donc à la moyenne de o'Cooôô par an ; quant aux trois villes qui avaient servi de bases, leur latitude avait diminué respectivement, pendant le même laps de temps, de o^oiS, o//,027 et o",oo5. Cela signifie un déplacement annuel de U cm pour \1 izusawa, de 7 pour Carloforle et de 1 pour f kiali !
- Ce mouvement infinitésimal — Wegener avait prévu
- en 1872 : 4h44m3i8,oi6 ; en 1892 : 4h44ra3is,o32 ; en .914 : 4h/i41"3U,o3g.
- Variation de quelques centièmes de seconde, d’autant plus remarquables qu’avant l’invention du micromètre impersonnel (1890) les observations de passages différaient souvent de plusieurs dixièmes de seconde !
- Le perfectionnement des méthodes d’observation, la précision accrue des appareils et surtout des horloges astronomiques, la concentration de tous les travaux horaires au Bui’eau international de l’Heure installé à l'Observatoire de Paris (') et la diffusion de l’heure
- t. La Nature, 1er. février 1937.
- 20 m par an — est-il même bien dû à une dérive ? Hélas ! Remarquons que la latitude se détermine par la méthode de Tlorrebow-Taleotl, qui consiste à observer deux étoiles culminant- à peu près symétriquement au nord et au sud du zénith et que, outre une connaissance plus ou moins imparfaite dès mouvements propres stellaires, les erreurs d’observation suffisent largement à expliquer les variations décelées ! Résumons-nous : bien des années seront nécessaires pour mettre en évidence, une altération .séculaire des latitudes. .
- LA DÉRIVE VERS L'OUEST
- La théorie est-elle au moins en meilleure poslpre quant à la dérive vers l’ouest, que doit révéler une variation des longitudes ? Voyons d'abord., ce qu’en disait Fauteur. Wegener-se basait sur des différences de longitude calculées de 1823 à T907 entre le
- — Révision des longitudes de 1933. Mission de l’Observatoire de Paris, à Alger.
- n’est point un décor de serpentins après une fête, mais simplement le séchage des bandes du chronographe.
- p.196 - vue 200/439
-
-
-
- 197
- par radio ont heureusement permis d’obtenir des résultats plus certains. Et M. Stoyko, en s’occupant de tous les problèmes rattachés à la mesure du temps, en comparant, d’une année à l’autre, les signaux horaires internationaux, s’aperçut que, outre les erreurs systématiques dont leur réception est affectée (t/x.ooo à 3/1.000 de seconde par an en moyenne) et les erreurs dans la détermination de l’heure elle-même (à Paris et de 1934 à iq36, de os,oo2 à os,oo8) ils comportent une variation provenant d’une fluctuation des longitudes. Dès iqSi, examinant la courbe des différences de longitude Washington-Europe de 1870 à ig3o, il en soupçonnait la périodicité, voisine de 11 ans. Ce soupçon était d’autant mieux fondé qu’en supposant établie cette périodicité undécennale, on améliorait la précision des anciennes mesures de longitude. Il devint, d’ailleui's, six ans plus tard, une quasi-certitude, de sorte que les travaux les plus récents du savant astronome jettent sur la question une clarté que l’on ose croire définitive (!).
- Il étudia donc, pour une période de 17 ans, les variations relalives de longitude de Greenwich, Leningrad, Poulkovo, Paris, Tokio et Washington. La figure 4 montre les courbes qui en résultent. La périodicité, sur laquelle planait encore un doute en 1 g3x, paraît désormais établie. La pente montanlc des
- t. C. R. Acad, des Sc., 20 juin 1932, 24 niai 1937.-
- courbes indique une augmentation de longitude. On lit donc, entre Washington c t Paris, de 1930 à 1926 et de 1928 à 1933, une augmentation d ’ a m-plilude de os,o65,
- Entre W ashington et Gi'eenwieh et entre Greenwich et Paris, les variations sont plus faibles : respectivement oso38 cl oso3o. Les autres courbes o ff r eut des variai ions de sens opposé. Ainsi est mis en lumière Fig. 8. — Wegener avant son départ un mouvement OS- Danemark pour sa dernière expé-
- dition.
- dilatoire, u n e (Photo France-Presse),
- sorte de menuet
- dansé par l’Ancien et le .Nouveau Monde, sur un iwt/une de 1 1 ans, et d'une amplitude d’une vingtaine
- Fig. 9. — Vexpédition de Wegener au Groenland. Un iceberg en forme d’arche.
- (Photo N. Y. T.).
- p.197 - vue 201/439
-
-
-
- LES PULSATIONS DE LA TERRE
- 198
- Fig. 10. — Vexpédition de. Wegener au Groenland.
- Un passage dangereux.
- (Photo -N. Y. T.).
- de mètres. Il n'est évidemment plus question de l'éloignement continu, de l’ordre d’un mètre par an, qu'avait tiré Wegener de ses considérations géologiques.
- Mais au fait, cet éloignement progressif est-il décidément inexistant ? A part le déplacement oscillatoire, n’y a-t-il pas de déplacement séculaire ? M. Stovko attaqua ne nouveau problème ; reprenant les mesures de longitude de 1866 à 1914 et tenant compte de la variation périodique undécennale, il trouva, en ig3i, un éloignement des continents voisins de 3 cm par an, valeur 4o fois plus faible que celle de Wegener.
- On put espérer que la révision mondiale des longitudes, opérée en 1926 et en 1933, permettrait de confirmer ou d’infirmer cette conclusion. Les animateurs de cette grande oeuvre, le général Ferrié et M. A. Lambert, astronome de l'Observatoire de Paris, ne déclaraient-ils pas qu’un intervalle de 7 ans suffirait pour déceler les écarts prévus par la théorie P En fait, nulle variation séculaire ne-s’est manifestée de façon irrécusable, et M. A. Lambert a pu dire que si le phénomène de Wegener existe en tant que phénomène séculaire, il est masqué vraisemblablement par des variations périodiques ou brusques du même ordre de grandeur. L’accumulation des matériaux, au cours des années qui viennent, permettra seule de résoudre le problème.
- En attendant, on peut toujours émettre des hypothèses. A quelles causes attribuerons-nous ces variations de longitude, ces écarts variables des masses continentales ? M. Stoyko nous offre le choix entre deux explications. On peut supposer que l’écorce terrestre, reposant sur la couche fluide, ne tourne pas à la même vitesse que celle-ci, étant freinée par les racines de sial qui plongent à différentes profondeurs dans le lit basaltique. La croûte subirait, de la sorte, une série de dilatations et de contractions, source du phénomène constaté. On peut penser aussi que la Terre, corps visqueux, est soumise à des pulsations d’une durée de 11 ans ; ces vibrations de la masse, ou seulement de la croûte superficielle, feraient vai’ier la forme de l’équateur et des parallèles et, de circulaires qu’ils étaient, les rendraient elliptiques. Ainsi observerait-on, du côté où le rayon augmente, un accroissement des longitudes relatives et, de l’autre côté, une diminution. Une variation de 3 m 5 du rayon de la Terre provoquerait à l’équateur une variation de longitude de os,o5 ; sur le 45e parallèle, il suffirait d’une variation du rayon de 1 m 5 pour rendre compte de la demi-amplitude enregistrée os,o3.
- On est d’autant plus tenté d’adopter cette seconde manière de voir, que, ces ix ans de la période indiquée, c’est précisément la durée de la période d’activité solaire, et qu'il est fort naturel d’imaginer, entre les deux phénomènes, une liaison physique. S’agit-il,
- Fig. il. — La dernière étape de Wegener : sa tombe au Groenland.
- (Photo N. Y. T.).
- p.198 - vue 202/439
-
-
-
- comme le suggérait M. Esclangon, cl’un effet combiné des attractions planétaires influant à la fois sur le Soleil et sur la Terre ? La chose n’est, bien entendu, pas encore élucidée.
- Ainsi, nous avertit M. Sloyko-, les pulsations de la Terre sont-elles susceptibles d’expliquer tout au moins une partie des phénomènes constatés. Peut-être s’y ajoute-t-il une fluctuation périodique dans la réfraction atmosphérique, elle aussi sous la dépendance du Soleil P
- Le travail de M. Stoyko et ses conclusions trouvent, du reste, une confirmation rétrospective dans l’œuvre du P1' Brown. On a pu lire, dans La Nature, comment le mathématicien américain, l’une des plus hautes autorités du monde en mécanique céleste, a déduit, des fluctuations de la longitude lunaire, les a caprices de 3a rotation terrestre ». Or, si la durée du jour s’accroît, si, par conséquent, la rotation du globe se ralentit, la cause doit en être cherchée dans la Terre elle-même, dans des déplacements de masse à l’intérieur, -déplacements de masse ayant lieu, naturellement, dans le sens du rayon. Ayant fait le calcul de la variation de rayon pouvant expliquer le changement de la durée du jour, Brown trouva 3 m 76, c'est-à-dire, à peu de chose près, le nombre trouvé par M. Stoyko pour rendre compte du déplacement
- : ——........... 199 =
- périodique des continents. Quant on apprend, de plus, que Brown parvint à faire correspondre ce que nous avons appelé les petites fluctuations de la Lune à la fréquence des tremblements de terre en Angleterre, on peut convenir qu’il y a probablement là plus que des coïncidences, et que les pulsations terrestres sont sans doute la cause des deux espèces de phénomènes.
- A la lumière de la science moderne, le mouvement des continents n’a plus l’aspect simple que présumait W egener. Il ne présente plus, en tout cas, la rapidité qu’il put posséder jadis, puisque l’on n’observe aujourd’hui qu’un déplacement pendulaire. Les dérives séculaires vers l’équateur et vers l’ouest, si elles subsistent encore, sont totalement inappréciables. Si, donc, nous avons perdu une théorie grandiose et romanesque, les événements font prévoir pour demain, en revanche, une synthèse non moins imposante : les vibrations périodiques de la Terre produisant à la fois l’allongement du jour et le balancement des continents, et subissant la même loi que l’activité du Soleil, maître tout puissant de nos humaines destinées.
- Pierre Rousseau.
- I. Nous devons remercier ici M. A. Lambert, astronome de l’Observatoire de Paris, qui a bien voulu nous communiquer les photographies 0, 6 et 7. ‘
- L'ÉLECTROLYSE BUCCALE
- Alors que les études sur la corrosion se multiplient dans le monde entier, il devient naturel de songer aux effets que peut avoir la présence dans la bouche de deux métaux ou de deux alliages à des potentiels différents, comme il se produit souvent du fait des plombages dentaires successifs, ou d'appareils de prothèse, ou d’habitudes professionnelles. C’est justement ce que vient de faire connaître dans La Presse Médicale le D1' Touraine, médecin de l'Hôpital Saint-Louis.
- Celle notion, déjà entr’aperçue çà et là, n’est devenue claire qu’en ces tout derniers temps, quand l’attention a été attirée sur celte cause possible de stomatite et de leucopla-sie buccale.
- Dès 1932, Lain a mesuré les différences de potentiel et les intensités entre des pièces de prothèse hétérogènes. Si le voltage est très faible, quelques millivolts seulement, le débit peut être considérable entre un amalgame pour plombage et une pièce de dentier en alliage léger ; sur le vivant, dans la bouche normalement mouillée de salrve, on a mesuré des courants allant jusqu’à 100 p.A. Il est évident que ces mesures ne peuvent être considérées comme absolues. Cojnme dans tous les autres phénomènes de corrosion, elles dépendent de la différence de potentiel des métaux en présence, les plus nobles comme l’or ou le platine activant la destruction des moins nobles comme l’aluminium, l’acier, le zinc, l’étain, le cuivre, elles dépendent aussi du milieu qui les mouille, la salive, de son pH, de son aération, et nul doute qu’on en arrivera bientôt à considérer les actions particulières des microbes buccaux.
- Les pièces métalliques qui se placent dans la bouche sont des appareils de prothèse, des plombages, et les objets que certains professionnels tiennent ainsi. Les appareils : dentiers,- couronnes, bridges, sont généralement en or, en argent, en aluminium, en alliages contenant du cuivre ou
- du nickel. Les plombages sont souvent des amalgames de divers métaux : platine, or, argent, cuivre, etc. On connaît l’habitude des tapissiers de mettre en bouche leurs « semences » en fer; les tailleurs tiennent aux lèvres leurs épingles, quelques coiffeurs leurs épingles à cheveux ; les électriciens tâtent le courant en touchant les fils de cuivre du bout de la langue ; et tous les musiciens des cuivres appuient aux lèvres des embouchures de laiton.
- Le plus souvent, rien ne se produit, mais parfois on a vu une véritable coloration métallique des muqueuses aux points de contact avec les métaux les moins nobles et l’on a signalé une sensation de goût métallique dans la bouche, plus rarement de brûlure ou de piqûre, une sensibilité anor-. male aux mets salés ou vinaigrés, des douleurs dentaires. On a pu expliquer certaines gingivites et quelques leuco-plasics par une cause électrolytique et l’on vient même d’attribuer à celle-ci des épithéliomas buccaux.
- Comme on ne s’était pas préoccupé jusqu’ici de l’électro-lyse buccale, il n’est guère de personne adulte qui ne porte en sa bouche, sous forme de plombages ou de dentiers, des pièces métalliques hétérogènes, qui sont parfaitement supportées depuis longtemps. Il n’y a donc pas lieu de craindre a priori d’accidents d’origine corrosive. Mais maintenant que l’attention a été attirée sur leur possibilité, nul doute qu’il sera désirable à l’avenir de faire une plus large place aux ciments, émaux, porcelaines dans les plombages, au caoutchouc vulcanisé dans les dentiers, ou d’employer le même métal et le plus noble, l’or, pour toutes les pièces de prothèse. Et si quelque lésion buccale apparaît au contact d’un appareil déjà existant, on devra songer au méfait possible d’un couple métallique et enlever l’alliage le moins noble qu’on pourrait suspecter.
- R. M.
- p.199 - vue 203/439
-
-
-
- 200
- LA MISE EN BOUTEILLE DU GAZ COMPRIMÉ =
- Depuis que poux’ leui’s applications industi'ielles, les gaz sont appelés à êti’e transportés, on assure leur transport par bouteilles, dans lesquelles ils sont comprimés à des pi’essions vai'iant de i5 à 200 hectopiè-zes.
- Dès lors un pi'oblème de sécurité s’est trouvé posé, que les bouteilles en acier ordinaii’e mi-dur ont i’ésolu d’une façon suffisante, puisque les statistiques pi'ouvent que fort peu d’accidents sont imputables à ces engins. C’est ainsi que sur une période sexennale on a compté, pour l’ensemble des gaz comprimés, 47 accidents ayant fait i5 morts et 82 blessés.
- Sans doute sont-ce i5 moi’ts et 82 blessés de trop ; mais si l’on rapproche ces chiffres de celui des bouteilles à oxygène, acétylène, gaz carbonique et autres gaz industriels circulant annuellement, qui doit avoisiner le million, on voit que la proportion des accidents est infime.
- Cependant l'introduction du gaz de ville dans la traction automobile, où la réserve de bord est ernrna-gasinée dans des bouteilles à 1 a pression de 25o kgr par cen-timèti’e cai’x’é, a posé à nouveau et avec plus d’insistance ce problème de sécurité.
- Il est double : on doit envisager, en effet, la résistance des bouteilles au choc — une collision est si vite arrivée — et leur résistance à l’éclatement par la pi’ession.
- ESSAIS DE RÉSISTANCE AÜ CHOC
- Ils ont été faits à la poudrerie nationale de Sevran-Livry et ont porté sur des bouteilles en acier ordinaire, en acier Martin, en acier spécial au nickel-chrome, les unes vides, les auti’es chargées d’air à la pression de'200 kgr.
- À chaque essai, les bouteilles étaient disposées horizontalement sur deux rondins de bois écai’tés d’axe en axe de 85 cm et placés symétriquement par rapport au centre de la bouteille. Ces rondins appuyaient sur une plaque d’acier de 25 mm d’épaisseur.
- Un mouton, constitué par une masse de fonte cylindi’ique terminée par une calotte sphérique et du
- poids de 3x3 kgr était soulevé jusqu’à une hauteur de 4 m 55 d’où il tombait libi’ement sur les bouteilles.
- lous ces essais ont démontré leur parfaite résistance. Parallèlement, en Angleterre, des essais de « manipulation brutale » et de résistance à la compression ont été pleinement satisfaisants.
- ESSAIS DE PRESSION HYDRAULIQUE
- Il a pour but de contrôler la fabrication, c’est-à-dire la constance suffisante de l’épaisseur de la pai’oi, l’absence de pailles et, s’il y a lieu, la qualité des soudures. Le mode opéi’aloire est le suivant : on en-fci’me la bouteille dans une enceinte indéformable et l’on l’emplit d’eau l’espace compris cnli’e la bouteille et l’enceinte. Ensuite on comprime de l’eau darys la bouteille jusqu’à la pression d’épreuve qui, en France, n’est que de 3oo hectopièzes, et qui réglementairement doit être égale à une fois et demie la pression d’utilisation, pression à laquelle est timbrée la bouteille.
- Si l’enceinte indéformable est munie d’un tube de nhreau, on suit à l’aide de celui-ci la déformation volumétrique totale de la bouteille, puis on supprime la -pression et on constate que l’eau de l’enceinte revient bien à son niveau primitif.
- Divers types de bouteilles, en acier ordinaire, en aciers spéciaux et alumag frellé, ont été, ces temps dei’niers, soumis à de semblables essais par M. H. Pignot, spécialiste de ces questions et voici ce qu’il en dit : ' « Pour toutes ces bouteilles timbrées à 200 hectopièzes, nous n’avons jamais atteint la déformation permanente, bien que la pression ait, pour certaines d’entre elles été poussée à 4oo heclo-pièzcs ».
- ESSAIS DE [RUPTURE SOUS PRESSION^ GAZEUSE
- Beaucoup plus que les essais de rupture sous pression hydraulique, les essais de rupture, sous pression gazeuse correspondent à la réalité ; puisque les bouteil-
- Fig. 1. — Bouteilles en acier au nickel-chrome éclatant sous une pression d’air.
- A gauche : de 510 hectopièzes ; à droite : de 513 hectopièzes.
- p.200 - vue 204/439
-
-
-
- les sont appelées à contenir des gaz très compressibles et non de l’eau qui ne l’est pas.
- Sous cet effort, que peut-on. demander aux bouteilles ? Qu’à l’éclatement elles ne donnent pas d’éclats et que la pression d’éclatement reste supérieure ou égale à 1,6 de la pression d’épreuve.
- Les photographies que nous reproduisons ci-contre montrent que la rupture se fait par déchirure et non par éclats. Et sous quelles pressions ? Sous des pressions dépassant le double de la pression réglementaire. Aussi
- :: 201 =
- bien M. A. Pignot, à la suite de celle nouvelle série d’essais parfaitement démonstratifs, a-t-il pu déclarer que rien ne s’opposait — rien, sauf la réglementation en vigueur en France — à utiliser des pressions supérieures à a5o hectopièzes, comme on le fait en Tchécoslovaquie, en Allemagne et en Angleterre.
- Tout cela n’est-il pas pour calmer des appréhensions fort légitimes que l’expérience — notre maîtresse à tous — démontre sans fondement.
- Georges Kimpflin.
- LA CONQUÊTE DU FROID
- DU ZÉRO CENTIGRADE AU ZÉRO ABSOLU
- Froid et température. Mesure de la température. — La notion du froid est l’une de celles qui, douloureusement parfois, s’imposent à l’homme. .-
- Notion pourtant bien vague, à la réflexion, et toute subjective : ne nous semble-t-elle pas plus froide que tout à l’heure cette eau dans laquelle nous plongeons à nouveau la main, après l’avoir trempée dans l’eau chaude ? Et ce morceau de métal que nous sortons du frigidaire, ne nous paraît-il pas plus glacé que ce morceau de bois extrait cependant de la même enceinte ! L’un et l’autre pouidant sont dans le'même état thermique que le milieu dans lequel nous les avons laissé séjourner ; autrement dit, ils ont la même température.
- Et quelles divergences, à plus forte raison, entre les diverses acceptions données à ce mot de « froid » par l’habitant des zones tempérées, celui des régions arctiques, celui des tropiques !
- La nécessité s’impose donc de substituer à nos sens, par trop infidèles, un moyen de contrôle parfaitement objectif, permettant de préciser l’état thermique d’un milieu : le thermomètre apporte la solution de ce problème. Qu’esl-ce qu’un thermomètre ? Prenant le terme dans son sens le plus général, nous dirons que c’est un instrument donnant des indications identiques lorsque se reproduit un même état thermique, une même température. C’est le cas, par exemple, d’une colonne de liquide dont le niveau varie dans un tube de verre portant des repères. Il est possible d’établir une échelle comparable pour des thermomètres différents : si nous convenons, par exemple, d’adopter la valeur o pour la température de fusion de la glace (Q, la valeur 100 pour la température d’ébullition de l’eau (Ç, et si nous divisons en ioo parties égales l’intervalle séparant ces deux points Axes, nous constituons une échelle centésimale (degrés centigrades C.).
- Bien entendu, ceci est arbitraire et l’existence de températures inférieures à celle que définit le zéro centigrade est indépendante de notre choix : en pro-
- 1. Sous la pression normale de 700 mm de mercure à 0° C.
- longeant l’échelle en deçà du zéro, et en affectant les lectures (comptées à partir de ce zéro) du signe —, nous pourrons caractériser le froid par un nombre négatif. -D’après notre définition, la longueur de la colonne thermométrique se trouve liée à la température par une loi linéaire :
- /.i / / , hoo — A> ,
- (i h —GH------——t
- 100
- Thermomètre à gaz. — Quoique les plus employés, les thermomètres à dilatation de liquide ne donnent pas enli'e eux des indications si concordantes qu’on puisse les utiliser pour définir une échelle-étalon permettant aux différents expérimentateurs de comparer utilement leurs observations. En vue de ce résultat fut conçu le thermomètre à gaz parfait dans lequel le phénomène mesuré est la variation de pression (à volume constant) d’un gaz obéissant à la loi de Mariotte (]). L’échelle s’obtient alors en écrivant entre la pression et la température une relation de même forme que (i), à savoir :
- (2)
- P-Po-
- J _J_ P 1»0 — Pu A
- I oo po /
- Un gaz a parfait » n’existant pas dans la nature, il fut nécessaire de réaliser les appareils avec les gaz se rapprochant le mieux de la définition, l’hydrogène ou Vhélium (fig. i).
- Le zéro absolu. — Nous avons déjà insisté sur la valeur arbitraire de notre zéro centigrade et sur la nécessité d’une échelle négative pour la mesure des températures inférieui’es au point de fusion de la glace.
- Il arrive fréquemment que le thermomètre marque— io° C.,-—-20° C. dans nos régions; — 5o° G., et parfois même — 70° C., en Sibérie. Destempéralures du même ordre peuvent être observées à une altitude de i5 km, et même.de plus basses en s’élevant davantage (expéditions strastosphériques ; ballons sondes).
- I. C’est-à-dire tel qu’à température donnée, le produit du volume par la pression soit constant : pV = Cte.
- * *
- p.201 - vue 205/439
-
-
-
- Fig. 1. — Thermomètre normal à hydrogène.
- Le gaz est placé dans la capacité C. Le réservoir P», permet de maintenir le niveau du mercure en A (.dilatation de pression à volume constant). La pression est mesurée par la dénivellation AB.
- Existe-t-il encore d e plus basses températures'.0 Existe-t-il une limite inférieure de température, un « zéro absolu » ?
- Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de se reporter à l’expression (2). Il est clair que l’existence des températures s’y trouve conditionnée par celle des pressions. Si donc nous annulons la valeur de p, c’est-à-dire si :
- (3)
- O=zp0
- Pinn — P(\ 100 p0
- soit : é, =
- mo p p P100 P 0
- (3 )
- la température /,, sera le minimum observable dans nos mesures.
- Or, la détermination expérimentale de ^11------------—
- -ion nn
- montre que, lorsque les mesures sont effectuées à basse pression, ce rapport atteint une limite indépendante à la fois de la pression et de lu nature du gaz, et égale à o,oo366o6. Cette valeur limbe — qui caractérise l’état de gaz parfait — donne alors pour l0 la valeu; : — 273°, 18. Si nous convenons de la prendre comme origine, nous obtiendrons les températures absolues T, en ajoutant aux mesures de température / faites dans l’échelle centigrade la quantité + 273°i8 : les températures absolues sont ainsi mesurées en degrés K (Kelvin).
- (4) T°K = f°C. + 273,18
- Par exemple, le point de fusion de la glace, exprimé dans l’échelle absolue, est : 273°,t8 K. D’autre part,
- Fig. 2.
- Parmi les molécules d’un gaz, se déplaçant en tous sens avec des vitesses très variées (a), on peut distinguer celles qui ont même vitesse (6), et parmi elles, celles qui ont même direction (ç).
- la loi des gaz parfaits prend la forme : pV = RT (où R est une constante).
- La température absolue, grandeur mesurable.
- — Des considérations de thermodynamique, fondées sur la notion de cycle réversible de Carnot, permettent de donner à la température absolue le sens non plus d’un simple repère, mais bien d’une grandeur mesurable. Cette grandeur intervient alors dans l’expression du rendement des machines thermiques fonctionnant réversiblement (x) entre deux températures T, et To. Selon le principe de Carnot (182/1) lorsqu’une machine thermique refroidit une source froide T, et échauffe une source chaude T2,-elle consomme nécessairement du travail mécanique ; et le rendement pour une transformation réversible est :
- avec
- O, — Q, = W = ^ (T;2 ~_Ili (
- 11
- Qj étant la chaleur prélevée à la source froide, Q2 la chaleur fournie à la source chaude, et W le travail exprimé avec la meme unité que les chaleurs. Une première conséquence de ce résultat est de montrer que le zéro absolu est une limite inférieure jamais atteinte : une valeur asymptotique. Il est possible en effet de concevoir une suite d’opérations prélevant progressivement de la chaleur à la source froide. Mais pas toute la chaleur, car pour se rapprocher indéfiniment du zéro absolu, il faut dépenser un travail de plus en plus grand.
- Agitation moléculaire et température. — Pour bien pénétrer la signification profonde de ce résultat, il est nécessaire de considérer Yaspect cinétique de la notion de température.
- L’élude de la diffusion des gaz, ou encore de leur expansibilité, conduit à penser qu’ils sont constitués de particules extrêmement ténues, les « molécules a, se déplaçant continuellement les unes par rappoi’t aux autres (2).
- Placées dans un récipient, ces molécules en mouvement incessant exercent sur chaque centimètre carré de paroi- une pression, due aux nombreux chocs qu’elles produisent. Il est possible de calculer cet effet ; il suffit de déterminer d’abord l’action d’une série de chocs (élastiques) produits par des projectiles ayant même vecteur vitesse ; puis de considérer la masse gazeuse comme formée de la superposition
- 1. C’est-à-rlire de telle façon qu’il y ait à chaque instant équilibre entre tes forces, les températures, etc... C est un idéal matliénialique, pratiquement irréalisable.
- 2. « Chacune des mo’écules 4e l’air que nous respirons se meut avec la vitesse d’une balle de fusil, parcourt en ligne droite entre deux chocs à peu pn-ès 1 dix-millième de millimètre, est déviée de sa course 5 milliards de fois par seconde, et pourrait, en s’arrêtant, élever de sa hauteur une poussière encore visible au microscope. IJ en faut aligner 3 millions pour faire 1 mm. Il y en a 30 mLliaris de milliards dans un cm3 d’air. Et il faut en réunir 20 milliards pour faire 1 milliardième de milligramme. »
- Jean Perrin, Les Atomes, 1030.
- p.202 - vue 206/439
-
-
-
- d’un grand nombre de tels ensembles, mais orientés en tous sens (fig. 2). La somme de toutes ces actions donne l'expression suivante pour la pression :
- 1 „ U2
- (6)
- ,M étant la masse du gaz, U la vitesse moyenne des particules, et Y le volume moléculaire.
- Écrit sous la forme :
- (7)
- PV
- M IJ2 3 ’
- ce résultat exprime que le produit du volume par la pression est égal aux a/3 de l’énergie de translation (x) des molécules qu’il contient.
- Si nous comparons (7) à la loi des gaz parfaits, nous
- concluons que l’énergie —— est proportionnelle
- à T :
- (8)
- MU2
- 2
- j3
- 2
- RT.
- La température absolue révèle ainsi son sens caché : elle apparaît comme la mesure de l’énergie d’agitation moléculaire de la substance. Le zéro absolu est donc l'état d’immobilité absolue des particules constituantes.
- Entropie et probabilité. — Pour définir l’évolution de l’équilibre Thermique d’un système, il a fallu introduire en thermodynamique la notion d'entropie ; c’est une fonction S dont un petit accroissement dS est tel que, dans une transformation réversible effectuée à la température absolue T, la variation d’énergie calorifique correspondante soit :
- (9) dQ - TdS
- Le sens mystérieux de cette fonction, qui se présente tout d’abord comme un utile instrument mathématique, peut être éclairci par des considérations d’ordre cinétique :
- .Nous avons montré qu’abaisser la température T d'un gaz c’est simplement diminuer son énergie ciné-lique. A la faveur de cette remarque, nous pouvons donner toute sa signification au principe d’équivalence entre chaleur et énergie mécanique (ier principe) : dans l’un et l’autre cas, nous avons affaire à de 1 énergie mécanique, obéissant au théorème des forces vives. Mais, tandis que l’énergie mécanique est une énergie « disciplinée », l’énergie thermique trouve son origine dans l’agitation désordonnée des molécules. Du point de vue statistique, une masse gazeuse nous apparaîtra donc comme un ensemble de particules dont la répartition change sans cesse, toutes les répartitions étant possibles, par exemple toutes les molécules du volume c se trouveront dans b, ou dans a, ou 1.000 de plus dans b que dans a (fig. 3).
- Mais, de toutes ces répartitions, l’une est la plus probable : à savoir, lorsqu’il y a la moitié dans A, et la moitié dans B. Au contraire, la première répartition envisagée est infiniment improbable. C’est cet
- I L’énergie cinétique d’un mobile de masse M se déplaçant à la vitesse Y est 1/2 MV-\
- 203
- Fig. 3.
- Lorsque 2 compartiments A et B sont mis en communication, il est impossible d’après la thermodynamique que l’état (a) subsiste, ou que l’état (c) apparaisse. Du point de vue statistique, c’est seulement improbable.
- état de probabilité maximum que la thermodynamique considère comme absolument nécessaire à l’équilibre entre les parties A et B du récipient. Partant de cette observation sur les deux façons d’interpréter un même résultat, Boltzmann a pu montrer que la relation :
- (10) JS =/r Loge = -5- = constante^
- lie l’entropie S à la probabilité tï de l’état du système.
- Le fait qu’un système isolé doit tendre vers les états les plus probables se traduit par le fait que son entropie doit croître. La probabilité d’immobiliser complètement les grains de matière étant au contraire très restreinte, le zéro absolu, caractéristique de cet état d’immobilité, d’ordre parfait, est infiniment improbable.
- Nous verrons plus loin comment ces différentes remarques ont été mises à profit pour l’obtention des très basses températures.
- LA PRODUCTION DES BASSES TEMPÉRATURES
- Transmission du froid par contact. — Le préposant à l’esprit pour l’abaissement
- mier moyen sim d’une température, est la reproduction pure et simple d u processus d'où nous tirons la notion de froid : le refroidissement par contact. En accord avec le second principe, la température finale d’équilibre doit être comprise entre les deux températures initiales. Une représentation
- Fig. 4. — Schéma d’une machine frigorifique à évaporation (NHS, CO4, SOt) Le gaz, comprimé par le piston dans le cylindre G s’échappe en 2 ; il s’est échauffé et vient se refroidir dans un réfrigérant (à eau, par exemple), où il se liquéfie. Le liquide se détend en traversant D et-se transforme en vapeur grâce à la chaleur absorbée à la source froide F. Il se rend alors de nouveau dans le cylindre de compression.
- p.203 - vue 207/439
-
-
-
- 204
- Fig. 5. — Appareil original de Cailletet, permettant le tracé du réseau isotherme.
- La pression obtenue grâce à une machine hydraulique et mesurée par un manomètre M, est transmise au gaz par un piston de mercure T. Le gaz se liquéfie dans le tube de verre P qu’entoure un manchon transparent dans lequel peut être maintenue une température constante.
- simple de ce phénomène, fournie par une analogie hydraulique, avait conduit les anciens physiciens à voir dans cet échange de chaleur le prélèvement, au bénéfice du corps froid, d’un fluide « calorique » impondérable, l’équilibre s’établissant comme pour les vases communicants. Certains même envisageaient que le corps froid était porteur d’un fluide « frigori-que » s’infiltrant dans la matière chaude en lui apportant la propriété d’être froid. Les notions développées
- Fig. 6.
- Courbes d’Andrews.
- Volumes
- dans la première partie de cet exposé nous permettent de saisir ce que de telles images pouvaient avoir d’insuffisant !
- Fusion et refroidissement. — Un autre processus, dont la nature nous offre l’exemple, est celui du refroidissement par changement d'état physique ; ainsi la fusion de la glace, transformation d’un solide en un liquide qui s’effectue à la température fixe de o°C., avec absorption de chaleur, permet de refroidir un corps jusqu’à ce point.. Connaissant la capacité calorifique C de l’objet, l’abaissement de température Ai à réaliser, la chaleur F nécessaire à la fusion de i gr de glace, il est possible de calculer la masse de glace à utiliser, donnée simplement par :
- mF = C.Af
- où m est la masse (en grammes) de glace nécessaire.
- Bien entendu, nous serions vite limités s’il fallait nous contenter des seuls moyens mis à notre disposition par une nature capricieuse, tels que chutes de neige ou de grêle, grands froids, etc...
- Chaleur de dissolution et mélanges réfrigé= rants. — Fort heureusement, l’industrie humaine a su, guidée tout d’abord par l’observation des phénomènes de dissolution, produire le froid en dehors des phénomènes naturels.
- Les premiers chimistes, et même, devons-nous dire, les alchimistes, ont remarqué que le mélange de certaines substances, telles que nitrate d’ammonium (N03NH4 : i partie) et eau (i partie) s’accompagne d’une grande absorption de chaleur, pouvant abaisser la température à — i6°C. L’addition de 8 parties de sulfate de sodium S04Na2 à 5 parties d’acide chlorhydrique permet également d’atteindre — i6° C., procédé utilisé autrefois pour la production ménagère de la glace.
- Le refroidissement provoqué grâce à la transformation 'd’état physique du mélange se trouve souvent contrarié par un effet antagoniste ; en effet, la fusion et la diffusion des molécules sont souvent accompagnées d’une union plus ou moins intime des substances en présence : l’expérience indique dans quels cas cette deuxième action est négligeable.
- D’autres mélanges, mettant simultanément en jeu les phénomènes de fusion de la glace et de dissolution d’un sel, permettent de descendre plus bas : le plus ancien d’entre eux, composé de deux parties de glace et i partie de chlorure de sodium (sel marin NaCl) donne — 20° C. L’un des plus efficaces, composé de neige (3 parties) et de chlorure de calcium CaCl2 finement cristallisé (4 parties) abaisse la température jusqu’à — 48° C., permettant ainsi de solidifier le mercure (— 3q° C.) ou de liquéfier le gaz ammoniac NH3 par simple refroidissement (— 35° C.).
- Évaporation et refroidissement. — Il est bien connu que l’évaporation s’accompagne d’un refroidissement ; le fait est facilement mis en évidence par
- p.204 - vue 208/439
-
-
-
- 205
- exemple avec de l’éther. Il était donc tout indiqué d’avoir recours à l’évaporation de liquides à bas point d ébullition : par exemple l’ammoniac liquide (Yan Marnn, 1799) dont nous venons d’apprendre un mode de préparation. La volatilisation du liquide peut même être accélérée par barbotage d’un courant d’air. En s’évaporant, l’anhydride sulfureux S02) l’anhydride carbonique C02, le protoxyde d’azote N20, et les autres gaz liquéfiés peuvent jouer le même rôle réfrigérant. Toutefois, il convient de remarquer que, à la pression ordinaire, C02 liquide se transforme instantanément
- Fig. 7. — Pompe de Cailletet pour la liquéfaction des gaz par compression.
- A droite, détail du cylindre de compression : les espaces nuisibles sont réduits grâce à un joint de mercure.
- en neige carbonique, et en anhydride gazeux. Le refroidissement est alors provoqué par sublimation de la neige carbonique f1) à — 78°,r6 C.
- Liquéfaction des gaz. — Nous venons de voir que l'utilisation des gaz liquéfiés permet de descendre assez loin dans l’échelle des basses températures. Ceci nous oblige à ouvrir une parenthèse relative à leur production. Imaginons que nous enfermions dans un cylindre de verre une certaine masse d’anhydride
- 1. Cette substance présente la particularité de très mal conduire la chaleur, ce qui permet de la tenir sur l’épiderme. Mais si le contact thermique est assuré, à la suite d’une pression, par exemple, alors les tissus peuvent être détruits par une sorte de brûlure. C’est pour cette même raison qu’au laboratoire la neige carbonique est utilisée dans des liquides conducteurs tels que l'éthcr ou l’acétone.
- carbonique et que nous comprimions progressivement, à température constante et pas trop élevée (fig. 5).
- D’abord, le volume diminue et la pression augmente ; puis pour une pression détermi-n é e apparaissent des gouttelettes liquides ; et jusqu’à complète disparition du gaz la pression garde cette même valeur. A partir de ce moment, elle augmente de nouveau.
- Volumes
- Fig. 9. — Surface caractéristique.
- 1. Vapeur ; 2. Gaz ; 3. Liquide ; 4. Solide ; 8. Équilibre liquide-vapeur ; 6. Équilibre solide-vapeur ; 7. Équilibre solide-liquide.
- Répétant l’expérience pour différentes températures, Andrews (1869) parvint à établir un réseau d’isothermes (fig. 6) comportant deux régions : l’une contient toutes les courbes à palier, l’autre toutes celles qui n’offrent pas de discontinuité. Entre ces deux régions
- Coordonnées critiques de quelques substances
- Tc en degrés C. Pc en atm.
- CH3C1 «4« 73
- co2 32 77
- n2o 36 77,5
- cjl 9,5° 5o,6
- 02 — «i9 5o
- n2 — i45 34
- h2 — 240 12,8
- He — 268 2,26
- Solide
- Température
- Fig. S. — Courbes de changement d’état et point triple.
- p.205 - vue 209/439
-
-
-
- 206
- Fig. 10. — Schéma d’une machine frigorifique à détente (air comprimé). L’air, comprimé dans le cylindre C, s’échappe en 2 ; il s’est échauffé et vient se refroidir dans un réfrigérant R, à la sortie duquel il se rend dans le cylindre de détente D. Sa température s’abaisse et il se réchauffe en absorbant la chaleur de la source froide F. Il pénètre ensuite à nouveau dans le cylindre de compression C.
- existe un isotherme critique, à tangente horizontale, caractérisé par une pression critique P c et une température critique T . L’échelle d e températures comprend ainsi : d’une part les températures supérieures à Tc, pour lesquelles il est impossible d’obtenir du liquide carbonique, quelle que soit la pression exercée sur le gaz ; d’autre part, les températures inférieures à Tc pour lesquelles la condensation
- est possible et donne soit du liquide carbonique entre la température critique Tc et une température dite point triple Tz auquel correspond une pression bien définie Pz ; soit de la glace carbonique, en dessous de ce point triple. Ceci nous permet en particulier de comprendre pourquoi le liquide carbonique se transforme instantanément en neige et en gaz lorsque la. pression devient i atmosphère, car la pression de son point
- Fig. 11. — Schéma de l’appareil Claude pour la liquéfaction de l’air.
- Après compression à 40 atmosphères, l’air est ramené à la température ambiante ; il traverse un échangeur E parcouru par de l’air détendu, qui abaisse sa température à — 140° C. Il se détend alors de 40 à 8 atmosphères dans un cylindre Di. ce qui l’amène à — 160° C, refroidissement utilisé dans un liquéfacteur L i, où se condense l’air à 40 atmosphères. Une nouvelle détente de 8 à 1 atmosphère effectuée dans D, le ramène à — 160° C., ce qui permet la liquéfaction par refroidissement de l’air de L2. Le gaz non condensé refroidit ensuite dans un échangeur l’air fraîchement comprimé.
- triple est 5,i A.
- Il est également possible d’obtenir de la glace carbonique par compression du liquide carbonique ; un tracé d’isothermes analogues à celles d e liquéfaction, montre qu’il n’existe plus cette fois de température critique.
- Les résultats re-
- latifs aux températures de transformation sous l’influence de la pression se traduisent sous forme d’un ensemble de trois courbes (fig. 8). -L a combinaison des deux diagrammes fournit la surface caractéristique de la substance (fig. 9).
- Ces résultats permettent de comprendre comment la liquéfaction d’un gaz s’effectuera, soit par refroidissement, soit par compression. La compression suffit lorsque la température critique est supérieure à la température ordinaire, comme c’est le cas pour l’anhydride sulfureux (4 atm. à 20° C.), l’ammoniac (9 atm. à 20° C.), l’anhydride carbonique (58 atm. à 20° C.) (fig. 7). Au contraire, lorsque la température critique est inférieure à la température ambiante, il est nécessaire de refroidir le gaz avant de songer à le liquéfier ; c’est le cas pour l’oxygène (Tc= — t 190 C.) ; l’hydrogène (Tc = — a4o0 C.), elc. Cf. tableau p. 2o5.
- Lorsqu’il sera possible d’atteindre le point d’ébullition sous 1 atmosphère, la liquéfaction s’effectuera par simple refroidissement, ainsi que nous l’avons indiqué
- pour l’ammoniac.
- S’il s’agit de gaz à bas point critique, il est par contre impossible de provoquer le changement d’état par l’emploi des mélanges réfrigérants ou la méthode d’évaporation. Pour remédier à cela, il est nécessaire de recourir à la détente adiabatique, opération se faisant au détriment de l’énergie interne du gaz : le calcul laisse prévoir que l’air, en se détendant de 10 atmosphères à 1 atmosphère, doit passer de 20° C. à — ioo° C. (Caillent, 1877) (fig. 10). Effectuée au voisinage de la réversibilité (en recueillant le travail sur un piston extérieur), la transformation adiabatique sera utilisée au mieux : c’est le cas de la détente avec travail exté-rieur, utilisée pour la fabrication industrielle de l’air liquide (G. Claude) (fig. 11). A cause
- Fig. 12. — Schéma d’appareil Linde pour la liquéfaction de l’air.
- L’air atmosphérique est comprimé (le
- I à 40 atmosphères dans C1, puis de 40 à 200 dans CL. Il est alors desséché en S puis ramené à la température ordinaire par une circulation d’eau Ri ; ensuite, une machine auxiliaire à ammoniaque, Ro, le refroidit à — 60° C.
- II passe dans, un échangeur E où circule du gaz détendu dont la température initiale est — 140° C., ce qui l’amène à — 120° C. Détendu à son tour, il se liquéfie en partie (— 140° C.) ; la vapeur non condensée refroidit l’air arrivant au détendeur, puis est reprise par le compresseur CL. (Au début du fonctionnement, l’air arrive à — 60° C. au robinet de détente, et la détente l’amène à — 100° C ; la température s’abaisse progressivement grâce à l’échangeur). Dans l’appareil Claude ou dans l’appareil Linde, l’air est liquéfié vers — 140° C. Or, il est ensuite transvasé dans des récipients ouverts à la pression atmosphérique ; la température d’ébullition correspondant à cette pression étant — 190° C., une partie de l’air liquéfié se volatilise en provoquant le refroidissement du liquide restant. Il serait bien possible de produire de l’air liquide par détente jusqu’à 1 atmosphère, mais les conditions sont alors mauvaises, et il est préférable d’opérer au-dessus de
- — 1G0» C.
- p.206 - vue 210/439
-
-
-
- des difficultés de réalisation qu’elle entraîne, la détente de Linde, improprement appelée « sans travail extérieur » (J'oule-Tliornson), lui est généralement préférée (fi g. 12).
- Comme la détente adiabatique, la détente de Linde produit au voisinage du point critique une condensation ; mais elle n’en produit plus si la température du gaz devient beaucoup plus basse. D’autre part, pour que la détente produise un refroidissement, il
- ::: : =r: 1 —.............." 207 =7
- est nécessaire que le gaz soit plus dilatable que le « gaz parfait » ; pour l'hydrogène et l’hélium, ceci n’est réalisé qu’au-dessous d’une température dite point d’inversion (— So° C. pour l’hydrogène), l’n refroidissement suffisant préalable à la détente sera nécessaire pour la liquéfaction de ces deux gaz.
- Rodolphe Viallard.
- (à suivre).
- LES ANTISEPTIQUES ALIMENTAIRES
- Devant un produit alimentaire, d’apparence ou de goût inusité, le consommateur est toujours tenté de se demander quel traitement chimique le fabricant lui a fait subir. En fait, les aliments ont bien plus souvent leur composition naturelle que ne le pense le public, trop enclin à suspecter une application hâtive de la science dans tous les domaines.
- Les lois françaises protègent efficacement les consommateurs contre la hardiesse des industriels ; les règlements sont même'plus sévères que ceux de certains pays étrangers. Il est interdit d’ajouter aux matières alimentaires aucun produit antiseptique autre que le sel de cuisine ordinaire. Trois exceptions seulement sont prévues :
- i° Les viandes peuvent être conservées dans une saumure contenant au maximum 10 pour 100 de nitrate de potassium ou de bicarbonate de sodium. Ainsi sont conservés, par exemple, les jambons. Le nitrate est réduit par contact avec la viande et se transforme en nitrite qui donne au jambon la belle couleur rouge qu’on lui voit à l’étal des charcutiers. Mais ce nitrite n’est pas tout h fait inoffensif, il peut en particulier provoquer des troubles du cœur ; aussi le consommateur trouverait meilleur compte à ne pas se laisser tenter par une coloration trop accentuée. Au contraire, les reflets ternes de certains jambons, conservés seulement dans le sel ordinaire, devront rassurer l’acheteur inquiet de sa santé.
- 20 L’emploi de l'acide sulfureux et des bisulfites est autorisé dans certaines conditions. Ce gaz, à l’odeur très caractéristique, ou ses combinaisons solides, facilement solubles dans l’eau, ont un pouvoir décolorant très grand. D’autre part, ils ne présentent aucun danger pour l’organisme si les quantités absorbées restent faibles. Lés règlements autorisent, au moment de la vente, la proportion de 45o mgr par litre pour les vins, 100 pour les bières, 200 pour les cidres. Les mêmes corps servent aussi à la conservation de denrées à l’étal sec et surtout à la décoloration des champignons et des fruits. Cette pratique est autorisée, à condition de limiter la quantité à la dose strictement nécessaire. C’est ainsi que les champignons en conserve ont été généralement décolorés avant d’être emboîtés. Les fruits conservés sont aussi immergés dans une solution de bisulfite, pour perdre leur teinte naturelle avant d’être colorés plus vivement avec des produits autorisés.
- La troisième exception n’est qu’une tolérance maintenue depuis la guerre. Lorsque les exigences du ravitaillement amenèrent l’abatage d’une grande partie du cheptel bovin, la France fut obligée de recevoir de l’étranger le beurre qu’elle ne pouvait plus produire. Les différences de réglementation obligèrent le Ministre de l’Agriculture de l’époque à autoriser la vente, puis la fabrication de beurres additionnés d’acide borique en vue de leur conservation. La quantité d’acide borique autorisée était inférieure à 5 gr
- par kilogramme de beurre. Depuis, cette autorisation n’a jamais été rapportée, et reste toujours valable. L’antiseptique employé est un mélange, en proportions variables, d’acide borique et de borates alcalins. Actuellement, le troupeau national étant entièrement, reconstitué, cette tolérance ne s’impose plus; en outre, la présence d’acide borique dans le beurre présente plusieurs inconvénients. Il permet l’emploi de produits de qualité inférieure après remalaxage; an point de vue gastronomique, il peut dans certains cas empêcher le beurre de roussir dans la poêle et il lui donne de toutes façons un goût alcalin désagréable. Quoiqu’il en soit, aucune obligation de paquetage ou d’indication ne permet à l’acheteur de distinguer le beurre bori-qué du beurre sans antiseptique.
- Les méfaits des produits chimiques sur l’organisme. — De temps à autre, et la dernière fois au début de l’année ig36, le Service de la répression des fraudes fut consulté sur l’opportunité d’allonger la liste des anti-sepliques autorisés. Les consommateurs de notre pays lui sauront gré de refuser son approbation à de telles réformes. Dans certains pays, où des produits plus nombreux sont autorisés, la généralisation d’affections graves a été maintes fois constatée. G. Wolff a rappelé Q) qu’en Angleterre on observa, il y a peu de temps, un grand nombre de néphrites, maladie assez grave. Les recherches faites pour expliquer cette recrudescence inattendue révélèrent qu’elle était duc à l’augmentation légale, dans la bière, du pourcentage d’un antiseptique assez couramment employé dans ce pays : l’acide salievlique.
- Il n’y a aucun avantage à généraliser l'addition d’antiseptiques aux matières alimentaires. Les aliments, il est vrai, sont des produits facilement altérables et périssables. Mais on peut bien dire que c’est là une de leurs qualités essentielles, puisqu’elle permet à l’organisme d’en entreprendre la digestion et l’assimilation sans trop d’efforts. Les produits chimiques agissant comme antiseptiques s’opposent à la dégradation des substances alimentaires et ils empêchent, aussi bien avant qu’après l’absorption, les-fermentations grâce auxquelles l’organisme mène à bien la digestion. Le commerçant qui ne vrnit pas la question sous le même angle préférerait peut-être avoir des denrées moins périssables à entreposer. Mais la santé du consommateur est et doit rester le premier soin.
- Les antiseptiques n'ont pas seulement l’inconvénient de stabiliser les aliments ; ils agissent en outre par eux-mêmes, surtout quand l’organisme les élimine lentement ou difficilement. Naturellement les pays qui les autorisent, ou les
- I. M. G. Wolff. Annales des Falsifications et des Fraudes, XXIX, 1930.
- p.207 - vue 211/439
-
-
-
- = 208 ........................:......................::....
- fraudeurs qui les emploient n’envisagent jamais l’utilisa-tion de quantités toxiques. Il n.’en est pas moins vrai que de très faibles doses ingérées quotidiennement peuvent entraîner des troubles chez des personnes bien portantes, par une lente accumulation.; à plus forte raison, les malades ou les sujets atteints d’affections, mêmes légères, ressentent-ils d’une façon plus marquée l’effet des produits nocifs.
- Les produits utilisés par les fraudeurs. — Fort heureusement, les antiseptiques autorisés en France sont peu nombreux ; cependant certains experts pensent que les tolérances sont trop grandes encore. Quoiqu’il en soit, celte limitation implique une surveillance très active des matières alimentaires, tant au cours de leur récolte et de leur fabrication, qu’au moment de la vente au consommateur. On sait que le Service de la répression des fraudes l’assure efficacement et dispose de méthodes très précises et très sensibles pour dépister les manipulations interdites.
- Parmi les produits que les fraudeurs emploient le plus souvent', il faut citer l’acide borique, qui, toléré dans le beurre, trouve bien d’autres utilisations; le lait, le vin fît les principales boissons peuvent en recevoir, et aussi les viandes ou les conserves en boîtes; un mets, particulièrement apprécié dans le Gard, la morue eu brande, est aussi exposé à celte fraude.
- Comme le conservateur boriqué est souvent préparé à partir de composés contenant du fluor, celui-ci, qui est très toxique, peut accompagner le bore dans tous ces aliments.
- L’acide salicylique, dont nous avons déjà parlé, peut être ajouté à presque toutes les matières alimentaires. C’est dans le vin qu’on le rencontre le plus souvent. Dans le vin également, le cidre et les sirops, on ajoute des benzoates ou de l’acide benzoïque ; mais ces corps ont été signalés surtout dans les beurres ; on les a trouvés encore dans les conserves de fruits.
- Le lait est certainement l’aliment sur lequel a été tenté l’emploi du plus grand nombre de conservateurs. Son instabilité, sa valeur, l’importance de sa consommation, les transports qu’il doit subir pour être amené du producteur au consommateur rendent particulièrement tentant de diminuer les pertes, en évitant d’une façon plus ou moins artificielle sa détérioration. Ainsi, tous les produits que nous venons de citer ont été utilisés, cl d’autres s’y sont ajoutés :
- le formol, l’eau oxygénée, les chromâtes alcalins. Le formol, outre son action nocive, a la propriété de rendre inassimilable la caséine; il a été employé pour les viandes, les conserves. Les chromâtes ajoutent à leur pouvoir antiseptique, l’avantage, pour le commerçant, de donner une teinte légèrement jaune, assez semblable, si l’addition a été habilement faite, à celle de la crème. Quant à l’eau oxygénée, elle disparaît assez rapidement grâce à l’action d’une diastase spécifique contenue dans le lait ; cependant si la recherche en est faite peu de temps après l’addition, les réactions sont assez sensibles pour en déceler des traces infinitésimales.
- Il faut citer aussi un composé organique, le diacétyle, cpie les fraudeurs ajoutent au beurre, non dans le but de le conserver, mais pour accentuer son parfum. Le diacétyle, doué d’une odeur très agréable, remplit fort bien cet office. De plus, il se trouve naturellement dans le beurre non falsifié, mais en quantité très faible. Des études très attentives ont permis aux experts de distinguer le composé normal du produit ajouté.
- Les procédés chimiques ne sont pas les seuls qui permettent la conservation des denrées périssables; des moyens physiques ont aussi été mis en œuvre. La stérilisation à l’autoclave a été, très longtemps, la seule méthode connue; elle modifie malheureusement le goût de certains aliments. Allant d’une extrémité à l’autre de l’échelle des températures moyennes, l’industrie a ensuite utilisé la frigorification. Cette dernière manipulation n’est pas non plus sans inconvénients, puisque Wolff a signalé que certaines denrées entrent plus rapidement en décomposition après séjour dans une glacière; d’autres y prennent un goût désagréable, indice d'une modification chimique de leur composition.
- On le voit, les contrôles ne sont pas inutiles et ne seront jamais trop minutieux, lorsqu’il s’agit de l’alimentation humaine. Dans ce domaine, un examen très précis, des études prolongées sont toujours nécessaires avant de faire entrer dans la pratique les nouveaux procédés nés dans les laboratoires. De toutes façons, un contrôle très rigoureux peut et doit mettre le consommateur à l’abri des erreurs ou des défaillances de l’industrie, quand il lui est impossible de se procurer directement les produits frais et naturels.
- Maurice Daumas.
- LA SIGNALISATION CONTINUE = SUR LES LOCOMOTIVES
- S -
- Il est certain que beaucoup d’accidents de chemins de 1er pourraient être évités si les indications données par les. signaux de voie pouvaient être reportées sur la locomotive.
- Malgré l’instruction professionnelle la plus complète, la discipline la plus rigoureuse, l’attention la plus soutenue de la part du mécanicien, le risque d’accidents dus, dans une certaine mesure, à l’élément humain subsiste toujours et ce risque est considérablement accru quand les circonstances atmosphériques sont défavorables et rendent la visibilité des signaux de voie précaire. Ceux-ci peuvent être franchis sans être vus, voilés par le brouillard, la neige ou les fumées, mal interprétés, confondus avec d’autres ou...
- oubliés. Aussi la plupart des réseaux ferroviaires ont-ils imaginé des systèmes divers ayant pour but de reproduire sur la locomotive les indications données par certains signaux de voie.
- Que ces systèmes utilisent pour la transmission des indications des dispositifs à contact entre la voie et la locomotive (crocodiles) ou des-dispositifs sans contact, ils sont en général, par leur nature même, des systèmes intermittents, c’est-à-dire que les signaux ne sont recueillis qu’en des points déterminés de la voie. Les indications données ainsi au mécanicien n’ont alors une valeur absolue que pour les points de la voie où ils ont été captés. Si, entre deux prises de contact successives, une modification survient dans l’état de
- p.208 - vue 212/439
-
-
-
- 209
- Avertissement
- Arrêt
- Fig. I. — Principe de la signalisation d’abri continu.
- lu voie (occaipalion par une rame en dérive, entrebâillement d’une aiguille, rupture d’un rail, arrêt brusque d’un convoi par suite d’un accident mécanique, rupture d’essieu, avarie de machine, etc...) cette modification qui est susceptible de changer l’indica-limi du signal de voie en arrière du train, ne peut être traduite sur la locomotive et rien ne vient rectifier dans l’esprit du mécanicien l’indication qu’il a reçue au moment du franchissement du signal.
- ha signalisation d’abri, système Westinghouse, remédie à ces graves inconvénients. Elle est continue c’est-à-dire que pour n’importe quelle position du convoi dans un canton donné, si l’état de la voie vient à changer en avant du train, l’indication du signal sur la locomotive change immédiatement pour traduire cette modification. Le mécanicien est ainsi averti d’une façon continue de ce qui se passe devant lui et est à même de prendre à tout instant les mesures qu’exige la sécurité.
- Il en résulte également une facilité plus grande d’exploitation. En effet quand un changement d’indication se produit, indiquant par exemple que la voie qui était occupée en avant (forçant à marcher à vitesse réduite)' est devenue libre, le mécanicien, immédiatement prévenu, peut aussitôt accélérer la marche du train sans être obligé d’attendre le passage au prochain signal de voie pour être avisé du changement. On réalise donc un gain de temps qui peut être important sur les lignes chargées ou pour les trains à marche rapide.
- Le signal continu supplée également, lorsque les conditions atmosphériques sont défavorables, à l’insuffisance des signaux de voie. Par temps « bouché », le mécanicien n’a plus besoin de ralentir l’allure
- de son train pour mieux observer la voie, et par suite les retards dus au brouillard se trouvent éliminés.
- La figure i donne le principe de cette signalisation. Sur l’abri de la locomotive se trouvent disposés bien en vue du mécanicien 3 signaux lumineux, vert, jaune et rouge par exemple, correspondant à voie libre, ralentissement et arrêt. Supposons la voie équipée en block automatique avec signaux à 3 indications, un train étant sur le point d’entrer dans le premier canton, le troisième étant occupé.
- Le mécanicien reçoit l’indication « voie libre » du signal de voie ; l’indication « voie libre » apparaît sur le signal d’abri.
- Lorsque le train entre dans le deuxième canton, l’indication « avertissement » apparaît sur le signal d’abri et un sifflet fonctionne, indiquant le passage à une situation plus restrictive. Le mécanicien doit alors réduire la vitesse du train.
- Si le train pénètre dans le troisième canton ou canton occupé, l’indication « arrêt » est donnée par le
- — Schéma simplifié de Véquipement de la voie et de la locomotive.
- Fig. 2.
- Locomotive
- d'abri à voie libre
- Coffre à
- Relaisi
- filtres
- Récepteur
- p.209 - vue 213/439
-
-
-
- 210
- Fig. 3. — Vue d’un pulsateur.
- Fig. 5. — Le récepteur disposé à l’avant de la locomotive.
- signal d'abri et un sifflet avertisseur fonctionne jusqu’à la manœuvre du levier de réception. Cette indication avertit le mécanicien qu’il se trouve en canton occupé et doit s’arrêter immédiatement, pour repartir ensuite en marche à vue si les règlements le permettent.
- Le principe du système est très simple.
- On utilise, comme moyen de transmission, les files de rails en avant de la machine ; elles constituent, avec le premier essieu du train, un circuit dans lequel on envoie du courant alternatif de fréquence industrielle (5o périodes en général) qui est interrompu à une cadence variable (pulsations) suivant le signal à transmettre à la machine.
- Ce courant agit par induction sur deux bobines réceptrices portées par la machine et placées au-dessus des rails ; le courant des bobines réceptrices est amplifié et actionne ensuite des appareils sélecteurs ; ce sont ces derniers qui, suivant la fréquence des pulsations,
- Fig. 4. — Schéma du dispositif d’envoi des signaux dans les rails.
- Sens de manche des trains
- Faits
- Courant continu 12 volts .
- Relais d’occupat0.1
- Tran formateur réactif
- commandent les indications lumineuses et acoustiques du signal d’abri, ainsi que les divers organes de manœuvre (des sifflets, des freins, etc...) ou de contrôle (inscription sur la bande il aman, etc...).
- Le code de correspondance entre les signaux et les fréquences de pulsations est le suivant :
- Voie libre . Préavertissement Avertissement. . Arrêt .
- Ralentissement .
- 180 pulsations par minute
- 120 » »
- jù » »
- absence de courant ou de
- pulsation
- a5 pulsations par minute
- La fréquence 20 peut être superposée aux fréquences 70 ou 180 en vue de superposer « ralentissement » à une indication de block.
- L’absence de courant ou de pulsation étant utilisée dans le code de signaux pour l’indication « arrêt », le système fonctionne sur le principe du « circuit fermé » et, de plus, se trouve protégé contre les courants étrangers, qui sont permanents, et contre les coincements d’appareils provoquant la cessation ou l’altération des pulsations.
- Les courants vagabonds qui peuvent circuler dans les voies, les courants de retour sur les lignes à traction électrique, laissent les appareils insensibles.
- Un train occupant un canton prive de courant les files de rails en arrière de lui : donc un second train entrant dans le canton ne trouvera pas de courant et recevra l’indication « arrêt » : le procédé est simple et sûr.
- .Nous allons donner maintenant les caractéristiques principales des divers éléments utilisés pour la réalisation du système. D’une part le système émetteur de pulsations transmises par les rails, d’autre part
- p.210 - vue 214/439
-
-
-
- 211
- Fig. 6. — Vue du coffre à relais monté sur la locomotive.
- les disposilifs de réception et d’interprétation de ces pulsations sur la locomotive. La figure 2 donne un schéma d’ensemble de ces appareils.
- Le courant alternatif porteur de fréquence industrielle est interrompu par des « pulsateurs » commandés à l’approche des trains ; il y a un pulsateur par fréquence à transmettre et ce pulsateur convenable est sélectionné par les relais du block signal. Un pulsateur se compose (fig. 3) d’un équipage mobile oscillant sous l’action d’un ressort et dont le mouvement est entretenu électriquement par un enroulement alimenté en courant continu (8 ou 12 v). L’axe du pendule porte une came qui coupe périodiquement le courant de la bobine d’entretien.
- La figure 4 montre le schéma du montage électrique. Les pulsateurs A et B alimentés en courant continu ont leurs parties mobiies A' et B' qui coupent à une fréquence de' 180 ou 75 le courant alternatif du secteur. Le relais VP commandé par le signal de voie occupe soit la position 1 (voie libre) soit la position 2 (avertissement) et le courant pulsé sélectionné passe ensuite dans le transformateur réactif T dont le secondaire est relié aux rails de la voie.
- Sur la locomotive se trouve disposé à l’avant un récepteur (fig. 5) qui reçoit par induction le courant qui circule dans les rails.
- 11 est constitué par une barre de fer lamel-lée sur laquelle sont montées deux bobines en série disposées à i5 cm environ au-dessus des rails, protégées contre les obstacles par des plaques d’acier disposées en avant.
- Le courant recueilli est ensuite dirigé vers un coffre à relais (fig. 6) fixé sur l’un des côtés de la locomotive. 11 est muni d’une plate-forme montée sur ressorts pour absorber les chocs et éliminer les vibrations sur les appareils. Ceux-ci se divisent en deux groupes : le premier groupe est un étage
- §.---
- 1nferru ptlgènéra!
- Dynamo 2U volts éclairage
- Dynamo 350 v. pour tension plaque
- Fig. 7. — Schéma électrique de la réception et de l'interprétation des courants de voie.
- d’amplification du faible, courant d’induction recueilli par le récepteur ; le second a pour but, à l’aide de ce courant amplifié mais dont la pulsation n’a pas été modifiée, d’actionner le relais sélecteur correspondant
- Fig. 8. — Les voyants lumineux devant le mécanicien.
- p.211 - vue 215/439
-
-
-
- 212
- Fig. 9. — Vue d'une locomotive équipée avec le signal continu d’abri.
- a celte pulsation ; ce relais commande ensuite tous les appareils (voyants, sifflets, freins, dispositifs enregistreurs, etc.) qui sont nécessaires pour la sécurité de la marche du train. Le schéma figure 2 résume ces diverses opérations et le schéma figure 7 donne le détail du montage électrique.
- Bx et B2 sont les bobines réceptrices montées à l’avant de la locomotive, C1 un condensateur réglable destiné à compenser la capacité entre les fils de liaison à l’amplificateur et la masse métallique de la locomotive. Ce circuit est couplé à l’amplificateur par un filtre d’entrée Fe accordé sur la fréquence de 5o périodes du courant alternatif utilisé.
- Le but de ce filtre est d’éviter toute interférence avec les courants vagabonds pouvant gêner le fonctionnement.
- Le dispositif amplificateur comporte deux tubes 1 et 2 du même type mais utilisés différemment dans les circuits. Le tube du premier étage est monté en amplificateur de tension couplé par transformateur. Le circuit de grille du premier tube est polarisé négativement de quelques volts, de façon que le courant ne passe de la grille au filament que lorsque celle-ci est positive ; la tension fournie par le récepteur est maintenue à peu près constante pour toutes les valeurs du conrant de voie au-dessus d’un minima de fonctionnement.
- Le transformateur TC assure le couplage entre les deux étages d’amplification et l’elie la grille du second tube à un point suffisamment négatif par rapport à son filament pour que, pendant les périodes d’absence du 5o périodes, son courant plaque soit nul, et que pendant ses périodes de présence, ce courant plaque prenne une certaine intensité.
- Le deuxième tube est ainsi monté en détecteur et il en résulte une variation périodique du courant continu de plaque dans le primaire du transformateur principal TS. et la production dans son secondaire et l’enroulement du relais pilote BP d’un courant alternatif de même fréquence que les pulsations reçues.
- Comme ce relais pilote est un relais polarisé à courant continu, et qu’il reçoit du courant alternatif à basse fréquence, il s’excite alternativement en sens opposé et ses contacts passent, à la fréquence des pulsations reçues, d’une position à l’autre. Il envoie alors du courant continu à 24 v alternativement à l’une et l’autre moitié de l’enroulement primaire d’un transformateur sélecteur, inversant ainsi périodiquement son flux et produisant au secondaire un courant alternatif à la fréquence des pulsations reçues.
- C’est ce courant qui alimente les relais sélecteurs par l’intermédiaire des filtres sélecteurs. Par exemple, le relais sélecteur de voie libre (180) est excité par un circuit résonnant formé d’une self et d’une capacité
- p.212 - vue 216/439
-
-
-
- en série accordées sur 180 périodes par minute, de sorte que seul le courant de cette fréquence peut passer dans le circuit.
- Comme le relais d’avertissement (75) n’a pas besoin d’être insensible aux fréquences supérieures, il n’est pas excité par un circuit résonnant mais simplement par une self de stabilisation limitant le courant à la valeur de fonctionnement du relais.
- Tel est le principe de l’indicateur de signaux d’abris Westinghouse. Naturellement nous n’avons considéré que le cas le plus simple, celui de 3 signaux seulement. En général on en ajoute un quatrième, celui de préavertissement. Les voyants lumineux sont placés dans le champ visuel du mécanicien (fig. 8) et un second dispositif devant le chauffeur. Le système est également muni d’un sifflet avertisseur, mis en action lors du passage d’une indication à une autre plus res-
- .. ==r——.......: 213 ==
- trictive, et qui ne s’arrête que lorsque le mécanicien a actionné le levier de réception.
- On peut même, par l’addition de certains organes, agir sur les freins indépendamment du mécanicien ; par exemple, lorsque l’on passe d’un signal à un autre plus restrictif, le train sera amené automatiquement à l’arrêt si dans un délai de 6 s après le changement d’indication le mécanicien n’a pas manœuvré le levier de réception, ou sa vitesse sera réduite à une valeur compatible avec l’indication du signal.
- Ce système qui donne une sécurité p.ai'faite est largement employé en Amérique où, sur certaines lignes, il a même conduit à supprimer purement et simplement les signaux de voie. Essayé en France, il est certain qu’il se généralisera et rendra encore plus sûre l’exploitation de notre réseau ferroviaire.
- H. Vigneron.
- LA NAISSANCE DTJNE VILLE AU SAHARA
- Le grand désert africain est loin d’avoir l’aspect monotone qu’on lui prête : c’est l’impression qui s’accentue de jour en jour pour nous, à mesure que l’autocar nous emporte plus loin vers le Sud. Montagnes déchiquetées par l’érosion, dunes de sable d’or qui prennent les dimensions de collines, plaines de gravier que verdissent çà et là de minuscules arbrisseaux, vastes étendues qui luisent sous le soleil comme des lacs d’eau limpide, bien qu’elles ne soient que des étangs asséchés, aux lits imprégnés de sel, nous avons vu le Sahara sous tous ces aspects, entre Bou-Saada et Touggourt, non sans nous attarder près de ces prestigieuses mers de verdure que sont les oasis.
- Laissant Touggourt et ses belles palmeraies, nous ne lardons pas à trouver d’autres catégories de paysages sahariens. Voici d’abord, dans un cadre de terre calcinée, le joli village de Témassine, encerclé de hautes murailles, près de sa forêt de dattiers. La piste traverse le lit asséché d’un chott (étang), puis rencontre quelques villages et autant d’oasis, avant d’aborder une région de dunes qui lui impose un véritable profil de « montagnes russes ». Le guide attire notre attention sur un hameau ruiné que nous apercevons à quelque distance : il fut abandonné par ses habitants, à la suite d’une invasion de scorpions. Plus loin, une palmeraie se meurt, tuée lentement par la raréfaction de ses eaux souterraines ; et c’est un spectacle poignant que la vue de ces dattiers réduits, pour la plupart, à l’état de troncs ébranchés. Plus loin encore, c’est, en guise de contraste, la naissance d’une palmeraie 1 un puits artésien a fait surgir une source ; l’eau opère son miracle ; les dattiers produiront leur première récolte dans un an ou deux, près du village qui s’édifie. Les foreurs du Gouvernement général de l’Algérie savent créer de la vie dans ces champs de mort...
- Nous traversons depuis plus d’une heure un plateau légèrement ondulé, dont le sable fin fait parfois pati-
- ner nos roues, sauf sur les sections de piste où des revêtements de drinn (plante saharienne) donnent au sol quelque solidité. C’est bien du désert absolu que nous parcourons là : toutes traces de végétation ont disparu... Et soudain — esb-ce un mirage ? — des palmes d’un beau ver Use dressent auVas de l’horizon, sur notre droite. - > >•'
- Un phénomène inattendu s’offre à nos yeux : c’est un entonnoir dont le diamètre supérieur mesure une cinquantaine de mètres. Les parois abruptes encerclent, à 10 ou 12 m de profondeur, une miniature de lac autour duquel se groupent à l’étroit une vingtaine de robustes dattiers. Notre descente fait envoler deux ou trois oiselets de livrée sombre ; tout en faisant honneur à notre collation d’œufs durs, de viande froide et de fruits, nous remarquons d’autres signes de vie animale au creux de ce refuge : des fourmis noires de taille médiocre semblent guetter déjà les reliefs de notre repas ; de menus insectes aquatiques s’ébattent sur la surface de la mare (guelta est le terme saharien). Je jette vainement des miettes de pain dans l’eau limpide, avec l’espoir que l’appât y révélerait l’existence de menus poissons.
- Le plus majestueux des vingt dattiers est l’objet d’un culte : les nomades l’ont élevé au rang d'arbre-marabout, ainsi qu’en témoignent les verroteries et autres amulettes accrochées à son tronc. Fasse le Ciel que les djinns ne m’en gardent pas rancune ! Je ne puis résister à la tentation d’emporter un de ces primitifs ex-voto, en souvenir de ce lieu charmant qui doit être la plus petite oasis saharienne.
- AUX ABORDS D’OUARGLA
- Sans trop nous attarder en ce minuscule éden (car nous avons encore 80 km à franchir pour atteindre Ouargla), nous reprenons la piste. Le chauffeur sait qu’elle présente maints passages laborieux, et la pers-
- p.213 - vue 217/439
-
-
-
- —— 214 ... ...... .......... : —
- peclive de les aborder après la chute du jour ne lui dit rien qui vaille.
- Les caravanes que nous rencontrons, comme nous l’avons fait depuis Biskra, ne lassent pas notre attention. Elles ont chacune leur caractère et, dans leur ensemble comme par leur aspect respectif, elles nous révèlent un peu de la vie des nomades sahariens. Voici une tribu en marche, au pas cadencé de ses cinq ou six douzaines de dromadaires ; les hommes vont à pied, et certains portent fièrement le fusil à la bretelle', privilège qu’ils ont gagné en servant sous nos drapeaux les femmes et les jeunes enfants demeurent cachés dans les bassours, palanquins de forme curieuse juchés sur l’échine de deux ou trois montures ; des. chèvres et des ânes complètent le pittoresque défilé.
- Les tapis enveloppant les ballots fournissent une indication sur le degré de prospérité de la bande. Voici une caravane dont nous comptons les n5 cha-^ meaiix de charge et. les 6 magnifiques mehara que montent le chef de tribu et ses proches parents mâles. Les bassours sont couverts d’étoffes multicolores et finement tissées ; des serviteurs tiennent en laisse de beaux lévriers au pelage blanc.
- Le plus souvent, ce sont des caravanes de commerce que nous rencontrons : de io à 20 chameaux qui transportent du sel ou des dattes. Si nous commets tons l’imprudence de descendi'e de voiture pour distribuer des cigarettes aux conducteurs, les mains acceptent volontiers le présent, mais se tendent à nouveau en réclamant des sous. Et notre guide nous traduit la foimule d’adieux que nous adresse, entre deux éclats de rire, le chef d’une de ces caravanes :
- — Vous êtes tous bien gentils, mais vous ne donnez pas assez d'argent !
- Vous-abordons la région redoutée : celle où l’enlisement guette les voitui’es, les légères presque autant que les lourdes. Les autorités militaires d'Ouargla poursuivent des essais pour triompher de la mauvaise qualité des sables : outre les secteurs tapissés de clrinn, il en est 5 autres que l’on a bitumés ; mais leur longueur totale ne dépasse pas 6 km — ce qui laisse une trop ample marge pour les incidents !
- On s’amuse du premier qui se produit : l’autocar s’est immobilisé en un arrêt brutal. Tout le monde met la main à la pâte. Les pelles déblayent le sable devant les quatre roues ; les deux longues bandes de fil de fer aux grosses mailles sont étendues en bonne place ; on s’arcboute à tous les points d’appui ; on seconde de tout son poids et de toutes ses forces les tentatives du chauffeur ; et il faut s’y reprendre à deux fois, à trois fois, avant d’ébranler le pesant véhicule... Au quatrième enlisement, on commence à se demander quand cessera cette plaisanterie désertique... Hélas ! Nous serons privés du spectacle que l’on nous avait promis : Ouargla incendiée par le coucher de soleil... Le jour tombe, et nous ne sommes encore qu’aux « Trois Pitons », qui dressent leurs silhouettes quasi volcaniques sur le ciel obscurci...
- Enfin, , nous saluons dans la nuit les premiers palmiers d'Ouargla, reine des oasis sahariennes...
- VIEILLE CAPITALE ET JEUNE MÉTROPOLE
- Le passé d’Ouargla s’ensevelit dans la préhistoire : des races dont on ignore jusqu’ici les origines ethniques ont laissé en cette région d’abondants dépôts d’aimes de pierre et des roches gravées de silhouettes d’animaux, disparus depuis longtemps du Sahara. Sa période historique ne débute qu’au xe siècle de notre ère. Une secte d’hérétiques musulmans, persécutés par les orthodoxes, avait émigré, au vme siècle, du Tell constantinois pour aller fonder un royaume à Tiaret (région des Hauts Palteaux de l’Oranie). Contraints à fuir de nouveau, les « Ibadites » retraversèrent l’Afrique du Nord et s’établirent dans le pays d’Ouargla, où ils bâtirent plusieurs villes dont il l’este des ruines importantes. Ce ne fut qu’une pause d’une centaine d’années ; au cours du xi° siècle, en but une fois encore à la haine de leurs ennemis, ils se réfugièrent dans cette âpre contrée qu’est le Mzab, où ils connurent enfin la paix. Ils y fondèrent quelques villes, actuellement au nombre de sept, qui sont bien les plus curieuses cités du Sahara.
- Je voudrais ouvrir ici une parenthèse au sujet de ce peuple des Mzabites. que l’on s’entête, en Algérie, à considérer comme des membres de la grande famille berbère, sous prétexte qu’ils parlent un dialecte apparenté au kabyle ; mais la langue n’est pas toujours l’indice de la race ; un peuple peut adopter le parler d’un vainqueur ou d’un voisin.
- En maintes occasions, j’avais étudié ceux des innombrables Mzabites qui s’établissent temporairement dans les villes du Tell (Alger, Oran, Mostaga-nem, etc.) où ils monopolisent certains commerces de détail ; et je viens de visiter le Mzab. Ma conviction est faite : ce peuple descend en ligne directe des Carthaginois, dont les survivants furent chassés par Rome dans l’intérieur des terres. Le faciès est identique à celui des petites colonies phéniciennes que j’ai vues, çà et là sur le littoral syrien, et l’âpreté au gain des Mzabites, leur sens aigu du commerce, achèvent de les rattacher à ce peuple de commerçants que furent les Phéniciens. La question des langues peut recevoir une solution logique : expulsés du littoral méditerranéen, vivant désormais parmi les tribus berbères, les ancêtres des Mzabites leur empruntèrent les éléments d’une langue auxquels ils adjoignirent, sous forme de mots à racines sémitiques, de nombreux résidus de leur parler national.
- J'enregistrerai une dernière observation : le portail de plusieurs vieilles maisons d’Ouargla s’oi’ne du signe de Tanit, symbole de caractère sexuel que l’on a retrouvé dans les ruines de Carthage, dont Tanit était la déesse-patronne. Il y a donc là un ensemble de faits qui mériteraient une étude approfondie.
- Nous ne décrirons pas la ville indigène, reconstruite trois ou quatre siècles après le départ des Mza-
- p.214 - vue 218/439
-
-
-
- biles. remplacés par des peuplades négroïdes que l’on croit originaires dTllhiopie. Protégée par de hautes murailles, l’agglomération compte six; milliers d’ha-bitauls. L’enchevêtrement des ruelles et des allées couvertes présente un ensemble des plus pittoresques. Revivifiées par les forages qu'ont multipliés les ingénieur.' algériens,, les palmeraies forment une forêt immense : dans'un rayon de i5 à 16 km, plus d’un
- :r..::::.: ....-...:... =r: : 215 =
- quelques bâtiments, éparpillés dans le « bled » désertique. Le colonel Carbillet, qui venait de donner ses preuves, au Djebel-Druse, en tant qu’organisateur et « urbaniste », fut nommé commandant militaire du Territoire des Oasis et se mit aussitôt à l’œuvre, dans sa nouvelle résidence. A la fin de cette même année 1928, le bordj (fig. 1) se flanquait déjà d’une infirmerie (à droite) et d’une maison d’officier. La
- Fig. 1. — La naissance de la nouvelle Ouargla, juillet 1928.
- Le borclj Lntaud est construit : à droite, l’infirmerie achevée ; à gauche, un bâtiment d’officier en construction.
- Fi,,. 2. — Juillet i930. Le cadre de la future cité se dessine ; une colonne limite l’emplacement de la cité administrative,
- un hémicycle limite la future cité militaire.
- Fig. 3. — En 1931.
- Fig. I. — L’aspect actuel de la nouvelle Ouargla.
- million de dattiers sont en plein rapport, et de beaux cl fertiles jardins maraîchers s’allongent entre les rangées cl’arbres.
- C'est à moins de 2 km au sud de la vieille cité que s'étend la ville nouvelle, conception qui rappelle les créations du maréchal Lyautey au Maroc. Les quatre photographies aériennes que nous reproduisons vont nous permettre d’assister à sa naissance et de suivre, pour ainsi dire pas à pas, son épanouissement.
- SOLDATS-ARCHITECTES
- En juillet 1928, l'emplacement de la future cité notait indiqué que par un fort, le bordj Lutaud, et
- piste longeant la façade du bordj, et qui n’était encore que tout juste indiquée, se voyait audacieusement baptiser « Avenue Laperrine ». Perpendiculaire à celle-ci, une seconde piste reliait le bordj au premier village indigène.
- L’ordre vint d’Alger de constrqire un nouveau groupe scolaire ; on lui avait choisi un emplacement qui ne pouvait qu’ajouter à l’éparpillement des constructions. Mais le colonel Carbillet avait arrêté déjà son plan : grouper tous les bâtiments sur un axe unique, ce qui donnerait un ensemble harmonieux, tout en facilitant plus tard la distribution de l’eau et de l’électricité. Il retint comme axe cette seconde piste que nous venons de mentionner et qui reçut le
- p.215 - vue 219/439
-
-
-
- = 216 .........==:—......... y-......=:::::
- nom d’Avenue Carde. Après quelques mois de discussion, le Gouvernement général accepta ses plans.
- Notre deuxième photographie (fig. 2) montre l’état de la cité naissante en 1930. Des colonnades de pierre blanche en fixent les bornes. Des villas, logements des instituteurs, font face au groupe scolaire. Le bordj Lutaud s’est complété d’un hémicycle devant lequel un parc commence à s’indiquer. Sur cette même image, on voit nettement Ouargla, ses minarets et une partie de sa vaste oasis. Un an plus tard (fig. 3), les constructions se sont multipliées, de chaque côté de l’Avenue Carde ; accompagnées de jardinets qui sont encore en herbe, la plupart sont des logis de sous-officiers.
- Enfin, voici la ville éclose (fig 4), telle que nous l’avons vue le i5 décembre 1937. Au long de son axe, elle se prolonge jusqu’aux abords immédiats de la ville indigène. Un stade, une maison des hôtes (le Dar-Diaf), quatre villas pour officiers, dix pour sous-officiers, trois pour secrétaires civils, une église, des magasins’et ateliers,»des garages, se groupent harmonieusement autour d’un parc qui prend bonne tournure. Deux piscines en plein air (on en distingue une au premier plan, à droite du bordj Lutaud) servent à deux fins : aux baignades et à l’arrosage des jardins. Nous avons même visité le « Musée Saharien » : le colonel Carbillet et ses collaborateurs y ''réunissent tous les objets et 'documents qu’ils peuvent obtenir sur l’histoire du -grand désert (armes de pierre, ossements fossiles, manuscrits d’explorateurs, photographies, etc.).
- *
- Nous précisei’ons que cette ville s’est construite avec un minimum de dépenses, conformément au très modeste budget dont disposait son créateur. C’est lui, ses officiers et ses sous-officiers qui, faisant fonctions d’architectes, ont dessiné les plans des constructions, en s’efforçant (problème ardu) d’en varier les styles, tout en leur consei'vant un caractère saharien ; et ce sont les soldats de la Légion qui, presque toujours, ont manié la pioche et la truelle. Nous les avons vus à l'œuvre, chantant sous un soleil qui, bien qu’hivernal, faisait ruisseler la sueur sur leur buste nu.
- Je n’ai pas parlé du champ de courses, dont s’enorgueillit la nouvelle cité. Il ne s’agit pas d’encoui'ager l’élevage de la race chevaline, pauvrement représentée djans les régions sahariennes : ce fut à des courses de méhara que nous fûmes conviés. Spectacle du plus vif intérêt : montés par des nomades de pure race arabe (de la tribu des Chaamba), ces dromadaii'es de haute taille et de formes sveltes nous montrèrent la vitesse l’emarquable que peuvent atteindre ces montures d’élite.
- Les fêtes indigènes auxquelles nous assistâmes mériteraient une description, si nous en avions ici la place. Elles présentent un intérêt ethnologique qui fait de ces manifestations autant de choses uniques dans tout le continent africain. Ce sont probablement les survivances de cultes disparus : danses étranges, qu’exécutent des liommes déguisés, qui prennent le caractère de pantomimes et dont on voudrait connaître l’antique signification.
- *= Victor Forbin.
- AUPRÈS D'UN NID
- Les amis des Oiseaux ont braqué leur objectif sur des berceaux aériens. Parmi les clichés pris par mon collègue, M. André Labitte, ornithologiste distingué, en voici deux qui mettent en scène la Mésange à longue queue ou Orite longi-caude, ou plutôt Ægithale à longue queue. Harmonie de gris, de blanc et de noir qu’un soupçon de rose égaie, léger flocon de plumes qu’un souffle d’air ébouriffe, équilibré par une élégante queue, ce gracieux oiseau construit, comme l’on sait, un nid en forme de bourse, ouvert sur le côté où trouvent le moyen de tenir de nombreux petits. C’est généralement le mâle qui se met en quête des matériaux de construction, que sa compagne dispose avec art. La figure 1 montre le jeune époux, le 31 mars; il porte en son bec menu, une plume blanche piquée d’un point noir, qui lui a paru jolie et douce à souhait pour matelasser le nid qui abritera les œufs rosés, puis les petits. Le 10 mai suivant, sur la même branche de poirier que le printemps a garnie de feuilles, la même Mésange, devenue chef de famille, s’est posée, tenant au bec un Insecte destiné à ses enfants.
- Le fait d’avoir réussi à photographier un Oiseau minuscule, fugitif, deux fois, à la même place, et à quelques mois d’intervalle méritait d’être présenté ici. A. Feuillée-Billot.
- Fig. 1 et 2. — La même Mésange sur le même arbre, phologruphièe deux fois à quarante jours d’intervalle.
- (Clichés A. Labitte).
- p.216 - vue 220/439
-
-
-
- 217
- NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES =
- LES MARIONNETTES A L'EXPOSITION
- J’ai vu par les lctlres reçues que beaucoup de lecteurs de La Nature se sont vivement intéressés aux marionnettes ; ils ont suivi avec attention la naissance et la vie de ces petits bonshommes : j’ai pensé qu’ils seraient heureux
- de connaître leur existence à l’étranger, aussi la présentation à l’Exposition des Arts et Techniques d e nombreux spectacles de marionnettes venues de p a y s différents était une occasion unique de comparer les présentations fran-Fig. 1. - Marionnettes anglaises. çaises et de faire
- notre profit des
- perfectionnements ou des nouveautés que nous devions certainement trouver dans une pareille réunion.
- Les pays étrangers étaient nombreux et l’on pouvait
- espérer voir les marionnettes types de chaque pays dans leur cadre ordinaire : Punch et Judy d’Angleterre, le plus souvent en marionnettes à main (fig. i), Hanswurt (Jean Boudin) d’Allemagne, Kasperlc d’Autriche, Jean Klæssen de Hollande, Caragheuz de Turquie, les marionnettes japonaises, les chinoises portatives, sur le dos de leur montreur (fig. 2), les Javanaises, etc. Je croyais pouvoir comparer la technique des différents pays sur cet intéressant sujet et pour cela trouver séparés les théâtres de marionnettes à main des marionnettes à fil. Pêle-mêle, avec les fils, nous avons eu * les
- Guignols lyonnais, les Marionnettes du Luxembourg, etc.
- Cerlainemenl, tout cela a été bien présenté, il en est venu de tous les pays cités ci-dessus, il en est venu de Suisse, de Belgique et la France aussi a fourni son contingent avec les Cabotins d’Amiens, avec les Étudiants de Nancy, les Compagnons de la Marionnette, etc., mais on doit constater qu’elles ont toutes un air de famille dans le cadre unique qui leur servait et que les présentateurs se sont évertués à nous donner surtout des pièces à spectacle avec plus ou moins de mise en scène : nous avons eu La vie de Mozart, Le Docteur Faust, Don Quichotte, La Tragédie de Vhomme, Tanotos le Passager (pour les adultes seulement !).
- Si nous considérons les résultats obtenus, nous mettons à peu près sur le même plan tout ce qui nous a été pré-
- Fig. 3. — Quelques marionnettes françaises.
- sonté, ne nous occupant que de la marionnette et non des pièces exécutées, mais je dois constater que les marionnettes françaises, je ne dirai pas populaires, mais particulières de quelques amateurs n’ont rien à envier à celles des autres pays. Elles ont atteint un degré de perfection et de vérité qui ne peut guère être dépassé. La figure 3 reproduit quelques types bien frappés; tout est réussi, le costume, Ja tête, la pose. Voyons-les en couleur, c’est'la perfection. Au centre n’est-ce pas un Mascarille parfait qui fait revivre Coquelin aîné dans la mémoire des anciens, Bruno dans celle des jeunes. Molière peut vivre dans ces petits personnages.
- Le prestidigitateur Albeb.
- Fig. 2. — Marionnettes chinoises.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- , MORTIERS A L’ALBUMINE
- La qualité des ciments laisse souvent à désirer. On s’en aperçoit en particulier par la fissuration au moins superficielle du béton des cuves à vin des régions méditerranéennes. Ce défaut des « chapes » provient en partie de la présence de chaux vive et de sels « expansifs ». La présence de matières organiques peut y obvier en créant des surfaces vernies.
- Certaines, comme l’albumine, augmentent en outre la résistance des mortiers à la traction. Cette propriété était déjà connue des Romains pour l’exécution de leurs mortiers de
- chaux et brique pilée dits « ciments romains ». Avant lu cette recette dans Yitruve, M. Ch. Berlin et M. de Gunneman ajoutèrent o pour 100 de blanc d’œuf à l’eau de gâchage de quatre éprouvettes qui furent « oubliées » pendant 13 ans. Après quoi elles donnaient des résistances à la traction de ? à 22 kgr (moyenne. 14 kgr 8), alors que les quatre éprouvettes témoin n’accusaient que 3 à 9 kgr (moyenne 0 kgr 9). Le blanc d’œuf coûte cher, mais on pourrait sans doute essayer d’autres albumines et économiser aussi sur l’épaisseur des cloisons puisqu’elles sont plus solides.
- Pierre Larue.
- p.217 - vue 221/439
-
-
-
- 218 BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI J938 (’)
- Il y a lieu de signaler, ce mois-ci, deux éclipses, la première de Lune, le i4 mai; la seconde de Soleil, le 29 mai, toutes deux invisibles en France. Bonne élongation de Mex’cure, le malin (observer cette planète dans le jour). Deux conjonctions intéressantes de Vénus : avec la Lune, le Ier mai et avec Mars, le 7 mai. Voici le détail des obser-vations à faire.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, variera de + i4°58/ le ier à + 2i°02/ le 01. Durée du jour : le icr mai : i4h3om; le 31 mai : i5h47m.
- Fig. 1. — Divers aspects de la planète Vénus au cours de l’année 1938 (images renversées, telles qxxe les montrent les lunettes astronomiques. Le Sud est en haut). Le dessin n° 5 donne l'aspect de Vénus le 10 mai 1938 (D’après l’Annuaire astronomique Flammarion).
- Voici, de 3 exx 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Mai Heure du passage Date : Mai Heure du passage Date : Mai Heure du passage
- 1er 1 17m45s i3 11 l>46m53s 25 I 1 h47ni22S
- 4 ix47 25 16 1 t 46 53 28 11 47 42
- 7 it4? 10 J9 11 46 58 3i 1148 6
- 10 x 1 46 5q 22 1 1 47 8
- Observations physiques. — Obsener chaque jour le Soleil. Voici la suite des l'cnseignements permettant d’orienter les dessins et photographies du Soleil :
- Date P B0 Lo
- Mai 5 — 23°r>9 0 - s;74 260^07
- — 1 0 — 22,4y 0 — 3,19 i93,97
- — i5 — 21,22 0 - 2,64 127,84
- —- 20 — 19-78 0 — 2,06 61,70
- — ?5 — 1 b,19 0 - 1,48 335,55
- — 3o — 16,45 0 — 0,88 289,39
- I. Toutes les heures'mentionnées en ce « Bulletin astronomique » sont données en Temps universel (T. IL), compté de 0h à Mh. à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de l’Heure d’Eté, ajouter 1 heure à toutes, les heures de ce Bulletin.
- Lumière zodiacale. — En raison de la longueur des jours, la lumière zodiacale, en France, n’est plus visible ce mois-ci.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil se produira le 29 mai. Elle sera invisible à Pai’is. La plus grande partie de celte éclipse se déroulera dans la partie austxvxle de l’Océan Atlantique. L’éclipse sera visible du Sud de l’Amérique du Sud et du Sud de l’Afrique. Grandeur maxirna de l’éclipse : 1,028, le diamèti’e du Soleil étant pris pour unité. Plus grande dui’ée de la phase totale : 4m4s. Début de l’éclipse à nh46m,2 ; phase maxirna à i3h49m,9 ! fin à x5h53m,G.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune, en mai :
- P. Q. le 6, à 21I124111 I D. Q. le 22 à 12i'36m
- P. L. le 14, à 8h39m l N. L. le 29, à i4l) o«>
- Age de la Lune, le 1e1' mai, ù o11 = 0L8; le 3o mai, à o’1 = oj,4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 2 mai, ù 2111 = + 2i°o/; le 16 mai, à 1211 = — 2i°o/; le 00 mai, à 6h = + 2i°o/.
- Périgée de la Lune (plus petite dislance à la Terre), le
- 2 mai, à i3h; parallaxe = GoGp"; distance = 363.551 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), ic
- 18 mai, à 911 ; parallaxe = 54/5// ; distance = 4o5.445 km.
- Périgée de la Lune, le 3o mai, à 1711; parallaxe = 6i/2,/ ; distance = 369.276 km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Date
- Étoile
- Magni- Phéno-,,----— Heyrej_______
- tude mène Paris Uccle
- Mai 2 106 Taureau
- — 3 68 Orion
- — 5 1775 B. D. + i5°
- — 8 2495 B. D. io
- — 8 2502 B. D. -f- 10
- — 12 3817 B. D. — i5°
- — 17 58 Ophinchus
- — 18 5 l 89 B. D. — 200
- 5m,3 Imm. 20'x 8m,4 20’1 6m,4
- 5 7 Imm. 20 44 8 20 44 2
- 6 1 Imm. 20 2i 7 20 23 9
- 6 3 Imm. 21 1 5 21 3 7
- 6 9 Imm. 23 32 1 23 3o 1
- 5 1 Imm. 21 2 4 23 58 8
- 4 9 Ern. 1 42 8 1 46 4
- 6 5 Em. — 1 52 6
- Éclipse de Lune. — Une éclipse totale de Lune se prodxiira le i4 mai, elle sera invisible en France. L’entrée de la Lune daixs la pénombre aura lieu à 5h44ra,4; le milieu de l’éclipse à 8h43m,6 et la sortie de la pénombre à 1 ih4am,8. Grandeur de l’éclipse = 1,110, le diamètre de la Lune étant pris pour unité. Cette éclipse sera visible en Amérique, daixs l’Océan Antarctique, en Austi'alie et à l’exlrème Nord-Est de l’Asie.
- Marées. -— Les plus grandes marées du mois se produiront tout à fait au début (cocflicient 102 centièmes) puis à la fin du mois.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de mai. Ses données sont empruntées à l'Annuaire astronomique Flammarion.
- p.218 - vue 222/439
-
-
-
- 219
- ASTRE
- Soleil .
- Mercure
- Vénus .
- Mars .
- Jupiter
- Saturne
- Uranus,
- Neptune
- Date
- Mai
- ')
- 1
- i3
- s5
- i
- i3
- 25
- i
- i3
- 25
- i
- i3
- 25
- i3
- i3
- i
- 3i
- i
- 3i
- Lever à Paris
- 4b33m 4 i4
- 4 o
- 4 9 3 37
- 3 i5
- 5 26 5 24 5 32
- 5 35 5 i5
- 4 57
- 1 33
- 3 4
- 4 43
- 2 49
- 14 6
- 12 7
- Passage au méridien de Paris
- 12 10
- 22
- I iiï47m45s xi 46 53 ix 47
- 10 53
- 10 16 10 12
- i3 14
- i3 29 i3 46
- i3 20 i3 16 i3 4
- 6 38
- 9 21 0 9
- 20 34 18 35
- Coucher à Paris
- 1 gh 3m ig 20 ig 36
- 17 36
- 16 55
- 17 10
- 21 4
- 21 35 21 5g
- 21 22 21 18 21 ii
- n 44
- 15 3g
- *9 n
- 17 29
- 3 6
- 1 8
- Ascen-
- sion
- droite
- 2h32m
- 3 19
- 4 6
- 1 38
- 1 46
- 2 29
- 3 56
- 4 58 6 2
- 4 12
- 4 47
- 5 22
- 22 9 O 52
- 2 45 2 5l
- I I 20
- II ig
- Déclinai-
- son
- 4- i4°58'
- -j- 18 17
- 4- 20 53
- 4-95
- 4- 7 39
- + 11 17
- -j- 20 5o -j- 23 37 + 24 49
- -f- 2 1 45 -j- 23 6 -j- 23 58
- +
- 12 17 3 11
- 15 32
- 16 2
- 5 34 5 38
- Diamètre
- apparent
- 3x' 47"4 3i 42,2 3i 37,6
- n,4
- 9?2
- 1À
- io,8
- 11,2
- 11,6
- 3,8
- 3,8
- 3,8
- 36,o
- i4,ô
- 3,4
- 3.4
- 2.4
- 2,4
- Constellation et étoile voisine
- VISIBILITÉ
- Bélier
- Bélier
- Taureau
- 0 Poissons 1 0 Poissons p. Baleine
- Pléiades t Taureau ïj Gémeaux
- 43 Taureau t Taureau Taureau
- £ Capricorne 3 Poissons
- a Bélier cr Bélier
- <7 Lion cr Lion
- Le matin plus grande élong’alion le 19.
- Très belle, le soir dans le crépuscule.
- Inobservable.
- Le matin. Inobservable.
- Inobservable.
- Bien visible le soir.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du malin, le 19 mai. à 25°25/ à l’Ouest du Soleil. On pourra donc
- l'obier vei quelques jours avant et après le 19 mai.
- Fraction illuminée Magni- tude Fraction illuminée Magni- tude
- Date du disque stellaire Date du disque stellaire
- Mai 1 0,077 -f- 2,1 Mai 21 0,424 4- 0,7
- — 6 0, i58 + 156 — 26 0,5l2 + 0,4
- — 1 r — 16 0,247 o,336 + 1,2 + 0,9 — 3i 0,608 0,0
- Vénus devient bien visible, le soir, dans le crépuscule (voir hg. 1).
- Mars est inobservable.
- Vesta, la petite planète n° 4, passera en opposition avec le Soleil le 21 mai. Elle sc trouvera alors tout près de l'étoile £ du Scorpion, de 4e magnitude (voir la carte de son mouvement sur le ciel donnée au précédent a Bulletin astronomique » (n° 8020, p. i55). Vesta, au moment de son opposition, atteindra la magnitude 5m,9 et sera visible à
- ail rui.
- Jupiter va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 22 mai, à i5h. On peut maintenant l’observer à la lin tic la nuit. Voici quelques-phénomènes produits par les satellites :
- Mai é, II. 0. c. oho2n\ — 6, II. Em. 3h4im. — 12, I. E. c. 3h2S-n.5. — 13, I. 0. f. 31]om. — 20, I. O. c. 2h38m ; II. E. c. 3h2Xm,6. — 21, I. Em. 3!l3am. — 22, IL P. f. 3h43m. — 24. IV, -E. c. 2h3gm,7. — 28, I. E. c. ih45m,i. — 29, I. P. f. 2h35m ; il. P. c. 3h28m ; II. 0. f. 3h35m. — 31, III. 0. f. 2h4om.
- Saturne est inobservable. Voici les éléments de l’anneau pour le 16 mai :
- Grand axe extérieur ........ 36",84
- Petit axe extérieur.............................— 6",o4
- Hauteur de la Terre au-dessus du pian de
- l’anneau . — 9°,432
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.....................................— 70,515
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 4 mai, à 2011, et sera inobservable.
- Neptune, dans le Lion, pourra être trouvé au moyen de la petite carte donnée au n° 001S, p. 91.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1, à igh, Vénus en conjonc. Le 2, à ih, Mars • —
- Le 7, à 23h, Vénus '—
- Le 9, à 12h, Neptune —
- Le 22, à 17I1, Jupiter —
- Le 26, à 2h, Saturne —
- Le 27, à 23b, Mercure —
- Le 28, à 2h, Uranus —
- Le 29, à ioh, Mercure —
- Le 3o, à i8h, Mars —=
- Le 3i, à i6h, Vénus —
- avec la Lune, à 0057' N. la Lune, à 1027' N. Mars, à o° 2' N. la Lune à 6°29' N. la Lune, à 6°32' S. la Lune, à 6° 9' S. la Lune, à 4024, S. la Lune, à 1029' N. Uranus, à 2o35' S. la Lune, à 3020' N. la Lune, à 5° 7' N.
- Étoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure(T.U-) Temps sidéral à oh pour le méridien de Greenwich
- Mai 1 Inférieur 22li54m42s 14R33m 4S
- — I X — 22 i5 28 i5 12 29
- — 21 — 21 36 17 i5 5i 55
- — 31 — 20 57 7 16 3i 20
- Étoiles variables. — Le 27 mai, maximum d’éclat de R Aigle, variable de 5m,5 à nm,8 en 3oi jours.
- Minima d’éclat de Lyre, variable de 3m,5 à 4m,i en i2i2ll48m : 4 mai, vers i9hi2m; 17 mai, vers I9hi2m; 3o mai, vers 16h48m.
- Étoiles filantes. — Du 1e1' au 6 mai, observer les Aqua-îides, radiant situé près de l’étoile r, Verseau.
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste le xer mai, à 23h ou le i5 mai, à 22h :
- .4u Zénith : X Hercule; autour du Zénith : la Grande Ourse ; le Bouvier Hercule ; les Chiens de chasse ; la Chevelure.
- Au Nord ; La Pelile Ourse; la Girafe; Céphée ; Cassiopée; le Cygne.
- A l’Est : Le Sagittaire; le Scorpion; l’Aigle; la Lyre; Opliiuclius.
- Au Sud : La Vierge; la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : Le Cocher : Capella, a du Cocher, frôle l’horizon nord à la latitude de Paris.
- Em. Touchet.
- p.219 - vue 223/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 janvier 1908.
- Le delta du Niger. — M. Enikoff a étudié le delta du Niger et plus spécialement les sols qui le composent. Cette région est soumise à des pluies estivales de l’ordre de 05o mm suivies d’une période d’inondation. Ces conditions ont largement influé sur les formations ainsi que l’hydrographie et la topographie locales. Dans ces conditions de nombreuses variétés de sols se sont formées. La latérisation actuelle est pratiquement nulle. Le caractère général de ces sols est leur amélioration agricole très rapide par apport d’une faible quantité d’engrais. De même leur épuisement par des cultures intensives n’est pas sensible.
- La « tremblante » du mouton. —. MM. Cuillk et Chellf. confirment leurs précédents résultats positifs sur la transmissibilité de la « tremblante » du mouton. Il leur a été possible de réaliser un deuxième passage. Les inoculations peuvent avoir lieu indifféremment par voie épidurale, sous-cutanée ou inbra-oeulairc avec les émulsions cérébrales ou médullaires. L’incubation est longue, elle dure de un à deux ans; il est possible qu’elle soit encore plus longue dans certains cas. Néanmoins les auteurs ont obtenu l’apparition de la maladie dans plus de la moitié des animaux inoculés.
- Séan.'.e du 10 janvier 1908.
- Rayonnement des diélectriques. — M. Reboul a montré que les isolants électrisés par frottement émettent un rayonnement. M. Perrier, a étudié cette émission et a trouvé qu’elle est constituée de radiations peu pénétrantes ne provoquant pas la fluorescence ; il ne lui a été possible de la déceler que par son action ionisante sur une chambre protégée électrostatiquement par une grille. L’auteur montre qu’il est toujours possible de trouver des grilles donnant une protection suffisante, ceci doit cependant être vérifié dans chaque expérience. L’absorption du rayonnement par l’air est facile à mesurer, les coefficients obtenus croissent pendant les i5 premières minutes et varient sensiblement avec le diélectrique étudié; les chiffres les plus élevés ont été obtenus avec la paraffine. On peut déduire de ces mesures qu’il s’agit d’un rayonnement intermédiaire dont la longueur d’onde doit toutefois être plus petite que celle du proche ultra-violet.
- La betterave en milieu liquide. — M. Mu ne bâti est parvenu, en partant de betteraves ayant évolué vers l’annualité, à les cultiver de graine à graine sur une solution de sels minéraux. Suivant les conditions de cette culture (serre ou plein air), la durée de l’évolution totale varie dans de très larges limites (de 2 h 6 mois). D’une façon générale le pivot s’atrophie et est remplacé par de nombreuses et minces racines.
- La carence azotée. — La carence d’azote provoque chez le rat la mort après perte de la moitié du poids et du tiers de l’azote. Mme et M. Roche, Mme Dbouineatj et M. Pas-selaigue ont étudié comment cette évolution peut être arrêtée quand les animaux ont perdu de 3o à 4o pour 100 de leur poids. Ils introduisent alors dans leurs rations diverses protéines, soit impropres à la croissance et à l’entretien (gélatine), soit propres à l’entretien (gliadine), soit propres à la croissance (lysine). Les auteurs annoncent que dans tous les cas il n’a pas été possible d’empêcher une évolution rapide vers la mort. Au début on observe une certaine rétention de l’azote mais les bilans ne tardent pas à rede-
- venir négatifs. En associant gliadine et lysine dans la ration on n'obtient même pas une survie sensiblement plus longue qu’avec la gélatine. 11 est donc probable qu'au cours de la première phase de la carence azotée il y a destruction d’un facteur de l’assimilation azotée; ce principe n’est pas encore connu.
- Séance du 17 janvier ig38.
- Utilisation des engrais. — Les plantes renferment dans leurs tissus au moins une trentaine de métaux et métalloïdes qu’elles trouvent normalement dans le sol à moins que celui-ci ne soit épuisé par la répétition d’une même culture. On peut alors retrouver la fertilité par l’apport des éléments manquants sous forme d’engrais. M. G. Bertrand montre que la tendance acLuelle de l’agriculture à n’utiliser que des engrais concentrés et n’apportant qu’un nombre très restreint d’éléments (azote, phosphore, potassium) est fâcheuse car on néglige ainsi les besoins très réels des végétaux en éléments secondaires. L’auteur montre ainsi que la sylvinite naturelle contient de 2 à 3 pour 1.000 de bore, indispensable à la vie végétale, alors que le chlorure de potassium purifié n’en contient pratiquement pas.. Il y a donc un très grand intérêt à utiliser, toutes les fois que cela est possible, les sels naturels non purifiés.
- Infection typhoïdique expérimentale. — M. Vincent expose que, si le cobaye et le lapin sont sensibles à la toxine typhique, ils n’ont qu’une très faible réceptivité pour le bacille. On peut cependant obtenir l’infection en sensibilisant l’animal en lui injectant au préalable un peu de toxine streptococcique, de l’huile d’aniline ou une solution hypertonique de NaCl. On peut aussi avoir recours à « l’inoculation protégée « en mettant les bacilles à l’abri des réactions de défense de l’animal. Lha tampon de coton portant les bacilles est placé dans un petit tube de verre entre deux tampons de coton sec. Les premiers bacilles qui diffusent sont tués si on introduit le tube dans le péritoine de l’animal. Il se produit une véritable sélection parmi les microbes et les plus résistants provoquent ensuite rapidement une infection violente à laquelle l’animal succombe. Cette sélection peut encore être développée par des passages successifs suivant cette méthode.
- Effets physiologiques de l’aluminium. —
- M. Schwab montre que les sels d’aluminium, comme ceux de zinc, jouissent de la propriété, injectés dans l’organisme, de retarder puis de prolonger l’action hypoglycémiante de l’insuline; utilisés à des doses élevées, leur effet s’inverse et on observe une inhibition de l’action de l’insuline. L’auteur a constaté que les sels de ces deux métaux ont le même effet de prolongation à doses faibles et d’inhibition à doses élevées sur les propriétés hyperglvcémiantes de l’adrénaline. Il se confirme donc qu’il n’y a pas une combinaison entre ces sels et les hormones mais sans doute une modification de la stnicture protoplasmique de la cellule qui seule peut expliqxxer une modification de l’effet d’hormones doxxt la ooixiposition chimique est très différente.
- Le propanol dans les alcools. — En étudiant les produits de queue de la rectification des alcools de vin, MM. Flanzy et. Banos montrent qxi’un de leurs constituants normaux est l’alcool isopropyliqxxe qxii passait, jusqu’à ce jour, pour n’êti'e naturellement contenu que dans les alcools de pomme de terre ou dans les vins du Caucase. D’après ces nouvcaxxx travaxxx, les vins français contiennent du propanol ; les auteurs en ont trouvé Gfi mgr par litre dans un très bon vin des Coi’bières. L. Bertrand.
- p.220 - vue 224/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- GÉOPHYSIQUE
- A propos de l’âge de la Terre.
- C’est un des sujets qui passionnèrent le plus les géologues et qui a donné lieu à d’innombrables mémoires dont les conclusions, si elles s’accordent bien, ce dont nul ne doute d’ailleurs, sur l’ancienneté de notre planète à l’échelle humaine, donnent, quant à l’âge « absolu », des différences notables. La variété de ces méthodes est extrême : salure des océans, évaluation des sédiments, phénomènes radioactifs, etc...
- Ces derniers en particulier, en utilisant les transmutations uranium-radium-plomb ont donné un Age de i,5 milliard d’années qui semble bien être le plus vraisemblable et celui déterminé avec le plus de précision.
- Une nouvelle confirmation a été faite par Keith Broyer, du Bureau of Chemislry des États-Unis en partant de l’isotope radioactif du potassium (de masse atomique 4o, alors que la masse atomique du potassium est 09) découvert récemment. Comme la transformation aboutit finalement, après un temps très long, à l’élément stable calcium, en opérant par une méthode analogue à celle employée par la transmutation uranium-radium-plomb, et .en évaluant la quantité de roches calcaires présente dans la croûte terrestre, Broyer a fixé l’âge de la Terre à i,43 milliard d’années; la concordance est donc très bonne entre les deux déterminations.
- Malheureusement, la question ne peut être considérée comme complètement résolue. En effet, un autre phénomène conduit à la reprendre d’un point de vue totalement différent. C’est l’existence du champ magnétique terrestre permanent dont il est impossible de rendre compte d’une façon satisfaisante en admettant la conception classique que la Terre est,, dans scs couches profondes, à une température extrêmement élevée atteignant des centaines de milliers, voire même des millions de degrés. Les recherches du département de magnétisme de la Carnegie Institution de Washington ont conduit à supposer que l’intérieur de la Terre est à une température beaucoup moins considérable que celle estimée jusqu’ici, celte température pouvant même 11’être que de 3.000 degrés environ, ce que l’on réalise couramment dans les laboratoires.
- D’après l'interprétation des variations du magnétisme lcrrestre, les savants de la Carnegie Institution ont. déduit qu'à une profondeur de 200 à ?.5o km, la conductibilité électrique de la matière terrestre devient environ 100 fois plus grande, et ils ont supposé que perd-être la conductibilité thermique variait également dans le même sens.
- Si cela est, la façon dont la Terre s’est refroidie au cours des ans est totalement différente du processus ordinairement admis. La solidification s’est alors propagée du centre vers la périphérie, mais les roches superficielles n’ont pu se solidifier avant que le gradient thermique à grande profondeur n'ait atteint la valeur 1 fk du gradient thermique des roches superficielles, k étant le rapport de la conductivité de la surface à la conductivité à grande profondeur. Le refroidissement à grande profondeur aurait procédé par conduction à ce stade, le passage de la chaleur à travers les couches superficielles peu conductrices s’opérant par convection. Dans ces conditons, l’effet de couverture des couches radioactives superficielles serait annulé et la détermination de l’âge de la Terre par les méthodes radio-actives ne s’appliquerait plus qu’à la période ayant suivi la solidification complète. La Terre serait donc encore plus vieille, mais il est impossible de savoir de combien de millions de siècles.
- If. Vigneron.
- STATISTIQUE Les provinciaux à Paris.
- Le dépeuplement des campagnes au profit des grandes villes est un phénomène bien connu des économistes et les conséquences néfastes aussi bien pour le pays que pour les particuliers de l’attraction des villes tentaculaires ont souvent été étudiées. A ce point de vue, le recensement de 1931 a permis de se rendre compte de l’attraction qu’exerce la capitale sur les originaires des différentes parties du territoire. Sur une population présente de 2.790.000 habitants à Paris au 8 mars 1981, l’enquête a porté sur 2.744-000 personnes soit 98 pour 100 du total et peut être considérée comme représentative cl’un mouvement qui malheureusement n’a dû que s’accentuer depuis cette époque.
- 33 pour 100 étaient des Français nés dans la capitale, 4 pour 100 étaient nés dans la Seine, 1 pour 100 dans les colonies françaises, 11 pour 100 à l’étranger et 5i pour 100, dans les 89 autres départements.
- La répartition de cet énorme contingent d’immigrés à Paris est intéressante à étudier à deux points de vue différents : tout d’abord suivant le contingent total fourni par chaque département, ensuite suivant le pourcentage immigré de la population présente dans chacun d’eux.
- Les plus forts contingents sont fournis par les départe-lemenls suivants (les nombres entre parenthèses indiquant les milliers d’émigrés) : Seine-banlieue (io3), Seine-ct-Oise (61), Nord (54), Seine-Inférieure (33), Pas-de-Calais (32), Nièvre (00), Seine-et-Marne (00), Finistère (3o), Aisne (29), Côtes-du-Nord (28), Saône-et-Loire (27), Loiret (27), Morbihan (26), Corrèze (26), Aveyron (24), Oise (24), Cher (24), Yonne (28), Haute-Vienne (23), Marne (23), Somme (21), Cantal (21), Bas-Rhin (21), Ille-et-Vilaine (20), Creuse (20).
- Ils sont situés cl’abord dans les voisinages immédiats de la capitale (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise, Loiret, Marne, Yonne) et dans les régions industrielles et peuplées du Nord (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Seine-Inférieure, Aisne), puis dans le centre de la France (Nièvre, Cher, Indre, Corrèze, Cantal, Aveyron, Saône-et-Loire) et la Bretagne.
- Au contraire, le nombre des immigrés est inférieur à 5.000 dans les Basses-Alpes (1), les Hautes-Alpes (1), Vaucluse (3), Tarn-et-Garonnc (3), Var (3), Gers (3), Pyrénées-Orientales (4), Drôme (4), Lot-et-Garonne (4), Ariège (4), Aude (4), Tarn (5), Alpes-Maritimes (5).
- Si on rapporte à 10.000 habilanls présents la proportion d’immigrés à Paris, on trouve les nombres suivants :
- Bouches-du-Rhône. . 88
- Var....................io5
- Loire..................107
- Rhône..................i55
- Tarn..................i05
- Moselle...............1G8
- Gard................171
- Haute-Garonne. . . 18G
- Au contraire, les habitants du Morvan, du Massif Central (Puy-de-Dôme excepté) et du centre Ouest de la France subissent le plus fortement l’attraction de Paris :
- Nièvre...............1.221
- Cantal...............1.161
- Creuse...............1.028
- Corrèze. . ... 1.028
- Yonne.............. 875
- Loiret............. 8o3
- Pour la Nièvre, l’attraction est donc 12 fois plus grande que pour les Bouches-du-Rhône.
- Si on groupe les résultats par grandes régions, on trouve que la distribution des provinciaux à Paris présente, par rapport aux autochtones, un excès de Français du Massif Central, du Morvan et du Centre et, au contraire, un déficit de Français de la vallée du Rhône et des bords de la Méditerranée. Comme on le dit parfois sous une forme imagée : le Midi ne monte pas vers le Nord.
- p.221 - vue 225/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHYSIQUE
- Emploi d’une triode comme électroscope.
- Voici un montage très simple qui permettra aux écoliers de répéter à peu de frais diverses expériences d’électrostatique tout en se familiarisant avec les tubes à vide; il se compose d’une triode (nous avons utilisé une lampe Philips
- Fig. 1.
- Tension plaque
- Volts -80 *60 *40 -2Q
- Fig. 2.
- minhvall A. /109), de deux piles de lampe de poche de 4 v 5 et d’un milliampèremètre de 5 millis environ.
- La courbe du courant grille en fonction de la tension plaque, pour les valeurs négatives de celle-ci, est donnée par la ligure 2 : le courant grille normal est de l’ordre de 3 mA et s’annule pratiquement pour une tension plaque de 80 v.
- En approchant de la plaque un bfiton d’ébonite préalablement électrisé négativement par frottement, on verra le courant grille diminuer et tomber à o ; si on touche la plaque un instant avec ce bâton d’ébonite, le courant grille s’annulera et ne redeviendra normal qu’après un certain temps pouvant varier de quelques secondes à 2 ou 3 mn.
- On peut en particulier vérifier l’effet connu de la charge résiduelle, voir fig. 3.
- AB. On porte la plaque à un potentiel négatif par contact avec un bâton d’ébonite électrisé.
- CD. On touche un instant la plaque du doigt.
- Le courant grille décroît ensuite et ne reprend sa valeur normale qu’au bout d’un certain temps.
- Si on approche un corps électrisé positivement (verre frotté contre de la laine par exemple), le courant grille ne varie pas, par contre il diminuera quand on éloignera ce corps : en effet pendant le premier temps, la plaque tend à prendre un potentiel positif et par suite capte des électrons émis
- Fig. 3. Par le da-
- ment, pendant le deuxième temps, ces électrons dont l’action n’est plus neutralisée par le champ
- de la charge positive du corps électrisé portent la plaque à un potentiel négatif = — j .
- On peut d’ailleurs modifier le montage en mettant la plaque à terre et en isolant le reste, le courant grille diminuera alors quand on approchera un corps chargé positivement.
- On prendra soin d’entourer le verre de la lampe d’un papier opaque quand on opérera à la lumière du jour afin d’éviter l’émission d’électrons par la plaque, ce qui agirait en somme comme une diminution de l'isolement de la plaque.
- La sensibilité est assez élevée, on peut faire osciller légèrement l’aiguille du milliamperemctre en agitant, un bâton d’ébonite eleclrisé a une distance de 1 à 2 m de la lampe.
- A. de Leudeville.
- PHOTOGRAPHIE
- Posemètre sensible.
- Les posemètres à cellule photo-électrique sont désormais, d’usage courant en photographie, et même en cinématographie.
- En voici un modèle, à la fois très sensible et de faible encombrement. 8a sensibilité est quatre fois plus élevée que celle des modèles habituels, grâce à l’emploi d’un système de repère d’une extrême légèreté.
- L’ensemble du bobinage, de l’aiguille et du ressort spiral du galvanomètre ne pèse, en effet, que 2 degr. L’aiguille très fine est tubulaire, afin d’en diminuer le poids. La bobine mobile est constituée par un enroulement de fil de cuivre, donl le diamètre ne dépasse, pas quelques centièmes de mm. Enfin, tout l’équipage mobile est monté sur deux pointes d’acier très fines, reposant sur des rubis, comme dans une montre de précision-.. Des lamelles métalliques noircies, parallèles à l’axe optique de la lentille de concentration, écartent les rayons lumineux parasites venant de l’extérieur, de manière à garanlir-la fidélité de la traduction de la lumière en courant électrique dans la cellule qui est du type accouche d’arrêt.
- L’appareil est néanmoins robustëf^ il peut servir en . voyage, dans les explorations, etc. Il comporte un cercle à calcul permettant de déterminer le temp.s de pose pour toutes les sensibilités de films et tous les diaphragmes.
- J. Chotard, 20, rue Bobillot, Paris (i3e)
- p.222 - vue 226/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Régénération de l'huile pour automobile. —
- L’huile de graissage subit dans le moteur une transformation physique et même quelquefois chimique plus ou moins profonde. Ses qualités lubrifiantes diminuent rapidement, elle est mélangée de calamine et souvent de produits goudronneux.
- Il ne serait pas suffisant, au bout d’une durée de service de 2.000 ou 2.500 lcms environ, de vidanger le carter et d’épurer l’huile usée, par filtrage ou essorage. On n’élimine ainsi que les impuretés en suspension, sans rendre à l’huile ses qualités lubrifiantes.
- A notre avis, l’huile du carter ne doit pas être réutilisée pour le graissage des cylindres ; mais elle peut, à la rigueur, servir, après épuration, dans des organes qui ne tournent pas à grande vitesse et ne sont pas soumis à de hautes températures, par exemple des articulations ou même la boîte de vitesses ou le pont arrière, du moins lorsque ces organes peuvent contenir de l’huile relativement fluide.
- 2° L’électrode positive des piles Leclanché est en charbon de cornue entourée d’un mélange à égal volume de bi-oxyde de manganèse en grains et de charbon pulvérulent, de façon à favoriser la dépolarisation et à diminuer la résistance intérieure.
- L’électrolyte est une dissolution de chlorure d’ammonium à 150 gr par litre. Le liquide peut être immobilisé au moyen de silice gélatineuse.
- Réponse à M. Gouverneur, à Ailly-sur-Noyc.
- Blectroculture. — Nous ne connaissons aucun ouvrage récent sur l’électroculture. En ce qui concerne les piles thermo-électriques, vous pourriez trouver quelques indications dans l’ouvrage Le problème de Valimentation par le courant d’un secteur (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Vous trouverez les métaux nécessaires à la construction de piles thermo-électriques au Bazar de l’Électricité, 34, boulevard Ilenri-IY, Paris.
- Nous vous remercions de votre suggestion au sujet des constructions d’amateurs.
- Réponse à M. Paul Babon, à Châlons-sur-Yeslc (Marne).
- Emploi d'un redresseur oxy-métal. — Nous vous avons déjà donné quelques indications sur l’utilisation d’une valve thermionique ou d’un redresseur à oxyde de cuivre dans une installation téléphonique.
- 11 nous semble, en effet, que l’emploi d’une soupape à oxyde de cuivre avec filtrage du courant au moyen de condensateurs électrolytiques à grandes capacités vous donnerait les meilleurs résultats.
- Vous pouvez vous adresser à la société Hewittic, il, rue du Pont, à Suresnes (Seine) ou à la Société de signalisation (Westinghouse), 23, rue d’Athènes à Paris.
- Réponse à M. Félix, à Besançon (Doubs).
- Redresseur de courant au sélénium. — Les redresseurs au sélénium (sélénofer) se composent de disques indépendants. Chaque disque en fer nickelé est recouvert d’une couche de sélénium et le contact est assuré sur cette couche par une deuxième électrode à base de cadmium déposé directement sur le sélénium et faisant corps avec lui. Le contact est ainsi indépendant de la pression. Ce redresseur a les mêmes applications que les soupapes oxy-métal et peut être employé dans les postes de T. S. F. et les appareils de mesure.
- L’amateur peut monter un redresseur au moyen de disques achetés dans le commerce, mais nous ne pensons pas que la fabrication de ces disques soit réalisable avec succès sans une longue expérience.
- Vous pouvez vous adresser à ce sujet au Matériel Téléphonique, 46, quai de Boulogne, à Boulogne-Billancourt (Seine).
- Réponse à M. Grunweiser, à Toul.
- Alimentation d'un poste de T. S. F. sur un groupe électrogène — Nous ne croyons pas qu’il soit possible d’utiliser un groupe électrogène pour l’alimentation d’un poste de T. S. F. sans une batterie d’accumulateurs « en tampon ».
- Pour alimenter au moyen du groupe que vous aurez choisi et à basse tension votre appareil de T. S. F. destiné normalement à être employé avec le courant d’un secteur alternatif 110 v, vous avez le choix entre deux solutions.
- 1° En groupe moteur-alternateur ; le moteur actionné par le courant basse tension provenant de la batterie d'accumulateurs, et la génératrice produisant un courant alternatif de 110 v soigneusement filtré, pour l’alimentation du poste.
- 2° Employer deux éléments de la batterie d’accumulateurs pour le chauffage des lampes, et à l’aide d’un petit vibreur ou d’une petite connuutatrice, transformer le courant basse tension de 4 ou 6 v en courant haute tension, ensuite redresse et filtré et servant uniquement pour l’alimentation des plaques.
- Dans les deux cas, il est indispensable de prévoir sur l’installation électrogène des dispositifs antiparasites évitant la production d’oscillations perturbatrices qui empêcheraient toute réception radiophonique pendant le fonctionnement du moteur.
- Pour la fourniture de groupes électrogènes et de commu-tatrices, vous pouvez vous adresser, par exemple, aux constructeurs suivants :
- Établissements Ferrix-Solor, 3, rue Mazet, Paris (6e).
- Établissements Ragonot, 15, rue de Milan, Paris (9e).
- Établissements Pulluann, 58, route d’Orléans, Montrouge (Seine).
- Réponse à M. de Ciioiseul, à Platelai (Lithuanie).
- Procédé de cinématographie en couleur. — Le
- procédé Technicolor comporte un support panchromatique avec trois couches superposées ; il est utilisé uniquement jusqu’à présent pour le cinématographe professionnel, et non pour la photographie et la cinématographie d’amateurs. Le procédé d’amaLeurs servant pour la cinématographie et également pour la photographie, tort au moins de format réduit, de principe le plus voisin, est le Kodaehrome qui a été décrit dans La Nature.
- Nous ne connaissons pas de livres français consacrés aux procédés récents de cinématographie en couleur ; vous pouvez consulter à ce sujet, les revues spécialisées telles que :
- La Technique cinématographique, 34, rue de Londres, Paris ou la Revue française de Photographie, 189, rue Saint-Jacques, Paris.
- Réponse à M. Portal, à Cliarenton.
- Construction d'un poste émetteur-récepteur à ondes très courtes. — La construction d’un « transceiver » peut être entreprise par un amateur, à condition d'utiliser des pièces de qualité satisfaisante. Nous avons décrit sommairement la construction de ces appareils dans le n° 3014 du 1er décembre 1937 de La Nature.
- Voir aussi Les ondes courtes et ultra-courtes, par P. Ilemar-dinquer (Dunod, éditeur).
- Pour les pièces détachées nécessaires : établissements Dyna, 34, avenue Gambetta à Paris, ou Le Pigeon voyageur, 282 bis, boulevard Saint-Germain, Paris, 6e.
- Réponse à M. Ciiolet, à Paris.
- Construction d'un poste simple à une lampe. —
- Le poste à une lampe détectrice à réaction, montage déjà ancien, permet encore d’obtenir facilement l’audition à l’écouteur des principales émissions européennes, à condition d’utiliser une antenne extérieure bien dégagée. Avec une antenne intérieure ou une antenne de fortune, on peut seulement obtenir la réception des émissions locales. Ce montage n’est ni sélectif ni très puissant. On peut le moderniser, en utilisant
- p.223 - vue 227/439
-
-
-
- -= 224 ... •-............:::. ' ==~
- des lampes récentes et des circuits ])lus ou moins compliqués, mais l’avantage n’est pas très grand.
- Vous trouverez un schéma - dans • Les récepteurs simples, tome II des Récepteurs modernes de T. S. F. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Réponse à M. Permet, à Paris.
- Saturnisme et T. S. F. — L’emploi d’une conduite d’eau en plomb comme prise de terre d’une installation de T. S. F. ne peut causer des intoxications par l’introduction de sels de plomb dans l’eau potable. Les courants de T. S. F. sont des courants alternatifs haute fréquence ne donnant pas d’électro-lyse et les puissances mises en jeu sont infimes. La présence de sels de plomb dans l’eau provient généralement de l’action de certaines eaux acides (de rivière, par exemple) contenant peu de sels minéraux et attaquant le métal. On peut songer également à l’action d’un courant continu d’une intensité suffisante produisant une électrolyse, mais il est extrêmement rare.
- Réponse à M. R. S., à Toulouse.
- Emploi de décalaminants dans un moteur d’au= tomobile. — Le camphre végétal naturel utilisé comme décalaminant doit être mélangé à l’essence à la dose de 1 à (j gr par litre, suivant qu’on veut obtenir une action assez rapide ou simplement préventive. La dose de o gr pour 20 1 est très faible et n’est donc pas dangereuse.
- Pour le décalaminage à froid (après démontage), on peut cm ployer la lrvmolr. suivante :
- Alcool dénaturé.................. 10 parties
- Benzol........................... 80 »
- Furfurol......................... 50 «
- Naphtaline....................... 30 »
- On badigeonne au pinceau les pièces à nettoyer et l’imbi-bition s’effectue en une demi-heure environ. La calamine se détache par plaques.
- Vous pouvez consulter L’Auto sans chauffeur (Chiron, éditeur) .
- Réponse à NI. Caget, à Saint-Amant-dc-Boixe (Charente).
- De tout un peu.
- M. Briault, à Paris. — Pour procéder à la destruction des pieds de pissenlits, il faut commencer par l’enlèvement de la presque totalité du pivot au moyen d’un échardonnoir à curette. Ensuite déverser dans la cavité la valeur d’un verre à boire d’une solution de sulfure de sodium ainsi obte-
- nue.
- Prendre :
- Eau ordinaire..................... 120 1
- Lessive de soude caustique à 36° B. 12 »
- Soufre pulvérisé.................. 2 kgr
- Faire bouillir l’eau et la lessive dans une marmite en fer, puis y projeter peu à peu le soufre. Laisser bouillir doucement jusqu’à dissolution complète.
- Pour l’emploi, dédoubler la solution avec un égal volume d’eau ordinaire.
- N.-B. — Dans le commerce, la lessive de soude est connue sous le nom de potassium des peintres.
- M. de Langlois, à Paris. — Le nettoyage des cartes à jouer s’effectue facilement en passant à la surface un tampon de coton hydrophile imbibé de tétrachlorure de carbone, qui s’évapore très rapidement et ne laisse aucune odeur.
- Après séchage complet, redonner le poli et le brillant avec une flanelle blanche bien propre préalablement frottée sur un morceau de cire vierge, une pincée de talc étant déposée en même temps sur la carte.
- M. Poulain, à Bosc-Roger. —- A notre avis, le moyen le plus pratique pour empêcher l’encre de pénétrer dans le bois de votre bureau serait de recouvrir la surface |de celui-ci d’un vernis cellulosique, par exemple du type suivant :
- Acétate de cellulose.................... 30 gr
- Tétrachloréthane....................... 360 —
- Triacétine..................... . 3 —
- Alcool à 93°............................ 40 —
- Ce vernis donne une pellicule transparente, insoluble dans l’eau, par conséquent il sera facile d’enlever les taches d’encre, s’il s’en produit, avec une petite éponge.
- M. Giacomucci, à Pantin. — Pour récupérer l’or contenu dans votre limaille, commencer par la traiter à l’eau régale obtenue avec une partie d’acide nitrique et quatre parties d’acide chlorhydrique, acides purs bien entendu, chauffer légèrement pour que l’attaque soit complète, étendre d’eau et filtrer ; le chlorure d’argent reste sur le filtre. — Ajouter alors à la solution un excès de protochlorure d’antimoine dissous dans un mélange d’eau et d’acide chlorhydrique. L’or se précipite au bout de quelques heures, surtout en chauffant un peu la liqueur, sous la forme de petites lames cohérentes qui se rassemblent rapidement. On le lave d’abord à l’eau chlorhydrique, puis à l’eau distillée et on le fond dans un creuset de terre avec une petite quantité de borax et de nitrate de potasse. En opérant dans ces conditions, la récupération est totale.
- A. S., à Viroflay. — 1° Le produit vendu pour déboucher les lavabos est simplement de la soude caustique en plaquettes qui a la propriété de Solubiliser non seulement les graisses, mais aussi les matières protéiques telles que tampons de cheveux qui sont le plus souvent cause des obstructions.
- 2° Vous pourrez trouver les petits moteurs qui vous intéressent chez Gobin et Daudé, 19, rue Béranger à Paris, ainsi qu’à la société Linke Hofmann, 12, rue de Monceau.
- MM. Maury, à Paris et Houlet, à Rabat. — 1° La pâte à modeler dite plasticine qui peut servir un grand nombre de
- fois se prépare en prenant :
- Cire d’abeilles....................... 540 gr
- Poix de Bourgogne..................... 10 —
- Térébenthine de Venise .... 100 —
- Huile d’olives......................... 50 —
- Beurre de vache....................... 130 —
- Faire fondre à feu doux puis après liquéfaction incorporer :
- Fécule de pomme de terre. . . 1.050 gr
- Ocre rouge............................. 30 —
- Malaxer jusqu’à iefroidissement pour éviter la séparation de l’ocre et de la fécule.
- 2° La terre à modeler des sculpteurs qui doit être cuite est simplement de l’argile grasse fine à laquelle on ajoute un peu de sable afin d’éviter un fendillement lors du séchage et de la cuisson. Ces deux opérations doivent être conduites avec grandes précautions et sont généralement confiées à des praticiens spécialisés.
- 3° Un vernis noir pour métaux s’obtient très facilement en ajoutant une quantité suffisante de noir de fumée à du vernis blanc à l’alcool.
- Automobile-Club Marocain, à Casablanca. — Voici, d’après Cerbelaud, une formule d’eau dentifrice permettant de reproduire la spécialité que vous avez en vue :
- Prendre :
- Essence de canelle de Ceylan. . 1 cm3
- » de girofle Bourbon . . 2 —
- » d’anis de Russie ... 3 —
- » badiane de Chine ... 2 —
- » de menthe Mitcham . . 10 —
- Teinture de résine de myrrhe au
- 1/5®........................... 20^—
- Teinture de cochenille au 1/10°. 60 :—
- Bitartrate de potasse ..... 2 gr
- Eau distillée de roses.......... 50 cm3
- Alcool à 90°, quantité suffisante pour......................... 1.000 cm3
- Dissoudre à chaud le bitartrate dans l’eau de roses, verser dans le mélange des essences et des teintures.
- Ajouter enfin l’alcool, bien mélanger, filtrer an papier, mettre en flacons bien bouchés.
- Le Gérant ; G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud. —l-i-iikhL — Published in France.
- p.224 - vue 228/439
-
-
-
- N” 3023
- LA NATURE
- 15 Avril 1938
- L'AVIATION ET L'ARCHÉOLOGIE
- Depuis plusieurs années, un savant et persévérant chercheur, le R. P. mis au point une
- technique d’ohservaliojhi^iîioto^p^^mque en avion qui permet de déceler sur le §èf' là^oÉïace de travaux anciens, invisibles pourjun <^jltro]^ rapproché du sol. C’est en Syrie que Irayaijle jlé R. Bvhjroidebard et dans cette région il a pu recohstituerCléhc limes » romain, cette ligne de forli ficàfions^ "entreprise sous le Haut-Empire et dont Rome équipa toutes les frontières de son empire, pour protéger ses territoires contre les invasions des barbares.
- La ligne fortifiée consistait, là où faisaient défaut les obstacles naturels, en remblais de terre, palissades, murailles, ou en fortins isolés reliés les uns aux autres par des routes stratégiques retranchées.
- LA FRONTIÈRE SYRIENNE
- Lorsque Pompée imposa les aigles romaines aux Syriens, le cours du majestueux fleuve de l’Euphrate sembla constituer une séparation suffisante entre la Syrie et le royaume des Parthes.
- Le Sud était gardé par un chapelet de principautés barbares qui, alliées à l’Empire, en protégeaient le territoire annexé contre les incursions des nomades Scénites. Au cours du premier siècle de notre ère, ces minuscules états-tampons furent abolis et l’Empire se trouva au voisinage direct des Parthes. Dès l’année 75 un réseau de foules stratégiques est entamé et acquiert son plein développement au deuxième siècle. L’Arabie annexée, une longue chaussée retranchée ferme l’Empire du Nord au Sud a finibus Syriae ad mare Rubmm.
- Au me siècle, Aurélien prend et détruit Palmyre ; les rois Sassanides envahissent le territoire et s’arrogent le monopole fructuèux du commerce à travers toute la Mésopotamie. Dès lors les Romains n’ont plus à protéger des routes abandonnées par les carava-
- nes commerciales, mais il leur faut protéger et défendre la terre d’Empire.
- Entre le règne de Dioclétien et d’invasion arabe, Rome édifia un réseau fortifié qui s’étendait de Bos-tra jusqu’au Tigre, soit près de 1.000 km environ.
- Puis, avec la décadence de l’Empire, cette organisation stratégique tombe dans l’abandon. Le vent du désert, chargé de la fine poussière du Hamad, nivelle peu à peu l’immense étendue de la steppe, enterrant
- bastions, routes et pistes romaines.
- 'C’est celle organisation que le R. P. Poidebard a su ressusciter.
- UN OBSERVATOIRE MOUVANT
- Le désert de Syrie est une région de steppes, au sol formé d’argile et d’al-luvions, rarement occupé par des bandes de sable ou des dunes, dont les plantes et les herbes empêchent la formation.
- L’épaisseur des terres amoncelées depuis des millénaires n’excède que rarement les quarante centimètres. Les ruines de villes disparues, les fondements de citadelles, les bases de bastions apparaissent extérieurement sous la forme de quelques légères élévations arrondies qui semblent être des vallonnements naturels.
- Ces vallonnements, invisibles pour le piéton ou le cavalier, apparaissent à l’observateur en avion (fig. 2), avec une netteté surprenante et se présentent sous forme de dessins géométriques ou de lignes continues qui révèlent aussitôt à l’archéologue la présence de ruines ensevelies.
- Ne croyez pas que celle observation puisse se faire à tout instant de la journée. Elle exige un éclairage ardent qui, accentuant lès ombres, exagère le relief des accidents du terrain.
- C’est donc aux heures matinales ou tardives de la journée qu’il faut opérer, quand le soleil est suffisamment voisin de l’horizon.
- Fig. 1. — Le R. P. Poidebard dans son bureau d’études.
- p.225 - vue 229/439
-
-
-
- 226
- Fig. 2. — Le H. P. Poidebard dans l’avion d’où il fait ses observations photographiques.
- et Belles Lettres et dans son savant ouvrage (1), n’est accessible qu’aux as du métier.
- L’idéal pratique est de former à sa méthode de travail un aviateur compétent aussi passionné que le passager pour la chasse des documents. Quelle est la hauteur optima de vol ?
- Les vols à altitude élevée entre i.ooo et i.5oo m sont réservés exceptionnellement pour les reconnaissances générales à large champ d’observation, et les récapitulations de travaux d’ensemble. La hauteur moyenne, permettant un travail sérieux avec une bonne analyse des détails oscille autour de 3oo et 4oo m.
- Pour reconnaître des points d’eau, des tours de guet de l’ancienne voie des caravanes entre Damas et Gebel Seys (fig. 4), le R. P. Poidebard a survolé un parcours de 25o km à 25 m de hauteur. L’ancienne route de Palmyre-Hit apparut sous forme d’une bande plate et régulière s’avançant dans la steppe caillou-
- Sous 1 influence des premières pluies d’automne, la steppe se couvre brusquement de nappes de verdure de teintes différentes selon l’aptitude du sous-sol à retenir plus ou moins longtemps l’humidité.
- La couleur est plus claire aux emplacements d’anciennes ruines, plus foncée aux endroits d’anciens fossés ou d’anciennes chaussées. Sous les ardeurs du soleil de printemps, la végétation qui en quelques semaines se dessèche produit un effet identique.
- La plaque photographique, sensible à des radiations que notre œil ne perçoit pas, met ces phénomènes mieux encore en évidence. Le R. P. Poidebard fit ses premières observations de photographie aérienne en 1926. Elles lui valurent presque aussitôt une belle découverte archéologique.
- C’était en automne, au sud de Nisibin, à hauteur de Tell-Brack ; les photographies aériennes prises à 600 m d’altitude révélèrent des enceintes et des retranchements invisibles de terre, mais nettement dessinés et annoncés à grande distance par les ombres du soleil couchant. L’année suivante, quelques heures après les premières pluies d’automne, une teinte plus claire de la végétation dénonçait avec précision les tours d’un castellum gisant à un mètre de profondeur, aux angles d’un terre-plein rectangulaire qui, vu du sol, n’attirait en rien l’attention. La fouille du castellum amorcée par des sondages de vérification fut fructueuse (fig. 3).
