La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- SOIXANTE-SIXIÈME ANNÉE 1938 - DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU No 3039 (15 DÉCEMBRE 1938).
- Le Gérant : G. MASSON.
- Lavai..
- Imprimerie Barnéoud.
- Published in France.
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- N° 3028
- LA NATURE
- 1" Juillet 1938
- NOUVEAUX BATEAUX-POMPES PARISIENS
- Le Régiment des Sapeurs-Pompiers de Paris vient de mettre en service deux bateaux-pompes jumeaux qui présentent un grand intérêt technique : souplesse extrême des manœuvres, renversement de marche instantané, giration sur place, rendus possibles par l’emploi d’un propulseur Voith-Schneider ; très forte puissance de refoulement, groupement et doublement des commandes, possibilité de substituer les organes les uns aux autres en cas d’avarie.
- PROBLÈME A RÉSOUDRE
- Les caractéristiques fixées pour le projet de bateaux-pompes étaient précises et sévères.
- Il fallait tout d’abord une maniabilité absolue, indispensable pour les manoeuvres de secours et la circulation en Seine ; en particulier, le démarrage, l’arrêt et les évolutions devaient être aussi rapides que possible,
- Fig. I. — Nouveau bateau-pompe du régiment des sapeurs-pompiers de Paris : les deux lances monitor en action sur la
- Seine, le bâtiment étant en marche.
- Llilisés tout d'abord pour la protection de l’Exposition de 1907, ces bateaux sont destinés à la protection régulière du port fluvial de Paris et de ses abords ; ils présentent la particularité de fonctionner comme de véritables usines élévatoires de secours capables de refouler inépuisablement;, par conduites volantes, sur toute une bande de 1.200 m de largeur, de chaque côté du fleuve. Il y a là une possibilité appréciable en ce qui concerne la défense passive
- Ces batiments ont été construits par les chantiers navals franco-belges sur les plans et les calculs du commandant Gabriel Beinier, à qui nous sommes redevables de la documentation et des photographies de cet article.
- ce qui exigeait, pratiquement, une commande centralisée au poste de pilotage.
- La vitesse, en revanche, restait modérée ; 20 km à l’heure est un maximum qu’il est préférable de ne pas dépasser en raison des vagues susceptibles de causer des accidents aux autres bateaux.
- La puissance hydraulique requise était de l’ordre de 4oo m3 à l’heure sous une pression de refoulement de 6 kg par cm2, et de i5o m3 à l’heure sous une pression de 20 kgr, correspondant à une hauteur d’élévation de 200 m.
- De plus, les bateaux-pompes devaient posséder une autonomie absolue, c’est-à-dire fabriquer eux-mêmes toute leur énergie mécanique pour la propulsion, élec-
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- Coupe horizontale
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- Coupe transversale au droit de la pompe
- 1. Propulseur. 2. Moteur. 3. Réducteur. 4. Pompe. 5. Groupe électro-gène. 6. Pompe de service. 7. Groupe compresseur. 8. Batterie. 9. Pompe d’épuisement. 10. Projecteurs. 11. Lances « Monitor ». 12. Crépines. 13. Vannes. 14. Prises d’aspiration, lo. Sorties de refoulement. 17. Cabine de pilotage. 18. Pupitre de manœuvre.
- Fig. 2. — Plan et coupes des nouveaux bateaux-pompes.
- triqüe, pour les projecteurs, hydraulique pour le refoulement aux lances. Enfin leur équipement de pompage devait permettre d’épuiser l’eau dans d’autres bateaux et ils devaient se prêter à toutes les opérations de sauvetage.
- COQUE ET MACHINES
- Construits simultanément, lancés en mars 1937, les deux bateaux ont pu prendre leur service au mois de juin de la même année (fig. 1 et 3).
- Leur longueur hors-tout est de 21 m, avec un tirant d’eau de 1 m 10 et un tirant d’air de 2 m 90, ce qui est important pour les manœuvres sous les ponts ; le déplacement est de 37 t et la vitesse moyenne (aller et retour) sur base de 1 km, de 20 km à l’heure.
- La stabilité est remarquable, même lors des girations en pleine vitesse que permet le propulseur (fig. 3).
- Le moteur principal (S. O. M. U. A.), fonctionnant à l’essence, comporte deux groupes de 4 cylindres, en Y à 90°, disposition autorisant un équilibrage dynamique complet, à l’obliquité des bielles près.
- Le moteur attaque, par l’intermédiaire d’un embrayage à disques secs, un réducteur formant boîte de vitesses et qui comporte deux prises de mouvement : l’une vers l’arbre du propulseur, l’autre vers l’arbre de la pompe à incendie (fig. 2). Ces prises de mouvement sont commandées par clabotages ou accrochages
- coulissants, comme la a prise directe » d’une automobile.
- Les clabots, ainsi que l’embrayage et les commandes de gaz et d’air des carburateurs, sont commandés à distance, depuis le poste de pilotage, grâce à des câbles à gorge hélicoïdale, formant crémaillères, système Téléflex Les commandes sont doublées dans la chambre des machines, pour parer à toute défaillance.
- La puissance du moteur est de 2o5 ch à 2.000 tours/min. Étant donnée l’importance d’un lancement assuré, il a été muni de deux démarreurs, l’un électrique, l’autre pneumatique. Ce dernier se compose d’un distributeur rotatif relié par des tuyauteries aux 8 cylindres ; des clapets de retenue protègent ces tuyauteries lorsque le moteur est en marche ; l’alimentation est faite par une « bouteille » d’air comprimé avec soupape (t coup de poing ».
- PROPULSEUR VOITH-SCHNEIDER
- Le pi'opulseur Yoith-Schneider a déjà été décrit dans La Nature. Rappelons qu’il comporte un plateau rotatif tournant autour d’un axe à peu près vertical et portant à sa périphérie des aubes également verticales.
- Si les aubes étaient invariablement fixées au plateau, aucun effort de propulsion ne se produirait ; mais elles sont libres de pivoter légèrement sur elles-mêmes et, de plus, se trouvent reliées par des bielles à un point d’ai'ticulation fixe qui est excentré par rapport au plateau.
- Dans ces conditions, les aubes pivotent sur elles-mêmes tout en suivant le mouvement circulaire du plateau, en sorte que d’un côté elles fendent l’eau par leur tranche, tandis que de l’autre elles s’appuient en plein sur l’eau par leur face large. On obtient donc un effort de propulsion et — détail très important — cet effort peut être dirigé à volonté dans une direction quelconque suivant la position du point d’articulation, que l’on peut déplacer à l’aide d’un mécanisme.
- Cinématiquement, la direction de l’effort dépend de l’azimuth dans lequel est placé le point d’articulation, tandis que la distance de ce point au centre de rotation détermine le pas du propulseur.
- Pratiquement, le gouvernail est supprimé. Le pilote dispose d’un volant pour l’orientation de l’effort et d’un levier pour la variation du pas et le changement avant-arrière (fig. 4). Le propulseur demeure constamment en rotation, dans le même sens pendant toute la durée des évolutions.
- On conçoit quelle souplesse de manœuvres procure cette possibilité de tirer à volonté en avant, en arrière ou par le côté. Le bateau décolle du quai par l’arrière, part à reculons, vire sur place ; à 20 km à l’heure, par
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- renversement de marche instantané sans couper les gaz, il s’arrête sur un peu moins de sa longueur. L’accélération négative est telle que les occupants sont lancés en avant comme les voyageurs dans le Métro !
- POMPES ET LANCES
- La pompe principale (S. M. I. M.) est du type centrifuge à deux étages. Placée au-dessous du niveau de flottaison, elle aspire directement dans le fleuve par deux cônes se racordant à deux entrées d’aspiration de 200 mm (fig. 2).
- Elle alimente un collecteur général de refoulement présentant 8 prises de 100 mm, 2 de 70 mm et 2 de 35 mm, ainsi que deux puissantes lances Monitor sur affûts, équipées de dispositifs mécaniques de pointage en hauteur et en direction ; ces lances peuvent être manœuvrées par un seul homme, malgré la formidable poussée de réaction du jet. Elles peuvent recevoir des ajutages de 35, 4o, 45 et 5o mm.
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- La possibilité de faire fonctionner simultanément le propulseur et la pompe est particulièrement précieuse. Elle permet d’attaquer un incendie dès l’arrivée sur le lieu du sinistre sans avoir à amarrer ou à ancrer le bateau ; on peut également faire évoluer le bateau, le déplacer devant le sinistre, le maintenir dans le courant, tout en conservant une réserve de puissance suffisante pour toute éventualité et sans être en aucun cas obligé d’arrêter les lances.
- Sur la plage arrière est installée un groupe électropompe d’épuisement, d’une puissance de 20 ch, destiné à la vidange des bâtiments ayant subi un accident ou présentant une voie d’eau. Dans la chambre des machines se trouve un groupe électro-pompe de service chargé des fonctions suivantes : épuisement de la cale, refoulement sur le pont pour le lavage et l’incendie éventuel du bateau lui-même, service des W.-C., refoulement de secours pour la circulation de refroidissement du moteur principal, amorçage du groupe d’épuisement. Des combinaisons de robinets-vannes permettent des substitutions entre les différentes pompes, qui se prêtent ainsi un mutuel secours.
- Fig. 3. — L’un des bateaux « Paris » et « Lutèce >; virant sur place à t’aide de son propulseur.
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- Porte-voix
- Manette du starter I .Manette des gaz
- / / Commande du
- I / robinet d'essence
- /Levier du pas du / /propulseur l G>/ /Commande du , / c/abot de pompe
- À / Commande
- Tachymètre
- Volant de / directionJ
- Manomètre
- Levier de débrayage
- Plancher
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- Fig. 4. — Pupitre de manœuvre, dans le poste de pilotage.
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- L’énergie électrique nécessaire aux besoins du bord est fournie par un groupe électrogène à essence de 45 ch, équipé d’un régulateur Aster réglé pour i.5oo tours/min.
- Le circuit à no v, alimenté par ce groupe, comporte a projecteurs de i.ooo w et 4 prises pour appareils auxiliaires.
- Il existe également une batterie d’accumulateurs au cadmium-nickel, d’une capacité de i5o A-heures, alimentant i3 lampes de 4o w, les démarreurs des deux moteurs et des prises de courant pour balladeuses. Cette batterie est répartie en deux coffres avec aération extérieure.
- Le courant à 24 v est précieux pour les balladeuses et les circuits susceptibles d’être touchés à la main, à cause de son innocuité physiologique absolue et de l’absence d’arcs. Il est utilisé pour l’alimentation des relais-contacteurs, placés sous armoires blindées, pour les commandes électriques.
- Les exigences de l’autonomie ont été poussées au point que la bouteille d’air du démarreur est rechargée à bord à l’aide d’un compresseur Luchard à pistons, mû par un moteur électrique de i ch et refoulant sous 5o kgr par cm2.
- Enfin, chaque bateau a été doté d’un scaphandre Le Prieur à double paroi et circulation d’eau chaude, permettant un séjour prolongé sous l’eau, ainsi que du matériel réglementaire de secours aux asphyxiés.
- Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École polytechnique.
- CHIMIE ET RAYONS X
- Lorsque, des fumées métaphysiques où se débattait l’alchimie, sortit la chimie, une ère féconde commença pour la pensée scientifique. Enfin débarrassée de son appareil moyenâgeux, la chimie, science aux origines lointaines, put progresser à pas de géant.
- Alors que les mathématiques, pures abstractions conçues par l’esprit, se développent avec l’exacte rigueur de l'absolu ; que l’astronomie intègre l’univers en quelques équations ; que la physique à son tour plie les phénomènes à ses lois, la chimie s’attaque aux déconcertants problèmes de la matière et de la vie.
- Fig. 4. — Difjraction de la lumière ^ )a suite du
- par un réseau plan. magnifique effort
- de Lavoisier, tout un corps de doctrine sç constitue : après le principe de conservation de la matière, viennent les lois fondamentales de Dal-
- ton, Gay-Lussac, Dulong et Petit, Mitscherlich, lois d’ou naîtront les conceptions atomique et moléculaire (Avogadro), constructions fécondes qui plus tard se révéleront mieux que des vues commodes de l’esprit, mais de vivantes réalités (Jean Perrin).
- Mais dans cette lutte contre la matière, souvent la pensée réalité pressentie, il est impossible de la voir, faute d’un instrument.
- Tout d’abord, le chimiste explore presque exclusivement le monde minéral : il note les propriétés, fait ressortir les analogies, précise les différences. La matière
- devance l’expérience, et cette
- Fig. 2. — Diffraction des rayons X par un réseau cristallin.
- n w n(Différence de marche ddstnV[ ent n et n )
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- organique n’est pas encore son domaine : il y a moins de cent ans, en i85a, Gerhardt écrivait : « Le chimiste fait l’opposé de la nature vivante : il brûle, détruit, opère par analyse. La force vitale seule opère par synthèse ». En 1828 cependant, Wôhler avait réussi in vitro la synthèse de l’urée ; en 1862, Berthe-Fig. 3. — Plans réticulaires, lot réalise celle de l’acétylène à partir du cai'bone et de l’hydrogène et, de là, il passe à l’acétaldéhyde, à l’alcool, ... voilà réalisée, et sans l’intermédiaire de la force « vitale », la synthèse totale de la matière organique : la chimie organique est née. Bientôt, cette chimie organique devient une science à part : elle a ses notations, ses lois, sa systématique. L’arrangement des atomes dans les molécules qu’elle étudie se précise nettement, alors qu’en chimie minérale cela est beaucoup plus hasardeux : la chimie des complexes du cobalt, du platine, plus tard celles des hydrures de bore ou de silicium, ... apportent quelques résultats, mais combien fragmentaires ! Bien des problèmes, tel celui des silicates naturels, révèlent l’insuffisance de la méthode chimique classique.
- Cependant, une technique nouvelle, fille de la physique moderne, va se révéler une précieuse auxiliaire : cette technique, c’est la diffraction des rayons X. Elle apporte au chimiste la possibilité de confronter ses schémas avec la réalité moléculaire, ou bien d’interpréter des résultats qui jusqu’alors n’étaient que la morte expression d’une réalité à jamais détruite !
- LA DIFFRACTION DES RAYONS X
- Lorsqu’un pinceau lumineux monochromatique rencontre un « réseau » constitué de traits parallèles équidistants, chaque fente émet un faisceau diffracté : l’ensemble des faisceaux ainsi émis donne naissance
- Fig. 4. — Schéma de montage pour la-diffraction d’un faisceau polychromati-que (Diagrammes de Laüe).
- Le faisceau diffracté par le cristal impressionne la plaque représentée en bas et à droite.
- à des phénomènes d’interférences, se manifestant par des alternances d’ombre et de lumière (fig. 1).
- Haüy, en 1784, émet l’hypothèse que les corps cristallins sont constitués de petits éléments identiques juxtaposés, dont l’arrange-m e n t régulier dans les trois dimensions de l’espace apporte au
- Fig. o. — Diagramme de Laüe de la calcite CaCO3 (symétrie rhomboédnque).
- Fig. G. — Diagramme de Laüe de la fluorine CaF2.
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- cristal ses propriétés. S’il en est ainsi, les différents plans réticulaires doivent se comporter comme des réseaux dont les éléments sont à des distances très faibles, de l’ordre des dimensions moléculaires : en particulier, ils doivent être capables de ( provoquer la diffraction des rayons X, ces radiations dont la longueur d’onde est inférieure au millionième de millimètre. L’expérience, réalisée en 1912 par Laüe, Friedrich et Knip-ping, a confirmé ces brillantes prévisions.
- En principe, le phénomène peut être assimilé à une réflexion des rayons X sur les plans du cristal, telle que les rayons réfléchis satisfassent à la condition d’interférence :
- Fig. 1. — Schéma de montage pour la diffraction d’un pinceau monochromatique (diagrammes de cristal tournant et diagrammes de poudre).
- Fig. 8. — Cellule élémentaire de chlorure de sodium.
- (1) ni = 2d sin 0.
- B étant l’angle du rayon incident avec la direction des plans réticulaires ;
- l la longueur d’onde de la radiation ;
- d, la distance des plans réticulaires ;
- n, un nombre entier d’autant plus élevé que l’ordre de la réflexion est plus grand (fig. x et 2).
- (Pour qu’il y ait interférence, il faut que ni soit inférieur à 2d, c’est-à-dire que la longueur d’onde de la
- radiation doit être Fig. 9. — Diagramme de Laüe du sel inférieure à la dlà-
- gemme NaCl (.symétrie cubique).
- tance des éléments réticulaires).
- L’ANALYSE CRISTALLINE PAR LES RAYONS X
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- L’étude d’une structure cristalline à l’aide des rayons X peut se faire soit avec un rayonnement po-lychromatique, soit avec une radiation de lon-
- gueur d’onde bien définie : dans le premier cas, on observe les figures de Laüe, dans le second, les clichés de diffraction ordinaires (* 1).
- Les figures de Laüe s’obtiennent en recevant le faisceau diffraclé sur une plaque photographique : les différents plans réticulaires s e comportent comme autant de miroirs orientés selon des angles rents ; chacun rayons incidents
- Fig. JO. — Diagramme de poudre du sel gemme.
- diffé-des pour
- lesquels les valeurs de l, 0 et d satisfont à la relation (1) donne naissance à une tache sur le cliché : l’ensemble de ces taches constitue une figure dont l’aspect révèle la symétrie du cristal (fig. 4).
- La méthode du « cristal tournant » permet une interprétation plus facile des résultats, aussi est-elle plus couram-
- Fig. U. — Structure du graphite.
- 1. A moins que l’on ne substitue à la plaque photographique une chambre d’ionisation, dispositif permettant de mesurer en valeur absolue l’intensité du rayonnement diffracté.
- Fig. 12. — Diagramme de Laüe du graphite, (symétrie hexagonale).
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- Fig. 13. — Structure du diamant.
- (.symétrie cubique).
- ment employée. La technique de Schiebold et Polanyi utilise un cristal unique, pouvant être très petit (io~6 g.) ; les rayons diffractés sont reçus sur une plaque ou sur un film cylindrique entourant la plate-forme tournante qui entraîne le cristal dans son mouvement de rotation. Une technique également très employée est l’analyse des poudres microcristallines : un étroit pinceau monochromatique est reçu sur la substance finement pulvérisée ; si une réflexion est possible pour un certain cristal convenablement orienté, elle l’est également pour tous les cristaux dont l’orientation diffère seulement par rapport à la direction incidente : alors l’effet résultant se traduit sur une plaque par un cercle dont l’axe est le rayon incident. (Si la plaque est remplacée par un film cylindrique, la figure obtenue est due à l’intersection du cylindre par les cônes
- Fig. 14. — Premier type de silicates : C^Ue ,^S
- groupes isolés de SiO/,. Types s’y ratta- rayons diilractes). chant. Anneaux fermés.
- carbone (fig. 11,
- 12, 13), les différences de structure entre diamant et graphite ont pu être mises en évidence : alors que le diamant est formé d’an-n e a u x hexago-n a u x gauches, juxtaposés dans les trois dimensions de l’espace (liaisons « homo-polaires », c’est-à-dire avec électrons communs à plusieurs atomes, le graphite apparaît comme constitué d’anneaux plats formant dés couches parallèles (liaisons homopo-laires dans deux directions, liaisons polaires ou foi'ces de Van der Waals dans la troisième). Dans le premier
- Fig. 15. — Diagramme de Laüe du quartz.
- {symétrie rhomboédrique).
- Fig. 16. — Diagramme de poudre du quartz.
- cas, la distance des atomes C voisins est de i ,54 A et la largeur d’un anneau de 2,5i Â. Dans le second, les alomes C sont à 1,42 Â l’un de l’autre, et la largeur des hexagones est de 2,46 Â. La structure lamellaire du graphite explique en particulier ses propriétés lubrifiantes.
- LE PROBLÈME DES SILICATES NATURELS
- QUELQUES CAS SIMPLES
- L’étude des diagrammes du chlorure de sodium (fig. 8, 9, 10) a montré que sa cellule élémentaire est constituée de cubes dont les sommets sont alternativement des atomes de sodium et des atomes de chlore, espacés de 2,8 A.
- Dans le cas du
- Important constituant de la surface du globe, la silice entre dans la composition d’un grand nombre de substances, silicates et alumino-silicates. Or, malgré de fréquentes analogies et de plus fréquentes divergences, il était difficile de classer ces corps autrement que d’après leur constitution chimique et leur apparence cristalline. YV.- L. Bragg a mon-
- Fig. 17. — Verre de silice. Substance amorphe {diagramme de poudre).
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- tré quelle vive lumière l’analyse aux rayons X jette sur la composition chimique si variée de ces minéraux.
- Jusqu’alors, qu’a fait le chimiste pour se rendre compte de la constitution d’un silicate P II com-mence par le détruire dans des conditions souvent difficiles : mais alors, le minéral perd l’individualité qu’il possédait à l’état solide. S’agit -il d’une espèce d’aspect défini ? L’analyse chimique révèle de telles différences de composition qu’il est délicat d'établir une formule-type.
- L’analyse cristalline aux rayons X a permis de montrer que le squelette des silicates est constitué de groupes tétraédriques d’atomes d’oxygène, avec au centre, des atomes de silicium ou d’aluminium. Il est ainsi possible de distinguer 4 classes fondamentales (fig. i4 à 19) :
- i° Groupes isolés de Si04 ;
- 20 Groupes réunis en chaînes ;
- 3° Groupes réunis en feuillets ;
- 4° Groupes formant des l’éseaux à 3 dimensions ; Dans le premier groupe, chaque atome d’oxygène est fixé à un atome Si, et son autre valence est un centre d’attraction pour les ions positifs du cristal (topaze, zircon). Mais il se peut que cet atome d’oxygène serve de liaison entre 2 atomes de silicium ; ceci d’ailleurs peut se produire aux différents angles du
- tétraèdre initial, et
- Fig. 19. — Troisième type de silicates : ^es différents ar-structure en feuilles (mica). rangements possi-
- bles peimettent d’expliquer toutes les structures.
- Les tétraèdres peuvent être simplement réunis par un sommet, formant des chaî-n e s (pyroxènes), ou au contraire par deux sommets, constituant des bandes (amphiboles) ; ces chaînes et ces bandes sont réunies latéralement par des ions
- métalliques. Cette structure allongée se rencontre dans les amiantes et explique leur nature fibreuse.
- Lorsque trois sommets interviennent, la structure devient lamellaire : les ions métalliques s’intercalent entre les feuilles, le minéral se clive alors avec une extrême facilité (talc, mica, kaolin).
- Les réseaux à 3 dimensions enfin, font intervenir des tétraèdres dont tous les coins appartiennent à 2 cellules élémentaires. Le quartz et les autres formes de silice cristallisée se rattachent à ce type. Lorsque des atomes Al se substituent aux atomes Si, le tétraèdre acquiert une forte électronégativité et les ions métalliques se fixent dans les interstices : le squelette silico-alumineux se comporte comme un radical acide unique, traversant tout le cristal. L’outremer appartient à cette classe. Les zéolithes, ces substances curieuses dont les propriétés optiques varient selon les circonstances (chauffage, absorption de vapeurs, vide, ...), se rattachent également à ce dernier groupe, mais leur réseau à 3 dimensions est plus ouvert, constituant une sorte d’éponge, et les cavités contiennent des molécules d’eau liées de façon très lâche.
- D’autre part, les ions logés dans l’édifice sont susceptibles d’en sortir pour être remplacés par d’autres, propriété qui se montre d’un grand intérêt pour l’épuration des eaux : une eau calcaire se comporte ainsi :
- Ca++ + Z(Na+)3;£ aNa+ + Z(Ca++).
- R. VlALLARD.
- (à suivre)
- Fig. 20. — Diagramme de Laüe du mica (symétrie orthorhombique).
- 2? type de silicates : chaînes simples 5,25 À .
- 2 e. type : bandes (Si$0u)t
- Fig. 18. — Deuxième type de silicates. En haut : chaîne simple (SiO1)^,, ; en bas : bandes (Si1011)6».
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- LES MODÈLES RÉDUITS D'AVIONS
- ÉDUCATEURS DE LA JEUNESSE AÉRONAUTIQUE
- Le fait de construire des modèles réduits d’avions n’est pas nouveau. Bien avant le premier vol de Clément Adder, et alors que l'aviation en était à ses premiers balbutiements, les hommes essayèrent sur des machines l’éduites leurs possibilités d’envol. C’est ainsi, pour ne citer que ceux-là, que Penaud, de Lalandelle, Nadard, Ponton d’Amécourt, Langley firent voler des maquettes tandis que Julien réalisait un modèle réduit de ballon dirigeable qui resta célèbre à l’époque pour avoir réussi en plein vol le tour de l’Hippodrome ; quand on remonte beaucoup plus loin à travers les siècles on voit que les Chinois, inventeurs du cerf-volant, faisaient voler de petits planeurs primitifs qui, lancés de différentes hauteurs, parcouraient déjà des distances appréciables. Ce bref rappel historique n’a d’autre but que de démontrer, en s'appuyant sur les faits, que l’emploi des maquettes volantes dans les recherches aériennes, exista de tous temps. Mais c’est seulement depuis 5 ans que les modèles réduits d’avions ont pris une extension considérable. L’Allemagne qui, par le traité de Versailles, avait vu sa production aéronautique limitée forma économiquement un grand nombre de pilotes avec de simples planeurs. Ces pilotes, avant d’apprendre à conduire leur machine, étaient formés dans leur éducation élémentaire par la construction de modèles réduits et par les évolutions qu’ils faisaient effectuer à ces petites machines. L’Angleterre, les États-Unis, l’Italie, la Russie suivirent le mouvement qui s’étendit bientôt à toutes les nations et c’est ainsi que l’industrie des modèles réduits occupe dans le monde, à l'Ikmi11* actuelle, des hommes par milliers et que son iliilln d’affaire annuel se compte par millions de fraiu - I a France ne prit son essor véritable dans les umdt'lc-réduits qu’il y a un peu plus d’un an lors de la n 10-sance effective des Services de l’Aviation populaire au Ministère de l’Air. Dès lors ce fut un enthousiasme général de la jeunesse. On créa des concours, l’État commanda des maquettes volantes par milliers pour leur diffusion dans la jeunesse : les jeunes gens apprenaient les principes du vol en s’amusant.
- J’ai eu l’occasion de faire entrer dans l’Aviation populaire un certain nombre de jeunes gens. Les uns ont été embrigadés dans les cours théoriques sans avoir auparavant construit de maquettes volantes, les autres
- se sont inscrits à ces mêmes cours en ayant auparavant le goût de fabriquer des modèles réduits. En interrogeant les uns et les autres après plusieurs mois de cours, j’ai été frappé du peu de connaissances qu’avaient les premiers tandis qu’au contraire les seconds possédaient une technique pratique très satisfaisante qui leur permettait, avant même leur première leçon de pilotage, de comprendre parfaitement comment était construit un avion et comment il devait voler.
- Pourquoi cette différence de connaissances P II est extrêmement simple de répondre à cette question lorsqu’on y rélléchit.
- Les jeunes gens qui s’inscrivent à l’Aviation populaire ont une instruction primaire la plupart du temps des plus rudimentaires et tout à coup on les met en présence d’un tableau noir, de courbes, de graphiques, de formules, de dessins, très simples il est vrai, mais qui
- demandent cependant, pour être compris, une forma-^ lion mathématique élémen-
- taire qu’ils ignorent. Dès le début, ces jeunes gens ne comprennent pas — souvent n’osent pas le dire — ou comprennent à moitié. Lorsqu’on les interroge, on est stupéfait de leur peu de
- Fig. j et 2. — Un planeur Martinet en plein vol (école française). L’ingénieur Le-mort présentant le planeur Martinet.
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- savoir. Ceux dont je viens de parler n’ont pas construit de maquettes volantes avant de suivre les cours : ainsi, du jour au lendemain on les met en face de la technique pure à laquelle ils n’ont pas été , préparés. Comment voulez-vous que leurs cerveaux saisissent le sens des cours des professeurs ? Ils ignorent ce qu’est le pas d’une hélice, ils confondent incidence positive et incidence négative, centre de gravité et centre de poussée. La plupart ignorent même — jusqu’au jour où ils voleront. — la position des ailerons et des plans de profondeur selon les mouvements élémentaires du manche à balai et du palonnier pour faire monter, descendre, ou virer l’avion.
- Tout au contraire les jeunes gens qui — avec la même formation primaire élémentaire que leurs camarades — auront construit et fait voler des modèles réduits avant de suivre les cours, connaîtront parfaitement ce que leurs jeunes collègues ignorent. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils auront « vu », « touché » et fait voler un avion réduit.
- L’instruction aéronautique élémentaire ne devrait pas commencer pour l’enfant par la pratique de la boîte de construction. C’est déjà d’une complication trop grande pour les tout premiers débuts.
- Donnez-d’abord à l’enfant un planeur tout monté avec une aile pouvant se déplacer sur le fuselage. Il regardera l’appareil puis le lancera simplement à la main. Le premier vol sera mauvais. Une instruction très simple livrée avec le planeur lui indiquera comment remédier aux défauts du vol. Le planeur pique-t-il ? Avancez l’aile. Cabre-t-il ? Reculez-la. Le vol normal se réalise peu à peu. Sans effort, en jouant, l’enfant aura appris à centrer son appareil. Faites-le lui alors mettre en équilibre sur deux doigts, il constatera que sur un planeur classique, le centrage correct s’obtient par l’équilibre de la petite machine au tiers avant de l’aile. Le néophyte a pris goût aux premiers vols, il lance à nouveau son appareil : le centrage est bon mais l’avion vire toujours à droite ou à gauche. Que dit l’instruction ? Mettez une cale sous l’aile du côté où l’avion vire : l’aile se relèvera donc du côté où il vire ; du moment où l’aile sera relevée, le planeur ne virera plus et volera en ligne droite 'parfaite. Lorsqu’il aura constaté la chose, le néophyte aura compris
- l’influence des ailerons sur la stabilité latérale d’un avion. Faites-lui alors conjuguer l’action du gouvernail arrière avec le relèvement ou l’abaissement de l’aile (représentant celui des ailerons) pour obtenir d’élégants virages. Votre élève, avant moins d une semaine, aura compris les premiers éléments du pilotage et les premières lois du vol. Enfin pour la profondeur, faites-lui constater l’action de l’abaissement ou du relèvement du plan mobile de queue sur le vol longitudinal de son planeur et vous aurez terminé ses tout premiers pas dans la navigation aérienne. Ceci fait, achetez-lui la boîte de construction du planeur qu’il a fait voler et qui lui a donné le premier goût de l’air.
- L’enfant, parce que sans effort il a pu faire voler du premier coup une petite machine, s’intéressera instantanément à sa construction. Il voudra « voir ce qu'il y a à l’intérieur ». C’est ici qu’apparaît la boîte de construction. Elle sera simple, avec un plan en vraie grandeur, avec des indications très claires. Cette première boîte de construction sera plutôt une boîte de montage qu’une boîte de construction. Les nervures des ailes seront livrées toutes découpées, les longerons seront coupés à leur mesure, ainsi que les flasques ou montants du fuselage et leurs entreloises, le patin d’atterrissage sera lui aussi découpé d’avance ainsi que les nervures d’extrémité d’ailes et les formes de gouvernes. Ce premier assemblage sera donc rapide, n’énex-vera pas l’enfant. On lui donnera pour recouvrir son planeur une simple feuille de papier japonais qu’il tendra à l’eau après l’avoir découpée selon les formes mêmes du planeur. Les vols ont lieu, le jeune constructeur est enthousiaste. Profitons de son enthousiasme pour lui acheter cette fois une véritable boîte de construction. Dans cette boîte, le plan sera à 1/2 échelle et avec des cotes. Notre jeune homme apprendra donc à lire ces cotes, il fera les petites additions qui lui per-meltront d’en doubler la valeur. Les nervures ne seront pas découpées d’avance : elles seront imprimées sur une planche de balsa ainsi que les gouvernes ; les longerons d’ailes, le fuselage, le patin d’atterrissage ne seront plus représentés que par des baguettes sans dimensions précises que le jeune aviateur devra couper aux mesures doublées du plan, ajuster, coller avec réflexion. Il fera toutes ces opérations avec intérêt et patience parce qu’il les comprendra. Pourquoi les comprendra-t-il sans effort ? Parce qu’il aura eu en mains auparavant un planeur tout monté qu’il aura fait voler et dont il aura la forme dans l’œil, enfin parce que — seconde opération — il aura pratiqué le montage de ce planeur avec sa première boîte simplifiée.
- Le voilà constructeur, sa machine vole. Il est sûr de lui. Quelle sera sa première réaction? il achètera une revue de modèles réduits, se tiendra au courant de ce qui se fait à l’étranger, lira avec attention les articles techniques très simples de ce genre de revues et les comprendra parce qu’ils traitent de con-
- Fig. 3 et 4. — Le Moustique (école française).
- Modèle améi'icain, type « Purchase », extra-léger et à grande vitesse.
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- slruction el qu’il aura déjà construit lui-même avec succès.
- C’est à cette phase de l’instruction que se place l’apparition du modèle réduit à moteur de caoutchouc et à hélice tractive. On procédera là beaucoup plus rapidement que pour le planeur, car des bases solides de compréhension et d’adresse manuelle auront été acquises. On pourra passer, pour l’élève, directement à la construction véritable. Très facilement il apprendra ce qu’est le pas d’une hélice, très facilement il comprendra ce qu’est l’action du couple de renversement sur la stabilité transversale de l’avion (deux choses que ses camarades qui n’ont pas fait de modèle réduit comprendront non sans difficulté), il apprendra également à centrer son avion pour qu’il vole avec la vitesse maxima ou qu’il prenne rapidement de l’altitude, il apprendra à le faire rouler correctement au sol et à le faire décoller. Il aura appris, comme pour le planeur, qu’un plus lourd que l’air doit toujours partir face au vent : il aura acquis de façon indiscutable les premiers principes du pilotage sans être jamais monté en avion, donc sans le moindre risque.
- Tout naturellement notre néophyte voudra, par la suite construire des machines capables de fournir des performances bien définies : vitesse, altitude, durée, acrobaties. Cela l'entraînera à étudier les profils d’ailes, les adaptations d’hélices, l’augmentation de la puissance motrice et la dui’ée de cette puissance, les centrages les plus propices aux différentes performances envisagées. Et voilà notre petit bonhomme parti sur les grands problèmes qui sont à la base de la réalisation des avions les plus modernes.
- Son instruction préliminaire technique et pratique est terminée : il est fin prêt pour suivre, dès l’âge de 16 ans, les premiers cours théoriques qui assoupliront sa jeune intelligence.
- 11 comprendra facilement ses cours, parce qu’auto-matiquement, son esprit, depuis des années, aura été entraîné à s’intéresser aux réalisations précises, aux calculs élémentaires exacts et aux toutes premières et très simples formules de l’aérodynamique. La première formation mathématique de l’esprit aura suivi de près l’instruction manuelle.
- Le jour viendra où enfin on installera sur un avion à double commande le néophyte d’hier, devenu l’élève pilote d’aujourd’hui. Il comprendra avec aisance les instructions du moniteur, il aura en lui-même une confiance parfaite, il aura conscience du danger et sans le mépriser, il ne le craindra pas.
- Ses débuts dans le pilotage seront sains parce qu’avant de s’asseoir à sa place d’élève pilote, il aura, par une pratique élémentaire, logique, s’étendant sur plusieurs années, appris les lois fondamentales de l’aviation. Ce n’est pas un théoricien imparfait et trop jeune qui prendra le manche à balai, mais un adolescent au bon sens aérien solidement établi, aux réflexes
- Fig. S à 7. •— À. Structure intérieure du bi-moteur maquette volante Schneebeli : envergure 2 m 15 (école française). — B. Vue trois-quarts arrière du bi-moteur Schneebeli. — C. Le bi-moteur Schneebeli au sol.
- déjà préparés et dirigés par un cerveau qui aura clairement compris.
- Telle est l’importance capitale des modèles réduits d’aviation sur la formation de la jeunesse aéronautique.
- Voyons maintenant quelles sont les différentes écoles de construction des modèles réduits.
- L’école américaine nous donne des avions et des planeurs, très bon marché, volant très bien, mais fragiles. L’école allemande au contraire donne des appareils solides, robustes, mais volant dans la généralité avec moins d’aisances que les appareils américains. L’école anglaise est peut-être la plus fignolée, la plus soignée : modèles exacts d’avions de chasse ou de bombardement, modèles très fins de planeurs de performances ou d’étranges planeurs sans queue ; elle fournit une gamme variée d’une infinité de modèles : elle est sans conteste la plus complète des écoles. L’école italienne est simple : modèles classiques de planeurs et d’avions et surtout un modèle d’avion à moteur, monoplan d’une extraordinaire simplicité dont le fuselage est une simple poutre très longue à laquelle viennent s’acci'ocher un plan unique et les gouvernes de queue.
- La France présente une série de modèles volant fort bien, très élégants, mais dont la fragilité générale est évidente. De très rares modèles, volant fort bien du reste, sont établis solidement. Nous pensons que c’est à ces modèles qu’appartient l’avenir. La France semble être la première à avoir sorti un modèle réduit d’auto-gire dont la perfection du vol est un plaisir des yeux.
- Nous avons cité à dessein seulement les cinq grandes écoles internationales, car toutes les autres en dérivent, y compris l’école russe et l’école tchécoslovaque qui sont d’une importance numérique indéniable.
- On a poussé la construction des modèles réduits à toutes les dimensions : depuis les grands appareils dépassant a m d’envergure jusqu’aux micro-planeurs pesant quelques grammes et de quelques centimètres
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- d’envergure, étranges petites machines réalisant d’extraordinaires performances en air calme.
- On a enfin réalisé des moteurs miniature donnant des puissances allant jusqu a 1/2 ch vapeur et dont la pointe en nombre de tours atteint 5.000 tours/min. Leur poids extra-léger n’atteint pas 5oo gr et leur construction d’une précision remarquable est d’une extrême simplicité.
- Le modèle le plus répandu est le modèle mono-cylindrique deux temps avec bougie en mica fixée au sommet du cylindre. Ce modèle se monte sur un berceau en bois ou en métal et est muni d’une hélice en bois à pas fixe. On a sorti en France une hélice à pas réglable avant les vols, en bois et composée de trois par-
- ties : le moyeu et les deux pales indépendantes.
- En ce qui concerne les moteurs miniature, citons un petit 4 cylindres sorti en Amérique et qui est d’une présentation remarquable.
- Partout, dans toutes les nations civilisées, l’essor du modèle réduit s’affirme. De jouet, il est devenu un engin scientifique et un moyen d’instruction puissant pour les milliers de jeunes gens qui se destinent à la carrière aérienne. A ce titre le modèle réduit méritait de retenir l’attention de nos lecteurs attachés à toutes les manifestations de la science, quelles que soient ses applications, même les plus imprévues.
- Raymond Saladin.
- LA PRODUCTION AGRICOLE EN ESPAGNE
- Dans l’actuel conflit qui met aux prises les Espagnols « nationalistes » et « gouvernementaux a, la fortune des armes n’est pas uniquement conditionnée par le courage des combattants, la valeur de leurs chefs et la qualité du matériel.
- Parallèlement aux forces combattantes, les « forces de vie » jouent un rôle considérable dans l’évolution de la guerre. Ainsi nommons-nous les productions de l’industrie et du sol. Laissons les premières.
- La répartition des cultures dans le territoire espagnol est d’un intérêt primordial, car les importations vivrières ne sont pas toujours faciles, et il faut compter avec la destruction possible des convois ferroviaires ou routiers, le torpillage et le bombardement des cargos.
- Examinons pour commencer la répartition des récoltes de blé, la céréale la plus cultivée outre-monts.
- Pendant l’époque décennale 1926-1935, la récolte moyenne a été de 4i .248.000 quintaux, y compris les îles Baléares et Canaries (x). La dernière récolte du temps de paix, celle de 1986, était excédentaire par rapport à la consommation dans toutes les provinces du centre, sauf celle de Madrid, et déficitaire dans les provinces de Catalogne, du Levant, aux Baléares, dans celles d’Alicante, Murcie, Alméria, Jaen, Gordoue, Ma-laga, Séville, Cadix, Huelva (en somme toute l’Andalousie sauf Grenade) puis dans les provinces du Gui-puzcoa, de Biscaye, Santander, Oviedo, Lugo, La Corogne, Pontevedra et Orense.
- En ig35 également, la récolte d’oi’ge était de 21.182.000 quintaux et provenait principalement des deux Castilles, d’Andalousie, d’Estramadure, de Léon, de la Catalogne et de P Aragon.
- Le seigle atteignait le chiffre de 4.878.400 quintaux ; on le produit un peu partout mais principalement dans la région léonaise et en Galice.
- L’avoine est surtout cultivée en Nouvelle-Castille et en Estramadure. On la rencontre également, mais en plus petite quantité en Andalousie, en Catalogne, dans la Vieille Castille, l'Aragon, etc... Sa récolte est d’en-
- t. Chiffres puisés dans une publication du Ministère de l’Agriculture et diffusée au pavillon espagnol de l’Exposition internationale de 1937, éditée à Madrid de façon très luxueuse, en pleine tourmente.
- viron 6 millions de quintaux. Celle de maïs dépasse ce chiffre d’un million de quintaux. On le rencontre particulièrement en Galice, où un tiers de la surface consacrée à sa culture est irriguée. Il abonde également sur le littoral cantabrique et dans toutes les provinces méditerranéennes, où les cultures irriguées sont les plus fréquentes.
- Quant au riz, c’est une spécialité des provinces du Levant, ainsi que de la Catalogne et des Baléares. La récolte de cette céréale qui joue en ce moment un si grand rôle dans l'alimentation des troupes gouvernementales et des populations soumises à leur contrôle n’est pas éloignée de 3 millions de quintaux. Ces chiffres, relatifs à l’année 1935, sont au-dessous de la normale : l’hiver sec et le printemps froid, l’absence de pluies jusqu’au mois de mai avaient sérieusement compromis les récoltes (il en a été de même pour les-légumineuses : haricots, lentilles, pois, etc...), sur lesquelles une forte invasion de pucerons avait encore étendu ses méfaits. En Andalousie, la récolte était à peine supérieure à la moitié de celle de 1934. Toutefois, la production de pois chiches (garbanzos) fut excédentaire sur celle des années précédentes. Il est vrai que-la surface ensemencée avait été légèrement augmentée. On en trouve en Estramadure, en Nouvelle-Castille, dans la région léonaise, en Andalousie.
- Les haricots sont très cultivés sur le littoral méditerranéen, de même que sur la côte cantabrique. Le tonnage de ces deùx légumineuses atteint presque 3 millions de quintaux.
- Les fèves sont abondantes en Andalousie, Estramadure, Navarre, Catalogne, aux Baléares.
- Après ces céréales et légumineuses de première nécessité, passons à la pomme de terre. En 1935, il en a été récolté plus de 5o millions de quintaux sur une surface voisine de 436.000 hectares. Sa région par excellence est la Galice (plus de 17 millions de quintaux), dont le climat humide lui est particulièrement favorable. La Côte cantabrique, T Ancienne et la Nouvelle Castilles, la Catalogne, le Levant en produisent aussi d’importantes quantités, mais il est à remarquer que ces deux régions fournissent surtout des tubercules de primeur
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- Fig. 1. — L’Espagne actuelle.
- pour l’exportation, en provenance de terrains généralement irrigués. Les pommes de terre de Mataro, à quelques kilomètres au nord de Barcelone, sont célèbres et faisaient l’objet d’une exportation intense vers l’Angleterre. La production est très fortement déficitaire en Espagne gouvernementale, aussi les autorités ont-elles recommandé l’augmentation des surfaces cultivées et dans ce but il a été procédé à des importations de semences de l’étranger.
- Avant la guerre, le doryphore n’existait pas dans la péninsule ibérique, mais on a constaté à l’embouchure de la Bidassoa des foyers importants de ce redoutable insecte, qui a dû passer sur l’autre rive.
- Avant d’en terminer avec cette énumération un peu sèche, voyons encore la production du vignoble, des oliveraies et des cultures fruitières.
- Le vignoble espagnol est réparti sur toutes les provinces, mais d’une façon très irrégulière. Les superficies consacrées à la vigne se trouvent par ordre d’importance dans celles de Barcelone (5 r millions de pesetas en 1935),
- Giudad Real (actuellement Ciudad Libre),
- Tolède, Tarragone, Valence, Saragosse, Cuenca, Albacete, Murcie, Alicante ; puis viennent, avec des quantités moindres, Teruel, Castellon, Huelva, Malaga, Avila, La Navarre, Huesca, Logrono, Burgos.
- La production totale des vins, liqueurs, apéritifs, atteint 17 millions d’hectolitres. Celle des raisins pour la consommation directe dépasse 2 millions de quintaux. Leur réputation est mondiale.
- Les oliveraies, extrêmement nombreuses en Espagne O sont également très disséminées dans le territoire. Toutefois, elles sont à peu près totalement absentes de la région cantabrique ainsi que des provinces de Burgos, Soria, Ségovie, Valladolid et Palencia. Les plus nombreuses sont localisées en Andalousie et en Estra-madure, en Aragon, en Catalogne, au Levant et en Nouvelle Castille.
- Les agrumes (oranges, mandarines, citrons, etc.) constituent la production fruitière de très loin la plus importante. Il s’en exporte en Europe des quantités considérables. Ils sont d’ailleurs, à notre avis, les meilleurs du monde entier. La récolte, qui provient presque exclusivement des provinces de Valence, Castellon, Alicante et Murcie, était de 9.616.000 quintaux en ig35. Tout comme l’exportation des excellentes bananes des Canaries, celle des agrumes joue un grand rôle dans l’obtention de devises étrangères.
- L’Espagne produit encore d’importantes quantités de pêches et d’abricots, en particulier aux environs immédiats de Barcelone, des amandes et des noisettes dans de nombreuses provinces, des prunes et des figues dans les régions limitrophes de la Catalogne et de l’Aragon, des poires en Cerdagne, des pommes au pays basque.
- 1. L'Espagne est le premier pays du monde producteur d’huile cl’olive et d’agrumes, le quatrième producteur de vin et de potasse pure, le cinquième pour l’orge.
- Pour ne pas prolonger cet exposé, nous passerons sous silence les bois, les prairies naturelles et artificielles, et nous laissons à des plumes plus autorisées le soin d’aborder la production animale et la pêche.
- En résumé, nous voyons que si les productions fruitières (et en particulier les agrumes) sont surtout comprises dans le territoire gouvernemental, si les vignobles et le riz font incliner la balance du même côté, les légumineuses, les oliviers, sont à peu près également répartis. Mais les pommes de terre et les céréales, non compris le riz, sont plus copieusement réparties en Espagne nationaliste où il s’est créé un « service national du blé » et un comité dénommé « auxilio social », chargé du ravitaillement des populations conquises, en même temps que d’œuvres charitables.
- Comme on ne nourrit pas des soldats avec des oranges, le gouvernement Negrin a fait arracher, en particulier dans la région de Carcagente, une certaine quantité d’orangers pour libérer des terres légères qui seraient mieux utilisées en recevant des semences de pommes de terre. D’autre part, nous avons appris que les labours, les traitements antiparasitaires, les irrigations, les épandages d’engrais ont été négligés ou ont fait complètement défaut dans cette région levantine et il faut s’attendre, pendant les quelques années qui vont suivre, à une diminution des exportations.
- Déplorons également la destruction totale, il y a environ 3 mois, de l’Institut agronomique de Madrid, qui formait des techniciens de valeur.
- Si la situation militaire de l’Espagne gouvernementale n’est pas brillante actuellement, sa situation agricole n’est pas non plus des meilleures, les ravitaillements de l’étranger devenant de plus en plus aléatoires.
- Lucien Dupox’v.
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- = LES EFFETS DU VENT SUR LE SABLE
- Parmi les baigneurs de nos belles plages sableuses du Nord ou de l’Océan, nombreux sont ceux qui ont observé les curieux effets du vent du large sur le sable et ont peut-être cherché à en comprendre le mécanisme. Le problème présente un intérêt tout particulier, car les phénomènes et les apparences qui accompagnent le transport du sable par le vent (érosion, formation et déplacement des.dunes, des surfaces ridées, etc.), se rencontrent dans d’autres domaines. La théorie et les conclusions expérimentales peuvent en effet être très utilement transposées aussi bien dans le cas de la neige poudreuse transportée par le vent, que dans celui, très différent et très important pour le génie civil, des dépôts de sables formés ou entraînés par les cours d’eau. C’est donc un cas particulier du pi’oblème général du transport des particules solides par les fluides.
- Dans une très intéressante étude parue dans le Geo-graphical Magazine, le Major P. A. Bagnold a résumé les expériences qu’il a effectuées au City and Guild College de Londres, sur le transport du sable par le vent et qui fournissent des indications générales et l’explication d’un grand nombre de phénomènes observables dans la nature.
- L’appareil expérimental est constitué par un tunnel carré de 3o cm de côté, long de io m au total et formé de io sections de i m de long réunies par des joints élastiques étanches à l’air. Chaque section est supportée par un ressort taré dont l’affaissement permet de calculer la quantité de sable déposée ou enlevée dans cette section par le vent au cours d’une expérience. Un ventilateur placé à l’une des extrémités du tunnel provoque par aspiration la formation d’un courant d’air dont la vitesse est mesurée à l’aide de tubes de Pitot. A l’autre extrémité, un réservoir à sable permet d’introduire des quantités déterminées de sable dans le courant d’air. Ce sable est constitué par de petits grains durs, aussi homogènes que possible comme dimensions, assez petits pour pouvoir être mis en mouvement par le déplacement de l’air, mais trop gros pour être affectés notablement par les tourbillons et les mouvements internes de la veine gazeuse.
- Sous l’influence du. vent, les grains de sable se déplacent par bonds. Ce mode de transport a reçu le nom de saltation proposé en 1914 par G. K. Gilbert dans un mémoire du U. S. Geological Survey relatif au transport du sable par le courant sur le fond des rivières. Les grains de
- Fig. 1. — Trajectoire d’un grain de Sable S élevent sable et vitesses par rapport au sol. presque verticalement dans l’air, sont entraînés par le courant d’air puis, sous l’action de la pesanteur, après avoir parcouru une tra-
- jectoire aérienne, reprennent contact avec le sol qu’ils rencontrent avec une certaine vitesse (fig. 1) dont la composante horizontale u2 est importante. L’histoire ultérieure des grains dépend de la nature de la surface du sol sur lequel ils retombent. A l’impact, le grain de sable peut soit rebondir sur un caillou ou un grain plus gros avec une vitesse légèrement réduite et continuer à se déplacer par bonds, soit au contraire tomber sur-une surface formée de grains de même dimension que la sienne et s’arrêter définitivement. Dans le premier cas, dans un vent normal, le giain de sable peut rebondir à des hauteurs de l’ordre du mètre et faire un bond de 8 m et même plus avant de reprendre contact avec le sol. Dans le second cas, le choc du grain sur la couche sableuse projette à quelques centimètres en l’air quelques grains de sable qui, après avoir parcouru une courte trajectoire retombent à leur tour sur le sol, et les mêmes phénomènes se reproduisent. Il en résulte un déplacement général des grains superficiels dû au bombai’dement par les grains retombant du nuage de sable et qui vient s’ajouter au transport par le nuage même pour constituer le transport total. Tous ces phénomènes sont si intimement liés à la vitesse du vent au voisinage de la surface, aux forces exercées par le vent sur les grains de sable et à la résistance de frottement que ceux-ci opposent au vent, que la distribution des vitesses du vent près du sol mérite un examen particulier.
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- Tout d’abord, l’expression « vitesse du vent au sol » n’a aucune signification précise, puisque la vitesse de l’air dépend de la hauteur au-dessus du sol à laquelle la mesure est effectuée. A un certain niveau dans la couche de sable, de graviers, d’herbes ou d’autres irrégularités de la surface du sol, la vitesse doit être nulle ; au-dessus, elle augmente, très rapidement d’abord, puis plus lentement pour finalement atteindre une valeur constante. L’allure de la courbe est représentée par la figure 2 a. Au voisinage du sol, la variation de la vitesse est entièrement régie par les irrégularités de la surface qui, en dissipant une partie de l'énergie de translation de l’air, par formation de tourbillons, exercent un freinage sur l’air.
- En faisant certaines hypothèses sur la nature de ces tourbillons, Prandtl a établi une formule donnant la vitesse du courant d’air à une hauteur quelconque en fonction de la force de frottement exercée par la surface, de la hauteur et de la dimension des aspérités superficielles. Cette formule est très remarquable, car les expériences ont vérifié qu’elle s’applique aussi bien aux fluides gazeux qu’aux liquides, que l’écoulement de la veine ait lieu dans des canaux, des tuyaux ou en nappe libre.
- La formule de Prandtl est du type logarithmi-
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- 0 100 200 300 400 500 600 700 800 Vitesse en cm/sec.
- 0 100 200 300 400 500 600 700 800 Vitesse en cm/sec.
- Variation de la vitesse en fonction de la hauteur au-dessus du sol. (en b, diagramme logarithmique).
- que (*), c’est-à-dire que dans le système de coordonnées : logarithme de la hauteur-vitesse du vent, sa représentation est une droite. Dans la figure 2 6 se trouvent représentées, dans ce système d’axe, les deux courbes de la figure 2 a. Dans ces diagrammes, on voit que le point correspondant à une vitesse nulle est le point O où la droite coupe l’axe des ordonnées et la formule indique que ce point est à une hauteur égale à i/3o de la dimension des irrégularités superficielles (1 2).
- Quand les expériences sont faites, pour une meme surface, avec un vent plus violent, la droite représentative est plus inclinée, mais passe toujours par le point O. Si au contraire, gardant les mêmes caractéristiques de vent dans les expériences de Bagnold, le même régime du ventilateur aspirant, on change la nature de la surface, en la constituant par. exemple avec des grains de sable plus petits, la droite représentant la distribution de la vitesse du vent en fonction de l’altitude aura toujours la même inclinaison mais se trouvera déplacée vers la droite de façon à atteindre la vitesse zéro à un niveau inférieur. En d'autres termes, tout Je vent se déplacera plus vite.
- La propriété la plus importante d’un vent superficiel n’est pas sa vitesse absolue par rapport au sol sur lequel il souffle, mais son taux d’accroissement avec la hauteur, ce que l’on appelle son gradient de vitesse. Graphiquement, ce gradient est représenté par l’inclinaison de la droite représentative et donne une mesure de la force de frottement du sol que doivent surmonter les forces météorologiques provoquant le déplacement du vent (3).
- Si la surface est formée non plus de grains mais de sable extrêmement fin, le point O défini précédemment sera à une hauteur plus faible, pratiquement impossible à mesurer si les dimensions des grains de sable sont par exemple celles que l’on rencontre dans les dunes (diamètre de l’ordre de o mm 2), mais les phénomènes obsei’vés sont encore bien conformes à ce que prévoit la théorie. En particulier, lorsque le gradient de vitesse du vent augmente depuis zéro (air
- 1. Si v est la vitesse à la hauteur z au-dessus de la surface, x la force de frottement par unité de surface, p la densité du fluide et h une constante égale à 1/30 de la dimension des irrégularités de la surface, on a :
- v = 5,75 y/ — logio-^-
- 2. La formule de Prandtl donne, pour v = 0, z = K. Dans la figure 2b, k est égal à 0 cm 015, ce qui correspond à des irrégularités superficielles de diamètre 0,015 x 30 = 0 cm 45, c’est-à-dire à un gravillon fin.
- 3. D'après la_ formule de Prandtl en effet, le gradient V,
- est égal à y/ — et par suite, la force retardatrice t créée par les irrégularités superficielles est égale à p V„2.
- calme) représenté par la verticale passant par O (fig. 3), jusqu’à OA par exemple, aucun changement dans les apparences observées ne se produit. Mais, quand on atteint une valeur OB, que l’on appelle le gradient critique, une modification importante apparaît : pour tous les gradients supérieure à OB, la surface du sable toute entière commence à se déplacer dans le sens du vent. L’effet de ce mouvement d’ensemble sur le vent est analogue à celui d’une augmentation de la rugosité de la surface. Par suite, la valeur hf de la hauteur h définie précédemment augmente. Pratiquement, la vitesse du vent, mesurée ti'ès près de la surface du sol (moins de 3 mm) diminue quand la vitesse du vent augmente en des régions plus éloignées de cette surface et, à 3 mm environ de la surface, la vitesse reste constante pour tous les gradients au-dessus du gradient critique par suite de l’augmentation proportionnelle de la force de frottement produite par les grains de sable de la surface en mouvement. Ces conclusions permet-l e n t d’expliquer certaines observations d’apparence paradoxale, comme le fait qu’au sommet d'une dune, de petits morceaux de papier ou des objets légers (plumes d’oiseaux) restent souvent indéfiniment en place sans être chassés par le vent. De même, lorsqu’un vent assez violent est éta-
- Fig. 3. — La vitesse critique et son action sur la distribution des vitesses.
- 0 100 200 300 400 500 600 700 800
- Vitesse en cm/sec.
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- Fig. 4. — Action du vent sur un galet disposé sur le sable.
- bli sur une surface de sable fin, si on la saupoudre de confettis ou de sciure de bois, beaucoup de ces petits objets au lieu d’être, immédiatement enlevés au loin par le vent, rampent lentement à la surface du sol comme s’ils étaient entraînés par des fourmis.
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- * *
- 11 est intéressant d’analyser le mécanisme du phénomène de l’érosion et du creusement d’une surface de sable sous l’action du vent. Si la surface se creuse, c’est qu'il y a plus de grains de sable quittant la surface qu’il n’en arrive dans le même temps. La vitesse du vent dépasse alors la vitesse critique parce que, en amont, il n’y a pas suffisamment de sable en « saltation » pour déterminer, par frottement, l’abaissement de la vitesse en dessous de cette valeur critique. C’est-à-dire que l’enlèvement du sable se produit lorsque, en amont, le sable disponible sera en quantité insuffisante ou nulle. Le phénomène s’observe aussi, même lorsque la réserve de sable est illimitée, si la vitesse du vent est localement augmentée, par exemple lorsque le vent tourbillonne autour d’un obstacle. Enfin, on le constate également lorsque la nature de la composition de la surface permet, pour le même vent constant, un flux de sable plus grand, le frottement superficiel restant constant.
- Le creusement des surfaces est donc un phénomène essentiellemenl local et ne peut se produire simultanément sur une étendue considérable en profondeur, mais l’aire érodée se déplace en général lentement dans la direction du vent au fur et à mesure que la réserve de sable s’épuisera en chaque endroit.
- Lorsqu’un obstacle,, comme une grosse pierre, se trouve à la surface du sol, il peut se former autour de lui une excavation quand la vitesse du vent est juste en-dessous du gradient critique, c’est-à-dire ne provoque pas de déplacement du sable. En effet, par suite des remous produits par l’obstacle, le gradient de vitesse du vent autour de cet obstacle augmente et dépasse la valeur critique. On se trouve alors localement dans les conditions qui, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sont suffisantes pour que la surface de sable soit mise en mouvement. C’est ce qui se trouve réalisé chaque fois qu’un vent violent passe par une période d’accalmie. La figure 4 A montre l’aspect typi-
- que du creusement « en saucière » autour d’un galet.
- Au contraire, si la vitesse du vent croît de façon que toute la surface se mette en mouvement, l’excavation qui s’était creusée se comble rapidement et, au bout de quelques secondes, l’obstacle commence à s’enterrer (fig. 4 B). Ainsi donc, contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, ce n’est pas quand le vent est très violent que le sable sur lequel reposent des obstacles est enlevé autour de leur base.
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- Les phénomènes qui se produisent lorsque le vent souffle au-dessus d’une surface de sable renfermant des graviers plus gros, sont également réalisés expérimentalement dans le tunnel de Bagnold, en mélangeant un sable uniforme avec une petite proportion de graviers de 4 mm environ de diamètre et en établissant un vent constant juste un peu au-dessus du régime critique. La surface de sable se creuse et les graviers saillissent de plus en plus nombreux. Ils arrivent ainsi à former une sorte d’écran contre le vent et, à ce moment, le sable n’est plus enlevé de la surface. Si même on introduit du sable dans le courant d’air, on constate, en observant les indications des ressorts tarés supportant les éléments du tunnel, qu’il ne se produit aucun changement de poids. La surface est complètement stable pour le régime de vent établi.
- Si on augmente le vent, une nouvelle couche de sable est enlevée, la surface se dénude plus profondément, de nouveaux graviers sont mis à découvert jusqu’à ce qu’un nouvel état d’équilibre soit atteint. Si au contraire on diminue le vent et que l’on introduise du sable dans le courant, la surface tend à se reconstituer ; du sable se dépose dans les creux entre les graviers et finalement une nouvelle surface stable est formée.
- La protection réalisée par les graviers est considérable. C’est ainsi qulune surface de sable fin qui serait mise en mouvement par un vent de 4 m à la seconde, mesuré à io cm au-dessus de la surface du sol, est parfaitement protégée, même contre un vent de 8 m à la seconde en lui incorporant des graviers de 4 mm de diamètre distribués de façon qu’ils ne recouvrent qu’un dixième seulement de la surface libre. Une surface constituée de graviers peut donc fonctionner comme un réservoir dans lequel des vents faibles emmagasinent du sable que des vents violents peuvent ensuite enlever.
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- On peut alors analyser les phénomènes qui se produisent lorsque le vent souffle d’abord sur une surface désertique caillouteuse, puis rencontre une surface sableuse uniforme, une dune par exemple. Ces conditions furent réalisées expérimentalement en recouvrant le fond du tunnel d’une couche uniforme de sable fin homogène sur laquelle on répartit ensuite des cailloux pour finalement recouvrir la dernière moi-
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- lié dans le sens aval, sauf dans le dernier mètre, d’une nouvelle couche de sable (fig. 5 a). La surface était donc composée de 5 m de cailloux, de 4 m de sable et i m de cailloux, d’amont en aval.
- Sous l’action d’un vent faible, le transport du sable commence en un point qui se trouve d’abord près de la bouche du tunnel et s’avance dans le sens du vent au fur et. à mesure que la surface se stabilise, pour dépasser la limite de la zone caillouteuse et de la zone sableuse. Celle-ci se trouve finalement étendue dans le sens du vent aux dépens de son épaisseur (fig. 5 b). Si la vitesse du vent augmente (io m/s à io cm de hauteur), le flux de sable est tout d’abord très intense et diminue au fur et à mesure que la dénudation des graviers se poursuit. Le sable s’accumule sur la surface sableuse dans les deux premiers mètres puis, quand le flux diminue, la limite de cette zone de dépôt se déplace lentement dans le sens du vent. Finalement, on a l’aspect représenté figure 5 c. Le point intéressant est que l’accumulation de sable se produit par vent violent et non pas par vent faible comme on pourrait le supposer à première vue.
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- Grâce à ces constatations expérimentales, il est possible d’expliquer un grand nombre d’autres phénomènes naturels, tels que la croissance des dunes, leur orientation par rapport au vent prédominant, la distribution et la séparation des grains de sable suivant leurs dimensions, la formation des rides de sable, rides dont la longueur d’onde est égale au chemin moyen parcouru par les grains de sable entre deux impacts sur le sol, etc.
- Graviers
- Sable
- Graviers recouverts de
- Graviers dé
- Fig. 5. — Mécanisme de la fixation des dunes.
- a, état initial ; b, état après un vent moyen ; c, état après un vent violent.
- Nous donnerons simplement pour terminer lés conclusions auxquelles Bagnold est arrivé en ce qui concerne les grains extrêmement fins. Il a constaté que le vent critique nécessaire pour commencer à provoquer le déplacement de la surface de sable diminue avec la dimension des grains, jusqu’à un diamètre de o cm or environ. Pour des grains plus fins, la vitesse du vent critique augmente à nouveau et, pour des poudres très fines, comme le ciment Portland, aucun vent réalisé expérimentalement n’a été suffisamment rapide pour provoquer le déplacement des grains lorsque la poudre de ciment était répandue sur le fond du tunnel.
- H. Vigneron.
- LA CINÉMATOGRAPHIE D’AMATEUR EN PLEIN AIR
- La cinématographie, bien mieux encore que la photographie, permet de conserver des souvenirs vivants des épisodes les plus frappants de notre existence. La caméra est devenue le compagnon de prédilection du touriste, de l’excursionniste, du voyageur.
- Les prises de vues en plein air sont alors généralement effectuées à l'improviste, pour enregistrer une scène pittoresque et imprévue, fixer un paysage aperçu au passage, etc.
- Pour obtenir des résultats satisfaisants, et une grande proportion d’images réussies, d’autant plus désirable que le prix des films est plus élevé, il convient d’observer un certain nombre de précautions.
- Le format à adopter. — L’amateur a le choix entre le 16 mm, le 9 mm et le 8 mm.
- L’augmentation du format permet d’augmenter le champ de la prise de vues, de réaliser aussi bien des scènes à plusieurs personnages que des paysages ou des ensembles documentaires ; il est donc recommandable pour les prises de vues en voyage.
- Le 16 mm, aussi bien pour les prises de vues de paysages ou d’architecture, que pour les gros plans, assure un
- modelé, une finesse extrêmement satisfaisants, et constitue, par excellence, le film de qualité convenant à l’amateur difficile. Son seul inconvénient réside malheureusement dans son prix de plus en plus élevé qui le réserve aux privilégiés de la fortune. « L’amateur moyen » doit songer au 9 mm 5, ou même au nouveau 8 mm.
- Ce dernier, permet de bénéficier de la qualité et du mode de dévelopement du 16 mm, avec un prix de revient très modéré, à condition de se contenter d’une surface de projection plus petite, et de limiter le champ de la prise de vues; c’est là un inconvénient assez grave pour le cas qui nous intéresse. Il semble donc préférable, si l’on veut pouvoir varier les sujets filmés, d’adopter le 9 mm 5, dont la surface utile se rapproche plus de celle du 16 mm.
- Les possibilités du 8 mm ne sont pas non plus à dédaigner, mais la faiblesse de la surface permet surtout la prise de vues en gros plans ; il faut savoir alors adapter les sujets que l’on veut filmer aux caractéristiques du format.
- Le choix de la caméra. — Pour le voyage, une caméra portative et légère, si possible, est certainement préférable. L’appareil est presque toujours à chargeurs, mais ces derniers ont été notablement perfectionnés depuis quelque
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- temps; ils comportent bien souvent des débiteurs intérieurs qui en suppriment les inconvénients, en permettant l’entraînement régulier du film, sans effort, accentué des griffes. Le remplacement rapide d’une émulsion par une autre est alors possible et même l’emploi du film en couleurs, ce qui est très précieux en voyagé.
- Le seul inconvénient d’une caméra légère peut résider dans cette caractéristique même, qui en exagère la mobilité, et peut ainsi nuire à la fixité des images. Mais ce défaut s’évite très simplement en employant un pied pliant léger avec plateforme.
- La solution idéale serait de posséder deux caméras, l’une légère, de 9 mm 5, par exemple, pour le voyage, l’autre plus lourde de 16 mm, avec objectifs interchangeables pouvant s’adapter à volonté sur l’une ou sur l’autre. C’est là, malheureusement, une solution assez coûteuse, d’autant •plus qu’elle doit être combinée évidemment avec l’acquisition d’un projecteur bi-film.
- Quel que soit le modèle choisi, il paraît indispensable de pouvoir faire varier rapidement la distance focale de l’objectif suivant les sujets considérés. Pour les prises de vues de paysages ou de monuments, un objectif grand angle à courte distance focale, de i5 mm, par exemple, en 9 mm 5 ou 16 mm, rendra les plus grands services. Pour les prises de vues normales en premier plan, l’objectif universel a une distance focale de 20 à 26 mm ; enfin, pour les prises de vues à grande distance d’objets peu accessibles, on adopte un objectif à long foyer, ou un télé-objectif, de 5o à 100 mm.
- La lourelle d’objectifs est le système le plus pratique; elle exige cependant une grande précision de construction et, par conséquent, est assez coûteuse. Les objectifs interchangeables rendent les mêmes services avec une manœuvre un peu plus difficile; enfin, si l’on ne dispose que d’un objectif fixe, les systèmes optiques additionnels destinés à augmenter ou à diminuer la distance focale, et que l’on trouve aujourd’hui sous des formes très pratiques, augmentent beaucoup les agréments de la caméra.
- Les émulsions. — On adopte toujours en cinématographie sur film réduit des émulsions inversibles. Le film qui a servi à la prise de vues est transformé en positif direct pour la projection, au moyen d’une méthode de traitement dite d’inversion.
- Avec une émulsion de ce genre, il ne faut pas considérer uniquement l’impression négative, mais aussi ce qui en résultera pour le positif, et surexposer plutôt que sous-exposer. Il se produit toujours une compensation au tirage du positif, qu’on peut même rendre automatique au moment de la deuxième impulsion lumineuse.
- La clétei'mination exacte du temps de pose avec l’émulsion inversible est à peu près impossible a priori ; seule, l’expérience peut donner des indications suffisantes. En principe, l’éclairement nécessaire est de l’ordre du double ou du triple de celui adopté pour l’émulsion négative correspondante. Il y a lieu de demander des données de base au fabricant, et surtout d’exécuter des bandes d’essais qui fourniront des renseignements encore plus utiles.
- La sensibilité chromatique. — Les émulsions ortho-chromatiques actuelles sont sensibilisées au jaune et au vert et permettent un rendu plus exact des couleurs, mais elles manquent de sensibilité au rouge, et, par définition, ne sont sensibles qu’au violet, au jaune et au vert. *
- Les émulsions panchromatiques ont une sensibilité s’étendant à toute la gamme des couleurs ; elles permettent, par
- conséquent, une augmentation de la sensibilité générale, mais qui se manifeste particulièrement à la lumière artificielles des ampoules à incandescence; certains fabricants ont encoi’e accentué celte sensibilité, ce qui rend l’émulsion beaucoup plus utile pour la prise de vues au studio qu’en plein air.
- Dans la nature, il y a, en réalité, beaucoup moins de rouge que de verl. Malgré les progrès considérables réalisés, il n’existe pourtant pas encore d’émulsions pouvant donner sans compensation additionnelle un rendu chromatique correct.
- Lorsqu’on veut filmer des sujets en plein air, et par temps clair, les rayons bleus prédominent, et les résultats sont pratiquement équivalents avec des émulsions ortho-chromatiques ou panchromatiques, à condition d'adopter des écrans convenables.
- L'heure de la journée présente aussi une grande importance en ce qui concerne la composition de la lumière solaire. Lorsqu’on s’écarte du milieu du jour, la proportion des rayons bleus diminue ; on peut éviter l’emploi d’écrans avec une émulsion panchromatique, mais ceux-ci demeurent nécessaires avec l’ortho-cliromatique.
- Vers le coucher du soleil, la proportion des rayons colorés augmente encore, la panchromatique permet de réduire le temps de pose et donne un meilleur rendu des couleurs, en particulier pour les couchers de soleil.
- L’emploi des filtres. — Les filtres colorés présentés sous la forme d’une lame de verre coloré ou d’une feuille de gélatine très mince montée entre deux verres plans, rendent les plus grands services pour la prise de vues en extérieur ; beaucoup d’insuccès proviennent de leur absence ou de leur emploi défectueux
- Le filtre permet de traduire correctement les couleurs suivant la sensibilité chromatique des émulsions, de produire ou d’accentuer les contrastes, et d’atténuer certains effets nuisibles.
- Avec l’émulsion ortho-chromatique, le bleu et le violet, teintes foncées, sont traduits par du blanc ou par des gris très légers. Le jaune, teinte très brillante, et le vert, coloris très doux, sont représentés l’espectivement par un gris foncé, et un gris terne.
- Ce défaut provient de ce que l’émulsion est très sensible au bleu et au violet, très peu au jaune et au vert.
- Il faut rétablir la gradation normale, et représenter, les surfaces bleues, en particulier le ciel, par un gris foncé, les tonalités jaunes par des teintes claires; c’est pourquoi on a recours à un filtre jaune.
- Suivant le principe classique, ce filtre laisse passage aux rayons de même teinte, et retarde l’action des radiations complémentaires, c’est-à-dire des radiations bleues. Les radiations jaunes se traduiront ainsi par des gris clairs, et les bleues par des gris foncé, ce qu’il fallait obtenir. L’effet sera plus ou moins accentué suivant la densité du filtre.
- Le filtre jaune est sans effet sur le vert, la tonalité est très importante dans la nature, surtout pour les paysages; aussi Je filtre jaune vert est-il préférable. Il favorise les radiations jaunes, retarde l’action du bleu et du violet, et favorise aussi la traduction du vert.
- L’émulsion panchromatique ne permet pas davantage d’obtenir un rendu exact des couleurs. Le bleu et le violet paraissent sur l’écran presque blancs, le vert et le jaune gris terne, le rouge et l’orangé se traduisent par des gris moyens. Le filtre vert-jaune peut encore amener les corrections nécessaires; les radiations jaunes sont favorisées, l’ac-
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- lion du bleu et du violet est retardée, l’amélioration des radiations vertes atténue, s’il y a lieu, l’effet de l’orangé et du rouge.
- Il est bien souvent utile pour les prises de vues à l’extérieur d’avoir aussi recours à d’autres filtres moins classiques.
- Pour la prise de vues des lointains, et spécialement aux hautes altitudes, il se produit une brume due aux radiations ultra-violettes qui ne sont plus arrêtées par le verre des objectifs; on emploie alors un filtre, dit U V, jaune très pâle, qui arrête ces radiations, et n’exige, d’ailleurs, aucune augmentation du temps de pose, c’est-à-dire de modifications de l’ouverture du diaphragme.
- Le filtre rouge laisse passage aux radiations rouges et élimine la plupart des autres. On l’emploie avec une émulsion panchromatique, très sensible pour la prise de vues des lointains. .
- Le voile atmosphérique formé par la vapeur d’eau produit un effet diffusant, on le sait, sur les radiations de faibles longueurs d’onde, et laisse passage, au contraire, aux radiations de grande longueur, rouges et orangées. C’est également un filtre rouge qu’on utilise pour la prise de vues des couchers de soleil, et même pour les effets de nuit.
- Un filtre foncé permet encoi'e de provoquer des constrastes, soit pour mieux reproduire les teintes naturelles, soit pour des effets artistiques particuliers, par exemple, pour des effets de ciel très accentués.
- Les prises de vues en couleurs. — La prise de vues en couleur, en cinématographie sur films réduits, s’ap-
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- plique particulièrement à la prise de vues des extérieurs.
- 11 existe, désormais, on le sait, des émulsions de 16 mm, de 9 mm 5, ou même de 8 mm, permettant la prise de vues en couleurs par la méthode inversible, tout aussi facilement que la prise de vues monochromes, sans l’aide d’aucun écran, et avec des caméras de type ordinaire. Nous citerons ainsi spécialement l’émulsion Kodachrome du type soustractif, et l’émulsion Dufaycolor du type additif à réseau.
- Ces émulsions ont aujourd’hui une sensibilité générale comparable tout au moins à celle du film panchromatique normal. Les prises de vues à l’extérieur par beau soleil peuvent donc être effectuées à une cadence normale, avec une ouverture de l’ordre de F : 8 à F : 5, 6, et il n’y a pas de précautions spéciales à prendre.
- Il suffit de se rappeler que seules les tonalités paraissant vives et brillantes à l’œil nu peuvent être également traduites d’une manière satisfaisante sur l’écran. Il ne s’agit pas, sans doute, non plus, de rechercher des contrastes par des ombres et les lumières, mais seulement par les couleurs. L’éclairage doit ainsi être effectué par derrière, le plus souvent, et non de côté, et il faut éviter les contre-jours.
- Le grain produit par les réseaux, ou la faiblesse de la définition, inévitable par suite de la superposition des trois couches portant les images élémentaires, obligent à effectuer une mise au point très précise, et à opérer avec une ouverture d’objectif relativement faible. C’est encore là une raison supplémentaire sans doute pour choisir le 16 mm, si l’on veut obtenir des vues en couleurs de paysages ou d’architectures d’une qualité artistique satisfaisante.
- P. H.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU U JUIN 1938,
- A PARIS
- Le ii juin 1908, vers 11 h. 67, un tremblement de terre, relativement important, s’est produit dans le Nord de la France, la Belgique, et en Angleterre, y causant un certain nombre de dégâts. Il paraît certain, d’après les renseignements que l’on possède dès à présent, que ce séisme a son origine dans le bassin houil-ler anglo-franco-belge, vestige d’une vieille chaîne de montagnes, la chaîne hercynienne, qui date de l’époque primaire et qui joue encore de temps en temps, et même assez fréquemment. Le plus anciennement connu date de l’an 33o.
- Ce tremblement de terre a été ressenti, quoique très faiblement, dans la région parisienne. Ce n’est pas la première fois que la répercussion des séismes du bassin anglo-franco-belge se fait sentir jusqu’aux abords de la capitale. Le fait s’est produit notamment en i58o, où l’on a noté le tremblement de terre à Nantes, Saint-Germain, Poissy, Paris, etc...
- En i64o, 60 ans après, un assez fort tremblement de terre, d’origine analogue, ne paraît pas avoir été ressenti à Paris-même ; les répercussions se sont dirigées vers la région de Sainte-Menehould. Par contre, en 1692, 5a ans après, un séisme analogue, très fort dans toute la Belgique, a eu son contre-coup à Paris-même.
- A Paris, au bout de 6/4 ans, en 1756, le grand tremblement de terre remua le bassin houiller et on a noté sa répercussion à Versailles et à Paris.
- C’est au bout de 68 ans, en 1828, qu’on retrouve un phénomène analogue, mais comme celui de 16/40, il a eu des répercussions vers l’Est, et ne paraît pas avoir affecté la région parisienne.
- Par contre, celui de 1878, survenu 5o ans plus tard, a agité non seulement la région franco-belge, mais a affecté toute la zone comprise entre Le Havre et Paris, c’est-à-dire la région que traverse la faille de la Seine, accident géologique important.
- Or, il se trouve, que, après un intervalle de 60 ans, éclate un nouveau séisme ayant son origine dans le bassin houiller qui vient retentir jusqu’à Paris.
- Ainsi, il semble que périodiquement, à intervalles voisins de 5o à 60 ans, la Terre, dans ces régions, ait besoin de réajuster son équilibre.
- Elle ne le reprend, d’ailleurs, pas d’un seul coup ; il y a généralement, après le séisme principal, de petites secousses secondaires, des « répliques », qui vont en s’atténuant peu à peu. Les u répliques » des tremblements de terre de la région du Nord ont toujours été trop faibles pour être ressenties jusqu’à Paris.
- Les séismographes, trop peu nombreux, Lille, Stras-
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- bourg, Paris, Le Mans, ne peuvent fournir que des renseignements d’ensemble, fort importants d’ailleurs ; ils semblent montrer que la région épicentre, celle qui a réellement bougé, se trouvait non loin de Lille, et à environ 25 km de profondeur.
- Il sera intéressant d’avoir les résultats détaillés de l’enquête qui sera forcément entreprise.
- Dès à présent, on connaît ceux du séismographe de Paris (Parc Saint-Maur). Mais, le dépouillement des résultats fournis par tous les appareils ne sera connu que dans quelques mois, car de tels séismes agitent le globe entier et des séismographes délicats peuvent le. sentir jusqu’aux antipodes.
- Mais, à côté des physiciens qui étudient ces phénomènes au moyen d’appareils très sensibles, les géologues ont leur mot à dire, car la répartition détaillée des secousses ne peut être faite que par une enquête directe auprès des populations.
- On n’a pas encore assez de renseignements précis pour savoir comment s’est faite la répartition de la secousse dans la région parisienne. D’après les quelques renseignements que j’ai déjà recueillis, il semble que ce soit sur l’emplacement de la faille de la Seine, que le séisme ait été ressenti le plus nettement, à Meu-don, à Vaugirard,- à Nogent. •
- Pendant que les souvenirs sont frais, je demanderais
- à ceux qui ont ressenti quelque chose, de vouloir bien le noter et le transmettre au Service de Géologie du Muséum, 61, rue de Buffon, Paris. Tous les renseignements obtenus seront portés sur une carte détaillée, de façon à déterminer les zones sensibles et à se rendre compte si celles-ci correspondent à des zones, qu’à priori, les géologues considèrent comme particulièrement faibles. Peut-être, mettra-t-on en évidence, quelques points où l’on devra recommander aux constructeurs des précautions un peu spéciales.
- Mais les applications pratiques resteront toujours minimes. Les Parisiens peuvent se rassurer ; eux ou leurs ancêtres, ont, depuis i356, premier tremblement de terre noté à Paris, senti 22 fois le sol trembler sous leurs pieds, mais toujours d’une façon très faible, toujours par sympathie avec des tremblements de terre lointains, les uns, d’origine franco-belge, les autres, d’origine alpine, quelques-uns, d’origine plus lointaine.
- Notre sol parisien est stable par lui-même, et ce n’est guère que par curiosité scientifique que nous nous intéressons à ces tremblements de terre, pour tâcher de savoir, par quelques indices, la façon dont est constitué notre sous-sol profond.
- Paul Lemoine, Professeur au Muséum.
- = UNE PLANTE QUI MANGE DES GRENOUILLES =
- Quelques plantes capturent et digèrent les bestioles qui ont l’imprudence de s’aventurer sur leurs feuilles ou leurs fieurs. Au-premier rang de ces végétaux car-
- Fig. 1. — La Dionée et la grenouille.
- nivores, objets de multiples observations de la part des naturalistes, figure la Dionée (Dionœa muscipula Lin.), vulgairement surnommée « Trappe-de-Vénus ». Chacune de ses feuilles en rosette est formée de deux lobes de 1 à 2 cm, mobiles autour de leur nervure centrale. Des poils hérissent leur bord libre, tandis que leur face supérieure présente des glandules rougeâtres et trois petites pointes très irritables. Lorsqu’un insecte frôle un de ces filaments, les lobes s’appliquent brusquement l’un contre l’autre et l’emprisonnent. Selon Darwin, les glandes de l’étrange Droséracée secrétent un liquide acide capable de dissoudre la viande, les cartilages et les' os.
- Jusqu’ici les botanistes n’avaient guère rencontré que des mouches ou de minuscules insectes dans les « Trappes-de-Vénus ». Récemment, un savant américain, M. John Kuhlken, a trouvé chez un horticulteur de la banlieue de Wilmington (Caroline du Nord, États-Unis), une de ces Dionées ayant emprisonné une jeune grenouille. La tête du Batracien était engagée entre les deux lobes d’une feuille, le reste de son tronc et ses deux pattes de derrière sortaient du « piège ». La photographie ci-jointe montre le fait. Nous la devons à M. Louis T. Moore, l’obligeant correspondant, qui a bien voulu nous la communiquer avec quelques renseignements.
- Jacques Boyer.
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- LES RÉSULTATS DE L'EXPÉDITION ARCTIQUE RUSSE
- Les régions arctiques ont toujours attiré vivement les explorateurs et actuellement elles sont beaucoup mieux connues que certaines régions du bassin de l’Amazone ou de l’Afrique centrale. En particulier, l’expédition arctique russe qui a été rapatriée il y a quelques mois, a pu, durant sa longue et dangereuse dérive sur une distance de i5° soit plus de 1.800 km en ligne droite (plus de 2.D00 en réalité), effectuer des mesures précises qui ont confirmé certains résultats des expéditions antérieures, corrigé certaines erreurs et fourni de nouvelles données. Bien que le travail "complet de dépouillement des observations ne soit pas encore entièrement terminé, Shirsbov et Fedorov ont déjà publié un intéressant rapport préliminaire.
- Le mouvement d’ensemble de la couclie de glace recouvrant la région polaire a été une des plus importantes questions étudiées. Au fur et ^ à mesure que l’on s’éloigne du pôle, le mouve- 'partent
- ment s’accélère notablement. C’est ainsi que du pôle au 85° N (mai-octobre) l’avance moyenne était de 2,7 miles par jour (4 km 4); du 85'au 8o° N (octobre-janvier) elle fut de 4,6 miles par jour (7 km 5) ; en janvier elle s’éleva à 18 km et en février a 20 km par jour.
- La dérive est due à deux causes distinctes. La première, et la plus importante est l’action du vent, la seconde est un déplacement d’ensemble de la croûte de glace vers le sud dont la vitesse moyenne est d’environ 2 km par jour au voisinage du pôle et qui s’accroît jusqu’à 10-12 km journaliers entre les> 70 et 75e parallèles. Ces deux facteurs de dérive se combinent et en même temps, par suite de la rotation de la Terre la vitesse finale est inclinée vers la droite de la vitesse résultante géométrique d’un
- angle d emiron 4o . Ftjr. 2 — La, station dérivante « Pôle Nord » met fin à ses travaux.
- # La lente des hivernants déterrée dans la neige par l’équipage du « Taymir
- I D 11 r» f o D nnrv'a Tllncifiml mvi I
- Les avions du brise-glace « Taimyr », de la mission de sauvetage, t à la recherche de l’expédition, en détresse sur la, banquise.
- (Photo Presse-Illustration). •
- (12 à 36 b en moyenne) après l'arrêt du mouvement de la banquise. Parfois même-, il n’atu'nt qu’alôrs sa vitesse •maxima. Par exemple, après une dérive rapide vers le sud-est du 10, au i3 août, le courant inverse fut encore observé à une profondeur de 75 m le. 19 août, c’est-à-dire 5 jours après l’arrêt du mouvement superficiel.
- Les mesures de profondeur de la mer polaire nombreuses et faites suivant un assez long trajet,
- ont été permet-
- A quelle cause faut-il attribuer le déplacement d’ensemble permanent de la glace P II semble que la raison la plus simple serait l’existence d’un courant de surface dans l’Océan arctique. Cependant, les mesures effectuées montrent que c’est l’inverse qui a réellement lieu : ce n’est pas l’eau qui fait dériver la glace, mais bien la glace qui dans son déplacement entraîne les couches superficielles de la mer, jusqu’à une profondeur ne dépassant pas 35-45 m, car la vitesse décroît très rapidement quand on s’éloigne de la surface. Ce courant d’entraînement se produit dès que la glace commence à se déplacer sous l’action du vent et cesse presqu’en même temps que la dérive éolienne. Il provoque un courant de sens inverse à des profondeurs plus grandes, l’eau ainsi mise en mouvement remplaçant l’eau entraînée superficiellement. Mais ce courant, que l’on observe à des profondeurs variant de 35 à ia5 m suivant l’intensité et la durée de la dérive dans une direction constante, ne cesse qu’un temps très notable
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- tant ainsi cle se faire une idée approximative de la configuration du fond de l’Océan glacial. Du pôle jusqu’à 86°4o', la banquise flotte au-dessus d’une fosse profonde de 4.3oo à 4-4oo m. Puis le fond se relève, avec des sautes de profondeur variant de ooo à 5oo m sur une distance de seulement 5o km, et se lient entre 3.5oo et 4-o5o m. A la latitude 83°56/ on rencontre un haut fond de 2.38o m de profondeur mais, après la latitude 83°3o/ on retombe dans une fosse qui dépasse 4-i6o m. L’existence de grands fonds en cette région est intéressante, étant donnée la proximité du Groënland dont la configuration ne pouvait laisser supposer l’existence de tels abîmes à quelque cent kilomètres cle sa côte. À la latitude 8i° N, par longitude de C°5o/ W on rencontre le seuil de Nansen, à une profondeur de 1.420 m. Ce seuil sépare les eaux de l’Océan arctique de celles de la mer du Groënland. Dans celle-ci, les profondeurs relevées sur la plate-forme côtière ont varié de 160 à a5o m, n’atteignant 3ao m qu’en un seul point.
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- L’étude de la répartition de la température en profondeur a permis de compléter les renseignements de Nansen, lors de son expédition su « le Fram », concernant l’existence, sous Une couche relativement peu épaisse d’eau froide arctique, d’une couche puissante d’eau d’origine atlantique et à température positive. Il semble établi maintenant que l’eau atlantique, entrant dans l’Océan glacial entre le Spitzberg et le Groënland, est un courant puissant, atteignant le pôle même et s’étalant dans tout le bassin polaire. C’est ainsi qu’au pôle, vus 86° latitude nord, l’isotherme zéro est à une profondeur de 2Ôo m, la température croît ensuite en profondeur jusqu’à o°77 à 4oo m, puis redécroît et l’isotherme zéro inférieur se rencontre à une profondeur de
- 700 m. L’épaisseur de la couche d’eau à température positive au voisinage du pôle est donc de 5oo m. Plus au sud, entre les latitudes 85 et 86, les isothermes zéro s’écartent et s’observent à des profondeurs de 200 m et 760 m, la couche d’eau atlantique est plus épaisse cl sa température également plus élevée, + i° à 4oo m et o°88 à 25o m. Plus au sud encore, le courant atlantique augmente de puissance et sa température s’élève à i°72 vers 200-800 m. Enfin, vers le 81e parallèle, on approche de l’origine du courant : les isothermes convergent rapidement quand on se trouve au voisinage cle la côte est du Groënland.
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- Les prises d’échantillons de plancton en 22 endroits différents ont montré, contrairement à ce que pensait Nansen, que la vie organique dans la région polaire est assez active. Pendant le court été polaire, lorsque la neige superficielle et une petite couche de glace ont fondu, les rayons solaires peuvent pénétrer dans la mer et on y a constaté un développement intense d’algues microscopiques, constituant le plancton « fluorescent » que l’on rencontre dans les mers plus méridionales. Ce plancton a été décelé jusqu’à des profondeurs de plus de 3.000 m.
- En même temps que toutes les observations précédentes, l’expécliLion a effectué des mesures d’intensité de la pesanteur, des mesures des éléments magnétiques : inclinaison, déclinaison, intensité horizontale ainsi que des mesures des éléments météorologiques : température, humidité, pression atmosphérique, régime des vents, etc... En particulier il semble qu’au voisinage du pôle l’atmosphère est beaucoup plus calme que sur les bords de l’Océan arctique et les vents y sont peu intenses.
- H. Vigneron.
- Fig. 3. — Les derniers traîneaux chargés du matériel de la station Pôle Nord quittent la banquise pour regagner
- le « Taymir » (19 février 1938). (Photo Presse-Illustration).
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- E.-A. MARTEL
- DIRECTEUR DE « LA NATURE » CRÉATEUR DE LA SPÉLÉOLOGIE
- Edouard-Alfred Martel vient de mourir.
- 11 fut directeur de La Nature de 1905 à 1919 et nos lecteurs se souviennent de cette longue série d'articles qu’il publia dans cette revue à partir de i885, révélant un monde inconnu de gorges, de cavernes, de gouffres, de merveilles souterraines extraordinaires qu’il découvrait un peu partout, et particulièrement en France, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de géographie physique, créant une nouvelle science, la spéléologie.
- Padirac, l’aven Armand, les gorges du Rhône, le canon du Verdon sont aujourd’hui de populaires buts d’excursions : ils étaient alors inconnus et leur exploration fut œuvre de grand courage, de grand mérite, et riche de conséquences de toutes sortes.
- . La Nature a largement contribué à faire connaître toutes ces découvertes, à les faire admirer et à susciter ainsi les vocations des continuateurs actuels de Martel en spéléologie : Norbert Casteret, R. de Joly, l’abbé Glory, tant d’autres.
- Le bureau de rédaction de La Nature fut pendant des années le rendez-vous des adeptes de la nouvelle science et des collaborateurs des expéditions. Martel y venait plusieurs fois par
- semaine, y recevait, animait les conversations de sa foi, de ses idées neuves, des discussions qu'elles soulevaient alors dans les milieux scientifiques et techniques ; il y apparaissait toujours
- ardent, droit et sûr. Rudaux venait présenter les photographies et les dessins, pris souvent à côté du maître, qui évoquent si bien tous les aspects du monde souterrain et les difficultés de leur découverte.
- Après la guerre, Martel ayant transmis son feu sacré à des équipes plus jeunes, se consacra quelque temps à la Société de Géographie été élu puis il se la vie active. Il était commandeur de la Lé-g i o n d’Honneur. L’A cadémie des Sciences, qui lui avait décerné en 1907 le grand prix des sciences physiques, avait oublié de se l’adjoindre. Son nom est quand même assuré de l’immortalité ; il figure en divers points sur les atlas géographiques.
- La carrière de Martel est, parmi tant d-autres, un bel exemple de ce fait que la science n’est pas uniquement une profession et que des amateurs peuvent y marquer parfois leur place. L’esprit souffle toujours où il veut. T:
- Licencié en droit, Martel fut i3 ans avocat
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- agréé au Tribunal de commerce de la Seine. Un premier voyage, en 1882, dans les Alpes autrichiennes et dolomitiques, lui révéla les fissurations du sol. De i883 à 1900, il ne cessa d’explorer, à ses frais, toutes les cavités des Causses, découvrant Padirac (1889), l’aven Armand (1897), etc. ; entre temps, il fouillait bien d’autres grottes : Han, en Belgique (1888) ; les Kata-vothres du Péloponèse (1891), les gouffres et sources du Karst, de Bosnie-Herzégovine et du Monténégro (1893) ; les cavernes de Norvège (1894), de Grande-Bretagne (1895), d’Espagne, du Jura, des Alpes, des Pyrénées, et même jusqu’au Caucase, en Turquie et en Asie Mineure. C’était une tâche courageuse et c’est miracle qu’il soit sorti vivant de tant d’éboulements et de crues survenus dans l’obscurité d’un monde inconnu. C’était aussi oeuvre difficile et coûteuse, puisque tous les moyens étaient à inventer.
- Peu à peu, une nouvelle science se créait. Il apparaissait clairement qu’en pays calcaire, fissuré, existe une circulation souterraine des eaux, beaucoup plus importante que l’hydrographie superficielle. Les eaux pluviales s’infiltrent par suintement dans les fentes ; parfois, les cours d’eau sont absorbés tout entiers dans les entonnoirs, les cavernes, les abîmes ou puits naturels verticaux. Ces eaux se réunissent, coulent, agrandissent les fissures, se rassemblent en lacs et en réservoirs, dissolvent la voûte des grottes et des avens, et reparaissent souvent en surface en des points plus bas sous forme de sources, de fontaines, de résurgences.
- De ce fait, la surface des sols calcaires se dessèche et devient impropre à la culture ; seul, le reboisement pourrait lui redonner la vie en formant une couche d’humus imperméable ; par contre, le pacage aggrave l’évolution désertique.
- Les sources résurgentes peuvent être polluées par les infiltrations qui les alimentent, si bien qu’elles doivent être protégées sur un très vaste périmètre, défini et contrôlé notamment par des expériences à la fluorescéine.
- Ce domaine souterrain est un nouveau champ d’observation pour la météorologie, le magnétisme ; l’érosion, la corrosion s’y manifestent intensément et la précipitation des calcaires qui y prennent des formes si remarquables (stalactites et stalagmites). Enfin, il a sa flore et
- sa faune propre, assez pauvres, mais qui posent de singuliers problèmes biologiques sur l’action du milieu, puisque beaucoup d'animaux cavernicoles sont aveugles, incolores, aux pattes démesurées.
- Telles sont les données scientifiques nouvelles apportées, dans des voies très diverses, par l’œuvre de E.-A. Martel. Il a révélé un monde inconnu, l’a audacieusement exploré, patiemment étudié et en a su tirer les lois et toutes leurs conséquences pour l’homme. L’œuvre continue de progresser et de passionner beaucoup d’ému-les. Le nom de son initiateur n’est pas près d’être oublié.
- B. Legexdre et A. Troller.
- Principales publications de E.-A. Martel.
- Les Cévennes, in-8, 4oo p., Paris, 1890.
- Les abîmes, in-4, 58o p., Paris 1894.
- Le massif de la Bernina (en collaboration avec A. Lorria), in-folio, Zurich, 1895.
- Irlande et cavernes anglaises, in-8, 4oo p., Paris, 1897.
- Le Trayas et VEsterel, in-8, 80 p., Paris, 1899.
- La spéléologie, in-8, re5 p., Paris, 1900.
- Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac, in-12, 180 p., Paris, 1901.
- La photographie souterraine, in-8, 70 p., Paris, 1903.
- La spéléologie au xxe siècle, in-8, 810 p., Paris, 1906.
- Le sol et l’eau (en collaboration avec de Launay, Ogier et Bon jean). Traité d’hygiène, Paris, 1906. •
- L’évolution souterraine, in-16, 388 p., Paris. 1938.
- La côte cl’azur russe, in-8, 356 p., Paris, 1909.
- Cavernes et eaux souterraines de la Belgique (en collaboration avec Van den Broeck et Bahir), Bruxelles, igio.
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- . LE CINQUANTENAIRE ......—
- DE L'INVENTION DES DESSINS ANIMES
- Il y a cette année 5o ans, le Français Émile Reynaud (i 84 4-1918), dessinateur, photographe et professeur de sciences, créa la projection animée par le dessin sur bandes perforées de grande longueur, en couleurs et avec relief du personnage sur le décor.
- En 1888, Reynaud travaillait depuis plus de 10 ans à la repx-oduction du mouvement et il avait produit en 1877 Ie « Praxinoscope » et en 1880 le « Praxinoscope à projection », qui déjà réalisaient le dessin animé pour une courte série de poses, avec un rendu très supérieur à ce que donnaient les seuls appareils existant avant lui, c’est-à-dire les appai'eils « à fentes » de Plateau et de Ilorner. La Nature, sous la signature de son directeur, Gaston Tissandier, n’avait pas manqué de signaler ces premières réalisations de E. Reynaud (voir nos des iev février 1879, 7 février 1880, 4 novembre 1882).
- En 1888, le savant arrivait, après de longues recherches, à projeter sur un écran, dans son laboratoire du 58, rue Rodier, à Paris, une scène animée d’une durée de 10 minutes, le a Bon Bock », ancêtre incontestable de « Mickey » et de « Blanche Neige ». Le signataire de ces lignes assistait à celte (c première » toute familiale et, malgré les années écoulées, le souvenir en est encore présent à son esprit. Cette scène, où évoluaient quatre personnages, comportait 700 dessins et avait 5o m de longueur.
- Quelques mois après, E. Reynaud déposait une demande de brevet, ainsi qu’en fait foi le procès-verbal « dressé le « 1er décembre 1888 à 3 h 25 mn » — je cite le texte officiel dans sa louable précision — « au Secrétariat géné-« rai de la Préfecture de la Seine. » Ce brevet s’appliquait à « un appareil ayant pour but d’obtenir l’illusion du mou-« veulent non plus limité à la répétition des mêmes poses « à chaque tour de l’instrument, mais ayant au contraire « une durée et une variété indéfinies et produisant ainsi de « véritables scènes animées d’un développement illimité, u d’01'1 le nom de « Théâtre Optique ». Le brevet devait être accordé le i4 janvier 1889, sous le numéro 194.482.
- La lecture de ce document nous montre : d’abord que Reynaud avait su résoudre de façon satisfaisante le difficile problème de la compensation optique (cinématographie à mouvement continu du film) ; ensuite que, se rendant
- compte de la nécessité d’un repérage exact, il avait imaginé la perforation du film, ce perfectionnement majeur qui a rendu possible l’industrialisation du cinéma. Le brevet nous apprend en effet que l’inventeur revendique le forage de trous équidistants percés dans la bande à projeter et qui permettaient à celle-ci « de s’engrener dans des goupillles sail-« lanles disposées sur la couronne de l’appareil. »
- Six ans après, Edison appliquait la perforation à son Kinétoscope ; d’autres ont suivi, l’inventeur les laissa faire. Ainsi E. Reynaud qui, jusqu’en 1896, s’en tint aux images dessinées à la main, fournissait généreusement aux chercheurs qui s’attaquaient à la solution photographique du problème, l’essentiel perfectionnement qui fut dès le début et est encore aujourd’hui la condition sine qua non de toute projection cinématographique.
- Le <( Théâtre Optique » a été décrit par Tissandier dans La Nature le 23 juillet 1892 (n° 999).
- Rappelons brièvement que le théâtre optique Reynaud, tel qu’il a été créé en 1888, assura au musée Grévin, de 1892 à 1900, une série de représentations dites « Pantomimes lumineuses » qui atteignit le chiffre de 12.800 séances vues par 5oo.ooo spectateurs. Reynaud avait composé plusieurs scènes d’une grande valeur artistique et qui lui demandaient chacune des mois d’acharné labeur. Évidemment le « Pauvre Pierrot », le « Bon Bock », « Autour d’une Cabine », « Le Rêve au Coin du Feu », etc., ne duraient pas aussi longtemps que les films actuels de dessins animés, mais chaque séance comprenant trois scènes occupait plus d’une demi-heure, et cela se passait au siècle dernier! Et l’auteur déjà, loin de se borner à mettre en scène des animaux, s’était attaqué à la reproduction de la vie humaine. Et la couleur y était ! Et la musique d’accompagnement n’était pas — et pour cause — enregistrée sur le film et produite automatiquement, mais, composée spécialement et jouée par un pianiste exercé, elle était exécutée en parfait synchronisme avec l’action.
- N’est-il pas juste de dire qu’une telle réalisation mérite d’être commémorée au bout d’un demi-siècle, comme le prélude d’une des inventions les plus étonnantes de notre temps P
- Paul Reynaud,
- Agrégé de l’Université.
- UN POISSON QUI MANGE DES OISEAUX... BAGUÉS
- Il y a quelques années, La Nature avait signalé (Q la présence de deux oiseaux de mer, un macareux moine de 27 cm et un guillemot à capuchon de 44 cm, dans l’estomac d’une baudroie apportée au marché de Concarneau. Depuis, Gudger a observé d’autres faits du même genre.
- On sait que la baudroie (Lophius piscatorius) est un poisson aplati, à la gueule énorme, la tête surmontée de filaments pêcheurs ; elle abonde sur les fonds vaseux au large de nos côtes et on la vend couramment, étêtée, sous le nom de « lotte ».
- Au printemps de cette année, le 11 avril, des marins de
- 1. R. Legendre. La Nature, n° 2724, 1926, p. 413.
- Douarnenez, péchant aux sprats au bout de la jetée de ce port, ti’ouvèrent dans leur filet une baudroie de belle taille qu’ils décapitèrent en arrivant à terre. Dans l’estomac, se trouvait un oiseau et cet oiseau était bagué. La marque : « Inform Witherby, High Holborn, London, RX 4988 » fut signalée à la Station ornithologique de Versailles qui rassemble tous les renseignements sur les oiseaux bagués trouvés en France. Et ainsi, on apprit peu après que l’oiseau, proie de la baudroie, un puffin, avait été pris adulte à Stokliolm, dans l’ouest du Pays de Galles, marqué le 4 juin 1987, puis relâché. Il devait finir moins de dix mois après, à 890 km de là, dans le ventre d’un poisson.
- René Merle.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1938 (’)
- Obsei’ver, en août, les étoiles filantes et notamment celles provenant de l’essaim des « Perséides a.
- Les planètes Mercure, Jupiter, Saturne seront bien placées pour être observées, ainsi que les petites planètes Pallas, Hébé et Flora.
- Le 28, rapprochement curieux de Vénus et de la Lune, à suivre le soir dans le crépuscule.
- I. — Soleil. — En août, la déclinaison du Soleil diminue fortement. De + i8°8/ le ier, elle sera de + 8°47A le Si. La durée du jour sera de i5h5m le Ier et de i3h2gm le 3i.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de 3 en 3 jours :
- Date : Heure du passage Date : Heure du passage
- Aoûl 1er 1 ih56m.53s Août 19 1 jb54rai8s
- - 4 11 56 4° — 22 11 53 35
- — 7 11 56 22 25 Il 52 4q
- — 10 11 55 58 — 28 11 5i 58
- — i3 11 55 2q — 3i 11 5i 5
- — 16 11 54 56
- Observations physiques. — Ne pas manquer d’observer, chaque jour, le Soleil. Voici la "suite des données permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil : Date(oh) P B0 L0
- Août 3 + II,“42 0 + s:93 i4g,20
- — 8 + i3,34 0 + 6,27 83,og
- — i3 + i5,i6 0 + 6,55 ‘6,98
- — 18 + 16,87 0 4 6>79 310,89
- 23 + 18,46 0 + 6,98 244,82
- — 28 + 19,93 0 4- 7,12 178,75
- Lumière zodiacale. — On pourra l’observer le matin, à la fin du mois, du 24 au 31, époque pendant laquelle la Lune ne gênera pas son observation.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps Universel (T. U.) et sont comptées de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter + lh à toutes ces heures.
- II. — Lune. — Phases de la Lune, en août :
- P. O. le 3, à 2^ om 1 D. Q. le 18 à 2oh3om
- P. L. le ii, à 511571“ I N. L. le 25, à 11 h 17m
- Age de la Lune, le Ier août, à oh = 4j,8; le 26, à oh = oj,5.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 6 août, à 9h = — 2005o, ; le 20 août, à i5h = + 2o°42L
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 août, à 3h. Parallaxe = 54,2//. Distance = 4o5 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 2.3 août, à 1711. Parallaxe = 6o'3g". Distance = 36i 55o km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Date
- Étoile
- Magni- Phéno-tude mène
- Heure
- Paris Uccle
- Août 3 3997 B. D. — 180 6m,8 Imm. 2ih 3m >7 21 è 3m
- — 5 4449 B. D. — 21° 6 8 Imm. 21 21 3 21 23 6
- — 12 Z Verseau 5 3 Em. 22 48 3 22 53 3
- — 18 4oo B. D. + i5» 6 4 Em. 2 19 9 2 25 3
- — 21 4i 10 B. D. + 190 6 0 Em. 2 40 8 2 44 3
- — 3o 4196 B. D. — 17° 6 7 Imm. 19 i3 4
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 25. Leur coefficient atteindra de 100 à 110 centièmes du 25 au 28 août.
- Voici l’heure d’arrivée du Mascaret :
- Date Coefficient A Quillebeuf A Villequier A Caudebec
- Août 25 io5 iqh28m 2oh 5m 2o'1:4m
- — 26 108 7 49 8 26 8 35
- — 26 110 20 9 20 46 20 55
- — 27 110 8 29 9 8 9
- — 27 109 20 5o 21 27 21 36
- — 28 106 9 11 9 48 9 57
- — 28 101 21 3i 22 8 22 17
- III. — Planètes. — Le tableau suivant, dressé à l’aide
- des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements indispensables pour rechercher les planètes principales pendant le mois d’août.
- ASTRE Date : Août Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- ' 5 4h3om nh56n>35» I9h23m 8h5qm -f- 170 5' 3 P 35"2 Cancer
- Soleil . .< 17 4 46 h 54 44 19 2 9 45 -j- i3 33 3i 3q,o Lion
- 29 5 3 11 5i 41 18 39 10 29 4~ 9 3o 3i 43,8 Lion
- 5 7 4 i3 35 20 7 10 38 +•619 8,2 34 Lion
- Mercure . l7 6 4o 12 56 19 i3 10 47 4-3 4 10,0 34 Lion
- 29 5 6 11 38 18 11 10 17 4~ 621 10,6 rr Lion
- 5 8 26 14 41 20 54 11 42 4- 2 27 i7>4 S Vierge
- Vénus. . < 17 8 54 i4 4o 20 26 12 29 — 3 37 J9>2 Y Vierge
- 29 9 20 14 39 19 56 i3 14 — 9 3i 21,6 « Vierge
- 5 4 5 11 43 iq 20 8 45 4- 1q 15 3,8 Cancer
- Mars . .< 17 4 1 11 27 18 52 9 *6 4-177 3,6 83 Lion
- ( 29 3 56 II 10 18 22 9 46 4- i4 4a 3,6 Lion
- Jupiter «7 J9 9 0 i3 5 i3 22 2 — i3 22 45,8 t Capricorne
- Saturne . J7 20 53 3 21 9 44 1 10 + 4 34 17,0 Ç Poissons
- Uranus 29 20 58 4 26 11 49 3 2 4- 16 47 3,6 O- Bélier
- Neptune . 29 6 23 12 48 19 i3 11 26 4 4^2 2,4 80 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le soir, au début du mois.
- Un peu visible le soir dans le crépuscule.
- Inobservable.
- Toute la nuit.
- Presque toute la nuit. Presque toute la nuit. Inobservable.
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- 27
- Mercure sera visible au début du mois, le soir, sa plus grande élongation s’étant produite le 3i juillet. Il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 28 août, à gh.
- Grand axe extérieur.......................... 42",60
- Petit axe extérieur..........................— 8",o4
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . —io°,883
- Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau. . — 80,872
- Date
- Août 4
- — 9
- — 14
- Fraction Magni- Fraction Magni-
- illuminée tude illuminée tude
- du disque stellaire Date du disque stellaire
- 0,4*8 + °,8 Août 19 0,128 -f- 1,7
- o,33o + »,o — 24 0,042 + 2,4
- 0,23l + 1,2 — 29 0,009 + 2.9
- Vénus est encore un peu visible le soir, dans le crépuscule. Dans une lunette astronomique, elle offre une phase analogue au dessin n° 8 de la figure 1 (voir « Bulletin astronomique » du n° 3022).
- Mars est inobservable.
- Pallas, la petite planète n° 2, découverte par Olbers le 28 mars 1802, passera en opposition le n septembre prochain. Elle atteindra la magnitude 8m,6. Voici sa position, le 26 août :
- Ascension drqite = 23h29m,6 ; déclinaison = + 2°57/.
- Hébé, la petite planète n° 6, sera en opposition le Ier août. Elle atteindra la magnitude 7m,8 (voir la carte spéciale de son mouvement sur le ciel, au « Bulletin astronomique » du n° 3026 du ier juin 1938;.
- Flora, la petite planète n° 8, arrivera à son opposition le i3 août. Elle atteindra seulement la magnitude 8m,5 donc sera visible dans une petite lunette. Voici ses positions, en août (voir fig. 1).
- Date (T.U.)
- Ascension droite
- Déclinaison
- Août 2,0
- — 10,0
- — 18,0
- — 26,0
- 2 11*4 I m , 0
- 21 33 7
- 21 26 o
- 2118 4
- — 18054'
- — 20 5
- — 21 12
- — 22 10
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil le 21 août, à oh. Il sera visible toute la nuit. On observera avec intérêt les phénomènes suivants produits par les satellites de la planète :
- 1er, II. O. c. oh 12111 ; II. P. c. ihi4m; II. 0. f. 3h4m ; II. P. f. 4h3m. — 2, II. Em. 22h9m. — 5, I. E. c. 2hi9m,o;
- I. 0. c. 23h27IU; I. P, c. 23h5om. — 6, I. 0. f. ih45m ;
- I. P. f. 2h7m ; I. Em. 2.3h27m. — 7, III. E. c. ihi4m,i. — S, IT. 0. c. 2h48m ; II. P. c. 3h29m. — 9, IL E. c. 20h58m,6. — 10, II. Em. oh23m. — 12, I. É. c. 4hi3m,6. — 13, I. 0. c. ih2im ; I. P. c. ih34m; I. O. f. 3h39m ; I. P. f. 3h5im; I. E. c. 22h42m,2. — 14, I. Em. ihum; I. 0. f. 22h8m; I. P. f. 22hi7m. — 15, IV. E. c. 2ih23m,4. — 16, IV. Em. 3hi4m; IL E. c. 2oh34m,5. — 17, IL Em. 2h37m; III. 0. f. 2 2h3gm ; III. P. f. 22h56m. — 18, IL 0. f. 2ih34m; IL P. f. 2ih4om. — 20, I. 0. c. 3hiôm ; I. P. c. 3hi7m. — 21, I. E. f.
- 2h54m,8 ; I. P. c. 2ih43m; I. 0. c. 2ih45m. — 22, I. P. f.
- ohim ; I. 0. f. oh2m; I. E. f. 2ih23ra,5. — 24, IL Im.
- 2h2m ; III. P. c. 22h42m ; III. 0. c. 23h5m. — 25, III. P. f.
- 2hi2m; III. 0. f. 2h4om; IL P. c. 2ih5m; IL 0. c. 2ihi9m; IL P. f. 23h54m. — 26, IL 0. f. ohnm. — 28, I. Im. 2h2im; I. P. c. 23h27m; I. 0. c. 23h3gm. — 29, I. P. f. ih44m;
- I. 0. f. ih57m ; I. Im. 2oh47m; I. E. f. 23hi8m,2. — 30,
- I. P. f. 2ohiom; I. O. f. 2oh2Gm.
- Saturne devient de mieux en mieux visible. Voici les éléments de l’anneau pour le 16 août :
- Uranus sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 11 août, à 2h. On le trouvera à l’aide d’une jumelle et de la petite carte figure 1, page 283 du n° 3o24.
- Neptune, presque en conjonction avec le Soleil, est inobservable.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 12, Le 16, Le 18, Le 24, Le 25, Le 26, Le 28,
- à 7h, Jupiter en conjonc. avec la Lune, à 6«33 S. à 5h, Saturne — la Lune, à5o43' S.
- à 8h, Uranus à 22h, Mars à 2oh, Mercure à 22b, Neptune à 23h, Vénus
- la Lune, à 0045' S. la Lune, à 6°3i' N. la Lune, à o°2i' N la Lune, à 5°5i'N. la Lune, à i« 3' N.
- Etoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure (T.U ]
- Août 9 Supérieur 4ll25mi3s
- — .9 — 3 46 5
- — 20 — 3 6 56
- Temps sidéral (*)
- 2ih 7<»iqs
- 21 46 45
- 22 26 10
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (|J Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j2oh49ra; 18 août, à 2h36m ; 20 août, à 23h25 ; 23 août, à 20hi4m.
- Fig. 1. — Marche de la petite planète Flora (8) sur le ciel du 25 juillet au 3 septembre 1938 (opposition le 13 août).
- Minima d’éclat de jâ Lyre, variable de 3m,5 à 4m,i en i2j2ih48m; 3 août, vers 7hi2m; 16 août, vers 7hi2m; 29 août, vers 4h48m.
- Etoiles filantes. — De très nombreux essaims sont actifs en août. On en trouvera une liste détaillée au n° 3oo4 du ier juillet ig37, page 37.
- Observer notamment du 9 au 12 l’essaim des Perséides (radiant voisin de r, Persée.
- V. — Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ier août, à 2ih, ou le i5 août, à 2011 est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher.
- A VEst : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau ; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l'Ouest : La Couronne boréale; le Bouvier; la Grande Ourse. Em. Touchet.
- 1. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Analogies entre les principes de Carnot, Mayer et Curie, par P. Renaud. 1 vol. 45 p. Hermann et Cie, Paris, 193" (Actualités scientifiques et industrielles). Prix : broché, 10 francs.
- Dans cette brochure, M. Renaud montre que les trois grands principes de Carnot, de Mayer et celui peu enseigné de Curie possèdent des analogies profondes (interdiction du mouvement perpétuel par exemple) et que le principe de Curie généralisé entraîne toutes les conséquences des autres qui apparaissent alors comme des applications particulières du principe général.
- Spectroscopie de niasse. Les isotopes et leurs masses, par L. Cartan. 1 vol. 90 p., 3 flg. Hermann et Cie, 1937 (Actualités scientifiques et industrielles). Prix : broché, 20 francs.
- La spectroscopie de masse joue, dans la physique du noyau, le rôle qui appartenait à la balance à la fondation de la chimie moderne. M. Cartan rassemble dans cette brochure les données encore éparses concernant la technique et les résultats numériques de cette nouvelle spectrographie.
- Petite histoire de la chimie et de l’alchimie, par
- René Marcard. Tome I : d’Hermès à Lavoisier. 1 vol. in-8°, 236 p., 4 pi. hors-texte, 6 üg. Delmas, Bordeaux, 1938. Prix : 30 francs.
- D’Hermès à Lavoisier, l’auteur a su choisir l’histoire des alchimistes, souffleurs, astrologues, hermétistes, foule bigarrée dont les mystérieuses spéculations et les travaux obscurs conduisent à la chimie. Au Moyen Age, c’est Blasés, Lulle, Albert-le-Grand, Thomas d’Aquin, Bacon qui s’essaient à concilier la pensée et le dogme. Paracelse, Agricola, Bernard Palissy rénovent la médecine et les techniques, puis van Helmont, Boyle, Kunckel, Rey, annoncent la science moderne. Black, Cavendish, Priestley, encore empêtrés de phlo-gistique, attendent Lavoisier qui pose les premiers principes. Et c’est la vie de ce dernier, son jugement, sa mort, fin de la révolution chimique et aube de la science actuelle. Ce vaste tableau, heureusement traité, clair et précis, est un bel exemple d’histoire des sciences et de T esprit humain.
- Contribution à l’étude des régions ionisées de la haute atmosphère, par R. Rivault. 1 vol., 86 p., 39 fig. Hermann et Cie, Paris, 1937 (Actualités scientifiques et industrielles). Prix : broché, 20 francs
- M. Rivault expose les résultats des expériences qu’il a réalisées à la Faculté de Poitiers sur la propagation des ondes de télévision et la photographie de l’image ou des images à la réception dans le but d’étudier le phénomène des échos et les diverses couches ionisées conductrices qu’ont été amené à supposer Kennedy, Heaviside, Applet-on, etc., pour expliquer la propagation des ondes sur de longs parcours.
- Plantes médicinales de France. 18e série. S planches en couleurs avec texte. Centre de documentation sur les plantes médicinales, 17, rue Duguay-Trouin, Paris, 1938. Prix : 5 francs.
- Cette dix-huitième série termine le troisième volume de l’œuvre du professeur Perrot destinée aux récolteurs et cultivateurs de plantes médicinales et aromatiques. Chaque fiche représente en couleurs l’aspect d’une plante et de ses parties ; le verso, en un texte court, donne tous renseignements sur sa vie, son milieu, sa culture, ses usages. La dix-huitième série est consacrée aux digitales, à l’artichaut, au hêtre, au pyrèthre et à la sarghine, aux prêles, au tamier et au sceau de Salomon, aux hellébores et à la varaïre, au dictame et à l’origan.
- Théorie, mesure et applications du p H, par Holger Jôrensen. Traduit de l’allemand par J. Guéron. 1 vol. in-8°, 351 p., 49 fig. Dunod, Paris, 1938. Prix : 68 francs.
- Encore un exposé du pH et un choix d’applications de ses mesures aux industries les plus diverses. Celui-ci a été écrit par un élève de Sôrensen, auprès du maître inventeur de la notion du pH et il est particulièrement réussi. Il relate d’abord en détail les travaux les plus importants et les idées fondamentales dont dérive la notion de pH. Puis il décrit la technique pratique des mesures. Enfin, il montre les avantages que l’on peut obtenir dans diverses industries et en agronomie, par l’emploi de ces mesures, au moven de 62 exemples bien choisis.
- Le problème du pain, par Raymond Guillemet. 1 vol. in-8°, 100 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Ayant déterminé dans le précédent fascicule la valeur boulangère des blés et des farines, l’auteur suit les transformations de la pâte qui constituent la fermentation panaire : action de la levure, utilisation des glucides, formation d’alcool et de gaz, protéolyse, acidification, qui aboutit à l’absorption d’eau, à la dispersion du gluten et fait de la farine une pâte levée.
- Le pain de froment, par le Dr G. Martin-Charpenel. 1 vol. in-8°, 262 p., 13 fig. Chez l’auteur, à Manosque (Basses-Alpes). Prix : 40 francs.
- Après avoir décrit le grain de blé et passé en revue tous ses constituants : glucides, protides, lipides, vitamines, dias-tases, sels, l’auteur examine les divers procédés de mouture, par meules, par cylindres et par soders et en arrive au rôle du son, de l’assise protéique et du germe, précieux pour les uns, fâcheux pour d’autres. Il suit la panification : pétrissage, fermentation, cuisson. Cela le conduit à reprocher aux farines blanches, à bas taux d’extraction, d’être incomplètes et insuffisamment nutritives et de préconiser le pain bis, à très haute extraction. Peut-être va-t-il trop loin en signalant les pains complets obtenus directement à partir du grain, sans mouture. Le livre, bien documenté, apporte un bon nombre d’arguments à la question du meilleur pain.
- Les araignées, par Lucien Berland. 1 vol. in-16, 175 p. Collection « Les livres de nature ». Editions Stock, Paris, 1938. Prix : 15 francs.
- Sous-directeur au Muséum national, spécialiste des araignées au'(quelles il a déjà consacré d’importants ouvrages de systématique et de biologie, l’auteur a su dégager de ses observations et de sa longue science, ce qui devrait être connu de tous. Il présente ces animaux trop méprisés ou craints, d’abord dans leurs formes si variées, puis dans leurs genres de vie terrestre, aérienne ou même aquatique ; il les montre cherchant leur nourriture, tissant leur toile, capturant et piquant leurs proies, vivant parfois en sociétés, s’unissant étrangement, puis portant el soignant leurs petits avec un instinct fort développé. Tant de faits précis et agréablement contés donnent envie d’y aller voir ; ce livre est une initiation.
- A Symposium on Cancer, l vol. in-8, 202 p., fig. The University of Wisconsin Press, Madison, 1938. Prix cartonné toile : 3 dollars.
- L’Institut du cancer de l’Université de Wisconsin a invité des spécialistes de divers pays à se réunir en un « symposium » pour présenter et discuter les travaux récents et les idées actuelles sur le cancer et son hérédité, la biologie de la cellule cancéreuse, les problèmes d’hvgiène et d’étiologie de cette maladie. 17 rapports ont été établis qui résument l’état actuel de toutes les études poursuivies dans le monde entier sur ce grave et vaste problème. On y trouve la mise au point de tous les aspects biologiques, cliniques et thérapeutiques des recherches entreprises partout, d’où se dégage, sinon une synthèse et une solution définitive, tout au moins beaucoup d’idées directrices pour l’effort prochain.
- La Grande Comore, par le Dr Fontoynont et Raomandaky. 1 vol in-4, 110 p., 17 pl., 1 carte. Académie Malgache, Tana-narive, 1937. Prix : 35 francs.
- Tropicale, montagneuse, l’île a une histoire mouvementée, n’ayant cessé de recevoir des incursions arabes et malgaches jusqu’à l’établissement du protectorat français. Les Comoriens ont des mœurs et des coutumes imprégnées d’islamisme, mais avec une note particulière, et les contes recueillis par _ les auteurs montrent un folklore vivant et plein d’imagination.
- Revue des revues littéraires et scientifiques hon= groises de l’année 1936, publiée par l’Association nationale des sociétés et des institutions scientifiques de Hongrie. II. Sciences, Sciences appliquées. 1 vol. in-8°, 160 p. Ernest Leroux, Paris, 1937.
- On sait les difficultés croissantes qu’on a pour prendre connaissance des travaux scientifiques qui paraissent de plus en plus nombreux dans tous les pays et en toutes les langues. Aussi faut-il applaudir à cette « revue des revues » où l’on trouve l’indication précise de toutes les publications hongroises et leur analyse en français. Rien ne sera plus utile pour rapprocher les chercheurs des deux pays.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mars 1988.
- Courants telluriques et perturbations magnétiques. — Reprenant la discussion de la possibilité d’une relation étroite entre les courants telluriques et les perturbations magnétiques, M. Bosler expose que les diagrammes représentant ces phénomènes montrent un parallélisme certain, dénonçant une loi de proportionnalité que les travaux d’Airy permettaient déjà de prévoir. De plus l’auteur peut démontrer que le sens des variations magnétiques suit bien la loi d’OErsted. Il faut naturellement tenir compte des différences très sensibles, surlout au point de vue de leur inertie, entre les matériels mesurant les courants et ceux qui mesurent les champs. Ceci établi, l’auteur considéré le courant tellurique comme le phénomène primaire, entrant ainsi dans le domaine de l’hypothèse.
- Les étincelles soufflées. — M. Antiiouard étudie le comportement d’une étincelle jaillissant entre pointes sous 10.000 v alternatifs, soufflé en régime supersonique. Le phénomène essentiel est l’identité qui s’établit entre les tensions d’entretien et disruptives. L’abaissement de la tension d’entretien en régime ordinaire est sans doute dû à l’échauffement de la cathode par les ions positifs créés dans les molécules gazeuses par les électrons émis par la cathode. Dès que la vitesse du fluide devient comparable à celle de l’agitation thermique, ces ions ne peuvent plus atteindre la cathode et ce phénomène secondaire disparaît. La tension d’entretien se confond alors avec la tension disruptive.
- Les essais des ciments. — Mlle Couillaud montre que les grandes différences constatées dans les essais mécaniques à la compression des ciments tiennent à l’importance du facteur personnel avec les méthodes actuelles. En opérant mécaniquement le gâchage et le remplissage des moules, la concordance des résultats est largement améliorée, l’écart moyen des résultats à leurs moyennes étant abaissé dans le rapport de 3 à 1. Pour arriver à des définitions plus exactes il serait utile de standardiser le matériel utilisé, en particulier celui qui sert au remplissage des moules.
- Chaulage des sols acides. — La correction des sols acides peut être effectuée par appoint de calcaire ou de chaux éteinte. MM. Vincent, LIerviaux et Coïc étudient les valeurs comparatives des deux méthodes, donnent les formules permettant de calculer les quantités d’amendements à apporter et leur coût total. Le calcaire peut être répandu à toute époque, même en cours de végétation; son utilisation dépend, non seulement de la teneur du calcaire en carbonate de chaux, mais aussi de son état, physique. La chaux vive, éteinte à la vapeur et amenée à une finesse comparable à celle de la farine, crée une alcalinité passagère, quelquefois très élevée, et ne doit donc être utilisée que plusieurs mois avant les cultures.
- La flore des fromages. — Des cas d’intoxications alimentaires ont été attribués aux fromages. Gerlaines, graves, sont dues au colibacille. M. Feorentin a recherché ce bacille dans un grand nombre de fromages. Ce microbe pathogène n’a pas été trouvé dans les fromages cuits du type Gruyère ou dans ceux affinés par les moisissures (Roquefort, Bleu d’Auvergne, Camembert), il est quelquefois présent dans les fromages mi-cuits (Hollande, Port-Salut), il est, par contre assez fréquent et abondant dans les fromages mous
- affinés par des anaérobies (Pont-L’Évêque, Bourgogne, Reblochon, Brie, Bel Paese). Il n’y a aucune raison pour tolérer ce dangereux bacille dans les fromages alors qu’il est sévèrement proscrit des eaux alimentaires. Il est donc souhaitable qu’une réglementation prescrive, tout au moins pour les fromages qui ne sont pas complètement cuits ou affinés par moisissures, l’utilisation de laits stérilisés et ensemencés avec des cultures sélectionnées.
- Séance du 4 avril iq38.
- La vapeur d’eau atmosphérique. — Hann a établi une relation linéaire entre la tension de la vapeur au sol et la quantité totale d’eau dans l’atmosphère. Fowle a montré que cette règle est souvent en défaut. M. Legay, opérant au voisinag-e de Shanghaï, a déduit l’humidité totale de l’absorption de la bande X — 1,469 u. et a noté qu’en adoptant le coefficient 1,5, porté à 2 au niveau du sol, la relation de IIann est assez bien vérifiée. La quantité totale de vapeur d’eau est très élevée à Shanghaï surtout dans les basses couches où elle s’abaisse cependant un peu en été. L’atmosphère est remarquablement homogène, les moussons d’hiver et d’été s’établissent sous de grandes épaisseurs. L’humidité doit donc être due à des conditions locales. L’auteur note que la stabilité des valeurs de l’humidité est également très grande dans le temps; les enregistrements rapprochés donnent des valeurs très voisines.
- Mesure des vitesses supersoniques. — Il y a un
- grand intérêt, en mécanique des fluides, à mesurer les très grandes vitesses des gaz sans troubler leur écoulement. M. VoEKOvisKY place dans la paroi de la tuyère deux électrodes planes diamétralement opposées entre lesquelles il fait passer une décharge continue ou alternative. Les ions transportés créent un courant entre deux autres électrodes placées de la même façon en aval des premières et entre lesquelles on maintient une tension de 5oo v. L’auteur étudie également d’autres dispositifs permettant de faire des mesures le long d’un profil quelconque et montre qu’il est possible de déduire la vitesse d’écoulement du fluide de l’intensité du courant créé dans la seconde paire d’électrodes. Cette mesure peut ainsi s’effectuer sans introduire le moindre obstacle dans le courant gazeux.
- L’électro=analyse du cuivre. — L’électro-analyse du cuivre donne des résultats souvent inexacts si on opère en présence du fer. Le dépôt de cuivre est déplacé par les ions ferriques et entre en dissolution, soit à l’état cuivreux, soit à l’état cuivrique. MM. Geloso et Deschamps ont étudié les lois de cette dissolution qui sont fort complexes. Sa vitesse varie en fonction de la température, de l’agitation de l’élec-trolvte et du potentiel cathodique. La multiplicité de ces actions ne permet donc pas de doser utilement le cuivre par voie électrolytique en présence du fer.
- Le peroxyde de zinc. — M. Cogné expose qu’il a réussi à préparer un peroxyde de zinc par l’action répétée et prolongée de l’eau oxygénée à haute concentration sur l’oxyde de zinc hydraLé. A l’état hydraté le peroxyde est une poudre blanc crème, amorphe, grasse au toucher, d’une densité voisine de 3. Très instable, il donne de l’eau oxygénée au contact de l’eau. Le peroxyde anhydre répond à la composition Zn0o.
- L. Bertrand.
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- 30 — NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Le stellitage des soupapes des moteurs à explosion et des moteurs Diesel.
- Des essais méthodiques ont mis en évidence l’action néfaste exercée sur les soupapes et les sièges de soupapes des moteurs d’automobile par la haute température et la nature oxydante des gaz d’échappement. Avec la même soupape en acier nickel-chrome, l’usure en 5o heures du siège, très faible quand la température de la tête de soupape ne dépasse pas 6oo°, quintuple quand elle atteint 710° (à ce moment la température du siège est de 33o°). A une même température de 790° de la soupape, l’usure du siège en 5o heures est 16 fois plus grande avec des gaz oxydants qu’avec des gaz réducteurs.
- On a récemment protégé les soupapes en les recouvrant, sur le bord travaillant, d’une couche de stellite. Le stellite est un alliage cobalt-chrome-tungstène extrêmement dur et très peu sensible à haute température au contact des gaz oxydants. Sa densité entre 5oo et 85o° ne varie que de 53 à 45 unités Rockwell, tandis que les meilleurs aciers spéciaux ont des duretés passant de 45 à 20. Le stellite est déjà utilisé pour constituer les pointes travaillantes des outils de tour, fleurets de mines, des trépans des appareils de forage et de sondage, etc.
- Cet emploi du stellite est encore plus intéressant pour les moteurs Diesel de marine alimentés par des combustibles très incomplètement épurés. On avait essayé récemment des comubstibles de faible prix, du mazout avec lequel sont chauffées les chaudières de navires à vapeur. Le résultat fut catastrophique : la corrosion des soupapes fut telle que certaines furent mises hors de service en quelques heures. Cette attaque rapide est due au soufre dont la teneur dans le mazout atteint 3,6 pour 100, ce qui fait que les gaz d’échappement arrivent à renfermer près de 4o pour 100 d’anhydride sulfurique. D’autre part, l’usure était encore accélérée par la présence d’oxydes (silice, alumine, oxyde de fer) formés à haute température.
- Le stellitage des soupapes a permis de résoudre entièrement le problème, car le stellite n’est pas attaqué par l’acide sulfurique et sa dureté, même à haute température, lui permet de résister à l’usüre mécanique due aux oxydes. Ce résultat est très intéressant parce qu’il permet maintenant d’utiliser un combustible coûtant 4o pour 100 moins cher environ que les huiles Diesel. Les soupapes des moteurs Diesel marins ont des dimensions qui peuvent faire rêver les automobilistes : leur diamètre atteint couramment 2.45 mm et leur poids i5 à 20 kgr. On les réalise actuellement en acier carbone-molybdène, nuance demi-dur (carbone o,25 à o,35 pour 100, chrome 0,6 à i,4 pour ioo, molybdène 0,1 à o,3 pour 100) dont le coefficient de dilatation est très voisin de celui du stellite (16 x io_c). On dépose en plusieurs passes une couche de stellite de 5 mm d’épaisseur sur tout le pourtour de la soupape, ce qui correspond à environ 700 gr de métal par soupape, que l’on usine et rectifie ensuite.
- Le premier essai fait sur le pétrolier « Scheherazade » de la Compagnie auxiliaire de navigation, le plus grand pétrolier français à flot, a donné d’excellents résultats. Après 85o heures de marche, la soupape stellitée ne présentait aucune trace d’usure, tandis que souvent, au bout de quelques heures, les soupapes ordinaires Se trouvent mises hors service. Aussi le stellitage des soupapes de Diesel marins prendra-t-il certainement un important développement.
- PHYSIQUE
- Les cristaux de nitrate de soude comme substituts du spath.
- Le problème de la formation d’une substance présentant le phénomène de la biréfringence pour la construction des prismes polarisants et certains appareils de physique est devenu très difficile, depuis que les gisements de spath d’Islande sont à peu près épuisés et ne livrent plus que des cristaux de calcite de petites dimensions.
- Depuis 1921, le Bureau of Standards a entrepris des recherches à ce sujet. Il a proposé, comme remplaçant de la calcite, le nitrate de sodium qui cristallise dans le même système et présente une biréfringence plus forte que celle du spath. Par contre il a l’inconvénient d’être plutôt mou, facilement clivable et soluble dans l’eau.
- Malgré ces défauts, et en l’absence d’autre produit convenable, son emploi pourrait être intéressant, à condition que l’on sut obtenir des cristaux parfaits de grande dimension.
- Les premiers essais ont été faits en partant de solutions saturées, mais pour que le cristal soit utilisable, il faut qu’il se forme extrêmement lentement : plusieurs mois pour arriver à un cristal de 2 cm d’arête.
- Plus récemment, Philips et Bâtes ont obtenu des résultats remarquables en partant, non plus de la solution, mais du sel fondu. Les cristaux au refroidissement lent croissent très rapidement et sont plus gros et plus clairs que ceux produits par voie humide. En quelques heures on a pu obtenir des cristaux convenant parfaitement pour les expériences d’optique, ayant i3 cm 5 de large sur 5 cm de haut. Le plus gros cristal réalisé pesait 2 kgr 5. On voit qu’il y a là un procédé intéressant et qui permet d’espérer que l’on pourra, au prix d’une dépense normale, continuer à fabriquer des appareils de double réfraction que la rareté du spath convenable rendait pratiquement impossible.
- ÉLECTRICITÉ
- Résistances de démarrage en oxyde d’uranium.
- On sait que pour faire démarrer un moteur à courant continu, on intercale une résistance en série dont la valeur est diminuée progressivement afin de maintenir constante l’intensité du courant traversant le moteur. On vient de mettre au point des résistances constituées par de l’oxyde d’uranium et qui présentent l’avantage de se régler automatiquement sans l’intervention de l’opérateur. En effet la résistance de l’oxyde d’uranium diminue quand la température augmente, contrairement à ce qui se passe pour les métaux, et comme cette diminution est rapide, une « résistance » de cette matière, insérée en série sur un moteur continu, maintient l’intensité constante pendant la période de démarrage. En cours de marche normale, ces résistances chauffent peu, et ne sont jamais portées au rouge, d’où leur longue durée. Pratiquement on les construit de façon qu’elles aient une valeur de 5o ohms à froid et de 1 ohm à chaud, leur temps d’échauffement pouvant varier de une demi-seconde à 3o secondes ; leur temps de refroidissement atteint quelques minutes.
- On peut les équilibrer thermiquement et électriquement de façon à réaliser des régulateurs de voltage, supprimant les manettes, les plots et autres pièces des démarreurs ; leur prix d’achat et d’installation est très peu onéreux.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- AUTOMOBILISME
- Nouveau silencieux pour automobiles.
- Les silencieux sont indispensables sur les automobiles, et, d’ailleurs, leur usage est sévèrement imposé dans les villes. Il ne faut pas négliger la perte de puissance que peut produire un dispositif mal étudié. Sans un « pot » d’échappement convenable, le meilleur moteur perd de sa puissance.
- Voici un nouveau système, très simple qui paraît présenter des avantages. Comme le montre la figure i, il est constitué comme un silencieux pour armes automatiques, dans lequel la section de passage des gaz est supérieure au
- Le silencieux Brissonnet.
- Fig. 1.
- calibre de l’arme. Le passage libre des gaz dans le pot est plus grand que le diamètre du tube d’arrivée, et, de ce fait, le freinage du moteur par contre-pression à l’échappement ne peut se produire.
- Le pot comporte quatre cloisons embouties à la presse qui rendent l’ensemble indéformable, et une double paroi cîe protection et d’insonorisation qui augmente la résistance aux chocs.
- 11 est fait en métal inoxydable, ce qui évite la rouille intérieure par condensation des vapeurs d’échappement, et la corrosion extérieure par les agents atmosphériques.
- Ëts Brissonnet et Cie, 2 et 4, rue Charles Renouvier, Paris (20e).
- PHOTOGRAPHIE
- Objectifs à très grande ouverture pour la cinématographie.
- Les prises de vues radio-cinématographiques, dont nous avons montré l’intérêt, et les transmissions de télévision en plein air avec des caméras électroniques, n’ont été rendues possibles que par la réalisation d’objectifs à très grande ouverture.
- Les objectifs cinématographiques normaux ont des ouvertures de F : i,5 ou F : i,4 au maximum. Ces objectifs spéciaux ont des ouvertures bien supérieures, de l’ordre de F : 0,80.
- Ils sont maintenant établis industriellement, en particulier par la maison Zeiss. Pratiquement, on se contente d’un champ d’usage net peu étendu, ce qui permet de réduire le nombre des lentilles en accroissant la luminosité réelle.
- Un modèle de ce genre de F : o,85 ne comporte ainsi que cinq lentilles dont deux sont accolées; il n’y a donc que 8 surfaces de séparation air-verre. Il est trois fois plus lumineux que l’objectif le plus lumineux F : i,4 construit actuellement.
- Le champ de netteté satisfaisante correspond à un cercle de diamètre variant entre le quart et la moitié de la distance focale. La convection dépend d’ailleurs étroitement de la distance de l’objet, de sorte que les conditions d’emploi pratique sont bien délimitées.
- La transparence est particulièrement satisfaisante pour
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- une bande de radiations de 38o à C60 p., ce qui correspond à la lumière émise par les écrans fluorescents de radiographie; la perte de lumière peut être évaluée à i/3 de la lumière incidente.
- Fig. 2. — Objectif Biotar-leiss F : 0,8o de 12 cm de distance
- focale.
- A droite un appareil photographique de petit format.
- Par suite de scs dimensions, cet objectif exige quelques précautions de montage ; il peut cependant être déjà adopté sur un grand nombre d’appareils courants. La planéité du film doit être évidemment absolue pour la précision de la mise au point, et l’épaisseur de l’émulsion elle-même exerce une influence sur la netteté de l’image, par suite de la possibilité des irradiations.
- T. S. F.
- Appareil antiparasite simple.
- L’élimination des parasites troublant les auditions de T. S. F. est généralement très difficile, mais une amélioration satisfaisante peut cependant être obtenue dans la majorité des cas.
- Parmi les perturbations qui parviennent aux récepteurs, une grande partie sont transmises par les câbles du réseau d’alimentation. Pour les arrêter, on peut utiliser de simples capacités de l’ordre du microfarad qui dérivent vers la terre les courants haute-fréquence, et des bobines de choc qui s’opposent au passage de ces derniers.
- L’appareil Jiel, établi suivant ce principe, se monte comme un interrupteur ordinaire, soit sur un des deux fils qui alimentent la prise de cou- Fi9- 3. — Appareil antiparasite L Jiel
- rant du poste, soit sur un
- des deux fils du cordon de l’appareil; on peut également l’utiliser avec un prolongateur-raccord évitant de modifier l’installation primitive.
- Ce petit appareil forme en outre rhéostat ; il est muni d’une manette de l’églage, et permet, en cas de surtension du secteur, de ramener la tension d’alimentation au régime normal, en agissant comme dévolteur et il protège donc les lampes de T. S. F.
- Éts .Tanin, 91, rue Villiers-de-l’Isle-Adam, Paris (20e).
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- BOITE AUX LETTRES
- RECTIFICATION
- A propos de la bactériologie appliquée à l’agro= nomie (n° 302o). — Les figures illustrant l’article de M. L. Therond proviennent d’un mémoire de MM. G. Guit-tonneau, J. Keilling et Mlle Bejambes sur les terres à pruniers de l’Agenais et leurs besoins en éléments fertilisants, paru dans les Annales de la Science agronomique, 1929, p. 156 (Dunod, éditeur, Paris).
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Ronflements dans un poste de T. S. F. — Les
- ronflements dans un poste de T. S. F. alimenté en courant alternatif peuvent provenir d’un filtrage défectueux du courant d’excitation du haut-parleur, le remède consiste à placer sur la bobine mobile et en série avec l’enroulement une bobine fixe supplémentaire de quelques spires, de façon que les effets du champ magnétique alternatif créé par les deux enroulements s’annulent.
- D’après ce que vous indiquez, votre récepteur serait monté avec un haut-parleur à aimant permanent ; nous ne pensons donc pas que le haut-parleur puisse être incriminé.
- Il faudrait plutôt chercher du côté du circuit filtre. Un condensateur peut être accidentellement plus ou moins hors d’usage, ou d’une capacité trop faible et l’action de la composante alternative non redressée est particulièrement à craindre sur la lampe détectrice, c’est pourquoi il faut soigner la connexion de grille de cette lampe.
- Pratiquement, nous croyons que l’emploi d’un filtre extérieur ne peut vous donner des résultats très satisfaisants ; le procédé généralement le plus efficace consiste à agir sur le circuit filtre du courant d’alimentation plaque.
- Vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage Entretien, mise au point, dépannage des appareils radio-électriques, par P. Ilémardinquer (Ëyrolles, éditeur).
- Réponse à Commandant Mallet, à Mont-de-Marsan.
- Emploi d’un cadre antiparasites. — 1° Les cadres antiparasites peuvent donner des résultats utiles, du moins lorsque les perturbations proviennent d’une direction assez bien déterminée. L’emploi d’un cadre à prise médiane permet généralement d’obtenir un meilleur résultat, par effet de compensation. Vous pouvez consulter, à ce sujet, l’ouvrage : La T. S. F. sans parasites (Dunod, éditeur).
- A l’inverse de ce que vous croyez, ce montage n’est pas destiné à augmenter la sensibilité de l’installation, mais uniquement à atténuer les parasites, puisqu’une antenne recueille toujours beaucoup plus d’énergie.
- Nous ne connaissons pas la marque du cadre dont vous parlez ; pour un cadre ordinaire, la liaison ne peut être faite directement aux bornes « antenne » et « terre » du récepteur, sans modification du montage intérieur du poste.
- Il est nécessaire d’intercaler un condensateur ajustable en série, ce qui diminue quelque peu la précision de l’accord, mais évite les modifications. Il faut, de plus, faire varier le nombre des spires du cadre en service au moyen d’un com-binateur, suivant la gamme de longueurs d’onde considérées.
- 2° Les vibrations du haut-parleur sur les notes aiguës peuvent provenir de causes très différentes : réglage défectueux de la bobine mobile, diamètre trop réduit du diffuseur, adaptation acoustique mal étudiée, étage basse fréquence défectueux, et même circuit haute-fréquence à bande mal réglée. Il est difficile de remédier à cet inconvénient, s’il est chronique, sans diminuer en même temps l’amplification des notes aisuës. Le moyen le plus simple consiste à employer un haut-pudeur additionnel, avec condensateur éliminant les fréquences trop élevées.
- Réponse à M. Bulti, à Roubaix.
- De tout un peu.
- M. IÆ. L..., étudiant, Rennes. — 1° Vous trouverez tous renseignements utiles dans la Statistique générale de la France ; 2° le mieux est de vous adresser à l’Office national des combustibles liquides, 85, boulevard de Montparnasse, Paris.
- M. Partiot, Neuilly. — L’huile de Chaulmoogra est maintenant d’un emploi assez fréquent dans le traitement de la lèpre et de certaines dermatoses : lupus, psoriasis, abcès pha-gédéniques et tuberculose cutanée. Elle est extraite des graines d’Hydnocarpus, flacourtiacée croissant sur les bords des rivières de l’Annam et de la région de Chittagong aux Indes. D’autres espèces d’Hydnocarpus se trouvent également dans le sud de l’Inde, le Siam, la Chine et l’Indochine. Les graines des diverses espèces contiennent du glycérol, un peu de phy-tostérol, de l’acide palmique, et un mélange de cinq acides gras, dont l’acide chaulmoogrique et l’acide hydnocarpique. On emploie l’huile de chaulmoogra en émulsion, en capsules et pilules, en liniments, onguents ou emplâtres. Elle est assez mal tolérée par l’organisme, qu’elle soit ingérée ou injectée sous la peau. L’acide chaulmoogrique est mieux supporté. Certains auteurs contestent l’action de l’huile de Chaulmoogra dans la lèpre, même récente.
- M. Duran, Mexico. — L’hectopièze est une mesure de pression. L’hectopièze vaut 100 pièzes. La pièze est la pression uniforme qui, répartie sur une surface de 1 m2, produit un effort total de 1 sthène. Le sthène est la force qui, en une seconde, communique à une masse égale à une tonne, un accroissement de vitesse de 1 m par seconde. La pression atmosphérique de 76 cm de mercure à 0° et sous l’accélération normale île la pesanteur correspond à 1,013 hectopièze ou 1,033 kgr.-poids par centimètre carré.
- I. J. G. — Le soi-disant secret des Égyptiens pour la trempe du bronze constitue une de ces légendes que les travaux publiés sur le sujet n’arrivent point à faire disparaître.
- L’examen de nombreux objets « de bronze » trouvés en Égypte a montré que ceux-ci étaient constitués, suivant les époques, par du cuivre, soit pur, soit allié à de l’étain, ou quelquefois à de faibles quantités d’antimoine, d’arsenic, de bismuth, de manganèse, etc... Il semble toutefois que l’étain soit la seule addition faite volontairement d’un façon systématique. Mais il s’agit dans tous les cas de métaux ayant la dureté des cuivres et bronzes courants actuels.
- D’ailleurs, seul le travail des pierres dures au ciseau nécessite l’emploi d’un métal extrêmement dur ; tous les autres procédés : sciage, perçage au foret et au tube, usure, ne demandent qu’un outillage de faible dureté et il a été effectivement trouvé des objets en cours de travail et des outils en cuivre ou en bronze permettant de préciser les conditions de travail. On peut ajouter le travail par percussion effectué avec une autre pierre.
- M. Feuillette, à Paris. — Le procédé le plus simple pour rendre imperméable un bac en ciment est de le badigeonner avec une solution de paraffine dans l’essence minérale, par exemple :
- Paraffine . •................... 25 gr
- Essence minérale................ 1.000 cm3
- La condition essentielle pour une bonne réussite de l’opération est de ne faire l’application que sur du ciment absolument sec. Faute d’observer cette précaution, ce serait l’insuccès.
- M. Ferrand, à Lyon, — Généralement dans le commerce, on assure la conservation des jus de fruits par l’acide sulfureux employé sous la forme de bisulfite de soude à la dose d’environ 1/10 de centimètre cube par litre de jus.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéotjd.
- 1-7-1938 — Published in France.
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- N° 3029
- LA NATURE
- 15 Juillet J 938
- JOUETS ET POUPÉES DE L'ANCIENNE ÉGYPTE
- L’archéologie est une science passionnante parce que c’est la science de la vie, la science du passé vivant évoque par des reliques qui ne semblent mortes qu’aux gens sans imagination.
- En dépit des changements matériels et moraux de tout ordre survenus depuis la révolution industrielle du siècle dernier, l’homme reste fondamentalement le même et cela depuis des milliers d’années. Les jouets et poupées de l’ancienne Egypte vont le prouver une fois de plus.
- Nous ne parlerons pas ici des jeux d’enfants (jeux d’adresse, de hasard, rondes, comptines, jeux de ficelles, etc.) pour une partie desquels la documentation manque et qui ont disparu sans laisser de traces matérielles, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas existé. Nous nous en tiendrons aux jouets dont les tombeaux nous ont livré des spécimens, qu’il ne faut pas confondre d’ailleurs avec les modèles funéraires (x). Ce sont de véritables jouets fabriqués en vue d’amuser les enfants, ayant servi du vivant de leurs jeunes propriétaires et enterrés avec eux pour les égayer dans l’autre monde. Non seulement ils ne sont pas substantiellement différents des jouets primitifs des autres pays, mais une bonne partie d’entre eux sont encore en usage de nos jours, même dans les pays les plus modernisés.
- Bien que la sécheresse du climat de l’Egypte nous ait conservé beaucoup de documents précieux, il ne faut pas se dissimuler les lacunes de nos connaissances. D’abord parce que le sort des jouets quand ils servent est souvent de périr de mort violente, ensuite parce
- 1. M. Forbin a publié dans La Sature (n° 2468) un article intitulé : Des jouets dans la tombe. Comme il l’indique, ces charmantes statuettes ont peut-être servi occasionnellement de jouets, mais n’avaient pas été laites pour cela. C’étaient des modèles funéraires destinés à reproduire dans l’au-delà la vie terrestre du mort, un personnage important de Thèbes.
- que le bois, matière très employée pour ces objets, est facilement périssable, enfin parce que les jouets ne sont généralement pas considérés comme des objets précieux et qu’on ne songe pas à les préserver.
- JOUETS DATÉS
- Les jouets apparaissent dès les plus anciennes époques. Les premiers sont les billes, en quartz, porphyre, etc., qu’on trouve dès la période prédynastique (antérieure à 4ooo avant J.-C. environ). Sir Flinders
- Petrie a trouvé à Négada un petit jeu de quilles en albâtre et brèche, les quatre boules pour jouer sont en porphyre blanc et noir d’environ r cm de diamètre et les trois petits poteaux ou barres, proportionnés pour former une porte, sont e n m a r b r e brun veiné. Ce jouet est conservé à l’Ash-molean Muséum d'Oxford (lîg. i).
- Le même savant a trouvé dans une tombe de la IIP dynastie, à Gizch, une abondante collection de billes : 5g étaient en calcaire blanc, 02 en quartz, g en calcaire brun, 2 en cornaline, 1 en agate. Il est permis de supposer que les billes de couleur étant plus rares avaient une valeur de jeu plus grande.
- Au Moyen Empire (vers 2000 avant J.-C.) appartiennent un certain nombre de jouets (nous parlerons des poupées séparément). Sir Flinders Petrie a l’apporté de ses fouilles du Fayoum une vingtaine de toupies, des balles en bois, d'autres en cuir à six segments, une figurine d’hippopotame en silex, d’autres en calcaire, des jouets en argile.
- Nous devons une mention spéciale aux jouets en argile cuite ou même simplement en limon du Nil séché au soleil. De tels jouets ayant souvent une forme très schématique, sont communs à des civilisations très diverses parce que la matière première ne coûte rien et est facile à travailler, les enfants peuvent donc faire
- Li'j. 1. — Jeu de quilles d'epoque archaïque (Ashmolean Muséum d’Oxford),.
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- Fig. 2. — Groupe de souris en faïence (Metropolitan Muséum de New-York).
- eux-mêmes leurs jouets. Ceux de la XIIe dynastie sont de formes variées : bonshommes, animaux (lézard, porc, crocodile), barques, petits vases. Parmi les plus curieux est une petite figurine représentant une momie dans son sarcophage. Des hochets sont formés d’une houle terminée par une tète d’animal.
- D’ailleurs, l’animal semble bien avoir été l'un des jouets favoris des petits Égyptiens. Nous venons de voir des figurines trouvées au Fayoum; il faut encore citer un petit canard en bois (Anliquarium de Munich), une statuette de vache eu bois peint pour imiter lé pelage' moucheté (British Muséum), trois charmantes petites souris en faïence blanche et brune attablées devant de similis grains de froment (Metropolitan Muséum de New York) (fig. 2), un lion tuant sa proie,
- en faïence bleue (Brilish Muséum).
- Toujours à . 1 a même époque un jouet très simple [tarait avoir été fort en vogue : les bâtonnets dont les deux bouts sont pointus et qu’on projetait en l’air, où i 1 s tournoyaient, avec un bâton légèrement creusé au milieu pour faciliter le lancement.
- .4 la XVIIIe dynastie (vers 1000 avant J.-G.), nous voyons un hochet en terre cuite, trouvé â ’ El A marna, terminé par une tête de gazelle (fig. 3). Con-tsmporaines sont des statuettes de singe harpiste assis ou debout, un singe tirant un chariot (British Muséum).
- Un jouet curieux, déc ouvert par
- M. Howard Carter à Tlièbes, est une statuette de cheval en argile asez grossièrement modelée (les pattes sont collées deux à deux) mais dont la crinière, les yeux et les naseaux sont indiqués. On avait eu l’ingénieuse idée de lui enfoncer de chaque côté deux sarments de vigne dressés de façon à former un bât et à soutenir la charge que l’enfant pouvait placer sur le dos et retirer à volonté. Ce jouet fut considéré comme assez précieux pour avoir été enfermé dans un vase où il fut retrouvé.
- Datant de l’époque romaine, on a (au British Muséum) une statuette en terre émaillée, trouvée au Fayoum, représentant un cavalier monté sur un éléphant. Ce dernier a perdu ses pattes qui étaient origi-na i re m e n t ar t ic ulées.
- JOUETS DIVERS
- La plupart des jouets conservés dans les musées et collections ne sont pas datés parce qu’ils ont été découverts â une époque où les recherches archéologiques étaient moins minutieuses qu’aujourd’hui ou lors de fouilles clandestines.
- Parmi ces jouets, nous citerons trois balles en faïence de l’ancienne collection Martyn Kennard, divisées en six ou huit segments de couleur bleu et noir ou vert et noir.
- On trouve aussi des balles en cuir de couleurs alternées, remplies les unes de cheveux et les autres de roseaux (British Muséum), en feuilles de papyrus découpées et tressées (Musée du Caire), d’autres sont en bois peint (au Louvre).
- Le Brilish Muséum, dont la collection égyptienne est si riche, possède encore des figurines d’hippopotame en ébène et en faïence, un poisson en bois, un lion en bois couché sur un piédestal.
- A ces jouets communs à tous les enfants, il faut ajouter les petits ménages que les fillettes affectionnaient comme aujourd’hui.
- De nombreux pions de jeu, quelquefois à tête d’animaux, ont été trouvés car les enfants jouaient à des jeux qui passionnaient les grandes personnes. On en a une preuve dans le damier, portant une inscription au nom de l’enfant Amenmès, conservé au Louvre.
- JOUETS ARTICULÉS
- Les Égyptiens ont aussi connu les jouets mécaniques. Bien entendu il n’y a aucune comparaison possible entre leurs jouets et les autos à ressort ou les trains électriques de notre temps. Mais, outre que les jouets modernes, parfois si compliqués, restent l’apanage d’une minorité et ne sont pas toujours ceux qui amusent le plus les enfants parce qu’ils craignent les réprimandes s’ils viennent à les détraquer, il subsiste encore bon nombre de jouets mécaniques simples, fort appréciés des petits et qui ne sont guère différents des jouets égyptiens.
- Les jouets mécaniques, ou plutôt articulés, sont sur-
- Fig. 3. — Hochei en argile. XVIIIe dynastie (D’après Pencllebury).
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- tout des figurines d’animaux ou d’êtres humains. Ils sont généralement en bois. Voici, au musée égyptien de Berlin, un crocodile dont la mâchoire inférieure est mouvante, le reste du corps forme un seul bloc. La tète est soigneusement sculptée et le dos creusé d'un quadrillage pour simuler la peau rugueuse, les pattes sont collées le long du corps. Le musée de Leyde possède aussi un crocodile à mâchoire inférieure actionnée par une ficelle. Cette même articulation se retrouve à la gueule d’un félin passant (British Muséum), d’une grenouille (au Caire).
- Le musée du Caire possède un jouet d’une rare qualité artistique trouvé en 1934 à Li s ht par l’expédition du Metropolitan Muséum de New York dans une tombe du milieu de la XIIe dynastie (vers 1900 avant J.-C.). C’est une série de quatre nains dansants qui devaient tourner sur eux-mêmes par le moyen de fils enroulés sur leur base circulaire, encastrée dans la plaquette d’ivoire percée de trous de côté, pour simuler les évolutions des danseurs. Ces statuettes en ivoire (fig. 4). hautes de 5 cm environ, sont jusqu’à présent uniques dans l’art égyptien. Trois d’entre elles sont encore placées sur une plaquette d’ivoire. Leurs physionomies sont nettement différentes en dépit de leurs petites dimensions. Les danseurs semblent se préparer à exécuter une pirouette. Deux d’entre eux portent des colliers de grosses perles. Leur intérêt ethnographique n’est pas moindre que leur valeur artistique car il semble bien que nous ayons là la plus ancienne représentation connue des Pygmées de l’Afrique équatoriale. Ces statuettes témoignent d’une curiosité et d'un engouement pour les Nègres dont on a un exemple 5oo ans plus tôt, au début de la VIe dynastie, quand le nain danseur Danga fit fureur à la cour de Pépi Ier, tout comme chez nous Joséphine Baker en des temps plus récents.
- Le sort des Nègres était parfois moins gai : un groupe en bois du British Muséum nous montre un prisonnier, les bras liés derrière le dos, couché à plat ventre et tourmenté par un lévrier qui bondit sur lui.
- Lu autre jouet articulé, datant du Moyen Empire, représente un homme debout pétrissant le pain (au musée de Levde). La ficelle placée à la partie postérieure du corps permet de le relever ou de l’abaisser à volonté. Les bras retenus par des chevilles sont mobiles (fig. 5). Le Louvre possède aussi une figurine de pétrisseur, mais dont les formes sont plus grossièrement ébauchées et les bras seuls mouvants.
- On remarquera, à propos de ces représentations de métier, que les Égyptiens n’ayant aucun enthousiasme pour le métier des armes, donnaient à leurs enfants des jouets pacifiques. On a trouvé dans certaines tombes des statuettes d’archers et de piquiers, mais ce sont des modèles funéraires et non des jouets. Ce n’est pas ici qu’il faut venir chercher les ancêtres des soldats de plomb ou des panoplies pour enfants.
- Au nombre des jouets articulés, il faut placer les figurines d’animaux que l’enfant pouvait faire mou-
- Fiy. 4. — Nains dansants, figurant peut-être des Pygmées (Musée du Caire).
- voir. M. Carier a trouvé à Thèbes un petit oiseau en bois avec une cheville dépassant sur le côté gauche. L’intérieur est en partie évidé et des trous symétriques forés à droite et à gauche de la poitrine. 11 est permis de supposer que ces trous servaient à supporter le moyeu d une roulette placée dans le vide de la poitrine et que la cheville devait s’emboîter dans un bâton permettant à l’enfant de pousser l’oiseau roulant devant lui.
- Le musée allemand du jouet, à Sonneberg, expose un cheval en bois monté sur quatre roulettes retenues par des clavettes passées dans les moyeux. Ce cheval provient d’Égypte et date du vie siècle avant J.-C.
- Nous ne devons pas oublier de citer brièvement un théâtre de marionnettes en bois avec figurines en ivoire, trouvé par Gayet à Antinoë. Certes, il appartient à une époque tardive (me siècle de notre ère) qui ne rentre pas dans le cadre de cet article, mais il n’est pas déraisonnable de penser que des théâtres de marionnettes existèrent à l’époque pharaonique, soit pour des représentations de caractère religieux comme le théâtre découvert par Gayet, soit pour des bouffonneries comme le théâtre turc de Karagheuz.
- Fig. o. — Homme pétrissant le pain. Jouet articulé (Musée de Leyde).
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- LES POUPÉES
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- Les poupées, bien que ne formant qu’une catégorie dans l’ensemble des jouets, sont trop importantes pour qu’on ne leur consacre pas une section spéciale. Elles peuvent être classées suivant leur matière : en ficelle, en bois, en calcaire, en poterie, en faïence, en bronze.
- Les poupées en ficelle (quelquefois en roseaux), légères, souples et résistantes, ont un succès très marqué. La matière ne permet pas de détailler les aspects du corps, mais les membres sont nettement indiqués. Celles trouvées par l’archéologue anglais Garstang à Béni Hassan dans une tombe du Moyen Empire semblent représenter une femme (avec une abondante perruque terminée par des perles) et un petit garçon (fig. 6).
- Les poupées de bois sont de deux sortes : une planchette dont le haut est découpé pour figurer la tête et les bras, une statuette plus soignée. Du premier type sont celles dont l’expédition du Metropolitan Muséum de New York a trouvé plusieurs exemplaires (fig. 7), une décoration géométrique simule la robe dont les bretelles d'attache ne sont pas oubliées, deux petits cercles représentent les seins et un collier complète l’ensemble. La tête, parfois remplacée par une boulette de terre, est souvent absente mais une abondante perruque en ficelle dont les « cheveux » sont terminés par des pendentifs en terre ne saurait manquer. Il est curieux de voir ces poupées, qui datent de la XIe dynastie, persister presque sans changements jusqu'à nos jours puisque certaines poupées actuelles de Nubie sont très analogues.
- Les poupées en forme de statuettes sont d’un aspect plus soigné. Le modelé du corps est rendu avec justesse et parfois même avec assez d’art. Une poupée du British Muséum reproduit les formes féminines élancées et la minceur des hanches si caractéristiques des
- Fig. G. — Poupées en ficelle. X!Ie dynastie (D’après Garstang).
- Fig. 1. — Poupées en XIe dynastie.
- femmes égyptiennes. Étant figurée nue, cette poupée devait être habillée par l’enfant qui la possédait. Certaines poupées de bois ont les bras ou jambes mobiles (musées de Berlin, New York, Manchester).
- Les poupées en calcaire sont généralement formées d’un seul bloc, les bras allongés, le long du corps. La perruque, parfois striée, est peinte en noir. Les jambes s'arrêtent souvent aux genoux. Toutefois le Louvre en a une dont les jambes sont normales.
- Les poupées en poterie sont nombreuses. Le British Muséum en expose une série. On voit notamment une femme portant son enfant et une autre le nourrissant. Sir Flinders Petrie les divise en quatre groupes : celles avec des perruques en forme de cloche de chaque côté de la face, la poitrine mince et une sté-alopygie prononcée ; celles avec un enfant sur le dos, comme les négresses les portent encore aujourd’hui ; celles ayant derrière la tête une planchette pour attacher les cheveux ; enfin celles dont les formes grasses et massives sont d’une extrême rudesse. Les poupées des trois premiers groupes ont les bras collés sur les côtés, celles du dernier les croisent sous les seins.
- Les poupées en faïence, souvent de couleur bleue, sont plus fines. La série trouvée à Lisht par les archéologues américains est véritablement artistique (fig. 8). Si les jambes se réduisent aux cuisses, il faut noter que les formes sont fort bien rendues et l’expression de la physionomie différente pour chacune d’elles. En vide est ménagé entre les bras et le corps. Les motifs décoratifs des robes sont variés et les détails comme la ceinture, les bretelles, le collier, bien indiqués. L’une d’elles porte la lourde perruque hatlio-rienne tombant sur les épaules. Elle est tatouée.
- Des poupées de bronze, nous ne .citerons que deux exemples, au British Muséum : une reine dont les bras sont mobiles, et une femme tenant un pot sur la tête.
- Si nous voulons avoir une idée d’ensemble des jouets que pouvait posséder un enfant, nous lirons 1 inventaire d’une tombe de fillette découverte par Sir
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- Flinders Petrie à Hawara. Cette tombe est d’époque romaine mais elle ne devait pas différer beaucoup de celles de l’époque pharaonique étant donnée la puissance de la tradition, surtout en matière de jouets. Voici d’abord une poupée en roseaux habillée (la tunique était séparée du corps), la face modelée, les cheveux naturels, des fils rouges pour les lèvres ; puis un miroir de cuivre étamé placé dans une petite boîte en bois ; un panier ; cinq petits llacons de verre ; un modèle de cymbale en laiton ; une chaîne avec crochet ; une perle en faïence bleue en forme de melon à côte ; un fuseau en verre blanc ; diverses pièces d'habillement de poupée.
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- L’archéologie ne prend son vrai sens que si l’on utilise les monographies, les fiches et les catalogues pour ressusciter la vie du passé. N’est-il pas louchant de penser que ces poupées, qui ne sont plus pour nous que des objets de musée, furent il y a 4.ooo ans ou plus des objets vivants. Des petites filles les berçaient dans leurs bras, leur souriaient, leur parlaient, les grondaient, les caressaient. Elles les aimaient comme de vrais bébés et parfois leur confièrent les gros chagrins dont leur cœur enfantin débordait et dont elles n’osaient faire confidence aux grandes personnes.
- Comme on se sent plus proche des vieux Égyptiens si l’on pense que les gestes de la femme future, que les fillettes d’aujourd’hui font sous nos yeux, d’autres petites filles les accomplirent avec ces poupées, il y a des milliers d’années, dans une atmosphère sociale et un décor naturel bien différent. Telle poupée qui nous paraît être seulement un peu de bois et de ficelle s’ap-
- CHIMIE ET
- Grâce à la diffraction des rayons X, on a pu pénétrer plus avant dans le problème de la constitution de la matière (voir n° 3028). Mais cette technique ne fournit pas seulement des renseignements d’ordre structural ; conjuguée à la méthode chimique classique, elle a permis d’apporter une utile contribution à la connaissance d’une substance aux multiples applications : la cellulose. C’est ce que nous examinerons maintenant.
- LA STRUCTURE DE LA CELLULOSE
- 11 est connu depuis longtemps que les substances groupées sous le nom de « cellulose », et appartenant presque exclusivement au règne végétal O),.sont composées de carbone, d’hydrogène et—d’oxygène : elles
- 1. Il existe des celluloses animales (Tunicine des Tuniciers) ou bactériennes (Acetobacter xylinium).
- 37 =
- s
- Fig. S. — Poupées en faïence. XIIe dynastie.
- pelait Neferlili, comme la jolie reine, ou bien Cornaline ou d’un nom d’amitié comme petit Minet. Elle avait sa vie propre aux yeux de sa petite maman : tantôt elle était sage, tantôt elle criait ou elle boudait ; quand elle avait fait une grosse sottise on la déposait en pénitence dans un coin et l’on restait sans lui parler longtemps, longtemps, peut-être bien dix minutes... Puis, pour la consoler, on lui racontait une belle histoire comme le « Conte des Deux frères », ou bien on lui chantait une de ces savoureuses chansons rustiques comme les fellahs en chantent encore.
- Henry de Morant,
- Les figures 2, 3, 7, S sont reproduites avec la courtoise autorisation du Metropolitan Muséum de New-York.
- RAYONS X
- répondent à la formule : (CGH10O5)n, n étant un nombre mal défini, mais certainement très grand, de l’ordre de plusieurs centaines.
- L’état actuel de nos connaissances sur la cellulose a fait, il y a quelques mois, l’objet d’une discussion au Congrès du Palais de la Découverte, à la suite d’un intéressant exposé où le Pr Kurt Meyer, de Genève, mit en l’elief les dernières acquisitions faites dans ce domaine particulier de la Science.
- L’exemple de la cellulose est particulièrement intéressant ici, car il met en lumière les utiles recoupements qu’apporte la diffraction des rayons X à la méthode chimique classique ; aussi traiterons-nous la question avec quelques détails.
- De même que le glucose CGHl206, que le saccha-' rose C12H22Ou, dont les
- Fig. 1. — Structure cyclique du glucose.
- CHZ OH
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- formules peuvent secrire C6(H20)6 et CiaCHaO)!!, la cellulose peut prendre la formule (C6(H20)5)w, et
- p. ~ „ , , , appartient à l’an-
- big. z. — Cycle glucose plan avec . tension (à gauche) et cycle trans sans cienne classe des tension (à droite). « hydrates de car-
- bone ». Par suite de son abondance dans la nature (substance de soutien dans le règne végétal), et de la prodigieuse consommation qui s’en fait quotidiennement dans le monde entier (papier, tissus de coton, de lin, de chanvre, soies artificielles, celluloïd et autres matières plastiques, vernis, explosifs, etc.) la cellulose a suscité un nombre considérable de travaux.
- au glucose une structure hexagonale (cycle glucopyra-nose), et de montrer que le cellobiose est constitué de deux tels cycles réunis par un atome d’oxygène, chaque cycle étant porteur de trois groupements alcooliques OH (oxhydriles).
- La cellulose, avons-nous dit, est insoluble dans l’eau. Comme c’est une grosse molécule, elle contient de nombreux oxhydriles —OH et, généralement, l’accroissement du nombre des oxhydriles entraîne un accroissement de la solubilité. D’ailleurs, la cellulose appartient à la série des holosides, dont tous les composés sont sinon solubles, du moins dispersables dans l’eau. Parmi les hypothèses émises pour expliquer celte anomalie, celle de Staudinger conduit à admettre que la cellulose est constituée de longues chaînes : l’élude des polymères en chaînes de plus en plus longues (polyoxyméthylènes) a permis en effet de con-
- QUELQUES PROPRIÉTÉS DES CELLULOSES
- Les celluloses, soit natives (linters de coton), soit résiduelles (obtenues après traitement des fibres par
- des réactifs tels que les lessives alcalines, l’eau de chlore, les bisulfites, etc.) se présentent sous forme de matières blanches d’apparence amorphe, de lex-l u r e fibreuse.
- Contrairement aux hydrates de carbone, elles sont insolubles, tant dans l’eau que dans les solvants organiques.
- La dégradation
- Fig.
- 3. — Motif cellobiose, constitutif de la cellulose.
- Fig. 4. — Constitution d’une fibre de cellulose (cellulose amorphe et cellulose cristallisée).
- de la cellulose par voie chimique (chaleur, hydrolyse, oxydation, etc.) donne naissance tout d’abord à des hydrocelluloses et oxycelluloses, dont les propriétés s’apparentent à celles de la cellulose initiale, pour se transfor-m e r finalement soit en un dissac-c-haride, le cellobiose, soit en un sucre encore plus simple, le glucose. Les travaux de Haworth sur les hydrates de carbone lui ont permis d’attribuer
- Fig. a. — Diagramme de rayons X de linters de colon.
- slaler que la solubilité diminue quand la chaîne s’allonge, cependant que la viscosité des solutions s’accroît : or l’étude de cellodextrines de plus en plus dégradées a permis d'observer le meme comportement.
- Lue telle remarque permet alors de s’expliquer la formation de produits de dégradation constitués de i, a (cellobiose), 3 (procellose), 4 (cellotélrose), 6 (cello-hexose)... 20 ou davantage, molécules de glucose condensées avec élimination d’eau. Il suffit d’admettre que la cellulose est constituée de chaînes dont les anneaux sont des cycles glucopyranose, chaînes qui se coupent progressivement au cours des opérations chimiques.
- DIFFRACTION DES RAYONS X PAR LES FIBRES CELLULOSIQUES
- Non seulement l’élude des diagrammes de diffraction des fibres cellulosiques a apporté à cette hypothèse une confirmation, mais encore elle a permis de préciser les dimensions de la maille élémentaire et sa structure. Selon qu’il s’agit de fibres de coton linters tassées en vrac, ou bien d’un faisceau de fibres de ramie orientées parallèlement, l'aspect des clichés est différent : alors que le premier diagramme est con-
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- stitué cle cercles concentriques, c’est-à-dire présente les caractères d’un diagramme de poudre microcristalline, le second est constitué de taches isolées, correspondant aux mêmes angles de diffraction que les cercles précédents : il est donc analogue au diagramme obtenu par rotation d’un cristal autour d’un axe per-pendiculaire au rayon incident. Ce l'ésultat est extrêmement intéressant : il indique que la cellulose est constituée d’éléments cristallins (cristallites) ayant un axe parallèle à la direction de fibre. Puisque le diagramme est celui d’un cristal tournant, cela prouve que les cristallites présentent autour de la direction de fibre toutes les orientations possibles. En dehors de ces caractères, les clichés présentent un voile diffus, révélant l’existence d’une partie amorphe. Il apparaît actuellement que celte partie « amorphe » ne diffère pas essentiellement de la partie « cristalline », mais qu’elle traduit le désordre partiel des chaînes consti-
- Fitj. (î. — Diagramme de rayons X de coton mercerisé.
- tuant la fibre : ces chaînes, parallèles dans une certaine zone (cristalline), s’embrouilleraient par contre dans une autre (amorphe), pour s'orienter de nouveau, et ainsi de suite.
- CARACTÈRES DE L’ÉDIFICE CELLULOSIQUE
- Connaissant l’encombrement de l’atome C (i,5 À) et celui de 1 atome O (1,2 A) il est possible de calculer les dimensions d’un cycle glucopyranose : 5,i5 Â dans le sens de la longueur. Or, les mesures effectuées sur les clichés de diffraction permettent d’évaluer à to,3 À la longueur d’une maille cristalline (période de fibre) ; l’étude approfondie des clichés (Meyer et Mark, Andress) montre que le motif élémentaire d’une chaîne est constitué de 2 groupes glucose ayant tourné de 1800 l’un par rapport à l’autre (longueur dans le sens de la fibre : 2 x 5,i5 = 10,3 Â). La cellule élémentaire du réseau cristallin, de symétrie monoclinique, est définie par les paramètres suivants :
- a = 8,35 Â ; b = 10,3 À ; c — 7,9 Â ; [3 = 84°.
- Des recherches plus récentes de Meyer et Misch coh-
- Fig. 7. — Diagramme de rayons X de colon jumel à longues libres (taches dues à l’orientation des libres).
- duisenl à penser que les édifices cellulosiques sont constitués de nappes parallèles dont les chaînes ont des orientations opposées. Quant aux cristallites, il est possible d’évaluer leurs dimensions, qui sont de l’ordre de 5oo À dans le sens de la longueur, et de 5o  dans une section droite. Ils sont orientés en hélices, dont le pas se déduit soit des observations microscopiques, soit de l’étalement des taches sur les cercles de diffraction. Ce pas est plus ou moins grand selon qu’il s’agit de fibres longues (lin, chanvre, ramie) ou courtes (linters de coton). Enfin, les fibres cellulosiques présentent des zones lacunaires dont la longueur est de l’ordre de 100 A.
- Des dimensions auxquelles conduisent les observations roentgenographiques, il est possible de tirer une intéressante conclusion : tandis que, dans la direction de la fibre, les distances entre les atomes correspondent à des liaisons homopolaires (— C — C — : x,5 A et — C — 0 — : 1,2 A) dans les directions perpendiculaires, les atomes les plus proches de 2 groupes glucose
- Fig. 8. — Diagramme de rayons X de libres de ramie.
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- Fig. !•. — Diagramme de papier filtre.
- voisins sont à 2,6 À l'un de l’autre : celte distance est identique à celle qui sépare 2 molécules distinctes dans les cristaux d’acides gras. Par conséquent, il est logique de conclure que les enchaînements de groupe glucose constituent les molécules de cellulose, les files voisines étant maintenues parallèles par de faibles liaisons, attraction entre oxhydriles ou forces de réseau dites de Van der Waals.
- QUELQUES RÉACTIONS DE LA CELLULOSE
- i° Composés d'addition, polymorphisme de la cellulose. — Malgré son insolubilité apparente, la cellulose est susceptible de réagir de diverses façons, en donnant soit des dérivés d’addition, soit des dérivés substitués.
- Fig. 10. — Diagramme de cellulose d’origine animale
- (Tunicine de Polycarpa varia).
- Les composés obtenus par fixation de molécules de soude sur les oxhydriles alcooliques de la cellulose appartiennent au premier groupe. G. Champetier a pu montrer "que les principaux de ces dérivés répondent aux formules (x) : 2(C6H10O5)NaOH et C6H10O5 NaOH. L’acide nitrique donne de la même manière les composés 2C6Hi0O5.NO3Ii et C6H]0Os.NO3H, qui interviennent au cours de la nitration de la cellulose (Knecht). Au cours de ces réactions, le réseau de la cellulose subit une importante transformation, qu’il est possible de suivre par l’observation des diagrammes de diffraction : c’est ainsi que tout d’abord les chaînes s’écartent pour permettre la pénétration des molécules de soude ; au composé 2C6H10O5.NaOH correspond un nouveau diagramme de diffraction ; puis le diagramme subit une nouvelle modification, correspondant au composé 3C6H10Os.2ÎNaOH ; les chaînes sont alors suffisamment écartées pour que la soude continue de se fixer sans nouvelle modification du
- 8.35 A
- Fig. 11. — La maille cellulosique d’après Meyer et Misch.
- squelette hydroxy carboné. Des observations analogues peuvent être faites au cours de la fixation de l’acide nitrique. Dans ce cas, le composé intermédiaire 2C0H10O5.NO3H est mis en évidence ; ensuite le réseau ne se déforme plus. A côté de ce gonflement intra-micellaire (Katz) ou mieux chimique (Champetier), la fibi'e transformée subit un gonflement plus important, intermicellaire, ou mieux physique, gonflement provoqué par un relâchement général de l’édifice, avec désorganisation partielle des cristallites, qui tendent d’autre part à s’écarter.
- Les composés d’addition de la cellulose jouent un rôle important dans la chimie de la cellulose, ainsi : les alcali-celluloses sont des intermédiaires dans la préparation de la viscose et la formation des éthers-oxydes cellulosiques ; les composés d’addition avec
- 1. Dans toutes les formules qui suivent, l’anneau élémentaire, C„ il 10 05 est considéré comme groupement moléculaire.
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- l’acide nitrique jouent un rôle important dans la nilration de la cellulose.
- Alors que les celluloses natives présentent toutes le même réseau cristallin, les celluloses régénérées à partir de leurs dérivés donnent naissance à un diagramme de diffraction nouveau, caractéristique d’un édifice cristallin différent \ les chaînes glissent dans leur plan, et tournent autour de leur axe. Ainsi, la mercérisation de la cellulose donne naissance à la cel-lulose-II, dont le réseau est défini par :
- a = S,i4 Â ; b = io,3 À ; c -- y,i/| A ; 3 = 62°.
- et l’ammoniac-cellulose perd son ammoniac en donnant la cellulose-lll, dé finie par :
- a = 7,87 À ; b — io,3 À ; c = .io,i3 À ; (3 = 58°.
- Fig. 13. — Enregistrement microphotométrique des clichés de dijfraction fournis par une cellulose de plus en plus imbibée a'eau. La position des interférences marquées par une flèche ne change pas; la netteté du diagramme diminue progressivement ; car il n’y a pas superposition des interférences de la cellulose avec celles de l’eau.
- (Cliché Champetier).
- 20 Nilration de la. cellulose. — L’étude des produits de nitration de la cellulose à l’aide des diagrammes de diffraction conduit à admettre que l'acide nitrique eslérifie au hasard les oxydri-
- les -— OH des chaînes : seules la cellulose de départ et la trinitrocellulose présentent les caractères d’un composé bien défini. Les produits intermédiaires, en particulier ceux dont 1 a composition correspond a u mono et au didé-rivé, ne seraient que des mélanges de ces chaînes cellulosiques irrégulièrement nitrées : les plans réticulaires perpendiculaires à l’axe de la libre n’étant plus des l'éseaux parfaits, les taches correspondantes
- des clichés perdent leur netteté ; ces taches réapparaissent lorsque la composition se rapproche .de celle de la trinitrocellulose (Mathieu). Pour de faibles teneurs en azote, au contraire, les nitrocelluloses, dont l’aspect est gélatineux, sont caractérisées par le diagramme de substances amorphes. Ce n’est qu’à partir de xo pour 100 d’azote que le diagramme se précise ; il est alors possible d’observer le déplacement de certaines taches, dû à l’introduction de groupes nitrés dans le plan des anneaux. Mais les nappes conservent leur écartement. Reprenant l’étude de la réaction, en milieu gazeux (avec l’anhydride nitrique, N205), Mathieu a de nouveau observé le même phénomène.
- Fig. 12. — Projection de l'édifice cellulosique sur un plan perpendiculaire à la direction des chaînes. en haut : cellulose native ; en bas : cellulose mercerisée.
- (d’après Meyer et Misch).
- Plastification de la nitrocellalose. — Ces dérivés nitrés présentent, comme la cellulose, la particularité de donner naissance à des composés d’addition, composés intervenant vraisemblablement au cours de la gélatinisation (plastification) de la niti'o-cellulose par les urées, les cétones, les esters. Dans le cas de l’acétone, le diagramme de diffraction de rayons X permet d’interpréter cette transformation : tout d’abord, l’acétone se fixe sur la nitrocellulose dans le plan même des anneaux nitro-glucose, en écartant les chaînes cellulosiques ; lorsque la quantité d’acétone fixée est de 1 molécule par groupe nitroglucose (dans le cas des nitrocelluloses à x3,4 d’azote pour 100) ; la déformation est suffisante pour qu’il n’y ait plus d’écartement. Puis, lorsque la quantité d’acétone atteint 1 molécule par groupement nitré, soit 3 molécules par groupement nitroglucose d’une nitrocellulose, se pro-
- Fig. 14. — Différents modèles de chaînes cellulosiques.
- (période de fibre)
- (période de fibre)
- (période de fibre)
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- duit la gélatinisation, due à un véritable effondrement de l’édifice cristallin : le diagramme correspondant est celui d’une substance amorphe. Lorsque la quantité d’acétone augmente, la fluidité s’accroît ; finalement, les chaînes cellulosiques se dispersent dans le milieu (Mathieu).
- 3° La cellulose est-elle soluble ? — Nous avons indiqué précédemment comment l’insolubilité de la cellulose pouvait conduire à lui attribuer une structure en longues chaînes. Nous devons maintenant chercher comment, cette structure en longues chaînes permet d’interpréter l’insolubilité de la cellulose. Le comportement des nitrocelluloses en présence d’acétone indique tout d’abord qu’à elle seule, l’existence des chaînes ne suffit pas.à provoquer l’insolubilité d’une substance. 11 faut en plus faire intervenir les forces de réseau. Champetier a pu montrer que l’eau se comporte à l'égard de la cellulose comme un véritable réactif, 'susceptible de donner naissance à un dérivé d’addition : 2CBH10O5.H2O ; avec la cellulose mercerisée il se forme C0H10O5.H2O. Les diagrammes de diffraction de rayons X ne font pas apparaître ces résultats ; pourtant, l’action de l’eau sur la cellulose se traduit par un gonflement assez important : c’est donc que, dans les régions cristallines, l’écartement des chaînes est resté le même, tandis que celui des cristailites a varié. Certains auteurs ont prétendu qu’en réalité l’eau ne pénétrait pas dans le réseau de la cellulose, mais formait à
- la surface des mic-elles cristallines une couche monomoléculaire ; toutefois, il fallait admettre qu’à leur surface se trouvait une certaine proportion des oxhydri-les. Quant à la formule de l’hydrate (C6H10O5.H2Ô) de Champetier, elle n’aurait été qu’une coïncidence.
- Ln travail récent vient de prouver que l’eau pénètre dans tout le réseau de la cellulose : l’eau utilisée pour cela n’est pas l’eau ordinaire, de formule H20, mais l’eau lourde, dans laquelle les atomes d’hydrogène (H = i) sont remplacés par des atomes de Deutérium, isotope de masse 2 de l’hydrogène. Cette eau, D20, extrêmement voisine de l’eau H20 par toutes ses propriétés, permet de rechercher dans un composé les hydrogènes mobiles, tels que ceux reliés à un atome d’oxygène ; la réaction s’accompagne de la formation d’une eau plus légère, selon l’équation d’échange :
- | O II -t- DO: D ^ OD + HOD.
- Appliquée à la cellulose, cette réaction a permis de vérifier l’échange effectif pour les oxhydriles OH. Par conséquent, l’insolubilité de la cellulose n’est qu’apparente. En réalité, l’eau pénètre complètement à l’intérieur de l’édifice cellulosique (Champetier et Viallard). Toutefois il n’v a pas dispersion des chaînes dans l’eau parce que l’énergie des forces de réseau est suffisante pour s'opposer à l’action cinétique des molécules d’eau
- Fig. lo. — \i (ration d'une {ibre de ramie. Clichést de diffraction, a) après ü ran d’action ; b) après 1 h ; c) après t h 30 ; d) après 1 h 4o ; e) après 2 h ; /) après 2 h 30 (diagramme
- de ta trinitro-cellulose;.
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- I ni I h / 'l'siifn ni nu ' ; la
- mil nllili'.i ih h - </• ih[naction).
- 11 mil ih i 11ii11 -i 111111 lI• h initro-
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- ni l> in I _ I li'm ii'lml après i.jUiLu?. , ai un In-iamme de substance amorphe.
- 2 oxhydriles par groupe glucose : par suite de leur voisinage, ces radicaux se trouvent « bloqués », et c’est pour cela qu’une seule molécule étrangère au maximum peut se fixer sur chaque groupe glucose, lors des réactions d’addition.
- et empêcher la dislocation de l’édifice ; dans les régions amorphes, où l’énergie des forces de réseau est moindre, la dispersion est par contre possible, et c’est pour cela qu’il est possible d’observer un gonflement des fibres dans l’eau. C’est également à la disparition de l’énergie de réseau qu’il faut attribuer la gélatinisation des nitrocelluloses.
- LES MODÈLES CELLULOSIQUES
- Ces modèles ne sont pas encoi’e définitifs. Selon que la maille élémentaire adoptée est l’anneau glucopyra-nose plan ou Panneau glucopyranose sans tension, c’est-à-dire dans lequel les directions de valence font entre elles les angles habituels, différentes représentations sont possibles. Si le modèle de Meyer, Mark et Misch (I) fait apparaître un axe hélicoïdal d’ordre 2, l’un des modèles de Haworth (III) se présente sous une forme compacte ayant l’avantage de rendre voisins
- CONCLUSION
- Si dans le domaine de la chimie minérale les méthodes d’analyse aux rayons X ont apporté d’importants progrès, leur extension à celui de la chimie organique a permis d’intéressantes acquisitions. Par ailleurs, soulignons quelles étroites analogies de structure apparentent des substances minérales, telles que les amiantes, à des substances issues du règne végétal, comme la cellulose. Le règne animal lui-même n’échappe pas à cette unité d’organisation, comme le prouve l’étude de fibres animales telles que les fibroïnes (soie naturelle) et les kératines (cheveux).
- Ainsi par des voies nouvelles, la pensée chimique moderne arrive-t-elle à dévoiler les secrets de la nature...
- Rodolphe Viallard.
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- : INVASION DU LITTORAL FRANÇAIS E
- PAR UN CRABE CHINOIS, Eriocheir sinensis H. M. Ed.
- Fig. 2. — Pinces gauches du mâle S et de la femelle Q.
- Les lecteurs de La Nature connaissent déjà le « Crabe chinois » dont M. André relatait, en 1934 0) l’apparition en Europe depuis le début du xxe siècle. L’Erio-cheir sinensis H. M. Ed., crabe de la famille des Grap-sidœ, introduit vraisemblablement par des courriers maritimes d’Extrême-Orient dans le bassin de l’Elbe où un premier exemplaire fut trouvé en 1912, a, depuis lors, envahi progressivement le Danemark, le bassin dé la Weser (1925 à 1929), la Hollande, le Rhin, l’Oder, la Vistule (1930 à 1932), l’estuaire de la Tamise, la Flandre Belge (1934), commettant parfois des dégâts fort importants.
- Poursuivant son invasion, l'Eriocheir s’est aujourd'hui installé sur tout le littoral belge et français de la Mer du Nord ainsi que dans le réseau hydrographique des Flandres et a franchi le Pas-de-Calais.
- Signalé pour la première fois en France en mars ig36 par L. Gallien (2) à qui on avait apporté un mâle capturé dans un « bas parc » à Audresselles, plage située à 12 kilomètres au nord de Boulogne-sur-Mer, ce crabe a été découvert en divers points de la côte et du réseau hydrographique littoral en 1937 et 1938. Le i5 mars 1937, une femelle de petite taille, porteuse d’œufs, était trouvée à Malo-les-Bains ; en septembre 1937, quatre exemplaires, trois mâles et une femelle non porteuse d’œufs, habitant les canaux et fossés d'assèchement de la Flandre maritime française dans un rayon de 20 km autour de Dunkerque étaient capturés (3) ; en janvier 1938, je relevais la présence d’un mâle dans la rivière de Slach au nord de
- 1. M. André. Un crabe chinois en Europe. La Nature, n° 2942, 1er décembre 1934, p. 498.
- 2. L. Gallien. Bull. Soc. Zool. France. LXI, 1936, p. 204.
- 3. H. Moestlaud. Bull. Soc. Zool. France, LXII, 1938, p. 39S.
- Fig. I. — Carte montrant l'invasion progressive vers l’ouest de 1924 à 1938. Les points figurés marquent les lieux de découvertes successives de UEriochcir.
- 1925 Âdp29. O
- -1930À1932. <D
- •1933 A1935. •
- 193Ô. A
- Wimereux, à environ 1 km de la côte, entre les deux écluses ; le 28 février, un autre mâle pris au nord de la plage d’Audresselles dans la rocaille ensablée à la limite des hautes mers était apporté vivant à la Station zoologique de Wimereux, bientôt rejoint, le ier mars, par une femelle également vivante, portant des œufs fraîchement pondus, trouvée dans « une eibaudière » (*) à marée descendante, au sud de la plage d’Audresselles ; le céphalothorax de ces deux spécimens mesurait : çf = 79,5 mm l x 70 mm L, 9 = 67 mm l x 60 mm L. Le 28 avril, je capturais, •dans les enrochements au niveau de la Pointe aux Oies (7 km nord de Boulogne), une femelle portant •encore une grande partie de ses œufs, cachée sous les pierres, l’abdomen et les pattes enfouis dans le sable vaseux ; cette femelle de grande taille (70 mm l x 65 mm L) portait, fixées sur la carapace de nombreuses balanes dont les dimensions me permettent •de penser quelles étaient fixées depuis plusieurs mois, preuve du séjour prolongé à la mer de leur substrat Enfin, le 3o avril, la basse mer de l’après-midi me livrait deux exemplaires plus petits, surpris dans la pierraille à l’ouest de la « Pointe aux Oies,», l’un, un mâle, mesurait 67 mm l x 5g mm L, l’autre, une .femelle, non porteuse d’œufs, atteignait 61 mm l x 55,5 mm L ; ces deux spécimens particulièrement bien vivants ont été remis à la mer après mensuration et marque profonde au thermocautère (S. Z. W. 1 et 2) ; cette marque me permettra peut-être de suivre la migration de ces individus adultes au cours de la dernière phase de leur vie, si le hasard permet un jour à nouveau leur capture (2).
- t. L’eibaudièi’e est un filet long de 50 m, haut de 2 m, dont un côté est fixé au sol et l’autre porteur de flotteurs s’élève avec la marée. Tendu, en Y très ouvert il est muni au centre d’une nasse où s’accumulent les animaux arrêtés par le filet à marée descendante.
- 2. Les marques profondes, au thermocautère Ou au fer rouge, faites sur la carapace des crabes subsistent, bien qu’atténuées, après la première mue et si, comme le pensent les auteurs allemands, Y Eriocheir adulte pris à la plage a accompli sa dernière mue, cette marque subsistera jusqu’à la mort des individus.
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- Fig. 3. — Abdomen du mâle et gonopode Gp. Abdomen de la femelle Q.
- Des observations précédentes, il ressort que : k
- l’invasion du littoral et du réseau hydrographique côtier se poursuit régulièrement et atteint aujourd’hui le Boulonnais sans, jusqu’alors, dépasser Boulogne-surmer ;
- l'isolement du réseau hydrographique boulonnais permet de penser que la pénétration s’est faite entièrement par la mer, alors que, dans les Flandres, le mode d’envahissement peut être double : la contamination de proche en proche des canaux et rivières d’une part, qui peut se poursuivre en tous temps, l’invasion par les estuaires, d’autre part, qui est périodique ;
- la période d’apparition des individus adultes à la côte s’avère constante, dans la région, de février à avril, livrant des femelles porteuses d’œufs, tandis qu’en septembre et janvier, YEriocheir n’est signalé qu’à l’intérieur des terres et toujours dépourvu d’œufs.
- Ces observations sont en accord avec celles des auteurs allemands (*) qui ont longuement et minutieusement étudié les migrations de YEriocheir dans le bassin de l’Elbe. Le cycle vital du Wollnaudkrabb serait le suivant :
- au printemps, les œufs portés par une femelle donneraient naissance à une larve zoé menant une vie pélagique et donnant elle-même par mues successives une larve mégalope puis un stade jeune du crabe n’atteignant pas plus de 3 mm ; cette dernière forme cessant de vivre dans le plancton s’installerait dans les estuaires des fleuves et rivières pour y mener une vie benthique, colonisant les berges jusqu’au moment où, atteignant la taille de io mm, le jeune crabe devient capable de marcher et de gagner par ses propres moyens le réseau hydrographique intérieur, remontant le courant, franchissant aisément les barrages et les écluses, sur plus d’une centaine de kilomètres parfois ;
- I. N. Peters, A. Paunirg, H. Thiel, H. Werrer, H. Sçiijul-fuss. Herausgegeben vom Zoologischen Staatsinstitut und Zoologischen Muséum in Hamburg mit Unterstützung der Deutschen Forschungsgemeinsclmft. Hambourg, 1936.
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- à la période prépubérale, le crabe, dont la taille peut varier de 4o à 8o mm au thorax, commencerait une migration en sens inverse à une vitesse que Pau-ning évalue à 12 km par jour ;
- vers la mi-septembre, le crabe, après une dernière mue qui semble indispensable à l’acquisition de la maturité sexuelle, arrive à la mer où a lieu l’accouplement suivi à 24 heures par la ponte ; la femelle qui, comme chez les autres crabes, porte ses œufs fixés aux pattes abdominales, gagne les zones plus profondes et ne revient à la côte sur le sable qu’entre mars et juin, période durant laquelle éclosent les œufs libérant les larves zoé.
- Y’Eriocheir ne se reproduirait qu’une fois, à la fin de son existence et la femelle donnerait, suivant sa taille, de Soo.ooo à goo.ooo œufs (j’évalue à 600.000 environ le nombre des œufs portés par la plus grosse des femelles capturées à Audresselles), après quoi, les vieux sujets épuisés dont la carapace devient molle seraient voués à la mort.
- Ce crabe, très caractéristique en raison du manchon de poils noirs olivâtres qui recouvre les pinces du mâle et très peu celles de la femelle, est aujourd’hui bien connu des pêcheurs de la côte et du large qui savent, en raison du dimorphisme sexuel très accusé distinguer les deux sexes ; pourtant il y a lieu de n’accueillir qu’avec circonspection les observations non accompagnées d'échantillons, car beaucoup de marins ont confondu YEriocheir avec la Dromie (Dro-mia vulgaris) « crabe aux doigts roses » lui aussi couvert de soies très courtes.
- Les dégâts commis par YEriocheir, assez considérables, ont amené les Allemands et les Belges à lutter activement par des moyens physiques (électrocution), biologiques (infection artificielle d’une population par un parasite destructeur), mécaniques (installation de pièges aux points de passages) ; ces derniers seuls semblent avoir donné quelques résultats. Ge crabe, extrêmement polyphage, vit aussi bien de végétaux vasculaires que de crustacés, de larves d’insectes et de poissons ; il peut s’attaquer aux poissons servant d’appât dans les filets, causant des ravages importants jusqu’à rendre la pêche difficile sinon impossible dans
- Fig. 4. — Aspect comparatif du mâle ç? et de la femelle Q de FEriocticiv sinensis //. M. Ed.
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- les régions infestées ; d'autre part, comme crabe fouisseur, il n’est certes pas moins à redouter.
- Les Allemands qui, dans certaines zones du bassin de l’Elbe, en ont trouvé jusqu’à 3o par mètre carré et récolté jusqu'à 3.ooo quintaux par an, extraient de l'animal et des œufs une huile et se servent de broyats de crabe pour nourrir canards et poulets ou fabriquer un engrais assez actif.
- Etant donné son comportement et l’ampleur de l’invasion constatée chez nos voisins, nous devons nous attendre à voir nos rivières occupées, dans un.avenir
- assez prodhe, par ce crustacé dont la polyphagie permet, une adaptation facile à tous les milieux. Quelques points de la biologie de ce crustacé erratique sont encore obscurs ; seules de multiples observations permettront de les éclaircir et de fixer son comportement dans nos rivières avant d’envisager efficacement un moyen de lutte contre l’envahisseur.
- Jean-Heni-u Vivien, Assistant à la Sorbonne, Station Zoologique de Wimereux.
- = LES BATEAUX SOUDÉS = DE LA FLOTTILLE DU RADIUM
- Parmi les minerais de toute nature que renferme le Canada, se trouve un important gisement de pechblende, l’un des rares dépôts connus de cette source de radium. Malheureusement, il est situé dans des régions d’accès difficile, dans les territoires nord-ouest, au voisinage des lacs de l’Ours et des Esclaves. Le minerai extrait doit être traité d’une façon particulièrement précise et la Compagnie des mines d’or Eldorado qui exploite le gisement a installé une usine de traitement à Port Hope (Ontario). La seule voie pratique de transport entre le siège de l’extraction et l’usine de Port Hope est constituée par les deux fleuves Athabaska et Mackenzie. Ceux-ci ne sont pas navigables pour les navires ordinaires, en raison de leur peu de profondeur. En particulier, l’Athabaska n’a, en certains endroits, que 60 cm de fond ; le Mackenzie est un peu plus profond et peut admettre un tirant d’eau de i m 25. Enfin, pour compliquer encore les données du problème, la période de navigabilité sur ces fleuves ne dépasse pas 60 à 65 jours à partir du io juillet environ et, d’autre part, il n’existe aucun chantier de construction à plusieurs centaines de kilomètres autour des mines.
- Dans ces conditions, la construction et le lancement de" bateaux destinés à naviguer sur ces rivières semblait se heurter à des difficultés insurmontables. La
- Fig. 1. — Le, Radium Queen sur le fleuve Athabaska.
- solution très originale a consisté à construire les bateaux à Sorel, centre renommé de constructions maritimes, situé sur le Saint-Laurent, entre Montréal et Trois-Rivières, au confluent de la rivière Richelieu et du Saint-Laurent, puis à les découper en tranches, à les transporter par chemin de fer au point convenable où les tranches seraient rassemblées et où les bateaux ainsi reconstitués seraient lancés sur la rivière.
- Deux navires furent construits avec succès suivant ce programme : le Radium Queen et le Radium King. Le premier, le Radium Queen (fig. i), devait être livré à Waterways (Alberta) par chemin de fer, transporté ensuite par camions ou traîneaux à Fort Mac Murray à 5 km, où il devait être remonté, lancé et livré à ses propriétaires au plus tard le i5 mai 1937.
- Le bateau dont les dimensions étaient : longueur : 25 m 90, largeur au maître-couple : 6 m, creux : 1 m 5, tirant d'eau à vide : 48 cm, en charge : 56 cm, fut commencé en janvier 1987 et les neuf sections complètes, pesant de 6 à 9 t, dont l’ensemble constituait la coque, furent expédiées par chemin de fer au début d’avril. Le bateau est propulsé par deux moteurs Diesel de 160 ch chacun et a assuré son service pendant la saison 1987.
- Etant, données les spécifications précédentes, seul le procédé de construction par soudure autogène pouvait être employé. On estime en effet que, grâce à lui, on économisa 20 pour 100 du poids total, non seulement par la suppression des rivets, mais encore par celle des recouvrements des tôles nécessaires pour la pose de ces rivets.
- D’autre part, au point de vue vitesse d'exécution, condition essentielle dans le cas présent, on opère plus vite par soudure, à nombre égal d’ouvriers, car un soudeur équivaut aux trois ou quatre hommes qui constituent l’équipe ordinaire de rivetage. En raison du très faible tirant d’eau admissible (56 cm, avec une pénalité par chaque cm supplémentaire jusqu’à 63 cm maximum au delà duquel la livraison était refusée), le bateau n’avait
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- pas de quille au sens propre du mot, ou plutôt, il en avait trois, comme on le voit nettement sur la figure 2 qui montre une section terminée avec cabine et toit supérieur.
- Le fond du bateau compoi’te deux évidements longitudinaux pour améliorer sa navigabilité d’où l’utilisation de membrures cintrées dont on voit la forme sur la figure 3. Ces membrures ont été réalisées en oxy-décou-pant à la forme voulue des tôles d’acier et en y soudant des nervures de raidissement qui furent ensuite recouvertes de tôle comme le montre la figure 4-
- On y remarquera que de chaque côté, le fond du bateau affecte la forme d’un tunnel, ainsi qu’on l’observe également sur la figure 2.
- Vingt et un ouvriers envoyés à Waterways suffirent pour remonter le bateau et mettre
- Fig. 3. — Les membrures cintrées du fond du bateau.
- Les quelques renseignements que nous venons de donner montrent les services que peut rendre la soudure autogène dans la construction des navires. C’est certainement un mode de réalisation d’avenir qui permettra de gagner et sur le poids et sur le temps, deux considérations d’un intérêt primordial dans l’état économique actuel.
- Il ne fait pas de doute qu’on peut déjà l’appliquer en toute sécurité à la construction des flottilles de rivières (remorqueurs, péniches, bateaux réservoirs et citernes) ; il serait intéressant de voir comment on pourrait aussi l’utiliser pour des constructions maritimes plus importantes (x).
- H. Vigneron.
- I. f,'illustration de cet article nous a été obligeamment fournie par la revue Le Soudeur-Coupeur.
- les moteurs en place. Il n’y eut qu’à ressouder les sections suivant les lignes où on avait pratiqué les coupes ; aucun autre travail ne fut nécessaire. Commencé le 8 avril, le bateau était lancé le 6 mai.
- Un second bateau, le Radium King, destiné à naviguer sur le fleuve Mackenzie, fut réalisé de la même manière, mais, le tirant d’eau admissible en charge étant de 1 m 28, le fond put être établi suivant la formule habituelle arrondie, à la différence de ce qui avait été fait pour le Radium Queen.
- Ce bateau était également un peu plus grand, sa longueur atteignant 29 m. Après construction complète en usine, puis découpage en tranches, le Radium King fut expédié par chemin de fer jusqu’à Water-Avays, chargé sur chalands qui remontèrent jusqu’à Fitzgerald à 48o km, puis halé le long d’un portage sur une distance de 3o km jusqu’à Fort Smith où, arrivé le 28 mai, il fut lancé le 3o juin.
- Ing. 4. — Les membrures recouvertes de tôles.
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- 48 = L'ELECTROCULTURE
- Une fois le problème de la reproduction cryptoga-mique élucidé scientifiquement, divers botanistes essayèrent de cultiver certains champignons comestibles qu’on rencontre parfois dans les forêts au milieu des amas de feuilles mortes ou des parterres moussus quand une saison automnale pluvieuse et assez chaude a permis à leur mycélium de développer ses filaments sous l’humus végétal. Jadis Boudier réussit à obtenir artificiellement des fructifications de chanterelles et de girolles. Plus près de nous, le D1' Repin s’attacha à jeproduire la Morille dans son laboratoire de l’Institut Pasteur de Paris, tandis que Matruchot faisait germer des spores de Pied bleu et « nourrissait » des Pleurotes sur un compost de bois d’orme dans sa serre de l’École normale supérieure. Mais ces tentatives scientifiques demeurèrent sans lendemain. Seules les méthodes cul-
- DES CHAMPIGNONS
- turales employées jusqu’ici pour faire pousser, dans des carrières souterraines abandonnées, les Agarics champêtres ont donné des résultats pratiques.
- Avant donc de montrer l’intérêt de l’électrocul-ture dans ce domaine particulier, rappelons en peu de mots la technique des champignonnistes français qui, établis dans la banlieue des grandes villes, peuvent récolter toute l’année les champignons de couche. Après avoir abandonné à l’air pendant trois semaines environ du fumier de cheval, disposé en tas de i m de hauteur nommés « planchers », on le descend dans la champignonnière. Là les « monteurs » le reçoivent et le mettent en meules ayant la forme de petits talus arrondis fortement tassés et alignés côte à côte, tels les sillons d’un champ. Le fumier s’échauffe et quand il atteint la température de i5° à 20°, on procède au lardage, c’est-à-dire à l’insertion dans les meules du « blanc de champignon » ou mycélium. Ces « mises » remplissent l’office de boutures ; elles émettent des filaments qui s’irradient en tous sens. Toutefois le mycélium abandonné ainsi à lui-même fructifierait mal et pour obtenir une abondante moisson, il faut « gopter » les meules, c’est-à-dire recouvrir la surface de fumier d’une couche de sable et l’égaliser au moyen de pelles.
- Au bout de 3 semaines environ, les champignons percent la couche qui les recouvre. Ils ne poussent pas, du reste, d’une manière continue. Des « volées » séparées par des intervalles de non-production se succèdent pendant 3 mois et chaque fois que des petits globules blanc grisâtre apparaissent suffisamment arrondis, on les cueille.
- Tel était jusqu’à présent dans ses grandes lignes, l’art du champignonniste. Mais aujourd’hui M. Louis Pessar propose de simplifier et d’intensifier la production des champignons de couche grâce à l’électricité. Le rendement de l’ancien procédé cultural s’avère, en effet, assez aléatoire. Les jeunes cryptogames sont des sujets plutôt délicats. Tantôt Je fumier est trop chaud ou trop froid pour eux, tantôt ils « boudent » dans une ambiance trop humide, dans un air trop sec ou trop frais. En outre, des maladies parasitaires viennent parfois arrêter leur croissance et divers insectes se montrent très friands de leur chair molle. En fin de compte, la récolte des champignonnières parisiennes ne dépasse guère 5 pour 100 du poids du fumier et exige beaucoup de main-d’œuvre.
- Pour vaincre ces difficultés et remédier à tous ces défauts, le nouveau mode d’électro-cullure des champignons s’opère dans une sorte d’armoire de 2 m de hauteur dont les côtés sont en bois et tôle. A l’intérieur de ce meuble, régnent une vingtaine de tablettes en évérite sur lesquelles on étale un compost
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- formé de briquettes de fumier de cheval ayant subi quelques manipulations spéciales avant leur compression en briquettes. Au centre, se trouve une poterie poreuse à l'intérieur de laquelle circule l’air, qu’aspire au besoin un ventilateur, fixé au sommet de la toiture et qu’humidifie au passage l’eau d’un réservoir installé sur le plancher dudit conduit d’aération. D’autre part, un câble électrique, qui court le long de chaque planchette, réchauffe, en cas de besoin, les briquettes de terreau lardées avec du « blanc de champignon » ordinaire et qu’on abandonne, pendant plusieurs semaines, dans une chambre de maturation portée à une température constante de 270.
- Dans cette ambiance, chauffée et ventilée automatiquement, la masse, mycélienne prolifère et, d’après les constatations expérimentales faites par cet habile élec-troculteur, ses filaments se trouvent d’autant plus attirés vers l’extérieur que le centre de la masse de compost est lui-même refroidi. Au bout d’un certain temps, le mycélium a complètement envahi les briquettes, qu’on place alors dans la « champignonnièi-e » d’électroculture maintenue à 160. Petit à petit, les jeunes Agarics sortent par les multiples trous ménagés dans les tablettes d’évérite. Les alternatives de froid et de chaleur, contrôlées par des thei’mostats, reproduisent les phénomènes de la végétation naturelle et favorisent la croissance normale dans les minces couches de terreau du rayonnage de l’armoire. En définitive, on stabilise ainsi les conditions de rendement maximum, qui varient d’une carrière à l’autre.
- Selon les chiffres que nous a fournis M. Pessar, une guérite d’électroculture contenant 1.000 kgr de compost produit sur 1 m2 environ a5o kgr de champignons par cueillette trimestrielle, car la production ne se poursuit que pendant 70 à 80 jours. En renouvelant, après ce laps de temps, la charge de terreau, on peut donc obtenir, par an, avec un appareil de ce genre et une main-d’œuvre insignifiante, 1.000 kgr de superbes Agarics, soit environ trois fois plus qu’avec
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- Fig. 2. — Coupe schématique d’une champignonnière électrique.
- la même quantité de fumier, descendu dans une champignonnière souterraine, puis mis en meules, lardées et goptées par la méthode classique.
- Jacques Boyeb.
- = LES LAMPES ÉLECTRONIQUES A FLUX DIRIGÉ =
- Dans les lampes électroniques, la cathode, chauffée directement ou indirectement par un courant continu ou alternatif, émet un flux d électrons, particules d’électricité négative, qui vont frapper l’anode portée à un potentiel positif.
- Dans la lampe triode classique, la grille placée enh’e la cathode et l’anode, portée à un potentiel moyen généralement négatif, est soumise à des tensions variables sous l’action des courants haute fréquence ou basse fréquence à amplifier. Elle attire ou repousse les électrons, et joue le rôle d’une vanne ou d’un robinet, en laissant plus ou moins passage au flux électronique. Ce dernier va former dans le circuit de plaque un courant composé dont on recueille la composante alternative pour l’amplifier sur un autre étage,
- ou la faire agir directement sur un appareil d’utilisation (fig. 1 A).
- Lorsque la grille devient positive, elle joue le rôle d’une plaque et il se produit un courant de grille qui peut provoquer des distorsions.
- LAMPE A ÉCRAN ET LAMPE PENTODE
- La lampe à trois électrodes permet une bonne fidélité d’amplification, mais exige une tension élevée pour une amplification importante ; c’est pourquoi, on emploie souvent un écran de protection, ou grille supplémentaire, disposé entre la grille ordinaire de contrôle et la plaque (fig. 1 B).
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- Cathode
- 2 eécran (desûreté) Plaque
- Plaque
- Cathode
- Brille de contrôle/
- Grille de' contrôle
- Ecran
- Fig. 1. — Trois grandes catégories de lampes thermioniques : A, lampe à une grille ; B, lampe à grille-écran ; C, pentode.
- Cette électrode supplémentaire forme un écran électrostatique et diminue la capacité parasite existant entre la grille et l’anode ; on la porte à une tension positive qui tï'ansmet aux électrons une accélération suffisante pour leur permettre d’échapper à l’obstacle constitué par les nuages d’électrons qui se trouvent au voisinage de la cathode.
- On peut ainsi réduire la tension de plaque, tout en obtenant un coefficient d’amplification plus élevé, mais les caractéristiques de fonctionnement deviennent irrégulières. Ces irrégularités sont dues essentiellement à des phénomènes d’émissions secondaires.
- Le bombardement électronique de l’anode est tellement intense qu’il peut arriver a arracher un ou plusieurs électrons secondaires du métal, et ceux-ci sont attirés par l’écran porté à un potentiel positif.
- Au cours du fonctionnement, la tension instantanée de plaque peut devenir égale, ou même inférieure à la tension moyenne d’écran. Le fonctionnement est alors complètement troublé, il se produit une distorsion intolérable. Pour faire cesser cet inconvénient, on a eu l’idée d’utiliser une autre électrode supplémentaire, placée entre l’anode et la grille écran.
- Celte électrode est reliée à la cathode, et ne peut être franchie que dans un seul sens par les électrons primaires provenant de la cathode, et animés d’une très grande vitesse. Les électrons secondaires restent au voisinage de l’anode, et retombent sur elle ; c’est là le principe de la lampe pentode, qui a presque totalement supplanté la lampe à écran, tant dans les montages haute fréquence que basse fréquence (fig. i C).
- LES INCONVÉNIENTS DE LA LAMPE PENTODE
- Cette solution n’est pourtant pas encore parfaite. Pour réduire la capacité et augmenter la résistance interne, on utilise une grille écran à pas serré, ce qui provoque un courant grille-écran important. Pour le réduire, on augmente la tension de plaque et l’accélé-ratiort du flux électronique produit des émissions secondaires de la grille comme précédemment celles de la plaque. En réalité, la résistance interne devient
- beaucoup moins grande qu’en théorie et les qualités amplificatrices de la lampe sont réduites.
- Nous avons expliqué dans un récent article l’importance de la caractéristique dynamique, véritable courbe de fonctionnement de la lampe. Ces phénomènes d’émissions secondaires provoquent une courbure de celte caractéristique, produisant un type particulier de distorsion et des phénomènes d’inter-modula-tion.
- UNE NOUVELLE SOLUTION :
- LA DIRECTION DU FLUX ÉLECTRONIQUE
- Quelle est la cause exacte de l’émission secondaire ? Parmi les électrons primaires qui franchissent à grande vitesse la grille d’arrêt, il en est qui passent près d’un « barreau » de la grille, et d’autres relativement loin. L’effet de répulsion de la grille se produit donc dans des conditions différentes pour certains électrons (A et B), et les vitesses avec lesquelles ils arrivent sur l’anode varient entre deux limites extrêmes. Ce phénomène sera d’autant plus mai'qué que la tension plaque sera plus faible et, par conséquent, l’attraction de l’anode moins intense ; d’où, dans certaines conditions, une élimination progressive d’une partie des électrons, ce qui correspond à-la courbure de la caractéristique (fig. a).
- La meilleure solution du problème consisterait à supprimer les émissions secondaires de la grille auxiliaire, ou plutôt à supprimer cette électrode d’arrêt, tout en obtenant un résultat identique.
- Si l’on donne aux électrodes une forme bien étudiée, on concentre les faisceaux électroniques émis par la cathode, et on évite une absorption intense de l’électrode d’accélération.
- De plus, en plaçant l’anode à une distance déterminée de la cathode, dite distance critique, on arrive à supprimer les irrégularités précédentes de la courbe.
- De là, est née la conception nouvelle et toute récente de la lampe à concentration électronique et même à parcours électronique commandé qui a pris naissance sans doute simultanément en Angleterre ou aux États-Unis, et vient d’être introduite en France sous des formes ingénieusement modifiées.
- Dans ces lam- Fig. 2. — Production de l’émission pes, on ne Se con- secondaire d’une grille.
- tente plus de produire un flux électronique et de contrôler son pas-sage, on le concentre dans des conditions bien déterminées, et même on le dirige, comme dans les oscillographes cathodiques.
- Barreaux de la -0 grille darrêt
- A o~
- Bo
- Flux électronique
- Surface de \/a cathode
- Plaque y ?
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- LA LAMPE A CONCENTRATION ÉLECTRONIQUE 6 L 6
- Une des premières lampes construites suivant ce principe a été le modèle 6 L 6 imaginé aux États-Unis par les ingénieurs de la Radio Corporation of America, et servant comme lampe basse fréquence de puissance. Les Américains lui ont donné le nom de « Ream povver tube ».
- La lampe comporte quatre électrodes, disposées d’une manière tout à fait particulière (fîg. 3).
- La cathode aplatie à chauffage indirect est entourée par une grille de commande elliptique, autour de laquelle se trouve la grille écran de forme identique. Toutes les spires de cette dernière sont au même niveau que celles de la grille de contrôle par rapport à la cathode.
- La plaque, dont la section transversale présente la forme d’un rectangle coupé par deux arcs de cercle symétriques, entoure complètement les électrodes.
- Dans ces conditions, les électrons émis par la cathode sont obligés de se diviser en deux faisceaux divergents (ce qui explique le terme de « Béarn » faisceau), sous l’action de deux plaques perpendiculaires au grand axe des ellipses du dispositif, et reliées électriquement à la cathode à l’intérieur de la lampe.
- Les électrons n’atteignent ainsi l’anode que dans ses parties circulaires et les deux faisceaux sont divisés par la présence de la grille de contrôle.
- La grille-écran est très rapprochée de la grille de contrôle et les spires de ces électrodes sont dans le même plan. L’écran n’est ainsi atteint que par une fraction réduite du flux électronique et le courant de grille est faible, ce qui améliore le rendement et augmente la régularité de fonctionnement.
- L’émission secondaire, à laquelle on remédie dans la pentocle au moyen de la grille d’arrêt, est évitée ici par cette concentration- du llux électronique en deux faisceaux, ce qui produit une très grande densité élec-
- Fig. 3. — La lampe à concentration électronique GLG.
- A, vue perspective des électrodes; B, coupe des électrodes vues par dessus ; C, trajet des électrons émis par la cathode.
- Ironique dans la région de la lampe située entre la plaque et la grille écran.