- LA TECHNIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Le mieux serait évidemment de pouvoir piloter, observer, dessiner et photographier soi-même; Mais cette acrobatie aérienne, comme le dit le R. P. Poidebard dans ses rapports à l’Académie des Inscriptions
- 1. La Trace de Rome dans le désert de Syrie, par A. Poidebard. Librairie Paul Garthner.
- Fig. 3. — Ensemble du castellum de Tell-Brack vu d'avion.
- p.226 - vue 230/439
-
-
-
- 227
- teuse sous forme de deux lignes noires visibles à 3oo m de hauteur. Puis à mesure que l’avion descendait et s’approchait du sol, elle s’effaçait pour devenir totalement invisible à l'observateur au sol.
- Pour mesurer la largeur de la voie fantôme, il fallut poser sur le sol un avion d’accompagnement qui sur les indications de l’observateur aérien se plaça juste au-dessus de la route fossile. Connaissant les dimensions linéaires de l’avion-repère on put trouver que l’ancienne route, à cet endroit, avait entre 12 et 18 m de large. Une reconnaissance faite le lendemain en automobile ne donna aucun résultat ; la route visible en avion restait introuvable au sol.
- Ce cas très curieux n’est pourtant pas général. Car sur la meme route un vieux puits romain fut repéré. Descendant alors à 5 m de hauteur, l’hélice tournant à l’extrême ralenti, l’observateur put reconnaître les tambours d’une colonne écx-oulée sur le sol, sur lesquels une inscription grecque palmyré-nienne était gravée. L’inscription contenait une dédicace du Sénat et du peuple de Palmyre à un certain Soados, grand bienfaiteur des caravanes, datée du règne d’Antonin-le-Pieux entre i4o et 161.
- L’automne 1929 offrit l’occasion d’un éclairage oblique exceptionnel. A la fin d’une journée de novembre, un écran de nuages peu, élevés s’était formé à la suite de grosses averses. Les derniers rayons du soleil, maintenus en faisceaux parallèles au sol par cette nappe translucide faisaient ressortir les moindres aspérités de la steppe sur les bords du Habour (fig. 5).
- L’avion observant près de Fès-Habour les frontières romaines côtoyant le Tigre.
- Les traces d'une ancienne piste invisible au soleil de midi, apparurent alors avec une extraordinaire netteté.
- Le R. P. Poidebard s’inspira de cette observation fortuite pour perfectionner sa méthode et faire de bonnes observations, lorsque le ciel est pur, la luminosité excessive, alors que la sécheresse absolue de la steppe provoque des tourbillons d’air torride au voisinage du sol.
- 11 fallait créer un écran artificiel entre le soleil et la terre. Un jour de 1930, à Deyr-ez Zor, l’avion prit son vol vers 9 h du matin, le soleil déjà haut était en pleine force. Utilisant ce contre-jour excessif et l’écran formé par l’aile supérieure de l’avion volant à une centaine de mètres au-dessus du sol, on vit alors se détacher, en noir sur blanc, les moindres reliefs de la route ancienne de Tell Hmêdé se dirigeant vers le Tigre, laquelle avait jusqu’ici échappé à toutes les recherches aériennes précédentes, bien que les tells de la plaine en eussent fourni déjà le tracé. L’étude du réseau routier de cette région indique la puissante organisation de l’armée romaine dans son avance sur le Tigre, de Trajan à la fin du iv8 siècle.
- Les observations reprises en août 1932 confirmèrent le succès précédent. Des photographies panoramiques prouvèrent que, sans employer d’écrans spéciaux, il est. possible d’écarter le voile des plaques provenant de la réverbération éblouissante du sol et de la brume
- Fig. 4. — La route stratégique du Gebel-Seys : prise à 3.G50 m d’altitude.
- Fig. 5.
- p.227 - vue 231/439
-
-
-
- 228
- Fig. (>. — Les observations aériennes sont consignées sur des cartes et confrontées avec les pistes du sol.
- êe sable -en opérant à faible bailleur et presque face au soleil.
- lue nouvelle méthode de prise de photographies aériennes dans les déserts des régions tropicales, aux heures médianes du jour était née, elle devait s’affirmer de plus en plus fructueuse.
- LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES
- I.es sondages et les fouilles entrepris, suivant les indications fournies par les photographies aériennes, oui permis de dresser la carte de la frontière militaire de l'Empire romain, depuis Boslra jusqu’au Tigre dans une région où elle était jusqu’ici assez mal connue.
- Celle frontière, comme le remarque Cumont, forme
- un système de routes parallèles reliées entre elles par des voies perpendiculaires s’enfonçant dans le désert dont les points d’eau et pâturages étaient gardés militairement.
- L’artère principale entre Bostra et Damas, s’accroche aux massifs basaltiques du Safa, « bastions inexpugnables de laves volcaniques », suit la chaîne abrupte du Gebel-Rawâq, borde le cours profond de l’Euphrate, campe ses bastions stratégiques sur de hautes falaises, remonte le lit encaissé du Haboûr et enfin rejoint le Tigre en grimpant le Gebel Singar escarpe.
- Notons que, partout, la construction des routes est conditionnée par la nature du sol : voies de terre aplanie, quand le sol est sec et résistant ; solides chaussées, pavées d’épaisses dalles là où les torrents creuseraient des fondrières. Enfin tous les dix ou tous les vingt milles romains un poste fortifié protège les caravanes routières.
- Pour assurer le ravitaillement en eau potable, les fortins sont entourés de puits profonds qui se remplissent au voisinage des nappes souterraines ou d’eau d'infiltration. Sur les sommets, des guetteurs perchés sur des tours de signalisation, correspondaient entre eux par des signaux optiques.
- Grâce au Père Poidebard bien des problèmes de fiiisloire militaire romaine en Orient sont maintenant élucidés, et surtout nous lui devons une carte détaillée de l’organisation de la frontière de l’Empire dans cette région, grâce à laquelle les archéologues pourront fouiller à coup sûr et exhumer les restes d’une civilisation disparue qui est la mère de la nôtre.
- Abbé André Glory.
- LE PÉRIOPHTALME
- Connu des indigènes du Gabon sous le nom de N’soun-gué ou Essoungué, le Périophtalme est un poisson qui habile exclusivement les eaux saumâtres. On le trouve aux environs des estuaires, au bord des étangs dont les eaux ne sont jamais complètement douces; il affectionne les berges marécageuses couvertes de palétuviers et, comme les palétuviers, il disparait à la limite des eaux douces aussi bien q\i’à la limite des eaux franchement marines.
- Son aire de dispersion géographique paraît être assez vaste ; elle s’étend, en Afrique, à toute la côte équatoriale et tropicale. Les observations réunies ici ont élé faites dans la région de Fernan Vaz, sur la côte située au sud-est du cap Lopez.
- Le l’ériophtalme ressemble beaucoup au Gobie, si commun sur les côtes de France et plus spécialement à ce Gobie des fonds rocheux, remarquablement noir, que les pêcheurs de la côte d’Azur appellent en nombre d’endroits « kroumir » ; il en a la forme, la taille et la couleur générale.
- Deux traits essentiels l’en distinguent. C’est d’abord l’extraordinaire développement de ses nageoires pectorales
- proportionnellement presque aussi importantes que celles du trigle hirondelle ou grondin gris et sensiblement teintées du même bleu foncé magnifique. Mais le Périophtalme dissimule jalousement cette parure et lient constamment ces nageoires étroitement repliées. Quand on le prend dans la main il faut étendre la nageoire avec les doigts pour en apercevoir la couleur éclatante.
- Le second trait de sa physionomie, de beaucoup le plus frappant est la disposition de l’appareil visuel. Placés très haut, tout à fait au sommet et. sur le dessus de la tête, côte à côle et très rapprochés, les deux yeux sont en quelque sorte montés sur une rotule sphérique qui leur assure une mobilité d’aulant plus frappante que les yeux des poissons sont assez généralement fixes. Cette mobilité permet au poisson, sans faire le moindre mouvement du corps, de parcourir l’horizon d’un coup d’ail circulaire : elle lui permet de regarder en l’air, presque verticalement et au-dessous de lui, au ras de son museau. Par sa disposition, l’appareil visuel rappelle beaucoup celui du caméléon ; toutefois le Périophtalme ne peut se permettre ces étranges mouvements
- p.228 - vue 232/439
-
-
-
- dissymétriques des yeux qui donnent au caméléon sa physionomie si particulière.
- Le Périophtalme doit son nom rébarbatif à cette particularité de son appareil visuel qui a frappé tout de suite l’observateur. Mais il possède une autre particularité, bien plus originale à mon avis, qui est de vivre constamment hors de l’eau. -
- 11 ne s’agit pas ici d’une résistance anormale à l’émersion, analogue ou supérieure à celle des carpes ou des anguilles d’Europe. Le cas du Périophtalme est tout différent. Il vit en effet normalement hors de l’eau, exaclement comme le ferait un batracien duquel on songe tout naturellement à le rapprocher, bien qu’il soit, sans discussion possible, un poisson. Il vit hors de l’eau, cherche sa nourriture hors de l’eau, cl s’il ne témoigne aucune répulsion pour l’eau, c’est à terre qu’il se plaît, à terre qu’on le rencontre, à terre qu’il revient sans hésiter si une menace de danger l’oblige à se jeter à l’eau.
- Sa vie se passe à terre et il est beaucoup plus terrien encore que la grenouille. Comme elle, il vit au bord de Peau, allongé sur !a vase ou juché sur une racine de palétuvier dont la pente douce lui rend l’ascension relativement facile; comme la grenouille il s’élance dans l’eau à la première menace de danger. Mais tandis que la grenouille plonge et va se réfugier au fond,' dans la vase, lui s’éloigne en surface par une série de bonds analogues à ceux d’une pierre plate lancée pour ricocher; il gagne ainsi les racines du palétuvier le plus proche, quille, si sa fuite l’a obligé à tirer directement au large, à décrire un arc de cercle pour revenir chercher asile sur la berge, à quelques mètres seulement de celui qui l’a dérangé. Et sa course, à l’aller comme au retour, a toujours lieu en surface.
- Frappé de cette extraordinaire aversion pour toute navigation entre deux eaux si naturelle à tous les poissons, je me suis livré à des expériences dont le résultat a été concluant. J’ai placé des Périophlalmcs dans un vaste récipient plein d’eau, dont les parois verticales s’opposaient à toute tentative d’évasion. Dépourvus de vessie nalaloire et immanquablement condamnés à couler à fond dès qu’ils cessaient de nager, ils se mettaient aussitôt à parcourir l’étroite surface de leur bassin en ricochant, par bonds précipités. Au bout d’un moment, sous l’influence d’une fatigue visible, ils cessaient de bondir et nageaient plus calmement, la tête et une partie notable du corps constamment au-dessus de l’eau. Peu à peu, leurs mouvements devenaient de pins en plus lents, de plus en plus pénibles et finalement, ils se laissaient aller au fond où ils demeuraient immobiles, remontant par instant à la surface pour s’y maintenir quelques secondes au prix d’efforts constants. Si l’expérience se prolongeait, la fréquence et la durée de leurs tentatives pour se donner de l’air diminuaient rapidement jusqu’à ce que les Périophlalmcs complèlemcnt épuisés cessassent de réagir. Couchés sur le flanc ; u fond de leur baquet, ils succombaient alors rapidement à l’asphyxie. La durée de l’épreuve n’excéda jamais une demi-heure au terme de laquelle les malheureux poissons mouraient noyés, noyés comme se serait noyé n’importe quel animal terrestre. Us vivaient parfaitement bien dans ce même récipient si un morceau de bois flottant, sur lequel ils s’alignaient comme des caïmans en miniature leur permettait de sortir de l’eau.
- Réfugiés sur les racines de palétuvier, aux heures où le flux de la haute mer recouvre toute la boue, ils sont difficiles à apercevoir et l’observation de leur inaction momentanée ne présente pas grand intérêt. A marée basse ils retrouvent leur activité et envahissent par centaines les étendues de vase molle à mesure qu’elles réapparaissent ; c’est le moment favorable à la recherche de leur nourriture et ils en
- .............229 =
- profilent activement. Leur marche est alors une sorte de progression demi rampante dans laquelle leurs nageoires pectorales jouent à peu près le même rôle que les membres antérieurs des otaries. La queue intervient pour peu de chose dans les déplacements paisibles ; elle est le propulseur capital de la fuite et c’est d’elle que le Périophtalme se sert pour projeter son corps en avant dans la série de bonds en ricochet qu’il commence sur la vase et poursuit à la surface de l’eau.
- Ces petits poissons sont d’une voracité invraisemblable. Ils recherchent les proies vivantes, vers, petits mollusques aussi bien que les débris d’origine animale abandonnés sur la vase par le reflux; les débris abondants de la préparation du poisson à mon débarcadère d’Olindé en attiraient des quantités particulièrement considérables
- La disposition de leurs yeux, l’acuité de leur vue, les rend très difficiles à surprendre, et ce ne sont, dès qu’on s’approche de l’eau, que fuites affolées, éclaboussées de vase. Mais leurs terreurs sont vite calmées ; quelques minutes d’immobilité suffisent pour qu’on les voie revenir en troupes et reprendre le cours de leurs recherches. Us se déplacent lentement,, fouillant attentivement le terrain autour cl’eux, promenant sur toutes choses le regard étrange de leurs gros yeux mobiles.
- La découverte d’une proie importante provoque immédiatement une concentration vorace et déchaîne des batailles acharnées. Les adversaires se jettent les uns sur les autres avec une véritable rage; c’est, le seul instant de leur existence où ils laissent apercevoir leurs larges pectorales bleues qu’ils ouvrent alors toutes grandes, comme des boucliers, dressés pour protéger leur corps.
- Leur voracité permet de les capturer facilement à la ligne-et cette pêche en dehors de l’eau, si elle présente un intérêt médiocre, a du moins le mérite de l’originalité. Le-moyen le plus rapide et le plus productif de se procurer des Périophlalmcs consiste à construire, à marée basse, de petites clôtures avec des branchettes plantées dans la vase les. unes contre les autres; on les dispose en angle, le sommet tourné vers la lagune. Il suffit à la marée basse suivante dose montrer brusquement pour que les petits poissons s’élancent vers l’eau, laissant prisonniers nombre d'entre eux dans l’angle perfide de ces petites palissades qu'ils ne peuvent franchir et où on les prend sans peine à la main. Les petits enfants indigènes pratiquent volontiers celle pêche qui les amuse beaucoup.
- Les serpents d’eau, les varans, les échassiers, semblent, être les plus redoutables ennemis des Périophtalmes. Ceux-ci n’ont pas grand chose à craindre des poissons carnassiers en raison de leur existence vraiment très peu aquatique.
- Plus favorisés que beaucoup d’animaux, ils n’ont pas non plus grand chose à craindre de l’homme. Leur' chair est de qualité médiocre, blanche, molle, fade, et hérissée d’arêtes. Leur petitesse suffirait à les faire dédaigner dans un pays où surabondent les gros poissons à> lamhair délicate; aussi la facilité de leur capture n’inléresse-t-elle, à titre de passe-temps, que les enfants.
- Pour l’Européen une friture de Périophtalmes ne vaut guère mieux qu’une friture de gobies, c’est-à-dire pas grand’ chose. Des « ékis » (interdiction édictées par la coutume) d’un caractère absolu interdisent à la presque totalité des indigènes du Fernan Va’z de consommer la chair du Périoph-lalme (J).
- t * Georges Thial.
- V-Î- . ' b.iV j’ . •* •
- . • “ ' :*t';
- 1. On commence à importer en Europe des Périophtalme^ et les amateurs d’aquariums pourront bientôt en observer et conserver vivants.
- p.229 - vue 233/439
-
-
-
- BENNES PRENEUSES
- Fig. 2. — Groupe de forage en cours d’opération.
- ‘30 = FORAGE PAR
- La machine que nous allons décrire a été conçue en vue du forage rapide et économique de trous dans le sol. Son domaine d’application est très vaste car on l’emploie aussi bien au fonçage de puits de profondeur et de diamètre divers qu’à l’exécution des sondages de reconnaissance géologique.
- Le principe est celui du battage au trépan, mais, dans cet appareil, l’outil de percussion qui attaque les terrains à traverser se complète de coquilles ou griffes verticales qui saisissent la roche brisée ou la terre et la ramènent à la surface. Celte benne-preneuse ou « hammer-grab » constitue la caractéristique essentielle du procédé et elle supprime l’injection d’eau nécessaire dans les sondeuses à rotation (couronne dentée, grenaille ou diamants) ainsi que l’opération fastidieuse du curage à la cuiller dans le battage au trépan.
- L’installation complète comprend une benne à forer, un treuil à deux tambours assurant les manœuvres de la benne, une ilèche de relevage et un déversoir recevant et rejetant les déblais sans déplacement de l’outil de forage.
- La benne à forer, pièce principale de l’appareillage est constituée par un cylindre métallique à parois épaisses pouvant être allongé et alourdi par l’adjonction de masseloies circulaires. Ce cvlin-
- Fig. 1. — Benne de forage (Hammer-grab).
- dre est terminé en haut par une calotte sphérique munie d’un anneau de relevage et percée pour laisser passer le câble de commande du piston.
- Ce piston qui se trouve dans le bas du corps cylindrique est muni d’une lige commandant, suivant ses propres déplacements, l’ouverture et la fermeture des coquilles dont il va être parié. La partie supérieure du piston est équipée de poulies permettant le mouflage du câble de commande.
- Enfin, la benne porte à sa partie inférieure une couronne sur laquelle sont articulées les coquilles mobiles. La forme et le nombre de ces coquilles peuvent varier suivant l’usage que l’on veut en faire et la nature des terrains rencontrés.
- Pour des terrains très durs, on emploiera des pales du type « orange-peel » courtes et extrêmement robustes pouvant broyer la roche par percussion. Des pales semblables, mais demi-longues seront montées sur la couronne pour usage dans des terrains moyennement durs, les galets, etc... et l’on se servira de pales très longues, à grande capacité de prise pour les terrains argileux ou de consistance molle.
- Des coquilles hémisphériques à 2 pales seulement seront utilisées pour la traversée des terrains sableux ou boulants.
- Il faut également noter que la benne peut recevoir des coquilles d’un diamètre plus ou moins grand, en fonction de la dimension du trou à forer. Avec la même benne on peut commencer un trou de 700 mm de diamètre et le terminer à 38o mm par simple adaptation de coquilles appropriées.
- La manœuvre de la benne est assurée au moyen de deux câbles, l’un pour l’ouverture et la fermeture des coquilles, l’autre pour le relevage. Le fonctionnement est tout à fait semblable à celui des bennes preneuses employées pour la manutention des matières pondéreuses. L’appareil étant posé au fond du trou, on opère une traction sur le câble de fermeture lequel, par l’intermédiaire du piston, ferme les coquilles. Celles-ci, en se refermant, prennent une certaine quantité de terre ou pincent les morceaux de roches qui se trouvent au fond du trou. L’effort de serrage qu’elles exercent est considérablement augmenté par suite du mouflage du câble de fermeture.
- Pour ouvrir la benne, il suffit de donner du mou au
- p.230 - vue 234/439
-
-
-
- cable de fermeture et le piston descendant par gravité repousse les coquilles. Quand la benne est ainsi retenue par son câble de suspension, on peut l’employer comme un trépan pour la traversée des terrains difficiles. Sa robustesse permet de la laisser retomber de plusieurs mètres sur des calcaires durs ou des silex sans dommage ni usure anormale.
- Le treuil dessiné spécialement pour la manœuvre de ces bennes comporte deux tambours et son fonctionnement est particulièrement simple puisqu’il ne comporte qu’un seul levier de commande et xine pédale. Des dispositifs de verrouillage appropriés permettent d’éviter toute fausse manœuvre en cours d’opération. Cette facilité de conduite, jointe à une grande robustesse, permet de confier le treuil à des ouvriers peu expérimentés.
- Le déversoir est constitué par un plateau en tôle pouvant basculer autour d’un axe horizontal. Lors du remontage de la benne, ce déversoir vient obstruer complètement l’orifice du trou et reçoit les produits remontés. En basculant le déversoir, on x’ejette les produits sur le côté et l’orifice est ainsi dégagé.
- L’ensemble clés appareils ainsi décrits est monté, suivant le cas, sur un châssis fixe, mobile ou même automobile afin de répondre, dans les meilleures conditions possibles à tous les besoins. Le groupe comporte naturellement un moteur pour actionner le treuil, une flèche de relevage ainsi que divers accessoires, tels par exemple qu’un mouton pour la mise en place des colonnes de tubage.
- L’encombrement du groupe est réduit et son autonomie est complète, ce qui lui permet d’être employé dans des endroits où d’autres matériels sont inutilisables.
- Les forages peuvent se faire sous l’eau, sans aucune modification du matériel. Les bennes sont percées pour éviter leur freinage par l’eau à la descente et les effets de succion à la montée. On a pu ainsi forer des trous de 4o à 5o m dans l’eau.
- Dans le cas de recherches géologiques, l’emploi des bennes preneuses permet un « carottage » continu à grand diamètre donnant une masse importante de déblais dans l’ordre même où ils se présentent dans le sol. On peut ainsi reconstituer avec facilité la composition des terrains traversés.
- Mais à tous ces avantages s’ajoutent la rapidité et l’économie et ce sont là, évidemment, les plus importants. Les manœuvres de la benne sont extrêmement rapides. Par exemple, jusqu’à io m de profondeur, un ouvrier un peu expérimenté peut faire facilement une opération complète (descente de la benne, fermeture, remontée et ouverture) en io secondes. Entre io et 20 m de profondeur, la même opération demandera environ i5 secondes.
- Des vitesses de 1 à 2 m par heure sont ainsi couramment atteintes dans des terrains mi-durs avec des bennes de 080 mm de diamètre.
- Par ailleurs l’expérience a montré que plus le diamètre du fonçage était grand, plus les vitesses d’avancement augmen-
- 231
- Fig. 3. — Groupe de forage en opération (vidage de la benne).
- taient, car la puissance de forage croît avec les dimensions et le poids de la benne, tandis que la résistance qu’oppose le sol reste la même. Les bennes de gros diamètre arrivent à remonter telles quelles des pierres atteignant un volume de deux fois la tête d’un homme. On cite un bloc de 67 kgr ainsi remonté d’un seul coup de xo m de pi'ofondeur au cours d’un sondage pour recherche d’eau (*).
- La pi’ofondeur maximum que l’on peut atteindre est limitée à 60-80 m par suite de la tendance que les câbles ont de s’enrouler, mais les constiucteurs ont étudié un système de bennes commandé par un seul câble pour remédier à cet inconvénient et atteindre ainsi des profondeurs supérieures.
- r A. F. Pellat.
- I . Nous sommes redevables de ces détails ainsi que des photographies qui illustrent cet article à la Société française Benoto, de Graville-Le Havre (Seine-Inférieure).
- = LE CARÉNAGE DE LA VOITURE DE COURSE "=
- RECORD DU MONDE DE EYSTON
- ♦
- La l’écente performance de Caracciola qui a atteint en automobile sur piste une vitesse de 433 km à l’heure, le tragique accident de Rosemeyer essayant de reconquérir le record dont il venait d’être dépossédé, ont de nouveau attiré l’attention sur la lutte de vitesse qui met aux prises en Amé-x’iquc, au lac Salé, des monstres automobiles, Blue Bird
- (Campbell) et Thunderbolt (Eyston). Ce dei’nier a réalisé récemment une vitesse de 5i3 km/h. Ce résultat-remarquable n’a pu être atteint que grâce au carénage particulièrement étudié de l’appareil ; comme celui-ci a été établi sur les directives de l’ingénieur fi’ançais Andi’eau, notre pays se trouve associé à la réussite du champion anglais. Nous
- p.231 - vue 235/439
-
-
-
- = 232 - y
- allons, d’après undv conférence faite à la Sociélé des Ingénieurs de l’Automobile par M. Àndrcau, donner un aperçu des difficultés à résoudre et des efforts qui se manifestent à ces vitesses vertigineuses.
- M. Andreau donne d’abord quelques indications sur la voiture « concurrente » Blue Bird de Campbell : sa puissance est de 2.280 ch, le rendement de la transmission 0,9 (2 renvois) soit 2.000 ch à la jante. Les pneus sont gonflés à 8,45 kgr, le poids de la voiture est de 4-94o kgr, la surface de projection frontale de 2 m2 5. La vitesse atteinte fut, dans un essai, de 435 km/h.
- La voiture du capitaine Eyslon, Thunderbolt, destinée à battre cette vitesse est un monstre bien autrement imposant : poids 7 t, deux moteurs Rolls coupe Schneider développant à la jante, et à l’altitude du Lac Salé, 3.4oo cli, surface de projection frontale 2 m2 38, pression des pneus 7 kgr, roues de 1 m 10 de diamètre réparties en 4 roues directrices, en 2 trains conjugués et 2 roues arrière jumelées motrices.
- Le carénage a une importance primordiale, car la résistance de l’air absorbait, aux vitesses de 5oo km/ h, pour le modèle établi primitivement presque la moitié de la puissance employée. M. Andreau a cherché à l’améliorer et s’est arrêté aux formes suivantes : roues englobées dans le carénage avec légers habitacles de débattement. Profil elliptique à l’avant, parabolique à l’arrière. Courbes à variation de coui'bure continue et à raccordements du second degré. Aucune maquette n’a été construite ni essayée à la soufflerie par suite de l’extrapolation considérable (46) qu’il faudrait faire pour passer par exemple d’un modèle au x/10 essayé dans un vent de 00 m/scc. (to8 km/h) à la voiture elle-même dont la longueur atteint 10 m.
- Aussi M. Andreau s’est-il entièrement fié au calcul plutôt qu’à des essais aussi éloignés de la réalité et le résultat fut extrêmement satisfaisant puisqu’il diminua la résistance de Pair de deux tiers par rapport au projet initial anglais.
- Le bilan s’établit alors comme suit pour la voiture pesant 7 t-
- Vitesse Vitesse
- 500 k/h 550 k/h
- Résistance de roulement . 945 kg 1.470 kg
- Résistance de l’air .... 4 00 » 4 80 »
- Résistance totale i.345 » 1.950 »
- Puissance nécessaire à la jante . 2.5oo ch 3.970 ch
- La puissance maxima disponible étant de 3.4oo ch, la vitesse maximum théorique est comprise entre 53o et 535 km/h.
- A 5oo km/h, la voilure a encore un excédent de puissance à la jante de 900 ch, à 484 km/h, ancien record, cet excédent est de i.3oo ch; à 5i3 km/h, nouveau record, il y avait encore 65o ch disponibles.
- On peut faire quelques remarques intéressantes : tout d’abord la résistance de roulement est l’obstacle principal à la réalisation des grandes vitesses ; non seulement par suite de sa grandeur en valeur absolue par rapport à la résistance de l’air (réduite à un minimum par le bon carénage) mais surtout par son accroissement extrêmement rapide avec la vitesse : à 5oo km/h elle est le double de la résistance de l’air et à 55o km/h, le triple.
- La résistance de roulement des pneus sur le sol du Lac Salé est de i35 à 210 kgr par tonne, tandis que si on mettait Thunderbolt sur des rails et que l’on admette même 3 kg/T de roulement, sa vitesse maxima atteindrait 800 km/h.
- Réduire la résistance à l’avancement, seul facteur sur
- lequel on pouvait encore agir, le poids de la voiture ayant été déjà abaissé au maximum, et les caractéristiques des pneus (section, pression) étant déterminées au mieux, n’était pas le seul problème qui se posait dans l’élude du carénage. 11 fallait encore qu’aux vitesses considérables envisagées, la voiture fût stable au point de vue aérodynamique. En effet, les voilures de records sont exposées à des dangers certains : ruptures mécaniques, éclatement des pneumatiques, etc., et les accidents qui en sont la conséquence se transforment en catastrophes si la voiture ne possède pas une stabilité de marche naturelle. A des vitesses de 100 à i5o m à la seconde, l’automobile tend à se comporter comme une flèche, une sorte d’avion prêt à décoller et, à partir de ce moment, si des dispositifs convenables ne sont pas prévus, à échapper au contrôle du conducteur. C’est dire qu‘i] faut mettre la carène à l’incidence de portance nulle. Déjà, dans la voiture de Campbell, celui-ci avait dû lester sa voiture de i5o kgr à l’arrière quand les vitesses atteignaient 4oo km/h et, tout récemment une Mercedès à la même vitesse s’est retournée par suite de la perte d’adhérence lors de l’essai d’une carène non en portance nulle.
- La stabilité horizontale n’est pas moins indispensable. A mesure que le coefficient de résistance diminue, l’instabilité augmente car le mélacentre se déplace de. plus en plus vers l’avant. Dans la voilure de Eyslon, par exemple, il serait à 5o m environ en avant de la pointe. Aussi M. Andreau a-t-il prévu une dérive d’un développement considérable pour ramener le métacenlre en arrière du centre de gravité. Finalement Thunderbolt est empennée comme une flèche et àutoslable. Il en x'ésulle pour le conducteur une fatigue moindre pour maintenir la voilure sur sa trajectoire.
- Enfin, un autre problème se pose. C’est celui d’arrêter sur un parcours assez réduit cette masse de 7 t lancée à 5oo km à l’heure II ne peut être question de freiner, aucun pneumatique ne résisterait à de tels efforts. Aussi a-t-on adopté le freinage par l’air, réalisé par 2 volets latéraux disposés à l’arrière entre les roues et la dérive. Ces volets pivotent autour d’un axe vertical et s’épanouissent perpendiculairement à l’axe Je la voiture. Ils sont commandés hydrauliquement. Leur surface est de 1 m2 275 ; épanouis ils multiplient la résistance de l’air par 5,35, de sorte que, à 53o km/h, la voiture étant au point mort (pour ne pas fatiguer les pneus) la résistance de l’air est alors 2.400 kgr, celle de roulement de 1.280 kgr et il faut 3.5oo m pour passer de 5oo à a5o km/h, vitesse à laquelle on peut commencer à se servir des freins.
- On a souvent opposé à cette lourde machine les voilures d’Aulo-Lnion de Rosemever qui se rapprochent beaucoup plus des automobiles usuelles et on a conclu qu’elles étaient plus intéressantes.
- M. Andreau estime celte conclusion mal fondée. Il remarque en effet que dans les deux engins, le poids par cheval est sensiblement le même : Auto-Union 800 ch, 1.200 kgr soit i,5 kgr/ch ; Thunderbolt 4-Goo ch, 7.000 kgr soit 1,5a kgr/ch, de sorte que les deux voilures sont absolument comparables.
- D’autre part la résistance de l’air absorbe une puissance proportionnelle à V3, la résistance de roulement est proportionnelle à Vk7 soit en moyenne pour la résistance totale une proportionnalité à environ V1.
- Dans ces conditions, Rosemever qui a roulé à 4o5 km/h, avec 800 ch, pour faire du 53o km/h à l’altitude du Lac Salé aurait besoin de 2.800 ch, en admettant que le poids, l’encombrement etc., restent les mêmes que sur sa voiture actuelle. Comme il ne pourrait en être ainsi, on voit que l’on tend vers des chiffres analogues à ceux de Thunderbolt.
- H. Vigneron.
- p.232 - vue 236/439
-
-
-
- L'HÉLICOPTÈRE, MACHINE VOLANTE PRATIQUE
- L’histoire des hélicoptères vient de s’enrichir d'un fait nouveau de la plus haute importance.
- Le 25 octobre dernier, un appareil de ce type construit par l’ingénieur allemand professeur Heinrich Locke a effectué le parcours Slendal-Berlin (108 km) piloté par l’aviatrice allemande, la Flugskapitan, llanna Reitsch.
- t n peu auparavant cet appai’eil avait battu les records de hauteur avec 2.439 m et de vitesse avec 122 km 6 à l’heure.
- C’est la première fois qu’un hélicoptère quitte son champ d’expérience pour se risquer au-dessus de la campagne dans un voyage de ville à ville, et la preuve est aujourd’hui faite que l’hélicoptère peut devenir une machine volante utilitaire, ce qui avait toujours été fortement contesté jusqu’à présent.
- L’hélicoptère Focke continue actuellement sa carrière en s’exhibant tous les soirs dans une salle de specta.de de Berlin, ou il exécute, piloté pàr llanna Reitsch, toute une série d’évolutions avec une précision merveilleuse ‘qui donne une preuve éclatante des facilités de manoeuvre de ce type d’appareil aux abords du sol et de ses obstacles.
- Coup d’œil sut l’histoire des hélicoptères. — Fait assez curieux et généralement peu connu, l’histoire des hélicoptères est beaucoup plus ancienne que celle des aéroplanes. Ils occupèrent longtemps l’esprit du monde savant au siècle dernier et on en construisit à cette époque de nombreux exemplaires... à petite échelle : c’était des modèles réduits réalisés avec des matériaux très simples : du papier, de menus morceaux de bois, des fils métalliques, le tout actionné par un moteur formé de brins de caoutchouc tordus.
- Le premier en date de ces petits jouets scientifiques fut réalisé par Launoy et Bienvenu en 1784 et eut les honneurs d’une présentation à l’Académie des Sciences (fig. 3).
- Beaucoup plus tard, au début du siècle actuel, on construisit les premiers hélicoptères en vraie grandeur dès que l’on entrevit la possibilité d’utiliser le moteur à explosion pour résoudre le problème du « plus lourd que l’air ». Nous avons reproduit ci-contre la photographie d’un de ces premiers appareils : c’est le gyroplane Breguet-Richèt construit à Douai en 1907 (fig. 4).
- Le contraste entre l’aspect présenté par cette machine et celle du pi’ofesseur Focke donne une idée saisissante du chemin parcouru pendant ces 3o années.
- Ces premiers hélicoptères ne pouvaient pas voler et tout ce qu’on put obtenir d’eux, c’est qu’ils se soulèvent légèrement du sol pendant de courts instants.
- 11 faut attendre la dernière guerre pour enregistrer les premiers résultats appréciables ; ils furent obtenus eu AulricheTlongrie par un appareil dû à la collaboration du professeur Karman et d’un officier austro-hongrois, le lieutenant Petroczy. Cet appai'eil beaucoup plus puissant que les précédents, puisqu’il était actionné par 3 moteurs de 120 ch put s’élever jusqu’à une hauteur de 49 m. Mais ce n’était pas un appareil entièrement libre, il était retenu au sol par 3 câbles qui permettaient en même temps de le maintenir dans une position stable.
- Après la guerre on a construit et essayé en •France plusieurs hélicoptères de formés et de conceptions assez diverses sans que les résultats obtenus aient été en proportion des efforts fournis ni des sommes dépensées. Il faut signaler cependant qu’un appareil assez compliqué construit par l’ingénieur OKhniichen réussit en 192.4 à boucler le premier kilomètre ; cette machine joignait donc aux capacités d’envol vertical de ses prédécesseurs, celle de pouvoir se déplacer horizontalement, mais à une allure si lente qu’elle n’était pas susceptible d’applications pratiques.
- Vers la même époque, un ingénieur espagnol, Pateras Pescara, vint en France on il fit beaucoup parler de lui et de ses hélicoptères qui, conçus sur un principe très différent de celui d’OEhmichen, ne donnèrent pas de meilleurs résultats.
- L’autogire La Cierva. L’autogire n’est pas un hélicoptère. — Un certain découragement s’en suivit et l’on était bien près de se désintéresser totalement de la question lorsqu’apparut l’autogire de La Cierva.
- Tout le monde aujourd’hui connaît l’autogire, et nombreuses sont les personnes qui en ont vu voler au moins un : ces grandes ailes de moulin à vent qui tournent horizontalement dans l’espace à allure ralentie donnent à la machine un aspect assez impressionnant et l’on se demande comment des surfaces d'aussi faible étendue peuvent soutenir en l’air le poids de l’appareil.
- L’autogire n’est pas un hélicoptère, et nous devons aborder ici un point de technique destiné à fixer l’opinion du lecteur, car j’ai bien souvent constaté la confusion qui s’établit entre les deux dans l’esprit de beaucoup de personnes.
- Dans l’hélicoptère, lés ailes tournantes ou hélices
- Fig. I. — Le Pr Heinrich Focke.
- p.233 - vue 237/439
-
-
-
- 234
- Fig. 2. — L’hélicoptère Foche F W 61 en vol.
- sustentatrices sont mises en rotation par l’action directe d’un moteur qui transmet le mouvement à leur axe ; ce qui permet à l’appareil de s’élever verticalement, de stationner immobile en l’air ou de redescendre verticalement à allure aussi réduite qu’on le désire, par simple réglage de la manette des gaz.
- L’autogire, lui, n’a que les possibilités d’un avion classique, sauf que l’on peut cependant lui donner un écart de vitesse un peu plus grand. Dans l’autogire, les hélices forment une voilure tournante qui n’est pas actionnée directement par le moteur, mais qui tourne sous l’action du vent produit par le mouvement relatif, exactement comme un moulin à vent.
- Sustentation et pro= pulsion de l’hélicop= tère. — Si l’autogire et l’hélicoptère ont quelques points de ressemblance, ils présentent
- par contre de notables différences. Ainsi, l’autogire n’a qu’une seule voilure tournante, tandis qu’il en faut au moins deux à l’hélicoptère, car s’il n’en avait qu’une, le mécanisme qui actionne cette voilure, subissant un couple de réaction égal et de sens contraire à celui qu’il transmet, se mettrait à tourner aussi en sens contraire, entraînant avec lui le bâti de la machine sur lequel il est fixé, dès que ce bâti en se soulevant cesserait d’être maintenu immobile par son appui sur le sol ; tout l'appareil se metti’ait donc à tourner sur lui-même en sens inverse de l’hélice sustenta-trice, ce qui serait fort désagréable pour le pilote. En munissant l’hélicoptère de deux hélices susten-tatrices qui tournent en sens contraire, les deux couples de réaction s’annulent et l’inconvénient ci-dessus est évité. On pourrait aussi en mettre un plus grand nombre, mais c’est créer une complication inutile. Ces deux hélices sustentatrices peuvent être placées l’une au-dessus de l’autre ou l’une à côté de l’autre, et ces deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais c’est dans le second cas qu’on obtient la qualité suslentatrice la plus élevée, c’est-à-dire que l’on soulève le poids total maximum pour une puissance déterminée.
- Voyons maintenant comment un hélicoptère peut se déplacer horizontalement. L’appareil Focke que représente la figure 2 n’a pas d’hélice propulsive, il y a simplement à l’avant du moteur un petit ventilateur de refroidissement qui n’exerce aucune traction appréciable. C’est en faisant piquer du nez l’appareil vers
- Fig. 3. — L’hélicoptère' de Launoy et Bienvenu présenté à l’Académie des Sciences en 1784.
- p.234 - vue 238/439
-
-
-
- 235
- Fig. 4. — Le gyroplane Breguet-Richet, le premier appareil qui se souleva verticalement du sol avec un homme à bord (1907).
- l’avant que l’on provoque le déplacement horizontal, la poussée produite par les hélices sustentatices s’incline en effet en même temps que ces hélices et donne une composante de force horizontale qui entraîne l’appareil ; on peut aussi bien d’ailleurs obtenir la marche arrière en redressant la machine au lieu de la faire-piquer du nez.
- Et c’est là une nouvelle différence avec l’àutogire qui est obligatoirement muni d’une hélice propulsive. 5
- On pourrait d’ailleurs très bien ajouter à l’hélicoptère une hélice propulsive et tout laisse même à supposer, d’après les calculs et les expériences de laboratoire, que l’on obtiendrait, à puissance égale, des vitesses plus élevées que par le premier procédé.
- L’aérogire, combinaison de 1’hélicoptère et de l’àutogire, est l’appareil de l’ave=
- nir. — Il n’est pas douteux que nous verrons voler dans un avenir prochain des appareils de ce genre qui seront à la fois hélicoptères et autogires, puisque dans, un hélicoptère muni d’une hélice propulsive, on peut toujours débrayer les hélices sustenlatrices et les laisser tourner sous l’action du vent relatif en leur donnant un pas convenable.
- J’ai déjà ju’oposé que l’on donne à ces machines le nom générique « d’aérogires » pour unifier une fois pour toutes les appellations nombreuses que leurs constructeurs ont données aux appareils à voilures tournantes construits jusqu’ici et dont la diversité même prête à confusion, ainsi que nous le signalions précédemment.
- Quelles seront les applications de ces futurs aérogires P Elles apparaissent dès maintenant comme multiples et variées. Malheureusement d’abord, comme son prédécesseur l’avion, l’aérogire trouvera son emploi à la guerre, ses aptitudes à rester stationnaire en
- l’air ainsi qu’à monter, descendre, se déplacer en avant et en arrière à volonté, en feront un observateur perspicace, vigilant et alerte et sans doute également un bombardier précis et dangereux par sa faculté d’aller se réapprovisionner rapidement en munitions à proximité même de la ligne de feu dans un repli de teiTain ou un coin de forêt quelconque.
- Mais fort heureusement l’aérogire n’aura pas que
- Le gyroplane Breguet-Dorand, le précédent détenteur des records
- de la catégorie hélicoptère.
- p.235 - vue 239/439
-
-
-
- = 236
- des applications belliqueuses, il doit au contraire constituer dans l’avenir un magnifique instrument de paix en donnant à l’aviation touristique une extension et un développement qu’elle n’a pu atteindre avec l’avion.
- L’avion reste en effet un engin de tourisme peu pratique parce qu’il faut d’abord l’aller chercher loin de l’endroit où l’on réside ; de plus sa sécurité est liée à la certitude de trouver un bon terrain d’atterrissage au terme du voyage et l’on est toujours à la merci d’une panne imprévue ou d’une erreur de parcoure. Rien de tout cela n’existe plus avec les aérogires ; puisque ces engins peuvent décoller et atterrir dans un espace réduit théoriquement à leurs seules dimensions, c’est-à-dire à peu près n’importe où, ils n’auront pas
- besoin de terrain d’atterrissage et il est problable qu’on leur réservera à l’intérieur même des villes le dessus des maisons agencé en terrasses et en garages aériens et quelques espaces dégagés dans les avenues et jardins, uuanl au risque de panne imprévue en cours de voyage, il est très diminué, car les aérogires peuvent atterrir moteur coupé à des vitesses sensiblement inférieures à celles des avions et il apparaît dès aujour-d hui comme très facile, étant donné ce que nous savons déjà des propriétés des voilures tournantes, d’augmenter encore cet avantage, ou d’arriver à un résultat équivalent par l’emploi de plusieurs moteurs séparés.
- M. Lamk.
- BILLETS DE BANQUE MÉTALLISÉS
- Au fur et à mesure que se développent les moyens d’attaque, les moyens de défense suivent une progression parallèle. Toute l’histoire de l’évolution de la marine de guerre se ramène à la lutte entre la cuirasse et l’obus. Cette marche parallèle s’observe dans tous les domaines et un exemple curieux est celui de la défense des instituts d’émission contre les faux-monnayeurs, lutte particulièrement âpre depuis que le papier a remplacé les belles pièces d’or sonnantes et trébuchantes. Aussi les obstacles ont ils été accumu-mulés pour rendre plus difficile la contrefaçon des billets de banque : composition spéciale du papier, filigrane, encres spéciales, couleurs de composition secrète, incorporation dans la pâte du papier de fils de coton de diverses couleurs, etc...
- Un dernier procédé tout nouveau semble bien, s’il était généralisé, devoir fournir une protection, une garantie d’au-llienticité que les faussaires seront longtemps avant de pou-
- voir imiter ; nous voulons parler de la métallisation. On sait qu’elle consiste, partant d’un métal mis sous forme de baguette, à le fondre à haute température et à projeter sous forme pulvérulente ses particules sur la surface à métalliser. Le grand pionnier de cette méthode de recouvrement, dont les applications industrielles sont extrêmement nombreuses et importantes est M. Schoop et c’est lui qui vient de mettre au point la métallisation des billets de banque.
- Le métal, dont la composition exacte ne serait connue d’ailleurs que de l’Institut d’émission, est projeté sur le papier auquel il s’incorpore, soit uniformément, soit, par l’emploi de caches, en réservant des parties non métallisées. Lu résistance du papier aux efforts mécaniques et à l’usure est augmentée sans que sa souplesse et ses qualités d'impression soient modifiées.
- H. Vigneron.
- LA CONQUÊTE DU FROID (*>
- Les basses températures par la méthode des cycles. — Au laboratoire de Kamerlingh Onnes, à Leyde, l’obtention systématique des basses températures a été réalisée par combinaison d’évaporation et de détente (fig. i).
- L’abaissement progressif des températures à partir de la température ambiante y est réalisé par la méthode des « cycles ».
- i° Cycle à chlorure de méthyle (CH3C1) : ce corps gazeux à 25° C., est liquéfiable par compression à 5,6 atm. A la pression ordinaire, il bout vers — 20° C. Mais par évaporation dans le vide (quelques centimètres de mercure), il est possible d’abaisser la température à — 70° C.
- 20 Grâce à cette température de — 70° C., Yéthy-1. Voir La Nature, n° 3022, 1er avril 1938.
- lène (C2HJ peut être liquéfié à son tour par compression (5 atm.). L'évaporation sous pression réduite donne — i5o° C. C’est le cycle à éthylène.
- 3° Ensuite est réalisé le cycle à oxygène (02), par compression de 1 à 10 atm., et évaporation sous vide (—- 200° C.).
- 4° Une compression serait insuffisante pour liquéfier l’hydrogène (H2), dont la température critique est — 24o° C. Aussi, le gaz, préalablement comprimé à 200 atm. et refroidi à — 200° C., est détendu à la sortie d’un échangeur où cireule de l’hydrogène gazeux refroidi par détente, ce qui provoque sa liquéfaction partielle. Bouillant à — 253° C. sous la pression atmosphérique, il peut donner — 259° C. par évaporation sous 4 cm de mercure.
- 5° Le point critique de l’hélium (He) étant encore plus bas, il est également nécessaire de refroidir ce gaz
- p.236 - vue 240/439
-
-
-
- (avec de l’hydrogène solide) ; une détente à partir de ioo ou 200 alm., après passage dans un échangeur (‘), provoque la liquéfaction. Sous la pression
- : 1 “ 1 " 237 =
- atmosphérique, il bout à — 268°,7 C., soit 4°,4 K. En faisant le vide, cette température descend à moins de i° K.
- Phénomènes auxquels on peut recourir pour obtenir des températures inférieures à o° G.
- 00 c. Fusion de la glace.
- — 16 Mélange N03NH4 -f- eau.
- — 20 Mélange glace-j- sel marin.
- - M Évaporation de CH3C1 sous 760 mm.
- — 35 Evaporation de NK3 sous 760 mm.
- - 48 Mélange neige + CaCI2.
- — 70 ébullition de CH3C1 sous pression réduite.
- - 78 Neige carbonique dans acétone sous 760 mm.
- — 91 Ébullition de N20 sous 760 mm.
- — 100 Ébullition de N20 sous vide.
- — 110 Ébullition de C02 sous vide.
- — i5o Ébullition de C2H4 sous vide.
- g20 K. Ébullition de 02 sous 760 mm.
- 83 Ébullition de l’air liquide sous 760 mm. 80 Ébullition de Na sous 760 mm.
- 73 Ébullition de 0% sous pression réduite. 20 Ébullition de H2 sous 760 mm. i4 Ébullition de H2 sous pression réduite. 11 Evaporation sous vide de H2 solide.
- 4,4 Ébullition de He sous 760 mm.
- 0,9 Ébullition de He sous o mm. i3.
- 0,7 Ébullition de He sous o mm. oo3.
- 0,7 à o,oo3 : Méthode magnétique.
- 00 K. Zéro absolu, point limite.
- LES TEMPÉRATURES VOISINES DU ZÉRO ABSOLU
- La plus basse température que l’on ait pu atteindre par la méüiode d’évaporation est o°,7 K ; l’expérience réalisée par Keesom au laboratoire cryogénique de Lc\de est limitée par-la tension de vapeur de l’hélium, déjà très faible à cette température (o mm oo3 de mercurej : il n’est plus possible dans ces conditions d’absorber utilement de l’énergie par vaporisation.
- C’est en partant d’un tout autre point de vue, et en faisant appel à la signification statistique de l’entropie, que Debye en 1926, Giauque en 1927, ont proposé une méthode nouvelle, permettant de se rapprocher du zéro absolu. Les considérations dont elle est née, et les confirmations qu’a apportées l’expérience viennent de faire l'objet de récentes communications au Congrès du Palais de la Découverte, réunion internationale de Physique, Chimie, Biologie, à laquelle participèrent près de 1.000 savants et chercheurs. Parmi les conférenciers ayant traité des méthodes d’obtention des très basses températures, citons le Pr Debye, du Kaiser Wilhelm lnstilule de Berlin, et le P1’ Simon, d’Oxford L n i v e r s i I y.
- La méthode magnétique. — Imaginons une substance constituée par de petits aimants, maintenus en « désordre parfait » par agitation thermique. Pla-çons-la dans l’entrefer d’un électro-aimant, el faisons agir un champ magnétique de io.ooo gauss, par exemple : sous son influence, tous les petits aimants vont s’orienter : l'action du champ magnétique s’accompagnant d’un dégagement de chaleur, attendons que la substance revienne à sa température initiale. Si, ayant thermiquement isolé la matière de l’exté-
- I. L’échangeur n’est pas absolument nécessaire; l’hélium coin primé à 110 atm., puis refroidi à 11 ou 12° Iï. (hydrogène solide) et détendu ensuite dans une enceinte isolante, se liquéfie partiellement (méthode d’expansion).
- rieur, nous cessons de faire agir le champ magnétique, nous conservons l’entropie car dS = est ici
- nulle (dQ = o). Or, d’après Nernst, l’entropie doit décroître avec la température et s’annuler au zéro absolu, comme le montre la courbe ACO (fig. 2). Lors-
- que le champ magnétique cesse d’agir, l’entropie étant devenue plus faillie qu’au début, la
- Fig. 1. — Petit appareil de laboratoire pour la liquéfaction cle l’hélium (détente de Lin de).
- Le gaz arrive sous .forte pression par le tube T, ; en circulant dans le serpentin S u noyé dans l’hydrogène liquide, contenu dans le récipient Dewar, il se refroidit vers 14° K. Il passe alors au centre d’un double serpentin annulaire S 2 parcouru extérieurement par de la vapeur d’hélium détendue, et se détend enfin dans le récipient L en se liquéfiant partiellement ; le gaz non liquéfié, après avoir circulé dans la partie extérieure de Sa, est évacué par le tube T.. T;1 permet de faire le vide dans l’appareil pour y réduire les échanges de chaleur par convection. T.j est un raccord capillaire reliant la capacité C à l’extérieur, en vue de mesures thermomanométriques. Tout l’ensemble peut être protégé du réchauffement par immersion dans un vase de Dewar rempli d’air liquide.
- p.237 - vue 241/439
-
-
-
- 238
- température doit devenir plus basse (trajet ABC).
- Structure élec= tronique et ma= gnétisme. — Tel
- est le principe de la méthode : voyons maintenant quels sont les moyens de la réaliser. On sait qu’un atome peut être considéré comme formé d’un noyau autour duquel gravitent des électrons (J. Perrin, Rutherford, Bohr). Tout se passe comme si ces électrons étaient répartis sur différentes « couches ». Chaque orbite électronique peut être assimilée à un courant électrique circulaire, se comportant comme un feuillet magnétique ou un dipôle (fig. 3), que caractérise le moment magnétique de l’orbite. En dehors de ce moment magnétique orbital, existe un moment magnétique lié à la rotation de l’électron sur lui-même (« spin » de l’électron, Uhlenbeck et Goudsmit).
- Pour la molécule, il y a superposition des effets produits par chaque électron. En général, lorsque les électrons sont distribués symétriquement, le moment magnétique résultant est nul (substances diamagnéti-ques). Mais s’il s’introduit une dissymétrie, il apparaît
- Fig. 2. — Variation de l’entropie en fonction de la température absolue, pour un champ nul (courbe ACO). En A, la température est de 1° K. et le champ magnétique de 0 gauss. Au point B, la température est toujours de 1° K., mais un champ magnétique est appliqué : l’entropie est plus faible, parce que le champ magnétique a diminué le désordre. Lorsque le champ magnétique est supprimé, comme il n’y a aucun échange de chaleur avec l’extérieur (transformation adiabatique), l’entropie reste constante : le point représentatif se place donc sur la courbe de champ nul, en C : il y a par conséquent abaissement de la température.
- Fig. 3. — Un électron se déplaçant sur son orbite crée un champ magnétique.
- A. Dans son mouvement de translation orbitale, l’électron — e crée le même champ magnétique qu’un courant circulaire établit le long de. cette orbite. B. En tournant sur lui-même comme une toupie, l’électron acquiert les propriétés d’un aimant dont la ligne des pôles N. S. serait dirigée suivant l’axe de rotation de l’électron.
- I t t
- \ \ i
- un moment résultant (substances paramagnétiques). En l’absence de champ magnétique, les particules matérielles peuvent prendre toutes les orientations possibles et le moment magnétique d’un fragment quelconque est nul (alors qu’il est mesurable dans le cas des substances ferromagnétiques). Mais qu’un champ magnétique apparaisse : alors chaque atome tend à orienter son moment magnétique parallèlement au champ appliqué (fig. 4) : par suite de cette orientation, la somme des moments magnétiques d’un morceau de matière cesse d’être nulle, mais prend une valeur finie (théorie due à Langevin). Sous l’influence de l’agitation thermique, l’orientation est parlielle-ment détruite, mais elle augmente si l’agitation diminue, c’est-à-dire si la température baisse. Pierre Curie a montré, et Langevin a calculé que l’aimantation d’une substance paramagnétique est inversement proportionnelle à la température absolue, ce qui se traduit par l’égalité : xT = Cte ; Curie a d’autre part remarqué que, dans certains cas, la l'elation est non pas xT — Cte, mais x (T-—-8) = Cte, 8 étant une certaine température
- Weiss a expliqué
- cette anomalie en N S Tl C
- tenant compte de 0
- l’interaction d’ori-
- „„ „ • __ Fig. 4. — Orientation dans un
- que qui s exerce champ magnétique.
- entre les particules élémentaires
- (hypothèse du champ moléculaire) ; un phénomène analogue se produit pour les matières ferromagnétiques, dans lesquelles apparaît une orientation due à une aimantation spontanée, phénomène d’autant plus intense que la température est plus inférieure au point de Curie ferromagnétique.
- Paramagnétisme et chaleur spécifique aux bas= ses températures. — Pour nos expériences, nous avons besoin de petits aimants en désordre parfait : d’après ce qui précède, les molécules d’une substance paramagnétique constitueront ces aimants. Une substance convenable est l’alun de fer et d’ammonium (S04)2 FeNH4, 12RLO, dont le paramagnétisme est du a l’ion Fe + + 4- C).
- Mais, dans le choix d’une telle matière, nous allons voir que la température caractéristique joue un rôle primordial ; d’une part, en effet, 8 diminue la portée de la méthode puisqu’elle correspond à une tendance spontanée à l’orientation par suite d’interactions mutuelles entre les dipôleë ; d’autre part, pour cette température, se produit un important accroissement de la chaleur spécifique, anomalie que laissent prévoir des considérations théoriques. Or, quel est le but des opérations à très basse température ? Non seulement
- 1. La répartition des électrons comptés à partir du noyau est pour J'atome Fe : 2, 8, 8 + 6, 2. Pour l’ion Fe+++, c’est 2, 8, 8 + o+++. La dissymétrie serait due au spin des 5 électrons de la couche de S + 5.
- p.238 - vue 242/439
-
-
-
- Cal. /degré .par ion gr.
- Fig. S. — Variation de la chaleur spécifique d’un ion-gramme de (SOt)i FeNH4, I2H20.
- d’obtenir un refroidissement limité a la seule substance paramagnétique, mais encore de réaliser la réfrigération des autres substances ; or, la capacité calorifique maximum déduite de la courbe (fig. 5) est, ramenée à i cm3 d’alun, de 0,006 cal/degré ; ceci correspond, à cette meme température, à la capacité calorifique de 16.000 kgr de plomb ; ou encore à celle de i'kgr de plomb à i° K.
- La température caractéristique jouera en conséquence le rôle d’une barrière contre le réchauffement. En effet, si la substance avait une chaleur spécifique faible, dont la valeur diminue comme T3 (loi de Debye, ordinairement suivie) le moindre apport de chaleur provoquerait un important échauffement. Mais s’il s’agit d’une matière paramagnétique légèrement au-dessous de B, elle possédera une grosse inertie calorifique. Il y a donc un grand intérêt à la choisir telle que 9 se trouve dans la région où doivent être effectuées les observations. Si toutefois cela netait pas réalisable, il serait possible d’y remédier en opérant dans un champ magnétique final non nul, ce qui revient à provoquer artificiellement l’orientation des molécules. Mais, la première méthode est préférable, car elle simplifie les mesures de températures.
- La mesure des températures voisines du zéro
- absolu. — Pour celle-ci, il est possible de songer au thermomètre a gaz. En effet, au voisinage du zéro absolu, la tension de vapeur de l’hélium diminue énormément ; le calcul permet de prévoir que si :
- à i° K elle est encore de . à o,5 elle est déjà de . à 0,2 —
- a 0,1 et à o,o3
- 1.5 x io~3
- 2.5 x io~3 3 x io~13 3 x io~31 6 x io“103
- Simon fait remarquer que cela correspond à 10 atomes d’hélium pour 1 cm3 à o°,2 K, et à 1 atome par km3 pour o°,i K !
- 239
- 11 faut donc chercher une autre grandeur liée à la température. La loi de Debye, dont nous avons parlé, donne bien une relation entre la température absolue T et la chaleur spécifique C,, mais des mesures dans cette région deviennent très difficiles, car Cs tend très rapidement vers o. Aussi, la détermination se fait-elle par l’intermédiaire de mesures magnétiques. En première approximation, il est possible de tirer des indications de la loi de Curie en disant que la température est 10 fois plus petite si la susceptibilité devient 10 fois plus grande. Ceci introduit une température T° comptée dans « l’échelle magnétique ». La température absolue peut en être déduite par des considérations thermodynamiques ; il suffit de calculer les variations dQ et dS, correspondant à une même transformation, pour trouver T _ dO 1 ~ dS *
- Les mesures se ramènent alors à la dé-tei'mination de coef-
- Fig. 6. — Dispositif pour Vobtention des températures voisines du zéro absolu par la méthode magnétique.
- L’appareil réalise une forme particulière tlu liquéfacteur à hélium de la fig. 1. La température de la partie L peut être amenée au voisinage de t°5 K. par pompage de la vapeur d’hélium qu’elle contient. La capacité C est destinée à produire une température encore plus basse, en faisant le vide sur l’hélium qui s’y trouve : soit 1° K. Le récipient P contient la substance paramagnétique ; il peut être rempli d’hélium ou vidé par l’intermédiaire du tube Ta. Pendant l’expérience et afin d’éviter les échanges de chaleur par convection, le récipient métallique M, à la température du bain d’hydrogène, est maintenu sous vide. La double bobine B, à enroulements primaire et secondaire, est destinée aux mesures de mutuelle induction. Le champ magnétique est produit par l’électro-aimant E.
- fîcients de mutuelle induction entre deux bobines entourant le sel paramagnétique.
- Technique de la méthode magnéti= que. — L’appareil se compose d’un liquéfacteur à hélium semblable par exemple à l’appareil type Linde dont nous avons donné un schéma page 237, et dont la partie inférieure, reproduite ci-contre (fig. 6) est adaptée à l’usage spécial auquel elle est destinée.
- Que devons-nous réaliser ? D’abord une magnétisation isotherme, ensuite une démagnétisation isoentropique. Autrement dit, il faut tout d’abord que la subs-
- p.239 - vue 243/439
-
-
-
- lauce se trouve en contact thermique avec le bain d'hélium liquide, puis que ce contact cesse lorsque 1 équilibre thermique est établi. Ceci s’obtient facilement par emploi d’un « gaz d’échange » (Simon) assurant le transport de la chaleur pendant la première partie du cycle, puis éliminé ensuite par pompage, lorsque le champ magnétique est établi. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de pousser très loin ce pompage, car vers o°,3 K la pression de vapeur de l’hélium est déjà excessivement petite, et le transport de chaleur par une si faible quantité de gaz absolument négligeable. Mieux, la substance paramagnétique pourra, en se refroidissant, jouer le rôle de pompe, par condensation sur sa surface des dernières traces de gaz ! En effet, à o°,i K, il est inutile de chercher à obtenir un bon vide : le seul refroidissement à cette température d’un récipient fermé suffit à y faire apparaître un vide supérieur à tout ce que peut donner le meilleur pompage^ Et à o°,o5. la pression de vapeur de l’hélium n’est pas plus forte que celle du fer à la température ordinaire !
- L’appareil étant supposé prêt à fonctionner, la suite des opérations sera donc la suivante : i° ayant introduit un peu d’hélium liquide dans la capacité P, où se trouve la substance, appliquer le champ magnétique. Attendre que la chaleur se dissipe dans le bain d’hélium environnant ;
- 2° faire le vide par le tube T2, grâce à un groupe de pompage auxiliaire ;
- 3° supprimer le champ magnétique ;
- 4° mesurer le coefficient de mutuelle induction des enroulements B. En déduire la température ï° 0).
- 1. Le calcul de T absolue n’est nécessaire gue dans les premières expériences ; après un étalonnage, une détermination de T1' est suffisante pour la connaissance de la température absolue.
- CONCLUSION
- Si la réalité atomique était aussi simple que nous l’avons supposé précédemment, et les atomes rigoureusement indépendants les uns des autres, il serait possible par celte méthode d’atteindre le zéro absolu. En réalité, il n’a pas été possible de descendre en dessous de o°,oo3 K. Dans le domaine ainsi exploré, se rencontrent deux régions de chaleur spécifique anormale. L’une, dont nous avons déjà parlé, correspond aux interactions d origine électrique entre les atomes ; l’autre, qui caractérise l’apparition d’un point de Curie ferromagnétique, correspond à des interactions magnétiques entre atomes. Ce ferromagnétisme, dû à une orientation spontanée des moments magnétiques, fixe la limite inférieure de la méthode, appliquée au spin des électrons.
- Ainsi, les récents progrès réalisés dans le domaine des très basses températures sont liés à une connaissance de plus en plus fine de la matière : d’abord à lechelle moléculaire (théorie cinétique et signification statistique de l’entropie), puis à l’échelle atomique et électronique (spin de l’électron).
- Mais le noyau lui-même possède un moment magnétique, i.ooo fois plus petit que celui de l’électron. Peut-être dans un avenir peu éloigné sera-t-il possible, grâce au spin nucléaire, de réduire encore l’intervalle qui nous sépare du zéro absolu, si proche, et pourtant inaccessible !
- Rodolphe Yiallahd.
- : FARADAY, SES EXPÉRIENCES ET SES IDÉES 1 AU REGARD DE LA CONSERVATION
- DE L'ÉNERGIE ET DE LA RADIO-ÉLECTRICITÉ
- La conception de l’énergie chez Faraday. — Au
- lendemain de la mort de Faraday, Tyndall lui consaci’a un opuscule intitulé cc Faraday discoverer », opuscule dont l’abbé Moigno donna, en i808, une traduction française intitulée <t Faraday inventeur ». Il me semble que Faraday est plus découvreur qu’inventeur, tellement ses découvertes ont de répercussion sur notre vie sociale, tellement grandioses sont les rénovations de l’industrie qu’elles ont produites en tous domaines.
- Les idées qui guident Faraday dans ses recherches sont des plus simples et des plus fécondes. Le premier, il donne aux lignes dessinées par la limaille voisine de l’aimant le nom de « lignes de force magnétique ». De là sa conception si nette et si claire du « champ magnétique ».
- Dès sa découverte de l’induction, en i83i, il reconnaît
- que la condition nécessaire et suffisante à la production de ces courants est que le circuit coupe, traverse des lignes de force magnéLiquc. Ainsi il eut une intuition très nette et très exacte de ce que nous nommons « flux de force magnétique » et du fait que la « variation » de ce flux engendre le courant induit. Les expériences variées qu’il fit en i83i et j83a, indiquées en la Lecture bakérienne de i832, sur l’induction par le magnétisme terrestre sont démonstratives à cet égard : on place brusquement l’axe d’une bobine à noyau de fer dans la direction de la déclinaison magnétique, les spires de la bobine sont aussitôt le siège d’un courant induit temporaire mais intense (fig. i). Même l’ésultat si, l’axe de la bobine seule coïncidant avec la direction de l’inclinaison, on introduit brusquement un barreau de fer dans la bobine. Faraday montre encore qu’en faisant tourner un
- p.240 - vue 244/439
-
-
-
- 241
- /C^^gv Galvanomètre
- iH
- A
- S>f-,
- Angle de déclinaison magnétique i -70"
- J J I
- <S>
- Fi'). 1. — Expérience de Faraday : courant d’induction obtenu par déplacement d’un circuit dans le champ magnétique terrestre.
- On déplace brusquement une bobine de A (axe horizontal) en B, position telle que l’axe du noyau de 1er coïncide avec la direction de l’inclinaison magnétique terrestre. Un fort courant accompagne ce déplacement ; l’aiguille du galvanomètre lié à l’enroulement des s [tires de la bobine dévie brusquement ; la déviation ne dure que le temps du déplacement de la bobine.
- disque de cuivre dans son plan autour de son centre, dans un plan horizontal, on obtient un courant. Le flux de force magnétique terrestre traverse alors le plan du disque sous un angle de 70°. Dispose-t-on le plan du disque dans le méridien magnétique, sa rotation, quelque rapide qu’elle soit, l’este sans effet sur le gal-
- vanomètre.
- Ce qui est très remarquable chez Faraday, c’cst l’intuition très exacte qu’il a de l’énergie et de ses transformations. Sans l’avoir explicitement formulée, il devine la conservation de l’énergie. Quelques passages de ses mémoires le montrent : il cherche l’origine des effels de la pile de Yolta et atlaque, à ce sujet, très vivement, la théorie du contact, opposant à ses contradicteurs nombre d’expériences à l’appui de sa thèse : « La théorie du contact » conclut-il, a suppose qu’une force qui peut vaincre une résistance puissante, comme celle des conducteurs bons ou mauvais par lesquels passe le cornant, ou encore celle de l’action électrolytique qui esl son mode de décomposition des corps, peut sortir du néant; que, sans aucun changement dans la matière active, ou sans consommation d’une force génératrice, on peut produire un courant qui marchera perpétuellement en dépit d’une résistance constante, ou qui ne sera arrêté, comme dans la pile voltaïque, que par les ruines que son exercice aura accumulées sur son passage. Ce serait, en réalité, une création de force, et il n’est rien de semblable dans la nature. Nous avons de nombreux moyens de changer tellement la forme d’une puissance donnée qu’on dirait qu’il y a conversion d’une force dans l’autre. Ainsi noirs pouvons changer la force chimique en courant électrique, ou le courant électrique en force chimique. Mais dans aucun cas il n’y a créa-fion pure ou production de force sans dépense ou consommation de l’aliment nécessaire à son entretien. »
- Ces idées ont dirigé ses recherches ; elles l’ont conduit à la découverte de l’induction électrique, laquelle fut si féconde.
- La conception des prédécesseurs de Faraday sur l’énergie électrique. — Si, en 1801, Faraday n’avait pas découvert l’induction, cette découverle eût-elle été retai’dée ? Etait-elle dans l’air? De l’ordre de celles qui ne pouvaient manquer d’être faites sous peu de temps ?
- De nombreux et très précis documents historiques répondent à ces questions et soulignent la perspicacité vraiment géniale de Faraday. Cette découverte de l’induction électrique ne pouvait découler des idées qui avaient cours à cette époque. Ces faits, empruntés à l’hisloire de l’électricité montrent qu’en 1801 on n’avait aucune idée d’où provenait l’énergie électrique :
- i° Ampère, à l’occasion de sa théorie du magnétisme, rechercha, expérimentalement, si les courants particulaires
- qu’il imaginait dans la matière, dans les métaux magnétiques, préexistaient avant l’établissement du champ magnétisant, ou bien si ce champ ne produisait que leur orientation.
- Pour vérifier ces conceptions, par deux fois, — à Paris d’abord, — au laboratoire de de La Rive plus tard, à Genève, où se trouvait un puissant électro-aimant,
- — Ampère fît l’expérience (fîg. 2) qui consiste à suspendre dans un champ magnétique un circuit conducteur fermé, un tore de cuivre. Il s’attendait à voir, au moment de l’établissement du champ, le circuit diriger son plan normalement au champ.
- Il cherchait à produire, ainsi, dans le tore de cuivre suspendu, un courant permanent et continu, ce qui dénote qu’il ne soupçonnait pas cl’où provenait l’énergie électrique. S’il l’avait soupçonné, qu’aurait-il essayé, lui, l’inventeur du galvanomètre, le découvreur des lois de sa déviation, tout au moins? 11 aurait coupé le circuit du tore suspendu, en avu'ait réuni les extrémités aux bornes d’un galvanomètre. Il eût alors trouvé, non pas les courants particulaires permanents qu’il cherchait, mais il aurait découvert l’induction (x).
- 2° On sait d’ailleurs que, vers la même époque, Coliadon (1802-1892) réalisa un dispositif expérimental susceptible de produire ces courants d’induction. C’est le dispositif même que Faraday animait dix ans plus lard : une bobine creuse de circuit lié au galvanomètre et en laquelle on plonge un aimant. Coliadon avait disposé la bobine dans une pièce, le galvanomètre dans une autre. L’aimant plongé, il allait
- 1. L’œuvre (l’Ampère, en physique est, sans contestation possible, tout à fait magistrale, et par sa découverte de l’élec-trodynamique, et aussi et surtout par l’ingénieuse et si remarquable invention du solénoïde, invenLion admirable de simplicité. Le solénoïde, âme de l’électro-aimant ! Ampère est bien le principal inventeur du merveilleux et si souple dispositif que réalise l’électro-aimant. — Par Je solénoïde, l’aimantation qui, — à l’inverse de l’électrisation, — semblait figée dans la matière, dont la double polarité, nord et sud, paraît indissociable, l’aimantation, grâce à Ampère, apparaît et disparaît à volonté, accompagnant la circulation hélicoïdale d’un courant électrique. — Devant de telles découvertes, tout à fait capitales en électricité, quelle raison de considérer Faraday (1791-1861), certainement égal en génie à Ampère (1775-183S), comme n’ayant que continué l’œuvre d’Ampère ?
- Les immortels travaux d’Ampère qui, complétés peu après par ceux de Faraday, écrit-on tout récemment à propos d’une commémoration.
- Pourquoi cette prétention de considérer l’induction électrique, — par ses applications pratiques, la plus importante des découvertes du domaine de l’électricité, — et qui est l’œuvre du seul et unique Faraday, comme découlant des travaux d’Ampère ?
- Fig. 2. — Expérience tentée par Ampère en sa recherche de courants particulaires.
- Un cerceau de métal est suspendu librement clans le champ d’un puissant électro-aimant. Lors de rétablissement du champ magnétique, la réaction de ce champ sur le circuit conducteur du cerceau n’y créera-t-elle pas un courant permanent ? Le cerceau, siège de ce courant présumé, n’inclinera-l-il pas son plan par rapport à la direction du champ ? Il n’en fut rien. Le cerceau resta , en sa position première.
- p.241 - vue 245/439
-
-
-
- 242
- voir si le galvanomètre était dévié. Lui aussi attendait un courant permanent. A cette époque la raison de l’énergie du courant était insoupçonnée.
- 3° Un très grand génie interi’oge encore, à cette même époque, en 1820, l’expérience et côtoie la découverte de l’induction; c’est Fresnel : « Lors-
- qu’on voit un courant électrique » écrit-il en septembre 1820, « aimanter un cylindre d’acier en parcourant une hélice métallique qui l’enveloppe, il est naturel d’essayer si un barreau aimanté ne peut pas reproduire un courant voltaïque dans l’hélice enveloppante ». N’est-ce pas i'induction électromagnétique que, — onze •ans avant Faraday, — Fresnel va découvrir ? Achevons la lecture : « Non que cela paraisse, au premier abord, une conséquence nécessaire des faits » ajoute Fresnel, « car si l’état d’aimantation de l’acier n’était qu’un nouvel arrangement de ses molécules ou une disposition particulière d’un lluidc, on conçoit que ce nouvel état pourrait ne pas reproduire le mouvement qui l’a établi. J’ai cru qu’il n’était pas inutile de tenter cette expérience ». Enroulant un aimant de spires nombreuses d’un fil de fer isolé, il recherche le courant qu’il soupçonne par l’effet d’électrolyse. Il plonge les extrémités de ce lil de fer dans une cuve à sulfate de cuivre (flg. 3). Un léger dépôt rougeâtre s’apercevant sur le fer, il croit avoir révélé la production d’un courant, annonce même à l’Académie des Sciences « l’action galvanique des aimants » mais doit reconnaître après trois séries d’essais
- Fig. 3. — Expérience tentée par Fresnel en 1820 sur l’action galvanique clés aimants.
- Autour d’un fort aimant permanent NS est enroulé, en nombreuses couches de spires pressées et contiguës, un fil de fer recouvert d’isolant. Les extrémités de ce fil de fer plongent dans une solution de sulfate de cuivre. Le courant présumé dû à l’action galvanique de l’aimant ne va-t-il pas décomposer le sulfate de cuivre, le cuivre se portant en un dépôt rougeâtre à la cathode i* Il n’en fut rien, même en opérant avec six barreaux fortement aimantés et enrobés de nombreuses spires de fil de fer soigneusement isolées.
- utilisant « six barreaux fortement aimantés » recouverts de très nombreuses spires qu’en fait aucun courant ne peut être ainsi obtenu.
- Reconnaissons-le, ni Fresnel, ni Ampère n’avaient, en 1820, une notion nette de l’énergie du courant. C’est Faraday qui, animant ces dispositifs d’expérience, fit sortir de l’aimant, « en 'le déplaçant » l’énergie électromagnétique laquelle n’est pas incluse dans l’aimant, comme le pensaient ses devanciers, mais est due toute entière « au mouvement » qu’il est indispensable de donner à l’aimant. Ainsi Faraday découvre, onze ans plus tard, l’induction électromagnétique parce qu’il avait une, notion intuitive, mais claire et qui avait échappé à ses devanciers, de l’énergie électromagnétique due toute entière « au mouvement » et non à la seule présence ou au voisinage des solénoïdes et des aimants, qu’il cherche et qu’il trouve la nouvelle forme d’énergie électrique qui allait transformer si profondément l’industrie.
- La théorie et Vexpérience chez Faraday. — Faraday ne s’embarrassait guère de théorie; son génie expérimental, prompt à interroger avec adresse la nature, analyse sûrement le phénomène observé, en découvre les causes avec une rare perspicacité et départage rapidement ce qui influe et ce qui n’influe pas sur le fait observé.
- La conclusion de son mémoire français (') sur sa dernière grande découverte, celle de la polarisation rotatoire magnétique, est à noter à eet égard : « Ce mode d’action magnétique et électrique et les phénomènes auxquels il donne naissance » écrit-il « nous seront, je l’espère, d’un grand secours par la suite dans les recherches sur la nature des corps transparents, de la lumière, des aimants, et sur la nature de leur action réciproque ou de leur action sur les corps magnétiques... Quels peuvent être les meilleurs moyens de faire produire, par la lumière, l’électricité et le magnétisme ? Telles sont les idées qui occupent continuellement mon esprit. Mais il est préférable d’employer le temps et la pensée, secondés par l’expérience, à la recherche et au développement de vérités réelles, plutôt que de les employer à l’invention d’hypothèses qui peuvent être ou n’êlre pas fondées, bien que d’accord avec les faits. »
- Ce jugement très précis, porté par Faraday sur les théories, prend d’autant plus de valeur qu’il l’exprime après plus de trente ans de recherches expérimentales les plus nombreuses, les plus fécondes, couronnées de succès, recherches qui forment un ensemble absolument incomparable. Faraday indique nettement, en ce passage, conclusion d’une de ses plus importantes découvertes, quel faible secours apporte la théorie à la recherche expérimentale. L’encombrement des exposés théoriques est stérile; le caractère factice des théories compliquées masque le phénomène, empêche de l’observer avec une liberté d’esprit suffisante; la théorie cache la réalité, gêne l’incessante fécondité de la méthode expérimentale, laquelle, débarrassée des théories compliquées, guidée par des lois simples est le plus puissant levier de la recherche. Exemple indéniable : la théorie vieillie des équivalents chimiques que l’autorité exagérée du grand Ber-thelot imposa à la seie/ice française et qui ruina l’essor de notre industrie chimique (2).
- Autre exemple du domaine de l’optique : l’interdiction dogmatique des théoriciens fit hésiter Arago à suivre Fresnel, bien qu’ils aient, de concert, interrogé l’expérience; elle fit reculer Arago devant la conception imposée par l’expérience de la vibration lumineuse transversale, conception qui se montra si féconde; n’interprétait-elle pas tous les phénomènes, les plus délicats et les plus inexpliqués jusqu’alors, de l’optique physique ? Mieux encore, ne fut-elle pas à l’origine même de la découverte par Tesla des champs tournants qui devait conduire à l’application de ces merveilleux et si souples courants triphasés ?
- Pour être un instrument utile, une théorie doit n'etre qu’un instrument temporaire. En électricité, la théorie des deux fluides fut des plus utiles pour débrouiller les faits assez complexes de l’électrisation : n’eût-on pu, sans elle, rechercher, sans succès, une troisième sorte d’électrisation ? En la pérennisant, comment rendre compte ou prévoir que ce sont justement deux courants de même sens qui s’attirent, puisque, statiquement, l’attraction est l’attribut d’électrisations de noms contraires ? L’assimilation du courant électrique à un courant matériel s’écoulant dans le sens des potentiels décroissants, comme un liquide en un tuyau
- 1. Annales de Chimie et de Physique, 1840, t. NYU (3e série), p. 392.
- 2. Consulter : Moureu, La chimie et la guerre, Paris, 1920 ; Ilofmatm, Les progrès de la chimie organique.
- p.242 - vue 246/439
-
-
-
- incliné, est féconde. Ohm y calque les conceptions de Fou-rier sur la conductibilité calorifique, celles de Fick sur la diffusion; il en lire, par l’observation, les lois du courant (lois d’Ohm). A son tour, la pérennisation de la conception du courant eût empêché Faraday de découvrir l’induction. Gomment un courant de liquide ou de fluide localisé dans un tube influerait-il le régime ou le mouvement d’un fluide en un autre tube seulement voisin ? Qui peut assurer que les insuccès d’Ampère, de Fresncl, de Colladon, ne sont pas dus à la pérennité de celle conception théorique du courant, conception trop étroite pour les nouveaux phénomènes P
- Une théorie est comparable à un échafaudage. La mise en place des matériaux ouvrés effectuée, l’échafaudage doit disparaître. Sinon il reste une lèpre, masque l’œuvre, en empêche l’utilisation.
- Ni l’électricité de contact d’où découle, par la pile, toute l’utilisation pratique de l’électricité ; ni la polarisation rotatoire magnétique qui inspira les bases de la théorie électromagnétique de la lumière; ni l’induction, d’où, par la dynamo, sort l'électrification de toute l’industrie, ne sont œuvre de théorie ; non plus la radioactivité, ni la découverte des substances radioactives.
- Faraday, précurseur de la radioélectricité. —
- Cette théorie électromagnétique de la lumière de Maxwell, on la présente trop souvent et tout à -fait à tort comme ayant fait éclore les ondes électriques.
- La découverte des ondes électriques, origine même de la télégraphie sans fll et de ses multiples applications, aurait pour base les vues théoriques de Maxwell ?
- James Clerk Maxwell établit des équations, les fameuses équations de Maxwell, représentant les perturbations de deux champs électriques d’actions variables avec le temps et se propageant, l’un et l’autre, avec la même vitesse. L’un de ces champs est un champ électrostatique de la nature de celui que produit la présence d’un corps électrisé; l’autre, un champ magnétique de la nature de celui que produit la présence d’un aimant; les directions respectives de çes champs seraient rectangulaires entre elles. L’onde se propagerait avec une vitesse constante. La théorie de Maxwell est assez ardue; de plus, grave critique, pour une théorie surtout, pour parvenir à en achever les calculs, Maxwell commit une faute, quelques-uns prétendent une faute voulue, en changeant le signe de ses équations dans l’un des mémoires qu’il écrivit sur la théorie électromagnétique de la lumière au mémoire suivant.
- Voici comment un pur théoricien, Pierre Duhem, juge cette théorie Q) :
- « La théorie électromagnétique de la lumière relie d’une manière si heureuse deux disciplines jusque-là distinctes qu’on ne consentirait pas à l’abandonner. A moins d’être aveuglé par une admiration de parti pris, on ne saurait méconnaître les illogismes et les incohérences qui rendent inacceptables à un esprit juste les raisonnements de Maxwell. D’illustres géomètres ont cherché à mettre de l’ordre dans celte œuvre et ont dû y renoncer. Fleaviside, Hertz, Colin prennent parti d’énoncer : a L’essentiel des théories de Maxwell ce sont les équations de Maxwell ». Un algé-bris-le peut ainsi prendre pour hypothèses un groupe d’équations. Un physicien n’est pas un algébrisle. Une équation pour lui ne porte pas simplement sur des lettres. Ces lettres symbolisent des grandeurs physiques. Il faut, à cette équation, joindre l’indication des règles par lesquelles on fait correspondre les lettres aux grandeurs physiques qu’elles représentent. Or, ces règles, c’est la théorie que ces équa-
- 1. Duhem, Les théories électriques clé J. Clark Maxwell, Paris, Hermann, 1902.
- —----......... ’ 243 =~
- tions résument. En physique, une équation détachée de la théorie qui y a conduit n’a aucun sens ».
- En fait, l’intuition géniale de Maxwell réside en ce qu’il ne craignit pas de franchir audacieusement l’abîme qui semblait séparer les phénomènes électriques des phénomènes lumineux; elle est tout entière en ce qu’il affirma que les ondes lumineuses n’étaient autre chose que des ondes électriques.
- L’intuition qu’eut Maxwell en i864 touchant l’identité de la lumière et de l’électricité resta peu connue avant que les expérience de Hertz de 1887 (Q (vingt-trois ans plus tard) ne l’aient vivifiée... J’invoquerai comme première preuve de l’origine expérimentale des ondes électriques une comparaison d’intervalle. Entre i864, date de l’intuition de Maxwell, et 1887, première réalisation par Iierlz des ondes électriques, des ondes hertziennes, vingt-trois ans s’écoulent, alors que dès 1894, en nos expériences dans les caves de la Faculté des Sciences de Bordeaux, et dès 1896, en celles de M. Tesla, de Marconi, soit en moins de six ans, l’admirable moisson que devait être la télégraphie sans fil commence à lever.
- Si l’on admet même que Maxwell ail inspiré Hertz, le raisonnement se retourne aussitôt : Maxwell, il ne faut pas l’oublier, fut l’élève de Faraday. Or Faraday, sans être inspiré par aucun calcul préalable, soupçonna la parenté de la lumière et de l’électricité. Il fit plus que de la soupçonner; il découvrit, guidé par son sens expérimental exceptionnel, la « polarisation rotatoire magnétique » (fig. 4), c’est-à-dire le fait qu’un rayon de lumière qui traverse un puissant champ magnétique éprouve une certaine torsion, torsion démontrée par l’orientation nouvelle des vibrations lumineuses à la sortie de l’électro-aimant. Ne venons-nous pas de constater que parmi les conclusions qu’il donne à sa découverte de la polarisation rotatoire magnétique, se marque, chez Faraday, la préoccupation de rechercher inversement le moyen de faire produire par la lumière l’électricité P Et ce moyen que les phénomènes photo-électriques fournissent vient — ainsi qu’il est constant en conséquence des découvertes expérimentales — de bousculer les constructions théoriques en cours.
- C’est le fait expérimental de la polarisation rotatoire ma-
- 1. Hertz, Sur les oscillations électriques très rapides, Wied Ann., 1S87, t. XXXI.
- Fig. 4. — Polarisation rotatoire magnétique (Faraday, 18-43).
- Une lumière monochromatique, c’est-à-dire d’une nuance simple, telle que l’une de celles en lesquelles le prisme résoud un faisceau solaire, traverse un nicol Ni, appareil qui polarise la lumière. Les vibrations (transversales) sont donc toutes dans la même direction, v. Ce faisceau traverse l’axe d’un puissant électro-aimant ainsi qu’un bloc de verre F placé entre ses pôles. A la sortie, en 0, il traverse un second nicol N2 d’axe en croix avec celui de Ni. Aucune lumière n’est donc reçue par l’œil 0. — Anime-t-on l’électro-aimant en y lançant un courant ? La lumière reparaît. Le champ électromagnétique que le courant produit a fait tourner la vibration de a en v!, la tordant d’un angle a = vaut. C’est là le fait de la polarisation rotatoire magnétique.
- p.243 - vue 247/439
-
-
-
- ==rr. 244 ......:.. .....
- gnétique, découvert par son maître, qui retint la pensée de l’élève de Faraday sur la curieuse coïncidence que présente la valeur de la vitesse de la lumière et' celle du rapport des unités électriques des systèmes électrostatique et électromagnétique, coïncidence qui, la parenté de l’électricité et de la lumière étant démontrée par l’expérience de Faraday, conduisit Maxwell à son affirmation audacieuse et féconde que les ondes lumineuses sont des ondes électriques.
- Si donc Maxwell a inspiré Hertz, Faraday, pur expérimentateur, a inspiré Maxwell; là découverte des ondes électrique demeure d’origine expérimentale.
- Ce qu’il y a de fécond, en définitive, dans les idées de Maxwell, c’est la conception des courants de déplacement. La voici en quelques mots : un fil conducteur est le siège d’un courant. Le fil coupé, que devient le courant ? Cesse-t-il et tout phénomène avec lui ? Maxwell imagine que, dans ce cas encore, un courant persiste, mais plus complexe. Dans le conducteur coupé un courant s’est produit, de peu de durée; et en même temps, dans la coupure, dans le diélectrique (l’air, par exemple), un courant de déplacement s’est produit, c’est-à-dire que le diélectrique s’est déformé sous l’action du courant électrique impuissant à le traverser.
- On ne peut que reconnaître une très proche parenté entre cette conception du courant de déplacement et celle de Faraday relative aux isolants, celle de l’énergie que les isolants, plaçés dans un champ électrique, condensent. Faraday attira l’attention sur cette observation; il définit et mesura, le
- premier, cette particularité de chaque isolant, l’appela son l>oiivoir inducteur spécifique.
- Après avoir défini expérimentalement cette grandeur, Faraday montre clairement qu’il n’y a aucune différence essentielle entre conducteur et isolant. « Ne pourrions-nous pas » écrit-il, « étendre la décharge dans l’air, en les associant dans une série continue, au blanc de baleine, à l’eau, aux solutions, puis aux chlorures, aux oxydes et aux métaux, sans aucun changement essentiel dans scs caractères?... Le cuivre meme » ajoute-t-il, « offre une résistance à la transmission de l’électricité. L’action de ses molécules diffère seulement par le degré de celle des molécules du corps isolant. Elles sont chargées comme celles de l’isolant, mais elles se déchargent plus facilement et plus rapidement, et cette, rapidité de la décharge moléculaire est ce que nous appelons conduction. La conduction est donc toujours précédée de l’induction moléculaire, et lorsqu’on vertu d’une certaine qualité du corps, la décharge moléculaire est rendue lente et difficile, la conduction fait place à l’isolement ».
- Ne sommes-nous pas ici, avec Faraday, bien voisins d’une décharge produite dans l’isolant avec une assez grande fréquence, — décharge que l’étincelle hertzienne devait réaliser — pour que l’isolant soit aussi le siège de cette haute fréquence et qu’elle se propage même en son sein ?
- Albert Turpain,
- Professe a r à l’Université de Poitiers.
- = LA SYNTHÈSE DES CORPS E A POIDS MOLÉCULAIRE ÉLEVÉ
- Les substances normales sur lesquelles travaillent Es chimistes organiciens ont des poids moléculaires compris entre 5j et 2 ooo. Peu de composés ont des poids moléculaires inférieurs, et le nombre de ceux dont le poids moléculaire dépasse 2 ooo, de peu d’ailleurs, est très restreint. Cependant, dans la nature, on rencontre des molécules composées d’un nombre d’atomes beaucoup plus grand et dont les poids moléculaires atteignent des valeurs extrêmement élevées (de 10 ooo à ioo ooo). Ce sont les substances résineuses, ou analogues, dont l’importance pratique, par suite de leurs propriétés mécaniques, thermiques et électriques, rend la synthèse intéressante. D’autre part la cellulose, les protéines, l’amidon, la soie, le caoutchouc sont élaborés dans la nature par des mécanismes identiques à ceux qui ont permis de produire les résines synthétiques par polymérisation. Nous avons vu en particulier que la synthèse du caoutchouc est réalisée en Allemagne par polymérisation du buladiène.
- Dans une conférence à la Pioyal Institution of Great Bri-tain, le professeur Mark, de l’Université de Vienne, a exposé les connaissances actuelles sur ces réactions de condensation. Elles ont lieu entre molécules organiques possédant des doubles liaisons, le cas le plus simple étant celui de l’éthylène et des dérivés éthyléniques, la réaction pouvant être représentée par l’équation :
- n(CII2 = CIIX) -> (CH2 — CIIX)»
- X pouvant être un radical substitué : CH3, Cl, CGH5,
- OH, etc... n un nombre compris en général entre joo et io ooo. Le terme de gauche de l'équation représente un grand nombre de molécules indépendantes dont la structure est parfaitement connue, le terme de droite correspond à une grosse molécule dont la structure est mal connue dans tous ses détails, sauf le fait qu’elle est constituée dans un grand nombre de cas par une longue chaîne et l’on peut alors représenter la réaction par l’équation plus détaillée :
- nfCIP = CIIX) -* CH3 — C11X — (CI!2 — CIIX)™-2
- — CIP — CIIX —.
- Le processus suivant lequel se forme la chaîne a été étudié en détail par Mark et ses élèves dans les dernières années. H est en effet évident que la chaîne ne peut sc former par suite de simples collisions de molécules sous l’in-lluence de l’agitation thermique par exemple, la probabilité de rencontre dans l’orientation convenable étant trop faible ; il doit se former un germe dont la croissance ultérieure donnera finalement, le produit polymérisé.
- Aucune polymérisation ne peut se produire si, initialement, il n’y a pas formation, par suite d’une réaction monomoléculaire, bimoléculaire ou d’un ordre plus élevé, cl’un noyau possédant une énergie libre considérable soit par choc avec une autre molécule, soit par absorption d’un pholon, soit par formation d’une combinaison intermédiaire. Cette réaction initiale est assez lente et dépend
- p.244 - vue 248/439
-
-
-
- essentiellement de la température et de la présence des catalyseurs (y compris la lumière). On peut la représenter, dans l’exemple de l’éthylène par la formule :
- CH2 = CMX + CH2 = CllX -> — CIP — CHX
- — CIP — CIIX —.
- Le composé de droite ayant 2 valences libres à chaque extrémité de la chaîne et par suite une grande énergie libre.
- Ce germe étant formé, deux cas peuvent se présenter : tout d’abord il peut entrer en collision avec une autre molécule et être désactivé par le choc. Le germe disparaît alors et la polymérisation est arrêtée. Il peut au contraire réagir sur une molécule et se l’attacher, ajoutant ainsi un nouveau maillon à la chaîne. La réaction peut se formuler comme suif :
- — CIP — CIIX — CIP — CHX — + CIP = CIIX ->
- — CIP ........ CIIX —.
- Ainsi peuvent se constituer de très longues chaînes, avec une vitesse que les mesures ont mont/ré être environ 10 000 fois plus grande que la vitesse de la réaction primitive de formation des germes.
- Il semblerait que, d’après cette théorie, les dimensions de la chaîne puissent être indéfinies, limitées seulement dans le milieu réagissant, par la vitesse de formation des germes et la vitesse de croissance du polymère. Mais un phénomène intervient alors : l’arrêt de la croissance, ou la rupture de la chaîne.
- Tout d’abord, plus la molécule est longue, plus diminuent les chances de rencontrer une autre molécule dans des conditions favorables à sa capture. C’est-à-dire que la croissance est de plus en plus lente. L’expérience a vérifié cette conclusion dans le cas du styrène.
- D’autre part, la croissance peut se terminer brusquement de plusieurs manières. Si la molécule est flexible, les deux extrémités peuvent ai’river à se rencontrer, se souder et donner une molécule circulaire fermée. C’est ce qu’ont constaté Muller et Ruzicka.
- Dans d'autres cas, la croissance sera arrêtée si un atome d’hydrogène de la chaîne, sous l’influence des collisions, se détache et qu’il se forme une double liaison à une extrémité. Par exemple, il peut se produire la modification suivante :
- - GIP _ CIIX ... CIP — CIIX — -> CIP
- — CIIX ... CH = CHX.
- 245 =
- La probabilité de cette transposition est d’autant plus grande que la chaîne est plus courte (n = 2 ou 3) et dans deux ou trois cas, le produit formé a pu être isolé.
- Enfin, la molécule linéaire peut perdre son activité à une extrémité seulement, un hydrogène se détachant et se fixant sur la molécule avec laquelle a eu lieu la collision, suivant le schéma :
- — CIP — CIIX ... CUIT — CIIX — + M ->
- — CIP ... Cil = CIIX + MIL
- avec formation d’une double liaison. Dostal, Flory et Mark ont observé des x'éactions de ce genre. La probabilité est ici proportionnelle à la concentration de M qui peut être soit une des molécules en traitement, soit une autre molécule à longue chaîne capable de fixer un II, soit même les parois du récipient.
- Quoi qu’il en soit, on voit que l’on peut distinguer 3 stades principaux dans la polymérisation :
- Formation d’un germe;
- Développement de la chaîne à partir de ce germe ;
- Arrêt de la croissance de la chaîne pour diverses raisons.
- Ajoutons qu’un autre type de réactions peut donner naissance à des polymères élevés : ce sont les réactions de condensation dans lesquelles une nouvelle molécule se forme par élimination d’une partie des molécules réagissantes, sous forme d’eau, en général.
- Par exemple si un acide bibasique, comme l’acide succi-nique, réagit avec le glycol, il y a élimination d’eau suivant la réaction :
- CIP OII — CIPOII + C02II — CH2 — CIPCCPH
- -+ CIPOII.CIPO.OC. CIP. CH2. C02II + IPO.
- Cette estérification conduit à une nouvelle molécule qui à son tour peut réagir avec des acides ou des alcools, etc..., produisant finalement une longue molécule avec des membres alternativement alcool et acides. Ces réactions peuvent être étudiées à l’aide de la cinétique chimique et les résultats expérimentaux de Mark, Raff, Marecek, etc... sont en bon accord avec la théorie.
- Ainsi peu à peu commence à s’éclairer la question de la polymérisation dont l’importance pratique est de plus en plus grande au fur et à mesure que l’on se rapproche au laboratoire des conditions existant dans la nature.
- IL Vigneron.
- RÉCEPTION DE LA TÉLÉVISION SUR GRAND ÉCRAN
- Les récepteurs actuels de télévision sont presque toujours des oscillographes cathodiques ; les dimensions de l’image sont donc limitées au diamètre du fond de l’ampoule qui forme l’écran fluorescent sur lequel l’image apparaît ; dans les plus grandes ampoules, l’écran ne dépasse pas une trentaine de centimètres de diamètre. C’est dire qu’un même récepteur ne peut avoir qu’un très petit nombre de spectateurs simultanés. La bonne distance d’observation pour un
- écran de cette dimension est de 1 mètre environ. Il est bien évident que la télévision, comme le cinéma, ne se créera un public qu’à la condition de donner des images visibles de loin par une nombreuse assistance.
- On ne peut songer à augmenter encore le diamètre des tubes utilises, dans les conditions actuelles de la fabrication. Il faut donc èn arriver à des projections sur écran séparé.
- p.245 - vue 249/439
-
-
-
- 246
- LE NOUVEAU KINESCOPE ZWORYKIN
- Deux solutions se présentent : réaliser des tubes à rayons cathodiques, permettant d'obtenir sur l’écran iluorescent une image assez brillante pour pouvoir être projetée, avec agrandissement, sur un écran extérieur, ou utiliser les oscillographes actuels, comme simple relais, pour moduler une source lumineuse beaucoup plus puissante.
- Les oscillographes de projection fonctionnent avec des tensions anodiques très élevées, de l’ordre de 6.000 v au minimum. En raison de cette tension élevée et de la puissance du bombardement électronique, des précautions spéciales sont prises pour la construction de l’ampoule et l’isolement des électrodes. On utilise du verre pyrex, du ferro-nickel, et la cathode est facilement interchangeable.
- Le modèle récent de Kinescope (des mots grecs « Kineo » signifiant mouvement et « scope » observation) présenté par l’ingénieur russo-américain Zwory-kin est particulièrement intéressant (fig. 2).
- Ce tube renferme un canon électronique capable de produire un flux de 1 à i,5 mA, accéléré par un potentiel de 10.000 v sur la dernière anode. Le spot produit sur l’écran a un diamètre d’environ i/i.3oo de millimèù'e.
- L’éclairement de l’image très brillante est de l’ordre de 12.000 lux, et on obtient une image projetée sur un écran séparé avec un éclairement de l’ordre de 20 lux.
- On peut comparer ce résultat avec l’éclairement normal de la projection d’amateur, qui est de l’ordre d’une trentaine de lux, et celui de la projection standard de l’ordre de 4o à 60 lux.
- Les dimensions normales de l’image télévisée sont de 45 x 60 cm, mais on peut obtenir des dimensions plus grandes, aux dépens, bien entendu, de la bril-
- Fig. 1. — Récepteur de télévision sur grand écran Telefunken. L’image directe très brillante de 5 x 6 cm est projetée sur mi écran de 1 x 1 m 20, au-dessous duquel se trouve le haut-parleur.
- Bobinage de concentration
- Connexion
- Bobinage cÇanode de dérivation 1
- Ecran,
- magnétique H20 ampères-tours par flux à 10.000 v.
- FU de tungstène en K contact avec t'Aquadag
- 10.000volts
- Fig. 2. — Coupe du kinescope de projection Zworyldn et détails du canon à électrons.
- lance. L’image initiale a 3,7 x 5 cm, et l’objectif de projection utilisé une ouverture de F : 1,4-
- L'écran fluorescent est recouvert d’ortho-silicate de zinc, dont la structure cristalline est soigneusement contrôlée. La fluorescence jaune-verte reste stable et, même avec un flux de 200 mA à 10.000 v, la réduction de lumière atteint seulement 27 pour 100 après 1.200 h de service.
- Le « canon électronique » de ce tube est constitué comme suit : la cathode est couverte d’une petite surface de 1 mm de diamètre d’oxyde de baryum-strontium, formant une sorte de cratère.
- Trois anodes successives, percées d’ouvertures suivant l’axe de la cathode, déterminent la formation et le guidage du flux cathodique.
- La première anode, percée d’une ouverture de 22 mm, est soumise à une tension de 100 v, la deuxième dont l’ouverture est de 2 mm 7, à 200 v ; la troisième à 2.000 v avec une ouverture de 1 mm 3, et enfin, la quatrième et dernière ouverture, de 1/10 de millimètre, est portée au potentiel de 10.000 v. Les premières anodes déterminent la variation de brillance, la dernière est en contact avec une couche d’Aquadag (graphite colloïdal) intérieure au tube, comme le montre la figure 2.
- La concentration est obtenue au moyen d’un bobinage jouant le rôle de lentille magnétique, qui permet de réduire l’aberration de sphéricité ; le contrôle de la déviation du flux est électro-magnétique.
- Dans les essais effectués, on a employé généralement des écrans à pouvoir directif accentué d’environ 90 cm sur 1 m 20, mais on peut couvrir, comme il a été dit, des écrans plus grands, d’une dimension de l’ordre de 2 m 4o sur 3 m 3o.
- LE TUBE PHILIPS
- L’oscillographe cathodique à grande brillance qui vient d’être mis au point par la Société Philips présente également des particularités intéressantes.
- Le fond du tube, au lieu de présenter une certaine
- p.246 - vue 250/439
-
-
-
- 247
- courbure convexe, a, au contraire, une forme concave ; la tension anodique est de l’ordre de 20.000 v, l’image initiale de 48 x 58 mm a un éclat de 10.000 à 20.000 lux, ce qui permet d’obtenir sur un écran en verre dépoli, une image de l\o x 5o cm, d’un éclairement de 3o à 60 lux.
- L’objectif utilisé a une ouverture de F : 1,9, sa distance focale est très courte, de manière à pouvoir produire une image de dimensions suffisantes à faible distance. Dans ces conditions, il se produit nécessairement une déformation de l’image par courbure des bords. C’est pourquoi le fond du tube est concave, de manière à compenser, en quelque sorte, ce défaut par une déformation inverse.
- LES PROBLÈMES OPTIQUES
- Il ne suffit pas d’obtenir une image fluorescente de bonne qualité et très brillante ; il faut pouvoir projeter cette image sans déformation et utiliser complètement la lumière obtenue avec tant de difficultés. Divers dispositifs optiques ingénieux ont été proposés pour obtenir ce résultat.
- En employant des ampoules à fond plat, comme celui du Kinescope précédent, on peut augmenter sensiblement le rendement lumineux en disposant contre l’écran fluorescent une lentille à liquide, comme le montre la figure 4, en choisissant un liquide dont l’indice de réfraction est voisin de celui du verre de l’ampoule. Mais il est difficile, dans ce cas, d’éviter complètement l’aberration.
- On multiplie en réalité, par ce moyen, l’ouverture effective de l’objectif de projection par un facteur égal approximativement au carré de l’indice de réfraction du liquide. Avec de l’eau, par exemple, ce facteur est de l'ordre de 70 pour 100, avec de l’huile de paraffine ou de cèdre il est de l’ordre de deux fois et quart.
- D’autres perfectionnements portent sur l’écran fluorescent. Pour avoir des images plus brillantes, plus planes et plus régulières, les laboratoires R. C. A. utilisent un écran formé d’une plaque métallique montée à l’intérieur du tube, comme le montre la figure 4. La surface fluorescente illuminée par le pinceau cathodique est observée par réflexion. On a pu obtenir avec ce modèle des images d’un éclairement de 10.000 lux et de 6,6 x 7 cm 5. L’objectif peut avoir une distance focale plus longue, et on obtient sur un écran une image de 60 sur 45 cm, avec un éclairement de l’ordre d’une trentaine de lux.
- Cathode Ecran verre
- I Grille Ecran dépoli,.
- Bobine de Anode 20 kv. concentration
- Anode 250 v.
- Fig. 3. — Projecteur cathodique Philips à grande brillance et à fond concave.
- Lentille
- liquide
- Bobine de déviation
- Objectif
- ^ Ecran fluorescent
- Ecran
- fluorescent
- Objectif de projection
- Fig. 4. —• Tube cathodique à écran réflecteur intérieur et système optique utilisé avec le Kinescope.
- La figure 5 représente une autre disposition suivant le même principe ; l’écran est placé à l’intérieur du tube, il réfléchit ses images sur un réflecteur concave entourant l’ampoule ; celui-ci projette à son tour à l’extérieur une image agrandie (fig. 5).
- LES OSCILLOGRAPHES MODULATEURS DE [LUMIÈRE
- L’idée d’utiliser le faisceau électronique commandé par le récepteur de télévision, non plus pour produire directement une image fluorescente, mais pour moduler et diriger les rayons lumineux d’une source indépendante a été formulée, il y a longtemps déjà, par un ingénieur français, M. Valensi. La Nature l’a signalée à plusieurs reprises.
- Voici un exemple de mise en œuvre : à l’intérieur du tube, l’écran fluorescent est remplacé par une mosaïque formée de petits cristaux de quartz ; chaque cristal se comporte comme une cellule de Kerr indépendante, lorsqu’il est frappé par le pinceau cathodique qui se déplace dans le tube.
- A l’extérieur se trouve une source lumineuse dont les rayons sont concentrés par un système optique, et de part et d’autre de l’ampoule sont placés deux groupes de niçois polariseurs et analyseurs (fig. 6). Le faisceau lumineux, avant de parvenir à l’écran, doit traverser le nicol polariseur, la mosaïque de quartz et le nicol analyseur.
- Dès que le flux électronique balaye la mosaïque, chaque cellule agit sur le rayon lumineux polarisé qui la traverse et fait varier le plan de polarisation de ce rayon en fonction de l’intensité du rayon cathodique par lequel
- elle est elle-même frappée. Suivant l’angle dont a tourné le plan de polarisation d u rayon lumineux, celui-ci est plus ou moins éteint par le nicol analyseur. Fin ale-ment, l’intensité du rayon lumi-
- Fig.. 5. — Tube cathodique à écran réflecteur intérieur et miroir concave de projection.
- Miroir
- concave
- Hjs==r
- p.247 - vue 251/439
-
-
-
- 248
- Source lummeuset-—
- Cellule à suspension colloïdale '
- Objectif
- Bobinages de déviation
- Mosaïque de cellules de quarh / Nicol . po/anis
- Ecran
- Canon à ' électrons
- Nicol analyseur
- Canon à électrons
- Fig. 6. — Tubes cathodiques modulateurs de lumière : à gauche, avec cellule à suspension colloïdale : à droite avec mosaïque de cellules de quartz.
- neux qui atteint l'écran est modulée en fonction de l’intensité du rayon cathodique qui a frappé la cellule de quartz correspondante.
- Un peut obtenir le même résultat en remplaçant la mosaïque de quartz par un faisceau de cellules contenant une solution colloïdale de cristaux en mince lame entre deux plaques de verre. En temps normal, les cristaux sont constamment en mouvement par suite des forces de l’agitation browienne, et ils sont opaques aux rayons de lumière.
- Sous l’action du flux électronique, les cristaux tendent à s’orienter le long de lignes correspondant aux lignes de force électriques, et chaque cellule devient plus ou moins transparente, ce qui réalise la modulation de la lumière.
- On voit sur la figure 6, à gauche, un dispositif de ce genre réalisé avec un faisceau de cellules à suspension colloïdale de graphite dite Oildag, et on peut remarquer, à ce propos les curieuses applications du graphite colloïdal dans la technique de la construction de l’oscillographe cathodique.
- Nous noterons encore le curieux oscillographe
- cathodique, modulateur de lumière, dû à la Compagnie Marconi
- Cet appareil comporte un prisme à réflexion totale appliqué sur le fond de l’ampoule. Une source lumineuse auxiliaire envoie ses rayons sur une face ; au repos la lumière se réflé->c h i t totalement sur le fond, puis elle est renvoyée vers l’écran (%• 7)-
- L e fonctionne-
- Fig. 7. — Oscillographe modulateur Marconi avec prisme à réflexion totale.
- Source
- lumineuse
- Ecran de projection
- Prisme à réflexion totale
- Surface réfléchissante a cristaux adhérents
- ment de l’appareil repose sur le fait que le bombardement électronique de la face d’un prisme peut, sous certaines conditions, faire varier l’angle de réflexion de la lumière sur cette face.
- Le système optique dirige le rayon lumineux de la source auxiliaire sur la base interne du prisme en contact avec le fond du tube exactement sous l’angle critique ; il suffit alors d’une action faible du llux électronique pour faire varier légèrement les conditions de réflexion, suivant l’intensité même du bombardement, et déterminer une modulation. Pour une amplitude maxima du signal, la lumière traversera complètement la face du prisme, et on obtiendra à cet endroit un élément noir sur l’image.
- On obtient donc une image négative, mais qu’on peut rendre aisément positive, comme on le sait, par un montage électrique convenable du récepteur.
- On sait que deux corps dont les surfaces sont parfaitement polies adhèrent fortement. On admet que cette adhérence est due à un phénomène électrique de surface, et il est possible de la neutraliser ou, tout au moins, de la réduire par un autre effet électrique convenable.
- La face de réflexion totale du prisme de l’oscillogTa-plie Marconi est parfaitement polie, et, sur cette face, on applique des particules extrêmement petites de cristaux de mica.
- Par suite de l’effet d’adhérence, on obtient un contact parfait entre les cxistaux et la face du prisme, et il se produit une diminution du pouvoir réflecteur, mais, si en certains points, on réduit la force d’adhé-x’ence de telle sorte que le contact optique cesse, par là même le prisme n’est plus totalement réfléchissant: en ces points.
- Dans ce but, on utilise simplement le flux cathodique qui vient frapper les particules de mica en correspondance avec les signaux reçus par le récepteur de télévision. On pourrait d’ailleurs utiliser également des particules de carbone et une feuille très mince de mica en contact variable avec la face du prisme.
- Toutes ces idées ingénieuses, mais d’application plus-ou moins immédiate, montrent bien l’intérêt du problème et l’importance des recherches entreprises.
- Dès à pi'ésent, le problème de la projection sur écran paraît donc parfaitement résolu au point de vue technique ; il l’este malheureusement des difficultés d’ordre matériel, et surtout financier à surmonter. Les émissions de télévision, effectuées d’ailleurs, sur ondes très courtes, sont d’un prix très élevé ; c’est ainsi que? pour les essais effectués à Londres seulement pendant, une année, et pendant 2 h par jour, les dépenses ont atteint 44 millions de fi’ancs, et les récepteurs eux-mêmes, lorsqu’on veut obtenir des images de grandes; dimensions, sont d’un prix de revient également trèsr élevé, qui ne peut guère êti'e inférieur à quelque 25.ooo fr.
- P. Hémakdinquer.
- p.248 - vue 252/439
-
-
-
- = CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE (l) 2 —
- CONSIDÉRATIONS SUR LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Dans les « Causeries » précédentes, nous avons décrit le laboratoire où nous allons travailler et parlé — succinctement — des divers appareils qu'un amateur peut utiliser. Le moment est venu d’éludier les propriétés clés surfaces sensibles qui constituent, si l’on peut dire, le premier « matériau » du photographe.
- Selon le genre de support sur lequel l’émulsion sensible sera coulée, nous aurons des plaques (si le support est de verre ou de glace), des pellicules ou des films (si le support est souple et transparent), du papier photographique (si le support est clu papier ou de la carte).
- Sauf quelques cas très particuliers, il ne viendrait plus à l’esprit d’un amateur de fabriquer les plaques, les pellicules ou le papier sensible dont il se sert. Outre le prix de revient déjà élevé, ce prix se trouverait augmenté du fait du gaspillage certain des produits employés, le résultat étant presque toujours pitoyable. On se rendra d’ailleurs compte des difficultés rencontrées dans la préparation des surfaces sensibles à la lumière par la description ci-après des opérations nécessaires, description que nous résumons considérablement d’après le bd ouvrage de L.-P. Clerc : La Technique photographique (-). Le lecteur désireux d’avoir des renseignements plus complets est prié de se reporter à ce volume.
- La préparation des surfaces sensibles. — En
- principe, pour préparer l’émulsion sensible, on verse une solution (neutre ou ammoniacale) de nitrate d’argent dans une solution tiède de gélatine renfermant du bromure de potassium et une faible quantité d’iodure. Il se forme, au cours de ce mélange, de très menus grains cristallins de bromure d’argent; l’émulsion ainsi obtenue est une suspension laiteuse de ces grains dans la gélatine.
- Le mélange doit être fait en agitant constamment et en évitant, à quelque moment que ce soit, le plus léger excès de nitrate d’argent. La façon dont est exécuté ce mélange in Hue énormément sur les caractères de l’émulsion.
- Ainsi préparée, l’émulsion serait bien peu sensible. Pour augmenter celte sensibilité, il faut la soumettre à une maturation : c’est une .cuisson de durée appropriée et à un température rigoureusement déterminée. Fn milieu ammoniacal, la durée de la cuisson est environ de 3 heures à Go° ; en milieu neutre, elle serait beaucoup plus longue.
- Au cours de cette maturation, la sensibilité à la lumière s’est beaucoup accrue; en même temps, la dimension des grains a augmenté, certains grains se « nourrissant » aux dépens des grains les plus fins.
- Après refroidissement et solidification, l’émulsion est chassée par une presse hydraulique dans un cylindre d’argent, terminé par un tamis, d’où elle sort en nouilles d’environ 3 mm de diamètre. Ces nouilles sont alors soumises à un long lavage à l’eau froide pour éliminer l’excès
- 1. Voir les n°s 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2983, 2987. 2989, 2993, 2996, 2999, 3002, 3006, 3010 et 3012.
- 2. Paul Montel, éditeur, 189, rue Saint-Jacques. Paris (ge).
- de bromure, de nitrate et d’ammoniaque. Elles sont ensuite conservées en glacière jusqu’au moment de l’emploi.
- On doit faire remarquer ici que la qualité de la gélatine a un rôle considérable sur la sensibilité de 1 émulsion et des essais pratiques peuvent seuls renseigner sur l’inlluence des gélatines de provenances diverses sur celte sensibilité. Pun-nelL et surtout Sheppard ont montré que ces différences sont dues à la présence, dans la gélatine, de quantités extrêmement faibles, et en proportions variables (1/200000 à 1/j. 000000), de divers sensibilisateurs, parmi lesquels la thiosinamine et l’essence de moutarde.
- Pour l’emploi, les <c nouilles » d’émulsion sont fondues au bain-marie et soumises à une nouvelle maturation, au cours de laquelle la sensibilité augmente encore. On ajoute alors à l’émulsion divers produits (alun de chrome pour élever le point de fusion de la gélatine une fois coulée et séchée, divers stabilisateurs pour éviter la formation d’un voile de vieiilisement, des colorants pour donner la sensibilisation chromatique, enfin divers produits destinés à faciliter l’étendage de l’émulsion eia abaissant sa tension superficielle).
- L’émulsion est ensuite coulée mécaniquement sur le support convenable, préalablement enduit d’une sous-couche ayant pour but d’assurer l’adhérence de l’émulsion au support dans les diverses opérations photographiques.
- Des précautions particulières doivent être prises au cours de la fabrication des surfaces sensibles. Ainsi, dans les usines spécialisées, on assure, dans la mesure où cela est possible, l’invariabilité des conditions opératoires. L air employé à la ventilation et au séchage est privé de poussières-et amené à une température constante et à un degré hygrométrique invariable. Les précautions de propreté et d’asepsie sont aussi sévères — sinon plus — que dans les salles les-mieux tenues d’opérations chirurgicales.
- Un contrôle chimique rigoureux est exercé sur les matière? premières et sur l’émulsion elle-même au cours de sa fabrication, puis après son achèvement. Une coulée d’essai est effectuée avant la coulée définitive pour se rendre compte des qualités photographiques clc celte émulsion.
- Des lecteurs nous ont parfois écrit pour demander des-conseils pour fabriquer eux-memes des surfaces sensibles (plaques ou papiers). La rapide énumération qu on vient cle lire suffira, pensons-nous, à leur montrer la quasi-impossibilité de réaliser, sans moyens industriels, de telles surfaces..
- Voici, d’après M. L.-P. Clerc (La Technique photographique), la moyenne approximative clés résultats d analyses-d’émulsions ultra-rapides :
- Constituants Proportion pour cent
- . 10 0/0
- 55 0/0
- Chlorure d’argent Traces
- Bromure d’argent . 33 à 32 0/0
- lodure d’argent 2 à 3 0/0
- Bromure de potassium .... 0,1 0/0
- p.249 - vue 253/439
-
-
-
- ===== 250 :.............. ::: ........ .........:.:.=
- Le poids de l’émulsion, séchée à l’air, est, par décimètre carré, d’environ o gr 3o à o gr 5o. La température de fusion de la couche d’émulsion, plongée dans l’eau, est voisine de 35° pour les plaques et pellicules de fabrication récente. Avec le temps, cette température s’élève un peu.
- Action de la lumière sur les surfaces sensibles.
- —- Il est important de connaître le mécanisme de l’action de la lumière sur les surfaces photographiques. Cette étude est particulièrement délicate et a fait l’objet — et fait toujours l’objet — d’innombrables recherches.
- L’un des procédés utilisés est l’étude micrographique des surfaces. L’examen microscopique d’émulsions suffisamment diluées (1) montre que les cc grains » des sels d’argent — les halosels comme on les appelle — ont des formes et des dimensions très différentes. Avec un grossissement suffisant, la structure cristalline devient très aisément visible avec prédominance — pour une émulsion préparée et mûrie •en milieu neutre — de tablettes triangulaires eu hexagonales cle i/5 à i/io de millimètre d’épaisseur. Si l’émulsion a été préparée en milieu ammoniacal, les cristaux sont approximativement cubiques, ou allongés en forme de bâtonnets.
- La dimension des « grains » est très variable selon que l’on a affaire à des émulsions lentes ou rapides. Dans les émulsions très lentes, préparées seulement pour quelques cas où l’on recherche une extrême finesse des images, le diamètre des grains est probablement de l’ordre de •omm,ooooi ; tandis que pour les émulsions ultra-rapides, cette dimension atteint omm,oo3 à omm,oo4. On doit cependant faire remarquer qu’il n’existe aucune proportionnalité entre la rapidité d’une émulsion et la grosseur des « grains ». M. L.-P. Clerc cite le cas d’émulsions ayant des « grains » environ 2 fois plus gros que ceux d’émulsions ultra-rapides et d’une sensibilité xoo fois moins grande !
- Le même auteur donne la proportion des diverses grosseurs de grains dans une émulsion ultra-rapide qui contenait environ 500 millions de « grains » par centimètre carré de couche.
- Grosseur des « grains » Pourcentage
- De moins de omn\ooi.................... 61 0/0
- De omm,ooi à omm,oo2................... 32 0/0
- De oraIn,oo2 à omm ,oo3................ 60/0
- Au delà de omm,oo3................... 1 0/0
- L’examen microscopique d’une plaque (ou d’une pellicule), soumise à une très vive lumière, montre que les diverses particules se colorent avec des vitesses très inégales. Il est d’ailleurs nécessaire qu’il en soit ainsi. M. L.-P. Clerc fait remarquer que si tous les « grains » d’une émulsion avaient la même sensibilité, il serait im-
- 1. Les émulsions ordinaires sont beaucoup trop épaisses pour une étude au microscope, les divers grains des couches successives se projetant les uns devant les autres et se recouvrant mutuellement. On ne peut, de la sorte, les étudier isolément.
- possible de traduire avec cette émulsion les terntes intermédiaires entre le noir et le blanc, puisque tous les « grains » atteints par la lumière seraient développables en même temps.
- Dans une même émulsion, les gros « grains » sont toujours plus sensibles que les « grains » fins.
- Après développement chimique, la forme des « grains développés » rappelle celle des « grains sensibles » correspondants, avec une extension plus ou moins régulière donnant à l’argent réduit une structure analogue, aux dimensions près, à celle du coke.
- L’épaisseur de la couche sensible sèche, sur les plaques et les pellicules, est généralement comprise entre omm,o3 et omm,o4.
- Les <c grains » forment plusieurs lits superposés, les uns au contact, d’autres se projetant les uns devant les autres, à diverses profondeurs. Le résultat est un manque d’homogénéité des surfaces photographiques que l’on appelle granulation. Cette granulation est, en général, plus apparente avec les émulsions les plus sensibles, à gros grains. Elle est aussi plus apparente dans les demi-teintes des images. Elle est beaucoup moins sensible dans les images développées avec les révélateurs spéciaux, dits a à grain fin ».
- Si l’on examine une image négative sèche, par réflexion, on constate que certaines parties sont brillantes, d’autres sont mates. Les parties brillantes correspondent aux blancs de l’image, là où il n’y a que très peu de grains d’argent, les parties mates, au contraire coi'respondent aux parties denses du cliché, là où les grains d’argent sont très nombreux. Si l’on affaiblit un cliché, c’est-à-dire si l’on réduit la dimension des grains d’argent ou si on les dissout, la surface, une fois sèche, devient uniformément brillante.
- L’image latente. — Lorsque l’on soumet une émulsion très sensible, obtenue par maturation, à l’action de réactifs oxydants, on constate qu’elle perd énormément de sa sensibilité. Elle peut même revenir à la même sensibilité qu’elle possédait avant la maturation.
- Au contraire, les mêmes réactifs n’ont aucune action sur les émulsions non mûries ou peu mûries. Il semble ainsi que la sensibilité des émulsions mûries aurait pour cause quelque substance autre que le bromure d’argent. « Cette substance, écrit L.-P. Clerc, sous la forme de « germes » répartis dans les grains suivant les lois du hasard, n’est pas sensible par elle-même, mais accélère la formation de l’image ».
- Ces germes sensibles, lorsqu’ils ont été affectés par la lumière, deviennent les germes de l'image latente et, lors du développement, seront les points à partir desquels s’amorcera la réduction du bromure d’argent.
- La figure 1 ci-contre, établie d’après une photomicrographie de T. Svedberg — et que nous empruntons au livre de M. L.-P. Clerc — montre le résultat du mécanisme précédent. A gauche, sont les grains dans une émulsion diluée, avant leur développement. A droite, les germes après développement très écourté, suivi d’un fixage. L’amplification a été, ici, de 4 000 diamètres Si l’on superpose lés deux figures, on constate que les germes, après développement, tom-
- p.250 - vue 254/439
-
-
-
- bcnt dans les grains, mais tous les grains n e possèdent pas de germes.
- Du bromure d'argent exposé pendant un temps assez long à une lumière intense est partiellement décomposé en argent métallique et en brome gazeux. Une telle expérience n e peut être vérifiée sur l'image latente en raison des quantités infimes de matière ainsi libérées et, ajoute M. L.-P. Clerc : « on en est donc réduit à des hypothèses sur la nature de l’image latente, qui n’a pu encore être mise en évd-•dence que par l’opération photographique du développement ».
- Nous ne suivrons pas plus loin le savant auteur de La Technique photographique dans la description de diverses expériences concernant l’existence et la formation de l’image latente. Ce serait d’ailleurs sortir du cadre de ces « Causeries » dont le but est surtout un enseignement pratique. Ce que nous devrons retenir de ce qui précède est le fait que l’émulsion sensible est constituée de grains de bromure d'argent qui contiennent des germes sensibles à l’action de la lumière.
- Ces germes sensibles deviendront, après exposition à la lumière, les points à partir desquels débutera la réduction de bromure d’argent et sur lesquels, au cours du développement, l’argent se déposera pour former les grains de l’image photographique.
- Où l’on en est réduit aux hypothèses c’est sur le mécanisme intime qui transforme, sous l’influence-de la lumière, un « germe sensible » en « germe développable », bien que de très nombreuses recherches aient été effectuées à ce sujet et soient toujours en cours.
- Actions diverses sur l’émulsion photographia que. — L’émulsion photographique est affectée par tous les rayonnements de faible longueur d’onde, tels que les rayons ultra-violets, les rayons X, les rayons émis par les
- 251 =
- divers corps radioactifs (uranium, radium, etc.). Les décharges électriques — étincelles, effluves — agissent fortement sur elle.
- Diverses actions mécaniques, parmi lesquelles la pression, la pression glissante (frottements d’une pointe mousse, etc.), ies froissements (pellicules et j^apiers) amènent les parties affectées à l’état développable. Tous les photographes en ont fait l’essai à leurs dépens et connaissent l’effet d’un désastreux coup d’ongle lors de la mise en châssis ou encore le résultat du frottement d’un volet de châssis passant trop près de la surface sensible !
- Cette action de frottement produit une sorte de désensibilisation vis-à-vis d’une action ultérieure de la lumière. Ainsi un frottement énergique par une pointe ou un coup d’ongle donnera, au développement, une traînée sombre mais si la lumière agit après l’accident, la traînée, dans les parties sombres de l’image, pourra être plus claire que le fond sur lequel elle se projette. C’est un phénomène en partie comparable à celui de 1 ’inversion ou de la solarisation, dont nous nous occuperons dans la suite de ces entretiens.
- L’émulsion est intensément voilée par le contact de solutions réductrices (arsénile de soude, chlorure d’étain) ou par des gaz réducteurs (hydrogène sulfuré, phosphure d’hydrogène, etc.). En particulier, il est bien recommandé de ne pas laisser séjourner dans le laboratoire les plaques, pellicules ou papiers — même dans leur emballage d’origine — lorsque l’on y pratique le virage sépia au monosulfure de sodium.
- Certains bois (surtout les résineux), l’essence de térébenthine, les essences végétales, de nombreuses résines, des vernis à base de résines, les lignites, le zinc, l’aluminium, le magnésium, qui s’oxydent lentement dans l’air humide en donnant naissance à des traces d’eau oxygénée ou d’ozone peuvent agir à distance et voiler plus ou moins l’émulsion. Comme certaines de ces substances sont utilisées dans la fabrication des -'hâssis photographiques et des magasins, on s’explique pourquoi des plaques ou des
- films conservés longtemps 'Sns les châssis sont plus ou moins voilés.
- 11 convient encore de signaler l’action du papier sur les surfaces sensibles. On a cru longtemps que le papier émettait une sorte de rayonnement spécial, comparable à une phosphorescence, et agissant sur les plaques après exposition du papier au Soleil. On a reconnu depuis que celte action, comme pour les corps énumérés plus haut, est due à la formation d’eau oxygénée (oxydation de l’encollage du papier dans l’air humide).
- Des actions assez complexes se manifestent lorsque du papier portant de l’écriture (manuscrite ou imprimée) est mis en contact avec une couche sensible. Suivant la nature de l’encre, on obtient une action plus ou moins intense que celle donnée par le papier nu, et le texte peut apparaître après développement en gris foncé sur fond clair ou en gris clair sur fond foncé.
- Em. Touchet.
- Fig. 1. — Centres de développement dans une émulsion très diluée (Reproduction d'une photo-micrographie de T. Svedberg, obtenue avec un grossissement de 4000 fois.
- A gauche : grains de bromure d’argent, renfermant les germes sensibles qui deviendront développables après action de la lumière.
- A droite : germes de l’image photographique, après développement très écourté et fixage. On remarquera que tous les grains ne donnent pas un germe développable.
- p.251 - vue 255/439
-
-
-
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1938, A PARIS
- Mois à périodes chaudes et froides alternées, sec et bien ensoleillé.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Pare de Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 76S mm 9, est supérieure de 5 mm G à la normale.
- Celle de la température, 4°,i, est supérieure de o°,3 seulement à la normale. Le temps est resté doux jusqu’au 12, sauf un refroidissement passager le . 7 et le 8. A partir du 13, il est devenu froid et il ne s'est radouci qu’à partir du 25. Les gelées à glace ont été très fréquentes (i5 jours au lieu de 8, nombre moyen) mais peu intenses. Le minimum absolu,
- — 3°,;j a élé observé le 2a, et il est supérieur de 3°,o au minimum absolu moyen. Le maximum absolu, i4°,5, noté le 25, est sensiblement normal.
- Les extrêmes de la température pour la région ont été :
- — 5°,5, à Vaucluse, le ?4 et i5°,i à Passy, Bagatelle et Vaucluse le 26.
- Le- total mensuel de pluie recueillie au Parc de Saint-Maur, iG mm 3, dépasse à peine les quarante-cinq centièmes de la normale et, le total journalier le plus élevé, n’est que de 3 mm 9 recueilli à la date du 12. Les précipitations ont été un peu moins fréquentes que de coutume (11 jours au lieu de i3).
- A Monlsouris, la hauteur totale de pluie recueillie a été
- COMMUNICATIONS A
- Séance du 24 janvier igSS.
- La radiation jaune du ciel nocturne. — Le spectre de la lumière du ciel nocturne montre une radiation jaune inconnue dont les variations d’intensité prouvent l’origine terrestre. MM. Cabannes et Dufay estiment qu’il n’est pas impossible qu’elle soit due à des atomes de sodium de la haute atmosphère. La longueur d’onde du centre de gravité de cette radiation, mesurée avec précision, est de 0,5894 |a et ne diffère de celle des raies D du sodium que d’un angs-trom. Cette différence peut provenir d’un renforcement de la raie D„, qui est rendu possible par l’extrême rareté des atomes de sodium. L’ctude de la structure de cette radiation nocturne permettra de préciser son origine.
- Le chrome électrolytique. — Le chrome déposé élec-trolytiquemcnt sur une éprouvette peut être mat ou brillant et reproduire plus ou moins fidèlement la surface du support. M. Cymboi.iste, en examinant des micrographies, montre que les dépôts fidèles au relief de la surface sont mats et composés de cristaux à structure homogène, orientés normalement au support. Les dépôts brillants correspondent à des cristaux plus petits contenant des inclusions verticales et reproduisent mal la surface de la cathode. De nombreuses inclusions peuvent aussi provoquer un aspect ondulé ou mat. En règle très générale, les déformations de la surface sont dues à des orientations anormales des cristaux du dépôt. La dureté superficielle varie très considérablement dans les dépôts irréguliers et peut présenter des écarts de 800 unités Brinell H.
- La chloruration. — MM. Chrétien et OEciisel ont mis au point une nouvelle méthode de chloruration des oxydes
- de i3 mm o, inférieure de 63 pour 100 à la normale et la durée totale de chute, i5 h 4o m, est en déficit, de 67 pour 100 à la normale. De la neige est tombée les 2, 8, nj i3, i4, iG et 17 mêlée à la pluie, à la grêle ou au grésil par places; les 12 et i5 les chutes ont été générales.
- Des brouillards quotidiens ont été observés; ceux.des 7 et 22 se sont étendus sur toute la région et ont persisté toute la journée ; ils ont été très épais ainsi que ceux du 5 et du 8. Les visibilités les plus faibles ont été : 3 m, le 7 à la Villette et 10 m, le 7 à Brévannes. Un obscurcissement s’est produit le 17 à Vaugirard entre 8 h 45 et 9 h.
- La durée totale d’insolation : 121 h 3o m à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques est supérieure de 5o pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 78,5 pour 100 et celle de la nébulosité de 60 pour 100. On y a noté : 4 jours de neige, 2 jours de gouttes ou flocons de neige, 3 jours de grésil, i4 jours de brouillard, 8 jours de brume, 3 jours de rosée, 11 jours de gelée blanche, 2 jours de sol couvert de neige et 2 jours de tempête.
- Floraisons : le 19 du perce-neige, le a3 de la primevère acaule. Le 3, réveil de la chauve-souris.
- Em. Rocer.
- métalliques utilisant comme agent le chlorure d’acélylc. 11 est utile de modérer quelquefois la réaction en opérant à base température (de •— Go° à 4- 20°) ou en diluant dans le chloroforme. On peut ainsi obtenir des chlorures supérieurs instables à chaud ; ils sont fixés par addition au chlorhydrate de pyridine ou concentrés dans le sulfure de carbone jusqu’à cristallisation. Les composés obtenus correspondent en général au degré d’oxydation de l’oxyde dont on est parti. La réaction se fait probablement en plusieurs temps : composé d’addition, oxychlorure et enfin chlorure. Les auteurs ont pu, en particulier, préparer : l’oxychlorure de vanadium VOCI et le tétrachlorure de manganèse MnCl4.
- Synthèse des roches. — En faisant détoner dans une bombe en laiton un explosif donnant des pressions et des températures très élevées et en maintenant ensuite l’appareil pendant plusieurs jours à 4oo° sous 200 kg/cm3, MM. Mi-chel-Lévv et Wyart ont remarqué que les parois étaient couvertes d’oxyde de zinc cristallisé comme la zincite. Poursuivant, ces recherches pour la reproduction artificielle desminéraux, les auteurs ont ainsi obtenu la willémite, Zn2Si04,. en ajoutant à l’explosif un peu do poudre de silice amorphe. Il y a également formation de petits cristaux de graphite à partir du carbone de l’explosif.
- Tortue fossile. — M. Bergounioux signale qu’il a découvert une tortue fossile dans le permien de Saint-Christophe (Aveyron). Sa longueur est de 53 cm, sa largeur de 4.2 cm et sa hauteur de i5 cm. On peut la classer parmi les tortues terrestres et elle correspond à une espèce et même-à un genre nouveaux.
- L. Bertrand.
- L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- p.252 - vue 256/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La mathématique. 1 vol. Encyclopédie Française, rue du Four, Paris, 1938, Prix : 90 fr.
- Sous ia direclion de l’éminent mathématicien P. Montel, l’Encyclopédie française consacre un volume à la description rapide des différents « quartiers » de la science mathématique ; la mathématique, comme toutes les créations humaines, a fortement évolué depuis l’origine ; dans ce volume, des savants autorisés font ressortir avec une grande clarté les tendances qui animent les recherches modernes et font le bilan, des principaux résultats acquis : l’étude du nombre, depuis le nombre entier jusqu’à ses extensions les. plus vastes : ensembles infinis d’éléments et théorie des groupes d’opérations est itraitée par MM. A. Chevalley, de. Possel, Elie Cartan ; le chapitre des fonctions de variables réelles ou complexes est écrit par MM. Denjoy et Montel ; MM. Hadamard, Chazy, Fréchet, Gosse et Vessiot ont assumé la charge de traiter des équations différentielles et fonctionnelles ; MM. Elie Cartan, Godeaux et Kerekjart-o étudient l'espace et les géométries, M. Émile Borel le calcul des probabilités. Une belle introduction de J. Hadamard donne une vue d’ensemble sur le travail mathématique et le développement des divers concepts qu’il met en œuvre.
- Ce bel ouvrage sera lu avec vif intérêt par quiconque s’intéresse à la fois aux mathématiques et aux progrès de l’esprit. Mais pour en tirer profit, il faut posséder au départ un bagage suffisant ; sous cette condition ce volume sera un guide précieux pour quiconque veut connaître et comprendre.
- Précis de chimie organique, par Victor Grignard. Publié par les soins de Roger Grignard et Jean Colonge, préface de G. Urbain 1 vol. 774 p. Masson et Cie, Paris, 1937. Prix : 175 francs.
- L’illustre chimiste Grignard fut aussi un éminent professeur ; son cours de chimie organique à la Faculté des Sciences de Lyon était justement célèbre ; malheureusement, absorbé par ses recherches et, dans ses dernières années, par la publication de son grand Traité de chimie organique, Grignard n’avait pu trouver le temps de la mise au point nécessaire pour une publication. Son fils et son principal collaborateur se sont chargés de cette tâche et il faut les en remercier. Us ont fidèlement respecté l’esprit qui animait l’enseignement du maître, son souci d’ordre, de clarté et d’exacte précision. Comme le dit excellemment M. Urbain, ce précis présente en un raccourci substantiel une image fidèle et simplifiée de cette science extraordinairement touffue qu’est la chimie organique. U contient tout ce qu’un futur spécialiste ne saurait ignorer. Il constitue le meilleur guide actuel pour comprendre les méthodes propres à la chimie organique ; pour se reconnaître dans ses classifications et pour distinguer les faits dominants. Il rendra notamment de signalés services aux étudiants.
- Les méthodes actuelles de la chimie, par P. Jolibois (nouvelle édition). 1 vol. 224 p., 49 fig. Armand Colin, Paris, 1938. Prix : broché, 15 francs.
- Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage qui a obtenu un succès mérité, les progrès de la chimie physique et de la science atomistique ont eu une influence profonde sur les méthodes d’investigation en chimie. L’auteur n’a. pas hésité à remanier complètement son livre pour tenir compte de cette évolution et montrer le parti que la chimie moderne tire de découvertes comme la spectrographie, les rayons X, l’effet Raman, et de théories comme celles de l’atomistique moderne, les quanta, les électrolytes. Le rôle de la thermodynamique n’est pas oublié ; l’auleur le fait intervenir dans l’étude des phénomènes de solubilité et dans la mécanique des réactions chimiques. On retrouve dans l’exposé les qualités qui caractérisaient la première édition : un plan bien conçu, inspiré par le sens et la pratique de l’expérimentation, des explications claires, faciles à comprendre, bref un excellent ouvrage d’initiation précieux pour le débutant, mais utile aussi pour l’étudiant plus avancé qui y trouvera sous forme condensée une riche matière.
- Fabrication de l’alcool absolu destiné à la carburation, par M. Klar. Traduit de la 2e édition allemande par Ch. ScnwEiTZBR. 1 vol. xn-130 p., 15 fig., 2 tableaux. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix : broché, 32 francs.
- , De nombreux pays ont rendu obligatoire l’addition d’alcool a. 1 essence dans les carburants pour automobiles. Aussi la fabrication de l’alcool absolu a-t-elle pris un grand dévelop pement. M. Klar expose en détail les divers procédés en usage pour déshydrater complètement l’alcool : emploi de déshydratants solides ou distillation azéotropique, et en compare les
- prix de revient. On constate avec plaisir, dans cet ouvrage fort documenté, l’hommage rendu au rôle important joué par les inventeurs et techniciens français en la matière.
- Petits moteurs pour modèles réduits d’avions,
- par Gems Suzor. 1 vol., 128 p., 96 fig., édité par l’auteur, 97, boulevard Montmorency, Paris, 10e, 1938, Prix :
- 22 francs.
- L’auteur, un des pionniers du modèle réduit en France, étudie d’une façon complète les petits moteurs et leurs applications sur les modèles réduits d’avions. Un bref historique met en valeur les trava îx du siècle dernier, après quoi l’auteur aborde les merveilleuses réalisations actuelles. Un important chapitre est consacré à l’étude du moteur à deux temps, pour lequel l’auteur indique des formules originales.
- Cet ouvrage met à la portée de l’amateur un peu outillé les éléments nécessaires à la construction d’un petit moteur de grand rendement.
- Darwin, par Marcel Prenant. 1 vol. in-16, 322 p. Collection socialisme et culture. Editions sociales internationales, Paris, 1938. Prix : 21 francs.
- On est habitué à discuter de l’œuvre de Darwin sans évoquer l’auteur ni l’époque et Je milieu où il vécut. Voici des textes choisis de lui et de son disciple Wallace, précédés d’une fort intéressante étude biographique où le professeur de la Sorbonne, marxiste militant, replace le grand naturaliste dans son cadre social, montre que ce bourgeois fut, en science, un révolutionnaire ; en quoi il resta lié par les préjugés de sa classe ; en quoi et pourquoi ses contemporains Marx et Engels le dépassèrent dans la voie qu’il avait ouverte et comment les grandeurs et les faiblesses scientifiques de l’œuvre darwinienne expriment les grandeurs et les faiblesses de la bourgeoisie libérale anglaise de 1860.
- Le bégaiement, sa nature et son traitement, par
- le Dr Édouard Pichon et Mme S. Borel- Maisonny. 1 vol. in-16, 100 p., 3 fig. Masson et Cie, Paris, 1937. Prix : 18 francs. Ayant longuement analysé un grand nombre d’observations personnelles,. les auteurs sont arrivés à une conception très neuve : le bégaiement est bien un trouble d’élocution, mais dû à une insuffisance mentale. Donc, vouloir le traiter uniquement par des exercices de prononciation, de respiration, d'associations motrices est insuffisant ; il faut y joindre une rééducation de la pensée linguistique, une psychothérapie qui s’adresse non seulement à l’infirme, mais souvent aussi à sa famille. Le pronostic est toujours fonction de l’âge et du milieu.
- L’Ile-de-France, par Paul Lemoine. 3 vol. in-8, 442 p., 68 fig., 1 carte en couleurs. Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle, t. V. Éditions du Muséum, 57, rue Cuvier, Paris, 1937-1938. Prix : 55 francs.
- Voici une œuvre magistrale, un monument où la géographie et l’histoire viennent se confronter avec une longue et patiente étude géologique sur le terrain pour dégager les traits et les caractères de la région la plus familière au Parisien, le noyau qui a peu à peu agrégé tous les autres pays pour en former l’unité française. C’est une région très naturelle, massif tertiaire homogène se continuant au nord vers la Belgique et l’Angleterre, au sud vers la Beauce et l’Orléanais, fortement érodé non par les vallées profondes des grands cours d’eau actuels, mais sur de. grandes étendues par d’autres eaux douces qui n’ont pas laissé de traces autres que des marais dans la topographie actuelle. Unité géographique, mais ni historique, ni administrative, l’Ile-de-France se divise en régions, subdivisées en pays, dans chacun desquels l’étude de l’origine et de la répartition des noms de lieux apporte bien des lumières sur les peuplements successifs : néolithiques, celtiques, romains, ^ francs, ecclésiastiques, féodaux, royaux, etc. De même, l’étude des loutes et des églises révèle deux réseaux anciens, l’un romain, l’autre gaulois ou même plus, ancien, centré sur les cathédrales actuelles qui paraissent ainsi occuper remplacement de temples ou de lieux magiques. Le premier volume est tout entier consacré à ces recherches vraiment suggestives. Elles éclairent d’un jour nouveau l’étude géologique et morphologi jue de chaque région abordée dans les volumes suivants, en utilisant les très nombreux sondages (plus de 3.000) dont les plus récents ont été effectués par l’auteur et dont les matériaux de forage ont été examinés dans son laboratoire du Muséum. Le deuxième volume rassemble les données sur le Vexin français, le troisième sur les pays au nord-ouest de l’Oise.
- p.253 - vue 257/439
-
-
-
- 254 NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Charles Lallemand.
- Le icr février 1938 décédait à Buny, près de Joinville, M. Charles Lallemand, doyen de la Section de géographie de l’Académie des Sciences dont il fut le président en 1926, et qui fut directeur du Service du Nivellement général de la France, de sa création, en i884 jusqu’en 1927.
- Né à Saint-Aubin-sur-Aine dans la Meuse, le 7 mars 1857, M. Lallemand à sa sortie de l’École Polytechnique entra dans le corps des mines. Lorsque M. de Freycinet, alors ministre des Travaux Publics mit au point son large programme de Ira vaux publics, il créa le Service du Nivellement, branche de la géodésie, qui a une importance pratique fondamentale car, comment s’en passer quand on veut construire des routes, des canaux, des voies ferrées ? M. Lallemand fut mis à la tête de ce service, qu’il organisa entièrement, dont il perfectionna les méthodes et les instruments. Grâce au travail considérable qu'il fournit ainsi que ses collaborateurs, la Science a pu établir sur toute la France un réseau fondamental qui n’a pas moins de 1.000 km de longueur. Il comprend 02 polygones fermés de 55o km de périmètre moyen et l’erreur de fermeture moyenne n’est que de 6 cm.
- L. Lallemand était membre du Bureau des Longitudes depuis 1917 ; il présida pendant i4 ans l’Union géodési-que et géophysique internationale et à ce titre exerça une action remarquable, toute à l’honneur de la science française. Malgré les services éminents qu’il rendit et ses titres scientifiques exceptionnels, M. Lallemand n’était qu’officier de la Légion d’honneur.
- H. Vigneron.
- DÉMOGRAPHIE
- L’annexion de VAutriche n’améliore pas la situation démographique de l’Allemagne.
- L'Alliance Nationale contre la dépopulation nous communique la note suivante :
- Sur un territoire qui atteint depuis le 12 mars 554.ooo km2, l’Allemagne compte aqjourd’hui 76 millions d’habitants; sur son territoire presque égal (55o.ooo km2), la France n’en compte que 4i.
- Le nombre des naissances s’est élevé en 1987, pour le Reich agrandi, à i.36o.ooo, pour la France à 620.000, et le Reich a compté un excédent de plus de 45o.ooo naissances, la France un déficit de plus de 10.000.
- Malgré cela la situation démographique de l’Allemagne est loin d’être aussi bonne qu’elle en a l’air, et sa supériorité vis-à-vis de la France n’est point ce qu’elle paraît. Le Reich doit ses excédents actuels de naissances au fait qu’il compte encore une très forte proportion d’hommes jeunes, nés avant la guerre, au temps de sa grande fécondité, et une faible proportion de vieillards, mais le nombre des gens âgés augmente rapidement, et avec lui le nombre des décès; les excédents allemands vont donc diminuer.
- La vitalité d’un peuple se mesure par son taux de reproduction, qui indique combien de filles 1.000 femmes mettent au monde pour les remplacer à la génération suivante : ce taux était tombé à 780 pour 1.000 en Allemagne en 1982; il n’est remonté, de l’aveu de l’office de statistique du
- Reich, qu’à 890 pour 1.000 en 1987. Or, l’Autriche, quil compte depuis deux ans plus de décès que de naissances , possède le taux de reproduction le plus bas de l’Europe r. 65o pour 1.000. Son entrée dans le Reich abaisse donc létaux de celui-ci à 860 pour 1.000.
- Ce taux est exactement celui de la France !
- En dépit de tous les défilés de jeunes gens qui peuvent, faire illusion, la vitalité de l’Allemagne est donc aujourd’hui aussi insuffisante que la nôtre.
- Cela veut dire que l’Allemagne commettrait un véritable-suicide si elle déclenchait une guerre mondiale qui décimerait, sa jeunesse : ses statisticiens ne le lui cachent pas.
- Cela veut dire aussi qu’il serait facile à la F’rance de relever sa vitalité au-dessus de celle du Reich : la généralisation rapide des allocations familiales, qui en étendrait le bénéfice à tous les cultivateurs, donnerait certainement des résultats que l’Allemagne aurait de la peine à égaler; en effet 70 pour 100 de sa population est concentrée dans les villes, où les conditions sont peu favorables à la natalité, tandis que près, de 5o pour 100 de la population française habite encore la campagne, où il est facile d’élever des enfants.
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’aluminium dans l’industrie du sel.
- On sait que le procédé classique d’extraction du sel gemme consiste à effectuer la dissolution du sel pour obtenir une saumure qu’on concentre ensuite, soit dans des évaporateurs, soit dans de grandes poêles en acier à chauffage direct. Le sel provenant de l’un ou l’autre de ces traitements contient au minimum 8 à 10 pour 100 d’eau. On peut ramener ce pourcentage d’humidité à 3 pour 100^ environ en chauffant dans des fours à soles plates, mais on ne peut guère pousser plus loin ce séchage en restant dans des limiies de prix de revient acceptables.
- Or il faut, pour éviter la prise en masse et permettre le stockage ramener la proportion d’eau à 0,2 ou o,3 pour 100. On y arrive en traitant le sel, préalablement disposé sur desséchoirs, par un courant d’air chaud. Mais des difficultés, spéciales se rencontrent, dues au fait que la clientèle exige absolument un sel d’une blancheur éclatante. Le matériel doit donc être conçu cl’une façon telle que toutes les pièces en contact avec le sel ne l’allèrent en aucune façon pendant le traitement. Or il est difficile de trouver à des prix abordables, un métal industriel rigoureusement inaltérable au contact du sel humide et chaud.
- L’aluminium et certains de ses alliages ont le gros avantage de ne donner par oxydation que des sels d’alumine parfaitement blancs et d’une innocuité complète pour l’organisme, tandis que des métaux lourds, dont la résistance à l’oxydation est très appréciée dans d’autres applications, donnent avec le chlorure de sodium des sels rouge-rouille altérant la blancheur du sel, et ceci particulièrement pendant les périodes où le matériel reste inactif.
- Parmi les alliages d’aluminium convenant particulièrement bien, il faut citer l’almasilium (alliage aluminium-silicium-magnésium) connu en Suisse et en Allemagne sous le nom d'anticorodal et le duralinox (alliage aluminium-magnésium-manganèse). Les silos de stockage en bois sont doublés intérieurement de feuilles d’aluminium à 99,5 pour 100 qui les rendent parfaitement étanches et évitent que le sel ne se rehydrate.
- p.254 - vue 258/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Classeur et visionneuse pour photographie de petit format.
- Les appareils photographiques de petits formats utilisant des bandes de films de 35 mm standard de 18 ou 36 vues sont 1res en vogue.
- Une fois la prise de vues réalisée et le développement effectué, les images ne sont pourtant pas séparées, comme dans les pellicules ordinaires, en raison du faible format,
- et on conserve les bandes de films, après les avoir roulées, le plus souvent.
- Mais la recherche d’un cliché quelconque pour en effectuer l'agrandissement est une opération Fig. 1. — Le classeur Leitax. laborieuse. Si le
- nombre de bobines est important, on risque de salir et de rayer la surface de l’émulsion ; leur classement exige l’emploi de plusieurs boîtes de grandes dimensions.
- Voici un nouveau classeur qui évite cet inconvénient; il a la forme d’un écrin et peut contenir ioo morceaux de films de (3 vues chacun, soit 6oo clichés, la bande de i m 6o étant coupée après développement en six portions. Celles-ci sont parfaitement maintenues à plat entre des guides en bristol, qui les protègent contre tout contact dangereux
- (Gg- 0-
- Avant de faire agrandir un négatif, il faut, d’autre part,
- juger sa valeur exacte en netteté et en intensité ; un petit accessoire établi sous forme de coffret à large base rend plus facile et plus efficace cet examen.
- L’appareil laisse le libre usage des deux mains. Le film est maintenu très plan sous une glace à charnière et il est éclairé sur une longueur correspondant à 6 vues. On peut voir aisément les numéros désignant chaque image à travers le support translucide.
- De chaque côté de l’appareil, les extrémités libres du film viennent s’appuyer sur une pièce galbée garnie de velours évitant tout danger de rayure, même pendant la traction à l’avancement d’un bande entière.
- La lampe d’éclairage est de 4o w seulement et s’adapte à une simple prise de courant.
- Fig. 2. — La visionneuse Leitax.
- Odéon-Photo, iio, boulevard Saint-Germain, Paris (6e).
- Magasin à pellicules pour appareils stéréoscopiques.
- La pellicule a aujourd’hui supplanté presque complètement la plaque en photographie et même en stéréoscopie.
- Cependant, pour ce dernier usage, il est indispensabler si l’on veut obtenir un bon résultat, d’assurer une parfaite planéité du film et une mise au point d’une précision absolue.
- Voici un magasin destiné aux appareils stéréoscopiques 6 x i3, et qui offre à cet égard de sérieux avantages.
- Il est entièrement construit en métal fraisé, et non en tôle emboutie; il permet l’emploi de la bobine de pellicule 6 x 9 du type standard, que l’on trouve chez tous les revendeurs.
- Une bobine de 8 vues 6x9 permet d’obtenir 6 vues doubles complètes 6 x id. Un cadre presseur, guidé par 4 rampes placées aux extrémités du magasin, vient coller complètement le film au foyer des objectifs, en l’appliquant sur deux cadres de 6x6 cm de façon à éviter tout gondolage.
- L’émulsion n’est jamais en contact avec les rouleaux d’entraînement; seul le papier de la bobine touche le cadre presseur lors de l’enroulement. Le chargement est simple avec les bobines du commerce ; les voyants rouges ordinaires peuvent être masqués dans le cas d’emploi d’émulsions panchromatiques.
- Ce magasin pèse à peine 5oo gr, c’est-à-dire 800 gr de moins qu’un magasin à plaques.
- Il peut s’adapter à la majorité des appareils stéréoscopiques, après un ajustage facile.
- Établissements Louis Leullier, 1, quai d’Austerlitz, Paris (i3e).
- Fig. 1. — Magasin à pellicules 6 x J3 pour appareils stéréoscopiques Summum.
- Pour placer les épreuves dans un album.
- Avec la diversité des appareils de prises de vue et des agrandissements, on se trouve, après avoir échangé avec ses amis les souvenirs de vacances ou de voyage, devant une collection d’épreuves photographiques de tous formats. Pour les mettre en album, il faut les coller, mais alors on ne peut plus les déplacer ultérieurement, ou les fixer avec des coins gommés, peu esthétiques dans les angles. M. Chanut vient de présenter une autre solution. C’est, pour les formats courants 4,5 x 6,5, 6,5 x 6,5, 6,5 x 9, 6,5 x 11 des feuilles d’album présentant des fentes disposées de telle façon qu’on peut y loger 6, 9 ou 12 épreuves en glissant les angles dans les fentes. Et pour tous les formats, quels qu’ils soient, un bloc de bois muni de deux lames parallèles qui permet de fendre proprement, à l’emporte-pièce, la page d’album intacte aux endroits voulus. On peut ainsi mettre en collection toutes les photographies qu’on veut, quels que soient leurs formats disparates.
- L’appareil « Kifend » les coins est vendu par M. J. Chanut, ia5, rue de Reuilly, Paris, 12e.
- p.255 - vue 259/439
-
-
-
- 256
- BOITE AUX LETTRES
- Communications
- A propos de la lumière sous les arbres (n° 3019). — M. Hagcne nous signale .qu’il a publié dans la Revue générale de botanique en 1931, le premier travail français de micro-climatologie appliquée à l’étude des groupements végétaux et qu’il vient de donner dans le tome V de l’Encyclopédie française un résumé succinct des recherches sur ce même sujet.
- L’héliothérapie chez les oiseaux. — M. Pierre Bories nous écrit : « L’héliothérapie, ainsi que les traitements par les rayonnements artificiels, ont fait l’objet d’études approfondies et on possède actuellement une documentation très abondante à ce sujet.
- « Que le manque de soleil diminue la résistance de l’individu et facilite les proliférations microbiennes, que l’action de la lumière fournisse un certain nombre de vitamines et que la pratique de l’héliothérapie soit un excellent moyen d’hygiène ; la plupart des médecins sont aujourd’hui d’accord sur ces points. Toutefois il est recommandé do pratiquer avec prudence et discernement l’héliothérapie, afin d’en tirer le meilleur profit, et d’éviter aussi certaines affections dénommées maladies de la lumière.
- « Les animaux usent, en général, d’instinct, de l’héliothérapie et certains paraissent même s’en servir avec discernement.
- a En effet, j’assiste depuis quelques jours « au bain de soleil » pris par un serin dans sa cage. Je dois, tout d’abord, dire que cet oiseau, comme presque tous ceux de son espèce, est né en cage et qu’il a toujours vécu jusqu’à maintenant, à Paris, dans un logement privé entièrement de soleil. Depuis un mois il a été transporté dans le midi de la Franco dans une région, où même en cette saison, les journées sont très ensoleillées. Lorsque les rayons solaires ont envahi sa cage, ma serine monte sur une petite plateforme en zinc (servant de couverture à-une boite à échaudés). Là elle s’allonge complètement les pattes étirées, exposant au soleil, tantôt la partie gauche de son corps, tantôt la partie droite. Elle reste ainsi une heure environ. Son bain de soleil pris, elle rejoint ses camarades de captivité.
- « Elle seule opère comme je viens de l’indiquer. Les autres serins et serines ne 'estent pas, comme elle, immobiles une heure durant, pratiquant consciencieusement une séance journalière d’héliothérapie »
- Question et réponses
- Construction d’une ébénisterie pour haut-parleur. — Au lieu de disposer directement le haut-parleur sur le panneau avant de l’ébénisterie, on peut le monter sur la paroi oblique d’un adaptateur fixé, à son tour, sur ce panneau. Vous trouverez à ce sujet des indications dans le n° 3010 de La Nature. Le panneau de l’ébénisterie ordinaire doit alors être percé d’une ouverture de diamètre un peu plus grand. La paroi de l’adaptateur est également percée d’une ouverture circulaire, de diamètre correspondant à celui d’un cône mobile du haut-parleur.
- Réponse à M. Luipe, à Paris.
- Appareil pour ondes très courtes. — Pour utiliser un poste émetteur-récepteur sur ondes très courtes, même de petite puissance, il faut demander l’autorisation à l’Administration des P. T. T. et subir un examen des qualités d’opérateur radio-télégraphiste ou radiophoniste.
- L’Association des Émetteurs français publie une revue mensuelle intitulée Radio R. E. F., 6, square de la Dordogne, Paris, 17e.
- 2° Constructeurs de pièces détachées pour appareil émetteur-récepteur : Établissements Dyna, 34, avenue Gambetta, Paris ; Metox, 71, rue de Provence, Paris (9e).
- Réponse à M. de Salvert-Bellenave, Pougues (Nièvre).
- Antenne commune. — Il est possible d’installer sur le toit d’un immeuble, une antenne commune à plusieurs récepteurs. reliée à ceux-ci par des appareils de couplage, avec un minimum de pertes en haute-fréquence et permettant d’accorder séparément les récepteurs sur des émissions diverses. La plupart du temps, on se contente d’une descente de basse tension avec une double ligne et d’un transformateur de départ combiné avec plusieurs transformateurs placés près des récepteurs. Réponse à M. Maluy, à Reims.
- Appareil à cellule photo-électrique. — Pour commander à distance ;n moteur par un rayon lumineux, on peut employer une cellile au sélénium ou à couche d’arrêt, agissant directement sur un relais primaire sensible. Ce relai, à son tour, met en action un relais secondaire robuste, à contact argenté ou à mercure.
- Vous trouverez des relais sensibles primaires chez Chauvin et Arnoux, 190, rue Championnet, Paris.
- Réponse à M. B., à Quimper.
- De tout un peu.
- M. Havard. Duclos-Mallez, à Valenciennes. — Si les personnes qui doivent effectuer les teintures sont peu expérimentées, le mieux est de leur recommander des couleurs diamines, dites colorants substantifs, qui se fixent directement sur la fibre, sans intervention d’un mordant et qui forment la classe la plus importante des colorants pour coton et autres fibres végétales.
- Ils le doivent surtout, comme le dit fort justement M. Serre, à la simplicité de leur emploi, à leur bon marché et à leur bon unisson, à la bonne pénétration de la fibre et enfin à la propriété de conserver à celle-ci la douceur de son toucher, son brillant, sa souplesse, le seul défaut étant parfois de ne pas très bien résister à la lumière.
- Leur dissolution s’effectue simplement en versant sur la couleur de l’eau bouillante exempte de sels calcaires.
- On teint généralement au bouillon, en ajoutant au bain du savon pour empêcher la couleur de « monter » trop rapidement, c’est-à-dire pour ralentir au début son absorption par la fibre et du sulfate de soude ou du sel marin pour « tirer » la couleur et produire l’effet contraire, vers la fin de l’opération.
- La quantité d’eau à employer est d’environ 20 fois le poids du coton.
- a) Pour les tons clairs :
- 3 à 5 pour 100 de savon ou 1 pour 100 de soude Solvav.
- 5 à 10 pour 100 de sulfate de soude cristallisé.
- b) Pour les tons moyens :
- 3 à 4 pour 100 de savon ou 2 pour 100 de soude Solvay.
- 10 à 30 pour 100 de sulfate de soude cristallisé.
- c) Pour les tons foncés :
- 2 pour 100 de soude Solvay.
- 30 à 50 pour 100 de sulfate de soude cristallisé.
- Par économie, on remplace souvent le sulfate de soude par du sel marin ; successivement on ajoute le savon, le carbonate de soude, puis le colorant et en fin d’opération le sulfate de soude.
- Le coton est entré Arers 40°-50° C., on chauffe lentement jusqu’à l’ébullition, puis maintient en moyenne 1 h cette ébullition.
- Plus le bain est concentré, plus il s’épuise vite et plus la nuance est foncée et nourrie. On augmente l’épuisemënt :
- 1° En augmentant la proportion de sel.
- 2° Employant la vapeur indirecte (serpentin).
- 3° Laissant refroidir le coton dans le bain, un quart d’heure après le bouillon.
- Les principales couleurs diamines que vous pourrez par exemple vous procurer à la Manufacture lyonnaise de matières colorantes de Lyon sont :
- Jaune solide diamine FF ; Orangé solide diamine EG ; brun solide diamine GB ; Écarlate solide diamine 4BFF ; violet brillant diamine B ; Bleu diamine 3B; Vert diamine CL ; Noir oxy-diamine JW.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud.
- 10-4-1 h,18
- Published in France.
- p.256 - vue 260/439
-
-
-
- N° 3024
- LA NATURE
- 1" Mai 1938
- L'AIGLE A TÊTE BLANCHE DIT AIGLE CHAUVE
- L’aigle qui figure sur les armoiries des États-Unis d’Amérique est un oiseau indigène, un Pygargue, Ita-liaëtus leucocephalus (Linné), qu’on ne rencontre pas en Europe, bien qu’on l’y ait quelquefois signalé par erreur.
- autre explication. D’après lui, l’épithète « bald » est une corruption du mot « piebald » (pie), justifiée par la robe de l’aigle : tête et cou blancs, corps brun, queue blanche.
- Le mâle et la femelle se ressemblent tellement qu’il
- Fiç) 1. — Un couple d’aigles à tête blanche dans le « Zoo » de New-York. Fig. 2. — L’aire.
- Fig. 3. — La mère apportant un poisson. Fig. 4. — La nourriture des petits.
- L’appellation d’Aigle chauve (bald eagle) sous laquelle cet aigle américain est généralement connu ne correspond aucunement à la réalité. De fait, ce superbe rapace a la tête garnie de plumes, mais leur couleur blanche a, sans doute, fait croire à des observateurs superficiels que la tête était nue.
- M. F. Herrick, à l’obligeance de qui nous devons une grande partie de notre documentation, donne une
- est difficile de les distinguer l’un de l’autre. De, près on peut noter que le cri d’alarme de la femelle est plus rauque. En outre, la femelle est plus grande que le mâle. Celui-ci atteint une hauteur de o m 90 et une envergure de 2 m 10, alors que la femelle arrive à une hauteur de 1 m o5 avec une envergure de 2 m 4o.
- On voit rarement un aigle seul ; l’attachement entre les deux individus d’un même couple paraît durer
- p.257 - vue 261/439
-
-
-
- -= 258 ... , .....::....... ...........—
- depuis leur première union jusqu a la dispaxâtion de l’un des époux. Ils chassent ensemble et, généralement, ils pi*ennent leur nouri'itui’e de compagnie.
- Cette nourritui'e varie considérablement suivant les saisons et les ressources du lieu : lapins, écureuils, opossums, l’atons, cochons de lait, agneaux, gros poissons, canards, sai'celles, macreuses, tout ce qu’ils i*encontx'ent est de bonne prise.
- Pressé par la faim, il arrive même à l’aigle à tête blanche de dépouiller le faucon pêcheur du fruit de son pénible labeur, mais, quoi que l’on en dise, M. Hei'rick l’affirme, il n’en abuse pas. On l’accuse aussi de rapts d’enfants, mais comme cet oiseau pèse en moyenne de huit à douze livi-es, et qu’il est probablement capable de soulever l’équivalent de son poids, on ne voit guère comment il pourrait emporter dans les airs un enfant de quarante-cinq livres, comme l’ont raconté, récemment encore, certains quotidiens fertiles en informations de ce genre.
- C’est au moment des ses chasses que l’on peut admirer la force, l’audace, le sang-froid joints à la puissance de son vol. D’un élan foudroyant il se pi’écipite sur sa victime qu’il saisit en plein vol ou en pleine course pour l’emporter sur un rocher voisin et la dépecer sauvagement.
- Au printemps, le couple songe à l’établissement d’une nouvelle famille. Le mâle et la femelle contribuent à la confection du nid, ordinaii’ement placé au sommet d’un arbre élevé. Sa forme est strictement déterminée., par la disposition des bi-anches entre lesquelles ou sur lesquelles il est placé. Si celles-ci sont à peu pi'ès verticales, le nid prend la forme d’un cylin-di-e ; si elles s’étalent, le nid prend la forme d’une coupe ou d’un bol.
- C’est une construction assez grossièi’e soutenue à sa base par de longues bûches l'angées en désordi'e. Celte première charpente est recouverte d’une couche de mêmes matériaux plus petits, tapissés eux-mêmes de plantes sèches, de rameaux feuillus, d’herbes sauvages et de mousses formant par leur entx-elacs une espèce de sommier élastique assez confortable et résistant. vAJ'
- L’aii'e des aigles est habituellement leur demeure pour la vie. C’est leur lieu de rendez-vous qu’ils n’abandonnent guèi’e, même pas à la mauvaise saison ; ils ne le quittent que durant des hivers très rigoureux, quand le gibier se fait trop rai’e. Ils reviennent à leur ancien nid au printemps et s’occupent aussitôt de sa instauration. Ils y travaillent tous les deux et, très rapidement, le berceau de leurs futurs petits est remis en état. Comme ils ajoutent, chaque saison, de nouveaux matériaux, celui-ci finit par acquéiùr des dimensions considéi-ables, parfois jusqu’à 2 m de haut et un diamètre de 1 m 5 à 1 m 8,
- Vers la fin de mars, la femelle y dépose deux œufs, sa seule ponte de l’année ; les vieilles femelles ne pondent même qu’un seul œuf. Dans les aires des couples-jeunes c’est une exception d’en trouver trois.
- Ces œufs d’un blanc sale, arrondis aux bouts, sont à peu près gros comme ceux des oies. La couvée qui
- est faite alternativement par la femelle et par le mâle dui’e environ 35 jours. A l’éclosion, les petits couverts d’un duvet blanc et cotonneux, maladroits, chétifs, sont incapables de se suffire à eux-mêmes. Ils ne savent que bâiller et crier faim d’un horrible cri acide « kiak )) « kiak » ! rappelant celui d’une scie mal graissée s’engageant de travers dans un nœud de bois.
- Pendant des heui'es, un des pai'ents se tient debout au bord de l’aire, les ailes à demi-ouvertes comme l’aigle du blason, face au soleil et tournant avec lui, de manièi’e à protéger la nichée contre les rayons ardents.
- Les deux adultes se chargent de la nourriture, mais ils ne parlent jamais ensemble, se relayant à peu près toutes les deux heures. Pendant que les jeunes mangent, l’oiseau qui vient de chasser monte la garde sur un perchoir voisin.
- Si l’oiseau de garde s’éloigne, — ce qui ne se pi’o-duit que très rarement — il a soin de cacher complètement les aiglons, afin de les soustraire à la vue des ennemis possibles.
- Les chasseurs apportent du poisson ou des petits rongeurs aux jeunes convives qui se jettent dessus, à grand renfort de cris sauvages et coups de bec furieux.
- Il est déjà fort crochu, ce bec, mais pas encore assez pour dépouiller la victime. Le chasseur commence par en détacher de gros morceaux qu’il avale rapidement, puis, se tournant vers le jeune le plus proche, il en enfonce une portion dans son gosier ouvert. Lorsque celui-ci pai'aît satisfait, il reprend son xepas interrompu, pour s’occuper du deuxième rejeton. Pendant les deux premièi’es semaines, les parents nourrissent ainsi leurs jeunes, puis ils les laissent dépecer les petites pi-oies qu’ils apportent : oiselets, poussins, lapereaux, etc.
- A la mi-juin, les aiglons sont à même de dépecer des pi’oies d’une certaine taille ; ils s’en acquittent avec acharnexnent et ils se développent très l'apide-ment. Entre temps, les plumes leur sont venues, à partir de la. quatrième semaine, en commençant par les couvertures des épaides. Tachetés de brun, les pattes toutes jaunes, ils ont belle apparence. Déjà ils sont presque aussi gros que leurs parents et ils ont une envergure de 6 pieds.
- A la fin de juillet, les jeunes sont capables de pi’en-dre leur vol. Leur robe brun foncé les fait alors souvent confondre avec l’aigle doré auquel ils ressemblent par la couleur et par la taille, mais, un caractère' pei’met d’identifier l’oiseau national américain : ses lai'ses sont pi'esque nus, alors que ceux de l’aigle doré sont emplumés jusqu’à la base des doigts.
- Les pai’ents, si attentifs naguèi'e, ne s’intéi’essent plus à leui's petits. Un matin, tandis que les jeunes se penchent au bord de l’aire, la femelle hérisse les plumes de son fi’ont, souffle comme un chat, les bouscule, les pousse l’un après l’autre. Ils pi'otestent hargneusement, reculent, trébuchent, culbutent, comme s’ils allaient s’écraser sur le sol. Ils ouvrent, à temps, leurs splendides ailes et prennent leur essor.
- L. Ruentz.
- p.258 - vue 262/439
-
-
-
- EE LA PRÉCISION DU MICRON DANS L'INDUSTRIE 359 ET LA MÉTHODE PNEUMATIQUE
- Le contrôle précis des produits manufacturés est certainement l’un des problèmes les plus importants qui se posent dans l’industrie mécanique moderne, notamment dans les industries fabriquant en très grande série comme par exemple l’industrie automobile. D’une part, l’usager doit pouvoir faire remplacer facilement et partout une pièce défectueuse d’un organe quelconque, et ce, sans faire appel aux services d’un spécialiste généralement introuvable ou ne disposant pas des moyens voulus. D’autre part, il est également indispensable, pour des raisons économiques, que, lors de la fabrication, chaque pièce constituante d’un ensemble puisse se monter directement après usinage, sans aucune retouche ou ajustage.
- Il faut donc que tous les exemplaires d’une même pièce sortent de l’usinage rigoureusement identiques les uns aux autres. Cette condition exige un contrôle sévère et extrêmement précis de la fabrication : l’écart enti’e les dimensions réelles de la pièce et les dimensions de son modèle ne doit pas dépasser, par excès ou par défaut, des limites assignées à l’avance et fort étroites qu’on appelle les « tolérances de fabrication ».
- Le rôle du service de contrôle — l’un des services les plus importants des usines mécaniques d’aujourd’hui — est de vérifier, indépendamment de l’atelier, que les tolérances sont rigoureusement observées et de ne permettre le passage d’un , atelier au suivant que pour les pièces reconnues satisfaisantes.
- LA VÉRIFICATION EN SÉRIE
- Pour fixer les idées, nous raisonnerons souvent dans ce qui suit sur un exemple particulier, mais très fréquent dans l’industrie et très caractéristique : un alésage destiné à recevoir un roulement à billes, comme on en rencontre dans un grand nombre de pièces mécaniques : dans des châssis de voitures automobiles, des moteurs à essence, des moteurs électriques, etc.
- Si l’alésage est trop grand, lé roulement glisse et ne se maintient pas en place. Trop petit, les billes s’incrustent dans les chemins de roulement et se coincent. Il est donc nécessaire de le maintenir entre certaines limites que l’expérience fixe à la cote exacte du roulement, plus ou moins i/ioo® de mm.
- Le contrôle s’opérait autrefois — et s’opère encore aujourd’hui dans la grosse mécanique ordinaire — avec des tampons de forme cylindrique que l’on introduisait dans l’alésage à vérifier ; la possibilité d’introduire ou non le tampon permettait ainsi, par l’utilisation successive d’un tampon de cote maximum et d’un tampon de cote minimum, de vérifier que l’alésage était bien compris dans les limites permises.
- Par suite de la rugosité des pièces usinées correspondant aux fabrications normales, on éprouve, à l’intro-
- duction des tampons, une résistance variable qui conduit à une erreur d’appréciation d’au moins i/iooe de mm ; c’est donc une erreur totale de 2/100® de mm qui est rendue ainsi possible.
- Dans les meilleures conditions de vérification, c’est-à-dire lorsque les surfaces sont parfaitement polies, le contrôle peut être plus précis, mais il fait toujours intervenir un élément d’appréciation de la part de l’opérateur, ce qui est industriellement inacceptable.
- Or, cette erreur de i/ioo® de mm conduit, dans tout l’intervalle de la tolérance, et plus particulièrement pour les pièces dont la cote réelle est voisine des limites — à refuser un certain nombre de pièces bonnes et à accepter par contre un même nombre de pièces mauvaises.
- On admet, en pratique, qu’une opération de contrôle est acceptable lorsque sa précision est de i/ioe de la tolérance admise. Dans notre cas particulier, c’est une précision de 2/1.000® de mm ou, plus exactement, de + 1/1.000e de mm qui est nécessaire.
- Aujourd’hui, il existe pour cette vérification des appareils qui permettent de garantir cette précision. En France et à l’étranger, on utilise à peu près universellement le tampon pneumatique, appareil spécialement conçu pour les fabrications en série.
- LE PRINCIPE DU MICROMETRE PNEUMATIQUE
- Ce tampon d’un type spécial utilise les principes d’une nouvelle et ingénieuse méthode : la méthode pneumati-
- q u e Solex (fig. x) inventée par l’ingénieur français Marcel Mennes-son, mise au point et dé-veloppée dans les ate-lici’S français du carburateur Solex.
- Si de l’air pris à une pi'ession initiale constante passe à travers deux orifices, la pi'ession dans la région com-
- Fig. 1. — Schéma du micromètre pneumatique Solex appliqué à la mesure de l’épaisseur d’une pièce.
- I/air provenant de. a, passe à travers les deux orifices (J et S, le second au voisinage de la face supérieure de la pièce A dont il s’agit de mesurer la cote. Le débit en S est mesuré par le manomètre M.
- p.259 - vue 263/439
-
-
-
- 260
- Fig. 2. — Tampon ordinaire double (maximum-minimumj pour le contrôle des alésages.
- (Cliché Précision mécanique).
- prise entre ces deux orifices est fonction du rapport des sections. Si le premier est fixe et le second variable, la pression intermédiaire enregistre exactement les variations de section du second, cela quelle que soit la forme de ce deuxième orifice qui peut être constitué par un ou plusieurs orifices fixes dont le débit est rendu variable suivant l’éloignement ou le rapprochement d’une paroi. Cette paroi sera la surface de la pièce à mesurer.
- La pression constante est fournie par un organe spécial appelé micromètre pneumatique qui régularise exactement la pression d’une source d’air comprimé quelconque par un moyen très simple, entièrement statique et d’un fonctionnement analogue au trop-plein hydraulique bien connu. Il porte, en outre, un manomètre influencé par le débit du deuxième orifice.
- Si nous revenons à notre exemple de la mesure du logement de roulement, l’orifice variable est formé de deux orifices appelés gicleurs de mesure, portés par un tampon cylindrique (fig. 2) et diamétralement opposés.
- Il est bien évident que la dimension du tampon pneumatique étant fixe, le débit d’air sera uniquement fonction de la cote de l’alésage dans lequel on l’aura introduit, d’où un moyen de connaître cette cote par simple lecture de la pression sur le manomètre du micromètre, d'ailleurs directement gradué en dimensions.
- Cet appareil est extrêmement précis et permet de mesurer jusqu’au quart de micron (o mm 00025) ; il est assez simple pour pouvoir être utilisé sans erreur possible par un opérateur sans connaissances spéciales, un simple manœuvre, par exemple. La précision ci-dessus suffit à la plupart des besoins de contrôle industriel ; nous allons voir cependant qu’il est des cas pratiques où s’impose une précision encore plus grande.
- LES CALES ÉTALON
- Une fois le tampon de contrôle établi, notamment s’il s’agit d’un tampon pneumatique qui, pratiquement inusable, donne des indications absolument constantes dans le temps, nous sommes en possession d’un moyen de vérification qui nous permet de rester toujours dans les mêmes tolérances.
- Nous pouvons cependant être amenés, par suite de circonstances spéciales, à changer la valeur de ces tolérances ; de toute façon, la pièce que nous fabriquons doit pouvoir s’adapter sur une autre pièce, contrôlée
- avec un calibre différent ; cette autre pièce a pu être fabriquée dans un autre atelier, voire par un autre constructeur, souvent très éloigné. Cependant l’adaptation, au montage, doit être immédiate. Pour cela les cotes absolues des tampons et calibres utilisés doivent être rigoureusement concordantes, donc mesurées avec le même étalon de longueur. Ce sera théoriquement le mètre déposé au Bureau international des Poids et Mesures, pratiquement des cales, c’est-à-dire des blocs d’acier parallélipipédiques parfaitement usinés, dont l’épaisseur est connue très rigoureusement par rapport an mètre international étalon.
- Quelle doit être la précision de ces cales? Elles sont destinées à étalonner des tampons ou calibres qui doivent mesurer le micron, même le quart de micron. Si l’on tient compte que ces cales sont généralement utilisées en combinaison, ce qui additionne les erreurs, on constate qu’il est indispensable de les définir avec une précision de l’ordre du i/ioe de micron. En vertu des raisonnements précédemment établis pour la mesure du logement de roulement, il est donc nécessaire de disposer, pour la mesure de ces cales d’un appareil garantissant une précision de l’or-d r e du i/iooe de micron.
- Pour attein-d r e cette précision, il faut recourir à l’o p t i q u e physique et utiliser les interféro-mètres, ap-pareils comparant directement par i n t e r f é -rences l’épaisseur des cales avec la longueur d’onde d’une raie spectrale bien déterminée , dans la lumière émise par des
- Fig. 3. — Comparateur à grande sensibilité.
- (Cliché Solex).
- p.260 - vue 264/439
-
-
-
- 261
- lampes spéciales (mercure, sodium, néon, etc.).
- Même dans la pratique industrielle, la vérification périodique des cales étalon est indispensable pour déceler l’usure et prévenir en temps utile les erreurs que cette usure pourrait introduire dans les cotes absolues des tampons et calibres. Elle est malheureusement longue, délicate, et ne peut être effectuée que par des expérimentateurs adroits, doublés d’habiles calculateurs ; elle reste donc, la plupart du temps, l’apanage des seuls fabricants de cales.
- Dans l’industrie, on opère autrement. On se pi’o-cure un jeu de cales particulièrement précises, étalonnées par le fabricant avec le plus grand soin, et l’on constitue avec ce jeu une sorte d’étalon général auquel on comparera les dimensions absolues des jeux de cales utilisés dans les différents ateliers ou sections de la fabrication.
- Ce jeu servant uniquement à la comparaison des cales est pratiquement soustrait aux inconvénients d’un usage intensif, on peut donc être certain de sa constance dans le temps. Il est d’ailleurs facile de s’assurer de temps en temps, par l’intermédiaire du fabricant, qu’il est toujours conforme au mètre-étalon et, par suite, aux étalons généraux utilisés par les autres constructeurs.
- Fig. 4. — Installation de contrôle pneumatique destinée à la vérification en série des alésages de cylindres d’automobile.
- (Cliché Solex).
- Fig. 5. — Interféromètre pour la mesure absolue des cales étalon.
- (Cliché Précision mécanique).
- LE CONTROLE INDUSTRIEL DES CALES ÉTALON
- Il reste maintenant à comparer lés jeux de cales particulières avec le jeu étalon au i / iooe de micron ; c’est une opération qui se renouvelle fréquemment ; il importe donc quelle puisse s’effectuer avec des moyens relativement simples et sans personnel spécialisé. Nous allons retrouver là une nouvelle application de la méthode pneumatique (fig. 3).
- La cale est serrée très légèrement et d’une façon très rigoureusement uniforme entre deux touches sphériques en diamant ; l’écartement de ces touches est donc fonction de l’épaisseur de la cale. L’une des touches est solidaire du siège d’une soupape commandée par l’autre touche.
- Dans ces conditions, l’ouverture laissée entre la soupape et son siège est fonction de l’épaisseur de la cale.
- L’ensemble des touches, du support et de la soupape est désigné sous le nom de comparateur à amplificateur.
- On alimente en air comprimé ce comparateur par un micromètre pneumatique semblable à celui qui a été décrit plus haut ; le débit d’air varie selon l’ouverture ce qui, comme précédemment, permet de mesurer les variations d’épaisseur de la cale par la simple lecture du manomèti'e indiquant les débits.
- On place donc successivement entre les touches l’étalon et la cale à vérifier et de la différence des hauteurs lues au manomètre on déduit la différence des cotes.
- Bien entendu, il est indispensable de prendre un
- p.261 - vue 265/439
-
-
-
- certain nombre de précautions impérieusement exigées par la haute précision désirée. Les cales en vérification, ainsi que le coriiparàteur, sont enfermées dans une cage en verre à double paroi, à l’abri des variations de température, notamment du rayonnement de chaleur provenant de l’opérateur.
- Une commande mécanique permet la substitution de la cale étalon à la cale à vérifier sans avoir à ouvrir la cage, l’opération peut ainsi être répétée successivement un grand nombre de fois, ce qui permet de contrôler la précision obtenue.
- Des dispositifs pneumatiques appropriés permettent également de contrôler le relevage et l’abaissement des touches ainsi que la pression de contact, on élimine ainsi toute erreur due aux déformations des palpeurs sphériques.
- Dans ces conditions, une précision de l’ordre du i/iooe de micron est aisément atteinte avec une facilité de lecture remarquable, puisqu’il est possible d’atteindre une amplification de 200.000, soit 200 mm de
- La ligne de chemin de fer Paris-Le Mans, d’une longueur de 211 km, a été électrifiée en 1937, c’est donc la plus récente ligne électrifiée de France et il est intéressant à cette occasion d’examiner rapidement les principes généraux actuellement admis en matière de traction électrique.
- I. — AVANTAGES COMPARÉS DE LA VAPEUR ET DE L’ÉLECTRICITÉ EN MATIÈRE DE TRACTION
- La première idée qui se présente à l’esprit est, bien entendu, d’établir un parallèle entre la traction électrique et la traction à vapeur. Une telle comparaison est avant tout d’ordre économique, mais cette étude économique ne consiste pas seulement à comparer les dépenses d’un même service, d’une part en traction à vapeur et d’autre part en traction électrique (une telle comparaison montrerait déjà l’avantage de l’électricité sur une ligne à fort trafic) mais il faut examiner également si les qualités propres à la traction électrique ne permettent pas des modalités d’exploitation beaucoup plus avantageuses qu’avec la vapeur.
- La locomotive à vapeur est à la fois l’usine génératrice et l’organe utilisateur de vapeur. Dans ces conditions, avant de pouvoir l’atteler à un train, il faut la préparer et la mettre sous pression. Comme c’est une usine où l’on ne dispose que de peu de place, tous les organes y sont soumis à un régime particulièrement dur et lorsque son travail est achevé il lui faut des soins particuliers. La locomotive est d’une conduite délicate ; on ne peut la confier successivement à différents agents ; chaque locomotive ayant « son » mécanicien et « son » chauffeur, le temps pendant lequel elle remorquera effectivement un train n’excédera pas 5 h par journée de travail.
- déplacement sur la colonne manométrique pour 1/1.000e de mm d’écart entre les deux cales, soit o mm 2 pour une épaisseur de l’ordre de certaines molécules organiques, celle de l’acide oléique par exemple.
- Nous sommes ainsi presque arrivés à la limite inférieure des longueurs directement mesurables. L’in-dusti’ie mécanique moderne se voit obligée de pratiquer des mesures avec une précision qui pourrait paraître l’exclusif apanage des laboratoires de haute métrologie. C’est là une exigence qui va en se développant chaque jour et s’étend même aux fabrications courantes ; témoins certains organes de moteurs Diesel, fabriqués quotidiennement par centaines et pour lesquels une tolérance de fabrication de + i/i.ooo0 de mm est indispensable sous peine de mauvais fonctionnement.
- Louis Wattebot. Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LIGNE PARIS-LE MANS
- Au contraire la locomotive électrique n’est qu’un organe utilisateur, elle est pratiquement toujours prête à rouler, car elle ne demande que peu d’entretien et, sa conduite étant beaucoup plus aisée, plusieurs équipes d’électriciens peuvent se succéder pour mener une même machine. Si les horaires s’y prêtaient, elle pourrait tirer des trains 20 h par jour, et 365 jours par an.
- Dans ces conditions, pour un même trafic, il faut deux ou trois fois moins de locomotives électriques que de locomotives à vapeur. 11 faut donc moins de dépôts de machines et des dépôts moins importants, moins de personnel d’entretien, etc.
- Il résulte des comparaisons faites sur des lignes électrifiées depuis longtemps que, en moyenne, pour remorquer 1 t sur 1 km, il faut dépenser 25 w/h d’électricité, au lieu de 60 gr de charbon, ce qui correspond à une dépense moitié moindre.
- En regard de ces avantages économiques à l’actif de la traction électrique, il faut maintenant placer les dépenses incombant à l’équipement de la voie nécessaire pour mettre les locomotives à même d’utiliser le courant : sous-stations de transformation du courant, lignes de contact, etc. Il s’agit là d’installations entraînant non seulement des investissements considérables, mais aussi un entretien important. Ces installations grèvent donc la traction de frais fixes qu’il faut amortir sur un trafic suffisant. On voit immédiatement que l’électricité n’est avantageuse que si les transports sont importants.
- Voyons maintenant les avantages d’exploitation qu’apporte l’électricité :
- Le moteur électrique possède deux grandes qualités, il est susceptible de prendre sa vitesse très rapidement, autrement dit il est susceptible d’une grande accélération, il peut être actionné de loin et n’a pas besoin d etre constamment sous l’œil du mécanicien.
- L’ÉLECTRIFICATION DE LA
- p.262 - vue 266/439
-
-
-
- 263 =
- Rennes Brest S* Mata Quimper
- yAlençon
- ,,Mantes
- Le Mans
- La Loupt
- /Vantes
- Arnage
- RARIS
- 'Château-du - Loir
- OFbint de raccordement aux lignes de transpi de force OSous stations Les gares desservies par des trains semi - directs sont
- Bordeaux
- soulignées.
- Fig. 1. — La ligne à traction électrique Paris-Le Mans et ses principales liaisons. La liane reçoit son courant en trois points : Arnage et Luisant reliés aux grandes centrales hydro-électriques du Massif Central ; Liancourt alimenté par le réseau de la région parisienne. De ces points partent des lignes desservant 13 sous-stations qui transforment le courant alternatif (60.000 v ou 90.000 v) en courant continu de traction à 1.500 v.
- Ces qualités permettent aux trains électriques d’avoir des démarrages rapides et de proportionner la puissance mise en jeu à l’importance du service à assurer. En particulier, on pourra transporter peu de voyageurs à grande vitesse en une seule voiture, et l’on trouvera ici les avantages,bien connus de l’autorail.
- Mais il y a encore un avantage utilisé depuis les débuts de la traction électrique, ce que l’on appelle la traction par unités multiples : dans ce système, grâce à des fds électriques passant d’une voiture à l’aptre, le mécanicien de tête commande à lui seul la marche de tous les moteurs du train ; il est donc facile, les jours d’affluence exceptionnelle, d’atteler des automotrices supplémentaires. Cette commande multiple qui n’existe encore qu’à l’essai sur certains autorails à moteurs à essence ou à huile lourde, est la règle toujours suivie en traction électrique, aussi bien dans les rames du métropolitain que dans les trains de banlieue électrifiés, etc.
- Ces qualités sont particulièrement précieuses poulies services de banlieue qui exigent des parcours rapides et des trains à départs fréquents et réguliers, mais avec un débit de voyageurs très variable suivant les heures de la jounrée. En particulier, sur les trains omnibus, le temps gagné au démarrage permet d’abréger notablement la durée du parcours.
- Les avantages du train électrique par rapport au train à vapeur sont suffisants pour ramener au rail une partie de la clientèle qui s’en était écartée et. pour apporter un afflux de trafic important. Cet élément, joint à la meilleure qualité du service, ne doit pas être omis dans l’étude des avantages comparés des deux modes de traction.
- En ig32, au moment de l’élaboration du plan Mar-quet, le réseau de l’État fut amené à envisager la question de l’électrification de la ligne du Mans. La conclusion de l’étude fut que l’opération n’apporterait ni gain ni perte par rapport à la traction à vapeur, mais, comme il y avait là une source importante de travaux, permettant de réduire le chômage de beaucoup de corps de métiers, cette électrification fut décidée.
- Les nouvelles conditions économiques ont rendu la traction électrique beaucoup plus avantageuse : le personnel d’exploitation est moins nombreux pour la traction électrique, le nombre d’heures d’utilisation d’une locomotive électrique qui est pilotée par différents agents est indépendant de la durée de la semaine de travail des agents, tandis que lorsque la semaine de travail passe de 48 à 4o heures, la durée d’utilisation d’une locomotive à vapeur est réduite dans la même proportion. Enfin, l’utilisation d’énergie électrique
- uniquement d’origine hydraulique permet une économie importante de charbon importé, la réduction annuelle de la consommation de charbon due à l’électrification de cette ligne est de i4o.ooo t, représentant une somme de 28 millions environ.
- IL — PRINCIPES DIRECTEURS DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- La traction électrique sur les grandes lignes n’a commencé à se développer en Europe qu’après guerre.
- La guerre avait montré à beaucoup de pays les difficultés du ravitaillement en charbon, la technique avait fait de grands progrès et, vers 1920, la plupart des États envisageaient l’électrification d’une plus ou moins grande partie de leurs réseaux.
- En 1920, la traction électrique était réalisée avec trois sortes de courants : le courant triphasé, le courant monophasé et le courant continu ; les chemins de fer français devaient donc choisir entre ces espèces de courant. Le courant triphasé n’était guère utilisé qu’en Italie, et la complication due à la nécessité d’avoir deux conducteurs d’amenée de courant fit aussitôt rejeter son emploi. Le courant monophasé s’applique fort bien à la traction, à condition d’être employé à fréquence très basse (16 2/3 périodes en général), dans ces conditions il permet une exploitation plus économique que le courant continu. Par ailleurs, à la même époque on se préoccupait également dans tous les grands pays d’Europe de développer les distributions d’électricité et l’unanimité s’était faite sur l’emploi du courant triphasé 5o périodes. Or, il était
- p.263 - vue 267/439
-
-
-
- 264
- Fig. 2. — La sous-station de Chartres.
- en 1920, et il est peut-être même encore aujourd’hui, plus facile de transformer dans des conditions économiques du courant triphasé 5o périodes en courant continu, que de transformer du triphasé 5o périodes en monophasé de fréquence 3 fois moindre. Dans ces conditions, la traction en courant monophasé exige un réseau de transport d’énergie électrique spécial pour la traction ; arec du courant continu on pouvait au contraire raccorder les lignes de traction au réseau général.
- Brancher la traction électrique sur le réseau général, c’est, de plus, faire bénéficier le réseau général d’un client important et d’un client qui utilise le courant pendant deux fois plus d’heures que les autres usagers. C’est cette conception qui triompha et l'électrification des chemins dé fer français ! fut décidée en courant continu. 11 semble d’autant plus incontestable que cette conception est excellente, qu’on voit à l’heure actuelle la plupart des pays utilisant un réseau monophasé spécial de traction s’orienter vers l’alimentation des lignes de traction à partir du réseau général, les sous-stations convertissant le courant triphasé 5o périodes en monophasé 16 2/3 périodes.
- Une fois la nature du courant déterminée, il restait à fixer la tension d’utilisation, on adopta pour les chemins de fer français la tension de i.5oo v qui correspondait aux possibilités techniques de 1920. Cette tension, relativement faible, oblige à avoir des sous-sta-lions assez rapprochées ; aujourd’hui il est vraisemblable qu’on adopterait 3.000 v, qui est d’ailleurs la tension utilisée par les chemins de fer du Maroc.
- III. — ÉLECTRIFICATION DE LA LIGNE PARIS-LE MANS
- A. Les installations fixes d'alimentation en courant. — C’est suivant les principes ci-dessus qu’a été réalisée l’alimentation en courant électrique de la ligne dù Mans. L'es lignes de contact reçoivent le courant de 13 sous-stations (fig. 1) :
- Ouest-Ceinture, Porchefontaine, La Verrière, Gaze-ran, Maintenon, Chartres, Courville, La Loupe, Condé-sur-Huisne, Le Theil, Sceaux-Boessé, Pont-de-Gennes, Le Mans.
- Les deux premières sont alimentées par le réseau de câbles appartenant aux chemins de fer de l’État qui servait aux lignes électrifiées de banlieue ; les 11 autres sont alimentées par le réseau général de leur région.
- L’Union d’Électricité qui alimente la région parisienne livre le courant au poste d’Elancourt à 60.000 v ; l’Énergie Industrielle livre le courant à Luisant à 90.000 v et la Société de Distribution d’Électricité de l’Ouest livre le courant à 90.000 v à Arnage.
- Des lignes de distribution construites spécialement relient les postes de livraison aux différentes sous-stations : Porchefontaine et Ouest-Ceinture sont reliés par les câbles souterrains existants du réseau de l’État ; Chartres et Le Mans, du fait de leur emplacement dans des villes, reçoivent le courant par un câble souterrain de 3o.ooo v. Toutes les autres sous-stations se raccordent soit à une ligne 60.000 v allant d’Elancourt à Luisant, soit à une ligne 90.000 v de Luisant à Arnage. Ces lignes de distribution construites spécialement sont des lignes triphasées doubles sur poteau unique ; ces lignes sont doubles pour parer aisément à un accident sur l’une d’elles. On voit ainsi que, grâce à ces lignes, les sous-stations peuvent être alimentées à partir de deux postes de livraison distincts, ce qui accroît encore la sécurité.
- L’électricité fournie par les différents postes de livraison est en majeure partie d’origine hydraulique : Arnage est relié à la grande centrale hydraulique d’Eguzon ; Luisant également ; quant à Elancourt qui fait partie de la région parisienne, il est alimenté, comme toute cette région, en grande partie par les barrages du Rhin et ceux du Centre, les centrales thermiques intervenant surtout comme secours.
- B. Les sous^stations. — Les sous-stations ont pour mission de transformer en courant continu i.5oo v le courant triphasé 60.000 et 90.000 v qui les alimente,
- p.264 - vue 268/439
-
-
-
- 265
- rZLTA A Source den-
- G courant (f' alternatif) monophasé
- C
- Commutateur
- Fig. 3. — Schéma de principe du redresseur à vapeur de mercure à grille commandée.
- elles sont plus rapprochées l’une de l’autre qu’il n’est habituel. Elles sont en moyenne à 17 km l’une de l’autre. Elles ont été toutes conçues suivant le même principe. La haute tension y arrive par fils aériens (sauf aux 4 sous-stations mentionnées plus haut). Tous les organes de disjonction sont commandés automatiquement à distance à partir du tableau. Ces sous-stations comprennent d’une part les dispositifs de transformation du triphasé haute tension en courant continu i.5oo v, ce qui se fait au moyen de deux redresseurs à vapeur de mercure de 2.000 kw (3 groupes de
- 2.760 kw, à Ouest-Ceinture et Porchefontaine), et d’autre part les ensembles générateurs de courant nécessaires à la signalisation.
- Les redresseurs à vapeur de mercure utilisés ici constituent la plus puissante installation actuelle de
- redresseurs à grille commandée. Rappelons-en rapidement le principe (fig. 3) : dans un récipient clos où règne le vide on place 2 électrodes, l’une en fer À, l’autre C constituée par du mercure, et on les relie respectivement aux 2 bornes d’une source de commit monophasé ; supposons que par un procédé quelconque on ait maintenu un point de la surface du mercure incandescent, de façon à ce qu’il se produise une émission d’électrons, on constate qu’un courant ne passe que si le point À est à un potentiel supérieur à celui de C, au!renient dit pendant les demi-alternances positives du courant alternatif ; le courant ayant toujours le même sens entre A et C, on voit que le courant alternatif est redressé. Si on a affaire à un courant à plusieurs phases, à chaque phase est affectée une anode spéciale, le courant s’établit entre la cathode de mercure et celle des anodes dont le potentiel est le plus élevé au moment considéré, l’arc électrique formé se déplace donc constamment d'une anode à l’autre. On comprend que l’on réduira au minimum les ondulations du courant redressé en multipliant le nombre des phases; aussi, dans les redresseurs transformant du courant triphasé, eom-mence-t-on par transformer le courant triphasé en courant hexaphasé au moyen de transformateurs convenables.
- Ce type de redresseur a été le premier utilisé ; il a un rendement sensiblement indépendant de la charge. La chute de tension dans l’arc est constante et de l’ordre de 20 v.
- Le rendement du redresseur seul est donc
- égal à
- si E désigne la tension continue, et
- E -+- 20
- ce rendement est très voisin de 1 si E est assez grand (Bien entendu dans les pertes totales de l’installation interviennent les pertes dans les transformateurs et les appareils auxiliaires, ce qui réduit le rendement global, qui est cependant toujours de l’ordre de 0,95).
- On voit que dans ces redresseurs la tension obtenue en courant continu dépend uniquement de la tension appliquée en courant alternatif. Dans les premières installations, lorsqu’on avait besoin de modifier la tension en courant continu, on n’avait d’autre ressource que de modifier la tension alternative en changeant les prises du transformateur. Dans ces dernières années on a imaginé un autre procédé basé sur l’utilisation d’une grille G intercalée entre anode et cathode. Si cette grille est à un potentiel inférieur à celui de la cathode, le champ électrique dans le récipient à vapeur de mercure sera tel qu’aucun arc ne pourra s’amorcer entre anode et cathode. Si au contraire la grille est à un potentiel positif sa présence ne gêne en rien la production de l’arc qui peut s’établir dès que l’anode A est portée à un potentiel positif. On voit donc que si au moyen d’un commutateur convenable on fait varier le potentiel de la grille, le redresseur ne livrera passage au courant que pendant une fraction du temps où il l’eût fait sans cette grille, et la tension efficace sera réduite.
- Ce procédé, employé depuis plusieurs années pour des redresseurs de moindre puissance (en particulier dans le redressement de la tension plaque au dernier étage d’une station de radio-diffusion, pour des puis-
- Fig. 4. — Vue des cylindres redresseurs à vapeur de mercure à cuve métallique de la sous-station de Porchefontaine.
- (Puissance de chaque cylindre : 2.750 kw à 1.500 v).
- (Document Cie Électro-Mécanique).
- * *
- p.265 - vue 269/439
-
-
-
- 266
- Fig. 5. — Schéma de l’alimentation du bloc automatique.
- En régime normal, l’alternateur A est alimenté par les barres 220 v de la sous-station à travers le commutateur C dans la position figurée. L’alternateur tourne en moteur. L’embrayage magnétique E n’est pas excité ; le moteur Diesel D ne tourne pas. En cas de panne de courant, l’embrayage E fonctionne ; le moteur A entraîne le Diesel grâce à l’énergie emmagasinée dans le volant Y ; puis entraîné à son tour par le Diesel, il devient générateur et débite du courant ; le commutateur C est actionné et le feeder reçoit le courant du générateur A.
- sances de l’ordre de 5o kw), n’avait pas encore été pratiqué pour des installations de traction électrique.
- Le courant nécessaire à la signalisation par block. automatique et aux services auxiliaires de la sous-station est fourni en triphasé ii5/2oo v par des transformateurs spéciaux ; c’est sur ce courant basse tension que sont branchés les transformateurs 200/3.000 v alimentant le block automatique. La permanence de ce service de signalisation étant de la plus grande importance au point de vue de la sécurité, des dispositions très ingénieuses ont été prévues pour parer en moins de 5 sec. à toute panne de secteur (fig. 5).
- En l’absence de toute panne, un moteur synchrone, alimenté par la basse tension 115/200 v, est en rotation, il comporte un volant de grande masse, susceptible d’emmagasiner une énergie importante, l’arbre de ce moteur est prolongé par un embrayage magné-
- Fig. 6. — La ligne de contact à la sortie de la gare de Ch,ar 1res.
- tique ; tant que le secteur donne du courant, cet arbre n’embraye avec rien, si le courant vient à manquer l’arbre s’embraye avec un moteur Diesel qui est entraîné, et l’énergie emmagasinée dans le volant est suffisante pour permettre le démarrage de ce moteur ; à ce moment, le moteur synchrone devient un alternateur, qui alimente la canalisation basse tension sur laquelle se trouvent des transformateurs 200/3.000 v alimentant le block automatique.
- L’exploitation de ces sous-stations est actuellement assurée par un agent qui établit les connexions électriques nécessaires sur les ordres téléphoniques qui lui sont donnés par un régulateur qui réside à Paris. Par la suite on envisage de commander automatiquement à distance toutes les sous-stations et de contrôler leurs manœuvres de Paris en utilisant des procédés dérivés de la téléphonie automatique. Cette installation se fait eu utilisant pour chaque sous-station deux conducteurs d’un câble spécial. Pour utiliser un reliquat du compte des prestations en nature, cette commande a été confiée à la Société allemande A. E. G., mais il eût été possible de trouver en France des constructeurs tout à fait capables de réaliser une telle installation. Cette commande centralisée ne sera en service que dans le courant de 1938.
- C. Les lignes de contact (fig. 6). — Les lignes de contact utilisées sont tout à fait analogues à celles réalisées sur les lignes électiùfiées du P. O. La prise de courant se fait par fil aérien disposé sur une caténaire. L’emploi de la caténaire est indispensable sur les lignes de contact dès que la portée entre deux appuis successifs est assez importante pour que la flèche que présenterait une ligne en fil simple ne soit pas négligeable.
- La caténaire comprend deux câbles porteurs, l’un en bronze, l’autre en cuivre, et deux fils rainurés assurent le contact avec l’archet. L’ensemble équivaut à un conducteur de cuivre de 4oo mm2 de section.
- Les poteaux sont distants de 60 m en moyenne. Lorsque, ce qui est le cas général, la ligne ne comprend que deux voies, la ligne de contact de chaque voie est supportée par un appui particulier. Pour les parties de ligne à quatre voies (entre Paris et Trappes) les fils sont fixés à un portique qui enjambe les quatre voies.
- II. Locomotives et automotrices A. Les locomotives. — Un des grands problèmes qui se posent en traction, et cela que l’on ait affaire à une locomotive à vapeur, à une automotrice à essence, ou à une locomotive électrique, est la transmission du couple produit par le moteur à l’essieu.
- L’essieu est nécessairement lié à la voie et en supporte toutes les réactions qui sont particulièrement violentes. Les tentatives pour lier l’essieu au moteur d’une façon rigide ont toutes échoué ; par suite des chocs subis,
- p.266 - vue 270/439
-
-
-
- 267
- les organes du moteur sont rapidement mis hors d’usage. Il faut que le moteur soit suspendu.
- En traction électrique, la solution qui est à peu près uniformément adoptée pour les locomotives n’atteignant pas de trop fortes vitesses est la « suspension par le nez », dans laquelle une partie du poids du moteur, plus de la moitié, est suspendue. Le principe de cette suspension est le suivant (fig. 7) : la carcasse du moteur comporte deux paliers dans lesquels tourne l’essieu, la liaison entre l’arbre du moteur et l’essieu est faite au moyen d’un engrenage, le moteur comporte un appendice, le nez, qui est fixé élastiquement, par l’intermédiaire d’un ressort à la partie suspendue de la locomotive.
- Le moteur n’étant qu’en partie suspendu, on ne le soustrait de cette façon qu’en partie aux réactions de la voie, et, comme ces réactions sont d’autant plus à craindre que les moteui’s sont plus lourds et la vitesse plus élevée, on n’emploie pas ces dispositifs pour les locomotives équipées avec des moteurs de 4 t par essieu lorsqu’elles doivent dépasser une vitesse de 80 à 90 km à l’heure. Par contre lorsque le moteur ne pèse pas plus de 1,5 à 1 t par essieu, comme c’est le cas dans les automotrices, il est possible d’employer ce montage pour des vitesses atteignant i5o km à l’heure.
- Sur la ligne Paris-Le Mans, on rencontre donc uniformément des moteurs à suspension par le nez pour
- les locomotives des trains omnibus et des trains de marchandises et pour toutes les auto-motrices. Par contre les locomotives de rapides sont conçues différemment:
- Ces dernières locomotives doivent pouvoir atteindre des vitesses de l’ordre de i5o km à l’heure, la puissance du moteur de chaque essieu est de 900 ch environ, on a donc affaire à des moteurs lourds, qu’il convient de placer dans la partie entièrement suspendue de la locomotive. Dans les locomotives à grande vitesse de la ligne du Mans, la liaison entre
- Fig. 7. — Principe de la suspension du moteur par le nez.
- L’essieu de la locomotive porte deux roues d’engrenages Et engrenant chacune avec une roue dentée Eï entraînée par le moteur M. Celui-ci prend appui par deux paliers RRt sur l’essieu et par le nez N sur une butée solidaire du châssis.
- moteur et roue motrice se fait de la façon suivante (système dû à l’ingénieur suisse Büchli) (fig. 8) : deux biellettes B et B' et deux leviers L et V sont articulés ensemble. Les leviers L et U sont mobiles autour d’axes O et O' fixés sur la roue d’engrenage D , ils sont reliés l’un à l’autre par deux secteurs dentés S et S' engrenant ensemble. Les extrémités des biellettes E et E' sont reliées à la roue
- motrice. Dans ces conditions, la liaison roue motrice-roue d’engrenage est assurée de façon à permettre un déplacement relatif de l’une par rapport à l’autre ; suivant l’état de la voie, les déplacements maxima sont de l’ordre de 2 à 3 cm par rapport à la position normale.
- Les locomotives utilisées sur la ligne ne présentent aucune innovation, elles ne diffèrent que par des détails, en particulier l’absence de freinage par récupération, des locomotives éprouvées depuis longtemps sur des réseaux déjà électrifiés. Pour remorquer des trains de faible vitesse, on a fait choix des locomotives type BB du réseau du Midi 0) (fig. 9), pour les trains rapides, le choix s’est porté sur la locomotive 2D2 du réseau d’Orléans (2) (fig. 10). Voici quelques données numériques relatives à ces machines :
- Fig. 8. — Principe du système Büchli. L’arbre du moteur M engrène avec la roue dentée D. La liaison entre cette roue et la roue motrice R est assurée par un système articulé de biellettes et leviers : LB, L'BL
- Longueur totale . .
- Largeur de la caisse . Diamètre des roues motrices . . .
- Poids total ... Rapport d’engreoage Nombre de moteurs Puissance unihoraire Poids par ch Vitesse maxima . Vitesse maxima pos sible ....
- Locomotive B B
- 12 m 87 2 m 91
- j m 4o 80 tonnes 72/22 = 3,273
- 4
- 1760 ch 45 kg g5 km/h
- Locomotive 2D2
- 17 m 78 2 m 98
- 1 m 75 i3o tonnes 141 /61 = 2,31
- 4.:
- 3740 ch 35 kg 120 km/h
- i5o km/h
- La locomotive BB comporte 2 bogies, à 2 essieux moteurs et pas de bogie directeur, la locomotive 2D2
- 1. Constructeur : Société Alsthom.
- 2. Constructeurs : Compagnie Electro-Mécanique en collaboration avec la Compagnie de Five-Lille.
- p.267 - vue 271/439
-
-
-
- 268
- comporte.un châssis avec 4 essieux moteurs et 2 bogies directeurs.
- Dans ces deux locomotives les essieux moteurs sont indépendants et commandés chacun par un moteur individuel. L’équipement électrique de la locomotive est complété par des ventilateurs pour le refroidissement des moteurs, un groupe compresseur pour l'alimentation des freins à air comprimé et une batterie d'accumulateurs ; cette batterie sert à alimenter en basse tension (72 v) les différents circuits de commande des disjoncteurs, contacteurs, etc.
- Les locomotives BB sont prévues pour pouvoir marcher en unités multiples, c’est-à-dire que leur accouplement est possible et qu’alors un seul agent peut commander simultanément les organes des deux locomotives.
- La locomotive 2D2 n’a pas été prévue pour pouvoir être accouplée en traction par unités multiples, sa puissance lui permet en effet de remorquer des trains de 800 t à la vitesse commerciale de 100 km à l’heure.
- Le jour où l’on voudrait faire des trains plus longs, donc comprenant plus de voitures, il faudrait refaire toutes les gares, les quais n 'étant pas assez longs.
- Le passage aux différentes allures se fait à la façon ordinaire au moyen du contrôleur qui permet la marche avec les différents moteurs en série, en série parallèle ou en parallèle. Le contrôleur agit sur des contacteurs alimentés par la baterie d’accumulateurs, ce sont ces contacteurs qui établissent les connexions voulues.
- En dehors des locomotives BB ci-dessus, on utilise également d’autres locomotives d’un type analogue obtenues en modifiant des
- tracteurs électriques prévus autrefois pour remorquer sous 700 v des trains entre Paris et Versailles. Ces locomotives ont une puissance de 900 ch, elles comportent 4 moteurs ; elles peuvent fonctionner aussi bien à 700 v qu’à i.5oo v et elles permettront d’assurer le service aussi bien sur la ligne du Mans que sur les lignes électrifiées de banlieue où la tension de service n’est que de 700 v.
- Le parc de locomotives électriques affectées à la ligne Paris-Le Mans comprend :
- utilisables sous utilisables sous P>2.
- Le chauffage des voitures de voyageurs a dû être examiné spécialement : en traction à vapeur les voitures sont chauffées par une canalisation de vapeur alimentée par la locomotive. Lne partie des voitures du réseau de l’État (ou de la Région Ouest pour employer le nouveau nom officiel) comporte une installation moderne de climatisation qui peut être alimentée indifférenmment à la vapeur ou électriquement ; pour ces voitures il suffisait donc d’amener le courant de i.5oo v de la locomotive à la voiture ; pour les voitures plus anciennes appelées à circuler entre Paris et Le Mans, des radiateurs électriques ont été installés. Ces installations de chauffage absorbent une énergie importante, de l’ordre de i5 à 3o kw par voilure.
- B. Les automotrices. — Alors qu’en matière de locomotives, on s’est borné à utiliser des types de ma-
- Fig. 10. — Locomotive électrique iüï.
- (Locomotive électrique à grande vitesse, 4.S00 ch, loO km/h).
- p.268 - vue 272/439
-
-
-
- 269
- Fig. 11. — Automotrice de grande banlieue.
- Carrosserie en métal inoxydable soudé suivant le procédé Budd.
- chines ayant fait leurs preuves, en automotrices il a fallu faire du nouveau. L’autorail a en effet amené une révolution dans la technique ferroviaire, révolution qui ne s'était pas encore étendue en France à la traction électrique.
- L’automotrice électrique existe depuis les débuts de la traction électrique, un tramway électrique n’est autre chose qu’une automotrice, les voitures des trains électriques de banlieue sont des automotrices qui présentent le grand avantage de pouvoir s’accoupler 1 une à l’autre et d’être conduites par un agent unique. Les automotrices utilisées avaient été prévues jusqu’alors uniquement pour un service de banlieue où les grandes vitesses n’étaient pas envisagées, aussi étaient-ce des voitures munies de moteurs peu puissants, 700 ch pour transporter 3oo voyageurs, alors que les nouvelles automotrices disposent de i.4oo ch pour en transporter a3a.
- Il s'agissait donc de réaliser des automotrices puissantes, susceptibles de grandes accélérations et de grandes vitesses et permettant de l’éaliser les performances des autorails munis de moteurs à combustion interne.
- Sur ce principe, deux types d’automotrices ont été
- envisagés : l’une dite automotrice de ramassage (l), parce quelle est destinée à ramasser les voyageurs des petites gares pour les amener prendre l’express à une gare plus importante, l’aulré dite automotrice de grande banlieue (2), prévue surtout pour la liaison de Paris avec Rambouillet, mais pouvant aussi être utilisée sur des parcours plus importants.
- L’automotrice de ramassage est destinée à transporter i3o voyageurs (78 assis, 5a debout), elle a une puissance de 760 ch et pèse 47 t en charge ; en multipliant à peu près exactement par 1,8, on a les cai’actéristiques de l’autorail de grande banlieue : 282 voyageurs (i32 assis, 100 debout), puissance i.4io ch, poids en charge 82 t (fig. xi) ; elles peuvent atteindre et soutenir une vitesse de i3o km à l’heui’e.
- Ces automotrices peuvent l’une et l’autre fonctionner accouplées à d’autres avec commande par unités multiples, il est ainsi possible de constituer un traixx d'automotrices avec un seul agent de conduite, ce qui n’est pas encore entré dans la l’éalisation pratique avec les autres autorails.
- 1. Constructeur : Société Àlstliom. ., ' . _
- 2. Constructeur : Établissements Caret et Fouclié (application
- des procédés Budd). . .
- p.269 - vue 273/439
-
-
-
- 270
- Il II ! r—% ! ! 1
- d d
- i j i kmmoj 'rt -jU 1 J j LQ_J 1T 1 ^
- Fig. 12. — Schéma de principe du block automatique.
- J, joint isolant ; S, source de courant ; R, relais de voie. 1 n, connexions inductives utilisées dans le cas de block à courant alternatif.
- Alors que l’automotrice de ramassage ne comporte que. 2 bogies à 2 essieux moteurs, l’automotrice de grande banlieue comporte 3 bogies à 2 essieux moteurs. Celte dernière automotrice est composée en réalité de 2 caisses articulées ayant un bogie commun et un dispositif de soufflet permettant de passer d’une caisse dans l’autre.
- Du point de vue électrique, ces deux automotrices sont assez comparables l’une à l’autre. Le poids par ch du moteur de ces automotrices est à peine 80 pour 100 du poids par ch du moteur de la locomotive BB, ces voitures sont à adhérence totale et dans ces conditions chaque moteur ne pesant plus que 1.700 kgr, rien ne s’oppose à les suspendre par le nez et c’est ce qui a été réalisé.
- Du point de vue mécanique, l’automotrice grande banlieue présente des innovations extrêmement intéressantes : la caisse est en acier inoxydable au chrome nickel ayant la composition suivante :
- Chrome.............
- Nickel.............
- Fer................
- Divers (cuivre, man-jmanganôse, car-' boue, etc,)' . . .
- r8 pour 100 8 pour 100 73 pour 100
- 1 pour 100
- Cet acier n'a besoin d’aucune peinture et reste brut îi l’extérieur des voitures. En dehors de son inoxydabi-lité, il a des caractéristiques remarquables : charge de rupture de 60 kgr par mm2, limite élastique de 35 kgr par mm2. Après laminage, ces constantes prennent des valeurs du double environ. Toutes les pièces de la caisse, sauf les tôles des faces, participent à la résistance de l’ensemble et forment ainsi une poutre en treillis métallique. Les différentes pièces sont assemblées par soudure par points.
- Les autorails de grande banlieue ont des marchepieds rabattables au moyen d’une commande à distance par le chef de train dans les gares avec des quais bas. Dans les deux types d’automotrices, la fermeture des portes est commandée par le chef de train et l’automotrice ne peut partir qu’une fois les portes fermées.
- En dehors de ces automotrices, au nombre de 20 pour la grande banlieue, 5 pour le ramassage, on a envisagé la réutilisation de g éléments (1 automotrice et 1 remorque) dits automotrices 1™ série, existant depuis l’avant-guerre, entre Paris-Invalides et Ver-
- sailles R. G. pour les utiliser entre Paris-Montparnasse et Clamart. L’automotrice a 4 moteurs et une puissance de g4o ch, avec sa remorque elle pèse 112 t et peut transporter 334 voyageurs.
- Toutes les locomotives, toutes les automotrices sont munies du dispositif « d’homme mort », c’est-à-dire d’un dispositif tel que si le conducteur du train abandonne ses manettes pendant plus de 10 sec., le train s’arrête, ce qui permet de se prémunir contre les malaises subits qui pourraient terrasser cet agent.
- III. Améliorations réalisées à l’occasion de l’électrification. — L’exécution des travaux d’électrification de la ligne Paris-Le Mans a été l’occasion de réaliser des améliorations, dont certaines, comme le doublage du nombre des voies entre Clamart et Versailles, étaient réclamées dès 1897 par les ingénieurs de l’ancienne Compagnie de l’Ouest, dont d’autres, comme le block automatique, étaient rendues indispensables par les progrès réalisés en la matière.
- A. Quadruplement des voies Paris=Versailles.
- — La gare Montparnasse doit assurer, en dehors d’un service de banlieue intense à certaines heures de la journée, un service de départ vers les bains de mer, qui, à certaines époques de l’année, oblige à faire partir dans un intervalle de temps très court, un nombre considérable de trains. Avec une seule voie dans chaque sens pour assurer le sei’vice de banlieue et le service des grandes lignes, le problème ne se résolvait que par des prodiges d’ingéniosité sur lesquels on ne peut pas toujours compter et on avait déjà été amené à faire partir quelques trains de nuit à destination de la Bretagne de la gare Saint-Lazare. Le doublement des voies doit permettre d’éviter d’avoir recours à de tels artifices, qui rendaient le service délicat, et, par un juste retour, il permettra en outre à la gare Montparnasse de soulager la gare Saint-Lazare dans certains cas et surtout pour l’arrivée des trains transatlantiques ; on envisage en effet d’utiliser dans ce but une excellente ligne à double voie de Mantes à Versailles pour faire arriver certains trains transatlantiques, venant du Havre ou de Cherbourg, non plus à Saint-Lazare, mais à Montparnasse.
- Les travaux de quadruplement des voies Pai’is-Ver-sailles ont été extrêmement importants, il a fallu en particulier modifier des ouvrages d’ai$ comme le via-duc de Meudon, d’une longueur de 142 m, faire des travaux de terrassement considérables, qui ont porté sur plus de 55o.ooo m3, modifier plusieurs gares, et on en a profité pour supprimer 6 passages à niveau.
- B. Remaniement des lignes téléphoniques. —
- Pour éviter les troubles que risquent de produire les courants de traction sur les lignes télégraphiques et téléphoniques, il fut décidé de supprimer les lignes aériennes existantes et de les remplacer par des câbles souterrains, câbles qui renferment non seulement les circuits utilisés par les chemins de fer, mais aussi les circuits des P. T. T. L’un de ces câbles est un câble conçu suivant les modalités types en matière de télé-
- p.270 - vue 274/439
-
-
-
- phonie à grande distance, il est pupinisé et muni de répéteurs à Nogent et à Maintenon.
- Ces câbles téléphoniques et les câbles utilisés pour la signalisation ont été placés dans les emprises de la voie, dans des canalisations d’un type dit « monolithe », souvent utilisé par les P. T. T. pour poser des câbles téléphoniques dans les villes. La réalisation de ce système de canalisation rappelle la plaisanterie bien connue : pour faire un canon, on prend un trou et on met du métal autour. Dans le cas présent, on creuse la tranchée, et, à l’emplacement qu’occuperont les câbles, on place des tuyaux en caoutchouc, gonflés d’air ou d’eau, de façon qu’ils aient un diamètre de 8 cm. On coule le béton dans l’intervalle laissé libre et, lorsque le béton a fait prise, il ne reste plus qu’à vider les tuyaux, à les enlever et à faire passer les câbles dans les cavités ainsi obtenues.
- Une installation téléphonique de sécurité a été prévue le long de la voie : tous les 5oo m environ se trouve un poste téléphonique, qui permet, en cas d’incident, d’appeler un agent de Paris. Ces postes étanches sont placés sous un capot, rappelant assez bien le haume des chevaliers, aussi les agents du réseau les ont-ils baptisés' « Du Guesclin ».
- C. Block automatique. — La signalisation par block automatique à signaux lumineux a été réalisée sur toute la ligne. Rappelons que le principe du block automatique est le suivant : lorsqu’un train est dans un canton, il commande, sans aucune intervention manuelle, la mise à l’arrêt (feu rouge) du signal de ce canton et la mise à l’avertissement (feu jaune) du signal couvrant le canton précédent. Pour cette commande, chaque canton de voie comporte un l’elais, branché en dérivation entre les 2 files de rails, normalement excité en l’absence d’un train. Si un train se présente, ce relais est court-circuité par les essieux du train et retombe ; suivant donc que ce relais est ou non excité, on sait que le canton est libre ou occupé et il est facile d’imaginer un ensemble de combinaisons électriques permettant de commander les signaux, suivant la situation du relais.
- Sur les lignes exploitées à la vapeur, la réalisation du block automatique se fait en plaçant à chaque extrémité du canton un joint isolant dans chaque file de rails et en reliant ces rails à une source de courant continu et au relais (fig. 12). Sur une ligne électrifiée il ne peut plus en être de même : les rails de roulement servent au retour du courant continu, on ne peut donc songer à les interrompre par un joint isolant et d’autre part le courant de signalisation, de l’ordre d’une fraction d’ampère, ne pourrait se distinguer des quelques centaines d’ampères du courant de traction. Aussi dans les lignes électrifiées, emploie-t-on pour le block automatique du courant alternatif. Chaque canton est alimenté séparément en courant alternatif à 5o périodes et, pour empêcher le passage de ce courant alternatif d’un canton à l’autre, on emploie le dispositif suivant : à chaque extrémité du canton, on place un joint isolant qui est shunté par une connexion induc-
- 271 =
- tive, autrement dit par un système électrique de forte inductance qui s’oppose au passage du courant alternatif et laisse passer le courant continu.
- Dans le cas de la ligne Paris-Le Mans, les cantons ont une longueur de i.5oo m en moyenne. L’alimentation en courant alternatif est prévue à la tension de 3.000 v, comme nous l’avons vu plus haut à propos des sous-stations. Le câble 3.000 v triphasé aboutit à chaque canton dans une armoire placée en pleine voie, contenant un transformateur abaisseur à 110 v, les différents relais utilisés pour les commandes des signaux, qui fonctionnent sous 110 v, un transformateur à environ 1 v pour l’alimentation des relais de voie, un transformateur à 7 v. 5 pour l’alimentation des lampes. Nous avons indiqué à propos des sous-stations de quelle façon on obviait à une panne de courant de secteur, ajoutons que le courant de 3.000 v est transmis par 2 feeders. Un certain nombre de dispositifs de sécurité donnent toutes les garanties souhaitables de fonctionnement correct des installations.
- Les signaux sont donnés par des feux lumineux conformes à la nouvelle réglementation, chaque panneau de signalisation ne présente jamais qu’une seule indication.
- IV. Principes de l’exploitation des trains de voyageurs. — L’exploitation voyageurs de la ligne Paris-Le Mans est prévue selon la méthode des zones, déjà employée par le réseau de l’État sur la ligne du Havre depuis quelques années, et qui a donné d’excellents résultats. La ligne est parcourue d’une part par des trains rapides couvrant les 211 km de ligne à la vitesse commerciale de 100 km à l’heui'e et, en dehors de cela, par des trains semi-directs s’aiTêtant aux principales gares de la ligne :
- Versailles, Rambouillet, Maintenon, La Loupe, Nogent-le-Rotrou, La Ferté-Bemard, Connéré.
- La vitesse commei’ciale est de 75 km à l’heure pour l’ensemble du parcours.
- Pour les petites distances, des automotrices rapides, dites automotrices de l'amassage, parcourent les trois zones suivantes :
- Rambouillet-Chartres.
- Chartres-Nogent-le-Rotrou.
- Nogent-le-Rotrou-Le Mans, à la vitesse commerciale de 60 km à l’heure.
- Pour la banlieue de Paris, le même système de zones doit s’appliquer ; ces zones sont :
- Paris-Clamart.
- Clamart-Sèvres.
- Sèvres-Versailles.
- Versailles-Rambouillet.
- Ce service doit être assuré au moyen d’automotrices rapides.
- Ce que nous venons de décrire n’est pas entièrement réalisé, en particulier en ce qui concerne les automotrices, aussi les trains n’ont-ils pas encore la fréquence ni la rapidité prévues, mais ce programme sera entièrement mis à exécution au plus tard pour le service d’été 1938. Robert Dreyfus.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- p.271 - vue 275/439
-
-
-
- MÉTÉOROPATHOLOGIE
- Historique. •— La part des facteurs climatiques dans l’éclosion des diverses maladies est connue depuis l’Antiquité. Hippocrate attirait l’attention du médecin sur la nécessité de situer la maladie par rapport, non seulement aux conditions héréditaires ou alimentaires, mais surtout à la position géographique des lieux (situation, exposition), aux conditions climatiques et météorologiques (saisons, moment de la journée, ensoleillement, lunaison) et à la qualité des eaux alimentaires (Des eaux, airs et lieux, Paris, 1932, édition Javal et Bourdeaux).
- Depuis ces temps éloignés, nous employons certaines expressions et nous diagnostiquons certaines maladies, en nous basant sur les indications fournies par les malades eux-mêmes, concernant le lieu, l’époque, le moment de l’apparition des symptômes divers. On sait que les rhumatismes détectent, pour ainsi dire, l’humidité atmosphérique, que les accès de goutte apparaissent au « chant du coq », que les asthmatiques a voient leurs crises venir », que les personnes atteintes d’angine de poitrine ou d’épilepsie peuvent prédire les orages, etc.
- Mais toutes ces observations séculaires, dont on a tenu compte jusqu’au milieu du siècle passé, ont été négligées depuis que la médecine s’est attachée surtout à étudier les maladies infectieuses, et les microbes avant tout ; l’avènement de la bactériologie a relégué au dernier plan des préoccupations médicales le rôle des influences saisonnières, climatiques, météorologiques et autres, surtout que leurs actions ne s’expliquaient pas clairement et que parmi les facteurs incriminés se sont glissées des conceptions métaphysiques plutôt que physiques (pratiques des astrologues, des sourciers, etc.).
- Il aura fallu attendre les progrès de la physique et la naissance d’une science nouvelle, la physique du globe, pour coordonner l’action de certains facteurs physiques et les ramener à celle des forces physiques simples. Et ainsi est apparue une véritable Météoro-pathologie. Tandis que les physiciens du globe essaient de fixer la composition et les caractères physiques de l’atmosphère terrestre, ses variations selon la saison, le régime des vents, etc., les cliniciens se plongent dans les écrits d’Hippocrate, s’attachent à établir les rapports des diverses conditions météorologiques avec l’éclosion et l’évolution des diverses maladies ; des physiologistes et des biologistes commencent même à noter diverses coïncidences troublantes. Nous sommes déjà en possession d’une riche documentation permettant de codifier cette branche nouvelle de la pathologie, non seulement humaine, mais probablement aussi animale et végétale.
- Cette codification est nécessaire, car, déjà, une tendance déplorable se manifeste : on veut attribuer un rôle prépondérant à la statistique et à l’observation clinique, alors que seules la physique et la physiologie expérimentales sont capables de donner une impulsion heureuse au développement de cet enfant de notre siècle.
- Données expérimentales. — Les influences météorologiques variées ont été groupées d’une façon purement empirique, pour ainsi dire en vrac ; les médecins étudient l’influence des saisons, des vents, de l’altitude, de la température, de la lumière, de l’humidité, de l'électricité, des facteurs cosmiques ou astraux indéterminés. Or, en examinant l’ensemble des données physiques, on se rend compte que plusieurs de ces facteurs sont intimement liés et se conditionnent. 11 nous semble donc préférable d’examiner l’action de l’air et de la lumière dans diverses conditions.
- Ainsi, à la place des actions « saisonnières » (réveil de la Terre), nous trouverons le rôle des variations de l’activité solaire, des courants aéi’iens et océaniques, et il en sera peut-être un jour de même pour les variations physiologiques selon la lunaison (Legendre, Budaï), etc... Nous verrons que l’action des vents peut s’expliquer par les modifications de la température, de l’humidité et surtout du potentiel électrique.
- Atmosphère. — Envisageons non seulement la composition chimique de l’air qui est connue, mais surtout son degré de dispersion, son humidité, sa température, dans leurs rapports avec l’altitude (pression atmosphérique) et avec le régime des vents (potentiel électrique).
- Température. — L’organisme animal possède à l’égard des variations de température de l’air ambiant sec un système régulateur thermique que les physiologistes ont depuis longtemps étudié (Franklip, Chan-geuse, Funk, Richet et autres) ; par ailleurs, l’homme se protège facilement contre le froid excessif,
- Humidité. — Il est plus difficile de se protéger contre l’air humide, surtout lorsqu’il est chaud. En effet, l’évaporation, principale arme de régulation thermique de l’organisme vivant, s’arrête lorsque l’atmosphère est saturée de vapeur d’eau. Théoriquement, nous pouvons nous protéger, soit par la ventilation, soit par l’assèchement de l’air (acide sulfurique, chaux sodée, chlorure d’étain, soude caustique, etc.) ; mais la pratique, surtout pour l’assèchement, se heurte à des difficultés rarement surmontables.
- De plus, l’action de l’humidité excessive se complique de la modification du degré d’ionisation de l’air par la charge négative des fines gouttelettes d eau condensée.
- Potentiel électrique. — Le rôle de ce facteur a été soupçonné dès le début de notre siècle par divers auteurs ; il a été invoqué dans le déclenchement du mal de montagne, mais il s’agissait de simples suppositions. Nous avons eu la bonne fortune de soigner, en 1929, un physicien averti qui a voulu se livrer à des expériences sur lui-même, ce qui nous a permis de dégager le rôle du potentiel électrique dans le déclenchement des crises d’asthme. Depuis cette publication (Société de Thérapeutique, ig3i), de nombreux cli-
- p.272 - vue 276/439
-
-
-
- niciens ont commencé à étudier le rôle de l’électricité atmosphérique dans le déclenchement des divers états pathologiques. Parallèlement, des biologistes et des physiciens ont fait des expériences sur les plantes et sur les animaux pour fixer l’importance de ce facteur dans le développement des êtres vivants. Citons, parmi ces auteurs, Pech, suivi ensuite par Vies, en France, Tchijevski, en Russie, Nehru, aux Indes et bien d’autres. Le degré du potentiel électrique atmosphérique est en connexion étroite avec celui d’ionisation, lui aussi en connexion étroite avec la dispersion des gaz, des liquides et des solides qui se trouvent dans l’atmosphère terrestre.
- Degré d’ionisation. — Les recherches récentes ont démontré que l’atmosphère terrestre n’est pas uniquement composée des molécules des gaz, mais qu’elle contient également des matières solides ou liquides ayant un degré de division plus faible ou plus fort — des ions et des particules. La présence des ions provenant de l’arrachement des électrons négatifs au cours des chocs entre diverses particules dispersées, ou bien sous l’influence des facteurs divers (radio-activité, rayons cosmiques, etc.), explique la conductibilité électrique de l’atmosphère. En outre, cette décomposition des molécules libère des charges positives qui sont fixées par des particules plus grandes, les « gi'os ions » de Langevin ; mais, ces dispersions variées sont animées de mouvements qui atteignent i ,5 cm/sec pour les petits et seulement i/3o.ooo cm/sec pour les gros ions. Ce brassage continuel aboutit à des rencontres fréquentes entre les particules différemment chargées et à leur neutralisation. Les causes de polymérisation moléculaire et d’ionisation agissant d’une façon continuelle (Soleil), une ionisation nouvelle se produit, et ainsi de suite ; ce qui fait que le rapport entre les ions diversement chargés est à peu près équilibré dans des conditions normales, tout en subissant des variations passagères dans des conditions bien déterminées. Ce degré d’ionisation de l’air influe naturellement sur le potentiel électrique de l’atmosphère terrestre et peut même renverser sa polarité. En effet, on a noté des variations de ioo v par mètre vertical jusqu’à S.ooo m avec renversement concomitant de la polarité.
- Les biophysiciens se sont attachés à étudier les effets de cette ionisation atmosphérique et de ce potentiel électrique, en partant des constatations des biologistes relatives à l’action de l’électricité sur les êtres vivants en général (de Saussure, abbé Nollet et autres). On en a conclu que le potentiel électrique et le degré d’ionisation de l’air exercent sur la vie des plantes et des animaux une influence incontestable. Pech dit, avec raison, que l’on a attribué une importance à l’alimentation en oubliant l’aliment respirable, l’air. Mais, d’une façon générale, ces données manquent de précision ; même les résultats purement physiques ne sont qu’une première approximation (en ce qui concerne, par exemple, les variations périodiques, les influences géographiques, hydriques et autres). Il faut attendre
- -...... ................. 273 =r-T
- l’accumulation des données physiques avant de dégager leurs conséquences biologiques et accompagner les expériences biologiques de mesures des constantes physiques dans toute la mesure possible.
- Vent. — Sous l’influence des vents, les conditions météorologiques sont changées. On a signalé, par exemple, que le vent du Midi, en France, augmente la température de i à 3° C. ; la pression n’est pas sensiblement modifiée, l’augmentation d’humidité nocturne est diminuée et surtout le degré d’ionisation atmosphérique et le potentiel électrique sont fortement modifiés. Ces conclusions ont été retrouvées pour d’autres vents que l’on a incriminés, ainsi que nous verrons plus loin, dans l’éclosion de divers états pathologiques : sirocco, fœhn, tramontane, charki, etc. (Rem-linger, Charrier, Simpson, Storm van Leeuwen, Lefrou, Bovy et autres). D’après Lefrou, le vent d’Est, au Sénégal, peut ramener le degré hygrométrique à o°.
- Pression barométrique. — Le séjour sur les montagnes, l’ascension dans l’atmosphère et même les oscillations relativement faibles de pression au niveau de la mer agissent sur l’organisme, peut-être avant tout par les variations du potentiel électrique et du degré d’ionisation de l’atmosphère. Elles sont plus sensibles dans des conditions pathologiques chez des « instables humoraux », ainsi que nous l’avons démontré récemment (Académie des Sciences, septembre ig36). Les physiciens ont observé dans les montagnes l’affaiblissement du potentiel électrique (vers i.5oo m, il n’atteint que le quart de celui de la plaine) et l’augmentation de la conductibilité de l’air, par suite d’accentuation des charges positives.
- Du point de vue physiologique, nous avons démontré avec Marczewski, en 1935, que l’on peut déclencher par simple dépression atmosphérique brusque (correspondant à une altitude de io.ooo m), des chocs anaphylactiques chez des cobayes pi’éalablement sensibilisés. Mais l’ascension dans l’atmosphère, en dehors de la variation barométrique brusque, est combinée à l’action des charges électriques positives ; or, nous avons démontré en 1929 que, seules, les substances colloïdales portant des charges positives peuvent sensibiliser et déclencher le choc anaphylactique expérh mental.
- Tel est l’ensemble des données physiques et biologiques actuelles concernant l’action des facteurs météorologiques. Mais l’air ambiant est tributaire de l’activité du Soleil, des astres, de tout l’ensemble planétaire et sidéral, par l’émission des diverses radiations déversées continuellement sur la Terre.
- Radiations. — Parmi ces radiations, nous avons déjà étudié les rayons infra-rouges, thermiques. L’ensemble des autres comporte les rayons visibles des ultra-violets, les rayons X et les plus durs parmi eux, les rayons cosmiques ; de l’autre côté du spectre visible au delà des rayons infra-rouges, nous avons les ondes électromagnétiques. Cette gamme présente
- p.273 - vue 277/439
-
-
-
- .= 274 ....= ' —::r: :===
- quelques lacunes que les physiciens comblent peu à peu ; mais l’ensemble des données que nous possédons déjà est impressionnant; Résümons-les rapidement, et, avant tout, retraçons l’origine de ces radiations. En dehors des ondes électromagnétiques et des rayons cosmiques, dont la provenance est encore discutée, toute cette gamme provient du Soleil ; elle suit les lluctuations de l’activité solaire. Cette activité présente un rythme périodique régulier, lent, dont la période esl d’environ n ans. Mais, en dehors de ces fluctuations lentes, on enregistre des variations intenses, brusques et courtes. La surface du Soleil est, en effet, en constante agitation, reflet d’un bouleversement profond dans sa masse ; les taches solaires en sont le signe manifeste ; ces taches sont passagères et leur durée ne persiste pas d’habitude au delà de quelques jours et n’excède pas, semble-t-il, un an.
- Au moment où elles passent au méridien solaire, on enregistre de violents orages magnétiques. Les variations undécennales du Soleil se répercutent, semble-t-il, sur la croissance des plantes, sur les niveaux des eaux lacustres, etc. ; mais c’est une affaire de statistique. Au point de vue physique, on ne sait rien de précis sur cette périodicité, par rapport au climat terrestre (influence sur la température, par exemple). Quoi qu’il en soit, il est possible que les oscillations de l’activité du Soleil puissent se répercuter sur les conditions atmosphériques de notre planète ; mais, gardons-nous de conclure, en nous appuyant sur des statistiques, plus ou moins bien faites, que les taches solaires sont en rapport avec le nombre des suicides, la nervosité des parlementaires, les révolutions, les guerres, etc.
- Ceci posé, étudions les effets et les caractères des diverses radiations.
- Rayons cosmiques. — Les recherches physiques sont assez avancées : nous savons que ce sont des radiations extrêmement pénétrantes, traversant facilement plusieurs mètres d’eau, ou même de plomb, et frappant sans discontinuité, verticalement la surface terrestre. Au point de vue biologique, nous ne savons rien de leurs effets.
- Rayons X. — Malgré de nombreuses recherches, nous connaissons mal leur action sur les êtres vivants. On sait seulement qu’ils peuvent détruire facilement les cellules ; les études sur les objets inanimés, en particulier sur les colloïdes, sont très restreintes. Notons que plus ces radiations sont courtes (dures), plus elles sont pénétrantes ; de sorte qu’en allant vers les grandes longueurs d’onde, on trouve les rayons ultra-violets courts, longs, très longs et ensuite les rayons visibles dont le degré de pénétration est finalement nul.
- Les rayons ultraviolets. — Ces radiations sont les mieux étudiées au point de vue physique et biologique. Leurs caractères sont connus ; leurs effets biologiques aussi. Nous étudierons ici uniquement leur présence et leur activité dans l’air ambiant.
- A ce point de vue, il convient, avant tout, de faire justice de certaines opinions courantes, incompx’éhen-sibles chez des physiciens et que l’on trouve pourtant dans les divers manuels de physique médicale.
- En premier lieu, il faut retenir que les rayons ultraviolets sont très facilement absorbables, donc arrêtés sur leur passage par des particules, solides ou liquides. Par conséquent, par un temps brumeux, couvert, dans des climats humides, seuls les rayons de grande longueur d’onde (à partir de 3oo Â) parviennent à la surface terrestre. Le fait est banal pour les habitants des tropiques : durant la saison des pluies, les plaques photographiques exposées sont grises, sans contraste, les bains de soleil ne brunissent pas la peau, etc.
- Au point de vue biologique, on connaît les effets abiotiques des rayons ultra-violets ; leur pouvoir stérilisant envers les micro-organismes et les cellules en général, pouvoir d’autant plus intense que la longueur d’onde est plus courte ; par contre, ces mêmes rayons présentent une importance biogénétique capitale, en transformant certains biocolloïdes en produits doués des proprié lés « vitales ». Nous faisons allusion à la transformation des corps inertes en « vitamines » (ergostérol et vitamine D, etc.). Rappelons aussi la nécessité des rayons ultra-violets dans la synthèse de la chlorophylle, cette autre « vitamine » des plantes. Enfin, on sait que les radiations ultra-violettes peuvent provoquer dans l’organisme animal des états de sensibilisation et, par conséquent, conduire fréquemment à des états de choc (Voir notre Biocolloïdologie, tome IV, fasc. 5, Paris, ig36).
- Lumière. — L’action de la lumière est complexe : elle agit par ses rayons ultra-violets longs et par ses rayons infra-rouges courts ; c’est donc une action chimique et thermique combinées, mais peu accentuées ; l’organisme animal sait facilement s’en défendre, ainsi que nous l’avons déjà dit à propos des effets thermiques.
- Ondes électromagnétiques. — En continuant la route à travers les longueurs d’ondes, après les rayons infra-rouges, on arrive enfin vers les ondes électromagnétiques. Physiquement, on les connaît peu ; leur mécanisme de propagation est encore plein de mystère ; seules les modalités de production et de réception ont été réalisées. Quant à leur action biologique, d’Arsonval, dès le début de ses études, signalait, en dehors du rôle de la chaleur, des effets particuliers que l’on n’a pas encore su isoler. Comme tout effet mystérieux, ces actions se prêtent à la construction de théories variées et aussi à des exploitations peu scientifiques.
- Nous avons rapidement esquissé l’état de nos connaissances sur les divers agents physiques et sur leurs effets biologiques, expérimentalement démontrés. C’est la base à laquelle il faut toujours revenir pour contrôler, aussi bien les conclusions statistiques que les observations cliniques.
- Examinons, à leur tour, les données cliniques les mieux établies.
- p.274 - vue 278/439
-
-
-
- Données cliniques. — L’action pathologique des divers (acteurs physiques a été désignée par un terme •courant : le « coup » ; nous utilisons encore les expressions (( coup d’air », « coup de chaleur », « coup de froid », « coup de soleil », « coup de foudre ». Les anciens cliniciens ont minutieusement décrit tous ces « coups » dont le nom indique la soudaineté d’apparition et aussi la rapidité de disparition, dans les formes graves s’entend ; car, les actions fugaces des divers facteurs envisagés ne sont que des lésions localisées (brûlures, gelures, etc.), tout au plus. Si nous nous donnons la peine d’examiner les symptômes, les lésions et les modifications humorales des divers <( coups », on voit que leurs analogies sont frappantes : hyperthermie accentuée (4i°-42° G.), signes d’insuffisance respiratoire (dyspnée, polypnée), cardiaque (baisse de la pression sanguine) ; les lésions anatomiques que l’on a pu décrire dans quelques cas mortels sont d’une grande banalité : congestion des poumons, du foie et, en général, de tous les organes abdominaux ; le sang est asphyxique, liquide, etc. Or, ce sont les signes d’un arrêt brusque des fonctions respiratoires ; c’est pour cette raison que l’on traite, invariablement, tous les sujets atteints, soit d’un coup de froid, de chaleur, soit d’électricité, comme des asphyxiés par immersion, par strangulation ou par un gaz irrespirable (gaz d’éclairage, oxyde de carbone, etc.). Or, il existe depuis la découverte par Richet et Portier du phénomène de l’anaphylaxie (La Nature, juin 1921), toute une série des états morbides analogues à ceux que nous venons d’analyser. Les divers « coups » sont donc des « états de choc ». Évidemment, il ne s’agit pas d’une simple substitution des termes, d’une querelle de mots ; en assimilant le coup d’air, le coup de chaleur, le coup de soleil, etc., à des états de choc, nous nous orientons vers une conception étiologique particulière et nous expliquons ces états par des troubles humoraux, physiques, colloïdaux de l’équilibre humoral, soit par la floculation (choc floculant), soit par la dissolution des globules rouges (choc lytique) (Voir notre ouvrage Pharmacodynamie des colloïdes, Paris, 1925, Doin, éditeur). Or, on peut expérimentalement reproduire ces états : il suffit que certaines personnes plongent la main dans de l’eau froide pour voir du sang apparaître dans les urines ; les globules rouges sont, dans ces cas, d’une telle fragilité que l’abaissement local de la température suffit pour rompre leur couche périphérique limitante. Dans ce cas, les globules rouges ne peuvent plus assumer leur fonction respiratoire ; il suffit donc que le nombre des globules lysés soit suffisamment grand pour arrêter la fonction respiratoire.
- Ces actions brutales ne s’observent que sur des individus prédisposés, chez des « instables sanguins » ainsi que nous les avons désignés dès 1923. Dans d’autres cas, le pouvoir régulateur de l’organisme est suffisamment intense pour s’opposer à des variations même brusques de la température, de l’humidité ou du potentiel électrique. Nous avons insisté sur ces questions dans deux publications spéciales concernant le « coup
- ...—:..................h..............: 275 =
- de chaleur » (choc actino-thermique) et les crises d’asthme par des variations du degré d’ionisation atmosphérique et d’humidité (Société de Thérapeutique, novembre 1981 et janvier ig36).
- Mais il s’agit là des états de choc divers : actinique, calorique, etc., bien connus et bien observés, permettant la confrontation des symptômes et des lésions ; comparons les résultats plus récents nés depuis la naissance de cette branche étiologique nouvelle : la météoropathologie.
- Prenons le « syndrome de vent du Midi » isolé par Mouriquand : la symptomatologie est identique ; dans les cas graves : « faciès pâle, nez pincé, yeux excavés, lèvres gris-lilas, 4o° C., puis refroidissement et mort en 24-48 h... Si le vent du Nord survient, véritable résurrection ».
- Lesage a décrit le « syndrome orageux », analogue dans ses symptômes à celui du vent du Midi, à quelques nuances près. Le « mal de montagne » a été plus étudié, grâce à l’ascension dans l’atmosphère et même dans la stratosphère ; Beyne observe des troubles cardiaques, des contractures, des crampes, de la céphalée, de la torpeur, des nausées et des vomissements ; tout cela disparaît lorsque la descente commence. Ajoutons les convulsions, constatées par Garseaux ; finalement, rappelons nos recherches, faites avec Marczewski (Académie des Sciences, 1935), sur la production d’un véritable choc anaphylactique chez des cobayes, sensibilisés au préalable. On voit que là encore la signature du choc est manifeste.
- Il nous reste à examiner les manifestations morbides plus mitigées, consécutives, chez des sujets prédisposés, à l’action des variations atmosphériques.
- Ces instables humoraux réagissent, selon le lieu de moindre résistance de leur organisme, par des symptômes variés, tantôt par les manifestations cutanées (eczéma), respiratoires (hémoptysies, dyspnée, crises d’asthme, etc.), cardiaques (crises d’angine de poitrine), articulaires (rhumatisme, goutte), rénales (hématurie, albuminurie), cérébrales (céphalée, excitation allant jusqu’aux convulsions et jusqu’aux crises épileptiformes), etc. De nombreux travaux ont été effectués sur ce sujet, en France et à l’étranger, qui mettent en valeur toutes ces influences et décrivent les symptômes observés^ Malheureusement, la rigueur expeïimenlale, physique, fait souvent défaut à ces descriptions ; au surplus, on ne peut trouver les concordances avec les données des offices météorologiques, parfois fort distants du lieu d’observation clinique.
- Toutes ‘ces constatations fournissent des directives thérapeutiques entièrement nouvelles.
- Orientation thérapeutique. — Il est évident qu’il suffit souvent de découvrir la cause d’un état pathologique pour devenir maître des méthodes curatives. La physique moderne nous offre cette possibilité.
- Au point de vue prophylactique, nous avons à notre disposition une série de moyens permettant de climatiser l’air ambiant, c’est-à-dire de corriger aussi bien la chaleur ou le froid excessifs, le degré d’hygromé-
- p.275 - vue 279/439
-
-
-
- = 276 ................................................
- trie, le potentiel électrique ou le degré d’ionisation.
- La réfrigération électrique, les habitations à doubles parois, le chauffage central, l’évaporation de l’eau, l’ozonisation par les lampes à vapeur de mercure ou par d’autres sources de rayons ultra-violets, par décharges électriques, tous ces moyens sont actuellement utilisables et utilisés, môme à l’échelle industrielle. Nous pouvons corriger le degré d’ionisation électrique de l’air des grandes villes, et surtout des villes industrielles, par lés procédés de dépoussiérage électrique de Cottrell (Voir notre ouvrage État colloïdal et Industrie, Paris, 1925, Béranger, éditeur). Enfin, divers moyens de protection individuelle s’offrent à notre disposition ; ce ne sont pas des moyens empiriques, mais scientifiquement établis, basés sur la connaissance exacte du degré de conductibilité calorifique ou électrique, de perméabilité aux radiations ultra-violettes, de pénétration par les vapeurs d’eau de nos vêtements, etc.
- L’ensemble de ce qui précède montre combien les
- FABRICATION
- Pour le profane, le mot « meule » évoque le plus souvent la meule du rémouleur, section de cylindi’e d’épaisseur et de diamètre variables, tournant autour d’un axe horizontal passé en son centre, et servant à l’affûtage des couteaux, ciseaux, et outils divers. Le grincement familier de cette meule qu’on voit encore quelquefois au coin des rues, mêlé au chant du rémouleur, est une évocation d’un âge révolu où
- Fig. 1. — Stockage des matières premières.
- Les grains d’abrasif sont stockés par variétés et par grosseurs de grains.
- (Ph. Sartony).
- frontières de la médecine actuelle s’élargissent, et combien vastes doivent être aujourd’hui les connaissances du médecin. Faute de ces connaissances, le médecin est dépaysé, se décourage rapidement et se perd au milieu des notions nouvelles. On comprend donc les réactions que de tels états dame peuvent provoquer : les uns récriminent contre ces a nouveautés inconsistantes du siècle » et préconisent le retour, pur et simple, vers la médecine d’àntan, a hippocratique », vers un « néo-hippocratisme », aussi empirique que celui du maître de Cos ; d’autres tombent dans un exclusivisme d’autant plus dangereux qu’il ne s’appuie que rarement sur de fortes connaissances physiques.
- Le rôle des éducateurs des futurs médecins est particulièrement lourd à notre époque : il faut qu’ils arrivent, sans délai, à changer cette opinion enracinée que l’on entend encore, selon laquelle la physique et la chimie sont inutiles aux médecins.
- Dr W. Kopaczewski.
- DES MEULES : .............................—........
- les besoins de l’homme étaient limités et où l’industrie artisanale se pratiquait en plein air.
- Aujourd’hui, grâce à la fabrication des abrasifs artificiels et des progrès scientifiques, la meule est devenue un outil puissant qui, dans les immenses usines modernes, attaque les métaux les plus durs à travailler et les modèle en pièces mécaniques finies de cotes précises. Le silencieux grignotement de la meule a fait surgir des industries nouvelles. Elle a rendu possible le développement de l’automobile et de l’aviation qui transforment le monde.
- DIFFÉRENTES SORTES DE MEULES
- Si la naïve meule du rémouleur est vraisemblablement l’ancêtre de toutes les autres, aujourd’hui les formes et dimensions varient à l’infini selon le travail à effectuer et selon le montage adopté sur les machines utilisatrices.
- Outres les meules plates simples servant à la rectification cylindrique, à l’affûtage des outils à la main, à l’ébarhage, à la rectification intérieure, on trouve des meules de formes variées.
- meules assiettes pour affûtage sur machine automatique d’outils tels que fraises, alésoirs ;
- meules boisseaux pour le surfaçage de petites surfaces planes ;
- meules cylindriques travaillant sur le côté pour le surfaçage de grandes surfaces planes ;
- grandes meules lapidaires collées sur des plateaux pour l’ébarbage et l’affûtage grossiers à la main sur le côté.
- Avec les meules plates minces, il est possible de i’ai-nurer et de tronçonner les pierres les plus dures et les
- p.276 - vue 280/439
-
-
-
- 277
- Fig. 2. — Les grains sont prélevés dans les silos à l’aide d’une tubulure spéciale pour chaque grosseur de grains et chaque catégorie d’abrasif.
- (Ph, Sartony).
- barres d’aciers les plus résistantes, ainsi que de sectionner des forets cassés ou brûlés qu’on veut récupérer.
- Les meules à trou borgne et montées sur lige permettent de meuler dans le creux inaccessible des pièces de fonderie.
- Les segments montés en couronne sur un plateau permettent d’attaquer de grandes surfaces de contact et d’effectuer des surfaçages parfaits.
- Mentionnons enfin les monstrueuses meules de défibreurs pesant 6 t qui servent au défibrage mécanique des troncs d'arbres quelles réduisent en pâte à papier.
- CONSTITUTION DES MEULES
- Le volume d’une meule, quelle quelle soit, comprend toujours les trois éléments suivants :
- les grains d’abrasif qui constituent les particules coupantes ; l'agglomérant, qui sert de véhicule à l’abrasif ; les pores, qui servent à l’évacuation des copeaux.
- Il existe deux grandes classes d’abrasifs : le carbure de silicium (SiC) appelé « abrasif Crys-lolon » dans la nomenclature Norton, obtenu par réduction de la silice par le charbon ;
- l’alumine ou oxyde d’aluminium (A1203) appelé « abrasif alundum » dans la nomenclature Norton, obtenu au four électrique à partir de la bauxite ou hydrate d’alumine colorée par du sesquioxyde de fer.
- L’abrasif alundum régulier contient environ g6 pour ioo d’alumine pure et l’abrasif alundum 38 presque pur et blanc contient environ 99 pour 100 d’alumine pure.
- Ces abrasifs se trouvent également en Afrique du Sud et en Turquie à l’état de minerai (émeri ou corindon) qui ne contiennent guère que 35 à 4o pour 100 d’alumine.
- Il y a trois grandes classes d’agglomérants : les agglomérants vitrifiés produits à partir d’argiles ; les agglomérants organiques (shellac ou gomme laque, résines* synthétiques, caoutchouc) ; les agglomérants silicatés.
- PROCÉDÉS « COULÉ » ET « PRESSÉ »
- Les matières premières entassées dans des silos à l'étage supérieur de l’usine sont déversées à l’étage inférieur au fur et à mesure des besoins dans des chariots-trémies roulant sur des l'ails. Elles sont ensuite réparties dans des proportions déterminées suivant les produits à obtenir, dans des malaxeurs où a lieu le mélange de l’abrasif et de l’agglomérant.
- Aux usines Norton, deux procédés sont employés pour l’agglomération :
- .Fig. 3. — Les meules moulées sont profilées
- avant leur entrée dans le four. (Pli. Sartony).
- p.277 - vue 281/439
-
-
-
- = 278 1 1
- poux' le premier, dit « procédé coulé », le mélange très humide doit avoir approximativement la consistance d’une boue qui est ensuite coulée dans des moules et séchée ;
- pour le procédé « pi-essé », le mélange, beaucoup plus sec que le pi'écédent, est introduit dans des moules circulaires et est ensuite soumis par l’intermédiaire de deux plateaux à une forte pression.
- Le séchage dans les deux cas a lieu au séchoir où passe un courant d’air chaud. Il est suivi du pi’O filage, c’est-à-dire de la mise en forme appi’oximative des meules à des dimensions voisines des cotes finales, après quoi la meule ainsi ébauchée passe au four pour la cuisson.
- CUISSON DES MEULES
- Fig. 5. — Atelier de tournage des petites meules.
- (Ph. Sartony).
- que d’environ 200° pour les autres agglomérants.
- Les fours, du type à alandiers, possèdent de nombreux foyers. Leur température est contrôlée à l’aide de pyromètres, de montres Séger et surtout de couples thermo-électriques. Il est curieux de remarquer que les chauffeui'S exercés, ayant plusieurs années d’expériences, arrivent à apprécier très exactement, d’après la couleur de la flamme, la température du four.
- Chaque cuisson, en y compi’enant le temps nécessité par le déchargement du four, demande de 12 jours à 3 semaines, et est suivie d’une période d’arrêt obligatoire pour réfection. Actuellement, les usines Norton, se lançant résolument dans la voie du pi'Ogrès, construisent un four tunnel ou four continu grâce auquel le chargement, la cuisson, et le refi’oidissement des meules se poursuivront sans arrêt ni perte de temps.
- FINITION, CONTROLE, STOCKAGE
- Les meules sorties du four passent ensuite au tournage pour obtenir leurs cotes définitives. Ce tournage s’effectue au moyen d’outils en aciers spéciaux et peut être suivi d’une rectification à la meule pour obtenir des cotes absolument exactes.
- Le tournage est suivi de l’essai d’équilibrage au cours duquel on s’assui'e que chaque meule tournant autour d’un axe peut conserver indifféremment toutes les positions qu’on lui donne. Si un défaut d’équilibrage est décelé, il est mesuré à l’aide de poids fixés sur la périphérie de la meule et corrigé à l’alésage au moyen d’un apport de plomb.
- On procède ensuite à un essai de survitesse dans une chambre aux parois d’acier pour détruire par cet essai toutes les meules fêlées ou défectueuses. La survitesse
- Celle-ci qui nécessite une température d’environ i.3oo° pour les produits vitrifiés, c’est-à-dii'e aggloméi'és à l’aide d’argile que vitrifie cette haute température, n’est plus
- Fig. 4. — Les meules préparées pour la vitrification, sont enfournées dans un four céramique.
- (Ph. Sartony).
- p.278 - vue 282/439
-
-
-
- FigK 6. — Atelier de contrôle des meules en jin de fabrication.
- (Ph. Sartony).
- imposée peut aller jusqu’à 5o pour ioo au-dessus de la vitesse normale d’utilisation de la meule.
- Ensuite a lieu la graduation ou vérification de la dureté de la meule et de la finesse du grain par comparaison avec des standards. Cette graduation est complétée par un passage au laboratoire où l’on mesure d’autres propriétés physiques.
- Les meules ainsi vérifiées passent au marquage où l’on inscrit sur la meule, à l’encre indélébile, ses spécifications. Enfin un dernier contrôle a lieu concernant les dimensions, tolérances, formes, voilage et gondolage.
- Le stockage qui suit se fait dans deux magasins.
- Dans le premier sont classés les produits entièrement finis et prêts à être expédiés. Les produits non complètement terminés sont emmagasinés dans le second où sont classées les meules qui devront subir encore, suivant la commande des clients, des opérations de mise à dimensions.
- IMPRESSION DES BUVARDS
- Parallèlement à ces travaux a lieu dans une salle spéciale, et à l’aide d’une curieuse machine, l’impression sur buvards épais de forme circulaire des spécifications de chaque meule. On y inscrit également la vitesse d’utilisation recommandée suivant le diamètre et la forme de la meule.
- Pour une meule de rectification cylindrique, de 355 mm de diamètre, on lit par exemple :
- Vitesse recommandée, i.635 tours ;
- Vitesse d’essai, a.455 tours.
- Ces buvards collés de chaque côté de la meule sous les flasques qui les maintiendront ont pour but d’empêcher qu’un grain d’abrasif, par exemple, dépassant légèrement de la surface de la meule, ne produise, au
- 279 ——
- moment du serrage des flasques ou en cours de travail, un éclatement de cette meule.
- Il est d’ailleurs recommandé de ne pas trop serrer les flasques sur la meule.
- CARACTÉRISTIQUES DES MEULES ET NOMENCLATURE NORTON
- Dans la nomenclature Norton qui est universellement employée, les dimensions de la meule sont suivies dun certain nombre de chiffres et de lettres qui sont des symboles désignant successivement la nature de l’abrasif, la grosseur de grains, le grade, la structure, la variété de l’agglomérant.
- La grosseur de grains est exprimée par un chiffre variant de 8 à 6oo qui désigne approximativement le nombre de grains qui bout à bout font i pouce de longueur, c’est-à-dire 25 mm 4. Autrement dit, le grain i2 est sensiblement le plus gros grain qui passe dans un tamis comportant 144 mailles au pouce carré.
- Le grade représenté par une lettre est un indice de la force de cohésion qui lie les grains d’abrasif entre eux dans la meule.
- La structure représentée par un chiffre est un indice du tassement des grains d’abrasif dans une meule de grains et grade déterminés.
- UTILISATION DES MEULES
- Le champ d’utilisation des meules est infini puisqu’il s’applique à toutes les industries. Les champs d’application principaux sont cependant les industries mécaniques et métallurgiques.. '
- Fig. 1. — Etiquetage, bavardage, emballage des meules avant l’expédition.
- - CPh. Sartony).
- p.279 - vue 283/439
-
-
-
- 280
- Fig. 8. — Un coin du stock.
- Sur le chariot, grandes meules d’ébarbage, agglomérant « bakélite ». A droite du chariot, grandes meules cylindriques blanches de surl'açage.
- Fig. 9. — Stockage des meules par catégories avant expédition à la clientèle.
- (Ph. Sartony).
- Les agglomérants vitrifiés permettent d’obtenir les meules les plus homogènes et les plus précises, donnant le meilleur résultat pour rectification et affûtage à condition de ne les employer qu’à une vitesse maximum de 3o m/s qui est la limite généralement admise au point de vue sécurité.
- Avec les agglomérants organiques, au contraire, il est possible d’atteindre en toute sécurité des vitesses beaucoup plus élevées, de l’ordre de 45 à 5o m/s. Avec la bakélite on peut fabriquer des meules minces pour tronçonnage pouvant tourner à la périphérie à une vitesse de 6o à 8o m/s. L’agglomérant Shellac permet la fabrication de meules extra-minces pour tronçonnage et de meules à grains très fins pour obtenir de beaux polis ; il en est de même avec l’agglomérant caoutchouc.
- Fig. 10. — Vue extérieure de la chaufferie et d’une batterie de fours céramiques.
- iTli. Sartony).
- Au point de vue choix des spécifications de meules, ajoutons que les matières dures doivent être travaillées avec des meules tendres et inversement, que le contact étroit pièce-meule exige des meules dures, que pour débiter de grandes quantités de métal, il faut employer des meules à gros grains, que le choix de la dureté des meules est influencé par la rigidité de la machine destinée à l’utilisation, et nous aurons donné un aperçu succinct de l’utilisation des meules qui constitue une véritable technique.
- Dans cet exposé nous avons passé sous silence les services qui constituent le cerveau de l’usine, le bureau des formules qui effectue la préparation complète de la fabrication, le planning qui est un service chargé de coordonner l’avancement normal des commandes tout au long de la fabrication, le laboratoire qui est un organisme de recherches. Mentionnons également l’atelier de préparation des matières premières, l’atelier d’entretien de machines et d’outillage, la sous-station électrique. Cet ensemble constitue une vaste organisation qui manipule la matière première jusqu’au produit fini.
- Bien que l’industrie de la meule soit peu connue, elle est un engrenage particulièrement délicat et vital de la vaste machinerie qui constitue l’industrie moderne. Son pi'odigieux développement, fruit de recherches constantes dans la voie de la précision, a permis le magnifique épanouissement des. grandes industries mécaniques au cours des dernières années.
- Georges Lanorville.
- p.280 - vue 284/439
-
-
-
- = M. CAMILLE GUTTON =
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- On doit à M. Camille Gutton, que l’Académie des Sciences de Paris vient d’élire en remplacement du regretté Paul Janet, de remarquables études théoriques sur les oscillations hertziennes et d’intéressants appareils de radiotélégraphie ou de radiotéléphonie. Digne continuateur des Branly, des Marconi, des Ferrié et autres pionniers de la T. S. F., il dirige aujourd’hui le Laboratoire national de Radio-électricité de Paris où il continue, avec l’aide de dévoués techniciens, son fécond labeur. Nous avons été le visiter dans ce nouvel établissement pourvu d’un outillage scientifique des plus perfectionnés et édifié, au cours des -années 1936-1937 sur le territoire de la commune suburbaine de Bagneux, à environ 2 km de la Porte d’Orléans. Interrompant pour quelques instants son utile besogne, l’éminent électricien nous a fourni de bonne grâce les éléments biographiques ci-dessous auxquels nous nous permettrons d’ajouter certains renseignements complémentaires, que sa modestie jugea sans doute à propos de laisser dans l'ombre !
- Né à Nancy, le 3o août 1872,
- Camille Gutton, après d’excellentes études au lycée de sa ville natale, entra à l’École Normale Supérieure d’où il sortit agrégé de physique en 1896.
- « Peu après, nous dit-il, je commençais au laboratoire de R. Blondlot, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, mes premières recherches sur le champ électro-magnétique au voisinage d’un résonateur de Flertz, recherches qui me conduisirent à m’occuper de la transmission des ondes électro-magnétiques d’un conducteur à un autre. Ce fut l’objet de ma thèse de doctorat que je soutins en 1899. Nommé trois ans plus tard maître de conférences, puis, en 1906, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, j’y continuais mes expériences sur des sujets similaires ou voisins. En particulier, j’ai étudié la propagation le long des fils des trains d'ondes amorties, qui permettent de déterminer des intervalles de temps très courts. J’ai pu appliquer ce procédé soit à comparer la vitesse de la lumière dans l’air et dans un milieu réfringent dispersif comme le sulfure de carbone ou la naphtaline monobromée, soit à la mesure de la durée d’établissement de la biréfringence électrique dans divers liquides. Les valeurs que j’ai trouvées pour la « vitesse de groupe » c’est-à-dire pour la vitesse avec laquelle se propage, le long d’un faisceau lumineux, une perturbation en milieu dispersif, correspondent à celles déduites •de la formule de Lord Rayleigh et de Gouy. D’ailleurs cette <c vitesse de groupe » est très inférieure à la « vitesse de phase » qui égale l’indice de réfraction. »
- Ensuite, ayant été mobilisé depuis le mois d’août 191/1, M. Gutton fut employé dans la télégraphie militaire et s’occupa surtout, durant cette période, des oscillateurs à ondes entretenues. Le général Ferrié, directeur de ce service, le
- chargea d’utiliser les lampes triodes alors nouvelles à la construction de postes émetteurs radiotélégraphiques et il s’acquitta avec grand succès de sa mission. Il réussit à mettre au point divers modèles d’appareils de. ce genre avec lesquels il put établir, pour la première fois, une liaison radiotéléphonique entre un avion et le sol. Ces petits postes à lampes fonctionnaient sur des longueurs d’ondes très variées parfaitement appropriées à leurs diverses destinations. Ils remplacèrent avantageusement les émetteurs à étincelles. Aussi furent-ils adoptés alors, non seulement par l’armée française, mais par nos alliés belges, anglais, italiens et américains. Dès [9x6, leur savant réalisateur parvint même
- à échanger, par ce moyen, des messages téléphoniques
- entre deux avions en vol.
- En observant, d’autre part, les phénomènes qui se produisent au sein des lampes triodes, il en établissait la théorie scientifique. Ce remarquable travail sur le fonctionnement de la lampe triode comme relais amplificateur, comme oscillateur et comme détecteur fut tenu secret jusqu’à la fin des hostilités, mais il permit à notre industrie de fabriquer méthodiquement et en série cet organe indispensable des postes radiotélégraphiques ac-actuels. Son auteur peut donc s’enorgueillir d’avoir facilité la liaison entre tous les rouages des unités combattantes, des états-majors ou des services de l’arrière et partant d’avoir contribué à la victoire de nos armes.
- Lors de l’armistice, Camille Gutton retourna à son laboratoire nancéen afin d’y continuer ses travaux scientifiques, toujours dans le même ordre d’idées. Signalons donc quelques-unes des heureuses trouvailles dues à son génie inventif, une fois la paix signée. Avec son collaborateur Touly, il construisit un oscillateur à ondes très courtes, souvent employé depuis dans les laboratoires, soit sous sa forme primitive, soit sous la disposition symétrique préconisée ultérieurement par M. Mesny. Les expériences qu’il fit ensuite avec son assistant, M. Pierret, par des procédés ana-loguès à ceux de Barkhausen, ont facilité la récente liaison des aérodromes anglais et français à travers le Pas-de-Calais au moyen d’ondes de o m 18 de longueur, tandis qu’entre temps il mit au point une élégante méthode pour isoler chacun des harmoniques le long de circuits oscillants distincts.
- Mais M. Camille Gutton ne se contenta pas de travailler lui-même. Il sut former de nombreux élèves, soit à Nancy, soit au Laboratoire national de radio-électricité, à la tête duquel l’Administration des Postes et Télégraphes le plaça dès 1980. Retenons eh particulier, parmi les travaux qu’il inspira ou auxquels il apporta une précieuse collaboration, ceux de M. Làville sur la propagation des ondes courtes le long des fils, de H. Gutton sur les phénomènes de réso-
- p.281 - vue 285/439
-
-
-
- = 282 ...............................................
- nance que provoque le passage d’une décharge dans les gaz ionisés, de Mlle Chenot sur les décharges en haute fréquence dans des tubes de Crookes' de M. Beauvais sur la réflexion totale des ondes électromagnétiques et de Mlle Mihul sur la perméabilité du fer aux fréquences élevées.
- Enfin, indépendamment des mémoii’es où se trouvent exposées toutes ses recherches originales, M. Gutton a écrit, dans diverses revues scientifiques, de nombreux articles pour exposer ses théories ou décrire les appareils dus à son
- génie inventif. Il a publié, en outre, plusieurs livres appréciés des spécialistes ou même du public instruit, entre autres son traité de Radiotechnique générale (1926), son ouvrage sur La lampe à 3 électrodes, son clair exposé dos Ondes électriques de très courtes longueurs (ig3o), et son excellent petit volume de vulgarisation sur La télégraphie et la téléphonie sans fil dont huit éditions n’ont pas encore épuisé le succès.
- Jacques Boyer.
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du il\ janvier 1938.
- Les parasites atmosphériques. — M. Failletaz a construit un appareil permettant d’enregistrer les parasites atmosphériques en accumulant leur énergie dans un condensateur. Après avoir réussi des enregistrements dans la région désertique de Tamanrasset, loin des brouillages radio-électriques, l’auteur annonce qu’il a réussi également de bons enregistrements à l’Observatoire de Trappes sur diverses longueurs d’ondes et en particulier sur 180 m. Entre le lever et le coucher du soleil les enregistrements ne portent que sur les orages proches. L’activité commence avec le coucher du soleil et donne des courbes qui diffèrent suivant la longueur d’onde. Il est possible de se servir très utilement de ce matériel pour la prévision des orages, l’effet goniométrique étant suffisant pour donner au moins un renseignement qualitatif sur la direction.
- Séance du 3i janvier igSS.
- Temps solaire et temps sidéral. — M. Esclangon recherche quelles sont les conditions de réalisation d’une horloge donnant à la fois le temps sidéral et le temps solaire moyen. Le procédé le plus simple consiste à relier les deux mouvements par un jeu d’engrenages. L’auteur étudie les diverses solutions du problème en cherchant à limiter au minimum l’erreur séculaire. La solution adoptée en 1921 aux Observatoires de Strasbourg et de Paris conduit à une différence de 12,5 sec. par siècle. D’après les nouveaux calculs il est possible de déterminer des rapports d’engrenages, d’une réalisation mécanique possible et donnant une solution ne conduisant plus qu’à une différence théorique de 0,02 sec. par siècle, inférieure à l’exactitude de notre connaissance du rapport des deux temps.
- Pailles, coques et bois. — En dosant le xylose.par hydrolyse, MM. G. Bertrand et Brooks ont noté des teneurs sensiblement plus élevées dans les pailles et coques (plus de 5o pour 100) que dans le bois où elles varient de i4,5 (peuplier) à 34 pour 100 (aulne). Les teneurs en cellulose des pailles sont plus variables que celles des bois mais restent du même ordre de grandeur. Il est donc possible de remplacer dans de nombreux cas et très largement le bois par la paille et inversement. On peut, par exemple, utiliser la paille dans la fabrication du furfurol ou du papier et, inversement, employer les sciures et les copeaux de bois pour former les litières des animaux destinées à être ultérieurement utilisées comme fumier.
- Nouvel anémomètre. — M. Failletaz a construit un anémomètre constitué par une lamelle flexible placée dans le vent. Ses déviations provoquent des variations dans l’interception d’un faisceau lumineux reçu sur une cellule photo-électrique. En plaçant deux appareils à 90° il devient
- facile d’étudier la turbulence en appliquant les courants des deux cellules aux deux paires de plaques d’un oscillographe cathodique et en photographiant le spot. On obtient ainsi une ellipse dont il suffit de mesurer les axes pour obtenir tes valeurs relatives des deux composantes, l’intensité du noircissement donnait, en outre, une indication sur la fréquence des écarts. Si une des paires de plaques çfd réunie à une tension de balayage, on obtient avec un seul appareil un enregistrement instantané de la vitesse du vent.
- L’immunité. — Le sérum antidiphtérique confère au cobaye une immunité instantanée qui dure 3 semaines environ ; l’anatoxine ne produit l’immunité qu’au bout de quelques jours mais elle est durable. On pouvait donc espérer produire une immunité rapide et durable en injectant à faible intervalle le sérum et l’anatoxine. M. Bes-redka montre qu’il n’en est rien. En procédant ainsi, seul le sérum produit l’immunité passive de la durée habituelle ; l’immunité active, provoquée dans les conditions normales par l’anatoxine, ne se produit pas.
- Séance du 7 février 1938.
- Dosage des métaux alcalino=terreux. — Les carbonates de calcium, strontium cl baryum se décomposent dans le vide à 63o°, 84o° et 1200°. M. Wolf applique cette propriété à l’analyse quantitative des mélanges des composés de ces trois métaux, ramenés à l’état de carbonates. Le mélange des carbonates est chauffé très progressivement dans un espace aussi restreint que possible relié à une capacité assez grande. Après avoir établi le vide dans l’appareil au début de l’expérience, la pression du gaz carbonique dégagé ne doit pas dépasser quelques millimètres. On enregistre simultanément les températures du mélange et la pression. Des pressions notées à la fin de chaque palier correspondant à Ja décomposition d’un carbonate, il est facile de déduire la quantité de gaz carbonique dégagée, donc la masse de la base alcalino-terreuse correspondante.
- L’eau de mer. — Mllc Lagrange, MM. Barbet et Tciia-kirian ont, étudié spectroscopiquement les éléments rares de l’eau de mer. Ils ont opéré suivant trois méthodes de concentration préalable : précipitation par divers réactifs, déplacement par le zinc ou concentration en milieu alcalin suivi par la séparation analytique habituelle. Cette dernière méthode est la meilleure ; elle a permis de retrouver tous les éléments reconnus par les autres méthodes, soit : Ag, As, Bi, Cu, Ga, Ge, Mo, Pb, Ti, Va, Zn à l’exception de Ni et W. Elle seule a permis de déceler As et Ga. Ces essais effectués sur de l’eau prélevée à Roscoff n’ont pas montré de traces d’or, alors que celui-ci a été trouvé au large du Sénégal. La teneur de l’eau de mer en or doit donc être très irrégulière ; ceci confirme l’opinion de Ilaber.
- L. Bertrand.
- p.282 - vue 286/439
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1938 (')
- Aucun fait saillant — astronomiquement parlant — ne viendra marquer ce mois de juin. Le 22, le Soleil entrant dans le signe du Cancer, à 2h, ce sera le début de l’été astronomique. Dans le Nord de la France, au moment du solstice d’été, la nuit n’est pas complète.
- A signaler quelques occultations intéressantes d’étoiles par la Lune et la visibilité de la planète Jupiter.
- I. Soleil. — En juin, le Soleil atteindra le point le plus boréal de sa trajectoire sur le ciel. Sa déclinaison variera de + 2n°of le ier à + a3027/ les 21 et 22 juin et redescendra à + 23°i2/ le 3o juin. Durée du jour à Paris : i5h4{)m le ier; i6h7m du 17 au 24 juin; i6h4m le 3o.
- Voici le temps moyen à midi vrai de 3 en 3 jours :
- Date Heure du passage
- Juin 1er iih48nii4s
- — 4 11 48 43
- — 7 h 4g >4
- — 10 11 4g 48
- — i3 11 5o 24
- Date Heure du passage
- Juin 16 Ilh5im 2s
- — 1 p 11 51 41
- — 22 II 52 20
- — 25 r1 52 59
- — 28 11 53 37
- Observations physiques. — Effectuer l’observation quotidienne du Soleil. Voici les données permettant l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Date(oh) p B„ L0
- Juin 4 — i4,°5g 0 — 0*28 223*23
- — g — 12,61 0 — 0,33 107,05
- — 4 — 10,52 0 — °>g3 go, 87
- — !g - 8,37 0 — 1,52 24,68
- — 24 — 6,15 0 — 2,10 3i8,4g
- — 2g — 3,8g 0 — 2,67 252,3l
- Lumière zodiacale. — Elle est invisible ce mois-ci, sous la latitude de la France, en raison de la longueur des jours.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en juin, se produiront comme il suit :
- P. Q. le 5, à 4h32m I D. Q. le 2i. à ih52m
- P. L. le 12, à 23h47m I N. L. le 27, à 2ihioro
- Age de la Lune, le icr juin à oh = 2j,4 ; le 28 juin, à oh = oj,i.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 12 juin, à i8h = — ai0^; le 26 juin, à i8h = + 210of. On remarquera la faible hauteur de la Lune sur l’horizon, vers minuit, du 12 au i4 juin.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i4 juin, à i8h. Parallaxe = 53,5q,/. Distance == 406.196 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 28 juin, à ih. Parallaxe ='6i,22,/. Distance = 357 3g4 km.
- 1. Nous rappelons que toutes les heures données ici ont pour point de départ 0h du Temps Universel (T. U.) et sont comptées de 0h à 24h, à partir de üh (minuit). Correction à faire subir à ces heures pendant la période d’application de Vheure d’été : + lh.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Date
- Étoile
- Magni- Phéno-tude mène
- Heure
- Paris LJccle
- Juin 3 2181 B. D.+ 70 6m,0 Imm. 2ihiom,i 2ih 5m5l
- — 5 87 Lion 5 1 Imm. 21 3q g 21 37 1
- — 7 36i5B.D. — io° 7 4 Imm. 21 4 2 21 4 0
- — 9 42oo B. D. —170 6 8 Imm. 23 4 4 23 6 6
- — 11 ta Ophiuchus 4 6 Imm. 21 28 1 21 36 1
- — i5 5312 B. D. — 190 5 4 Em. o 4o 8 o 44 6
- — 21 22 Poissons 5 8 Em. o 44 g, o, 4g 5
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront tout à fait au début (coefficient maximum : 97 centièmes) puis à la fin, du 26 au 3o (coefficient maximum : 102 et io3 centièmes, le 29 et le 3o). Le mascaret se produira comme suit :
- Date Coefficient Heure probable d’arrivée du mascaret à :
- de la marée Quillebeuf Villequier Caudebec
- Juin 29 — 29 — 3o OOO WWW 8 h 15m 20 41 9 8 8t>52m 2 1 18 g 43 gh im 21 27 g 52
- Fig. 1. — Trajectoire décrite sur le ciel par la planète Uranus au cours de l’année 11)38.
- Les chiffres 1, 2, .. 12, 13, indiquent la position d’Uranus
- le 1er de chaque mois (13, 1er janvier 1939).
- (D’après l’Annuaire astronomique Flammarion).
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, qui a été dressé au moyen des données publiées dans l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements indispensables pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juin.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 22 juin, à 22h, il sera inobservable ce mois-ci.
- Vénus est encore assez bien visible, le soir, dans le crépuscule. Dans une lunelte astronomique, elle présentera, le
- p.283 - vue 287/439
-
-
-
- 284
- ASTRE Date : Juin Lever k Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris
- 6 3b5im 111149111 3S 1gh48m
- Soleil . .] 18 3 48 11 5i 28 19 55
- 3o 3 52 11 54 1 «9 56
- 6 3 4 10 35 18 8
- Mercure . 18 3 22 11 28 *9 35
- 3o 4 24 12 34 20 43
- 6 5 52 i4 2 22 11
- Vénus. 18 6 20 i4 16 22 10
- 3o 6 53 14 27 22 0
- l 6 4 43 12 52 21 1
- Mars . . = 18 4 3i 12 40 20 47
- 3o 4 23 12 27 20 3o
- Jupiter 18 23 i3 4 26 9 35
- Saturne . 18 0 49 7 12 i3 34
- Uranus 3o 0 55 8 ‘7 i5 39
- Neptune . 3o 10 10 16 38 23 6
- Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- 4h55m -(- 22037' 3i' 34"2 Taureau
- 5 45 -j- 23 24 3i 32,0 Taureau
- 6 35 -J- 23 12 3i 3o,8 Gémeaux ]
- 3 38 5 17 -f- 17 36 23 26 6,0 5,2 Taureau ) % Taureau (
- 7 10 + 24 i5 5,2 8 Gémeaux ]
- 7 5 - 24 18 12,2 8 Gémeaux j
- 8 7 9 6 -22 9 - 18 34 12,8 i3,6 Gémeaux ( 83 Lion '
- 5 57 6 32 + ^4 >9 3,6 1 Gémeaux 1
- 4- 24 11 3,6 p Gémeaux (
- 7 6 + 23 35 3,6 8 Gémeaux '
- 22 18 - 11 35 4o,4 a Verseau
- 1 5 + 4i9 i5,4 s Poissons
- 2 57 -f- 16 28 3,4 c Bélier
- 11 20 -j- 5 32 2,4 <7 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Inobservable.
- Le soir après le coucher du Soleil.
- Inobservable.
- Seconde partie de la nuit. Le matin, dans l’aube. Un peu visiblelematin. Un peu visible le soir.
- i5 juin, une phase analogue au dessin n° 6 de la figure i (voir « Bulletin astronomique » du n° 3022).
- Voici la phase de Vénus :
- Fraction Magni-illuminée tude Date du disque stellaire
- Juin 5 0,854 — 3,4
- — io o,84i — 3,4
- — i5 0,826 — 3,4
- Fraction Magni-illuminée tude Date du disque stellaire
- Juin 20 0,812 — 3,4
- — 25 0,798 — 3,4
- — 3o 0,782 — 3,4
- Mars, très près du Soleil, est inobservable.
- Vesta, la petite planète n° 4, pourra être encore recherchée dans les premiers jours de juin (voir la carte spéciale donnée au « Bulletin astronomique n du n° 3o2o, page i55).