- Ces électrons créent une zone à potentiel très faible s’opposant au passage inverse des électrons secondaires renvoyés par l’anode.
- Ils forment ainsi, en quelque sorte, une grille d’arrêt virtuelle électronique, dont l’action est, d’ailleurs, complétée par celle des deux plaques latérales reliées électriquement à la cathode.
- Cette disposition évite la réduction du flux et permet une régularité parfaite du champ. La partie cylindrique de la plaque étant seule utilisée, le reste servant uniquement de support mécanique et de radiateur de chaleur, on réalise une grande dissipation anodique avec des dimensions relativement restreintes.
- Cette lampe est déjà utilisée dans un ü'ès grand nombre de montages, spécialement comme lampe de sortie, en montage classe A et B ; avec une ou deux lampes, on obtient de 4 à 6o w modulés, ce qui indique la variété possible d’utilisation.
- LA LAMPE A PARCOURS ÉLECTRONIQUE COMMANDÉ
- La concentration et la direction du faisceau électronique ont d’autres avantages.
- Les bruits de fond, les bruits de souffle dans les lampes à amplification haute fréquence, et plus spécialement pour la réception des ondes coui'tes, sont dus surtout au courant de la grille-écran.
- Ce bruit est d’autant plus considérable que la fréquence augmente, c’est-à-dire que la longueur d’onde diminue ; pour la réception des ondes de 20 m, par exemple, 90 pour 100 du souffle sont dus à la lampe et 10 pour 100 seulement aux bobinages.
- On réduit le bruit de souffle en diminuant le courant d’écran par un procédé analogue à celui adopté précédemment, en commandant le parcours électronique à l’aide d’une grille supplémentaire.
- Les électrons émis par l’anode franchissent la grille de contrôle et sont attirés par la grille-éci'an portée au potentiel de la haute tension, mais ils subissent auparavant une déviation de telle sorte que le flux est concentré vers le milieu de la distance entre deux spires successives des grilles (fîg. 4).
- Cette concentration électronique est déterminée par la présence d’une deuxième grille portée au potentiel de la cathode, qui découpe, en quelque sorte, le flux électronique, et d’une troisième à un potentiel élevé, qui attire de nouveau les faisceaux résultants.
- Anade
- 2e grille supplément
- + HT
- Grille de sûreté
- .!•. ^niUe supplémeni
- Grille a e contrôle
- Cathode
- Trajet électronique
- Fig. 4.^— Schéma de la lampe Philips EF-8, à parcours électronique commandé.
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- Anode
- 6? grille
- Anode ^Gfgrille
- Anode
- A?grille
- Cathode
- Fig. o. — La lampe octode EK.3 à émission électronique dirigée.
- A, disposition des électrodes ; B, formation des quatre faisceaux d’oscillation et de modulation ; C, détail du trajet des faisceaux modulateurs.
- Étant donné la distance entre les faisceaux et la grille-écran, la plupart des électrons franchissent les deux grilles sans dévier et les' courants des deux grilles sont très faibles, ce qui produit le résultat cherché.
- LA LAMPE A ÉMISSION ÉLECTRONIQUE DIRIGÉE
- Au lieu de se contenter de concentrer, ou même de diriger un seul flux électronique, on peut réaliser une suite de réflexions et de réfractions, dans des conditions précises ; c’est ce qui a été réalisé dans une lampe complexe destinée au changement de fréquence. Celte lampe à huit électrodes (octode) comporte une section circulaire, une première grille, constituée par quatre tiges supportant les spires, une deuxième formée par deux réflecteurs plans, une troisième formée de deux plaques en forme de V repliées à leurs deux extrémités (fig. 5).
- La quatrième grille est ronde, la cinquième carrée, et la sixième, également ronde, est entourée d’une anode de même forme.
- Les électrons émis par la cathode centrale sont divisés en quatre faisceaux sous l’action du champ, comme on le voit sur la figure.
- Les deux premiers faisceaux assurent le fonctionnement oscillateur de la lampe, les deux autres le fonctionnement modulateur (fig. 5 B).
- Ces deux derniers faisceaux traversent la troisième
- Fig. G. — Vue perspective des électrodes de la lampe EK.3.
- grille en A, et se divisent, à leur tour, en quatre faisceaux secondaires 5, 6, 7 et 8, par suite du champ de la quatrième grille (fig. 5 C).
- Ces faisceaux décrivent une trajectoire telle que, quels que soient leurs trajets, aucun retour vers l’intérieur de la lampe n’est possible. Tout électron sorti par l’ouverture de la troisième grille ne peut plus revenir en arrière. Ce passage en sens unique détermine une indépendance absolue entre les dispositifs oscillateur et modulateur de la lampe, résultat essentiel dans une lampe changeuse-de fréquence.
- Après avoir traA'ersé la troisième grille, les électrons sont sous l’action de la quatrième grille de commande, placée entre la troisième grille de concentration électronique, et la cinquième grille servant d’écran. Celle-ci produit une concentration électronique accentuée autour de la grille de commande.
- On voit, de même, sur la figure 5 C, l’action du champ produit par les grilles 3 et 5. La sixième grille, de forme ronde, est destinée essentiellement à éviter l’émission secondaire,* et finalement le trajet des électrons se termine sur l’anode, également de forme ronde.
- Sans pouvoir entrer dans les détails, on voit que le fonctionnement de ce tube très original est basé, en réalité, sur une triple concentration électronique. La première, produisant le fonctionnement oscillateur, est obtenue par l’action des champs des grilles x et 2. La deuxième est produite par les grilles 1 et 3 ; il en résulte la formation des faisceaux 3 et à- Enfin, une troisième concentration provoquée par les grilles 3, 4 et 5, permet de regi’ouper les faisceaux d’électrons autour de la grille de commande.
- Le principal avantage est la séparation très satisfaisante des deux éléments oscillateurs et modulateurs comme avec des tubes séparés, mais avec un rendement plus élevé, et un parcours électronique plus court.
- En effet, si l’on examine de plus près les lampes classiques, on s’aperçoit que la majorité des électrons émis par la cathode ne parviennent pas à l’anode, et restent entre deux grilles. 11 en résulte un retard dans l’oscillation locale ; ici, le parcours est réduit au minimum grâce au trajet en ligne droite des électrons entre la première et la deuxième grille.
- Le dispositif évite les variations de la capacité interne entre la première grille et la cathode et une meilleure amplification des ondes courtes. Il ne se produit plus de blocage, c’est-à-dire d’irrégularités dans les oscillations, ni d’effets d’induction.
- Les tubes à concentration électronique, de principe très complexe, sont de construction relativement simple, et la diversité de leui'S applications a augmenté rapidement. Les techniciens spécialistes ont réussi un véritable « tour de force » en disciplinant les électrons et nous sommes loin désomiais de la simple lampe T. M. universelle de 19x9, qualifiée pourtant de merveilleuse ! P. Hémardinquer.
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- A PROPOS DU CHAT DOMESTIQUE
- LE PROBLÈME DU « TABBY ARGENTÉ ».
- Depuis la dernière guerre, à l’exemple de l’Angleterre, il s’est fondé en France et dans d’autres pays, des associations d'amateurs et d’éleveurs de chats de belles races qui, périodiquement, organisent des expositions où sont présentés et primés les plus beaux spécimens des différentes variétés de ces gracieux animaux.
- Un des avantages de ces manifestations, a été de faire connaître les caractéristiques des plus remarquables variétés d’un compagnon de nos foyers qui sait si bien se faire aimer de ceux qui savent le comprendre, que certains littérateurs n’ont pas exagéré en le qualifiant de « Prince du foyer ».
- Au début, on n’avait songé qu’à présenter des chats •à longs poils, dits Persans, et des Siamois dont 1 importation en France ne remonte pas à plus de 4o ou 5o ans. On a fait un grand pas, depuis, vers la recherche et la présentation de chats à poils courts, dits Européens que nous connaissons tous et qualifions, indistinctement, du nom dédaigneux de Chats de gouttières ! Les éleveurs anglais nous avaient précédés dans •cette voie, puisque c’est vers 1900 que furent fondés les premiers clubs d’amateurs de chats à poils courts.
- Nous devons reconnaître, qu’en France, le but utilitaire a puissamment contribué à ce mouvement, surtout sous l’influence du Dr Loir, qui a montré que, pour combattre le rat, aucun moyen ne donne des résultats aussi constants que le chat bon chasseur.
- On en est venu à classer, à 1 exemple des Anglais, les -différents types que peuvent présenter les Européens. Noirs, blancs, rouges, tricolores, rayés bruns, etc., :Sont trop connus pour qu’il soit besoin d’en parler. Mais on l’encontre aussi des variétés plus rares et plus •ornementales, qui intéressent certains amateurs au double point de vue de la destruction des rats et de la beauté.
- Les Chartreux (British Blues des Anglais) sont de grands chats gris, aux yeux jaunes et aux formes robustes.
- Les Bleus Russes (appelés aussi, suivant les pays : Américains, Maltais ou Égyptiens) également gris, se distinguent des Chartreux par les yeux verts et par des formes fines et élancées.
- Enfin le Tabby argenté (Silver Tabby des Anglais) sur lequel nous voulons aujourd’hui attirer l’attention, présente un curieux problème qui est loin d’être
- Fig. ] — Un beau tabby argenté : « Deglane », par « Rigou-lot », tabby argenté et « Minette », chatte noire.
- résolu. Le Tabby argenté est rayé de dessins analogues à ceux du chat sauvage qui semble être l’ancêtre du chat européen domestique, mais les parties claires du pelage, au lieu d’être de couleur fauve, sont d’un blanc gris, ou, plus exactement, gris argent, sans que, sur aucune partie du corps il ne se trouve de taches blanches. Les parties foncées du dessin de la robe sont d’un, beau noir, mais ce noir n’est que superficiel, en ce sens que, si l’on écarte les poils, on voit qu’ils sont blancs à leurs racines et sur une partie de leur longueur, et que la pointe seule est noire ou argentée. Les beaux spécimens de cette variété sont extrêmement jolis et robustes ; munis de puissantes mâchoires, ils sont presque tous de très bons destructeurs de rats. Aussi, les éleveurs voudraient-ils les multiplier. Mais ici se présente une difficulté : les particularités de la robe du Tabby argenté n’ont généi'alement pas de suite dans la descendance des couples les mieux assortis.
- Ainsi le croisement de deux beaux reproducteurs, l’un et l’autre bien caractérisés par les signes typiques do la variété, ne donnent que des produits très différents de leurs parents, par l’aspect et la couleur ; le plus souvent, ils sont rayés noir sur fauve.
- . De meilleurs résultats ont été obtenus par le croisement d’une chatte noire avec un beau matou tabby argenté. Et, encore, dans une portée de 5 à 6 petits, il n’est pas plus d’un ou deux sujets, au maximum, qui présentent les particularités du tabby argenté.
- Cette variété est très appréciée des amateurs anglais et l’un des écrivains les plus réputés pour ses connaissances des races félines, Mme Soame en parle ainsi :
- « The breed is, unfortunately a very rare one, and any one finding and procuring a really good specimen is to be envied » (*).
- Pourquoi des parents de ce type ne donnent-ils généralement que des petits qui ne sont pas semblables à eux, mais ressemblent à l’ancêtre commun de toutes les variétés d’européens P Est-ce une question d’hérédité ou une anomalie individuelle P Pourquoi la chatte noire est-elle la meilleure productrice de cette variété P Seule la persévérance dans les tentatives de croisement de reproducteurs ayant plusieurs générations d’ancêtres de cette race, en arrivant à fixer leurs caractères, donnera peut-être un jour une réponse à ces questions.
- Nous reproduisons ici (fig. 1) le portrait d’un des plus beaux spécimens de Tabby argenté. Aux dernières expositions, les experts venus de l’étranger, qui l’ont jugé, lui on attribué 96 points, sur un maximum de 100. C’est un robuste matou, redoutable adversaire des rats. Nous connaissons de lui de nombreux petits, mais les seuls ayant la même robe que lui, avaient pour mère une chatte noire. Avec une chatte de même robe que lui. il n’a eu que des petits à dessins noirs sur fauve. R. Desbrières.
- 1. Cette race est malheureusement très rare et celui qui peut trouver et se procurer un bon spécimen, doit être envié. Cats long haired and short, by Evelyn Buckworth-Herne-Soame.
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- = le moteur a charbon pulvérisé
- C’est Diesel qui, le premier, il y a plus de 4o ans, étudia la possibilité d’alimenter les moteurs à explosion arec du charbon pulvérisé. Ses recherches aboutirent à un échec complet et c’est alors que délaissant le charbon, il s’adressa à l’huile lourde.
- On sait que sa ténacité eut peu à peu raison de toutes les difficultés et actuellement les moteurs Diesel ont un champ d’application extrêmement important, depuis les moteurs marins jusqu’aux moteurs d’avions, en passant par les moteurs fixes et les voitures automobiles.
- Mais la question du moteur à charbon pulvérisé n’a pas été abandonnée et, en particulier, Rudolf Pawlikowski, ancien collaborateur de Diesel, s’est consacré à sa résolution. Actuellement, on peut dire que le succès a couronné ses efforts et, bien que ses possibilités d’emploi soient moins vastes que celles du moteur^Diesel, le moteur a combustible solide est susceptible d’applications intéressantes, surtout en Allemagne et dans les pays cherchant à se libérer des importations de combustible liquide étranger.
- C’est d’ailleurs uniquement dans ce pays que les recherches ont été entreprises et poursuivies sans arrêt depuis 1911.
- Si le principe est simple — c’est le cycle à combustion, dit cycle Diesel — la réalisation pratique s’est heurtée à d’énormes difficultés, dont nous allons énumérer quelques-unes en indiquant, le cas échéant, les remèdes employés.
- Le charbon sous forme pulvérulente pose un premier problème : celui de sa préparation et de son transport de la trémie de chargement jusqu’au moteur. Il faut adjoindre à l’installation du moteur une petite usine de broyage si l’on veut éviter les frais de transport depuis une usine centrale de pulvérisation.
- De plus, le charbon sous cette forme est ti’ès hygroscopi-que, très compressible, non élastique, de sorte qu/il ne remplit pas comme un liquide, par simple gravité, l’espace dans lequel il se trouve et il ne s’écoule naturellement que si la penle est supérieure à 6o° et la tuyauterie très peu coudée.
- Divers procédés ont été proposés pour amener le charbon jusqu’au moteur, mais ils nécessitent des précautions spéciales contre les explosions de poussières qu’un allumage prématuré pourrait provoquer.
- Il faut ensuite injecter le combustible dans le cylindre, à la fin du temps de compression, alors qu’il y règne une pression de 25 à 3o kgr et pendant un temps déterminé mais très court (de l’ordre du centième de seconde). La solution a été l’injection pneumatique, comme dans le Diesel, à l’aide d’air comprimé à 60-80 kgr, mais la pompe à huile est remplacée par un sas, ou une antichambre qui précède la sou-page d’admission et dont le volume, d’après Pawlikowki, est de o,4 à 0,7 pour 100 de la cylindrée et les parois énergiquement refroidies pour éviter les allumages prématurés.
- Le problème de l’usure des segments du piston et de la chemise du cylindre' par les particules cendreuses qui s’introduisent entre les segments et la chemise a été l’un des plus difficile à résoudre. Au début des recherches, les usures étaient énormes, atteignant par exemple 20 à 00 u à l’heure sur le diamètre des cylindres (au lieu de o,x à o,3 pi pour un Diesel). Quant aux segments du
- piston, leur poids initial diminuait de i/5o à 1/10 par heure (au lieu de i/5.ooo à 1/20.000 pour le Diesel). C’est donc dire qu’au bout de quelques heures, le moteur était complètement mis hors de service.
- De nombreux remèdes ont été essayés et finalement on est arrivé à n’avoir plus qu’une usure normale des pièces. Les plus efficaces des remèdes sont les suivants : balayage des cendres par introduction massive d’huile de graissage (ou d’un mélange huile-eau) ou d’air comprimé entre les surfaces glissantes en conLact; modifications constructives de la fox'me du piston et des segments ; choix du métal des segments et de la chemise; la chemise nitrurée et les segments en métal spécial étudié par Schichan ramènent l’usure à o y 5 et 1 u 5 à l’heure; enfin choix du combustible de façon à diminuer la teneur en cendres et à n’avoir que des cendres peu abrasives.
- A ce dernier point de vue, la mise au point des traitements modernes du charbon donnant le « charbon pur » ne titrant que 1 à i,5 pour xoo de cendres a permis au moteur à charbon clc.faire un progrès décisif.
- Actuellement, les constructeurs allemands sont outillés pour exécuter des commandes de ces moteurs jusqu’à 35o-400 ch.
- La consommation est de 4oo-5oo gr de charbon par kilowatt-heure au lieu de 200-240 gr de gas-oil dans les Diesel, ce qui permet une sérieuse économie dans la dépense de combustible. Par contre, la dépense de graissage est plus élevée (5o pour 100 environ), ainsi que celle de main-d’œuvre (à cause des nettoyages plus fréquents) et l’usure des segments et des chemises est environ dix fois plus grande que pour le Diesel.
- Sans escompter les perfectionnements et améliorations qui peuvent être faits dans l’avenir, actuellement les perspectives d’emploi du moteur à charbon pulvérisé ne semblent pas extrêmement étendues et la somme de travail qu’a nécessité sa mise au point risque de ne pas trouver sa légitime rémunération. C’est qu’en effet tout dépend du rapport entre le prix du charbon et celui du gas-oil. Même si d’impérieuses nécessités (guerre, questions monétaires, etc.) contraignaient à remplacer les huiles de pétrole par un combustible national, il serait peut-être plus simple de conserver le Diesel et de l’alimenter en produits liquides tirés de la houille dont la technique de préparation est actuellement au point.
- Enfin le charbon pulvérisé qu’il faut préparer spécialement et qui doit, pour chaque réglage de moteur, présenter des caractéristiques physiques différentes suivant sa nature (charbons gras, lignites, charbons maigres), qu’il est difficile de stocker et de manutentionner aisément est un combustible qui ne peut guère espérer détrôner les huiles de pétrole, aussi bien dans la marine que dans les centrales électriques et l’industrie des transports routiers.
- Si donc le moteur à charbon pulvérisé a quelques chances de concurrencer dans l’avenir le Diesel, ce sera probablement uniquement grâce à des considérations politiques et militaires, malgré ses inconvénients techniques et son infériorité économique.
- H. Vigneron.
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- CHARLES-EDOUARD GUILLAUME (18614938)
- Le physicien Cjiarles-Édouard Guillaume, qui vient de mourir à Sèvres le i3 juin ig38 dans sa soixante-dix-huitième année, était non seulement un remarquable savant mais aussi un conférencier disert et un vulgarisateur de talent. En particulier, depuis 1888, il collabora à La Nature et ne cessa de témoigner à notre revue une agissante et cordiale sympathie. Il y résuma d’abord ses recherches personnelles de métrologie détaillées ci-dessous ainsi que les plus importants Lravaux de ses collaborateurs ou de ses émules. Puis au cours de ce demi-siècle, il y écrivit maints articles, d’une lumineuse facture, sur les sujets scientifiques à l’ordre du jour.
- Il y philosopha également, d e temps à auti’e, avec ingéniosité et non parfois sans humour, sur les paradoxes de la mécanique ou sur la chute d’une goutte d’eau, sur les mouvements relatifs et absolus ou sur les relations entre l’art et l’optique.
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- Fils d’un horloger suisse dislin-g u é , Charles-Edouard Guillaume naquit le i5 février 1861 à Fleu-rier, gros bourg sis au fond d’une haute vallée jurassienne. Il passa son enfance dans un de' ces ateliers familiaux, si nombreux alors dans cette région. Là, durant les longues veillées d’hiver, tandis qu’à la lumière des quinquets, les adultes taillaient, limaient, polissaient des engrenages, des pignons, des roues, des platines, les jeunes ou les vieillards faisaient à toute leur famille réunie une lecture à haute voix dans quelque ouvrages de science ou de voyages, d’histoire ou
- de littérature ! Et l’étranger restait souvent surpris du savoir qu’il rencontrait « dans ce patriarcat des artisans », auquel l’industrie horlogère donnait avec le bien-être matériel l’intense désir de s’instruire et de tendre vers la perfection.. Aussi tout en faisant ses premières éludes d’abord au Gymnase puis à l’Académie de Neufchâtel, notre futur métrologiste songeait déjà
- à créer la montre parfaite. Ses découvertes des curieuses anomalies des alliages de nickel lui permirent de réaliser ultérieurement ce rêve d’enfant 1
- Admis en 1878 au Polvtechnicum de Zurich il en sortit nanti d’un assez fort bagage physico-mathématique pour entrer en i883 au Bureau international des Poids et Mesures dirigé alors par Ole Jacob Broch, à qui son ancien professeur à l’Académie de Neufchâtel, Ad. Hirsch l’avait chaleureusement recommandé. Guillaume devait poursuivre toute s a carrière dans cet établissement. Il commença sous les ordres d’un excellent physicien, René Benoit, qui venait d’apporter d’importants perfectionnements aux instruments métrologiques, par étudier les thermomètres à mercure destinés à équiper les grands comparateurs servant aux mesures de longueur. Durant 18 mois, le jeune physicien calibra donc des thermomètres et au cours de ces recherches, il montra l’influence des verres, l’allure systématique des écarts entre les indications thermométriques et expliqua scientifiquement plusieurs des anomalies observées. Aussi, dans son Traité de Thermométrie publié en 1889, il réhabilita le thermomètre
- Fig. 1. — Charles-Édouard Guillaume (1861-1938).
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- à mercure qui, soigneusement construit et judicieusement employé, se montre un instrument précis et sûr.
- En 1889, le « Bureau international » changea de directeur. Ole Jacob B roc h mourut en février et à l’automne de cette année, la « Conférence générale des Poids et Mesures » après avoir réparti entre les Etats signataires de la Convention du mètre de 1875 les étalons prototypes, rogna quelque peu le budget de l’établissement. Par suite, l'es traitements des savants qui y travaillaient se trouvèrent fort comprimés ! La petite phalange métrologisle se réduisait alors à Benoit, directeur, à Ghappuis et à Guillaume, qui avec l’aide d’un calculateur durent se partager la besogne. Mais tous avaient le feu sacré. Notre physicien entre autres y effectua, de 1889 à 1896, une série de déterminations soit seul, soit en collaboration avec Benoit (étude des mètres prototypes a trait, d’étalons à bout et de règles géodésiques au moyen de divers comparateurs auxquels il apporta d’utiles perfectionnements). A l’aide des balances installées dans le Pavillon de Breteuil et construites presque toutes pour se manœuvrer à distance, le savant métrologiste exécuta également des pesées de haute précision mais il s’occupa surtout de l’extension du système métrique à travers le monde. En particulier, son opuscule Unités et Etalons devint l’origine d’une active propagande en faveur du mètre, propagande qu’il poursuivit inlassablement durant toute sa vie. Si bien qu’actuellement il n’y a plus que deux grandes nations anglo-saxonnes, l’Angleterre et les Etats-Unis où tout en étant légal, le système métrique ne soit pas encore obligatoire.
- La métrologie à laquelle Cb.-Éd. Guillaume a consacré tant d’années de travail patient et désintéressé exige de ceux qui la pratiquent les plus hautes qualités du physicien : l’amour du travail expérimental, précis et rigoureux, l’analyse approfondie des phénomènes observés, la recherche méticuleuse de toutes les causes d’erreur.
- L’exemple de Ch.-Ëd. Guilaume montre que ce labeur est parfois brillamment récompensé.
- La recherche de métaux moins coûteux que le platine iridié pour fabriquer les étalons secondaires de longueur l’amena à étudier les aciers au nickel. 11 en découvrit les curieuses anomalies et sut en tirer le plus heureux parti. Des alliages de fer et de nickel à a5 pour 100 de ce dernier se dilatent effectivement beaucoup plus que ne l’indique la règle des mélanges. Cependant si on ajoute du nickel, peu à peu, on voit la dilatabilité baisser rapidement, passer, vers 36 pour 100 de nickel, par un minimum puis remonter pour rejoindre la dilatabilité du nickel. Les alliages voisins du minimum portent le nom générique d’ « invar » (abréviation d’invariable). Leur dilatabilité, lorsqu’ils ont été simplement laminés à chaud puis refroidis à l’air, avoisine l’ordre du dixième de celle des constituants. En outre, Guillaume a montré que l’on peut, par des traitements thermiques et mécaniques, abaisser encore la dilatabilité et obtenir des alliages anti-dilatables, c’est-à-dire se contractant quand on les
- chauffe, en sorte qu’on les amène à volonté à posséder une dilatabilité nulle. Les Aciéries d’imphv ont fabriqué ainsi, pour les mesures géodésiques, des kilomètres de fil d’invar dont la dilatabilité n’est pour ainsi dire plus déterminable.
- De même, Guillaume réalisa de façon élégante, la compensation des montres. L’anomalie de l’élasticité trouvée dans l’invar simultanément par Marc Thury et par Paul Perret, fut observée ensuite par l’habile physicien et elle le conduisit à la création du spiral compensateur, qui dispense de l’emploi d’un balancier compliqué. Puis à la suite de l’étude d’alliages ternaires contenant, en dehors du fer et du nickel, un troisième constituant, chrome ou manganèse notamment, il obtint un alliage à élasticité constante encore plus intéressant et il le baptisa du nom d’élitivar (abréviation de sa remarquable propriété). L’annonce de celte géniale trouvaille, faite à l’Académie des Sciences de Paris en juillet 1920, causa, dans le monde horloger, une énorme sensation car on put immédiatement, grâce à elle, simplifier le système de compensation des chronomètres. La même année, l’Académie des Sciences de Suède couronna l’œuvre entière du <( savant peseur » en lui décernant le Prix Nobel de physique.
- Quant à son œuvre de vulgarisation scientifique, à laquelle nous faisions allusion plus haut, indépendamment de ses articles de La Nature, elle comprend d’intéressantes études écrites en un style toujours clair et insérées dans la Revue générale des Sciences (Paris) ou dans les Archives des Sciences physiques et naturelles (Genève) ainsi qu’un très instructif volume sur L’initiation à la mécanique. Dans ce chef-d’œuvre pédagogique, l’auteur montre avec originalité à ses jeunes lecteurs comment on observe la nature, comment on étudie les forces et les mouvements.
- En définitive, Guillaume fut, comme il nous le disait un jour'avec modestie, dans une de ses charmantes causeries familières, un robuste « cheval de charrue » creusant patiemment son sillon. Le métrologiste est, en effet, aux yeux des non initiés au persévérant travail des laboratoires, un savant qui peine, sans imagination créatrice, pour calculer des dix-millièmes de millimètre tandis que le physicien aux idées neuves c’est le « cheval de course » dévorant l’espace aux applaudissements d’une foule enthousiaste. Mais halte-là, ajoutait malicieusement le fin causeur. Une fois la course terminée, que reste-t-il ? Un peu de bruit, de la poussière soulevée, alors que du sillon tracé profondément lèvera demain la moisson nourricière ! Puis complétant sa pensée, il continuait son plaidoyer pro domo en démontrant que les grandes découvertes scientifiques se'trouvent intimement liées au labeur méthodique du métrologiste. La métrologie n’a-t-elle pas rendu possible les plus importants progrès de la physique, de la chimie et de l’astronomie depuis le xvne siècle ?
- Jacques Boyer.
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- POURQUOI LES BOIS BRULENT-ILS ?
- FAUT-IL LES DÉBROUSSAILLER?
- Dès av.ml l’orée du mois de mai, les flammes favorisées par toute une période où les pluies dans le Sud-Ouest et le Sud-Est ont été rares ont déjà parcouru dans de nombreux endroits — prématurément et plus tôt qu’à l’accoutumée — des tènemenls boisés. Dès lors, s’il est exact de prétendre que les sous-bois — les « rampants » — tels qu’ils existent et se comportent dans les Landes et ailleurs (Garrigue languedocienne, Basse-Provence, Maures, Estérel) sont très préjudiciables aux boisements parce qu’ils sont la source des incendies, il n’en est pas moins vrai que les dits sous-bois résultent — facteurs dominants — des aibus (parasitisme humain) et du feu lui-même.
- La caractéristique de ces formations herbacées et frutescentes inconsistantes et fragiles qui ne sont d’ailleurs jamais primaires est de se constituer par des essences de lumière dent l’origine doit être imputée à une insolation intense corroborée par le fait d’une longue suite d’actions anthro-pozooïques mauvaises.
- Elles ne sont donc pas une végétation spontanée telle qu’elle devrait être dans l’ordre des choses de la Nature. Après le feu, sur les cendres constituant un léger engrais passager, dès le printemps suivant s’installent en abondance des plantes herbacées annuelles. Puis parmi les herbes fugaces naît rapidement — et par milliers — une végétation vivace qui trouve sur un sol fertilisé en surface un substratum favorable à sa germination. Par la suite, les contingences de la lutte pour la vie qui s’inscrivent chez les végétaux sous le signe du totalitarisme absolu amèneront à coup sûr parmi les plantes vivaces des pertes mais ne supprimeront en aucune façon la masse des éléments hélio-xéro-ther-mophiles dangereux.
- Dans ces conditions, une morphologie précise des syné-cies, un relevé objectif phyto-sociologique s’imposerait à l’esprit aux fins d’extraire des éléments pyrophiles les espèces autochtones réfractaires au feu qui imprégnées d’une certaine sciaphilie constituent des survivances climaciques dont le dynamisme et la cinématique dans le temps et dans l’espace aidés par des moyens artificiels humains (semis, bouturages, plantations) pourraient proxoquer par mélange des substitutions favorables selon les données des notions d’assolement et d’alternance appliquées à la svlvonomie.
- Il ne faut pas perdre de vue ici, que la Svlve est fille de son pied; en conséquence le point de départ devrait être pris dans les strates végétaies les plus basses (Lichens et Mousses) pour remonter jusqu’aux plus hautes.
- Ainsi la question se pose de savoir s’il convient, sous prétexte, de supprimer les incendies, d’employer la méthode, séduisante en première analyse, de « débroussailler », sur toute une superficie forestière. En fait, l’opération ne peut donner de résultat que par « désouchage » — inutile de dire à quels renforts de main-d’œuvre et d’argent. Mais alors le résultat aboutit à une œuvre contre nature : en découvrant complètement le sol on aide à son usure et par cela on hâte le suicide de la forêt. Il existe des états d’intei’dépendances étroits entre les diverses strates et même avec la pédologie, la persistance des essences arborescentes ne peut se concevoir sans celle des « rampants ».
- Quant aux « lignes de feu », elles se révèlent à l’examen comme inopérantes. La projection des cônes de Pins en ignition — à noter à cette place que les Pins sont la formation dominante des régions énumérées en tête de cette notice — atteint une distance de cent mètres. Au surplus les brindilles enflammées des « rampants » peuvent être transportées par le vent à des kilomètres, donnant ainsi naissance à de nouveaux foyers. Le seul intérêt des « lignes de feu » est de pouvoir — en terrain plat •—• amener rapidement des sauveteurs sur les points névralgiques.
- Dans ces conditions et en dernière analyse il apparaît que des moyens spéculatifs issus de la « tactique » et fruits de la loi du moindre effort ne pourront être que de fallacieux palliatifs sans compter l’erreur profonde de vouloir créer en forêt du sol nu,, politique périmée des cc Tables de Marbre ». La lutte et la victoire contre le feu ne peuvent être recherchées en toute objectivité que dans la « stratégie ». Au milieu d’ambiances par définition inflammables jl serait opportun d’opérer le récolement des éléments « progressifs » peu combustibles qui peuvent encore exister à l’état latent, de s’en servir et de les aider à faire tache d’huile pour qu’ils arrivent à remplacer peu à peu et de proche en proche la flore pvrophile.
- Tout le problème est là dans le véritable et pur esprit de Nancy. M. Sagot-Lesage.
- PRESTIDIGITATION
- LE CALCUL DANS L’ESPACE
- C’est un fort joli truc présenté actuellement en Amérique et qui nous viendra sans doute en France d’ici peu.
- Le prestidigitateur seul, au lever du rideau, sur une scène garnie simplement d’une chaise, d’un tableau noir à l’avant-scène et d’un trapèze au milieu annonce qu’il ne va pas faire de prestidigitation, mais simplement présenter une merveille extraordinaire, une jeune personne cal-culatx’ice étonnante, qui sur le trapèze, tout en montrant sa force de gymnaste, résoud, en se jouant, les problèmes les plus extraordinaires qui peuvent lui être posés, les opérations de calcul les plus compliquées qui peuvent lui être demandées. En* effet, une jeune et jolie trapéziste entre et comme hors-d’œuvre donne en quelques instants le résul-
- tat d’une grande multiplication qui lui est proposée par un spectateur. Elle monte ensuite au trapèze au moyen d’une corde lisse, puis après quelques exercices, elle se déclare prêle à faire de tête toutes les opérations que l’on voudra bien lui proposer, quelle que soit leur complication.
- En effet, sur son trapèze, quelquefois suspendue par les mains, soit regardant le fond de la scène, soit tournée vers les spectateurs, quelquefois couchée sur la barre, soit sur le dos, soit sur le ventre, ou bien encore les mains appuyées sur la barre, les jambes, en l’air, les pieds s’arc-boutant sur les cordes du trapèze, elle fait en quelques instants les opérations de calcul les plus compliquées. Le présentateur, lui-même n’arrive pas à la même rapidité avec son tableau
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- Fig. 1 et 2. — A gauche : l’équipement du trapèze et de la gymnaste. A droite : la gymnaste calculatrice dans ses exercices.
- noir et souvent même, il se trompe dans ses opérations. Quelquefois des spectateurs s’opposent à ce que les calculs soient faits à l’avant-scène par le présentateur, craignant, disent-ils, une communication visuelle avec le sujet.
- Malgré cela, la trapéziste n’est jamais en défaut. Enfin elle termine ses exercices de gymnaste et de calculatrice en prenant sur la corde de descente la position classique du drapeau, les deux bras étendus : dans cette situation elle résdud une dernière question.
- Pour arriver à ce résultat, la gymnaste est accompagnée
- d’un excellent calculateur qui se tenant dans la coulisse et entendant la question posée, les chiffres donnés, fait rapidement l’opération et communique le résultat à la gymnaste par téléphone. Les fils descendent dans les cordes du trapèze communiquant dans le bois à deux fiches de cuivre (fig. i) notées — et +. La gymnaste est munie d’un récepteur dissimulé par sa chevelure bouclée. Les fils aboutissent, par ses manches à une plaque de cuivre appliquée à l’intérieur de chaque main à la naissance du pouce; lorsque la trapéziste veut prendre la communication, elle applique ses-plaques de cuivre sur les contacts du trapèze, ce qu’elle peut faire dans toutes les positions possibles. Comme les-contacts sont placés sur le trapèze du côté opposé au public,, ils sont invisibles pour cc dernier et les cuivres des mains-se confondent avec les bracelets, bijoux et dorures du corsage, elle n’a plus qu’à répéter ce que lui dit le calculateur invisible. Pour la première opération faite lors de l’entrée en scène, la gymnaste s’appuie sur le dossier d’une chaise placée là comme par hasard à côté du tableau noir et, sur ce dossier elle trouve deux contacts comme sur le trapèze. La corde de descente sur laquelle elle prend la position du drapeau, est également munie de deux contacts à points bien déterminés.
- Ce truc dont une partie est inspirée par un moyen employé dans la lecture de pensée produit un grand effet car il donne de la gymnaste l’impression d’un sujet extraordinaire.
- Le prestidigitateur Alrer.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MAI 1938, A PARIS
- Mois presque froid dans son ensemble, avec pression, humidité, précipitations cl insolation déficitaires.
- La pression barométrique moyenne au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 761 mm 1, est inférieure de o mm G à la normale.
- La moyenne de la température, i2°,5, présente par rapport à la moyenne des 60 mois de mai écoulés de 187/1 à iq33 un écart de — o°,97- On ne compte que huit moyennes journalières, dont six groupées du 11 au 16, qui aient dépassé leurs normales respectives; toutes les autres ont été déficitaires. La journée la plus chaude a été celle du i4. La moyenne des 2/1 heures a atteint cc jour-là 2o°,84, ce qui n’avait pas encore été observé à pareille date depuis le début des observations 'du Parc Saint-Maur. La température maxima de ce même jour, 28°,3, qui est en même temps la température la plus élevée du mois, est supérieure de i° à la plus élevée enregistrée le i4 mai depuis 1874. Le réchauffement qui s’est produit entre le 11 et le 16 n’a été que passager; il a été suivi d’un refroidissement très accentué : surtout le 20 et le 21 (températures moyennes : le 20, 8°,4, écart — 5°,6 ; le 21, 8°,i, écart — 6°,i). Le minimum absolu mensuel : i°,8, s’est produit dans la nuit du ier au 2. La seule gelée blanche du mois s’est produite dans la nuit du 8 au 9. Il a gelé à glace en banlieue, sous abri, les 2 et 9, et dans l’ensemble de la région, le minimum le plus bas a été noté le 2, — o°,5 à Sevran et à Montesson. Le maximum le plus élevé a atteint 3o°,5 le i4 à Brévannes.
- Quoique les pluies aient été fréquentes (on a noté 16 jours de pluie appréciable au lieu de i3 que l’on observe en moyenne) elles n’ont fourni que 34 mm 4 d’eau au Parc Saint-Maur, soit à peu près les 2/3 de la normale. Un seul total journalier, celui du 28 (G mm 5), a dépassé 5 mm. Les hauteurs maxima de pluie en 24 heures ont été, pour Paris, 11 mm 7 à Ménilmontant et, pour les environs, i3 mm o à Saint-Cloud, du 28 au 29.
- Le ier et le 25, quelques flocons de neige et les ier, 20, 21 et 28 de la grêle accompagnait la pluie par places.
- Les 14, 26, 28 et 3o, quelques coups de tonnerre en banlieue.
- Des brouillards matinaux, peu épais et locaux se sont produits tous les jours du mois.
- La durée totale de l’insolation à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, a3o h, est supérieure de 8 pour 100 seulement à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 66,9 pour 100 et celle de la nébulosité de G3 pour 100. On y a noté : 5 jours de gouttes ; 2 jours de grêle ; 2 jours de tonnerre ; 3 jours de brouillard; i4 jours de brume; 10 jours de rosée.
- Le 12, premier chant des grenouilles; le 16, premier chant de la tourterelle ; le 29, premier chant du loriot.
- Em. Roger.
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- COMMUNICATIONS A U ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du !\ avril 1988.
- Dosage de la vitamine A. — MM. Meunier et Raoul exposent que le dosage de la vitamine A par la x’éaction de Carr et Price (coloration en présence du trichlorure d’antimoine) est gênée par les colorations données également par d’autres composés analogues avec le réactif. Ceci est particulièrement marqué quand on opère avec des huiles de foie de poisson. Les auteurs préconisent l’emploi de leur électrophotomètre et l’addition d’un peu d’anhydride acétique au moment de la réaction. Les pointés effectués toutes les 00 secondes donnent un palier remarquablement rectiligne avec le carotène et, au contraire, une courbe très rapidement descendante avec la vitamine A. Si on reprend la même méthode avec les huiles de certains poissons d’eau douce (Perche) la coloration est verte et non bleue et la courbe de décroissance de l’absorplion est intermédiaire entre le palier du carotène et la courbe de la vitamine A. Ces faits semblent confirmer l’existence d’une vitamine A„.
- Séance du 11 avril 1908.
- Transport d’ions par les gaz. — On peut songer à transporter les charges électriques dans une machine électrostatique à addition par des molécules gazeuses ionisées. Pour vaincre le champ du collecteur il est nécessaire d’utiliser une grande vitesse ; on se heurte en outre à la répulsion mutuelle des ions qui en provoque le dépôt sur les parois. Mme Moreau-LIanot, ayant étudié le problème théoriquement et expérimentalement, montre que les résultats mesurés sont de l’ordre de grandeur prévu par le calcul tout, en restant toujours inférieurs aux chiffres théoriques. Avec des vitesses de i5 à ia5 m/sec et en opéi’ant dans des tubes en rhodoïd, le transport des charges n’est guère possible à plus d’un mètre. L’auteur propose d’utiliser un gaz lourd à molécules peu mobiles et envisage la possibilité d’enrayer la divergence du faisceau par un dispositif spécial.
- Mesure des champs magnétiques. — MM. Servant et Belling-Tsaï présentent un appareil permettant la mesure par lecture directe des champs magnétiques. Il est basé sur la rotation d’un cadre, parcouru par un courant connu et constant, placé dans le champ et retenu par un couple de rappel. L’appareil a été réalisé de façon à éliminer les perturbations nuisibles à la correction des mesures. En faisant varier l’intensité du courant, on peut modifier dans une proportion linéaire la sensibilité de l’appareil. L’étalonnage est facile à réaliser par une seule comparaison avec une balance de Col Ion.
- Structure des composés organiques. — M. Brutz-gus montre qu’en admettant l’existence d’atomes bivalents de carbone, la structure des carbures non saturés et des composés organiques qui en dérivent s’établit en ne faisant intervenir que des liaisons simples. L’éthylène comprendrait un carbone bivalent; l’acétylène deux. D’une façon générale une double liaison correspondrait à la présence d’un atome bivalent et une triple liaison à une liaison simple entre deux atomes bivalents. Les phénomènes d’iso-mérie cis-lrans s’expliqueraient naturellement par les nouvelles formules de constitution; par contre des isomères encore inconnus devraient exister pour le furfurane et le thiophène. Cette hypothèse est en accord avec les mesures lhermochimiques, en admettant que la transformation d’un atome-grapnme de C bivalent et C tétravalent absorbe 102,72 calories.
- Hérédité aberrante. — Il existe une souche de Drosophiles pour lesquelles le gaz carbonique est toxique, ce caractère étant aussi net qu’une différence morphologique. MM. L’Héritier et Teissier ont étudié la transmission de ce caractère par croisement avec des Drosophiles non sensibles. Ils ont pu obtenir quatre générations de Drosophiles qui, bien que n’ayant aucun chromosome de la souche sensible, en conservent cependant le caractère particulier. Ce cas d’hérédité discontinue ne peut être expliqué par aucun mécanisme mendélien; ce caractère de sensibilité n’est attribuable à aucun système de gènes en position normale sur les chromosomes. Une loi empirique pourra être établie; il faudra ensuite l’inteiprétcr.
- Rayonnement des végétaux. — M. Artigas a découvert dans les cendres des végétaux une source de rayonnement ionisant due au potassium qu’elles renferment. Par contre, la teneur des matières végétales vivantes en potassium est trop faible pour que leur rayonnement puisse être décelé. Il n’en est pas de même après dessication. L’auteur a pu retrouver le rayonnement émané d’une matière végétale sèche (poudre de tabac) avec l’éleclromètre de Pohl ou avec un tube-compteur.
- Le curare. — L’étude chimique du curare, commencée en 1827 par Boussingault et Roulin, n’est pas encore terminée; de nombreux points restent obscurs. M. de Berredo Carneiro a repris celte question en partant de l’extrait aqueux de Strychnos lethalis et de deux échantillons de curare. Par l’action de l’acide silicolungstique en milieu alcalin et en milieu acide il a réussi à isoler deux bases à pouvoir curarisant intense : la strychnolétlialine (C22H2_04N) et la cumléthaline (C„5H30O7), qui peuvent être facilement caractérisées par leurs spectres de fluorescence.
- Séance du 20 avril 1988.
- Maturation du haricot. — M. Daniel suit la descendance d’un hybride Flageolet nain x Princesse à rames. Au cours de l’année 1987 les plantes furent soumises à des conditions météorologiques très diverses, dont un violent orage avec chutes de foudre à proximité des plants, qui ont provoqué la maturation brusquée de certaines gousses et un retard dans l’évolution des autres. L’auteur a noté de grosses différences morphologiques entre les diverses graines et gousses et de nombreuses formes de transition. Ces variations désordonnées correspondent à des conditions extraordinaires de la lutte pour la vie. De nombreux avortements de graines se sont produits; ils peuvent avoir été provoqués par les décharges atmosphériques, l’influence de brutales variations du champ électrique sur les tissus vivants restant encore très mal connue.
- Les pluies au Maroc. — L’étude des pluies en Indochine a montré une variation continue de la phase de la composante annuelle des pluies. M. Frolow a repris la même question au Maroc et a noté qu’en général la phase décroît à partir de la cote atlantique dans la direction N.-W.-S.-E. Ceci indique que les pluies marocaines viennent surtout de l’Océan. Les Hauts-Plateaux déterminent une avance secondaire de la phase. La propagation de la composante annuelle est donc conditionnée par la topographie, les Hauts-Plateaux jouant un rôle important. L’auteur espère pouvoir déduire de cette étude les bases d’une prévision à longue échéance, malgré les déceptions qui ont invariablement suivi toutes les tentatives de prévision appuyées sur des résultats de movenne. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Principes de métrologie psychologique, par Raoul Husson. 1 vol. in-8°, 82 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Le secrétaire général de la Statistique générale de la France apporte aux tests psycho-pliysiologiques la rigueur des méthodes mathématiques ; il décrit les étapes d’une opération de mesure, souligne les sources d’erreurs, discute des étalonnages et définit les qualités métrologiques de constance, fidélité, sensibilité, justesse et validité.
- De la sensation à la méthode de mesure, par
- M. Guichard. 1 broch. in-8°, 37 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cis, Paris, 1937. Prix : 10 francs.
- Des sensations spécifiques : toucher, vue, odorat, et des données quantitatives imparfaites, la science est passée à des méthodes de mesure sensibles, fidèles, traduisant les sensations par des nombres ; le contact avec le réel s’est ainsi limité à l’appréciation de coïncidences et il est devenu cohérent et universel ; mais il ne semble pas qu’on puisse aller plus loin et supprimer toute sensation, puisque c’est notre vrai contact avec l’univers.
- Histoire et dessous de la radio en France et à Vétranger, par Benjamin Iluc et François Robin. 1 vol., 200 p. Les Editions de France, Paris, 1938.
- Ce livre original dévoile, sous une forme souvent amusante, les causes contradictoires et variables des transformations des réseaux français et de leurs programmes, pas toujours au gré des auditeurs ! Les détails abondants donnés sur les organisations étrangères sont également intéressants et peu connus.
- Mouvement brownien, par J. Duclaux. 1 vol. in-8°, 90 p., 16 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 25 francs.
- Connu depuis 1828, l’extraordinaire mouvement brownien — véritable mouvement perpétuel — n’a été soumis à l’expérience et à l’analyse que 80 ans plus tard par Einstein, Smoluchowski, Perrin. On l’a étudié non seulement dans les liquides, mais aussi dans les gaz. Dans ses leçons de chimie biologique appliquée, à la biologie, le professeur du Collège de France consacre ce fascicule aux faits expérimentaux qu’il présente et discute avec cette précision et cette finesse qui ne laissent place à aucune erreur ou incertitude. Et bien des recherches apparaissent ainsi nécessaires encore.
- Essai historique sur les mesures en chimie, par
- M. Guichard. 2 broch. in-8°, 73 et 45 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 20 francs.
- Avant Lavoisier, avec Lavoisier, après Lavoisier, la chimie a progressé en substituant à l’observation par les sens, les mesures de plus en plus définies, précises et fines. L’auteur en suit Révolution en insistant sagement sur l’utilité de la mesure directe, précise, sur des corps purs, la primauté du laboratoire sur les calculs et la limite des approximations, puisque 500 savants ayant fait près de 7.000 mesures sur les 92 éléments n’ont pas réussi à fixer un seul poids atomique au dix-millième près.
- Das Mikroskop, par le Dr A. Ehringhaus. 2e édition. 1 vol. in-16, 156 p., 83 fig. B. G. Teubner, Leizig et Berlin, 1938. Pi'ix cartonné toile : 3,60 marks (pour l’étranger : 2,70 marks).
- Tout ce qu’il faut actuellement savoir du microscope est rassemblé dans ce petit livre : la théorie du grossissement, l’optique géométrique et physique de l’appareil, le rôle du condensateur, l’éclairage, les mesures, etc. ; puis on explique les appareillages spéciaux : polarisation, spectroscopie, vision binoculaire, éclairage sur fond noir (ultramicroscopie), en ultra-violet, en fluorescence ; les diverses préparations des objets, les principales utilisations du microscope pour la recherche et la technique suivent et l’ouvrage se termine par la théorie du microscope à électrons.
- Les animaux ennemis de nos cultures. Procédés de destruction, par Albert Guillaume. 1 vol. in-8°, 328 p., 124 fig. Yigot Frères, Paris, 1938.
- Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg, l’auteur a voulu intéresser les pharmaciens à la lutte entreprise contre les ennemis des cultures. Pour cela, il leur enseigne la biologie des insectes, des acariens, des mollusques, des rongeurs nuisibles, puis décrit le matériel de lutte : pulvérisateurs et poudreuses et les produits les plus efficaces dont le nombre augmente rapidement. Un dernier chapitre présente l’organisation administrative et professionnelle de lutte : service de défense, ligue nationale, etc.
- Wild howers in Britain, par Robert Gatiiorne-Hardy. 1 vol. in-8,- 128 p., 100 photographies, 4 lithographies en couleurs, dessins. Collection The British Nature Library. Batsford, Ltd, London, 1938. Prix relié toile : 8 str. 6 d.
- 11 existe nombre de flores et de traités de botanique, mais il est peu de livres éveillant le goût, le plaisir de l’amateur pour les merveilles des fleurs sauvages qu’on rencontre à chaque pas, sur la route, au bord de la mer, dans les bois, sur les collines, près des ruisseaux et des marais, dans l’herbe des prairies, en montagne, etc., depuis la renoncule jusqu’à l’orchidée. L’auteur les connaît bien et les aime toutes et il sait les faire aimer par son style vivant, direct, ses anecdotes, son sentiment profond de leur beauté et de leur gloire dans la nature. Des croquis, des dessins, quelques lithographies de John Nash et cent photographies triées parmi les plus réussies qu’on ait faites de plantes et de fleurs agrémentent le texte et rendent encore plus sensible l’impression de charme que donne tout le livre.
- Faune de France. 33. Tuniciers, par Hervé Harant et Paulette Verrières. 1 vol. in-8, 59 p., 66 fig., Lecheva-lier, Paris, 1938. Prix : 40 francs.
- L’inventaire des animaux entrepris par l’Office central de faunistique se poursuit et voici son 33° volume consacré à des animaux marins du groupe des Tuniciers ou Prochordés : les Appendiculaires, abondants dans le plancton ; les Salpes, approchant parfois des côtes en masses innombrables, et les Pyrosomes, plus rares. La description systématique complète est précédée, comme il est de tradition dans la Faune de France, d’une étude sur la morphologie, le développement, la biologie, les moyens de récolte et d’observations.
- Mon caméléon, par Francis de Miomandre. 1 vol. in-16, 219 p., 16 fig. hors texte. Collection « Scènes de la vie des bêtes ». Albin Michel, Paris, 1938. Prix : 22 francs.
- Pour commencer cette collection qui se propose de rassembler des observations personnelles et précises sur la vie, les mœurs et la psychologie des bêtes, M. Albin Michel s’est adressé à un des meilleurs et des plus fins écrivains, M. Francis de Miomandre. Celui-ci avait la passion, la tendresse du caméléon, surtout depuis qu’il avait trouvé un pauvre abandonné, prisonnier en une cage à oiseaux, dans une vieille rue d’Aix-en-Provence. Seti — ce fut son nom — vécut dans l’intimité du poète, lui révéla tous ses secrets, sa chasse, ses couleurs changeantes, ses sentiments et ses humeurs, et cela nous vaut une monographie d’une précision. d’une acuité rares, écrite dans un style délicieux de grâce, de ferveur, d’humour, un mémoire de science beau comme un poème.
- Les lois physiques de Vhémodynamique, par
- D. M. Gômez. 1 broch. in-8, 510 p., 23 fig. Actualités scien-tinoues et industrielles. Hermann et Cle, Paris, 1937. Prix :
- 12 francs.
- Analvse de quelques facteurs des variations de la pression, du débit et de la vitesse du sang dans les artères.
- La piézographie directe et instantanée, par
- D. M. Gômez et A. Langevin. 1 broch. in-8, 31 p., 12 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 10 francs.
- Critique des études hémodynamiques, puis description d’un piézographe à quartz, pratiquement sans inertie, plus correct que les méthodes mécaniques.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE DU GLOBE
- L’azote et l’argon dans la croûte terrestre.
- De récentes déterminations ont montré, dans un certain nombre d’échantillons de granit, une teneur par gramme d’environ io~° cm3 de néon et 4 x io“° d’argon, ce qui donne un rapport néon/argon environ io fois plus grand que celui existant dans l’atmosphère.
- Ces roches granitiques, ainsi qu’un grand nombre d’autres roches ont été également étudiées au point de vue de leur teneur en azote. Les résultats donnent une quantité d’azote remarquablement uniforme d’environ 3 x io~2 cm3 par gr, cet azote n’étant pas simplement occlus, comme le néon et l’argon, mais plus ou moins partiellement engagé dans des combinaisons chimiques.
- Lord Rayleigh remarque que, d’après ces résultats, le rapport argomazote est alors i,3 x jo~3 dans les roches, tandis que, dans l’atmosphère il est 9 fois plus élevé (1,2 x io-2). D’autre part, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il résulte de ces analyses, que la terre renferme beaucoup plus cl’azote que l’atmosphère. En effet, si on prend pour base de calcul la valeur généralement admise par les géologues pour la proportion de roches dans la masse de la Terre, soit o,65, on arrive à la conclusion que les roches renferment environ 37 fois plus cl’azote que toute l’atmosphère terrestre.
- PHOTOGRAPHIE
- La reproduction des documents.
- On sait-que l’on a de plus en plus recours à la microphotographie pour la reproduction des documents. Ceci n’est pas une nouveauté puisque déjà en 1870, pendant le siège de Paris, on l’avait utilisée pour réduire la charge des ballons libres qui restaient les seuls moyens de communication entre la capitale et la province.
- Plus l’éccmment, pour la reproduction des livres rares ou inaccessibles d’une part., d’autre part pour assurer la conservation de certains documents imprimés avec des encres et sur des papiers d’existence éphémère (certains livres et journaux datant de 5o à 60 ans seulement sont déjà presque complètement rongés et désagrégés et plus les procédés modernes d’imprimerie se développent, plus il y a à craindre que la longévité des impressions en soit limitée) on a repris systématiquement la question, particulièrement en Amérique, par suite de la jeunesse des bibliothèques et des universités qui n’ont pas, comme celles d’Europe, plusieurs siècles d’existence et par suite ne peuvent posséder les éditions rares ou épuisées qui constituent la richesse des nôtres.
- C’est ainsi que les livres anglais publiés avant i55o sont photographiés au Brilish Muséum à la vitesse de 100.000 pages par an et les épreuves tirées envoyées à i5 bibiothè-ques américaines pour un prix de un demi cent la page (20 centimes environ).
- Non seulement, ces copies coûtent relativement peu, mais encore, autre avantage considérable, elles occupent une place infiniment moindre que les ox-iginaux.
- L’American Library Association de Chicago vient de com-nrencer la publication d’une revue trimestrielle, le Journal of documentary reproduction dont le but est de tenir les libraires, les archivistes, les savants au courant des travaux effectués, des reproductions de documents que l’on peut se procurer provenant de tous les pays, des procédés et des techniques nouvelles dans la reproduction, de façon à développer celle branche nouvelle qui rendra ainsi des services de plus en plus grands pour la diffusion de la pensée universelle. H. Vigneron.
- STATISTIQUE
- La diminution de la natalité dans les campagnes.
- La dépopulation de la France, par suite de la diminution de la natalité, est un pi’oblème d’ordre moral, économique et médical de plus en plus angoissant, puisque le nombre des naissances qui n’était que de 63o.o59 en 1936 s’est encore abaissé en 1907 et n’atteint plus que 616.863.
- On a de la sorte enregistré pour notre pays, durant ces six dernières années, de 1931 à 1906, une perte de 416.274 naissances et de 4oo.ooo sur la base des naissances enregistrées annuellement avant 1870. Depuis 4 ans nous comptons plus de décès que de naissances.
- Dans une communication à l’Académie de Médecine, MM. Lesage, Cruveilhier et Monie ont cherché si la dénatalité dont souffre la France au point qu’elle doit fatalement la conduire à la ruine, même en l’absence de toute intervention étrangère, est, comme on l’a dit et répété si souvent, un mal des villes dont seraient exemptes encore les campagnes auxquelles on continue à attiâbuer, avec J.-J. Piousseau, le beau rôle de- renouvellement de la race.
- La participation de la campagne dans la dépopulation de la France est d’autant plus importante à pi'éciser que la population rurale représente encore 46 pour 100 de la population totale, que la vie rurale intéi'esse plus des quali'e cinquièmes du nombre total des communes et que la valeur de la « production agricole » forme à peu près .la moitié du chiffi'e d’affaire national.
- Pour 61 départements, il a été possible d’établir comparativement. aux taux des naissances du chef-lieu du département et du département lui-même celui des diverses communes appartenant à chaque département.
- Les conclusions qui se déduisent des chiffres sont les suivantes : dans 54 départements, sur les 61 examinés, la natalité du chef-lieu est supéi;ieure à la natalité moyenne du département; dans 19 départements, soit pi’ès du tiers, aucune commune n’offre une natalité supérieure ou même égale à celle du chef-lieu; dans 10 départements un seul groupement cantonal de communes présente une natalité supérieure ou égale à celle du chef-lieu ; dans 7 seulement sur les fii, les Côtes-du-Nord, La Loire-Inféiâeure, la Manche, la Mavennne, le Morbihan, la Seinc-Inféi'ieure et la Somme, plus de la moitié des communes groupées par canton présentent un taux de îralalité supérieur à celui du chef-lieu. Il faut remarquer que, hormis la Loire-Inféxâeure et la Seine-Inférieure, ces derniers départements sont essentiellement ruraux et offrent cette particularité d’avoir des taux de natalité excédentaires sur celui de la France entière.
- Il sera loisible à chacun de chercher à expliquer ces constatations brutales : départ vers les villes des éléments jeunes et, les plus prolifiques, appauvrissement de la souche par suite des hécatombes de la guerre, dont les paysans ont formé le plus important contingent, règlements et lois successorales qui inconsciemment conduisent à diminuer le nombre des héritiers pour assurer la continuité de la propriété terrienne, etc.
- Quoiqu’il en soit, si la France se dépeuple, c’est surtout aux dépens de la campagne, aux dépens des paysans.
- Moins de paysans en France, ce n’est pas seulement moins de Fi-ançais parmi les plus Français de tous car ils tiennent au sol, à la terre elle-même, c’est aussi, pour noti'e pays, 'inclus d’ordre, de patience, de sagesse, de prudence, de finesse, d’observation, d’esprit d’entreprise freiné par l’ex-péi’ience.
- Or, ces qualités essentiellement paysannes sont pour beaucoup dans le génie de la France.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉCLAIRAGE
- Lampe électrique de poche sans pile.
- Oueli. que soient les perfectionnements qui ont été apportés à la fabrication et à la conservation des piles sèches destinées aux lampes de poche, ces piles n’en restent pas moins une source de dépense et d’ennuis, par suite de leur vie utile limitée à quelques heures et de la difficulté de les remplacer au moment du besoin.
- Aussi la lampe électrique Pigmy se présente-t-elle comme un appareil particulièrement utile. Elle marche sans pile et est pratiquement inusable. Comme on le voit sur la üg. i, elle comporte une poignée qui, sous la pression de la main, actionne une petite dynamo logée à l’intérieur du boîtier. Le courant produit est suffisant pour . l’éclairage
- Fig. 1.
- La lampe Pigmy.
- d’une lampe de poche placée à la partie supérieure. Tant qu'on actionne la poignée, l’ampoule éclaire.
- Établissements Lefebvre-Solor, 5, rue Mazel, Paris (6e).
- Tube a néon
- Contact
- \c
- Redresseur
- rG(LQ.Q.(lGQ(lQj / Résistanc
- g^tée
- Condensa teurj~ j
- 1 1 Alimentation
- Contacteur . IIO^v
- réglable
- Arbre du moteur
- Came com -mandant le contacteur
- Pince de fixation à frottement doux
- Fig. 2. — Schéma de principe du stroboscope simplifié de AUl. Seguin (stroborama II. il/. S.) et de son mécanisme de
- contacteur.
- au ralenti dans Je sens de rotation. Une vis enfonce plus ou moins la butée, et règle le décalage constant à chaque tour.
- Le condensateur est chargé sur le secteur alternatif no v par l’intermédiaire d’une résistance et d’un redresseur à oxyde de cuivre. Le contacteur est à G v seulement, il ne peut donc y avoir amorçage d’un arc détériorant les contacts et prolongeant la durée de la décharge.
- Cet appareil permet de nombreuses expériences :
- Les vibrations d’un ressort tendu entre un point fixe et un maneton solidaire du volant du moteur montrent la propagation des ondes longitudinales le long du ressort et les déformations dues à l’inertie de ce dernier.
- On peut voir, de même, les ondes stationnaires d’une corde, dont une extrémité est accrochée au maneton du moteur et l’aulre soumise à l’action d’un poids tenseur.
- En fixant un robinet à un support vissé sur le bâti du moteur, les vibrations de ce dernier sont transmises à la veine liquide et on peut observer la formation des gouttes, leur rebondissement, etc. (lig. 3).
- Enfin, grâce à la faculté de régler entre des limites très larges la fréquence des éclairs, l’appareil peut trouver des applicalions pratiques. On peut ainsi observer le rotor d’un moteur tournant à 3.ooo tours-minutes.
- Recherches mécaniques et physiques, 2, rue Danton, Levallois (Seine).
- PHYSIQUE
- Stroboscope de démonstration pour les écoles.
- Nos lecteurs connaissent déjà les stroborama des frères Seguin, conçus pour les études industrielles ; ces inventeurs présentent un modèle adapté aux besoins de l’enseignement.
- Les éclairs rapides nécessaires à l’effet stroboscopique sont produits par la décharge d’un condensateur de a5 pF placé dans le primaire d’une bobine d’induction. Un tube à néon de i m de long est relié au secondaire de la bobine et la décharge du condensateur est produite par un con-taeteur (fig. a).
- Un moteur série de iio v entraîne une came fixée à frottement doux sur son arbre ; cette came commande un contact se fermant à chaque coup, il y a donc une étincelle par tour, et, par conséquent, la came paraît immobile lorsqu’elle est éclairée pjar l’étincelle (fig. 2 B).
- Une butée réglable vient frapper la came, en la faisant glisser à. chaque tour d’un petit angle par rapport à l’arbre. La fréquence des éclairs devient donc légèrement inférieure au nombre de tours et la came semble alors tourner
- Fig. 3. — Vue d’ensemble du stroborama. II. M. P.
- A droite : le tube à néon ; à gauche le moteur. L’appareil est disposé pour étudier le mouvement d’une veine liquide.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu.
- M. Sabatier, à Alès (Gard). — Les alcools gras sulfones sont employés dans l’industrie comme produits mouillants et détergents, facilitant l’élimination des matières grasses contenues dans les laines ou les tissus ensimés, ils présentent une grande stabilité en présence des acides, ainsi que des sels calcaires ou magnésiens, ce qui n’est pas le cas des savons. Le type des produits de ce genre est le Gardinol de Bœhme et C°, qui résulte de l’action de l’acide sulfurique, associé à l’acide acétique sur l’alcool cétylique C16H33OH (Brevet français n° (371.0 65 du 8 mars 1929). Sa formule est : -
- /S03I1
- Cl6H3 2/
- ^OSOHI
- La réaction s’effectue d’après l’équation :
- C16ïI33OH + 2S04II2 = C10H32SO3H[OSO3H] 4- H20
- On sature ensuite par la soude pour obtenir le produit commercial qui est, par conséquent, le sel de soude de l’ester acide célylsulfurique.
- On extrait actuellement l’alcool cétylique ou liexadécylique Cltill33OH (point de fusion : o0°-51° C.) en partant du blanc .de baleine, ou par oxydation d’huile à gaz russe.
- N. B. — L’acide célylsulfurique et ses sels ont été étudiés depuis longtemps par Dumas et Peligot (Annales de Chimie, 1836, n° 19, p. 293).
- Pour détails complémentaires sur les agents mouillants, -consulter la Revue de Chimie industrielle, mai, juillet, octobre, novembre 1930, février, juin, août 1931, avril 1932, ainsi que l’article sur la sulfonation des alcools à haut poids moléculaire dans la même Revue, 1937, p. 374.
- M. Itivoire, à Alger. — Nous pensons que les appareils établis par les maisons suivantes : Gestetner, 29, rue du Louvre ou Ronéo, 27 boulevard des Italiens, vons donneront satisfaction pour reproduction en nombreux exemplaires de l’écriture arabe.
- M. Herrgott, au Valdoie. — Le mélange suivant préconisé par Blarez, de Bordeaux, vous permettra de purifier
- facilement l’eau d’un puits :
- Permanganate de potasse .... 25 gr
- Sulfate d’alumine................ ' 250 —
- Kaolin lavé...................... 725 —
- Répartir dans Peau par brassage à raison de 1 kgr de cette poudre par 5 m3, puis laisser reposer quelques jours avant de remettre en service.
- M. le D1' Dumont, à Paris. — Pour écrire en blanc sur des clichés photographiques, il vous suffira de broyer du blanc d’Espagne très finement avec de l’eau légèrement gommée à la gomme arabique, quelques essais vous fixeront rapidement sur la dilution convenable pour que l’encre coule d’une façon convenable sans empâtement.
- N. B. — Ajouter une trace de sublimé pour assurer la conservation de l’encre et éviter le développement des moisissures.
- M. Mathoul, à Paris. — Aucun des répertoires commerciaux dont nous disposons ne fait mention de colle en tubes sous la désignation que vous nous avez donnée ; le mieux serait de vous adresser à la Chambre syndicale des fabricants de colles, 4, rue de Rome, à Paris.
- M. Poulain, à Vermenton (Yonne). — 1° La dose de trioxymétliylène ou triformol, aldéhyde formique polymérisé (CII20)3 à vaporiser lentement en vue de la désinfection, doit être de 4 gr par mètre cube de la pièce pour produire un effet utile.
- On peut également employer un mélange de trioxyméthy-lène et de permanganate de potasse qui, au contact de l’eau, s’échauffe en dégageant le formol, mais il est plus économique de lui substituer le chlorure de chaux en prenant deux par-
- ties de celui-ci, une partie de trioxymétliylène et y ajoutant trois parties d’eau, le mélange atteint une température de 110° environ et libère ainsi 70 pour 100 du formol engagé. Il faut 125 gr de trioxymétliylène employé de cette façon pour désinfecter 20 m3 en laissant agir 7 h.
- 2° Le produit commercial dont on se sert pour déboucher les lugaux de lavabos est simplement de la soude caustique en écailles additionnée de tournures d’aluminium, ce qui détermine un dégagement d’hydrogène au contact de l’eau et produit un brassage du liquide favorisant les contacts.
- 3° L’amortissement des détonations est obtenu par l’emploi de silencieux analogues à ceux appliqués en automobile, qui consistent en tubes à l’intérieur desquels on a disposé des anneaux successifs, contre lesquels vient buter la masse gazeuse qui tend à s’échapper à la suite du projectile.
- 4° Les glaces transparentes par l’envers sont des glaces platinées par application d’un mélange de chlorure de platine, d’essence de lavande, de litliarge et de borate de plomb ; par passage au four, le platine est libéré en même temps qu’il est fixé par l’émail plombeux.
- 5° L’utilisation de la turbine dont vous avez en vue l’acquisition est subordonnée aux industries régionales du pays, nous pensons en l’espèce que vous pourriez envisager le débit des grumes en planches.
- 6° Une cellule photo-électrique consiste on une ampoule de verre vide ou remplie d’un gaz inerte (argon, néon ou hélium) sous une très faible pression de l’ordre du 1/10 de millimètre, renfermant deux électrodes, une cathode et une anode.
- La cathode est constituée par une surface métallique formée généralement par dépôt d’une mince couche d’un métal alcalin sur une partie de la paroi intérieure de l’ampoule ou un support distinct, par exemple une plaque métallique.
- L’anode est formée d’un treillis ou d’un fil métallique. Sa forme et ses dimensions dépendent de celles de l’ampoule et de la disposition relative des électrodes.
- Chaque électrode est reliée par un fil traversant l’ampoule, de façon parfaitement étanche, à une borne ou à une broche permettant de la relier à un circuit extérieur qui comprend essentiellement une résistance élevée d’au moins 100.000 ohms et une pile ou batterie d’accumulateurs de 100 à 200 v qui crée entre les électrodes un champ électrique dont l’effet est d’accélérer les électrons émis par la cathode sous l’action de la lumière. Ce déplacement d’électrons crée un courant dans la cellule et dans le circuit qui relie extérieurement les électrodes courant qui est proportionnel au flux lumineux qui éclaire la cathode.
- Pour renseignements complémentaires, consulter le très intéressant article de M. Henri Perperot paru dans le numéro d’avril 1931 de Sciences et Industries.
- 7° L’espace limité dont nous disposons ne nous permet pas de traiter in extenso un sujet si vaste que la question des encres en totalité. Veuillez consulter le Traité de la fabrication des encres, par Gouillon, Garnier frères, éditeurs, G, rue des Saints-Pères.
- M. Hochet, à Châteauneuf-sur-Charente. — 1° La nitrification n’est qu’une transformation de l’azote ammoniacal en azote nitrique par oxydation (travaux de Winogradsky), mais il faut une origine à cet azote ammoniacal, c’est pourquoi nous avons envisagé au voisinage des murs salpêtres, la présence d’écuries ou d’étables.
- Très probablement, vous avez fait confusion avec les bactéries vivant sur les racines des légumineuses (Rhizobium legu-minosarum) et qui fixent l’azote de l’air directement.
- 2° Nous n’avons pas encore eu en mains le produit que vous désignez « Pulvex » et ne pouvons par conséquent avec certitude en donner la composition, nous pensons toutefois qu’il s’agit en l'espèce de la poudre de staphisaigre, plante aussi appelée Herbe au mort, Herbe aux poux (Pedicularia) qui donne une graine brune (graine de Capucine) anguleuse, rude au toucher, ridée, courbée, d’odeur désagréable, de saveur âcre, amère et brûlante.
- Les principes alcaloïdiques actifs sont : la delphinine, la del-
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- phisine, la delphinoïdine et la staphisagrine. On utilise couramment l'action parasiticide de cette graine sur la vermine, sous forme de décoctés dont on frotte la peau, ou par insufflation de la poudre sous les plumes quand il's’agit de volailles.
- M. B asti ers, à Champigny. — 1° La sulfamide est une amide dérivée de l’aniline ou anilide. Sa formule est : S02(NHC6II5)2, c’est pourquoi on la désigne généralement sous le nom de sulfanilide.
- On l’obtient en faisant agir l’acide sulfureux sur l’aniline C6H5NH2, par la méthode générale d’obtention des anilides qui consiste à substituer un radical acide à l’hydrogène du groupe NH2.
- 2° La Rongalite est un rongeant employé dans le blanchiment et en teinture pour les enlevages, c’est en l’espèce de l’hydrosulftte de soude, qui a été stabilisé par de la formaldéhyde ; on lui attribue la formule S204Na2, 2HCOH. Ce produit est encore livré commercialement sous les noms divers d’Hydralitc, de Blankite, de Nécroline, Redol, etc.
- M. Sabatier, à Aies. — Les colles d’amidon vendues dans le commerce à l’état de poudre soluble dans l’eau froide, sont obtenues en traitant la fécule de pommes de terre par une solution de soude caustique, après gonflement, ce qui a lieu sans chauffage ; on neutralise l’excès d’alcalinité généralement par l’acide oxalique, puis on fait couler sous forme de filet la masse mucilagineuse sur des cylindres tournants, légèrement chauffés, ce qui donne une poudre que l’on broie finalement pour la rendre homogène.
- P... G., à La Rochelle.— 1° L’encre sympathique dont les caractères so développent en chauffant le papier est simplement une solution aqueuse d’acide sulfurique à 2 pour 100.
- 2° Différentes formules peuvent être appliquées pour réaliser des encres se ré\'élant chimiquement ; les plus pratiques sont les suivantes :
- a) Employer une solution d’antipyrine à raison de 1 gr dans 60 cm3 d’eau.
- Pour révéler l’écriture, il suffit de passer au pinceau, une seconde solution de perchlorure de fer à 1 pour 100, l’écriture apparaît en rouge-brun ;
- b) Ecrire arme une solution à 1 pour 100 de phénolphtaléine à 0 gr 50 pour 100 dans l’eau alcoolisée, l’apparition des caractères se fera facilement en imbibant d’une solution de soude ou de potasse caustiques au 1/1.000, ce qui donnera une coloration violette :
- c') Enfin, on peut se servir d’une solution de sulfate ferrique à dilution voisine des précédentes, puis comme révélateur d’une sohition de ferrocyanure de potassium qui fera apparaître les caractères en Bleu de Prusse.
- M. Neveu, à Nice. — 1° Le chromage superficiel par frottement au tampon au moyen de mixtures ne donne que des résultats médiocres, il est de beaucoup préférable de recourir au chromage électrolytique.
- 2° Le seul minerai utilisé pour la fabrication de l’aluminium est la bauxite, qui est un hydrate d’alumine impur contenant de l’oxyde de fer, de la silice et de l’acide titanique. Ce nom de bauxite, est dû aux gisements du pays de Baux, dans le Midi de la France, près d’Avignon, le minerai tient généralement 60 pour 100 d’alumine, rarement 70 pour 100.
- Le traitement comporte deux phases distinctes : d’abord, la préparation d’une alumine pure, ensuite la décomposition de celle-ci par électrolyse après la mise en solution dans la crvolithe (A12F6, ONaF) fondue.
- Le minerai concassé, parfois grillé à 700° et broyé, est attaqué par une solution de soude (D = 1,45) dans un autoclave chauffé à la vapeur sous 5 à 6 atmosphères, soit à 150°-160° pendant 2 à 3 heures, on filtre puis on précipite l’alumine de la solution d’aluminate de soude, simplement par addition d’hydrate d’alumine provenant d’une opération antérieure, le précipité est. filtré, lavé et calciné à 1.300° C., puis envoyé à l’électrolyse.
- . Dans cette seconde phase, on verse l’alumine sur de la cryo-
- lithe fondue, puis on fait passer un courant électrique continu qui produit la décomposition de l’alumine sans toucher à la crvolithe, l’aluminium fondu plus dense que le bain de sel gagne le fond du creuset d’où il est extrait par une disposition appropriée.
- En pratique, ou fait en sorte qu’il y ait 10 pour 100 d’alu-ininc en solution dans la cryolithe. Le courant utilisé est de S v environ, le nombre et la section des électrodes est telle qu’il passe 2 A par centimètre carré de section.
- 3° La Société industrielle des téléphones, 25, rue du 4 Sep-tembre, à Paris, vous fournira tous renseignements sur les possibilités d’installations que vous avez en Ame.
- M. Viel, à Constantza (Roumanie). — Le procédé de Daguerre connu sous le nom de daguerréotypie pour l’obtention des premières photographies (1838) consistait à soumettre à l’action de la lumière une plaque de cuivre doublée d’argent et rendue sensible par exposition aux vapeurs d’iode.
- Pour faire apparaître ensuite l’image, on soumettait la plaque à l’action de vapeurs de mercure qui se condensant lentement sur les parties impressionnées y. formaient un amalgame d’argent.
- On enlevait l’iodure d’argent-mercure non altéré par la lumière, en laAant la plaque dans une solution d’hyposulfitc de soude.
- De ce qui précède, il résulte que l’image était constituée par un amalgame mercuro-argentique, dont le mercure avec le temps disparaît peu à peu par Amlatilisation, ce qui amène un affaiblissement de l’image ; il est donc évident que la conservation des daguerréotypes est fonction de la température beaucoup plus que de la lumière, l’iodure mercuro-argentique ayant dû être, en principe, totalement enlevé dans le bain d’hvposulfite.
- A la cause précédente, il faut ajouter la sulfuration de l’amalgame qui produit un voile gris obscurcissant l’image, on peut le faire disparaître en plongeant la plaque bien époussetée, lavée à l’eau puis à l’alcool dans un bain de cyanure de potassium à 15 gr par litre ; lorsque le voile a disparu, on rince à l’eau distillée et laisse sécher verticalement comme un cliché photographique.
- En résumé, la conservation des daguerréotypes est conditionnée par la mise en lieu frais, mais non humide, à l’abri de toutes émanations d’hydrogène sulfuré, voisinage de W.-C., gaz d’éclairage, agglomérations humaines, etc.
- M. R. Prieur, Cambo. — 1° Les eaux de pluie contiennent des traces d’azotate et d’azotite d’ammonium, produits par des décharges électriques dans l’atmosphère, de carbonate d’ammonium, de chlorure et de sulfate de sodium, des poussières de l’atmosphère renfermant des micro-organismes, de l’azote (16 cm3 environ par litre), de l’oxygène (8 cm3 environ par litre), de l’acide carbonique (0 cm3 50 à 0 cm3 60 par litre), Nous n’avons jamais eu connaissance qu’elles contenaient de la glycérine.
- 2° Dans l’évolution de la tuberculose pulmonaire, certains facteurs climatiques sont considérés comme générateurs de poussées focales : la dépression barométrique, la sécheresse, les vents, les variations atmosphériques brusques, une intense radiation solaire. Par contre, sont considérés comme facteurs décongestionnants : les pressions barométriques élevées, l’humidité, l’égalité des conditions atmosphériques, l’insolation réduite.
- Cambo, altitude 70 m, au climat doux et stable, sédatif légèrement tonique, par le voisinage de la mer et des montagnes, aux hivers tempérés, aux étés préservés des chaleurs extrêmes, sans humidité excessive, les pluies’ assez fréquentes étant facilement absorbées par un sol perméable, convient à certaines formes de tuberculose et aux affections de l’appareil respiratoire. On ne saurait en conclure que le séjour y soit indiqué eu toutes circonstances. Dans le traitement de la tuberculose, les indications se modifient et telle cure, commencée en plaine, peut se terminer en haute montagne. Les échanges sont fréquents entre les malades de Cambo et ceux de Pau, en raison des différences d’altitude. Bien entendu, le choix et la conduite de ces cures sont strictement d’ordre médical.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval, — Imprimerie Barnéoud. — 15-7-11)38
- Published in France.
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- N° 3030
- LA NATURE
- l" Août 1938
- LES HAUTES CHAUMES DU FOREZ ET LES PIERRES BASANES
- (LOIRE ET PUY-DE-DOME)
- Les géographes désignent sous le nom de chaîne du Forez, l’ensemble de reliefs qui séparent la vallée de l’Ailier de celle de la Loire en y comprenant les massifs du Livradois, des Bois Noirs et de la Madeleine, mais la carte d’État-Major plus modeste ne donne ce nom qu’à la partie qui s’étend de la Chamba à Sainte-Anthême et c’est la seule dont nous parlerons aujourd’hui.
- Jusqu’à l’an dernier, une seule route praticable aux autos joignait la vallée du Lignon à celle de la Dore en passant par le col du Béal, à i.38o m ; actuellement une nouvelle route permet de gagner Lerigneux dans la Loire en partant de Valsivières (Puy-de-Dôme), facilitant ainsi les communications entre les deux versants. Deux routes sur environ 35 km prouvent que la contrée est assez déserte et que les échanges entre les deux départements ne sont pas très importants.
- C’est en partant de Chalmazelle ou de Vertolaye qu’on aborde généralement les hauts plateaux qui nous intéressent. Du col du Béal, une piste se dirigeant vers le Sud conduit en une petite heure à Pierre-sur-Haute, point culminant de la chaîne à i.64o m. Sans parler du panorama qui est fort étendu, regardons simplement au Nord et au Sud l’infini d’un paysage mamelonné et complètement découvert de toute végétation forestière qui constitue ce que feu d’Alverny a si bien dénommé les Hautes Chaumes par analogie avec les mêmes pâturages des Hautes-Vosges bien décrits par Pierre Boyé.
- Il s’agit là d’étendues immenses, couvertes d’une flore bien pauvre ; seule règne en maîtresse la bru-
- yère commune (Calluna vulgaris) mais elle est de petite taille, gênante à la marche de celui qui, solidaire, parcourt la région.
- Un problème se pose. Pourquoi ne pas reboiser ces terres stériles ? Le mot reboiser n’est peut-être pas d’usage car il indique que primitivement la forêt existait et ce n’est pas le cas pour ces chaumes qui n’ont jamais vu aucun arbre aux époques humaines. La cause en est moins à la nature du sol (pénéplaine de granité et de roches anciennes granitoï-des) qu’aux vents violents qui balayent avec vigueur et sans pitié ces aires non abritées pendant l’hiver. Il est en effet curieux de remarquer que hêtres, conifères et bouleaux s’arrêtent juste à la lisière des plateaux, sertissant comme une gemme de peu de valeur les pâtures très médiocres qui les composent. Pendant 7 mois de l’année, la solitude règne sur la montagne, sauf maintenant les dimanches quand la neige la recouvre et que les skieurs d’Ambert où de Montbrison se livrent au plaisir d’évoluer sur les pentes blanches ; malheureusement cette neige n’est guère skiable comme presque partout dans les Cévennes. Au printemps, vers le i5 avril, l’alpage si on peut l’appeler ainsi, s’anime de la montée vers les jasseries .qui sont les burons de la contrée, des bergers et de leur troupeau. Ce dernier est formé généralement d’une trentaine de vaches de race ferrandaise à robe tachetée de noir ou de roux. Elles paissent ce qu’elles peuvent car elles ne trouvent que Meum, athanmaticum, Vacci-nium, Myrtillus et N ardus stricta qui ne sont pas des mets de choix mais de ci de là Helianihemum vulgare, Fesluca ovina sont une nourriture plus substantielle
- Fig. 1. — Jassérié de Prado-ux.
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- (j tt bpermet-une traite normale avec laquelle bn fabrique cet excellent fromage dénommé « La Fourme J Ambert ». 11 se présente sous la forme d’un cylindre du poids d’environ 2 kgr sous une croûte ridée et rougeâtre, l’intérieur est constitué par une pâte légèrement molle, persillée de vert, dû comme le Roquefort au mycélium qui le trouve parfait comme terrain de culture.
- Vers le 10 septembre, c’est la descente vers la plaine et le Forez à nouveau recouvre sa solitude.
- Peu de visiteurs fréquentent ces régions qui n’offrent pas les accidents pittoresques qu’affectionne la foule. Il faut aimer la nature et l’absence des humains pour en goûter tout le charme sauvage ; de plus les villages sont lointains et sauf Chalmazelle, Job au nom biblique et Sainte-Anthême, les localités n’ont pas grandes l’essources hôtelières et puis il faut aimer la marche, savoir se guider à la boussole dans le brouillard qui souvent revêt les hauteurs, ne pas craindre de patauger dans les tourbières qui garnissent les bas fonds et certaines pentes, porter ses vivres et se dire qu’une fois parti il faut arriver à l’étape et tout cela n’est plus, en notre temps d’automobile, au "goût du jour et c’est pourquoi le Forez, sur ses hauts plateaux de i3 à i.4oo m d’atlitude, ne verra jamais beaucoup de touristes ; ils préfèrent des sites moins durs et plus accessibles.
- Parlons maintenant des Pierres Basanes. Que ce mot ne fasse pas croire à des amoncellements de pierres druidiques, mais comme nous l’avons dit, les Hautes Chaumes se présentent sous la forme d’un immense plateau ondulé qui affecte la représentation d’un Y dirigé du Nord au Sud, les branches de l’Y abritent la vallée de l’Ance qui s’écoule vers Sainte-Anthême où la rejoint l’Ancette. Cette pénéplaine est éventrée vers l’Est par deux pointements basaltiques, on peut même dire par trois, qui s’appellent les Pierres Basa-
- Fiij. 2. — La montée aux jasseries.
- nés, le troisième étant l’amas rocheux qui se .nomme la roche Gourgeon (i.324 m) couverte d’un léger boisement qui lui enlève son caractère altier. La Grande Pierre Basane (1.399 m) se voit de fort loin, s'érigeant en monticule sur la plaine environnante. C’est un rocher nu, se dressant de façon abrupte, au sommet duquel il est facile d’accéder, les prises étant excellentes et sa hauteur n’excédant pas une douzaine de mètres.
- Sa position avait. été remarquée dès le xme siècle pour la détermination de limites de donation, et c’est ainsi que dans le Cartulaire des Francs-fiefs du Forez datant de 1201, on peut exhumer la donation faite par le comte Gui III à l’Abbaye de la Bénissons-Dieu qui mentionne sicut straia demonstrat, qua tenditur de les Chais de Salvayng per fontem Junctis ad petram Basane « (jusqu’à la limite indiquée par le chemin qui va des chaumes de Sauvain à Pierre Basane en passant par la font d’ion (de l’Oulle) ».
- En 13 x 7, dans un procès-verbal de reconnaissance de limites entre Jean I et Bertrand de Solignac, on retrouve les lignes suivantes : Septimus limes est contra planicien dicti montis, in aspectu dicte petre Bazana juxta dictum iter. Il est inutile de donner la traduction de celle phrase qui prouve que déjà à cette époque, il s’agissait d’un terrain dénudé, puisqu’on est en vue de la Grande Pierre Basane et que la distance est d’environ 2 km.
- La petite Pierre Basane est située à environ 1.800 m de la Grande vers le S.-S.-E. ; moins élevée que la première elle est plus caractéristique avec ses tuyaux d’orgues basaltiques. Près d’elle on remarque des vestiges d’un peuplement de Pinus uncinaia, cet ancêtre des conifères qu’on nomme vulgairement pin à crochets, relique des époques glaciaires.
- La nouvelle route de Valsivières à Lerigneux est le meilleur moyen d’accès aux Pierres Basanes. Il faut laisser la voiture à la Grande Jasserie et là se faire indiquer la direction de la Petite Pierre vers laquelle on se dirigera en foulant les bruyères. De ce jpoint en allant vers le N.-W.-W. on apercevra la Grande et la Roche Gougeon visible au Nord. Pour les personnes qui viennent de Pierre-sur-IIaute il faut, après deux bonnes heures de marche sur le plateau en allant vers le Sud, gagner les jasseries de Peyrol en évitant les parages de l’Oulle où des tourbières sont dangereuses et devant soi à l’Est on voit la Roche Gourgon d’où la Grande Pierre s’aperçoit facilement vers le Sud.
- Les jasseries étaient, il y a quelques années, fort pittoresques avec leurs vieux toits de chaume, mais actuellement la tôle ondulée a fait son apparition au détriment de l’esthétique. Il en est de même du sympathique costume auvergnat que l’on rencontre de moins en moins et c’est pour-
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- Fig. 3. — La Grande Pierre Basane.
- Fit/. 4. — Les Hautes Chautnes vues de la Grande Pierre Basane.
- quoi je garde précieusement la photographie qui illustre cet article et que j’ai eu la chance de pouvoir prendre il y a trois ans. Malgré tout le pays a son charme et je souhaite que botanistes, géologues ou
- ....-........LE PROBLÈME
- Si un liquide est adsorbé par un solide, c’est-à-dire si le liquide forme une pellicule continue sur la surface du solide, on dit que le liquide mouille le solide.
- Le liquide adsorbé peut être un liquide pur, un mélange, une solution saline, un métal fondu. L’adsorption étant un phénomène sélectif permet dans certains cas la séparation des constituants de la phase liquide.
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- Certains corps solides sont mouillés par certains liquides sans que l’on puisse à l’heure actuelle faire autre chose qu’enregistrer simplement ces faits, dans l’impossibilité où l’on se trouve d’en comprendre la raison.
- Fig. 5. — La petite Pierre Basane.
- Fig. 6. — Une bergère près de Praboure.
- ^Clichés Ch. Broyer).
- simples promeneurs y trouvent le plaisir que j’éprouve toujours à le parcourir.
- Cii. Broyer.
- DU MOUILLAGE
- L’eau, le gallium fondu, la vapeur d’aluminium mouillent le verre propre, tandis que le mercure, le cadmium fondu et les vapeurs de nickel ne le mouillent pas.
- Le mercure mouille le platine, le cuivre, le fer même oxydé, si ces métaux ont été frottés légèrement avec de l’amalgame de sodium. Celte propriété est utilisée dans la dorure, des métaux. On traite la surface du métal par l’amalgame et on applique ensuite une solution concentrée de sel d’or. En chauffant ensuite la pièce, le mercure est vaporisé et la dorure obtenue est susceptible de prendre un. beau poli brillant. C’est ce qu’on appelle la « dorure au mercure ». On peut également platiner et argenter de la même manière, l’amalgame de zinc étant parfois substitué à celui de sodium.
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- Si un liquide ne mouille pas un solide, donc ne vient pas à son contact, il existe entre les deux une pellicule d’air adsorbée à la surface du solide que le liquide n’a pu déplacer, c’est-à-dire que dans ce cas l’air est plus fortement adsorbé par le solide que le liquide.
- Il ne faut pas croire que la destruction de celte pellicule gazeuse soit suffisante pour que le liquide mouille le solide. Dans le cas du mercure, par exemple, on a trouvé que la nature chimique du verre enti’e en jeu. Plus le verre est alcalin, plus il est difficile de le faire mouiller par le mercure ; par contre, le quartz se mouille assez bien, tandis que cela est presque impossible avec des verres borosiliceux (comme le pyrex) ou calcosodiques.
- Le déplacement de la pellicule d’air par le liquide peut s’effectuer plus ou moins vite. Parfois, il faut aider l’action en chauffant ou en employant un subterfuge. Par exemple, la poudre d’indigo est mouillée plus facilement par l’eau en présence d’oléate de sodium ou d’huiles sulfonées. Pour mettre en solution dans l’eau la gomme arabique, qui adsorbe l’air fortement, on la broyé en présence d’alcool qui déplace l’air et permet la dissolution ultérieure rapide. La poudre de lycopode est des plus difficiles à mouiller, de même que les poudres très sèches qui adsorbent énergiquement l’air et sont difficiles à mouiller. C’est ainsi qu’après une longue sécheresse, les gouttes d’eau d’une pluie d’orage roulent sur la poussière des routes sans arriver à mouiller le sol. Le résultat rappelle, bien que le mécanisme soit différents, celui de la caléfaction.
- On peut également citer d’autres phénomènes de la vie quotidienne. Les amateurs de camping savent bien qu’une toile de tente mouillée fuit et laisse ensuite passer l’eau après qu’elle a été touchée avec la main par exemple. La toile, qui a été lors de sa fabrication, imperméabilisée par trempage dans un liquide huileux ou une solution saline, reste poreuse à l’air mais ne laisse pas passer l’eau. Quand on la touche, on distend le tissu et par suite l’air qui remplit les vides est expulsé et l’eau passe. De même si on prend un tamis très fin, on peut filtrer l’essence humide; l’essence passe et l’eau reste sur le tamis. Dans un panier métallique formé d’une toile à mailles très serrées que l’on huile légèrement, on peut transporter de l’eau car le liquide ne pouvant venir au contact des fils protégés par l’huile, sa tension superficielle l’empêche de s’écouler.
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- Bien que les phénomènes capillaires aient été étudiés depuis de nombreuses années par une légion d’expérimentateurs, une question bien simple en apparence n’a pas encore reçu de réponse absolument catégorique. Cette question est la suivante : quand un liquide vient au contact d’un solide, les deux surfaces se rencontrent-elles en faisant un certain angle, ou, au contraire, se raccordent-elles tangcntiellement, c’est-à-dire en faisant un angle de contact nul ?
- Lord Rayleigh est d’opinion que l'angle est nul dans toutes les mesures d’ascension capillaire lorsque l’on opère en présence du liquide et de sa vapeur seules, en l’absence d’air. Les mesures ont montré qu’il en était bien ainsi dans le cas du verre mouillé par l’eau, la benzine, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, l’éther, etc...
- Quand un liquide ne mouille pas les parois, comme le mercure, une conséquence assez paradoxale découle de ce fait. A la partie périphérique du ménisque, le mercure
- n’étant pas en contact avec le verre, il en est de même pour toute la masse de mercure. Logiquement, dans un tube fermé à une extrémité et rempli de mercure, celui-ci ne doit toucher le verre en aucun point et se comporter comme s’il était enveloppé dans un sac formé d’une pellicule d’air ou de vapeur de mercure. Ce n’est vraisemblablement pas ce qui se passe dans la réalité et dans certains cas, le mercure (t colle » aux parois, ce qui prouve que le mercure vient bien à leur contact.
- Pour d’autres expérimentateurs, Sulman, Edser, etc..., au contraire, l’angle de raccordement non seulement n’est pas nul, mais peut prendre deux valeurs bien définies et nettement différentes suivant que le liquide atteint son état d’équilibre par étalement sur la surface sèche du solide (angle 8) ou au contraire par régression à partir d’une surface mouillée (angle 80- On trouve que 8 est plus grand que 0L Pour le quartz, par exemple 8 = 58°5, 8' = i()05. La différence 8 — 8; a été appelée par Sulman l'hystérésis de l’angle de contact.
- Ces deux points de vue si radicalement opposés peuvent peut-être être conciliés.
- En effet, Sulman a trouvé que la valeur des angles de contact était modifiée par l’addition au liquide de réactifs appropriés. Les solutions diluées d’acides, les alcalis, principalement le silicate de soude, diminuent les angles de contact et l’hystérésis de la galène et de la blende ; au contraire de petites quantités d’huile les augmentent. De plus, quand on opère avec des surfaces fraîches et parfaitement propres, l’expérience montre que les angles tendent vers zéro. Nous avons étudié un cas analogue à propos de la concentration des minerais par flottation. Or les expériences de laboratoire ont été faites avrec des liquides purs et des verres à surface chimiquement propre, tandis que Sulman a opéré avec des minerois dont les surfaces étaient vraisemblablement altérées et souillées. Comme des traces infimes' d’impuretés suffisent pour modifier complètement les résultats dans tous les phénomènes capillaires et de tension superficielle, on peut penser que c’est à elles qu’il faut attribuer les divergences constatées. Osterhof et Bartell ont introduit deux notions nouvelles, celle de mouillabilité caractérisant la tendance du solide à être mouillé par les liquides et que l’on peut regarder comme l’attraction exercée par le solide sur les liquides et celle de pouvoir mouillant caractéristique des liquides et exprimant la force d’attraction qu’exercent les liquides sur les solides.
- Si les tensions superficielles aux contacts liquide/air, solide/air et liquide/solide sont respectivement t,, rn et r3, pour qu’un liquide mouille un solide il faut que To soit supérieur à xx + t3 et la différence t3 — (v, + t3~) est l’expression du pouvoir mouillant.
- On sait que t1? tension superficielle liquide/gaz varie suivant la nature du gaz. Pour le mercure, par exemple, on a les nombres suivants :
- Gaz Température Tl
- Vide i5° 436
- Hydrogène .... 2 I 0 470
- Oxygène 25° 4?8
- Azote iô° 48g
- Anhydride carbonique. i9° a8'>
- Air sec 170 476
- Air saturé . . . 170 48i
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- Malheureusement, dans le cas des solides, les deux autres tensions, r, et x3 ne sont pas mesurables actuellement, de sorte que la théorie quantitative rencontre immédiatement un obstacle majeur. Surtout que d’autres phénomènes peuvent entrer en ligne de compte. C’est ainsi que certains liquides ont un pouvoir mouillant supérieur à celui que l’on pourrait escompter d’après la considération des tensions superficielles. C’est qu'alors intervient un nouveau facteur : la concentration superficielle, rigidité ou viscosité superficielle observée par Plateau dès 1873. Les liquides ayant une viscosité superficielle élevée comme la saponine, la gélatine, les protéines ont un pouvoir mouillant considérable qui semble tenir à ce que ces solutions forment des pellicules rigides, qui se rompent difficilement en gouttelettes.
- En résumé, l’explication des phénomènes de mouillage est encore très obscure. Cependant, d’après les théories de Lang-inuir et Hawkins, il faut probablement la chercher dans l’orientation et l’arrangement des molécules dans les couches superficielles des liquides cl des solides.
- Quand un liquide mouille un solide, il y a en général dégagement de chaleur, parfois assez important. Chappuis, par exemple, a trouvé que, mouillé par l’eau, 1 gr de charbon dégage 7,4 cal; 1 gr d’argile sèche 2,8 cal; x gr d’alumine sèche 12,6 cal, etc... Les nombres trouvés par d’autres expérimentateurs, Gaudechon, Langmuir, etc., diffèrent en valeur absolue mais sont du même ordre de grandeur.
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- Les applications des propriétés mouillantes sont nombreuses et diverses; nous en énumérerons quelques-unes.
- Dans l’extraction du diamant, par exemple, on se sert de la propriété du diamant d’être mouillé plus facilement par la graisse que par l’eau. La terre bleue contenant les précieuses pierres est mélangée avec de l’eau, après désagrégation et la terre envoyée sur des tables à secousses enduites de graisse. Les diamants adhèrent à la graisse tandis que les autres constituants du mélange (composés siliceux en majorité) sont entraînes et donnent les stéi’iles.
- La concentration des minerais est une application extrêmement importante qui repose sur la propriété qu’ont certains minerais d’être plus ou moins facilement mouillés par l’eau ou d’autres liquides. L’eau mouille plus facilement une gangue quartzeuse qu’un sulfure minéral. Cette propriété est exaltée encore par addition d’huiles convenables ; ces huiles adsorbées sélectivement par la surface du sulfure le rendent plus difficile à mouiller, tondis que des additions d’acides ou d’alcalis, au contraire, facilitent le mouillage du quartz. Nous avons vu en étudiant les procédés de filtration que l’on augmente le rendement en opérant par mousses ou écumes, mais la propriété fondamentale reste toujours la différence de mouillabilité des divers minéraux.
- Le procédé convenablement modifié a été appliqué à d’autres minerais que les sulfures : cassitérite, oxydes et carbonates de cuivre, oxyde d’étain, oxydes de plomb et d’ai'gent.
- On a même pu séparer par ce procédé le bitume des roches plus ou moins finement divisées qui l’accompagnent, Je bitume étant à la teneur de xo à 20 pour 100 dans le mélange. La distillation ou la dissolution dans des l’éactifs chimiques est trop onéreuse, le traitement par l’eau, chaude ou froide, n’a donné aucun résultat, puisque la tension à l’interface entre le bitume et la matière minérale est en général inférieure à celle entre le minéral et l’eau. En employant un liquide pour lequel ces tensions sont inversées, au contraire, la séparation est très aisée. On utilise à cet effet des solutions très diluées (à 1 pour 10.000) de
- ==. £9 =====
- savon alcalin, de sel alcalin, d’acide organique faible, ou de saponine. Comme beaucoup de bitumes renferment des traces de matières ayant un caractèi’e légèrement acide, une solution faible de bicarbonate de soude suffit fi’équemment.
- Dans la médecine vétérinaire et l’agriculture, la mouillabilité joue un rôle fondamental, soit que l’on fasse au bétail des applications de liquides antiseptiques pour les débarrasser des parasites, soit que l’on arrose directement ou par pulvérisation les plantes .d’insecticides pour les préserver contre certains insectes destructeui’s.
- Pour que le traitement soit efficace, qu’il s’agisse de solutions d’arséniate de soude ou de bouillie bordelaise, il faut que le produit mouille l’épiderme des animaux, les feuilles des arbres ou les carapaces des insectes. On augmente la mouillabilité par addition de traces de substances convenables. Par exemple, en ajoutant une émulsion d’huile à nue solution d’arséniate de soude, on peut diminuer notablement la concentration de ce dernier tout en obtenant une action plus énergique sur les parasites du bétail. Celui-ci a donc moins à redouter, si son cuir est écorché par exemple, les accidents arsenicaux.
- L’efficacité des insecticides est également accrue si on leur ajoute des émulsions de paraffine ou de savon qui leur permettent de mouiller plus facilement les feuilles et les carapaces des insectes. On peut alors en employer des doses moins fortes tout en obtenant un meilleur résultat.
- Pans tous les traitements des textiles : désuintage des laines, dégommage des soies, etc..., et en général toutes les applications des savons, les questions de mouillabilité sont des plus importantes.
- Il en est de même dans-l’industrie des peintures et vernis. Lorsque la peintui'e refuse de s’étendre ou se rassemble en gouttelettes en séchant c’est la tension interface entre la peinture et le support qu’il faut incriminer.
- Les liquides antibuée dont on se sert pour enduire les verres oculaires des masques à gaz et également les viti’es des automobiles, représentent une autre application du pouvoir mouillant. Il faut que ces liquides diminuent la tension interface entre l’eau et le celluloïd ou le verre de façon que l’humidité ou la pluie ne se déposent plus sous foirne de gouttelettes qui troublent la vision, mais mouillent uniformément la surface transparente de façon à former une pellicule ne modifiant pas sensiblement les propriétés optiques.
- Le problème inverse se présente lorsque l’on veut imperméabiliser des étoffes; dans ce cas il faut que la tension superficielle interface entre l’eau et l’étoffe soit la plus élevée possible, ce que l’on réalise en traitant l’étoffe par le stéarate d’aluminium on la rire. De celte façon, la pluie ne mouille plus le tissu et s’écoule immédiatement en grosses gouttes, sans que la porosité à l’air soit altérée.
- Enfin dans les phénomènes de lubrification, la mouillabi-lilé joue un rôle important. On sait que, d’après les théories modernes, l’huile forme une pellicule continue sur les parties lubrifiées et eue ce sont les pellicules en contact qui glissent l’une sur l'autre. Or, comme l’a montré Ubbeholde, pour qu’une pellicule se forme, il faut que l’huile « mouille » le m'Hal, de sorte que le meilleur lubrifiant sera celui pour lequel la tension superficielle interface métal-huile sera la plus faible. L’addition d’un acide gras à une huile minérale produit ce résultat, le coefficient de frottement pouvant diminuer de 20 à 3o pour 100 par une addition de 1 pour 100.
- On voit par ers quelques exemples que les propriétés de mouillage jouent un rôle important dans un grand nombre de domaines.
- IL Vigneron.
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- LES MOTEURS D'AVIATION
- ÉVOLUTION ET TENDANCES ACTUELLES
- Issu clu moteur d'automobile au début de l’aviation, le moteur d’avion l'a vite dépassé en puissance, atteignant des chiffres de plus en plus élevés. Limitée à 3oo ch pendant la dernière guerre, la puissance maxi-mum unitaire est passée en effet progressivement à 5oo ch il y a environ io ans, pour atteindre aujourd’hui t.ooo ch et davantage. Cette augmentation constante répond aux besoins sans cesse grandissants des avions modernes au point de vue tonnage et vitesse, besoins qui exigent en outre de la part des moteurs, d'autres qualités que nous allons successivement passer en revue.
- LÉGÈRETÉ ET ENDURANCE, CONDITIONS CONTRADICTOIRES
- Ce qui caractérise toute construction aéronautique et la différencie de la plupart des autres constructions, c'est la recherche de la légèreté maximum compatible avec une solidité minimum au-dessous de laquelle on ne saurait descendre sous peine de s’exposer à des risques de rupture ; cette solidité minimum est caractérisée par ce que l’on appelle le coefficient de sécurité.
- Le progrès consiste donc à abaisser le poids tout en conservant le coefficient de sécurité. Pour les moteurs,
- Fig. I. — Moteur Hispano-Suiza 14 .411, 670 ch.
- on rapporte le poids à la puissance et la puissance au litre de cylindrée, c'est l'examen de ces chiffres qui peut donner une idée du chemin parcouru. C’est ainsi que le poids du cheval, qui était de l’ordre de i lcgr 200 pendant la guerre est tombé progressivement à o kgr 5oo et même au-dessous pour certains moteurs poussés, tandis que la puissance au litre de cylindrée est passée de 18 à 35 ch et atteint même 100 ch pour certains moteurs d’expérience nouveaux dont nous parlerons plus loin.
- Quant au coefficient de sécurité, il se manifeste en ce qui concerne les moteurs par l’endurance, c’est-à-dire par le nombre d’heures totales pendant lequel le moteur peut tourner sans exiger de réparations.
- Pendant la guerre et les années qui suivirent, on. imposa aux moteurs d’aviation d’effectuer des essais d’endurance de 5o h par périodes de 5 h sans arrêt ; il y a une dizaine d’années, la durée de ces essais fut portée à 100 h et, actuellement, la plupart des moteurs sont susceptibles de fonctionner de 3oo à 600 h sans révision.
- On est donc parfaitement parvenu à concilier les deux conditions précitées, puisque l’on est arrivé à gagner à la fois sur la légèreté et sur l’endurance. Nous allons maintenant examiner les moyens employés pour y parvenir.
- Mais en ce qui concerne la légèreté, faisons observer tout de suite qu’un facteur important intervient dans l’appréciation complète de cette qualité : c’est la consommation, car il faut compter également avec le poids de combustible nécessaire pour accomplir un trajet déterminé. Exemple : si un moteur très léger consomme beaucoup, il devient moins intéressant, à partir d’un certain nombre d’heures de marche qu’un moteur plus lourd, mais qui consomme moins ; or, il se trouve que la légèreté et la sobriété sont elles aussi deux qualités contradictoires dans un moteur. On a donc été amené à établir un compromis-qui dépend, dans certains cas, du rayon d'action de l’avion auquel le moteur est destiné.
- D’autre part, la consommation dépend non seulement de la disposition mécanique des organes du moteur, mais aussi de la nature des combustibles employés, de sorte qu’au-jourd’hui, le problème du moteur et celui du combustible sont devenus inséparables et nous allons être amenés à les examiner simultanément dans ce qui suit.
- TAUX DE COMPRESSION ET DÉTONATION
- Depuis Beau de Rochas, inventeur du cycle à 4 temps ou à compression préalable, on sait que l’on augmente la puissance et le rende-
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- ment d’un moteur de cylindrée déterminée en augmentant le taux de compression volumétrique. Malheureusement on est vite limité dans cette voie par l’apparition de deux phénomènes qui peuvent d’ailleurs être simultanés : l’auto-allumage et la détonation. L’autoallumage est un phénomène bien connu : il résulte de l’augmentation de température qui se produit dans tout gaz ou mélange gazeux comprimé adiabatiqueinent ; lorsque le taux de compression atteint une certaine valeur, la température dépasse celle d’inflammation du mélange carburé avant la fin de la compression et par conséquent la combustion de ce mélange s’effectue prématurément, à contretemps, comme si l’on donnait une avance exagérée à l’allumage ; l’auto-allumage se produit d’autant plus facilement que la température initiale est plus élevée, c’est-à-dire que le moteur est plus mal refroidi (question que nous examinerons au paragraphe suivant) et il s’amorce toujours dans les régions les plus chaudes de l’enceinte qui renferme le mélange carburé.
- La détonation est un phénomène différent qui se manifeste tout d’abord à l’écoute du bruit du moteur : le son des explosions successives qui, normalement, ressemble à celui de coups de fusil ou de pistolet plus ou moins amortis par le pot d’échappement, change de caractère et donne l’impression de coups de marteau sur une enclume ou plus généralement de chocs de deux pièces métalliques l’une sur l’autre et l’on donne à ce bruit caractéristique le nom de cognement ou cliquetis ; il est bien connu des automobilistes qui peuvent en constater l’apparition fréquente lorsqu’ils poussent un peu trop leur moteur en côte ou dans les reprises. Ce phénomène dont l’explication est encore discutée aujourd’hui est suivant les uns d’origine physique comme l’auto-allumage et suivant les autres d’origine chimique.
- Dans la première hypothèse, la masse entière du mélange carburé se trouve portée à la température d’auto-allumage par suite d’une compression trop forte ou trop rapide et la combustion de ce mélange qui, normalement, doit s’effectuer avec une certaine progressivité (on peut suivre parfaitement par enregistrements cinématographiques la progression du « front de flamme » d’un mélange carburé enflammé à l’intérieur d’un tube allongé transparent) se transforme en une explosion instantanée : une détonation. Dans la seconde hypothèse, on admet que dans certaines conditions de température et de pression, il se forme dans le mélange des composés instables peroxydés qui sont, tels le fulminate de mercure, de véritables corps détonants et l’on justifie cette thèse en constatant que l’on peut à l’aide de dispositifs appropriés, extraire des cylindres d’un moteur des quantités identifiables de ces peroxydes.
- Quelle que soit l’origine exacte de la détonation, elle se traduit toujours par deux inconvénients majeurs : la baisse de la puissance accompagnée d’une fatigue
- Fig. 2. — Moteur Hispano-Sui:a’"i'2. Y, 890 ch.
- mécanique et thermique exagérée des organes du moteur. Parmi ces organes, les pistons sont en général, les premières victimes de cet excès de fatigue et ils subissent de ce fait des érosions superficielles ou profondes, souvent sur leur pourtour, pouvant entraîner des rayures du cylindre avec grippages et même ruptures.
- Les effets de la détonation ont été, au cours de ces dernières années, étudiés d’une manière méthodique et précise en Amérique où l’on a réalisé et mis au point dans ce but un moteur monocylindrique à compression réglable, le moteur G. F. R. qui est pourvu d’un dispositif de mesure de la détonation : ce dispositif consiste, en principe, en une petite membrane métallique encastrée dans la culasse et sur laquelle vient reposer une tige métallique qui rebondit plus ou moins haut sous l’action des surpressions qu’engendre la détonation ; le degré de rebondissement est enregistré électriquemen f.
- On a pu tout d’abord à l'aide de cet appareil vérifier et préciser une première constatation faite précédemment : c’est que, toutes choses égales d’ailleurs, l’importance de la détonation dépend du combustible employé ; ainsi parmi les nombreux carbures d’hydrogène qui entrent dans la composition de l’essence, certains tels que l’octane détonent peu, tandis que les carbures plus légers, tels que l’heptane, l’hexane, etc., détonent davantage. .
- Et en prenant pour base de comparaison l’octane pur auquel on a affecté un indice égal à ioo, il est devenu possible de définir pour une essence quelconque un coefficient appelé indice d’octane qui définit sa tendance à la détonation dans le moteur G. F. R.
- L’indice d’octane minimum exigé actuellement pour les essences destinées aux moteurs d’aviation est de l’ordre de 85. Avec ces essences, on a pu pousser le taux de compression qui ne dépassait guère 5 pendant la guerre jusqu’à 6,5 et 7. Les essences à indice d’octane élevé s’obtiennent assez facilement aujourd’hui par simple addition en faibles proportions à une
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- LE REFROIDISSEMENT
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- Fig. 3. — Moteur Renault, C Q, 220 ch.
- essence quelconque de corps spéciaux appelés antidétonants et dont le plomb tétraéthyle est le plus employé. On estime qu’avec des essences à ioo d’octane, on pourrait pousser la compression jusqu’au voisinage de io, mais ces essences ne peuvent encore être produites de façon courante à partir des essences ordinaires et de nouvelles recherches sont encore nécessaires avant que l’on parvienne à ce résultat.
- LA SURCOMPRESSION, LES COMPRESSEURS
- A l’inverse du moteur. d’automobile qui fonctionne toujours au ras du sol, le moteur d’aviation est appelé il fonctionner à des altitudes élevées, là où la raréfaction de l'air se traduit par une diminution du remplissage de la cylindrée et, par conséquent, par une diminution de la puissance. On remédie à cet inconvénient par l’emploi de compresseurs dont sont munis aujourd'hui la plupart des moteurs d’aviation. Ces compresseurs sont tous du type centrifuge tournant à vitesse élevée et mus par des en-grenages multiplicateurs.
- Un embrayage ou un dispositif de limitation au sol de la quantité d’air admise doit leur être adjoint de façon à éviter le dépassement du taux de compression pour lequel l'essence utilisée détonerait.
- Le compresseur peut néanmoins être utilisé au sol à pleine ouverture, à condition d’alimenter en même temps le moteur avec une essence spéciale à indice d’octane élevé ; la puissance se trouve augmentée et l’on dispose là d’un moyen commode pour faciliter le décollage d’avions lourdement chargés, ou en terrain court.
- Ce chapitre, à lui seul, permettrait de caractériser toute l’évolution des moteurs d’aviation.
- Nous venons de voir par ce qui précède toute l’importance qu’il y a d’éviter les accumulations de chaleur intempestives en un point quelconque de l’enceinte dans laquelle évolue le mélange tonnant. Longtemps, on a cru que le refroidissement par eau de circulation entourant toutes les parties des cylindres et des culasses était seul susceptible de satisfaire à ce desiderata, le refroidissement direct par ailettes entourant le cylindre et la culasse ne pouvant convenir que pour de petits moteurs. Cependant le développement de l’industrie de l’aluminium et son emploi croissant dans la fabrication des culasses de ces petits moteurs montrèrent que, grâce à la grande conductibilité thermique de ce métal, on pouvait peut-être espérer étendre ses applications au cas de plus grosses cylindrées. Là encore, les Américains nous montrèrent la voie et il semble bien que ce soit du jour où Lind-bergh traversa pour la première fois l’Atlantique avec un moteur Wright à refroidissement par air que date le point de départ de l’étude de ce type de moteur en France.
- L’avantage de ce système au point de vue simplicité et légèreté n’est plus guère contesté aujourd’hui et les moteurs modernes les plus puissants sont à peu près tous de ce type. C’est ainsi que sur 90 types de moteurs différents existant aux États-Unis, 87 sont à refroidissement direct ; en France, il y a un nombre à peu près égal des deux types, en comptant les types anciens qui étaient à refroidissement par eau.
- Les progrès les plus récents ont consisté à diminuer l’épaisseur et l’écartement des ailettes et à augmenter leur largeur. Le dispositif général en étoile simple pour les puissances moyennes, double pour les grosses puissances est celui qui se prête le mieux au refroidissement uniforme maximum de tous les cylindres et l’on augmente encore l’efficacité de ce l’efroidissement en canalisant les fdets d’air au moyen de capotages appropriés dont les premiers furent étudiés par le National Advisory Committee for Aeronautics (N. A. C. A.) en Amérique. Ce procédé de canalisation des filets d’air permet d’ailleurs d’obtenir également un refroidissement satisfaisant pour des moteurs ayant leurs cylindres en ligne (cas des moteurs Renault).
- Nous avons signalé précédemment que les pistons étaient les organes qui avaient le plus à souffrir des élévations de température provenant des phénomènes d’auto-allumage et de détonation ; c’est qu’ils sont en effet parmi les organes les moins bien refroidis des
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- moteurs ; on évalue à environ 4o pour ioo de la surface totale intérieure de la chambre de combustion, la portion représentée par la face du piston, c’est donc 4o pour ioo de la chaleur qu’il faudrait évacuer par cette surface, ce qui est d’autant plus difficile qu’aucune région de cet organe ne peut être exposée directement à l’air ; on ne peut y parvenir qu’en utilisant pour cela l’huile de graissage et en ajoutant des ailettes sous la tête et à l’intérieur de la jupe. Suivant certains spécialistes de la question, cette difficulté de refroidissement des pistons imposerait à l’heure actuelle une limite à la puissance volumique (puissance par litre de cylindrée) et il serait avantageux à ce point de vue de réduire un peu la taille des cylindres de manière à augmenter le rapport entre la surface de refroidissement et le volume de la chambre d’explosion.
- Les soupapes d'échappement ont exigé, elles aussi, des recherches sérieuses à ce point de vue ; le problème a été résolu par l’emploi de soupapes creuses contenant un liquide (sel fondu). Au début, seule la tige était creuse, actuellement on est parvenu à forger des soupapes dont la cavité intérieure s’étend jusqu’à la tête. Par le va-et-vient incessant de la soupape, le sel fondu qui n’emplit que partiellement la cavité intérieure se trouve projeté en tous sens, et transporte la chaleur depuis la tête jusqu’à la queue, qui, elle, est exposée à l’air, plus rapidement que ne le ferait la simple conductibilité du métal.
- Enfin, le refroidissement des bougies exige aussi quelques soins : l'emploi de bougies de petit diamètre vissées dans la culasse sur une assez grande longueur paraît donner les meilleurs résultats.
- Et pour terminer la question du refroidissement, signalons que dans le système indirect, on a essayé de remplacer l’eau par certains liquides tels que l’éthylglycol bouillant à des températures plus élevées, ce qui permet de réduire la taille et par conséquent le poids du radiateur, mais ce système est resté assez peu employé.
- LA VITESSE DE ROTATION.
- LES RÉDUCTEURS
- Un procédé immédiat pour augmenter la puissance d’un moteur, c’est d’augmenter sa vitesse de rotation. Les premiers moteurs ne tournaient pas à plus de 1.200 à i.3oo tours par minute, on craignait les ruptures d’attelage que pouvaient entraîner les efforts d’inertie considérables imposés aux bielles et manivelles par la masse considérable des premiers pistons qui étaient en fonte. La substitution de l’aluminium à la fonte permit d’augmenter progressivement cette vitesse jusqu'à 1.800 à 1.900 tours il y a une dizaine d’années et depuis la progression n’a fait que croître et on atteint aujourd’hui les chiffres
- de 2.5oo et au delà. Ce qui paraît limiter la vitesse actuellement c’est, d’une part, les possibilités de refroidissement de certains organes tels que le piston, dont nous avons déjà parlé et, d’autre part, la résistance mécanique des ressorts de soupape ; il faut également que la trop grande inertie du ressort n’empêchetpas le rappel de la soupape sur son siège en temps voulu. Quant aux efforts d’inertie que subissent les pièces en mouvement (bielles et pistons), ils entraînent des pressions sur les coussinets qui approchent des charges maximum que peuvent supporter les métaux anti-friction employés. On serait donc obligé de rechercher de nouvelles substances, si l’on voulait encore augmenter cette charge.
- En diminuant la taille des cylindres, on pourrait augmenter les vitesses de rotation sans tomber sur ces divers inconvénients, sauf en ce qui concerne le fonctionnement des soupapes, qu’on pourrait être alors conduit à remplacer par d’autres dispositifs de distribution tels que le type à fourreau ou à tiroir. . En Angleterre, la société Bristol a réalisé un moteur sans soupape de i.Soo ch, le moteur Herculès qui a donné des résultats intéressants.
- Les vitesses de rotation actuelles des moteurs d’aviation imposent l’obligation d’intercaler des réducteurs de vitesse entre l'arbre et l’hélice, si l’on veut obtenir de celle-ci le maximum de rendement. Par une coïn-
- Fig. 4. — Moteur Clerget 14 F, 500 ch à huile lourde.
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- Fig. ü. — Moteur à huile lourde de la Compagnie lilloise de moteurs. (Licence Junkers).
- lumières percées à l'autre extrémité et que découvre l’autre piston servent à l’introduction de l’air de balayage et de remplissage fourni par un compresseur centrifuge.
- Aux États-Unis, des moteurs à huile lourde en étoile à refroidissement par air ont été réalisés il y a quelques années, puis on les a abandonnés. En France, on a construit quelques moteurs Clerget également en étoile et à refroidissement par air.
- Par son taux de compression élevé (environ 15), le moteur à huile lourde fournit le rendement maximum et sa consommation tombe à environ 170 gr au cheval-heure ; par contre, il est sensiblement plus lourd, ses divers organes devant résister à des efforts accrus par la grande valeur de la pression maximum qui atteint 80 kgr. Il ne devient donc intéressant que pour les avions à grand rayon d’action. Cependant, il possède un autre avantage appréciable : celui d’utiliser un combustible ininflammable à l’air libre, ce qui écarte tout danger d’incendie et cet avantage devrait suffire à lui seul, selon nous, à rendre ce type de moteur intéressant.
- cidence assez curieuse, il s’est trouvé que les faibles vitesses de rotation des premiers moteurs étaient précisément celles qui convenaient aux hélices, mais dès que ces vitesses commencèrent à croître, ce fut' au détriment de l’hélice, il fallut donc se décider à interposer un réducteur, du jour où l’augmentation de poids entraîné par celui-ci fut compensée et au delà par le gain de rendement propulsif de l’hélice.
- Les réducteurs d’hélices sont aujourd’hui des organes bien au point qui font partie intégrante des moteurs : ils sont de deux types principaux à engrenages droits ou planétaires, les réducteurs droits étant en principe employés sur les moteurs en ligne et les autres sur les moteurs en étoile. Les rapports de réduction varient suivant les besoins.
- LES MOTEURS A HUILE LOURDE
- C’est en Allemagne qu’est né le moteur à huile lourde du cycle Diesel. C’est en Allemagne également que s’est développée principalement l’application de ce cycle aux moteurs d’aviation et qu’on a construit le seul type de moteur à huile "lourde ayant pu être mis complètement au point et utilisé en service courant : le moteur Junkers.
- Le dessin du moteur Junkers est tout à fait spécial et diffère complètement de ceux des autres moteurs d’aviation : c’est un moteur à deux temps, les cylindres'en ligne sont ouverts aux deux bouts et contiennent chacun deux pistons opposés entre lesquels se produit l’explosion, des lumières percées dans la paroi du cylindre à l’une de ses extrémités et que découvre l’un des pistons, servent à l’échappement, et d’autres
- LES SOLUTIONS NOUVELLES ET SPÉCIALES
- Nous serions incomplets si nous ne disions un mot, en terminant, des différentes solutions déjà essayées ou proposées en dehors des dispositifs classiques.
- Nous avons déjà parlé ci-dessus du moteur sans soupape et de l’avenir qui était sans doute réservé à cette heureuse solution ; pour en donner une idée, la technique étrangère nous a appris récemment que la société Aspin à Bury dans le Lancashire (Angleterre) avait construit récemment un petit moteur 4 temps de 249 cm3 de cylindrée à distribution par tiroir ou boisseau conique tournant disposé dans la culasse et à taux de compression très élevé (i4). Ce moteur, alimenté par de l’essence à 68 d’octane aurait fourni 3i ch à 10.000 tours, soit 124 ch au litre, avec une consommation de l’ordre de n4 gr au cheval-heure.
- Le cycle à deux temps n’a pour ainsi dire jamais été employé dans les moteurs d’aviation. Les moteurs allemands Junkers à l’huile lourde font seuls exception à cette règle. Dans le cas de l’alimentation par injection directe (huile lourde ou essence) le cycle à deux temps peut présenter un certain intérêt.
- On a essayé à différentes reprises de remplacer le dispositif cinématique classique bielle-manivelle par des systèmes d’un autre genre ; en particulier, des moteurs dits en barillets avec transmission du mouvement par plateau oscillant ont pu être réalisés et essayés à diverses époques (moteur Michell) ; on mettait en avant parmi les avantages présentés par ce système, le fait que d’après la disposition des cylindres, le maître-couple du moteur se trouvait diminué en même temps, que sa résistance à l’avancement. Mais l’expérimenta-
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- TABLEAU DES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE QUELQUES MOTEURS D’AVIATION MODERNES
- Nationalité Marque et type Puissance en chevaux Nombre de tours/minute A Rapport de réduction Nombre de cylindres Course et alésage Taux de compression Cylindrée totale Poids par cheval Consommation en essence
- MOTEURS A REFROIDISSEMENT PAR AIR
- En étoile simple
- I Alfa-Roméo 25o 2.200 3.000 9 120 X 135 5 i3,74 1,12 25o
- I Alfa-Roméo 126 RG . 680 2.3oo 2.400 0,655 9 i46 X 19° 6,5 28,628 0,647 240
- 1 Fiat A 5g R 65o 2. i5o 2 000 2/3 9 155,5 X 162 6,5 27,5 o,665 270
- I Isotta-Fraschini 7 C 21 420 2.000 2 100 7 X 54 X !Ô0 6 20,8 0,715 235
- F Lorraine Algol Major. 45o 2 100 9 i4o X J5o 5,6 20,78 0,7.60 240
- F Potez 2ÔO 2.700 o, 76 9 io5 X 125 6 9,76 0,810 23o
- E-U Pralt et Whitney Wasp . 5oo 2.100 9 146 X '46 5,25
- E-U Prat et Whitney Hornet. 75o 2 5oo 9 i55 X 162 5.25
- F Renault 9 Fas 73o 2 o5o 9 i54 X U6 5,5 3o 0,680 255
- A Bristol Pégasus X. g3° 2.2ÔO 1.800 o,5 0,688 9 '46 X '9' 28,7 o,485 220
- E-U Wright Cyclone CR 1820. 1.000 2.200 1 800 9 ‘55,5 X '74,6 6,7 29,5 0,578 ig5
- En étoile double
- A Armstrong-Siddeley Tiger IX 802 2 45o 2. .g5 <4 i3o X '52 32,7 1,48
- F Gnome-Rhône 18 L. 1.4oo 2 i5o 1 600 0,68 18 X 46 X 180 5,5 54,24 0,525 220
- F Gnome-Rhône i4 MO. 670 3.000 4 000 0,71 i4 122 X 1'6 6,5 '8,9 0,375
- F Hispano-Suiza 14 AB. 670 2.400 3.5oo 0,622 i4 x 35 X i3o 6,2 26,o5 0,710 o,58o 245
- F Hispano-Suiza 79-00 . 1 000 2 100 1.55o i4 i55,57 X 170 6,2 45,24 25o
- F Lorraine 18 F Sirius . 1 000 2.300 4 000 0,647 18 i4o X '66 6 45,9 o,65o 240
- E-U Pratt et Whitney Twin-Wasp. goo 2.45o 14 i3g,6 X 139,6
- F Renault i!\ T 01 1.000 2.000 3.900 4 i54 X 176 6,4 46 0,657 290
- En ligne
- F Renault 6 Q 220 2.5oo 4.3oo 6 120 X i4o 6,4 9,49 1 ,°9 295
- En V
- F Renault 12 R 45o 2 5oo 3.65o 12 120 x i4o 6,4 '9 o,g3o 280
- T-S Walter 5oo te -P" O O 1 600 0,66 12 118 X i4o 6,2 ,8,37 0,760 245
- MOTEURS A REFROIDISSEMENT PAR EAU — en \ r
- I Fiat A 33 R C . . . . . 700 2.600 3.5oo 0.68 12 135 X '4o 6 0,7*5 270
- F Hispano Suiza 12 Y 21 . 890 2.4oo 3.6oo 0,66 12 i5o X >70 7,2 36 o,5i8 240
- F Lorraine 12 ROO Sterna . 770 2.575 4 000 o,65 12 148 X i48 6 3o,5 0,612 235
- A Rolls-Royce Kestrel . 645 2.500 4 OOO 0,632 12 127 x *4o 6 21,3 °,7i5 i4i
- A. — Altitude jusqu’à laquelle la puissance est maintenue par le compresseur. A. — Angleterre.
- 1. — Italie.
- F. — France.
- E.-U. — Etats-Unis.
- T. S. — Tchécoslovaquie.
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- lion ne fut pas poussée très loin et abandonnée devant certaines difficultés de mise au point.
- A diverses époques également, on a envisagé et tenté quelques essais partiels d’une machine qui serait au moteur à explosion ce que la turbine à vapeur est à la machine à piston et à laquelle on a donné, par analogie, le nom de turbine à gaz. Dans l’esprit des auteurs de semblables projets, on utiliserait une turbine analogue à la turbine à vapeur, mais en l’alimentant avec des gaz brûlés au lieu de vapeur. L’idée est très discutable, il n’est pas sûr que l’on y gagne en poids, étant donné qu’il faudra adjoindre à la turbine le générateur de gaz brûlés et quant à la forme, aux dimensions et au principe même de ce générateur, il n’existe encore sur tous ces points que des idées toutes théoriques et très peu précises.
- Ajoutons, enfin, que si un semblable générateur était réalisable, on pourrait même se dispenser de la turbine, l’éjection directe des gaz dans l’atmosphère permettant d’assurer la propulsion par réaction, solution qui a, elle aussi, été envisagée au point de vue théorique.
- CONCLUSIONS
- Le développement de la technique des moteurs d'aviation conduit à une augmentation constante de la puissance au litre de cylindrée en même temps qu’à une diminution de la consommation spécifique par l’augmentation du taux de compression et de la vitesse de rotation. Si on ajoute à ces facteurs les recherches constantes dans l’emploi de matériaux plus légers : aluminium, magnésium et leurs alliages, on tend en même temps vers une légèreté de plus en plus grande.
- La technique des combustibles suit et doit continuer à suivre de près celle des moteurs si l’on veut aboutir à de nouveaux progrès.
- La recherche du progrès conduit à des compromis entre des conditions souvent contradictoires, compromis dont le terme final tend vers une spécification de
- plus en plus nette de chacune des caractéristiques d’un moteur.
- Ainsi, en ce qui concerne la disposition générale des cylindres, le type en étoile à refroidissement par air qui est aujourd’hui le plus répandu paraît bien être dès maintenant fixé ne varietur ; le nombre des cylindres varie avec la puissance totale nécessaire ; jusqu’à g, l’étoile est simple, au delà, elle est double.
- La dimension de chaque cylindre arrivera sans doute à se fixer également à une valeur optimum, qui, d’après ce que nous avons vu, serait inférieure à la taille actuellement adoptée afin de permettre d’augmenter encore la vitesse de rotation et le taux de compression sans engendrer des pressions sur les paliers ni des échauffements exagérés.
- Le nombre maximum de cylindres sur un même moteur ne semble pas pouvoir dépaser un chiffre déterminé de l’ordre de i4 pour un moteur en étoile double par exemple ; la puissance maximum par moteur se trouvera donc aussi limitée, et il y a d’ailleurs une autre raison qui impose cette limitation, c’est la résistance de l’hélice aux efforts et aux vibrations quelle subit.
- L’augmentation de la puissance totale nécessaire à un avion s’obtiendra donc par l’augmentation du nombre de moteurs, ce qui est une solution excellente au point de vue de la sécurité. La puissance utile en cours de croisière n'étant jamais qu’une fraction de la puissance maximum dont il est nécessaire de disposer au moment du décollage ou dans une circonstance difficile, on peut même concevoir que sur les gros avions de transport et de combat, un ou plusieurs moteurs soient stoppés en cours de route, les autres étant maintenus à leur régime le plus économique. Dans ces conditions, on pourra enfin réaliser un desiderata exprimé depuis bien longtemps : la surveillance et la réparation des moteurs en cours de vol et on aura fait un grand pas en avant dans la voie de la sécurité.
- Maurice Lamé.
- = LES PLANTES QUI « TUENT » LA VOLONTÉ =
- Périodiquement, à propos de certains procès dont les débats — tels qu’ils nous parviennent — intriguent l’opinion publique, on parle de mystérieuses drogues qui auraient pour effet d’annihiler la volonté chez l’homme. Je voudrais verser quelques témoignages au dossier. Je n’ai jamais rien écrit sur cette- question, en ma crainte de passer pour un naïf, car les faits que je vais exposer comportent tant d’invraisemblances que j’hésite à les consigner.
- Fixé temporairement dans l’intérieur de la Colombie, où je m’occupais de la recherche de l’or, j’avais réussi à me lier d’amitié avec une tribu d’indiens farouches, les Counas, qui, depuis un temps immémorial, repoussaient toutes relations avec les nègres et mulâtres, de langue espagnole, dont les rares villages s’espaçaient, sur les rives des cours d’eau navigables.
- Ces Indiens m’ayant permis de prospecter sur leur ter-
- ritoire, je partis un jour en expédition. Ma pirogue, conduite par deux nègres, emportait, outre nos provisions de bouche, un gros paquet de présents (étoffes, couteaux, haches, miroirs, etc.), destinés aux notables de Yavisa, le bourg d’où je rayonnerais dans les montagnes voisines. Nous l’atteignîmes après une semaine de navigation le long des rivières torrentueuses.
- En l’absence du chef et de la majorité de ses guerriers, partis la veille pour une expédition de chasse, nous nous installâmes dans une paillote. La remontée des innombrables rapides ayant trempé d’qau ma cargaison, je commis l’imprudence d’étaler ma pacotille au soleil, devant la maison.
- Le surlendemain, au retour du chef, nomme Amenigo, je voulus lui montrer les cadeaux... Catastrophe! Le paquet avait disparu du coin de la paillote où il reposait encore
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- à la fin de la journée précédente, près de mon hamac ! Je priai le chef de faire fouiller toutes les maisons; il sourit : mon bien devait être caché quelque part dans la brousse; et il m’assura qu’il serait facilement retrouvé.
- L’expérience prit place le jour suivant. Elle m’était déjà connue par ouï-dire ; je savais que les sorciers indiens se servent d’une certaine plante pour plonger un homme dans une sorte de catalepsie, qu’il perd alors toute volonté et qu’il est livré pieds et poings liés à la suggestion hypnotique. On m’avait dit aussi que la drogue ne donne de résultats que si on l’administre à un individu de race pure (Indien, blanc, nègre) et qu’elle reste sans effet sur un mulâtre ou sur un métis. Je savais encore que les Counas imposaient cette épreuve aux jeunes gens, avant de les élever au grade de guerrier.
- Les choses se passèrent comme je vais les décrire sommairement. Un vieillard, le « prêtre-médecin » de la tribu, amène dans la paillote du chef un jeune homme auquel ce dernier fait subir un bref interrogatoire, d’où il résulte que l’adolescent est fier de subir l’épreuve. Il boit la décoction que lui tend le sorcier et que l’on a préparée devant moi : le seul ingrédient que l’on a plongé dans l’eau bouillante est une liane mince, portant de petites feuilles assez semblables à celles du lierre; l’eau s’est colorée d’un rouge vermillon.
- A peine le futur guerrier a-t-il avalé la dernière goutte, qu’une étrange torpeur l’envahit. Il s’écroule sur le sol, où il paraît dormir d’un sommeil normal qui durera une quinzaine de minutes. Avant son réveil, on lui noue aux épaules deux cordes longues de 2 m environ et dont deux hommes robustes saisissent le bout libre.
- Soudain, hurlant un cri terrible, le patient se met debout, d’un bond ; ses traits sont convulsés ; le visage est méconnaissable. Et, franchissant la porte, il entraîne ses gardiens, qui s’efforcent de ralentir sa course folle, sans trop gêner ses mouvements. Nous les suivons, Amenigo, le sorcier et moi.
- Je ne tarde pas à remarquer que l’hypnotisé a perdu toute conscience du péril : si les deux hommes cramponnés aux cordes ne le retenaient au bord d’un précipice, il s’y jetterait tête baissée. J’ai l’impression que la « force » qui s’est substituée à sa volonté lui commande de suivre une ligne droite qui chevauche les obstacles. Enfin, j’observe que la peau de son corps nu reste mate et sèche, ce qui semble prouver qu’il ne ressent aucune fatigue physique, tandis que les guides, mes deux compagnons et moi, sommes hors d’haleine et ruisselants de sueur.
- Après quelque 20 mn de course forcenée, le jeune Indien s’arrête brusquement en face d’une touffe d’arbrisseaux qui masque une excavation naturelle, à la base d’un mur de rochers : la toile blanchâtre de mon paquet y fait tache dans la pénombre. Je vais exprimer ma surprise et ma satisfaction, quand le jeune homme, poussant un cri, s’écroule d’une seule pièce, sans connaissance. L’incident était prévu; sortant de son pagne une gourde minuscule, le sorcier lui en fait avaler de force le contenu : un antidote qui doit dissiper rapidement les effets du premier breuvage. Le dormeur se met à divaguer, à la façon d’un somnambule ; et je m’explique pourquoi les autres Indiens prêtent une oreille attentive, à l’incohérence de ses propos : il voit des choses, m’assure le chef, qui se passent au loin; et ce sont les esprits qui parlent par sa bouche...
- Une seule de ses « visions » m’intéressait personnellement : il voyait flamber le village espagnol de Ganatchipi, proche de celui que j’habitais en temps normal, annonce que j’accueillis avrec le scepticisme qu’elle semblait mériter.
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- Et il se redressa doucement, après 10 ou 12 mn de sommeil, aussi frais et dispos que s’il se fût réveillé dans son hamac...
- Or, deux semaines après cette inoubliable journée, je regagnais ma base, et j’appris que Ganatchipi n’était plus qu’un amas de cendres; en rapprochant les dates, je dus reconnaître que l’incendie sévissait au moment même où le somnambule nous le décrivait... Et je 11e crois pas que l’on puisse recourir ici à l'explication trop facile de la (( coïncidence ».
- La république d’Haïti, peuplée de descendants d’esclaves que les négriers importèrent de la Côte de Guinée, est la terre d’élection d’une religion africaine et fétichiste, le Vaudou, que de nombreux habitants professent en secret. J’ai pu l’étudier d’autant mieux que, pendant un long séjour en notre ancienne colonie de Saint-Domingue, je me mêlais assidûment aux indigènes et à leurs manifestations.
- Dans ces milieux, j’entendais souvent parler des zombis; je vais résumer ce que ces propos m’apprirent, en me gardant bien d’en attester la véracité :
- Quand un planteur veut se procurer un esclave, il s'adresse à un papa-loi (littéralement, en patois créole, maître des esprits), qui jette son dévolu sur un homme jeune et robuste. L’élu ne tarde pas à tomber malade, grâce à la complicité d’un adepte du Vaudou qui trouve le moyen de lui faire avaler quelque drogue, en l’invitant à boire un verre de lafia. Il ne s’agit encore que de le contraindre à s’aliter, en lui infligeant une maladie bénigne. Son état empire progressivement. La famille alarmée fait appel à la « science » du papa-loi., qui se plaint d’être convoqué bien tard.
- Après quelques jours de te traitement », l’infortuné rend le dernier soupir, selon toutes apparences. En réalité, il ne s’agit que d’une léthargie de forme spéciale. Les funérailles sont célébrées. Au milieu de la nuit suivante, le sorcier et le planteur déterrent le soi-disant défunt, qui ne reprendra ses sens que sur la lointaine plantation où les deux complices l’auront transporté à dos de cheval.
- Devenu désormais zombi, il a perdu pour toujours sa personnalité, avec sa mémoire. Il mangera, boira, dormira comme tous les autres êtres humains; mais il n’aura plus de volonté propre : son maître pensera pour lui. En somme, il sera rabaissé au rang des animaux domestiques et travaillera machinalement sur la plantation, sans jamais échanger des mots avec âme qui vive et, naturellement, sans jamais réclamer son salaire. Ses traits de visage n’ont pas subi de modifications ; mais les yeux perdent tout éclat et le teint devient grisâtre, ce qui est la pâleur chez le nègre. Il ne peut rentrer en possession de ses facultés que dans une seule circonstance : s’il avale du sel. Le dieu suprême du Vaudou, Dhamballa-Ouédo, a ce minéral en horreur, et son absorption par le « mort-vivant » chasse de son corps les forces infernales qui tenaient son âme ligotée. Aussi les planteurs qui possèdent des zombis ont-ils soin de ne pas laisser traîner du sel à la portée de ces malheureux.
- C’est à titre documentaire que je viens d’enregistrer tous ces racontars, auxquels je ne puis apporter qu’un vague, semblant de preuve. J’avais employé comme jardinier, pen-; dant deux ou trois Semaines, un brave nègre âgé d’une trentaine d’années, qui s’appelait Clairon Tambour (les paysans haïtiens ainient de tels assemblages de noms). J’appris sa mort quelque huit mois plus tard, de la bouche d’un habitant de son hameau : il avait succombé à une maladie de langueur.
- J’aimais, les jours de loisir, chevaucher dans l’intérieur du pays. Il m’arriva de m’égarer dans une région monta-
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- gneuse et, sous la menace d’un orage, je me mis en quête d’un abri. Apercevant une plantation de caféiers à quelque distance, j’en pris le chemin. Un nègre, à demi-nu sous ses haillons, sarclait au pied d’un arbre; sa silhouette me rappelant mon ancien jardinier, enterré depuis des mois, je me surpris à sourire : un Haïtien, à ma place, aurait cru voir un zombi! Je poussai plus près mon cheval et, par mesure de plaisanterie, je criai : « Clairon Tambour! » L’homme redressa lentement la tête, au son de ma voix, et j’eus l’impi-ession très nette que ses traits étaient ceux du « défunt » ; mais les paupières s’ouvraient sur des yeux vides de regards ; au visage comme aux membres nus, la
- peau offrait cette teinte ardoisée que m’avaient signalée mes informateurs. J’avoue que je fus désagréablement impressionné. Certes, ma raison d'Européen admettait qu’il ne pouvait s’agir là que d’une ressemblance fortuite; mais, à mon insu, je subissais l’influence de cette ambiance africaine qui m’avait imprégné, depuis trois ans que je fréquentais les indigènes.
- Le nègre ne répondait à mes questions que par des sons inarticulés. Zombi ou non, il était manifestement atteint de démence. Préférant l’accompagnement de l’orage au contact d’un fou, je renonçai à poursuivre mon enquête et me remis en roule. Victor Forbix.
- LE MACHINISME DANS LA LAITERIE
- LA BEURRERIE ET LA FROMAGERIE
- Depuis le xixe siècle, le machinisme envahit, peu à peu, tous les domaines de l’activité humaine. En effet, l’emploi rationnel de la vapeur, du gaz et de l’électricité comme force motrice a permis notamment d’intensifier la production dans les usines ou ateliers tout en diminuant la fatigue des ouvriers. A leur tour, les campagnards ont bénéficié, mais plus tardivement, du progrès mécanique. En particulier, l’introduction récente des machines dans certaines industries agricoles a changé l’aspect des laiteries, beurreries et fromageries, qui ne ressemblent plus guère aux petites exploitations similaires de jadis.
- GRANDES LAITERIES MODERNES
- Autrefois, les grandes agglomérations citadines se procuraient le lait nécessaire à l’alimentation de leurs habitants uniquement chez des vachers dont les éta-
- Fig. 1. — Réception des bidons de lait dans un dépôt de ramassage.
- blés se trouvaient dans les villes mêmes ou à proximité. Mais aujourd’hui, grâce au chemin de fer et à l’automobile, on va chercher en pleine campagne, dans des fermes éloignées, le lait nécessaire aux villes. Pour la région parisienne, par exemple, il existe actuellement plus de 200 dépôts de ramassage (fig. 1) dont certains se trouvent parfois à 2Ôo km de la capitale. Chacun de ces établissements ramasse les bidons dans un rayon de i5 km environ, une ou deux fois par jour, suivant la saison. Ici commencent les traitements mécaniques qu’on fait subir au lait, soit qu’on le consomme à l’état frais, soit qu’on veuille le vendre concentré et sucré, soit sous forme de poudre sèche mise en boîtes métalliques. La plupart des sociétés importantes fabriquent à la fois les différentes catégories de produits laitiers : laits divers, beurre et même_ fromages.
- Dans les dépôts français de ramassage, que les grosses maisons possèdent dans les principales régions laitières, on commence d’abord par filtrer le contenu des bidons, puis on le pasteurise (fig. 2) et on le refroidi avant de le remettre soit encore en bidons, soit dans des wagons-citernes calorifugés pour l’amener par voie ferrée jusqu’aux centres importants de consommation. Dans ce dernier cas, on transvase le lait dans d’autres vases remplis au moyen de pompes et de toutes façons, il parvient le plus souvent aux laiteries industrielles dans des pots métalliques qu’on pèse à leur arrivée au moyen de balances automatiques.
- Conservation du lait------On déverse alors
- le liquide de tous ces récipients dans de vastes bacs d’une contenance de 5oo à 2.5oo litres environ. Si l’on veut simplement conserver le lait pendant 3 ou 4 jours en vue de sa vente immédiate à l’état frais, on le pasteurise à nouveau, c’est-à-dire qu’on le chauffe au moyen de la vapeur, à une température de 8o°-85° dans une étuve en cuivre étamé. A sa sortie du pasteurisateur,
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- on envoie le lait dans des réfrigérants qui l’amènent à des températures variant entre x2° et 5°, puis on le met, soit dans des bidons de io, 16, 20 litres, soit dans des bouteilles en verre ou en carton imperméabilisé dont la contenance est généralement d’un litre ou d’un demi-litre. Les opérations de remplissage, de capsulage et de fermeture de ces vases s’effectuent maintenant à l’aide d’ingénieux appareils (fig. 3). Les bouteilles arrivent vides devant l’ouvi'ier qui commande chacune de ces machines puis il les dispose, petit à petit, sur les têtes de pistons cylindriques installés, de distance en distance, sur le pourtour d’un plateau tournant. En actionnant une pédale d’embrayage, cet homme provoque, d’une part, un mouvement de rotation du plateau tandis que chaque bouteille vient en même temps, se placer successivement sous les orifices correspondants d’un réservoir à lait situé juste au-dessus. Ces conduits se débouchent lorsque chaque fiole vide s’arrête au-dessous d’eux et se ferment quand celle-ci est remplie. Au fur et à mesure, le conducteur remplace une bouteille pleine par une vide et la met sur une courroie sans fin qui l’amène à un de ses collègues se tenant devant une sertisseuse mécanique. Certaines de ces dernières peuvent boucher i.5oo bouteilles de lait à l’heure.
- Dans les laiteries modernes, on conserve encore le lait frais au moyen de la stassanisaiion ainsi appelée du nom de son inventeur, le Dr Stassano, pi’ofesseur à l’Institut agronomique et bactériologique de Strasbourg. Cette méthode consiste, en principe, à faire passer pendant i5 s le lait en couches très minces dans des tubes à double paroi chauffés par la vapeur d’eau à 76°, puis à le refroidir à ii°-i2°. La stassanisation consomme moins de vapeur, de force motrice et d’eau que la pasteurisation. En outre, comme le traitement s’opère dans un système de tuyaux fermés, il ne change ni l’odeur, ni le goût naturel, ni la teneur du lait en vitamines et s’il modifie très peu, du reste, sa composition chimique, il anéantit sa flore bactérienne ordinaire, en particulier les colibacilles et les bacilles de la tuberculose.
- Laits concentrés et en poudre. — Quant à la préparation du lait concentré sucré, elle ne s’industrialisa qu’à la fin du xixe siècle. A la suite des travaux de l’Anglais Newton, Gail Borden fonda aux Ëtas-Unis la première fabrique de ce genre, puis un de ses compatriotes, Page, consul américain à Zurich, s’associa avec le chimiste H. Nestlé pour installer à Cham, sur les bords du lac de Zug (Suisse), une usine qui contribua beaucoup à vulgariser l’emploi de ce produit lacté, en Europe, comme nourriture des enfants. Depuis la guerre mondiale, la consommation de cet aliment n’a cessé de s’accroître. Ainsi la France, à elle seule, en produit annuellement 170.000 quitaux d’après l’excellent ouvrage publié en ig36, sur Le lait concentré par le Dr G. Paisseau, médecin des hôpitaux de Paris.
- Dans les phases successives de son élaboration et vu son extrême fragilité, cette matière première exige
- Fig. 2. — Bacs de réception et étuve de pasteurisation du lait dans une grande firme suisse.
- un contrôle scientifique permanent depuis l’étable jusqu’à l’usine, de façon à fournir des laits industriels standardisés, c’est-à-dire ayant une composition rigoureusement constante. Il faut, en conséquence, y ajouter ou en retrancher de la crème selon les résultats des analyses chimiques.
- Au cours de la fabrication, qui comporte quatre opérations successives (pasteurisation, concentration par ébullition dans le vide après addition de sirop de sucre, refroidissement du lait concentré et mise en boîtes hermétiquement close), le machinisme joue un rôle de premier plan. D’abord, après un filtrage préliminaire, on pasteurise le lait frais dans des appareils tubulaires permettant un chauffage modéré et uniforme. Comme sucre, on utilise le saccharose, sucre de canne ou de betterave qu’on solubilise et qu’on stérilise. Ensuite, on dirige le sirop de sucre, en même temps que le
- Fig. 3. — Machine à remplir et capsuler les bouteilles de lait frais pasteurisé.
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- Fig. 4. — Batterie de vacuums, chaudières pour la concentration du lait par ébullition dans le vide après addition de sirop de sucre (Préparation de lait concentré sucré).
- lait pasteurisé, vers le vacuum (fîg. 4)- Dans cette vaste chaudière où règne le vide et dont la capacité varie entre 7.000 et 20.000 1, le mélange liquide bout avec violence, sans que la température dépasse 5o°-55°. On maintient l’ébullition jusqua ce que le degré de concentration atteigne 2,6. En ce cas, et si l’on a ajouté 16 pour xoo de saccharose, 1.000 1 de lait frais fournissent environ 385 kgr de lait concentré sucré.
- Au sortir du vacuum, on refroidit le liquide dans des appareils spéciaux où on le brasse pendant plusieurs heures afin de provoquer la solidification du lactose en cristaux assez petits pour donner au mélange une texture homogène. Après refroidissement, le lait concentré sucré arrive aux machines à remplir qui le mettent automatiquement dans des boîtes métalliques que des sertisseuses mécaniques coiffent d’un couvercle étanche. Le machinisme intervient presque seul dans toutes ce s opérations faites avec un soin méticu-
- Fig. 5. — Machine à bluter le lait en poudre.
- leux. Pour éviter toute souillure du produit, on réduit au minimum le contact du lait avec l’air extérieur, on prend des tuyaux d amenée en métaux inaltérables qu’on nettoie, en outre, journellement ainsi que les appareils.
- De son côté, dès i8i3, Appert songea le premier à éliminer la presque totalité de l’eau dans le lait, qu'il obtint sous forme de masse pulvérulente renfermant seulement 4 pour 100 d’humidité. Mais c’est Just Harts-maker qui créa l’industrie du lait sec en inventant un procédé de transformation pratique, il faisait passer le lait en lamelles entre deux cylindres tangents chauffés à no0 et la dessiccation s’effectuait d’une manière instantanée. Toutefois, quand on dissout cette poudre dans l’eau, le violent coup de feu qu elle a subi provoque un précipité insoluble de caséine. Aussi Eckenberg chercha à atténuer l’action calorifique en utilisant des sécheuses à cylindre qui opéraient sous vide. Plus récemment, Bévenot et Neveu ont fabriqué une poudre blanche qui se dissout en donnant un liquide très homogène. La méthode employée par ces techniciens consiste en principe à pulvériser le lait en fines gouttelettes, puis à l’envoyer dans une chambre qu’un courant d’air sec et chaud porte à la température de 6o°. On tamise la masse pulvérulente ainsi obtenue dans des blutoirs (fîg. 5) assez analogues aux appareils similaires employés en meunerie et on la conserve en sacs, dans des magasins bien secs, en attendant sa mise dans des boîtes étanches qu’il faut effectuer peu de temps après. La plupart des laiteries industrielles utilisent maintenant ce procédé, plus ou moins modifié dans ses détails, pour préparer des laits secs dont l’état de siccité assure la bonne conservation mais qui s’altèrent sous l’action des germes vivants qu’ils renferment, si on tarde à les employer après leur humidification. Enfin les laits secs provenant de produits non écrémés rancissent vite au contact de l’air par suite de l’oxydation de leur matière grasse.
- LE MACHINISME EN BEURRERIE
- Depuis la création des coopératives laitières de France, dont l’initiative est due à Eugène Biraud, cultivateur à Surgères (Charente-Inférieure) et remonte à 1888, les spécialistes ont reconnu l’importance du machinisme pour obtenir à meilleur compte des beurres fins. Aussi dans les x34 laiteries coopératives françaises qui groupent aujourd’hui 87.694 chefs d’exploitations agricoles en Charente-Inférieure, dans les Deux-Sèvres, en Vendée, dans la Vienne, l’Indre-et-Loire, la Charente, la Gironde, la Loire-Inférieure, l’Indre et la Dordogne ainsi que dans les beurreries industrielles du Danemark, d’Allemagne ou des Etats-Unis, on voit fonctionner diverses machines très perfectionnées et d’un rendement rémunérateur. Ces usines plus ou moins importantes reçoivent le lait dans des bidons métalliques ordinaires et on s’y sert encore de barattes ou d’écrémeuses, mais fort différentes des appareils de jadis. La conduite des opérations se fait également d’une manière scientifique. A Isignv, par
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- Fig. 6. — Beurrerie : grandes barattes électriques pour transformer la crème en beurre.
- exemple, la patrie du meilleur « crû » de beurre du monde, on prélève les meilleurs ferments des laits de la région et on les ensemence dans des crèmes centrifugées et stérilisées par un chauffage suffisamment prolongé. On maintient ensuite les crèmes à fermenter, dans de volumineux bains-marie et à la température reconnue la meilleure pour que l’acidification s’opère normalement, le mélange crémeux acquiert alors ce délicieux « bouquet », si prisé des amateurs.
- Dans les laiteries industrielles de Suisse, après réfrigération, ces crèmes sont envoyées d’ordinaire dans d’énormes barattes électriques (fig. 6), à l’intérieur desquelles des agitateurs les fouettent énergiquement. Au bout d’une demi-heure, l’ouvrier baralteur coupe le courant et le beurre se trouve fabriqué. Il ne reste plus qu’à ouvrir le robinet de vidange pour évacuer l’eau de lavage tandis que « lait de beurre » s’écoule dans un rigole collectrice. Puis après avoir lavé, à plusieurs reprises, le bemre encore mou et spongieux, on ouvre la baratte. Alors un dispositif mécanique provoque la mise en marche de deux rouleaux cannelés qui, tournant en sens inverse, compriment la masse de beurre entre leurs dents d’engrenage, par suite de la rotation d’un tambour. Ce système de baratte joue, en quelque sorte, le rôle d’une roue à augets chargés d’alimenter les organes de broyage. Au bout de peu de temps, le délaitage est complet. On retire du tonneau du beurre parfaitement pur qu’on débite parfois à l’aide d’un fil à découper spécial annexé à une bascule automatique. Tantôt on le partage en mottes de io kgr lorsqu’on l’expédie par wagons frigorifiques vers les halles centrales des grandes villes, tantôt on le divise en pains d’une livre, d’une demi-livre ou d’un quart de livre, si on le destine aux petits marchés locaux (fîg. 7).
- Dans les beurreries importantes fonctionnent également de très originales mouleuses-enveloppeuses. Ces machines réalisent non seulement une notable économie de main-d’œuvre, mais aussi un grand progrès hygiénique puisqu’elles permettent de soustraire presque complètement le beurre aux mains des ouvrières. Un homme prend les mottes dans le magasin puis les porte au fur et à mesure dans l’entonnoir de la mouleuse. Dès son entrée dans celle-ci, deux hélices s’emparent du beurre et l’acheminent par l’ouverture d’une filière vers une goulotte inclinée. Un découpeur automatique (ou parfois un découpeur à main) sectionne alors la barre de beurre en morceaux de ia5 gr ou d’une livre suivant le réglage préalable de l’engin. Ces pains roulent ensuite vers l’entrée du dispositif d’enveloppage, qui conduit successivement chacun d’eux jusqu’à une des alvéoles vides garnissant le pourtour d’une table métallique rotative. Celle-ci tourne par saccades et à son premier arrêt, le pain de beurre s’introduit dans la forme vide ; au
- deuxième, il subit un contrôle puis il reçoit une marque ; à la troisième station, un doigt métallique l’éjecte et finalement il sort tout enveloppé.
- D’ordinaire, près de chaque empaqueteuse se lient une ouvrière assise devant une table. Elle s'empare des pains et en pèse quelques-uns, de temps en temps, afin de les vérifier par surcroît de précautions car la machine doit éliminer automatiquement tous les paquets qui diffèrent de 1/2 gr du poids fixé.
- D’autres types de machines similaires moulent et enveloppent des rouleaux de beurre de 4o gr. Ce travail, très pénible à la main, s’exécute rapidement, grâce à elles, avec une propreté et une exactitude remarquables à raison de 60 à 65 rouleaux par minute.
- Fig. 7. — Déconnage automatique et pesage des mottes de beurre dans une coopérative industrielle.
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- LE MACHINISME DANS LES FROMAGERIES
- Jadis l'Emmenthal venait presque exclusivement de la Suisse ; ce savoureux fromage se distingue du Gruyère par son poids plus considérable et sa pâte plus grasse ; aujourd'hui des fromages de même qualité se fabriquent aussi dans les hautes montagnes du Jura français. Voici, par exemple, une fromagerie récemment installée au Russey (Doubs) et pourvue d’un outillage mécanique très moderne, qui remplace une main-d’œuvre, de plus en plus défaillante. Les fermiers des environs y amènent leur lait, deux fois par jour et à son arrivée, on l’écrème légèrement, puis on le verse dans une de ces énormes chaudières en cuivre de 5oo à 800 1 de capacité qui se trouvent dans une grande salle de fabrication. Ces récipients de forme hémisphérique sont chauffés à feu nu ou par circulation de vapeur ; quand la température du lait atteint 290 à 3o° en été, 3o° à 33° en hiver, le fromager y verse de la présure, arrête la chauffe et surveille la marche de l'opération. Il ob serve, de temps en temps, le degré de caillage et une fois le « caillé » à point, il promène le tranche-caillé dans sa masse. Cet outil est une sorte de raquette à fils de laiton que l’on peut raidir à volonté grâce à des oi'eilles faisant office de tendeur et qu’un manche en bois permet de manœuvrer. En promenant le tranche-caillé dans la chaudière pendant une quinzaine de minutes, l'ouvrier divise la masse coagulée
- Fabrication du fromage « Mon Chéry » à Ostheim (Haut-Rhin). Salle des centrifugeuses.
- en morceaux de la grosseur d’une noisette. Il laisse le tout reposer quelque temps. Après quoi, il procède au brassage. Cette opération se pratique surtout main-lenant à l’aide d’un brassoir mécanique, destiné à diviser le caillé tout en égalisant son grain (fig. 8).
- Après une demi-heure environ de brassage, on réchauffe puis on éteint le feu et on abandonne le « caillé » qui se rassemble au fond de la chaudière. Le fromager plonge alors une toile dans cette dernière et après avoir laissé écouler le petit lait, il retire la poche remplie de caillé que, grâce à un moufle mobile, il transporte jusqu’à un des moules disposés sur une étagère à proximité des cuves. Il place alors la toile et son contenu dans le moule circulaire, qui repose sur un foncet en bois. Après avoir serré le cercle, il place sur celui-ci un autre foncet également en bois et il actionne la presse de façon à exercer, sur le caillé ainsi encerclé, une pression allant progressivement de 4 kgr à 12 kgv par kilogramme de fromage. Un quart d’heure après la mise sous presse, on procède à un premier retournement suivi de deux autres à un quart d’heure d’intervalle, en remplaçant chaque fois la toile précédente par une toile propre et humide. A partir du quatrième retournement, on substitue à celle-ci une toile sèche. On opère ainsi dans la journée trois ou quatre manipulations similaires en ayant soin d’égaliser chaque fois les bords avec un couteau et, le lendemain matin, après avoir effectué un septième ou un huitième retournement, on marque chaque fromage qu’on pèse ensuite et qu’on porte au séchoir pendant un jour ou deux. Des poulies, treuils et autres
- Fig. S. — Fromagerie : salle de fabrication de l’Emmenthal à la fromagerie du Russey (Doubs)
- Le premier homme à droite observe le degré du caillé de la pâte. Le second manœuvre le « tranche-caillé ». Dans la troisième cuve, un brassoir mécanique divise le « caillé » et en régularise le grain.
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- Fig. 10. — Salle de moulage et d’emballage à la fabrique de u Mon Chéri) » à Ostheim (Haut-Rhin).
- engins de levage commandés électriquement facilitent toutes ces manœuvres.
- De là, les fromages sont salés puis, après égouttage, on les met dans une cave froide où des micro-organismes anaérobies vont commencer leur maturation. Les fermènts lactiques en s’attaquant au lactose provoquent un dégagement gazeux, qui détermine des (t yeux » dans la masse tandis que les Tyrothrix contribuent à faire acquérir à la pâte une saveur particulière.
- Après i5 jours passés dans la cave froide, on dispose les fromages sur des tablars ou planches en bois dans une cave chaude dont on fait varier la température de i6° à 20° centigrades et le degré d’humidité de 85° à g5° degrés hygrométriques. Pendant leur séjour dans cette ambiance, on continue à donner divers soins aux Emmenthals (salages, retournages, brossages, etc.). Trois mois plus tard environ, ils sont bons pour l’expédition.
- Dans l’usine d’Ostheim (Haut-Rhin), où se prépare le a Mon Chéry », la salle où s’alignent les centrifugeuses (fig. g) ressemble plutôt à un atelier qu’à une fromagerie tandis que dans la salle d’expédition, des mouleuses et des empaqueteuses perfectionnées donnent mécaniquement à cet excellent fromage alsacien une très coquette présentation (fig. io). Enfin le machinisme s’implante aussi maintenant jusque dans les caves du pittoresque village de Roquefort (Aveyron) où s’affine le fromage veiné de marbrures bleues, si cher au palais des gourmets ! (fig. ii).
- Après avoir mis le « caillé » du lait de brebis dans des « fesseles » ou moules spéciaux percés de trous et l’avoir laissé sécher, on l’ensemence avec de la poudre de pain moisi et on place les fromages ainsi réalisés dans des caisses à claire-voie dites « gagets », puis on les amène jusqu’aux caves d’affinage. Là des « caba-
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- nières » frottent leur pourtour et leur face supérieure avec du sel, les posent à terre par groupe de trois et les retournent dès le lendemain pour les saler sur l’autre face. Elles les empilent ensuite par trois. Deux jours après, vient le frottage avec xine toile et le brossage ayant pour but d'enlever le « pègot » ou couche gluante qui se forme à leur surface. On présente alors les fromages sous la machine à piquer, qui les transperce au moyen de longues aiguilles. Celte perforation de la pâte augmente la rapidité de la maturation en favorisant le développement du Pénicillium, moisissure mici’oscopique productrice des belles veirxes bleues.
- Lne fois ces opérations terminées, on descend les fromages dans les caves pi’oprement dites qui ont souvent plusieurs étages et où ils séjournent au moins a mois avant d’être « à point ». Pendant ce temps, ils se l’evêtent d’un duvet de moisissure blanche et épaisse et les cabanières doivent procéder plusieurs fois au « revirage », c'est-à-dire au « rasage » périodique de celte « barbe » sans cesse renaissante.
- Après achèvement de lexxr affinage, dans ces vastes souterrains creusés sous les plateaux désertiques du Larzac et dotés d’un outillage moderne, les fromages peuvent s’expédier sans craiixte des rivaux. Les vx-ais gastixxnomes ne sauraient, en effet, les confondre avec les « Bleus » d’Auvergne, du Rhône, de l’Isèi'e et des Hautes-Alpes préparés selon un mode de matui'ation à peu près identique, mais avec du lait de vache. Même dans divers pays comme aux États-Unis où, le machinisme aidant, on a essayé récemment de fabriquer en série du Roquefort avec du lait de brebis et selon les procédés aveyronnais standardisés, on n’a pas pu réussir à détrôner le « Roi des Fromages » !
- Jacques Boyer.
- Fig. tl. — Brossage et piquetage mécaniques de fromages dans une cave d'affinage de Roquefort {Aveyron).
- fromage
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- = LES TREMBLEMENTS DE TERRE =
- QU’APPELLE-T-ON ONDES ET TRAJECTOIRES SÉISMIQUES ?
- Les effets des tremblements de terre perceptibles à nos sens sont les seuls qui nous frappent et dont il nous est donné de garder le souvenir.
- Pour les séismologues, ce qui les intéresse, ce sont les manifestations des soubresauts de notre globe s’inscrivant avec beaucoup de détails sur les feuilles enregistreuses des séismographes. En effet, grâce à ces indications, ils ont pu se convaincre que certaines vibrations cheminent à l’intérieur de notre planète en suivant de multiples trajectoires, elles-mêmes influencées par la nature intime des matériaux qui la constituent. A leur sens, les secousses et les trépidations du sol qui causent dans certains pays des dégâts matériels irréparables et qui jettent presque toujours l’effroi chez le vulgum pecus deviennent leurs précieuses collaboratrices dans l’étude de la constitution même de notre globe. Elles leur apportent, comme s’ils avaient devant eux un livre ouvert, la possibilité de lire dans les couches profondes du sol. Encore faut-il qu’ils soient en mesure, en raison de leur compétence en la matière, de saisir et de déchiffrer cet amas d’éléments nouveaux qui constituent bien souvent de véritables énigmes.
- A première vue, on inclinerait à croire que ces faits doivent rester à jamais l’unique apanage des séismologues de nos observatoires. Heureusement, il n’en est rien, car les notions qui se dégagent du phénomène envisagé sont à la portée de tous ceux qui sont désireux d’y prêter attention.
- I. — Les ondes séismiques : les courtiers annonçant le séisme. — Un séisme prend naissance en un point du globe désigné sous le nom de foyer ou hypocentre. Il s’agit là d’une idéalisation du phénomène, car la dislocation des couches souterraines peut se produire sur une certaine longueur ou sur une surface plus ou moins étendue.
- L’ébranlement se propage dans toutes les directions et va de proche en proche tout en s’atténuant avec la distance au foyer. Un point agité par le passage de cet ébranlement subit deux sortes de vibrations.
- Les ondes longitudinales P se déplacent dans le sens de la propagation tandis que les ondes transversales ou ondes de cisaillement S correspondent à des vibrations perpendiculaires à cette direction ; elles sont moins rapides que les précédentes : on dirait qu’elles perdent du temps par ce fait que la matière oscille dans un sens perpendiculaire à la direction suivie. Naturellement, cette différence de vitesse entraîne un retard dans la transmission des ondes S sur les ondes P et ce retard est d’autant plus grand que le centre d’ébranlement est plus éloigné. En une station séismologique quelque peu distante de l’épicentre du séisme, les ondes longitudinales s’inscrivent les premières sur les séismogrammes tandis que les ondes transversales n’arrivent qu’en second lieu. Les sym-
- boles qui les caractérisent tirent d’ailleurs leur origine de l ordre même des arrivées.
- On peut comparer les ondes en question à de simples courriers venant annoncer au séismologue qu’une convulsion terrestre vient de se produire au point même d’où ils sont partis. Ces courriers, qui sont sans compétition, sont d’une étonnante curiosité : ceux qui, au départ, sont désignés par la lettre P arrivent toujours les premiers, tandis que les autres, les S, se classent toujours les seconds. Événement heureux pour nous puisque c’est de la connaissance du retard des S sur les P que l’on peut déduire aisément la distance de l’épicentre. D’un autre côté, comme les courriers P se déplacent dans la direction même de la propagation, il font connaître la direction de l’épicentre.
- A côté des ondes P et S que nous avons envisagées, les séismogrammes révèlent l’existence d’une troisième sorte d’ondes, les longues ondes que l’on désigne par la majuscule L. Elles ont de grandes amplitudes et elles s’inscrivent après les deux premières : ce sont les courriers les plus lents. On les appelle aussi ondes superficielles, parce que contrairement aux P et aux S se propageant au sein du globe, elles se déplacent dans une mince couche à la surface de la Terre.
- IL — Trajectoires des ondes séismiques ou che= mins suivis par les courriers séismiques. — Considérons d’abord les ondes P. L’expérience apprend que leur vitesse de propagation croît avec la profondeur, d’où l’on tire cette conséquence que la trajectoire qu’elles suivent est curviligne et concaue vers la surface du sol. Parmi celles qui arrivent à une station séismologique distante de 5.ooo km de l’épicentre (fig. i) on en distingue qui s’y rendent directement ; par contre, d’autres n’y arrivent qu’après réflexion sur la surface terrestre : telles, par exemple, celles qui se sont réfléchies à la station à 2.5oo km pour pénétrer à nouveau (trajectoire en traits interrompus) dans l’intérieur du globe avant d’atteindre la station qui se trouve à 5.ooo km.
- Suivant la notation internationale, les ondes réfléchies se représentent par la répétition du symbole qui les caractérise. Celles qui sont réfléchies deux fois sont donc désignées par PP, celles qui le sont trois fois par PPP et ainsi de suite.
- Les ondes S ont une histoire analogue aux ondes P. Quant à celles dites longues ou les L, elles comprennent des ondes de diverses natures qui ont été étudiées par Rayleigh et Love ; leur propagation se fait dans une couche terrestre superficielle dont la profondeur est de l’ordre de 60 km.
- Comme on le voit sur un séismogramme enregistré à la station située à 5.ooo km de l’épicentre, les premiers courriers P sont suivis de leurs semblables PP (ondes longitudinales), lesquels ont fait un détour et ont perdu du temps à se réfléchir à 2.5oo km ; ils
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- semblent vouloir dire : c’est la deuxième fois que nous venons annoncer la nouvelle. Les premiers courriers S suivent les premiers P à 5 mn 1/2 d’intervalle ; le séismologue qui a recours aux tables internationales constate que cette durée correspond à une distance épicentrale de 5.000 km. Viennent ensuite les courriers SS, puis enfin les L qui, comme nous l’avons dit, sont les plus lents.
- Plus une station est éloignée et plus les séisinogrammes s’étalent, ce qui, du point de vue scientifique, estv extrêmement précieux encore que très complexe. Les multiples ondulations ne sont pas seulement l’effet des trois sortes de mes-
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- Epicentre | OKm iqqq
- Fig. 1. — Schéma de la propagation des ondes séismiques à travers le globe terrestre. Séismogrammes correspondants.
- sagers P, S et L et de leurs
- suivants les PP, SS, etc., mais aussi de ceux que nous appellerons les retardataires de chacune de ces catégories.
- D’autres phénomènes interviennent encore. De même que la lumière du Soleil, par exemple, se réfracte en pénétrant dans l’eau, qui est un milieu ayant des propriétés optiques différentes de celles de l’air, les rayons séismiques subissent aussi une réfraction sur certaines surfaces de discontinuité qui séparent les couches profondes de notre globe ou sur l’enveloppe délimitant son noyau. Nous nous abstiendrons de signaler ici les nombreux symboles d’usage international qui représentent les ondes ayant subi des réfractions, des réflexions partielles et encore d’autres phénomènes.
- Tout le problème de la séismologie moderne consiste à reconnaître les innombrables courriers qui
- denturent les séismogrammes chacun à sa façon. L’un comme l’autre nous apportent de précieux renseignements de l’intérieur de notre planète. S’il leur était donné de parler, ils viendraient nous dire, par exemple, soit qu’ils se sont réfléchis sur la face inférieure d’une couche de roches à 4o km de profondeur, soit qu’ils se sont réfractés en traversant une espèce de magma visqueux, soit encore qu’ils ont subi des modifications en se propageant à l’intérieur de milieux dont les propriétés élastiques, la densité, la pression, etc., sont bien celles que nous présumons, etc.
- L’interprétation scientifique des séismogrammes a d’ailleurs déjà permis de confh’mer nombre d’idées généralement admises sur la constitution interne de notre globe. s. A*»,
- Docteur en sciences physiques et mathématiques, Observatoire royal de Belgique, à Uccle-Bruxelles.
- = V « ARMORIQUE » =
- ÉCOLE DES APPRENTIS-MARINS
- Le problème de l’augmentation de notre flotte n’est pas seulement un problème de matériel, réglé par le vote et la mise en chantier d’une tranche d’un programme naval. Il se double d’une question de personnel, dont l’importance n’est pas moindre, attendu que : tant vaut le personnel tant vaut le matériel.
- Plus nous allons et plus le navire de guerre devient une sorte d’usine flottante, où toutes les professions ont leur place marquée. Chacune d’elles constitue une spécialité séparée, dans laquelle les brevetés peuvent accomplir toute leur carrière. C’est assez dire que le recrutement n’en peut être abandonné au hasard.
- A chacune des augmentations de la Flotte corres-
- pond une augmentation de personnel, à laquelle il faut pourvoir. Dans les années qui vont suivre, grâce à la course aux armements qui commence, elles seront encore plus grandes que dans le passé. C’est pourquoi on ne saurait accorder trop d’attention et trop de soins à la préparation des futurs marins et gradés des Équipages de la Flotte.
- Le Département de la Marine n’a pas manqué de s’en préoccuper. Pour s’en rendre compte, il n’est que de suivre les transformations dont a été l’objet la vieille école des mousses et les extensions qu’on a été conduit à lui donner.
- A l’origine, elle fonctionnait à bord d’un vieux vais-
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- Fig. 1. — Les trois bâtiments de l’École des apprentis-marins : /'Armorique, le Magellan, et le Mytho.
- seau en bois, mouillé à un mille de terre, et qui portait le nom de Bretagne. Au fur et à mesure qu’il devenait trop vieux, il était remplacé par un autre, qui prenait automatiquement le même nom.
- En 19x1, l’école devenait école des apprentis-marins et des mousses. Deux ans plus tard, un déci’et du 4 août faisait dispai'aître le nom de mousses et la Bretagne faisait place à Y Armorique. Pourquoi ce changement d’appellation P
- C’est que, depuis de nombreuses années la conviction s’était établie, parmi les familles, que l’école des mousses répondait à une sorte de maison de correction, destinée à recevoir les fortes têtes, pour leur assouplir le caractère. Quand un garçon se montrait rebelle, on l’en menaçait et, au besoin, on l’y envoyait. Inutile de dire que ce n’était pas là le geni'e de recrutement désiré par la Marine. D’autant plus que, si le sujet ne s’amendait pas, dans les trois mois, elle était contrainte de le renvoyer à sa famille.
- L’Armorique a suivi les traditions de la Bretagne. A l’heure actuelle, c’est le Mytho, ancien transport de Cochinchine, qui en porte le nom. Elle est mouillée à l’intérieur de la grande digue. Dès 1914, le Magellan lui était déjà adjoint, en qualité d’annexe.
- L’école reçoit les jeunes Français, de i5 ans 1/2 à 17 ans, qui satisfont aux conditions d’aptitude physi-
- que et de moralité. Comme instruction, ils doivent posséder le cerliiicat d études primaires ou avoir passé, avec succès, l’examen de sortie de la classe de sixième dans les lycées et collèges. L’admission a lieu deux fois par an, les 5 avril et 5 octobre.
- Le contingent est de 55o par promotion, qui se décomposent ainsi : i3o pupilles de la Maiùne, 5o candidats jouissant du di’oit de prioiité et 35o, de toute provenance, choisis d’après leur instruction et leur constitution.
- Chaque contingent est réparti en deux compagnies, dont l’une garde ses élèves pendant 9 mois et l’autre pendant un an. Cela dépend du degré d’instruction et des progrès. Après une période d’observation d’un trimestre, ceux qui se montrent insuffisants ou indisciplinés sont rendus à leur famille.
- Le séjour à l’école est gratuit. Mais ceux qui sont renvoyés dans les conditions qui viennent d’êti'e dites, doivent rembourser les frais de leur séjour. Il en est de même pour les jeunes gens qui refusent de contracter un engagement dans les Équipages de la Flotte ou que leurs parents désirent repi’endre.
- A leur arrivée à l’école, les élèves reçoivent un trousseau complet. Dans les jours qui suivent, ils sont soumis à une visite médicale sévère et refusés si cette visite ne leur est pas favorable.
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- L’engagement dans la llotte est obligatoire dès qu’ils atteignent l’âge de 16 ans et 3 mois. 11 comprend le temps de leur séjour à bord de Y Armorique, plus 5 ans à compter de leur sortie de l'école.
- L’instruction est, à la fois, pédagogique, maritime et militaire. La théorie y alterne avec les exercices pratiques ; la première leur est donnée par des instituteurs de l’Instruction publique, les deux autres par des gradés de la Marine. Placés sous la surveillance des médecins — ce qui devrait exister partout — les sports et la culture physique ne sont pas négligés.
- Comme nourriture, en dehors des trois repas ordinaires, ils reçoivent deux collations dans le courant de la journée.
- Fig. 2. — Les apprentis marins retenant d’un exercice à terre.
- Fig. 4. — Exercices d’aoiron devant l’Ecole Savait.
- Fig. 6. — Baignade des apprentis.
- ~~ ...... 87 =rr—
- Us peuvent sortir deux dimanches par mois. Quant aux vacances, elles sont de 5o jours par an, répartis sur trois périodes : Noël, Pâques et le congé de fin d’année scolaire.
- Leur solde est de o fr. 35 par jour, payables seulement à la lin des trois premiers mois de stage. Mais elle ne leur est pas remise, à l’exception de 5 francs les jours de sortie. Le reste est porté à leur compte.
- Tous les trois mois, 220 élèves sont versés dans les écoles de spécialités, ce qui indique un certain déchet.
- D'après leur aptitude et leurs préférences personnelles, les élèves sont préparés à l’une des spécialités suivantes : gabier, timonier, fusilier, canonnier, électricien, radiotélégraphiste, arrimeur d’aéronauti-
- Fig. 3. — Exercices de signaux à bord sur le pont.
- Fig. 5. — Virement de bord à la voile.
- Fig. 1. — Départ pour un défilé d’embarcations.
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- que, fourrier, infirmier. On voit que le choix des débouchés est capable, par sa variété, de satisfaire toutes les aspirations.
- ÉCOLE DE MAISTRANCE
- A lecole des apprentis-marins est venue s’ajouter, depuis quelques années, l'école de maistrance. Elle découle de la nécessité de procurer à la Flotte des gradés jeunes et capables, destinés à lui constituer cette armature qui fait sa force. Dans ce but on a adjoint à ïArmorique, et sous le commandement du même capitaine de vaisseau, le croiseur Montcalm, qu’on a rebaptisé Trémintin, du nom du pilote de l’héroïque Bisson. Le régime de l’école est le même que le régime de Y Armorique, celui des congés également, ainsi que celui de la solde pendant le stage du premier trimestre.
- Elle se recrute par voie de concours annuel, auquel sont admis les marins en activité de service et les civils justifiant d’une instruction correspondant au moins au brevet élémentaire. L’admission a lieu au ' mois d’octobre. La durée des études y est d’un an. Elle prépare les jeunes gens aux fonctions d’officier-marinier, dans les spécialités énumérées plus haut.
- Trois mois après leur entrée, ils sont tenus de contracter un engagement dans les mêmes conditions que les apprentis-marins. Jusqu’à ce moment, ils peuvent être remis à leur famille, soit d’office, soit sur demande de celle-ci.
- Pour concourir, il faut être âgé de 16 ans au moins et de 19 au plus. Ce concours comprend 4 compositions écrites sur les matières suivantes :: français"’ arithmétique et algèbre, géométrie,, physique et chimie.
- Les candidats admis sont dirigés sur Brest, en feuille de route. Ils reçoivent un trousseau à leur arrivée à bord. A dater de leur engagement, ils touchent la solde de matelot de deuxième classe sans spécialité. Ils ont aussi droit à une prime, payable par fractions, pendant la durée de leur service.
- À leur sortie de l’école, les élèves brevetés sont nommés au grade de quartier-maître dans leur spécialité. Ceux qui sont dépourvus du brevet de spécialité sont envoyés, pour 6 mois, dans une des écoles ad hoc. Après avoir accompli 2 ans de service à la mer, en quaüté de quartiers-maîtres et avoir obtenu une proposition d’avancement, les anciens élèves de l’école de maistrance sont nommés au grade de second-maître.
- 11 est certain que la préparation spéciale dont ils sont l’objet leur assure une formation plus rapide que celle qu’ils eussent acquise en suivant la filière ordinaire, de même qu’elle leur garantit une carrière beaucoup plus rapide.
- DEUXIÈME ANNEXE
- De pei'fectionnement en perfectionnement, on a été conduit à annexer à Y Armorique, un second croiseur, le Gueydort qui, lui, a conservé son nom. On y trouve, toujours sous l’autorité du même capitaine de vaisseau, quatre écoles différentes.
- C’est d’abord l’école de manœuvre, qui comprend deux compagnies, de i4o apprentis-marins. Ils proviennent : les uns de Y Armorique ou du Trémintin, les autres de l’Inscription maritime ou de l’engagement volontaire.
- L’école de charpentage, moins importante, ne compte que 21 élèves au cours du brevet élémentaire et 7 au cours du brevet supérieur. Ces derniers sont recrutés par voie de concours.
- Le cours du brevet supérieur de manœuvre et de timonerie réunit 33 candidats 22 timoniers, dont 16 quartiers-maîtres et 6 seconds-maîtres, plus 21 manœuvriers; dont 1 maître, 11 seconds-maîtres et g quartiers-maîtres. Tous sont recrutés au concours.
- Enfin, le cours préparatoire au concours d’admission à l’école des élèves-officiers, organisé par arrêté ministériel de novembre 1929, a été, cette année, transféré à bord du Gueydon. A ces candidats, qui ont déjà été l’objet d’une sérieuse sélection, des conférences sont faites par : un lieutenant de vaisseau, un enseigne et deux professeurs de l’Ecole Normale, l’un pour la physique, l’autre pour les mathématiques.
- *
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- En résumé, on voit que le groupe Armorique constitue un tout parfaitement cohérent, organisé dans les meilleures conditions d’enseignement et aussi d’économie. Le nombreux personnel d’officiers et surtout de gradés qu’il nécessite, y trouve une ample justification de son emploi.
- Le groupe possède encore deux thoniers, du type de Groix. Astiqués et fignolés comme de véritables yachts, ils servent aux exercices de manœuvre pour lesquels les chaloupes ne suffisent pas.
- Ajoutons, pour ne rien oublier, que l’école de maistrance des mécaniciens est située à Toulon, dans les nouveaux locaux de Saint-Mandrier (ancien hôpital de la Marine).
- On peut se rendre compte que la Marine n’a rien négligé pour se procurer le personnel d’élite qui lui devient de plus en plus nécessaire. A chacune de ces nécessités correspond une des modifications qui viennent d'être exposées. D’autres suivront, à n’en pas douter. —
- Nous voilà loin de la Bretagne et des mousses, loin aussi de la maison de correction dont les bonnes gens se faisaient l’idée.
- De cette ruche, en plein travail, doivent sortir les jeunes gens qui formeront l’élite de nos équipages, tous animés du désir de suivre les traces de leurs glorieux devanciers.
- C’est sur les rivages granitiques de l’Armor, pépinière inépuisable de marins, qu’ils préparent leur avenir, en face de l’imposant monument où s’instruisent ceux qui, plus tard, seront leurs chefs. Et c’est vraiment un spectacle qui réjouit le cœur que celui de ces 1.700 jeunes gens, rayonnant de force, de santé, et d’allant, en pleine initiation à la carrière maritime.
- G. de Raulin.
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- HISTOIRE DE L'HORLOGERIE EN QUINZE QUATRAINS
- L’histoire de l’horlogerie et les travaux du regretté M. Ch. Ed. Guillaume ont inspiré à notre excellent collaborateur Reverchon les quatrains qui suivent : S Mais Guillaume, un jour, Coup sur coup, — quel to Découvre l’Invar Et puis l’Elinvar !
- i Toul en haut des Cieux Phœbus radieux Marquait le retour De la nuit, du jour, 9 Phœbus cette fois En reste pantois Et manque en sa course Cogner la Grande Ourse !
- 2 Du printemps riant, De l’été brûlant, De l’automne mûr El de l’hiver dur. IO Il est épaté Et dit, dépité : Me voici collé ! Guillaum’ m’a roulé !
- 3 Quand X... nous dota De l’échappement, Le Dieu sourcilla Très légèrement. X I Depuis nos tocantes, Exactes, savantes, Rigoureusement Scandent notre temps !
- 4 Devant le pendule, Le spiral réglant, Phœbus incrédule Sourit simplement. I 2 Régler le soleil N’est plus une image. Qu’il reste en sommeil, Cache son visage,
- 5 Quand Le Roy posa De la précision Le juste canon, Son front se plissa, io Ou que de rayons Chauds il nous pénètre, Nous nous en rions ! Notre chi’onomètre
- 6 Mais bientôt, narquois, Tirant son carquois, Il lance à la terre L’erreur secondaire ! i4 Conserve, impeccable, L’heure véi’itable... Pour laver l’affront, Phœbus-Apollon
- 7 Pendant cent vingt ans Nos maîtres de l’heure Y perdent leur temps : Cette erreur demeure ; i5 N’a trouvé sur terre Comme auxiliaire Qu’un fol député Qui fit l’heur’ d’été !
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- MICROPHOTOGRAPHIE EN COULEURS
- La microphotographie de la plupart des préparations offre des difficultés, surtout parce que les sujets présentent des oppositions de couleurs, et non d’ombres et de lumières. C’est pour faire apparaître les contrastes qu’on utilise des écrans filtres colorés, même pour la prise de vues monochromes.
- La microphotographie en couleurs est donc particulièrement intéressante, mais sa pratique était difficile jusqu’à présent pour les non spécialistes, en raison des caractéristiques des émulsions du commerce.
- L’avènement des nouvelles émulsions trichromes, du type soustractif ou même additif, telles que la Kodachrome et la « Dafavcolor » par exemple, ont changé les conditions du problème. Ces émulsions peuvent être, employées sans précautions spéciales, dans un appareil de prises de vues ordinaire, avec un objectif quelconque, sans filtre, ou avec filtre correcteur simple.
- L’émulsion trichrome soustractive à trois couches colorées superposées semble la meilleure, puisqu’elle possède la plus grande finesse de grain, qualité essentielle pour des prises de vues de ce genre.
- De nombreux biologistes obtiennent déjà par ce procédé des résultats remarquables, et c’est ainsi que M. l’abbé Rémy, de
- Saint-Germain en Lave, a bien voulu nous communiquer quelques-unes des épreuves remarquables qu’il a présentées à une exposition récente de photographies en couleurs.
- La prise de vues est effectuée à l’aide d’un appareil photographique de petit format, dans lequel on emploie une bobine de film Kodachrome de 35 mm ; l’appareil est fixé sur le tube du microscope après enlèvement de son oculaire. Le dispositif de mise au point réflexe de l’appareil photographique sert également pour la mise au point de la prise de vues microscopique, effectuée avec le maximum de précision sur le verre dépoli. Le cadrage est assuré en même temps.
- L’éclairage est obtenu à l’aide d’une ampoule à incandescence à source ponctuelle. Malgré les qualités chromatiques do cette lumière, les radiations jaunes et rouges sont encore plus abondantes que dans la lumière naturelle ; si l’on utilise une émulsion ordinaire, ce qui est préférable, il faut effectuer une correction légère à l’aide d’un écran filtre ; grâce à la sensibilité de l’émulsion, le temps de pose moyen demeure de l’ordre d’une demi-seconde seulement.
- Un peu de pratique est nécessaire pour déterminer exactement le coefficient du filtre et l’intensité de la lumière utilisée, mais il est désormais possible ainsi de photographier toutes les préparations avec leur coloration exacte et d’obtenir ensuite d’excellentes projections de grande surface, ou même des reports sur papier.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1938 (')
- Le mois de septembre présentera, comme on va le voir, un grand nombre de phénomènes célestes. En voici une snccincle description.
- I. — Soleil. — La déclinaison du Soleil sera de + 8°26/ le Ier septembre et de — 2°o9/ le 3o. Le Soleil traversera l’équateur céleste Je a3 septembre, à 1711. Ce moment marquera le début de l’aulomne astronomique. La durée du jour sera de i3h25m le ier et de nh43m le 3o. On remarquera la rapide diminution de la durée du jour, surtout sensible le soir, dès les premiers jours du mois.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Sept. Heure du passage Date : Sept. Heure du passage Date : Sept. Heure du passage
- I er 1 ih5om46s i3 11 !>4Gm44s 25 1 it'42m3os
- 4 11 4p 4y 16 Il 45 4o 28 11 4i ?9
- 7 11,48 4y ]9 11 44 36 3o 11 4o 5o
- 10 11 47 47 22 II 43 33
- Observations physiques. — Suite des données permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Date|o 11 j P B0 L0
- Sept. 2 -j- 21 '26 E + 7°21 I I2JI
- — 7 -+- 22,45 E q- 7,25 46,67
- — 10 + 23,10 E + 7>24 7,o5
- — 12 —j— 23,5o E t 7»23 34o,64
- — J7 q- 24,4o L 4 7 j 17 274,63
- — 22 q- 2.5,i 3 E q- 25,70 E 4" 7>o& 208,63
- — 27 q- 0,88 142,64
- Lumière zodiacale. — Elle devient bien visible le matin. Les meilleures périodes seront celles du 1e1' au 5, puis du 22 au 3o septembre, pendant lesquelles la Lune ne gênera pas son observation.
- 1. Toutes les heures figurant dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps universel (T. U.) compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). Pendant la période de mise en service de l’heure d’été, augmenter toutes les heures données de lh.
- II. — Lune. — Les phases de la Lune, en septembre, seront les suivantes :
- P. y. le i<n-, à 171128m 1 D. Q. le 17, à 3h 12m
- P. L. le 9, à 20*1 8ta I N. L. le 2‘i, à 2ol‘34m
- Age de la Lune, le ier septembre, à oh = 6j,5 ; le 24, à oh = oj,i.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 2, à i5h = — 2o°32/; le 16, à 2ih = + 20°2SL
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 septembre, à 1711. Parallaxe = 54/io//. Distance = 404.820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 septembre, à 1211. Parallaxe = 5g/49/A. Distance — 3G6.5g2 km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Magni- Phéno-,. Heure
- Date Étoile tude mène Pans Uccle
- Sept. 4 53i2B. D. — 190 5m,4 Imm. i8k43m,8 181148m,4
- — 4 5317 B. D. — 192 6 7 I rn m. 19 37 4 19 44 0
- — 11 â Poissons 4 6 Em. 22 37 6 22 43 0
- — i3 29 Bélier 6 1 Em. 22 23 1 22 27 6
- — 15 B. D. q- 170 6 4 Em. 0 4° 6 0 48 0
- — 10 1 Taureau 3 6 Em 22 32 3 22 33 6
- — 15 4 Taureau 3 6 Era. 22 58 8 23 3 7
- Lumière cendrée de la Lune. — Observer surtout du
- iS au 21 septembre au malin.
- Marées ; Mascaret. — Les marées seront très fortes du
- 22 au 21 7 septembre (coefficient maximum 107 centièmes
- le 24 et le 20). Voici les heures d’arrivée du Mascaret
- Date Coeflicient Ouillebeuf Villequier Caudebec
- Sept. 23 1,o4 1ghi2m 19h4o,n 1911581 m
- - 24 1,06 7 3o 8 7 8 16
- — 24 1,07 19 48 20 25 20 34
- — 25 1,07 8 7 8 44 8 53
- 25 1,o5 20 25 21 2 21 ii
- — 26 1,02 8 44 9 21 9 3o
- III. — Planètes. — Le tableau ci-après a été dressé à l’aide des données contenues dans l’Annuaire astronomique Flammarion. Il renferme les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de septembre 1938.
- ASTRE
- Soleil .
- Mercure Vénus. Mars .
- Jupiter
- Saturne
- Uranus
- Neptune
- l
- J
- J
- •I
- Date : Sept. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent
- 1 5h 8m 11 h5om46s i8b33m 1 oMom 4- 8026' 3i ' 45’'1
- 10 5 20 11 47 47 18 4 11 i3 + 5 5 3i 4o,5
- 22 5 37 11 43 33 >7 49 11 56 -b 0 28 3i 55,6
- 3o 5 4y 11 40 5o *7 32 1 2 24 2 39 32 o,o
- 10 3 47 10 43 l7 38 10 6 + 11 5 8,0
- 22 4 i3 10 54 17 33 11 3 4- 7 59 5,8
- 10 9 44 .4 36 *9 27 i3 59 — 4 59 24,6
- 22 10 5 4 3i 18 57 4 4i — >9 43 28,4
- 10 3 52 10 52 *7 5i 10 i5 12 5 3,6
- 22 3 47 10 33 *7 «9 10 44 + 9 18 3,6
- 10 l7 29 22 23 3 22 21 5o — 4 25 45,2
- 22 16 4o 21 31 2 28 21 45 — 4 48 44,2
- 10 19 *7 1 43 8 4 1 6 4- 4 4 *74
- 22 18 29 0 52 7 12 1 3 4- 3 43 17,6
- 28 18 59 2 26 9 4^ 00 3 0 + 16 39 3,6
- 28 4 3i 10 55 *7 18 11 3o 4 4 26 2,4
- Constellation et étoile voisine
- Lion
- Lion /
- Vierge 1
- Vierge )
- « Lion \
- % Lion (
- Vierge 1
- Balance ç
- a Lion 1
- l Lion [
- â Capricorne j
- d Capricorne j
- Ç Poissons i
- Poissons $
- Bélier
- 80 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Le matin, au milieu du mois.
- Le soir, plus grande, élongation le 10.
- Inobservable.
- Presque toute la nuit.
- Toute la nuit.
- Toute la nuit. Inobservable.
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-
-
-
- Mercure sera bien placé pour èlrc observé, le malin, vers le milieu du mois. Sa plus grande élongation se produira le i3 septembre, à igh, à 17°5/|/ à l’Ouest du Soleil.
- Vénus est toujours visible comme étoile du soir. Sa plus grande élongation se produira le io septembre, à nh, à 4C0i6' à l’Est du Soleil. Le 8 septembre, elle présentera une phase analogue à celle que représente le dessin n° 9 (« Bulletin astronomique » du n° 8022, du Ier avril 1988).
- Mars est inobservable.
- l'allas, la petite planète n° 2, passera en opposition le ri septembre et atteindra la magnitude 8,6. Elle sera donc visible dans une petite lunette. Elle se trouvera, au moment de son opposition, à 3° au Sud-Sud-Est de y des Poissons. Voici les positions de Pallas en septembre (fig. 1) :
- Date Ascension droite Déclinaison
- Sept. 3 23h24m ,2 4- 101 g'
- X 1 23 18 3 — 0 27
- — 23 I 2 3 — 217
- — 27 23 6 6 — 4 7
- Flora, la petite planète n° 8, sera encore visible (voir la carie du « Bulletin astronomique .» du n° 8028). Le 3 septembre, à oh, elle sera par : Ascension droite = 2ihnm,8; Déclinaison = — 22°58L
- Jupiter, qui vient de passer récemment en opposition avec le Soleil, est encore visible presque toute la nuit. Voici la série des phénomènes produits par les satellites et que l’on pourra observer :
- Septembre 1er, III. P. c. ih58ra ; III. O. c. 3h6m ; IV. E. f.
- 2ohi7m,7 ; IL P. c. 23hi9m; IL O. c. 23b56m. — 2, II. P. f.
- 2h9m; II. 0. f. 2h47m. — 3, II. E. f. 20h07“,2. — 4, III. E. f. 2oh52m,8. — 5, I. P. c. ihnm; I. 0. c. ih34m ; I. Im. 2ah31m. — 6, I. E. f. ihi3m,o ; I. P. c. igh38m; I. O. c.
- 20h3m ; I. P. f. 2ih55m; I. O. f. 22h2im. —• 7, I. E. f.
- i9h4im,7- — 9, II. P. c. i\35m; IL 0. c. 2h33m : IV. P. c. 2oll32m. — 10, IV. P. f. ih9m ; IV. 0. c. ihi9m; II. Im.
- igh3ç)m; IL E. f. 23h34m,i. — il, III. Im. igh7m. —
- 12, III. E. f. o1,53m,8i II. 0. f. i8h4im. — 13, I. Im. ohiGm; I. P. c. 2ih2om; I. 0. c. 2ih58m; I. P. f. 23h4om. — lü, I. O. f. ohi6m; I. Im. i8h42m ; I. E. f. 2ih36m,6.
- — 15, I. 0. f. i8h44m. — 17, II. Im. 2ill57m. — 18, III. Em.
- 22h2gm. —r 19, IL 0. c. iSh27m; II. P. f. it)h5om; IL 0. f. 2ihi7m. •—• 20, I. P. c. 2oh9m ; I. O. c. 23h53m. —•
- 21, I. P. f. ih26m; I. Im. 2oh28m ; I. E. f. 235,3im.6. —
- 22, I. O. c. i8h22m; III. O. f. i8h43m; I. P. f. i9h52m;
- I. O. f. 2oh4om. — 23, I. E. f. i8ho]n,5. — 25, IL Im. ohx6m.
- — 26, IL P. c. 19^20“ ; IV. O. c. i9h35m ; IL O. c. 2ih4m; IL P. f. 22hiom; II. 0. f. 23h53ni. — 27, IV. 0. f. ohi5ni.
- — 28, I. P. c. oh56m ; II. E. f. i81]7m,3 ; I. Im. 22hi5m. —
- 29, III. P. f. ighim; III. O. c. i9hioîn ; I. P. c. i9h2om;
- I. O. c. 20hi8m ; I. P. f. 2ih4om; I. 0. f. 22h35ni: IIL 0. f.
- 22h44ra. — 30, I. E. f. igh55m,6.
- Saturne sera en opposition le mois prochain. Voici les éléments de l’anneau pour le 17 septembre :
- Grand axe extérieur ........ 44”,26
- Petit axe extérieur........................— 7",77
- Hauteur de la Terre sur le plan de Panneau . —io°, 10g
- Hauteur du Soleil sur le plan de Panneau. . — 9°,34o
- Elongation de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne : à l’Est, le i4 septembre, à i6h,8 et le 3o, à 14U,3 ; à l’Ouest, le 6, à igh,9 et le 22, à i7h,6.
- Uranns est visible toute la nuit. Voir la carte de son mouvement sur le ciel au « Bulletin astronomique » du n° 0024, P- 288.
- 91
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil le i4, à gh. Il est inobservable.
- IV. -
- Le 4 ' à Le 8, à Le 12, à Le i4) à Le 16, à Le 22, à Le 23, à Le 23, à Le 24, à Le 25, à Le 26, à Le 27, à Le 29,à
- Phénomènes divers.
- 2oh, Mercure en 7b, Jupiter 8h, Saturne 13h, Lb-anus i4\ Mer cure 4h, Mars oh, Mercure 9h, Neptune gh, Mercure iôh, Vénus 5h, Mercure gh, Vénus i2h,Mars
- Conjonctions :
- conjonction avec Mars, à 3o33'
- — la Lune, à 6°37' S.
- — la Lune, à 5°45f S.
- — la Lune, à o°32f S.
- — Mars, à 00 ro' S,
- — la Lune, à 6°22'N;
- — la Lune, à 6°45'N.
- — la Lune àSoZpy'N.
- — a Lion (4m,2), à o° 7'N.
- — 212 Piazzi (6in,o), à o^ 9'N.
- — Neptune, ào°5o'N.
- — la Lune, à4°25'S.
- — 7 Lion (4m,8), à o°xo' S.
- Fig I. — Trajectoire céleste de la petite planète n° 2 Pallas, du 2!) août au 5 octobre 1938, pendant sa prochaine période d’opposition.
- Étoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure(T.U-) Temps sidéral (l)
- Sept. 8
- — 18
- — 28
- Supérieur
- 2l»27ra47S x 48 36 1 9 23
- 23h 5®36s 23 45 1
- 0 24 27
- Etoiles variables. — Minima d’Àlgol Persée), variable de am,3 à 3m,5 en ; le 7, à 4hi6“; le. 10, à ih5m ;
- le 12, à 2ih54m ; le 3o, à 2h4Cm.
- Etoiles filantes. — Voir la liste des radiants actifs, très nombreux ce mois-ci, au « Bulletin astronomique » du n° 2908 du icr août ig35, p. i33.
- V. — Constellations. — Voici l’aspect, succinct de la Voûte céleste le 1er septembre, à a3h ou le i5 septembre, à 2211 :
- Au. Zénith : Le Cygne; Cépliée ; Cassiopée.
- .lu Nord : La Petite Ourse; le Dragon; la Grande Ourse, .lu Nord-Est : Le Cocher.
- A VEst : Le Bélier; le Taureau; Andromède ; Persée.
- .lu Sud : Pégase ; le Verseau ; le Capricorne; le Poisson Austral.
- .1 VOuesI : La Lyre; Hercule; la Couronne boréale; l’Aigle; Ophiuchus. Em. Touchet.
- I. A Oh pour le méridien de Greenwich.
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-
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du a5 avril 1908.
- Photométrie. — M. Blondel montre l’intérêt attaché à la mesure du flux lumineux total comme grandeur fondamentale. On peut mesui'er sa valeur en entourant la source d’un globe opale puis, extérieurement, d’une sphère opaque percée de deux ouvertures opposées limitées à deux méridiens ; on donne à la source un mouvement rapide de rotation. L’éclat moyen de la surface diffusante est alors proportionnel au flux total. L’auteur expose que, grâce aux progrès réalisés dans les surfaces photo-électriques, on peut remplacer cette technique par la mesure du flux recueilli par un petit élément de surface opaque, recouvert d’une préparation photo-électrique, tournant autour de la source et relié par des bagues collectrices à un galvanomètre à oscillations lentes. Il est possible de parer aux erreurs provenant des réflexions et de réchauffement. Il faut opérer avec des foyers ayant sensiblement la même température de couleur. .
- Isotope de l'hélium. — L’examen du tableau des isotopes montre que tous les nombres de 1 à 309 sont représentés sauf le nombre de masse 5 qui peut correspondre à des isotopes de l’hélium ou du lithium. MM. Joliot et Zlotowski, en faisant la critique de l’irradiation de la paraffine lourde par les rayons a, montrent qu’il y a bien formation de l’isotope £ Ile par collisions entre les hélions et deutérions; cet isotope est stable vis-à-vis de l’émission d’un neutron.
- Traitement des matières oléagineuses. — La
- transformation des matières grasses, des graines coloniales en particulier, en carbures est très importante, comme toutes les méthodes pouvant parer à l'épuisement plus ou moins proche des gisements pétrolifères. M. Legé pyrogène les graines vers 6oo° et obtient ainsi un goudron primaire et du coke. Il chauffe ensuite ce goudron, empâté avec une masse de contact (aluminates et silicates alcalins et alcalino-lerreux). En opérant avec des arachides, on obtient 5o pour 100 de goudron donnant 7b pour 100 de son poids de carbures, en partie étliyléniques,. qui sont donc susceptibles d’une hydrogénation ultérieure.
- Séance du 2 mai iq38.
- Notion de corpuscule. — M. Destouches montre sur plusieurs exemples, rattachés en particulier aux électrons lourds, qu’il y a grand intérêt à préciser la notion de corpuscules et d’adopter pour définition : un corpuscule est un système physique qui est. figuré dans l’espace physique d’un observateur par un seul point. Un corpuscule sera dit simple par rapport à une grandeur si les seules valeurs possibles de cette grandeur sont + k, O, — k, k étant un nombre réel positif.
- Les isocyanates. — Par l’étude du spectre X des cristaux d’isocyanate de sodium, M. Bassièbe montre que le groupement isocyanique doit être représenté par la formule O = C == N —, comme les considérations purement chimiques le faisaient d’ailleurs prévoir.
- Diagnostic des espèces du genre Brucella. —
- MM. Buknet et Debiesse ont appliqué letir méthode d’étude de l’évolution du spectre d’absorption des bouillons de cul-
- ture à la différenciation des espèces du genre Brucella. Cette question est d’une très grande importance en épidémiologie. En suivant les spectres pendant deux semaines il a été possible aux auteurs de décrire l’évolution caractéristique des espèces B. melilensis, B. abortus et B. suis. Au bout de 25 à 3o jours les spectres des cultures deviennent identiques à ceux des bouillons témoins. De ces résultats et de ceux que les auteurs laissent prévoir pour les cultures de bacilles typhiques et paratyphiques A et B, il est possible de conclure en attribuant une valeur générale à la méthode de diagnostic spectrographique.
- Séance du 9 mai 1988.
- Application du vol naturel à la navigation aérienne. — M. Oemichen s’est spécialement attaché à l’étude des animaux volant sur place. Il montre que vers la fin de la course des ailes, la pression efficace sur celles-ci est maxima et se traduit par un effet de percussion intense et de durée très courte, d’une importance notable par rapport à la puissance totale nécessaire à la sustentation. L’influence de l’inclinaison du plan dans lequel battent les ailes a été étudié chez les insectes et l’auteur a pu ainsi préciser les conditions dans lesquelles on a intérêt à utiliser des hélices à axes inclinés. Les animaux entraînent avec eux une masse fluide liée importante qui contribue à la stabilité de leur vol. L’auteur montre que l’on peut réaliser artificiellement cette « masse liée » par un ballonnet ; si celui-ci est rempli d’un gaz léger il peut considérablement amortir la chute en cas d’arrêt des moteurs et sauver ainsi les passagers et le matériel. M. le Général Tilho montre que l’hélieostat ainsi conçu, et dont le vol serait analogue à celui d’un insecte, aurait d’immenses possibilités au double point de vue géographique, pour l’exploration de régions très accidentées, et humanitaire en permettant la lutte contre les épidémies dans la brousse ou la forêt.
- Transport d'ions par la vapeur. — M. Virgitti expose qu’il n’y a aucune impossibilité à transporter dans un courant de vapeur les ions servant au chargement d’une machine électrostatique à addition. La vapeur de tétrachlorure de carbone se prête particulièrement bien à ce transport. Néanmoins, si ce procédé est réalisable en principe, il reste très onéreux, donc sans intérêt pratique vis-à-vis des méthodes qui consistent à entraîner les charges par des particules matérielles.
- L’europium métallique. — L’europium est un métal très rare qui a été trouvé dans le groupe des terres rares. Il n’avait encore jamais été obtenu à l’état métallique. Pour y parvenir, M. Trombe part de l’oxyde d’europium et le transforme par voie ignée en chlorure europeux, EuC13, dilué dans KC1. Il forme ensuite un mélange de EuC13 avec un eutectique de KG. Il forme ensuite un mélange de EuC13 avec un euteclique de KC1 et NaCl fondant au-dessous de 65o°. Il électrolyse ce mélange vers 700° et obtient, avec une cathode de cadmium, un alliage europium-cadmium qui est distillé vers i.25o° sous l’argon. Il a été ainsi possible à l’auteur d’obtenir un métal titrant plus de 98 pour 100 d’europium. Ce métal est gris de fer, sa dureté est voisine de celle du néodyme et son point de fusion est entre i.ioo0 et 1.200°.
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Louis de Launay.
- Louis de Launay, qui dirigea La Nature pendant plusieurs années avec son beau-frère E.-A. Martel, suit celui-ci dans la tombe à quelques jours de distance. Nos lecteurs n'ont sans doute pas oublié les brillants articles où éclataient sa pénétrante intelligence, sa culture aussi profonde qu'étendue, jointes à de rares qualités littéraires.
- L. de Launay fut avant tout un géologue et rious ne pouvons mieux faire pour résumer son œuvre que de reproduire l'éloquent éloge prononcé à VAcadémie des Sciences par le savant M. Aimé Cotton.
- « Louis de Launay, qui vient de mourir le 3o juin, était né à Paris le 19 juillet 1860. A sa sortie de l’École Polytechnique en 1881, il entra dans le Corps des Mines. Nommé en i884 ingénieur à Moulins, il se lit remarquer par ses recherches sur la géologie du Plateau Central et à 29 ans, en 1889, il prit possession à l’École des Mines de la chaire de géologie appliquée. Pendant 46 ans, sauf pendant la guerre, il a professé dans cette chaire, et c’est son enseignement à l’École des Mines qui fut l’origine de ses travaux les plus importants, ceux qui l’ont fait connaître à l’étranger comme en France.
- C’est tout d’abord de géologie régionale et de géologie générale qu’il s’est occupé avec succès. Pendant son séjour à Moulins, il a étudié la pétrographie et la géologie des terrains cristallins du Nord du Plateau Central et il a commencé sa longue collaboration à ce Service de la Carte géologique de la France qu’il devait plus tard être appelé à diriger, Au cours de ses nombreux voyages, il a de même dressé les cartes géologiqiies et étudié la structure de diverses contrées : les grandes Iles de la mer Égée, le district minier du Transvaal, la région centrale des Balkans cl de la Dobroudja.
- Dans ses nombreux mémoires de géologie générale. M. de Launay montrait un goût très vif pour les problèmes généraux qui intéressent toute cette science. Cette disposition d’esprit l’a naturellement conduit à écrire un ouvrage de philosophie scientifique, La Science géologique, publié en 1906 et dont un résumé, sous le titi*e L’Histoire de la l'erre, a paru en 1907.
- Mais la partie essentielle de l’œuvre scientifique de M. de Launay est constituée par ses travaux sur les gîtes minéraux et métallifères et sur les sources thermominérales. Dans ce domaine, comme disait en 1912 Pierre Termier, « M. de Launay est devenu rapidement un Maître... C’est à lui, plus qu’à tout autre géologue, que la connaissance des gîtes minéraux et métallifères, chaos encore il y a vingt ans, doit de s’être peu à peu transformée en une science ordonnée ».
- De Launay a signalé notamment des gîtes métalliques où les minéraux forment des amas tout près des endroits où se sont effectuées les réactions chimiques qui leur ont donné naissance. Dans d’autres types de gîtes métallifères, ces minéraux ont été transportés, à de grandes distances parfois, par les eaux thermales souterraines ou bien ont été déposés par des fumerolles volcaniques, formant alors des dépôts dans les cavités ou les fentes des roches traversées qu’ils obstruent peu à peu. Dans les deux cas, l’érosion vient ensuite plus ou moins profondément les mettre à nu et les altérer aussi. Mais les fentes de l’écorce se rattachent
- elles-mêmes à des venues éruptives plus ou moins lointaines, et les gîtes inclus dans les sédiments sont eux-mêmes dérivés de roches éruptives ou de roches cristallines. De Launay a appuyé par des arguments solides cette subordination aux roches éruptives de tous les groupes métallifères. Comme la venue des roches éruptives est certainement liée aux mouvements de l’écorce, il explique ainsi qu’il y a des provinces métallogéniques comme il y a des provinces pétrographi-ques. D’après l’âge d’une chaîne, et la façon dont elle a été rongée par l’érosion, on peut prévoir les types de gisements qu’elle est susceptible de renfermer.
- L’activité de M. de Launay ne s’est pas limitée au domaine de la science pure. Ses recherches sur les gisements miniers
- Fig. 1. — L. de Launay.
- ont été le point de départ de ses études sur l’argent et l’or dans le monde. Il s’est adressé au grand public et il a publié des œuvres purement littéraires. Il ne m’appartient pas d’en parler, mais parmi ces ouvrages que tout le monde peut lire, je veux en citer un que tous les hommes de science doivent lire. Louis de Launay, avec sa culture étendue, sa curiosité de toutes choses, devait être particulièrement séduit par ce génie universel qu’était André-Marie Ampère. L’ouvrage qu’il a intitulé : Le Grand Ampère, d'après des documents inédits, d’une lecture si attachante, fait revivre ce grand homme dont l’œuvre immense et l’existence tourmentée ont été si étroitement liées l’une à l’autre. D’autre part M. de Launay a apporté tous ses soins à la publication de la correspondance du grand savant...
- Il avait épousé la fille du célèbre physicien Alfred Cornu. II se plaisait surtout dans sa famille et dans le cercle d’amis qu’il s’était choisis. Il avait eu le grand malheur de perdre pendant la guerre un fils tué à 19 ans, sous-lieutenant observateur d’escadrille. Plus tard ses filles lui donnèrent de nombreux petits-enfants qui ramenèrent la joie à son foyer. »
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- 94
- LE PALAIS DE LA DÉCOUVERTE
- Le Ministère de l’Éducation Nationale a communiqué à divers journaux :
- a Le succès du palais de la Découverte a dépassé toutes les prévisions. Plus de 2.000.000 visiteurs se sont succédé devant, les expériences et ont manifesté un enthousiasme unanime. De grands pays forment dès maintenant le projet de suivre l’exemple de la France. Les gouvernements successifs se sont déclarés disposés à accorder les crédits nécessaires au maintien du palais de la Découverte, en attendant la réalisation d?un palais permanent, et à cette fin un décret-loi a été pris en date du 1e1' juillet ig38.
- « En conséquence, M. Jean Zay, Ministre de l’Éducation Nationale, avait fixé la date de. réouverture du palais de la Découverte au 11 juillet dernier.
- « Le palais de la Découverte a été organisé en 1987 pour montrer que la recherche et. la découverte scientifiques sont l’une des sources principales des progrès humains. Les plus grands savants de France ont collaboré avec M. Jean Perrin, prix Nobel, ancien sous-seci’étaire d’État à la recherche scientifique, à la réalisation de cette œuvre. Ils ont réussi à mettre sous les yeux des. visiteurs un très grand nombre d’expériences1 fondamentales par lesquelles la science a progressé, et sans en diminuer la rigueur ils les ont rendues accessibles au public. Les organisateurs voulaient ainsi développer le goût de la culture scientifique nécessaire à tous les hommes, quelle que soit leur profession, et peut-être éveiller des vocations dont les conséquences sociales sont imprévisibles.
- « A l’exception de la section de biologie, située dans une partie du palais de la Découverte où doivent être effectués des travaux assez importants que le manque de crédits n’avait pas permis d’entreprendre, toutes les sections du palais de la Découverte seront accessibles au public. Comme en 1987, les expériences seront réalisées sous les yeux dès visiteurs par des démonstrateurs qualifiés. En outre, un certain nombre de montages nouveaux ont pu être mis au point, en particulier dans le département de la physique (télévision, microscope à électrons) (électromagnétisme) ; dans la section d’optique physique (interférométrie, ultramiero-scopic, polarisation); dans la section des phénomènes oscillants, l’orgue Tournier sera pour la première fois présenté au public. Au cours du mois de juillet, seront mises au point cinq expériences nouvelles, réalisées avec le concours de la fondation Rockefeller de New-York, et de l’institut Carnegie de Washington.
- u Dans les semaines qui suivront, des informations seront données sur les diverses manifestations dont l’organisation est prévue au cours de l’année 1988.
- « Le palais de la Découverte doit demeurer un établissement de haut enseignement scientifique populaire; aussi, comme en 1987, des visites en groupe pourront être organisées et, dans certains cas, elles bénéficieront d’un tarif réduit. Un guide interprète parlant plusieurs langues se tiendra, comme l’an dernier, à la disposition du public.
- « La librairie qui obtint, au cours de l’Exposition, un
- très gros succès, sera de nouveau ouverte au public (x).
- « Le palais de la Découverte sera ouvert tous les jours, sauf le vendredi, de 10 h à 18 h. Le prix d’entrée est fixé à 3 francs. »
- AVIATION
- Le tour du monde en avion en 91 heures.
- Cet exploit a été réalisé du xi au i4 juillet par l’aviateur américain Howard Hughes à boi’d d’un avion bi-moteur « Loockeed Electra » avec un équipage de quatre personnes : un secoixd pilote, un navigateur, un radiotélégraphiste et un mécanicien.
- Parti de l’aérodrome de Floyd Bennett le 11 juillet à o h 20 (heure d’été), il franchit l’Atlantique et après avoir parcouru 5.8oo km à la moyenne de 35o km/h, atterrit au Bourget à 16 h 35; après une escale de plus de 8 h nécessitée par la l'éparation de l’empennage endommagé au départ de New-York, l’avion repart le 12 juillet à 1 h. 24, fait escale à Moscou (2.780 km) le même jour, de 9 h 5 à 11 h. 01, arrive à Omsk (2.25o km) à 20 h, en repart à 28 h. 27, ari’ive à Irkoutsk (3.48o km) le i3, à 10 h. 8, en repart à i3 h; ari’ive à Fairbanks (3.790 km) le i4 juillet à 1 h 18 ; le même jour, il gagne New-York (5.38o km) après un arrêt de 33 mn à Minneapolis. Au cours de ce splendide raid, le même avion a donc bouclé en 91 h 16 une boucle de 22.920 km, à la moyenne de ci’oisièi’e de 281 km 224. La durée de vol ayant été de 73 h 23, la moyenne de vol s’est élevée à 3x2 km 332.
- En 1933, l’aviateur américain Wiley Post, seul à bord, avait mis près de 187 heui'es pour effectuer un parcours à peu près identique.
- Ces chiffi’es permettent de mesui’er les pi'ogi’ès accomplis depuis cette date par les avions de ti'ansport. Car le raid de Howard Hughes n’est plus un raid purement sportif, mais une épreuve d’endurance pour un appai’eil de type commercial ; épreuve qui annonce et px-épare l’inauguration des grands services aéi’iens intercontinentaux.
- Le ce Loockheed Electra » de Hoxvard Hughes est muni de deux moteurs Wright Cyclone de 1.100 ch chacun. Il était équipé avec les appareils de contrôle de navigation les plus pei’fectionnés.
- STATISTIQUE
- La population du globe.
- L'Annuaire statistique de la Société des Nations pour 1937 et 1938 évalue la population totale du globe à 2.ii5.8oo.ooo habitants. Sur ce chiffre la population de la Fi’ance compte pour 4x.ii46.ooo habitants (estimation de 1935), soit deux centièmes.