- Jupiter devient bien visible à partir de minuit. Il sera stationnaire le 21 juin, à i5h. On pourra observer les phénomènes suivants du système des Satellites :
- 5, I. P. c. 2hnm; I. O. f. 3h9m ; IL 0. c. 3higm. — 6, I. Ern. ih47m. — 7, III. O. c. 3h4«; II. Em. 3hi4m. — 10, IV. E. f. ih3Gm,6. — 11, III. Em.' 2b5m. — 12, I. O. c. 2h46m. — ÏU, I. P. f. oh46ra. — 16, IL P. f. o^g®. — 18, III. E. f. oh4om,7 ; HL Im. 2hi8m. — 20, I. E. c. ih55m,9. — 21, I. P. c. oh2om ; I. O. f. i5i241,v; I. P. f. 2b36m; II. E. c. 2h54m,4. —
- 23, IL P. c. ohi7m; II. 0. f. om43m ; IL P. f. 3h7,n. — 25, III. E. c. ihum,5. — 27, IV. Im. ih47m. —28, I. O. c. ihim; I. P. C. 2h9m ; I. 0. f. 3bi8m. — 29, I. Em. ih45m. — 30, II. O. c. oh27m ; II. P. c. 2h43m; II. 0. f. 3hi9m.
- Saturne devient visible le matin. Voici les éléments de l’anneau pour le 17 juin.
- Grand axe extérieur.......................... 38",45
- Petit axe extérieur..........................— 7">o4
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . —10°,548
- Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau. . — 7°>989
- Élongation de Titan : à l’Ouest, le 19 juin, à 2b,2; à l’Est, le 27 juin, à oh,o.
- Uranus devient un peu visible le matin. On le trouvera en s’aidant de la petite carte ci-dessus (fig. 1). Utiliser une jumelle.
- Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil le 9 juin, à 22h. Il est encore visible le soir, difficilement. Pour
- le trouver, on emploiera la carte du « Bulletin astronomique » du n° 3oi8 et une petite lunette.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 5, à 17k, Neptune enconjonc. Le 19, à 3h, Jupiter —
- Le 22, à 11 h, Vénus —
- Le 22, à 15h, Saturne —-
- Le 24, à il\\ Uranus —
- Le 28, à gti, Mercure —
- Le 28, à 11 h, Mars —
- Le 29, à 8h, Mercure —
- Le 3o, à i4h, Vénus —
- avec la Lune, la Lune, vj Cancer (5“5) la Lune, la Lune, la Lune, la Lune, Mars, la Lune,
- à 6027' N. à 6o34' S. à 0019' N. à 5059' S. à i°i8' S.
- à 5029' N. à 4o53' N. à o<>45' N. à 7013' N.
- Étoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure(T.U.) Temps sidéral f)
- Juin 10 Inférieur 2oh17ffl58s i7hio(n46s
- — 20 — 19 38 5o 17 5o 11
- — 3o — 18 59 43 18 29 37
- — 3o Supérieur 7 1 4o 18 29 37
- Etoiles variables. — Minima d’éclat visibles à l’œil nu
- de (3 Lyre (variable de 3ra,5 à 4m,i en i2j2ih,48m) : 12 juin, vers i4h24m ; le 25 juin, même heure.
- Étoiles filantes. — La nuit, en cette saison, dure peu. Aucun radiant spécial n’est signalé ; mais il n'est pas rare de voir des météores isolés. On les notera sur une carte.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le Ie’ juin, à e3h ou le i5 juin, à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée; le Cocher; Persée.
- A l’Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus ; le Scorpion; la Balance.
- A l’Ouest : Les Gémeaux; le Lion; la Vierge; la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
- 1. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
- p.284 - vue 288/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- Abstracts of papers published in the year 1936.
- Édité par le Department of scientific and industrial research du National physical Laboratory, Londres, 1937. 1 volume in-8°, 63 p.
- Cet opuscule, le premier d’une série qui sera publiée annuellement, renferme le résumé succinct des mémoires publiés par le National Physical Laboratory en 1936. Comme les travaux sont exposés soit dans les Proceedings, soit dans les journaux techniques, de façon à les porter à la connaissance du plus grand nombre d’intéressés, fréquemment il peut se produire qu’une recherche qui concerne plusieurs branches d’industries ne soit ainsi signalée qu’à l’une d’entre _ elles. Grâce à l’opuscule des « Abstracts », les laboratoires industriels et les ingénieurs pourront vérifier qu’aucun mémoire intéressant ne leur a échappé.
- Bases scientifiques de Vastrologie, par A. Boudineau. (tome I. Notions de cosmographie. Érection du thème). 1 vol. 160 p., 23 fig. Chacornac frères, 11, quai Saint-Michel, Paris, 1937.
- On sait que l’astrologie a joué un rôle capital dans le développement de la science astronomique. Elle a encore ses adeptes aujourd’hui ; elle a pour point de départ la connaissance exacte de la position des corps célestes à un instant donné.
- L’initiation astrologique a donc pour hase les éléments fondamentaux de l’astronomie de position et de la chronologie.
- C’est ce que l’auteur appelle les bases scientifiques de l’astrologie ; il en fait un exposé très satisfaisant. Mais on ne trouvera ici aucune tentative de justification des corrélations que l’astrologie prétend établir entre les aspects du ciel et les événements terrestres ou humains.
- La télévision, par M. Chauvi EUE. i vol. 267 p., 244 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix : broché, 78 francs.
- Cet ouvrage, sans faire appel aux mathématiques supérieures, réunit tout ce qu’il faut savoir de la télévision pour étudier avec fruit les récepteurs et les schémas de montage les plus modernes. Le livre débute par un bref exposé de la télévision mécanique, mais la plus grande partie est consacrée à l’étude du tube cathodique, des bases de temps, des récepteurs et des systèmes de synchronisme. Sans aller jusqu’au schéma complet de réalisation, l’auteur a indiqué les ordres de grandeur des valeurs utilisées, car si les schémas sont presque identiques, c’est par les valeurs utilisées que les montages de télévision diffèrent considérablement des montages de radiophonie. Les théories et les solutions sont présentées avec le maximum d’objectivité et d’après les expériences personnelles de l’auteur.
- Pour Je sans=ûliste. Guide de l’amateur de T. S. F., par L.-D. Fourcault et R. Tabard. 1 vol., 255 p., 232 fig., 2e édition. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix : broché, 15 francs. L’ouvrage rappelle brièvement les principes de la radiophonie, résume les caractéristiques essentielles des lampes modernes et indique les principaux montages usuels.
- La réception des ondes courtes, par Edouard Cliquet. 1 vol., 128 p., 104 fig. Librairie de la Radio, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage pratique donne des indications générales sur la réception des émissions à ondes courtes et les montages à amplification directe ou à changement de fréquence. Un chapitre est consacré aux appareils servant au trafic d’amateurs. Une documentation intéressante sur les antennes de réception pour ondes courtes, et des schémas de récepteurs spéciaux terminent l’ouvrage écrit sous une forme claire et accessible.
- Les applications pratiques de fa luminescence,
- par Maurice Déribéré. 1 vol. in-8, 263 p., 25 fig. Dunod, Paris, 1938. Prix : 65 francs.
- Fluorescence, phosphorescence, lumière noire ou ultra-violette sont à la mode, puisqu’on vient d’en éclairer des ballets. Mais elles rendent bien d’autres services en révélant des détails que l’œil ne voit pas. L’auteur, après avoir expliqué leur nature et décrit les lampes qui les produisent, passe en revue toutes leurs applications au contrôle et à l’analyse, de multiples substances : produits chimiques, aliments et boissons, huiles, graisses et cires, matières plastiques et caoutchouc, papiers et encres, colorants, etc. C’est toute une technique qui se développe beaucoup en ce moment et qui intéresse un grand nombre d’industries.
- Pratique actuelle de culture fruitière, par Jean Mas-selin. 1 vol. in-16, 181 p., 26 fig. Hachette, Paris, 1938.
- Comment planter un fruitier selon le climat, le sol, les débouchés possibles, quels arbres choisir, comment les tailler, les soigner, les rajeunir, les défendre contre les maladies et les parasites, puis comment récolter et préparer les fruits pour la vente, voici ce que l’auteur explique pour les principales espèces fruitières.
- Plantes de Madagascar, par Edmond François. 1 vol. in-4, 75 p., 23 pl. Académie Malgache, Tananarive, 1937. Prix : 50 francs.
- Madagascar est une grande île dont la flore, on le sait, se rattache en partie à l’Afrique et en partie à l’Inde et à l’Australie. Cette étude de biogéographie, écrite, sur place, montre la richesse et les caractéristiques des diverses parties de l’île : versant des pluies, plateau central, versant africain, extrémités nord et sud. De magnifiques photographies montrent les plus beaux spécimens de fleurs.
- Annuaire avicole et des petits élevages, par
- Ch. Maillet. 1 vol. in-8, 360 p. Éditions pratiques, 5, avenue de Paris, Tunis, 1937. Prix : 20 francs.
- Précieux aide-mémoire du propriétaire de basse-cour, suivi du répertoire de toutes les adresses utiles des divers pays où l’on s’occupe d’aviculture ou d’apiculture : sociétés, centres d’études, vétérinaires, fournisseurs d’animaux et d’appareils, etc.
- L’innervation de la glande pituitaire (Anatomie et physiologie), par Rémy Collin. 1 vol. in-8, 92 p., 12 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- La partie nerveuse de l’hypophyse, longtemps négligée, a donné lieu en ces derniers temps à une masse de travaux anatomiques sur ses multiples connections et physiologiques sur les réflexes et les régulations qu’elle conditionne. Le professeur de Nancy qui a largement participé à ces recherches en fait le point.
- État des lipides dans la matière vivante, par
- M. Machebqkuf. 1 vol. in-8°, 78 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 18 francs. L’étude, des lipides du sérum normal et pathologique, l’analyse des immunités, conduisent à concevoir les lipides et les autres constituants cellulaires comme liés en des « cénapses », dont les propriétés diffèrent de celles de leurs constituants.
- Mœurs et histoire des Peuls, par Louis Tauxier. 1 vol. in-8, 422 p., 16 pl. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1937. Prix : 75 francs.
- Administrateur des colonies, l’auteur a pu observer ces indigènes. Après avoir réuni ce qu’on sait de leur anthropologie somatique, il aborde la question de leur origine qui a suscité tant d’hypothèses divergentes. Il établit que ce sont des Cha-mites ou Éthiopiens inférieurs venus au Sénégal puis ayant essaimé lentement vers le Tchad. Ils sont devenus pasteurs vachers et après s’être attachés à l’islamisme, ont colonisé ou dominé le pays, non sans se métisser avec les nègres. Il esquisse leur vie sociale actuelle puis fixe l’histoire des Peuls de l’Issa-Ber et du Marina et de ceux de Fouta-Djallon dont il établit une chronologie précise d’après les sources assez nombreuses. Et il iésoud ainsi définitivement un des derniers grands problèmes de l’ethnologie africaine.
- Justice pour la famille ou la France est perdue,
- par P. Haury. 1 broch., 31 p. Alliance nationale contre la dépopulation 1937, Paris, 217, faubourg Saint-Honoré, Prix : 1 franc.
- Dans cette brochure aussi précise qu’émouvante, M. Paul Haury réclame avec force Justice pour la famille ou la France est perduel Tout d’abord, une carte frappante oppose la « dénatalité française aux hautes pressions démographiques de l’axe Rome-Berlin ». Puis, c’est l’étude de la diminution de la vitalité française et de ses perspectives angoissantes. La France peut encore être sauvée à condition que justice soit rendue à la famille dans tous les domaines : économique (allocations familiales) fiscal, moral et politique (vote familial).
- La pose et l’entretien du linoléum à la portée de tous. Collection Les Livres de l’Artisan et du Bricoleur. Éditions E.-H. Lémonon, 27, rue d’Enghien, Paris, 10e. Une plaquette de 32 pages, illustrée de 22 figures. Prix : 4 fr 95.
- p.285 - vue 289/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE DU GLOBE Un nouveau cratère météorique.
- Le Dr Madigan, de l’LIniversité d’Adélaïde en Australie a découvert dans le centre de l’Australie, à 200 milles au nord des fameux cratères de Henbury, un nouveau cratère météorique de 200 m environ de diamètre. Pendant la même expédition, le Dr Madigan a découvert un bloc météorique du poids de 2 à 3 t, mesurant 1 m 5o environ de long sur 55 cm de hauteur et du type sidérolite assez rare.
- CHIMIE
- L'action des produits chimiques sur la combustion des charbons.
- On préconise dans l’industrie, de temps à autre, de traiter les charbons par certains produits chimiques pour augmenter leurs qualités combustibles. On arriverait ainsi à économiser le charbon, éliminer la fumée, les dépôts de suie, supprimer les mâchefers, etc... Le Bureau of Mines des États-Unis vient de publier sur la question les conclusions d’une recherche de deux années qui a porté sur l’examen do 25 produits chimiques différents, employés soit secs, soit humides et aux doses de 10 et 20 kgr par tonne de charbon. Les essais ont montré qu’aucun des produits proposés n’a d’efficacité pratique. Seul le carbonate de soude tend à diminuer la tendance à former des plaques de scories ; son action est sensible pour les charbons naturellement peu collants; pour les charbons très gras, l’amélioration est insignifiante.
- ÉLECTRICITÉ
- Les petites forces hydrauliques en France.
- Depuis la plus haute antiquité, la force de l’eau a été utilisée pour actionner des mécanismes et en France, sur tous les cours d’eau de quelqu'importance, les moulins, les clouteries, les martinets étaient mus soit par (le simples roues à axe horizontal, mues à palettes ou à augets, soit, plus tard, par des roues à axe vertical (rouets, roues à aubes, etc...) qui s’appliquaient commodément aux moulins à blé, soit enfin, depuis 1827 par des turbines genre Fourneyron.
- Dans un rapport à la Conférence mondiale de l’Énergie qui a eu lieu à Washington, M. Maroger a étudié l’influence qu’a eue en France la création de centrales puissantes sur la vie de ces petites installations dont le nombre en 1890 pouvait être estimé à 70.000 environ. Elles sont actuellement en voie de disparition, et leur nombre en 1931 n’est plus que de 4o.ooo environ. C’est qu’en effet, par suite de sa géographie et de son hydrographie, la diffusion de l’énergie électrique en France a pu se faire commodément et pratiquement, aucune des industries qui avant empruntaient leur énergie aux cours d’eau, n’étant très éloignée d’une centrale ou d’une ligne de transport de force, à laquelle il est beaucoup plus simple de faire appel. De plus, la concentration des industries en des usines plus importantes a eu aussi pour conséquences la disparition d’un certain nombre de petites usines hydrauliques aménagées.
- D’après une enquête faite par la Statistique générale de la France, en 1933 il y avait 4.826 usines installées ayant une puissance de moins de i5o k.v.a. ; entre i5i et 1.000 k.v.a. la statistique donne 402 usines soit en tout pour les 90 départements 5.228 usines hydro-électriques
- de moins de 1.000 k.v.a. dont la puissance installée est d’environ 267.000 k.v.a., la puissance normale disponible étant de 186.000 k.v.a. Les usines hydrauliques non électriques, en activité ou en chômage, sont au nombre de 27.445 et leur puissance installée s’élève à 356.000 k.v.a.
- Les chutes de petite importance, inférieure à xo k.v.a. forment 61 pour 100 du total, celles de xi à 5o k.v.a., 32 pour 100, celles de 5i à i5o k.v.a. un peu plus de 4 pour 100, celles de i5i à 1.000 k.v.a., 2 pour 100 et celles au-dessus de 1.000 k.v.a. environ 1 pour 100 du total. Si l’on considère au contraire les puissances installées, on trouve une répartition opposée ; la puissance totale des chutes dépassant 1.000 k.v.a. constitue 79 pour 100. de la puissance totale et celle des chutes de moins de 10 k.v.a., 3 pour 100.
- Un relevé fait en 1906 permet de se l'endre compte du développement rapide des grandes installations, puisqu’à ce moment, au lieu des 79 pour 100 qu’elles représentent actuellement, elles n’intervenaient que pour 32 pour 100 dans la puissance totale. On avait à cette date recensé également 54.935 chutes au total. La diminution en nombre a donc été de 32 pour 100 depuis cette époque.
- M. Maroger pense que cette évolution ne se continuera pas jusqu’à la disparition du dernier moulin, car la transformation en énergie électrique de l’énergie mécanique des cours d’eau permettra de conserver leur autonomie aux industries moyennes, telles que la papeterie, la fabrique de ciment et les moulins.
- Ajoutons enfin que souvent les tarifs de vente pratiqués par les petits secteurs qui ne reçoivent leur énergie qu’en troisième ou quati’ième main pourrait-on dire, et les conditions de prix qu’ils demandent pour l’installation des lignes de transport de force chez l’usager inciteront celui-ci, au point de vue économique, à recourir à la puissance hydraulique des cours d’eau.
- BIOLOGIE
- Elevages de poulets et acariens.
- Les Acariens abondent dans beaucoup de matières alimentaires et ont une fâcheuse pi’opension à les quitter pour choisir la peau de l’homme ou des animaux qui vient en contact avec celles-ci. Le plus commun est probablement Tyroglyphus farinœ qu’on trouve dans la farine, les issues et sur bien d’autres produits ; paille, tabacs, lard, charcuterie, fromages, etc., surtout dès qu’ils présentent un début d’altération. On a maintes fois observé chez l’homme des éruptions et des démangeaisons violentes dues au contact avec cet Acarien. Pendant la dernière guerre, les chevaux de l’armée britannique ont été incommodés par le même apport dans des fourrages. M. Marc André vient de signaler un autre méfait dans le Bulletin de la Société zoologique. Dans un élevage de poulets des Côtes-du-Nord, on a observé le dépérissement de 1.000 poussins causé par les attaques d’animalcules provenant des issues que fournissait une minoterie voisine, dans lesquelles M. André reconnut une proportion massive de Tyroglyphus farinœ mêlés à quelques Gly-cyphagus domesticus. Déjà, dans un autre élevage, 4oo poulets avaient péri de la même façon, les jeunes oiseaux résistant mal aux piqûres multipliées sur la peau et dans le tube digestif. Les issues contaminées se reconnaissent aisément à la masse de poussière grisâtre qui s’étend autour des sacs, sur le sol, et qui est formée d’un mélange d’Acariens et de débris de son. La destruction de telles issues s’impose, ainsi que la désinfection des lieux où on les a entreposées.
- p.286 - vue 290/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- AUTOMOBILISME
- Un pont de Wheatstone à indicateur cathodique.
- Fig. 1. — Indicateur visuel à rayons cathodiques, dit « trèfle cathodique ».
- On construit depuis peu, de petites ampoules à rayons cathodiques servant d’indicateurs de l’églage visuel dans les postes de T. S. F. Le flux cathodique engendré par une cathode à chauffage indirect vient illuminer un secteur,
- ou plusieurs, d’un écran fluorescent, et la largeur des bandes d’illumination varie suivant la tension appliquée sur une électrode auxiliaire ; on a ainsi un moyen de vérifier que le récepteur est accordé pour la réception d une émission de longueur d ’oncle déterminée. Dans le nouveau pont de Wheatstone, la tension du pont est appliquée à un petit tube cathodique de ce genre, connu sous
- Je nom de « trèfle cathodique» (fig. i).
- Alimenté en courant alternatif, sa consommation est de l’ordre de 9 w; la gamme de mesures, 1res large, s’étend de 0,1 ohm à 10 méghoms, et de 1 micro-microfarad à 10 microfarads.
- Le pont n’a qu’une tension très faible, de 2 v environ, appliquée à travers une résistance : on évite
- ainsi leu le brûlure ou cchauffement, même des petites résistances, tandis que l’instrument de mesure 'lui-même esl garanti contre tout court-circuit.
- La tension du ponl est appliquée à une pentode haute
- Fig. 2. —- Le « philoscope », pont de Wheatstone à indicateur cathodique. En haut, bornes de connexion des résistances ou des capacités à mesurer. Au centre, le cadran à lecture directe. En bas, de gauche à droite, indicateur de réglage visuel, combinaleur pour les différentes gamines de mesures, potentiomètre de réglage de la sensibilité.
- fréquence alimentée à travers un appareil de tension anodique à courant soigneusement redressé au moyen d’une lampe duo-diode, et la sortie de la lampe est reliée à la grille de commande de l’indicateur à rayons cathodiques.
- . Grâce à un potentiomètre disposé dans le circuit de sortie, la sensibilité peut être réglée dans de larges limites ; au moment des mesures, il s’agit de vérifier le moment où la tension entre les points de mesure du pont est annulée; sur l’écran de l’indicateur à rayons cathodiques se produit alors une croix verte de largeur minima.
- Philips-Philoscope, 2 cité Paradis, Paris.
- Ventilateur pour automobile.
- Un petit ventilateur électrique, alimenté par le courant d’accumulateur de la voiture et disposé, par exemple, sur le tube de direction permet d’envoyer un courant d’air vers le haut du pare-brise en produisant une ventilation agréable en été, et utile en hiver, car il projette alors de l’air chaud qui empêche le givrage du pare-brise.
- Il tourne à une vitesse normale de 4.000 tours à la minute; il a l’avantage d’être complètement sans danger. Les pales de l’hélice sont, en effet, en caoutchouc très souple, et c’est seulement la force centrifuge qui les maintient en forme. Si l’on met par inadvertance la main sur le ventilateur, les pales s’effacent et le moteur s’arrête.
- L’appareil se monte facilement sur le tube de direction à l’aide de ferrures de montage universelles.
- Établisements S. E. V., 26, rue Guynemer, Issy-les-Moulineaux (Seine).
- Fig. 1. — Le ventilateur sur la direction.
- Dispositif antibuée pour automobile.
- Pour éviter le dépôt de buée sur les pare-brises d’automobiles, un moyen qui vient immédiatement à l’esprit est de porter à une température suffisante la surface que l’on veut maintenir libre de buée. Voici un dispositif pratique pour atteindre ce but.
- Il est composé de deux plaquettes métalliques en métal nickelé écartées de 20 mm, de 25 ou 4o cm de long, et de 20 mm de large.
- Entre les deux plaquettes, se ti'ouve une résistance électrique qui peut être
- ... x 1 1 • Fig. 1. — L’appareil antibuée Appa.
- reliee a la batterie . 11
- d’accumulateurs de
- la voiture, au moyen d’un câble et d’une prise de courant sur le réseau d’éclairage.
- L’appareil se fixe simplement sur le pare-brise, à l’aide de deux ventouses en caoutchouc ; l’air s’échauffe en traversant l’appareil, et lient réchauffer légèrement toute la hauteur du pare-brise, sur une largeur égale à celle de l’appareil.
- Établissements Appa, 17, rue Brunei, Paris (17e).
- p.287 - vue 291/439
-
-
-
- 288 ~ BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu. -
- Institut Électrotechnique de Grenoble et Ragonot à Bellevue. — Vous pouvez prendre comme type de pâte à polycopier la formule suivante préconisée en France par le
- Ministère des Travaux publics.
- Colle forte............................. 100 gr
- Glycérine............................... 500 —
- Sulfate de baryte ou kaolin pulvérisé................................... 25 —
- Eau ordinaire........................... 375 —
- Faire gonfler la colle dans l’eau froide pendant 24 h, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter la glycérine puis la poudre de sulfate de baryte très fine, rendre bien homogène et couler encore chaude la mixture dans des moules plats de dimensions appropriées.
- M. Àimard, à Commercy. — Le moyen le plus pratique pour désodoriser une salle de café, serait de disposer dans la pièce, suivant sa capacité, quelques formolateurs à lampes sans flamme du type lampe Berger (18, rue Duphot à Paris) que vous ferez fonctionner de temps à autre quand l’atmosphère aura besoin d’être purifiée.
- Vous pourrez en outre compléter le traitement en vaporisant le soir, après le départ des consommateurs, quelques pastilles de trioxyméthylène placées dans une coupelle qui sera chauffée doucement avec une petite lampe à alcool, ce qui libérera du formol sous la forme naissante c’est-à-dire la plus active, mais à odeur un peu piquante, pouvant ainsi agir pendant la nuit.
- M. Jacobina, à Guaratinquata. — Le gaz à l’eau est obtenu en faisant passer de la vapeur d’eau- surchauffée sur du charbon incandescent, ce qui donne naissance à un mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène d’après la réaction :
- C + H20 = CO + II2.
- Ce mélange contient forcément l’azote résiduel qui était contenu dans l’air nécessaire pour chauffer le charbon et l’amener à l’état incandescent de sorte que le gaz à l’eau présente d’après Wilz une composition voisine de la suivante :
- Oxyde de carbone. .... 30 pour 100
- Hydrogène................... 20 »
- Azote et acide carbonique. . 50 »
- La moitié seulement du gaz à l’eau est susceptible de produire un effet énergétique, il n’y aurait donc pas opération avantageuse à effectuer le transport d’un produit à si faible rendement.
- A toutes fins utiles, voici cependant des adresses de maisons où vous pourrez vous procurer des bouteilles pour le transport des gaz comprimés :
- Brunon-Valette et Cie à Rive de Gier, Loire ; Montbard-Aul-noy, 6, rue Daru à Paris, 8e ; Poulet, 25, rue Victor-Hugo à Pantin, Seine ; Société Frap, 74, rue Gide à Levallois-Perret, Seine ; Les Trélileries du Havre, 28, rue de Madrid à Paris.
- Mme Guénant, à Paris. — Le trichloréthylène C2HC13 est un liquide incolore, non toxique, incombustible, de densité 1,470, bouillant à 88° C.
- C'est un très bon solvant des matières grasses ainsi que des vaselines, paraffines et cérésines, il est parfois désigné commercialement sous les noms de trieline et de trichlorure d’éthylé.
- Eu égard à son point d’ébullition relativement bas, il serait désavantageux de le chauffer dans les appareils servant au dégraissage des vêtements, car les pertes par évaporation seraient importantes.
- Les récipients employés doivent pouvoir se fermer hermétiquement pendant l’agitation.
- Lorsque le trichloréthylène est modérément souillé après-emploi, on peut le clarifier par simple passage dans un filtre garni de carbonate de soude sec, de sable fin ou terre d’infusoires et de noir animal, ces élément étant séparés par desrondelles de feutre : clarificateurs Drevet, Rendu ou Henri,, mais quand le liquide est très sali, il faut procéder à une dis-tilation par exemple avec l’appareil Thiebault construit parla Maison Dehaitre à Paris (Le Souïaché, Vivaire et Cie,. successeurs).
- M. Frédéric Moreau, à l’Ile-àux-Moines. — Le champignon dit « Pied bleu » ou tricholome nu figure effectivement, dans les espèces comestibles ; il peut se cultiver de la même manière que le champignon de couche sur des composts de fumier de cheval et de calcaire. Vous trouverez une bibliographie abondante sur cette question en vous adressant à la Librairie de la Maison rustique, 26, rue Jacob à Paris, 6e.
- M. Robert, à Alger. — 1° Le liquide spécial destiné à imbiber les cheveux avant chauffage dans l'ondulation permanente peut être réalisé sans grand frais en faisant une dissolution de 80 gr de carbonate de soude anhydre dans 1 1 d’eau.
- La mèche huilée et mouillée de ce liquide est enroulée sur le bigoudi et mise en place dans l’appareil de chauffage soit par l’électricité, soit, ce qui est préférable, par un courant de vapeur d’eau, ce qui évite toute surchauffe et altération du cheveu.
- 2° Vous pourrez également préparer un schampooing très
- économique en prenant :
- Savon de potasse dit savon mou. 50 gr
- Carbonate de potasse............. 25 —
- Alcali volatil. . . . ., . . . 10 cm3
- Eau distillée .................. 4.000 —
- M. L. R. Renaud. — 1° L'emploi de Vacétylène pour l’éclairage et le cha îffage domestique n’est avantageux que dans les localités où il n’y a pas distribution de gaz ou d’électricité, les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir le matériel nécessaire : Ferron, 38 bis, avenue de la République à Paris, 11 ; Beaudoin-Trilles, 11, rue Murger, 19e ; Société française de l’Acétylène, 31, avenue Claude-Vellefaux, 10e ; Société industrielle d’articles d’éclairage, 28, rue de Madrid, 8e.
- Pour tous autres renseignements concernant l’acétylène, consulter la Chambre syndicale de l’Acétylène, 32, boulevard de la Chapelle, 18e. Egalement l’ouvrage « L’acétylène et ses applications », par Dominer, éditeur Tignol, 53 bis, quai des Grands- Augustins.
- 2° Le charbon de bois s’obtient, soit en forêt sur place par le procédé des meules, soit en usine par chauffage du bois en vase clos, ce qui permet de récupérer en même temps l’alcool méthylique et l’acide acétique ; vous en trouverez l’exposé technique dans l’ouvrage « Le Bois » de l’Encyclopédie Billon, édité par Bernard, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Farbos, à Bourges. — L’installation dont vous donnez la description est en réalité une fosse septique qui ne peut fonctionner convenablement que si les liquides qui y sont contenus sont totalement à l’abri de l’air, pour permettre le développement des microbes anaérobies.
- La condition essentielle est donc d’obturer d’une façon complète, les joints des dalles, non avec de la terre glaise, ce qui est insuffisant, mais au ciment, en ayant soin d’aviver-les bords des dalles et de les mouiller avant application,
- Aucune, odeur ne doit être perceptible pendant les fermentations, si le travail préalable, a été bien exécuté.
- M. Dedave, à Auderghem. — Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter in extenso des questions aussi nombreuses et complexes que celles que vous nous; posez, veuillez nous en excuser.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud. — 1-5-1938.
- Published in France.
- p.288 - vue 292/439
-
-
-
- N° 3025
- LA NATURE
- 15 Mai 1938
- TEGHAZA, LA VILLE EN SEL GEMME (SAHARA OCCIDENTAL) b)
- I. — LE SITE
- On trouverait difficilement région plus monotone que la partie moyenne du Sahara occidental : les plateaux mauritaniens ont leurs falaises, entaillées de canyons pittoresques ; archipel de chicots rocheux, le Tiris offre au voyageur le spectacle des ses pitons innombrables et les richesses d’une toponymie exubérante ; l’Erg Ghcch et l’Iguidi, aux dunes géantes, écrasent l’imagination, la Hammada de Tindouf elle-même porte de loin en loin un mimosa, les horizons circulaires, d émesurés, océaniques, du Tanezrouft ou du Lemriyé ont du moins la franchise de s’avouer l’image — très réussie — du néant, mais, ici, quel misérable « paysage )) : dunes médiocres, méchants cailloutis sans grandeur, des argiles lie de vin, des calcaires bleuâtres, des grès incapables de dominer tant soit peu la plaine, aucun relief véritable pour articuler l’uni-forme immensité. Et l’un des coins les mieux desséchés du Sahara, ce qui n’est pas fait pour en animer la désolation.
- Si l’on vient du Sud, de Bir Chahalat, on a ramassé, au pied de l’Erg el Ahmar, les jolis fossiles noirs et
- luisants du Dévonien, puis franchi encore une demi-douzaine de bras d’ergs, pour déboucher enfin sur un petit gradin, constitué tour à tour par le mur d’un filon doléritique et des couches paléozoïques. En contre-bas de l’escarpement, vers le Nord, étincelante de sel, voici la sebkha de Teghaza et puis, tout au fond, en deçà de la haute dune linéaire qui ferme l’horizon, une plage sablonneuse avec des touffes de végétation,
- l. Snr l’ensemble des explorations de M. Théodore Monod, lire Méharêcs, 1 vol. in-10, 301 p. Editions « Je Sers », 107, boulevard Raspail, Paris (6e), 1937 (N. D. L. R.).
- quelques tamaris et, à côté de ceux-ci, le dos d’âne surbaissé qui porte les ruines de l’agglomération principale de Teghaza, dont les coordonnées géographiques sont 23°36' 43,o lat. N. et 4°59/29,2 long. W Gw (Capitaine J. Larroque, février iqo5) et l’altitude environ 2Ôo m.
- La sebkha est de lypc tout à fait classique, jalonnant la base d’une « côte » — au sens géographique du mot —, ici, celle qui marque la limite nord du Dévonien : la dépression, largement ouverte au N.-E., se ferme au S.-W. par la réunion de la dune du Nord et de la
- falaise du Sud, tandis que plusieurs filons volcaniques, en cloisonnant le sous-sol de digues verticales — comme à Taoudeni et à Agueraktem — ne sont peut-être pas étrangers à l’accumulation des dépôts salins.
- C’est au bord de cette sebkha que se trouve la fameuse ville en sel gemme qui a connu, au Moyen-Age, des siècles d’une célébrité dont la géographie arabe, les chroniques soudanaises, les premiers récits des Européens, principalement portugais, et leurs cartes nous ont conservé l’écho.
- Avant de rechercher sur le tei’rain ce qui subsiste de Teghaza, il faut tenter d’en retracer très sommairement l’histoire.
- IL — L’HISTOIRE
- Dans la deuxième moitié du xie siècle, El Bekri signale, au Sahara occidental, une « mine de sel qui est à deux journées de la Grande Solitude » et se nomme Tatental ; on y exploite le sel gemme par blocs « comme on coupe des pierres dans une carrière » pour le transporter « à Sidjilmassa, à Ghana et dans tous les pays des Noirs » : la mine est « dominée par un château dont les murs, les salles, les créneaux et les tourelles sont construits de morceaux de sel ».
- p.289 - vue 293/439
-
-
-
- 290
- A. Teghaza I
- ( Village Nord, agglomération principa le.
- B. Teghaza II (Village Sud
- I à 6 Ruines de tours dans ta Sali ne 7.8 Ruines turriformes dans le site A
- Plan des ançiennes Salines de Teghaza Levé par le L \ Bruge (19351 et complété par l’auteur
- igunKtièrffmusiijna)
- fsur la crête)
- Ancienne
- Sal i ne
- Fig. 2. — La sebkha de Teghaza.
- Il est très possible qu’il s’agisse de Teghaza (J). Les siècles suivants (xne-xme) n’apportent pas de précisions nouvelles.
- Mais avec Ibn Batouta nous possédons enfin le récit d’une visite à Teghaza : l’auteur, qui se rend du Maroc au Soudan (Oualata) a quitté Sidjilmassa « au commencement du mois divin de moharram de l’année 753 de l’hégire », soit dans la deuxième moitié de février i352 ; 25 jours plus tard, donc en mars, il atteint « Taghâza, qui est un bourg sans culture et offrant peu de ressources. Une des. choses curieuses que l’on y remarque, c’est que ses maisons et sa mosquée sont bâties avec des pierres de sel ; leurs toits sont faits avec des peaux de chameaux ». Les dalles de sel gemme, extraites par les esclaves des Messoufites tributaires de l’empire du Mali sont transportées au Soudan ; la nourriture des mineurs vient à la fois du Sud-Marocain (dattes) et du Soudan (mil), fait qui souligne le caractère tout artificiel de l’agglomération et la double influence qui ne cessera, à travers toute l’histoire de Teghaza, de s’y juxtaposer ou de s’y combattre.
- L'exploration européenne devait bientôt, à son tour, accueillir des renseignements concernant Teghaza ; dès la fin du xve siècle les Portugais du château d’Ar-guin connaissent, de nom, Djenné, Tombouctou, Oualata, Teghaza : « A i5 jours de marche de Ouadane, déclare Joao Rodrigues à un imprimeur allemand (ou morave) de Lisbonne (1 2 * *), se trouve une ville nommée Tagazha Ackhalla. Cette ville est entièrement bâtie en sel, c’est-à-dire que les murs, les parois, les portes, les maisons et les toits sont en sel... Dans la ville il n’y a
- 1. Par contre, le récit cTIbn Fatima (xiii6 s.), . comme l’a montré Marquardt, ne concerne pas Teghaza, mais une autre localité, Taghîrâ.
- 2. Voir P. de Cenival et Th. Monod, Description de la Côte
- d’Afrique de Ceuta au Sénégal, par Valentim Fernandes (1506-
- 1507), P.ubl. Com. Et. Hist. Scient. A. 0. F., série A, n° 6, 1938.
- qu’un seul puits d’eau ; il n’y a pas très longtemps on l’avait complètement évacuée, par suite du manque d’eau, parce que le puits était asséché ». L’indication est intéressante : elle prouve à quel point les conditions d’exis-lence étaient précaires à Teghaza, et peut-être le rôle qu’ont pu jouer plus tard, dans l’abandon définitif, d’autres facteurs que ce siège spectaculaire auquel tient tant la légende locale.
- A la fin du xve siècle va s’écrouler l’empire du Mali, auquel succède celui du Songhaï : Teghaza relèvera dès lors des Askias de Gao, jusqu’au jour où les sultans sa'adiens du Maroc interviendront au Sahara occidental et au Soudan, un siècle plus tard.
- Malgré quelques incertitudes de détail, les faits sont connus dans leurs grandes lignes : en voici un schématique résumé.
- Vers 1544, Moi/ammed ecii-Cheikii (i544-1557) réclame Teghaza à l’Askia Ishaq Ier (1539-1549), qui, en guise de réponse, envoie un rezzou touareg piller le haut Dra. Quelques années plus tard, vers 1556-1557, un fonctionaire de l’administration songhaï, le « Teghaza-Mondho » Mohammed Ikoma, est assassiné par un marocain du Tafilelt, peut-être à l’instigation de Mohammed ech-Cheikii ; en même temps une aza-laï. (caravane de sel) est attaquée et des convoyeurs touareg massacrés.
- A la suite de ces incidents, Askia Daoud (i549-i58i [1582]) abandonne temporairement Teghaza et autorise l’ouverture d’une nouvelle saline, Teghaza el Ghozlân, le Teghaza des Gazelles qu’on a cru pouvoir identifier avec Taoudeni, sans que rien d’ailleurs ne permette de l’affirmer.
- Mais le souverain marocain, qui est alors Mouley Ahmed el Mançour edii-Diiehebi, le « sultan doré » (1578-1602) réclame à Askia Daoud, dès son avènement, l’abandon pour un an des revenus de l’exploitation de Teghaza, et lui envoie 10.000 dinars. Ce présent n’eut sans doute pas sur le prince de Gao tout l’effet escompté puisque le sultan marocain envoie en
- Fig. 3. — Teghaza I : base d’une retombée de -plein cintre en sel gemme.
- p.290 - vue 294/439
-
-
-
- 291
- 1584 une nouvelle ambassade, à Askia el IIadj (i58t [x582]-i586) cette fois, pour solliciter, entre autres, la cession de Teghaza.
- Et, décidé à brusquer les choses, il met en route, à destination du Soudan, une petite armée qui ne parvint même pas à Teghaza et dut se replier bientôt sur sa base, après avoir failli périr de soif. Mais un détachement de 200 soldats, plus heureux, occupe Teghaza qu’il trouve déserte : la population s’est enfuie et l’Askia interdit (septembre-octobre i585) toute relation avec la petite garnison ennemie, cramponnée encore à l’inutile possession d’une mine sans mineurs mais qui se voit obligée, rapidement, faute de main-d’œuvre et de transporteurs pour assurer le fonctionnement des salines, de regagner Marrakech.
- Pendant ce temps les Soudanais exploitent une autre scbkha, Tanoudar, d’emplacement inconnu.
- Askia Isiiaq II (1587 [r588]-i5gi) interne à Teghaza, « qui fait partie des états des rois du Son-ghaï et était administi'ée par eux » spécifie le Tarikh es-Soudan, un certain Ould Kirinfel — berbère selon Pelafosse, noir selon l’Anonyme espagnol — qui s’évade, se réfugie à Marrakech et trouve en Mouley Ahmed el Mançour un auditeur attentif de ses doléances, de ses renseignements, de ses conseils.
- La conquête décidée, on adressa au prince songhaï un ultimatum exigeant la cession de
- Fig. 4. — Teghaza (salines) : vestiges architecturaux turriformes en sel gemme.
- — Teghaza I : cintres en sel gemme émergeant du sable.
- r
- Teghaza (x) (décembre 1589-janvier 1590) : Askia Isitaq II répondit en termes violents et injurieux, joignant à sa lettre des javelots et des entraves de fer.
- C’était la guerre. Les événements, dès lors, se précipitent : sous le commandement du fameux pacha Djouder, un corps expéditionnaire, en partie constitué de rénégats chrétiens armés de mousquets, quitte le Maroc vers octobre-novembre i5go, atteint le Niger le ier mars i5gi et, à Tondibi, le i2-i3 mars, écrase les forces songhaï.
- C’est la domination marocaine installée au Soudan : El Mançour, écrivant le 2 juin i5gi aux gens de Fez, célèbre en termes lyriques le succès de son entreprise et sa victoire sur un désert « dans les vastes solitudes duquel s’égare l’oiseau Qata lui-même », où « la terre embrasée fait bouillir le cerveau et fondre le corps », où « le guide lui-même en perd la notion du temps et prend aujourd’hui pour demain ».
- Teghaza passe, bien entendu, au pouvoir des Sa'a-diens ; l’exploitation du sel continue : en 1623 on nous cite un « amîn du sultan chargé de percevoir les taxes de Teghaza » et le Tarikh es-Soudan, qui ne s’arrête qu’en 1655, ne fait aucune allusion à la destruction ou à l’abandon définitif de Teghaza. On ignore donc complètement à quelle date eut lieu celui-ci, peut être à la fin du xvne siècle (2), et ses causes en restent incertaines.
- A Teghaza va succéder Taoudeni dont l’exploitation systématique aurait commencé, d’après Péfontan, sous le chef Kel Arouan Sidi el Ouafi el Mm (iôjô-ij3o) (3). On constate en effet que le nom de Taoudeni apparaît tardivement dans la littérature géographique : il ne figure pas sur la carte d’AiwiLLE (174g) mais on le trouvera déjà, avant la fin du siècle, chez Mungo-Park [Taudeny] et, dès lors, chez tous les auteurs, Adams 1817 [Tudenny], Jackson 1820 [Tau-
- 1. Il est question ailleurs d’une lettre — sans doute la même — concernant des prétentions marocaines sur Teghaza el Ghozlân et avec redevance d’un mitcal d’or par charge de sel pénétrant au Soudan.
- 2. Bonafos, sans citer de sources, spécifie : sous le règne du Sultan alaouite Moulay Ismael (1672-1727).
- 3. Chudeau avait déjà parlé des « dernières années du xvne s. » ou des ce premières du xvnie ».
- p.291 - vue 295/439
-
-
-
- III. — LES RUINES
- 292
- mange, très sommai
- Fig. G. — Teghaza I : croquis sommaire de la portion du village où apparaissent des vestiges de cintres en sel gemme.
- cleny], Rennell 1820-1821 [Tâdeni |, Lyon 1822 [Tau-denny], etc.
- Le premier Européen qui ail. visilé les ruines de Teghaza est René Caillié. : se rendant de Tombouctou au Maroc, il arrive le ier juin. 1828 (( vers deux heures de l’après-midi auprès des puits de Trasas ou Trar-zas », dont l’eau est « salée et détestable ». 11 en repart le surlendemain malin non sans avoir remarqué « de gros blocs de sel, et, à peu de distance de l’endroit où on abreuve les bestiaux, plusieurs maisons en briques faites de celle substance » ; il ajoule que le site pourrait bien avoir été abandonné volontairement par des « habitants découragés par la grande difficulté qu’ils trouvaient à se procurer du fourrage pour leurs animaux et des grains pour eux-mêmes, et encore par le désagrément de boire de l’eau toujours salée ».
- Le second Européen ayant atteint les ruinés et le seul qui en ait esquissé une description est le capitaine Grosdemange : le 18 décembre 1908 il arrive d’Oum el Assel mais, considérant fa sebkha « comme pratiquement infranchissable », il la contourne par l’Ouest pour venir camper ad point A, au pied de la dune septentrionale.
- Pour lui, bien entendu, c’est le « sultan Djodar » qui aurait détruit la ville il y a 3oo ans en faisant brèche dans le mur d enceinte au moyen d’une mine, et fondé Taoudeni : décidément, le légendaire Djouder est, dans la région, la réponse à tous les problèmes historiques, comme ailleurs « les Portugais » ou « les Romains ».
- Depuis 1908, Teghaza a été maintes fois visitée par des détachements militaires ; j’y ai passé moi-même à deux x'eprises, en décembre 1934 et février xg35.
- Nous ne possédons qu’une description des ruines de Teghaza, celle de Grosde-re, pas absolument claire, et d’ailleurs en partie inédite.
- Après avoir reconnu l’emplacement des mines « d’où émergent des amas de barres de sel agglutinées » et d’une « teinte verte caractéristique », l’auleur déclare que (( l’ancienne ville de Tahaje » commence dans l’angle Sud-Ouest où la dune rejoint le plateau, ce qui demeure inexplicable : sans doute entend-il tout simplement la sebkha (et non pas les ruines elles-mêmes). Attribuant à celles-ci une superficie de 5 knr environ, il y distingue deux agglomérations, entièrement construites en « barres de sel liées par le ciment argilo-siliceux qu’emploient toujours les indigènes » de la région.
- (( La plus importante est celle du Sud : elle mesure plus de 3 km dans le sens K.-W. sur une largeur moyenne N.-S. de 1.700 m environ (celle étendue est donc supérieure à celle de Tombouctou). Des amas informes de sel verdâtre cristallisé indiquent seuls remplacement des maisons, dont la place 11e peut cire distinguée. Quelques murs debout sont cependant fort curieux : nous y avons trouvé 2 arcs de plein cinlre avec embrasures dans le piédroit, auxquels il manquait les portions de courbes descendantes correspondant aux piédroits extérieurs; plus loin, et à demi enfoui dans les décombres, nous avons remarqué un arc complet de plein cinlre ; c’est bien de l’art arabe ».
- Et voici la seconde agglomération : « Un peu au Nord, et séparé du village S par un léger dos d’âne rocheux sur lequel se trouve le cimetière, s’étend le village N, qui n’occupe que quelques hectomètres carrés de superficie, mais où la place des fondations est généralement très nette. Les constructions, étaient rectangulaires et généralement accolées, certains murs fichant cependant les uns dans les autres, formant des angles aigus constituant autant d’impasses ; la distribution des appartements, l’emplacement de certains foyers sont généralement bien apparents. Une ou deux ruines massives, semblables à des gour, forment saillie. Sur le sol 011 trouve des débris de poteries vernissées, avec émail rouge et vert dominant, ainsi que des débris de bracelets en terre cuite, recouverts aussi d’arabesques coloriées et émaillées en saillie ».
- Si la « ville Sud » de Grosdemange est bien une ville, où placer les salines P En réalité, il faut, semble-t-il, regarder la « ville Sud », plus vaste que Tombouctou, comme l’emplacement des salines. On n’y voit d’ailleurs aucune trace de maisons, ce que reconnaît lui-même Grosdemange. On peut donc penser que la seule raison ayant pu lui.faire prendre la sebkha pour une ville est l’existence des vestiges architecturaux
- p.292 - vue 296/439
-
-
-
- qu’il signale. Or, ceux-ci ne sont certainement pas des habitations ordinaires mais des édifices plus ou moins turriformes ; 6 sont encore reconnaissables et si l’on remarque qu’ils jalonnent sensiblement le contour de la paiiie exploitée de la sebkha on peut se demander si ces vestiges ne seraient pas ceux de « tours de veille » ou de « corps de garde », ouvrages de surveillance et de protection. Ont-ils été réunis par une enceinte ? Rien, dans l’aspect des lieux, ne permet de l’affirmer.
- Et cependant , Grosdemange a raison, sans le savoir : il y a bien 2 villages à Teghaza, un au INord de la saline, le principal (A), l’autre au Sud, moins important, mais construit de la même façon et fournissant les mêmes débris archéologiques.
- Le village A — Teghaza sensu stricto — est presque partout nivelé au ras du sol : c’est le plan d’un village souligné par le tracé de la base de ses murs. /Deux reliefs de quelques mètres de haut, turriformes, sont peut-être plus des buttes de détritus que de véritables constructions, mais, à proximité, on remarque une série d’arcs émergeant à peine du sable, complets ou réduits à la base de leurs retombées.
- L’enfouissement de ces cintres pose un problème car 011 ne peut admettre un exhaussement important d’un
- :• ..., 293 =
- sol jonché d’objets archéologiques et préhistoriques. S’agirait-il d’éléments souterrains déchaussés, fondations, caves, silos ? Ou doit-on imaginer que, sans invoquer un relèvement général du sol, un édifice construit en contre-bas, dans un creux, ait pu se voir envahi et remblayé par un apport de sable ? Les fouilles méthodiques qui seront entreprises un jour à Teghaza nous éclaireront sur ce point.
- Sur le site de Teghaza les débris archéologiques abondent, céramique, verroteries, métal, pierre et coquillages, tissus.
- i° Céramiques. -— Les innombrables fessons appartiennent d’abord à des faïences marocaines à pâte généralement grise, dure et bien cuite, à surfaces vernissées et décorées de motifs bleus et verts avec, assez fréquent, du mauve, plus rarement du jaune ; le type vert uniforme, plus ordinaire, et plus répandu sur les trajets de l’influence nord-africaine (Tegdaoust, Araouan, Tombouctou, Bir ed Deheb, Bir ould Brini, etc.), est aussi très commun ; enfin il y a des poteries grossières, bourmas ou couscoussiers, et des pipes soudanaises. L’étude des faïences donnera peut-être quelques indications d’âge et de provenance : M. Henri Terrasse a bien voulu, déjà, Ane dire que l’on pouvait considérer les types polychromes comme
- Fig. 1 et 8. — Faïences de Teghaza.
- p.293 - vue 297/439
-
-
-
- 294
- Fig. 9 et 10. — Teghasa : fragments de bracelets de verre.
- du « vieux Fez » et que leur attribution au xvne siècle n’avait rien d’invraisemblable.
- 2° Verroteries. — A côté des perles, très nombreuses, de verre ou de pierre, variées mais généralement de très petite taille, le matériel le plus apparent est constitué par des fragments de bracelets de pâte de verre, tantôt simples et monochromes (bleu, noir, vert), tantôt obtenus par soudure de fils ou de rubans colorés, unis ou torsadés. Les combinaisons sont nombreuses, le corps du bracelet pouvant recevoir : une bandelette et un fil superposés (fig. n, 1-2), trois baguettes (fig. xi, 3-5), quatre fils (fig. 1 x, 7), une bandelette et un fil juxtaposés (fig. 11, 8), deux bandelettes superposées (dont la supérieure n’est pas continue) (fig. 11, 9-10), une bandelette et deux fils (fig. 11, 11), deux bandelettes et un fil (fig. 11, 6), deux baguettes surmontées de place en place d’une gouttelette en relief exactement semblable à certains ornements de sucre sur des pâtisseries (fig. 11, 12).
- Les couleurs sont : des bleus souvent d’une admirable fraîcheur, le noir, plusieurs verts, le jaune, l’orangé, le blanc, le violet foncé.
- Ce type de verroterie polychrome à fils soudés est connu de quelques autres localités sahariennes : Fou-reau en a recueilli i3 fragments dans l’Erg Oriental
- (Doc. scient. Mission Foureau-Lamy, II, 1906, pL XXIII, fig. i48-i5o) et j’en ai 2 débris de Bir ed Deheb (Erg Cliecli).
- La provenance maghrébine de ces objets n’est pas douteuse : ils viennent, au Sahara, du Nord. Mais le lieu de leur fabrication est encore inconnu, et le restera peut-être : il s’agit en effet d’une technique très ancienne (Phénicie, Egypte), et si vivace que le Proche-Orient, m’assure-t-on, verrait encore fabriquer des objets analogues (Le Caire, Hébron). Elle a pu, par ailleurs, se propager aussi dans l’espace et atteindre l’Europe méridionale de très bonne heure, dès lage du fer par exemple. Et qui sait si Venise ne l’a pas utilisée à son tour, pour l’exportation ?
- Une pareille abondance de bracelets — et de bracelets de verre — à Tegliaza attend une explication. Elle est anormale car l’on voit mal ce village, mine de sel et port de transit caravanier, peuplé d’esclaves, de soldats et de chameliers, habité d’assez d’élégantes pour expliquer une telle accumulation d’ornements. Or il s’agit de bijoux si fragiles que l’on parvient difficilement à les imaginer portés par des nomades, ou même des sédentaires sahariens, dans un lieu comme Teghaza.
- La découverte de fragments à courbures anormales
- p.294 - vue 298/439
-
-
-
- Fig. 11. — Schémas illustrant les principales variétés techniques de bracelets.
- ne saurait impliquer, bien entendu, une fabrication locale, ni même une refonte sur place de la pâte. Il faut chercher une autre explication.
- Les débris de bracelets.seraient-ils, non de simples vestiges archéologiques en place, mais ceux d’une marchandise exportée de la Méditerranée vers le Soudan (casse de transport) ? Ou des refus de fabrication (spécimens repliés par exemple) et des brisures de verres polychromes ont-ils été envoyés ainsi au pays des Noirs pour y être refondus par l’industrie locale et transformés en perles ?
- On a pensé que certaines perles bleues de l’Ouest-africain, en usage dès avant l’arrivée des Européens, étaient en verre vénitien, ou, en tous les cas, d’origine méditerranéenne. Est-il absurde de supposer que, de même que les verriers égyptiens modernes font ramasser pour les refondre des débris de verres anciens, des
- : . 295 =====
- artisans soudanais aient importé des pâtes colorées pour les reprendre sur place et en faire des perles ? C’est une simple hypothèse.
- 3° Métal. — Le fer est rare, et je n’ai rencontré qu’une seule fois du plomb (ayant servi à réparer une faïence) ; le seul métal réellement abondant est un cuivre rouge, très profondément oxydé le plus souvent : on en trouve de nombreux débris : plaquettes, feuillets, clous, rivets, pièces doubles ayant servi à consolider des objets de bois (par exemple des calebasses), petits outils en forme de « cuiller » ou de « scalpel » (pointes de traits P),-fragment de bracelet, disque crénelé (poids P), fibule, bague.
- 4° Pierre et coquillages. — Les seuls objets de pierre datant avec certitude de la Teghaza médiévale sont des fragments de meule circulaire, en roches exotiques, et des broyeurs divers. On trouve aussi (les coquilles marines, dont certaines proviennent de l’Océan Indien (x).
- 5° Tissus. On en trouve des débris dans les deux villages. Je dois à l’amabilité de M. R. Pfister les indications suivantes : village sud : natte en lanières
- 1. Voir Th. Monod,- Sur quelques coquilles marines du Sahara et du Soudan in La vie dans les déserts nord-tropicaux de l’Ancien Monde (Soc. de Biogéographie, 1938).
- Fig. 12. — Teghaza : objets en cuivre.
- p.295 - vue 299/439
-
-
-
- r=s 298 .....:.. ..::.- —..........
- de feuilles de palmier (?) ; tissu grossier bleu foncé, torsion droite, coton; tissu quadrillé lâche, bleu et blanc, torsion droite, coton ; tissu serré, blanc rayé bleu, ressemble à un reps ou gobelin, chaîne cachée, trame fine, dans les deux sens forte torsion droite, chaîne fils doubles coton, trame bleue, coton ; reps analogue, tout blanc, coton, torsions droites, chaîne fils doubles ; tissu grossier, dans un sens fils bleus, dans l’autre blancs, dans les deux torsades gauches formées de fils à torsion droite, coton ; tissu très grossier, couleur fauve, laine, natte formée de torsades droites ; tissu couleur fauve, laine grossière (souvent 45 p), dans un sens torsion droite forte (chaîne ?), dans l’autre torsion droite faible ; village Nord : tissu
- serré bleu-vert, torsion droite, colon ; toile de lin,, torsion droite.
- En résumé, et comme on pouvait s’y attendre, desdeux influences qui se sont exercées sur Teghaza
- — Maroc et Soudan, Afrique blanche et Afrique noire-
- — la première l’emporte de beaucoup, dans l’ensem-
- ble. Et non pas tant parce que la localité a cessé dès 1590 d’appartenir à un empire noir, que parce qu’un tel rattachement, non pas même d’un district, mais-d'une saline à un état dont les vraies frontières commencent à 700 km de là, demeurait purement administratif : malgré la gabelle et le gendarme soudanais, le Sahara est foncièrement, et, au moyen-âge, depuis-longtemps déjà, berbère. Théodore Monod.
- = LA STABILITÉ DE ROUTE DES AUTOMOBILES =
- Dans un récent article, nous avons résumé une conférence de M. Rôhr sur les avantages comparés de la traction arrière et de la traction avant. Le sujet, qui passionne les constructeurs d’automobile et également les usagers, est loin d’être épuisé et si, comme dans beaucoup de questions même purement techniques, chacun reste sur ses positions, les arguments exposés et les études entreprises contribueront cependant à une meilleure connaissance des phénomènes et par suite, finalement, à des progrès pratiques intéressants.
- C’est ainsi que M. de Sèze, dans une récente communication à la Société des Ingénieurs de l’automobile, a repris le problème d’une façon très remarquable et, a exposé un certain nombre de considérations qu’il n’est pas inutile d’exposer aux lecteurs de La Nature.
- La question étudiée était la stabilité de route d’une automobile, c’est-à-dire la capacité de résistance de la voiture aux efforts qui tendent à l’écarter du trajet déterminé ciné-matiquemcnt par le roulement sans glissement des roues. Ensuite, lorsqu’un dérapage a commencé sous l’action d’une cause quelconque, de déterminer quelle était la voiture la plus facile à redresser, cellevà traction arrière ou celle à traction avant. -
- Eh général, fait remarquer M. de Sèze, le problème est posé d’une façon incorrecte. On commence par figurer
- Fig. 1. — Efforts agissant sur une voiture à propulsion arrière ou à traction avant suivant que les roues sont droites ou braquées. Dans tous les cas, l’effort moteur, reste tangent fila trajectoire de l’essieu moteur.
- Schéma de la.voiture à propulsion /R. t
- Effort moteur Frottements
- Inertie
- Résistance de (air
- Schéma de la traction Æ roues braquées. Trajectoire du milieu de fessieu avant----------------
- |—‘x. £
- Trajectoire du milieu de l'essieu arrière
- G
- Schéma de la Voiture à, . traction N.
- Schéma delà voiture à tractionA/ roues braquées.
- l’effort tracteur par une flèche, ayant son origine au milieu-de l’essieu tracteur, dirigée dans le sens de la marche, et les-efforts résistants : frottement du train moteur, inertie, résistance de l’air, par des flèches appliquées en divers point s et dirigées vers l’arrière (fig. 1) En représentant les roues avant braquées, les forces retardatrices sont inchangées, l’effort moteur, dans le cas de la traction avant, étant toujours appliqué au milieu de l’essieu avant mais faisant avec l’axe médian de la voiture l’angle de braquage moyen desroues. En regardant les croquis, il semble évident que la, direction de la voiture à traction arrière soit instable, le véhicule étant pris entre des forces croisées, tandis que pour la voiture à traction avant, les forces opposées tendent à la redresser et l’aident à virer.
- #
- *
- *
- En réalité, ce raisonnement est inexact. Pour nous en convaincre, rappelons la définition de la stabilité : une position d’équilibre d’un système mécanique est stable si les forces-qui prennent naissance lorsqu’on déplace le système légèrement dans la direction considérée tendent à le ramener vers la position d’équilibre.
- Les exemples très simples, comme le pendule simple,, portent à croire que l’équilibre est stable dès que les-forces tirent sur la ligne joignant leurs points d’application. En réalité, il existe de nombreux cas d’équilibre-stable dans lesquels les forces en présence sont croisées. M. de Sèze cile par exemple la poupée inversable et le-madrier flottant (fig. 2). Dans la poupée inversable, le culot est une clemi-sphère en plomb. L’équilibre est stable en-tous sens, bien que le centre de gravité G, point d’application du poids, soit au-dessus du point de contact de la sphère et de la table, point d’application de la réaction. De même pour le madrier flottant, bien que la poussée d’Archimède, appliquée au centre de gravité du volume immergé, soit en-dessous du centre de gravité du madrier où se trouve appliqué son poids. Dans tous les navires, le centre de gravité est également toujours au-dessus du centre de poussée de l’eau (le métacentre).
- Enfin, un exemple frappant est fourni par une automobile-dont sont bloquées, soit les roues avant, soit les roues arrière (fig. 3). Si les roues arrière sont bloquées, d’après la-direction des forces appliquées, on est porté à croire que la voilure va continuer à rouler en ligne droite ; or il se produit
- p.296 - vue 300/439
-
-
-
- 297
- un lète à queue immédiat. Au contraire si ce sont les roues -avant qui sont bloquées, bien que les forces d’inertie et de frottement soient croisées, la voiture continue à suivre une route rectiligne et refuse de virer, quel que soit le braquage -des roues avant.
- *
- # #
- Ainsi donc, la conclusion à laquelle nous étions arrivés -est trop hàlive. Il faut examiner le problème de plus près. Considérons d’abord la propulsion arrière.
- Pendant la rotation de la roue, le déplacement d’un point •de la jante est perpendiculaire à l’axe de rotation. Par conséquent, l’effort moteur est aussi perpendiculaire à cet axe et est obligé à demeurer dans le plan de la roue. Il change donc de direction avec le plan de la roue. Grâce au différentiel qui équilibre pratiquement les efforts moteurs des deux roues, ces forces peuvent être remplacées par une force unique de grandeur double assujettie à rester sur la trace du plan de symétrie sur le sol (fig. 4 a). Par raison de symétrie, cet effort moteur résultant n’a pas d’action sur l’orientation de la voiture.
- Supposons maintenant la voiture déviée de sa route et passant de la position i à la position 2 (fig. 4 b). L’effort moteur, dirigé suivant l’axe dans la position x, est encore dirigé selon cet axe dans la position 2. Il a tourné avec la voiture et comme il n’a pas plus d’action sur l’orientation dans une position que dans l’autre, la voiture continue à rouler dans la nouvelle direction. Donc la présence de l’effort moteur à l’arrière n’altère ni n’améliore la stabilité de route.
- Si on considère maintenant la Iraclion avant (fig. 4 c) l’effort moteur est encore simplement assujetti à demeurer sur l’axe médian où il occupe une position indéterminée. Quand la voiture est déviée de 1 à 2, l’effort moteur tourne également avec la voiture et tout se passe comme dans le cas de la traction arrière : c’est la même indifférence.
- *
- # *
- Les raisonnements élémentaires précédents se révélant-ainsi insuffisants, il faut analyser les phénomènes plus profondément en considérant non seulement l’application directe de l’effort moteur mais les conséquences indirectes de sa situation à l’avant ou à l’arrière, les forces extérieures appliquées à la voiture et les réactions d’inertie que le mouvement met en jeu.
- Les forces extérieures appliquées à la voiture sont :
- i° La pesanteur appliquée au centre de gravité et équivalente à deux forces ou charges sur les essieux;
- 20 La résistance de Vair équivalente à une force appliquée en un point A (fig. 5) situé sur l’axe médian de la voiture,
- Poupée inversa ble
- Madrier Flottant sur l’eau
- Fig. 2. — Exemples d’équilibres stables avec forces croisées.
- Voiture dont les
- Voiture dont lesfreins N sont bloqués
- .o )
- __ST
- Marche en
- ligne droite
- Fig. 3. — Action du. bloquage des' roues arrière ou avant sur la stabilité de route.
- vers l’avant. Si la carrosserie a été dessinée de telle sorte que la portance de l’air soit nulle, la poussée de l’air est alors horizontale et appliquée en un point plus élevé que le centre de gravité;
- o° Les réactions verticales du sol qui équilibrent les charges statiques des essieux et les forces verticales complémentaires engendrées par les effets d’inertie et la poussée de l’air;
- 4° Les réactions horizontales du sol qui sont les réactions de frottement, appliquées au niveau du sol et qui, seules, fournissent l’effort de propulsion et maintiennent la voiture sur sa trajectoire ;
- 5° Les forces d’inertie qui interviennent aux changements de direction et que l’on peut, ainsi qu’on le démontre, remplacer par un système constitué par une force appliquée au centre de gravité et par un couple. Dans le cas particulier, la force d’inertie est hoi'izontale, mais elle occupe une direction quelconque, le couple a son axe mobile par rapport à la voiture mais sensiblement vertical. L’axe instantané 0 autour duquel vire la voiture coupe le prolongement de l’essieu arrière au point où convergent les axes des fusées avant (fig. 5) ;
- 6° Enfin les forces d’inertie secondaires qui entrent en jeu lorsque l’angle de braquage n’est plus constant (hypothèse dont la marche en ligne droite n’est qu’un cas particulier : braquage nul, rayon de virage infini) mais varie. Pendant le temps que dure cette variation, le rayon de virage est variable et l’axe instantané se déplace sur le prolongement de l’essieu arrière qui lui-même est mobile par rapport au sol. Ces forces sont fonction de la vitesse de braquage et de In vitesse de la voiture et peuvent atteindre des valeurs considérables. Leur mode d’action est essentiellement différent de celui de la force centrifuge avec laquelle il ne
- Fig. 4. — Action des virages sur l’effort moteur dans les deux modes de propulsion.
- Effort moteur à IW
- Effort moteur à IVR .
- O-----, Direction 2
- Direction /C
- p.297 - vue 301/439
-
-
-
- 298
- faut pas les confondre. Tout d’abord, elles ne dépendent pas du rayon de virage, comme la force centrifuge. A vitesse de progression constante, elles sont seulement fonctions de la vitesse angulaire du braquage ; elles sont fugitives puisqu’elles s’annulent dès que le conducteur cesse de tourner le volant de direction, tandis que la force centrifuge subsiste tant que les roues sont bra-Fig. 3. — Forces extérieures appli- quées. Elles se régnées à la voiture : action du sol tranchent ou s’ajou-
- et force de frottement. tent à la force
- centrifuge selon que
- le conducteur ouvre ou ferme le virage.
- Une grandeur fondamentale qu’il faut considérer avec soin est celle de la réserve d'adhérence des roues sur le sol. Si nous considérons une roue munie d’un pneumatique roulant sous une charge donnée, quand l’effort moteur que détermine sa rotation croît, il arrive un moment où la roue patine. Pour toute valeur inférieure de l’effort moteur, il existe donc ùne réserve d’adhérence dont on pourra, dans le cas d’une voiture, disposer soit pour augmenter l’effort de traction, soit pour combattre le dérapage, mais si toute la réserve est utilisée à augmenter l’el'fort de traction, il n’est plus possible de combattre le dérapage, l’adhérence transversale est nulle; inversement, si toute la réserve est employée pour maîtriser le dérapage, l’effort de traction ne peut plus être accru.
- *
- • *
- En tenant compte de toutes les forces que nous venons d’énumérer, on peut alors calculer la valeur des réactions du sol et des roues, qui est le facteur intéressant pour la stabilité de route. Sans entrer dans le calcul, assez long et pénible bien qu’élémentaire, nous donnerons simplement les principaux résultats auxquels est arrivé M. de Sèze et comme on pourra s’en rendre compte en les comparant avec ceux énoncés par M. Rôhr dans la conférence précitée, ils en sont assez différents.
- Dans la marche en ligne droite les formules montrent
- qu’au moment des accélérations, l’essieu avant est déchargé et l’essieu ar-riè r e surchargé. L’adhérence augmente donc avec l’effort moteur dans la propulsion arrière, tandis qu’elle diminue dans la traction avant.
- La figure 6 montre clairement qu’aussi bien d’ailleurs dans la trac-
- tion avant que la propulsion arrière, le couple croisé, effort moteur-efforts résistants, tend, si l’effort moteur augmente, à asseoir la voiture sur l’essieu arrière. Dans la marche rapide à vitesse constante, la propulsion arrière est encore supérieure, puisque la résistance de l’air à elle seule engendre une surcharge de l’essieu arrière. Aussi la vitesse limite théorique que peut atteindre une voiture sans que les roues motrices patinent est plus élevée avec la propulsion arrière qu’avec la propulsion avant. 11 est bon de remarquer d’ailleurs que sur sol normal on est encore loin d’atteindre cette limite; sur sol gras il n’en est pas de même et l’avantage de la propulsion arrière reste net.
- Considérons maintenant le cas d’un virage à grand rayon, le conducteur ne donnant pas, pendant le virage, de coup de volant brusque.
- Dans la voiture à propulsion arrière, quand l’effort moteur est modéré, l’essieu arrière est stabilisé par la surcharge et l’adhérence transversale est réduite par le fait que l’on a utilisé une certaine partie de la réserve d’adhérence. Mais si cet effort moteur dépasse une certaine valeur, son action est défavorable, en même temps les roues patinent et l’essieu arrière dérape Arers l’extérieur. Il y a donc un effort moteur optimum qui est d’autant plus élevé que la voiture est haute et courte et que l’essieu arrière est plus chargé. Naturellement, dans la pratique, il faut se tenir dans des limites raisonnables.
- Si l’effort moteur est à l’avant, le coefficient de dérapage à l’avant croît doublement parce qu’il y a simultanément diminution de la charge sur l’essieu et réduction de l’adhérence transversale disponible. Un effort moteur, même faible est maintenant toujours défavorable et le coefficient de dérapage plus mauvais que dans le cas de la traction arrière. Si l’effort moteur est trop grand, les roues patinent et en même temps l’essieu cède à la force centrifuge et chasse vers l’extérieur. Cette infériorité est réduite quand la voiture est longue et basse et, toutes choses égales d’ailleurs, elle est d’autant moins sensible que la voiture vire plus vite. Enfin, pour des virages très courts, les formules montrent que la traction avant est alors nettement supérieure à la traction arrière.
- L’automobiliste n’est pas seulement intéressé à avoir une voiture ayant peu de tendance au dérapage, mais également à conduire une voiture qui, lorsqu’un dérapage est amorcé, peut être aisément ramenée en direction normale.
- L’essieu moteur peut déraper soit par suite d’un excès de l’effort de traction, soit simplement sur une trop forte sollicitation transversale.
- En traction arrière, dans le premier cas, il suffit, quand on sent chasser l’arrière, de couper les gaz. Dans le second cas, il faut se servir de la direction et ouvrir le virage aussitôt que possible pour ne pas laisser au tête à queue le temps de s’amplifier.
- Si c’est l’avant qui dérape, il faut supprimer l’effort moteur, afin d’annuler la décharge dynamique sur l’avant et, si la construction de la voiture le permet, serrer les freins arrière seuls.
- En somme, dans la propulsion arrière, l’effort moteur ne peut guère servir de moyen de défense pendant le dérapage.
- La situation n’est pas la même dans la traction avant. Examinons d’abord le dérapage de l’avant moteur.
- S’il est dû à l’excès de l’effort moteur, le conducteur peut faire tourner la réaction de frottement de glissement en braquant ses roues. Quand elles ont commencé à patiner il peut continuer à diriger la voiture et la maintenir sur le virage à condition de braquer d’un angle plus grand que le braquage géométrique. Il compense ainsi l’excès de l’cf-
- ///\-
- Fig. 6. — Action d’une accélération sur la voiture. Le couple de bms de levier h de l’effort moteur et des forces d’inertie et de résistance de l’air tend à charger l’essieu arrière dans tous les cas.
- Effort moteur
- Effort moteur
- propuis. f\R.
- p.298 - vue 302/439
-
-
-
- fort moteur, mais au prix d’une usure exagérée des pneumatiques.
- Cette situation présente un autre inconvénient. En effet, si le conducteur est obligé de couper les gaz en virage, les roues avant retrouvent leur adhérence transversale cl, comme elles sont trop braquées, la voilure engage vers l’intérieur et amorce Un tête à queue qu’il faut immédiatement l’edresser. Théoriquement on peut prendre en traction avant un virage à une vitesse supérieure à la vitesse limite du virage libre à condition de braquer plus fortement les roues avant et de les faire patiner.
- Quant au dérapage de l’essieu arrière, la traction avant a encore un avantage sur la propulsion arrière, puisque l’on peut, en accélérant, se servir de l’effort moteur pour provoquer une surcharge dynamique sur l’essieu arrière.
- *
- * *
- M. de Sèze résume ainsi les résultats de son étude :
- « Tout d’abord, la vieille et honnête propulsion arrière doit être entièrement exonérée des accusations d’imprécision et d’instabilité dont on l’a accablée.
- « Et, inversement, il faut reconnaître que la traction avant
- : :.....299 ==
- n'est pas douée du pouvoir magique qu’un examen trop hâtif de la question lui fait attribuer.
- « Il me paraît logique de laisser à l’arrière l’essieu moteur, puisque l’adhérence de l’arrière augmente aussi bien pendant les reprises qu’en côte, et aussi quand la charge utile, centrée en général sur l’arrière, est accrue.
- <( On peut dire qu’en propulsion arrière, on trouve un supplément d’adhérence quand on en a besoin, tandis qu’en traction avant on le perd. Pour atténuer la différence, on est amené, en traction avant., à charger plus fortement l’essieu avant.
- « Est-ce à dire que les inconvénients de la traction avant sont graves et insurmontables ? Ce serait outrer ma pensée et une telle conclusion serait démentie par l’expérience la plus courante. J’ai essayé des voitures à traction avant, dont la tenue de route était très bonne. A dire vrai, cette tenue de route ne m’a pas semblé altérée lorsque le moteur était débrayé ou lorsque les gaz étaient coupés, et il m’a paru que ces voitures devaient leurs qualités à des caractéristiques qui ne découlaient pas directement de leur mode de propulsion. 11 est en effet bien d’autres facteurs, qui restent trop dans l’ombre, et qui ont une répercussion notable sur la stabilité de route d’un véhicule m.
- H. Vigneron.
- DOSAGE FACILE DE L’OXYGÈNE DANS LES ATMOSPHÈRES
- Les méthodes de dosage de l’oxygène dans un mélange gazeux se classaient jusqu’à présent en deux catégories : les unes reposent sur la qualité de l’oxygène d’être un comburant, les autres sont nées de la propriété qu’ont certains corps de l’absorber, sans préjuger d’ailleurs des réactions chimiques accessoires qui suivent cette absorption.
- Le procédé utilisant la combustion consiste essentiellement à brûler de l’hydrogène avec la totalité de l’oxygène contenu dans un certain volume du mélange à étudier. L’eau formée est recueillie à la sortie du tube de combustion, suivant les méthodes ordinaires, et pesée. On en déduit la quantité initiale d’oxygène.
- L’utilisation de l’eudiomètre se rapproche de celle première méthode. Elle consiste à provoquer la combinaison hydrogène-oxygène par l’étincelle électrique, dans une éprouvette graduée. Deux volumes d’hydrogène disparaissent pour un volume d’oxygène ; la contraction de volume permet de connaître la quantité du gaz dosé.
- Les absorbants de l’oxygène sont assez nombreux ; les plus utilisés sont le pyrogallate de potasse, le chlorure cuivreux ammoniacal, l’hydrosulfite de soude en solution alcaline, le phosphore, etc... On met en contact le gaz à analyser et le réactif absorbant, on agite par un procédé quelconque et, après un certain temps, une simple lecture donne la quantité d’oxygène fixé, par différence de volume.
- Mais la manipulation des gaz n’est pas chose aisée en analyse quantitative. Pour rendre utilisables les
- réactions d’absorption plusieurs dispositifs furent inventés.
- L’appareil d’Orsat vit le jour en 1875 ; il était destiné à analyser les gaz des hauts fourneaux ; son emploi s’est assez généralisé. Un tube mesureur peut être mis en communication avec divers flacons contenant les solutions absorbantes ; un dispositif permet de faire passer le gaz prélevé de l’un à l’autre absorbeur et de mesurer après chaque opération le volume restant.
- La burette à gaz de Bunte, celle de Hempel, peuvent être utilisées aussi pour le dosage de l’oxygène à l’aide de réactifs appropriés. Mais ces diverses méthodes ont l’inconvénient de demander aux opérateurs une certaine pratique. Quelques-unes ne sont même utilisables qu’au laboratoire. De plus, les opérations sont assez longues.
- L’appareil que MM. André Kling et Maurice Claraz viennent de présenter à l’Académie des Sciences, évite ces inconvénients. Il a été conçu pour être mis entre les mains d’une personne peu expérimentée, possédant un minimum d’attention et d’habileté. Son maniement peut être appris grâce à quelques démonstrations ; un dosage s’effectue instantanément.
- La grande originalité de la méthode nouvelle ne réside pas tant dans la facilité de son emploi que dans l'utilisation d’une notion tout à fait récente en chimie. Il y a seulement neuf ans, en effet, que W. Mansfield Clark introduisit la notion de rH, ou potentiel d’oxydo-réduction, pour exprimer l’activité réductrice ou oxydante d’une solution diluée.
- p.299 - vue 303/439
-
-
-
- 300
- La notion du /‘H est étroitement apparentée à celle, un peu plus ancienne du pH qui exprime, elle, l’activité acide ou alcaline des solutions. L’application de la formule de Nernst permet de montrer que la valeur du HF1 est d’ailleurs liée à celle du pH. La mesure du potentiel d’oxydo-réduc-tion, « rédox » par abréviation, se fait par électromé-trie ou par colorimétrie. Celle nouvelle donnée numérique inti’oduite en chimie et en biologie a déjà trouvé de nombreuses applications.
- Un cas particulier de système rédox est le mélange sulfale ferreux-sulfate ferrique. MM. Kling et Claraz ont utilisé pour le dosage d’oxygène une propriété de ce système. En milieu acide, meme faible, le mélange est relativement stable à l’air ; une telle solution peut donc être conservée un certain temps ; en milieu alcalin, l’oxygène transforme le sel ferreux en sel ferrique. Pour suivre la marche de la réaction on ajoute à la solution du bleu de méthylène. Ce corps est un indicateur coloré utilisé précisément dans la mesure des rïl. Il est incolore lorsque la solution est suffisamment réductrice : c’est-à-dire que la quantité de sel ferreux est assez forte par rapport au sel ferrique. Il vire au
- bleu lorsque l’oxydation a agi sur le mélange.
- il suffît de faire barboter, dans des conditions données, le mélange gazeux à analyser dans un volume connu de la solution ferroso-ferrique rendue alcaline au moment de l’emploi et additionnée de bleu de méthylène pour effectuer le dosage. L’oxygène transforme le sel ferreux en sel ferrique ; le /TI augmente jusqu’au point de virage de l’indicateur, lin étalonnage préalable de l’appareil permet de déduire du volume de gaz ayant traversé le barboteur le pourcentage d’oxygène dans le mélange gazeux.
- Cette élégante méthode de dosage est mise en œuvre sous la forme de l’appareil de la figure i. Un système de robinets et d’entonnoir gradué permet d’effectuer automatiquement le mélange nécessaire ; 5 cm3 de la solution ferroso-ferrique acidulée par l’acide tartrique et additionnée de bleu de méthylène contenue dans le réservoir Fq, viennent rejoindre dans le barboteur B 5 cm3 d’une solution alcaline normale contenue dans Je réservoir R2. Ainsi se trouve préparée par une manipulation simple la liqueur convenable. L’acide tartrique présente l’avantage de maintenir le fer en solution lorsque le milieu devient alcalin. Une aspiration est pratiquée par écoulement de l’eau contenue dans un tube gradué A disposé de façon à obtenir une vitesse constante d’écoulement. On arrête le barbotage dès que le virage est obtenu et on lit le volume d’eau déplacé. Une courbe étalonnée auparavant indique le pourcentage d’oxygène contenu dans le gaz ou l’atmosphère qui a traversé le barboteur.
- La méthode et l’appareil de MM. Kling et Claraz auront certainement de multiples applications. Notamment ils rendent extrêmement facile d’apprécier rapidement le taux d’oxygène dans des atmosphères confinées où des hommes doivent vivre, et c’est d’ailleurs en songeant aux abris de bombardement que leur recherche fut entreprise.
- Maurice Daumas.
- LES GORILLES
- Un projet d’expédition scientifique franco-allemande au Cameroun en vue d’y étudier la faune africaine et d’en rapporter des spécimens pour les Zoos de Paris et de Berlin a de nouveau attiré l’attention sur la vie mal connue de bien des grands fauves, et en particulier des gorilles, lesquels demeurent encore en ig38 les plus mystérieux des mammifères terrestres. De l’avis même exprimé récemment à la presse par le D'- Lutz Heck, directeur du « Zoo » de Berlin, lequel fait autorité en la matière : « On ne saurait rien, ou presque, de leurs habitudes et de leurs conditions d’existence... ; on ignorerait encore de quoi ils se nourrissent, s’ils vivent par troupeaux, par familles ou par petits groupes, s’ils se, déplacent beaucoup dans le cours d’une journée, et enfin comment ils construisent leurs demeures ».
- Lorsqu’il y a 4 ans j’abordai pour la première fois à Daoula pour me lancer, un peu inconsidérément,
- dans la poursuite et la photographie des gorilles, j’en connaissais tout juste ce que l’on peut apprendre à Paris dans les milieux scientifiques, c’est-à-dire pas grand’chose; Depuis les premières descriptions du missionnaire américain Savage, en 1847, depuis le premier gorille entier envoyé du Gabon, dans un tonneau de Tafia, au laboratoire de Geoffroy Saint-Hilaire, la question n’a guère fait de progrès chez nous. La connaissance de l’analoinie des gorilles de l’Afrique française a pour contre-partie une ignorance incroyable de leurs mœurs. Comme l’écrivait l’un des auteurs qui ont apporté le plus de bon sens dans l’étude de la faune africaine : « Il semble qu’il ne soit pas scientifique de s’occuper d’animaux qui ne peuvent être étudiés au laboratoire ».
- Durant ce temps, Anglais, Américains ou Belges organisaient de nombreuses expéditions scientifiques, photographiques et cinématographiques chez les goril-
- p.300 - vue 304/439
-
-
-
- les (d’une variété très particulière), qui hantent, dans l’Est-Africain, les montagnes solitaires du Kivu.
- Sur les gorilles de nos colonies équatoriales, il n’y a rien sinon une excellente, mais très récente monographie, due à un coupeur de bois du Gabon, et quelques chapitres des ouvrages d’un médecin colonial, le Dr Gromier, dont on connaît en France les admirables photographies d’animaux sauvages.
- En ig33, rien de cela n’avait paru, et l’on conçoit que j’aie abordé la forêt camerounaise avec, pour tout bagage, une cargaison entière d’idées fausses. A cette époque, je croyais encore les gorilles rarissimes et inaccessibles ; à ce que m’avaient dit des hommes et des ouvrages sérieux, ils ne fréquentaient jamais les régions habitées et se montraient pacifiques et craintifs. Dans mes rêves, je ne voyais plus de limites à leur douceur et j’avoue même, à ma honte, avoir un moment nourri le fol espoir d’en apprivoiser des troupes entières, depuis les bébés jusqu’aux vieux mâles.
- Hélas ! Rien ne vaut l’expérience. Moins de deux mois plus tard, dans l’Est-Cameroun, je rencontrais des gorilles un jour sur deux, comme des bêtes abondantes, hargneuses et parfois féroces, et cela dans les endroits mêmes que l’on disait — à Paris — en être totalement privés : sentiers fréquentés, abords de villages, plantations indigènes. Je connaissais des temps extravagants, pourtant placés à la limite de la saison favorable, où, sur 1.000 km, je ne traversais guère de village qui n’eût ses gorilles. De bananeraies en sous-bois et de sous-bois en bananeraies, je les suivais des jours entiers. Le moindre appel d’antilope — mon chasseur noir l’imitait admirablement — y suscitait les clameui's de gorilles inconnus en même temps qu’il faisait accourir antilopes et sangliers rouges.
- Lin vieux mâle couchait tous les soirs dans les fourrés bordant un village et les gens terrorisés n’osaient plus, la nuit, sortir de leurs cases. Et, de ce non content, d’ailleurs, il les arrêtait et les chargeait parfois, le matin ou le soir, à l’entrée de la grande piste qui s’en allait vers le sud. Finalement, il poussa l’audace jusqu’à s’attabler un jour, sur les deux heures de l’après-midi, dans les bananiers d’un petit hameau voisin, à io m des maisons d’écorce. 11 y demeura, rugissant et rageur, jusqu’à ce qu’une battue entreprise par la population de deux villages vint tenter de l’en déloger. 11 s’enfuit, blessant un'homme et frappé lui-même de deux sagaies et jamais nous ne le revîmes*; Celle battue était contraire à tous les règlements administratifs, lesquels exigent le respect absolu des gorilles, mais logique, de la part des villageois qui voulaient transformer en viande comestible la terreur de deux villages et le dévastateur de leui’s bananes.
- Ailleurs je suivis durant une semaine, les petits déplacements d’une famille de gorilles. Ils ne quittaient guère les bananeraies, revenant à la même place deux fois par jour et parfois un matin après l’autre. Le père était un animal étrange au corps lourd, aux membres épais, et tout entier d’un gris beige très pâle, presque blanc, Il eût facilement évoqué l’aspect d’un ours, sans son cou très court, ses épaules larges et surtout le
- 301
- Fig. 1. — Un gorille mâle, photographié à 10 m, dans le fouillis de la végétation des bananiers, alors qu’il s’apprête à
- charger.
- développement de son « cimier » qui semblait coiffer sa lourde tête du chapeau pointu d’un clown. C’est certainement à lui que j’ai dû mon maximum d’entraînement dans le sport difficile de l’approche des gorilles. Il se trouvait toujours enfoui avec une, parfois deux femelles et un jeune, dans un fouillis végétal dont on ne peut se faire en France aucune idée, et nous devions, matin et soir, les détecter à l’oreille. Du tumulte confus que faisaient le vent dans les feuilles, les oiseaux dans les arbres et les insectes sur le sol, il fallait extraire le bruit familier des bananiers brisés, puis décllires et froissés par les gorilles. Il y avait de fausses alertes : un écureuil gris qui avait sauté trop
- Fig. 2. — Une vieille femelle inquiète, attendant ses deux petits, cachés dans les feuilles, pour s’enfuir.
- * * *
- p.301 - vue 305/439
-
-
-
- 302
- Fig. 3. — Jeune gorille dans les branches d’un parasolier dont il vient de casser deux branches.
- vivement d’une feuille à l’autre et, pis encore, mes ennemis intimes, les perroquets gris à queue rouge, accrochés du bec et des pattes au sommet des arbres, à 3o m de haut, et qui détachaient et laissaient tomber sur la plantation de lourdes branches. Chaque fois, je sursautais et, devant ma déconvenue, ces oiseaux sataniques, du haut de leurs arbres, éclataient de rire. Plusieurs fois — et cela manqua d’être plus grave — les gorilles, se doutant d’une présence, observèrent à notre arrivée un silence absolu. Mon chasseur et moi nous attendions, attentifs, des minutes interminables. Puis, la plantation se révélant obstinément silencieuse, nous nous y engagions doucement, pour' aller plus loin. Subitement, un gorille qui avait repris cônfiance abattait un bananier de 20 m.
- Et nous avions tout le loisir de songer au sort de l’imprudent ou du malchanceux qui viendrait se jeter ainsi, sans le savoir, dans les bras gigantesques d’un gorille aux aguets.
- Dans certaines zones, les gorilles — et, chaque fois, tout le gibier avec eux — devenaient plus rares. Cela coïncidait souvent avec l’existence de fusils dans les villages, fusils parfois confiés aux Pygmées.
- Partout ailleurs, les gens
- fixaient à une date assez récente l’audace accrue des gorilles, à la date où les armes à feu avaient été interdites. Il ne faut pas se dissimuler que les animaux évoluent tout comme les hommes. Les gorilles ont pris goût aux cultures de bananiers, à leurs tiges croquantes, à leurs bananes mûres, ainsi qu’aux tubercules alimentaires de la forêt. Ils ne sont pas seuls à se rapprocher ainsi des produits des cultures humaines. Qui veut tuer des gazelles en été, dans les parties du territoire du Tchad où l’administration fait cultiver de grandes étendues de coton, n’a qu’à se rendre à la plantation de coton de chaque village. Et l’on dit que, depuis peu de temps, dans le Sud du Cameroun, les cabosses de cacao, jadis négligées par les éléphants, commencent à attirer régulièrement les porteurs d’ivoire. Un bananier détruit représente six mois ou un an de perdus. Un cacaoyer ne peut se remplacer qu’en dix ans !
- Et ceci est peut-être la raison pour laquelle les avis diffèrent de si sensible façon loi'squ’on essaie de préciser le régime alimentaire des gorilles. Ceux des régions inhabitées, se passent forcément de bananiers, mais que l’on n’étende pas cette règle à la totalité de l’espèce ! Un fait demeure, les gorilles de l’Est-Came-roun et ceux de la frontière du Moyen-Congo vivent très volontiers — trop même — au voisinage immédiat des villages durant la saison humide.
- On les a de même trop catégoriquement décrits comme des habitants de la grande forêt primaire, la vaste et belle forêt cathédrale qui jamais n’a été défrichée. C’est bien mal connaître leur goût pour les fourrés, les pousses et les rejets de toutes sortes de la végé-
- Fig. 4. — Au Cameroun. La région où jut observée la- troupe de 20 gorilles.
- p.302 - vue 306/439
-
-
-
- 303
- Fig. a et 6. — Une plantation de bananiers, au Cameroun, avant et après le passage des gorilles.
- tation secondaire qui, sous les blancs « parasoliers », arbres chers aux gorilles, envahissent les vieux défrichements et les emplacements de vieilles plantations.
- En descendant il y a 4 ans vers le Moyen Congo, comme en visitant l’an dernier le Sud Cameroun, j’apprenais aussi une chose dont on ne tient pas assez compte lorsqu’on traite de la fameuse férocité des gorilles.
- Un animal de 200 ou 25o kgr, lequel, assis, arriverait à l’épaule d’un homme debout, dont le bras saisit et brise d’un seul coup un bananier ou un bambou gros comme un verre à boire, dont la mâchoire s’arme de crocs semblables à ceux du tigre, peut difficilement passer pour un être inoffensif. S’il est en outre hargneux, et incroyablement rapide, toujours prêt à charger l’intrus : homme, panthère, ou petite antilope, il devient nettement dangereux.
- Les gorilles gris du Cameroun, dont je vous ai parlé, ne le cédaient en cela à personne. Dans leur pays, les gens blessés par eux étaient nombreux, mais les morts étaient rares. C’est en descendant vers le sud que la situation se retournait. Là, il y avait des morts, hommes, femmes, chasseurs-Pygmées. De village en village, les habitants m’avertissaient : « Ce ne sont plus les mêmes gorilles ! ». Ils avaient raison. Les nouveaux gorilles, ceux que je découvrais dans le sud, d’abord côte à côte avec les gris, puis seuls, étaient noirs et plus élancés. En vieillissant, beaucoup demeuraient noirs mais s’ornaient peu à peu sur les reins d’un vaste cercle blanc. Vous les connaissez : il y en a plusieurs, empaillés, dans les galeries de Zoologie du Muséum d'Histoire Naturelle. C’est à ceux-là, semble-t-il, qu’il faut attribuer la plupart des meurtres dus aux gorilles, tant vers les lisières méridionales du Cameroun qu’au Congo et au Gabon. En 1937 encore (je
- dédie ce fait aux défenseurs fanatiques de ce cher animal), on m’a, dans le Sud Cameroun, cité 5 cas d’indigènes tués, dont 4 au moins auraient été surpris au travail dans leur plantation.
- J’ai ouvert des livres de zoologie. On n’v trouve mentionné, à côté du gorille de montagnes de l’Est-Africain, que le gorille du Gabon. Cela m’étonne, mais je ne suis pas zoologiste.
- LES TROUPES DE GORILLES
- Au cours de cette première et longue randonnée, je n'avais rencontré que des gorilles isolés ou par petits groupes familiaux — mâle, femelles, enfants — jamais de troupes nombreuses, à moins que l’on ne veuille appeler ainsi une dizaine de gorilles abordés un jour en pleine dévastation d’un quart d’hectare de bananiers. A l’approche de deux impressionnantes silhouettes humaines qui semblaient planer au-dessus du paysage (en fait mon chasseur noir et moi cheminions péniblement sur de grands arbres abattus) ; ils s’enfuirent en rugissant. Il y avait là, sans doute, plusieurs mâles adultes, lesquels, restés en arrière-garde à la limite de la forêt, nous menacèrent de la voix et mar-telèrent à coup de poings leurs sonores poitrines jusqu’à notre départ.
- Sur les pistes du Moyen-Congo, j’entendis parler de troupes homogènes, agressives. L’une d’elles, comptant 20 têtes, avait littéralement assiégé un petit village en occupant ses bananeraies et semblait devoir le réduire à la famine ou à l’exil. Qui donc, homme ou femme, oserait aller couper des régimes de bananes sous le nez de 20 gorilles ? Dans une battue mémorable, l’administrateur et ses gardes firent place nette et provoquèrent ainsi un énorme scandale, car, je l’ai
- p.303 - vue 307/439
-
-
-
- 304
- Fig. 7. — Un bananier dévasté, la lige déchiquetée..
- dit., le gorille esl aujourd’hui, pour les administrations coloniales africaines, un animal aussi sacré que perd luire la vache aux yeux des brahmanes de l’Inde.
- Or, l’été dernier, le temps me manquant [jour refaire le long trajet forestier de mon premier voyage, on me signala l’existence probable de quelques gorilles dans un petit secteur de la forêt, beaucoup plus accessible, auquel j’allais consacrer une grande semaine.
- C'était, sur quelques dizaines de km2, un lacis assez compliqué de petits ravins et de petites crêtes boisées, à travers lesquels se dispersaient quelques fermes indigènes totalisant une centaine d’habitants, et que dominait un pilon abrupt et désert nommé par tout le voisinage : « la Montagne des Gorilles ».
- La saison des pluies atteignait son intensité la plus grande. Matin et soir — tantôt ici, tantôt là — on voyait s’agiter au loin les sommets de quelques parasol iers, tandis que le bruit des branches brisées, un bref rugissement, ou le claquement de lèvres de quelque mâle irrité parvenait jusqu’aux habitants assis dans leurs cases. De plus près, le feuillage des para-soliers (lequel ressemble, en plus grand, à celui des marronniers d’Inde de chez nous), était secoué comme par une tempête. Violents, mais circonspects dans leurs ascensions, les gorilles demeuraient la plupart du temps invisibles, cramponnés aux branches maîtresses des arbres, au cœur même de la masse de verdure. De temps en lemps, l’un d’eux apparaissait dans une éclaii'cie, s’avançait prudemment, cramponné des pieds et des mains à deux branches parallèles, ou bien s’asseyait confortablement dans une fourche solide, arrachant à longueur de bras les rameaux couverts de jeunes feuilles. Seuls les enfants,! plus hardis et plus légers, se risquaient aux extrémités des branches, qui pliaient sous leur poids et parfois, atteignant le sommet de l’arbre, surgissaient de la masse de verdure et dominaient un instant le paysage. Mais, vite rappelés,
- ils redescendaient en terrain plus solide retrouver leurs mères. Des bébés aux vieilles femelles et à de magnifiques mâles adultes, on voyait de tout, dans les arbres. De jour en jour, nous découvrions de nouveaux para-soliers aux branches cassées, à l’extrémité desquelles pendaient des bouquets de folioles fanées. Mais — et ceci confirmait une observation déjà classique — toutes nos tentatives d’approche en sous-bois se heurtaient à deux à trois mâles énormes, toujours les mêmes, qui veillaient en permanence au pied des arbres et prenaient immédiatement l’offensive pour protéger la fuite du troupeau. Offensives d’ailleurs limitées, par terrain d’abord extrêmement touffu, fertile en abris permet-lant au gorille de s’arrêter en pleine charge pour s'embusquer dans le taillis avec un sentiment de sécurité suffisant, habitude que j’avais eu fréquemment l'occasion d’observer, limitées aussi parce que, là encore, il s’agissait du gorille gris du nord, nettement moins agressif que l’autre. Une fois cependant, devant l’impossibilité de photographier dans un sous-bois trop sombre et trop touffu, je regagnais le sentier le plus proche, un gros mâle plus obstiné m’accompagna longuement dans ma retraite, se rapprochant peu à peu sans se faire voir et marquant de ses rugissements chacun de mes temps d’arrêt.
- — « Combien sont-ils ? » avais-je demandé, le pi’e-mier jour, à mon pisteur noir. — « Beaucoup ! ».
- Mais, en Afrique, nul ne sait ce que « beaucoup » peut vouloir dire. Dans les arbres, petits compris, nous en avions rarement compté plus d’une demi-douzaine. Mais, plus loin et dans le même temps, d’autres branches éclataient comme des coups de fusil et d’autres rugissements se faisaient entendre. A voir les traces de leurs déplacements — les places où, traversant les sentiers humains, leur troupe avait crevé deux murs de taillis ou foulé l’herbe — on eût cru volontiers à une famille de gorilles très réduite. Ils avaient marché les uns derrière les autres, sur les pas les uns des autres, et leur nombre inconnu n’avait laissé qu’une seule piste. Ailleurs, la végétation était ravagée comme par une troupe d’éléphants.
- Puis un jour, tandis que, du seuil même de notre logis indigène, ma femme émerveillée pouvait suivre dans des arbres tout proches les évolutions de mes gorilles, je découvrais par hasard, à un kilomètre de là, leur campement de la nuit précédente.
- Les nids — ou, pour parler plus exactement, les lits — étaient dissimulés au cœur d’un épais fourré de ces plantes de 3 m de haut dont les tiges entremêlées et les longues feuilles couvrent les clairières humides. La plupart dés lits étaient établis sur le sol même. Chaque gorille avait rabattu vers lui des brassées entières de tiges feuillues et semblait avoir pris soin de les disposer grossièrement en cercle afin que, sur un sommier de tiges brisées encore fixées au sol, son matelas ne fut constitué que par des feuilles. Il y avait en tout 18 lits datés de la même nuit. Certains, plus larges accusaient plus ou moins nettement les empreintes voisines d’une mère et d’un jeune. En me fiant aux estimations de mes chasseurs, j’arrivai à 8
- p.304 - vue 308/439
-
-
-
- de ces lits, ce qui m’amena à évaluer à 26 gorilles l’énorme effectif de la troupe. Quatre lits seulement étaient surélevés aux environs d’un mètre du sol sur de grossiers et élastiques échafaudages de tiges. L’un d’eux s’appuyait aux conü'eforts du seul gros arbre du voisinage. Contrairement à une opinion répandue, on ne voyait nul trace d’un feuillage ayant servi à couvrir les gorilles et à les protéger contre le froid. Enfin tous n’avaient pas établi de lits véritables. Trois d’entre eux au moins avaient couché en bordure du campement, sur le sol, à même les feuilles mortes. Les plus vieux mâles en sentinelles ? Peut-être. J’avais photographié dans la région les traces fraîches d’une panthère.
- Au dire des indigènes, celte troupe de gorilles avait, depuis i5 ou 20 ans peut-être, l’habitude de séjourner dans la région. Elle passait la grande saison sèche — de décembre à avril — sur les pentes inhabitées de la « Montagne des Gorilles ». Dès le début de mai, chaque année, on la voyait reparaître dans les parasoliers et les fourrés autour des petites fermes. J’ai dit que, jamais poursuivis par ces pauvres gens sans armes, et d’autre part faisant leur métier de gorilles du nord, les animaux de cette troupe ne se montraient pas particulièrement agressifs. En fait, une sorte d’accord s’était établi entre eux et la population des fermes.
- D’un côté les habitants, fatigués de voir leurs plantations de bananiers saccagées, n’en faisaient presque plus, mangeant ce qu’ils pouvaient et se consacrant essentiellement au palmier à huile et au cacao, lesquels n’ont que peu ou pas de goût pour les gorilles. Le seul jour où j’ai trouvé les gorilles en terrain découvert, fait extrêmement rare, ils étaient justement occupés à briser les jeunes bananiers et à arracher les tubercules de « macabo » d’une plantation nouvelle. Ce qui
- Fig. 8. — Un lit suspendu, assez solide pour supporter
- un homme, où une femelle et son petit ont passé la nuit.
- A droite un second lit.
- ..............:..:.:............. 305 =
- tend à confirmer ma thèse. En outre, femmes et enfants descendant au ruisseau ou en revenant avaient pris l’habitude de s’annoncer de loin aux gorilles en chantant à tue-tête. Ceux-ci rugissaient et, générale-ment, laissaient la voie libre, car, avec des gorilles de tempérament assez calme, comme c’était le cas, seule la rencontre imprévue, de près, est dangereuse.
- En revanche, parvenus trop près d’une plantation, nos gorilles cédaient la place et s’en allaient manger un peu plus loin dès que, d’un point élevé et découvert, un ou plusieurs indigènes criaient en agitant les bras. J’ai perdu ainsi quelques-unes des plus belles possibilités photographiques de mon existence.
- Reste à savoir comment s’était formée cette troupe de gorilles. Il sied de remarquer que la « Montagne des gorilles » n’a pas toujours été déserte, qu’il y eut même aulrefois à son sommet une petite plantation de palmiers dont on retrouve des traces. C’est après la disparition de cette plantation qu’une famille de gorilles — un mâle, quelques femelles et leurs petits — a pu venir y établir ses pénates. Au sein de la tranquillité dont elle jouissait, elle a dû, depuis plus de i5 ans, se reproduire abondamment. Les fils aînés, à leur tour, ont pris femmes, ont eu des enfants, et nous arrivons facilement à 26 gorilles, aux mâles de i5 ans grimpant encore dans les arbres et, flanqué de ses deux aînés, au patriarche qui veille nuit et jour sur celle nombreuse lignée.
- Avec un demi-succès, un photographe a troublé Télé dernier, durant quelques jours, leur existence de bêles mystérieuses, il s’en excuse, en leur souhaitant bien sincèrement de ne jamais rencontrer d’ennemis plus dangereux que lui-même.
- Pierre Iciiac , Ingénieur agronome.
- Fig. 9. — Comment le lit est aménagé au moyen de liges feuillues brisées tout autour.
- p.305 - vue 309/439
-
-
-
- LE MOTEUR ASPIN
- Les efforts des constructeurs pour améliorer le rendement des moteurs à explosion ont porté sur deux points principaux : la forme et la dimension des cylindres et des pistons d’une part (super-culasses, pistons eu diverses matières, à profils différents, etc...) et sur le mode d’ouverture de la chambre de combustion (soupapes, chemises coulissantes, etc...) La Société Aspin à Bury (Lancashire) a réalisé un nouveau moteur comportant une chambre de combustion rotative constituant en même temps un distributeur tournant.
- D’après Shell Aviation News auquel nous empruntons les renseignements suivants, les résultats déjà obtenus, qui sont relatifs à un moteur d’expérience, sont des plus intéressants.
- Fig. 1. — Coupe axiale et coupe transversale de la chambre d’explosion du moteur Aspin.
- a Gorge 'g privée de J ’huile
- Bougiei
- Echapsp ornent
- " Prise >7777/%'» d'huite T7*~_PQUr la S£2x»6a,se du
- Chambre déxplo-ez si on „
- • Rainure/de distribution de P h utile
- .Echappem
- Rainure Ve dis-"tribut,ondèd’hui/e
- Chambre
- d’explosron
- Coupe suivant Z Z
- Fig. 2. — Schéma de la distribution du moteur Aspin. Les différentes positions du distributeur.
- Le principe du moteur est extrêmement simple et représenté sur la figure i. Le fond du cylindre a la forme d’une coupe conique sur les côtés de laquelle viennent aboutir les tuyaux d’admission et d’échappement et qui porte également la bougie d’allumage. Dans ce logement conique tomme une pièce massive en aluminium coulé dans une coquille en acier et dans laquelle une cavité excentrée joue le rôle de chambre d’explosion. La partie axiale porte un petit arbre sur lequel est monté l’engrenage de commande de la rotation. Le cycle du moteur est représenté par la position relative de la chambre d’explosion d’une part et d’autre part de la bougie et des orifices d’admission, d’échappement. La figure 2 montre les divers temps du moteur et la position correspondante de la chambre d’explosion qui, naturellement, dans un moteur 4 temps est commandée par un engrenage qui la fait tourner à la demi-vitesse du moteur.
- Les avantages de ce système sont théoriquement très importants. Tout d’abord, par suite de l’équilibrage des pièces et de la suppression des organes non équilibrés (liges de soupapes en particulier) le moteur peut tourner facilement à très grande vitesse. Dans des essais dont nous parlerons plus loin, la vitesse de 14-ooo tours par minute a été dépassée sans suralimentai ion. La culasse tournante élimine les points chauds et la haute turbulence qu’elle permet d’obtenir suppriment pratiquement la détonation. On peut ainsi marcher avec des combustibles à faible nombre d’octane (68 dans les expériences) et des taux de compression très élevés (i4). La suppression des soupapes et le grand rapport de détente permettent l’emploi de mélanges très pauvres. La température d’échappement est extrêmement basse et on n’observe pas de flammes à la tubulure d’échappement. La fatigue de la bougie due à l’action de la chaleur est également diminuée
- p.306 - vue 310/439
-
-
-
- puisqu’elle n’est en contact avec la chambre de combustion que pendant un bref instant à chaque tour.
- Mais les difficultés pratiques sont par contre considérables elles aussi. La chambre de combustion rotative tourne dans la partie la plus chaude du cylindre et reçoit la pression maxima des gaz. C’est-à-dire qu’elle doit résister à la fois aux actions mécaniques et aux effets de la température. De plus, les surfaces en frottement sont considérables et la lubrification à température aussi élevée devient un problème particulièrement délicat.
- Dans le moteur d’essai monocylindrique dont les caractéristiques sont les suivantes : capacité 249 cm3, alésage 67 mm, course 70 mm, taux de compression 1 i, le cône tournant était porté par deux roulements à billes à la partie inférieure, encaissant la pression initiale des gaz, et en plus par un roulement fixe en bout d’arbre. Au-dessus de ce dernier roulement un ressort travaillant en compression tend toujours à repousser le cône sur son siège dans la tête de cylindre de façon à assurer l’étanchéité et à rattraper automatiquement le jeu dû à l’usure normale. Celle-ci dans le moteur d’essai, après 2.000 heures d’essais très durs a donné une composante verticale de seulement 1 mm.
- La lubrification du cône tournant est obtenue au moyen d’une gorge creusée sur l’arbre, entre les deux roulements à billes inférieurs et le sommet du cône et alimentée par la pression d’huile venant des roulements. Une dérivation conduit également le lubrifiant
- — 307=
- à un trou transversal qui alimente deux fois par tour des rainures de distribution que porte la tête fixe du cylindre. On obtient ainsi non seulement un bon graissage, mais, grâce au filet d’huile, une étanchéité parfaite de la culasse.
- Les résultats obtenus ont été absolument étonnants et nous les résumons ci-dessous : puissance maxima à xo.ooo tours, 3i ch (soit 124 ch au litre de cylindrée et pression moyenne efficace 11 kgr 25) ; consommation d’essence à 68 d’octane pour une puissance de 12 ch à 5.ooo tours : ii4 gr au cheval correspondant à un rendement thermique de 5o,8 pour 100.
- La Société Aspin, encouragée par ces résultats, a construit un petit moteur à 4 cylindres (fig. 3) en double flat-twin, opérant suivant les mêmes principes. Sa cylindrée totale est de 1 1 731 et il développe 80 ch à 5.000 tours, avec un taux de compression de 10,2 et une consommation horaire par cheval de 145 gr.
- Enfin, on a réalisé un moteur à 8 cylindres de 4 1 75 de cylindrée, destiné à la traction automobile et pour lequel on envisage des vitesses de rotation moins élevée et un taux de compression plus faible. Il sera curieux de voir les résultats obtenus.
- Il est certain que ceux rappelés plus haut sont tout à fait sensationnels, mais ils ne comprennent. pas la consommation d’huile, qui doit être très élevée, ni la durée du fonctionnement avant usure anormale, facteurs qui cependant ont aussi une très grande importance.
- H. Vigneron.
- p.307 - vue 311/439
-
-
-
- LA BACTÉRIOLOGIE APPLIQUÉE A L'AGRONOMIE
- MnTHODE ORIGINALE D’APPRÉCIATION DES BESOINS DES SOLS
- EN PRINCIPES FERTILISANTS
- Les progrès relativement récents de la physiologie végétale ont, on le sait, entraîné un développement rapide des connaissances concernant les rapports du sol et des plantes, et la chimie agricole a pu ainsi s’enrichir de moyens d’investigation beaucoup plus exacts pour la détermination de l’état de fertilité des sols et des degrés de leur richesse en éléments nutritifs.
- Certes, le problème est extrêmement ardu, car si l’on peut s’appuyer sur les théories de l’alimentation végétale pour connaître les besoins de la plante, il devient particulièrement délicat de déterminer au laboratoire les principes qui font défaut dans le sol sous la forme réclamée par le végétal, dans les proportions susceptibles de réaliser cet équilibre alimentaire qui convient au biochimisme d’assimilation, facteur essentiel de la productivité.
- Cependant si les agronomes n’ont pu parvenir à déterminer les éléments du sol réellement « assimilables » par les plantes, ce qui supposerait, en dehors d’autres facteurs que seule la nature met en jeu, l’emploi pour l’analyse, d’un dissolvant identique dans ses actions physiques et chimiques, à l’activité biologique des diverses espèces végétales pour mobiliser les matériaux nutritifs dont elles ont besoin, ils sont arrivés à élaborer des méthodes d’analyses qui, malgré leurs imperfections, peuvent rendre à la pratique agricole d’incontestables services. Ces méthodes donnent des indications pratiques de grande valeur quand une documentation « culturale » préalable vient éclairer les résultats analytiques.
- A l’heure actuelle, devant l’impossibilité de reproduire au laboratoire les conditions du travail chimique et biologique qui s’effectue dans le sol, milieu vivant
- Fiç,. t.
- si complexe et si variable, on s’efforce de plus en plus de faire reposer l’appréciation de sa fertilité sur des données biologiques, ou en utilisant des moyens d’ordre chimique en corrélation avec le comportement du végétal dans un milieu se rapprochant le plus possible des conditions naturelles. C’est ainsi qu’ayant abandonné les méthodes aux acides forts, incapables de donner une idée à peu près exacte sur les besoins du sol en principes immédiatement utilisables par les plantes, les agronomes s’efforcèrent d’établir des méthodes d’appréciation faisant intervenir le végétal comme moyen d’observation : (expérimentation en vases et aux champs, méthodes diagnostiques) ou en se basant sur les besoins alimentaires de certains microorganismes du sol qui conditionnent par leur activité l’état de fertilité de ce dernier. C’est cette méthode bactériologique d’évaluation des besoins des sols en principes « assimilables », que nous examinerons ici, tant à cause de son originalité, que des résultats pratiques de son application relativement aisée et rapide.
- LA VIE BACTÉRIENNE DU SOL ET LE MILIEU ALIMENTAIRE
- Depuis les travaux de lecole Pastorienne, l’activité biologique du sol est, on le sait, considérée comme le facteur le plus important de l’assimilation des principes nutritifs par les végétaux. Le sol est un milieu vivant, et en agissant sur la vie microbienne, on influence directement sa fertilité. C’est là l’effet principal de l’emploi des engrais minéraux, indispensables au développement de la microflore du sol. En effet, les bactéries ou les mucorinées, si elles trouvent dans la terre les principes élémentaires : carbone, oxygène, azote et hydrogène, nécessaires à leur développement, mais sont privées de l’un des éléments énergétiques : acide phosphorique, potasse, oxydes métalliques divers, restent alors en vie latente, ne se multiplient pas. Dès que ces substances leur sont fournies, la prolifération des germes devient abondante, le sol vit et respire, et la plante s’empare des principes qui lui sont préparés par les infiniment petits vivants. La tourbe elle-même, qui, à l’état normal, est le siège de phénomènes biologiques très ralentis, peut cire activée par une modification du milieu,, d’ordre exclusivement alimentaire. « En apportant du fumier au sol, on a pu penser que son action était due uniquement à la flore assez riche qu’il renferme, alors que le rôle essentiel paraît revenir aux substances éner-
- p.308 - vue 312/439
-
-
-
- 309
- gétiques qu'il fournit aux bactéries » (A. De-molon).
- 11 avait déjà été établi par Raulin et d’autres biologistes que les besoins des microorganismes et des plantes en principes minéraux étaient qualitativement les mêmes. L’idée-de rechercher les facteurs limitant l’activité microbienne d’un sol vint donc à l’esprit de certains agronomes qui pensaient ainsi déterminer d’après les besoins des microorganismes, les besoins des sols en principes alimentaires.
- De même que dans un milieu artificiel on observe une faiblesse de l’activité microbienne, corrélative d’une carence alimentaire créée au gré de l’expérimentateur, on peut arriver pour un sol donné, à mettre en évi--de-nee—l’élément qui fait défaut dans le bio-chimisme du sol. C’est là le but des méthodes bactériologiques, qui d'application récente, s’inspirent des travaux de mierobiologisles célèbres.
- Fig. 2. •— Sols soumis à . Vépreuve bactériologique de Wincrgmdsky : l’absence de colonies d’asolobacter sur les plaques I, II, VI et VII révèle la déjiiicnce en acide phosphorique assimilable de ces sols. Les plaques III, IV et V, qui ont reçu une addition de cet élément, présentent par contre d’abondantes colonies bactériennes.
- PROCÉDÉ DE WINOGRADSKY
- L'élude microscopique des colonies bactériennes étant fort longue, par suite de la numération des germes et du dénombrement des espèces, on a recours au procédé de Winogradsky qui consiste à faire apparaître à la surface de plaques de terre moulées, des colonies qu’on peut apercevoir aisément à l’œil nu et apprécier d’une façon très nette (étude macroscopique).
- Pour évaluer les besoins d’un sol en acide phosphorique, élément essentiel de la nutrition végétale avec l’azote et la potasse, on utilise l’exigence particulière d’un microorganisme vis-à-vis de l’élément phosphaté ; c’est « l’azotobacter » qui va servir d’organisme d’expérience dans ce genre d’essai cultural en petit.
- « L’azotobacter », microbe du sol particulièrement intéressant puisqu’il concourt à enrichir le milieu en combinaisons azotées, en fixant l’azote atmosphérique, ne peut en effet se développer et remplir son utile fonction que s’il trouve à sa disposition les éléments nécessaires au nombre desquels l’acide phosphorique paraît le plus important.
- La terre fraîche à examiner est débarrassée des graviers et on y mélange 5 pour ioo d’amidon pulvérisé servant d’aliment énergétique. Comme 1’ « azotobac-ter » est sensible à des traces d’acidité, qui lui sont nuisibles, on vérifie si le sol est alcalin, sinon on ajoute un peu de carbonate de chaux. On introduit la terre dans des boîtes dé Piélri en verre, après l’avoir humidifiée avec de l’eau, de manière à la rendre plastique ; dans telle boîte on ajoute tous les éléments nécessaires à la vie et à la prolifération des microbes, dans telle autre l’un de ces éléments seulement et enfin des soucoupes « témoins » reçoivent la terre sans aucun apport étranger.
- La terre est pétrie et pressée au moyen d’une spatule, et sa surface soigneusement nivelée dans le but de rendre plus apparentes les futures colonies d’azotobacter.
- On place les boîtes à l’étuve, recouvertes de leur couvercle de verre qui forme chambre humide, et on les y maintient pendant au moins 48 h. à la température de 20°-28°. Au bout de ce temps les premières colonies d’ « azotobacler » apparaissent hyalines ou blanchâtres au début ; les jours qui suivent, elles couvrent la surface de la plaque de terre bien pourvue en acide phosphorique, de taches brunes nettes, et caractéristiques.
- Le fadeur limitant la prolifération bactérienne est nettement l’acide phosphorique. 11 suffit que la terre n’en renferme pas assez dans un état assimilable, pour (pie le développement de l’azotobacter soit arrêté. D’après l’abondance de la prolifération, on se rend compte des ressources du sol en cet élément.
- D’autres carences alimentaires peuvent d’ailleurs être décelées de même (par exemple celle en potasse) à condition que l’azotobacter trouve dans le sol de l’acide phosphorique, sans lequel la prolifération resterait entravée.
- D’une façon générale, cette méthode a donné des résultats utiles sur les besoins du sol en acide phosphorique assimilable.
- I.es figures ci-j ointes représentent des échantillons de sols, dont les uns sont couverts de colonies d’ « azo-bacler » (sols ayant, reçu de l’acide phosphorique assimilable ou sols bien pourvus naturellement en cet élément) et dont les autres, dépourvus de colonies, trahissent ainsi leur déficience phosphatée.
- Pour pousser plus loin l’étude d’un sol par la méthode bactériologique (détermination des germes d’azotobacter existant avont toute prolifération, ou évaluation du pouvoir fixateur en azote d’un sol) on a recours à la technique des plaques .de silico-gel de Winograsky. Le gel est pbt'émfa(çr&' mflangeânt à la terre du silicate de potasse à yp'JÏL et une solution d’acide chlorhydrique à i3° B. Onécoule également en boîtes de Piétri, on élimine l’acide chlorhydrique par
- p.309 - vue 313/439
-
-
-
- = 310 :.............. .......... ...........
- l’eau courante après la prise en gelée et on ensemence les sols à étudier qu’on porte à l’étuve. On examine comme précédemment et on prélève aussi des échantillons sur lesquels sont effectués des dosages comparatifs de l’azole fixé.
- PROCÉDÉS NIKLAS ET SCHEFFER
- iNiklas, agronome allemand* a soumis aux essais de culture d’azolobacter un nombre considérable de terres (plus de 5.5oo sols). Il utilise une solution nutritive contenant de la mannite, source de carbone ; il apprécie aussi, macroscopiquement le développement du microorganisme, el dose éventuellement l’azote fixé.
- Les résultats obtenus par Niklas se sont montrés en très bon accord avec le contrôle de l’expérience culturale. Un autre agronome allemand, F. Schel'fer, conseille de remplacer la mannite par l’acétate de calcium, dans le but d’empêcher la formation possible de mousses, gênantes pour apprécier le développement de l’azoto-bacter.
- Ces techniques bactériologiques simplifiées sont d un incontestable intérêt pour évaluer la fertilité des sols et notamment leurs besoins en acide phosphorique assimilable.
- Lucien Teikrond.
- Ingénieur I. A. T., Docteur de l’Cnivcrsilé.
- MESURE DE LA RÉSISTANCE DU SOL LE GÉOPTOSIMÈTRE ENREGISTREUR
- 11 est dangereux de bâtir sur le sable. Mais combien d’autres terrains sont compressibles et ne peuvent supporter qu’un certain poids sans s'écraser ou diflluer, mettant en péril les constructions élevées sans une étude préalable des propriétés mécaniques du sol.
- Depuis longtemps, ingénieurs, architecles, entrepreneurs ont essayé de déterminer la résistance du sol,
- soit par de calcul, en tenant compte de l’expérience acquise dans des terrains très divers, soit en explorant le sous-sol au moyen de p i e u x qu’on y enfonce à coups de béliers ou de mouton. Mais d e s surprises sont toujours possibles, soit que les coefficients des calculs ne correspondent pas à la réalité, soit que les chocs répétés sur des pieux ne donnent pas une indication valable de la pression sialique, prolongée, sur certains sols.
- En ces dernières années, la question a été reprise expérimentalement en plusieurs pays et l’on est arrivé à isoler au moins six facteurs dont dépend la solidité des fondations :
- a) la granulométrie : dimension, la forme et le poids spécifique des grains composant le sol ;
- b) Je coefficient de compressibilité ;
- c) le coefficient de gonflement par l’eau ;
- d) la cohésion, ou adhérence des grains entre eux ; celle tension superficielle dépend de facteurs très complexes, notamment des propriétés colloïdales et élec-trol y tiques des solutions du sol. La cohésion est négligeable dans le sable pur, très grande au contraire dans I argile, jusqu’à exercer les efforts bien supérieurs à ceux que les fondations imposent au terrain ;
- c) l’angle du frottement ou talus naturel ;
- /) le coefficient de perméabilité.
- Chaque élément peut être étudié au laboratoire, sur des échantillons de sol prélevés en place, mais c’est une suite d’opérations longues et délicates, et les éprouvettes peuvent sécher, s’altérer pendant le transport ou être écrasées lors de la prise.
- Dans beaucoup de cas, l’essai direct sur le terrain est plus pratique et préférable. On le pratique ordinairement, quand l'importance du travail justifie celle dépense considérable, au moyen de la « table ».
- Cet appareil, improvisé sur le chantier au moyen de matériaux de fortune, consiste en un plateau muni d’un ou plusieurs pieds d’une section déterminée, que l’on pose sur le sol à essayer, cl sur lequel on accumule des (marges de plusieurs tonnes, de manière à dépasser le taux de travail prévu pour les fondations. Ces charges sont constituées, le plus souvent, par des gueuses de fonte ; l’acquisition, le transport à pied d’œuvre, la pesée, le chargement de ces gueuses sur le plateau, l’observation simultanée des enfoncements correspondants, tout cela représente de nombreuses heures de travail, et une dépense de plusieurs milliers de francs, pour une seule épreuve. Or, la prudence exige plusieurs essais sur un même terrain, afin d’éliminer une erreur locale toujours possible ; de plus, le seul moyen de bien se rendre compte de l’allure du phénomène
- Fig. I. — Le géoplosimèlre Van der Meer.
- p.310 - vue 314/439
-
-
-
- Après l'essai
- Avant l'essai
- Fig. 2. — L’appareil avant et après essai.
- 1, Piston d’épreuve ; 2, Volant de manœuvre ; rt, Ressort, dynamomètre ; 4, Chariot porte-instruments ; 5, Cylindre enregistreur ; G, Contrepoids.
- d’écrasement, c’est que l’appareil trace lui-même un diagramme, chose qu’il est bien difficile d’obtenir d’une table, toujours mal guidée cl; de précision insuffisante. Contrairement à l’opinion couranie, la rupture est généralement précédée d’un léger enfoncement, {dus ou moins proportionnel à la charge ; si l’on n’admet aucun enfoncement, la charge pratique sera nulle dans la plupart des cas, résultat absurde. La dépense est prohibilive pour les petites constructions.
- On a aussi songé à utiliser la chute libre d’un corps pesant, et à déduire la résistance du sol à la compression de la profondeur à laquelle le corps s’enfonce, mais les recherches récentes ont montré qu’il n’y a pas de rapport constant entre les deux; phénomènes.
- Tout récemment, un architecte belge, M. Van der jMeer, a trouvé à ce difficile problème une solution beaucoup plus simple que son succès croissant rend digne d’attention.
- Parlant de son expérience professionnelle, il a réalisé un appareil léger, transportable, qu’il a appelé géoptosimètre (de geo, terre ; ptosis, affaissement, mètre, mesure). Celui-ci soumet le sol à des pressions sialiques lentement croissantes et permet de lire ou même d’enregistrer les écrasement provoqués.
- L'appareil consiste en un piston d’épreuve de îo cm2 qui, en contact avec le sol, est soumis à la pression d’un ressort dynamomètre, comprimé à volonté au moyen d’une vis mue par un volant à main. Ce piston entraîne un chariot solidaire d’index se déplaçant suides échelles dont l’une marque les enfoncements et 1 autre les pressions correspondantes. Un cylindre enregistreur, automatiquement entraîné, inscrit sur un
- .—:........ =.....311 =
- papier millimétrique la courbe des enfoncements en fonction des pressions. La colonne, supportant le mécanisme, d’ailleurs très simple, est boulonnée au milieu d’une plaque de tôle rigide sur laquelle se place l’opérateur dont le propre poids, ajouté à celui de l’appareil, équilibre bien au delà la pression utile à exercer sur le piston. Cette combinaison permet de réduire à moins de 12 kgr le poids de l’appareil.
- La résistance d’un terrain non rocheux dépassant rarement 4 kgr par cm2, l’appareil permet de faire varier la pression de o à 8 kgr, soit 8o kgr pour le piston de io cm2.
- Pour la commodité du transport, la colonne se démonte facilement et rapidement de la plaque de base et les deux parties de l’appareil, sensiblement de même poids, se logent dans deux mallettes appropriées.
- Les diagrammes, précieux en cas d’expertise, s’inscrivent sur des bandes de papier millimétrique, dont une réserve peut être logée à l’intérieur du cylindre enregistreur.
- Un essai, en dépit de la lenteur nécessaire à sa réussite, ne dure guère qu’une dizaine de minutes ; on peut donc, en très peu de temps, en exécuter un nom-lire suffisant pour acquérir une parfaite connaissance du terrain et rien n’est plus concluant que leur comparaison : ceci est d’une grande importance, le sol manquant souvent d’homogénéité.
- La charge utile correspond, en général, à t. mm d’enfoncement.
- Les essais se pratiquent au niveau prévu pour les fondations ; ce niveau peut se trouver au fond d’un faux-puits où l’appareil se descend à la main.
- Le géoptosimètre peut aussi être appliqué sur une colonne de compression dûment équilibrée de manière à exécuter des essais au fond de trous de sonde. On obtient ainsi des données certaines sur la résistance du sol, avec une perfection et une commodité qui n’avaient jamais été atteintes jusqu’à ce jour. A. B.
- Fig. 3. — Trois enregistrements typiques : sable sec, remblai, limon argileux. Les charges limites, à ne pas dépasser, sont 1 kgr, 2 kgr, 4 kgr environ.
- -ip sjyjMf isjReuç._
- JS. _.F!«6lSTRtia. 1 ;
- ^ , i | ’ s
- KX> cuujiai, mi iiiAlul
- p.311 - vue 315/439
-
-
-
- 312
- = LA COLORATION DES VERRES, ÉMAUX ET GEMMES NATURELLES
- Un grand nombre de verres teintés, d’émaux et de cristaux colorés naturels peuvent être considérés comme des colloïdes et leurs propriétés étudiées et interprétées par les méthodes de la chimie colloïdale.
- En effet, un système colloïdal est défini, sous sa forme la plus générale, comme un mélange de deux phases dont l’une à l’état très divisé. La première phase constitue le milieu dispersant, la seconde, le milieu dispersé. Dans le cas particuièrement envisagé ici, les deux phases sont solides, à la température ordinaire.
- f
- # *
- Les vertes et émaux colorés. — Le verre auquel on ajoute une petite quantité d’or reste incolore s’il est brusquement refroidi. Si le refroidissement est lent ou si le verre est réchauffé à une température inférieure au ramolissement, les modifications internes ont le temps de se produire et le verre devient rouge, l’or passant à l’état colloïdal et les particules ayant des dimensions telles que la lumière rouge soit transmise préférentiellement. C’est l’étude du verre rubis à l’or qui a conduit Zsigmondy à la réalisation de l’ultra-microscope si employé depuis dans l’examen des colloïdes. Si le verre est maintenu plus longtemps à haûte température, la coùleur rouge vire au pourpre et finalement au bleu, par suite de l’augmentation des dimensions des particules colloïdales. Si le-verre renferme de l’oxyde d’étain, le virage du rouge au violet s’effectue plus lentement, ce qui est intéressant au point de vue pratique, en facilitant ainsi l’obtention d’une couleur donnée par arrêt du traitement thermique à un stade déterminé. Le pouvoir tinctorial de l’or est considérable puisqu’une teneur de 0,01 pour ioo donne une teinte rose et une teneur de o,x pour ioo la teinte rouge rubis.
- Remarquons incidemment que l’or est un métal ayant une grande tendance à prendre l’état colloïdal. Son origine elle-même semble être de nature colloïdale. Schneider pense que l’or hâtif a été formé par décomposition du sulfure d’or colloïdal résultant de l’action de l’hydrogène sulfuré sur du chlorure d’or en suspension dans un gel. Les formes particulières sous lesquelles on trouve l’argent, le platine, le palladium et certains minei’ais de cuivre seraient dues également à la décomposition de solutions salines du métal dans un gel de silice, les particules s’agglutinant ensuite pour donner les nodules métalliques.
- Le verre rubis est préparé plus économiquement en ajoutant au verre des sels de cuivre qui donnent un colloïde de cuivre ou d’oxyde cuivreux. Le rouge sang de bœuf chinois serait produit par un colloïde de cuivre métallique, ou à l’état de silicate ou d’oxyde cuivreux, en présence d’oxyde d’étain. L’épuisement du gisement du minerai de cuivre employé explique l’impossibilité de reproduire maintenant les teintes magnifiques des anciennes poteries chinoises.
- Le platine et l’oxyde d’iridium colorent les verres en gris, mais leur emploi est trop coûteux. La coloration jaune peut être obtenue par du carbone en suspension ou par du soufre, si les verres ne contiennent pas de métaux lourds, mais dans ce dernier cas, la coloration semble due à la formation de polysulfures dissous et non à une solution colloïdale. En général, quand le soufre existe à l’état colloï-
- dal, il donne toujours une teinte bleue ou verte, aussi bien dans les verres au calcium que dans le chlorure de sodium ou le borax fondu, l’ammoniac liquide ou les liquides organiques chauds comme la glycérine. Dans les verres peu alcalins, le silicium colore en rouge ou rose eL se trouve à l’état colloïdal, tandis que si les verres sont fortement alcalins, la coloration est noisette et n’est pas d’origine colloïdale, car le verre apparaît optiquement vide à L'examen ultra-microscopique.
- Le tellure à faible concentration colore les verres en rouge pourpre et en bleu acier à forte, concentration ;• le manganèse donne la teinte améthyste.
- Ces quelques exemples suffisent pour montrer le rôle important des colloïdes dans la coloration des verres.
- Dans le mécanisme de la teinte des émaux, ils intervien-, nent également. Les émaux sont des compositions vitreuses capables d’adhérer par fusion à la surface des métaux et des poteries. Ils sont constitués en général par un verre incolore dans lequel se trouvent en suspension des particules colloïdales d’un oxyde métallique ou d’un sel. On utilise en général l’oxyde stannique, mais l’oxyde de titane, la zir-cone, le phosphate de chaux sont aussi employés. Les verres opalins sont à base d’alumine introduite sous ,forme de cryolile. Un verre au plomb opaque jaune est obtenu par l’emploi d’oxyde d’antimoine, donnant une suspension d’anlimoniate de plomb, etc...
- L’addition de carbonate d’argent et d’oxyde de bismuth donne une coloration bleue intense dans les émaux, l’oxyde de bismuth, semblant avoir pour rôle de provoquer l’agglomération de l’argent.
- La question est encore plus complexe lorsque l'oxyde colorant ajouté au verre peut exister sous plusieurs états d’oxydation. En particulier, le manganèse qui peut former les oxydes MnO, MnO2, Mn203, Mn304, Mn207 a été étudié spécialement par Bancroft et Nugent. Ces expérimentateurs dissolvaient l’oxyde de manganèse dans du borax fondu renfermant des proportions diverses de soude. Quand il n’y a pas de sodium, le mélange fondu est incolore, le manganèse se trouvant à l’état manganeux. Quand la teneur en sodium croît, le verre se colore en rose puis en rouge de plus en plus foncé, jusque vers une teneur de 67 pour 100 de soude dans le mélange ; la couleur vire ensuite, par des additions ultérieures au gris vert puis au bleu vert foncé.
- Si on répète les niâmes expériences avec du cuivre, on obtient un verre transparent d’un beau bleu. Quand la proportion d’acide borique augmente, le bleu vire progressivement au vert pomme puis il se sépare un précipité rouge, probablement de l’oxyde cuivreux. L’oxyde cuivrique donne une coloration bleue, l’oxyde cuivreux une teinte verte. Comme l’oxyde cuivrique se décompose par la chaleur, si la température est assez élevée, le verre bleu devient vert. De plus, la réduction du sel cuivrique s’effectue à plus basse température en présence de plomb qu’en présence de sodium • et par suite on aura une teinte verte à plus basse température dans un verre au plomb que dans un verre alcalin. Les Anciens Égyptiens dont les verres étaient alcalins obtenaient des teintes bleues, tandis que les Italiens se servant de verre au plomb avaient clés teintes vertes. L’oxvde de fer donne au verre une teinte jaune qui fut employée par les anciens Chinois pour émailler la porcelaine en « jaune impérial ». Le verre à bouteille ordinaire est coloré en vert par les sels de fer, cette teinte résultant comme
- p.312 - vue 316/439
-
-
-
- Pont montré les expériences analogues à celles citées plus haut, d'un mélange des teintes bleu et jaune. Dans les verres boratés alcalins, l’oxyde ferreux est incolore, et les oxydes ferriques bleus, surtout si l’alcali est la potasse. Si le verre renferme un mélange de manganèse et de soude, pour une forte teneur en fer on peut avoir une coloration verte. 11 semble que les bleus soient dus à une modification de l'oxvde ferrique stabilisé par la présence d’oxyde ferreux.
- *
- # *
- _ Les gemmes colorées. —- Les colorations présentées par un grand nombre de minéraux peuvent être dues : i° soit à ii'ne structure physique particulière résultant de la coagulation d’un gel colloïdal (c’est sans doute le cas de l’opale)'; 2° soit à des propriétés optiques particulières liées à la présence de particules cristallines invisibles au microscope, soit enfin à l’existence de particules colloïdales métalliques. Suivant Doelter c’est un mélange, cristallisé isomorphe du cristal même que l’on rencontre dans la tourmaline, le rubis, l’émeraude, le saphir et l’aigue-marine, et au contraire une matière colloïdale en suspension dans la topaze, le quartz rose, le spath fluor, ]'améthyste, etc... -
- C’est ainsi que les obsidiennes naturelles noires sont en réalité composées d’une masse translucide obscurcie par des cristaux ultra-microscopiques d’hématite. S’il s’est produit dans la masse une réduction de l’hématite à l’état d’oxyde ferrique, la coloration observée est alors rouge. La cornaline est de la calcédoine l'enfermant des globules d’hématite. Si la quantité de matière colloïdale est suffisante pour rendre la masse opaque, on a les jaspes dont la couleur dépend de la nature du colloïde dispersé : rouge avec l’hématite, jaune avec la limonite, vert avecvla chlorite, etc... Le quartz bleu est coloré par la présence d’occlusion de filaments microscopiques de rutile dont les dimensions sont une fraction de la! longueur d’onde dé la lumière blanche.
- Les deux catégories de minéraux que nous avons distinguées plus haut se comportent de façon différente sous l’action de la chaleur, des rayons X et du radium. Pour les cristaux de la première catégorie, ces agents sont sans action. Au contraire, ceux de la seconde catégorie y sont très sensibles, sans que l’on puisse donner de raison des façons diverses dont ils réagissent.
- Dans la majorité des cas, l’élévation de température fait disparaître la couleur. Pour le quartz rose en particulier, dont la coloration est due à la pi’ésence de sels de manga-
- .............:.......:.:..313 =====
- nèse, on est arrivé à la conclusion qu’il n'a pu se former, géologiquement qu’à une température inférieure à 575°, car au-dessus de cette température, il devient incolore, l’équilibre chimique se déplaçant vers l’état manganeux.
- Au contraire les rayonnements du radium provoquent l’apparition d’une teinte et l’action de la lumière ultraviolette celle d’une autre. Par exemple, sous l’influence du radium, la topaze incolore prend une teinte jaune ou orange que les rayons ultra-violets font virer au lilas et ces teintes sont détruites par la chaleur. Le radium fait passer la couleur lilas’de la .kunzite au vert, les rayons ultra-violets rétablissent la couleur primitive qui est détruite par la chaleur et réapparaît sous l’action du radium. L’améthyste devient incolore par chauffage et se reteinte lorsqu’elle est soumise au rayonnement du radium.
- Il semble que le radium augmente la dispersion des particules colloïdales tandis que la lumière ultra-violette la diminue, ou inversement.
- D’autre part, on sait que certains minéraux peuvent être colorés par des particules métalliques se trouvant dans un état colloïdal comparable à celui existant dans les hydro-gels de ces métaux. Ainsi, le sel gemme, exposé aux vapeurs de sodium ou de potassium se colore en violet ou en bleu et dans les cristaux, optiquement vides quand ils étaient incolores, l’ultra-microscope décèle la présence de particules de 4 p environ de diamètre groupées dans les fissures microscopiques du cristal. L’analyse chimique montre que les parties colorées contiennent moins de chlore que les portions incolores et le fait que la coloration résiste à l’action à chaud de l’alcool ou de la vapeur de mercure, semble indiquer que la matière colorante existe à l’état de sous-chlorure et non de sodium ou de potassium métalliques.
- Dans d’autres cas enfin, la coloration paraît être due à la présence de traces de matières organiques en solution colloïdale.
- On voit combien la question est complexe. Tout ce que l’on peut dire est que le fait principal est l’existence d’une phase à l’état très divisé, et que les couleurs dépendent plus de l’état de dispersion de la phase que de la couleur intrinsèque du corps la constituant. C’est ainsi que le chrome donne à l’émeraude sa couleur verte, au saphir sa teinte bleue et au rubis sa coloration rouge. Les particules ne sont d’ailleurs jamais uniformément distribuées dans la masse, mais concentrées suivant certains plans formant des pellicules dont l’orientation et le nombre dépendent sans doute du réseau cristallographique du cristal et des circonstances de sa croissance.
- L’AOÛTAT
- Tout le monde connaît les désagréables piqûres, suivies de démangeaisons et de papules rouges qu’on ressent en été dans certaines régions, dès qu’011 se couche dans l’herbe ou même qu’on y circule. Ces piqûres sont surtout nombreuses au-dessous des liens des vêtements : jarretelles, jarretières, ceinture. Elles provoquent un grattage intense, suivi parfois de fièvre et d’insomnie.
- On sait qu’elles sont dues à un minuscule acarien, ou plus exactement à sa larve, d’une couleur rouge vif, qui porte les noms vulgaires de rouget, d’aoûtat, de vendangeur, de bête rouge, etc.
- Ces Arachnides avaient été décrits comme Leptus
- autumnalis par Shaw, en 1790, mais Dugès, en i834, prouva qu’ils ne sont que les larves hexapodes d’Aca-riens de la famille des Trombididés. On en connaît 11 espèces en France, après l'étude minutieuse qu’en a faite Marc André 0). Beaucoup d’auteurs accusent Microthrombidium pusillum, d’autres Allothrombium fiiliginosam, d’autres encore Sericothrombium holose-riceum. Il semble que la première espèce soit celle dont la larve pique le plus souvent l’homme.
- L’aoûtat sort d’un œuf déposé à terre sous forme
- 1. Marc A.nurk. — Contribution à l’étude des Acariens libres ïhrombidiidae de la faune française. Bull. Société zoologique, LI, 1926, p. 178.
- p.313 - vue 317/439
-
-
-
- 314
- d’une larve à 6 pattes ; celle-ci mène une vie errante, puis pique un hôte, se nourrit de son sang et le quitte bientôt pour se transformer en nymphe, d’où sort un adulte à 8 pattes.
- L’aoûlat sè rencontre sur les herbes, au bord des chemins, dans les jardins potagers et spécialement dans les carrés de haricots, mais aussi dans les prairies, sur les pelouses, etc. Récemment, le Dr A. Legrand O a incriminé spécialement la renouée des oiseaux (Poly-(jonum avlculare), sur terrain calcaire, crayeux, où elle abonde.
- Contre les piqûres et les démangeaisons que les larves provoquent, on a préconisé les corps gras et particulièrement le baume du Pérou, le pétrole, l’essence, la benzine. Le soufre en Heur serait également efficace et
- 1. A. Legrand. — Traitement des lésions cutanées conséculi-ies à la piqûre de l’aoûlat (Trombidium holosericeum). Bull. Société de Médecine de Paris, 9 juillet 1937.
- Muller, aux États-Unis, aurait débarrassé des prairies d’aoûtats en pulvérisant du soufre sur les plaides.
- Le D’’ Legrand indique un autre moyen qui lui a donné depuis 6 ans de meilleurs résultats. Après avoir lavé la peau à l’alcool si elle est grasse, il fri e -iionne les régions piquées avec un tampon d’ouate imbibé d’une solution de sous-acétate
- de plomb liquide préparée ainsi :
- Sous-acétale de plomb liquide . . 23 gr
- Eau............................... il
- agilée au moment de l’emploi. Le prurit cesse en to à io mn, -l'érythème disparaît en 12 b et l’œdème se résorbe en 24 à 36 h. Ce nouveau traitement est fort, simple et efficace.
- René Merle.
- Figures extraites de E. Brumpi. Précis de parasitologie, Masson cl, Cic, éditeurs.
- Fig. 2. — Larve du Microthrombidium pusillum ou aoûtat, d’après Bruyant.