- 1. Rappelons que La Nature a consacré deux de ses numéros de l’an dernier à la physique et la chimie au palais de la Découverte, décrivant et expliquant les expériences présentées. On les trouvera au rayon des publications du palais.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHONOGRAPHE
- ACOUSTIQUE
- Aiguille de phonographe originale.
- Haut=parleurs sans effet directionnel.
- La plupart des aiguilles de phonographes sont métalliques, leurs formes sont très variées : cylindro-conique, fer de lance, pointe fine, etc. On utilise également quelquefois des aiguilles non métalliques de forme prismatique et de section triangulaire, en fibre de bambou, taillées dans le sens de la longueur des fibres, et des aiguilles cylin-
- droconiques en résine synthétique ou en corne.
- Les aiguilles non métalliques donnent une audition douce et nuancée, elles usent peu les sillons du disque; mais elles atténuent les notes aiguës ; de plus il faut les affûter fréquemment, et, en tout cas, après la reproduction de chaque face du disque.
- M. Groubé, un de nos fidèles lecteurs du Maroc, a imaginé un nouveau modèle d’aiguille non métallique d’une forme originale.
- Il emploie une pointe d’épine, par exemple, d’acacia, de ronce ou de jujubier, de quelques millimètres de longueur, fixée à l’extrémité d’une tige rigide en métal ou même en verre. La tige elle-même est montée dans le mandrin du diaphragme ou du pick-up (fig. i).
- La pointe de l’aiguillon ou de l’épine forme un cône fin et long, de 4 à 5 mm par exemple, dans le cas des épines d’acacia, et son usure ne dépasse guèx'e un tiers de millimètre pour la reproduction d’un disque, de sorte, qu’en principe, une aiguille de ce genre pourrait servir pour la reproduction d’au moins trois faces de disque.
- La fixation par colle ou ciment paraît cependant moins intéressante que la fixation centrale dans un évidement de la tige métallique, mais on pourrait évidemment utiliser plusieurs fois la même tige métallique pour recevoir de nouvelles épines.
- On pourrait seulement reprocher à ce système, au point de vue acoustique, de donner à la pointe de l’aiguille une forme beaucoup trop fine, elle ne peut, par conséquent, s’adapter exactement au profil du sillon phonographique. Ce même inconvénient se produit d’ailleurs avec les aiguilles métalliques semi-pei'manentes à pointes en fil d’acier au tungstène.
- Pour éviter de défaut, d’importance d’ailleurs souvent secondaire, l’inventeur propose de munir la pointe de l’aiguille d’une larme de paraffine, de stéarine ou autre matière plastique, de façon à faciliter l’adaptation de la pointe au profil du sillon, et d’introduire un lubrifiant enti’e la surface du disque et la pointe reproductrice.
- M. Groubé, C9, rue du Ravin, Fez (Maroc).
- i Tige métallique
- i
- g
- "Epine
- k
- Paraffine
- Fig. 1. — L’aiguille phonographique à pointe d’épine de M. Groubé.
- Les qualités de fidélité du liaul-parlcur à cône mobile et à écran acoustique sont aujourd’hui universellement reconnues. Cependant ce reproducteur sonore est encore affecté d’un effet directif très sensible à faible distance : la tonalité de l’audition dépend alors de la position de l’auditeur par rapport à l’axe de l’appareil.
- Le haut-parleur rayonne les sons en un faisceau d’autant plus étroit que la fréquence est plus élevée. Pour les fréquences graves, vers 1.000 périodes-seconde, par exemple, l’effet directif est à peine perceptible. 11 apparaît nettement dès 4.000 périodes, et il est très prononcé à 6.000 ou 7.000.
- Il est facile de se rendre compte, par exemple avec le haut-parleur d’un récepteur radiophonique ordinaire, que, dans une pièce d’appartement, il y a une position optima, i droite et à gauche de laquelle l’équilibre de tonalité est détruit.
- Les premiers systèmes de contrôle de la tonalité étaient très imparfaits et ne permettaient, en réalité, d’augmenter la tonalité grave qu’en supprimant l’amplification des notes aiguës. On utilise désormais dans les appareils perfectionnés clés dispositifs agissant séparément sur les notes graves et sur les notes aiguës, et conservant l’équilibre indispensable. Leur réglage n’est cependant valable que pour une position déterminée de l’opérateur, et la tonalité n’est plus exacte pour une nouvelle position, soit en distance, soil en direction. Dès qu’on se rapproche de l’axe du haut-parleur, on constate une augmentation des sons aigus, et même l’apparition de bruits de fond plus accentués, par exemple.
- Pour remédier à ce défaut, on a eu l’idée de placer à l’intérieur du diffuseur du haut-parleur un cône fixe, dit antidirectionnel, et de la forme indiquée par la figure 2. On constate, en effet, que l’effet directif disparaît presque complètement et que l’audition ne dépend pratiquement plus de la position de l’auditeur.
- Certaines variations de la tonalité ne sont, d’ailleurs, pas dues au haut-parleur, mais à des résonances de l’ébé-nisterie, qui provoquent une amplification irrégulière des notes graves et une confusion des différents instruments de musique dont on né perçoit plus les sons individuels. La reproduction des notes très graves est, d’ailleurs, défectueuse, parce qu’un effet d’antirésonance se pi’oduit toujours à côté de la pointe de résonance. Une étude plus détaillée des caractéristiques de l’ébénisterie permet de remédier à ces défauts et de compléter les avantages obtenus par l’emploi des haut-parleurs à effet non directif.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Dictons sur la prévision du temps. — M. Roberjot, pharmacien à Dijon, nous écrit :
- « Dans la Boîte aux Lettres du n° du 15 juin, M. J. K. signale le dicton vendéen relatif au vent qui règne le matin du dimanche des Rameaux. Je vous signale que mon père s’est amusé à vérifier ce dicton, qui existe aussi en Bourgogne, et en a reconnu l’exactitude. Ses observations, à ce sujet, ont commencé avant la guerre. Ces dernières années, il a de même contrôlé un autre dicton selon lequel ce vent des Rameaux coïnciderait avec celui de la Chandeleur.
- Au cours de l’hiver 1926-1927, il a également vérifié et reconnu exact un dicton du Méconnais relatif aux crues de la Saône. Comme j’ai oublié les dates, ou plus exactement les Saints auxquels se rapporte ce dernier dicton, je vais demander les renseignements et vous les transmettrai d’ici peu ».
- M. Liouville, président de l’Union sociale d’ingénieurs catholiques, nous adresse l’intéressante communication suivante :
- « J’ai remarqué dans le numéro du 15 juin de votre Revue une note d’un ingénieur E. S. E., signée M. J. K., relative aux dictons populaires et la prévision du temps.
- Celui qui paraît le plus répandu et qui jouit du plus de créance, même parmi des hommes très cultivés, est certes celui qui attribue à la nouvelle lune le pouvoir d’amener des « changements de temps ».
- Et cependant cette croyance ne repose sur aucun fondement comme il est aisé de le vérifier en se reportant aux tableaux dressés par les Offices météorologiques, l’Observatoire du Parc Montsouris, par exemple, qui enregistre les conditions atmosphériques jour par jour.
- Rien n’est plus facile que de relever sur ces documents des changements de temps caractérisés, par exemple, succession de beaux jours après une série ininterrompue d’au moins 8 jours de pluie et vice-versa.
- Nous en avons ainsi noté 45 sur 74 périodes lunaires et nous avons constaté qu’ils se répartissaient absolument au hasard sur toute la période. Une précision absolue ne saurait être exigée, aussi avons-nous cherché les coïncidences de changements de temps avec les 3 jours comprenant le jour de la nouvelle lune, la veille et le lendemain dudit jour. Nous avons opéré de même pour le premier quartier, la pleine lune, le second quartier. Et nous avons trouvé :
- Pour la nouvelle lune .... 5 changements de temps.
- Pour le premier quartier. . . 5 — —
- Pour la pleine lune......... 6 — —
- Pour le deuxième quartier . . 2 — —
- 18 changements de temps se sont donc répartis sur ces 12 jours ; 27 autres changements de temps se sont répartis, au petit bonheur, sur les 17 jours restants de la période lunaire, soit sensiblement en même proportion dans les deux cas.
- En sorte que, pendant les 6 années envisagées, 1930 à 1935, on n’a pas eu plus de chances de succès en prédisant le changement de temps à la nouvelle lune ou’en l’annonçant pour le premier quartier, la pleine lune, le 15 ou le 30 du mois !
- Et cependant, que de milliers de fois n’a-t-on pas, à la même époque, attribué à notre satellite un pouvoir qu’il n’a pas exercé.
- Cellules photoélectriques pour rayons inira= rouges. — Les cellules au sélénium ont leur maximum de sensibilité dans la partie visible du spectre, et spécialement dans la partie orangée. Pour augmenter leur sensibilité aux radiations rouges et infra-rouges, on peut sublimer la matière sur une grille, dans une atmosphère ayant au moins 70° d’humidité, et sous une pression inférieure à 730 mm.
- La surface est badigeonnée avec une solution d’iode dans
- l’alcool, et la cellule est montée dans une ampoule contenant un agent desséchant, tel que le chlorure de calcium.
- On emploie surtout une matière photosensible à 13,6 pour 100 de tellure ; la cellule recuite pendant 2 h à une température de 210°, est conservée encore dans une ampoule de verre vide d’air.
- Le sulfure de thallium donne pratiquement des résultats encore supérieurs. La cellule au thallium fondu sur un support de quartz avec grille conductrice de plomb est placée aux Etats-Unis dans une ampoule de verre remplie d’hélium à une pression égale aux deux tiers de la pression atmosphérique.
- Enfin, on peut également étendre vers l’infra-rouge la sensibilité des cellules photo-émettrices. On emploie surtout des cellules au cæsium. La sensibilité au rouge des cellules alcalines est renforcée, en général, par des composés sulfurés ou des colorants organiques comme le bleu d’alizarine.
- Réponse à M. Marciial, à Namur (Belgique).
- Ouvrages d’électro^acoustique. — Il n’existe pas encore en France, croyons-nous, d’ouvrages consacrés uniquement à la technique de l’enregistrement sonore et des microphones.
- Nous pouvez trouver des renseignements détaillés sur ces questions dans l’ouvrage Le cinématographe sonore, par P. Ilémardinquer (Librairie Eyrolles), ou dans La pratique acoustique (du même éditeur).
- Si vous désirez étudier plus spécialement la technique des studios de radiodiffusion, vous pouvez consulter plus spécialement La technique de la radiodiffusion, t. III, par M. Matras (même éditeur).
- Réponse à M. Beck, à Genève.
- De tout un peu.
- M. Chenu, à Chalon-sur-Saône. — Les dégâts que vous avez constatés dans votre cave peuvent être produits par trois sortes de teignes des bouchons.
- L’Oenophila flavum perfore les bouchons, qu’ils soient ou non recouverts de cire, ce qui peut amener une altération du vin ; la Tinea cloacella a des chenilles vivant sous une toile recouverte de leurs excréments qui prend ainsi l’aspect d’une plaque de mousse noirâtre, à l’abri de cette toile, elles se nourrissent de la moisissure attachée à la surface du bois des vieux tonneaux, elles vivent également aux dépens des bouchons ; enfin la chenille de VEphestia passulella se comporte de la même façon que les précédentes.
- Pour se prémunir contre les dégâts occasionnés par ces teignes, il faut tenir la cave dans un grand état de propreté, brosser soigneusement les tonneaux et objets en bois, en recueillant dans une pelle le produit de ces brossages, que l’on brûlera ensuite.
- Quant aux bouchons, on les mettra à l’abri des attaques en les plongeant pendant un quart d’heure avant l’emploi dans le mélange suivant amené à l’état de fusion par chauffage
- vers 50° :
- Paraffine........................... 400 gr
- Vaseline.................... 100 —
- M. Vignal, à Creil. — Le gommage des puisards est sur-
- tout dû au développement d’algues sulfuraifes de la famille des Beggiatoacées.
- Si le puisard a été foré dans un terrain calcaire, ce qui doit être votre cas, vous pourrez très probablement amener un décollement de ces algues, en versant dans le puisard de l’eau additionnée d’environ 5 pour 100 d’acide chlorhydrique ordinaire que l’on trouve dans le commerce sous le nom d’acide muriatique ou esprit de sel.
- Au cas où le remède serait insuffisant, le seul moyen à. appliquer pour rendre au puisard sa perméabilité, serait un repiquage à la main des parois.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-8-1938 — Published in France.
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- N° 303 J
- LA NATURE
- 15 Août 1938
- LE MUSÉE
- Noblesse oblige : la patrie des Buffon, des Flourens, des Quatrefages, des Broca et autres fondateurs de l'anthropologie se devait de créer un véritable Musée de l’homme ! C’est chose faite aujourd’hui. Dans une des ailes du magnifique Palais qui se dresse depuis peu sur les pentes de Chaillot, se trouvent réunies les plus riches collections ethnologiques du Monde. Spécialistes ou simples curieux des sciences humaines pourront venir s’y documenter à loisir sur leurs lointains ancêtres, sur les mœurs, les coutumes et les travaux de toutes les races de leurs semblables qui vivent actuellement en une région quelconque du Globe.
- Installé sur l’ancien emplacement du Palais du Trocadéro, re-construit par MM. Carlu, Boileau et Azema lors de la dernière Exposition, le Musée de l’Homme a été organisé grâce à l'acthe et intelligente direction du Pr Bivet ; il groupe l’ancien Musée d’ethnographie fondé en 1878, l’ex-labora-ratoire d’ethnologie du Muséum national d’histoire naturelle et l’Institut d’ethnologie de l’Université de Paris. En outre, diverses sociétés savantes, par exemple la Société des Américanistes, le Centre d’études Océaniennes et l’Institut français d’anthropologie, abandonnant leurs locaux, dispersés en plusieurs quartiers de la capitale, viendront déposer leurs livres et leurs archives dans une salle du nouvel établissement où elles tiendront dorénavant leurs séances.
- Parcourons rapidement, l’objectif en mains, les nombreuses salles des 5 étages du somptueux monument, en signalant chemin faisant les procédés très originaux d’exposition des objets renfermés dans plus de 45o vitrines, en examinant la centaine de panneaux de photographies, de dessins ou de notices documentaires et les 6 cartes en relief de grandes dimensions.
- Voici d abord les vestiges laissés pTfrM’humanité au
- cours des âges, depuis le Pithécanthrope jusqu’à certaines populations actuelles très arriérées qui vivent en Afrique ou en Amérique. Des pièces diverses, des vues de fouilles paléontologiques ou des notices nous apprennent à distinguer les Anthropoïdes des Hommes. Chez les premiers, la face s’allonge en avant du crâne en un museau, le front est très surbaissé ; l’arcade sourcilière forme un bourrelet saillant en visière ; le menton est fuyant, les canines sont développées et le trou occipital est très en arrière. Chez l’homme, au contraire, le prognathisme paraît peu accusé, la faoe réduite, le volume du crâne est très élevé, le front très développé sans arcades sourcilières formant visière, le menton reste droit, les canines sont réduites et le trou occipital est situé en dessous. Parmi les objets uniques de cette section, distinguons entre autres les célèbres squelettes de Grimaldi et les vénérables reliques humaines entassées jusqu’ici dans les galeries du Jardin des Plantes.
- Mais à côté de cette remarquable évocation des débuts de l’humanité, voisinent d’innombrables vitrines consacrées aux races blanches, jaunes ou noires, aux nègres de l’Afrique, aux curieuses populations de l’Océanie, aux Chinois et aux Japonais, aux Tcherémi-ses et aux Lamaseries tibétaines, aux Esquimaux et aux primitives peuplades des régions arctiques aussi bien qu’aux divers groupes ethniques de la Bussie, de l'Indochine ou de la Teree de Feu
- Des méthodes d’exposition î-ationnelles permettent d’abord au public le moins initié de s’instruire sans peine en admirant une sélection d’objets entourés de photographies ou de croquis, de textes ou de cartes ayant pour but de les replacer dans leur cadre social
- Fig. 1. — Entrée du Musée de l’Homme.
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- on dans leur milieu historique. Mais, en outre, dix départements seienlitiqu.es, à la tète de chacun desquels se lrou\e un directeur averti, constituent une sorte de second Musée mettant à la disposition des spécialistes environ 200.000 pièces ethnologiques classées avec ordre dans les réserves du Palais.
- .D’autre part, des milliers de photographies documentaires et 15.000 diapositives pour projections composent les intéressantes archives du nouvel établisse-
- Fig. 2 à 6. — Quelques vitrines d’anthropologie, i. Les anthropoïdes et l’homme. — 3. La croissance de l'homme. — 4. Noirs australiens et abyssins. — o. Patagons du Rio Negro et Indiens de la Terre de Feu. — <>. Blancs de race lapone et de race alpine.
- ment tandis que sa bibliothèque, prévue pour un développement triple, possède déjà 80.000 volumes. Puis, dans d’autres salles convenablement installées, des étudiants travailleront à loisir pendant que des professeurs ou des savants feront des conférences et des cours que pourront agrémenter, au besoin, des vues cinématographiques. Enfin indépendamment des expositions temporaires, que M. le Pr Rivet et ses collaborateurs, entre autres M. Soustelle, sous-directeur de l’institution, se proposent d’organiser à l’avenir, la section d’ethnologie musicale donnera des concerts dont le public appréciera certainement l’originalité exotique et dans son studio, possédant une remarquable collection d’instruments musicaux, enregistrera, à volonté, des airs ou des morceaux, copiera des disques ou se livrera à de multiples observations phonétiques.
- Les savants organisateurs en montrant les trésors du nouveau Musée de Chaillot, pourront donc paro-
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- dier le célèbre hémistiche de Térence : Humant, nihil a me alienum puto. Ici se trouvent, en effet, rassemblés les types humains de toutes les époques, les civilisations les plus primitives et les plus barbares, les gravures des grottes préhistoriques d’Altamira
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- comme les chefs-d'œuvre de l’art rupestre africain, les fresques d’une église abyssine sise près de Gondar aussi bien que les squelettes de croissance chez l’homme, des momies péruviennes grimaçantes et rabougries ou des masques soudanais montés sur
- Fig. 7 à 12. — Quelques vitrines d’ethnologie.
- 7. Section des costumes de l’Europe actuelle. Robes et vêtements Tcheremises. — S. Section des peuples arctiques. — U. Département des colonies françaises : instruments de pêche du Soudan. — 10. Section de l’Océanie. Iles Fidji et avant de pirogue de Nouvelle-Zélande. — il. Objets cultuels des lamaseries du Thibet. — 12. Indochine française : masque pour la
- danse du Dragon et jouets d’enfants annamites.
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- Fig. 13. — Art rupestre africain : peintures de grottes de l’Etat d’Orange et de la province du Cap.
- Fig. 14. — Fresques de l’Eglise Antonios, à 1 km de Gondar (Abyssinie septentrionale).
- écliasse donl le rôle est d’appeler ou de chasser la pluie, les objets cultuels des principales religions du monde, les mâts totémiques en bois sculptés par des Indiens de la Colombie britannique, les engins de pêche du Soudan ou les costumes les plus brillants que portent les habitants des cinq parties de l’Univers.
- En un mot a rien de ce qui touche à l’Humanité » ne manque à cet établissement unique au Monde tant par la richesse que par l'intelligente présentation de ses importantes collections.
- J. de la Cerisaie.
- LES VAGUES DE L'OCÉAN
- Les efforts que supportent les bateaux en eau agitée ont une importance considérable dont il faut tenir compte dans leur construction. Aussi toutes les expériences effectuées scientifiquement ont-elles un intérêt tout particulier. Tel est par exemple le cas des études effectuées sur le San Francisco de la Hamburg Amerika Linie en ig34, sous la conduite de Schnabel, lors d’une traversée par temps très mauvais en décembre ig34 et résumées dans le Bulletin du Bureau Veritas. L’auteur a choisi les mesures faites un certain jour à ii h 4o, car la vague était à ce moment remarquable par un escarpement extraordinaire, le navire étant alors à la cape et sans vitesse. Sa longueur est de 147 ni environ. Les mesures sur ce cargo ne peuvent évidemment
- Fig. 1. — Profil partiel de la vague. Pas *^re au*s* P1®"
- cises que des expériences^ de laboratoire vV mais une bonne concordance des relevés a été atteinte cependant.
- Deux méthodes furent employées pour mesurer les vagues : la méthode photo-stéréoscopique qui donne la dimension et la hauteur des vagues à quelque distance du bateau, dans la zone non troublée, et la méthode directe Weiss qui donne la forme et les dimensions des vagues sur la coque même du navire à Laide de contacts électriques installés sur le bordé extérieur, des. contacts étant placés à des couples distants d’environ 20 m, la distance verticale entre les contacts étant de o,3o à o cm 4o. Chacun d’eux est relié à une lampe de la station centrale qui s’allume quand la vague forme contact.
- Les lampes de la station centrale sont photographiées de façon continue avec une échelle de temps, de sorte que la forme des vagues sur la coque est ainsi connue à tout moment. .
- La figure 1. mpntre. lé résultat des Wîesures à un instant donné. Le .diagramme ne peut représenter une vague complète que si la longueur de cette dernière est au plus égale à la distance entre les contacts extérieurs. Pour déterminer la vague entière, on se sert d'un certain nombre de diagrammes que l’on peut alors déplacer par translation et rotation, avec 1 ’hy-
- LffiiLLX m gL 1T
- 20 4-0 Mètres
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- pothèse vraisemblable que la forme des vagues ne varie que très peu dans un court instant.
- La figure 2 donne la représentation d’une vague obtenue par ce procédé. Pour faciliter la représentation, l’échelle des hauteurs de la vague est dans le rapport 2,5/x de celle de la longueur. La figure montre une vague de 186 m de longueur et de 12,6 à i4 m 4o de creux, soit une moyenne de i3,5. La figure demande un complément d’explications. Chaque grande vague dans une tempête est ti'oublée par de petites vagues dont la vitesse diffère de celle de la gTande vague, causant ainsi une légère modification de forme de cette dernière. En fait, la figure ne donne pas une simple courbe, mais une bande dans laquelle est compris le profil de la vague.
- De légères erreurs sont causées par les distances verticales et horizontales des contacts, et par de légers changements de profil dus à la réflection des vagues sur la coque. La ligure 2 montre que ces erreurs sont suffisamment petites par rapport aux dimensions de la vague. On remarquera la pente extraordinaire des vagues et la valeur du rapport 13,8 de la longueur au ci'eux.
- Par cette méthode on trouve non seulement la forme de la vague, mais aussi les oscillations du tangage, et on peut remarquer que les valeurs des angles de tangage au cours de cette tempête ont été anormales, et même extraordinaires.
- Comme conti’ôle de ces mesures, on avait la lecture directe des angles de tangage enregistrés par un gyroscope qui montrait des angles de + xo° à — 120. On a remarqué que des difféi'ences entre les deux mesures se produisent lorsque le centre de gravité du bateau a passé la crête de la vague.
- —>— ^
- 20 46 60 80 100 Mètres
- Fig. 2. — Profil complet de la vague.
- En utilisant ces données on peut corriger la forme de la vague (fig. 3) ; sa hauteur moyenne est augmentée jusqu’à i4 m, le rapport de la longueur au creux étant alors l'éduit à 13,3.
- Bien qu’exceptionnelles, ces vagues peuvent donc exister dans l’Atlantique et on doit en tenir compte dans le calcul des carènes. Dans‘le Pacifique, paraît-il, on en rencontre fréquemment de plus importantes encore, mais les mesures précises manquent à leur sujet.
- H. Vigneron.
- Fig. 3. — Profil corrigé par les relevés de la méthode gyroscopique.
- Profil corrigé de la vague
- 0 20 40 80 80 100 Mètres
- MÉTHODES D'ISOLEMENT DE L'EUROPIUM ET AUTRES MÉTAUX RARES
- Les principales terres rares, entre autres la monazite, la céiâte et la gadolinite se rencontrent en Suède, en Norvège, au Brésil et aux États-Unis. On en a extrait jusqu’ici '15 éléments trivalents et de poids atomique croissant de l’yttrium au lutécium. Quand après avoir pulvérisé ces minerais, on les traite par l’acide sulfurique ou l’acide azotique, ils se dissolvent. Précipitant alors la solution au moyen de l’acide oxalique, on élimine le Thorium qui s’y trouve et dont les sels sont hydrolisables. On obtient finalement un mélange des oxydes de tous les éléments constitutifs des terres rares. Mais il est difficile de séparer ceux-ci les uns des autres, car leurs sels possèdent des propriétés chimiques très voisines et, en outre, leurs cristaux sont isomorphes. Pour résoudre un aussi délicat problème, on doit employer la laborieuse méthode des cristallisa-
- tions fractionnées (fig. 1), basée sur la différence de solubilité des sels de tei*res rares dans certains solvants et qui fournit ces différents corps à l’état de pureté. M. G. Urbain, en particulier, a découvert, de la sorte, le lutécium et le celtium tandis qu’en appliquant à tous les métaux rares divers procédés d’identification physico-chimiques (spectres d’absorption, d’émission, spectres de rayons X, mesures magnétiques, etc.), il a pu caractériser chacun d’eux de façon définitive.
- Se basant sur toutes ces expériences et ces réactions, les chimistes* ont divisé les métaux rares en deux groupes :
- i° la famille cérique comprenant le lanthane, le cérium, la praséodyme, le néodyme et le samarium.
- 20 la famille yttrique, qui se compose de l’yttrium
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- années,
- Pr Urbain
- Fig. 1. — Fractionnement des nitrates du groupe ytlrique en vue d’obtenir des sels purs de dysprosium et d’erbium.
- Au centre on voit la rangée des fours électriques à plaques chauffantes servant à la fusion des cristaux d’éléments rares.
- (de poids atomique très inférieur à ceux des éléments de son groupe), de Yeuropium, du gadolinium, du terbium, du dysprosium, de Yholmium, de l’erbium, du thulium, de l’ytterbium et du lutécium.
- Parmi ces i5 éléments, quelques-uns comme le cérium utilisé dans la fabrication des manchons à
- incandescence ou le héodyme (dont le sulfate s’emploie en pharmacie et dont l’oxyde, ainsi que celui du praséodvme sert à la fabrication des verres colorés) se trouvent en assez grande abondance dans certains gisements tandis que plusieurs (Yeut'opium, par exemple) existent en très minime quantité dans la nature. En outre, si on les connaît à l’état de sels de façon certaine, leur isolement à l’état pur présente de nombreuses difficultés. Les métaux retirés des terres rares réagissent, en effet, sur presque tous les corps (ils décomposent, par exemple, l’eau à l’état naissant). D’autre part, on doit les manipuler à haute température. Aussi jusqu’à ces dernières on n’avait réussi à préparer et dans des conditions diverses de pureté que les métaux du groupe cérique.
- Or, M. Félix Trombe, du laboratoire du a pu obtenir à l’état pur la plupart de ces derniers en décomposant par électrolyse leurs chlorures fondus dans des creusets de fluorure de calcium. Mais les éléments yttriques se montrent plus réfractaires et leur point de fusion dépassant i.ooo0, on ne saurait les préparer directement à partir de leurs sels fondus. En conséquence, M. Trombe a réalisé des alliages de gadolinium et de cadmium dont la décomposition ultérieure sous vide permet, par suite de sa distillation, la séparation. Le gadolinium, isolé ainsi en 1936, possède un point de Curie à t6° et présente, aux basses températures, de remarquables propriétés magnétiques qu’on détermine au moyen de la balance Weiss et Forrer (fig. 2). On met cet élément rare dana un tube de quartz scellé sous vide et solidaire de l’équipage mobile. Puis on le chauffe entre les pièces polaires d’un électro-aimant à l’aide d’un four électrique à résistance que refroidit extérieurement une circulation d’eau. L’aimantation se mesure par l’élongation d'un galvanomètre balistique branché en série sur le circuit des bobines induites.
- Pour l’isolement de Y europium effectué en mai 1938, M. Trombe s’est heurté encore à de plus grandes difficultés. On ne peut effectivement séparer ce métal rare du cadmium sous vide élevé car, à cause de sa tension de vapeur, non négligeable dès 900°, il se trouve entraîné par les vapeurs cadmiques. En conséquence, voici comment opère l’habile chimiste. Après avoir préparé, par l’électrolyse ignée du chlorure d'europium pur, l’alliage cadmium-europium, il sépare les deux éléments dans une atmosphère d’argon sous pression. Puis il purifie ce gaz par passage sur du cérium porté à 5oo°. Après chauffage prolongé pendant G h à 1.200° dans un four
- Fig. 2. — Balance magnétique de Weiss et Forrer permettant l’étude des métaux rares et de leurs sels à différentes températures.
- On met l’élément rare dans un tube de quartz scellé sous vide et solidaire de l’équipage mobile, puis on le chauffe entre les pièces polaires de l’électro-aimant à l’aide d’un four électrique à résistance.
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- électrique, le cadmium se trouve complètement éliminé. L’ensemble de l’appareil (fig. 3) reste lié aux pompes de diffusion, pendant toute la durée de la distillation, dont une jauge Mac Leod et un manomètre à lecture directe contrôlent la marche. M. Trombe opère ainsi plusieurs chauffes successives sous argon. Il recueille alors finalement un corps gris clair, malléable, d’une dureté voisine de celle du néodyme et titrant 98 pour 100 d’europium métallique avec 1 pour 100 de silicium et des traces de fer. Enfin le point de fusion de l’europium-se trouve probablement compris entre 1.1000 et 1.200°.
- Cette intéressante méthode de préparation des métaux rares s’applique plus spécialement au groupe yttrique ainsi qu’au samarium de la série cérique. Mais sans doute avec quelques variantes, elle permettra la purification de certains autres éléments, non encore isolés, de cette extraordinaire famille chimique.
- Jacques Boyer.
- Fig. 3. — Appareil de M. Trombe pour l’isolement de Z’europium métallique.
- Le four électrique, à droite, est. relié pendant la distillation aux pompes de diffusion à gauche. Une jauge de Mac Leod et un manomètre contrôlent la marche de l’opération.
- = MERVEILLES PLANCTONIQUES D’EAU DOUCE =
- Dans son excellent traité de microscopie pi'ati-que (x), M. Deflandre dit au sujet de la faune et de la flore microscopique des eaux : « Il n’est point de collection d’eau, si petite soit elle, de lieu humide même temporairement, qui n’abrite dee myriades d’êtres curieux, animaux ou plantes, dont l’observation est une source de remarques des plus intéressantes. Depuis le sol à peine humide, jusqu’aux mares, étangs, lacs, s’étagent d’innombi'ables stations d’humidité de plus en plus forte, chacune avec leur faune et leur floi’e particulières, leurs, populations spéciales, et qui sont à peine recensées aujourd’hui ».
- Nous voudrions, délaissant toute considération savante, faire connaître quelques-unes des plus curieuses formes animales existant dans le plancton des eaux douces de France. Presque toutes les espèces que nous citerons se rencontrent partout et certaines sont communes. Nous souhaitons vivement que ce simple exposé suscite la curiosité de nombreux lecteurs de Im Nature. Us trouveraient, nous en sommes certains, à la recherche et l’observation- des petits organismes vivants dans les eaux courantes et stagnantes, une source de satisfactions aussi saines que profondes.
- Amœba proteus. — Le naturaliste qui examine au microscope des débris de végétaux immergés provenant d’un fossé ou d’un étang, aura l’occasion d’observer un jour ou l’autre un être extraordinaire : VAmœba proteiis.
- Ce curieux protozoaire ne se révèle à l’œil nu que
- l. G. Defi.andre, Microscopie pratique. Lechevalier, Paris, 1930.
- par une sorte de grumeau insignifiant n’atteignant pas 1 mm depaisseur. Sous l’objectif du microscope, il en est bien autrement et l’on jouit d’une vision étonnante. Au premier abord on voit une masse protoplasmique flanquée de lobes et de prolongements ou pseudopodes. A l'intérieur de celte cellule vivante se trouvent diverses granulations plus ou moins colorées.
- Cet étrange animalcule se déplace très lentement et, méritant bien son nom, change continuellement de forme. Il prend successivement les aspects les plus inattendus et les contours les plus tourmentés. Mais voici mieux encore. De temps à autre, sous l’effet d’un instinct mystérieux mais sûr, équivalant à notre vue et à noire odorat, on voit l’infime animal lancer un de ses pseudopodes vers une particule de matière située à sa portée. Le lobe projeté entoure cet objet peu à peu et se l’approprie pour en faire sa nourriture. Tout ceci s’est passé avec une extrême lenteur, mais on seul cependant dans ces gestes d’un être microscopique une précision et une intention nettement biologiques.
- La figure x montre deux amibes dont l’une est en train de s’incorporer une particule végétale.
- C’est vraiment un spectacle déconcertant, qui laisse rêveur et qui vaut, à lui seul, l’achat d’un petit microscope (1).
- Actinosphaerium eichornii. — On rencontre de temps en temps dans les prélèvements faits au bord
- !, M. le Dr Comanrlon a réussi en ces dernières années à cinématographier à vitesse accélérée sous le microscope, le comportement de diverses Amibes. On voit alors leur protoplasma littéralement couler vers les pseudopodes qui enserrent des proies.
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- = 104 —r:
- des mares, de fort jolis animalcules microscopiques, appartenant au groupe des Iïéliozoaires.
- On les reconnaît aisément par leurs cils nombreux, longs, ténus et rayonnants. La plupart d’entre eux sont très petits et exigent d’assez forts grossissements pour être étudiés. Celui dont nous parlerons est le plus, gros du genre car il dépasse parfois i mm de longueur. On le trouve abondamment dans certaines localités, mais il est des années où il semblé manquer tout à fait.
- L’ Astinosphaerium eichornii est un superbe Hélio-zoaire libre, de forme sphérique. Les cils rayonnants dont il est garni lui donnent l’aspect d’un astre élégant et délicat (fig. 2). Ces cils paraissent jouir de la propriété extraordinaire de foudroyer ou d’anesthésier les petits infusoires qui ont l’imprudence de s'approcher. A la manière de l’amibe que nous avons signalé tout à l’heure, notre Iléliozaire lance alors un de ses lobes vers l’infortunée bestiole et... l’engloutit.
- Clathrulina elegans. — Le plus merveilleux héliozoaire des eaux douces est sans contredit la Clathrulina elegans. Que l’on imagine une sphère siliceuse supportée par un fin pédoncule, lequel est fixé à un objet immergé. Cette boule minuscule est percée de multiples fenêtres disposées dans un ordre très régulier. Par chacune de ces ouvertures sort un long cil d’une délicatesse extrême. Tous les cils convergent vers l’animalcule dont le corps est prisonnier dans la sphère. Cet être délicat ne mesure pas 1 / 10e de mm (fig- 3).
- On peut trouver cette petite merveille dans les fossés où pourrissent des feuilles mortes. On doit cependant compter sur le hasard pour en recueillir et c’est souvent au moment où l’on s’y attend le moins qu’on a l’occasion d’en observer.
- Arcella vulgaris et Diffiugia pyriformis. — Un
- autre groupe intéressant attire l’attention de l’observateur : c’est celui des Rhizopodes. On peut comparer ces petits êtres à des Mollusques microscopiques, au corps lobulé capable de prendre cfes apparences très variées ; ils habitent une coque chitineuse, parfois incrustée de grains de sable.
- Deux espèces se rencontrent fréquemment dans les mares : Arcella vulgaris et Diffiugia pyriformis.
- Le premier se présente au microscope comme un disque d’environ i/roe de mm de diamètre. Il a une belle teinte brune. Vu de côté, il possède une forme lenticulaire (fig. 4).
- Beaucoup d’Arcelles sont vides de leurs habitants et il est relativement rare d’en voir un sortir de sa coquille. Leur carapace est assez opaque et ne laisse guère voir de l’intérieur que quelques taches et granulations foncées.
- Le Diffiugia pyriformis est plus remarquable. Il atteint parfois 1/2 mm de longueur. Il habite une sorte de coque de forme tronconique possédant une ouverture. Les pseudopodes, composés de quatre tenta-
- cules courts et trapus sortent par cet orifice (fig. 5).
- Ces petits animaux sont forts curieux à observer et surprennent toujours le micrographe qui les voit pour la première fois. Pendant les mois d’été on en trouvera à coup sûr de vivants dans le limon prélevé au bord d’un étang ou sur les tiges des végétaux immergés, toujours riches en organismes de toutes sortes.
- Stephanoceros eichornii. — En dépit de son nom rébarbatif, le Stephanoceros est un superbe Rotifère de plus d’un mm de longueur et par conséquent visible à l’œil nu. On le reconnaît facilement quand il se présente bien épanoui, sur la platine du microscope, comme une fleur merveilleuse douée de mouvement ou un de ces étranges cactus croissant dans les pays tropicaux.
- Le Stephanoceros possède cinq prolongements ciliés longs et d’égale grandeur. Il s’est fabriqué une sorte de manteau cylindrique avec une matière gélatineuse transparente laissant apercevoir l’animal qui y loge (fig. 6).
- C’est un spectacle unique que de voir les tentacules ciliés sortir de l’habitacle et se mettre à tournoyer pour attirer les parcelles de nourriture passant à portée.
- Un autre Rotifère fort élégant aussi est le Melicerla ringens, que l’on trouve sous les feuilles de nénuphar. Le long tube qui le renferme se voit très bien à l’œil nu, fixé au végétal ; il suffit de le transporter dans une goutte d’eau et d’attendre pour que le curieux animal sorte ses jolis lobes ciliés.
- Cristatella mucedo. — Voici maintenant, non plus un organisme isolé mais dix, vingt, cinquante et parfois plus, fixés sur un support commun.
- La Cristatelle appartient à la classe des Bryozoaires qui renferme les plus jolis animalcules du plancton des eaux douces.
- La Cristatelle vj_t enj;olonies. Chacun des individus possède une loge particulière d’où sort son panache cilié. Tous les habitants sont fixés dans une sorte de lame gélatineuse qui possède la propriété singulière de se mouvoir lentement sur les objets immergés. Qu’est-ce qui anime cet étonnant support ? Si ce sont les habitants de la colonie, comment chaque animal arrive-t-il à s’entendre avec ses voisins pour avancer dans un sens déterminé P Toujours est-il que ce support peut ramper comme une limace et même grimper après des herbes aquatiques (fig. 7).
- Ce Bryozoaire est peu commun et il faut le rechercher parfois longtemps avant de réussir à en trouver quelques exemplaires. Il se tient de préférence sur les pierres, au fond des eaux ensoleillées. Sa taille varie (pour la colonie entière) de 1 à 10 cm de longueur sur quelques cm de largeur.
- Synura uvella. — Le micrographe amateur observant au printemps un peu d’eau des fossés et des mares ne manquera pas de remarquer dés petites grappes globuleuses d’un beau jaune d’or, animées d’un mou-
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- Fig. 1 à I fî.
- 1, Amccba proteus (gr. x 60) ; 2, Actinosphærium (gr. x 35) ; 3, Clathrulina (gr. x 225) ; 4, a) Arcella vulgaris ; b) ' avec, expansions du corps ; c) vu de côté (gr. x 30) ; 5, Difflugia pyriformis (gr. x 90) ; 6, Stephanoceros (gr. x 65) ; 7, Crista-tella sur un galet (gr. x 3) ; S, Groupe de Synura (gr. x 250) ; 9, Groupe de volvox (gr. x 30) ; 10, Bursaria truncatella
- (gr. x 50) ; 11, Noteus militaris (gr. x 150) ; 12, Un stentor (gr. x 60) ; 13, Vorticell.es : a) en action ; b) contractés
- fgr. x 45) ; 14, Hydre grise, aux longs bras (avec un bourgeon) (gr. x 20) ; 15, Hydre verte avec jeune hydre déjà grande
- (gr. x 25) ; 16, Piscicole à l’affût et en marche (gr. x 4).
- veinent de tournoiement assez rapide. 11 s’agit d’êtres forl curieux, appartenant à la famille des Chrysomona-dines : Synura uvella dont la grosseur atteint en moyenne i/20e Je mm. Chaque grappe constitue une petite colonie indépendante (fig. 8). Nous avons eu le plaisir d’étudier il y a quelques années une infusion d’herbes pourrissantes contenant une foule de Synura. Le spectacle était ravissant. En observant sur fond noir on voyait une multitude d’étoiles tourbillonnant sans cesse. Avec les Volvox dont nous parlerons ensuite, c'est une des observations que nous avons le plus admirée.
- Si l’on fait tomber une goutte de fixateur sur une lame où se trouvent ces Synura uvella, les grappes se
- dissocient et des jolies étoiles il ne reste plus qu’une poussière de corpuscules inertes.
- Volvox globator. — Si les Synura constituent un superbe sujet d'observation, que dirons-nous des Volvox ! On trouve ces petits organismes dans Le au des_ mares, en juin et juillet ; ils n’y sont pas rares.
- Que l’on se figure de fines sphères' d’un vert pâle, comprenant un grand nombre d’animalcules fixés dans, un ordre très régulier sur un réseau délicat. Elles contiennent d’autres globes plus petits et d"un vert plus foncé, constituant la future progéniture (fig. 9).
- Ces sphères gracieuses se déplacent lentement en tournant sans arrêt dans le liquide. Sur fond noir il
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- faut les voir monter et descendre en roulant sur elles-mêmes. C’est un tableau féerique.
- Le Volvox, dont il existe plusieurs espèces voisines, est-il une plante ou un animal, un Protozoaire colonial tendant vers les Métazoaires P
- En touchant les Volvox avec un peu de picro-for-inol on les tue aussitôt, mais ils ne se dissocient pas et on peut les conserver dans leur forme primitive.
- Bursaria truncatella. — Un des plus gros infusoires que l’on puisse observer dans les eaux douces de France est le Bursaria truncatella. On le trouve au printemps dans les fossés où il est mêlé à des Spiros-tomes. Son corps, de forme ovoïde, a une organisation complexe (fig. io).
- Le Bursaria est, avec le Spirostome, le premier infusoire sur lequel nous avons naguère observé le surpre-nanUphénomène de la diffluence. En laissant évaporer l’eau, ou en comprimant légèrement la lamelle recouvrant la goutte, le Bursaria que nous observions se mit soudain à tournoyer sur lui-même, comme pris d'un vertige subit. Peu à peu il se calma puis s’étant arrêté, nous vîmes avec surprise une trouée s’ouvrir dans ses flancs. De cet orifice s’échappèrent une foule de corpuscules qui se répandirent dans le liquide. Diminué de moitié, notre Bursaria se remit à tourner eu rond. Un nouvel arrêt fut suivi d’une nouvelle désagrégation. Trois ou quatre fois ce phénomène se reproduisit. Il ne resta plus finalement du bel infusoire qu’une infime parcelle qui continua à s’agiter dans l'eau pendant quelques minutes.
- Noteus militaris, — Les Piotifères sont des animaux particulièrement intéressants. Parmi eux les Brachionus et les Noteus se reconnaissent à leur carapace souvent granuleuse, à leurs prolongements épineux situés à l’avant du corps et à leur queue mobile quelquefois bifide. Ils sont très communs dans toutes les eaux courantes et stagnantes.
- Le Noteus militaris (fig. n) est une des plus belles espèces. Son corps est fort transparent et laisse voir admirablement les organes et leurs mouvements.
- Stentors. — Tous ceux qui ont examiné au microscope de l’eau croupissante ont pu voir apparaître un grand et beau rolifère : le Stentor. Il est reconnaissable par sa forme en cornet et son large orifice buccal entouré d’une collerette de cils rotatoires (fig. 12). Quand il a absorbé quelques particules solides, on voit nettement les mouvements de mastication de deux organes situés dans l’œsophage et manœuvrant comme des tenailles.
- Le Stentor nage rapidement. Pour bien l’observer il faut attendre qu’il s’arrête. C’est alors qu’il fait tournoyer ses cils pour aspirer ce qui peut passer à sa portée. Les vibrions et les petits infusoires sont attirés par ce maëlstrom et ce qui ne convient pas au rotifère est rejeté aussitôt.
- Un spectacle assez curieux est offert par la présence d’un infusoire minuscule dans la poche stomacale d’un
- Stentor. On le voit remuer et s’agiter dans son étroite prison. Il va et vient et ne semble pas trop incommodé d'une captivité pourtant peu enviable.
- Vorticelles. — Nous ne pouvons passer sous silence les curieuses vorticelles qui, pour être extrêmement communes, n’en sont pas moins remarquables. La moindre infusion végétale en contient au bout d’un certain temps des colonies nombreuses. Ces protozoaires « pénitriches » sont toujours fixés par un très long pédoncule d’une élasticité et d’une rétractilité extrêmes. Nous avons cependant observé accidentellement des vorticelles libres traînant derrière elles leur appendice filiforme.
- Il faut admirer une colonie de ees infusoires quand elle est en pleine action. Chaque animalcule entraîne son pédoncule loin de l’endroit où il est fixé. Les cils entrent en mouvement et attirent les corpuscules voisins. Soudain rapide comme un éclair le pédoncule revient en arrière en se tirebouchonnant et l’on ne voit plus qu’une boulette informe. Au bout de quelques instants, la vorticelle se ranime et se remet en chasse. Le même manège se renouvelle inlassablement. Quand on a sous les yeux une colonie importante de ces animaux, c’est un tableau fort suggestif. Le dessin que nous donnons (fig. i3) représente une forme de colonie assez peu commune, dont tous les pédoncules sont réunis à un.même point central.
- Les hydres. — Tous les naturalistes ont entendu parler de ces étranges et merveilleux petits animaux ([ue sont les hydres d’eau douce. Peu nombreux sont cependant ceux qui en ont vu de vivantes.
- Depuis le mois de mars jusqu’en automne elles sont communes dans des stations bien déterminées. On les trouve fixées aux tiges des végétaux aquatiques. La Veronica, beccabunga qui croît dans les fossés, semble être la plante d’élection des hydres vertes, ainsi que la partie inférieure des feuilles de nénuphar et de pota-mot.
- Parmi les quelques espèces d’hydres qui habitent nos eaux douces, nous en citerons deux : l’hydre grise et l’hydre verte. La première possède des tentacules d’une longueur démesurée (fig. i4). Excessivement ténus, ils sont d’un délicatesse exti’ême et granuleux sur toute leur surface. L’hydre verte est plus trapue, ses bi’as sont moins longs et elle est toute entière d’une belle teinte verte (fig. i5).
- Parmi tout ce que l’on a dit sur les mœurs de ces petits polypes des eaux douces nous ne retiendrons qu’un fait, que l’on pourra constater aisément : la reproduction par bourgeonnement. Certaines des hydres que l’on recueille portent sur le tube qui leur tient lieu de corps une ou plusieurs petites boursou-llures. Peu de temps après ces bourgeons éclatent et donnent naissance à des hydres qui grandissent, émettent des tentacules, agissent pour leur compte puis se détachent de leur mère (fig. i5).
- Les hydres sont constituées par une matière d’une contractilité extraordinaire. Quand on les touche, les
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- tentacules et le corps se ramassent rapidement. Si on les sort de l’eau, elles se contractent en un infime globule gélatineux.
- Piscicole géomètre. — La piscicole géomètre est une minuscule sangsue, assez commune au bord des cours d’eau. Elle est très jolie avec son corps grêle couvert de ponctuations brunâtres sur un fond blanc jaunâtre.
- La piscicole atteint quelques cm de longueur. Elle a tout à fait l’aspect d’une petite chenille arpenteuse. Quand elle avance au fond de l’eau ou grimpe après 1er végétaux, elle pose successivement ses ventouses antérieure et postérieure tout en faisant prendre à son corps la forme d’un V renversé. A l’affût elle adopte une position fort singulière. Se tenant fixée par sa ventouse postérieure, elle prend un aspect rigide, la bouche dirigée en avant vers une pi’oie possible (fig. 6). Si un poisson passe à sa portée elle s’attache aussitôt à lui et ne le quitte que lorsqu’elle est bien gorgée de sang.
- Les planaires. — Chaque fois que l’on place des végétaux aquatiques dans un aquarium ou un simple bocal rempli d’eau, on remarque peu après qu’une foule de bestioles s’agite dans le liquide. Si la station où l’on a prélevé les plantes est riche en plancton, de nombreuses espèces circulent entre les tiges et les feuilles, courent sur le limon qui s’est déposé au fond ou grimpent sur les parois de verre. Parmi ces dernières on aperçoit de petits animaux ressemblant à de fines et délicates limaces. Ce sont des planaires, vers aquatiques très plats et dont le corps mou et fragile glisse rapidement sur les corps immergés en prenant toutes sortes de formes.
- On trouve des planaires blanches, cendrées, brunes, vertes, noires, etc... Certaines sont très communes comme le Dendrocoelum lacteum dont la teinte est
- franchement laiteuse. Ces vers sont intéressants à examiner au microscope. Les yeux sont bien visibles.
- Les ramifications des intestins sont très apparentes et ont une forme différente avec les espèces. Les planaires se déplacent par le simple mouvement de cils
- vibratiles que l’on peut facilement apercevoir tout le long du corps. Notre dessin (fig. 17) donne une idée de la forme de diverses planaires communes dans les étangs et les mares.
- Conclusion. — Tels sont quelques-uns des remarquables petits êtres que l’on pourra admirer, soit à la loupe, soit mieux au microscope, avec un assez faible grossissement. On rencontrera encore bien d’autres organismes extrêmement curieux et dont les mœurs sont surprenantes. C’est un monde immense qui s’offre à nous et dans lequel bien des découvertes sont encore à faire.
- Ce qui frappe l’esprit quand on observe les êtres infimes qui peuplent les eaux, c’est d’abord la lutte pour la vie qui se révèle intensément jusque dans les plus petits d’entre eux. C’est ensuite la beauté et l’harmonie des formes chez des êtres aussi minuscules. Cette minutieuse et incomparable contexture est un sujet d’émerveillement perpétuel pour les initiés à un des plus beaux spectacles de la Création.
- René Rrossard,
- Membre de la Société française de Microscopie.
- ACCOUPLEMENTS ÉLECTRIQUES GLISSANTS =
- L'application du moteur Diesel aux navires de mer a donné lieu à des difficultés particulières. Dans les premières installations, on utilisait de gros moteurs lents entraînant directement l’hélice et actuellement encore, les moteurs Diesel de cargos sont des machines à vitesse très modérée.
- Sur les paquebots, où les questions de poids et d’encombrement sont primordiales, la tendance est de remplacer les gros moteurs lents par de petits moteurs rapides groupés par paires sur chaque arbre d’hélice, qu’ils attaquent par engrenages démulliplicateurs.
- Cette disposition, moins onéreuse que la transmission électrique, présente du reste l’avantage que l’on peut isoler un moteur sans stopper le navire en vue d’une réparation; pour les navires spéciaux, elle fournit une marche de croisière économique avec la moitié des moteurs.
- L’écueil d’une telle combinaison réside dans la brutalité bien connue du moteur Diesel, qui met en péril la denture des engrenages. Le couple d’entraînement est irrégulier et il se produit parfois de violentes oscillations de torsion (trash).
- Ces fâcheux contre-coups se trouvent accrus par la présence de plusieurs moteurs.
- Jusqu’ici, la solution* classique a été constituée par des accouplements hydrauliques. La solution que nous signalons aujourd’hui (Q est toute différente. Basée sur l’utilisation de courants de Foucault, ou plutôt, de courants de court-circuit, elle founrit un lien électromagnétique glissant, souple et sans inertie, qui paraît résoudre entièrement le problème.
- « GLISSEMENT » ÉLECTRIQUE
- On sait que la loi de Lenz, extrêmement générale, qui préside à toutes les actions électromagnétiques, peut s’énoncer ainsi :
- 1. Mémoire de MM. Metz et Nils Ericson à 1 ’Institute 0} Manne Engineers, 9 novembre 1937. V. aussi Bulletin technique du Bureau Veritas, décembre 1937.
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- (( Quand on déplace un circuit conducteur dans un champ magnétique, les courants induits dans ce circuit par les varialions du flux embrassé sont de sens tel qu’il freinent le mouvement du circuit par rapport au champ. »
- Si l’on suppose le champ fixe, le résultat pratique du phénomène est effectivement un freinage. Tel est le cas des disques de compteurs, qui forment frein en tournant entre des mâchoires d’aimants ; tel est aussi le cas d’un induit de moteur de traction freinant en freinage rhéostatique.
- Par contre, si le champ tourne, le circuit sera entraîné; c’est précisément la grande découverte des champs tournants, produits à l’aide de courants polyphasés circulant dans un inducteur fixe, qui a permis d’eniraîner de la sorte des rotors à enroulement en court-circuit, voire des cages d’écureuil ou de simples blocs de fer.
- Remarquons en passant qu’il n’est pas indispensable que le champ tourne pour produire un entraînement rotatif : un champ alternatif pulsatoire suffit à entretenir la rotation d’un induit en court-circuit préalablement lancé à faible vitesse dans un sens ou dans l’autre.
- RÉALISATION PRATIQUE
- L’accouplenijent électrique qui nous occupe comporte effectivement un champ tournant, ou plutôt un ensemble de champs tournants, produits par un inducteur rotatif entraîné par le moteur Diesel et excité à l’aide de courant continu ; c’est le « primaire » de l’accouplement. Le « secondaire », également rotatif, est formé d’une couronne en acier, solidaire des engrenages de l’hélice, dans laquelle sont noyées dtys barres de cuivre en court-circuit formant cage d’écureuil.
- Quand le primaire tourne, le flux magnétique émis par les pôles de l’inducteur balaye le secondaire, produisant l'entraînement.
- Voici quelques détails de construction. Le primaire peut être placé à l’intérieur et le secondaire à l’extérieur, ce dernier ayant par suite la forme d’une cloche (fig. i) ou inversement (fig. 2) ; la première disposition est plus commode dans la pratique. Le primaire-inducteur est à pôles saillants et comporte, par exemple, une douzaine de pôles, alternativement nord et sud; le courant est amené par deux bagues.
- Les deux organes sont placés concentriquement, en porte-à-faux sur leurs arbres respectifs, sans aucune liaison mé-
- Fig. 1. — Installation de deux moteurs Diesel attaquant un même arbre d’hélice par accouplements électriques et engrenage (d’après le Bulletin technique du Bureau Vévitas).
- Accouplement électrique
- Bagues
- d’excitation
- OOOOO
- Moteurs
- Hélice
- OOOOO
- Bagues d’excitation \
- Pignon d'engrenage y
- Primaire excité par le courant du bord
- Secondaire avec enroulement court-circuité
- Moteur Diesel
- Fig. 2. — Schéma d’un accouplement électrique.
- canique. L’ « entrefer » qui les sépare est de 5 à 10 mm suivant la puissance et la vitesse. Cet intervalle paraît relativement élevé pour un système asynchrone; mais il est juste d’observer que les fuites magnétiques ne sont pas ici un grand inconvénient; d’autre part, quand l’entrefer est très réduit, une faible excentration accidentelle produit une énorme fatigue des paliers, par suite du déséquilibre des attractions magnétiques radiales. Il est même arrivé, à bord de paquebots à propulsion électrique par moteurs asynchrones, qu’un rotor de moteur reste suspendu, collé contre le stator !
- L’excitation est faite-sous 110/120 v. Par px'écaution, on avait prévu, sur les deux premières installations, des dispositifs d’accouplement mécanique, pour le cas de panne d’excitation; l’expérience a prouvé qu’ils étaient inutiles.
- AVANTAGES DU SYSTÈME
- La figure 1 montre la disposition convenant pour un bateau possédant deux moteurs par hélice. Il est facile de porter ce nombre à quatre, les deux nouveaux moteurs se plaçant dans le prolongement des anciens.
- A l’essai, le système a révélé les qualités suivantes.
- Son rendement énergétique est très élevé, voisin de 98,0 pour 100; les i,5 pour 100 de pertes sont aisément évacuées, sous forme de chaleur, par le mouvement de l’air. La puissance électrique nécessaire à l’excitation est également de 1 à 2 pour 100 de la puissance transmise.
- Le glissement, c’est-à-dire la différence de vitesse entre le primaire et le secondaire, indispensable pour que des courants induits prennent naissance, reste très faible, voisin de 1,0 pour 100 en marche normale. Le couple, ou effort transmis, ne dépend pas de la vitesse mais uniquement du glissement ; il peut donc être considérable pour de faibles allures, ce qui est important pour les remorqueurs.
- Si l’on trace la courbe du couple en fonction du glissement, on retrouve la classique forme « à maximum », avec pentes inégales, caractéristique des moteurs asynchrones. Ce maximum prend ici un sens très intéressant : il atteste que l’accouplement électromagnétique constitue un limiteur de couple qui se « décrochera » carrément en cas de résistance excessive du côté de l’hélice.
- Dans ce cas, le couple transmis augmente rapidement avec le glissement, atteignant 2x0 pour 100 du couple normal pour un glissement de 6 pour 100 ; puis le « décrochage » se produit, le couple diminuant au fur et à mesure que le glissement augmente, et se stabilisant à 29 pour 100 du couple normal si l’hélice est complètement calée, le moteur tournant à pleine vitesse.
- Lors d’une résistance brusque, durant 1/2 seconde à 1 seconde, le couple décroît un peu moins, grâce à un effet
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- de self. Par suite, l’hélice peut développer momentanément un couple triple du couple normal, pour briser un bloc de glace, par exemple, l’énergie étant fournie par les volants des moteurs.
- Ces différents chiffres ont été relevés sur une transmission de 870 ch fonctionnant à 3oo tours sur l’arbre conduit.
- Ils montrent que les Diesel se trouvent remarquablement protégés contre les surcharges.
- L’accouplement électrique réduit pratiquement à zéro l’irrégularité du couple des moteurs Diesel et les oscillations de torsion; plus importantes sont les oscillations, plus énergique est l’effet d’amortissement. Il est en outre impossible que des phénomènes de résonance se produisent, étant donné qu’il ne saurait y avoir d’accumulation d’énergie dans la partie résilienle, comme dans les autres types d’accouple-menLs flexibles
- L’appareil n’est -uijet à aucune usure. Il peut être mis en charge ou hors circuit par la simple manœuvre d’un inter-
- ........." QU'EST-CE QU'UNE
- Parmi les fruits que les différentes saisons ramènent périodiquement sur les étalagés, la tomate occupe une place très importante. D’un goût agréable, riche en facteurs vitaminés, elle est consommée depuis fort longtemps dans tous les pays. Elle se prête d’une façon remarquable à la conservation et cette propriété a fait naître une industrie moderne, particulièrement florissante en Italie, mais dans laquelle notre pays occupe un bon rang. Les exigences de cette industrie ont posé aux producteurs et aux fabricants cette question :
- « Qu’est-ce qu’une tomate mûre ? ». Question importante à résoudre si l’industriel veut rationaliser sa production, avoir le moins de déchets possibles et présenter un produit réunissant toutes les qualités organoleptiques et alimentaires désirables. Queslion à laquelle il n’est pas facile de répondre, quoi qu’il paraisse à première vue, et que des travaux scientifiques commencent à peine d’éclairer.
- Le fruit étant apparu sur la plante, l’évolution biologique qui lui a donné naissance se poursuit sous sa mince enveloppe, préparant, dans ce mystérieux laboratoire, la maturité rougeoyante qui en fera un mets délectable.
- Pendant la première phase du développement, l’amidon s’était déposé dans le fruit. Cet amidon se transforme en sucres sous l’effet hydrolysant des diastases. La molécule extrêmement volumineuse d’amidon se scinde en sucres, de poids moléculaires beaucoup moins considérables, par fixations successives d’eau, et la quantité de matière sucrée augmente. Parallèlement à ce processus de dissolution, un appel d’eau plus important se fait dans le protoplasma et en définitive la proportion d’eau et d’éléments dissous reste constante. D’après des auteurs italiens, une tomate arrivée à complète maturité contient environ 94 à 95 pour 100 d’eau et le taux de matière sucrée s’élève à 3,70 pour 100.
- A côté de ces composés se trouvent en très faible proportion des produits azotés et des graisses évalués à moins de 0,00 pour 100, lors de la maturité; des acides organiques et des substances minérales complètent le fruit. L’acide citrique et l’acide malique voisinent, le premier augmentant en quantité pendant le développement du fruit, tandis que le second diminue. La présence d’acide oxalique a été signalée également, il semblerait diminuer pour disparaître à peu près complètement au terme de la maturité. Les métaux alcalins, dont la teneur augmente légèrement, neutralisent, les acides de telle sorte que l’acidité du suc diminue progressivement pendant que s’accroît la proportion de sucre.
- Simultanément, le changement de coloration s’observe à
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- rupteur. Pratiquement, les accouplements restent excités aussi longtemps que les machines sont en marche; la vitesse des moteurs est contrôlée par leur alimentation ; ils sont mis en avant, en arrière, stoppés, exactement comme dans le cas d’un accouplement mécanique direct.
- Dans le cas de plusieurs moteurs entraînant un même arbre d’hélice, le système se prête à une ingénieuse réalisation de l’équipartilion de la charge. Il suffit, pour que les différents moteurs fournissent des couples égaux, que les glissements de leurs accouplements électriques respectifs soient égaux. On obtient, aisément ce résultat en agissant sur les alimentations, tout en examinant les accouplements à travers un stroboscope. Le volet obturateur de ce stroboscope étant, entraîné synchroniquement avec l’un des accouplements, quand on verra les autres immobiles, l’équilibrage des charges sera réalisé.
- Pierre Devaux
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- TOMATE MURE ?
- l’œil; d’abord verte, la tomate devient jaune, puis rouge. Cette dernière couleur est due à un pigment voisin du carotène, le liponème. Des recherches actuellement en cours, poursuivies par M. Demesse, semblent montrer que la couleur rouge ne se substitue pas à la couleur jaune, mais que les deux pigments coexistent à partir d’un certain moment de la vie du fruit.
- Quand le fruit est mûr, il contient donc une quantité appréciable de matière sucrée, un minimum d’acide, et une très forte proportion d’eau. En outre, on y trouve des vitamines : le facteur antiscorbutique C est celui dont la présence est la plus importante; en quantités très appréciables aussi, se trouvent les vitamines A et D, facteur antixérophtalmique et facteur antirachilique ; enfin, la présence de vitamine B, anlinévritique, est signalée en très faible proportion.
- Parmi ces facteurs alimentaires, la vitamine C est très fragile à cause de son grand pouvoir réducteur. Assez résistante à la chaleur, elle est rapidement détruite par l’oxygène, à tel point que la tomate cuite à l’air n’en contient plus. Des éludes assez poussées ont permis de sauvegarder son intégrité pendant ia préparation des conserves. Sa survie ne peut être garantie qu’entre certaines limites de température observées pendant la préparation du coulis de tomates, entre 60 et 70°. Dans ces conditions, l’oxydation serait réduite au minimum, la quantité d’oxygène dissous dans le produit étant très faible.
- La détermination de.la maturité, par l’examen superficiel auquel se livre la ménagère faisant son choix chez le fruitier, ne peut satisfaire le fabricant qui prépare des conserves de tomates. La cueillette des tomates se fait empiriquement à une période précédant la maturité d’un temps plus ou moins long, suivant la durée du trajet entre les terrains de production et les lieux de consommation ou d’utilisation. L’appréciation laissée au choix du cultivateur peut amener des erreurs nuisibles ; la tentation peut être grande pour l’industriel d’éviter une perte importante en utilisant toute la matière première reçue, quel que soit son état de maturité, insuffisant ou trop avancé. De plus, à partir d’une certaine époque de l’année, les fruits mûrissent mal et leur couleur ne correspond plus à l’état réel de maturité; il en est de même, comme nous le verrons plus loin, pour les fruits cueillis trop tôt.
- Par exemple, des fruits tard venus rougiront, une fois cueillis, à la faveur d’une douce température, mais ne présenteront pas les qualités des fruits mûrs; vendus à bas
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- prix, ils constituent trop souvent, pour des fabricants peu scrupuleux, une matière première bon marché. '
- C’est pour éviter de telles pratiques que se sont élaborées petit à petit les méthodes analytiques permettant d’étudier scientifiquement, à l’imitation des autres fruits, la maturité des tomates : détermination de la densité du jus, de sa teneur en matière sucrée et en acide, résidus laissés après dessiccation (extrait sec) et après calcination (cendres) telles sont les constantes sur lesquelles on a essayé de baser une définition sensiblement exacte. Le travail des chercheurs n’a pas encore abouti à fixer des chiffres précis pour une discrimination.
- Le lecteur comprendra les difficultés rencontrées dans celle recherche, lorsqu’il saura que ces chiffres varient, non seulement d’une espèce de plants à l’autre, mais encore, dans chaque espèce, avec les conditions de culture (climat, terrain, fumure), l’année, la date de cueillette, etc... De plus, si les examens doivent avoir lieu sur les produits de conserves concentrés, pour vérifier leur qualité marchande, certains résultats dépendent du mode de préparation de ces produits, et en particulier, de la façon dont a été opérée la réduction de volume du jus de tomates frais. Une élévation de température n’a pas seulement pour effet, sur un mélange de produits organiques, l’évaporation de l’eau, mais favorise aussi des réactions chimiques assez complexes et la distillation de produits volatils. Que l’on veuille donc contrôler le produit frais, pour savoir s’il permet de fabriquer une conserve honnête, ou répondre à la question inverse, c’est-à-dire, analysant le produit conservé, déterminer si la matière première était de bonne qualité, le choix des méthodes d’examen est extrêmement délicat.
- Un travail récent (Q, dû à MM. André Kling et Jules Demesse, vient apporter sur ces questions l’appui de quelques données nouvelles. Ces auteurs ont examiné des lots de tomates venus de presque tous les centres producteurs ; leurs essais ont porté sur des échantillons moyens préparés en groupant les fruits d’aspect semblable, et aussi, sur chaque fruit séparé. Poursuivies depuis plusieurs années, leurs recherches leur ont permis de traiter un nombre considérable d’envois et de comparer les résultats obtenus chaque année, aux différentes époques de la saison. Opérant ainsi, ils ont cherché d’abord quels sont, parmi les facteurs dont nous parlions plus haut, ceux capables de fournir des indications constantes. Leur choix s’est porté sur trois d’entre eux : le taux d’extrait sec, celui d’acidité et la teneur en sucre ou plus exactement en matière réductrice.
- Nous l’avons vu, la détermination de l’extrait sec présente quelques difficultés capables d’entacher d’erreur les résultats obtenus. Les auteurs ont proposé une méthode rapide de détermination, mise au point par eux-mêmes avec la collaboration de M. Gelin (z). On fait bouillir le jus de tomates avec un mélange sulfochromique ; les matières organiques oxydées dégagent de l’anhydride carbonique que l’on titre.
- Les dosages de l’acidité et des sucres se font plus simplement par les méthodes ordinaires. Ces deux déterminations présentent d’ailleurs un intérêt primordial. Ayant étudié les variations de ces facteurs pendant l’évolution biologique du fruit, les auteurs ont d’abord confirmé les faits exposés plus haut; ils ont montré que le maximum de matières réductrices est atteint au moment de la maturité. L’évolution biologique cesse alors et les processus de dégradation prennent naissance; des fermentations s’établissent qui attaquent les
- 1. A. Kling et J. Demesse. -=~ Études concernant les tomates et leurs produits de conserves. Annales des Falsifications et des Fraudes, n° 329, mai 1936, p. 273.
- 2. A. Kling, E. Gélin, J. Demesse. — Méthode rapide pour la détermination de l’extrait sec des produits végétaux. Ibid n° 326, février 1936, p. 70.
- sucres. Bien souvent des piqûres d’insectes ont introduit dans le fruit des microorganismes qui se développent aux dépens du milieu ambiant lorsque celui-ci devient favorable à cette évolution.
- Le minimum d’acidité, dont nous avons parlé, est atteint avant que se manifeste le maximum de matières réductrices. La dégradation des sucres s’accomplissant par la suite, pour donner naissance à des acides organiques, le taux d’acidité croît bientôt rapidement.
- matières' réductrices
- Les auteurs concluent que le rapport------------—7-0-------
- acidité
- présente, au point de vue pratique un intérêt particulier. Sa détermination permettrait de fixer aux différentes époques de la maturation l’état d’avancement du fruit.
- Comme la détermination de ce rapport se fait par des manipulations peu compliquées, un industriel, un commerçant peuvent connaître rapidement la qualité des fruits achetés ; de plus, une valeur limite de ce rapport étant fixée, la fabrication de la conserve n’est recommandable et ne devrait être autorisée que pendant la période de l’année oü les analyses de fruits donnent des chiffres satisfaisants.
- L’interprétation exacte des valeurs trjouvées pour ce « coefficient de maturité r> demande la connaissance de quelques références. Notamment, il est nécessaire d’être renseigné sur les conditions de culture, le pays d’origine, la nature de chaque espèce de tomates analysées, avant de conclure. D’une année à l’autre, la valeur moyenne du coefficient de maturité optimum varie selon les conditions atmosphériques. Il sera donc important de procéder chaque année à l’estimation (d’une manière assez large) du rapport limite.
- D’autres faits curieux ressortent des observations de MM. Kling et Demesse. Lorsqu’une tomate verte est cueillie, quand elle ne présente encore aucune trace de pigment jaune à sa surface, elle demeure dans l’état où elle se trouvait lorsqu’elle fut détachée de .la plante. Son aspect ne se modifie pas, et il en est de même pour sa composition chimique. Une tomate cueillie absolument verte ne mûrit pas.
- Si la cueillette a lieu un peu plus tard, lorsque des traces de pigment jaune commencent à apparaître, on lui voit subir les transformations colorées qui annoncent la maturation, quelles que soient les conditions de séjour imposées au fruit. Notons toutefois que si la température est maintenue au-dessous de 12°, l’évolution est arrêtée et reprend lorsque la température est de nouveau supérieure. L’apparition de la couleur rouge ne dépend pas en particulier de l’éclairage. Même dans l’obscurité, la transformation s’opère. Pour ces examens, 011 ne tient pas compte évidemment, de l’apparition des moisissures, très difficiles à éviter lors du stockage des fruits. L’illusion obtenue par la belle couleur rouge est vite dissipée si l’observateur suit l’évolution du fruit au moyen de l’analyse chimique. Il constate alors combien sont trompeuses les apparences. La tomate cueillie avant complète maturité reste dans le même état chimique; l’activité biologique se trouve brusquement interrompue, en particulier matières réductrices
- le rapport ----------—-v-------- demeure constant.
- acidité
- . Les tomates qui doivent voyager, c’est-à-dire toutes celles destinées à être consommées à l’état frais, sont cueillies avant d’être complètement mûres. On voit l’importance du problème posé par ces faits. Si le ramassage se fait trop tôt, le consommateur reçoit un fruit encore vert, malgré les apparences. 11 est donc souhaitable que ces recherches de laboratoire trouvent leur application et qu’une collaboration entre le cultivateur, le fabricant et l’analyste permette à l’industrie des conserves de tomates de fournir au consommateur des produits d’une parfaite qualité.
- Maurice Daumas.
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- LE CORINDON ARTIFICIEL
- Les meules sont de plus en plus employées comme outil de façonnage dans l’industrie mécanique, poux surlacer, rainurer, tronçonner, rectifier, meuler des creux, etc... Aussi le besoin s’est-il fait sentir d’abrasifs plus résistants que le gares classique de nos ancêtres, et a-t-il donné naissance à de nouveaux corps, extrêmement durs, tels que le carborundum (siliciurë~'de carbone) et le corindon, qui est de l’alumine cristallisée à peu près pui’e.
- Le corindon pur existe dans la nature, où il prend différents noms, suivant sa teinte, et, toujours d’une grande valeur, est employé en bijouterie après avoir été taillé. Le corindon émeri naturel, qu’on trouve également dans la nature, n’est en somme qu’une roche contenant plus ou moins de corindon ; son emploi pour la fabrication de meules, l’éserverait trop de déboires, et c’est pourquoi on s’est efforcé de le produire- artificiellement.
- Quelques propriétés du corindon. — D’une dureté atteignant, à l’échelle de Mohr, 9,2 à 9,6, — alors que cel^e du diamant est de 10, — d’une densité d’environ 4 lorsqu’il est pur, le corindon possède un module d’élasticité 2 fois 1/2 plus grand que celui de l’acier, de 52.000 kgr/millimètre carré, dépassé seulement par celui de l’iridium. D’une cristallisation pseudo-rhomboédx’ique, il résiste aux produits basiques, à l’acide fluorhydrique, aux alcalis fondus, et, insensible aux atmosphères oxydantes, il n’est attaqué que par la silice et les fondants siliceux.
- Tel est le corps qu’il s’agit de produire, industriellement, à l’état de pureté, ce que rend assez difficile sa résistance aux plus hautes tempéi’atures. Sa fusion, en effet, ne commence qu’à 1.950° ; il atteint l’état iluicle à 2.o5o°, et son point d’ébullition est à 2.2100.
- Mélange de corindon et de coke. —
- C’est là, cependant, le problème qu’a résolu la Société l’Aluminium du Sud-Ouest, dans son usine de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées, que nous avons pu visiter avec sa bienveillante autorisation.
- Sarrancolin est située dans la vallée de la Neste, à 600 m d’altitude et à une dizaine de kilomètres en aval d’Arreau, où un barrage établi au confluent de la Neste d’Aure et de son affluent la Neste du Louron, a permis de créer une chute de 5o m et une centrale hydro-électrique de i5.ooo ch alimentant l’usine de Beyrède appartenant à la même société, et celle de Sarrancolin.
- La matière pi’emière employée pour la fabrication du corindon est la bauxite, A1203 aH30, ou hydrate d’alumine non cristallisé, toujours souillée d’une proportion importante de silice et de sesquioxyde de fer ; elle provient des gisements de l’Hérault ou du
- Var et est amenée à l’usine sous forme de l’oehes.
- Reprise à la pelle par un ouvrier, chargée dans une brouette, elle est livrée à un concasseur qui la réduit en grains.
- Au sortir de ce concasseur, elle est mélangée, dans des proportions calculées d’api'ès sa nature chimique, avec du-coke qui, de son,, côté a été finement broyé, à rusinennême, dans un broyeur à meules à sole tournante.
- Fusion au four électrique. — Le mélange est alors transporté dans l'immense hall de fabrication où sont installés des fours électriques, au nombre de six (lîg. 1), alimentés à l’aide du courant alternatif, et dans lesquels plongent des électi'odes en cai’bone amorphe, de fabrication française.
- Ces fours construits en tôle d’acier Martin et qu'il importe de refroidir pendant tout le cours de l’opération, sout munis d un w aler-jacket qui leur distribue sans arrêt de l'eau amenée par une tuyauterie spéciale. 11 îxe faut pas oublier, en effet, que la température à l'intérieur du tour doit atteindi'e environ 2.0200, température à laquelle ne pourrait résister, sans ce refroidissement extérieur continuel, l’acier qui les constitue.
- Ces fours sont chargés (lig. 2) petit à petit, et pendant tout le cours de l'opération, au moyen du mélange bauxite-coke, et cette opération se poursuit, pendant un temps variable, suivant la qualité du produit.
- Dès qu’elle est terminée, les électrodes, ou plutôt ce qu’il en reste, sont remontées et le four, avec son contenu, soulevé au moyen d’un pont-roulant, qui dessert tout le liait de fabrication, est transporté au milieu de ce hall.
- - Vue d’ensemble du hall des ftrm électriques dans lesquels la bauxite est fondue à une température de 2.020°.
- Viy. I.
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- Fig. 2. — Chargement d’un four en activité.
- Coulée du ferro-silicium. — Le coke mélangé à la bauxite a pour effet de réduire les impuretés que celle-ci contient, et notamment le sesquioxyde de fer, Fe203, et l'oxyde de silicium, ou silice, SiO2 qui se combinent pour donner le ferro-silicium, Fe3Si2, FeSi, ou FeSi2, suivant sa teneur en silice.
- Le four ayant été porté au milieu du hall, le fond en est percé en un point préparé à l’avance,, le ferrosilicium, dont la densité est plus grande que celle du corindon, s’écoule et celte coulée s’arrête d’elle-même lorsqu il ne reste plus "buis le four que du corindon (fig. 3).
- Fig. 3. — Hall des fours montrant des pains de corindon ' en attente d'enlèvement.
- Ce ferro-silicium, qui prend en se solidifiant une belle teinte argentée, est recueilli pour être vendu aux aciéries ; le pain de corindon, solidifié à son tour dans le four, est soulevé par le pont-roulant, et emmagasiné, avec ceux précédemment obtenus, au parc de stockage (fig. 4).
- Préconcassage du corindon. — Ces pains y sont repris, au fur et à mesure des besoins, et rapportés dans le hall de fabrication toujours à l’aide du pont-roulant, pour un préconcassage manuel à la masse, qui permet de les réduire en blocs de 20 à 3o centimètres en tous sens.
- Ces blocs sont ensuite livrés à des concasseurs à mâchoires de différents modèles.
- Dans l’un de ceux-ci, les morceaux de corindon sont brisés entre deux mâchoires amovibles montées sur
- Fig. 4. — Vue partielle des parcs de stockage des pains de corindon.
- porte-mâchoires, Lune fixe, l’autre mobile, celle-ci actionnée par une bielle à laquelle un arbre excentrique donne un mouvement alternatif de bas en haut. Grâce à un puissant ressort, le contact est toujours assuré entre toutes les pièces de commande de la mâchoire mobile.
- Bien que tous les organes de ces concasseurs soient établis pour résister au pénible travail qu’ils ont à fournir, la dureté du corindon est telle que leur usure est un élément important du prix de revient.
- Triage du corindon. — Après passage dans un ou plusieurs concasseurs à mâchoires, et avant d’être livrés à des broyeurs spéciaux, les fragments de corindon obtenus sont transportés à l’atelier de triage (fig. 5) et, déversés sur des tables spéciales, passent sous les yeux d’ouvriers et d’ouvrières expérimentés. Ceux-ci sont chargés d’enlever les nodules de ferro-silicium qui auraient pu être inclus dans la masse de corindon, et, surtout, de trier les fragments de corindon suivant leur coloration,, qui va toujours de pair avec
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- leurs qualités physiques, et d’éliminer les fragments spongieux et sans valeur qui pourraient s’y trouver.
- Broyage final. — Ainsi Lriées, les diverses variétés de corindon sont livrées séparément aux broyeurs. Dans la plupart des cas l’un des cylindres d’une paire est fixe, les coussinets du second étant mobiles et pouvant être réglés à l’aide de vis munies d’un mécanisme à ressort, ce qui leur permet un mouvement de recul, et atténue les chocs violents dus au passage de fragments trop gros.
- Ces cylindres, pour le traitement du corindon, et en raison de sa dureté, se composent généralement d'un noyau en fonte, entouré d’une couronne ou frette en acier ou en métal spécial trempé.
- De cylindre fixe, seul, peut recevoir la commande, et la transmettre par des roues d’accouplement à longue denture au cylindre mobile, mais, le plus souvent, les deux cylindres sont actionnés directement, ce qui évite l’emploi d’engrenages.
- Suivant le nombre de passages entre les cylindres et leur écartement, le corindon broyé est obtenu en dimensions variant de 2 mm 5 à quelques centièmes de millimètre.
- Le classement des grains venant des broyeurs s’opère à l’aide de tamis de .20 numéros, allant du numéro 8 au numéro 220, ce qui permet la livraison de produits bien définis et absolument homogènes.
- La structure des grains ainsi obtenus, leur pureté, l’absence d’inclusions métalliques, de fer ou d’oxydes,
- Fig. o. — Vue partielle de l’atelier de triage du corindon concassé.
- assurent aux meules le .meilleur angle de coupe, ainsi qu’une grande solidité.
- Briques de corindon. — Ce même corindon peut être employé également à la fabrication de briques réfractaires dont la température de fusion varie entre 1.820 et 2.o5o°, alors quelle varie pour les meilleures briques de chrome entre 1.6800 et i.85o° et entre i,555° et 1.725°, seulement, pour les briques réfractaires en argile.
- Georges Lanorviixe.
- E LA BOITE ÉLECTRO-MÉCANIQUE E DE CHANGEMENT DE VITESSE COTAL
- Une difficulté importante, dans la conduite d’une automobile, réside dans l’opération correcte du changement de vitesse.
- Une boîte de changement de vitesse, ou plus brièvement : une boîte de vitesse, est nécessaire sur toute automobile mue par moteur à explosion.
- En effet, un moteur à explosion ne donne toute sa puissance que dans une limite assez restreinte de vitesses, entre 2.5oo et 4-ooo tours par minute environ, et sur automobile c’est à toutes les vitesses, aussi bien au démarrage qu’à 100 km à l’heure ou plus, qu’on a besoin de toute la puissance du moteur. Il faut donc faire usage d’un dispositif capable de fournir une démultiplication variable, qui permette de mettre en rapport correct la vitesse des roues de la voiture et celle du moteur en toutes circonstances. C’est la boite de vitesse mécanique commandée à main, à 1 aide d’un levier, qui a constitué jusqu’à présent la solution adoptée.
- Cette boîte contient plusieurs groupes ou trains d’engrenage, formés de roues et pignons dentés. On met tel train en action pour obtenir telle vitesse.
- Pour changer de vitesse, il faut d’abord sépai'er le moteur de la boîte en appuyant sur la pédale de débrayage, puis mettre en position d’usage le train d’engrenage choisi, puis accoupler par l’embrayage le moteur à la boîte en lâchant la pédale.
- L’art, pour un automobiliste, est de débrayer, changer de vitesse et embrayer à nouveau, rapidement, sans bruit, sans choc, sans secousse donnée à la voiture.
- Les ingénieurs de tous les pays ont depuis longtemps cherché à éliminer les ennuis et les complications d’emploi qu’apporte la boîte de vitesse.
- Parmi les dispositifs qui donnent le plus d’espoir, se place le dispositif français Cotai. 11 se manœuvre très simplement à l’aide d’un contacteur fixé sur le volant de direction. La particularité de principe de la
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- boîte électro-mécanique Cotai est d'utiliser des trains d’engrenage hypocycloïdaux qui sont mis en service par des relais magnétiques.
- LE FONCTIONNEMENT DU TRAIN D’ENGRENAGE HYPOCYCLOIDAL ET SES AVANTAGES
- Le train d’engrenage hypocycloïdal utilisé dans la boîte Cotai comprend (fig. i) : une couronne planétaire, un pignon planétaire concentrique à la couronne et des pignons satellites, en nombre quelconque, en prise simultanément avec la denture de la couronne et celle du pignon central. Les satellites sont réunis entre eux par une pièce mécanique sur laquelle est monté leur axe de rotation ; cette pièce est, par exemple, prolongée par un arbre creux concentrique à l’arbre du pignon planétaire. On dispose donc finalement de trois arbres concentriques : celui de la couronne i, celui du pignon 2, celui du support des satellites 3, réunis par le système d’engrenage.
- Chaque arbre peut être utilisé comme moteur, ou comme récepteur, ou encore maintenu fixe, et l’on obtient, si chacun des 3 arbres a l’une de ces 3 fonctions, plusieurs combinaisons de fonctionnement ; elles sont au nombre de six.
- Supposons en effet que l’arbre x de la couronne soit fixe : si l’arbre 2 du pignon est moteur, l’arbre 3 des satellites est entraîné dans le même sens et à vitesse démultipliée ; inversement si 3 est moteur, 2 est. entraîné dans le même sens à vitesse multipliée.
- Lorsque c’est l’arbre 2 qui est fixe il y a encore deux combinaisons : si 1 est moteur, 3 est entraîné dans le même sens à vitesse démultipliée ; si 3 est moteur,
- 1 est entraîné dans le même sens à vitesse multipliée.
- Fig. 1. — Train d’engrenage hypocycloïdal.
- Couronne
- planétaire
- Pignon
- planétaire
- Satellite
- Enfin lorsque l’arbre 3 est fixe : si 1 est moteur, 2 est entraîné en sens inverse à vitesse multipliée ; si 2 est moteur, 1 est entraîné en sens inverse à vitesse démultipliée.
- Au surplus il est à remarquer que lorsque deux des trois arbres sont maintenus solidaires l’un de l’autre, le troisième leur sera automatiquement lié et devi’a tourner avec eux. Ainsi par exemple en reliant, par un système d’accouplement extérieur quelconque, la couronne et le support des satellites (donc en empêchant les satellites de rouler dans la couronne), le pignon central est entraîné à la vitesse commune à la couronne et au support des satellites. On a la prise directe, le dispositif transmet le mouvement sans le ti'ansformer.
- En disposant l’un derrière l’autre, sur un même arbre, plusieurs dispositifs analogues à celui que nous venons de décrire, on conçoit qu’il est aisé d’augmenter le nombre des combinaisons, non pas seulement en raison du fonctionnement de chaque dispositif, mais encore selon le mode de liaison d’un dispositif au suivant ; ainsi on peut relier le pignon d’un dispositif soit à la couronne, soit aux satellites du suivant et l’on obtient des résultats différents.
- Dans la boîte Cotai, destinée aux automobiles, on n’utilise évidemment pas toutes les combinaisons possibles, mais seulement celles qui donnent : soit la démultiplication désirée, car la boîte de vitesse est surtout un appareil démultiplicateur, soit la prise directe.
- Pour passer d’un mode de fonctionnement à l’autre et inversement il faut pouvoir rendre fixe un des organes du dispositif, puis lier lorsqu’on le désire cet organe à un autre déterminé. Ce résultat est obtenu aisément et silencieusement à l’aide d’un relais magnétique.
- LE RELAIS MAGNÉTIQUE
- Depuis longtemps on a songé à utiliser la commande des pignons d’une boîte de vitesse, par électro-aimant ou relais magnétique. La voiture Ampère, construite au début de ce'siècle, comportait une boîte ainsi commandée. En 1906, une boîte de vitesse à relais magnétique était montée sur voiture Richard-Brasier.
- Le procédé, laissé quelque peu dans l’oubli, a été repris et sensiblement amélioré par Cotai. Les relais magnétiques utilisés dans la boîte de vitesse de ce constructeur comportent en principe : une couronne mobile en fer doux (fig. 2), qui constitue l’armature de deux électro-aimants entre lesquels elle est placée. Ces électro-aimants sont foraiés eux aussi d’une couronne de fer doux, qui porte sur sa face située vers l’armature, une large rainure circulaire. Dans la rainure est enfoncée la bobine en fil de cuivi’e qui, alimentée par courant continu, créei'a le flux magnétique d’attraction.
- L’un des électro-aimants est solidaire du carter du
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- dispositif. L’autre est rotatif et lié mécaniquement à l’un des organes (couronne, pignon ou satellite) du train hypocyc-loïdal enfermé dans le carter et qu’il s’agit de commander. Enfin l’armature est liée mécaniquement à un autre organe du train d’engrenage et peut donc tourner concentriquement à l’axe de l'ensemble. Cette armature est montée sur l’arbre central avec un léger jeu longitudinal, ce qui lui permet de venir s’appliquer, si l’un des deux électro-aimants l’attire, sur cet électro-aimant.
- On voit que (lorsqu’à l’aide d’une bague et d’un frotteur) on alimente l’électro-aimant rotatif, l’armature, attirée, vient se coller contre lui ; les deux organes du train d’engrenage, reliés l’un à l’électro-aimant, l’autre à l’armature, deviennent ainsi solidaires ; le train fonctionne en prise directe comme nous l’avons vu précédemment.
- En alimentant, non plus l’électro-aimant rotatif, mais l’électro-aimant fixe, l’armature vient s’y appliquer et l’organe dont elle est solidaire devient fixe. Les deux autres organes du train hypocycloïdal étant choisis à ce moment l’un moteur, l’autre récepteur, on réalise l’une des combinaisons possibles de multiplication ou démultiplication.
- L’emploi d’un train hypocycloïdal commandé par relais magnétique a servi tout d’abord à Cotai pour réaliser son démultiplicateur électro-magnétique, précurseur de sa boîte de vitesse. Il est intéressant d’étudier comment il fonctionne, car la boîte de vitesse n’est qu’un accouplement de plusieurs démultiplicateurs.
- LE DÉMULTIPLICATEUR ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- Le démultiplicateur électro-magnétique Cotai a été utilisé par divers constructeurs de voitures et en particulier par Voisin sur sa 17 ch, 6 cylindres. Ce démul-tiplicaleur était monté entre la boîte de vitesse mécanique à engrenage commandé par levier et le pont arrière. Comme il permettait, par sa construction, deux vitesses (.démultiplication dans le sens de rotation de l’arbre moteur et prise directe), la boîte de vitesse mécanique n’avait elle aussi que deux vitesses et était donc simplifiée. La combinaison du démultiplicateur et de la boîte mécanique donnait bien finalement les quatre vitesses classiques. Un commutateur placé sur le volant de direction commandait le démultiplicateur électro-magnétique.
- La figure 2 montre la constitution de principe de l’appareil. L’arbre moteur 7 (venant de la boîte de vitesse mécanique) est solidaire de l’électro-aimant rotatif 1 et de la couronne dentée 4- L’arbre récepteur 8 (relié au pont arrière) est solidaire du plateau portant les satellites 6. Enfin le pignon denté central 5 est solidaire de l’armature 3, qui est placée entre l’élec-tro-aimant rotatif 1 et un électro-aimant fixe 2.
- Lorsque la bobine B2 de leleclro-aimant fixe 2 est alimentée, l’armature 3 est attirée et s’immobilise ainsi
- que le pignon 5. L’arbre 7 entraîne l’arbre 8, par l’intermédiaire des satellites 6, dans le même sens et avec démultiplication.
- Lorsque c’est la bobine Bx, de l’électro-aimant mobile 1, qui est alimentée, l’armature devient solidaire de cet électroaimant ; la couronne dentée 4 et le pignon 5 sont donc aussi solidaires, e t l’arbre 8 est entraîné d i -rectement par l’arbre 7 puisque les satellites ne peuvent tourner s u r eux-mêmes.
- LA BOITE ÉLECTRO-MÉCANIQUE COTAL A 4 VITESSES POUR AUTOMOBILES
- Pour réaliser une boîte électro-magnétique à 4 vitesses, il suffit d'accoupler mécaniquement de façon convenable, Lun derrière l’autre, deux démultiplicateurs semblables au modèle que nous venons de décrire. On aura quatre combinaisons selon le mode d’action sur le train hypocycloïdal de chacun des démultiplicateurs.
- La figure 3 montre schématiquement la réalisation de l’appareil. Sur l’arbre moteur M sont montés l’élec-tro-aimant mobile A et le pignon Px, du premier train. L’armature Xx est solidaire de la couronne planétaire Lx et située entre l’électro-aimant A et l’électro-aimant fixe B. Les satellites Sx sont montés sur un support Nx, qui porte la couronne planétaire L2 du second train. Le pignon P2 de ce dernier est lié à l’armature X2. Celle-ci est placée entre un électro-aimant fixe C et un électro-aimant mobile D, lié ainsi que le support N2 des satellites S2, à l’arbre récepteur R. Les électro-aimants mobiles A et D sont alimentés par les bagues Ah et D„ sur lesquelles appuient les frotteurs d’amenée du courant.
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- Fig. 2. — Relais dêmultiplicateur électro-magnétique.
- J, électro-aimant rotatif ; 2, électro-aimant fixe ; 3, armature ; 4, couronne planétaire ; o, pignon planétaire ; 6, satellite ; 7, arbre moteur ; 8, arbre récepteur ; à, carter ; B1, B2, bobines des électroaimants 1 et 2.
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- A X, B C X. D
- Fig. 3. — Montage schématique de la boîte Cotai à quatre vitesses.
- M, arbre moteur ; R, arbre récepteur ; A, D, électro-aimants rotatifs ; B, C, électro-aimants fixes ; Xt, X->, armatures ; Li, L.,, couronnes planétaires ; l'i, l’s, pignons ; S, S2. satellites ; Ni, N2, plateaux porte-satellites ; Ab, Db, bagues d’alimentation des électro-aimants A et D.
- En alimentant les deux électro-aimants fixes B et C, les armatures Xx et X2 s’immobilisent. L’arbre M entraîne, à une vitesse démultipliée par les deux trains d’engrenage, le support N2, donc l’arbre R. La démultiplication est alors totale et correspond à la première vitesse.
- L’alimentation des électro-aimants B et D donne la deuxieme vitesse. En effet le premier train agit toujours en démultiplicateur, mais pour le second comme l’armature X2 s’applique sur 1 electro-aimant mobile D, les satellites S2 et le pignon P2 sont solidaires, la prise est directe.
- De même façon on obtient la troisième vitesse en alimentant les électro-aimants A et G. Le premier train se place en prise directe et le second agit en démultiplicateur. Il est évidemment construit pour donner une démultiplication plus faible que le premier train.
- La quatrième vitesse est réalisée en plaçant les deux trains en prise directe, c’est-à-dire en excitant les électro-aimants mobiles A et D.
- Enfin la suppression du courant d’alimentation dans tous les électro-aimants laisse libres les armatures X1 et X, ; il n’y a plus d’entraînement. On réalise la x’oue libre, ou point mort électro-magnétique.
- LA CONSTRUCTION DE LA BOITE COTAL AVEC MARCHE ARRIÈRE
- Les boîtes de vitesses construites par Cotai diffèrent quelque peu dans leur construction, selon leur puissance de transmission et l’usage auquel elles sont des-
- tinées. Notons que pour la commande des grues en particulier, on réalise des boîtes à 16 vitesses, avec renversement de marche et freinage, qui comportent alors 4 trains d’engrenage hypocycloïdaux, commandés par électro-aimants et accouplés sur le même arbre de support. Pour les autorails, les boîtes comportent 8 à 10 vitesses.
- La boîte pour automobile est plus simple, comme le montre la figure 4, qui représente un modèle normal à 4 vitesses. On aperçoit les bornes A1( B1}
- Du qui servent à l’alimentation des électro-aimants. Les satellites sont ici à étage, pour obtenir une plus grande démultiplication sans augmenter pour cela les dimensions de l’appareil. Le fonctionnement est celui décrit dans le paragraphe précédent.
- Pour obtenir la marche arrière et pour couper, si on le désire, toute liaison mécanique enti'e le moteur et l’appareil, un troisième train d’engrenage hypocy-cloïdal, à commande manuelle, est placé en avant de la boîte. Il comprend un pignon P solidaire de l’arbre du moteur M ; une couronne planétaire L solidaire de l’électro-aimant mobile A et du pignon Px, et qui donne donc la liaison mécanique avec le système électromécanique ; des satellites S montés sur un support N. Ce support est coulissant ; il est commandé par une fourchette F, laquelle est actionnée par le doigt Df ; ce doigt est commandé par le conducteur à l’aide du levier spécial de marche arrière ; trois positions de la fourchette F, réglées par la bille O, sont possibles.
- Fig. 4. — Ensemble en coupe d’une boîte Cotai pour automobile (quatre vitesses, marche avant et arrière).
- M, arbre moteur ; R, arbre récepteur ; A, D, électro-aimants rotatifs ; B, C, électro-aimants fixes ; Xi, X2, armatures ; Ai, Bi, G,, Di, bornes d’alimentation des électro-aimants ; L, Li, L2, couronnes planétaires ; P, Pi. r2, pignons ; S, Si, 82, satellites ; N, Ni, N2, plateaux porte-satellites ; ü, pompe à huile ; F, fourchette de commande du plateau N ; 0, bille d’arrêt ; Df, doigt de commande de la fourchette ; II, couronne dentée fixe.
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- Le support N possède sur son pourtour une denture qui peut venir s’engager soit dans la couronne dentée L, soit dans une couronne tixe H.
- Dans la position de la fourchette F pour laquelle le support N s’engage dans la couronne L, on a l’en-traînement direct, c'est-à-dire la marche avant, puisque les satellites S ne peuvent tourner dans la couronne. Dans la position moyenne, représentée par la figure, le support >i est libre, c’est le point mort mécanique ; toute rotation de la couronne L ou du pignon P n’a pour effet que de faire tourner ce support. Quand la fourchette vient engager le support N dans la denture fixe II, c’est la marche arrière ; les satellites ne peuvent en effet que tourner sur eux-mêmes et sous l'action du pignon moteur P ils entraînent en sens inverse et avec démultiplication la couronne L. A ce moment la boîte de vitesse électro-mécanique reste, on le conçoit, en service et l’on conseille, afin de ne pas avoir alors une démultiplication trop grande, de placer le dispositif en 2e ou 3e vitesse.
- LE GRAISSAGE
- Le graissage a été particulièrement étudié dans la boite Cotai où la centrifugation de l’huile était à redouter. La figure 4 montre comment y est réalisé un système de graissage complètement autonome.
- La pompe à palette U aspire dans le fond avant du carter, l’huile qui est filtrée à travers une cloison médiane intérieure. L’huile est refoulée par la pompe dans le conduit central percé dans l’arbre principal. Des trous radiaux divers, de section choisie, alimentent convenablement des différents organes et les jeux d’engrenage.
- LA COMMANDE ÉLECTRIQUE
- La commande électrique de la boîte s’obtient très simplement -avec un contacteur fixé sur le tube de direction et qui fournit aux électro-aimants l’alimentation convenable. Le contacteur est du type à levier ou du type à grille (fig. 5 et 6).
- Le contacteur à levier comporte ordinairement 6 positions : o-i-2-3-o-4, gravées sur le boîtier. Les chiffres correspondent aux quatre vitesses, les zéros aux points morts, donc en « roue libre ».
- On remarque qu’une position o est ménagée entre les vitesses 3 et 4- Ceci est prévu pour donner au conducteur la facilité de placer immédiatement et sans effort la voiture en roue libre, en économisant l’essence et en laissant reposer le moteur, alors qu’il marche en prise directe, ou quatrième vitesse. C’est dans cette position de prise directe que se trouve en effet le plus souvent, sur route, la boîte de vitesse, et c’est alors, pour une descente légère, lorsque la voie est libre, qu’il est intéressant et sans danger d’utiliser la position de roue libre. Une petite manœuvre du contacteur, ramené de 4 à o, donne le résultat sans
- qu’il soit nécessaire de débrayer.
- La remise en prise, de o à 4, s’opère de même façon, instantanément.
- Le contacteur à levier SGE, modèle pas à pas (fig. 5) mérite d’être signalé. Il possède deux leviers de commande superposés et très différents l’un de l’autre. Le premier, court et chromé, permet de placer immédiatement l’appareil sur n’importe quelle vitesse ; il permet une manœuvre urgente.
- Le second, plus long et vern.i noir, ne pennet de passer, à chaque manœuvre, que d’une vitesse à la vitesse voisine, où un dispositif automa-tique intérieur l’arrête. Pour aller plus loin il faut laisser le levier revenir légèrement en arrière, puis l’actionner de nouveau. On monte donc ou on descend les vitesses pas à pas. Le conducteur ne peut pas sauter, par inadvertance, une ou plusieurs vitesses et passer brusquement à une vitesse ou trop élevée, ou trop basse.
- Le contacteur à grille (fig. 6) porte une ouverture en forme dTI et dans laquelle se déplace le bouton de commande. La position O correspond à la branche horizontale de l’H ; les positions de vitesse sont en bout des branches verticales. Le mode de manœuvre est donc identiquement le même, on le conçoit, que celui du levier de changement de vitesse classique.
- La consommation d’électricité d’une boîte électromécanique »
- Cotai est re- Fig. 0. — Contacteur à grille.
- lativement faible et les installations électriques actuelles de voiture peuvent aisément la supporter.
- Elle varie
- - La commande électrique d’une boîte Cotai.
- Fig. 5
- Ai, Bi, Ci, Di, bornes d’alimentation des électro-aimants ; Al, lignes d’alimentation ; Bo, contacteur ; Dd, levier de commande directe ; De, levier de commande pas à pas ; S, sanglé de fixation du contacteur sur le tube de direction ; Y, volant.
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- avec le nombre de trains d’engrenage, c’est-à-dire avec le nombre de vitesses, et selon le couple mécanique transmis.
- Pour les principaux types utilisés sur véhicules de transport, on peut noter les valeurs suivantes relatives à des modèles donnant quatre vitesses.
- Véhicule Couple transmis en mètre-kilogrammes Puissance absorbée en watts
- Voiture de tourisme. 6 à 35 36 à 5o
- Camion .... 4o à 60 58 à 92
- Auto-rail . go à 120 100 à 200
- Les électro-aimants des boîtes de vitesse sont établis pour la tension d’alimentation désirée et qui, pour les voitures et camions, est de 6, 12 ou a4 v.
- QUELQUES REMARQUES SUR L’UTILISATION DE LA BOITE COTAL
- La boîte Cotai a été conçue, on le sait, en vue de l’automobile et elle a apporté la simplicité, la rapidité, le silence, dans les manoeuvres de changement de vitesse.
- On peut ajouter que le bruit d’engrenage, lors de la marche en première et deuxième vitesse en particulier, y est bien plus aisé à réduire que dans une boîte ordinaire.
- Cependant l’appareil ne permet pas la suppression catégorique de l'embrayage.
- Pour changer de vitesse il faut, sauf dans certains cas (roue libre en vitesse) et à moins de connaître très bien sa voiture, débrayer, puis embrayer à nouveau une fois la manœuvre effectuée. Sans cette précaution, on peut redouter des frictions excessives et néfastes entre armatures et électro-aimants, pour peu que le graissage ne soit pas parfait.
- D’autre part si le graissage est excessif les armatures glissent sur les électro-aimants malgré l’effort d’attraction magnétiqüe ; il faut donc contrôler périodiquement le remplissage du carter et choisir une qualité d’huile convenable.
- Au point de vue électrique il est évident qu’un accident au générateur d’électricité (dynamo, batterie) entraîne l’arrêt du fonctionnement. Mais à ce moment la voiture ne peut plus être utilisée puisque l’allumage, l’éclairage et aussi le démarrage, font défaut.
- Une coupure dans le circuit d’alimentation d’un ou plusieurs électro-aimants a, suivant le cas, une importance plus ou moins grande. Ainsi lorsqu’un seul électro-aimant cesse d’agir, deux vitesses sont supprimées ; on peut le plus souvent conduire la voiture à l’aide des deux vitesses restantes. Si l’accident touche les deux électro-aimants d’un même train d’engre-
- nage, ce train devient libre et c’est la panne. Lorsque les deux électro-aimants accidentés appartiennent chacun à un des deux trains, une vitesse reste possible ; selon les électrons, touchés, elle pourra ou non être utilisée pour ramener la voiture auprès du réparateur.
- Les coupures ne se produisent d’ailleurs pratiquement jamais dans les bobines elles-mêmes, mais dans les circuits d’alimentation (contacteur, lignes extérieures, frotteurs) et les réparations sont assez simples.
- Notons que le rendement purement mécanique d’une boîte électro-mécanique est très satisfaisant ; la boîte chauffe donc très peu. On a obtenu en laboratoire les valeurs de rendement suivantes : première vitesse,
- 96.5 pour 100 ; deuxième vitesse, 97 pour 100 ; troisième vitesse, 98 pour 100 ; quatrième vitesse,
- 99.5 pour 100.
- L’application de la boîte aux véhicules de tourisme est pratiquement chose faite. La plupart des grands constructeurs ont prévu son montage sur leurs châssis. La diffusion plus ou moins rapide du dispositif dépend de la réaction des usagers de l’automobile, et elle montrera s’il est bien sur la voie du succès.
- En outre il faut remarquer que la boîte Cotai est, relativement au poids et à l’encombrement, surtout intéressante pour les grosses puissances. Si pour transmettre un couple de 3o mkgr (cas de la voiture de tourisme) l’encombrement et le poids d’une boîte électro-mécanique sont sensiblement les mêmes que ceux d’une boîte de vitesse mécanique classique, il n’en est plus ainsi lorsque le couple atteint 270 mkgr, pour lequel la boîte électro-mécanique est environ 3 fois moins lourde.
- Il en résulte que partout où on désirera à la fois variation aisée de vitesse, légèreté et faible encombrement par rapport à la puissance transmise, la boîte électro-mécanique Cotai sera avantageuse. Son utilisation s’oriente en conséquence de plus en plus vers les machines ou mécanismes puissants' Elle est appliquée, avec toute satisfaction, aux autorails ainsi que nous l’avons signalé, et puis aussi aux chars d’assaut, a la commande des grues, des ventilateurs de soufflerie, des machines-outils de grosse taille ; elle a enfin de multiples possibilités d’utilisation dans la marine de commerce, de guerre et dans l’aviation.
- 11 n’est peut-être pas sans intérêt, au moment où ce mécanisme commence à connaître le succès commercial, de rappeler que sa mise au point et son adaptation n’auront pas coûté beaucoup moins de i5 années de travail et d’efforts à l’inventeur et aux entreprises qui l’ont secondé. Quant au problème lui-même, il était posé depuis la naissance même de l’automobile. C’est dire que, contrairement à une opinion trop répandue, les inventions, même à notre époque, ne se développent pour ainsi dire jamais d’une façon foudroyante. Il leur faut de longues années de lente et pénible maturation.
- M. Touvy.
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- LES GITES FOSSILIFÈRES DE LA RÉGION DE PARIS
- VILLIERS-SAINT-FRÉDÉRIC
- Du point de vue géologique, Paris est situé sur une fosse synclinale profonde et la plupart des terrains sédimentaires visibles sur le pourtour du bassin parisien existent en sous-sol sur une épaisseur considérable. C’est ainsi que les sondages des puits artésiens montrent que sous Paris, le nummulitique peut atteindre ioo à i4o m de puissance. Les géologues semblent d’accord pour estimer que l’on ne peut recouper les derniers terrains de l’époque primaire, le permien par exemple, qu’à plus de 2.000 m dé profondeur.
- Il résulte de cette situation particulière une curieuse horizontalité des couches géologiques. Ce n’est pourtant qu’un phénomène local et il n’est pas besoin de s’éloigner beaucoup de Paris pour constater que les diverses assises sont ondulées et forment une série de plis dont les axes (anticlinaux) sont orientés approximativement Nord-Est-Sud-Ouest.
- Ces plis sont d’âge variable, il en est qui ont affecté indiscutablement les terrains secondaires et tertiaires, ce qui les a fait désigner par Suess du nom de plis posthumes.
- L’un de ces plis fait apparaître les terrains crétacés à Beynes, il s’étend, d’une part, jusqu’à Rouen et, d’autre part, jusque dans la vallée de l’Aube, provoquant sur son trajet l’apparition de la craie à Meu-don.
- Le soulèvement crayeux de Beynes, tout à fait caractéristique, a provoqué le redressement des couches tertiaires de la vallée de la Mauldre.
- Le phénomène est particulièrement visible à la tranchée de Villiers-Saint-Frédéric, ouverte pour le passage de la ligne du chemin de fer de Paris à Dreux. C’est un endroit classique pour l’étude du lutétien et qui est particulièrement intéressant des points de vue tectonique, stratigraphique et paléontologique.
- La tranchée de Villiers-Saint-Frédéric ou de la Chapelle ou de Saint-Gerinain-la-Grange est située entre les gares de Plaisir-Grignon et de Villiers-Neauphle, à environ i.5oo m de cette dernière, au point T marqué sur le croquis de la figure 1. Elle s’étend sur 1 km de longueur environ et atteint une dizaine de mètres de hauteur.
- Au point de vue tectonique, le fait caractéristique est le plongement des couches du calcaire grossier de 5o° environ en direction Sud-Sud-Ouest (fig. 2).
- Au point de vue stratigraphique, une coupe détaillée des terrains et une très longue liste des fossiles a été publiée par M. Emile Goubert dans le Bulletin de la Société Géologique de France en i863. Une seconde coupe a été présentée par M. P. H. Fritel d’après des documents inédits de M. G. Ramond qui avait suivi les travaux de construction du siphon de l’aqueduc de l’Avre, à la traversée de la vallée de la Mauldre, à proximité immédiate du gisement (fig. 1).
- rignon
- Fig. 1. — Emplacement (T) du gîte fossilifère de Villiers-Saint-Frédéric.
- Plus récemment, M. René Abrard dans sa monographie stratigraphique sur le lutétien du bassin de Paris a résumé comme suit la succession des couches de la tranchée de Villiers-Saint-Frédéric : de bas en haut :
- i° Sables glauconieux formant la base du lutétien ; trois couches comprises entre trois cordons qui sont :
- a) A la base, cordon de Pectunculus pulvina-tus, etc. ;
- b) Cordon à Cerithium giganteum, etc. ;
- c) Cordon à Cerithium sérratum, etc.
- Entre ces trois cordons plus fossilifères, les fossiles sont assez dispersés. La liste en a été donnée par Goubert ;
- 20 Sables calcaires blancs à Orbitolites complanatus plus fossilifères vers la base et vers le sommet, contenant de nombreuses espèces. L’ensemble a 4 à 5 m d’épaisseur ;
- 3° Ensemble de couches correspondant au banc vert
- Fig. 2. — Coupe à travers le gisement.
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- des environs immédiats de Paris et comprenant de bas en haut :
- a) Sable calcaire à Ampullina parisiensis et Ceri-thium denticulaium ;
- b) Calcaire verdâtre bien suivi en deux bancs de o m 5o h i m : Mesalia jasciata, Potamides lapi-dum, etc. ;
- c) Calcaire marneux à Phacoides saxorum épais de i m 5o en moyenne ;
- d) Calcaire sableux à Cerithium cristatum ;
- e) Petit banc de calcaire dur à Milioles, o m 10 ;
- /) Marne blanche ou verdâtre, ligniteuse avec très nombreuses Bithinies, épaisseur : o m 3o ;
- 4° Marne blanchâtre à Ampullina parisiensis, Mesalia jasciata, Cerithium denticulatum ;
- 5° Sable calcaire gris épais de 2 à 3 m, quelquefois un peu agglutiné ; très nombreux fossiles : Phacoides, Cardium, Potamides, etc. Au sommet, on voit un sable calcaire blanc à Batillaria echinoides ;
- 6° Marne violacée à Potamides lapidum et Potamides cristatus épaisse de o m 3o ;
- 70 Alternats de marnes et de calcaires lacustres à Dissostoma mumia et Potamides lapidum ;
- 8° Enfin vient ce que l’on peut désigner sous le nom de caillasses, en employant ce terme dans le sens lithologique ; elles sont à elles seules aussi développées que le reste du calcaire grossier ; elles comprennent de bas en haut des calcaires lacustres à cassure con-
- Fiy. 3 à 8. •— Quelques microfossiles récoltés à
- choïdale avec limnées et planorbes, puis 10 m de marnes et argiles vertes, des marnes blanches semblables à celles de Nanterre (tripoli de Nanterre), enfin, des calcaires marneux et des marnes avec quartz, carié, épigénies de gypse en carbonate de calcium, sulfate de strontium ; à divers niveaux, on observe des silex noirs, notamment dans les calcaires lacustres. Dans presque tous ces bancs on rencontre Cardium obliquum et Potamides lapidum.
- Je dois signaler que ce gisement est également intéressant pour les micrographes amateurs. Ceux-ci peuvent y trouver des matériaux d’observation très riches en microfossiles. Ce sont- notamment les sables calcaires de la base du gisement qui renferment de nom breux foraminifères parfaitement conservés et surtout les calcaires tendres qui forment la transition des sables au calcaire grossier. Us constituent une roche formée presque uniquement de microfossiles.
- Il est facile de la déliter dans l’eau avec une brosse ou simplement par une faible pression entre les doigts pour obtenir par simple décantation un sédiment où abondent des restes organiques variés.
- Il suffit d'en étaler une goutte sur une lamelle, de laisser sécher puis de monter au baume du Canada ou mieux encore à la résine de coumarone pour avoir des préparations microscopiques très intéressantes à observer.
- On y trouve notamment des foraminifères variés en parfait état de conservation, des fragments de test de grandes espèces de foraminifères, des spiculés d’éponges, des valves d’ostracodes, etc.
- Il est curieux d’observer que la silice des spiculés d’éponge s’est trouvée épigénisée par de la calcite. On peut s’en convaincre en remarquant que ces spiculés se dissolvent avec effervescence dans l’acide chlorhydrique étendu et qu’ils restent visibles en lumière polarisée entre niçois croisés.
- fies quelques microphotographies reproduites ici ne donnent qu’une faible idée des organismes que l’on peut observer au microscope dans les roches en provenance de ce gisement.
- Elles suffisent à montrer ce qu’un micrographe amateur peut découvrir et préparer au cours d'une simple promenade aux environs de Paris, en un lieu de choix.
- l'i l liers-Sai nt-Frécl éri c.
- (Photo L. Perruche).
- A gauche, eu haut, Foraminifères : Milioles (grossi 75 fois), en bas, autres Foraminifères : Rotalia, Bolivina, et fragment de test d'Orbitolite (grossi 75 fois).
- Au milieu, en haut, Rotalia et fragment de spiculé d’Eponge (grossi 200 fois), en bas, Ostracode contenant un fragment de Foraminijère entre ses valves (grossi 200 fois). A droite, en haut, Milioles et spiculé d’Eponge à trois branches (grossi 75 fois), en bas, la même préparation vue en lumière polarisée. Le spiculé d’Eponge illuminé est épigénisé par de la calcite.
- Lucien Perruche.
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- LE PERIL JAUNE
- Le conflit sino-japonais vient donner un renouveau d’actualité à la question « démographie », au chiffre des masses asiatiques, comparé à celui des populations de race blanche. Déjà certaine presse nous décrit le Japon traînant derrière lui d’immenses hordes chinoises et indo-cliinoises, et envahissant l’Europe comme au temps d’Attila et de Genghiz Khan. Un journaliste français va même jusqu’à menacer cette Europe d’une « colonisation » prochaine par des « millions d’veux bridés » (sic). C’est là pure littérature, sans doute, mais elle ne manque pas d’impressionner beaucoup de gens. Et d’autant plus facilement que par d’audacieuses statistiques où l’on perçoit vite plus d’imagination que de science ou de raison, l’on ne manque pas de nous faire savoir que la natalité et, par suite, l’accroissement des masses asiatiques est tel que l’Europe ne saurait lutter, que ce sera l’écrasement pour elle, à bref délai.
- En 1934, le Dr Richet publia dans La Nature une étude démographique plutôt décevante comme réalisme et comme portée, surtout qu’il analysa et conclut d’après les chiffres de natalité cl’une période de dix ans seulement, ce qui est tout à fait insuffisant. D’ailleurs, il faudrait se rendre compte que le taux d’accroissement, d’une population est rarement une « constante », puisqu’il dépend de tant de facteurs, en particulier moraux et économiques, sinon politiques.
- D’un auli’e côté, on donne trop d’importance au chiffre de la natalité en ce qui concerne de vastes régions comme l’Inde et la Chine, la Chine surtout où l’hygiène préventive est encore dans l’enfance si tant est qu’elle soit née : d’où une mortalité considérable.
- En ce qui concerne la Chine, le D1' Richet avoue qu’on ne possède aucune donnée sur la natalité. Et c’est vrai, puisqu’il n’est fait aucun recensement, officiel ou autre, du nombre des naissances ou des décès. Mais un peu plus loin, dans celte étude, on s’étonne de voir le Dr Richet déclarer que de 1922 à 1902 la population de la Chine a augmenté de 43o à 48o millions, soit de 5o millions en ces dix années.
- Nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de ces chiffres, de ce taux d’accroissement que l’on peut qualifier d’imaginaire, surtout quand il nous prédit que la Chine comptera 5ao millions d’ames en 1942, soit dix ans plus tard.
- Puis, c’est le tour de l’Inde à laquelle il n’est accordé qu’un chiffre de 25 millions d’accroissement par décade, alors que le montant de la population indienne est certainement supérieur au chiffre réel de la population chinoise. L’Inde, d’ailleurs, sous le contrôle de l’Angleterre, a vu ses conditions économiques et hygiéniques s’améliorer sensiblement, réduisant ainsi le taux de la mortalité autrefois très élevé, ne serait-ce qu’en raison de la fréquence des famines, famines que des travaux d’irrigation ont faites de plus en plus rares.
- Quoi qu il en soit, en totalisant la population probable clés différentes contrées de l’Asie en 1942, le Dr Richet (citant l’almanach du Gotha) trouve le chiffre de i.3oo millions, Russie incluse. On ne sait trop pourquoi, d’ailleurs, celte inclusion, car la très grande majorité de la population russe vit en Europe, l’immense Sibérie étant peu peuplée, ainsi que le Turkestan. Défalquant donc le chiffre estimé de 190 millions de Russes en 1942 il reste, d’après le Dr Richet, i.iio millions d’Asiatiques, dont 53o millions de Chinois
- à la même date, 370 millions d’indiens anglais et io5 millions de Japonais.
- Que penser de toute cette arithmétique ? L’Inde, sans dente, va continuer d’accroître sa population, à condition, toutefois, que le régime parlementaire, imprudemment introduit, ne soit pas une cause de troubles sérieux dans cette Babel de races et de croyances où l’antagonisme mutuel est difficilement réductible. Car si l’Anglais venait à être chassé de l’Inde, il en résulterait un tel désordre, un tel chaos que la population diminuerait rapidement, et les masses indiennes ne seraient certes pas un danger pour la paix de l’Europe, même si un autre peuple asiatique cherchait à les entraîner, à les utiliser.
- Mais il y a la Chine, son énorme population qui a tant de fois symbolisé le Péril jaune. Est-elle si peuplée qu’on le dit, cette Chine P
- Géographes, historiens, économistes se sont complu, à défaut de statistiques, à peupler le vieil Empire d’une énorme masse humaine. On l’a fait sur des données qui ne supportent guère la critique, mais qu’importe! Quelqu’un a lancé le chiffre de 4oo, de 5oo millions même, et tout le monde l’a inscrit dans sa mémoire, le répète, nos traités de géographie les premiers.
- Il est vrai que la densité de la population dans les grandes vallées apparaît considérable. Les voyageurs, trompés par cette densité anormale, se sont empressés d’en tirer des déductions frisant la fantaisie. En effet, après des années de séjour dans le pays, j’en vins à me poser cette question : comment la Chine en l’état actuel du développement si médiocre de son industrie et de son agriculture, sans compter l’insuffisance grande de son élevage, comment pourrait-elle nourrir l’énorme population qu’on lui prête et surtout la maintenir contre tous les agents de destruction qui l’assaillent ? On a prétendu que chaque génération laisse de 4 à 5 survivants dans chaque famille. Mais on oublie les maladies, les épidémies telles que peste, choléra, dysenterie, typhus, variole, dont l’action périodique, terriblement fréquente, fait des ravages dont nous n’avons aucune idée dans nos pays où il existe une hygiène préventive et une thérapeutique scientifique. En outre, il y a la famine devenue un fléau chronique en raison d’un déboisement total. Il y a, en outre, les troubles intérieurs, les guerres civiles dont l’histoire nous prouve la constante répétition. La dernière crise, sous le régime des toukiun ou dictateurs militaires, a coûté à la Chine, depuis 1911, un nombre de victimes qui ne peut être inférieur à 25 millions.
- Aussi, quand on s’occupe de démographie en Chine, comme je l’ai fait, il faut se préoccuper, non du chiffre des naissances, mais bien de celui des survivances. Or, quelle est la moyenne de survivants que j’ai trouvée par famille : 2,7 seulement, au lieu des 4 et 5 supposés. D’où il résulte que mon chiffre de population totale ne dépasse point 280 millions d’âmes. Mais ce chiffre remonte à 1913. Aujourd’hui, il doit être réduit à 250 millions environ, en raison des massacres et destructions des vingt-six dernières années.
- A l’heure présente, et pour longtemps encore, la population chinoise ne peut que diminuer et non augmenter. Il n’en serait autrement que si le Japon rétablissait l’ordre en Chine et le maintenait pour une longue période.
- Mais pour nous rendre compte s’il existe un réel danger pour l’Europe du fait de l’épouvantail asiatique, dressé
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- devant nous, à loute occasion, par certaine presse, reprenons les données générales sur la population de l’Asie en vue de comparer celle-ci avec la population de l’Europe.
- En somme, en Asie, laissant de côté la Perse, l’Afghanis-tan, l’Arabie, ainsi que la Turquie, contrées de race blanche, qui se rangeraient sans doute du côté de l’Europe, il n’existe que trois grands pays qui pourraient influer sur nos destinées : l’Inde, la Chine et le Japon. Et encore, à con-dilion qu’ils puissent s’allier, se fédérer, ce qui ne serait pas une tâche facile. Quoi qu’il en soit, si l’on accorde à l'Inde 070 millions d’âmes, en 19/12, au Japon, 100 millions, la Chine, elle, n’en comptera guère plus de 200 millions, pour peu que la ci'ise actuelle dure. Si donc on totalise, on obtient, non le chiffre fantaisiste du Dr Richet, mais celui de 725 millions d’âmes représentant ce qu’on peut appeler la masse asiatique, celle que nous devons comparer avec la masse européenne, Russie comprise, puisque 80 pour 100 de la population totale de cet empire euro-asiatique vit en Europe.
- Or, dans les conditions présentes de la natalité, on peut considérer qu’en 1942 le chiffre de la population européenne, dont une partie, l’orientale, est très prolifique, ne sera pas inférieure à 520 millions soit une différence de 200 millions d’âmes environ avec la masse principale asiatique.
- Naturellement, à première vue, une aussi forte différence impressionnera beaucoup de gens, en particulier les imaginatifs et les ignorants pour lesquels le nombre compte tant et non la valeur physique et morale des éléments en question.
- Prenons, par exemple, la population de l’Inde, sa masse de 35o millions d’êtres. Mais plus de 3oo millions d’entre eux, vivant dans la zone tropicale, manquent de vigueur physique et, par atavisme, n’ont rien des qualités nécessaires au soldat. L’Histoire est là, d’ailleurs, pour nous prouver que les masses indiennes ont toujours été facilement conquises, dominées par de faibles contingents de guerriers, depuis les Macédoniens d’Alexandre ou les Mongols jusqu’aux Anglais. Il n’y a guère que dans le Nord et dans l’Ouest que les conquérants de l’Inde ont trouvé des éléments guerriers utilisables.
- En Chine, c’est différent : dans presque tout le pays, le climat est froid ou tempéré, suivant les régions. On y trouve donc des paysans robustes dans presque toutes les provinces et surtout dans le Nord, lesquels permettent de constituer de grandes armées. Mais les Chinois, dans la majorité, n’ont guère l’esprit belliqueux. Ils professent, au contraire, le mépris du métier militaire, si bien que le soldat n’est qu’un mercenaire recruté parmi la pègre en vertu de ce dicton si enraciné : a Hao jen pou tang pin » (l’honnête homme ne se fait pas soldat). Il est vrai qu’on peut user de la force, rassembler d’énormes contingents, mais que vaudraient ces armées si elles n’étaient pas solidement encadrées par des éléments d’une autre race ?
- Admettons toutefois que le Japonais, par exemple, domine à tel point la Chine ou se l’est conciliée à un tel degré, qu’il pourrait y rencontrer toutes les forces désirables pour une vaste entreprise de conquêtes. Admettons aussi que l’Inde aryenne, c’est-à-dire les populations musulmanes du Nord-Ouest se rallient au concept d’une Pan-Asie et même à une croisade contre la race blanche que, pour mieux affaiblir, on irait combattre jusque chez elle en Europe, cherchant à la paralyser sous des masses énormes de combattants.
- Tel est le postulat. Mais qu’on songe à l’effort immense
- d’organisation qu’exigent pareilles masses, dont les éléments constituants manquent d'homogénéité réelle, même de race ou de conceptions.
- Ou’on songe aux énormes ressources nécessaires pour équiper, puis transporter sur d’immenses distances, des millions d’hommes. Et le problème du ravitaillement en vivres et munitions de pareilles hordes ! De quelles réserves financières ne faudrait-il pas disposer? Car, l’argent reste le nerf de la guerre. Or, les principales ressources de cet ordre appartiennent à l’Europe et à l’Amérique, en particulier à l’Angleterre et aux États-Unis. Jusqu’ici même, l’Asie tout entière et surtout l’Inde et la Chine ont toujours été et restent tributaires des capitaux européens.
- Il y a aussi la puissance industrielle des peuples, celle-ci conditionnée par la possession de certaines matières premières indispensables, qu’on est loin de trouver toutes en N Asie. Même pour le fer et le cuivre, leurs gisements n’approchent pas comme extension et valeur de ceux exploités en Europe, en Amérique ou en Afrique.
- On le voit : s’il est facile d’imaginer une invasion de l’Europe par des hordes asiatiques, il est moins simple d’en expliquer le processus et surtout les moyens qui en assureraient le succès. Il ne faudrait pas non plus oublier que l’Europe et les États-Unis seraient les maîtres des mers.
- Mais quelles sont les voies d’invasion de l’Asie vers l’Europe ? En nous reportant, à l’organisation défensive de la Russie des Tzars, sur ses frontières orientales, nous serons fixés à cet égard.
- Historiquement, .la Russie représentait.; pour nous le grand Êtat-Tampon couvrant le front de l’Europe-' contre la Germanie, mais couvrant aussi le front d’Asie. Au cours des siècles, certains de ses Tzars furent vraiment des hommes de compréhension. Le concept d’extension de la Moscovie vers l’Asie, vers le Rassin de l’Amour, vers la barrière des monts Khin Gan, comme vers la vallée de l’ancien Oxus et vers le bastion du Pamir, ce concept fut une idée de haute prévoyance, de compréhension des dures leçons de l’histoire. La Russie avait trop souffert des invasions mongoles ou tartares, avait eu trop de peine à refouler ces hordes, deux siècles durant, pour ne pas se porter en avant, s’établir aux portes mêmes d’irruption. Elle occupa donc toute la Sibérie, se couvrant ainsi du côté Mandchourie et Mongolie. Elle conquit aussi le Turkestan, ce grand pays qui borde la Perse et l’Inde, ferme la brèche ouverte entre l’Altaï et le Tien Shan, c’est-à-dire une grande voie d’invasion : celle des conquérants mongols.
- La Russie jouait ainsi son rôle de sentinelle avancée de la race blanche, de notre civilisation, elle nous gardait contre une menace, une renaissance d’invasion mongole où la Chine fournirait la masse principale des hordes.
- Or, voyez l’ironie du destin : aujourd’hui cette Russie, par le fait d’un dangereux credo politique, met en oeuvre toute sa puissance pour bouleverser l’Europe comme l’Asie, s’efforçant même d’utiliser celle-ci, ses masses, pour les jeter sur l’Europe et réaliser ainsi ses buts de domination. C’est là le grand danger, le seul. Car une nouvelle Russie, débarrassée du chancre qui la ronge, redeviendrait vite une grande force d'arrêt contre toute entreprise de barbarie, de conquête en Europe. Et si d’immenses hordes mongoles se mettaient un jour en branle vers l’Ouest, la Pologne, l’Allemagne, la France et l’Angleterre unies à la Russie écraseraient sans peine ces hordes asiatiques. La Perse, l’Arabie et la Turquie seraient aussi un précieux appoint pour couvrir le flanc russe contre une attaque venant de l’Inde.
- Donc, nous sommes encore loin de voir se réaliser la prédiction du Dr Richet qu’avant un siècle, l’Europe ne sera
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- plus qu’une colonie asiatique. Cette prophétie s’appuie vraiment sur trop de données fantaisistes pour qu’elle puisse être prise au sérieux, un seul moment.
- Il en est de même des données fournies par M. Gaxotte dans la Nation belge. Ici, c’est aussi une prédiction : « En 1960, dit-il, tandis que selon les courbes actuelles de natalité, la population blanche sera partout stagnante, le Japon, avec ses colonies, aura 200 millions d’âmes, la Chine, 600 millions et i’ensemble de l’Asie, un billion et demi.
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- Ces chiffres ont leur éloquence. » Certes ! Mais dans le domaine de l’imagination. Il serait plus prudent d’abandonner ces questions, si complexes, aux spécialistes de la biologie et de la sociologie, surtout qu’on ne sait rien de ces peuples asiatiques si on n’a pas vécu longtemps au milieu d’eux. Et encore faut-il être doté d’un sérieux bagage scientifique permettant l’observation, l’étude utile, rationnelle.
- Dr A. Legendre.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUIN 1938, A PARIS
- Le mois de juin 1908 a été très sec, chaud et bien ensoleillé.
- La pression barométrique moyenne, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 764 mm 5, est supérieure de 1 mm 9 à la normale et n’a été dépassée que sept fois depuis 1874 (maximum 766 mm 2 en 1887).
- La moyenne mensuelle de la température, i8°,3, est supérieure de i°,8 à la normale; cet excès est dû en majeure partie à la deuxième quinzaine pendant laquelle le temps est resté constamment — sauf le 3o — chaud ou très chaud. Le 25, la moyenne des 24 heures a atteint 24°,i, battant tous les records de cette date depuis 65 ans et amenant le maximum absolu mensuel, 33°,o, supérieur de 3°,2 au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, 6°,4, a été noté le 3, il n’est supérieur que de o°,4 à la normale.
- Les extrêmes absolus de la température, pour la région, ont été de : 3°,5, le 3 à Trappes et 35°,8, le 25 à Brévannes. La température a dépassé 3o° sur la plupart des points, les 7, 24 et 25.
- Le caractère météorologique le plus remarquable du mois de juin ig38 est sa grande sécheresse. Du 12 au 27 inclus, soit pendant iC jours consécutifs, il n’est pas tombé d’eau et parmi les 7 jours de pluie appréciable, comptés au cours du mois, contre 12 nombre moyen, un seul, le 5, a fourni une hauteur d’eau (7 mm 1) supérieure à 5 mm. Le total
- ==.......... - RECETTES ET :
- LA CONSERVATION DES VERS DE VASE
- Les vers de vase constituent un des principaux appoints de ralimentation des poissons d’ornement et pour les pêcheurs une amorce d’un emploi constant. Mais pour qu’ils soient parfaitement utilisables, il faut que ees vers soient très frais.
- Il est très facile de conserver des vers de vase : il suffit de leur donner une atmosphère humide et tempérée, sans pour cela les faire macérer dans l’eau. Voici d’après Mme Maguin comment on peut réaliser très simplement ces conditions.
- On confectionne avec du plâtre auquel on a ajouté un peu d’ocre rouge pour le teinter légèrement (ce qui permettra ultérieurement de juger du degré d’humidité du bloc) un bloc rectangulaire dans lequel on réserve 3 cavités séparées par des parois de 2 cm environ. Par exemple le bloc a 0 m 30 de long, 0 m lo de large et 3 cm de haut (nécessitant 1 kgr 750
- mensuel, au Parc Saint-Maur, n’atteint que 10 mm 4 soit un peu moins de 19 pour 100 du total moyen. On ne trouve en juin que deux totaux pluviométriques plus faibles :
- 9 mm 1 en 1906 et 1 mm 1 en 1921. A Montsouris, la hauteur totale mensuelle de pluie ne s’est élevée qu’à 7 mm 7, inférieure de 86 pour 100 à la normale, et se classe au 3e rang depuis 1873. La durée totale de chute, 7 h 10 m est en déficit de 24 pour 100 à la normale. Hauteurs maxima en 24 h : pour Paris, 6 mm o (Hôpital Laënnec), et, pour les environs, 7 mm 8 (Montesson), du 4 au 5.
- On a noté, dans la région, des brouillards quotidiens, matinaux, faibles et locaux.
- Les 1e1' et 8, des orages de moyenne intensité ont affecté la région.
- De la grêle est tombée sur plusieurs points, les 2, 8 et 9.
- La durée totale d’insolation à l’Observatoire de la Tour Sainl-Jacques, 817 h 10 m, est supérieure de 46 pour xoo à la normale et est la plus forte depuis 1894.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 60,4 pour 100 et celle de la nébulosité de 5o pour 100. On y a noté : 5 jours de gouttes; 3 jours d’orage ou tonnerre; i3 jours de brume;
- 10 jours de rosée et 1 jour d’éclairs.
- Em. Roger.
- OCEDES UTILES .....................................=
- de plâtre), les 3 cavités étant réalisées à l’aide de 3 cuvettes à photographie de format 9 x 12 disposées côte à côte.
- Dans la cuvette du milieu, on met de l’eau ; dans les cuvettes latérales les vers de vase. Le bloc doit être placé sur une plaque de verre, pour qu’il ne communique pas son humidité au meuble sur lequel il est posé ; une autre plaque de verre le recouvrira aussi. Le plâtre étant une matière poreuse, l’eau contenue dans la cuvette médiane imbibe tout le bloc ; les vers se trouvent donc dans un milieu humide, sans pourtant baigner dans l’eau, puisqu’il n’y en a pas une goutte dans leur cuvette. Tant que le bloc n’est pas entièrement humide, il faut, les premiers jours, remettre fréquemment de l’eau dans la cuvette médiane, mais une fois qu’il est bien imbibé, il suffit de parer à l’évaporation.
- Grâce à ce dispositif, les vers se conservent facilement huit jours.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Pour observer le ciel (astronomie pratique), par
- l’Abbé Moreux. 1 vol. in-16, 206 p., 74 üg. Doin, éditeur, Paris, 1938. Prix : 22 francs.
- L’observation du ciel est la source de grandes joies. L’Abbé Moreux donne aux néophytes de clairs et précieux conseils.
- Quel instrument choisir ? Comment se servir utilement d’une lunette ou d’un télescope ? Quels objets célestes faut-il tout d’abord observer pour un entraînement rationnel ? Quels grossissements employer pour voir des détails dans les taches solaires, dans la Lune et les différentes planètes ? etc., etc. Voilà quelques-unes des questions auxquelles l’auteur donne de pertinentes réponses.
- Les problèmes non résolus de la science, par
- A.-W. Haslett. Traduit de l’anglais par J. Buhot et J. Rossignol. 1 vol. in-8°, 349 p. Hermann et CIe, Paris, 1938. Prix : 50 francs.
- C’est un livre qu’il faut lire, mais qu'on ne peut résumer. L’auLeur n’expose pas ce qu’on sait et qu’il suppose connu, mais ce qu’on ne sait pas et que la science ne peut résoudre : la création de l’univers, les mondes autres que le nôtre, l’évolution de notre globe, les problèmes du temps, les messages de l’espace (rayons cosmiques, météorites, etc.), l’origine de l’homme, les débuts de la civilisation, l’homme-machine, l’énigme du sexe, les matériaux de la nature (de l’atome à l’électron), les méthodes de la mathématique et du sens commun, le secret de la force. Partout, la nature dépasse la science, bat l’homme et l’écrase, mais celui-ci progresse cependant et étend son pouvoir, en déplaçant les inconnues.
- Guide du chauffeur d’automobiles, par M. Zerolo (4e éd.). 388 p., 227 fig. et 9 pi. hors texte. Garnier frères, éditeurs, Paris.
- Les éditions successives de cet ouvrage témoignent des services qu’il ne cesse de rendre. Cette nouvelle édition se distingue de la précédente par un appendice exposant les tendances nouvelles dans la construction automobile et les perfectionnements les plus marquants de ces derniers mois.
- Pour pratiquer la radio=physique, par Henri Mager. 1 vol. in-8°, 115 p., fig. Hunod, Paris, 1938.
- Ayant une physique à lui tout seul, pas comme les autres, ayant expliqué ainsi l’éther, l’électricité, la matière (y compris des corps simples inconnus), rien n’empêche l’auteur, avec quelques petits appareils qu’il propose, de tout détecter, jusqu’à l’activité cérébrale de l’homme.
- Ce qu’il faut savoir des insectes, par G. Portevin. Volume I. Papillons. 1 vol. in-16, 188 p., 8 fig., 20 pi. en couleurs. Lechevalier, Paris, 1938.
- Le jeune amateur de sciences naturelles commence par collectionner les pierres, les fleurs, les papillons. S’il ne continue pas, c’est bien souvent qu’il ne peut déterminer ses récoltes ni les enrichir par l’observation précise sur le terrain. Ce livre est le guide nécessaire écrit par un amateur devenu maître. Il indique tout ce qu’il faut voir d’un papillon, comment on découvre ses chenilles, comment on le reconnaît et le nomme exactement. Ces exercices, proposés pour 200 espèces communes que les planches figurent en couleurs, forment la plus heureuse des initiations.
- Faune de France. 34. Hyménoptères vespiformes.
- III, par L. Berland et F. Bernard. 1 vol. in-8°, 147 p., 241 fig. Lechevalier, Paris, 1938. Prix : 80 francs. L’inventaire des guêpes de la faune de France, réalisé en trois volumes par le savant sous-directeur du laboratoire d’entomologie du Muséum trouve ici sa fin avec le concours d’un jeune zoologiste d’avenir. Ce dernier volume est consacré à deux familles, les Cleptidés et les Chrysidés, la dernière bien connue des zoologistes, la première moins observée. Ces animaux, comme beaucoup de Vespiformes, ont de curieuses mœurs, puisqu’ils pondent leurs œufs dans les nids d’autres •insectes et que leurs larves dévorent la nourriture accumulée pour les autres jeunes et même ceux-ci par dessus le marché. Leur distribution géographique a encore besoin d’être précisée, si bien que cet ouvrage faunistique, en permettant de déter-
- miner avec précision les espèces, incitera certainement beaucoup d’amateurs à les chercher et à observer leur biologie.
- La vie des poissons dans leur milieu, par le D1 Louis Roule. 1 vol. in-16, 264 p., 7 pl. Delagrave, Paris, 1938. Prix : 16 francs ; relié toile, 20 francs.
- Après les dix volumes sur « Les poissons et le monde vivant des eaux », le professeur du Muséum a repris pour la jeunesse certains thèmes de son œuvre, les a groupés et remaniés et en a fait ce livre agréable où il montre comment les poissons utilisent le milieu aquatique, en liberté et en aquarium, puis les espèces principales groupées par habitat, depuis la mer, la côte jusqu’aux lacs et aux ruisseaux de montagne ; enfin, il présente les types les plus étranges : poissons marcheurs, volants, venimeux, électriques, lumineux. C’est pour les jeunes une charmante initiation.
- Voyages pour les jeunes, par J. Loiseau. 1 vol. 144 p., 200 fig. Éditions Revue Camping, 9, rue Richepanse. Prix : 15 francs.
- Ce volume s’adresse aux campeurs, aux touristes et tout particulièrement aux commissaires, chefs de caravanes, conducteurs de groupes. Voici les principaux sujets traités : méthodes de voyages ; organisation, équipement d’un groupe ; apprentissage et entrainement des randonneurs ; réalisation des voyages ; les auberges de la jeunesse ; les routes du marcheur, etc...
- En kayac, par Marcel Clôt. 1 brocli. 112 p. Éditions Beau-regard, Lausanne, 1938.
- Manuel de conseils pratiques extraits d’un journal de bord fait au cours d’une croisière de 6 mois, par l’auteur.
- Celui-ci, innovateur des descentes de rapides en christiania, expose ce qu’un canoéiste doit savoir, depuis le choix d’un équipement complet, jusqu’à l’art de la navigation en toutes circonstances.
- Oreille interne, par Ch. Claoué. 2e édition. 1 vol. in-8°, 227 p., 108 fig. Maloine, Paris, 1938. Prix : 30 francs. L’oreille interne est encore mal connue. Après avoir rappelé son développement embryologique, l’auteur étudie son anatomo-pathologie et les signes cliniques des tumeurs et des labyrinthites, puis il précise les techniques d’examen anatomique et histologique ; enfin, il décrit les moyens d’ouverture et de drainage du conduit auditif interne en cas de méningite.
- Archives des maladies professionnelles. Publication bimestrielle. Masson et Cie, Paris, 1938. Prix de l’abonnement : 75 francs (étranger, 90 francs).
- Le développement de l’industrie, s’il n’est pas sagement réglementé, risque de multiplier les maladies et les intoxications professionnelles ; en cas de dommage, il est juste et naturel que l’ouvrier en obtienne réparation. Mais, comme pour beaucoup d’autres questions sociales, les intérêts et les passions <• peuvent contredire les données de l’expérience, ou celle-ci peut être insuffisante, et l’expertise des cas d’espèces, soumis aux tribunaux, ne saurait remplacer de larges enquêtes et des expérimentations précises, menées scientifiquement et impartialement. C’est pourquoi un comité de direction composé des professeurs Balthazard, Duvoir, Fabre, Leclercq et Mazel, ayant pour secrétaire le Dr Hausser, a entrepris, avec la collaboration des médecins spécialistes français et étrangers, de créer, hors de toute ingérence professionnelle ou politique, cette nouvelle revue, consacrée à la pathologie du travail, à l’hygiène et à la toxicologie industrielles, à la prévention et la réparation des atteintes de l’organisme humain au cours et du fait du travail.
- Les deux premiers numéros parus montrent ce qu’elle veut être. On y trouve des articles originaux sur l’étude biochimique des pneumonies, l’intoxication par le manganèse, la pathologie des professions intellectuelles ; des documents radiographiques sur la pathologie des danseuses ; des renseignements sur les assurances sociales en Yougoslavie, l’enseignement de la médecine du travail à l’étranger ; des questions de jurisprudence : distinction entre l’accident du travail et la maladie professionnelle, délai pour la déclaration des maladies professionnelles, et de nombreuses analyses des travaux parus en France et à l’étranger.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mai 1938.
- Hydrogénation par le noir de platine. —
- MM. Vavon et Mathieu montrent que les halogènes des composés organiques peuvent être remplacés par l’hydrogène en utilisant le noir de platine comme catalyseur. Le meilleur solvant est l’alcool. Les dérivés bromés s’hydro-gênent plus facilement que les dérivés chlorés ; les groupes C00II et surtout C6H5 apportent une grande mobilité à l’halogène situé en a. Lorsqu’on opère avec des dérivés hibromés il semble que dans une première étape il se forme un dérivé étliylénique avec élimination de llBr. Le dérivé éthylénique s'hydrogène ensuite. Avec les dérivés dichlorés il est probable que la réaction, plus lente, s’effectue sans dérivé intermédiaire.
- Bourgeons expérimentaux. — Les auxines et hétéro-auxines, hormones de la croissance des végétaux supérieurs, étaient considérées comme inhibitrices du développement des bourgeons. Yegis a récemment montré l’éveil, sous leur action de bourgeons préformés. M. Chouard montre aujourd’hui qu’il est possible de provoquer la formation môme de bourgeons par l’action d’hétéro-auxines, l’acide indol-3-acétique en l’espèce. Il a opéré sur des feuilles ou des fragments en les plongeant pendant ik h dans des solutions aqueuses d’héléro-auxine. Il est nécessaire que la concentration soit inférieure à i5o y par cm3. Au-dessous de cette concentration il se produit un véritable bouturage des feuilles dont la polarité peut être modifiée par cette même concentration.
- Séance du 16 mai 1938.
- Stabilité de l’activité solaire. — M. Mémery constate que la période undécennale de l’activité solaire n’a pas une durée uniforme et que d’ailleurs le nombre et la superficie des taches sont très variables d’un mois à l’autre. Par contre, l’auteur a calculé la durée moyenne des taches visibles. Pour une très longue période atteignant 60 ans, il a trouvé des nombres très voisins, variant seulement de 5,5 à 6,1 jours. Cette faible variation peut être interprétée comme l’indice d’une certaine stabilité de l’activité solaire.
- LJltraiiltres. — La fabrication des membranes de nitro-cellulose pouvant servir à l’ultrafiltration est très délicate par suite de l’inégale vrolatilité des solvants et de l’humidité •atmosphérique. MM. Duclaux et Amat exposent qu’il est préférable d’opérer autrement en faisait dissoudre de l’acétate de cellulose dans une solution de perchlorate de magnésium ; le collodion obtenu coagule au contact de l’eau. On obtient facilement des membranes en étendant le collodion sur une plaque de verre qui est ensuite immergée. La porosité ne dépend guère de l’épaisseur ; elle est surtout fonction de la teneur du collodion en acétate de cellulose. On peut obtenir des membranes très résistantes et de très faible porosité en traitant d’abord la lame de collodion par une solution de perchlorate titrant de 5 à i5 pour 100 et ensuite par l’eau. Une telle membrane arrête le rouge Congo. Il peut être possible de produire des membranes mixtes, le perchlorate de magnésium dissolvant d’autres substances à poids moléculaire élevé : amidon, gélatine, etc.
- L’eau de la Marne. — M. Walter a étudié la température, la résistivité et le degré hydrotimétrique permanent de l’eau de la Marne près du confluent avec la Seine. Il a noté, le i3 mars ig38, une légère élévation de la tem-
- pérature avec la profondeur et uné corrélation entre les variations de la résistivité et du degré hydrotimétrique qui sont toujours inverses l’un de l’autre. La quantité de sels dissous est plus élevée de 3 pour 100 environ du côté de la rive gauche où le courant est moins rapide; elle est également plus élevée en surface. Ces différences peuvent être dues à celles qui existent dans la composition des rives, peut-être aussi à des apports d’eaux souterraines. Les mêmes phénomènes se retrouvent dans la Seine dont le bassin a sensiblement les mêmes caractères lithologiques que celui de la Marne.
- Bactéries lumineuses. — Des bactéries lumineuses se développent souvent sur les cadavres des poissons marins. M. Obaton a réussi à cultiver ces organismes sur milieu gélosé salé solide. La culture, maintenue à 8°, devient lumineuse au bout de 3 jours. L’auteur estime, d’après des mesures absolues, que la lumière produite par la plage d’une boîte de Piétri donne à 11 mm la même impression qu’une bougie décimale à 2.320 mm. Il a été possible de cinémato-graphier les variations de la brillance avec un appareil prenant à intervalles réguliers des poses de 5 minutes avec une ouverture f/1,9. Les premières colonies lumineuses apparaissent à la 74e heure, s’allument toutes en 8 à 10 heures et se développent largement. A partir de la 100e heure le centre s’obcurcit par suite de la mort des premières bactéries. En résumé la brillance totale croît jusqu’à la 180e heure, reste stationnaire jusqu’à la 222e heure puis décroît lentement. L’auteur montre que chaque bactérie suit elle-même une évolution; sa brillance croît d’abord dans le rapport de 1 à 5 puis décroît suivant une loi complexe.
- Séance du a3 mai 1988.
- Les colorants des cellules végétales. — MM. Guil-liermond et Gautheret ont étudié comment les colorants pénètrent et se fixent dans les cellules végétales vivantes. D’une manière générale seuls les colorants basiques pénètrent dans les cellules vivantes en les colorant. Certains, dont le rouge neutre est le type le plus parfait, pénètrent dans les cellules et se fixent sur les vacuoles pendant la vie et passent dans le cytoplasme et le noyau après la mort. D’autres, dont le type est la chrysoïdine, se fixent de préférence sur le cytoplasme et le noyau et même sur des inclusions lipidiques. Les colorants très toxiques (vert Janus, violet Dalhia, violet méthyle 5B, etc.) montrent une électivité pour les condriosomes et les plastes. D’une façon très générale les vacuoles fixent les colorants basiques lorsqu’elles renferment des composés phénoliques. Les colorants acides ne pénètrent que très mal et très lentement dans les cellules vivantes; l’aurantia fait exception, elle pénètre instantanément en provoquant la mort. Il semble que la toxicité d’un colorant pour les cellules végétales soit fonction de son affinité pour le cytoplasme.
- Le sodium atmosphérique. —• Recherchant l’origine du sodium dont ils ont constaté la présence dans la haute atmosphère, MM. Cabannes, Dufay et Gauzit considèrent comme probable son apport par les météorites. Ils montrent que d’autres raies de résonnance des constituants des poussières cosmiques devraient également apparaître dans le spectre du ciel nocturne, en particulier celles du calcium et de l’aluminium. Cette identification a déjà été faite par les auteurs pour les raies du calcium.
- L. Bertrand.
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- 126 — INVENTIONS et nouveautés
- T. S. F. .
- Les postes de T. S. F. de camping et de voyage.
- La grande majorité des récepteurs de T. S. F. sont aujourd’hui alimentés par le secteur, mais l’emploi des batteries demeure indispensable, en particulier poui le camping et le voyage.
- Un poste de voyage, pour être simple et léger, servira uniquement à la réception à l’écouteur. Il comportera le minimum de lampes, de façon a réduire aussi au minimum la puissance et par suite le poids des batteries nécessaires.
- Tout en respectant ces conditions on peut encore réaliser des postes assez sensibles pour recevoir des émissions locales et quelques postes éloignés puissants.
- Pour diminuer la tension de plaque nécessaire, on peut avoir recours à une lampe spéciale, et, en parliculier, à la lampe à deux grilles à chauffage direct, abandonnée pour d’autres usages, mais que beaucoup d’amateurs conservent encore dans leurs reserves. On utilise ici cette lampe uniquement comme détectrice à réaction (lig. x A).
- Les bobines d’accord et de réaction peuvent être constituées au moyen de bobinages interchangeables; on peut également utiliser des bobinages fi'actionnés plus modernes ; le rhéostat de chauffage présente une certaine importance, car il permet de régler avec précision le chauffage du filament en rapport avec la tension de plaque adoptée.
- Au lieu de relier directement le bobinage d’accord à l’extrémité positive du filament et à la grille, on le relie de préférence au curseur d’un potentiomètre qui rend plus souple le fonctionnement du dispositif de réaction, augmentant la sensibilité du récepteur. Sur la grille, on intercale d’une manière classique le condensateur shunte habituel.
- Comme batteries d’alimentation, il suffit d’employer pour le chauffage un petit accumulateur de lampe de poche ou une simple batterie de piles de lampe de poche, ou, à la rigueur, deux petites batteries montées en parallèle, pour augmenter la durée de service. Tout l’ensemble n’est guère plus encombrant qu’un appareil photographique portatif, une vingtaine de centimètres de longueur, i5 à 18 cm de hauteur et une profondeur analogue.
- Pour les amateui’s un peu plus habiles, le montage à superréaction à une lampe offre de grands avantages, puisqu’il permet, sous une forme très réduite, et également avec une seule lampe à deux grilles, d’obtenir une sensi-
- Fhntode
- -Batterie de chauffé *2 àk volts
- 500.000ohr î s
- fbimaire
- Réaction
- 0,1 Mfd.
- Fig. 2. — Poste à une lampe pentode montée en détectrice à réaction.
- biiilé très élevée pour la gamme de longueurs cl’onde de 200 à Goo m, la plus employée.
- Comme on le voit sur le schéma de la figure i B, on peut l’établir avec le même type de lampe et un condensateur d’accord d’une capacité maxima de o,5/i.ooo de microfarad. Le rhéostat doit être progressif, et il est utile d’adopter un potentiomètre de i.5oo ohms shuntant la batterie de plaque, de manière à faire varier la tension de la deuxième grille.
- Le système peut être placé dans une valise adaptée à une petite antenne de quelques mètres de long, seul le réglage est plus difficile. Il s’effectue en manœuvrant en même temps le rhéostat de chauffage et le condensateur d’accord. La capacité de grille et sa tension sont réglées une fois pour toutes pour une gamme de longueux-s d’onde déterminée.
- On doit entendre normalement un sifflement initial cara téristique et continu, qui disparaît presque complètement par un réglage convenable obtenu avec un peu de soin ; l’appareil est amusant et peu coûteux.
- Signalons encore les montages utilisant une lampe tri-grille ou pentode avec alimentation par courant de chauffage de 4 v dans les modèles anciens, ou de 2 v dans les modèles modernes. Le montage est identique aux précédents; le système de réaction peut être un peu modifié, du type mixte avec bobinage en série, et condensateur variable de o,?.5/r.000 de microfarad; la lampe pentode permet d’obtenir une audition beaucoup plus forte, et même en haut-parleur moyen, bien entendu du type électro-magnétique. Par contre, elle exige une tension plaque, beaucoup plus élevée, de 80 à 100 ou i5o v, et l’emploi de batteries de plaque également plus importantes, et par conséquent plus lourdes. C’est au sans-filiste de choisir l’une ou l’autre solution suivant se goûts personnels; on trouvera dans le commerce toutes les pièces détachées nécessaires à un tel montage, ou même des postes valises tout montés pour un prix réduit (fig. 2).
- Si l’auditeur pense trouver au cours de son voyage des possibilités d’alimentation par le courant d’un secteur continu ou alternatif, il songera cependant à adopter un montage secteur tous-courants. Un appareil de ce genre peut être extrêmement simple. Il n’est même plus besoin d’employer une lampe détectrice
- Fig. 1. — Schémas d’un poste simple à une lampe à 2 grilles. A. Montée en détectrice. — B. Montée en superrégénératrice.
- y
- Bobinp de réaction
- 2
- Tüoô
- ^ g ^ .
- Smègol ms
- JL 0 Ecouteur téléphon q1e
- -t0à.25v.
- Rhéostat
- Dootne,
- daccon'.___Iq|| JA
- ~r+
- __________ ®
- VwvwwyV/vwX . Vy
- -----* Potentiomètre
- hOO ohms
- Petite Ni'' antenne ]
- Rhéostat progressif-1
- L.—WWv« A -
- Coupk
- d'acco
- ®
- §
- 0,5/1000
- up/agi
- 0,3/luQi
- -A 150.
- 1/1000à 3/1000
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- à réaction et une valve séparée redressant le courant d’alimentation plaque en cas d’emploi du secteur alternatif, puisqu’il existe une lampe américaine du type 12 A7 formant à la fois pentode de réception et valve de redressement comme le montre le schéma de la figure 3.
- La pentode est montée en lampe détectrice à réaction à chauffage indirect, suivant un schéma tout à fait analogue au précédent, et la partie valve de la lampe sert au redressement du courant alternatif. Dans le cas du courant continu, elle fonctionne seulement comme une résistance intercalée dans le circuit et joue le rôle d’un organe de sécurité empêchant la mise hors service des condensateurs du circuit filtre,'en cas d’inversion de la fiche d’alimentation.
- Les filaments de la lampe sont montés en série avec une résistance de 35o ohms constituée par un cordon résistant, une lampe résistance spéciale, ou même une lampe d’éclairage de 4o w, ce qui réduit la dépense d’électricité au strict minimum. Le circuit filtre est constitué simplement par une résistance et deux condensateurs de forte capacité.
- L’accord est obtenu à l’aide d’un condensateur variable de o,5/i.ooo de microfarad, et la réaction du type mixte au moyen d’un condensateur variable de 0,25/1.000. On prévoit l’adjonction de condensateurs fixes de 0,2/1.000 et o,5/i.ooo montés dans le circuit d’antenne suivant la longueur de l’antenne utilisée.
- On peut prévoir des résistances de rechange suivant les différentes tensions de secteur, de manière à maintenir la tension de chauffage constante, et tout l’ensemble peut être contenu dans une valise de 20 x 20 cm, avec une petite antenne de quelques mètres de longueur (fig. 4).
- Sur la valise, se trouvent le bouton de commande du condensateur d’accord, celui de réaction et du combinateur de longueur d’onde. La lampe est contenue à l’intérieur de la valise et le casque téléphonique dans le couvercle.
- Sur le même principe, on peut établir un montage comportant une lampe supplémentaire pentode, par exemple du type 26 AG, qui permet des auditions en haut-parleur, l’alimentation étant encore effectuée par l’élément de redressement de la première lampe 12 À7.
- Fig. 3. — Poste tous courants à une seule lampe combinée 12.47 (.type Valarcher).
- Elément détecteur Elément redresseur
- Résistance 350co ou ampoule W watts
- 0,25/1000
- continu ou alternatif
- Réaction
- 15.000w
- mm. Masse du châssis
- Antenne
- +0-0-
- 500cm
- jFbisede J courant fmurale
- moao
- Commande du Commande Commande du\
- CVdacœrd / In verseudp>£Vde réaction
- Fig. 4.
- Vue d’ensemble d’un poste portatif tous courants à une lampe (type Valarcher).
- P. H.
- Postes à une lampe et pièces détachées : Dyna, 34, avenuë Gambetta, Paris (ao6') ; Valarcher, 91, rue de Javel, Paris (i5e); M. J., 19, rue Claude-Bernard, Paris (5e).'
- T. S. F.
- Poste de T. S. F. blindé pour le camping.
- L’emploi de nouvelles séries de lampes de T. S. F. alimentées en courant de chauffage sous une tension de 2 v permet d’établir des appareils dont les qualités ne le cèdettt en rien à celles des postes-secteur. Il existe désormais, datiS cette série, presque tous les modèles correspondants à cettlc des lampes-secteur : changeuse de fréquence, amplificatrice moyenne fréquence, détectrice diode ou combinée, lampëfe amplificatrices de puissance, etc. On peut donc établir ilh appareil à changement de fréquence, sensible et sélectif, de format réduit, alimenté entièrement par batteries.
- Voici un modèle de ce genre destiné spécialement au carh* ping et contenu entièrement dans un boîtier métallique qui le protège contre les chocs et les interférences. Il pèse 5 kgr environ, il se transporte facilement à la main à l’aide d’une poignée en cuir placée à la partie supérieure (fig. 1).
- Sur le poste, se trouve le cadran de réglage indiquant les noms des stations, et les trois boutons de réglage de la longueur d’onde et de l’intensité sonore. Ses dimensions sont seulement de 28 x 24. x 16 cm.
- Fig. 1. — Poste de 7\ S. F. métallique « Tout acier » pour camping.
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- = 128 ..............................................—
- Le montage est du type à changeur de fréquence avec anti-fading différé efficace; il est muni d’une lampe chan-geuse de fréquence, d’une amplificatrice moyenne fréquence pentode, d’une duo-diode triode de détection, et d’une pen-tode de sortie. L’alimentation est assuré par une pile de 90 v à grande capacité et un accumulateur irrenversable de 2 v 20 A/h.
- Éts G. R. F., 03. rue Daguerre, Paris (i4e).
- HYGIÈNE
- Les sels réfrigérants « Glaçons ».
- On sait que la plupart des sels cristallisés se dissolvent dans l’eau en provoquant un abaissement sensible de température.
- Le chlorure d’ammonium se dissout dans trois fois son poids d’eau en abaissant la température de celle-ci de x8°; le nitrate d’ammonium se dissout dans son poids d’eau en faisant baisser le thermomètre de 25°,5. L’idée devait donc venir d’utiliser cette propriété pour rafraîchir des boissons. Restait à la réaliser pratiquement. Comme on ne peut ajouter directement le corps solide dans le liquide à consommer, on vient d’imaginer un « glaçon perpétuel » sous forme
- De tout un peu.
- Baderstadt-Zurich. — Le seul procédé applicable pour détruire les roseaux qui envahissent les étangs, sans pour cela nuire aux poissons ou autres animaux aquatiques est le faucardement ; tout emploi de produits chimiques serait certainement nuisible.
- M. Mahieu, à Saint-Symphorien. — Les pâtes employées pour rendre les cadrans de montres lumineux sont constituées par du sulfure de zinc additionné de 0 mgr 4 de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc.
- Vous trouverez ces produits phosphorescents spécialisés dans les maisons suivantes : l’irradiante, Etablissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire ; Radiana, Maison Sauvage, 23, boulevard des Italiens.
- Collège de garçons de Tarascon. — 1° La préparation suivante de pâte antirouille vous donnera très probablement
- satisfaction.
- Prendre :
- Vaseline blonde..................... 100 gr
- Paraffine........................... 13 —
- Fondre au bain-marie à feu doux, puis incorporer une quantité de plombagine (mine de plomb) suffisante pour donner la couleur de l’acier.
- Pour l’emploi, appliquer une couche de la pâte sur l’objet à protéger, puis essuyer légèrement avec un chiffon.
- 2° La spécialité à laquelle vous faites allusion n’est pas un désinfectant, mais est employée pour la destruction des mites, vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce
- genre :
- Poudre de pyrèthre fraîche. . . 100 gr
- Pétrole lampant.................. 900 cm3
- Laisser infuser quelques jours en agitant de temps à autre puis filtrer.
- Le liquide ainsi obtenu est alors employé en pulvérisations sur les vêtements à protéger.
- M. Robert Turgot, à Jussy (Aisne). — 1° Veuillez nous dire à quelle formule de préparation désodorisante vous
- d’un tube mince en métal ondulé pour augmenter sa surface, dans lequel on met une dose de x 00 gr de sel sec ; au moment de l’emploi, on y verse une quantité égale d’eau, puis on bouche. Le tube est alors plongé dans le verre, la carafe, le broc dont on veut rafraîchir le contenu.
- Le refroidissement est rapide et intense.
- Le sel mouillé peut être ensuite récupéré en le faisant sécher à l’air libre, sans le chauffer. Le sel sec est vendu f'Q- L Refroidissement d’une en sac de 4 doses, dans 6oîSSOn à 1 aide du tube « ^çon ». un emballage en carton paraffiné imperméable à l’air et à l’humidité, qui assure sa conservation prolongée. La même dose peut resservir plusieurs fois, si on la sèche soigneusement après chaque emploi.
- Société « Glaçons », 19, avenue Trudaine, Paris (9e).
- LETTRES - =
- faites allusion, numéro et page de La Nature, afin que nous puissions vous faire connaître les causes possibles de votre insuccès.
- 2° Les produits de parfumerie à base d’alcool supportent le droit de consommation sur la base du litre d’alcool à 100° qui y est contenu, mais ils sont exempts de la taxe de luxe qui frappe les spiritueux destinés à la consommation de bouche, qui est de 23 pour 100, d’où la différence de prix que vous avez observée.
- Les principales réglementations qui intéressent le parfumeur sont les suivantes :
- Loi du 21 germinal, art. 29, an XI modifiée par la loi du 23 juin 1908 sur l’exercice de la pharmacie.
- Loi du 1er août 1903 sur les fraudes, tromperie sur la quantité et la qualité (publicité trompeuse).
- Art. 16, 18, 19 de la loi de finances du 30 décembre 1907. Lettre autographiéc de l’Administration du 2 avril 1917, n° 281, décret du 17 avril 1917, arrêté ministériel du 17 mai 1917 et circulaire ministérielle du 13 mai 1917 concernant l’impôt sur les spécialités. Décret du 14 septembre 1916 sur les substances vénéneuses. Décret du 26 juin 1920, etc.
- M. Marchadier, à Dissay (Vienne). — La composition de la spécialité qui vous intéresse n’ayant pas été publiée, nous regrettons vivement de ne pouvoir vous donner satisfaction.
- Institut Pasteur de Dalat (Indochine). — D’après les indications que vous nous donnez, nous pensons comme vous que le jaunissement des murs blanchis à la chaux provient de la nature de celle-ci.
- Très probablement cette chaux contient du fer à l’état de protoxyde et dont la présence est d’abord peu visible, mais, sous l’influence de l’oxydation dans les pièces où se trouve un air suroxygéné à cause de l’alimentation des chalumeaux, le protoxyde de fer se transforme en peroxyde et sous cet état devient très apparent.
- A notre avis, le mieux serait de gratter soigneusement les. parties jaunies et de ne refaire l’enduit qu’avec une chaux non ferrugineuse, ce qu’un petit essai chimique permettra de reconnaître aisément;
- BOITE AUX
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 15-8-1938 — Published in France.
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- N° 3032
- LA NATURE
- ^§jgptetmbre \ 938
- SAMOËNS ET LA HAUTE VALLÉE DU GIFFRE
- LA STATION ECOLOGIQUE DE « LA JAYSDMIA »
- Situation. — Le canton de Samoëns est situé dans une des plus gracieuses et pittoresques vallées de la Haute-Savoie : celle du Giffre, orientée d’Ouest en Est (fig. i). A quelques kilomètres en amont de Sixt, la vallée se termine en cul-de sac par le grandiose cirque du Fer à Cheval, qui déploie sa haute muraille rocheuse d’où les torrents tombent de 5oo à 700 m de hauteur en nombreuses cascades (les cônes d’alluvions et d eboulements atteignent jusqu a 200 m), et leur
- bourdonnement emplit la vallée. On reste étonné de cette puissance sans cesse renouvelée, de cette force mugissante qui vient des immuables névés et des glaciers.
- De Finive à la superbe pyramide du Pic de Tanne-verge (2.990 m) au Ruan, lors de la fonte des neiges, on ne compte pas moins de 33 de ces cascades qui forment, en se réunissant, le Giffre. Le Giffre est tributaire de l’Arve qu’il joint en se coudant à angle droit ; le sillon de sa vallée supérieure se prolonge, aligné vers Genève, indiquant un ancien cours de la rivière.
- La vallée supérieure du Giffre est longue, plate ; elle se rétrécit plus bas, se peuple et devient jalonnée de gros villages : Sixt (760 m),
- Samoëns (700 m), Tanin-ges (64o m), etc. Une voie ferrée secondaire à voie élroite dessert la vallée d’Ànnemasse à Sixt.
- Climat. — Gi’âce au relief, les précipitations atmosphériques sont abondantes et donnent, en hiver (surtout de janvier à avril), des neiges plus ou moins durables selon l’altitude.
- Dans ce bassin fermé du cours supérieur du Giffre, la température de l’air s’abaisse d’un peu plus d’un demi-degré par 100 m d’altitude ; mais souvent, en
- hiver, le phénomène s’invei'se. Par temps froid et calme, l’air chaud descend, s’immobilise contre le sol gelé, s’y refroidit ; le brouillard entretient le froid. Dans le même temps, l’air au contact des pentes supérieures s’échauffe au soleil. En fin de compte, il fait
- moins froid au-dessus de la vallée qu’en bas : il y a inversion de température. Le phénomène est d’autant plus assuré de durer qu’il se produit dans un bassin plus fermé et par suite mieux abrité des vents susceptibles de brasser l’air, comme c’est le cas à Samoëns.
- Les vents dominants sont ceux de l’ouest et du sud-ouest et ceux du nord. Les premiers adoucissent la température et amènent fréquemment la pluie, les deuxièmes dissipent les nuages et ramènent un temps sec et froid. Le vent du sud, tiède, s’accompagne le plus souvent de pluies : c’est quelquefois une John qui fait fondre les neiges.
- Pendant l’été, en régime stable, la vallée est parcourue par des vents alternatifs, brise de vallée et brise de montagne. Le matin, la montagne ensoleillée fait appel ; dès 10 heures le vent monte, relativement chaud et humide, vers les sommets. Ceux-ci se voilent de nuages blancs dans l’après-midi. Le soir, après la longue insolation du jour, les nuages se dissipent et l’atmosphère se clarifie ; l’air descend de la montagne, où la température a monté, vers la vallée où elle s’abaisse, en restant plus élevée : aussi le vent apparaît-il frais.
- La nébulosité diffère beaucoup, de la plaine à la montagne. En plaine, elle croît de l’été à l’hiver. En montagnes, au contraire, la nébulosité décroît dé l’été à l’hiver ; son minimum annuel est en janvier, son minimum journalier dans la soirée.
- ficjjal de Bastan
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- Col delà Golêsç 1671
- le Prax de Lys}
- Samoëns
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- Lacfde Gers,
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- la Tête à I'/
- Col d'/Interne
- Sallanches
- Chamonix
- Echelle : 0
- Fig. 1. — La haute vallée du Giffre.
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- Fig. 2. — Lapiaz des pentes sud du massif du Criou.
- Les brouillards, fréquents en automne, se forment surtout par temps calme et forte pression barométrique. Ils sont limités aux vallées et aux bassins (mer de nuage). Ils disparaissent vers 1.000 m.
- Les pluies sont abondantes dans les mois deté : juin, juillet et août ; elle sont souvent amenées en cette saison soit par les orages qui éclatent à la fin des journées chaudes, soit par les vents de l’ouest et du sud-ouest qui condensent leur humidité en abordant le relief des Alpes. Ces pluies d’orage sont la seule ressource des années exceptionnelles de séchei’esse estivale (ainsi que l'a été l’année 1937). Le minimum de pluviosité porte sur l’hiver, surtout sur les mois de novembre et décembre.
- Géologie. — Le caractère si tourmenté du relief de la Haute-Savoie est en relation avec une très grande diversité de terrains géologiques. La région de Samoëns appartient à la zone subalpine de massifs calcaires de haute altitude (chaîne calcaire du Fauci-gny), coupés de vallées transversales (Haut-Giffre, Clé-vrieux, Foron, etc.).
- lin faciès géologique très particulier mérite detre signalé, le lapiaz ou lapié. On le trouve sur les pentes sud du massif du Criou (fig. 2) ; mais c’est le désert du Platé qui en l'epi’ésente le type le plus caractéristi--que. C’est une surface de rochers calcaires (étage urgo-vien), très fossilifères, qui affectent de loin l’apparence d'un glacier, et où se forment sous l’action de l’eau, une infinité de crevasses grandes et petites, laissant entre elles des arrhes parfois si aiguës qu’il est difficile d’y passer et dangereux d’y tomber (de là le nom de rasoirs qu’on leur donne dans le pays).
- Les Alpes du Platé forment une ceinture de sommets distincts et plus ou moins ravagés : la Pointe Pelouse (2.475 m), la Pointe du Colloney.(2.692 m) ; la Pointe du Platé, la Tête à l’Ane (2.804 m) et la Pointe de Salles (2.494 m).
- La Tête à l’Ane (fîg. 3), la plus haute des cîmes de ’la région, plonge sur Anterne ses parois verticales d’un à pic effroyable. Dominant Samoëns et l’étroite vallée de Clévrieux, s’élève le majestueux Rocher du
- Fig. 3. — Tête à l’Ane (2.804 m.), vue des pentes du massif du Criou.
- Ci'iou (2.260 m) avec, à sa base, la grotte pi'ofonde de l’Ermoy (fîg. 4)-
- Végétation. — De climat modéré, humide, la Savoie est un pays d’herbes et d’arbres. La forêt, d’après P. Mougin, y couvre 289.021 ha soit 28,7 pour 100 de la superficie totale. Le nom latin de la Savoie, Sabaudia, ne signifie-t-il pas, d’après certains, pays de sapin ?
- La plupart des peuplements de ces forêts; proviennent de la régénération naturelle, en bloc, de vastes surfaces autrefois exploitées à blanc étoc. Aujourd’hui, d’une manière générale, on peut dire que les peuplements de la Savoie sont à l’état de vieilles futaies, dont l’épicéa forme l’essence principale (connue dans la région sous les noms de « bois noir » et « joux noire ») (fîg. 5).
- Cependant, depuis quelque temps, et c’est là un problème qui préoccupe beaucoup les forestiers, on constate que le sapin pi’end le dessus sur l’épicea, et que la forêt devient insensiblement à dominante de sapin. Cela est dû à ce que les peuplements sont trop denses ; or, le manque de lumière favorise précisément les semis de sapins et empêche ceux de l’épicea. La régression aclxxelle de l’épicea îx’a aucun caractère de fatalité. Elle est l’ceuvi'e de l’homme. Qu’on enlr’ouvre suffisamment les massifs au moment opportun et l’épicea se régénéi’era abondamment.
- Les auti'es Conifères sont rai’es ou manquent. Le mélèze, très commun dans la haute vallée de la Durance et celle du Verdon, ne peut s’installer par suite d’un état hygrométrique de l’air trop élevé, nettement défavorable à sa croissance. Quant au Pin Cembro, il se monti'e par-ci, par-là à la lisière de certaines forêts et la dépasse même, comme arbre isolé. On le ti'ouve, en particulier, à 2.o5o m, dans le massif du Mont-Blanc ; mais dans l’ensemble, il est plutôt rare.
- Les fexxillus (aulne, sui’eau, sorbier des oiseleurs, etc.) s’étendent dans la zone inférieure des forêts d’épicéa et surtout le long des torrents qu’ils remontent parfois assez loin.
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- Parmi les autres arbustes et sous-arbrisseaux, citons encore le framboisier (Rubus idaeus L.)> les ronces (.Rubus), les myrtilles (Vaccinium myrtillus L.). Le framboisier se plaît dans les éboulis de blocs et dans les clairières ; on le trouve aussi dans le sous-bois touffu des forêts de conifères, mais jamais dans les forêts de hêtre. Par contre, c’est précisément dans celles-ci, clairsemées et établies sur des terrains calcaires, que l’on rencontre le cyclamen (Cyclamen euro-paeum L.) renommé pour son parfum. Cette plante, si abondante au-dessous de Taninges, devient rare dans la vallée supérieure du Giffre, trop humide.
- La végétation rocailleuse des forêts de conifères présente un attrait tout spécial. C’est elle, en effet, qui offre les superbes tapis rouges carmin vif de la bruyère incarnate (Erica carnea L.), une des rares Ericacées supportant le calcaire, qu’accompagne toujours la Polygale Faux-Buis (Polygala chamaebuxus L.) aux fleurs jaunâtres.
- Pour terminer avec la végétation ligneuse des vallées, signalons un cas .intéressant qui donnera sûrement à réfléchir à certains écologistes. Sous le couvert d’une forêt d’épicéa des bords des Gorges du Giffre, on trouve un magnifique sphagnetum établi à même la roche calcaire avec Lycopodium annotinum L. (fig. 6). Or, les Sphaignes sont, comme on le sait, des plantes calcifuges par excellence.
- A mesure que l’on s’élève en altitude, l’action du vent sur la végétation prend de plus en plus d’importance par sa violence qui courbe et brise les branches, par l’évaporation qu’il provoque dans les tissus et qui les déssèche. Aussi, la limite des arbres descend-elle sous certains cols où l’altitude, normalement, les tolérerait encore [col de Jouplane (2.097), C°1 de Flaine, col de la Golèse (1671)].
- Ainsi la forêt devient raréfiée, rabougrie, et finalement cède la place à la prairie alpine. A celte altitude, le végétal ne dispose plus que d’une période végétative très courte, 3 mois, 2 seulement parfois. Il doit s’adapter à des conditions d’existence très particulières : lumière vive, température basse, humidité restreinte, à leurs écarts surtout, et il lui faut résister au vent et à la neige. La plante ne peut plus exister que sous forme vivace ; elle est ramassée près du sol, épaisse et dure, couverte de poils ; elle allonge ses racines dans le sol et présente une ci’oissance et une lloraison ti'ès rapides.
- C’est le cas de la flore des cols et des pâturages, remarquable par la diversité des espèces et la multitude de ses couleurs extrêmement vives.
- Nous nous contenterons de citer les plus intéressantes et les plus répandues d’entre elles.
- Ce sont les Anemone alpina L., les nombreux œillets (Dianthus), Trifolium alpinum L., Aster alpi-nus L., l’Edelweiss (Leontopodium alpinum Cass.), que tous les alpinistes recherchent et fixent à leur boutonnière ; les Campanula, les innombrables Gentianes dont presque toutes les espèces de France sont représentées dans les Alpes de la Haute-Savoie, les unes sont de teinte jaune (Gentiana lulea L.), d’autres
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- violettes, parfois blanches (G. campestris L.), mais la majorité est d’un bleu éclatant (G. acaulis L., bavarica L., brachyphylla VUE qui peut atteindre 4.200 m d’altitude d.ans les Alpes du Valais, etc.).
- Le Lis blanc des Alpes (Paradisia liliastrum Bert.) au parfum si enivrant, et le Lis Martagon (Lilium Marta-gon L.) au superbe coloris rouge taché de mauve et de rose, se retrouvent souvent dans les jardins ou sur • les 'fenêtres des châlels savoyards toujours si gais et si- fleuris.
- Le Chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum L.), plante des terrains calcaires, recherchée des touristes presque à l’égal de l’Edelweiss, est devenu rare dans toutes les Alpes. Cependant, en quelques points de la région de Samoëns on rencontre, parfois, de grandes étendues bleutées recouvertes par cette jolie plante.
- Celle flore est précédée au* premiers beaux jours du printemps alpin, de durée si brève, par l’apparition hâtive, dès que la neige en fondant découvre un peu le sol, de quelques espèces précoces, vrais messagères du printemps. Leur variété n’est pas grande, mais le nombre des individus est véritablement imposant : Crocus vernus L., Narcissus poeticus L., etc.
- Et que dire des espèces des rocailles et des éboulis, dont les teintes vives égaient ces mornes étendues :
- Fig. 4. — Le rocher du Criou (2.250 m), vu à travers le secteur de flore américaine de la « Jaysinia ».
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- Armeria alpina Willd., Linaria alpina Mil. à fleurs violet foncé avec deux taches orangées sur. la lèvre inférieure, Myosotis alpestris Schmidt, qui forme de larges coussinets bleu ciel, Androsace glacialis Hoppe, Primula auricula L., dont les belles fleurs d’un jaune pur grimpent à l’assaut des parois les plus escarpées.
- A peu près aux mêmes altitudes, on trouve les Rhododendron ferrugineum L. et R. hirsutum L. Ce dernier, assez commun dans les Alpes suisses et autrichiennes, est extrêmement rare en France, où on ne lui connaît qu’une seule et unique station dans les Alpes de la Haute-Savoie : le Mont Chauffé, près d’Abondance.
- Plus haut, aux confins mêmes des glaciers et des crêtes qui terminent les massifs, on rencontre des stations végétales plus intéressantes encore, celles que les botanistes ont convenu d’appeler les combes à neige.
- Ce sont des vallons et des ravins où, durant l’hiver, la neige s’accumule et dure plus longtemps au retour de la belle saison. Celte neige, fondant lentement en été, provoque un ruissellement constant qui imbibe le sol environnant et l’inonde même parfois pendant un certain temps. A mesure que le sol se découvre, une végétation très spéciale s’en empare aussitôt : les saules rampants (Salix retusa L., S. serpyllifolia Scop.), Soldanella alpina L., à fleurs d’un bleu violet et à corolle frangée en lanières linéaires, Myosotis alpestris Schmidt, etc.
- Enfin, disons un mot de deux plantes qui n’existent en France que dans la vallée supérieure du Giffre. Ce sont, d’abord, Peucedanum austriacum Koch., magnifique Ombellifère des pentes herbeuses de la partie sud du massif du Criou, et Selaginella helvetica Link., gracieuse petite Lycopodiacée des sous-bois humides de la vallée de Clevrieux.
- Cultures. — La situation de Samoëns relativement basse (700 m) et protégée des vents froids permet un certain nombre de cultures : céréales, pomme de terre, légumes, arbres fruitiers. La production fruitière est la plus importante après celle du lait.
- La Haute-Savoie et une grande partie de la Savoie, sont des régions idéales pour la culture des pommes et des poires de conservation. On appelle ainsi les fruits qui se gardent et peuvent être consommés de janvier à juin.
- Ces fruits prendraient avec avantage la place des poires et des pommes importées. En effet, la Fi'ance achète chaque année pour près de trois milliards de francs de fruits divers, une très faible part à ses colonies, la plupart à l’Espagne, l’Italie, la Suisse, l’Australie, la Californie qui lui en fournissent chacune, pour des centaines de millions de francs. Parmi ces importations fruitières, les pommes et les poires occupent une place notable. Or, la Savoie pourrait les produire en nombre considérable et de qualité souvent supérieure à ceux qu’on fait venir de l’étranger.
- La culture des fruits de conservation doit y être encouragée par tous les moyens.
- En visitant les vergers de la vallée du Giffre, nous
- étions frappés par l’état lamentable de presque tous les arbres fruitiers. La grande majorité était envahie par les mousses, les lichens, le gui, les maladies cryptoga-rniques : la tavelure (Fusicladiurn pirineum) etc. ; les insectes : carpocapse ou ver des fruits (Laspey-resia pomonella L.), les cochenilles, le puceron lanigère (Eriosoma lanigerum Hausm.), etc.
- Les paysans ne s’occupent guère de leurs plantations et les laissent pour ainsi dire à l’état spontané. Beaucoup d’arbres meurent par épuisement et par asphyxie. En effet, là couche de gazon qui recouvre le sol . empêche l’air de pénétrer jusqu’aux racines et absorbe la presque totalité des engrais, lorsque leur propriétaire songe à fumer, ce qui est l’are.
- Parmi les variétés de pommiers recommandables dans la vallée du Giffre, nous signalerons, en particulier, la Reinette de Cusset, la Galantine, la Transparente de Croncels, la Pomme fer ou Franc Roseau, la Belle de Boskoop, le Rambour d’hiver, etc.
- Parmi les poiriers, les uns sont à utiliser pour les plantations à haute tige, tels que : Précoce de Trévoux, Sucrée de Montluçon, Williams, etc. ; les autres pour formes basses : Passe Crassane, Charles Ernest, Madame Ballet, etc.
- Nous ne mentionnerons pas la Reinette du Canada, car cette variété est trop exigeante quant au sol et au climat. Elle nécessite pour donner des résultats intéressants, un sol profond; frais sans excès d’humidité, et surtout elle se montre très sensible aux attaques du chancre (Nectria ditissima.). Il est donc de beaucoup préférable de cultiver la Reinette de Cusset qui s’adapte à peu près à tous les terrains."
- Quant au noyer, son aire de'culture coïncide assez bien avec celle de la vigne et il dépasse peu l’altitude de x.ooo m. Il est partout peu exigeant comme sol dans la haute vallée du Giffre, où le terrain est à dominance calcaire, cet arbre fournit un bois plus estimé que celui des terres humides de plaine, d’un grain plus fin, et par suite, plus homogène et plus lourd que celui des régions basses.
- Avant la guerre, la vallée du Giffre faisait un commerce actif de ses noix renommées, mais beaucoup d’arbres furent abattus pour les besoins de l’armée (fabrication des crosses des fusils). Les pay sans-savoyards n’ont pas fait assez d’efforts pour reconstituer leurs plantations. Cependant ils pourraient, sans aucun doute, reconquérir les marchés d’autrefois. Les meilleurs variétés à répandre seraient : la noix Franquette, la noix Mayette et la noix Chaberte.
- « La Jaysinia ». — Parmi les curiosités de lai région, l’une des plus remarquables est le jardin botanique alpin (( La Jaysinia ». Ce jardin fut créé en 1906 par Mme Marie-Louise Jay, épouse de Théodore-Ernest Cognacq, qui en fit plus tard don au bourg de Samoëns. Aujourd’hui, le jardin botanique alpin et la station écologique annexe sont placés sous le contrôle scientifique du Muséum national d'Histoire naturelle qui y a construit un magnifique laboratoire de recherches et d’études de la végétation alpine (fig. 7).
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- Fig. 5. — La végétation forestière à base d’épicéas.
- Fig. 7. — Le laboratoire de la station écologique de la « Jaysinia ».
- Établi sur les pentes sud de la Bourgeoise, ce jardin occupe une superficie d’environ 3 hectares, sur 8o m de dénivellement. Par son exposition, la flore entre en végétation précoce au printemps, ce qui a permis d’acclimater certaines espèces méridionales telles que le Bambou, Rhus Cotinus L., Euphorbia Myrsinites L., etc.
- Un aménagement des chemins en zig-zag, dirigés avec beaucoup de goût, permet d’accéder facilement aux différentes parties consacrées aux collections botaniques. Celles-ci ne sont pas distribuées suivant un ordre systématique, mais selon leurs exigences écologiques.
- Le jardin est divisé en un certain nombre de secteurs dont chacun représente en miniature une région géobotanique montagneuse spéciale du globe avec des milieux écologiques différents, tels que : terrain calcaire, siliceux, tourbières à Sphagnum, rochei's, pelouses sèches à Brachipodium pinnatum, etc. (fig. 8). Une cascade artificielle, dont les eaux limpides et bruyantes égaient les alentours, parcoui*t de haut en bas le jardin. Le long de ses berges accidentées a pu s’installer une riche et florissante végétation des lieux frais et humides {Saxifragct aizoïdes L., Cirsium spinosis-simurn Scop., nombreuses espèces de Fougères, de Carex, etc.}.
- Le laboi'atoire se propose de poursuivre des recherches pratiques. C’est ainsi que l’on a en vue, en par-
- Fig. 6. — Sous-bois humide des gorges du Giffre, avec Lycopodfum annotinum.
- Fig. 8. — Un coin du jardin alpin. En premier plan, flore saxatile.
- ticulier, d’introduire et d’acclimater des essences forestières nouvelles pour la région, entre autres, le Pin noir d’Autriche (Pinus laricio, var. austriaca. Mathieu), qui conviendrait tout spécialement pour les terrains calcaires ; le Cèdre du Liban (Cedrus libani) ; le Pin de Weymouth (Pinus Strobas), etc.
- Certains représentants de la flore alpine deviennent de plus en plus rares. Pour les préserver d’une complète disparition, le laboratoire a envisagé la création en pleine montagne de réserves floristiques, où toute cueillette des plantes serait strictement interdite.
- Comme autres problèmes intéressants et utiles, nous mentionnerons des recherches sur la pédologie, science jeune, et encore peu développée dans notre pays, sur les associations végétales (fig. 9) ; sur le climat de la vallée supérieure du Giffre. A ce propos, nous signalerons quelle lacune comblera la création d’un centre climatologique. En France, le réseau météorologique de montagnes est beaucoup moins dense que dans les Alpes suisses et autrichiennes. La future station météorologique se propose d’installer des appareils enregisti'eurs en différents points de la région, à des altitudes variées. Or, le climat varie beaucoup avec le relief et l’exposition et notamment le régime des vents, à une station de fond de vallée, peut êti'e totalement différent du mouvement général de l’air, révélé par la marche des nuages.
- Georges Koxoroff.
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- LA MÉTALDÉHYDE ET SES EMPLOIS
- Lorsqu’on fait passer de l’acétylène dans une solution diluée d’acide sulfurique contenant de l’oxyde de mercure, on obtient de l’acétaldéhyde, produit de base d’un grand nombre de synthèses organiques. Pur, ce produit se conserve indéfiniment, mais sous l’influence de traces de sels (chlorure de zinc) il sc polymérise et donne la paraldéhyde et la métaldéhyde. Ce dernier corps fut découvert par Lie-big en i835 ; c’est un solide blanc, facilement sublimable à xio°, donnant à l’air de l’acétaldéhyde à odeur d’alcool inéthyliquej- insoluble dans l’eau et les solvants habituels (éther, alcool, tétrachlorure de carbone, etc.). Il ne se produit qu’en quantités très faibles, la polymérisation donnant surtout de la paraldéhyde; il n’est guère possible d’extraire plus de ioo gr de métaldéhyde d’un kgr d’acétaldéhyde.
- Pendant longtemps ce corps fut simplement connu des chimistes et son application pratique complètement ignorée. C’est pendant la guerre que l’emploi de « l’alcool solidifié » soit avec des savons, du collodion, de l’acétate de cellulose, de la gélatine, etc., attira l’attention sur les propriétés combustibles du métaldéhyde. Ce corps, en effet, a un pouvoir calorifique de 6.200 cal par kgr, c’est-à-dire celui du meilleur alcool à brûler. Aussi sa fabrication fut-elle entreprise sur une base industrielle. Elle est assez délicate, la réaction de formation étant exothermique et le rendement étant fonction de la température ; il faut régler la marche des appareils pour maintenir la température aux environs de — io°, température optima de rendement.
- Pour les emplois comme combustible qui ont été jusqu’à ces derniers temps les seuls envisagés, il faut comprimer la métaldhéhyde, la poudre étant très inflammable et brûlant à une allure presque explosive. Les comprimés brûlent d’une façon particulière.
- Ce n’est pas précisément la métaldéhyde qui brûle car sous l’action de la chaleur que la flamme lui envoie, elle se transforme en acétaldéhyde et c’est celte acétaldéhyde qui brûle. Il se forme autour du comprimé qui brûle une auréole de gaz frais qui empêche que la flamme ne vienne en contact avec le combustible. Cette particularité maintient le combustible qui brûle relativement frais, assez frais pour permettre de l’éteindre en mettant la main dessus sans se brûler.
- La transformation en acétaldéhyde pendant la combustion se règle d’elle-même; en effet, sitôt que Je dégagement des gaz augmente, la flamme s’éloigne du combustible, la chaleur rayonnée a moins d’effet sur lui et le dégagement des gaz diminue. La flamme des comprimés est donc autorégulatrice et par conséquent, particulièrement tranquille et régulière.
- Le dégagement de gaz pendant la combustion est accompagné d’un fait entièrement nouveau qui n’apparaît aussi nettement dans aucun des combustibles connus jusqu’à ce jour : c’est l’influence d’un phénomène de catalyse sur la combustion. Si l’on comprime la poudre de métaldéhyde, telle qu’elle sort de fabrication, c’est-à-dire non lavée, les comprimés obtenus dégagent, même sans être chauffés, une légère odeur d’acétaldéhyde témoignant d’une lente désagrégation de la métaldéhyde. Cette odeur est particulièrement forte après l’extinction du comprimé, pendant quelques minutes. Cela; provient des catalyseurs employés dont les
- traces, de l’ordre de grandeur de 1 millionième pour 100, adhèrent encore aux cristaux de métaldéhyde. On n’a pas cherché pratiquement à purifier davantage la métaldéhyde, car un tel degré de pureté est chose à peu près inconnue pour des produits de la grande industrie ; par contre, on est arrivé à neutraliser l’effet des catalyseurs par l’addition d’autres substances qui suppriment leur influence catalysante, qui transforment par exemple l’acide sulfurique en sulfate de baryum ou, par l’addition d’ammoniaque, en sulfate d’ammonium, etc... Si l’on veut brûler de la métaldéhyde absolument exempte de produits catalytiques, on éprouve une nouvelle et désagréable surprise. Ce produit s’allume beaucoup plus difficilement, la flamme lèche le comprimé qui s’échauffe fortement, contrairement à ce qui se présente avec le produit moins pur. Si on l’éteint en soufflant dessus, il se forme un nuage de métaldéhyde sublimée qui reste en suspension dans l’air pendant longtemps, comme un léger duvet. Ainsi, pour la combustion, le catalyseur est nécessaire, tandis que pour conserver le combustible, il est plus que superflu. On a trouvé toutefois un moyen de rendre Je catalyseur inactif aux températures ambiantes, tout en ne l’empêchant pas de produire son action lors de la combustion et de réaliser la dissociation nécessaire à la production de la flamme pour cesser d’agir après refroidissement.
- Si nous avons insisté avec quelques détails sur les phénomènes spéciaux que l’on rencontre dans la combustion de la métaldéhyde, c’est pour montrer que ce corps a des propriétés particulièrement sensibles et qui s’ajoutant aux propriétés chimiques générales des aldéhydes, (sa formule est CI-PGHO) permettent d’envisager son emploi dans un grand nombre de réactions industrielles. Maintenant que sa fabrication est au point, que les quantités produites sont importantes, que son prix de revient devient par suite abordable, de nouveaux débouchés peuvent être recherchés. C’est ainsi déjà que dans l’industrie des couleurs et vernis, on en utilise des quantités assez importantes ; en pyrotechnie, il semble qu’en Allemagne on en consomme beaucoup, sans doute pour des appareils incendiaires; dans les industries de polymérisation, la métaldéhyde pourrait jouer un rôle catalyseur ou accélérateur intéressant.
- En agriculture, on a trouvé un emploi remarquable pour la destruction radicale des limaces, loches et escargots, ennemis redoutables des jardins et des cultures. En ajoutant à du son de la poudre de métaldéhyde dans la proportion de 60 gr par kgr de son, et en disposant ce mélange soit en ligne, soit en petits tas de quelques grammes distants de 4o cm, on voit au bout de quelques heures les animaux parasites attirés par les tas de son. Dès qu’ils se trouvent en contact, leurs glandes sécrétrices sont excitées ; une bave abondante est émise et la mort s’ensuit au bout de quelques heures. Ce traitement est à recommander pour protéger les salades, fraises, etc., contre leurs plus redoutables ennemis.
- On dit en général que « la fonction crée l’organe ». L’exemple de la métaldéhyde prouve que souvent aussi « le produit crée l’usage » et dans le cas particulier, les débouchés semblent très nombreux et dans des domaines très divers.
- H. Vigneron.
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- LES ESSENCES A FORT INDICE D'OCTANE = 135
- POUR L'AVIATION (,)
- Chacun sait ciue le rendement thermique d'un moteur à carburation est d'autant meilleur qu’il travaille sous un taux de compression plus élevé comme le montrent les figures i et 2. Pratiquement, deux anomalies obligent à le limiter à 8 et même quelquefois à 6. Ces anomalies sont de deux sortes : le cogne-ment ou choc et l’auto-allumage.
- Le cognement correspond à une combustion anormale déclenchée par l’étincelle. Il est caractérisé par l’établissement brusque, dans le cylindre, d’une pression élevée et par la production d’un choc qui rend un son métallique. Un moteur qui cogne perd de son rendement mécanique et se trouve exposé à une détérioration rapide de ses organes.
- 11 est établi que le cognement dépend principalement de la nature chimique du carburant employé. Plus ce carburant a un indice d’octane élevé, moins le phénomène du cognement a tendance à se manifester, comme les graphiques des figures 2 et 3 permettent de le comprendre.
- Le mécanisme de l’auto-allumage comporte l’inflammation du mélange carburé préalablement à l’emploi de l’étincelle, au contact d’un point mal refroidi du cylindre, le plus souvent, la soupape d’échappement.
- Quand le phénomène de cognement ou de détonation se produit, la combustion du mélange carburé progresse très rapidement alors que normalement, elle se propage lentement par déflagration. Si la combustion du mélange carburé est normale, la flamme conserve sur tout son parcours une largeur appréciable. Au contraire, elle demeure extrêmement mince quand il y a déflagration et cognement, comme le moteur à fenêtre employé par le Dr Boerlage permet de s’en rendre compte. Nous y reviendrons plus loin (voir spécialement les figures 8 et i4).
- On prévient l’auto-allumage en adoptant une architecture convenable du cylindre du moteur. Voici comment :
- Dans la chambre de combustion, on évite, autant que possible, les passages étroits où le laminage du gaz provoque un accroissement brutal de pression, amorce de l’onde détonante. Il faut, cependant, assurer la vaporisation des gouttelettes d’essence et le mélange homogène de la vapeur avec l’air, c’est à ce double but que répond la « culasse à turbulence », dont le modèle primitif établi par Ricardo, a été perfectionné par Janeway, Dumanois, etc...
- L’évacuation rapide de la chaleur de combustion, dite « calories brûlées », se pratique par l’emploi de métaux bons conducteurs, comme l’aluminium et ses alliages, en remplacement de la fonte utilisée primi-
- 1. Pour la rédaction et l’illustration de ce mémoire, nous avions reçu l’assistance de l’éminent Dr Boerlage, directeur de la « Proefstation » de Delft. Le grand savant que fut le I)1- Boerlage est mort prématurément le 20 juin 1938. C’est une grande perte pour l’industrie du pétrole et des moteurs. Nous adressons un souvenir ému à la mémoire de ce charmant collègue.
- fixement pour 1 e s culasses.
- Les données du tableau suivant montrent que les points chauds sont nombreux dans un moteur, et qu’à ce point de vue, il y a grand intérêt à substituer
- une culasSv. en j — Comment varie le rendement
- aluminium à d’-un moteur à explosion avec le taux de
- une culasse en compression.
- fonte.
- A l’intérieur d’une culasse en fonte. . . 345°
- A 1 intérieur d’une culasse en aluminium. 211°
- Sur le siège des bougies................... 206°
- Sur le siège des soupapes d’admission. . i3o°
- Sur le siège des soupapes d’échappement. 192°
- Des résultats plus avantageux encore ont été obtenus par M. Serruys, avec la culasse à cannelures, en alpax. Ces cannelures de 2 mm 5 de largeur et 2 mm de profondeur, pratiquées dans la partie de la culasse la plus rapprochée du piston, ont pour effet de refroidir énergiquement, avant sa combustion, la partie de la charge gazeuse qui brûle la dernière.
- Ce qui va retenir ici notre attention, ce sont les moyens pour disposer d’une essence à pouvoir indétonant élevé ou autrement dit à fort indice d’octane.
- I. — ÉCHELLE DU POUVOIR INDÉTONANT DES CARBURANTS
- Lechelle qui sert à mesurer le pouvoir anlidéto-nant d’une essence est le taux d’octane. On compare l’essence à essayer à
- un mélange d’hydro- Fiçj. 2. — Allumages avec et sans carbures de composi- étincelles dans un moteur à essence.
- lion déterminée.
- Ce mélange est formé d’heptane, qui détone violemment dans un moteur et d’isooctane que l’on peut très difficilement faire détoner, ce dernier hydrocarbure a 100 comme nombre d’octane. Le pourcentage d’isooc-tane mélangé à l’hep-tane dans le carburant type constitue
- 5 6 7 8 9 10 11 12
- Taux de compression
- 20 4-0 60 80 100
- Nombre d'octane
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- 136
- 25 30
- 5 7,5 10 Pression (atm absolues)
- Fig. 3. — Températures d’allumage spontané de carburants pulvérisés sous différentes pressions (d’après Tausz et Schulte).
- Des nombres élevés signifient des tonants.
- le nombre d’octane. Quand une essence de pouvoir indétonant inconnu est placée dans un ‘moteur d’essais et que l’on trouve qu’elle cogne exactement comme un mélange de 73 parties d’isooctane mélangé avec 27 parties d’heptane, on dit que l’essence essayée a un indice d’octane de 73. carburants antidé-
- II. — MESURE DU POINT DE COGNEMENT D’UN MÉLANGE CARBURÉ DANS UN MOTEUR
- Une difficulté évidente réside dans la détermination de ce point de cognement. Pour la surmonter, Midgley et Boyd imaginèrent, voici une quinzaine d’années, un dispositif qu’ils dénommèrent « pouncing bin » ce qui signifie « aiguille sauteuse ». C’est un tube métallique, de 12 à i5 mm de diamètre intérieur et d’une vingtaine de centimètres de longueur, fermé à l’une de ses extrémités par une membrane métallique élastique ; par cette même extrémité, qui porte un filetage, le tube est vissé dans la position verticale de la culasse d’un moteur. Sur la membrane, prend appui une tige métallique de 5 à 6 mm de diamètre intérieur,^ dont un guidage à frottement doux maintient
- Fig. 4. — Schéma du manographe optique à faible* inertie de M. Serruys.
- l’axe en coïncidence avec celui du tube ; à son extrémité supérieure, la tige se termine par une pointe isolante. Deux lames métalliques horizontales, insérées dans un circuit électrique et séparées par un écart réglable, sont placées au-dessus de cette pointe, dans une position telle qu’un déplacement convenable de la tige les amène au contact. L’élasticité de la membrane est choisie de manière telle que le circuit électrique demeure ouvert quand le moteur sur lequel l’appareil est monté fonctionne normalement et qu’il se ferme seulement quand le moteur cogne. On apprécie l’importance du cognement d’après la quantité d’électricité que débite, dans l’unité de temps, le circuit dans lequel sont insérées les deux lames, soit en prenant la température d’une résistance hélicoïdale insérée dans le circuit.
- Évidemment, les essais correspondants doivent se faire avec un moteur de référence travaillant dans des conditions déterminées. On stipule notamment les facteurs que voici : — vitesse de rotation, dosage du gicleur, température de l’air et du carburant, tempé-rature de l’eau de refroidissement, viscosité du lubrifiant, etc... Ils sont définis de manière rigoureuse ; ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes pour les essences d’aviation et pour les essences de tourisme.
- Si intéressante que soit cette méthode, elle n’a qu’une valeur empirique. En outre, l’inertie de l’aiguille sauteuse introduit une cause de trouble dans les observations enregistrées. Elle ne renseigne d’ailleurs que mal sur le mode de préparation de la combustion dans le moteur. Le manographe optique imaginé par M. Serruys, représenté à la figure 4, constitue déjà un progrès considérable. Dans cet appareil dont l’inertie est très faible, les déformations d’un diaphragme métallique souple, monté sur la chambre d’explosion, font basculer un miroir dont les légers déplacements sont amplifiés optiquement.
- L’étude de la combustion implique premièrement celle de la flamme.
- Plus intéressants encore sont, par conséquent, les procédés employés actuellement pour étudier le mode de propagation du front de flamme dans un moteur à carburation. L’interprétation des observations cor respondantes a permis de définir avec plus de précision les conditions qui doivent présider au choix d’un carburant pour un moteur déterminé.
- III. — ENREGISTREMENT DE LA PROPAGATION
- DE L’INFLAMMATION DANS L’AIR CARBURÉ
- Les méthodes correspondantes sont dues à M. Du-chêne, ingénieur à la société du Gaz de Paris, qui en est le promoteur, à l’ingénieur américain Withrow, de la General Motors, et au savant hollandais le docteur Boerlage, directeur de la « Proefstation » à Delft, de la « Royal Dutch-Schell ».
- La figure 5 représente le dispositif Duchêne suivant lequel la chambre de combustion a comporte une fente longitudinale, munie d’une glace. Des électrodes de la bougie, l’inflammation se transmet, après
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- Gaz enflammés
- Fig. o. — Schéma en plan du dispositif Duchêne pour la cinématographie des flammes de mise en feu de l’air carburé dans une chambre cylindrique.
- éclatement de l’étincelle, par tranches limitées par des calottes sphériques concentriques, à toute la masse gazeuse plus ou moins chauffée et comprimée, contenue dans la chambre a. La transmission de l’ignition est enregistrée sur un film enroulé sur une roue b, tournant à grande vitesse, dont l’axe de rotation est parallèle à l’axe de la chambre. Si, tandis que la vitesse linéaire normale, universellement adoptée en pratique, est de o,45fi m/s (a4 images de 19 mm), la vitesse périphérique du film est de 12 m/s, 1 milliseconde est représentée par 12 mm de longueur de film. Le déplacement du front de ilamme, qui délimite la zone des gaz encore vierges de celle des gaz enflammés, se trouve figuré par le profil de la région impressionnée du film, profil qui a l’allure d’une demi-sinusoïde plus ou moins allongée et déformée, présentant meme parfois un point de rebroussement au lieu d’un point d’inllexion (fig. 6).
- D’une manière plus explicite, grâce aux photographies dues à l’amabilité du docteur Boerlage, nous reviendrons un peu plus loin sur ces
- Fig. G. — Différents types de ru'- t Cl
- cinématographies de flammes. Clilteients liims.
- t, 2, 3, 4 et 8 (avec addition d’éthyl- La figure 7 refluide) sans détonation ; 6 et 7, sans présente la cham-détonalion ; 5, avec point de rebrous- .
- sement au lieu d’un point d’inllexion. bre de combustion du moteur à fenêtre utilisé par le docteur Boerlage pour l’étude de la détonation et la figure 8 se rapporte aux images de la combustion telles quelles apparaissent d’après des examens faits au moyen d’un miroir tournant.
- Dans le moteur à fenêtre Boerlage, les conditions pour la détonation semblent être idéales. Une
- Et in celle
- Parcours
- Flammt
- Fig. 7. •— Schéma de la chambre de combustion du moteur à fenêtre Boerlage pour l’étude de la détonation.
- chambre cylindrique bien balayée assure une propagation rectiligne de la flamme.
- La possibilité de changer la place de l’étincelle électrique et la possibilité de produire deux étincelles à des moments voulus à chacune des extrémités de la chambre de combustion permettent de faire varier les fronts de Ilamme de la'combustion- et d’étudier
- de très près les phénomènes lumineux. On reconnaîtra, en bien des points, des images obtenues par M. Duchêne (fig, 6).
- Les photographies de la figure 9, dues au docteur Boerlage, rendent tangibles les différences considérables de luminosité de la Ilamme, suivant que la combustion de l’air carburé a lieu ou non sans détonation.
- La luminosité, ou plus exactement le rayonnement photogénique de la Ilamme, est frès faible au début (précombustion) puis va en s'intensifiant, (fig. 9-I). j
- Comme dans le cône interne des flammes où se font les préoxydations, les dissociations avec libération de CH et C2, notamment la première partie de lai flamme de mise en feu, est tellement peu éclairante que M. Duchêne croit qu’il s’écoule un certain intervalle de temps entre l’éclatement de l’étincelle et le début de l’inflammation.
- La luminosité de la flamme augmente rarement de façon régulière. Pendant que la première flamme traverse la chambre de bout en bout, il se déclenche souvent un ou plusieurs fronts de nouvelles flammes plus éclairantes, correspondant à des combustions complémentaires avec libération momentanée de carbone qui entre en incandescence (2 et 3 fig. 6-V et VI fig. 9). Par leur front en contact avec les gaz déjà allumés, ces flammes rétrogradent l’ignition vers la bougie ; elles prolongent, par leur front en contact avec les gaz frais, le front de la première ilamme de mise en feu peu lumineuse.
- 11 faut encore remarquer que, suivant l’observation du docteur Boerlage, l'aulo-allumage est un phéno-
- Fig. 8. — Schéma montrant comment s’effectue l’enregistrement des phénomènes de combustion et de détonation au moyen du moteur à fenêtre.
- Etincelle
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- Fig. 9,
- I. Combustion : sans détonation ; combustible : benzène. —
- II. Combustion : détonation légère ; combustible : mélange iso-octane/n. heptane 90/10 vol. — III. Combustion : détonation intensité moyenne ; combustible : mélange iso-octane/n. heptane 80/20 vol. — IV. Combustion : détonation forte ; combustible : mélange iso-octane/n. heptane 70/30 vol. — V. Combustion : très forte détonation accompagnée de vibrations ; combustible : benzène/n. heptane 62/28 vol. — VI. Combustion : très forte détonation ; auto-allumage en différents points ; combustible : benzène/n. heptane 69/31 vol. — VII. Combustion : très forte détonation : diagramme de pression enregistré simultanément ; combustible : iso-octane/n'.
- heptane 70/30 vol.
- mène relativement lent. Comme le montrent notamment les figures q-V, Vf, VIT, la détonation concorde avec l’apparition d’un second centre d’allumage, placé à l’extrémité opposé au centre d’allumage, c’est-à-dire l’étincelle. Cet auto-allumage, dirait-on, semble craindre la proximité de la flamme primaire.
- Dans le cas de la figure 9-VU, au moment de l’apparition du front de flamme « secondaire », la pression est de l’ordre de 3 o kgr. La température de l’air carburé, à ce moment, peut être estimée à 55o° C., mais il est évident que la température peut être localement plus élevée. Il semble donc bien que l’auto-allu-mage, causant la détonation dans ce cas, se fait sous des conditions de pression et de température de l’ordre de celles rencontrées dans l’auto-allumage des moteurs Diesel. Cela confirme l’opinion déjà formulée à ce sujet par le docteur Boerlage et expliquerait la relation linéaire (fig. io) trouvée entre le nombre d'octane et le nombre de cétène.
- Cette observation du docteur Boerlage nous permet de passer à l’explication du choc dans le moteur à la suite de la détonation. Quand la combustion de l’air cax'buré se produit normalement, c’est-à-dire quand elle se propage par déflagration, la pression dans le cylindre du moteur n’excède guère une dizaine de kilogrammes, comme l’indique la courbe A de la figure n, mais elle peut s’élever jusqu’à 3o kgr, suivant la courbe B de cette figure, si le phénomène de détonation intervient. On admet que le front de flamme progresse alors à une vitesse susceptible de varier entre i.5oo et 2.5oo m par minute, alors qu’il ne se déplace qu’à raison de quelques mètres par seconde s’il y a déflagration ou combustion normale. Il est évident que les ondes de pression engendrées au cours de la détonation provoquent des vibrations nuisibles au bon entretien du moteur.
- En dehors de ces vibrations très rapides, il faut encore tenir compte de la possibilité de vibrations plus lentes : le tambourinage, par exemple,- correspondrait plutôt à des vibrations de torsion du vilebrequin et des organes solidaires.
- On peut encore se demander comment interpréter un cas de fonctionnement dur, causé par exemple par une turbulence excessive ou par l’emploi de combustibles anormaux comme l’hydrogène. La montée en pression, dans
- Nombre de cétène
- Fig. 10. — Graphique mettant en évidence la relation étroite entre
- les nombres d’octane et de cétène.
- Fig. 11. — Graphiques types de la combustion normale et de la détonation
- Inflammation
- Déflagration
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- ces cas, ne montre pas de discontinuités bien prononcées sauf à la fin de la combustion, ce qui nous fait supposer qu’il n’y a pas de réaction préliminaire. A part l’effet du choc, auquel il faut s’attendre avec une combustion aussi rapide, on ne remarque pas une détonation proprement dite, sauf peut-être dans des cas extrêmes.
- La figure 12 donne, d’après le docteur Boerlage, un schéma résumant ce qui précède. (
- IV. — RELATION ENTRE
- LA STRUCTURE CHIMIQUE DU CARBURANT ET SON POUVOIR INDÉTONANT
- Quelques exemples permettront de montrer cette inlluence. Tout d’abord, pour les paraffines normales, la résistance à la détonation diminue au fur et à mesure que la chaîne carbonée s’allonge. C’est ainsi que 1 indice d’octane du méthane, de l’éthane et du propane est de l’ordre de xa5. 11 n’est plus que de 5g pour l'hexane et de 28 pour le nonane. Inversement, dans un groupe de paraffines isomères, la résistance au choc augmente au fur et à mesure que, par suite de la ramification de la chaîne carbonée, la molécule se concentre.
- La résistance au choc d’une oléfine est supérieure à celle de la paraffine qui a la même chaîne carbonée ; l’écart, variable avec la position de la double liaison, est, en principe, d’autant plus grand que celle-ci est plus rapprochée du centre.
- Il est bien connu, enfin, que les hydrocarbures aromatiques sont caractérisés par un pouvoir indétonant élevé.
- Un s’explique par là pourquoi, les pétroles de l’Irak ne donnent des essences tourisme qu’à 5o environ d'indice d’octane tandis que ceux de l’East Texas permettent de séparer des essences à 60 d’indice d’octane et quelquefois même à 65.
- Les pétroles de Bornéo, qui renferment des hydrocarbures aromatiques, aident à aller plus loin. 11 est possible, par un topping approprié, d’en séparer des e. sences à 76 d’octane, mais c’est là un cas tout à fait exceptionnel.
- 11 reste encore à présenter celle observation importante que lorsqu’on abaisse le point final de distillation de l’essence, on augmente vite son pouvoir indétonant. Par exemple, en abaissant ce point sec de 190° à iào°, pour obtenir, au lieu de l’essence tourisme, de l’essence aviation, on accroît de 5 à 7 la valeur de 1 indice d’octane. La figure 10 permet de comprendre ces résultats.
- Connaissant maintenant l’importance de la notion de l’indice d’octane et l’influence de la structure chimique du carburant sur son pouvoir indétonant, on conçoit la possibilité de préparer des essences à indice d’octane plus ou moins élevé.
- Temps ----»
- Combustion normale non détonante Simple allumage
- Temps ---»-
- Combustion détonante Simple allumage
- Temps ——»•
- Combustion normale non détonante Double allumage
- Temps ----*
- Combustion très rapide non détonante Simple allumage *
- .Fig. 12. — Schéma des différentes formes de la combustion et des pressions correspondantes.
- V. — PRÉPARATION D’ESSENCE A INDICE D’OCTANE ÉLEVÉ
- En moyen courant consiste à préparer des mélanges de carburants afin de pouvoir élever le taux de compression dans le moteur. C’est ainsi qu’en ajoutant à l’essence ordinaire :
- 5o pour 100 d’alcool, on peut élever la compression de 4,9 à 7,3.
- 5o pour 100 de toluol, on peut élever la compression de 4,9 à 7,20.
- 5o pour 100 de benzol, on peut élever la compression de 4,9 à 6.
- On sait, d’autre part, qu’une addition de plomb létraéthyle à l’essence permet d’en améliorer sensiblement l’indice d’octane. Tous les automobilistes apprécient à ce titre les supercarburants Esso-Azur notamment. Mais ce qui nous intéresse particulièrement, ici, se sont les essences d’aviation à fort indice d’octane :
- 84 à 100, dont l’emploi a permis récemment de battre, de
- Fig. 13. — Variation de l’indice d’octane avec la température d’ébullition, a, paraffines normales ; b, oléfmes normales ; c, série du cyclopentane ; d, série du cyclohexane ; e, aromatiques.
- -10 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 ZOO
- Température, d'ébullition °C
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- loin, tous les records de vitesse. Le tableau suivait indique la composition d’un certain nombre d’entre eux.
- i° Carburant 1929. Composition :
- essence.................... 22 pour 100
- benzol..................... 78 »
- plomb tétraéthyle. . o,65 pour 1.000
- 20 Carburant ig3i. Composition : essence. ..... 20 pour 100
- benzol..................... 70 »
- plomb tétraéthyle. . o,85 pour x.000
- 3° Carburant Record (vitesse atteinte : 644 km/h. Composition :
- benzol..............
- méthanol . acétone
- plomb tétraéthyle
- 3o pour 100 60 »
- 10 »
- 1 pour 1.000
- On remarquera l’usage généralisé du benzol et du plomb tétraéthyle.
- Au sujet de ces divers antidétonants, il y a lieu de présenter les remarques générales que voici :
- L’efficacité du plomb tétraéthyle est incontestable. La figure 6 nous a montré, d’ailleurs, l’influence de l’action du plomb tétraéthyle sur le mode de progression du front de llamme dans le moteur. Si on en incorpore à une essence à 64 d’octane, le pouvoir indétonant de celle-ci se relève comme suit en fonction de la quantité d’éthyle-fluide employée :
- Éthyle-fluide pour xoo (contenant du plomb) :
- 0,00 0,02 o,o4 0,08 0,012
- Tétraéthyle :
- 0,00 o,ox 2 0,025 0,0 4 9 O b
- Indice d’octane
- 64 72 79 84 86-
- Bien qu’il relève notablement le pouvoir indétonant de l’essence, le plomb tétraéthyle n’est pas absolument recommandable. Il coûte cher (envii'on 20 centimes le centimètre cube), il détermine la cori'osion des soupapes du moteur et les disponibilités en sont limitées. On ne pi'oduit actuellement du plomb tétraéthyle qu’aux États-Unis (*) (2).
- Le benzol est un excellent carburant mais les disponibilités en sont limitées en France. Notre industrie de la carbonisation étant insuffisamment développée,
- l. La consommation du brome pour la fabrication du plomb tétraéthyle est telle qu’il a fallu élaborer un procédé spécial pour l’extraction du brome de l’eau de la mer. Suivant M. Feld-ner, ingénieur en chef du Bureau des Mines des États-Unis, on aurait récemment établi dans la Caroline du Nord une usine fournissant 2Q t de brome par jour. 11 faudrait traiter pour cela quelque 520.009 m3 d’eau de mer par 24 h. ii 2. La question de savoir si les produits de la combustion du plomb tétraéthyle empoisonnent ou non l’atmosphère dans lequel ils se dégagent a été très discutée. Les travaux de savants français, du médecin-colonel de Gaulejac en particulier, anglais et américains, ont abouti à cette conclusion qu’il n’y avait pas pollution de cette atmosphère.
- nous ne pi’oduisons guère plus de 76.000 t de benzol par an, soit pi’ès de 7 fois moins que l’Allemagne. D’autre- pai't, en cas d’hostilités, toute la production française de benzol serait absorbée par le Service des Poudres.
- Enfin, les alcools sont d’excellents carburants pour l’automobile, mais on objecte à leur emploi dans l’aviation, leur faible pouvoir calorifique, leur hvgros-copicité et leur tendance à faciliter la cori'osion des réservoirs et des tuyauteries en métal léger.
- VI. — LES ESSENCES DE POLYMÉRISATION A 90-100 D’INDICE D’OCTANE
- Aux États-Unis, on emploie maintenant trois car-buranls d’addition ; le tableau suivant résume les caractéristiques principales de ces trois carburants d’addition, lesquels ont chacun 100 comme indice d'octane :
- Densité à 20° Ébullition Tension Reid. gr/cm2
- Isooclane industriel. 0,699 97-ixo0 i5o
- Isopentane. 0,626 35° 1.420
- Éther iso-propylique. 0,720 68° 37o-
- L’isooctane a pour foiunule :
- CH3 CH3
- CH3 — C — CH2 — C — CH3 CH2 H
- celle de l’éther iso-propylique est la suivante :
- H H
- I I
- CH3 — C — O — C — CH3 CH3 cil3
- A cause de son point d’ébullition élevée : 97 à no°„ l’isooclane ne peut s’employer à letat pur. 11 faut le mélanger à de l’essence additionnée ou non d’éther isopropylique.
- La matière première de ces supercarburants est constituée soit par des gaz de cracking, soit par des gaz naturels, soit encore par les gaz permanents qui se forment en abondance au cours tant de l’hydrogénation du charbon ou des huiles que de la x’éduc-tion catalytique de l’oxyde de carbone par l’hydrogène, suivant le procédé Fischer.
- Le caractère général du pi'incipe appliqué par ces procédés, consiste en une polymérisation des oléfines contenues dans les gaz mis en oeuvre, soit originellement, ce qui est le cas, plutôt particulier, des gaz de cracking en phase vapeur, soit à la suite d’une pyrolyse déshvdrogénante des gaz de cracking en pliase liquide ou des gaz naturels.
- Sur ces bases une nouvelle chimie industrielle est en train de se développer très rapidement.
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- Elle prend pour point de départ les oléfines dont la figure i4 indique, d’après le Pr Ipatieff, les réactions possibles.
- La façon la plus courante d’utiliser les oléfines consiste à les soumettre à une polymérisation en présence d’acide phosphoxdque, lequel joue le rôle de catalyseur. C'est la méthode Universal Oil Products ou U. O. P. Bien que récente, elle a reçu de très nombreuses applications aux États-Unis.
- Au cours de l’année 1908, elle doit permettre d’y obtenir plusieurs centaines de milliers de tonnes de supercarburant pour l’aviation.
- Dans l’une de ses plus récentes installations, l’E. O. P. traite du gaz craqué contenant de 25 à 3o pour 100 de propylène et de butylène, sous une pression d’environ i4 atm, alimenté au débit d’environ 3.400 m3 par heure à travers un réchauffeur dont la température de régime est de 2o5°. Le gaz chaud traverse ensuite quatre tours disposées en série, ayant chacune environ x m de diamètre et 8 m de hauteur. Elles contiennent le catalyseur, lequel est constitué par de l’acide plxosphorique. La polyméi'isation des olé-lines est exothermique. De ce fait, la température tend a s’élever d’environ 55° dans ' les tours de catalyse. Quand la réaction est achevée, le gaz traverse un condenseur, dans lequel l’essence se sépare à l’état liquide d’avec le gaz résiduel. On obtient un rendement d’environ o 1 5 d’essence (nombre d’octane 81) par mètre cube de gaz traité. Quand on a recueilli 200 1 d’essence de polymérisation par kilogramme de catalyseur, on réactive ce dernier. L’opération correspondante a lieu in situ, en y laissant passer une quantité déterminée d’air. L’oxygène de celui-ci brûle les dépôts formés de corps hautement polymérisés et régénère le catalyseur.
- Voilà, la grande question de l’avenir pour l’industrie pétrolière.
- LES BULLES D'AIR DANS
- Nous avons exposé dans La Nature les observations curieuses auxquelles les chutes de neige pouvaient donner lieu pour l’alpiniste soucieux de comprendre le mécanisme même des phénomènes grandioses et magnifiques que présente la montagne en hiver (1). M. C. Heck, du North
- Carolina State College, a étudié la neige dans un autre
- stade de son histoire, sa fusion et bien qu’il n’ait pu,
- par suite de la l'areté des chutes de neige en North Carolina, arriver à des conclusions précises, le problème qu’il propose à la sagacité des observateurs mérite d’être porté à leur connaissance.
- Il a remarqué, en effet, que lorsqu’un flocon fraîchement tombé se met à fondre, quand la ligne de fusion (séparant disons-nous la phase-liquide de la phase-solide), atteint l’extrémité d’une de ces longues cellules remplies d’air qui se trouvent dans la glace, l’eau semble aspirée dans ce tube et le i-emplit brusquement jusqu’à 4o pour 100 environ
- •1. Voir La Nature, n° 3000, 1er mai 1037.
- Alcoylation Isomérisation /
- Alcoylation destructive~~"~-~-/C. \ /'\-Cyclisation
- Dèpolymèrisation \
- Alcoylation Y- Polymérisation
- ( CrtHm)
- Hydro- \ .. ~~~j-~Po/ymèrisation
- polymérisation " X^S* / \ sélective
- Clivage ' \s/ \ X/"Dèpolymèrisation
- / Déshydrogénation Hydrogénation
- Fig. 14. — Principaux types de polymérisation avec ou sans catalyseur des hydrocarbures du pétrole (suivant I. V. Ipatieff).
- CONCLUSIONS
- La préparation d’essence à 100 d’octane dont nous avons montré l’intérêt se développe rapidement aux États-Unis. Au dernier Congrès mondial du Pétrole (Paris, juin 1987), le docteur Egloff et ses collaborateurs prévoyaient que, d’ici trois ans, le carburant à 100 d’octane, contenant moins de 0,8 pour 1.000 de plomb tétraéthvle, sera aussi utilisé pour les besoins militaires que le 87 d’octane aujourd’hui. Pour le service des lignes commerciales, on utilisera un carburant à 100 d’octane analogue au précédent pour le décollage et un carburant à 87 d’octane avec peu ou pas de plomb tétraéthyle (moins de o,i3 pour 1.000) pour le régime des croisières. Leurs prévisions se réalisent à un rythme accéléré.
- Ch. Bertheeot.
- Ingénieur-conseil.
- LES CRISTAUX DE GLACE
- de sa longueur, et cela, dans la chute de neige considérée, pour tous les tubes dans tous les flocons observés.
- Ce phénomène présente un intérêt physique et peut-être est susceptible d’application météorologique pratique. Si la principale cause de la contraction de l’air dans les bulles tubulaires est la pression barométrique plus élevée à la surface de la terre que dans les régions atmosphériques élevées où le flocon s’est formé, on pourrait alors, à l’aide des tables hypsométriques, déterminer l’altitude à laquelle la neige s’est condensée. Comme nous l’avons dit plus haut, les chutes de neige étant rares dans la localité de Raleigh (North Carolina), M. Heck n’a pu étudier systématiquement le phénomène et a été réduit à opérer sur des blocs de glace préparés artificiellement. C’est, une observation courante qu’ont faite tous les possesseurs de plus en plus nombreux d’appareils frigorifiques que les cubes de glace produits par l’appareil contiennent de longues cellules tubulaires remplies d’air. La disposition de ces tubes varie d’ailleurs suivant la forme du moule, la vitesse de refroidissement et
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- lem* existence semble liée aux efforts internes développés pendant la prise en masse. Leur étude n’a jamais été faite systématiquement. En tous les cas, au point de vue particulier qui nous occupe ici, c’est-à-dire la fusion, on ne constate aucun effet de contraction comme dans le cas des flocons de neige.
- Si on examine les minces pellicules de glacé qui se forment pendant les nuits de gelée à la surface des flaques d’eau et des mares, on constate le même résultat, mais la forme des cellules d’air se révèle très caractéristique. Au lieu qu’elle soit rectiligne et régulière, elle tend à former une ligne brisée, les tronçons successifs formant entre eux un angle d’environ 120°. Voici encore un phénomène intéressant, qui mérite de retenir l'attention des chercheurs, et dont l’étude est à peine ébauchée. Cependant Barnes, en suivant avec un fort grossissement la solidification de l’eau à l’interface avec une huile minérale, a constaté que la formation de la glace dans ces conditions était l’aboutissement de plusieurs stades plus ou moins nettement distincts cl que la production des bulles d’air n’avait lieu qu’à la lin de l’opération. D’après Barnes, un de ces stades est celui de la « glace colloïdale » en granules allongés qu’il a pu
- LES EXPLORATIONS DE DANS LES GROTTES ET
- Nous voudrions, dans celte brève élude, résumer l’œuvre entreprise, depuis une vingtaine d’années, par un intrépide explorateur des curiosités souterraines,
- AI. Norbert Casteret, déjà bien connu par ses découvertes dans les avant-monts pyrénéens et par sa « révélation » des véritables sources de la Garonne.
- Son admirable précurseur et maître AI. E.-A. Alarlel, l’incorpore « dans la pléiade des grands pyrénéistes, au chapitre, désormais ouvert, du mystérieux sous:sol qui reste plein de promesses », et AI. André Belles-sort, de l’Académie Française, qui préfaça son dernier ouvrage, écrit que « peu de livres sont aussi variés et nous donnent, en moins de temps et sans effort, plus d’impressions diverses, depuis celle qui nous serre le cœur ou qui nous étonne, jusqu’à celle qui nous fait sourire ou rêver ».
- Dès son adolescence, il a obéi à sa vocation irrésistible. Arrêté pendant quatre années par « la vie des tranchées », il a repris ses recherches après la guerre et il a relaté ses travaux principaux, effectués jusqu’ici (]), dans deux ouvrages édités récemment :
- « Dix ans sous Terre » et « Au fond des Gouffres » (2).
- Dans l’introduction de son premier livre, le jeune spéléologue explique comment se forma sa vocation, avec ses émois et ses enthousiasmes d’enfant, en lisant Jules Verne (voyage au Centre de la Terre), avec les encouragements de ses premières armes, dès l’âge de i5 ans, dans la caverne de Alontsaunès où dans les grottes aériennes des falaises de l’Escalère, baignées
- 1. La Nature, n° 2754, o février 1027.
- 2. Librairie académique Perrin, Paris.
- photographier. Ces quelques indications suffisent à montrer que le problème n’est pas si simple qu’il en a l’air au premier abord et que son étude peut conduire à d’intéressantes recherches.
- Les petites aiguilles de glace qui se forment souvent à Ja surface du sol ou des prés pendant les nuits froides sont aussi remplies de cellules d’air tubulaires, moins régulières comme forme et diamètre que celles de la neige. En examinant leur fusion, quand celle-ci atteint l’extrémité d’un tube, on voit qu’il se forme immédiatement une bulle d’air, ce qui semble indiquer que la pression de l’air, à l’intérieur, est supérieure à la pression atmosphérique extérieure, c’est-à-dire que les conditions sont entièrement différentes de celles que l’on rencontre dans la neige naturelle ou la glace formée artificiellement.
- Espérons que ce court exposé des quelques observations actuellement faites éveilleront l’attention de ceux qui estiment que les phénomènes naturels les plus communs constituent souvent un champ de recherches extrêmement fécondes.
- H. Vigneron.
- M. NORBERT CASTERET GOUFFRES PYRÉNÉENS
- par les llols de la Garonne, non loin de Saint-Afartory où il passa sa jeunesse. La fréquentation des cavernes, les visites au Muséum de Toulouse, les cours professés dans celte ville par Cartailhac et par le comte Bégouen, les encouragements de l’éminent historien C. Jullian et du célèbre géologue E.-A. Martel, « créateur de Padirac », ne firent que stimuler son goût inné des curiosités souterraines, « sa nostalgie des temps abolis ».
- C'est dans le domaine de la préhistoire qu’il remporte ses succès préliminaires signalés dans les trois premières parties de l’ouvrage « Dix ans sous Terre ».
- Les visites nombreuses à la grotte de Montespan (Haule-Garonne) faites à partir de 1922, puis à la grotte sacrée de Labastide (Haute-Garonne) lui permettent de faire connaître « les plus vieilles statues du monde », taillées dans l’argile (ours, lions, bisons, analogues à celles du Tue d’Audoubert, découvertes par le comte Bégouen), puis, les armes, dessins, ossements comparables aux échantillons de la grotte de Ni aux (Arriège) ou de la grotte des Trois Frères, de Gargas, etc.
- Etendant ses investigations dans plus de cinq cents cavernes ou grottes, surtout dans les départements les plus riches de ces curiosités, l’Ariège, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées (Alas d’Azil, les Eglises, Porlel, Bédeilhac, etc., etc.), l’explorateur se met en contact avec la grande faune disparue de ces régions (Ours des cavernes, Mammouth, Bisons) et avec la magie préhistorique et l’étrange figuration humaine des peuples primitifs.
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- ^ Aupoubei
- % pGtvirnff firecrie désola1
- /Grotte glacée
- Perpignan
- Fig. 1.
- — JL.CÔ 1/7UUÜ» UffMJCô livy 6 i'f/fttf frCC-o y IU, yiunu yvwvw %_/*.»•« vv,.»-
- la Garonne (Trou du Toro et gouril de Joucou) (D’après A. Casteret. « Dix ans sous terre »).
- Dans la quatrième partie de « Dix ans sous Terre », le spéléologue étudie l’hydrographie du monde souterrain. En visitant la grotte Casteret nous sommes ramenés à l’époque glaciaire. La rivière souterraine d’Izaut nous fait pénétrer dans ces cavernes où l’eau courante « joue encore un rôle actif » et que le savant E.-A. Martel désigne sous le nom de « percées hydrogéologiques ».
- Dans les avant-monts pyrénéens et dans la chaîne du Plantaurel, terrains calcaires où abondent des porches, des grottes ou des gouffres, ces percées hydrogéologiques sont nombreuses et offrent des aspects très variés. Leur exploration a un grand intérêt au point de vue de l’hygiène dans les adductions qui alimentent les villes ou les villages, et aussi dans l’emploi de la houille blanche et pour l’irrigation.
- Les investigations de M. Casteret dans la grotte de Cagire, sur les pentes de la belle montagne commin-geoise, dans la région connue sous le nom de plateau de Juzet, entreprises avec Mme Casteret, sa vaillante compagne qui l’accompagne souvent dans ses recherches, « ont permis de déceler qu’une fontaine fraîche et limpide, bien connue et appréciée dans la région, est la résurgence terriblement contaminée de la circulation souterraine empoisonnée par un charnier ».
- En ce moment (mai ig38), le savant spéléologue suit le cours d’une rivière souterraine (La Bouiche, près Foix) qui jusqu’à ce jour est restée mystérieuse. La région explorée, sur plus de 3 km, offre déjà un ensemble de grottes et de couloirs, suivis par le ruissellement des eaux abondantes, qui compteront parmi les curiosités souterraines les plus remarquables.
- Chaque année, dit M. E.-A. Martel, allonge ainsi la liste de ces sources souterraines dont trois ou quatre seulement étaient connues au début de ce siècle ; « leur étonnante multiplication finit par acquérir le caractère d’une loi générale qui ne tardera pas à retenir toute l’attention des géologues ».
- En haute montagne, M. Norbert Casteret a fait des découvertes encore plus importantes en ce qui concerne la grotte Casteret où se trouvent les origines de la cascade de Gavarnie et du Gave de Pau, et sur-
- tout, les gouffres qui marquent les sources de la Garonne.
- Pendant quatre années consécutives (1928-1931), il s’est efforcé de a clore impérieusement » la controverse qui durait depuis 1787 au sujet de l’origine de notre grande artère fluviale du Sud-Ouest.
- Le problème se trouve désormais résolu. Au prix de grandes difficultés, l’explorateur a établi péremptoirement que la source principale de ce fleuve n’est pas dans le Val d’Aran, mais dans les glaciers de la Malade! la.
- Le fait que le Trou du Toro communique avec le Goueil de Jouéou résout un problème géographique de grande portée. En effet, la Garonne occidentale ou de Jouéou confère un régime spécial au cours d’eau. Son rôle régulateur s’explique par la raison qu’au cours de l’été, alors que les torrents du Val d’Aran sont fortement déficienls, la Garonne du Jouéou affirme la supériorité que lui donnent les glaciers des Monts Maudits qui s’infiltrent par le Trou du Toro. Ainsi à l'époque critique de l’étiage, l’industrie et l’agriculture de la haute vallée de la Garonne ne risquent pas de se trouver dans le marasme.
- Celte découverte qui détermine la naissance de notre plus grand fleuve pyrénéen dans le massif le plus élevé de la chaîne, au flanc du Nethou (3.4o4 m), ouvre Père des pourparlers avec l’Espagne au sujet des droits de suzeraineté et du règlement des intérêts particuliers enfermés jusqu’ici dans les mystères du Trou du Toro.
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- * * ê '
- Le second livre de M. Norbert Casteret « Au fond des Gouffres » est « une suite et un complément dé « Dix ans sous Terre », tous deux écrits à la gloire des cavernes.
- Dans la première partie de l’ouvrage, il continue le récit de ses explorations dans « sa première grotte », dans « son premier gouffre », pour nous conduire ensuite dans « le plus profond abîme de France », le gouffre Martel et dans quelques gouffres du Moyen Atlas.
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- Nous nous arrêterons surtout à la féerie du gouffre Martel, ainsi dénommé en hommage à l’auteur d’ « Abîmes ». Ce gouffre est situé en Ariège, aux confins de la frontière franco-espagnole, région où prend naissance le Lez, torrent impétuéux qui se jette dans lé Salat, à Saint-Girons.
- Là, une société hydro-électrique, l’Union pyrénéenne électrique, poursuit depuis plusieurs années l’aménagement et le captage des eaux d’un cirque de montagnes, vers 2.000 m d’altitude sur 7 km environ de développement.
- C'est pour la prospection de cette région que l’Union pyrénéenne a eu recours aux connaissances hydrogéologiques de M. N. Casteret et l’a engagé dans des travaux qui l’ont conduit à la découverte du gouffre Martel.
- Aidé par Mme Casteret, sa vaillante compagne, et par un jeune ingénieur de la compagnie, M. Calala, et à la suite d’efforts inouïs dans le détail desquels nous ne saurions entrer, il est arrivé à déterminer les dimensions du gouffre pyrénéen qui compte parmi les plus profondes cavités du globe. Cet abîme, exploré après la découverte saisissante de la grotte de la Ciga-lère avec laquelle il communique, totalise en effet, avec la grotte, la somme de 482 m de profondeur. Pour fixer les idées, indiquons que Padirac n’atteint que too m, que l’Aven Armand (Lozère) et le gouffre Raba-nel (Hérault) oscillent entre 200 et 210 m et que l’abîme de Prêta (Vénétie), le plus profond des abîmes connus jusqu’à ce jour, mesure 687 m.
- Le récit des nombreuses explorations de M. N. Casteret illustre merveilleusement la deuxième partie de l'ouvrage « Au fond des gouffres » où le spéléologue étudie tour à tour les cristallisations (autre histoire d’une goutte d’eau) et les phénomènes souterrains.
- Nous assistons au développement des curieuses for-
- mations cristallines, aux formes et aux couleurs diverses, qui donnent aux asiles ténébreux lès aspects les plus variés avec leurs décors d’êtres fabuleux, de silhouettes naturelles ou fantastiques.
- Nous comprenons mieux ainsi des notions qui sont restées longtemps ignorées : « grottes qui parlent » ; croyances qui se forment sur la vie mystérieuse des abîmes, dont l’explorateur fait une revue fort curieuse ; erreurs des sens (vue, ouïe, toucher) dont on est souvent victime quand on sonde les profondeurs ; illusions où l’imagination n’a aucun rôle et aussi celles qu’éveille le merveilleux inattendu des voyages « phi-ton iens » ; données intéressantes de la météorologie souterraine ; explication des fontaines intermittentes, etc.
- Il y a toujours de la légende dans l’histoire, écrit M. Casteret. Il nous l’a fait pressentir dans le récit mouvementé de ses expéditions. La description des êtres imaginaires, plus ou moins étranges, ayant les grottes pour séjour est présentée dans un chapitre des plus captivants sur a les légendes souterraines » dont la plupax-t ont été consacrées par la mythologie.
- Dans les Pyrénées, comme dans bien d’autres régions, de nombreuses cavités portent le nom de « grottes des Fées ou des Enchantées » et les histoires merveilleuses abondent : légendes des Nains, des Data, des Cagots homis (Arbon ; Haute-Garonne) ; des Ogres (Biaise Ferrage de Gargas Haute-Garonne) ; des bandits et des voleurs (Lombrives-Ariôge) ; du trésor des Cathares (Montségur-Ariège) (1).
- Comme on le vmit, M. Norbert Casteret n’est pas seulement technicien-spéléologue ; c’est un promeneur, un « dilettante des grottes », comme il se désigne lui-même.
- C’est à ce titre qu’il étudie « la faune des Cavernes ». Il distingue, parmi les habitants des grottes : les vrais « cavernicoles » qui naissent, vivent et meurent sous terre, et les hôtes de passage, temporaires ou éventuels, qu’il appelle « cavernophiles ».
- Parmi ces derniers, il cite, par ordre de grandeur, pour la région pyrénénne, l'ours, le blaireau, le renard, la fouine, le chat et quelques oiseaux nocturnes : duc, hiboux, chouettes. A la façon d’un naturaliste amateur, il étudie chemin faisant, les mœurs de ces animaux. En les dénombrant, sa sympathie va particulièrement à la corneille des rochers ou choucas et à la chauve-souris.
- Dans les Pyrénées, la corneille des rochers est curieusement appelée « cigale »
- I. Nous devons signaler, à côté des travaux de M. N. Casteret, les recherches très intéressantes de M. Mandement, explorateur et spéléologue bien connu des lecteurs de La Dépêche de Toulouse, dans la région de Montségur, dans les grottes de Lomhrives (Ussat), de Niaux, du Mas d’Azil et de La Bouiche (Ariège). Ces fouilles dans les cavernes du Mas d’Azil ont mis au jour, tout récemment, des richesses exceptionnelles.
- Fig. 2. — Les sources de la Garonne. En pointillé, les parcours souterrains des torrents (d’après N. Casteret. « Dix ans sous terre »).
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- Fig. 3 à (>. — Quelques expéditions de M. Norbert Casleret.
- 3. .)/. Casteret descendant dans l’abîme le plus profond de France (482 m) ; 4. L’entrée de la grotte glacée Casleret, à 2.700 m d’altitude, dans le Massif du Mont Perdu ; 5. Casteret dans une des grottes explorées par lui ; 6. i¥me Casteret
- observant une colonie de chauves-souris.
- par les montagnards et les « cigalères » sont les murailles rocheuses des grands escarpements fréquentés par les choucas qui sont « de précieux indicateurs de grottes et de gouffres pour qui sait les observer ». C’est ainsi que la falaise de la Cigalère, dans le cirque du Lez (Ariège) à déterminé l’explorateur à baptiser « grotte de la Cigalère » la caverne découverte au pied de cette muraille, de ioo m de haut, où tournoyaient les choucas.
- Quant aux chauves-souris, qui, pour certaines cavernes sont des mines de rapport, par le guano très riche qu’elles déposent (Cibola Cave en Texas), elles vivent en essaims et hivernent, dans les grottes ariègeoises, accrochées, la tête en bas, à un rocher. M. N. Casteret s’applique à démontrer que « la chauve-souris est un être extraordinaire et déroutant... qui possède un ou plusieurs sens de plus que nous, qui sommes si fiers des nôtres, quelque peu rudimentaires »...
- Les animaux exclusivement cavernicoles sont encore mal connus. Chez eux, les organes visuels manquent, mais l'ouïe, l’odorat, le toucher se trouvent décuplés chez ces hôtes ténébreux que le spéléologue observe avec intérêt. C’est sur ce monde biologique, encore entouré de mystère, que se termine l’étude de M. X. Casteret : « Au fond des Gouffres ».
- -*
- * *
- Les difficultés surmontées, les dangers courus par le courageux explorateur apparaissent à chaque page
- du récit des découvertes accomplies : reptation dans les boyaux étroits ; natation en des eaux glaciales ; enlisement au milieu des argiles fluides ; glissement sur les éboulis ; suspension enti'e terre et ciel ; problèmes d’équilibre au-dessus des escarpements abrupts ; effondrement des voûtes ; gêne des fonctions respiratoires et circulatoires causée par le changement de milieux peu propices et souvent malsains...
- Tous ces efforts, tous ces périls ne sont pas sans joie. M. N. Casteret la fixe avec force dans les épisodes divers de sa vie souterraine. « Souvent, dans le silence et les solitudes absolues qui sont l’apanage des immenses cavernes et des pics élevés, il suspend sa tâche et laisse son regard et sa pensée se perdre dans les ténèbres souterraines, comme dans l’azur insondable du ciel et le mystère des nuits étoilées »...
- C’est une volonté forte et un poète ; il trouve dans son œuvre la satisfaction d’un homme d’action et d’un rêveur. L’évocation de sa première exploration dans la caverne de Montsaunès. est fervente ; elle hante son esprit comme un premier amour.
- C’est un spéléologue né. A suivre le récit de ses explorations, on éprouve les mêmes émotions qu’il ressentait lui-même à la lecture des ouvrages de Jules Verne qui enchantèrent son enfance.
- Jules Eyciiène.
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- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS DE TÉLÉCINÉMATOGRAPHIE
- Le télécinématographe se distingue de la télévision, en ce qu’il diffuse des images préalablement fixées sur un film.
- La télévision proprement dite par ondes hertziennes ou même par cables se heurte à deux difficultés essentielles : largeur de la bande de fréquences nécessaire pour transmettre un grand nombre d’éléments d’image assurant une finesse de trame satisfaisante ; difficulté d’analyse précise et fidèle du sujet en assurant la décomposition intégrale de l’image en surfaces élémentaires, avec ses détails et ses demi-teintes.
- En lélécinématographie, la première difficulté subsiste, mais les procédés d’analyse peuvent être assez différents de ceux de la télévision directe. Des travaux récents ont permis de les perfectionner encore.
- Il s’agit ici, en effet, d’analyser des images enregistrées sur un film, support plat et transparent, de petite surface, sans coloration. On peut réaliser un éclairage violent par tarnsparence et envoyer à travers le film un flux lumineux intense, dont la puissance n’est limitée que par l’echauffement du support. Le refroidissement s’obtient aisément comme dans les projecteurs cinématographiques. Il n’v a pas à se préoccuper des couleurs du sujet.
- On peut utiliser des films de format quelconque et même réduit, de 16 mm par exemple. Grâce à 1 inversion électrique de l’image, aisément obtenue au moment de la réception, il devient facile d’employer directement des films négatifs, ce qui est précieux pour les transmissions de films d’actualité.
- Cette possibilité avait fait songer, en particulier en Allemagne, à l’emploi d’appareils à films intermédiaires destinés à remplacer les dispositifs de télévision directe. Après une prise de vues effectuée rapidement, le film était développé en quelques secondes, fixé, et transmis immédiatement à l’appareil de télé-cinématographie. Les progrès des caméras électroniques de transmission directe ont diminué l’intérêt de ce procédé, comme nous aurons l’occasion de le montrer dans un prochain article.
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- ; ' 'T '
- Fig. 1. — Principe de l'analyse d’une image sur jilm, à gauche, par disque à trous ; indroite, par rayons cathodiques.
- Fi! m
- Oscillographe
- triinafÿse.
- LA TRANSMISSION PAR LES APPAREILS MÉCANIQUES
- Les conditions particulières de la transmision télé-cinématographique permettent d’utiliser des appareils d’analyse mécaniques à peu près abandonnés pour la télévision directe.
- Dans la projection cinématographique ordinaire, tous les éléments d’une image sont projetés en même temps et chaque image est remplacée « en bloc » par une autre.
- 11 n’en n’est pas de même en télévision, et, en particulier, en télécinématographie. A chaque instant, il est projeté sur l’écran récepteur, non pas une image complète, mais un unique point de cette image. La succession de tous ces points, dans un intervalle de temps inférieur à x /16 de seconde, donne l’illusion d’une image projetée d’un seul bloc.
- Dès que le dernier élément d’une image a quitté l’écran, le premier élément de l’image suivante apparaît.
- La projection cinématographique ordinaire est donc discontinue, celle télécinématographique est continue.
- Le film à transmettre n’a qu’un mouvement de translation continu dont la vitesse correspond à la transmission de 25 images complètes à la seconde, ou de 5o images demi-élémentaires, dans les procédés à lignes entrelacées.
- Si l’on emploie, pour l’analyse, un disque ou un tambour à lentilles, il n’est plus nécessaire que les trous soient répartis en spirale ; comme le film se déplace devant l’analyseur, une rangée circulaire de trous d’exploration permet l’exploration de toute l’image.
- Il devient également possible de réduire le diamètre du disque, en utilisant un nombre plus faible d’ouvertures et en faisant tourner le système explorateur à plus grande vitesse.
- C’est ainsi que, dans un procédé actuel de transmission à lignes entrelacées, le film à téléviser se déroule de haut en bas d’un mouvement continu, à la cadence de 25 images par seconde, ce qui correspond à une vitesse linéaire de l’ordre de o.m 5o à la seconde.
- L’analyse de chaque image est assurée par un disque de Nipkow classique à ?.4o ou 4oo lignes, éclaii'é par un arc de 4o A.
- Suivant le principe ordinaire de l’analyse à lignes entrelacées, on transmet 5o demi-images à la seconde ; le rayon lumineux explore d’abord les lignes impaires, puis les lignes paires, et revient, au bout d’un cinquantième de seconde, vers les mêmes régions de l’image, mais avec décalage d’une ligne.
- Le film se déplace donc d’un mouvement uniforme correspondant à une demi-image en i/5o de seconde. L’analyse est effectué de haut en bas, pour toute l’image
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- en un cinquantième de seconde ; elle recommence avec un décalage d'une ligne ; le spot d’analyse revient brus-quement eir haut de 1 image, les trous d’analyse du disque tournant à 3.ooo tours-minute étant disposés sur deux tours de spirale, de pas correspondant à une demi-image (fîg. 2).
- Un disque sélecteur supplémentaire est disposé entre le disque d’analyse et la cellule ; il porte une fente continue en forme de spirale, de pas double de la précédente, et ne laissant passer ainsi à chaque inshnt que le rayon lumineux provenant d’une des séries de trous de la spirale du premier disque. Ce deuxième disque tourne à une vitesse moitié moindre, soit 1.000 tours-minute.
- Pour éviter la déformation de l’image, le film se déroule dans un plan oblique au disque d’analyse.
- Au lieu du disque, on peut employer, comme nous l’avons déjà indiqué dans un récent article, à propos de la visiotéléphonie, une couronne à lentilles possédant un cercle d’objectifs analyseurs montés sur la surface intérieure d’un cylindre perforé, de telle sorte que la force centrifuge ne présente plus de composante tendant à déranger l’ajustage.
- Toutes les lignes d’analyses ont la même longueur, ce qui favorise une bonne reproduction de l’image, et le gain de lumière est de l’ordre de 20 à 3o fois.
- Dans l’appareil allemand Telefunken, une couronne de lentilles avec objectifs disposés suivant un cercle est prévue pour l’analyse des films. Les deux appareils à films avec tambours débiteur et enrouleur sont placés, comme on le voit sur la photographie, de chaque côté de la machine portant le tambour à lentilles horizontal fixé sur un arbre vertical (fig. 3).
- LES TRANSMETTEURS ÉLECTRONIQUES
- Les analyseurs mécaniques qui viennent d’être décrits cèdent la place, comme en télévision directe, aux dispositifs électroniques.
- L’oscillographe cathodique ordinaire à spot fluorescent aussi lumineux que possible offre la solution la plus simple. Le film passe dans un couloir entre un lecteur et une cellule prévue pour être sensibilisée par toute la largeur de l’image.
- Un système optique permet d’obtenir une précision suffisante, en concentrant l’image du spot, car il est difficile de réaliser directement une tache lumineuse d’un diamètre inférieur à 2/10 ou 3/10 de millimètre. Les oscillographes employés sont à haute tension, de l’ordre de 8.000 à 10.000 v, la concentration est obtenue généralement par un dispositif magnétique (fig. 1 B).
- U suffit d’utiliser une paire de plaques de déviation, l’autre mouvement vertical étant remplacé par le déplacement continu du film qui avance à une vitesse déterminée par le temps de balayage d’une ligne.
- Dans ce procédé, le tube cathodique est balayé par le spot lumineux toujours à la même place, ce qui
- Cellule
- ^Disque a deux spirales
- Fig. 2. — Dispositif d’analgse mécanique à deux disques (système Grammont).
- peut affaiblir l’enduit fluorescent ; on y remédie en changeant périodiquement de place la ligne de balayage, à l’aide d’un dispositif électro-magnétique.
- Le télépantoscope italien Caslelani constituait déjà un perfectionnement. 11 est formé d’un tube cylindrique de verre auquel est fixé un autre cylindre horizontal de plus gros diamètre, recouvert intérieurement d’un enduit métallique, à vide poussé comme le premier, avec une fenêtre transparente à la partie supérieure.
- L’image du film est projetée sur un écran disposé à l’intérieur du tube, et constitué par une couche
- Fig. 3. —Appareil de transmission Telefunken pour télécinéma.. A droite et à gauche, on voit les tambours enrouleurs et dérouleurs de film et les mécanismes d’entraînement.
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- Disque de Cellules de
- synchronisâton synchronisâton
- Objectif de \ 1 Fi hn
- correction \_____J______
- Il___(l \ \ 1 i ...Objectif
- Projecteur
- Préa mpt ificateun
- Alimentation
- Fig. 4. — Appareil de transmission pour télécinéma à télépantoscope Caslellani.
- photosensible à éléments isolés étendue sur une plaque de verre très mince.
- Le tube inférieur permet l'analyse de l’image au moyen d’un pinceau cathodique dévié horizontalement à l’aide de plaques parallèles de déviation (11g. 4).
- En faisant défiler les images à téléviser, par un mouvement de translation régulier,, perpendiculairement à l’axe de l’écran, on obtient l’exploration complète.
- On emploie presque toujours des caméras électroniques, et, en particulier, l’iconoscope de Zworykin plus ou moins modifié.
- Les solutions varient suivant le dispositif adopté pour la projection des images du film sur l’écran photo-sensible du tube servant à la transmission.
- C’est ainsi, que dans l’appareil Defrance, à analyse à lignes entrelacées, le projecteur est à déroulement saccadé normal, la Croix de Malte a cependant été modifiée pour obtenir le déplacement du film pendant un temps beaucoup plus réduit qu’à l’ordinaire, de manière à augmenter le rendement lumineux, et l’éclairement est de l’ordre de 8oo lux.
- Pendant l’arrêt du film, derrière la fenêtre de projection, l’analyse est effectuée en deux fois, d’abord par les lignes paires, puis par les lignes impaires. Le faisceau lumineux est interrompu deux fois par l’obturateur, d’abord pendant le déplacement du film, puis pendant le passage des lignes paires aux lignes impaoes (fig. 5).
- Dans le procédé anglais Cossor, on maintient encore le déroulement saccadé, mais le balayage se fait suivant des courbes dont la forme correspond exactement à la courbe du mouvement du film.
- En Amérique et en Angleterre, on a surtout cherché à conserver l’avantage dû au pouvoir accumulateur de l’écran photosensible en mosaïque de l’iconoscope sur la cellule ordinaire. Avec un mouvement saccadé à la cadence normale, on projette d’abord l’image du film sur l’écran, en interrompant le faisceau de balayage, de sorte que tous les éléments des cellules se chargent ; puis, on arrête la projection du film et on analyse l’écran suivant le système classique.
- En France. M. Barthélémy a recours encore au déroulement saccadé avec une croix de Malte permettant l’obturation du film tous les cinquantièmes de seconde, une fois pendant le déplacement du film, et une deuxième fois pendant le passage des lignes paii’es aux lignes impaires, avec un système compensateur permettant de corriger la difféi'ence de charge entre le bas et le haut de l’écran photo-sensible soumis moins longtemps à l’action de la lumière. A cet effet, on introduit un verre dégradé sur le li'ajet du rayon lumineux dans le voisinage du film.
- LES PROJECTEURS A DÉROULEMENT CONTINU ET LE TÉLÉCINÉMATOGRAPHE
- l e déroulement continu d’un film évite l’usure des pei'forations et fait disparaître le scintillement,mais ces avantages sont malheureusement compensés par une complexité optique et mécanique très gênante.
- Les perfectionnements du déroulement saccadé oxxt été si grands, que, suivant l’avis des techniciens les plus autorisés, le pi’oblènxe industriel du déroulement continxi n’offre plus guère qu’un intérêt théorique !
- Il n’en est pas de même en télêcinémato-graphie, celle-ci a l’enxis à l’ordre du jour des solutioxxs étudiées autrefois puis abandonnées.
- Le déi'oulenxent continu, adopté pour leclamement d’une camei'a électronique, permet de bénéficier de tous les avantages dus à l'accumulation des charges électriques sur l’écran mosaïque de cet appareil. Chaque image fait suite à une autre, et les projections ne sont pas séparées par des « temps morts » inutiles.
- 11 devient ainsi possible d’adopter pour le film une vitesse de déroulement quelconque, d’employer des films standard à cadence
- Fig. o. — Dispositif analyseur à Iconsicope Defrance-Ftadio-Industrie pour transmission à 455 lignes entrelacées.
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- normale de 24 images-seconde, ou même des films d’amateurs. On n’a plus à craindre les cadences trop rapides qui peuvent déformer l’image par accumulation des charges sur la mosaïque et décharges trop rapides.
- Les variations de la clarté moyenne de l’image sont si faibles que le scintillement est supprimé,
- Les conditions de transmission se rapprochent alors de celles de la télévision directe, tout en conservant les avantages particuliers dus à l’emploi du projecteur a
- Fig. 6. — Principe d’un projecteur à déroulement continu et miroirs tournants et oscillants.
- P, écran de projection ; S, miroirs oscillants.
- mouvement saccadé ; il est indispensable de maintenir un synchronisme absolu entre le mouvement du pinceau d’analyse et le déroulement du film et les synchroniseurs mécaniques de trame sont remplacés par des dispositifs purement électriques.
- La netteté de l’image, l’analyse à lignes entrelacées, la variation de la trame d’analyse sont obtenues plus aisément ; il est beaucoup plus facile de faire varier la trame d'analyse et de passer d’un analyseur à l’autre. Le rendement lumineux est bien supérieur, puisqu’il n’y a pas de temps mort, et on peut même employer une lampe à incandescence au lieu d’un arc pour l’éclairage.
- Dans l’appareil Telefunken, on emploie ainsi un projecteur Mechau à compensation optique ; le film se déplace d’une manière continue.
- Pendant l’avancement du film correspondant à la hauteur d’images, la position du miroir placé sur le parcours des rayons est modifié, de façon que l’image correspondante reste - immobile (fig. 6). Lés miroirs
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- Lampe
- Fig. 7. — L’appareil d’analyse Telefunken avec projecteur Mechau à mouvement continu.
- S, miroirs oscillants ; G, miroirs fixes ; E, écran mosaïque de l’Iconoscope ; A, amplificateur ; ni, pinceau électronique
- d’analyse.
- sont commandés par des disques à cames et placés; à l'intérieur d’un tambour. Le faisceau lumineux tombe deux fois sur la couronne des miroirs, traverse le film, [mis l’objectif de projection, qui concentre la lumière-sur l'écran photo-sensible (fig. 7 et 8).
- Dans les appareils de transmission Marconi-Thomson utilisés en France, on utilise le projecteur continu Continsouza et Combes, avec couronne de lentilles permettant l'enchaînement des images. Le nombre de lentilles entre le film et l’écran a été réduit à six de-façon à diminuer la perte de lumière.
- P. Hkmvrdinquer.
- Fig. 8. — Aspect extérieur de l’analyseur Telefunken à déroulement continu.
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- LES CERVIDÉS SUD-AMÉRICAINS
- En Europe, il y a des cerfs vrais' : le cerf commun en est un et d’autres cervidés : le renne et le chevreuil en sont. Les cerfs seuls ont un andouiller nettement détaché sur le front ; de plus l’atrophie des os
- Fig. 1. — Le cerf des marais (Blastocerus).
- métacarpiens et métatarsiens se produit par le bas chez les cerfs vrais et par le haut chez les cervidés.
- En Amérique du sud il n’y a que des cervidés, ce sont :
- le cerf des marais (Blastocerus dicholomus) ; le venado ou cerf de la Pampa (Ozotoceros) ; le huemul (Hippocameius) ; le guazu-pita (Mazanna) ; le poudou (Puclu humilis).
- Le cerf des marais est le plus grand ; il vit au bord des fleuves ou des flaques d’eau du nord de l’Amérique du Sud, il a presque la taille d’un cerf vrai d’Europe mais, sauf par les bois qui sont plus fournis, il ressemble à un chevreuil, il a la couleur d’un cheval bai cerise ; son nom scientifique est Blastocerus cUchotomus (fig. i). Parodi le décrit ainsi : « C’est le plus grand des cerfs argentins, sa couleur est bai, les membres sont noirs. Les cornes sont sensiblement plus
- larges que la tête (environ 60 cm) rameuses, bifurquées et grosses... Elles se divisent à petite, distance de la base ; il vit en petits groupes de 4 ou 5 individus dans les mares, flaques d’eau et cours d’eau qui abondent dans le nord du pays ».
- Plus petit est le venado, cerf de la Pampa, Ozotoce-ros (fig. 2) ; sa taille est voisine de celle d’un petit clie-
- Fig. 3. — Jeune Huemul apporté en 1930 au Jardin zoologique de Buenos-Aires.
- Fig. 2. — Le cerf de la Pampa (Ozotoceros).
- vreuil, mais il a le corps fin et les membres grêles, les bois sont légers’; du' tronc principal de ses cornes sortent différents andouilliers. Le" dos et la partie supérieure du cou sont marron foncé, le ventre et l’intérieur des pattes jaunâtre très clair, ces deux zones de couleur sont très nettement limitées.
- Cet animal vit dans les plaines du centre de l’Amérique du Sud. Abondant autrefois, il devient de plus en plus rare.
- Le guemal ou huemul (Hippocameius) est un peu plus grand que le précédent, mais beaucoup plus robuste, plus gros de corps et de membres ; il est peu connu du public, même en Amérique du Sud car,
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- comme le chamois qui vit sur les sommets des Alpes, il se tient sur les sommets des Andes, et pour peu fréquentés que soient les sommets des Alpes, ceux des Andes le sont encore moins.
- En ig36, le Jardin Zoologique de Buenos-Ayres reçut un mâle et trois femelles ; celles-ci moururent aussitôt arrivées, mais le mâle vécut en captivité plusieurs mois, et, arrivé sans cornes au Jardin, il y devint daguet.
- Nous donnons ici une photographie de cet animal rarissime, le représentant avant que ses bois aient poussé (fig. 3).
- Les bois du Huernnl se divisent en général en deux andouillers ; celui de devant est plus petit chez Hippo-camelus bisulcas, ils sont quasi égaux chez H. anti-nensis ; le premier vit dans les Andes méridionales et le second plus au nord. Généralement les Huemuls n'ont pas plus de deux andouillers, mais cependant quelques-individus, surtout H. bisulcus, en acquièrent jusqu’à quatre.
- Le genre Mazanna comprend des cervidés un peu plus petits et plus graciles que le Huemul. Ils ont généralement- un bois sans ramifications et sont connus sous les noms de guazu pita et de guazu vira ; le premier a une robe d’un marron plus rouge ; leurs noms scientifiques sont M. rafa et M. simplicornis.
- Le poudou (Pudua humilis) est le plus petit des cervidés de l’Amérique du Sud, il est à peine plus grand qu’un lièvre ; le mâle porte une paire de petits bois sans ramifications, la robe de ces animaux est brun rougeâtre, plus claire sous le ventre ;* ils vivent dans les Andes chiliennes et dans Elle Chiloe ;
- Fig. 4. — Les cornes des Huemuls. A gauche, H. bisulcus ; au milieu, H. antinensis ; à droite, corne de H. bisulcus à quatre andouillers.
- une autre espèce se trouve en Équateur (P. mephisto-pheles).
- L’origine de tous ces Cervidés est encore discutée.
- S’ils proviennent d e l’hémisphère nord (Lydekker), faut-il chercher leurs affinités en Amérique du Nord (Marsh), en Asie (Osborn) ou bien en Europe (Sharff) et par quelles voies ont-ils pu atteindre l’Amérique du Sud ?
- P. Magne de la Choix.
- Fig. 5. — Le poudou (Pudua humilis).
- = E. G. BARRILLON =
- DIRECTEUR DE L'ÉCOLE DU GÉNIE MARITIME ET MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- Né le ier avril 1879 à Mézières (Ardennes) E.-G. Bar-rillon entra à l’École Polytechnique en 1898 et en sortit dans le corps du Génie Maritime, où il devait poursuivre une très brillante carrière. Débutant comme jeune ingénieur à l’Arsenal de Toulon, il quitta ce dernier établissement après un séjour de quatre ans pour coopérer à l’élaboration des plans et à la construction des cuirassés « Waldeck-Rousseau », « Mirabeau » et « Courbet », qu’il lança successivement à Lorient de 1906 à 1912. Puis tout en professant la mécanique à l’École de Maistrance de Lorient (1909-1910) et ensuite un cours de construction naA'ale à l’École des officiers canonniers (1912-1914), il publia ses premiers mémoires techniques, fruits des observations suggérées par son service quotidien. De cette période, datent entre autres ses excellentes analyses sur les principes servant de base aux calculs de rivetage, sa description d’une machine d’essais des chocs à
- grande vitesse et son étude sur les appareils à gouverner.
- Mais la partie la plus importante de l’œuvre scientifique de M. Barrillon se rapporte à la théorie du navire, qu’il renouvela en la définissant comme « l’élude des relations du navire avec le milieu extérieur ». Envisagée sous le rapport statique, la dite théorie a peu évolué depuis les travaux géométriques du baron Charles Dupin, qui remontent à 1822. Par contre, les méthodes de similitude introduites par Reecli et Froude ont bouleversé, au cours des quarante dernières années, les conceptions dynamiques de cette technique spéciale. A l’étranger, en particulier, les laboratoires d’essais, dans lesquels on étudie les conditions de résistance des bateaux à la marche, se sont énormément multipliés. « J’ai donc été amené, nous disait M. Barrillon, à considérer que, dans sa partie statique et même purement géométrique, la théorie du
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- navire était encore susceptible de grands développements, que, d’autre part dans sa partie dynamique, les expériences n’avaient pas été ' coordonnées d’une façon suffisamment méthodique. En conséquence, dans les cours que je fais aux jeunes ingénieurs du Génie Maritime, j’emploie simultanément la géométrie et l’analyse. Dans une école il faut, en effet, tenir .compte de la matière première qui doit s’y élaborer. Or j’ai constaté que, pour certains élèves, une démonstration ne devenait absolument claire et par suite définitivement ancrée dans l’esprit et utilisable dans les applications quotidiennes que si elle comprenait un squelette géométrique et des représentations visuelles, que pour d’autres, au contraire, une démonstration n’apparaissait comme rigoureuse et par suite n’était définitivement acceptée que si elle était présentée sous forme purement analytique. En outre, je me suis toujours efforcé de montrer, pour chaque cas, ce qui reste à faire, soit pour rendre les démonstrations plus directes, soit pour étendre le domaine de nos connaissances, estimant q u’ u n e science professée ne doit pas donner l’impression d’un ensemble définitivement catalogué et borné, mais celui d’un organisme en évolution constante ».
- Aussi M. Barillon s’appliqua-t-il, soit comme professeur, soit dans les autres postes qu'il occupa tour à tour, à faire progresser simultanément la théorie et ses possibilités d’applications à la technique. Créant, pendant la Grande Guerre, un laboratoire dans l’Arsenal de Toulon, il y poursuivit de 1914 à 1917 d’intéressantes recherches d’optique et de radio-électricité. Nommé alors directeur du service des travaux des bases navales d’Orient successivement à Salonique, à Constantinople et à Sébastopol, il ne rentra en France qu’en 1920 pour diriger le Bassin d’essai des carènes, aux destinées duquel il préside encore actuellement. Là, il fit également une excellente besogne. En particulier, il y installa des appareils pour les éludes de roulis et de tangage, une grande cuve à mouvement d'eau où les modèles se trouvent immobilisés comme dans les souffleries aérodynamiques et divers instruments propres au tracé des champs hydrodynamiques, qui n’ont guère d’équivalents dans les Bassins d’essais étrangers les mieux outillés.
- Sur la demande du Service des Travaux-Publics des Colonies, le distingué technicien étudia aussi les dangereux mouvements pris par les navires de commerce
- amarrés aux môles de Tamatave (Madagascar), mouvements assez amples pour provoquer de fréquentes ruptures d'amarres. Afin de résoudre le problème posé, il examina d’abord la propagation de la houle du large et la modification progressive de la direction de ses crêtes par suite des variations de profondeur. Ses recherches l’amenèrent à penser qu’il s’agissait d’un phénomène analogue aux seiches, c’est-à-dire d’une oscillation d’ensemble de l’eau contenue dans la rade. Selon cette théorie, les ruptures d’amarrages pourraient alors se produire quelquefois sans existence de houle au large, d’autres causes non forcément périodiques suffisant, le cas échéant, à provoquer une seiche.
- Afin d’étaver son hypothèse, M. Barrillon assimila la rade à des réservoirs de forme géométrique se prêtant au calcul et montra que les variations de niveau rentraient dans les limites de grandeur des périodes oscillatoires constatées sur des navires amarrés aux môles. Puis il proposa de recourir à des modèles à échelles différentes pour les cotes horizontales et pour les cotes verticales, en enregistrant, au moyen de la photographie, les mouvements simultanés de tous les points du port de Tamatave. Cette méthode lui permit de déterminer expérimentalement la forme d’ouvrages disposés de façon à déplacer les lignes nodales de la rade et qui, immergées à très faible profondeur, seront partant peu coûteux.
- Indépendemmenl des travaux énumérés ci-dessus, M. Barrillon s'est livré à bien d’autres recherches théoriques et pratiques, mais leur caractère un peu spécial nous empêche de nous y attarder dans cette courte biographie. Enfin dans une suite de conférences d’hydrodynamique données à la Sorbonne de 1924 à 1927, il exposa, de façon très personnelle, ses idées sur la houle, la similitude mécanique, les hélices, les mouvements de la surface des vagues produites par la marche du navire, la cavitation, les remous et les essais à la mer.
- Tout ce labeur technique considérable mit en vedette le savant Directeur actuel de l’École du Génie Maritime et lui valut une notoriété mondiale dans sa spécialité, notoriété que l’Académie des Sciences de Paris vient de consacrer en l'élisant, le 20 juin 1938, membre de sa section géographie et de navigation, en remplacement du géodésien Charles Lallemand.
- Jacques Boyer.
- M. G. Barrillon,
- Elu membre de l’Académie des Sciences (29 juin 1938).
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- ... PLANS ET INDICATEURS ......
- DU CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Donner d’une manière simple et complète au voyageur qui veut se servir du Métro pour se rendre d’un point à un autre de Paris, les informations nécessaires pour trouver la route à suivre entre ces deux points, constitue un problème dont la solution intéresse également les voyageurs et la Compagnie.
- On connaît les diverses solutions que cette dernière a adoptées ; elles ne permettent pas toujours de trouver aisément cette route, et, s’il en est plusieurs, de choisir la plus rapide ou la plus commode, par exemple celle qui comporte le moins de changements, causes de perte de temps et de périgrinations, aussi fatigantes que fastidieuses dans des couloirs ou des escaliers, qui semblent interminables.
- Et, d’autre part, quelques-unes de ces solutions sont données par des appareils, d’un maniement simple, mais que la complication de leur construction, en raison du prix élevé qu’elle entraîne, permettrait difficilement de multiplier autant qu’il serait désirable.
- On peut donc dire que jusqu’ici le problème n’est pas résolu, et qu’il reste à trouver des solutions qui remplissent les deux conditions suivantes : être claires pour le public et économiques pour la Compagnie.
- Pour se rendre d’un point à l’autre de Paris, par le Métro, il faut connaître :
- i° la station la plus voisine de chacun de ces points ;
- 20 la route à suivre pour aller de l’une à l’autre.
- Ces deux opérations deviennent simples si l’on donne pour chacune d’elles un document spécial.
- I. — Le premier renseignement sera donné par un Plan des Stations, plan de Paris sur lequel seront portées toutes les stations à leur place exacte par rapport aux rues ; les lignes, totalement inutiles pour cette recherche, n’y figureront pas.
- Le second renseignement sera donné soit par un Plan du Réseau, soit par un Tableau des routes.
- IL — Le Plan du Réseau portera toutes les lignes et leurs stations; il est inutile qu’y figurent les rues, sans intérêt pour le voyage®!’, qui n’a pas conscience du trajet suivi. Pour cette raison, les stations peuvent ne pas être toutes placées dans leurs positions relatives exactes, ce qui permet de simplifier le tracé des lignes en supprimant leurs sinuosités, comme on l’a fait sur les tableaux placés dans les voitures. Cependant sont placées dans leur position relative exacte les stations de correspondance, pour servir de repères à l’identification des stations de départ et d’arrivée déterminées sur le Plan des Stations ; d’ailleurs, les positions relatives de toutes les stations seront très peu modifiées.
- Cette disposition permet de multiplier, sans confusion, les indications utiles ; sur chaque ligne est porté son numéro entre deux stations de correspondance consécutives, ce qui permet de suivre aisément son tracé. On pourrait aussi, dans le même but, employer un trait de couleur et de forme différentes pour chaque ligne ; en employant des lignes pleines, pointillées, en traits interrompus, en traits et points alternés, et cinq couleurs différentes ; noir, rouge,
- bleu, vert, jaune, on aurait une vingtaine de traits différents, nombre supérieur à celui des lignes.
- Au départ de chaque station de correspondance, la direction de la ligne est indiquée par son terminus. Cette direction, qui figure sur les panneaux affichés dans les gares, ne se trouve pas sur les plans actuels, où l’on doit la chercher en suivant la ligne jusqu’au terminus — ce que font trop de voyageurs avec leur doigt, au grand dommage des plans qui ne sont pas protégés par une glace — ou en consultant un petit tableau qui, donnant les deux terminus, ne permet pas de choisir le bon. Or, cette indication est nécessaire pour éviter toute hésitation sur la direction à prendre, quand on change de ligne à une station de correspondance.
- Sur 1 e Plan du Réseau, le terminus est indiqué par une lettre : un tableau donne son nom, connaissant le numéro de la ligne et cette lettre. Ces lettres sont en général les initiales des noms, mais on a remplacé par d’autres celles qui auraient été difficiles à distinguer ; la même lettre peut donc désigner deux terminus, mais le numéro de la ligne évite toute confusion (ainsi A désigne Auteuil sur la ligne io et Lilas sur la ligne 3).
- Pour savoir la direction à prendre à la station de départ, si elle n’est pas une station de correspondance et si, par suite, les terminus n’y sont pas indiqués, il suffit de se reporter à l’une des stations de correspondance de la ligne qui passe par cette station de départ ; les terminus de cette ligne y sont indiqués comme ils le seraient à la station de départ (par exemple à la station Pyramides, les terminus de la ligne 7 sont ceux indiqués à la station Opéra sur cette ligne : V : La Villette et R : Porte d’Ivry).
- Ce plan permet de trouver aisément les différentes routes possibles entre les stations de départ et d’arrivée, et de choisir la plus rapide ou la plus commode ; car la plus courte n’est pas toujours la plus rapide, si elle comporte plus de changements de ligne que d’autres moins directes. Pour évaluer approximativement la durée d’un trajet, on peut se servir du nombre des stations qu’il traverse, en admettant 1 mn 1/2 par station et 5 mn par changement de ligne.
- III. — Le Tableau des routes, spécial à chaque station, comprend une liste alphabétique des stations, sur laquelle chaque station est suivie du numéro de la route à suivre pour s’v rendre, et une liste de ces routes, sur laquelle elles sont numérotées; il suffit d’une quarantaine de routes pour les 3oo stations.
- Pour indiquer une route, il suffirait de donner la liste des stations de correspondance où l’on devra changer de ligne, et le numéro de la ligne à emprunter pour se rendre de chacune de ces stations à la suivante ; mais il est-plus commode de donner, au lieu de ce numéro, qui ne figure pas sur les panneaux placés dans les gares, la direction à prendre, qui y est indiquée par son terminus.
- Par exemple, dans le tableau des routes de la station Opéra, la route n° 21 : « (Balard) Concorde (Neuilly) Etoile (Nord) » indique qu’à la station de départ : Opéra, on
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- prendi’a la direction (Balard) jusqu’à la station Concorde ou l’on prendra la direction ( Neuilly) jusqu’à la. station Etoile, où l’on prendra la direction (Nord) jusqu’à la station d’arrivée. On pourra distinguer les terminus des stations par des caractères ou des couleurs différents dans ce libellé des roules sur le tableau.
- Pour construire le tableau des rouies relatif à une station donnée, on opère de la façon suivante ; considérant l'une des lignes, on détermine les stations de cette ligne que l’on peut atteindre, en partant de la station considérée, par les routes les plus courtes. Ces stations partagent la ligne en un certain nombre de secteurs, dans chacun desquels les stations sont atteintes par la même route. Les stations de la ligne qui passe par la station considérée sont atteintes par cette ligne elle-même ; la direction suffit donc pour donner la route en ce qui les concerne (par exemple à la station Opéra on donnera (Levallois) pour la route relative aux stations de la ligne 3 entre Opéra et Levallois. De la station Opéra, on peut atteindre la ligne 2 soit à Villiers par la ligne 3, soit à Jean-Jaurès par la ligne 7; donc pour les stations comprises entre Dauphine et Villiers, la route est : (Levallois) Villiers (Dauphine) et pour celles entre Villiers et Jean-Jaurès : (Levallois) Villiers (Nation) ou (La Villette) Jean-Jaurès (Dauphine). On choisira celle qui demande le moins de temps, comme nous l’avons indiqué.
- Le dispositif que nous exposons comporte donc, soit deux plans, soit un plan et un tableau.
- Pour l’affichage, les deux plans occuperaient un emplacement plus grand que le plan actuel s’ils étaient à la même échelle, mais on peut réduire cette échelle étant donnée leur clarté. Pour la vente au public, on pourrait les donner sur la même feuille, l’un au recto, l’autre au verso.
- Un tableau électrique et un autre mécanique ont été mis récemment en service.
- Le premier, d’un usage très simple, fait apparaître la route en appuyant simplement sur un bouton qui porte le nom de la station que l’on veut atteindre, mais il ne donne pas les directions, qu’il est cependant nécessaire de connaître, puisque les numéros des lignes ne figurent pas aux stations ; il ne laisse entre les mains du voyageur aucun document qu’il puisse ultérieurement consulter.
- Le second, mécanique, distribue un document de ce genre et remplit par conséquent toutes les conditions désirables, mais il ne pourrait être installé dans toutes les stations, ce qui est à désirer, que si la publicité qu’il envisage permettait de compenser le prix certainement très élevé de sa construction.
- Au point de vue de la dépense, notre tableau des routes n’est évidemment pas comparable, puisqu’il ne coûtera que le prix du papier et de l’impression d’une simple affiche, ce qui permettrait de le placer dans toutes les stations. Son usage demande un peu plus d’attention que la pression sur un simple bouton, mais il est d’une extrême facilité.
- Il ne donne pas de document à consulter en cours de route, mais on pourrait obvier à cet inconvénient en faisant tirer le tableau des routes sur une feuille de petite dimension, dont les exemplaires seraient à la disposition du public, soit au moyen d’un distributeur automatique, soit
- au bureau du chef de station. Les frais pourraient en être couverts par une publicité au dos de la feuille.
- D’ailleurs, ce document ne serait même pas nécessaire s’il y avait un tableau des routes dans chaque station (ce qui est facilement réalisable), puisqu’en cas d’oubli en cours de route, le tableau des routes d’une station quelconque donnerait la route à suivre pour atteindre la station d’arrivée.
- Le Tableau des Boutes est réversible, c’est-à-dire peut être disposé de façon à donner les routes à suivre pour se rendre de toutes les stations à l’une d’entre elles. Les gares, les théâtres, les grands magasins, etc., pourront donc employer ce moyen de publicité, en affichant le tableau qui concerne la station la plus voisine, dans les gares du Métro, ou en l’insérant dans les publications qu’ils distribuent gratuitement à leur clientèle.
- Un tableau donnant les routes à suivre pour se rendre d’une station quelconque à une station déterminée portera le même titre arec la légende :
- Pour se rendre d’une station quelconque à la station X, suivre la route, etc... Rollet de l’Isle,
- PLAN DES STATIONS
- Plan de Paris donnant la position des stations du chemin de fer métropolitain.
- Ce plan permet de trouver la station la plus voisine du point dont on part et de celui que l’on veut atteindre. Les stations de correspondance sont indiquées par de plus grands cercles. Pour trouver la route à suivre entre deux stations consulter le Plan du Réseau ou le Tableau des Routes, à la station de
- départ.
- PLAN DU RÉSEAU
- Plan du Réseau des lignes du chemin de fer métropolitain de
- Paris.
- Ce plan permet de trouver la route la plus courte pour se rendre d’une station à une autre.
- Il porte les stations indiquées sur le Plan des Stations. Les stations de correspondance y sont indiquées à leur place exacte par des cercles plus grands ; Jes positions des autres stations ont été quelquefois légèrement modifiées ; on les trouvera facilement en se repérant aux stations de correspondance.
- Pour choisir la route la plus courte, s’il en est plusieurs possibles, on calculera leur durée en comptant une minute et demie par station traversée, et cinq minutes par station de correspondance où l’on changera de ligne.
- Les lettres placées à côté des stations de correspondance indiquent la direction de la ligne sur laquelle elles se trouvent, à son départ de cette station. Le tableau ci-jointnonne la signification de chacune de ces lettres. Aux simples stations, les directions sont celles portées sur la ligne qui y passe, à la station de correspondance la plus voisine.
- Directions indiquées par les lettres placées sur chaque ligne à coté des stations de correspondance .
- Ligne Lettre Direction Lettre Direction
- 1 V Vincennes N Neuilly
- 2 D Dauphine N Nation
- 3 L Leva H ni s A Lilas
- h 0 Porte. d'Orléans C Porte de Clignancourt
- 5 E Etoile N Gare du Nord
- 6 N Nation La Villette, Pré-St Gervais T Italie
- 7 V R Porte d'Ivry
- 8 B Place Ralard C Porte de Charenton
- 9 M Montreuil S Sf Cloué, Porte de Sèvres
- 10 A Auteuil S Jussieu
- 11 L Porte des Lilas C Châtelet
- 12 V Issy, Porte de Versailles L La Chapelle
- 13 S SfOuen , Glichy L Sf Lazare
- n V Porte de Vanves D Invalides
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- Château d'eau i
- 3 Bonne Nouvelle /
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- Sentier
- SEBASTOPOLo
- Etienne Marcelf
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- ^Solférino 1 Rue du Bac.
- \r •
- V PALAIS-ROYAL / ^Rambuteau
- les Halles/ /
- \*Touvre p /9fiâtel de Vilje
- 7\NS
- Pont Neu
- CHATELET
- ^
- TABLEAU DES ROUTES
- Chemin de fer métropolitain de Paris, station : Opéra.
- Pour se rendre de la station Opéra à une station quelconque, suivre la route dont le numéro suit le nom de cette station dans la table alphabétique.
- Cette route est indiquée par les stations de correspondance successives où l’on doit passer et par les directions à suivre pour aller de l’une à l’autre.
- Les directions sont indiquées entre parenthèses. Exemple : pour se rendre à Kléber, dont le nom est suivi de 21, sur la liste alphabétique, on suivra la route n° 21 du Tableau des routes, qui est : (Balard) Concorde (Neuilly) Étoile (Gare du Nord). On prendra donc à Opéra, la direction (Balard) jusqu’à Concorde où on prendra la direction (Neuilly) jusqu’à Étoile où on prendra la direction (Gare du Nord).
- Si la route ne comporte pas de station de correspondance la direction donnée conduit, sans changement, à la station où l’on veut se rendre.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES ADHÉSIFS EMPLOYÉS EN MIROITERIE
- Dans les mobiliers modernes on emploie très abondamment le verre pour fabriquer des meubles en glace, des coffrets, des torchères, des piètements de tables monumentales, des cheminées, des miroirs décorés, etc..., sans oublier, au point de vue décoratif, les lettres en verre et les produits opaques de revêtement.
- Nous empruntons à la revue Glaces et Verres quelques indications utiles pour assurer la fixation du verre sur les divers supports à l’aide de produits adhésifs qui doivent satisfaire à des conditions spéciales : former un liant fibreux et élastique et surtout ne pas attaquer l’argenture, ce qui conduit à éliminer toutes les compositions qui peuvent contenir ou dégager de l’acide chlorhydrique ou sulfhydrique, de l’ammoniaque, de l’hyposulfite de soude, du chromate de potassium, du zinc, du mercure, du cuivre, du plomb et, ce qui est plus grairn, des carbonates alcalins qui forment avec l’argent un précipité blanc de carbonate anhydre.
- Le problème le plus difficile peut-être à résoudre est le collage de miroir sur bois. 11 faut que la surface du bois soit parfaitement nette, dégraissée et poncée, ou alors qu’on l’ait préalablement mordancée. C’est par exemple le cas des bois savonneux comme le teck ou le bilinga du Japon, ou des bois ordinaires qui ront été antérieurement enduits ou passés à l’huile bouillante. Il faut les traiter alors au formol d’abord, puis à l’ail.
- Une autre condition à remplir est de protéger l’argenture, tout au moins mécaniquement, par un feutre ou un papier neutre collé au vernis d’argenture.
- On préparera au bain-marie une dissolution saturée de gomme arabique pure du Sénégal (provenant du Mimosa Sénégal de Linné). La glace étant recouverte de feutre et le bois de papier, la gomme arabique donne un excellent collage.
- Pour de petites pièces légères, non exposées à l’humidité, des coffrets par exemple, on peut employer une colle à la dextrine (1 partie de dextrine blonde dans 2 parties d’eau). S’il s’agit d’équiper un objet en zinc avec des miroirs, par exemple pour réaliser une jardinière moderne, on mettra
- en contact pendant 4 h :
- Gélatine en plaques..................... 200 gr
- Eau de pluie ........................... 150 —
- et on fera dissoudre au bain-marie.
- On ajoutera ensuite en remuant :
- Acide acétique............................ 50 gr
- Alcool à 90°. ... .... 50 —
- Alun en poudre. .......................... 50 —
- Au préalable, l’objet en zinc a eu sa surface dégraissée et décapée.
- Collage de miroirs sur jer-blanc
- On emploiera de la colle d’amidon, après avoir traité la surface du métal par une solution aqueuse et chaude de carbonate de soude, suivie d’un mordançage avec du jus d’oignon.
- Collage de miroirs sur nickel.
- Le nickel ayant eu sa surface traitée à la mixture Cerbelaud, on employera une colle obtenue en mélangeant à 90° les deux
- solutions suivantes :
- A Dextrine blonde........................ 500 gr
- Eau de pluie........................... 400 —
- B Sulfate d’alumine....................... 10 —
- Glucose................................. 20 —
- Eau de pluie.......................... 200 —
- Collage de miroirs sur aluminium.
- On traite la surface de l’aluminium par frottement avec de la terre d’infusoires imbibée d’une émulsion préparée en agitant fortement un mélange en parties égales de rhum et d’huile d’olives.
- Un employera la colle constituée comme suit :
- Arsenic.................................. 100 gr
- Soude caustique.................. . 10 —
- Chaux éteinte............................ 20 —
- Eau de pluie............................ 170 —
- à laquelle on ajoute une petite dose d’une solution concentrée de silicate de soude.
- Collage verre sur verre.
- On peut employer plusieurs formules, dont les meilleures sont les suivantes :
- Acétate de cellulose.................... 5
- Alcool méthylique...................... 10
- Tétrachloréthane ..................... 100
- On préconise également.
- Caouchouc.............................. 75
- Résine de lentisque.................... 15
- Chloroforme............................ 60
- Enfin la colle suivante à la caséine donne de bons
- Caséine en poudre..................... 200
- Ammoniaque............................. 40
- Eau de pluie........................ 1.000
- c
- r.
- gr
- résultats : gr
- additionnée d’un peu de phénol pour la conservation.
- Une remarque importante doit être faite pour l’emploi de toutes ces colles. On sait que sous l’action desséchante du chauffage central, tous les panneaux pleins des meubles arrivent à se fendre. Il en est de même pour les glaces collées dans les appartements, c’est pourquoi il faut utiliser des gommes à texture élastique. Si l’on fait le collage par temps sec, la matière adhésive doit être très fluide, et au contraire sirupeuse et saturée par temps humide.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1938 (')
- Voici l’ensemble des phénomènes astronomiques que l’on (pourra observer ce mois-ci.
- I. — Soleil. — En octobre, la déclinaison du Soleil passera de — o°2/ le ier à — i3°5g/ le 3i. La durée du jour sera de nh4om le ier et de 9h56m le 3i. La diminution du Jour sera surtout sensible le soir. Ainsi, du ier au 12 octobre, il fera jour à 6h et nuit à i8h.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de 3 en 3 jours :
- Date : Oct. Heure du passage Date : Oct. Heure du passage Date : Oct. Heure du passage
- 1 er 1 ih4om3os i3 iD>37m 3S 25 1ih34»5is
- 4 11 3q 33 16 11 3(3 22 28 11 34 33
- 7 11 38 4° *9 11 35 45 3i 11 34 21
- 10 11 37 4g 22 11 35 i5
- Observations physiques. — Pour l’orientation des dessins -et photographies du Soleil — que nous conseillons d’observer chaque jour, — on utilisera les données ci-après :
- Date (oh) P B0 L0
- Oct. 2 4- 26(11 E 4- 6(66 76(66
- — 7 -4- 26,34 E 6,3g 10,69
- — 12 4- 26,39 E 4- 6,07 3o4,72
- — l7 -j- 26,26 E 4- 5,70 238,77
- — 22 + 25,p3 E + 5,99 172,82
- — 27 -j- 25,4i E + 4,84 106,88
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — On pourra observer la lumière zodiacale le matin, du Ier au 6 octobre et du -22 au 3i, et on pourra rechercher la lueur anti-solaire vers
- 1. Toutes les heures figurant au présent « Bulletin Astronomique » sont exprimées en temps légal — qui correspond, •en France, au Temps Universel (T. U.) — compté de 0h à 24h à partir de 0h (minait). L’Heure d’été sera en usage pendant •quelques jours en octobre : ajouter pendant cette période 1 h à toutes les heures mentionnées ici.
- minuit, le iGr et le 2 octobre, puis du 19 au 3i. Pendant ces périodes, la Lune ne gênera pas les observations.
- IL — Lune. — Phases de la Lune pendant le mois d’octobre :
- P. Q. le 1er, à iih/j.5ra I N. L. le 23, à 8lJ42m
- P. L. le 9, à gh37m P. O. le 3i, à 75m
- D. Q. le 16, à gh24ra
- Age de la Lune : le ier octobre, à oh = 7j,i ; le 24, à oh = oj,6.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le i4 octobre, à 3h = + 20°iSr ; le 27 octobre, à 9h = — 2o0i5L
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le g octobre, à i8h. Parallaxe = 54/i4//- Distance = 4o4 3ai km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 16, à 8h. Parallaxe = Sg'iô'L Distance = 370 090 km.
- Apogée de la Lune, le 3o, à 711. Parallaxe = 54/i3,/. Distance = 4o4 445 km.
- Occultations d'Êtoiles et de Planètes par la Lune :
- Date Étoile Magni- Phénn. Heure, tude mène Paris Uccle
- Oct. 7 a Poissons 4m,6 Imm. 21 h 8m,8 2ihi4m,i
- - 14 902 B. D. 4- 190 6 4 Em. 2 37 1 2 4i 7
- — 14 71 Orion 5 2 Em. 23 23 5 23 26 4
- — 29 45 Sagittaire 6 0 Imm. 18 i4 1 18 i5 6
- Lumière cendrée de la Lune.. — A observer le matin, du 17 au 20.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 8 au i3 (Pleine Lune le 9) et du 21 au 26 (Nouvelle Lune le 23). Elles seront peu importantes, coefficient maximum : 99 centièmes.
- Le Mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. — Planètes. — Le tableau ci-après a été dressé à l’aide des renseignements fournis par l’Annuaire astronomique Flammarion. Il contient les indications les plus utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’octobre 1938.
- ASTRE Date : Octobre Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- 4 1 ih39n>33s I7h24m I2h39m 4°I2/ 32' 2f,2 Vierge )
- Soleil . .< 16 6 i3 11 36 22 16 59 i3 23 — 8 45 32 8,8 Vierge
- 28 6 32 11 34 33 16 37 i4 9 — i3 0 32 i5,i Vierge )
- 4 5 24 I I 25 17 24 12 21 — 0 33 5,o y Vierge j
- Mercure . 16 6 34 11 53 17 10 i3 37 — 9 32 4,6 a Vierge (
- 28 7 87 12 18 16 58 i4 49 — 17 10 4,8 Balance )
- , \ 4 10 18 i4 22 18 26 i5 20 — 23 29 33,6 Scorpion \
- Venus. .< 16 10 16 i4 5 17 53 i5 5i — 26 I 4o,6 7r Scorpion (
- ( 28 9 60 i3 32 !7 i4 16 6 — 27 0 49,4 k Scorpion \
- 4 3 42 10 14 16 46 11 12 + 6 23 3,8 <7 Lion \
- Mars . . 16 3 36 9 55 16 i3 11 4° 4- 3 24 3,8 P Lion /
- 28 3 3i 9 35 i5 40 12 8 + 0 23 3,8 Vierge (
- Jupiter 16 i5 2 19 53 0 48 21 41 — i5 9 4o,4 <? Capricorne
- Saturne . 16 16 5i 23 7 5 28 0 56 + 3 0 17,8 Poissons
- Uranus . 28 16 58 0 24 7 45 2 56 + 16 21 3,6 c Bélier
- Neptune . 28 2 39 9 0 i5 22 11 34 + • 4 3 2,4 89 Lion
- VISIBILITÉ
- »
- Inobservable, en conj. avec le Soleil, le 10.
- Le soir, plus grand éclat le 2i.
- Un peu visible le matin.
- Première partie de la nuit.
- Toute la nuit. Opp. le 8. Toute la nuit.
- Un peu visiblelematin.
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- Mercure sera invisible en octobre. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil le io, à 12*.
- Vénus atteindra son plus grand éclat du soir le 21 octobre. Elle sera très basse sur l’horizon sud-ouest vu sa grande déclination australe. Voici la phase de Vénus :
- Fraction Magni- Fraction Magni-
- illuminée tude i'iuminc'e tude
- Date du disque stellaire Date du disque stellaire
- Oct. 3 0,355 — 4,2 Oct. 18 0,240 -“4,3
- — 8 0,319 — 4,3 — 23 0,iq5 - 4,3
- — 3 0,280 - 4,3 — 28 0, i5o — 4,2
- Dans une lunette astronomique, le 18 octobre, Vénus présentera une phase semblable au dessin n° 10 de la ligure 1 (« Bulletin Astronomique » du n° 8022).
- Mars devient un peu visible le matin avant l’aurore. Son diamètre, très réduit par la distance (3^,8), ne permet encore aucune observation utile.
- Pallas, la petite planète n° 2, pourra être recherchée à l’aide de la carte spéciale publiée au précédent « Bulletin astronomique » (n° 3o3o).
- Cérès, la petite planète n° 1, passera en opposition le iO novembre et atteindra la magnitude 7,5. Elle sera alors visible dans une jumelle. Nous donnons (fig. 1) la carte de son mouvement sur le ciel pendant cette période d’opposition.
- Position de Cérès le 29 octobre : Æ = 3*38“,5; D =
- + IO°2f)/.
- Jupiter se couche le iG, peu après minuit. On pourra encore observer les phénomènes ci-après produits par les principaux satellites de la planète :
- 3, II. P. c. 2ih42m; II. O. c. 23*4i“. — 4, II. P. f. o*3i“; IV. Im. i8*34“; IV. Em. a3*i5“. — 5, II. E. f. 20*45“, 1. — 6, I. Im. oh3m; III. P. c. i9h2m; I. P. c. 21*11“; I. O. c. 22*18“ ; III. P. f. 22*34“; III. 0. c. 23*i5“; I. P. f. 23*28“. — 7, I. Im. i8*3o“ ; I. E. f. 2i*5o“,7. — 8, I. P. f. i7*55“; I. 0. f. 18*59“. — 11, II. P. c. oh6m. — 12, II. Im. i8*i4“; II. E. f. 23*23“,1. — 13, IV. O. f. 18*27“; III. P. c. 22*39“; !• P- e. 23hi“ ;. — 14, II. 0. f. 18*20“; I. Im. 20*20“ ; I. E. f. 23*45“,9. — 15, I. P. c. 17*29“; I. 0. c.
- 18*08“ ; I. P. f. 19*45“; I. 0. f. 20*55“. — 16, I. E. f.
- i8*i4“,6. — 17, III. E. c. 17*28“,2; III. E. f. 20*59“,5. — 19, II. Im. 20*42“. — 21, IT. 0. c. 18*11“; II. P. f. i8*34“; II. 0. f. 20*58“; I. Im. 22*11“; IV. F. c. 22*i5“,3. — 22,
- I. P. c. 19*20“; I. 0 .c. 20*34“; I. P. f. 21*37“; !• O. f.
- 22*5o“. •— 23, I. E. f. 20*9“,9. — 24. I. 0. f. 17*19“; III. Em. 19*58“; III. E. c. 2i*3o“,o. •— 28. II. P. c. i8*i5“;
- II. 0. c. 20*47“; II* P- f* 2i*4“. — 29, IV. P. c. 19*42“; I. P. c. 21*10“; I. 0. c. 22*29“. — 30, II. E. f. 17*59“,4; I. Im. 18*31 “ ; I. E. f. 22*5“,2. —31, I. 0. c. i6*58“ ; I. P. f. 17*58“; I. 0. f. i9*i5“; III. Im. 20*10“.
- Saturne sera en oposition avec le Soleil le 8 octobre à i3*. Voici les éléments de l’anneau pour le i5 octobre :
- Grand axe extérieur........................ 44",60
- Petit axe extérieur........................— 7",11
- Hauteur de la Terre sur le plan de Panneau . — 90, i74
- Hauteur du Soleil sur le plan de Panneau. . — 90,749
- Élongations de Titan : à l’Est : le ib, à n*,7; à l’Ouest, le 8, à i5*,2 et le 24, à 12*7.
- Uranus, presque en opposition, est visible toute la nuit. Voir la petite carte de son mouvement au <c Bulletin astronomique )> du n° 0024, page 283.
- Neptune commence à être visible le matin. Voir au « Bul-
- ............r ........... 157 =
- lelin astronomique » du n° 3oi8 sa marche sur le ciel pendant l’année.
- IV. Phenomenes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 7*, Mercure en conj. avec r, Vierge (3“.q), à 0020' N.
- Le 5, à 1 ih, Jupiter Le 9, à 12I», Saturne Le 11, à 18b, Uranus Le 12, à 911, Mars Le 20, à 19*, Neptune Le 21, à 4h, Mars Le 24, à 3h, Mercure Le 26, à o*, Vénus Le 3i, à 17*, Mars
- la Lune, à 6042' S. la Lune, à 5<>55' S. la Lune, à oo3o' S. Neptune, à o° 5'S. la Lune à 5°48'N. la Lune, à 5o33' N. la Lune, à 0023'N. la Lune, à 7034'S.
- O Vierge (3“,9), ào°i4'N.
- Fig. 1. — Marche sur le ciel de la petite planète Cérès (1), du 29 octobre au 8 décembre 1938.
- (Opposition le 16 novembre : magnitude 7,3).
- Etoile Polaire; Temps sidéral.
- Date Passage Heure(T.U.) Temps sidéral (')>
- Oct. 8 supérieur ot»3ora 9S 1 h 3®52s
- — 15 — 0 24° 1 3i 28
- — i5 — 23 58 45 1 3i 28
- — 18 — 23 46 57 1 43 18
- — 28 — 23 7 4° 2 22 43
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu,
- de l’étoile Algol (ji Persée), variable de 2“,3 à 3“,5 en 2j2o* 49“; le 2, à 23*34“; le 5, à 20*23“ ; le 20, à 4h27m; le 28, à i*i5“; le 25, à 22*4“; le 28, à i8*53“.
- Le 10 octobre, maximum cl’éclat de R Andromède, variable de 5“,6 à i4“,7 en 407 jours.
- Le 20 octobre, maximum d’éclat de T Grande Ourse, variable de 5“,5 à io“,5 en 255 jours.
- Etoiles filantes. — De nombreux essaims sont actifs en octobre. Le plus important est celui des Orionides qui donne des météores du 16 au 22. Radiant : v Orion.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1“’ octobre, à 21*, ou le i5 octobre, à 20*, est ainsi représenté :
- Au Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée.
- A l'Est : Andromède; le Bélier; Persée; le Taureau.
- Au Sud-Est : La Baleine.
- Au Sud : Pégase; le Verseau; le Capricorne; le Poisson Austral.
- A l’Ouest : Le Cygne; la Lyre ; l’Aigle; Hercule; Ophiu-chus ; le Serpent.
- E\r. Touciiet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- COMMUNICATIONS A
- V ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du a3 mai 1908.
- Le phosphute de fer. — En électrolysant dans un creuset de charbon formant cathode une dissolution de pro-tochlorure ou de sesqui-oxyde de fer dans 1 acide métaphos-phorique ou un métaphosphate, MM. Andrieux et Chêne ont obtenu de beaux cristaux gris d’acier d’un phosphure de fer FeP dont l’existence était encore douteuse. Ce composé a une densité voisine de 6, il est faiblement magnétique, il résiste aux acides chlorhydrique et azotique et est attaqué par l’eau régale et l’acide sulfurique concentré bouillant.
- Le cycle solaire et les microséismes. — On admet généralement l’origine météorologique des microséismes. Il était dont intéressant de rechercher si la période undécen-nale solaire se retrouvait dans l’agitation microséismique. Les observations de cette dernière, relevées depuis 1910 au Parc Saint-Maur, ont été comparées par M. Bernard aux courbes de l’activité solaire. Il est incontestable que le nombre des mieroséismes suit une variation undécennale, mais les courbes obtenues se trouvent en quadrature avec celle de l’activité solaire. Les observations de Strasbourg, d’Eskdalemuir et de La Plata donnent des résultats semblables. Si on admet que les microséismes sont liés aux perturbations atmosphériques situées dans un très grand rayon, on peut admettre que celles-ci sont en plus grand nombre aux époques pendant lesquelles l’activité solaire décroît.
- Le sérum des Mammifères. — MM. A. Urbain, Cahen et Servier ont déterminé le point de congélation du sérum de divers mammifères (Ongulés, Carnivores et Primates). Us ont constaté que le point de congélation du sérum des animaux sauvages est plus bas que celui signalé pour les espèces domestiques et pour l’homme. Il est voisin de — o°,6 pour les Bovidés, Cervidés, Equidés, Canidés et Félidés et de — o°,7 pour les Camélidés et Caprines.
- Séance du 00 mai ig38.
- Toxicité des colorants. — Poursuivant leurs études sur la toxicité des colorants pour les végétaux, MM. Guil-liermond et Gautheret ont cultivé des plantules de blé suides milieux colorés et noté la croissance des racines. Le rouge neutre et le violet neutre sont peu toxiques, viennent ensuite le bleu de Nil et le brun Bismarck ; les autres colorants sont nettement toxiques. Des essais sur des plantules de Lupin ont donné des résultats analogues. Les végétaux réagissent donc d’une façon tout à fait différente des animaux : le rouge neutre par exemple tue rapidement les cellules animales vivantes. Les champignons se comportent également d’une façon particulière : leurs cellules absorbent les colorants non toxiques mais les excrètent ou les réduisent sans les fixer.
- L’ammoniac comme carburant. — L’ammoniac étant combustible dans certaines conditions, M. Montagne a examiné ses possibilités d’utilisation dans un cycle moteur à quatre temps. En fait, ce gaz se placerait dans un rang honorable parmi les autres carburants; il est donc théoriquement possible d’en prévoir l’usage comme carburant de
- remplacement. Il présente môme certains avantages qui sont : ininflammabilité à l’air, faible toxicité, fuites aisées à déceler, non toxicité des produits de combustion, absence d’encrassement et, peut-être, possibilité d’élever le taux de compression.
- Un nouveau radioélément. — En irradiant l’uranium par des neutrons, Mme Curie et M. Savitch ont formé un radio-élément de période 3,5 heures dont les propriétés chimiques se rapprochent de celles des terres cériques et de l’actinium. Les auteurs montrent qu’il ne s’agit pas d’un isotope de l’actinium mais, très probablement, d’un élément transuranien dont les propriétés diffèrent beaucoup de celles des autres éléments transuraniens connus. Cette hypothèse est difficile à interpréter.
- Les colorants du triphénylméthane. — Le problème de la structure des colorants dérivés du triphénylméthane n’a jamais été entièrement résolu. Dernièrement l’opinion a été émise de la présence d’éléments ionisés dans leurs molécules. Mrae Ramart-Lucas a étudié les spectres visibles et ultra-violets de ces composés et cet examen lui a montré que rien ne permet de confirmer cette nouvelle hypothèse. Les formules classiques donnant aux colorants de la série du triphénylméthane des formules quinoniques, si elles ne tiennent pas compte des influences mutuelles des atomes et groupes, sont cependant les seules qui soient vérifiées par les comportements chimiques et spectraux.
- Déshydrogénation de Tacide stéarique. — En
- faisant passer du stéarate de méthyle, inclus dans un courant d’éthylène à 220°, sur du nickel réduit à 190°, MM. Margaillan et Angeli ont obtenu la déshydrogénation de 23 pour 100 de l’acide stéarique en acide oléique. La même réaction s’observe en phase liquide mais avec un rendement moindre. L’acide oléique obtenu est bien l’acide ordinaire présentant sa double liaison en 9-10. Le nickel réduit paraît jouer ici un rôle inverse de celui qui lui est habituel dans les hydrogénations catalytiques ; en réalité c’est bien l’hydrogénation de l’éthylène qui se produit au détriment de l’acide stéarique, on trouve cependant un peu d’hydrogène libre dans les gaz sortant de l’appareil. Aucune transformation n’a été obtenue en opérant dans les mêmes conditions avec le palmitate de méthyle.
- Le sodium de la haute atmosphère. — Pour M. Bernard, le sodium, dont on a constaté la présence dans la haute atmosphère, y provient du chlorure de sodium des mers. Les molécules NaCl entraînées dans la haute atmosphère y seraient décomposées par l’hydrogène provenant de la dissociation de l’eau par intervention de molécules d’azote métastables. Cette hypothèse s’accorde avec la présence dans le spectre du ciel nocturne des bandes caractéristiques de OH.
- Cultures sur cellophane. — MUo Dusseau annonce qu’elle a réussi à cultiver des champignons tels que Fusa-rium, Aspergillus et Pénicillium dans les tubes où le papier-filtre était remplacé par la cellophane qui constituait l’unique aliment carboné. Une légère hydrolyse de la cellophane se produisant au cours du passage en autoclave, les cultures s’étendent facilement sur tout le liquide. La transparence de ce nouveau support permet d’observer et de photographier les cultures avec une facilité accrue.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE Hélium et métaux rares.
- L’usine située sur les champs pétrolifères de Cliffside, à Amarillo, dans l’État du Texas, a produit jusqu’à ce jour plus de 80 millions de pieds cubes d’hélium, soit 2.260.000 m3.
- En 19x7, les petites quantités d’hélium vendues au public ou aux instituts scientifiques étaient facturées à 2.5oo dollars le pied cube. Aujourd’hui le pied cube est vendu à un cent, soit a5o.ooo fois moins. Or un cent le pied cube, au change de ce jour, cela fait 12 fr 4o le mètre cube.
- Aux États-Unis, l’hélium est un monopole du Gouvernement fédéral et la production aussi bien que la vente du gaz est aux mains du Bureau of Mines.
- Cet organisme remarquable est administre par M. John Wellington Finch et on peut affirmer que les grands progrès constatés depuis quelques années dans l’évolution de la métallurgie des métaux que les Américains appellent Minor Metals sont dus à l’aide donnée aux fabricants par les nombreux collaborateurs du Bureau of Mines de Washington, chimistes, géologues et ingénieurs.
- Aussi est-on étonné de voir les métaux rares cotés dans les catalogues des usines du Niagara, par exemple, le rhé-mium à $ i,25 le gramme, —les sels de rubidium, de 35 à 5o cents le gramme — l’indium à ko cents le gramme — le gallium à $ i,5o le gramme — le tantale à environ $ 180 le kilogramme — l’yttrium à $ xo le gramme — le césium moins d’un dollar le gramme. Le niobium, que les Anglo-Saxons dénomment colombium, se vend surtout à l’état d’alliage à 5o pour 100, le ferrocolumbium, vendu $ 2,5o par livre de niobium contenue. Le scandium se vend aux laboratoires sous forme de Sc203 à $ 7 le gramme.
- S’il est vrai que Fred Allison et ses collaborateurs ont découvert l’alabamine, — dans l’Alabama Polytechnic Insti-tute, —- ce serait le dernier à découvrir des 92 éléments de la table de Mendeleef.
- Quel chemin parcoui’u depuis l’édition de 1829 du Traité de Chimie élémentaire théorique et pratique de M. le baron L. J. Thénard qui donnait la liste des métaux sans usages, liste où figurent le manganèse, le cln-ome, le nickel, le tungstène, le molybdène, le cobalt... Ne mentionnons pas l’aluminium alors inconnu... Mais quel chemin parcouru en un siècle ! L. L.
- CONSTRUCTION
- La protection du béton frais contre la gelée.
- Le béton fraîchement coulé est très sensible aux gelées qui sont susceptibles d’en entraîner la destruction complète, ce qui nécessite l’enlèvement puis la réfection d’une partie souvent importante du travail déjà accompli. Aussi, dès qu’une menace de gelée se présente, le mieux est d’interrompre complètement les travaux de ciment armé.
- M. J.-L. Breton a cherché un dispositif efficace de pro-teclion permettant la continuation des travaux, même en hiver. Pour être utile, ce dispositif devait pouvoir s’appliquer à des surfaces importantes et pouvoir être très rapidement improvisé dès que surgit une menace sérieuse de gelée.
- M. J.-L. Breton a résolu le problème à l’aide de grandes résistances électriques pouvant êtx'e rapidement disposées sur les surfaces à px'otéger et recouvertes elles-mêmes de pan-xieaux suffisamment calorifuges. Le prix du tout est suffisamment bas pour que la dépense ne soit pas excessive. La pose de ce dispositif doit pouvoir se faire très rapidement et très facilement, souvent à la tombée de la nuit, dans des conditions d’éclaii’age peu favorables et sans qu’il soit possible de prendre des précautions minutieuses au point de vue de l’isolement des résistances et des canalisations.
- Ces dernières conditions imposaient l’emploi du courant à très basse tension de façon à permettre l’emploi de résistances rudimentaires comportant un très médiocre isolement ; de plus il faut, pour x'éduire les longueurs des canalisations en basse tension qui doivent être de grosse section, donc coûteuses, utiliser de nombreux ti’ansformateurs de faible puissance disposés au voisinage immédiat des résistances qu’ils doivent alimenter.
- Finalement, le dispositif est ainsi constitué : des transformateurs de 6 k\v, alimentés sous 200 v donnent un courant de 260 A sous 12 v. Ils débitent dans des résistances constituées par des grillages ordinaires en fil de fer galvanisé de 1 mm de diamètre et 3 cm de maille, tendus sur des châssis rectangulaires de 5 m x x m construits en tasseaux de 4 cm x 4 cm avec enti'etoises pour éviter la déformation. Le grillage est simplement cloué sur le cadre et soudé aux deux extrémités sur un feuillard galvanisé de 3 cm de large qui servira à le relier au transformateur à l’aide d’un simple boulon. On x-éalise ainsi des éléments de o ohm o43 de résistance pouvant absorber i5o A.
- Chaque transformateur peut donc alimenter 4 résistances placées deux à deux en parallèle et les deux groupes en série. Chacune de ces résistances absoi'be environ i4o A sous 6 v et les quatre groupées, comme il vient d’être indiqué, consomment 280 A sous 12 v. Dans ces conditions, chaque transformateur absorbe au primaire 32 À sous 200 v et les résistances qu’ils alimentent couvrent une surface de plus de 20 m2.
- Pour éviter le refi’oidissement, ces résistances sont naturellement recouvertes d’un tapis caloi’ifuge simplement constitué par des rouleaux de paillasson de même largeur pouvant rapidement être déroulés sur elles et dont la mise en place et l’enlèvement sont très rapides et très aisés.
- Par suite de la très faible tension du courant et de réchauffement restreint des résistances ces paillassons peuvent être utilisés sans danger quoique combustibles.
- Pour éviter toute dépense inutile de courant électrique, l’installation n’entre en fonctionnement que dans le cas où la température descend au-dessous de o° et où le réchauffement du béton doit intervenir pour éviter la gelée. A cet effet on se sert de deux thermostats, placés en deux endroits différents, qui commandent la mise en circuit des transformateurs quand la tempéi’ature tombe au-dessous d’une valeur fixée d’avance et déterminent la coupure du courant lorsque la températui'e a atteint par réchauffement une certaine valeur.
- Les mesures ont montré que pour maintenir la températui'e sur une surface de 120 m2 à une moyenne supérieure de 8° à la température ambiante, il fallait une consommation d’environ 9 kw à l’heure dans le circuit primaire. Cette dépense n’est pas excessive en comparaison des dommages qu’occasionnei'ait la gelée sur une telle surface de béton.
- II. V.
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- : BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Ronflements dans un poste^secteur de T. S. F. —
- Si les ronflements perçus dans votre récepteur se manifestent encore lorsqu’on enlève la vaUe d’alimentation en courant plaque, et que seul subsiste le courant de chauffage des lampes, on ne peut mettre en cause un filtrage défectueux du courant redressé de plaque.
- Le bruit produit dans le transformateur d’alimentation ne peut être dû, semble-t-il, qu’à un serrage défectueux des lames du circuit magnétique, qu’il faudrait donc essayer de vérifier, à moins de changer tout le transformateur, si cet inconvénient est trop accentué.
- Quant au bruit produit dans ces conditions dans le haut-parleur à aimant permanent, il ne peut provenir, évidemment, que de l’induction directe du transformateur, et il est facile de s’en rendre compte, en utilisant un haut-parleur additionnel, avec une prise séparée, à quelque distance du récepteur, ou bien même en déplaçant le haut-parleur ordinaire, pour quelques instants, en dehors de l’ébénisterie.
- Le remède, si l’on ne peut déplacer le haut-parleur, consiste à établir un blindage plus soigné du transformateur ou à déplacer ce dernier, et à employer du câble blindé pour la liaison du haut-parleur.
- Commandant Mallet, à Mont-de-Marsan (Landes).
- Phonographe électrique à pick=up. — Une installation de reproduction électrique des disques, comporte un moteur tourne-disques, généralement à induction, un pick-up électromagnétique ou piézoélectrique avec son bras support et un potentiomètre de réglagle de l’intensité sonore.
- Le pick-up est relié au premier étage d’amplification en tension d’un amplificateur musical, comportant généralement deux ou trois lampes et une valve, et produisant une puissance modulée de 3 à b w pour les usages d’appartement ; le haut-parleur est du type électrodynamique.
- Tous les organes peuvent être montés dans un même meuble, ou bien on utilise deux ensembles séparés : une première ébénisterie renferme le moteur tourne-disque et le pick-up, une deuxième l’amplificateur et le haut-parleur.
- Pour trouver d’occasion un ensemble de ce genre, vous pouvez, comme vous l’indiquez, faire paraître une petite annonce non commerciale dans une revue technique, par exemple, dans La Nature.
- M. David, La Madeleine (Nord).
- Exécution de photographies en relief. — Les photographies en relief du genre de celles qui ont été décrites dans lè numéro de La Nature du 1er juin 1938, peuvent être désormais exécutées industriellement. Vous pouvez vous adresser à ce sujet par exemple aux établissements Bonnet. La Reliejphotographie, 20, rue T’>nrfnini> Paris (18e).
- Quant au matériel spécial nécessaire pour l’établissement dans un laboratoire de photographies de ce type, il est sans doute assez difficile à trouver dans le commerce. Nous pensons cependant que les établissements Gallus, pourraient vous le procurer, car ils ont déjà étudié des appareils de ce genre.
- Laboratoires de Microphotographie, à Villejuif (Seine).
- Cellules photoélectriques et « lumière noire ». —
- De nombreux articles sur les cellules photoélectriques et l’éclairase par lumière infra-rouge ont paru dans la revue ; vous pouvez trouver des détails plus complets sur cette question dans l’ouvrage Les cellules photoélectriques, par Zworykin (librairie Dunod).
- En ce qui concerne les appareils d’éclairage à rayons infrarouges, vous pouvez consulter la Compagnie des Lampes, 29, rue de Lisbonne, Paris, par exemple. Des articles sur la question ont également paru dans La Technique cinématographique, 34, rue de Londres, Paris (18e).
- M. Baud, à Paris.
- Ouvrages sur la radioélectricité. — Les applications de la radioélectricité sont désormais tellement vastes
- qu’il est difficile de les étudier dans un seul livre, et les encyclopédies ne peuvent donner, évidemment, des détails sur toutes les questions ; il faut choisir les ouvrages à consulter suivant le but recherché.
- Comme premier ouvrage d’initiation très élémentaire, vous pouvez consulter, par exemple, Le poste de l’amateur de T. S. F., par P. Iîémardinquer (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ou La T. S. F. sans mathématiques, par Lucien Chrétien (même librairie).
- Les indications relatives aux dispositions des schémas, à l’entretien, à la mise au point ou au dépannage des appareils peuvent être trouvées, par exemple, dans l’ouvrage : Entretien, mise au point et dépannage des appareils radioélectriques (Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris). Vous pouvez trouver enfin, les schémas des appareils les plus récents dans l’ouvrage Les meilleurs récepteurs de T. S. F. (Dunod, éditeur).
- M. Hosteins-Anglade, Gironde.
- Amplificateur pour poste à galène. — Un amplificateur pour poste à galène doit être très simple.
- Vous trouverez des schémas de montage d’appareils de ce genre dans l’ouvrage Les récepteurs modernes de T. S. F., par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). Pour le choix d’un poste, consulter également l’ouvrage : Comment choisir et installer un poste de T. S. F. (Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris).
- M. Israël, à Alexandrie (Égypte).
- Nombre des postes radiophoniques dans le monde. — Dans le tableau paru dans le n° 3026 de la revue, p. 374, les indications relatives au nombre des appareils en France sont exactes. À la date indiquée il y avait bien en effet 3.218.000 appareils, ce qui correspond à 77 postes pour 1.000 habitants.
- Par contre, en ce qui concerne l’Italie, il s’est produit une erreur d’impression qui a interverti les chiffres correspondants des deux colonnes.
- Le nombre des appareils récepteurs en usage dans le monde entier s’élève à 87.300.000, ce qui représente un nombre d’auditeurs de l’ordre de 3b0.000.000.
- L’Europe possède, à elle seule, 31.200.000 postes, ce qui représente 12b millions d’auditeurs, sans faire entrer en ligne de compte la Russie soviétique.
- M. Solari, à Carqueiranne (Var).
- De tout un peu.
- M. G-érin Jean, à Toulon. — Il vous sera facile de donner une coloration rose à votre court de tennis constitué par du grappier de chaux vive en répandant à la volée quelques kilogrammes de sulfate de fer (vitriol vert). Sous l’influence de la chaux vive, après un léger arrosage dissolvant le sulfate de fer, il se précipitera de l’hydrate ferreux qui, s’oxydant à l’air très rapidement donnera de l’hydrate ferrique rouge brun.
- M. Saugeron, à Marseille. — Vous pourrez facilement effectuer le dépolissage de lampes électriques par application du mélange suivant préparé dans une cuvette en plomb, les éléments intervenant dans l’ordre indiqué.
- Fluorure d’ammonium.................. 100 gr
- Sulfate d’ammoniaque................... b —
- Eau ordinaire.................. . 100 —
- Acide sulfurique concentré. ... 10 —
- Laisser agir un temps suffisant, suivant la profondeur de l’attaque envisagée, puis rincer à l’eau claire.
- N. B. — Si on veut obtenir une pâte consistante pour faciliter l’enduisage, ajouter une quantité suffisante de sulfate de baryte.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-9-1938 — Published in France.
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- N° 3033
- LA NATURE 15 Septembre 1938
- ..= LA POTERIE
- DE LA BRESSE ET DES
- La poterie régionale a été jusqu’à présent peu étudiée O — j’entends par poterie la céramique particulière aux potiers de terre —, modestes artisans isolés de nos campagnes et non les productions nobles de la
- 1. Signalons toutelois la récente Exposition des Potiers et Imagiers de France au Pavillon de Marsan en 1937-1938.
- RUSTIQUE .........-... -
- BORDS DE LA SAÔNE
- faïence et de la porcelaine fabi'iquées déjà anciennement par de véritables industries, petites ou grandes, comme celles de Nevers, de Rouen, ou de Meillonnas, pour prendre un exemple en Bresse même. Or la poterie de terre a fourni des produits, sans doute modestes et de goût rustique, mais dont le caractère décoratif
- Fig. 1. — Cruches à huile, xviii® siècle.
- Décorations de bandelettes de terre placées au pouce ; une croix simple à gauche ; au milieu une croix d’Amour surmontée d’un
- monogramme ; à droite fleur de lys et cœur.
- Fig. 2. — Potenes vernissées brunes décorées au gourgoulou, xvna et xviii® siècles.
- A droite, crucbe avec fleurs du musée de Tournus ; au milieu, fabrique de Treffort (collection Francisque Girard, à Bourg) ;
- à gauche, cruche au soleil du musée de Tournus.
- Fig 3. — Pots vernissés de terre rousse, xvme siècle, décorés au gourgoulou.
- Celui de gauche, où est dessiné un coq dans un médaillon, provient de la poterie de Treffort (Ain) ; il est présentement dans la
- collection Francisque Girard à Bourg.
- Fig 4. — Cruches de terre vernissées avec inscriptions.
- Fig. 5. — Pots vernissés de terre brune du début du xix® siècle, décorés au gourgoulou provenant des potenes du canton de
- Bagé-le-Chatel (Ain).
- Fig. 6. — Cruches de la région de Tournus, xvii® et xvme siècles, avec décorations diverses faites au gourgoulou.
- (Cliché Moraine).
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- plein de saveur populaire n’est pas à dédaigner. Elle a ses procédés techniques très archaïques qui ne diffèrent pas beaucoup de ceux du moyen âge ; elle a ses couleurs favorites ; elle a ses motifs décoratifs qui sont souvent particuliers à des régions déterminées ; elle a ses terres qui, sous l’effet du vernis, de la chaleur du four, voire même de la nature des bois de chauffage ou du mode de cuisson, réagissent différemment et donnent à la production des colons particuliers.
- Très souvent, cette poterie rustique se hausse par l’ampleur et la perfection de ses formes plastiques, par l’abondance ou le tact de sa décoration, à un art supérieur qui, dans sa simplicité paysanne, émeut et attache à la fois.
- Les petites poteries artisanales qui la fabriquent encore se meurent comme la plupart des ateliers des artisans de France, bien que ce soit dans le domaine de la céramique que l’on trouve encore le plus de vitalité et de saveur locale. On peut dire néanmoins que depuis cinquante ans, le nombre s’en est réduit en moyenne dans la proportion de huit à un, sauf dans certaines régions tout à fait privilégiées. Alors que sous le second Empire,^ il existait au moins une poterie par canton en Bourgogne, on en trouve à peine une maintenant par arrondissement.
- D’autre part, celte poterie de terre n’était pas jadis uniquement artisanale comme aujourd’hui, elle était encore une poterie paysanne au sens le plus étroit du mot. En effet dans chaque ferme de la Bresse en hiver, on fabriquait ou tournait les pots nécessaires à l’exploitation pour l’année à venir et on les portait chez le potier pour les cuire. Ce dernier possédait seul un four capable d’atteindre le degré voulu de cuisson : 95o°. Le potier était aussi un fabricant ; passé maître dans la décoration, il faisait ces poteries rustiques qui, par la sûreté de main qu’elles dénotent, font encore l’admiration des spécialistes.
- Mais depuis le milieu du xixe siècle, en même temps que les potiers se raréfiaient, la production de ceux qui subsistaient s’était fortement abâtardie ; le défaut d’une bonne initiation corporative, comme sous l’ancien régime où le compagnonnage était bien vivant, l’absence, jusqu’à ces dernières années d’une éducation artistique spéciale aux potiers, dans les écoles régionales de beaux arts ou d’arts industriels, le désir de faire vite et économiquement pour soutenir la concurrence de la grande industrie travaillant en série, ont dans ces derniers cinquante ans/contribué à donner à la poterie de terre un caractère vulgaire et purement utilitaire.
- C’est seulement dans les années d’après-guerre que quelques fils de potiers, élèves des écoles d’arts industriels régionales (*), ont su, lorsqu’ils n’ont pas fait fi de la tradition locale, sinon rattraper leurs ancêtres, du moins produire des œuvres dont l’art populaire ne saimait rougir.
- Sans doute tous n’ont-ils pas obtenu les résultats
- t. Notamment l'Ecole de dessin et d’art industriel de Mâcon où un cours de céramique a été créé depuis la guerre.
- du jeune potier bressan, Gabriel Pecquet, représentant, à la septième génération, d’une famille de potiers, fidèle depuis Louis XIV à la profession. Il mérita, en 1933, avec un artisan des Ardennes, Louis Malaizé, l’un des deux prix du concours institué par « l’Art populaire en France » et présidé par M. Henri Clouzot, conservateur du Musée Galliéra. Ce Concours organisé pour les meilleurs potiers de France travaillant encore dans le sens de la tradition, eut pour résultat de créer xun mouvement qu’il faut souhaiter voir se continuer et porter ses fruits.
- Je voudrais aujourd’hui parler de cette poterie bressane des bords de la Saône qui fut si florissante en Bourgogne à une époque où la seule concurrence commerciale était celle des grès des Vosges ou d’Alsace.
- Cet art artisanal, qui avait ses pi’océdés originaux pour l’application des décorations de couleur sur le fond de terre du pays, n’est pas sans avoir des analogies avec d’autres productions françaises ou étrangères. On en voit de très voisines dans certains cantons de Normandie et les pavillons de Grande-Bretagne et du Portugal à l’Exposition des Arts et Techniques de 1937, en présentaient des spécimens à peu près semblables, issus de l’art populaire de ces pays cependant éloignés et de cultures différentes. L’art de la poterie en Savoie use du même procédé technique de décoration que celui de la Bresse (usage du barolet) mais cependant le caractère généraLde la production savoyarde est assez différent.
- La poterie de terre de la Bresse et de la vallée de la Saône se caractérise en effet par l’application, sur le fond brun rouge de la terre du pays (1), de décorations en couleur jaune clair (2) exécutées d’une façon originale au moyen d’une coulée de liquide assez consistant, sorte de pâte qui forme sur la surface du vase un léger relief. Ce liquide de couleur est projeté par le goulot d’un petit vase allongé, appelé le gourgou-lou, rappelant le barolet en usage dans les poteries savoyardes, dont la fabrication a été si bien décrite par Arnold van Gennep : Les poteries populaires décorées de Savoie (Art populaire en France, ig3i).
- Le vernis à base d’alquifoux, qui avant cuisson recouvi'e ensuite le vase, ou tout au moins la partie supérieure de' ce dernier, donne à l’ensemble, après passage au four un brillant inimitable qui accroche le soleil et renvoie la lumière.
- Mais anciennement le vernis était cher et il est très rare que le potier d’autrefois, toujours économe, ait verni son vase jusqu’en bas. Il procédait au vernissage, comme cela se fait encore aujourd’hui, en trempant le vase tenu par le fond dans un récipient rem-
- 1. Quelquefois lorsque la terre ne donnait pas une coloration brune assez intense, on en renforçait la couleur par du brun appliqué sur la terre avant cuisson.
- 2. On a quelquefois utilisé le vert. Il semble même qu’au Moyen Age les vases en poterie de terre vernissée, jaune clair et vert, soient des plus fréquents sur les bords de la Saône. On s’en rend compte par les débris de poteries ramenés par les dragues du fond de la rivière. Le vert et le bleu, voire le noir sont utilisés encore aujourd’hui, mais en proportion moindre.
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- Fig. 7. — Ecuellc vernissée en terre brune, xvme siècle, trouvée dans la Saône, près de Tournus. Musée de Tournus.
- ("Cliché Violet).
- Fig. S. — Ecuclles, assiette, pot et chandelier en terre rousse vernissée.
- Fig. 9. — Poteries modernes de Saint-Laurent-lès-Mâcon. (Cliché Combier).
- Fig. 10 et 11. — Coqs en céramique vernissée destinés aux fêtes des feux de printemps. Poterie de Saint-Laurent-lès-Mâcon.
- (Clichés Combier, Mâcon)
- pli de vernis. Suivant qu'il vendait son vase plus ou moins cher, il le plongeait plus ou moins profondément, rarement jusqu’au fond. Aujourd’hui les potiers moins économes, le vernis étant peut-être relativement moins rare et moins cher qu’autre fois, trempent généralement leur vases jusqu’au bas. Ces vernis sont à base de plomb et proviennent d’Espagne.
- Ces poteries, dont les spécimens les plus anciens parvenus jusqu a nous paraissent remonter à l'époque du Grand Roi (3), se sont faites jusqu’à nos jours. Elles se fabriquent encore en Bresse dans les poteries locales, notamment à Bourg et à Saint-Laurent-les-Mâcon. D’autres poteries, également remarquables, mais peut-être moins originales, présentent des applications de bandelettes de terre appliquées au pouce, reproduisant généralement des croix simples, des croix d’amour, quelquefois des cœurs, des fleurs de lys ou
- 1. Pour les poteries savoyardes, Arnold van Gennep constate aussi que les plus anciennes ne peuvent remonter qu?à la fin du xvne siècle au plus.
- des monogrammes. Si ce procédé est peut être plus répandu dans l’ensemble de la France, il n’en n’est pas moins à signaler car les formes des vases, le plus souvent des cruches à huile, possèdent un galbe vraiment imposant et très bien équilibré.
- Ces cruches sont, contrairement aux autres, vernies jusqu’à leur base, peut-être à cause de leur destination spéciale qui imposait le vernissage pour éviter le suintement de l’huile au travers des pores de la terre cuite.
- Les poteries du premier type sont plus diversement décorées. On y voit des rinceaux de feuillages, des feuilles d’eau, si populaires dans l’art du bois bressan, des feuilles de sagittaire et, dans les plus anciennes, des coqs ou des soleils rayonnants, rappelant le règne de Louis XIV. D’autres nous offrent des inscriptions diverses, quelques-unes humoristiques, la plupart neutres, faisant allusion à des préoccupations de l’artisan qui les décora, au moment de la fabrication. Nous en reproduisons un certain nombre prises parmi les plus originales.
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- En dehors des cruches et des pois, les potiers de terre de jadis fabriquaient aussi des menus objets, telles que des écuelles ; ils ont même produit des assieltcs et des plats, mais la faïence leur a bientôt fait, en cette matière une victorieuse concurrence (4).
- 11 faut arriver à l’après-guerre pour voir à nouveau les potiers se livrer à la fabrication de ces menus objets du fait de la demande des touristes désirant emporter des céramiques d’origine locale fabriquées à la main.
- Dans les dernières années du xixe siècle, les potiers bressans, par économie de temps, ont souvent remplacé l’application de traits de couleurs claires au moyen du gourgoulou par la coulée de gouttelettes de même couleur sur le fond brun roux de la terre du pays, ce qui acheminait cet art original vers la marbrure, dans le genre de la poterie jaspée de Cluny. Cependant certains potiers n’avaient pas complètement abandonné l’ancien pi’océdé, qui par son originalité, tend présentement à revivre. On a pu s’en rendre compte à l’Exposition des arts et techniques de 1987, où la production de Gabriel Pecquet, si originale et en même temps si traditionnelle s’inspire exclusivement de ce procédé.
- Du reste, les ateliers bressans ne se contentent plus de la production purement utilitaire de ces cinquante dernières années (pots à lait, pichets, cruches à huile, etc.) mais créent des modèles nouveaux, notamment à l’occasion des fêtes populaires. Les coqs de la fête annuelle des feux sont du nombre et présentent des spécimens variés dont quelques-uns, sinon tous,
- l. En i'Jâô une exposition rétrospective de la poterie rustique des bords ue la Saône et de la Bresse fut organisée à Mâcon par le Comité départemental des arts décoratifs et appliqués, présidé par M. le sénateur Pelletier.
- La plupart des clichés que nous reproduisons ont été pris au cours de cette exposition.
- On sait, de façon certaine, que dans les âges préhistoriques, le climat de la Terre a subi des variations considérables. On a trouvé qu’au Groënland et au Spitzberg par exemple, a existé une végétation luxuriante et qu’une couche de glace épaisse a jadis recouvert les plaines de l’Inde Centrale, déchargeant des icebergs dans une mer qui recouvrait alors le Punjab •et le Nord-Ouest de l’Inde, une des régions actuellement les plus chaudes du monde.
- Loi’sque l’on découvrit des traces de végétation •tropicale dans des régions qui actuellement sont situées dans les zones tempérées ou arctiques, on supposa, d’après les théories alors acceptées, que la haute •température nécessaire pour la vie de ces plantes était •due à la chaleur de la terre, encore en refroidissement •de son état igné primitif. Cependant on a démontré •que la glace existait déjà, et a laissé ses traces indélébiles, aux époques précambriennes (en particulier dans l’Amérique du Nord, en Europe, en Chine, en
- sont de bon aloi en même temps que pittoi'esques, restant dans la tradition rustique sans l'ougir d’être modernes.
- Les plus curieux, mais non les plus ai’tistiques, sont plats et généralement polychromes (vert et jaune, bleu et jaune, brun [couleur de la terre du pays] et jaune clair) ; sur leurs faces est inscrit un court procès-verbal, tracé à la pointe avant cuisson, à l’instar des tablettes hittites ou assyro-babyloniennes et rappelant les circonstances particulières de la fête, les personnages officiels y ayant assisté, ou la jeune fille ayant allumé le feu. Ce coq est ensuite enfoui dans le sol sur l’emplacement du bûcher, presque toujours au sommet d’une montagne isolée. Des répliques de ces coqs son souvent exécutées pour les personnalités ayant paidicipé à la fête (préfets, maires, etc.). C’est ainsi qu’un de ces coqs mentionne la présence au Mont Saint-Romain de M. Achille Villey, préfet de la Seine, aloi’s préfet de Saône-et-Loire, et qu’un autre fait allusion à la mort tragique du regretté Président Doumer survenue peu avant.
- Des spécimens de ces coqs se voient maintenant dans divers musées locaux de la Bourgogne.
- Malgré la disparition déjà signalée de nombreux ateliers, la pi'oduction générale des potiers bi'essans, qui n’est pas sans caructèi'e, s’est plutôt accrue en nombre dans ces toutes dernières années du fait de l’apparition de modèles nouveaux (écuelles, brocs, tasses à vin ou tâte-vin, pots à fleurs, etc.). Elle représente en tout cas un artisanat très vivant et original dont il faudra désormais faix’e état dans l’histoire du développement de l’art populaire régional.
- Gabriel Jeanton.
- Lauréat de l’Institut,
- Conservateur du Musée de Tournus (Saône-et-Loire).
- GLACIAIRES ............................-
- Afidque. du Sud, en Australie) c’est-à-dire que, bien ayant l’apparition de toute végétation, la terre était déjà considérablement refroidie.
- On retrouve ensuite une période glaciaire étendue à la fin du carbonifère et au commencement du per-mienr'C’est l’époque glaciaire permo-carbonifèi'e^ particulièrement marquée en Afrique du Sud, Amérique du Sud, Australie et Indes, c’est-à-dire dans une zone , située au maximum à 4o° de latitude de l’Équateur et particulièrement dans l’hémisphère sud tandis que dans l’hémisphère et les régions polahres nord, la température était i’emarquablement élevée. C’est l’inverse de la répartition logique des températures, imposée par la foi’me même de la Terre, dont la ceinture équa-toi'iale doit toujours être plus chaude que les régions populaires. L’explication possible, émise par Wegener, est que les continents ont changé de place sur notre globe depuis ces époques lointaines.
- Pendant toute l’ère secondaii’e et Père tertiaire, toute
- LES ÉPOQUES
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- Fig. 1. — Extension des glaces pendant la période glaciaire pléistocène.
- Les terres recouvertes de glace sont en blanc; les mers recouvertes de glace en pointillé.
- la Terre semble être restée à une température moyenne plus élevée qu’actuellement. Cependant à la fin du pliocène, cette température commença à diminuer, en Europe particulièrement, et le pléistocène fut une ère glaciaire caractérisée. La figure i empruntée à une remarquable' conférence de G. Simpson, directeur de l’Office météorologique anglais, faite à la Royal Institution of Great Bri-tain, donne la répartition de la glace à la surface du globe à cette époque. La calotte glaciaire descendait jusqu’à la latitude 38° N en Amérique, 5o° N en Europe (jusqu’à la vallée de la Tamise) et 6o° N en Asie. En même temps, les glaciers des montagnes dans le reste du monde étaient infiniment plus importants que de nos jours. Penck et Brückner ont étudié en détail pour les Alpes, qui sont un exemple typique, l’histoire glaciaire pendant toute cette ère géologique. Ils ont trouvé qu’il y a eu 4 périodes de refroidissement exceptionnel, pendant lesquelles la limite inférieure des glaces est descendue dans les Alpes environ i.5oo m plus bas que sa position actuelle. Ces 4 périodes auxquelles ils ont donné les noms de Gunz, Mindel, Riss et Würm sont groupées par paires, comme l’indique le diagramme fig. 2, séparées par une longue période plus chaude. Chose curieuse, contrairement à ce que l’on pouvait croire, au lieu que pendant les périodes interglaciaires le climat soit resté froid, il semble qu’il ait été beaucoup plus chaud que celui dont nous jouissons dans les temps modernes. C’est ainsi qu’à Hôtting, dans les Alpes, près d’Innsbruck, on a trouvé des rhododendrons fossiles qui ne croissent de nos jours qu’au Portugal ; dans les rivières on a trouvé des coquilles de mollusques qui ne vivent que dans le Nil (température moyenne supérieure de xo° à celle de nos rivières) ; des coquilles d’huître trouvées en Hollande et au Danemark appartiennent à des espèces que l’on ne rencontre aujourd’hui que très au sud de la Baie de Biscaye. Enfin, à cette époque du pléistocène, on a mis en évidence, dans les zones non recouvertes de glace, deux périodes pluvieuses, l’une au commencement, l’autre à la fin, dont les traces sont visibles dans le Sahara, le Liban, le Grand Bassin de l’Amérique du Nord, etc.
- Géologues, météorologistes, physiciens, astronomes, ont cherché à expliquer l’origine de ces périodes glaciaires qui ont, à plusieurs reprises, changé complètement les conditions de vie à la surface de la Terre.
- Certains se sont adressés à des facteurs purement terrestres, Tyndall et Ari'henius, par exemple, qui firent intervenir l’absorption sélective des diverses longueurs d’ondes du spectre solaire par l’acide carbonique, dont ils supposaient que la teneur dans l’at-
- mosphère a pu varier dans de grandes limites par suite d’éruptions volcaniques formidables ; Croll qui invoqua les variations d’excentricité de l’orbite terrestre et celles de l’aphélie et de la périhélie. Pour d’autres savants au contraire, c’est le Soleil qui est le grand responsable. C’est une hypothèse très vraisemblable : une période glaciaire correspondrait à une réduction de la radiation de l’astre du jour, et une période de climat plus chaud à une activité solaire plus grande. Malheureusement les choses ne se passent pas si simplement, ainsi que l’expose M. Simpson qui est arrivé à la conclusion, d’apparence paradoxale, que les époques glaciaires sont causées par une augmentation de l’activité solaire ! Voici comment il explique sa théorie.
- * *
- Le soleil nous envoie de l’énex-gie qui, absorbée par la terre, en échauffe la surface ainsi que l’atmosphère. Mais la Terre n’est pas un « corps noir » (sans quoi sa température atteindrait une valeur stationnaire lorsqu’elle rayonnerait autant d’énergie qu’elle en reçoit, et elle suivrait par suite fidèlement les fluctuations de la radiation solaire) ; il faut tenir compte de l’ac-
- Fig. 2. — Diagramme de Penck et Brückner donnant la variation de l’altitude minima des neiges éternelles pendant la période glaciaire clu pléistocène.
- ' 5’^
- Maustèrien ‘ÿ-5:
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- Attitude minima des neiges éternelles + 30ol
- Mindel
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- Chute de neù^
- niât ion
- R a dia t ion soi a ire
- Fig. 3. — Action de F augmentation de la radiation solaire sur la précipitation et Vaccumulation de la neige.
- tion des nuages, qui renvoient dans l’espace 43 pour 100 environ de l’énergie incidente, de sorte que la Terre ne reçoit guère que la moitié de l’énergie solaire.
- Par suite de la forme de la Terre, l’énergie reçue est plus forte à l’équateur qu’aux pôles où la température sera alors plus basse qu’à l’équateur. Il en résulte des variations de pi'ession atmosphérique et la création de ce que l’on appelle la circulation générale de l’atmosphère. Celle-ci se stabilise au cours des temps et atteint finalement un état d'équilibre statistique, avec une- certaine distribution de températures, de
- déplacements d’air et de nuages lelle qu’il y ait égalité globale entre l’énergie reçue et l’énergie rayon-née.
- Supposons maintenant que la radiation solaire augmente. Il en résultera initialement un échauf-fement général mais plus important à l’équateur qu’aux pôles. Par suite la circulation générale de l’atmosphère s’accélérera, ce qui, joint à l’élévation de température, provoquera
- une évaporation plus intense des océans et par suite une proportion de nuages plus grande et une précipitation liquide plus importante, particulièrement dans les zones équatoriales.
- Aux pôles et à leur voisinage, cependant, les résultats seront différents. La température moyenne est voisine de zéro (ou plus basse). Quand la radiation solaire augmente, la précipitation sous forme de neige et la température augmentent (fig. 3, courbe i). Quand la température de l’été approche du point de fusion (point A par exemple) une partie de la précipitation se fait sous forme de pluie et plus la radiation solaire augmentera, plus cette partie sera importante, de sorte que la courbe de précipitation sous forme de neige aura l’apparence de la courbe 3 et la courbe d’évaporation et de fusion durant Tété augmentera suivant la courbe 2 jusqu’à un certain moment, atteint en B, où l'évaporation et la fusion équilibrent la précipitation sous forme de neige. Quant à la courbe donnant l’accumulation de la neige (différence entre les courbes 2 et 3) elle a l’allure représentée en 4 : au début, l’accumulation annuelle est faible ; quand la radiation solaire augmente, elle croît jusqu’à un maximum puis décroît rapidement, par suite de l’importance de la fusion qui devient telle qu’aucune accumulation ne se produit plus.
- On peut démontrer expérimentalement ce phénomène paradoxal qu’une augmentation de température augmente la formation du dépôt de glace par une expérience très simple. On dispose dans un récipient cylindrique en verre une légère couché d’eau. La partie supérieure est fermée par un bouchon métallique que l’on peut refroidir avec de la neige carbonique par exemple. La couche d’eau figure l’équateur, le bouchon froid le pôle. Quand l’eau est additionnée de glace, on constate un dépôt léger de glace à la partie supérieure (analogue du point A). Quand l’eau est à la lempérature ordinaire, le dépôt est plus abondant (correspondant à un point à droite de A, la radiation augmente). Si on chauffe légèrement l’eau, le dépôt est beaucoup plus grand (correspondant à une radiation solaire plus intense). Si on continue à chauffer, le dépôt passe d’abord par un maximum (correspondant aü point B) puis diminue rapidement quand la température de l’eau s’élève (correspondant à un point à gauche de B : l’évaporation et la fusion l’emportent sur le dépôl). Si nous laissons revenir én sens inverse (diminution de la radiation solaire), on repasse par les mômes changements, mais en sens inverse.
- . *
- * *
- S’appuyant sur ces remarques et ces expériences, M. G. Simpson a tracé les courbes représentées figure 4 montrant les variations des dépôts glaciaires et des facteurs météorologiques quand l’intensité de la radiation solaire fait deux oscillations complètes. Les abscisses représentent le temps, la courbe x les 2 cycles solaires, la courbe II la température moyenne de la Terre, la courbe III la pi'écipitation (qui suit directe-
- Fi.Q. P — Effet de deux cgcles de la radiation solaire sur les phénomènes glaciaires.
- solaire
- Température
- Précipitation
- Accùrnu/aiion~Se la
- Avance et retrait de la neige
- Temps
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- nient la courbe solaire), la courbe IV l’accumulation des neiges. Cette dernière courbe est particulièrement intéressante : elle montre une accumulation de neige dans les périodes de minima solaires et une disparition complète dans les périodes de maxima. La glace qui s’accumule, années après années, sur une surface donnée doit s’échapper soit par les glaciers dans les montagnes, soit en recouvrant la surface de la Terre ; dans les deux cas elle est transportée vers les régions où la fusion est supérieure à la précipitation. La courbe V montre l’avance ou le recul des moraines frontales des glaciers ou de la limite de la croûte glaciaire.
- On voit que celte courbe est très analogue à celle tracée par Penck et Brückner pour les Alpes : dans chaque cas il y a 4 périodes d’avance des glaces, se groupant par paires séparées par un intervalle assez
- long. Cette disposition provient de ce qu’il y a deux périodes glaciaires pour chaque maximum de l’activité solaire. Les périodes intermédiaires correspondent à des climats différents suivant qu’elles correspondent à un maximum ou un minimum d’activité. Si la théorie est correcte, nous vivons actuellement dans une période froide et sèche par suite de la diminution de l’activité solaire. Si celle-ci augmente de nouveau, la Terre connaîtra une nouvelle époque glaciaire.
- Celte théorie curieuse, séduisante et nouvelle, semble fournir une explication logique des résultats de Penck et Brückner mais, comme toutes les théories, elle ne fait que déplacer la question : il reste en effet à trouver l’explication et la cause des fluctuations de l’activité solaire étendue sur des millions de siècles.
- H. Vignerox.
- = RECHERCHES RÉCENTES SUR LES COUCHES = EXTRÊMEMENT MINCES DE CORPS INSOLUBLES FLOTTANT A LA SURFACE DES LIQUIDES (COUCHES MONOMOLÉCULAIRES)
- Lorsqu’on dépose à la surface d'une eau parfaitement propre une petite goutte d’huile, celle-ci s’étale instantanément en abaissant la tension superficielle de l’eau. Les divers phénomènes susceptibles de se produire dans ces conditions, suivant la surface offerte à l’étalement pour la quantité d’huile utilisée, la température, la nature des corps dissous dans l’eau, etc., sont extrêmement complexes. Ils ont fait l’objet de nombreuses recherches, au premier rang desquelles il convient de citer celles de Lord Rayleigh et de M. Henri Devaux. Tout récemment, leur étude a été reprise par M. Dervichian, au laboratoire de M. Jean Perrin, et les résultats obtenus ont fait l’objet d’une très intéressante thèse de doctorat, soutenue devant la Faculté des Sciences de Paris, dont nous voudrions ici analyser brièvement les conclusions.
- Tension superficielle et tension interfaciale. —
- Pour bien comprendre ces phénomènes, il n’est pas inutile de rappeler quelques notions classiques relatives à la tension superficielle des liquides. On sait que la surface libre d’un liquide est, à bien des égards, assimilable à une membrane élastique, en sorte que chaque unité de longueur prise sur cette surface est soumise à une force normale à l’élément qui constitue la tension superficielle y du liquide. On dit quelquefois que le liquide a une énergie superficielle de y ergs par centimètre carré : en effet, si l’unité de longueur de i cm se déplace d’un centimètre parallèlement à elle-même, la force de y dynes qui s’exerce sur l’élément effectue bien un travail de :
- y dynes x i cm = y ergs.
- La tension superficielle des liquides peut être mesurée par divers procédés : hauteur d’ascension dans les tubes capillaires, formation des gouttes, arrachement d’un anneau posé à la surface du liquide, etc.
- D’une manière analogue, la surface dé séparation entre deux liquides À et B non miscibles peut être assimilée à une membrane dont la tension yAn représente ce qu’on appelle la tension intexTaciale entre les deux liquides. Considérons par la pensée une colonne liquide ayant i cm2 de section et formée de liquides À et B superposés. Séparons les deux liquides à leur surface de contact de manière à obtenir deux prismes, Lun du liquide A, l’autre du liquide B, ayant l’un et l’autre i cm2 de section ; la surface libre de A ainsi créée présente une énergie yA et la surface de B une énergie yB ; d’autre part, la surface de séparation des. deux liquides A et B ayant disparu, il en est de même de l’énergie yAlI qui correspondait à cette tension interfaciale. On voit par là que, pour effectuer la séparation envisagée, il aurait fallu dépenser un travail :
- (i) 'W — y a. -f- y b — 7 An
- Le travail W est une mesure de l’énergie d’adhésion des liquides A et B ; il croît avec l’afUnité réciproque des deux liquides. De la relation (i) on tire :
- Yab = Ya+Yii—W
- On voit que la tension interfaciale yAIi est d’autant plus faible que les substances A et B ont une plus grande affinité réciproque et qu’elle s’annule lorsque les deux liquides sont miscibles ou peuvent se com-
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- biner, puisqu’alors toute surface de séparation disparaît. Dans ces conditions, yAB étant nul, on a :
- W = Ya + T»’
- Étalement d’un liquide à la surface de l’eau. —
- Une goutte d’huile de paraffine déposée à la surface de l’eau forme sur celle-ci une sorte de lentille qui reste très petite. L’unité de longueur, prise sur la ligne de contact de la lentille avec l’eau, est commune à trois sui'faces : surface libre de l’eau, surface libre de l’huile et surface de contact entre l’huile et l’eau. En désignant par yA et yB les tensions superficielles de l’eau et de l’huile, par yAR la tension interfaciale entre les deux liquides, on voit que l’unité de longueur envisagée est soumise à ces trois forces s’exerçant dans des directions différentes et qui doivent s’équilibrer puisque la goutte est immobile et n’est le siège d’aucune transformation.
- En désignant par a l’angle de yA et de yB, par P celui de yB et de yAR (fig. i), on voit que l’équilibre est réalisé lorsque l’on a :
- (2) yA = '/b cos a + yab cos [3
- La valeur maximum du second membre obtenue pour a = (3 = o est yA + yAB ; elle correspondrait au cas d’une lentille infiniment plate. Ainsi, l’égalité (2) ne pourra jamais être réalisée si la tension superficielle de l’eau yA est supérieure à la somme y„ + yAB de la tension superficielle de l’huile et de la tension interfaciale entre l’huile et l’eau. Dans ce cas, la force yA, supérieure à la résultante des deux autres, l’emporte et la goutte s’étale.
- A 20° C., une huile de paraffine possède une tension superficielle de 3 a dynes par centimètre et sa tension interfaciale au contact de l’eau est de 46 dynes par centimètre ; la somme :
- y a -J- y*B = 4® A- 3 2 = y 8,
- étant supérieure à la tension superficielle yA = 74 de l’eau, une goutte de celte huile 11e s’étale pas à la surface de l’eau. Il 11’en est plus ainsi dans le cas où l’on dépose à la surface de l’eau une goutte d’acide oléique dont la tension superficielle yB = 3i dynes par centimètre est voisine de celle de l’huile de paraffine mais dont la tension interfaciale au contact de
- Fig. 1. — Equilibre d’une goutte d’huile de paraffine à la surface de l eau. Chaque élément de la ligne de raccordement est soumis à trois forces qui se font équilibre : la tension superficielle y a de l’eau, la tension superficielle y11 de l’huile et la tension interfaciale yab entre les deux liquides.
- l’eau yAB est de 12 dynes par centimètre, ce qui tient à une plus grande affinité de l’acide oléique pour l’eau par suite de la présence, dans la molécule, du radical acide COOH. La somme :
- Yb + yab = 3i -f- 12 = 43,
- étant très inférieure à la tension superficielle de l’eau, une goutte d’acide oléique ne peut rester en équilibre à la surface de l’eau et s’étale sur celle-ci.
- Bien entendu, les résultats précédents restent vala-bels, quelle que soit la nature des constituants A et B. De nombreuses expériences ont été faites en prenant le mercure comme liquide A sur lequel on dépose une goutte du constituant B.
- Étude physique de l’étalement. — On doit à M. Henri Devaux une admirable série de recherches, aujourd’hui clasiques, relatives à la manière dont une goutte d’huile ou d’un corps gras quelconque s’étale à la surface de l’eau.
- Si l’on saupoudre de talc, au moyen d’un tamis, une surface d’eau parfaitement propre, les grains de talc sont extrêmement mobiles à la surface de l’eau et il suffit de souffler tangentiellement à la surface pour balayer les grains de talc et les rassembler contre une des parois de la cuve.
- Après avoir saupoudré avec des grains de talc une surface d’eau bien propre, déposons au milieu de celle-ci une quantité très faible d’un corps gras telle que peut en porter un fil de platine très fin ayant touché le corps gras par son extrémité. On assiste à une véritable « explosion à deux dimensions ». Les grains de talc sont vivement repoussés à partir du point touché et chassés vers la périphérie. On voit se former un cercle, démuni de talc, dont la circonférence s’élargit pi'ogressivement, jusqu’à atteindre une valeur déterminée qui va en croissant avec la quantité d’huile déposée à la surface de l’eau. L’aire ainsi dépourvue de talc représente la surface occupée par l'étalement du corps gras.
- Si, sur la surface occupée par le corps gras, on répand à nouveau des grains de talc, on constate qu’ils ne se déplacent plus aisément sous l’influence du souffle, comme ils le faisaient lorsqu’ils se trouvaient à la surface de l’eau propre : chaque grain semble fixé sur la couche d’huile sous-jacente qui s’oppose à ses mouvements.
- Si la quantité d’huile déposée sur la surface est suffisamment faible, on pourra observer l’étalement d’une nouvelle quantité d’huile qui se traduira par une « explosion superficielle » moins vive que la première et ainsi de suite. Mais il arrivera un moment où un nouvel apport ne donnera plus l’étalement et formera un très petit globule au point touché. A partir de cet instant, aucun nouvel apport ne donne naissance à un étalement du corps gras déposé : on dit alors que la surface est saturée. La .quantité de corps gras nécessaire pour saturer de vapeur un espace vide croît avec le volume de l’espace offert à la vaporisation.
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- Fluides à deux dimensions. — On a pu re trou -ver sur les fluides à deux dimensions produits par des molécules déposées à la surface d’un liquide des propriétés tout à fait analogues à celles que présentent les fluides à trois dimensions constitués par les gaz ou les vapeurs dont les molécules peuvent se déplacer en tous sens dans l’espace qui leur est offert.
- De meme qu’il est nécessaire, lorsqu’on étudie les propriétés d’une vapeur pi’oduile par un liquide, de connaître la quantité de vapeur sur laquelle on opère, il convient, dans le cas de corps étalés sur un liquide, de connaître la quantité du corps déposé. Pour cela, on prépare une solution de titre connu du corps à étudier dans un solvant volatil (benzène ou éther) lI on dépose, au moyen d’une pipette, un volume déterminé de la solution ainsi obtenue sur la surface où l’on veut observer l’étalement. Le benzène ou l’éther se répandent sur la surface et s’évaporent en laissant comme résidu le corps qu’ils contenaient en solution. Le poids de ce corps est facile à calculer à partir du volume et du titre de la solution utilisée.
- De meme qu’il est intéressant, lorsqu’on étudie les propriétés d’une vapeur, de pouvoir faire varier le volume offert à la vaporisation, il convient, étant donnée une certaine masse d’un corps étalé, de pouvoir modifier à volonté la surface qu’occupent ses molécules. On peut y parvenir simplement de la manière suivante : si l’on pose à la surface de l’eau un cadre rectangulaire (fîg. 2) composé de quati'e minces lames de mica enduites de paraffine, on constate que le mica paraffiné flotte sur l’eau en s’y appliquant de toute sa surface. Le cadre constitue un récipient parfaitement étanche pour une pellicule d’huile. Une bandelette mobile, posée transversalement sur le cadre, permet de partager la surface en deux compartiments isolés l’un de l’autre et dont on peut faire varier les aires. Le cadre accompagné de sa bandelette mobile se comporte, à l’égard d’un fluide à deux dimensions, exactement comme un corps de pompe muni d’un piston à l’égard d’un liquide ou d’un gaz.
- Si, la bandelette étant amenée presque à l’extrémité de sa course, on introduit dans le petit espace libre entre le cadre et la bande un peu d’huile formant une couche saturée sur laquelle une petite goutte ne s’étale plus, on constate, en reculant le piston de manière à augmenter la surface offerte à la couche, que celle-ci s’étale régulièrement. On peut suivre le phénomène aisément en la saupoudrant de talc : on voit la goutte se répandre peu à peu en un cercle dénudé au milieu de la surface saupoudrée de talc. Mais lorsque toute la gouttelette en excès a été étalée, on voit les gTains de talc continuer à envahir uniformément la surface libérée par le déplacement de la bandelette, montrant que la couche, bien qu’elle ne soit plus saturée, continue à se détendre par l’effet d’une véritable pression superficielle.
- Le phénomène est réversible : en ramenant la bandelette vers sa position primitive, on comprime la
- Piston-
- Z7.
- T
- Fond mobile\
- P if!
- K p/cm g 'p/cm /
- pellicule s u -perficielle e t , si entre le piston et le cadre se produit fortuitement une fuite, on assiste à une véritable effusion d u fluide entraînant les grains de talc révélateurs dans le compartiment vide. Pour une réduction suffisante de la surface, apparaissent de fines gouttelettes d’huile qu’on appelle souvent, d’une manière imagée, les « yeux de bouillon », dans lesquelles le fluide condensé est en équilibre avec la pellicule invisible.
- Fig. 2. — Cadre de mica paraffiné flottant sur l'ea-u, à l’intérieur duquel peut se déplacer une bande mobile fonctionnant comme un piston dans un cylindre à deux dimensions.
- La pression superficielle. —- La pression d’expansion, pour des couches de plus en plus diluées, est en relation très simple avec l’abaissement de la tension superficielle que produisent sur un liquide les moindres traces d’impuretés présentes à sa surface. Considérons le cadre que la bandelette, jouant le rôle de piston, partage en deux compartiments, l’un A dont l’eau est propre et possède la tension superficielle y de l’eau pure, l’autre B dont, la surface est recouverte d’une pellicule d’acide oléique et a une tension superficielle plus faible y' (fig. 2). La bande est donc tirée du côté B avec une force plus faible que du côté A : tout se passe comme si elle était poussée vers A avec une force qui, par unité de longueur, est égale à la différence y — y' des deux tensions superficielles. C’est sous l’action de cette force que la bandelette est refoulée par la nappe d’acide oléique qui se détend. Rapportée à l’unité de longueur, elle constitue la pression superficielle p qui obéit à la relation :
- p — y — y'
- La mesure des tensions superficielles peimettrait donc de connaître la pression p ; mais 011 peut évaluer dii'ectement cette pression en mesurant la force qu’il convient d’appliquer à la bandelette pour la maintenir immobile. La mesure de cette force peut être réalisée au moyen de divers dispositifs (levier relié au fléau d’une balance, équipage à fil de torsion) qui permettent d’apprécier des pressions allant de plusieurs dizaines à quelques centièmes de dyne par centimètre.
- Courbes des pressions superficielles en fonction des surfaces. — Les courbes obtenues en portant en abscisses les surfaces occupées par une pellicule et en ordonnées les pressions superficielles correspondantes pi’ésentent d’étroites analogies avec les courbes classiques d’Andrews représentant la pression d’un fluide en fonction de son volume aux températures infé-
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- r i e u r e s au point critique et pour lesquelles la liquéfaction est possible. La figure 3 représente une de ces courbes. Si l’on part d’une couche superficielle extrêmement diluée caractérisée par une pression très faible, de quelques centièmes de dyne par centimètre (point D), on constate, en réduisant l’aire occupée par la couche, que la pression croît d’abord en raison inverse de la surface, la courbe ayant une allure hyperbolique analogue à celle qui traduit la compressibilité d’un gaz parfait. C’est le parcours représenté en DG ; on observe ensuite la production d’un palier CB pendant lequel la pression garde une valeur invariable de l’ordre d’un dixième de dyne, alors que la surface continue à diminuer. La courbe se redresse ensuite brusquement suivant BA, la pression superficielle s’accroissant rapidement jusqu’à une valeur de 3o dynes par centimètre pour l’acide oléique. La pression superficielle garde ensuite à nouveau une valeur invariable lorsqu’on continue à réduire la surface : la couche est alors saturée et des gouttelettes de liquide y apparaissent, mais la production du palier fait connaître d’une manière très précise le début de cette saturation.
- Tout le long du palier CB coexistent, dans le fluide à deux dimensions, une phase liquide et une phase vapeur, celle-ci allant en diminuant au profit de la première à mesure que décroît la surface de la couche.
- Au point B, les molécules doivent être juxtaposées ©t constituent une assise monomoléculaire dans laquelle la distance moyenne des molécules ne diminue que très légèrement le long de BA jusqu’au moment où, les molécules étant trop serrées, certaines d’entre elles quittent la couche pour donner naissance à de véritables gouttelettes d’un fluide à trois dimensions.
- Ainsi, le premier palier CB se rapporte à l’équilibre entre le fluide superficiel à l’état gazeux constitué par des molécules qui se meuvent librement à la surface dù liquide sur lequel elles flottent et le fluide superficiel dans lequel les molécules sont contiguës
- g | dyt~ e/cm
- Saturation
- nés /cm
- B !
- (T-12 . S -—V
- Surfaces moléculaires
- Fig. 3. — Courbe représentant comment varie la pression superficielle en fonction de la surface occupée par une molécule-gramme d’une substance flottant à la surface de l’eau. On remarquera sur la courbe la présence de deux paliers : l’un CB relatif à l’équilibre entre le gaz et le liquide superficiel (fluides à deux dimensions), l’autre amorcé en A est relatif à l’équilibre entre le liquide superficiel constituant une couche monomoléculaire et le fluide condensé en gouttelettes formant des yeux de bouillon à la surface de l’eau.
- et obéissent à leurs attractions mutuelles ; le palier A est relatif à l’équilibre entre le fluide superficiel formé de molécules juxtaposées et le fluide à trois dimensions constituant les gouttes qui ont pris naissance sur la couche.
- Connaissant la masse moléculaire M de la substance et la massé de cette substance étalée sur une certaine surface, il est facile de déterminer, pour chaque position du piston, la surface S occupée par une molécule-
- g
- gramme et la surface s = — qu’occupe en moyenne
- chaque molécule élémentaire (N désigne le nombre de molécules élémentaires que renferme une molécule-gramme, ou nombre d’Avogadro égal à 6.io23). La partie DC de la courbe de compressibilité superficielle correspond à une équation :
- tïS - BT
- dans laquelle B a une valeur très voisine de celle relative à la constante des gaz parfaits rapportée à la molécule-gramme, ce qui achève d’établir l’analogie entre un gaz et le fluide superficiel dans les couches très étalées.
- Le tableau extrait du travail de Dervichian donne, évaluée en angstrôms-carrés (l’angstrôm correspond à io~8 cm) la surface moyenne o occupée par une molécule élémentaire au point B de la courbe, correspondant à l’état liquide du fluide superficiel dans lequel les molécules sont juxtaposées.
- g calculé
- Substances 2 g mesuré
- Vo 3
- Acide myristique . 57 A* 57-58 (à 34o)
- Acide palmitique . 62,5 61 (à 55°)
- Trioléine 138 I32-l37 (à 20°)
- Taurine .... i3o i32-i34 (à 200)
- Trimyristine 121 120-124 (à 43°)
- Trilaurine . Tribenzoïne (d = 111 110-1i5 (à 220)
- i,16 à 8oo) . Dilaurate de glycol 69 73 (à 3o)
- (d = 0,87) . . 86 83 (Adam)
- Acide oléique j Jj ’ 64 53 61-62
- Des expériences analogues ont pu être exécutées sur des substances comme l’acide stéarique qui sont solides à la température ordinaire, à condition de dissoudre ces substances dans un solvant volatil (benzène) ; en versant un volume déterminé de solution benzénique sur l’eau, il reste, après évaporation du benzène, une couche d’acide stéarique dans laquelle on peut calculer aisément la surface qu’occupe la quantité d’acide stéarique contenue dans le volume de solution utilisé. L’étude de cette couche conduit à l’établissement d’une courbe analogue à celle de la figure 3, mais dont l’interprétation est légèrement différente ; l’acide stéarique étant solide à la température ordinaire, sur le
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- palier CB il y a équilibre entre- l’acide stéarique pris à l’état de gaz superficiel et l’acide stéarique solide, le palier correspondant à une sorte de sublimation superficielle. L’aire moyenne occupée par une molécule d’acide stéarique au point B est comprise entre 20 et a3,5 angslrôms-carrés.
- Propriétés électriques des couches monomolé= cuiaires. — Sans insister sur toutes les particularités qui se présentent dans 1 étude du phénomène, nous mentionnerons seulement un effet de nature électrique de ces couches. Si l’on mesure la différence de potentiel existant, en vertu de l’effet Volta, entre un métal et un liquide, on constate que cette différence de potentiel est modifiée par des traces d’impuretés contaminant la surface du liquide.
- Au moyen d’un dispositif extrêmement ingénieux (fig. 4), M. Dervichian a enregistré photographiquement sur un graphique comment varient la pression superficielle d’une part et l’abaissement de l’effet Yolta d’autre part en fonction de la surface occupée par la couche. Pour l’enregistrement des variations de la pression superficielle, une lamelle de verre très mince (lamelle couvre-objet de microscope), soudée par le bord à l’extrémité d’une tige de verre, est suspendue au-dessous de l’un des plateaux d’une balance ; supposons que cette lamelle, maintenue verticalement, plonge partiellement dans le liquide dont on veut mesurer la tension superficieille. L’équilibre de la balance étant réalisé avant que la lamelle ne plonge dans le liquide, on constate qu’il est rompu aussitôt que la lame traverse la surface du liquide. Le système est alors soumis :
- i° à une traction vers l’intérieur de l’eau, due à la tension superficielle ;
- 2° à une poussée d’Archimède égale au poids du volume d’eau déplacé par la lamelle.
- L’équilibre est atteint lorsque ces deux forces s’équilibrent. Si la tension superficielle augmente, la lamelle descend d’une hauteur proportionnelle à la variation de la tension superficielle, le déplacement s’effectuant en sens inverse pour une diminution de cette tension.
- A litre d’indication, mentionnons que, dans le cas d’une lame de o mm i d’épaisseur plongeant dans l’eau, une diminution de la tension superficielle de i dyne : cm produit un soulèvement de 2 mm, déplacement que l’on peut amplifier par un dispositif optique et enregistrer sur un tambour analogue au cylindre d’un baromètre enregistreur recouvert de papier photographique.
- Quant à l’effet électrique, ses variations sont décelées par une lampe-électromètre à laquelle est associé un galvanomètre dont le miroir foi’me également un spot lumineux s’enregistrant sur le même tambour. D’autre part, le mouvement du cylindre enregistreur est rendu solidaire de celui de la bandelette jouant le rôle de piston pour comprimer la couche superficielle formée à la surface de l’eau. L’enregistrement simultané des deux phénomènes a permis à M. Dervi-
- 171 =
- Fig. 4. — Photographie de l’appareil imaginé par M. Dervichian pour inscrire simultanément la variation de la pression superficielle et celle de l’effet Volta produites par une couche mono-moléculaire d'une substance flottant à la surface de l’eau.
- chian d’apporter une confirmation en faveur de l’hypothèse de la coexistence de deux phases sur le palier de vaporisation. Sur la courbe P relative à la pression superficielle (fig. 5), on constate l’existence d’un palier indiquant que la pression demeure invariable pendant tout le temps qu’il y a deux phases en présence, c’est-à-dire pendant tout le temps que dure la condensation du gaz superficiel à l’état de liquide superficiel. Lorsque la surface occupée par la couche continue à diminuer, le palier est suivi d'une portion de courbe rapidement ascendante qui aboutit à un second palier beaucoup moins étendu, indiquant que la couche cesse d’être monomoléculaire et qu’il y a équilibre entre le fluide superficiel et le fluide à trois dimensions. A chaque point singulier de la courbe des pressions, correspond un point analogue sur la courbe AV de l’effet électrique.
- Le même dispositif permet l’étude des corps qui sont solides à la température ordinaire comme l’acide
- Fig. fj. — Reproduction d’un graphique enregistré par M. Dervichian montrant comment varie en fonction de la surface occupée par la couche : )° la pression suverficielle (courbe P) ;
- 2° l’effet électrique (courbe AY).
- T
- 0.327 colt
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- r----: 173 .......:..........7................
- stéarique, à condition de les dissoudre préalablement dans un solvant approprié et volatil comme le benzène. L’évaporation de ce solvant laisse une couche uniforme du corps solide étudié. Dans cette couche qui peut être monomoléculaire si la concentration de la solution a été choisie convenablement, les molécules restent non seulement juxtaposées, mais unies entre elles par les forces de cohésion ; la couche constitue une sorte de solide à deux dimensions. Elle perd, sa rigidité si on la chauffe à une température convenable, pouvant être regardée- comme le point de fusion du film solide monomoléculaire ; d’autres températures sont susceptibles de provoquer des transformations allotropiques importantes que l’analyse des courbes enregistrées par le dispositif de M. Dervichian permet de reconnaître aisément.
- CONCLUSION
- C’est toute une physico-chimie nouvelle qui apparaît lorsqu’on étudie, grâce aux divers et très ingénieux dispositifs établis par M. Dervichian, les couches formées d’une assise monomoléculaire de molécules. Cette physico-chimie conduit, tout au moins en première approximation, à des lois relativement simples, analogues, dans un plan, à celles qui régissent dans un
- système à trois dimensions les propriétés des fluides ordinaires. Sans doute, des complications apparaissent-elles surtout lorsqu’on envisage des corps qui sont solides à la température ordinaire. Mais dans l’ensemble, il est tout à fait remarquable que l’on soit parvenu à établir les propriétés les plus caractéristiques de ce nouvel état de la matière constitué par les corps pris en couches monomoléculaires dans lesquelles l’une des dimensions est tout à fait négligeable par rapport aux deux autres et qu’on peut regarder assez justement comme des gaz, des liquides ou des solides superficiels. Les propriétés de la matière prise dans cet état n’ont pas seulement un intérêt théorique ; elles interviennent pour rendre compte de nombreux phénomènes tels que la catalyse, le frottement, l’onctuosité, qui semblent liés à l’action de molécules fixées par adsorption à la surface des corps sur lesquels elles forment un revêtement composé d’une assise d’un petit nombre de molécules ou même monomoléculaire. Et l'on conçoit que la connaissance des propriétés de telles couches puisse être d’une grande importance pour beaucoup d’applications industrielles.
- A. Boutaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Membre de l’Académie d’Agriculture.
- LE CIMETIÈRE DES ICHTHYOSAURES DE HOLZMADEN
- Les ichthyosauies (du grec ichthys poisson et sauras lézard), montres paléontologiques qui existaient sur la terre à l’époque jurassique, furent découverts en 1708 en Allemagne par Jakob Baier qui en trouva, comme c’est le cas pour toutes ces espèces disparues, quelques ossements épars appartenant à l’épine dorsale, et qu’il attribua d’ailleurs à un poisson gigantesque. Plus tard, en i8i4, fut exhumé en Angleterre, le premier squelette, à peu près complet, qui permit aux savants de l’époque de se faire une première idée approximative de l’animal.
- L’ichthyosaure avait un corps ressemblant à celui d’un poisson, d’une longueur pouvant atteindre 4 m, de l’extrémité de la queue à la pointe du museau. Il possédait quatre nageoires très fortes et une queue très puissante. La tête ressemblait un peu à celle des dauphins et les mâchoires étaient garnies de plus de 200 dents acérées. Le caractère le plus frappant des squelettes retrouvés est l’énormité des yeux, logés dans une orbite osseuse qui occupe une grande partie du crâne.
- Qu’était cette créature des âges passés ? Un poisson ou un reptile P Georges Cuvier et Richard Chven, après étude très approfondie, arrivèrent à la conclusion que l’ichthyosaure était un reptile et les découvertes ultérieures, plus nombreuses et plus complètes, leur ont donné raison.
- On a trouvé des squelettes dans tout l’hémisphère nord, mais les spécimens les plus nombreux et les plus parfaits proviennent de Holzmaden, dans le Wurtemberg, où le Dr Ilauff en a abondamment recueilli, les a préparés, examinés et décrits avec soin et minutie.
- C’est ainsi qu’on a pu déterminer que la nourriture de l’ichthyosaure comportait surtout des Céphalopodes, des ammonites et des bélemnites. Une controverse très longue fut soulevée par la mise au jour d’un squelette d’animal adulte renfermant à l’intérieur une douzaine de petits ichthvosaures. On en déduisit soit que, comme certains reptiles actuels, l’ichthyosaure ne possédait pas d’œufs, mais était ovovivipare et donnait naissance directement à de jeunes animaux, soit pour d’autres savants, que déjà à l’époque jurassique, les parents, parfois, dévoraient leurs petits. Finalement tout le monde s’accorda pour accepter simultanément les deux hypothèses.
- Pendant longtemps, une particularité du squelette, que l’on retrouve dans tous les beaux spécimens, resta sans explication. A 4o ou 5o cm de l’extrémité de la queue, la colonne vertébrale semble courbée ou brisée d’une façon particulière. Au lieu de pendre, comme ce serait le cas si, sous le poids de la queue, lorsque l’animal était mort, la colonne vertébrale se fût brisée, la déviation est simplement de 4o à 45 degrés, et comparable dans tous les exemplaires examinés.
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- Fig. 1. — Un ichthyosaure de Ilolzmaden, long de 3 m 50 : Stenopterygius hauffianas. Au-dessous, les blocs d’argile schisteuse où il gisait ; au-dessus, la préparation du Dr Hauff, en 1923.
- Il fallut attendre la mise en exploitation du gisement de Ilolzmaden en Wurtemberg pour trouver l’interprétation correcte de cette singularité. Dans cette localité, sous la direction du Dr Bernhard Hauff, qui s’est spécialisé dans l'étude des innombrables squelettes que renferment les ardoises du lias, les fouilles se poursuivent inlassablement et le gisement se'révèle comme une mine d'une richesse exceptionnelle en squelettes d’animaux préhistoriques : iBo à 200 squelettes d’ich-thyosaures sont trouvés chaque année, dont 20 environ
- sont suffisamment intéressants pour être conservés, quelques léléosaures (animaux ressemblant à nos crocodiles actuels), de temps à autre un plésiosaure (reptile marin à nageoires et à long cou, analogue à celui d’un cygne énorme) des poissons et des pentacrines ou lys de mer, qui sont des échinodermes fixés par une longue tige.
- Lorsqu’un échantillon semble être intéressant, le Dr Hauff entreprend alors le travail extrêmement délicat qui consiste à dégager le squelette de la gangue
- Fig. 2. — Un autre ichthyosaure de Holzmaden : Stenopterygius quadriscissns, 1 m 30.
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- Fig. 3. — Comment devait apparaître un ichthyosaure, selon un dessin de W. Planck, rectifié par l’auteur d’après les restes de la figure 2.
- argileuse qui l’enrobe, travail de patience qui s’effectue finalement à la loupe. Quand tout le squelette est bien isolé, on le reporte sur une plaque d’ardoise et tous ses détails sont alors parfaitement visibles.
- C’est au cours d’une de ces préparations que le Dr Ilauff observa, autour du squelette, sur la plaque d’argile, une sorte d’ombre plus foncée, qui apparaissait encore plus nette lorsque la pierre était humide. En travaillant avec un soin tout particulier, le Dr Hauff put arriver à mettre alors en évidence les contours nets de la peau de l’animal.
- On comprit alors à quoi correspondait la déviation de l’épine dorsale, jusque-là inexpliquée : l’ichthyo-saure avait bien une queue, non pas horizontale comme- celle des cétacés, mais verticale, triangulaire, commençant à l’endroit ou la colonne vertébrale s’infléchit, comme on l’observe chez quelques poissons actuels.
- La famille des ichthyosaures, apparue au lias, a disparu à l’infracrétacé. On en distingue diverses espèces
- Fig. 'i. — Un chantier de fouille dans les ardoises, près d’Holzmaden (pliot. J)1' Hauff).
- dont les plus récentes sont beaucoup moins armées que les plus anciennes. Dans les dernières couches du lias, on trouve des squelettes d'Ophthalmosaiirus, formes dégénérées de l’ichlhyosaure, dont ils diffèrent par l'absence de dents. Les bêtes de proie puissamment armées ont-elles, au cours des âges, peu à peu perdu IVurs moyens de défense et d’attaque (dents et carapace) et ont-elles subsisté seulement jusqu’au jour où une nouvelle race destructrice, les Mosasaures, sorte de serpents de mer, apparaissant au début de l’ère crétacée les ont ravalées du rang de chasseur à celui de gibier ? C’est d’ailleurs une remarque fréquente qu’au
- Fig. o. — Mystriosuchus trouvé à Holzmaden. par le I)1' Hauff, proche du Gavial actuel (pliot. Dr Hauff).
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- cours des âges, des espèces qui à leur apparition étaient puissamment armées, dégénèrent peu à peu, puis disparaissent, exterminées par de nouveaux venus.
- Une autre question intéressante se pose. Pourquoi est-ce â Holzmaden que l’on rencontre ce véritable cimetière paléontologique et pourquoi les animaux y sont-ils dans un état de préservation si remarquable ? La géologie nous apprend qu’aux temps clu lias, ce qui est maintenant la région de Holzmaden était une
- Fig. 6. — Une encrine d’Holzmaden : Pcntacrinus subangularis (pliot. I)r Hauff).
- baie ou un détroit de l’océan jurrassique où se trouvaient des fonds extrêmement vaseux.
- On sait d’autre part que, en général, tout animal mort qui tombe au fond de la mer est déchiqueté par les crabes et autres animaux ; sa peau disparaît et son squelette est mis en pièces. Or rien de tel à Holzmaden n'a pu se produire.
- On peut supposer qu’à Holzmaden une force mystérieuse tuait les sauriens sans les abîmer et en même temps écartait les animaux dépeceurs de leurs dépouilles.
- Le Dr Hauff pense que la baie était peu profonde et que dans la vase qui en couvrait le fond se formait un poison détruisant toute vie animale, de l’hydrogène
- 175
- Fig. 7. — Un poisson de 80 cm : Lepidotus elvensis, trouvé à Holzmaden fphot. Dr Hauff).
- sulfuré par exemple. Les crabes ne pouvant y vivre, les carcasses n’étaient pas détruites. Quand des tempêtes agitaient les Ilots et la vase, ou lorsqu’au cours de la poursuite des bancs de poissons dans les eaux claires supérieures, les ichthyosaures en plongeant remuaient le fond, l’hydrogène sulfuré se dégageait et les tuait les uns après les autres. Leurs corps tombaient au fond, puis le calme revenant, la vase les ensevelissait, Holzmaden occuperait donc la place d’une « vallée de la mort » qui aurait existé il y a des millions d'années ! Willy Ley.
- Fig. S. — Le l)r Bernhard Hauff dans son laboratoire. (phot. Dr Hauff).
- LE GUANACO
- Au sujet de ce Mammifère, plusieurs inexactitudes ont été écrites, consignées même dans des livres de caractère scientifique. Le Nouveau Dictionnaire des Sciences de M. Poiré, par exemple, définit le Guanaco, « espèce appartenant au genre Lama ». Le contraire serait plutôt vrai.
- Cet animal appartient à l’ordre des Artiodactyles, au sous-ordre des Ruminants, à la famille des Camélidés, au genre Auchenia. Selon les uns,- ce genre comprend quatre espèces : Guanaco, Lama, Alpaca, Vigogne; selon les autres, le premier seul forme l’unique espèce, les trois derniers n’étant que des variétés d’Auchenia guanacus.
- Cette seconde opinion devient la plus'généralement admise et répond mieux à l’histoire zoologique. Les Guanacos sont bien l’espèce-souclie de ces trois Camélidés sans bosse, races
- obtenues par les soins de l’homme et perfectionnées dans un but d'utilité domestique.
- En effet, dès l’époque la plus reculée des Incas, les Indiens d’Amérique cherchèrent à tirer du Guanaco le plus de profit possible. Jugeant sa force de. résistance insuffisanle et sa laine trop grossière, ils améliorèrent l’une et l’autre. Par l’élevage, ils formèrent une variété plus forte : c’est le Lama, au corps trapu et de t m au moins jusqu’à la hauteur du garrot, à la toison de diverses couleurs et dont la croupe robuste porte une charge moyenne de 5o kgr. Une deuxième variété plus petite, l’Alpaca, fut élevée surtout pour sa laine qui est plus longue, plus cfônse, plus fine, blanche ou noire, mouchetée parfois; la taille ne dépasse pas 8o cm. La Vigogne est intermédiaire entre les deux types pré-
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- cédents : sa hauteur est de 90 cm. Le pelage est d’un jaune brunâtre, uniforme et fixe, plus court et plus crépu que celui de rAlpaca,,-femais?*moins. dur que celui du Lama. Elle se rapproche beaucoup plus de l’animal-souche que ceux-ci, et par la sveltesse et par les moeurs. Depuis longtemps, d’ailleurs, elle a repris l’état de liberté dans la Cordillère de l’Équateur, de la Bolivie et du Pérou. Les deux autres races, au contraire, ne vivent, dans ces deux derniers pays, qu’en immenses troupeaux soumis à l’homme.
- Ni l’une ni l’autre ne se rencontrent dans les Andes du Chili ou de l’Argentine. Là, les vieux aborigènes, moins industrieux, se sont contentés de la bête primitive, du Gua-naco, facile alors à capturer par son abondance même, et dont voici les faits et gestes biologiques.
- Les principaux éléments de cette étude m’ont été fournis par M. Michel Etchépare. Basque français, né à Ustaritz et débarqué adolescent sur les plages du Chili, il devint le plus habile et le plus illustre tireur de Guanacos qui existât jamais. Adonné à ce sport durant 27 années, vrai tacticien de chasse, il en abattit 2.400 environ, en éleva un certain nombre dans sa propriété rurale, et surtout en observa les coutumes avec une curiosité et une exactitude de naturaliste. Confident de ses observations, je vais donc rapporter ici du vu et du vécu.
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- Quel est le nombre actuel de ces Camélidés américains sans bosse ? Le judicieux Nemrod, d’après ses connaissances andines, le fixait dans les 20.000 pour les deux versants àrgentino-chiliens.
- Avant l’arrivée des conquérants espagnols (i54o), les Guanacos habitaient même la grande plaine centrale, jusqu’à la mer, en pleine liberté ou en semi-domesticité. Poursuivis dès lors pour leur chair et leur toison, épouvantés et décimés de. plus en plus par les armes à feu, ils battirent progressivement en retraite vers les montagnes, et enfin se confinèrent dans les altitudes les plus élevées des Andes. Ils y sont nomades, de par la nécessité même de trouver une bonne pâture, et s’organisent communément, en troupeaux de 10 à 4o têtes, 100 parfois selon les circonstances. Pour chacune des bardes le nombre d’invidus dépend de la force, du courage, de la chance du mâle qui la dirige. Un seul adulte est l’époux des femelles qui la composent, à la fois père des jeunes qui ont grossi la bande, et guide de tout le harem ambulant.
- On trouve aussi des compagnies de mâles seulement, jouvenceaux qui n’ont pu encore se constituer un sérail, vaincus qui ont perdu le leur. Souvent, ces délaissés errent chacun de leur côté, à l’aventure et en quête d’aventures.
- Le sultan des sommets est à la fois guide et défenseur de sa bande. Dans les pâturages et durant la marche, au temps de la sieste et.de la rumination, pendant l’installation au gîte nocturne, il veille constamment, l’œil et l’odorat ouverts sur les alentours et les lointains. Découvre-t-il un danger, ou simplement quelque chose d’insolite ? Il lance aussitôt un bêlement significatif qui met tout son monde sur le qui-vive et prêt à détaler. 131atère-t-il une deuxième fois? C’est le signal de la fuite, en direction opposée au. péril présumé : les femelles adultes en avant, la jeunesse en seconde ligne, lui-même le dernier pour couvrir la retraite, en héros qui s’expose aux premières atteintes de l’ennemi, en serre-file qui stimule et pousse à grands coups de tête les plus insouciants et les plus paresseux.
- L’acuité de sa vue, la finesse de son odorat, sa méfiance de vieux routier, l’aident puissamment dans ce rôle de roi responsable.. En voici un exemple. Un matin, M. Etchépare
- chevauchait sur la plage d’un immense lac, à quelque * 3.5oo m d’altitude. Soudain, à plus d’un quart de lieue devant lui, il découvre au bas d’un vallonnement des formes indécises, arrondies, immobiles comme des quartiers de roc. Que sont-elles en réalité?... Et voilà que, tout à coup, l’une de ces pierres supposées, remue et grandit. Plus de doute : il y a là-bas une harde de Guanacos qui ruminent, couchés, le déjeuner de la première heure, et dont l.e mâle a déjà repéré le Nemrod et l’examine ! Celui-ci alors se courbe sur l’encolure de son alezan pour ne faire qu’un avec lui et tromper l’œil de la sentinelle. Il avance ainsi, au pas, sur un parcours de 200 m. A ce moment, sans doute, le mâle lance son premier coup de trompette,, car la troupe entière se met debout brusquement. Deux minutes s’écoulent. Toutes les bêtes, là-bas, sont tournées vers le cavalier, toujours confondu avec sa monture. Subitement, elles font ^olte-face, au second cri du chef assurément, et décampent à plein galop, poursuivies par le chasseur lancé à toute allure qui ouvre le feu à 700 m et couronne cette fantasia en .logeant des balles dans la croupe de deux des fuyards !
- Le chef de harde qui, pour la première fois, aperçoit un être humain, fait montre de hardiesse. Loin de déguerpir, il s’avance au-devant de lui, seul, la tête haute, superbe, avec un grommellement de-colère et de défi, prêt à lutter avec ce bipède étrange et inconnu qui vient troubler ' son royaume.
- En marche vers un autre pâturage ou l’abreuvoir journalier, il précède sa smala en éclaireur. Une dizaine de mètres derrière lui, celle-ci avance confiante, et batifole à plaisir.
- A chaque vingt pas, il" s’arrête, prend le vent et scrute les environs. A chacune.de ses haltes, femelles et jeunes interrompent leurs jeux et fixent sur lui leurs regards dans l’attente d’un ordre. C’est admirable de prudence et de docilité.
- Cet empire du chef de harde est un et indivisible. Aussi, dès que les jeunes mâles ont 5 ou 6 mois et commencent à faire les damoiseaux, leur père les avertit qu’ils n’ont plus qu’à vider les lieux. Son langage est rude, et consiste en des morsures répétées que soulignent des ruades de plus en plus fréquentes. Ces freluquets se montrent-ils récalcitrants ? Le vieux leur fait une conduite en règle jusque loin du troupeau.
- Mais, il arrive qu’une smala nomade fasse la rencontre fortuite d’une autre également en voyage; la lutte alors est inévitable entre les deux chefs. Pendant que leurs familles-broutent tranquillement, indifférentes au duel, les deux champions s’affrontent avec furie : ils se déchirent' à coups de dents les lèvres, les oreilles et les joues, se boim’ent di ruades, enlacent l’un à l’autre leur long cou flexible et s’en servent de levier pour culbuter l’adversaire. La joute est longue et sauvage. L’un est-il enfin jeté à terre ? ( L’autre le piétine et tâche de l’assommer en le martelant avec son sabot. Sont-ils sur une pente ? Le vainqueur s’efforce d’y faire rouler le vaincu, surtout si elle s’ouvre sur un précipice, afin de s’en débarrasser à tout jamais.
- Couronné de blessures et de gloire, il réunit les deux troupes en une seule, et en garde la possession jusqu’au -jour où il subit le même sort que son rival malheureux..
- Il m'est pas rare, d’ailleurs, que les deux combattants restent sur le carreau, pantelants et ensanglantés. Alors, le premier remis achève le plus mal.en point, ou les hardes se rallient à tout mâle survenant qui les emmène.
- Les mêmes rixes ont lieu si quelque jeune, expulsé du troupeau paternel, revient ensuite, confiant dans sa vigueur juvénile et dans sa bonne étoile.
- La captivité ne diminue en rien cette fureur de domina-
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- ticm amoureuse, même si aucune Guanaca n’en est l’enjeu. En igo5, deux de ces Camélidés qui paissaient ensemble dans le parc d’une propriété rurale, et que j’ai vus moi-même, se déchirèrent ainsi et restèrent sur le terrain, exté-mués par ce match sans objet et sans pitié.
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- La femelle porte io mois, et le plus ordinairement met bas un seul petit, quelquefois deux, très rarement trois. Elle l’entoure de la plus tendre sollicitude, surtout afin de le préserver, du froid nocturne auquel il est extrêmement sensible. M. Etchéparc put constater bien des fois cette délicatesse des nourrissons. En capturait-il un, près du cadavre de la mère fusillée ? il le logeait dans sa propre tente et l’enveloppait cle couvertures près de son lit de camp. Malgré tout, ces frêles animaux périssaient le plus souvent, gelés par la froidure des hauteurs. A peine, en un quart de siècle, a-t-il pu en sauver sept ou huit. Quel est donc le secret de la mère pour réchauffer sûrement sa progéniture ? Le grand chasseur l’a surpris plusieurs fois. Là où les .arrête le soir, la Guanaca creuse en terre, à coups de sole, un creux capable de loger son rejeton. Lui se blottit dans ce bcrceaù improvisé, et la maman se couche sur lui, édredon vivant.
- Elle veille sur lui, car il a des ennemis jurés : les Condors -et les Pumas.
- Découvre-t-elle dans l’espace quelques-uns de ces vautours, planant au-dessus d’elle et de son petit? Son amour prévoit une agression, et aussitôt elle fuit avec lui vers un terrain semé de quartiers de roches ou de buissons, et s’y tapit à son cqté. L’instinct lui révèle que c’est là une enceinte sûre, ou les gros oiseaux n’oseront s’aventurer ni atterrir pour les assiéger. En effet, s’ils prétendent l’assaillir •en un vol rasant, ils risquent de se buter contre lès pierres •ou les ai’bustes ; s’ils se posent pour une attaque à pied, ils lui donnent le temps de-s’évader, ne pouvant par la. -course y prendre l’élan nécessaire à leur essor.
- Mais, cet endroit propice est-il éloigné ? ou les Condors surgissent-ils à l'improviste ? Alors, son seul recours est •de s’arrêter et de couvrir son petit, immobile sous elle. Les quatre pieds rivés au sol, elle supporte stoïquement les -coups formidables des ailes qui la fouettent au passage pour l’étourdir, l’aveugler, la bousculer, la séparer de son enfant. Si les rapaces ne sont pas trop nombreux, elle les lasse .par son endurance, et'finalement ils abandonnent la partie. Mais leur escadrillè est-elle renforcée ? sont-ils plus tenaces ? un coup mieux asséné brise-t-il la résistance de la mère, en risolant soit nourrisson ? Dans ce cas, commence la sinistre scène dont fut témoin le Nemrod basque, par un matin brumeux de janvier.
- C’était à plus cle 4.ooo m d’altitude, sur un plateau herbeux. Quatre Condors encerclaient un jeune Guanaco entre leurs longues ailes ouvertes. Ils les agitaient avec force,' dressés sur leurs pattes, les yeux fulgurants, le bec soufflant des menaces, pour intimider leur proie. Chacun d’eux -avançait tour à tour, et allongeait brusquement le long cou, visant de leur crochet l’œil de la victime. Celle-ci esquivait de son mieux le coup fatal ; mais bientôt, étourdie par les assauts précipités de ses bourreaux, elle fut atteinte -et resta borgne et sanglante. Le drame, dès lors, fut bien vite fini. Affolée par la douleur, ne voyant plus que d’un côté, la pauvre bête eut presque aussitôt le second œil emporté, et les quatre assassins se jetèrent à la fois sur elle pour la terrasser et s’en repaître. À six pas de là, sa mère se tenait plaintive et immobile. Pourquoi ne fonçait-
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- elle pas sur les vautours ? Il semble bien que d’un coup de tête et dfinie solide ruade elle les aurait mis mal en point. Mais non ! elle se contentait de gémir, comme impuissante à la lutte. Une balle mit fin à sa peine et à ce lugubre spectacle.
- L’ennemi est-il un Puma ? Le péril est plus grand encore. Le félin s’approche en rampant et assaille par surprise. Est-il éventé, ou manque-t-il sa proie ? Il se lance à la poursuite des fuyards, certain de rattraper le petit bientôt fatigué de la course. Je l’ai déjà dit dans mon élude sur le Couguard,-au n° 3q2i de cette Revue.
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- ^ Le jeune Guanaco sauvage est-il apprivoisable ?
- Quand sa mère est foudroyée par une balle, il reste auprès d’elle, la flaire en bêlant comme pour la rappeler à la vie. Pour le capturer, il suffit de l’encercler et de le prendre au lasso. S’échappe-t-il ? En le pourchassant de bas en haut, à cheval, il est vite forcé et se laisse choir sur le gazon. Deux difficultés se présentent alors, outre celle de le garantir du froid : le nourrir et le mener jusqu’au logis.
- M. Etchépare, qui en recueillait plusieurs durant son expédition annuelle, joignait toujours à sa caravane une jument encore allaitante qu’ils pussent têter à leur aise. Mais, une fois, les glandes mammaires de celle-ci se tarirent inopinément, et il essaya du lait condensé. L’effet fut désastreux : la dysenterie emporta le nourrisson en deux jours.
- Il en sauva donc quelques-uns ; mais il fallait les corn duire depuis le sommet des Andes jusqu’à la villa de la plaine! C’était trois ou quatre jours de marche, impossible à faire pour leurs jambettes trop frêles. Le Basque y pourvoyait : un des serviteurs à cheval soutenait dans ses bras le jeune animal, tout comme une nounou son bébé.
- Pris ainsi, dans la première enfance, ce Camélidé s’élève facilement, même en dehors de son pays d’origine et du continent américain. Ceci, à l’encontre de l’Alpaca, qui périt rapidement dès qu’il n’a plus l’atmosphère vivifiante des hautes cîmes. Diverses tentatives faites en Europe, en Australie et aux États-Unis, ont démontré l’une et l’autre chose.
- Il distingue son maître des autres personnes, mais montre une vive défiance à tout étranger qui l'approche. Durant les mois juvéniles, il accepte volontiers les caresses des gens de la maison et les leur rend par des câlineries de tête. Adulte, la femelle conserve cette même douceur de caractère. Le mâle, au contraire, devient ombrageux ejZ a ses heures de franche indiscipline et de’ révolte. Rêve-t-il aux jouissances de sultan cpii seraient les siennes dans la liberté des gi’ands monts ?
- Il se reproduit dans les enclos humains, parcs privés ou zoologiques, mais pas aussi régulièrement que dans la vie nomade des hauteurs.
- La longévité, comme celle du chameau, oscille dans l’espèce entre 4o et 5o ans.
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- Curieux, défiant et méthodique, tel est le Guanaco quant à son caractère.
- i° Il y a un siècle, le naturaliste Gav, qui étudia la faune chilienne, notait particulièrement cette curiosité chez les Auclienias. En ce temps-là, où la crainte des carabines ne les hantait point, ils s’approchaient des caravanes qui croisaient la Cordillère, pour les examiner niaisement. Mules
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- et muletiers leur paraissaient étranges. Le croira-t-on ? Le Couguard exploitait celle badauderie -au prolit de son estomac. A la vue d’une harde, le compère se mettait sur le dos, et agitait les quatre pattes dressées comme des antennes. Attirés par ce spectacle insolite, les Guanacos s’approchaient peu à peu, jusqu’au moment où le félin se redressait d’un bond et accrochait de sa griffe puissante le plus voisin ou le plus paresseux.
- 2° De nos jours, ils sont plus méfiants que curieux. Toute bête qui a perçu une fois le bruit d’une détonation, le sifflement d’une balle, le rfde d’un compagnon touché mortellement, disparaît du plus loin qu’elle voit une silhouette humaine. A fortiori, si elle-même a été blessée auparavant. Il s’ensuit de là que, pour les avoir à portée de fusil, il faut se défiler derrière une crête ou des rochers, se faire invisible d’une façon quelconque. Ou alors épauler entre 3 et 6oo m, en risquant la chance.
- Seuls les jeunes de l’année et quelques individus inexpérimentés, ignorants des armes à feu, continuent à paître sans alarme à la vue des humains.
- Celte défiance les rend coléreux. Ils le sont ëntre eux par la jalousie, et en captivité par ombrage. Leur mauvaise humeur a des signes fort caractéristiques : raide redressement du long cou, courbement de la queue en forme de croissant, rejet des oreilles en arrière, sourd grognement dans le gosier : c’est l’état de guerre ! Sont-ils provoqués par des gestes, ou appréhendent-ils une attaque ? Ils préparent aussitôt leur bombe défensive : par des contractions musculaires ils font remonter, de l’estomac jusqu’au naseau droit, des restes d’herbes à demi-digérées. Ainsi la bombarde est chargée : c’est l’ultimatum! Se croient-ils menacés vraiment, ou veulent-ils se venger de qui les agace ? Alors, d’un souffle puissant, ils projettent leur mastic visqueux' et nauséabond sur l’ennemi. Peu importe que celui-ci se tienne prudemment à 5 ou 7 rn : la précision du tir est telle que le projectile atteint sûrement l’adversaire si celui-ci ne se gare avec prestesse.
- 3° D’autre part, ils sont essentiellement méthodiques dans leurs coutumes de race.
- Capables de gravir, comme les chamois, les l’oches escarpées, ils cheminent d’ordinaire à pas comptés par monts et par vaux, broutant sans cesse l’herbe rencontrée. Trouvent-ils un canton avantageux, au gazon abondant et à proximité d’un bon abreuvoir ? Ils y font un séjour, choisissent pour gîte de nuit un endroit abrité contre le vent, et deviennent ingénieurs et cantonniers. Afin de s’éviter à eux-mêmes, et surtout à leurs petits, des fatigues remédia-bles, ils ouvrent à coups de soles, sur les pentes les plus raides, des sentiers en zigzags parfaitement égaux qui résistent même au ravinement du dégel des étés. Les hardes les montent et les descendent à la queue-leu-leu, à l’instar d’alpinistes consommés.
- Toujours mangeant, le Guanaco a des heures invariables pour se désaltérer. Au lever, et avant de regagner ie dortoir, le chef trompette un signal, et suivi du troupeau se dirige vers un torrent, un lac, une source, où il est sûr d’avoir une eau limpide, la seule dont il s’abreuve. Il y boit le premier, puis chacun à son tour, à la même place.
- La toilette de la smala obéit également à une loi inclian-gfcable. Elle consiste à se dégraisser la toison et à^sé Rafraîchir la peau en se vautrant sur un sol poussiéreux, et de préférence sur une terre argileuse. De là, le surnom de '« fils de l’argile jaune », donné à ce ruminant par les Indiens Onas de la Terre de Feu. Ils attribuent même la couleur de sa laine au fait de se rouler ainsi sur des couches argilifères. C’est un exercice d’hygiène journalier, obligatoire, soumis à un règlement inviolable. Cette bauge sèche
- est publique, à la disposition de n’importe quel troupeau ou individu de passage.
- Donc, en descendant du dortoir le malin, et en y regrimpant le soir, plus ou moins au lever et au coucher du soleil, la famille entière fait halte auprès, et en fde. De par sa préséance, le mâle-chef s’y jette sur le dos, s’y tourne, s’y gratte, s’y retourne cinq ou six fois, se remet sur pied, se secoue et va paître à côté.. Ses épouses et ses descendants s’y succèdent l’un après l’autre, sans bousculade ni presse aucune, dans l’ordre du rang. A la longue, l’endroit se creuse en fosse et devient incommode. On en choisit alors un autre tout proche.
- De là, le troupeau se rend aux communs, qui sont également obligatoires et fixes, autant pour lui que pour les hardes et les solitaires qui d’aventure sont dans les environs. Quand les crottins forment un las assez haut et de plusieurs mètres cubes, le chef en commence un autre à côté, jusqu’à ce que l’émigration se fasse vers d’autres montagnes. Curieuse coutume, particulière aux Auchénias, qui révèle en eux le souci délicat de ne point souiller leur pâture.
- Ces us méthodiques sont en germes dans le sang et l’instinct de la race, car les tout petits emmenés en captivité les suivent dès la première adolescence. Ceux de M. Etchépare se roulaient régulièrement devant lui, au pied du perron de la villa, aux heures réglementaires du matin et du soir; et les lieux d’aisances étaient un coin du pré où la longueur de l’attache permettait aux pensionnaires d’arriver.
- Après tous ces détails de mœurs, on se demande pourquoi le naturaliste Gay dénie au Guanaco toute intelligence, assertion contre laquelle s’emportait violemment mon ami le Basque, lui qui avait constaté et admiré tous les détails de leur vie montagnarde.
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- La chasse que, de tout temps, on leur a faite, a suivi diverses méthodes.
- Dans le Nord du Chili, les indigènes des siècles passés s’aidaient de leurs chiens pour capturer un troupeau entier. Hommes et mâtins l’entouraient de loin, et resserrant'leur cercle, poussaient peu à peu les ruminants vers quelque-hauteur dénudée. Entassés au sommet, ceux-ci tombaient sous le croc des meutes, ou les fers de lances, ou dans le-nœud coulant des lassos.
- En Bolivie, les traqueurs seuls prenaient part à la battue. Au nombre de plusieurs centaines, d’un millier parfois, et tous à cheval, ils se disposaient en cordon au pied d’une montagne où des Guanacos étaient signalés. A pas égal, ils la gravissaient en sonnant de la trompe et en poussant des cris sauvages. Epouvantés par ce charivari s’élevant sur les pentes, bloqués par cette ligne mouvante de cavaliers, les pauvres bêtes refluaient vers la cime où 5oo parfois.y perdaient ou la vie ou la liberté.
- Les Patagons actuels les forcent à cheval dans leur immense région, et les prennent dans leur lasso de cuir tissé et à trois cordes ; unies par une de leurs extrémités seulement, et de longueur égale, elles sont munies, à l’autre bout, d’une boule de fer ou de granit enfermée dans une gaine de peau de bœuf. Le chasseur garde dans la main droite l’une des trois sphères, de la grosseur d’une orange, et dans un moulinet de plus en plus rapide agite les deux autres au-dessus de sa tête tout en galopant derrière les Guanacos en fuite. A bonne portée, il lance son arme dans les pattes de la bête la plus proche. Les trois cordes arriA-ent au but en tournoyant, s’enroulent autour des jambes de
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- l’animal, l’cnlravent ou le culbutent, et donnent à l’Indien le temps de le maîtriser ou de l’égorger à son choix.
- Les Fuégiens d’aujourd’hui, comme leurs vieux ancêtres de jadis, rabattent les hardes, surprises par les traqueurs, vers un endroit précis- où des archers habiles sont embusqués. Invisibles dans un trou ou dans un taillis, ils attendent au passage le troupeau affolé et percent de flèches les premiers arrivants.
- Les civilisés n’emploient que la carabine. Mais le Guanaco est vivace et tombe rarement sous le choc du premier projectile. Pour abattre certains de ces Camélidés, M. Etché-pare dut parfois leur loger six et même huit balles dans le corps. D’ailleurs, il faut le plus souvent les tirer à une distance qui varie de 200 à 700 m, en raison de leur vigilance, de leur vue et de leur odorat toujours en éveil. Il est donc bien difficile de les atteindre à quelque partie vitale, dès le premier coup.
- Le Nemrod avisé, qui a devant soi une harde en pâture ou en marche, vise d’abord le chef, facile à reconnaître par son rôle de sentinelle. Le manque-t-il ? Adieu le troupeau, qui file à toute allure! Le blesse-t-il mortellement? Alors il a beau jeu durant de brèves minutes ; car, à la vue de leur guide et seigneur gisant sur le sol, femelles et jeunes restent indécis, désorientés, sans songer à fuir, cibles faciles pour un tireur alerte et expérimenté. C’est ainsi que M. Etchépare, avec ses ruses et son adresse, en abattait plus d’une centaine en un mois d’expédition annuelle.
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- Leur utilité est multiple. La plus grande a été de fournir les races perfectionnées que nous avons vues, et dont les Indiens tirent les plus grands avantages.
- Le Guanaco lui-même, dans les siècles passés, servait aux Araucaus du Chili comme bête de charge et de labour, et sa peau devenait telle quelle un habit. Après les premières leçons de filage et de tissage données par les Espagnols, les Indiens mirent à profit les toisons. Avec le cuir du cou découpé en lanières, -ils tressaient de solides lassos. Quant aux résidus stomaehaux, les charlatans et sorciers aborigènes les recueillaient pour la composition de leurs poudres et drogues mirifiques.
- Dans la capitale même, après la conquête, les pourvoyeurs d’eau empruntaient le dos de ces chameaux sans bosse pour véhiculer les outres de porte en porte.
- Les chasseurs modernes, en plus du sport, recherchent la viande qu’ils sèchent au soleil et qui figure dans un mets national à la saveur un peu sauvage, et la peau qui devient dans les salons, élégant et moelleux tapis.
- Les Palagons en utilisent encore la dépouille pour s’en faire des tuniques et des tentes, imperméables aux pluies et aux froids de l’hiver.
- Abbé Émile Housse,
- de l’Académie des Sciences .Naturelles du Chili.
- L’OBSERVATOIRE YERKES, DE L’UNIVERSITÉ DE CHICAGO, DÉCOUVRE L’ÉTOILE LA PLUS PROCHE DE NOUS
- Aussilôt après la divulgation des découvertes en photographie de Niepce et de Daguerre, le célèbre physicien et astronome français Arago faisait pressentir, en i83g, le parti que les savants pourraient tirer de la précieuse invention. Quelque clairvoyant et audacieux qu’il fût dans ses prévisions concernant l’application de la nouvelle technique à l’astronomie, il ne pouvait alors soupçonner toute l’étendue du problème. Jamais, il n’aurait imaginé qu’il fût possible, non seulement de découvrir et d’étudier les astres les plus faibles qui se meuvent à travers le système solaire, mais encore de sonder et de mesurer la voie lactée, pour aboutir à la description du monde stellaire au milieu duquel nous vivons. Ainsi qu’on peut le constater à présent, il était cependant réservé à la pellicule sensi-bl e, grâce à laquelle il est permis d’exécuter des observations à la fois très nombreuses et extrêmement délicates, de donner la possibilité d’édifier, avec une rapidité et une précision surprenantes, les résultats les plus prodigieux de l’astronomie moderne. Un grand nombre de problèmes qui semblaient défier à jamais la science humaine, ont été abordés méthodiquement et résolus grâce â la photographie.
- Au siècle dernier, on pouvait à peine songer à déterminer la distance des étoiles, car la base de mesure que nous offre le système solaire est fort petite. La précision extraordinaire de la perspective réalisée par l’objectif photographique et aussi la grande exactitude des mesures effectuées sur des images stellaires
- pratiquement parfaites, ont permis de résoudre le problème en question pour de multiples astres.
- Le succès le plus retentissant remporté cette année grâce à la méthode photographique est sans doute la découverte de l’étoile la plus proche de nous, découverte faite récemment, par l’observatoire Yerkes, de l’Université de Chicago. La nouvelle ne pourra être confirmée avec certitude que dans quelques mois, car la détermination précise de la distance d’une étoile nécessite l’exécution d’observations réparties sur un intervalle de temps assez long. L’étoile en question est désignée dans les catalogues sous la dénomination Wolf 4a4. Elle est donc, semble-t-il, appelée à prendre la première place parmi les 7-534 étoiles dont on connaît l’éloignement par rapport au Soleil et qui figurent dans le catalogue le plus récent de ce genre établi en xgSS par le Prof1' F. Schlesinger, directeur de l’Observatoire Yale, à New Haven (Connecticut).
- L’évaluation des distances des planètes du système solaire se fait à l’aide de Vunité astronomique, représentée par la distance moyenne du Soleil à la Terre elle vaut i4q 1/2 millions de km. Mais lorsqu’on dépasse ces limites pour aborder le système stellaire auquel nous appartenons et qu’on appelle la galaxie, on a souvent recours à une unité de longueur dénommée, improprement d’ailleurs, V année-lumière. Celle-ci
- représente tout simplement la distance que franchit la lumière en une année. Étant donné qu’un rayon lumineux se propage à la vitesse de 3oo.ooo km par se-
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- conde, il est facile de calculer qu’une année-lumière correspond à 63.290 unités astronomiques.
- D’après les estimations faites à l’Observatoire Yer-kes, l’étoile Wolf 4a4, qui est rougeâtre et de faible luminosité, se trouverait à 3,67 années-lumière. La lumière qui aurait quitté l’astre au moment de notre naissance, par exemple, ne nous parviendrait que lorsque nous aurions déjà 3 ans et 8 mois. Afin de bien fixer les idées au sujet de ces chiffres, rappelons que la lumière met 1,28 seconde pour nous arriver de la Lune et 8 minutes r8 secondes pour nous atteindre en venant du Soleil. Elle emploie 5 h 48 m pour franchir la distance qui nous sépare de Pluton, planète qui :gravite à la limite du système solaire. L’étoile Wolf 424 serait donc située à une distance égale à près de
- 280.000 unités asti’onomiques, ou encore 5.55o fois le rayon de l’orbite de Pluton.
- Si nous nous servons du catalogue précité de F. Schlesinger, complété par les acquisitions récentes, et que nous indiquons, sur le plan de l’équateur, les étoiles dont les distances au Soleil sont connues, nous obtenons l’intéressante figure ci-dessous. L’équateur est gradué de o h à 24 h et la représentation générale est limitée aux étoiles situées au maximum à i6,3 années-lumière. Les rayons des trois circonférences intérieures correspondent à 5, 10 et i5 années-lumière. La figure illustre donc la distribution des étoiles les plus rapprochées de nous. On en connaît trois qui se trouvent à moins de 5 années-lumière : Wolf 424, Proxima Centauri et Alpha Centauri. Celle-ci a été
- Fig. 1. — Les étoiles situées à moins de 15 années de lumière du Soleil.
- Cin. 5161
- CCS3
- Cin 25
- Zà.C 3/CO <c jTtkJ,
- T Cet.
- 61 Ci
- '<£ Erù
- et C si à.
- cc/obàl* Cc/053
- A .B
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- £éto ile 'Inné s
- Magnitudes absolues
- $ai5 a,6i£5 7,6 à. 1*,5 >n,5
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- considérée, pendant 84 ans, depuis 1833, date des premières évaluations suffisamment précises de la distance des étoiles, comme étant l’objet stellaire le plus proche de nous. En 1917, le ProF Innés, de l’Observatoire du Cap, trouvait, dans le voisinage de Alpha de la constellation du Centaure, une étoile très faible dont l’éclat absolu est à peu près le 1/10.000 de celui du Soleil et qu’il a reconnu se trouver à 4;2g années-lumière c’est-à-dire plus près que sa brillante voisine située à 4,33 années-himière. C’est la raison pour laquelle on l’a désignée sous le nom de « Proxima Centauri ». Dans l’état actuel de nos connaissances, il existe six étoiles dont les distances qui les séparent de nous sont comprises entre 5 et 10 années-lumière et dix-neuf dont les éloignements les rangent entre les circonférences ayant respectivement 10 et i5 années-lumière de rayon. Les étoiles sont représentées sur le dessin par des points dont le diamètre est d’autant plus grand que la luminosité absolue de l’astre est plus grande. On remarquera notamment la plus brillante étoile du Ciel, Alpha Canis Majoris A ou Sirius, accompagnée d’un satellite B et désignée astronomiquement par l’expression a C.Ma.AB. Elle est située dans le cercle horaire de 6 h 4i m à une distance de 8,8 années-lumière, c’est-à-dire à peu près le double de celle qui nous sépare de a Centauri.
- A l’échelle du dessin, le système solaire, c’est-à-dire le Soleil et tout son cortège de planètes occupant un espace formidable, n’en doit pas moins figurer uniquement en un point microscopique. Malgré ses dimensions infimes, ce point contient la Terre et sur celle-ci vivent des millions d’êtres humains ; ceux-ci se induisent donc à de véritables points mathématiques doués de pensée.
- Lne centaine d’années-lumière est la distance des étoiles assez rapprochées pour que l’on puisse la mesurer directement avec précision. Heureusement, l’astronomie actuelle est en possession de méthodes indirectes qui permettent d’évaluer des distances de l’ordre de 10 millions d’années-lumière où se trouvent reléguées les faibles nébuleuses spirales accessibles seulement aux instruments les plus puissants.
- Ces quelques notions assez rudimentaires ne manqueront pas de laisser rêveur les gens non avertis. Toutefois, nous éprouvons tous une légitime fierté à la pensée que l’astronomie a pu s’élever jusqu’à la résolution de problèmes dont la difficulté paraissait à jamais déborder les capacités de la pensée humaine.
- S. Arend, Dr Sc.,
- Astronome à l’Observatoire Royal, Uccle-Bruxelles.
- MESURE AUTOMATIQUE ET CONTINUE DE PIÈCES EN MOUVEMENT LE PALMER AUTOMATIQUE OEHMICHEN
- Parmi les problèmes qui se posent dans l’industrie et qui sont encore imparfaitement résolus, se trouve celui de la mesure et du contrôle des dimensions des pièces en mouvement au cours des diverses opérations de leur fabrication : les bandes laminées, les fils tréfilés, les textiles, les papiers, etc.
- jusqu’à présent, on a surtout étudié des appareils indicateurs pour la mesure des pièces laminées à froid. Le premier dispositif qui vient à l’esprit est celui qui consiste à faire passer la bande entre deux galets fixés à l’extrémité de branches articulées, avec dispositifs amplificateurs pour commander une aiguille indicatrice se déplaçant sur un cadran. La précision d’appareils de ce genre est tributaire des jeux du mécanisme, de plus l’aiguille oscille constamment en cas de variations d’épaisseurs de sorte que les services rendus par ces systèmes sont illusoires. Leur grande inertie ne permet généralement pas de faire passer les bandes à une vitesse élevée.
- Aussi a-t-on imaginé des appareils mettant en jeu tantôt le magnétisme, tantôt l’électricité, tantôt lecou-lement des fluides. On a utilisé aussi, pour contrôler les bandes, un moyen indirect, reposant sur la mesure de la pression des cylindres lamineurs.
- Ces divers appareils exigent des installations spécia-
- les et sont d’un prix pour ainsi dire prohibitif, quand il s’agit d’équiper soit une petite installation, soit également une usine possédant un certain nombre de trains. Comme conséquence, il arrive alors qu’on se contente, dans beaucoup d’ateliers, de recourir au simple palmer manipulé par un ouvrier ; ce dernier doiit suivre la bande en cours de laminage et la vitesse .de passage est forcément très réduite.
- On se trouve alors devant l’alternative suivante : ou bien faire l’acquisition d’un appareil complexe, délicat, véritable instrument de laboratoire essentiellement déi’églable et demandant l’intervention d’un technicien averti, ou bien se contenter d’une mesure manuelle.
- Or, la précision des mesures manuelles au palmer, malgré la présence d’un embrayage sur la vis micrométrique, dépend beaucoup de l’habileté personnelle de l’opérateur. 11 est difficile avec des opérateurs différents d’obtenir des résultats comparables à moins de 1/2 centième de mm.
- Les nécessités de la production exigent cependant aujourd’hui de plus grandes vitesses de laminage qu’autrefois. L’emploi du palmer pour le calibrage ou cl’appareils de mesure primitifs à galets ne permet guère qu’une vitesse de 3o m par minute. Les lami-
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- noirs modernes sont- prévus pour des vitesses bien supérieures, au moins 90 à 120 m ët si l’on veut contrôler en permanence les conditions de l’opération, il faut se résoudre au montage d’un appareil de mesure cher, compliqué, plus ou moins constant, qui nécessite la présence presque permanente d’un ingénieur.
- Cette question du contrôle dés pièces en mouvement a été récemment étudiée par un savant ingénieur français, M. Oehmichen, dont les lecteurs de cette Revue connaissent les beaux travaux d’aéronautique.
- Le laboratoire de Valentigney, créé par M. Oehmichen, est merveilleusement outillé et fait l’admiration du visiteur admis dans ce véritable sanctuaire. Un personnel dévoué et spécialisé dans la l’echerche, disposant de méthodes d’investigation tout à fait spéciales, permet à l’animateur de ce magnifique groupement d’aborder et de résoudre les problèmes les plus ardus. C’est ainsi qu’en quelques semaines, un appareil basé sur un principe ingénieux, quoique très simple, a été réalisé par M. Oehmichen et il met véritablement le point final à la question du contrôle au cours du travail. Il est d’ailleurs adaptable à toute mesure d’objets en mouvement et même au contrôle de pièces fixes, bien qu’ayant été étudié au début spécialement pour des pièces laminées à froid.
- Le laminage à froid de tôles minces demande une grande précision et l’on doit connaître à tout instant, au cours de la fabrication et sans l’arrêter, l’épaisseur de la bande avec une grande exactitude. On peut ainsi remédier rapidement aux variations en agissant de façon convenable sur les cylindres du laminoir.
- L’inventeur s’est demandé s’il était absolument nécessaire de connaître d’une façon strictement continue l’épaisseur de la tôle au cours du laminage. Les études qu’il a poursuivies à cet égard lui ont montré qu’il suffisait que l’épaisseur fût mesurée périodiquement à des instants suffisamment rapprochés les uns des autres ; ainsi pour une tôle en laminage, on peut se contenter de deux mesures par seconde.
- De là découle le principe de l’appareil ; il se compose d’un système mesureur comportant deux organes qui se rapprochent et s’écartent l’un de l’autre et dont la course de rapprochement fournit la mesure cherchée.
- Fig. 1. — Principe du palpeur automatique Oehmichen pour la mesure continue de l’épaisseur d’une pièce en mouvement.
- Came
- Tambour
- gradué
- Y Pignon
- X/ Psilet
- Arbre moteur
- Créma iHère
- [Ressort de rappel
- Bras fixe
- Galet
- Enclume
- Ce mouvement alternatif des organes mesureurs se fait périodiquement et mécaniquement à des intervalles que l’on peut d’ailleurs régler.
- On se sert d’un calibre à éléments mobiles et on contrôle non pas l’épaisseur de la tôle directement, mais simplement les variations d’ouverture du calibre, les organes mesureurs étant montés respectivement dans l’un et l’autre des deux éléments du calibre. Les indications sont transmises à un appareil de lecture et au besoin d’enregistrement.
- La réalisation la plus simple consiste à employer une vis micrométrique alternativement vissée et dévissée dans un écrou porté par un élément du calibre. L’extrémité de cette vis viendra alors sonder, à chaque fin de course dans un sens, une enclume portée par l’autre élément du calibre.
- Voici la description d’un appareil réalisé sur ce principe (fig. 1).
- Sur un bâti robuste est fixé, à l’extrémité inférieure, un galet parfaitement centré et rectifié, qui peut tourner fou autour d’un axe, mais sans jeu. Un second galet tourne autour d’un autre axe porté par un bras mobile et indéformable, qui se déplace au moyen d’une articulation. La pièce à contrôler passe entre les deux galets. Le bras mobile, grâce à l’antagonisme d’un ressort, ne peut s’écarter du galet inféi'ieur ou du bras fixe que pour une variation d’épaisseur de la pièce, le galet supérieur restant toujours en contact avec elle.
- La branche inférieure fixe du bâti porte une sorte d’enclume dont la position peut d’ailleurs être réglée en hauteur par rapport au bâti. Quant au bras mobile, il reçoit une vis micrométrique terminée par une sphère ou une partie plate. Les mouvements alternatifs de vissage et de dévissage de la vis micrométrique sont assurés par un moteur électrique qui commande par une came une crémaillère dont la forme est étudiée de façon à dévisser la vis (c’est-à-dire à la remonter) ; tandis que le vissage, c’est-à-dire la descente de la vis pour le sondage sur l’enclume, est assuré au moyen d’un rappel élastique.
- Quand la pièce à contrôler passe entre les galets, les variations d’épaisseur écartent ou rapprochent plus ou moins les galets, donc aussi le bras mobile du bras fixe. Quand la vis descend, son extrémité vient toucher l’enclume et à ce moment la vis ne peut plus tourner. Au moyen d’un tambour gradué fixé sur la tête de la vis par exemple, on peut évaluer la variation d’épaisseur de la pièce qui passe au moment où le coup de sonde a été donné. La fréquence des coups de sonde dépend uniquement de la vitesse donnée à la came de commande de la crémaillère. Aussitôt le sondage fait, la vis est dévissée par la came et ainsi de suite.
- C’est là évidemment le mode de réalisation le plus simple, mais il porte en lui tout le merveilleux du système qui permet d’arriver à une haute précision.
- La mesure avec une vis micrométrique ne peut en effet donner des indications comparables que si la vis travaille toujours dans les mêmes conditions, que si
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- Aiguille,
- Ressort
- spécial
- Pl*fetu Broche
- Arbre du moteur
- Poussoir
- Came
- Enclume
- Fig. 2. — Coupe d’un palpeur Oehmichen.
- son mouvement de rotation se fait toujours à la même vitesse. C’est justement ce qui a été réalisé ici.
- La came dévisse la vis d’une fraction de tour, mais un ressort tend constamment à faire tourner la vis en sens inverse et à la visser dans son écrou. Dès que l’action de la came échappe, la vis descend donc sous l’action à peu près constante du ressort, mais suivant la course que la vis doit fournir pour atteindre l’enclume, son accélération pourrait varier. Aussi pour éviter cette variation qui prend une grande importance dans les cas de haute précision, le profil de la came est établi pour que la descente de la vis se fasse à vitesse constante ; l’effet du ressort ne peut qu’appuyer le doigt de manœuvre de la vis sur sa came. Ainsi la force vive de la vis reste la même à tout instant et le contact avec la butée se fait toujours dans des conditions identiques.
- La précision atteinte est de l’ordre du i /1.000 de mm, quelles que soient l’épaisseur de la pièce à contrôler et la vitesse de passage.
- Dans l’appareil réalisé, qui est déjà en service depuis plusieurs mois sur plusieurs trains de laminage à froid, les mouvements de vissage et de dévissage de la vis micrométrique sont transmis à un arbre portant un index. Lorsque le coup de sonde est donné, c’pst-à dire quand la vis vient au contact de l’enclume, la vis et par suite l’index s’arrêtent et la position de ce dernier dans l’espace dépend de la course de descente de la vis. Une aiguille est perpétuellement sollicitée, par l’action d’un ressort, à s’appuyer contre l’index. Pendant la plus grande partie du cycle, elle est immobilisée en place au moyen d’un frein commandé par une came portée par le dispositif de transmission. Dès que
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- la vis a terminé son mouvement de descente, le frein se desserre et l’aiguille sollicitée par son ressort sc déplace jusqu’à ce qu’elle rencontre l’index. Presque aussitôt le frein se resserre à nouveau, immobilisant l’aiguille dans la position qu’elle vient d’adopter.
- La ligure 2 montre ce dispositif. On y voit que la vis est solidaire d’un arbre vertical portant une roue dentée conique et une bague clavetée munie d’un ergot. Celui-ci est heurté par un autre ergot solidaire de l’arbre entraîné par le moteur électrique. Quand cet arbre tourne, son ergot rencontre l’ergot de l’arbre de la vis et lui communique un mouvement angulaire qui dévisse la vis micrométrique. Dès que l’ergot échappe à la commande et devient libre, un ressort spiral ramène l’arbre, donc la vis, en sens inverse. On obtient ainsi le mouvement alternatif de dévissage et de vissage.
- La rotation de la vis est transmise par le grand pignon conique à un petit pignon claveté sur un arbre creux qui porte à son autre extrémité un toc ; celui-ci, par un ressort spiral, tend à s’appuyer constamment sur une branche solidaire d’un plateau calé sur un arbre central passant dans l’arbre ci'eux. Cet arbre central porte l’aiguille qui se déplace devant le cadran.
- L’arbre du moteur porte aussi une came qui agit sur un poussoir portant un sabot de frein et contrarié par un ressort. Ce sabot de frein s’appuie sur le pourtour
- Fig. 3. — Vue intérieure d’un appareil Oehmichen en service.
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- clu plateau de l’arbre- de l’aiguille.
- L’appareil fonctionne de la façon suivante : l’ergot de l’arbre moteur dévisse la vis et dès qu’il échappe,
- Fig. 4. — Galet refroidi par courant es^ revissée
- d’air. par le ressort spi-
- ral. Dès que la vis micromélrique vient au contact de l’enclume, elle s’arrête ainsi que le grand pignon. Mais le frein, qui est serré la plupart du temps, ne libère le tambour que pendant des temps extrêmement courts, bien qu’il ne puisse empêcher que les ergots n’agissent l’un sur l’autre. Le frein est desserré par la came immédiatement après la prise de contact de la vis et de l’enclume.
- Si l’épaisseur de la tôle change d’un sondage à l’autre, l’aiguille, à la fin de chaque période, parcourt très brusquement en face du cadran l’intervalle correspondant à la variation d’épaisseur, dans un sens ou dans l’autre suivant le sens même de la variation.
- Supposons qu'il s’agisse de fabriquer une tôle d’épaisseur déterminée, on écarte les mâchoires par le bouton en haut à gauche sous l’appareil et on introduit entre les galets une cale d’épaisseur correspondant à l’épaisseur de la tôle. On rapproche ensuite les mâchoires jusqu’à ce que les galets enserrent la cale. On met en marche l’appareil et on déplace l’enclume par le bouton en haut et à droite jusqu’à ce que l’aiguille soit en face du zéro au centre de la graduation. On écarte à nouveau les mâchoires et on introduit la tôle, on ramène le galet supérieur au contact de la bande et on met le laminoir en marche.
- Si l’épaisseur de la tôle est correcte, l’aiguille reste au zéro. Si l’épaisseur est trop forte, l’aiguille se déplace d’un certain côté et s’arrête devant une division qui indique la surépaisseur. L’aiguille se déplace en sens inverse en cas d’épaisseur trop faible.
- Les indications de l’aiguille ressemblent à celles
- Fig. 6. — Installation d’un appareil avec galets refroidis par courant d'air (capot enlevé).
- d’un appareil de mesure électro-magnétique apériodique, bien que les coups de sonde ne soient espacés que-d’une fraction de seconde. Les moindres variations-d’épaisseur, fussent-elles d’un millième de millimètre, sont immédiatement décelées de la façon la plus nette et les indications sont visibles à plusieurs mètres.
- Quand on a affaire à des trains de laminage qui chauffent fortement, il est bon d’employer des galets spéciaux refroidis par un courant d’air. On aménage des canaux dans l’intérieur et un petit groupe électro-ventilateur envoie de l’air soufflé par un trou foré-dans l’axe.
- Des essais industriels ont montré que l’appareil restait indéréglable et que l’usure des galets était inappréciable. D’ailleurs, il est possible de les changer très rapidement et de rectifier aussi les galets ayant subi un commencement d’usure.
- L’installation est simple, car il suffit de placer l’appareil à bonne hauteur du calibreur sur un châssis à glissière, de façon qu’on puisse déplacer le calibreur" perpendiculairement au sens de passage de la pièce en mouvement qu’on veut calibrer.
- On peut également se servir du même dispositif pour" mesurer et contrôler des pièces fixes. Évidemment, em raison de la haute précision obtenue dans la mesure, on remplace ainsi avantageusement tout autre instrument tel que palmer, pied à coulisse, calibres de tolérance, etc. 11 suffit d’avoir à sa disposition des jauges-précises pour mettre l’appareil au zéro sur une dimension type à vérifier, par exemple 3 mm. On met ensuite-l’appareil en marche, il donne des coups de sonde avec-la périodicité convenable et on introduit une à une les-pièces à calibrer. L’aiguille indique instantanément pour chacune d’elles les différences avec la jauge type-du début. La mesure est immédiate et n’est en rien* affectée par le facteur personnel d’un opérateur. On obtient très facilement le i/i.ooo de mm.
- Toute pièce en mouvement, en cours de travail, de-passage continu peut être contrôlée de la même façon, que les bandes d’acier laminé à froid pour lesquelles l’appareil a été plus spécialement étudié au début. On conçoit facilement que l’on puisse donner an ressort de rappel de la branche mobile sur la branche fixe, la force que l’on veut, suivant la nature delà matière qui doit passer entre les g-alets. De même, on peut donner à ces derniers un profil qui correspondra à la pièce soumise au contrôle.
- Disons enfin que l’on pexit agencer un système enregistreur actionné par le moteur de l’appareil lui-même-et que l’on peut ainsi avoir des courbes de contrôle d’une opération. Toujours sur le même principe de sondage périodique, l’appareil peut être aussi adapté pour contrôler et mesurer à la fois, notamment quand' on procède au laminage par bande sans fin dont on réduit progressivement l'épaisseur.
- Le calibreur Oehmichen, simple dans son principe, est une petite merveille ajoutée à toutes les découvertes et créations industrielles que l’on doit déjà à son inventeur.
- soufflé
- E. Weiss.
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- I L'OBSERVATION DU SOLEIL ; AU MOYEN D'UNE JUMELLE
- Un lecteur de La Nature, abonné depuis 25 ans, M. J. Si-bille, à Lelling (Moselle), vient de nous adresser un dessin de la surface du Soleil obtenu avec une simple jumelle galiléenne.
- Le procédé est simple : la jumelle est fixée sur une tige montée sur un pied stable. Un des oculaires passe dans un trou fait dans un carton, lequel couvre l’autre oculaire. On dirige la jumelle vers le Soleil, dont l’image se projette à terre, et on reçoit cette image sur un papier blanc. Il faut régler la mise au point en allongeant un peu le tirage.
- L’emploi d’une jumelle pour observer le Soleil est très pratique et il y a fort longtemps que ce procédé a été indi-
- big. 1. — Dispositij simple pour l’observation et le dessin des taches et des facules du Soleil.
- Une jumelle (à prismes ou du type Galilée) est fixée par un petit support spécial sur la rotule d’un trépied photographique. Un carton masque un des objectifs et projette sou ombre sur l’écran, placé, à l’inclinaison voulue, au bas, à droite. Peu à peu, rectifier la direction de la jumelle, l’image solaire se déplaçant rapidement par suite de la rotation de la Terre. Faire la mise au point en augmentant un pieu l’écartement de l’objectif et de l’oculaire.
- qué. Mais il est peu employé et très peu connu de la plupart des détenteurs de jumelles. Aussi nous a-t-il paru utile de donner ici quelques indications pratiques sur son utilisation.
- L’ensemble constitué par une jumelle n’est autre qu’un télé-objectif : l’objectif fournit une image réelle du Soleil et la lentille divergente, placée en avant du foyer, rejette cette image plus ou moins loin, suivant la position qu’elle occupe (x).
- Ce qui importe en tout cela, c’est la stabilité. On sera étonné du gain réalisé avec une simple jumelle dans l’observation terrestre, lorsqu’elle n’est plus tenue à la main. Ce gain est d’autant plus appréciable que la jumelle grossit davantage, les mouvements involontaires produits par les pulsations du cœur devenant gênants avec les forts grossisements.
- M. Sibille fixe sa jumelle après une lige de bois à l’aide de colliers de caoutchouc découpés dans une chambre à air d’auto. C’est une solution... rapide, mais insuffisante, d’autant plus
- que, pour l’observation terrestre, il faut que les deux oculaires restent sur une même ligne horizontale.
- La solution, extrêmement simple, que nous avons adoptée est la suivante (fig. i).
- La jumelle est fixée sur un petit support spécial qui se place sur la rotule d’un pied photographique. Ainsi, on peut lui donner toutes les inclinaisons voulues, de l’horizon à la verticale, et toutes les orientations.
- Un carton, percé d’un trou circulaire pour laisser passer un des objectifs, recouvre l’autre objectif. Cette solution a l’avantage d’éviter réchauffement inutile du second oculaire.
- L’image est reçue sur un carton blanc, placé dans l’ombre du carton d’objectif (x). On fait la mise au point à l’aide du bouton habituel de mise au point, en écartant légèrement le système objectif-oculaire.
- Qu’il s’agisse d’une jumelle de Galilée ou d’une jumelle à prismes, le montage et la mise au point sont analogues.
- Quelques mots, à présent, du petit support spécial (fig. 2). On le constituera par un petit bloc de bois P en lui donnant la forme convenable pour bien s'appliquer entre les deux corps de jumelle : pour ce faire, on l’entaillera, le râpera aux endroits voulus (la forme sera différente suivant les modèles de jumelles) ;
- En E, on fixera un écrou de. pied photographique, que l’on pourra se procurer dans toutes les bonnes maisons d’articles de photographie. En L, on vissera deux lames métalliques (laiton, cuivre, tôle, aluminium, fer blanc, zinc) à peu près à l’écartement du diamètre de la tige centrale des jumelles, celle qui porte le bouton molleté de mise au point. Enfin, en f, t, on percera deux trous dans lesquels on enfilera un boulon de serrage. On terminera par une couche de vernis noir à l’alcool.
- Ayant enlevé ledit boulon, on place la jumelle sur le support P en enfilant la tige centrale entre les lames L. On place le boulon et on le serre légèrement. Enfin, on visse le tout sur la rotule au moyen de l’écrou E.
- Fig. 2. — Support spécial se fixant, au moyen de l’écrou E, sur la rotule du pied photographique.
- La jumelle se place sur la pièce P en introduisant l’axe portant la molette de mise au point entre les lames L. Un boulon de serrage passe par les trous t, t et immobilise la jumelle.
- 1. Sur ce principe, nous avons construit, en 1891, une lunette astronomique à grossissement variable : les deux verres d’un des éléments d’une jumelle étaient montés sur des tubes en carton coulissant l’un dans l’autre. L’ensemble donnait, suivant l’écartement des verres, une image réelle, plus ou moins grande, que l’on examinait avec un oculaire constitué par deux lentilles simples. Avec ce système, quoique rudimentaire, on voyait très bien les montagnes lunaires, les bandes de Jupiter, les quatre principaux satellites de cette planète et on percevait l’anneau de Saturne, etc.
- 1. Pour exécuter la photographie de la figure 1, nous avons opéré en lumière diffuse, et remplacé l’image directe du Soleil par une photographie fie cet astre sensiblement de la même dimension. En plein soleil, la nécessité d’opérer rapidement fait disparaître tous les détails de la jumelle — qui est noire par elle-même et dans l’ombre du carton. L’image solaire projetée est très faible, relativement, comparée aux rayons directs du Soleil. On excusera cette manière de présenter ce dispositif, qui n’enlève rien à son explication.
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- = 186 ..............:....... ......——..........
- Ce petit support spécial est extrêmement léger (quelques grammes) et on peut l’emporter en excursion si l’on utilise par ailleurs un pied photographique. Nous insistons encore ici sur l’énorme gain réalisé dans l’observation des paysages à la jumelle placée sur un pied stable.
- Ajoutons que l’on pourrait, au moyen d’une jumelle de très bonne construction optique, essayer de photographier des paysages éloignés (Q — et aussi le Soleil •— en plaçant à la suite de la jumelle une chambre noire. Employer des écrans jaunes assez foncés.
- 1. Voir La Nature, n° 3004, du 1er juillet 1937.
- L’installation qui vient d’êti’e décrite comporte un écran de projection séparé de la jumelle. Si l’on voulait se livrer à l’observation suivie du Soleil, il serait préférable de fixer après le support P de la figure 2 une longue tige légère (bois, tube d’aluminium) convenablement courbée ou pliée, portant à demeure le carton-écran. Ainsi il suffirait de diriger la jumelle sur le Soleil pour que son image se projette toujours sur l’écran.
- Un dernier conseil : ne jamais observer directement le Soleil avec la jumelle, ori risquerait d’être aveuglé.
- Em. Tou ch et.
- PRESTIDIGITATION
- EVAPORATION !
- On pourrait appeler cette expérience la double évaporation, ou plus exactement encore l’évaporation dédoublée car elle fait constater d’abord la disparition, l’évaporation de l’ombre d’une personne, alors que la personne est toujours là, puis elle réalise la disparition, l’évaporation de la personne elle-même.
- n' mot évaporation est bien exact, car on ne peut apercevoir, ni préjuger aucun truquage, l’appareil dans lequel s’opère le mystère étant un simple bâti de lattes minces recouvertes de papier de soie, sorte de boîte rectangulaire (fig. 1) munie d’une porte P et PP, à chaque extrémité, montée sur un plancher excessivement mince et léger, soutenue par quatre pieds qui l’isolent
- Fig. 1. — L’appareil vu de l’extérieur.
- du plateau de la scène.
- Rien de plus primitif que cet appareil que l’on fait tourner en tous sens, les deux portes étant ouvertes, afin que les spectateurs puissent bien voir et examiner de tous côtés, l’extérieur et .l’intérieur.