- PAUL JACQUEMIN ET LA PREMIÈRE AUTOMOBILE
- SUR LA ROUTE
- Il vient de se créer, sous la présidence de M. le Sénateur Charles Dumont, un Comité « pour reconstituer la première voiture automobile imaginée et construite par Paul Jac-quemin » et expérimentée par lui en 1874. Celte maquette, dont on estime le prix à 6.000 fr, est destinée à figurer au Conservatoire des Arts et Métiers (1).
- Paul Jacquemin est né à Morez-du-Jura, le .6 juin 1867. Il a donc aujourd’hui largement dépassé la quatre-vingtaine. C’est en 1874 qu’il lança sur la route de Morez à Morbier la petite voiture que, élève au Collège catholique de Besançon, il avait construite pendant les vacances à Lons-le-Saunier, grâce au concours financier de sa tante Lucie Jacquemin. Quatre ans avant Levassor et quinze ans avant Serpolet !
- Morez est à 700 m d’altitude et Morbier domine son chef-lieu de canton de 160 m.
- Rapide et pittoresque, celle ascension.
- Il faut en lire le récit dans le Journal du Jura du 19 avril nj36, sous la plume pittoresque et alerte de
- t. Les personnes qui désireraient participer à cette reconstruction peuvent adresser leur souscription à M. Jacquemin, Compte chèque postal, Dijon, n° 43.201.
- Colomb, l’auteur archiconnu du Sapeur Camembert et de La famille Fenouillard :
- « Une nuit, à minuit, heure où l’on ne risquait plus guère de rencontrer des chevaux sur les routes, et où les gens raisonnables sont dans leur lit, Jacquemin se met au guidon et, accompagné de deux camarades, lance sa machine sur la terrible côte de Morbier que les voituriers n’abordaient qu’en faisant la grimace ! Mais Jacquemin qui avait seize ans et avait lu le Cid voulait sans doute que son coup d’essai fût un coup de maître. Cahotant sur le chemin malaisé, grinçant, soufflant, sifflant, faisant en somme un bruit terrible, la voiture avala la côte sans faiblir, comme le bateau palmipède de Jouffroy d’Abbans avait, cent ans auparavant, fendu sans hésiter les eaux tumultueuses du Doubs !
- « Son exploit accompli, Paul Jacquemin ramena triomphant sa voiture au bercail et, fatigué, se mit au lit où il s’endormit, heureux et fier, avec le calme que donne une bonne conscience et le sentiment du devoir accompli. Peut-être rêvait-il que ses concitoyens lui tressaient des couronnes après lui avoir élevé des arcs de triomphe, et que la musique municipale lui don-
- p.314 - vue 318/439
-
-
-
- naît des aubades ? Hélas ! son réveil fui tout autre. Pendant son court mais bruyant voyage il n’avait sans doute pas entendu les ânes braire et les chevaux hennir dans leurs écuries; il n’avait pas entendu les chiens aboyer de fureur dans leurs niches ; il n’avait pas vu les habitants s’enfoncer tremblants au plus profond de leurs couvertures, terrorisés par les rauques rugissements ; si bien que, dès l’aube, des réclamations furibondes s’étaient mises à déferler sur la mairie et qu’en ouvrant les yeux le pauvre Paul Jacque-min vit se dresser devant lui le spectre de Banquo, représenté par M. le Maire !
- « Peu après M. le Maire, M. le Curé arrivait également courroucé. Il venait exorciser la mécanique, émanation certaine du Malin ! Après quoi, il ordonna à l’inventeur, suppôt de l’enfer, de la mettre en pièces... )).
- Ainsi fut fait.
- El Jacquemin continua son existence sans se faire la moindre bile ! Il fit même la guerre de rqi/i-iqiS, comme engagé volontaire'à l àge de 57 ans !
- La figure le représente sur sa voilure, eu 1874, à l’assaut de la eôle de Morbier.
- Chose curieuse, on trouve un dessin tout à fait analogue à celui de cette figure dans Ma vie et mon œuvre, de Henry Ford. Ce dessin représente la première voiture du roi de l’Automobile.
- Cette voiture, terminée au printemps de i8q3 fut « la première et, longtemps, la seule automobile de Détroit. On la considérait un peu comme une peste, à cause de son vacarme qui effrayait les chevaux ».
- Tout comme avait fait celle de Jacquemin en 1874.
- C’est au mois de juillet rqoS que Paul Jacquemin reçut la croix de la légion d’honneur, à la suite d’une demande d’un groupe de Moréziens à M. Charles Dumont, sénateur du Jura.
- De 1874 à t933, il s’esl écoulé soixante ans en chiffres ronds ! C’est quelque chose !
- Cependant, au fond, un pareil retard n’a rien détonnant. Nous avons en France un horloger qui est universellement admis comme le premier du monde. C’est un nommé Pierre Le Rov, un parisien, mort en 1785, et que le. Commandant Gould a qualifié dans son magnifique ouvrage, The Marine Chronometer : « le plus grand génie horloger qui ait jamais existé »
- 315
- Fig. j. .— Le collégien Paul Jacquemin sur sa voiture automobile en 1874.
- (The gréa lest horological genius v ho ever lived).
- Eli bien ! C'est seulement le 22 juillet 1929 qu’à la suite de nombreuses démarches, nous avons pu obtenir la consécration à cet artiste extraordinaire dune petite rue sur la frontière de Paris !
- 11 est curieux de noter, à cette occasion, que Pierre Le Roy était par dessus le marché un homme qui ne se faisait aucune illusion sur la valeur réelle, effective, des qualités humaines ! Dans un mémoire écrit en 1767, sur ses travaux et ceux d’Harrison, — mémoire autographe, propriété de M. Georges Brown, successeur de Breguet, — l’illustre chronométrier a écrit ces lignes :
- « L’expérience 11e me l’a que trop appris, ce ne sont point le plus souvent les actions estimables ou les ouvrages utiles que l’on fait qui nous comblent d’honneur, c’est ordinairement la récompense qui en est faite, et il n’est que trop commun parmi les hommes qu’une récompense usurpée honore celui qu’elle devait avilir, tandis qu’une récompense refusée dénigre celui qui l’a méritée ».
- Quand Paul Jacquemin aura lu ces lignes, il se féli-cilera sûrement d’avoir gaillardement atteint et dépassé la qualre-vingtaine en restant jeune !
- Nous irons en félicitons aussi.
- Léopold Reverciion.
- LES ANTIQUES ANNALES DU PÉTROLE
- Le IIe Congrès mondial du pétrole qui s'est, tenu à Paris en 1987 a fait une place importante à l’histoire et à l’archéologie-du pétrole.
- C’est sous l’impulsion de M. Maurice Mercier que la Section économique a entrepris de dépouiller les documents et écrits des civilisations antiques pour y recueillir-tout ce qui concerne le pétrole. M. M. Mercier et ses .collaborateurs, au premier rang desquels se place M. André Seguin, s’étaient rnis à l’œuvre dès le début de l’année 1906. On nous permettra d’insister
- sur ce point que la priorité de ces travaux revient à des savants français. Dès janvier 1 g36, M. Seguin publiait dans la Revue des Questions historiques une très remarquable étude intitulée : « Recherches sur le pétrole dans l’antiquité ». Six mois plus tard, M. R. J. Forbes publiait en Hollande le bel ouvrage, consacré au même sujet, et dans lequel se révélait une si puissante érudition.
- Nous devrons nous contenter ici d’une analyse très succincte des communications lues au cours de la
- A
- p.315 - vue 319/439
-
-
-
- 316
- Fi,J, ]. _ Le Papyrus 172 de la Bibliothèque Nationale montrant, au centre, le a champ cl’Yalou », et, à droite, le « bassin
- de flammes », gardé par quatre singes cynocéphales, réminiscences égyptiennes des gisements pétrolifères ,du Caucase.
- séance consacrée à l’archéologie clu Pétrole et que présidait M. René Dussaud, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.
- Nous emprunterons notre documentation aux mémoires présentés par différents auteurs : M. André Seguin {Nouvelles recherches sur le pétrole clans l'antiquité) ; M. R. J. Forbes (Eifteen Centuries of Bilumen) ; M. le Pr Ile» /.Ici ( 1 (Le mythe, aryen du naphte) ; M. le Dr Lockharl, de l’Anglo-lranian C° (Persian Petroleum in àncient and médiéval times) ; M. Maurice Mercier (Quelques points de l’histoire du pétrole ; vérifications par le laboratoire) ; M. du Mesnil du Buisson (Les fouilles de Doura-Europos et le naphte). Nous userons aussi de la discussion à laquelle prirent part M. Foucher, membre de l’Institut, M. le D1' Con-tenau, conservateur des Antiquités orientales au Musée du Louvre, et d’au 1res savants français ou étrangers.
- PÉRIODE ANTIQUE
- L’origine du mol naphte est-elle sémitique ou iranienne ? Certains auteurs l’attribuent à l’hébreu, qui l'aurait transmis aux Chaldéens, aux Phéniciens et aux Grecs. Mais d’autres croient qu’il provient de la langue akkadienne (Mésopotamie) où l’on retrouve le mot naftu, dont la racine serait nab (être humide). Cette seconde solution trouve de la valeur dans ce fait que la Chaldée fut certainement la région du globe où cette matière, que l’on y rencontre abondamment à l’état d’aflleurements, fut employée pour la première fois a des buts industriels.
- Asphalte donne lieu à une controverse analogue ; on l’avait toujours attribué au grec ; mais M. Forbes fait intervenir l’akkadien avec le mot asfaltù. Quant à
- bitume, dont on ne connaît pas la racine, il apparaît pour la première fois dans le latin bitumen.
- La tradition veut que les nomades du Proche Orient aient découvert, bien avant l’aube des temps historiques, que l’huile qu’ils recueillaient sur les affleurements était un excellent remède contre les maladies de peau et qu’ils l’employaient tant pour eux-mêmes que pour leurs animaux. Cela ne nous fournit pas une date
- Fi y. 2. — Au centre, parmi les lampes antiques, une grenade à feu grégeois.
- p.316 - vue 320/439
-
-
-
- 317
- sur l'antiquité de l’utilisation des hydrocarbures ; il n’en est plus ainsi, quand nous passons à l’examen d ohje's ou de monuments mis à jour dans la Chaulée.
- Le Brilish Muséum possède une plaque gravée de dessins de chasse, trouvée à Our, dans le Cimetière Royal, et qui daterait de l’an 3.5oo av. J.-C. Les animaux se détachent en clair sur un fond de bitume. On peut voir en ce même musée une colonne de bois de palmier couverte d’une mosaïque dont l’artiste fixa les matériaux (pierres taillées et découpures de nacre) sur un lit de bitume, objet trouvé à Al Lbaïd et qui date de 3.100 av. J.-C. Nous ne multiplierons pas ces exemples, empruntés au récent ouvrage de M. R. J. For-bes (O. Qu’il nous suffise de dire qu’il y mentionne de nombreuses trouvailles analogues, provenant des fouilles de Mésopotamie et datant des iv° et m® millénaires de 1ère ancienne.
- Nous passerons sur la légende de l’Arche que Noé calfata de bitume, à l’intérieur comme à l’extérieur, et sur celle de la Tour de Babel, dont les briques auraient été cimentées d’un mortier dans la confection duquel entrait le bitume. L’emploi de ce corps dans la construction date certainement de la plus haute antiquité. On a mis à jour récemment dans la vallée de Llndus, à Mohenjo Daro, les ruines d’une ville préaryenne qui daterait de l’an 3.ooo av. J.-C. Les architectes de cette civilisation inconnue avaient eu l’idée de protéger la maçonnerie contre l’humidité à l’aide de couches de bitume, procédé que l’on retrouve en Mésopotamie à des dates plus récentes (in® et n® millénaires).
- Dans un pays comme la Chaldée où manquaient la pierre et le bois de construction, l’emploi du bitume comme mortier pour joindre les briques se généralisa. On ne tarda pas à lui trouver d’autres applications. A Tell Asmar, dans un palais royal datant environ de 2.600 ans av. .T.-C., le siège des latrines est recouvert d’un mastic au bitume. Dans de nombreuses ruines datant de ce même ni® millénaire, on voit, faisant corps avec la muraille, des gouttières, conduites d’eau et Tuyaux d’égout enduits de ce même mastic.
- Au cours des siècles suivants (11e millénaire), le bitume assure l’étanchéité des citernes, des terrasses de palais royaux, des fondations de quais, des digues et canaux d’irrigation ; on l’emploie même dans la construction de routes'dites processionnelles, aux alentours des temples et des palais. Pour ces divers usages, la couche de bitume est d’une épaisseur de 3o à 60 mm.
- Il est donc incontestable que les plus anciens exemples de l’utilisation industrielle du pétrole nous' sont fournis par les régions chaldéennes (Babylonie et Assyrie). Nous avons noté l’une des deux exceptions : cette mystérieuse civilisation pré-aryenne de la vallée de l’Indus qui aurait atteint son apogée entre 3.a5o et 2.700 av. J.-C. La seconde concerne la Palestine : dans les ruines de Jéricho, datant du début de l’xAge du Bronze, soit du m® millénaire de Tère ancienne, on a
- •I. Bipumen and Petroleum in Antiquity, chez E. J. Brill, Leyden, Hollande.
- mis récemment à jour une muraille dont les briques sont cimentées, d’un mortier bitumineux.
- PERSE, PHÉNICIE,
- ÉGYPTE
- Abandonnant l'aube de l’histoire du pétrole, nous apprenons que les peuples orientaux n e découvrirent
- que tardivement 3 — Sceau babylonien en mastic
- le pouvoir éclai- bitumineux, datant de 2830 av. J.-C. rant des hydrocarbures qu’ils rencontraient chez eux en grande abondance. Cependant, on a des raisons de croire que leurs prêtres, dès la plus haute antiquité, utilisaient ce pouvoir pour illuminer les temples qu’ils édifiaient aux abords des affleurements. Les gaz qui s’échappaient du gisement par des fissures du sol étaient recueillis par des conduites soigneusement cachées qui les faisaient aboutir dans l’intérieur des colonnes, au sommet desquelles ils brûlaient, devant les témoignages de vénération des adorateurs du Feu. Les archéologues ont retrouvé les ruines de plusieurs de ces temples en diverses régions de la Perse ; le plus ancien est celui de Masjid-i-Sulaiman, centre du principal champ pétrolifère de la Anglo-Iranian Oil C° ; on a la preuve qu’il existait dès le début du vie siècle av. J.-C. Les Perses donnaient à ces mystérieuses flammes le nom de a varishnak, ce qui signifiait littéralement « qui n’a pas besoin de nourriture », soit un feu qui brûlait sans combustibles.
- Les Phéniciens connurent certainement quelques emplois du bitume, qu’ils tiraient de la mer Morte. Les fouilles de Byblos ont livré un pendentif d’or, dont les perles sont enchâssées dans du bitume. Ce produit jouait un rôle dans la crémation : on en imprégnait les nattes de roseaux où l’on cousait les cadavres, avant de les placer sur un bûcher. Il est probable (mais les
- Fig. 4. — Suintements de pétrole près de Hit, en Mésopotamie.
- p.317 - vue 321/439
-
-
-
- 318
- Fig. 5. — Le suintement actif du lac de bitume ü’Abou-Gir Uval;).
- preuves manquent jusqu’ici) que le bitume était l’une des matières premières que les Phéniciens exportaient. Quelques tablettes découvertes à Ras-Shamra (Territoire des Alaouites, en Syrie) avaient procuré une grande joie aux archéologues du pétrole. Il s’agissait d’un inventaire de cargaison ; Ton avait d'abord déchiffré comme suit la dernière ligne :
- « (i pots d’orge ; une cruche de naphle ; une cruche d’huile de myrrhe ».
- Al. René Dussaud a singulièrement refroidi l’enthousiasme, en démontrant qu’il fallait lire :
- « ... et mille mesures de foin, une mesure d’huile de myrrhe ».
- L’erreur est excusable de ce fait que les deux mots ont des racines qui prêtent à confusion : nafl et nabi.
- Sur les Carthaginois, héritiers des Phéniciens, on ne possède aucune preuve qu’ils aient connu le pétrole sous quelque forme que ce soit. Alais on discute encore sur le périple d’Hannon et sur ces « ruisseaux de flammes débouchant dans la mer » qui terrifièrent les navigateurs, pendant qu’ils longeaient le rivage de l’Afrique équatoriale. Les recherches pétrolifères que la France poui'suit actuellement dans celle même région, où les suintements d’hydrocarbures abondent, ne confèrent-elles pas un caractère d’authenticité à celte information, considérée jusqu’alors comme énigmatique P Est-il donc absurde d’admettre que la foudre ait enflammé le naplite que des suintements épan-daient alors sur de petits fleuves côtiers ? Et rappellerons-nous que ce même Hannon, quelque 600 ans avant notre ère, décrivit le gorille du Gabon, anthropoïde que nous ne découvrîmes que vers le milieu du siècle dernier P
- L’Égypte ne connut l’emploi du naplite et de ses dérivés que tardivement ; elle ne les demanda pas à ses propres affleurements, épars sur le rivage de la mer Rouge, maisjles obtint par la voie du commerce maritime, ainsi qu’en témoignent les termes donnés à ces produits par les papyrus : huile de Syrie, huile phé-
- nicienne, huile de Byblos. Quand l’emploi du bitume eut pris de l’importance pour la préparation des momies, les Pharaons le comprirent parmi les tributs qu’ils liraient des peuples du Retenou, nom qui englobait Syrie, Phénicie et Palestine.
- MAGIE, MÉDECINE ET CHAUFFAGE
- M. J. Forbes nous révèle que le bitume joua un rôle fort important dans les pratiques de sorcellerie des Chakléens. A Balylone, ou se servait de ce corps pour tracer des signes cabalistiques sur le seuil de la chambre où gisait un malade, afin d’en barrer l’accès aux mauvais esprits. Pour protéger les enfants contre le redoutable démon femelle Labarlu, qui venait de nuit leur sucer le sang, on les frottait d’une pommade faite de bitume, de graisse animale et de plantes. Quand on voulait se venger d’un ennemi, on en façonnait l’image avec du bitume, et l’on brûlait la statuette en récitant des incantations appropriées, line armure était rendue invulnérable en la trempant dans un bain de bitume et de sang. Et le savant auteur nous apprend encore que les lois assyriennes punissaient certains crimes de celle étrange façon : on versait du bitume bouillant sur la tète du coupable.
- Ce produit fut employé de bonne heure dans l’art de guérir, qui se confondait souvent avec la magie. Les Assyriens s’en servaient pour assainir coupures et blessures à la main et au pied. On en imprégnait de l’étoupe de laine rouge et blanche pour arrêter le flux de sang chez les femmes.
- Pline énumère tous les bienfaits du bitume : c’est le meilleur remède contre l’hémorragie produite par une blessure qu’il désinfecte et dont 11 hâte la cicatrisation ; l’odeur de sa fumée chasse les serpents venimeux ; la variété que l'on importe de Babylonie est efficace dans le traitement de la cataracte, de la lèpre et des démangeaisons ; sous forme de Uniment, il guérit la goutte ; il redonne une inclinaison normale aux cils dont une mauvaise courbure est une gêne pour les yeux ; mélangé à de la soude, il triomphe du mal de dent.
- Et l’illustre naturaliste nous apprend encore que, pris avec du vin, le bitume calme une toux chronique, rétablit la régularité du souffle, guérit de la dysenterie ; mélangé au vinaigre, il dissout les caillots de sang et procure du soulagement à ceux qui souffrent de rhumatismes ou de lumbago ; une potion faite d’un drachme de bitume et d’un drachme de menthe, triturés avec une obole de myrrhe, est souveraine contre la fièvre quarte.
- M. Forbes cite un passage d’un ouvrage de Varron (mort en l’an 27 av. J.-C.), où ce savant romain, vantant les vertus du bitume et de sa vapeur, insiste sur leurs propriétés désinfectantes et recommande leur emploi dans le traitement de diverses maladies causées t( par de petites créatures invisibles ». A 19 siècles de distance, cette divination ne fait-elle pas de Varron le Père de la Microbiologie ?
- On a trouvé des traces de bitume dans des récipients
- p.318 - vue 322/439
-
-
-
- où les Romains conservaient du vin et de l’eau ; sans nul doute, le procédé avait pour but d’empêcher la putréfaction. Il est curieux de rappeler, comme je l’ai l'ait dans un ouvrage paru récemment 0), que les Comtes de Hanau-Lichtenberg, seigneurs du pays de Péchelbronn, accordant en 1627 la première concession pétrolifère qu’un gouvernement ait jamais concédée, signalent dans l’acte officiel que l’eau peut être rendue imputrescible, dès qu’on y ajoute une faible proportion de l’huile de la source alsacienne, « une vertu qui sera considérée camme une bénédiction céleste par les marchands et les marins dont beaucoup ont péri misérablement, en pleine santé, pour avoir été contrains de boire de l’eau corrompue ».
- Le bitume avait de nombreux emplois en agriculture, chez les Chaldéens. On en brûlait dans les vergers pour fumiger les arbres et les débarrasser des chenilles et autres insectes ; on s’en servait pour désinfecter les litières et les nids des animaux domestiques ; on en appliquait au pied des arbres pour repousser les fourmis. Mélangé à des simples, il guérissait la peste bovine ; associé à de la résine et à du soufre, il composait un onguent dont on frottait les poules pour leur faire pondre de plus gros œufs.
- Sur le chapitre du chauffage et de l’éclairage, les faits recueillis jusqu’ici sont peu nombreux. .4 Baby-lone, on savait fabriquer des torches en plongeant des faisceaux de roseaux dans du bitume. Sous l’empire romain, on vit apparaître en Sicile des lampes où l’huile d’olive était remplacée par de « l’asphalte liquide ». Enfin, sous le règne de Seplime Sévère (soit au début du 111e siècle ap. J.-C.), on imagina de chauf-ler l’air et l’eau des thermes à l’aide de bitume que l’on faisait brûler dans les salles souterraines.
- LE PÉTROLE ET L’ART MILITAIRE
- Le plus ancien cas que nous connaissions de l’emploi du bitume à la guerre remonte à 4qo av. J.-C., quand les Perses, assiégeant Platée, enflammèrent, à l’aide de bitume et de soufre, les fascines qu’ils avaient entassées contre les murailles de la ville. Cette même lactique fut appliquée pendant le siège de Delium, avec ce perfectionnement que des soufflets de forge servaient à exciter le feu.
- Pline relate que l’armée de Lucullus (au dernier siècle de Père ancienne) dut lever le siège de Samasala dont les habitants se défendaient en lançant des jets de naphte enflammé « qui brûlaient les soldats sous leur armure ». Philoslrale enregistre la même observation, en ajoutant qu’il s’agit « d’une huile qui, une fois mise à feu, ne peut s’éteindre, et que le roi de l’Inde emploie pour brûler les murailles et s’emparer des villes ».
- I. Ce qu’il faut connaître du péti'ole, Boivin et CIe, éditeurs.
- z;:::... =: . ::..... — 319 =
- Au 111e siècle de notre ère, les troupes romaines sont pourvues de flèches incendiaires dont nous ne possédons qu’une description incomplète : il semble que le manche creux contenait un mélange de soufre, de résine, d’asphalte et de poix, et que le fer était emmailloté d’une étoupe imbibée de naphte (oléutn incenclia-rium). On croit comprendre que les Orient aux (Arméniens, Syriens, Arabes) utilisaient déjà depuis longtemps des armes de jet d’un modèle moins perfectionné. Et nous arrivons au règne du fameux feu grégeois.
- Nous ne savons rien de bien précis sur ses origines, sinon qu’un architecte grec, nommé Kallinikos, chassé d’Héliopolis (la Baalbek actuelle) par la conquête arabe, et réfugié à Constantinople vers l’an 65o, livra aux Bysanlins la formule de ce mystérieux produit, composé essentiellement d’éléments du pétrole (que les alchimistes arabes avaient appris à distiller) et de chaux vive pulvérisée, mélange qui s'enflammait spontanément sous l’action de l’humidité. Les Grecs en tirèrent bientôt parti, non sans avoir mis au point une pompe qui, installée à la proue d’un navire, pouvait projeter le liquide soit tel quel, soit préalablement enflammé : en 678, ce fut grâce à cette nouvelle arme que la flotte de Constantin Pogonatus anéantit à Kysi-kos les forces navales arabes. L’expérience se répéta en 717, quand le feu grégeois contraignit les Arabes à lever le siège de Constantinople après une défaite écrasante.
- Initiés ainsi à la nouvelle lactique, les vaincus ne tardèrent pas à l’adopter : en 915, avec une flotte de 20 unités pourvues de lance-jets, les Arabes défirent celle du calife d’Égypte, beaucoup plus puissante en nombre. Ils équipèrent de même leurs navires marchands qui pai'couraient l’Océan Indien, afin de les protéger contre les pirates ; et M. Forbes nous apprend que les Chinois, dès le vin® siècle, avaient emprunté l'invention aux Arabes pour défendre leurs jonques de commerce contre les pirates de Malaisie.
- L’Empire d’Orienl dut de nombreuses victoires au
- —• La raffinerie indigène de Kirkouk, exploitée depuis longtemps près des suintements de pétrole.
- p.319 - vue 323/439
-
-
-
- 320
- feu grégeois. L’une des plus décisives fut celle qui, en 9/n, détruisit une llotle d’un millier de navires russes ; de retour chez eux, les survivants s’excusèrent ainsi de leur défaiie : « Les Grecs ont un feu qui ressemble à la foudre céleste ; quand ils le lançaient sur nous, il nous brûlait ; c’est pour cette raison que nous n’avons pas pu les vaincre ». On comprend que, à la même époque, l’empereur Constantin VII Porphy-rogenetos ait consacré tout un chapitre de son ouvrage sur l’art de gouverner à cette arme redoutable, proclamant que la formule était d’origine divine et qu’elle devait rester le secret du souverain et de ses principaux conseillers.
- Dans le même temps, les Bvsantins avaient imaginé de lancer leur feu grégeois à l’aide de grenades à main, récipients façonnés de pierre ou de fer ; ils le proje-taient aussi à l’aide de seringues portatives, qu’ils appelaient mikroi siphones.
- Cependant, le secret recommandé par le souverain dut être violé de bonne heure, car les Sarrasins ne tardèrent pas à se doter de ces engins. Si l’Europe n’adopta pas ces inventions, il faut s’en prendre au second Concile de Lalran qui en interdit formellement
- l’usage entre puissances chrétiennes, leur reprochant leurs effets trop meurtriers, décision en principe honorable, mais que les Croisés payeraient cher.
- Le mémoire de M. Maurice Mercier abonde en détails émouvants sur cette période de l’histoire du pétrole ; il nous dépeint l’effroi de nos braves chevaliers, aux prises avec les musulmans d’Égypte dont les machines infernales triomphent de leur bravoure ; il cite notamment ce passage de la relation de Joinville :
- <( La manière dou feu grégois estoit teix que il venoit bien devant aussi gros comme un tonniaus de verjus, et la queue dou feu qui parloit de l.i estoit bien aussi graus comme uns graus glaives. Il faisoit tel noise au venir que il çembloit que ce fust la foudre dou ciel ; il sembloit un dragon qui voiloit par l’air... Tant getoit grant clartei que l’on veoit aussi clair comme se il fust jours. ».
- Et voici, continue M. Maurice Mercier, le roi au grand cœur (Saint-Louis) qui souffre dans sa chair pour les siens et qui, à chaque arrivée « tendoit ses mains vers Nostre Seignour et disoit en plourant : Biaus Sire Diex, gardez-moi ma gent ! ».
- Joinville constate encore que tout navire louché par le liquide est dévoré par les flammes et que tout homme qu’il atteint peut se considérer comme perdu. Cette terreur du feu grégeois devait persister pendant deux siècles. Avant de conquérir la moitié du monde connu, les Mongols organisaient un corps spécial, recruté en Arménie, chargé de construire et de manœuvrer des catapultes qui lançaient le naphte enflammé. Les califes de Bagdad suivaient cet exemple en créant des bataillons de naffalyn (artificiers du naphte). L’invention de la poudre et du canon mit fin, dès le début du xve siècle, au rôle militaire du feu grégeois ; sa déchéance fut si rapide et si complète que le secret de sa formule se perdit, pour n’être retrouvé que par les chimistes modernes.
- Victor Forbin.
- LES SURFACES MÉTALLISÉES ET LA LUBRIFICATION
- On sait que dans un grand nombre d’applications mécaniques on recouvre la surface d’un métal par un autre métal déposé soit éleclrolytiqucment soit par projection, à l’aide d’un pistolet, du métal d’apport fondu. C’est ce dernier mode de métallisation qui fut utilisé dans les expériences très remarquables de M. II. Shaw dont les résultats sont si surprenants qu’il y aurait intérêt à ce qu’ils soient vérifiés et repris par d’autres méthodes.
- Les essais de M. Shaw ont etc effectués avec des arbres de 5 cm de diamètre, métallisés avec de l’acier et tournant dans des coussinets en métal blanc. Ces coussinets sont appliqués
- sur l’arbre avec une pression déterminée de façon à créer une charge connue sur l’arbre dont la vitesse peut varier dans de grandes limites. La lubrification est réalisée avec différents liquides, les pressions et les températures d’admission de l’huile étant variables à volonté.
- Voici quelques-uns des résultats les plus frappants obtenus en opérant avec les arbres d’acier trempé ordinaires (0,9 à 1,1 de carbone, 0,1 à o,35 de silice, o,3 à 0,7 de manganèse, o,o5 maximum de soufre et de phosphore, 1,2 à 1,6 de chrome) et des arbres métallisés par projection au pistolet, en acier (0,12 carbone, 0,024 soufre, 0,018 phosphore, o,43
- p.320 - vue 324/439
-
-
-
- manganèse) tournant dans un palier de métal blanc (87 étain,
- 10 antimoine, 3 cuivre).
- En faisant tourner l’arbre d’acier ordinaire à une vitesse périphérique de 445 pieds par minute (2 m environ par sec.) sous une charge de 4oo livres par pouce carré (28 kgr par cm2), lorsque la lubrification était effectuée à l’huile machine ordinaire, le grippage se produisait. En ajoutant à l’huile 2 pour 100 de graphite Achcson, la pression de grippage s’élève à gi kgr.
- Air contraire, avec l’arbre métallisé, on n’a pas eu de grippage, avec l’une ou l’autre des huiles, môme à des pressions de i5o kgr par cm2.
- Dans d’autres expériences, on trouva toujours des coefficients de frottement de 5 à 00 pour 100 inférieurs pour l’arbre métallisé comparé à l’arbre en acier ordinaire.
- En 1928, au National Physical Laboratory, une série d’ex-periences très intéressantes avaient été entreprises pour déterminer le temps au bout duquel le grippage se produit pour un arbre tournant à vitesse et charge constantes dans un palier, lorsque l’on supprime l’arrivée d’huile de graissage.
- On avait trouvé à celle époque que, pour les mêmes conditions initiales, avec une certaine huile, le grippage se produisait au bout de 36 mn environ, tandis que si l’huile était graphitée, il fallait attendre plus de 26 h avant que l’accident ne se produise.
- M. II. Shaw a repris ces expériences, mais en faisant varier la nature de l’arbre : en acier ordinaire ou métallisé. Les différences constatées sont également considérables : avec l’huile ordinaire, l’arbre en acier grippe 3 h environ (charge 20 kgr par cm2, vitesse périphérique 1 m 3o sec.) après l’arrêt du graissage, et l’arbre métallisé au bout de 22 h. Avec l’huile graphitée, dans les mêmes conditions, les temps sont respectivement de 180 h et de plus de 200 h (essai non terminé). La question se pose immédiatement de savoir si ces résultats, tout au moins sous la forme qualitative, peuvent être appliqués aux arbres vilbrequins des moteurs à explosion, dans lesquels l’effort est alternatif et appliqué dans toutes les directions. Il était à craindre que les vilbrequins métallisés résistent moins bien à ces conditions particulièrement dures qu’aux efforts réguliers des expériences précédentes. On a constaté que non seulement
- 11 n’en était rien, mais encore que l’usure des paliers était diminuée de 4o pour 100 environ en utilisant des vilbrequins métallisés.
- Comment interpréter ces résultats ? Evidemment, le rôle principal est joué par la nature des surfaces en contact. On sait que, examinées au microscope, les surfaces travaillées mécaniquement, bien cjue paraissant unies à l’œil nu, se révèlent constituées par des creux et des bosses dont l’importance dépend du finissage auquel la pièce a été soumise. Il semble logique de chercher à réaliser le poli maximum de façon à éviter l’usure qui résulterait de l’accrochage mutuel des aspérités des deux surfaces, dépassant le niveau de la pellicule d’huile de graissage.
- De nombreuses expériences faites récemment avec des surfaces amenées au poli optique ont montré que cette conclusion était inexacte. En effet, ces surfaces, lorsqu’on opère sous faible charge et grande vitesse périphérique, perdent peu à peu leur poli et prennent un aspect mat ou gravé. En
- —......... y,::::,,:,, 321 =
- examinant les surfaces au cours de l’expérience, on a constaté que le dépoli dur se produisait initialement au voisinage d’un petit défaut de la sui’faee. L’étude plus serrée du phénomène dans le métal antifriction a montré que cet accident dans la surface provoquait dans l’huile sous pression la formation d’un tourbillon dont l’action abrasive était suffisante pour creuser une petite dépression. dont les boixls formaient une légère saillie au-dessus de la surface du métal. Cette saillie agit à son tour comme un nouveau défaut et de proche en proche toute la surface se trouve érodée. Si on ajoute à l’huile une très petite quantité d’abrasif extrêmement fin, l’action est beaucoup plus rapide et son développement plus frappant encore.
- Quand toute la surface a été transformée, tous ces petits tourbillons élémentaires semblent se comporter comme des « billes » ou des « rouleaux » liquides sur lesquels glisse alors la couche d’huile principale sans éprouver de notable résistance. Partant cl’unc surface optiquement polie, on a constaté que le coefficient de frottement diminue progressivement jusqu’à mie valeur correspondant au dépoli total de la surface.
- Si à ce moment on augmente la charge sous laquelle fonctionne le système, on constate que la matité est détruite, le poli est rétabli par l’action de l’huile, accompagné par une élévation du coefficient de frottement. En rétablissant les conditions de fonctionnement initiales, les mêmes phénomènes se reproduisent, et la valeur minima du coefficient est retrouvée quand la surface est de nouveau devenue mate.
- Il semblerait donc qu’une surface mate donne les meilleurs résultats; malheureusement, comme nous venons de le voir, l’action des fortes charges a pour effet de polir les surfaces en présence, l’action étant d’ailleurs moins rapide quand on se sert de lubrifiants graphités. L’idéal serait une surface suffisamment homogène pour être exempte de défauts superficiels et en même temps capable de conserver indéfiniment le poli mat.
- Lorsqu’on opère avec des surfaces métallisées par projection à haute température de métal fondu, la contex-hue du dépôt est poreuse et rappelle celle -d’une éponge avec des pores ultra-microscopiques. D’après cé*que nous avons vu plus haut, c’est peut-être la raison pour laquelle le coefficient de frottement de ces surfaces est remarquablement faible. De plus, la texture poreuse a un autre avantage, c’est de retenir une certaine quantité d’huile qui sert utilement dans les périodes de démarrage, avant que la circulation d’huile ne soit régulièrement établie, ainsi que lorsque des à-coup se produisent, provoquant brusquement une charge anormale sur les paliers. On a constaté expérimentalement que certains arbres métallisés, plongés pendant 5o h dans l’huile, absorbaient jusqu’à 10 pour 100 d’huile {rapportée au volume de métal d’apport) et pouvaient ainsi continuer à tourner dans leurs paliers pendant 20 h et plus après suppression du graissage.
- Il semble qu’il y ait là des indications extrêmement intéressantes et dignes d’attirer l’attention des laboratoires de recherches métallurgiques sur les propriétés mécaniques des pièces métallisées.
- II. Y.
- p.321 - vue 325/439
-
-
-
- 322
- = LE PLUS PETIT MAMMIFÈRE D'EUROPE
- Dans la nombreuse famille des Soricidés, la Pachyure étrusque (Siincus etruscus Ehrenberg) se distingue par son extraordinaire petitesse. De taille moitié moins grande que la Sorex pygmeus, cette minuscule Musaraigne ne pèse, en effet, que 2 gr ! Le professeur Paolo Savi, de Pise, la découvrit en 1822 et la décrivit sous le nom de Sorex etruscus, mais les naturalistes modernes ont changé son nom en celui de Sun-cus afin de se conformer à l’usage des appellations de priorité. Récemment M. P. Rode a appelé de nouveau l’attention sur cet original insectivore, le plus petit des Mammifères d’Europe qu’on rencontre d’ailleurs, assez rarement.
- ASPECT
- i2 t3
- Fig. 2. — Los dents grossies de la Pachyure étrusque (D’après l’ouvrage de R. Didier et P. Rode, Les Mammifères do France,
- •1935).
- Empruntons d’abord aux Éludes de micromamma-logie de Selys-Lonchamps (1839) les détails caractéristiques de son gracieux faciès. La Pachyure étrusque a le dessus du corps et de la tête d’une couleur cendrée plus ou moins brune avec poils roussâtres à leur extrémité. Toutes les parties inférieures de la gorge jusqu’à l’adbomen sont d’un cendré clair avec une teinte plus foncée sur les bords dont la nuance se confond, du reste, avec le pelage du dos. Les poils des moustaches
- Fig. 1. — La Pachyure étrusque. Exemplaire du Muséum national d’Histoire naturelle. Longueur : 52 mm ; poids : 2 gr.
- sont nombreux et fins, ses yeux très petits, ses oreilles très larges dépassent notablement le niveau de sa peau, ressemblant à celle de la Musaraigne et de très petits poils blancs les recouvrent. Les ongles sont également de cette dernière couleur. Sa queue un peu rétrécie à son origine, légèrement télragone, possède une grosseur presque uniforme jusqu’à son extrémité où elle finit brusquement en pointe ; d’un gris brun en dessus, un peu blanchâtre en dessous, des poils très courts et formant un pinceau terminal la recouvrent entièrement. On voit, en outre, aux endroits correspondant à chacune des vertèbres caudales une touffe d’autres poils longs, très fins et blanchâtres. Enfin les excréments de l’animal répandent une forte odeur de musc.
- ÉCOLOGIE
- D’autre pari, la biologie et les mœurs de la Pachyure étrusque sont encore peu connues. On sait seulement qu’elle se tient ordinairement sous les racines ou dans les troncs des vieux arbres et qu’elle se nourrit d’insectes. Quant à sa distribution géographique, d’après une note communiquée par M. P. Rode à la Société Zoologique de France dans sa séance du 11 janvier 1988,
- elle comprend la région méditerranéenne, la Grèce, la Sardaigne, la Corse, l’Italie, la Sicile et le sud de la France. On la trouve encore dans le Var, le Gard et jusque dans l'Ailier. Ce savant a étudié surtout les caractéristiques anatomiques du spécimen en peau photographié ci-contre, qui se trouve dans leè collections du Muséum d’Histoire Naturelle. Il s’agit, d’après les indications fournies par le collecteur, d’une femelle capturée à Lignières-Sonneville près de Cognac (Charente) le 27 septembre 1908 et dont voici les principales dimensions :
- .Longueur (tète et corps). Longueur de la queue . . . .
- Longueur totale de la tête osseuse. Largeur de la tête osseuse au niveau des temporaux . Nombre de dents................
- 52 mm 29 mm :r 3 mm
- 6 mm 5
- La dentition, caractéristique, est représentée sur la figure 2. Sa formule est :
- 31 + 3PM + 3M il + 2PM -+- 3M
- Toutefois, un maminalogisle averti, M. Ileim de Balzac, que nous avons consulté à ce propos, émet des doutes sur la présence de la Pachyure étrusque en Charente, en Vendée ou dans l’Ailier. Dans ses nombreuses excursions zoologiques, ce savant naturaliste n’a jamais vu, en effet, dans notre pays, de représentants vivants du plus petit des mammifères, qu’il est facile de confondre avec d’autres espèces de Musaraignes. Par contre, il a rencontré souvent, dans le midi de la France, des crânes de Suncus etruscus dans l’estomac des Chouettes qu’il a disséquées. Il en déduit que le minuscule insectivore habite les départements français méridionaux et n’est probablement pas si rare qu’on le suppose ; seule sa petitesse rendrait sa capture malaisée.
- *
- *
- *
- Voilà un bel objet de chasse et de collection pour les amateurs d’histoire naturelle, pendant les prochaines vacances. J. de la Cerisaie.
- p.322 - vue 326/439
-
-
-
- ÉMILE ROUBAUD "
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS
- D'origine lorraine par ses ascendants paternels et maternels, M. Émile Roubaud, élu à l’Académie des Sciences de Paris le i4 mars ic>38 en remplacement de Ch. Gravier, naquit à Paris en 188:2. Son goût pour l’histoire naturelle se manifesta de lionne heure. En compagnie de son père, qui exerçait la médecine, il parcourait souvent, dans son enfance, la campagne ou les bois des environs de la capitale, récoltant des plantes, de petits animaux et .surtout des insectes. D autre part, son oncle J. Poirier, malacologislc et helminthologiste distingué, occupait alors la chaire de zoologie à la Faculté des Sciences de Clermont -Ferrand dont il devint plus tard le doyen. « lout jeune, nous racontait récemment le savant entomologiste, j’ai fréquenté son laboratoire lorsqu’il m’arrivait d’aller passer mes vacances en Auvergne. J’examinais curieusement les pièces de ses collections et il m’apprenait déjà à disséquer et à dessiner. Mon oncle, en effet, maniant aussi bien le scalpel que le crayon, grava les planches lithographiées de ses mémoires et en particulier celles de sa thèse de doctoral sur les Dislomiens ou Vers Tréma-Iodes. J’ai donc grandi dans une ambiance véritablement prédestinée. Si bien qu’après avoir terminé mes éludes classiques au Lycée Buffon, je résolus à mon tour de devenir naturaliste. D’autant plus que pendant l'été 1898, au cours d’une excursion dans la forêt de Rambouillet, le hasard d’une rencontre m'avait permis d’entrer en relations avec un grand collectionneur de Diptères, le D1' J. Villeneuve, qui me fil connaître les innombrables représentants de ce groupe d’insectes, peu étudié en France jusqu’à celte époque. Aussi, dès 1901, après avoir passé ma licence ès science naturelle en Sorbonne et suivi l’enseignement de Lacazc-Dulhiers, Yves-Delage, Hérouard, Lapicque et Portier, j’ai publié mon premier mémoire, consacré à deux types de mouches qu’on rencontre sur les rivages maritimes de l’Ouest de la France ».
- Ensuite, à peine âgé de 22 ans, M. Roubaud fut reçu agrégé des sciences naturelles puis, après son service militaire, il entra en 1900 au Muséum, dans le laboratoire du Pr Bouvier, qui l’aiguilla vers l’élude particulière des insectes suceurs de sang. Il aborda pour commencer l'histoire des^ Simulies, petits moucherons piqueurs dont une espèce décime les troupeaux en Europe centrale ; se basant sur certaines constatations morphologiques ou biologiques, il établit les bases de leur classification rationnelle. Peu après, sur la recommandation de son maître, le jeune biologiste fut accueilli à l’Institut Pasteur où sa carrière allait dès lors se dérouler brillamment. Là, sous l’habile direction de Félix Mesnil (mort le i5 février 1938), il entreprit des recherches méthodiques sur les Protozoaires pathogènes et en 1906, fut adjoint à une mission scientifique chargée d’aller découvrir les moyens pro-
- Fig. I. — M. Emile Roubaud, membre de VAcadémie des Sciences.
- près à combattre la maladie du sommeil qui désolait alors nos colonies de l’Afrique équatoriale.
- Dix ans auparavant, le savant anglais sir D. Bruce avait bien reconnu dans certaines mouches Tsélsés (G lossina morsitans) les agents propagateurs des affections de ce type dont plusieurs et entre autres le fameux Aagana sévissent sur les animaux ; mais leur façon d'en opérer la transmission restait entourée de m\stère. Roubaud démontra que l’évolution caractéristique des différents Trypanosomes pathogènes s’effectue dans le liquide salivaire des Glossines et comporte la transformation des Flagellés libres du sang en une forme d’attente fixée, qui s’v multiplie pour donner naissance ultérieurement au même type de Flagellés qu’on rencontre dans le sang des malades. Le cycle qui s’acomplit dans la salive des Tsétsés est spécifique et absolument propre à ce genre de Diptères. En outre, l’ample moisson de matériaux recueillis au Congo sur ces curieuses bestioles, si peu différentes de nos mouches communes quant à leur aspect extérieur mais ayant un mode de vie tout à fait spécial, permirent à l’attentif voyageur de soutenir à son retour en France une remarquable thèse de doctorat sur la Glossina pal pâli s (1909).
- Dans cet important travail, il observait, en effet, que les Tsétsés, parasites ovipares, se reproduisent de singulière façon ; leurs larves, enfermées dans le sac utérin maternel y « tellent » une sorte de liquide lacté que secrétent des glandes particulières. Indépendamment de cette découverte biologique curieuse, il indiquait le moyen de détruire cette redoutable engeance
- p.323 - vue 327/439
-
-
-
- = 334 =................11.......... ......... -—.....=
- vectriçe de la maladie du sommeil. La Palpalis vit au bord des eaux, à l’ombre et. à la fraîcheur des boisements forestiers. La sécheresse de l’air l’épuise, contrarie sa Jestation et les rayons solaires détruisent ses pupes. IL faut donc éclaircir, en les déboisant partiellement, les gîtes que fréquente cette Glossine si l’on y eut la faire disparaître.
- ‘ Dans d’autres missions scientifiques, M. Roubaud explora encore, de 1909 à 1913, nos colonies ouest-africaines, du Sénégal au Dahomey. Au cours de ce périple de près de 10.000 1cm d’itinéraires, de la zone côtière aux régions prédësertiques, il fit une série d’observations variées sur les insectes ou les parasites et sur neuf especes différentes de Glossines. Celles-ci, indépendamment de la transmission de la maladie du sommeil à l’homme, communiquent aux animaux trois virus ti'ypanosomiens distincts. Il établit, en outre, qu’une seule espèce de Tsétsé peut propager plusieurs affections mais que si certaines différences existent entre ces agents de transmission, si les uns évoluent d’emblée dans la salive de la trompe des Glossines, si les autres se multiplient au préalable dans le tube digestif de ces dernières, leur évolution salivaire demeure spécifique et obligatoire. Cette vaste enquête permit encore à son auteur de dresser une carte de distribution de la maladie du sommeil et des trypanosomiases animales ainsi que de la répartition des diverses espèces de Tsétsés et des peuplements de gros gibier qui les entretiennent dans toute l’AMque occidentale française.
- A son retour d’une dernière campagne entomologi-que où il étudia surtout les insectes ravageurs des graines d’Arachides au Sénégal, M. Roubaud fut chargé par Roux d’organiser, à l’Institut Pasteur de Paris, un laboratoire d’entomologie médicale et de biologie parasitaire où depuis plus d’un quart de siècle le sagace observateur poursuit ses recherches avec des matériaux provenant, pour la plus grande part, de ses prospections personnelles. Là et ailleurs, il continua l’étude des terribles Diptères inoculâteurs du paludisme ou de la fièvre jaune, il s’attaqua également à de délicats problèmes de biologie générale sur la vie symbiotique des insectes piqueurs, sur les sociétés primitives des guêpes d’Afrique, sur les diverses races de Moustiques et la systématique des Arthropodes, sur la prophylaxie antipaludique et sur les Bactéries ento-mophytes.
- Dans son « Insectarium » parisien se dresse un petit bassin où, parmi les rochers et les plantes aquatiques coule un filet d’eau limpide ; en cet endroit, vivent les Anophèles transmetteurs de fièvres paludéennes. Par contre, les eaux polluées conviennent aux larves de la redoutable Stegomyia, agent de transmission de la fièvre jaune. Dans ce laboratoire, il put vérifier ou compléter les observations qu’il avait faites, soit en Afrique, soit en France au cours de la guerre, soit depuis cette époque dans diverses régions de l’Europe.
- « Par exemple, nous dit notre patient interlocuteur, étant mobilisé comme sous-officier d’infanterie, j’eus l’occasion, dès les premiers mois de 1914, de constater
- de visa des rechutes de paludisme parmi les tirailleurs algériens ou les spahis marocains. Plus tard, je fus détaché au Laboratoire central de bactériologie des armées et j’observais également de nombreux cas similaires parmi les militaires rapatriés de l’armée d’Orient. Afin d’élucider le cycle évolutif de cette maladie, je me rendis en Vendée où se trouve, au nord des Sables-d’Olonne, un très ancien foyer autochtone de paludisme. J’y étudie, chaque année depuis 1923, pendant la période des vacances, dans une « station » improvisée à Croix-de-Vie, les moustiques vendéens, dont j’ai dévoilé ou contrôlé les mœurs parfois si bizarres. En particulier, j’y ai constaté que VAnopheles maculipennis, le grand vecteur palustre d’Europe, n’est pas une entité spécifique ; que 6 ou 8 races de ce malfaisant Diptère peuvent infester les humains. Par suite de leur tropisme alimentante, certaines variétés de Moustiques plus particulièrement « zoophiles » se développent dans les régions d’élevage et ne s'attaquent guère qu’aux animaux tandis que d’autres, plus rigoureusement a anthropophiles », en veulent surtout à l’homme et se rencontrent uniquement dans des pays où le paludisme grave règne à l’état endémique ».
- Enfin, en opérant sur des Singes, le nouvel académicien a montré que les Stégomyes originaires de Tunisie ou des Indes Néerlandaises peuvent transmettre la fièvre jaune, tout comme leurs cousines de l’Afrique occidentale ou de la Havane. Il a reconnu aussi tout dernièrement que certains Moustiques, vivant dans la région parisienne et les forêts du nord de la France, possèdent la même faculté nocive. La connaissance plus précise des mœurs et particularités biologiques de ces insectes vecteurs du terrible fléau, si redouté des populations de l’Afrique occidentale, du Mexique et de l'Amérique du Sud, lui a fait préconiser pour le combatti'c de nouvelles mesures prophylactiques, généralement adoptées aujourd’hui.
- Jacques Boyer.
- l'ig. 2. — L’aquarium d’élevar/e des Anophèles, dans le laboratoire de M. Roubaud, à l’Institut Pasteur.
- p.324 - vue 328/439
-
-
-
- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- Solutions des problèmes proposés dans LA NATURE du 15 novembre J 937 (n° 3013)
- Rappelons d’abord l’énoncé des questions :
- Problème A. — On construit des carrés sur les 3 côtés d’un triangle rectangle, comme s’il s’agissait de démontrer géométriquement le Lhéorème de Pythagore, et on joint les sommets extérieurs des carrés de manière à obtenir un hexagone irrégulier. Sachant que le triangle a même mesure que son périmètre et que la longueur totale des lignes intérieu-
- Fig. 1. — Solution du problème A.
- res de la ligure est de go m, on demande le périmètre de l’hexagone. (Proposé par M. Maurice Arnaud, io, place Maurice Rouvier, à Marseille).
- Problème B. — Un élève se trompe en portant sur sa copie le produit suivant : M x N = 235.779. Cependant, aussi consciencieux qu’étourdi, il s’assure, sur sa copie même que le premier et le dernier chiffre sont exacts, et refait la preuve par 9 et même la preuve par 11. Son professeur lui fait remarquer que si le nombre eût été exact, la preuve par 7 eut donné un résidu nul, et l’envoie au tableau refaire l’opération. Malheureusement on a oublié les nombres M et N. L’élève se souvient seulement qu’ils avaient le même nombi’e de chiffres, que 4 chiffres différents suffisaient pour les écrire et que M était premier et plus grand que N. On demande aux lecteurs de lui venir en aide et de retrouver M, N, et le produit exact. (Proposé par M. Antoine Jouffray, à Manlalot, par La Roche-Derrien (Côtc-du-Nord).
- - Problème C. — Trois hommes A, B, C, possèdent en commun une certaine somme S, leurs parts respectives étant entre elles comme les trois nombres entiers 3, 2, 1. A prend dans la masse une somme x, en garde la moitié et dépose le reste entre les mains d’une certaine personne D. B prend
- à son tour dans la masse y, dont il garde les 2/3 et donne le surplus à D; enfin C prend ce qui reste, soit z, en garde les 5/G, et donne le reste à D. Il se trouve que les dépôts faits entre les mains de D et appartenant à A, B, C sont égaux.
- Trouver, d’après cela, S, x, y, z (Jean de Palerme, 1225).
- Solutions :
- Problème A. — La somme des longueurs intérieures est évidemment égale à 3 fois le périmètre du triangle ABC, nous pouvons donc écrire les équations suivantes :
- a + b + c = 3o (i)
- -L ab = 3o (2)
- 2
- a2 + b2 = c2 (3)
- Mettant (1) sous la forme : a + b — 3o —• c et clevant les 2 membres au carré, il vient :
- a2 + 2ab + b2 = 900 — 60c 4- c2, et, tenant compte de (2) et (3), cette équation se réduit à :
- 120 = 900 — Go c, d’où : c — 13.
- Substituant cette valeur de c dans (1), nous avons a + b = 17, égalité qui jointe à (2) nous permet d’écrire l’équation du second degré :
- x2 —• 174: 4- 60 = 0
- qui fournit deux valeurs : 12 et 5 correspondant respectivement à a et b.
- Le périmètre comprend 6 côtés dont 4 ont des longueurs connues : ID = a, DE — c, EF = 5, GH = c. Reste à déterminer les longueurs de FG et III.
- Abaissons de G la perpendiculaire GM, sur FA prolongée ; le triangle AMG est égal au triangle ACB, les angles en A étant égaux, et FM = 2b, d’où FG = \ 4t>2 + a2.
- Un raisonnement semblable prouve que BL = BI et nous avons : HI = \ 4a2 + b2. Remplaçant les lettres par leurs valeurs et effectuant les opérations indiquées, il vient, enfin, pour le périmètre cherché :
- 12 m -j- i3 m + 5 m 4- 10 m G2 4- i3 m 4- 24 m 5i
- . = 83 m i3.
- Problème B. — Soit X le produit correct. Les conditions de l’énoncé peuvent s’écrire :
- X = mult. 9 + 6 (0
- X = mult. 11 4- 5 (2)
- X = mult. 7 .4- 0 (3)
- X = mult. 10 4- 9 (4)
- En effet, le produit erroné donne respectivement G et 5 pour résidus de la preuve par 9 et 11 et X doit se terminer par un 9. En résolvant ce système par la méthode classique on est conduit pour X à une infinité de valeurs comprises dans la formule :
- X; = 6980 t 4- 8129.
- Mais, en tenant compte de l’inégalité : 200.000 <( X <( 3oo.ooo on ne trouve pour t que les i4 valeurs possibles :
- 29, 3o, 3i....... 4i, 42. (A)
- p.325 - vue 329/439
-
-
-
- 326
- M étant premier et plus grand que N, ce dernier facteur, est donc plus grand que X2g : 997 (997 étant le plus grand nombre premier de 3 chiffres), soit :
- N )> 20k. (5)
- D’autre part, N est inférieur à la racine carrée de X42, ce qui donne pour la limite supérieure :
- N < v'X^T = 542- (6)
- Les relations (1) et (3) prouvent que X, et par conséquent N, sont des multiples de 21. Posons N = 21/c, les limites de h se déduisent aisément des relations précédentes :
- 10 k 25. (7)
- Divisons X^ par 21, il vient :
- 33o l + i4g = ZcM. (8)
- Le premier membre est divisible par k, or i4g est premier, donc k ne peut avoir de diviseurs communs avec 33o; il 11e peut contenir aucun des facteurs premiers : 2, 3, 5, xi. Le plus petit facteur possible est 7, mais k étant plus grand que 10 doit admettre au moins un second facteur pi’cmier, ce qui est incompatible avec (7). On en conclut que k est l’un des nombres premiers i3, 17, 19, 23.
- On pourrait former les i4 nombres X, de X2g à X42, et essayer les divisions de chacun d’eux successivement par i3 x 21, 17 x 21... 23 x 21, ce qui conduirait pour la discussion complète à 5C divisions. Il est plus élégant de déterminer les valeurs de t correspondant à chaque valeur de k, ce qui donne M, en même temps, sans tâtonnements. Essayons i3 en écrivant (8) sous la forme :
- i3(25£ + 11) + 5/ + 6 = i3M.
- Donc : 5/ -f G = mult. i3, ce qui exige t — 4 + i3p.
- La seule valeur compatible avec (À) est t = 3o. D’où, pour
- ,, _ „ 5 X 30 + 6 o HT • AT
- M : a5 x 00 4- n + -------------------- = 773. Mais N = 21
- 10
- x 13 = 278, la solution est à rejeter bien que 778 soit premier. Trois chiffres suffisent pour écrire les 2 facteurs. Essayons 17 par la même méthode.
- i7<>9* + 9) + 7* — 4 = 17M.
- On trouve : t = 3 + 17p, et, d’après (A), t = 87. La
- n V 3 H [\
- valeur de M est : 19 x 37 + 9 + ---------------^------- = 727
- N = 21 x 17 = 357. M est premier, toutes les conditions sont satisfaites, d’où une première solution :
- M = 727 ; N — 357; X = 25g.53g.
- 11 est facile de vérifier que c’est d’ailleurs la seule car pour k = 19 et 23, les valeurs de M sont inacceptables.
- Problème C. — Ce problème a son histoire. C’est une des questions posées par Jean de Palerme, lors d’un tournoi mathématique présidé à Pise, en 1225, par l’empereur Frédéric II. Seul Fibonacci, alias Léonard de Pise, parvint à le résoudre, il montra que ce problème est indéterminé et donna la plus petite solution en nombres entiers. Nous devons avouer que nombre de nos correspondants n’ont pas été plus heureux que les compétiteurs de Fibonacci; cependant le problème ne présente pas une grande difficulté, mais il y a une subtilité qui a échappé à beaucoup.
- Les parts de A, B, C, étant respectivement proportionnel-
- les à 3, 2, 1, il s’ensuit que ces parts sont égales à
- S_ S T' T
- et
- S
- 6 •
- L’énoncé dit
- « possèdent en commun » donc
- A, B, C, ont droit à la moitié, au tiers, au sixième de la
- somme S quelle que soit sa réparliiion entre eux et entre D.
- Ainsi A prend x, sur cette somme, il a droit à ~ , c’est
- précisément la part qu’il conserve, mais il a droit également à la moitié de y et à la moitié de z. Or, plus loin, l’énoncé précise : « les dépôts faits entre les mains de D, et appartenant à A, B, C, sont égaux » c’est donc que A a droit à u, en posant :
- et que celte somme est le complément de son avoir, autrement dit équivaut à ses droits sur y et z.
- D’où l’équation :
- y
- 2
- +
- (>)
- De même pour B qui, n’avant droit qu’à a conserve - en trop, comme il reçoit u, c’est que :
- x
- 3"
- y_
- 3 -
- (2)
- Pour C, nous aurons de même :
- ^ , y
- 6^6
- (3)
- Nous déduisons deux relations entre ces trois équations : le problème est indéterminé. On tire de (1), (2), (3) en fonction de z, les valeurs suivantes :
- z = z y = i3z x = 33z S = 472
- Au lieu d’éliminer u, nous aurions pu expliciter sa valeur dans les seconds membres, nous obtiendrions alors un système de 3 équations homogènes à 3 inconnues qui conduit naturellement aux valeurs trouvées ci-dessus. Léonard de Pise donna la solution la plus simple en nombres entiers : z = 1, y = i3, x = 33, S = 47-
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — MM. G. Tuaillon, Pont-de-Roide (Doubs); P. Marichal, Saint-Fons (Rhône); Léon Jeannin, i3, avenue Emile-Laurent, Paris.
- Problèmes A, B. - MM. Daniel J. Ruiz, Colegio Maximo, San José, San Miguel (République Argentine) ; Georges Tel-lier, instituteur, Saint-Georges-sur-Fontaine (Seine-Inférieure) ; Eleftéroudakis, à Athènes (Grèce) ; R. Sagot, à Paris; A. Jouffray, Mantalot, par La Roche-Derrien (G.-du-N.) ; Huyghebaert, 52, rue Ancienne Église, Anvers (Belgique) ; Elie Paillusseau, Institut Pasteur, Nantes (Loire-Inférieure) ; F., abonné à Ussel (Corrèze).
- Problèmes A, C. — MM. Schiele, 5, boulevard Maréchal-Pétain, Mulhouse (Haut-Rhin).
- Problème A. — Mme Fersing, à Toulon (Var) ; MM. Frère Basile Auguste, Colegio de la Salle, Vedado, Habana (Cuba) ; Fréquenez, 12, rue La Pérouse, Valence (Drôme) ; L. Schaeffer, ingénieur, 16, avenue Tissot, Lausanne (Suisse) ; Arnaud André, 10, place Maurice Rouvier, Marseille.
- Problème B. — Mme Lemoine, 58, rue J. J. Rousseau, Gharleville (Ardennes); M. Jacques Loubatières, n, avçnue Foeh, Metz.
- ÏIeNïII BaÙOLET.
- p.326 - vue 330/439
-
-
-
- 387
- LES COLORANTS DES ALIMENTS
- Le consomma leur- achète plus volontiers un produit alimentaire dont la présentation flatte ses yeux et fait naître •chez lui, par un phénomène psychique bien connu, le désir d’y goûter. Aussi les fabricants ont-ils, depuis longtemps, pris soin d’aviver ou de modifier la couleur naturelle des matières qu’ils préparent.
- Pour limiter leurs initiatives, ils ont trouvé devant eux les avis extrêmement prudents du Conseil Supérieur d'Hygiène publique de France, que des lois et des décrets ne manquent jamais de codifier.
- Les colorants se présentent en deux grandes catégories : les matières colorantes naturelles et les composés synthétiques dérivés de la houille, fabriqués à partir de certains produits organiques obtenus dans la distillation de la houille.
- Les colorants naturels. — Les composés naturels sont presque tous inoffensifs et la loi autorise leur emploi •sans restriction à l’exception de la gomme gulle et de l’aconit napel. La gomme gutte en effet est pourvue de fortes propriétés purgatives et l’aconit napel contient un alcaloïde toxique, l’aconitine.
- Les colorants végétaux utilisés dans les industries alimentaires sont très nombreux. Les huiles, les beurres, les corps gras reçoivent une addition de curcumine, matière extraite des racines de curcuma. Le colorant type des corps gras est le rocou, d’une teinte jaune orangé. On vend dans le commerce des solutions de rocou dans l’huile de lin ou de •sésame, destinées à la coloration des beurres.
- Le caramel de sucre est connu de tous. Peu nombreux sont ceux qui, enfants, n’ont, pas été émerveillés de voir dans un moule chaud le sucre fondre et prendre ces teintes si variées, allant du jaune ambré au brun foncé, promesse •de gâteaux alléchants. Les eaux-de-vie, les cidres, les spiritueux sont colorés à l’aide de caramel. Les graines de Perse donnent quelquefois aux cidres et aux poirés leur leinlc jaune.
- Parmi les rouges, la teinture d’orcanetle est appliquée sur les croûtes de fromages de Hollande. Mais le colorant rouge lé plus employé est d’origine animale : c’est la cochenille; elie est extraite des femelles de petits insectes dont le nom scientifique est Coccus cocti; les plus estimés viennent du Honduras et du Mexique. On les recueille sur certaines plantes, on les déssèche, puis on les traite par l’eau, et de cette solution on extrait la matière colorante. La cochenille est le seul colorant autorisé pour les saucissons et les viandes; son usage s’étend aux bonbons, aux sirops, aux cidres, etc...
- Quelques colorants sont des composés minéraux. Mais ici déjà, les restrictions sont plus sévères. Ces mesures s’expliquent par le fait que de nombreux sels métalliques sont mal éliminés par l’organisme, et qu’une méconnaissance de leurs propriétés toxiques peut entraîner des pratiques dangereuses.
- C'est ainsi qu’il y a une trentaine d’années, les boulangers, dans une certaine région de la France, utilisaient, pour
- dorer leurs brioches, le jaune de chrome. Or le plomb contenu dans ce corps est toxique. Depuis 1912,. l’emploi des colorants minéraux a été limité à des cas particuliers et aux quantités strictement nécessaires.
- Les légumes en conserve, tels que les petits pois, les haricots verts sont reverdis à l’aide du sulfate de cuivre ; mais l’opération doit être effectuée de telle sorte que la quantité de cuivre contenue dans 1 lcgr de légumes égouttés reste inférieure à 100 mgr. L’azurage du sucre est obtenu grâce à l’outremer qui est un silico-sulfate d’alumine.
- L’industrie alimentaire utilise encore quelques composés minéraux : sulfate et carbonate de chaux, peroxyde de fer ou de manganèse, ferroevanure ferrique (bleu de Prusse), etc...
- Les colorants synthétiques. — Depuis la fin du siècle dernier, les produits synthétiques ont remplacé dans presque tous leurs usages les matières colorantes d’origine naturelle. Les anciens colorants ne trouvent plus guère place que dans l’alimentation. Même là, il était normal qu’on cherchât à introduire les colorants artificiels qui fournissent souvent des couleurs plus vives, donnent plus facilement les teintes désirées et sont d’un emploi plus commode. L’insistance des fabricants a obtenu droit de cité pour 21 produits très exactement catalogués. Les aliments qui peuvent être traités par ces composés synthétiques, sont limités eux-aussi.
- Les travaux qui ont précédé la législation à ce sujet ont, en effet, montré qu’on ne pouvait les considérer tous comme absolument inoffensifs. Ils ont prouvé, en particulier, que vis-à-vis des animaux unicel lulaires, la fuchsine possède un pouvoir toxique plus élevé que le sulfate de strychnine. Le noyau de certaines cellules épithéliales fixe divers colorants de la houille; il est probable que dans l’estomac à jeun, les aliments porteurs de ccs produits peuvent atteindre un certain nombre de cellules.
- Aussi, l’autorisation d’utiliser les colorants synthétiques a-t-elle été limitée aux produits qui ne constituent pas des aliments essentiels, mais plutôt un superflu à la nourriture ordinaire. La pâtisserie et la confiserie bénéficient de cette mesure, ainsi que les liqueurs, les enveloppes utilisées en charcuterie comme les boyaux ou les vessies, les fruits en conserve; c’est ainsi que les cerises en boîte sont rougies à l’érythrosine ou au ponceau 2R.
- Exception est faite pour les pâtes alimentaires. Celles qui possèdent une belle teinte jaune doivent leur apparence au jaune naphtol S.
- La fraude peut s’étendre aussi à ce domaine. On a signalé, par exemple, l’emploi de tartrazine dans les pâtes alimentaires. Ce produit avait été autorisé temporairement en 1916, parce que l’industrie se trouvait alors dans l’impossibilité de fabriquer le jaune naphtol S. Il faut croire que certains fabricants n’ont pu perdre l’habitude d’employer la tartrazine, puisqu’on en décèle encore quelquefois.
- Mais les industriels ne se contentent pas toujours des
- p.327 - vue 331/439
-
-
-
- = 328 ...........;........................ .........::.
- possibilités que leur accorde la loi. Actuellement, une controverse particulière met aux prises les fabricants de fromage et le Conseil supérieur d'Hygiène publique. Les premiers se plaignent de ne trouver sur la liste des colorants rouges autorisés aucun produit susceptible de se dissoudre dans la paraffine, en vue de la coloration- des croûtes de fromages dits de Hollande. Le Conseil supérieur d'IIygiène ne consent pas à autoriser le Soudan IV, rouge synthétique
- utilisé en Hollande. La question qui reste posée a des aspects que le public est loin de soupçonner ; nous sommes certains que dans ce cas comme dans tous les autres du même genre, une solution sera trouvée, susceptible de sauvegarder à la fois les intérêts des commerçants et la santé des consommateurs.
- Maurice Daumas.
- PRESTIDIGITATION
- LA FEMME INVISIBLE
- Un truc récemment présenté a fortement intrigué plusieurs de nos lecteurs et abonnés. L’un de ces derniers nous a écrit, tout particulièrement pour être renseigné si possible.
- Il s’agit de la Femme évaporée, invisible ou disparue; ces différents titres m’ont été signalés, car le truc a pu être présenté avec quelques variantes. Voici l’effet de cette présentation :
- L’opérateur est placé face à la scène, dans l’enceinte du public. Il a devant lui une sorte de pupitre soutenant tout un arsenal d’appareils électriques : rhéostats, ampèremètres, manettes, transfos, contacts, etc. Sur la scène une femme est assise et fume une cigarette. Le présentateur annonce que, par suite d’une découverte récente, il est possible, par la seule projection d’un faisceau de rayons cathodiques de rayons ultra-violets, de faire disparaître entièrement, de rendre invisible une personne alors qu’elle existe réellement (ce serait l’anneau de Gygès réalisé par la science moderne).
- En effet, il manoeuvre ses appareils, ce qui produit quelques éclairs, quelques étincelles, un léger brouillard semble s’élever et peu à peu la jeune femme disparaît. « Voyez, ce n’est pas une illusion car sa cigarette qu’elle continue à fumer est toujours visible, nous prouvant qu’elle est toujours là, restée sur sa chaise que nous apercevons ».
- Fig. 1. — Explication du truc.
- A A
- T-E
- \! L
- Une seconde expérience est ensuite présentée : sur la scène, la chaise où la jeune femme était assise est recouverte d’une draperie quelconque : vêtement, rideau, etc.; à la suite de la manœuvre des appareils, la draperie disparaît comme absorbée par les fameux rayons, la chaise restant seule sur la scène, d’où elle disparaît à son tour, fondue sans doute par une plus forte dose de rayons.
- La prestidigitation joue ici un grand rôle et l’illusion créée est la grande cause du succès. Bien que beaucoup de spectateurs attribuent les résultats obtenus aux divers rayons mentionnés par l’opérateur, ces fantastiques rayons ne servent pas à autre chose qu’à créer l’atmosphère scientifique et faire naître l’illusion. Le petit brouillard, fumée, vapeur, qui s’élève à point nommé, est envoyé par un machiniste invisible. Quant à l’opération elle-même, elle n’est qu’une réédition du truc des « Spectres vivants et impalpables », datant de l’époque de Robert Houdin, de la « Métempsychose », du « Cabaret du Néant » et de dix autres du même genre.
- Rappelons par une explication schématique ce truc célèbre, appliqué au cas dont nous nous occupons aujourd’hui :
- Supposons la scène AA A A un peu sombre, au fond de laquelle est assise la jeune femme fumant une cigarette C et pouvant être éclairée par différents projecteurs PP. Sur un côté de la salle est une baie B, invisible aux spectateurs grâce aux lampadaires LL, au point où elle est située, et aussi à l’installation de l’espèce d’orgue ou tableau TE électrique du présentateur qui empêche d’approcher.
- Une glace sans tain traverse le devant de la scène, en biais, et ce biais est calculé pour que l’angle d’incidence I avec son angle de réflexion fasse coïncider les deux chaises, celle G de la scène et une autre CJ placée dans la baie invisible.
- Si on éclaire d’abord simplement la jeune femme C fumant sa cigarette, elle sera vue des spectateurs au travers de la glace insoupçonnée, mais si, par le jeu de « fondant. » bien connu des projectionnistes, on annule peu à peu son éclairage et qu’on le remplace dans les mêmes proportions par l’éclairage de la chaise C', cclle-ci apparaîtra aux spectateurs dans les mêmes proportions que la jeune femme et sa propre chaise disparaîtront à leurs yeux. Enfin en plein éclairage de C' ils ne verront plus que la chaise, image virtuelle et la lueur de la cigarette qui continuera à briller sur la scène.
- C’est, un même effet de fondant qui fait disparaître la draperie et laisse soi-disant la chaise découverte.
- Le réglage du fondant et le repérage minutieux des objets en CC' doivent être absolument parfaits.
- Le Prestidigitateur Auber.
- p.328 - vue 332/439
-
-
-
- 329
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS *938, A PARIS
- Mois exceptionnellement chaud, très sec et très ensoleillé, remarquable par la douceur constante de la température et la persistance des pressions barométriques élevées.
- Au Parc de Saint-Maur, la moyenne mensuelle de la hauteur barométrique, ramenée au niveau de la mer, 770 mm 2, est exceptionnelle. L’excès par rapport à la normale atteint presque 9 mm (8 mm 9).
- La température moyenne, 9°,7, est également exceptionnellement élevée. Elle est supérieure de 3°,3 à la normale et elle n’a été surpassée qu’une fois, en mars 1880, 90,8, depuis le début des observations, en 1874. Toutes les températures moyennes journalières, sauf celle du 26, ont été supérieures à leurs normales respectives avec des écarts compris entre + i°,3 et + 6°,9. Celles du 20 et du 21, i2°,6 et i3°,7, sont les plus élevés notées à pareille date depuis 6/t ans ; il en est de même des maxima du 8, i9°,i et du 20, 220,1. Le minimum absolu, — o°,4, noté le 4, est des plus remarquables, il est en excès de 3°,7 sur le minimum absolu moyen. On n’a relevé que deux jours de gelée au lieu de 9. Par contre, les gelées blanches, 14, sont en excédent de 3 unités.
- A l’Observatoire de Montsouris, la moyenne mensuelle, io°,5 et la moyenne des minima, 5°,i, sont les plus élevées depuis le début de la série des observations, c’est-à-dire depuis 1873 et la moyenne des maxima, i6°,o, se classe au second rang des plus fortes de toute la série.
- Les extrêmes absolus de la température pour l’ensemble de la région ont été : — 3°,4 à Brévannes le i4 et 23°,5 au Jardin des Plantes le 20.
- Le total pluviométrique mensuel au Parc de Saint-Maur, 9 mm 5, classe mars ig38 au 4e rang parmi les plus secs de la série des observations, c’est-à-dire depuis 1874. Il a été recueilli en 5 journées pluvieuses (nombre normal i4) et fourni en majeure partie par les précipitations du 25 (7 mm 7) et du ier (1 mm 1). Il ne dépasse guère les 20 centièmes de la moyenne. A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie, 8 mm 5, est inférieure de 80 pour 100 à la normale et le nombre de jours, 5, est inférieur de 12 unités. La durée totale de chute, 13 h 3o m, est inférieure de 76 pour 100 à la normale.
- La grande sécheresse jointe au refroidissement nocturne semble avoir contre-balancé en partie les effets de l’insolation et de la douceur de la température sur la végétation.
- On a noté tous les jours du mois des brouillards matinaux, généralement locaux et peu épais.
- A l’Observatoire de la tour Saint-Jacques, la durée totale d’insolation, 2o3 h 25 m, est supérieure de 53 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc de Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 67,1 pour 100 en déficit de 8,1 et le minimum absolu, i4 seulement, a été noté le 4 à i5 h 25 ; celle de la nébulosité a été de 43 pour 100 seulement (en 1781, i854, 1880 et 1893, le mois de mars avait encore été à nébulosité plus faible que celui de cette année). On y a constaté : 1 jour de gouttes ; 19 jours de brouillard; 7 jours de brume et 5 jours de rosée.
- Em. Roger.
- ......ETIENNE MAREY • ~
- LE CINQUANTENAIRE DE LA PREMIÈRE CAMERA
- Le 29 octobre prochain, il y aura 5o ans qu’Étienne Marey, professeur au Collège de France et membre de l’Institut, présentait à l’Académie des Sciences, la première bande cinématographique, illustrant la communication suivante :
- (( Pour compléter les recherches dont j’ai entretenu l’Aca-« démie dans les dernières séances, j’ai l’honneur de lui te présenter aujourd’hui une bande de papier sensible sur « laquelle une série d’images a été obtenue à raison de « 20 images par seconde. L’appareil que j’ai construit à u cct effet déroule une bande de papier sensible avec une « vitesse qui peut atteindre x m Go par seconde.
- <( Si l’on prend les images pendant que le papier, se a déroule, on n’obtient aucune netteté, on peut seulement « apprécier les changements d’attitude du sujet en expé-« rience. Mais si, au moyen d’un dispositif spécial, basé sur « l’emploi d’un électro-aimant, on arrête le papier pen-« dant la durée des éclairements, les images prennent toute « la netteté désirable ».
- Tel est le libellé de l’acte de naissance d’une des inventions les plus considérables des temps modernes.
- Les vieux abonnés de La Nature se souviennent sans doute que leur Revue fut étroitement mêlée aux circonstances qui amenèrent cet événement dont nul ne pouvait prévoir l’immense développement; on lira plus loin plusieurs souvenirs de son intervention.
- Physiologiste, imbu des idées de Claude Bernard, Étienne Marey s’était entièrement consacré, dès le début de sa carrière, au développement des méthodes expérimentales et, tout particulièrement, de la méthode graphique ou inscrip-
- tion automatique des mouvements. Il s’agissait de définir, par leurs mouvements, la fonction des organes.
- Progressivement, le perfectionnement de cette méthode devint pour lui une véritable passion. Son but était double : affranchir le savant de l’usage des sens dans l’observation ; exprimer le résultat des expériences en un langage international. Ce fut l’obsession de sa carrière.
- ce La Science a devant elle deux obstacles qui entravent « sa marche », écrit-il, « c’est d’abord l’insuffisance de « nos sens pour apercevoir les phénomènes et l’insuffisance « du langage pour exprimer les vexa tés que nous avons « acquises » (La Méthode graphique, int.).
- Et dans une de ses leçons au Collège de France, on lit ces lignes magnifiques :
- (( Ajoutons que de nos jours, la Science ne se forme que par la collaboration de tous les peuples ; que chaque jour, le besoin se fait plus impérieusement sentir de faire échange d’idées entre nations différentes. Nous regrettons maintenant d’avoir abandonné la langue scientifique de nos pères, le latin, qui établissait une communication facile entre tous les savants du monde ».
- M. Raymond Poincaré, dans le discours qu’il prononça au Parc des Princes, à l’inauguration du monument Marey, le 3 juin 19x4, associait cette pensée de haute inspii-ation et celle qui avait conduit à l’institution du système métrique : « Quel avantage pour tous », dit-il, « si l’on ai’rivait « à rendre comparables les indications des appareils ins-« cripteurs et si les méthodes elles-mêmes et les mesures « pouvaient devenir partout uniformes. Telle est l’idée
- p.329 - vue 333/439
-
-
-
- = 330 ........................................ ....
- « qui, avant lui, n’était venue à l’idée de personne ».
- Le cadre restreint de cet article ne permet pas de retracer les étapes parcourues par l’illustre savant avant d’arriver à l’invention du cinématographe. Pendant les 20 ans qui précédèrent la découverte de la photographie instantanée, il inventa de nombreux appareils enregistreurs dont les organes essentiels consistaient en deux capsules à membrane reliées par un tube de caoutchouc de faible section. L’une était posée sur l’organe à étudier, dont chaque mouvement provoquait une variation de pression dans l’air enfermé dans tout le système. La membrane de la capsule réceptrice subissait toutes les impulsions ; en son centre était collé un petit disque de métal qui supportait l’articulation d’un levier très léger terminé en pointe ; devant cette pointe tournait un cylindre revêtu d’une bande de papier. Marey recevait ainsi la courbe, le graphique, compréhensible en tous pays, des mouvements d’une artère, d’un cœur, d’une poitrine, d’un muscle, d’un membre. Plusieurs appareils, fixés sur un homme, un cheval, un oiseau, lui permettaient d’étudier la locomotion des êtres animés.
- Il en était à ce point de ses investigations, quand il vit dans La Nature, le i4 décembre 1878, les reproductions de photographies successives de l’allure d’un cheval, prises par un photographe de San Francisco, Muybridge.
- A la demande pressante de Marey, M. Tissandier, directeur de La Nature, transmit à l’Américain les félicitations enthousiastes du savant (n° 289, 28 décembre 1878), qui fut bien surpris de la noble réponse qu’il reçut : a Veuillez « avoir la bonté », disait Muybridge, « de transmettre l’as-tc surance de ma haute estime à M. le professeur Marey et « de lui dire que la lecture de son célèbre ouvrage sur le « mécanisme animal a inspiré au gouverneur Stanford la cc première idée de la possibilité de résoudre le problème de (( la locomotion à l’aide de la photographie ; ,M. Stanford « me consulta à ce propos et, sur sa demande, je résolus « de le seconder dans sa tâche » (La Nature, 22 mars 1879).
- C’est sans aucun doute par les expériences de Muybridge que Marey comprit l’importance de la photographie pour ses études sur le mouvement. La photographie, en effet, n’emprunte aucune énergie au sujet en observation et ne demande qu’assez de lumière pour en fixer l’image. Mais il abandonna assez vite le système de Muybridge, dont les installations ou appareils à objectifs multiples — chaque objectif ne prenant qu’une' seule image •— ne répondaient pas aux exigences de ses recherches.
- Marey s’adressa ensuite à l’astronome Janssen qui utilisait un disque tournant émulsionné pour photographier les mouvements de certains astres à la cadence d’une image toutes les minutes. Cette tentative ne lui ayant pas donné satisfaction, il se mit à l’œuvre pour imaginer et construire lui-même l’appareil qui lui était nécessaire.
- Il commença par utiliser une chambre photographique ordinaire devant l’objectif de laquelle il faisait tourner un disque percé d’une fenêtre. Il obtenait ainsi sur une plaque fixe un certain nombre d’instantanés d’un sujet se déplaçant rapidement. Pour éviter de voiler la plaque, il opérait devant un fond obscur et le sujet, choisi ou vêtu de couleur claire, était vivement éclairé.
- Ce procédé ne pouvait convenir pour les mouvements exécutés sur place, toutes les images se superposant et, au surplus, ne permettait aucune reconstitution du mouvement.
- Le savant comprit qu’il n’y avait d’autre moyen que de déplacer la surface sensible. Or, une plaque de verre est à la fois trop lourde et trop fragile pour être déplacée 20 fois par seconde. C’est alors que cet homme de génie découpa des bandes de papier sensible et construisit le premier appareil de prise de vues.
- Sa célèbre communication à l’Académie des Sciences, plus haut citée, rend compte en termes précis, de son invention. L’année suivante, un chimiste, Balagny, 11, rue de Sal-ncuve, à Paris, fabriqua pour lui, des bandes de celluloïd émulsionné, longues de 1 m 4o environ.
- Marey a perfectionné lui-même ce premier appareil, supprimé l’emploi de l’électricité, remplacé l’électro-aimant par une came et tous les organes du nouveau mécanisme furent commandés par la manivelle comme dans les appareils actuels.
- La Nature a publié, le 18 juin 1890 (n° 868), un article de M. Albert Londe où sont décrites les étapes suivies par le maître : « M. Marey », dit l’auteur, « surmontant une te à une les nombreuses difficultés par lui rencontrées, prête sente en dernier lieu un appareil destiné à donner des te images successives d’un cheval en son entier. Cet appâte reil a présenté de réelles difficultés d’exécution à cause tt de la nécessité d’arrêter la préparation sensible au moment « de chaque exposition. Mais les résultats atteints sont des t< plus concluants et des plus complets, car il est possible et d’obtenir 5o images par seconde. M. Marey a bien voulu « nous montrer des séries de chevaux ainsi faites, elles sont « des plus remarquables ». D’autre part, M. Albert Londe, en tête de son article, nous rappelle un fait qui a aujourd’hui son importance : « Parmi les dénominations nouvelle les qui ont été adoptées par le premier Congrès interna-« tional de Photographie de 1889, celle de Chronographie, « proposée par M. Marey, a été adoptée avec la plus grande « faveur pour désigner les procédés, les méthodes, permette tant d’obtenir une série d’épreuves photographiques à des a intervalles de temps régulièrement déterminés ».
- Il résulte de cette décision du Congrès que le nom de chronopliotographe a été créé pour désigner, non seulement l’appareil inventé par Marey, mais aussi tous les appareils similaires qui seraient construits par la suite, c’est-à-dire tous les appareils de cinéma. Et ce fut bien ainsi qu’à l’époque le mot fut compris. Le rôle du professeur Marey, homme de sciences et inventeur, étant achevé, celui de l’industrie commençait. Le premier progrès qu’elle eut à réaliser, était de fabriquer des films d’une certaine longueur. M. Balagny céda son brevet à des industriels qui commencèrent par des bandes d’une vingtaine de mètres, permettant de projeter des petites scènes d’une à deux minutes. Artisans et ingénieurs lancèrent aussitôt de nombreux appareils et la plupart des brevets mentionnent le nom de chronopliotographe créé par le Congrès de 1889.
- Un usage devenu universel a remplacé ce nom par celui de cinématographe, adopté par Léon Bouly. L’un et l’autre, de source étymologique, ont une application aussi générale que celui d’automobile et ne peuvent être revendiqués comme une marque de fabrique. L’un et l’autre désignent le même objet, et il est bon, quand on veut désigner tel ou tel appareil, d’v ajouter celui de son constructeur. Cette simple précaution suffit pour éviter le retour de discussions confuses sur l’antériorité de cette prodigieuse invention.
- D’ailleurs, personne aujourd’hui ne songe à discuter Étienne Marey ; son œuvre revêt, avec le temps, toujours plus de grandeur. Le cinématographe a atteint tous les buts que lui avait assignés son illustre inventeur : puissant auxiliaire de la recherche scientifique, moyen d’enseignement hors de pair, langage international, contrôleur vigilant des exercices physiques, il remplit aujourd’hui toutes les fonctions qu’avec des moyens encore rudimentaires, Marey, son créateur, fut le premier à lui faire accomplir.
- Pour cela, le cinquantenaire qui approche sera un hommage universel à la mémoire de ce savant aussi illustre que modeste. René Bühot.
- p.330 - vue 334/439
-
-
-
- = COMMENT CONSTRUIRE SIMPLEMENT = 331 DES TRANSMETTEURS D'ORDRES EN HAUT-PARLEUR
- Les appareils téléphoniques ordinaires des réseaux urbains ou privés ne permettent que l’audition a 1 écouteur, la nécessité d’approcher le récepteur de 1 oreille et le microphone de la bouche pendant tout le temps de la conversation est souvent gênante.
- La transmission à distance et la réception en haut-parleur assurent une communication plus facile avec un employé ou un ouvrier, par exemple, qui peut ainsi répondre sans quitter son travail. Une telle installation offre egalement un certain intérêt pour de simples usages domestiques. Elle permet de communiquer entre la loge d’un concierge et un bâtiment principal ou même simplement de transmettre des indications à sa cuisinière !
- On peut employer, dans ce but, deux catégories d’appareils; les uns comportent des microphones et des hauts-parleurs reliés à un amplificateur à lampes à vide central au moyen de câbles à deux conducteurs analogues aux cables téléphoniques. Les autres sont de véritables petits postes émetteurs-récepteurs de T. S. F. et permettent les liaisons bi-latérales par ondes porteuses, en utilisant des conducteurs de fortune, les lignes du réseau électrique par exemple.
- Haut
- parleur
- Haut-parleur (Aimant permanent)
- •Ecoute
- Sortie
- (Secondaire du transformat ?)
- :coute
- Fig. 1. — Installation simple de transmission d’ordres en haut-parleur à liaison bilatérale.
- Les premiers sont évidemment beaucoup plus faciles à réaliser que les autres, et on peut constituer aisément une installation de ce genre au moyen d’un microphone à charbon du type téléphonique, d’un petit amplificateur et d’un haut-parleur récepteur. Si l’on veut obtenir une liaison bilatérale il faut adopter un deuxième ensemble microphone récepteur, et des inverseurs écoute-appel permettent immédiatement la liaison dans les deux sens, comme le montre la figure i.
- Comme amplificateur on peut simplement utiliser les étages basse-fréquence d’un poste de T. S. F., ou monter séparément un amplificateur très simple à deux lampes et une valve, du type tous courants.
- Ce système est encore sirdplifié actuellement en utilisant les propriétés de réversibilité du haut-parleur électro-dynamique, qui peut servir à volonté comme microphone électi’o-dynamique et comme récepteur. Au lieu d’adopter un haut-parleur excité par le courant d’alimentation plaque de l’appareil, on emploie généralement un modèle à aimant permanent, qu’on construit désormais sous des formes très satisfaisantes.
- Ce haut-parleur peut être relié à la lampe d’entrée de l’amplificateur par un transformateur ordinaire de liaison, mais il est préférable d’adopter un véritable transformateur microphonique de rapport élevé, de i/5o à i/xoo.
- Le montage est alors constitué comme le montre le
- Fig. 2. — Liaison téléphonique bilatérale en haut-parleur avec un récepteur de T. S. F. et deux hauts-parleurs électro-dynamiques à aimant permanent.
- schéma de la figure 2. Le haut-parleur agissant comme microphone est relié à l’entrée de l’amplificateur, au moyen du transformateur microphonique, et un inverseur écoute-appel permet, si l’on veut, de le connecter à la sortie de ce même amplificateur au moment de la réception.
- Au lieu de constituer le système à l’aide d’un amplificateur séparé, on peut employer les étages basse-fréquence d’un récepteur de T. S. F. Dans ce cas, le primaire du transformateur microphonique est relié aux bornes et aux douilles de l’appareil normalement destinées à l’adaptation du pick-up. Le système récepteur peut être, d’autre part, disposé en parallèle sur le haut-parleur ordinaire du poste, si ce dernier est fixe.
- Un haut-parleur ordinaire éleclrodynamique à excitation séparée peut convenir à la rigueur, mais, dans ce cas, il est souvent bon d’éviter des ronflements au moyen d’une bobine compensatrice de type connu et d’une résistance variable montée aux bornes de cette bobine, comme le montre la figure 3.
- Le principe du montage est donc extrêmement simple, et les essais peuvent être réalisés à peu de frais par tout amateur de T. S. F. Des défauts de fonctionnement se traduisent parfois par des ronflements ou des accrochages basse fréquence ; on y remédie, la plupart du temps, en utilisant des câbles de liaison blindés, dont la gaine métallique est reliée à la terre.
- En principe, la résistance ohmique du fil employé ne doit pas dépasser la moitié de la valeur de l’impédance de la bobine mobile du haut-parleur (de l’ordre normalement de 2 à 4 ohms). La portée obtenue peut être déjà très grande, de l’ordre de 5o m, avec un fil de xC/10 de mm de diamètre.
- Le système peut être complété aisément par un système d’appel à « buzzer » ou à sonnerie. P. H.
- Fig. 3. — Disposition évitant les ronflements sur un haut-parleur électrodynamique à excitation séparée.
- Bobine anti-ronflement
- Bobine
- Bobinage d excitât "
- Résistance 'variable de réglage I mêgobms
- p.331 - vue 335/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 février ig38
- Rayons cosmiques pénétrants. — En examinant un cliché obtenu dans des chambres de Wilson placées dans l’entrefer de l’élcctro-aimant de Bellevue, M. Ehrenfest a reconnu qu’un corpuscule ayant une énergie de 5.io9 eV, après son passage à travers deux lames de plomb de 5 et 9 cm, peut provoquer une gerbe de 5 électrons sans cependant perdre toute son énergie
- Séance du i4 février ig38.
- Rayons moléculaires d'eau. — MM. Renaud et Coste injectent de la vapeur d’eau par un tube capillaire d’un diamètre de o mm 5 dans un vase où ils ont fait le vide. L’eau est projetée sur la face opposée qui est refroidie à l’air liquide. On observe l’épaisseur de la couche de glace formée par les anneaux qu’elle donne en lumière monochromatique. On peut vérifier en posant un diaphragme devant le tube que le trajet de l’eau est bien rectiligne. Il y a formation d’un cône d’émission très ouvert, la répartition à l’intérieur variant suivant la longueur du capillaire utilisé. Il n’a pas été possible de vérifier les ondes de battement prévues par Louis de Broglie, le débit nécessaire devenant trop élevé pour un bon enregistrement du phénomène.
- Vitesse du son. — En plaçant deux quartz piézoélectriques synchrones dans une cuve pleine d’un liquide, on obtient en surface des ondes stationnaires dont l’écart permet d’évaluer la vitesse des ultrasons, ou du son en général, dans le liquide utilisé. M. Cance, inventeur de ce procédé, a vérifié son exactitude sur le toluène. Il a trouvé i,3:>5 m/sec., en accord avec la valeur déjà admise.
- L'aurore boréale du 25 janvier 1938. — L’aurore boréale du 25 janvier a été observée spectroscopiquement au Pic du Midi par MM. Garrigue et Camicheu. La brillance verte a atteint iç5 fois celle du ciel nocturne, la brillance rouge 100 fois. Les spectres ont présenté avec une régularité et une intensité exceptionnelles la raie verte des aurores ainsi qu’un groupe de deux raies très voisines d’une longueur d’onde de o,63 |u. La bande jaune du ciel nocturne n’a pas paru renforcée dans les spectres. M. Gibault a étudié la perturbation magnétique qui a accompagné l’aurore. Elle a débuté à 11 h 5i et est devenue d’une très grande intensité à partir de 17 h 3o. Les variations ont atteint i^o' en déclinaison et 4oo y pour la composante horizontale ; elles ont été souvent extrêmement rapides.
- Aldéhyde de la pulpe d'olive. — M. Marcelet a découvert dans la pulpe d’olive un nouveau corps, l’aldoléol qui possède une fonction aldéhyde et une fonction alcool ter-liaire et paraît intermédiaire entre les sucres et les glycéri-des. Sa formule brute est C18H3604 ; il fond à 246°.
- Hérédité du taux leucocytaire. — On admet que la résistance d’un individu à une infection est assez bien indiquée par le nombre de leucocytes dans le sang. Par des expériences sur la souris, M. Tciiakiiotine montre que ce taux leucocytaire subit des influences héréditaires très nettes. Sa transmission est surtout frappante si on observe des individus de sexes opposés à chaque génération. Par croisement, les taux observés paraissent suivre les lois de Mendel, confirmant ainsi qu’il s’agit bien d’un caractère héréditaire.
- Séance du 21 février xg38.
- La prévision des inondations. — En appliquant la théorie de la plus grande valeur, M. Gumbel montre qu il est possible de prévoir les débits maxima des^ crues d’un grand fleuve en partant de la distribution des mêmes valeurs observées pendant une longue période. Appliquant, cette méthode au Rhin à Bâle, l’auteur est conduit à prévoir une augmentation des débits de crue de 18 pour 100 pour le siècle 1925-2025.
- Les phénomènes lumineux dans les explosions.
- __ On a déjà observé que la détonation d’un explosif dans
- un tube qu’il emplit partiellement provoque la propagation d’un phénomène lumineux au delà de la dernière tranche occupée. M. Burcess a observé le même phénomène pour des mélanges de méthane et d’air qui donnent une projection de la flamme dans l’atmosphère inerte extérieure. Reprenant l’étude de la question par la chronophotographie, MM. Laf-fite et Parisot montrent que la luminosité observée au delà de la dernière tranche d’explosif est due à une véritable projection de gaz en combustion. Il reste cependant possible que, dans d’autres circonstances, il puisse se produire des phénomènes lumineux liés à l’onde de choc.
- Dosage du gaz carbonique. — M. Lassieur montre qu’il est possible de doser rapidement et avec précision le gaz carbonique dans une atmosphère en mesurant les variations de la conductibilité électrique d’un volume déterminé d’eau de baryte titrée, avant et après agitation avec une quantité connue de gaz à étudier. L’auteur expose les possibilités d’application de cette méthode au dosage du carbone dans les produits sidérurgiques et du gaz carbonique dans l’air. Une détermination peut être réalisée en 5 minutes.
- Les spores de l'amanite phalloïde. — MM. Dujar-rig de i.a Rivière et Garnal ont recherché si les spores de l’amanite phalloïde ont une toxicité pareille à celle des autres parties du champignon. Leurs essais ont porté sur des spores desséchées pendant un mois à 87°. L’action sur le lapin est plus régulière que sur la souris mais, dans tous les cas, les phénomènes typiques se produisent : dyspnée, troubles moteurs et mort avec paralysie du train postérieur. Pour le lapin la dose mortelle est comprise entre 2 et 5 mgr, elle est de l’orde de 3 egr pour la souris avec des variations sensibles d’un individu à l’autre. La toxicité des spores s’est donc révélée sensiblement égale à celle de la poudre obtenue en faisant dessécher le chapeau entier. Cette toxicité n’est altérée ni par le froid, ni par la chaleur à ioo°, ni par la conservation pendant plusieurs mois.
- Séance du 28 février 1938.
- Le phosphure de manganèse. — En utilisant les réactions secondaires qui se produisent au cours de l’électrolyse d’oxydes dissous dans les phosphates alcalins et alca-lino-terreux ou de l’électrolyse des phosphates, MM. An-drieux et Ciiêne ont pu préparer un certain nombre de phosphures métalliques. En particulier, l’électrolyse d’un mélange de métaphosphate de sodium et de chlorure ou d’oxyde de manganèse a permis aux auteurs d’obtenir cristallisé à l’état de pureté le phosphure PMn qui n’avait jamais pu être isolé autrement que sous la forme d’une poudre amorphe
- p.332 - vue 336/439
-
-
-
- Ires impure. Les propriétés du phosphure pur diffèrent assez sensiblement de celles du produit impur déjà obtenu et étudié par Hilper et Dieckmann.
- Catalyse par le rhodium. — Le rhodium colloïdal ealalyse l'hydrogénation des composés organiques en solutions aqueuses ou alcooliques par simple agitation au contact de l’hydrogène. Mlle Statihs et M. Zengiielis montrent par de nombreux exemples que ce catalyseur est beaucoup plus actif que les autres métaux précieux colloïdaux. Il permet la réduction du groupe carbonyle à la température et à la pression ordinaires en milieu neutre. L’aniline est réduite en ammoniac et cyclohexane, l’acide fumarique en acide suc-•rinique, le benzonitrile en dibcnzylamine et l’acétone en alcool isopropylique.
- La symbiose bactérienne des légumineuses. —
- MM. Demolon et Dunez constatent tout d’abord que la présence dans le sol d’azote minéral ralentit ou supprime la symbiose du B. radicicola avec, les légumineuses. De plus, dans un sol fatigué, l’addition d’engrais azoté ne peut pas compenser le ralentissement de la symbiose car celle-ci a, •en outre, une action stimulante sur la végétation. Le rôle de la symbiose est d’autant plus net que le milieu est plus pauvre et que la plante est d’une variété susceptible d’une plus grande productivité. Dans une autre partie de leur étude, les auteurs montrent ensuite que le bactériophage de la luzerne lyse les B. radicicola de toutes les légumineuses ; il n’y a donc aucune spécificité chez les bactériophages de la luzerne. Une luzernière fatiguée est donc impropre à une culture normale de n’importe quelle légumineuse.
- La couronne solaire. — M. Lvot expose les résultats de l’examen de 125 spectres et i3 photographies directes de la couronne solaire obtenus en 1987 au Pic du Midi. Les spectres montrent une nouvelle raie 54g4 et, par contre ne décèlent aucune des 11 raies trouvées entre 5.000 et 7.000 angs-trdms par les missions japonaises au coui’S de l’éclipse du 19 juin 1986. Les spectres des protubérances sont plus riches que ceux obtenus en 1986, le spectre continu est plus intense et les raies métalliques plus nombreuses. Sept films des mouvements des protubérances ont été enregistrés. Ces phénomènes semblent liés à des éruptions chromosphériques.
- Séance du 7 mars 1988.
- Les phosphorites du Quercy. — Les phosphoriles du Quercy, découvertes en i865 et exploitées de 1870 à 1900, sont considérées comme, en partie d’origine animale et, en partie, dues à l’attaque des calcaires jurassiques phosphatés par des eaux chargées d’anhydride carbonique déposant ensuite les phosphates dans les fonds des poches de corrosion. M. Gèze montre que les choses se sont sans doute passées d’une façon un peu différente. Pour lui les calcaires jurassiques phosphatés ont subi un commencement de latérisation à l’époque éocène, les phosphates passés dans les argiles sont alors entrés en solution dans les eaux chargées d’anhydride carbonique; ils se sont ensuite concrétisés sur les parois des gouffres d’érosion et des ruisseaux souterrains au contact des roches calcaires. Leur répartition est liée à la proximité du lac qui formait le niveau de base.
- Vitamine C et chlorophylle. — M. Mirimanoff expose qu’il lui a été possible de doser avec pi'écision l’acide ascorbique dans les diverses parties de nombreux végétaux en utilisant la méthode cinétique de décoloration d’un indo-
- 1...... ..................— 333 =
- phénol mise au point par Meunier. En opérant avec un pli égal à 3,8 on peut admettre que l’acide ascorbique est le seul réducteur actif dans le dosage. Les résultats montrent que la richesse en acide ascorbique est surtout fonction de la structure anatomique et ne suit pas les variations de la teneur en chlorophylle. Ce dernier point a été prouvé dans plusieurs espèces en comparant la teneur en acide ascorbique des feuilles vertes et étiolées (laitue, chou de Bruxelles, iris) ou des fleurs et des feuilles (tulipe, narcisse). Les pétioles sont en général très pauvres en vitamine C.
- La végétation de la betterave. — M. Munerati expose que diverses substances rhizogènes et, en particulier l’acide 8-indol-butyrique, possèdent le pouvoir de stimuler la faculté des betteraves d’émettre des racines à la base du collet. Si on prend la précaution de maintenir humide le substratum, les tiges florifères prennent naissance et évoluent jusqu’à la lin du cycle végétatif. Les glomérules formés sur ces tiges possèdent un pouvoir germinatif normal. Sons doute sous une influence héréditaire, certains collets, même stimulés, se refusent à émettre des racines.
- Le glycogène dans le foie. — D’après les auteurs récents, le glycogène du foie et des muscles est, au moins en partie, combiné à des protéines. Une combinaison, dénommée Symplex, a été isolée par Willstâtter et Rohdexvald. MM. Aubel, Reich et Lang exposent une méthode de séparation moins brutale que celle des précédents auteurs qui faisaient, usage d’acides. Ils utilisent l’action de la potasse sur le résidu insoluble du traitement du foie par une solution de cyanure de potassium, qui donne le glycogène libre, et précipitent le Symplex de la solution cyanurée par addition de doses croissantes de sulfate d’ammonium. D’après les auteurs, 85 pour xoo du glycogène total seraient combinés aux protéines.
- La vitamine A. — MM. Lederer et Ratiimann montrent par des considérations spectroscopiques qu’il existe dans les huiles de foie de poissons de mer deux facteurs différents, l’un A , souvent dénommé simplement vitamine A, l’autre À9. Ces deux facteurs sont tous deux actifs. La bande d’ab-ption 645-65o ;jl du fadeur A, empiète sur la bande du facteur A situé vers 629 mp. Le rapport des deux facteurs n’est donc pas égal, comme cela était admis, au rapport dès absorptions à 693 et 620 my.. Tenant compte de la correction à effectuer, les auteurs ont réterminé le rapport des facteurs Ax et A2 chez différentes espèces marines et d’eau douce; ce rapport varie beaucoup d’une espèce à l’autre mais ne paraît pas influencé par la provenance de l’animal étudié.
- Microdosage du ter. — M. Paulais expose une nouvelle méthode de dosage du fer en biologie. Le métal amené à l’état ferrique par un peu d’eau oxygénée est précipité par le cupferron, le précipité est dissous dans le chloroforme et la solution, ramenée à un volume déterminé, est examinée à l’électrophotomètre. La densité de la coloration donne une évaluation précise du fer. En pH inférieur à 1,8, le cupferron précipite également le molybdène, le titane, l’étain, le cuivre et le vanadium qui peuvent se trouver dans les tissus étudiés. Toutefois la coloration des précipités non ferreux est, ou nulle, ou trop peu intense (cuivre) pour nuire à la précision des mesures. La méthode peut s’appliquer avec succès au dosage du fer dans une prise de sang de o cm3 o5.
- L. Bertrand.
- p.333 - vue 337/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La genèse des continents et ides océans, par Alfred Wegener. Traduit de l’allemand, d’après la 5e édition allemande, par A. Lerner. 1 vol. in-8, 236 p., 63 fig. Nizet et Bastard, Paris, 1937. Prix : 35 francs.
- Tout le monde connaît les théories de Wegener : les masses superficielles légères, le sial, flottant sur une couche plus dense, le sima, d’où un lent déplacement des continents des pôles vers l’équateur et de l’Est vers l’Ouest. Émise en 1915, l’hypothèse eut un grand retentissement et fut aussi vigoureusement discutée qu’approuvée. Jusqu’à sa mort, survenue en 1930, en traversant le Groenland, Wegener réécrivit cinq fois son ouvrage, tenant compte des critiques, des données nouvelles, pour aboutir à la forme qu’il considérait comme définitive et dont voici la traduction. La traduction française d’une dés précédentes éditions fut épuisée en quelques années ; celle-ci aura le même sort, car la large et puissante conception de l’auteur, même si elle est revisée par l’avenir, est une étape capitale de nos conceptions de la terre qui passionne géologues, physiciens, géographes, biologistes et tous ceux qu’intéresse la vie et l’évolution du globe.
- Technique nouvelle de la règle à calculs par la généralisation de la notation opératoire, par
- A. Séjourné. 1 vol., 148 p., 35 fig. Ch. Béranger, Paris, 1938. Prix broché : 65 francs.
- L’auteur propose une notation opératoire dont l’emploi facilite l’utilisation rapide des règles à calculs et tend à créer une nouvelle technique d’emploi de ces instruments, beaucoup plus pratique que celles que l’on enseigne usuellement. Malheureusement les définitions et explications de l’auteur ne pourront être bien comprises que des personnes déjà parfaitement instruites du maniement de la règle et qui en comprennent bien le principe. En rappel de ces notions eût rendu ce livre accessible à un bien plus grand nombre de lecteurs.
- Épuration, séchage, agglomération et broyage du charbon, par Ch. Berthelot. 4 vol., 394 p., 111 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix broché : 96 francs.
- Les houillères autrefois livraient à leur clientèle du charbon à peu près brut, tel que le fournissait l’abatage. Ces temps sont révolus ; la mine doit aujourd’hui fournir une marchandise adaptée à l’usage qu’en veut faire l’acheteur ; le charbon doit donc subir au sortir de la mine des traitements variés suivant sa destination : de cette nécessité sont nés des méthodes et des appareillages très divers et de plus en plus pei'-fectionnés : épuration et classement du charbon par courant d’eau ou par courant d’air pour éliminer le stérile, épuration par flottage, agglomération pour utiliser les fines, utilisation des résidus, traitements améliorants en vue de la fabrication du coke, préparation des charbons fins pour l’industrie chimique ou l’emploi dans les moteurs, etc. Il y a là toute une technique très variée, très savante, que M. Berthelot a étudiée, non seulement théoriquement, mais encore sur place dans les installations en service en divers pays, et dont il donne dans son nouveau livre un exposé très clair, très complet, très méthodique et des plus attachants. Il met en évidence les principes scientifiques qui sont à la base de chacun des procédés décrits, il montre comment on les met en œuvre pratiquement, il en analyse les conditions d’emploi et met en relief les résultats actuellement obtenus. Ce beau travail de mise au point, d’une évidente utilité, contribuera à son tour au progrès d’une technique qui vise à l’emploi le plus judicieux d'une richesse naturelle qui est loin d’être inépuisable.
- Les petites machines électriques (de 1/200 à 3/4 de CY) à courant continu et alternatif, par H. Lanoy. Tome Ier. 1 vol., 206 p., 233 fig. et tableaux. Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1938. Prix broché : 50 francs.
- Ce volume traite la théorie des moteurs électriques à courant continu et alternatif et la construction détaillée des petits moteurs universels et à courant continu, avec de nombreux exemples et figures à l’appui.
- Manuel théorique et pratique des lampes de réception américaines, 1 vol. in-8°, 176 p. Comptoir international d’approvisionnement radio-électrique, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Ce petit ouvrage rassemble toutes les caractéristiques d’utilisation des lampes de T. S. F. américaines, en verre ou métalliques avec d’intéressants détails sur des types récents particuliers, telles les lampes à concentration électronique. Il
- débute par un exposé simple et complet de la technique de la lampe de T. S. F., et se termine par quelques schémas de montage bien choisis.
- L’électricité dans les exploitations agricoles, par
- H. Borlase Mattiiews et R. II. Drilhon. 1 vol. in-8°, 097 p., 581 fig. Baillière et fils, Paris, 1938. Prix : 150 francs.
- Puisque l’électrification des campagnes s’étend partout, les auteurs ont entrepris l’inventaire de tout ce que les exploitations agricoles peuvent en tirer. Ils débutent par le projet d’électrification et le plan de distribution : tracé des circuits, canalisations, appareillage, contrôle et entretien, puis ils passent en revue l’éclairage ; le chauffage des habitations, de l’eau, des serres, du sol ; les moteurs et les machines pour le labourage électrique, les irrigations, les pompages, la distribution du purin, les séchages des foins et des grains, du tabac, des fruits et des légumes ; l’ensilage, les transports et manutentions ; le battage ; les cultures spéciales : électroculture, serres ; les exploitations laitières, avicoles, apicoles ; les appli cations domestiques de toutes sortes : froid, aération, blanchissage, téléphones, horloges, avertisseurs, etc. On revient aux réseaux pour examiner leurs règles de distribution, la consommation et les tarifications. C’est une véritable encyclopédie abondamment illustrée.
- Dana=Reports, n03 12 et 13. Hydrographical observations made during the « Dana » Expédition 1928-1930. 1 vol. in-4°, 46 p., 6 sh. Révision der Centriscidœ, par Erna Moiir. 1 vol. in-4°, 69 p., 33 fig., 2 pl., 8 sh. Reitzels Forlag, Copenhague et Oxford University Press, London, 1937.
- Continuant la publication des résultats de la dernière expédition océanographique du Dr J. Schmidt autour du monde, en 1928-1930, voici le 12e rapport qui donne les tables d’observations hydrographiques dans toutes les mers traversées : température, salinité, chlorures, oxygène, nitrates et phosphates, précieuses données pour une vue d’ensemble des océans. Le 13e rapport est consacré à l’étude des poissons acanthopté-rygiens du groupe des Centriscus vulgairement appelés bécasses de mer à cause de leur bec ; une espèce vit dans nos mers, d’autres ailleurs, dont on donne la classification, les caractères distinctifs et la distribution géographique.
- Les oiseaux de France, par A. ménégaux. 1 vol. in-16, 229 p., 42 fig., 64 pl. en couleurs et 16 en noir. Encyclopédie du naturaliste. Lechcvalier, Paris, 1937. Prix cartonné toile : 60 francs.
- Yoici le dernier volume du regretté ornithologue du Muséum ; il constitue le troisième volume de l’inventaire systématique et biologique qu’il avait entrepris et il est consacré aux Passereaux : Coraciformes et Passeriformes. On y trouve pour chaque espèce les noms vulgaires, le détail dès caractères de formes et de plumage, les dimensions, le mode de vie, la description des œufs, tout ce que l’amateur doit connaître pour reconnaître sur le terrain et bien observer les oiseaux qu’il rencontre.
- Les types humains, par Eugène Sciireiuer. 3 vol. in-8°, 104 p., 21 fig. ; 79 p. ; 105 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20, 18, 20 francs.
- Comment les classer et les définir ? L’auteur passe en revue les groupements qu’on a faits, du point de vue somatique, en types raciaux, somatiques, constitutionnels ; du point de vue psychologique, par tempéraments, caractères, orientation générale de l’esprit, signes psychanalytiques, réflexologiques, 'psychosociologiques ; du point de vue somatopsychique, par corrélations de caractères dues aux sécrétions internes, par constitutions somatopsychiques et par biotypes. Cette analyse très complète de tous les efforts accomplis pour classer les hommes, reconnaître leurs caractéristiques essentielles, prévoir leur comportement, montre tous les liens complexes et délicats du biologique et du social.
- La Suède ancienne et moderne, par I’Office national de tourisme suédois. 1 vol. in-8°, 242 p., üg., cartes. Éditions « Je sers », Paris, 1937. Prix : 21 francs.
- Beau pays couvert de forêts, où l’eau circule partout, sous une lumière d’été qui ne cesse guère ou une blancheur d’hiver, la Suède est ici présentée dans tous ses aspects : pays et habitants, histoire, état et administration, vie sociale, intellectuelle et économique. Avec ses photographies parfaites, c’est une invitation au voyage ; c’est aussi une initiation.
- p.334 - vue 338/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- O. E. Haie (1868-1938).
- Le Dr Haie, ancien directeur de l’Observatoire du Mont Wilson, aux États-Unis, s’est illustré surtout par ses recherches sur le Soleil. On lui doit la découverte des champs magnétiques intenses qui régnent dans les taches solaires, de l’existence de la bipolarité dans les groupes de taches de polarité opposée, du changement de polarité de ces taches bipolaires après chaque minimum d’activité des taches. On doit aussi au Dr Ilale d’importantes études spectroscopiques de la surface du disque solaire et en particulier l’observation des vastes nuages de calcium luminescent, en général autour des taches solaires.
- AVIATION
- U avion commercial de demain.
- La grande compagnie de navigation aérienne « Pan American Airways » demande aux principaux constructeurs d’avions des États-Unis des propositions de soumissions pour des avions répondant au programme suivant :
- Capacité de charge payante : n t; rayon d’action : 8.000 km en air calme à des vitesses de croisière supérieures à 320 km/h au niveau de la mer; l’appareil doit pouvoir recevoir ioo passagers avec cabinets de toilette, une salle à manger et une cuisine, un équipage de 16 hommes; les compartiments de fret doivent être conçus pour le courrier, les colis postaux et les bagages de façon à permettre l’emploi complet de toute la capacité de charge payante de l’appareil.
- Les constructeurs ont été invités à remettre d’urgence des soumissions préliminaires pour la fourniture de 3, 6 ou 12 appareils répondant au programme ci-dessus élaboré par le célèbre colonel C. A. Lindbergh. Les projets soumis seront discutés ; les plus intéressants seront retenus et leurs auteurs invités à fournir dans le délai de 6 mois des propositions définitives qui leur seront payées, du reste, 35.000 dollars.
- Comme on le voit, dans la pensée de ses auteurs, le programme fixé n’a rien de chimérique ; il va donner un vif coup de fouet à l’initiative des constructeurs américains et tout permet de croire qu’il sera réalisé dans les délais fixés : cela signifie que d’ici 2 ou 3 ans, les États-Unis disposeront d’une flotte d’avions commerciaux capables de faire en 12 h en toute sécurité le trajet Paris-New-York.
- ÉLECTRICITÉ
- Un nouveau type de microphone.
- Au point de vue purement acoustique, on peut distinguer deux catégories de microphones, les appareils dits à variation de pression, comportant une capsule fermée en arrière dr diaphragme vibrant, et les modèles à variation de vitesse. Ces derniers possèdent généralement une lame vibrante de faible largeur disposée dans l’échancrure d’un écran acoustique, et complètement libre sur les deux faces.
- Les vibrations de cette lame sont alors causées, non plus
- par les variations de pression des couches d’air sur ses deux faces, mais uniquement par les variations de vitesse d’écoulement des filets d’air passant dans les intervalles ménagés entre ses bords et l’écran fixe, d’où le nom du dispositif.
- L’exemple caractéristique d’un modèle de ce genre est le microphone électro-dynamique à ruban, si employé actuellement, et qui possède, en particulier, des propriétés unidirectionnelles remarquables, le maximum de transmission étant obtenu lorsque la direction de propagation de l’onde est perpendiculaire au plan du ruban; l’angle de champ est très réduit.
- Les ondes sonores ne sont cependant pas distribuées dans l’espace de manière identique suivant leur fréquence; à proximité de la source sonore, la zone d’action des ondes de fréquence élevée est beaucoup plus réduite.
- Un modèle ordinaire à ruban peut ainsi avoir un grand pouvoir directionnel, mais ne pas permettre une traduction fidèle de toutes les fréquences musicales. Pour obtenir à la fois une direction très privilégiée, et une traduction absolument fidèle sur une gamme très étendue, il faut combiner les deux systèmes à variation de pression et à variation de vitesse.
- On ne peut employer simplement deux microphones de modèles differents parallèles, car on risquerait ainsi de supprimer la transmission de certaines notes musicales ; c’est pourquoi, un modèle nouveau de microphone très intéressant vient d’ètre réalisé aux États-Unis par la Radio Corporation of America ; il est à la fois du type à variation de pression et à variation de vitesse, et du système électro-dynamique.
- Il comporte un ruban vibrant divisé en deux parties ; la partie supérieure fonctionne suivant le procédé à pression et la partie inférieure suivant le procédé à variation de vitesse; elle est complètement libre sur scs deux faces.
- Le dispositif de compression est constitué par un labyrinthe à parois amorties, de manière à absorber les réflexions; il assure une pression efficace sur la deuxième partie du ruban, et permet d’obtenir une courbe de réponse très uniforme sur toute la gamme considérée, comme le montre la figure 1. Les deux parties du système appartenant au même ruban, les courants obtenus sont forcément en phase, et les tensions s’ajoutent.
- Avec ce microphone, le pouvoir uni-directionnel est maintenu à la fois pour les notes graves et pour les notes aiguës ; on peut ainsi assurer l’élimination des bruits parasites provenant d’une direction déterminée dans un studio, ou même en plein air, en particulier dans une foule.
- Fig. 1. — Courbes de réponses du nouveau microphone R. C. A. combiné pour des fréquences de 100 cycles-seconde et de o.000 cycles-seconde. Comme on le voit, le pouvoir directionnel est maintenu très uniforme.
- P. IL
- p.335 - vue 339/439
-
-
-
- 336
- RADIO-ÉLECTRÏCITÉ
- Un nouvel emploi des ondes courtes pour la navigation par temps de brume.
- Pour la signalisai ion par temps de brume, on emploie souvent des canons de brume placés dans les phares, mais la manœuvre de ces canons, quand ils sont placés dans des phares en mer, exige la présence d’opérateurs dans des conditions difficiles. Grâce aux ondes courtes, on peut désormais •commander le signal de brume depuis la côte, sans opérateur placé à côté du canon.
- D’intéressants essais ont été effectués récemment par le Service central des Phares et Balises, à une distance de 5 km, entre la côte et le canon de brume; ce service a été
- Fig. 1. — L’antenne d'émission Chireix-Mesny utilisée pour la commande du canon de brume par ondes ultra-courtes.
- assuré avec une sécurité totale, le canon se mettant automatiquement en marche si une avarie se produit à l’un quelconque des organes, à terre ou dans le phare.
- II est suffisant de commander le canon toutes les heures ; des pendules électriques permettent donc la mise sous tension simultanée de l’émetteur et du récepteur, toutes les heures pendant cinq minutes. On obtient ainsi un fonctionnement sans surveillance des pendules pendant six semaines, sans aucun inconvénient.
- Durant la période de cinq minutes par heure, l’absence de signal met le système en marche, et la réception d’un signal arrête son fonctionnement ; si une panne quelconque survient, le signal n’est pas reçu, et le canon de brume se met •en marche.
- Pour éviter l’action possible des parasites, on emploie des ondes très courtes, de go cm seulement, dont le faisceau peut être orienté suivant une direction bien déterminée, à l’aide d’un système d’antenne de faible encombi’ement.
- Pour éviter également l’action possible des parasites industriels produits par les moteurs à explosion des canots automobiles, dont la portée est d’ailleurs très faible, on emploie comme signal une fréquence intermédiaire de ia5 kilocvcles modulée par une note musicale à 900 périodes-seconde.
- Les essais de commande ont eu lieu sur le feu à gaz de
- Fig. 2. — Le feu de Querqueville et la station réceptrice à la base de la tour. En haut, on aperçoit l’antenne doublet.
- Querqueville avec un émellcur placé au sommet de la tour de la gare maritime; la portée était de 4-8oo m.
- L’émission d’ondes ultra-courtes de go cm se fait à l’aide de deux magnétrons fonctionnant en parallèle pour augmenter la sécurité.
- La modulation est produite par une lampe triode sur ia5 kilocvcles, et l’onde obtenue est, à son tour, amplifiée et modulée à 900 périodes-seconde par une pentode de 9 w.
- Un commutateur assure le fonctionnement par temps clair ou par temps de brume; sur la première position, le signal est émis, le récepteur fonctionne, le canon de brume est arrêté; sur la deuxième, l’émission n’est pas modulée, le canon de brume se met en marche au moment prévu.
- La puissance haute fréquence est de 20 \v et la puissance alimentation de 3oo w.
- Les antennes d’émission sont du type dirigé Chireix-Mesny bien connues et déjà décrites dans cette revue.
- L’antenne de réception est du type doublet, avec réflecteur, et feeder de descente blindé pour protéger les isolants contre l’action de l’air salin.
- Pour assurer la réception sans surveillance, le poste adopté comporte simplement une lampe duo-diode en détectrice pour ondes
- Fig. 3. — Vue intérieure de la station (Type S. F. R.) avec les horloges de commande.
- p.336 - vue 340/439
-
-
-
- = 337
- ultra-courtes qui permet un réglage très stable du circuit d’accord haute fréfréquence.
- Le signal détecté est amplifié par deux étages à transformateurs accordés, détecté à nouveau, et la fréquence musicale est amplifiée par deux étages à résonance. La tension basse fréquence finale, redressée et filtrée, agit sur une lampe triode, dont la plaque est, reliée à un système complexe de relais, qui commande la soupape électro-magnétique du canon de brume.
- Tout l’ensemble est alimenté par des batteries au cadmium-nickel, bien adaptées au fonctionnement à décharge lente.
- Grâce à l’emploi de ce système de réception, il a été possible de maintenir la constance des réglages de l’émetteur et du récepteur, difficiles à obtenir jusqu’à présent par des moyens ordinaires* en particulier avec des postes à super-réaction ou superhétérodynes. P. II.
- OCÉANOGRAPHIE
- La lumière aux grandes profondeurs.
- La cellule photoélectrique au sélénium a permis de résoudre de façon certaine un problème d’océanographie très intéressant. On sait .-qu’aux très grandes profondeurs règne la nuit complète et que les êtres qui y vivent sont obligés de fabriquer eux-mêmes leur éclairage ou sont au contraire dépourvus d’organes de la vue. Mais à partir de quelle profondeur l’obscurité règne-t-elle et comment s’effectue en profondeur, la disparition de la lumière?
- H. H. Poolc a fait d’intéressantes mesures et les résultats trouvés ont une portée pratique qui n’est pas négligeable. C’est la mer des Sargasses qui présente jusqu’ici l’eau la plus limpide, l’illumination n’y décroissant que d’environ 3 pour ioo par m, de sorte qu’elle est réduite au dixième de sa valeur à une profondeur.de 80 m environ, avec un coefficient d’absorption plus faible pour le rouge que pour le violet et le vert.
- Près des côtes, à une quarantaine de km de la terre, on constate que, pour le bleu et le vert, l’intensité lumineuse tombe au dixième de sa valeur en 23 m de profondeur, tandis que pour le rouge, il suffit de 5 m 76. Quand on approche du rivage, la couleur la plus pénétrante est le vert.
- En règle générale, la limpidité des eaux des océans est plus grande, pour unegjtnême épaisseur considérée, quand on prend cette tranche plus profonde. Les couches superficielles sont moins, limpides que les couches profondes. De plus, près des côtes, l’étude de la variation d’opacité permet de déceler des courants impossibles à révéler autrement et peut donner d’utiles indications pour l’explication du mécanisme du dépôt et de la stratification des sables. Aussi toute expédition hydrographique aurait-elle intérêt à compléter ses sondages par l’étude optique des couches marines. H. Y.
- ZOOLOGIE
- Une invasion de sauterelles au XVIIe siècle, en Camargue.
- L’histoire météorologique est seulement en train de se constituer et tous les documents qui peuvent aider à son élaboration sont utilement réunis et mis en valeur. C’est à ce titre que le texte suivant mérite d’être recueilli. Il est tiré d’un ouvrage extrêmement rare, contemporain des faits, et curieux à plus d’un titre.
- « Nos hvsloires de France rapportent que l'année i6i3, en une Isle au milieu du Rhosne près de la ville d’Arles, que l’on appelé la Carmagne d’Arles contenant sept grandes lieue Provençal les,, qui en valent plus de douze Françoises, au mois de May de ceste année là, parurent une infinité de bestes, comme petites sautei’elles, qui en peu de temps devin-drent noires puis grisâtres, avec des dents, des doubles aisles et six jambes, trois de chasques costé, et grosses par le corps comme un des doigts de la main, volans à tire d’aisles une lieue et davantage. En peu de jours ces bestioles rongèrent toutes les herbages et prairies de ceste Isle, jusques à la racine, et se ruèrent après sur les bleds qui estoient prests à coupper, et en firent un lel degast, qu’il fut estimé à 2.000 septiers mesure d’Arles, et après qu’elles eurent ruyné le territoire de la Carmagne, elles passèrent le Rhosne, tant du costé de Languedoc, que de la Provence, et ruynant tout par ou elles passoient vindrent à Tarascon et Reaucaire, là ou elles firent encor de notables ruynes. »
- Cette page est extraite du Fouet des Paillards par M. L. P., curé du Mesnil-Jourdain, pages 2/b et 243 de mon édition. Les initiales sont celles de Mathurin Le Picard, né à Lou-viers vers-1672, mort dans cette même ville le 8 septembre i64a. Accusé de sorcellerie après sa mort, le malheureux fut exhumé et son cadavre fut brûlé à Rouen le 21 août 1647, dans des circonstances particulièrement dramatiques.
- Son livre, Le Fouet des Paillards, avait été édité à Rouen, chez Et. Vércul, en 1620; il eut une seconde édition en 1G28 (1). P. Fournier.
- L Dans mon exemplaire manquent les titres et l’avant-propos ; mais le privilège est daté du 1er août 1618. Ce qui porte à se demander si l’édition de 1623 est bien la première.
- ^ STATISTIQUE
- Diminution de la natalité parisienne.
- %.
- On a célébré, à Paris, 25.949 mariages en 1937, soit 499 de plus que l’année précédente, mais le nombre des naissances n’a atteint que 3i.54i, chiffre inférieur de 2.198 à celui des décès, et de 655 à celui des naissances en 1936.
- On n’a donc guère enregistré en moyenne plus d’une naissance par mariage, et le taux de reproduction est tombé à 5oo pour 1.000 : 1.000 Parisiennes ne mettent plus au monde que 5oo filles pour les remplacer à la génération suivante, soit une insuffisance de moitié. ‘
- La natalité parisienne a atteint son maximum en 1900 avec près de 56.000 naissances; une chute presque ininterrompue l’a fait: tomber depuis 5 ans au-dessous de la mortalité.
- Une énergique politicpie de natalité s’impose donc pour donner aux pères et aux mères de famille un niveau d’exis- l tencè'àn|ilogue, à» cçlui de»’français sans charges familiales, et pour encourager ainsi iesf jeunes ménages qui peuplent leur foyer.
- Fig. 4. — Lampes de T. S. F. duo-diode S. F. R. pour ondes ultra-courtes.
- p.337 - vue 341/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MOBILIER
- Meublas de bureau modernes.
- L’Exposition 1987 a été organisée à la gloire de l’alliance entre l’Art et la Technique; celle-ci peut en effet s’affirmer dans les domaines les plus divers ; c’est ainsi qu’on a pu admirer au Pavillon du Mobilier des ameublements de cabi-
- nets de travail joignant l’élégance de l’aspect à la commodité de l’usage. Nous citerons comme particulièrement réussis les meubles de bureau Borgeaud destinés à faciliter la rédaction, le classement et la recherche de la documentation.
- Exécutés en bois coloniaux, ils ont obtenu le premier prix au Concours du Meilleur Mobilier organisé par le Comité National des Bois Coloniaux.
- Fig. 1. — Meuble-classeur de plans.
- Fig. 3.
- Fig. 2. — Meuble bureau et classeur. L’ensemble du bureau.
- p.338 - vue 342/439
-
-
-
- 339
- Voici tout d'abord un meuble classeur de plans et gravures; il a la forme d’un secrétaire, et comporte à sa partie supérieure une série de volets s’ouvrant en triptyque pour la présentation des plans, gravures, documents de toutes sortes, tandis que la partie basse est aménagée en rayonnage. Une fois la partie supérieure refermée, les panneaux intérieurs sont dissimulés par des portes en ébénisterie, et le meuble a l’apparence extérieure d’un secrétaire ordinaire (fig. i).
- La figure 2 montre un bureau ordinaire d’homme d’affaires ou de travailleur intellectuel, auquel se juxtapose un
- Fig. 4. — Le meuble de la secrétaire, avec la machine à écrire escamotable.
- meuble classeur avec ses tiroirs à fiches et tiroirs de classement se rabattant verticalement. L’appareil téléphonique se place sur une tablette à abattant, et au repos dans un casier.
- La figure 4 montre le meuble destiné à la secrétaire : il comporte un casier dans lequel la machine à écrire est dissimulée au repos, avec abattant pour la position de travail. À droite, à portée de la main des tiroirs de classement, et au-dessus des étagères pour les livres.
- Tous ces meubles étaient, groupés dans un élégant bureau où l’on voyait aussi un meuble combiné, en forme de secrétaire, pour le poste de T. S. F., le phonographe et la discothèque, des bibliothèques extensibles, des divans, et fauteuils (fig. 3).
- La Nature a déjà signalé les intéressants mobiliers classeurs imaginés et réalisés par celte maison. Elle montre aujourd’hui qu’elle sait répondre à tous les besoins modernes d’ordre et d’information rapide dans des cadres esthétiquement très réussis.
- Borgeaud et Cie, l\i, rue des Saints-Pères à Paris.
- MICROSCOPIE
- Microtome perfectionné.
- Le microtome est un appareil de précision, dont la qualité a une importance essentielle en microscopie.
- Voici un nouveau modèle, d’une conception mécanique originale, et dans lequel les mouvements à glissière, cause principale de vibrations, par suite de la difficulté de leur usinage, et de leur usure rapide, ont été complètement bannis.
- Le principe de fonctionnement de cet appareil l'éside dans la rotation et la translation combinées d’un axe robuste dans un logement sans jeu. L’objet dont on veut faire des coupes est fixé sur un volant solidaire de l’axe et il est périodiquement présenté devant la ‘lame du rasoir par un mouvement de rotation.
- A chaque révolution, un dispositif micrométrique assure
- Fig. 5. — Le microlome Le Parvisec- Leroux-Seguin.
- la translation régulière correspondant à, l’épaisseur' désirée.
- Quelle que soit la dureté de la pièce, on obtient des coupes d’épaisseur rigoureusement constantes, depuis 2 microns. L’opérateur dispose d’une gamme étendue d’épaisseurs de coupe de 2 à i4 microns, grâce au mouvement automatique de l’appareil et à l’avance ou au recul rapide, déterminés par une manœuvre très simple (fig. 5).
- L’écartement des supports du x’asoir permet de traiter des blocs de 7 cm x 5 cm ; il ne se produit aucune vibration déterminant des variations d’épaisseur ou des ondulations.
- Le « ruban de coupe » se dépose sur un plan incliné, et il est facile à prélever au pinceau. Par suite du mouvement de rotation, le bloc de coupe ne passe devant le tranchant du rasoir, que de haut en bas, sans risque d’accrocher le ruban au retour et de le détériorer, ce qui peut se produire fréquemment dans les microtomes à va-et-vient.
- L’appareil peut être entraîné mécaniquement par un moteur réglable et à vitesse constante, d’un modèle qui a déjà été décrit dans ces colonnes, ce qui assux-e une gi’ande régularité et une vitesse de coupe satisfaisante.
- L’appareil est présenté sous forme d’un bloc massif de 3,5 kgr, de lignes élégantes et en métal nickelé.
- p.339 - vue 343/439
-
-
-
- 340
- SPORT NAUTIQUE
- Propulseur amovible miniature de 6 kgr 200.
- Le Salon Nautique nous a révélé que les constructeurs américains viennent de créer deux petits propulseurs amovibles ultra-légers de ii ch, le « Pal » (Ello) et le (c Ranger » (Evinrudc). Le premier pèse 6 kgr 200, le second 7 kgr car il est muni d’un grand réservoir et d’un carter de protection.
- Ces poids font évidemment rêver ! Il s’agit en effet d’un
- Fig. G. — Le « ranger » Evinrude de 1 ch 1, pesant 7 kgr.
- groupe propulseur complet (fig. 6) : moteur, transmission, hélice, étrier de fixation au bateau, etc... qui s’adapte instantanément sur n’importe quelle coque : barque, kayak ou canoë; il se monte aussi bien à l’arrière que latéralement et comporte tous les perfectionnements modernes dont sont dotés les propulseurs de poids normal.
- La'cylindrée est de 4o cm3, cycle à 2 temps avec précompression dans le carter, carburateur à flotteur, gicleur réglablè, soupape d’admission automobile, refroidissement par eau commandé par groupe centrifuge à 2 étages, spécial pour la mer, et effectif même au plus grand ralenti (5oo m à l’heure, si l’on veut pratiquer la pêche à la traîne). Le silencieux est submergé.
- La vitesse que ce propulseur donne à un canoë est de 12 à i5 km à l’heure, équivalente à celle de deux bons rameurs sur une barque quelconque. Grâce à son faible poids, il. se transporte aussi facilement qu’un étui de cannes à pêche;, c’est presque un moteur de poche !
- Tous les alliages employés ont été choisis inoxydables à; Teau de mer.
- Evinrude, 29, avenue de la Grande Armée, Paris, 17e.
- OBJETS UTILES Nouveau moulin à café.
- La chanson populaire dit : « Je tournais la manivelle... ». Le progrès de la technique alla jusqu’à remplacer celle-ci par un petit moteur électrique. Et le moulin à café perdura dans la cuisine avec son inséparable compagne, la boîte à café. Mais voici du nouveau : moulin est mort, la boîte subsiste seule, et sans qu’on ait plus à tourner en chantonnant.
- Voici comment cela est fait. On accroche au mur une boîte en métal laqué de fort belle apparence. On y verse son stock de grains de café. Veut-on du café moulu, on prend un levier fixé devant la boîte, on l’élève, on le baisse dans un va-et-vient qui est un petit exercice physique très rationnel et l’on trouve dans le tiroir du bas — un grand tiroir qui ne déborde jamais — la précieuse poudre qu’il n’est plus qu’à ébouillanter. Veut-on une poudre plus Fi(J- 7- “ Lc mouhn à calé muraL fine, un bouton est
- là qu’il suffit de tourner; il rapproche du cylindre d’acier dur fixé au levier les deux contreplaqués en acier qui le guident. Le cylindre en acier spécialement traité, comporte plusieurs milliers de dents taillées dans la masse du métal. Le même moulin peut aussi bien broyer chapelure, poivre, graines, vanille, etc.
- Outre le modèle ménager représenté ici (fig. 7), on en fait de plus grandes dimensions, dont le tiroir peut tenir jusqu'à 35o ou 4oo gr de café moulu.
- Constructeurs : Société S. I. B. R. A. M., 56, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris, 8e.
- Rasoir lumineux.
- Pour bien se raser, il faut avant tout que le visage soit bien éclairé à l’endroit où passe le rasoir.
- Un inventeur a imaginé un dispositif simple et ingénieux qui assure ce résultat en éclairant la peau à l’endroit précis où passe le rasoir. C’est un rasoir de sûreté, de forme un
- p.340 - vue 344/439
-
-
-
- 341
- peu spéciale : le peigne porle-lame a la forme cintrée normale, avec une vis permettant le serrage variable de la lame (fig. 8). Mais la poignée est un tube contenant une ampoule électrique et une pile sèche; elle forme torche électrique et éclaire parfaitement la partie sur laquelle se trouve le rasoir. La pile est d’un modèle cylindrique de 70 mm de long cl de 20 mm de diamètre que l’on trouve partout dans le commerce. De même, l’ampoule est de format courant.
- Cet appareil, fort pratique, dont le prix n’est, d’ailleurs, pas plus élevé que celui d’un modèle ordinaire, permet de se raser toujours avec le même éclairage. Le manche démon-
- Fig. 8. — Le rasoir éclairant Rasilux.
- table peut servir de lampe portative, ce qui est commode pour les voyages et le camping.
- Loger Grésillon, 50, rue de la Fontaine-au-Roi, Paris (11e).
- AGRICULTURE
- Un appareil pour destruction des campagnols.
- On a cherché par tous les moyens à détruire ces rongeurs. Un seul a donné vraiment des résultats, c’est l’emploi de graines empoisonnées semées à la surface du sol ou introduites, à l’aide d'une petite cuiller, dans les trous ouverts par le campagnol.
- Le premier procédé est malheureusement très dangereux pour les animaux domestiques qui peuvent circuler sur le sol où les graines ont été répandues, et surtout pour les perdrix qui sont empoisonnées par ces graines beaucoup plus que les campagnols auxquels elles sont destinées, et, pour cette raison, il est interdit.
- Si le second procédé est un peu moins dangereux pour le gibier, il est plus fatigant et infiniment plus onéreux.
- Le maniement de ces graines empoisonnées n’est d’ail-
- h'iy. h. — Lue d’ensemble de l’appareil pour deslrucliun des campagnols.
- leurs pas sans danger pour les ouvriers chargés de ce travail.
- Aussi convient-il de signaler un appareil très simple, qui s’est montré particulièrement efficace.
- Il se compose d’un sac d’approvisionnement en toile imperméable, d’une contenance de 5 1, rempli de graines empoisonnées au départ de la ferme, qui est fixé sur le dos de l’opérateur cl, maintenu par des courroies à la façon d’un sac de soldat. Un tube conique, en cuivre, d’une longueur de 1 m, maintenu lui aussi par une courroie, dont le diamètre inférieur est plus petit que celui d’un trou de campagnol, est relié au sac d’approvisionnement par un raccord souple en caoutchouc.
- Quatre doigts, placés à angle droit près de son extrémité inférieure, l’empêchent de s’enfoncer Irop profondément dans un sol où ce tube pourrait être obstrué par la terre.
- Un levier de réglage, placé à la partie supérieure, à portée de la main, permet de déverser à volonté, dans chaque trou, depuis 3 ou 4 grains jusqu’à une cuillerée à café. Ces grains descendent d’eux-mêmes par l’effet de la pesanteur, et sont projetés profondément dans le sol (fig. 9).
- Arrivé dans le champ à protéger, l’opérateur, dont les deux mains sont libres (lig. 10), n’a plus qu’à chercher les trous verticaux, ou trous d'aéralion, qui sont les plus profonds, et a en traiter un par 5 m2 environ, ce qui suffira pour assurer la destruction des
- campagnols. Fig. 10. — L’appareil en service.
- La fatigue est nulle pour l’opérateur qui n’a pas à se baisser, et lorsque le travail est fait consciencieusement, les grains empoisonnés tombent, au fond du trou, aucun ne reste à la surface, la loi est ainsi respectée, et, le gibier protégé.
- En vente chez
- l’inventeur,
- M. Georges Du-val, à Goupilliè-res, par Thoiry (Seine-ef-Oise).
- p.341 - vue 345/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- DEMANDE
- M. Henri Vie, d’Orai», nous signale combien il sérail désirable pour les arboriculteurs qui veulent cueillir les fruits au moment optimum, de pouvoir suivre le développement et le grossissement des fruits sur l'arbre au moyeu d’un appareil simple et économique mesurant ou enregistrant rapidement les dimensions progressives de ceux-ci. Il nous demande do faire appel à l'ingéniosité des inventeurs, constructeurs, mécaniciens, opticiens ou électriciens pour la réalisation d’un tel appareil.
- COMMUNICATION
- Les lampes jaunes en automobile. — Nous recevons de M. Alfred Monnier la lettre suivante rectifiant une réponse que nous avons donnée en Boite aux Lettres. Les renseignements donnés par M. Monnier, particulièrement qualifié en la matière, seront certainement appréciés par nos lecteurs :
- « J’ai sous les yeux le numéro île La Salure, du 15 mars, et je crois intéressant de vous signaler que dans la réponse que vous faites à M. Dezes à Artins (Loir-et-Cher), vous donnez à penser qu’il est permis aux automobilistes de colorer en jaune les lampes de phares à ampoule incolore, alors qu’une telle façon de procéder est tout à fait illégale.