- Une forte lampe C est suspendue derrière la porte arrière puis allumée. Tout le monde peut alors constater l’absolue transparence de la boîte. Une femme pénètre dans la boîte et les spectateurs voient nettement son ombre sur la porte d’avant P.
- Le prestidigitateur commande à l’ombre de disparaître, mais à la femme de rester, aussitôt on voit l’ombre pâlir, devenir grise puis disparaître tout à fait : la porte est ouverte, la femme est toujours là. L’expérience est faite plusieurs fois, l’ombre paraît, disparaît, la femme est tou-
- jours présente. Les spectateurs pourraient croire que la femme s’éloigne simplement de la porte; il n’en est rien, car l’expérience en est faite : la femme se recule, l’ombre pâlit mais ne disparaît pas complètement.
- Enfin, la femme étant toujours à l’intérieur de la boîte, la porte est refermée encore une fois, puis rouverte pres-qu'immédiatement : la femme, en même temps que son ombre a disparu.
- Voici l’explication de ce double mystère :
- La forte lumière de la lampe C passant au travers du papier de soie de la porte du fond PP est diffusée et l’ombre ne se produit nettement que si la femme est placée contre la porte d’entrée P; il lui
- ,,c.t . -, Fia. 2. — Le mécanisme de l’appareil.
- sulfit donc de J '
- se reculer au
- fond pour faire disparaître complètement son ombre.
- Quant à la disparition de la femme elle même, elle esjt plus compliquée : la boîte faite de bois mince et de papier dj soie étant assez fragile à remuer, à cause de sa longueur, on a placé des montants de renforts RR. Or, ces montants Servent à masquer (voir le plan fig. 2) un cadre garni de papier de soie RS qui, appliqué sur le côté, est invisible.
- Lorsque la femme veut disparaître, elle se recule en M, tire sur elle le cadre RS qui, pivotant sur R la renferme en M. A ce moment, la lampe G est éteinte et remplacée par deux lampes intérieures cachées dans les angles AA. Grâce à ces deux lampes lés spectateurs constatent toujours la même, clarté au travers de la boîte et croient voir la porte du fond, alors qu’ils aperçoivent le cadre RS.
- Le prestidigitateur Alber.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 juin 1908.
- Représentation des lames monomoléculaires. —
- MM. Devaux et Pallu montrent qu’il est. possible de former une représentation macroscopique des lames monomoléculaires en versant des graines de colza sur une surface de mercure. Les graines se disposent de façon que chacune d’elles touche le mercure; l’ensemble est l’image d’une -couche monomoléculaire qui se présente en lambeaux si la surface est trop grande. On peut reproduire sur cette couche des phénomènes tels que la fuite devant une nappe d’huile ou le plissement par une réduction de la surface, ce plissement étant précédé d’un redressement des graines si celles-ci ont une forme allongée. On peut espérer prévoir par expérimentation sur ces surfaces des phénomènes qui doivent se reproduire dans les lames monomoléculaires.
- Combustion des poudres. — Vieille a affirmé que les poudres colloïdales brûlent par couches parallèles. MM. Muraour et Auxis montrent qu’en admettant celte loi, deux cylindres, l’un plein, l’autre creux dont l’épaisseur des parois est égale au diamètre du premier, doivent donner, sous la même densité de chargement, la même courbe pression-temps. Ils ont vérifié ce phénomène dans une bombe équipée avec un dispositif piézo-éleclrique en y faisant brûler une pâte composée de coton-poudre, de niti’oglycérine, de-centralité et de vaseline. La vérification a été remarquable, confirmant l’exactitude de la loi de Vieille.
- Les thioacides. — On peut admettre pour la constitution d’un thioacide les formules R-COSII ou R-CSOIi. Mlle Bloch, en faisant la critique du spectre infra-rouge de l’acide thio-acétique, montre que peut-être les deux formes tautomères coexistent mais l’on peut affirmer que la teneur en la deuxième forme est très faible. Ce résultat est confirmé par une étude analogue entreprise sur l’acide thiobutyrique.
- Galets éoliens. — L’étude des galets dans la région de Lorient, \annes et Nantes a montré à M. Gajiieux que, surtout en surface, on peut trouver un grand nombre d’entre eux de formation éolienne. L’époque de leur formation est certainement soit le Pliocène, soit le Quaternaire ancien. Il est donc probable que, lors des extensions glaciaires, le sud de la Bretagne était parsemé de vastes espaces sableux et arides balayés par des vents violents. Il en est de même actuellement de l’Islande. Cette hypothèse est confirmée par l’examen parallèle des sables.
- Halo sur la neige. — M. Renaud signale qu’il a observé le i/t novembre 1987, dans le Jura suisse, un halo à la surface de la neige exposée au soleil déjà bas sur l’horizon. Ce phénomène affectait la forme d’un arc du halo de 220 ; le cône des rayons extérieurs était bleu, celui des rayons intérieurs rouge, on apercevait les arcs hyperboliques constitués par l’intersection de ces cônes avec la surface de la neige. Un pareil halo doit être extrêmement rare car il suppose une couche très homogène d’aiguilles de glace. Il exige donc une atmosphère calme et très froide. Le r ent, le rayonnement et les variations de température ne tardent pas à détruire la structure favorable de la surface neigeuse.
- Vv.A
- - __îLiS__________________—___
- L’évolution de la betterave. — M. Munerati a placé des betteraves mures en frigorifique (entre i° et 20) et les a transplantées ensuite du printemps à l’automne par groupes successifs. Il était déjà connu que pour des causes que l’on croyait être l’action inhibitrice des hautes températures et l’épuisement des réserves de la racine, les plantes transplantées en printemps avancé ne montaient pas à graine. L’auteur a constaté cependant que les plantes transplantées en septembre et placées en serre pendant l’hiver ont végété normalement et donné des graines. En dehors de l’intérêt biologique de ce curieux phénomène, celui qu’il présente au génétiste n’est pas moins considérable, car il lui permet de se placer dans des conditions idéales pour que les fleurs d’une plante ne puissent recevoir aucun pollen étranger et éviter ainsi tout croisement im-olontaire.
- Séance du i3 juin 1988.
- Un éléphant saharien fossile. — MM. Tilho et Araaibourg signalent la découverte par M. Desombre, le 3i mars 1987, au Nord-Ouest de l’oasis de Bilma, en plein Sahara, à 5oo km au Nord du Tchad, du squelette fossile cl’un éléphant. Les difficultés cl’accès ont fait que seul le crâne a été ramené et encore en fort mauvais état. Néanmoins il a été possible d’établir avec certitude qu’il s’agit d’un animal très étroitement apparenté à l’éléphant actuel d’Afrique. Parmi les éléphants fossiles, il ne se rapproche donc que de VEleplms ailanticus de Pomel, connu seulement dans le Quaternaire de l’Afrique du Nord. Ce fossile correspond sans doute aux gravures rupestres relevées par M. Desombre sur les falaises du Kaouar. Cette décou\rerte confirme en tout cas, s’il en était besoin, que le Sahara était propre à la vie de nombreuses espèces animales à une époque qui n’est pas très reculée. Ce fossile représente, en outre, très probablement un des chaînons qui manquent dans l’histoire de l’éléphant africain.
- La chaleur de frottement. — En faisant frotter deux disques plans l’un sur l’autre et en les projetant immédiatement dans deux calorimètres, M. Charron mesure les quantités de chaleur recueillies par chacune des surfaces en contact. Les résultats obtenus montrent que la chaleur est développée d’une façon inégale sur les deux corps en contact. Ce résultat est paradoxal à première rare mais peut s’expliquer si on remarque que les températures sont déterminées par les énergies rnbratoires des molécules ; or, il est certain que l’on peut concevoir l’entretien d’énergies rfibra-toires superficielles différentes sur deux surfaces frottantes. C’est un phénomène analogue à l’inégale répartition de l’énergie vibratoire entre la corde de violon et l’archet.
- L’ohm international et l’ohm absolu. —- Si dans un réseau alimenté alternativement et contenant des inductances mutuelles, des self-inductances et des résistances, il se trouve une branche où le courant est nul, il existe une relation entre ces valeurs qui permet de calculer les résistances absolues si les inductances sont calculées géométriquement. MM. Jouaust, Picard et IIérou ont appliqué cette méthode à la comparaison de l’ohm international à l’ohm absolu dérivé du système électromagnétique C.G.S. Ils ont trouvé que l’ohm international vaut 1,00062 ohm absolu, valeur légèrement supérieure à celles admises aux États-Unis et en Angleterre.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Nécessaire mathématique, par M. Curie et M. Prost.
- 1 vol. 116 p., 4 fîg. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix :
- 20 francs.
- Sans s'attacher à des démonstrations rigoureuses de tous les théorèmes, les auteurs présentent ici en un ensemble cohérent et facilement assimilable, aisé à retenir, les notions mathématiques, algébriques surtout, nécessaires aux jeunes étudiants qui au sortir des études secondaires, abordent des études de médecine ou de sciences naturelles. Celte présentation en raccourci rendra service aussi, sans aucun doute, aux lecteurs qui, ayant bénéficié d’études plus approfondies, désireront prendre une. vue d’ensemble du domaine qu’ils auront ainsi parcouru.
- Constitution physique des étoiles, par Alex. Véron-
- net. 1 vol. in-S°, 100 p. Gauthier-Villars, Paris. Prix :
- 40 francs.
- Après la période de l’astronomie que l’on pourrait appeler celle de l’observation des mouvements des astres (Tycho-Brahé, Kepler) vient celle de la théorie mathématique de tous ces mouvements (Newton, Laplace, Poincaré). Au xixe siècle une troisième période s’est ouverte : celle de l’observation des phénomènes physiques célestes, analogues à la première. Enfin au début du xxe siècle a débuté une quatrième période, analogue à la seconde, celle de la théorie mathématique et explicative de ces phénomènes physiques. Ce sont ces travaux sur la constitution des étoiles que M. Véronnet expose rapidement en examinant d’une façon critique les diverses théories qui ont été proposées pour expliquer les résultats expérimentaux.
- Les véhicules à gazogènes, par H. Petit. 1 vol.,
- vi-74 p., 15 fig. et 3 tableaux. Dunod, éditeurs, Paris, 1938.
- Prix broché : 15 francs.
- Un décret récent a remis à l’ordre du jour la question des camions à gazogène en imposant aux entrepreneurs de services de transports publics de remplacer enAÛron 10 pour 100 de leurs camions à moteur alimentés par combustibles liquides par des camions à gazogènes.
- M. Henri Petit a réuni dans ce petit ouvrage tout l’essentiel du problème posé par ce décret. Après avoir exposé et comparé les caractères et les prix des différents combustibles pour gazogènes, il indique les transformations qu’il faut faire subir aux moteurs à combustible liquide pour l’alimentation par gazogène, puis donne une description des systèmes de gazogènes actuellement utilisés et termine par un exposé des avantages et des inconvénients de la traction par gazogène.
- Le vélo « fils de France », par L. Bonneville. 1 vol.
- 300 p., 35 fig. Éditions E.T.H.C., Nice, 1938. Prix : 35 francs.
- L’auteur à qui nous devons déjà un vivant historique de l’automobile, retrace ici l’évolution du vélocipède, depuis l’invention de la pédale par Mi chaut, jusqu’à la bicyclette moderne, en passant par l’invention du bandage en caoutchouc plein dû à Ader, celle du cadre, de la chaîne et du pneumatique. L’invention même du vélocipède et la plupart de ses perfectionnements, sauf le pneumatique, sont nés en France ; ce qui justifie le beau titre du livre.
- Celui-ci n’est pas seulement l’histoire d’une invention ; il nous donne aussi l’histoire du sport vélocipédique, de la presse vélocipédique, des expositions consacrées à la ’« petite reine ».
- Les « gaz de combat », par André Meyer. 2e édition.
- 1 broch. in-16, 67 p. Charles-Lavauzelle et Cie, Paris, 1938.
- Prix : 5 francs.
- Président du comité technique de défense passive de Dijon et professeur à l’Université de cette ville, l’auteur a condensé ce qu’il faut savoir des gaz ; leur fabrication, leurs propriétés physiques, chimiques et toxicologiques, leur détection et leur analyse.
- Nos champignons les plus communs, par j. Por-
- chet. 1 tableau scolaire (45x36 cm.). Lechevalier, Paris, 1938.
- Prix : 17 francs.
- Tableau en couleurs de 39 espèces communes classées par couleurs, dont les vénéneuses sont représentées sur fond noir et les comestib1es sur fond gris, ce qui rend très aisée une détermination rapide.
- Mœurs et coutumes des termites, par Eugène Marais.
- 1 vol. in-8°, 196 p., 23 fig. Bibliothèque scientifique. Payot,. Paris, 1938. Prix : 24 francs.
- Protestant d’origine française, né au Transvaal, l’auteur a longuement observé dans les montagnes du Watersberg les-termites ou fourmis blanches de l’Afrique du Sud. Il a vu la termitière naître, la société qui l’habite s’organiser, construire sa forteresse, creuser d«s puits profonds, les habitante communiquer, obéir, tandis quo le couple royal vit à part, la reine énorme servie et défendue par une armée d’ouvriers et de soldats. Il considère la termitière comme un organisme vivant plutôt que comme une société et cela donne à ses observations un point de vue personnel.
- L’éclosion d’une vie, par Gina Lombroso Ferrero. 1 vol. in-16, 302 p. Éditions Rieder, Paris, 1938. Prix : 18 francs. Fille de Lombroso, femme de Ferrero, l’autëur eut un fils-Léo, doué des plus beaux dons, poète à 12 ans, mort à 30, alors que sa pensée s’épanouissait en œuvres multiples. Delà naissance à 20 ans, la mère avait observé le développement de la jeune intelligence, noté tous les détails de sa formation, les nuances progressives de ses sentiments. Ces feuilles, fines--et tendres, forment un document émouvant et précieux sur l’évolution psychologique d’un enfant particulièrement remarquable.
- Capri, par Emmanuel Friedlaender. Traduit par Angelo-de Angelis. 1 vol. in-8°, 168 p., 27 photos hors-texte, 1 plan, 1 carte. Società italiana Àrtigrafiche,. Roma, 1938. Prix : 25 lire.
- Géologue et archéologue, l’auteur a précisé bien des points-de l’histoire de Capri, petite île reste d’un grand lieu de passage de faunes et de peuples successifs. Et son livre est à la fois une œuvre scientifique orginale et une lecture indispensable au voyageur ; outre la carte générale archéologique, le plan de la grotte d’azur, de très belles photographies, on y trouve toutes les données utiles sur la topographie, le climat, la géologie, les cavernes, la flore et la faune, les habitants, l’archéologie, l’histoire. C’est un guide sûr et intelligent.
- Annuaire statistique de l’Algérie 1936, dressé par le Service de statistique du Gouvernement général de l’Algérie. 1 vol. in-4°, 681 p. Imprimerie Minerva, Alger, 1937. Précieux recueil de documents numériques sur la climatologie, le territoire, la population, la production, le mouvement économique, le gouvernement et l’administration.
- L’électricité dans l’art ménager, par M. Henri Marty. 1 broch., 92 p., éditée par la Société pour la diffusion et la vulgarisation des emplois de l’électricité, 43, rue d’Alsace-Lorraine à Toulouse. Prix : 5 francs.
- Brochure de vulgarisation contenant les principes élémentaires, les renseignements et conseils utiles à la ménagère pour tirer le meilleur parti, au meilleur compte, de son installation et de ses appareils domestiques.
- Précis élémentaire des soins aux malades, aux blessés et aux nourrissons, par le Dr E. Contet. 1 vol. in-16, 175 p., 72 fig. (Croix-Rouge Française, Union des Femmes de France). Masson et Cie, Paris, 1938. Prix : 10 francs.
- Pour être utile en donnant des soins, en cas de maladie ou d’accident, il ne suffit, pas de bonne volonté et de dévouement, il faut aussi un minimum de connaissances pratiques. Ce petit livre y pourvoit remarquablement. Il indique à la garde-malade son rôle auprès du malade et du médecin, il lui apprend comment lutter contre l’infection, donner les soins courants : bains, cataplasmes, sinapismes,, ventouses, inhalations, lavages, lavements, injections hypodermiques, etc. ; il indique les petits soins d’urgence en-cas de saignement de nez, d’empoisonnement, d’asphyxie ; il précise la conduite à tenir en cas d’accidents ; enfin, il traite longuement de l’hygiène du nourrisson et de l’élevage des jeunes enfants. Des croquis parlants complètent les explications qui groupent tout ce que chacun doit absolument- savoir. . -
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE-PHYSIQUE De l’eau supermouillante.
- On sait que pour augmenter le pouvoir mouillant des liquides, l’eau en particulier, on est conduit dans certaines applications industrielles, comme la flottation, à ajouter des doses minimes de certains composés chimiques, des savons, elcs xanthates en particulier.
- D’après Wilkes et Wickert, un nouvel alcool synthétique jouit à ce sujet de propriétés remarquables. Il augmente le pouvoir mouillant de l’eau dans des proportions considérables. Étant extrêmement soluble dans l’eau, agissant à des doses infiniment petites et ne présentant pas les inconvénients des savons, il semble que son emploi soit particulièrement indiqué dans des applications nouvelles, en particulier la lutte contre les poussières. Si l’on fait fonctionner un pulvérisateur d’eau dans une chambre dont l’atmosphère est chargée de poussière, on ne constate qu’un très faible abattement. Si on ajoute à l’eau le nouvel alcool, on constate que toute particule de poussière atteinte par une gouttelette d’eau est immédiatement mouillée et précipitée et le nuage de poussière tombe rapidement. Dans le problème du conditionnement de l’air pour les usines, habitations, théâtres, etc., l’emploi de l’eau ainsi traitée sera sans doute d’une grande efficacité. De même dans le traitement des cultures par pulvérisation des liquides antiseptiques contre les parasites, le rendement pourra être augmenté. Enfin, les auteurs signalent une application tout au moins originale : pour enlever les vieux papiers peints collés sur les murs. Humectés avec l’eau super-mouillante, ils s’imbibent complètement et immédiatement, et leur décollage est instantané.
- H. Vigneron.
- AVIATION
- Les accidents de l’aviation civile française en 1937.
- Trois accidents graves ayant le mauvais temps pour origine se sont produits en 1987 dans l’aviation de transport public, provoquant 11 morts. Le total de ig36 avait été de 10 morts, ceux-ci avaient tous été victimes d’accidents d’hydravions. Aucun accident, même matériel, ne s’est produit en 1907 dans l’exploitation des lignes maritimes.
- Le total des passagers-kilomètres est passé de 44 millions en 1936, à 58 millions. Le contingent moyen par appareil s’est élevé en meme temps de 4,5 à 5,5 pour les avions et de 5,i à 6,8 pour les hydravions. Le taux des pertes en passagers a été dans ces conditions de 0,1 par million de passagers-kilomètres 0).
- Dans l’aviation privée, les résultats sont très différents par suite de la modification profonde résultant d’un ralentissement sensible du rythme des immatriculations d’avions
- 1. Dans les statistiques ne figurent que les accidents de personnes et les accidents matériels ayant causé des dégâts ..représentant an moins 10 pour HH) de la valeur de l’avion neuf. Les indices de pertes sont obtenus en comptant les tués par 1, les blessés graves par 0,6, les blessés légers par 0,1.
- nouveaux, de la création de l’aviation populaire et d’un accroissement notable des importations étrangères. Les tableaux suivants que nous empruntons au Bulletin technique du Bureau Veritas concrétisent ces divers éléments.
- Immatriculations d’avions nouveaux
- 1g35 1936 1937
- Avions d’origine française. . 543 336 33i
- Avions d’erigine étrangère. . 8 07 61
- Totaux. . . 55i 3 73 892
- Remarquons que sur les 331 appareils immatriculés en 1937, 168 l’ont été par des sections d’aviation populaire.
- Le tableau suivant donne la répartition des effectifs de l’aviation civile de 1936 à 1988 ainsi que sa répartition entre les diverses catégories. Les nombres sont relatifs au ior janvier de chaque année.
- Nombre d'avions en service en : i(j3 6 1937 1938
- Services réguliers de transports publics. i84 i3o 154
- Entreprises de travail aérien G99 701 579
- Particuliers 712 733 809
- Aéro-clubs 498 533 64o
- Aviation populaire . . 0 0 297
- Totaux eo O O 2.117 2.479
- En cc qui concerne les accidents de l’aviation de transport contractuelle, avions et hydravions, la statistique annuelle est intéressante à établir en les groupant comparativement au kilométrage parcouru et au nombre de voyageurs-kilomètres transportés. Les tableaux, suivants donnent ces résultats.pour les deux catégories d’appareils.
- Années Km pas- sagers en IO8 Nombre . de passa-gers-kilomètre en IO8 Nombre d’acci- dents de person- nes Indice par I 0e passa- gers- kilo- mètre Nombre d’acci- dents maté- riels Indice par million de Km passa- gers
- 1934 8,404 24,7 7 0, i5 18 1,3
- ig35 9,°55 3i ,8 IO o,o5 16 I
- i936 8,781 35 6 o,o3 IO 0,42
- j937 9>926 47)2 4 0,1 8 0,47
- Pour les hyd ravions la même répartition donne les chif-
- fres suivants :
- 1934 1,5o5 5 0 0 1 0,2
- 1935 i,44i 6,9 0 0 2 1
- A936 1,4*6 7,3 2 o,55 2 *,4
- >937 1,809 I0i9 0 0 0 0
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ASTRONOMIE.
- Cadran solaire de précision.
- On sait que le cadran solaire permet de connaître l’heure par l’observation du déplacement sur un cadran gradué de l’ombre d’une tige éclairée par le Soleil; mais, si l’on veut avoir une indication précise, il faut des réglages, qui dépendent de beaucoup de facteurs. Le plan du cadran, sur lequel les heures sont marquées doit être orienté rigoureusement parallèle au plan de l’équateur, et de plus il faut donner à ce cadran, par rotation dans son propre plan, une position telle que l’heure indiquée, au moment du passage du Soleil dans le plan méridien du lieu où l’on opère, soit réellement l’heure légale à ce moment : la première de ces conditions est nécessaire et suffisante pour que l’heure indiquée par l’appareil ne prenne au cours de la journée ni avance ni retard par rapport au temps; la seconde de ces conditions met en quelque sorte l’appareil à l’heure à un moment
- Fig. 1. — Aspect du cadran solaire de M. Guadet.
- donné; les deux conditions étant remplies, l’appareil est et reste à l’heure toute la journée.
- Le cadran de précision imaginé par M. Guadet, se compose d’une base horizontale sur laquelle on assujettit un chevalet au moyen d’une tige de longueur réglable. Le disque cadran est placé sur le chevalet et peut tourner autour de son axe. On peut alors régler tout d’abord l’horizontalité exacte de la base, par exemple au moyen d’un niveau d’eau. La tige qui supporte le cadran donne l’inclinaison voulue et sa longueur est déterminée par sa latitude du lieu où l’on opère. Un tableau de correspondance indique la longueur qu’il faut adopter à un dixième de mm près. On peut alors placer le disque sur le chevalet, mais ce disque porte une graduation allant de o à 600.
- On doit, en faisant tourner le disqiie, le placer en sorte que le repère situé en haut du chevalet soit en face de la division donnée par la formule :
- i5o + 23 (?) ± N + i5o (?) + T.
- On prend le terme 20 si pour le calcul du terme suivant, N, on fait usage de la longitude du lieu où l’on opère comptée à partir du méridien de Greenwich, et on ne prend pas
- ce terme 20 si pour le calcul de N on fait usage de la longitude comptée à partir du méridien de Paris. Le terme N sera ajouté si la longitude du lieu où l’on opère est une longitude ouest ; il sera retranché si cette longitude est une longitude est. Si l’on fait usage d’une longitude exprimée en degrés, on calcul N de la façon suivante : le nombre entier de degrés est multiplié par 10 et donne une première partie,, à laquelle on en ajoute une seconde qui dépend du supplément en minutes et secondes que comporte la longitude, en plus des degrés.
- Une autre particularité curieuse de l’appareil est le remplacement du style porte-ombre par deux prismes opaques, montés perpendiculairement au cadran et juxtaposés de
- Graduation
- de corrections
- 'Hep ère
- Cadran
- Prismes
- w/
- \^.// Support
- Miroir1
- réglable
- 'Base en T
- Fig. 2. — Les organes du cadran solaire Guadet.
- façon à laisser une fente étroite entre les deux arêtes presque contiguës. Les rayons solaires projettent alors sur le cadran, un mince trait lumineux entre deux rectangles sombres.
- La largeur de cette fente se règle en faisant tourner l’ensemble des prismes. L’appareil doit être orienté dans la. dii’ection nord-sud, orientation que l’on peut obtenir d’une façon très précise par des manœuvres bien connues, par-cxemple si l’on connaît l’heure exacte. On peut aussi recourir à des procédés plus compliqués dans le cas où l’on ne possède pas l’heure exacte.
- L’appareil tel qu’il vient d’être décrit peut servir depuis-l’équinoxe de printemps jusqu’à l’équinoxe d’automne. Or, , de l’équinoxe d’automne à l’équinoxe de printemps, le Soleil n’éclaire pas directement le cadran placé comme il doit l’être mais en éclaire le revers.
- Pour que l’appareil continue alors à donner l’indication de-l'heure, on place un miroir convexe sur le haut des prismes opaques, la face réfléchissante étant tournée du côté de-ces prismes.
- Dans ces conditions, le Soleil éclakera le miroir, sa lumière sera réfléchie, passera par la fente entre les prismes eU donnera le rais de lumière sur le cadran.
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- Pour maintenir le miroir, un étrier avec vis de pression se fixe sur deux saillies placées sur la face supérieure des prismes. La vis de pression appuie sur le revers du miroir que l’on protège par une rondelle de caoutchouc afin que l’argenture ne soit pas abîmée, la vis n’appuie d’ailleurs que légèrement.
- Ce cadran solaire ingénieux donne des indications d’une grande précision; il a en outre l’avantage de constituer pour un jardin ou un parc un motif décoratif curieux.
- Constructeur : Société Le cadran solaire « LIélios », 80, rue de la Tour, Paris.
- AUTOMOBILISME
- Segments spéciaux pour moteurs usagés.
- Les segments jouent un rôle essentiel dans le moteur à explosion, puisqu’ils assurent l’élanchéilé entre les parois du cylindre et le piston.
- Lorsciue les segments et le moteur sont neufs, l’étanchéité
- Ressori
- Piston ^
- Ressort
- Segment
- Fig. 1. — Le segment Simplex.
- A. Le segment proprement dit ; B. Vue d’urt segment monté avec son ressort dans une gorge de piston ; C. Coupe transversale montrant les positions relatives du piston, du ressort, du segment et du cylindre.
- est très satisfaisante ; à la longue, un jmi inévitable se produit, et, l’huile qui recouvre la paroi du cylindre pénètre dans la gorge du segment. Pendant la course ascendante du piston, le segment chasse l’huile dans la chambre de combustion, et produit ce qu’on appelle des « remontées d’huile ».
- Si le jeu n’était dû qu’à l’usure des segments, il suffirait pour remettre tout en état de remplacer les segments usagés par des segments neufs. Mais le cylindre s’use aussi ; dans les moteurs usuels à bielle et vilbrequin, il s’ovalise parce que les pressions maxima exercées par le piston sur la paroi sont toujours localisées dans le même plan #axial. D’autre part l’usure à la base des cylindres est moins grande qu’à la partie supérieure parce que le graissage est mieux effectué et la température moins élevée ; un cylindre usé prend donc un profil conique.
- Des segments neufs ordinaires, c’est-à-dire de forme circulaire, ne s’adaptent donc pas à un cylindre ovalisé et conique ; seule la rectification des gorges peut améliorer le résultat pour un certain temps.
- ...............191 =
- C’est ce qui a donné l’idée d’un dispositif spécialement, destiné aux cylindres usés et permettant de retarder la. solution coûteuse du réalésage, ainsi que le changement des pistons qu’elle exige ; ces segments sont utilisables toutes les fois que l’ovalisation des cylindres est inférieure à 4/xo de millimètre.
- Ce dispositif se compose d’un segment en fonte et d’un ressort d’expansion en acier. Le segment est inerte et n’est tenu en contact avec les parois du cylindre que par le ressort placé derrière lui dans la gorge du piston (lîg. i B et C).
- Son épaisseur très faible lui donne une grande flexibilité radiale, et, sous l’action du ressort, il peut ainsi épouser la forme du cylindre ; de plus, sur sa hauteur, et sur toute sa périphérie il est coupé d’entailles qui lui assurent une compressibilité verticale permettant de le monter dans une gorge, dont la hauteur est inférieure à celle du segment.
- Ce procédé permet d’assurer l’étanchéité complète de la gorge et de compenser son usure.
- On arrive ainsi à éviter les remontées d’huile et à diminuer la consommation, à prolonger la vie des moteurs. De plus, les claquements sont très atténués.
- Segments Simplex : L. Dektereff, 88, avenue des Ternes, Paris (17e).
- OBJETS UTILES
- Appareil simple pour déboucher les conduits.
- Pour déboucher une conduite de cabinet de toilette obstruée, il faut dévisser le bouchon inférieur du siphon, et faire couler de l’eau chaude par l’ouverture de vidange de la cuvette.
- Cette opération n’est pas très agréable.
- Elle n’est pas tou-jours suffisante, d’ailleurs, si le lieu de l’obstruction se trouve plus loin dans la tuyauterie, il faut employer des fils de fer ou des morceaux de jonc, et avoir recours à un spécialiste.
- L’emploi de matières décapantes à base de potasse, Fig. 1. — Le et Furet » jonc métallique par exemple, a été avec brosse pour déboucher les tuyau-souvent préconisé, tencs.
- mais il offre l’inconvénient de ne pas être inoffensif pour le métal du tuyau,, même à petites doses.
- Voici un outil très simple et très maniable qui permet, de résoudre le problème. C’est un jonc métallique incassable très flexible portant à son extrémité une petite brosse cylindrique ; on peut introduire sans aucun démontage par l’orifice de vidange de la cuvette.
- Le jonc se « moule » sur les sinuosités de la tuyauterie, et pénètre ainsi jusqu’au « bouchon » de matières savonneuses qui est immédiatement expulsé. Il sert indéfiniment, et ne détériore pas les tuyauteries.
- Déboueheur « Le Furet », 3q bis, rue Jean-Bart, Saint-Maur-les -Fossés (Seine).
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- : BOITE AUX LETTRES.
- De tout un peu.
- M. Truhaut, à Villejuif. — N’ayant pas précisé dans quel dut vous désirez abaisser la viscosité de Vhuile de ricin, nous supposons qu’il s’agit d’une utilisation pharmaceutique. Dans ce cas, le mieux serait à notre avis d’utiliser la solubilité de cette huile dans l’alcool, ce qui n’en modifierait pas les propriétés médicinales et laisserait toutes libertés sur les proportions qui répondraient à l’atteinte de la fluidité cherchée.
- M. Vanpeenne, au Mesnil-Esnard. — Si nous avons bien compris votre demande, il s’agirait de faire disparaître, ou tout au moins d’atténuer l’odeur de peinture dans un appartement fraîchement peint.
- Pour cela, on se trouve généralejnent fort bien de placer à différents endroits de la pièce, des assiettes contenant de la braise de boulanger, fraîchement obtenue ou simplement de la mie de pain, substances qui ont la propriété de condenser dans leurs pores la plupart des vapeurs odorantes.
- M. le Dr Reynaud, à Nîmes. — Comme suite aux renseignements que nous vous avons fournis dans le n° 3021, page 192 sur la conservation des fruits par l’éthylène, nous ajouterons que ce produit peut également vous être fourni par les laboratoires Zundel Joliet et Cie, 10, avenue Anatole-France, à Colombes, Seine, lesquels vous donneront aussi toutes indications en vue de la préparation au lieu d’utilisation.
- M. Dargent, à Beyrouth. — La lotion capillaire à laquelle vous faites allusion, ne contient, paraît-il, pas de pétrole ; elle aurait d’après Cerbelaud la composition suivante :
- Alcool à 90°..................., 80 cm3
- Essence de bergamote .... 10 —
- Eau distillée.................. 100 —
- Comme l’essence se trouve en excès par rapport à sa solubilité dans la solution alcoolique, il est indispensable au moment de l'emploi d’agiter avant de s’en servir.
- Cette lotion s’applique sur la chevelure au moyen d’une petite éponge ou d’une brosse douce.
- M. Garin, à Quimper. — 1° Nous pensons que vous pourrez consolider suffisamment les aiguilles des branchettes de conifères destinées à l'imitation de petits arbres sur une maquette, en les trempant simplement dans le vernis à la gomme laque que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- 2° Au cas où vous voudriez aviver la teinte des branchettes, il vous suffirait de les plonger avant vernissage dans une solution alcoolique plus ou moins concentrée d’un vert d’aniline.
- Inutile de préciser un nom pour ce vert du moment que la teinte en sera convenable et qu’il sera soluble dans l’alcool.
- M. Massieux, Ile de Wight. — L’amadou que l’on allume par l’étincelle d’un briquet à pierre de silex se prépare au moyen de l’agaric amadouvier, champignon parasite que l’on rencontre sur les troncs de chênes ou de hêtre des grandes forêts de l’Europe. La partie employée est la partie moyenne du champignon que l’on fait macérer dans l’eau et bat avec un maillet pour la rendre souple et spongieuse, c’est surtout à. Niaux dans les Pyrénées que l’on pratique cette opération.
- Il ne reste plus qu’à tremper l’amadou préalablement séché dans une solution saturée à froid de nitrate de potasse (salpêtre) puis de laisser à nouveau sécher à l’air, pour que cet amadou soit utilisable.
- M. le Dr Laisney, à Paris. — Le goût de moisi qu’a pris votre liqueur est évidemment dû au développement d’une moisissure dans l’orange qui a été suspendue au-dessus de l’alccol contenu dans le bocal.
- Le Gérant : G. Masson. Laval. —
- Nous pensons que vous pourrez, sinon faire disparaître, tout au moins atténuer très sensiblement le mauvais goût en agitant à plusieurs reprises le liquide avec de la braise de boulanger récemment obtenue, ou meme peut-être en lui substituant de la mie de pain.
- Bien entendu l’opération devra se compléter par une filtration au papier ou à la chausse.
- M. le Dr Picot, à Caumont. — La gélatine bichromatée exposée à la lumière devient bien insoluble, mais reste hygrométrique, c’est-à-dire qu’elle conserve son pouvoir absorbant pour l’eau ; donc à son contact elle reprend de la souplesse, ce qui explique que les plaques de verre de votre aquarium n’ont pas été en mesure de résister aux actions mécaniques, en premier lieu à celle de la pesanteur.
- Pour cette application, il est préférable d’utiliser le ciment
- suivant :
- Brique pilée....................... 90 gr
- Litharge en poudre................. 10_________
- Ajouter quantité suffisante d’huile de lin cuite pour obtenir consistance convenable, faire le lutage sur parties bien sèches et laisser durcir avant de mettre de l’eau.
- M. Severin, à Nice. — L’acide qui. convient le mieux pour percer une coquille d'œuf, comme vous en avez l’intention est l’acide chlorhydrique que l’on trouve à l’état impur dans le commerce sous le nom d’acide muriatique ou esprit de sel.
- Pour l’application, ne pas se servir d’une aiguille métallique qui serait également attaquée, mais d’une petite tige de bois taillée en pointe suffisamment fine sur laquelle l’acide sera sans action.
- M. le Dr Jacques, à Nancy. —Effectivement, dans la rédaction de la formule indiquée pour le glaçage des cols et manchettes du n° 3018, il faut lire 50 gr au lieu de 150 gr.
- Cet empois doit être utilisé tiède par enduisage du col à la main, sur les deux faces, en faisant bien pénétrer l’apprêt par un frottement suffisant.
- Il va de soi que la préparation doit être pour cela amenée à consistance convenable par addition d’eau, si cela était nécessaire, l’expérience étant dans ce cas le meilleur guide.
- M. Heitzmann, à Romain-le-Puy. — 1° Les bandes adhésives à sec sont généralement obtenues par enduisage du papier au moyen de savon deAésine additionné d’une trace de glycérine suffisante pour befriconserver une certaine hygros-copicité.
- Le dit savon de résine s’obtient facilement en faisant digérer un excès de colophane dans une solution alcaline contenant 5 gr. 60 de soude caustique en plaquettes par litre, solution dont les proportions doivent être observées.
- 2° Pour éviter l’adhérence, lorsque ces bandes sont mises en rouleaux, le plus simple est d’interposer, lors de l’enroulement une seconde bande de même largeur en papier paraffiné.
- M. W. Haché, Collège Sainte-Anne. — L’explosif connu sous le nom de bellite a été inventé en 1886 par Lamm et fabriqué à l’usine de Rœteb’ro en Suède.
- On en connaît deux types dont les compositions sont les suivantes :
- Belli te n° 1 Bellite n° 2
- Dinitrobenzine............ 15 34
- Nitrate d’ammoniaque . . 85 66
- On chauffe la dinitrobenzine à 80° C., ce qui détermine sa fusion, puis on la mélange au nitrate d’ammoniaque. On obtient ainsi une masse pâteuse, que l’on coule dans des moules et recouvre de papier paraffiné.
- La nitrobellite est de la bellite dans laquelle on a remplacé J le njtrate d’ammoniaque par du nitrate de potasse.
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- Imprimerie Barnéoud. — io-919JS — Published in France.
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- N°3034
- LA NATURE
- 1er Octobre 1938
- LES TATOUS DE U AMÉRIQUE DU SUD
- Il y eut et il y a encore sur la terre des mammifères qui au lieu de poils ont des écailles ; tous ces animaux vivent dans des régions qUFônt fait partie de l’ancien continent de Gondwana.
- Les Pangolins se rencontrent aux Indes et dans le sud de l’Afrique ; les Tatous sont localisés dans I’Amé-i-Hjucdu Sud. On en connaît un certain nombre d’espèces, de tailles très différentes, depuis le Pichiciego
- Il a le corps massif, plus large que haut, sa tête est assez large et porte des écailles sur sa face supé-rieui’e.
- L’armure que constituent sur le corps les écailles est composée d’une pièce sur la région des épaules et d’une autre pelvienne, séparées par douze bandes d’écailles mobiles ; la queue, conique et allongée, est toute recouverte d’écailles.
- Fig. 1 à 6. — 1. Tatou carreta (Priodontes giganteus) ; 2. Pichiciego (Chlamydopliorus) ; 3. Rabo molle (Cabassous) ; 4. Mataco (Tolypeutes) ; o. Tatou ou peludo (Cliaetoptiractus) ; G. Mülita (Dasypus hybridus).
- (Chlamydopliorus truncat) de la taille d’un petit rat, jusqu’au Tatou géant (Priodontes gigantous) qui atteint i m 5o de longueur. Ils ne donnent qu’une faible idée de la variété des animaux de ce genre qui ont vécu dans les époques passées comme les gigantesques Dœ-dicurus, Glyptodon, Sclerocalyptus, Proeutatus et le Chlamy dot lier ium grand comme un Rhinocéros.
- Nous passerons en revue ceux de ces Édentés qui vivent encore.
- Le plus grand est incontestablement le Priodontes ou Tatou « carreta » (flg. i).
- Il vit dans les forêts du Ghaco et de Misiones, mais n’est déjà plus très abondant et son extinction n’est qu’une affaire d’années.
- Cet animal a environ cent dents (ce qui n’est pas mal pour un Édenté) mais assez réduites. La couleur du corps est noirâtre, la tête, la queue et une bande latérale sont blanchâtres.
- Les Priodontes sont des animaux d’habitudes terrestres qui vivenf dans les forêts vierges du Nord du pays.
- Après avoir vu le plus grand des « armadillos » et avant de passer à l’étude du plus petit d’entre eux, il convient de jeter un coup d’œil d’ensemble sur les animaux de ce groupe.
- Tous ont une cuirasse cornée ; dont une partie prœ tège la tête ; ils ont deux grandes pièces dont l’une couvre les épaules et l’autre le bassin ; elles sont reliées
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- par des bandes cornées dont le nombre varie suivant les espèces ; sauf chez l’un d’entre eux, la queue est recouverte d’écailles.
- La denture est très variable, non seulement selon les espèces mais entre les individus de chaque espèce. Le nombre de dents le plus fréquent est de huit à chaque maxillaire, mais chez le tatou « careta » on en compte vingt-cinq et plus à chaque maxillaire comme nous l’avons déjà dit.
- Les animaux de ce groupe habitent de préférence les lieux secs où ils creusent des galeries avec une rapidité incroyable, ils s’alimentent principalement deiourmis et autres insectes, mais mangent aussi des végétaux. Les Mulitas mangent également les animaux morts et les détritus.
- Tous ces animaux ont le flair très développé, la majorité d’entre eux est d’habitudes diurnes et tous les petits des espèces de ce groupe naissent avec la cuirasse cornée molle et claire.
- La chair des tatous et des mulitas (on les appelle ainsi à cause de leurs grandes oreilles) est très appréciée dans le pays où ils figui’ent abondamment sur les tables.
- Avec la carapace de ces animaux on fait de très jolies boîtes à ouvrage estimées dans le pays.
- En Sud-Amérique on connaît six sous-familles de Dasypodes qui comprennent neuf genres, à savoir : Priodontes, Chlamydophorus, Burmeisteria, Cabas-sous, Tolypeutes, Euphractus, Chaetophracius, Zae-dyus et Dasypus.
- Le genre Chlamydophorus (fig. 2) est de beaucoup le plus petit, il n’a que 10 à i5 cm de longueur ; sa tëhf est courte et conique, elle porte des yeux très petits qui sont cachés par les longs poils qui les entourent, de là lui vient le nom vulgaire qui lui a été donné de « Pichiciego », les oreilles sont aussi petites et cachées par les poils, du reste de longs poils blancs recouvrent toutes les parties du corps qui ne sont pas munies d’écailles, la cuirasse cornée ne couvre que la tête et le dos, elle foi’me une série de bandes ;R"queue est bien recouverte d’écailles et terminée par une pointe en forme de lance, les membres antérieurs sont très robustes, les postérieurs sont beaucoup plus faibles ; tous sont munis de cinq doigts. Les habitudes de cet animal sont nocturnes, il vit dans le Nord-Ouest de l’Amérique du Sud.
- Le genre Burmeisterie ou grand Pichiciego, est plus grand puisqü’il atteint de 20 à 25 cm ; la queue est un peu plus courte en proportion et l’écaille finale formant lance est moins bien dessinée, du reste l’animal n’est pas un mineur aussi émérite que le précédent. Son habitat paraît très limité ; on ne le trouve guère que dans les provinces de Salta et Jujuy de l’Argentine.
- Le Cabassous, de son nom vulgaire « rabo molle » (queue molle) (fig. 3) est ainsi que le « mataco » un « armadillo » de taille moyenne, de 4o cm environ ; il a la cuirasse peu convexe, comprenant douze bandes mobiles ; il est l’unique armadillo vivant qui ait la
- queue dépourvue de plaques ; l’écu céphalique est de forme ovale et assez réduit, les oreilles sont assez grandes et surtout très larges, il a cinq doigts à chaque membre poux-vus, surtout les antérieurs, d’ongles très forts. Son habitat se réduit aux régions de For-rnosa et de Misiones au Nord-Est de l’Argentine.
- Aussi grand que le précédent est le Tolypeutes ou « Mataco » (fig. 4), mais il possède une carapace plus grande et qui a la particularité de le couvrir complètement quand il se x'oule en boule. La cai'apace, outre la partie qui protège la queue, l’écu qui protège la tête, les deux pièces qui pi’otègent les épaules d’une part et la région pelvienne de l’auti'e, a ti'ois bandes, mobiles, les pattes présentent la particulai'ité d’avoir seulement trois doigts et un quatrième très rudimentaire aux membres antéi'ieurs. Si l’animal est menacé il se roule en boule et alors, même un jaguar ne peut rien conti’e lui. Sa distiibution géographique est le Nord-Ouest de l’Amérique du Sud.
- Le genre Euphi'actus, a une taille sensiblement inférieure au précédent ; il a six bandes mobiles et vit piincipalement dans la province de Santa Fé (Argentine).
- Le Chaetophractus (fig. 5) est le tatou le plus connu, celui dont la chair est la plus estimée. Il est à peu près de la même taille que le précédent mais sa carapace comprend huit bandes mobiles qui se terminent en bas par des pointes. De plus il offre la particulai'ité, avec le Zaedyus que nous allons voir, de présenter des poils assez abondants qui sortent entre chaque bande d’écailles, de là vient leur nom commun de « peludos » (poilus).
- Cet animal est d’habitudes noctui’nes et a une alimentation très variée, il mange des plantes comme des oiseaux, des œufs, des l’ats et même des serpents qu’il tue en les sectionnant avec le bord denté de sa cai’apace.
- Le Zaedyus est appelé couramment « piche » ou petit « peludo », à cause de ses poils, il est environ d’un tiers moins grand que le vrai « peludo ». Son museau est plus long et ses oreilles plus petites, sa carapace a sept bandes mobiles et les pointes qui la terminent sont encore./ plus accentuées que dans le geni'e Chaetophractus. C’est un animal très vif qui habite tout le Nord de l’Amérique du Sud ; il est moins abondant que le précédent.
- Le genre Dasypus comprend deux espèces, une un peu plus grande que le « Cabassous » (D. noveurcinc-tus) qui n’est pas très abondante et une seconde plus petite, très répandue et très appréciée pour sa chair (fig. 6).
- La première, la plus grande, a neuf bandes mobiles en sa carapace et la plus petite n’en a que sept. Elles sont toutes deux d’habitudes diui’nes et ne sont pas très difficiles pour leur alimentation dans laquelle elles incluent volontiers des excréments ; la grande variété ne vit que dans le Nord de l’Amérique du Sud, tandis que la petite s’étend sur tout le continent.
- P. Magne de la Croix.
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- LE CENTENAIRE
- DE LA PHOTOGRAPHIE ASTRONOMIQUE
- L’année prochaine, la photographie astronomique comptera juste cent années d’existence !
- C’est en effet, en 1839 que, sur les Conseils d’Arago, Daguerre tenta de daguerréotyper la Lune. Dans le rapport présenté le 8 juillet 1839, à la Chambre des Députés, le célèbre astronome s’exprimait ainsi : « La « préparation sur laquelle M. Daguerre opère est un « réactif beaucoup plus sensible à l’action de la « lumièi'e que tous ceux dont on s’était servi jusqu’ici, a Jamais les rayons de la Luné, nous ne disons pas « à l’état naturel, mais condensés au foyer de la plus (( grande lentille, au foyer du plus large miroir réflé-« chissant, n’avaient produit d’effet physique percep-« tible. Les lames de plaques préparées par M. Da-« guerre blanchissent, au contraire, à tel point, sous « l’action de ces mêmes rayons et des opérations qui « lui succèdent, qu’il est permis d’espérer qu’on « pourra faire des cartes photographiques de notre « satellite. C’est dire qu’en quelques minutes on exé-« cutera un des travaux les plus longs, les plus minu-« tieux, les plus délicats de l’Astronomie ».
- Malheureusement, les tentatives de Daguerre ne furent guère couronnées de succès : les images obtenues étaient faibles, sans détails, malgré une exposition prolongée.
- De ce qui précède, il résulte cependant que les premiers essais de photographie astronomique ont été faits en France, berceau de la photographie !
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- Nous ne retracerons pas ici en détail les étapes successives de la photographie astronomique : le chemin parcouru depuis près d’un siècle est immense. La première image de la Lune fut obtenue par J.-W. Draper, en Amérique, en i84o ; la première photographie du Soleil a été faite par Fizeau (x) en collaboration avec Foucault, en i845. En 1857, G.-P. Bond prit une photographie de l’étoile Mizar. Rappelons ici les noms des pionniers de la photographie du ciel, de Ruther-furd, de Warren de la Rue, de Draper et, en France, ceux de J. Janssen, à l’observatoire de Meudon avec le concours de MM. Pasteur, Arents et Corroyer pour la photographie du Soleil.
- En 1880, Draper obtient une belle photographie de la nébuleuse d’Orion. La photographie stellaire fait des progrès, les plaques sèches au gélatino-bromure viennent de paraître, deux astronomes de l’Observatoire de Paris, les frères Paul et Prosper Henry les
- 1. «La photographie moderne, avec sa merveilleuse sensibi-« lité, est, comme on sait, basée sur l’emploi du bromure « d’argent ; mais on a oublié que c’est Fizeau qui, le premier, « en 1841, en signala la propriété essentielle. » A. Cornu. Notice sur l’œuvre scientifique de Fizeau. Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1898, notice C, p. 3.
- utilisent très heureusement et, de leurs travaux, naît la « Carte du Ciel ».
- De 1887 au début du xx®, notre pays a occupé une place très honorable dans la photographie astronomique : à l’Observatoire de Meudon dans l’étude du Soleil ; à l’Observatoire de Paris avec la photographie stellaire, notamment avec la Carte du Ciel devenue entreprise internationale ; à l’Observatoire de Paris encore, avec la photographie lunaire que MM. Lœwv, Puiseux et Le Morvan amènent à un haut degré de précision et dont l’aboutissement est le magnifique Atlas photographique de la Lune ; à l’Observatoire de Nice, avec la recherche photographique des petites planètes, etc.
- Cependant à l’étranger, la photographie stellaire, et plus particulièrement la photographie des nébuleuses et des amas d’étoiles, faisait d’importants progrès. De 1884 à 1904, Isaac Roberts, à Starfield, avec son
- Fig. l. — Le télescope de 0 m 80 de la Station d’astrophysique de VObservatoire de Paris à Forcalquier (Basses-Alpes) (Optique de A. Couder, mécanique de G. Prin).
- En bas, à gauche, M. de Kérolyr. Le personnage permet de se rendre compte des dimensions de l’instrument.
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- Fig. 2. — Nébulosités entourant les trois étoiles clu Baudrier d’Orion.
- Négatif pris par M. de Kérolyr, à son observatoire privé de Forealquier, avec une pose totale de 12 h, sur plaque « Opta » de Lumière En bas, à gauche, au-dessous de la nébulosité entourant l’étoile £ Orion, le petit crochet obscur est la nébuleuse noire
- dite « de la tête de cheval ». Le Nord est en haut.
- télescope de o m 5o, réussit une série très importante de clichés de ces formations lointaines.
- Max Wolf, à Heidelberg, travaille dans toutes les branches de l’astronomie et obtient de magnifiques clichés de la Voie lactée,, de champs d’étoiles, de sté-réoscopies astronomiques,' de comètes, de petites planètes, etc.
- Signalons, aux États-Unis, les travaux de l’Observa-
- toire Lick (photographies de nébuleuses prises au réflecteur Crossley), ceux de l’Observatoire Lowell (photographies de planètes), les travaux de Shapley,. de Ilubble, etc. Il convient d’insister plus particulièrement sur les travaux du Prof. E.-E. Barnard. D’une habileté remarquable, il réalise de magnifiques photographies. II est vrai qu’il a à sa disposition les instruments les plus puissants du monde : la grande lunette
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- de Lick, de o m 96 d’ouverture, puis la grande lunette de Yerkès, de 1 m o5 de diamètre, enfin la lunette Bruce, à l’Observatoire Yerkès également, qui comporte un objectif de o m 25 seulement, mais ouvert à f/5. Avec ce dernier instrument, il fait des sondages de la Voie lactée : ses clichés sont d’une finesse remarquable et couvrent un .grand champ. Citons parmi les travaux de Barnard, ses recherches sur les comètes, sur les nébuleuses diffuses autour d’Orion et des Pléiades, sur les nuages obscurants, la découverte du 5e satellite de Jupiter, etc.
- Il était réservé au Prof. Ritchey de pousser extrêmement loin la photographie à grande échelle et à haute définition des nébuleuses, des amas, des champs de nébuleuses. Cet astronome taille lui-même les miroirs des télescopes avec lesquels il travaillera : tout d’abord c’est le miroir de o m 60 de l’Observatoire Yerkès avec lequel, si on peut dire, il « s’entraîne » et obtient déjà les plus beaux clichés de nébuleuses qui aient jamais été pris, révélant dans la structure de ces astres des détails insoupçonnés.
- Puis il taille le miroir de 1 m 5o de l’Observatoire du Mont Wilson : c’est alors le plus grand du monde. A partir de 1910, il travaillera avec ce gigantesque instrument. Vers 19x0, il réalise, en collaboration avec M. Henri Chrétien, professeur à l’Institut d’Optique de Paris, une série fameuse, et jusqu’ici inégalée, de clichés de nébuleuses et d’amas. Ritchey a taillé ensuite le miroir de 2 m 67 de diamètre de l’Observatoire du Mont Wilson, mais il n’a pas travaillé avec cet instrument : son œuvre photographique a été surtout accomplie avec le télescope de 1 m 5o qu’il a utilisé jusqu’à sa venue en France en avril 1924.
- Les photographies de Ritchey, si remarquables, ont été réunies en un splendide album, édité avec un soin extrême, sous les auspices de la Société Astronomique de France, par la Compagnie de Saint-Gobain, dans le but de mettre à la portée des amateurs ces merveilles du monde sidéral (Q.
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- Quel était, pendant ce temps, l’état de la photographie astronomique en France ?
- Une énumération, même succincte, des travaux accomplis devient impossible. La plupart se rapportent à des recherches spécialisées, par exemple photographies de planètes, de comètes, cl’éclipses, études de polarisation, spectrophotograpliie, etc., jusqu’aux résultats si remarquables obtenus depuis quelques années dans la reconnaissance de la couronne solaire et des protubérances en dehors des éclipses et dans la cinématographie de certains phénomènes. En raison de la place très limitée dont nous disposons, et pour éviter un grand nombre d’omissions, le plus simple est de ne citer aucun nom.
- 1. L’album porte comme titre : L'Evolution de VAstrophoto-graphie et les grands télescopes de l'avenir, par G.-W. Ritchey. Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (6e).
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- Mais, en regard des travaux américains, nous pouvons nous demander où en était, en France, la photographie des nébuleuses, des amas, des nuages galactiques, etc.
- Dans ce but, le télescope de 1 m d’ouverture de l’Observatoire de Meudon avait été utilisé en 1899 par M. Rabourdin, puis, plus tard par M. Senouque. Celui de l’Observatoire de Toulouse avait été mis à profit par M. Montangerand. Il s’agissait dans ces deux circonstances, d’essais isolés, de peu de durée.
- Pai-mi les amateurs français qui ont travaillé cette question, nous trouvons deux astronomes et photographes d’une habileté consommée : M. Lucien Rudaux, bien connu des lecteurs de cette Revue, et M. F. Qué-nisset. Le premier, à son observatoire de Donville (Manche) a obtenu de très belles photographies de la Voie lactée. Le second, qui est attaché depuis de nombreuses années à l’Observatoire fondé par Camille Flammarion, à Juvisy, a, depuis 45 ans, pratiqué la photographie astronomique dans tous les domaines et obtenu de beaux clichés des grandes nébuleuses. Mais tous deux n’ont toujours eu à leur disposition que des instruments de petites dimensions, ce qui est bien regrettable. Plus importants sont les résultats obtenus par M. A. Ninck, à Nancy, avec son télescope de o m 4i d’ouverture. Mais ici encore, aucune 'comparaison 11’est possible avec les travaux américains de Barnard et de Ritchey.
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- Vers la fin de l’année 1923, de grands amis de la France. M. et Mme Dina, résolurent de doter notre pays d’un très grand observatoire, muni d’un télescope de diamètre supérieur à ceux des États-Unis (Q.
- Ils n’hésitèrent pas à faire venir en France, en 1924, le Prof. G.-W. Ritchey, dans le but de lui confier la construction du nouveau télescope géant (2).
- Le dii'ecteur de l’Observatoire de Paris était alors M. B. Baillaud. L’éminent savant accorda aussitôt au Prof. Ritchey l’autorisation d’installer un laboratoire d’optique dans les locaux de la grande salle méridienne de l’Observatoire de Paris (3).
- D’aiitre part, en 1924 et en 1925, deux campagnes d’observations systématiques étaient entreprises par MM. A. Couder, A. Danjon et J. Dufay pour rechercher, en Haute-Provence, les lieux les plus favorables à l’érection cl'un grand- observatoire. Cette région avait été signalée par M. E. Esclangon, alors directeur de l’Observatoire de Strasbourg, comme ayant un climat particulièrement favorable. En fait, les recherches montrèrent que sur deux nuits pures, il s’en ti'ouve, en moyenne, une dans laquelle les images sont calmes. 1 !
- M. Dina étant décédé, sa veuve, Mme Shillito-Britt continua d’assurer les dépenses de l’atelier d’optique,
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- 1. Voir L’Astronomie, octobre 1923, p. 422.
- 2. Voir L’Astronomie, mai 1924, p. 210.
- 3. Voir L’Astronomie, juillet 1928, p. 331.
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- qui après le départ de Pdtchey pour l’Amérique, était passé sous la direction de M. André Couder, ingénieur-opticien de grand talent' et de grand avenir. Mms Shillito Britt lit alors don à l’Observatoire de Paris d’un instrument complet comprenant le miroir, la monture de Prin et la coupole. Le miroir a 8i3 mm de diamètre ; il a été taillé à l’Observatoire de Paris par M. André Couder et il est cl’une perfection remarquable. M. Ernest Esclangon, nommé directeur de l’Observatoire de Paris en 1929, s’intéressa particulièrement à la création d’une station d’astrophysique de l’Observatoire de Paris en Haute-Provence et fit installer le télescope, pendant l’été de 1982, dans le voisinage de la petite ville de Forcalquier (Basses-Alpes).
- Rappelons que le miroir a une longueur focale de 4 m 825 et la combinaison Cassegrain donne pour distance focale 12 m 20. Aussi, suivant le cas, l’instrument travaille à F/6 ou à F/i5.
- La combinaison à F/6 convient bien pour les nébuleuses et les plages de faible luminosité. Aussi le télescope a-t-il été employé, dès le début de sa mise pu service, pour la photographie des nébuleuses. Nous allons voir dans quelles conditions.
- * *
- C’est dans l’histoire de l’Astronomie que l’on rencontre le plus de vocations innées : on n’apprend pas à aimer l’Astronomie, mais on naît avec le culte du Ciel ! C’est ainsi que Marcel de Kérolvr est venu à l’Astronomie. A 12 ans, il suivait assidûment les séances d’observations pratiques du Groupe astronomique de Rouen. En 1924, ayant fait l’acquisition d’une petite lunette de o m 07 seulement, il observe les astres et prend des photographies. 11 obtient de très
- Firj. 3. — Le laboratoire de l’Observatoire privé de M. de Iiérolyr.
- bons résultats pour l’éclipse de Soleil du 29 juin 1927, puis d’excellents clichés de la comète Pons-Winnecke, et du passage de Mercure sur le Soleil de novembre 1927. On y voit le phénomène dit « de la goutte noire ». Ce sont là des débuts. M. de Kérolyr ayant eu connaissance des recherches de MAL Couder, Danjon et Dufay, dont nous avons parlé plus haut, la Haute-Provence l’attire. Il vient s’installer à Digne et fonde la « Station astrophotographique de la Haute-Provence ». Il monte un abri-observatoire, construit lui-même une monture équatoriale et un tronc d’olivier, coupé à l’inclinaison voulue remplace — par économie — le classique pilier en maçonnerie. Des engrenages « meccano » permettent de donner à l’axe horaire la même vitesse angulaire que celle du ciel. Faute de mouvement d’horlogerie, M. de Kérolyr, ainsi que l’a fait longtemps AI. Rudaux, suivra à la main en maintenant constamment une étoile de repère à la croisée des fils de l’oculaire de la lunette-guide. Ainsi, il pose pendant des heures sur les amas du Cocher, sur la AAoie lactée, sur les amas de Persée et déjà les résultats sont splendides avec un objectif à portraits de o m i3 seulement. Bientôt le matériel de l’Observatoire s’accroît d’un objectif d’aviation de o m 12 d’ouverture et de 1 m 20 de distance focale. Les résultats sont de plus en plus encourageants.
- Alais le ciel de Digne ne semble pas complètement satisfaisant, des recherches récentes ont montré que la région de Forcalquier est astronomiquement préférable. AL de Kérolyr n’hésite pas, il transporte sa station à Forcalquier, où il réside toujours. L’observatoire, cette fois, est plus important, la monture équatoriale comporte un mouvement d’horlogerie. Des clichés à très longues poses sont pris de la Voie lactée, de nuages d’étoiles, de régions obscurantes, de nébuleuses diffuses, etc., clichés qui attirent l’attention sur leur auteur.
- La Société Astronomique de France lui décerne, en 1981, le » Prix Dorothea Klumpke-Isaac Roberts », destiné à récompenser l’observateur qui se sera distingué dans l’étude ou la découverte des nébuleuses.
- Au cours des années 1931 et 1982, les travaux publiés par Al. de Kérolyr se multiplient, ils sont extrêmement variés et par leur facture, malgré l’emploi d’instruments faibles, ils s’apparentent à ceux de Barnard.
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- Le télescope de o m 80 de la Station d’Astrophysi-que de l’Observatoire de Paris venait detre monté, comme nous l’avons dit, en 1982, Avec un rare bonheur, le Directeur de l’Observatoire de Paris, AL E. Esclangon estima que, pour en tirer le parti maximum, il fallait le confier à un opérateur habile, ayant fait ses preuves. Il fit appel au concours de AL de Kérolyr. Les résultats ne se firent pas attendre et, du premier coup si l’on peut dire, les photographies prises au télescope de o m 80 se rapprochaient beaucoup de celles prises aux États-Unis par G.-W. Rit-
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- chey, avec le télescope de x m 5o du Mont-Wilson. Nous ne les donnerons pas ici, car La Nature en a publié déjà uir certain nombi’e O-
- En 1933, la Société astronomique de France décerne à M. de Kérolyr le « Prix Camille Flammarion ».
- Parlant de la création d’une grande station d’Astro-physique en France, M. Esclangon s’est exprimé ainsi dans L’Astronomie (2).
- « ...Fa station dispose en ce lieu (Forcalquier) d’un « télescope de 80 cm d’ouverture avec lequel M. de « Kérolyr a réalisé, depuis 1982, des photographies « célestes : de nébuleuses, d’amas stellaires, d’étoiles « faibles présentant des caractères exceptionnels de u finesse et de netteté et pouvant rivaliser avec des « documents analogues obtenus aux États-Unis ».
- Une opinion aussi autorisée est bien faite pour réjouir ceux qui regrettent l'état de retard de la photographie astronomique en France. Elle est fort encou-x-ageante pour l’avenir.
- M. de Kérolyr est un virtuose de la difficulté. Certains clichés ont des temps d’exposition de 3o et même 4o heures ! Il obtient sur ses plaques le compagnon de Sirius, les composantes de l’étoile double Rigel, Neptune et son satellite Triton, mettant ainsi en valeur les remarquables qualités optiques du miroir travaillé par M. Couder.
- En 1930, la Société astronomique de France décerne à M. de Kérolyr, pour la seconde fois — fait unique — le <( Pi'ix Dorothéa Klumpke-Isaac Roberts ».
- L’Union astronomique internationale le nomme membre de la Commission des nébuleuses.
- 1987, année de l’Exposition ! Le directeur de l’Observatoire de Paris veut montrer aux visiteurs les travaux de la station d’Astrophysique de Forcalquier. Au Palais de la Découverte, on pouvait admirer une série d’agrandissements de 5 m sur 6 m des clichés pris au télescope de o m 80 et, en particulier, une nébuleuse d’Andromède de... six mètres de longueur, plus une trentaine de positifs d’environ o m 80 x 1 m. Mais il y avait mieux. En six mois, M. de Kérolyr réussit ce tour de force de réunir la série des clichés de la Voie lactée visible en France. Et, convenablement agrandis, ils ont donné une Voie lactée photographique de h m 50 de largeur sur 20 m de longueur ! !
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- Par ce rapide — et très incomplet — exposé, on peut juger du labeur considérable fourni par M. de Kérolyr. Mais le travail n’est pas tout, il y a la technique. Le Prof. Ritchey me contait un jour l’extrême difficulté de la prise des clichés avec un grand télescope. Il faut, disait-il, « attacher, en quelque sorte, la plaque à un rayon de lumière », le suivre dans ses moindres déplacements. L’œil rivé au microscope qui
- 1. Voir le n° 2986, du 1er octobre 1936, pp. 301 à 308.
- 2. L’Astronomie, mai 1933, p. 213.
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- pointe l’étoile-guide, il faut ainsi, pendant des heures et des heures maintenir l’étoile à une croisée de fils en agissant sur les divers rappels de l’instrument ou du châssis. Il faut même, disait Ritchey, aller pi'esque au-devant des petits déplacements produits par les vagues atmosphéi'iques. Aixxsi, on obtient sur le cliché des ét'Res parfaitement rondes. Mais au prix d’une fatigue extrême...
- Et c’est pourquoi des hommes comme Barnarcl, comme de Kéi'olyr, comme Quénisset, comme Ritchey (j’ai classé leurs iroms, ici, par ordre alphabétique) sont précieux pour la science. Pour aborder avec succès la photographie astronomique, il faut, avant tout, avoir le feu sacré !
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- Une conclusion optimiste se dégage des travaux faits à Forcalquier. Grâce à la station d’Astrophysique de l’Observatoire de Pai’is, la France a reconquis, en photographie céleste, une place presque de premier rang. Il faut dire « presque » parce que, vu leurs dimensions, les grands télescopes américains du Mont Wilson et celui de 1 m 02 de la station australe d’Harvard College, en Afrique du Sud, « surclassent », quoi qu’on fasse, le télescope de o m 80 de Couder. Mais nos lecteurs savent que le « service de recherches d’Astrophysique » créé par déci’et du 3i octobre 1986 comprend notamment une « Station d’observation située en Haute-Provence ». Pour ce grand Observatoire, un télescope de 1 m 92 de diamètre est en construction C1). Le mii’oir a été fondu au milieu du mois de décembre 1937, il est encore, croyons-nous, au four de recuit. Souhaitons que celui-ci se fasse dans d’excellentes conditions. M. André Couder aura ensuite à exécuter le travail optique du miroir : on peut être assui'é qu’il le conduira à la même perfection que pour le o m 80.
- Lorsque ce télescope de 1 m 92 sera en service, il est permis d’en escompter de merveilleux résultats, si l’on en juge d’après ceux qui ont été obtenus avec le o m 80 entre les mains de M. de Kérolyr. On peut affirmer que, ce jour-là, la France aura repris le premier rang dans la photographie du Ciel !
- Em. Touciiet.
- 1. L’Astronomie, janvier 1938, pp. 30 à 32 : Coulée d’un grand miroir de télescope, par André Couder.
- P. S. — Le Centenaire de la photographie astronomique devrait être célébré en 1939. On pourrait prévoir, pour cet événement, diverses - manifestations scientifiques, notamment une « Exposition générale de la photographie astronomique » depuis son origine. Cette Exposition pourrait être placée sous les auspices de la « Société Astronomique de France » et de la (( Société française de Photographie et de Cinématographie ». Une séance inaugurale, des conférences, des séances de projections, des visites- d’observatoires pourraient être organisées, etc.
- Em. T.
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- LES ULTRA-VIRUS
- Dans le premier numéro du Bulletin de VInstitut Pasteur, publié en igo3, E. Roux s’exprimait ainsi :
- « Il existe tout un monde d’être invisibles et, depuis longtemps, on est enclin à les rendre responsables de toutes les maladies dont le microbe n’est pas connu. Jusqu’en 1898, ces microbes invisibles n’étaient que des êtres de raison; les travaux de ces quatre dernières années leur’ ont donné une réalité ». Roux faisait allusion à la découverte de la mosaïque du tabac par Beijerink et à la démonstration de la filtrabilité du virus de la fièvre aphteuse par Lôffler et Frosch. Il omettait de dire que la première maladie infectieuse provoquée par un virus invisible ayant fait l’objet d’études remarquables entre toutes, fut la rage vaincue définitivement par Pasteur.
- On connaît actuellement un nombre très considérable de maladies infectieuses et contagieuses provoquées par des ultra-virus, intéressant aussi bien le règne animal que le règne végétal, et d’innombrables travaux ont tenté de préciser les caractères généraux de ces êtres de raison. Dans une conférence récente que nous allons résumer, le Dr Leva-diti a exposé l’état actuel de la question.
- En ce qui concerne la véritable nature des ultra-virus, aucune conclusion définitive ne peut être formulée. Au contraire, en ce qui concerne le comportement des ultra-virus vis-à-vis des divers agents physiques, chimiques ou physicochimiques capables de modifier leur action pathogène, les résultats sont déjà très importants.
- Tout d’abord, puisque les ultra-virus échappent à l’observation (nous verrons plus loin que ce n’est pas absolument exact) quels sont les caractères généraux par lesquels ils se révèlent expérimentalement ?
- En ce qui concei'ne leurs propriétés pathogènes en fonction des espèces, variétés et lignées animales, ils sont doués d’affinités électives les rattachant spécifiquement à tel ou tel tissu cellulaire. Certains ultra-germes appartenant au même groupe agissent avec une préféi’ence surprenante sur un groupe fonctionnel et morphologique bien déterminé de cellules et non pas sur un autre groupe.
- Parmi les propriétés physiques principales des ultra-virus, il faut citer en première ligne la filtration à travers des bougies de porcelaine ou de terre d’infusoires et l’ultra-filtration ou passage à travers des membranes de collodion ou des gelées. O11 a pu, grâce à la façon dont ils se comportent, arriver à préciser leurs dimensions pour une vingtaine d’agents pathogènes de certaines maladies contagieuses de l’homme et des animaux.
- Les ultra-virus sont sensibles à l’action des agents chimiques (antiseptiques, bile, pH, etc...), et des enzymes.
- On a également étudié l’action des agents physiques : dessiccation, température, radiations ultra-violettes, rayons X, radium, haute fréquence, électrophorèse, centrifugation, ultra-pression, etc...
- Les recherches effectuées conduisent à admettre pour ces éléments une constitution chimique complexe se rapprochant de celle de la matière organisée et en même temps, elles ont mis en évidence des analogies nombreuses avec les complexes protéo-lipoïdiques colloïdaux. En particulier, ils sont adsorbés par les adsorbants des colloïdes et peuvent être ainsi purifiés plus ou moins complètement, sans qu’il soit possible cependant de les obtenir à l’état de pureté absolue, c’est-à-dire complètement débarrassés de matières protéiques (albumines ou globulines) sans doute parce qu’elles font partie intégrante de la constitution même de ces éléments.
- Certains ultra-germes, grâce à des perfectionnements des techniques microscopiques, sont devenus accessibles à nos
- moyens d’investigation visuelle soit directement (coloration et surcoloration des frottis et des coupes), soit indirectement (photographie à la lumière ultra-violette), de sorte que, au lieu de l’ancienne définition : éléments totalement invisibles, on doit maintenant dire : éléments inaccessibles aux moyens d’investigation microscopique ordinaire.
- Les dimensions de ces microbes varient de 10 pp. à 24o pp, ce qui constitue une preuve de leur pluralité et de leur spécificité.
- Un fait remarquable est l’impossibilité de cultiver les ultra-virus en dehors des éléments vivants (cellules et bactéries) pour lesquels ils offrent une affinité élective. Si, en effet, ces éléments sont susceptibles de survivre et de pulluler in vitro, la culture de l’ultra-germe accompagnera la leur; sinon, l’ultra-virus ne se multipliera que dans l’organisme. C’est donc un parasite obligatoire et son potentiel prolifératif en présence de milieux inertes est nul ou peu s’en faut.
- En ce qui concerne la nature des ultra-virus, comme nous l’avons dit au début, on en est réduit aux hypothèses. Celles-ci sont nombreuses et nous en citerons quelques-unes.
- i° Les ultra-gei'mes sont des éléments matériels inorganiques. Malgré que Stanley ait réalisé la cristallisation du virus de la mosaïque du tabac, les biologistes repoussent généralement cette conception.
- 20 Les ultra-germes sont des éléments matériels organiques, mais dépourvus d’organisation proprement dite, donc de « vie », se comportant à la manière des enzymes et dont l’activité est régie par les mêmes lois que les processus diastasiques.
- 3° Les ultra-germes sont des éléments matériels organisés et vivants. C’est la première hypothèse en date, et elle est encore généralement admise à l’heure actuelle.
- 4° Les ultra-germes sont des éléments matériels organisés et vivants mais dont la vie, plus primitive, diffère de celle des cellules animales et végétales autonomes. C’est le caractère de parasite obligatoire dont nous avons parlé plus haut qui a conduit à cette conception que M. Levaditi commente ainsi :
- a Les ultra-virus paraissent appartenir à un monde vivant, ignoré jusqu’à ce jour, qui constituerait, comme l’a dit Tivort, les formes précellulaires de la Vie.
- « Il apparaît vraisemblable que, lors de la synthèse de la matière organisée et vivante à la surface du globe (par un mécanisme, d’ailleurs, totalement inconnu), cette synthèse ne fut ni brusque, ni parfaite d’emblée. Elle a comporté des stades progressifs, ou alternants, et a procédé par tâtonnements, par étapes, du plus simple au plus complexe. Une pluralité qualitative s’en est suivie, ayant, pour corollaire, l’existence simultanée de variétés différentes les unes dès autres, précisément par le degré de perfection de cette organisation. Parmi ces variétés, il y en eut de très simples, éphémères, sitôt disparues qu’ébauchées, et d’autres plus complètes, quoique insuffisamment autonomes, et qui n’auraient pas survécu sans le concours de cellules douées d’une vie totalement indépendante. Il s’est créé, de la soi’te, un état de parasitisme obligatoire, condition essentielle de la pérennité du plasma ancestral inachevé. Les représentants actuels de ce plasma ancestral sont, on le devine, les ultra-virus et les bactériophages, et aussi, peut-être, d’autres états de la matière organisée vivante ignorés de nous. L’adaptation de ces éléments virulents ou lytiques aux organismes complets, leur accrochage aux cellules ou aux
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- bactéries, se sont effectués suivant les lois du pur hasard et ont, de toute éA'idenee, suivi de près la différenciation évolutive ou mutative des espèces animales ou végétales. Il y eut, dans la circonstance, un véritable modelage, d’où est résulté ce caractère, apparemment imprévisible et tant soit peu arbitraire, qu’est l’affinité élective.
- (t II va de soi que, dans notre esprit, l’interdépendance des ultra-germes et des bactériophages, d’une part, de la matière parfaitement organisée, d’autre part, ne concerne que la multiplication. Elle ces^ dès qu’il s’agit de la survivance à l’étal statique, hors de' l’organisme réceptif. Le plasma ancestral rudimentaire se conservera dans le milieu extérieur, mais ne se multipliera pas, aussi longtemps qu’il n’aura pas rencontré, fortuitement, la cellule à laquelle il est adapté, seidc capable de lui fournir les éléments nutritifs qu’il exige. Et si, par hasard, une telle rencontre ne survient jamais, ladite matière organisée incomplète est vouée à une lin plus ou moins prochaine. Ne serait-ce pas
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- là l'explication de la vie, parfois éphémère, des maladies à ultra-virus, dont parle Ch. Nicolle?
- <( S'il est vrai que dans la nature tout n’est que mouvement, que perpétuel changement, il apparaît, pour le moins vraisemblable, qri’à l’heure présente, nous assistons à une phase transitoire de cette évolution de la matière organisée incomplète. Les formes précellulaires de la vie tendent-elles vers des états plus parfaits, vers une certaine autonomie, qui, petit à petit, les dégagera de leur servitude actuelle ? Verrons-nous, un jour, la transformation des infra-germes en êtres plus complets, capables de vivre leur propre vie et de se multiplier, en assimilant la matière inanimée? La science réussira-t-elle, tôt ou tard, à se substituer à la nature, afin de réaliser, in vitro, cette évolution à un rythme plus accéléré, et briser ainsi les chaînes qui, actuellement, entravent ces éléments primitifs? Tout est possible. L’avenir seul nous édifiera sur ce sujet. »
- ''H. V.
- : LA TECHNIQUE DU DESSIN ANIME = TRENTE ANS APRÈS SON INVENTION
- Le 17 août, on a commémoré officiellement le 3ou anniversaire du dessin animé ; il y a 3o ans, en effet, le 17 août 1908, un Français présentait au Théâtre du Gymnase une nouvelle application du cinéma O : le dessin animé. Il s’appelait Émile Cohl,
- 1. Le dessin animé, tel que nous le connaissons aujourd hui, ne diffère de :-elui de ces appareils ou jouets que parce que les dessins sont remplacés par des photographies qui sont rendues visibles simultanément sur un écran à de très nombreux spectateurs. Le dessin animé sur pellicule photographique n’est donc pas une invention proprement dite et il ne pouvait faire l’objet d’aucun brevet.
- Nous ne signalerons que ceux de ces appareils qui sont les plus connus et que l’on considère comme des antériorités du dessin animé cinématographique :
- Léonard de Vinci paraît avoir le premier utilisé, dans des appareils, la persistance des images ratiniennes ; mais on est mal renseigné sur cette utilisation.
- Newton en a fait usage pour réaliser la synthèse de la lumière blanche, au moyen d’un disque tournant sur lequel les différentes couleurs du spectre occupent des secteurs.
- Voici parmi les jouets les plus connus, ceux qui, antérieurs à l’invention de la photographie, peuvent être signalés.
- Les toupies éblouissantes citées, en 17C4, par l'abbé Mollet, dans ses Leçons de physique expérimentale, comme connues et fabriquées couramment en France.
- Le thaumatrope (de 8aüaa, merveille, miracle et tpizw, tourner). Imaginé vers 1823 par le Dr Paris, il fut réalisé ensuite sous différentes formes. Il est cité dans La Clef de la science, de Brewer et de l’abbé Moigno.
- Le phénahistoscope, (de cpcvaximzu;, qui trompe et s-/.oitéw. examiner) du physicien belge Antoine Plateau (1831).
- Le tachyscope électrique de Anschütz (1889) conçu pour un grand nombre de spectateurs comme théâtre optique.
- Le Théâtre optique, d’Émile Reynaud mérite une mention spéciale car il est la synthèse de nombreux dispositifs antérieurs, en comporte de nouveaux, notamment celui des miroirs, imaginé dès 1877 et employé par lui dans son praxinoscope, breveté en 1882.
- Dans le pruxinoscope (de rpâçi;, action, et <r/.oit?w) les dessins sont sur une bande de papier disposée à l’intérieur d’une boîte cylindrique, face à son axe, et au centre de laquelle se trouve un prisme dont les faces sont des miroirs plans. L’ensemble peut tourner autour d’un axe commun ; si on fait tourner le tout, les spectateurs, qui sont placés autour du cylindre, voient, en regardant vers le centre, dans un même miroir, les images réfléchies, donc virtuelles, successives des dessins.
- de son vrai nom Émile Courtet ; il était né à Paris le 4 janvier 1867, avait été élève d’André Gill, et il était venu à Gaumont comme « créateur de trucs » apres avoir été caricaturiste, prestidigitateur, scénariste.
- Son premier cartoon (’) — « Fantasmagorie » — avait 36 m de longueur de projection) ; il avait
- été réalisé en cinématographiant, image par image, une série de dessins sur papier quadrillé. La technique était réduite au minimum, car Émile Cohl travaillait seul ; ainsi les points de repère étaient des simples angles tracés au crayon ; chaque dessin était photographié 2 ou 3 fois, en « resquillant » le plus possible sur le facteur « persistance rétinienne » ; enfin le dessin était schématique au maximum (il s’agissait d’un gendarme dans le style même des graffiti d’enfants). Cependant, tous les éléments du dessin animé y étaient, du vieux principe de la décomposition du mouvement aux continuelles trouvailles d’humour {gags). Cette première bande fut projetée aux États-Unis, Gaumont avait un studio, à Flushing, N. Y., où W insor Mac Cay l’examina image par image ; de cette rencontre, sortit l’étonnant dessin animé Geriie the clinosaur (1909), le premier de cette industrie américaine qui nous donne aujourd’hui Simbad le Marin et Blanche ISeige et les sept nains.
- Cohl réalisa environ 4oo dessins animés, dont plus de la moitié aux États-Unis. Il n’en tira aucune gloire
- Dans son Théâtre optique, installé au Musée Grévin, à Paris,, en 1892, Reynaud utilisait en outre un décor, ou fond fixe,, projeté sur un écran transparent. Les images du sujet mouvant, étaient disposées sur une bande.
- 1. Le cartoon (du français carton, venu de l’italien cartone, augmentatif de caria, papier) désigne l’esquisse exécutée par l’artiste en vue de l’exécution définitive de l’œuvre. Par extension, ce mot désigne aussi, en anglais, le dessin original exécuté par un caricaturiste sur papier fort, et cette caricature-elle-même, une fois reproduite.
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- et encore moins de profit. Cela n’a pas empêché le dessin animé de devenir une branche considérable du cinéma.
- PRINCIPE
- Le dessin animé est une suite de dessins dont chacun représente une des phases instantanées de corps en mouvement ; ces dessins, projetés sur l’écran, y reproduisent ce mouvement et paraissent donner la vie à l’être ou à l’objet qui en est animé.
- Si on fait abstraction de l’accompagnement musical, la technique du dessin animé peut se ramener essentiellement à ceci.
- L’artiste exécute à la main (fig. i) une suite de dessins (cartoons) qui ne diffèrent entre eux que par les positions occupées successivement par la partie du dessin qui, à la projection, doit apparaître animée. La caméra (') O est fixée à distance convenable sur un support S (fig. 2), de façon que son axe optique soit vertical, au-dessus du cartoon D, qui est posé horizontalement sur un autre support SL Chaque cartoon présente des perforations qui correspondent à des ergots de leur support. Le même mode de repérage est employé pour l’exécution des cartoons sur la table à dessin de l’artiste et de ses aides.
- Les cartoons, numérotés et repérés sur leur support pour que celles de leurs parties qui doivent paraître imobiles coïncident, sont photographiés l’un après l’autre, au moyen de la caméra, sur le film vierge qu’elle renferme et qui sera le négatif futur ; mais, ici, les images photographiques successives ne sont pas prises au rythme ordinaire, comme dans la prise de
- 1. La caméra (par abréviation de l'italien caméra oscvra, chambre noire) désigne, pour les cinéastes, l’appareil de prises de vues.
- Fig. I. — Artiste exécutant à la main une suite de dessins {cartoons) pour dessin animé.
- Fig. 2. — Caméra pour photographier sur film la succession des dessins d’un « cartoon ».
- vues de sujets réels : la caméra est pourvue d’un dispositif comportant une roue à rochet, qui interrompt, pendant aussi longtemps qu’on le veut, le déroulement du film, et c’est pendant cette interruption qu’un cartoon est remplacé, à la main, par le suivant.
- À la projection, la succession des images sur l’écran doit se faire au rythme de 16 images par seconde pour le cinéma muet et de 24 pour le cinéma sonore. C’est sur ce dernier rythme que sont réglés aujourd’hui tous les appareils : c’est donc celui qu’il faut adopter pour le dessin animé.
- La figure 2 représente schématiquement un des bancs les plus simples de prise de vues ; mais il en existe dans lesquels les cartoons sont placés verticalement, et même qui permettent d’opérer aussi bien dans le sens vertical que dans le sens hoi’izontal.
- Simplifiées comme il vient d’être dit, l’exécution des dessins et la prise de vues sont à la fois plus faciles et plus difficiles qu’en cinématographie ordinaire. La prise de vues est plus facile parce que les cartoons d'une même scène sont à la même distance de l’objectif et sont éclairés artificiellement avec la même intensité par les projecteurs ; le temps de pose est donc toujours le même.
- On compte 52 images par mètre de film du format normal de 35 mm ; un film d’une longueur de 260 m, dont la projection dure 9 minutes, exige donc — en principe — l’exécution de 5a x 25o = i3.ooo car-
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- toons. En admettant qu’on en photographie un toutes les demi-minutes, la prise de vues durera donc plus de ioo h. Pour diminuer sa durée, on a imaginé et réalisé de nombreux dispositifs cinématiques, notamment des u motocaméras » dans lesquelles l’escamotage des cav-toons, empilés les uns sur les autres, est synchronisé avec la prise de vues.
- L'épaisseur des cels est de o mm 12 ou de o mm i5. C’est Earl Hurd qui, en 1914, imagina l’emploi des cels. Max Fleischer le perfectionna en 1917 en associant le décor aux cels. Émile Raynaud dès 1892 avait déjà imaginé cette association.
- L’artiste (fig. 5) n’exécute pas tous les cels relatifs
- EXÉCUTION DES DESSINS
- L’artiste se sert de deux sortes de cartoons : les fonds sont exécutés sur des feuilles opaques qui repi’ésentent généi'a-lement le paysage, le décor ; les autres sont des feuilles transparentes (cels) d’acétate de cellulose, qui ne comportent que le dessin des parties mobiles, par exemple un personnage. Le dessin des cels, comme celui des fonds (fig. 3), est exécuté à la plume, avec de l’encre de Chine, pour le trait, et des couleurs à la gouache, donc opaques, pour les zones colorées (fig. 4).
- Pour la prise de vues, on pose les cels successifs sur le fond, les ergots du support s’engageant dans leurs perforations ; comme le ti'ait et les zones colorées du cel sont opaques, ils cachent les parties du fond qu’ils recouvi'ent ; les parties du fond non recouvertes sont donc photographiées par transparence à travers le cel, en même temps que le dessin du cel. Cette manière d’opérer, non seulement évite de dessiner plusieurs fois le même fond, mais encore elle a l’avantage qu’à la pi'ojection le fond est toujours rendu avec la même intensité. Rien n’empêche d’ailleurs d’intercaler enti’e le cel supérieur et le fond d’autres cels exécutés en demi-teinte, à l’encre de Chine, ou avec des couleurs t*. ansparentes pour obtenir certains effets.
- Pour rester dans le style du dessin aiximé, le trait doit souvent être assez gros ; afin d’éviter les bavures, il est exécuté au recto du cel, et les couleurs, à la gouache sont appliquées au verso (fig. 4).
- Fig. 3. — Les parties mobiles du film sont dessinées à l’encre de Chine sur une feuille transparente d’acétate de cellulose (ccl) ; les fonds sont gouaches.
- Fig. 4. — Les couleurs sont appliquées à la gouache au verso du cel.
- Fig. o. — Artiste dessinant les passages caractéristiques du film qui seront complétés, pour les positions intermédiaires, par des aides.
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- à un même mouvement : il n’exécute que ceux qui correspondent aux positions extrêmes et à quelques positions intermédiaires, jugées indispensables. Ce sont des aides, appelés animateurs aux État s-U n i s, qui exécutent tous les autres ; leur travail est assez facile, puisque toutes les positions interna é d i a i r e s sont comprises entre Fig. 6. — Images superposées d’un des limites bien mouvement (révérence). déterminées vues
- par transparence à travers le cel en cours d’exécution (fig. 6). En fait, un dessin animé de longueur moyenne, c’est-à-dire d’une durée de projection maxima de io minutes, n’exige pas plus d’une douzaine de fonds et d’une centaine d’images complètes représentant les scènes principales. C’est donc sur une ou deux centaines de dessins complets que doivent s’exercer le talent et la verve de l’artiste (fig. 7 a et b).
- TECHNIQUES SPÉCIALES
- techniques spéciales. Les nouvelles sont tenues secrètes aussi longtemps que possible. Nous ne citerons que les principales.
- Travelling. — Le mot travelling (voyage, parcours, déplacement) signifie, en cinématographie ordinaire, toute prise de vues pendant laquelle il y a un déplacement relatif de la caméra par l’apport au sujet mouvant. Lorsque le sujet s’approche ou s’éloigne, en suivant à peu près l’axe optique de la caméra, il y a deux façons de réaliser le travelling :
- à) rapprocher ou éloigner la caméra en réglant au fur et à mesure la mise au point de l’objectif ;
- b) exécuter des cels successifs du sujet à une échelle de plus en plus grande s’il se rapproche, de plus en plus petite s’il s’éloigne. L’emploi du pantographe facilite cette exécution.
- En dessin animé, l’artiste dessine un fond continu sur une longue bande de papier fort qui, à la prise de chaque vue, est déplacée latéralement d’une même longueur par rapport à chacun des cels successifs reproduisant le sujet mouvant. A la projection, celui-ci reste dans le cadre de l’écran et se meut sur place alors que c’est le fond qui défile. Ce déplacement relatif du cel et du fond est donc plus ou moins grand selon que que le sujet doit paraître se déplacer plus ou moins vite ; dans tous les cas, il doit être rigoureusement constant, sinon, à la projection, le sujet paraît effectuer des glissades en avant ou en arrière.
- Dans le cas d’un travelling de grande durée, pour ne pas dessiner une bande de fond de trop grande
- En dessin animé, pour obtenir certains effets ou simplifier le travail, on a recours à de nombreuses
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- Fig. la. — Une série de croquis originaux de Walt Disney, Fauteur du dessin animé de Blanche-Neige et les Sept Nains.
- Ils représentent divers jeux de physionomie des Nains. A l’aide de dessins de ce genre les exécutants dessinent les images . définitives des personnages (fig. 7 b).
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- longueur, on peut reproduire exactement, en défalquant, à la fin de la bande, le même dessin qu’au commencement et qui s’y l’accorde (fond panoramique) (fig. 8). C’est donc le même paysage de fond qui se renouvelle à plusieurs reprises sur l’écran ; le spectateur ne s’en aperçoit guère, car son attention se porte sur le sujet mouvant ; d’ailleurs, on peut faire que si quelques-unes de ses attitudes se renouvellent, elles ne se projettent pas sur une même partie du
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- A B A' B'
- Fig. 8. — Exemple de fond panoramique.
- fond ; une bande d’environ i m 5o suffit généralement.
- C’est Bill Nolan qui imagina le fond panoramique et qui l’employa pour la première fois dans un Félix le Chai de Pat O’Sullivan (1917).
- Mouvements complexes. — Nous ne citerons que le mouvement de tangage d’un navire obtenu au moyen d’un même cel que l’on déplace dans son plan au moyen d’une came pourvue d’encoches dont chacune correspond à une figure différente. La figure g représente la photographie des 4o positions du même cel qui résultent d’un tour complet de la came. On l’a obtenue en superposant les images successives du même cel dans ses 4o positions, bien entendu, avant d’y avoir appliqué la couleur de façon à ne faire apparaître que le trait noir du cel. En combinant le tangage au déplacement du fond panoramique, représentant par exemple un ciel nuageux, on simule en même temps l’avancement du navire.
- Relief. — Une recherche qui touche de près les travellings est celle de l’impression de relief. Les Fleischer ont été les premiers à se soucier de ce perfectionnement et à employer un système (fig. 11) qui consiste à photographier des maquettes en relief collées sur une sphère tournante. Le système ne se rat-
- Fig. 9. — Mouvement de tangage d’un navire.
- Photographie de 40 positions de même « cel » décalé successivement à l’aide d’une came à encoches.
- tache en rien au véritable esprit du dessin animé, car il recourt à un compromis.
- Ub Iwerks cherche à obtenir un certain i-elief (Le Cavalier sans tête,
- Don Quichotte) en utilisant des décors sur verre (ou découpés dans du carton) réellement espacés (comme au théâtre) et qui se déplacent comme un unique décor en papier simple.
- Devant cette maquette est placé le cadre qui tient le
- cel (personnages en mouvement) et le tout est photographié selon les règles normales (fig. 12).
- On obtient une meilleure illusion de relief en utili-
- Fig. 10. — Walt Disney, le célèbre auteur de Mickey la Souris et des Silly Symphonies.
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- Fig. 12. — Procédé de Ub Iwerks pour obtenir un effet de relief, dans les dessins animés.
- On photographie simultanément le « cel » placé dans un cadre C et une maquette en relief A collée sur une sphère tournante.
- san> plusieurs fonds sur acétate de cellulose qui, superposés, se déplacent avec des vitesses différentes. Ces vitesses sont étudiées et mises au point pour donner l’illusion optique de la profondeur ; cependant chaque image est absolument plate et reste du dessin animé dans toute la force du terme. La figure i3 est un exemple de travelling de relief à quatre décors. Les vitesses x, y, z, malgré les écrans transparents A, B,
- Fig. 12. — Procédé de Ub-Iwerks pour obtenir un effet de relief.
- Des décors sur verre (A, B, C, D) écartés les uns des autres se déplacent derrière le cadre CB qui tient le « cel » (personnages en mouvement). Le tout est photographié à l’aide de la caméra CÀ,
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- CA
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- Fig. 13. — Procédé pour obtenir l’illusion du relief à l’aide de plusieurs fonds transparents se déplaçant avec les vitesses différentes.
- C, de longueur différente (qui se retrouvent grâce à un repérage minutieusement calculé sur le décor fixe a) sont établies avec des rapports qui permettent d’obtenir la vision virtuelle — non réelle — de la profondeur. C’est-à-dire :
- Ax + Ay + A z = Au.
- (Au étant la valeur de l’impression fixée par CA).
- Cette dernière application du relief vient en ligne droite de l’idée de Y antipanorama : au lieu d’un premier plan qui défile et d’infinis qui restent immobiles, ce sont les premiers plans qui sont d’autant plus près de l'immobilité qu’ils sont plus rapprochés de
- l'objectif ; alors les plans les plus éloignés se déplaceront d’autant plus qu’ils sont plus rapprochés de l’infini.
- Avec Blanche Neige et les sept Nains, Walt Disney s’est converti au relief en choisissant un système qui sc rapproche de celui d’Ub Iwerks, mais qui exploite au maximum la couleur ; il s’agit de la fameuse « mul-tiplane », machine fameuse surtout par son prix, 70.000 dollars (fig. i4). Il faut reconnaître cependant que par ce moyen on arrive moins bien aux effets obtenus par les Fleischer.
- ACCOMPAGNEMENT MUSICAL
- Nous ne pouvons indiquer ici que le principe de la synchronisation des mouvements et des sons : les rares descriptions qu’on en a données sont confuses, soit parce que le rédacteur n’était pas technicien, soit parce qu'on a n’a rien voulu lui révéler des méthodes employées. En fait, ces méthodes présentent des variantes presqu’insensibles mais essentielles d’un atelier à un autre et chacun les garde secrètes. On rapporte meme que Walt Disney, lors d’un de ses premiers voyages en Europe, n’a voulu révéler ses méthodes qu’à un prix très élevé et que les acheteurs de la méthode n’ont pas réussi cependant à s’en servir.
- En général, on exécute le dessin sur la musique qui est enregistrée sur une bande distincte ; mais on peut faire l’inverse. Cependant, une synchronisation parfaite des mouvements et des sons n’est possible que si la composition musicale précède l’exécution des cels : c'est la musique qui détermine le nombre de cels nécessaires pour qu’un mouvement commence et s’achève sur une note déterminée. Pour cela, on se sert d’un métronome battant la seconde. Une noire durant une seconde, chaque noire de la partition correspondra donc à 24 cels, puisque 24 images doivent passer’ sur l’écran pendant une seconde ; une croche correspondra à 12 cels, une double croche à 6, et ainsi de suite. Le nombre de cels augmente dans l’adagio et diminue dans le presto. Malgré cela, une erreur peut être commise ou un décalage peut se produire qui se répéterait dans la suite : on les constate en projetant la bande sur laquelle on a enregistré en même temps les battements du métronome, marqués sur la bande par un trait ; on compte le nombre d’images entre deux traits et on supprime ou on ajoute des cels pour que leur nombre soit correct. Cette façon d’opérer n’exige pas l’exécution d’un film nouveau, car rien n’est plus facile que de supprimer des images ou d’en ajouter de nouvelles.
- L’introduction de la sonorité en cinématographie a facilité l’exécution des dessins animés. En effet, elle a obligé à employer la cadence de 24 images par seconde, car, si la cadence de 16 images dans le cinéma muet
- Fig. 14. — La machine « Multiplane » utilisée par Walt Disney nour obtenir les effets de relief suivant- le principe de la figure 13.
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- est suffisante pour l’œil, elle ne l’est pas pour l’oreille, qui perçoit facilement des différences plus petites que x /x6 sec. Le dessin animé sonore en a profité parce que si la musique est battue en 6/8 par exemple, qui se bat à deux temps et pour laquelle on compte trois croches par temps, on est entraîné à des complications puisque 16 n’est pas divisible par 3. D’ailleurs, la perception des images est améliorée ; aussi le spectateur n’a plus cette sensation de saccadé qui était assez fréquente autrefois dans le cinéma muet.
- L’introduction du son dans le dessin animé date de 1927 et elle est due à Pat O’Sullivan ; elle fut réalisée ensuite par Walt Disney dans son premier Mickey Mouse (septembre 1928). La première de ses Silly Symphonies date de juillet 1929 (fig. i5).
- On peut aussi adapter la musique aux dessins : c’est ce que font les Anglais, les petits ateliers qui produisent des dessins animés de publicité et les ateliers soviétiques.
- Voici comment on opérerait la synchronisation dans les ateliers de Walt Disney. L’artiste créateur, le chef, ici Walt Disney, soumet l’idée de sa saynète (fig. 16) à ses principaux collaborateurs, 12 à 20, dans une réunion, où l’on discute le sujet et où on en arrête les grandes lignes, les gags et la musique, les sons, cris, bruits, etc. Walt Disney dessine alors les figures principales avec leurs fonds. Chaque scène fait l’objet de deux feuilles d’instruction (timing chart) les unes pour les cels, les autres pour les sons. Les cases de ces feuilles se correspondent à raison d’une case par chaque r/24 de seconde. Les aides procèdent à l’exécution des cels dont le nombre est ainsi déterminé, et l’orchestre, avec les assistants, répète la musique et les bruits jusqu’à ce que la durée correspondant à chaque scène ou fraction de scène, soit exactement celle qui a été prévue.
- Après quoi, on enregistre séparément les images et la musique. Pour la mise au point définitive de la synchronisation, on procède comme il a été dit précédemment, en ajoutant ou supprimant des cels.
- On conçoit qu’il est préférable de se régler sur la musique, car elle peut être la cause principale de l’effet produit sur le spectateur.
- Un grand nombre de dessins animés doivent même leur succès à une mélodie populaire sur laquelle l’artiste 11’a guère fait que broder un dessin ; tel est le cas pour les Trois petits cochons, adapté à la chanson du Gros méchant loup, de Frank Churchill.
- Il faut tenir compte aussi de ce que la musique est un mode d’expression international et de ce que le dessin animé, par sa nature même, comporte très peu, ou pas du tout, de sons articulés, de sorte que les films peuvent souvent être projetés tels quels
- partoul dans le inonde, et que le doublage ne s’impose pas toujours.
- LA COULEUR
- C’est surtout le mouvement et le rythme musical qui font l’intérêt du dessin animé ; la couleur n est qu’un accessoire, et la valeur artistique de la plupart des premiers dessins animés, qui étaient en noir sur blanc et
- Fig. IG. — Etude du scénario d'un dessin animé au studio de Walt Disney.
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- Fig. 17. — Préparation d’une couleur pour coloriage d’un dessin animé.
- muet n'était pas inférieure à celle des dessins animés en couleurs d’aujourd’hui.
- Cependant, à part les Fleisclier et les Russes (ces derniers obligés de le faire), on ne produit plus qu’en couleur : dichromie ou trichromie. Deux systèmes se partagent le marché : Gasparcolor, allemand, très adapté aux effets de « mou », du pastel, etc. ; Technicolor, indispensable aux effets « image d’Épinal », brillant, ou d’aquarelle. Mais déjà la tétrachromie est prête à entrer dans le domaine de l’industrie.
- Pour la couleur, il faut suivre des règles générales, faute desquelles le résultat de chaque cartoon peut être compromis :
- a) Constance de la couleur. Pour obtenir cet élément indispensable et éviter des effets désagréables à l’œil, il faut :
- i° Employer la même couleur, avec les mêmes mélanges et les mêmes pourcentages d’eau, le mélange étant, si possible, réalisé mécaniquement (fig. 17).
- 20 Préparer les couleurs choisies pour tout le film. Ce choix doit être fait après expérience de prise de vues en couleur dans les conditions mêmes qui présideront à la prise du film ; conserver ces couleurs préparées dans un local climatisé (fig. 18).
- 3° Réduire au minimum le nombre de « cels » à photographier (si possible 2 au maximum et d’épaisseur constante).
- b) La couleur des fonds doit être plus intense que sur le « cel », car elle sera atténuée par les cels superposés.
- c) On peut obtenir des effets délicats en traçant le dessin noir du cel (exécuté normalement, à l’encre de
- Chine) avec des encres de couleur correspondant à la gouache. A notre avis, un excès de délicatesse en dessin animé peut provoquer facilement un effet de fadeur.
- PRIX DU DESSIN ANIMÉ
- Sur 118 dessins animés produits pendant l’exercice 1936-1937 dans le monde, 98 l’ont été aux Etats-Unis et 20 en Europe dont 12 en U. R. S. S. La production mondiale sera certainement supérieure à 125 en 1938-1969 (sans compter deux long-métrages) et elle ne fera que croître, car l’offre est loin de satisfaire à la demande.
- Ce sont les États-Unis qui détiennent sinon le monopole de la production du moins sont de beaucoup les plus grands producteurs ; ce sont eux qui règlent les prix de location.
- Les ateliers de Walt Disney comptent 35o collaborateurs payés très cher. C’est presque un travail à la chaîne qu’ils exécutent avec une intelligence admirable. On conçoit que, dans ces conditions, Walt Disney puisse produire deux dessins animés par mois.
- Le prix de revient d’un dessin animé de Walt Disney, dont la projection dure 7 à 10 minutes, est en moyenne de 4oo.ooo fr. Exceptionnellement, des films comme Les trois petits cochons ont coûté plus de deux millions. Blanche-iSeige, film d’un long métrage (2.170 m), a coûté environ cinquante millions (fig. 19).
- Le premier dessin animé d’Emile Cohl, y compris l'installation de la pièce qui lui servait d’atelier aux Etablissements Gaumont n’avait pas coûté 3oo fr !
- En 1937-1938, l’industrie américaine du dessin animé, a porté sur un fonds de roulement de plus de 3oo millions de fr. En général le prix de revient est couvert par la location au bout de 3 ou 4 mois, mais certains dessins animés tiennent l’écran pendant plusieurs années. En 1937-1938, la production mondiale a été de 1.800 films ordinaires contre 118 dessins ani-
- Fig. 18. — Emmagasinage des routeurs, avant usage, dans un local climatisé.
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- mes ! Les société éditrices de films procèdent à la révision de leur stock dans les trois ans et en éliminent la majeure partie ; on va même jusqu’à détruire les bandes négatives des films ordinaires moins de dix ans après l’édition ; on pourrait citer des milliers de ceux-ci qui ont coûté des millions et qui ont dû être retirés de l’écran quelques jours après leur première présentation au public. Au contraii'e, un dessin animé — et cependant on en produit encore de médiocres — est presque toujours assuré d’un certain succès, et sa location couvre presque toujours plusieurs fois son prix de revient. C’est là une question qui intéresse l’industrie européenne en général et l’industrie française en particulier. Elle suppose une intime collaboration avec plusieurs autres industries, telles que celles du film, des appareils cinématographiques, du papier, des couleurs.
- LES MAITRES
- Walt Disney, né en 1900, a eu des débuts très modestes. Pendant la guerre mondiale, il était engagé volontaire sur le front français, mais comme simple infirmier, vu son jeune âge. Il a suivi les cours de Y Art Institute de Chicago, en vue de devenir dessinateur de publicité et caricaturiste dans les journaux humoristiques. Après avoir végété à New York, en 1923, il part pour Los Angeles avec son frère Roy, qui était employé de banque. Là, tous deux exercent divers petits métiers jusqu’à ce que Walt trouve un travail dans un bureau de dessin pour scénarios. Il se fait remarquer et produit Oswald le Lapin. Il essaye alors de donner un film ordinaire avec une jeune débutante, Alice. Il exécute son premier dessin animé, Lang h O'Gram avec son frère Roy, sa série d’Alice au pays des merveilles, qui a du succès. Son premier Mickey Mouse le lance définitivement et fait sa fortune. En juillet 1929 il donne sa première Silly Symphony. Le succès financier de Walt Disney est dû à son frère Roy qui est un homme d’affaires habile et un parfait organisateur. On l’a vu par son dernier succès artistique et financier : Blanche-Neige. Il est vrai qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre qui le place à la tête de toute la production cinématographique de 1938 ; mais l’habileté de Roy en a fait un chef-d’œuvre de lancement. Blanche-Neige n’est plus seulement un film, c’est déjà une « marque » de nombreux produits, du jouet au livre.
- Ub Iwerks a débuté comme caricaturiste. Sa carrière a été plus rapide que celle de Walt Disney, mais il produit peu et il ne dispose pas d’une organisation aussi importante ; cependant il n’a pas moins de talent ni de verve, et les personnages qu’il a créés sont nombreux et très originaux. Quant à Max, Dave et Lou Fleischer ils ont créé la séduisante Betty Boop ; avec Popeye le Marin, dû à Segar, ce sont à peu près les seuls personnages humains du dessin animé qui tiennent l’écran.
- — Une scène de Blanche-Neige et les sept Nains, dessin animé de Walt Disney.
- Aux Etats-Unis la palme du succès, s’il s’agit d’une production normale, doit être décernée à Popeye et aux films malicieux des Fleischer. D’ailleurs, la censure américaine s’est aperçue de cette malice et, depuis cette année a frappé d’interdit Betty Boop, la vamp du dessin animé.
- Il existe aussi une autre application du et truc » d’Emile Cohl : le dessin animé scientifique. Au point de vue didactique rien n’est plus saisissant que ces schémas en mouvement. Toutes les disciplines en font un large emploi : la physique, la biologie, l’astronomie, etc. Les écoles de guerre allemande et italienne s’en servent pour expliquer la tactique et la stratégie. Cette dernière application trouve son origine dans un brevet pris par M. L. Gaumont le 9 janvier 1900. Il s’agissait de représenter sur l’écran, le développement d’un événement relativement lent, tel qu’une bataille. Sur un plan de champ de bataille, plan qui peut être en relief, on marque les points importants, les batteries d’artillerie, les ouvrages fortifiés, les tranchées, etc. ; les troupes adverses des différentes armes sont représentées, par exemple, par des rectangles en fer doux marqués de signes distinctifs ; on les déplace dans l’ordre et à la vitesse convenable au moyen d’aimants manœuvrés par des aides placés sous lé plan. La caméra, utilisée comme dans le cinéma ordinaire, enregistre les images du plan avec les différentes positions occupées successivement par les rectangles. Un premier film de ce genre — la Bataille de Spion Kop (24 janvier 1900) — fut réalisé et projeté. A Paris en 1909, Gaumont produisit La bataille d’Austerlitz (92 m) : par le déplacement des aiguilles sur un cadran, le spectateur savait l’heure de chaque phase de la bataille.
- En conclusion on peut citer ce passage d’un article de Emile Henriot, dans Le Temps (1) : « Le film était le moyen naturel de la fantaisie, de la poésie ; l’imagination par lui pouvait rendre ses rêves possibles. Les
- 1. 23 mai 1938.
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- photographes réalistes l’ont détourné de sa destinée la plus haute, et il ne la retrouve que dans les arrangements des documentaires bien faits ( la vie d’une rose ou d’un insecte grandissant hors du temps, sous nos yeux comme une personne), et dans ces montages d’images dessinées qui tirent toute leur valeur d’être nées d’un esprit d’artiste. Dès que nous sommes au spectacle, la vérité ne nous importe que si elle est réinventée. » Lo Duca.
- Bibliographie. — Coiil Émile [J.-B. Tronquière] . Les dessins animés au cinématographe, Larousse Mensuel, Paris, n° 222, août 1925. — Bennet, Colin N. L’exécution cinématographique des dessins animés, The New Photographer, 14 février 1927, r. Revue française de photographie et de cinématographie, Paris, t. VIII, n° 174, 1927, pp. 76-77. — Cramer, Lccilla. Teckhniha proïzvodsta moulliplikalsionnikh filmov v’americanikh stu-diahh, Moscou, 1934. — Garity William. The Production of
- Ammated Cartoons, The Journal of the Society of Motion Pict. Engineers, vol. XX, n° 4, 1933, pp. 309-322. — Lemaire E. L’industrie du dessin animé, Bulletin de mars-avril 1937 de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, Paris. — Lo Duca. Dai primi disegni onimati a Walt Disney, Sapere, fasc. 14, Rome, 31 juillet 1933. — Lo Duca. L’Industrie du des-sin animé, Genie Civil, tome CIX, pp. 380-384, Paris, 31 octobre 1936. — Lo Duca. Segreli del Disegno Animalo, Cinéma, n° 9, pp. 350-352, Rome, 10 novembre 1936. — Lo Duca. Notes sur la production mondiale du dessin animé, Larousse mensuel, Paris, n° 363, mai 1937. — Lo Duca. La
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- EFFORTS ANORMAUX DANS LES LOCOMOTIVES
- L’augmentation des vitesses ferroviaires, nécessitée par les exigences d’une exploitation moderne, ont conduit les différentes Compagnies — aujourd’hui simples Régions de la Société nationale des Chemins de Fer — à étudier la résistance des voies et la tenue du matériel dans ces conditions nouvelles.
- A ce point de vue, l’utilisation d’appareils à quartz piézoélectriques, système Marzin, a permis de mesurer les efforts locaux, tels que les poussées ou percussions reçues par tel essieu de la part de la voie. D’après le classique principe de légalité de l’action et de la réaction, cet effort est égal à celui que le rail reçoit de l’essieu. D’autres dispositifs, comportant des règles à coulisse terminées par des galets, permettent de mesurer certaines déformations dynamiques des organes en mouvement qui ont révélé des valeurs inattendues.
- Nous dirons quelques mots des essais de fatigue de la voie sous des Pacific 23i et des Atlantic 221 circu-
- Fig. 1. — Essieu coudé ordinaire de locomotive.
- lant jusqu’à i4o km à l’heure, ainsi que sur la création des essieux coudés auto-équilibrés par M. Chan. Ces essais ont été faits au P. L. M. — aujourd’hui Région Sud-Est — ; nos lecteurs trouveront des détails techniques dans la Revue Générale des Chemins de Fer (voir notamment ier juin 1937 et ier janvier 1938).
- PRINCIPE DU QUARTZ PIÉZOÉLECTRIQUE
- Cé sont les frères Curie, en 1881, qui mirent au point la théorie du quartz piézoélectrique, véritable générateur d’électricité statique fonctionnant par pression.
- Si l’on exerce un effort sur une face d’un cristal de quartz, il résulte de l’anisotropie moléculaire de cette substance la formation de quantités d’électricité positive et négative, que l’on peut recueillir sur deux faces opposées au moyen d’armatures métalliques et transmettre à un instrument de mesure tel qu’un élec-tromètre.
- Le caractère intéressant du phénomène est que les quantités d’électricité sont une fonction bien déterminée de l’effort exercé ; elles lui sont même proportionnelles, en sorte que si on les applique aux bornes d’un condensateur de capacité constante, la tension obtenue, mesurée par l’électromètre, est elle-même proportionnelle à l’effort.
- Pour un effort de 10 t, on peut avoir ainsi une quantité d’électricité de 635 UES.CGS ; si l’on adopte un condensateur de 100.000 UES.CGS, soit environ 1/10 de micro-farad, la différence de potentiel obtenue est de 1 v 9 ; elle est très mesurable.
- L’appareil se prête donc à la mesure des efforts dans le domaine des chemins de fer.
- Pratiquement, il est indispensable, pour ne pas commettre d’erreurs sur les quantités d’électricité mesurées indirectement, d’avoir des courants de fuite extrêmement faibles. L’électromètre à quadrants, utilisable au laboratoire, ne saurait convenir ici, à cause de sa fragilité (suspension bifilaire) sans parler de son
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- inertie mécanique qui l’empêcherait de suivre les brusques variations des efforts.
- M. Marzin utilise un électromètre sans inertie constitué par une lampe thermo-ionique, électromètre dont la résistance de fuite (résistance grille-cathode) est très considérable : iols ohms, soit i milliard de mégohms. Cette lampe traduit les variations de potentiel par des variations de courant qui peuvent être enregistrées à l’aide d’un oscillographe cathodique.
- Les quartz peuvent être placés en différents points et de différentes façons suivant les efforts que l’on désire mesurer. Dans le cas de la mesure des efforts latéraux exercés par la voie sur les essieux, qui nous occupe seul aujourd’hui, on place les quartz au voisinage des coussinets de boîtes à graisse ; l’essieu possédant un certain jeu longitudinal vient s’appuyer contre la joue du coussinet, qui transmet l’effort aux quartz. Ceux-ci sont reliés par des connexions aux appareils enregistreurs.
- Cette disposition, seule possible puisqu’on ne peut placer les quartz entre roue et rail, n’est pas théoriquement correcte puisqu’elle fait abstraction des suppléments d’effort pi’ovenant de l’inertie de l’essieu (poids non suspendu). Elle fournit néanmoins des chiffres comparatifs d’un grand intérêt.
- « COMPOSITION » DES LOCOMOTIVES
- Pour suivre l’application qui a été faite des appareils piézo-éleclriques, il est nécessaire de se rappeler la « composition » des locomotives à vapeur modernes.
- Celles-ci comportent toujours un bogie porteur et directeur à l’avant, un certain nombre d’essieux moteurs accouplés par bielles, un élément porteur à l’arrière.
- Le bogie est un chariot à roues de petit diamètre et à grand empattement, c’est-à-dire que ses deux essieux sont très écartés. Son rôle est de guider la machine dans les courbes. Il peut pivoter autour d’un axe vertical mais, dans ce mouvement, il soulève la machine, grâce à deux rampes hélicoïdales inclinées à i5 ou 20 pour ioo, en sorte qu’il existe un fort couple de rappel qui tend à le redresser.
- De plus, le bogie peut se déporter latéralement de quelques centimètres, rappelé au centre par des ressorts et il peut « galoper » dans le sens longitudinal et prendre du « roulis » transversal. Les combinaisons de rampes, ressorts, sphères, etc., les plus variées ont du reste été utilisées pour les différents types de locomotives.
- Le bogie étant chargé de la direction, le premier et le deuxième essieux moteurs, qui sont placés beaucoup trop près du milieu de la locomotive, ne sauraient en aucun cas assumer cette fonction. La situation est particulièrement délicate pour l’essieu coudé, sur qui sont attelées les bielles intérieures, pièces de forge complexe à qui l’on doit épargner des efforts transversaux. Aussi est-on conduit à dégraisser le men-tonnet des roues de cet essieu, afin d’accroître son jeu dans la voie.
- „ forces centrifuges agissant sur un essieu ordinaire non au toêcjuilibre _
- pig 2. — Equilibrage par contrepoids d’un essieu coudé ordinaire.
- L’élément porteur arrière est formé soit d’un bissel ou essieu simple, possédant généralement un certain jeu ( et des rampes de rappel) dans le sens transversal, soit même d’un bogie. Inversement, on a pu supprimer complètement cet élément porteur ; le P. L. M. a créé une locomotive 24o, dont toutes les roues sont motrices, à l’exception de celles du bogie avant ; le foyer, très peu incliné, passe au-dessus des essieux ; il est trop long pour que le chauffeur puisse pelleter jusqu’au fond, mais les trépidations suffisent pour faire glisser le charbon, sur la grille en pente, jusqu’à l’autel..
- ESSAIS A 140 KILOMÈTRES A L'HEURE
- Les quartz furent montés dans les boîtes à huile, entre boîte et joue de coussinet sur deux machines :
- — pour la 231 D (Pacific) sur les ier, 2e, 3e et 5e essieux.
- — pour la 221 A {Atlantic), sur les ier, 2e, 3e et 4e essieux.
- Pour chaque essieu, il y avait un quartz sur le côté choit et un quartz sur le côté gauche ; mais, comme il ne pouvait y avoir d’effort à la fois des deux côtés, on avait un seul enregistreur par essieu, avec commutateur automatique.
- Les essais effectués sur le parcours Paris-Laro.che par Héricy, qui comporte des rayons s’abaissant jusqu’à 5oo m, ont consisté à faire des marches à 120, i3o et i4o km à l’heure en remorquant des rames légères, variant de 2 voitures et 1 fourgon à 3 voitures et 1 fourgon. Les courbes révèlent des pointes d’effort brusques, équivalant à de véritables percussions. Si l’on calcule 1 ’effort moyen, on trouve des chiffres extrêmement inférieurs aux maxima correspondant à ces pointes. Pour la 231 B, les valeurs moyennes varient de o t 4 à 1 t, alors que les efforts maxima vont de 4 à 10 t ; autrement dit les chocs latéraux de la voie produisent des efforts décuples de l’effort moyen.
- Les efforts augmentent considérablement avec la vitesse. Quand la 231 D passe de 120 à i3o km à
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- Fig. 3. — Déformation d’un essieu ordinaire aux grandes vitesses.
- HPG et HPD, manetons des bielles haute pression ; BPG et BPD, coudes des bielles basse pression ; ces deux coudes, dans la position de la figure, sont à 45° l’un en avant, l’autre en arrière du plan du papier. Le surécartement différentiel L — V
- peut atteindre 18 mm à 120 Ion à l’heure.
- l’heure, l’effort moyen s’accroît de i5 pour ioo et les efforts maxima de i3 pour ioo. Quand on passe de i3o à i4o km à l’heure, les augmentations respectives sont de 28 et 38 pour 100. Ce sont donc les percussions qui s’accroissent au voisinage de i4o km/h.
- En ce qui concerne les possibilités d’accroître la vitesse, les conclusions ont été les suivantes. A i4o km à l’heure, VAtlantic 221 A en alignement droit ou sur courbes de grands rayons, exerce des efforts acceptables en valeur absolue et inférieurs à ceux qu’exerce la Pacific 201 D circulant à 120 km à l’heure.
- Dès à présent, la Région Sud-Est considère comme praticable, pour les Atlantic de ce type, la circulation à i4o km à l’heure sur alignements droits et courbes de plus de 1.200 m de rayon, ainsi que la circulation à i3o km à l’heure sur courbes de 900 à 1.200 m de rayon. Les courbes de rayon inférieur devraient probablement être relevées pour tolérer ces vitesses.
- NOUVEAUX ESSIEUX « AUTOÉQUILIBRÉS »
- Les locomotives 221 A et 241 A (Mountain) ont donné lieu à des incidents mécaniques intéressants, qui éclairent les rapports de la théorie avec la pratique.
- C’est sur les locomotives 24i A, peu après leur mise en service que l’on constata des avaries très particulières à l’essieu coudé. Au bout de 5o.ooo km environ, les parties extrêmes s’étaient fissurées au raccordement de la fusée et de la manivelle, l’avarie apparaissant toujours au même point, à 20° en arrière de la manivelle.
- Cette fissuration était évidemment due à une déformation de l’essieu ; mais l’on pouvait se demander si
- cette déformation en marche provenait de l’effort des bielles ou de 1 ’équilibrage des masses tournantes. L’essieu avait reçu des contrepoids placés dans le rayonnage des roues, au voisinage des jantes ; ces contrepoids équilibraient le poids des coudes et des bielles, épargnant à la machine des oscillations de soulèvement et surtout, à la voie, des « coups de marteau a.
- Mais cet équilibrage dynamique parfaitement correct au point de vue des réactions extérieures, créait des couples internes, les contrepoids ne se trouvant pas en face des masses à équilibrer. Autrement dit, l’essieu devait se courber en arc aux grandes vitesses ; de là l’effort tendant à fissurer les attaches des manivelles.
- Un calcul détaillé prouve que les forces horizontales dues aux bielles sont relativement peu importantes, leur moment par rapport aux points de fissuration n’excédant pas i.5oo kgr-cm, tandis que la flexion due aux forces centrifuges l’emportait, avec un moment de 5.200 kgr-cm.
- Le remède était tout indiqué. Il consistait à placer les contrepoids le plus en face possible des masses tournantes. C’est ce qui a été fait en constituant ces contrepoids par un large prolongement des flasques en forme de secteur. On a obtenu ainsi un essieu auto-équilibré donnant satisfaction à toutes les vitesses.
- Des observations analogues ont été faites sur la locomotive 221 A précitée, que l’on a munie d’une tige coulissante terminée par des galets et formant jauge d’écartement entre les parties supérieures des roues. Les indications étaient transmises grâce à un potentiomètre monté sur la tige et relié à des appareils de mesure.
- On a constaté qu’il se produit effectivement un surécartement qui croît de 10 à 18 mm lorsque la vitesse passe de 80 à 120 km à l’heure. C’est là un chiffre considérable, qui explique des efforts anormaux sur les rails et justifie l’innovation des essieux auto-équilibrés. Pierre Devaux.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 4. — Essieu coudé auto-équilibré par prolongement des flasques en forme de secteurs.
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- = LES EFFETS LUMINEUX DES DÉTONATIONS 213
- On sait que la détonation des explosifs s’accompagne d’effets lumineux intenses. M. Michel Lévy, en collaboration avec M. H. Muraour, Ingénieur en chef des Poudres au cours de recherches de micropyrotechnie a montré que l’onde de choc joue un rôle fondamental dans leur production ainsi que dans certains effets mécaniques. A ce point de vue les onde de choc ont une prépondérance certaine sur les gaz émis par l’explosion.
- Dans les recherches de micropyrotechnie, on utilise de très petites quantités d’explosifs de grande brisance que l’on fait détoner dans l’obscurité devant l’objectif ouvert d’un appareil de microphotographie donnant des grossissements de 2 à 3 ou devant un spectrographe.
- On constate, à l’instant précis de la détonation, des phénomènes lumineux très intenses dus à la l’encontre d’ondes de choc issues de l’explosif, animées à leur origine d’une vitesse considérable (6.000 à 8.000 m par seconde) et se propageant dans le milieu environnant avec une vitesse qui s’atténue rapidement. Ces phénomènes ne sont dus ni à l’expansion des gaz chauds émis par l’explosif qui leur est postérieur, ni aux particules de matières explosives incomplètement délonées qui ont pu être projetées dans l’atmosphère.
- Si par exemple on dispose des granules à peu près sphériques d’azoture de plomb de 2 à 3 mm de diamètre sur une épaisse cale de verre suivant une courbe fermée en forme de collier, l’amorçage étant fait en un point du collier par un fil fin métallique chauffé électriquement, on voit sur la photographie (lîg. 1) les granules d’azoture s’entourant d’une coque
- lumineuse et en outre
- Fig. 1. — Phénomènes lumineux de la détonation dans l’air de granules d’azoture de plomb disposés en collier, amorçage du granule de base par un fil chauffé électriquement. On remarque un halo lumineux à l'opposé, à la rencontre des ondes de choc.
- une barre lumineuse dans l’intervalle des deux granules situées a l’opposé du point d’amorçage, due à la rencontre des deux trains d’ondes de choc provenant de deux ondes de détonation parties du point d’amorçage e t cheminant en même temps sur les deux demi-cercles.
- Ces luminosités présentent deux particularités remarquables : leur brièveté et leur intensité.
- Les photographies enregistrées sur un disque
- tournant à plus de 10.000 tours par minute ont permis d’évaluer leur durée à environ 3 millionièmes de seconde. Elles sont d’ailleurs prolongées par une lueur beaucoup plus faible, durant 2 à 3 dix millièmes de seconde et due à l’activation du gaz par la rencontre des ondes de choc.
- Quant à l’intensité lumineuse, dans une atmosphère d’argon par exemple, elle a pu être établie de façon approximative comme comprise entre 2,5 millions et i4 millions de bougies pour une surface émettrice inférieure à 2 cm2. Or, même en prenant l’intensité la plus faible de 2,5 millions de bougies, elle équivaut à 12 cm2 7 de la surface solaire. On en conclut que l’explosion donne lieu à une émission de lumière bien plus intense que celle du Soleil et correspondant à des températures supérieures à io.ooo0 ainsi que l’ont confirmé les examens spectroscopiques.
- D’ailleurs l’influence de la nature de l’atmosphère gazeuse sur l’intensité de l’effet lumineux est extrêmement marquée. Celle-ci est d’autant plus élevée que la température atteinte dans l’onde de choc est plus élevée ce qui nécessite que la chaleur spécifique du gaz entourant soit la plus faible possible. Enfin, on a trouvé qu’à chaleur spécifique égale, la luminosité augmente avec la densité du gaz.
- Par ordre de luminosité croissante les gaz se classent ainsi :
- diatomiques : hydrogène, azote, oxygène, chlore ;
- mono-atomiques : hélium, néon, argon, krypton.
- Si les luminosités étaient dues aux gaz de l’explosion, l’influence du milieu serait négligeable.
- Des expériences sur un explosif liquide (mélange tétra-nitro-méthane et toluène) placé dans une rainure circulaire de 2 mm 5 de large sur 3 mm de profondeur et 3o mm de diamètre pratiquée dans un bloc cylindrique de plomb ont permis de séparer deux effets mécaniqués très différents : l’un dû aux ondes de choc, l’autre aux gaz émis par l’explosion.
- Les premiers partant de la rainure traversent le métal horizontalement et vers la base et déterminent, au moment de leur passage dans l’air, sur les parois verticales du bloc, la formation de pelures métalliques arrachées par la brusque dépression suivant l’onde de choc. Les seconds sont dus aux gaz émis par l’explosion, ils soulèvent les rebords de la rainure qui prend la forme d’une gorge très ouverte dans laquelle le métal est brillant et strictionné par la fusion, le déplacement rapide et le refoulement créés par les gaz.
- H. Vigneron.
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- LE LABORATOIRE CALORIMÉTRIQUE ....
- DE L’OFFICE CENTRAL DE CHAUFFE RATIONNELLE
- Les laboratoires industriels ont couramment à déterminer le pouvoir calorifique des combustibles. Celte détermination se ramène à la mesure des chaleurs de combustion, finalement donc à la mesure d’une quantité de chaleur : opération délicate.
- Elle veut des appareils précis. Mais cette précision ne sera-t-elle pas illusoire si l’appareillage, réclamant une trop fréquente intervention de l’opérateur, les erreurs, à celui-ci personnelles, troublent l’exactitude des résultats ?
- Une bonne technique opératoire sera, dès lors, celle où l’opérateur interviendra le moins possible, c’est-à-dire celle où le maintien des conditions définies pour l’étude d’un phénomène sera assuré par un contrôle automatique.
- L’opérateur — thermochimiste ou thermicien, comme on voudra — devra, au mieux, se muer en observateur, son rôle en cours d’expérience, restant limité à l’interprétation et à la critique des résultats.
- C’est en s’inspirant de cette idée que l’Office central de chauffe rationnelle a équipé son laboratoire calorimétrique ; mais le souci de la précision l’a incité également à innover en matière de ealorimétrie.
- Sa technique, à dominante d’automatisme, conviendrait à tout calorimètre. Celui qu’il a fait construire permet d’obtenir facilement des mesures plus précises que celles obtenues avec les calorimètres courants.
- Au cours de la 9e séance d’études thermiques qui s’est tenue récemment à Paris, M. Georges Beauseigneur a fait connaître les particularités de cet équipement et les caractéristiques de ce nouveau calorimètre. Nous en reproduisons ici l’essentiel d’après son exposé :
- Équipement du laboratoire. — L’Office est installé dans un pavillon qu> fut champêtre et qui reste suffisamment à l’écart de la grosse circulation parisienne pour être à l’abri des trépidations intempestives. Pour assurer à la température ambiante la constance désirable, la salle calorimétrique a naturellement été installée dans la cave voûtée de l’édifice, fermée par une porte à double paroi.
- Poussons la porte. Tout est prêt pour la mesure du pouvoir calorifique d’un charbon.
- Suivons les gestes de l’opérateur.
- Le charbon lui a été remis, pulvérisé.
- A l’aide de la presse P (fig. 1), il en fait une pastille qu’il introduit, après l’avoir pesée, dans la cupule de l’obus Malher, ce familier des thermo-chimistes, dont on voit la silhouette se profiler en A.
- Introduit dans le calorimètre C, l’obus est réuni par l’ensemble mano-pointeau S à la bouteille d’oxygène comprimé 0.
- Au moment de la mise à feu qui s’opère très simplement en pressant sur le bouton B, le manomètre M, intercalé sur le trajet de l’oxvgène, indiquera les a5 kgr de pression, qui suffisent pour que la combustion soit complète.
- Ayant allumé la lampe E qui éclaire le thermomètre T, l’œil à la lunette L, l’observateur suit maintenant les variations de la colonne de mercure et en note les écarts de minute en minute ou de demi-minute en demi-minute. C’est un thermomètre différentiel Roberteau au 1/100 permettant par interpolation à vue d’œil l’appréciation du 2/1.000 de degré environ.
- Tout cela est du matériel courant. Voici l’inédit. D.ans les dispositifs usuels, .l’eau est introduite dans le calorimètre au moyen d’un ballon portant un repère, ce qui laisse deux voies d’accès à l'erreur : celle qu’emprunte l’opérateur en observant le ménisque, celle à laquelle entraîne un égouttage jamais identique à lui-même.
- Ici, le volume de l’eau à introduire dans le calorimètre est d’abord mesuré avec une précision supérieure au 1/1.000 au moyen de la jauge automatique J ; ainsi ce volume est-il à chaque opération rigoureusement eonstant.
- Deuxième perfectionnement : cette jauge est alimentée en-eau maintenue en parfait équilibre de température avec l'ambiance. A cet effet, le réservoir R contenant l’eau qui, ultérieurement
- Fig 1. — La salle de ealorimétrie de l’Office central de Chauffe rationnelle affectée à la mesure des chaleurs de combustion.
- Fig. 2. — Schéma du nouveau calorimètre de l’Office central de Chauffe rationnelle.
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- se transvasera automatiquement dans la jauge, est pourvu d’un chauffage électrique avec thermostat d’ambiance.
- Cet équilibre de température entre l’eau du calorimètre et l’ambiance supprime au cours d’une mesure les corrections de départ qui, dès que la masse d’eau est tant soit peu importante introduisent un aléa, ici complètement évité.
- Un agitateur mécanique qui participe à l’automatisme de l’ensemble brasse l’eau du réservoir, tandis qu’un moteur à vitesse constante m actionne l’agitateur a de l’eau du calorimètre.
- Un nouveau calorimètre. — Réaliser une enceinte intérieure aussi isotherme que possible, voilà l’objectif de tout constructeur de calorimètre; ses moyens de l’atteindre : l’emploi d’un calorifuge aussi efficace que possible.
- L’originalité du nouveau calorimètre est d’avoir demandé ce calorifuge au vide.
- Son enceinte (fig. 2) est constituée par deux parois en cupro-nickel argenté. Dans l’espace (5) compris entre les deux parois, un vide très poussé a été fait à travers le queu-sot (6) ménagé sur le fond de l’appareil et qu’on ferme par soudure une fois le vide terminé. Percé de petites ouvertures pour le passage des accessoires (agitateur, thermomètre), le couvercle (3) est lui aussi réalisé au moyen de deux parois métaliques et rendu calorifuge par vide et argenture.
- Grande rapidité de mise en équilibre thermique, réduction notable des pertes de chaleur, grande insensibilité aux variations de température de l’ambiance extérieure, telles sont les caractéristiques de ce nouveau calorimètre. Pour le présenter, laissons au surplus la parole à M. Beauseigncur :
- ==:::: ................: .. 215 =
- « Grâce, a-t-il dit, aux propriétés connues du vide et des parois argentées à faible pouvoir émissif, les pertes par conductibilité et rayonnement de l’ensemble des parois sont très faibles et les pertes de chaleur dans ces conditions extrêmement réduites; l’enceinte intérieure est pratiquement isotherme et peu sensible aux changements rapides de la température extérieure et aux déplacements de l’air ambiant.
- Outre le calorifugeage très efficace ainsi réalisé sans l’emploi d’une chemise d’eau contenue dans une cuve extérieure calorifugéè, comme dans les calorimètres ordinaires usuels, on obtient à l’intérieur de l’enceinte une répartition parfaitement homogène et régulière des flux calorifiques du fait que la paroi intérieure est réfléchissante et qu’elle a un coefficient de conductibilité élevé en même temps qu’une faible inertie calorifique.
- Un tel appareil permet d’effectuer des mesures calorimétriques correctes et rapides même dans des conditions d’ambiance extérieure très défavorables où les enceintes ordinaires ne permettraient pas d’obtenir des résultats acceptables.
- En outre, dans les conditions normales des mesures, l’appareil ainsi constitué permet d’obtenir avec beaucoup de facilité des mesures nettement plus précises. »
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- On ne peut nier que ces dispositifs réalisent un pi’ogrès technique marqué en matière de calorimétrie dont les ther-miciens ne pourront manquer de tirer profit.
- Georges Kimpflin.
- LES MICRASTERS DE ROWE
- Les travaux de Rowe constituent une démonstration éclatante de la valeur très précieuse des études des amateurs. Ses recherches sur les micrasters sont classiques dans la paléontologie moderne.
- Les micrasters appartiennent à l’embranchement des Échinodermes, classe des Ëchinides ou Oursins. Les Oursins sont des animaux uniquement marins et les formes qu’on trouve sur les côtes sont bien connues de tous. Leur corps est logé dans un test solide, calcaire, percé de pores multiples par où passent divers appendices, notamment les organes locomoteurs ou tubes ambulacraires très nombreux et sur lequel sont fixées les épines qui donnent à l’animal son aspect extérieur, hérissé de piquants, tout à l'ait caractéristique.
- Au cours de la fossilisation des oursins des temps géologiques, les appendices formés de matières organiques ont disparu et il n’a sub-sité que la boîte solide en matières minérales qui forme le
- test. Il est constitué par un grand nombre de plaques rigides solidement unies et sur lesquelles on retrouve tous les détails de la structure, notamment les ouvertures correspondant à la bouche, à l’anus et les orifices servant au passage des tubes ambulacraires.
- Les micrasters sont des oursins fossiles de forme
- Fig. 1 à 4. — Quelques Micrasters de Rowe (d’après Paul Frilel).
- 1. Micraster brevis, étage sénonien ; 2. M. cor testudinanum, étage sénonien ; 3. M. cor anguinum, étage sénonien ; 4. M. breviporus, étage turonien.
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- ovale ou cordiforme comprenant plusieurs espèces répandues surtout dans les formations crétacées de l’époque secondaire. Ce sont eux qui ont fait l’objet des travaux de RoAve.
- RoAve, médecin à Margate, avait succédé à son père en 1884. Pendant ses loisirs, il s’intéresse aux roches fossilifères de la région et réunit une riche collection de fossiles dont le caractère particulier est la perfection dans la préparation des spécimens récoltés.
- Lorsqu’il commence ses travaux, le premier naturaliste qui ait mis en doute la fixité des espèces : Lamark, est mort aveugle, pauvre, ignoré en 1829 à lage de 85 ans. Il y a un peu plus d’un demi-siècle seulement. Darwin vient de mourir en 1882. Il a développé sur un autre plan des idées analogues à celles de Lamarck. La discussion est vive sur le transformisme et la variabilité des espèces.
- La géologie a tenu une place considérable dans les recherches exécutées par Darwin, notamment au cours de son voyage autour du Monde. 11 ouvre un nouveau champ d'observations aux chercheurs et RoAve s’applique tout spécialement à ces études. Celui-ci devient membre de la Société Géologique de Londres en 1890. Trois ans plus tard il présente sa première communication sur l’emploi du tour de dentiste pour le nettoyage et la préparation des fossiles. Cet appareil permet de dégager facilement les moindres détails et il est maintenant d’un usage courant dans les laboratoires anglais de paléontologie.
- Grâce à cette technique nouvelle, RoAve obtient des spécimens d’une absolue netteté. Cette présentation d’échantillons parfaits est de la plus haute importance pour ses recherches, car il va s’attacher à l’examen dès moindres détails.
- C’est surtout dans les falaises crétacées du Sud de l’Angleterre que Rorve poursuit ses investigations. Ces falaises de craie turonienne et sénonienne ont été divisées en plusieurs niveaux par les géologues : zone à Rhynchonella cuvieri, à T erebratulina gracilis, à Iiolaster planus, à Micraster cor Tcsiudinarium, à Micrastcr cor Anguinum. Inlassablement RoAve recueille les micraslers en notant les niveaux pied par pied et il réunit ainsi une collection unique qui lui permettra une étude complète de la variation des formes.
- En 1899, il publie son deuxième travail : An analysis of the Genus Micraster : une révision du genre Micraster. Cette étude, maintenant classique, est faite surtout au point de vue biologique et sert de point de départ à son troisième et important ouvrage : The zones of the White Chalk of the English Coast, Les zones de la craie de la côte anglaise.
- RoAve a réuni une collection de deux mille Micras-ters étiquetés pied par pied, niveau par niveau ! C’est une tâche prodigieuse et seuls, les géologues qui ont poursuivi la recherche des fossiles de la craie, peuvent apprécier ce résultat et savoir ce qu’il représente de travail acharné, de persévérance et de ténacité.
- Cette splendide collection est maintenant conservée au British Muséum de Londres.
- Ces deux mille spécimens retracent l’histoire de l’évolution sur place du genre Micraster pendant le temps excessivement long qu’a nécessité la formation de la craie dans cette partie de la mer crétacée.
- Les travaux de Charles Schuchert ont conduit ce géologue à estimer à environ 2.35o années le temps nécessaire au dépôt d’un pied de calcaire. Les falaises du Sud de l’Angleterre ont une centaine de mètres de hauteur. C’est donc une période géologique de près de huit cent mille années qui a été ainsi étudiée !
- RoAve a pu constater pendant cette longue période une évolution lente et continue. Partant du plus bas niveau exploré, il définit :
- i° Micraster cor Bovis Farbes ;
- 20 Micraster Leskei Desmoulins ;
- 3° Micraster cor Testudinarium Goldfuss ;
- 4° Micraster cor Anguinum Leskei.
- Les différences qui marquent les variations entre ces espèces portent sur la position de la bouche par rapport au bord du test et sur de très petits détails de forme et d’ornementation des zones ambulacraires, des plaques apicales, de la région péristomienne, etc. RoAve a pu noter ces détails d’évolution d’une manière tellement précise qu’il a été en mesure d’indiquer exactement les niveaux de provenance de cinquante Micrasters recueillis par un autre géologue dans diverses régions d’Angleterre.
- La conclusion de RoAve est qu’il existe une transition parfaite continue, non seulement dans la forme générale du test mais dans les moindres détails d’ornementation, de la partie la plus ancienne du départ jusqu’à son sommet.
- Dans son ouvrage « L’Espèce », le Pr Cuénot a consacré quelques pages aux travaux de RoAve. Il estime qu’un zoologiste ordinaire, habitué aux oursins modernes, n’hésiterait pas à classer l’ensemble sous un seul nom. Mais un paléontologiste a plus de souci des détails et désire décrire et nommer les formes qu’il rencontre avec plus de précision pour distinguer les zones de la stratigraphie géologique. Pour reconnaître et dater ces niveaux, le paléontologiste doit être aussi diviseur que possible, ce qui a toujours été sa tendance, conséquence naturelle de l’observation patiente des objets qu’il étudia. Le Pr Cuénot conclut en déclarant que « les faits recueillis par RoAve sont « riches en conséquences au point de vue de la concep-(( tion de l’espèce et de la marche de l’évolution ».
- La société géologique de Londres avait marqué l’importance qu’elle attachait aux travaux de RoAve en lui attribuant en 1901 le Prix Wollaston, et en 1911 la Médaille Lyell.
- La guerre vint interrompre les travaux de RoAve ; ensuite, il fut immobilisé plusieurs années par une longue et cruelle maladie et mourut en 1924.
- Il m’a paru que l’effort de ce géologue amateur poursuivi pendant des années avec une patience et une ténacité qui forcent l’admiration méritait d’être offert en exemple à tous ceux qui s’intéressent aux progrès des sciences naturelles.
- Lucien Perruche.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1938 (*)
- Deux éclipses ce mois-ci, l’une de Soleil et l’autre de Lune. La seconde sera, pour nous, d’un grand intérêt (voir ci-après).
- I. — Soleil. — La déclinaison du Soleil devient fortement australe en novembre. Elle passera de — ni0!;/ le ier à — 2i°35/ le 3o. La durée du jour sera de 9h5am le ier et de 8h34m le 3o. La diminution du jour sera surtout sensible le soir. Il fera nuit à 1711 tandis que le matin, il fait jour à 7h.
- Voici, de 3 en 3 jours, le Temps moyen à midi vrai :
- Date : Nov. Heure du passage Date : Nov. Heure du passage Date : Nov. Heure du passage
- I er 11 h34D019S i3 x 1 l'34m57s 25 11h37m33s
- 4 11 34 17 16 11 35 23 28 11 38 3i
- 7 11 34 22 *9 11 35 59 3o 11 3g 12
- 10 u 34 35 22 xi 36 43
- Observations physiques. — Voici les renseignements permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Date \oh) P B« L0
- Nov. I + 24*70 E + 4136 4o'95
- — 4 4- 24,17 E -j- 4>o5 1,3q
- — 6 + 23,78 E + 3,83 335,02
- — 11 + 22,67 E + 3,28 269,10
- — 16 -j- 21,37 E + 2>7° 203,18
- — 21 + iq,88 E + 2>10 + *,48 137,28
- — 26 + 18,21 E 71 >38
- Lumière zodiacale. — Bien visible le matin, avant l’au-rore, surtout du ier au 3.
- Éclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris, se produira les 21 et 22 novembre. L’éclipse générale commencera à 2ih44m,9, le 21 1 la plus grande phase se produira à 23h5am,o et la fin de l’éclipse générale à ih59m,2, le 22. Grandeur maximum de l’éclipse (diamètre du Soleil = 1) : 0,779. L’éclipse sera visible de la moitié nord de l’Océan Pacifique, au Japon, à l’extrémité Est du Mandchoukouo et à l’Ouest de l’Amérique du Nord.
- IL — Lune. — Voici les phases de la Lune pour novembre :
- P. L. le 7, à 22h23m 1 N. L. le 22, à oh bai
- D. Q. le 14 à i6h20m I P. O. le 3o, à 3ll5gm
- Age de la Lune le Ier novembre, à oh = 8ÛG; le 22 = o^o.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 10 novembre, à 9h — + 2o°i5/; le 23 novembre, à i5h = — 2o°i6L
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le ix novembre, à 4h. Parallaxe = Sg'Bi'L Distance = 3G6 388 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 27 novembre, à 3h. Parallaxe = 54'G". Distance == 4o5 320 km.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique », sont basées sur le Temps Universel (T. U.), qui est le Temps légal en France ; elles sont comptées de Oh à 24h, à partir de Oh (minuit).
- Erratum. — Au n° 3032, page lot», 2e col., au lieu de : Apogée de la Lune, 9 octobre, à 18h, lire : « 2 octobre, à llh. Parallaxe = o-F15^ ».
- Occultations d'étoiles et de planètes par la Lune :
- Magni- Phéno-,------------------
- Date Étoile tude mène Paris Uccle
- Nov. 3 4509 B. D. — 00 6m,5 Imm. 21 h58m ,* 22! 1 Q11 >B
- - 4 4752 B. D. + 20 6 9 Imra. *7 20 9 *7 24 9
- — 9 811 B. D. -f I9° 6 2 Em. 22 52 6 22 59 9
- — 10 847 B D. 4- ig° 6 5 Em. 4 38 5 4 37 4
- — 12 *479 B. D. + I 7O 6 2 Em. 0 58 4 1 2 0
- 25 5275 B. D. — 19° 6 3 Imm. *7 16 8 *7 16 2
- — 28 5727 B. D. — 7° 7 4 Imm. *7' ' 22 1 *7 26 0
- — 3o 5539 B. D. — 3o G 2 Imm. 16 58 0 *7 3 0
- Marées. — Les plus grandes mai’ées du mois se produiront principalement à l’époque de la Pleine Lune, du 6 au 10 novembre. Coefficient maximum : 100 centièmes, le 9.
- Éclipse totale de Lune. —• Très belle éclipse totale, entièrement visible à Paris, les 7 et 8 novembi'e (fig. 1).
- Fiy. 1. — Schéma de l’Eclipse totale de Lune des 1-8 novembre 1938, montrant les points de contact de notre satellite avec l’ombre de la Terre ; à l’entrée dans l’ombre (à gauche) et à la sortie (à droite). Le Nord est en haut.
- La grandeur de l’éclipse sera de 1,35g, le diamètre de la Lune = 1. Durée de la totalité : ih22m. Voici les heures
- des diverses phases :
- Entrée de la Luae dans la pénombre le 7. . I9h38m,9
- Entrée de la Lune dans l'ombre . . . . 2oi'4om,9
- Commencement de l’éclipse totale .... 2ih45m,i
- Milm. _.i 1 éclipse ........................22li26m,2
- ,Fin de l'éclipse totale....................23b 7ra,4
- Sortie de l’ombre le 8......................ohiim,7
- Sortie de la pénombre.......................ihi3m,5
- Noter les colorations. La photographie des couleurs est aujourd’hui de plus en plus pratiquée et nous attirons l’attention des amateurs sur l’intérêt d’obtenir de bonnes photographies de la Lune dans l’ombre de la Teri’e.
- III. — Planètes. -— Le tableau suivant a été dressé à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion. Il contient les renseignements nécessaires pour trouver et observer les prixxcipales planètes pendant le mois de novembre 1988.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 26 novembre, à i5h, à 2i°43/ à l’Est du Soleil. Sa déclinaison australe sei’a très forte et la planète sera visible en de mauvaises conditions dans nos régions.
- Vénus sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 20 novembre, à Gh. Elle sera inobservable:
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- ASTRE Date : Nov. Lever à Paris Passage au méridien de Paris' Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 1 6*i38m 11 h34mi9s i6b3om i4h24m 32' I7"2 Balance )
- Soleil . 9 6 5i 11 34 3o 16 18 i4 56 — 16 45 32 21,2 Balance ; »
- 21 7 10 11 36 27 16 3 i5 45 — 19 5o 32 26,2 Balance
- Mercure . 9 8 34 12 44 16 52 16 2 22 44 5,2 S Scorpion Le soir, à la fin du
- 21 9 14 i3 6 16 58 17 12 — 25 33 6,0 b Sagittaire mois. Difficile.
- Vénus. . | 9 21 8 7 48 i3 12 11 38 26 16 i5 28 4o 16 0 i5 35 — 25 52 22 10 58,8 62,0 77 Scorpion Scorpion Inobservable.
- Mars . . 9 21 3 3 25 *9 9 8 16 56 i5 i4 6 33 12 36 13 4 — 2 38 5 35 4,0 4,2 Y « Vierge Vierge ! Un peu visible le matin.
- I Jupiter ,| 9 21 i3 12 28 43 18 *7 21 38 23 22 i4 33 21 43 21 47 — 14 52 i4 3o 38,4 37,0 rl Capricorne Capricorne 1 Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne .! 9 21 i5 14 i3 24 21 20 26 37 3 2 44 54 0 5o 0 47 + + 2 23 2 11 *7>4 17,2 20 20 Baleine jPresque toute la nuit.
- Uranus 27 *4 57 22 l7 5 40 2 5i + 16 0 3,6 (7 Bélier Toute la nuit.
- Neptune . 27 0 45 7 5 i3 25 11 36 + 3 47 2,4 89 Lion Secondepartiedela nuit.
- Mars devient mieux visible le matin. Son diamètre augmente légèrement.
- Cérès, la petite planète n° i, passera en opposition le iG novembre; elle atteindra la magnitude 7m,5, donc sera visible dans une jumelle.
- Au moment de son opposition, elle se trouvera au Nord, près des étoiles | et o du Taureau. La petite carte que nous avons publiée au dernier « Bulletin astronomique » permettra de la trouver sur le Ciel.
- Eunomia, la petite planète n° i5, passera en opposition le mois prochain. Elle sera aussi visible dans une jumelle (7m,8). Voici deux de ses positions en novembre :
- Date (oh) Ascension droite Déclinaison
- Nov. 22,0 5!i32En^7 36023'
- — 3o,o 5 24 6 + 35 53
- Jupiter, dans le Capricorne, est visible dès l’arrivée de la nuit.
- Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 16 novembre à i8h.
- On pourra observer les phénomènes suivants produits par les quatre principaux satellites de la planète :
- Novembre 4, III. O. f. i8h5om ; II. P. c. aoh47m. — 6, I. Im. 2oh2/|n? ; II. E. f. 20h38m,o. — 7, I. P. c. i7h35m;
- I. O. c. i8h54m ; I. P. f. i9h52m; IV. E. f. 2ihom,3; I. 0. f. 2ihnm. — 8, I. E. f. i8h29m,3. — 11, III. P. f. i7h3im ; III. O. c. igh25m. — 13, II. Im. i7h4om. — lh, I. P. c. i9h3om; I. O. c. 20h5om ; I. P. f. 2ih47m. — 15, I. Im. I6h48m; II. 0. f. ï8h4m ; IV. P. f. i8hnm; I. E. f. 2oha4m,6. — 16, I. 0. f. i7h36m. — 18, III. P. c. 18V“; III. P. f. 2ih33m. — 20, IL Im. 2ohi9m. — 21, I. P. c. 2ih25m. — 22, III. E. f. i7h5m,8; II. 0. c. i7h53m; IL P. f. i8h4m; I. Im. i8h43m ; II. 0. f. 2oh4om. — 23, I. 0. c. i7hr5m; I. P. f. i8hi2m; I. O. f. i9ü32m. — 24, I. E. f. iGW,?. — 29, III. E. c. i7h39m,6 ; II. P. c. i7h54m;
- II. O. c. 20*29“; I. Im. 2oh4om; II. P. f. 20h43m ; III. E. f. 2ih7m,2. — 30, I. P. c. i7h53m; I. 0. c. i9hiim; I. P. f. 2ohrom.
- Saturne est encore visible presque toute la nuit.. Voici les éléments de Panneau pour le 16 novembre :
- Grand axe extérieur........................ 43",5o
- Petit axe extérieur.................. , . — 6", 29
- Hauteur de la Terre sur le plan de Panneau . — 80,309
- Hauteur du Soleil sur le plan de Panneau. . —100,214
- Élongations de Titan, le satellite le plus lumineux : A l’Est, le Ier novembre, à 9h,2 et le 17, à 6h,9; à l’Ouest, le 9, à ioh,4 et le 25, à 8h,5.
- Uranus sera en opposition le 8 novembre, à 21*. Voir la carte de son mouvement sur le Ciel au « Bulletin astronomique » du n° 3o24, p. 283.
- Neptune se lève peu après minuit. Voir la carte de sa trajectoire céleste en 1938 au « Bulletin astronomique » du n° 3oi8, p. 91.
- IV. — Le 1er, à Le 5, à Le 8, à Le 8, à Le 8, à Le 17, à Le j 8, à Le 21, à Le 23,à Le 29, à
- Étoile
- Date
- Phénomènes divers. — Conjonctions iqh, Jupiter en conjonction avec la Lune à 6o45' S.
- 18*1, Saturne o*i, Uranus 4h, Mercure iph, Mercure 3h, Neptune 18*1, Mars 17*1, Vénus 21*1, Mercure 8*i. Jupiter
- la Lune, à 6° ùj S. la Lune, à o°34' S. S Scorpion. (2m,4) à 00 2'N.
- Vénus, à 3°i5'N. la Lune, à5°48'N. la Lune, à 4° q'N. la Lune, à 3026' S. la Lune, à 5°3o' S. la Lune, à 6°38' S.
- Polaire; Temps sidéral.
- Passage Heure(T.U.)
- ;nov. 7 : — 17
- ~ 27
- Supérieur
- 22*'28m 19S 21 48 57 21 9 34
- Temps sidéral (')
- 3*1 2m Qs 3 41 34 421 0
- Étoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (S Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j4oü49m : le 12, à 2ll57m; le 14, à 23h46m ; le 17, à 20h35m ; le 20, à i7h24m.
- Étoiles filantes. — Les essaims les plus importants de ce mois-ci sont : les Léonides (radiant C Lion) à observer du i4 au 18 et les Andromédides (radiant y Andromède), à suivre du 17 au 23.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le Ier novembre, à 21, ou le i5 novembre, à 2011, est celui-ci :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A VEst : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud, : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; le Poisson austral.
- A VOuest : Le Cygne; l’Aigle; la Lyre; le Capricorne.
- Em. Touchet.
- 1. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
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- LE CONCOURS D'AVIONS MODÈLES RÉDUITS 219
- DE « LA NATURE »
- Nous rappelons que la compétition internationale pour « modèles réduits d'avions » que nous avons créée en ig3G, sera disputée en 1938 le xG octobre sur le terrain d’Êtam-pes.
- Cette compétition, organisée par la Ligue Aéronautique de Fraxxce, suivant la réglementation sportive de l’Aéro-Club de France, est dotée d’un objet d’art challenge et de prix en espèces.
- 'Voici le règlement du concours de 1908 :
- i° La Coupe de la Revue La Nature sera disputée en 1988 le iG octobi’e au terrain d’Étampes. Toutefois les Commissaires pourront reporter cette manifestation si les conditions atmosphériques les y obligent.
- 20 Concurrents qualifiés. — Seront admis à concourir les modèles réduits d’avions présentés par des concurrents des nationalités appartenant à la F. A. I.
- 3° Sont admis à concourir les modèles réduits munis de petits moteurs à essence. La cylindrée du moteur, ou la cylindrée totale des moteurs si l’appareil en comporte plusieurs, ne devra pas dépasser 5o cm3.
- 4° Nature de la Coupe. — La Coupe a pour but de récompenser le consti’ucteur dont l’appareil réussira à s’élever le plus haut en emportant une charge minimum de 5oo gr y compris un météorographe de contrôle ainsi qu’il est dit ci-après.
- L’encombrement du météorographe est : largeur 8 cm 1/2, longueur 17 cm, hauteur 10 cm, et son poids approximatif de 210 gr. Cet instrument doit être à l’intérieur du fuselage
- et la ventilation doit être suffisante pour en assurer le bon fonctionnement. Cet instrument sera pesé avant le départ ainsi que la charge complémentaire pour parfaire le poids de 5oo gr prévu au règlement.
- Chaque concui’rent aura droit à effectuer deux vols dont le meilleur sera retenu pour le classement. Pour chacun de ces 2 vols un faux départ de i5 s sera autorisé. Le deuxième départ comptant comme vol.
- 5° Attribution de la Coupe et des Prix. — Le concurrent qui aura atteint la plus grande hauteur au-dessus du point du départ sera classé premier. Il recevra un prix en espèces de 1.000 fr. Les concurrents classés 2e et 3e recevront chacun un prix en espèces de 5oo fr. Toutefois pour que la Coupe soit attribuée il sera nécessaire que la hauteur atteinte au-dessus du point de départ soit supérieure à 200 m.
- G0 Le contrôle sera assuré par des Commissaires Sportifs qui sei'ont assistés d’un représentant de l’O. N. M. et d’un représentant de la Ligue. Les concurrents devront être titulaires de la licence sportive de modélistes de l’année en cours.
- 70 Pour avoir le droit de concourir, les concurrents devront faire parvenir à la L. Aé. F. avant le 10 octobre ig38 une formule d’admission du modèle adopté à cet égard. Chaque engagement devra être accompagné d’un droit de 3o fr non remboursable. Ce di’oit sera seulement de 20 fr pour les membres de la L. Aé. F.
- Assurances. — Chaque concurrent devin justifier d’une assurance pour les appareils qu’il présentera.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUILLET J 938, A PARIS
- Mois à peu près normal comme température, pluvieux et déficitaire pour l’insolation.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc de Snint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 7G2 mm 8, n’est en excédent que de o mm 1 seulement.
- La moyenne mensuelle de la température, i7°,9, est inférieure de o°,3 à la normale. Jusqu’au r8 les températures journalières ont été pour la plupart déficitaires. A partir du 19 elles ont presque toutes dépassé leurs normales respectives. Depuis le début des observations du Parc Saint-Maur il n’avait pas encore été enregistré le 3i juillet, une température moyenne, 24°,oG, et un maximum, 3i°,6, aussi élevés. Le minimum absolu, g0,6, a été noté le 3.
- Les extrêmes de la température dans la région, ont été : 7r:,2 à Trappes et 35°,9 à Ville-Evvard.
- Le total pluviométriquc mensuel au Parc Saint-Maur, 87 mm 1, est en excès de 48 pour 100 à la normale. Cet excès de précipitations est attribuable aux pluies, du 4 et du 26 qui ont fourni respectivement 21 mm 9 et 23 mm 5 d’eau, soit plus de la moitié de la hauteur mensuelle. La
- fréquence des joui’s pluvieux, dont le total est de x3, est exactement normale. Les hauteurs maximale pluie en 24 h ont été : pour Pai’is, 25 mm 2 au square Louis XYI et, pour les environs, 35 mm G au Petit Pantin, du 4 au 5.
- Les ier, 2, 3, 4, 7, 8, 26 et 28, petits orages locaux. Le 5, un premier orage a sévi entre 12 h 45 et 14 h 10 sur quelques points de la banlieue et un second affecta sensiblement toute la x'égion entre 16 h et 16 h i5. Le 15, orage presque général entx-e i3 h 3o et i4 h.
- Les brouillards ont été quotidiens, exclusivement matinaux et généi'alement faibles. Le 5, un obscurcissement s’est produit autour de i4 h à la Faisanderie (Bois de Vincennes).
- La durée totale de l’insolation à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, 222 h i5 m. est presque normale.
- La moyenne mensuelle de l’humidité relative au Parc Saint-Maur a été de 72,4 pour 100 et celle de la nébulosité de G8,o pour 100. On y a constaté : 3 jours de gouttes; 3 jours de grêle ; 7 jours d’orage ; 8 jours de brouillard ; 11 jours de brume et 10 jours de rosée.
- Em. Roger.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 juin 1938.
- Le delta du Niger. — M. Enikeff a étudié les eaux souterraines de la région Nord et Nord-Est de Sansanding prolongée par le marigot de Molodo, lit abandonné du delta du Niger. Le climat est nettement soudanien. Les eaux souterraines sont à une profondeur de 9 à 12 m près du Niger et descendent progressivement vers le Nord, atteignant une profondeur de 62 m à Sieguendara. Leurs variations de niveau sont peu importantes. Ces eaux, par leur répartition et leur composition, sont certainement alimentées par le Niger. Elles circulent dans une couche de grès d’une puissance appréciable; il serait donc possible d’améliorer les puits indigènes en les approfondissant.
- Le cerveau de l’ourson. — L’ourson est très probablement parmi les petits de Mammifères celui qui vient au monde le moins évolué. L’examen des cerveaux de deux oursons (Ursus arctos), ayant vécu 2I1 heures et 3 jours a confirmé à M. Riese qu’ils correspondent, quant à leur structure histologique, à celui d’un fœtus humain de 4 mois. Il semble que ce soit là le minimum de substance nerveuse organisée permettant la vie. L’ourson nouveau-né possède d’ailleurs des manifestations vitales particulières et réduites montrant le caractère embryonnaire du système nerveux central. La taille des oursons est également extrêmement réduite : 295 gr pour l’un des oursons examinés.
- La vaccination contre la peste porcine. — Le
- virus de la peste porcine peut être inoculé au cobaye chez lequel il s’exalte par passages successifs. Le virus ainsi modifié perd très vite ses propriétés pathologiques pour le porc. On pouvait espérer vacciner le porc contre la peste en lui injectant successivement des virus ayant subi des passages de durées décroissantes par le cobaye. MM. Le Chui-ton, Mistral et Dubretjil, qui ont tenté et répété cette expérience, annoncent leur échec complet. En débutant par un virus ayant séjourné 7 jours sur cobaye les porcs résistent parfaitement à la série d’injections, mais le virus ainsi modifié semble avoir perdu tout pouvoir antigène contre le virus porcin original car les animaux succombent infailliblement par inoculation ultérieure de la peste bovine.
- Séance du 20 juin 1938.
- Mesures des pressions en aérodynamique. — La
- mesure de la pression à un orifice d’un corps en rotation exigeait un joint étanche, difficile à réaliser, entre l’équipage mobile et le manomètre fixe. M. Brun préfère utiliser un manomètre fixé au corps en rotation. L’orifice est relié par un tube fin à une capsule manométrique en bout d’arbre terminée par une pointe réglée pour être exactement sur l’axe. Des visées microscopiques sur celte pointe permettent de déterminer la pression intérieure. L’étalonnage est fait au repos et la capsule manométrique a pu être établie de façon à réduire au minimum l’effet d’écrasement dû à la force centrifuge. Cette méthode est très précise et permet d’apprécier des variations de pression de l’ordre de x mm d’eau.
- Mesure de la tension superficielle. — M. Nacciar place le liquide à étudier dans un trou circulaire étroit
- percé dans un disque plan horizontal épais de quelques millimètres. Il y reste logé sous forme d’une goutte dont les deux faces terminales sont concaves. L’auteur mesure le rayon de courbure de chacune de ces faces par autocollimation au moyen de deux microscopes verticaux ; il mesure également l’épaisseur de la lame liquide. Un calcul facile donne alors la tension superficielle. Cette méthode a l’avantage de ne pas nécessiter la connaissance de l’équation des surfaces libres, ni des angles de raccordement du liquide avec les parois du disque. Elle peut être appliquée aisément à l’étude des xrariations de la tension superficielle avec la température. Sa précision est de l’ordre de 1 pour 100.
- Action de l’hydrogène sur les carbures. —
- M. Jacqué a étudié la décarburation des carbur’és de fer (cémcntite, FegC) et de chrome (CrgC, et Cr7C3 ou Cr.C,) sous l’action de l’hydrogène à chaud. Avec la cémentite la réaction de décarburation débute vers 55o° à la pression oi’dinaire. Si on limite sa durée à 5o h, la réaction n’est que très partielle tant que la pression est basse ; la fraction décarburée croît avec la pression et la réaction devient totale vers 100 kgr/cm2. Avec les carbures de chrome il n’y a aucune trace de décarburation, quelles que soient la pression et la température. Ce résultat explique la résistance des aciers au chrome à l’hydrogène chaud sous pression; le carbone doit y être retenu par le chrome sous forme de composés inattaquables.
- Le choc transfusionnel. — Même en s’entourant de toutes les garanties de compatibilité, il arrive que la transfusion du sang amène un choc, parfois impressionnant. MM. Jeanneney et Ringenbach montrent que ce phénomène s’accompagne d’une brusque élévation de la densité du sang qui revient peu après à sa valeur initiale. Il est probable que cette variation est due à une modification du pouvoir osmotique du sang, le plasma ne revenant pas dans les capillaires veineux, provoquant ainsi une concentration par diminution du volume total du sang; il est aussi possible qu’il existe un enrichissement du sang par spléno-contraction. Le choc peut, en tout cas, être évité par une injection sous-cutanée préalable de panlopon et de sulfate de spartéine. Une pareille injection désensibilise le malade pour une longue période, permettant de faire des transfusions répétées.
- Une épizootie au Muséum. — MM. Bruxipt et Urbain signalent une épizootie qui a été fatale à plusieurs lémuriens de la ménagerie du Muséum. L’autopsie a montré l’envahissement de l’intestin par de nombreux parasites acanthocéphales provoquant des troubles allant jusqu’à la perforation. Ces vers ayant toujours pour hôtes intermediaires des coléoptères ou des blattes, les recherches des auteurs ont montré qu’ici la petite blatte germanique, abondante à la ménagerie et dont les singes sont friands, était seule en caitse. La destruction de ces blattes par le fluorure et le fluosilicale de sodium doit donc enrayer l’épizootie. Il est toutefois à noter que cet acanthocéphale, originaire de l’Amérique ou de Madagascar, a montré une singulière facilité d’adaptation pour la blatte germanique qui n’existe pas dans ces régions.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La chimie des vitamines et des hormones, par
- Joseph. Sivadjian, 2e édition refondue. 1 vol. in-S°, 239 p.
- Monographie de chimie pure et appliquée. Gauthier-Villars,
- Paris, 1938. Prix : 50 francs.
- En quelques années, un efforts considérable de recherches a presque entièrement éclairci le domaine mystérieux des vitamines et des hormones. 4 vitamines (A, Bi, B2, C) ont été réalisées par synthèse ; la vitamine D est exactement connue ; la folliculine est devenue un produit de laboratoire : la vitamine E, l’hormone cortico-surrénale sont apparues depuis deux ans. Cette remarquable monographie fait le point et donne de précieuses indications sur les méthodes de préparation et d’analyses, les propriétés physiques, chimiques et phar-cologiques.
- La science mystérieuse des Pharaons, par l’Abbé
- Moreux. 1 vol. in-16 de 256 p., 8 pl. hors texte. G. Doin,
- Paris, 1938. Prix : 22 francs.
- Le grande pyramide de Chéops a depuis longtemps retenu l’attention des savants, archéologues, géomètres, mathématiciens, qui veulent y voir la matérialisation de données scienti-liques que la civilisation n’a conquises i,ue lentement dans les siècles suivants, et cela avec une précision qu’il a fallu plu-cieurs milliers d’années pour retrouver.
- Telle est la conclusion qui se dégage des livres de l’Abbé Moreux et qui ne peut être que renforcée par les découvertes récentes qui montrent à quel point certains peuples de l’antiquité en étaient arrivés au point de vue scientifique.
- Enfin, ce qu’il y a de plus surprenant, ce sont les affirmations de la Genèse écrite par Moïse et qui ont précédé de plusieurs milliers d’années nos études sur l’origine du monde et sur l’histoire de notre planète.
- La pression atmosphérique à Athènes, par Th. Th.
- Findiklis. 1 broch., 44 p. et nombreux tableaux. Athènes,
- 1937. Imprimerie Emm. D. Alexios-Ippolcratoys, 24.
- L’auteur a fait une méritoire étude systématique des observations barométriques faites à Athènes depuis 1858 jusqu’à 1929. Il met en évidence diverses oscillations régulières en correspondance avec les variations de température.
- Arbres et forêts, par Léon et Maurice Pardé. 1 vol. in-16,
- 224 p. Collection Armand Colin, Paris, 1938. Prix : 15 francs.
- Selon l’excellente formule de la collection Armand Colin, les auteurs traitent en 200 pages tout le problème forestier : conditions de végétation où la part de l’homme, destructeur, constructeur ou exploitant, est grande ; principaux types de forêts du globe, leur répartition, leurs richesses et leur production ; les forêts françaises de feuillus et de conifères, indigènes, naturalisés et exotiques ; enfin les produits et l’utilité de la forêt, régulateur climatique autant que fournisseur de papier. Des faits précis, une bibliographie bien choisie font de ce petit livre une initiation et un précieux ouvrage de référence.
- Le soja et son rôle alimentaire, par Jean Bordas.
- 1 broch, in-8°, 36 p. Actualités scientifiques et industrielles.
- Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 8 francs.
- Originaire de Mandchourie, aliment principal de la Chine, avec le riz, le soja mérite qu’on sache sa nature, sa composition, ses préparations et ses usages, le commerce auquel il donne lieu. Cette monographie de la série « Nutrition » groupe toutes les données utiles.
- Esthétique physiologique et cosmétique moderne,
- par R. M. Gattefossé. 1 vol. in-8°, 273 p. Girardot, Paris,
- 1938. Prix : 50 francs.
- L’auteur, bien connu par son expérience et ses publications en matière de parfums, reprend ici son livre sur les produits de beauté qu’il développe, complète et met à jour, pour en faire le traité de la femme élégante et du spécialiste en esthétique. Il décrit les matières premières, parle de la peau, en indiquant la mesure de son acidité par le pli, puis il passe en revue les produits brunissants, ceux qui protègent du hâle, les crèmes, huiles, laits, fards, crayons, poudres, etc. Un chapitre est consacré aux préparations capillaires, un autre aux produits pour les mains et les ongles et aux dentifrices. Tout l’arsenal de la beauté est passé en revue, avec des formules de composition précises et pratiques.
- Je lis dans les formes du corps, par Pierre Devaux. 1 brochure 68 p., 19 fig. Les Éditions de France, Paris, 193S. « Ne juge pas les gens sur la mine » affirme un vieux proverbe. La morphologie, science moderne, contredit la sagesse des nations. Elle établit un certain nombre de corrélations entre l’aspect extérieur et le tempérament de l’individu, en s’aidant d’une classification des formes du corps, que notre collaborateur résume ici avec autant de clarté que d’esprit ; il nous apprend à distinguer un respiratoire, un digestif, un musculaire et un cérébral, un rond uniforme ou ondulé, un cubique petit ou grand, un plat ondulé ou uniforme et nous montre comment ces types humains se comportent dans la vie.
- Les ondes électriques courtes en biologie, par
- E. Sciiliepuake. 1 vol. in-8°, 96 p., 37 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Les ondes courtes provoquent une production de chaleur et des modifications moléculaires qu’on a appliquées aux traitements de nombreuses maladies. Leurs effets vont de la d’Arsonvalisation à la diathermie. L’auteur rassemble ce qu’on sait de leurs actions sur les micro-organismes, les tissus, les organes et de leurs modes d’application.
- Le livre du bon moutonnier, par E. Degois, 2e édition. 1 vol. in-16, 406 p., 59 fig. La Maison rustique, Taris, 1938. Prix : 24 francs.
- Professeur à la Bergerie nationale de Rambouillet, l’auteur a rassemblé tout ce qu’un berger ou un propriétaire de troupeau doit savoir du mouton : histoire naturelle, races, logement, reproduction, agnelage, alimentation, conduite, tonte, engraissement, maladies, etc. C’est le guide précieux et précis de l’élevage.
- Basse-cour, pigeons et lapins, par Mme C. Millet-Roblnet. Nouvelle édition. 1 vol. in-16, 150 p., 41 fig. La Maison rustique, Paris, 1938. Prix : 12 francs.
- Fermières, amateurs, cultivateurs seront heureux de consulter ce guide clair et précis, mis à jour des progès de l’aviculture, pour connaître tout ce qu’il faut savoir de l’élevage des poulets et des lapins et aussi des canards, oies, dindons, pigeons, pintades, paons, faisans, perdrix.
- Les lapins, par M. Poinsignon et E. Riu. 1 vol. in-16, 157 p., 73 fig. Bibliothèque de la vie pratique. Hachette, Paris, 1938. Prix : 15 francs.
- Tout possesseur de jardin peut élever des lapins à condition de connaître les races, l’alimentation, la reproduction, les soins à donner aux lapereaux, les maladies, les logements et les sortes d’élevage. Toutes les données techniques indispensables se trouvent dans ce livre pratique et averti.
- Initiation au droit aérien, par Daniel Lacker. 1 vol., 97 pages. Blondel La Rougery, éditeur, Paris. Prix : 25 francs. Ouvrage clair et précis où sont traitées toutes lés questions juridiques qu’ont besoin de connaître, au moins succinctement, les usagers de l’avion, professionnels, touristes- ou passagers.
- L’homme et les énergies astrales, par Paul Serres. 1 vol. in-8°, 117 p. Éditions Adyar, Paris, 1938. Prix : 12 francs.
- Les progrès de l’astrophysique montrent de nouvelles relations entre le ciel et l’homme, les rayons cosmiques par exemple, et ils justifient une adaptation de la vieille astrologie, à la physique électronique, telle que l’auteur l’a vue au Palais de la Découverte.
- Catalogue des manuscrits éthiopiens de la collection G ri au le, par Sylvain Grébaut. Première partie. 1 vol. in-8°, 320 p., 8 pl. Travaux et mémoires de l’Institut d’Ethnologie, Paris, 1938. Prix : cartonné toile, 100 francs. Lors de sa mission Dakar-Djibouti, Marcel Griaule séjourna 5 mois à Gondar et put y acquérir 333 manuscrits gè’ez et amhariques, datant du xvne siècle' à nos jours ; il en avait obtenu 16 dans une expédition précédente. Tous sont venus enrichir la Bibliothèque Nationale qui est le plus riche fond de textes éthiopiens. Le professeur de l’Institut Catholique commence l’inventaire de ces richesses : ancien et nouveau Testament, apocryphes et pseudépigraplies, théologie, ouvrages ascétiques, liturgies, rituels en Mangue gé’ez...
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- 2^ . NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- A. de la Baume Pluvinel.
- L’astronome Aymar de la Baume Pluvinel, membre de l’Académie des Sciences depuis 1932 .est mort le 18 juillet 1908. Il était né à Paris le 6 novembre 1860.
- Étranger à toute fonction officielle, de la Baume Pluvinel se range dans cette catégorie de savants, hélas de moins en moins nombreuse, qui ne cultivent la science que pour elle-même, en dehors de toute préoccupation de carrière. La France, fort heureusement, compte encore nombre de savants de ce genre ; au premier rang desquels figurent les deux illustres frères de Broglie ; derrière eux se trouve la légion de ceux qu’on appelle les « amateurs » ; à qui l’astronomie notamment, est redevable de tant de progrès. L’exemple de de la Baume Pluvinel témoigne éloquemment en leur faveur.
- En 1882, il accompagne A. d’Abbadie à l’île d’Haïti pour observer le passage de Vénus sur le Soleil; puis à l’Observatoire de Mcudon, il s’initie sous la direction de Janssen à la physique solaire. Dans son laboratoire de la rue Laugier, il réalise toute une série d’instruments nouveaux et ingénieux, lunettes photographiques pour déterminer la distance zéni-tale des étoiles au moment de leur culmination, lunette coudée portative pour l’application de la méthode des hauteurs égales, appareil pour la mesure en ballon des hauteurs des astres, spectrographe automatique pour ballon-sonde.
- La photographie astronomique lui doit de nombreux progrès. Spécialiste de la couronne solaire, il organisa, avec un soin minutieux, dix expéditions pour la photographie de la couronne pendant les éclipses solaires. On lui doit de magnifiques photographies et des études spectrales de la couronne du plus haut intérêt. Enfin ses études sur les spectres des comètes ont donné de très importants résultats.
- HISTOIRE DES SCIENCES
- Emission d’un timbre postal commémoratif Pierre et Marie Curie au profit de la lutte contre le cancer.
- A l’occasion du 4oe anniversaire de la découverte du Radium (1898) par Pierre et Marie Curie, le Ministère des P. T. T. pour commémorer cette date historique émet un timbre Curie pour régime international. La surcharge sera au profit de l’Union Internationale contre le cancer, présidée
- par le Sénateur Justin Godart, laquelle a pris l’initiative d’organiser, pour novembre prochain, la Semaine Internationale contre le Cancer, qui se déroulera dans cinquante nations simultanément, sous le haut patronage des Chefs d’État respectifs.
- C’est la première fois dans l’histoire de la collaboration scientifique internationale qu’on est arrivé à synchroniser une même manifestation dans cinquante pays différents.
- En France, M. Albert Lebrun a accordé son haut p tronage ainsi que les Ministres de l’Éducation Nationale et de la Santé publique.
- Pour commémorer l’année historique l’Union organise aussi :
- (( La réunion internationale pour la commémoration de la découverte du radium, des électrons, des rayons X et des ondes hertziennes »
- qui aura lieu au Palais de la Découverte, du 23 au 3o novembre 1988 (Secrétaire général de la réunion et de la semaine internationale contre le cancer : L. W. Tomar-kin, 18, rue Soufflot, Paris (5e).
- Ces manifestations, qui ont leur point de départ en France, auront un éclat particulier et seront présidées par MM. Justin Godart et Jean Perrin, Prix Nobel, Maurice de Broglie, Paul Langevin et Claude Regaud.
- CHIMIE-PHYSIQUE
- Application des films monomoléculaires multiples.
- Nous avons parlé ici même des remarquables recherches de Mme Katharine Blodgett au laboratoire de Saint-Langu-mir à la General Electric Cy sur les lames minces de substances formant à la surface de l’eau une couche dont l’épaisseur est d’une molécule. Nous avons signalé qu’en opérant avec de l’acidc stéarique épandu sur l’eau contenant un sel de baryum, il se forme une couche monomoléculaire de stéarate de baryum que l’on peut très simplement enlever et déposer sur une surface métallique.
- L’opération peut être répétée un grand nombre de fois, par exemple plus de 200 fois successives, Mme Blodgett en a tiré une application pratique intéressante, celle de la mesure des très petites épaisseurs de l’ordre du millimicron pour lesquelles on était réduit jusqu’à présent aux procédés optiques, basés sur l’examen des couleurs d’interférence de Newton.
- On dépose sur une lame de chrome polie des séries de pellicules monomoléculaires décalées de façon à constituer une sorte d’escalier dont chaque marche est constituée de 20 souches (21, 41, 61, 81... 201) qui donnent les couleurs d’interférence les plus brillantes, il est aisé, par comparaison avec une pellicule à mesurer (oxyde de fer par exemple) des couleurs de trouver l’épaisseur correspondante. A l’œil il est possible d’évaluer facilement une différence d’épaisseur dans un dépôt pelliculaire de 2 p.(u, et avec un appareil d’optique convenable, on peut descendre à 0,2 jjqx.
- Ceci veut dire que pour un grand nombre de substances intéressant aussi bien le chimiste que le biologiste, il est extrêmement simple de mesurer l’épaisseur de la couche moléculaire qu’elles donnent, déposées sur un film de stéarate de baryum et par suite d’en déduire les dimensions approchées de la molécule.
- H. Vigneron.
- Fig. 1. — Le timbre Curie.
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- .............:: INVENTIONS ET
- AUTOMOBILISME
- Un signalisateur mécanique pour automobiles.
- L’augmentation constante de la circulation automobile ci’ée des difficultés de manœuvre, rendant indispensable une signalisation correcte sur les voilures.
- Déjà i4 pays ont rendu cette dernière obligatoire et la France qui sans doute bientôt fera de même, étudie des projets de réglementation dont les grandes lignes sont déjà définies.
- C’est ainsi que la position du signal sera certainement centrale. En effet, situé à l’arrière, ce dernier ne peut être vu d’une voiture doublant en cours de dépassement; situé à l’avant, il risque de ne pas être aperçu de la voiture suiveuse.
- Cet emplacement est fonction de la ligne de la carrosserie; or, les nécessités aérodynamiques corrigées par le besoin de confort ont créé une tendance à l’élargissement de la base, à l’arrière de la voiture c’est donc la ligne du toit qui offre la plus grande visibilité et sur cette ligne, l’angle avant, en raison de la nécessité de situer centralement le signal.
- Le signal devant être lumineux et mobile, plus sa conception sera mécanique, plus il sera sûr et bon marché.
- Tenant compte de ces nécessités, les Américains ont créé
- les feux clignotants dépassant le toit, mais, seul, le scintillement de leur lumière attire l’attention, leur visibilité au soleil reste réduite et leur position en saillie n’est pas très esthétique.
- C’est pour ces raisons qu’un appareil mobile reste préférable. Aussi, semble-t-il que le signalisateur SU-GA soit actuellement le plus rationnel.
- Il se compose d’un tube placé à l’intérieur dans l’angle du toit et du pare-brise (donc, d’un encombrement nul) et dans lequel coulisse un axe relié à deux flèches débouchant latéralement et se dressant à 45° par simple manœuvre d’un bouton central. Le retour est obtenu par un léger toucher du doigt grâce à un ressort de rappel. La flèche est en verre moulé inaltérable; elle consei’ve sa transparence, donc, son rendement lumineux et son aspect brillant.
- Son fonctionnement est contrôlé par une lampe témoin servant d’ailleurs de veilleuse pour la lecture de nuit (particulièrement intéressante dans les voitures décapotables sans plafonnier).
- Enfin une position intermédiaire du levier pei’met de sortir partiellement la flèche dont l’extrémité sert alors de feu de position excellemment placé.
- Ainsi plus d’électro-aimant extérieur mal abrité de la pluie et des poussières, plus de flèches restant érigées après usage (réchauffement grillant le bobinage et faisant gondoler la matière plastique) : un appareil mécanique synthétisant une flèche mobile, un feu de position, une veilleuse et pouvant éventuellement servir de support à divers accessoires (pare-soleil, filet, etc...).
- Constructeur : Etablissements S. U. G. A., ioo, boulevard Voltaire, Asnières (Seine).
- NOUVEAUTES ..............................233
- ACOUSTIQUE Audiomètre portatif.
- Les audiomètres sont des appareils thermioniques produisant des sons musicaux purs d’intensité variable; ils servent notamment à l’auscultation des personnes atteintes de déficience de l’ouïe. On fait entendre au sujet ausculté des sons musicaux de fréquences bien déterminées, et généralement en dessous de 4-ooo périodes-seconde, on fait varier leur intensité; l’on détermine l’étendue de la gamme audible pour le sujet ainsi que les minima d’audibilité pour chaque fréquence, et l’on trace une courbe dite audiogramme.
- En comparant cette courbe avec celle d’un sujet normal, on peut presque toujours déceler immédiatement les caractéristiques de la déficience auditive à laquelle il s’agit de remédier ; c’est ainsi qu’une perte d’audition relativement faible jusqu’à la fréquence 2.000 périodes-seconde, suivie d’une chute brusque au delà de cette fréquence, correspond généralement à une dureté d’oreille due à l’âge.
- Une courbe irrégulière, et variant suivant des circonstances telles que la température, la digestion, l’état général du sujet, se remarque souvent chez les malades ayant des
- bourdonnements d’oreille, et correspond à des causes nerveuses.
- La sclérose provoque généralement une perte d’audition , surtout marquée dans les basses fréquences, alors que dans les cas de catarrhe chronique, un îlot privilégié demeure souvent entre 2Ôo et 2.000 périodes-seconde, etc.
- La plupart des audiomètres sont assez compliqués et encombrants ; voici un nouveau modèle qui présente l’avantage d’être portatif, et d’avoir une alimentation autonome permettant son emploi dans tous les cas, même si l’on n’a pas à sa disposition le courant d’un secteur.
- L’appareil comporte simplement un oscillateur musical basse fréquence donnant des sons de 125, 25o, 5oo, 1.000, 2.000 et 4.000 périodes-seconde. L’échelle d’intensité est graduée en décibels permettant ainsi la lecture directe de la déficience auditive ; la graduation est établie de 5 en 5 décibels et varie de o à 70 décibels (fig. 2). Il fonctionne avec pile sèche et accumulateur.
- L’appareil permet, en outre, ce qui est fort utile, d’adapter des appareils de prothèse auditive à écouteur ordinaire ou à vibrateur pour conduction osseuse, suivant les caractéristiques de la déficience constatée; d’ailleurs, l’audiogramme, au lieu d’être établi par voie aérienne, peut être tracé par voie de conductibilité osseuse.
- Une prise sert à l’adaptation d’un microphone à l’amplificateur, avec filtres permettant sans modifier les intensités employées, de constater si les notes graves ou aiguës sont mieux perçues. On peut ainsi modifier dans le sens convenable l’amplification des microphones, et la tonalité, par un réglage mécanique de la membrane, ou un dispositif électro-acoustique. Cette particularité est très utile pour les zones de silence dans les cas où la rééducation auditive est envisagée.
- Etablissements Desgrais, i4o, rue du Temple, Paris.
- Fig. L — Le signalisateur S. U. G. A. Manœuvre du signal
- Fig. 1. — Audiomètre portatif Audios.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Le rH. Dosage de l’oxygène. — Vous trouverez les indications désirées sur le rH dans Les applications industrielles du rH (le potentiel d’oxydo-réduction), par Maurice Deri-béré, 96 pages, Dunod, Paris, 1937. Ce petit livre comporte une importante bibliographie sur le rH.
- En ce qui concerne la méthode de dosage d’oxygène Kling-Claraz, vous pourrez vous reporter aux comptes rendus de l’Académie de Médecine du début de cette année (janvier à mars) où vous trouverez la communication de M. Kling à ce sujet. La méthode en question ne Tient s’appliquer qu’au dosage de l’oxygène dans un mélange gazeux, et dans certaines conditions bien définies. Il ne paraît pas possible au premier abord, de l’appliquer au dosage dans l’eau ; et les auteurs n’ont pas du tout examiné cette question.
- Réponse à M. X...
- De tout un peu.
- M. Émile Solari, à Carqueiranne (Var). — Notre correspondant imagine un avion marchant à la Adtesse de 1.050 km/h, soit, grosso modo, la vitesse de rotation de la Terre à notre latitude. La masse de l’avion volant de l’Est à l’Ouest n’échapperait-elle pas à la force centrifuge due à la rotation terrestre Le poids de l’avion n’en serait-il pas accru et n’y a-t-il pas là une des raisons qui font plus difficile la traversée de l’Atlantique d’Est en Ouest que dans le sens Ouest-Est i>
- La remarque de M. Solari est judicieuse.
- A l’équateur, la force centrifuge terrestre a pour effet de diminuer le poids des corps de 1/289. Ainsi 289 kgr, aux pôles, n’en pèsent plus que 288 à l’équateur. Un avion de 3.000 kgr, marchant à la même vitesse que l’équateur, ne subira aucune diminution de poids s’il va vers l’Ouest. Plus exactement, même, son poids devrait augmenter du fait de l’annulation de la force centrifuge qu’il subissait au sol. S’il va vers l’Est, sa vitesse de rotation autour de l’axe terrestre s’ajoutera à celle de la Terre, il marchera ainsi à une vitesse double et la force centrifuge totale qu’il subira sera 4 fois plus grande, soit 4/289. L’avion de 3.000 kgr éprouvera ainsi une force centrifuge totale de 41 kgr 600.
- Si maintenant nous prenons le cas de l’avion parcourant, à raison de 1.000 km/h le tour du globe en 24 h, soit à la latitude de 53°30' environ, il décrit autour de l’axe terrestre un cercle de 3.820 km de rayon. En calculant la force centrifuge
- Mvs
- à 1 aide de la formule F = — , on trouve que cette force est de 24 kgr 700.
- Elle est loin d’être nulle, mais nous ne pensons pas qu’elle entre d’une manière importante dans la difficulté de parcours dans le sens Est-Ouest de l’Océan Atlantique nord.
- M. Pressouyre, à Bayonne. — Pour remettre en état votre lit de cuivre, il faudrait d’abord commencer par le dévernir, afin qu’il ne se produise pas ultérieurement de surépaisseurs du plus fâcheux effet, ce que vous pourrez réaliser au moyen de l’eau seconde de peintres (solution de soude caustique à o° Baume).
- Après rinçage parfait, appliquer le vernis suivant qui laisse
- sur le métal une pellicule jaune doré :
- Gomme sandaraque....................... 7 gr
- — mastic......................... 3 —
- — laque ........................ 13 —
- — gutte........................... 3 —
- — aloës.......................... 1 —
- Térébenthine de Venise............. 3 —
- Alcool à 95° . . . ........... 70 —
- Vous aurez probablement avantage à acheter ce vernis tout préparé dans le commerce, par exemple chez Sochnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. Pichat, à Villeneuve-les-Avignon. — Nous pen-
- sons que vous pourrez réaliser le graissage du pied de bielle de pompe, sans qu’il y ait déplacement du lubrifiant par l’eau,
- en remplaçant l’huile par une graisse consistante du type sui-
- vant :
- Cérésine................................ 100 gr
- Graisse neutre de suint................. 400 —
- Huile minérale . 250 —
- Graphite colloïdal..................... 250 —
- Toutefois, à notre avis, le mieux serait à ce sujet de consulter le constructeur, en l’espèce la Maison Wauquier et Cie, 69, rue de Wazemmes, à Lille (Nord).
- M. Ettlin, à Saint-Étienne. — 1° Vous ne nous avez
- pas indiqué à quel usage vous destiniez la pâte d'aluminium qui vous intéresse ; comme nous supposons qu’il s’agit d’aluminium broyé, en vue de l’obtention d’une peinture à rechampir, il s’agirait simplement dans ce cas d’un broyage d’aluminium en poudre et d’huile de lin ou de pavot.
- 2° Pour amener le paradichlorobenzène granulé à l’état de bloc compact, il vous suffira de l’imbiber légèrement de tétrachlorure de carbone, de le mettre en moules et de le comprimer par les moyens dont vous disposez. _
- M. Favre, à Nice. — La coloration des objets nickelés exposés à l’air est due à une légère sulfuration ; on peut la faire disparaître facilement en passant légèrement à la surface un tampon de coton imbibé de la solution suivante :
- Alcool à brûler.................. " 100 cm3
- Acide sulfurique à 66° B. . . 2 —
- Laver ensuite à l’eau pure, pour ne laisser aucune acidité, puis sécher avec une flanelle bien propre.
- M. R. Moreau, à Tours. — Vous pourrez vous procurer toute documentation sur les constantes physiques des gaz utilisés dans les appareils frigorifiques en vous adressant à l’Association française du Froid, 36, rue de Naples, à Paris (8e).
- Mme Gelbert, à Neuilly-sur-Seine. — Le procédé le plus pratique pour reteindre le cuir de fauteuils est d’employer une couleur au stéarate ainsi réalisée :
- Couleur au stéarate................. 15 gr
- Benzine lourde . .................... 85 —
- Cette mixture a l’avantage de ne pas mouiller le cuir et de prendre sans difficulté sur le cuir gras.
- Lesdites couleurs sont obtenues en précipitant une solution de couleur basique par une solution de savon, lavant le précipité et le séchant complètement, mais il vous sera plus facile de vous les procurer prêtes à dissoudre dans la benzine chez un marchand de produits chimiques, par exemple, Grangé. 54, rue des Francs-Bourgeois, à Paris.
- M. A. Lefebvre, à Saïda. — Vous pourrez réaliser facilement une peinture souple pour moleskine en ajoutant à une bonne peiuture ordinaire à l’huile de lin, environ 10 pour 100 d’une solution de caoutchouc commerciale (dissolution pour réparation de pneus) que l’on trouve couramment aujourd’hui, sans qu’il soit nécessaire de la préparer.
- M. Boulinaud, à Cognac. — La sciure de bois peut être utilisée comme combustible à l’état de briquettes obtenues
- par les mélanges suivants :
- Brai de houille........................ 230 kgr
- Terre glaise........................... 100 —
- Sciure de bois......................... 450 —
- Poussier de houille.................... 220 —
- Ou bien :
- Sciure de bois.......................... 700 kgr
- Terre glaise............................ 150 1—
- Vieux papiers réduits en pâte. . 150 —
- Elle peut également être employée pour l’emballage des objets fragiles par exemple les œufs, pour le filtrage des huiles après épuration à l’acide sulfurique, pour la fabrication de l’acide oxalique, pour l’épuration du gaz d’éclairage après addition de sulfate de fer et de chaux éteinte, pour le séchage des objets métalliques après décapage et dépôts électrolytiques d’or, argent, nickel, chrome, etc.
- Enfin, la sciure de bois peut servir à la fabrication de' poudres explosives ou à la confection de bois artificiel avec addition de colle.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud.
- l-lU-ly38 — Published in France.
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- N° 3035
- LA NATURE
- J 5 Octobre 1938
- LA PRODIGIEUSE ÉNIGME DES NAINES BLANCHES
- LA RELATION MASSE-LUMINOSITÉ D’EDDINGTON
- Un jour, raconte une dame de ses amies, Eddington s’attela à un problème considérable : il s’agissait de compter toutes les lettres de la Bible.... Eddington, il est vrai, n’était âgé que de 4 ans, et il n’alla pas plus loin que la Genèse. Il y aurait gros à parier que cette performance lui apparaît aujourd’hui comme plus difficile que maints travaux réalisés depuis lors — explorer l’intérieur d’une étoile, par exemple.
- En ce genre de recherches, l’illustre savant avait eu, d’ailleurs, un précurseur, en la personne de-J. Homer Lane qui, en 1869, s’était avisé d'appliquer aux masses gazeuses que sont les étoiles les lois bien connues des gaz parfaits.
- — Nous connaissons la masse du Soleil, s’était dit Homer Lane. Nous pouvons donc, en le supposant formé de gaz parfait, chercher quelle distribution de température est nécessaire pour dilater cette masse jusqu’à ce quelle atteigne le volume connu du Soleil. C’est ce problème que reprit Eddington. Ayant trouvé ia distribution de la chaleur à l’intérieur du globe solaire, il se demanda comment elle pouvait y être emprisonnée, et quelle sorte d’opacité l’empêchait de se dissiper dans l’espace. Comme le centre du Soleil est à une température d’une vingtaine de millions de degrés et que l’énergie rayonnante y est constituée par des rayons X, il supposa que ceux-ci se heurtent à des atomes qu’ils ionisent au passage et qui les détournent de leur chemin. « Ainsi, conclut-il, seule une légère fuite de rayonnement suinte goutte à goutte, illumine et chauffe la Terre et les autres planètes. »
- Du reste, lorsque les rayons X parviennent à la surface, ce ne sont plus des rayons X : ils ont perdu en route une partie de leur énergie et sont devenus de la lumière visible. De sorte qu’Eddington aboutit à la
- possibilité de calculer, uniquement par la théorie, la quantité de rayonnement qui émerge du Soleil et de déterminer, par conséquent, la luminosité d’une étoile quelconque, rien qu’en connaissant sa masse : ainsi naquit la fameuse relation masse-luminosité.
- Prenons, pour la vérifier, quelques étoiles dont nous puissions calculer la masse — par exemple des composantes d’étoiles doubles — et la luminosité — ou plutôt la magnitude absolue bolométrique (*), qui indique non
- pas simplement l’éclat de l’étoile, mais son énergie rayonnante totale. Sur la figure 2, les masses, portées en abscisse, vont de 1/6 de la masse solaire à 3o fois cette masse, et les magnitudes, en ordonnée, s’échelonnent de — 4 à 12, ce qui fait à peu près le même écart qu’entre un arc électrique et un ver luisant. Le Soleil figure à l’abscisse 0,0 et à l’ordonnée 5. Les points noirs sont les étoiles, dont les masses et les luminosités ont été fixées par l’observation. La courbe représente la relation théorique.
- On aperçoit à première vue que les étoiles collent avec la courbe d’une façon tout à fait satisfaisante. La théorie est donc vérifiée ; il est donc possible de trouver la massé d’une étoile à partir de son éclat.
- ÉTOILES A HAUTE DENSITÉ
- Quand Eddington, en 1924, publia sa découverte, les astronomes furent atterrés :
- — N’oublions pas, s’écrièrent-ils, qu’Eddington est parti de la loi des gaz parfaits. Appliquer ces lois à Capella, dont la densité moyenne est égale à celle de 1 air, très bien. Les employer sur le Soleil, dont la densité est près d’une fois et demie celle de l’eau, cela paraît déjà un peu fort. Mais considérer comme un
- 1. La magnitude absolue d’une étoile est la magnitude qu’elle aurait si elle était ramenée à la distance de 10 parsecs (33 années-lumière).
- Fig. 1. — Trois niveaux à l intérieur d une étoile.
- Ces photographies montrent trois couches successives du Soleil. A gauche, la photosphère, où se produisent les taches ; à droite, le niveau le plus élevé x de la chromosphère ; au milieu, un niveau intermédiaire.
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- Masse
- du
- soleil
- Logarithmes des masses
- 1.4 1.6 1.8 0,0 0.2 0,4 0,6 0.8 1,0 1,2 1.4 1,6
- Fig. 2. — La relation masse-luminosité d'Eddington.
- La courbe représente la relation théorique, et les points noirs représentent, de droite à gauche, les étoiles : Composante brillante de Capella, composante faible Sirius, les deux composantes d’Alpha Centaure, le Soleil, la moyenne de six étoiles doubles des Hyades et les deux composantes de Kruger 60.
- globe de gaz parfait Krüger 6o, qui est neuf fois plus dense que l’eau, la chose est complètement inadmissible.
- Cependant, Krüger ôo et bien d’autres de densité du même ordre se plaçaient docilement sur la courbe ! Comment expliquer cet étonnant paradoxe ?
- Eddington donna le mot de lenigme.
- Un gaz ordinaire, en effet, est formé de molécules très éloignées les unes des autres. Comprimer ce gaz, c’est rapprocher ces molécules, mais nous ne pouvons pas le comprimer indéfiniment, car un moment arrive où les molécules se touchent ; le gaz, à ce moment, atteint la densité d’un liquide ou d’un solide. Du reste, même un solide ordinaire est, en majeure partie, formé de vide. Si toutes les particules qui composent notre corps étaient réunies en un seul bloc, notre corps serait réduit à un grain de poussière à peine visible
- au microscope... tout en continuant, bien entendu, à peser ses 72 kgr.
- Or, dans l’intérieur d’une étoile, il n’y a plus de molécules, et les atomes eux-mêmes sont démolis par l’ionisation. Des plus légers, il ne reste plus que le noyau, et les plus lourds, qui ont réussi à conserver quelques-uns de leurs électrons, n’ont plus, peut-être, en diamètre, que le 1/100 de l’atome complet. Il y a donc beaucoup de place entre les particules ; il est possible de les serrer bien plus fortement que les solides terrestres ; c’est pourquoi la matière stellaire se comporte comme un gaz énormément compressible.
- Conception hardie, qu’il convenait d’étayer sans retard par l’observation !
- On connaissait justement une étoile qui paraissait propice : c’était la petite composante B de la belle étoile double Sirius. On avait depuis longtemps, par les procédés classiques, calculé sa masse et son volume, qui avaient conduit à ce résultat extraordinaire : une densité environ 60.000 fois supérieure à celle de l’eau ! Un chiffre aussi fantastique avait paru suspect à la plupart des astronomes, mais c’est alors qu’Eddington 1 expliqua par sa théorie et que, grâce à elle, le Compagnon de Sirius put rentrer dans la norme (fig. 3).
- UNE ÉCLIPSE RELATIVISTE VUE DE SIRIUS
- Ne quittons pas encore le Compagnon de Sirius qui offre, pour la théorie de la Relativité, un terrain d’expériences de premier choix. On sait, en effet, d'après cette théorie, qu’une masse puissante incurve l’espace autour d’elle et que les rayons lumineux qui la frôlent paraissent courbés. C’est le phénomène que l’on a maintes fois cherché à mettre en évidence au cours des éclipses totales de Soleil, en considérant l’image des étoiles placées au bord du disque solaire et déviées par son champ gravitationnel. Comme Sirius B est incomparablement plus dense que le Soleil, on imagine l’en-vergure qu’y doit revêtir cet effet Einstein, par exem-
- Fig. 3. — Spectre du Compagnon de Sirius, de A 4000 à "X 4900.
- Pour la commodité de la figure, le spectre a été divisé en deux parties, celle du bas étant la suite de celle du haut. Les raies brillantes, de part et d’autre du spectre, sont celles d’un spectre de comparaison : on y remarque, en particulier, le triplet du Fer. Les raies noires visibles sur le spectre du Compagnon sont, en partant du haut à gauche, les raies de l’hydrogène Hp,
- Ily, Hy, H6, (Photo Obs. Mont-Wilson).
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- pie quand se produit une éclipse de l’éclatant Sirius A derrière son minuscule et pesant Compagnon (x). La déviation des rayons lumineux rasants est, dans ce cas, d’après Russell, de b>in6 au lieu de i,lr]b dans le cas du Soleil. Les rayons émanant des deux bords de l’astre éclipsé, incurvés au voisinage de Sirius B, au lieu de se rencontrer à 82 milliards de kilomètres, localisent à 62 millions de kilomètres seulement.
- Rien ne nous empêche alors d’imaginer une planète gravitant autour de Sirius B, et de nous représenter une éclipse totale de Sirius A vue de cette planète. Si Sirius B était un astre ordinaire, le phénomène présenterait la succession de phases dessinées sur la colonne de gauche de la figure 4- Mais la masse puissante de l’étoile agit comme un repoussoir, qui refoule la lumière de Sirius A et donne à son disque les apparences représentées sur la colonne de droite. On y remarque, en particulier, que l’astre éclipsé est élargi verticalement, que, sur la phase 4, un petit croissant lumineux apparaît sur le côté opposé à Sirius A et qu’inversement, sur la phase 6, on voit, au beau milieu
- du disque éblouissant
- Fig. 4. — Une éclipse de Sirius A derrière Sirius B, vue d’une planète imaginaire gravitant autour de Sirius B.
- La colonne de gauche représente l’aspect géométrique des phases telles qu’on les verrait si Sirius B était un astre ordinaire. La colonne de droite représente les phases calculées par la théorie de la relativité, (d’après Russell).
- Sirius B Sirius A
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- de Sirius A, un minuscule croissant noir !
- LES
- NAINES BLANCHES
- Les travaux sur la densité des étoiles empliraient, par leur seule bibliographie, tout un numéro de La Nature. On souffrira donc que, dans cet océan de science, nous ne puisions que ce qui a trait aux naines blanches, domaine dans lequel s’effectuèrent les découvertes les plus remarquables.
- Les naines blanches, ce sont les étoiles analogues à Sirius B, et le premier problème qui se pose à leur sujet concerne leur rôle dans la république des étoiles. De cette république des étoiles, îl. N. Russell a fixé la constitution, que retrace le diagramme de la
- I. Sirius B peut, en effet, être considéré comme obscur par rapport à Sirius A.
- figure 5. O11
- voit qu’elles sont, en gros, réparties sur les deux branches d’un V couché.
- La branche du haut est celle des géantes ; l’autre est la branche des naines, la série principale, bien plus riche que la première. Le V permet de suivre l’évolution d’une étoi-le : d’abord vaste bulle de gaz à densité infinitésimale et à basse température, puis se contractant et s’échauffant, devenant une étoile jaune, blanche, bleue,
- continuant à se contracter et commençant à se refroidir, tombant, aux naines rouges comme Krüger 60 et se perdant enfin dans la multitude des étoiles éteintes.
- Or, dans ce programme, il n’y a pas de place pour Sirius B !
- En effet, Sirius B a une magnitude absolue de 11,2 ; il devrait donc loger tout au bout de la branche des naines, dans le coin inférieur droit du diagramme. Mais sa classe spectrale — la classe F des étoiles blanches — l’attire beaucoup plus sur la gauche. Alors ?
- Alors, il faut en conclure que Sirius B est une étoile anormale, qui évolue en marge de la série principale,
- Fig. o. — Le diagramme de Russel sur Vévolution des étoiles.
- Le diagramme a la forme d’un V couché. La branche supérieure est celle des géantes, la branche inférieure celle des naines. Dans le coin supérieur gauche, les super-géantes ; dans le coin inférieur gauche, les naines blanches.
- Fig. (1. — La relation masse-luminosité appliquée aux naines blanches par Trumplcr.
- -10 - <0 g.
- mes des masses
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- Fig. 7. — Sir Arthur Eddington.
- C'est à ce savant illustre, professeur d’astronomie à l’Université de Cambridge, qu’est due la contribution la plus importante à
- l’étude de la constitution des étoiles (Photo Keystone).
- et reléguée, en compagnie djes autres naines blanches, dans le coin-inférieur gauche. On admet maintenant, avec Milne, qu’une naine blanche est une étoile qui s’est écartée du V ; son équilibre,, maintenu jus-c;u alors entre la gravitation et la pression de radiation, s’est rompu et l’a contrainte à prendre une nouvelle’ figure d’équilibre : c’est le phénomène des novae. Il y a donc discontinuité entre la série normale et la série des naines blanches, celles-ci évoluant séparément. Mais évoluant vers quoi ?
- LA DESTINÉE DES NAINES BLANCHES
- L’étoile, naturellement, se refroidit, c’est-à-dire que l’énergie subatomique qui l’alimente se tarit progressivement. En même temps, les débris de ses atomes sont comprimés de plus en plus fortement et la densité de sa substance augmente de plus en plus : elle devient de la matière dégénérée. Évidemment, seul le cœur de l’étoile est dégénéré, les couches périphériques gardent leur structure habituelle. Quoi qu’il en soit, un jour vient où le réservoir d’énergie subatomique est vide. Se refroidissant toujours, l’étoile doit donc revenir à la densité des solides terrestres. Pour cela, elle doit accroître son volume, donc lutter contre la gravitation. Mais où prendre l’énergie pour cette lutte, puisque le réservoir est vide ? Situation angoissante : l’étoile n’a plus assez de chaleur pour se refroidir !
- Eddington fut arrêté, en 1924, dans cette impasse et il fut très embarrassé. Mais c’était l’époque où naissait la mécanique statistique de Fermi-Dirac, et c’est cette nouvelle venue qui ménagea au théoricien une
- soitie honorable. Avec elle, « nous imaginons, écrit Eddington, les électrons vivant dans un gratte-ciel, dont la projection sur le plan de base correspond à l’espace », et dont les étages correspondent à des niveaux successifs d’énergie. Si un électron descend, il émet de l’énergie ; s’il veut monter, il doit en emprunter. Si la matière se refroidit, tous les électrons doivent descendre au rez-de-chaussée — à condition qu’il y ait assez de pièces pour les recevoir.
- En s’appuyant sur cette nouvelle mécanique, R. H. Fovvier élucida, en 1926, le mystère de la destinée des naines blanches. Il montra que, dans les naines blanches parvenues au stade ultime de l’évolution, il y a, aux étages supérieurs, des électrons incapables de descendre, car toutes les pièces du x’ez-de-chaussée sont occupées. Par conséquent, ces électrons possèdent bien un capital d’énergie, mais il leur est interdit d’y toucher. Le cœur dégénéré des naines blanches jouit ainsi d’une chaleur propre inutilisable pour le rayonnement, de sorte que, ce rayonnement étant nul, la température est le zéro absolu et que, les particules étant animées de vitesses vertigineuses, cette température est aussi la plus élevée que la matière puisse atteindre...
- L’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DES NAINES BLANCHES
- La théorie de la Relativité a prêté un appui inattendu à l’étude des naines blanches. Elle enseigne, en effet, que le champ gravitationnel d’un astre provoque une légère augmentation de la longueur d’onde de sa lumière, et que les lignes de son spectre, comparées à celles d’un spectre de laboratoire, sont décalées vers le rouge (x). Cette déviation étant proportionnelle à M
- — — M masse de l’astre et R son rayon — il est clair
- qu’elle est d’autant plus considérable que M est plus grand et R plus petit. C’est pourquoi elle trouve sur les naines blanches un terrain d’expériences tout indiqué.
- Pour comprendre comment la Relativité permet ainsi de déterminer la densité des étoiles lourdes, prenons comme guide l’Américain R. J. Trumpler qui étudia, en ig35, toute une série de naines.
- — Je dois prendre, se dit Trumpler, les étoiles les plus massives ; or, suivant la relation masse-luminosité, les étoiles les plus massives sont aussi les plus lumineuses. D’autre part, comme je dois avoir R aussi petit que possible, et que, parmi les étoiles de luminosité donnée, les plus chaudes sont les plus petites, je dois donc recourir aux étoiles 0, qui réunissent ces diverses conditions.
- Le gros ennui, c’est, qu’il fallait séparer le rougissement dû à l’effet Einstein de celui dû à l’effet Doppler. Mais Trumpler est un savant ingénieux : « Je
- 1. Il ne faut pas confondre ce phénomène, 1 ’efjet Einstein, avec l'effet Doppler, causé par la vitesse radiale de l’astre, ni avec l’autre effet Einstein — déviation des rayons lumineux — étudié sur le Compagnon de Sirius.
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- vais considérer, pensa-t-il, les naines blanches O qui appartiennent à un amas. Comme un amas est un système physique, dont toutes les composantes ont à peu
- Étoile Effet Einstein (en km/sec) M R Tempé- rature v R M D
- NGC 2244 i5 + 7>9 12,5 42 000° - 4,4 6,8 85 27
- 8 + 8,5 .3,4 28.5oo — 4,i 7,1 9o 25
- NGC 2264 60 i4,6 23,0 36.200 — 4,7 7,8 180 38
- NGC 2362 1 + 9)9 15,6 30.200 - 6,4 >9,5 3oo 4
- NGC 6871 2 4- 9,4 >4,8 28.500 - 5,7 >4,8 220 7
- 5 + i5,2 24,0 26.000 - 5,4 i4,> 34o 12
- NGC 738o 1 + 5,4 8,5 28.5oo - 4,6 8,9 75 11
- près la meme vitesse radiale, il me suffit de déterminer au préalable cette vitesse radiale, en observant, par exemple, le spectre des étoiles les moins massives — donc, en vertu du principe de l’équipartition de l’énergie, les plus rapides — ; après cela, il ne me restera plus qu’à retrancher cette vitesse radiale de la déviation présentée par mes naines O. »
- Dans le tableau ci-dessus des résultats obtenus par Trumpler sur des étoiles de cinq amas, la deuxième colonne donne la valeur de l’effet Einstein — on a retranché, bien entendu, la vitesse radiale —, et la troisième celle de M : R. La classe spectrale a permis de déduire la température superficielle, basée sur le degré d’ionisation de l’atmosphère stellaire. De la différence, supposée constante pour chaque amas, entre la magnitude apparente et la magnitude absolue, on a tiré la magnitude photographique absolue Mpa ; à l’aide de la loi de radiation de Planck, on a conclu alors au rayon R en fonction de celui du Soleil, et la combinaison de R avec le rap-M
- port — a donné la masse M et la densité D en
- fonction de celles du Soleil. L’objet le plus remarquable de cette liste a une densité' de 38 par rapport au Soleil, c’est-à-dire de 53,6 par rapport à l’eau, plus de deux fois celle du platine. C’est assez joli, mais ce n’est pas énorme.
- Le calcul de Trumpler peut être confirmé par la relation masse-luminosité. La figure 6 montre que l’accord est à peu près réalisé — à peu près seulement, car il est possible que les masses aient été sous-estimées, comme l’a fait remarquer Chandrasekhar,
- Et voici les naines blanches les plus impressionnantes, les record stars, si nous osons nous exprimer ainsi. On y lit notamment le rayon r, exprimé en fonction de celui de la Terre et la densité d en fonction de celle de l’eau. Nous y avons incorporé le Compagnon de Sirius, qui y fait, d’ailleurs, assez piètre figure, et
- Étoile _Effet_ Einstein (km/sec) C asse spcctr. Magn. abs. vis. V d
- 02 Eridan B. . 33 AO 11, t 2, > 0,20 X >oG
- Sirius B . . . 20 FO n,3 3,5 0,04 X >oG
- 700 8247 . . . 86 Oo 1 > ,0 0,52 36 X mG
- Et. Van Maanen 77 F >4,3 °,9° 2,54 X >oG
- Wolf .346 . . 23 B 7 9,8 2,8 0,12 X 1o°
- l’étoile”'70° 8247, découverte par Kuiper en 1 g34-Celle-ci est, sans doute, la record, star du monde : éiant la plus petite étoile connue, puisque son rayon est la moitié de celui de la Terre, elle est aussi la plus massive, puisque 1 cm3 de sa substance pèse 36 t ! Imaginons une gigantesque balance capable de porter la Normandie dans l'un de ses plateaux. Eli
- Fig. 8. — Le plus grand télescope dit monde.
- Le futur télescope du Mont Palomar. dont notre photographie représente, sur le tube, la pose du dernier boulon, permettra la prise de spectrogrammes, plus lumineux et plus détaillés des naines blanches (Photo Wide World).
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- bien ! Il suffirait, pour lui faire équilibre, de mettre dans l’autre plateau un petit peu plus de 2 1 de matière pris sur l’étoile de Kuiper ! DJailleürs, la densité du cœur dégénéré doit être encore beaucoup supérieure et peut-être égale à un milliard de fois celle de l’eau. Quant à la gravitation à la surface, elle est probablement 3.4oo.ooo fois plus intense que sur notre planète, ce qui veut dire qu’un individu de 72 kgr. aurait la sensation (!!) d’y peser 244-Soo tonnes...
- Cela nous démontre une fois de plus l’infinie générosité de la nature qui, tantôt fabrique des étoiles comme celle-là, tantôt en construit comme £ Cocher, découverte il y a quelques mois, qui est, en diamètre, 3.ooo fois plus grande que le Soleil, et dont la densité est à peu près un million de fois plus petite que celle de l'air.
- Pierre Rousseau.
- L'OKOUMÉ DU GABON
- Depuis une vingtaine d’années, assez exactement depuis la fin de la grande guerre, un certain nombre d’industries ont fait de l’okoumé un usage de plus en plus courant. Sous forme de boîtes de cigarettes de luxe, de panneaux employés à la fabrication en série des meubles à bon marché, de sièges profilés pour wagons et autocars, de lambrissage et d’aménagements intérieurs d’immeubles, tout le monde connaît aujourd’hui ce bois dont seuls auparavant les spécialistes des bois coloniaux savaient le nom.
- Il n’est pas exact de dire que « son emploi dans l’ébénisterie peut largement remplacer l’acajou ». Difficile à travailler, fragile, rétif aux façons soignées, aux ponçages délicats, l’okoumé employé comme bois massif n’est rien de mieux qu’une contrefaçon de l’acajou et une contrefaçon médiocre des beaux acajous de la Côte d’ivoire.
- En fait, l’okoumé est surtout employé so.us la forme de panneaux contreplaqués, et c’est l’usage de plus en plus répandu de ces panneaux qui lui a valu la vogue, entièrement justifiée d’ailleurs, dont il jouit. Les panneaux de contreplaqué peuvent être obtenus sous des épaisseurs très faibles ; ils sont légers, souples, solides, épousent des profils compliqués, sans déformations, parce que relativement peu sensibles à l’humidité et aux variations de la température ambiante. Il est très exagéré de prétendre comme cela a été dit, « qu’il est difficile de les entamer à la hache ».
- Le contreplaqué type est constitué par la réunion de trois feuilles de bois d’épaisseur égale, collées sous pression en disposant le fil de la feuille centrale à ymgle droit du fil des deux feuilles extérieures. Quel que soit « le merveilleux perfectionnement du matériel employé », il est absolument inexact d’affirmer qu’on est parvenu à obtenir avec l’okoumé des feuilles ? de bois d’ « un millième de millimètre d’épaisseur » soit infiniment plus minces qu’un papier à cigarette I Si l’okoumé est employé à la fabrication du contreplaqué dans une proportion de 80 à 90 pour 100, c’est parce que seul ou presque seul il se prête à l’opération industrielle du déroulage.
- Pour obtenir des feuilles de bois de faible épaisseur, le procédé classique, appelé tranchage, consiste à déta-
- cher d’une bille des feuilles tranchées par l’action rectiligne d’une lame dont la forme et la coupe sont appropriées à ce travail. Il a, parmi d’autres inconvénients, celui de donner des feuilles d’une largeur voisine tout au plus pour les plus larges d’entre elles du diamètre de la bille utilisée. L’opération du déroulage est bien plus avantageuse.
- La bille d’okoumé montée « entre pointes » comme sur un tour parallèle, est entraînée dans un mouvement de rotation par des griffes latérales, centrées sur ces pointes. Une lame qui attaque la bille dans toute sa largeur, commence par la « mettre au rond ». Aussitôt que la bille tourne. « rigoureusement rond » l’outil de coupe, dont l’avance est très exactement réglée, attaque dans toute sa largeur cette surface régularisée et détache d’elle une pellicule de bois qui affecte la forme d’un ruban continu, emmagasiné à mesure de sa production, par des dispositifs spéciaux. La bille qui tourne évoque si exactement l’idée d’une énorme bobine d’où se déroulerait un immense ruban, que l’opération a reçu le nom de déroulage.
- La largeur du ruban est égale à la longueur de la bille traitée ; sa longueur est proportionnelle au diamètre de la bille après l’opération préparatoire de la mise au rond. Théoriquement, pratiquement aussi, sauf incident ou accident d’usinage, le déroulement se poursuit sans interruption jusqu’au moment où le tranchant de l’outil risquant d’entrer en contact avec les griffes qui entraînent la bille, l’opération est arrêtée. Les griffes qui doivent entraîner régulièrement une masse de bois considérable malgré la dureté très médiocre de ce bois, malgré la résistance considérable de l’outil qui l’attaque, ont couramment 20 cm de diamètre. L’épaisseur du ruban est proportionnelle à la vitesse d’avancement de l’outil, sa régularité dépend de l’uniformité de ce mouvement d’avancement et de son synchronisme parfaitement réglé avec le mouvement de rotation de la bille.