- « Vous savez, en effet, que l'Arrêté ministériel du 5 novembre 1938 précise notamment qu’à partir du 1er janvier 193',) toutes les automobiles, sans exception, devront être équipées de lampes de phares rayonnant une lumière jaune et conformes à un type agréé.
- « Or, il n’existe à ce jour aucune lampe vernie ayant reçu l’homologation officielle. Cela tient à ce qu’on ne connaît pas actuellement de vernis susceptible de répondre aux conditions exigées par la Commission des Projecteurs du Ministère des Travaux publics pour les lampes à ampoule de verre colore dans la masse.
- « Par conséquent, les usagers que feraient emploi de lampes vernies se mettraient eu contravention avec le Code de la Boute. Ils constitueraient un danger pour eux-mêmes et pour les autres et s’exposeraient à des désagréments d’autant plus graves qu’ils seraient soupçonnés, à juste titre, d’avoir voulu frauder, leur mauvaise foi étant, dans la circonstance, absolument. évidente. Ils feraient en outre une économie beaucoup plus apparente que réelle étant donné qu’ils risqueraient fort de détériorer la surface réfléchissante de leurs projecteurs par la décomposition du vernis sous l’influence de la chaleur dégagée.
- « Ne pensez-vous pas, dans ces conditions, que vous rendriez service à vos lecteurs en les mettant en garde contre une pratique que rien ne justifie. D’ailleurs les délais ont été assez longs pour laisser à chacun le loisir d’adopter les lampes sélectives jaunes au fur et à mesure du remplacement normal des lampes incolores ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Émulsions photographiques. — 1° L’émulsion sensible au bromure d’argent des plaques et des films est préparée en partant du nitrate d’argent et du bromure de potassium. Le nitrate d’argent est préparé en dissolvant à chaud de l’argent dans de l’acide nitrique dilué. Après évaporation du liquide, on recueille des cristaux très solubles dans l’eau.
- La réaction du bromure de potassium sur le nitrate d’argent donne du bromure d’argent suivant la formule :
- AgNO3 + KBr = AgBr + KNO3
- Le bomure d’argent est insoluble dans l’eau ; on le dissout dans une solution de gélatine qui accroît la sensibilité à la lumière. Le gélatino-bromure d’argent est soumis à une maturation, qui est facilitée par des traces d’iodure d’argent.
- 2° Pour sensibiliser des tissus ou du papier, on prépare d’abord la solution suivante :
- Eau distillée bouillante. . . 120 cm3
- fodure de potassium .... 1 gr G
- Bromure de potassium ... 9 —
- Arrow-root............................ 2 —
- On applique au pinceau cet encollage, puis on sensibilise en faisant, ilotter la surface sur la solution suivante, ou en étendant cette dernière au pinceau :
- Eau distillée........................ 10 cm3
- Nitrate d’argent..................... 5 gr
- Les solutions sont préparées au moment de l’emploi ; l’application de la deuxième et le séchage sont effectuées dans l’obscurité. L’impression et le fixage sont effectués comme à l'habitude.
- Réponse à Dr L., à Paris.
- Microphone directionnel. — Le microphone doué du pouvoir directionnel le plus accentué est, le modèle électro-dynamique à ruban. Seules les ondes sonores qui viennent frapper le ruban vibrant perpendiculairement à sa surface ou sous un angle réduit sont transmises.
- On peut augmenter le pouvoir directionnel d’un microphone quelconque, et, plus spécialement, d’un modèle électro-dynamique à diaphragme en le plaçant au foyer d’un réflecteur parabolique dont l’axe est dirigé, à l’aide d’une lunette de visée, vers la source sonore considérée.
- Réponse à M. Moyeu, à Paris.
- Appareil de téléphonie par courant porteur. —
- A côté des transmissions téléphoniques fonctionnant sur courant continu, avec microphones, amplificateurs et haut-parleurs au moyen de câbles à deux conducteurs, on peut utiliser des transmissions par courants porteurs, utilisant des générateurs d’ondes à lampes qui sont de véritables émetteurs de T. S. F. ; ces courants porteurs à haute fréquence peuvent être transmis sur les lignes du réseau électrique, par exemple.
- Les appareils pour ce genre de transmissions sont généralement encore d’origine américaine, vous pouvez en trouver chez Dreyfus, 25, rue Saulnier, à Paris.
- Pour vous procurer des appareils émetteurs-récepteurs de T. S. F. fonctionnant, sur ondes très courtes, sur une gamme de l’ordre de 5 m, vous pouvez vous adresser, par exemple, au Pigeon Voyageur, 252 bis, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Vous trouverez des schémas d’appareils de ce genre dans Les ondes courtes et ultra-courtes (Dunod, éditeur) et des pièces de montage aux établissements Dyna, 30, avenue Gambetta, à Paris.
- Réponse à M. Lallement, à Bertincourt (Pas-de-Calais).
- Amplificateur pour poste à galène. — Un petit amplificateur pour augmenter l’intensité des auditions obtenues avec un poste à galène peut être alimenté par le courant du secteur alternatif. Pour l’alimentation en courant de plaque, il faut, bien entendu, du courant redressé et filtré.
- L’appareil doit évidemment être très simple et comporter une ou deux lampes au maximum. Il n’augmente,' en effet, que l’intensité de l’audition et n’améliore ni la sensibilité, ni la sélectivité du poste à galène.
- Réponse à M. G. Q..., à Ivry (Seine).
- Adaptation d’un pick-up à un poste de T. S. F.
- — On peut remplacer le diaphragme mécanique ordinaire d’un phonographe par un pick-up électromagnétique, et adapter ce dernier aux étages basse fréquence d’un récepteur radiophonique. La qualité de l’audition ne dépend alors que des caractéristiques de ces étages et du haut-parleur.
- Réponse à M. Billy, à Quimper.
- p.342 - vue 346/439
-
-
-
- Choix d'un microphone. — Les microphones à charbon sont généralement sensibles et pratiques, mais peu fidèles. Les modèles à courants transversaux offrent des avantages, mais présentent encore des irrégularités de fonctionnement.
- Les appareils à condensateur sont fidèles, mais sensibles aux agents atmosphériques, coûteux et d’emploi délicat. Si vous désirez un appareil robuste, et relativement simple, vous avez surtout le choix entre les modèles électrodynamique et piézoélectrique.
- Ces deux microphones fonctionnent sans batterie auxiliaire, le premier est plus sensible, et a un pouvoir directif plus accentué ; son prix de vente est relativement modique et il pourrait, sans doute, vous convenir pour une installation mobile d’enregistrements sonores.
- Constructeurs de microphones de ce genre : établissements Film et Radio, 5, rue Denis-Poisson, Paris (17e), Société Philips, 2, cité Paradis, Paris.
- Réponse à M. Rose, à Nice (A.-M.).
- Études sur la voix humaine. — A l’occasion de l’Exposition de 1937, un Congrès consacré à l’étude de la voix humaine au point de vue technique, physiologique et médical, a eu lieu à Paris. Il avait été organisé par le D1' Wicart, 93, avenue de Wagram, à Paris (17e), auquel vous pouvez vous adresser, pour obtenir des détails et indications utiles.
- Réponse à D1' Mathieu, à Rouen.
- Vérification d’un pick-up. — Les défauts de fonctionnement d’un pick-up proviennent généralement d’une rupture ou d’un mauvais contact de l’enroulement induit, ou d’un réglage défectueux de la palette mobile, qui est décentrée, et vient se coller contre une pièce polaire. Il est facile de se rendre compte de ces défauts au moyen d’un « contrôleur universel », en déplaçant la palette à la main, en agissant sur le mandrin porte-aiguille.
- Vous pouvez consulter : Entretien, mise au point, dépannage des appareils radio-électriques, par P. Ilémardinquer (Eyrolles, fil, boulevard Saint-Germain, Paris).
- Réponse à M. Richard, à Paris.
- Visiotéléphonie. —; Ce néologisme est, en effet, barbare et il serait heureux de trouver une expression plus correcte. La transmission des dessins et des photographies à distance par fil ou sans fil constitue la phototélégraphie et non la téléphotographie. De même, le terme téléphotoplwnie que vous proposez devrait peut-être être changé en phototéléphonie.
- Réponse au Colonel Lobligeois, à Marseille.
- Poste de T. S. F. sur courant continu. — On peut établir facilement des récepteurs fonctionnant sur le courant continu d’un secteur, mais on n’en construit plus guère actuellement. Les montages « tous courants », plus intéressants, sont seuls adoptés pratiquement. Les lampes et la valve de redressement branchés sur courant continu ont les filaments chauffants des cathodes montés en série, et non en parallèle ; il n’y a pas alors de transformateur d’alimentation. Vous pouvez consulter l’ouvrage : Comment choisir-un récepteur de T. S. F. ; comment l’utiliser, Dunod, éditeur.
- Réponse i\ M. Loin, à Paris.
- De tout un peu.
- M. Dufïieux, à Rennes. — Les encres pour stylos du commerce sont de deux types, celles au bleu pur et celles dites bleu-noir, leur composition est naturellement différente.
- 1° Les encres bleues sont généralement une simple dissolution aqueuse de 10 egr de bleu de méthylène par litre, parfois additionné d’un peu d’alun.
- Le bleu de méthylène est le chlorhydate de tétraméthyl-thio-nine, il se comporte analytiquement comme un alcaloïde et précipite par les réactifs généraux de ceux-ci.
- •En particulier il précipite complètement par une solution d’acide picrique par addition moléculaire sans qu’il y ait formation de sels accessoires par double décomposition. Le
- .......:. ........r .......... 343 =
- picrate formé est noir pourpre et constitué par une molécule de bleu sans eau de cristallisation, unie à une molécule d’acide picrique.
- Le poids moléculaire de l’acide picrique étant 229, celui du bleu à 31I20 de 373,5 et du bleu anhydre de 319,5, il en résulte que le poids moléculaire de la combinaison sera de 548,5 ; donc 548,5 de cette combinaison correspondent à 373,5 de bleu hydraté. On obtiendra celui-ci en multipliant le poids de la
- combinaison par soit 0,6809.
- 1 5485
- En résumé c’est de ladite combinaison que vous avez étudié les effets sur la lumière dans le premier cas.
- 2° Les encres bleu-noir sont une association du tanate de fer et du carmin d’indigo, on les réalise ainsi.
- Prendre :
- A.
- Acide galliquc........................... 6 gr
- Tanin pur . . 20 —
- Eau chaude..................... . 750 —
- D’autre part :
- B.
- Gomme arabique ..... 10 gr
- Acide phénique......................... 0,5 —
- Sulfate ferreux....................... 12 —
- Chlorure ferrique à 10 pour 100. fi —
- Carmin d’indigo....................... 10 —
- Eau chaude........................... 200 —
- On mélange les deux solutions, laisse reposer environ 15 jours et filtre sur coton.
- Dans ce deuxième cas, l’acide picrique ne précipite pas l’indigo, mais les deux colorations s’ajoutent pour donner du vert ainsi que vous l’avez constaté ; quant au tanate de fer, par son opacité, il doit simplement diminuer la transparence.
- MM. Porges, Vincent, à Grasse. — On peut se procurer la laque d’Indochine, sous forme de latex ou de vernis tout préparé, à un prix abordable, chez M. Iloang-Van-Thuc, 63, quai de la Tournelle, Paris. L’emploi de ce produit est assez pratique et ne nécessite pas de tours de mains spéciaux, sous réserve de prendre certaines précautions indispensables. Si on laque sur support métallique, il faut appliquer 3 ou 4 couches successives, en laissant sécher chaque fois à l’étuve il 120° environ, pendant 3 ou 4 h. Le laquage sur support en bois, avec séchage en chambre humide, exige de plus minutieuses précautions. Les objets ainsi laqués résistent à l’action des produits chimiques sans subir de détérioration. Rappelons que le produit est toxique et qu’il faut le manier avec prudence, sans le mettre en contact avec les mains, les yeux, les muqueuses.
- M. Reynaud, Nîmes. — A la suite des indications données sur la conservation des fruits par l’éthylène (n° 3021, 15 mars 1938), les Laboratoires Zundel, Joliet et Gi0, 10, avenue Anatole-France, à Colombes (Seine), nous ont avisé qu’ils fabriquent couramment de l'éthylène et qu’ils peuvent en fournir.
- M. Léger, à Saint-Mandé. — La patine verte du bronze s’obtient en appliquant sur l’objet à patiner, soigneusement
- nettoyé, la mixture suivante :
- Acétate de cuivre cristallisé. . 50 gr
- Sel ammoniac . . . . . . . 100 —
- Eau ordinaire ................... 1.000 cenl/icubcs
- Laisser sécher, puis faire une noimdle application que l’on répète autant de fois que cela est nécessaire pour obtenir l’intensité voulue, la teinte pouvant être ainsi réalisée du vert olive au brun verdâtre.
- Finalement on brosse pour dégager les parties saillantes et on encaustique avec un tampon de laine imbibé d’encaustique à la cire et à la térébenthine.
- L..., à La V..., par M... — 1° Le perborato de soude entre généralement dans la préparation des lessives en poudre pour le linge dans la proportion de 10 pour 100 environ.
- p.343 - vue 347/439
-
-
-
- = 344
- 2° Vous obtiendrez la teinte noyer foncé au moyen de la mixture suivante :
- Terre de Cassel........... 50 gr
- Carbonate de potasse. . . 50 —
- Eau de pluie.............. 1.000 centicubcs
- Faire bouillir environ un quart d’heure en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore, laisser reposer, puis filtrer sur un linge fin.
- La préparation s’emploie au pinceau, tiède de préférence, elle peut être étendue d’eau si on désire des teintes plus claires.
- 3° Les émulsions d’huile pour l’usage alimentaire ou médical sont obtenues par addition de gomme adraganle et gomme arabique pulvérisées, il est indispensable d’y ajouter une trace d’acide salicylique pour éviter une fermentation du mucilage ; vous pouvez prendre comme base do départ la formule
- suivante :
- Huile blanche.......................... 300 gr
- Clycérine blanche...................... 250 —
- Comme adraganle pulvérisée ... 10 —
- Comme arabique.......................... 70 —
- Acide salicylique........................ 0 gr 25
- Eau distillée (quantité suffisante pour faire 1 1.
- On commence par mélanger nu mortier la gomme adra-gantc, la gomme arabique pins la glycérine en évitant de faire des grumeaux.
- Battre vivement le mucilage obtenu puis ajouter goutte à goutte l’eau distillée additionnée d’acide salicylique en se servant d’un appareil il mayonnaise ou mieux encore d’une petite émulsionneuse employée en pharmacie, si on doit préparer des quantités importantes.
- Bibliothèque des Professeurs, École supérieure de Montreuil-sur-Mer. — 1° Teinture de, bois en ébène ou palissandre.
- Préparer séparément les deux mixtures suivantes :
- A. Bois de campêehe................... 120 gr
- Alun en poudre....................... 5 —
- Eau chaude....................... 2.000 centicubcs
- Faire bouillir environ 1 h en remplaçant à mesure l’eau <1 ni s’évapore puis passer à travers un linge lin.
- B. Vinaigre fort........................... 00 gr
- Limaille de fer........................ 120 —
- Sel marin............................... 10 —
- Laisser en contact deux ou trois jours, ce qui donne naissance à de l’acétate de fer ; filtrer également.
- Pour l'emploi, appliquer au pinceau sur le bois bien poncé, c’est-à-dire à surface très nette, une couche de la première solution A, puis lorsqu’elle est sèche une couche de la seconde solution.
- Répéter les deux opérations successives jusqu’à obtention de l’intensité désirée.
- 2° Teinture en acajou :
- Faire bouillir pendant plusieurs heures (même observation que ci-dessus) des copeaux do bois de campêehe (mêmes proportions sans alun), ajouter ensuite une petite quantité de chlorure d'étain, qui fera passer la teinte au rouge, appliquer au pinceau. Deux couches au moins seront nécessaires.
- M. Houlgate. — Vous trouverez dans la Revue d’Hygiène, t. fiO, n° 2, février 1938 (Masson édit., 14 francs), un article de M. Bablet, sur la lèpre ; problème scientifique, problème social, avec une bibliographie récente et détaillée sur la question. Nous vous signalons également, l’ouvrage du P1' Jean-sclme, La lèpre, 079 pages, 1934, Doin, éditeur, Paris.
- Au point do vue de la distribution géographique de la lèpre, vous pourriez probablement obtenir des renseignements auprès de l’Organisation d'Hygiène de la Société des Nations.
- M. M. Duval, à Melun. — La substance fondamentale des cheveux n’est pas la silice, mais la kératine, matière pro-
- téique composée de carbone, hydrogène, oxygène, azote et soufre. Cette substance est remarquable par sa résistance aux agents chimiques, elle n’est ni dissoute ni modifiée par l’eau, par l’alcool, l’éther, les acides étendus, par le suc gastrique ou le suc pancréatique ; par contre, elle se dissout facilement dans les alcalis caustiques, potasse et soude.
- Si pour l’utilisation que vous avez en vue, il convenait toutefois de débarrasser les cheveux des traces insignifiantes de silice qu’ils pourraient contenir, le seul traitement à envisager serait l’emploi de l’acide fluorhydrique d’une façon ménagée, mais bien entendu, il ne peut être question d’intervenir ainsi sur les cheveux vivants, l’acide fluorhydrique étant un acide d’une grande énergie.
- M. Coderch, à Perpignan. — La crasse qui se forme sur Valuminium au moment de la fusion est constituée par de l’alumine ; pour faire disparaître celle-ci, on a recours aux corps suivants dans lesquels l’alumine est soluble : la cryo-lithe ou fluorure double de sodium et d’aluminium, le fluorure de potassium, les alcalis, les chlorures des métaux alcalins do potassium, sodium, lithium.
- Le produit qui a donné les meilleurs résultats est constitué par un mélange de chlorures alcalins avec du fluorure de potassium et du bisulfate de potasse. Ces chlorures alcalins dissolvent l’alumine, le chlorure de lithium règle la fluidité et la fusion du mélange en même temps qu’il forme avec l’alumine ries chlorures volatils ; quant au bisulfate, par son action sur les fluorures, il contribue à la formation de composés volatils.
- On peut prendre comme type d’un mélange de cette sorte :
- Fluorure de potassium ...... (10 gr
- Chlorure de lithium........... 20 —
- — de sodium ...... 15 —
- Bisulfate de potasse............ 5 —
- Broyé* ensemble les éléments, fondre au creuset, couler la masse liquide sur une plaque métallique ; réduire en poudre lorsque la masse est refroidie, conserver en boîtes bien closes pour l’emploi.
- Laboratoires Bottu, à Paris. — Le produit à odeur répugnante dont on enduit pendant l’hiver le troncs des arbres, pour empêcher les lapins d’en ronger l’écorce, est préparé au moyen des éléments suivants •
- A s sa fœtida...................... 25 gr
- Sang liquide....................... 2.000 —
- Terre glaise . . .' . . . . •. . 1.000 —
- Bouse de vache .................... 1.000 —
- Ajouter ensuite, si cela est nécessaire, une quantité suffisante. de purin pour obtenir une pâte.
- N. B. — L’A s,va fœtida, aussi appelée Stercus diaboli, est une gomme résine provenant de la Syrie, de la Lybie et de la Perse, résultant de l’exsudation d’une Ombellifère, la Ferula asa fœtida, elle est employée en médecine comme antispasmodique très puissant (Bœrhaave).
- École normale de Savenajr. — La formule suivante de ciment vous permettra de mastiquer solidement les vitres
- d’aquarium.
- Prendre :
- Brique pilée...................... 90 gr
- Litharge en poudre................ 10 —
- Broyer finement, puis incorporer peu à peu de l’huile de lin cuite pour en former une pâte à consistance convenable.
- Appliquer celle-ci dans les encoignures, le verre et le bois étant parfaitement secs, puis laisser durcir quelques jours, avant de mettre en service.
- Avoir soin également de faire séjourner de l’eau que l’on jettera et remplacera, pour éliminer les matières solubles, du reste en faible quantité, que pourrait apporter le mastic, de façon que le poisson se trouve en bonne condition.
- Le Gérant : G. Masson,
- Lavap. — Imprimerie Barnéoxjp. — 15-5-1938 — Published in France.
- p.344 - vue 348/439
-
-
-
- N° 3026
- LA NATURE
- V Juin 1938
- LE SYSTEME SOLAIRE
- VOGUE-T-IL DANS UNE NEBULEUSE OBSCURE ?
- QU’EST-CE QUE LE « VIDE » INTERSTELLAIRE
- L’astronomie passait jusqu’ici pour être l’élude des astres. Comme un vent de révolution souffle depuis quelques années sur la science, il ne faut pas s’étonner quelle s’occupe aussi maintenant de ce qu’il y a entre les astres.
- — Quoi ? Entre les astres, n’est-ce pas le vide parfait, du moins entre les étoiles, puisque l’espace interplanétaire est sillonné par les comètes, les météores et
- d’innombrables débris cosmiques ?
- Eh bien, non ! Le vide intersidéral, sinon le vide intergalactique, apparaît aujourd’hui comme une fiction, propre tout au plus à alimenter les gloses des romanciers de la science.
- A vrai dire, on -s'en doutait depuis
- longtemps. Quand Hartmann; en 1904, découvrit que les composantes de l’étoile double S Orion présentaient, dans leur spectre, deux raies fixes, qui, par conséquent, ne participaient pas au déplacement alternatif vers le rouge et vers le violet dû à l’effet Doppler et causé par la révolution orbitale de ces deux corps, on pensa : sans doute ces raies, celles du calcium ionisé, proviennent-elles d’un nuage de calcium immobile dans l’espace ; et les observations ultérieures ne tardèrent pas à vérifier cette hypothèse. Mais, depuis 1904, on décela dans le milieu interstellaire, beaucoup d’autres corps. M. C. D. Shane signala, en 1919, le sodium. Dunham et Adams y ajoutèrent, à la fin de 1937, le titane ionisé, le potassium et le sodium neutre, tandis que le Pr Saha croyait pouvoir identifier les nouvelles raies trouvées par Merrill en 1904 avec celles du sodium moléculaire et d’un composé sodium-potassium NaK, et
- Fig. 1. .— Une nébuleuse brillante galactique : la nébuleuse America. On remarque qu’elle a vaguement la forme de l’Amérique du Nord.
- (Phot. M. de Kerolyr).
- que Swings notait la coïncidence de deux autres raies avec celles du gaz carbonique.
- Il ne faut pourtant pas que cette énumération fasse illusion, et que le lecteur en déduise, au rebours de ce que l’on pensait naguère, que l’espace est littéralement empli de gaz de toutes sortes. Pour Eddington, le nombre d’atomes de calcium par cm3 est compris entre
- 1,6 x io-3 et 2,4, et la densité de la matière interstellaire est voisine de io~24 gr par cm3 (Q. C’est aussi l’avis de Hubble, qui donne la valeur io~2G. Imaginez que l’on puisse réunir la Terre à Sii’ius par un tube de 3o cm de dia-rnèti'e : ce tube, long de 9 années-lumière, ne contiendrait guère que 6 mgr de substance, à peu près le contenu d’air de quatre dés à coudre. Assurément, si toutes les étoiles étaient aussi rapprochées que Si-rius, les astronomes seraient bien excusables de négliger un gaz aussi dilué. Mais, outre que son effet se fait sentir plus sérieusement sur les étoiles placées aux confins de la Galaxie, il présente, de place en place, des condensations, des grumeaux, et la lumière des astres, en les traversant, subit une sévère absorption. Elle peut même y être complètement interceptée. C’est justement ce qui produit, dans la Voie Lactée, ces trous noirs, vides d’astres, dans le Cygne par exemple, dans Ophiuchus et le Scorpion, et surtout dans la Croix du Sud, où un nuage sombre a conquis la célébrité sous le nom pittoresque de Sac-à-Char-bon. Cependant, même ces nébuleuses noires n’ont
- 1. Rappelons que la notation a x 10n signifie : le chiffre a suivi do n zéros : par exemple : 5 x 104 = 50.000. De même :
- 5 5 . .. . ..
- 8 x 10~4 = në =
- lO.UÜtl
- et 1,6 x 10-3 = = 0,0016.
- p.345 - vue 349/439
-
-
-
- 346
- Fig. 2. — La nébuleuse trifide du Sagittaire.
- (Phot. M. de Kerolyr).
- pas la densité que l’on pourrait croire. Comparé à elles, le brouillard le plus léger est un mur solide, et il absorbe plus de lumière sur un parcours de ioo m qu’une nuée obscure sur une année-lumière.
- Chose curieuse, ces nébuleuses sont souvent en relation avec des nébuleuses brillantes, comme dans Orion. Et, quand on sait que celles-ci, par leur spectre de raies, se révèlent comme des amas de gaz à basse pression faiblement lumineux, un gros effort d’imagination n’est pas nécessaire pour comprendre qu’il s’agit toujours du même nuage, tantôt obscur, tantôt illuminé. Huggins lança le premier, en 1864, cette idée féconde, qui permettait déjà de distinguer les nébuleuses lumineuses galactiques, masses' gazeuses à raies brillantes, des nébuleuses extra-galactiques, qui donnent un spectre continu. .
- NÉBULEUSES A RÉFLEXION
- L’étape suivante fut bouclée par Slipher en 1912, quand il reconnut que le spectre de plusieurs nébuleuses galactiques ressemblait étrangement à celui des étoiles voisines. D’où pouvait venir cette ressemblance ? Pas de doute, intervint Hertzprung, si les nébulosités éparpillées dans les Pléiades, par exemple, sont lumineuses, c’est quelles sont éclairées par les étoiles‘.voisines. On est aujourd’hui à peu près renseigné sür le mécanisme de-celte illumination. Ilubble et Russèl montrèrent, en effet, en 1923, que si la nébuleuse est- placée près d’une étoile très chaude, celle-ci provoque, dans le gaz raréfié, une fluorescence : c’est le cas de la nébuleuse d’Orion, de celles de la Lvrc, du Cygne. Si. la température de l’étoile est inférieure à 20.000°, elle est insuffisante pour exciter
- les atomes du gaz, et ce que l’on observe alors, c'est tout bonnement la lumière réfléchie et diffusée, un peu comme la clarté du Soleil dans l’atmosphère.
- Tout cela, c’est d’ailleurs de l’histoire ancienne. Ce n’est guère qu’à partir de 1935 que les astronomes commencèrent à s’inquiéter de ce danger : l’absorption de la lumière stellaire par ces nuages plus ou moins opaques était capable de modifier les idées admises sur la forme et les dimensions de la Galaxie. Une vérification devenait urgente. Le dii'ecteur de l’Obsei'va-toire Yerkes, Otto Struve, et deux astronomes, Elve\ et Roach, s’en chargèrent en 1936 (1).
- Les nuages cosmiques peuvent être, en somme, étudiés de deux façons, soit par l’absorption qu'ils produisent, soit par la lumière qu’ils émettent. La première méthode avait été déjà employée par Seeliger, Kapteyn et Holm, qui avaient remarqué quq. la décroissance de l’éclat des étoiles n’est pas tout à fait proportionnelle à l’inverse du carré de la distance, et avaient, de ce fait, introduit une absorption générale. Struve, Elvey et Roach raisonnèrent différemment : si une masse nébulaire est située près d’une étoile colorée, se dirent-ils, elle doit évidemment être de la même couleur que l’étoile. Un excellent champ d’expérience s'offre justement à nous dans le Scorpion, où l’étoile-rouge Antarès, de la classe spectrale M, est entourée de quatre étoiles blanches tirant sur le bleu, du type B, le groupe étant plongé dans une des nébuleuses les plus épaisses que l’on connaisse. Cette nébuleuse doit donc être ici rouge et là bleue.
- Le principe était simple mais l’application malaisée. La nébulosité entomanl Antarès a, en effet, une demi-magnitude seulement de plus que le fond du ciel, et celle qui entoure les étoiles blanches, 0,2 magnitude. Il ne pouvait être question d’en observer la couleur visuellement. C’est pourquoi les trois astronomes utilisèrent la plaque photographique. Comme celle-ci est sensible surtout au bleu, alors que la sensibilité de l’œil est maximum dans le jaune, la magnitude obtenue par photographie, diffère de celle M„, que l’on note visuellement, ou photographiquement avec un écran jaune. La différence I = My, — M„, appelée-indice de coloration, renseigne donc avec certitude sur la couleur de l’astre. Ainsi opérèrent Struve, Elvey et Roach, à l’aide d’un télescope Schmidt, de 10 cm d’ouverture, monté à l’Observatoire Mac Donald. Les conclusions vérifièrent pleinement la théorie : les clichés en lumière jaxme révélèrent, autour d’Antarès, une forte nébulosité rougeâtre invisible à la vue, accusant un indice de coloration de + 1,9, alors que celui des nébulosités des autres étoiles, •—• o,4, indiquait, au contraire, une teinte bleue.
- Ces nébuleuses à réflexion sont situées à peu près à la même distance que les étoiles du Scorpion, c’est-à-dire entre 35o et 45o années-Iumièi'e. Russel évalue leurs dimensions à 00 années-lumière de longueur, 5 à 10 de largeur et autant d’épaisseur, ce qui donne un volume de i.25o années-lumière-cube, soit io12 km3.
- 1. Astrophysical Journal, septembre
- p.346 - vue 350/439
-
-
-
- 347
- Il est difficile de se représenter un volume de cette taille. Figurez-vous pourtant une bille d’écolier et la Terre : voilà les proportions relatives &du Soleil et de l’un de ces nuages. Quelle densité peut-il avoir ? Sup-posons-le 1.000 milliards de fois plus léger que l’air : il pourrait encore servir à fabriquer 65o millions de Soleils. Néanmoins, le calcul montre qu’avec une densité encore mille fois moindre, il exercerait une telle attraction que, dans un rayon de 5o années-lumière, il forcerait toutes les étoiles à graviter autour de lui. Comme on n’observe pas trace d’un tel phénomène, il faut bien que la densité soit encore inférieure, voisine de io~18 gr par cm3, ce qui fait io gr par 10.000 km3.
- Comment une matière aussi prodigieusement raréfiée peut-elle être opaque ?
- Prenons nos 10.000 km3 de nébuleuse et étirons-Ies de manière à en former un tube long de 5 années-lumière, largeur du nuage. La section de ce tube n’est plus que de 2 cm2, quelque chose comme une pièce de 5 centimes. Le problème se pose alors de répartir nos io gr de substance de façon à boucher le tube. Si la substance a la densité de la Terre, 5,5, nous ne pourrons pas le boucher complètement, mais si nous la broyons en un million de petits grains, la somme des sections de ces petits grains dépassera plusieurs» fois la section du tube. En broyant de plus en plus fin et en tassant la poudre à une extrémité du tuyau, nous pourrons l’obstruer totalement. Si nous nous contentons de l’éparpiller d’un bout à l’autre, nous aurons seulement un obscurcissement plus ou moins intense.
- Nous ne pourrons pas, toutefois, continuer indéfiniment cette pulvérisation, car l’absorption changerait d’aspect au moment où les grains deviendraient plus petits que les longueurs d’onde lumineuses. Ils obéiraient alors à la loi de Rayleigh, et l’absorption générale ferait place à une absorption sélective, à un « rougissement » : la même chose se passe lorsqu’au coucher du soleil ses rayons, traversant l’atmosphère inférieure, y perdent leur bleu par diffusion. Cette l'emarque permet de formuler le résultat de notre expérience : les nuages du Scorpion ne sont point des gaz, mais des amas de poussières, dont le diamètre est, d’après Struve et d’après Scha-len (Upsal), de i/io.ooo de mm, donc du même ordre de grandeur que les vibrations lumineuses. Ils se prolongent dans la constellation d’Ophiuchus ; on les retrouve au point diamétralement opposé, dans les Pléiades et le Taureau ; Shapley, en 1937, en a même observé près du Pôle nord.
- LE « ROUGISSEMENT » DE L’ESPACE
- Est-ce à dire que toutes les nébuleuses à réflexion soient constituées par de grosses particules, entendant par ce terme un dia-
- mètre de io~5 cm P Non, car l’effet Rayleigh, révélateur de dimensions inférieures, se manifeste dans- plusieurs d’entre elles. La nébuleuse située près de l’étoile jaune y Cygne, par exemple, est beaucoup plus bleue qu’elle, ayant un indice de coloration de — 0,2. Struve estime que, bien que la diffusion Rayleigh ne forme que la moitié ou le tiers de la lumière totale d’une telle nébuleuse 0), certaines rougissent nettement la lueur des étoiles placées derrière. Stebbins et Whitford ont ainsi étudié, à laide d’une cellule photoélectrique, la distribution des amas globulaires à diverses latitudes galactiques, et ont constaté que, si ces objets gardent une couleur uniforme aux latitudes élevées, ils rougissent fortement quand on s’approche de l’équateur galactique. Faut-il en conclure que les poussières sont logées surtout dans le plan de cet équateur et nous cachent une partie du ciel, notamment le centre de la Galaxie ? Oui, répondent les deux savants ; le système visible des amas globulaires, qui marque, comme on le sait, la frontière galactique, est incomplet, et il nous faut réduire à moins de 100.000 années-lumière le diamètre de la Galaxie ; celle-ci revêt alors les dimensions d une spii'ale à peu près normale.
- A ceux de nos lecteurs que déconcerterait la présence de poussières dans la Voie Lactée, offrons encore , un autre mode d’investigation : la polarisation. Les petites particules, qui diffusent selon la loi de Rayleigh, ont une forte polarisation ; celle du ciel bleu est, par exemple, de 70 pour 100. Au contraire, pour les grosses particules réfléchissantes, elle est très faible. Struve braqua donc sur la nébuleuse du Scor-
- I. Astrophysical Journal, avril 1937.
- Fig. 3. — Nébuleuse entourant, l’étoile Maïa, des Pléiades {au centre).
- (Phot. M. de Kerolyr).
- p.347 - vue 351/439
-
-
-
- 348
- Fig. 4. — Une partie du nuage obscur d’Ophiuchus.
- (Phot. M. de Kerolyr).
- pion son télescope Schmidt muni, non d’un nicol, mais d’un Polaroid, film spécial servant de polariseur, et y décela une polarisation de io à i5 pour ioo, de l’ordre de celle que M. Lyot assigne à la Lune et aux planètes (*). Henyey obtint un résultat analogue sur les Pléiades. Sur la nébuleuse de y Cygne, les conclusions furent moins nettes : puisque l’effet Rayleigh y joue fortement, on s’attendait à trouver une polarisation élevée ; or, elle y est presque nulle. Alors ?
- Ajoutons une curieuse remarque de R. M. Langer.
- Le rayonnement des étoiles ionise la poussière interstellaire, et c’est cette incessante excitation qui, chan-
- t. Popular Astronomy, janvier 1937.
- géant la longueur d’onde de la radiation, en cause le rougissement. Or, pour des particules de i micron de diamètre, la longueur d’onde de la radiation réémise est de io m, soit exactement celle des mystérieuses ondes radioélectriques que Karl Jansky reçut de la Voie Lactée en if|33 (’).
- LE GRAND NUAGE MÉTÉORIQUE
- Reste évidemment à se demander ce que sont ces poussières. Et c’est sur ce point que les derniers mois ont vu s’élever une merveilleuse synthèse. Nous en avons exposé ici-même les fondements (2). Nous allons en achever, après les travaux de Hoffmeister, la superstructure. Hoffmeister, s’aperçut, en effet, que les étoiles filantes sont entraînées par un véritable courant, qui traverse le ciel en partant des environs des Pléiades pour aboutir non loin du Scorpion. Il s’agit là, sans nul doute, de l’un des courants météoriques non comélaires que Von Niessl avait repérés /jo ans auparavant, dont l’un provenait du Taureau en automne et l’autre du Scorpion en été. Que ces fleuves de météores s’identifient avec des nébuleuses à réflexion, il n’y a plus guère à en douter. C’est du moins l’avis du savant allemand, qui établit, de la sorte, l’existence, à l’intérieur du système stellaire galactique, d’un système de corpuscules en mouvement de translation. Alors, soumis sans arrêt à l’averse de ces météores, le système solaire serait lui-même, affirment H. Millier et VV. Becker, à l’intérieur de ce courant, de cette nébuleuse, et nous voguerions dans un océan de matière noire.
- 1. Bell Téléphoné Laboratories (New-York, 1933) et Procee-dings oi Nat. Acad, of Washington, mars 1937. i. La Nature, 15 août 1937.
- p.348 - vue 352/439
-
-
-
- Comment confirmer cette audacieuse mais logique conclusion ?
- Représentez-vous une étoile éloignée de 3.5oo années-lumière, et la Terre reliée à cette étoile par une suite de sphères enfilées les unes au bout des autres, en ligne droite. Chaque sphère a une capacité de i km3. Dans chacune, se promène au hasard un grain de poussière pesant 3/ioo.ooo.ooo.ooo de gr. Eh bien ! Tous ces grains de poussière suffisent pour retrancher une magnitude à l’éclat apparent de l’étoile.
- Dans les parages de Scorpion-Ophiuchus et des Pléiades, cet obscurcissement est naturellement beaucoup plus prononcé. Stebbins et Whitford ont relevé une absorption de 3 magnitudes photographiques vers l’équateur galactique, ce qui revient à dire que q5 pour ioo de la lumière des amas globulaires est absorbée.
- Or, n’oubliez pas que l’on ne peut mesurer directement les distances stellaires, par triangulation, qu’à moins de 4oo années-lumière. Au delà, il faut recourir à des procédés photométriques qui font intervenir l’éclat apparent.
- Il est bien clair que si cet éclat apparent est affaibli par l’absorption, les distances sont faussées. D’api'ès Stebbins et Whitford, il faut diviser par 4 la distance des amas globulaires. A plus forte raison conviendra-t-il de diminuer considérablement les formidables distances des nébuleuses spirales. On devra même probablement abandonner la théorie de l’expansion de l’univers, le rougissement des spectres extra-galactiques, attribué par l’abbé Lemaître à la récession des spirales, devant être mis plutôt sur le compte d’une perte d’énergie de la lumière en cours de route, avec allongement de la longueur d’onde.
- Dans quelle proportion devra-t-on réduire ces distances ?
- 11 est impossible de le savoir. Le nuage cosmique a, d’après Swings, la forme d’un disque irrégulier, très plat, proche du plan galactique, « ce qui rappelle, ajoute-t-il, les traits sombres équatoriaux des nébuleuses extra-galactiques vues par la tranche C) », mais comme il peut exister çà et là des grumeaux, des épaississements inconnus, l’absorption peut être différente en tous les points. Il faudra peut-être réviser de fond en comble l’astronomie stellaire.
- Ce n’est pas tout.
- Le système solaire, progressant à travers la nébuleuse noire, peut rencontrer un de ces grumeaux. Que se passera-t-il alors. Il se peut, dit M. Émile Belot, que l’affaiblissement de la radiation solaire soit tel que la calotte polaire terrestre s’accroisse/ descende vers le sud et que l’humanité subisse une nouvelle période glaciaire. Une baisse thermométrique de 3° C. suffirait, suivant le géologue viennois F. X. Schaffer, pour amorcer la glaciation.
- Il y a encore plus beau ! Malgré sa densité infinilé-
- ;----------------------:...... 349 =
- simale, ce nuage parviendrait à freiner le mouvement orbital de notre globe, lequel, décrivant une lente spirale, finirait, avec le temps, par tomber sur le Soleil ! (x).
- Mais nous n’en sommes heureusement pas là et, pour nous en tenir à la stricte actualité, le problème le plus urgent semble bien être de calculer l’absoi’p-tion, en intensité et en position.
- Les astronomes pourront ensuite rectifier leurs vues quant à la forme et aux dimensions de la Galaxie.
- Certains, voyant alors réduire à une échelle plus modeste le majestueux édifice bâti avec tant de peine sur des bases si grandioses, poui’ront s’en chagriner et s’en offusquer. Mais l’astronomie tout entière n’est-elle pas, pour l’homme, une perpétuelle leçon d’humilité (2).
- Pierre Rousseau.
- 1. W. H. Barton, The Sky, octobre 1937.
- 2. Nous remercions M. Esclangon, directeur de l’Observatoire de Paris, d’avoir bien voulu nous communiquer les photographies 1 a 4 prises par M. de Kerolyr à la station astrophotographique de l’Observatoire de Paris, à Forcalquier.
- Fig. d. — La nébuleuse rouge entourant Antarès.
- La photographie du dessous est une photographie ordinaire ; celle du dessus est prise avec un filtre jaune. On voit très nettement, sur cette dernière, la. grande nébulosité qui entoure Antarès, nébulosité qui est presque invisible sur l’autre image. Inversement, la nébulosité qui entoure a Scorpion, très forte sur l’image du bas est bien plus faible sur celle du haut ; l’étoile a- Scorpion est, en effet, une étoile bleue.
- (Phot. Otto Struve).
- 1. Ciel et Terre, mars 1937.
- p.349 - vue 353/439
-
-
-
- LES NOUVEAUX AMÉNAGEMENTS DU PORT DE DUNKERQUE
- Le port de Dunkerque, dont nous avons déjà parlé au sujet du ferry-boat 0), est extrêmement important en raison de sa situation géographique. C’est, en effet, le seul port français sur la Mer du Nord, et sa rade, nous apprend le « Génie Civil » à qui nous avons fait de nombreux emprunts, qui s’étend parallèlement à la côte, sur une longueur de 20 km environ, avec une largeur de 1.800 à 2.000 m, et une profondeur de i3 à 20 m, est une des plus sûres du littoral. Aussi, tête de ligne pour un certain nombre de services, il constitue, en outre, une escale naturelle pour les grands cargos à destination ou en provenance de la Mer du Nord, Anvers et Rotterdam, et de la Baltique.
- Aménagements anciens. — Les vents dominants y étant nord-ouest-sud-est, le chenal d’accès, qui mesure 950 m, avec i35 à 210 m de largeur, et un tirant d’eau maintenu par draguage à 11 à 12 m, est orienté dans cette direction.
- 11 donne accès à un port d’écliouage et communique avec les anciens bassins par le pertuis de la Citadelle, et avec les nouveaux bassins, dits de Freycinet, qui comprennent cinq darses, par deux écluses : l’écluse Guillain, desservant les darses 1 et 2, et l’écluse Trvstram, qui dessert les darses 3 et 4, et, par un pertuis, la darse 5, au quai de laquelle vient accoster le ferry-boat.
- Nous n’énumérerons pas ici l’outillage public de manutention du port, qui est extrêmement complet. Nous dirons seulement que le tonnage des navires
- 1. La Nature, n° 2993, lo janvier 1937, Nouveau ferry-boat Dunkerque-Douvres.
- entrés dans ce port, qui atteignait environ 5oo milliers de t en i85o, n’a cessé de s’accroître depuis cette époque, sauf pendant la guerre, et se chiffrait, en 1929, à 11 millions de t, limite d’utilisation des ouvrages et de l’outillage du port.
- Travaux d’extension. — C’est pourquoi, dès octobre 1919, une loi approuvait l’urgence des travaux d’extension, qui furent commencés en 1929, par l’exutoire des wateringues, et continués, en ig3o, sous la direction de M. Broquaire, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, directeur des ports de Dunkerque et Gravelines, et de M. Étienne, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui, fort aimablement, a bien voulu nous documenter. Ils comprennent la construction, par les établissements Sainraps et Brice, d’un avant-port, d’une nouvelle écluse maritime, d’une nouvelle darse n° 6, d’un bassin d’évolution commun avec la darse n° 5, déjà existante, enfin, d’un bassin pétrolier
- (fig- O-
- Évacuation des eaux des « wateringues ». — Le
- niveau des terres, appelées wateringues, qui entourent Dunkerque, sur une étendue de 60.000 ha, étant compris entre les niveaux des basses et hautes mers de la mer du Nord, tout un ensemble de rigoles et de canaux assure le déssèchement et l’irrigation de ces terres, et ces canaux, coupés d’écluses qui permettent la navigation fluviale, venaient aboutir à Dunkerque, et déversaient leurs eaux à la mer par deux exutoires entourant la ville et le port, l’un à l’ouest, l’autre à l'est.
- Il fallut, tout d’abord, afin d’étendre le port vers l’ouest, supprimer l’exutoire existant de ce coté, et rejeter ses eaux dans l’exutoire de l’Est, qui aboutit à l’entrée du chenal actuel, où l’on a installé une station de pompage permettant d’évacuer, en moyenne, 10 m3 par seconde.
- On put, en même temps, commencer les travaux de l’avant-port, qui a une surface d’eau de 80 ha, et qui est délimité par deux jetées convergentes, laissant à leur extrémité, prolongée jusqu’aux fonds de — 8 m, une entrée large de 270 m, orientée face au nord-nord-est pour empêcher, autant que possible, la propagation de la houle entre les jetées, et fortement inclinées sur le rivage, pour apporter le moindre obstacle aux courants littoraux.
- La jetée Est. Son infrastructure.
- — La jetée Est, terminée en septembre 1934, n’est que le prolongement, sur 700 m, de l’ancienne jetée (fig. 2).
- Fig. i. — Le port de Dunkerque et les travaux en cours.
- I LUE'
- STPOL -sur-MER
- p.350 - vue 354/439
-
-
-
- 351
- Elle comporte un massif-plein en béton, fixé sur des caissons perdus, foncés à l’air comprimé, à la cote, variable, de — 8 m 5o à — 17 m, et mesurant, avec une hauteur de 10 m o3 à 10 m 07, une largeur de 6 m 07 à 7 m, sauf au musoir, qui présente un épanouissement, fondé sur un caisson de 8 m 5o de largeur.
- Ces caissons, mis à l’eau au moyen d’un slip-way, étaient échoués à basse mer, leur mise en place rigoureuse étant assui'ée à l’aide de deux estacades provisoires, déplacées au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
- Les déblais de la chambre de travail étaient exécutés au moyen de jets d’eau entraînant le sable et la vase dans un puisard, d’où ils étaient repris et évacués en dehors de l’avant-port à l’aide d’une pompe genre Mammouth.
- Pour lier les caissons, après établissement de deux petits rideaux de pal planches métalliques, et pompage des déblais, on remplit les intervalles de béton coulé sous l’eau.
- Le massif d’infrastructure élevé sur les caissons, avec une largeur de 5 m 75, s’élève jusqu’à la cote + 2. Un redan, à la cote + 1, puis un fruit de 1/10, lui laissent, à la partie supérieure, une largeur de 4 ni q5. Il est en béton protégé par un parement de moellons artificiels.
- Superstructure. — Ancrée de 2 m 5o dans le massif d’infrastructure, la superstructure, d’une hauteur libre de 7 m, s’élève donc jusqu’à la cote + g, où elle a une largeur hors tout de 3 m o5, et est munie de deux garde-corps de 1 m de hauteur. Elle est compo-
- s é e de fermes transversales e n béton armé reliées par trois cours de liernes horizontales et par des poutres en croix de Saint-André (fig. 3).
- A l’extrémité de la jetée, le tillac, d’une largeur de 2 m 75, s’épanouit jusqu’à 5 m, avec 14 ni de longueur, pour constituer le musoir. Spéciale-m e n t renforcé, celui-ci est doté d’un feu rouge permanent, et sera équipé d’un signal de brume (vibra-leur aérien).
- Jetée Ouest.
- Infrastructure.
- — Les tempêtes d’ouest et de nord-ouest, s u r cette côte, étant les plus fréquentes, et le déplacement des sables se faisant d’ouest en est, la jetée Ouest, d’une longueur d’environ 75o m, et terminée depuis
- -16.00
- Fig. 2. — Coupe de la jetée Est.
- p.351 - vue 355/439
-
-
-
- 352
- Dallage en béton N?3 avec chape au mortier de ciment-
- Fkrement en moellons artifi'L
- ">î Garde corps î-en béton a rmé ’sLGa/erie
- Marner de vives eaux extraordœ^ „ „ „ „ ordinaires
- « " " mortes eaux ordmn?s
- .-&70.Ï
- Basse mer de mortes eaux ord ™ " ’ vives " "
- Enroch isde 100à 1200kg.
- Fascinages
- Fig. 4. — Coupe de la jetée Ouest. quelques mois, est pleine sur toute sa longueur
- (fig. 4).
- Une première partie, celle d’amont, sur une longueur de 235 m, est faite d’un massif de béton coulé entre deux rideaux de palplanches métalliques à parois verticales jusqu’à la cote + 3, elle mesure 6 m 5o de largeur (fig. 5).
- La seconde partie, celle d’aval, sur une longueur d’environ 5i5 m, repose sur un lit de fascinages d’une
- épaisseur de i m et de largeur suffisante, 48 m 5o, pour recevoir tous les enrochements, le lit de fascinages étant double sous le musoir.
- Un noyau d’enrochements de roo à 1.200 kgr s’élève, avec une pente de 2/1 à l’ouest, 3/2 à l'est, et est arasé à la cote + 1, où il mesure 9 m de largeur.
- Ces talus sont protégés, de chaque côté, par une couche d’enrochements de 1.000 à 5.ooo kgr, recouverts eux-mêmes, du côté du large, et, sur une longueur de 7a m à partir du musoir, du côté de l’avant-port, de blocs artificiels de béton de t\o à 5o t (fig. 6 et 7).
- Superstructure. — La superstructure de toute cette jetée mesure à la base, (cote -f 3) 5 m 70 de largeur, et à son sommet, (cote + 9) 4 m 5o. Un parapet de 1 m 5o de hauteur et de largeur égale à la base la protège, du côté du large jusqu’à la cote + 10 m 5o. Un garde-corps en béton armé a été élevé du côté de
- Fig. 5. — Construction des caissons en béton armé d’infrastructure de la jetée Ouest.
- p.352 - vue 356/439
-
-
-
- 353
- ] avant-port, laissant au tillac une largeur légèrement inférieure à 3 m.
- Le musoir, d’une largeur utile de 8 m, sur 18 m de longueur, terminé, lui aussi, supportera un phare actuellement en construction, un signal de brume, et les signaux de police du port.
- Toute cette superstructure est faite d’un massif plein en béton, avec parement en maçonnerie de moellons artificiels.
- Digue Ouest. Digue Sud et apponte-ments. — Une nouvelle digue, dite de l’Ouest, à talus perreyés, avec dalles en béton armé ou à revêtement de terre végétale, et à pente transversale de 3 /1, construite dans le prolongement de la jetée Ouest, relie la partie amont de cette digue à l’ancienne digue Ouest. Sa crête, arasée à la cote + 9, comme la digue elle-même, comporte un mur de garde de x m de hauteur qui protège un dallage de 3 m de large.
- Une digue perreyée du même type que la précédente, mais sans mur de garde, ferme l’avant-port au sud. Le môle d’accostage projeté s’enracinera dans celte digue.
- Un appontement en palplanches métalliques la relie à l’ancien chenal. La nouvelle écluse s’ouvre entre la digue et cet appontement, au devant duquel on procédera au dragage de l’avant-port à la cote — 1.
- Pour remblayer à la cote + 9 l’espace compris entre l’ancien chenal, l’appontement, la digue Sud et la digue Ouest, on a utilisé les deux millions de m3 de terre, prélevés par une drague suceuse à l’emplacement de la nouvelle écluse et du bassin d’évolution qui la suivra.
- Le môle d’accostage. —- Un môle d’accostage, qui mesurera 260 m de longueur utile sur 5o m de largeur, sera bordé de deux souilles de 5o m de largeur, draguées à la cote — 10, et permettra aux navires d’effectuer leurs manutentions sans attendre la pleine mer et passer aux écluses. Il sera construit dès que la situation économique le permettra, et comportera un tablier, dont la fondation est prévue à la cote — i4, supporté par 5 files de piles, susceptible de recevoir une surcharge de 4 t par m2, et qui sera doté de voies ferrées et d’engins de manutention.
- LA NOUVELLE ECLUSE
- Ce nouvel avant-port communique avec les nouveaux bassins par une grande écluse mesurant 325 m de longueur totale, dont 280 m de sas, et 4o m de largeur utile (fig. 8).
- Pour protéger la fouille, on construisit, du côté de la mer, un batardeau, fait de deux rangées de palplanches métalliques écartées
- Fig. G. — Construction des blocs de 50 t de la jetée Ouest.
- de 8 m, rempli de sable, et, du côté de la terre, un simple batardeau en terre.
- Terrassements par le procédé du rabattement de la nappe aquifère. — On commença les terrassements à la drague suceuse. Puis, on ceintura la fouille d’un collecteur de 0 m 25 de diamètre, raccordé à 60 tubes verticaux filtrants, descendus à la cote — 22, .au fond de chacun desquels un moteur électrique actionnait une pompe centrifuge noyée qui refoulait l’eau dans le collecteur. Ce procédé de rabattement de la nappe aquifère se montra parfaitement efficace et permit d’assécher, en 9 mois, la cote — 12 m 5o, profondeur des fondations des deux têtes de l’écluse.
- Les bajoyers du sas. — Les bajoyers du sas sont constitués par des palplanches métalliques, du type caisson de 20 m de longueur, battues jusqu’à la cote
- Fig. 1. — Mise en place des blocs de 50 t de la jetée Ouest.
- p.353 - vue 357/439
-
-
-
- 354
- Fig. 8. — L’écluse en eau. Vue de la tête aval de la jetée d’embecquetage et du bâlardeau aval avant sa démolition.
- •— i5 m io, surmontés d’un mur-masque en béton armé jusqu’à la cote 4- 8 m i5, chaque rideau étant ancré au moyen de trois rangées de tirants sur d’autres rangées de palplanches métalliques.
- Le plafond du sas, à la cote — 8 m, n’a que deux avant-radiers, de 20 m chacun, près des tètes.
- Têtes de l’écluse. — Les deux tètes sont en maçonnerie de béton fondé sur un radier général en béton armé descendant jusqu’à la cote — 12 m 5o, et construit à l'intérieur d’une enceinte en palplanches métalliques, de 21 m de longueur, descendues jusqu'à la couche d’argile, à la cote — 28 m. Les seuils étant arasés à la cote — 8 m, les radiers ont donc une épaisseur de — 12 m 00 — 8 m, soit 4 ni 5o.
- Les portes de l’écluse. — Des portes roulantes, qui seront déjà mises en place quand paraîtra celle étude, fermeront l’écluse. Elles se déplacent, en principe, à l’aide de chariots de roulement, ou, exceptionnellement, par glissement sur le radier.
- Elles sont du système à enlreloises horizontales, et une partie de chaque porte sera aménagée comme chambre de flottaison, divisée en compartiments élan-
- Fig. 9. — Vue d’ensemble de la tête aval de l'écluse avec enclaves des portes et pont basculant.
- elles. L’ossature métallique est en acier inoxydable, offrant une résistance à la rupture de 54-64 ltgr par mm2.
- Ces portes, interchangeables, qui se déplacent à la vitesse de o m 20 par seconde, sont supportées par deux chariots, l’un supérieur, l’autre inférieur, ou, à volonté, par deux chariots inférieurs.
- Aménagement des têtes. — La tête aval comporte deux enclaves de 4i ni de longueur utile. Celle d’amont est aménagée en forme de radoub pour permettre le carénage et la visite des portes. Celle d’aval, moins large, servira de logement à la porte en service, mais pourra être obturée, puis asséchée, à l’aide d’un caisson batardeau placé à l’entrée de cette enclave (fl g. 10).
- La tête amont ne comporte qu’une enclave, semblable à celle aval de la tête aval.
- Les aqueducs des têtes. —• Deux aqueducs jumelés, de chaque côté des têtes, mesurent Chacun i5 m2 de section et contournent les massifs des tètes et les enclaves. Ils sont fermés à l’aide de vannes principales du type wagon et de vannes ordinaires permettant de les assécher pour la visite et l’entretien.
- Le pont basculant. — Un pont basculant du type Scherzer, déjà en service, est installé près de la tête aval. Son tablier, d’une largeur totale de 9 m 20, livre passage à une route de 5 m de largeur et à une voie ferrée normale située dans l’axe de cette route (fig. 9).
- La jetée d’embecquetage. — Une jetée d’embecquetage, de 200 m de longueur sur 6 m 5o de largeur, est édifiée à 60 m à l’ouest de l’axe de l'écluse. Elle est constituée par deux rideaux de palplanches métalliques reliés entre eux par trois étages de tirants et par des cloisons en palplanches.
- Win de ne pas perforer ces cloisons, les tirants de l’étage inférieur, à la cote + r, sont soudés intérieurement sur les palplanches.
- L’intervalle entre les deux ancrages inférieurs est constitué d’un massif de béton. Le reste est rempli de sable.
- Cette jetée facilitera l’accès des navires à l’écluse.
- Le bassin d’évolution et ses annexes.
- — Le grand bassin/ d’évolution, creusé au débouché de la nouvelle écluse, et dont les terres ont servi à remblayer les terre-pleins du nouvel avant-port, mesure i.xoo m de longueur avec une largeur de 3oo à 3y5 m.
- U donnera accès, dès que les travaux seront terminés, à la darse n° 6 et au bassin pétrolier, dont la construction rapide s’impose, tout d’abord pour éviter la réception des navires pétroliers dans la darse n° 4, en plein coeur des installations du port, ensuite pour desservir une importante raffinerie de pétrole installée à l’ouest de ce bassin pétro-
- p.354 - vue 358/439
-
-
-
- 355
- Afin d'assurer, dès maintenant, l’utilisation de la nouvelle écluse, on procède actuellement à la construction, dans la partie est du nouveau bassin d’évolution, de nouveaux murs de quai qui permettront la liaison avec la darse n° 5.
- Il est à souhaiter que les travaux prévus soient terminés, aussitôt que possible, afin de doter notre grand port du Nord des aménagements que nécessite son importance toujours croissante, et qui ne pourra se développer pleinement que lorsqu’il disposera de toutes les installations en cours d’exécution.
- Georges Landrviiae. Fig. 10. — Plan de l’écluse.
- 60,00
- Cu/èes Vu pont basculant
- Jetée
- 'd’em bacquetage -Penné
- LES PHOTOGRAPHIES EN RELIEF
- On a vu apparaître depuis quelque temps, dans les devantures de certains magasins, des photographies publicitaires donnant une impression de relief saisissante, sans aucun système optique apparent. Nous allons expliquer comment est réalisée cette stéréoscopie à vision directe.
- La sensation du relief est donnée par la vision binoculaire ; on utilise au moins deux photographies différentes, prises généralement sous des angles différents, l’une étant destinée à l’œil gauche de l’observateur, et l’autre à l’œil droit; l’observation s’effectue, sans aucun système optique, grâce à l’artifice du procédé des réseaux.
- Un réseau ligné est un gril constitué par des traits opaques parallèles séparés par des espaces clairs, la largeur des lignes opaques étant un peu supérieure à celle des intervalles clairs qui les séparent.
- Le nombre des lignes opaques est normalement de l’ordre de 4o à 5o au cm; cependant, lorsque la photographie peut être observée à une assez grande distance de l’ordre de i m au minimum, ao ou a5 lignes au cm peuvent suffire.
- Ce gril est placé devant des photographies positives transparentes éclairées par derrière. Voici comment il crée la sensation du relief.
- Les deux images stéréoscopiques sont prises toujours de deux points de vue différents, mais, au lieu d’être montées côte à côte, elles sont divisées en bandes parallèles égales et très étroites. On n’utilise ensuite que la moitié de ces bandes, les bandes impaires, par exemple, pour l’image gauche, et les bandes panes pour l’image droite.
- Puis, les bandes qui subsistent sont accolées sur une même image composite, de manière que la bande d’une paire faisant partie de la vue destinée à l’œil droit soit placée à gauche, et la bande faisant partie de la vue destinée à l’œil gauche soit placée à droite (fig. i).
- Pour arriver à faire le triage de ces bandes images, de façon que chaque œil puisse apercevoir seulement les bandes qui lui sont destinées, et reconstituer ainsi une image complète, on observe cette image composite à travers un réseau ligné ; les barres du réseau sont disposées parallèle-
- ment aux bandes de l’image composite, et à une distance convenable de cette image.
- On voit sur la figure 2 comment s’effectue la séparation des éléments des images; l’œil gauche aperçoit par les bandes claires du réseau les bandes impaires 1, 3, 5, par exemple, les autres bandes lui étant cachées par les traits opaques; il voit donc seulement l’inlage gauche du couple stéréoscopique.
- De même, l’image droite est seulement aperçue par l’œil droit, et l’observateur voit donc au même endroit les deux
- Fig. 1. — Principe de la stéréoscopie à vision directe à l’aide d’-un réseau ligné.
- A et B, Les deux vues d’un couple stéréoscopique décomposées en bandes ; C, Image composite obtenue par l’assemblage de ccs images élémentaires (Dans la réalité, les bandes sont beaucoup plus nombreuses et plus fines).
- » 2345678910.
- p.355 - vue 359/439
-
-
-
- 356
- ijuiuii'ca
- cessaires ; chacune seulement avec un œil, et le relief apparaît.
- Cependant, les deux images é 1 é -mentaires ne sont pas complètes ; elles comportent scudement un certain nombre de bandes, et la moi-t i é de la surface utile
- a été supprimée. Les résultats sont donc d’autant plus satisfaisants que le nombre de traits est plus grand, et la trame plus fine ; d’ailleurs, pour obtenir une image en relief visible à une distance quelconque, et dans une direction d’observation quelconque, il ne suffirait plus de considérer seulement deux images, comme dans le procédé stéréoscopique ordinaire. La photographie devrait être réalisée au moyen d’appareils prenant les images à partir d’un très grand nombre de points de vue différents, et l’observation devrait être faite à travers une grille à vides extrêmement étroits. Au lieu de deux bandes placées derrière la grille, il devrait y avoir un très grand nombre de bandes infinitésimales derrière chaque vide de la grille.
- Fig. 2. — L’effet du réseau ligné. L’œil gauche n’aperçoit que les bandes impaires de l’image composite et l’œil droit, les bandes paires.
- Fig. 3. — Schéma de la disposition de l’image composite à quatre vues élémentaires de M. Estanave.
- Elémfcorrespf à l'œilgauche
- Elém* corresp à l'œil droit '
- Elêrn *corresp /à l’œil droit
- Elémf corresp1 à l'œil gauchei
- .iS
- LES IMAGES ANIMÉES
- Le même système élémentaire permet d’obtenir des images changeantes à l’aide de deux photographies différentes repi'oduisant un même sujet sous des apparences assez voisines. Dans une position, l’observateur aperçoit le sujet avec une physionomie déterminée, en abaissant ou en élevant légèrement la tête, il lui semble que le sujet s’est modifié, le personnage s’est éveillé ou a souri, par exemple.
- Pour obtenir cet effet, on réalise d’abord, deux photographies ordinaires de deux personnes, ou d’une même personne, dans deux aspects différents', par exemple les yeux ouverts et souriant, puis les yeux fermés et dormant.
- On décompose chacune des images comme précédemment, en fines bandes parallèles horizontales, et on supprime ces bandes de deux en deux; on obtient encore des images incomplètes, mais suffisantes si les bandes sont fines, puis, avec les deüx images incomplètes, on constitue une troisième image composite, en intercalant les bandes de la première image entre deux bandes consécutives de l’autre (voir fig. i).
- Devant celle image composite, on place un réseau ligné à lignes horizontales parallèles aux bandes. Lorsque les yeux de l’observateur sont placés à une certaine hauteur, ils n’aperçoivent à travers les vides du réseau que les bandes constituant la première image, et l’observateur peut ainsi voir une personne souriante et les yeux ouverts. Si l’observateur se déplace de manière que ses yeux soient sur une autre horizontale, il. voit seulement les bandes constituant la deuxième image, et peut voir la même personne les yeux fermés.
- En impi’imant un léger pivotement au cliché, on en déplaçant rapidement la tête, la vision passe rapidement d’une image à l’autre, et on a ainsi l’impression du mouvement; on voit les yeux du sujet s’ouvrir et se fermer, par exemple.
- On peut composer les deux effets de mouvement et de relief et obtenir ainsi à la fois un effet de relief et de mouvement, au moyen de réseaux quadrillés à lignes horizontales, et verticales; les images enregistrées sont alors composées, non plus d’éléments filiformes, mais d’éléments punctiformes analogues au pointillé de la gravure à pointe sèche (fig. 3).
- Tous ces systèmes sont très «impies en principe, mais la réalisation des images composites est délicate, si l’on veut obtenir des résultats très satisfaisants; il a donc fallu une mise au point parfois Içjngue pour obtenir les résultats industriels actuels dus surtout aux ingénieuses dispositions imaginées par un inventeur français, M. Maurice Bonnet.
- P. H.
- LAMPE D’ÉMISSION DE T. S. F. A TRÈS GRANDE PUISSANCE
- i
- La société française S. F. R. vient d’établir une lampe émettrice de T. S. F. scellée, vraiment colossale, puisque sa puissance est de 35o kilowatts utiles, correspondant à quelque 5oo chevaux. Cette lampe n’a pourtant qu’une hauteur d’environ 2 m, les deux tiers étant occupés par une ampoule de verre et le reste par : une gaine métallique cylindrique. Elle est du type triode avec un filament, une grille et une plaque. _
- La cathode est constituée par des tiges de tungstène disposées suivant les génératrices d’un cylindre; il y a ainsi 8 boucles placées en parallèle, et chaque boucle consomme 8o ampères sous 35 volts. La grille, cylindrique, est consti-
- tuée par un fil de métal réfractaire enroulé en hélice sur des montants fixés au support.
- Le refroidissement de l’anode est assuré par une circulation d’eau froide, à raison de 200 litres par mn, et il faut également refroidir les supports de grille, à raison de i,5 litre par mn. Le courant de chauffage est d’environ 600 ampères et l’émission totale du filament n’est pas inférieure à 175 ampères; la tension anodique varie entre 15.000 et 20.000 volts.
- Une telle lampe permettra bientôt d’équiper les stations d’émission radiotélégraphiques et de radiodiffusion à grande puissance.
- p.356 - vue 360/439
-
-
-
- LE MOTEUR DIESEL D'AVIATION SYSTÈME CLERGET
- La récente performance de l’avion Dornier Do-18 qui, équipé de 2 moteurs Jumo à huile lourde et catapulté du porte-avions « Westphalen » au large des côtes anglaises de Dartmouth, a parcouru la distance record de 8.387 km avant d’amérir à Caravellas (Brésil), constitue un événement très important de l’histoire de l’aviation. C’est la consécration de la réussite de nombreuses années de recherches et le point de départ d’un nouveau stade du développement de l’aviation : l’ère du moteur Diesel.
- L’emploi des moteurs à huile lourde présente en effet de multiples avantages que nous allons résumer rapidement.
- Le premier et le plus important est la sécurité contre le feu. Les accidents d’aviation se transforment trop souvent en catastrophes par suite de l’incendie de l’essence des réservoirs qui s’enflamme au contact des pièces à haute température du moteur ou sous l’action d’une étincelle se produisant au moment de la chute.
- Avec les moteurs à huile lourde, ce danger n’existe plus. En effet les pots d’échappement des cylindres sont à très basse température, les gaz d’échappement eux-mêmes étant à une température de 4oo° environ. On peut, à l’atterrissage d’un avion à moteur Diesel, poser sans crainte directement la main sur les pots d’échappement qui, par suite, même inondés de combustible, ne détermineront pas l’inflammation de celui-ci dont le point d’inflammabilité Luchaire est de l’ordre de 96° C.
- On voit immédiatement l’avantage de l’emploi de l’huile lourde sur celui de l’essence d’avion. Particulièrement pour l’aviation embarquée, il a une importance considérable.
- Un navire porte-avion, avec ses réserves d’essence, ses cent avions dont les réservoirs sont pleins, est voué à la destruction complète si par hasard une bombe ou un obus vient à provoquer un commencement d’incendie.
- Une autre conséquence immédiate de l’utilisation d’un combustible moins dangereux que l’essence est la suppression possible de tous les dispositifs pare-feu dont on est obligé de munir les avions ordinaires et dont l’efficacité d’ailleurs est nulle dans bien des cas : cloisons pare-feu, cloisonnage et blindage des réservoirs, dispositifs de vidange instantanée, etc. On gagne ainsi sur le poids mort et par suite on peut augmenter le rayon d’action dans de notables proportions.
- Cet allégement de l’avion est complété par l’économie de poids que l’on peut réaliser sur le combustible lui-même. En effet, un moteur d’avion Diesel con-
- somme environ 170 gr de gaz-oil au cheval-heure, de densité o,84, tandis qu’il faut compter pour un moteur à essence au moins 200 gr au cheval-heure, de densité 0,720. C’est-à-dire qu’en volume, la dépense horaire par cheval est de 142 cc. dans le moteur Diesel et 166 cc. pour le moteur ordinaire. De plus, à égalité de poids de combustible, le volume occupé est moindre pour le gaz-oil que pour l’essence. Ces deux facteurs agissant dans le même sens, on peut, pour le même rayon d’action avoir, dans le cas du Diesel, des réservoirs 4o pour 100 environ moins volumineux, donc moins lourds. Il est vrai que le moteur Diesel à égalité de puissance est un peu plus lourd que le moteur à essence, mais le calcul montre que pour un vol de plus de 4 à 5 h, l’avantage de poids est en faveur du Diesel qui se trouve ainsi tout indiqué pour les avions transatlantiques ou les bombardiers à grande distance.
- Enfin, il est un aspect de la question qui est loin d’être négligeable pour les pays qui, comme la France, n’ayant pas sur leur sol des gisements de pétrole, sont forcés d’importer le pétrole brut et les huiles lourdes. Si on peut les utiliser directement, sans les soumettre au crakage, on a un rendement d’utilisation de 100 pour 100, tandis qu’en les traitant pour les transformer en essences légères, le rendement final n’est guère que de 60 pour 100. Ainsi donc l’économie de consommation d’une part et l’utilisation totale du combustible sous sa forme brute de gaz-oil d’autre part permettent, pour la même quantité importée, d’obtenir un kilométrage parcouru en avion environ double de celui que
- Moteur Clerget à huile lourde de 100 ch monté sur Morane 120.
- Fig. 1.
- p.357 - vue 361/439
-
-
-
- 358
- Fig. 2. — Moteur Clerget à 14 cylindres, double injection, de 500 ch.
- l'on pourrait escompter en utilisant le combustible sous forme d’essence.
- Tous ces multiples avantages expliquent pourquoi les études du moteur Diesel d’aviation ont été poursuivies dans tous les pays avec acharnement. La France n’est pas restée en arrière grâce aux recherches et aux efforts d’un inventeur, M. Clerget, qui dès l’avant-guerre avait déjà réalisé un remarquable moteur d’avion.
- M. Clerget est entré en 1921 comme ingénieur-conseil au service de l’Aviation et depuis cette date, malgré les moyens d’action plus que modestes mis à sa disposition, il a conçu et fait réaliser des moteurs Diesel qui ont pour aboutissement un moteur de 5oo-6oo ch sur les performances duquel nous reviendrons plus en détail.
- L’énumération seule des différents moteurs successifs permet de se rendre compte de leur évolution et des progrès successifs réalisés. C’est en 1929 un moteur de 100 ch qui, monté sur un Morane 120, effectua le premier vol de ce type de moteur, le 29 octobre 1929 (fîg. 1). Puis un moteur de 200 ch et en 1931 un 3oo ch vola sur Morane 23o. Tous ces moteurs étaient à 9 cylindres. Par suite de la rudesse de marche qui rendait indispensable l’emploi d’un moyeu élastique, et également pour augmenter la puissance, M. Clerget décida de porter à i4 le nombre des cylindres. Ce
- furent alors, en ig32, un 4oo ch, en 1935, un 45o ch qui, monté sur Potez 25, effectua sans escale le trajet Paris-Bordeaux et retour sans incident aucun et sans fatigue, puis un 5oo ch à double injection dénommé i4 F (fig. g) qui, en 1937 fut perfectionné de façon à donner 600 ch normalement et au décollage une puissance de 760 ch (fîg. 3). L’adjonction d’un compresseur permit d’élever encore la puissance maxima aux environs de 900 ch. Actuellement les études sont en cours pour la réalisation de moteurs de grande puissance destinés à équiper les avions transatlantiques du programme 1937-1938.
- La conception du moteur à huile lourde de M. Clerget est plus simple que celle des moteurs allemands. De plus, dès le début de ses travaux, M. Clerget avait étudié des solutions qui, à cette époque, pouvaient ne pas paraître les plus directes mais qui, maintenant, se révèlent comme correspondant aux besoins actuels.
- Tous les moteurs Clerget sont à i4 cylindres, fonctionnent suivant le cycle à 4 temps et comportent 2 soupapes par cylindre ; ils ont le refroidissement par air.
- Le moteur 4 temps est plus simple que celui à 2 temps préconisé par Junkers et donne de meilleurs résultats en altitude. L’emploi de 2 soupapes par cylindre permet une meilleure marche lorsque l’on utilise un compresseur. Le refroidissement par air a des avantages au point de vue poids et accessibilité des éléments
- Fig. 3. — Le moteur 14 F monté sur avion Potez 25.
- p.358 - vue 362/439
-
-
-
- 359
- Fig. 4. — Avion Bloch 220 équipé de deux moteurs Clerget 14 F.
- du moteur. Signalons que M. Clerget a également réalisé un moteur à refroidissement mixte, une chemise d’eau de 4 à 5 mm existe entre le fût du cylindre et les ailettes, son rôle étant surtout d’égaliser les dilatations.
- Le mécanisme d’injection (fig. 5) est très original et mérite que nous nous y arrêtions quelques instants. Le problème à résoudre n’est d’ailleurs pas simple. Il y a 28 pompes d’injection par moteur qui doivent fonctionner d’une manière rigoureusement identique et pouvoir être commandées simultanément par une manœuvre unique. D'autre part, le piston mobile de chaque pompe ne fait guère qu’une course de 3 mm 5 pour une puissance de 5oo-6oo ch. Dans ce mouvement alternatif, il coulisse à l’intérieur d’un cylindre portant latéralement une petite ouverture par laquelle arrive le combustible. A un certain moment, le corps du piston obture ce trou, l’alimentai ion est dont coupée ; le liquide est ensuite refoulé dans un piston mobile d’où il est finalement dirigé dans le cylindre d’explosion. Le cylindre extérieur de la pompe est mobile par rapport au piston, de sorte qu’en le déplaçant, on fait changer la position du trou d’alimentation. L’avance à l’allumage est donc automatique puisque, quand on baisse la position du trou, la compression du liquide commence plus tôt. On comprend alors qu’il soit nécessaire de régler à moins de 1 /io de mm la position relative piston-trou d’alimentation pour que le moteur puisse exactement donner la puissance demandée -parle pilote. D’autre part, la commande du déplacement est obtenue à l’aide de renvois, de toute une tringlerie aboutissant au poste de pilotage. Surtout sur un avion soumis à des vibrations des déformationes et des efforts violents, les jeux entre les diverses articulations ne permettraient pas d’arriver au résultat désiré.
- M. Clerget a tourné la difficulté du rattrapage de jeu des commandes d’une façon très élégante, en les faisant toujours solliciter dans la même direction. A cet effet le corps de pompe d’injection, au-dessus de la partie dans laquelle se déplace le piston mobile, présente une légère augmentation de diamètre. 11 en résulte, comme la pression que développe le piston mobile est considérable (700 à 800 kgr par cm2), que l’enveloppe extérieure se trouvera fortement sollicitée vers le bas, dans le sens de la flèche. Par suite, le mane-t on de réglage sera toujours appliqué sur la butée supérieure de la pièce qui l'encastre et cela, quel que soit le jeu de la tringlerie qui le commande
- Ajoutons q u e les pompes doivent être usinées avec un soin extrême ; le jeu entre le piston mobile et le cylindre est de 1 à 2 microns, un jeu de 4 microns est inadmissible.
- Le combustible sous pression de 700 à 800 kgr/cm2 est amené par des
- hg. ">. — Principe du fonctionnement de la pompe d’injection Clerget.
- Levier
- Man e ton
- de règ/age de /a chemise
- commande
- Bille ’ formant c/apet
- Piston fixe
- Chemise
- ext: mobi/e
- Orifice d'infection
- Piston
- mobi/e
- p.359 - vue 363/439
-
-
-
- 360
- Ressort
- Arrivée
- Trou d'Ahmentatton ptstan mohiie *.
- Fig. 6 — A gauche : coupe de la pompe; à droite : coupe de l’injecteur.
- canalisations articulées aux deux extrémités (ce qui a posé des problèmes d’étanchéité particulièrement ardus) à l’injecteur représenté figure 6. Celui-ci comprend une tige pointeau, maintenue sur son siège par un ressort, et portant une partie cylindrique de section supérieure à celle du pointeau proprement dit, grâce à laquelle, lorsque le combustible arrive, il soulève le pointeau et passe dans la chambre d’explosion.
- Ajoutons que toutes les opérations d’alimentation du moteur que nous
- Fig. 7. — Schéma de la commande des pompes.
- venons de décrire s’effectuent dans un temps de l’ordre du millième de seconde. Il ne serait, pour des durées aussi courtes, pas entièrement sûr de s’en remettre uniquement à des ressorts ou il faudrait que ceux-ci soient tellement puissants qu’ils provoqueraient des usures et une dépense d’énergie importante. M. Cler-get a réalisé alors une distribution purement mécanique dont la figure 7 donne le principe.
- La came 1 est montée sur l’arbre vilebrequin et tourne, par exemple dans le sens de la flèche 1, à la vitesse du moteur. Une pièce 2 annulaire concentrique qui porte des poussoirs (3, 4, 5, 6) tourne en sens inverse, dans le sens de la flèche 2, avec une vitesse égale au sixième de la vitesse du moteur. Les poussoirs 3, 4, 5, 6, lorsqu'ils rencontrent la partie saillante de la came x soulèvent la pièce 7 qui commande la disti'ibution des pompes et, sous l’action du profil intérieur de la pièce 8 se trouvent ramenés automatiquement dans leur position initiale.
- Ajoutons que dans la construction de son moteur, M. Glerget n’emploie aucune pièce coulée ; toutes les
- 8. — Diagramme du vol record d’altitude du moteur Clerget le 18 décembre 1937.
- pièces travaillantes sont en acier, et pour les pièces légères en métal genre duralumin forgé.
- Nous allons dire quelques mots maintenant des résultats expérimentaux obtenus en vol. Nous avons vu déjà que plusieurs avions sont munis de ces moteurs et volent régulièrement. L’usure est normale et les réparations et incidents mécaniques comparables à ceux que l’on rencontre avec les moteurs ordinaires.
- Des essais effectués à haute altitude ont mis en évidence très nettement la supériorité sur les moteurs à essence du moteur Clerget à double injection directe, allumage par compression et muni d’un compresseur mécanique de type courant. En effet, le samedi 18 décembre 1937, un avion Potez 25, muni du moteur i4 F, a atteint en 3j mn l’altitude, déterminée par les méthodes officielles, de 7-655 m. C’est la première fois dans ‘le monde qu’une telle altitude est atteinte avec un moteur à huile lourde, alimenté pai’ le combustible utilisé sur les moteurs industi’iels et les tracteurs.
- Ce vol a montré que ni les basses températures, ni les basses pressions (275 mm de mercure) ne constituent un obstacle à l’emploi du moteur à allumage par compression. Avec les moteurs étrangers à huile lourde
- Fig.
- p.360 - vue 364/439
-
-
-
- 361
- les résultats n’étaient satisfaisants qu’à basse altitude, l’allumage cessant généralement de se produire au-dessus de 6.000 m.
- Le diagramme de la montée que nous reproduisons figure 8 a mis en évidence un autre fait très important : c’est que, au-dessus de 4-000 m, le régime du moteur baisse moins vite que celui d’un moteur à essence de même puissance au sol, muni du même turbo-compresseur. Par exemple un moteur à essence et un moteur Clerget, réglés de façon qu’avec la même hélice leur régime à 2.4oo m soit de 1.745 t/m ont donné en montée, à hadin constant, les résultats suivants :
- Altitude Moteur à
- 2.400 m 1.745
- 3.000 — 1.730
- 4.000 — 1.720
- 5.000 — 1.705
- essence Moteur Clergi-t.
- t/m 1.745 t/m
- — i.775 —
- — 1.820 —
- — 0 00 00
- Altitude
- Moteur à essence Moteur Clerget
- 6.000 m 1.690 t/m 1.900 t/m
- 7.000— 1.660 — x.900 —
- 7-5oo — i.65o — 1.880 —
- 11 faut ajouter que l’écart entre les deux courbes résultantes qui mesure l’avantage du moteur à huile lourde se paye par un accroissement de consommation de l’ordre de 10 pour 100, ce qui donne encore, même à ce point de vue, des résultats plus favorables que ceux des meilleurs moteurs à essence.
- On voit par ce rapide exposé tout l’intérêt que présente pour le développement de l’aviation le moteur à huile lourde et les résultats remarquables que M. Clerget a obtenus. Espérons qu’il pourra poursuivre ses études à l’Acronaulique avec des moyens d’action plus importants pour aboutir rapidement à la fabrication en série et à l’équipement de nos avions.
- H. Vigneron.
- LES AMPLIFICATEURS A FRÉQUENCE MUSICALE
- A GRAND RENDEMENT
- Les amplificateurs à grande puissance sont utilisés pour la diffusion sonore (ce qu’on appelle aux États-Unis, le Public-Address), la projection cinématographique et toutes Les applications de la musique mécanique.
- Au fur et à mesure du développement de ces applications, le public est devenu de plus en plus exigeant sur la qualité de la reproduction sonore et aussi sur sa puissance. L’amplificateur de puissance, élément essentiel de la reproduction, a donc fait l’objet en ces dernières années de nombreux travaux ayant pour but d’augmenter la fidélité de l’audition et le rendement en énergie. Sous ce rapport, la puissance modulée finale ne dépasse guère la plupart du temps 25 pour 100 de la puissance électrique dissipée dans l’étage de sortie; celle-ci dépend de l’intensité et de la tension du courant de plaque. Le rendement total ne dépasse pas généralement 5 à 10 pour 100 du courant d’alimentation de l’appareil.
- L’importante consommation d’électricité qui en résulte n’a pas grand inconvénient pour les installations fixes ; elle est plus gênante pour les installations mobiles alimentées par des sources autonomes, quelquefois même par des batteries d’accumulateurs.
- La faiblesse du rendement exige l’emploi de lampes de grandes dimensions, fonctionnant avec; des tensions de plaque élevées et des intensités considérables. Les pièces de montage sont dimensionnées en conséquence ; l’appareil, tout entier, est encombrant et lourd.
- Les recherches de ces dernières années ont porté sur l’emploi de lampes spéciales à plus haut rendement, telles que les lampes pentodes, qui offrent, par ailleurs, des inconvénients assez graves, et sur l’emploi de montages de sortie particuliers dits de la classe A1 ou AB.
- Le rendement de l’amplificateur dépend essentiellement des étages de sortie ; les modifications ont donc porté presque exclusivement sur le dernier ou les deux derniers étages.
- Les amplificateurs classe A. — Dans les amplificateurs à fréquence musicale du type classique, quels que soient leurs éléments de liaison, les étages de sortie sont montés suivant un même principe ; aussi sont-ils tous rangés par les techniciens américains dans une même classe : la classe A.
- Dans ces appareils, les variations d’intensité du courant de plaque des lampes de sortie sont proportionnelles aux variations de tension appliquées sur les grilles. L’intensité moyenne du courant de plaques reste constante, quelle que soit l’amplitude des oscillations à amplifier.
- Considérons la courbe caractéristique d’une lampe basse fréquence de sortie, obtenue en observant les variations du courant de plaque en fonction de la tension grille, pour une tension de plaque donnée. Cette courbe présente la forme bien connue indiquée par la figure 1, avec une courbure inférieure et une partie rectiligne oblique plus ou moins étendue.
- Pour éviter ta distorsion, le point P figuratif du fonc-
- Fig. 1. — Fonctionnement d’nne lampe amplificatrice dans le montage ordinaire dit a-classe A ».
- Oscillation
- amplifiée
- Ooiirant
- constant
- OV Tension grille
- Polarisation
- Oscillation incidente
- p.361 - vue 365/439
-
-
-
- 362
- tionnement de la lampe, ne doit pas sortir de la partie rectiligne de la caractéristique. A cet effet, on donne à la grille une certaine tension négative moyenne, à l’aide d’une source de courant auxiliaire. Sous l’action des oscillations appliquées, le point figuratif se déplace autour de la position médiane correspondant à ce potentiel moyen entre A et B.
- Si l’amplitude des oscillations est trop grande, le point figuratif peut atteindre la partie courbe de la caractéristique, et le courant de plaque cesse alors d’être proportionnel à la tension de grille. Ce phénomène se manifeste surtout sur les étages de sortie, parce que les oscillations sont déjà amplifiées par les étages précédents. Il y a alors distorsion, et, en pratique, on admet généralement qu’elle peut atteindre io pour 100 (fig. 2).
- Si l’on déplace le point de fonctionnement, en augmentant ou en diminuant la polarisation négative, la tension de grille peut devenir positive, du moins en théorie, à un moment donné, et il se produit un courant grille, la grille fonctionnant comme une plaque. Il en résulte une chute de tension, et ce courant grille donne naissance à une distorsion importante.
- La polarisation négative de grille ne doit donc être, ni trop positive, ni trop négative; dans tous les cas, elle diminue le rendement, parce qu’elle réduit la valeur moyenne du courant de plaque et limite l’amplitude des oscillations, recueillies à la sortie de la lampe.
- Quelles que soient les variations de la modulation pendant le fonctionnement, le courant plaque recueilli dans le circuit de plaque peut être considéré comme la superposition
- Fig. 3. — Fonctionnement d’un étage d’amplification push-pull à deux lampes symétriques.
- Lam pe 1
- Demi-
- oscifiat ion
- Oscillation
- incidente
- Lam pe 2
- de trois courants composants : le courant continu, un courant alternatif de même fréquence fondamentale que le son amplifié et dont l’amplitude dépend de l’amplitude même clcs oscillations du potentiel de grille, des harmoniques supérieures de cette fondamentale, dont le rang et l’amplitude dépendent du timbre du son émis.
- La composante continue du courant de plaque n'a, en réalité, aucune action utile et on peut la considérer comme un courant parasite.
- Les lampes à multiples électrodes, et, en particulier, les lampes pentodes ont permis d’atténuer cet inconvénient, en réduisant la tension à appliquer sur la plaque pour un même débit.
- Le montage push-pull. — Le montage push-pull, ou symétrique, permet d’atténuer les inconvénients dus à la courbure des caractéristiques de plaque et aux effets nuisibles du courant continu moyen de plaque. Il est connu depuis longtemps et a donné naissance, après quelques modifications, aux montages récents à grand rendement.
- 11 comporte deux lampes identiques ; il est réalisé généralement au moyen de deux transformateurs à prise médiane. Le secondaire du transformateur d’entrée présente deux enroulements en opposition, ayant leur point commun relié aux cathodes des deux lampes (ou à la source de polarisation), et leurs extrémités libres respectivement à la grille de contrôle de chacune de ces lampes.
- Lorsqu’un courant musical est appliqué au primaire du transformateur d’entrée, la tension des deux grilles varie autour du potentiel moyen obtenu à l’aide d’une source auxiliaire; les deux enroulements secondaires étant en opposition, les oscillations des grilles seront aussi en opposition.
- Les plaques des lampes sont connectées, de même, aux extrémités de l’enroulement d’un transformateur de sortie, dont la prise médiane est reliée au pôle positif de la source haute-tension.
- Dans ces conditions, la composante continue du courant plaque est annulée puisque les deux enroulements sont en opposition, et les composantes alternatives donnent naissance, dans les deux enroulements en opposition du primaire de transformateur de sortie, à des effets d’induction en concordance; la composante alternative est ainsi doublée (fig. 3).
- En ce qui concerne la puissance, il semble à première vue que le montage ne présente pas une grande supériorité sur les schémas classiques, mais on peut « pousser » plus fortement les lampes de sortie symétriques, sans craindre, par exemple, la saturation magnétique des transformateurs. On peut ainsi augmenter la puissance, sans sacrifier la pureté. Le montage push-pull est donc un dispositif particulièrement fidèle; il permet d’annuler l’harmonique 2, par symétrie des caractéristiques, lorsque les deux lampes sont parfaitement identiques.
- Le montage classe B et ses variantes. — Les méthodes précédentes tendent à améliorer le rendement de l’amplificateur en réduisant l'intensité du courant continu cle plaque, dont nous avons montré l’inutilité. Dans une nouvelle catégorie de procédés, au lieu de laisser ce courant constant, on le l'end, au contraire, constamment variable, et proportionnel à la modulation. Les montages dérivés de ce principe, sont rangés par les Américains dans les classes A1 ou AB, et sont généralement dérivés, en réalité, du montage push-pull.
- Les lampes de sortie ont alors un fonctionnement variable; elles ne peuvent être constamment saturées et permettent
- B/ .
- Tension
- Fig. 2. — Rôle de la polarisation négative de grille.
- Si elle est trop forte (à gauche), ou trop faible (à droite), il y a déformation de l’amplification.
- p.362 - vue 366/439
-
-
-
- 363
- d’obtenir, à caractéristiques égales, une puissance modulée plus importante, ou bien, pour des caractéristiques plus faibles, une même puissance.
- Le montage appelé push-pull, ou quiescent push-pull par les vVnglais (quiescent signifie au repos) est, en réalité, un montage push-pull modifié, dans lequel, en l’absence de modulation, le courant de plaque est à peu près nul.
- Il suffit, en principe, d’appliquer sur les grilles des deux lampes une polarisation négative beaucoup plus élevée que la normale, de manière que le point figuratif de fonctionnement se trouve à la naissance du coude de la caractéristique de plaque (fig. 4)-
- Pratiquement, la tension de polarisation est de l’ordre du double de la tension ordinaire ; on ne risque donc plus de rendre la grille positive, et on peut appliquer également des •oscillations d’amplitude double de l’amplitude limite normale.
- Mais, pendant les alternances négatives, il n’y a plus •d’amplification,. puisque le point figuratif se déplace dans
- Lampe 1
- Oscillation
- amplifiée
- Lampe 2
- Oscillation
- incidente
- Oscillation
- incidente
- Fig. 4. — A gauche : fonctionnement d’une lampe avec polarisation négative de grille très élevée; à droite : résultat obtenu avec deux lampes symétriques (montage push-pull).
- le coude de la caractéristique, comme on le voit sur la figure 4, schéma de gauche.
- 11 se produit un effet de distorsion considérable, et une véritable détection, comme si la lampe était montée en délcclriee par courbure de la cai'actérislique de plaque.
- Ce montage serait donc inutilisable sous cette forme; on ne l’adopte qu’avec deux lampes symétriques, constituant un étage push-pull, et fonctionnant avec opposition de phase. Une alternance positive pour l’une est négative pour l’autre ; chaque alternance est amplifiée par l’une ou l’autre des deux lampes. Finalement, on recueille une oscillation complète amplifiée dans le circuit de sortie (fig. 4 à droite).
- Ce système, séduisant en principe, diminue le courant de plaque, mais exige des précautions spéciales.
- L’intensité du courant de plaque est constamment variable; au contraire, la polarisation de grille doit demeurer constante, on ne peut plus recourir aux montages ordinaires de polarisation constitués au moyen d’une résistance shuntée traversée par le courant d’alimentation plaque. Le courant plaque variant constamment, le montage d’alimentation avec redreseur et filtre doit être pourvu d’un régulateur, si. l’on veut éviter des variations -de tensions continuelles.
- La tension de polarisation négative est. élevée, le courant de plaque devient donc relativement faible; il faut adopter des lampes spéciales ou des tensions de plaques élevées. Le résultat final ne correspond pas toujours à la théorie.
- Les montages de la classe B sont établis exactement suivant le même principe, mais, grâce à l’emploi de lampes de caractéristiques convenables, on obtient la suppression du courant de plaque au repos en maintenant simplement la tension de grille au potentiel zéro, ce qui évite les arlifices nécessaii’es dans le cas où l’on veut une polarisation fortement négative.
- Il faut encore deux lampes en push-pull pour reconstituer les deux phases des oscillations (fig. 5).
- La polarisation de grille étant nulle, il se produit un courant de grille important, lorsqu'on applique des tensions positives. Ce phénomène provoque une chute de tension, et c’est pourquoi on emploie des enroulements de liaison de résistance très faible, établis spécialement.
- Les lampes de sortie doivent être précédées d’une lampe de puissance à faible résistance interne et à coefficient d’amplification peu élevé, qu’on appelle la lampe driver (conductrice) (fig. 6).
- Tout amplificateur de classe B comporte nécessairement un
- Fig.
- L’effet, d’un montage classe B.
- Le courant moyen de plaque varie proportionnellement à l’intensité des signaux reçus et ne circule que pendant l’alternance positive.
- élage d’amplification de tension, un étage intermédiaire, et un ou plusieurs étages de sortie push-pull.
- La difficulté réside toujours dans l’alimentation en courant de plaque. La source utilisée doit fournir un courant d’intensité variable, sans variation de tension; la résistance interne de l’appareil doit être faible, et au lieu de valves à vide, on adopte généralement des valves à atmosphère gazeuse, à vapeur de mercure, par exemple, dont la résistance interne est indépendante du débit.
- Dans les amplificateurs classiques, l’amplification totale est proportionnelle au carré des tensions appliquées à la grille; l’amplification des notes basses et intenses, est donc considérable. Dans les amplificateurs classe B, l’amplification est linéaire; toutes les fréquences sont amplifiées dans le même rapport;
- la tonalité est beau- Fi[h 0 __ Exemj)h de sonie
- coup plus claire et classe B.
- plus aiguë en géné-
- ral. Pour obtenir la tonalité chaude habituelle, il faut recourir à des systèmes de correction.
- Les amplificateurs de classe B sont donc des appareils à grand rendement ils offrent surtout de l’intérêt pour les grandes puissances, mais leur réalisation est délicate, si l’on veut éviter les distorsions.
- Etage push -pull Classe B
- p.363 - vue 367/439
-
-
-
- = 364 ===== .. . ::::::::.
- On emploie donc surtout en pratique les types intermédiaires déjà étudiés, entre la classe A et la classe B, et dits maintenant pour cette raison A-B ou k!, parce que le courant de plaque au repos n’est pas nul, mais plus faible que dans les appareils classiques.
- La polarisation négative des grilles est donc plus négative que dans le cas de la classe A, et moins négative que dans celui de la classe B, il y a variation du courant de plaque au cours du fonctionnement, le montage de sortie en push-pull est toujours indispensable.
- On obtient une puissance modulée considérable avec des lampes de dimensions réduites et de tensions de plaques
- faibles. C’est ainsi qu'avec des tensions de plaques de l’ordre de 3oo à 4oo v, on obtient des puissances modulées de l’ordre de 20 w avec deux lampes de sortie et 2 pour 100 d’harmoniques seulement. Avec les mêmes lampes, on n’obtiendrait en montage A ordinaire que 2 av 5, soit environ 7 fois moins !
- Avec les lampes récentes à flux électronique dirigé, la différence est encore plus grande. Suivant les modes d’utilisation, on peut obtenir de 6 à 20 av, en même temps d’ailleurs, que la disLorsion Avarie de 3 à 3o pour 100, mais elle est alors limitée aux fortissimi, et moins gênante en raison de sa faible durée. P. ITé.aiardinquer.
- L’ENVOL SUR PLACE DES AVIONS
- Les avions actuels 11e peuvent quitter le sol ou y revenir qu’à une vitesse assez élevée, de l’ordre de 100 km/h et plus, pour une catégorie nombreuse d’appareils. Il faut donc, pour permettre l’envol et l’atterrissage, des aérodromes de larges dimensions, aux alentours dégagés bien entretenus et nivelés.
- Le petit nombre des terrains qui peuvent être ainsi aménagés limite le rayon d’action de tout avion moderne, à charge spécifique des ailes élevée.
- Le problème de l’envol et de l’atterrissage sur place a donc pris en ces dernières années une grande importance et suscité de nombreuses recherches.
- On a créé des appareils spéciaux, les autogires et les gyroplanes, qui peuvent atterrir et décoller sur place. Mais il est indiscutable que ces premières solutions sont encore très provisoires et imparfaites.
- Nous présenterons succinctement quelques résultats de nos x'echerches relatives au vol à faible vitesse en aéronautique, avec comme cas particulier l’envol et l’atterrissage quasi-verticaux des avions.
- On sait que lorsqu’un avion se déplace très lentement, on peut négliger les forces aérodynamiques usuelles (la portance et la résistance), qui sont proportionnelles au carré de la vitesse relative de l’avion sur sa trajectoire. Dans ces mêmes conditions, la traction des hélices atteint sa valeur maximum. Il est naturel de supposer que la seule vitesse aérodynamique efficace pour 1’envol et pour l’atterrissage est la vitesse dans la veine soufflée en arrière des hélices.
- L’expérience a montré que les ailes, les empennages, le fuselage de l’avion, qui sont influencés par le souf-
- Fig. 1. — Effet sur une aile d’avion au point fixe de l’air soufflé en amère par l’hélice.
- Ile des hélices, peuvent fournir des réactions aérodynamiques considérables. Nous admettons, par conséquent, que les réactions aérodynamiques dues au souffle des hélices sont les seules forces aérodynamiques effectives pendant la première période du décollage d'un a au on.
- Nous estimons et nos expériences démontrent que justement ces réactions sont susceptibles de donner la solution du problème de l’envol sur place des avions.
- Dans une série d’expériences systématiques, nous avons étudié l’effet de la veine soufflée en arrière d’une hélice tournant au point fixe sur une aile sustenta-trice. Nous avons trouvé expérimentalement que, dans ces conditions, l’aile subit une force sustentatrice Z, une résistance X et un moment de roulis M . Ces réactions aérodynamiques de l’aile sont dues uniquement à l’action de la veine limitée formée par l’air accéléré qui a traversé le plan de rotation de l’hélice.
- Ce phénomène n’avait pas fait jusqu’ici, à notre connaissance, l’objet d’investigations quantitatives ; on s’était contenté de signaler une certaine augmentation de la portance de l’aile.
- Les conclusions que l’on peut tirer de notre étude expérimentale sont les suivantes :
- La force sustentatrice Z et la résistance X de l’aile peuArent être composées vectoriellement avec la traction T0 de l’hélice. En raison de la sustentation propre Z de l’aile, la force résultante R sera notablement inclinée par rapport à la direction de la traction T0 et elle sera dirigée vers le haut (fig. 1).
- Cette inclinaison vers le haut de la résultante R donne la possibilité de réduire, dans certaines conditions, la longueur du roulement de l’avion au sol, au cours de son décollage et à l’atterrissage.
- En particulier, un appareil muni de puissance suffisante pourrait, sous l’action de la force résultante R et pour une certaine position des hélices par rapport à l’aile, quitter le sol immédiatement. De même, cet appareil privilégié pourrait s’y poser sans vitesse.
- Dans le domaine de nos expériences, les résultats obtenus donnent la possibilité d’adopter, immédiatement ou par une simple interpolation, la disposition particulière de l’aile et de l’hélice, pour laquelle la résultante R aura la plus grande valeur,
- p.364 - vue 368/439
-
-
-
- Le moment de roulis provoqué par la rotation de la veine souillée en arrière de l’hélice pourrait être pratiquement neutralisé par des couples d’hélices tournant en sens opposé.
- En résumé, les résultats de nos expériences au laboratoire aérodynamique montrent la possibilité de l’envol sur place d’un avion dont l’hélice est située au-dessus et en avant de l’aile, l’axe de l’hélice étant convenablement incliné.
- Ce résultat est très important car il prouve que, contrairement à ce que pensent beaucoup de constructeurs, on n’aurait pas besoin d’un appareil de forme spéciale pour l’envol et l’atterrissage sur place.
- Tout avion de conception classique, de forme et silhouette habituelles, peut être muni d’un dispositif particulier assurant la rotation :
- a) des groupes : moteurs-hélice ;
- b) des surfaces de stabilisation, constituées par les portions d’ailes situées en arrière des moteurs.
- Ce dispositif est applicable à tout avion et particulièrement aux multimoteurs.
- Un tel appareil posséderait des qualités très remarquables. Pendant le vol horizontal, il ne diffère point d’un avion habituel et possède tous ces avantages et perfectionnements modernes : la silhouette aérodynamique parfaite, la vitesse de vol très élevée, le train d’atterrissage escamotable, etc.
- Mais, d’autre part, il peut décoller et atterrir sur place, il peut s’envoler et descendre verticalement ou suivant une direction quelconque, aussi bien du sol que de l’eau. De plus, il peut se déplacer dans l'air très lentement et, en particulier, il peut rester immobile, à l’altitude que l’on veut. 1
- De cette façon, il serait possible de réunir les qualités indiscutables des avions actuels pour le vol horizontal, et les qualités des appareils spéciaux pour l’envol, l’atterrissage et le vol à faible vitesse en général.
- Bien entendu, il est possible que toutes ces qualités remarquables que nous avons été conduit à supposer, ne soient pas réalisables à l’époque actuelle, mais nous sommes persuadés qu’elles le seront dans un proche avenir.
- Un calcul exact des performances d’un tel appareil présente, pour le moment, de sérieuses difficultés, car il est assez difficile de se faire une idée précise de l’effet de la superposition des forces aérodynamiques usuelles et des réactions aérodynamiques dues au souffle des hélices. Les premières varient avec le carré de la vitesse du déplacement, les autres sont proportionnelles à la traction des hélices et diminuent donc au fur et à mesure que la vitesse de l’avion s’accroît.
- Si l’on voulait traiter ce problème d’une manière appi'ochée, on pourrait d’abord considérer deux régimes extrêmes de vol, caractérisés par la vitesse aérodynamique efficace :
- i° Vol a faible vitesse, pour l’envol, l’atterrissage et le vol lent en général, qui est caractérisé par une faible vitesse de déplacement. Dans ce cas, on suppose que la seule vitesse aérodynamique effective est
- 365
- celle de la veine soufflée en arrière des hélices. On néglige les forces aérodynamiques usuelles et on ne considère que les réactions aérodynamiques du souffle des hélices.
- 2° Vol à grande vitesse, pour le vol horizontal, caractérisé par une grande vitesse de l’avion sur sa trajectoire. On néglige les inactions aérodynamiques dues au souffle des hélices.
- Pour un avion donné, on pourrait rechercher quelques-unes de ses performances correspondant à ces deux régimes du vol. La zone de transition comprise entre les deux régimes extrêmes pourrait donner une idée sur les performances réelles de l’appareil.
- A litre de renseignement, nous donnons ci-après quelques chiffres ainsi calculés pour un appareil d’essai, proposé d’après les résultats de nos expériences : avion bimoteur à moteurs munis de réducteurs permettant le fonctionnement des hélices à deux vitesses de rotation différentes, à pleine admission des moteurs ; deux hélices Ratier 77 à pas variable.
- Poids de l’appareil . Puissance .... Poids par cheval . .
- Diamètre des hélices Largeur de l’aile. . Envergure de l’aile. Allongement . . .
- Surface portante . .
- Charge alaire . . .
- i.46o kg
- 2 x 3oo = 600 ch 2,43 2 m 62 2 m i4 m 7
- 28 ma 52,2 kg/m*
- a) Performances relatives au vol vertical à faible vitesse : H
- Pas relatif des hélices — — o,5o.
- Montée verticale plein gaz V = 2 m/s N = 1.900 t/m
- Vol immobile...................V = O N = i.85o »
- Descente verticale. . . . V = — 2 m/s N = i.8i5 »
- h) Performances relatives ail vol horizontal plein gaz ;
- Pas relatif . . . . i,5o i,?5 2,00
- Avance par tour . . i,4o i,57 1,81
- Rendement de l’hélice . 0,70 0,73 0,708
- Nombre de tours . . . 1.225 i.i3G x.079 t/m
- Vitesse de vol. . . . 269 281 307 km/h
- Finesse — .... 3,3i 3,53 3,97
- Traînée unitaire . . o,o45 0,0391 0,0289
- Portance unitaire . . . o,i49 o,i38 o,n5
- On se trouve donc en présence d’un appareil d’essai qui peut décoller et atterrir sur place, ses hélices étant calées à petit pas, avec une vitesse de montée verticale de l’ordre de 2 m/s. Dans certaines conditions, l’appareil peut rester immobile dans l’air.
- D’autre part, l’avion considéré atteint une vitesse de 3oo km/h dans le vol horizontal, avec les hélices calées à grand pas.
- Ces chiffres, croyons-nous, méritent d’attirer l’attention. S. Pivko,
- Ingénieur civil de l’Aéronautique, Collaborateur-assistant à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr.
- p.365 - vue 369/439
-
-
-
- 366
- = UN ANIMAL INCONNU DANS LES ALPES
- Qu’il existe encore, parmi les Invertébrés, de nombreux animaux inconnus, la lecture de n’importe quelle revue zoologique suffit à le prouver, puisqu’on décrit chaque année des milliers d’espèces nouvelles. Qu’il y ait encore des Poissons ignorés dans les profondeurs des mers, ou même d’autres Vertébrés dans les régions à peine explorées du Thibet, de l’Australie ou de l’Amérique du Sud, cela ne paraît pas extraordinaire. Mais qu il y ait peut-être en Europe, dans les Alpes, un Reptile entr’aperçu et jamais capturé, cela pai'aît de prime abord plus étonnant.
- Et cependant...
- Dans plusieurs vallées des Alpes, les habitants parlent depuis longtemps d’un Ver, d’un Serpent à pattes, Tatzelwurm, qu’ils nomment encore Stollwurm, Berg-stutzen, Daazlwurm, Praatzelwurm et dont ils content d'étonnants exploits.
- Cet animal légendaire redevint d’actualité il y a quelques années, quand la revue allemande Kosmos demanda à ses lecteurs d’essayer de l’observer et qu’un photographe suisse, Balkin, annonça qu’il avait réussi
- Fig. 1. — Le « Tatzelwurm », d’après une gravure du IN’eues Taschenbuch fiir Natur-, Forts-und Jagfreunde auf das Jahr 1836, publié à Weimar en 1835.
- à en prendre une image. Balkin raconta qu’il se promenait près de Meiringen, dans les Alpes suisses, quand il vit une sorte de tronc d’arbre pittoresque qu’il s’apprêta à photographier ; il fut fort effrayé qu’au déclic de l’appareil, le tronc d’arbre s’agitât, semblable à un grand lézard, et essayât de l’attaquer. La plaque, une fois développée, montrait la tête d’un animal inconnu. Bientôt, un journal de la région organisa une petite expédition pour retrouver l’animal et promit une belle récompense à qui le rapporterait mort ou vif. L’expédition, opérant pendant l’hiver de 1935, 11e vit rien et la récompense ne fut pas réclamée.
- Le Tatzelwurm est-il donc un mythe ou le produit d'une imagination déréglée ? '
- Cependant plus de 70 observations, faites en plein jour, à petites distances, semblent bien indiquer qu’il existe un animal dont la description est assez concordante : c'est un lézard, long de 2 à 3 pieds,; les estimations plus grandes sont rares et peuvent être dues à la frayeur ; les habitants des régions où il est signalé le craignent beaucoup, le considèrent comme très venimeux et disent qu’il attaque sans^ avoir été inquiété ; la peau est souvent décrite comme nue, parfois de grandes écailles sont mentionnées. Tous les témoignages s’accordent pour décrire le ventre blanchâtre ou jaunâtre et le dos plus sombre ou brunâtre ; tous également signalent une courte queue, puissante, finissant brusquement comme si elle était coupée. -L’épaisseur du corps est estimée de 6 à 8 pouces et beaucoup la voient sensiblement égale de la tête à la queue. Les quatre pattes sont très petites ; certains n’en ont vu que deux postérieures et d’autres pas du tout. L’animal est signalé immobile la plupart du temps ; certains l’ont entendu siffler et d’autres ont mentionné l'odeur particulière qu’il dégage.
- Les observations faites en 1929 et ig34 concordent avec le seul dessin qu’on a depuis plus de cent ans. En effet, dans un livre publié en x835, à Weimar, à l'usage des chasseurs et des forestiers, on trouve l’image d'un Stollwurm (fig. x) dont l’auteur dit qu’il ne l'a pas chassé mais qu’il le décrit d’après les indications d’amis qui en ont tué un.
- Comme le Serpent de mer, le Tatzelwurm fut d’abord nié par tous les zoologistes qui cherchèrent quel animal connu pouvait avoir fourni une telle impression à des observateurs surpris ou craintifs. Et ils pensèrent à la loutre, à son aspect luisant, à son cri. Mais, lors de l’enquête du Kosmos, plusieurs observateurs affirmèrent qu’ils connaissaient la loutre et que ce qu’ils avaient vu n’en était pas une.
- Parmi les déclarations recueillies, on peut citer celle d’un instituteur autrichien qui, pendant les vacances de Pâques 1929, entreprit de visiter une grotte glaciaire de la région appelée Tempelmauer. « Bien équipé, dit-il, je partis uii matin de printemps et après une courte ascension j’atteignis le sommet du Tempelmauer. Après un bref repos, je me dirigeai vers l’entrée de la grotte. Brusquement, je vis un animal ressemblant à un Ser-
- p.366 - vue 370/439
-
-
-
- pent posé sur le terreau de feuilles mortes qui formait le sol. Sa peau était presque blanche, sans écailles, sa tête grosse et deux très courtes pattes apparaissaient à la partie antérieure du corps. L’animal immobile me regardait de ses très gros yeux. Je reconnais toutes les bêtes de mon pays à première vue, mais celle-ci m’était inconnue. Joyeux et un peu craintif, j’essayai de l’attraper, mais avec l’agilité d’un lézard elle disparut dans un trou et tous mes efforts pour la retrouver furent vains. Je suis sûr que ce n’est pas mon imagination qui me fit voir l’animal que j’observai nettement. Mon Tazzelvmrm n’avait que des courtes pattes, comme atrophiées, sa longueur ne dépassait pas !\o ou 45 cm.
- ............ 367 =~
- Je pense que c’est une rare vai’iété de Salamandre, vivant dans les grottes humides et venant rarement au jour. »
- Devant tant de témoignages, il faut bien admettre qu’un animal encore inconnu peut exister dans les régions montagneuses des Alpes et s’il est bien trop tôt de le comparer à l’Héloderme du Mexique et l’appeler Helodcrma europaeum, ainsi que le fît le Dr Nicolussi, par anticipation, il n’est pas trop tard pour le chercher, le prendre, le photographier, et c’est la grâce que nous souhaiterons aux alpinistes pour leurs prochaines vacances.
- WlLLY LEY.
- LA NOUVELLE FAUVERIE DU MUSÉUM
- L’ancienne fauverie du Muséum, •— si connue des vieux Parisiens — n’est plus... Personne ne la regrettera. Pourtant, elle avait été un modèle du genre, lorsqu’on la construisit, de 1818 à 1821. Mais depuis, elle avait pris un air de vétusté lamentable. Dans les loges étroites, les fauves, d’ailleurs très bien nourris, engraissaient et baillaient....
- Cela ne les empêchait pas d’être beaux, et je me souviens y avoir admiré, il y a quelques années, une merveilleuse Panthère noire de Java, aux yeux verts, à la robe de velours constellée de taches plus sombres.
- Après l’édification de la belle singerie, je plaidai la cause des habitants ailés du Jardin des Plantes. M. Bourdelle, alors Directeur de la Ménagerie, me répondit qu’avant de penser à construire une oisellerie chauffée, il était urgent de loger les fauves. Il voulut bien me décrire le plan de la fauverie qu’il rêvait de faire édifier au Muséum, un aménagement digne de Paris... Ce rêve est devenu réalité.
- La section de Mammalogie de la Société nationale d’Acclimatation organisa, le 7 avril dernier, une visite à la nouvelle Fauverie du Muséum, sous la conduite de M. le Pr Urbain et de M. le Dr Dechambre, directeur et sous-directeur de la Ménagerie.
- Les Parisiens seront fiers de montrer à leurs amis provinciaux ou étrangers ce que l’on pourrait appeler le « Palais des Fauves ». C’est une construction de belle apparence, sobrement décorée et parfaitement aménagée, non seulement pour la satisfaction des visiteurs, mais surtout pour le bien-être des animaux. Ceci est d’un bon calcul, car il y a intérêt à conserver en santé des animaux de grande valeur et dont le prix augmente sans cesse.
- La disposition des cages, l’aménagement de la fauverie s’inspirent de l’organisation de la singerie que La Nature a décrite dans son numéro 2<)3q du i5 octobre 19.34.
- Autour d’un hall central, égayé par de jolis bassins, les cages, spacieuses, communiquent, chacune, avec les cages extérieures correspondantes. Pour cela, de l’intérieur, l’animal bondit sur une plateforme et actionne
- la porte mobile qui lui donne accès au dehors, pour aller respirer l’air frais et pour faire de la culture physique en sautant de rocher en rocher.
- Quelle heureuse sui’prise ont dû éprouver les hôtes de l’ancienne et triste fauverie quand ils se sont vus dans ce confortable établissement !...
- Entre la cage intérieure et la cage extérieure, où les animaux sont complètement à découvert, une retraite leur est aménagée qui leur permet de se reposer et de se soustraire à la vue du public. Tous ceux qui ont élevé des animaux sauvages — petits ou grands — savent qu’une telle retraite leur est indispensable.
- Par ce bel après-midi d’avril, trois jeunes Tigres gambadent dans les rochers extérieurs ou se chamaillent, en retroussant la lèvre, comme le font les Chats.
- Deux petites Panthères ont pris pour nous regarder une attitude de grâce enfantine. L’une d’elles est très douce, elle se laisse caresser. Sans doute, comme les trois Tigres, sont-elles nées en captivité.
- Au contraire, leur voisine, une Panthère noire, a une-physionomie féroce. Les oreilles aplaties, les yeux mi-clos, elle paraît plongée en un rêve sanguinaire.
- Superbe, un couple de Lions tente le pinceau ou le-ciseau de l’artiste. Assurément en pleine nature, les Lions n’ont pas cette beauté intacte, cette opulente crinière...
- En fait de crinière, le Lion châtré, donné par M. San-doz, n’en possède aucune. U a l’aspect et le comportement d’une Lionne.
- Quant aux Ours, ils ont été tirés des fosses — creusées en i8o5 — où ils dépérissaient. Nous voyons un Ours blanc en bon état : la pauvre bête vivait depuis 20 ans . dans la fosse d’où elle fut remontée presque cadavérique ; depuis que cet Ours blanc habite la nouvelle fauverie, il a pris 5o kgr en 2 mois...
- Par contre, la plupart des hôtes de l’ancienne fauverie ont maigri : extraits des loges exiguës où ils paressaient, ils ont perdu du poids en allanL et venant, en sautant dans leur nouveau local ; mais chez les fauves comme chez les humains la sveltesse est de mode...
- Dans les cages intérieures, deux bêtes magnifiques,
- p.367 - vue 371/439
-
-
-
- 368
- une Panthère du Cameroun et une Tigresse, étalent complaisamment la splendeur de leur pelage. Plus combatif semble un Ocelot qui pousse des miaulements mécontents ; ce sont peut-être des sottises à l'adresse de ses voisins immédiats, les Caracals, vifs, élancés, aux oreilles dressées.
- La visite se poursuit par les annexes : boucherie, cuisine, salle d’opération, infirmerie... Tout cela net, blanc, bien compris.
- M. Urbain nous explique que certains animaux sont délicats sur le chapitre cuisine ; ainsi, Tune des petites Panthères n’accepte de manger que des bifteks cuits dans le beurre et assaisonnés d’une pointe d’ail. Elle mange aussi des œufs apprêtés. Je suppose que cette petite personne est le gentil sujet apprivoisé : généralement les animaux nourris d’aliments cuits sont plus doux que les animaux nourris de chair crue.
- Descendons au sous-sol, l’entrée se présente en plan incliné. C’est par là que sont introduits les nouveaux pensionnaires. Chaque animal, mis dans un sabot, est hissé par le monte-charge, jusqu’au couloir de service sur lequel s’ouvrent les cages.
- La chaufferie rappelle celle de la singerie, œ chauffage est à air chaud, il est complété par une ventilation : l’air vicié est aspiré et rejeté au dehors. En plus, l’air est humidifié selon les besoins.
- En somme, l’organisation de la fauverie fait honneur à la direction du Muséum national d’Histoire naturelle. Les amis des animaux ne peuvent que se réjouir de voir notre vieux
- Jardin des Plantes atteindre — et même dépasser ! — le niveau des Zoos les plus réputés de l’Europe.
- Que diraient les lecteurs de Cramer en voyant tous ces nouveaux bâtiments : terrarium, singerie, fauverie, en attendant l’oisellerie et l’aquarium — palais modernes poussés au milieu des vieux arbres qui seuls n’ont pas changé ?
- A. Feuillée-Biixot.
- p.368 - vue 372/439
-
-
-
- 369
- POUR SE BIEN RASER
- frétaient les soins des coiffures des femmes qui deviennent de plus en plus œuvres d’art, les coiffeurs n’auraient bientôt qu’à fermer boutique, tant la science et la technique ont analysé l’art de se bien raser et en ont isolé tous les facteurs déterminables : mécaniques, physico-chimiques, etc. L’invention des rasoirs de sûreté, celle récente des lames oscillantes ou vibrantes avaient mis en œuvre toutes les données mécaniques : angle de la lame, angle de coupe, vitesses, etc. Voici maintenant qu’après 4 ans d’études et d’expériences à l’Institut Mellon de Pittsburg, MM. L. Hol-lander et J. Casselman viennent de faire connaître toutes les conditions physico-chimiques requises pour couper, sinon les cheveux en quatre, tout au moins la barbe en deux. Et le Dr Robert Clément résume dans la Presse Médicale leur important mémoire.
- Il porte essentiellement sur la préparation de la peau et des poils. Le problème consiste à ramollir les poils pour que le rasoir les coupe bien, court, sans perdre son tranchant et autant que possible à ne pas trop ramollir la peau sous-jacente pour que le rasoir ne l’entame pas.
- Peau et poils sont de même nature kératinique, insolubles dans l’eau, mais hygroscopiques, imbibables, gonflables par l’eau, surtout en milieu alcalin et recouverts d’une couche grasse complexe, le sébum. Le savon à barbe a comme utilité de dégraisser, imbiber, ramollir. On ne peut bien raser une peau simplement mouillée. MM. Ilollander et Casselman ont pris un cheveu long de 25 cm, gros de 55 à 63 pt et l’ont soumis à une tension de 16 kgr par millimètre carré. Sec, il ne s’allonge pas; bien mouillé, il s’étire de plus de moitié de sa longueur. On peut ainsi suivre l’imbibition et comparer l’action des savons et des pâtes. La température joue un rôle considérable : dans l’eau à 4g0, les cheveux s’allongent de 70 pour 100 en 20 s et de 86 pour 100 en 4o; à 28°, les cheveux noirs atteignent 58, puis 84 pour 100 d’allongement dans les mêmes temps, tandis que les cheveux blancs ne gagnent que 10 et 35 pour xoo de longueur ; à 160, les allongements ne sont plus que 2 et 8 pour 100; plus l’eau est froide, plus l’action est lente. A température égale, l’eau saturée de savon agit bien plus vite que l’eau pure et provoque un allongement bien plus considérable.
- Les poils de barbe sont beaucoup plus gros que des cheveux ; leur diamètre varie de 91 à 23o p., si bien que leur imbibition est beaucoup plus lente.
- Pratiquement, pour se raser bien et de près, il faut donc opérer avec de l’eau chaude très savonneuse et attendre au moins deux ou'trois minutes avant de passer le rasoir.
- Sans préparation, une lame n’est plus coupante avant la. fin de l’opération; après i5 s de contact de la solution savonneuse, la lame peut servir deux fois sans affûtage ; après 3 mn, 4 fois, après 10 mn, 5 fois. Les sensations désagréables diminuent avec la durée de contact.
- Bien entendu, toutes les barbes ne sont pas semblables : il en est de douces et soyeuses, d’autres dures comme des brosses de chiendent. A l’Institut Mellon, on a pris pour tests 3i hommes, dont 20 blonds et xi bruns; 12 avaient une barbe fine, 11 une barbe dure et épaisse; les indications recueillies sont des moyennes.
- De toutes les observations accumulées, il se dégage les notions suivantes :
- Le meilleur savon ne vaut rien avec de l’eau froide ou une lame mal affûtée; une bonne lame bien aiguisée et de l’eau chaude permettent l’emploi de n’importe quel savon
- non irritant; toutefois, les savons de toilette spéciaux poux-eaux calcaires sont trop alcalins.
- Un bon savon à barbe doit faire beaucoup de mousse , ne .pas sécher trop vite, ne pas irriter la peau, allonger et amollir les poils.
- On a proposé des crèmes et des mousses à raser sans eau. Elles sont de compositions très variables et contiennent,, pour la plupart, de i5 à 25 pour 100 d’acide stéarique,.
- 5 à 7 pour 100 de glycérine, de lanoline ou de vaseline,.
- 1 à 2 pour 100 d’un alcalin émulsionnant et 60 à 70 pour 100 d’eau; certaines renferment en plus de la cire, des parfums. Elles mouillent et gonflent le poil moins vite que le savon et encrassent plus le rasoir. En outre, elles ont souvent un pli inférieur à 7 qui diminue la durée d’usage des lames. On a ajouté à quelques préparations un peu de menthol qui atténue les sensations désagréables produites par le tiraillement des poils et les éraflures folliculaires.
- MM. Ilollander et Casselman ont aussi mesuré la quantité de poils et de peau enlevée par chaque opération, selon les conditions définies, l’état de la lame et le mode d’opérer. Pour cela, ils lavaient le rasoir avec un mélange d’alcool et de dichloréthyline et centrifugeaient le liquide recueilli, les poils se rassemblent dans le culot et les fragments de peau en surface. Le rapport des deux couches peut varier de 4 à 1. La quantité de copeaux cutanés augmente avec une lame bien affûtée, un grand angle d’attaque, une mousse savonneuse peu abondante, une peau trop tendue, une attaque à rebrousse-poil, etc. Elle varie aussi avec la fréquence des rasages, l’état de la peau, la graisse sous-cutanée, l’implantation des poils ; il y aurait même des variations saisonnières.
- Sur les coupures qui saignent, on peut appliquer du sous-gallâle de bismuth; comme antiseptique, employer l’alcool à 5o ou 70°, additionné ou non de 4 pour 100 d’acide salicvlique; pour protéger la peau, du talc, légèrement teinté si l’on veut.
- En résumé, la technique la meilleure qu’on peut normaliser, standardiser, est la suivante :
- Se laver d’abord la ligure à Peau chaude avec un savon de toilette qui n’irrite pas la peau pendant environ une minute et demie et se rincer complètement. Appliquer une deuxième couche de savon, à barbe, que l’on frotte- à la main, à la surface de la peau avec beaucoup d’eau. Ces deux opérations doivent durer de deux à trois minutes.
- Si l’on préfère une crème à raser, elle sera appliquée sur le savon et suffisamment malaxée pour se mêler complètement avec la mousse. Si l’on utilise un savon à barbe,, il faut le faire mousser avec un blaireau.
- Il n’y a pas d’inconvénient à prolonger la durée durant laquelle le savon est en contact avec la figure si l’on trouve une autre occupation pendant ce temps.
- On commence par mouiller le rasoir avec de l’eau bouillante : il est important que la face et le rasoir soient toujours humides pendant toute l’opération; c’est une bonne pratique de commencer par les régions les plus faciles pour " laisser les parties les plus difficiles bénéficier d’un plus long contact avec l’eau et le savon. -
- Enfin, lorsqu’on a fini de se raser et après un rinçage soigneux, on peut appliquer sur la face une lotion ou une des préparations indiquées plus haut.
- R. M.
- p.369 - vue 373/439
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1938 (’)
- Voici le programme astronomique du mois de juillet. A signaler, entre autres phénomènes, l’opposition de la petite planète Hébé, et la chute des étoiles filantes Perséides (début) et Aquarides.
- H. —• Lune. — Les phases de la Lune, en juillet, se produiront ainsi :
- P. O. le LJ, à i3ll47m I D. Q. le 20 à i2higm
- P. L. le 12, à i5h 5m I N. L. le 27, à 3*154ra
- 1. — Soleil. —• La déclinaison du Soleil, en juillet, varie de 4- 2o°8' le ier à + i8°22/ le 3i. La durée du jour sera de ilih3m le ier et de i5h7m le 01.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Juil. Heure du passage Date : Juil. Heure du passage Date : Juil. Heure du passage
- 1 er 1ih54m i3s l3 1ik56mios 25 11 h57m os
- 4 11 54 47 16 11 56 29 28 11 57 1
- 7 11 55 18 19 11 56 44 3i 11 56 56
- 10 11 55 46 22 11 56 55
- Observations physiques. — On observera, chaque jour le Soleil. Les données ci-après permettent d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Date(o h) P B0 L0
- Juil. 4 1,61 0 + 3(22 186“13
- — 9 + 0,66 E + 3,75. 1> 9 j 96
- — 4 + 2,92 E 4* 4)25 53,79
- — 18 -U 1 4,70 E + 4,63 0,86
- — 19 + 5,4 E + 4,72 347,62
- — 24 + 7,31 E ’ +5,17 281,47
- 29 + 9,40 E + 5,57 - 2i5,33
- Lumière zodiacale. — Inobservable en cette époque de l’année. .
- 1. On rappelle que toutes les heures mentionnées ici sont exprimées en temps universel (T. U.). Pendant la période d’usage de l’heure d’été, ajouter lh à toutes les heures indiquées en ce Bulletin.
- Age de la Lune, le 1e1' juillet, à oh = 3j,i ; le 28, à oh = oj,8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 10 juillet, à oh = — 2o°o<)/; le 2/1 juillet, à 6h = + 2o05/p. Remarquer la faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, le 10 juillet, vers 22h36m, à son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 juillet, à 2ih. Parallaxe = 53'58,f. Distance
- = 4o6 822 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 2G juillet, à nh. Parallaxe = 6P1 4 + Distance 35o 108 km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Date
- Étoile
- Magni- Phéno-tude mène
- Heure
- Paris Uccle
- Juil. 2 2422 B. D.— oo 6m,8 Imm. 21k 6m,8 21k 4m,t
- — 3 34i6B. D.— 5° 6 8 Imm. 21 i5 1 21 16 0
- — 7 4iq6B.D. — 190 7 o Imm. 21 i5 1 21 16 3
- — 18 / Poissons 4 6 Em. 2 16 6 2 22 8
- — 23 43 Taureau 5 7 Em. 2 33 8 —
- Lumière cendrée de la Lune. — On l’observera le matin, du 22 au 24 juillet.
- III. — Planètes. — L e tableau ci-après, qui a été établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion, renferme les renseignements utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juillet 1988.
- ASTRE Date : Juil. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- 1er 3k53m 1 ih54mi3s 191156 m 6k39m + 23o 8' 3i' 3o"8 Gémeaux
- Soleil . .< 12 4 1 11 56 2 19 5i 7 24 -j- 22 2 3i 31,1 Gémeaux
- 24 4 4 11 56 59 *9 39 8 i3 4- «9 58 3i 32,4 Cancer )
- 12 5 4o i3 21 21 0 8 46 4- 19 37 5,8 Y Cancer l
- 24 6 38 i3 4i 20 43 9 55 -j- 12 46 6,8 « Lion \
- , 12 7 25 4 35 21 42 10 1 + i3 52 4,6 « Lion )
- 24 7 57 4 39 21 20 IO 52 + 8 23 16,0 l Lion ) j
- I 2 4 i5 12 i3 20 19 7 4o -j- 22 32 3,6 Gémeaux ?
- 24 4 9 11 58 19 46 8 i3 + 21 4 3,6 Gémeaux |
- 12 21 38 2 49 7 56 22 16 — ii 55 4+4 Verseau |
- v U|Jilui ( *4 20 49 1 58 7 4 22 12 — 12 18 44,6 Capricorne j
- I 2 23 4 5 4a 12 6 1 9 + 4 4i 16,0 Ç Poissons (j
- 24 22 28 4 56 11 20 1 10 + 4 44 16,4 Ç Poissons \
- Uranus . 3i 22 55 6 22 i3 46 3 1 + 16 43 3,4 Bélier
- Neptune , 3i 8 16 4 43 21 10 II 12 + 5 i5 2,4 80 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le soir, plus grande élongation le 3i.
- Un peu visible le soir.
- Inobservable.
- Bien visible après 22k.
- Seconde partie de la nuit.
- Seconde partie de la nuit. Inobservable.
- p.370 - vue 374/439
-
-
-
- Mercure arrivera'à sa plus grande élongation du soir, le oi juillet, à i4h, à 27°i3' à l’Est du Soleil. On recherchera cette planète de io à i5 jours avant la date de la plus grande élongation.
- Vénus, dans le Lion, sera encore un peu visible dans le •crépuscule, surtout au début du mois. Elle présente une phase analogue au dessin n° 7 du ce Bulletin astronomique » paru au n° 3o22 du 1e1' avril 1938.
- Mars est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil le 24 juillet, à 1911.
- Les petites planètes Hébé (G) et Flora (8) vont se trouver favorablement placées pour l’observation. Hébé, au moment de son opposition avec le Soleil, le ior août, atteindra la magnitude 7m,8 ; Flora, à l’époque de l’opposition le 10 août, atteindra la magnitude 8m,5. Voici quelques positions où l’on pourra rechercher ces petites planètes :
- Planète Date (ohT.U.) Ascension droite Déclinaison
- Hebé Juillet 9 2ih 4m3s — 8o52'
- — — 17 21 00 — 10 2
- — — 25 20 54 4 — 1128
- Flora 25 21 47 0 — 17 47
- (Voir fig. 2).
- Jupiter est maintenant bien visible une grande partie de la nuit. On pourra observer les phénomènes ci-après du système des satellites :
- Juillet 1er, II. Em. 23h46m; 5, IV. O. c. oh27m ; I. O. c. 2h55m; III. P. c. 23hi4m. — 6, I. E. c. ohi2m,8; III. P. f. 2h43m; I. Em. 3h33m; I. 0. f. 23^4om. — 7, I. P. f. oho9m;
- II. O. c. 3h4,n. — 9, II. Em. 2h7m. — 12, III. 0. c. 2oh2m. — 13, I. E. c. ah7m,i; III. 0. f. 2h38m; III. P. c, 2h44m ; I. O. c. 23hi7m. — 44, I. P. c. ohiom ; I. O. f. ih34m; I. P. f. 2],2Gm ; I. Em. 23h4Cm. — 15, II. E c. 231155m,i. — 17, II. P. f. 23h28m. — 20, III. 0. c. 3h2m. —21, I. 0. c. ihi im ; I. P. c. ih55m ; I. O, f. 3h28m ; I. E. c. 22h3ora,x ; IV. 0. f. 23h28m. — 22, I. Em. ih32m; IV. P. c. ih44m;
- I. 0. f. 2ih5Gm ; I. P. f. 22h38m. — 23, II. E. c. 2h3om,x ;
- III. Em. 23h34m. — 24, II. P. c. 22h57m. — 25, 0. f. oh27m;
- II. P. f. 1M6111. — 28, I. O. c. 3h5m ; I. P. c. 3h4om/— 29, I. E. c. oh24m,5 ; I. Em. 3hi7m; I. 0. c. 2ih33m; I. P. c. 2 2h6m ; I. 0. f. 23h5om. — 30, I. P. f. oh23m; IV. E. c. 3hi2m,6 ; I. Em. 2ih43m. — 31, III. Em. 2h55m.
- Saturne se lève maintenant avant minuit. Il sera stationnaire le 3o juillet à 2 2h et en quadrature avec le Soleil le 10 à x5h. Voici les éléments de l’anneau pour le x5 juillet.
- Grand axe extérieur......................... 4o",34
- Petit axe extérieur.........................— 7",71
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . —110,017
- Hauteur du Soleil sur Je plan de Panneau. . — 8°,402
- Élongation de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne : 5 juillet, à ih,7, à l’Ouest; 12 juillet, à 2oh,4, à l’Est; 21 juillet, à oh,9, à l’Ouest; 28 juillet, à 23h,4, à l’Est.
- Uranus, dans le Bélier, pourra être recherché à l’aide de la petite carte parue au « Bulletin Astronomique n du n° 0024, p. 283.
- Neptune est pratiquement inobservable.
- 371
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, Le 3, Le 9, Le 16, Le 20, Le 22, Le 27, Le 29, Le 3o, Le 3o, Le 3i,
- à 3h, Vénus en conj. à oh, Neptune à i5h, Mercure à 7b, Jupiter à oh, Saturne à ih, Uranus à 5h, Mars à 5h, Mercure à 9h, Vénus à 1 oh, Neptune à i4h, Vénus
- avec 83 Lancer (6^4)3 aooio S.
- — la Lune, à 6017' N.
- — ïj Cancer (5',n5) à 00 g' S.
- — la Lune, à 6o33' S.
- — la Lune, à 5040' S.
- — la Lune, à 10 d S.
- — la Lune, à 5o5g' S
- — la Lune, à 4°24' N.
- — la Lune, à 5°43' N.
- — la Lune, à 6° 3' N.
- — Neptune, à o°2Ô' S.
- Etoile Polaire Date
- Juil. 10
- — 20
- — 3o
- ; Temps sidéral :
- Passage Heure (T.U. ]
- Supérieur 6h22m34s
- — 5 43 27
- — 5 4 20
- Temps sidéral (‘)
- igh g“> 2*
- 19 4^ 28
- 20 27 54
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, d’Algol (jâ Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en a^oMp™ '• le G juillet, à 2h27m; le 8, à 23hiGm; le 29, à oh56“‘; le 3i, à 2ih45ra.
- Fig. 1. — Marche sur le ciel de la petite planète Hébé (n° 6) du G juillet au 18 août 1938, pendant sa période d’opposition.
- Celle-ci aura lieu le 1er août.
- Etoiles filantes. — Parmi les principaux l’adiants actifs en juillet, il faut surtout signaler celui des Perséides qui commence à donner des météores vers le 8 juillet : radiant initial vers 0 Cassiopée et celui des Aquarides qui donne, du 2.5 au 00, des étoiles filantes lentes et longues. Le l'adiant est voisin de S Vei’seau.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Aoûte céleste le ier juillet, à a'3h ou le i5 juillet à as11 est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher.
- A l’Est : Le Cygne ; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau ; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Gi’ande Ourse.
- Em. Toügiiet.
- 1. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
- p.371 - vue 375/439
-
-
-
- LIVRES NOUVEAUX
- La réception des ondes courtes, par Édouard Cliquet. 1 vol., 128 p., 104 fig. Librairie de la Radio, Paris. 1938. Prix : 20 francs.
- Les sans-filistes désirant recevoir les radiodiffusions sur ondes de 15 à 80 m et les amateurs-émetteurs trouveront ici un guide pour leurs essais de « trafic ». La construction des récepteurs de radiodiffusion et de trafic est étudiée avec de nombreux détails utiles, et sous une forme assez simple pour guider l’amateur déjà averti, mais non spécialiste.
- Cours de chimie industrielle, par G. Dupont. Tome V (Industries organiques). 1 vol., 280 p., 19 fig. Gauthier-Vil-lars, éditeur, Paris, 1938. Prix broché : 70 francs.
- Dans ce dernier tome de l’excellent cours de M. Dupont, on trouvera exposées dans leurs grandes lignes les importantes industries des matières colorantes, des tanins, des produits pharmaceutiques, des huiles essentielles et parfums, des résines, térébenthines et caoutchouc, des peintures et vernis et des produits photographiques. Le livre est destiné à l’enseignement, mais les techniciens eux-mêmes y trouveront d’intéressants renseignements sur nombre d’industries peu connues en dehors des spéciaüstes.
- La synthèse totale en chimie organique (Mémoires) de Wohler, Girhardt, Berthelot, Le Bel, yan T’Hoff, Jung-fleisch, Ladenburg, Pasteur). 1 vol., 146 p. Gauthier-Yillars, Paris, 1937. Prix : 21 francs.
- En matière scientifique, les grands créateurs sont aussi les meilleurs professeurs ; on s’en convainc une fois de plus, à la lecture de ces extraits des oeuvres de grands savants auxquels la chimie organique doit des progrès essentiels. Les pages magnifiques extraites des œuvres de Berthelot font comprendre avec une merveilleuse clarté l’objet et les méthodes de la synthèse organique, ainsi que la révolution apportée dans nos idées par les premières synthèses directes et totales de corps organiques, comme celle de l’acétylène par Berthelot. Les pages de van t’Hoff et de Le Bel sur. la théorie du carbone asymétrique gardent, elles aussi, aujourd’hui encore, un vif intérêt.
- La peinture en bâtiment, par Paul Fleury. Nouvelle édition mise à jour par L. Galletto. 1 vol., 230 p. Garnier frères, Paris. Prix cartonné : 16 francs.
- Manuel fournissant les renseignements élémentaires nécessaires à l’artisan pour la pratique de son métier : matières premières, outillage, exécution des diverses sortes de peinture et des différents décors usuels.
- Les arbres du Maroc, et comment les reconnaît tre, par L. Emberger. 1 vol. in-16, 317 p. Larose, Paris, 1938. Prix cartonné toile : 30 francs.
- Ancien chef du Service botanique de l’Institut scientifique chérifien, l’auteur a écrit cet ouvrage simple et clair pour permettre de reconnaître tous les arbres du Maroc. Des tableaux de caractères conduisent au genre, puis à l’espèce. Chaque arbre est décrit, situé dans le paysage, considéré d’après son utilité, intégré dans la géographie physique du pays.
- Encyclopédie française. Tome V. Les êtres vivants, par Paul Lemoine, René Jeannel et Pierre Allorge. 1 vol. in-4°, figures et planches en noir et en couleurs. Encyclopédie française, 13, rue du Four, Paris, 1937.
- Dans sa présentation originale, une reliure démontable pour ajouter plus tard des suppléments et remplacer les textes démodés, l’Encyclopédie de M. de Monzie poursuit sa publication. Après « La Vie », œuvre des physiologistes, voici tr Les êtres vivants », œuvre des naturalistes. Une introduction indique les ressources du chercheur pour sa formation (écoles) et sa documentation (collections, laboratoires, publications, congrès). Puis c’est un tableau de la genèse des espèces ; présentation du monde vivant, végétal'et animal, avec de splendides photographies ; définition dé l’espèce, variations, facteurs qui les provoquent, sélection, ségrégation, grandes étapes de l’évolution. La deuxième partie est consacrée aux groupements végétaux (sociologie) et à leurs milieux, au parasitisme, à la symbiose, aux caractères des domaines de la mer, des eaux douces, du sol, des montagnes, des cavernes, etc . et enfin à
- l’inlluence de l’homme dans la répartition des êtres vivants. La troisième et dernière partie est consacrée à la distribution actuelle des êtres (biogéographie) et à l’origine des peuplements actuels. Toutes ces études, écrites par des esprits différents et d’orientations très diverses, donnent du monde vivant un aspect très complet et tout à fait au courant des tendances et des recherches actuelles. Elles aboutissent à une postface du professeur Lemoine où, soulignant toutes les réserves et toutes les hésitations de ses collaborateurs, il affirme l’insuffisance des théories de l’évolution et l’ignorance de la vie, ouvrant la voie à toutes les recherches et les audaces futures.
- Les géants de la mer, par J. R. Norman et F. C. Fraser. Traduit de l’anglais par G. Montandon. 1 vol. in-8°, 426 p., 124 dessins. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1938. Prix : 60 francs.
- Conservateurs au British Muséum, l’un spécialiste des poissons et l’autre membre des expéditions antarctiques de la .« Discovery », les auteurs se sont partagés les géants de la mer, l’un traitant des poissons : requins, raies, pilotes et rémoras, congres et thons, etc., l’autre des cétacés : baleines, rorquals, cachalots, marsouins et dauphins. C’est un défilé de toutes les bêtes les plus grosses et les plus étranges ; leurs caractères, leur habitat, leurs mœurs sont racontés avec précision ainsi que les moyens de chasse et de pêche ; aux histoires merveilleuses d’autrefois s’ajoute cette fois un document vrai, souvent vécu. Les dessins du colonel Tempon égaient l’ouvrage en l’illustrant.
- La médecine en désarroi, par le Dr Kopaczewski. 1 vol. in-16, 189 p. Jean Flory, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Les laboratoires de biologie, de chimie, de physique apportent à la médecine tant de données nouvelles que la clinique s’en trouve embarrassée. L’auteur signale une crise de bon sens, de savoir, d’éducation qu’il dépeint sévèrement. Il passe en revue les tendances paramédicales en vogue : naturisme, homéopathie, réflexothérapie, radiesthésie, psychothérapie, et leur ayant dit leur fait, trace un plan d’organisation des études, de recrutement du corps enseignant et de protection du médecin praticien.
- L’agonie d’une mission, par C. Longobardi. l vol. in-16, 245 p. Plon, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Cette mission, le retour des survivants de la deuxième mission Flattcrs, après le meurtre du colonel, est une des pages les plus angoissantes de la conquête du Sahara. Quelques Français, le lieutenant de Dianous, les maréchaux des logis Dennery et Pobéguin, à pied, avec une maigre escorte, essayèrent de rejoindre Ouargla. Souffrant de faim, de soif, harcelés par un rezzou invisible, ils tombèrent l’un après l’autre sur la route et aucun ne revint.... Sobrement, l’auteur rappelle ce drame jour par jour, dans le désert alors inconnu.
- Les instruments de musique de Madagascar,
- par Curt Sachs. 1 vol. in-8, 96 p., 21 fig., 15 pl. Institut d’Ethnologie, Paris, 1938. Prix : cartonné toile, 37 fr 50. On n’avait pas encore d’étude d’ensemble sur ce sujet. Utilisant les riches collections du Musée de l’Homme, réunissant les observations sur place des voyageurs, l’auteur décrit les instruments classés en idiophones, aérophones, membrano-phones et chordophones et s’essaie à leur chronologie. Il y trouve des influences africaines, malaises, arabes et européennes qu’il rapproche de l’histoire de Madagascar.
- Pour une politique d’Empire, par Eugène Guernier. 1 vol., 210 p. Librairie F. Alcan, Paris, 1938. Prix : 30 francs. L’auteur a réuni dans ce volume un certain nombre d’articles parus depuis 1933, principalement dans la presse marocaine. Ils ont trait presque exclusivement au Maroc ; ils apportent sur les affaires de notre protectorat d’intéressantes clartés sans justifier toutefois le titre ambitieux sous lequel on les a réunis et qui fait espérer un exposé d’ensemble des problèmes que soulèvent la mise en valeur et le progrès de notre empire colonial dans son ensemble.
- Agenda Béranger 1938 (Généralités. Banque. Mathématiques. Travaux publics. Bâtiments. Électricité. Mécanique et thermodynamique). 1 carnet, 386 p. de texte, complété par l’agenda proprement dit de deux jours à la page. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1938. Prix relié : 22 francs.
- p.372 - vue 376/439
-
-
-
- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i4 mars 1908.
- La rotation solaire. — M. et Mme D’Azambuja ont
- mesuré la vitesse angulaire de rotation du soleil en observant les passages successifs des filaments sombres, souvent bien définis, qui sont, dans le spectrohéliographe, la traduction des protubérances. Cette étude a porté, pendant une période undécennale complète, de 1919 à 1930, sur 352 filaments dont 118 particulièrement stables ont été retenus. Elle a donné 3o5 déterminations de la vitesse angulaire ; les valeur sont très voisines de celles obtenues avec les taches. Elles peuvent être représentées entre l’équateur solaire et les régions polaires par : i4°,46-i°,94 sin2 cp, q> étant la latitude solaire. Le coefficient de sin2 cp montre que la diminution de la vitesse aux latitudes moyennes est moins rapide que celle déduite du mouvement des taches. Cette nouvelle méthode a permis de calculer d’après des observations des déplacements de détails de la surface solaire des vitesses angulaires entre 4o° et 70° de latitude, valeurs qui n’avaient pu, jusqu’à ce jour, être déduites que de mesures spectroscopiques.
- U île d’Yeit. — Certaines contradictions apparaissent entre les déterminations géologiques de l’île d’Yeu données jusqu’à ce jour. M. Mathieu montre que cette structure est très complexe. Prolongeant le banc des Sables d’Olonne, des gneiss avec micachistes intercalés forment la côte N.-E. et la majeure partie de l’île. Une série cristallophyllienne en couches verticales constitue la « côte sauvage ». Le granit apparaît à l’intérieur de l’île, en divers points des côtes et constitue l’extémité S.-E. Au point de vue tectonique, l’ile est un anticlinal à flanc N.-E. très doux et à flanc S.-W. très redressé, avec une série verticale qu’on ne retrouve pas sur le continent.
- Microorganismes fossiles. — Par des essais de coloration avec les colorants électifs de la cellulose, de la cutine et de la callose, M. Deflandre montre l’irrégularité et même l’inversion complète des résultats quand on opère, soit sur les microfossiles planctoniques des marnes oxfordiennes, soit sur des espèces actuelles. Par exemple l’aurantia, qui ne colore pas la membrane des Dinoflagellés récents, donne une coloration magnifique sur les types fossiles. De l’étude de ces variations, l’auteur déduit la probabilité d’une polymérisation de la cellulose au cours des âges; il en aurait été de même de la chitine. Il est certain, en tout cas, qu’il serait vain de vouloir rattacher un microfossile à un groupe actuel du seul fait de l’identité des colorations avec les réactifs habituels.
- Le bore en végétation. — Poursuivant leurs recherches sur la présence du bore dans les végétaux, MM. Gabriel Bertrand et Silberstein montrent, dans le Lis, une accumulation particulière de ce métalloïde dans les organes reproducteurs. Il serait prématuré d’affirmer que le bore joue un rôle dans la fécondation. Le phénomène semble se rattacher à la tendance générale qu’ont les éléments présents à très petites teneurs dans la matière vivante à s’accumuler dans les organes reproducteurs, ainsi que celà a déjà été vérifié pour le manganèse.
- Séance du 21 mars 1938.
- Le sodium dans Vatmosphère. — L’étude de la radiation jaune du ciel nocturne avait fait pressentir à MM. Cabannes, Dufay et Gauzit la présence du sodium dans la haute atmosphère. Ils ont récemment cherché à identifier définitivement la raie jaune du spectre du ciel nocturne avec le doublet DXD2 du sodium. Ils ont opéré avec un dispositif inlerférenliel dont la lame d’air peut se régler de façon que les anneaux provenant des radia-
- tions Dx et D2 se superposent dans un cas et s’intercalent dans l’autre, C’est bien ce qui s’est vérifié avec la radiation jaune du ciel. Il faut donc conclure de ces expériences, qui on eu lieu à l’Observatoire de Lyon, que le sodium est un constituant permanent de l’atmosphère. M. Bernard s’est livré à des expériences analogues en juxtaposant les anneaux provenant du ciel nocturne et ceux obtenus directement par le sodium, l’identité est certaine. Cet auteur envisage deux hypothèses, soit la présence du sodium dans une couche épaisse, la luminescence ne devenant possible qu’à une altitude voisine de 60 km, sans doute par suite d’un maximum de température, soit la concentration du sodium à cette altitude. L’étude du spectre de l’aurore boréale, ne contenant pas les raies du sodium, paraît confirmer la seconde hypothèse. M. Déjardin montre d’autre part que d’autres raies du spectre du ciel nocturne peuvent aussi être attribuées au sodium.
- Hérédité acquise. — Reprenant la question controversée de la présence de racines tuberculeuses sur un Soleil servant d’hypobiote à un Topinambour, M. Daniel montre qu’en multipliant les tentatives, on peut effectivement obtenir de telles racines, mais ce sont des racines de Topinambour qui ont traversé l’hypobiote. Ces racines tuberculeuses ont une structure particulière : cœur ligneux très dur entouré de parenchyme ligneux contenant l’inuline. De plus le Topinambour peut alors donner des graines fertiles ; l’un des individus issu de ces graines est resté fertile. Dans sa descendance, des individus ont, produit des racines tuberculeuses, ce caractère se fixant ensuite par voie végétative. Certaines de ces cultures pourront sans doute devenir intéressantes au point de vue économique après une sélection prolongée pour leur amélioration.
- Réduction biologique de Vacide nitreux. — Certains jus végétaux réduisent l’acide nitreux. MM. Lemoi-gne, Monguillon et Desveaux montrent que cette réduction, dans les conditions de température, de concentration et de pli compatibles avec la vie, n’est possible que pour un faible nombre de composés naturels définis parmi lesquels se trouvent l’acide ascorbique, la cystéine et le glutathion. Il y a alors formation d’hydroxylamine et d’ammoniac.
- Vaccination contre la fièvre de Malte. — On
- n’avait pas encore réussi à vacciner un animal, le cobaye en particulier, contre la fièvre de Malte. Les virus morts n’immunisent pas, les virus vivants sont également inactifs quand ils ne provoquent pas une infection définitive. MM. Lisbonne, Roman et Renoux ont maintenant parfaitement réussi à obtenir l’immunité en injectant simultanément l’antigène mélitensique glucido-lipidique et une souche microbienne avirulente (Brucella bovis 112). Les animaux vaccinés résistent à une inoculation sévère de Br. melitensis.
- Diagnostic de la tuberculose. — A partir d’urines de tuberculeux évolutifs, M. Aron prépare, par précipitation alcoolique, un extrait qui, séché dans le vide, privé de ses phosphates et ramené, en solution acétique au pH 6,5, provoque la floculation du sérum sanguin des sujets tuberculeux. Il y a lieu de s’assurer qu’il n’y a pas de floculation avec un témoin traité par le même extrait chauffé à 920 pendant 3o mn. La floculation se produit après passage à l’étuve à 45° pendant 16 à 18 heures et retour à la température ordinaire pendant 6 à 12 heures. D’après l’auteur, il ne faut pas encore attacher à l’heure actuelle une signification pratique de diagnostic à cette méthode. Elle montre cependant l’élimination par le rein des tuberculeux d’un principe inconnu et peut-être la présence d’anticorps dans le sang. L. Bertrand.
- p.373 - vue 377/439
-
-
-
- NOTES ET INFORMATIONS
- 374
- RADIOÉLECTRICITÉ La radiodiffusion dans le monde.
- D’après l’Union Internationale de Radiodiffusion de Genève, les statistiques officielles donnent, pour la répartition et le nombre des appareils, les résultats suivants qui, bien qu’entachés d’une erreur systématique (la déclaration par les usagers ou les constructeurs n’étant pas toujours faite) ont cependant une valeur relative instructive.
- Nombre de postes Nombre de postes
- en millions par mille habitants
- Pays
- en 1936 en ig35 en iq36 en 1q35
- États-Unis . 24 270 22.500 189 178
- Danemark . 652 609 176 164
- Grande-Bretagne . 7 • 914 7.4o3 171 161
- Suède .... 944 834 i5x 134
- Canada .... 1 38o 860 122 83
- Allemagne . 8.168 7.193 122 83
- Pays-Bas 989 947 ll8 113
- Suisse .... 464 418 u4 io3
- Belgique 890 746 107 92
- Argentine . 96° 800 78 65
- France .... 3.218 2 626 77 63
- Japon .... 2 871 2 372 29 24
- Italie 625 i4 53o 12
- Ce tableau permet de se rendre compte de la rapide progression du Canada, de l’Allemagne et des pays Scandinaves. Au point de vue du nombi’e absolu des, postes, l’Allemagne en 1936 passe au premier rang en Europe, surclassant la Grande-Bretagne et au second rang dans le monde après les Etats-Unis.
- Quant à la densité des postes, une densité de 120 à i5o n’est pas exagérée et on voit que, pour la France en particulier, nous sommes encore loin de ce chiffre.
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’oxyde de titane en papeterie.
- La tendance se développe de plus en plus dans l’édition de réaliser des livres dits « compacts » renfermant souvent 1.000 pages et plus, imprimés sur papier extra-mince. L’intérêt de cette présentation est évident pour les ouvrages que l’on consulte fréquemment (formulaires, vade-mecum, bible, etc.) mais une grosse difficulté se présente si l’on veut que la lisibilité soit satisfaisante; en épaisseur très mince, le papier est transparent et les impressions recto et verso arrivent à se voir simultanément. On améliore beaucoup l’opacité du papier en lui incorporant de faibles quantités d’oxyde de titane de l’ordre de 3 à 5 pour 100. Cela tient à ce que l’indice de réfraction de l’oxvde de titane est très supérieur à celui du véhicule ordinaire de l’encre d’imprimerie.
- INDUSTRIE
- Briques creuses en verre.
- C’est vers 1887 que Falconnier, le premier, proposa l’emploi de corps creux en verre soufflé dont les surfaces latérales avaient des formes prévues pour y loger le mortier et les armatures d’assemblage, afin de constituer finalement des pans de murs. Mais la médiocre résistance à la compression et au choc limita l’usage au remplissage d’ouvertures de petites dimensions (baies, fenêtres, etc.).
- Puis le verre moulé s’allia au béton et il a donné, dans les constructions modernes, de très remarquables résultats, tant au point de vue utilitaire qu’au point de vue purement décoratif. Aussi l’idée de la brique creuse a été reprise, travaillée et tout récemment réalisée par plusieurs procédés comportant deux demi-briques soudées par les bords qui emprisonnent entre elles un matelas d’air. Ce sont les procédés de soudage qui différencient les divers produits. Dans l’un, on presse l’un contre l’autre les bords des demi-briques préalablement portés au ramollissement, c’est le procédé de soudure autogène. Dans un autre, la soudure est réalisée par un film de métal, en pressant l’un contre l’autre les bords des demi-briques préalablement métallisés par trempage dans un alliage d’aluminium en fusion à une température voisine de 760°. Dans un autre procédé enfin, les briques sont préalablement trempées, leurs bords reçoivent une métallisation spéciale, de sorte que l’assemblage final est réalisé au moyen de la soudure ordinaire des plombiers à une température de 200e1 environ.
- Ce dernier mode de fabrication est celui qui donne les meilleurs résultats. En effet, les moulages trempés ont une supériorité énorme sur les moulages recuiLs, qu’il s’agisse de la résistance à la compression sur les bords, de la résistance aux chocs mécaniques et thermiques ou de la résistance aux contraintes diverses qui se développent dans le béton translucide. Quelques chiffres feront mieux comprendre l’intérêt du verre trempé. Dans un premier essai on compara la résistance à la compression à plat par poinçonnage. Les briques à comparer (briques trempées et briques de même dimension et poids fabriquées par le procédé de soudure autogène) sont placées à plat sur le plateau inférieur d’une presse et l’effort est exercé par un bloc cubique d’acier de 5o mm de côté, progressivement et jusqu’à rupture. Celle-ci se produit sous une charge de 800 kgr environ pour les briques soudées à l’autogène et sous un effort de 3.000 kgr dans le cas des briques trempées.
- En opérant d’une façon analogue, pour déterminer la résistance à la compression sur champ, on trouve des nombres de Goo kgr et 0.700 kgr. On voit donc que les briques trempées sont nettement plus résistantes.
- Dans la construction moderne, on demande principalement aux moulages en verre incorporés aux maçonneries, de laisser passer beaucoup de lumière. Le facteur de transmission en lumière diffuse est de o,4o et, en lumière parallèle et normale, de o,5(3 ce qui est très satisfaisant dans la pratique. Ajoutons que les parois principales de la brique comportent intérieurement des cannelures cylindriques et prismatiques donnant des objets un grand nombre d’images déformées et interdisant par conséquent toute vue indiscrète à travers le verre. Quant à l’isolement calorifique, grâce au matelas d’air, il est très bon surtout si on dépose des mouchetures d’aluminium sur les parois de la chambre d’air avant, le soudage des demi-briques trempées. Il correspond sensiblement à celui d’un mur de 20 cm d’épaisseur en briques creuses à trous de 8 x 16 x 3o cm revêtues extérieurement d’un enduit de 2 cm de ciment et intérieurement d’un enduit de 2 cm de plâtre, bien que, à surface égale, son poids soit 2,5 fois plus grand.
- Evidemment, les briques de verre mouchetées d’aluminium ont un pouvoir de transmission lumineuse moindre (11 pour 100 seulement) mais en les employant de concert avec les briques non aluminisées, il est facile, tout en maintenant l’homogénéité de structure des façades et les facilités d’entretien qui en résultent, d’obtenir aisément la quantité de lumière et l’isolation désirées. II. Vigneron.
- p.374 - vue 378/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHONOGRAPHE
- Nouveau répétiteur de phonographe.
- Le phonographe se prête à de multiples applications didactiques, et, en particulier, à l’enseignement des langues étrangères, mais, pour lui faire jouer ce rôle, il faut pouvoir répéter à volonté n’importe quel passage de l’enregistrement.
- Les étudiants qui roulent apprendre une langue étrangère à l’aide des disques spéciaux édités à cet effet comprennent vite la nécessité de fractionner et répéter à volonté les auditions.
- M. Roulin vient de présenter à l’Académie des Sciences, un ingénieux dispositif qui résoud le problème d’une façon simple.
- Il permet la reprise de l’audition au début d’un paragraphe quelconque, et chaque réglage est repéré exactement sur un cadran gradué; on peut donc établir un report sur le texte correspondant. L’opérateur peut également régler à volonté l’intervalle séparant deux auditions successives, les opérations de mise en marche et d e réglage étant e ff e c -tuées à la main et non plus produites automatiquement.
- Le dispositif comporte seulement, en principe, une i'églette métallique mince et large chromée, montée sur l’axe du tourne-disque et sur laquelle
- sont pratiquées un certain nombre de rainures transversales évasées (fig. i).
- L’aiguille du diaphragme ou du pick-up doit passer par dessus la régleltc ; à cet effet, les bords de celle-ci sont taillés en biseau; le chromage permet d’éviter les rayures et le bruit dù au glissement de l’aiguille. La détérioration de la surface du disque est évitée par l’adjonction de deux patins en cuir souple et un pare-choc permet d’assurer la reprise de contact, entre l’aiguille et le disque avec toute la douceur nécessaire.
- Les rainures sont disposées de telle sorte qu’en faisant tourner la réglette dans le sens de la rotation du disque, l’aiguille est toujours guidée par l’évasement de l’une d’elles, puis ramenée en arrière. Elle est enfin replacée sur le disque en un point dont la distance au centre est déterminée par la position de l’orifice de sortie de la rainure.
- Pour chaque position angulaire, on peut déplacer la réglette transversalement en faisant tourner un boulon central monté sur elle à frottement doux, et en excentrique sur l’arbre du plateau. L’amplitude de ce déplacement est très
- légèrement supérieure à la distance séparant deux orifices de sortie voisins; après avoir choisi une rainure, on peut donc régler l’appareil pour que l’aiguille soit posée à une distance déterminée du centre du disque, et chaque réglage peut être opéré avec une grande précision, grâce à un index se déplaçant en face d’un cadran gradué solidaire du bouton excentrique précédent.
- L’adaptation s’effectue, d’ailleurs, non pas directement sur l’arbre du plate tu du phonographe, mais par l’intermédiaire d’un capuchon, afin de ramener toujours à une même valeur standard le diamètre et la longueur du bout d’arbre. Un alésoir spécial permet d’ajuster la perforation centrale d’un disque quelconque au diamètre extérieur de ce capuchon, et on peut obtenir ainsi une précision rigoureuse du repérage de l’enregistrement (fig. 2).
- Pour se servir de l’appareil, on place la pointe de l’aiguille du diaphragme ou du pick-up dans l’une des rainures, et l’on saisit la réglette entre le pouce et l’index de la main droite, comme le montre la figure 1, de manière à la maintenir fixe, et légèrement soulevée pour éviter de freiner le mouvement du moteur.
- Pour commencer l’audition, il suffit de faire tourner la réglette dans le sens de la rotation du disque jusqu’à ce que l’aiguille soit arrivée à un millimètre du bord, puis on laisse l’appareil reposer sur le disque,
- et on l’abandonne rapidement; l’aiguille pénètre alors dans le sillon, et la réglette tourne avec le disque; on l’arrête avec la main droite avant qu’elle soit venue à nouveau buter contre l’aiguille. Pour suspendre l’audition à un moment quelconque, il suffit de la faire tourner en la maintenant légèrement soulevée, jusqu’à l’amener à la position précédente.
- La x’épétition est obtenue automatiquement toutes les fois que l’audition ne dépasse pas 3o sec.; l’aiguille est, en effet, recueillie par la même rainure, et déposée à la même distance par rapport au centre du disque. Pour faire répéter un passage dont la durée dépasse 3o sec., il suffit de replacer l’aiguille dans la rainure où elle se trouvait au début de l’audition précédente; de même, on peut avec précision faire changer le mot par lequel débute l’audition.
- Ce système extrêmement simple peut ainsi être utilisé dans toutes les applications de l’enseignement où il y a intérêt à faire intervenir la mémoire auditive, et spécialement pour les autodidactes.
- M. Routin, 2, rue du Capitaine Olchanski, Paris (16e).
- Fig. 1. — Appareil répétiteur Mnémosyne Routin pour phonographe.
- 1, réglette ; 2, bouton d’adaptation et de réglage transversal ; 3 et 4, index et cadran de repère. Le trait en pointillé indique la position d’audition.
- Fig. 2. — Capuchon et alésoir destinés à permettre une adaptation précise du répétiteur.
- p.375 - vue 379/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Emploi du pagoscope. — Voici les renseignements que nous communique aimablement l’Office national météorologique :
- (( Le pagoscope est un appareil qui, d’après son inventeur, indique le degré de probabilité d’une gelée nocturne par la connaissance du degré d’humidité de l’air et de sa température quelques instants avant le coucher du soleil. Cet appareil n’est autre qu’un psychromètre qui donnerait, d’une part, la température du thermomètre mouillé et, d’autre part, la différence de température entre les thermomètres sec et mouillé : « La prévision du temps en agriculture », par Sanson (Librairie J.-B. Baillière et Fils) contient (p. 261) un exemple de tableau construit d’après ces données et permettant d’établir un abaque de pagoscope Aralable dans certaines conditions atmosphériques pour une région déterminée.
- Il faut toutefois se garder contre le manque de précision •de cet appareil en citant les quelques lignes suivantes, extraites du « Cours de météorologie à l’usage des agriculteurs. Prévision générale », édité par l’Office national météorologique.
- § 34. — Prévision locale des gelées au sol, basée sur la valeur de l’humidité absoltie : ses inconvénients.
- Dans son Traité de Météorologie, Mohn a établi la méthode suivante de prévision des gelées. Si, au coucher du Soleil, la teneur de l’air en vapeur d’eau est telle que le point de saturation soit atteint pour une température supérieure à 0°, la gelée n’est pas à craindre (en effet, lorsque la température du sol sera celle qui correspond à la saturation, le .refroidissement s’arrêtera par suite de la formation de rosée). Si, au contraire, le point de saturation est atteint pour une température inférieure à 0°, la gelée est .probable (car la chaleur latente de condensation n’entre en jeu que lorsque la gelée a déjà lieu).
- Cette méthode ne tient compte, ni de l’action thermique du vent souvent importante, ni des variations d’humidité consécutives à l’arrivée de nouvelles masses d’air. Même par temps calme, elle conduit à de fréquents échecs, car ordinairement, la vitesse de formation de la rosée est beaucoup trop faible pour que le dégagement de chaleur latente puisse contrebalancer le refroidissement dû au rayonnement ».
- Il semble donc de beaucoup préférable, pour avoir des indications précises sur les probabilités des gelées, d’écouter les émissions radiotéléphoniques de l’Office national météorologique et de les combiner avec des relevés thermométriques exécutés sur place dans de bonnes conditions.
- Réponse à M. R..., T.
- Lampes de T. S. F. pour ondes très courtes. —
- Des lampes de T. S. F. spéciales pour ondes très courtes de l’ordre du mètre ont été décrites dans nos chroniques de radiophonie pratique. Voir aussi l’ouvrage Les ondes courtes et ultra-courtes (Dunod, éditeur).
- On trouve chez les fabricants spécialisés les lampes triodes ou pentodes de ce genre, par exemple, à la société. Philips, .2, cité Paradis, Paris.
- Réponse au Dr C..., à Moulins (Allier).
- Microphones à contact. — Les meilleurs microphones à charbon sont du type dit à courants transversaux, comportant une couche très mince de granules de charbon d’assez grande surface. Le courant électrique passe en surface et il est transmis à l’aide de deux électrodes latérales. Ces modèles sont fidèles et sensibles ; leur prix est malheureusement assez élevé. Il en existe de nombreux modèles, en particulier, le type Philips, 2, cité Paradis, Paris.
- La construction d’un appareil de ce genre est assez délicate, mais des essais peuvent être tentés à peu de frais.
- Voir, à ce sujet, les articles dans la revue La T. S. F. pour tous, 40, rue de Seine, Paris (6e).
- Réponse à M. Lapoële, à Vichy (Allier).
- Nettoyage d'un hlm cinématographique. — Pour débarrasser un film cinématographique des taches d’huile ou de poussière, on emploie du tétrachlorure de carbone et la
- solution suivante est recommandable :
- Eau distillée................... 30 cm3
- Alcool.......................... 30 —
- Tétrachlorure de carbone . . .. 100 —
- Pour effectuer le nettoyage, le film est placé sur une des bobines d’un bobinoir double. On l’enroule sur l’autre en serrant le fil modérément au passage dans un chiffon très propre imbibé du liquide dégraisseur. Lorsqu’il a entièrement passé, on l’enroule en sens inverse en l’essuyant avec un autre tampon, pour le sécher. On peut aussi, et c’est préférable, laisser tomber le film dans un panier propre et l’enrouler à la fin de la deuxième opération.
- Réponse à M. Moreau, à Aubusson (Creuse).
- Transformation du courant continu en courant alternatif. — Pour alimenter sur le courant d’un secteur continu un appareil destiné à être alimenté normalement par le courant alternatif, on dispose depuis quelque temps de systèmes vibrateurs ou « thrillers » pratiques remplaçant les commutatrices encombrantes et délicates.
- Ces appareils donnent un courant haute tension, de forme grossièrement sinusoïdale, que l’on filtre à travers des circuits appropriés ; il peut être utile de modifier le rapport du transformateur d’alimentation normale du récepteur.
- Les bruits parasites sont évités grâce aux circuits-filtres, associés à des condensateurs évitant les étincelles aux contacts ; le blindage des différentes parties est généralement nécessaire.
- Réponse à M. Stéfan Serbetis, à Karditza (Grèce).
- Appareils médicaux à ondes très courtes. — Les
- ondes hertziennes courtes sont employées en médecine pour obtenir des effets thermiques et analgésiques. Les effets diather-miques locaux sont profonds et réguliers ; mais le traitement proAmque aussi des élévations importantes de la température générale, véritable fièvre artificielle utilisée en thérapeutique sous le nom de pyrétothérapie. Ces effets ont été obtenus et étudiés avec les longueurs d’onde de l’ordre de quelques mètres.
- Les effets des ondes ultra-courtes de moins d’un mètre ont été aussi étudiés, mais les résultats restent discutables, malgré les assurances de certains expérimentateurs.
- Réponse au Dr Bosc, à Montpellier (Hérault).
- Taches de « rouille » sur un objectif. — Les taches dites de « rouille » (mais qui n’ont rien de commun avec cet oxyde de fer) se produisent parfois, avec le temps, sur les verres des objectifs, où on les remarque plus facilement. Elles proviennent soit d’une réduction partielle à l’état métallique d'une petite quantité d’oxyde de plomb qui rentre dans la composition des verres, soit encore de* l’humidité qui peut oxyder assez facilement la lentille de flint. La lentille de crown, elle-même, n’est pas exempte de cet accident. Les taches, à moins d’être très nombreuses ou étendues, ne produisent pratiquement aucun effet sur les images, tout au plus un léger assombrissement.
- Il n'existe aucun remède à cette « maladie » des objectifs, qu’un repolissage complet des verres atteints. Un opticien de métier est, seul, à même de réaliser ce travail.
- Réponse à M. M. Goutin, à Paris.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud.
- 1 6-1938 — Published in France.
- p.376 - vue 380/439
-
-
-
- 15 juin. Les vacances approchent. Bientôt, ce sera l’exode, la liberté, le repos, à la campagne, à la mer, à la montagne. Il est bon d’oublier la ville, la profession, les efforts techniques, les devoirs sociaux, pour retrouver la Mature, le monde cosmique qui ne se soucie pas des agitations humaines.
- On ne saurait, en une seule fois, donner des indications pour toutes les orientations possibles des loisirs. La Nature a songé à en grouper quelques-unes : le sport scientifique qu’est l’exploration et la visite des cavernes, la pêche nouvelle qu'est le « surfangling », la récolte et l’examen du plancton d’eau, de mer, la chasse aux insectes et les joies de l’entomologie, la géologie de l’amateur. Et aussi, l’art de prévoir le temps qu’il fera, de s’orienter d’après la carte, les erreurs à éviter, la conduite à tenir en cas d’accident.
- Mous souhaitons que ce numéro de La Nature soit sur toutes les tables, sous les yeux des heureux touristes voyageurs, comme des « vacanciers » sédentaires, et qu’il donne à, tous les joies de l’observation scientifique et réfléchie, de la découverte étonnante des multiples aspects de la Nature.
- = LES CAVERNES ET LEURS DISSEMBLANCES =
- Si certains types de concrétions se retrouvent presque partout avec plus ou moins de fréquence, on peut affirmer que chaque grotte possède son type particulier et sa décoration propre. C’est pourquoi l’intérêt est toujours soutenu quand on visite les cavernes aménagées offertes aux touristes. Nous ne parlerons bien entendu que des principales.
- Nous allons les classer d’abord en deux catégories : celles qui contiennent de l’eau courante, c’est-à-dire qui sont « vivantes » comme disent les spéléologues et celles qui n’en contiennent plus, appelées « fossiles » par les spécialistes.
- On sait que les cavités souterraines sont, pour la plupart, le résultat de l’érosion et de la corrosion par l'eau sur les calcaires encaissants en suivant des cassures préexistantes. Le formidable travail de destruction
- accompli au cours des siècles dure toujours et nous en verrons des exemples tout à l’heure. Ailleurs, suivant la loi qu’E. A. Martel a appelée « la marche à la lune » les courants anciens se sont enfouis et ne sont plus visibles dans les canaux qu’ils creusèrent. La rivière qui était autrefois à un certain niveau a approfondi son lit et le plan de base ayant baissé, l’affluent souterrain est lui aussi descendu.
- Celui qui n’a pas vu en action un torrent" liypogé ne peut se faire une idée de son activité et des moyens qu’il met en action pour dévorer ses berges et le fond de son lit. Il roule des blocs, entraîne du sable, tourbillonne, creuse des marmites de géant, les égueule ensuite, emportant toujours plus loin les matériaux qu’il a pris partout. -
- Moins visible, la corrosion joue aussi un rôle dans
- p.377 - vue 381/439
-
-
-
- ce travail souterrain. L’eau pénètre dans le calcaire qui, à première vue, semble compact ; lentement, elle le dissout, libérant l’argile. A T'endroit où chaque gouttelette se fraye une issue, elle mange la roche et des millions de ces minuscules émergences font petit à petit des cupules, puis des poches et enfin des chambres, concourant ainsi au creusement.
- Ces matériaux prélevés sur la roche ne vont pas loin en général et servent à la nature à bâtir ailleurs : en certains points, ce seront ces concrétions aux formes si diverses, ailleurs ces collines d’argile rouge, ou ces monticules de sable de dolomie. Mais ces éléments seront peut-être un jour brisés par écroulement, ou délavés par une crue exceptionnelle qui les emportera plus loin/
- Cette eau d’infiltration joue un autre rôle, elle mine les piliers stalagmiliques et occasionne leur chute, détruisant en un instant le travail de milliers de siècles. Dans les plafonds, elle augmente les fissures et si un concrétionnement actif ne vient pas cimenter ces joints, des blocs s’écrouleront. Certains sont cyclo-péens : io, 20, 3oo m3 ! Ils peuvent remplir la caverne et souvent la colmatent en un point. En outre, si les calcaires sont fissurés, les joints de sédimentation, autrement dit les bancs de chaque assise sont aussi des points faibles, causes d’effondrement.
- Le lecteur va penser que nous sommes loin du sujet que nous voulons traiter, mais cette digression va permettre d’expliquer pourquoi les cavernes sont si différentes.
- LES GROTTES VIVANTES
- En Moravie, non loin de Brno, la grotte de « Maco-cha » contient une nappe d’eau de près de 100 m de profondeur qui donne un aspect verdâtre extraordinaire aux voûtes que le voyageur admire. Les concrétions sont rares et la promenade en bateau est curieuse. Le professeur Àbsolon détermina par une étude hydro-
- Eig. I. — Entrée de la grotte de Planina (cliché Dr A. Steffé). Presque à la frontière de l’Italie et de la Yougoslavie, la caverne de Planina dont on voit l’exutoire. Gigantesque galerie, par endroits haute de près de 50 m, le rio Gamberi, affluent de la Save y roule près de 4 m3 par seconde. Ne dirait-on pas, en plus vaste, la sortie des fameuses grottes de Han (Belgique).
- logique et des sondages exécutés par des scaphandriers que la partie connue, peu importante, devait communiquer avec de grandes salles. Ses prévision se réalisèrent et on découvrit, après un percement horizontal, la partie la plus belle où l’on circule maintenant. C’est par un siphon extrêmement profond que ces nappes sont alimentées.
- Dans le Carso, aux confins de la frontière italienne et yougo-slave, au Sud de Lubiana (Lwow), le Rio Gambéri, affluent de la Save creuse encore l’immense canal souterrain de la grotte de « Planina ». Son débit à l’étiage est de 4 ni3 au moins ; son activité érosive est presque égale à ce quelle était au Pliocène. Des voûtes de 5o m de hauteur et 3o m de largeur ne sont pas rares. Une sorte de « Pont d’Arc » comme celui de l’Ardèche a 80 m d’ouverture.' Ici aussi, ce ne sont pas les concrétions qu’on vient admirer mais l’immensité écrasante de ces coupoles. Personne n’a encore pu remonter le cours du Rio Gambéri bien loin, car des parties siphonnantes arrêtent les spéléologues. En amont de la grotte, il apparaît au jour sur un faible parcours. Lorsque des crues surviennent, il est fréquent de voir des lacs se form.er autour de son lit aérien, ce qui prouve que des « étroitures » faites par des éboulements gênent son cours souterrain.
- Plus au Sud, à l’Est de Trieste, « San Canziano » est une admirable caverne, que des travaux importants permettent de visiter sur 3.000 m. Le torrent Timavo roule une masse d’eau égale au Gambéri. Son cours sinueux a foré dans la roche un chenal gigantesque. De son entrée sous terre au point où pour la dernière fois il s’y enfonce pour ne plus ressortir qu’au nord de l’Adriatique, à 70 km de là, il réapparaît deux fois au jour au fond de profondes « dolines » (voragine) dont l’une a 120 m à pic. Ces deux « regards » sur ce courant pérenne, sont d’un effet surprenant. Dans la partie supérieure de cette caverne, il y a des salles avec stalactites et stalagmites. Des « gours », sortes de bénitiers en carbonate de chaux, s’étagent sur une certaine hauteur.
- Si nous avons dit « regard », c’est que ces grandes dépressions atteignent le lit du Timavo. Leur origine est due à l’affouillement des couches supérieures du calcaire par l’érosion et au déblayement par le courant. Le fait est assez fréquent et on le retrouve à Padirac, en France.
- Dans cette caverne-chenal, le paysage est extrêmement pittoresque, bien que pauvre en concrétions. L’éclairage est réalisé au moyen de milliers de bougies de stéarine disséminées sur le parcours, dont l’effet est inattendu.
- Nous ne pouvons quitter cette région sans aller voir la grotte de « Postumia », qu’on appelait autrefois Aldesberg, lorsqu’elle était en Autriche. C’est certainement l’une des mieux aménagées du monde. Une des salles est disposée en salle de concert avec pupitres, gradins et même lustres vénitiens. On y chemine, tout au moins dans une partie, sur des wagons électriques. Les stalagmites y sont belles et variées jusqu’au point où Ton retrouve le cours de la Piuka, dans la nudité
- p.378 - vue 382/439
-
-
-
- 379
- Fig. 2. — La grande « voragine » de la grotte de San Canziano, creusée par le Timavo, près de Trieste (Italie).
- Le cours du Timavo a déblayé l’immense cavité devenue « la voragine » de la grotte de San Canziano.
- Fig. 3. — « Gours » de calcite dans la grotte de San Canziano.
- Dans la grotte vivante de San Canziano (Italie) des coulées d’eau chargée de C03Ca formèrent ces « gours ».
- Fig. 4. — Colonnes jumelées de la grotte de Postumia (ex Aldesberg) (Italie).
- Fig. o. — La côte d’Andraitz (à l’ouest de P aima) non loin d’avens importants.
- Fig. 6. — Grotte marine à Manacor (Baléares).
- Pour sortir il faut attendre que les vagues viennent vous soulever.
- des lils souterrains. On en ressort par un puits vertical à l’endroit où la rivière disparaît par un siphon.
- Le dédale des galeries de Postumia atteint 16 km ; il montre la puissance des eaux sous terre. On doit ajouter que dans le Carso, la pluviosité est grande puisqu’il y tombe entre 2 et 3 m de pluie par an.
- Quittons maintenant ce coin de l’Europe où les cavités se comptent par milliers et allons à Majorque, dans les Baléares. Il s’y trouve plusieurs grottes, dont la principale est le « Drach » (ou Dragon). Ici rien de grand ni comme voûtes ni comme concrétions, mais de
- fines stalactites au plafond et des stalagmites noyées dans une eau un peu salée, par la mer qui pénètre sous terre. Evidemment, les concrétions du sol n’ont pu se former sous l’eau et c’est à cause d’une variation du niveau marin qu’on peut naviguer sur ces lacs hypo-gés dont l'eau est tellement translucide qu’elle permet d’admirer la belle décoration qui couvrait jadis le sol.
- En Belgique, « Han » est une caverne dont la réputation est ancienne. La Lesse s’enfonce, dans les calcaires primaires aux strates redressées, par une galerie impénétrable. Les anciennes entrées du cours d’eau,
- p.379 - vue 383/439
-
-
-
- 380
- Fig. 7. — Stalactites- excentriques translucides dans la grotte de Courniou (Hérault).
- (Photo Capretz).
- Fig. S. — Stalagmites au bas du puits de l’aven d’Orgnac (Ardèche).
- On distingue l’échelle de corde dans le fond.
- Fig. 9. — Stalagmite de 12 m dans l’aven d’Orgnac.
- (Photo R. de Joly).
- Une grande stalagmite haute de 12 ni ressemblant à un cyprès se détache sur le pinceau lumineux arrivant par le puits naturel.
- Le plafond au-dessus de la concrétion mesure 23 m de hauteur.
- abandonnées depuis longtemps, se révèlent par les stalactites le long du chemin, puis on retrouve la rivière et avec elle on pénètre dans les deux grandes salles qu’elle a creusées. L’une d’elles surtout est majestueuse par son ampleur : près de ioo m de hauteur sur un développement de aoo m. Les guides montrent bien quelques concrétions, mais ce n’est pas cette décoration naturelle qu’on cherche car elle est modeste ; c’est la nappe d’eau, à la sortie sous la voûte, qui est admirable et qui laisse un impérissable souvenir.
- En France, nous ne parlerons que des grottes principales, car il ne peut être question dans un si rapide exposé, de celles dont la réputation n’est que locale.
- Dans le Lot, « Padirac » que découvrit E. A. Martel en 1889 se présente de toute autre façon. Par un puits d’effondi'ement, on descend jusqu’au cours pérenne d'un ruisseau qui, depuis longtemps, travaille à s’enfouir pour rejoindre la Dordogne non loin du Prieuré de Fénelon et, sur un bief tranquille, on vogue jusqu’à une haute nef aux parois garnies de coidées stalagmatiques, dont le fond contient de grands <( gours » pleins d’eau. La couleur, la disposition des
- lieux font que Padirac possède un charme particulier, bien que n’ayant pas de stalagmites intéressantes.
- Dans le Gard au pied du Mont Aigoual, « Bramabiau » n’est qu’une percée relativement récente faite par le ruisseau du Bonheur dans un petit causse hettangien. Ce qu’il faut y rechercher ne sera pas non plus les concrétions, mais le paysage surprenant à l’entrée sous la grande voûte et à la sortie vers une haute dia-clase.
- LES GROTTES FOSSILES
- Parlons un peu maintenant des cavernes « fossiles » et restons dans notre pays.
- D’un aménagement récent, l’aven Armand a eu dès son inauguration un grand succès. Par l’incomparable forêt de stalagmites blanches qu’on découvre dès le débouché dans la salle unique, l’aven « Armand » est exceptionnel. Ici pas de couloirs, de dédales compliqués ; d’un coup d’œil, on embrasse ces mille colonnes dont il ne reste plus qu’à examiner les intéressants détails, en descendant à leurs pieds. La vaste cavité aux formes régulières est imposante.
- Du causse élevé et dénudé qui recèle cet aven, descendons vers les contreforts des Cévennes et arrêtons-nous sur le bord de l’Hérault à la soidie du caùyon. Dans un site ravissant par le décor, les formes et les couleurs, rehaussé aux premiers plans par des plantations de Heurs et d’arbustes, la bouche artificielle de la grotte des « Demoiselles » s’ouvre sur la plaine. Par un funiculaire, on entre dans la salle principale surchargée de concrétions. Pas un pouce carré n’en est dépourvu : coulées, draperies, stalagmites, piliers massifs î-ejoignant le faut plafond attirent le regard. Ici, ce ne sont ni les mêmes formes, ni les mêmes teintes qu'à l’aven Armand, à croire que ce ne sont pas les mêmes gouttes d’eau qui ont bâti ces édifices pourtant d'une matière semblable.
- L'aménagement terminé depuis peu est d’un luxe raffiné, malgré les difficultés rencontrées.
- Sur les confins de l’Hérault et du Tarn, près de Saint-Pons, une minuscule grotte mérite qu’on s’y arrête, c’est « Courniou ». On y admire, dans un cadre de calcaires dévoniens gris foncé et de schistes verdâtres, d'extraordinaires concrétions excentriques, lim-
- p.380 - vue 384/439
-
-
-
- 381
- pides comme du cristal. Comme si la nature avait voulu approprier sa décoration aux dimensions du site, la végétation de calcite est filiforme, elle n’en est pas moins intéressante.
- D’aucuns diront : « J’ai vu le « Grand Roc », c’est la môme chose », mais ce serait une erreur, car la roche -encaissante est différente et les stalactites aussi. En Dordogne, elles sont ocrées et plus volumineuses.
- En Basse-Ardèche, au sud de Vallon, nous eûmes la bonne fortune de découvrir, en 1985, au bas d'un a aven », une caverne du plus haut inléi’êt. Si nous en parlons maintenant dans celte description des grottes exploitées, c’est que son aménagement ne saurait tarder. Elle portera le nom du hameau voisin : Orgnac.
- L’aven « d’Orgnac » est bien particulier par sa disposition, son étagement, son éclairage naturel, la variété des stalagmites, la coloration des salles.
- Sur un parcours de 5oo m et une dénivellation de 100 m, il semble que la natui’e a réuni pour notre distraction, toutes les formes de concrétions. On y verra en place les « excentriques », les « perles des cavernes », minuscules formations de calcite et les piliers ou stalagmites massives, si énormes que l’esprit reste confondu lorsqu’on tente de supputer leur âge ; entre ces extrêmes, une infinité de colonnes feuillues, branchues, aux mille facettes cristallines, dont certaines ont des formes nouvelles, donneront au visiteur l’idée de la grandeur et de la lenteur des actions souterraines.
- Alors que parfois des promeneurs ressentent une sorte d’oppression, d’étouffement, dans certaines grottes, ils éprouveront à Orgnac un sentiment contraire. L’immensité des salles, la hauteur de certains plafonds (86 m), les saisira et ils en •emporteront un souvenir impérissable. Le porche d’entrée de
- on admire la sûreté de main des artistes paléolithiques qui tracèrent à l’ocre ou au manganèse 1 e s grands animaux de leur temps, sur les parois érodées..
- LES GROTTES
- GLACEES /.’î'gf. 10. — Mammouth aurignaden
- dans la qrotte de Pech-Merle, à Elles existent en Cabrerets (Lot).
- France dans les Alpes et les Pyrénées, mais leur éloignement est tel qu’aucune n’est aménagée. Par contre, en Autriche, l'immense « Eivie-senwelt », à i.64o m d’altitude, dans le Tennengebirge, reçoit de nombreux visiteurs. On y contemple non plus des concrétions, mais des coulées de glace du plus curieux effet, en même temps qu’on peut y étudier 1 érosion gigantesque qui fora près de 4o km de galeries.
- Ce rapide aperçu des principales cavités aménagées montre toute la diversité des paysages souterrains. Dans l’un, par un porche majestueux* on pénètre dans des couloirs étroits, alors que, dans l’autre, un modeste puits ou un boyau étroit conduit dans des salles immenses. Leur variété est infinie comme la Nature qui a présidé à leur création.
- R. de Joly,
- Président de la Société Spéléologique de France.
- Fig. 11. — Porche d'entrée de VEisriesenwelt.
- l’Eisriesenwelt (Autriche) dont la vue dédommage de la peine prise pour y monter
- LES GROTTES PRÉHISTORIQUES
- C’est un auti'e sujet de curiosité que les grottes qui furent habitées par des hommes, il y a des millénaires. Si le cadre attire les regards dans •certaines, les vestiges de nos ancêtres y sont bien plus étonnants. Comment ne pas ressentir d’émotion devant les traces de l’industrie humaine des temps révolus ou devant ees sépultures superposées au cours des siècles. Ne croyez pas que parce que vous avez tu par exemple « les Eyztes » ou Font de Gaume (Dordo-gne) vous connaîtrez « Niaux )) ou « Sabart » (Ariège). Dans les unes, on montre des sépultui'es et des « artifacls », dans les autres,
- p.381 - vue 385/439
-
-
-
- LE PLANCTON MARIN
- Le Plancton ! Il est peu d'étude plus attachante pour les esprits curieux des choses de la nature ; aussi bien du point de vue philosophique, que de la connaissance romantique de la vie des êtres innombrables qui peuplent les mers. Les amateurs y trouveront nombre de sujets ouvrant à la pensée un monde nouveau et les artistes des formes et des couleurs inattendues. Le plancton marin montre une étonnante diversité d'organismes. Les plus simples, les protistes, semblent bien pi’ôs de l’origine de la vie. D’autres, plus complexes, apparaissent comme les premiers maillons de la longue chaîne de l'évolution. On y trouve les bases de toutes les théories philosophiques de la biogénie.
- Au point de vue de la connaissance pratique, on peut suivre de près les phénomènes de la génération et l’embryologie des êtres vivants. On observe les métamorphoses singulières des espèces marines et leurs phases étranges et curieuses. Les connaissances à acquérir dans ce domaine sont immenses encore.
- Enfin, le nombre énorme des organismes planctoni-ques fait remonter, par la pensée, aux temps géologiques, à l’œuvre fantastique accomplie par d’innombrables générations de microorganismes qui ont vécu, sont morts en accumulant leurs squelettes en prodigieux ossuaires sur le fond des mers anciennes qu’ils ont fini par assécher.
- Les diatomées pélagiques, les spongiaires, les radiolaires ont transposé, dans les dépôts sédimentaires, la silice des roches.
- Les foraminifères, les coccolithophoridés ont accumulé le calcaire en couches énormes qui, dans les terrains secondaires sont épaisses de plusieurs centaines de mètres. Ces bancs fournissent à l'industrie moderne les "matières premières de la fabrication du ciment. Celui-ci, associé aux silex, que nous savons maintenant remplis de microfossiles, fournit le béton. Ce qui a permis à G. Deflandre d’exprimer celte pensée curieuse que le confort de la civilisation moderne était l’œuvre primitive du plancton : les aqueducs qui nous alimentent en eau, les caniveaux de béton où serpentent les cables électriques, les tunnels, les barrages des usines hydro-électriques, les immeubles où nous vivons sont faits de matériaux lentement sécrétés pendant des millénaires par les êtres planctoniques. Ils constituent d’immenses nécropoles des microorganismes qui peuplèrent les mers anciennes, aux temps secondaires surtout.
- Beaucoup d,'esprits curieux, en Grande-Bretagne, aux États-Unis s’adonnent Aà ces études. Ce goût semble vouloir prendre place eh France. C’est à l’intention de ces nouveaux venus que sont rédigées ces notes. Elles comprennent l’essentiel des techniques à appliquer à l’étude du plancton marin, dl ne faut pas perdre de vue qu’il s’agil-là d’un sujet prodigieusement vaste et les quelques organismes figurés ici ne donnent qu’une bien faible idée de la variété considérable d’objets d’observation que l’on "peut rencontrer.
- VOCABULAIRE ET DÉFINITIONS
- Le plancton a été défini pour la première fois par Iiensen en 1887.
- Actuellement, on englobe sous ce vocable l’ensemble -dès organismes aquatiques dont l’existence se déroule, en totalité ou en partie, au sein de la masse liquide où ils séjournent en suspension, simplement abandonnés aux mouvements des eaux. On y comprend les êtres doués de mouvements propres insuffisants pour lutter contre l’entraînement de la masse iiquide.
- Le neklon englobe au contraire, tous les êtres capables de mouvements dirigés leur permettant de couvrir d’assez grandes distances.
- On divise le plancton en deux catégories : le phvto-planclon qui comprend l’ensemble des organismes relevant du règne végétal : diatomées, péridiniens, etc. et le zooplancton qui comprend les organismes appartenant au règne animal.
- On le divise encore en microplancton ou nanno-planclon pour les formes particulièrement petites qui ne peuvent être récoltées que par des méthodes spéciales, et en macroplancton que l’on capture par les méthodes ordinaires de pêche au filet fin.
- On désigne sous le nom de plancton néritique celui que l’on recueille dans les mers peu profondes, au-dessus du plateau continental, et qui contient une grande quantité de larves, d’œufs, de spores, d’algues et d’animaux du fond et du littoral. Le plancton océanique, au contraire, vit au large, loin des côtes, au-dessus de la mer profonde et ne comprend que des êtres indépendants du fond, qui passent à l’état pélagique toute leur existence larvaire et adulte.
- LES ORGANISMES DU PLANCTON
- La masse d'êtres vivants en suspension dans les eaux marines et qui constitue le plancton est très considérable. Le chiffre de i5o millions d’organismes par mèlre cube d’eau de mer dans le milieu néritique est tout à fait courant.
- Le plancton océanique est bien moins dense : une douzaine de millions seulement d’organismes environ par mèlre cube.
- Tous ces êtres sont peu visibles, transparents, incolores ou très légèrement teintés. Ils renferment jusqu à 98 pour xoo d’eau, ce qui explique leur facile suspension, leur densité étant sensiblement égale à celle du milieu environnant. De plus, beaucoup sont munis de cils, de longues soies, d’antennes pennées qui facilitent leur flottaison. Les œufs contiennent souvent une gouttelette huileuse qui les fait tenir en équilibre, d’autres renferment une bulle de gaz dont la dilatation ou la contraction permet les mouvements verlicaux.
- Le monde planctonique .varie suivant la saison, la température de l’eau, les heures du jour ou de la nuit,
- p.382 - vue 386/439
-
-
-
- 383
- Fig. 1 à 6. — Quelques Protistes du plancton.
- 1. Rkizosolenia semispina. — 2. Chaeloceros. — 3. Biddulphia. — 4. Peridinium divergens. — 5. Tintinnus inquilinus. — G. Noctiluca scintillans.
- l’intensité de la lumière.
- Tous ces organismes se dévorent entre eux et servent à leur tour d’aliment à des espèces plus grandes. La sardine, le hareng suivent les déplacements du plancton ; aussi celte étude présente un intérêt économique certain.
- On ne peut donner ici qu’une courte liste des organismes qui constituent le plancton (1).
- Les Protistes sont une masse des plus importantes sous forme de diatomées qui constituent toujours un des éléments principaux et, également, mais à un bien moindre degré, les péridiniens. On rencontre aussi des coccoli-thophoridés, des spores d’espèces fixées, etc.
- Les Protozoaires comprennent les flagellés, en particulier les noctiluques phosphorescentes parfois si abondantes, les tintinnides, les foraminifères, les radiolaires.
- Les Echinodermes qui vivent sur le fond proviennent de larves planctoniques d’aspect étrange (pluteus) auxquelles on a cherché toutes les parentés.
- Les Cœlentérés se rencontrent, pour certains, à l’état de larves et, pour d’autres, à la fois sous forme de larves et d’animal adulte : méduses, siphonophores, clénophores, etc.
- Les Annélides existent à l’état larvaire et adulte. Ils sont très répandus : les Chétognates pélagiques, les Sagitta sont régulièrement présents.
- Les Mollusquès se rencontrent très souvent sous forme larvaire. Les larves véligères sont parfois abondantes dans le plancton de surface. Les larves tro-chosphères se trouvent partout (ce sont des larves tro-chosphères et véligères qui constituent le « naissain » des huîtres). Les mollusques Ptéropodes et Hétéropodes adultes sont flottants, parfois en bancs immenses.
- Les Céphalopodes, sauf quelques espèces de fond, la pieuvre par exemple, nagent toute leur vie, à l’état d’oeufs, de larves, de jeunes, d’adultes aux transformations étonnantes.
- Les Crustacés pullulent dans chaque échantillon recueilli : larves des grandes espèces telles que crabes, homards, langoustes, etc., adultes de petites tailles : cladocères, copépodes, amphipodes qui forment des bancs innombrables.
- Les Chordés se rencontrent dans le plancton en types très variés : amphioxus, salpes, pyrosomes, appendiculaires, etc.
- On voit par cette rapide énumération que le planc-
- 1. Pour une première reconnaissance, consulter Johnstone, Scott et Chadwiclc, The marine plankton. University Press of Liverpool, 1924.
- ton est une masse inépuisable d’organismes pour l’observation.
- RÉCOLTE DU PLANCTON MARIN
- Nous allons voir maintenant combien il est facile, en quelques heures dépensées au bord de la mer, d’accumuler une moisson considérable de matériel d’étude.
- Elle peut se faire soit du rivage, soit à bord d’une embarcation.
- On peut faire de bonnes récoltes sans quitter le rivage : il suffit de filtrer, sur place, quelques litres d’eau de mer sur un morceau de satin ou de très fine toile de soie à bluter et de recueillir les organismes dans un tube ou un flacon.
- On peut aussi traîner dans l’eau, du haut d’une jetée ou le long d’un quai, le filet à plancton décrit plus loin.
- Fig. 7. — Ceratium tripos (Photo Perruche).
- p.383 - vue 387/439
-
-
-
- 384
- ii
- Fig. 8 à 17. — Quelques Métazoaires du plancton.
- S. Pluteus d’Echinoderme. — 9. Larve trochosphère d’Annéli'le (Nephthys). — 10. Méduse : Eucope globosa. •— 11. Sagitta. — 12. Larve véligère de Mollusque (Tergipes). — 13. Copépode : Paracalanus parvus. — 14. Cladocère : Evadne nord-manni. — lo. Larve zoé de Crabe (Carcinus mænas). — 16. Appendiculaire (Oikopleura dioica). — 17. Larve de poisson
- (Gadus merlangus).
- On peut aussi explorer à marée basse les flaques au moyen d’un filet de soie fine emmanchée sur un bambou à la manière d'un filet à papillon. On fouille en particulier les points où les algues sont abondantes.
- On peut aussi placer un filet fin en travers d’un endroit où la marée provoque un courant assez rapide.
- La récolte en mer peut se faire à bord d’une embarcation au moyen du filet fin constitué par un sac conique en soie à bluter monté sur un cercle métallique et traîné dans l’eau au moyen d’une corde fixée à l’arrière de l’embarcation. On leste plus ou moins au moyen de plombs le point d’attache de la corde au filet, suivant la vitesse du bateau et la profondeur à laquelle on désire opérer.
- L’appareil est constitué par un cercle métallique. Il est inutile pour un amateur de dépasser un diamètre de 35 cm. On fixe autour de ce cercle, une bande de forte toile de 5 à io cm de largeur. Le filet lui-même est ensuite cousu sur cette bande. On lui donne comme longueur environ 3 fois le diamètre de l’ouverture.
- Pour établir ces filets, on découpe un patron en papier qui aura la forme d’un secteur de cercle correspondant à la surface latérale de développement du cône du filet.
- Le cercle métallique est ensuite réuni au filin de manœuvre au moyen de ti’ois cordelettes fixées en trois points équidistants comme il est indiqué sur la fig. 22.
- A l’extrémité inférieure, on fixe un petit récipient en celluloïd, en verre, ou mieux encore en métal léger. Les tubes métalliques terminés par un bouchon à vis et employés au conditionnement des produits pharmaceutiques ou les petits bidons métalliques ayant contenu des produits de nettoyage et également terminés par un bouchon à vis sont parfaits pour cet usage. On en supprime le fond au moyen d’une cisaille ou d’un ouvre-boîte de conserves. On fixe ensuite la base du récipient à la pointe du filet par une bonne ligature en fouet lin que l’on recouvre de vernis ou d’une bande de chatterton. Le bouchon à vis sera très commode pour vider, dans un bocal, le plancton recueilli et que l’on aura rassemblé dans le récipient métallique, en lavant les bords intérieurs du filet à l’eau de mer.
- Au retour, il faudra rincer l’appareil à l’eau douce et le laisser sécher pour éviter la corrosion des parties métalliques par l’eau de mer.
- Ces filets ne peuvent être utilisés qu’à bord d’embarcations à marche lente : 6 à 8 km à l’heure au plus.
- Pour pêcher à bord de bateaux plus rapides, on emploie le filet de Hensen qui réduit l’ouverture par rapport à la surface filtrante. Comme on le voit sur la figure 23, il est formé du modèle ordinaire surmonté d’un tronc de cône à plus petite ouverture.
- Ce ti’onc de cône est établi en forte toile qui se prolonge de 5 à 10 cm au sommet du filet propre-
- p.384 - vue 388/439
-
-
-
- ment dit, comme il a été indiqué pour le modèle précédent.
- La base du filet sera munie d’un récipient collecteur, mais il sera bon de le choisir garni de petites ouvertures latérales fermées par de la soie à bluter très fine. On peut utiliser les récipients métalliques indiqués plus haut et, si possible, leur ménager une ou deux petites fenêtres sur laquelle on soude un morceau de la plus fine toile métallique (fig. 25).
- Enfin, on peut prélever des échantillons de plancton étant à bord d’un bateau marchant à n’importe quelle vitesse en utilisant le tube à plancton.
- Celui-ci se compose d’un tube de cuivre fort de 3o cm de longueur, par exemple sur 5 cm de diamètre. Un entonnoir en cuivi'e est soudé à une extrémité et son ouverture est de i cm de diamètre. Un morceau de soie à bluter est tendue à l’autre extrémité du tube (fig. 26).
- Deux forts anneaux en cuivre sont soudés latéralement pour y fixer la corde de traîne. En marche, l’eau entre par la petite ouverture de l’entonnoir et filtre à travers la soie sans que celle-ci supporte une pression excessive. L’appareil est maintenu dans l’eau sur une distance suffisante, puis la soie est détachée et lavée dans un petit bocal d’eau de mer pour recueillir le plancton.
- Les filets et le tube à plancton sont manœuvrés au moyen de lignes à morues, de fouet tressé ou, mieux encore, de lignes de loch qui ont l’avantage de ne pas vriller.
- Tous ces appareils sont destinés à travailler en eaux libres. Il peut cire utile de disposer d’un filet capable de pêcher dans les herbiers qui sont souvent riches en organismes de toute sorte. Dans ce but nous avons imaginé un dispositif qui nous a donné toute satisfaction et qui rendra également des services pour la pêche du plancton d’eau douce dans les rivières ou les étangs encombrés d’herbes,
- ......:..................... 385 =
- Il se compose d’un filet de 4o cm de longueur environ, terminé à sa partie inférieure par un tube collecteur. Ce filet, très étroit, est relié à sa partie supérieure, à un cercle métallique de 12 cm de diamètre seulement. Tout autour de ce cercle, de i5 mm en i5 mm partent des fils métalliques réunis en forme de cône comme il est indiqué sur la figure 27. Au sommet du cône se trouve un anneau auquel on fixe la corde de manœuvre.
- Cet appareil traverse avec la plus grande facilité les herbiers touffus et produit de belles récoltes.
- Les filets à plancton peuvent être montés en tous tissus à mailles fines. On recommande et utilise surtout les soies à bluter double force, spécialement des numéros 16 à 25.
- Le Conseil permanent international pour l’Exploration de la Mer a donné les dimensions de filets standard pour la pêche du plancton : soie n° 25 (77 fils par cm) pour les filets fins, soie n° 3 (a3 fils par cm) pour les filets moyens.
- Lorsqu’on récolte du plancton au filet fin, il faut, dès le début de l’opération, surveiller souvent l’appareil. Il arrive parfois que les organismes soient tellement abondants que les mailles se colmatent après quelques dizaines de mètres de marche seulement. Le fait est assez rare, mais il peut se produire en été quand les noctilu-ques rendent la mer phosphorescente par leur extrême abondance.
- De toute manière, les filets très fins doivent être visités souvent et débarrassés de leur contenu pour conserver leur pouvoir filtrant.
- Malgré cela beaucoup d’organismes très petits échappent au filet. Pour les recueillir, il faut opérer sur de petites quantités de liquide que l’on traite par centrifugation. C’est la méthode pour réunir le matériel nécessaire à l’étude des petits organismes du nanno-planclon.
- Fig. 18 à 21. — Photographies de quelques animaux du plancton (Photos Perruche).
- De gauche à droite : méduse, sagitta, larve d’oursin et copépode, larves d’Annélides.
- p.385 - vue 389/439
-
-
-
- 386
- 2U*---
- Fig. 22 à 21. — Quelques modèles de filets planctoniques simples pour amateurs.
- LA PRÉPARATION ET L'ÉTUDE DU PLANCTON
- Le plancton marin est très altérable. On peut l’observer vivant avec une loupe très puissante et surtout au microscope, mais aussitôt récolté. La mortalité des organismes est très rapide et beaucoup s’entredévorent. Le mieux est de fixer la récolte dès que possible.
- L’opération dite fixation a pour but de tuer les cellules en leur conservant l’état dans lequel elles se trouvaient pendant la vie. Un bon fixateur doit, à la fois, coaguler les albuminoïdes du protoplasma et durcir les tissus pour leur permettre de résister aux traitements ultérieurs.
- Il n’existe pas, à vrai dire, de fixateur parfait pour le plancton, car il est constitué par des organismes très variés. Presque tous les laboratoires de biologie marine emploient la solution de formol dans l’eau de mer pour les travaux courants.
- Mais le formol commercial a l’inconvénient d’être souvent acide, par suite de la formation d’acide formique. Celui-ci attaque les tests des organismes calcaires : les foraminifères par exemple. Il sera donc bon de neutraliser le formol par un peu de borax ou de carbonate de magnésium.
- Pour la fixation, on ajoute aü liquide contenant le plancton une quantité de formol neutralisé suffisante pour que l’ensemble soit à 8 à io pour ioo de formol environ. On laisse une heure en contact, puis décante ou filtre et conserve dans du formol à 2 pour xoo.
- Aux débutants peu familiarisés avec la technique microscopique du plancton, nous conseillons d’utiliser exclusivement la fixation au formol. Quand ils auront pris l’habitude de cette méthode, ils pourront recourir à des techniques plus variées.
- Parmi les nombreux fixateurs préparés par les auteurs, l’un des plus remarquables est certainement l’acide osmique, mais il doit être manié avec précaution à cause de ses vapeurs dangereuses. Il est préférable de l’utiliser en mélange, par exemple dans la formule de Flemming. Ces divers fixateui'S sont décrits dans
- tous les ouvrages de technique microscopique (Q.
- 11 faut remarquer que’ le plancton est constitué par un mélange d’organismes très divers ; certains sont parfaitement fixés par un réactif déterminé, mais d’autres ne le sont que par une formule différente. Ceci explique la variété des techniques préconisées pour des travaux spéciaux et dans le détail desquelles il est impossible d’entrer ici.
- Pour la manipulation facile du plancton au cours des opérations de fixation que nous venons d’indiquer et pour l’application des méthodes d’anesthésie et de coloration dont nous allons parler plus loin, nous pensons utile de donner quelques indications pratiques.
- On ne peut filtrer sur papier qui se colmate ; si on ne surveille pas constamment, on risque de trouver le filtre à sec, les organismes sur le papier, la récolte perdue.
- Il est indispensable, pour ces opérations, d’employer une technique spéciale. La meilleure a été indiquée par Francotte.
- Le dispositif qu’il a imaginé pour la filtration est constitué par un tube cylindrique en verre, un simple verre de lampe même, d’une vingtaine de cm de hauteur et de 3 à 4 cm de diamètre D (fîg. 28).
- L’ouverture supérieure est munie d’un bouchon de caoutchouc à travers lequel passe un tube de veine C de 10 cm de long et 1 cm de diamètre environ.
- L’ouverture inférieure est fermée par un fragment de soie à bluter appliqué comme la toile d’un tamis et maintenu par un bon anneau de caoutchouc. La soie doit être parfaitement tendue.
- Ce tube D joue le rôle de filtre, il est plongé dans un vase cylindrique en verre E un peu moins haut et dont le diamètre est 2 à 3 fois plus grand que celui du tube filtre.
- Le tout est placé dans un vase F qui peut être un cristallisoir ou une terrine en grès.
- Au tube de verre C est adapté un tube de caoutchouc qui rejoint un tube T qui servira de pipette.
- On verse le plancton à filtrer dans le vase A. Celui-ci
- 1. Langeron, Piécis de microscopie, Masson et Ci0, éditeurs, Paris.
- p.386 - vue 390/439
-
-
-
- est placé à une hauteur suffisante au-dessus du filtre pour que l’ensemble T-B-C-D puisse constituer un siphon.
- Pour utiliser l’appareil, on amorce le siphon et le plancton s’écoule dans le filtre. On réglera le débit en variant la différence de niveau entre les deux éléments du siphon.
- Le filtre retient les organismes et l’eau s’écoule du récipient E dans le vase F. On n’altère point ainsi les. organismes fragiles et le plancton ne peut jamais se trouver à sec.
- Quand les organismes sont abondants, il arrive que l’écoulement de l’eau se ralentit. Il suffit alors de soulever le tube D, de l’enfoncer rapidement dans le liquide du vase E. On libère ainsi les mailles de la soie par le contre-courant produit et la filtration reprend presque aussi rapidement qu’au début.
- Quand tout le plancton est filtré, on détache le tube de caoutchouc du tube de verre C, on soulève doucement le tube D et l’eau s’écoule. Quand les organismes ne flottent plus que dans quelques centimètres cubes d’eau, on ferme le tube C avec l’index et on pourra transporter le tout dans un vase contenant un réactif. On fait alors glisser avec une baguette de verre le lien de caoutchouc de façon à libérer la toile de soie ; on l’agite légèrement pour détacher les organismes qui y adhèrent.
- Quand le plancton est très abondant et très dense, en particulier quand il est chargé de noctiluques, on peut remplacer le tube D par un flacon de 5oo cm3 dont on enlève le fond par la chaleur et dont on rode les bords au gi'ès sur une pierre mouillée. On tend sur le fond la soie à l’aide d’un anneau de caoutchouc et dispose ainsi d’une bien plus grande surface filtrante (fïg. 3o).
- Par contre, si l’on n’a que de très petites quantités de plancton à traiter, on peut utiliser les petits filtres constitués par un cône de soie fixé sur un cercle métallique muni d’une poignée. Un fil fixé au fond permet de retourner le filtre rapidement dès que le plancton y est rassemblé afin d’éviter toute dessication (fig. 29). Le filtre retourné est agité dans un peu de liquide pour libérer les organismes.
- La fixation directe du plancton présente parfois des inconvénients car beaucoup d’animaux se contractent ou se fragmentent, spécialement les annélides, les roti-fères, les hydraires.
- Si l’on a à traiter une récolte de plancton riche en ces espèces, il faudra les anesthésier d’-abord, les fixer ensuite. On les maintiendra ainsi en extension.
- L’anesthésique sera additionné au plancton par petites portions successives qu’on laissera agir un certain temps. Quand l’anesthésie est complète et les animaux en extension, on fixe d’un seul coup en immergeant la récolte dans le fixateur.
- Gomme anesthésique, on peut employer l’alcool à la dose maximum de 5.pour too, ajouté en plusieurs fois, une solution aqueuse d’éther ou de chloroforme ou de chloral à 2 pour 100. Le sulfate de magnésium donne des résultats remarquables, on l’ajoute en cristaux ou en solation saturée. Quelques cristaux de menthol
- : ~ :.. =1^. 387 =
- déposés à la surface du liquide et laissés en contact quelques heures donnent également de très bons résultats.
- LA COLORATION DU PLANCTON
- Beaucoup d’organismes du plancton sont transpa-rents et peu visibles. Pour pouvoir les examiner commodément au microscope, il sera bon de les colorer en masse après les avoir fixés.
- La coloration s’effectue en ajoutant au plancton concentré quelques gouttes de solution colorante sans excès. Il vaut mieux prolonger la durée de contact en solution étendue que d’employer des solutions trop riches en matières colorantes. C’est le seul moyen d’obtenir des préparations bien différenciées et d’éviter les surcolorations qui donnent des images confuses, dépourvues de détails.
- Un grand nombre de matières colorantes ont été préconisées pour la coloration du plancton en masse.
- Le carmin donne de très bons résultats si l’on opère en solution étendue, pendant plusieurs heures de contact. On a recommandé aussi l’hématoxyline, leosine, le rouge Congo, la safranine. Mais la meilleure méthode est celle de Meunier et Vaney à la quinone : le plancton est mis à séjourner environ 24 h dans une solution fraîche (l) de quinone à 4 pour 1.000 dans l’eau distillée, puis on décante, lave et conserve dans le formol à 2 pour 100. Par cette méthode, les éléments histologiques sont colorés en brun plus ou moins foncé avec une différenciation très nette de certains éléments. Les noyaux des cellules, les fibres musculames, les glandes deviennent parfaitement visibles.
- 1. Les solations de quinone ne se conservent pas, il faut les préparer au moment de l’emploi.
- Fig. 28 à 30. — Dispositifs pour concentrer et fixer le plancton.
- p.387 - vue 391/439
-
-
-
- 388
- Fig. 31. — Une belle préparation de Copépode, colorée à la quinone par la méthode de Meunier et Vaney.
- (Photo Perruche).
- Bien entendu, par suite de la grande diversité des organismes du plancton, les méthodes de coloration en masse ne peuvent fournir pour chaque espèce un résultat parfait. Il faut donc, si l’on s’attache à l’étude de constituants particuliers, employer des méthodes spécialement adaptées à ceux-ci et qui sont décrites dans les traités spéciaux.
- LES VARIATIONS SAISONNIÈRES DU PLANCTON
- L’étude systématique du plancton telle qu’elle est poursuivie dans les diverses stations de biologie marine du monde est basée sur des statistiques numériques résultant de l’examen et de la numération d’échantillons de plancton prélevés par pêches journalières.
- Ces travaux sont réunis en volumineux rapports hérissés de tableaux, de colonnes de chiffres. Ils forcent l’admiration pour l’effort soutenu et le travail acharné qu’ils représentent.
- 11 n’y a pas lieu d’exposer ici les méthodes de comptage du plancton et de discuter la validité des chiffres publiés. Mais ils sont intéressants à consulter car ils indiquent d’une part la prodigieuse richesse biologique de la mer et ils montrent d’autre part l’importance des variations saisonnières des constituants du plancton.
- Voici par exemple une numération globale d’un échantillon de plancton recueilli à Port-Erin et publié dans un des numéros de Lancashire Report : (par i.ooo cm3) :
- Diatomées ............... 72.660
- Dinoflagellales ......... 3.000
- Copépodes .............. 363
- Œufs de poissons ........ 9 3
- C’est en hiver que la mer est la plus pauvre en organismes, du moins sous nos latitudes. Mais dès le début du printemps, le plancton se développe avec une incroyable rapidité, les eaux se peuplent d’une quantité formidable de diatomées. Elles atteignent leur maximum vers mai-juin pour décroître ensuite et reprendre une nouvelle extension vers septembre puis diminuer jusqu’au printemps suivant.
- Les péridiniens ont généralement leur développement maximum en été, vers juillet.
- Au printemps, en même temps que les diatomées prennent leur essor, apparaissent d’énormes quantités de larves microscopiques de toute espèce : balanes, crabes, mollusques, etc., et à divers états d’avancement : nauplius, cypris, zoé, mégalope, etc. Peu à peu leur nombre se réduit en même temps que progresse le nombre des cladocères et des copépodes adultes qui atteignent leur plein développement en été pour décroître ensuite jusqu’à la saison suivante.
- Comme on le voit, le plancton marin peut fournir une masse excessivement variée d’objets d’observation microscopique.
- Lucien Perruche.
- LES OBSERVATIONS SCIENTIFIQUES A LA PÊCHE
- Il est peu de distractions auxquelles il soit possible d’associer une aussi grande variété d’observations scientifiques.
- La pêche de la truite à la mouche artificielle, en particulier s’est élevée à une technique tout à fait remarquable. Il y a bien des années déjà, des hommes éminents ont appliqué leurs dons d’observation à ce sport et n’ont pas craint de publier ce qu’ils avaient appris en pêchant à la mouche. L’un des plus représentatifs est certainement sir Humphry Davy, le célèbre chimiste anglais qui isola le potassium, le sodium, inventa la lampe de sûreté des mineurs, pour ne citer que les plus connus de ses travaux. Toute sa vie, il resta un
- enthousiaste de la pêche de la truite. En 1828, alors qu’une dangereuse maladie l’avait éloigné de ses travaux scientifiques, il publia son livre « Salmonia » où il avait rassemblé pendant ses heures de loisirs forcés, ses observations en histoire naturelle en général, et en matière de pêche à la truite, à la mouche artificielle, en particulier.
- Dans les premières pages, l’auteur rappelle qu’il eut lui-même d’illustres précurseurs ; il remonte jusqu’à l’empereur Trajan, en passant par Nelson qui prouva sa passion pour la pêche à la mouche en pratiquant ce sport de la main gauche après qu’il eut été amputé du bras droit, et par le doux poète Isaac Walton, le
- p.388 - vue 392/439
-
-
-
- 389
- célèbre auteur de ce « Compleat Angler » que l’on réimprime toujours en Angleterre.
- Les perfectionnements dus à la technique scientifique ont été sensibles, surtout dans la fabrication du matériel : ces puissantes cannes en bambou refendu exceptionnellement nerveuses qui permettent de placer une mouche artificielle à une distance extraordinaire avec une étonnante précision ; les lignes en soie imperméabilisées qui facilitent le lancer contre le vent. Enfin, les superbes collections de mouches artificielles qui atteignent presque la perfection dans l’imitation de l’insecte naturel.
- C’est surtout dans l'étude des proies dont la truite fait sa nourriture que les observations des pêcheurs ont été les plus précises et les plus utiles. Cette recherche se fait sur la rivière, par la capture des insectes vivants dont la plupart naissent d’une larve aquatique ; dans l’eau par des pêches au filet fin promené à diverses profondeurs pour capturer larves et nymphes ; sur le sable des rivières pour y découvrir les larves fouisseuses et les porte-bois de toutes espèces : larves de trichoptères qui sont connues de tous.
- Enfin le pêcheur de truite peut contrôler ses observations par l’autopsie des captures. Il trouvera dans leur estomac la nourriture du moment.
- On conçoit que les observations entomologiques soient pour un pêcheur avisé et cultivé un sujet d’observation extrêmement vaste.
- Toutes les familles d’insectes fournissent des modèles de mouches artificielles, mais l’ordre des Coléoptères, le plus nombreux : 80.000 espèces, est l’un des moins intéressants, peu de Coléoptères aquatiques sont représentés sur nos rivières. Par contre les Névroptè-res et les Orthonévroptères proviennent presque tous de larves aquatiques et leur présence est constante au bord des eaux : ce sont les Ephémères, les Phryganes, les Perles, etc.
- La grande Ephémère, la Mouche de niai est bien con-
- Fig. 1. — Le lancer au bord de la rivière.
- Fig. 2. — La pêche dans l'eau.
- nue, elle paraît dans les derniers jours de mai et dure jusqu’aux derniers jours de juin. Ces insectes doivent leur nom à la brièveté de leur vie sous la forme adulte, mais si l’on considère leur existence entière, la durée en est relativement longue car elles vivent deux à trois ans sous forme de larves. Celles-ci sont organisées pour vivre dans l’eau. Elles sont carnassières et se tiennent au fond des rivières. Quand elles sentent venu le moment de la métamorphose elles montent à la surface : la peau se fend sur le dos, les ailes, les pattes, les filaments de la queue sorte peu à peu de leur étui. Le nouvel insecte se sèche un instant au soleil, puis s’envole, abandonnant à la surface de l’eau sa dépouille de larve. Mais il n’est pas encore à l’état définitif. Il est à l’état de subimago. 11 subit bientôt une dernière mue et se dépouille d’une peau mince qui couvre tout son corps y compris ailes et pattes. C’est l’imago, il ne vivra que quelques dizaines d’heures pour pondre et se reproduire, il ne prend aucune nourriture : ses pièces buccales sont atrophiées.
- La grande éphémère est facilement visible et reconnaissable, mais il existe nombre d’espèces de petite taille que l’on peut observer pendant toute la belle saison. Le fait le plus curieux est la soudaineté des éclosions. En quelques minutes des milliers d’insectes sortent de l’eau et s’envolent, le phénomène dure quelques minutes, parfois quelques heures et cesse presque subitement. La surface de l’eau est couverte des dépouilles des larves. C’est véritablement un curieux phénomène à observer.
- On trouve, un peu partout, au fond des rivières et des mares, des larves qui vivent protégées dans de petits étuis en bois ou en graviers agglomérés, leur récolte est facile avec un filet en mousseline monté sur un manche d’épuisette. Ces larves se transforment en Phryganides ou Trichoptères. Cette métamorphose se produit surtout le soir, vers la tombée de la nuit. L’un de ces insectes est très répandu : c’est la grande Phry-gane au corps roux couvert de poils et que l’on voit
- p.389 - vue 393/439
-
-
-
- 390
- Fig. 3.
- - Petites espèces d’Ephémères (:grandeur naturelle).
- voler le soir au ras des eaux, d’un banc de roseaux à l’autre.
- Les autres fam illes d’insectes foui'nissent
- peu de modèles aux pêcheurs de truites.
- Il est très facile de se constituer une collection des mouches naturelles que l’on rencontre habituellement sur les eaux que l’on fréquente. Il faut opérer d’une manière toute spéciale car ces insectes sont très fragiles et ne peuvent êhre conservés à sec, simplement piqués en boîte ; surtout les Éphémères, si l’on veut maintenir intacte leur élégante silhouette et leurs couleurs exactes.
- Le mieux est d’utiliser la méthode indiquée par Hal-ford : on fait dissoudre à saturation du menthol dans le mélange suivant :
- Alcool à g5° . Eau formolée à
- pour ioo.
- io gr ao gr
- On plonge dans ce liquide les insectes, ils y prennent une forme parfaite, les ailes bien étendues, les Éphémères surtout. Mais on ne les y laisse pas séjourner plus de 5 à 6 h pour ne pas altérer les couleurs.
- On les transverse alors dans de petits tubes de verre contenant une solution d’aldéhyde formique à i pour ioo dans l’eau et dans laquelle ils se conserveront indéfiniment.
- Les pêcheurs peuvent ainsi se constituer une collec-Iion qui leur permet de se reporter facilement au modèle pour choisir les artificielles convenables.
- Ce travail a été fait pour les rivières à truites anglaises et j’ai pu voir au Fly Fisher’s Club de Londres une fort belle collection remarquablement présentée. Chaque spécimen est placé dans le liquide conservateur, dans une alvéole creusée dans une dalle de verre recouverte d’une glace cimentée au baume du Canada.
- Ce serait une erreur de penser que les observations scientifiques sont réservées aux pêcheurs de truites.
- On peut sur toutes les Fig. 4. — Mouche de mai ou rivières faire des étu-grande Ephémère (grandeur natu- des intéressantes.
- re^e')' L’étude des écailles
- est très simple et très curieuse. Elle permet d’intéressantes constatations.
- J ’ai dit ailleurs comment la vie du saumon s’inscrivait automatiquement sur ses écailles (x). Il en est de même pour la
- 1. La Nature, n° 2999, 15 avril 1937.
- Fig. 5. — Mouche de mai artificielle et imitation de sa larve.
- plupart des poissons qui peuplent nos rivières : le développement des écailles se fait par l’addition d’anneaux autour du centre de chacune d’elle formant des lignes bien visibles.
- En été, quand la nourriture est abondante, les lignes sont bien espacées car la croissance est rapide, mais en hiver elles sont serrées car la nourriture est maigre. En comptant le nombre de zones d’été et d’hiver, on peut facilement déterminer l’âge du poisson. Un petit microscope suffît pour les petites écailles : truites par exemple et une .bonne loupe pour les grandes : carpes, gardons, etc.
- Une élude intéressante également est celle de la faune nutritive des eaux où l’on pêche : étang ou rivière. Il y a là une mine inépuisable d’observations à faire pour un esprit curieux.
- Si l'on possède un petit microscope, on pourra recueillir du plancton en traînant dans l’eau, derrière un baleau ou de la berge au bout d’une perche, un petit filet conique en étamine. On le retourne sur une assiette et examine sous l’objectif les animaux et les algues caplurés à l’étal vivants : petits crustacés, diatomées, desmidiées, etc. Si l’on ne dispose que d’une simple loupe, on fera encore des éludes intéressantes sur les larves que l’on pourra capturer sur le fond avec un troubleau garni d’une simple mousseline ou avec une drague de fortune fabriquée avec une boîte en fer blanc, quelconque.
- On trouvera là une variété infinie de larves, de vers, de petits crustacés.
- Sous les pierres, les morceaux de bois immergés, on récoltera également une faune abondante facile à capturer à la pince ou au pinceau.
- Beaucoup de larves sont transparentes et on peut en les examinant vivantes observer leur respiration, leur circulation sanguine.
- Le pêcheur doublé d’un naturaliste qui aura eu la
- Fig. 0. — Grande Perle (grandeur naturelle).
- Fig. 7. — Grande Phrggane rousse (grandeur naturelle).
- p.390 - vue 394/439
-
-
-
- 391
- précaution de se munir d’un petit microscope, trouvera au bord des eaux de multiples occasions de l’utiliser : il pourra faire de belles récoltes de diatomées, ces algues dont les squelettes siliceux aux dessins élégants font la joie des micrographes. On les trouve partout où il y a de l’eau, elles forment à la surface des corps immergés un enduit brunâtre que l’on reconnaît infailliblement quand on l’a repéré.
- Le même instrument lui permettra encore d’observer :
- la structure des plantes, en examinant des coupes minces de tiges végétales, des bourgeons, des fleurs ;
- le pollen des fleurs ;
- la structure des mousses, des lichens, des champignons, des moisissures ;
- les algues : diatomées, desmidiées, algues filamenteuses, oscillaires, etc. ;
- Fig. S. — Trichoptères (grandeur naturelle).
- les infusoires (si toutefois le grossissement est suffisant) ;
- les petits crustacés d’eaux douces : copépodes, cyclops, daphnies, etc. ;
- les insectes, notamment leurs yeux aux mille facettes, les détails de structure des ailes, la trompe des papillons et les curieuses écailles de leurs ailes, etc.
- 11 y a là de quoi se distraire et s’instruire pendant toutes les vacances. L. Perruche.
- = UNE PÊCHE SPORTIVE EN MER PEU CONNUE =
- Beaucoup d’amateurs s’imaginent que les pêches sportives en mer ne peuvent se pratiquer qu’à bord d’une embarcation et pour cette raison s’en désintéressent. C’est cependant une erreur.
- Il est bien certain qu’il est des poissons qui ne peuvent être capturés qu’au large et cette pèche n’est pas accessible à tous. Elle comporte parfois des dépenses importantes. Elle ne doit pas être pratiquée par l’amateur qui n’est pas bon nageur, car elle entraîne des risques qu’il ne doit pas courir. Enfin tout le monde ne supporte pas la mer, surtout à bord d’une barque à l’ancre pendant de longues heures.
- Mais, il n’y a pratiquement pas d’endroit de la côte d’où l’on ne puisse pratiquer une pêche à la ligne ayant un caractère réellement sportif. Je fais ici allusion à une méthode très en faveur aux États-Unis et qui mérite d’être plus connue : le surf casting ou surf angling ; littéralement, la pêche dans la vague, dans le flot.
- Cette pêche se pratique du bord, même sur une plage de sable en pente douce, dans la marée mon tante et donne des résultats surprenants comme nom bre et poids des captures.
- Le mystère de ces captures n’est d’ailleurs pas le moindre intérêt de la chose : on ne sait jamais si l’attaque sera celle d’un merlan de ioo gr, d’un beau bar ou même d’un squale de 3o livres !
- Beaucoup de sportsmen américains portent le surf angling au premier rang du sport. Ils trouvent à la pêche à pied une liberté d’allure et de mouvement permettant des déplacements d’un grand agrément. Outre atlantique, cette méthode est généralement combinée avec le camping sur la côte.
- Voici quel est le principe du surf angling : l’amateur se tient sur le rivage, à la limite de l’eau, et lance le plus loin possible, au moyen d’une canne et moulinet, un appât monté latéralement sur un bas de ligne assez court et terminé par un plomb de i5o à 25o gr.
- Le lancé effectué, le pêcheur tend la ligne au moyen du moulinet et attend l’attaque du poisson. Celle-ci esl parfaitement perçue sur la canne.
- On pêche ainsi, en marée montante, les poissons qui viennent avec le flot.
- Voici quel est l’équipement nécessaire : la partie la plus importante est certainement le moulinet à lancer. Il sera choisi à double ou quadruple multiplication et susceptible de contenir au moins i5o m de ligne.
- Ces moulinets sont généralement munis d’un cric facultatif et d’un frein au pouce formé d’un petit carré de cuir épais que le pêcheur appuiera sur le tambour pour régler le dévidement de la ligne au moment du lancer ou lors de l’attaque d’un gros poisson.
- Certains types sont plus compliqués et comportent notamment un mécanisme de débrayage qui permet de rendre libre la bobine au moment du lancer. Mais ce sont les modèles simples ordinaires qui sont les plus répandus et d’ailleurs parfaitement suffisants pour les côtes françaises.
- On peut même uti- t’O. l. Moulinet simple en bois User les moulinets de pour le mrl ttnglinp-
- mer simples en bois, mais ceux-ci ne permettront pas de couvrir d’aussi grandes distances.
- Les cannes sont établies en divers matériaux, on en trouve pour toutes les bourses : en bambou refendu, en greenheart, en bois de lance, en frêne, en bambou noir. Ces cannes sont munies d’une poignée à deux mains garnie
- p.391 - vue 395/439
-
-
-
- 392
- Fig.
- Moulinet multiplicateur pour le surf-angling.
- d’un porte-moulinet. Elles ont de i m ]5 à 3 m de longueur et sont choisies assez robustes pour pouvoir lancer, sans se rompre, des poids de i5o à 25o gr.
- La ligne est en coton tressé.
- Le bas de ligne est constitué par un fil d’acier bruni de i m 5o à 2 m selon la longueur de la canne utilisée. A l’une des extrémités se trouve l’émerillon auquel on fixe le plomb, à l’autre, celui destiné à joindre la ligne en coton tressé et, quelques centimètres plus bas, dans le corps du bas de ligne, un émerillon à trois directions
- * „ , ... « -8
- II' —
- Fig. tl. — Canne de nier pour i e surf-angling,
- qui permettra de fixer perpendiculairement au bas de ligne, quelques centimètres de fil d’acier ou de forte racine anglaise, suivant le cas, à l’extrémité desquels se trouve attaché l'hameçon.
- Celui-ci est choisi avec soin. Les meilleurs sont les modèles en fer forgé et à œillet. Leur taille varie selon l’adversaire auquel on s’adresse de i/o à 7/0.
- Les plombs pèsent de i5o à 2Ôo gr et sont de formes diverses : en pyramide, en étoile, en couronne, en sphère, pour qu’ils adhèrent sans accrocher suivant la nature du fond de la mer.
- Les appâts les plus adaptés à ce mode de pêche sont les morceaux de pieuvre, de seiche qui tiennent bien à l’hameçon et résistent au lancer et au mouvement des vagues. Si l’on recherche les squales, on peut utiliser
- Fig. 4. —• Plombs.
- comme appât un poisson entier : sardine, hareng, maquereau, ligaturé sur la hampe de l’hameçon.
- Toutefois, sur les plages de sable, et par temps calme, on peut employer l’arénicole, le solen ou couteau, ou des morceaux de chair de poisson. 11 sera bon de les fixer par quelques tours de fil.
- Les leurres artificiels sont à écarler.
- Le jet s'effectue suivant la méthode du lancer balancé bien connu des pêcheurs de brochet au spinning.
- Lorsque le plomb a touché le fond de la mer, le pêcheur redresse la canne à la verticale et récupère avec le moulinet la partie lâche de la ligne, de façon à tendre légèrement celle-ci, puis il attend l’attaque du poisson.
- On fera, par celle méthode, des pêches excessivement intéresanles. Les sporlsrnen qui pratiqueront sur nos côtes le surf-angling seront surpris de la taille et de la variété de leurs prises. Il faut uniquement pêcher en marée montante et ne pas craindre le mauvais temps. Les pires journées sont souvent les meilleures pour le sport.
- Par cette méthode, on peut capturer à peu près tous les poissons qui viennent à la côte avec le Ilot. On prendra notamment des bars de belle taille, surtout si la mer est un peu dure, des merlans, des morues, des daurades, des vieilles, des congres, des lieus, et, si l’on pêche le soir ou la nuit, des squales : roussettes, chiens de mer, requins bleus, etc.
- Sur les plages de sable très plates du Nord, du Calvados, de l’Atlantique, on pourra pêcher avec un bas de ligne portant un paler-nosler à double barette muni de 6 hameçons n° 5 appâtés de vers marins. On fera ainsi des pêches surprenantes de poissons plats : plies, limandes, petits turbots, soles, etc. Lorsqu’il y a quelques rochers à proximité, on pourra capturer des congres, des brèmes de mer, des bars, des grondins, des vieilles.
- Les meilleures conditions atmosphériques sont une mer un peu houleuse et des vagues bien marquées sur le rivage.
- Lucien Perruche.
- Fig. 5. — Position de l’appât en pêche.
- I’, plomb ; E, ëmerillon ; E. T., émerillon triple ; B, bas de ligne en acier ; L, ligne en coton tressé ; À, appât.
- p.392 - vue 396/439
-
-
-
- L/ENTOMOLOGIE, SCIENCE DES INSECTES
- CHASSE, COLLECTIONS
- Au moment où la nature va se Irouver dans tou le son activité, l’initiative de ce journal d’appeler l’attention sur l'intérêt des recherches en plein air est particulièrement heureuse.
- Je voudrais, dans les lignes qui suivent, souligner l'importance des Insectes dans le monde vivant.
- Nul n'ignore qu’ils nous environnent de toutes paris, et que nous entrons en contact avec eux à chaque instant. Et même, si on veut bien abandonner quelque peu cette idée que la Terre a été créée uniquement pour nous, on s'aperçoit que les Insectes ont une véritable suprématie, qui résulte d’abord de leur ancienneté. Ils peuplent la Terre, en effet, depuis qu’il existe des continents, et leurs restes se trouvent dans les dépôts les plus anciens : à l’époque où se forma la houille (carbonifère), ils étaient déjà extrêmement nombreux et, somme toute, très peu différents de ceux qui existent actuellement. Depuis ces temps lointains, ils se sont fort peu modifiés, et n’ont jamais cessé de dominer le monde, par leurs quantités innombrables.
- Car ils constituent le groupe le plus abondant parmi les êtres vivants. Sans sortir des limites de notre pays, quelques chiffres en donneront une idée. Quatre groupes d’insectes sont représentés en France par environ 8.000 espèces, ce sont : les Diptères (Mouches), les Coléoptères, les Hyménoptères (Abeilles, Fourmis, Guêpes) et les Lépidoptères (Papillons) ; dans l’ensemble il existe près de 5o.ooo espèces d’insectes sur le sol français. On voit par là quelle population abondante cela représente : en fait les Insectes sont de beaucoup les habilants les plus nombreux de la surface de la 'Ferre, car on estime que le nombre de leurs espèces dépasse certainement 2 millions.
- A côté des Insectes, il serait injuste d’oublier les autres classes : Crustacés, Mille-pattes, Arachnides qui,
- sans être aussi nombreux, méritent cependant de rele-nir l’attention, il y a par exemple i.5oo espèces d’Arai-gnées en France, et probablement plus de 100.000 dans le monde entier.
- Aussi la recherche de ces animaux est-elle très facilitée par leur abondance, et l’entomologiste a l’avantage d être sûr de faire partout des récoltes nombreuses et variées. Les Insectes se trouvent, en effet, dans tous les milieux. Les plus immédiatement visibles sont ceux qui volent au soleil : Papillons, Mouches, Abeilles, puis ceux qui sautent sur le sol et s’élèvent sous nos pas à chaque instant : Criquets, Cicadelles ; mais bien d’autres restent cachés, comme pour exercer la patience et la sagacité du chasseur d’insectes ; on les trouve dans l’eau, aussi bien salée que douce, dans les herbes, dans les mousses, sur le feuillage des arbres et même dans le bois, d’autres dans la terre, soit à la base des plantes, soit sous les pierres, soit encore dans le sol lui-même ; beaucoup, et non des moins intéressants, sont les habitants des grottes. Aucun climat ne les arrête : les sables les plus arides ou les plus brûlants en sont peuplés, et il en est qui atteignent dans les montagnes jusqu’aux limites possibles de la vie. Non seulement ils se trouvent partout, mais aussi en toutes saisons, et au cœur de l’hiver la chasse aux Insectes n’est pas arrêtée.
- Doués d’une telle prédominance et d’une telle ubiquité il faut bien s’allendre à ce que les Insectes jouent dans la nature un rôle d’une grande importance, tant vis-à-vis des autres êtres vivants que de l’Homnie lui-même. Lorsque ce dernier est apparu, ils peuplaient le monde entier depuis les temps les plus l’eculés. Il était naturel qu’un conflit éclatât presque aussitôt, conflit dont l'acuité n’a fait que s’accroître au fur et à mesure des progrès de la civilisation. Actuellement une bonne partie de l’activité humaine est dépensée à lutter contre
- p.393 - vue 397/439
-
-
-
- = 394 .
- les Insectes, et il est même une science spéciale, l’Entomologie appliquée, branche importante de l’Entomologie pure, dont elle dérive, et dont elle utilise les données. Les entomologistes ne doivent pas perdre de vue ce côté particulier de l’entomologie, auquel leurs observations et leurs récoltes peuvent contribuer avec efficacité.
- L’entomologie joue un rôle de plus en plus important dans le domaine de la recherche scientifique, divers Insectes constituent un matériel de choix pour l’étude de certaines questions biologiques, en particulier celle de l’hérédité.
- LES MÉTHODES DE CHASSE
- Le matériel destiné à la recherche des Insectes est des plus simples : il tient le plus souvent dans la poche, quelques pinces, des tubes, et un flacon de chasse pour tuer les captures suffisent. Il faut y ajouter un filet pour les Insectes qui volent, un parapluie pour battre les arbustes, et un instrument pour soulever les écorces ou gratter la terre. Tout cela se trouve aisément, et sans grande dépense, chez divers commerçants spécialisés. On apprend très vite, par la suite, à se servir de ce matériel, et au besoin à le perfectionner.
- On chasse de manières très déverses au vol, les Insectes posés, ceux qui se trouvent dans les herbes et sur les plantes herbacées, sous les écorces, au pied des arbres ou des arbustes, dans les mousses et les débris de feuilles, au bord de l’eau ou dans l’eau, etc.
- Le principal inconvénient que peut rencontrer le débutant, surtout le jeune débutant, c’est de se sentir isolé et sans appui. Le goût des choses de la nature naît spontanément, comme une vocation, et le jeune adepte ne trouve pas, en général, dans son entourage immédiat, de conseils utiles. Mais heureusement la crainte d’être seul n’est pas fondée. Aucun milieu n’est aussi accueillant que celui des entomologistes, et il n’y a pas d’exemple que ceux-ci aient refusé de guider les pas des nouveaux venus. Ils sont assurés de trouver une aide immédiate. Mais comment la trouver ? A Paris, le Laboratoire d’entomologie du Muséum (45 bis, rue de Buffon) a ses portes libéralement ouvertes aux jeunes entomologistes les jeudis et samedis après-midi. On peut dire de même de la Société entomologique de France, 16, rue Claude-Bernard ; il existe aussi diverses sociétés plus spécialisées, dont je signalerai entre autres l’Association des Coléoptéristes de la Seine, 45 bis, rue de Buffon, Paris ; le Groupe des Lépidopté-ristes de Paris, même adresse, et les Naturalistes parisiens, 27, rue du Plessis-Piquet, Fontenay-aux-Boses, Seine ; cette dernière société organise des sorties dominicales, à la fois botaniques et entomologiques.
- En province, chaque ville compte une Société d’His-toire naturelle où l’entomologie est toujours en honneur.
- Que les jeunes entomologistes ne craignent pas de frapper à ces diverses portes, ou d’écrire s’ils sont éloignés des grands centres : ils sont assurés de trouver le meilleur accueil, on les conseillera dans leurs recherches ; des livres et des collections seront mis à leur disposition ; ils sentiront très vite le charme de ces milieux où la camaraderie est de règle et où c’est avec un plaisir particulier qu’on voit se révéler les jeunes énergies qui continueront la tâche commune.
- COMMENT ORIENTER SES RECHERCHES
- Je ne saurais trop recommander aux débutants de s’intéresser à tout ce qu’ils verront. Un groupe d’insectes ne peut être bien compris que si l’on a des notions suffisantes de tous les autres ; un bon entomologiste doit avoir des données générales sur tous les Insectes, sur la botanique, car de nombreuses espèces dépendent étroitement des plantes qui les nourrissent ou les abritent, et même sur la géologie, la nature du sol conditionnant la faune et la flore. Donc, au début, il faut regarder tout ce qui est autour de soi, remplir cartons et tubes des Insectes les plus divers ; ce ne sera pas du temps perdu. La spécialisation, qui est nécessaire, viendra plus tard, elle permettra un travail d’autant plus fécond que l’on aura pu profiter des connaissances générales acquises, en laissant toujours le regret de ne pouvoir s’intéresser à plus de choses.
- Nous venons de parler de collections ; elles sont en même temps un but et un moyen : il ne peut se faire d’études sans de bonnes collections, aussi celles-ci doivent-elles attirer tous les soins, et être constituées de façon à pouvoir être réellement utiles. Les amateurs d’insectes ont connu, dès le début, le moyen pratique de conserver leurs spécimens : les tuer, les laisser sécher soigneusement et les piquer au moyen d’une épingle qui porte également une ou plusieurs étiquettes mentionnant l’état civil de l’échantillon. Il n’a pas été trouvé mieux, mais cependant aujourd’hui on est un peu plus exigeant dans les détails, il faut qu’une collection soit bien présentée, les exemplaires ayant antennes, ailes et pattes étalées d’une façon commode et uniforme. Mais surtout ne pas oublier qu’un spécimen sans indications précises de lieu et date de capture n’a pas de valeur ; le cas échéant il peut être bon d’y ajouter les conditions de la capture.
- Une collection ne doit pas être limitée aux Insectes dans leur dernier stade, c’est-à-dire à l’état adulte.
- p.394 - vue 398/439
-
-
-
- Celui-ci n’est le plus souvent qu’un moment très fugace, quoique brillant, dans la vie de l’Insecte, qui a passé un temps bien plus long comme larve. On sait de reste que le Hanneton vit quelques jours sous la forme que nous connaissons, mais qu’il a passé auparavant 3 ans dans la terre ; une cigale d’Amérique reste larve 17 ans, après quoi elle devient adulte, mais pour quelques semaines seulement. Aussi accorde-t-on de plus en plus d’importance à la recherche et à l’étude des larves diverses. Celles-ci ont d’ailleurs leur vie propre, et sou • vent des mœurs bien plus intéressantes que les adultes, comme c’est le cas pour les chenilles, par exemple. On peut dire qu’un Insecte n’est connu que lorsqu’on l’a vu dans tous ses états successifs, de l’œuf à l’adulte. 11 est donc utile de recueillir le plus de larves possible, et d’en faire des élevages. Celles qui seront conservées soit comme objets de collections, soit comme témoins des observations faites, seront mises dans l’alcool (à 70° environ), ou, pour certaines d’entre elles (chenilles), desséchées suivant un procédé spécial. Ceux qui voudront bien ajouter à la chasse des Insectes celle des larves en seront récompensés, car c’est un domaine relativement neuf, et si les Insectes de nos pays sont en général assez bien connus, il n’en est pas de même de leurs larves, dont beaucoup restent à découvrir.
- NÉCESSITÉ ET INTÉRÊT DES OBSERVATIONS BIOLOGIQUES
- Une collection est faite d’abord pour le plaisir des yeux, mais ce n’est pas suffisant et, dans ce cas, elle, n’est guère qu’une triste nécropole. Ces Insectes ont vécu, ont travaillé de mille manières, et quel plaisir il y a de les avoir suivis dans tous les moments de leur vie active et de pouvoir ensuite, en les contemplant, reconstituer par la pensée toute leur existence. Puisque nous parlons ici à l’entomologiste qui ne voudra pas se limiter aux travaux en chambre, mais au contraire vivre le plus possible en contact avec la nature, on ne saurait trop lui conseiller de consacrer une partie de son temps à regarder ce qu’est la vie des Insectes. Les champs d’observation ne manquent pas : les mares, les plages sablonneuses, les talus, les carrières, et même le bord des chemins lui en offriront partout. Pour cela il faut observer patiemment, et noter avec soin ce qui a été vu ; si l’Insecte n’a pu être nommé avec certitude au vol, un exemplaire sera capturé à la fin de l’observation et conservé, muni d’un numéro d’ordre qui renverra à celui du cahier de notes. Ce domaine est illimité, car, ainsi qu’il a été dit pour les larves, la vie de nombreux Insectes n’est encore connue que partiellement, parfois même pas du tout. Et quel charme s’ajoute aux excursions lorsque, dans la
- , r:.. : :: 395 =
- campagne, on la sent vivante, comme elle est en réalité, les êtres qui la peuplent nous ayant petit à petit livré une partie de ses merveilleux secrets ; cette Ammophile qui vole au bord du sentier est à la recherche d’une chenille dont elle approvisionnera son terrier, avec un peu de patience et de chance on la verra tout à l’heure en faire la capture ; cette Araignée embusquée dans une ombelle attend qu’une abeille vienne butiner pour s’en emparer ; ce chant si spécial qu’on entend, c’est celui d’un Sphex qui creuse son terrier ; cet autre chant d’un grillon est celui d’une espèce rare, vers laquelle le son nous guidera.
- LE ROLE DES AMATEURS
- Point n’est besoin d’être pi’ofessionnel pour faire œuvre utile en entomologie et cette science a toujours dû la plupart de ses progrès aux travaux d’amateurs, c’est-à-dire d’entomologistes pour qui l’étude des Insectes était leur violon d’Ingres. Les trois observateui's de la vie des Insectes dont la science française peut à juste titre s’enorgueillir étaient des amateurs : Réaumur était un inventeur (de nos jours il se dirait ingénieur), Fabre consacra une partie de sa vie à enseigner, Ferton était officier d’artillerie. Parmi les membres de la Société entomologique de France, on rencontre des prêtres, des officiers, des médecins, des instituteurs, des industriels et commerçants, des agriculteurs, des littérateurs, etc. C’est dire que l’entomologie est ouverte à tous, une seule chose compte : le goût de la nature et en particulier des Insectes qui la peuplent.
- Malgré tous les travaux qui ont été faits, il reste beaucoup à faire, même sur un territoire de dimensions réduites comme l’est le nôtre, notamment en ce qui concerne l’éthologie et la répartition géographique ; on peut aussi ajouter des espèces à celles qui sont connues de notre faune, et surtout approfondir la connaissance des autres. Il y a place pour des recherches utiles et passionnantes.
- De tous temps les naturalistes ont été des voyageurs, bien avant la vogue que connaît actuellement le tourisme ; ils excursionnaient, parfois dans des conditions difficiles. Pénétrer les mystères de la nature, la connaître non pas en profanes, mais en initiés, c’est apprendre à la mieux aimer. Nous invitons les pléiades de jeunes voyageui’s : scouts, campeurs, touristes, à ajouter l’étude des choses de la nature à leurs randonnées, en leur prédisant qu’ils en augmenteront puissamment l’intérêt.
- L. Berland.
- Sous-Directeur du Laboratoire d’Entomologie au Muséum.
- p.395 - vue 399/439
-
-
-
- POUR PRÉVOIR LE TEMPS
- Nous n’apprendrons rien en disant que la prévision rationnelle du temps ne peut s’établir que sur des données extrêmement complexes embrassant l’ensemble des conditions atmosphériques sur de vastes étendues, les circonstances locales jouant un rôle important pour modifier les conséquences dans un sens ou dans
- Fig. 1. — Représentation schématique de Remplacement des formations dans un système nuageux {les noms des nuages sont en abrégé).
- Les traits pleins J, 2, 3 sur la vue en plan du haut, correspondent aux vues en coupe (1) (2) (3), au-dessous, qui font connaître, à titre d’exemple, les aspects successifs du ciel suivant chacun de ces tracés.
- Sens de la marche
- Ci 1
- meu
- eu
- Oi 00 S'évanouissant
- Ni.
- (ec/airoe) ^e-nses) (P>ul%nNnuel.
- _TRAINE-------*----CORPS- _*J
- INTER.
- i „ i fliio Str . ^_£=ir|
- io= Ac“ G ofâ» l
- 1 Qu fr-Mi_~ \Acu 1 r,,
- ! XbruTne) \ (brume) j J
- i TRAINE— L CORPS J FRONTA INTER---.
- O O O «=>’
- ___MARGE______i___INTER. „
- _ INTER.
- l'autre. Au surplus, sauf en certains cas, les pronostics ainsi établis ne sont valables qu’à brève échéance, c’est-à-dire pour la période des a4 heures — 48 tout au plus — à venir.
- Des renseignements de cet ordre sont mis à notre disposition tous les jours, à domicile, par notre Of fice Müllonal Météorologique qui, matin et soir, fait radiodiffuser son bulletin de prévision. Grâce à l’extension de la T. S. F., l'intéressé, où qu’il se trouve, peut donc bénéficier de ces précieux avertissements. Les prévisions élaborées par l’O. N. M. permettent de connaître chaque jour les situations atmosphériques générales cl l'emplacement des divers systèmes nuageux susceptibles d’intéresser les pays. Par contre, ces renseignements. ne peuvent être suffisamment détaillés pour préciser le résultat du passage des perturbations en chaque point d’une contrée aussi vaste que la France. Aussi pour l’utilisation, au mieux, des prévisions établies, un observateur doit les confronter avec les indices qu’il peut recueillir afin de les adapter à sa propre région. Ce qui réclame quelques connaissances spéciales et diverses observations régulières (pression, direction et vitesse du vent, etc.) concurremment avec l’emploi des cartes synoptiques du temps.
- C’est donc là une tâche de météorologiste professionnel ; mais sans s’assujettir à pareil travail, l’observateur isolé peut, en s’aidant de constatations très simples, tirer parti du Bulletin, pour former, à tout le moins, de valables présomptions sur les modifications locales du temps.
- SYSTÈMES NUAGEUX DÉPRESSIONNAIRES
- Les nuages sont constitués les uns (et c’est la majorité) par des amas de gouttelettes d’eau à l’état liquide, les autres par des cristaux de glace extrêmement ténus. Malgré leurs apparences capricieuses et essentiellement changeantes, ils ne se forment ni ne se disposent au hasard au sein de la couche aérienne ; au contraire, ils sont toujours associés en système nuageux s’étendant sur de vastes superficies, souvent supérieures à
- p.396 - vue 400/439
-
-
-
- 397
- Fig. 2. — Ciels de beau temps, Cumulus en formation.
- Fig. 3. — Stratocumulus au coucher |du Soleil.
- celle de la France entière. Ils sont toujours disposés suivant un même ordre dans ces systèmes, qui le plus généralement sont entraînés par les grands courants aériens. On range les ensembles nuageux dans deux grandes catégories : les systèmes clé-pressionnaires qui amènent les périodes pluvieuses, et les systèmes orageux. Les aspects que nous observons successivement, annonciateurs des événements météorologiques, résultent du passage plus ou moins direct et complet de ces systèmes au-dessus de la région où nous nous trouvons, ou dans son voisinage. On voit sur la figure i quelques exemples de la succession que l’on peut généralement constater lorsque le passage du système s’effectue centralement ou tangentielle-ment par rapport au lieu d’observation. Dans le premier cas (x) nous nous trouvons englobés d’abord dans le front, puis dans le corps et la traîne ; ce passage est plus atténué et restreint en (a) tandis qu’en (3) la marge seule nous effleure. A ces différentes parties : front, marge, corps, traîne, correspondent le plus souvent des aspects du ciel assez caractéristiques pour être reconnus ; les types nuageux que reproduisent nos photographies aideront à l'identification.
- Celte identification réclame évidemment une certaine expérience, mais celle-ci acquise, si l’observateur connaît l’ordre dans lequel les nuages doivent normalement se présenter, l’examen du ciel lui enseigne quels sont ceux dont il doit attendre l’arrivée sur sa région ; il peut ainsi supputer avec quelque vraisemblance les chances de pluie ou d’orage.
- Supposons, pour simplifier, que nous soyons dans une période de jours ensoleillés. Le ciel est pur. Ce beau temps, remar-quons-le tout d abord, n’est pas compi'o-mis lorsqu'on voit apparaître des cumulus isolés (lig. 2) : au cours de la matinée, ils naissent sous l’aspect de petites balles bien séparées les unes des autres, à base horizontale, puis se développent en masses plus puissantes aux heures chaudes de 1 après-midi pour s’évanouir volontiers dans la soirée ; dans certains cas leur groupement forme des stratocumulus que l’on voit se profiler vigoureusement sur le couchant en lui conférant un bel effet spectaculaire (fig. 3). En d’autres circonstances, si des conditions, données d’humidité et de température se trouvent réunies, le brouillard au ras du sol, ou en nappes élevées à quelques centaines de mètres (stratus), peut momentanément remplacer le ciel clair, mais se dissipe le plus souvent aux heures chaudes de la journée.
- A partir de ce beau temps, voici de quelle manière se présentera le passage d’une zone plu-
- Fig. 4. — Ciels de front (système dépressionnaire) : Cirrus.
- Fig. o. — Voile de cirrostratus et halo lunaire.
- p.397 - vue 401/439
-
-
-
- 398
- Fig. 6. — Ciels de front et de marge (syst. dépression- Fig. 7. — Altocumulus épais dans un ciel de marge,
- nairé), bancs d’altocumulus.
- Fig. 9. — Nimbostratus et fracto-nimbus (Pluie).
- Fig. 10. — Ciel de traîne {système dépressionnaire). Fig. 11. — Cumulus bourgeonnants
- Éclaircie et cumulonimbus avec averses. et altocumulus.
- p.398 - vue 402/439
-
-
-
- p.399 - vue 403/439
-
-
-
- = 400 ................................... - v ::
- vieuse. Comme l’indiquent les schémas de la ligure i, on voit d’abord apparaître, de place en place, les filaments des cirrus (fig. 4), puis leur nombre s’accentue et ils finissent par former un voile léger (cirrostralus) couvrant tout le ciel qui devient blanchâtre. Cette couche mince peut sembler parfois inappréciable mais sa nature est nettement caractérisée lorsqu’on voit un halo (fig. 5) se dessiner autour du Soleil ou de la Lune. Notons'qu’il ne faut pas confondre ce phénomène avec celui des petits cercles colorés que l’on observe si souvent autour de ces deux astres, et qui sont alors des couronnes. Le grand cercle blanchâtre du halo est produit par la réfraction de la lumière dans les petites aiguilles de glace qui constituent les nappes nuageuses très élevées tandis que les cercles colorés des couronnes ont pour cause la diffraction des rayons lumineux dans les gouttelettes d’eau des nuages d’altitude moyenne ou basse. Ces deux apparences ont donc une signification bien différente : le halo signale la présence d’une nappe de cirrostratus et annonce l’arrivée d’un système dépressionnairc ; la couronne au contraire peut se produhe à tout moment dans n’importe quel nuage bas, peu épais, ou flocon de brouillard qui passe. Mais reprenons la suite des événements. Après la nappe des cirrostratus on va voir le ciel se charger successivement de nuages de caractères différents : ce sont d’abord les altocumulus (fig. 6 et 7), puis c’est l’arrivée du corps dépressionnaire : couche continue, mais plus ou moins transparente d’altostratus (fig. 8) doublée de nuages bas, flous ou déchiquetés, nimbostratus et fractonimbus (fig. g), dispensateurs de la fâcheuse pluie continue. Peu à peu, celle-ci s’affaiblit, des trouées apparaissent, s’agrandissent, le ciel prend un aspect plus ou moins tourmenté et chaotique. Nous sommes dans la traîne, de gros nuages se montrent, séparés par de belles éclaircies dans lesquelles on observe presque toujours des lambeaux des formations qui ont précédé le passage du voile pluvieux. Ces nuages sont des cumulonimbus facilement reconnaissables par leur apparence de masses bourgeonnantes en choux-lleurs, se développant verticalement à grande hauteur et dont la tête s’épanouit A'olon-tiers en enclume (nous en reparlerons à propos des systèmes orageux).
- Ces formations massives nous distribuent de copieuses averses, mais de courte durée et très localisées (fig. to). Le Bulletin météorologique distingue les averses de la pluie ; 011 en comprend la raison : les averses ont un caractère local, leur étendue est très restreinte ; on ne peut donc préciser à l’avance en quels points elles se produiront. L’annonce d’un temps à averses pour une région donnée,- ne signifie donc pas que tel ou tel endroit particulier recevra une ondée. Après ces vicissitudes de la traîne, et vers sa fin, les nuages deviennent plus rares, les éclaircies s’étendent et bientôt nous retrouvons le beau temps.
- Nous venons de décrire en gros ce qui se passe dans une région qui subit, en plein, le passage d’une zone dépressionnaire. Les schémas de la figure 1 nous montrent aussi ce qui s’observera dans une région plus
- écartée de la partie médiane du système. Nos pronostics deviennent alors plus incertains. Un système n’a jamais la régularité que la représentation schématique oblige à lui donner, pas plus que ses différentes parties ne se distribuent pour dessiner des zones consei’vant les mêmes proportions relatives. Plus nous sommes éloignés du passage central, plus nous devons être circonspects quant aux diagnostics fondés sur l’aspect du ciel. Ainsi la visibilité des cirrus n’a pas toujours la signification qu’on est tenté de -lui attribuer ; car se tenant en périphérie d’un système, ces nuages peuvent se montrer sans que le reste, passant loin, intéresse alors le point où nous nous trouvons. En tous cas les observations ne peuvent nous fournir que des probabilités sur la qualité du temps qui s’approche et non sur l’évaluation, en durée, de ces transformations.
- D’autre part si l’on s’en tient aux avertissements publiés il peut arriver qu’une prévision, exacte quant au déroulement des phénomènes, soit plus ou moins incorrecte en ce qui concerne les horaires, ou bien que la direction du déplacement des systèmes n’ait pu être déterminée avec certitude. Pour en donner un exemple, supposons une prévision annonçant pour la région où se trouve l’usager : « ciel nuageux se couvrant avec pluie l’après-midi, suivi d’éclaircies et d’averses dans la soirée », et qu’au contraire la pluie tombe dès le matin, et les averses au début de l’après-midi. Il s’agit là d’une avance de l’ensemble sur l’horaire prévu, s’expliquant de deux manières : a) le pi’évisionniste a sous-estimé la vitesse de déplacement ; b) la localité en jeu se trouve à l’extrémité de la région située du côté d’où vient la perturbation (extrémité W., si la perturbation vient de l’W.) et alors le déroulement des phénomènes y est en avance sur la prévision qui correspond à la partie centrale de la région.
- LES SYSTÈMES ORAGEUX
- Le [tassage d’une zone orageuse débute, comme pour une perturbation pluvieuse, par l’apparition des cirrus ; mais ceux-ci sont plus denses, plus tourmentés, et volontiers orientés suivant deux directions très différentes (fig. 12). On voit ensuite se former le voile où peuvent se produire des halos. Puis apparaissent de fins éléments pommelés (fig. i3) qui envahissent le ciel laissant çà et là des trouées bleues que l’on voit encore entre les nuages plus épais, altocumulus en flocons assez caractéristiques (fig. 14) qui bientôt se montrent. Enfin viennent les nuages orageux proprement dits ; ils sont très semblables aux nuages d’averses que nous avons reconnus après le passage d’un coi'ps pluvieux. Sièges de courants aériens verticaux très intenses, ils se développent prodigieusement en hauteur (fig. i5) ; ce développement s’observe rapidement, les masses bourgeonnantes prenant volontiers, à la suite de l’apparition à leur sommet d’une nappe cirriforme comme un capuchon étalé (fig. 16), l’aspect d’énormes champignons ou de colossales enclumes .(fig. 17 et 18). A ces nuages nous devons des averses abondantes et des
- p.400 - vue 404/439
-
-
-
- manifestations électriques ; nous subissons donc des orages plus ou moins violents sous ces montagnes aériennes dont l’amoncellement procure au ciel l’aspect d’un sinistre chaos (fig. 19). Les orages, comme les averses, sont localisés, et si les prévisions permettent d’annoncer la situation générale, elles ne peuvent indiquer d’avance en quel point plutôt qu’en tel autre un orage éclatera. Mais alors, aux foi'mes caractéristiques dont nous venons de parler, à la lourdeur de l’atmosphère imprégnée d’une lueur cuivrée ou blafarde, il n’y a guère à se tromper ; et déjà alertés, nous avons là des indices suffisants pour prendre une décision pratiquement sûre avant une excursion.
- La fin d’un système orageux s’annonce par des nuages bourgeonnants devenant moins volumineux ; en
- .:..:...........................401 =
- même temps les averses et les orages se font plus rares et de moins en moins intenses. Après quoi nous pouvons comme après le passage d’une zone dépression-naire espérer un retour de beau temps, les prévisions rationnelles pouvant seules nous renseigner sur sa durée probable.
- Si sommaire que soit cet exposé, il suffit à faire comprendre combien il est parfois difficile de formuler un pronostic du temps... Malgré tout, il n’est pas indifférent de savoir distinguer les symptômes qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Il suffit pour cela de s’appliquer à observer les aspects du ciel ; c’est, de plus, une instructive distraction en vacances.
- Lucien Rudaux.
- MÉTHODES SIMPLES DE LEVERS DE PLANS
- On sait combien il est malaisé, sur de simples indications non accompagnées d’un plan correct, de retrouver le point déterminé que l’on veut atteindre, surtout en terrain boisé. Il est donc fort utile de pouvoir, sur place, dresser un plan exact qui permettra de repérer facilement un endroit particulier : un gisement, une mare, un abri, une grotte, etc.
- Le matériel nécessaire pour établir des plans suffisamment précis pour être utilisables est des plus simple, on peut le trouver partout. Il comprendra :
- i° Une planchette de 0 m 5o sur om jo qui peut être remplacée par un simple carton fort. Poür l’utiliser commodément, on fixera à deux extrémités opposées, en diagonale, un cordon que l’on passera autour du cou, ce qui permettra de porter la planchette en sautoir.
- 20 Une boussole ordinaire graduée dans le sens de la marche des aiguilles d’une montre de o à 36o° ou de o à 4oo grades. Cette dernière division a l’avantage de faciliter les calculs. Il faut choisir un modèle d’assez grand diamètre pour que l’aiguille soit sensible et la lecture des angles facile.
- 3° Un double décimètre.
- 4° Un crayon noir et quelques-uns de couleur.
- 5° lTne bonne gomme à effacer.
- Le but à atteindre est de reproduire sur le papier une figure semblable à celle du terrain. Le rapport cuire la longueur d'une ligne sur le terrain et celle de la ligne qui y correspond sur le dessin constitue l’échelle du plan. Il faut toujours choisir pour cela un raport simple : par exemple : 1/100, i/5oo, 1/10.000, ce qui veut dire que la réduction sera de 1/100, c’est-à-dire qu’une distance de 100 m sera représentée par 1 m sur le dessin ; i/5oo, les 100 m seront représentés par o m 20 ; 1/10.000, les 100 m deviendront 1 cm.
- On fait donc choix, sur le terrain d’une échelle appropriée de telle manière que la surface à reproduire sur la feuille de papier y puisse tenir.
- On fixe le papier sur la planchette par quatre punaises et trace en bas de la feuille l’échelle avec le double
- décimètre. On fixe la boussole B dans un coin du carton et indique par une flèche F la direction du nord magnétique. Ceci après que l’on a fait choix d’un point de départ qui permettra au dessin de ne pas sortir des bords de la feuille et que l’on marque en A.
- On détermine alors, à vue, sur le terrain un certain nombre de points remarquables : arbres, bornes kilométriques, intersections de routes, maisons, etc., convenablement espacés et choisis de manière à pouvoir les utiliser pour faire les sommets d’un ou plusieurs polygones qui constitueront le canevas polygonal auquel il sera facile ensuite de rapporter les détails.
- Pour dessiner ce canevas, on procédera par cheminement en se transportant à chacun des points en portant sur le dessin longueurs et directions. Pour cela, partant du point A, on porte avec le' double décimètre, posé sur la planchette, la direction B et note la division sur laquelle s’arrête l’aiguille aimantée, par exemple 18. On marche suivant la direction jusqu’au point B et note la distance calculée d’après le nombre de pas, l’opérateur ayant pris soin préalablement d’étalonner la longueur moyenne de son pas. On reporte celte distance à l’échelle sur le dessin. Au point B, tourner la planchette jusqu’à ce que l’aiguille aimantée se retrouve sur la division 180. Tracer et mesurer la nouvelle direction C.
- En C, cheminer vers D, toujours en s’assurant de l’orientation correcte de la planchette par l’ai-g u i 11 e de la boussole, puis vers F et G, on revient
- Fig. 1. —Planchette prête à l’emploi. A, Point de départ de l’opérateur ; h, Boussole ; E, Échelle.
- p.401 - vue 405/439
-
-
-
- 402
- Fig. 2. — Canevas -polygonal.
- enfin au point de départ A et boucle le canevas polygonal (fîg. 2).
- On place alors les détails en les rattachant par des constructions géométriques simples aux côtés ou aux angles du polygone, par exemple en abaissant des points de détail des perpendiculaires sur les côtés du canevas et en mesurant la longueur de ces ordonnées et celle des segments de côté qui y correspondent.
- On peut aussi diviser le polygone en triangles, ce qui facilite souvent la mise en place des détails. L’ingéniosité de l’opérateur qui suggérera, suivant la configuration, des constructions géométriques très simples qui lui permettront de situer les points remarquables nécessaires avec une approximation suffisante.
- Pour illustrer cette méthode par un exemple concret on a montré (fig. 3) comment repérer un point précis :
- Fig. 3. — Croquis et canevas polygonal ayant servi à l’établir.
- Bots,
- et, en pointillé, diverses ques simples qui ont détails.
- Fig. 4. — Détermination de la distance d’un point inaccessible.
- une petite carrière fossilifère par exemple, dans un bois et qui, de ce fait, se trouve dissimulée aux regards en R. On a dessiné le polygone levé à l’origine constructions géométri-permis de placer les
- L’opérateur a choisi son point de départ en A marqué par une borne kilométrique du chemin. Le premier point visé B est une borne kilométrique de la route en bordure de la rivière. De là, il s’est dirigé sur le point C arbre isolé puis vers un autre arbre en D. De là, il est revenu à l’angle de la maison M au point E. Il a ensuite pris comme repère l’angle du parc d’un château en F. De là, il s’est dirigé vers un rocher G et enfin est revenu au point A bouclant ainsi son canevas.
- L’opérateur a ensuite mesuré quelques ordonnées O portées en pointillé sur le plan. Il a pu porter ainsi sur son croquis quelques points qui ont servi de base à son dessin qu’il a terminé à main levée.
- On pourra, par la méthode d’intersection, calculer les distances d’un point inaccessible (fig. 4) ’• soit à déterminer la distance de C à B, séparés par un obstacle infranchissable. On mesure une base AB puis de A et de B on vise successivement le point C au moyen du double décimètre posé sur la planchette et trace les deux directions AC et BC. L’intersection des deux directions situe le point C et la ligne CB représente à l’échelle la distance cherchée.
- Ces notions sommaires sont suffisantes pour établir des cartes simples peu chargées de détails.
- Lucien Perruche.
- p.402 - vue 406/439
-
-
-
- LA RECHERCHE DES MINÉRAUX
- La recherche des minéraux est une distraction passionnante pour peu qu’on la pratique dans une région dont le faciès géologique a un caractère assez varié pour que cette recherche soit fructueuse. De tels endroits ne manquent pas en France.
- Le matériel nécessaire à ces travaux est des plus simples. On peut dire même qu’il n’y a qu’un seul instrument absolument indispensable : un marteau. Celui-ci est obligatoire pour détacher les échantillons et surtout pour briser les roches ou minéraux de manière à pouvoir examiner des cassures fraîches qui donneront le véritable aspect. Celui-ci est souvent différent de l’apparence extérieure, modifiée par les agents atmosphériques qui provoquent la formation, en surface, de croûtes plus ou moins altérées.
- Un marteau de 600 à 700 gr est bien suffisant dans la plupart-des cas. Il formera une masse convenable pour les nécessités habituelles. La forme la plus commode est carrée d’un côté et terminée par un biseau sur la face opposée (fig. 2). La partie large permet de détacher et briser la roche en place et d’éliminer la croûte superficielle. La partie en forme de ciseau, sert à ouvrir les schistes et autres roches à structure stratifiée.
- Le mieux est de le porter dans une gaine de cuir fixée à la ceinture pour garder les mains libres.
- Il sera prudent de se munir d’une bonne loupe. Cel-
- les du type Coddington qui donnent un champ très plan sont parfaites.
- Enfin pour certaines recherches, notamment dans les fonds de rivière, il sera très utile de disposer d’une petite pelle et d’un tamis ou d’une bâtée.
- Les échantillons récoltés seront placés dans de petits sacs de toile dans lesquels on prendra l’habitude de glisser une étiquette portant les indications utiles rédigées sur le terrain, notamment le point précis de réeolLe.
- Une simple musette pour porter accessoires et échantillons complétera l’équipement.
- Si l’amateur parcourt des régions qui lui sont peu familières, il devra adjoindre à tout ceci une boussole et des cartes, de préférence les cartes géologiques qui lui fourniront une foule de renseignements utiles.
- Il sera bon d’ailleurs, avant de partir en campagne, d’établir une bibliographie au moins succincte de la région au point de vue minéralogique. On pourra consulter utilement les statistiques minérales de certains annuaires locaux, relever la liste des mines, des carrières. On trouvera souvent, sur place, dans les régions intéressantes, des amateurs passionnés qui se font généralement un plaisir de documenter et même de guider les amateurs.
- Au point de vue pratique, les premiers renseigne-
- Fig. 1.
- Les côtes déchiquetées par la mer montrent les rochers qui les constituent. Les parties les plus dures : granit, par exemple, résistent à tous les assauts tandis que les autres roches : schistes, micaschistes sont plus 011 moins détruites
- et déposent leurs débris sur les plages.
- p.403 - vue 407/439
-
-
-
- 404
- ments seront fournis par l’examen des matériaux d’empierrement des routes et des- moellons employés dans les constructions locales.
- En rase campagne, on observera les point où l’aspect du terrain change par sa coloration ou par la nature de la végétation, ce qui correspond généralement à une modification du sous-sol. Parfois des affleurements de roches très dures se trouvent encaissés dans une roche moins résistante qui a cédé à l’érosion. Dans ce cas, il peut émerger du sol des têtes de filons qui forment à la surface une sorte de mur (fîg. i).
- Mais, en France, en général, la recherche des minéraux en pleine campagne est improductive car le sol est masqué par la végétation. Il est bien plus efficace de se borner à explorer les accidents de terrain naturels ou artificiels : les falaises du bord de la mer, celles qui ont pu se former en pleine terre par des failles ou par le contact de roches de dureté différente dont l’une a été partiellement entraînée par l’érosion, les tranchées des routes ou des chemins de fer, les pentes des ravins, les carrières et surtout les falaises naturelles qui bordent les rivières qui les ont formées montrant ainsi, parfois, de magnifiques coupes de terrains, enfin il faut explorer d’une manière toute particulière les bords et les fonds de rivière en pays accidenté.
- En effet, par le mouvement des eaux, les minéraux, en particulier ceux à forte densité, ont pu s’accumuler dans les lits des torrents qui ont joué le rôle de sluices naturels. Il* est habituel que l’on y rencontre des spécimens de tous les minéraux et de toutes les roches arrachées aux terrains encaissants. Ils s’y trouvent souvent sous forme de galets arrondis qu’il faut équarrir, on peut parfois, en remontant vers
- l’amont le chemin qu’ils
- Fig. 3 et 4. -casse
- - Comment on détache et les échantillons.
- Fig. 2. — Les marteaux du géologue.
- ont parcouru, parvenir au gîte originaire.
- On fera les plus belles trouvailles aux points les plus tourmentés par des fractures, des dvkes, des filons. Le contact entre deux roches différentes crée une zone de moindre résistance dans laquelle ont pu s’accumuler les produits des phénomènes de minéralisation. Il s’est alors formé ce que les mineurs appellent un gîte de contact.
- Toutes les régions ne sont pas favorables à la recherche des minéraux. Ceux-ci sont distribués de manière très inégale suivant la formation géologique du point considéré.
- On peut à ce point de vue diviser les terrains en trois grandes catégories.
- i° Les terrains sédimentaires sont les moins variés au point de vue minéralogique ; on y trouve : argile, calcaire, sable siliceux, gypse, dolomie, sel gemme, lignite, minerais de fer, meulière, silex, phosphate de chaux, pyi'ite de fer, etc. Le Bassin de la Seine, c’est-à-dire la région parisienne, les Bassins de la Loire, de la Gironde, de la Somme, du Rhône en dessous de Lyon, appartiennent à ce type. Cependant, on peut trouver dans ces régions des alluvions rassemblées au bord des fleuves et qui ont été arrachées à des formations cristallines lointaines : au Morvan, au Plateau Central, aux Alpes, aux Pyrénées. On peut y rencontrer de petits échantillons de minéraux lourds : grenat, corindon, zircon, ilménite. J’indiquerai un peu plus loin, à propos du fameux gisement d’Espaly, dans la Haute-Loire, comment pratiquer les recherchés dans ces alluvions. »
- 2° Les terrains sédimentaires anciens plus ou moins métamorphisés, formés de schistes, arkoses, etc., sont souvent injectés de minéraux variés : galène, stibine, blende, cinabre, pyrite de cuivre, mispickel, barytine, quartz hyalin, talc, feldspath, grenat, tourmaline, etc.
- En Bretagne, dans les Pyi'énées et les Alpes, on trouve de nombreux phénomènes de minéralisation
- p.404 - vue 408/439
-
-
-
- 405
- Fig. o. — Le détroit des gorges du Tarn (Lozère).
- Type de vallée d’érosion à parois verticales. Les couches géologiques ont été mises à nu sur une hauteur importante.
- (Photo Archives du Touring-Club de France).
- Fig. 7. — Une tranchée mettant à nu la couche géologique qu’elle recoupe.
- sous forme de filons. On rencontre aussi, dans ces terrains, des géodes ou cavités dont les parois sont tapissées de cristaux souvent très bien formés qui sont tout à fait à leur place dans une collection minéralogique.
- 3° Enfin les terrains cristallins et éruptifs sont les plus riches en espèces minérales variées. Les roches elles-mêmes sont excessivement nombreuses. Il ne peut être question d’en établir une liste par suite de leur extrême diversité.
- En France ces terrains sont très développés dans le Plateau Central, les Cévennes, le Morvan, la Bretagne, les Maures, les Vosges, et d’importantes régions des Alpes et des Pyrénées.
- La plupart des mines métalliques françaises sont situées dans ces formations. Leurs travaux d’exploita-
- Fig. 6. — Cônes d’éboulis et dépôts torrentiels renfermant une grande variété d’échantillons minéralogiques
- lions et les déblais de l’extraction facililenl souvent les recherches des amateurs minéralogistes.
- Le Plateau Central est la région de choix pour la récolte des minéraux par suite de l'association des roches cristallines enciennes et des émissions volcaniques qui ont eu pour conséquence des phénomènes tectoniques mettant à jour d énormes masses de terrains.
- Les environs de Brioude, d’Issoire, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire sont particulièrement riches au point de vue minéralogique. Beaucoup de gisements ont été signalés et la
- p.405 - vue 409/439
-
-
-
- 406
- bibliographie de celte région est très abondante. Il est très facile de recueillir une copieuse documentation, très précise.
- Dans tous ces terrains l’exploration des fonds de rivière donnera des résultats. Certains points sont réputés, par exemple, dans la Haute-Loire, la petite commune d’Espaly, célèbre aussi par ses magnifiques orgues de basalte. Il y passe le torrent dit Riou Pezzou-liou. Le lit de celui-ci est riche en minéraux variés provenant de la destruction des roches encaissantes. On y trouve du fer titané, des zircons, des grenats, du corindon, du péridot, de la tourmaline, de l’augite, de Lolivine, etc.
- Ces minéraux sont accumulés dans le gravier du ruisseau, de préférence dans les parties plates où le
- Fig. 9. — Les orgues basaltiques d’Espaly (Haute-Loire).
- Une coulée de basalte d’origine volcanique s’est solidifiée en longs prismes verticaux de section hexagonale. Cette division est due au retrait lors du refroidissement.
- (I’hoto Archives du Touring-Club de France).
- courant est ralenti. On le ramasse avec une petite pelle et le verse dans une bâtée ou simplement dans un plat en fer blanc. On lave ce gravier dans le courant de manière à produire une séparation par densité à la manière dont les orpailleurs séparent l’or des alluvions. On récolte ensuite, dans le fond de la bâtée avec une
- Eig. 8. — Le Puy Mary en Auvergne montre sa forme typique de volcan. Les bouleversements seismolo-giques du Plateau Central en ont fait une région richement dotée en espèces minérales.
- (Photo Archives du Touring-Club de France).
- petite pince et en s’aidant d’une loupe, les minéraux lourds qui s’y sont accumulés.
- On peut aussi se servir d’un petit tamis sur lequel on verse le gravier et que l’on agite dans l’eau. On enlève les cailloux à la main puis on reloui'ne le tamis d’un seul coup sur une planche. Les minéi’aux lourds rassemblés au fond du tamis sont alors bien visibles à la surface du gravier. On les sépare à la loupe avec une petite pince.
- Le minéralogiste amateur devra examiner avec une attention toute spéciale les filons de pegmatites lorsqu’il aura l’occasion d’en rencontrer.
- Le nom de pegmatite s’applique d’une manière assez élastique à des roches cristallines à grains très gros, parfois énormes, formées principalement de feldspath potassique et de quartz. Elles émanent des profondeurs du globe et ont pénétré à l’état fluide, à haute température, dans les roches massives pluto-niques : granité, gneiss, leptynile, etc. En remplissant toutes les fissures et, s’y solidifiant, elles ont formé, dans ces masses les dykes, lentilles ou filons d’importance variable que l’on rencontre aujourd’hui.
- L’émission des pegmatites a été accompagnée de mi-néralisateurs puissants dont la présence a facilité la formation dans la masse même de la roche de minéraux accidentels très variés et souvent très bien cristallisés.
- p.406 - vue 410/439
-
-
-
- Ces filons constituent un lieu de choix pour la rechei'che de beaux minéraux de forme cristalline souvent parfaite.
- C’est ainsi que les pegmatiles constituent le véhicule habituel des minerais d’étain sous forme de cassitérite.
- On y trouve également des gemmes : émeraude, topaze, béryl, grenat, etc., de la tourmaline, du rutile ; du lithium à l’état de lépidolite, d’amblygonite ; des minéraux rares de l’yttrium, du tantale, de l’uranium, du cérium, etc.
- Dans la Haute-Garonne, près de Bagnères-de-Luchon, on a trouvé un filon de pegmatite contenant de beaux prismes hexagonaux de tourmaline atteignant i5 cm de longueur.
- Pour terminer, je rappelle que le lavage des sables à la bâtée permet de recueillir facilement quelques grains d’or dans certaines rivières aurifères de France 0),
- 1. Voir La Nature, n° 3004, 1er juillet 1937, Les rivières aurifères de France.
- ..:.... ...........................407 =
- notamment dans le Gardon, l’Hérault, l’Ariège, la Gar-tempe, le Salat, la Yézère, la Cèze, etc.
- *
- * *
- L’amateur pourra trouver les premiers renseignements bibliographiques sur la région qu’il se propose d’explorer en consultant La Minéralogie de la France et de ses Colonies, de A. Lacroix.
- Sur place, il trouvera nombre de renseignements en feuilletant les collections des Bulletins publiés par les sociétés scientifiques régionales, Il en existe un grand nombre en France et qui méritent d’être mieux connues. Pour la minéralogie, je signalerai en particulier le Bulletin de la Société d’Histoire Naturelle d’Auvergne à Clermont-Ferrand ; on y trouvera en abondance des indications précises et des compte rendus d’excursions minéralogiques dans cette région, l’une des plus intéressantes de notre pays à ce point de vue.
- Lucien Perruche.
- Fig. 1. — L’automobile.
- QUELQUES CONSEILS D'HYGIÈNE POUR LES VACANCES D'ÉTÉ
- Voici venir les vacances d’été. C’est le temps des promenades ou des villégiatures. Le changement d’air figure dans les ordonnances médicales au même titre et sur le même plan que les autres traitements.
- Je voudrais indiquer ici quelques précautions à prendre pendant les vacances, pour éviter accidents et maladies. Elles ont trait à la pratique de l’automobile, au séjour en montagne ou à la mer, à l’ensoleillement et aux accidents dus à la chaleur.
- L’AUTOMOBILE
- Tout d’abord, abordons les rapports de l’automobile et de l’estomac.
- Lorsqu’il dirigeait la gendarmerie de Seine-et-Oise, le commandant Serin a dressé la statistique de tous
- les accidents d’automobile survenus dans son département. Il a démontré que c’est entre la i5e et la 17e heure, c’est-à-dire au moment de la pleine digestion que les accidents graves d’automobiles se multipliaient.
- Bien peu de chauffeurs forcés de partir après le déjeuner de midi peuvent se flatter de n’avoir pas eu à lutter contre le sommeil. Le travail de la digestion dérive une quantité importante de sang au profit de l’estomac et de l’intestin. Il en résulte une anémie cérébrale pouvant aller jusqua l’obnubilation et au sommeil.