- Les machines à dérouler sont des machines à grand rendement, très importantes et d’un réglage délicat. Elles ne peuvent être utilisées d’une manière satisfaisante que pour des bois de très belle qualité, sans nœuds considérables, origines d’autant d’incidents d’usinage, et exempts de vices de forme qui réduisent
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- après la mise au rond, la quantité de matière exploitable. Les usines de déroulage qui ont fonctionné et fonctionnent encore en France utilisent un procédé et des machines d’origine incontestablement allemande.
- L’épaisseur des rubans de bois obtenus par les meilleures mac bines à dérouler ne descend guère au-dessous de i/io de millimèü'e, encore que les panneaux contreplaqués obtenus avec de telles feuilles soient d’une utilisation assez restreinte. L’obtention de feuilles d’une épaisseur moindre, si elle est réalisable, relève plutôt de l’expérience de laboratoire que de la fabrication industrielle ; celle de feuilles de 1/1.000 de millimètre relève uniquement de l’imagination.
- Le débitage des rubans déroulés en feuilles de dimensions appropriées, le collage sous pression de ces feuilles sont exécutés par les procédés habituels de la fabrication du contreplaqué.
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- Considéré au point de vue forestier, l’okoumé (.Aucoumea Klaioneana) est, à peu de chose près, une essence spéciale au Gabon. On trouve encore quelques okoumés dans le sud du Cameroun et dans le nord du Mayombé, mais en nombre limité et d’une qualité médiocre. L’okoumé de belle qualité est un produit essentiellement gabonais.
- L’arbre est extrêmement beau. Il atteint aux proportions imposantes des géants de la forêt vierge : 4o à 5o m de hauteur, 2 m 5o de diamètre à la base. J’ai mesuré dans la région du lac N’Gomé, au sud de Lambaréné, un tronc de 2 m 85. Les branches maîtresses s’ouvrent à 25 ou 3o m au-dessus du sol. Le feuillage est clair et léger, l’écorce rouge brique, souvent assombrie de lichens et de végétations parasites. La résine de couleur claire, presque blanche et d’une odeur agréable, est sécrétée abondamment par la moindre blessure de cette écorce, et les Noirs qui l’emploient à des usages très variés la recueillent soigneusement.
- Nombre d’auteurs ont considéré l’okoumé comme une essence « caractéristique de la jeune forêt ou forêt secondaire ».
- Énoncée sous cette forme, cette affirmation n’est pas exacte. L’okoumé se trouve dans toute la forêt vierge ou forêt primaire du Gabon dans les mêmes conditions de dispersion que les autres essences qui constituent cette forêt.
- La dispersion des essences est une des caractéristiques de la forêt primaire.
- Cette dispersion n’est pas exclusive du groupement relatif, facile à observer de certaines essences, conditionné par la composition et la valeur biogénique du terrain et bien plus encore par le relief du sol et la pénétration des rayons solaires.
- Certains arbres affectionnent les bas fonds, l’ombre humide des vallons, d’autres les crêtes et les versants fortement drainés. L’okoumé préfère de toute évidence les cantons aérés et la lumière paraît indispensable à
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- son plein développement. Il s’arrange des terres légères et sablonneuses des régions plates comme des terres plus fortes des cantons accidentés de la forêt. Dans le premier cas, son bois dont la teinte fondamentale est un rose légèrement bistré s’éclaircit jusqu’à devenir presque blanc ; dans le second au contraire il s’assombrit jusqu’à présenter quelque analogie de coloration avec certains acajous.
- Fig. 1 et 2. — Okoumés abattus en forêt.
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- Fig, 3. — Billes débitées en tête d'un chemin de roulage.
- L’okoumé de plaine est de beaucoup le moins estimé. La densité assez variable de ce bois, commercialement fixée à 700, s’abaisse à 65o, voire à 600 pour l’okoumé de plaine et s’élève aux environs de 800 pour les très beaux bois de coteaux.
- Les okoumés de la grande forêt ne sont pour ainsi dire pas exploités industriellement, car, si les frais d’abatage et de débitage varient peu, par contre, les frais de transport qui nécessitent l’établissement coûteux de chemins de roulage, appliqués à des arbres épars sur une vaste étendue boisée, dépasseraient de beaucoup les profits.
- Dédaignés par l’industrie forestière, ces okoumés qu’elle ignore n’en existent pas moins et démontrent que cet arbre n’est en rien « une essence caractéristique de la jeune forêt secondaire ».
- On trouve d’autre part cette essence sous forme de peuplements denses, d’une importance considérable — plusieurs milliers de pieds parfois —, où les okoumés semblent s’être développés au détriment des autres espèces et il est exact de dire de ceux-ci que « les peuplements d’okoumé sont caractéristiques de la jeune forêt secondaire », c’est-à-dire de la forêt reconstituée sur les emplacements antérieurement déboisés pour les besoins de la culture indigène.
- De la destruction de la forêt vierge à l’épanouissement de la jeune forêt secondaire, se déroule sur une période de l’ordre d’un siècle, une évolution où l’on peut distinguer trois phases d’une durée très inégale.
- La première qui comporte la naissance et le développement de la plantation indigène, s’étend au Gabon sur trois années environ. Le déboisement commence généralement en avril, et la mise en terre des boutures de manioc et des plants racinés de bananiers, après incendie des bois abattus et débités sur place, s’effectue vers novembre. Dix-huit mois après, la racine de manioc est propre à la consommation, les régimes de bananes bons à être coupés. La récolte faite à mesure des besoins se poursuit pendant un an, rarement plus. Trois ans environ après l’abatage du premier arbre de la forêt primaire, la plantation épuisée est abandonnée. Les Noirs, ignorant la culture proprement dite ainsi que l’usage des engrais, abandonnent sans idée de retour une plantation épuisée.
- Des bananiers et des touffes de manioc arborescent persistent dans ces cultures délaissées, rapidement envahies par des plantes vivaces, dont les et herbes rasoirs » aux caresses cruelles sont les plus remarquables. En même temps qu’elles, apparaissent les para-soliers.
- En très peu de temps, les trois ou quatre espèces d’arbres connus des indigènes sous le nom de combo-combo et dont le parasolier est le type, ont reconstitué une forêt, agréable à l’œil mais essentiellement éphémère ; leurs élégants fûts clairs, presque blancs, portent le dôme, fait de larges feuilles qui, par leur disposition et leur forme présentent quelque analogie avec le feuillage du marronnier. Leur taille est modeste : 18 à 20 m de haut, 5o à 60 cm de diamètre à la base sont des dimensions maxima assez rarement atteintes par les plus beaux spécimens. La densité de leur bois, sensiblement moins dur que le peuplier ou le saule d’Europe, se rapproche de celle du liège, qu’ils remplacent pour divers usages, notamment pour le montage des filets de pêche.
- A l’ombre des combo-combo, les graines des grandes espèces forestières, apportées par le vent de la forêt primaire toute proche, ne tardent pas à germer, et de jeunes arbres commencent de croître, engageant aussitôt une course à la vie qui est avant tout une course au soleil. Si les okoumés qui apparaissent en très grand nombre sur certaines de ces plantations abandonnées, perdues dans les profondeurs de la grande forêt, n’étaient pas nés des okoumés naturellement disséminés dans cette forêt, il faudrait qu’ils aient été plantés par les Noirs, ce que personne n’oserait soutenir sans rire, où qu’ils soient le produit d’une génération spontanée !
- L’okoumé est un des rares bois tendres de la forêt primaire qui compte 80 ou 90 pour 100 de bois durs, et sa croissance est naturellement beaucoup plus rapide que celle de ces bois durs. On peut apprécier assez exactement l’âge d’un okoumé commercial ; un arbre mesurant 70 à 80 cm de diamètre à la base, à 80 ou
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- ioo ans ; un bilinga ou un oréré de la même dimension doit avoir 4 ou 5oo ans au moins. La croissance des jeunes okoumés distance donc très vite celles des jeunes bois durs contemporains. Plus puissants d’autre part que les parasoliers, ils ne tardent pas à dépasser le toit de la forêt éphémère des combo-combo.
- L évolution de la forêt renaissante entre dès lors dans sa dernière phase. Les okoumés éliminent peu à peu les parasoliers incapables de leur résister, tandis que la végétation naissante des essences de bois dur, privée d’air et de lumière, s’étiole et meurt. Le peuplement d’okoumé caractérisé par l’exclusion souvent absolue de toutes les autres essences est alors définitivement constitué et se développe sans entrave. Dans la région comprise entre Sindara sur la N’Gounié et le cours supérieur de la M’Bangué, j’ai marché des heures entières à l’ombre d’okoumés d’une merveilleuse beauté, sans voir un seul arbre d’une autre espèce. Cette précieuse forêt devait d’avoir été épargnée par la hache au seul fait qu’elle était difficilement accessible, loin de toute rivière importante, impossible à exploiter.
- Il faut 80 ou ioo ans à un peuplement d’okoumé pour devenir une forêt digne de ce nom. Comme les besoins de la culture indigène demandent chaque année de nouveaux défrichements et comportent chaque année l’abandon de plantations épuisées, il est facile d’observer étape par étape le développement des peuplements.
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- Un Missionnaire qui fut Vicaire Apostolique du Gabon et dont le souvenir, étroitement lié à l’histoire de cette colonie est resté singulièrement vivant là-bas, avait formulé voilà des années, relativement à l’origine des peuplements d’okoumé, l’hypothèse hardie dont des observations précises devaient démontrer dans la suite l’exactitude à peu près indiscutée aujourd’hui.
- Le Père Martrou avait été frappé par la‘distribution géographique des grands peuplements d’okoumés connus ; en comparant cartes, croquis et notes personnelles rapportées de longues tournées missionnaires, il remarqua que toutes les régions de grands peuplements jalonnaient exactement les anciennes routes d’esclaves fréquentées aux temps de la traite par les colonnes de malheureux que les goélettes des négriers embarquaient dans toute la région du cap Lopez et spécialement au Fern an Vaz.
- Que des plantations vivrières d’une importance exceptionnelle eussent existé précisément sur ces points où le commerce des esclaves amenait des rassemblements tout à fait inusités d’êhes humains qu’il fallait nourrir coûte que coûte, la chose n’avait rien de surprenant.
- Que des peuplement d’okoumé aient envahi dans la suite le terrain favorable à leur développement que leur offraient ces plantations abandonnées, l’hypothèse acceptable a prioi'i s’avérait séduisante.
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- Le Père Martrou le premier, je crois, eut le mérite de la formuler. L’observation attentive et raisonnée des faits devait donner entièrement raison à sa perspicacité et démontrer non sans quelque ii'onie que ce crime contre l’humanité que fut la traite des Noirs avait eu pour conséquence indirecte la fortune rapide des exploitants forestiers du Gabon !
- L'exploitation forestière de l’okoumé a connu après la guerre une très grande prospérité. Une crise dont le début remonte au milieu de 1928 a porté à cette industrie un coup dont elle ne s’est jamais relevée. Les causes de cette crise essentiellement gabonaise greffée sur la crise économique mondiale sont assez complexes.
- La première, incontestablement la plus grave, a été la surproduction. Les premières années de l’après guerre avaient plus que décuplé la demande de contreplaqué. La renaissance des régions libérées, le bâtiment et les industries du meuble en absorbaient des quantités considérables. L’industrie automobile,* la construction des wagons de chemin de fer, l’aviation même étaient à des titres divers des clients importants. Ces débouchés se fermèrent peu à peu, soit que les reconstructions entreprises dans les régions dévastées eussent été menées à bien, soit que la technique
- Fig. 4. — Trains de bois sur lajivière.
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- Fig. 5. — Embarquement de billes sur la plage de Tchouagouma (Fernan Vas).
- industrielle, de mieux en 'mieux étudiée, des tôles légères soudées, plus légères et plus résistantes que les panneaux contreplaqués, eût substitué dans maintes fabrications le métal au bois. Le ralentissement de la demande d’une part, l’intensification croissante et inconsidérée de la production d’autre part, devaient normalement mener à la catastrophe.
- La spéculation, les manœuvres commerciales de firmes qui cherchaient par tous les moyens à éviter la liquidation désastreuse de stocks de bois irrémédiablement dépréciés, contribuèrent, en la retardant, à la rendre plus grave encore. Elle se déclencha avec une brutalité telle que du jour au lendemain, des trains de bois qui valaient de véritables fortunes ne représentèrent plus rien. Des centaines de billes d’okoumé foi’mées en. radeaux, achetées à Lambaréné par les agents des compagnies d’exportation au cours de 5oo à 600 fr la tonne, arrêtés deux jours après par ordre de ces mêmes compagnies averties sans ménagements d’avoir à cesser toute expédition vers les ports d’Europe, furent amarrées aux berges de l’Ogooué où elles sont restées.
- La crise fut longue ; elle dure encore. Les usines de déroulage qui, lorsqu’elles achetaient le bois au prix fort, ne pouvaient utiliser que des bois de très belle qualité à rendement élevé, débitèrent des bois très inférieurs quand elles purent les acheter à des cours fort bas sur les quais de Hambourg où pourrissaient des tonnes de grumes. La demande à la production resta pendant des mois freinée par la liquidation de ces stocks.
- L’aveugle rapacité des exploitants forestiers et, il faut avoir le courage de le dire, l’imprévoyance de l’Administration de la Colonie, en partie mais non entièrement excusable, eurent une lourde part de responsabilité dans la catastrophe. Sous le nom d’exploitation forestière, on s’est livré au Gabon à un gaspillage effréné, à un véritable banditisme forestier ; la richesse de la forêt équatoriale a été dilapidée
- comme si cette richesse eût été inépuisable. Un chiffre, dans son éloquence froide peut donner une idée de la valeur des méthodes employées : le rapport du tonnage exporté au tonnage abattu était normalement, au pays de l’okoumé de 8 pour xoo.
- Le seul procédé d évacuation des bois de l’intérieur vers la côte, dans ce pays dépourvu de toute voie de communication terrestre était et reste encore le flottage.
- Tous les peuplements découverts à pi’oximité de l’eau ont été rasés à l’époque où le bois rose valait en quelque sorte son pesant d’or. Deux ans après le début de la crise, quand s’esquissa mollement une timide reprise des affaii’es, il fallut envisager froidement la nécessité d’exporter des bois à des cours très inférieurs.
- La forêt 11’offrit plus alors aux coupeurs de bois que des peuplements lointains dont l’exploitation grevée de frais de transport très élevés s’avéra singulièrement difficile. Le rôle de l’Administration s’était borné à peu de chose près à encaisser des taxes, à éditer des règlements dont seules les dispositions financières étaient à peu près observées et contrôlées, à répartir une main-d’œuvre nettement insuffisante tirée d’une population indigène clairsemée, cependant que les méthodes de recrutement des travailleurs ressuscitaient sournoisement les contraintes officiellement proscrites des temps de l’esclavage ! Quand elle entra enfin dans la voie des mesures énergiques, il était trop tard.
- La ruée vers le Gabon qui en 1926 et 1927 avait triplé l’effectif des colons européens eut pour contrepartie l’exode en masse de ig3i et ig32. La situation é onomique de cette malheureuse colonie s’est-elle améliorée depuis ? On voudrait le croire sans oser l’espérer.
- Il paraît en tous cas improbable que l’exploitation forestière de l’okoumé retrouve jamais la grande prospérité ; l’âge d’or des fortunes rapides, réalisées en quelques années appartient à un passé définitivement révolu.
- Georges Triar.
- Fig. 6. — Les billes flottantes conduites au cargo.
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- APPLICATION DES AIMANTS PERMANENTS = 235 AU JEU DE DAMES POUR AVEUGLES
- Nous ne parlerons ici qu’accessoirement et sans mathématiques des lois du magnétisme, que nos lecteurs connaissent au moins d’une façon élémentaire.
- Nous voulons exposer seulement quelques applications intéressantes et inédites dans des domaines très divers. Nous indiquerons aussi quelques moyens pratiques d’apprécier la composition et la puissance des aciers magnétiques les plus modernes, particulièrement celle des aciers au cobalt toutes teneurs, des aciers japonais au nickel-aluminium et au nickel-aluminium-cobalt et des aciers à l’ordre du jour au nickel-aluminium-titane.
- Les nouveautés, si nouveautés il y a, que nous exposerons ne doivent pas être considérées comme des inventions, mais seulement comme des applications du magnétisme.
- I. _ Un jeu de dames pour la distraction de nos amis les aveugles. — Ce jeu a été imaginé à l’intention des aveugles dont les distractions sont malheureusement assez restreintes.
- Il se compose d’une plaque d’acier doux de 5 à 6 mm d’épaisseur sur laquelle sont gravées en creux les xoo cases du damier. Le poids assez considérable de cette plaque donne de la stabilité à l’ensemble du jeu.
- Chaque case noire est guillochée et, sur le prototype de dimensions réduites, que nous avons fabriqué (4 cases seulement), ce guillochage est formé de 8 lignes creuses coupant perpendiculairement 8 autres lignes creuses.
- Chaque case blanche est lisse et simplement cernée par une ligne creuse (fig. i).
- Les pions sont en forme de disques, ayant sensiblement l’aspect des pions ordinaires du jeu de dames. Épaisseur : 5 mm.
- Us sont constitués par des aimants permanents,
- aimantés à saturation sur un élec-tro - aimant et ils adhèrent par suite du magnétisme à la plaque d’acier doux sous-jacente.
- La rigidité et le poids de la plaque ainsi que 1 ’ adhérence des aimants permettent de supprimer com-
- Fig. 1. — Les cases du jeu de dames pour aveugles.
- Le damier est un plateau en acier doux, les pions sont des disques en acier aimanté.
- jnuuaoc loaaauouai
- Inuaaaaaai tauaaaaua
- _________laaaaaaaaL—
- laaaaaoaal C
- plètement I'ébénisterie, d’où économie notable. Après la partie, les pions restent sur la plaque d’acier et ne peuvent tomber.
- Si le dis-
- Fig. 2. — Un pion voir dans le jeu de dames pour aveugle.
- queétait
- exactement semblable à celui du jeu de dames habituel, il y aurait une certaine difficulté manuelle à décoller les aimants de la plaque. Aussi l’auteur pro-pose-t-il une gorge sur la tranche circulaire pour permettre de saisir plus facilement les pièces.
- Les pions blancs présentent une surface lisse, comme les cases blanches.
- Les pions noirs portent un gros point en relief comme on le voit sur la figure 2.
- On pourrait aussi faire venir en relief l’ensemble de points constituant la lettre n de l’écriture Braille (fig. 3), mais des aveugles consultés à
- l’Asile des Enfants infirmes et pauvres, ont préféré le gros point unique.
- De ce que nous venons de dire, le lecteur tirera aisément les conclusions suivantes :
- x0 L’aveugle, en promenant ses mains sur le damier, peut manipuler les pions sans risquer de bouleverser le jeu, puisque le pion tient fortement sur la plaque en acier doux ;
- 2° homme sur un jeu de dames ordinaire, on peut aller à dame et faire tenir deux pions l’un sur l’autre (% 4).
- Si maintenant, les cases noires et blanches, les pions blancs et les pions noirs sont peints ou émaillés respectivement en blanc et en noir, l’aveugle pourra
- Fig. 4. — Jeu de dames pour aveugle : dame blanche, dame noire, formées par superposition de deux disques en acier aimanté.
- Dame b/ancbe Dame noire
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- = 236 = . , ..
- jouer non seulement avec un camarade, mais encore avec des voyants, ce qui augmente singulièrement les possibilités de trouver des partenaires.
- Nous ferons remarquer ici que les mains de l’aveugle doivent couvrir tout le jeu ou tout au moins une grande partie de Celui-ci, de façon qu’il puisse se rendre compte à tout moment de l’état de la partie.
- Il faudrait donc au moins deux ou trois tailles de damier pour que les femmes et les enfants puissent aussi jouer dans de bonnes conditions.
- Les pions fabriqués en acier magnétique au tungstène, au chrome, au tungstène-chrome-cobalt et au chrome-cobalt ne sont pas assez puissants pour conserver une aimantation suffisante et permettre de ne pas brouiller le jeu involontairement ou de faire tenir les pièces les unes sur les autres.
- Avec l’acier au cobalt 36 pour ioo, on évite tout brouillage et tout glissement des pions simples sur les cases, mais les parois doubles ne tiennent pas solidement et glissent les unes sur les autres au bout de quelque temps.
- L’idéal est d’employer l’acier au nickel-aluminium, qui donne satisfaction dans tous les cas et permet de ranger le damier en l’accrochant verticalement, pour
- pouvoir continuer ultérieurement une partie commencée et même pour ranger l’appareil avec le moins d'encombrement possible.
- Une dernière remarque est que les pions en acier nickel-aluminium viennent de moulage avec leurs reliefs et coûteraient par conséquent moins cher.
- Pour créer un prototype complet et non de 4 cases comme celui que l’auteur a fabriqué, il faudrait dépenser 4oo à 5oo francs en s’adressant à une fabrique spécialisée d’aciers magnétiques et d’aimants.
- S’il se rencontrait des personnes amies des aveugles et assez généreuses pour réunir cette somme, l’excédent d’argent pourrait être remboursé aux donateurs ou être versé à leur choix à l’Institution nationale des Jeunes Aveugles, aux Amis des Aveugles ou à la Section des Aveugles de l’Asile des Enfants infirmes et pauvres, 223, rue Lecourbe, Paris (i5e).
- Les leçons de jeu de dames pourraient être données par des professeurs ou des amateurs bénévoles. Il est très probable que les aveugles de guerre et les aveugles par accident comprendraient le jeu mieux et plus vite que les aveugles-nés.
- E. Barbou.
- = CHAUFFAGE DES WAGONS = PAR « LAME D'AIR CENTRIFUGE »
- Le problème du conditionnement de l’air ou, plus simplement, du chauffage, est un de ceux qui ont été particulièrement étudiés depuis quelques années dans le domaine des chemins de fer. C’est aussi l’un des plus difficiles à résoudre, à cause des conditions très spéciales du séjour des voyageurs dans les voitures..
- Immobiles durant de longues heures, les occupants d’un compartiment peuvent se trouver à 5o cm d’une baie glacée, à i m 5o d’un « pavillon » (ou faux-toit) mal isolé, leurs pieds reposant sur un simple plancher recouvert d’un linoléum. D’autre part, la température des parois, du toit, du plancher peuvent varier avec une extrême rapidité, du fait que ces surfaces sont en contact avec l’air extérieur en déplacement ; il suffit que le train pénètre dans une masse d’air froid pour que toute la structure des voitures se refroidisse brusquement.
- Ces actions de. parois, prédominantes dans le cas des voitures de chemins de fer, présentent une grande importance dans le problème général du confort thermique. Le thermomètre, instrument insuffisant qui n’indique que la température locale de l’air, fait place aujourd’hui à un appareillage plus nuancé, tel que les eüpathéostats à condensation interne , qui « tiennent compte » de la disposition et de l’orientation des fenêtres, du rayonnement des plafonds et des murs.
- Fournir de la chaleur par convection, en apportant de l’air chaud, ou par rayonnement, à l’aide de pan-
- neaux chauffants, n’est pas du tout comparable ; l’un ne compense pas l’autre, fiespirer de l'air froid dans une pièce aux parois chaudes est salubre ; respirer un air torride dans un local glacé, c'est courir à toutes les maladies I
- RÉALISATION DE LA LAME D’AIR
- Telle est pourtant, pratiquement, la solution adoptée jusqu’ici par les Compagnies de chemins de fer.
- Le chauffage étant toujours obtenu par l’utilisation de surfaces chauffantes placées au niveau du parquet, il se produit un courant ascendant désagi’éable et chargé de poussières ; des bouffées brûlantes succèdent aux souffles froids de la porte ; la régulation automatique est nulle, le réglage manuel imparfait. L’air n’est renouvelé que par des aspirateurs percés dans le pavillon, sans contrôle ni méthode rationnelle de ventilation. Enfin, défaut capital, aucune correction n’est envisagée contre le brutal effet de paroi.
- Un programme d’amélioration doit donc porter sur les points suivants : chauffer les parois, afin qu’au lieu d’exercer une action refroidissante, elles puissent procurer par rayonnement la plus grande partie des calories nécessaires ; faire l’appoint par une convection rationnelle ; aérer méthodiquement ; utiliser une régulation automatique très sensible.
- La première idée qui se présente est d’établir des
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- LE IXÈME CONGRÈS ORNITHOLOGIQUE INTERNATIONAL
- Les travaux d’un Congrès ne portent leurs fruits qu’assez longtemps après. Il ne nous semble donc pas qu il soit trop tard pour rappeler que IXe Congrès ornithologique international s’est tenu à Rouen du 9 au i4 mai 1988.
- Les séances eurent lieu dans les salles du bel Hôtel des Sociétés Savantes, dans un décor de choses anciennes et rares qui charmèrent les trois cents congressistes, venus de tous les points du monde et représentant 02 nations.
- Les séances des sections, les projections de films, les excursions alternèrent au programme.
- Les films, particulièrement réussis, ' montrèrent tour à tour des -scènes de la vie du Tétras à collerette et des Pics à bec d’ivoire (d’Amérique), de l’Oie cendrée et de la Grande Outarde, d’Oiscaux japonais.
- Une seconde matinée au Cinéma Normandv permit d’admirer le fdm de la Mouette rieuse; puis, au ralenti, Je curieux vol des Colibris. J’y ai commenté le film pris dans la Réserve Ornithologique des Sept-Tles par M. M. Rernard (de Rosières) : Au large de Perros-Guirec, les îlots bretons, transformés en Réserve par la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux, non seulement ont offert au Macareux (Fralcreula arctica grabae) (Brehm) un asile sûr, mais sont devenus la terre de nidification d’autres espèces marines : Pingouin macroptère, Guillemot troïle, Cormoran, lluîtrier-pic... Un groupe de Puffins des Anglais y séjourne, quelques Fous de Eassan viennent s’y poser. Si bien que ces rochers, naguère désolés et livrés aux Rongeurs, se sont peuplés, en peu d’années, de milliers d’Oiseaux dont les nids se dissimulent sous une abondante végétation de Camomille, de Bruyère et de Fougère.
- Nous fûmes ensuite transportés dans le sud-africain pour découvrir, à la cime d’un grand arbre, le nid de l’Aigle couronné. Puis un couple de Merle métallique essaya, par scs ruses, de détourner l’attention d’un long Serpent arboricole qui menaçait ses petits... A terre, l'Ombrette, le Secrétaire furent filmés près de leur nid.
- Enfin, le très beau film du Cycle de l’Élan fit également passer sous nos yeux plusieurs espèces d’Oiseaux : Rapaces et Corneilles, Hérons et Cigogne noire....
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- Le Jardin des Plantes de Rouen, peuplé d’Oiseaux familiers, le Muséum et, ses remarquables collections, eurent les premières visites des congressistes (*).
- Naturellement, Clères, si proche, tentait les ornithologistes ! Une réception aussi charmante que somptueuse, les y attendait. Par un lumineux après-midi, tout un peuple d’Oiseaux, depuis le minuscule Colibri jusqu’à l’Autruche,
- t. Dans le Bulletin de la Fédération des Groupements Français pour la Protection des Oiseaux (n° 34), j’ai conté l’histoire véridique et touchante histoire d’un couple de Poules d’eau.
- se laissa admirer; les Mammifères en liberté : Cervicapres et Kangourous, bondirent, dévalèrent les pentes, sans se douter qu’ils nous donnaient ainsi un spectacle d’une qualité rare.
- Une journée fut consacrée à explorer - la vallée de la Seine jusqu’à Cauclebec et à rechercher des Oiseaux normands. En foret de Brotonne, on vit des nids de Buse. Dans des landes sauvages, à Mauny, caché dans la Bruyère, nous vîmes le nid de la Fauvette Pitchou; des Œdicnèmes. couraient dans les herbes, un Rossignol chantait. En forêt de la Londe, nous vîmes le nid de l’Autour. D’autres Oiseaux, nombreux, animaient des paysages variés, souriants ou farouches.
- L’Art ne fut pas oublié, tant à Rouen qu’à Paris. C’est dans la Galerie de Botanique du Muséum national d’Iïis-toire naturelle que les Congressistes furent reçus par le Directeur et les professeurs du Muséum. Dans cette galerie avait été organisée une exposition ornithologique de peinture et de sculpture comprenant de très belles œuvres des meilleurs animaliers.
- Après avoir visité le Jardin des Plantes et le Zoo de Vincennes, les congressistes partirent pour la Camargue. Aux environs d’Aigues-Mortes, ils virent une grande colonie d’Aigrettes garzettes et de Bihoreaux. Plus loin, et en dépit de la sécheresse exceptionnelle/, défavorable aux Oiseaux, ils purent voir des Flammants, des Avocettes, des Reliasses, évoluer sur le Vaccarès.
- *
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- Avant le Congrès, une réunion du Comité International pour la Protection des Oiseaux se tint sous la présidence de son fondateur, le Dr Gilbert T. Pearson, à qui va succéder M. Jean Delacour.
- Les membres des sections nationales y étudièrent de nombreuses et importantes questions relatives à la protection des Oiseaux migrateurs, des Oiseaux utiles à l’Agriculture et à l’Hygiène publique; chasseurs et protecteurs s’unirent pour réclamer des mesures propres à sauvegarder les Oiseaux-gibier, surtout les Anatidés et les petits Échassiers. Le problème si complexe des méfaits de l’huile lourde, celui des phares, furent abordés une fois de plus : seule, une entente internationale permettra une action efficace contre la destruction des Oiseaux de toutes espèces.
- En un volume, actuellement en préparation, les travaux du Comité et du Congrès seront publiés; ils intéresseront certainement les zoologistes et tous les amis des sciences naturelles.
- A. Feuillée-Biixot.
- Secrétaire de la Section française du C. I. P. 0.
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- LES NOUVEAUX LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Récemment inaugurés par M. Frossard, alors Ministre des Travaux publics, les nouveaux Laboratoires de l’École des Ponts et Chaussées se trouvent à proximité de la porte de Versailles. On les a édifiés sur les quatre côtés d’un terrain de forme trapézoïdale, occupé antérieurement par un des bastions de l’enceinte fortifiée de Paris et ils entourent une grande cour intérieure. L’immeuble principal, construit en bordure du boulevard Lefebvre, se compose d'un rez-de-c-haussée, surmonté de deux étages et est couvert par un toit en terrasse bitumée afin de servir, le cas échéant, à diverses expériences. En façade de la rue André Theuriet, se dresse une deuxième construction de même style, mais plus petite, moins haute et établie sur double étage de caves. Enfin, le long de l’avenue de la Porte-de-Plai-sance, s’élève un autre bâtiment à simple rez-de-chaussée sur terre-plein tandis que des hangars ou remises se voient en airière.
- L’architecte Héraud, avec la collaboration technique de M. l’inspecteur général Suquet, a dessiné le projet primitif du nouvel établissement dont son successeur M. Audoul et son adjoint, M, Delaage, ont assuré la parfaite exécution.
- Comme plan général d’aménagement, on a adopté les directives suivantes. Au rez-de-chaussée, on a concentré : les bureaux administratifs, les services d’essais des matières pondéreuses ou malpropres ; au dernier étage, les sections de chimie dans lesquelles se traitent des échantillons légers mais aux émanations souvent incommodes et même parfois dangei’euses : à l’étage intermédiaire, la bibliothèque, les laboratoires de photo-élasticimétrie, de micrographie et d’autres techniques ne nécessitant pas de précautions ou d’installations spéciales. Quant au matériel scientifî-
- Fig. 1. — Une salle de la Section de chimie des nouveaux laboratoires des Ponts et Chaussées.
- La chimiste de gauche observe un pénétromètre, celle du milieu distille une émulsion ; celle de droite fait une mesure au viscosimètre.
- Fig. 2. — Essai de rupture d’un liant routier par choc au moyen du mouton-pendule type (E. C. P.).
- que des plus modernes, on l’a réparti entre diverses salles, qu’éclairent de larges baies vitrées. Dans cette confortable ambiance et grâce à cet outillage perfectionné, un personnel d’élite pourra étudier avec chance de réussite les problèmes si variés que l’ingénieur d'aujourd’hui doit résoudre. Là, sous l’active direction de M. Duriez, des chimistes experts, des physiciens sagaces et des mécaniciens spécialisés se livrent soit à des analyses, soit à des essais de matériaux, soit à des mesures de précision, soit à des observations microscopiques, soit à des recherches relatives aux diverses applications du génie civil.
- Héritier d’une tradition plus que centenaire, l’organisme actuel remplace, somme toute, l’ancien laboratoire de chimie fonctionnant depuis i83i dans une annexe de l’École des Ponts et Chaussées, sise rue des Saints-Pères ainsi que celui des essais physiques et chimiques, installé en i85i au quai de Billy, puis transféré en 1867, avenue d’Iéna où il demeura jusqu'au début de 1908.
- Nous allons visiter maintenant les nouveaux laboratoires en signalant brièvement la mission et les particularités techniques de leurs sections ; l’une de chimie, l’autre des esssais physiques et mécaniques auxquelles s’ajoutent les rayons non moins intéressants de la photo-élasticimétrie êt des recherches scientifiques.
- La section de chimie (fig. 1) se distingue par un outillage très moderne. Des canalisations avec prises repérées par de? couleurs conventionnelles (bleu, vert,
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- Fig. 3. — Presse Amsler de 500 t pour l’étude de la résistance des matériaux à Vécrasement.
- violet, blanc, noir et orangé) amènent dans chaque salle, beau de source, l’eau distillée, le gaz, l’électricité, l’air comprimé ou produisent le vide. Des hottes, des « sorbonnes », une importante collection de verreries, des coupelles en porcelaine, des balances de précision, des microscopes binoculaires et autres instruments usuels permettent d’effectuer aisément tous les essais chimiques. On y procède, en particulier, à l’analyse des liants routiers. Pour les goudrons d’abord, on apprécie leur consistance soit au moyen du consisto-mètre E. G. P., soit à l’aide du viscosimètre Redwood ; elle se mesure par la différence de temps qui s’écoule entre le moment où le consistomètre descendant dans un seau de goudron noie un premier repère inférieur marqué sur sa tige et celui où il cache un second index supérieur. De leur côté, M. Louis Fontaine, chef de la section, les chimistes principaux Paul Pagès et Clément Iloulnick, secondés par des assistantes techniques licenciées ès sciences, y exécutent journellement aussi les divers essais relatifs aux émulsions bitumineuses, entre autres la constatation de la teneur en eau de celles-ci par l’appareil Winlder-Jacqué-Malette ou les essais de rupture par choc dans la masse au moyen du mouton (type E. C. P.) mis au point récemment par MM. Duriez et Lucas (fîg. 2). Les séparations de liants se produisent soit normalement, soit, dans le sens tan-gentiel, soit obliquement suivant la confection des éprouvettes. On mesure l’énergie potentielle résiduelle de cet original mouton-pendule d’où se déduit l’énergie cinétique de rupture par différence avec l’énergie potentielle iniliale dudit appareil. En opérant sur des goudrons à divers stades de vieillissement artificiel,
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- on constate que l’énergie de rupture varie avec l’épaisseur du collage, qu’il s’agit de déterminer exactement en vue des applications.
- Délaissons les observations qu’on y fait sur le pH, dont l’introduction est encore trop récente dans la chimie du génie civil pour qu'on puisse juger de l’importance future de son rôle dans ce domaine. Quant aux analyses chimiques, elles s’y exécutent par centaines sur les chaux, ciments, mortiers, briques, roches, eaux, métaux et alliages divers, peintures, asphaltes, huiles minérales ou végétales, charbons, minerais, etc.
- Dans la section des essais physiques et mécaniques, dont le chef actuel est M. Henri Voignier, ingénieur T. P. E., habilement secondé par ses assistants : M. Lucas, ingénieur-docteur et Mn° Grandclément, diplômée du Conservatoire des Arts et Métiers, on commence d’abord par préparer des éprouvettes de pierres, métaux, bétons, bois et autres matériaux au moyen d’un outillage puissant et perfectionné. Puis on procède à des essais classiques nombreux et variés sur lesquels il serait fastidieux d’insister ici. Arrêtons-nous toutefois devant la belle presse Amsler de 500 t (fîg. 3) destinée à éprouver aussi bien les bandages que la
- Fig. 4. — Machine de traction de 35.000 kgr.
- On mesure la résistance à la traction d’une barre d’acier.
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- résistance à l’écrasement des blocs de béton ; sur ses larges plateaux, on peut se rendre compte de la solidité de prismes allant jusqu’à 5o cm. Dans un hall voisin, regardons aussi une svelte machine de traction (fig. 4), capable de développer un effort de 35.ooo kgr. Ce puissant engin, très ingénieusement agencé, convient aux épreuves par traction, compression, pliage, flexion, cisaillement et dureté à la bille ; en outre, on n’a pas besoin de le démonter, ni d’v ajouter des piè ces pour passer d’un essai à l’autre.
- Le laboratoire de perméabilité du béton (fig. 5) est également fort bien installé ; il possède, en particulier, douze pots spéciaux en acier moulé. Chacun de ces récipients présente un logement tronconique capable de recevoir des éprouvettes de formes semblables, mais de dimensions variables ; après l’avoir coiffé d’un couvercle étanche, on tourne un robinet mettant son espace vide en communication avec un réservoir d’eau relié lui-même à une bouteille de gaz comprimé munie d’un mano-détendeur. A l’intérieur de quatre de ces
- Fig. ü. — Batterie de pots spéciaux en acier moulé, dans le laboratoire de perméabilité du béton.
- pots, on dispose également, si on le désire, une plaque métallique percée de quatre trous tronconiques de petites dimensions pour les essais de mortier. On opère, d’ordinaire, sous une pression de io kgr par centimètre carré, pression qu’on peut porter à 3o kgr par centimètre carré. A l’aide de cette installation qu’il a créée, M. Mary a montré que la conservation sous l’eau, le dosage en ciment et la finesse de celui-ci constituaient les facteurs essentiels de l’imperméabilité du béton.
- D’autre part, dans l’un des laboratoires du boulevard Lefebvre, les ingénieurs spécialistes Tesar et Hai-nault sont chargés d’étudier par la photo-élaslicimé-trie (fig. 6) le tracé des courbes isostatiques et les tensions internes de barrages-voûtes, de ponts, d’arcs encastrés ou autres grands ouvrages. Cette remarquable méthode d’optique physique, due à M. Marboux, consiste à explorer des modèles réduits transparents (en verre, celluloïd ou bakélite), grâce à la biréfringence créée par les efforts dans les différentes parties
- Fig. 6. — Examen d'un modèle réduit d’ouvrage en béton par la méthode photo-élasticimétrique.
- des minuscules constructions. Cet examen se fait en lumière polarisée à l’aide de deux niçois croisés dont l’axe d’un compensateur Babinet-Jamin, intercalé sur le trajet du faisceau lumineux, bissecte l’angle.
- Dans la Section des recherches scientifiques (fig. 7), M. l’ingénieur Duriez, Directeur des laboratoires, procède actuellement à des études sur la constitution physico-chimique des liants et sur la chimie colloïdale. Son collègue, M. Prot, poursuit aussi de très intéressants travaux, entre autres sur la vibration des bétons, sur la mesure des fatigues dans les éprouvettes des liants tandis que M. Amédée Mannheim achève la mise au point de plusieurs appareils pour essais de matériaux routiers et que M. Mary étudie la perméabilité des sables et des terrains. Ajoutons enfin que la Direction du nouvel établissement se tient à la disposition des administrations, collectivités, industriels, entrepreneurs ou simples particuliers pour les renseigner, moyennant des rémunérations régulièrement tarifées selon les cas, sur toutes les questions ayant trait au génie civil. Jacques Boyer.
- Fig. 7. — Vn coin de la salle des microscopes de la Section des recherches physiques.
- Hmles physico-chimique relatives aux liants, résines et goudrons.
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- E RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES E
- AMUSEMENT PAR LES DAMES DU JACQUET
- Ce jeu, souvent appelé la baisselte, se compose de 3 colonnes de dames qui entrent en nombre quelconque dans chacune d’elles.
- Le total des dames employées est au maximum de 3o, nombre des dames du jacquet.
- Ce jeu se joue à deux : chaque joueur doit faire baisser, chacun à son tour, l’une des colonnes en prenant un nombre de dames choisi par lui.
- Le gagnant est celui qui laisse la dernière dame à prendre à son adversaire.
- Pour gagner à coup sûr, il faut connaître les combinaisons faisant perdre celui qui doit jouer.
- Il ne reste plus alors qu’à former en jouant l’une de ces combinaisons perdantes.
- TABLEAU DES COMBINAISONS PERDANTES
- 0.0.1
- 0.2 2 0. 3.3 0 4.4 0. 5 5 0. 6 6 0 7 7 0. 8 8
- 0-9-9 0. 10.10 0. n 11 0 12 12 0 i3 i3 0 4 14 0. i5 i5
- I. I. I
- 1.2.3 1. 4.5 I 6.7 1 8 9 I 10 I J 1 32 i3 I . i4 10
- 2.4.6 2 . 5.7 2 8.10 2 9 I I 2 12 i4 2 i3 i5
- 3.4 7 3. 5 6 3 8.11 3 9 10 3 12 10 3 i3 *4
- 4 8.12 4- 9.i3 4 10.1 i 4 1 I i5
- 5.8.i3 5. 9.12 5 10. i5 5 II i4
- 6.8.14 6. 9 - 6 10.12 6 I I i3
- 7.8 i5 7- 9 i4 7- 10. i3 7 11 12
- FORMATION DU TABLEAU
- Pour former le tableau précédent on a représenté chaque colonne par le nombre de dames qu’elle contient, en ayant soin de séparer les colonnes par des points.
- Une seule colonne occupée. — On écrit de suite o.o.i qui est la combinaison perdante formant le but du jeu. Toute autre combinaison o.o.n, avec n >* i, étant réductible à o.o.i par enlèvement de dames, n’est pas perdante.
- Deux colonnes occupées. — o.n.n, avec n > i, est perdant, comme il est facile de s’en rendre compte.
- Trois colonnes occupées. — On trouve immédiatement la combinaison perdante x.x.i. Vient ensuite la combinaison perdante 1.2.3. Toute autre combinaison 1.2.n, avec n > 3, n’est pas perdante, comme l’éductible à 1.2.3.
- x.3.3 n’est, pas perdant, comme réductible soit à o.3.3, soit à i.2.3; x.3.n, avec n > 3, n’est pas perdant, comme réductible à 1.2.3.
- i.4.4 n’est pas perdant, comme réductible à 0.4-4; I-4-5 est perdant, comme non l’éductible à une auti’e combinaison perdante; i.4.n, avec n j> 5, n’est pas perdant, comme réductible à 1.4.5-
- En poursuivant le même raisonnement, on trouve successivement toutes les combinaisons perdantes inscrites au tableau.
- MANIÈRE DE JOUER
- Soit a.b.c. la combinaison donnée, non perdante.
- On recherchera celui des 3 ensembles a.b, a.c, b.c qui permettra d’obtenir une combinaison perdante par l’éduc-lion de la ti'oisième colonne.
- Exemple : Soit 5.7.12; on réduit à 2.0.7, les deux auli’es combinaisons 5.9.12 et 7.11.12 n’étant pas x'énlisables.
- JEU SIMPLIFIÉ
- S.i l’on convient de n’utiliser que les dames d’une seule couleur, le jeu sc simplifie beaucoup et devient élémentaire, car le nombre des dames employées se x'cduit ainsi à i5 au maximum.
- Le tableau des combinaisons perdantes est alors le suivant, qu’il est très facile d’appi*endre par cœur :
- 0 0.1 0 2.2 0.3.3 0 4 4
- 0.5 5 0.6.6 0.7.7
- 1 1.1 I .2.3 i.4.5 1.6.7
- 2.4.6 3.5.7 3.5.6
- 3.4.7
- La manière de jouer reste la même.
- Si l'on est, par exemple, en présence de la combinaison 4.5.6, non perdante, on pourra choisir pour la combinaison perdante et obtenir par réduction d’une des colonnes soit 3.5.6, soit 2.4-6, soit 1.4.5.
- Léon David.
- Ce jeu n'est qu’une variante du jeu appelé Nim. Son origine est inconnue bien que son nom soit emprunté à la langue chinoise; il aurait été pratiqué et répandu par des étudiants américains. Assez peu connu en France, il a été remis en honneur par les Scouts car il peut s’improviser partout avec des objets quelconques : cailloux, cartes, morceaux de bois, etc... Dans le jeu de « Nim » le gagnant est celui qui ramasse le dernier objet; la « Baisselte » n’est donc que la variante « qui perd gagne ». Nous allons donner brièvement la théorie du jeu original, celle du jeu exposé ci-dessus par notre correspondant s’en déduit immédiatement.
- Appelons position remarquable toute combinaison qui assure le gain au joueur qui vient de la former et position ordinaire toute autre combinaison. On vérifie aisément que toute position remarquable est toujours transformée en une position ordinaire, et que, par contre, toute position ordinaire peut toujours être transformée — d’une ou de plusieurs manières — en une position remarquable. Il reste
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- tt= 250 ........:......., ..........—
- à déterminer ce qui caractérise les positions remarquables. Écrivons, l’un au-dessous de .l’autre, dans le système binaire, les nombres qui expriment combien il y a d’objets dans chaque tas.
- La position remarquable 4, io, i4 — par exemple — s’écrira : **
- i o o ( 4)
- i o i o (io)
- I I X O (l4)
- et l’on constate, ainsi que dans toute combinaison semblable, que le tableau contient zéro ou deux unités du même ordre. Baissons de 5 le tas médian, par exemple, nous aurons la position ordinaire :
- i o o ( 4)
- x o i ( 5)
- i i i o (i4)
- qui contient dans chaque colonne un nombre impair d’unités du même ordre. Pour la transformer en position remar-
- quable il suffit de supprimer une unité du 4e oi’dre, une du 3e oi’dre, une du 2e ordre et d’ajouter une unité du x01' ordre; il faut, obligatoirement, pour se conformer à la règle du jeu, baisser le dernier tas de 8 + 4 + 2 — i = i3 objets, pour parvenir à la position :
- i o o (4) i o i (5) o O I (i)
- 11 est ainsi aisé de déterminer le genre d’unè position par un petit calcul mental et la décomposition suggère en même temps la manière de jouer chaque coup pour arriver au gain final. Quand les deux joueurs connaissent la théorie, le premier à jouer a un certain avantage car —- si lesi tas sont formés au hasard — il y a beaucoup plus de positions ordinaires que de positions remarquables.
- Dans la « Baissette » on remarquera que la position remarquable o.i.i est à éviter, il faut, au contraire, terminer par les positions ordinaires o.o.i ou i.i.i.
- H. Barolet.
- INFORMATIONS
- La « lettre parlée » officielle.
- La « lettre parlée », petit disque phonogx’aphique sur lequel on inscrit un message pour un correspondant, puis qu’on adresse par la poste, n’est pas d’invention récente. Dès la présentation du phonogx-aphe d’Edison, on avait songé à ce mode nouveau de correspondance.
- Les progrès de l’enregistrement direct sur disques métalliques, ou recouverts d’une couche de nitrate de cellulose, pouvant être reproduits par un phonographe quelconque, ont changé les conditions du problème.
- En Allemagne, la lettre parlée (Sprechbrieif) est désormais admise, et encouragée officiellement par l’Administration. L’enregistrement se fait dans des cabines analogues aux cabines téléphoniques ; on y parle devant un microphone qui actionne le mécanisme d’enregistrement.
- L’inscription peut tenir 3oo mots; on reçoit automatiquement le disque enregistré ; le coût total du disque, de son emballage et de l’affranchissement est de 1,89 marks; trois aiguilles spéciales de reproduction sont jointes à l’envoi.
- Nouveau mode de liaison pour les communications ferroviaires.
- Les liaisons à courte distance dans les chemins de fer, par radiophonie sur ondes courtes, sont très faciles à établir, il n’en est pas de même à distance moyenne, par suite de l’emploi nécessaire d’ondes plus longues, et de la présence de nombreux obstacles le long des lignes.
- Ce pi’oblèrrte présente une grande importance, en particulier au point de vue militaire, en raison de la possibilité de destruction des lignes téléphoniques et télégraphiques aériennes ou même souterraines.
- Depuis longtemps, on utilise des appai'eils de téléphonie haute fréquence par ondes porteuses le long des conduc-
- teurs métalliques, par exemple le long de lignes de distribution d’électricité ; on a eu de même l’idée d’utiliser les rails de voies ferrées.
- Le rail constitue un conducteur très robuste et moins vulnérable que les lignes aériennes ; au point de vue radioélectrique, il présente cependant l’inconvénient de n’être pas bien isolé du sol, et d’avoir une conductibilité hétérogène.
- Cependant, grâce à des appareils émetteurs-récepteurs établis en France (par « La Radio-Industrie », entre autres), il est déjà possible de réaliser des liaisons à des distances de i5 à 25 km au minimum, avec une fréquence poi’teuse correspondant à une longueur d’onde de l’ordre de 6.000 m; le matériel est très simple et de poids réduit, le récepteur est du type superhétérodyne à 4 lampes, et le courant porteur modulé est simplement appliqué aux rails, par un transformateur haute-fréquence abaisseur de tension. La manœuvre s’effectue à l’aide d’un combiné qu’on décroche et d’une manelte « émission-réception ». P. H.
- Le bond drun crocodile.
- Notre confrère anglais Nature a reçu des Impérial Airways une information vraiment curieuse. En juillet dernier, un pilote d’hydravion décollait du plan d’eau, à Port Bell, sur le lac Victoria, quand, à une quarantaine de mèti’es en arrière, un crocodile bondit tout entier hors de l’eau, s’élevant à plus d’un mètre au-dessus de la surface. C’était un jeune Crocodilus niloticus, long de 2 m 70, qui avait échappé à l’observation du service de garde, lequel patrouille toujours au moment du départ pour éviter aux hydravions en partance de heurter fâcheusement un crocodile flottant. On connaît les bonds extraordinaires des Saumons et des Cétacés, mais on n’avait pas encore, ci'ovons-nous, observé pareil fait chez les crocodiles.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juin 19S8.
- L’hydrogénation catalytique. — L’hydrogénation catalytique n’avait jamais fait l’objet d’études rigoureuses dans la série des composés naphtaléniques. Cette hydrogénation réalisée tout d’abord par Sabatier et Senderens, ne donna des rendements satisfaisants que lorsqu’lpa-tiei'f montra qu’il faut opérer sous des pressions élevées, de l’ordre de 25o kgr/cm2. M. Palfray a repris cette étude en enregistrant simultanément la température et la pression. Il montre qu’avec les naphlols, la réaction, sous i5o kgr/cm2 et en présence de nickel Raney, a lieu en deux phases : dès 45°, soit avant fusion, et très rapidement à 65° il y a formation d’un tétralol, puis vers i2o°-i25°, on obtient le décalol. Avec l’a-naphtol on observe des phénomènes de déshydratation et formation d’une certaine quantité de carbures (tétraline et décaline). Avec le naphta-lène, l’hydrogénation demande des températures plus élevées; elle commence à xoo°, donne vers 120° la tétraline et, entre 170 et 200°, la décaline avec des rendements très élevés.
- La germination de Vorobanche. — Les graines d’Orobanche ne germent qu’au contact des racines de l’Astragale bétique dont l’activité spéciale est maxima vers la région pilifère. M. Ciiabrolin montre que cette propriété est due à une substance active préformée dans les racines ; si on broie celles-ci, le filtrat provoque une germination qui peut atteindre 100 pour 100 des germes viables. L’extrait sec obtenu au bain-marie conserve cette propriété. La substance active est soluble dans l’eau mais paraît insoluble dans les autres solvants habituels, ce qui ne la classe pas parmi les auxines; elle doit agir à des doses inférieures au millionième et très rapidement. Il faut toutefois noter que l’on n’obtient un pourcentage élevé de germinations que si les graines d’Orobanche ont, au préalable, séjourné pendant quelques jours dans le sable humide. On peut ranger cette nouvelle substance active parmi les substances de croissance mais il n’a pas été encore possible de l’isoler et d’étudier ses propi'iétés chimiques; seule son action sur les graines d’Orobanche permet de l’identifier.
- Centrifugeuse ultrasonore. — MM. Girard et Mari-nfsco ont construit une centrifugeuse à air comprimé suivant un modèle déjà décrit par eux mais, cette fois, le rotor, tournant à 6i5 tours/sec., est muni d’un quartz piézoélectrique placé en face d’une électrode fixe qui le fait vibrer sous 717.000 cycles/sec. Ces vibrations ultrasono-res détruisent les cellules et peuvent également, au point de vue chimique, accélérer certaines réactions. Grâce à ce matériel il doit être possible d’extraire des tissus certains éléments qui ne pouvaient pas être séparés par d’autres méthodes.
- Vitrification des masses cellulosiques. —
- MM. Luyet et Tiioennes montrent, qu’à condition de traverser très rapidement la zone des températures entre o et — i5°, les cellules de l’épiderme des plantes peuvent être amenées à des températures très basses à l’état vitreux, leur eau n’étant pas cristallisée. Dans ces conditions l’arrangement moléculaire requis par la vie n’est pas modifié alors qu’il est détruit par la cristallisation. Les auteurs ont vérifié ce phénomène en plongeant dans l’air liquide une couche monocellulaire d’épiderme d’oignon, plasmolysée par un séjour préalable dans une solution à 10 pour 100 de chlorure de sodium. En opérant dans un vase de Dewar
- transparent et en observant au moyen d’un microscope muni d’un analyseur la préparation éclairée par lumière polarisée, ils ont noté que, dans ces conditions, les masses cellulaires restent isotropes alors que la solution salée entraînée est au contraire anisotrope par suite de sa cristallisation.
- Séance du 4 juillet 1938.
- Mesure des débits gazeux. — Jusqu’à maintenant les débits gazeux étaient mesurés, soit avec des compteurs volumétriques, soit avec des compteurs statiques, basés sur les lois du mouvement des gaz dans une conduite. Ces deux méthodes nécessitent un étalonnage préalable dans les conditions mêmes des mesures, la connaissance des poids spécifiques des gaz et leur constance. M. Duchène injecte une impureté gazeuse en un point de la conduite et détecte son passage en un point en aval. La détection et obtenue par le déplacement des franges d’interférence d’un interféromè-tre; la connaissance de la durée du trajet, de sa longueur et de la section de la conduite permet d’obtenir immédiatement le débit moyen. Par comparaison avec les résultats donnés par d’autres méthodes, les auteurs ont noté, ce qui est contraire à certaines conceptions, que dans des conduites d’un diamètre assez élevé (1 m), soumises à une grande turbulence, l’influence des parois est négligeable. Le débit dans l’axe est ainsi très voisin du débit moyen et ceci justifie l’emploi de cette nouvelle méthode.
- La buée. — M. Mérigoux montre que la buée produite par le souffle sur une goutte d’huile de paraffine rigoureusement pure est formée de gouttelettes d’eau distinctes pouvant atteindre des dimensions de plusieurs centièmes de millimètre ; elles ne se précipitent pas les unes sur les autres, leur poids étant insuffisant pour courber la surface de l’huile. Si l’huile contient au contraire des traces de composés possédant des groupes hydrophiles, tels que COOH, les gouttelettes se réunissent en plaques au bout d’une dizaine de secondes; cette transformation est pratiquement instantanée si on opère sur l’acide oléique. L’examen de la buée constitue ainsi un mode de recherche très sensible des acides gras liquides ou solubles dans les carbures élevés; elle est sensible à 1/18.000e. On peut dire qu’à chaque liquide non miscible avec l’eau correspond un aspect particulier de la buée. Cette étude apporte une contribution très intéressante à l’analyse qualitative organique.
- Galvanomètre logarithmique. — Une échelle de lecture logarithmique est utile dans de nombreux cas : elle correspond à une précision relative égale dans toute son étendue et donne des longueurs égales pour des rapports égaux des quantités à mesurer. M. Le Grand a construit un galvanomètre à spot lumineux possédant une telle échelle. Il a superposé au courant à mesurer un courant opposé dont l’intensité est une fonction exponentielle croissante de la déviation. Ce courant auxiliaire est produit par une cellule photoélectrique à couche d’arrêt éclairée par un second spot qui est arrêté en partie par un écran muni d’un diaphragme dont l’ouverture croît d’une façon exponentielle avec la déviation. L’auteur fait remarquer qu’eq modifiant la loi d’ouverture du diaphragme, on peut obtenir des échelles de lecture très diverses. Il serait sans doute possible de donner facilement à un galvanomètre une sensibilité apparente particulièrement élevée dans telle région où l’on désire effectuer des mesures.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- // n’existe pas de rayons cosmiques, par N. Botezanu. J brochure, 40 p. Tipografia üniversala, Cluj (Roumanie), 4937..
- Les rayons cosmiques restent un des phénomènes les plus mystérieux de la physique moderne. On les observe par trois méthodes différentes que l’auteur expose clairement : décharge spontanée d’un électroscope, ionisation dans une chambre de Wilson en présence d’un champ magnétique, compteur à coïncidences. Pour l’auteur, les phénomènes observés par ces trois méthodes ne sont pas identiques et ne sont pas attribuables à ce rayonnement que l’on a dénommé rayons cosmiques ; il propose pour chaque cas des explications qui ne mettent en jeu que des agents connus, mais qui auraient besoin d’être contrôlées par une expérimentation très attentive. Quoi qu’il en soit des explications de l’auteur, sa critique des méthodes actuelles d’observation des rayons cosmiques présente de l’intérêt et peut avoir une grande utilité.
- Pour le cinéaste. La projection, par P. hémardin-quer. 1 vol., 180 p., 44 fig. et nombreux tableaux. Dunod, Paris, 4938. Prix : 15 francs.
- Ce volume est un mémento pratique détaillé, tenant compte des progrès techniques les plus récents. Il est destiné au professionnel, à l’amateur cinéaste, et particulièrement au « projectionniste ». On y trouve des conseils précieux pour l’installation ou l’entretien du projecteur, l’entretien et la réparation des films, l’installation des salles et des écrans, l’amélioration de la qualité optique et même acoustique des projections, la sécurité et, enfin, la recherche des pannes optiques et sonores et les remèdes à y apporter.
- La maison insonore, publiée sous les auspices de la Commission professionnelle pour la lutte contre le bruit de la Société des ingénieurs allemands (V. D. I.). Traduit de l’allemand par V. Gavronsky, T. Kahan et M. Blumentiial. 1 vol. 118 p., 57 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix : 55 francs.
- Exposé des travaux effectués par la Commission technique de la société des ingénieurs allemands pour la lutte contre le bruit, complété par une bibliographie comprenant plus de 200 volumes.
- Koks, par Dr Heinz Kurt et Dr Fr. Schuster. 1 vol. 382 p., 106 fig. S. Hirzcl, Leipzig, 1938. Prix : RM 20.
- Les auteurs définissent « coke » le résidu solide et combustible qui se forme lorsque des matières premières appropriées sont chauffées à l’abri de l’air. C’est donc le vaste problème de la carbonisation des combustibles qui est abordé ici, dans tout son ensemble. L’ouvrage débute par un rapide aperçu historique suivi d’une étude physique et chimique générale des combustibles et des cokes auxquels ils donnent naissance. Après quoi il expose successivement, en tenant compte des plus récents progrès de la technique, la carbonisation du bois, de la tourbe, du lisrnite, de la houille (coke de gaz, coke métallurgique), du brai ; il examine ensuite les différentes applications des cokes : chauffage, gazogène, gaz à l’eau, emplois chimiques, etc. et se termine par un chapitre statistique. Les différents chapitres ont été rédigés par des spécialistes. L’ensemble constitue une véritable encyclopédie de la question.
- Pour former et tailler les arbres fruitiers, par
- A. Petit. 1 vol. in-16, 183 p., 97 fig. Dunod, Paris, 1938. Prix : 15 francs.
- Le professeur de l’École nationale d’horticulture de Versailles a rassemblé ici les conseils de sa longue expérience. 11 explique la croissance des arbres fruitiers, l’importance de la taille, pour obtenir de beaux fruits abondants, les diverses formes à choisir, puis il entre dans les détails utiles pour chaque espèce : poirier, pommier, pêcher, abricotier, cerisier, prunier, groseillier, vigne.
- L’utilisation alimentaire de ta cellulose, par
- M. Mangold, 1 hroch. in-8°, 38 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 8 francs.
- Le professeur de l’Université de Berlin rappelle la composition chimique de ces matières abondantes, étudie leur digestibilité par les ruminants et par l’homme, décrit les méthodes de digestion artificielle par hydrolyse et attire l’attention sur leur valeur énergétique.
- Le poisson, par René Legendre. 1 brochure, 48 p., 5 fig. Hermann et Cie, Paris, 1938.
- Dans cette substantielle brochure, l’auteur, à qui l’on doit d’importants travaux personnels sur le sujet, présente, en un raccourci saisissant toute la question du rôle du poisson de mer dans l’alimentation : statistique des pêches, composition et valeur nutritive du poisson d’après les travaux des plus récents, conservation du poisson, place du poisson dans l’alimentation et le ravitaillement de la France.
- Ce travail de mise au point est d’un vif intérêt non seulement pour le physiologiste et l’hygiéniste, mais aussi pour les économistes et pour tous ceux qu’intéressent les grands problèmes de l’alimentation humaine.
- A us dem Leben der Vœgel, par le Dr Oscar Heinroth. 1 vol. in-16, 1656 p., 98 fig. Collection Verstândliche Wis-senschaft. Julius Springer, Paris, 1938. Prix cartonné toile : 4,80 marks.
- La vie des oiseaux est pleine de merveilles : le couple, le nid, la ponte, l’œuf, le petit, les plumes et le vol, le bec et la nourriture, la vue, le chant, l’orientation, les migrations etc. Pour apprendre aux jeunes gens à connaître et à observer, pour guider et exciter leur curiosité, un texte simple dit ce qu’on sait ou répond aux questions qui se posent : l’oiseau connaît-il ses œufs et ses petits ? Les nids et les œufs sont-ils en rapport avec la taille de l’oiseau ? Comment un oiseau trouve-t-il sa ponte? etc. D’excellentes photographies complètent cette initiation.
- Méthodes d’unification des mesures en biométrie et biotypologie. Le tétronage, par Mlle D. Weinberg 64 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 15 francs.
- Nouvelle échelle de classement des données statistiques dont l’unité ou tétron est le quart de l’écart type.
- La pratique de l’homéopathie, par le Dr Léon Vannier, 2e édition. 1 vol. in-16, 688 p., fig. Doin et Cie, Paris, 1938. Prix : 90 francs.
- Grand maître de l’homéopathie en France, l’auteur expose comment il faut comprendre la médecine basée sur les lois de similitude : connaissance de la maladie et observation exacte du malade qu’il appelle la vraie clinique, prescription de remèdes à doses infmitésimhles qu’il nomme la vraie thérapeutique. Il donne de nombreux exemples pris dans sa pratique sous forme d’observations commentées et termine en recommandant le diagnostic de profondeur, à la fois typologique, clinique et thérapeutique.
- Le yoga tantrique hindou et thibétain, par J. Marquès-Rivière. 1 vol. in-16, 127 p. Collection « Asie ». Librairie Véga, Paris, 1938. Prix : 13 fr. 50.
- L’auteur voit dans la mystique asiatique la base du développement spirituel et il s’applique à en faire connaître les principes, les méthodes, les techniques, y compris ces curieux exercices respiratoires et mentaux pour obtenir le calme et le détachement.
- Statistique comparée des recensements quinquen= naux de la population algérienne en 1936 et en 1931. Service central de statistique, Alger, 1937.
- Les nombreux emplois de la colle forte à la portée de tous. Collection Les Livres de l’artisan et du bricoleur. Éditions E.-H. Lémonon, 27, rue d’Enghien, Paris, 10e. Une plaquette de 32 pages, format 160 x 225, illustrées de 22 figu-plaquette 32 p.. 22 fig. Prix : 4 fr. 95.
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- : NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Caractéristiques explosives des picrates métalliques.
- L’acide picrique se combine facilement avec un grand nombre de métaux pour donner des picrates dont certains sont capables de détoner sous l’action d’un choc ou d’une élévation de température.
- En 1901, Dupré, dans le Mémorial des Poudres et'Salpêtres a donné une liste de picrates rangés suivant la violence de l’explosion et signalé que les picrates de calcium, de zinc et de plomb formés in situ étaient capables de provoquer l’explosion de l’acide picrique fondu. Ceci explique les conditions très rigoureuses, en particulier quant à la teneur en plomb, qu’imposent les cahiers des charges de l’artillerie aux fournisseurs des métaux qui entrent dans la fabrication des obus et des fusées et qui sont en contact direct avec la charge explosive.
- En 1906, Will étendit le travail de Dupré à d’autres picrates et étudia leur sensibilité au choc. En 1911, Kast, le premier, signala que la présence d’eau de cristallisation dans les picrates avait une influence marquée sur la sensibilité au choc. Les picrates que l’on peut complètement déshydrater par chauffage à ioo° sont beauco îp plus sensibles que lorsqu’ils ont été simplement déshydratés dans le vide à la tem-
- Explosif Eau de cristal- lisation Tempé- rature de dessic- cation Hauteur de , chute Tempé- rature d’explo- sion
- Fulminate de mer-
- cure 2 2100
- Tétryl 8 260
- T. N. T . . . . 4 470
- Acide picrique . «4 320
- Picrate de sodium . 1 H20 5oo >7 3ôo
- anhydre i5o i5
- Dinitrophénate de 370
- sodium. . . . 1 H20 100 16
- anhydre i5o i5 3oo
- Picrate de cuivre . 3 H20 25 19
- anhydre i5o 12
- Picrate de zinc . 6 H20 25 34 3io
- anhydre i5o 12 3go
- Picrate de nickel 6 H20 25 2Ü
- anhvdre i5o 4
- Picrate d’aluminium 10 H20 25 36 36o
- 2 I120 80 16
- Picrate de chrome . i3 H20 25 n 36 33o
- 1 H20 IOO 8
- Picrate ferrique . X H*0 25 36 295
- 80 8
- IOO 7
- i5o 6
- pérature ordinaire. Il conclut que les picrates, à l’exception du picrate d’ammonium et du picrate basique d’aluminium, sont plus sensibles que l’acide picrique lui-même, les plus sensibles étant, dans l’ordre, ceux de plomb, fer, cuivre et argent, puis ceux des métaux alcalino-terreux et enfin les picrates alcalins. La question a été reprise récemment par llopper à l’Arsenal de Picatinny aux États-Unis, et nous donnons dans le tableau suivant quelques-uns des résultats qu’il a obtenus. Ils montrent que la sensibilité croît notablement au fur et à mesure que, pour le même sel, on passe à un état d’hydratation inférieur ou même au composé anhydre. Les hauteurs de chute indiquées sont données en pouces (a5,3 mm) et sont relatives à un poids de 2 kgr tombant en chute libre sur une petite masselote placée au-dessus d’une capsule du picrate en expérienece. Ce sont les hauteurs mi-nima pour lesquelles au moins une explosion a lieu sur 10 essais.
- H. ViGNi'Uorv.
- BOTANIQUE Fascie d’asperge.
- M. l’Abbé J. Novel a bien voulu nous communiquer la photographie ci-jointe qui donnerait à première vue l’idée d’une substance plastique laminée à travers une fente rectangulaire, n’étaient les abondantes productions secondaires qui montrent que c’est bien une plante. Il s’agit d’une pousse d’asperge observée en Iiaute-Savoie. Prise en terre entre deux pierres, cette pousse s’est développée sous forme d’un ruban contourné mesurant k cm 5 dans sa plus grande largeur sur 1 cm d’épaisseur maximum.
- On pourrait penser à première vue que cette déformation s’explique par des phénomènes mécaniques de compression, mais il ne faut pas ignorer que les aplatissements des tiges, connus sous le nom de fascies chez un grand nombre de végétaux, sont généralement héréditaires et apparaissent sporadiquement, même sans cause visible, si bien qu’on n’en a pas encore trouvé d’explication logique satisfaisante.
- Fig. 1. — Fascie d’asperge.
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- 254 .= INVENTIONS et nouveautés
- électricité
- Transformateur à prises multiples de précision.
- Pour de nombreuses expériences de physique et spécialement d’électricité dans les laboratoires, pour les mesures en électricité et en radio-électricité, pour la projection et toutes les opérations de photographie et d*> cinématographie, il est utile de pouvoir disposer d’un courant alternatif de basse tension bien définie mais ajustable suivant l’usage considéré et d’intensité variant entre o,5 et 5 A, par exemple.
- Il en est ainsi lorsqu’on veut mesurer, par exemple, la tension secondaire d’un transformateur quelconque. Il faut d’abord alimenter l’appareil au primaire au moyen d’un courant d’une tension exacte; de même, lorsqu’on veut étudier en fonction de la tension la variation de courant ou
- de puissance absorbée par un appareil, régler une intensité de courant, mesurer une résistance ou une impédance, il faut avoir à sa disposition . u n appareil produisant une tension bien déterminée.
- L’emploi d’un rhéostat dans le circuit secondaire est peu pratique et réduit la gamme de tensions obtenues; mais voici un nouvel appareil survolteur dévoltcur qui donne une tension progressive à un quart de volt près. C’est, en quelque sorte, un véritable « pied à coulisse pour l’électricité ».
- C’est un auto-transformatexxr à prises multiples constitué par un bobinage dont chaque spire comporte une prise de contact de sortie, ce qui permet d’obtenir par quarts de volt toutes les tensions comprises entre o et i3o v pour le modèle uo v, o à 25o v pour le modèle 220 v.
- L’appareil utilisé en auto-transformateur remplace donc avantageusement un potentiomètre et possède un rendement bien supérieur; les différents modèles sont établis pour des intensités de 1, 2,5, et 5 A en 1x0 v, o,5, 1,25, et 2,5 A en 220 v.
- L’appareil peut être utilisé également en séi’ie, comme une self variable, et permet de dé vol ter de 10 pour 100 jusqu’à i/4 de v, et de survol ter de 18 pour 100 sans coupure.
- Établissements Ferrix, 172, x'ue Legendre, Pai’is, 17e et 98, avenue Saint-Lambert, Nice.
- ARTS MÉNAGERS Machine à laver simplifiée.
- Il existe de nombreux modèles de machines à laver, mais beaucoup d’entre elles, coûteuses et encombrantes, se prêtent mal à l’usage domestique courant dans les ménages modestes.
- Voici un petit modèle de laveuse électrique, peu encom-brant et peu coûteux, qui pei'met de laver le linge d’une famille une fois par semaine et très rapidement, en i5 ou 20 mn. Cette laveuse supprime le travail manuel, évite le frottement, continuel et fatigant du linge contre la planche à laver et l’usure qui en résulte.
- Elle présente la particularité essentielle de ne comporter ni tambour rotatif, ni plaque tournante, ni bras mobile.
- Un ventilateur électrique est simplement monté dans le couvercle de la machine, auquel est fixé un cylindre descendant assez profondé-dément dans la cuve. Ce ventilateur pi'oduit un certain vide au-dessus de l’eau dans la chambre intérieure, ce qui en fait monter le niveau. L’air de la chambre extérieure vient alors barbotter à travers le linge et la lessive de la chambre intérieure, et le niveau d’eau s’abaisse.
- Par suite de l’aspiration continuelle du ventilateur, le vide se rétablit de nouveau, et l’opération se répète 5o fois par minute, c’est-à-dire 760 fois pendant la durée ordinaire du lavage de x5 mn.
- Ce mouvement continuel de montée et descente de l’eau,, le passage des bulles d’air, le brassage intensif de l’eau, du savon et de l’air à travers les fibres du linge assurent une action complète et rapide. Le rinçage est effectué de la même manière, et ne demande que quelques minutes après-qu’on a changé l’eau.
- Plusieurs modèles sont d’ailleurs prévus de différentes-capacités.
- La consommation de courant électrique est très minime cl de l’ordre de 180 w; le moteur est du type universel.
- Grâce à un panier en fil de fer très simple, placé dans-la machine, celle-ci peut' se transfoi’mer rapidement en machine à laver la vaisselle, permettant de laver facilement toute la vaisselle de 4 à 5 personnes en quelques minutes,, par le même moyen de va-et-vient de l’eau.
- La simplicité et la sûreté de son fonctionnement sont remarquables.
- Ëts Piosset, 45, rue de Levis (17e).
- Fig. 1. — L’alternostat Ferrix. Transformateur réglable par prises multiples.
- Fig. 1. — Laveuse Piarella avec sa chambre intérieure démontée.
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- N°3036
- LA NATURE
- Ier Novembre 1938
- LE BARRAGE DE GENISSIAT
- On a beaucoup critiqué la lenteur des opérations d’aménagement du Rhône au triple point de vue de la navigation, de l’irrigation et de la force motrice. La loi ayant été promulguée le 27 mai 1921, c’est seulement le 27 mai 1933 que fut constituée la Compagnie nationale du Rhône, chargée de sa réalisation.
- séquence de quoi elle résolut d’établir, à Génissiat, un barrage avec production d’électricité.
- A l’époque où fut conçu le projet, on lui objecta que nos disponibilités en l’espèce étaient supérieures à nos besoins, ce qui rendait les recettes aléatoires. Depuis lors les conditions ont changé.
- Penpignat
- - Légende - ^ Tra vaux préparatoires ,, définitifs
- Clocher
- Fiy. 1. — Plan de l’aménagement de la chute de Génissiat.
- Le Congi’ès des Rhodaniens, qui s’est tenu dernièrement, à Aix-les-Rains, a marqué, d’une façon très nette, le désir commun, des Suisses et des Français, de voir rétablir, aussi rapidement que possible, le trafic fluvial, interrompu, depuis si longtemps, entre Lyon et Genève. Ce point de vue n’avait pas échappé à la Compagnie nationale. Mais elle a. estimé que, pour pouvoir solder les travaux d’aménagement du fleuve, il lui fallait se procurer des recettes que seule était capable de lui fournir la vente de l’électricité. En con-
- Le décret de reconnaissance d’utilité publique des travaux n’a paru au Journal Officiel que le 3 juillet dernier. Il prescrit que les 681 millions (prix d’évaluation actuel) seront fournis : pour les neuf dixièmes au moyen d’emprunts obligataires et, pour le reste, par le capital actions de la société. Il fixe les tarifs d’indemnités dues pour éviction de l’usage de l’eau et est suivi d’un cahier des charges modificatif de la convention du 20 décembre 1933, approuvée le 5 juin 1934.
- Car, depuis deux ans déjà, la Compagnie nationale
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- s’était attelée à la besogne. On espère que, dès l’année prochaine, la période préparatoire sera terminée. Elle eût pu l’être certainement si l’application de la semaine de 5 jours n’était venue fermer les chantiers le samedi.
- Cette période préparatoire comprend :
- La déviation du Rhône, ainsi que la coupure du fleuve ;
- Le déblaiement de son lit et la mise à nu du rocher de fondation ;
- La pose, sur le plateau de la rive droite, d’une voie ferrée, se reliant à celle de Genève, par où arriveront des trains complets de ciment ;
- Enfin la construction d’une route accrochée aux flancs de la gorge et qui doit conduire aux usines. Ces deux derniers ouvrages sont terminés.
- Les chantiers sont équipés au moyen de :
- Quatre transporteurs à câbles ;
- Une usine à béton en plein fonctionnement ;
- Un poste de transformation de 2.000 kw, qui reçoit du courant à 45.000 v, pour les alimenter en énergie électrique ;
- Une canalisation de 1.600 m pour adduction de l’eau d’une source, —• dont le débit est de i5 1 par seconde, achetée à frais communs, par la commune et la Compagnie nationale.
- L’arrivée et le séjour de 700 ouvriers dans cette gorge sauvage, éloignée de tout, a provoqué la construction d’un véritable village, en bois, dans lequel on remarque surtout des cafés-restaurants, des logements et des magasins de chaussures.
- À l’amont et à l’aval du futur barrage, le fleuve doit être coupé par deux prébâtardeaux en terre et enrochements. Une succession de talus, de plates-formes et de banquettes les feront monter jusqu a 274 m 5o à
- celui d’amont et 272 m 5o à celui d’aval. Pour en faciliter l’établissement, deux ponts en béton et en acier franchissent le fleuve. L’étanchéité de ces deux ouvrages sera assurée par des rideaux de palplanches profondément battues, avec injections de produits chimiques. Ils recevront, en outre, une carapace de protection formée de béton armé et de gabions.
- Pour détourner les eaux du fleuve pendant la construction du barrage, on a creusé deux souterrains, un sur chaque rive. Celui de droite a 53o m de longueur et celui de gauche 600 m. Il reste à leur donner leur largeur, qui sera supérieure à celle des tunnels de chemin de fer à double voie et à les revêtir en béton. La section en sera de 80 m2. Des vannes et des batardeaux à poutrelles, dont les formes ont fait l’objet d’études sur modèles réduits, en fermeront l’entrée.
- On sait que la sortie du Rhône, quand il a traversé le lac Léman, est réglée par des vannes d’une manière artificielle. Après quoi il reçoit, sur sa gauche, l’Arve. Dans ces conditions son débit moyen annuel, à Génis-siat, est de 3g3 m3 par seconde ; celui d’étiage est de i4o m3 par seconde, après régularisation hebdomadaire.
- Le creusement des souterrains a nécessité, et nécessite encore, l’évacuation de nombreux déblais. Extraits à la mine, ils sont chargés sur des camions qui circulent sur la route construite à cet effet. Le souterrain de la rive gauche est exécuté par l’amont, pour la plus grande partie. Celui de la rive droite l’est par l’aval, ce qui facilite la décharge des déblais. Deux petites pelles de 200 1 et une de i.25o 1, fonctionnent depuis le Ier avril. Mais on se heurte, par endroits, à des blocs rocheux, dont certains mesurent plus de 20 m de hauteur. Outre les camions, on se sert de télécharges pour remonter, à une centaine de mètres au-dessus du fleuve, les déblais à déverser sur le plateau de la rive droite.
- Pour se rendre compte de l’importance de cette opération, il convient de retenir que les déblais des quatre têtes des soutei’rains représentent iob.ooo m3, auxquels viennent s’ajouter 102.000 m3 de déblais de ces souterrains, ce qui donne déjà un total de 225.000 m3. Mais le total général ne sera pas moindre de 45o.ooo m3. Ces déblais sont déposés, sur le plateau de la rive droite, dans le coude de Mont-houx. La plupart d’entre eux doivent être repris pour la construction des ouvrages définitifs, attendu qu'ils forment d’excellents éléments pour la fabrication du béton.
- Quand le Rhône aura été asséché, on aura encore, pour atteindre le rocher, à enlever le limon de son lit, sur une profondeur d’environ 23 m. Ce travail marquera la fin de la période préparatoire.
- Fig. 2. — Maquette de l’usine future de Génissiat (Compagnie nationale
- du Rhône).
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- Fig. 3. :— Barrage de Génissiat.
- Vue d’ensemble des têtes amont des dérivations provisoires (le 27 juin 1938).
- A chaque instant se présentent des problèmes dont la solution ne souffre aucun retard. Pour éviter qu’il en résulte un ralentissement dans les travaux à exécuter, il a été constitué un bureau d’études, qui fonctionne dans le calme nécessaire, en dehors de toute ingérence dans l’exécution.
- Au pied des deux prébâtardeaux, dont l’intervalle formera cuvette, il est prévu deux barrages-voûtes, dont celui d’amont, arasé à la cote 274 m 5o constitue la pièce maîtresse du projet contre les effets d’une crue. Ces tieux barrages-voûtes formeront les batardeaux définitifs étanches. C’est dans cette cuvette, de 260 m de long que seront édifiés le grand barrage et les deux usines.
- Le barrage définitif sera du type poids, à profil triangulaire, en béton. Il aura la forme d’un arc de cercle de 5oo à 600 m de rayon. Sa hauteur sera de 75 m au-dessus du lit du fleuve et de 100 m au-dessus des fondations. On réalisera, de cette manière, une hauteur de chute de 65 m, avec un débit maximum de 900 m3 par seconde. Son volume total atteindra
- 45o.ooo m3. Le débit maintenu dans le Rhône, en aval du barrage, ne devra pas être inférieur à 5.000 1 par seconde.
- Au pied du barrage seront construites deux usines hydroélectriques, une sur chaque rive, reliées entre elles par un bâtiment dans lequel seront logés l’appareillage de contrôle et un atelier de réparations. La puissance de chacune sera de 220.000 kw.
- CCette installation comprendra deux; stades. La première usine devra être achevée en iq43 et la seconde en 1945. Il est intéressant de faire, à i3 ans d’intervalle, la comparaison entre ces usines et celle du barrage de Kembs, qui date de 1932.
- Pour Kembs, la puissance installée est de 160.000 kw, la production annuelle de 800 millions de kw/h. Les frais d etablissement se montent à 5oo millions de francs qui donnent : 3.160 fr par kilowatt installé et o fr 62 par kw/h.
- Pour Génissiat, la puissance sera de 4i6.000' kw et la production de 1.810 millions de kw/h par an. L'estimation des frais donne le même chiffre pour le
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- premier établissement, 1.200 fr par kilowatt installé et o fr 28 par kw/h. Mais il faut, tenir compte du fait que les prévisions initiales seront forcément dépassées, par suite des augmentations de toute espèce et de la dévaluation subie à deux reprises par le franc. Néanmoins, on doit considérer, sans exagération d’optimisme, que l’opération sera avantageuse.
- Même en période d etiage, on peut affirmer que les débits seront suffisants pour assurer le fonctionnement régulier, à pleine charge, d’une usine pendant au moins 9 h par jour. Des transformateurs triphasés, qui élèveront la tension à 220.000 v, seront installés dans la gorge et reliés directement au poste de répartition.
- L’ouvrage est situé à 3go m de la gare d’Injoux, sur la ligne du P.-L.-M., à 9 km de Bellegarde et à 23 de la frontière suisse, jusqu’où s’étendra le remous créé par la retenue.
- La surface inondée sera de 320 hectares, donnant
- une capacité de retenue de 52 millions de mètres cubes. Le réservoir, ainsi constitué ne sera pas saisonnier, mais journalier ou hebdomadah'e. Chaque jour sera utilisée une tranche de 5 m de hauteur, dont la capacité utile atteindra environ 12 millions de mètres cubes.
- La crue la plus forte ayant été de 2.000 m3, on en a prévu le double comme débit maximum de crues à évacuer. 11 y sera pourvu au moyen d’une galerie provisoire de dérivation sur chaque rive, celle de la rive droite servant dé secours en cas de crue exceptionnelle. De plus, un canal superficiel d’évacuation, susceptible de débiter 3.000 m3 par seconde, sera creusé dans le plateau de la rive droite. Il prendra naissance dans la retenue, à l’amont du barrage et conduira les eaux jusqu’au ravin des Charmettes, d’où elles regagneront le Rhône.
- Pour la navigation, la solution la plus pratique se trouve dans la nappe d’eau formée entre le barrage et la frontière suisse, avec recours à un canal latéral, entre la voie ferrée et l’évacuation de crues. Dans la moitié Sud du plateau rocheux de la rive droite, entre le ruisseau des Charmettes et le ruisseau Baron, sera construite une écluse de trois grandes échelles, d’environ 22 m de chute. Après quoi, il ne restera plus qu’à se mettre d’accord avec la Suisse, au sujet des niveaux du lac Léman ce qui, jusqu’à ce jour, n’a pas encore été possible, mais finira par se faire.
- Le décret du 3 juillet précise que « le concessionnaire sera tenu de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que l’envasement de la retenue ne modifie pas le profil en long du fleuve en amont de la frontière suisse ».
- Du côté français, le lac du Bourget verra supprimer presque totalement ses variations de niveau, dont se plaignent les riverains et qui atteignent parfois, jusqu’à 3 m 5o. Il représentera un bassin naturel de compensation qui régularisera le débit du fleuve et rendra plus facile la navigation.
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- L’ensemble des travaux de Génissiat est une œuvre trop peu connue, qui fait le plus grand honneur à nos ingénieurs des ponts et chaussées, spécialisés dans les gi'ands barrages. Elle a, en outre, l’avantage de ne pas enlaidir des beautés naturelles qui ne le mériteraient pas.
- Avec le port Édouard Herriot, elle montre l’activité déployée par la Compagnie nationale du Rhône.
- G. de Raulin.
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- VITAMINES ET HORMONES
- I. LES VITAMINES
- Après les théories alimentaires reposant sur les rations rigoureusement chiffrées et composées, la nécessité d’un « indéterminé » se révéla dans toute nourriture et l’élude de cet indéterminé commença à livrer petit à petit le secret de facteurs actifs à des doses jusqu’alors inconnues. Les cinq ou six vitamines découvertes prirent alors figure de types définitifs. On parlait d’un l’égime complet lorsque ces éléments nutritifs étaient représentés dans l’alimentation.
- La découverte des premiers facteurs, la connaissance de leurs propriétés préservatrices et curatives et leur identification chimique s’accomplirent dans de telles conditions de rapidité que certains purent espérer atteindre avant peu les derniers mystères du problème. Il fallut bien vite se rendre compte de la faible valeur des résultats acquis par rapport à l’inconnu encore insondé.
- Définition des vitamines. — La question semble maintenant plus compliquée qu’à l’heure des premières découvertes. Karrer propose cette définition : des substances dont l’absence dans l’organisme humain ou animal provoque des manifestations de carence ou des maladies. Mais avant qu’une substance soit assez étudiée dans ses effets et son mode d’action, il est toujours difficile de préciser si on se trouve ou non en présence d’une vitamine. Szent-Gvôrgyi l’exprime très justement en ces termes : « Si, par exemple, « on trouve qu’en l’absence de certains acides gras non « saturés, un rat perd sa queue, on ne gagne pas grand’ « chose à appeler ces substances « substances antiperte de « queue » ainsi que nous disons vitamines antinévriliques, « antiscorbutiques, etc... ».
- Ce même savant émettait, l’an dernier, au sixième Congrès de Chimie Solvay, l’opinion qu’un seul lien commun existait entre les substances diverses rangées sous le nom de vitamines : « C’est, disait-il, leur comportement paradoxal dans l’alimentation; elles nous rendent malades si nous ne les ingérons pas, alors que toutes les autres substances du monde ne nous rendent malades que si nous les ingérons. Non seulement nous sommes malades si nous ne les consommons pas, mais nous pouvons ensuite nous guérir en les ingérant ».
- Ne connaissant rien du mode d’action des vitamines dans l’organisme, nous ne pouvons en effet les différencier à ce point de vue des autres substances qui jouent un rôle dans le développement de l’animal. D’autre part, au point de vue chimique, les vitamines ne se rangent pas dans une série de corps homogènes. Au contraire, elles présentent entre elles des différences de constitution, de constituants, de fonctions et de réactions chimiques qui les classent dans des catégories très éloignées les unes des autres. Dans les premières années, on a beaucoup insisté sur l’extrême petitesse des quantités actives. Or, on sait maintenant que 5o mgr de vitamine C sont nécessaires à l’homme par jour. Ce qui ramène à des proportions relativement grandes les doses infinitésimales d’autrefois. Enfin, l’un des caractères typiques des facteurs vitaminiques mis au début en lumière était leur élaboration exclusive dans le règne végétal. Il a fallu abandonner la rigueur de cette notion. Les herbivores, vivant sous nos climats, peuvent synthétiser la vitamine C, ce qui est pour eux une nécessité absolue en hiver lorsque les végétaux verts font défaut. De même, l’organisme animal élabore lui-même la vitamine A à partir d’une prévitamine, le carotène. Des carnivores, comme le chat par exemple,
- sonl inaptes à celle transformation parce qu’ils trouvent cette vitamine dans les éléments de leur nourriture. Enfin, la vitamine D peut prendre naissance chez l’homme en certaines conditions.
- Ces quelques exemples suffisent à montrer dans quel sens a évolué la représentation que se faisaient les savants de l’idée de vitamine; ils permettent en outre de comprendre de quelle façon celle évolution peut se poursuivre au cours des années à venir. En particulier, si une question a perdu son acuité, c’est celle de l’équilibre supposé entre les diverses vitamines ou entre les vitamines et les hormones. Il n’est pas douteux que des relations existent dans certains cas, mais on ne saurait les généraliser.
- La vitamine A. — Karrer a proposé l’an dernier de l’appeler axérophtol. Les prévitamines qui lui donnent naissance dans l’organisme animai sont d’origine végétale; ce sont des hydrocarbures caractérisés par une longue chaîne carbonée aux termes de laquelle sont fixés des noyaux cycliques à six atomes de carbone. Le principal de ces corps est le carotène, dont il existe quatre isomères; trois sont bien connus (a, |ï, y) et peuvent engendrer la vitamine A. La molécule de l’isomère (le plus répandu dans la nature) est coupé en deux par hydrolyse pour donner quantitativement deux molécules de vitamine A. Les deux autres composés qui ne sont point symétriques île possèdent pas un pareil rendement.
- On connaît encore deux autres prévitamines A; ce sont des corps de haut poids moléculaire qui renferment dans leur architecture moléculaire le même arrangement que le carotène. Artificiellement, on a préparé au laboratoire d’au Ires prévitamines A qui dérivent du carotène.
- La vitamine A possède une fonction alcool; sa formule moléculaire brute est C20ll3üO. Sa synthèse, qui a été poursuivie par de nombreux chercheurs, aurait été réussie l’an dernier mais on n’a pas encore isolé une véritable vitamine A artificielle, à l’état cristallisé.
- L’absence de vitamine À dans l’organisme se traduit par un arrêt total du développement chez les jeunes rats. Une affection particulière ne manque pas d’intervenir ; c’est la xérophtalmie, qui atteint animaux et enfants. Mais dans le mécanisme profond du principe vitaminique, les savants n’ont pas pu encore pénétrer. Il n’est pas douteux qu’il possède une grande importance dans la vie de la cellule, car il est très largement répandu chez les végétaux et les animaux.
- La vitamine : Aneurine. — Ce principe actif est remarquable au point de vue chimique par le fait qu’il renferme du soufre dans sa molécule. L’azote y est. aussi présent, mais la lactoflavine, ou vitamine B2, est également un corps azoté. La formule brute du chlorhydrate d’ancu-rine est. C12H18N4OSCl2. C’est un produit à réaction basique. Les travaux qui ont donné lieu à l’établissement de sa formule ont également permis d’arriver à sa synthèse par plusieurs voies, en ig3G.
- Elle paraît nécessaire dans l’organisme au métabolisme normal des sucres ; on lui prête le rôle de co-enzvme dans la dégradation de ces composés, c’est-à-dire qu’elle constituerait la partie active d’un facteur extrêmement complexe grâce auquel s’accompliraient certaines fermentations agissant sur les hydrates de carbone. Les affections qu’entraîne son absence ont été souvent décrites : le béri-béri chez l’homme, la polynévrite aviaire chez la poule, le pigeon, etc.
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- On sait qu’elle est localisée en particulier dans l’enveloppe du grain de riz.
- La vitamine B2 : Lactoflavine. — Elle est parfaitement connue. Ses propriétés chimiques ont été étudiées avec beaucoup de soin. En outre, les chercheurs ont réussi à pénétrer plus avant que pour les autres principes dans l’inconnu de son action biologique. Isolée chimiquement et synthétisée, elle se préscnle sous la forme d’une malière colorante jaune, cristallisée en aiguilles orangées. Sa formule est : C17H20N4Oü ; sa structure moléculaire comporte trois cycles à six sommets et une chaîne carbonée portant quatre fonctions alcools. Unie à une molécule d’acide phosphori-que, elle forme la cyloilavine (ou phosphate de flavine) qui, accolée à un groupement protéique déterminé donne naissance au ferment jaune de Warburg. Ingérée à l’état de phosphate dans ce complexe chimique qu’est le ferment jaune, la lactoflavine prend part aux échanges d’oxygène qui ont lieu dans les tissus. Le pigment jaune peut être rapidement réduit puis réoxydé, soit par l’oxygène de l’air, soit par tout autre oxydant ; il constitue dans le milieu cellulaire un accepteur d’hydrogène. C’est ce que l’on appelle un système oxydo-réducteur réversible. On ignore encore le détail de cette réaction, mais on sait qu’elle conditionne l’oxydation de certains corps connus. C’est un véritable transport d’énergie qu’effectue donc cette vitamine.
- L’avitaminose correspondante entraîne un arrêt de croissance chez le jeuire, une perle de poids rapide chez l’adulte; la mort survient assez vite. La lactoflavine fut ainsi nommée à cause de sa présence dans le lail ; elle est aussi abondante chez de nombreux aliments végétaux et animaux tels que les œufs, le malt, la levure de bi.ère, les épinards.
- La vitamine C : Acide ascorbique. — L’acide ascorbique dont l’action est observée depuis plusieurs années, fut isolé chimiquement en 1931 d’une façon inattendue. C’est au cours de travaux bien éloignés des vitamines que Szent-Gvôrgyi recueillit une substance possédant un grand pouvoir réducteur. Sa constitution se rapprochait beaucoup de celle des sucres. Au cours d’études plus approfondies, on ne manqua pas de reconnaître son identité absolue avec la vitamine C. Bientôt aucun doute ne subsista. La formule brute du composé est C6II806. Il possède une fonction acide et sa principale propriété chimique réside en son oxydabilité élevée qui en fait une vitamine très fragile. Sa synthèse fut réalisée dès ig33, et l’acide ascorbique synthétique possède l’activité intégrale du produit naturel.
- Actuellement sont en cours les travaux cherchant le rapport possible entre la constitution et l’activité de corps très voisins de la vitamine C.
- Il paraît probable que dans son agissement intime, l’acide ascorbique est surtout dominé par ses propriétés réductrices. On suppose (car rien de précis n’a encore été révélé à la connaissance des chercheurs! qu’il sert à maintenir à l’intérieur de la molécule un certain état d’oxydation défini. Son absence dans le régime alimentaire fait apparaître chez l’homme, le scorbut. De nombreux exemples sont connus où le manque d’aliments frais se traduisit par les affections si connues de cette maladie (lésions osseuses, hémorragies, chute des dents). La maladie de Barlow qui frappait des enfants, résultait d’une exagération dans l’emploi d’aliments stérilisés.
- La vitamine antirachitique. — Sa constitution chimique est parfaitement élabhe. Elle appartient au groupe des stérols, qui sont des composés de poids moléculaire élevé, jouant un grand rôle dans la physiologie végétale et ani-
- male. L’ergostérol, qui forme la prévitamine D, sc rencontre principalement dans l’ergot du seigle. En soumettant ce corps à l’action pholochimique des rayons ultra-violets, il se transforme en une série de composés : lumislérol, tachysté-rol, vitamine D,,, toxislérol, supraslérols. Si l’irradiation est trop prolongée, la vitamine D, peut elle-même être détruite. Ces composés ont la même formule brute : C28H440. Leur différence tient dans l’arrangement moléculaire. Mais serde 1), est douée d’un pouvoir antiraehitique.
- La vitamine D naturelle a été dès le début retirée de l’huile de foie de morue avant d’être préparée au laboratoire. Mais a-t-on obtenu dans les vases de verre des chimistes le même corps que celui préparé dans l’organisme de l’animal ? Des expériences récentes de Windaus et ses collaborateurs, ont démontré que, non seulement, produit naturel et produit synthétique ne sont pas les mêmes, mais encore qu’il existe dans la nature de nombreuses vitamines D, différant entre elles. Les stérols constituant les prévitamines possèdent une molécule assez complexe, dans laquelle les doubles liaisons entre atomes de carbone peuvent prendre des positions diverses. L’arrangement de ces doubles liaisons semble conditionner pour une part la possibilité de transformation du stérol (ou du dérivé stérolique) en facteur actif. Windaus est parvenu à fabriquer une vitamine D4, plus active sur le poulet que sur le rat, et une vitamine D3, qui ne serait autre que le principe même de l’huile de foie de poisson.
- Le mode d’action de la vitamine D est inconnu. Les seuls faits recueillis jusqu’ici ne constituent que les symptômes apparents d’un travail caché. On sait seulement que sont liés à l’absence de calciférol des troubles dans le métabolisme du phosphore et du calcium. Les affections frappent uniquement le tissu osseux en voie de développement. Les os continuent à croître, mais le cartilage persiste. Cette avitaminose, le rachitisme, n’est pas mortelle.
- De toutes les vitamines, le calciférol est le principe agissant à la plus faible dose connue : un millième de milligramme par jour suffit pour guérir le rat atteint de rachitisme.
- La vitamine E. —• Si la vitamine E est encore peu connue chimiquement, cela est dû à l’absence de test simple pour caractériser l’activité de la substance isolée. Les animaux nourris avec un régime privé de vitamine E ne présentent aucun trouble. Mais les femelles n’élèvent pas leurs petits; à la deuxième grossesse, une grande partie ne vient pas à terme ; à la troisième, les embryons ne se développent pas. Chez le mâle, les spermatozoïdes ont perdu leur mobilité et il se produit rapidement une dégénérescence de l’activité sexuelle.
- L’identification chimique de la vitamine E est la moins avancée des principales vitamines. Karrer, pour ne citer que lui, poursuivant des travaux très serrés, est parvenu à isoler trois ou quatre substances cristallisées de composition très voisine. Dans ces conditions, la séparation du principe actif se révèle particulièrement délicate, ces corps présentant une similitude chimique. Cependant les recherches de ce savant l’amènent à penser que la vitamine E pourrait être de nature lerpénique ; il lui attribue la forme brute de C30H50O et appelle les substances voisines des tritistérols. Les essais biologiques nécessaires pour atteindre le but sont en cours d’exécution.
- Remarquons pour terminer que parmi les « grandes » vitamines (A, B, C, D, E) la dernière n’a reçu aucun nom spécial. Si les quatre premières ont une identité chimique déjà établie : axérophtol, aneurine et lactoflavine, acide ascorbique, calciférol, l’ignorance dans laquelle nous som-
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- mes encore quant à la composition cle la vitamine E n’a pas permis de la nommer.
- Les dernières vitamines révélées. — Les travaux de ces dernières années ont fait apparaître une multitude d’autres vitamines dont la présence n’avait pas encore été mise en évidence, posant aux chercheurs une série de problèmes nouveaux. Aux cinq premières vitamines découvertes : A, B , B„, G, D, E, s’ajoutent maintenant les vitamines : B3, B4, Bfi, Bfi, II, J, K, L, P. Comme le dit P. Kar-rer, bientôt les lettres de l’alphabet suffiront à peine pour les désigner.
- Parmi les nouvelles venues, un grand nombre sont à peine supposées ; leur action physiologique n’est pas encore nettement décrite, leur mode d’action et leur individualité chimique sont totalement inconnus. Peut-être même quelques-unes ont-elles été nommées deux fois, sous des appellations différentes.
- B4 parait exister certainement. Elle est indispensable dans l’alimentation des animaux. B0 (appelée aussi vitamine II) est un facteur de caractère vitaminique ; son absence dans la nourriture des animaux provoque une dermatite particulière que B„ n’est pas capable de guérir.
- Si l’on ne connaît rien de la nature chimique de B4 et de B6 ou II, les vitamines Bg et B. sont encore plus mystérieuses. Il semble, en effet, qu’en dehors des vitamines connues, un facteur supplémentaire serait indispensable pour le développement normal de certains oiseaux : pigeons et
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- poules en particulier. Ces facteurs se rencontreraient dans les germes de froment, la levure, le foie. B3 serait sensible à l’oxydation et à l’élévation de température.
- La vitamine K serait un principe coagulant. La maladie qu’elle guérit ressemble assez au scorbut, mais la vitamine G n’a aucune action sur elle. En l’absence de Iv, le sang des animaux observés coagule moins facilement. La coagu-labilité normale reparaît par action de K. Celle vitamine liposolubie se trouve dans la graisse du foie de porc et dans beaucoup de plantes vertes (luzerne, chou...).
- Des auteurs japonais ont signalé et décrit la vitamine L, dont l’existence est encore très douteuse. Elle jouerait un rôle dans la lactation. On connaîtrait même un second principe L2, extrait de la levure.
- La vitamine .1 possède une remarquable action protectrice contre la pneumonie. Découverte par Ton Euler et Molm-berg, elle est abondante dans le cassis, le citron. La nature vitaminique du facteur P est discutée, car il n’a pas été observé d’avitaminose correspondante. En l’absence de C et P, les symptômes sont différents de ceux de l’avitaminose C simple. La carence en vitamine P ne se manifeste que si elle est accompagnée de carence en C.
- Une plus grande incertitude encore entoure la réalité d’une vitamine T, soi-disant iipo-soluble, liée à la thrombocytose.
- (a suivre).
- Maurice Daumas.
- = L’ANALYSE SPECTRALE = PAR LES RAYONS INFRA-ROUGES
- Notions générales sur les radiations inira=rou= ges. — Le spectre lumineux se prolonge au delà du rouge dans un domaine constitué par des radiations auxquelles notre œil est insensible, mais que l’on a pu étudier de diverses manières et notamment grâce à la chaleur qu’elles dégagent dans les milieux qui les absorbent et auxquelles on donne le nom de radiations ou de l'ayons infra-rouges. Ces radiations sont extrêmement faciles à obtenir : toute source de lumière blanche en fournit ; tous les appareils de chauffage en émettent abondamment, nous vivons continuellement au milieu d’elles.
- Mais si ces radiations sont faciles à produire, il n’en résulte pas qu’elles soient aisées à étudier. On ne peut guère les déceler que grâce à la chaleur quelles dégagent dans les corps qui les absorbent, et c’est à cette propriété qu’elles ont dû la dénomination incorrecte de radiations calorifiques sous laquelle on les a pendant longtemps désignées. En réalité, l’énergie transportée par toute radiation électromagnétique, à quelque domaine visible ou invisible qu’appartienne cette radiation, se transforme en chaleur lorsqu’elle est absorbée par un milieu matériel, en sorte que le terme de radiations calorifiques doit être entièrement abandonné.
- En principe, on peut déceler les radiations infrarouges au moyen d’un thermomètre dont le réser-
- voir a été recouvert de noir de fumée, mais ce récepteur manque de sensibilité. On doit lui substituer pour les recherches précises des récepteurs d’un maniement beaucoup plus délicat : pile thermo-électrique, radio-mètre, bolomètre.
- Sans doute, les radiations infra-rouges peu éloignées du domaine visible peuvent être enregistrées par des plaques photographiques que l’on a sensibilisées en incorporant à l'émulsion photographique diverses matières colorantes appartenant notamment au groupe des cyanines ; au moyen de la xénocyanine, par exemple, on parvient à photographier les radiations de la région comprise entre 0,9 p et 1,1 p en mettant en œuvre de très courtes expositions, et l’on peut aller au delà en utilisant des poses plus longues ; mais le domaine des radiations susceptibles d’être ainsi décelées es t relativement restreint, et c’est à des récepteurs thei’miques qu’il faut s’adresser pour les recherches de précision.
- Les radiations infra-rouges forment un spectre très étendu allant de l’extrémité de la région visible voisine de 0,8 p jusqu’aux radiations électromagnétiques constituant les ondes hertziennes de la télégraphie sans fil. En mettant en œuvre des techniques très délicates,- on a pu explorer le domaine des radiations infra-rouges jusqu’à des longueurs d’onde voisines de 3oo p ; mais l’étude des l'adiations dont la Ion-
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- gueur d’onde dépasse une centaine de microns présente de très grandes difficultés, car ces radiations, extrêmement absorbables, sont arrêtées par la plupart des substances connues et par l’air lui-même, en sorte qu’il devient nécessaire d’opérer dans le vide. Les radiations dont la longueur d’onde est inférieure à une vingtaine de microns sont beaucoup plus aisément accessibles et leur étude a fourni un nouveau moyen d’investigation de la matière qui s’est grandement développé depuis une dizaine d’années et qui a conduit à des résultats déjà fort intéressants. En France, cette nouvelle technique a fait l’objet d’importantes recherches de la part de M. Jean Lecomte, docteur ès sciences, attaché au Laboratoire des Recherches Physiques de la Sorbonne, et nous nous proposons, en faisant un large appel à ses publications, d’exposer très brièvement, d’une part, le principe des méthodes permettant d’étudier les spectres d’absorption ou de réllexion infra-rouges et, d’autre part, les applications les plus importantes qui ont pu en être faites à l’analyse chimique et à la détermination des structures moléculaires.
- Technique expérimentale. — Ainsi que nous venons de le mentionner, les radiations infra-rouges les plus faciles à étudier sont comprises entre l’extrémité du domaine visible (X = 0,76 p) et une certaine limite dont la longueur d’onde est voisine d’une vingtaine de microns ; mais la partie ainsi délimitée est encore très étendue puisque les fréquences des radiations quelle comprend, en adoptant les notations utilisées en acoustique, formeraient un intervalle de plus de cinq octaves, alors que le domaine visible n’atteint pas un octave. Pour déceler ces rayons, on ne peut utiliser la plaque photographique dont la sensibilité ne s’étend guère au delà de 1,2 p environ, ni certaines cellules photoélectriques (à la thalofide, à la molybdé-nite) dont le domaine de sensibilité n’est guère plus étendu. Il faut s’adresser à des récepteurs thermiques dans lesquels les radiations infra-i’ouges déterminent une élévation de température proportionnelle à leur intensité. Parmi les récepteurs de ce type doués d’une extrême sensibilité figurent les bolomètres, les piles-thermoélectriques, les radiomicromètres et les l’adio-mètres qui permettent d’apprécier des Arariations de température de quelques cent-millièmes ou même de quelques millionièmes de degré.
- Pour séparer les diverses radiations infra-rouges, on utilise des speclromètres qui diffèrent notablement par leur construction de ceux que l’on emploie dans le domaine des radiations visibles et des radiations ultra-violettes. Étant donné le petit nombre de substances transparentes pour les radiations infra-rouges que l’on peut utiliser, il n’est pas possible de constituer des lentilles qui seraient achromatiques, c’est-à-dire qui auraient un foyer à peu près constant pour l’ensemble des rayons infra-rouges du domaine envisagé ; aussi, pour faire converger les rayons, est-on obligé de remplacer les lentilles, ici inutilisables, par des miroirs métalliques ou tout au moins métallisés, c’est-à-dire
- recouverts d’une mince couche de métal. Dès que l’on s’éloigne un peu du visible (en pratique à partir de 3 environ), on ne peut plus utiliser des prismes en verre ou même en quartz et l’on est obligé de s’adresser à des substances d’un maniement plus délicat comme la fluorine, le sel gemme, la sylvine, le bromure de potassium, etc. Le tableau ci-dessous, emprunté à un travail de M. Lecomte, fait connaître pour chaque substance la zone possible d’emploi et la zone de meilleure utilisation.
- Nature du prisme Zone possible d’emploi Zone de meilleure utilisation
- Sulfure de carbone, du visible à 1,5 p. du visible à 1,5 p.
- Flint. » » à 2,5 » » à 2
- Ouartz » » à 3 de 1,4 à 3
- Fluorine » î> à 8 de 2,5 à 8
- Sel gemme » » à 16 de 8 à i5
- Sylvine (naturelle ou synthétique) . . . » » à 22 de 11 à 21
- Bromure de potassium (synthétique) 00 M de 18 à 28
- La figure 1 donne le schéma d’un spectromètre à rayons infra-rouges. La source se trouve en A, le faisceau de rayons qu’elle émet se réfléchit sur les miroirs concaves M, M1; M2 et sur le miroir plan m, traverse le prisme P et, après avoir été délimité par les fentes F1, Fo, arrive sur le récepteur R. Toutes les parties du spectromètre sont fixes, sauf le prisme P et le miroir m qui sont montés sur une plate-forme mobile autour d’un axe O. Si le prisme a été réglé au minimum de déviation pour une radiation quelconque, par exemple pour une radiation visible, seules atteindront le récepteur les radiations qui ont également traversé le prisme au minimum de déviation.
- L’étalonnage des spectromètres se fait, le plus souvent, en calculant la marche des rayons infra-rouges à travers le prisme d’après les indices de réfraction connus ; mais on peut également utiliser des méthodes interférentielles consistant en la production de franges dans le spectre au moyen de lames biréfringentes, de lames semi-métallisées, etc....
- Certains. spectromètres utilisent un réseau comme dispositif de dispersion ; mais la diffraction sur le réseau s’accompagnant d’une grande perte d’énergie, on est obligé de recourir à des récepteurs d’une extrême sensibilité et dont le maniement est très délicat. Certains artifices permettent d’atténuer en partie la perte d’énergie produite par la diffraction ; mais les réseaux correspondants, dits « échelette », ne peuvent être utilisés que dans un très faible intervalle spectral.
- Au lieu d’obtenir les spectres d’absorption point par point en notant, pour un grand nombre de longueurs d’onde, les indications fournies par l’appareil récepteur, il est préférable de procéder par enregistrement photographique continu (fig. 2 et 3). La méthode consiste à obtenir un enregistrement graphique sur une émulsion sensible (plaque ou papier photographique),
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- dans lequel les abscisses correspondent aux longueurs d’onde (données par la rotation du système dispersif que comprend le spectromètre) et les ordonnées à l’intensité de la radiation correspondante à cette longueur d’onde, telle que la fournit l’élongation de l’organe mobile du récepteur. Le graphique obtenu donne directement la répartition de l’énergie dans le spectre infrarouge.
- Pour étudier l’absorption des radiations infra-rouges. on mesure successivement l’intensité des radiations qui proviennent de la source : i° lorsque le composé à étudier se trouve sur le trajet du faisceau des radiations ; 20 lorsqu’il est enlevé.
- On détermine les spectres de réflexion, en comparant, pour chaque longueur d’onde, le pouvoir réflecteur du corps à étudier à celui que possède un corps
- Fig. 1. — Spectromètre à prisme.
- étalon, par exemple une couche d’argent fraîchement déposée, dont le pouvoir réflecteur est voisin de l’unité au delà de 2 ou 3 p.
- Intérêt pratique de l'étude du spectre infra= rouge. — Jusqu’à ces dernières années, le spectre infra-rouge avait été fort peu utilisé pour l’analyse à cause des difficultés considérables que présentait sa détermination. Les progrès récemment réalisés dans la construction des récepteurs et des galvanomètres, ainsi que dans la disposition des spectromètres, ont permis d’utiliser de manière vraiment pratique le spectre infrarouge pour l’étude des composés organiques ou minéraux.
- La détermination des spectres d’absorption ou de réflexion infra-rouge fournit des renseignements qui complètent utilement ceux que donnent les spectres lumineux ou idtra-violets et présente quelques particularités intéressantes.
- D’une part, en effet, on peut obtenir ces spectres sous des épaisseurs de quelques centièmes de millimètre ou même seulement de quelques microns, c’est-à-dire avec des quantités véritablement infinitésimales
- Fig. 2. — Spectromètre enregistreur pour le spectre infra-rouge.
- de matière. D’autre part, les radiations infra-rouges ne donnant lieu à aucune action photochimique, la détermination de ces spectres peut être prolongée ou répétée pendant un temps pratiquement indéfini sans que soit à craindre aucune altération ou transformation de la substance. Enfin, la plupart des composés organiques possèdent dans le domaine infra-rouge le plus aisément accessible (entre le visible et 20 p environ) un nombre important de bandes d’absorption distinctes pouvant servir à caractériser ces composés.
- Beaucoup de groupements fonctionnels se traduisent par des bandes d’absorption infra-rouges parfaitement déterminées, en sorte que l’apparition de certaines bandes peut être considérée comme indiquant la présence dans la molécule des groupements correspondants. En fait, la détermination du spectre infra-rouge constitue une méthode d’un grand intérêt pour l’étude de la constitution et de la structure des molécules organiques dont les indications précisent ou complètent celles que fournissent d’autres techniques, notamment celles basées sur les spectres d’absorption ultraviolets ou l’effet Raman.
- C’est ce que nous allons illustrer par un petit nombre d’exemples particulièrement démonstratifs, empruntés aux belles recherches de M. Lecomte.
- Fig. 3. — Dispositif d’enregistrement automatique.
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- Spectres d’absorption infrarouges des hydro= carbures et des alcools. — Les carbures saturés aliphatiques fournissent dans le spectre infra-rouge un grand nombre de bandes d’absorption. Celles-ci, étant donnée la constitution de la molécule, ne peuvent provenir que des vibrations se produisant entre le carbone et l’hydrogène ou entre deux atomes de carbone. Dans tout mode de vibration se présentent des vibrations fondamentales et des vibrations harmoniques qui correspondent à des fréquences 2, 3, ... fois plus grandes que celles de la vibration fondamentale, c’est-à-dire à des longueurs d’ondes 2, 3, ... fois plus petites. Les vibrations fondamentales relatives à la liaison C — H fournissent des longueurs d’onde voisines de 3,5 p (vibrations de valence) et 7 p (vibrations de déformation) tandis que les bandes relatives à la liaison C — C se placent au delà de 8 p ; en particulier, on observe une très forte bande vers 13,7 p pour tous les termes à chaîne droite et pour certains termes à chaîne ramifiée.
- Le spectre d’absorption infra-rouge permet de reconnaître la présence d’un alcool saturé aliphatique et de dire s’il est primaire, secondaire ou tertiaire. Le groupement OH caractéristique des alcools aliphatiques fournit, en effet, une vibration fondamentale donnant une longueur d’onde voisine de 3 p accompagnée de ses premiers harmoniques. En outre, suivant que l’alcool envisagé est primaire, secondaire ou tertiaire, son spectre comporte d’autres bandes qui permettent de préciser la nature de la fonction alcoolique.
- Distinction des isomères et des homologues. —
- Les spectres d’absorption infra-rouges permettent souvent de distinguer divers isomères. Ainsi, dans le cas des carbures saturés aliphatiques, les termes à chaîne droite ont des spectres différents de ceux que fournissent les termes à chaîne ramifiée. Dans le cas des alcools, les isoméries primaires, secondaires, tertiaires, se reconnaissent grâce aux bandes caractéristiques des fonctions primaires, secondaires, tertiaires. Dans le cas des carbures benzéniques, le spectre d’absorption infrarouge permet de caractériser les positions ortho, méta ou para des groupements substitués.
- Les spectres d’absorption infra-rouges éprouvent généralement des modifications régulières lorsqu’on envisage les termes successifs d’une même série homologue. A mesure qu’augmente le nombre d’atomes de carbone, il y a non seulement déplacement des bandes, mais accroissement de leur intensité. Si donc on a établi une fois pour toutes les spectres d’absorption de toute la série homologue à laquelle appartient un certain composé, l’observation du spectre infra-rouge de celui-ci permettra de l’identifier.
- Détection des impuretés et étude des mélanges.
- — En étudiant la variation que manifeste la bande X — 0,963 p (caractéristique du groupement OH) que présente le spectre de l’alcool butylique de plus en plus dilué dans le tétrachlorure de carbone ou le
- benzène. M. Freymann a reconnu que l’on pouvait déceler la présence d’une proportion d’alcool de l’ordre du millième.
- Dans un produit mis en vente sous le nom « d’or-tho-xylène pur », M. Lecomte est parvenu à mettre en évidence la présence de méta et de para-xylène, la limite de sensibilité de la méthode étant voisine de 1 pour cent.
- M. Lecomte a montré également qu’on pouvait contrôler la composition d’une essence de pétrole en comparant directement le spectre fourni par l’essence à analyser avec celui de l’essence choisie comme étalon, la comparaison est relativement facile à exécuter dans le cas où l’on dispose d’un spectromètre enregistreur.
- Le spectre d’absoi'ption infra-rouge peut être utilisé pour suivre la composition des différentes fractions de distillation d’une essence commerciale ; il permet en particulier de reconnaître aisément la présence ou l’absence d’un constituant déterminé dont on connaît le spectre infra-rouge, et ce résultat présente un certain intérêt pratique à cause des entraînements qui sont susceptibles de se produire au cours des distillations successives.
- Enfin M. Lecomte a appelé l’attention sur l’intérêt que présente l’étude du spectre d’absorption infrarouge pour l’analyse des huiles minérales ou végétales.
- Étude des composés minéraux. — La méthode d’analyse par les spectres infra-rouges ne se limite pas à l’étude des composés organiques. Elle a conduit dans le domaine de la chimie minérale à des résultats qui sont également d’un grand intérêt. Dans le cas des solides minéraux dont le pouvoir réflecteur est très élevé, on peut étudier le spectre infra-rouge non seulement sur le rayonnement transmis, mais encore sur le rayonnement réfléchi.
- Dans le cas où le composé que l’on désire étudier ne peut pas s’obtenir sous forme de lamelles, mais seulement sous forme de poudre, on peut encore étudier les spectres d’absorption en opérant sur une mince couche de matière pulvérulente. C’est ainsi qu’on est parvenu à étudier les spectres d’absorption d’oxydes tels que OMg ou OZn.
- En chimie minérale comme en chimie organique, les différents groupements chimiques se traduisent par des maxima d’absorption ou de réflexion infra-rouges caractéristiques. Ainsi, tous les carbonates présentent trois vibrations fondamentales propres au groupement CCD, qui se traduisent par des bandes d’absorption voisines de 6,5 p, n,5 p et i4 p. Dans les cristaux uni-axes négatifs, les vibrations relatives .à X = 6,5 p et X = i4 P appartiennent au rayon ordinaire et celles pour lesquelles X — n,5 p au rayon extraordinaire. Dans le cas des azotates et des sulfates, les groupements NO3 et SO4, traduisent également leur présence par des bandes caractéristiques.
- Sans insister sur les détails de structure de ces divers spectres d’absorption, pour lesquels nous renverrons aux mémoires originaux, il nous paraît intéressant de mentionner brièvement les résultats auxquels a con-
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- duit la considération du spectre infra-rouge en ce qui concerne l’étude de l’eau contenue dans les minéraux. En dehors de l’eau hygrométrique pouvant être fixée par adsorption, on distingue habituellement l’eau dite de constitution et l’eau dite de cristallisation.
- L’eau de constitution se rencontre dans des composés comme la manganite, la brucite, la gôthite, le dias-pore, etc., qui peuvent être chauffés à des températures élevées sans manifester aucune déshydratation ; pour tous ces corps, le spectre infra-rouge observé par transmission présente une très forte bande plus ou moins complexe vers X = 3 y, accompagnée de ses harmoniques.
- Dans le spectre des composés qui contiennent de l’eau de cristallisation, comme les aluns, les sulfates, les phosphates, etc., on retrouve toutes les bandes de l'eau, en particulier celles de longueur d’onde X — 3 p et X = 6 p qui sont très bien marquées, ainsi que leurs harmoniques. Ces résultats conduisent à penser qu’il n’y a pas de molécule OII2 dans la manganite, la brucite, le diaspore, etc., mais seulement des groupements OH, en sorte que les formules de ces composés semblent devoir être écrites : (OII)2Mn, (OH)2Mg, (OH)3Al, etc. Au contraire, pour les corps contenant de l’eau de cristallisation, les résultats obtenus indiquent qu’il paraît légitime, comme on le fait d’ailleurs habituellement, de mettre en évidence les molécules d’eau de cristallisation qu’ils renferment et d’écrire la formule d’un alun (S04)3A12, S04K2, a4 OH2.
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- Dans le cas des zéolites, «m admet généralement que l’eau n’est pas combinée chimiquement, mais se trouve seulement à l’état de solution solide dans la masse ; conformément à cette manière de voir, l’observation permet, de reconnaître dans le spectre infra-rouge de l’opa.e la présence de toutes les bandes d’absorption de l’eau ; si l'on soumet l’opale à une déshydratation progressive, les bandes de l’eau deviennent de moins en moins intenses, et, ainsi que l’a indiqué M. Lecomte, on peut déterminer la proportion d’eau présente dans l’opale par la mesure de l’intensité de la bande d’absorption /. = 3 p.
- Conclusion. — Les quelques exemples envisagés au cours de cet article suffisent, croyons-nous, à montrer les services que l’étude spectrale du rayonnement infra-rouge observé par réflexion ou par transmission, peut rendre en chimie organique ou en chimie minérale, tant pour l’analyse de produits complexes que pour élucider la constitution des corps. Les difficultés techniques que présente la détermination précise des spectres infra-rouges, quoique réelles, ç>nt été simplifiées au cours de ces dernières années, grâce principalement aux recherches de M. Lecomte et le spectro-rnètre à rayons infra-rouges peut dès maintenant faire partie de l’équipement d’un laboratoire de recherches bien outillé.
- A. Boutaric.
- LES EFFETS LUMINEUX DES DÉTONATIONS
- A la suite de l'article publié sur ce sujet dans notre numéro du 1er octobre 1938, nous avons reçu de M. l'Ingénieur Général des Poudres, H. Muraour, l'intéressante lettre qui suit :
- La Nature a publié, dans son numéro du ier octobre 1938, un article de M. H. Vigneron, relatif aux recherches que nous avons exécutées, en collaboration avec le Pr A. Michel-Lévy, sur l’origine des luminosités qui accompagnent la détonation des explosifs brisants. Cet article est remarquablement rédigé ; permettez-moi cependant de formuler à son sujet deux petites rectifications et de lui ajouter quelques renseignements relatifs aux spectres d’explosion.
- Ce n’est pas en utilisant les colliers de granules d’azoture de plomb qu’il a été possible d’obtenir dans l’argon les éclats lumineux si intenses dont la durée ne dépasse pas celle des étincelles électriques ordinaires (3 à 4 millionièmes de seconde), mais en faisant détoner dans une rigole circulaire o cm3 4 d’un mélange à combustion complète de tétranitrométhane et de toluène. Cet explosif que nous avons étudié lors de la dernière guerre est l’un des plus puissants et sa brisance dépasse de beaucoup celle de l’azoture de plomb.
- En ce qui concerne l’explication des phénomènes observés en faisant détoner ce même explosif dans une rainure pratiquée sur la face supérieure d’un cylindre de plomb (projection par arrachement de pellicules métalliques sur les parois latérales qui ne sont pas atteintes par les gaz de l’explosion), il ne peut s’agir du simple effet d’une brusque dépression. En réalité, l’onde de choc, après avoir traversé le bloc métallique, communique aux dernières couches de molécules une énergie cinétique assez grande pour qu’une
- véritable pellicule métallique soit arrachée et projetée en avant.
- Un mot sur les spectres obtenus. En dehors du spectre continu intense que l’on peut enregistrer au maximum de luminosité en faisant détoner dans l’argon et dans la rigole circulaire le mélange tétranitrométhane plus toluène (spectre dont la répartition énergétique paraît assez voisine de celle du tube à hydrogène et dont l’étude est en cours), il est possible d’obtenir des spectres de lignes par différents artifices, introduction de vapeurs métalliques dans l’argon, pulvérisation dans l’argon d’une très mince feuille métallique placée presque au contact de l’explosif, détonation de l’explosif dans un cylindre de cellophane renipli d’argon fermé par un cône métallique se terminant par un tube. Le spectre de la luminosité qui s’échappe du tube est alors le spectre du métal utilisé à la confection du cône. On obtient par ces méthodes et avec une seule détonation, soit avec un temps de pose de l’ordre de 4 millionièmes de seconde, des spectres de types très différents, avec ou sans raies d’absorption, qui présentent la particularité remarquable de ne pas être des spectres de flammes (spectres de basse température), mais, au contraire, des spectres dans lesquels on peut identifier non seulement des raies d’arc mais de nombreuses raies d’étincelles. De tels spectres n’avaient pu être obtenus jusqu’ici qu’en utilisant des phénomènes électriques (arc, étincelle, etc.). Pour la première fois, il a été possible de les obtenir sans utilisation d’un champ électrique extérieur et ce résultat est particulièrement intéressant. h. MURAOür,
- Ingénieur général des Poudres.
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- ..... LA MODERNISATION
- DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- Divers édifices, situés à Paris ou dans d'autres villes de France, abritèrent tour à tour les collections de manuscrits, de livres, de cartes géographiques, d estampes, de médailles et d’antiquités, qui, successivement accrues »au cours des siècles, se trouvent réunies maintenant dans la Bibliothèque Nationale. Charles V songea le premier à faire dresser l’inventaire de sa « Librairie ». Celle-ci, lors de sa mort (i38o), comptait q5o manuscrits, logés dans la Tour du Louvre. Sous François Ier, on transporta la Bibliothèque royale au Palais de Fontainebleau et Louis XIII la fit ramener dans la Capitale, rue de La Harpe. Mais, vu le développement pris par la production littéraire sous le règne de Louis XIV, il fallut bientôt la loger plus à l’aise. Colbert l’installa donc dans deux maisons qu’il possédait rue Vivienne puis le Régent la fit passer dans l’hôtel voisin de Nevers, devenu libre par suite de la faillite du célèbre banquier Law. Ces bâtiments formaient une partie de l’ancien Palais Mazarin, qui comprenait, en outre, les hôtels de Chivry et de Tubeuf, que la Bibliothèque devait occuper, de proche en proche, par la suite.
- A partir de i854, la Bibliothèque Impériale subit une série d’importantes transformations, nécessitées par l'amoncellement livresque sans cesse croissant. Jules Taschereau, son administrateur d’alors, remarquablement secondé par l'architecte Henri Labrouste, dressa les plans. Ce dernier se montra, du reste, un novateur hardi, soit en employant la fonte et le fer-dans la reconstruction du Magasin central des imprimés, qu’il mit à proximité de la Salle de travail de
- façon à faciliter la communication des livres aux lecteurs, soit en adoptant des planchers à claire-voie dans les galeries, soit en se servant de l’éclairage vertical par vitrages.
- En 1878, l’expropriation des immeubles mitoyens des rues Colbert et Vivienne permit la continuation de cette entreprise de longue haleine car, sur ces emplacements, les architectes J.-L. Pascal (1875-1912) et A. Recoura (1912-1932) construisirent l’aile nord de l’établissement, les bâtiments en façade sur la rue Vivienne et sur le jardin ainsi que la « Salle ovale » terminée seulement en 1932.
- PLAN DE MODERNISATION EN COURS D’ACHÈVEMENT
- A ce moment, la Bibliothèque Nationale occupait en entier le vaste quadrilatère bordé par les rues Richelieu, Colbert, Vivienne et des Petits-Champs. Mais hélas, elle y étouffait avec ses U millions de volumes ou de manuscrits et ses nombreux paquets de journaux de province qui s’étalaient sur plus de i3 km de rayonnages. Son administrateur général, M. Julien Cain, avisa donc à désembouteiller les divers départements du célèbre établissement aux destinées duquel il préside encore. Avec l’aide de son architecte en chef, M. Roux-Spitz, il di'essa un original plan de grands travaux, qui, après avoir reçu l’approbation des Pouvoirs publics, est en train de s’achever.
- Comme la Bibliothèque Nationale ne pouvait s’étendre en surface, vu le coût exorbitant des expropriations en plein centre de la Capitale, on creusa sous l’établissement et ses cours afin de trouver, dans des souterrains convenablement aménagés, de quoi décongestionner le département des imprimés et loger les services généraux en les modernisant.
- On exécuta d’abord une tranche verticale d’aménagements intéi'ieurs, dans le bâtiment en bordure de la rue de Richelieu, pai’allèle-ment à la Salle de travail des imprimés de façon à y établir, en sous-sol, une salle nouvelle ouverte en 1934. Elle est destinée à la consultation des catalogues et des répertoires bibliographiques. Cette pièce, dont un escalier, débouchant dans un coin de la salle des imprimés rend l’accès facile au public, se trouve éclairée latéralement par de larges baies retaillées dans les anciens soupiraux. Les livres, répertoires ou fichiers y sont installés dans des casiers, sis de part et d’autre du bureau du bibliothécaire ou logés soit dans des meubles, soit dans des niches murales. En outre, cinq tables de consultation disposées dans la partie centrale et divers pupitres permettent à 48 lecteurs le travail assis ou debout.
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- Au premier étage, on a modifié heureusement une série de petites chambres où se trouvaient rangées, de façon incommode, les collections musicales. En mettant ces dernières dans des casiers modernes, on a récupéré les 4/7 de ces locaux. Il a suffi d’abattre les cloisons puis de renforcer le plancher, pour pouvoir donner une Salle dite « de la réserve » où le public pourra consulter les éditions rares, les livres de luxe ou les volumes revêtus de riches reliures, qu’on ne saurait transporter fréquemment jusqu’à la Salle de travail sans risques de détérioration. On a donc aménagé cette pièce, longue de 19 m et large de 6 m 60 à proximité du magasin de la réserve où l’on conserve les joyaux les plus précieux de la Bibliothèque Nationale. Cette salle prend jour sur la rue de Richelieu par quatre hautes fenêtres munies de grands rideaux doublés de toile blanche ignifugée, les murs sont de couleur ivoire et le sol recouvert d’un linoléum clair. Vingt lecteurs peuvent y travailler d’une façon confortable, chacun d’eux disposant d’une table individuelle avec pupitre à taquets et petite lampe nickelée à éclairage orientable ; ils trouvent également autour de la salle, soit dans des casiers muraux, soit sur des rayonnages, les ouvrages de références bibliophili-ques dont ils ont besoin.
- SERVICE DU CATALOGUE ET DEPOT LÉGAL
- D'autre part, on a remplacé le mobilier désuet du Service clu catalogue afin de le moderniser. On a mis à nu la maçonnerie de la salie, qui mesure 02 m 60 de long sur une largeur et une hauteur de 6 m 5o, puis on a substitué, aux lattes de bois du plancher, du béton armé qu’on a couvert de linoléum. Ensuite, on a ménagé dans cette longue galerie, un large couloir central, dont les murs de gauche sont garnis d’armoires métalliques et à droite d’une cloison en bois vitrée à mi-hauteur. Perpendiculairement à celle-ci, cinq panneaux semblables forment cinq compartiments chacun en face d’une haute fenêtre et permettant aux divers fonctionnaires d’accomplir leur besogne quotidienne dans un isolement nécessaire.
- Tout papier imprimé en France (sauf les impressions commerciales ou cartes de visite) depuis la plus petite brochure jusqu’aux plus gros volumes, jusqu'aux affiches, journaux, revues et gravures doit parvenir, en effet, en double exemplaire, au Dépôt légal institué par François Ier en 1037 puis remanié à diverses époques, notamment par Napoléon Ier en 1810, précisé enfin par les lois du 29 juillet 1881 et du 29 juillet 1925. Aujourd'hui donc l’imprimeur dépose un exemplaire au Ministère de l’Intérieur qui le transmet à la Bibliothèque Nationale ; de son côté, l’éditeur en remet un directement rue de Richelieu. La Bibliothèque Nationale conserve alors ce dernier et dirige l’autre, selon sa nature, vers telle ou telle bibliothèque parisienne ou provinciale. Un décret du 29 décembre 1988 oblige, en outre, l’imprimeur et l'éditeur à procéder de façon identique pour les périodiques tandis que le gérant doit envoyer deux exemplaires de ces
- Fig. 2. — line partie du Magasin central des Imprimés à la Bibliothèque .Xalionalc.
- (Ce magasin central occupe une superficie de 1.218 m2 répari io sur o étages dont un sous-sol). .
- feuilles à la Bibliothèque Nationale et deux autres au Parquet.
- Les exemplaires de ces imprimés conservés rue de Richelieu passent ensuite au Service du catalogue, dont nous venons de décrire ci-dessus l’installation moderne. Là, des bibliothécaires, des chartistes et des manutentionneurs vont donner une cote correspondante à leur genre, polycopier à la machine les fiches dactylographiées concernant chacun d'eux, relier par une agrafeuse les brochures ou envoyer à l'atelier de reliure les volumes plus importants, etc. D’autre part, on prépare à la Bibliothèque Nationale, la Bibliographie de la France, organe du Cercle de la librairie, où paraissent chaque semaine, les notices des ouvrages et des périodiques nouvellement déposés. Lesdites notices imprimées et les anciennes fiches manuscrites sont ensuite fusionnées et forment la matière du Catalogue général par noms d'auteurs dont six ou sept volumes paraissent annuellemenet. Ce catalogue aura près de 200 volumes in-8° à deux colonnes et il y en a seulement i45 de parus aujourd'hui (La lettre R est en cours d’impression).
- Les chiffres suivants donneront une idée de l'importance d’une telle besogne. En 1987, la Bibliothèque
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- Fig. 3. — Une travée du magasin central des Imprimés.
- (L’employé recherche un livre demandé par un lecteur).
- Nationale a reçu 76.035 imprimés (dont i3.352 provenaient d’éditeurs, io.4oo d’échanges universitaires, 17.500 de dons ou acquisitions) et environ 1.100.000 numéros de journaux ou périodiques sans compter 3.275 morceaux de musique et i.3oo publications de la « Société des Nations » ! Il faut enregistrer, cataloguer, agrafer, relier et aiguiller vers son rayonnage toute cette montagne d’impressions diverses. On le voit', la tâche n’est pas mince.
- AMÉNAGEMENTS ET TRAVAUX NEUFS
- La partie la plus originale sans doute des nouveaux aménagements de la Bibliothèque Nationale consiste dans l’utilisation des caves, situées tout autour de la cour d’honneur et qui s’étendent sur une superficie de 2.000 m2. On a commencé par creuser une « cour anglaise » large de 1 m 60 et profonde de 2 m 70 puis, sous chacune des fenêtres de façades des quatre bâtiments, on a ouvert une baie dans les gros murs, ce qui a permis d’augmenter ceux-ci d’un étage bien éclairé et aéré. On a pu alors y installer le sei’vice de la reliure, les lavabos, le réfectoire et le vestiaire des gardiens qui encombraient le rez-de-chaussée et surtout l'atelier de photographie. Ce dernier comporte deux laboratoires, situés dans la partie souterraine
- qu’aveugle le large perron d’entrée et pourvus d’un outillage des plus perfectionnés : lampes à vapeur de mercure, appareils redresseurs d’images pour la photographie directe en a blanc sur noir », chambre de reproduction sur films, séchoir rapide, etc. Cet office peut, grâce à cet équipement ultra-moderne, exécuter tous travaux photographiques pour le compte du public et reproduire n’importe quel document sans crainte de les voir abîmer par des disciples de Daguerre étrangers à l’établissement.
- Enfin l’ouverture d’un dépôt annexe à Versailles, dont nous parlons plus loin, a permis d’évacuer des collections de journaux de province et autres périodiques locaux peu consultés. Dans les rez-de-chaussée et souterrains ainsi libérés, on a installé des bureaux et magasins ressortissant du Dépôt légal. On y a aménagé en particulier, i.3oo m de casiers pour traiter les journaux qui arrivent à la Bibliothèque au nombre de 1.100.000 environ chaque année tandis que la fermeture de la Salle publique de lecture à la fin de 1934 a permis de remplacer l’escalier en bois donnant accès au Pavillon d’angle Richelieu-Colbert par un autre en béton armé donnant plus de sécurité.
- RÉCENTES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- L’aménagement d’importants sous-sols, la modernisation des différents services, l’éclairage, le chauffage et la « climatisation » de locaux aussi divers que le magasin central des imprimés avec ses six étages de rayons ou la salle de travail, par exemple, ont nécessité non seulement de nombreuses installations électriques nouvelles, mais ont posé aussi de délicats problèmes techniques ingénieusement résolus.
- La C. P. D. E. fournit le courant à la Bibliothèque Nationale en diphasé 12.000 volts 5o périodes ; il y
- Fig. 4. — Bureau de dépôt légal à la Bibliothèque Nationale. (Tout éditeur doit y remettre un exemplaire des livres qu’il publie).
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- arrive dans une cabine de haute tension comportant trois groupes de transformateurs que des dispositifs Ariès mettent automatiquement en service, suivant la puissance nécessaire dans chaque cas d’utilisation et sans intervention de personnel. Sur le tableau de distribution, peint au vernis cellulosique de teinte gris-clair, se trouvent rassemblés tous les départs avec un disjoncteur général, des interrupteurs particuliers, des ampèremètres compteurs et autres appareils de mesure. En cas de panne du secteur, un groupe auxiliaire, comportant un moteur à essence de 45 ch, accouplé à un alternateur de 25 lcv, se met automatiquement en route dans un délai de 3o s environ et débite sur les circuits de secours, alimentés, en outre, pendant ces courts instants, par des batteries d’accumulateurs ayant une capacité de 35o ampères-heure. Ce groupe s’arrête de lui-même, une fois la panne terminée. Quant aux canalisations principales, des câbles armés à 5 conducteurs pour la lumière et à 4 conducteurs pour la force motrice, les constituent. Naturellement, les modes d’éclairage varient selon les locaux. Ainsi, dans les halls de consultation des imprimés et des périodiques, des lampes à pied éclairent les tables de lecture tandis que dans la salle de la réserve, l’éclairage individuel coexiste avec un éclairage général. Dans la grande galerie d’exposition, pendent au plafond des lustres électriques à cristaux et dans la petite salle d’exposition du rez-de-chaussée, on emploie l’éclairage indirect. Dans les magasins, l’éclairage se fait par demi-réflecteurs en métal chromé spécialement étudiés à cet effet par la maison Ch. Mildé fds et Gie pour les travées de livres. Pour les bureaux, on s’adresse à l’éclairage par diffuseurs en verre opalin. D’une façon générale, les canalisations d’alimentation sont en fils isolés sous tubes d’acier vissés, sauf celles des nouveaux magasins de livres pour lesquels on se sert de câbles blindés incombustibles. Quant aux lam-
- Fig. o. — Salle du Service du catalogue.
- La personne de gauche polycopie à la machine les fiches dactylographiées et son voisin agrafe les brochures.
- En arrière à gauche : les la compartiments des bibliothécaires ;
- à droite du couloir central : des armoires métalliques.
- Fig. 6. — Un coin des laboratoires photographiques de la Bibliothèque.
- (Cet appareil redresseur d’images permet la photographie directe des documents en blanc sur noir).
- pes placées dans les rangées de livres des magasins, des minuteries à temps réglable les alimentent. On utilise encore l’énergie électrique pour actionner les ascenseurs, les monte-charges et l’installation des tubes pneumatiques ainsi que les régulateurs de « climatisation », qui nécessitent, à eux seuls, plus de ioo ch. Enfin une cuisinière électrique fonctionne pour le restaurant de la Bibliothèque Nationale tandis que des réchauds et divers chauffe-eaux également électriques se trouvent dans les réfectoires ou les lavabos du personnel.
- Comme nous ne pouvons pas entrer dans les détails du fonctionnement de tous ces ingénieux mécanismes, nous nous contenterons d’abord de montrer comment l’électricité facilite le voyage des livres à travers la Bibliothèque Nationale.
- Bevenons à la salle de travail des imprimés. Le lecteur qui désire y consulter un volume commence par rédiger deux bulletins, l’un individuel sur lequel il inscrit simplement ses noms, adresse et place, l’autre à talon sur lequel il note indépendamment de ses noms, adresse et place, l’auteur, le titre et la cote du livre en question. Puis il porte ses deux bulletins au bureau du bibliothécaire installé au milieu du hall. Ce fonctionnaire passe le bulletin individuel à un garçon, qui se tient auprès de lui et qui le conserve tandis qu’un autre employé envoie, par tube pneumatique, le bulletin de demande à un de ses collègues de service au magasin central des imprimés. Celui-ci prend la cartouche à l’arrivée, en retire le bulletin puis va dans la travée chercher le livre indiqué, laisse en place le talon du bulletin dont il met l’autre partie dans le livre et porte ce dernier au monte-charge. Des chariots récoltent, à intervalles réguliers, le contenu des monte-charges et l’emportent vers la salle de travail. Le volume est alors remis au lecteur, à la place indiquée sur son bulletin. En le lui donnant, le gardien en
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- Fig. 7. — Tube pneumatique d’arrioée des bulletins de lecteurs au magasin central des imprimés.
- (L’employé lient en mains une cartouche d’où il va retirer le bulletin de demande d’un lecteur).
- relire le bulletin que conservera le conlrôle. Après consultation de l'ouvrage, le lecteur le reporte au bureau et on lui rend son bulletin individuel avec la mention « rendu », qui lui sert de laisser-passer au sor-lir de la salle.
- LA « CLIMATISATION » DES LOCAUX
- Mais pour conserver, manutentionner, inventorier et consulter les richesses de la Bibliothèque Nationale, personnel ou public doivent pouvoir travailler sans se geler en hiver ou sans trop souffrir de la chaleur pendant l’été. Tous les locaux sont donc chauffés ou refroidis convenablement ; on les a, en un mot climatisés d’une manière adéquate à la destination de chacun d’eux.
- Maintenant on a remplacé les anciens calorifères par une chaufferie centrale alimentée en vapeur à pression constante de 6 kgr par la compagnie « Le Chauffage urbain ». Du collecteur général, partent de nombreux circuits desservant toutes les parties du bâtiment. On a adopté le système de chauffage à eau chaude dans les appartements, les sous-sols et les locaux dans lesquels on désire que la température pendant les arrêts ne descende pas au-dessous d’une certaine valeur reconnue la meilleure pour assurer une bonne conservation des livres, manuscrits ou estampes. Pour le magasin central des imprimés, on utilise le chauffage et la ven-
- tilation par air chaud humidifié. Enfin pour tous les bureaux, galeries publiques, salles de lecture ou d’exposition, on les chauffe et on les réfrigère suivant les saisons. Cette climatisation nécessite des batteries primaires et secondaires chauffées à la vapeur ainsi que des batteries de pulvérisateurs et frigorileres employant l’eau de rafraîchissement qu'amènent, d’un puits artésien creusé sous la Bibliothèque Nationale, des pompes de puisage et de pulvérisation. Ce système de chauffage très complexe installé par la maison Tun-zini comporte une très originale régulation automatique par les procédés H. Moreau dont voici la conduite générale.
- Tous les matins, le tableau « climatique », sur lequel vont s’allumer, tour à tour, le jolies petites lampes-témoins rouges, vertes ou jaunes, « éveille » la chauf-jerie à une heure d'autant plus matinale que la température extérieure est plus basse et que l’arrêt du chauffage ayant duré plus longtemps, les locaux se trouvent plus refroidis. Dès que le starter a déterminé cet instant de mise en route, la régulation automatique s’opère aussitôt. Elle commande l’ouverture des détendeurs de jour, la fermeture des détendeurs de nuit, met en marche la turbo-pompe assurant la circulation dans les circuits d’eau chaude, arrête les peti-
- Fig. S. — Les livres demandés par les lecteurs sont mis sur chariot pour les amener à un des monte-charges qui desservent les étages de la Bibliothèque.
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- les pompes de nuit destinées à l’entretien du mouvement de l’eau dans certains circuits, ouvre automatiquement les vannes des échangeurs et des circuits utilisés, met enfin en service des ventilateurs et des cabines de conditionnement. Le soir, les manœuvres inverses s’effectuent encore automatiquement aux heures indiquées pour chaque circuit. Ces opérations se renouvellent quotidiennement sauf le dimanche où seuls fonctionnent les dispositifs de remise en route du chauffage des salles d’exposition parfois ouvertes ce jour-là.
- D’autre part, aussitôt que le starter a « éveillé » la chaufferie, les températures de Veau ou de l’air, dans chacun des circuits se règlent encore automatiquement. Les régulateurs Moreau agissent soit en fonction de la température extérieure quand les bâtiments ressentent son influence, soit en fonction de la température intérieure lorsque les locaux, soustraits à l'ambiance atmosphérique, subissent néanmoins les effets d’une foule plus ou moins nombreuse. Ces instruments commandent également les pulvérisateurs et les pompes d’eau froide, qui conditionnent l’état hygrométrique de l’air, de façon à obtenir dans les salles occupées par du personnel de la Bibliothèque ou par le public, une humidité de 60 pour ioo avec une température de 2o° à 22°.
- Le passage de l’hiver au printemps, du printemps à l’été, de l’été à l’automne, de l’automne à l’hiver s’effectue aussi d’une façon automatique. Les régulateurs passent insensiblement du chauffage à la réfrigération suivant les besoins. Comme toutes les manœuvres se trouvent signalées par des hublots de couleurs différentes sur le tableau de régulation, l’électricien n’a qu’à jeter un regard sur ce dernier pour connaître à tout moment le « climat » de tous les locaux de la Bibliothèque Nationale tandis qu’un poste de lecture et d’enregistrement, sis à proximité de la salle de com-
- Fig. U. — Le Tableau de climatisation système Moreau.
- (Il éveille la chaufferie à une heure d’autant plus matinale que la température extérieure est plus basse et que l'arrêt du chauffage a duré plus longtemps).
- mande, lui permet, de contrôler les températures et l’humidité de chaque salle, magasin, bureau, galerie, étage ou sous-sol. Enfin pour'éviter des accidents, des dispositifs de sécurité existent soit pour remettre automatiquement l’installation en service si la température extérieure risque de provoquer le gel d’une partie des organismes au repos, soit pour signaler l’arrêt des appareils susceptibles de déterminer des incidents de marche. Quand on songe que deux ou trois hommes suffisent pour assurer la marche normale de cette (( usine climatique », on ne peut qu’admirer la perfection de tous ses rouages.
- Dans un prochain article, nous verrons comment fonctionne le dépôt annexe de Versailles.
- Jacques Boyer.
- = LES PROBLÈMES DES MINES TRÈS PROFONDES =
- Les mines d’or du Witsvatersrand sont parmi les plus profondes du monde, descendant jusqu’à 2.4oo m. Ceci s’explique très facilement quand on pense à la valeur du minerai qui en est extrait, tandis que pour le charbon, par exemple, ou le fer, au-dessous d’une certaine profondeur et quelle que soit la richesse du gisement, les frais d’extraction et d’entretien des mines grèveraient le produit extrait d’une façon prohibitive.
- Il n’en est pas de même pour l’or et les ingénieurs envisagent maintenant de poursuivre le filon encore plus bas. Ils parlent d’aller jusqu’à des profondeurs de 3.6oo m environ.
- A ees profondeurs considérables se posent des problèmes techniques nouveaux dont nous allons dire quelques mots. La fourniture d’oxygène et d’air respirable est très facile à résoudre car, même actuellement^ les quantités fournies sont supérieures à celles qui pourraient être nécessaires. La difficulté réside essentiellement dans le maintien de la température et de l’humidité dans des limites où le travail manuel reste possible. Un homme travaillant à pleine puis-
- sance dégage environ 260 cal. par heure qui s’éliminent en grande partie sous forme de sueur. Si l’atmosphère est trop humide pour que l’évaporation de la sueur puisse se faire, la température du corps s’élève et le travail devient impossible. Les chiffres relatifs aux quantités de chaleur dégagées dans les mines profondes et qu’il s’agit de combattre pour permettre l’exploitation sont stupéfiants à première vue. Dans le Witswatersrand, si on prend comme température superficielle moyenne i5°, à 3.600 m de prof on: deur, d’après le degré géothermique du lieu, la température s’élèvera à 49° environ. La chaleur provenant des roches peut être évaluée à 10 millions de grandes calories par heure. A cette quantité déjà formidable, il faut en ajouter d’autres : la principale est •'J'auto-compression de l’air envoyé dans la mine par suite de la différence de pression atmosphérique au sol et 3.Coo m plus bas. Elle atteint à l’heure actuelle, dans les mines existantes, 5 millions de calories à l’heure. Si on évalue la chaleur dégagée par les travailleurs, les explosifs, les machines de toutes natures fonctionnant au fond, on peut évaluer de 10 à 20 millions
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- de calories la chaleur que les ingénieurs devront éliminer par heure.
- Une notable proportion est d’ailleurs entraînée automali- . quement par l’air assurant la ventilation et, en faisant le bilan de l’installation d’aération, on arrive à des résultats assez curieux. C’est ainsi que pour chaque tonne de minerai ! extraite du puits, il a fallu faire circuler de 5 à io t d’air dans la mine et que par 20 t extraites, la ventilation enlève environ 1 t d’eau dans la mine. Cette haute teneur en humidité dans les mines du Rand est due à l’emploi de l’eau pour éviter la silicose des mineurs, car les roches, lorsqu’on les désagrège à l’aide des explosifs, donnent des poussières siliceuses coupantes qui attaqueraient les poumons.
- La solution qui se présente le plus naturellement est de forcer la ventilation. Mais on arrive à une limite et au delà, il faut chercher un autre procédé de réfrigération. Les études et expériences ont montré qu’il fallait remplacer l’air, comme milieu de transport de frigories par des saumures, analogues à celles utilisées dans les installations frigorifiques : solutions de chlorure de calcium ou de magnésium ; et d’autre part qu’il fallait déterminer avec soin les régions de la mine devant avoir la priorité de refroidissement.
- La centrale de réfrigération, si elle est placée à la surface
- du sol, nécessitera dans le puits de mine, l’installation d’échangeurs de température, à différents étages de profondeur, car la pression hydrostatique seule, dans le cas d’une descente d’un seul jet, atteindrait plus de 35o kgr par centimètre carré sur les canalisations du fond. Aussi la question est-elle envisagée d’installer les machines frigorifiques dans les galeries inférieures. C’est une question de frais d’exploitation sur lesquels les ingénieurs ont déjà des renseignements puisque dans la New Consolidated Goldfield Mines l’usine est à la surface tandis qu’à la Rand Mines elle est souterraine. Ces mines ont des profondeurs de l’ordre de 2.3oo m.
- D’autres questions sont aussi à examiner; par exemple, comment se comporteront les ouvriers à la différence de pression atmosphérique ; les puits de descente et d’extraction devront-ils être continus, de la surface jusqu’à 3.000 m ou au contraire en sections pour que la pression latérale des terrains ne les fasse pas s’effondrer ?
- On voit que si le problème par lui-même n’est pas en dehors des possibilités techniques actuelles, il pose des questions accessoires très importantes et qui intéressent le physiologiste aussi bien que l’ingénieur.
- Ii. Vigneron.
- === PROPRIÉTÉS PIÉZO-CHIMIQUES DES ULTRA-SONS = CENTRIFUGEUSE ULTRASONORE. CATALYSEURS PHYSIQUES
- Les ultra-sons peuvent produire des activations chimiques et déclencher des réactions telles que la déflagration des substances explosives sensibles au choc ou le noircissement de plaques photographiques. Les recherches dans cette direction se poursuivent actuellement avec ardeur et nous réservent bien des surprises.
- Le Dr Marinesco, de l’Institut de Biologie physico chimique de Paris, s’occupe tout particulièrement de ces questions (1). Nous tâcherons de renseigner le lecteur sur les résultats qu’il a obtenus et de lui donner une idée de l’état actuel de ces recherches.
- Une molécule faisant partie d’un système chimique entre en réaction dès que son état d’énergie interne est porté à une valeur W, dite critique ; c’est seulement à ce moment quelle devient chimiquement active et peut donner des combinaisons nouvelles avec d’autres corps. Si les possibilités de réaction manquent, la molécule activée reste dans l’état critique un temps très bref (de l’ordre de ior8 seconde) puis rayonne l’énergie absorbée W, sous forme de lumière, de fluorescence ou de chaleur, et revient à l’état normal, non activée. Tout se passe comme dans la méca-
- 1. Note bibl. : Néda Marinesco : Propriétés piézo-chimiques, physiques et biophysiques des ultra-sons : I. Technique des ondes élastiques de haute fréquence. — II. Destruction des micro-organismes. Préparation des colloïdes à basses températures. Réactions explosives. Réactions photochimiques. Hermann, Paris, 1937 ; Pierre Girard et Néda Marinesco : Centrifugeuse ultra-sonore, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CCVI, fasc. 26, pp. 2000 et suiv., 2 juin 1938 ; Néda Marinesco et M. Reggiani : Comptes rendus de l’Académie des Sciences. t. CC, p. 548, 1935 ; P. Girard et Ch. Chukri : Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXCVI, p. 327, 1933.
- nique quantique de l’émission ou de l’absorption d’énergie par les atomes. Pour des raisons théoriques et expérimentales, il faut admettre que les molécules s’activent et se désactivent de la même manière discontinue, ou, plus exactement, par quanta, c’est-à-dire par multiples entiers d’une même quantité élémentaire d’énergie. Ainsi, pour porter le niveau énergétique d’une molécule ordinaire à l’état critique, il faut que :
- W = hv
- h étant la constante de Planck et v la fréquence électromagnétique du quantum activant. L’énergie W peut être fournie sous n’importe quelle forme ; thermique, lumineuse (électromagnétique), voire mécanique. On sait que lorsqu’on chauffe tel système chimique au delà d’une certaine température, il y a réaction ; au lieu de le chauffer, on peut encore l’éclairer avec une lumière (infra-rouge, visible ou ultra-violette) de fréquence v, comme dans toutes les réactions dites photochimiques.
- Dans l’activation « mécanique » dite par choc, il suffit de projeter avec une vitesse suffisante les unes contre les autres, les molécules du système. Soient : v la vitesse et m la masse de deux molécules qui se rencontrent, l’énergie mise en jeu lors du choc est 2(1/2 m.v2). Si les vitesses et les masses sont telles que :
- 2 ^ soit au moins égal ou supérieur à W = Av
- il y aura une molécule activée, dépassant l’énergie de l’état critique hv, susceptible de réagir chimiquement.
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- Fig. 1. — Impressions photographiques provoquées par les ultra-sons.
- (Les taches produites sont barrées de franges plus foncées qui marquent les ventres de pression).
- Cela suppose qu’au moment du choc, les molécules ne rebondissent pas en arrière, comme le feraient des billes de billard parfaitement élastiques, et comme le postulait la théorie classique des gaz ; il faut provoquer un choc inélastique. Cela est possible en milieu visqueux, car le frottement interne s’y oppose (solu-lion aqueuse par exemple). Comme l’énergie du choc ne peut se perdre, elle est convertie ou transformée, par la molécule qui l’absorbe, en énergie interne ou potentielle qui, à son tour, l’utilise sous forme de travail chimique.
- Comme facteur énergétique d’activation par choc, on utilise les ultra-sons. A l’aide de ces ondes élastiques de haute fréquence, on peut soumettre les molécules à un martellement très violent (plus de 2.000.000 de coups de marteau par seconde). D’autre part, les impulsions communiquées aux molécules sont justement dans le sens voulu pour obtenir des chocs très énergiques ; en effet, en régime stationnaire, une région ventrale sépare deux pellicules du liquide qui sont projetées les unes contre les autres avec la fréquence des ultra-sons. Le Dr Marinesco a montré que les plaques photographiques impressionnées par les ultra-sons sont barrées de franges plus foncées, qui sont précisément les endroits où se trouvaient les ventres de pression (voir fïg. 1).
- Ajoutons que l’étude photométrique des clichés obtenus montre que, tout comme le fait la lumière, le noircissement des plaques photographiques par les ultra-sons obéit aux lois de Hurter et Drieffild. On trouve en effet une région de sous-exposition, une région d’exposition normale et une région de sur-exposition. En poussant la sur-exposition plus loin encore, le Dr Marinesco a obtenu le phénomène de l’inversion de l’image comme cela se produit avec le cliché surexposé à la lumière ; on a donc affaire à une véritable (( solarisation » par les ultra-sons. Enfin, on retrouve la variation du facteur de contraste avec la concentration en révélateur. Ces résultats extrêmement curieux prouvent qu’il y a une grande analogie entre l’action de la lumière et celle des ultra-sons au point de vue de l’action sur la plaque photograhique.
- M. Marinesco a montré en outre que non seulement toutes les réactions photochimiques sont amorcées et entretenues par les ultra-sons, mais que maintes autres réactions sont aussi possibles ; telles sont par exemple : la décomposition des substances polyméri-sées (amidon, protéines, divers complexes biologiques et l’hydrolyse des éthers-sels). Si les produits de ces
- réactions mécano-chimiques sont insolubles ou volatils et sortent du système dès qu’ils se forment, l’opération ne présente aucune difficulté. Il en est tout autrement lorsque les produits de la réaction sont solubles et interviennent dans l’équilibre chimique. En ce cas, cà côté du fadeur de dissociation (dans l’occurrence les ultra-sons), il faut faire intervenir un facteur de séparation. Soit par exemple le corps A qui se décompose sous l’action des ondes élastiques ultra-sonores (u. s.) en deux produits B et C :
- u. s. -> A ^ B + C
- la flèche dirigée à gauche indiquant que les corps B et C peuvent se recombiner pour redonner le corps A. L’équilibre l’emporte vers la gauche dès qu’on cesse de faire agir les ultra-sons et en fin de compte on n’obtient rien d’auti’e que le corps A ; il faut donc séparer B et C l’un de l’autre aussitôt formés.
- M. Marinesco a trouvé un moyen énergique et simple qui permet de supprimer cette flèche dirigée vers la gauche. Pour cela, il fait agir les ultra-sons sur le corps A alors que le système se trouve soumis à l’action d’un champ centrifuge très intense (accélération d’environ 100.000 fois celle de la pesanteur). Les produits résultant B et C ont des rayons moléculaires différents Bb et Rc. La vitesse V de sédimentation est donnée par la relation :
- 6 rr K
- F étant la force de gravitation dans la centrifuge, Yfla viscosité du milieu et R le rayon moléculaire. Comme s les deux rayons B„ et Rc sont différents, les produits B et C se trouvent séparés dès qu’ils se forment au milieu même du liquide et ne peuvent plus réagir ensemble. La flèche vers la gauche se trouve supprimée et l’équilibre déplacé vers la droite. On introduit ainsi par l’action combinée des ultra-sons et du
- Fig. 2. — Schéma de la centrifugeuse ultra-sonore.
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- Fig. 3. — ne rotor démonté de la centrifugeuse. Fig 4. — I.e rotor de la centrifugeuse.
- champ centrifuge, une espèce de catalyseur physique qui déplace l’équilibre chimique dans un sens voulu, à température constante, sans faire intervenir aucun corps de contact (platine spongieux, bioxyde de manganèse ou tout autre catalyseur classique).
- La centrifugeuse ultra-sonore constitue un véritable « moulin à molécules » ; le schéma de la figure 2 montre le principe de l’appareil et la figure 6 donne une vue d’ensemble du laboratoire installé dans le sous-sol afin que le rotor piézo-éleclrique de 3 kgr 5, lancé à plus de 6oo tours/sec, puisse s’appuyer sur un socle solide. Voici quelques caractéristiques de cette puissante
- Fig. ci. — Le rotor de la centrifugeuse, en marche, contenant à sa partie supérieure, le quartz piézo-électrique connecté à l’oscidateur électrique.
- machine. Le stator S est celui d’une centrifugeuse à air comprimé, sans axe, du type Hen-rion-Huguenard avec quelques légères modifications, comme par exemple le robinet avec la tuyère Tp qui permet les manœuvres de démarrage ou d’arrêt de la pièce mobile qui est soutenue par une couche d’air. Le rotor R est démontable et creux il peut recevoir go cm3 de liquide. Le quartz piézo-électrique q, de go mm de diamètre, est encastré dans la partie supérieure du rotor. Ses vibrations sont transmises à toute la pièce mobile et au liquide quelle contient en sorte que tout l’ensemble vibre avec la fréquence des ultra-sons (800.000 cycles/sec.) tout en tournant à la vitesse angulaire de 6i5 tours par seconde. L’attaque en haute fréquence du cristal de quartz est faite à travers l’élec-
- «fer / %*-
- Fig. 6. — Installation d’électrolyse et d’électrophorèse avec action des ultra-sons, au laboratoire du Dr Marinesco.
- trode supérieure E et le stator S. C’est l’impédance capacitaire de E qui, réglable par un ajustage de crémaillères, limite l’intensité du courant de haute fréquence débité par un poste à lampes. La puissance électrique utilisée sous forme d’ultra-sons dans le rotor en marche est de 2 kw 5. Ajoutons que, comme les ultra-sons ne se propagent pas dans l’air, l’énergie mise en jeu sous forme d’ondes élastiques est intégralement retenue dans le rotor qui, à ce point de vue, fait fonction de corps noir. N’ayant pas d’axe, celui-ci peut supporter une vitesse de rotation de plus de 1.000 tours par seconde, jusqu’à la dangereuse limite de rupture (i.5oo tours/sec) ; mais la vitesse de 615 tours s’est montrée efficace.
- La détente de l’air empêche le liquide de s’échauffer et même le refroidit.
- L’utilisation de celte machine est tout indiquée en biologie ; car presque tous les problèmes à l’ordre du jour (hormones, diastases, ultra-virus, anticorps, etc.) exigent des moyens de séparation aussi énergiques que subtils. Déjà, des résultats intéressants dans ce sens peuvent être portés à l’actif de la centrifugeuse ultra-sonore.
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- Toutefois, malgré ses qualités, cette merveilleuse mécanique ne peut répondre à tous les besoins. Il y a des cas très importants où elle donne des résultats plutôt médiocres. Par exemple, en physico-chimie colloïdale, on est habitué à la notion de charge électrique des particules dispersées. Tel colloïde est chargé positivement, tel autre négativement ; lorsqu’on les mélange, ils donnent un produit neutre et stable. Cette propriété est étroitement, liée à la notion de colloïde protecteur. Or, c’est précisément en biologie qu’on la rencontre le plus souvent, car presque tous les corps actifs (anticorps, toxines) sont protégés par les complexes protéiniques, abondants dans l'organisme animal ou végétal. Pour obtenir la séparation voulue, le Dr Marinesco supprime le champ centrifuge et lui substitue Je champ électrique. Si maintenant A est le complexe neutre formé par le corps B+ chargé positivement et par G~ chargé négativement, on a:
- u. s. -> A ~ ^ B+ C~
- Les ultra-sons décomposent le complexe A, mais les composants, sous l’action électrostatique de leurs charges, se recombinent dès qu’on cesse l’irradiation par les ultra-sons. En superposant une tension électrique •continue, on sépare B+ de C~, le premier s’étant concentré au pôle négatif, le second au pôle positif. On réalise ainsi une électrolyse, ou une électx'ophorèse, -sous l’action des ultra-sons. La figure 7 représente le schéma de l’installation récemment mise en service.
- Le Dr Marinesco envisage d’autres procédés du même
- Niasse
- Circuit
- oscillant
- ] Quartz
- Fig. 7. — Schéma de F installation d’électrolyse et électrophorèse avec action des ultra-sons.
- genre pour supprimer des llèches dirigées à gauche dans des systèmes en équilibre physique ou chimique. C’est, ainsi que les actions combinées des ultra-sons avec la dialyse ou avec l’ultra-filtration sont à l’étude.
- Lo Duc a.
- LE CHLORURE DE CALCIUM =
- SES EFFETS SUR LES MORTIERS ET BÉTONS LE BÉTONNAGE PAR TEMPS DE GELÉE
- La Nature a déjà eu l’occasion de signaler à ses lecteurs 1 la possibilité de bétonner par temps froid en faisant appel - au chlorure de calcium (1).
- Un exposé sur cette question a été présenté par M. Thuil-leaux devant la deuxième Section de l’Association française pour l’essai des matériaux, présidée par M. Caquot (2). L’auteur y a mis en évidence que l’emploi du chlorure de -calcium permet d’abaisser de io° C. la température à laquelle les entrepreneurs doivent fermer les chantiers de bétonnage : il a fait état des résultats de deux séries d’expériences réalisées à Paris, l’une au Laboratoire d’Essais physiques et mécaniques de l’École nationale des Ponts et Chaussées, l’autre au Laboratoire d’essais des matériaux de la Ville de Paris, ainsi que des applications pratiques du procédé réalisées en Belgique, où l’Administration des Ponts et Chaussées l’a admis, ou même prescrit, pour certains ouvrages d’art importants tels que le pont-rail d’IIérenthals et les
- 1. La Nature du 1er octobre 1936, n° 2986, p. 331 : Le béton-mage par temps de gelée au moyen du chlorure de calcium.
- 2. Séance du 4 février 193S.
- écluses du canal Albert, ou que le batardeau du barrage de la Vesdrc.
- Le procédé consiste à dissoudre dans l’eau de gâchage 2 kgr. de chlorure de calcium du commerce pour 100 kgr. de ciment mis en œuvre, au moment même du bétonnage. Il s’applique aux cas où l’on emploie des ciments « artificiels », des ciments à « haute résistance initiale », ou des ciments « de haut-fourneau ».
- Lorsqu’il survient un coup de gel, après qu’on a bétonné à la température ordinaire, l’addition de chlorure de calcium à l’eau de gâchage (au moment de la mise en œuvre) entraîne un durcissement clu béton presque normal, même si, au cours des 48 heures qui suivent la mise en œuvre, la température s’abaisse à — 6° C., à — 120 C. ou à o° C. suivant que le ciment employé appartient à la catégorie « artificiel », « haute résistance initiale » ou « haut-fourneau ». Si on bétonne alors que la gelée est déjà arrivée, c’est-à-dire en utilisant des matériaux froids, la présence de chlorure de calcium dans l’eau de gâchage augmente de 5o pour 100, pour tous les ciments, les résistances des bétons à la compression, tant que la température n’est pas infé-
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- rieure à o° G. ; elle procure de gros avantages pour le bétonnage avec ciment artificiel tant que la' température n’est pas inférieure à — 6° C ; enfin, elle conserve aux bétons préparés avec des ciments à haute résistance initiale des résistances à la compression presque normales même si la tempé-l'ature se maintient à — 120 C. pendant les 48 heures qui suivent la mise en œuvre des matéi’iaux.
- Des expériences corrélatives effectuées à température ordinaire ont montré que le chlorure de calcium agit comme accélérateur de prise du ciment, de durcissement du béton, et de chaleur dégagée au cours de l’hydratatio'n ; il augmente très légèrement le retrait du béton, mais, contrairement à ce qu’on croit couramment, cette augmentation reste dans des limites raisonnables : des ciments artificiels ou de hautfourneau traités au chlorure de calcium présentent des retraits qui sont inférieurs aux retraits des ciments à haute
- résistance initiale non chlorurés. Sans influence appréciable sur les résistances à la traction, le chlorure de calcium produit sur les résistances à la compression des augmentations toujours considérables au début (à 2 et à 7 jours) et encore non négligeables après un an. Le chlorure de calcium permet de substituer du ciment artificiel au ciment à haute résistance initiale et fournit un moyen de valoriser les ciments de haut-fourneau, car il confère à ceux-ci des résistances à la compression pratiquement égales à celles obtenues avec les ciments artificiels.
- Il faut encore signaler l’innocuité du chlorure de calcium vis-à-vis des armatures en fer, et l’action très favorable exercée par le chlorure de calcium sur la résistance, vis-à-vis de l’eau de mer, des ciments appartenant à l’une des catégories « haut-fourneau », « de fer », ou « de laitier à base d'artificiel ».
- DÉCOUVERTE ET MISE A MAL D'UNE NÉCROPOLE NÉOLITHIQUE
- Minot se trouve à mi-chemin entre Aignay-le-Duc et Grancey-le-Château, à la limite sud-ouest du Plateau de Langres, dans le canton d’Aignay-le-Duc (Côte-d’Or). C’est une région où abondent les tumuli ainsi que les affouillements anciens (gallo-romains ou gaulois, pensait un archéologue local de grande valeur, G. Potey) destinés à l’exploitation des nombreux gisements ferrugineux de l’oolithe inférieure. De ces minières, Minot a tiré son nom. Beaucoup de ces tumuli ont été fouillés par G. Potey à la fin du siècle dernier.
- C’est dans leur voisinage qu’a eu lieu la découverte des sépultures dont il va être question et dont il est bon de tirer les enseignements de diverses sortes, tant pratiques que scientifiques, qu’elle comporte.
- Les circonstances de cette découverte sont celles de beaucoup d’autres, mais par contre, ses effets et les réactions qu’elle a suscitées, en particulier l’intervention du Parquet et de la maréchaussée, sont heureusement exceptionnels.
- Dans les derniers jours de mai 1938, un paysan de
- Fig. 1. — Ce qui reste des ossements des sépultures de Minot.
- (Photo Michaut).
- Minot labourait son champ sur la pente d’une combe dite Terrasse de Verroilles, non loin de la ferme de ce nom (presque à la limite sud de la feuille au r/80.000 de Châtillon). La pensée lui vint de l’agrandir quelque peu en empiétant sur la friche avoisinante. Dès les premiers sillons, la charrue se heurta à une zone de résistance. L’homme s’aperçut vite que cette résistance était produite par une grande pierre plate, qü’il se mit en devoir de soulever. Mais il n’eut pas plus tôt aperçu, sous cette dalle grossière, un crâne et un squelette humains, que, d’effroi, il laissa brutalement retomber la dalle et s’enfuit à toutes jambes (Sépulture n° 1 de la fig. 5).
- Première infortune, car, dans sa chute, la dalle mit en pièce le crâne et une partie des ossements. Quelque peu rassuré dans la suite, le bonhomme revint à l'endroit de sa trouvaille pour extraire les ossements et les rassembler à proximité. Or ce premier squelette offrait plusieurs particularités du plus haut intérêt. Renfermé dans un caisson rectangulaire d’environ o ni 60 sur o m 4o, il se trouvait placé, d’après les indications recueillies de la bouche du paysan, dans la position repliée ou assise. En plus, la voûte crânienne porte une ouverture circulaire provenant vraisemblablement de trépanation.
- Le caisson contenant les ossements était formé de quatre dalles plates posées de champ et d’une cinquième formant couvercle. C’est la formule courante des t( sépultures en coffre » du néolithique, telles que les décrit par exemple G. Goury, dans L’Homme des Cités lacustres : « La sépulture en coffre est placée par les uns, surtout par ceux qui en ont exploré, à un âge néolithique ancien correspondant au Vadémon-tien ; par les autres et, en particulier, par Déchelette, à la fin du Néolithique.... Il nous semble plus exact de conclure que l’inhumation en coffre, et ajoutons en terre franche, là où il n’était pas possible de con-
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- stituer un coffre, a été le mode courant de sépulture pendant tout le Néolithique et qu elle a persisté en maintes places jusqu’au Bronze » (Loc. cit., pp. 446 et 448).
- L’ouverture du crâne dont nous avons paxdé, large d’environ i5 mm, est à bords amincis et comme corrodés, accompagnée à quelque distance d’une très petite perforation osseuse, d’où l’on peut conclure que l’homme a survécu à la trépanation ou à la blessure primitive et que celle-ci a entraîné des complications pathologiques postérieures (voûte crânienne, fig. i, à gauche).
- Naturellement, dans les conditions où cette sépulture a été vidée, aucune trace de mobilier funéraire n’a été relevée. La position repliée ou assise est interprétée par l’école allemande comme inspirée par la crainte de voir les morts « revenir » et résulte du ligottement des membres ; d’autres auteurs y voient une assimilation du mort au fœtus rentrant dans le sein de la terre maternelle ; elle paraît être tout simplement celle de l’homme endormi et, par suite, celle du dernier sommeil. Décrivant les rites funéraires du Paléolithique, l’auteur cité écrit :
- « Les morts apparaissent en général ramassés sur eux-mêmes et couchés sur le flanc ; les avant-bras sont repliés et les mains ramenées vers la tête, l’une parfois sous le crâne comme pour lui donner un appui ; les jambes sont repliées de même et les genoux touchent les coudes, les pieds étant plus ou moins rapprochés du bassin. Cette attitude repliée est celle du sommeil, naturelle à l’homme que l’usage du lit de repos n’a pas encore influencé ; c’est celle du chemineau qui s’endort sur une pente herbeuse, bras et jambes repliés. Au Néolithique, le cadavre continue à être placé dans la tombe dans la même attitude » (Loc. cit., p. 619).
- Cette première trouvaille du laboureur ne manqua pas de faire grand bruit dans le village. Le mercredi 1e1' juin, M. l’abbé Desauton, curé de Minot, qui fut le premier visiteur du site, recueillit la mâchoire et les fragments du crâne pour essayer de reconstituer celui-ci. Quelques jours après, le même paysan, comprenant mieux la nature de sa découverte, repérait deux autres « carrés de pierre », c’est-à-dire deux autres dalles ou coffres de sépulture.
- En vue de les fouiller avec précautions,
- M. l’abbé Desauton l’accompagna le lundi 6 juin. Ils découvrirent alors effectivement deux sépultures, dont l’une se révéla particulièrement intéressante (n° 2 de la fig. 5).
- C’était un coffre formé de cinq pierres brutes dans lequel reposait un squelette entier, allongé de tout son long sur le dos, et en excellent état de conservation. Quarante centimètres de terre absolument vierge et jamais remuée le recouvraient. Ce coffre était formé, comme l’indique la figure 2, de cinq pierres dressées de plein champ sur 4o cm de profondeur, entourant la tête et le tronc. Sur ces cinq pierres reposait une
- Fig. 2.
- La sépulture n° 2.
- dalle triangulaire ne recouvrant que la tête. Sous les ossements, la terre était nue, ainsi que dans les sépultures précédentes.
- Le crâne, absolument intact, présentait deux singularités.
- D’abord les mâchoires en étaient largement ouvertes, comme dans la figure 3, ce qui lui imprimait une expression légèrement effrayante. De plus, l’os maxillaire inférieur ne porte ni molaires ni traces d'alvéoles ayant contenu des molaires. Or, on considère le maxillaire inférieur comme « formé originairement de deux os superposés, mais intimement unis, l’os alvéolaire fonction de
- la dent, né avec elle, vivant de sa vie et disparaissant après elle, et l’os basal support de l’os alvéolaire qui existe chez le fœtus, chez l’adulte et persiste chez le vieillard édenté.... L’os alvéolaire est fonction de la dent... et disparaît après elle puisqu’il n’existe plus chez le vieillard édenté » (Dr Géo Beltrami, La révolution alimentaire actuelle, ses conséquences biologiques, Paris, 1936, pp. 63 et 65). On peut se demander s’il s’agit ici d’une anomalie individuelle ou d’un caractère tribal. Peut-on attribuer à un vieillard édenté, ce crâne aux dents magnifiques, à l’émail intact sauf aux extrémités ? Les incisives et canines sont usées par la mastication d’aliments très durs, par suite témoignent de l’âge relativement avancé de l’individu enseveli là. Mais il paraît difficile d’admettre la chute de toutes les molaires inférieures à l’exclusion des autres dents.
- A en juger par les dimensions de cette tombe et 1 celles des os longs, l’individu de cette sépulture devait être de taille médiocre : 1 m 65 à 1 m 70 environ.
- Le même jour, 6 juin, les mêmes^visiteurs découvri-\ rent une troisième sépulture à même le sol, sans cais-; son ni couverture de pierre (n° 3 de la fig. 5). C’était celle d’un jeune hopime, couché sur le côté gauche et étendu de tout son long. Son crâne se montre fortement asymétrique^et anormal, soit par une difformité originelle, soit par suite de la compression exercée par la couche de terre qui le recouvrait. Aucun objet n’a
- Fig. 3 et 4. — Crâne de la sépulture n° 2 (Photos Michaut).
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- Fig. o. — L’emplacement des sépultures.
- été aperçu près des ossements et ceux-ci, à l'exception de la tète et des deux mandibules de la mâchoire inférieure, se sont effrités et sont tombés en poussière.
- C’est après cette visite du 6 juin que les choses prirent une tournure tragi-comique. Rapport au Parquet, ordre d’enquête, intervention de la maréchaussée, qui soupçonne un crime et veut acquérir au moins la certitude que le drame soupçonné remonte à plus de io ans ! Il y eut des scènes burlesques, mais qui n'allèrent pas sans conséquences désastreuses pour la suite des recherches.
- Le io juin, les gendarmes d’Aignay-le-Duc s’appliquent à les poursuivre à grands coups de pioche, toujours hantés par cette idée de crime présumé. Inutile de remarquer que la technique des fouilles archéologiques demeura totalement étrangère à leurs travaux.
- Ils découvrirent de la sorte trois squelettes d’enfants. Le lendemain n juin, ils revenaient sur l’em-
- placement de la nécropole en compagnie de M. l’abbé Desauton et de M. Bertrand, maire de Minot. C’est par ces derniers que l’on a quelques précisions sur ces trois dernières sépultures, le rapport des gendarmes au Procureur nous étant inconnu dans sa teneur. Toutes trois se trouvaient à une quarantaine de centimètres de profondeur, sans coffre ni caisson de pierre. Seule la sépulture n° 5 comportait une pierre plate triangulaire, d'une vingtaine de centimètres de côté, placée à plat au-dessus de la tête. Au n° 4, dont il ne restait que quelques os crâniens et des dents en formation, on peut attribuer une douzaine d’années ; au n° 6, environ 6 ans, replié en chien de fusil.
- De cette série de faits, s’il y a quelques conclusions pratiques à tirer, elles se résument dans la nécessité de faire plus complètement l’éducation du public. S’il était, suffisamment averti de la nature et de l’intérêt des documents archéologiques, on n’aurait peut-être pas à déplorer, comme à Minot, des saccages de sépultures anciennes, l’appel aux magistrats et à la police, les fouilles précipitées et sans méthode, finalement la destruction au moins partielle d’un site d’intérêt certain. Si cet exemple servait du moins à convaincre les gens instruits de la nécessité, en pareil cas, d’appeler un spécialiste et d’interdire dans l’intervalle tout travail de fouille, la mise à mal de cette antique nécropole aurait du moins produit quelque heureux résultat.
- P. Fournier.
- LE CÉPHALOPHE DES BOIS
- Fig. I. — Le Céphalophe des bois (Cephalopus sylvicultor).
- Parmi les petites Antilopes assez nombreuses en Afrique, le Céphalophe des bois (Cephalophus sylvicultor Afze-liusj ou yellow-backed Ducker des Anglais tient une place fort honorable. Son nom scientifique lui a été donné en raison d’une touffe de poils assez raides qu’il possède entre les cornes relativement peu développées, existant chez les deux sexes. Quant au nom vulgaire de Ducker « plongeur », il proviendrait de ce qu’en fuyant dans les hautes herbes ses sauts le font apparaître et disparaître à la façon d’un animal qui plonge. Toutes les espèces de Céphalophes sont de petite taille, allant de 3o à 8o cm. Le Céphalophe des bois, qui est un des plus forts, n’atteint au garrot que 70 cm.
- Une large bande dorsale est jaune claire chez le Céphalophe des bois, tranchant sur le reste du pelage assez sombre. Les autres espèces ont cette bande plus foncée que le reste du poil.
- Le Céphalophe des bois a son habitat en liaison étroite avec le domaine forestier de l’Afrique équatoriale, du Sierra-Leone à l’Ouest, à la Rhodésie au Nord-Est. La vie par couple est assez fréquente, bien qu’il ne soit nullement rare de rencontrer de petites hardes de cinq à six têtes. Nocturnes et fort méfiants, les Céphalophes dorment toute la journée, profondément enfouis dans l’herbe des bois. Durant la saison chaude ils vont à l’eau deux fois par jour, et une seule fois pendant la période des pluies. Pour s’appeler ou se prévenir du danger, ils ont un cri perçant, une sorte de sifflement qui peut s’entendre assez loin. La durée de la gestation serait de quatre mois. En raison de la faiblesse des portées et de la chasse intense qui en est faite, l’espèce menace de s’éteindre avec rapidité.
- G. Remacle.
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- LES THÉÂTRES D'OMBRES
- PERSONNAGES MÉCANISÉS
- Les Ombres un peu simplistes, à leur début à Versailles en 1772, avec Séraphin, puis au Palais Royal de 1784 à 1859, puis au Passage Jouffroy jusqu’à leur remplacement par le Théâtre Miniature consacré aux marionnettes, ont connu à l’époque du Chat noir un regain de succès et de curiosité, dû surtout aux grands défilés, aux tableaux d’ensemble pr-é-sentés avec accompagnement de décors par projections fondantes.
- Pendant toutes ces périodes, on a toujours déploré de ne pas voir les personnages isolés des ombres avoir des mou-
- Construction d’une danseuse.
- Fig. 1.
- vemenls rapprochant de ceux de la vie au lieu de leurs gestes saccadés, toujours les mêmes ou à peu près, de la jambe ou du bras rappelant les gesticulations des pantins de carton et peu propres à donner la moindre illusion aux spectateurs.
- Plusieurs amateurs se sont ingéniés à trouver mieux et quelques-uns sont arrivés à de bons et curieux résultats. Je citerai parmi les derniers, M. Veillard qui a obtenu des ombres remarquables comme tableaux d’ensemble dans lesquels les personnages isolés, bien mouvementés circulent et gesticulent agréablement. Un peu antérieurement, M. Passement s’était attaché à la création du mouvement des personnages, mouvements aussi naturels que possible.
- M. Passement a réalisé des effets étonnants grâce à un emploi judicieux de principes fondamentaux de mécanique dont il a su se servir avec une ingéniosité très en éveil.
- Ses personnages aux mouvements naturels sont absolument extraordinaires et je pense être utile aux amateurs
- d’ombres, en donnant deux types à titre d’exemple. La figure 1 donne la construction d’une danseuse, face et revers, intéressante surtout à cause de l’amplitude des mouvements obtenus. La ligure 2 reproduit Falma debout et la ligure 3 montre la même à genoux, face cl revers.
- L’examen de ces personnages présentés sur les deux faces permettra de les copier ou de s’en inspirer.
- Il est certain qu’un constructeur un peu au courant des lois de la mécanique arrivera plus facilement qu’un autre à un bon résultat, car il connaîtra le jeu de course des bielles par la circonférence, les mouvements obtenus par les quadrilatères, il évitera les points morts, etc., mais tout le monde sans avoir fait d’études spéciales connaît l’emploi des tirages, des transmissions, des leviers tirant ou poussant, des renvois coudés qui sont la base de construction de tout personnage d’ombres et avec un peu de patience et quelques tâtonnements, l’amateur industrieux pourra, guidé parles modèles ci-dessus, faire quelques créations intéressantes.
- Sur ces modèles, on voit que les tirages d’où dépendent tous les mouvements sont terminés par des touches à course réglée d’avance. L’opérateur est ainsi délivré de l’inquiétude de tirer trop ou de ne pas tirer assez ; cela complique un peu la construction mais donné une telle sûreté dans la manipulation que le principe est bon à appliquer même pour les personnages aux mouvements très simples.
- Alber.
- Fig. 3. — Falma à genoux.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1938 (')
- Eclipse de Lune du 7 novembre 1938. — Dans le schéma de celte éclipse paru au dernier « Bulletin astronomique », page 217, le Nord est à gauche. La photogravure n’ayant pas convenablement reproduit les points de contact de l’ombre terrestre avec le bord lunaire, on les déterminera comme suit, l’image étant placée, cette fois, le Nord en haut. Entrée : 2 mm au-dessous de Grimaldi (à gauche). Sortie : 10 mm au-dessous de la mer des Crises (à droite).
- Voici une description succincte des phénomènes célestes v'sibles pendant le mois de décembre ig38.
- I. — Soleil. — La déclinaison du Soleil, en décembre, passera de — si0^1 le Ier à — 2S°2rj' le 22 pour revenir à — 23°8/ le Si. La durée du jour sera de 9h52m le ier, de 8hnm du 20 au 23 et de 8hi5m le 3i. Le 22 décembre, à 1211, le Soleil entrera dans le signe du Capricorne, ce sera le début de l’hiver astronomique.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de 3 en 3 jours :
- Date : Déc. Heure du passage Date : Déc. Heure du passage Date : Déc. Heure du passage
- 1 er nh3gm 4S i3 1ih44m40s 25 1 ill5o,in34s
- 4 11 4o 4ri 16 11 46 6 28 I I 52 4
- 7 11 4i 58 J9 11 47 35 3i 11 53 3i
- 10 11 43 17 22 11 49 4
- Observations physiques. — Les renseignements suivants permettent l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Date (ob) P B0 U
- Déc. 1 + i6|38 E + 0 ”85 5 ”48
- — 6 + i4,3g E + 0 ,21 299,5g
- — 11 + 12,27 E — 0 ,43 233,70
- — 16 + 10,o4 E — 1 ,06 167,82
- — 21 + 7,12 E — 1 >7° 101,96
- 26 + 5,33 E — 2 ,3i 36,io
- — 3i + 2.91 E — 2 ,9' 33o,24
- 1. Toutes les heures mentionnées au présent « Bulletin Astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit).
- Lumière zodiacale. — Elle est peu visible en décembre étant trop basse sur l’horizon. A la fin du mois, on pourra essayer de la voir après le crépuscule, au Sud-Ouest, du 21 au 24. Ensuite, la Lune gênera.
- IL — Lune. —• Voici les phases de la Lune en décembre :
- P. L. le 7, à ioh22m I N. L. le 21, à i8h 7m
- D. Q. le i4, à 1 h 17m I P. O. le 3o, à 22t>53m
- Age de la Lune : le ier décembre, à oh = 93,o; le 22 décembre = oj,2.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 7 décembre, à 1811 = + 2o°i7/; le 21 décembre, à oh — — 200i']L Remarquer la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 8 décembre, vers oh2om.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 9 décembre, à ih. Parallaxe^GoCt"]n. Distance = 36o 757 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 24 décembre, à 1911. Parallaxe = 53/58//. Distance = 4o6 822 km.
- Occultations d’Ëtoiles et de Planètes par la Lune :
- Magni- Phéno-_----— ^eure ------.
- Date Étoile tude mène Paris Uccle
- Déc. 1er 22 Poissons 5m,8 Imm. 21^55
- — 3 167 B. D. + 9° 7 2 Imm. 17 5o
- — 5 2g Bélier 6 1 Imm. 1 9
- — 11 A2 Cancer 5 7 Em. 3 46
- — i4 2442 B. D. — 0° 6 3 Em. 2 i5
- — 28 5oog B. D. -f- 0° 7 5 Imm. 18 41
- — 28 5oi8 B. D. -j- 0° 6 6 Imm. 21 4°
- — 3i 271 B. D. -j- 120 6 3 1mm. 21 42
- Marées. — Les plus g randes marées du mois
- 9 17 54
- 1 3 3 44
- 2 18
- 18 44 2i 3g
- surtout à l’époque de la Pleine Lune du 7. Elles ne seront pas très fortes, leur coefficient maximum atteignant 101 centièmes le 9 décembre.
- III. — Planètes. — Le tableau suivant a été dressé à l’aide des données de 1 ’Annuaire astronomique Flammarion. Il renferme les renseignements nécessaires pour trouver et observer les principales planètes pendant le mois de décem-bi’e.
- ASTRE Date : Déc. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- t 3 7h25m 1 ih4om20S i5b55m j6h36m — 220 3' 32' 3o"4 Ophiuchus
- Soleil . J i5 7 3g il 45 37 i5 52 17 29 — 23 i5 32 33,3 Ophiuchus f »
- ? 27 7 45 11 5i 34 i5 58 18 22 23 21 32 34,8 Sagittaire
- 3 9 7 i3 2 16 5q 17 58 — 25 0 8,0 Sagittaire
- Mercure J i5 7 17 u 35 i5 54 17 21 — 21 11 9,8 Ç Serpent 1 Inobservable.
- 27 5 55 10 22 i4 49 16 52 — 19 44 7,8 Serpent
- 3 5 4» 10 18 i4 56 i5 14 — 17 44 58,4 Balance
- Vénus. i5 4~3g 9 3o l4 21 i5 i3 — i5 16 49,0 Balance Très belle, le matin.
- 27 4 11 9 2 i3 54 i5 32 — i5 10 40,2 Balance
- 3 3 i3 8 37 14 1 i3 32 — 8 27 4,4 « Vierge
- Mars . 1 i5 3 7 8 18 i3 29 14 0 — 11 10 4,4 Vierge A la fin de la nuit.
- 27 3 1 8 0 12 5g 14 29 — i3 42 4,8 Balance
- Jupiter i5 11 16 16 16 21 17 22 0 — i3 22 34,4 1 Verseau Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . i5 12 48 '9 1 1 17 0 45 2 5 16,6 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus 27 12 57 20 15 3 37 2 4? + i5 44 3,6 c Bélier Presque toute la nuit.
- Neptune . 27 22 44 5 8 u 28 u 37 + 3 43 2,4 89 Vierge Seconde partie de la nuit.
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- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le i4 décembre, à io*. Il sera invisible ce mois-ci.
- Vénus, qui s’est trouvée en conjonction inférieure avec le Soleil le 20 novembre, est maintenant visible le matin. Elle atteindra son plus grand éclat le 21 décembre. Au début du mois, son diamètre sera de près de 1 minute d’arc. Voici la phase de Vénus :
- Fraction Magni- Fraction Magni-
- illuminée tude i 'luminée tude
- Date du disque stellaire Date du disque stellaire
- Déc. 2 0,046 — 3,8 Déc. 17 0,180 - 4,3
- — 7 0,087 — 4,i — 22 0,226 -4,3
- — 12 0,133 — 4,2 — 27 O O - 4,4
- Le 17 décembre, dans une lunette astronomique, Vénus présentera une phase semblable au dessin n° 12 de la figure 1 (voir « Bulletin Astronomique » du n° 3022).
- Mars devient bien visible à la fin de la nuit. Son diamètre est encore bien réduit par la distance pour permettre des observations utiles de la surface.
- Eunomia, la petite planète n° x5, passera en opposition avec le Soleil le ix décembre. Elle atteindra la magnitude 7m,8. On la trouvera aux positions ci-après, dans la constellation du Cocher :
- Date loM.U.
- Ascension droite
- Déclinaison
- Déc. 8
- — 16
- — 24
- 5 h 15m, 7 5 6 5
- 4 58 2
- -f- SScio’ -j- 34 i5 + 33 9
- Jupiter est encore bien visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. On pourra observer les phénomènes suivants produits par les satellites :
- Décembre 1er, II. E. f. 17*53®,3; I. E. f. i8*43®,9. — 2, IV. O. c. 2oh46m. — 6, III. 1m. 16*29®; III. Em. 20*4®; II. P. c. 2.oh35m. — 7, I. P. c. 19*51®. — 8, I. Im. x7h7m ; II. E. f. 2oh32m,x ; I. E. f. 2oh39m,2. — 9, I. P. f. i6h38m;
- I. O. f. 17*53®. — 10, IV. Im. i7*i2®. — 15, II. Im.
- i7h5ira; I. ïm. 19*6®. — 16, I. P. c. 16*20®; I. O. c. i7h32m; I. P. f. i8*38™ ; I. O. f. 19*49®. —- 17, I. E. f. 17h3m,2 ; II. O. f. 17*45®; III. O. f. 19*1“. — 19, IV. O. f.
- 19*22. — 23, I. P. c. i8h20m ; I. O. c. 19*28®. — 24,
- II. O. c. x7h35®; II. P. f. iS*ii®; III. P. f. iS*36®; I. E. f. i8*58®,3 ; III. O. c. 19*39®. — 25, I. O. f. i6*i3®. — 27, D. Em. 17*38®. — 31, I. Im. i7*35®;. II. P. c. i8*8m;
- III. P. c. 19*27®.
- Saturne est visible dès l'arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau pour le 18 décembre :
- Grand axe extérieur......................... 4i",38
- Petit axe extérieur.............................. 5",84
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau . . ..........................-—80,108
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau .......................................—100,676
- •• r= - : ............ 283 =
- Élongations de Titan : A l’Est : le 3 à 0*,9; le 19, à 3*,6; à l’Ouest, le xi, à 6*,9 ; le 27, à 5*,9.
- Uranus est encore visible presque toute la nuit. Voir au n° 3024, page 283, la carte de son mouvement sur le ciel.
- Neptune se lève avant minuit. Il sera en quadrature avec le Soleil le i5 décembre, à 22* et stationnaire le 25, à 28*. La carte parue au « Bulletin astronomique » du n° 3oi8 reproduit sa marche parmi les étoiles de la constellation du Bélier en 1988.
- IV. —• Phénomènes divers. —• Conjonctions :
- Le 3, à 2*, Saturne en conjonction avec Le 5, à 9*, Uranus —
- Le i4, à 9*, Neptune —
- Le 17, à 7*, Mars —
- Le 18, à 16*, Vénus —
- Le 20, à 14*, Mercure —
- Le 27, à o*, Jupiter —
- Le 3o, à 11*, Saturne —
- la Lune à 6° 2' S. la Lune, à 0039’ S. la Lune, à5o43'N. la Lune, à 2021'N. la Lune, à 2046'N. la Lune, à o°33'N. la Lune, à 6022' S. la Lune, à 5°44r S-
- Etoile Polaire : Temps sidéral.
- Date Passage Heure(T.U.) Temps sidéral ('
- Déc. 7 Supérieur 20*3o® 8s 5h 0®26®
- — 17 — 19 5o 4o 5 3g 5i
- — 27 — 19 il 11 6 19 17
- — 3i — 18 5t 27 6 35 3
- Etoiles variables. —• Minima d’éclat, visibles à l’œil nu
- de l’étoile Algol ((3 Persée), vai’iable de 2®,3 à 3®,5 en 2j2o*49® ; le 2, à 4*4om; le 5, à 1*29®; le 7, à 22*18®; le 10, à 19*7®; le 25, à 3*i3®; le 28, à 0*2“ ; le 3o, à
- 20*52®.
- Le i5 décembre, maximum d’éclat de R Grande Ourse, variable de 5®,9 à i3®,6 en 299 jours.
- Etoiles jilantes. — Quelques essaims d’étoiles filantes sont actifs en décembi’e, en voici la liste succincte : ier décembre (43° +56°); ier au 10 (1170 + 32°); 6 (80 + 20°) ; 6 au i3 (i49° + 4x°) ; 9 au 12 (107° + SS"’); 10 au 12 (i3o° + 46°). Pour le ier (43° + 56°) il faut lire : Ascension di’oitc : 43°; déclinaison : + 56°.
- V. — Constellations. — Voici l’aspect du ciel le Ier décembre, à 21* ou le i5 décembre, à 20* :
- Au Zénith : Persée; v Andromède; Cassiopée.
- Au Nord : La Petite Oui’se ; Céplxée; le Di'agon ; la Grande Ourse.
- A VEsl : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons; la Baleine; l’Éridan. Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase ; le Cygne ; la Lyre (au Noixl-Ouest).
- Em. Totjciiet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le progrès scientifique, par Sir James Jeans, Sir William Bragg, MM. Appleton, Mellanby, Haldane, Huxley. Traduit de l’anglais par Couderc. 1 vol. illustré, 200 p. Félix Alcan, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Six savants anglais éminents s’appliquent ici à dégager, à l’usage du grand public, parmi les récentes acquisitions des sciences, les progrès à leurs yeux les plus essentiels.
- L’astronome Jeans, avec un talent littéraire éblouissant, montre comment notre connaissance de l’univers a été révolutionnée par la relativité, le mécanisme quantique, et il démontre que la science d’aujourd’hui est incapable de rendre aucun verdict dans la question si débattue du déterminisme. Bragg reprend d'un autre point de vue le problème de la dualité d’aspect de la matière : particules, ondes, pour montrer comment le physicien rencontre ces deux aspects ; il étudie une application importante à laquelle il a consacré la plus grande partie de sa carrière : l’architecture des molécules et des cristaux. Le Pr Appleton résume magistralement nos connaissances sur l’électricité atmosphérique ; M. Mellanby expose les progrès des sciences médicales depuis l’antiquité et montre la quasi disparition de nombre de maladies à notre époque. Signalons ici une erreur dans la traduction généralement excellente de M. Couderc : le mot anglais « physician » signifie médecin et non physicien. Ce contre-sens défigure quelques pages fort intéressantes de l’historique de M. Mellanby.
- Le Pr Haldane traite avec une grande lucidité le problème brûlant de la génétique humaine et de l’hérédité, qui ramène la pensée au problème des races. Enfin les considérations scientifico-sociales du Pr Huxley, nous montrent qu’en Angleterre, tout comme en France, il est des savants, pour parler avec assurance et suffisance de questions qu’ils n’ont pas étudiées à fond.
- Parmi les étoiles, par raul Couderc. 1 vol., 132 p., KO phot. et 20 dessins. Éditions Bourrelier, Paris, 1938. Prix broché : 13 francs.
- M. Paul Couderc, avec son grand talent de vulgarisation, explique comment l’astronomie est arrivée petit à petit à percer quelques-uns des mystères de la voûte céleste. Il nous emmène successivement dans le soleil, la lune, les planètes, les étoiles, depuis celles que nous pouvons voir par les nuits étoilées, jusqu’à celles que seuls les appareils d’optique les plus perfectionnés peuvent déceler. Enfin, il pousse l’exploration jusqu’aux nébuleuses spirales constituées, à l’image de la voie lactée, de milliards d’étoiles dont la lumière met plusieurs millions d’années à nous parvenir.
- Notice météorologique à l'usage des navigateurs aériens. 1 vol. relié, 90 p. avec onglets répertoires et cartes des postes météorologiques. Blondel La Rougery, Paris, 1938. Trix : 20 francs.
- Aide-mémoire de petit format indispensable à tout pilote voulant recevoir par T. S. F. des renseignements météorologiques en cours de vol et pour toute personne désirant savoir à quel poste météorologique il faut s’adresser pour obtenir une prédiction météorologique au départ d’un aérodrome quelconque de France ou d’Afrique du Nord.
- Les métaux légers (aluminium, glucinium, magnésium, métaux alcalins) (Mémoires de Henri Sainte-Claire Deville, Heroult, Bussy, Gay-Lussac, Tiienard). Préface de Léon Guil-let (collection : Les classiques de la découverte scientifique). 1 vol. illustré, 1G8 p. Gauthier-Villard, Paris, 1938. Prix : 21 francs.
- Les mémoires ici réunis ont été choisis pour montrer la part prépondérante prise par les savants et inventeurs français dans la création de l’industrie des métaux légers. Le mémoire de Sainte-Claire Deville sur l’aluminium occupe presque tout le volume ; sa lecture est aujourd’hui encore du plus vif intérêt ! On sait que le père de la mécanique chimique a abordé délibérément le problème industriel de la fabrication de l’aluminium à bon marché, et que soutenu financièrement au début par Napoléon III, il a apporté dans cette fabrication, grâce à une étude approfondie, des progrès essentiels ; en 1855, l’aluminium fabriqué suivant les procédés de Sainte-Claire Deville ne coûtait plus que 300 fr au lieu de 1.000 fr le kgr et trouvait déjà d’utiles applications : la voie de l’avenir était ouverte au jeune métal. Quelques extraits des brevets de Heroult sur la fabrication électrolytique de l’aluminium, des notes de Bussy sur le magnésium et le glucinium (métal isolé pour la première lois par ce savant français en 1828), de Sainte-Claire Deville et Curon sur le magnésium, de Gay-Lussac. et Thénard sur la préparation des métaux alcalins complètent cette intéressant recueil.
- Colloidité, par le Dr A. J. Guépin. 1 aoI. in-8, 110 p. Librai-* rie lleyvsang, Cannes, 1938. Prix : 15 francs.
- Essai de synthèse où l’auteur passe des solutions et des précipitations cristallines aux colloïdes, à l’immunité et à l’anaphylaxie, puis aux chocs et aux précipitations sanguines pour aboutir à une explication de la vie.
- La dynamique du sol, par Albert Demolon, 2e édition.
- 1 vol. in-8, 495 p., 88 flg., 3 pl. en couleurs. Dunod, Paris, 1938. Prix : 185 francs.
- Rapidement, ce livre est devenu classique et, les recherches se multipliant, créatrices d’idées nouvelles, voici sa 2e édition profondément remaniée et mise à jour. On y retrouve les mêmes idées directrices qui inspirent aujourd’hui toute l’école française : le milieu sol est considéré dans sa formation à' partir des roches, dans son évolution, dans l’équilibre changeant de ses colloïdes, de l’eau qui les mouille, des sels dissous, sans compter les actions de la végétation et de la population bactérienne. Cette dynamique complexe est remarquablement analysée et l’on comprend mieux ainsi la notion de fertilité en même temps qu’on apprend à corriger et améliorer les sols infertiles. Un dernier chapitre indique Jes méthodes d’analyse.
- La vie dans la région désertique nord=tropicale~ de l’ancien monde. Mémoires cle la Société de Biogéographie, t. VII. i vol. in-8, 406 p., fig. Lechevalier, Paris, 1938. Prix : 175 francs.
- On sait que la Société de Biogéographie entreprend d’utiles études collectives sur la distribution des espèces à la surface du globe. Son 7e volume est consacré aux déserts et particulièrement au Sahara. Cela nous vaut une série de remarquables mémoires définissant le climat désertique (Emberger), la formation des déserts en Chine et en Mongolie (P. Teilhard de Chardin), la paléogéographie du Sahara (Joleaud), puis des études sur la vie dans les déserts : biologie du sol, faunes aquatiques et entomologiques, flore et végétation. Il convient particulièrement de signaler le travail de Th. Monod sur l’origine des coquilles marines qu’on trouve au Sahara et au Soudan et celui de A. Chevalier sur le Sahara considéré comme centre d’origine des plantes cultivées. M. Th. Monod dégage les notions acquises, notamment sur le phénomène désertique dans l’espace et dans le temps, la limite africaine des territoires paléarctique et tropical, la comparaison des déserts 'd’Afrique et d’Asie, les principaux problèmes biologiques posés par les déserts. C’est une oeuvre de base, précise et documentée, qui renouvelle bien des données et des points de vue.
- La psychologie expérimentale en Italie, par A. Ma-
- noil. 1 vol. in-8, 489 p., 26 fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1938. Prix : 80 francs.
- L’école psychologique de l’Université catholique de Milan, créée par le P. Gemelli, a une activité très grande qui permet une vue d’ensemble étendue des développements actuels de cette science en Italie. Outre des travaux de caractère général sur le domaine psychologique, on lui doit d’importantes contributions de psychophysique des illusions dans le champ tactile), l’étude psychophysiologiquc des phénomènes émotifs, de la perception, du langage, et, en psychotechnique, la sélection des aviateurs. Laissant de côté les théories néo-scolastiques dont le P. Gemelli est le promoteur en Italie, ce livre fait connaître son œuvre psychologique considérable qui sera pour beaucoup une révélation.
- La conservation des peintures. 1 vol. in-8, 272 p., 62 fig. Mouseion, Office international des Musées, Paris, 1938. Prix : 100 francs.
- L’Office international des musées s’est beaucoup occupé de la conservation et de la présentation des œuvres d’art et il a déjà publié dans sa revue Mouseion de fort importantes études sur ces sujets. Un comité de directeurs de musées, de restaurateurs et de scientifiques spécialement compétents a rédigé le présent volume ou l’on trouve la doctrine et les techniques actuelles de conservation et de restauration des peintures, illustrées par des figures probantes de tableaux des grandes collections. Les amateurs, les collectionneurs et les conservateurs de musées y apprendront les méthodes scientifiques d’examen, les altérations causées par la chaleur, la lumière, l’humidité, puis les précautions à prendre pour le chauffage et le conditionnement de l’air, la protection contre le feu, le transport et l’emballage. La deuxième partie est consacrée aux maladies et à la restauration des vernis, de la peinture, de la préparation, du support (toile ou bois). Un appendice résume les consignes à appliquer dans les musées.
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- COMMUNICATIONS A V ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du n juillet 1908.
- Inoculations protégées. — M. H. Vincent a déjà annoncé qu’en protégeant les microbes virulents contre les phagocytes par introduction dans le péritoine à l’intérieur d’un tube fermé par un tampon de coton, on peut provoquer des infections chez des animaux en général réfractaires. L’auteur montre aujourd’hui que l’on trouve après la mort, dans le péritoine des animaux, un exsudât pauvre en leucocytes et très riche en microbes. Surtout après quelques passages l’exaltation de la virulence de ces derniers est remarquable. Les expériences, effectuées avec des bacilles typhiques et paratvphiques A, montrent, en outre, des modifications morphologiques qui paraissent liées à l’accroissement de la virulence, car les deux phénomènes disparaissent simultanément par une culture sur bouillon.
- Variations végétales. —- M. Daniel signale que le Jonc et la Bourrache, cultivés sur des sols très calcaires et contenant des débris de mortier, manifestent des variations qui se traduisent par des panachures du feuillage ou de l’albinisme et qui subsistent si on transplante les végétaux dans une autre parcelle ayant un sol normal. Pour la Bourrache ces caractères se sont conservés par seniis donnant un cas très net d’hérédité sexuée. Certains cas de chlorose peuvent s’expliquer ainsi, ayant à leur origine des sables marins transportés par le vent ou l’emploi dans les cultures de marnes ou algues calcaires.
- Décomposition des fulminates. — Le fulminate de mercure, exposé au rayonnement ultraviolet, change de couleur, il devient jaune puis brun. M. Borocco montre que ce phénomène n’amène aucune modification ni de la structure cristalline, ni de la densité. Il y a décomposition du fulminate en mercure, azote et oxyde de carbone. L’action du rayonnement ultraviolet paraît d’autre part, quant aux résultats obtenus par la déflagration ultérieure, se rapprocher de celle du préchauffage.
- Gouffres du Haut=Comminges. — M. Trombe rapporte les résultats des explorations qu’il vient d’effectuer •dans les gouffres du Haut-Comminges, dans les massifs de Piéjeau et de Paloumère. Seize gouffres et trois rivières souterraines ont été visités; les altitudes d’accès varient de •goo à i.55o m. Un réseau hydrologique souterrain important a été reconnu; ses eaux, non purifiées par leur parcours •souterrain, peuvent être dangereuses à leurs résurgences. Une certaine prudence s’impose donc dans la recherche des eaux potables dans celte région. L’auteur a rapporté de la caverne de Ruisic plusieurs poteries de caractère néolithique et un coléoptère Carabide (Aphoenops cerberus) déjà signalé dans d’autres grottes.
- Les traitements cupriques. — En viticulture, les traitements cupriques constituent le mode universel de lutte •contre le Mildiou. Depuis longtemps on se préoccupe de savoir si le cuivre déposé sur les feuilles pénètre dans leurs tissus. MM. Castel et Bosc ont traité des feuilles, ayant .reçu un traitement cuprique à une époque plus ou moins lointaine, par de l’hydrogène sulfuré véhiculé par un mélange alcool, chloroforme, acide chlorhydrique et, dans une deuxième série d’expériences, par une solution formol, -acide chlorhydrique, arsénite de soude. L’examen microscopique des coupes montre que le cuivre est surtout retenu par
- la cuticule. Dans aucun cas il n’y a eu pénétration des cellules ; les tissus lacuneux et palissadique ne contiennent pas de cuivre. La thèse de la non-pénétration triomphe donc.
- Charbons et fermentations. — En introduisant du charbon dans une fermentation alcoolique, on observe une accélération du dégagement de gaz carbonique. Reprenant celle question Mme Jérome-Lévy montre que le charbon modifie aussi la consommation du sucre et la formation de l’alcool. La quantité de levure intervient aussi. Les charbons activés modifient plus profondément encore la fermentation. D’une façon générale, le rapport alcool formé/sucre consommé croît avec la quantité de levure et décroît avec la quantité et l’activité du charbon ajouté.
- La salissure des coques de bateaux. — MM. IIer-pin et Duliscouet exposent que l’efficacité des peintures toxiques contre la salissure des coques de bateaux et plus particulièrement contre la fixation des balanes tient à tout autre chose qu’à cette toxicité. Ils ont reconnu sur les surfaces peintes la formation d’un voile gluant ; c’est ce voile qui empêche l'envahissement par les balanes. Les auteurs ont étudié la nature de cette membrane gélatineuse; elle contient des boues, quelques infusoires et, surtout, de très nombreux bacilles de deux groupes, l’un aérobie, le B. sub-tilis, l’autre anaérobie, le B. sporogenes. Les balanes se fixent difficilement sur ce substratum, tout d’abord parce qu’elles n’y trouvent qu’un support médiocre, se déchirant, facilement, et ensuite parce qu’elles y rencontrent un milieu défavorable, privé d’oxygène par le B. sublilis.
- Séance du 18 juillet 1988.
- Fluorescence des calcaires naturels. — M. Déri-réré signale qu’il a reconnu, pour de nombreux calcaires naturels, une fluorescence d’une durée exceptionnelle, pouvant atteindre sept secondes pour les stalactites et stalagmites et cinq secondes pour l’onyx calcaire. Il s’agit bien cl’une fluorescence car il n’y a pas d’exaltation par le chauffage. Celte fluorescence, en général bleue, devient de durée normale et passe à l’orangé si on élimine l’eau d’hydratation ; elle paraît liée à certaines formes cristallines. Le fer possède une action inhibitrice très marquée. L’élude des courbes de décroissance donne des constantes d’amortissement qui peuvent s’interpréter en mécanique quanlique mais sont incomparables avec la théorie électromagnétique classique.
- Le vin et les éliminations. — En expérimentant sur des sujets soumis à un régime alimentaire constant mais comportant comme boisson tout d’abord 5oo gr d’eau par repas pendant 3 jours, puis 5oo gr de vin rouge de Bourgogne pendant 2 jours et enfin 5oo gr cl’eau pendant 3 jours, Mmes rETjLUC ei Ranson et MM. Chaussin et Laugier ont noté que le vin provoque une augmentation de l’acide urique et de l’ammoniaque éliminés et une diminution de l’urée. Le rapport azoturiqua est diminué. Il est problable que le vin a une action sur le métabolisme azoté à laquelle s’ajoute peut-être une action spécifiquement rénale. Le vin a une action diurétique le premier jour qui est suivie d’une action inverse persistante.
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
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- NÉCROLOGIE
- Maurice d’Ocagne (1862-1938).
- L’éminent mathématicien vient de mourir le 23 septembre.
- M. Collon, président de l’Académie des Sciences, a résumé dans les termes suivants la carrière du savant :
- « 11 était né à Paris le 25 mars 18G2. 11 appartenait à une très vieille famille de Basse-Normandie, de cette province (M. d’Ocagne se plaisait à le rappeler) où étaient nés Laplace et Le Verrier; mais, depuis i5o ans, ses ascendants étaient fixés à Paris.
- <c Reçu à l’École Polytechnique en 1880, il entra à l’École des Ponts et Chaussées. Comme ingénieur, il fut d’abord détaché aux Services hydrauliques de la Marine, puis il vint à Paris comme adjoint à M. Lallemand, directeur du Nivel-
- Fig. 1. — Maurice d’Ocagne (1862-1938).
- (Photo Boyer).
- lement général de la France. Il resta longtemps au Corps des Ponts et Chaussées, toujours employé à des services spéciaux. Nommé Inspecteur général en 1920, il prit sa retraite en 1927.
- « Dès i8g3 sur l’avis de Joseph Bertrand, il avait été nommé répétiteur d’astronomie et de géodésie à l’École Polytechnique : ce fut le point de départ de sa longue carrière professorale qu’il poursuivit après avoir quitté le Corps des Ponts et Chaussées. En 189/1, U fut nommé professeur à l’École des Ponts et Chaussées et, en 1912, professeur de géométrie à l’École Polytechnique. 11 n’a quitté que tout dernièrement celte dernière chaire : parmi les postes qu’il a occupé, c’était certainement celui auquel il tenait le plus.
- « 11 était lier d’avoir ainsi donné, soit comme répétiteur, soit comme professeur, un enseignement à plus de 45 promotions d’élèves de cette grande école : il calculait qu’il n’y avait pas moins d’environ 10.000 de ces élèves qui
- avaient assisté à ses leçons. C’est la géométrie qu’il y a enseignée comme professeur; c’était déjà sa science de' prédilection lorsqu’il était lui-même élève : il rappelait que l’illustre géomètre Chasles, peu de temps avant sa mort, l’avait remarqué et encouragé à ses débuts. Il a publié cependant des mémoires sur d’autres parties des mathématiques : sur les invariants algébriques, sur les suites récurrentes, sur le calcul des probabilités, etc. Mais ce sont ses travaux sur l’application de la géométrie à la science du calcul qui l’ont fait connaître à l’étranger comme en France, et c’est à la Nomographie que son nom restera toujours attaché.
- « D’Ocagne avait été frappé, dès le début de sa carrière d’ingénieur, des immenses avantages que l’on pouvait encore espérer l’ctirer de ces méthodes graphiques qui permettent de remplacer le calcul par l’emploi de dessins préparés à l’avance. Il a cherché à poursuivre la généralisation de ces méthodes : il y a brillamment réussi. Non seulement il a donné une théorie générale qui permet de toutes les classer méthodiquement, mais il a trouvé lui-même la plus simple, la plus pratique et maintenant la plus répandue : c’est la méthode des points alignés, qui repose sur celte idée d’opérer la représentation des fonctions à l’aide du domaine tangentiel au lieu du domaine ponctuel. Cette méthode a permis notamment, pour la première fois, de représenter sur un plan des équations de plus de trois variables.
- u Ces méthodes, exposées dans le grand Traité de Nomographie de M. d’Ocagne, dont la première édition a paru en 1919, ont reçu de très nombreuses applications : déjà Maurice Lévy n’hésitait pas à dire que la nomographie mérite de prendre place à côté de la géométrie descriptive et de la statique graphique. Depuis, les services qu’elle a rendus se sont multipliés. Je n’en veux citer aujourd’hui que deux exemples, où elle a servi à la Défense Nationale.
- « Pendant la dernière guerre, le ier février 1916, Paul Painlevé, qui, comme Ministre de l’Instruction publique avait dans ses attributions la Direction des Inventions, fît appel au concours de d’Ocagne. Bientôt fut créé un bureau d’études où de jeunes officiers dévoués, mis temporairement à sa disposition, constituèrent bien vite sous sa direction tout un ensemble de nomogrammes s’appliquant à tous les calculs que comportent les éléments du tir des pièces d’ar-lillerie. En 1917, un rapport du Général commandant l’artillerie de la 5e armée constatait que l’emploi de ces graphiques réduisait le temps de préparation d’un tir d’un quart d’heure environ à moins de 3 minutes, en évitant les erreurs.
- « Dans le même ordre d’idées, je voudrais rappeler aussi ce qu’écrivait, en 1921, notre confrère M. Caquot : « En tant que Directeur de la section technique de l’aviation, nous avons eu à nous occuper de beaucoup de problèmes nouveaux. La solution, à peine trouvée, devait être appliquée immédiatement par des méthodes qui en permissent l’utilisation par les constructeurs. Dans cette période où le facteur temps était le plus important, les méthodes de calcul graphique mises à la disposition des ingénieurs par les travaux de M. d’Ocagne ont rendu des services inappréciables ».
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Accessoires pour installations électriques.
- Voici une série de petits accessoires électriques peu coûteux: et pouvant rendre de grands services dans les installations domestiques.
- Dans les chambres peu habitées, les caves, les greniers, les lingeries, etc., il arrive souvent qu’on oublie d’éteindre les lampes avant de quitter la pièce, et la lampe brûle en pure perte pendant des heures.
- On empêche cet oubli en montant au-dessus de l’interrupteur une petite ampoule de contrôle à incandescence s’allumant lorsque l’interrupteur est fermé. Un interrupteur ainsi monté indique aussi les pertes ou fuites accidentelles par la terre; il se pose comme un interrupteur ordinaire, et permet de réaliser, en même temps, un éclairage auxiliaire veilleuse (hg. i A).
- Un autre accessoire utile est constitué par un petit indi-
- Veilleuse
- Capot protecteur
- Fiche
- multiple
- Secteur
- Fig. 1. — A. Interrupteur d’ampoule témoin; B. Fiche multiple de prise de courant avec ampoule veilleuse ; C. Adaptateur instantané pour commande à distance ; D. Adaptateur va-et-vient.
- catcur lumineux signalant la fusion d’un plomb ; monté en shunt sur le coupe-circuit il s’illumine aussitôt que le plomb vient à fondre, ou lors d’un mauvais contact; on sait donc immédiatement, en cas de panne de lumière, quel est le coupe-circuit accidenté et le remplacement du plomb qui peut se faire sans perte de temps et sans difficultés.
- La iiche-veillcuse multiple de la figure i B se pose sur toute prise de courant normale et permet de réaliser un petit éclairage instantané sans usure appréciable de courant, elle n’empêche pas l’utilisation d’appareils déjà reliés à la prise de courant. On peut l’employer également comme fiche de contrôle, en particulier pour les appareils de chauffage et les fers à repasser.
- On a bien souvent à allumer et à éteindre à distance des appareils électriques d’éclairage ou même des postes de T. S. F. ; il n’est pas nécessaire pour cela d’effectuer une installation spéciale; il suffit d’utiliser une fiche de courant intermédiaire munie d’un câble souple assez long,
- et d’une poire interrupteur, comme le montre la figure i C.
- Enfin, tout aussi facilement, on peut poser un équipement en « va et vient », en remplaçant seulement l’inter-rupteur ordinaire par un interrupteur spécial, auquel est adapté un câble souple et une poire interrupteur. On peut ainsi, à l’aide de la poire, éteindre et allumer un appareil électrique de deux points éloignés quelconques (fig. i D).