- Les somnolences des chauffeurs sont tout à fait exceptionnelles le matin, de bonne heure, et dans la matinée, lorsque la nuit a été régulièrement consacrée au repos et au sommeil. Après le petit déjeuner de café au lait, la dérivation du cours du sang vers les
- p.407 - vue 411/439
-
-
-
- ---= 408 ....:....................
- organes abdominaux et l’anémie cérébrale qui en résulte sont réduites à si'peu de chose que la somnolence n’est presque jamais ressentie. Mais il n’en est pas de même après le déjeuner de midi, surtout s’il est accompagné de libations de vin et de liqueurs.
- Chez le sujet le plus normal, les réflexes, pendant la période digestive, sont moins prompts. Alors qu’à jeun, vers 9 h du matin, un chauffeur de 29 ans répond à une excitation tactile en 12 ou i4 centièmes de seconde, ce chauffeur ne réagira, ce même jour à i5 h, qu’en 20 ou 25 centièmes de seconde. Il est alors en train d’accomplir le travail énorme de la digestion et tous les réflexes qui le mettent en rapport avec le milieu extérieur (réflexes tactiles, visuels, auditifs) se font dans un temps plus long, exactement comme si l’intéressé était engourdi par un froid intense.
- Pour peu que le chauffeur soit fatigué par une longue randonnée ou ait un arriéré de sommeil, à la phase de simple engourdissement post-digestif peut succéder insensiblement une véritable période de somnolence et même de sommeil. C’est alors l’accident brutal inévitable.
- Beaucoup d’automobilistes connaissent ces faits. Ils s’en prémunissent en faisant la sieste après le repas de midi et ne repartent qu’après avoir dormi pendant une vingtaine de minutes. Ce court sommeil les immunise véritablement contre la somnolence.
- Les plus dangereux de tous, ce sont, parmi les chauffeurs les catégories suivantes : ceux qui, dopés par un gros et substantiel repas arrosé de vins généreux et d’alcools divers ont la hautise de la vitesse et dépassent toutes les voilures qu’ils atteignent, les frôleurs qui font de la virtuosité et doublent à grande allure sans presque se déranger, enfin ceux, qui, au contraire, déjà alourdis par la digestion et quasi-somnolents « ne s’en font pas » et embouteillent la route à petite allure en s’installant solidement au milieu de la chaussée. Lorsque la somnolence les atteint tout à fait, ils cessent de contrôler exactement leurs mouvements et le fou de vitesse, le frôleur ou celui qui ne s’en fait pas sont les premières victimes de leur véritable psychose. Le malheur veut qu’ils entraînent souvent dans la catastrophe d’autres infortunés.
- LA MONTAGNE
- Parlons maintenant de la montagne. Et d’abord remarquons qu’il y a une certaine imprudence pour un habitant des plaines, surtout s’il a dépassé le cap de la cinquantaine, de passer brusquement et presque sans transition de la plaine à la haute altitude. Il a suffi souvent à certaines personnes de faire une ascension rapide par funiculaire ou par chemin de fer à crémaillère pour rompre l’équilibre hydraulique dans leur appareil circulatoire et présenter en quelques instants des symptômes d’hyposystolie.
- Nous connaissons les perturbations qu’une ascension en montagne provoque sur l’appareil circulatoire d’un sujet sain. Les basses pressions des hautes altitudes augmentent la tension artérielle et excitent le coeur. Peu de personnes ne ressentent pas ces effets. De telles perturbations se produisent avec infiniment plus d’intensité et de promptitude lorsque le cœur est préalablement atteint de lésions valvulaires même parfaitement compensées.
- Tout déplacement accompagné de dénivellation importante devrait être interdit à la plupart des cardiaques qui présentent de l’hyposystolie et, à plus forte raison, à ceux qui ont subi dans le passé une crise d'asyslolie. Sans doute s’écarte-t-on assez souvent de cette règle, notamment quand on envoie les malades bénéficier de traitements spéciaux donnés dans des stations thermales situées à une certaine altitude. Dans ce cas, il n’est pas rare de voir se déclarer, dès l'arrivée à destination, des accidents qui surprennent par leur gravité et leur imprévu.
- Ces réserves étant faites, il n’est pas douteux que le passage du séjour des plaines à l’habitation des localités élevées est presque toujours favorable. L’air plus pur, plus frais, plus vif des montagnes est excitant. 11 réveille des fonctions auparavant engourdies. L’appétit est meilleur, la digestion est plus prompte, la libre musculaire se contracte avec vigueur.
- Lorsque la densité de l’air diminue d’une manière progressive et lente, l’accélération de la respiration d'une part, l’augmentation de l’amplitude des inspirations de l'autre viennent.compenser et au delà la dimi-
- Fig. 2. — La montagne.
- p.408 - vue 412/439
-
-
-
- 409
- Fig. 3. —
- nulion de la proportion d’oxygène pour un même volume d’air respiré. En monlagne, on s’habitue à respirer plus vite et plus largement. La capacité de la poitrine s’accroît très notablement.
- L’habitation des lieux élevés est souvent le meilleur moyen de préservation contre certaines maladies régnant cndémiquemenl ou épidémiquemenl dans les plaines. Elle accélère la convalescence des maladies contractées dans un milieu dont l'atmosphère est moins pure.
- La cure d’altitude vaut par son ensoleillement, la purelé de l’air, le calme de l’atmosphère, la beauté reposante des sites.
- Mais il importe que les tuberculeux qui adoptent la cure d’altitude ne demeurent pas de longs mois au même endroit. Au fur et à mesure que le mal paraîtra s’amender, ils monteront de plus en plus, Ils gagneront les grandes altitudes, entre 1.800 et 2.200 m. A ces hauteurs, l’air est très sec et le sang s’adapte à la diminution de la pression barométrique, ainsi qu’à la raréfaction relative d’oxygène par un enrichissement globulaire fort utile pour combattre le mal,
- S’il survenait de la fièvre, le malade devrait redescendre. 11 ne remontera ensuite que lentement, par paliers successifs, et la très haute altitude sans fièvre marquera souvent la guérison et la consolidera.
- Sans doute, ce ne sont là que des indications générales. Tel tuberculeux se trouve amélioré par la montagne et tel autre par le climat marin. Il arrive souvent que, pour un même malade, les indications varient suivant les diverses périodes de sa maladie. Beaucoup commencent par la monlagne, et finissent de guérir au bord de la mer.
- LA MER
- J’arrive à la mer. Les mois d’été sont ceux des villégiatures maritimes. Des foules vont se plonger dans l’onde au moins une fois par jour. Coutume séculaire et salutaire qui tonifie l’organisme. Encore sied-il que cette pratique hygiénique si répandue soit dosée si l’on veut qu’elle ne produise que de bons effets.
- Un bain de mer ou de rivière n’est pas chose indif-
- La mer.
- fcjcnle et s’il fallait en tracer les indications, nous dirions qu’il faut envisager son action séparément chez les diffère ni es catégories de personnes.
- Tout d’abord, les enfants bénéficient surtout de bains de courte durée, d’autant plus courte que la température de leau est plus basse et d’autant plus prolongée que l’eau est plus chaude mais, en tout cas, infiniment [dus courts que ceux des adultes. Un bain de 5 à 8 minutes nous paraît suffisant pour de tels sujets. L’enfant, en effet, lutte mal Contre le froid et, après un refroidissement mécanique, tel que celui que cause l’immersion, se téchauffe lentement, Je parle ici du bain complet et non du barbotage, jambes nues, dans la rivière sans profondeur ou dans les petites lames qui meurent sur la rive, Ceci peut être prolongé pendant des heures sans inconvénient, à la condition que l’enfant ait une bonne santé habituelle.
- Lés adolescents des deux sexes, de i4 à 20 ans, représentent la catégorie de sujets auxquels les bains de mer ou de rivière sont le plus salutaires. Ils tonifient, ouvrent l’apétit, préparent au sommeil et exercent sur la nutrition générale une sollicitation bienfaisante constatée par tous les médecins. Il faut savoir, toutefois, que les adolescents de souche nerveuse doivent n’user que de bains courts, faute de quoi ils éprouveront une surexcitation nerveuse qui sera tout l’opposé du résultat cherché. Pour ceux-ci, un bain de quelques minutes suffit, pour les autres les bains peuvent être beaucoup plus longs.
- Quant aux adultes, ils se guideront pour prendre leur bain sur la manière dont ils font la réaction. Celle-ci n’est autre que le réchauffement du corps au sortir du bain ; elle se fait très inégalement suivant les sujets. Quand elle se fait régulièrement, elle s’accompagne d’une sensation de chaleur agi'éable et délassante qui traduit un bon fonctionnement du système nerveux et de la nutrition- Si la réaction ne se produit pas, -—et 5 à 10 personnes sur 100 font mal la réaction,— il faut la solliciter par des frictions énergiques, par des massages et des mouvements de gymnastique. Dans le cas’" où ces moyens ne produiraient aucun résultat, il faut nettement s’abstenir. Une infime minorité de baigneurs se trouve dans ce cas. On peut
- p.409 - vue 413/439
-
-
-
- —- 4iô -—m ........................—
- d’autant plus largement user du bain que le réchauffement spontané de l’organisme se fait mieux au sortir de l’eau.
- Les sujets qui ont dépassé la cinquantaine agiront sagement en s’abstenant, surtout s’ils ont une tendance à l’hypertension artérielle. Chaque bain produit, au moment de l’entrée dans l’eau, et dans les instants qui suivent, une hypertension, momentanée sans doute, mais assez forte. C’est une sorte de coup de bélier que le sang porte contre les parois artérielles ; ces parois sont-elle solides, ce choc est indifférent ; sont-elles au contraire fragiles, le choc peut provoquer des lésions au niveau des points faibles sur les petites artères, et il y en a toujours. Personne ne connaît, en effet, l’état de son système artériel et, dans le doute, l’homme de 5o ans fera bien de limiter l’usage de l’eau à de simples affusions faites avec de l’eau tiède sur les rives ensoleillées.
- LE SOLEIL
- Parlons maintenant de Vensoleillement.
- Pendant l’été, il ne faudra pas seulement changer d’air, il faudra aussi s’ensoleiller. Soigner les malades par la lumière du soleil est une pratique vieille comme la souffrance humaine. Selon les indications d’Escu-lape, fils d’Apollon, on utilisait des galeries d’ensoleillement dans les temples d’Epidaure. Les solariums étaient prévus dans toutes les constructions municipales un peu importantes des cités l'omaines. Des inscriptions montrent qu’il y a 20 siècles on soignait déjà certaines maladies par le soleil et les eaux salées.
- Nos physiciens contemporains ont rajeuni la cure solaire. Ils nous ont appris que les rayons du soleil ont trois propriétés : les uns sont calorifiques, ils échauffent ; les autres sont lumineux, ils éclairent ; les derniers réalisent certaines décomposition cliirni-qus, ils impressionnent notamment la plaques photographique et coagulent les substances albumineuses.
- Ce sont ces trois forces : lumineuse, calorifique et chimique, encloses dans un rayon de soleil, qui lui donnent ses vertus.
- Dès qu’il arrive sur la peau, il l’échauffe. La vaste nappe sanguine qui rampe sous la surface cutanée se dilate ; les globules du sang affluent en cette région et se vivifient au contact des rayons. Le riche réseau nerveux sous-cutané est lui-même impressionné par l’excitation lumineuse. Il transmet au loin, dans la profondeur, les impressions salutaires qu’il reçoit. Tous les échanges nutritifs dont les tissus sont le théâtre en sont accélérés ; ils se font avec une intensité accrue et, dès lors, apparaît l’action pénétrante et profonde fie notre grand guérisseur.
- En même temps, la peau se colore. De tous côtés arrivent de minuscules grains de pigment brun, qui foncent la teinte de la peau, forment écran et empêchent que les rayons chimiques, particulièrement offensifs, ne nuisent aux cellules fragiles et ne les détruisent comme ils détruisent la matière vivante. La rougeur cuisante et parfois les véritables brûlures causées par le « coup de soleil » n’ont d’autre origine
- qu’une exposition prolongée aux rayons trop ardents avant que la pigmentation ait eu le temps de remplir son office protecteur.
- Aussi, le bain solaire doit-il être pris avec précaution. On commencera par ensoleiller les pieds et les jambes pendant 5 minutes. Après quoi, une autre séance de même durée sera consacrée à l’abdomen et au thorax. Puis la durée de l’exposition atteindra graduellement 10 ou 12 minutes. Finalement le corps entier sera exposé pendant un temps beaucoup plus prolongé. Le remède est efficace, mais il faut le doser, sinon, prenez garde aux brûlures solaires, aux maux de tête, aux congestions.
- Les maladies dans lesquelles la cure solaire triomphe sont les tuberculoses externes, telles que la tumeur blanche du genou, la coxalgie, la tuberculose vertébrale ou mal de Pott. Dans ces lésions, le microbe de la tuberculose et ses toxines provoquent la destruction et la fonte purulente des tissus. Mais le soleil, ce grand guérisseur, verse ses torrents de lumière sur les dévastations microscopiques. Avec du temps et de la patience — car le miracle ne s’opère pas en un jour — les lésions guérissent.
- ET L’AUTOMOBILISTE
- J’ai parlé, en commençant des rapports de l’automobile et de l’estomac, je voudrais, en terminant parler des relations de la chaleur et de l’automobilisme.
- Les chaleurs de l’été doivent inciter les automobilistes à certaines précautions d’hygiène que beaucoup ont grand tort de négliger. Les conditions physiologiques de la vie et de la bonne santé et l’état d’équilibre nerveux peuvent être profondément modifiés par l’exposi-lion et le maintien de l’organisme à la chaleur.
- Il n’est pas question ici des actions locales dues au coup de soleil. Il n’est question que des changements apportés dans l’état général par l’accroissement du calorique extérieur, même en l’absence de toute espèce d’exposition aux rayons du soleil.
- C’est dans ce cas qu’il est donné d’observer certains troubles se rattachant spécialement à des lésions des centres nerveux.
- La physionomie des accidents est tellement variable, suivant l’intensité de la chaleur, et surtout en raison des prédispositions personnelles et d’un grand nombre de circonstances accessoires qu’il faut admettre une infinité de degrés dans les symptômes qui atteignent les automobilistes exposés à une chaleur excessive.
- Il ai’rive, le plus communément, que ceux-ci ressentent d’abord une légère lassitude et des douleurs à la tête. Ils ont la bouche sèche et un besoin d’air frais ; la respiration est imperceptiblement accélérée. Il peut survenir un besoin impérieux d’uriner. En cet état, aucune sensation de défaillance ne se produit encore. Ces symptômes n’ont pas de suite sérieuse ; un arrêt de la voiture à l’ombre, quelques pas sur la l’oute et, si l’on peut, quelques affusions froides du visage suffisent à faire disparaître le désordre. Le rétablissement de l’automobiliste est complet en quelques instants.
- p.410 - vue 414/439
-
-
-
- Mais il est une forme plus sévère où la lassitude fait place à une grande faiblesse ; ia respiration est difficile ; il y a tendance à la somnolence, une certaine intolérance à la lumière, du larmoiement des yeux. L’envie de dormir devient invincible. C’est alors que surviennent les accidents si fréquents sur les routes pendant les heures les plus chaudes de la journée.
- 11 nous souvient d’avoir été appelé auprès d’un malade qui se trouvait au volant de son auto et avait déjà accompli un trajet de 4oo km par une journée exceptionnellement chaude. Ce malade éprouvait une sensation de pesanteur à la tête, de battements avec tension aux tempes et à la nuque, de l’anxiété précordiale avec nausées et tendances aux vomissements ; en même temps, il accusait au creux de l’estomac un sentiment de gêne, de pesanteur intolérable. La face était pâle, le regard brillant, la peau chaude et sèche, le pouls accéléré, la langue blanche. Tous les objets environnants avaient pour le malade une couleur uniforme et, une sorte de voile demi-transparent obscurcissait sa vue. La respiration était rapide, précipitée et irrégulière. On constatait même une sorte de paralysie du système nerveux et le malade restait inei’te, comme privé de sensibilité.
- C’est là un cas extrême des symptômes que peut engendrer le coup de chaleur chez l’automobiliste. On ne les observe pas généralement à un degré aussi accusé. Le plus fréquemment tout se borne à quelques vertiges, à de la faiblesse générale, à une stupeur légère et à des bourdonnements d’oreilles.
- Dans tous les cas, l’automobiliste prévenu devi’a prendre certaines précautions élémentaires qui le mettront généralement à l’abri des troubles que je viens d’énumérer. Tout d’abord, il assurera autour de sa personne une large ventilation. Ses vêtements devront être tout à la fois protecteurs du froid, protecteurs du chaud et amples pour ne pas gêner la circulation.
- Une précaution, entre toutes importante, consistera
- 411
- Fig. 4. — L’automobiliste et la chaleur.
- à éviter les repas trop copieux arrosés de vins et de liqueurs. Un déjeuner plantureux est toujours dans les antécédents d’un coup de chaleur survenant par les chaudes journées d été.
- Certains médecins ont insisté sur l’abus des boissons glacées, le corps étant en sueur, pour explkpier les accidents du coup de chaleur chez l’automobiliste ; mais nous pensons que ce sont surtout les vêtements trop épais et trop serrés qui forment une enveloppe qui concentre la chaleur, empêchent la circulation de l’air et, par suite, l’évaporation facile de la sueur et deviennent une puissante cause prédisposante et aggravante du coup de chaleur. C’est dans les voitures closes, étroites, mal ventilées, dont l’atmosphère est confinée, que les accidents du coup de chaleur ont lieu. D’autre part, ce sont aussi presque toujours des personnes à puissance de insistance amoindrie qui en sont les victimes.
- Dr Maurice Boigey.
- IL Y A ENCORE, EN FRANCE DES ANIMAUX SAUVAGES DANGEREUX
- Faii'e du camping, c’est, en dehors du délassement physique, une cure de rajeunissement moral qui nous ramène aux jours d’enfance, quand nous jouions au peau-rouge ou au trappeur, et que le moindre coin de jardin devenait à nos yeux savane, jungle ou pampa.
- Ces vastes espaces vierges, quelques hectares de lande, de forêt ou de montagne peuvent encore nous en donner l’illusion. Mais la copie se rapprocherait beaucoup mieux du modèle si on la peuplait de bêtes féroces, comme il se doit.
- La condition semble impossible à réaliser dans nos pays. Pourtant, si l’on s’en veut donner la peine, il sera facile, sans sortir de nos frontières, de trouver un nombre impressionnant d’animaux réellement dangereux, capables, le cas échéant, d’attenter à notre vie...
- Empressons-nous d’ajouter que cette dernière possibilité est tellement minime qu’elle ne saurait entrer en ligne de compte pour nous empêcher de nous livrer à notre sport favori. Il suffit d’ailleurs de la signaler et de prendre d’élémentaires précautions contre elle pour l’éliminer tout à fait. Mais savoir qu’elle existe est le condiment nécessaire pour goûter dans toute sa saveur le charme des solitudes et nous donner un peu, au retour des vacances, figure de héros !
- *
- # *
- Renonçons toutefois à nous mesurer avec de vrais fauves.
- Les loups, qui auraient très bien pu troubler notre
- p.411 - vue 415/439
-
-
-
- sommeil sous la tente, il y a moins d'un siècle, ont pratiquement disparu de notre territoire. Et même si nous nous installons dans les profondeurs les plus cachées des Pyrénées ou du Vercors, rien ne nous permet d’espérer qu’un ours viendra visiter notre campement, Voilà quelques années, cependant, un groupe de jeunes filles en excursion du côté de la vallée d’Aure croisa sur son chemin un de ces formidables carnassiers. La terreur fut grande. Nous voulons dire la terreur de l’ours, qui détala de toute sa vitesse, avec les signes de la plus violente émotion.
- Ën y mettant beaucoup de bonne volonté, nous aurons plus de chances d'affronter le péril des serpents venimeux.
- Ceux-ci, on le sait, sont représentés dans nos pays par les vipères, et deux especes y sont assez communes. Par une aimable attention de la nature elles sont réparties un peu partout sur notre sol cl point n’est besoin d’aller loin pour les trouver. Elles sont même à la disposition des Parisiens, pour les sorties du dimanche, à quelques lieues de la capitale, soit sous la forme de l’Aspic dans la forêt de Fontainebleau, soit sous celle de la Berus, dans la région de Montmorency.
- En règle générale, et avec plus d’une exception, la première est plutôt un hôte de la région méridionale (Centre, Sud-Ouest, etc.) la seconde du Nord cl du Nord-Ouest. Leurs mœurs diffèrent par quelques détails, l’Aspic recherchant volontiers les endroits secs et rocailleux, la Bcrus les ombrages un peu humides. Ni l’une ni l’autre n’alluque l’homme et, comme tous les animaux, elles prennent la fuite devant lui. Ce n’est que lorsqu’elles se croient en danger et dans l’obligation de se défendre qu’elles mordent, par exemple lorsque grimpant sur un rocher, ramassant un fagot ou explorant une broussaille, on pose, sur leur corps endormi, la main ou le pied.
- Surprise, la vipère se dresse, ouvre largement la gueule, redresse ses crochets et, se servant de sa tête comme d’une sorte de marteau, frappe son agresseur.
- La douleur est vive et brûlante. En peu d’instants, le point atteint se gonlle, rougit, noircit, se complique bientôt d’élancements dans tout le membre frappé. Si l’on n’intervient pas, les malaises s’aggravent : ralentissement du pouls, troubles de la vision, syncopes, vomissements, diarrhées hémorragiques. Quand la dose du venin est forte, la température extérieure élevée, quand le blessé est un enfant et est atteint au cou ou à la face, la mort peut se produire, par asphyxie.
- Il n’est donc pas absurde de se tenir sur ses gardes,
- Fig. 1. — Pour reconnaître les vipères des couleuvres.
- Ces vipères ont plusieurs rangs de plaques entre les yeux et la bouche. De gauche à droite : couleuvre, vipère bérus, , vipère aspic, d’après Mmo Phisalix.
- dans les lieux que, par la rumeur publique, on sait infestés. La mode des sandales qui laissent le pied nu n’est pas à recommander en ces régions et il faut regarder où l’on s’assied, où l’on s’appuie. Moyennant quoi on ne court aucun risque, jamais vipère n’ayant mordu sans provocation.
- Si malgré tout, l’événement se produit, le premier devoir est de garder son calme. Il paraît en effet démontré que les nerveux qui s’affolent augmentent la gravité de leurs troubles, peut-être à cause des mouvements désordonnés de leur cœur.
- Bien entendu, aussitôt qu’on le pourra, on fera usage du sérum spécifique, autant que possible sous la surveillance du médecin ou du pharmacien de la localité. A son défaut, et parce qu’il faut surtout agir vite, la méthode à suivre est d’empêcher la diffusion du venin dans le sang, en ligaturant le membre au-dessus de la plaie et en ouvrant celle-ci à l’aide d’un canif, pour la faire saigner. On la lavera à grande eau, si l’on n’a rien de mieux sous la main. L’alcali, l’eau de Javel, étendus d’eau, l’acide phénique étendu d’alcool, une solution de permanganate de potasse à i pour xoo, dont, on. baignera la blessure, permetti'ont d’attendre les secours d’un praticien.
- Si nous continuons de parcourir la série animale à la recherche des « monstres » capables de nous nuire, c’est dans le monde des poissons que nous allons entrer maintenant.
- Gomme nous avons fait pour les loups, perdons toute espérance de nous faire happer par un requin, à l’heure du bain. Contrairement à l’opinion admise, les requins, les vrais requins des récits d’aventures, ne sont pas absents de nos eaux, et un naturaliste anglais du siècle dernier a signalé le danger de se baigner au large des côtes, du bord d’un yacht, par exemple. Mais ce danger paraît absolument théorique et, à notre connaissance, ne s’est jamais réalisé dans notre pays.
- Une fois encore, il faut nous rabattre sur les espèces venimeuses. Ici, nous avons le choix. Et pour peu que nous aidions la nature avec une obstination suffisamment complaisante, nous pourrons nous faire mettre à mal par de redoutables ennemis.
- Le plus sérieux est la vive.
- Le genre comporte plusieurs espèces, dont les pêcheurs simplifient la classification en distinguant la petite de la grande. C’est à la première surtout qu’ont affaire les amateurs, soit qu’ils manient inconsidérément le contenu de leur filet à crevettes, soit qu’ils se précipitent sur la pelletée de sable où remue quelque chose, quand ils y cherchent des lançons.
- Au moindre contact qui le menace, le poisson redresse sa nageoire dorsale, munie d’une épine aigue et creuse, communiquant avec des glandes à venin. La piqûre est toujours très douloureuse, même quand elle n’a pas de suites graves. Elle se complique généralement d’une forte enllure, puis peuvent survenir des troubles cardiaques, abaissement de la température, syncopes, etc. Il arrive que l’amputation soit nécessaire et on a même cité des cas mortels, par suite de gangrènes rongeant jusqu’à l’os. Il semble d’ail-
- p.412 - vue 416/439
-
-
-
- 413
- Fig. 2. — Les poissons dangereux de nos côtes : la grande vive, la petite vive et le trygon ou tcre, d’après Mme Phisalix.
- leurs qu’en ces circonstances l’aggravation soit due surtout à une infection secondaire, par absence de soins hygiéniques suffisants.
- Quoi qu’il en soit, une piqûre de vive est un accident qu’il faut toujours prendre an sérieux. L’expulsion du venin, par les moyens indiqués pour la vipère, une asepsie rigoureuse, sont les premiers menls à appliquer. L’essence de térébenthine répandue sur la plaie passe pour donner de bons résultats. Nous citerons, sans garantie, le procédé adopté par les marins et qui, disent-ils, a fait ses preuves : il consisle à frotter énergique-quement la blessure avec le foie, ou même simplement la chair du poisson, auteur de l’accident.
- D’aulres espèces sont douées d’un pouvoir analogue, plus ou moins actif ; les scorpènes sont du nombre et aussi quelques groupes voisins des raies, tels que les trygons, les paslenagues, etc. Citons encore les murènes, dont la morsure est extrêmement redoutée par les pêcheurs méditerranéens, avec quelque exagération méridionale d’ailleurs. Quant aux torpilles, non venimeuses, mais capables, on le sait, de se défendre par des décharges électriques, elles ne produisent qu’une désagréable secousse, ou touL au plus un engourdissement passager.
- Le monde des eaux, puisque nous y sommes, nous fera connaître d’autres empoisonneurs professionnels.
- Quand le vent ou les courants de marée font échouer sur la plage de grosses méduses, si vous interrogez dix baigneurs, neuf vous avertiront que ces espèces de tas de gélatine visqueuse sont des êtres dangereux et que, si vous avez le malheur d’y loucher, la peau vous en cuira, sans parler des suites.
- Il faut d’abord poser en principe que tous les Cœlentérés, classe dont font partie les méduses, sont venimeux et que certains d’entre eux, tels que les Physa-lies des mers chaudes, le sont toujours, et très dangereusement, pour l’homme. Quant au groupe dont nous parlons, et qui a des représentants très communs jusqu’au bord de nos plages, il renferme, pour ainsi dire, des empoisonneurs à éclipses, violemment urti-canls dans tels parages ou à telle saison, parfaitement inoffensifs dans d’aulres et, le plus souvent en somme, dans ce dernier cas.
- Dans le doute, il est préférable de s’abstenir, d’autant plus qu’il n’y a vraiment à tirer aucun profil d’une méduse échouée. Mais les grosses Cyanées, dont la cloche peut atteindre i m de diamètre, les Rhizoslo-rnes, si communs, surtout sur nos côtes du nord, par vent d’est, provoquent parfois des urticaires très dou-
- loureuses et divers accidents généraux assez sérieux pour qu’on n’en coure pas le risque.
- Revenons à terre. Une importante catégorie d’indésirables nous y attend, bien plus agressifs que tous ceux que nous venons de voir et, cette fois, que nous ne pourrons guère éviter. Ce sont les insectes et leurs voisins, araignées, scorpions, etc.
- Passons rapidement sur ces derniers. Il pourra très bien nous arriver, si nous campons dans le midi, de partager notre couchette ou l’abri de nos murs de toile avec un scorpion ou une scolopendre. Ne nous frappons pas, même si l’animal nous pique. Les espèces de nos contrées sont pratiquement inoffensives, et, à défaut de remèdes spécifiques, quelques gouttes d’eau
- Fig. t}. — La scolopendre et le scorpion d’Algérie d’après Mme Phisalix.
- p.413 - vue 417/439
-
-
-
- = 414 --------•• ..
- de Cologne, d’alcool camphré ou d’alcool de menthe, auront vite fait d’apaiser nos tourments.
- Abeilles, guêpes, frelons, etc., n’attaquent guère que pour se défendre et les seules précautions à prendre sont de ne les point provoquer, et aussi de ne pas saisir ou mordre un fruit sans l’examiner sur toutes ses faces. Une piqûre, sans gravité en un point quelconque du , corps, devient extrêmement dangereuse si elle atteint le pharynx ou les régions voisines, l’enllure bouckant en ce cas les conduits respiratoires et provoquant la mort par étouffement.
- Plus désagréables sont les taons, véritable fléau du sous-bois en certaines localités. Ceux-ci vous assaillent pour se gorger de votre sang et leur piqûre provoque des oedèmes très douloureux, occupant une grande surface du corps et ne se résorbant qu’au bout de plusieurs jours.
- Enfin, le plus classique et le plus acharné ennemi du campeur est le moustique. Certaines excursions en canoë, avec haltes nocturnes sur les rives, finissent par devenir d’intolérables supplices, du fait de cet insaisissable, innombrable et exaspérant voisin. Il faut réellement compter avec lui avant de se mettre en route, le prévoir et, faute de pouvoir le vaincre, organiser la défensive pour se protéger de ses assauts.
- Par bonheur, les espèces de nos pays se contentent de faire leur métier de buveuses de sang et n’ajoutent pas aux bénéfices de leur profession ceux de porteuses
- POUR LIRE AVANT DE
- Voici les vacances et, avec elles, les randonnées à bicyclette, en automobile, les repas champêtres, le camping, les baignades en rivières ou à la mer, les ascensions en montagne et aussi les accidents dus à l’imprudence ou à la fatalité, aggravés trop souvent par l’ignorance de certaines pratiques élémentaires.
- Apprenez donc à agir d’une façon avisée, correcte et prudente en présence de ces accidents.
- Il ne s’agit pas de faire œuvre de médecin. Votre rôle est exclusivement de parer aux dangers immédiats et d’écarter toutes influences susceptibles de compliquer ou entraver la guérison naturelle ou médicale.
- S’agitait d'une piqûre ? — Il en est de simplement pénibles (moustiques, taons) (Q : il suffit alors de toucher la partie piquée avec une goutte d’iode ou de solution de formol.
- Il en est de plus graves (abeilles, guêpes, frelons). Il faut alors :
- i° Ne pas écraser l’insecte sur la plaie, ce qui achèverait de vider la poche à venin ;
- 2° Extraire le dard resté dans la plaie, à l’aide d’une pointè> d’aiguille propre ;
- 3° Faire saigner et sucer la plaie fortement ;
- 1. Comme préservatif vous pouvez employer des lotions d’essence de Citronelle.
- de germes, nous épargnant ainsi de graves et souvent mortelles maladies. Mais certains tempéraments, plus nerveux ou plus sensibles, n’arrivent jamais à s’habituer à leurs piqûres, y réagissent avec excès et en éprouvent de vives souffrances. En outre des grattages répétés peuvent provoquer des infections locales qui ne sont pas toujours sans danger.
- La seule défense efficace est la moustiquaire. On en fabrique de très légères et de très portatives qui sont d’un grand secours en région suspecte et peuvent être établies instantanément au-dessus d’un lit de camp ou même d’un hamac.
- Si l’on est piqué, une goutte d’un mélange d’une partie de formol pour deux d’alcool et d’eau, ou un allouchemenl de teinture d’iode, suffisent à procurer un soulagement presque immédiat.
- *
- * *
- Tels sont les principaux ennemis que nous risquons de rencontrer pendant nos vacances. Gomme on le voit, ils ne sont pas bien terribles, les plus dangereux étant les plus facilement évitables. Quant aux autres, ils jouent, dans la jungle où nous rêvons d’êli'e, un rôle indispensable du féroce anthropophage. Et nous ne pouvons guère leur reprocher autre chose que de le tenir avec trop de conviction.
- R. Tuévenin.
- PARTIR EN VACANCES
- 4° Appliquer une goutte d’iode ou une compresse d’eau fortement salée ;
- Il en est de dangereuses (scorpions), rares dans nos contrées. La conduite à tenir sera la même que pour les morsures de serpents (voir plus loin).
- S'agit=iî d'une plaie véritable (coupure ; contusion, arrachement) ?. — Un double danger menace : l’hémorragie, qu’il faut maîtriser tout de suite ; l’infection, qu’il faut réduire à son minimum.
- Pour arrêter l’hémorragie, n’appliquez jamais sur la plaie de l’amadou, du perchlorure de fer ou toute autre substance empiriquement recommandée, presque toujours sans efficacité et trop souvent irritante ou infectante.
- Si le sang s’écoule, vermeil, par jet saccadé, une artère est lésée, le cas est sérieux. Il faut agir par compression, entre le cœur et la plaie, soit sur le trajet de l’artère, soit par application d’un garrot.
- La compression directe de l’artère (fig. i et 2) ne nécessite aucun matériel, mais elle exige quelques connaissances anatomiques, et elle devient rapidement fatigante. Elle est toutefois seule utilisable quand la plaie porte sur les parties hautes d’un membre, sur le cou ou sur la face.
- Le garrot consiste en l’application d’une bande
- p.414 - vue 418/439
-
-
-
- (caoutchouc, serviette pliée en cravate, bande de toile, mais jamais bande de crêpe) au-dessus de la plaie (et non sur elle), ou bien autour de la base du crâne en cas de blessure du cuir chevelu. On la serre jusqua arrêt complet de l’écoulement du sang (fig. 3).
- Ce procédé est efficace, simple, mais douloureux et il devient dangereux si son application est exagérément prolongée. Son application ne peut donc être que provisoire en attendant la ligature de l’artère, qui est du domaine exclusif du médecin.
- Si le sang, de couleur moins vive, ne s’écoule pas en jet (lésions des veines ou des capillaires) : il suffit de placer la partie blessée en position haute et d’appliquer un pansement ouaté, épais et fortement serré.
- Pour prévenir l’infection, ou au moins la limiter : moins vous toucherez à la plaie, mieux cela vaudra.
- Vous vous bornerez à :
- Nettoyer ses abords avec de l’eau bouillie savonneuse ou mieux en appliquant de la teinture d’iode ; mais ne laissez jamais sur place une compresse imbibée de ce produit et prenez soin de toujours lui laisser le temps de s’évaporer avant de fermer le pansement, de façon à empêcher toute action caustique retardant la cicatrisation. ;
- 2° Panser ensuite avec une compresse de gaze aseptique sèche, maniée avec des mains propres ou mieux avec une pince flambée (x) ;
- 3° Recouvrez d’une couche épaisse d’ouate hydro-
- 1. Il existe dans le commerce des pansements tout préparés du type de ceux de l’armée : ils devraient figurer dans tout sac de touriste.
- Fig. I et 2. — Compression artérielle (au bras, à l’aine, au cou).
- 415
- phile (jamais de pansement humide, ni de tafetas) et maintenir le tout avec une bande serrée assez fortement sans toutefois arriver à arrêter la circulation.
- Il appartiendra ensuite au médecin de lever le garrot, de pratiquer les ligatures, de régulariser, s’il y a lieu, la plaie, d’appliquer des points de suture, toutes interventions, qui ne peuvent et ne doivent être pratiquées que dans des conditions matérielles parfaites.
- C’est à lui également qu’il appartiendra de décider de l’opportunité d’une injection de sérum antitétanique (x).
- S’agi tri 1 d’une plaie par morsure ? — Ne recourez jamais à la cautérisation au fer rouge, inefficace et barbare.
- Dans le cas d’un serpent venimeux, il faut :
- i° Empêcher le passage du venin dans la circulation, en appliquant une bande serrée, comme pour arrêter une hémorragie ;
- 2° Évacuer le venin resté dans la plaie, en aspirant avec la bouche (à condition qu’elle ne présente pas d’écorchures) ou à l’aide d’une ventouse, après avoir au besoin élargi la plaie d’un coup de lancette flambée ;
- 3° Faire pratiquer sans retard une injection de sérum antivenimeux (2).
- Dans le cas d’un chien ou d’un autre animal non venimeux : le traitement de la plaie ne diffère pas de celui des plaies confuses banales.
- Toutefois il faut compter avec la possibilité de la rage. Il y aura lieu de faire mettre l’animal en observation : si, au bout de io jours, il n’a présenté aucun signe de maladie, sa victime n’a rien à craindre. S’il s’agit d’un animal errant, il sera prudent de s’adresser à l’Institut Pasteur.
- Fig. 3. — Garrot.
- En haut : en cours d’application ; en bas : en place et lixe.
- 1. Cette injection est indispensable dans le cas de plaies irrégulières souillées de fumier ou de terre. Son opportunité dans les autres cas se posera d’une manière moins angoissante dans l’avenir, quand sera généralisée la pratique des injections préventives de vaccin antitétanique dès l’enfance.
- 2. L’Institut Pasteur délivre des nécessaires permettant cette injection aseptiquement et sans seringue.
- p.415 - vue 419/439
-
-
-
- 416
- Fig. 4.
- Immobilisation de fortune.
- S’agit-il d’une brûlure ? — Les brûlures de faible profondeur et de petite surface ne nécessitent que de la propreté et des pansements simples (l’acide pierique, l’ambrine, le tanin rendent de réels services).
- Les grandes brûlures (dont la gravité dépend plus de leur étendue que de leur profondeur) s’infectent avec une exti'ême facilité et entraînent couramment des accidents graves d’intoxication pouvant être mortels.
- Leur traitement exige des conditions d’àsepsie aussi grande que les opérations chirurgicales les plus importantes. Votre rôle (tout provisoire) consistera donc en pareil cas à :
- i° Soustraire le blessé à la cause de la brûlure et enlever les pièces de vêlement en feu ou imprégnées de produits brûlant, sans chercher à mettre les plaies à nu.
- a0 f e réchauffer, le désaltérer comme un grand blessé et le transporter le plus rapidement possible dans un endroit où il pourra être déshabillé et recevoir les soins médicaux appropriés à son cas (asepsie de la plaie, tannage, etc.).
- Fig. f*. — Transport d’un blessé entièrement immobile.
- S’agit-il d’une fracture ou d’une luxation ? —
- Soupçonnez-en l’existence si le blessé est incapable de mouvoir spontanément un membre ou un segment de membre, avec ou sans déformation apparente.
- Ne cherchez pas à confirmer celte impression en cherchant s’il existe une mobilité anormale ou de la crépitation : vos manoeuvres intempestives pourraient aggraver les lésions.
- Contentez-vous de mettre le blessé dans les meilleures conditions de transport sans risques ni douleurs excessives. A cet effet l’ensemble du membre doit être transformé en un tout rigide à l’aide d’un tuteur immobilisant toutes les articulations (fig. 4).
- 11 y a même avantage à pratiquer un véritable boudinage en fixant, suivant le cas, les membres supérieurs au tronc on les membres inférieurs entre eux et en solidarisant le tout avec une pièce de bois enroulée dans une couverture ou un large coussin (fig. 5).
- Dans le cas de faible fracas d’un membre supérieur, il suffira d’appliquer la grande écharpe (fig. 6).
- Y a-t-il perte de con-naissance ou apparence de mort ? — Ce qui se rencontre aussi bien dans les cas d’asphyxie banale, que dans ceux de noyade ou d’action de l’électricité (foudre ou courants industriels) .
- Il faut :
- i° Tout d’abord soustraire le blessé à l’action nocive C) ;
- a0 Allonger le blessé, desserrer ses vêtements (col, cravate, pantalon) et, sans désemparer, pratiquer la respiration artificielle de Schaefer (fig. 7 et 8).
- Les chances de succès sont proportionnées à la persévérance de l’opérateur : on a vu des résultats heureux, surtout chez les électrocutés, après plus d’une heure de travail (2).
- S’agit-il d’un empoisonnement ? — Il résulte le plus souvent d’un défaut d’attention ou d’une imprudence : tels que l’ingestion de conserves avariées ou de champignons vénéneux. Ils devraient être toujours 'évités. Il suffirait :
- i° De rejeter toute boîte de conserves bombée, dont
- 1. Pour séparer le blessé du conducteur de courant, ne jamais Je toucher directement ; se servir d’un morceau de bois bien sec ou de gants de caoutchouc, en se plaçant, s’il s’agit de courants de forte intensité, sur un tabouret isolant improvisé avec des planches posées sur des bouteilles.
- 2. A Paris, il faut toujours faire appel au service spécialisé aies Sapeurs-Pompiers, qui possède un matériel perfectionné permettant de faire cette respiration artificielle prolongée, efficacement et sans fatigue et de pratiquer en même temps l’inhalation d’oxygène ou de carbogène (à l’aide d’un masque approprié).
- Fig. 6. — Grande écharpe.
- p.416 - vue 420/439
-
-
-
- l'ouverture dégage une odeur mauvaise ou dont le contenu gélatineux est devenu liquide ;
- a0 De ne consommer des champignons de ramassage qu’après examen par une personne compétente, portant, pièce par pièce, sur des champignons complets. Il faut donc toujours les déterrer et non les arracher, de façon à avoir le pied, partie essentielle pour la détermination des espèces nuisibles.
- Quant aux procédés empiriques (pièce d’argent qui noircirait au contact de champignons vénéneux, etc.), ils ne donnent qu’une sécurité illusoire.
- L’attention devra être attirée sur un empoisonnement possible par l’apparition subite de douleurs dans le ventre, de vomissements, de diarrhée, de prostration, d’excitation ou de signes de syncope ou d’asphyxie.
- 11 faudra cependant se garder d’intervenir activement en dehors de commémoratifs certains d’absorption de produits nocifs. Les mêmes troubles se rencontrent en effet plus ou moins au complet dans des affections organiques graves, telles que notamment l’appendicite et les perforations intestinales, où la seule conduite non nuisible est la mise au repos absolu et à la diète totale, avec application d’une vessie de glace sur le ventre.
- S’il y a certitude d’empoisonnement, il faut :
- i° Débarrasser le tube digestif en faisant vomir si l’ingestion nocive est récente, par un lavement purgatif dans le cas contraire ;
- 2° Neutraliser le poison restant, en faisant absorber de l’eau additionnée de blancs d’œufs battus (eau albumineuse) ou de marc de café, substances que l’on a presque toujours sous la main, à défaut d’autres antidotes, tels que notamment le charbon animal (Q ;
- 3° Entretenir le fonctionnement des organes essentiels (respiration artificielle, s’il y a lieu, réchauffement, absorption de café fort, etc.), en attendant l’intervention plus active du médecin (lavage d’estomac, injections médicamenteuses diverses).
- S’agit-il d’accidents dus au itoid ou à la chaleur ? — Les gelures, au cours de la pratique de l’alpinisme banal, se réduisent en général à une simple pâleur subite du nez ou des extrémités avec engour-
- 1. Évitez les corps gras et l’alcool : ils peuvent faciliter le passage de certains toxiques (phosphore, phénols), dans la circulation en les dissolvant.
- dissement : il suffit de frictionner vigoureusement la partie atteinte avec de la neige et de ne l’exposer à une chaleur vive que lorsqu’elle aura repris sa coloration tout à fait normale.
- Exceptionnellement vous vous trouverez en présence d’une chute dans une crevasse. Il faudra alors exhorter la victime à S’agiter sans cesse et à résister au sommeil (sous peine de mort) pendant toute la durée des opérations de sauvetage.
- Le coup de soleil n’est qu’une brûlure habituellement légère et ne s’accompagnant que de faibles malaises : un peu de poudre et au besoin de repos suffisent. Tout autre est l’insolation. Elle est caractérisée, quand elle est au complet, par une sensation intense de lassitude, avec vertiges, gêne de la respiration, anxiété, démarche titubante, sécheresse de la peau, se compliquant bientôt de chute, de perte de connaissance, de fièvre élevée (pouvant dépasser 4i°5), suivie trop souvent d’une issue fatale.
- De tels accidents graves ne se produisent guère que lorsque le surmenage ajoute ses effets à ceux de la chaleur excessive Ils sont plus faciles à prévenir qu’à guérir. Il faut toujours porter, lors d’exercices très fatigants par les grandes chaleurs, des vêtements très amples avec col ouvert.
- En cas d’apparition des premiers malaises, il faut éviter de se laisser tomber sur le sol surchauffé, mais s’étendre sur un banc, une table ou un lit de camp, de façon à permettre la circulation active de l’air tout autour du corps. Ne pas absorber de grandes quantités de liquide froid, mais se rafraîchir par affusions froides ou par immersion des bras et avant-bras dans un seau d’eau.
- Quant aux accidents graves, il relèvent de l’intervention du médecin (injections de sérum artificiel et de substances médicamenteuses diverses, etc.).
- Comme on le voit, c’est en somme presque toujours à l’intervention médicale qu’il appartiendra de dire le dernier mot. Notre but n’était pas de transformer le lecteur en un praticien capable de suffire dans tous les cas ; plus modeste il était simplement de faire que chacun puisse être utile parfois, nuisible jamais.
- Dr E. CONTET.
- Les figures ont été empruntées au Précis élémentaire de Soins aux malades, aux blessés et aux nourrissons, du même auteur, Masson et Cie, éditeurs.
- Fig. 1 et S. — Méthode de Schae{er : expiration et inspiration.
- p.417 - vue 421/439
-
-
-
- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE <»
- LES DIVERSES COUCHES SENSIBLES
- L’industrie produit aujourd’hui une variété considérable de plaques et de pellicules sensibles, ayant des propriétés différentes, et qui répondent toutes — plus ou moins — à un objet déterminé.
- Ces surfaces sensibles diffèrent d’abord les unes des autres par leur « rapidité », c’est-à-dire par leur propriété d’enregistrer, plus ou moins facilement, les actions lumineuses; on les classe, de ce fait, en plaques de sensibilité extrême, en plaques extra-rapides (ou ultra-rapides), en plaques rapides et en plaques lentes. Toutes ces plaques sont surtout sensibles au bleu et au violet.
- Les surfaces sensibles diffèrent encore par leur aptitude à reproduire, avec plus ou moins de fidélité, l’intensité relative des couleurs : les plaques panchromatiques sont sensibles à toutes les radiations du spectre ; les plaques orthochromatiques (ou isochromatiques) sont affectées par une partie seulement de ces radiations.
- Enfin, toutes les plaques peuvent recevoir une préparation spéciale en vue d’atténuer ou de supprimer le <c halo » : ce sont les plaques anti-halo.
- Les progrès considérables réalisés dans la fabrication des pellicules photographiques ont eu pour conséquence la multiplication du nombre des appareils de petits formats (6,5 x n et 6 x 9 et au-dessous). D’autre part, l’accroissement très rapide du nombre des appareils de très « petit format » (6 x 6, 3 x 4, 24 x 36 mm, etc.) donnant de petites images nécessitant de très forts agrandissements, a conduit à la recherche de surfaces sensibles « à grain fin ». La plupart des pellicules actuelles sont donc panchromatiques, ultrasensibles, anti-halo et souvent à grain fin.
- Les pellicules présentent un grand avantage pour l’amateur qui n’aime pas s’embarrasser d’un bagage encombrant : grande légèreté, absence de fragilité et surtout possibilité de recharger les appareils en plein jour.
- Il ne viendrait plus à personne l’idée d’emporter en excursion une caisse volumineuse — même pliante — comportant, de part et d’autre, des manchons inactiniques se fixant autour des bras, et de recharger des châssis à plaques au coui's d’une ascension en montagne...!!
- A côté de ces avantages, la pellicule présente un inconvénient — et il est de taille — c’est l’impossibilité à peu près complète de développer les vues une par une. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur ce sujet un peu plus tard, et d’exposer comment on peut, en partie, remédier à cet inconvénient.
- Certaines plaques permettaient la photographie directe des couleurs (plaques « autochromes »). Mais ces plaques ne se fabriquent plus sur verre ; elles ont été remplacées — très avantageusement — par des films semi-rigides ou souples : « Filmcolor » et pellicules <c Lumicolor ».
- Enfin, depuis peu, d’autres procédés sont venus apporter à l’amateur le moyen de photographier les couleurs de la nature : pellicules « Kodachrome », « Dufaycolor », a Agfa-color ». Sauf pour le second de ces procédés, il faut presque toujours recourir à des spécialistes pour le développement et la finition des films, opérations que les amateurs ne peuvent actuellement effectuer eux-mêmes, à moins d’être particulièrement habiles.
- Certaines* surfaces sensibles ont été établies en vue d’ap-
- i. Voir les nos 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 298b, 2987, 2989, 2993, 2996, 2999, 3002, 3006, 3010, 3012 et 3023.
- plications bien déterminées : telles sont les plaques radiographiques pour la photographie aux rayons X ; les plaques infra-rouges pour la photographie de la partie infrarouge du spectre (employées notamment pour la photographie des lointains, même par temps de brume), etc.
- Enfin, en vue des tirages positifs sur verre (sléréoscopie, projections, vitraux, etc.) on utilise des plaques « positives » ou « diapositives » : plaques à tons noirs, plaques à tons chauds, plaques sur verre opale, plaques avec émulsion « dépolie », etc. Pour ccs tirages positifs, on emploie parfois, avec grand succès d’ailleurs, certaines plaques lentes ayant un grain très fin.
- Les plaques et les pellicules, suivant les firmes qui les fabriquent, sont désignées sous des noms divers (que nous n’avons pas à examiner ici).
- Certains fabricants — exploitant en cela l’ignorance ou la crédulité des amateurs peu expérimentés — insistent surtout, dans l’annonce de leurs produits sur la « rapidité », sur la « sensibilité » des surfaces proposées : tout le répertoire des superlatifs a été largement mis à contribution pour dénommer les produits présentés. On ne compte plus les « ultra », les « super », les « hyperrapides ». Et, d’ailleurs, la plaque « la plus rapide du monde » n’est-elle pas proposée par plusieurs maisons ?
- Si, un jour, on découvre un moyen d’accroître effectivement, et d’une manière très appréciable, la sensibilité des plaques, on peut se demander à quel langage on aura alors recours pour baptiser ces émulsions de l’avenir?
- La « sensibilité » à la lumière —• ou la « rapidité » qui en est la conséquence — est évidemment un facteur primordial. Quel temps gagné dans certains cas; quels nouveaux travaux en perspective ! L’astronome, qui est obligé de poser 35 ou 4o heures pour photographier une lointaine nébuleuse, verrait, avec quel plaisir, doubler, tripler, décupler la sensibilité des émulsions qu’il emploie. Quel idéal' pour lui d’obtenir en 4 heures et une seule nuit ce qu’il ne réussit qu’en 10 fois plus de temps et en 7 ou 8 nuits ! Mais, pour qui connaît la curiosité des savants, il est probable que-l’espoir d’une découverte possible les pousserait à entreprendre de nouvelles expositions de 4o heures, sur des sujets-actuellement inaccessibles à leurs moyens ?
- La « sensibilité » est le facteur que recherchent généralement ceux que — dans une précédente Causerie — nous-avons appelés « les débutants » !
- L’amateur expérimenté se contente souvent — sauf applications spéciales — des surfaces dites extra-rapides d’autrefois (qui paraissent si lentes aujourd’hui). Mais comme il obtient d’excellents résultats avec ccs plaques, on est porté à conclure que la voie qu’il suit n’est pas, après tout, la plus mauvaise.
- Nous sommes à une époque où nous ne nous contentons plus d’à peu près. Un chiffre précis nous renseigne mieux que tous les discours, que toutes les dénominations. On a donc cherché à exprimer par des nombres la sensibilité des diverses couches photographiques. En réalité, c’est là un problème assez complexe. La diversité des méthodes employées, les discordances rencontrées prouvent qu’il y a encore beaucoup à faire dans cette question de la mesure de la sensibilité des émulsions. Faut-il rappeler qu’on l’exprime soit en degrés II. et D. (Hurter et Driffield), soit en degrés Eder-IIecht, soit en degrés Scheiner et, plus récemment en degrés DIN ?
- p.418 - vue 422/439
-
-
-
- Nous aurons prochainement l’occasion de revenir plus en détail sur ces questions, quand nous aborderons l’étude de la a sensitométrie ».
- Pour le moment, et pour clore cette rapide revue des surfaces photographiques que l’amateur est à même d’employer, demandons-nous dans quel cas nous devons faire usage de telle ou telle émulsion ?
- Le regretté savant F. Monpillard, qui a tant travaillé la question des écrans et l’absorption des couleurs, a fait cette expérience devenue classique. Il a réuni en un bouquet diverses fleurs, de tonalités diverses, puis il a photographié cet ensemble d’abord sur une plaque ordinaire (surtout sensible au bleu, à l’indigo et au violet), puis sur une plaque orthochromatique, avec écran jaune assez saturé. Voici le résultat de ces essais, traduit en positif :
- Fleur
- Rose thé Dahlia simple Dahlia simple Montbrelia Rei d e-Marguer i le Chrysanthème d’été Soleil
- Couleur
- Rose très clair Jaune soufre Brun rouge très foncé Jaune orangé Violet mauve Jaune d’or Jaune d’or
- On remarquera combien la plaque orthochromatique rend mieux compte des intensités relatives des couleurs que la plaque ordinaire. L’expérience ci-dessus nous indique évidemment que, chaque fois que nous aurons à photographier
- 419
- des objets colorés, nous devrons employer des plaques orthochromatiques. Ces plaques ont, nous l’avons dit, une sensibilité poussée vers le bleu : donc si dans le sujet il y a du bleu (qui viendrait blanc en positif) on utilisera un écran jaune plus ou moins dense. C’est le cas pour les paysages avec ciel bleu et nuages.
- Si le sujet comporte des plages rouges, brunes, etc., et que l’on désire avoir les détails de ces plages, on emploiera des plaques panchromatiques. Mais si l’on désire reproduire un sujet peu coloré (texte écrit, gravure, façade de maison, machines, etc.) des plaques ordinaires suffiront.
- Où l’on reconnaît la supériorité des plaques orthochromatiques, c’est dans la photographie d’un paysage avec masses de verdure sombre. Avec ces plaques, ces masses de verdure montreront des détails dans les feuilles, les arbres;
- Plaque ordinaire
- Gris clair Gris Noir Noir
- Gris clair Presque noir Gris très foncé
- Plaque
- orthochromatique
- Presque blanc Gris très clair Presque noir Gris assez clair Presque noir Gris
- Gris très clair
- avec une plaque ordinaire, très peu sensible au vert, les arbres donneront une masse noire plus ou moins compacte, seulement interrompue par les reflets de lumière sur les feuilles et les branches. Em. Touciiet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1938, A PARIS
- Mois froid dans son ensemble, bien ensoleillé et très sec, remarquable surtout par sa pression barométrique exceptionnellement élevée.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 767 mm 7 est supérieure de 7 mm 5 à la normale et est, jusqu’à présent, celle la plus élevée obtenue en avril depuis 1874. Déjà en avril 1896, on avait obtenu une moyenne d’un millimètre plus bas que cette année. Le maximum absolu de la pression, 779 mm 8 (presque 780 mm o) noté le 11, à 8 h du matin, est également sans précédent au Parc Saint-Maur.
- La température moyenne, 8°,3, plus basse que celle du mois de mars précédent, est en déficit de i°,3 sur la normale et classe avril ig38 parmi les mois franchement froids. Si l’on excepte la journée du 4, la température est restée douce jusqu’au 8 inclus; c’est à cette période qu’appartient le maximum absolu mensuel, 2o°,5, le 2. A partir du 9, les moyennes journalières sont devenues inférieures à leurs normales respectives et sont restées généralement déficitaires jusqu’à la fin du mois. Les déficits ont été surtout accentués du 17 au 24, et on a enregistré le 19, le minimum absolu mensuel, —- i°,6. Il y a eu 4 jours de gelée sous abri, les 10, 11, 18 et 19 et 10 jours de gelée banche .
- . Dans la région, il a gelé sous l’abri, en divers points, une douzaine de jours, épars dans le mois.
- Les extrêmes de la température, pour la région, ont été : — 3°,o à Sevran et à Montesson le 18 et 2 2°,o à Brévannes le 2.
- Au Parc Saint-Maur les pluies, peu fréquentes (7 jours de pluie appréciable au lieu de i4) ont été en outre très peu
- abondantes. Le total mensuel, 9 mm 4, dépasse à peine le cinquième de la normale et classe avril 1938 au deuxième rang, depuis 1874, parmi les mois d’avril les plus secs; il vient immédiatement après avril 1893 (1 mm 2 en
- 3 jours). Deux journées seulement ont fourni un total supé-
- rieur à 1 mm : le 19 (1 mm 2) et le 22 (5 mm 5) où la pluie était accompagnée de neige.
- A Montsouris, la durée totale de chute, 25 h 5 mn, est inférieure de 48 pour 100 à la moyenne. Des flocons de neige, mélangés à la pluie, sont tombés sur quelques points les 20, 21 et 22. Le 3 et le 20, grêle par places. Gn a eu des brouillards matinaux, locaux et peu épais tous les jours du mois dans la région. Celui du ier a limité la visibilité à
- 100 m à Meudon et à Marly, le matin. La durée totale d’in-
- solation, à l’Observatoire de la tour Saint-Jacques, 204 h 35 mn, est supérieure de 19 pouf 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 65,8 pour 100 et celle de la nébulosité de 69,0 pour 100. On y a constaté : 1 jour de neige, 3 jours de gouttes, i3 jours de brouillard, i3 jours de brume, xi jours de rosée; les vents ont été très prédominants de N.-N.-E. Premier chant du coucou le 4 et arrivée des hirondelles le 24. La sécheresse prolongée et les gelées nocturnes paraissent avoir exercé sur les dates de floraison des effets variables suivant les espèces. Dans la deuxième quinzaine, certaines espèces, telles l’aubépine et l’arum avaient conservé sensiblement la même avance d’une dizaine de jours constatée généralement au début du mois, tandis que d’autres, telles le lamier blanc et la renoncule bulleuse, ont fleuri avec un retard d’une semaine.
- Em. Roger.
- p.419 - vue 423/439
-
-
-
- INVENTIONS ET NOUVEAUTES
- CYCLISME
- Le vélocar=tourisme.
- Avec les loisirs et le développement du camping, la bicyclette et le tandem connaissent une vogue nouvelle.
- La « petite reine » permet de parcourir de grandes distances sans fatigue, sans frais et constitue un véritable sport.
- Pour ceux qui désirent se livrer aux joies de la bicyclette avec plus de confort, un appareil a été réalisé qui
- comporte quatre roues munies de pneumatiques, avec direction par volant.
- Ce véhicule est muni de sièges confortables ; il permet à l’usager une position déclive moins Fig. 1. - Le vélocar fatigante ; l’effort pour
- de cyclotourisme. appuyer sur les pédales
- est réduit grâce au point d’appui sur le dossier du siège. Enfin, la protection contre les intempéries est assurée par une légère capote.
- De principe déjà ancien, cette machine a été constamment perfectionnée, et les modèles récents pour deux et même quatre places sont munis d’un changement de vitesse commandé par levier à boule, à trois ou quatre démultiplications, d’un différentiel, de roulements à billes annulaires, de pneumatiques ballon, de pédaliers indépendants, d’une direction à fusée orientable et barre d’accouplement (fig. i).
- Le châssis est en tube d’acier sans soudure, avec raccord en bronze d’aluminium, l’éclairage est obtenu par un alternateur. La carrosserie, de formes diverses, plus ou moins aérodynamiques, permet de transporter des bagages et des enfants.
- Le même constructeur a réalisé une machine à deux roues
- destinée à remplacer la bicyclette, à pédalage horizontal (fig. 2).
- Au lieu de grimper sur une selle étroite, le cycliste s’assied sur un siège à dossier rembourré comme sur une chaise, sans avoir besoin de prendre appui sur le guidon pour pousser les pédales. La position augmente la visibilité, et l’équilibre est plus aisé, par suite de Il est naturellement plus facile aussi de mettre le pied à terre.
- Cette bicyclette modifiée peut être établie de plusieurs manières différentes plus ou moins simplifiées, légère ou confortable, avec changement de vitesse, suivant les désirs de l’utilisateur.
- Établissements Mochet, G8, rue Roque-de-Fillol, à Puteaux (Seine).
- AUTOMOBILISME
- Nouveaux segments racleurs d’huile.
- La dépense d’huile entre pour une part importante dans les dépenses d’utilisation des automobiles, lorsqu’elle commence à augmenter par suite de l’usure du moteur et du jeu des têtes de bielle et des pistons dans les cylindres.
- Aussi a-l-on cherché à perfectionner les segments racleurs dont sont munis les pistons et qui sont destinés, en assu-
- Fig. 3. — Le segment racleur Bollée.
- rant l’étanchéité sans nuire à la lubrification, à empêcher la consommation excessive d’huile.
- Les racleurs d’huile utilisés sur la plupart des moteurs sont des segments spéciaux, caractérisés par une gorge et des fentes ou des trous qui permettent à l’huile de passer au fond de la gorge des pistons. La paroi des pistons est elle-même percée de telle façon que l’huile arrive à l’intérieur des pistons ; elle retombe ensuite dans le carter du moteur.
- Leur action est très souvent insuffisante.
- On vient de mettre sur le marché des nouveaux racleurs qui ont une action plus efficace et plus durable. Ils sont constitués par 3 segments très minces ayant un profil conique et dont la face inférieure est ondulée.
- Les 3 éléments sont superposés dans la gorge inférieure (au-dessus de l’axe du piston). L’huile passe entre les élé-
- Fig. 4. — Schéma de fonctionnement d’un racleur ordinaire quand le piston bascule dans le cylindre ovalisé.
- Fig. 5. — Schéma de fonctionnement des racleurs à 3 segments quand le piston bascule dans le cylindre ovalisé.
- menls dont la mobilité relative empêche la stagnation de l’huile et l’encrassement des passages d’huile.
- Les 3 éléments appuient séparément sur la paroi du cylindre ; ils sont indépendants les uns des autres ; on obtient donc un raclage à 3 étapes qui reste efficace dans le cas des moteurs usagés dont les pistons basculent à l’intérieur des cylindres ovalisés.
- Ces racleurs réalisent une économie considérable et très souvent suppriment toute consommation d’huile.
- Constructeurs : « Segments Amédée Bollée », Le Mans.
- p.420 - vue 424/439
-
-
-
- AUTOMOBILISME
- CANOTAGE
- 421
- Économiseur d'essence.
- Parmi les causes de consommation d’essence, il en est une peu connue, la volatilisation des vapeurs et le passage de celles-ci à travers la petite ouverture pratiquée dans le bouchon du réservoir.
- Cet orifice laisse entrer l’air dans le réservoir à mesure que l’essence est débitée par le carburateur, mais les parties les plus légères de l’essence se volatilisent et s’échappent par le minuscule trou d’air du bouchon, d’autant plus que la pression dans le réservoir est généralement très légèrement supérieure à la pression atmosphérique, de l’ordre de
- i5 mm d’eau. D’autres perles d’essence par évaporation se produisent à travers le couvercle de la cuve du carburateur, dans lequel la suppression est de l’ordre de 8 mm d’eau.
- Un inventeur
- ingénieux a établi un petit dispositif très simple, se posant facilement sur tout réservoir ou carburateur, pour condenser ces vapeurs et les rame-
- Fig. 6. — L’économiseur d’essence nci * masse
- Cossais. (fig. 6).
- Un chapeau
- protecteur empêche la poussière et la pluie d’entrer dans l’appareil. Un corps muni de rainures condense la vapeur d’essence et. canalise le liquide vers la cuve. Une soupape poinleau régularise le débit et un flotteur détermine sa fermeture au cas où l’essence l'emplirait la capacité intérieure. La cuve du condenseur forme siphon par un plongeur, et urte soupape d’admission d’air maitenue sur son siège par un ressort assure l’admission normale. Une soupape de sûreté, enfin, joue au cas d’une surpression anormale dans le réservoir.
- Cet appareil très simple s’est révélé comme un sensible économiseur; il supprime en outre le danger plus ou moins sérieux d’incendie constitué par la sortie de vapeurs d’essence légère à proximité du moteur ou de l’échappement. L’économie réalisée peut être de l’ordre de x 1 aux ioo km, ou davantage, suivant la capacité des réservoirs et la température.
- Cossais, 9, rue.de Mulhouse, Maisons-Alfort (Seine).
- Une innovation dans la construction du canoë.
- A l’instar des Indiens, pour qui le canoë est un mode de transport par eau, sur les rapides, l’usager européen demande à son embarcation trois qualités essentielles : étanchéité, légèreté (pour le portage et le passage des barrages), robustesse, sans parler des qualités manœuvrières.
- Un constructeur fi'ançais vient de s’assurer la licence d’exploitation en France d’un brevet nouveau, qui fait progresser prodigieusement la fabrication courante des canoës en bois.
- Ce procédé permet d’interpréter en bois moulé d’une façon spéciale, 1’ « osi », fameuse embarcation en écorce des Indiens Osis.
- Chacun sait que la technique courante dans la fabrication de la et canadienne » consiste à assembler des lattes de bois sur des nervures assez rapprochées pour donner à l’ensemble la rigidité et la solidité voulues (fig. 7). L’inconvénient de ce mode de
- fabrication est, en plus de la lourdeur, le manque d ’étan-chéité (le bois massif travaillant toujours par l’humidité et la sécheresse) . On a remédié au jeu du bois
- par une toile imperméabilisée avec un vernis coloi’é et au poids excessif en remplaçant le bois par plusieurs épaisseurs de toile enduites de caoutchouc, mais les déchirures sont fréquentes.
- Le Canoë « Osi » se présente tout différemment. Il est en bois moulé, mis en forme par des procédés spéciaux dont la conception hardie semble un défi aux méthodes courantes de travail du bois.
- Sur l’ossature formant la charpente de construction, viennent s’assembler les coques moulées en forme, d’une seule pièce (fig. 8), dont les couples mécaniques judicieusement étudiés concourent à assurer à l’ensemble la x’obustesse, en même temps que l’élasticité.
- Le matériau formant le bordé, conli’ôlé par les services de l’Aéronautique, est deux fois et demi plus robuste que le bois massif.
- La légèreté de l’ « Osi » permet à un homme seul de le porter aisément.
- L’absence totale des nervures donne une grande facilité de nettoyage et d’entretien : un seau d’eau projeté d’un bout à l’autre suffit.
- Ce canoë « Osi », entièrement en bois, présente en plus une ligne, un aspect agréables à l’œil, au toucher, il n’a pas le désagrément du métal d’être glacé s’il fait froid, brûlant au soleil,... c’est une belle réalisation qui tentera cet été bien des canoéistes.
- Constructeurs : Éts S. P. D. A., i3, rue Carrier Belleuse, à Pai'is (x5e).
- Fig. 7. — Assemblage des lattes dans la canadienne.
- Fig. 8. — Modèle de construction du Canoë « Osi ». Bois net de toute nervure.
- p.421 - vue 425/439
-
-
-
- 422
- Nouveau kayak pour le tourisme nautique.
- Le kayak doit être très Lien étudié en raison des difficultés particulières de sa construction.
- La première qualité à rechercher est la stabilité assurant la sécurité ; on l’obtient par une forme très plate en répartissant bien les poids. La maniabilité est déterminée par un tirant d’eau très faible et des étraves très relevées, n'offrant pas de résistance lors des évolutions. Il faut en outre réaliser un matériel aisément montable et démontable. Un constructeur spécialisé l’a obtenu en construisant un nouveau modèle dont la durée de montage n’excède pas
- Le Kayak K avili, pour tourisme nautique.
- fi mn pour un monoplace, et io mn pour un biplace. Ce résultat est atteint par la diminution du nombre des éléments séparés : les arceaux, le fond, les baguettes sont fixés sur la quille et se déploient en éventail par la rotation des arceaux.
- Les coques sont établies en tissu caoutchouté de 5 épaisseurs, métallisé dans la masse. Les pièces métalliques sont en laiton ou en alliages légers inoxydables.
- Ces kayaks d’une longueur de 4 m 20 à 5 m 20 et d’une largeur de o m 70 à o m 84 sont en plus de très bons voiliers ; ils peuvent être utilisés à la mer comme en rivière et supportent un chargement.
- Société Navik, 39, rue Roque-de-Fillol, Puteaux (Seine').
- POUR LE BIVOUAC EN HAUTE MONTAGNE Vêtements isolants.
- L’alpiniste Pierre Allain a étudié une série de vêtements protégeant à la fois contre la déperdition de chaleur et les intempéries. Cet ensemble comprend cinq pièces.
- Contre la déperdition de chaleur :
- i° Un sac de couchage individuel en forme, en duvet vif d’oie contenu dans des compartiments en soie naturelle. Une fermeture coulissante en haut permet d’avoir les épaules et le cou entièrement protégés. Le poids de cet article est de 75o gr.
- 20 Une veste —• gilet avec col, de même matièi’e, pesant 35o gr, croisant bien et munie aux manches et à la ceinture de tissu élastique pour la rendre parfaitement étanche.
- 3° Un matelas pneumatique en soie gommée de 4oo gr, isolant entièrement du sol, sauf les jambes.
- Contre les intempéries :
- 4° Une veste-cagoule à manches exécutée dans un étoffe composée de deux tissus de soie accolés par un gommage intérieur. Celte veste descend aux genoux et peut se replier jusqu’aux hanches par une fermeture coulissante. Les poignets se ferment par un tissu élastique. Le poids en est de 35o gr.
- 5° Un « Pied d’éléphant », sorte de fourreau, contenant les deux jambes de l’alpiniste, exécuté dans le même tissu et se réunissant à la veste par des boutons-pression triangulaires; poids 175 gr.
- Pour bivouaquer, l’alpiniste se débarrasse d’abord de sa
- Fig. 10. — L’équipement isolant complet.
- veste, enfile le gilet-veste de duvet, remet sa veste, passe la cagoule, enfile par les pieds le sac de couchage en duvet, puis la patte d’éléphant et introduit entre duvet et cagoule le matelas. Il boutonne ensuite la patte d’éléphant à la cagoule, rentre ses mains à l’intérieur, se couche en arrangeant le matelas. Il lui suffit de tirer le duvet par dessus les épaules en se servant de la fermeture coulissante. Que l’on se rassure, ces quelques opérations sont plus faciles à faire qu’à décrire.
- Les avantages de ce système, qui a été apprécié un peu partout, dans les Alpes, le Caucase, l’Himalaya, les Andes, etc. sont multiples : encombrement et poids total restreint et parfaitement acceptables pour les grandes courses ; efficacité parfaite contre le froid et les intempéries ; tissu exceptionnellement solide, l’étoffe de la cagoule et du <( Pied d’éléphant » étant la solution recherchée depuis tant d’années; en outre, chacune des pièces de l’ensemble n est pas exclusivement réservée à l’usage du bivouac, la veste-cagoule, par exemple, supprime les cagoules ordinaires, la veste-gilet rend inutiles les chandails, le « Pied d’éléphant » sert de sac pour de multiples besoins, etc.
- Disons pour terminer que ce matériel est de conception, de matières et de fabrication entièrement françaises.
- On le trouve chez l’inventeur et fabricant : l’alpiniste Pierre Allain, 29, rue Saint-Sulpice, Paris (6e).
- p.422 - vue 426/439
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les dictons et la prévision du temps. — Nous recevons de M. J. K., ingénieur E. S. E., habitant la Vendée, la lettre suivante :
- u La prévision du temps est une question qui intéresse presque tout le monde, les cultivateurs surtout, naturellement, mais aussi les citadins, ne serait-ce que pour les promenades et excursions de leurs jours de loisirs, de plus en plus nombreux. La science météorologique officielle, qui d’ailleurs n’a certainement pas dit son dernier mot, obtient de bons résultats pour les prévisions à très courte échéance ; mais pour les échéances lointaines, elle s’avoue complètement impuissante, laissant le champ libre aux prophètes dont les plus sérieux ne paraissent pas avoir obtenu encore de résultats bien probants : on se souvient entre autres, de l’échec retentissant d’une récente prédiction d’un « grand hiver », qui avait été reprise par presque toute la presse Ce ne sont pourtant pas les théories qui manquent, et certains se passionnent pour ou contre l’influence de la lune, du soleil ou des astres plus lointains. Et dans nos campagnes, on se l'épète encore quantité de dictons....
- et Installé depuis quelques années en Vendée, après avoir 'vécu très longtemps à Paris, j’ai entendu pas mal de ces dictons que ma formation scientifique m’incitait à accueillir avec le plus grand scepticisme ; j’ai pourtant voulu loyalement en contrôler quelques-uns, et parmi les plus intéressants et les plus simples, j’ai été très surpris d’en trouver au moins un qui s’est vérifié plusieurs années de suite : il s’agit peut-être de simples coïncidences, d’un caractère purement local, que des vérifications plus générales infirmeront rapidement. Avec l’ardeur du néophyte, je me risque pourtant à faire part de ma science encore fraîche.
- « Donc, ce dicton (qui n’est peut-être pas inédit, mais dont je n’avais jamais entendu parler avant de venir ici), prétend que « le vent qui règne le matin du dimanche des Rameaux, sera celui qui dominera pendant les trois-quarts de l’année suivante ». Comme ces dictons marquent souvent le souci d’ajouter à leur but pratique, un effet moralisateur, celui-ci précise même qu’il faut prendre le vent qui règne « au cimetière, à la sortie de la messe ». D’autre part, mes constatations personnelles me donnent à penser que « l’année .suivante » doit s’entendre : « les douze mois suivants ».
- ce Naturellement, de la direction et la force du vent dominant, on peut déduire la tendance générale du temps, suivant les régions, et avec une certaine marge d’appréciation. Le matin des Rameaux, il y avait ici un vent fort, d’entre nord et est ; faut-il en conclure que, sur notre côte atlantique, l’été sera beau et sec, mais d’une chaleur tempérée par •un vent assez fort, et que ce même vent donnera un hiver .-assez froid et pénible, mais également sec ?
- « Quant à tenter la mbindre explication, d’allure plus ou moins scientifique, ou astrologique, je m’y refuse absolument : avant d’essayer quelques théories, il faut s’assurer que les faits se vérifient sur une période assez longue ».
- A propos du pygargue (n° 3018). — M. J. Benoît, membre de la Société d’histoire naturelle de la Moselle, nous -signale qu’un pygargue a été abattu en novembre dernier, à Oriocourt (Moselle), par M. Albrique, qui l’a fait naturaliser -après l’avoir présenté à la Société d’histoire naturelle de la Moselle, à Metz.
- D’autre part, ,M. R. Coquebert de Neuville, secrétaire général de la Société des sciences naturelles de l’Ouest de la France, -à Nantes, nous informe que cette société publiera dans le prochain numéro de son Bulletin une communication du Dr Marcel Baudouin sur l’aigle pygargue en Vendée relatant les rencontres suivantes :
- « Le 28 décembre 1936, à Souîlans, un habile garde-chasse a abattu un aigle pygargue donnant 2 m 15 d’envergure. Ce rapace poursuivait un bande d’oies sauvages venues du N. ; mais les canards sauvages arrêtés dans le marais de Monts
- fixèrent aussi son attention, et leur vue le retint à 10 km de la mer, là où il fut tué.
- Cet oiseau est rare en Vendée, mais il n’y est pas exceptionnel, car il a été cité par tous les auteurs de catalogues ornithologiques de la contrée.
- En 1920, on a tué un de ces oiseaux à Saint-Hilaire de Riez ; il pesait 4 kgr et avait 2 m 60 d’envergure.
- En 1933, à la Faute, près de l’Aiguillon-sur-mer, à la pointe d’Arsais, un viticulteur en abattit un, de forte envergure également.
- A l’Aiguillon-sur-mer, le 29 novembre 1924, on tua, à la cime d’un grand pin, un aigle de 2 m 30 d’envergure.
- A la Tranche, le 11 novembre 1931, on tua un aigle pêcheur, au plumage brun, largement marqué de blanc à la tête et à la queue, de 2 m 55 d’envergure.
- Enfin, à la Tranche, le 29 janvier 1937, un aigle géant qui, depuis plusieurs jours était aperçu dans le marais, s’est abattu, à côté de la ferme de la Charrière des Landes sur un troupeau de moutons, et a fait, parmi les jeunes agneaux, de nombreuses victimes. Un chasseur, armé d’un fusil à longue portée, a pu l’atteindre. L’animal mesurait 2 m 50 d’envergure. Il est probable qu’il s’agissait là d’un aigle pygargue ».
- Le pygargue n’est donc pas aussi rare en nos régions qu’il a été indiqué.
- A propos des antiseptiques alimentaires (n° 3022). — M. Fouassier, expert-chimiste, demande de préciser qu’il est l’auteur des travaux sur le roussissement des beurres bora-tés, auxquels il a été fait une brève allusion dans l’exposé de M. Maurice Daumas, paru sous ce titre, dans La Nature. Nos lecteurs trouveront in extenso dans le n° 338 (février 1937) des Annales des Falsifications et des Fraudes, la communication de M. Marc Fouassier à la Société des Experts et Chimistes de France, sur ce sujet.
- A propos de la lubrification et des surfaces métallisées (n° du 15 mai 1938). — Nous recevons de M. Lordereau, ingénieur-électricien, l’intéressante communication qui suit :
- « J’ai lu avec intérêt dans La Nature, votre article relatif à la lubrification et aux surfaces métallisées.
- « Un fait expérimental très simple, vous intéressera sans doute.
- « Si 1 on passe le doigt mouillé, sur une glace ou un verre également mouillés, l’on éprouve une notable résistance au glissement. Par contre si cette glace ou cette vitre a quelques régions dépolies, à ces endroits le glissement devient beaucoup plus aisé, l’on a réellement l’impression d’une surface huilée.
- « Le dépoli d’une surface est donc nettement favorable au glissement lubrifié.
- et Je m étais fait de ce phénomène l’explication suivante, basée sur la théorie du glissement entre surfaces lubrifiées.
- « Si les surfaces sont parfaitement polies, le seul empêchement. à la fuite du lubrifiant maintenu ou entraîné entre elles provient de la viscosité du fluide.
- « Si ces surfaces sont dépolies, l’écoulement devient moins aisé, il devient même certainement turbulent, le lubrifiant est donc moins rapidement chassé par la pression des points où il joue son rôle, d’où meilleur résultat. Un fait analogue peut se produire avec des surfaces ou une huile* graphitées, les corpuscules de graphite même colloïdal, ayant des dimensions considérables par rapport aux molécules d’huile.
- « Tout cela d’ailleurs se prête sans trop de difficultés à l’analyse mathématique qui peut donner des résultats quatitatifs ou moins approchés ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Orgue photo=électrique. — Le principe des appareils de musique électrique à intermédiaire photo-électrique est très simple ; ces instruments se composent d’un dispositif permettant d’obtenir des variations lumineuses, de cadence et de K formes » soigneusement étudiées ; le faisceau lumineux
- p.423 - vue 427/439
-
-
-
- = 424 : ................. ~'
- ainsi modulé agit sur une cellule photo-électrique reliée à un amplificateur musical à lampes à vide connecté à un haut-parleur.
- Le procédé classique consiste à employer un disque tournant à vitesse constante ou variable, et portant plusieurs séries d’ouvertures disposées en cercles, de formes et de nombres variables pour assurer la modulation de la lumière.
- L’orgue photo-électrique de M. P. Toulon est le plus connu des appareils français de ce genre ; il a été décrit en particulier dans L’Onde électrique et dans la Revue générale de l’électricité.
- Réponse à M. J. Cahen, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Filtres antiparasites de secteur. — Pour éviter la transmission des oscillations haute fréquence parasites le long des câbles d’alimentation d’un récepteur radiophonique, on peut employer un filtre constitué par deux bobinages intercalés sur les conducteurs, livrant passage au courant continu d’alimentation mais arrêtant les courants alternatifs parasites. Deux condensateurs, d’une capacité de l’ordre de 0,1 p-F, avec armatures communes à la terre dérivent ces courants. Il existe d’assez nombreuses variantes de ces' montages ; leur efficacité ne peut être assurée a priori, c’est chaque fois un cas d’espèce. Consultez à ce sujet La T. S. F. sans parasites, par P. Hémardinquer, Dunod, éditeur.
- Réponse à M. Dusseau, à Paris.
- Réception des signaux horaires. — La plupart des postes de T. S. F. reçoivent sur 200 à 2.000 m de longueur d’onde, ou sur 15 à 2.000 m. Ils ne permettent donc pas l’écoute des signaux horaires de la Tour Eiffel sur 2.650 m.
- Un poste à galène établi pour cette longueur d’onde peut comporter simplement comme système d’accord un bobinage en nid d’abeilles, par exemple, d’une inductance de l’ordre de 4 à o millihenrys, formé de quelque 300 spires et shunté par un condensateur variable de 0,5/1.000 de microfarad.
- La sélectivité étant ici secondaire, un montage en direct suffit, mais avec une antenne aussi bonne que possible, ce qui évite la recherche des points très sensibles' du cristal de galène.
- Réponse à M. Legras, à Neuilly-sur-Seine.
- De tout un peu.
- M. P. Chantelauze, à Niort. — M. L.-P. Clerc, dans La Technique photographique, signale que des tons noirs bleutés peuvent être obtenus, dans les conditions normales de développement, en introduisant dans le révélateur à très faible dose diverses substances, qui peuvent d’ailleurs remplacer le bromure de potassium. Il mentionne, parmi ces substances : 6-nitrobenziminazol (signalée par P. Wulff, en 1928) et l’azi-midazol paranitré (signalée par A. Seyewetz, en 1932). Ces substances doivent être ajoutées au révélateur à raison de 0 gr 25 par litre.
- M. J. Benoit, à Oriocourt (Moselle). — Remerciements pour votre intéressante observation d’un brillant bolide faite le 17 mars. Nous la transmettons à la Société astronomique de France.
- M. Ghibellini, à Lyon. — Puisque chacune des lunettes constituant votre jumelle à prismes vous donne, en vision monoculaire, la netteté normale, la difficulté que vous éprouvez pour observer en vision binoculaire provient de l’une des causes suivantes : 1° écartement des axes différant de l’écartement de vos yeux : 2» non parallélisme des deux axes à la suite d’un accident survenu à l’instrument. Pour la première cause, les jumelles à prismes étant montées à charnière, faites varier l’écartement des axes jusqu’à ce que les champs vus dans chaque lunette se confondent. Nous supposons que vous avez essayé ce réglage ? Pour la seconde cause, nous croyons que le plus simple serait de renvoyer l’instrument au constructeur, M. J. Iluet, 12, rue Barbette, Paris (3e).
- M. Descamps, à Berchem-Anvers. — L’indication « petits cristaux blancs » est insuffisante pour que nous puissions '
- préciser la composition de la spécialité à laquelle vous faites allusion et qui est employée pour retenir la nicotine. Tout ce que nous pouvons vous dire, c’est que l’on a préconisé pour rendre la fumée inoffensive d’injecter à la dose d’une ou deux gouttes à 1 cm de profondeur des extrémités de la cigarette ou du cigare une solution obtenue en versant dans un litre d’eau, 3 cm3 de perchlorure de fer officinal des pharmacies ; on constitue ainsi un barrage qui fixe non seulement la nicotine, mais aussi les autres substances que l’on rencontre dans la fumée de tabac : pyridine, aldéhyde formique, etc., qui sont éminemment oxydables et détruites par le perchlorure de fer.
- M. le Dr Simon, à Caen. — La Société « La Carbonique », 120, rue Thiers, à Billancourt (Seine) vous fournira très volontiers tous renseignements sur les utilisations possibles de la neige carbonique ou carbo.-glace dont vous pouvez disposer, Nous avons publié dans La Nature du 1er juillet 1928, n° 2788, page 27, un article très complet sur cette question.
- M. Tréboret, à Paris. — L’emploi de l’acide sulfureux et des sulfites pour la conservation des jus de fruits frais, était jusqu’ici le seul toléré dans les proportions que nous avons signalées dans La Nature, n° 3020, page 160 (Réponse à M. Dologlou) ; mais, dans une de ses dernières séances, l’Académie de Médecine a approuvé le rapport de M. Henri Labbé concluant . à l’interdiction absolue d’adjoindre des produits conservateurs aux jus de fruits frais. Cette interdiction va donc très prochainement devenir officielle et la question des antiseptiques à appliquer dans ce cas ne se posera plus.
- M. Àd, à Limoges. — 1° Le produit désigné sous le nom de méta ou charbon blanc n’est pas de l’alcool solidifié, mais le métaldéhyde, isomère de l’aldéhyde éthylique lequel possède encore un autre isomère : le paraldéhyde.
- Le métaldéhyde a pour formule (CH3C0H)3 ; si on en approche une allumette, il s’enflamme aisément ; sa flamme est bleue comme celle que donne l’alcool, il brûle sans odeur, sans fumée ; quand on souffle il s’éteint facilement en dégageant une odeur de pomme. Son pouvoir calorifique est d’emdron 6.000 calories par kilogramme.
- Dans les préparations destinées à la destruction des limaces et des escargots, c’est bien le métaldéhyde qui est le principe actif, l’intervention d’alcool à brûler est tout à fait inutile.
- 2° Le Manuel de Menuiserie de Godeau, Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, vous donnera tous renseignements pour l’exécution des cadres en bois et baguettes moulurées.
- 3° La consercalio7i des colles en flacons du commerce est généralement assurée par l’addition d’une trace de sublimé, à la dose de 10 h 12 gouttes d’une solution à 1 0/0 pour un volume de 100 cm3 de colle.
- 4° Vous trouverez le papier parcheminé au moyen de l’acide sulfurique, chez lr. plupart des papetiers sous le nom de papier sulfurisé. A défaut, vous pouvez, vous adresser à la maison Gaubert et Cie, I et 3, rue du Jour, Paris (1er) qui en fait une spécialité.
- M. Bouteloup, à Paris. — Pour fixer des pièces sur une capote d’auto, sans qu’il y ait à craindre un décollement par la pluie, le mieux est de vous servir de la dissolution de caoutchouc Couramment employée pour les réparations de pneumatiques de bicyclettes, en opérant dans les mêmes conditions.
- M. Herpe, à Rennes. — 1° Si les taches sur une baignoire émaillée sont bien ducs à un révélateur photographique, elles doivent disparaître en les imbibant d’une solution d’eau de Javel à 10 pour 100, puis en rinçant abondamment.
- Comme il est plus probable qu’elles soient constituées par un dépôt d’argent, il faudrait, dans ce cas, les traiter d’abord par une solution de chlorure de cuivre à 30 pour 100, puis après décoloration par la solution suivante :
- Hyposulfite de soude................... 25 gr
- Alcali volatil............................ 5 cm3
- Eau ordinaire .......................... 250 —
- Finalement, bien rincer pour entraîner l’argent qui s’est dissout dans J'hyposulfite ammoniacal.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15-6-1938
- Published in France.
- p.424 - vue 428/439
-
-
-
- LA NATURE
- SOIXANTE-SIXIÈME ANNÉE — 1938
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- *
- A
- Abat-jour translucides, 192.
- Abeilles : maladies et ennemis, 74.
- Abri de plein air à couverture mobile, 126.
- Académie des Sciences : résumés de communications, 59, 93, 123, 187, 220, 252, 282, 332, 373.
- Acariens et élevages de poulets, 286. Accumulateurs : alliages plomb-calcium, 104.
- Acétylène, 288.
- Acide acétique : procédé Leblanc, 128. Acide nitreux : réduction biologique, 373. Acide sulfurique : préparation, 157. Agrandisseur pour petits formats, 190. Agronomie et bactériologie, 308.
- Aigle à tête blanche, 257.
- Album photographique, 255. Alcalino-terreux : dosage, 282.
- Aldéhyde de. la pulpe d’olive, 332.
- Algol : minima, 123.
- Aliments : antiseptiques, 207.
- Aliments : colorants, 327.
- Allemagne : autostrades, 1.
- Alliages plomb-calcium dans les accumulateurs, 104.
- Aluminium : bronzage, 160.
- Aluminium : crasse, 344.
- Aluminium dans l’industrie du sel, 254. Aluminium : effets physiologiques, 220. Amanite phalloïde : spores, 332.
- Amiante : exploitations, 96. Amplificateurs à fréquence musicale à grand rendement, 361.
- Amplificateur pour poste à galène, 342. Anémomètre nouveau, 282.
- Anguilles : problèmes, .13.
- Animal inconnu dans les Alpes, 366. Animaux sauvages dangereux en France, 411.
- Antenne commune, 256.
- Antennes tournantes de T. S. F., 189. Antibuée pour automobile, 287.
- Antigel pour radiateurs, 159.
- Antiphare, 191.
- Antiseptiques alimentaires, 207, 423. Aoûtat, 313.
- Appareils médicaux à ondes très courtes, 376.
- Archéologie et aviation, 225.
- /Issa fætida, 344.
- Astronomie : bulletin, 25, 90, 154, 218, 283, 370.
- Aurore boréale du 25 janvier 1938, 140, 332.
- Automobile Jacquemin, 314.
- Automobile : lampes jaunes, 342. Automobiles : stabilité de route, 296. Autorail à charbon de bois, 72. Autostrades allemandes, 1.
- Aviation et archéologie, 225.
- Avion commercial de demain, 335.
- Avions : envol sur place, 364.
- Avions modernes : pilotage, 161.
- Avion : record d’altitude, 21.
- Azote lourd et ses applications, 29.
- B
- Bactériologie et agronomie, 308.
- Bennes preneuses pour forage, 230.
- Béton : résistance aux projectiles aériens, 28.
- Betterave en milieu liquide, 220. Betterave : Arégétation, 333.
- Billets de banque métallisés, 236.
- Bois : séchage par haute fréquence, 180. Bois : teinture, 344.
- Bore en végétation, 373.
- Braises chimiques, 191.
- Briques creuses en verre, 374.
- Bronzage de l'aluminium, 160.
- Bronzage du cuivre, 159.
- Bronze en poudre, 160.
- Bronze : patine verte, 343.
- Bruits parasites d’un récepteur, 64. Brumes de sable, 31.
- c
- Câbles téléphoniques nouveaux, 135.
- Calcaire des crustacés, 187.
- Canada : avenir de l’industrie minière, 105.
- Canaries : conquête par l’Espagne, 127.
- Cancéreux : réaction sanguine, 123.
- Campagnols : appareil de destruction, 341.
- Canoë Osi, 421.
- Capote d’auto : réparation, 424.
- Carbone : valences, 93.
- Carénage de la voiture de course d’Eys-ton, 231.
- Carence azotée, 220.
- Cartes à jouer : nettoyage, 224.
- Catalyse par le rhodium, 333.
- Cavernes : dissemblances, 377.
- Cellules photo-électriques, 64, 256.
- Chalumeaux : évolution des flammes, 143.
- Champignons : empoisonnements, 57, 127, 153.
- Champignon tricholome, 288.
- Charbons : action des produits chimiques, 286.
- Charbon colloïdal : caractère chimique, 62.
- Charbon de bois, 288.
- Chaudière électrique de secours pour l’été, 95.
- Chauffe-pieds électrique, 159.
- Chaussures : teinture en noir, 32.
- Chemin do fer Paris-Le Mans : électrification, 262.
- Chèques postaux : bureau de Paris, 181.
- *
- Supplément au n° 3027 de La Nature du 15 juin 1938.
- p.425 - vue 429/439
-
-
-
- 426
- Cheveux, 344.
- Chimiothérapie des infections, 93. Chlorophylle et vitamine C, 333. • Chloropicrine et vitamine B du blé, 187. Chlorose, 123.
- Chloruration, 352.
- Chrome électrolytique, 352. Chromoptoinétrie, 170.
- Ciel nocturne : radiation jaune, 252. Ciment pour fixer des lettres sur glaces, 160.
- Cinéma d’amateur : pied support, 30. Cinématographie en couleurs, 223.
- Clarté nocturne, 22.
- Classeur et visionneuse pour photos de petit format, 255.
- Clerget : moteur Diesel d’aviation, 357. Colles : conservation, 424.
- Colloïdes : formation, 93.
- Colorants des aliments, 327.
- Combustion des charbons : action des produits chimiques, 286.
- Continents : dérive, 193.
- Cordes de raquettes, 32.
- Cornues à gaz : chauffage électrique, 78. Couches monomoléculaires multiples, 177. Couches photographiques sensibles, 417. Couleurs diamines, 256.
- Couronne solaire, 333.
- Coutures : imperméabilisation, 160. Cratère météorique nouveau, 286.
- Crayons : fabrication, 149.
- Crèmes instantanées, 128.
- Crésyl, 96.
- Cristallisation, 93.
- Crustacés : calcaire, 187.
- Cuba, 147.
- Cueille-fruits, 342.
- Cuir : éraflures, 128.
- Cuir : taches d’eau savonneuse, 31.
- Cuir : trempage, 128.
- Cuivre : bronzage, 159.
- Cygne : mort par les diatomées, 125.
- D
- Décalaminant de moteur d’auto, 224. Déchirures du papier, 160.
- Delta du Niger, 220.
- Démographie de l’Allemagne et l’Autriche, 254.
- Dépolissage du verre, 127.
- Dérive des continents, 193.
- Désodorisation d’une salle, 288.
- Dessin : nouveau procédé, 158.
- Détecteur nouveau de gaz de combat, 174.
- Diamant : taille, 32.
- Diatomées et mort du cygne, 125.
- Dictons et prévision du temps, 423. Diélectriques : rayonnement, 220. Doryphora : rythme cardiaque, 123. Dunkerque : nouveaux aménagements du port, 350.
- E
- Eau de Javel : degré, 32. Eau de mer, 282.
- Eau dentifrice, 224.
- Eaux : épuration industrielle, 160.
- Eau : purification, 123.
- Eaux souterraines : anomalies de températures, 28.
- Ébénisterie dans l’Egypte ancienne, 65. Ébénisterie pour haut-parleur, 256. Éclairage au gaz : invention, 191. Économiseur d’essence, 421,
- Égypte ancienne : ébénisterie, 65. Eindhoven : observatoire astronomique, 178.
- Électrification de la ligne Paris-Le Mans, 262.
- Électroculture, 223.
- Ëlectrolyse buccale, 199.
- Électroscope à l’aide d’une triode, 222. Émaux : coloration, 313.
- Emballages : impression directe, 115. Empoisonnements fongiques, 57, 127, 153. Émulsions d’huile, 344.
- Émulsions photographiques, 342.
- Encre bleu noir, 32.
- Encre pour stylos, 343.
- Engrais : utilisation, 220.
- Entomologie, science des insectes, 393. Envol sur place des avions, 364.
- Espagnols aux Canaries, 127.
- Étincelle électrique, 59.
- Étoiles : densité, 159..
- Explosifs : stabilité, 93.
- Explosions : phénomènes lumineux, 332.
- F
- Faraday, 240.
- Fards gras : nettoyage, 160.
- Farts, 192.
- Fauverie nouvelle du Muséum, 367. Femme invisible, 328.
- Fer : microdosage, 333.
- Fièvre de Malte : vaccination, 373.
- Fil électrique chantant, 64.
- Films en couleurs autochromes, 159. Films gaufrés pour cinématographie en couleurs : copie par projection optique, 16.
- Film : nettoyage, 376.
- Filtres antiparasites, 424.
- Forage par bennes preneuses, 230.
- Fosse septique, 288.
- France : population en 1936, 157.
- Froid : conquête, 201, 236.
- Frottement, 93.
- Fruits : conservation par l’éthylène, 192.
- G
- Gaz à l’eau, 288.
- Gaz carbonique : dosage, 332.
- Gaz comprimé : mise en bouteille, 201. Gel d’un réservoir en zinc, 191. Gemmes : coloration, 313.
- Géographie : énigme, 62.
- Géoptosimètre enregistreur, 310.
- Glaçage de photographies, 31.
- Glaçage du linge, 96.
- Glucinium et alliages, 5.
- Glycogène dans le foie, 333.
- Gorilles, 300.
- Gouffres à phosphate du Quercy, 42.
- Grandjean (François), 119.
- Gravui'e à l’acide, 191.
- Gravure du bronze d’aluminium, 192. Gravures : nettoyage, 128.
- Grippe : transmission aérienne, 123. Gutton (Camille), 281.
- H
- Haie : nécrologie, 335.
- Hélices des navires : disposition nouvelle, 55.
- Hélicoptère, 233.
- Héliothérapie chez les oiseaux, 256. Hélium du soleil, 191.
- Hérédité acquise, 373.
- Hérédité du taux leucocytaire, 332. Himalaya : soulèvement, 8.
- Hivernage de l’expédition polaire russe,
- 121.
- Hommes fossiles : durée de vie, 102. Huile d’automobile : régénération, 223. Huile de lin : extraction, 160..
- Huile : ennemis, 6.
- Hydrauliques : forces, 286. Hydrodynamique : nouvelles curiosités, 80.
- Hygiène, conseils pour les vacances d’été, 407.
- I
- Ile d’Yeu, 373.
- Immunité, 282.
- Imperméabilisation des coutures, 160. Impression directe sur les emballages, 115.
- Inertie chimique, 93.
- Inondations : prévision, 332.
- Insolation de Paris, 123.
- Ions métalliques dans l’alcool, 187.
- J
- Jacquemin et la première automobile sur la route, 314.
- Jeu de constructions d’optique, 30. Jumelles : réparation, 424.
- Jus d’oranges : conservation, 160, 424.
- K
- Kayak de tourisme, 422.
- L
- Lait : propreté, 153.
- Lallemand : nécrologie, 254.
- Lames monomoléculaires, 187.
- Lampes d’émission de T. S. F. à très grande puissance, 356.
- Lampes de T. S. F. pour ondes très courtes, 376.
- Lampes jaunes en automobile, 342.
- p.426 - vue 430/439
-
-
-
- Laque d’Indochine, 343.
- Lavabos : débouchage, 224.
- Lécithine et cultures microbiennes, 123.
- Légumineuses : symbiose bactérienne, 333.
- Lèpre, 344.
- Lessives en poudre, 343.
- Levers de plans : méthodes simples, 401.
- Livres nouveaux, 27, 60, 92, 124, 156, 188, 253, 285, 334, 372.
- Livres : taches rousses, 160.
- Locomotive Diesel électrique du P.-L.-M., 125.
- Locomotives électriques à rotors concentriques, 12.
- Locomotives : signalisation continue, 208.
- Lubrification et surfaces métallisées, 320, 423.
- Lumière aux grandes profondeurs, 337.
- Lumière sous les arbres, 113, 256.
- M
- Machine électrostatique à 100.000 volts, 63.
- Machine électrostatique de dizaines de millions de volts, 146.
- Magasin à pellicules stéréoscopiques, 255. Maison humide, 32.
- Mammifère le plus petit d’Europe, 322. Marey : cinquantenaire de la caméra, 329.
- Marionnettes, 88, 217.
- Marmites norvégiennes, 191.
- Mastic pour aquarium-, 344. Mathématiques : récréations, 185, 325. Mercure : passage devant la couronne solaire, 59.
- Métaldhéhyde, 31, 424.
- Métaux lourds : émissions anodiques, 59. Métaux : rayonnement, 59.
- Météorologie : mois, 58, 122, 186, 252, 329, 418. /
- Météoropathologie, 272.
- Meubles de bureau modernes, 338.
- Meules : fabrication, 276.
- Microbes : cultures en milieu lécithiné, 123.
- Micron : précision dans l’industrie, 259. Micro-organismes fossiles, 373. Microphones à contact, 376.
- Microphone : choix, 343.
- Microphone directionnel, 342.
- Microphone : nouveau type, 335. Microprojection avec un projecteur d’amateur, 63.
- Microtome perfectionné, 338.
- Mines au Canada, 105.
- Minéraux : recherche, 403.
- Molleton, 32.
- Mortiers à l’albumine, 217.
- Moteur à charbon pulvérisé, 419.
- Moteur Aspin, 306.
- Moteur Diesel d’aviation, système Cler-get, 357.
- Mouches : souillures, 32.
- Moulin à café nouveau, 340.
- Mouton : tremblante, 220.
- Murs : salpêtrage, 160.
- Muséum : nouvelle fauverie, 367.
- Musique électrique, 64, 96.
- N
- Natalité parisienne ; diminution, 337. Navigation en temps de brume et ondes courtes, 336.
- Nécrologie : Haie, 335.
- Nécrologie : Lallemand, 254.
- Neige carbonique, 424.
- Nettoyage d’un film, 376.
- Nicotine : filtre, 424.
- Nid de mésange, 216.
- Niger : delta, 220.
- O
- Objet Reinmuth, 191.
- Observatoire astronomique d’Eindhoven, 178.
- Observatoire météorologique au Sahara, 129.
- OLufs : machine à mirer et classer, 118. Oiseaux : héliothérapie, 256.
- Olive : aldéhyde de la pulpe, 332.
- Ondes courtes et navigation en temps de brume, 336.
- Ondes très courtes, 256.
- Ondes très courtes : réception, 64. Ondulation permanente, 288.
- Optique : jeu de constructions, 30.
- Or : récupération, 224.
- Orientation des pigeons voyageurs, 104. Orgue photoélectrique, 423.
- Oxygène : dosage facile, 299.
- P
- Pagoscope : emploi, 376.
- Pailles, coques et boiSj 282.
- Papeterie : oxyde de titane, 374.
- Papier : déchirures, 160.
- Papier sulfurisé, 424.
- Parachutistes : entraînement, 157. Parasites atmosphériques, 282.
- Paris : dégagement des accès, 45.
- Paris : insolation, 123.
- Paris : provinciaux, 221.
- Paris : réseau électrique, 94.
- Pâte à polycopier, 288.
- Pâte à modeler, 224.
- Pâte pour nettoyer les vitres, 191.
- Patine verte du bronze, 343.
- Pêche : observations scientifiques, 389. Pêche sportive peu connue, 391. Pédologie, 69.
- Peintures en poudre, 128.
- Peintures laquées, 96.
- Pellicules inversibles pour stéréoscopie, 26.
- Périophtalme, 228.
- Pétrole : antiques annales, 315.
- Pétrole marocain, 189.
- Phonographe : répétiteur, 375.
- Phosphate du Quercy, 42.
- Phospliorites du Quercy, 333.
- Phosphure de manganèse, 332. Photographie : causerie, 249, 417. Photographies en relief, 355. Photographies : glaçage, 31.
- -=:.................:.427 =
- Photographie : sensibilisation des émulsions, 153.
- Photographies : tons noirs bleutés, 424. Photomètre, 192.
- Pick-up : adaptation, 342.
- Pieds : poudre, 128.
- Pied support pour cinéma d’amateur, 30. Pigeons voyageurs : sens d’orientation, 104.
- Pilotage des avions modernes, 161. Pissenlits : destruction, 224.
- Plafond humide, 31.
- Plancton marin, 382.
- Plantes à acide cyanhydrique, 59.
- Plaque photographique, 249.
- Plocq, le charmeur d’oiseaux, 89. Pneumatiques : nature du frottement, 61.
- Port de Dunkerque : nouveaux aménagements, 350.
- Posemètre sensible, 222.
- Poudres de bronze, 160.
- Poudre pour les pieds, 128.
- Poulets et acariens, 286.
- Pôle Nord : hivernage de l’expédition russe, 121.
- Police : radiocommunications, 94. Polissage électrolytique, 123.
- Pont de Wheatstone à indicateur cathodique, 287.
- Ponts Suspendus : esthétique, 33. Prévision du temps, 396.
- Projectiles aériens : résistance du béton, 28.
- Projection géante de sujets vivants, 103. Propanol dans les alcools, 220. Propulseur amovible miniature, 340. Provinciaux à Paris, 221.
- Puma ou couguard, 167.
- Pygargue, 86, 423.
- Q
- Quercy : gouffres à phosphate, 42. Quercy : phosphorites, 333.
- R
- Rachitisme expérimental, 59.
- Radiateurs d’auto : antigel, 159. Radiocommunications dans la police, 94. Radioélectricité : transmission, 187. Radiodiffusion dans le monde, 374. Raquettes : cordes, 32.
- Raser (Pour se bien), 369.
- Rasoir électrique automatique, 30.
- Rasoir lumineux, 340.
- Rayonnement des diélectriques, 220. Rayons cosmiques pénétrants, 332. Rayons moléculaires d’eau, 332. Récepteurs de T. S. F. : nouvelle forme, 95.
- Recherche scientifique : Fonds national belge, 121.
- Records de vitesse, 97.
- Redresseur au sélénium, 223.
- Redresseur oxy-métal, 223.
- Régénération de l’huile pour automobile, 223.
- Répétiteur de phonographe, 375.
- p.427 - vue 431/439
-
-
-
- 428
- Réseau électrique de la région parisienne, 94.
- Réservoir géant en béton souple, ' 132. Résistance du sol, 310.
- Respiration des animaux marins, 59. Roches : synthèse, 252.
- Rotation solaire, 373.
- Roubaud (Émile), 323.
- Roue motrice sphérique, 114.
- Routes : réseaux du monde, (il.
- Ruches : ennemis, 74.
- S
- Sable : brumes, 31.
- Sahara : naissance d’une ville, 213. Sahara : observatoire météorologique, 129. Salpêtrage des murs, 160.
- Saturnisme et T. S. F., 224.
- Sauterelles : invasion au xvne siècle en Camargue, 337.
- Savon aux hydrocarbures, 91. Schampooing, 288*
- Scorbut, 59.
- Séchage du bois par haute fréquence, ISO.
- Secours d’urgence, 414.
- Segments racleurs d’huile, 420. Sensibilisation des émulsions photographiques, 153.
- Signalisation continue sur les locomotives, 208.
- Signaux horaires, 424.
- Sodium dans l’atmosphère, 373.
- Soleil : rotation, 373.
- Sols : science, 69.
- Son : vitesse, 332.
- Sondages profonds en mer, 175.
- Spectres métalliques, 93.
- Stabilité de route des automobiles, 296. Stéréoscopie : pellicules inversibles, 26. Surfangling, 391.
- Synthèse des corps à poids moléculaire élevé, 244.
- Synthèse des roches, 252.
- Système solaire dans une nébuleuse obscure, 345.
- T
- T. S. F. : alimentation par groupe électrogène, 223.
- T. S. F. : amplifications, 96.
- T. S. F. et saturnisme, 224.
- T. S. F. : lampes d’émission à très grande puissance, 356.
- T. S. F. : lampes et valves, 96.
- T. S. F. : poste à une lampe* 223.
- T. S. F. : poste émetteur-récepteur, 159, 223.
- T. S. F. sur continu, 343.
- T. S. F. : vérification des postes, 158. Taches d’eau savonneuse sur cuir, 31. Taches rousses des livres, 160.
- Taches sur une baignoire, 424.
- Tarpon de la Côte équatoriale d’Afrique, 130.
- Teghaza, ville en sel gemme, 289.
- Teinte noyer foncé, 344.
- Teinture du bois, 344.
- Téléphonie en haut-parleur, 376. Téléphonie : modification d’installation, 64.
- Téléphonie par courant porteur, 342. Télescope électronique, 64.
- Télévision sur grand écran, 245. Température des eaux souterraines : anomalies, 28.
- Temps : prévision, 396.
- Temps solaire et temps sidéral, 282.
- Terre : âge, 221.
- Terre à modeler, 224.
- Timbre de caoutchouc : remise en état, 192.
- Titane : oxyde en papeterie, 374. Tondeuses à gazon : nettoyage, 32.
- Tortue fossile, 252.
- Transformateurs à usages multiples, 63.
- Transformation du continu en alternatif, 376.
- Transmetteur d’ordres en haut-parleur, 331.
- Tremblante du mouton, 220.
- Trempage du cuir, 128.
- Trichloréthylène, 288.
- Tuberculose : diagnostic, 373.
- Typhoïde expérimentale, 220.
- V
- Vacances : numéro spécial, 377. Vaccination contre la fièvre de Malte, 373 Valences du carbone, 93.
- Vases de Dewar, 93.
- Vélocar-tourisme, 420.
- Ventilateur pour automobile, 287. Vérification des postes de T. S. F., 158. Vernis cellulosique, 224.
- Vernis jaune pour phares d’auto, 192. Vernis noir pour métaux, 224.
- Verres : coloration, 313.
- Verre : dépolissage, 127.
- Verre : tension et bris spontané, 31, 127. Vers du bois, 96.
- Vessie natatoire, 39.
- Vêtements isolants, 422.
- Visionneuse Monex, 126.
- Visiotéléphonie, 137, 343.
- Vitamine A, 333.
- Vitamine C et chlorophylle, 333.
- Vitesse du son, 332.
- Vitesse : records, 97..
- Voiture de course d’Eyston : carénage, 231.
- Voix humaine, 343.
- Volcan sous un glacier, 56.
- Y
- Yeu : île, 373.
- p.428 - vue 432/439
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Naissance et vie des marionnettes, 82, 217. — La femme invisible, 328.
- Arnault (Dr Charles) et Hugues (Albert). — Plocq, le charmeur d’oiseaux, 89.
- B. (A.). — La roue motrice sphérique, 114. — Le géoptosi-mètre enregistreur, 310.
- Barolet (Henri). — Récréations mathématiques, 185.
- Berland (L,). — L’entomologie, science des insectes, 393.
- Berthelot (Ch.). — L’avenir de l’industrie minière au Canada, 105.
- Bertrand (L.). — Résumés de communications à l’Académie des Sciences, 59, 93 123, 187, 220, 252, 282, 332, 373.
- Blin (Henri). — Le séchage du bois par haute fréquence, 180.
- Bloch-Lafon (G.). — Les empoisonnements fongiques, 57.
- Boigey (Dr Maurice). — Quelques conseils d’hygiène pour les vacances d’été, 407.
- Boyer (Jacques). — Ennemis des ruches et maladies des abeilles, 74. — M. François Grandjean, 119. — Un observatoire météorologique au Sahara, 129. — La fabrication des crayons, 149. — Le bureau des chèques postaux de Paris, 181. — M. Camille Gutton, 281. — M. Emile Roubaud, 323.
- Buiiot (René). — Etienne Marey : le cinquantenaire de la première caméra, 329.
- Cerisaie (J. de la). — Machine à mirer et classer les œufs, LIS.
- — Le plus petit mammifère d’Europe, 322.
- Contet (Dr E.). — Pour lire avant de partir en vacances, 416.
- Daumas (Maurice). — Les antiseptiques alimentaires, 207. — Dosage facile de l’oxygène, 299. — Les colorants des aliments, 327.
- Devaux (Pierre). — Locomotives électriques à rotors concentriques, 12. — L'esthétique des ponts suspendus, 33. — Nouvelles curiosités hydrodynamiques, 80. — Réservoir géant en béton souple, 132. — Le pilotage des avions modernes,
- 161.
- Dreyfus (Robert). — Les nouveaux câbles téléphoniques, 135.
- — L’électrification de la ligne Paris-Le Mans, 262.
- F. (V.). — Le pétrole marocain arrive en France, 189.
- Feuillée-Billot (à.). — Auprès d’un nid, 216. — La nouvelle
- fauverie du Muséum, 367.
- Forrin (Victor). — Comment l’Himalaya s’est soulevé, 8. — Autour d’une énigme géographique, 62. — Le sens d’orientation des pigeons voyageurs, 104. — Naissance d’une ville au Sahara, 213. — Les antiques annales du pétrole, 319.
- Fournier (P.), —r Une invasion de sauterelles au xvne siècle en Camargue, 337.
- Gèze (Bernard). — Les gouffres à phosphate du Quercy, 42.
- Glory (Abbé André). — L’aviation et l’archéologie, 225.
- IL (P.). — Antennes tournantes de T. S. F., 189. — Transmetteurs d’ordres en haut-parleur, 331. — Nouveau type de microphone, 335. — Nouvel emploi des ondes courtes pour la navigation en temps de brume, 336. — Les photographies en relief, 355.
- Hémardinquer (P.). — Projection géante de sujets vivants, 103.
- — La visiotéléphonie, 137. — Réception de la télévision sur grand écran, 245. — Amplificateur à fréquence musicale à grand rendement, 361.
- Housse (Abbé Emile). — Le puma ou couguard, 167.
- Hugues (Albert). — Voir Dr C. Arnault.
- Ichac (Pierre). — Les gorilles, 300.
- Joly (R. de). — Les cavernes et leurs dissemblances, 377.
- Kopaczewski (Dr W.). — Météoropathologie, 272.
- Kimpflin (Georges). — Le dégagement des accès de Paris, 45.
- — Evolution des flammes de chalumeau, 143. — Nouveau détecteur de gaz de combat, 174. — La mise en bouteille du gaz comprimé, 200.
- -Kuentz (E. et L.). — Les autostrades allemandes, 1.
- Kuentz (L.). — L’aigle à tête blanche, 257.
- Lacaine (Jean). — Records de vitesse, 97.
- Lamé (M.). — L’hélicoptère, machine volante pratique, 233.
- Lanorville (Georges). — L’autorail à charbon de bois, 72. — Locomotive Diesel électrique du P.-L.-M., 125. — Fabrication des meules, 276. — Les nouveaux aménagements du port de Dunkerque, 350.
- Larue (Pierre). — La lumière sous les arbres, 113. — Mortiers à l’albumine, 217.
- Lassus Saint-Geniès (J. de). — Sur un procédé de copie par projection optique de films gaufrés pour la cinématographie en couleurs, 16.
- Ley (Willy). — lin animal inconnu dans les Alpes, 366.
- M. (R.). — L’électrolysc buccale, 199. — Pour se bien raser, 369.
- Merle (René). — Les problèmes des anguilles, 13. — Le pygar-gue, 86. — Durée de la vie des hommes fossiles, 102. — L’aoûtat, 313.
- Monod (Théodore). — Teghaza, la ville en sel gemme, 289.
- Morant (Henry de). — L’ébénisterie dans l’ancienne Égypte, 65.
- Pecii (Dr J.-L.). — La chromoptométrie, 170.
- Pellat (A.-F.). — Forage par bennes preneuses, 230.
- Perruche (Lucien). — Le plancton marin, 382. — Les observations scientifiques à la pèche, 389. — Une pêche sportive peu connue, 391. — Méthodes simples de levers de plans, 401. — La recherche des minéraux, 403.
- Pivko (S.). — L’envol sur place des avions, 364.
- Planas (Juan-Manuel). — La république de Cuba, 147.
- Rabaud (Etienne) et Verrier (M.-L.). — La vessie natatoire et l’adaptation des organes aux conditions d’existence, 39.
- Remacle (G.). — Dix ans d’activité du Fonds national belge de la recherche scientifique, 121.
- Reyeroiion (Léopold). — Les ennemis de l’huile, 6. — Paul Jacquemin et la première automobile sur la route, 314.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 58, 122, 186, 252, 329, 419.
- Rousseau (Pierre). — La dérive des continents, 193. — Le système solaire vogue-t-il sur une nébuleuse obscure ? 345.
- p.429 - vue 433/439
-
-
-
- 430 ...............— —.........
- Ruraux (Lucien). — La clarté nocturne, 22. — L’aurore boréale du 28 janvier, 140. — Pour prévoir le temps, 396.
- Tchijevsky (Dr A. L.). — Suggestion pour une machine électrostatique donnant des tensions de dizaines de millions de volts, 146.
- Thérond (L.). — La pédologie ou science des sols, 69. — La bactériologie appliquée à l’agronomie, 308.
- Thévenin (R.). — Il y a encore, en France, des animaux dangereux, 411.
- Touchet (Ëm.). — Bulletin astronomique, 25, 90, 154, 218, 283, 370. — Causerie photographique, 249, 418.
- Trial (Georges). — Le tarpon de la côte équatoriale d’Afrique, 130. — Le périophtalme, 228.
- Turpain (Albert). — Faraday, ses expériences et ses idées au regard de la conservation de l’énergie et de la radio-électricité, 240.
- V. (H.). — Les couches monomoléculaires multiples, 177. — Les surfaces métallisées et la lubrification, 320. — La lumière aux grandes profondeurs, 337.
- Verrier (M.-L.). — Voir E. Rabaud.
- Viallard (Rodolphe). — La conquête du froid, 201, 236.
- Vigneron (H.). — Le glucinium et ses alliages, 5. — A propos du record d’altitude en avion, 21. — L’azote lourd et ses applications, 29. — Disposition nouvelle des hélices des navires, 55. — Un volcan sous un glacier, 56. — La nature du frottement des pneumatiques, 61. — Le chauffage électrique des cornues à gaz, 78. — L’impression directe sur les emballages, 115. — La population de la France en 1936, 157. — Les sondages profonds en mer, 175. — La signalisation continue sur les locomotives, 208. — A propos de l'âge de la Terre, 221. — Le carénage de la voiture de course record du monde d’Eyston, 231. — Billets de banque métallisés, 236. — La synthèse des corps à poids moléculaire élevé, 244. — La stabilité de route des automobiles, 296. — Le moteur Aspin, 306. — Le moteur Diesel d’aviation système Clerget, 357. — Briques creuses en verre, 374.
- Wattebot (Louis). — La précision du micron dans l’industrie, 259.
- p.430 - vue 434/439
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé de communications (L. Bertrand), 59, 93, 123,
- 187, 220, 252, 282, 332, 373 Les nouveaux membres de l’Académie des Sciences.
- M. François Grandjean (J. Boyer).................119
- M. Camille Gutton (J. Boyer).....................281
- M. Émile Roubaud.................................323
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Passage de Mercure devant la couronne solaire. ... 59
- Les minimas d’Algol........................................123
- L’observatoire astronomique d’Eindhoven....................178
- Temps solaire et temps sidéral.............................282
- La couronne solaire........................................333
- Haie : nécrologie..........................................335
- Le système solaire vogue-t-il dans une nébuleuse obscure P
- (P. Rousseau)...........................................345
- La rotation solaire........................................373
- Récréations mathématiques (H. Barqlet)............. 185, 325
- Bulletin astronomique (E. Touchet). 25, 90, 154, 218, 283, 370
- III. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique,
- L’azote lourd et ses applications (H. Vigneron)..............29
- Rayonnement des métaux.......................................59
- Émissions anodiques des métaux lourds........................59
- Phénomène de cristallisation.................................93
- Les vases de Dewar...........................................93
- Formation des colloïdes.................................... 93
- Spectres métalliques.........................................93
- Les alliages plomb-calcium dans les accumulateurs. . . 104
- Purification de l’eau........................................123
- Évolution des flammes de chalumeau (G. Kimpflin). . . 143
- La cbromop tomé trie (Dr J.-L. Pech).........................170
- Les couches monomoléculaires multiples (H. V.). ... 177
- Lames monomoléculaires.......................................187
- La mise en bouteille du gaz comprimé (G. Kimpflin). . . 200
- La conquête du froid (R. Viallard).................. . 201, 236
- Rayonnement des diélectriques................................220
- Faraday, ses expériences et ses idées au regard de la conservation de l’énergie et de la radioélectricité (A. Tur-
- pain).....................................................240
- La précision du micron dans l’industrie (L. Wattebot). . 259
- Coloration des verres, émaux et gemmes.......................313
- Les surfaces métallisées et la lubrification (II. V.). . . 320
- Rayons cosmiques pénétrants..................................332
- Rayons moléculaires d’eau................................332
- Vitesse du son...........................................332
- Les phénomènes lumineux dans les explosions...........332
- 2. Chimie.
- Le glucinium et ses alliages (H. Vigneron).................. 6
- Les ennemis de l’huile (L. Reverchon)....................... 6
- Caractère chimique du charbon colloïdal.....................62
- Stabilité des explosifs.....................................93
- Les valences du carbone.....................................93
- L’inertie chimique..........................................93
- Fabrication de l’acide sulfurique..........................157
- Les ions métalliques dans l’alcool.........................187
- Le propanol dans les alcools...............................220
- La synthèse des corps à poids moléculaire élevé (H. Vigneron) ..............................................• • 244
- La chloruration............................................252
- Le chrome électrolytique................................. 252
- L’aluminium dans l’industrie du sel........................254
- L’eau de mer...............................................282
- Dosage des métaux alcalino-terreux.........................282
- L’action des produits chimiques sur la combustion des
- charbons................................................286
- Dosage facile de l’oxygène (M. Daumas).....................299
- Dosage du gaz carbonique...................................332
- Le phosphure de manganèse..................................332
- Catalyse par le rhodium....................................333
- Microdosage du fer....................................... 333
- IV. — SCIENCES NATURELLES 1. Géologie.
- Comment l’Himalaya s’est soulevé (V. Forbin)................ 8
- Les gouffres à phosphate du Quercy (B. Gèze).............42
- Durée de la vie des hommes fossiles (R. Merle). . . . 102 L’avenir de l’industrie minière au Canada (C. Berthelot). 105
- Synthèse des roches........................................252
- Tortue fossile...................................... 252
- Les phosphorites du Quercy.................................333
- La recherche des minéraux (L. Perruche).............403
- L’île d’Yeu................................................373
- Microorganismes fossiles...................................373
- 2. Physique du globe. — Météorologie.
- La clarté nocturne (L. Rudaux).............................22
- Anomalies de température des eaux souterraines. ... 28 Un volcan sous un glacier (H. Vigneron). ...... 56
- L’insolation de Paris......................................123
- Un observatoire météorologique au Sahara (J. Boyer), . 129
- .-4
- p.431 - vue 435/439
-
-
-
- 432
- L’aurore boréale du 25 janvier (L. Rudaux)...............140
- Les sondages profonds en mer (H. Vigneron)...............175
- La dérive des continents (P. Rousseau)...................193
- A propos de l'âge de la Terre (H. Vigneron)..............221
- La radiation jaune du ciel nocturne........................252
- Charles Lallemand : nécrologie.............................254
- Nouvel anémomètre..........................................282
- Un nouveau cratère météorique..............................286
- L'aurore boréale du 25 janvier 1938....................... 332
- Prévision des inondations..................................332
- La lumière aux grandes profondeurs (H. V.)...............337
- Le sodium dans l’atmosphère. . . ...................373
- Pour prévoir le temps (L. Rudaux)..........................396
- Le mois météorologique (E. Roger). 58, 122, 186, 252, 329, 419
- 3. Zoologie. — Biologie. — Physiologie.
- Le problème des anguilles (R. Merle).....................13
- La vessie natatoire et l’adaptation des organes aux conditions d’existence (E. Rabaud et M.-L. Verrier). ... 39
- Respiration des animaux marins..............................59
- Ennemis des ruches et maladies des abeilles (J. Boyer). 74
- Le pygargue (R. Merle)......................................86
- Plocq, le charmeur d’oiseaux (Dr C. Arnault et A. Hugues) 89 Le sens d’orientation des pigeons voyageurs (V. Forbin). 104
- Rythme cardiaque du Dorypbora..............................123
- La mort du cygne... par les diatomées....................125
- Le tarpon de la Côte équatoriale d’Afrique (G. Trial). . 130
- Le puma ou couguard (Abbé E. Housse)........................167
- Le calcaire des crustacés...................................187
- Auprès d’un nid (A. Feuillée-Billot).......................216
- Carence azotée.............................................220
- Effets physiologiques de l’aluminium. . 220
- Le périophtalme (G. Trial).................................228
- L’aigle à tête blanche (L. ICuentz).........................257
- Élevages de poulets et acariens. ...........................286
- Les gorilles (P. Ichac).................................... 300
- L’aoûtat (R. Merle)........................................313
- Le plus petit mammifère d’Europe (J. de la Cerisaie) . . 322
- Hérédité du taux leucocytaire..............................332
- Le glycogène dans le foie..................................333
- Vitamine A.................................................333
- Invasion de sauterelles au xvn° siècle en Camargue
- (P. Fournier)............................................337
- Un animal inconnu dans les Alpes (W. Ley)..................366
- La nouvelle fauverie du Muséum (A. Feuillée-Billot). . 367
- Hérédité acquise............................................373
- Le plancton marin (L. Perruche).............................382
- Les observations scientifiques à la pêche (L. Perruche). 389
- Une pêche sportive peu connue (L. Perruche)................391
- L’entomologie (L. Berland)..................................393
- Animaux sauvages dangereux (R. Thévenin)................411
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Réduction biologique de l’acide nitreux.................373
- Plantes à acide cyanhydrique.................................59
- La pédologie ou science des sols (L. Thérond)............69
- La lumière sous les arbres (P. Larue)....................113
- La chlorose.................................................123
- La chloropicrine et la vitamine B du blé.................187
- La betterave en milieu liquide..............................220
- Utilisation des engrais.....................................220
- Pailles, coques et bois.....................................282
- La bactériologie appliquée à l’agronomie (L. Thérond). . 308
- Les colorants des aliments (M. Daumas).................327
- Aldéhyde de la pulpe d’olive................................332
- Spores de l’amanite phalloïde...............................332
- La symbiose bactérienne des légumineuses....................333
- Vitamine C et chlorophylle..................................333
- Végétation de la betterave..................................333
- Le bore en végétation . ....................................373
- V. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Autour d’une énigme géographique (V. Forbin). ... 62
- L’ébénisterie dans l’ancienne Égypte (H. de Morant). . 65
- L’hivernage de l’expédition polaire russe.................121
- La république de Cuba (J.-M. Planas)......................147
- Naissance d’une ville au Sahara (V. Forbin)...............213
- Le delta du Niger.........................................220
- L’aviation et l’archéologie (Abbé A. Glory)...............225
- Teghaza, la ville en sel gemme (T. Monod).................289
- Les cavernes et leurs dissemblances (R. de Joly .... 377 Méthodes simples- de levers de plans (L. Perruche). . . 401
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Les empoisonnements fongiques (G. Blocii-Lafon). ... 57
- Le scorbut................................................59
- Rachitisme expérimental...................................59
- Chimiothérapie des infections.............................93
- Réaction sanguine des cancéreux........................ . 123
- 'transmission aérienne de la grippe.......................123
- Les cultures microbiennes en milieu lécithine.............123
- A propos des empoisonnements fongiques....................153
- Population de la France en 1936 (II. Vigneron)............157
- Nouveau détecteur de gaz de combat (G. Kimpflin). . . 174
- L’électrolyse buccale (R. M.).............................199
- Les antiseptiques alimentaires (M. Daumas)................207
- Les provinciaux à Paris...................................221
- La tremblante du mouton...................................220
- Infection typhoïdique expérimentale......................220
- L’annexion de l’Autriche n’améliore pas la situation démographique de l’Allemagne..................................254
- Météoropathologie (Dr W. Kopaczetvsici)..................272
- L’immunité...............................................282
- Diminution de la natalité parisienne......................337
- Pour se bien raser (R. M.)................................369
- Vaccination contre la fièvre de Malte.....................373
- Diagnostic de la tuberculose..............................373
- Quelques conseils d’hygiène pour les vacances d’été
- (Dr M. Boigey) .........................................407
- Pour lire avant de partir en vacances (Dr E. Contet). . 416
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES t. Mécanique — Industrie. — Outillage.
- Le chauffage électrique des cornues à gaz (H. Vigneron). 78
- Nouvelles curiosités hydrodynamiques (P. Devaux). . . 80
- Le frottement.............................................. 93
- L’impression directe sur les emballages (II. Vigneron). . 115 Machine à mirer et classer les œufs (J. de la Cerisaie). . 118
- La fabrication des crayons (J. Boyer)....................149
- Le bureau des chèques postaux de Paris (J. Boyer). . . 181
- Le pétrole marocain arrive en France (V. F.).............189
- Billets de banque métallisés (II. Vigneron)..............236
- Fabrication des meules (G. Lanorville). ... . . 276
- Le moteur Aspin (H. Vigneron)..............................306
- L’oxyde de titane en papeterie. . . ...................374
- Briques creuses en verre (H. Vigneron).....................374
- 2. Photographie.
- Sur un procédé de copie par projection optique des films gaufrés pour la cinématographie en couleurs (J. de Las-
- sus Saint-Geniès) .........................................16
- Projection géante de sujets vivants (P. IIémardinquer). . 103
- p.432 - vue 436/439
-
-
-
- Les photographies eu relief (P. II.).....................355
- Causerie photographique (E. Touchet).
- Considérations sur la plaque photographique..............249
- Les diverses couches sensibles...........................418
- 3. Électricité.
- Etude de l’étincelle électrique.............................59
- Les radiocommunications dans la police......................94
- Les énergies thermique et hydraulique dans l’alimentation du réseau électrique de la région parisienne. . . 94
- Polissage électrolytique....................................123
- Les nouveaux câbles téléphoniques (R. Dreyfus). . . . 135
- La visiotéléphonie (P. Hémardinquer)........................13"
- Suggestions pour une machine électrostatique donnant des dizaines de millions de volts (A. L. Tchuevsky). . 146
- Séchage du bois par haute fréquence (II. Blin)..............180
- Transmission des ondes radio-électriques....................187
- Antennes tournantes de T. S. F. (P. IL). . .... ^89
- Réception de la télévision sur grand écran (P. Hémariun-
- quer)....................................................24.4
- Les parasites atmosphériques................................282
- Transmetteurs d’ordres en haut-parleur (P. II.). . . 331
- Nouveau type de microphone (P. II.).........................335
- Lampe d’émission de T. S. F. à très grande puissance. . 356 Amplificateurs h fréquence musicale à grand rendement
- (P. Hémardinquer).........................................361
- La radiodiffusion dans le monde.............................374
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Résistance du béton armé aux projectiles aériens. ... 28
- L’esthétique des ponts suspendus (P. Devaux)............33
- Réservoir géant en béton souple (P. Devaux).............132
- Forage par bennes preneuses (A. F. Pellat)..............230
- Les petites forces hydrauliques de France...............286
- Le géoptosimètre enregistreur (A. B.)...................310 _
- Nouveaux aménagements du port de Dunkerque (G. Lanor-ville)..................................................350
- 5. Transports.
- Les autostrades allemandes (E. et L. Kuentz). .... 1
- Locomotives électriques à rotors concentriques (P. Devaux) 12 Le dégagement des accès de Paris (G. Kimpflin). ... 45
- Les réseaux routiers du inonde.............................61
- La nature du frottement des pneumatiques (H. Vigneion). 61 L’autorail à charbon de bois (G. Lanorvïlle). .... 72
- Records de vitesse (J. Lacaine). .................... 97
- La roue motrice sphérique (A. B.)..........................114
- Locomotive Diesel électrique du P.-L.-M. (G. Lanoryille). 125 La signalisation continue sur les locomotives (H. Vigneron) 208 Le carénage de la voiture de course record du monde
- d’Eyston (II. Vigneron).................... .............231
- L’électrification de la ligne Paris-Le Mans (R. Dreyfus). 262 La stabilité de route des automobiles (H. Vigneron). . . 296
- 6. Aviation et Aéronautique.
- A propos du record d’altitude en avion (II. Vigneron). . 21
- L’entraînement des parachutistes..........................157
- Le pilotage des avions modernes (P. Devaux)...............161
- 433
- L’hélicoptère, machine volante pratique (M. Lamé). . . 233
- L’avion commercial de demain...............................335
- Le moteur Diesel d’aviation, système Clerget (II. Vigneron) 357 L’envol sur place des avions (S. Pivico)......................364
- 7. Guerre et Marine.
- Disposition nouvelle des hélices des navires (II. Vigneron). 55 Ondes courtes et navigation en temps de brume (P. H.). 336
- VIII* - HISTOIRE DES SCIENCES
- Paul Jacquemin et la première automobile sur la route
- (L. Reverciion).........................................314
- Les antiques annales du pétrole (V. Forbin)..............315
- Marey : le cinquantenaire de la première caméra (R. Bu-uot)......................................................329
- IX* — VARIA
- Dix ans d’activité du Fonds national belge de la recherche scientifique (G. Biïmacle)................................121
- Prestidigitation (Alber) :
- La femme invisible........................................328
- Naissance et vie des marionnettes (Alber) :
- Les lilliputiens, pygmées, nains grotesques, marionnettes vivantes......................................88
- Les marionnettes à l’Exposition.........................2L7
- x. — renseignements pratiques
- 1. Inventions et Nouveautés.
- Jeu de construction d’instruments d’optique ... 30
- Rasoir électrique automatique .........................30
- Pied support pour cinéma d’amateur.....................30
- Machine électrostatique à 100.000 volts. ..... 63
- Transformateur à usages multiples......................63
- Microprojeetion avec un projecteur d’amateur. . . 63
- Chaudière électrique de secours pour l’été.............95
- Récepteurs de T. S. F. : nouvelle forme................95
- Abri de plein air à couverture mobile..................126
- Visionneuse Monex......................................126
- Vérification des postes de T. S. F.....................158
- Dessin : nouveau procédé...............................158
- Agrandisseur pour petits formats.......................190
- Triode employée comme électroscope.....................222
- Posemètre sensible.....................................222
- Classeur et visionneuse pour photos de petit format. 255
- Magasin à pellicules stéréoscopiques...................255
- Album photographique...................................255
- Pont de Wheatstone à indicateur cathodique. . . . 287
- Ventilateur pour auto..................................287
- Antibuée pour auto.................................... 287
- Meubles de mobilier modernes...........................338
- Microtome perfectionné.................................339
- Propulseur amovible miniature..........................340
- Moulin à café . . . ...................................340
- Rasoir lumineux....................................... 340
- Campagnols : appareil de destruction...................341
- Répétiteur de phonographe ................... . . . 375
- p.433 - vue 437/439
-
-
-
- = 434
- Vélocar-tourisme...................................420
- Segments raclenrs d’huile ... . ..................420
- Économiseur d’essence..............................421
- Canoë Osi..........................................421
- Kayak de tourisme..................................422
- Vêtements isolants.................................422
- Recettes et procédés utiles.
- Pellicules inversibles en stéréoscopie...................26
- Savon aux hydrocarbures..................................91
- Propreté des produits laitiers..........................133
- Sensibilisation des émulsions photographiques . . 133
- Mortiers à l’albumine...................... ... 217
- Boîte aux Lettres.
- Verre : tension et bris spontané. .. . . . . 31, 127
- Brumes de sable.........................................31
- Glaçage de photographies................................31
- Métaldéhyde.......................................31, 424
- Taches d’eau savonneuse sur cuir........................31
- Plafond humide..........................................31
- Cordes de raquettes ....................................32
- Tondeuses à gazon : nettoyage...........................32
- Maison humide...........................................32
- Mouches : souillures....................................32
- Chaussures : teinture en noir...........................32
- Encre bleu noir.........................................32
- Eau de Javel : degré....................................32
- Molleton................................................32
- Diamant : taille........................................32
- Fil électrique chantant.................................64
- Télescope électronique..................................64
- Bruits parasites dans un récepteur......................64
- Téléphone : modification d’installation.................64
- Ondes très courtes : réception..........................64
- Filtres antiparasites............................ 64, 424
- Cellules photo-électriques..............................64
- Appareil de musique électrique....................64, 96
- Lampes et valves de T. S. F.............................96
- T. S. F. : réglage de l’intensité sonore................96
- Amplifications..........................................96
- Crésyl..................................................96
- Vers du bois............................................96
- Glaçage du linge........................................96
- Peintures laquées.......................................96
- Amiante : exploitations ................................96
- Canaries : conquête par l’Espagne......................127
- Empoisonnements fongiques..............................127
- Dépolissage du verre...................................127
- Acide acétique : procédé Leblanc..................... 128
- Gravures : piqûres.....................................128
- Cuir éraflé............................................128
- Peintures en poudre....................................128
- Crèmes instantanées....................................128
- Poudre pour les pieds..................................128
- Cuir trempé . . .......................................128
- Étoiles : densité......................................139
- T. S. F. : postes émetteurs-récepteurs . . . . 159, 223
- Chauffe-pieds électrique...............................159
- Filins en couleurs autochromes.........................159
- Antigel pour radiateur.................................159
- Bronzage du cuivre et de l’aluminium...................159
- Ciment pour lettres sur glace..........................160
- Jus d’oranges : conservation.................... 160, 424
- Murs : salpêtrage .....................................160
- Poudres de bronze......................................160
- Fards gras : nettoyage................................160
- Livres : taches. .....................................160
- Papier : déchirures...................................160
- Huile de lin : extraction.............................160
- Imperméabilisation des coutures.......................160
- Eaux : épuration industrielle....................... 160
- Antiphare.............................................191
- Hélium solaire....................................... 191
- Gaz d’éclairage : invention...........................191
- Marmites norvégiennes.................................191
- Gravure à l’acide.....................................191
- Gel d’un réservoir en zinc............................191
- Braises chimiques.....................................191
- Objet Reinmuth........................................191
- Photomètre............................................192
- Farts . ..............................................192
- Timbre en caoutchouc..................................192
- Gravure du bronze d’aluminium. .......................192
- Lampes jaunes de phares d’auto................. 192, 342
- Fruits : conservation par l’éthylène..................192
- Abats-jour translucides...............................192
- Huile d’auto : régénération...........................223
- Électroculture........................................223
- Redresseur oxy-métai..................................223
- Redresseur au sélénium ............................. . 223
- T. S. F. : alimentation par groupe électrogène. . . 223
- Cinématographie en couleurs...........................223
- Poste simple à une lampe..............................223
- Saturnisme et T. S. F.................................224
- Décalaminants de moteurs d’auto.......................224
- Pissenlits : destruction..............................224
- Cartes à jouer : nettoyage............................224
- Vernis cellulosique...................................224
- Or : récupération.....................................224
- Lavabos : débouchage ................................ 224
- Pâte à modeler........................................224
- Vernis noir pour métaux...............................224
- Eau dentifrice........................................224
- Lumière sous les arbres...............................256
- Héliothérapie chez les oiseaux........................256
- Ébénisterie pour haut-parleur.........................256
- Ondes très courtes............................. 256, 376
- Antenne commune.......................................256
- Cellule photo-électrique..............................256
- Couleurs diamines.....................................256
- Pâte à polycopier.....................................288
- Désodorisation d’une salle............................288
- Gaz à l’eau...........................................288
- Trichloréthylène......................................288
- Champignon pied bleu..................................288
- Ondulation permanente.................................288
- Sçhampooing...........................................288
- Acétylène........................................... 288
- Charbon de bois.......................................288
- Fosse septique........................................288
- CueiHe-fruits.........................................342
- Émuisions photographiques.............................342
- Microphone directionnel...............................342
- Téléphonie par courant porteur........................342
- Amplificateur pour poste à galène.....................342
- Pick-up : adaptation..................................342
- Microphone : choix....................................343
- Voix humaine..........................................343
- Visiotéléphonie.......................................343
- T. S. F. sur continu..................................343
- Encres pour stylos....................................343
- Laque d’Indochine.....................................343
- Patine verte du bronze................................343
- Lessives en poudre....................................343
- Teinte noyer foncé....................................344
- Émulsions’ d’huile....................................344
- Teinture du bois.................................... 344
- Lèpre.................................................344
- Cheveux...............................................344
- Aluminium : crasse....................................344
- p.434 - vue 438/439
-
-
-
- 435
- As sa fœtida ..........................................344
- Mastic pour aquariums..................................344
- Pagoscope..............................................376
- Microphones à contact..................................376
- Film : nettoyage.......................................376
- Transformation du continu en alternatif................376
- Appareils médicaux à ondes très courtes................376
- Dictons et prévision du temps..........................423
- Pygargue...............................................^23
- Antiseptiques alimentaires.............................423
- Lubrification .........................................423
- Orgue photo-électrique.................................423
- Signaux horaires ......................................424
- Photos : tons noirs bleutés............................424
- Jumelles : réparation..................................424
- Nicotine : filtre........................................424
- Neige carbonique.........................................424
- Capote d’auto : réparation...............................424
- Taches sur une baignoire.................................424
- Colles : conservation....................................424
- Papier sulfurisé.........................................424
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux : 27, 60, 92, 124, 156, 188, 253, 285,
- 334, 372
- Le Gérant : G. Massoh.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud.
- 1938. — Published in France.
- p.435 - vue 439/439
-
-