- Établissements Janin, 91, rue Villiers de l’Isle Adam, Paris (20°).
- HYGIÈNE Le lit « Nuage ».
- Il n’est pas de besoin plus impérieux que de se coucher pour dormir, ni d’élément du mobilier plus ancien que le lit. Est-ce à dire que ce dernier a acquis l’état de perfection ? M. Quiniou ne l’a pas pensé puisqu’il vient d’imaginer un nouveau lit sans matelas comportant nombre de détails intéressants. Tout d’abord, le sommier 11’est plus horizontal; il se relève vers la tête, supprimant le traversin et même, si l’on veut, l’oreiller;
- Fig. 1. — Le lit « Nuage
- il se relève aussi légèrement vers les pieds, calant le corps vers les reins et empêchant ainsi de glisser ; cette position est très physiologique. Le sommier est formé d’un bâti métallique supportant une série de ressorts transversaux parallèles ; sur ces ressorts, une forte toile est tendue qui reçoit les draps et les couvertures. Le corps s’appuie donc par toute sa surface et la déformation est minimum, puisque la pression est répartie entre toutes les lames.
- La propreté d’un tel lit est maximum puisqu’il est entièrement métallique et que l’air circule librement partout. Dans les pays chauds, l’aération sous le lit est une condition de bien-être incomparable. Par temps froid, le dessous du matelas peut être aisément réchauffé par des briques, des bouillottes ou tout autre accumulateur de chaleur. La réfection d’un tel lit est bien plus simple et rapide qu’avec les literies traditionnelles.
- Et les usagers l’ont trouvé si agréable qu’ils ont inventé son nom, disant qu’on s’y sent comme sur des nuages.
- Pour tout le monde, particulièrement pour les hôtels, les pensions et plus encore pour les malades dans les hôpitaux, le lit « Nuage » paraît une très heureuse solution.
- Constructeur : M. E. Quiniou, a4, rue des Lyonnais, Paris (5e).
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- 288 BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Appareils de prothèse auditive. — Les appareils électro-acoustiques contre la surdité comportent un microphone, généralement à granules de charbon, mais spécialement étudié, une petite batterie de piles ou même d’accumulateurs et un récepteur téléphonique très léger ou un vibrateur pour l’audition par conduction osseuse. Dans le cas où une très forte amplification est nécessaire, on utilise un petit amplificateur relais-microphonique, ou même un amplificateur à lampes ù vide.
- Les principes et les caractéristiques de ces appareils ont été étudiés dans La Nature ; vous pouvez consulter également l’ouvrage L’Acoustique moderne et la surdité (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). Comme constructeurs d’appareils, signalons : Desgrais, 140, rue du Temple, Paris ; Ëtabl.
- S. I. A. C., 1, avenue de Messine, Paris.
- M. G. P..., à Blois (Loir-et-Cher).
- Vidange des carters de moteurs d’automobile.
- — L’huile utilisée pour le graissage des moteurs d’automobile se charge d’impuretés : vapeur d’eau provenant des gaz de combustion, qui se condense en gouttelettes, essence produisant une dilution de l’huile plus ou moins rapide, et provenant essentiellement des démarrages avec mélange trop riche, particules de carbone provenant de la combustion de l’huile, et même impuretés métalliques et minérales (poussières).
- Ces impuretés pourraient être éliminées par un traitement de régénération convenablement étudié et, d’ailleurs, délicat, l’altération inévitable provenant des frottements et des écarts de température est encore plus grave. Une huile peu résistante .est incapable d’assurer la formation régulière de la pellicule protectrice entre les surfaces métalliques en mouvement..
- Si la régénération des huiles usagées minérales exige des opérations très complexes à chaud, on ne peut songer à conseiller à des automobilistes de l’entreprendre avec des moyens nécessairement restreints. Nous recevrons, d’ailleurs, avec intérêt des détails sur le procédé que vous utilisez.
- M. Desbrière, à Paris.
- Troubles causés par la T. S. F. — Les troubles produits par les installations de T. S. F. peuvent se classer en deux catégories : transmission de parasites haute fréquence aux récepteurs voisins en raison de montages radio-électriques mal étudiés, et surtout les bruits directs et tapage d’une audition exagérément amplifiée.
- Au point de vue juridique, les troubles de jouissance dans un immeuble et les bruits produits dans la nie sont assimilables au délit de tapage nocturne. Dans le département de la Seine, une circulaire récente du Préfet a prescrit aux agents de police de dresser des procès-verbaux contre les sans-filis-tes trop bruyants, même en l’absence de plainte directe d’un locataire ou d’un voisin.
- Dans toute commune, le maire peut prendre des arrêtés de même genre ; à défaut de mesures de police, toute personne gênée par des auditions trop bruyantes peut porter plainte, en invoquant un trouble de jouissance habituel.
- Il va sans dire qu’il faut d’abord faire établir un constat précisant l’heure.
- M. Leblanc, à Yaux-les-Huguenots (Seine-et-Oise).
- Réglementation antiparasite. — Tout auditeur de
- T. S. F. possède un « droit à l’écoute » indiscutable, et une réglementation anti-parasites complète a été établie en France par une suite de décrets et d’arrêtés de l’Administration des P. T. T. (en 1933 et 1934 entre autres). Vous pouvez consulter les textes de ces décrets, ainsi que leur commentaire technique et juridique dans l’ouvrage La T. S. F. sans parasites (Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris).
- M. Deboer à Paris.
- Enregistrement direct sur disque. — Pour effec-' tuer un enregistrement phonographique direct, il faut utiliser une matière dont la résistance se rapproche de celle de la cire au moment de l’enregistrement, et de celle de la gomme laque ou de l’acétate de cellulose au moment de la reproduction des sons. L’aluminium tendre peut être employé pour l’enregistrement à variation de profondeur par saphir ou diamant, ou plutôt à variation transversale.
- L’outil graveur n’enlève pas, en effet, un copeau de métal, mais produit un oscillogramme en traçant un sillon comme le soc d’une charrue, et en rejetant le métal en bourrelet de chaque côté de ce sillon.
- Pour faciliter l’enregistrement-, on peut enduire le disque d’une légère couche d’huile de vaseline très fluide, et on a cherché à employer le graphite, en particulier, pour diminuer le bruit de fond au moment de la reproduction.
- M. Betems, à Genève (Suisse) et M. Bonnet, à Bayonne.
- Poste récepteur de T. S. F. à lampes à deux grilles. — La lampe à deux grilles d’ancien modèle des premiers appareils superhétérodynes peut servir pour la détection, et même l’amplification haute fréquence, en raison de sa sensibilité ; cependant, nous ne la conseillons pas sur un appareil à étage basse fréquence ; elle ne permettrait pas une audition satisfaisante en haut-parleur ; une lampe triode, ou mieux une pentode est préférable.
- Vous pouvez construire un petit poste à une seule lampe pentode à filament à chauffage direct, permettant la réception des émissions puissantes en petit haut-parleur. Voir l’ouvrage Les récepteurs simples (Chiron, éditeur).
- M. Tasser, à Bonnières (S.-et O.).
- Enregistrement des sons. — Une des grandes difficultés de l’enregistrement des sons sur film sensible par un opérateur non spécialiste est la complexité des traitements photographiques du film négatif pour obtenir l’épreuve positive finale. Cette difficulté est plus grande dans les procédés à densité variable. Il est difficile d’employer le même film pour enregistrer directement à la lois les images et les sons. L’émulsion négative panchromatique destinée à la prise de vue doit être sensible, et pour cela être à gros grains, ce qui nuit à la qualité de l’enregistrement sonore ; le facteur de contraste, les traitements photographiques, qui ont une grande influence sur le grain, ne sont pas les mêmes pour les images et pour le son. De nombreux articles ont paru sur cette question dans La Nature ; consulter également les articles publiés par Ciné-Amateur, 94, rue Saint-Lazare à Paris, ou l’ouvrage Le cinématographe sonore, par P. Hémardinqucr (Evrolles, éditeur).
- M. Piccini, à Reims.
- Avertisseurs lumineux clignotants. — On peut établir de petits avertisseurs lumineux clignotants mobiles avec des mouvements contacteurs d’horlogerie.
- Souvent les avertisseurs de ce genre sont montés simplement avec des dispositifs interrupteurs par bilame à dilatation. Sous l’influence du courant électrique qui la traverse, la bilame s’échauffe, se dilate, se déforme, vient actionner un contact fermant le circuit de l’avertisseur et le courant de chauffage est interrompu ; dès que la lame est suffisamment refroidie, elle revient en arrière, le circuit est refermé ; elle s’échauffe de nouveau, et ainsi de suite.
- M. S. A., à Poitiers.
- De tout un peu.
- M. le Dr Ignate Ignatieff, à Tirnovo (Bulgarie). —
- La « Causerie photographique » ne manquera pas de donner, le moment venu, des formules de révélateurs à grain fin, sans paraphénylène diamine, ainsi que les divers moyens pour déterminer la durée de l’exposition des agrandissements à la lumière artificielle.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud.
- 1-11-1938
- Published in France.
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- N° 3037
- LA NATURE
- 15 Novembre 1938
- ... LE CENTRE NATIONAL ........""==
- D'HYDROBIOLOGIE APPLIQUÉE DU PARACLET
- L’action de l’homme, au début des temps historiques, sur les richesses minérales, végétales et animales de la terre était bien peu sensible. Elle s’est ensuite accrue progressivement pour prendre une allure excessive au cours de ces dernières années, quand sont intervenues les puissantes acquisitions de
- eaux admirables, soit tributaire de l’étranger pour son alimentation en salmonidés, surtout dans la période d’autarcie que nous vivons.
- Nous sommes loin du temps où le personnel agricole stipulait dans les contrats qu’on ne lui servirait pas de saumon plus de deux fois par semaine. Cet
- Fig. 1. — Vue générale du centre national d’hydrobiologie appliquée du Paraclet.
- la technique moderne et le développement des moyens de transports.
- L’exploitation intensive des richesses naturelles a, dans certains domaines, atteint les proportions d’une véritable économie destructive. C’est ainsi que des espèces animales ont pratiquement été éliminées de la surface du globe. C’est le cas de l’Auroch de l’Europe Centrale, du Bison d’Amérique qui ne se trouve plus que dans le Parc national de Yellowstone, de l’Autruche de l’Afrique septentrionale.
- Dans les pays très peuplés, comme la France, ce sont surtout le gibier et le poisson qui ont été l’objet de destructions massives.
- Pour le gibier, celui-ci a reculé devant des transformations inéluctables : telle l’extension de la surface des terres cultivées. Pour le poisson, c’est autre chose ; sa disparition est le fait d’une négligence impardonnable. Il est illogique que la France, avec ses
- aliment d’une richesse exceptionnelle nous vient maintenant de l’étranger. On vend en Bretagne, dans les Pyrénées, dans les bassins de l’Ailier, de la Loire, de la Dordogne, et à prix d’or, du saumon importé, alors que les magnifiques rivières à salmonidés de ces régions voient leurs frayères désertes.
- Il est vrai que l’anéantissement du saumon est patronné en France, encore de nos jours, par une législation injuste et absurde. On ne peut mieux faire en matière d’économie destructive.
- Je fais allusion à l’extravagant privilège des inscrits maritimes des estuaires. Des marins qui ne vont pas en mer jouissent du droit de capturer les saumons qui remontent frayer, détruisant ainsi pour un profit personnel minime une véritable richesse nationale.
- Mais il n’y a pas que le saumon ; l’appauvrissement de nos richesses piscicoles est général. Heureusement cet état n’est pas sans remède. Le même fait s’est
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- Fig. 2. — Vue générale du centre du Pamclet prise de la source.
- produit dans d’autres pays et ils ont pu remonter le courant par des mesures appropriées.
- Dans beaucoup de contrées d’Europe, la reconstitution des rivières et des lacs a été faite avec le concours des pouvoirs publics. Elle a donné partout d’excellents résultats. J’ai dit ailleurs comment les Anglais avaient rénové la Wye, une splendide rivière à saumons du Pays de Galles (x).
- Pour que les efforts de reconstitution des richesses piscicoles soient efficaces, la première des choses est d’étudier la question de manière rationnelle et scientifique. Il faut d’abord connaître la capacité biogénique des eaux à repeupler. Il tombe sous le sens qu’il est inutile d’empoissonner un étang incapable de fournir la nourriture de base, végétale et animale, nécessaire à l’alimentation des grandes espèces.
- C’est aux stations d’hydrobiologie bien équipées qu’il appartient de faire ces études ; l’ensemble de celles-ci constitue ce qu’on appelle la limnologie. C’est le savant suisse Forel qui le premier a constitué cette science. Il partait de ce point de vue qu’un milieu aquatique donné doit être considéré comme formant un microcosme individuel fermé qu’il faut étudier en soi et tel qu’il existe, dans ses conditions naturelles de formation et d’existence. Son ouvrage sur le lac Léman, publié de 1892 à 1904, est le type des monographies hydrobiologiques. Ses travaux furent poursuivis et complétés par Yung, Chodat, Baudin. D’autres naturalistes étudièrent également les lacs suisses : Amberg, Burckhardt, Bachmann le lac des Quatre-Cantons ; Heuscher, Schrôtter, Lozeron le lac de Zurich ; Linder le lac de Bret ; Fuhrmann, Monard, Robert le lac de Neuchâtel, etc.
- En France, ces questions n’étaient pas négligées, le laboratoire de pisciculture de la Faculté des Sciences de l’Université de Grenoble, sous la direction du Pr Léger, étudiait d’une manière très objective la capacité biogénique des eaux de la région alpine, surtout au point de vue de la truite. C’est ainsi que
- 1. La. ISature, n° 2.999, 15 avril 1937, Le Saumon, par L. Pek-euche.
- Fig. 3. — L’établissement de pisciculture.
- furent établis des dossiers monographiques piscicoles pour l’Isère, le Furon et plusieurs lacs de haute altitude et que furent publiées des études sur la pollution des eaux. Car il faut également chercher des solutions aux questions nouvelles et graves posées par le développement de l’industrie et de l’urbanisme qui ont pour conséquence la pollution des rivières par les eaux résiduaires et les égouts et aussi les effets de la construction des grands barrages qui font disparaître les poissons migrateurs.
- Mais il convient en plus de créer des établissements capables d’en déduire les conséquences pratiques ; de déterminer les méthodes et procédés qui augmentent le rendement en poisson des lacs, étangs et rivières ; d’étudier la génétique afin d’améliorer les races ; de déterminer les maladies épidémiques et d’y remédier ; de discuter les avantages et les inconvénients de l’introduction d’espèces nouvelles qui furent autrefois pratiquées avec assez peu de discernement ; d’organiser les méthodes de protection et de défense et pour cela, d’intervenir avec à-propos dans les questions de réglementation, enfin de remédier autant que faire se peut aux cas de pollution des eaux par des procédés et des ordonnances appi’opriées.
- Ce n’est pas une question négligeable. La France importe plus de 5o.ooo quintaux de poissons d’eaux douces chaque année et il est bien certain qu’avec son domaine fluvial reconstitué et exploité rationnellement la situation pourrait être renversée.
- L’importance de la limnologie n’a pas échappé aux pays étrangers. En Bohême, l’élevage du poisson est de tradition ancienne ; la Tchécoslovaquie l’a poursuivi et obtient d'excellents résultats ; elle entretient des écoles théoriques et pratiques d’aquiculture. L’Allemagne dispose de plusieurs stations de limnologie ; la Pologne en possède toute une série dont la principale, celle de Pinsk, est placée en plein centre des grands marais et étangs. L’U. R. S. S. a fait également de sérieux efforts dans le même sens, ses principaux établissements sont ceux de Saratov, sur la Volga, et du lac Baïkal. En 1936, la Suède a créé une
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- annexe au laboratoire de Lund où travailla Naumann, l’un des maîti’es de la limnologie. Sur les bords du lac Balaton, à Tibany, la Hongrie a également installé une station modèle.
- En France, la Direction générale des Eaux et Forêts est chargée, au Ministère de l’Agriculture, de la pisciculture des eaux fluviales, de l’exploitation de la pêche dans les cours d’eaux navigables et flottables et de la police, sauf dans les canaux et les rivières canalisées.
- Elle fait des efforts très sérieux pour la reconstitution de la pêche en France, elle s’est énergiquement appliquée à la question du saumon ; malheureusement elle s’est heurtée, dans ce cas particulier, à la législation dont j’ai parlé plus haut, qui n’est pas de son fait et quelle n’a pas encore réussi à entamer.
- Sous la direction de M. Kreitman, conservateur des Eaux et Forêts, le service de la Pêche a également à étudier les améliorations à apporter à la culture des étangs et à la propagande pour le développement de la consommation du poisson d’élevage comme, aussi, au contingentement des importations de poissons d’eaux douces.
- Malheureusement l’absence de laboratoire lui interdisait l’application des connaissances scientifiques théoriques aux imdtiples cas particuliers qui se présentent.
- Cette grave lacune est aujourd’hui heureusement comblée.
- Le service de la Pêche dispose maintenant d’un établissement modèle qui lui permettra l’étude pratique, dans des conditions parfaites, de la limnologie.
- La première pierre du Laboratoire central d’Hydro-biologie appliquée a été posée en août ig36 sur les terrains du Pai'aclet, dans la vallée de la Noyé, à 12 km au Sud-Ouest d’Amiens, sur la commune de Fouen-camps.
- L’établissement dispose de 25 ha, il est alimenté par des eaux de source très pures, filtrées par le limon des plateaux picai’ds, il est traversé par la Noyé, rivière à truites, sous-affluent de la Somme qui n’est polluée par aucune industrie. Il est remarquablement bien
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- situé, à proximité relative de Paris, sans avoir à souffrir des inconvénients inhérents à la région parisienne où il ne pouvait trouver place, car les eaux de distribution urbaines y sont javellisées et les eaux vives trop facilement sujettes à des pollutions variées.
- Au Paraclet, on trouve dans leur habitat naturel presque tous les poissons indigènes, depuis le saumon qui vient encore frayer dans la Somme jusqu’au plus humble poisson blanc. La proximité de la mer permettra l’étude facile des eaux saumâtres. Enfin, dans la région industrielle du Nord, peu éloignée, on pourra faire d’utiles recherches sur la pollution par les eaux résiduaires des industries les plus diverses.
- L’ensemble des bâtiments du Centre d’hydrobiologie appliquée du Paraclet groupe des laboratoires de zoologie, de botanique, de microbiologie et de chimie disposant de l’outillage le plus moderne et le plus complet. Il leur est annexé des galeries de collections, une bibliothèque, des salles de cours et de travaux pratiques, des aquariums. Quelques laboratoires pourront être mis à la disposition de chercheurs bénévoles.
- D’autre part, il a été installé un établissement de salmoniculture avec sa salle d’éclosion, ses canaux d’alevinages, ses bassins d’élevage et de stabulation, alimentés d’eaux vives.
- Sur une autre partie du terrain sont aménagés toute une série d’étangs, petits et grands, pour l’élevage et l’étude des cyprinidés.
- Enfin, par suite de l’éloignement inévitable de la ville pour une station de cet ordi’e, il a été installé les logements pour le directeur, les chefs de laboratoires, le personnel subalterne. Les stagiaires de l’administration des Eaux et Forêts qui viendront compléter leurs connaissances en hydrobiologie et les travailleurs libres qui seront admis à poursuivre des recherches pourront être hébergés dans des bâtiments prévus à cet effet.
- L’ensemble de ces constnictions a été réalisé dans un style nordique du meilleur goût. Elles s’encadrent dans le paysage verdoyant et boisé de la vallée de la Noyé de la manière la plus heureuse. C’est une réussite
- Fig. 4. — Le laboratoire de chimie.
- Fig. 5. — La grande galerie.
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- complète à tous points de vue et la Direction des Eaux et Forets pourra montrer avec honneur son établissement aux savants étrangers qui viendront le visiter.
- Le Centre d’hydrobiologie appliquée du Paraclet est dès maintenant en activité. Il va pouvoir entreprendre la lutte contre la pollution des eaux et, mieux encore, la prévention de celle-ci qui est une grave menace pour les rivières, les animaux domestiques et les hommes. Pour cette étude, la présence concordante de laboratoires utilisant les techniques de la zoologie, de la botanique, de la microbiologie et de la chimie est particulièrement heureuse, car leur association est indispensable pour attaquer des questions aussi complexes.
- On retrouvera le même avantage de cette association pour l’étude des phénomènes biologiques et physico-chimiques qui régissent le peuplement des rivières et des étangs ; elle sera même utile pour l’étude de l’ichthyo-pathologie et de la microbiologie appliquée et d'une manière générale à tout ce qui se rattache à l’acquisition de connaissances utiles au développement de l'aquiculture.
- Les laboratoires du Centre d’hydrobiologie appliquée du Paraclet travailleront de plus en accord avec quatre autres laboratoires spécialisés dépendant également des Eaux et Forêts et répondant chacun à un besoin particulier.
- D’abord un laboratoire llottant établi dans une péniche, permettra de poursuivre sur place, dans les canaux et les rivières navigables, des recherches d’aquiculture et sur la pollution des eaux, en particulier par les déversements de mazout des chalands automoteurs. Cette péniche laboratoire, entièrement construite en bois, est propulsée par un moteur à gazogène à bois ; elle sera une parfaite démonstration de l’avantage de cette source d'énergie sur les huiles lourdes dans ce cas particulier, car elle évite les graves pollutions qui ont provoqué tant de plaintes justifiées. La péniche est aménagée intérieurement en une vaste salle de laboratoire avec paillasse de chimiste, tables de
- Fig. 6. — Une des décorations en mosaïque du Paraclet.
- microscopie, aquariums, etc. A l’avant sont deux cabines pour les travailleurs et à l’arrière le logement du ménage marinier. D’ailleurs, beaucoup ont pu remarquer cette péniche à l’Exposition de 1937, amarrée en Seine à la hauteur du Palais du Bois et ouverte à tous les visiteurs.
- À Biarritz, l’Administration des Eaux et Forêts dispose au Musée de la Mer d’un laboratoire parfaitement aménagé et équipé pour les recherches sur le saumon et également pour l’étude de la biologie des espèces qui séjournent alternativement en eaux douces et en mer telles que l’alose et l’esturgeon qu’on trouve dans le Sud-Ouest. Cet établissement, placé à proximité des gaves pyrénéens, est ainsi à pied d’œuvre dans la région de la France où il reste encore le plus de saumons.
- A Thonon, sur les bords du Léman, un autre laboratoire est spécialisé dans l’étude de la biologie et du peuplement des lacs alpins. C’est en même temps un des plus anciens établissements de pisciculture. Il poursuit depuis longtemps des recherches très objectives dont l’intérêt pratique n’est pas douteux. Elles se sont manifestées matériellement par une augmentation sensible, depuis plusieurs années, des pêches de corégones.
- Enfin, à Lyon, on termine dans le Parc Parilly, sur la commune de Bron, l’aménagement du dernier laboratoire. Celui-ci comportera une série d’aquariums présentés au public qui pourra ainsi connaître la faune piscicole indigène. Il comprend de plus une pisciculture de salmonidés et deux salles d’hydrobiologie et de chimie.
- Il y sera poursuivi des recherches de limnologie pour la région du Sud-Est et des études spéciales sur l’élevage de la tanche, de la carpe et du brochet qui présentent un intérêt tout particulier, étant donné la proximité des étangs des Dombes et du Forez.
- Ces études présentent une grande importance, car on sait qu’en deux saisons, l’élevage de certaines espèces de carpes sélectionnées fournit une chair excellente, sans arêtes et de très bas prix de revient. Le rendement actuel de 5o kgr à l’hectare pourrait, d’après des spécialistes, être facilement doublé. Le même effort pourrait être fait pour le brochet produit par nos eaux en quantité également insuffisante.
- L’ensemble de ces laboratoires sera en activité dans un très proche avenir et il en résultera certainement une rapide amélioration de la productivité des eaux françaises. Il suffit pour y parvenir d’un petit effort de discipline : décourager le braconnage, cesser les destructions stupides, prévenir la pollution. Le domaine fluvial de la France pourra alors retrouver sa puissance de production. Il faut reconnaître que la Direction générale des Eaux et Forêts fait un très bel effort dans ce sens et qu’il mérite le succès le plus complet.
- Les résultats déjà obtenus à l’étràhger font la preuve de ce que nous sommes en droit d’espérer.
- Lucien Perruche, Docteur de rUniversité de Paris.
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- = LA STRUCTURE GRANULAIRE DES SOLIDES 293
- Dans un article paru dans La Nature (1), M. L. Guillet fils a exposé les conceptions concernant la structure des métaux et alliages auxquelles conduit l’interprétation des résultats des essais des propriétés mécaniques (endurance, module d’élasticité, dureté, etc...) et des examens micrographiques. En un mot, il a considéré la question du point de vue « métallurgique ».
- Il nous a paru intéressant de présenter les résultats auxquels on arrive, en se plaçant à un autre point de vue, celui de la chimie colloïdale.
- Il peut sembler étrange à première vue de considérer les aciers au carbone par exemple comme pouvant relever de la chimie colloïdale, mais certains de leurs constituants, en particulier la troostite et la sorbite peuvent être assimilés à des colloïdes solides : une phase solide à l’état extrêmement divisé dans une phase dispersante également solide.
- Attaquée par les réactifs micrographiques, la troostite se teinte fortement en noir. Dès 1896, Arnold avait suggéré que ce noircissement était dû à un dépôt de carbone ou d’un composé carburé riche en carbone résultant de la décomposition du carbure de fer existant à l’état ultra-divisé dans un magmat de fer a.
- Le passage de la troostite à la sorbite se produirait par coagulation des particules ultra-microscopiques pour donner finalement des granules visibles sous le microscope. La densité et la conductibilité électrique de la troostite et de la sorbite sont identiques. Un refroidissement lent permet aux particules granulaires de s’agglomérer et la structure lamellaire de la sorbite apparaît finalement.
- Quand on dissout les aciers dans l’acide nitrique étendu, on obtient des liquides colorés. Cette propriété est utilisée dans la méthode d’analyse d’Eggert pour le dosage du carbone. Ces liquides colorés sont des solutions colloïdales dont la couleur est fonction de la dimension des particules colloïdales en suspension dans le liquide dispersant, c’est-à-dire des dimensions des particules du carbone qui était présent dans l’acier examiné. Il se forme d’abord dans la solution des particules brunes, ressemblant comme forme aux particules de carbure puis, au fur et à mesure que l’attaque se poursuit, leurs dimensions diminuent, elles prennent un caractère gélatineux et leur coloration devient verte. La solution contient finalement un mélange de deux couleurs.
- Les aciers trempés donnent des teintes vertes plus intenses ; il semble que le carbone y soit présent sous forme de carbure et que l’état de division soit fonction des traitements thermiques, ce qui rattacherait les phénomènes de trempe à la chimie colloïdale.
- Il est intéressant de remarquer que le chauffage prolongé suivi d’un traitement mécanique violent, corne le forgeage à haute température, provoque, dans les aciers à forte teneur en carbone, l’agglomération en petits grains des particules microscopiques de la cémentite. C’est sur cette propriété que repose le damasquinage de l’acier. La structure damasquinée est due au groupement en bandes onduleuses des particules de cémentite, tandis que les propriétés mécaniques spéciales des aciers damasquinés : malléabilité et ténacité, tiennent à la forme très divisée sous laquelle se trouve la cémentite.
- Il semble d’ailleurs, aussi bien pour les aciers au carbone que pour les autres alliages, que les meilleures qualités mécaniques soient réalisées quand les particules ont seulement un degré de dispersion modéré; les solutions colloïdales vraies donnent de la dureté au métal, tandis qu’une aggloméra-
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- tion en grains trop gros provoque la fragilité. Il paraît donc y avoir, pour les particules, une dimension optima, qui fournit les meilleurs résultats; on dit quelquefois dans ce cas que le corps se trouve dans l’état de « dispersion critique », les particules ayant la « dimension critique ».
- Les alliages de fer et de nickel présentent une certaine analogie avec les systèmes colloïdaux, ainsi que les alliages d’aluminium et de cuivre. En particulier pour le duralumin, les propriétés mécaniques sont directement liées à la cristallisation en granules colloïdaux de tailles différentes et plus ou moins abondants de Al2Cu au sein de la solution solide.
- Remarquons toutefois que cette analogie ne doit pas être poussée trop loin car, dans de nombreux cas, la taille des particules et leur degré de dispersion ne permettent pas de parler de colloïdes.
- On arrive donc à la même conclusion que par l’étude des essais micrographiques et mécaniques : la structure des alliages a une importance essentielle ; les « grains » qu’ils renferment et leurs conditions d’assemblage déterminent, suivant le traitement que la pièce a subi, ses propriétés pratiques (plasticité, dureté, ténacité, propriétés magnétiques et électriques, etc...). Mais ici se rencontre une difficulté majeure dont on n’entrevoit pas actuellement la solution.
- En effet, nous disposons de deux moyens d’observation et d’étude directe : le microscope qui nous renseigne sur l’existence de ces grains et les décèle, même lorsque leur diamètre n’est que de quelques centaines d’Angstrôms, et les méthodes d’examen aux rayons X, qui permettent de déterminer l’arrangement cristallographique des atomes et des molécules. Aucun de ces deux moyens ne peut nous donner sur les grains, desquels dépendent justement les propriétés qui nous intéressent pour les applications industrielles, les informations que nous désirerions. Le microscope n’est pas assez puissant, les rayons X le sont trop. Si une comparaison approximative peut mieux faire comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous dirions que nous sommes dans les mêmes conditions qu’un entomologiste qui désirerait décrire un insecte très petit et qui ne disposerait que d’une loupe ordinaire et d’un microscope à grossissement extrêmement fort : à la loupe, il ne peut voir aucune forme nette, avec le microscope, il ne peut voir que des détails infimes, insuffisants pour lui donner une idée d’ensemble de l’insecte.
- La même difficulté se présente d’ailleurs dans l’étude des colloïdes : l’ultra-microscope décèle la présence des particules ; ces particules sont elles-mêmes constituées de millions de molécules et d’atomes dont l’aménagement interne est révélé par l’examen aux rayons X, mais nous ne savons rien sur l’assemblage de ces molécules pour constituer ces nouvelles personnalités : les particules douées de propriétés spéciales distinctes.
- Un métal ou un alliage, d’après les idées modernes, contient des groupes d’atomes ou même des assemblages de ces groupes (que l’on peut appeler des « cristallites », puisque l’arrangement des atomes dans chacun d’eux est parfaitement régulier-) dont le rôle est fondamental. Gough et Wood, par exemple, en étudiant la fatigue des métaux sous des effets alternés cycliques répétés ont trouvé que les grains visibles se brisent graduellement en éléments plus petits, en « cristallites » dont les dimensions qui dépendent de la grandeur de l’effort imposé sont sensiblement identiques. La rupture se produit quand la fragmentation est complète dans une région donnée du métal, cette fragmentation n’allant pas jusqu’à l’échelle atomique. Il semble donc que les
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- dimensions des « cristalliles » sont, d’une façon d’ailleurs inconnue, liées à la forme et à la dimension même des atomes du métal.
- On sait également que les métaux et alliages sont sujets à de lentes transformations, réagencements moléculaires, cristallisations internes, dé vitrifications, etc..., dont l’existence est connue depuis longtemps et qui se produisent spontanément., même en l’absence de toute contrainte et de toute action extérieure. Par exemple, pour les marbres de traçage, les bancs de tours, etc., il faut laisser « travailler » le métal, en général la fonte, après chaque passe d’usinage. En reprenant la pièce après un repos de plusieurs semaines, on constate que sa surface, qui était parfaitement plane à la sortie de la machine de dressage, ne l’est plus et qu’il faut recommencer l’opération parfois plusieurs fois pour arriver à un résultat permanent.
- Les conditions mécaniques imposées par les constructions modernes, en particulier dans les moteurs à explosion et les turbines, dans lesquelles les jeux et les tolérances sont extrêmement faibles et qui, de plus, fonctionnent normalement à température élevée, ont donné à ce problème du « travail », (( du fluage », du « gonflement » du métal une importance toute particulière. On peut presque dire que toute portion d’un métal ou plus généralement d’un solide est à l’état liquide (0 pendant une fraction de son existence et que les atomes, dans cette portion, sont capables de se déplacer, leur mouvement étant freiné et guidé par les actions stabilisantes de la matière environnante.
- Les lois auxquelles obéissent ces mouvements certainement très complexes sont encore ignorées, malgré l’intérêt pratique énorme qu’il y aurait à les connaître. Citons simplement un exemple : l’addition de i pour ioo de chrome à un acier à o,5 pour ioo de molybdène augmente la résistance à la déformation spontanée au-dessous d’une certaine température et la diminue pour des températures supérieures. Tout se passe comme si les atomes de chrome avaient pour effet de stabiliser la structure granulaire de l’acier aussi longtemps qu’eux-mêmes restent en place; mais quand la température s’élève, ils commencent à se mouvoir eux-mêmes, d’autant plus facilement que l’alliage est plus complexe, car sa structure est alors d’autant moins rigide. A partir de ce moment, leurs effets s’ajoutent à ceux de l’alliage primitif et aggrarent ses défauts.
- Même des modifications purement superficielles affectent
- 1. Pcappelons que les recherches récentes sur la couche de Bailbv ont montré nettement que la surface polie d’un métal ou d’un alliage présente des caractères très nets d’un liquide
- les propriétés de la masse, telles que la corrosion ainsi que l’ont montré très nettement les essais mécaniques (1), ce qui complique encore l’étude et l’interprétation des résultats expérimentaux.
- D’ailleurs, ces problèmes ne sont pas particuliers aux métaux et aux alliages. Par exemple, dans le cas des argiles, on ignore comment elles retiennent leur eau de constitution. L’analyse aux rayons X fournit des renseignements satisfaisants sur le cristal d’argile même (2), on sait exactement où se trouvent placés les uns par rapport aux autres les atomes d’oxygène, de silicium, d’aluminium, de magnésium, de fer, etc., qui les constituent. Mais les remarquables propriétés des argiles sont dues aux assemblages lamellaires de dimensions colloïdales formés par ces cristaux et ils échappent à l’observation aussi bien par le microscope que parles rayons X. Les dimensions de ces lamelles semblent d’ailleurs osciller autour d’une dimension moyenne bien déterminée dans chaque cas. L’examen des fibres de cellulose (3) montre qu’elles sont formées de fibres plus petites, de fibrilles, qui à leur tour sont constituées par des granules ellipsoïdales de dimensions voisines du micron (i,5 à i,i p). Chacun de ces granules peut renfermer des millions de molécules de cellulose. L’analyse aux rayons X fournit des renseignements précis sur ces chaînes cellulosiques, mais aucun sur les granules qui pourtant semblent déterminer les propriétés de la fibre elle-même.
- Dans les diélectriques, sous l’influence activante des tensions électriques, des réagencements moléculaires se produisent; de même les tôles de transformateurs « vieillissent » sous l’action de la chaleur et des champs magnétiques alternatifs et les aciers « cristallisent » sous des chocs répétés.
- Tous ces phénomènes se ramènent à des changements de la structure granulaire de la matière sur laquelle nous ne possédons encore aucun renseignement précis.
- Dans un grand nombre de cas, la régularité de ces grains, leurs dimensions qui se groupent autour d’une valeur moyenne bien définie, comme on l’observe également dans le domaine tout différent des protéines, indique que nous ne nous trouvons pas en présence d’assemblages d’atomes en nombre quelconque constitués au hasard. Le phénomène rappelle ceux qui se produisent dans les polymérisations et c’est peut-être dans cette direction que pourraient s’orienter les recherches. IL Vigneron.
- 1. Voir La Nature, n° 299B.
- 2. Voir La Nature, n° 3006.
- 3. Voir La Nature, n° 3012.
- = LES RÉSEAUX D'INTERCONNEXION
- RÉPARTITION DES PUISSANCES ACTIVES ET RÉACTIVES
- Ces lignes électriques haute tension, accrochées au bout de chaînes d’isolateurs aux pylônes supports que l’on voit enjamber à pas de géants des provinces entières, sont aujourd’hui de véritables artères d’un grand système de transport et d’échange d’énergie s’étendant sur l’ensemble du pays.
- A l’heure actuelle, tous les grands centres de production et d’utilisation de la France sont interconnectés au moyen de lignes plus ou moins longues fonctionnant sous des tensions plus ou moins élevées.
- Ainsi la région parisienne qui est un grand centre
- d’utilisation et de production thermique (puissance utile de 985.000 kilowatts) est reliée au moyen de lignes à 220.000 volts, d’une part aux centrales hydroélectriques du Massif Central (198.000 kw) et d’autre part à celles des Alpes et du Rhin (90.000 kw).
- Comme ces groupes de centrales hydrauliques sont également reliés entre eux et que chaque région a ses lignes de distribution propres, on voit que l’ensemble des artères d’interconnexion forme une boucle gigantesque se développant sur des milliers de kilomètres.
- D’autre part, chaque région peut comprendre des
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- Fig. 1.
- — Régulateur central contrôlant la fréquence et les écarts de puissance d’un réseau électrique.
- sociétés productrices d’énergie ou « vendeurs », des sociétés de distribution ou « acheteurs » ; l’échange entre deux régions étant souvent assuré par une société de transport assurant l’exploitation des lignes.
- Tous ces groupements sont liés les uns vis-à-vis des autres par des contrats fixant les modalités d’échanges ou d’absorption de l’énergie électrique.
- Il résulte de ce qui vient d’être dit que le fonctionnement de l’ensemble du réseau couvrant la France fait surgir une variété de problèmes d’ordre technique dont le principal est la bonne répartition des charges ; sur ces problèmes viennent s’en greffer d’autres d’ordre commercial.
- Nous verrons plus loin que l’exploitation rationnelle des grands réseaux électriques a amené la création d’organismes centraux de « surveillance » et de « commande » appelés « répartiteurs ».
- On sait que l’énergie électrique, quelle soit d’origine hydraulique ou thermique, est produite au moyen d’alternateurs entraînés par des turbines, hydrauliques ou à vapeur.
- Les alternateurs, généralement triphasés, sont tels que lorsqu’ils sont entraînés par leurs moteurs respectifs à la vitesse nominale, ils fournissent un courant périodique sinusoïdal de 5o périodes par seconde. Ce nombre de périodes est ce qu’on appelle la « fréquence » du courant.
- Comme tous les récepteurs électriques ont été établis, par construction, pour cette fréquence nominale, il est clair que l’une des tâches des exploitants sera de
- maintenir la fréquence « réelle » du réseau le plus près possible de sa valeur « idéale », c’est-à-dire de 5o.
- Il est impossible de maintenir cette valeur « idéale » constante ; en effet, supposons un turbo-alternateur tournant très exactement à 3.ooo t/mn correspondant à 5o périodes par sec. Que la charge du réseau vienne à augmenter, le couple résistant de l’alternàteur dépasse le couple moteur proportionnel à un certain débit du fluide dans la turbine ; le groupe tend à « ralentir » légèrement et la fréquence à baisser. ’
- Afin de limiter les écarts de vitesse des groupes électrogènes, on a muni les turbines de régulateurs de vitesse dont le rôle est d’ouvrir un peu plus les vannes lorsque le « nombre de tours » baisse et de les fermer légèrement si ce nombre croît. Mais les régulateurs mécaniques des turbines ne règlent la vitesse qu’à + 2 pour xoo de la vitesse nominale, reU^a dut à ± i période par sec. Alors on a réalisé clés régulateurs mesurant directement la fréquence et agissant sur les vannes des turbines. Ces appareils, moyennant quelques précautions, permettent cle régler la fréquence à ±o,i p/s, autour de la fréquence moyenne. j Notons en passant qu’on appelle « statisme » d’un régulateur de fréquence, le rapport dé l’écart, entre les vitesses limites maxirna et mininïa qu’il admet et la vitesse nominale ou moyenne. Pour les turbines hydrauliques, ce rapport est de 2/100 et pour les groupes thermiques il est de 4/100 environ. : ’
- On conçoit que si les variations de la charge font varier la fréquence d’un turbo-alternateur, inversement on agira sur sa vitesse pour lui faire prendre plus ou moins de charge sur le réseau auquel il est connecté ; on réglera donc la puissance active des groupes électrogènes en manipulant la manette « plus vite-moins vite » des turbines.
- Un autre devoir incombant aux exploitants des réseaux est de maintenir la tension constante ou tout au moins de ne tolérer des fluctuations que dans certaines limites acceptables. C’est le problème du réglage des puissances réactives, autrement dit, des excitations des alternateurs. Nous ne développerons pas ce problème et rappellerons simplement qu’il a reçu une solution grâce à l’emploi de régulateurs de tension sur les alternateurs, de prises réglables sur les transformateurs et de compensateurs synchrones et statiques.
- Si tout le problème de la production de l’énergie électrique se.ramenait à celui d’un groupe turbo-alternateur alimentant au bout d’une ligne un réseau de moteurs et de lampes d’éclairage, la solution serait relativement simple puisqu’il suffirait de contrôler simultanément la vitesse de la turbine et le courant dit « d’excitation » dans le rotor de l’alternateur.
- C’étaient là effectivement les seules sujétions des exploitants des usines électriques d’avant guerre.
- Mais aujourd’hui, le problème est beaucoup
- Fig. 2. — Schéma d’une installation de télémesure de la puissance.
- Ligne
- téléphonique
- MiHiàmp è remetrç
- RECEPTEUR
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- Fig. 3. — Le bureau des dispatchers à l’usine Saint-Denis II de la Société d’Électricité de Paris. En face du bureau : schéma lumineux du réseau.
- plus complexe. Dans chaque région industrielle, il y a plusieurs centrales possédant chacune plusieurs turboalternateurs, tous les groupes électrogènes débitant « en parallèle », c’est-à-dire ensemble sur le réseau d’interconnexion.
- Comment régler la fréquence dans ces conditions et comment s’arranger, par-dessus le marché, pour que les divers programmes de charge soient respectés P
- Alors qu’il y a une vingtaine d’années, les usines réglaient la fréquence pour leur propre compte, il a fallu créer aujourd’hui, pour résoudre les difficultés inhérentes à l’interconnexion, des organismes de « supervision », ayant autorité, chargés de répartir les charges entre les diverses centrales placées sous leur commandement. Ce sont les « répartiteurs » ou « dispatching ». Ces organismes centraux, munis de statistiques et de graphiques de la charge des joui-nées précédentes, élaborent des « diagrammes journaliers » représentant la charge probable du réseau en fonction de la durée et en déduisent, compte tenu des sujétions (( économiques », les diagrammes particuliers de chaque centrale ou artère d’interconnexion.
- Les « répartiteurs » n’ont plus alors qu’à surveiller, par exemple au moyen d’appareils de mesure à distance dits « télémètres », la bonne exécution des ordres
- et la bonne coordination des charges des diverses unités en service.
- Là encore l’extension sans cesse croissante des interconnexions a amené de nouvelles difficultés.
- L’intervention des répartiteurs dans le but de sauvegarder la vitesse « idéale » devint tellement fréquente que l’on a été amené à ne charger pratiquement du réglage précis de la fréquence qu’une seule unité dite « chef d’orchestre » avec prescription aux autres unités de suivre scrupuleusement leur programme de charge, leur fréquence étant physiquement maintenue par Limité « pilote » (i).
- Le « dispatching » choisissait l’unité ou la centrale pilote qui était obligée, dès lors, d’absorber toutes les « pointes » du « diagramme réel du réseau », c’est-à-dire tous les à-coups imprévisibles de charge.
- Mais là ne devait pas se terminer l’histoire de l’évolution du réglage de la fréquence. L’emploi des cen-
- 1, On sait que la liaison électrique entre plusieurs turboalternateurs fonctionnant « en parallèle » peut être comparée à une liaison « élastique ». Qu’un groupe vienne à ralentir, des forces électriques dites « synchronisantes » naissent aussitôt dans l’alternateur correspondant et tendent à le ramener à la vitesse moyenne des autres groupes qui définit ainsi la (( fréquence » du réseau. Si le ralentissement du groupe est trop fort, il peut perdre le synchronisme et « décrocher ».
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- traies « chefs d’orchestre » avec groupe « pilote » réglant la fréquence devint prohibitif car on arrivait à des fluctuations trop importantes pour une seule unité.
- Alors on fit une espèce de retour en arrière ; on fit participer au réglage de la fréquence tous les « co-producteurs », mais au prorata de la puissance qu’ils déversent réellement dans l’artère d’interconnexion.
- Ce système résulte d’une généralisation de la notion de « statisme ». Dans sa forme la plus perfectionnée, il comporte un régulateur central contrôlant à la fois la fréquence et les écarts de puissance fournie suivant une loi linéaire de la foi'me :
- / = f 0 — KdP
- où :
- / est la fréquence réelle ;
- f0 la fréquence idéale à obtenir ;
- dP l’écart entre la valeur de puissance échangée avec l’interconnexion et la valeur contractuelle de la puissance d’échange ;
- K est le coefficient angulaire de la droite f — 0 (dP) dite de « statisme virtuel » du réseau.
- Un tel régulateur ne règle plus la fréquence à une valeur fixe f0 comme dans le cas d’un régulateur « chef d’orchestre », mais n’intervient que pour des corrections d’autant plus serrées que les programmes de charge des co-producteurs sont mieux tenus (dP voisin de zéro).
- La figure, i montre comment on peut réaliser un régulateur de cette sorte.
- S est une source lumineuse ;
- Mx un miroir de galvanomètre sensible aux écarts de puissance : dP ;
- M2 un miroir de galvanomètre sensible aux écarts de fréquence : df ;
- C.P.V. et C.M.V. sont des cellules photo-électriques transmettant les impulsions u plus vite » (P.V.) ou « moins vite » (M.V.) aux centrales.
- Les impulsions P.V. et M.V. atteignent chaque centrale, à travers un relais différentiel qui compare la puissance réelle de la centrale à un pourcentage choisi d’avance de la puissance totale produite dans la région.
- On voit que l’application de ce système de réglage de la fréquence-puissance nécessite des télémètres instantanés de la puissance, afin qu’on puisse disposer à tout moment de la valeur de « dP » à l’endroit même où l’on place le régulateur.
- La figure 2 montre comment on réalise une telle mesure à distance.
- L’émetteur se compose d’un axe portant deux cadres Cx et C2 et un disque D.
- Le cadre Cx peut tourner dans un champ alternatif produit par les électro-aimants et E2 au moyen d’une source auxiliaire à 110 v et est connecté à la grille d’une lampe à trois électrodes L.
- Le cadre C2 peut tourner dans le champ d’un aimant permanent N.S. et est connecté à la plaque de la lampe.
- Le disque D tourne sous l’influence d’un équipage wattmétri-que W comme dans un compteur d’énergie.
- Si la puissance varie, le disque tend à tourner, entraînant les cadres Ci et C2.
- Ce cadre Cx coupe un flux alternatif et est le siège d’une force électromotrice qui polarise la grille G. A ce moment, le courant de plaque augmente sensiblement et comme il traverse le cadre C2, celui-ci se déplaçant dans un champ continu tend à freiner l’ensemble de l’équipage et on arrive à une position d’équilibre.
- Le courant de plaque est expédié par fil téléphonique au centre récepteur où un milliampèremètre enregistreur donne la valeur de la puissance.
- La sommation suivant la loi de Kirchhoff de plusieurs courants de plaque permet la totalisation instantanée de plusieurs indications de charges.
- La valeur « dP » est obtenue en retranchant la puissance Pr totale réelle de la puissance « Pi » donnée au même instant par un programmètre local.
- La figure 3 représente la salle d’un « répartiteur ».
- Sur cette figure on voit, au mur, un tableau synoptique sur lequel on a représenté le schéma du réseau d’interconnexion, et au premier plan le pupitre des « dispatchers », comportant un standard téléphonique pouvant mettre le répartiteur en communication immédiate avec l’une quelconque des centrales au moyen de fil spécial.
- Avant de terminer cet exposé, nous examinerons rapidement le problème de la fréquence moyenne, c’est-à-dire celui de la distribution de l’heure à domicile.
- Tout le monde connaît les pendulettes électriques qui ne sont que de petits moteurs synchrones que l’on branche sur le secteur. Ces horloges avancent exactement de 24 heures si le réseau a continuellement produit un courant de 5o périodes par seconde. Or, nous venons de voir que cela était physiquement impossible et que la fréquence du réseau électrique
- Fig. 5. — Horloge double pour le réglage de la fréquence du courant d’un réseau.
- Impulsions de
- ihorofoc/e de f B 'A
- / Qùseruâtoire f B_____ \ Peseau \
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- ELECTHQ AIMANT V, J MOTEUR SYNCHRONE
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- Fig. 4. — Exemple de la courbe de fréquence d’un réseau.
- * *
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- = 298 . .... ................::........:
- variait légèrement tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre autour de la valeur idéale (fig. 4)-
- Il pourra se trouver qu’au bout de la journée la moyenne de toutes les fréquences instantanées soit supérieure à 5o ou inférieure à ce chiffre.
- On dira dans le premier cas que le réseau est en avance sur l’heure astronomique et dans le second cas qu’il est en retard.
- Si on réalise alors une horloge double, représentée sur la figure 5, dont l’aiguille à secondes (noire) avance au moyen d’impulsions reçues de 1’ « horloge mère » de l’Observatoire et dont l’aiguille blanche soit solidaire d’un moteur synchrone branché sur le secteur et convenablement démultipliée, on verra les deux aiguilles exactement superposées tant que la fréquence moyenne du réseau reste bonne ; dans le cas contraire, l’aiguille blanche avancera ou retardera par rapport à l’aiguille noire.
- Une telle horloge double placée au « dispatching » permettra aux « répartiteurs » de rectifier judicieusement l’allure du réseau de manière à obtenir au bout d’une journée un écart négligeable par rapport à l’heure astronomique.
- LA PSITTACOSE TRANSMISE
- La psittacose serait transmise non seulement par les perroquets, mais encore par d’autres genres d’oiseaux, explique un distingué médecin danois, M. Arthur A. Rasmussen dans le grand quotidien de Copenhague, le Berlingske Tidencle.
- En septembre ]q33, une épidémie d’affections pulmonaires caractérisées par de grosses fièvres éclata dans deux îles de l’archipel des Færoer. Elle atteignit presque exclusivement les femmes adultes. Sur 67 cas constatés 7 eurent une issue fatale.
- En iq34, 1935, 1936, 1937, toujours en septembre et toujours chez les femmes adultes, la môme épidémie se manifesta. Au total, pendant les 5 dernières années, on a enregistré i65 cas et 3o décès.
- Une étude serrée de la maladie a conduit un médecin des Færoer, le Dr R. K. Rasmussen à l’identifier
- Nous venons de voir, dans ce qui précède, le caractère que présentent aujourd’hui les grands réseaux d’interconnexions et les principales difficultés qui surgissent dans leur exploitation.
- Nous avons vu également que les problèmes de réglage des puissances actives et réactives ont été résolus en dotant les organismes de « supervision » appelés répartiteurs de régulateurs automatiques et de téléwattmètres très précis. Mais tout ceci ne résout encore que les problèmes de l’exploitation normale, en quelque sorte « statique ». D’autres difficultés apparaissent lorsqu’on étudie la stabilité « dynamique » des réseaux, c’est-à-dire lorsqu’on veut sauvegarder la marche « synchrone », meme en cas de défaillance brusque de quelque centrale ou de quelque artère importante.
- Là encore, les répartiteurs doivent veiller à la bonne constitution de leur réseau, s’assurer de certaines réserves, prévoir en somme l’incident toujours possible et délibérer promptement lors des incidents.
- D. Petrocokiino, Ingénieur.
- PAR LE PÉTREL ARCTIQUE
- avec la psittacose. Le diagnostic est fort vraisemblable.
- On sait que les falaises des Færoer sont couvertes de millions de palmipèdes et que la capture de ces oiseaux constitue, avec la pêche, la principale industrie des habitants de l’archipel en question. Or, tous les ans, en septembre, les indigènes des deux îles où l’épidémie se manifeste tuent des milliers et des milliers de jeunes pétrels arctiques (Procellaria glaciale L.). Les hommes se livrent à cette chasse, mais ce sont les femmes qui plument et préparent les volatiles. 11 est donc vraisemblable que ces oiseaux sont les agents de transmission de la maladie, puisqu’elle frappe presque exclusivement les personnes qui manipulent leurs dépouilles.
- Cii. Rabot.
- = LA MODERNISATION -=-...........
- DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- LE DÉPÔT ANNEXE DE VERSAILLES <** * <1» *- »«. i«m>.
- Comme nous l’avons simplement noté dans notre précédent article, le désembouteillage de la Bibliothèque Nationale a pu se faire surtout, par le transport des journaux de province et collections peu consultées comme les affiches électorales, les bulletins paroissiaux, les brevets d’invention, etc., dans un Dépôt annexe construit à Versailles, de décembre 1932 à mai 1904, sur un terrain dit « de Montbauron ». Le premier bâtiment, édifié parallèlement à l’avenue de Paris,
- mesure 5i m 20 sur i3 m 26 et a une capacité de rayonnages répartis en 8 étages sur « cour anglaise » isolés les uns des autres et recevant le jour latéralement par les parois translucides de ses deux grandes façades. Les petits côtés aveugles forment pignons ; à l’intérieur, on y a disposé des files de casiers à livres perpendiculairement au grand axe, deux lignes de casiers adossés aux murs pignons et 27 lignes de casiers doubles laissant entre elles un couloir libre. A chaque
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- étage, régnent le long de la façade sud, un passage étroit et du côté nord un couloir plus large permettant la circulation d’un chariot et se raccordant au monte-charge central, lequel assure la liaison verticale. Ce massif quadrangulaire est assez étroit ; on prévoit la construction ultérieure de deux bâtiments semblables en arrière, sur le terrain actuellement libre et de deux autres en avant sur l’emplacement de la caserne Noail-les, qu’on désaffectera sans doute.
- La plupart des journaux à évacuer de Paris n’étaient pas reliés mais pliés par année ou par semestre et
- Fig. 1. — Façade du Dépôt annexe de la Bibliothèque Nationale à Versailles.
- empaquetés dans une simple enveloppe de papier. Selon les chiffres que nous empruntons à une brochure de M. Julien Cain, Administrateur général de la Bibliothèque Nationale, « en 79 jours de travail effectif, du i5 octobre 1934 au i5 janvier 1935, 12.79g mètres de paquets de journaux ont été chargés dans 18.960 caisses, transportés en camions, déchargés et mis en place, soit à la cadence quotidienne de 25o caisses ou 3o caisses à l’heure, sans aucun incident... Il panit prudent de procéder à l’emmagasinement en commençant par la fin de la série numérique et par le dernier rayon du dernier étage du dépôt. On convint donc que la numérotation s’arrêterait au 3x décembre ig33 et que l’on n’abriterait dans le bâtiment de Versailles que les col-
- Fig. 2. — Dépoussiérage d’une travée du dépôt de Versailles.
- leetions antérieures à celle date à laquelle on s’arrêterait. Une nouvelle numérotation devait être donnée aux journaux déposés à partir du ier janvier 1934. L’opération lemiinée, près de i3 km de rayonnages garnis, il restait toute la place nécessaire pour emmagasiner, dans le deuxième sous-sol, les affiches (33o 111 environ avec une marge d’accroissement de 100 m), les brevets d’invention français (5oo m), les brevets anglais, les bulletins et almanachs paroissiaux. »
- Mais ces i3 km de paquets de papier, emmagasinés à Versailles voilà 2 ans, sont devenus par suite des nouveaux apports 20 km au icr janvier ig38 et le flot monte toujours. Le rayonnage existant, sera plein dans deux ou trois ans, si bien que les travaux de construction d’un bâtiment identique vont commencer sans tarder.
- Mais, nous diront nos lecteurs : comment le public peut-il consulter tous ces documents exilés dans la ville du Grand Roi ! La chose s’opère aisément, toutefois avec un léger retard. Quand une personne désire consulter, par exemple, un numéro du Journal cle
- Fig. 3. — Les paquets de journaux, demandés par la Bibliothèque au Dépôt de Versailles, sont mis en paniers et expédiés chaque jour par messagerie.
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- Fig. 4. — Recherche des paquets de journaux dans une travée du dépôt annexe de Versailles en vue de leur expédition à la Bibliothèque Nationale à Paris.
- Fécamp de 1791 ou de L’Ami de la Liberté d’Angers de l’an 10, un brevet datant de i85o ou une affiche
- électorale collée sur les murs d’une ville de France pendant une législature antérieure à 189 4, il lui suffif de déposer à la Bibliothèque Nationale un bulletin, que le service enverra le jour même à Versailles et le lendemain, l’unique employé du Dépôt annexe, M. Guyot, expédiera, par un voiturier, le paquet renfermant le fascicule demandé qu’on pourra consulter dans la salle des imprimés de la rue de Richelieu. Après quoi, on remettra les feuillets dans l’enveloppe et le paquet retournera par le prochain convoi à l’Hémérothèque versaillaise.
- En définitive, la modernisation de la Bibliothèque Nationale est un tour de force véritablement remarquable car MM. Julien Cain et Roux-Spitz ont su la rajeunir en conservant son merveilleux cadre historique et sans interrompre un seul jour la besogne des travailleurs intellectuels qui la fréquentent. Ces habiles rénovateurs poursuivent, d’ailleurs, à l’heure présente, l’achèvement de leur œuvre parisienne par la restauration de l’esthétique galerie de Mansart et surtout par l’édification, sur l’emplacement de la cour intérieure bordant la rue des Petits-Champs, d’un bloc de 8 étages superposés, au dernier desquels une lumière intense viendra baigner la salle du nouveau Cabinet des estampes. Jacques Boyer.
- VITAMINES ET HORMONES (1)
- IL LES HORMONES
- Les premières recherches préludant aux travaux modernes, remontent assez loin. On signale qu’en 1776 déjà, Théophile de Bordeu s’intéressait, à Montpellier, à l’activité d’extraits de testicules. De telles études deviennent plus fréquentes vers le milieu du siècle dernier ; les observations les plus connues sont celles que Brown-Sequard fît sur lui-même vers 1887. Dès que la sécrétion interne de certaines glandes put être mise en évidence comme l’était la sécrétion externe, elle fut admise d’une façon générale. C’est Starling qui nomma hormones (excitateurs) les composés chimiques, physiologiquement actifs, dans la sécrétion interne. D’après lui, « une hormone est une substance chimique véhiculée par le sang, capable de provoquer à faible dose, l’excitation spécifique de certains tissus ». Celle définition n’implique pas que tous les produits endocriniens possèdent la qualité d’hormone
- Quelles sont les glandes sécrétrices d’hormones ? Les capsules surrénales, la thyroïde, le pancréas endocrine, l’hypophyse, l’épiphyse, les parathyroïdes, auxquelles il faut ajouter les follicules de Graaf, la glande interstitielle, le corps jaune.
- Système hormonal et système nerveux. — La
- notion d’endocrinologie devait enlever au système nerveux une part de son importance dans la régularisation des fonctions organiques. Tout au moins le système nerveux devait-il partager avec le système hormonal son rôle de régulateur.
- D’après les travaux tout récents, l’interaction des nerfs
- 1. La Nature, n° 3036, 1er novembre 1938.
- et des hormones serait beaucoup plus complète qu’on ne le pensait auparavant. Les nerfs peuvent dans certains cas agir d’une façon indépendante, mais dans d’autres cas, le système nerveux exciterait la glande sécrétrice, dont l’hormone, ainsi produite, ferait entrer en réaction l’organe visé. De même, l’excitation pourrait suivre le chemin inverse, c’est-à-dire que l’hormone sécrétée par la glande viendrait agir sur le système nerveux, qui exciterait alors l’organe d’exécution. On tend de plus en plus à réduire l’importance des actions nerveuses indépendantes.
- Sir II. H. Dale divise les nerfs en deux groupes : les cholinergiques (parasympathiques) et les adrénergiques (sympathiques). Les premiers utiliseraient comme intermédiaire un composé chimique appelé choline ; les seconds libéreraient de l’adrénaline comme relais chimique.
- Le rêve du biochimiste est de contempler sur la paillasse de son laboratoire le principe chimique physiologiquement actif à l’état pur. L’isolement de chaque hormone a été lié à la découverte d’un test biologique efficace, seul moyen de contrôle en attendant une réaction chimique spécifique ; quant aux observations médicales, elles ne présentent pas la variété et la fréquence nécessaires pour avancer rapidement.
- En renonçant à entrer dans les détails, nous allons rapidement évoquer les principaux corps hormonaux connus, en nous attachant à montrer jusqu’à quel point le chimiste a pu aider le physiologiste.
- Les premières hormones. — Trois hormones particulières se trouvent en tête de la longue série des corps actuellement connus. Ce sont l’adrénaline, dont l’isolement, l’étude et la synthèse se placent entre 1901 et igo5; la thy-
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- roxine, isolée en 1915, et l’insuline dont la constitution n’est pas encore déterminée.
- L’adrénaline est un stimulant du cœur et des vaisseaux sanguins ; elle est sécrétée par la partie médullaire des capsules surrénales. Ces glandes très petites ont pour l’homme une importance vitale ; leur ablation entraîne rapidement la mort. Comme nous le verrons plus loin, leur partie corticale engendre une hormone distincte, la cortine. L’adrénaline a également une action physiologique sur l’estomac et l’intestin. Sa constitution est parfaitement connue; un noyau benzénique central porte une chaîne aminée et deux fonctions phénol. Des éludes ont été menées pour connaître les variations que subit le pouvoir physiologique du composé selon la position réciproque des différents groupements.
- Les effets de la thyroxine ont été observés depuis fort longtemps, alors que le composé chimique n’était même pas soupçonné. La thyroxine est isolée de la glande thyroïde. Les troubles de la fonction thyroïdienne se répercutent sur l’ensemble de l’organisme : développement général, ossification, dentition, organes génitaux.
- L’hormone apparut comme possédant dans sa molécule quatre atomes d’iode. C’est également un corps aminé, ce qui chimiquement le rapproche de la précédente hormone. Remarquons que ces corps ont une formule relativement simple. Il n’en sera plus de même par la suite.
- L’insuline est de nature protéique, c’est tout ce que l’on peut dire de sa structure. Elle a été obtenue cristallisée et diverses constatations intéressantes ont été faites à son égard. En particulier, a été montrée sa propriété « d’inactivation réversible ». Par divers procédés, on peut transformer l’insuline en un produit dépourvu de toute action physiologique ; ce corps redevient actif à la suite d’un traitement approprié. Ces diverses réactions ont jeté quelques faibles lueurs sur le problème de sa composition ; certains chercheurs estiment à 20.000 son poids moléculaire, d’autres à 35.000. On suppose que sa molécule renfermerait environ : 43 groupes acides, 24 groupes phénoliques, 65 groupes basiques. On se trouverait donc en présence d’un assemblage moléculaire assez volumineux, comme dans le cas de la plupart des protéines.
- Le pancréas, générateur d’insuline, possède deux fonctions : l’une exocrine, l’autre endocrine; l’insuline, produit endocrinien, déversée dans le sang, conditionne le métabolisme normal des glucides. On sait que l’insuffisance d’insuline entraîne le diabète.
- Les hormones albuminoïdes. — Le lobe antérieur de l’hypophyse jouit d’un privilège spécial. Par l’intermédiaire de toute une série d’hormones, il contrôle et régularise l’action d’un certain nombre de glandes, elles-mêmes sécrétrices d’hormones spécifiques. Les glandes ainsi tenues sous la dépendance du lobe antérieur sont les thyroïdes, les gonades, les surrénales, le pancréas et la parathyroïde. Chacune des hormones hypophysaires qui exerce cette action de contrôle a reçu un nom rappelant celui de la glande avec laquelle elle est en relation : thyréotrope, gonadotrope....
- Mais ce fragment d’hypophyse est doué de pouvoirs encore plus étendus. Il joue un rôle dans la croissance, la sécrétion lactée et les transformations des graisses, par trois produits hormonaux distincts, dont le mode d’action n’est pas encore connu. On pense que tous ces produits de sécrétion du lobe antérieur ont la constitution d’albuminoïdes; seuls des extraits concentrés en produits actifs ont pu être préparés, mais un isolement complet n’a pu être obtenu.
- Il paraît exister de nombreuses antres hormones dont la composition chimique serait de même nature que les précé-
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- dentes. Les unes sont sécrétées par le lobe postérieur de la même hypophyse, et ont une action physiologique sur la pression sanguine (vasopressine) et l’excitation de l’utérus (pitocine). D’autres prendraient naissance dans le thymus, l'épiphyse, la muqueuse intestinale (sécrétine, activant la sécrétion du pancréas), les parathyroïdes (parahormones). Mais devant la multiplicité des principes hormonaux, un doute devait naître dans l’esprit des chercheurs. Actuellement la question se pose de savoir si toutes les actions physiologiques des diverses glandes sont dues chacune à un produit chimique déterminé ou si un même corps peut avoir une action physiologique différente suivant le milieu où il agit P C’est là une façon d’envisager, en certains cas, le problème des hormones, qu’un proche avenir ne manquera pas d’éclaircir.
- Rémy Collin écrivait l’an dernier : « Nous devons renoncer à considérer les hormones comme des individus immuables qui circuleraient dans l’organisme comme les globules rouges ou les globules blancs. Il est plus exact de se représenter les glandes endocrines comme fabriquant des substances hormonogènes encore plastiques en quelque sorte, semblables à ces produits demi-finis qu’on trouve dans l’industrie et qui acquèreront plus tard leur forme et leur usage définitifs, suivant les circonstances ».
- Antihormones. — C’est une notion nouvelle dont la signification n’est pas encore entièrement dégagée. Sous l’action prolongée d’hormones albuminoïdes administrées en quantités massives, l’organisme peut acquérir une insensibilité vis-à-vis de ces hormones. On a constaté que le sérum d’animaux ainsi traités immunise d’autres animaux contre l’effet de ces hormones. Les antihormones seraient les substances qui conféreraient cette immunité ; elles se rapprocheraient des anticorps connus en immunologie.
- Les hormones stéroïdes. — C’est un groupe de composés hormonaux assez touffu, mais la connaissance chimique de tous ces corps fut facilitée par le fait qu’une analogie de constitution avec les stérols apparut rapidement. En fait, l’architecture essentielle de ces hormones est composée par un groupement stérolique analogue à celui que nous avons rencontré dans le caiciférol, à ceux des acides biliaires, etc..., ce qui augmente pour cette catégorie de corps leur intérêt biologique.
- Sept hormones dites œstrogènes ont été isolées de sources naturelles. Ce sont : l’œstrone (folliculine) dont l’action physiologique est prise comme terme de comparaison, l’œs-tratriol possédant trois fonctions alcool; deux œstradiols, l’a et le (3; l’a est le seul corps œstrogène extrait d’ovaires ; l’équilénine, l’équiline, la 17-dihydroéquilénine. Tous ces composés ont été trouvés dans l’ui’ine de jument gravide; l’œstrone a pu être extraite aussi de l’urine de femme enceinte et d’étalon; l’œstradiol également de l’urine de femme enceinte et du placenta. De plus, ces deux composés se rencontrent dans le règne végétal.
- A côté de ce groupe se place la progestérone. Cette hormone est la seule rencontrée jusqu’ici dans le coi’ps jaune. Toute une série de dérives de la progestérone, isolés dans l’urine de femme enceinte, se sont montrés inactifs, ce qui laisse supposer qu’un changement minime dans la structure moléculaire est susceptible de faire perdre à l’hormone toute son activité.
- Enfin viennent trois hormones androgènes dont la plus active est la testostérone, isolée en iq35 des testicules de taureau. L’androstérone et la transdéhydrostérone sont moins actives. Leur source d’extraction est l’urine d’homme. Autour de ces composés gravitent quelques dérivés physiologiquement inactifs.
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- On a souvent décrit le rôle présumé des hormones sexuelles, leur action sur les caractères sexuels secondaires, dans la spermatogenèse, sur le cycle menstruel et la grossesse. On sait que leur élaboration est liée à l’influence des produits A et B (ou hormones gonadotropes) sécrétés par le lobe antérieur de l’hypophyse et dont nous avons parlé plus haut.
- Le rêve des biochimistes eut été de rendre responsables des fonctions sexuelles un ou plusieurs composés chimiquement définis. A chaque sexe aurait pu correspondre un corps ou une série de corps différents contrôlant l’activité des glandes sexuelles, ou sécrétées par elles pour l’accomplissement de leur rôle. La différenciation des types sexuels se réduirait ainsi miraculeusement à une question d’isomérie.
- Mais cette belle construction de l’esprit ne devait pas résister à l’observation des faits. La nature semble ne pas se satisfaire d’une aussi ingénieuse simplicité. Les composés androgènes manifestent aussi des propriétés œstrogènes. En réalité, une seule hormone est uniquement féminine, c’est la progestérone, l’hormone uniquement masculine est encore inconnue. Quant aux autres, elles peuvent avoir une activité bisexuelle avec une prédominance nettement marquée dans un sens ou dans l’autre. Parmi les hormones ayant surtout une activité masculine se range l’androstérone ; celles ayant surtout une activité féminine sont l’œstron'e et l’œstradiol. Enfin des hormones, comme la testostérone, sont réellement bisexuelles.
- Cortine. — Voici le dernier groupe de corps hormonaux. Ils sont sécrétés par la région corticale des capsules surrénales. On a observé, en effet, que l’écorce de la glande surrénale est indispensable à la vie ; en soir absence, on constate des troubles caractéristiques, tels que variation de la teneur en eau, du rapport sodium : potassium, fatigue rapide des muscles et d’une façon générale des troubles dans les processus de phosphatation. La substance active extraite de la région corticale a reçu le nom de cortine. De récents travaux menés simultanément ont permis d’isolcr à partir d’extraits concentrés de glande onze substances différentes. Parmi celles-ci, cinq sont actives physiologiquement; l’une, dénommée adrénostérone, possède une forte activité androgène. Toutes ont la composition stérolique si fréquemment rencontrée.
- Genèse et chimisme hormonal. — Le problème de la formation dans l’organisme de ces composés, tous de structure assez complexe, a naturellement préoccupé les chercheurs. Diverses méthodes ont été élaborées ; notamment pour les hormones sexuelles, le point de départ étant le cholestérol, représentant typique de la famille des stérols, largement répandu dans la nature ; ses transformations ont permis d’atteindre quelques carbures : prégnane, androstanc, œslrane, à partir desquels les principes actifs se formeraient. Mais rien ne permet de supposer que la nature suive la même voie que le chimiste. Complétant celte question, le mode de genèse du cholestérol lui-même a été évoqué et des travaux récents tendent à étayer l’hypothèse que les hormones sexuelles et corticales pourraient s’élaborer à partir de molécules de petites dimensions et de structure simple, telles que l’acétone, la formaldéhyde.
- Quant au chimisme des réactions hormonales, il reste pour l’instant plongé dans l’inconnu. Aucune explication d’ensemble ou de fait particulier ne peut encore être envisagée, malgré les nombreux travaux en cours. A l’aide de corps semblables chimiquement à certaines hormones, on a pu reproduire l’action physiologique dont elles sont douées. Ces composés se retrouvent en partie dans l’organisme ; d’autres lui sont complètement étrangers.
- Hormones végétales. — Leur existence est connue depuis quelque temps déjà, mais leur étude n’a fait de progrès appréciable que dans ces dix dernières années. Le phénomène observé est la croissance des plantes dans laquelle interviendraient des substances définies appelées auxines. Elles sont au nombre de trois : auxine a et 6, dont les formules sont respectivement C18II3205 et C18H3a04, puis l’hétéroauxine connue plus récemment, contenant de l’azote. Cette dernière fut trouvée identique à un corps depuis longtemps connu : l’acide (3 indolyl-acétiquc.
- On a essayé d’expliquer ainsi la courbure des plantes vers la lumière : la substance de croissance se transporterait, sur la plante, du côté opposé à la source lumineuse; ce côté se développerait alors plus vite que celui éclairé. Plus tard,, on reconnut que les auxines, non seulement favorisent la croissance de la cellule, mais déterminent la division cellulaire.
- C’est sur la levure que fut observée pour la première fois l’existence d’une substance activant la croissance. Cette substance de nature organique fut appelée le « bios ». Des travaux multiples révélèrent la complexité de ce bios de la levure. Plusieurs composants du bios furent distingués : Bios I, Bios II ou bioline. La formule de la biotine a même été établie, sous réserve de confirmation : C11H1803N2S. Puis la question se compliqua de l’apparition de principes nouveaux. En particulier le « principe Z » aurait une action accélératrice de la fermentation alcoolique.
- La vitamine B: : aneurine, se révéla douée des mêmes propriétés que le bios ; elle prend ainsi figure de phyto-hormone.
- Hormones artihcielles. — Les chimistes ont, dès les premiers pas de cette science nouvelle, essayé de reproduire par synthèse les principes hormonaux que la nature leur dévoilait. Ils y sont arrivés dans une grande majorité de cas. Poussant plus loin leur ambition, ils ont cherché des composés absents dans l’organisme, mais capables de produire sur celui-ci les effets physiologiques provoqués par les substances naturelles. La catogérie des hormones sexuelles est à ce point de vue très féconde en exemples. Le chimiste anglais E. G. Doods se consacra, ces derniers temps, à la préparation des produits œstrogènes de synthèse. Il fut assez heureux pour en préparer un grand nombre. Ses travaux semblaient même démontrer dans le début que certains, de constitution relativement simple, se trouvaient doués de propriétés œstrogènes. Ce résultat d’une particulière importance aurait permis de notables progrès dans la connaissance du chimisme hormonal. Mais les vérifications qui suivirent ne confirmèrent pas ces faits, et la question de l’activité ou de la non-activité physiologique de composés simples est encore entière.
- CONCLUSION
- Vitamines et hormones ne sont pas liées fortuitement. Ces deux catégories de substances, à première vue si différentes, se trouvent rapprochées dans la pratique par plusieurs faits. Nous avons vu quelle confusion règne quant à la définition des vitamines ; il en va de même pour celle des hormones. Le fait d’être le produit de sécrétion interne de certaines glandes n’est pas un critère suffisant. Certaines vitamines peuvent avoir une action hormonale. On cite, par exemple, la vitamine D qui, à forte dose, présente un caractère œstrogène, l’action identique de l’aneurine, de l’œslrone et de la biotine (phytohormone) favorisant toutes la croissance des pois. L’aneurine est même une hormone du règne végétal. Les animaux voient leur croissance
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- influencée par plusieurs substances : vitamine A et hormone hypophysaire en particulier. On sait que les vitamines et B0 prennent place dans un composé de grande importance moléculaire, pour agir à la façon d’un enzyme. Enfin, il n’existe pas de limites nettes entre les principes dits vitaminiques et certains principes nutritifs indispensables à l’alimentation (tels certains métaux et acides aminés), exception faite des éléments servant à l’édification des tissus eux-mêmes.
- La confusion entre les deux conceptions initiales atteint par moment un tel degré que Von Euler a proposé la dénomination unique d’ « ergone ». L’avenir dira dans quel sens doit évoluer la terminologie. Verrons-nous la solution idéale qu’expose ainsi Buzicka : « Le pur chimiste entrevoit peut-être par l’esprit un genre humain, chez lequel les glandes à sécrétion interne seraient atrophiées et qui cependant jouirait du meilleur bien-être, du fait que dans
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- son alimentation, en même temps que les vitamines artificielles, il ferait usage des substances œstrogènes de Doods et autres créations tout à fait nouvelles du domaine des hormones artificielles. On n’aurait plus alors de difficultés de définition, car l’homme n’aurait plus recours à la plante, ni aux glandes, mais seulement à la fabrique chimique ».
- Quoi qu’il en soit, cette science complexe est maintenant dans une nouvelle époque de son histoire. Aux faits simples, mais pleins d’inconnu des pi’emiers jours a succédé une phase où la chimie opéra de façon brillante. Les physiologistes ont maintenant la parole. C’est à eux que revient d’écrire l’histoire, dans l’organisme, des corps admirablement découverts et reproduits par synthèse. Ici, comme en toute construction humaine, la collaboration de toutes les disciplines de l’esprit est une condition du succès final.
- Maurice Daumas.
- = UNE CURIEUSE APPLICATION DU SABLAGE = A L'ENSEIGNEMENT DE LA TOPOGRAPHIE
- Nos lecteurs ont tous entendu parler du sablage et savent que des grains de sable de rivière ou de mer, projetés violemment par l’air comprimé sur du bois ou du métal produisent une attaque superficielle et leur donnent un aspect spécial.
- Les impuretés et les oxydes disparaissent et la surface des objets « sablés » devient nette et propre. Sur les objets métalliques, le métal ou l’alliage purs sont mis à nu et présentent même l’inconvénient de se ternir et de s’oxyder dès qu’on les touche de la main. Il faut alors recouvrir les pièces sablées d’une couche légère l’huile ou d’un vernis pelliculaire incolore.
- Sur le bois, le sablage enlève les aspérités et l’écorce en mettant à nu le bois proprement dit.
- Dans les Landes, dans la forêt de la Coubre, le sable du sommet des dunes fortement et constamment projeté par les vents de l’Océan, attaque les pins qui dépassent en arrière le sommet de la dune et les dépouille de tout feuillage et de toute écorce. C’est le sablage naturel, où le vent violent fait office d’air comprimé.
- L’action du sable est encore plus forte et plus rapide lorsqu’au lieu de projeter des grains de sable arrondis au cours des siècles par la mer et par les rivières, on projette de la silice avec arêtes coupantes.
- Si l’on prend en effet des galets et qu’aprôs les avoir chauffés au rouge-blanc, on les fait tomber dans de l’eau froide, le silex est (t étonné ». Il se réduit en une infinité de morceaux extrêmement ténus, qui présentent des arêtes vives et coupantes.
- Ce sable spécial sert à sabler les métaux et donne, en temps et en puissance, un rendement meilleur de 25 pour 100 que celui du sable de rivière. Nous avons eu l’occasion de voir à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Infé-
- rieure) une usine où l’on « étonne » les galets pour cet. usage.
- L’auteur, se promenant un jour dans l’atelier de sablage d’une usine de ressorts et d’aimants, trouva par terre un morceau de bois très curieux, qui avait été sablé à mort pendant de longs mois, probablement à titre de support de pièces métalliques.
- Ce morceau de bois de sapin présentait des nœuds beaucoup plus durs que le bois lui-même et avait donné lieu à une attaque curieuse par les jets de sable dont le lecteur pourra se rendre compte sur la figure 1.
- La photographie a est prise de profil. La photographie b est prise de dessus, à la verticale.
- Fig. 1. — Aspect d’un morceau de bois de sapin soumis au sablage.
- a) Photographie prise de profil.
- b) Photographie prise par-dessus.
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- Les nœuds du bois, beaucoup plus durs que le bois proprement dit, ont résisté énergiquement au sablage et par l’usure des parties les moins résistantes, il s’est formé de petits monticules. Les couches d’aubier, qui dans la croissance de l’arbre sont sensiblement égales chaque année, ont été mises à nu et il en est résulté des formes qui rappellent très bien les surfaces et les courbes de niveau théoriques de la topographie.
- Remarquons en passant que cette reproduction des surfaces de niveau n’est pas rigoureusement exacte et mathématique. Pour qu’elle le fût, il aurait fallu (et cela pourrait être réalisé facilement) que la projection de sable fût faite perpendiculairement au plan horizontal. Cela se voit très bien sur la photographie de la figure a où il apparaît nettement que les surfaces de niveau ne sont pas parfaitement horizontales.
- Néanmoins, en examinant cette photographie et celle de la figure b, on a une bonne approximation de ce que sont les surfaces et courbes de niveau et de ce qu’est l’équidistance des surfaces de niveau.
- Nous tombons ainsi dans la pédagogie, car il est à remarquer combien les enfants et parfois même les
- LES ŒUFS
- adultes (candidats sous-officiers) comprennent difficilement ce que sont surfaces et courbes de niveau et l’équidistance. Cela tient sans doute à ce que la géo-, métrie dans l’espace les rebute aisément.
- Nous ne rappellerons pas ici les définitions, notions et théorie générale du nivellement, que le lecteur trouvera dans tous les cours de topographie élémentaire et nous espérons seulement que cet article pourra aider les apprentis topographes.
- Il permettra de comprendre ce que sont les mamelons, les croupes, les éperons, les cols, les défilés, les vallées et les talwegs, la ligne de faîte ou ligne de partage des eaux.
- De plus, la figure b donne une représentation saisissante du nivellement complet en courbes.
- Muni d’un morceau de bois analogue mais bien préparé au point de vue de l’horizontalité des surfaces de niveau, le professeur pourra faire comprendre de visu, et c’est bien le meilleur moyen de comprendre, toutes les petites difficultés de la topographie.
- E. Barbou.
- PROPRES :: :. =
- On sait que les œufs constituent des aliments concentrés possédant une grande valeur nutritive. Leur constitution est une des plus riches qu’on connaisse et il n’est pas besoin d’insister sur la place importante qu’ils occupent dans l’alimentation de l’enfant, de l’adulte et du vieillard.
- C’est pourquoi, lors du IIe Congrès scientifique international de VAlimentation organisé par la Société scientifique d’Hygiène alimentaire, tenu à Paris en 1937 pendant l’Exposition internationale, les Prs A. Ro-chaix et À. Tapernoux ont étudié la question de leur salubrité.
- Les œufs peuvent être, comme la plupart des denrées alimentaires, le siège d’altérations nombreuses et variées. En dehors des phénomènes d’intolérance particulière, ils peuvent causer parfois des accidents ou des infections.
- Ces altérations peuvent être dues à la présence de parasites : helminthes inclus dans la couche albumineuse où ils nagent, amibes, infusoires, coccidies, etc. ; de champignons : mucor, pénicillium, etc., ayant pénétré le plus habituellement par la coquille ; de microbes enfin, dont quelques espèces peuvent être hautement nocives.
- L’origine de ces altérations biologiques est assez variable.
- L’infection provenant, de l’ovaire est rare. Dans la très grande majorité des œufs contaminés, le jaune est stérile.
- Il n’en est plus de même du blanc. Le blanc qui s’accumule par couches autour du jaune, peut contenir des germes recueillis à la surface de l’oviducte pendant la formation de ces différentes couches. Si la surface de l’oviducte est très fortement souillée, les germes
- seront très nombreux dans le blanc de l’œuf et ils le seront d’autant plus qu’on passera des couches qui entourent le jaune aux couches le plus rapprochées de la coquille.
- L’accouplement est un moment important de l’infection de l’oviducte. On sait qu’au cours de cet acte physiologique, le segment mobile de l’oviducte de la poule s’évagine en partie et sort du cloaque, puis rentre et reprend sa position naturelle. Ses parois ont ainsi frotté la surface du cloaque où existent des microorganismes nombreux et variés. En revenant sur lui-même, l’oviducte peut donc entraîner, en même temps que la semence, des microbes divers, dont certains peuvent être pathogènes.
- Aussi ne faut-il pas s’étonner de rencontrer dans l’œuf les microbes les plus variés et les plus ubiquitaires : colibacilles, protéus, staphylocoques, streptocoques, entérocoques, etc. ; deux surtout doivent être signalés : le bacille d’Aertrycke et le bacille de Gartner, du groupe des Salmonella.
- Les souches isolées présentent une virulence appréciable, surtout celles du bacille de Gartner, et peuvent provoquer des toxi-infections alimentaires, que les œufs aient été ingérés tels ou introduits dans des crèmes ou des pâtisseries.
- On a reconnu que ces infections sont dues, la plupart du temps, aux œufs de canes vivant dans des eaux bourbeuses et polluées.
- Beaucoup plus fréquemment, après la ponte, elles se produisent par souillure de la coquille. Les basses-cours sont, à l’heure actuelle, la partie la moins bien surveillée de nos fermes. Pendant la journée, les poules courent et picorent sur les fumiers, pataugent dans les mares où s’écoule le purin. Pendant la nuit, elles
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- sont logées dans un coin de la grange, sur des perchoirs superposés où les animaux les plus élevés souillent de leurs déjections ceux qui sont placés au-dessous.
- Les pondoirs sont inexistants ou consistent en de simples caisses ou de vieux paniers jamais nettoyés et abondamment garnis de déjections des volailles.
- Or, l’œuf pondu propre se salit au contact de ces matières. Au bout de très peu de temps, les microbes variés qu’elles renferment traversent la coquille et infectent l’œuf stérile jusqu’alors.
- Il est, par suite, nécessaire de protéger l’œuf contre les contaminations dès l’instant de sa ponte.
- La première mesure est la propreté générale de la ferme. Les poules doivent être tenues dans un enclos
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- spécial, dans un état minutieux de propreté. Elles ne doivent jamais en sortir, pour éviter les souillures par les fumiers, la boue, etc.
- La surveillance sanitaire des pondeuses par un médecin-vétérinaire devrait être la règle.
- Le régime des volailles devra être réglé, car la nourriture des pondeuses a une grande influence sur la valeur nutritive de l’œuf (quantité de vitamine A du jaune) et aussi sur sa stérilité microbienne.
- Les pondoirs, dont il existe d’excellents modèles, en particulier le modèle à trappe, entretenus en parfait état de propreté, permettent d’éviter la pollution des coquilles. On peut encore réduire le nombre des œufs contaminés en n’utilisant que des œufs non fécondés.
- G. Konoroff.
- RÉSISTANCE DIÉLECTRIQUE DES GAZ ET DES VAPEURS
- Les physiciens ont constaté il y a déjà lontgemps que le potentiel disruptif varie suivant la nature de l’atmosphère existant entre les deux pôles d’un éclateur. En 1889, Natte-rer utilisant une source de voltage fixe a déterminé les longueurs maxima d’étincelles que l’on peut faire éclater entre deux fds de platine immergés dans un gaz ou la vapeur d’un liquide en expérience. Il constata, suivant les substances, une différence très nette qu’il chercha à rattacher au poids moléculaire et au nombre d’atomes dans la molécule. En 1904, Ritter reprit les expériences, mais cette fois en maintenant fixe le dispositif de l’éclateur constitué par deux sphères de 6 mm de diamètre placées à x mm de distance et en mesurant le rapport des voltages d’étincelles dans le chloi-e, le brome et l’éthylène, celui dans l’air étant pris comme unité. Il trouva respectivement les rapports 1,66, 1,6, et r,08.
- Signalons encore que, en 1929, les Japonais Terada, Nakaya et Yamamoto ont étudié les effets des différants gaz ou vapeurs sur les apparences et la structure de longues étincelles.
- La question, comme on le voit par ce rapide historique, n’était pas activement étudiée lorsqu’on 1936, une communication à l’Académie des sciences de MM. Joliot, Felden-krais et Lazard attira de nouveau l’attention sur elle. Ces auteurs, en effet, en procédant aux essais du générateur électrostatique à courroie que l’on peut voir à l’Exposition au Palais de la Découverte et qui a été décrit dans La Nature du xer septembre 1987, ont constaté que le voltage maximum pouvait être approximativement doublé en saturant l’air environnant l’appareil avec du tétrachlorure de carbone.
- A la suite de cette communication, E. Charlton et S. Coo-per, au laboi’atoire de recherches de la General Electric Co, entreprirent une étude de grande envergure sur les propriétés diélectriques des gaz et des vapeurs dont les premiers résultats viennent d’être publiés. Ils sont extrêmement intéressants et sans nul doute, auront pour conséquence des progrès notables dans la technique de l’isolement électrique. L’emploi des voltages de plus en plus élevés dans toutes les applications des rayons X par exemple, la nécessité de ne pas construire des appareils trop volumineux d’autre part imposent un choix rigoureux des isolants. De même, dans beaucoup d’appareillages électriques, à haute tension, un meil-
- leur isolement permettrait une diminution du prix de construction en réduisant les dimensions.
- Les résultats que nous allons résumer concernent la détermination des pouvoirs diélectriques relatifs de divers gaz et vapeurs et de mélanges d’azote saturé de ces vapeurs. Pour certains mélanges gaz-vapeurs, l’influence de la concentration et de la pression a été étudiée. Comme dans les expériences de Ritter, les mesures consistaient à détei’miner le rapport S entre les voltages minima provoquant le passage de l’étincelle dans un même éclateur lorsque l’atmosphère entourant cet éclateur était constituée d’abord par le mélange de vapeur ou le gaz en expérience, ensuite par de l’azote pur à la température ambiante et à la pression atmosphérique.
- Les électrodes utilisées dans les expériences étaient des disques D (fig. 1) de nickel de 2 cm 5 de diamètre, les faces en regai’d, ayant la forme d’une calotte sphérique de 5 cm
- Fig. 1. — Schéma du dispositif utilisé pour mesurer les tensions disruptives.
- Jo Redresseur
- Secteur
- Transformateur
- réglable
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- de rayon, étant disposées à 3 ou 6 mm Tune de l’autre. Cet éclateur est monté dans un tube de verre T en pyrex de 5 cm de diamètre et 20 cm de long dans lequel on peut introduire le gaz ou la vapeur par des robinets R. Le schéma électrique de l’installation est très simple et indiqué sur la figure : le courant alternatif du secteur est élevé graduellement à des potentiels croissants jusqu’à 60.000 v à l’aide d’un transformateur variable, puis redressé en courant continu. Une résistance de 20 megohms en série avec l’éclateur limite l’intensité du courant qui le traverse.
- L’essai s’effectue de la façon suivante : on fait circuler un courant d’azote dans l’appareil, on ferme les robinets et on détermine, en élevant peu à peu le voltage, la valeur du potentiel d’éclatement. Afin cl’éviler les retards au passage de l’étincelle, l’espace entre les deux disques est toujours irradié par les rayons gamma produits par une faible quantité de sel de radium. On répète 4 à 5 fois !a mesure, et on prend la moyenne. On introduit alors le gaz à étudier, avec lequel on lave plusieurs fois l’appareil et on opère comme précédemment. Dans le cas de vapeurs, on introduit par un des robinets 4 à 5 cm3 du liquide et on détermine le potentiel d’éclatement au bout de 5 mn, puis de 10 et finalement clc i5, afin de s’assurer que la saturation a bien été réalisée. Ensuite, on lave l’appareil à nouveau par un courant d’azote et on redétermine le potentiel disruptif. On doit retrouver la valeur initiale à 4 à 5 pour 100 près.
- Le tube T lorsque l’on opère à des températures supérieures à la température ambiante est plongé dans un thermostat porté à la température désirée par chauffage électrique.
- Quelques-uns des résultats obtenus sont reproduits dans le tableau ci-dessous qui se rapporte, pour les gaz ou les mélanges azote-vapeur saturée à une température de a3° et une pression totale de 760 mm de mercure.
- Substance S Substance S
- G2H5CN 0,73 C2H2Cl2 1,02
- C^tPCl 0,81 CO I ,02
- NH3 0,82 CIPCI 1,00
- C6HB o,84 CMPNH2 I ,0Ô
- C6H5CII3 0,86 C.sH2 I ,08
- CO2 0,88 N20 i, 14
- C2CD 0,91 TiCD 1,17
- GcH5Br 0,9,3 Csil* 1,21
- CH30I1 0 > (.)4 II2S 1,3o
- C6H3CHÜ o,o5 CS2 1,5o
- CH3C02CII3 °,95 CI2 i,56
- C2H*Br2 0,98 CHCD i,58
- C2H5Gl 1 CCD i,65
- c2hh:i2 1 SO2 un
- CMPOH 1 CC12F2 2,4
- CH,f 1 C2C13F3 2,6
- C2H5-0-C2H5 1 C2C12F* 2,8
- C6HsN02 1,02 CC13F 3
- Quelques remarques générales peuvent être déduites de ces nombres : les meilleurs résultats sont obtenus avec des composés contenant des halogènes (chlore, brome, iode) ou du soufre, bien que la pi'ésence seule de ces métalloïdes ne soit pas suffisante. Certains radicaux organiques, comme le groupement amine et les noyaux benzéniques semblent avoir une action défavorable. Des substances de composition très voisine chimiquement se comportent de façon très différente. Enfin aucune relation n’apparaît entre les propriétés diélectriques et le poids
- moléculaire, la chaleur de formation, la température d’ébullition, etc... On notera aussi que si certains gaz augmentent le voltage d’éclatement, d’autres au contraire le diminuent et . par suite sont néfastes au point de vue pratique, par exemple l’ammoniaque, la benzine, le toluène, l’acide carbonique, le bromure d’éthylène. Au contraire, le sulfure de carbone, le chlore, le chloroforme, l’anhydride sulfureux et surtout les dérivés fluorés augmentent considérablement le potentiel disruptif et sont susceptibles d’emplois industriels. En particulier, le dichlorodifluorométhane CCî2F2 semble spécialement intéressant : c’est un gaz, dont le point d’ébullition est à — 2.8°, incolore, inodore, non toxique, non corrosif et stable chimiquement et électriquement. Sa tension de vapeur notable à la température ordinaire facilite son emploi à l’état comprimé. Sous une pression de 6 kgr 5 par cm3 sa résistance diélectrique est i5,3 fois celle de l’azote à la pression atmosphérique. Si on ajoute de l’azote de façon à réaliser une pression totale du mélange de i4-i5 kgr, le voltage d’éclatement devient 2/1 fois plus grand que si l’atmosphère est uniquement constituée par de l’azote à la pression normale. Le gain est donc considérable et bien supérieur à celui que l’on a pu obtenir avec du tétrachlorure de carbone même mélangé avec de l’azote. Le tableau suivant précise ce point. Il est relatif à la température de 23°.
- Gaz en mélange Tension de vapeur Pression totale S
- Azote )> 6,5 6,1
- Azote -j- CCD o,3 6,5 7,9
- CC12F2 6,5 6,5 i5,3
- Azote i5 t3,6
- N2 + CCD o,3 i5 16,2
- N2 + CCPF2 6,5 10 24
- Pour les applications demandant une pression relativement basse, le dichlorotélrafluorométliane C2C12F1 est un milieu isolant intéressant. Son point de fusion est de 3°,8 et si tension de vapeur à la température de 20° est d’environ 2 atmosphères, ce qui permet d’utiliser sa vapeur en présence du liquide. A cette pression, sa résistance diélectrique relative est de 5,6, comparable à celle du dichlorodifluorométhane qui est de 5.
- Si on veut utiliser un gaz à la pression atmosphérique, le trichloromonolluorométhane (point d’ébullition 24°, 1) CC13F possède une résistance diélectrique relative de 3, la plus élevée de toutes celles mesurées par les auteurs.
- Ces résultats ouvrent des possibilités pratiques nouvelles ainsi que l’on peut s’en rendre compte par l’essai suivant, de MM. Charlton et Cooper, effectué sur un transformateur standard à i5 000 v utilisé pour les éclairages par tubes luminescents. Placé dans une cuve remplie de vapeurs de dichlorodifluorométhane sous une pression de 6 kgr, le transformateur fonctionne parfaitement à un voilage double du voltage de régime et ne claque que sous une charge 3,5 fois la charge normale. Des essais sont en cours sur un transformateur plus puissant afin d’étudier en particulier la réfrigération des bobines.
- D’autres applications sont entrevues dans les appareils électriques comportant des pièces en mouvement rapide et dans lesquels il est intéressant d’opérer dans un milieu diélectrique aussi parfait que possible et dénué d’inertie.
- II. Vigneron.
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- LA SOUDURE DES RAILS ET L'ALUMINOTHERMIE
- On a apporté, pendant longtemps, grand soin à ménager entre les rails, dans la construction des voies ferrées, un petit intervalle pour laisser libre jeu à la dilatation du métal et pour que les plus fortes chaleurs ne risquent pas de provoquer des inflexions dangereuses.
- A l’expérience, on a reconnu que cet intervalle n’était pas sans inconvénients. La solution de continuité qu’il introduit dans le roulement détermine des
- dans laquelle, pour l’acier fondu et trempé, les coefficients A et B sont respectivement :
- A = 0,000011624 B = 0,000000019g
- et pour l’acier fondu et recuit :
- A = o,ooooio5i4 B = 0,0000000062
- C’est, dès lors, l’écart de température auquel le rail peut être soumis qui importe pour fixer sa longueur, compte tenu d’un jeu de 20 mm entre rails, correspondant'à la limite qu’il convient de ne pas dépasser si l’on veut réduire au minimum les trépidations dont nous venons de parler.
- Or, dans des pays très tempérés comme le nôtre, cet écart de température est déjà important. Il est de l’ordre de 60, voire 70°. Dans les pays à climat très continental, comme la Sibérie, il atteint go°, peut-être même ioo°, l’écart qui sépare la glace fondante de l’eau bouillante.
- Ces considérations ont amené à fixer à 24 m environ la longueur des rails ordinaires.
- Fig. 1. — Tandis qu’un ouvrier (au milieu) prépare la plaque de métal doux qui sera placée entre les deux rails, deux compagnons fraisent les abouts.
- chocs, qui se traduisent par des trépidations, désagréables pour les voyageurs et nuisibles tant au matériel qu’elles contribuent à user plus rapidement, qu’à la voie dont la solidité est, à la longue, altérée.
- L’augmentation des vitesses a rendu ces désagréments d’autant plus sensibles que, certains phénomènes d’interférences intervenant, l’amplitude de ces trépidations est, par places, exagérée.
- Évite-t-on les effets de la dilatation, c’est pour tomber dans ceux de la trépidation.
- Il fallait trouver un compromis.
- Aussi bien le XIIIe Congrès international des Chemins de fer, qui s’est tenu l’an dernier à Paris, s’est-il préoccupé de la question.
- UN DEGRÉ D’ÉLÉVATION DE LA TEMPÉRATURE ACCROIT DE 1116 KG.
- L’EFFORT D’UN RAIL STANDARD
- A considérer la longueur Lr du rail à une température f°, on songe à l’équation parabolique :
- LT — L0 (1 + At -+- Bf2)
- Fig. 2. — Ensuite un ouvrier mate les abouts des rails contre la plaque.
- En avant, deux demi-moules en sable qui seront placés de chaque côté du rail.
- Quel est l’effort de tension (aux basses températures) ou de* compression (aux températures élevées) qui intervient sur la barre, par l’intermédiaire des boulons d’éclisses ? Le calcul montre qu’il s’accroît de 1116 kg par degré d’élévation de température pour le rail standard de 46 kg par mètre, ayant une section de 5.900 mm2 et ceci quelle que soit la longueur du rail. En assurant à la voie une rigidité et un poids suffisant, ne peut-on contrarier suffisamment cet effort pour qu’il ne cause pratiquement pas de déformations?
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- bon de bois.
- Fig. 4. — Le creuset est en place. Un ouvrier le débouche et le métal coule dans l’intervalle des rails.
- En s’engageant dans cette voie, on est amené à envisager la possibilité de donner aux rails des longueurs exceptionnelles et par suite de les souder.
- UN RAIL D'UN KILOMÈTRE DE LONGUEUR
- Pratiquée depuis longtemps sur les lignes de tramways, la soudure des rails de chemins de fer, essayée sur le Nord français dès 1906, époque à laquelle les États-Unis l’utilisaient déjà, tend depuis peu à se généraliser.
- Les tronçons de voie soumis à de faibles différences de température, comme en procurent la traversée des tunnels ou les lignes posées dans des pays de température assez uniforme — fût-elle chaude — comme l’Égypte, ont fourni, dès à présent, les éléments d’expériences concluantes.
- C’est ainsi que sur certains réseaux on peut trouver des rails de 100, 200, 220 et même 288 mètres d’un seul tenant et que sur le réseau des chemins de fer égyptiens, une voie composée de deux rails de 4o kg au mètre soudés sur x km de longueur, posée depuis 1935, sur une partie active du trafic, n’a suscité jusqu’ici aucune remarque défavorable.
- et la réduction donnera 112 gr de fer fondu suivant l’équation :
- Fe203 + Al2 = A1203 + Fe2
- 160 gr. 54 gr. 102 gr. nagr.
- avec un dégagement de i85 grandes calories qui, se faisant très rapidement, au sein d’une masse de volume réduit, élève sa température aux environs de 3.ooo° C.
- Aussi tous les produits de la réaction sont-ils portés à l’état liquide et leur séparation se fait par ordre de densités, le fer tombant au fond du creuset et l’alumine surnageant.
- Pratiquement on a jugé plus économique d’apporter par un chauffage auxiliaire les calories utiles pour porter d’abord les rails au l’ouge, qui n’est à tout prendre qu’une température relativement basse ; réservant l’apport calorifique de la réaction aluminothermique pour la soudure.
- Sur les photographies ci-contre — qui nous ont été communiquées par les Aciéries de Gennevilliers, spécialisées depuis 4o ans dans l’aluminothermie — on suit les opérations qui se développent en trois temps.
- Premier temps : préparation des abouts des rails (fig. 1 et 2).
- Deuxième temps : préchauffage suivi de la réaction aluminothermique dans laquelle on utilise le fer produit par cette réaction pour souder le patin et lame du rail et la grande quantité de chaleur apportée par le corindon liquide pour amener à la température du blanc soudant le champignon du rail à souder (fig. 3 et 4).
- On exerce alors une compression des têtes de rails et on obtient une soudure directe du métal lui-même (fig. 5).
- Dans certains cas (fig. 1) on a entreposé préalablement entre les deux rails une plaque de métal doux facilitant la soudure des champignons.
- Troisième temps : rabotage soigné du renflement du champignon provoqué par la compression des têtes (fig. 6).
- PRATIQUE DE VALUMINOTHERMIE
- Tout ceci remet en honneur une application de l’aluminothermie et explique l’attention que le Centre d’Êiudes thermiques a prêtée récemment à un exposé de la question, qui a été fait devant lui par M. Jean Gali-bourg, maître de conférences à l’École Centrale des Arts et Manufactures.
- Le principe de la méthode est connu. Il dérive de la loi classique de thermochimie, dite « principe du travail maximum ».
- La combinaison Al2 + 30 = A1203 dégage 128,6 cal, celle du fer Fe2 + 30 = Fe203 ne dégage que 65,9 cal ; par conséquent l’oxyde de fer sera réduit par la poudre d’aluminium
- Fig. 5. — Chronomètre en main, Fig. 6. — La soudure est terminée,
- le chef soudeur évalue le temps 11 ne reste plus qu’à raboter
- écoulé depuis la coulée avant le joint,
- d’ordonner le serrage.
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- Fig. 7. — Zone de soudure Fig. S. — Zone de soudure de la plaque avec le cham- du métal d’apport et du pignon. patin.
- Microphotographies d’une soudure avec plaque.
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- Tout cela paraît très simple. En réalité le problème à résoudre était complexe. De cette complexité, M. Galibourg a donné un aperçu, montrant que la soudure aluminothermique comporte une difficulté qui tient à ce que la réaction s’opère en un temps très court et à une température inaccoutumée pour une opération métallurgique.
- La régularité de la réaction (chaleur produite et sa répartition, quantité de fer obtenu et sa répartition) est au nombre de ces difficultés. Interviennent égale-
- Fig. 9. — Champignon. Fig. 10. — Patin. Jonction
- Axe de la soudure. du métal d’apport et du rail.
- Microphotographies d'une soudure « intercalaire ».
- ment la nature et la régularité de l’acier obtenu, car, a dit M. Galibourg, « si la réaction aluminothermique donne du fer, dans la pratique il faut transformer ce fer en acier et donner à cet acier des qualités qui dépendent du procédé de soudure employé, de la nature des rails à souder, de leur profil, etc. »
- Sans insister sur ces difficultés, bornons-nous à constater avec M. Galibourg, qu’elles sont résolues de façon si satisfaisante, que le nombre des ruptures est insignifiant et que les joints aluminothermiques durent autant que les rails.
- Georges Kimpflin.
- RUINES ALGÉRIENNES DE THUBURSICUM AUJOURD'HUI KHAMISSA
- Khamissa est à présent un douar de i.5oo habitants situé au Sud-Est de Guelma, à 1 une des sources de la Medjerdah. Les premiers qui parlèrent de Khamissa furent deux médecins allemands, Ludwig et Hebenstreit, qui s’y aventurèreent en l’année 1732. Naturellement à l’époque et en pays arabe cet intérêt demeura stérile et la conquête de l’Algérie n’était déjà plus récente quand, une colonne expéditionnaire étant venue, en i843, camper parmi ces vieilles pierres, le chef d’escadron Mitrécé y dessina quelques monuments et tant bien que mal copia des inscriptions. Mais la passion des fouilles n’était pas encore née et ce n’est qu’en i85o qu’on s’occupa tout au moins d’établir un plan des ruines, travail qu’exécuta le génie militaire. En 1877, sans méthode ni suite, on fit les premiers déblaiements. Èn 1891, Stéphane Gsell, auquel nos colonies d’Afrique du Nord doivent tant, avait déjà relevé toutes les inscriptions apparentes et enfin, en 1900, s’ouvrit l’ère des fouilles méthodiques poursuivies sans arrêt depuis lors.
- IMPORTANCE DE LA VILLE ANTIQUE
- Étalée sur une centaine d’hectares, cimetières non compris, Thubursicum, qui n’est plus rien de nos jours, comptait somme toute parmi les villes il portantes de l’Afrique Romaine.
- Quelques auteurs latins en ont parlé, mais o; ne connaît rien de précis avant Trajan. C’est lui qui érigea cette agglomération en municipe ; au débui du 11e siècle elle comptait un nombre respectable d’habitants mais n’a jamais dû dépasser une dizaine de mille. Ce développement s’expliquait par sa situation sur la route reliant le port d’Hippo-Regia (près de Bône) à Theveste où un corps de légionnaires tenait garnison. Elle-même, ne jouissant pas des avantages d’une ville militaire, tirait sa modique aisance de ses ressources agricoles favorisées par les pluies abondantes que reçoit la contrée.
- Ainsi qu’en toute ville antique, l’excellente habitude de graver sur la pierre tout ce qui concernait les
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- habitants permit de reconstituer des bribes du passé enseveli de Thiibursicum.
- Deux inscriptions révèlent que Thubursicum avait nom Numidarum parce quelle était habitée par une tribu de Numidie qualifiée Gens Numidarum, indépendante du grand peuple Numide dont le nom, d'origine grecque, pouvait d'ailleurs tout simplement signifier « nomades ». On ignore quand cette tribu s’installa ici mais on sait qu elle fut transformée en Givilas dès le iev siècle. On retrouva les noms de deux de ses chefs : A Larcins Macrimus et Florus fils de Chamar a principes gentis Numidarum ». D’après Gsell, Florus était un indigène non citoyen romain ; d’ailleurs, même parmi ceux-ci, bien des noms sont demeurés puniques ou lybiques à côté de nombreux Julius, prénom essentiellement romain.
- On voit aussi par ces précieuses inscriptions que, tout en n'étant pas militaire, la ville fournissait de nombreux soldats à la Légion.
- Si Khamissa n’était pas une cité universitaire comme semble l'avoir été Madame. sa voisine, elle se piqua cependant de s’intéresser aux Lettres ; l’agriculteur Vitadius Juvenalis ne manque pas de faire graver sur sa tombe qu’il fit les frais d’envoyer ses fils étudier à Carthage et les épitaphes de ces deux Velidii, par chance retrouvées, disent en effet qu’ils connaissaient le grec et le latin — outre leur langue punique, cela va de soi.
- On est stupéfait autant qu’heureux de ce luxe de détails sur les pierres funéraires grâce auxquelles on peut, à notre époque, évoquer l’antique vie coloniale.
- Un auteur qui laissa un nom connu, Nonius Mar-cellus, naquit à Thubursicum et une inscription, du règne de Constantin, le dépeint comme à la fois riche et bienfaisant. Son œuvre littéraire, recensée à Toulouse en 4oa, — nous ouvrant des horizons sur les communications existant alors entre des villes aussi éloignées — comprend, entre autres pièces, un lexique qu’il avait établi pour l’instruction de son fds, où il transcrit des satires des auteurs du moment complètement disparus depuis et qu’on aurait ignorés sans cet ouvrage dû à une patiente tendresse paternelle.
- Une source claire et limpide jaillit, qui a toujours passé pour alimenter le fleuve tunisien la Medjerdah, le Bagrada des Anciens. Cette eau qui ne tarit jamais amena une grande prospérité agricole ; la culture étant l’intérêt principal, les dieux invoqués étaient ceux qui passaient pour en être plus spécialement chargés, tels Saturne, le vieux Baal Phénicien et d’autres, dont Liber Pater, le dieu de la Vigne, sans intérêt sous ce vocable, la contrée étant trop froide pour avoir du raisin, mais aussi dieu de la végétation et prié à ce titre ainsi que l’indiquent les gravures sur pierres.
- On n’a pas retrouvé d’inscriptions chrétiennes, mais Saint Augustin dans ses écrits raconte qu’il vint ici plusieurs fois, en particulier pour discuter avec l’évêque Fortinius, le chef des Donatistes.
- Peu à peu la ville sombra dans l’oubli, son nom
- fut encore mentionné au xve siècle par Ibn Chemma, puis il se transforma, on ne sait ni pourquoi ni quand, en celui de Khamissa, la cinquième.
- LES MONUMENTS
- <( A tout seigneur tout honneur », le seigneur de Khamissa c’est son théâtre et nous commencerons par lui.
- Avec ceux de Djemila et de Cherche!, il est le plus grand de l’Algérie ; la scène mesure 43 m 6o x 8 m oo, alors qu’on trouve à Djemila 34 m 3o x 7 m i5 et à Timgad 36 m 60 x 4 ni 80 ; mais la décoration est ici beaucoup moins riche qu’à Djemila, déjà moins somptueuse qu’à Sabrata et Dougga. Le diamètre de l’hémicycle des gradins a 56 m 80, Djemila et Guelma ont 58 m et Dougga 63 m 5o. Cet énorme édifice ne fut jamais achevé. Une sage économie l’adossa à une colline qui le préserva des injures du temps et on le retrouva en bon état de conservation.
- Des cigognes familières se sont établies gardiennes du monument, ayant posé leur nid sur le faîte d’un angle arrondi du vomitorium, et elles accueillent les visiteurs. On pénètre tout d’abord sous sa voûte enté-nébrée pour accéder à l’intérieur ruisselant de lumière.
- Le mur du fond de la scène, partagée en trois hémicycles, possède encore 9 m d’élévation, il était percé de grandes portes et l’ensemble est d’une belle architecture. Cette construction se situe au plus tard au début du mc siècle.
- Les spectacles de music-hall : équilibrâtes, mimes, prestidigitateurs, baladins ou danseurs devaient avoir plus de vogue que les représentations purement littéraires chez cette population Numide qu’aucun écrit ne laisse supposer lettrée.
- Une plaque que son texte peut dater de 323-333, du règne de Constantin, nomme le forum Platea Velus, ce qui indique, puisqu’on le qualifiait de Vieille Place, qu’un nouveau avait été aménagé.
- Les très précieuses inscriptions racontent que ladite place fut redallée à neuf par Nonius Marcellus, l’homme au lexique, qui, non content de s’intéresser aux choses de l’esprit, dépensait, comme on le voit, son argent à l’entretien de sa ville. Des fragments de ce dallage subsistent à l’ouest et au sud-ouest.
- Ce forum réservé aux piétons n’était accessible que par des marches, et des travaux de nivellation avaient dû être exécutés en ce terrain mouvementé pour obtenir une surface plane. Creusée dans le roc, la place offre plusieurs terrasses que des degrés relient.
- Une succession de salles, richement décorées de marbres aux chaudes couleurs, en borde le sud. Gsell pense que la petite pièce voûtée pouvait abriter le trésor public tandis que le local central, malgré son exiguïté, aurait pu réunir le conseil municipal et servir de curie ; l’entassement n’étant pas pour incommoder les Berbères actuels, il est permis d’en déduire que leurs ancêtres pouvaient aussi s’en arranger.
- Dans ces parages se trouvent deux tables de mesures comprenant quatre cavités. En se basant sur une
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- Les ruines de Khamissa.
- itable analogue trouvée en Bulgarie, les cavités rondes servaient aux liquides, les autres aux grains, un tuyau •passant dans le trou de la pierre amenait le liquide dans un vase que l’acheteur posait dessous.
- Au Sud-Ouest, des bases de temple et des débris de
- Fig. 1 à 5.
- 1. Le théâtre.
- 2. Le vomitorium du théâtre.
- 3. La statue de Mercure, actuellement au musée de Guelma (photo de l’Office algérien d’action économique et touristique).
- 4. Le nouveau forum (photo de l’Office algérien d’action économique et touristique).
- o. Le nymphée.
- statues, dont un torse colossal de Jupiter et une tête de Minerve, peuvent faire supposer que là s’élevait la triade capitoline.
- A l’Ouest un autre temple reste non identifié. Il n’a pas dû même être terminé car les colonnes jaunes de marbre de Chemtou, seulement épannelées, sont en tas, telles qu’on les avait réunies, arrivant de la carrière tunisienne d’où elles étaient probablement roulées à mains d’hommes.
- Ainsi qu’au Forum de Timgad, la basilique occupe l’est de la Vieille Place mais, beaucoup plus grande, mesure 3g m xo x 28 m 4o, égalant presque à elle seule la taille du Forum entier.
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- Les fûts des colonnes se composaient de tambours non cannelés superposés ; il en reste 26 bases et des chapiteaux corinthiens d’une belle facture. Les murs devaient, d’après les débris répandus autour, être recouverts de plaques de ce même marbre jaune de Chemtou avec opposition de marbres gris, ce qui devait être très harmonieux. Des socles nombreux supposent des statues égarées aujourd’hui.
- Cette énorme basilique qui avait certainement une toiture contenait plusieurs milliers de personnes, proportions bien vastes, semble-t-il, pour l’importance supposée de Thubersicum. Elle pouvait servir ou de tribunal ou de bourse ou pour toute autre réunion nombreuse. Des chapiteaux ioniques de bonne époque furent trouvés à l’intérieur sans qu’on puisse comprendre d’où ils provenaient. Construit au plus tard au 11e siècle, le monument fut restauré ainsi qu’en témoignent des dallages faits d’inscriptions.
- Au centre du forum, parmi d’autres bases de statues, il en est une hexagonale — dont la statue est au musée de Guelma — portant une dédicace à Minerve. Une inscription raconte que Vitidius Juvenalis, déjà cité, avait promis cette statue en remerciement de son élection à l’édilité et, pour que nul n’en ignore il ajoute qu’elle lui coûta 5.000 sesterces.
- Déjà quand on refit le dallage de la Vieille Place, la vie publique devait se passer au nouveau Forum qui s’étale plus bas, à flanc de coteau, mais à peine dégagé. Jusqu’ici, on y pénétrait par un arc de trois baies élevées très simples de lignes.
- On retrouve les murs de deux Thermes d’où fut extraite une belle mosaïque actuellement au musée de Guelma. Très démolis, ils sont peu compréhensibles, la mauvaise qualité de la pierre, défaut commun ici à tous les monuments, les laissant très abîmés.
- A côté du Théâtre est l’endroit le plus attachant de ces ruines, la Nymphée.
- C’est la source saumâtre appelée Aïn el Youdi (l’eau du Juif) qui de tout temps passa pour être le berceau du Bagrada, l’actuelle Medjerdah. Sans doute lelégant aménagement qu’on y fit peut-il s’attribuer à la juste
- Fig. G. — Le mausolée gréco-lybique de Kroubs.
- fierté qu’en éprouvaient les habitants de Thubursicu.
- L’eau dont le cristal se trouble de légers bouillonnements s’allonge en deux bassins rectangulaires aux berges empierrées dans lesquelles se miraient les constructions dont subsistent quelques pans. Dans le fond s’élevait un petit sanctuaire dallé de marbre bleuté, évidemment dédié aux Divinités des Eaux. On le nomme temple de Neptune, mais les débris de statues qu’on y retrouva n’avaient rien d’aquatique et étaient trop grandes pour les niches qui y demeurent.
- On imagine volontiers la jeunesse dorée de Thubur-sicum se baignant dans ces piscines après les exercices d’assouplissement — déjà en vogue à l’époque — dans l’espace existant entre le temple et le premier bassin.
- LE MAUSOLÉE DE KROUBS
- Au sommet d’une éminence rocailleuse, en une lande fleurie dominant une vaste étendue cultivée, s’élève un mausolée que les indigènes nomment Souma (tour) de Kroubs.
- Ce tombeau solitaire, superbe, semble surveiller tout le pays, il est situé à i4 km au sud de Constantine, l’antique Cirta, la capitale Numide.
- Jusqu’au début de ce siècle, seuls subsistaient le socle et l’étage, un tremblement de terre ayant éparpillé les pierres alentour. .4
- En 1915-1916, le service des Antiquités entreprit sa restauration et on découvrit dans la chambre funéraire un important mobilier exposé aujourd’hui au Musée de Constantine.
- Le caveau mesurait 1 m x 2 m et o m 90 de haut. Un large bassin d’argent contenait les cendres du défunt, il était accompagné d’objets lui ayant certainement appartenu : casque, cotte de mailles, quelques armes dont une épée, de la vaisselle d’argent et, dressées contre les parois sept amphores dont certaines remplies d’ossements calcinés.
- Construit vers le milieu du 11e siècle avant notre ère, ce monument ne pouvait abriter qu’un personnage considérable ; or, à ce moment, l’an x48, meurt à Cirta le grand Massinissa, le monarque illusti’e, père de 54 fils, cet homme étonnant qui régna un demi-siècle sur la Numidie, fournissant aux Romains, ses alliés, des cavaliers, des céréales et des éléphants de guerre.
- La somptuosité de l’édifice, son époque, sa proximité de Cirta, tout concorde à faire croire que c’est bien la tombe du célèbre prince Numide, l’amoureux évincé de la belle Sophonisbe, fille d’Asdrubal.
- Rien de romain dans la sobriété de l’architecture purement grecque avec ses chapiteaux doriques. Gsell fait observer que « les chapiteaux paraissent convenir « au ve siècle plutôt qu’au second, anachronisme qui « serait sui’prenant chez un artiste grec et indiquerait « plutôt un architecte carthaginois aux influences hel-« léniques à moins que ce n’ait été un grec de Sicile « où dominait l’ordre dorique », témoin le tombeau dit de Thiron à Girgenti.
- Sa hauteur totale pouvait atteindre 18 m.
- M. de Lyée de Belleau.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- Solutions des problèmes proposés dans LA NATURE du 15 mars 1938 (n° 3021)
- Rappelons l’énoncé des questions :
- Problème A. — Une vedette interrogée sur son âge répond au journaliste indiscret : « Mon âge multiplié par lui-même surpasse de i le double du vôtre multiplié par son triple ! »
- Quels sont les âges de la vedette et du journaliste ? (Proposé par M. R. Sagot à Paris).
- Problème B. — Une salle supposée sans ouvertures, a pour dimensions : longueur, 8 m; largeur, 7 m; hauteur, 6 m. Sur un des grands murs, à 1 m du plafond, et à 3 m de la petite paroi adjacente se trouve une mouche. Celle-ci ne peut se déplacer que suivant une parallèle au plafond, à la vitesse de 3 m à la minute, et dans la direction opposée à la petite paroi.
- Dans le coin inférieur, à l’intersection du plancher et des deux parois considérées il y a une araignée ; elle ne peut se mouvoir qu’en ligne droite mais dans toutes les directions. Sa vitesse de déplacement est de 5 m à la minute. La mouche et l’araignée parlent en même temps et celle-ci rejoint sa proie dans le temps minimum.
- Déterminer par le cacul et sans extraire de racine carrée, la longueur des chemins parcourus par la mouche et l’araignée.
- Problème C. — Pour gagner à la Loterie Nationale, j’ai été consulter un célèbre Fakir. Je vois, a-t-il dit, un nombre de 6 chiffres. Partage-le en 2 tranches de chacune 3 chiffres. Multiplie par 7 le nombre formé par la ti'anche de gauche, celui formé par la tranche de droite par 4 et retranche le second produit du premier : la différence doit égaler la somme des chiffres du numéro gagnant. Mais prends ce numéro le plus élevé possible et évite les zéros qui éloignent la fortune capricieuse.
- Solutions.
- Problème A. — La mise en équation est facile, elle conduit à la relation du second degré à 2 inconnues :
- x2 — Gy2 =1 . (1)
- Le problème est indéterminé. La résolution de l’équation (1), en nombres entiers s’appuie sur une théorie que nous ne pouvons développer ici.
- Rornons-nous à indiquer les résultats déduits de cette théorie :
- i° Une équation telle que (1) de la forme x2 — ny2 = 1 a toujours une infinité de solutions entières.
- 20 Toutes les solutions se déduisent de la plus petite d’entre elles, dite solution fondamentale.
- 3° Une méthode de calcul permet de déterminer la solution fondamentale, en fonction de -n.
- Supposons donc connue la solution fondamentale xl et y de x2 — Gy2 = 1, nous pouvons écrire :
- (æ1 + y1 v'6) (aq — yx v'6) = i.
- D’où, en élevant les 2 membres au carré :
- Qc* + Gyj + 2x1y1 \ 6) (jjJ + Gy' — a»1y1v/6) = i-
- Et, revenant à la forme de l’équation (x) :
- (x] + 6y")2 — 0 (aaqy,)2 = 1.
- Ce qui montre que x2 = x\ + 6y* et y3 = 2æ1y1 est également solution. Plus simplement nous obtiendi-ons x2 et y en écrivant :
- æ2 — y2 v/6 -— y! v 6) (xx — yx v;6) = (a?! — yx v; 6)2.
- et en égalant, séparément, dans les 2 membres les parties rationnelles et les parties irrationnelles. De même nous trouverons x3 et y3 par l’équation :
- *3 — y8 vG = (x2 — y2 v'6) — yi v^) = (x1 — yl \%3.
- Il reste à fié terminer la solution fondamentale, ce qui est facile, dans le cas présent, en opérant par tâtonnements et en s’aidant de considérations élémentaires sur la divisibilité. Outre la solution banale xQ = 1 et y0 = o, on trouve x = 5, yt = 2 : c’est la solution fondamentale. Ces valeurs sont évidemment à rejeter. Calculons x2 et y2 par la formule précédemment établie.
- xn = 52 + G.22 = 49; y2 = 2.5.2 = 20.
- Ce sont des nombres acceptables, toutefois le premier (45) est un âge presque avouable pour une vedette, il convient de calculer x3 et y3 avant de conclure.
- Nous tirons de l’égalité :
- xs — y3 y 6 = (45 — 20 \ 6) (5 — 2 \ G) ;
- •t3 = 485; y3 = 198.
- Donc, à moins de remonter au temps des Patriarches, nous pouvons donner la solution avec certitude : la vedette a 49 ans et le journaliste 20 ans.
- Nous félicitons nos lecteurs qui, sans avoir eu recours à la théorie, ont trouvé des méthodes ingénieuses pour parvenir au but. Toutefois ils auraient pu être embarrassés si nous avions proposé la résolution de l’équation x2 — 991 y2 = x. La plus petite valeur de x qui satisfait à celte équation est un nombre qui dépasse de beaucoup celui qui exprime combien il y a de gouttes d’eau dans les Océans !
- Enfin, pour éviter le calcul pénible des irrationnelles,
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- ===== 314 'h:..........................::::::==
- on démontre qu’on peut obtenir toutes les solutions de (i) par les formules de récurrence :
- xri + I ~ ICKC,, Xn — i y n -f i = io3' n y n — i
- Ainsi :
- x2 — io.5 — x = 49 ; y, —10.2 — o — 20.
- Problème B. — Il s’agit de trouver le plus court chemin
- parcouru par la mouche sur la paroi ÀBCD. Môme si sa trajectoire franchit les limites BD il suffit de supposer la petite paroi opposée, BEDF, i'abattue dans le plan ABCD. Soit t la durée de la poursuite et X le point.de rencontre, on a immédiatement : OX = 31, CX = 51, et en considérant le triangle rectangle CX7X :
- (3t + 3)2 +52 = (5 O2
- ou :
- 3*(l + I)2 = 52(P-J),
- équation qui se réduit au xer degré en divisant les 2 membres par le facteur commun t + 1 :
- 9(< + 1) - 2E(f — x).
- Ah B C
- Y* 3™ 0 7^x
- E- ‘o / / / X / X />-" •s-
- C c h
- Fig. 1.
- I7
- D’où l’on lire t = —- de minute, OX = 6 m 07D et
- O 1
- CX = 10 m Ga5.
- Comme AB — 8 m et que OX + 3 m = q m 076 la ren-contre a lieu sur la petite paroi opposée. Mais, il reste à.... Eh bien, non ! .le n’ajouterai rien. Puisque cette histoire vous amuse nous allons la recommencer.
- Problème C. — Le problème conduit à une seule équation à G inconnues :
- 7(100a + ïob + c) — 4(iood + xoe + f)
- = a + b + c + cl + e + f.
- La correspondance entre les lettres et les inconnues est évidente d’après l’énoncé. Résolvons par la méthode classique. Il vient, en fonction de 5 paramètres arbitraires : a, b, d, e, X.
- et — ci’, b — 6; c — a + b + cl + e — 5X ; cl — d ; e = e et :
- / = i4ia + iôb — 79 d — 7 e — GX.
- Puisqu’il s’agit de trouver la plus grande solution nous fixerons de suite la valeur maxima du plus gi’and nombre des inconnues. Remarquons que iooci + 10e + / ^ 999; donc, la somme des chiffres étant inféi’icure à 54 :
- 100a + 10b + c
- 4 X 999 4- 53
- D’où, en première approximation, a — 5; b = 7 et d = 9; e = 9-
- Substituons ces valeurs maxima dans le système ‘de solutions, il nous reste les 2 équations :
- c = 3o — 5X ;
- / = 3G — GX.
- Pour X = 5 nous avons : c = 5; / = 6. Pour X = 6, c et / ont pour valeur commune zéro, solution inacceptable. Donc le nombre 575.996 est — je le souhaite — le numéro gagnant.
- Ont envoyé, des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — MM. Daniel J. Ruiz, Faculté des Sciences, Colegio Maximo, San Miguel (Rép. Argentine) ; II. Sagot, à Paris; A. Jouffray, à Mantalot par la Rochc-Derrien (C.-du-N.) ; Lieutenant-Colonel Fréquenez, 12, rue La Pérouse, Valence (Di’ôme) ; Huyghebaert, 52, nie de l’An-cienne Église, Anvers; Pfiffner Roger, apprenti-ajusteur, 90, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine; G. Tuaillon, ingénieur à Pont-de-Roide (Doubs).
- Problème A, B. — MM. Rouzeraud, 3, rue François Char-vet, à Chambéry; de la Mahotière, abonné.
- Problèmes A, C. — MM. Y. Tournier, 4, rue de la Fontaine, Nogent-sur-Marne (Seine); P. L. L. M., à Saint-Fons (Rhône).
- Problèmes B, C. — Mmo Fersing, à Toulon.
- Problème A. — MM. Arnaud André, 10, place Maurice Rouvier, à Marseille; Brobecker, 6, rue du Palais de Justice, à Coulommiers (S.-et-M.).
- Problème B. — M. E. Bordas, inspecteur honoraire, 5, nie Port-au-Bois, Lyon.
- Problème C. — M. Ch. Dreyfus.
- Rappel : Problème A, du x5 novembre 1937. — M. J. Lou-batières, 11, avenue Foch, à Metz.
- Problèmes proposés.
- Problème /I. — Une gi'and’mère répond à un curieux :
- J’ai perdu mon mari. Mon fils et mon gendi'e sont veufs. Mon gendre qui a les enfants les moins âgés en a deux fois plus que mon fils. Tous les âges sont des sous-multiples du mien et quand nous sommes tous réunis nous sommes en nombre égal à la somme des chiffres de mon âge. Vous connaissez maintenant la composition de ma famille et les âges de chacun (Proposé par M. G. Tuaillon, ingénieur, Pont-de-Roide (Doubs).
- Problème B. — La mouche et l’araignée. Même énoncé, mêmes restrictions que dans le problème précédent, mais en intervertissant les vitesses : la mouche parcourt 5 m à la minute et l’araignée 3 m. . .
- Problème C. — On verse du porto dans un verre de forme conique ayant 63 mm de profondeur (mesurée suivant l’axe du cône). A quelle hauteur faudra-t-il s’arrêter pour que le verre soit à moitié plein (Proposé par M. R. Sagot, à Pai’is).
- 7
- IL Barolet.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AOUT J 938, A PARIS
- Mois assez chaud dans son ensemble avec- pression et insolation légèrement déficitah’es ; orageux au début.
- La moyenne de la pression barométrique ramenée au niveau de la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 7G1 mm 6, est inférieure de o mm 8 à la normale.
- L’excédent de x°,o que présente la moyenne mensuelle de la température, i8°,8 à ce même observatoire, résulte principalement des très fortes chaleurs qui se sont produites pendant les cinq premiers jours. Les températures moyennes journalières du ier et du 3 ont été les plus élevées observées à pareille date depuis 1874; celle du 4, journée la plus chaude du mois, a dépassé la normale de 8°,4. Le maximum absolu mensuel, 33°,7, a été enregistré ce même jour. Les orages du 6 et du 7 ont amené un abaissement de la température qui a oscillé autour de la normale jusqu’au 20. À partir de cette date, le temps a été assez frais, surtout entre le 20 et le ih- Le minimum absolu mensuel, g°,i, a été noté le 22.
- Les températures extrêmes pour l’ensemble de la région ont été : 5°,o à Verrières et 36°,1 à Belleville.
- Le total pluviométrique, au Parc Saint-Maur, a été de
- SEPTEMBRE
- Mois constitué par des périodes dissemblables, relativement chaud, pluvieux et assez mal ensoleillé.
- La hauteur moyenne du baromètre, réduite au niveau de la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 768 mm o, est inférieure de o mm 4 à la normale.
- La moyenne thermométrique mensuelle, i6°,o, est supérieure de i°,2 à la normale et cet excès est du surtout aux minima élevés. Frais au début du mois, le temps s’est radouci à partir du 9. Un refroidissement passager du i5 au 17 a amené le minimum absolu mensuel, 4°,9 le 17. A partir du 18, la température est restée constamment supérieure à la normale. Le 23, fut la journée la plus chaude du mois avec moyenne des 24 heures, de 21°,1 la plus élevée à pareille date depuis 1874. C’est à cette même date qu’a été enregistré le maximum absolu mensuel, 27°,9- Les extrêmes de la température observés pour l’ensemble de la région parisienne ont été : i°,4 à Vaucluse et 3o°,o à Brévannes.
- Au Parc Saint-Maur jusqu’au 24, le temps a été très sec et les neuf journées de pluie appréciable comprises dans cette période n’ont fourni au total que 6 mm 7 d’eau. Les pluies exceptionnellement persistantes qui se sont produites du 25 au 27 ont porté le total mensuel à 63.mm 3, en excédent de 3a pour 100, et le nombre de jours pluvieux à sa
- 69 mm 1 et est supérieur de 26 pour 100 au total moyen.
- 11 a été recueilli en 10 jours (au lieu de 12, nombre moyen). La chute de pluie qui a accompagné le violent orage du n a été exceptionnellement abondante, car elle a fourni 5i mm 6 recueillis en majeure partie entre i5 h 45 et 19 h 10 ; à la Villette on a relevé 53 mm 5 d’eau, à Belle-ville, 65 mm 4 et à Saint-Denis, 79 mm 9. Un obscurcissement s’est produit pendant cet orage, entre 16 h et 17 h, à l’observatoire de Montsouris, au bois de Vincennes et à Fresnes. La grêle a été signalée les 4 et 11, sur divers points, dans la région.
- En banlieue, les brouillards ont été matinaux, quotidiens et généralement faibles.
- La durée totale de l’insolation à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques a été de 260 h 5 m, et est supérieure de
- 12 pour 100 à la normale.
- À l’observatoire du Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 71,8 pour 100 et celle de la nébulosité de 55 pour 100. On y a constaté : 2 jours de gouttes ; 3 jours cl’orage ; 3 jours de brouillard ; 20 jours de brume ; 21 jours de rosée.
- 1938, A PARIS
- valeur normale, 12. Dans la seule journée du 26 on a recueilli au pluviomètre, 28 mm 9 d’eau. A l’observatoire de Montsouris, la quantité totale de pluie recueillie a été de 65 mm 8, supérieure de 87 pour 100 à la normale. La durée totale de chute, 5i h 10 m, est en excès de 72 pour 100.
- Hauteurs maxima en 24 heures, pour Paris, 53 mm 2 à l’hôpital Saint-Antoine, et pour les environs, 4o mm 5 à Villejuif, du 26 au 26.
- On a eu tous les jours dans la région des brouillards matinaux, généralement locaux et de faible intensité; celui du 10 s’est étendu sur toute la région et a abaissé la visibilité à 10 m à la Villette et à 20 m aux Pavillons-sous-Bois et à la Belle-Épine. Le 6, un obscurcissement s’est produit à la Tour Saint-Jacques de i5 h 35 à i5 h 55.
- La durée totale d’insolation est à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, 168 h 4o m, inférieure de 6 pour 100 à la normale.
- A l’observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 77,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 65 pour 100. On y a relevé : 2 jours de gouttes; 10 jours de brouillard; n jours de brume et 18 jours de rosce.
- Em. Rogeh.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA POUDRE DE FER DANS LE TRIAGE DES GRAINES
- Les graines cassées, mal mûries, les graines de beaucoup d’herbes indésirables sont rugueuses.au moins sur partie de la surface ; les bonnes graines gonflées sont généralement lisses. Si donc on mélange une poudre à une certaine quantité de graines en vrac, seules les mauvaises retiendront les grains ; et si cette poudre est magnétique, l’aimant pourra retenir les mauvaises graines.
- En Allemagne, W. Fischer a mis au point une méthode
- industrielle pour cette séparation. Les graines cheminent dans une auge où les fait avancer une vis sans fin. Elles y sont d’abord arrosées à la dose de 230 à 1.000 gr d’eau par quintal de graines, puis poudrées à la dose de 200 à 360 grammes, de poudre d’acier. Enfin, elles passent sur l’électro-aimant.
- Pour le tri des graines de lin, l’eau est remplacée par 23 à 73 gr d’huile. La moitié de la poudre d’acier est récupérée, l’autre moitié est évacuée avec les mauvaises graines. Comme elle est très dense, elle ne change guère le volume et ne constitue pas un poison pour le bétail.
- Ce même principe pourrait être appliqué à d’autres triages.
- Pierre Larue.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Table internationale des poids atomiques. Table internationale des isotopes stables.
- L’Union internationale de chimie vient de publier le 8e rapport de la Commission internationale des poids atomiques et le 3e rapport de la Commission internationale des atomes. On y trompera les nouvelles valeurs corrigées des poids atomiques des éléments suivants : hydrogène, hélium, carbone, molybdène, cadmium, tungstène et osmium, et les changements dans les isotopes du krypton, du néon, du tungstène, de l’osmium, du mercure, du plomb et du néodyme.
- A treatise on light, par R. A. Houston. 1 vol. 528 p., 342 fig. Longmans, Green & C°, Londres, 39 Paternoster Roav, 1938. Prix net : 14 sh.
- Le Traité d’optique de M. Houston en est depuis 1915 à sa 11e édition ; c’est dire qu’il s’agit d’un ouvrage d’un mérite exceptionnel ; il a d’abord un premier mérite, celui d’embrasser, sous une forme suffisamment élémentaire, tout le domaine de l’optique : optique géométrique, optique physique, avec de larges aperçus sur les notions introduites par les développements récents de la théorie des quanta. Chaque chapitre est traité avec un sens parfait des exigences didactiques ; l’ouvrage est destiné à des étudiants d’un niveau moyen en mathématiques ; il évite avec soin l’écueil de masquer la physique par des développements mathématiques excessifs. L’exposé est constamment d’une remarquable clarté, secondée par une bonne illustration et une excellente présentation typographique.
- Annales de l’Institut de Physique du Globe de l’Université de Paris et du Bureau central de magnétisme terrestre. 1 vol. in-4°, 302 p. Les Presses Universitaires, Paris.
- Ce volume, publié par les soins de M. Ch. Maurain, membre de l’Institut, comprend les documents suivants : observations magnétiques pendant l’année 193(3 au Val Joyeux et à Cham-bon-la-Forêt ; observations actinométriques à l’observatoire du Parc Saint-Maur et les mémoires : contribution à l’étude du champ électrique de l’atmosphère, par J. Chevrier, à Ksara (Liban) et sur l’aimantation des terres cuites et ses applications géophysiques, par E. Thellier.
- Halogènes et composés oxygénés du chlore (Mémoires de Sciieele, Beritiollet, Gay-Lussac et Thénard,, Davy, Balard, Courtois, Moissan, Millon) réunis par A. Damiens (Collection « Les classiques de la découverte scientifique ». 1 vol., 148 p. Gauthier-Villars, Paris, 1938. Prix : 21 francs.
- La découverte ou l’identification des trois premiers éléments de la famille chimique des halogènes : chlore, iode, brome, constitue une étape de la plus haute importance dans l’histoire de la chimie ; il n’a pas fallu moins d’un demi-siècle après la découverte du chlore par Scheele, pour se dégager des idées préconçues inspirées par les théories en faveur et identifier l’acide muriatique dépblogistiqué avec le corps simple que nous appelons chlore. La découverte de l’iode et du brome, corps indiscutablement simples et de la même famille, contribua à régler définitivement ce problème théorique. On n’armit pas attendu la conclusion de cette controverse doctrinale pour trouver au chlore et à ses composés d’importantes applications pratiques, comme en témoigne la création du blanchiment au chlore par Berthollet. Bien instructifs aussi le mémoire sur la découverte de l’iode en 1813 par le salpêtrier Courtois et les commentaires qu’en tire Davy dans les communications lues à l’Institut de France, malgré l’état de guerre entre l’Angleterre et la France, puis en 1826, le remarquable mémoire de Balard sur la découverte du brome. On ne saurait trop consulter la lecture de ces mémoires lucides, vivants, imprégnés du meilleur esprit critique et des plus sagaces méthodes expérimentales, animés du plus pur amour de la science.
- Manuel du savonnier, par A. Matagrin. 1 vol., 26S p., 34 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- L’industrie du sarron est une industrie de la plus haute importance ; il est cependant difficile de trouver dans la littérature technique française un ouvrage relativement récent qui lui soit consacré. Le livre de M. Matagrin vient heureusement combler cette lacune ; les personnes désireuses de s’initier à l’art du savonnier trouveront dans ce manuel les connaissances fondamentales ainsi que les renseignements pratiques essentiels.
- Das Phytoplankton des Siisswassers. Systeihatik und Biologie, par G. Huber-Pestalozzi. lre partie : Généralités, Algues bleues, Bactéries, Champignons. 1 vol. in-8, 342 p., 395 fig. Collection « Die BinnengeAvasser », t. XVI. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1938. Prix broché : 42 M ; relié, 44 M (réduction de 25 p. 100 pour l’étranger).
- Les pays de l’Europe centrale, sans se détourner de l’étude des mers, ont entrepris avec une égale activité celle des eaux douces et la collection « Die BinnengeAvasser » est devenue l’encyclopédie de cette nouvelle orientation, sous la haute direction du Pr Thienemann. Voici son 16e volume consacré au phytoplancton, dont la première partie est consacrée aux algues bleues, aux bactéries et aux rares champignons qu’on rencontre dans les eaux courantes et stagnantes. C’est un inventaire systématique, aboutissant aux caractères des espèces qui sont décrites et figurées ; leur biologie est signalée quand elle est déjà connue et des index bibliographiques permettent de connaître tous les travaux déjà publiés.
- Les biologistes non spécialisés liront avec intérêt et profit les généralités qui précèdent sur le plancton d’eau douce et le neuston, les formes, leur genèse, leurs apparitions brusques, leurs conditions de vie (température, lumière, actions chimiques), leur récolte, leur conservation et leur culture.
- Wild birds in nature, par Selon Gordon. 1 vol. in-8°, 120 p., 100 photos, 2 pl. en couleurs. The British Nature Lihrary, Batsford Ltd, London, 1938. Prix relié toile : 8 sh.
- 6 d.
- Ceux qui aiment les oiseaux, ceux qui estiment les photographies difficiles et ceux qui collectionnent les beaux livres aimeront celui-ci. Cent photographies admirables, prises par l’auteur et ses amis, nous laissent surprendre les oiseaux dans la nature, souvent dans des attitudes insoupçonnées et si difficiles à saisir ; le texte est non moins original et vivant, étant bien mieux qu’un catalogue, une suite d’observations, de sensations, de notations recueillies à tout moment et rassemblées avec autant d’art que les illustrations.
- Rationale Biologie und ihre Kritik, par Eugen Heuss. 1 vol. 116 p., 44 fig. Hermann et Cio, Paris, 1937. Prix :
- 7 marks.
- Ouvrage de métaphysique où l’auteur discute l’idée que la biologie puisse être réduite à une conception rationnelle et soutient qu’elle doit être transcendante à l’entéléchie de Driesch et au vitalisme.
- Les hormones, par Rémy Collin. 1 vol. in-8°, 358 p., fig.,
- 8 pl. Collection « Sciences d’aujourd’hui ». Albin Michel, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- Après un rappel historique de la notion classique d’hormone ou sécrétion interne et l’indication des méthodes d’étude qui se sont énormément étendues, notamment dans les voies physiques et chimiques, l’auteur passe en revue les glandes d’origine, les voies de transmission, les organes réactionnels, l’action sur le métabolisme, l’équilibre dans la vie sexuelle. Il arrive aux problèmes en cours sur leurs rapports avec les vitamines et les ferments, les actions empêchantes, le rôle dans le cancer, la morphogenèse, la génétique, le fonctionnement nerA’-eux, y compris les instincts et l’émotion; ouvrant une porte sur la psychologie.
- LaUgerie=Haute, près des Eyzies (Dordogne), par Denis et Ëlie Peyrony. 1 vol. in-4, 84 p., 56 fig. 7 pl. Archives de l’Institut de paléontologie humaine, mémoire 19. Masson et Gie, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Laugerie-IIaute, à 2 km des Eyzies, possède un gisement préhistorique connu depuis 1862 et maintes fois fouillé partiellement depuis ; acquis par l’État en 1921, il fut alors étudié en détail par l’auteur qui y pratiqua notamment deux belles coupes, longitudinale et transversale. Elles lui permirent de préciser l’histoire des occupations successives, de trouver de nombreux objets : éclats, grattoirs, pointes en silex et en os, gravures et sculptures qu’il décrit et figure ici. Elles révèlent de nouveaux faits sur l’aurignacien, notamment ses analogies avec le périgordien et le magdalénien et précisent les changements de climat du paléolithique supérieur.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du iS juillet 1988.
- Les injections de sérums acidifiés. — M. Hirsch expose les résultats favorables des injections intraveineuses lentes de sérums physiologiques acidifiés par C02 avec addition possible d’acide lactique ou d acide ascoibique. Le pH doit rester entre 4,5 et 5,o. On injecte i5o gr en une heure environ pendant 2 ou 3 jours et on administre ensuite pev os des préparations phosphorées pour maintenir l’effet produit, après quoi on peut recommencer. Les effets sont intéressants et de divers ordres : suppression d algies même très aiguës, arrêt des hémorragies graves, action anti-hémorragique préventive, amélioration de l’état général par modification de l’équilibre physico-chimique sanguin.
- Réactions générales du squelette. — Mlle Filippi et MM. Roche et Mourcue montrent que le squelette forme un système d’ordre physiologiquement homogène dans lequel"l’état d’un os peut être déterminé par le rapport P/N (phosphore pour cent/azote pour cent) et son activité phos-plialasique. Les auteurs signalent qu’après une fracture on remarque une augmentation de l’activité pliosphatasique de tous les os avant même toute consolidation. En même temps on observe une diminution du rapport P/N dans les os longs. Une partie du phosphore nécessaire à la formation du cal est donc prélevée sur l’ensemble du squelette. Cette notion de réaction générale du squelette après une fracture est nouvelle.
- Séance du 25 juillet 1988.
- La stabilité. — M. Jouguet montre que pour qu’un syslènie soit en équilibre stable dans un champ admettant un potentiel, il faut et il suffit que ce potentiel soit minimum, la viscosité du milieu ne pouvant jouer aucun rôle stabilisant. 11 n’en est pas de même si le système est en même temps soumis à des forces gyroscopiques qui n’admettent pas de potentiel ; la viscosité peut alors assurer la stabilité de l’équilibre. Cette question offre en mécanique des applications importantes. En particulier la rotation d’un rotor de turbine au-dessus de la vitesse critique peut être stabilisée par la résistance de l’air.
- Le ciel nocturne. — Pour étudier l’intensité des diverses radiations composant la lumière du ciel nocturne, M. Grandmontagne utilise un photomètre enregistreur pour les comparer avec le rayonnement d’une lampe étalon après passage à travers divers filtres. L’énergie rayonnée p'r le ciel nocturne dans le bleu étant prise pour unité, celle des radiations rouges est de 23o environ. L’auteur ayant fractionné le rouge, un minimum relatif a apparu entre o p 655 et o jjl 700 et des maxima dans le rouge extrême et le proche infra-rouge. Ces chiffres sont des moyennes englobant les variations diurne et annuelle ; celles-ci paraissent d’ailleurs agir également sur les deux extrémités du spectre, tout en atteignant 5o pour 100 des valeurs moyennes. Les positions instantanées des minima et maxima ne doivent donc pas sensiblement différer des valeurs ci-dessus.
- Un nouvel élément. — MM. Dodé et, Pontecorvo ont remarqué que, contrairement aux prévisions, le cadmium irradié par des neutrons présente une radio-activité assez intense. Après une heure d’irradiation on observe un rayonnement très absorbable provenant d’un radio-élément dont
- la période est de 5o + 5 mn, ne correspondant à aucun élément connu. D’après des essais de séparation, les auteurs peuvent conclure à la formation d’un isotope du cadmium dont la période paraît anormalement courte en raison du caractère très mou du rayonnement qu’il émet. Une étude complémentaire sera nécessaire pour déterminer la réaction nucléaire qui lui donne naissance.
- La méningo-encéphalite post-vaccinale. —
- M113 Dervou et MM. Caminopetros et Comninos ont observé chez une jeune fille un cas de méningo-encéphalite avec symptômes faisant penser à une méningite tuberculeuse.
- La malade ayant guéri, infirmant ce diagnostic, les auteurs ont cherché si cet accident n’était pas lié à la présence chez le sujet d’une grosse pustule vaccinale. Le liquide céphalo-rachidien a donné un virus différent de la vaccine. Inoculé au lapin et au singe, soit dans le cerveau, soit sous la conjonctive, il a provoqué une maladie que les auteurs ont pu suivre pendant plusieurs passages. La température est élevée, donnant deux ou trois ondes; la maladie évolue en général vers la guérison. La vii’ulence du sang est très élevée mais s’affaiblit très vite. La filtration ne donne qu’exceptionnellement un filtrat virulent. Les sujets sont immunisés par une première atteinte. L’examen histologique du cerveau et des viscères ne montre aucune lésion spécifique. La méningo-encéphalite post-vaccinale paraît donc être une maladie parfaitement distincte qui se rapproche sur de nombreux points de la maladie des porchers ; son pronostic serait moins sombre que les symptômes ne le font estimer.
- Séance du ier août 1908.
- Biréfringence anormale. — Le flexiglas est une substance transparente flexible dont l’indice est 1,49 et la densité 1,18. Par compression, cette substance devient, comme le verre, un uniaxe négatif. Mlles Courtot et Guil-lemin et M. Cotton ont étudié comment variait la biréfringence avec le temps en mesurant la différence de phase y produite par la lame biréfringente. Ils ont constaté que lorsque la pression reste constante, m décroît lentement jusqu’à une limite sensiblement inférieure à sa valeur au début de la compression. Si on supprime alors toute compression, la substance devient un uniaxe positif, y change de sens, puis diminue lentement jusqu’à revenir à zéro au bout d’un jour environ. Il est probable que cette seconde biréfringence anormale, superposée au phénomène normal, est due à des déplacements internes de la matière comprimée.
- Propagation des ondes courtes. — MM. Gutton et Berline ont étudié à partir du Puy-de-Dôme (i.465 m), la propagation d’ondes de 16 cm, émises au foyer d’un miroir parabolique de 80 cm de diamètre. La détectrice est placée sur la ligne focale d’un miroir cylindro-parabo-lique dé 24 cm de hauteur et 62 cm de largeur. L’émetteur doit être bien dégagé et le récepteur en vue de l’émetteur. Dans ces conditions la réception a été excellente à i52 km, au Mont Beuvray (810 m), ou, en plaine, jusqu’à 90 km. Sur les terrains en pente légère on observe des phénomènes d’interférence avec ondes stationnaires horizontales; le sol correspondant à une frange noire, les franges s’échelonnent en hauteur distantes d’un mètre environ; plusieurs d’entre elles ont été observées très nettement. Les intempéries n’ont pas gêné les réceptions.
- L. Bertrand.
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- 318 notes et informations
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Nouvelles propriétés caractéristiques des poussières industrielles.
- On sait que dans les mines et carrières, les poussières minérales qui se produisent au cours de l’abatage et de l’extraction peuvent déterminer des affections pulmonaires chez les mineurs, auxquelles on a donné le nom générique de silicose.
- En étudiant le mécanisme chimique de leur formation à l’impérial College of Science and Technology à Londres, l’équipe de savants qui s’occupait de cette question, MM. Briscol, Braum, Leach, Holt, Matthew et Sanderson, est arrivée à établir un certain nombre de résultats très intéressants.
- On sait depuis longtemps que de l’eau froide versée sur de la poudre de verre à la soude donne immédiatement une réaction alcaline à la phénolphtaléine. Des recherches toutes récentes de Tamms, Stevens, Thuggutt, etc... ont montré que cette propriété est possédée par un grand nombre de minéraux à l’état de poudre fine : orthoclase, wollastonite, calcite, labradorite, micas, amphiboles, amiantes, tourmaline, dolomie, aragonite, feldspaths, etc... Cette action de l’eau qui tend à s’introduire entre les feuillets cristallins pour les désagréger par élimination des alcalins doit jouer un rôle important dans la formation géologique de nombreux terrains, argileux en particulier.
- En opérant sur des poussières de granit, de flint, d’amiante, de feldspath, etc... on a trouvé que l’eau non seulement est alcaline, mais encore renferme de la silice « soluble », décelée par la réaction classique colorimétrique du silico-molybdate, et que la quantité de silice soluble était de beaucoup supérieure à celle correspondant à la solubilité naturelle du quartz. On en ignore actuellement la raison.
- Des constatations intéressantes ont été faites sur les poussières obtenues par broyage non plus à l’air, mais sous la benzine, le bromoforme, l’iodurc de méthyle, etc... Les poussières ainsi préparées résistent parfaitement à l’action de l’eau, même prolongée, même à températui’e élevée. La conclusion qu’on en tire est que les poussières adsorbent énergiquement les liquides précédents qui forment autour de chaque grain une pellicule protectrice. Si on traite les poussières ainsi préparées par l’alcool à 95°, la protection cesse et l’attaque par l’eau se produit normalement.
- Comme les maladies pulmonaires des mineurs sont dues, non à l’action mécanique des poussières (excoriation ou déchirure des tissus cellulaires des poumons) mais à l’action des sels et de la silice soluble, la propriété précédente pourrait fournir un moyen de protection efficace contre certaines poussières.
- Les recherches ont également mis en évidence une autre propriété remarquable. La solubilité des poussières siliceuses est très affectée par la présence d’autres poussières. Par exemple, la solubilité apparente de la silice (quartz) finement pulvérisée est réduite parfois de go pour ioo par simple mélange avec un poid égal de charbon de sucre, d’anthracite
- ou de chai'bon bitumineux. Au contraire, le carbonate de chaux dissous dans l’eau accroît la solubilité de la silice tandis que la chaux hydratée l’annihile complètement. Il y a donc là encore un moyen possible de rendre les poussières inoffensives en les mélangeant par exemple avec du ciment pulvérulent donnant de la chaux vive par hydrolyse.
- Enfin les expérimentateurs ont constaté que les surfaces fraîchement fracturées sont dans un état de réactivité particulièrement intense et donnent des quantités d’alcalis et de silice considérables au contact de l’eau, mais que si les grains sont très fins (5 à i p.) la réaction superficielle est beaucoup moins importante.
- Il y a là toute une série d’études possibles dont les conséquences tant théoriques que pratiques devraient être de nature à retenir l’attention des chercheurs.
- IL Vigneron.
- MÉCANIQUE
- La rationalisation dans les usines d’automobiles.
- Les conditions économiques actuelles dont la résultante est une augmentation massive des frais des matières premières et de la main-d’œuvre, et des frais fiscaux et sociaux, ont imposé aux constructeurs d’automobiles une politique industrielle nouvelle pour que le prix de revient des voitures n’atteigne pas un niveau qui serait inaccessible à la clientèle.
- Aux usines Peugeot, le problème a été résolu au point dé vue technique par la réduction au minimum des éléments de la fabrication, la modernisation complète de l’outillage et le perfectionnement du contrôle toujours plus rigoureusement poussé.
- C’est ainsi que les usines Peugeot ne construisent plus que trois types de voitures, dénommées 202, 402 légère, 402 B et les modèles utilitaires qui en dérivent, deux types seulement de carrosserie : une 4 places et une 6/8 places ; deux moteurs de même type, 4 cylindres à culbuteurs, l’un de i.i33 cm3 pour la 202, l’autre de 2.i4o cm3 pour la 402.
- Si l’on songe que la hausse du prix des voitures n’est que de 3o pour 100 en moyenne par rapport à octobre ig35 et si l’on compare ce pourcentage à l’accroissement général des prix de matières, des salaires et des charges fiscales de toutes sortes, on peut conclure que l’industrie automobile, Peugeot en particulier, a accompli un tour de force : progression de la qualité et diminution des prix par rapport au standard de la vie. En ig35, une voiture de 16.000 fr par exemple représentait 2.5oo h de travail d’un manoeuvre spécialisé à Paris; en ig38, une voiture de 21.000 fr n’en représente plus que 1.760.
- Ajoutons que cependant rien n’a été sacrifié au point de vue du rendement technique, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par les chiffres suivants.
- Une 202 tient aisément le 95 et consomme 6,5 à 8 1 d’essence aux 100 km. Les 402 peuvent tenir facilement le 110 avec une consommation de ii,5 à i3 1 d’essence et i5o à 260 gr d’huile aux xoo km.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Le lavage électrique.
- L'électricité a apporte dans le domaine du lavage électrique une transformation complète des habitudes et des méthodes jusqu’alors employées. La laveuse électi’ique n’a iàen de comparable avec les anciennes machines à laver qui avaient pu être baptisées : des machines perfectionnées à tuer le linge.
- En effet sous les assauts répétés de la brosse, du battage, du frottage, du pilonnage, sans compter la cuisson qui détruit les fibres de lin et de coton, l’action des produits chimiques
- Fig. 1. — La laveuse électrique Calor.
- violents, employés pour le blanchir, le linge succombe rapidement et son remplacement, surtout maintenant, grève lourdement le budget familial.
- Avec la laveuse électrique, le problème devient extrêmement simple. Laver c’est, en résumé, dissoudre puis expulser les taches qui se sont fixées sur le linge. La plus grande partie des taches est constituée par des albumines (sang, blanc d’œuf, sucre, liquides végétaux et animaux) et des graisses (huile, beurre, etc.) qui sont fixées sur les tissus et autour desquelles se sont agglomérées les poussières. Dissoudre ces albumines et ces graisses, c’est désagréger les taches de façon qu’elles n’offrent plus qu’une faible résistance à leur nettoiement. Les albumines sont dissoutes à l’eau froide ou mieux encore à l’eau tiède, d’où la nécessité du trempage préalable. Les graisses sont dissoutes par les alcalis contenus dans le savon, à l’eau chaude qui augmente le pouvoir dissolvant des alcalis. Les miliers de vagues produites par l’agitateur qui pénètrent jusque
- dans les plus petits recoins des tissus, désagrègent et expulsent toutes ces matières dissociées.
- Voici les quatre opérations différentes du lavage :
- i° Trempage. — Il est nécessaire pour dissoudre les taches d’origine albumineuse. Comme le blanc d’œuf qui se durcit sous l’influence de la chaleur, l’eau chaude coagule les taches d’origine albumineuse, les fixe et les rend ensuite presque insolubles.
- C’est pourquoi il est indispensable de faire tremper le linge avant le lavage, pendant 5 ou 6 h, dans l’eau froide ou mieux encore dans l’eau tiède.
- Les eaux dures, c’est-à-dire celles chargées de sels minéraux (calcaire, magnésie) auront tendance à fixer les taches sur le linge, en composés insolubles. Il est donc indispensable de faire dissoudre à fond dans l’eau de trempage, avant d’y plonger le linge, soit du savon, soit, si les eaux sont très dures, 5 à G cuillerées à soupe de cristaux de soude ou de phosphate trisodique. Les sels en suspension seront précipités au fond du bain et l’eau de trempage sera ainsi neutralisée.
- 2° Lavage. — Les pièces préalablement trempées sont mises dans la cuve laveuse aux 3/4 remplie d’eau bouillante savonneuse, sauf pour les lainages et les soieries dont la température ne soit pas dépasser 4o°. Sous l’action à la fois douce et puissante de l’agitateur, des milliers de vagues d’eau savonneuse pénètrent jusque dans les plus petits recoins des tissus et débarrassent le linge, par une gigantesque chasse d’eau, de toutes les impuretés qu’il contient.
- Le linge est maintenu en suspension dans cette cuve laveuse aux parois porcelainées. Il ne subit aucun frottement que celui du linge sur lui-même, aucune compression, aucune usure.
- 3° Essorage. — Les pièces sont ensuite transférées dans l’essoreuse. Une simple pression du doigt sur une manette et une minute plus tard le linge est dépouillé de l’eau de savon qu’il contenait. L’eau et le savon sont extraits du linge par la force centrifuge, sans frottement, sans compression, à peine si le linge est froissé contre les parois pleines du bol essoreur, également porcelainées.
- Dans d’autres modèles de machines, l’essorage est effectué entre des rouleaux de caoutchouc dont la pression est réglable et actionnés mécaniquement. Le linge en passant entre ces rouleaux de caoutchouc abandonne l’eau qu’il contient.
- 4° Rinçage. — Après avoir fait évacuer l’eau de la cuve laveuse et après l’avoir remplacée par de l’eau claire, le rinçage sera fait de la même façon que le lavage. Un réglage du robinet d’eau courante d’admission et du robinet d'évacuation permettra une circulation d’eau courante. Le linge est complètement rincé lorsque l’eau sort claire. Un dernier essorage final effectué en une minute, et le linge est prêt à être étendu.
- Constructeur « Calor », place de Monplaisir, Lyon.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu.
- M. Jean Dufour, à Lausanne. — 1° Si vous voulez bien vous reporter à l’article auquel vous laites allusion (« Une photographie curieuse », La Nature, n° 2993, p. 91) vous verrez qu’à la fin on indique la diffraction de la lumière sur le bord des lamelles de l’obturateur comme cause possible du phénomène signalé : auréole de 10 rayons rectilignes autour de l’image d'un point lumineux. A deux reprises, notre correspondant a obtenu aussi des clichés avec 10 rayons également. Le diaphragme étant composé de 10 lamelles, donnant à l'ouverture une forme de décagone, ne peut-on supposer que ces lamelles soient la cause du phénomène observé ?
- Si, parmi les très nombreux lecteurs de La Nature, il s’en trouve ayant ainsi photographié des rayons lumineux, en étoile, autour d’un point très éclairé (généralement une portion très petite du disque solaire), il serait bien intéressant, comme le suggère notre correspondant, de rechercher s’il existe un rapport entre le nombre des rayons et le nombre des lamelles du diaphragme, surtout dans le cas où celui-ci aurait un nombre de lamelles différent de dix ?
- 2° Au sujet de votre intéressante observation du spectre du Brocken, voyez L'Atmosphère, par Camille Flammarion, p. 220 et suiv. Pour tout ce qui se rapporte aux halos et à l’optique atmosphérique, voyez une étude de M. L. Besson, « Les différentes formes de halos et leur observation », L’Astronomie, 1911, pp. 118, 175, 228) ; A. Bravais : « Mémoire sur les halos », Journal de l’École polytechnique, 31e cahier, 1845 ; A. Bravais : « Notice sur les halos », Annuaire de la Société météorologique de France, 1851 ; E. Mascart, Traité d’optique, t. III ; L. Besson, « Sur la théorie des halos », Annales de l’Observatoire de Mont souris, 1908 et 1909.
- Nous vous engageons à transmettre votre observation, si possible avec un dessin, à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (6e).
- M. L.-M., Tunisie. — Voici une formule de révélateur au génol-liydroquinone (Formule « standard » de l’Union natio-na'e des Sociétés photographiques) .
- Eau bouillie tiède................. 1.000 cc.
- Génol.................................. 2 gr.
- Hydroquinone........................... 5 —
- Sulfite de soude anhydre ... 35 —
- Carbonate de soude anhydre . . 25 —
- Solution de bromure de potassium à 10 p. 100.................. 10 cc.
- Dissoudre les produits dans l’ordre et conserver en flacons pleins et bien bouchés.
- Le meilleur éliminateur de l’hyposulflte de soude est certainement l’eau pure. On a indiqué un grand nombre de produits pour détruire l’hyposulflte de soude, tels que : liypochlorite de soude (eau de Javel) eau oxygénée, iode, persulfate de potassium, percarbonate de potassium, etc., etc., Tous agissent plus ou moins sur l’image argentique ou sur la gélatine. Nous vous conseillons le lavage à l’eau pure et si vous ne pouvez en disposer suffisamment, tenez-vous en à l’usage de « Thi-oxydant Lumière ».
- M. Gaude, à Marseille. — Voici d’après Cerbelaud comment vous pourriez préparer une crème pour le visage analogue aux produits du commerce.
- A. Amidon de blé................................ 10 gr
- Eau distillée de roses....................... 10 —
- B. Glycérine neutre à 30°...................... 140 —
- Eau distillée de roses....................... 10 —
- C. Oxyde de zinc pulvérisé....................... 7 gr 50
- Glycérine neutre à 30°........................ 5 —
- D. Teinture de benjoin........................... 3 —
- Teinture de Panama........................... 3 —
- Coumarine..................................... 0 gr 30
- Héliotropine.................................. 0 gr 30
- Teinture d’ambre au 1/100..................... 1 —
- Solution de musc artificiel à 6 0/00. . 1 —
- A. — Triturer au mortier les 10 gr d’amidon avec les 10 gr
- d’eau de roses, mettre de côté. ‘
- B. — Chauffer la glycérine additionnée d’eau de roses. Mélanger A et B, agiter sans cesse avec un pilon ou une spatule ; lorsque la masse se prendra en gelée, retirer du feu.
- C. — Verser le glycérolé obtenu et encore chaud sur l’oxyde de zinc, bien trituré avec la glycérine, battre vivement.
- D. — Lorsque la masse est bien homogène et froide, ajouter le mélange des parfums, triturer avec soin, au besoin passer au tamis de soie en exerçant une légère pression avec la main sur le glycérolé obtenu.
- M. Perria, à Nice. — 1° Les caractéristiques demandées sont les suivantes :
- Température Pression critique critique en atmosphères
- Anhydride sulfureux . . -f 155,4 78,9
- Chlorure de méthyle . . + 141,5 73,0
- 2° Le gaz d’emploi assez récent dans la pratique frigorifique est le Fréon ou bichlorofluorométhane CC12F2, c’est un gaz incolore, inodore, à point d’ébullition — 29°8 à 760, con-gelable à — 155° ; sa densité à l’état liquide est de 1,4. Il est très stable, n’attaque pas les métaux aux températures usuelles d’emploi dans les machines frigorifiques.
- Le Fréon n’est pas inflammable et ses mélanges avec l’air ne sont pas explosifs, il n’est ni irritant, ni toxique et sans action sur les aliments ou produits à conserver.
- On le prépare en chauffant en autoclave le trifluorure d’antimoine avec le tétrachlorure de carbone, en présence d’une petite quantité de pentachlorure d’antimoine.
- Les gaz dégagés passent par une colonne de fractionnement et un déflegmateur, puis traversent une solution de soude qui retient les traces de phosgène, de chlore et les dérivés de l’antimoine entraînés.
- Ces gaz sont alors recueillis liquéfiés par compression et livrés au commerce à l’état liquide dans des récipients sous pression.
- Cette utilisation a été mise au point par MM. Midgley et Ilenne, du laboratoire de la General Motor Cie, qui ont eu en vue de remplacer l’acide carbonique, l’ammoniaque, l’acide sulfureux, le chlorure et le bromure de méthyle jusqu’ici seuls employés.
- M. Bouygue, à Tarbes. — La soudure de la fonte est toujours assez difficile à réaliser à cause des grains de carbone libre que contient celle-ci et qui s’interposent entre le métal d’apport et le fer.
- Toutefois, on réussit assez souvent mie soudure à l’étain, si on a soin de frotter d’abord l’emplacement avec une brosse en fils de laiton jusqu’à ce que la surface qui doit recevoir la soudure soit parfaitement jaune.
- M. Grawitz, à Paris. — Le mouvement brownien que vous avez observé au microscope sur une gouttelette de sauce mayonnaise, n’est que la conséquence de l’extrême division moléculaire, il est un effet et non une cause. La tenue de la sauce est d’autant plus parfaite que cette division a été plus poussée, autrement dit, le mouvement est d’autant plus sensible que la sauce est mieux réussie.
- M. Houdet, à Rabat. — Vous trouverez des bois en grume et de sciage de toutes essences à l’Office commercial des Bois, 29, rue de Montreuil, Paris (11e), dont la scierie et le chantier se trouvent à Yitry-sur-Seine (Seine).
- En particulier, vous pourrez vous procurer le cormier et le poirier chez Blancheteau, 20, rue Hector-Malot, à Paris (12e) ou chez Delost, 118, avenue de Suffren. D’une manière générale la Chambre syndicale des Bois à œuvrer pour charronnage et tous autres emplois, 163, rue Saint-Honoré, complétera très volontiers ces renseignements.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval.
- Imprimerie Barnèoud.
- 1S-U-1938 — Published in France.
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- N° 3038
- LA NATURE
- 1er Décembre 1938
- UN PAPILLON CHINOIS ACCLIMATÉ EN FRANCE LE VER A SOIE DE L'AILANTE
- Par les soirées chaudes de la fin de juin et du début de juillet, on peut voir voltiger autour des lumières, de magnifiques papillons de nuit, au vol lourd et silencieux. Ces papillons (fig. i et 2) d’une envergure moyenne de i5 cm, sont « d’une couleur fondamentale brun-chevreuil, vive et veloutée, relevée par des bandes blanches, par une fenêtre transparente en forme de lune, dont les bords postérieurs sont jaunâtres et par des yeux noirs en avant de leur côté externe O ». Après les premiers instants de surprise et d’étonnement devant un papillon aussi gros et aussi somptueux dans la région parisienne, on se demande quel est ce Papillon de nuit ? D’où vient-il ? Comment vit-il ? A quoi peut-il servir ?
- C’est un Saturnidé facile à reconnaître et à déterminer ; toutes les faunes récentes de Lépidoptères lui donnent le nom de Attacus cynthia Drury 1773, indiquent son habitat au voisinage des plantations d’Allantes ou faux Vernis du Japon, et signalent son introduction en France depuis 80 ans environ
- Les étapes de son acclimatation dans nos pays sont bien connues. C’est le Père Fantoni, missionnaire piémontais dans la Province de Hon-Tung, en Chine, qui envoya quelques cocons vivants le 4 novembre i856 à MM. Griséri et Comba de Turin ; ces naturalistes obtinrent une première génération en 1857, et un an plus tard distribuèrent à leur tour en France, quelques œufs et quelques femelles vivantes en train de pondre. Le 5 juillet i858, à i5 heures, une demi-heure après les avoir reçues, Guérin-Méneville présenta les femelles de Y Attacus cynthia h l’Académie des Sciences (1 2).
- Guérin-Méneville, membre de la Commission chargée de l’étude des vers à soie, fit plusieurs élevages de ce magnifique Saturnidé tant à Paris, au Bois de Bou-
- 1. À. E. Brehm. Merveilles de la nature, t. 8, Insectes n° 2.
- 2. F. E. Guérin-Méneville. Introduction d’un nouveau ver
- à soie de Chine qui vit des leuilles du vernis du Japon (Aylan-thus glandulosa). C. R. Acad. Sc., 5 juillet 1858, t. 47, p. 22 et p: 228. ...............
- logne, qu’en province, notamment dans le Var et dans l’Indre-et-Loire (x). Depuis cette époque et après plusieurs éducations plus ou moins fructueuses, l’élevage de ce Papillon a été abandonné. Son acclimatation en France était néanmoins réalisée et il s’est maintenu, depuis 8o ans, dans la faune des Lépidoptères indigènes. Il ne semble pas que l’introduction de celte nouvelle espèce ait modifié la faune et la flore existante. L’invasion de VAttacus cynthia fut une invasion pacifique, si on ia compare par exemple, à celle du terrible ( Crabe chinois, Eriocher si-nensis, que les lecteurs de La Nature connaissent par la publication de M. André, en 1934, et celle de M. Jean-Henri Vivien en 1938.
- BIOLOGIE
- Nous avons comparé les observations de Guérin-Méneville sur la biologie de Y Attacus cynthia, à celles que nous avons pu faire nous-même en 1928, 1932, 1937, 1938 ; il ne semble pas que les différentes phases de développement de ce Papillon se soient modifiées depuis son acclimatation en France. Voici les stades de son évolution de l’œuf à l’œuf.
- Vers la fin de jiiin, les chrysalides enfermées dans leurs cocons suspendus aux branches du vernis du Japon (Aylanthus glandulosa), se métamorphosent en Papillons. Ces grands papillons nocturnes n’ayant pas d’appareil digestif ont’ une vie éphémère, 8 à i5 jours au plus. Les mâles recherchent les femelles à de grandes distances et viennent même rejoindre celles que l'on tient prisonnières dans une cage de grillage à larges mailles. L’accouplement dure de 4 à 12 heures. La ponte commence dans les minutes qui suivent la séparation du mâle et de la femelle. Une femelle vierge peut pondre, mais les œufs sont stériles ; fécondée après cette première ponte par un mâle, elle pondra des œufs féconds.
- La femelle pond ses œufs en lots fractionnés de 1 à
- 1. Rapport sur les travaux entrepris pour introduire les vers à soie de V allante en France et en Algérie. Paris, 1860.
- Fig. 1. — Le mâle du papillon de l’A Hante (Attacus cynthia).
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- Ech Hem.
- Fig. 2. — Nervures des ailes du mâle et de la femelle.
- 3o en moyenne, elle les accole côte à côte, en arc de cercle, par une substance visqueuse. Dans les conditions naturelles, elle les pond à la face inférieure des feuilles du Vernis du Japon. En captivité, elle pond n’importe où, mais si l’on met à sa disposition une feuille de Vernis, on détermine immédiatement le réflexe de la ponte. Des recherches précises seraient nécessaires pour préciser les facteurs provoquant cette réaction.
- Les œufs, au nombre de 200 à 25o par femelle, donnent naissance à des chenilles dans les 10 à i5 jours qui suivent la ponte, la température variant autour de 20 à 25° C.
- Les chenilles de 3 à 4 mm rongent la coque qui les tient prisonnières ; d’une couleur blanchâtre à leur
- éclosion, elles ne tardent pas à devenir noirâtres dans les heures qui suivent. En un mois environ, ^près avoir dévoré avec une grande voracité les feuilles du Vernis du Japon, elles atteignent la taille de 7 à 8 cm (fig. 3). Elles filent un cocon et se transforment en chrysalides (fig. 4 et 5). Sous celle forme elles passent tout l’hiver, suspendues dans leur cocon aux branches des arbres, pour se métamorphoser en papillon au printemps suivant et le cycle recommence.
- Dans les pays d’origine et notamment au Tonkin, cette espèce est polvvolline (:) ; en plaçant les cocons dans certaines conditions de température et d’humidité, on peut expérimentalement rompre la diapause et obtenir deux et môme trois générations par an. Des cultures de Vernis du Japon en serres chauffées pendant l’hiver permettraient donc une obtention continue de cette espèce.
- Par des températures automnales un peu élevées, on peut voir des papillons éclore à la fin du mois de septembre et périr misérablement dès la première nuit de froid. La chrysalide dans son cocon semble seule capable de résister à des températures de xo à 20° C. au-dessous de zéro. La respiration des chrysalides pendant l’hibernation est très faible, nous avons pu en effet conserver en vie des sujets enfermés dans des cocons paraffinés pendant plus de x5 jours.
- UTILISATION
- C’est vers le milieu du xvme siècle, qu’il a été question de ce ver à soie dans les travaux des missionnai-res. Le Père d’Incarville semble l’avoir signalé pour la première fois vers 1740 « pour répondre, sur ce
- 1. P. Viel. Sériculture. Encyclopédie agricole. Baillière et fils. Paris, 1920.
- Fig. 3. — Une chenille disséquée pour montrer Fig. 4. •— La chenille. Fig. 5. — Le cocon,
- les glandes séricigènes très développées.
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- sujet, aux questions que le Ministre et plusieurs savants lui avaient adressées ».
- Vers i85o, les éducations de vers à soie du mûrier étant ravagées d’une façon désastreuse par une maladie aussi contagieuse que mystéideuse, une Commission avait été constituée à l’Académie des Sciences pour étudier et combattre ce fléau. Guérin-Méneville, en introduisant en France et en Algérie 1 ’Attacus cynthia, pensait renouveler l’industrie de la soie. A la fin d’un de ses rapports, il conclut :
- i° Que les vers à soie de l’Ailante sont acclimatés et peuvent être élevés en France sur les arbres mêmes, en plein air et presque sans main-d’œuvre, comme en Chine.
- 2° Que les cocons obtenus de cette manière sont plus gros et plus riches en matière soyeuse que ceux qui proviennent d’éducations faites dans les ateliers clos ou même ouverts jour et nuit.
- La découverte de la pébrine et le grainage cellu-laire de Pasteur devaient rendre aux vers à soie du mûrier la première place et laissaient dans l’ombre celui de l’Ailante. Les cocons de 1 ’Attacus cynthia se dévident assez difficilement et donnent une soie moins brillante et moins douce que ceux du Bombyx mori.
- De nos jours, un nouveau fléau venant frapper les hommes, la guerre civile en Espagne, a ravagé les centres de fabrication du « crin de Florence », employé pour la pêche et surtout en chirurgie ; on sait, en effet,
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- que le « crin de Florence » n’est pas fabriqué en Italie, mais en Espagne, dans la province de Murcie. Les glandes séricigènes de YAttacus cynthia sont très développées, comme le montre la dissection d’une chenille (fig. 3), et peuvent être facilement étirées en « crin de Florence ». Les premiers essais que nous avons réalisés sont assez encourageants, et nous avons pu obtenir des crins d’une certaine longueur et d’une assez grande résistance. Une mise au point semble parfaitement réalisable avec la collaboration d’un chimiste. On trouve actuellement dans toute la région parisienne des plantations considérables de Vernis du Japon, arbres particulièrement robustes et poussant dans les terrains les plus pauvres.
- En résumé l’étude d’un magnifique Papillon nocturne nous a amené à passer en revue un certain nombre de problèmes biologiques, historiques et industriels. Elle nous conduit à penser, avec Guérin-Méneville, que (( l’acclimatation de cet Insecte domestique sera bien réellement une source de richesse pour la France et l’Algérie ».
- Maurice Mathis,
- Service du Professeur E. Roubaud à l’Institut Pasteur.
- Les documents photographiques qui illustrent cet article ont été effectués dans le Service de Photomicrographie de l’Institut Pasteur par M. Jeantet ; les retouches et les légendes explicatives sont dues à M. Henri Sjôherg. Qu’ils reçoivent nos remerciements.
- = ON VIENT DE DÉCOUVRIR LES DIXIÈME ET ONZIÈME SATELLITES DE LA PLANÈTE JUPITER
- I. DÉCOUVERTES DES PREMIERS SATELLITES
- L’historique des découvertes des neuf premiers satellites de Jupiter permet de situer comme il convient la découverte actuelle des dixième et onzième.
- Les satellites I, III et IV furent découverts par Galilée, le 7 janvier 1610, au moyen de la cinquième lunette qu’il avait construite, dit-il, « sans s’épargner ni les peines, ni les dépenses ». En possession de cet instrument qui virtuellement rapprochait les astres de plus de trente fois et les faisait paraître environ mille fois plus grands, il fut tout naturellement tenté d’observer l’immense planète Jupiter, si énigmatique au point de vue des formations qu’elle présente. Son attention fut tout de suite retenue par trois étoiles très lumineuses situées dans le voisinage immédiat de l’astre jovien. Il reconnut vite que ces trois étoiles devaient être des satellites. La forme géométrique de leurs disques apparaissait si régulière que, selon lui, on aurait pu les dire « tracés au compas ». Ces disques se présentaient comme situés sur une ligne droite, parallèle à l’écliptique. Leur mouvement apparent par rapport à Jupiter ne devait laisser subsister aucun doute.
- Le 8 janvier 1810, l’astronome S. Mayer reconnut l’existence de quatre satellites. Ces derniers, suivant
- l’usage adopté, sont désignés par des chiffres romains : I, II, III, IV. Ils ont reçu les dénominations suivantes : lo, Europe, Ganymède, Callisio.
- Comme bien l’on pense, le mérite et l’intérêt qui s’attachent à de semblables découvertes incitèrent les observateurs à scruter attentivement les environs de Jupiter. C’est ainsi que des faux satellites ont été signalés en grand nombre. F. Fontana comptait cinq satellites supplémentaires en i63o, quatre en i636 et en i643, trois en i645, deux en 1646- En 1642, de Rheita crut en avoir trouvé cinq, extérieurs aux vrais satellites.
- « Pourquoi, disait cependant J. Herschel, ne cher-cherait-on pas un satellite à grande distance, analogue au .lapetus de Saturne et à la Lune de la Terre ? »
- Effectivement, alors qu’il effectuait des observations très soignées de Jupiter à l’aide de la puissante lunette de 36 pouces d’ouverture, de l’Observatoire Lick (mont Hamilton, Californie), le Pr E. Barnard eut la bonne fortune de trouver, sous la forme d’un « point lumineux très faible », le satellite V, qui s’est révélé comme le plus rapproché de la planète et qui, par la suite, devait être appelé Amaliée. C’était le 9 septembre 1892, vers minuit. Le satellite Amaltée est beaucoup trop peu important pour se présenter sous l’aspect d’un petit disque. Pour l’apercevoir, il faut une
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- forte lunette et des conditions climatériques et astronomiques très favorables. Sa durée de révolution autour de Jupiter est un peu moindre qu’un demi-jour : ii h 57 m 22 s, 7. Il décrit une trajectoire presque circulaire et approximativement située dans le plan de l’équateur de la planète principale. Son diamètre ne dépasserait pas 160 km.
- Les autres satellites qui ont été découverts par la suite le furent par voie photographique. Le sixième et le septième furent repérés respectivement le 3 décembre 1904 et le 2 janvier igo5 à l’observatoire Lick par l’astronome américain Perrine sur des clichés pris à l’aide du puissant télescope de Crossley.
- Le 27 janvier 1908, Melotte trouva le huitième en examinant des plaques photographiques prises à l’observatoire de Greenwich.
- Quant au neuvième, il fut découvert par hasard, le 21 juillet 1914, par l’astronome Seth Nicholson qui explorait un cliché du huitième satellite pris à l’aide du fameux télescope de Crossley de l’Observatoire Lick où il passait quelques mois de vacances. Ce satellite a été reconnu comme étant le plus petit — son diamètre ne serait pas supérieur à 26 km — et le plus éloigné de Jupiter autour de laquelle il tourne en 740 jours. De môme que celui du huitième, son mouvement est rétrograde, tandis que les mouvements des sept autres, plus rapprochés, sont directs.
- IL LA DÉCOUVERTE ACTUELLE
- Chaque découverte a fait penser tout naturellement à l’existence de satellites supplémentaires.
- Une fois de plus, les présomptions apparaissent comme étant parfaitement légitimes. En effet, un télégramme daté du 12 septembre dernier, communiqué aux observatoires par le Bureau Central des Télégrammes astronomiques de Copenhague, annonce la découverte faite par l’astronome américain, déjà cité ci-dessus, Seth Nicholson, des satellites X et XI. Ceux-ci ont été détectés sur des clichés pris à l’aide du plus puissant télescope du monte, celui de l’observatoire du Mont Wilson ayant un miroir de 2 m 5o de diamètre. Ils sont tous deux de 19e grandeur environ. Leur diamètre peut donc atteindre une vingtaine de km. Les premières observations obtenues remontent au 6 juillet pour le Xe satellite et au 3o du même mois pour le XIe. Ce brillant succès fait à la fois honneur à la puissance de l’outillage astronomique américain et à la valeur de ses chercheurs scientifiques.
- Les observations des nouveaux satellites, effectuées jusqu’à présent, ne se rapportent qu’à des arcs de trajectoire de faible étendue. Elles ont permis à Paul Her-get, professeur à l’Université de Cincinnati (Ohio, Etats-Unis), d’obtenir pour chaque astre une orbite forcément approchée, mais dont les caractères géométriques sont cependant établis avec certitude. A priori, ou serait presque instinctivement porté à penser que, en raison de leur découverte tardive, les satellites X et XI devraient se mouvoir plus loin de la planète centrale que tous lesi autres astricules de la même famille
- précédemment découverts. Contrairement à cette attente, le Pr Herget a pu reconnaître la presque totalité de l’orbite du satellite X avec celles que parco'urent les satellites VI et VIL Comme ceux-ci, il se déplace d’un mouvement direct autour de Jupiter et il effectue sa révolution complète en 260 jours environ.
- Quant aux particularités du mouvement réel du satellite XI, elles sont plutôt à rapprocher de celles des astricules VIII et IX. Comme ceux-ci, il est animé d’un mouvement rétrograde autour de Jupiter et son orbite a une forte excentricité (0,21). La période de sa révolution autour de la planète centrale est de l’ordre de 692 jours.
- Il ne nous est pas possible ici de faire ressortir dans toute son ampleur l’intérêt que présente l’heureuse découverte.
- Les satellites de Jupiter ont une importance capitale en astronomie. En raison de la complexité de leurs mouvements, ils posent à la Mécanique céleste des problèmes fort difficiles. Les quatre premiers, visibles au moyen de jumelles de campagne, ont fait l’objet de nombreuses investigations dans le domaine de la physique céleste. Ils sont célèbres aussi à cause de leurs éclipses dans le cône d’ombre projeté à l’arrière de Jupiter dans une direction opposée au Soleil. Ces éclipses ont permis à l’astronome danois Rœmer de déterminer une valeur remarquablement exacte de la vitesse de la lumière, elles servent parfois aussi à résoudra le problème de la détermination des longitudes.
- La belle découverte faite par Nicholson portera instinctivement les astronomes à se demander s’il n’existe pas un anneau de satellites analogue à l’anneau des astéroïdes qui circulent autour du Soleil pour la plupart entre Mars et Jupiter.
- L’ingénieur français A. Auric signale précisément que l’existence d’un anneau d’astéroïdes joviens entre les distances égales à 2,85 et 4,70 rayons équatoriaux de Jupiter ne serait pas improbable, du moins d’après des considérations théoriques fort plausibles.
- Dans un autre ordre d’idées, l’hypothèse a déjà été émise que les quatre premiers satellites, les plus grands et les plus brillants, sont les seuls membres originaux du système jovien et que les autres, les plus petits, sont simplement des astres capturés par la planète géante. Les satellites pourraient ainsi être divisés en deux groupes : les géants et les nains. Est-il possible de découvrir d’autres de ces derniers ? Il est à présumer que le nouveau télescope extraordinairement puissant de 5 m de diamètre, en voie de construction en Californie, permettra d’enrichir encore nos connaissances du système planétaire.
- Il y a tout lieu de croire que la possibilité de la découverte de membres supplémentaires du système jovien continuera à passionner les hommes épris de science. De nouvelles surprises peuvent encore survenir dans ce domaine déjà si attrayant, si varié et si instructif.
- S. Arend, Dr. Sc., Astronome à l’Observatoire royal, Uccle-Bruxelles.
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- = LA CONFECTION DES ROUTES = PAR TRAITEMENT THERMIQUE DIRECT
- La préparation du sous-sol sur lequel se trouve ensuite construite la chaussée est la partie la plus importante, et souvent la plus coûteuse de l’établissement d’une route. Il faut parfois faire venir les pierres, constituant le ballast de la route, de carrières situées à grande distance. Un ingénieur australien vient de mettre au point une nouvelle méthode qui, bien que ne pouvant s’appliquer dans tous les cas, fournit une solution originale de la préparation du substratum de la route.
- Dans un grand nombre de régions, la nature du sol est argileuse ou silico-argileuse et, en général également, ces
- ing montre la disposition générale pèse 3a t en ordre de marche ; elle a une longueur de io m et une largeur de 3 m environ. Elle comprend essentiellement un énorme foyer chauffé au mazout ou au gaz de bois, les brûleurs étant disposés au voisinage immédiat de la surface du sol à traiter et à une distance réglable. Les gaz brûlés s’échappent par une cheminée centrale. Pour le déplacement d’un lieu à un autre, on enlève le revêtement intérieur en briques réfractaires qui pèse 7 t.
- La vitesse de déplacement en fonctionnement est de 10 à 25 m à l’heure, en déplacement de 3 km à l’heure, sous
- .Cheminée d'évacuation des gaz Sens de déplacement
- Dispositif de direction
- Batterie de brûleurs
- Fig. 1. — La, machine Irving, pour préparation des plates-formes routières par chauffage du sol (d’après Engineering).
- régions sont dépourvues de carrières de pierre ou de formations rocheuses qui pourraient fournir les blocs d’assise des routes. C’est en particulier le cas du Queensland en Australie et de nombreuses portions du territoire français.
- L’ingénieur, M. Irvine, a montré expérimentalement que presque tous les sols pouvaient être convertis par chauffage, après préparation convenable, en une sorte de brique suffisamment solide pour supporter ensuite le revêtement définitif et les efforts du trafic. D’autre part, il a également montré que l’opération pouvait être réalisée in situ et en continu. Le résultat n’est pas une surface semi-vitrifiée continue, mais le sol est transformé en fragments ressemblant à de la brique qui après passage du rouleau ont toutes les caractéristiques des empierrements ordinaires.
- La machine dont la figure 1 reproduite d’après Engineer-
- l'action d’un moteur Diesel de 12 ch. La machine peut préparer 2 km de route par mois.
- Les gaz brûlés avant de s’échapper dans l’atmosphère sont dirigés à l’avant de la machine et commencent par déshydrater le sol et élever sa température aux environs de 25o°. La machine s’avançant, cette partie de terrain se trouve directement soumise à l’action des brûleurs et est portée à une température de 700 à 8oo° où s’effectuent la cuisson et la transformation ; la température peut être poussée plus loin, si la nature du sol le demande et atteindre i.5oo°. L’épaisseur de terrain traité est, de 20 cm environ et forme des blocs partiellement vitrifiés, à cassure anguleuse, particulièrement convenables,pour recevoir les liants et agglomérants après passage du rouleau compresseur.
- H. Y.
- LE POISSON SCIE
- Dans l’importante famille des Plagiostomes, deux ou trois variétés tout au plus de poisson-scie, d’ailleurs très proches les unes des autres, constituent le groupe modeste des Pris-tidés. Ce sont des poissons du type « cartilagineux », facilement reconnaissables à l’absence totale d'écailles; leur peau épaisse est couverte de scutclles qui laissent au contact de la main l’impression rêche d’une feuille de toile d’émeri. Dans la classification des Plagiostomes, ils occupent une place intermédiaire entre les squales proprement dits et les raies, bien que leur aspect général les rapproche davantage des premiers.
- Des squales, les Pristis ont le corps fusiforme très allongé, la peau uniformément rugueuse sans aspérités ni excroissances, l’appareil respiratoire constitué par deux éléments distincts en communication avec l’extérieur par des fentes latérales situées en arrière, de part et d’autre de la tête, les ailerons massifs qui constituent l’appareil locomoteur. Ils se rapprochent des raies par la forme et la disposition de la bouche, placée complètement en dessous, de dimension médiocre et dépourvue de dents proprement dites, par l’élargissement caractéristique de la face ventrale du corps, propre sinon aux stations immobiles sur la vase ou le sable,
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- du moins à une navigation qui s’effectue constamment à proximité immédiate du fond.
- Comme celui des squales et plus que celui des raies, l’appareil digestif du poisson-scie est caractérisé par le développement considérable du foie. Comme la raie mâle, le pristis mâle a des organes génitaux extérieurs et volumineux.
- Comparé, son rostre mis à part, au requin gris considéré comme type des squales, le poisson-scie, qui lui ressemble par sa forme générale, est néanmoins sensiblement plus allongé, plus effilé. La section du corps pratiquée en arrière des ailerons pectoraux est circulaire chez le requin, presque exactement demi-circulaire chez le pristis, la ligne élargie du ventre figurant la corde d’un arc de cercle dont la ligne du dos épouse la courbure. Le dessin des ailerons pectoraux, beaucoup plus développés et plus larges chez le poisson-scie que chez le requin, donne à la partie antérieure du corps une forme lourde et aplatie qui rappelle beaucoup le galbe massif de l’ange de mer (Squatina angélus). La dorsale pointue, en forme de voile catalane, ressemble à celle de tous les grands squales.
- La queue du poisson-scie est tout à fait particulière. La partie postérieure du corps est constituée par un fuseau très long dont la section est un losange aux angles très arrondis, les angles aigus de ce losange, disposés de part et d’autre du corps alors que les angles obtus sont placés en dessus et en dessous, plus nettement accusés à proximité du lobe caudal. Ces angles sont formés par un renforcement progressif de l’épaisseur de la peau et se terminent par de véritables bourrelets de tissu cutané, extrêmement durs d’ailleurs. La queue proprement dite est réduite à un seul lobe triangulaire, de dimension médiocre, inséré au-dessus et tout à l’extrémité de l’appendice qui le porte. Elle fait immanquablement penser au gouvernail de direction d’un hydravion, évidemment construite pour glisser au ras des fonds vaseux comme la queue de l’hydravion pour glisser à la surface de l’eau quand l’appareil navigue.
- L’œil du poisson-scie est caractéristique. Il est ouvert en demi-lune, de couleur jaune, barré par le trait vertical d’une pupille rectangulaire. Bien que proportionnellement assez petit, il est plus grand que l’œil noir et rond du requin. Alors que le requin est pratiquement aveugle, le poisson-scie paraît doué d’une certaine acuité visuelle. Les jeunes sujets qui rôdent volontiers le long des plages et des berges des lacs et lagunes où la limpidité relative de l’eau permet de suivre facilement leurs mouvements, s’enfuient rapidement au moindre geste d’un observateur debout sur la rive. Les sujets de grande taille qui, après leur capture, vivent longtemps hors de l’eau (le poisson-scie a la vie très dure) donnent l’impression nette de suivre vaguement des yeux les hommes qui se meuvent autour d’eux et leurs yeux doués d’une certaine mobilité n’ont pas l’apparence de fixité absente qui caractérise en général les yeux des poissons. 1
- Si l’ensemble de ces détails suffit à individualiser assez nettement les Pristidés, c’est à l’appendice monumental, à la scie qui termine leur museau qu’ils doivent essentiellement leur aspect vraiment extraordinaire. A partir des yeux, leur tête se rétrécit rapidement et s’aplatit, pour se prolonger par un rostre volumineux garni latéralement d’une série de pointes aiguës telles qu’on a pu sans absurdité le comparer à une lame de scie à double denture. Il serait beaucoup plus exact de dire qu’il ressemble chez les jeunes sujets à un peigne ou, mieux encore, à deux démêloirs juxtaposés dos à dos et chez les gros poissons au rateau de bois utilisé pour la fenaison. Les pêcheurs indigènes ne se font pas faute d’utiliser des rostres de petits poissons-scie à l’entretien de leurs cheveux crépus.
- Le corps de ce rostre est une lame cartilagineuse dont la section est un losange très aplati et rappelle celle d’un glaive à deux tranchants dont on aurait émoussé le çrofil jusqu’à arrondir complètement tous ses angles. Il comporte un canal central cylindrique et deux canaux latéraux triangulaires disposés de part et d’autre du canal central. Ces canaux sont remplis d’une substance spongieuse, beaucoup moins dure que la matière cartilagineuse qui les enveloppe. Ne possédant en matière de dissection aucune connaissance, je ne me hasarderai pas à donner sur la composition de cette matière la moindre indication, mais il est facile de constater qu’une irrigation sanguine considérable parcourt ces canaux : l’ablation du rostre au ras du museau entraîne immédiatement une hémorragie très importante dont l’animal meurt en quelques minutes, alors que si on lui épargne cette mutilation, il est susceptible de vivre une heure ou deux hors de son élément. Le rostre, qui est très faiblement conique, se termine par un large arrondi que l’on ne saurait qualifier de pointe, pas même de pointe mousse. Sa longueur, proportionnellement à la longueur totale de l’animal, est d’un ordre de grandeur compris entre le cinquième et le tiers. Les mâles sont toujours beaucoup plus fortement armés que les femelles.
- Les dents, implantées latéralement, depuis la base jusqu’à la pointe de cet important appendice nasal, ont l’apparence ivoirine des dents de Mammifères. Leur section à la base est un triangle isocèle à base relativement étroite, dont l’angle au sommet très arrondi est disposé en avant, tandis que les angles à la base, à arêtes vives, sont situés à l’arrière ; ce profil, progressivement atténué, se termine par une pointe acérée. Au milieu de la face postérieure de chaque dent s’ouvre une sorte de fente qui commence aux deux tiers de sa hauteur et s’élargit progressivement vers sa base; elle est remplie d’une matière osseuse beaucoup moins dure que la dent elle-même. Cette fente, nettement visible chez les seuls sujets de grande taille, apparaît d’autant plus nettement que la matière qui l’emplissait, en partie désagrégée, la laisse souvent béante. Chez les poissons jeunes, qui ne dépassent pas i m ou i m 25 de longueur totale, les dents sont plates et ont l’apparence de demi-transparence de grosses arêtes de poisson : chez les gros sujets, elles prennent avec leur forme définitive la couleur et la dureté de l’ivoire.
- Le nombre de ces dents n’est pas régulier et varie d’un sujet à l’autre entre 19 et 21 : sur un même poisson, il est rare d’en compter le même nombre des deux côtés du rostre. Presque tous les sujets de grande taille que j’ai capturés avaient un certain nombre de dents cassées à la base ou simplement dépointées; dans le premier cas, la cicatrisation complète du cartilage du rostre qui recouvrait complètement l’amplanture de la dent manquante, dans le second cas, l’arrondissement parfait des arêtes vives de la cassure, suffisent à prouver que ces dents ne repoussent pas. Le rapport du volume des dents à celui du rostre qui les porte se modifie à mesure que le poisson se développe en sorte que chez les petits poissons elles sont très rapprochées et donnent à l’ensemble l’aspect d’un peigne à den-tiire claire, tandis que chez les gros poissons, beaucoup plus écartées, elles donnent à cet ensemble l’apparence d’un gros rateau de faneur.
- A quel usage est destiné cet appareil étrange, d’aspect si redoutable ? Disons tout de suite qu’en semblable matière on en est réduit à des hypothèses, hypothèses qui doivent rester prudentes si elles ne veulent pas être ridicules.
- Beaucoup d’animaux infiniment moins difficiles à observer que le poisson-scie posent des problèmes analogues, dont cependant la solution définitive n’a jamais été pro-
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- posée. A quoi l’éléphant emploie-t-il ses défenses ? Chaque chasseur d’éléphant a, sur ce sujet, son opinion propre et catégorique, en contradiction généralement formelle avec l’opinion de ses confrères ; aucune de ces opinions contradictoires n’explique pourquoi et comment les éléphants qui ont peu ou n’ont pas d’ivoire du tout ne paraissent pas s’en porter plus mal. A quoi servent au cerf et mieux encore à l’élan orignal leurs bois formidables ? Au combat, dira-t-on P II faut convenir dans ce. cas que la Nature les a gratifiés d’une armure élégante sans doute, mais singulièrement embarrassante~efineom rnod e !
- Dire du poisson-scie que son rostre ne lui sert de rien est une affirmation ridiculement simpliste. Mais il faut avouer que ce qui a été dit et écrit de l’usage qu’il en fait relève en général de l’imagination pure. Quand de Lacé-pède décrit avec profusion de détails dramatiques les combats du poisson-scie et de la baleine polaire, il avoue sans le vouloir et avec une certaine naïveté qu’il n’a jamais assisté à semblable bataille et par surcroît qu’il n’a jamais vu de poisson-scie. Outre que la baleine franche et le Pristis n’habitent guère les mêmes mers, il suffit d’examiner l’arme de l’assaillant pour se rendre compte qu’il lui serait aussi difficile d’entamer la peau de la victime qu’il serait difficile à un boucher de saigner un bœuf avec un coupe-papier en bois des îles ! Il est inexact et absurde de dire, comme je l’ai entendu affirmer maintes fois, que le rostre du poisson-scie vivant est « souple comme la trompe de l’éléphant » et de représenter comme une matraque, une sorte de « chaussette à clous » naturelle, ce que d’autres représentent comme une épée barbelée. En mer, le poisson-scie, en raison de sa taille, vit dans des fonds d’une certaine importance où l’on ne peut guère l’apercevoir distinctement : l’eau trouble des fleuves et des lagunes d’Afrique qu’il fréquente volontiers, ne permet pas de distinguer quoi que ce soit à 20 cm au-dessous de sa surface. Où donc se sont documentés les observateurs qui décrivent avec force détails l’attaque du poisson-scie tapi dans la vase et surgissant brutalement d’un nuage fangeux pour frapper sa proie d’un coup de son terrible glaive ?
- Une relation loyale des réalités observables fait justice de ces fantaisies pour conduire à des conclusions infiniment plus modestes. En dépit de sa grande taille et de son épée menaçante, le Pristis ne paraît aucunement doué pour s’attaquer à des proies de grande taille ; par sa position comme par"sa forme, sa bouche tout à fait en dessous, ressemble très exactement à la gueule de la raie. Elle n’a pas à proprement parler de dents, mais seulement comme celle de la raie, deux rouleaux de cartilage très résistant cerclés de bourrelets très durs et à arêtes couphntes, disposés comme deux grosses lèvres. Ces rouleaux 'constituent un organe de préhension propre à happer mais nullement à déchirer, encore moins à couper ~cümme les mâchoires des "grands squales. Celte bouche fort petite en somme pe permet pas à l’animal d’avaler des proies volumineuses. La gueule possède des plaques dures intérieures qui doivent aider la déglutition de proies souvent hérissées de piquants aigus beaucoup plus qu’à une mastication même rudimentaire, car la scie comme la grande majorité des poissons, happe ses aliments et les avale sans procéder à une mastication quelconque.
- L’examen du contenu de l’estomac des poissons-scie apporte en la matière l’argument le plus important. J’ai procédé à de nombreux examens de ce genre et même dans l’estomac de très gros sujets de 600 à 1.000 livres, je n’ai jamais trouvé trace de poisson d’une taille supérieui'e à 3 ou 4 livres. Dans les lacs et lagunes du Gabon, ce sont les diverses variétés d’amiures connus des indigènes sous le nom de « n’kembé a et des colons européens sous celui
- de « machoirons » qui semblent être son menu habituel. Ces poissons, hôtes des fonds vaseux et nageurs médiocres, sont pour le poisson-scie d’une capture relativement facile et il ne semble pas que, pour s’en empax-er, il utilise son rostre. J’ai li'ès souvent trouvé dans l’estomac des grands Pristis des amiures si parfaitement intacts que mes pêcheurs indigènes 11’hésitaient pas à les faire cuire et à les manger-; ils ne poi’taient aucune ti’ace de blessure et l’on conçoit mal comment le poisson-scie utiliserait son ai'me monuiùen-tale à la capture de proies si peu importantes.
- Il m’est arrivé cependant de capturer dans les eaux où le poisson-scie abonde, des corbs de belle taille, variant entre 25 et 4o livres et qui portaient sur le flanc des blessures très graves composées de trous régulièrement espacés et qui semblaient bien pi-ovenir d’un coup « de taille » du rostre d’un poisson-scie. Ces captui’es ont toujours été exceptionnelles et comme jamais je n’ai trouvé trace de pareils poissons dans aucun estomac de poissons-scie, je pense qu’il faut se garder de tirer de ces faits des conclusions téméraires et n’y voir autre chose qu’un accident. Ce qui ne fait aucun doute, c’est que le Pristis, hôte des fonds vaseux, est peu délicat dans le choix de sa nourriture et dévore avidement les plus immondes charognes. Les lignes de fond amorcées de morceaux de poissons que je tendais au Fernan "Vaz comme au lac Zonanghé, loi’sque l’appât, après un séjour prolongé dans l’eau, arrivait à un degré de putréfaction complet dont l’odeur effroyable m’obligeait à dégarnir mes hameçons avant de les sortir de l’eau, cessaient de capturer la plupart des poissons, mais m’assuraient des captui’es de plus en plus nombreuses de poissons-scie et de tortues de l’espèce Trionyx ferox.
- L’aire de dispersion du poisson-scie paraît vaste. Il est très commun sur la côte occidentale d’Afrique ; des côtes de la Maui’itanie aux côtes du Gabon, dans tout le golfe de Guinée. Il semble bien qu’on le rencontre dans toutes les mers chaudes. Il existe dans les mers tempérées : sa capture sur les côtes de la Méditerranée fi’ançaise, pour être assez rai'e, ne constitue pas cependant un événement sensationnel. Mais il paraît devenir rare aux abords des mers froides où il est vraisemblablement tout à fait inconnu.
- Poisson de mer, il vit aussi bien dans les eaux saumâtres que dans les eaux complètement douces. Il remonte l’Ogooué jusqu’aux rapides en amont de N’Djolé, distants de la mer de 35o km et aux chutes de l’Impéi'atrice dans la N’Gounié qui en sont sensiblement aussi éloignées. Il est très commun dans lbs lacs de la l’égion de Lambaréné, distants de la côte de 3oo kilomètres aussi bien que dans la lagune du Fernan Vaz qui sesdéverse directement dans l’Océan et dont l’eau est fortement saumâti’e. Il atteindrait, à ce qu’on m’a affirmé, le cours supérieur de l’Ogooué ; .mais ce fait que je n’ai jamais eu l’occasion de conti’ôler pei’sonnellement ne doit être tenu pour^exact qu’avec une extrême réserve. J’ai capturé un très grand nombre de poissons-scie dans la N’Gounié, dans les lacs Zonanghé et Oguémoué en eau douce, au Fernan Yaz, en eau saumâtre, dans la baie de Bffrf Gentil en eau salée; je n’ai jamais remarqué qu’il y eût la moindre différence entre ces poissons. J’en conclus que l’hypothèse émise de l’existence d’une race de Pristidés d’eau douce distincte du Pristis marin ne se véi’ifie pas, dans les eaux gabonaises tout au moins.
- Il est toujours hasardeux d’assigner un maximum de taille aux grands poissons marins, car la captui'e inattendue d’un géant de l’espèce x’isque toujours de bouleverser des appréciations que l’on Croyait audacieuses. Le plus grand poisson-scie que j’ai vu a été capturé dans une senne à Olindé en juin ig33. Il fournit au dépeçage plus de 5oo kgr de viande nette, ce qui suppose un poisson vivant de 7 à
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- 8oo kgr au moins. C’était un mâle dont le rostre, après ablation, pesait 70 livres environ. L’animal approchait de 7 m de longueur totale, dont 1 m 80 pour le seul rostre. J’ai de sérieuses raisons de croire que ce poisson-là n’avait rien d’un géant de la race.
- Le Pristis est un nageur médiocre, nettement inférieur sous ce rapport au requin, bien que le requin ne soit en aucune façon le nageur extraordinaire que l’on veut bien dire. L’usage qu’il fait de ses ailerons s’accompagne d’une ondulation de tout le corps dans un plan horizontal, analogue, quoique d’une amplitude plus grande, à celui qu’on observe chez certains poissons de nos rivières, notamment chez le barbeau : son allure qui le rapproche des Ëmissolcs et des Squales bleus, le distingue nettement du requin qui a l’aspect raide d’un soliveau mû par une hélice invisible ou mieux encore d’une torpille au ralenti.
- Il est assez malaisé de juger de la vitesse à laquelle peut nager un poisson : on peut admettre cependant qu’un poisson effrayé utilise normalement, pour se soustraire au danger, sa vitesse maximum ; or, un requin qui vient de couper la ligne qui le retenait prisonnier, un poisson-scie qui réussit à la casser, s’enfuient infiniment moins vite qu’un quelconque téléostéen et surtout qu’un scombre qui disparaissent pour ainsi dire instantanément.
- Les requins, dont certains de taille respectable — 4 à 5oo livres — que j’ai pu observer à loisir soit dans les eaux limpides de Pointe Clairette (extrémité du Cap Lopez) aux environs des pontons de la Compagnie des baleiniers norvégiens, soit à la surface des eaux louches de la lagune d’Olindé, sont des poissons raides et maladroits, d’une maladresse si invraisemblable qu’ils manquent habituellement huit ou dix fois de suite l’appât qu’on leur tend au bout d’une ligne et sur lequel ils s’acharnent pourtant avec une grande voracité. Il en est de leur vitesse, soi-disant prodigieuse, comme de la manœuvre acrobatique qu’on leur prête et qui consisterait à se retourner sur le dos pour saisir leur proie. Les requins se soucient peu de celle gymnastique dont un raisonnement élémentaire et une observation même rapide de la façon dont s’ouvre leur gueule suffit à démontrer l’inutilité absolue.
- Les poissons-scies qui ne quittent guère le fond de l’eau sont moins faciles à observer; il est permis de croire qu’ils ne sont ni beaucoup plus lestes, ni beaucoup plus adroits que les requins. Lorsqu’un Prisiis mord à une ligne tenue à la main, il tiraille longuement avant d’engamer l’appât et de tirer franchement. Piqué par l’hameçon, il s’éloigne à une vitesse qui n’a rien de foudroyant et exerce sur la ligné une traction rectiligne, régulière et puissante. Sa
- défense est interminable et d’une monotonie désespérante qui ne saurait procurer à un pêcheur la moindre émotion sportive.
- Sa capture au filet est d’une facilité dérisoire. Ce disciple intégral du théoricien dés causes finales qui affirmait sans rire que les chiens sont blancs et noirs pour permettre à leur maître de les apercevoir quand ils se couchent sur les meubles et de les en chasser, n’aurait pas manqué de dire que son rostre a été donné au poisson-scie pour permettre à l’homme de s’en emparer plus sûrement! En fait, ce rostre hérissé d’une double rangée de fortes dents met un Pristis, si gros soit-il, à la merci du moindre tramail. Aussitôt que ce poisson se sent retenu par les mailles où ses dents s’accrochent au premier contact, il se roule sur lui-même, emmaillote tout son rostre dans la toile du filet et continue à tourner sur lui-même, tordant tout l’engin en une corde à toronage serré ; et il reste attaché au bout de cette corde jusqu’à l’intervention du pêcheur qui les retrouve l’un et l’autre, souvent fort loin de la place où l’engin avait été tendu. Avec de petits tramails de x m 5o de hauteur sur i5 m de longueur, j’ai pris maintes et maintes fois des poissons-scies de 2 et 3oo livres; la bête déhâlée sur le sable et amputée de son rostre, quand nous avions maille après maille et dent après dent dégagé ce rostre de l’emprise du filet, nous constations chaque fois que les dégâts subis par notre tramail se réduisaient à une douzaine de mailles cassées.
- Sans être un poisson fin, le poisson-scie est parfaitement comestible. Sa chair blanche, ferme jusqu’à être dure, est sinon délicate, du moins exempte de goût désagréable, au contraire de la chair du requin dont l’odeur d’huile rance est repoussante. Certaines préparations indigènes, très relevées et fortement pimentées, en font un plat très présentable et dont un Blanc curieux de cuisine exotique ne peut manquer d’apprécier le fumet original. Légèrement salée et séchée au soleil ou à la fumée d’un feu de bois vert, elle est fort appréciée des Noirs et se conserve longtemps. L’huile abondante extraite de son foie volumineux est très employée en médecine africaine : soumise à une préparation qui consiste essentiellement en une série d’ébullitions successives à la surface d’un chaudron plein d’eau, préparation dont toutes les femmes N’komi du Fernan Yaz connaissent le secret, elle perd toute couleur, toute saveur et toute odeur, et ressemble à s’y méprendre aux huiles blanches d’arachide qu’elle peut remplacer pour les Usages culinaires et notamment pour les fritures, sans offenser le moins du monde le palais de l’Européen le plus délicat.
- Georges Trial.
- L’EVOLUTION DE L’IMPRESSION
- Ce titre peut sembler paradoxal, ou légèrement ironique à première vue. En effet,^ il y aura en 1940 exactement 5oo ans que dans la ville libre de Mayence, Gutenberg eut l’idée d’utiliser des caractères mobiles d’abord en bois, puis en métal avec l’aide de Fust et Schaeffer, pour composer les textes jusqu’alors gravés sur des planches de bois. L’imprimerie était créée, la diffusion de la pensée écrite allait prendre un essor de plus en plus considérable, des perfectionnements multiples allaient être réalisés aussi bien dans la préparation'du papier, que dans le tirage, l’impression,
- les encres, etc..., mais toujours l’élément de base est resté le même que celui que Gutenberg a créé : le caractère typographique en plomb. De sorte que, revenant sur terre après 5 siècles de sommeil, le génial inventeur sans donte fort dépaysé en pénétrant dans la salle des rotatives d’un grand journal, serait déjà moins perdu dans la salle des linotypes et de composition mécanique car il reconnaîtrait dans les lignes composées et fondues en plomb les caractères qu’il avait conçus, et tout à fait à son aise dans l’atelier de labeur, ou de composition à la main, où il pourrait
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- Fig. 1. — La machine à composer a S. L. M. Winterthur » {vue du côté droit).
- 1. Clavier ; 2. Levier de verrouillage et clavier ; 3. Support du manuscrit ; 4. Collecteur ; 5. Canal du collecteur ; 6. Magasin antérieur ; 7. Magasin postérieur ; 8. Levier de commande des magasins ; 9. Commande pour la courroie du collecteur ; 10. Cylindre caoutchouc pour l’appareil à imprimer ; 11. Porteur du papier ou du film ; 12. Dispositif d’avancement du porte-film ; 13. Boîte d’éclairage ; 14. Arbre de commande principal ; 15. Guidage de l’élève-caractères ; 16. Élève-caractères ; 17. Dispositif de classement ; 18. Chaîne de classement ; 19. Commande du dispositif de classement ; 20. Moteur électrique de 1/2 ch ; 21. Levier d’enclenchement de tous les mouvements automatiques.
- immédiatement reprendre le composteur et, entre le pouce et l’index aller rechercher au fond des petites cases les caractères qui, patiemment alignés les uns à côté des autres forment les mots, puis les lignes.
- LES INCONVÉNIENTS DE LA TYPOGRAPHIE ORDINAIRE
- Ces caractères sont encore en plomb, comme il y a 5 siècles, et leur forme est si peu changée que leur hauteur par exemple est restée sensiblement la même qu’au début lorsqu’elle fut imposée par l’épaisseur des planches de bois qui servaient alors à l’impression xylographique. Or ce petit bloc n’a comme partie essentielle et utile que le dessus de sa partie imprimante et si elle est usée ou endommagée, il n’y a plus qu’à mettre le caractère au rebut. Aussi une
- imprimerie de quelque importance doit avoir en stock des tonnes de métal pour posséder un assortiment passable de caractères ; l’immobilisation de place et de capitaux, pour la plus grosse partie improductifs, est un fardeau considérable.
- Le problème n’a pas été résolu par la machine à composer, genre linotype. Elle a accéléré la production mais elle nécessite encore des tonnes de métal. S’il n’est plus nécessaire d’acheter les caractères, assez coûteux, elle impose l’acquisition et le renouvellement de matrices dont le prix est encore plus élevé que celui des caractères.
- La typographie est une grosse mangeuse de plomb comme on peut s’en faire rapidement une idée. Considérons un quotidien à 8 pages, il nécessite la fonte, à la linotype, de près de 3oo kgr de plomb, et, si l’on tient compte des articles composés mais non imprimés, de ce que l’on appelle « le marbre », on arrive facilement à une demi-tonne. A cette consommation, il faut ajouter celle des clichés mis sur les rotatives. Si l’on a simplement 3 rotatives modernes, en tenant compte des changements en cours d’impression (dernière-heure, cours de bourse, etc.), c’est au moins 76 à 100 clichés du poids de 5o kgr environ qu’il faut fabriquer, nécessitant la fusion de 5 tonnes de plomb.
- Fig. 2. — La machine « S. L. M. Winterthur » vue du côté impression.
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- Fig. 3. — Caractères et espace à ressort pour la machine à composer « S. L. M. Winterthur ».
- Si le quotidien a plusieurs éditions, Paris et province, ces chiffres sont à multiplier par 4 ou 5 et même plus. Or la fusion s’accompagne toujours d’une perte par suite de l’oxydation du bain liquide, de la formation de « crasses » et l’on comprend que l’usure du stock de plomb, et la dépense en résultant, soit un facteur économique très important. Même dans les imprimeries ordinaires, un simple roman de 3oo pages immobilise plus de 6oo kgr de plomb et si ce métal, avant la guerre, ne coûtait pas cher, son prix est maintenant si élevé, comparativement à celui des autres métaux qu’il est intéressant d’en réduire la consommation.
- Aussi un grand nombre d’essais ont été tentés pour se libérer de la sujétion des caractères en plomb. Par exemple Flamme, en 1866, construisit une'machine permettant par report sur une surface métallique l’utilisation directe en lithographie. Muller en Allemagne, Robertson en Angleterre, Smothers aux Etats-Unis entreprirent des recherches sur la composition photographique, etc. Les progrès accomplis en photographie et en photogravure permettent, si l’on peut obtenir une épreuve matrice convenable, de la trans-
- Fig. 4. — Clavier avec collecteur des types, chariot de film et cylindre d’impression.
- former à peu de frais en typographie (à l’aide de clichés) en lithographie ou rotocalco (par report sur pierre ou sur zinc) ou en rotogravure (par morsure en creux).
- LA MACHINE A COMPOSER PHOTOGRAPHIQUE
- Ce résultat est facilement obtenu à l’aide de la machine Orotype à composer pour l’impression offset et la rotogravure que nous allons décrire maintenant.
- Cette machine dont les figures i et 2 donnent une vue d’ensemble a l’apparence extérieure d’une linotype, mais la partie de l’appareil destinée à la fonte des caractères ou de la ligne est ici supprimée et remplacée par un dispositif d’impression sur une bande de celluloïd qui constitue la caractéristique essentielle du système. En un mot, la machine à composer produit le modèle de reproduction pour l’impression en évitant le procédé de fonderie. Au lieu de matrices comme dans les linotypes, on emploie des caractères indépendants, solidaires de lamelles avec dentures de classement (fig. 3). Le clavier (fig. 4) comprend 121 touches disposées comme dans les machines à écrire. 117 touches commandent les caractères, et 4 sont employées pour les intervalles. En frappant sur les louches, les caractères sont prélevés dans un magasin situé au-dessus du clavier et qui contient 126 canaux à caractères. Les lettres e et n dont l’emploi est le plus fréquent se trouvent placées dans deux canaux au lieu d’un, ainsi que les intervalles. Les caractères choisis par l’opérateur descendent dans un collecteur situé au centre de la machine, dans lequel ils se trouvent placés dans l’ordre voulu. Le réglage de la longueur des lignes s’effectue par des espaces à ressorts. Jusqu’ici, au point de vue fonctionnement, aucune différence avec celui des linotypes. C’est à partir de maintenant que l’Orotype s’en écarte. La machine va imprimer le texte et non fondre aes lignes de caractères. La pellicule imprimée qu’elle fournit servira de cliché photographique pour confectionner photo-mécanique-ment le cliché qui servira à l’impression.
- A cet effet la ligne composée est poussée dans la partie gauche de la machine, qui comporte l’appareil à encrer et à imprimer et que l’on aperçoit nettement sur la figure 5. La ligne composée est encrée au moyen de 3 rouleaux. Comme dans tous les dispositifs d’encrage, on utilise des cylindres en acier et des cylindres mous, ainsi qu’un réservoir d’encre avec couteau. Un premier rouleau prélève l’encre dans le réservoir et le transmet aux rouleaux répartiteurs qui l’étendent en une pellicule parfaitement homogène. Un cylindre recouvert d’un drap en caoutchouc prend l’impression ; il est disposé dans un chariot à mouvement vertical commandé par une came fixée sur l’arbre de commande principal et agissant sur un levier à galet. La ligne est encore une fois enduite d’encre. A ce moment, une feuille de celluloïd s’inter-
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- pose entre le cylindre et la ligne composée et s’imprime au recto et verso à la fois. Cette feuille de celluloïd se trouve disposée dans le cadre de composition monté sur un chariot qui avance d’une ligne à chaque impression. On obtient ainsi, grâce à l’impression sur les- deux faces, une netteté absolument parfaite de la repi’oduction des caractères, de sorte que, ensuite, lorsqu’on se servira de la pellicule transparente suivant les méthodes classiques de la rotogravure ou de l’offset, on aura une reproduction absolument parfaite.
- Après impression de la ligne, celle-ci est poussée hors de la table d’impression et saisie par un élévateur qui la remonte à la partie supérieure des magasins dans lesquels les diverses lettres sont alors distribuées, par un mécanisme analogue à celui utilisé dans les linotypes pour le reclassement des matrices. Les corrections typographiques sont effectuées comme suit. Si la pellicule est encore tendue dans la machine, les lignes défectueuses sont effacées des deux côtés avec de la benzine, en se servant de caches comme dans les machines à écrire et sont ensuite imprimées à nouveau.
- Lorsque le film est déjà enlevé de la machine et quand il s’agit d’effectuer des corrections « en première » ou des corrections « d’auteur », les lignes défectueuses sont, effacées de chaque côté avec de la benzine comme précédemment. Puis le film est tendu à nouveau dans la machine à l’aide d’un dispositif de correction spécial remplaçant le porte film normal. Ce dispositif est tel qu’un effacement du texte est impossible. Sur le côté, le film est guidé par des butoirs, tandis que la mise en place de l’espace entre lignes est effectuée au moyen d'un cavalier déplaçable sur le cadre du film. Avec comme point de départ la ligne précédente, la ligne est composée à nouveau et imprimée inévitablement en bonne position.
- On peut opérer différemment, en effaçant les lignes défectueuses sur le côté avant seul du film. Puis les lignes correctes sont composées sur un autre film que l’on colle sur le premier à l'endroit des corrections et ensuite on efface sur le côté arrière du placard initial, les lignes défectueuses.
- Toute la machine est commandée par un moteur de o ch 5 tournant à i.4oo tours ; un réducteur à vis sans fin ramène à 3oo. tours-minute la vitesse de l’arbre lent qui commande par chaîne l’appareil à encrer et par cardan les chaînes de répartition ainsi que le dispositif de classement des lettres dans les magasins.
- Cet arbre actionne également les rubans collecteurs. Le poids de la machine est d’environ 55o kgr et son encombrement de x,5 x i,3 x i,g5.
- Ajoutons que l’opération d’impression sur la pellicule de celluloïd, l’avance de celle-ci, l’encrage, etc. sont entièrement automatiques et ne requièrent pas l’attention de l’opérateur qui pendant ce temps prépare la ligne suivante. La vitesse de composition est du même ordre que celle des machines à composer modernes.
- La machine orotype permet donc de se dispenser des caractères d’imprimerie, mais il est impossible de se servir de la composition obtenue pour imprimer
- Fig. S. — Vue arrière de la machine à composer.
- par n’importe quel procédé. Les nouveaux procédés dont la diffusion augmente de jour en jour (héliogravure, platinogravure, offset, rotogravure, etc...), qui marquent uxxe évolution fondamentale de l’imprimerie, s’allient particulièi'ement bien à l’emploi de l’orotvpe.
- II. Vigneron.
- Fig. G. — La pellicule imprimée fournie par la machine.
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- 332 = LA CONTRE-RÉACTION BASSE FRÉQUENCE E
- PERFECTIONNEMENT DE L'AMPLIFICATION MUSICALE
- Dans un article précédent, nous ayons indiqué les perfectionnements qui ont permis d’améliorer le rendement des amplificateurs à fréquence musicale. Mais, en matière radiophonique, la qualité de l’audition reste toujours la question primordiale; les gains de l’amplification ne doivent jamais être acquis au prix de la fidélité.
- Les effets de distorsion. — Les oscillations à fréquence musicale qui agissent à l’entrée d’un amplificateur y sont transformées en oscillations amplifiées, simples ou complexes; si l’amplification est fidèle, les oscillations recueillies à la sortie auront la même fréquence, les mêmes amplitudes relatives et les mêmes phases qu’à l’entrée. Il n’en est pas ainsi, la plupart du temps; on observe des déformations ou distorsions.
- Il y a trois sortes de distorsions : la distorsion en fréquence, la distorsion en amplitude et la distorsion en phase.
- Un son musical complexe est formé de la superposition de notes de différentes fréquences. Lorsque celles-ci ne sont pas toutes reproduites dans le haut-parleur, le timbre est modifié; cette déformation est dite distorsion de fréquence, ou encore distorsion linéaire.
- La distorsion de fréquence dépend de tous les organes intermédiaires entre l’entrée et la sortie de l’amplificateur; c’est pour l’éviter qu’on emploie des compensations calculées entre les différents circuits, trop sélectifs par exemple, et elle est rarement déterminée essentiellement par les lampes.
- Il n’en n’est pas ainsi de la distorsion d’amplitude ou encore distorsion non linéaire, qui se manifeste par une déformation de la courbe des oscillations amplifiées.
- Considérons, par exemple, une sinusoïde représentant un son pur dépourvu d’harmoniques. L’allure de la courbe, à la sortie de l’amplificateur, ne sera plus conforme à celle de l’onde incidente ; on obtiendra des pointes plus effilées, lorsque les amplitudes seront d’autant plus favorisées qu’elles présenteront une plus grande valeur; au contraire, si les amplitudes les plus petites sont favorisées,
- la courbe peut encore rester symétrique, mais l’amplitude des maxima sera diminuée. Il existe encore des cas de détection où les alternances sont différentes, et la courbe devient asymétrique (fig. i).
- Ainsi, à partir d’un son purement s i n u s o ï-dal, on peut obtenir par amplification u n courant représentant une fonction périodique complexe ; celle-ci, suivant
- l'ig. 1. — Les effets de la distorsion de fréquence.
- A, onde incidente sinusoïdale ; B, courbe symétrique, mais à pointes effilées dues à la présence d’harmoniques impairs ; C, courbe symétrique mais à pointes tronquées ; D, courbe asymétrique, résultant de la présence d’harmoniques pairs.
- un principe général, peut toujours être considérée comme la somme de fonctions sinusoïdales comprenant une note fondamentale et ses harmoniques. La déformation se manifeste ainsi par l’addition de notes qui n’existaient pas dans le son initial.
- Selon le genre de déformation, certains harmoniques-particuliers apparaîtront.. Ainsi, si la courbe est symétrique,, mais si les alternances sont effilées ou tronquées, il y a production d’harmoniques impairs, ce qui se vérifie facilement en traçant sur une feuille deux sinusoïdes de rapport un à trois, et en additionnant leurs amplitudes; suivant le déphasage, la forme des alternances varie (fig. i B’ et i C).
- Ce phénomène indique une certaine symétrie ; avec un montage push-pull, par exemple, il ne peut se produire d’harmoniques pairs, mais seulement des harmoniques impairs.
- Lorsque les deux alternances sont asymétriques, on peut en déduire l’existence d’harmoniques pairs, sans d’ailleurs que cela implique l’absence d’harmoniques impairs. On le vérifie en dessinant deux sinusoïdes ayant des fréquences dans le rapport de un à deux, et en additionnant leurs amplitudes (fig. x D).
- 11 y a, dans ce cas, une certaine dissymétrie dans le montage, provenant, par exemple, d’une polarisation mal choisie pour la grille d’une lampe amplificatrice.
- La distorsion d’amplitude est donc due essentiellement à la forme de la caractéristique de la lampe, ou encore, au fait que le potentiel de grille devenant positif, la résistance cathode grille diminue et modifie les caractéristiques du circuit d’entrée.
- En général, on mesure la distorsion en fréquence par le rapport de l’amplitude de l’harmonique à l’amplitude de la fondamentale.
- En pratique, on peut tolérer une distorsion de 5 à io pour xoo pour l’harmonique a, et de 3 à 5 pour ioo-pour l’harmonique 3 ; ce dernier est relativement plus gênant ; c est ainsi qu’on peut admettre à la rigueur une-distorsion de 3o pour xoo pour l’harmonique 2, qui correspond à une distorsion de io pour ioo pour l’harmonique 3.
- En pratique, on considère presque exclusivement la distorsion des harmoniques 2 et 3.
- Avec les montages ordinaires, la distorsion en amplitude, particulièrement marquée pour les lampes basse fréquence-en raison de leurs caractéristiques, était très difficile à. faire disparaître; il fallait, pour y parvenir, étudier et. adapter les éléments de chaque liaison.
- Les lampes pentodes et la contre=réaction basse fréquence. — A côté des dispositifs destinés à augmenter l’amplification, il faut donc prévoir des montages conservant ou améliorant la fidélité. On a été ainsit amené à imaginer des procédés ingénieux réduisant automatiquement les distorsions. La contre-réaction en basse fréquence est le plus récent et le plus efficace; au contraire-des montages précédents, il n’améliore pas le rendement, mais tend généralement à le réduire.
- La qualité d’un amplificateur à fréquence musicale-dépend surtout du montage des lampes de sortie ; aujourd’hui, on n’utilise plus que rarement les lampes triodes.
- Celles-ci ont, en effet, un coefficient d'amplification! relativement peu élevé et exigent un courant d'alimenta-
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- Tension plaque
- Caractéristique statique
- Caractéristique aynamiqui
- 10 -6 -4 -2 0
- Tension grille
- Fig. 2. —• Établissement des caractéristiques dynamique (à' gauche), et statique (à droite) d’une lampe.
- lion plaque important ; on leur préfère maintenant les lampes pentodes.
- Ces lampes comportent une deuxième grille formant écran, dile grille accélératrice, et une grille d’arrêt placée entre l’anode et la grille écran.
- Elles présentent, par ailleurs, de grands avantages en ce qui concerne le pouvoir amplificateur, avec des tensions plaque assez faibles, mais offrent pourtant des défauts, en ce qui concerne la fidélité d’amplification; en particulier, leur caractéristique dynamique est courbée.
- Lorsqu’on étudie d’une manière élémentaire le fonctionnement d’une lampe, on trace des courbes caractéristiques en faisant varier par exemple la tension de plaque, et en notant les intensités du courant plaque correspondantes pour une certaine tension de grille constante (fig. 2, à gauche) ; on fait varier également très souvent la tension de grille en laissant la tension plaque constante.
- Pour chaque tension de grille dans le premier cas, on obtient une courbe différente, et, ainsi, pour chaque lampe, on peut tracer une famille de courbes présentant une forme analogue, mais décalées les unes par rapport aux autres.
- Les caractéristiques tension grille-courant plaque à tension plaque constante ne suffisent pas à représenter le fonctionnement de la lampe. Ce sont, en effet, des courbes statiques, et qui ne sont valables que lorsque la tension plaque conserve une valeur constante. Si l’on examine la question de plus près, on constate que la lampe ne fonctionne pas à tension plaque constante, mais à tension plaque variable.
- Dans le circuit plaque de la lampe, et, en particulier, dans le circuit d’une lampe de sortie, se trouve, en effet, soit une résistance, soit plutôt une impédance constituée, par exemple, par le primaire du transformateur de liaison du haut-parleur. Le passage de courant de plaque à travers cette résistance, ou ce bobinage, provoque une chute de tension ; en conséquence, la plaque de la lampe est portée à une tension inférieure qui varie suivant l’intensité du courant.
- Le point représentatif de fonctionnement va donc se déplacer, non pas sur une seule courbe, mais sur toute la famille de courbes précédentes et se trouvera sur une droite, dite droite de charge, qui coupera la famille de courbes comme le montre la figure 2 à gauche.
- L’intersection de la droite de charge et des courbes caractéristiques tension plaque-courant plaque successives permet de déter-
- miner la caractéristique dynamique tension grille-courant plaque de la lampe, courbe qui permet de trouver exactement l’intensité du courant plaque en fonction de la tension de grille, lorsque la lampe est en fonctionnement.
- Pour que la fidélité soit parfaite, il faudrait que les caractéristiques dynamiques soient rectilignes. Elles ne le sont pas en général. Une caractéristique dynamique à allure parabolique correspond, en réalité, à l’apparition d’harmoniques pairs tandis que l’apparition d’harmoniques impairs est caractérisée par une courbure en S.
- Outre la production d’harmoniques pairs ou impairs, déjà étudiée précédemment, il peut se produire des phénomènes complexes, dits à’inter-modulation ou de cross-modulation.
- Lorsqu’on applique sur la grille de la lampe, non une oscillation pure, mais des oscillations à fréquence relativement élevée et des oscillations intenses de fréquence moins élevée, on constate que la proportion d’harmoniques est très accrue.
- Ce phénomène est, en quelque sorte, un phénomène de brouillage et le signal parasite est complètement incorporé à l’émission utile ; il se produit une variation d’amplification sonore effectuée au rythme de la basse fréquence, par variation de la polarisation de grille, et il est impossible de faire cesser ce phénomène, même par un filtrage ultérieur; il se traduit, en particulier, par un ronflement à basse fréquence.
- Les lampes pentodes, dont la caractéristique dynamique présente une courbure importante, sont particulièrement affectées par ce défaut.
- Le principe de la contre=réaction. — Comment faire disparaître ces différents défauts ?
- Comme nous l’avons expliqué dans un précédent article, le montage symétidque « push-pull » permet justement d’annuler, ou tout au moins d’atténuer, les harmoniques pairs, particulièrement avec des lampes triodes, mais également avec des pentodes. Mais les phénomènes d’inter-modulation ne pouvaient être évités avec les lampes pentodes actuelles.
- Ce résultat a pu être atteint dans les amplificateurs les plus récents par un procédé dont l’application, sinon l’idée initiale, est nouvelle : la contre-réaction basse fréquence.
- Dans les montages ordinaires de réception, on emploie bien souvent des dispositifs de réaction qui permettent de renvoyer vers l’entrée de'l’appareil, une fraction de l’énergie recueillie en haute fréquence à la sortie. Ces dispositifs permettent d’augmenter l’amplification en diminuant, en réalité, la résistance du circuit d’entrée (fig. 3).
- Cette réaction est dite positive, parce que les tensions
- Fig. 3. — Le principe de la réaction. à gauche : exemple de réaction haute fréquence positive : détectrice à réaction ; à droite : principe de la réaction basse fréquence.
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- Circuit de contre, réaction
- mm
- Tension
- inci-
- dente
- 'W/ÏIWz
- + H.T
- Lampe
- de sortie
- Bobine
- à fer
- + H.T.
- Fig. 4. — Exemples de montage à contre-réaction basse fréquence.
- En haut : montage à deux lampes pentodes. En bas : adaptation d’une détectrice basse fréquence et d’un étage d’amplification sur la bobine mobile
- d’un haut-parleur.
- cle réaction obtenues viennent s’ajouter aux tensions incidentes agissant sur l'amplificateur, pour augmenter finalement l’amplitude des signaux obtenus. L’intensité des oscillations d’entrée est limitée par la résistance du circuit, et varie suivant la différence de potentiel appliqué. Si la résistance du circuit était nulle, l’intensité du courant irait en croissant constamment, tant qu’on appliquerait la différence de potentiel, et les phénomènes se stabiliseraient dès qu’on supprimerait cette dernière.
- Avec un dispositif à réaction positive, on diminue donc la résistance du circuit d’entrée, et tout se passe comme si l’on introduisait dans ce circuit une résistance négative.
- Fig. K. — Montage à réaction permettant l’expansion sonore
- [.Philips).
- Lampe de sortie
- , Ampoule a incandescence
- Résistance de contre réaction
- Circuit de
- contre réaction
- Si l’on augmente le couplage du système, au delà d’une certaine limite, il se produit des oscillations locales empêchant toute réception et le principe de la super-réaction, par exemple, consiste à éviter, par un artifice, la naissance de ces oscillations, pour augmenter encore l’amplification au delà de la limite ordinaire.
- Dans le procédé de contre-réaction basse fréquence ordinaire, on introduit dans le circuit d’entrée en basse fréquence, et non plus en haute fréquence, des oscillations destinées à jouer le rôle d’une résistance positive. La réaclion est alors négative et la tension de réaction vient s’opposer à la tension d’entrée incidente appliquée sur l’amplificateur. Il en résulte donc, non plus une augmentation, mais une diminution de l’amplification. On diminue ainsi le rendement, mais on peut obtenir, en même temps, une diminution très importante des déformations musicales, particulièrement lorsqu’on emploie des lampes pentodes.
- On fait agir aux bornes d’entrée de l’appareil basse fréquence une partie de la tension recueillie à la sortie, et qui comprend, non seulement les courants musicaux utiles, mais les parasites et les harmoniques troublant l’audition.
- La tension alternative recueillie est, à chaque instant, de signe opposé à celui de la tension alternative incidente, de manière à produire un affaiblissement et non un renforcement.
- Mais, toutes les oscillations ne sont pas amplifiées et affaiblies de la même manière. La tension parasite amplifiée permet d’annuler, ou, en tout cas, d’atténuer la tension alternative parasite créée par l’amplificateur lui-même, puisqu’elle est en opposition de phase avec elle.
- Ce montage peut être réalisé de façon plus ou moins compliquée, variant suivant l’étage de sortie lui-même; on en voit deux exemples sur la figure 4-
- Le deuxième dispositif, particulièrement, siniple, comporte xmiquement deux résistances et deux bobinages, l’un à noyau de fer et l’autre sans fer, adaptés dans un montage comportant une détectrice combinée, à premier étage basse fréquence et un étage basse fréquence de sortie. Le circuit est relié à la bobine mobile du haut-parleur lui-même, dans le but de décaler le courant d’un quart de période. Il ne suffit pas d’effectuer la prise de retour destinée à ramener les courants vers la délectrice en reliant une prise sur le primaire du transformateur, ce montage permettrait, en effet, d’obtenir un effet de réaction positive ordinaire, qui ne nous donnerait pas le résultat cherché et produirait une amplification aux dépens de la qualité d’audition.
- Ce procédé intéressant est aujourd’hui appliqué sur de nombreux appareils récents, tant récepteurs de T. S. F. qu’amplificateurs à fréquence médicale. On a pu également obtenir 1 ’expansion sonore, l’augmentation du contraste acoustique, par un réglage de la contre-réaction, en fonction de la puissance de sortie.
- En principe, la contre-réaction détermine un affaiblissement de l’amplification; inversement, pour augmenter le contraste, on augmente donc la contre-réaction lors d’une reproduction faible, et, au contraire, on la diminue pour les passages fortissimo.
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- Dans le but d’obtenir ce réglage automatiquement, on peut avoir recours à une ampoule à incandescence ayant un filament dont la résistance augmente très rapidement avec la température. Cette lampe est montée en série avec une résistance de contre-réaction et un bobinage. Elle forme un potentiomètre avec la résistance, et la tension aux bornes varie constamment (fig. 5).
- Lorsque l’intensité du courant est grande, le filament s’éclaire et la résistance augmente; quand le courant est faible, la valeur de la résistance diminue. La tension de contre-réaction obtenue est donc inversement proportionnelle à la puissance de sortie, ce qui permet d’obtenir l’ex-
- r~—...................7-;:.________________- 335 =
- pansion cherchée d'après le principe même du montage.
- La contre-réaction permet ainsi d’améliorer la qualité de la reproduction sonore. Il est vrai qu’elle exige le sacrifice d'une partie de l’amplification obtenue par la lampe de sortie. et c’est pourquoi on ne l’utilise, en général, qu’avec des lampes penlodes à grande sensibilité et des puissances modulées de l’ordre de quelques Avalls, de 5 w, par exemple, au minimum. Le procédé a, d’ailleurs, été imaginé spécialement pour atténuer les défauts de la lampe penlode, dont l’usage, avec ce perfectionnement, ne peut manquer de se généraliser.
- P. HÉMABDINQUER.
- DANGERS DES RAYONS X OU RADIOPATH1E
- Dès la publication de Rœntgen (Wurzbùrg, décembre i8g5), on appliqua les rayons nouvellement découverts à la médecine; ce furent d’abord des accidents, des blessures, des plaies qui furent constatés et que je groupais sous le nom de radiopalhologie bientôt simplifiée en radiopathie, par opposition au terme de radiothérapie que je faisais à la même époque pour les cas d’amélioration ou de guérison également vite constatés (x).
- Ce furent d’abord les accidents que l’on constata : érythèmes plus ou moins étendus, épilations, rigidité de la peau, desquamation épidermique, symptômes d’insolation, sensibilité cutanée, plaies, suppuration. Ces accidents étaient alors immédiats ou à peu près, produits peu d’heures après l’exposition rœntgénique, puis à mesure que plus de radiologues utilisaient les rayons X, on put suivre et parfois longtemps après l’irradiation, des lésions plus ou moins étendues et extérieures. C’est ainsi qu’on put citer des lésions cutanées, parfois profondes et très lentes à guérir, après un nombre d’années de plus en plus grand : 2, 5, 8, 10, 12 et même un cas de i4 ans. Cela dépendait de la nature du sujet, du temps d’exposition aux rayons, de sa sensibilité, de sa radio-sensibilité, radio-anaphylaxie, celle-ci analogue à la susceptibilité de certains patients à l’absorption (ingestion on inhalation) de certaines substances et variables avec chacun d’eux).
- Les plaies étaient plus ou moins profondes, parfois inguérissables, nécessitant des amputations de doigts, puis de membres, et enfin, après des souffrances parfois atroces, la mort. L’un des constructeurs et des plus ardents apôtres, l’ingénieur Radiguet, l’un des premiers atteints, fut aussi le premier qui en mourut victime. Depuis, que de morts nombreuses suivirent, et continuent ! Vaillant, photographe installé radiographe à l’hôpital Lariboisière, après une vingtaine de mutilations successives, est l’un des derniers morts (à l’Hôtel des Invalides qui l'avait recueilli, isolé, sans bras, grand invalide).
- On a dit souvent et écrit qu’il n’était pas étonnant de voir atteints les radiologues de la première heure -—• j’en suis — car ils ignoraient tout de ces fameux rayons, bien X, c’est-à-dire bien inconnus, et qu’il n’en était plus ainsi des nouveaux praticiens, eux, plus compétents... Cela est inexact, et nous voyons qu’il en est encore de même aujourd’hui chez des jeunes gens instaurés dans la profession et les hôpitaux après de sérieux et savants concours. C’est
- 1. Dr Foveau de Courmelles. Traité de radiographie médicale et scientifique. Cours libre de l’Ecole pratique de la Faculté de Médecine de Paris. Premier enseignement des rayons X. Préface du Pr A. d’Arsonval, mai 1897, Doin, édit., Paris, 500 pages in-8°, illustré.
- donc que ces accidents sont parfois inévitables, vu la sensibilité des sujets et la fréquence des examens radiologiques, ou, en l’espèce, radioscopiques.
- Précisons.
- Il y a trois manipidations radiologiques, deux pouvant se faire à distance, loin des perfides et dangereux rayons non perçus sur le moment et agissant à retardement. La radiothérapie, action curative des rayons X, dirige ceux-ci sur l’organe, la région à soigner : on place le tube, l’ampoule de Crockcs, comme il convient, sur le malade, et on peut s’éloigner, ayant à distance la commande. Il en est de même en radiographie, prise de plaque photographique : on oriente la région et le tube de Crookes, pour irradier, dirigeant les rayons de ranlicalhode à travers le corps, sur la plaque qui ensuite, développée et fixée, laisse un document durable de la lésion et de son étendue.
- Radiothérapie (dernière en date) et radiographie ont, si l’on veut, leur commande à la distance désirée, lointaine même, donc inoffensive.
- Il reste l’examen immédiat, le plus pratiqué. C’est, la vue de l’intérieur du corps à travers un écran lluorescent, au tungslale de chaux, par exemple, ou au platino-cyanure de baryum (le premier essayé). On voit, on dessine, la vie palpite, le cœur bat, les poumons se soulèvent, l’estomac et l’intestin montrent, si on les a rendus opaques avec du bismuth, leur contenu et leurs mouvements, comme je l’ai fait (lecture à l’Académie de Médecine, du 23 mai 1899). Là, on est juste séparé du tube de Crookes par le patient et on reçoit les rayons en excès, les rayons obliques, et c’est alors que les lésions peuvent se produire et durer, enlever le radiologue.
- Ne peut-on se protéger en cette opération qui seule reste dangereuse P Évidemment, mais combien imparfaitement, on est trop près et les rayons X connaissent si peu d’obstacles.
- Ne les a-l-on pas accusés, en 1921 et 1929, les rayons X en général et quel que soit le mode d’emploi, de traverser les murs, ce qui est vrai et peu nocif, et d’attaquer les voisins, voire les immeubles! les mêmes assertions que nulle expérience ne confirme, qu’a niées l’Académie de Médecine. On a parlé de blinder les appartements, de les couvrir, ou plutôt leurs murs, de plaques de plomb sans fissure, ce qui pèserait singulièrement lourd et serait impraticable. De même, ces rayons, diverses lumières, les courants de haute fréquence ou d’Arsonvalisation, créent des parasites de la T. S. F. et leurs auteurs ont déjà été poursuivis pour cela et condamnés par les tribunaux. Des condensateurs particuliers peuvent supprimer ce parasitisme.
- Pour protéger le radiologue contre la radioscopie, on l’en-
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- 1oure de plomb : lunettes de plomb, gants de plomb, tablier de plomb, mais c’est bien gênant et souvent imprudemment supprimé ou d’action incomplète. Pour la radiographie et la radiothérapie, on peut être séparé par une porte, une barrière en plomb, et commander les rayons X, nous l’avons vu, à distance. C’est encore l’enveloppement par des métaux de l’opérateur, etc.
- Le cancer a été souvent produit ; nié par certains radiologues, il est admis par des cancérologues, tel le Pr Ménétrier dont l’élève, Dr Sophie Feygin ht sa thèse sur io4 cas de cancers radiologiques...
- Jusqu’ici nous n’avons parlé que des actions superficielles, s’aggravant par l’exercice continu que le radiologue continue quand même, sachant ce qui l’attend : l’extension de ses blessures, de ses plaies, en largeur, longueur et profondeur, les souffrances, la mort, mais jusqu’ici on n’en a pas vu quitter la profession, si ce n’est contraints et forcés ; on a aussi vu, et bien rarement, des rémissions incompréhensibles et l’arrêt des lésions, même la profession continuée. Cela est rare, très rare, et le courage froid et réfléchi demeure au poste qu’il a choisi, ce qu’ « un citoyen américain », Carnegie, a récompensé, médaille et argent, en France, sous la direction de l’amiral Lacaze.
- Tout le monde n’est pas atteint par la peau. J’entends, bien entendu, le monde des radiologues, car pour les patients, ils sont maintenant bien rai'ements atteints; pour l’être, ils doivent avoir acquis (chocs, lumières) une radiosensibilité extraordinaire, ou encore dans l’obscurité de la radioscopie et malgré que, bien placé par l’opérateur, ils bougent et s’accolent au tube de Crook.es dont le voisinage trop immédiat les brûle alors; c’est une exception, les patients, ayant toujours quelque vague peur, évitent en général de bouger. La radiographie, elle, est très courte, instantanée et en pleine lumière ; la radiothérapie est longue, des heures parfois (tumeurs) et se fait visiblement, réglée, maintenant parfois très intense et à bien ses réactions comme le radium mis en place, et, les souffrances réactionnelles ne se produisant qu'après plusieurs jours.
- On peut calmer lésions et douleurs des rayons X et du radium, de nature lumineuse ultra-violette, par des rayons antagonistes, des rouges et infra-rouges, ainsi que je le publiais en 1903.
- Ce n’est pas toujours la peau qui est atteinte et seule atteinte, mais les radiations qui, traversant le corps, les organes, ne le font pas toujours impunément, et souvent laissent des traces indélébiles et ce furent les dernières lésions peu à peu découvertes, les altérations sanguines, les organes des sens atteints : les globides sanguins diminuent, les yeux sont atteints de cataractes, de glaucomes. Dès le début des rayons X, Quénisset avait noté la congestion des yeux et la tachycardie par eux produites.
- C’est en 1920 que l’Anglais Motlram signala les modifications hématologiques par les manipulations de radium qui eut du reste aussi ses blessés et ses morts. A cette époque, je relevais dans les Archives of Rœntgen Ray, le cas d’un radiumlhérapeute revenant de vacances et, alors qu’il paraissait immunisé, ayant une série d’accidents qui se terminèrent par une mort assez rapide. A. E. Pinch, Larkins, constatent les mêmes faits sur les radiologues. Globules rouges et blancs diminuent en nombre (5oo.ooo globules rouges au lieu de 5 millions), hémoglobine réduite de plus de moitié. On suit la diminution progressive en ces cas anglais et la mort de ces professionnels a eu lieu dans les 6 mois.
- Au début de cette sorte de cessation d’immunité, de mithridatisme — il s’agit ici de phototoxie qui généralement une fois commencée s’accentue — il n’est rien perçu, aucune douleur, aucune sensation anormale, et c’est ce qui en
- fait le danger. Aussi doit-on recommander aux radiologues, et aux artisans divers travaillant dans les rayons X et le radium de se soumet Ire de temps à autre aux analyses sanguines pour savoir « où ils en sont »...
- Enfin, les dernières lésions découvertes, également non soupçonnées et parfois perçues par la diminution de la vue, ce sont les troubles oculaires, qui sont simples ou doubles, superposés ou non. Ainsi les cataractes et les glaucomes peuvent coexister chez le mèmè individu, atteindre un œil ou les deux. A leur début, le diagnostic est difficile et cependant combien important : la cataracte peut s’opérer à diverses époques de son évolution et rendre la vision ; le glaucome supprime peu à peu la vue et, opéré, ne la rend pas, la stabilise seulement au point diminué où elle en est, d’où nécessité d’opérer de bonne heure.
- L’erreur de diagnostic si facile est donc très dangereuse, la cataracte produite par les court-circuits électriques aux lumières éblouissantes chez les waltmen est aussi provoquée par les rayons X ; le cristallin opacifié enlevé (ventouse de Lagrange) à n’importe quel moment guérit le patient. Le glaucome superposé est souvent méconnu, il s’opère par la sclérecto-iridectomie du Pr Lagrange (de Bordeaux) et laisse la vue où elle en est ; les instillations de pilocarpine suffisent souvent à maintenir la vision.
- Les lésions oculaires sont les plus lentes à se produire, elles sont à retardement et apparaissent encore comme douteuses, pour certains praticiens, mais elles sont assez nombreuses maintenant pour écarter le doute. Le choc est la cause la plus fréquemment invoquée comme production de glaucome ; le choc répété des lumières cathodiques et X superposées au choc des électrons, photons, neutrons, peut très •bien produire et produit réellement le glaucome en radioscopie. La protection par les lunettes plombées est assez précaire, les lunettes ne peuvent être en verre trop plom-bique car alors elles seraient opaques et trop lourdes, elles s’embuent facilement, donc obscurcies et négligées, enlevées. On a préconisé des verres antibuées, des enduits qui, mis sur les deux faces des verres, les empêchent de se couvrir d’humidité opaque. Mon enquête jusqu’ici me les montre infidèles quant à l’antibuée, mais on doit arriver supprimer celle-ci, peut-être y est-on arrivé et cela serait indispensable pour protéger en radioscopie de plus en plus fréquemment employée.
- On peut superposer les lésions, c’est ainsi que nous connaissons un radiologue qui subit successivement, après 25 ans de tranquillité : grattage de l’index gauche, puis de son voisin le majeur gauche, une autoplastie abdominale (radium suffisamment isolé, croyait-on, porté dans le gousset du gilet) oreille droite au pavillon suintant des années, glaucome double opéré en deux fois. D’autres troubles inconnus et inattendus ne surgiront-ils pas encore, bien que du début, donc pas jeune, il n’exerce plus !
- Quand il s’agit de patients peu et bien rarement brûlés, avons-nous dit, les tribunaux admettent trente ans de responsabilité, et quand il y a eu emploi de rayons X, les mettent souvent en cause...
- Il n’y a pas que les radiologues proprement dits, professionnels médicaux mais encore tous les individus travaillant à produire le radium ou les appareils maintenant si complexes des rayons X, il y a donc à examiner de temps en temps les médecins spécialisés, mais aussi les artisans, ouvriers, constructeurs, extracteurs, travaillant en radioactivité et en construction radiologique. S’ils sont « salariés », ils sont protégés et indemnisés ; s’ils sont « honorés », donc médecins indépendants, à clientèle, nul secours ne leur est accordé, nul recours, sauf s’ils se sont assurés!
- Dr Foveau de Couhmelles.
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- CONDUITES EN « BOIS ARMÉ »
- Les conduites en bois ont été utilisées dès la plus haute antiquité. Les archéologues ont acquis la certitude que de telles conduites avaient existé à Pergame, en Asie Mineure, sur une longueur de 17 km.
- La ville de Londres avait réalisé en iGi3 une importante installation de conduites en bois dont les derniers éléments furent enlevés en iqi3. Dans les colonies anglaises d’Amérique, devenues aujourd’hui les Etats-Unis, on fit un large emploi de conduites en bois, formées de simples troncs d’arbres forés dans leur longueur. A New-York, ces tuyauteries ont été retirées du sol en bon état de conservation après un siècle de service.
- Sous une forme plus moderne, la conduite en bois armé, formée de planches courbes ou douves, assemblées à rainure et serrées par des colliers de fer, fait son apparition en Amérique vers i85o; en Californie, il existe 4.000 km de ces sortes de conduites. Leur durée paraît à peu près indéfinie; à Denver, Colorado, une conduite de i5o km de longueur est en service depuis 35 ans; une conduite de 1 m 75 de diamètre est en service à Bittyla, Finlande, depuis 78 ans et ne montre aucune trace de vieillissement.
- Nous avons du reste souligné que le bois imprégné d’eau est pratiquement indestructible ; témoins ces 4o.ooo pieux du lac de Neuchâtel, datant de l’époque lacustre et qui sont parfaitement conservés au-dessous du niveau de l’eau, tandis que la partie aérienne a disparu.
- MODE DE CONSTRUCTION
- Les conduites en bois armé sont formées de douves assemblées comme un plancher — un plancher enroulé en forme de cylindre — la classique languette d’accouplement étant remplacée par un bandeau prismatique d’angles très étudiés. Ces douves sont maintenues par un cerclage en fils d’acier.
- L’épaisseur des douves varie de 25 à 60 mm selon les diamètres et les pressions. Le diamètre varie de 4o mm à 5 m, la pression pouvant s’élever à i5 kgr par cm2 suivant le type. La surface de la conduite est parfaitement lisse extérieurement et intérieurement, ce qui a une grande importance pour le cheminement de l’eau : nous verrons qu’une conduite en bois débite jusqu’à 4o pour 100 de plus, toutes choses égales d'ailleurs, qu’une conduite en fonte.
- Les bois employés, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne sont nullement des essences lourdes, telles que le chêne, bien que celui-ci convienne également. Ce sont les diverses espèces de pins : sylvestre, palustre, strobus, excelsa, le sapin, le mélèze.
- On peut construire les conduites de deux façons : sur place ou en usine. Pour construire sur place, on apporte les douves que l’on glisse les unes à côté des autres en « alternant » les joints, comme dans un plancher; ces joints sont étanchés par une lamelle d’acier emboîtée dans le bois. A mesure que la conduite se forme, on la cercle avec du fil d’acier formant une série de ceintures que l’on serre avec un écrou spécial. Ce montage est très rapide; on peut construire 200 m de conduite de 1 m de diamètre par jour.
- Les conduites fabriquées en usine sont terminées par un manchon en bois légèrement conique. Sur le chantier, il suffit de pousser chaque tronçon dans le précédent de façon à emboîter la partie conique sans la moindre garniture d'étanchéité : celle-ci est assurée par le gonflement du bois quand le tuyau est mis en eau.
- Quand la conduite est terminée, on l’enduit d’une matière bitumineuse à laquelle on ajoute parfois de la sciure de bois.
- AVANTAGES DU BOIS ARMÉ
- Les propriétés des conduites en bois armé sont des plus singulières.
- Tout d’abord, les conduites « éclatent » et se réparent spontanément lors d’une surpression passagère due à un coup de bélier. Ainsi, un tuyau de 20 cm, destiné à un service sous 10 atm, a pu être soumis à 3o atm, au Conservatoire des Arts et Métiers : l’eau a jailli en écartant les douves, mais celles-ci se sont rapprochées ensuite et le tuyau a pu reprendre son service absolument intact.
- Ces conduites forment donc soupapes de sûreté sur toute leur longueur. Revers de la médaille, elle perdent légèrement, mais cette perte est très faible, de l’ordre de 3 1/mn par kilomètre de longueur et décimètre de diamètre.
- Elles ne craignent pas le gel, le bois étant 200 fois moins conducteur de la chaleur que la fonte ; si l’eau vient à geler, l’élasticité du bois autorise une certaine dilatation. Il existe en Amérique des conduites non enterrées exposées à des froids de 25° sous zéro.
- Le débit est considérable. A égalité de diamètre (5oo mm) et de perte de charge (8 pour 1.000), une conduite en fonte débite 285 1 par seconde et une conduite en bois 425 1. Ce débit reste constant au cours des années, comme l’a prouvé, aux États-Unis, une expérience de 25 ans.
- Les conduits en bois ne redoutent pas l'électrolyse qui corrode les tuyaux métalliques ; on peut les enterrer le long d’une voie de tramway. Pleines d’eau, elles ne craignent pas le feu. Elles supportent des chocs qui casseraient des parois en fonte mince, par suite de leur élasticité.
- Cette élasticité facilite le montage sur terrain, la conduite épousant les sinuosités horizontales et verticales sans qu’il soit besoin de tronçons courbes tant que la courbure n’est pas trop forte.
- On les utilise avec avantage pour les eaux potables, qui ne prennent aucun goût, et les eaux chaudes, telles que les eaux thermales; elles conviennent pour les eaux acidulées, dans les usines, mais sont attaquées par les solutions alcalines.
- Enfin leur prix est modique, environ moitié de certaines conduites métalliques; leur légèreté est un avantage pour les manutentions et l’installation de conduites forcées en montagne ; leur longévité est presque indéfinie.
- Ce sont là de gros avantages et il faut espérer — sans vouloir peiner les métallurgistes — dans un pays très gros producteur forestier comme le nôtre, que les conduites en bois armé prendront un large développement.
- Pierre Devaux.
- Ancien Elève de l’École Polytechnique.
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- LE FEU ET LA CHALEUR
- APERÇU HISTORIQUE
- Dès l’origine, le feu frappa l’imagination de l’homme et le remplit de crainte. Vite il devint pour lui un objet de vénération et nul n’ignore le culte dont l’entourèrent en particulier les Perses et les Romains. De bonne heure les chimistes et les philosophes virent dans le feu l’agent essentiel des transformations qui s’effectuaient dans leurs cornues (d’où le nom de pyrotechnie : art du feu, jadis donné à la chimie); mais ce ne fut là qu’un motif nouveau d’émerveillement au point qu’en plein xvme siècle, le chimiste Pott lui-même ne craignit pas de s’exposer à la raillerie en faisant du feu le « lieutenant de Dieu » dans la nature.
- Aristote et ses disciples ; leur conception de la chaleur. —• La chaleur fut considérée par les péripatéti-ciens comme une sorte de qualité occulte qui rassemble les choses homogènes et sépare les choses hétérogènes. Cette doctrine se trouva vite combattue parce qu’en opposition avec l’expérience. Si l’on fait fondre dans un meme vase diverses matières telles que suif, cire, résine, ... le tout ne s’incorpore-t-il pas ensemble ? Et, d’autre part, la chaleur peut-elle isoler les constituants d’un lingot d’or, d’argent et de cuivre ?... Bien au contraire si l’on met dans un creuset sur le feu des fragments d’or, d’argent et de cuivre, on obtient finalement par fusion une masse homogène. Enfin ceux qui aimaient philosopher avaient à leur disposition un argument sans réplique, semble-t-il, à opposer à la doctrine d’Aristote : la chaleur jouirait en même temps de. deux facultés opposées; elle pourrait à son gré combiner ou dissocier les corps. Quelle absurdité!... Et pourtant n’est-ce pas ce que les expériences si nombreuses de dissociation à haute température nous ont révélé depuis ?...
- Le feu=matière. — Toute autre que la conception péripatéticienne fut celle qu’enseignèrent Démocrite, Leucippe et, d’une façon générale, les Epicuriens (1). Considérons en effet, disent-ils, un corps enflammé. Dans ce corps existent des corpuscules d’une nature particulière appelés corpuscules de feu ; ces corpuscules sont en mouvement et subissent un écoulement continuel en dehors du corps incandescent. Ce sont eux qui, tant qu’ils sont suffisamment groupés en dehors du corps, constituent la flamme. Mais dès qu’ils ont quitté le domaine de la flamme, s’ils ne sont plus visibles,
- ils n’en restent pas moins perceptibles au tact; ce sont eux que 1 ’on désigne alors sous le nom de chaleur en tant qu’ils excitent en nous cette sensation.
- La théorie du feu-matière a été reprise avec succès au xvne et surtout au xvme siècle.
- Pour S. Gravesande (1688-17/12) le feu est un constituant de tous les corps et peut être exprimé de tous les objets en
- 1. Démocrite, philosophe grec du ve siècle av. J.-C. ; Leucippe, philosophe grec du ve siècle av. J.-C. ; Épicure, philosophe grec (341-270 av. J.-C.).
- les frottant les uns contre les autres. Selon Lémery (i645-1716) le feu est une matière élémentaire présente en tous lio.ux, même dans le Aide. L’opinion de Boerhaaie sur la nature du feu et de la chaleur est particulièrement intéressante. Ce savant né en 1668 à Voorhout près de Levde, mort à Leyde en 1788, fut à la fois un chimiste, un médecin et un botaniste remarquable ; il formait à lui seul toute une faculté. Sa renommée était universelle; on raconte même qu’un jour il reçut d’un mandarin chinois une lettre qui ne portait pour toute adresse que ces mots : « A Monsieur Boerhaave, médecin en Europe ».
- Pour Boerhaave la chaleur est une propriété particulière du jeu; le feu est un corps élémentaire, inaltérable au cours des diverses transformations auxquelles il se trouve mêlé. Cet élément bien qu’existant partout ne tombe pas nécessairement sous l’action des sens, mais peut se révéler parfois par certains effets tels que la chaleur, la lumière, la dilatation et les brûlures. Encore ces effets existent-ils toujours, mais leur intensité est parfois trop faible pour nous impressionner. Ils ne peuvent devenir sensibles sans le secours de plusieurs circonstances qui ne se trouvent qu’assez rarement réunies et c’est là aussi le motif pour lequel le feu ne se manifeste pas toujours d’une façon évidente par toutes ses propriétés à la fois, mais seulement par quelques-unes. C’est ainsi que le feu qui existe dans les corps phosphorescents produit de la lumière sans chaleur sensible. Pour appuyer sa thèse, l’illustre savant hollandais nous signale encore que Hookc, dirigeant un miroir vers la lune, obtint au foyer de celui-ci assez de lumière pour aireugler les observateurs sans pour cela qu’au foyer un thermomètre manifestât une éléiTition de température. Mais on peut inversement fort bien observer de la chaleur sans lumière. De l’eau bouillante ne brille pas. Le feu qui existe au foyer d’une lentille conimrgente peut être tel qu’il bride ou fonde des objets qu’on y place, ce qui indique un grand dégagement de chaleur, et pourtant dans une atmosphère privée de poussières le foyer n’est pas visible (Q. Enfin, par une nuit sombre, seule la dilatation de la colonne de mercure d’un thermomètre manifeste la présence du feu dans l’atmosphère, etc... En résumé donc, le feu, d’après Boerhaave, serait un constituant universel du monde, chauffant, luisant, brûlant partout, ou, ce qui revient au même, n’écliauffant, ne luisant, ne brûlant nulle part, car sentir la même chaleur partout signifie qu’on ne la sent pas; il n’v a que le changement qui nous soit perceptible. C’est ainsi que notre corps se trouve comprimé de toutes parts et nous n'avons nulle conscience de cette compression ; mais que cette compression vienne à se modifier en un point de notre corps (ventouses), nous ressentons tout de suite la perturbation.
- Pour que le feu puisse manifester ses effets, en totalité ou en partie, de manière sensible, il faut, au dire de Boerhaave, que son action soit concentrée dans une portion d’espace très petite. Pour cela, plusieurs moyens. D’abord orienter les corpuscules u flottants » du feu suivant des lignes parallèles (rayons). Les corpuscules de tête se trouveraient refoulés par ceux qui iraient progressivement prendre la queue, de sorte qu’en plaçant un obstacle sur le parcours de ces rayons, les corpuscules y viendraient à tour de rôle accuser leurs
- I. Il serait nécessaire de faire ici quelques restrictions (images aériennes).
- Fig. 1. — Miroir ardent.
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- effet dont la sommation finirait par produire un effet sensible. Cet effet serait encore plus marqué si les rayons, au lieu d’être parallèles, convergeaient en un point où l’on placerait l’obstacle. On obtient de tels faisceaux au moyen de lentilles et de miroirs ardents ; quant à l’orientation primitive des corpuscules « flottants » du feu, elle serait produite par les corps lumineux tels que lampes, flammes en général, soleil...
- Une seconde manière d’accumuler les corpuscules du feu en une région restreinte de l’espace peut s’obtenir en frottant rapidement un corps contre un autre. Quand le corps frottant quitte le corps frotté, il se fait un vide qui tend à se combler par l’arrivée des corpuscules de l’air et du feu. Mais les corpuscules du feu sont de beaucoup les plus rapides et, ce sont eux qui remplissent au fur et à mesure les espaces vides. Grâce à cet appel, il se fait bientôt autour de la partie frottée quelque chose comme une atmosphère dense de feu.
- Enfin, disons que Boerliaave signala une autre circonstance qui concourt à rendre sensible la présence du feu. Nous sommes en effet sensibles à la chaleur qui se dégage d’un objet à la condition qu’il soit plus chaud que notre corps. C’est ainsi que l’eau tiède nous paraît froide si nous y plongeons la main après que celle-ci a été trempée dans de l’eau chaude; elle nous paraîtrait chaude au contraire si notre main avait été au préalable trempée dans de l’eau froide. L’expérience est classique.
- Stahl et Je phîogisiique. — Malgré la publication en i63o par Jean Rey de ses « Essais sur la recherche de la cause pour laquelle l’étain et le plomb augmentent de poids quand on les calcine », malgré les expériences similaires d’un certain nombre de chimistes anglais, une théorie se fit jour vers la fin du xvne siècle, théorie qui eut un immense retentissement à cause de son apparente simplicité; nous voulons parler de la théorie du phlogistique de Ernest Stahl (né à Anspach en 1660, mort à Berlin en 1734). Kant et de nombreux philosophes du xvme siècle l’accueillirent comme l’une des plus grandes découvertes faites jusqu’alors et la mirent sur le même rang que la loi de la chute des corps trouvée par Galilée... Stahl admettait l’existence d’une substance volatile : dos verbrennliche Wesen le principe combustible, et que ses disciples nommèrent phogisîique (du grec phlogiston : combustible, inflammable). Celte substance volatile se dégage des corps combustibles quand ils brûlent. En effet, d’après Stahl, tout métal par exemple est un corps composé de phlogistique et d’une matière terreuse variant avec la nature du métal envisagé ; celte matière terreuse, pulvérulente, portait alors le nom générique de chaux : chaux de mercure, chaux de fer, chaux de zinc (on dirait aujourd’hui oxyde). Dès lors quand on chauffe un métal, le phlogistique disparaît et la chaux reste (d’où le nom de calcification; du latin, calx : chaux, donnée à cette opération). Veut-on au contraire obtenir le fer à partir de l’oxyde métallique, il n’v a qu’à lui redonner du phlogistique en le chauffant avec des matières riches en phlogistique et le cédant avec facilité, par exemple avec du charbon. Comme le phlogistique était par hypothèse une matière pesante, la combustion se faisait, croyait-on, avec diminution de poids ; ce qui est en opposition avec les expériences de Rey dont on a parlé un peu plus haut. Il est vrai que certains stahliens expliquaient ce résultat à leur façon. « Le phlogistique disaient.-ils, est plus léger que l’air; il tend donc à soulever le corps avec lequel il est combiné et à lui faire perdre une partie de son poids; ce corps doit donc peser davantage quand il a perdu son phlogistique ». Il est
- inutile de souligner l’erreur de ces physiciens ; elle est trop évidente... Mais il fallut cependant tout le génie de Lavoisier pour réduire à néant la théorie de Stahl...
- Nous ne parlerons pas davantage de l’hypothèse du phlogistique ; elle semblerait même peut-être en dehors du sujet si nombre de physiciens du xvme siècle n’avaient identifié le phlogistique au feu-matière.
- La chaleur=mouvement. — Tandis qu’au cours des âges, la théorie du feu-matière avait de plus en plus de partisans convaincus, une toute autre conception du feu et de la chaleur se développait concurremment avec elle.
- Pour Heraclite, célèbre philosophe grec de l’antiquité (676-480 av. J.-C.), la matière vivante est le feu; celui-ci est à l’origine de tous les mouvements, de toutes les modifications; c’est la force par excellence.
- Au xviie siècle, dans son traité : De forma calidi, le chancelier Bacon (i56o-i6a6) conçoit la chaleur comme quelque chose qu’on peut produire mécaniquement dans un corps. « Si vous pouvez, écrit-il, provoquer dans quelque corps naturel un mouvement qui l’oblige à se dilater, vous y produirez de la chaleur. » Ce fut là ausi à peu près la doctrine professée par Descaries et ses disciples. Selon eux, la chaleur consiste dans un certain mouvement des corps a semblable au mouvement dont les diverses parties de notre corps sont agitées par le mouvement du cœur et du sang. »
- Le célèbre physicien anglais Robert Boyle (1626-1691) distingue le feu de la chaleur. Dominé par la théorie du phlogistique, il considère le feu comme une substance pondérable. C’est ainsi qu’il croit que l’augmentation du poids des métaux lorsqu’on les chauffe est due à la fixation des molécules du feu qui passent à travers les pores du creuset (Q, mais il faut, ajoute-t-il, que le nombre de ces molécules soit considérable pour être sensible à la balance. Quant à la chaleur, c’est autre chose. La chaleur a pour lui une origine mécanique et il en voit la preuve dans les faits suivants. Quand la température de l’eau s’élève, il est visible que les molécules du liquide prennent des mouvements d’autant plus rapides que la température est plus haute; la masse liquide est le siège de tourbillons ; elle est ébranlée par des bulles gazeuses et elle dégage des vapeurs qui montent en l’air. Un corps chaud est donc constitué par des molécules animées de mouvements rapides et désordonnés, d’autant plus rapides que la température est plus élevée; il faut en effet, dit Boyle, que les mouvements en question soient dirigés en tous sens puisque « un charbon bien allumé paraît rouge de tous côtés, fond la cire et allume du soufre quelque part qu’on l’applique. » Comment alors s’étonner
- 1. Cette opinion devait plus tard gêner le grand Lavoisier dans sa découverte de l’oxygène. Le grand chimiste français allait enfin saisir la vérité quand l’autorité de Boyle « vint se jeter à la traverse ». Lavoisier reprit alors les expériences de Boyle et il arriva à cette conclusion que « les cornues scellées hermétiquement, pesées avant et après calcination de la portion d’étain qu’elles contiennent, ne présentent aucune différence de pesanteur, ce qui prouve évidemment que l’augmentation de poids qu’acquiert le métal ne provient ni de la matière du feu, ni d’aucune autre matière extérieure à la cornue » (Mémoire de Lavoisier : Sur la calcination de l’étain, 1774).
- Fig. 2. — Eolipyle à recul (effet mécanique de la chaleur).
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- que la chaleur puisse être produite mécaniquement P Et c’est la thèse que Bovle soutient ' avec' force dans son « Traité de l’origine mécanique du chaud et du froid ».
- « Dans la production du chaud, écrit-il, l’agent ni le patient ne mettent rien du leur, si ce n’est le mouvement. Quand un forgeron bat vivement un morceau de fer, le métal devient excessivement chaud; cependant il n’y a rien qui puisse le rendre tel, si ce n’est la force du mouvement du marteau qui imprime dans les petites parties du fer une agitation violente et diversement
- Fig. 3_ Cou- déterminée; de sorte que ce fer qui
- rants de con- était d’abord un corps froid, reçoit de
- a exion. la chaleur par l’agitation imprimée dans
- ses petites parties. Ce fer devient chaud, d’abord relativement à quelques autres corps, en comparaison desquels il était froid auparavant; ensuite il devient chaud d’une manière sensible, parce que cette agitation est plus forte que celle des parties de nos doigts et dans ce cas il arrive souvent que le marteau et l’enclume continuent d’être froids après l’opération. Ce qui fait voir que la chaleur acquise par le fer ne lui était point communiquée par aucun de ces deux instruments comme chauds ; mais que la chaleur est produite en lui par un mouvement assez considérable pour agiter violemment les parties d’un corps aussi petit que la pièce de fer en question, sans que ce mouvement soit capable de faire le même effet sur des masses de métal aussi considérables que celles du marteau et de l’enclume. Cependant si l’on répète souvent et promptement les coups et si le marteau est petit, celui-ci pourrait s’échauffer également; d’où il s’ensuit qu’il n’est pas nécessaire qu’un corps, pour donner de la chaleur, soit chaud lui-même. »
- Bovle cite encore cet autre exemple : a Pour enfoncer avec un marteau un clou dans une planche de bois, on donne d’abord plusieurs coups sur la tête du clou qui s’enfonce sans s’échauffer sensiblement. Mais dès que le clou cesse sa progression, un petit nombre de coups suffiront
- pour lui donner une chaleur très sensible ». Et le célèbre physicien explique ce fait par la raison que le clou, une fois enfoncé dans le bois et ne pouvant plus transmettre d’une manière visible le mouvement qu’il reçoit, le communique aux molécules du fer ; le mouvement désordonné des molécules du clou succède au mouvement d’ensemble des molécules du marteau et c’est dans ce mouvement désordonné que Boyle voit l’o-l’igine du dégagement de chaleur constatée.
- On notera comme les idées de Boyle étaient voisines des nôtres ; mais il ne pensa pas à évaluer le rapport qui pouvait exister entre la chaleur apparue et le travail mécanique qui lui a donné naissance. C’est aux physiciens du xixe siècle,
- à Joule en particulier, que revient l’honneur d’aAroir établi cette relation. Toutefois n’anticipons pas.
- Pour Newton (1642-1727) la chaleur consiste ' dans le mouvement vibratoire d’un milieu éthéré spécial, beaucoup plus subtil que l’air et qui demeure dans les récipients, même après qu’on y a fait le vide avec la machine pneumatique (1). Ce milieu serait également celui qui propage la lumière.
- L’opinion de Newton fut loin d’être partagée par beaucoup de physiciens de l’époque. Comment, disait Nol-
- let__, ne sait-on pas que l’amplitude d’un mouvement
- va en diminuant au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre de la perturbation?... Les vagues s’amortissent lorsqu’elles s’écartent du point de chute de la pierre qui les a provoquées en tombant dans un étang. Comment alors expliquer dans l’hypothèse de Newton que les plus violents incendies puissent être produits par une parcelle de charbon incandescent conservée sous les cendres ? « Le feu s’augmente à mesure qu’il se communique ».
- Évidemment cette objection qui, à l’époque, parut importante, à la réflexion perd de sa valeur. En effet prenons l’exemple suivant. Une pierre tombe dans une nappe d’eau; des rides circulaires s’épanouissent autour du point de chute et leur amplitude va en décroissant au fur et à mesure qu’elles s’éloignent. Mais il se peut qu’à une certaine distance, ces rides, mêmes petites, puissent déclencher un système (facile à imaginer) qui provoque la chute d’une nouvelle pierre dans des conditions telles que les rides produites cette fois aient une amplitude beaucoup plus grande que celle qu’on avait enregistré au voisinage immédiat du point de chute de la première pierre ; le mouvement va s’intensifier, déclenchant peut-être à nouveau d’autres systèmes analogues au précédent, de telle sorte que, d’une façon indirecte, la chute de la première pierre pourra provoquer à distance des vagues d’amplitude considérable.
- Puis ce fut le règne du feu-matière ainsi que nous l’avons vu. Il nous faut arriver tout à fait à la fin du xmii6 siècle pour voir la chaleur-mouvement reprendre son importance, Lavoisier ayant porté un coup mortel à l’hypothèse du « feu-phlogistique ». C’est Rumford qui, en 1798, signale l’impossibilité d’expliquer le dégagement de chaleur qui se produit dans le forage des canons, à moins d’avoir recours au mouvement. Mais la science n’allait noter de progrès notables dans cette voie que seulement vers le milieu du xixe siècle grâce à deux hommes de génie : Mayer et Joule (2). Les expériences si variées décrites par Joule sont trop connues pour qu’il soit ici utile de les rappeler. La notion d'énergie se fit jour peu à peu; on sait l’extension que devait prendre ce concept, surtout durant ces trente dernières années, grâce au génial Einstein. Pour donner une conclusion à cet aperçu historique sur le feu et la chaleur il nous suffira de faire maintenant un bref résumé de la théorie cinétique.
- On admet de nos jours que la matière se présente à nous sous forme de molécules isolées les unes des autres; ces molécules sont toutes semblables quand il s’agit d’un corps pur. La molécule elle-même est un système com-
- 1. Pour Newton le feu n’est pas un corps particulier ; c’est tout corps assez chaud pour jeter une lumière vive. C’est ainsi qu’il écrit : « Un fer rouge est-il autre chose que du feu ? Un charbon ardent est-il autre chose que du bois rouge et brûlant ?... »
- 2. Mayer, Mémoire sur les forces de la nature inorganique. Annales de physique de Liebig, t. XLII, p. 231, 1842.
- Joule, Sur la valeur mécanique de la chaleur, 1843.
- Fig. 4. — Trajectoire d’un granule animé d’un mouvement brownien.
- On a pointé par exemple toutes les 30 s les positions du granule et on les a jointes par un trait. Le contour polygonal ainsi obtenu donne une idée de la complication de la trajectoire.
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- plexe : c’est un système formé de particules spéciales nommées atom.es et les atomes à leur tour sont eux-mêmes des mondes, de telle sorte que, si l’on songe en outre à la sphère sans cesse élargie englobant progressivement notre planète, le système solaire, les étoiles, etc..., nous retrouvons l’impression que ressentait Pascal quand il nous montrait l’homme suspendu entre deux infinis.
- Dans un solide, chaque molécule, soumise à l’action de ses voisines, vibre confinée dans un très petit espace; ses mouvements sont d’autant plus marqués que le corps est plus chaud de telle sorte que si ce dernier arrive à sa température de fusion, l’amplitude des mouvements moléculaires devient telle que chaque molécule finit par échapper à l’action de ses voisines et, tel un ver de terre, glisse entre celles-ci. Les molécules s’entrecroisent en suivant des trajectoires « désordonnées » comme le prouve le mouvement brownien (1). Ce désorde et l’ampleur des mou-
- 1. Ce mouvement est ainsi nommé en mémoire de R. Brown qui le découvrit. Un grain solide minuscule exécute sans arrêt dans un liquide des mouvements désordonnés dus aux
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- vemcnls sont encore plus accentués dans les gaz.
- D’après la théorie cinétique la chaleur ne correspond pas à une forme particulière de Vénergie; c'est une forme de l'énergie cinétique se distinguant de l’énergie cinétique mécanique ordinaire en ce qu’elle est une énergie cinétique d’agitation désordonnée, a Transformer du travail en chaleur, c’est réaliser une expérience dans laquelle les mouvements moléculaires, provoqués d’abord dans une direction parfaitement déterminée, se transforment en mouvements entièrement désordonnés ». Si une telle transformation.est facile, le principe de Carnot nous apprend au contraire que la transformation inverse, « la recoordination des chocs moléculaires » est plus difficile et toujours imcomplète.
- Henri Daridon.
- chocs des molécules constituant ce liquide contre le grain solide. Si ce grain est assez gros, le nombre de chocs qu’il reçoit en un temps donné sur une de ses faces est sensiblement le même que celui qu’il reçoit sur l’autre face ; il y a compensation et le grain s’immobilise au sein du liquide.
- L’UNIVERSITÉ HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM
- Depuis que la conférence de San Remo a confié à l’Angleterre le mandat sur la Palestine, le 25 avril 1920, « les larmes versées sur les ruines du Temple ont fécondé les vallées désertes de la Judée et de la Galilée », comme l’écrit poétiquement Kessel, dans son intéressant ouvrage sur la renaissance de cette Terre d’amour (1927). Grâce à deux œuvres principales alimentées par les dons d’Israélites du monde entier (le « Keren Kayemeth Leisraël » et le « Keren Hayessod »), la colonisation juive se développe en ce coin du globe. Le « Keren Hayessod », en particulier, aide les immigrants, achète des propriétés rurales ou citadines, qu’il leur remet sous forme de baux emphytéotiques héréditaires, leur fournit des capitaux pour leur établissement, aménage des routes, assèche des marais, exécute des travaux publics et favorise l’urbanisme. Si bien que le dernier recensement de juin 1987 accuse une très notable augmentation de la population palestinienne, qui compte 809.394 Arabes, 386.o84 Juifs et 109.769 Chrétiens.
- De grandes agglomérations urbaines se sont également élevées çà et là, entre autres Tel-Aviv, la « colline du printemps », nouveau port au Nord de Jaffa, par où arrivent la plupart des émigrants. Jérusalem a maintenant plus de x00.000 âmes. Près de l’antique cité aux ruelles étroites et tortueuses, s’est construite, au cours de ces dernières années, une ville moderne avec ses palaces et ses maisons ouvrières, ses banques, ses bazars et son Université hébraïque, qui tend à devenir un centre intellectuel important.
- Édifié à l’Est de Jérusalem, sur la crête appelée Mont Scopus, cet établissement universitaire fut officiellement inauguré le ier avril 1925. Les Instituts d’études juives et oïdentales qui le formaient consti-tuèient la Faculté des Lettres en 1929, tandis que la Faculté des Sciences commença à fonctionner en novembre 1935. Du haut de la colline où s’élèvent les dix bâtiments qui composent aujourd’hui l’Université, l’œil embrasse un vaste panorama. A l’Ouest, la vue s’étend sur la Jérusalem ancienne et moderne tandis qu’à l’Est on découvre à l’horizon le désert de Judée, la Mer Morte et la vallée du Jourdain derrière laquelle s’estompent au loin les monts de Moab et d’Amman. Enfin, sur le versant est, se dresse un vaste amphithéâtre à gradins de 2.000 places, sous la scène duquel est aménagée une grande salle.
- A l’Université de Jérusalem travaillèrent en x936-1987, une centaine de savants, sous l’autorité du Dr J.-L. Magnes. Le président du Conseil directeur est M. Chaim Weizmann, doyen de la Faculté des Sciences, le professeur H. Bergmann est recteur et le professeur J.-N. Epstein, doyen de la Faculté des Lettres. Les 24 professeurs et les 3o lecteurs donnent l’enseignement en hébi'eu.
- L’Université palestinienne reçoit les jeunes gens et jeunes filles ayant .terminé leurs études secondaires, sans distinction de race, de confession ou de nationalité. Des 674 étudiants ou étudiantes qui figurèrent sur ses registres d’inscription pendant la dernière année scolaire, 385 venaient de Pologne, 46 d’Allema-
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- gne, s3 de Lithuanie, 21 de Roumanie, 20 de Lettonie, g de Hongrie, 6 de Russie, 5 d’Autriche, 4 de Tchécoslovaquie, 9 d’Angleterre, de Suisse ou de Perse et i35 seulement de Palestine même. Malheureusement plus de la moitié d’entre eux ne disposent pas de ressources suffisantes pour se consacrer entièrement aux études ; les uns travaillent entre temps comme ouvriers, comme précepteurs ; certaines étudiantes s’embauchent même comme domestiques pendant leurs heures de loisir. La direction universitaire et une caisse amicale s’efforcent d’alléger le fardeau matériel des étudiants nécessiteux par des mensualités ou des subventions, tandis que le « Foyer universitaire », dont la construction vient de s’achever, les loge confortablement à peu de frais.
- Visitons les locaux de cette jeune et déjà florissante Université, en indiquant chemin faisant, les matières qu’on y enseigne et les recherches qu’on y poursuit.
- La Faculté des Lettres groupe un certain nombre de chaires littéraires (archéologie de la Palestine, philologie romane, grec, latin, histoire du Moyen Age, philosophie, économie agraire, relations internationales, pédagogie pratique, etc.) qu’occupent cinq professeurs, cinq lecteurs et un instructeur. Un autre département, l’institut des Études Juives, a pour tâche fondamentale de sauvegarder le patrimoine intellectuel du peuple hébraïque ; comme branches d'études, il comprend entre autres, l’histoire des Juifs au Moyen Age, l’histoire juive moderne, la Palestinologie, la Bible, le droit juif, la sociologie des Juifs, la littérature rabbinique, la philologie talmudique et le mysticisme juif qu’enseignent sept professeurs, six lecteurs et quatre autres savants réputés. L’Institut des Études orientales complète la Faculté des Lettres et dispose d’une bibliothèque arabe fort importante ; ses deux professeurs, ses trois lecteurs et leurs quatre collaborateurs se partagent l’étude de l’art et de l’archéologie
- Fig. 1. — L’amphithéâtre de l'Université hébraïque st son panorama vers la Judée et la Transjordanie.
- Fig. 2. — Le philosophe Hugo Bergmann, recteur de V université.
- du proche Orient, de la littérature arabe, de la philologie turque, de l’histoire de l’Islam et des Mahomé-tans, de legyptologie ainsi que celle des langues assyrienne, syriaque et copte.
- Dans les différentes sections de la Faculté des sciences mathématiques et naturelles pourvues d’un matériel perfectionné, de bibliothèques spéciales, de collections importantes, on a déjà poursuivi d’intéressants travaux.
- A l’Institut mathématique Einstein auquel sont attachés deux professeurs, un lecteur et un assistant, on enseigne non seulement les éléments de la science d’Euclide mais encore l’algèbre et différents chapitres de l’analyse, en particulier la théorie des fonctions et celle des ensembles de points. Une collection de 3.ooo volumes dont le fonds se compose de la bibliothèque du mathématicien allemand Félix Klein (mort en 1925) que l’Université de Jérusalem a pu acquérir se trouve dans la salle de lecture de cet Institut ; ses traités classiques, ses monographies et ses revues spéciales permettent aux étudiants ou à leurs maîtres de se documenter et de se tenir au courant des recherches mathématiques.
- Le bâtiment qui abrite l’Institut de physique fut terminé en 1930, mais faute de personnel et d’instruments, on n’y travaille que depuis peu. M. Ashbel, assistant de météorologie, poursuit dans la région montagneuse de Jérusalem, au bord de la Mer Morte
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- Fig. 3. — M. Chaim Weizmann, doyen de la Faculté des Sciences, causant avec le parasitologue Adler (à droite).
- et de la Méditerranée, d’intéressantes mesures et expériences qui ont déjà donné des résultats d’ordre pratique. Il a constaté, par exemple, que pendant certaines journées d’hiver, lorsque le ciel est limpide, l’énergie solaire l'eçue à la surface de la Terre atteint son maximum, tandis que durant les journées les plus chaudes où souffle le Hamsine (Sirocco), on observe des minima. Le personnel de cette section étudie actuellement, en cinq endroits différents du pays, les radiations ultra-violettes, alors que d’autres recueillent les observations météorologiques faites en Palestine et dans le Proche-Orient. Au laboratoire de bioclimatologie, fondé récemment par M. Wilbuschévitz, on enregistre les autres éléments du climat palestinien tels que la température, les vents, la répartition moyenne des pluies, l’humidité et l’évaporation.
- L’Université de Jérusalem possède également quatre départements de chimie : chimie biologique et colloïdale, chimie organique, chimie inorganique et chimie physique. Parmi les problèmes spécialement étudiés par les six professeurs et les neuf assistants de cette section, distinguons ceux relatifs à la structure du sol des régions méditerranéennes et à l’exploitation des sels de la Mer Morte. D’autre part, en 1934, le pi'o-fesseur Chaim Weizmann fonda à Rechovoth, près de Tel-Aviv, un Institut de recherches chimiques sis également à proximité de la Station d’essais agricoles.
- Le savant Warburg occupe la chaire de botanique et, avec quelques collaborateurs zélés, s’efforce de recueillir et de classer dans un grand herbier (comptant déjà 200.000 spécimens) les plantes de la Palestine et des pays avoisinants tandis que ses aides cultivent certaines d’entre elles dans un Jardin botanique.
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- Son collègue Bodenheimer étudie avec ses assistants les diverses familles d’animaux du proche Orient, en se spécialisant dans l’entomologie. L’explorateur L. Picard, indépendamment des cours de géologie locale qu’il professe à l’Université, exécute de fréquents voyages dans la région afin d’étudier la structure du sol palestinien, de préparer des cartes géologiques, de recueillir des fossiles, des minéraux et des roches ; à son laboratoire est rattachée une abondante collection de 260.000 échantillons géologiques concernant surtout la Palestine, la Syrie et l’Égypte.
- Les sciences médicales sont représentées par une dizaine de savants et de jeunes auxiliaires. La section de parasitologie, que dirige le professeur S. Adler, s’occupe des protozoaires, des vers, des insectes transmettant les maladies humaines. Le département d’hygiène et de bactériologie, sous la direction du Dr I. J. Kli-ger, de l’Institut Rockefeller, a déjà rendu de signalés services aux populations indigènes en luttant contre la dysenterie, le typhus, la fièvre pourprée et autres affections contagieuses fréquentes dans le pays. En outre, afin de faciliter l’étude de la malaria, on a fondé à Rosh-Pina une station spéciale de recherches sur ce fléau des régions marécageuses de l’Orient. Enfin, grâce à une importante donation, aux efforts du comité des médecins juifs d’Amérique, présidé par le D1' G. Ratnoff et conjointement avec la « Hadassa »,
- Fig. 4. — Entrée de l’Institut mathématique Einstein.
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- En haut (de gauche à droite) : Un coin des collections zoologiques. Salle des collections géologiques. Au-dessous (de gauche à droite) : Manipulation de biologie végétale au laboratoire de botanique. M. Fritz Bodenheimer, Professeur d’entomologie
- ou édifie en ce moment, sur le Mont S copus les divers bâtiments d’un Centre médical, qui comprendra un département de physiologie pathologique dirigé par le professeur Wertheimer, ancien collaborateur d’Ab-derhalden, de Halle (Allemagne), un Institut du Cancer avec une section de radiologie ayant à sa tête le professeur Halberstædter et une section de pathologie expérimentale aux destinées de laquelle présidera le Dr Doljanski. Comme annexes, ce centre médical aura, indépendamment des salles de cours et de dissections, une bibliothèque et des laboratoires d’analyses ou de recherches, un hôpital qui disposera d’environ 3oo lits et une école d’infirmières pour 80 à ioo élèves. Une fois ces édifices achevés, presque toutes les branches des connaissances humaines se trouveront enseignées
- par les maîtres de l’Université de Jérusalem qui,., comme ce court article permet de s’en rendre compte,, est déjà un centre intellectuel fort actif.
- Jacques Boyer.
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- LE SALON DE LA T. S. F. DE 1938 ET LES RÉCEPTEURS DE 1938-1939
- Le Salon de la T. S. F. de ig38 a constitué une manifestation très importante dans le cadre du Grand Palais.
- Les récepteurs les plus en faveur restent les appareils à changement de fréquence réalisé par une seule lampe oscillatrice modulatrice, ou, plus rarement, par deux lampes séparées. L’amplification moyenne fréquence est réalisée par des transformateurs très souvent à noyaux de fer, avec une fréquence intermédiaire élevée de l’ordre de 472 kilocyclcs, ce qui permet d’augmenter la musicalité, encore améliorée par l’emploi de dispositifs de contre-réaction basse fréquence sur les montages puissants pour atténuer l’effet des harmoniques parasites résultant de l’emploi de lampes penIodes de sortie.
- Des perfectionnements apportés aux haut-parleurs électrodynamiques concourent à cette amélioration de la musicalité : transformations de la forme du diffuseur, souvent elliptique, adjonction d’un cône intérieur supplémentaire pour étendre la gamme des fréquences reproduites, et diminuer l’effet directionnel sur les notes aiguës.
- La sélectivité est indispensable, en raison du nombre excessif de postes émetteurs à fréquences trop voisines ; de là l’emploi presque exclusif des superhétérodynes comme appareils destinés à l’amateur moyen désirant recevoir en France la majorité des grandes émissions européennes. L’emploi de nouvelles lampes combinées oscillatrices-modulatri-ces à multiples électrodes, dans lesquelles la fonction oscillatrice est mieux séparée de la fonction modulatrice, permet de supprimer quelques-uns des inconvénients ordinaires du procédé, d’éviter les blocages et les interférences. Ces phénomènes sont d’autant plus à craindre que la grande majorité des récepteurs sont du type « toutes ondes » ; c’est-à-dire permettent la réception des émissions depuis i5 jusqu’à 2.000 m de longueur d’onde environ. Le glissement de fréquence, en particulier se manifeste par l’affaiblissement, puis par la disparition de l’audition que l’on ne peut faire réapparaître que par une modification du réglage.
- Après la bigrille primitive, puis la pentode, l’hexode, et enfin l’octode européenne, apparaissent la triode-hexode et la triode-heptode américaines. La partie triode de la lampe est alors utilisée pour engendrer l’oscillation locale. La triode-heptode réunit dans une même ampoule un élément triode et un élément de pentagrille; on obtient ainsi des résultats analogues à ceux réalisés avec des lampes séparées, et le gain de conversion est beaucoup plus élevé.
- Les nouvelles lampes ont encore l’avantage de diminuer le bruit de fond si gênant pour la réception des émissions faibles ou lointaines avec des superhétérodynes.
- Le bruit de souffle, en dehors de causes accidentelles, est dû essentiellement aux phénomènes thermiques, par exemple dans les résistances et dans les bobinages, et surtout aux mouvements irréguliers des électrons dans les lampes de T. S. F. Une triode produit beaucoup moins de bruit qu’une diode, les lampes à grilles multiples, pentode par exemple, sont particulièrement bruyantes. Les dispositifs de
- concentration électronique que nous avons signalés récemment, permettent de réduire le bruit de souffle dans les pentodes haute fréquence, en diminuant le courant d’écran au moyen d’une grille protectrice supplémentaire de concentration. On peut ainsi constituer des étages de pré-amplification haute fréquence avant le changement de fréquence, qui améliorent encore la sensibilité, spécialement pour la réception des ondes courtes.
- La nécessité d’un nouveau réglage des circuits moyenne fréquence au bout de peu de temps de service, sous peine d’une diminution notable de la sensibilité, constitue également un très grave inconvénient ; signalons donc les efforts louables de plusieurs constructeurs qui ont équipé les circuits de leurs récepteurs de condensateurs ajustables à diélectrique d’air de grande précision, plus stables, et de bobinages à fer réglables, également très stables.
- L’auditeur de T. S. F. est de plus en plus un usager; il s’attache surtout aux perfectionnements qui facilitent l’emploi de son appareil. Parmi ceux-ci se classent les dispositifs de réglage automatique ; pour lui le Salon de 1988 sera le Salon de l'accord automatique. On peut, du reste, faire une première sélection pratique parmi les dispositifs proposés.
- Les appareils mécaniques, indépendants du montage radioélectrique, peuvent être adaptés immédiatement à un récepteur quelconque, comme un bloc de condensateurs variables ordinaires, même sur des récepteurs genre « miniature ». Ils équipent donc, en grande proportion, les récepteurs de la saison 1938-1939.
- La pratique, au contraire, ne semble pas avoir confirmé l’intérêt que la théorie attribuait aux dispositifs à substitution de condensateurs fixes ou ajustables; leurs partisans ne sont plus très nombreux.
- Les dispositifs électro-mécaniques constituent toujours les procédés les plus perfectionnés, mais leur prix de revient élevé les réserve aux récepteurs de grand prix.
- De nouveaux dispositifs ingénieux, mécaniques et électromécaniques, ont d’ailleurs été présentés et leur mise au point pratique paraît satisfaisante.
- Les modèles dans lesquels on utilise des bobinages à noyaux de fer mobiles actionnés par les boutons-poussoirs de commande automatique on fait également leur apparition sur plusieurs récepteurs de grande marque.
- Le principe de l’accord des circuits par modification de la self-induction de bobinages à fer accouplés avec des condensateurs fixes ou ajustables semble d’ailleurs retenir à nouveau l’attention des techniciens. L’emploi de noyaux en fer divisé, analogues à ceux utilisés dans les transformateurs moyenne fréquence actuels, a permis d’améliorer les résultats obtenus avec ce dispositif ; des mécanismes pour assurer l’enfoncement précis des noyaux à l’intérieur des bobinages ont également été étudiés.'
- P. IIÉMARDINQUER.
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- 346 BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1939 (')
- Les renseignements ci-dessous sont extraits, pour la plupart, de l'Annuaire Astronomique Flammarion qui va bientôt paraître. Nous les devons à l’obligeance de Mme Camille Flammarion, directrice de l’Observatoire de Juvisy. Cet annuaire, indispensable à tous ceux qui observent le Ciel, atteint, cette nouvelle année, sa 75e année d’existence. Il ne vieillit pas pour cela, et, chaque année, s’accroît de renseignements nouveaux. Ainsi, en 1989, il comprendra des statistiques d’orages et de perturbations magnétiques en France qui complètent les listes cl’aurores boréales, de tremblements de terre et de a fadings » des années précédentes. Ce sont là des renseignements bien difficiles à se procurer et que l’on trouve réunis dans ce petit volume si utile (2).
- I. — Soleil. — Le Soleil remonte très sensiblement vers l’Équateur. Sa déclinaison, de — 23°3/ le Ier janvier sera de — i7°33/ le 3i. La durée du jour, à Paris, augmente en ce mois et passera de Shi6m le ier à 9hi9m le 3i.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Janv. Heure du passage Date : Janv. Heure du passage Date : Janv Heure du passage
- jer nh5/jm os i3 lib5gmj js 25 126 2tn57s
- 4 il 55 24 16 12 017 28 12 3 36
- 7 11 56 44 J9 12 1 17 3i 12 4 7
- 10 11 58 0 22 12 210
- Observations physiques. — Suite des donnée permettant l’orientation des dessins et des photographies du Soleil :
- Date(oh) P B0 L0
- Janv. 1 + 2*42 E — 3*o3 317*07
- — 5 + 0,47 E — 3,4g 264,39
- — 8 — 0,98 0 - 3,83 224,88
- — 10 — U95 0 — 4,04 198,54
- — i5 — 4,34 0 - 4,56 132,70
- — 20 — 6,67 0 —- 5,04 66,87
- — 25 — 8,92 0 -5,48 1,04
- — 3o — 11,08 0 — 5,88 295,20
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Du 9 au 21, observer le soir la lumière zodiacale, dès l’arrivée de la nuit (loin des lumières artificielles).
- 1. Toutes les heures figurant ici sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). Le temps universel, ou temps de Greenwich, est le temps légal en France.
- 2. S’adresser à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris (6e).
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée du 18 au 3o janvier, vers minuit, entre les Gémeaux et le Cancer, juste à l’opposé du Soleil.
- II. — Lune. — Les phases de la Lune, en janvier, se produiront comme suit :
- P. L. le 5, à 21 t*3om I N. L. le 20, à 13627m
- D. Q. le 12, à i3hiom I P. Q. le 28, à i56 om
- Age de la Lune, le ier janvier, à oh = ioj,2 ; le 21 janvier = oi,4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le 4 janvier, à 6h = + 20°i5/; le 17 janvier, à 6h = — 2o°i2/.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le G janvier, à nh. Parallaxe = 6i,24,/. Distance —357 i32 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 janvier à 23h. Parallaxe = 53,55//. Distance = 4o6 700 km.
- Occultations d'Ëtoiles et de Planètes par la Lune :
- Mag ni- Phéno- Heui)e
- Date Astre tude mène Paris Uccle
- Janv. 1 Uranus 6m ,0 Im. i6656m: ,3 176 1 m. >7
- — 3 811 B. D. + 19° 6 2 Im. 19 26 3 19 28 4
- — 7 x Cancer 5 1 Em. 20 47 0 20 49 4
- — i5 4i Balance 5 5 Era. 6 i3 6 6 17 2
- — 22 46 Capricorne 5 3 Im. 16 53 6 16 5i 4
- 25 4752 B. D. -f- 20 6 9 Im. 19 16 3 19 *4 7
- — 26 a Poissons 4 6 Im. 16 56 6 17 2 8
- — 28 29 Bélier 6 1 Im. 18 52 7 18 58 7
- — 29 576 B. D. + 170 6 4 Im. 22 8 4 22 10 3
- — 3o 633 B. D. + 180 6 0 Im. 17 40 6 17 44 9
- — 3o s Taureau 3 6 1m. 19 42 7 19 45 7
- L’occultation de la planète Uranus, le Ier janvier, sera particulièrement intéressante. Seule, l’immersion sera visible en France; il fera encore un peu jour. La Lune sera âgée de 11 jours et très lumineuse. Cependant, une petite lunette permettra de voir Uranus, dont le diamètre sera de 3^6, disparaître progressivement, mais rapidement, derrière le limbe obscur de la Lune.
- Heures de l’occultation : pour Lyon = i6h52m,9 ; pour Strasbourg = i7hom,4-
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout du 6 au 10 janvier, à l’époque de la pleine Lune. Leur coefficient maximum atteindra 108 centièmes. Elle seront très fortes.
- III. — Planètes. — Le tableau ci-après, qui a été dressé à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de janvier 1939.
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- ASTRE Date : Janv. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- L 1 71146m 11 t>54m 0s 16I1 2m i8t|44m — 230 3' 32' 35"i Sagittaire
- Soleil . .< i3 7 43 11 59 11 16 16 19 37 — 21 35 32 34,5 Sagittaire ) »
- ( 25 7 32 12 2 57 16 34 20 28 — 19 7 32 32,6 Capricorne
- 1 5 55 10 16 i4 38 17 5 — 20 3g 7j° Ç Scorpion Le matin, au début du
- Mercure J i3 6 21 io 29 14 37 18 4 23 0 5,6 p. Sagittaire
- 25 6 49 10 57 i5 4 19 19 — 23 i5 5,o tt Sagittaire
- r 4 6 8 55 i3 44 .5 44 — 15 37 37,2 u Scorpion
- Vénus. i3 4 5 8 45 i3 26 16 21 — 17 i5 3i ,2 Scorpion Eclatante, le matin.
- 25 4 i3 8 44 i3 i5 17 7 — 19 0 26,8 tt Serpent
- 1 2 59 7 53 12 46 14 3i — 14 42 4,8 Balance
- Mars , i3 2 52 7 35 12 17 i5 11 — 16 54 5,2 Balance Vers la fin de la nuit.
- 25 2 45 7 17 11 49 i5 4i — 18 49 5,4 Scorpion
- Jupiter i3 9 33 14 43 19 53 22 21 Il 23 32,4 0 Verseau Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . i3 10 55 17 10 23 24 0 48 + 2 29 i5,8 Poissons Premre partie de la nuit.
- Uranus 1 12 37 19 55 3 17 2 47 -J- 15 42 3,6 rr Bélier Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . 1 22 25 4 48 11 8 11 37 + 3 43 2,4 89 Lion Presque toute la nuit.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 3 janvier, à i4h, à 2a°45/ à l’Ouest du Soleil. La planète sera visible en de mauvaises conditions, en raison de sa forte déclinaison australe.
- Vénus brille d’un magnifique éclat le matin. Elle atteindra sa plus grande élongation le 3i janvier, à oh, à 46°5o? à l’Ouest du Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Date Fraction illuminée du disque Diamètre Magnitude
- Janv. 1 o,3io 37','2 -4,4
- — 6 0,34g 34,4 — 4,3
- — 11 o,384 32,0 - 4,3
- — 16 0,416 3o,o — 4,2
- — 21 0,447 28,0 — 4,2
- — 26 0,476 26,4 — 4,i
- — 3i 0,502 24,8 — 4,1
- Mars se lève le ier, vers 3h du matin. Il est donc observable vers la fin de la nuit. Son diamètre augmente, mais il est encore très faible. Seuls les très grands instruments permettent, dès à présent, les observations des détails de la surface.
- Jupiter est encore un peu visible. On pourra observer les phénomènes suivants du système des satellites :
- Janvier 1, I. P. f. x7h8m; I. O. f. 18 V1. — 2, II. E. f. i7h48m,2. — k, III. E. f. I7hi3ra,5. — 8, I. P. c. i6h52m;
- I. O. c. i7h4ç)ra; I. P- f. iç)hiom. — 9, I. E. f. i7hi7m,3. —
- II, III. Em. i7h42m; III. E. c. i7h5im,4. — 13, IV. E. c. i7h34m,i. — 15, I. P. c. i8h54m. — 16, IL Im. i8h34“. — 18, II. O. f. i7h26œ ; III. Im. i8h37m. — 23, I. Im. i8h8m. — 24, I. P. f. i7h44ra; T. 0. f. i8h26m. — 25, I. O. c. i7hi6m. — 31, I. P. c. i7h29m; I. O. c. i8h4m.
- Le 5 janvier, vers i7ü45m, remarquer la curieuse disposition des satellites I, II et IV de Jupiter, à l’Ouest de la planète, et très près les uns des autres.
- Saturne, visible jusqu’à près de minuit, sera en quadrature orientale avec le Soleil le 2 janvier, à 2011. Voici les
- éléments de l’anneau pour le i5 janvier :
- Grand axe extérieur. .............. 39,38
- Petit axe extérieur............................— 5 89
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . — 8 596 Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau . . —11 079
- Élongations de Titan : A l’Est : le 4 janvier à 2h,7; le 20, à 2h,2; à l’Ouest : le 12,• à 4h,9 et le 28, à 4h,5.
- Uranus est visible une grande partie de la nuit. L’occultation par la Lune qui aura lieu le Ier janvier est une occasion exceptionnelle pour le trouver sur le Ciel. Pour le suivre, s’aider de la petite carte publiée au n° 3o24, p. 283.
- Neptune est visible presque toute la nuit. Se reporter à la petite carte donnée au Bulletin astronomique du n° 3oi8, page 91 sur laquelle on portera sa position donnée au tableau des planètes.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1, à i8h, Uranus en conj. avec la Lune, à oo35' S.
- Le 5, à i3*b Vénus — 49 Balance(5m7), àoon'N.
- Le io. à i5h. Mercure — la Lune, à 5<>3i'N.
- Le i4, à 2ih, Mars Le 16, à 9I1, Vénus Le 18, à 20h, Mercure Le 23, à i8h, Jupiter Le 26, à 2oh, Saturne Le 29, à 2^, Uranus
- la Lune, à o«2i'N. la Lune, à 20 5'N. la Lune, à 4°25'S. la Lune, à 6« 0' S. la Lune, à 5°i3' S. la Lune, à 0020' S.
- Étoile Polaire; Temps sidéral.
- Date Passage Heure(T.U.) Temps sidéral (*)
- Janv. 0
- — 16
- — 26
- Supérieur
- i8h3i“42S
- i7 52 12 I7 12 42
- 6h58n>42S
- 7 38 8
- 8 17 33
- Étoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’Étoile Algol (j3 Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j20h49m; le 2, à 17h4om ; le 17, à ih46m; le 19, à 22h36m ; le 22, à igh25m.
- Étoiles filantes. — L’essaim le plus important actif en janvier est celui des Bootides (radiant (3 Bouvier) qui donne, les 2 et 3 de ce mois, des météores rapides, à longues trajectoires.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1e1' janvier, à 2ih ou le i5 janvier, à 20h est le suivant : Au Zénith : Le Cocher; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; le Dragon.
- A l'Est : Le Lion, le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Orion; le Taureau; le Grand Chien; l’Éridan.
- A l’Ouest : Andromède; Pégase; le Bélier; La Baleine.
- Em. Touchet.
- 1. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Actualides cientificas, par Ignacio Puig S. J. lre série. 1 vol. 200 p. B. Pezza et Cie, Buenos-Ayres, 1938.
- Le savant directeur de l’observatoire de San Miguel a réuni ici un certain nombre d’articles de vulgarisation publiés dans le quotidien El Pueblo de Buenos-Ayres. L’astronomie, la météorologie, la physique du globe ont fourni à l’auteur des sujets qu’il expose avec clarté et talent.
- Nouvelle photographié moderne, par A. Planès-Py, 3e édition, i vol., 170 p., 45 fig. Editions Radio, Paris, 1938. Cet ouvrage donne tous les renseignements nécessaires à l’amateur averti ou au professionnel pour exécuter de bonnes photographies sur petits formats ainsi que leurs agrandissements.
- Feuerfeste Baustoffe silikatischer und silikathaL tiger Massen, par Cl. Koeppel. 1 vol. 296 p., 51 fig. Ver-lag von S. Hirzel, Leipzig, 1938.
- Ce traité est consacré principalement aux matériaux de construction réfractaires à base de silice ou de silicates. Ces matériaux jouent dans l’industrie du feu un rôle capital ; leur étude commence à sortir de l’empirisme, grâce aux travaux modernes sur la chimie et la chimie physique de la silice et des silicates. Le Dr Kœppel donne ici un excellent exposé de l’état actuel de cette question : différentes formes de la silice, étude des transformations d’une forme dans une autre, constitution des silicates, étude des systèmes : silice-alumine, silice-chaux-alumine, réactions de la silice à l’état solide, accélérations artificielles des transformations de la silice. Dans l’immense masse de travaux sur ces sujets, l’auteur s’est attaché à dégager ceux qui présentent un intérêt technique. Son exposé, bien construit et solidement documenté, est appelé à rendre de très grands services.
- Le service météorologique et de physique du globe de la Martinique.
- Le Gouvernement de la Martinique vient de publier une brochure sur le fonctionnement et l’organisation de ce service très important, tant au point de vue des prévisions météorologiques dans une région particulièrement soumise aux tempêtes et aux cyclones tropicaux et dépourvue de tout réseau de stations d’observation vers l’Est, qu’au point de vue de l’étude et de la prévision des manifestations éruptives de la montagne Pelée qui présentent des caractéristiques probablement uniques au monde : les nuées ardentes et les excroissances s’élevant verticalement au sommet du volcan qui, au lieu de présenter un cratère se termine par une pointe rocheuse formant bouchon à l’extrémité de la cheminée volcanique.
- La forêt, par Roger Blais. 1 Ami. in-8°, 294 p., fig., 16 pi. en couleurs. Collection « Loisirs dans la nature ». Presses Universitaires de France. Paris, 1938. Prix : 25 francs. Puisque les loisirs ne sauraient être mieux utilisés que dans la nature, l’auteur en profite pour présenter la forêt d’une manière très complète et pittoresque, à la manière scoute ; la forêt dans le paysage, l’arbre, les animaux, la vie de la forêt, la cueillette et la chasse, la production du bois, l’exploitation, les types de forêts, le tourisme dans la forêt, ce qu’on y peut voir, le code de ce qui est défendu. Présentation agréable et exposé très vivant.
- La défense du vignoble, par L. Moreau et E. Vhnet. 1 vol. in-16, 220 p., 47 fig. Collection « La terre ». Flammarion, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Le vignoble est constamment menacé de maladies dont les unes suppriment la récolte et les autres les plants eux-mêmes. L’auteur décrit toutes ces calamités : gelées et grêle, maladies cryptogamiques (oïdium, mildiou, etc.), insectes (cigarier, attise, pyrale, etc.), maladies du tronc et des racines (esca, court-noué, pourridiés), phylloxéra. II.s’étend longuement sur l’organisation générale de la défense du Adgnoble, seule efficace, à condition d’être surtout préventive.
- Insects of Citrus and other subtropical fruits,
- par Henry J. Quayle. 1 vol. in-S°, 583 p., 377 fig. Comstock Publishing Cy, Ithaca, New-York, 1938. Prix : relié toile, 5 dollars.
- L’auteur, professeur d’entomologie à l’Université de Cali-
- fornie, comble une lacune en traitant des insectes qui ravagent les plantations de citronniers et d’autres arbres sub-tro-picaux : avocatier, A-igne, noyer, amandier, figuier, olivier, etc. Chaque espèce de prédateur est soigneusement décrite, ses mœurs et sa biologie sont indiquées, les meilleurs moyens de lutte : fumigations, pulvérisations, sont présentés avec tous les détails d’application. Entomologistes et horticulteurs liront ce livre avec intérêt, et les méthodes préconisées, résultat d’une longue expérience, pourront servir dans la lutte contre d’autres calamités agricoles.
- Le porc et le mouton de plein air, par J. Legrand. 1 vol. in-16, 101 p. Collection « La terre » Flammarion, Paris, 1938. Prix : 9 francs.
- Pour mettre en valeur des terres moyennes ou médiocres, l’auteur en a fait des prairies, clôturées soigneusement ; il a planté des topinambours, acheté un matériel glissable et automatique pour économiser la main d’œuvre, choisi des races de porcs et de moutons, étudié leur alimentation, leurs maladies, examiné les problèmes d’élevage et de vente. Il apporte ici le bilan précis de l’opération, calculé sous tous ses aspects : capital, revenus, fonds de roulement.
- La considération du poids vif dans les études d’alimentation, par Raoul Gouin. 1 broch. in-8°, 24 p., 6 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1937. Prix : 7 francs.
- Les animaux présentent des variations du poids Adf, les unes biologiques et périodiques, les autres accidentelles et souvent dominantes, qui empêchent une fixation précise de la ration. L’auteur recommande des obser\mtions nouvelles pour préciser ces aléas.
- Travaux du 1er congrès international du folklore.
- Publications du Département et du Musée national des arts et traditions populaires. 1 vol. in-8°, 449 p., 16 pi. Arrault et Ci0, Tours, 1938.
- L’exposition de 1937 nous a valu un nouveau musée, celui des arts et traditions populaires, et un congrès du folklore dont voici le compte rendu. Tous deux marquent le renouveau et le développement d’une science fort vieille, mais trop longtemps négligée en France, science naturelle qui observe et recueille les modes de A7ie, les activités locales, ancestrales et s’essaie à leur groupement et à leur classement, science vivante, agréable et facile dont les règles précises doivent cependant être dégagées et connues. Ce congrès international, le premier du genre, en groupant pour la première fois les compétences de tous les pays, a fixé la doctrine en même temps qu’il a réuni un très bel ensemble de communications sur la diversité des ervilisations matérielles, des structures sociales, de l’art populaire, des traditions orales, de la musique, du costume, etc. Grâces en soient rendues à ses animateurs, MM. Rivet et Rhdère, à qui l’on doit cette publication fondamentale.
- L’évolution pédagogique en France, par Emile Durkheim. 1 vol. in-8, 223 p. Félix Alcan, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- Au moment où l’on parle une fois de plus de réformer l’enseignement du 2e degré, le Pr Halbwachs publie le cours sur l’histoire de l’enseignement en France que Durkheim donna à la Sorbonne de 1904 à 1914. C’est l’étude des institutions dans le cadre historique, sous l’influence des circonstances et du milieu social et l’examen des grandes expériences pédagogiques du passé, dans leurs liaisons et leur développement. Ce premier tome commence à l’église primitrve, trace la genèse de l’université et s’arrête à la Renaissance.
- Science moderne et philosophie médiévale, par
- M. Gorce et F. Bergounioux. 1 vol. in-8°, 179 p. Alcan, Paris,
- 1935. Prix : 15 francs.
- Les auteurs, professeurs à l’Institut catholique de Toulouse, examinant les sciences modernes, y retrouvent des analogies et des tendances communes avec la philosophie du Moyen Age : le sens de l’individuel de Saint-Thomas, celui du concret de Duns Scot. Ils dégagent la notion de la réalité concrète, matérielle et sensible de l’objet et celle de l’actrvité spirituelle de chaque savant pour aboutir à la seule unité, la métaphysique.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ier août 1938.
- L’élément 93. — Les recherches effectuées jusqu’à ce jour pour découvrir dans la nature un élément transura-nien avaient échoué. Cependant MUe Cauchois et M. IIulu-bei ont repris cette recherche en étudiant systématiquement des minerais (pechblendes, columbiles) contenant de l’uranium ou du rhénium. Après un tri préalable, ils ont examiné les spectres avec un excellent spectrographe à focalisation et ont trouvé des raies susceptibles, d’après la loi de Moseley, d’appartenir à l’élément g3. Ils croient pou-Aroir affirmer avoir reconnu les raies al5 p1? |30 et y de cet élément. L’élément 90 existerait donc dans la nature en quantités suffisantes pour être décelé spectroscopiqucment et serait probablement susceptible d’être concentré chimiquement.
- Le claveau et Falumine. — L’hydrate d’alumine adsorbe le virus et les toxines. M. Balozet a ainsi réalisé l’adsorption du virus claveleux sur l’alumine; le virus se fixe énergiquement, les eaux de lavage cessant d’être virulentes. L’inoculation dans le derme du précipité virulent d’alumine provoque chez le mouton des réactions différant des pustules habituelles obtenues par inoculation directe du claveau. Les phénomènes inflammatoires sont peu marqués et disparaissent en laissant un noyau fibreux dur. Par injection sous la peau, on 11’observe le plus souvent aucune autre réaction que la formation d’une petite nodosité. Les moulons sont dans tous les cas immunisés. Une nouvelle technique de la vaccination contre la clavelée se trouve ainsi mise au point. Ses résultats sont excellents, même sur la race sarde dont la sensibilité à cette maladie est très élevée.
- Séance du 8 août 1938.
- Fossiles sahariens. — Dès 1981, M. Kilian avait exposé le rôle des complexes Continental intercalaire et Continental post-tassilien, apparentés au Précambrien, comme composants des grès de Nubie. MM. Kilian et Langlois apportent aujourd’hui la preuve de la formation par du Continental Post-tassilien des Monts Doumergue et de leur dépendance méridionale. Ils ont en effet trouvé dans une falaise une plaque de grès couverte d’empreintes dues à des moules du Carbonifère moyen. Cette découverte confirme les indications déjà fournies par la flore fossile mais, cette foi®, sans qu’il reste la possibilité d’un apport par bois flottés à envisager. En outre les auteurs confirment par la découverte d’un oursin, que le substratum normal des bas-pays du Chelamma et de Madama est un Continental intercalaire contenant des lambeaux de calcaires crétacés.
- Bactériothérapie cutanée. — Pour le charbon, la peau est le tissu réceptif par excellence ; de même son immunité entraîne celle de tout l’organisme. M. Besredka vient de constater que l’inoculation charbonneuse du lapin ne provoque pas la maladie lorsqu’au niveau.de l’injection se présente un petit foyer à streptocoques. L’auteur expose ensuite que la survie est de règle si on injecte simultanément dans la peau les bactéridies et des streptocoques, ceux-ci peuvent même être injectés trois heures après l’inoculation charbonneuse, près de l’œdème déjà formé. Si dans ce dernier cas les streptocoques sont introduits en un point éloigné de la première inoculation, dans le flanc opposé par exemple, les lapins succombent. On constate une courte survie et évolution d’une infection mixte strepto-bactéri-dienne si l’injection des streptocoques a lieu sous et non
- dans la peau, ceci même si la seconde inoculation a lieu au voisinage de la première. Dans tous les cas les survivants sont immunisés solidement contre le charbon. L’auteur signale qu’il est possible d’observer in vitro une action inhibitrice des streptocoques sur les bactéridies, mais qu’il est probable que la réaction inflammatoire due aux streptocoques joue aussi un rôle; il doit se produire une interférence grâce à laquelle l’animal échappe à l’infection charbonneuse.
- Séance du 17 août ig38.
- Les parasites atmosphériques. — MM. Hubert et Barberon ont étudié les parasites atmosphériques avec un oscillographe d’Abraham et un oscillographe cathodique Du Mont. Un orage voisin donne deux séries de courbes. La première est composée d’une onde unique, à front très raide, très amortie, d’une durée inférieure à i/5o de seconde et ne correspond à aucun phénomène lumineux observable ; au haut-parleur, elle se traduit par un claquement. La seconde série se compose de plusieurs oscillations dont la durée totale varie, en général, de i/4 à une seconde; l’oscillographe Abraham donne une oscillation très importante mais son inertie ne permet pas de suivre les détails du phénomène ; l’oscillographe cathodique permet de voir le spot décrire des courbes successives analogues à la courbe unique du début mais très serrées et quelquefois enchevêtrées. Au haut-parleur, le phénomène se traduit par un bruit continu mais irrégulier. Cette seconde série correspond à l’éclair mais continue après la fin de toute manifestation lumineuse. On peut donc discerner le claquement, phénomène non observable directement, et la décharge, d’un caractère physique différent, mais directement en relation avec l’éclair. Les auteurs ont par ailleurs noté que, si aucun orage n’a lieu dans un rayon de 5oo km, les parasites sont tous du type claquement.
- Les sels métalliques et Faction des hormones.
- — A des doses bien choisies, les sels de zinc prolongent l’action hypoglycémiante de l’insuline et l’action hypergly-cémiante de l’adrénaline. M. Schwab montre que cette propriété est commune aux sels de nombreux métaux, même choisis très loin dans la classification périodique, tels le nickel, le fer et le cuivre. Aux doses faibles on n’observe aucune action, aux doses moyennes il y a retardement, prolongation et parfois renforcement de l’action, aux doses fortes il y a, au contraire, inhibition. L’auteur se rallie à la conception américaine d’un retard dans la résorbtion des hormones aux doses moyennes et de la toxicité pour les éléments cellulaires régulateurs de la glycémie aux doses fortes.
- Séance du 22 août 1938.
- Fixation des leucobases sur les végétaux. —
- Poursuivant leurs recherches sur la fixation des colorants sur les cellules végétales, MM. Guilliermond et Gautheret ont examiné s’il est possible de réussir avec les leucobases préparées par l’action de l’hydrogène, catalysée par l’amiante, sur les colorants. En général les leucobases des colorants vitaux (vert Janus, rouge neutre, bleus de cré-syle, bleu de Nil, bleu de méthylène) se fixent sur les cellules comme les colorants correspondants et ceux-ci se reforment par oxydation. La pénétration des leucobases est plus lente que celle des colorants. En outre les auteurs ont pu relever de nombreuses exceptions et certains comporte-r ments tout à fait particuliers. , L. Bertrand.
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- INFORMATIONS
- NOTES ET
- NÉCROLOGIE
- Paul Helbronner — Georges Urbain.
- L’Académie des Sciences vient de perdre deux de ses membres : Helbronner et Urbain. Le Président de l’Académie, M. Cotton, a rappelé ainsi leur vie et leur œuvre :
- « M. Paul Helbronner est mort à Paris le 18 octobre, peu après son retour de Nice. Il était né à Compiègne le 24 avril 1871. Ancien élève de l’École polytechnique, il était en 1902 chef d’une importante industrie métallurgique lorsque des circonstances favorables lui permirent d’abandonner cette carrière pour se consacrer entièrement au
- Fig. 1. — Paul Helbronner.
- grand travail qui devait l’occuper pendant toute sa vie. Alpiniste fervent, M. Helbronner avait dessiné et peint de grands panoramas, de (5 m de développement, du sommet du Mont Blanc et du sommet du Pelvoux, utilisant des tours d’horizon photographiques qu’il avait obtenus pendant ses ascensions. En faisant les calques explicatifs de ces panoramas, il avait eu l’occasion de constater l’insuffisance des relevés géodésiques faits jusqu’alors dans ces montagnes. C’est ce qui le décida à entreprendre une étude de toute la haute région des Alpes Françaises, du Lac de Genève jusqu’à la Méditerranée. C’était là un travail considérable, comparable à ces mesures d’arcs de méridien que des services d’Ëtat avaient seuls pu entreprendre jusqu’alors. M. Helbronner le mena à bien, avec ses propres ressources, effectuant lui-même une grande partie des mesures sur le terrain, qui n’ont pas exigé moins de 22 campagnes successives jusqu’en 1925, assurant ensuite tous les calculs et la publication des résultats. En 1925 et 1926 il a couronné son œuvre en reliant au réseau qu’il avait tracé sur le Continent l’île de la Corse. Il a pu utiliser cette fois des officiers et des hommes de troupe mis à sa disposition par les Ministères de la Guerre et de la Marine, et il eut la
- collaboration de notre confrère M. Fayet, alors directeur de l’Observatoire de Nice, pour les observations astronomiques nécessaires pour les mesures de la déviation de la verticale.
- « Même avant leur publication complète, les résultats obtenus par M. Helbronner se sont montrés fort utiles : ils ont servi notamment lors de l’aménagement des installations hydrauliques des Alpes, et pour l’organisation de la défense de notre région frontière du Sud-Est. Pendant la guerre, M. Helbronner prit une part active à l’organisation du réseau de triangulation détaillée qui a servi, sur tout le front, à fournir aux artilleurs les éléments nécessaires pour le tir. Pendant la dernière année de la guerre, il installa sur la montagne de Prégentil, au-dessus de Boui’g-d’Oisans, une station d’expériences de tirs en montagne, qui servit notamment à étudier les trajectoires des tirs contre avions : il projetait même d’installer un champ d’expériences plus haut encore, au Pelvoux, se rendant compte que les avions voleraient bientôt à des altitudes dépassant 7.000 m ».
- Georges Urbain est mort le 5 novembre.
- « Né à Paris, le 12 avril 1872, fils d’un professeur de chimie à l’École Lavoisier, Urbain était ancien élève de l’École de Physique et de Chimie de la Ville de Paris, d’où il était sorti en 1894 le premier de sa promotion. Préparateur à cette école, puis préparateur particulier de Friedel, auquel il a toujours gardé un souvenir reconnaissant, il vint peu après travailler auprès de Jean Perrin : c’est là qu’il fit sa thèse de Doctorat sur la séparation des terres rares. Il passa cinq ans dans l’industrie, de 1899 à 1904, comme chef du laboratoire de recherches de la Compagnie générale d'Électricité : je me rappelle l’y avoir vu, un jour où il était occupé à construire des lampes à arc jaillissant entre des bâtonnets d’oxydes. Il enseigna ensuite, d’abord à l’École de Physique et de Chimie, puis à la Faculté des Sciences, où il fut nommé professeur en 1908.
- « Pendant très longtemps son activité scientifique a été appliquée à l’étude des terres rares. Ces terres rares, comme on sait, n’ont guère pu être étudiées avec fruit que depuis que certains sables qui en contiennent, les sables mona-zités, ont été utilisés industriellement; on en extrait l’oxyde de thorium, qui forme 99 pour 100 de la substance formant les manchons des becs Auer. Un travail intéressant d’Urbain est même la préparation de sels de thorium purs, pour laquelle il a utilisé les propriétés qu’il avait trouvées de l’acétylacétonate de thorium. Ce sêl, qui cristallise en magnifiques cristaux, est très soluble dans l’eau et plus encore dans le chloroforme; il a la propriété remarquable d’être sublimable dans le vide. Les terres rares proprement dites accompagnent le thorium dans les produits naturels, en proportion variable d’un élément à l’autre ; mais cette proportion ne change guère, chose remarquable, avec l’origine des produits, si bien que certains d’entre ces éléments exigent pour qu’on les obtienne un travail de séparation extrêmement long et pénible. Urbain n’a pas reculé devant cette tâche : il s’est consacré aux éléments dont se composent les terres yttriques, éléments dont l’étude était délaissée parce qu’il s’agissait d’aller plus loin que les Marignac et les Lecoq de Boisbaudran, qui leur avaient consacré déjà beaucoup d’efforts et d’ingéniosité.
- et Pendant de longues années, Urbain, seul ou avec Lacombe, a fait un nombre immense de cristallisations, deux cent mille au moins, disait-il, mais il a eu le grand mérite de choisir judicieusement les procédés de séparation
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- — dont plusieurs étaient nouveaux •— et de comprendre la nécessité de caractériser les produits séparés à l’aide de plusieurs méthodes employées simultanément. Il est arrivé ainsi, grâce à la pureté des produits obtenus, à obtenir des oxydes rares avec une rigueur inconnue auparavant. Il a montré que beaucoup de corps simples dont l’existence avait été annoncée n’étaient que des mélanges d'europium, de gadolinium, de terbium, de dysprosium. Ses conclusions, et les masses atomiques qu’il avait déterminées de ces éléments rares, ont été adoptées par le Comité international des poids atomiques.
- « Georges Urbain a montré que l’ytterbium, considéré alors comme le dernier métal rare, contenait un élément inconnu, le lutécium. La découverte de ce lutécium, dont le nombre atomique est 71, lui est due complètement. Il a indiqué aussi un autre élément, occupant la place immédiatement voisine dans le tableau de Mendéléieff, celui auquel il a donné le nom de celtium. Cet élément, de nombre atomique 72, a été depuis bien caractérisé par les travaux de llevesy.
- « Pour une bonne part, ce sont des procédés physiques qu’Urbain a employés méthodiquement dans cette étude des terres rares. Comme ses devanciers il a d’abord utilisé les spectres : spectres d’absorption ou d’émission divers, spectres de phosphorescence cathodique, etc. Il avait, sur ce sujet, publié un livre, Introduction à Vétude de la spectrochimie, où il résumait les fruits de l’étude attentive qu’il en avait faite. Dans le domaine de la phosphorescence cathodique Urbain découvrit cette loi importante de l’optimum, d’après laquelle la phosphorescence est la plus vive lorsqu’on ajoute au diluant, qui est la partie la plus abondante du produit, une proportion déterminée d’une impureté, qui est le véritable corps phosphorogène. Urbain a, d’autre part, fait toujours dans ses recherches un usage méthodique des mesures magnétochimiques. Les terres rares forment, comme on sait, à cet égard un groupe particulièrement remarquable : des éléments dont les masses atomiques ne diffèrent que de quelques unités montrent les différences énormes dans leurs coefficients paramagnétiques : les sels de dysprosium notamment sont même environ i5 fois plus magnétiques que les sels correspondants de fer. Aussi Urbain a-t-il fait un large usage de la balance de Curie, dont l’emploi était beaucoup plus rapide d’ailleurs que la détermination des masses atomiques.
- « Parmi les travaux de Geoi'ges Urbain, ne se rapportant pas à l’étude des terres rares, je voudrais seulement rappeler ses travaux sur les complexes minéraux. Dans le livre qu’il a écrit sur ce sujet, en collaboration avec un de ses élèves, le regretté Sénéchal, il montrait comment la chimie des complexes forme, si l’on peut dire, le pont entre la chimie minérale et la chimie organique, qui semblaient différer si profondément par leurs méthodes et leur esprit.
- « Pendant la guerre Georges Urbain a rendu de grands services à la défense nationale : il avait dès 1 gi4 été appelé à la Direction du Laboratoire de Chimie de la Section Technique de l’Artillerie et avait obtenu des résultats importants, en ce qui concerne notamment les gaz asphyxiants et la production des fumées destinées à contrarier les bombardements aériens. Il avait dès 1916 été nommé membre de l’Inspection des Études et Expériences chimiques de guerre et n’avait pas cessé depuis d’être consulté sur les questions de défense nationale. D’ailleurs son autorité était grande, en dehors même de l’Institut de Chimie de la Faculté des Sciences dont il était le directeur, de l’École Centrale où il a longtemps enseigné, de l’École des Hautes Études où il présidait la Section des Sciences expérimentales.
- NAVIGATION
- Le paquebot « Queen Elizabeth »
- Voici quelques renseignements techniques sur le nouveau paquebot géant de la Cunard-White Star, le Queen Elizabeth, lancé le 27 septembr. La première pièce de quille fut posée sur le chantier en décembre 1936 et le premier voyage est escompté pour mai 1940.
- Les caractéristiques principales du nouveau navire sont les suivantes :
- Longueur totale 3x4 m
- Longueur du pont-promenade . 220 — 65
- Largeur . 35 — 95
- Creux (jusqu’à la couverture du
- grand salon) 36 — 57
- Hauteur jusqu’au sommet de la
- cheminée avant 55 —
- Hauteur jusqu’à la pomme du
- mât 71 —
- Nombre de ponts i4
- Tonnage brut OO Qi O O O
- Puissance des machines de vpro-
- pulsion 180.000-200.000 ch
- Nombre de chaudières. . . 12
- Pression de la vapeur .... 3o kgr/cm:
- Nombre d’hélices 4
- Nombre de groupes propulseurs. 4
- Nombre de corps de turbine dans
- chaque groupe ..... 4
- Rappelons que le tonnage de Normandie est de 82.000 t. La vitesse prévue est de 3i-32 noeuds.
- La différence apparente marquante avec les deux superpaquebots actuellement à flot, Queen Mary et Normandie est le nombre des cheminées qui sera de deux au lieu de trois, chacune ayant une section elliptique dont les axes ont respectivement 9 m i5 et i3 m 4o.
- Le navire portera 3 ancres dont une à l’avant destinée à faciliter l’amarrage à Southampon et à New-York. Il a fallu modifier l’avant et la proue présente une inclinaison plus prononcée pour permettre la manoeuvre de cette ancre en pointe, ce qui a eu pour résultat une augmentation de
- 3 m environ de la longueur totale de la coque.
- La construction a nécessité le forgeage de pièces de très grandes dimensions. Afin de fixer les idées, nous dirons que le gouvernail et sa monture pèsent 120 t, les supports d’arbres de couche 120 t, la pièce de poupe 190 t et la pièce d’étrave 60 t. Quant aux hélices en bronze, la pièce de moulage pour chacune d’elles, avant usinage, pesait environ 5o t et après usinage, l’hélice pèse environ 3o t 5.
- Chaque ancre pèse 16 t, et comporte environ 3oo m de chaîne ; pour les 3 ancres on arrive à un poids total de chaîne de 2 25 t.
- L’appareil moteur comprend des turbines Parsons avec réduction de vitesse par engrenages simples. Chaque hélice est entraînée par un groupe indépendant comprenant une grande roue dentée de 4 m 25 de diamètre pesant 80 t, avec laquelle seront en prise les pignons calés sur les arbres des
- 4 turbines formant un groupe.
- La vapeur sera fournie aux 16 turbines par 12 chaudières à tube d’eau à haute pression disposées en 4 chaufferies et qui contiendront 71.000 tubes. Chaque chaudière a une surface de chauffe de i.goo m2, avec une surface de surchauffe de 940 m2. La chauffe sera faite à l’huile lourde sous tirage forcé.
- Un groupe de turbines se compose d’un corps HP, de deux corps MP et d’un corps BP de puissance égale.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Roland, à Souxhon (Belgique). — Le polissage du bois comporte les opérations suivantes :
- 1° Le passage an papier de verre se fait habituellement avec du papier de verre n° 0 que l’on frotte au moyen d’un morceau de bois rectangulaire d’environ 10 x 8 cm de côté et 3 ou 4 cm d’épaisseur ; la feuille de papier de verre est appliquée sous le bloc, verre en dehors, le surplus de la feuille étant relevé sur les côtés du bloc de façon à l’envelopper.
- Ne jamais frotter le bois suivant le fil, on ferait des rainures surtout avec les bois tendres ; on doit toujours frotter perpendiculairement au fil du bois.
- Éviter d’autre part d’arrondir les angles de l’ouvrage ; pour cela on place un morceau de planche, par exemple une chute provenant du travail effectué dans le prolongement de la pièce que l’on polit ; de cette façon le papier de verre la dépasse sans plonger.
- La pièce étant bien essuyée, on passe à la surface un chiffon humide pour enlever la poussière.
- 2° Le ponçage s’effectue avec une mixture composée de poudre de silex ou de pierre ponce finement broyée délayée à l’aide d’un mélange à parties égales d’huile de lin et d’essence de térébenthine. On applique ladite mixture avec un chiffon disposé en tampon et on frotte,jusqu’à ce que la surface soit parfaitement sèche.
- 3° Le polissage : ayant rendu la surface parfaitement lisse, pour lui donner un poli parfait, on applique une dernière composition mi-partie alcool, mi-partie huile de lin et on donne au tampon un mouvement rotatif, ce qui produit finalement un brillant très fin, que l’on adoucit encore avec une peau de chamois.
- Dans le cas d’exécution de travaux très soignés, sur meubles par exemple, on intercale entre les opérations précédentes un rebouchage des pores du bois, une teinture appropriée, un passage à la gomme laque, etc., travail qui est alors du domaine de l’ébénisterie.
- 2° Nous avons donné dans le n° 3024, page 288, réponse à l’Institut électronique de Grenoble, une formule de pâte à copier, veuillez bien vous y reporter.
- N. B. — Vous pourrez vous procurer de la ponce à polir chez Pelissier, 7, rue Grenier-Saint-Lazare.
- I. R. C., à Clermont. — Les miles ou teignes des vêtements (Tinea pellionella) passent l’hiver à l’état de larves, qui se chrysalident au printemps ; elles donnent d’avril à juillet l’insecte parfait que l’on voit voltiger sans que l’on puisse facilement l’atteindre.
- C’est donc surtout à l’état de larves que l’on doit procéder à la destruction en enfermant les vêtements dans des caisses, après les avoir saupoudrés de poudre de pyrèthre fraîche, soit en plaçant dans la caisse un flacon bourré d’ouate et imbibé largement de tétrachlorure de carbone.
- Réunion des Officiers, à Nantes. — Si le sol de votre balcon-terrasse a déjà été recouvert d’asphalte, le mieux pour lui redonner un aspect convenable est de recourir à l’asphalte lui-même en dissolution dans la benzine ou l’essence de pétrole.
- Vous pourrez, à cet effet, utiliser simplement le produit employé sous le nom de bitume pour les trottoirs et qu’il vous sera facile de vous procurer auprès du Service. municipal de voirie, qui vous cédera, moyennant une faible rémunération, les morceaux de bitume ayant déjà servi et qui sont relevés « à bout ».
- Appliquer ladite solution en badigeonnages par temps bien sec, afin d’assurer une bonne pénétration.
- M. Carré, à Rouen. — 1° Le bois de Gaïac (Guaiacum sanctum), de la famille des Zygophyllées, qui croît dans les Antilles et principalement à Saint-Domingue et à la Jamaïque, est à notre avis celui qui vous donnera le plus de satisfaction, à cause de sa dureté qui le fait employer spécialement à la confection des coussinets de machines. Cette dureté .peut encore être .augmentée en jetant les • pièces terminées dabs de’,l’huile de lin chaude, où on les laisse 2 à 3 mn.
- Vous' pourrez vous procurer ce bois dans les maisons qui
- suivent : Gange, 28, rue Titon (11e) ; Droubin, 200, avenue de la Porte de Vincennes (20°) ; Blancbeteau, 20, rue Hector -Malo (12e) ; Office commercial des bois, 29, rue de Montreuil (11e).
- 2° Vous vous débarrasserez facilement des vers de terre en arrosant de temps à autre le sol avec une solution à 20 gr par litre de sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- M. le Dr Sainmont, à Saint-Gobain. — Le vernis suivant appliqué sur vos lits en cuivre les mettra à l’abri de l’oxydation, après nettoyage à la pâte à brillanter dont vous vous servez habituellement :
- Résine élémi.......................... 65 gr
- — mastic........................ 130 —
- — sandaraque.................... 225 —
- Camphre............................... 30 —
- Alcool à 95°....................... 1.550 cm3
- Une fois le vernis préparé, comme la couche à déposer peut être extrêmement mince, étendre avec une quantité suffisante d’alcool, quelques essais d’application fixant rapidement sur la, dilution convenable.
- M. Pierre Murez, Paris. — Pour vous procurer un télescope, quels que soient le type et l’ouverture, veuillez consulter la maison Boulet, 101, rue de Rennes, qui peut fournir complet du matériel d’occasion ou la partie optique seule.
- Pour le matériel neuf, consulter : Mancnt, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine), et Sécrétan, loi, boulevard Auguste-Blanqui, Paris.
- X..., Saumur. — Nous n’avons actuellement pas d’autre renseignement sur l’alcool synthétique susceptible de rendre l’eau supermouillante. Nous ne pouvons que vous donner la référence bibliographique : G. G. Wilkes, du Mellon Institute for industrial Research et J. N. Wickert, de la Carbide and Chemical Corporation, communication à la Section de Roches-ter (New-York) de l’American Chemical Society, parue dans Heating and Ventilation, vol. 35, n° 5. Nous nous efforçons d’obtenir des précisions.
- M. Sergent, à Poissy. — Le tirage de cartes de visite par plaque de cuivre gravée ou impression en taille-douce nécessite un matériel spécial, notamment une presse. L’encre est différente de celle employée pour le tirage de formes en relief nu impression typographique. On emploie une encre spéciale, dite « pour taille-douce », qui doit être assez fluide.
- On étend l’encre sur la plaque à l’aide d’un tampon de soie, et non un rouleau de gélatine, qui sert seulement dans l’impression typographique.
- L’encre est ensuite essuyée avec des chiffons secs, et tout l’art de l’opérateur réside dans l’essuyage de la plaque, l’encre ne devant rester que dans les parties creuses.
- L’impression s’obtient en passant la plaque ainsi préparée dans une sorte de petit laminoir à deux cylindres d’acier entre lesquels passe à force une plaque d’acier, supportant la plaque de cuivre, contre laquelle le papier vient s’appliquer vigoureusement.
- L’encre contenue dans les parties creuses se dépose sur le papier, formant un relief en rapport avec l’importance du creux. On laisse sécher entre des feuilles de papier de « décharge ».
- Ces différentes opérations nécessitent un tour de main et un matériel qui en excluent la pratique par un amateur.
- K. M., à Marq (Belgique). — Comme suite à la réponse que nous vous avons faite dans le n° 3021, page 191, l’un de nos abonnés, M. Herrgott, à Yaldoie, nous signale qu’il a obtenu d’excellents résultats, en vue d’éviter le gel pendant l’hiver en plaçant dans son réservoir une botte de paille, mais la condition essentielle est que ladite botte soit mise debout et émergente, dans ces conditions la capillarité doit jouer un certain rôle de telle façon que la dilatation produite par l’augmentation du volume de l’eau se . traduise verticalement et non latéralement avec effort sur les parois ; cette obser-vation mériterait, croyons-nous, une étude particulière en donnant scientifiquement’ une justification.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-12-1938
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- 15 Décembre 1938
- N° 3039
- LA NATURE
- D'ANGMAGSSALIK
- DU GROENLAND)
- UN EXEMPLE DE TECHNOMORPHOLOGIE D’UNE POPULATION DE CHASSEURS
- Deux aspects : A. Position dans l’espace.
- B. Position dans le temps.
- A) POSITION DANS L'ESPACE
- On envisagera : I. Situation géographique ; IT. Conséquences de cette situation ; III. Conformation géographique du terrain.
- I. — SITUATION GÉOGRAPHIQUE
- i) Les Terres arctiques.
- — Elles comprennent : le Groenland, le Canada, l’Alaska, l’Asie arctique, l’Europe arctique.
- De conformations différentes, elles obéissent en général à la même loi climatérique : été nettement marqué ; hiver au cours duquel le sol se couvre de neige et la mer de glace ; pas ou peu de saisons intermédiaires.
- a) Le Groenland. — Parmi les terres arctiques, le Groenland a une situation particulière :
- c’est la plus grande île du monde (environ 5 fois la superficie de la France) ; q/io® de sa superficie est composé d’un désert de glace dont l’altitude atteint près-de 3./|CO m, dont l’épaisseur est d’environ 2.000 m et qui s’écoule jusqu’à la mer par des glaciers ; une ceinture côtière montagneuse entoure en partie ce désert, plus particulièrement sur la côte Est.
- 3) La côte Est du Groenland. — Dans cette île qu’est le Groenland, la côte Es! a une siInation particulière, :
- 1. Eskimo : orthographe phonétique invariable.
- elle est baignée par le courant glacial polaire qui charrit la banquise ;
- cette banquise est pratiquement infranchissable une dizaine de mois par an environ ;
- courant et banquise lui donnent un climat typique-rnenl arctique.
- 4) Le distinct d’Ang-magssalik. — Le district d’Ângmagssalik a, sur la côte Est, une situation particulière :
- c’est l’endroit de celle côte le plus déchiqueté par des fjords profonds ;
- c’est l’endroit le plus protégé aussi par des îles nombreuses ;
- la côte, qui a la direction générale S.-S.-W.-N.-N.-E. s’y infléchit W.-N.-W.-E.-N.-E. et par conséquent est mieux protégée contre la banquise charriée par le courant.
- IL — CONSÉQUENCES DE CETTE SITUATION
- 1) 'Histoire de la découverte. — La côte Ouest du Groenland, -ouverte à la na-io mois par découverte il y a ans.
- La côte Est du Groenland, interdite à la navigation environ 10 mois par an ; ouverte à des bateaux spéciaux environ 2 mois par an : découverte il y a 5o ans (en i884).
- 2) Répartition de la population. — /jo.ooo eskimo du Groenland au détroit de Béring ; i5.ooo eskimo sur la côte Ouest du Groenland ; 4oo eskimo sur la côte. Est lors de la découverte. Environ 1.200 actuellement (grâce à la colonisation danoise).
- 3) Race. — On peut affirmer que les eskimo d’Ang-magssalik ont été pratiquement à l’abri de tout contact
- vigalion 8 à an : r .000
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- extérieur depuis environ i.ooo ans.
- 11 est possible que cet isolement ait duré plus longtemps, mais rien ne permet actuellement de l’affirmer avec certitude.
- III. — CONFORMATION GÉOGRAPHIQUE DU TERRAIN
- i) Fjords. Iles. Glaciers. — Gomme il a été dit plus haut, le district
- Fiy. 2. — Un Eskimo. d’Angmagssalik est ca-
- ractérisé par :
- les nombreux fjords qui découpent la côte ; les îles qui en protègent l'entrée ; les glaciers qui se jettent dans la mer au fond de la plupart de ces fjords.
- î>) In fluence sur la jaune. —- Les phoques (base de l'économie des eskimo d’Angmagssalik) sont en abondance :
- aux environs des glaciers dont les fronts en s’écroulant tuent des quantités de petits animaux marins et des poissons dont ils font leur nourriture ;
- à l’intérieur des fjords protégés contre la mer par les îlots (l’eau v est plus calme).
- 3) Influence sur la formai ion des centres. — Les centres se forment là où la chasse est la meilleure.
- B) POSITION DANS LE TEMPS •
- On envisagera :
- I. Variation saisonnière : a) morphologie d’été ; b) morphologie d’hiver.
- II. Variation annuelle.
- I. — VARIATION SAISONNIÈRE
- (observation immédiate)
- Lu été, un hiver bien différenciés créent une douille morphologie bien marquée :
- a) Morphologie d’été.
- t) !\omadisme d’été. — Pendant la période d’été (ou considéré, comme tel par les eskimo) les eskimo d’Angmagssalik se déplacent presque sans cesse tout au travers de leur territoire (pendant 3 mois environ).
- a) Causes de ce nomadisme. — Chasse au phoque : Bancs variables ; espèces particulières (exemple : phoques du Groenland) qui ne font leur apparition qu’en été, et seulement dans certains fjords.
- Chasse au narval : qui ne fait son apparition qu’en été et dans certains fjords seulement (très ouverts à la mer).
- Fiç/. 4. — Le pays.
- Fig. 3. — Une lente couverte de peau de phoque.
- Pèche aux caplans : qui viennent frayer en juin dans un seul fjord du district. La plupart des eskimo se rendent dans ce fjord à l’occasion de celle pèche (qui se pratique à la main et avec de grandes épuiselles).
- Pèche aux saumons : qui remontent certains torrents (se pratique à la main et au trident).
- Cueillette des myrtilles, assez répandue.
- Cueillette de l’angélique, qui se trouve seulement à deux endroits, très distants l’un de l’autre.
- Troc : Autrefois, des familles entières se déplaçaient en été pour échanger des objets contre d’autres. Pendant quelques années précédant, la découverte (1(384) certaines familles se rendirent même jusqu’à la pointe la plus méridionale de la côte pour s’v procurer des perles et du fer. Actuellement des déplacements de plusieurs centaines de kilomètres ont lieu lors de l’arrivée du bateau ravi lai lleur danois à Tassissak (pour échanger à la boutique les peaux contre divers objets nécessaires).
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- Fêles : De grandes fêles ont Heu, et plus particulièrement lors de la pêche aux caplans.
- 3) Moyens de transport. — Collectif : oumiak. Grand bateau pour la famille ramé par les femmes ; composé d’un squelette de bois (J) sur lequel des peaux de phoques sont tendues.
- Individuel : kayak. Petit bateau des chasseurs ; sert aux déplacements et à la chasse ; composé d’un sque-Jellc de bois sur lequel les peaux de phoques sont tendues.
- 3) Habitat. — Tenle. Servant de hase semi-iixe ; facilement démontable et transportable ; faite d’un*squelette de bois recouvert de peaux de phoques.
- Oumiak. Vidé de son coulenu et retourné, quille en l’air, sert d’abri au cours des déplacements.
- b) Morphologie dfhiver.
- i) Sédenlarisme d’hiver. — En hiver les eskimo d’Angmassalik restent fixés à l’endroit où ils ont construit leur maison de pierres et de terre.
- a) Causes. — Chasse au phoque : Celle chasse est « stabilisée » en hiver (chaque phoque possède en effet, pour toute la durée de la glace 5 à fi trous de respiration, toujours les mêmes).
- Déplacements familiaux difficiles : Aucun moyen de
- I. las bois provient de bois île llottagi- amené de Sibérie par le courant, glacial polaire. Ce bois traverse la mer arctique et reste clans l’eau de 20 à 25 ans.
- Fi y. 5. — Le pays.
- transport autre que le traîneau rendant difficiles les déplacements de famille entière.
- 3) Voyages. — Voyages des hommes pour : la chasse à l'ours, le troc.
- 4) Moyens de transport. — Un seul moyen de transport : le traîneau (en bois) ; parfois déplacements coup binés : traîneau et kayak (hommes).
- 5) Habitat. — Maisons de pierres et de terre. Toit de terre et de peaux posées sur des poutres de bois flotté ; intransportable.
- Fiy. 0. — Traîneau, sur la banquise.
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- IL — VARIATION ANNUELLE (observation de longue durée)
- TABLEAU SYNOPTIQUE
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- i) Déplacement, de la base que représente la maison. — La maison de pierres el; de terre est une base fixe pour une saison d’hiver. La famille ou les familles qui l’ont habitée pendant celle saison peuvent aller en construire une autre ou en habiter une autre, à la saison d’hiver suivante.
- a) Causes de ce déplacement. — Sympathies : line famille décide d’aller construire sa maison ailleurs pour être plus proche de parents ou d’amis.
- Troc : Depuis l’installation de la station danoise de Tassissak, de nombreux eskimo viennent se fixer pour une ou plusieurs années à proximité de celte station (commodité d’échanges).
- Repos du terrain de chasse : Les eskimo ont remarqué que la présence des hommes finit par faire fuir les phoques. Les bons chasseurs, soucieux de leur avenir, abandonnent alternativement un terrain de chasse pour un autre, pour revenir deux ans plus tard au premier (note : les terrains de chasse sont propriété commune et n’importe qui peut s’y rendre).
- Paul-Emile Victou,
- Chargé (le missions an Groenland par le Ministère de l’Éducation Nationale.
- Attaché bénévole au Muséum national d'Histoire naturelle (Musée de l’Homme).
- Téchnomorphologie des eskimo cTAngmagssalik.
- L'n élément d’unité :
- LE PHOQUE
- D’où les eskimo tirent :
- — la lumière.
- — la chaleur.
- — la cuisson.
- — la nourriture.
- — les vêtements.
- — l’habitat.
- — les moyens de transport.
- ÉTÉ
- Nomadisme.
- Transport essentiellement maritime : Oumiak.
- Kayak.
- Habitat essentiellement transportable : Tente.
- Oumiak.
- HIVER
- Sédentarisme.
- Transport essenbellement terrestre :
- Tra ineau.
- Habitat essentiellement fixe :
- Maison de pierres el de terre.
- L’ÉTAT SOLIDE DE L’EAU
- L’eau existe à l’état solide sous des formes extrêmement variées (glace, neige, grêlons) dont l’étude présente un intérêt considérable, au point de vue météorologique, physique et chimique. Les problèmes qui se posent sont d’ailleurs très difficiles à résoudre car, dans beaucoup de cas, la nature opère dans des conditions que nous ignorons ou qu’il nous est impossible de réaliser en laboratoire.
- Dans un article paru dans le numéro du ier mai 1987 nous avions, d’après M. Seligmann, examiné le problème de la neige, tant au point de vue de sa structure qu’au point de vue purement utilitaire pour les skieurs et les alpinistes. Nous allons maintenant compléter cette étude en ce qui concerne les problèmes que posent les autres formes de l’eau à l’état solide.
- Les glaciers ont tout d’abord retenu l’attention des savants et dès 1842, Agassiz et Forbes montrèrent que la masse de glace est en mouvement, s’écoulant comme une masse visqueuse, la partie centrale avançant plus vite que les bords. Tyndall, en 1867, dans son remarquable ouvrage Les Glaciers des Alpes étudia le mouvement d’ensemble de la Mer de Glace à Cha-monix.
- LA PLASTICITÉ DE LA GLACE
- Le problème de la plasticité de la glace a retenu l'attention des plus grands esprits du siècle dernier : Faraday, Tyndall, Huxley, James Thompson proposèrent des expériences ingénieuses, réalisèrent des expériences extrêmement élégantes, dont un certain nombre sont d'ailleurs passées dans les livres d’enseignement de physique, mais ils ne trouvèrent cependant pas la solution satisfaisante.
- En 1891, Mac Connell fit faire à la question un pas décisif, en considérant, non plus l’ensemble de cristaux disposés au hasard qui constitue un bloc de glace, mais un cristal élémentaire unique et en étudiant ses propriétés élastiques dans différentes positions. A cet effet, Mac Connel découpa des cristaux de taillé suffisante dans une couche de glace formée lentement à la surface d’un lac ou d’un grand récipient. L’axe principal des cristaux est toujours perpendiculaire à la surface libre sur laquelle ils se sont formés.
- Les trois positions dans lesquelles les barres cristallines furent étudiées, placées sur des supports comme l’indique la figure 1 sont :
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- Fig. 1. — Dispositif de Mac Con-nell pour l’étude de l’élasticité des cristaux de glace.
- i° l’échantillon a sa surface supérieure disposée comme lorsqu’il s’est formé ;
- 2° l’échantillon a sa surface supérieure tournée de go°, de sorte que la « surface du lac » devient verticale ;
- 3° l’échantillon est une colonne qui, primitivement, dans la masse originaire de glace était verticale.
- Dans les deux premiers cas, la déformation est. analogue à celle d’une barre métallique chargée, moindre cependant dans le cas 2 que dans le cas x. Dans le troisième cas, au contraire, la déformation a une allure tout à fait différente, mettant en évidence un mouvement de glissement suivant des plans de clivage, et se poursuivant indéfiniment. Les figures 2 et 3 empruntées au mémoire de Mac Connell permettent de comprendi'e le mécanisme de la plasticité de la glace proposé par cet auteur.
- L’examen du modèle atomique de la glace, d’après l’analyse aux rayons X, confirme d’ailleurs les idées de Mac Connell. Les figures 4 et 5 montrent cette struc-ture suivant l’axe optique et dans une direction perpendiculaire. Chaque atome d’oxygène est au centre d’un tétraèdre dont les quatre sommets sont occupés par des atomes d’oxygène. La structure dans son ensemble est hexagonale, différente par suite de la structui'e du diamant pour lequel, bien que l’arrangement initial des atomes de cai'bone soit identique, la structure générale appartient au système cubique.
- Dans le modèle représenté figure 5, on voit très nettement que l’on peut considérer la glace comme formée de feuillets parallèles, réunis entre eux par des liaisons perpendiculaii’es à ces feuillets. La distance entre chaque atome d’oxygène et les trois atomes d’oxygène voisins est de 2,74 Angstrôm. Quant à la position des atomes d’hydrogène, on sait quelle n’est pas directement l’évélée par l’analyse aux rayons X et elle fait encore l’objet de diverses hypothèses. Les feuillets dans les Clistaux de glace sont parallèles à la sui’face libre de la glace dans le récipient où elle s’est formée, et on comprend comment, en glissant les uns sur les auti’es, ils peuvent conférer à la masse la plasticité révélée par l’expérience.
- Fig. 2. — Distorsion d’une lame de glace sous l’influence d’une charge. L’axe de la lame était vertical quand elle faisait partie d’une couche de glace à la surface d’un lac.
- LA NEIGE ET SA
- PRODUCTION
- ARTIFICIELLE
- La neige a pendant longtemps posé aux physiciens un pi'oblème
- Fig. 3. — Explication d’après Mac Connell de la distorsion de la figure 2 par le glissement suivant des plans parallèles.
- particulièrement intéressant. Tandis que la nature fabrique, en quanti tés énormes et avec une variété de formes déconcertante les blancs llocons de neige,
- 1 e s expérimentateurs, dans les la-horatoii’es, étaient incapables de réaliser une neige dont la structure ait une l’essem-blance quelconque
- avec les cristaux formés dans l’atmosphèi'e.
- Un savant japonais, U. Nakaya, a étudié le problème avec une patience inlassable et a finalement réussi à produire artificiellement et dam des conditions bien déterminées une grande variété de cristaux de neige.
- L’appareil dont il se sert, représenté figure G, est une chambre froide dans laquelle la température peut être abaissée jusqu’à — 5ô°. En chauffant l’eau dans le récipient R à l’aide d’une résistance électrique, on produit, à l’intérieur d’un tube, entouré par un autre tube concentrique, un courant d’air chaud saturé de vapeur d’eau. Quand ce courant d’air ascendant ai'rive au point O, il est brusquement refroidi par les parois très froides du tube extérieur. Un poil de lapin H sert de noyau de concentration de la vapeur d’eau qui maintenant est sursaturée et le développement du cristal S est suivi à l’aide du télescope M. On enregistre la température à la surface de l’eau Ta et celle au voisinage du cristal Ta.
- Ce dispositif a l’avantage de permettre de faire varier dans de grandes limites la tempé rature et le degré d e sursaturai ion et, d’auti’e pari, un centre de condensation bien dé-terminé permet la libre croissance du existai dans toutes les dii'eclions, et dans le champ d’observation.
- Nakaya distingue deux stades dans la formation d’un cristal de neige : la formation du germe et son développement ultérieur. Il a trouvé que le premier stade,
- Fig. 4. — Modèle d’un cristal de glace vu suivant l’axe optique. La forme hexagonale apparaît nettement.
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- Fig. 5. — Modèle d’un cristal de glace observé dans une direction perpendiculaire à l’axe optique.
- La disposition en feuillets parallèles est très nette.
- la formation du germe, a une influence prépondérante sur la forme du cristal, quelles que soient les variations de î’o) et Ta que l’on provoque ensuite pendant sa croissance. Aussi a-t-il tout d’abord déterminé les types de germes et les conditions de leur formation. Il a reconnu ainsi 12 types, dont la figure 7 donne les schémas et le tableau ci-dessous les conditions de température de formation.
- D’après ce tableau, il semble que les types les plus simples se forment aux températures les plus basses, tandis que la perfection des cristaux dépend de la régularité du gradient de température. Des températures au-dessus de — 20° et une atmosphère très chargée en vapeur d’eau donnent des formes complexes comme les dendrites (type 1), tandis que le refroidissement rapide d’une atmosphère très sursaturée donne des grappes (type 2) ou même des gouttelettes solidifiées (type 3).
- conclusions au point de vue météorologique.
- Dans l’examen d’un cristal de neige, deux observations frappantes demandent une explication : l’immense variété des formes hexagonales d’une part, de l’autre la symétrie presque parfaite de chaque flocon. La symétrie hexagonale peut être facilement rattachée à la structure du cristal de glace, mise en évidence par l’examen aux rayons X, mais il a toujours été difficile d’expliquer pourquoi les six bras d’un même flocon élémentaire sont si semblables et en même temps différent si totalement des bras d’un autre flocon. W. Bragg suggère le mécanisme suivant :
- Quand le cristal se développe, à partir d’un noyau, dans une atmosphère chargée de vapeur d’eau (ou dans un liquide dans lequel l’eau est dissoute), si la teneur en vapeur d’eau est élevée et la température basse, la croissance du cristal est rapide, le flocon poussant ses branches vers les régions où les molécules sont plus concentrées, n’ayant pas été attirées et fixées sur le cristal. Mais si le flacon est transporté dans une autre région de l’espace où la vapeur
- Fig. 6. — Appareil de Nakaya pour la production artificielle de flocons de neige.
- Type n® Noms Tw en degrés C nale Ta en degrés C
- Initiale Moyenne Fi Initiale Moyenné Finale
- 1 Dendrite + 5 + 10 + i5 — 19 — 17 — 18
- 2 Grappes irrégulières + 3 + 35 + 20 — 20 — i3 — i5
- 3 Gouttelettes solidifiées + 6 + 46 + 25 — 22 — 10 — 12
- 4 Assemblages de secteurs + 10 + 16 + •9 — i5 — i3 — 12
- 5 Lamelle hexagonale mince + 6 + 10 + 12 — 24 — 22 — 16
- 6 Cylindre avec plaques hexagonales terminales. 0 + 8 + 20 — 20 — 20 — 14
- V 7 Pyramide prismatique + 3 + 5 + 10 — 29 — 27 — 25
- 1 8 Lamelle hexagonale avec dessins + 4 •+ 4,5 + 4,5 — 26 — 27 — 28
- 9 Lame hexagonale épaisse + 2 + 4 4- 1 — 38 — 36 - 39
- 10 Cristal en forme de coupe + 5 + 4,5 + 4 — 21 — 21 — *9
- 11 Cristal à charpente prismatique . . + 6 + 8 + 10 — 22 — 22 — 20
- 12 Aiguille prismatique + 4 + 4 + 4 — 3o - 28 — 28
- i Nakaya a trouvé également que la vitesse de croissance d’un cristal, définie comme l’accroissement horaire du diamètre du cercle circonscrivant le cristal, est caractéristique de chaque type et peut servir comme mesure du degré de sur saturation de l’atmosphère. Des recherches plus complètes sont cependant encore nécessaires avant que l’on puisse tirer des
- d’eau est moins abondante et la température plus élevée, le phénomène inverse se produit. Les molécules se détachent plus facilement des extrémités des branches latérales du cristal que de sa partie centrale et se déposent moins rapidement. Il en résulte que le flocon consolide sa portion centrale et ses branches peuvent s’atrophier et leurs contours s’arrondir.
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- Comme le flocon est petit, quelques millimètres de diamètre en général, tous ses points sont placés dans les mêmes conditions extérieures : si une branche s’accroît, toutes les autres font de même. Le flocon, au cours de son voyage dans l’atmosphère rencontrera une grande variété de conditions locales ; chacune modifiera sa forme, de sorte que le flocon finalement recueilli à la surface de la terre, pour qui saurait l’interroger, raconterait l’histoire des couches aériennes qu’il aura traversées.
- En résumé, la variété des formes observées est due à l’action de deux processus opposés : une extension radiale rapide donnant des bras à délicates ramifications et une consolidation ultérieure des parties centrales de ces ramifications.
- LA STRUCTURE DE LA GLACE
- La structure de la glace, avant que la physique moderne n’eut à sa disposition l’analyse aux rayons X, avait été mise en évidence par Tyndall à l’aide d’une
- tence de chacune de ces variétés allotropiques (fig. 9). C’est ainsi que la glace III sous une pression de 20.000 kgr par centimètre carré ne fond qu’au-dessus de 70°.
- L’examen aux rayons X des glaces I (glace ordinaire), II et III a été fait récemment par Mac Farlan. Les principales raies du spectre de rayons X sont représentées figure 10. On voit que l’arrangement moléculaire est nettement différent de l’une à l’autre, et on a pu construire des modèles représentatifs, analogues à celui des figures 4 et 5, mais leur comparaison est assez délicate. La meil-1 e u r e représentation, pour mettre les différences en évidence, est celle dans laquelle on considère le tétraèdre élémentaire : un atome d’oxygène et les quatre atomes immédiatement environnants. La figure 11 montre, d’après W. Bragg, dans le cas de la glace I (d = 0,96), de la glace II (d — 1,21) et de la glace III (d = i,io5), l’aplatissement progressif et la déformation, sous l’influence de la pression, de tétraèdres élémentaires, dont l’assemblage constitue les feuillets du cristal de glace.
- Fig. 8. — a) Cristal de neige artificielle obtenu par ’Sakaya.
- (On voit le poil de lapin qui a servi de germe de cristallisation), b) Cristal de neige naturelle.
- Fig. 7. — Les formes élémentaires des cristaux de neige, d’après Nakaya.
- 1. Dendrite ; 2. Grappes irrégulières ; 3. Gouttelettes solidifiées ; 4. Assemblage de secteurs ; 5. Lamelle hexagonale mince ; 6. Cylindre à plaques hexagonales terminales ;
- 7. Pyramide prismatique ; 8. Lamelle hexagonale avec dessins ; 9. Lamelle hexagonale épaisse ; 10. Cristal en forme de coupe; 11. Cristal à charpente prismatique; 12. Aiguille prismatique.
- très jolie expérience dite des « fleurs de glace ». On fait passer au travers d’un bloc de glace, le faisceau lumineux provenant d’une lampe à arc. En certains points du bloc, où existent des empreintes ou des irrégularités, la chaleur est interceptée et amène la fusion interne locale. Les cavités qui se forment sont hexagonales et présentent une grande variété de formes. C’est en somme le processus inverse de la cristallisation.
- On sait que Bridgman a montré que sous l’action de la pression, la glace change de structure et il a pu tracer le diagramme donnant les domaines d’exis-
- Fig. 9. — Diagramme de pression-température de diverses variétés de glace (d’après Bridgman).
- 80
- -80 I........................L...........
- 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
- Pression HGM/CMzxJ0~3
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- Glace I
- Glace III
- 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
- Fig. 10. — Spectres de rayons X des glaces I, II, III. (Lignes principales seules) 6 = angle d’observation.
- LA GRÊLE
- Une autre forme naturelle de la glace a soulevé de nombreuses controverses parmi les météorologues. C/est la grêle dont, si on en connaît à peu près le mécanisme de formation, on ignore encore comment se développent les grêlons de grosseur anormale, atteignant parfois 5 et 8 cm de diamètre.
- On sait qu’il y a une limite maxima à la grosseur des gouttes de pluie car, bien que la vitesse des courants d’air ascendants dans un nuage orageux ait un maximum élevé (mal connu d’ailleurs) et que plus le courant d’air est violent, plus grande est la masse qu’il peut maintenir en suspension, quand il a dépassé une certaine vitesse, la goutte se rompt en gouttelettes plus petites.
- Rien de pareil ne semble exister pour les grêlons. La théorie généralement admise de leur formation est que, lorsque dans un nuage composé de gouttelettes d’eau en surfusion, un noyau de condensation est créé (ion, poussière, etc.), ce noyau rencontrera et s’adjoindra les gouttelettes d’eau en surfusion qu’il rencontre. La surfusion cessant, l’eau se solidifie immédiatement sur le noyau et augmente sa masse. La structure des grêlons est d’accord avec cette théorie, on y trouve la trace des pellicules successives d’eau qui se sont déposées sur lui, emprisonnant des multitudes de bulles d’air microscopiques qui donnent la couleur blanchâtre laiteuse caractéristique.
- Trabert, en 1899, calcula que si la teneur en vapeur d’eau est de 4 gr par mètre cube, la distance de chute dans les nuages du noyau du grêlon de 2 km, et si le noyau fixe toutes les molécules d’eau en sursatura-
- tion qu’il rencontre sur son parcours, ses dimensions finales ne dépasseront pas 5 mm de diamètre. Comme on observe fréquemment des grêlons plus gros, Trabert fut conduit à admettre une attraction électrique entre le grêlon et les molécules d’eau.
- Tout récemment, en 1938, Schumann a repris le problème d’une façon extrêmement originale. Il a d’abord établi un certain nombre d’équations reliant la taille finale du grêlon aux différents facteurs dont elle dépend (concentration de la vapeur d’eau dans l’atmosphère, distance parcourue par le grêlon, densité de celui-ci). Ensuite, il suppose que les conditions atmosphériques favorables pour la formation de la grêle sont celles d’une masse d’air initialement de 25° C. avec une humidité de 60 pour 100 qui s’élève par convection à grande altitude, le 'refroidissement dû à la diminution de pression quand l’air s’élève se produisant adiabatiquement, on peut calculer facilement la pression, la température et la densité à une altitude quelconque. La taille finale d’un grêlon dépend de la hauteur initiale (H) du noyau, de la vitesse ascendante du courant d’air, de la concentration de la vapeur d’eau et du parcours (L) du grêlon par rapport à l’air environnant.
- Schumann opère alors de la façon suivante : d’après les équations, il calcule certaines combinaisons des quatre variables qui conduisent pour le rayon du grêlon à une valeur de 4 cm. Ceci fait, il examine la possibilité pour que, dans la nature, on rencontre ces valeurs des variables. Il fit le calcul pour H = 7 et 9 km, L — 3 et 5 km, et la densité du grêlon 0,6 et 0,8.
- Il trouva ainsi toute une série de valeurs pour la vitesse ascendante du courant d’air (u) et la teneur en vapeur d’eau (m) dont voici quelques-unes dans le cas H = 7 km, L = 3 km, d = 0,6 :
- u cm/sec ... o 5oo 1.000 i.5oo 2.000
- m x io6 . . . 00 24,3 18,7 i3 7,4
- Après discussion de ces nombres, correction pour tenir compte des actions secondaires (en particulier celle due à la chaleur latente de condensation de l’eau). Schumann arrive à la conclusion que, sans faire intervenir des phénomènes électriques ou autres, la formation des très gros grêlons peut être expliquée par l’accroissement de taille d’un grêlon normal qui capte les gouttelettes d’eau surfondues qu’il rencontre dans un long parcours à haute altitude et à très basse température (cumulo-nimbus très épais et dans lesquels la concentration de vapeur d’eau est extraordinairement grande ou dans lesquels existe un vent ascendant extrêmement violent).
- IL Vigneron.
- Fig. 11. — Le tétraèdre élémentaire des trois variétés de glace I, II, III. Dans chaque cas l’atome d’oxygène 0 est au centre du tétraèdre et équidistant des quatre sommets A, B, C, D.
- 4,<*0
- Densité = 1,21
- 5,11
- Densité -1105
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- ----------- LES POISSONS-PÉLICANS :: :
- CURIEUX EXEMPLE DE CONVERGENCE MORPHOLOGIQUE
- La bouche des Poissons osseux, — des Téléostéens, — affecte les aspects les plus divers, susceptible qu’elle est de se modifier considérablement, quant à sa forme, quant à sa dimension et même quant à sa structure.
- Cette bouche, en effet, s’ouvre tantôt~S""Ià’~pàrîie supérieure, tantôt à l’extrémité antérieure, tantôt à la partie inférieure de la tête. Il arrive même que la préhension des aliments ne s’opère que par le seul côté gauche ou que par le seul côté droit.
- Le plus souvent de dimension moyenne, parfois minuscule, — par exemple dans l’ordre qui comprend les Syngnathes et les Hippocampes ou « chevaux marins », — la bouche de quantité d’espèces est, au contraire, largement fendue, jusqu’en arrière de l’aplomb des yeux, sans toutefois que son ampleur excède d’ordinaire certaines limites, qui sont particulières à un ensemble donné.
- Parfois, au contraire, la bouche devient immense ; mais il semble que l’exagération outrancière de ses
- Fig. 1. — Un Stomiatidé à bouche immense : Aristostomias polydactylus.
- La fente buccale se prolonge fort loin vers l’arrière ; deux narines s’ouvrent en avant de l’œil ; un organe lumineux se trouve en arrière de l’œil, près de la mâchoire supérieure ; d’autres organes lumineux, plus petits, sont disposés sur deux séries, tout Je long de la partie inférieure de l’abdomen et de la queue ; la mandibule porte un long tentacule. D’après Régan et Trawawas.
- dimensions soit le propre d’espèces abyssales, c’est-à-dire d’espèces qui vivent au plus profond des abîmes océaniques. Tel est, entre autres, le cas des Stomiati-dés (fig. i) et; des Lyomères (fig. 2 et 3).
- LA BOUCHE DES LYOMÈRES
- Le groupe des Lyomères, •— ainsi nommés à cause de l’imparfaite cohésion des vertèbres, •— figure dans la nomenclature à titre de subdivision de l’ordre des Apodes, ordre auquel appartiennent les anguilles et les congres. Les Apodes tirent leur nom de ce fait qu’aucun d’eux ne possède la paire de nageoires habituellement dénommées « ventrales » ou « pelviennes ».
- C’est à peine si le sous-ordre des Lyomères comprend une dizaine d’espèces, au nombre desquelles je citerai, comme étant les plus anciennement connues : Saccopharynx ampullaceus et Eurypharynx pelecanoi-
- Fig. 2. — Un Lyomère : Saccopharynx ampullaceus.
- 0, ouverture des ouïes, située au-dessous de la nageoire pectorale. L’œil est très petit ; la ligne latérale figure, de chaque côté du corps, une série de points (pores minuscules), qui se prolonge jusqu’à l’extrémité de la queue. L’animal a ingurgité un poisson de taille comparable à la sienne et que l’on aperçoit, par transparence, à travers les téguments distendus de la paroi abdominale.
- clés. Le premier a été décrit par Harwood, en 1827. La description d'Eurypharynx pelecanoides. date de 1882 ; elle est l’œuvre de Vaillant, qui fît cette découverte au cours de la célèbre croisière du Travailleur et du Talisman. Le type d'Eurypharynx pelecanoides est conservé à Paris, dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle.
- De même que tous les Apodes, les Lyomères sont d’une forme très allongée ; leur queue, très effilée et comprimée latéralement, est beaucoup plus longue que l’ensemble des autres parties de leur corps.
- Pour autant qu’on le sache, la taille des Saccopharynx atteint aisément 1 m 5o ; celle des Eurypharynx ne dépasse guère 5o cm.
- La bouche des Lyomères offre ceci de remarquable que, les prémaxillaires faisant défaut, chacun des deux rameaux de la mâchoire supérieure n’est plus constitué que par un seul os : le maxillaire. Il a même été
- Fig. 3. — Autre Lyomère à bouche immense :
- Eurypharynx pelecanoides.
- An, anus ; 0, ouverture des ouïes, située immédiatement en avant d’une très petite nageoire pectorale.
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- récemment décrit un genre composé de trois espèces, qui, toutes, sont totalement privées d’os maxillaires, et par conséquent, de mâchoire supérieure.
- Quelle que soit la réduction de leurs éléments squelettiques, les mâchoires des Lyomères, toujours très grandes, sont susceptibles d’atteindre une longueur énorme et hors de proportion avec les dimensions du crâne proprement dit (du neurocrâne). Chez certaines espèces, elles arrivent à mesurer plus de la moitié de la longueur de la tête et de l’abdomen pris ensemble, en d’autres termes, plus de la moitié de la longueur du corps, la queue non comprise.
- Comme le diamètre des os qui constituent ces mâchoires n’augmente pas avec leur allongement, ceux-ci deviennent fort grêles. Ils ne sont, en outre, quImparfaitement minéralisés ; aussi acquièrent-ils une certaine souplesse, qui n’exclut pas toute fragilité. Les dents sont nombreuses, mais petites ; ce sont de courtes aiguilles, inclinées ou recourbées vers le fond de la bouche.
- Au repos, la peau et les membranes qui constituent le plancher buccal se plissent longitudinalement et forment, sous la mandibule, une poche rappelant singulièrement celle des pélicans. Grâce à cette poche, toute liberté est donnée aux deux rameaux mandibu-laires de s’écarter largement l’un de l’autre ; ce que
- Fig. S. — Eurypharynx pelecanoïdes, vu par devant, la bouche grande ouverte.
- Modifié d’après Roule-.
- facilitent encore leur allongement et celui des maxillaires.
- Lorsqu’il est ouvert, pareil orifice buccal devient un gouffre immense (fig. 5), capable d’engloutir des proies d’un volume égal, voire supérieur à celui de la cavité digestive du prédateur lui-même.
- Le pharynx, l’estomac, en forme de sac allongé, et enfin la peau de la région abdominale tout entière sont également extensibles.
- De fait, il existe en collection des Lyomères gavés de proies tellement volumineuses que l’abdomen de ces goinfres, gonflé à outrance, fait saillie au-dessous et en arrière de l’anus (fig. 2).
- LES PLEURONECTES A BOUCHE IMMENSE
- Les Téléostéens dyssymétriques, - communément désignés sous le nom de Pleuronectes, constituent un ensemble de Poissons qui, à tous égards, diffèrent profondément des Apodes et, par conséquent, 'des Lyomères. Le propre des Pleuronectes, — lesquels ont pour type la plie, — consiste en ce que, durant les quelques jours ou les quelques semaines qui suivent leur éclosion, l’œil droit de certains d’entre eux (turbot, barbue, targeur, etc.) se transporte sur le côté gauche de la tête, tandis que, chez les autres (plie, limande, flet, flétan, sole, etc.), c’est l’œil gauche qui émigre sur le côté droit. Cela fait, le corps, toujours fortement comprimé,, présente deux faces : une face oculée, colorée de diverses manières, et une face aveugle, parfois incolore mais, le plus souvent, blanchie par un abondant dépôt dé guanine. La face oculée est dite zénithale car, durant la vie, elle regarde constamment le zénith ; c’est le dessus biologique de l’animal. Son dessous biologique est représenté par sa face aveugle, laquelle, sans cesse tournée vers le nadir, est dite face nadirale.
- Chacun des deux rameaux de la mâchoire supérieure se compose toujours d’un prémaxillaire, rarement dépourvu de dents, et d’un maxillaire constamment inerme. De blême que le prémaxillaire, la mandibule est généralement dentée.
- Nous verrons plus loin de quelle manière s’effectue la préhension des aliments.
- A quelque famille qu’ils appartiennent, les Pleuronectes ne possèdent jamais qu’une bouche de dimension modérée ; aussi n’est-il que plus suggestif de rencontrer parmi eux trois espèces : Chascanopsetta prorigera (fig. 7), Chascanopsetta lugubris (fig. 8) et Pelecanichthys crumenalis (fig. 9), dont la fente buccale, déjà exceptionnellement longue chez la première, l’est encore davantage chez la seconde, pour devenir énorme, chez la troisième.
- Ces trois espèces sont sénestres, c’est-à-dire que leurs deux yeux se trouvent placés sur le côté gauche de la tête ; elles appartiennent à une même famille, voisine de celle que représentent, dans les mers européennes, le turbot, la barbue et le targeur.
- Directement articulée avec l’extrémité antérieure
- Fig. 4. — Tête de pélican. Remarquer l’analogie entre la poche infrabuccale de l’oiseau et celle de VEurypharynx (fig. 3).
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- du neurocrâne (ce qui forme le « museau »), la mâchoire supérieure ne peut se prolonger que vers l’arrère ; il s’ensuit, — à l’instar des Lyomères, — un recul progressif de l’articulation maxillo-mandi-bulaire. En conséquence, les éléments suspenseurs de la mandibule (l’os hyo-mandibulaire, en particulier), ainsi que les pièces operculaires (préoperculum, operculum, etc.), os qui sont orientés verticalement, chez Chascanopsetta prorigera, prennent, dans les deux autres espèces, une direction de plus en plus oblique, leur extrémité inférieure se portant en arrière de l’aplomb de leur extrémité supérieure, laquelle, attachée au neurocrâne, ne peut modifier sa position.
- La mandibule s’allonge beaucoup plus que la mâchoire supérieure. Chez Chascanopsetta prorigera, cette mandibule est proéminente, mais seulement de façon très modérée ; dans les deux autres espèces, le prognathisme s’exagère à tel point que la mandibule de Pele-canichthys crumenalis dépasse l’extrémité antérieure de la tête, de près d’un tiers de sa propre longueur.
- La peau et les membranes qui forment la paroi inférieure de la bouche s’élargissent d’autant plus que la mandibule s’allonge ; si bien que Pelecanichthys cru-menalis (x) exhibe une poche infrabuccale, moins profonde sans doute que celle d'Eurypharynx pelecanoi-de.s, mais très comparable à ce qui existe, de ce chef, chez ce Lyomère.
- Autre point de ressemblance entre Pelecanichthys et Eurypharynx : la possibilité qui est donnée aux rameaux maridibulaires de s’écarter largement l’un de l’autre, au niveau de leur articulation avec les maxillaires.
- De même aussi que chez les Lyomères, les os des mâchoires, loin d’acquérir une robustesse en rapport avec leur longueur, deviennent, au contraire, d’autant plus grêles que celle-ci s’exagère; d’où il s’en suit que l’énorme mandibule de Pelecanichthys crumenalis ne le cède en rien, quant à sa souplesse et à sa fragilité, à celle des Eurypharynx à bouche immense.
- Notons enfin qu’en même temps que le squelette s’amenuise, les muscles s’affaiblissent, sans excepter ceux qui font mouvoir la mandibule.
- L'HABITAT DES LYOMÈRES
- La plupart des Lyomères ont été découverts dans l’Atlantique ; ils vivent aussi bien à proximité du continent américain (mer des Caraïbes), qu’au large (mer des Sargasses) et aux abords des côtes européennes ou africaines. L’habitat de ces Poissons ne semble pas s’étendre, tant vers le Nord que vers le Sud, à très longue distance des tropiques.
- Plusieurs espèces sont connues pour jouir d’un certain cosmopolitisme : Eurypharynx pelecanoides et Saccopharynx ampullaceus ont été retrouvés aux antipodes de l’Atlantique, dans les eaux qui baignent l’ar-
- 1. Pelecanichthys signifie « poisson-pélican » ; crumenalis, u muni d’une bourse ».
- Fig. 6. — Eurypharynx pelecanaïdes.
- Squelette de la partie antérieure du corps, montrant la proportion démesurée des mâchoires, par rapport à celles du crâne et de la colonne vertébrale. Cr, crâne ; hym, os hyo-mandibulaire ; md, mandibule ; mx, os maxillaire ; qu, os quadratum v, première vertèbre. Modifié d’après Zugmayer.
- chipel indo-malais, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
- Les œufs des Lyomères éclosent près de la surface, mais, passé un stade larvaire de plus ou moins longue durée, les individus encore jeunes gagnent les abysses, où les adultes se tiennent à des profondeurs variables, mais qui peuvent atteindre 3.ooo m et davantage.
- L HABITAT DES PLEURONECTES A BOUCHE IMMENSE
- La presque totalité des Pleuronectes passent leur existence entière sur les hauts-fonds qui, tout le long des terres émergées, forment ce que l’on est convenu d’appeler .les plateaux continentaux. La profondeur de 2Ôo m représente, — est-il besoin de le rappeler ? — la limite bathymétrique universelle de ces formations littorales.
- Les trois espèces auxquelles l’ampleur insolite de leur orifice buccal vaut d’êta^citées ici, comptent au
- Fig. 7. — Chascanopsetta prorigera, Pleuronecte abyssal, à bouche modérément grande.
- Partie antérieure du corps, vue par la face gauche.
- D’après Norman.
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- Fig. 8. — Chascanopsetta lugubris.
- Espèce voisine de celle qui fait l’objet de la figure 7. La bouche devient énorme et l’on distingue aisément la poche formée par les membranes de la mandibule. L’animal est vu par sa face gauche, sur laquelle sont placés les deux yeux (face zénithale) ; J es deux narines gauches s’ouvrent en avant de l’œil inférieur. La musculature de l’abdomen et de la queue est considérablement réduite. D’après Norman.
- nombre des quelques Pleuronectes qui vivent de préférence, sinon constamment, au-dessous de cette profondeur limite, mais sans toutefois s’écarter beaucoup des hauts-fonds eux-mêmes.
- Pelecanichthys crumenalis et Chascanopsetta prori-gera n’ont encore été rencontrés que dans les parages des îles Hawaï ; le premier, entre 43o et 63o m ; le second, entre 325 et 370 m.
- Quant à Chascanopsetta lugubris, évidemment plus eurybathe que les deux autres, sa répartition géographique se révèle infiniment plus étendue. L’espèce est, en effet, connue de l’océan Pacifique nord, de l’océan Indien nord, de l’océan Indien sud et enfin de l’Atlantique oriental intertropical ; plus précisément : de la mer du Japon, de la partie méridionale du golfe du Bengale, de la côte du Natal et de la côte de Guinée. Sa présence dans cette dernière localité a été récemment constatée au cours d’une croisière du « Prési-dent-Théodore-Tissier », navire de recherche de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes. Chascanopsetta lugubris a été capturé, sur la côte du Natal, par 318 et par 5o3 m de fond ; sur celle de Guinée, entre 120 et 25o'm, c’est-à-dire sur le plateau continental lui-même.
- <
- L'ATTITUDE AU SEIN DU MILIEU AMBIANT ET LE MODE DE PRÉHENSION DES ALIMENTS
- A de très rares exceptions près, tous les Poissons de forme symétrique et, parmi eux, ceux dont il a été question plus haut, les Stomiatidés et les Lyomères, nagent dans l’attitude qui est normale pour la presque totalité des Vertébrés, tant aquatiques que terrestres, c’est-à-dire le ventre en bas et le dos en l’air.
- A propos des Lyomères, l’hypothèse très plausible a été émise d’une nage rapide, la bouche maintenue grande ouverte, ce gouffre engloutissant indistinctement tout ce qu’il rencontre. Si l’ingestion de proies énormes constitue, pour plusieurs d’entre eux, un fait d’observation, il ne s’en suit pas, cependant, que la voracité de ces prédateurs leur fasse dédaigner des parts moins copieuses.
- Tout autre est l’attitude normale des Pleuronectes. Ce n’est d’ordinaire qu’à de courts intervalles que ces curieux Poissons s’éloignent du fond, en contact avec lequel tous vivent couchés sur leur face nadirale, aveugle. S’il en est qui se montrent capables de pourchasser et de happer des organismes de leur propre classe, les mieux adaptés à la vie benthique se nourrissent principalement de petfis invertébrés (Crustacés ou Mollusques). Dans la majorité des familles, la bouche se déforme en harmonie avec le constant decubitus latéral et de telle sorte que la préhension des aliments, devenue impraticable par l’avant, ne s’effectue plus qu’à l’aide des mâchoires nadirales, droites ou gauches, celles qui se trouvent en contact permanent avec le sol.
- Aucune des trois espèces dont il vient d’être question ne présente semblable adaptation ; ce qui d’ailleurs n’implique nullement pour elles la possibilité d’une manœuvre de manducation, analogue à celle des Lyomères. Si la mandibule proéminente de Pelecanihthys crumenalis était plus robuste, rien ne s’opposerait, a priori, à ce qu’on lui attribuât le rôle d’outil propre à fouiller le sable ou la vase ; or, ainsi que nous l’avons vu plus haut, cette mandibule est trop faible pour remplir sans danger un tel office. Pour cela faire, au surplus, force serait à l’animal d’opérer un changement complet d’attitude, car il devrait se tenir sur le fond, non plus couché sur son côté droit, mais, dressé sur la carène ventrale de son corps aplati, ce qui lui est manifestement impossible.
- LA MONSTRUOSITÉ DES FORMES ET LA VIE ABYSSALE
- En même temps que l’ampleur de la bouche s’exagère, le squelette, ai-je dit, s’affaiblit et peut même perdre certains de ses éléments les plus importants ; de son côté, la musculature régresse.
- Les Lyomères, les Chascanopsetta et, avec eux, la plupart des Poissons abyssaux sont couverts d’une peau qui, du moins à l’âge adulte, se teinte en noir ou en brun très foncé, par l’effet d’un abondant dépôt de mélanine. D’autres habitants des grands fonds ne possèdent que des téguments à peine colorés et, l’aplatissement du corps aidant, deviennent translucides. Tel est le cas de Pelecanichthys crumenalis, dont les viscères, les muscles et le squelette sont visibles par transparence.
- Débilité musculaire, déminéralisation, perte d’éléments squelettiques, autant de symptômes de dégénérescence, auxquels s’ajoute un prognathisme excessif et à caractère acromégalique.
- Des êtres ainsi dégénérés seraient des rachitiques. Telle est, du moins, l’opinion de M. Bertin, savant spécialiste des Apodes abyssaux.
- On sait toutefois que la phase larvaire des Lyomè-
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- res se passe non loin de la surface du milieu liquide et qu’il en est de même pour la majorité des Pleuro-nectes. Au cours de leur jeune âge, aucun de ces Poissons ne se trouve donc privé de plancton irradié, non plus que de l’action directe des rayons ultra-violets, privations qu’ils ne subissent qu’une fois descendus au-dessous d’une colonne d’eau assez haute pour faire écran à toute radiation solaire. Peut-être en est-il autrement pour Pelecanichthys crumenalis et les Chascanopsetta.
- Certes, la faune des grands fonds océaniques s’avère la plus riche qui soit au monde en formes monstrueuses et celles-ci appartiennent aux groupes les plus divers d’animaux aquatiques. Il s’en faut cependant que tous ces êtres étranges puissent être taxés de rachitisme, alors que celte tare apparaît décelable chez plus d’un des organismes qui vivent en pleine lumière.
- Les monstruosités dont quelques exemples viennent d’être succinctement passés en revue ressortissent à
- ..;... —............ ....... .......... 365 =
- certains phénomènes intrinsèques, sur la nature desquels il reste à se mettre d’accord. Rien n’empêche que ces phénomènes se produisent dans des lignées phylogénétiques indépendantes et aussi différentes les unes des autres que le sont, parmi les Poissons, les Apodes et les Pleuronectes ; leur persistance, au sein d’une même lignée, oriente l’évolution de celle-ci dans un sens déterminé et qui demeure le même, pour peu que rien ne s’y oppose de la part du milieu ambiant. Il en résulte une orthogenèse. Or toute orthogenèse conduit fatalement à la spécialisation excessive et finalement à des monstres non viables. Identiques dans leur nature, ces phénomènes le sont encore dans leurs conséquences, quelle que soit la lignée qui s’en trouve être le siège. De là résulte la convergence des formes.
- Paul Chabanaud.
- Docteur es sciences,
- Lauréat de l’Institut.
- Fig. 0. — Pelecanichthys crumenalis.
- A. L’animal entier, vu par sa face gauche, où se trouvent les deux yeux (face zénithale). Remarquez les deux narines placées en avant de l’œil inférieur. — B. Partie antérieure du corps, vue par la face droite, aveugle (face nadirale). Deux narines s’ouvrent également de ce côté. — C. Partie antérieure du corps, vue par dessous. Les deux rameaux mandibulaires sont écartés, montrant ainsi l’es&bnsibilité de la poche infrabuccale. La musculature de l’abdomen et de la queue est encore plus atrophiée que
- chez Chascanopsetta lugubris (fig. 8).
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- L'ORPAILLAGE
- C’est certainement dès l’aube de la Préhistoire que l’homme, attiré par l’éclat de l’or, a pensé à le retirer des sables des rivières.
- L’instrument le plus simple pour ce ramassage est la bâtée et c’est assurément l’outil qui fut au point dès le début. On l’a retrouvé chez tous les peuples et affectant les mêmes formes à peu de variantes près : récipient creux, rond ou allongé, qu’on voit déjà figurer sur les monuments égyptiens de la VIe dynastie, donc antérieurement à 3.800 ans avant notre ère.
- L’opération consistant à capter l’or s’appelle l’orpaillage, — harpaillage selon les étymologistes, — et cette définition nous permet d’étudier le captage de l’or par les sluices, pour nous arrêter au seuil de la métallurgie. Ce champ est assez vaste et nous pouvons ainsi parler des derniers progrès adoptés aux États-Unis et au Congo belge.
- La bâtée. — On appelle bâtée un vaisseau de bois rond et creux, dénommé sébille par Godefroy (Dictionnaire de l’Ancien Langage Français), Littré, Larousse, par tous les anciens minéralogistes, les historiens des mines françaises, Mallus, Le Monnier, Hellot, Réau-mur.
- Mais le nom bâtée, batea, d’origine hispano-mexicaine, a bien définitivement remplacé dans notre langue le vieux mot de sébille quand il s’agit du ramassage de l’or.
- La bâtée peut être en bois, en tôle, — et l’est effectivement le plus souvent, ou en corne, comme en Amérique Centrale, — ou en terre cuite, comme celle trouvée dans un dolmen de Bretagne C1). Le diamètre va de 3o à 60 cm, 65 à 75 quelquefois, avec un creux d’un quart à un huitième : mais le mieux est la moyenne d’un sixième.
- Si on a affaire à des terres ou des sables argileux, il faut d’abord débourber pour faire partir l’argile. On délayera dans une eau abondante et on écrasera les agglomérés ou les boules d’argile, pour ensuite concentrer sur la bâtée.
- Les rivières aurifères de France (2) sont assez nombreuses pour ren-
- „. , TJ , . , , dre intéressant le
- Fig. 1. — Un laveur a la batee. . , ,
- simple lavage a la
- bâtée. Dans l’étude à laquelle nous renvoyons le lecteur nous avons indiqué quelques rendements possi-
- 1. Près de Riantec (Morbihan). Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain : no 72.705.
- 2. Y. La Nature, n° 3004, 1er juillet 1937. Les rivières aurifères de France.
- blés. L’or ayant dépassé aujourd’hui 4o fr le gramme devient un attrait assez sérieux.
- Le sluice. — Sluice est un mot anglais dont la traduction exacte est canal, conduit (sluice est notre vieux mot français escluse dont il a conservé le sens). Mais sa signification française est nettement limitée à son emploi au lavage des sables ou des terres aurifères. Sa forme n’a que fort peu varié depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. C’était, — et c’est toujours un canal de bois de 4o à 60 cm de large et d’une longueur minimum de 2 à 3 m, pouvant parfois atteindre plusieurs dizaines de mètres, selon les rendements qu’on veut obtenir ou la perte que l’on peut consentir. Les parois latérales ont 10 à i5 cm de hauteur. Mais la partie essentielle du sluice, ce sont les riffles, réglettes de bois qui ont pour longueur la largeur des sluices, et une section de 18 à 22 mm. Ces riffles transversaux ont pour objet d’obliger les grains d’or qui les heurtent à se déposer contre eux et ainsi la récolte du métal précieux sera plus aisée, plus rapide.
- Le type du sluice de prospection est l’instrument connu sous le nom de long-tom. C’est un appareil composé de deux parties, partie supérieure où arrivent l’eau et les sables aurifères, — cette première section terminée par un tamis qui permet d’évacuer les cailloux, — et partie inférieure où se trouvent les réglettes, les riffles. C’est un instrument très pratique qui a fait la fortune d’innombrables prospecteurs et laveurs d’or dans les États Je l’Ouest des États-Unis, Californie, Névada, Orégon...
- La pente à donner aux sluices est de 7 à 8 cm par mètre. La quantité d’eau à fournir est d’environ 10 fois en volume celui des sables à laver.
- Mais les sluices ainsi conditionnés ont un rendement un peu faible, de l’ordre de 60 pour 100 peut-être. Ce chiffre varie beaucoup selon la grosseur des paillettes du métal précieux. Il est évident que si les grains sont gros, la récupération sera meilleure que si l’on est en présence de pellicules très fines, qui auront tendance à fuir sans être ari’êtées par les rif-11 es.
- Toison d’or et velours. — Depuis longtemps déjà le fond des sluices était recouvert d’étoffes de toutes variétés. En effet depuis l’emploi des peaux d’animaux pour la récolte de l’or alluvionnaire, — rappelons-nous la Toison d’or et l’expédition des Argonautes au xme siècle avant notre ère, — on a employé tout ce qui permet de retenir les grains ou les paillettes d’or, — les paillolles a-t-on dit jusqu’à la fin du xviii®, — laissant courir dans un afflux d’eau la terre et le sable, toutes matières dont la densité est si différente de celle de l’or.
- Pour garnir les canaux, Agricola, dans son traité De Re Metallica cite les peaux de bœufs, de chevaux, les poils de chevaux avec des nœuds tressés, les tissus
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- Fig. 2, 3 et 4. — La bâtée ; le pan américain (bâtée en tôle) ; Une corne mexicaine servant de bâtée.
- (Collection Degoutin).
- grossiers, des extrémités de branches de sapin, le romarin, etc.
- Mais il parle aussi des riffles en bois que l’on voit figurer dans ses canaux (rifile ou rifle vient du vieux verbe français rifler, dérober, rafler).
- À côté de nombreuses formes de riffles dues à l’ingéniosité des laveurs, on se sert toujours aujourd’hui de tissus de coton, de velours à côtes donnant un rendement supérieur à celui des riffles seuls, ou encore on tapisse le fond des sluices avec certains tissus de caoutchouc spongieux, ou même avec des tapis en fibres de coco.
- Il y a quelques années est apparu sur le marché un velours fabriqué à Manchester et dénommé Cordu-roy (x). C’est un velours de coton dont la côte est formée d’une quantité considérable de poils fins et longs, mais ayant cette particularité que la distance entre les côtes, — le rompu de poils, disent les spécialistes, — est plus grande que dans tous les autres velours. Son emploi se répand de plus en plus dans les colonies anglaises aussi bien qu’en Amérique où on le décrit comme un excellent gold saver, — un sauveteur d’or.
- Les grilles remplaçant les riffles. — Mais voici
- que les Belges, enchérissant sur ces derniers progrès, ont inventé une grille appelée assez improprement grille contournée. Cette grille est faite de fils d’acier, fils ronds de 4 à 5 mm de diamètre et écartés les uns des autres par la même distance. La longueur des fils est conditionnée par la largeur du
- 1. Ce mot vient du Français corde du Roy mais est d’invention anglaise, dit : The Ency-clopedia Britannica.
- sluice et ils sont réunis par un fil d’acier qui est seul contourné (fig. io).
- Il y avait longtemps qu’on avait observé qu’on ne pouvait pas atteindre un rendement de too pour xoo dans le lavage des sables aurifères, même en installant des sluices de 5o m de longueur. On avait remarqué que 7.5 à 80 pour 100 de l’or se déposait dans les 5 ou 10 premiers mètres, puis encore 5 à 10 sur les 10 m suivants, les 5 pour 100 suivants exigeant une longueur triple, et les derniers 10 pour 100 se perdant définitivement.
- Avec les grilles, la distance sur laquelle l’or est récupéré est encore plus courte que sur n’importe quel système de riffles, car on obtient un captage de près de 90 pour 100 de l’or alluvionnaire sur 3 à 4 m au plus, souvent 2 m si on est en présence d’or en grains d’un demi à 1 mm de diamètre. Aussi l’emploi de sluices courts, 5 m au maximum, tend-il à se généraliser dans les alluvions.
- On voit l’économie d’un système qui permet les déplacements aisés, rapides, à la recherche du point « payant ».
- Terres lavables. — Tous les sables aurifères peuvent être lavés avec succès, à partir d’une teneur d’un à deux grammes par mètre cube. Il ne saurait en être de même des terres. Certaines, ou prédomine trop l’argile, sont impossibles à débourser. Autant le débourbage est pratique avec de faibles teneurs d’argile, autant il est difficile au delà de 20 pour 100 d’argile, impossible au delà de 60 pour 100. C’est qu’en
- Fig. 6, — Un long-tom.
- Fig. 5. — Ba.tée préhistorique trouvée dans un dolmen de Bretagne (Musée de Saint-Germain).
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- Fig. 7. — Un atelier de laveurs de terres aurifères au Moyen-Age, d’après Agricola (De Re Metallica).
- A, le sluice ; B, grosse toile ; C, fond du slnice ; D, conduite amenant l’eau ; E, récipient de séparation pour le dépôt des parties lourdes ; P, la raclette ; G, baquet de rinçage des toiles ou peaux.
- Au premier plan un homme examine le métal obtenu par concentration dans la bâtée.
- général l’or se trouve en paillettes microscopiques dans ces argiles et qu’avec un débourbage trop poussé on amène le départ de la presque totalité de l’or qui reste collé à l’argile. C’est le cas de certaines limonites aurifères.
- Il faut faire un essai à la bâtée, car si on n’obtient pas une concentration avec la bâtée, il est certain que le sluipe ne donnera lien. D’ailleurs rien n’est plus facile que de faire un petit sluice d’essai de 2 m de long, avec une toile métallique à larges mailles en tête et on aura tout de suite une indication.
- Pureté de Vor alluvionnaire. — On sait depuis plusieurs siècles que c’est bien l’or le plus pur. Les chimistes du xvme, Réaumur surtout, l’ont confirmé par leurs analyses. Des innombrables essais effectués, il ressort que la moyenne de la teneur en or du métal alluvionnaire est de 88 à 95 pour 100, allié à l’argent et, au cuivre. Quelques analyses ont décelé la présence de mercure, de bismuth et de palladium. On cite un or alluvionnaire d’Australie ayant donné exceptionnellement 99,8 pour 100.
- Où et quand orpailler ? — « Le temps le plus favorable à l’orpaillage est celui où les eaux sont basses. Les grains d’or ont été transportés au moment des
- grosses eaux et se sont déposés quand la force des eaux a commencé à faiblir assez pour ne plus pouvoir transporter les métaux, le fer et surtout l’or. Aussi quand après une crue subite le torrent ou la rivière ralentit son débit, c’est alors le moment favorable pour se mettre au travail. Quand on aperçoit des endroits où le sable est noirâtre ou rougeâtre, — et en général les endroits où il est d’une couleur différente de celle qu’on lui voit ailleurs, — c’est celui auquel il faut s’attacher. C’est là qu’on le trouve et on le trouve plus abondamment qu’ailleurs ». On peut en croire Réaumur auquel nous avons emprunté ces lignes.
- Quant aux endroits plus précis, cherchons-les con-tre les courbes concaves et immédiatement après, mais jamais dans les anses.
- Il est très probable que les rivières naguère assez aurifères pour être orpaillées ont dû le redevenir. En effet les roches mères ou les filons aurifères n’ont pas disparu. Il y a donc toujours de nouveaux apports. En outre, il faut tenir compte de l’usure des quartz dans les lits des torrents. 11 n’y a qu’à écouter le bruit formidable des roches et des cailloux dévalant dans les Pyrénées les jours d’orage pour se rendre compte
- Fig. S. — Une exploitation aurifère dans l’Ariège vers 1750 (Description des gîtes de minerai des Pyrénées, par le Baron de Dietrich, Paris, MDCCLXXXYI).
- A, conduite d’eau ; B, premier tamis à larges mailles ; C, transport du minerai à laver ; D, tamis à secousses ; E, manœuvre agitant ce tamis ; F, dernier tamis à mailles fines d’où les sables ou terres passent dans G qui est la première partie du canal de lavage, puis dans II où se trouve la couverture ou le velours. En I, l’homme qui remonte constamment la matière
- à laver.
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- qu’on se trouve alors en présence de véritables et puissants broyeurs à boulets.
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- Législation de l’orpaillage. — L’orpaillage est libre en France. On a laissé cette industrie s’exercer librement après la loi de 1810 pour ne pas heurter les droits acquis, puis plus tard à cause de sa lente disparition.
- La loi du 9 avril 1898 ayant donné aux riverains le lit des cours d’eau non navigables, ni flottables, il est évident que l’orpaillage ne peut pas s’y poursuivre sans leur assentiment. Mais on peut prévoir que l’exploitation industrielle de l’or dans les cours d’eau ne pourrait se pratiquer sans un permis d’exploitation, pour ne pas parler de concession. Cela ressort de toute évidence de l’évolution socialiste des principes du droit minier. Cette opinion est exprimée clairement par Aguillon dans son ouvrage sur la Législation des Mines en
- Fig. 9. — Laveurs de sables en Alaska.
- Remarquer l’homme qui actionne la pompe avec les pieds (Document communiqué par la Denver Equipment Company).
- Fig. 10. — La grille contournée.
- France. Cependant la loi ne sortira pas du jour au lendemain, car son établissement n’ira pas sans soulever de nombreuses difficultés, attendu qu’elle devra satisfaire aux règles du droit minier et à celles de la police sur les cours d’eau. Ce sera donc l’œuvre de trois administrations/les Mines, les Ponts et Chaussées, les Eaux et Forêts.
- En attendant que l’on mette fin au provisoire actuel qui peut durer longtemps encore, il ne faut qu’être d’accord avec les riverains.
- Léon Laffitte.
- Adresses utiles :
- Nous conseillons aux débutants de consulter, pour s’initier à l’emploi de la bâtée, la brochure en vente chez Deyrolle, rue du Bac, 40, Paris (7e) : « Essai sur l’étude des minerais avec emploi de la bâtée », par M. N. Dégoutin.
- On trouve le velours Corduroy aux Usines Johnson, London Road 1, à Manchester.
- Les grilles contournées se trouvent chez Aumeca, avenue de Verdun, 1, Paris (10e).
- ==•- LE « IONOSKRIB » .......- "
- POUR LA MESURE COLORIMÉTRIQUE DU pH
- Le succès des évaluations colorimétriqués du pli est essentiellement lié à la simplicité, et l’élégance si sobre du comparateur bloc de Walpole en est une suggestive illustration. Toutefois, le souci de la simplicité apparente a mené trop loin certaines conceptions où cette qualité n’était acquise qu’au détriment de la plus élémentaire précision.
- Dans le domaine scientifique, comme en certains domaines pratiques délicats, le pH doit être mesuré avec une précision relativement grande. Les appareils potentiométriques ou les colorimètres perfectionnés s’imposent alors. Mais il est de nombreux cas où une bonne approximation à 0,2 ou o,5 unité près convient
- parfaitement. On aura alors recours à une méthode colorimétrique simple et rapide.
- Parmi celles-ci, la technique a Ionoskrib », que l’imperfection trop évidente de certaines nouveautés nous avait fait d’abord accueillir avec méfiance et scepticisme, s’impose à l’attention. L’ayant adopté dès l’abord dans le but d’en rechercher les défauts, nous avons été vite conquis par ses indéniables qualités qui nous incitent aüjourd’hui à la préconiser en bien des cas.
- L’ u Ionoskrib » est une sorte de porte-mine dont la mine est constituée d’un indicateur présenté sous forme solide. Il s’agit d’un véritable ionomètre de
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- Fig 1. — Le « ionosltrib », indicateur de pH.
- poche dont le nom suggestif est particulièrement bien choisi. Cet ionomètre muni de ses réactifs colorigra-phes et de ses échelles colorées gravées sur le corps du porte-mine lui-même, se porte comme un stylogra-phe, ou en trousse dans la poche et l’excellente présentation ajoute à ses qualités techniques propres.
- Le modèle Standard, Modèle K (fig. i) permet l’emploi de deux réactifs, un à chacune des extrémités. L’un sera par exemple du type universel et couvrira la gamme des pH presque complète, de i à i3, et l’autre couvrira, avec plus de précision, une zone plus restreinte choisie à la demande et selon les applications envisagées.
- Un modèle simplifié, Modèle S, à un seul réactif colorigraplie, ne comportant pas d’échelle colorée, est destiné à certains buts particuliers industriels.
- Des trousses colorimétriques d’une grande maniabilité ont été ainsi réalisées :
- i° Ti’ousse Standard K.oi contenant un seul iono-mèlre avec bloc-touches pour essais (fig. 2) ;
- 20 Trousse complète K.o3 (fig. 3).
- La technique colorimé trique « Ionoskrib » consiste essentiellement à mettre en contact un tracé du réactif colorigraphe avec le liquide à étudier et à comparer la teinte résultante avec les teintes types de l’échelle colorée ; le pH mesuré est indiqué en regard de la teinte correspondant sur l’échelle à celle du tracé après virage.
- On pourra, selon les cas, effectuer un tracé bien homogène à sec sur papier filtre neutre, puis humecter ce tracé avec une goutte de la solution en essai déposée à l’aide d'un agitateur. Cette méthode est
- Fig. 2. — Le nécessaire « Ionoskrib » en écrin.
- d’application générale et convient bien pour les liqueurs normalement tamponnées. On devra prendre garde cependant à ne pas forcer le ti’acé outre mesure et à ne pas le noyer dans un excès de liquide.
- On pourra aussi appliquer le ti'acé, en un léger frottis, sur le papier préalablement humidifié par la liqueur à étudier. Ce pi’océdé convient spécialement aux liqueurs peu tamponnées ainsi qu’aux liqueurs nettement alcalines.
- Enfin, on peut appliquer dii’ectement le tracé sur des matières (papiers, textiles, bois, peaux...) en essai, sur lesquelles on fera une légère touche à même la surface légèrement exprimée.
- Un peu d’entraînement est nécessaire pour obtenir des résultats comparables, mais cette familiarisation
- Fig. 3. — La trousse complète pour les déterminations de p H.
- est rapide et l’opéi’ateur sera vite sui’pris de certaines x’éussites. Ainsi est-il aisé de faire des mesures de milieux nettement coloi’és tels que mélasses, vins, bains .de teixitures... Pour cela, il suffit d’attendre que la goutte de liquide soit bien absorbée par le papier filtre et l’on voit appai'aître alors nettement la coloration indicatrice du tracé réactif.
- De même pour des émulsions opaques (bitumes), des suspensions troubles (argiles)... on pourra pratiquer l’humectation du papier filtre au verso du tracé réactif qui virera d’une façon très lisible.
- Dans le cas de gels colloïdaux (gelées de fi’uits, empois...), de crèmes, de savons, de pâtes..., de milieux visqueux ou sii’upeux..., on imprègne le tracé par un contact de quelques secondes, puis on enlève l’excès de substance avec la pointe d’un agitateur ou avec le doigt, pour observer la coloration.
- On conçoit l’intérêt d’un tel appai'eil au laboratoire ou à l’atelier et dans les pi’atiques les plus variées.
- Le papetier, le technicien du textile... passeront le crayon sur leur pi’oduit encore humide, après traite-
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- ment, pour en évaluer le pH ; le médecin évaluera rapidement sur urine un trouble acido-basique possible ; le viticulteur vérifiera si le jus du raisin est assez alcalin ou si son vin s’acidifie... La plupart des multiples applications du pH y auront intérêt, et même celles qui nécessitent une plus grande précision. En effet, E « Ionoskrib » permettra souvent, dans ce cas, de localiser, en première estimation, les contrôles à préciser, et de diminuer ainsi le nombre de mesures plus longues et plus coûteuses.
- Au cours de recherches hydrogéologiques et spéléo-logiques, 1’ « Ionoskrib » nous a rendu de très précieux services par son volume restreint et l’absence de
- ....-.......— ;= 371 =
- liquide à transporter. Ainsi, avons-nous pu, sur le terrain, estimer le pH des eaux, de suspensions de terres et d’argiles, et ne prélever pour étude ultérieure précise que ce qui en valait la peine.
- Avoir toujours sur soi le moyen d’évaluer le pH, voilà ce qui intéressera bien des chimistes, techniciens ou praticiens, et que 1’ « Ionoskrib » permet aujourd’hui grâce à une réalisation originale, simple et élégante, dont il faut louer les inventeurs, les deux chimistes français Ray Dru et Charles Monnet.
- Maurice Déribéré.
- Ingénieur E. B. P.
- ROBUSTICITÉ ET INDICES CORPORELS
- La robusticité se révèle par des caractères morphologiques, des mesures physiques et physiologiques qui permettent à tout instant de vérifier l’évolution de l’individu et sa valeur coi'porelle.
- Chacun hérite en naissant d’une certaine constitution. L’hygiène générale et alimentaire assurent d’abord une croissance régulière et quand elle est accomplie, maintiennent un équilibre qui est la santé.
- L’enfant bien portant est gai et vivace, il a le désir de jouer, de tout voir, de tout connaître. Ses selles bien liées, odorantes sans doute, mais sans fétidité, témoignent d’une bonne digestion. Une attention plus intelligente que craintive assurera avec les conseils du médecin une effective prophylaxie contre les accidents et affections morbides.
- Le premier incident à éviter contre lequel on doit être mis en garde est la dentition. Elle apparaît très rarement à la naissance mais plus généralement dans les six premiers mois. Du 10e au i4e mois, l’enfant franchit, au moment de ses premiers pas, la première étape de sa morphologie originelle, son cou s’allonge et se dégage du thorax. Garçonnet, il abandonne sa corpulence, perd les bourrelets de graisse de ses jointures et paraît plus fluet. Les tissus s’affermissent et les muscles se dessinent légèrement sous la peau. A mesure qu’il grandit, la hauteur des membres inférieurs augmente par rapport au buste et il prend cet air élancé de l’adolescent. Avec l’âge scolaire les besoins d’une alimentation rationnelle et abondante se justifient par le développement, par les fatigues de l’instruction et bientôt de l’apprentissage et par les transformations de la puberté. Celle-ci s’annonce entre i4 et 17 ans, plus précoce chez la jeune fille dont la démarche devient oscillante par élargissement du bassin pendant que s’accentuent les dispositions corporelles, prélude de son rôle social.
- Pour éviter la reproduction de tableaux qui ne donnent souvent que des moyennes fort dissemblables du cas particulier qui intéresse chacun, je donnerai des formules qui permettent sans aucune difficulté de les établir.
- Poids. — L’enfant à sa naissance pèse entre 3 à 5 kgr. A partir de 2.5oo gr il est considéré comme valide. Il diminue d’abord de xoo à 200 gr chaque jour jusqu’au 4e, puis regagne son poids primitif dans la première quinzaine. D’après Terrien, l’augmentation de poids par mois est de 700 gr jusqu’au 5°, puis de 35o seulement, ce qui permet de calculer le poids total jusque vers la deuxième année en tenant compte chaque fois de celui qui est précédemment acquis. Remarquons en passant, que le nombre exprimant le x/10 du poids mensuel représente également à peu près la quantité globale de lait par 24 heures avec l’eau de coupage comprise (eau sucrée à 12 pour 100) qui doit être absorbée par l’en-
- Fig. 1. — La croissance de la naissance à 13 ans.
- 1 2 3 h 5 6 7 8 S W 11 12 13
- Age en années
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- fant et qui ne doit jamais dépasser un litre au maximum.
- Après un an, les rapports normaux entre la taille et le poids deviennent :
- Taille Taille
- —.— x -------
- 10 0
- — Poids. On peut encore diviser la taille en décimètres par 5 et la multiplier par elle-même. Cette deuxième formule convient mieux jusqua 20 ans et la première au delà. L’une et l’autre sont généralement plus élevées Fig 2. — Schéma des capacités que le poids habi-thoraciques. tuel des enfants
- qui sont toujours un peu fluets pendant toute leur croissance, ce qui justifie les soins que l’on doit apporter à leur alimentation souvent instffisante.
- Taille. — Nous naissons avec 5o cm de longueur environ, ce qui représente les 3/25® de notre taille définitive. A 3 ans environ, on arrive à la moitié du dévelopement normal de sa taille. Par contre avec la vieillesse on se tasse de quelques centimètres, par diminution des disques intervertébraux et courbure de la colonne vertébrale.
- L’accroissement du poids et de la taille ne se font pas d’une façon rigoureusement parallèle, mais par oscillations successives dont il faudra tenir compte. A lage adulte, la taille se stabilise et le poids seul varie quand on ne sait pas se défendre contre son insuffisance dans l’amaigrissement ou son excès dans l’obésité.
- Fig. 3. — Le masque manométrique de Pech pour la mesure du débit respiratoire.
- Périmètre thoracique. — Le périmèrte axillaire, pris directement sous les aisselles, est de i à 3 cm plus élevé que le périmètre xyphoïdien, le plus souvent mesuré à l’extrémité inférieure du sternum (au-dessus du creux de l’estomac), auquel se rapporte la formule suivante :
- Taille Poids • •>. x1
- —~ + faïilé = Perimetre thoracique.
- Ampliation thoracique. — La dilatation du thorax et sa rétraction à chaque acte respiratoire est de 2 à 8 cm. Cette amplitude est évidemment indépendante de la grandeur du périmètre lui-même et tient à la force expansive réelle des muscles de la paroi thoracique que développe si heureusement l’exercice.
- Capacité vitale. — La capacité vitale respiratoire ne doit être gênée par aucun obstacle sur le trajet des voies respiratoires tel que déformations nasales internes, végétations adénoïdes, amygdales hypertrophiées.
- L’épi’euve de Gallois peut en faire soupçonner la présence en démontrant la puissance respiratoire ; elle consiste à compter à mi voix d’une seule haleine et aussi rapidement que possible jusqu’à atteindre le nombre ioo considéré comme une bonne haleine, et qui est souvent dépassé.
- Les spiromètres sont plus exacts qui font connaître la quantité d’air passant dans les poumons ; elle est en moyenne de 5oo cm3 à chaque respiration, c’est l’air courant. En respirant avec effort, la quantité supplémentaire d’air introduite s’appelle air complémentaire, et en expirant avec force il en sort davantage encore et cet excédent est l’air de réserve. Le total, suppléments compris, s’appelle capacité vitale et peut atteindre 3,5 1 pour l’adulte. Enfin l’air résidu al est celui que nulle inspiration ni expiration ne peut atteindre, nous l’appellerons si on veut bien encore accepter cette dénomination, air stationnaire :
- (Air normal . . . 5oo )
- — complémentaire. 1.670 / Capacité
- lotaie y — de réserve . . 1.600 f vitale
- ( — résidual 1.200 )
- 4-979
- soit environ 5 1.
- En évaluant à 2 1 de sang la nappe sanguine au contact de cet air et à 20.000 au moins le nombre des mouvements respiratoires en un jour, 4o.ooo 1 de sang sont soumis par jour aux échanges gazeux à travers la muqueuse pulmonaire, ce qui démontre l’importance de ces mesures.
- Proportionnalité de ces indices. — La quantité d’air qui passe dans les poumons ne dépend pas seulement de sa capacité mais du débit respiratoire évalué au masque manométrique de Pech qui indique à tout instant l’air qui passe en une seconde, soit environ 1 1 75 (fig. 3).
- On l’a également étudiée en fonction de la surface du corps. Elle serait égale par mètre carré à 2 1 5oo
- -ï?
- "<5
- O
- <D
- <1
- Am résiduel ____J.200______
- Air de réserve 1600
- Airœurant_ 500_ Air
- complémentaire
- 1.670
- (a
- 1
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- 373
- chez l’adulie, un peu moins chez la femme et à 5o cm3 par kgr. D’autre part la surface serait corrélative au poids ; elle est estimée pendant la croissance, par Michel et Parret, à io cm2 par 3 kgr, mesure trop approximative qui nous oblige à calculer la surface. Les méthodes indiquées sont si nombreuses et si compliquées que nous ne pouvons les rapporter ici ; leurs résultats si disproportionnés nous obligent à indiquer la nôtre (3) : la surface corporelle correspond à la moyenne de la taille et du poids multiplié par 3
- T-t(PX3 soit : ——-------.
- 2
- Coefficient de ventilation. — Gréhant a établi que l’air renouvelé à chaque respiration est seulement égal à un peu plus du dixième (o,i45) du volume de l’espace ventilé dans le poumon. Il augmente très sensiblement dans les respirations profondes par lesquelles on doit toujours terminer tout exercice. L’indice de Strohl indique le rapport de l’air respiratoire ou air courant à la capacité vitale. De nombreux autres indices ont été conseillés, tenant compte de la fonction, de son chimisme ou de l’organe, mais leur étude compliquerait la question sans profit correspondant à sa clarté.
- Pression et dépression intrapulmonaire. —
- L’aspiration de l’air se fait sous une dépression de — ià — 67 mm de mercure (Hg) et l’expiration par un effort de + 2 à + 87 mm Hg, plus considérable à cause de la force d’élasticité du poumon et de sa paroi qui s’ajoute tandis qu’elle s’oppose à l’inspiration. On les évalue à l’aide du pneumomètre de Pachon (fig. 4).
- Tenue respiratoire. — Rosenthal estime de 4o à 5o secondes en moyenne le temps pendant lequel un sujet peut lutter contre le retour de l’air expulsé d’un flacon dans un autre.
- L’apnée volontaire à l’air libre qui consiste simplement à retenir sa respiration, nai’i-nes et bouche closes, peut doubler ce temps.
- Rythmies respiratoires et cardiaques. — Le nombre des respirations par minute varie de 43 à 06 à la naissance, de 25 à 35 à un an, puis s’abaisse- entre 16 et i4 chez l’adulte. Quant aux pulsations du cœur, elles descendent dans des proportions analogues de 100 ou x 25 à 60 environ dans le même temps. La fièvre comme le travail musculaire les augmente.
- L’épreuve de Lian : pas de gymnastique cadencé sur place à 10 ou 12 pas en 5 secondes et continué pendant 1 minute provoque l’acélération. Émotivité mise à part, elle peut élever de 5 ou 10 en plus le nombre habituel des mouvements respii’atoires et de 5o les battements du cœur. Le
- rythme normal doit se rétablir en 5 à 6 minutes et même moitié moins après e n -traînement.
- Pression a r t é -
- rielle. —
- La pression artérielle maximum et minimum s’élève également après effort et revient à son équilibre normal après quelques minutes ; son observation est d’ordre médical.
- Dynamométrie (2). — Tout effort sur obstacle ou résistance, tout mouvement (nombre ou parcours) traduisent la force musculaire en potentiel pu en travail (poids, freins, ressorts, marche). Le premier est conditionné par le temps ; un dynamomètre médical suffit et il n’est pas nécessaire d’avoir recours dans la pratique courante à l’ergographe ; il est même possible avec ce seul appareil de déterminer une courbe de
- 2. Pasteur. Les indices musculaires. Bulletin de l’Académie de Médecine, 7 juin 1938.
- Fig. 5. — Le dynamomètre du Dr Pasteur..
- Fig. 4. — Le pneumomètre de Pachon.
- I. Pasteur. Les indices corporels. Bulletin de l’Académie de Médecine, 3 janvier 1938,
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- Heures
- S W U 12 13 /4 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
- Fig. 6. — Courbes musculaires dynamométriques de la main droite d’un sujet pendant 4 jours consécutifs, légèrement modifiées par des influences journalières.
- Remarquer le fléchissement marqué au moment des repas.
- fatigabilité qui caractérise l’énergie de chaque individu. Nous avons construit pour ces recherches un dynamomètre qui s’adapte à toutes les modalités de l’expérience et en permet l’inscription (fig. 5). On peut ainsi faire des remarques intéressantes sur le surmenage, l’endurance, le rendement industriel et l’entraînement. La force faible va de o à 20 kgr, la moyenne de 20 à 5o, la forte de 5o à 80, la très forte au delà. .
- Fonction urinaire. — Le rein est le principal émonctoire des produits du travail organique. Divers troubles de sa fonction se manifestent par une diminution de la quantité d’urine émise (oligurie), son absence (anurie), son augmentation (polyurie), sa fréquence (pollakiurie), son changement d’aspect et ses dépôts ; on peut y rechercher du pus (pyurie), du sang (hématurie), des phosphates (phosphaturie) ou la surabondance d’urée, d’acide urique, etc. Si l’élimination est déficitaire, on observe une rétention dans le sang de ces diverses substances ainsi que du sel ou du
- sucre dont la présence accuse une glycosurie (diabète) quand au lieu de transitoire elle devient constante.
- Les quantités d’urine s’élèvent habituellement de 1.200 à i.5oo gr dans les 24 h quand il n’y a pas eu une trop grande déperdition d’eau par la sueur ou par les fèces et qu’il n’y a pas de rétention pathologique.
- Segment anthropométrique de Bouchard. —
- Nous citerons pour mémoire les remarquables travaux de Bouchard sur la nutrition qui l’ont conduit à considérer chez l’homme une sorte d’unité statique à laquelle il rapporte pour en connaître les proportions relatives aussi bien les produits d’absorption alimentaires que ceux que l’organisme doit rejeter et dont nous venons de faire une courte énumération. Cette unité est le décimètre cube moyen du corps de l’homme normal pesant 1.000 gr (en réalité i.o55) et dont la
- „ , (poids en kilogrammes du corps) , .
- iormule—-----=-77:—2—=—:—r---------— donne le seg-
- Taille en decimetres
- ment anthropométrique. Toutes les caractéristiques se trouvent ainsi réduites à des coefficients qui ont été établis par l’auteur dans le tome III de son grand Traité de Pathologie générale.
- * *
- La robusticité peut être reconnue et établie par certains indices et caractères physiques, physiologiques et fonctionnels dont nous venons de rappeler les plus pratiques. Ils nous renseignent à tout instant sur le bon équilibre des forces intérieures et extérieures de l’organisme. Leur recherche est indispensable pour surveiller et déterminer les aptitudes professionnelles et sportives, suivre l’entraînement, se rendre compte de l’état de santé au cours de la vie et déjouer d’avance toutes les prédispositions à la maladie. Ces connaissances et ces mesures, même ainsi réduites, seront non seulement précieuses pour tous ceux qui s’y intéresseront mais faciliteront la tâche du médecin en lui fournissant des données utiles pour le plus grand bien de chacun en particulier, de l’hygiène en général, de la race et des réalisations plastiques corporelles de l’art humain. Félix Pasteur,
- Médecin Général.
- = COMPARAISON ENTRE LES TRANSPORTS
- AÉRIENS ET TERRESTRES
- Le vol humain par le plus lourd que l’air est devenu possible du jour où l’on a su construire de façon assez légère le mécanisme des oiseaux artificiels conçus par les hommes, et spécialement le moteur susceptible de fournir de façon durable l’énergie minimum nécessaire à leur fonctionnement.
- Cette énergie minimum est sensiblement plus élevée que ne le croyaient les premiers hommes volants qui pensaient parvenir à se soutenir dans les airs avec leur seule force musculaire appliquée à des ailes factices imitées de celles des oiseaux.
- Elle dépend de la forme et des dimensions des surfaces portantes utilisées et aussi de la nature des mouvements qui leur sont communiqués. Ainsi, il est avéré que le mouvement de battement qu’emploient les oiseaux est à ce point de vue l’un des plus économiques, et si on ajoute que de par leur instinct, ils savent admirablement utiliser l’énergie cinétique contenue dans les coups de vent et remous de l’atmosphère, on s’explique que certains oiseaux arrivent à se maintenir presque indéfiniment en l’air avec une dépense infime d’énergie.
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- Malheureusement, la plupart des mécanismes réalisés par l’homme sont impuissants à reproduire les mouvements de la nature et il est peu probable qu’on arrive jamais à construire des machines volantes à ailes battantes, de même qu’on n’a pas réalisé de véhicules terrestres rapides en reproduisant mécaniquement les muscles et les articulations des jambes des chevaux ou des pattes des lévriers.
- Pour les véhicules aériens, c’est le principe de 1’ « attaque oblique » qui a prévalu. A vrai dire, ce principe était déjà utilisé, sinon parfaitement connu depuis fort longtemps et on en trouve l’application en particulier dans les cerfs-volants et dans les hélices marines : il consiste essentiellement en ce que le déplacement d’une surface inclinée dans un milieu fluide (liquide ou gazeux) engendre sur cette surface des pressions qui sont dirigées non pas en sens inverse du déplacement, mais suivant des directions qui font avec lui un angle plus ou moins grand suivant que la surface est elle-même plus ou moins inclinée sur la direction du déplacement.
- Autrement dit et pour préciser, si l’on représente, comme il est d’usage en mécanique, la pression du fluide sur la surface par un vecteur OP, ce vecteur peut se décomposer suivant la méthode du parallélogramme des forces en deux autres, l’un OT dirigé suivant la vitesse relative du fluide par rapport à la surface, et l’autre OR, perpendiculaire à cette vitesse. C’est ainsi qu’en déplaçant horizontalement les surface portantes d’un avion dans l’air, on provoque sur ces surfaces des pressions dirigées verticalement de bas en haut qui équilibrent le poids de la machine et l’empêchent de tomber, solution particulièrement heureuse puisqu’elle résout deux problèmes à la fois : celui de la propulsion et celui de la sustentation.
- L’attaque oblique est un phénomène qui a été aujourd’hui étudié à fond dans les laboratoires et souffleries aérodynamiques et sur lequel on possède toutes les données nécessaires pour construire de bons avions, c’est-à-dire des avions à la fois rapides et économiques au point de vue de la puissance dépensée. Cette puissance peut s’évaluer de la même façon que lorsqu’il s’agit d’un véhicule terrestre et permet d’établir une comparaison entre les deux modes de transports.
- Fig.
- 1. — Un avion « fin » avec moteur « suralimenté » Le Caudron-Renault de la Coupe Deutsch 1934.
- L'AUTOMOBILE
- Pour calculer l’effort total nécessaire au remorquage d’une automobile sur route horizontale à une vitesse V, il faut faire la somme de deux termes, l’un provenant de la résistance au imdement et l’autre de la résistance de l’air. La résistance au roulement est une fraction K du poids du véhicule P, fraction qui varie naturellement avec la nature du bandage et l’état de la route : de l’ordre de 0,02 pour bandage pneumatique sur route lisse et dure, il peut atteindre 0,06 et plus sur terrain mou, il augmente généralement avec la vitesse et pour de très grandes vitesses, il dépasse encore celte valeur.
- Pour ce qui est de la résistance de l’air, on rejoint ici le domaine de l’aéronautique, où l’on sait depuis
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- i.
- Fig. 2. — Tracés de carrosseries a superaérodynamiques » (d’après M. M. Andreau).
- longtemps que cette résistance est proportionnelle au carré de la vitesse V3, elle est d’autre part proportionnelle à la surface S exposée au courant d’air, c’est-à-dire dans le cas d’une voiture à celle du maître couple de la carrosserie.
- En définitive, la résistance totale à vaincre pour remorquer une automobile sur route peut se mettre sous la forme :
- (i) R = KP + CSV2
- Le coefficient C du-second terme dépend essentiellement de la forme extérieure du véhicule et peut varier considérablement suivant cette forme. C’est aux souffleries aérodynamiques que l’on doit l’étude complète de cette question.
- L’ingénieur Eiffel a été l’un des premiers à déterminer le coefficient C (que l’on désignait autrefois par la lettre K) pour différentes formes de corps exposés dans le courant d’air ; C est maximum dans le cas d’une surface plane de surface S exposée normalement au courant d’air, et atteint la valeur moyenne de 0,08, il est minimum et tombe à o,oo3 environ, dans le cas d’un corps fuselé, c’est-à-dire ayant à peu près la forme d’un cigare allongé, dont la surface extérieure est parfaitement lisse, et le gros bout dirigé du côté d’où vient le vent ; la moindre protubérance sur la surface extérieure du cigare entraîne aussitôt une élévation importante de la valeur de C.
- Tant que les voitures automobiles ne dépassèrent pas les vitesses de 5o à 60 km/h, soit i4 à i5 m/sec, on ne s’inquiéta pas outre mesure de leur forme extérieure, la résistance de l’air étant du même ordre que la résistance au roulement que l’on se préoccupa d’abord d’améliorer ; mais pour les voitures actuelles qui atteignent et dépassent 28 m/sec (100 km/h), la résistance de l’air surpasse de beaucoup la résistance de roulement si on ne s’inquiète pas de diminuer le coefficient C.
- Ainsi à xoo km/h, et pour la valeur maximum 0,08 de C, la résistance de l’air atteint 63 kgr par mètre carré du maître couple, soit 189 kgr pour un couple de 3 m2, alors que la résistance au roulement n’est que de 20 kgr par tonne. Aussi a-t-on été conduit à l’étude des formes dites aérodynamiques pour les carrosseries. S’il était possible de donner à ces carrosseries la forme d’un cigare parfaitement lisse, ce serait l’idéal, puisque la résistance de l’air tomberait de
- 189 à 7 kgr par 3 m2 de maître couple ; malheureusement cela ne l’est pas, car cette forme allongée se prête mal au logement des passagers, et, d’autre part, il existe des saillies obligatoires dont les plus importantes sont celles formées par les roues. On a pu néanmoins, en réduisant ces saillies au minimum et en « profilant a vers l’arrière la caisse et les ailes, diminuer de moitié et davantage, la résistance de Tair. Il est probable qu’en persévérant dans cette voie, on pourra obtenir encore de nouvelles et importantes améliorations.
- L’AVION
- Ce sont des préoccupations du même genre qui ont conduit les ingénieurs de l’aéronautique à rechercher tous les moyens pour diminuer ce qu’on appelle en aviation les résistances passives ou nuisibles, c’est-à-dire celles qui sont, dirigées en sens inverse de la vitesse d’avancement et qui correspondent à la composante OT précédemment définie, par opposition à la composante perpendiculaire OR, que l’on pourrait appeler résistance utile, puisque c’est elle qui, en fait, soutient l’appareil. Dans un avion, seules les ailes assurent la sustentation en fournissant une résistance utile, toutes les autres parties comprenant la carlingue, les fuso-moteurs, train d’atterrissage, gouvernes, etc., donnent lieu à des résistances passives. Les meilleures ailes sont évidemment celles pour lesquel-OR
- les le rapportest maximum, il caractérise ce qu’on
- appelle la finesse et joue pour l’avion exactement le même rôle que le coefficient de roulement pour l’automobile. Si par exemple la finesse / est égale à 20, c’est que la résistance à vaincre dans le sens du
- mouvement est Ie~ = o,o5 du poids à porter. Les
- finesses maximum que l’on peut obtenir avec les meilleurs profils d’ailes attaquant l’air obliquement sous l’angle le plus favorable (angle optimum) sont de l’or-
- dre de 25, correspondant à
- S
- o,o4, encore supérieur
- au coefficient de traction minimum K = 0,02 que nous avons signalé pour les véhicules terrestres ; d’autre part ces finesses maxima ne peuvent pas encore être utilisées couramment en aviation, car il faut se réserver une marge de sécurité qui permette à l’avion
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-
-
- de voler à des vitesses notablement inférieures à sa vitesse de régime, en particulier au moment de l’atterrissage ; or, n’oublions pas que, pour un angle d’attaque déterminé, les poussées varient comme le carré des vitesses, la poussée verticale OR deviendrait donc insuffisante pour soutenir l’avion, mais comme elles varient aussi proportionnellement à la surface, on rétablit OR à la valeur nécessaire en augmentant la surface des ailes. Cette surface agrandie, qui convient pour lés vitesses réduites qu’il faut obtenir à l’atterrissage, ne convient plus pour le vol à la vitesse normale, car elle tend à produire une poussée sustenta-trice supérieure au poids de l’avion, et par suite, à le faire monter. Pour la ramener à la valeur de ce poids, il faut diminuer l’angle d’attaque.
- En définitive, les ailes des avions, surdimensionnées pour les raisons que nous venons d’expliquer, doivent attaquer l’air sous un angle plus petit que l’angle optimum, et cet angle trop petit donne une finesse nette-
- ment inférieure. Pratiquement, le coefficient y atteint
- facilement des valeurs de l’ordre de 0,08 à 0,1, ce qui revient à dire que le coefficient de traction des avions est nettement plus élevé que celui des véhicules terrestres.
- On songea, il y a quelques années, à remédier à cet inconvénient en construisant des ailes à surface variable que l’on aurait pu déployer pour augmenter leur surface au moment de l’atterrissage ; cette solution très délicate et mécaniquement assez compliquée dut être abandonnée pour une autre beaucoup plus élégante qui est actuellement en plein développement et qui résulte d’un perfectionnement aux moteurs dont nous avons parlé dans un récent article (*), il s’agit de la surcompression ou suralimentation. Grâce à l’emploi des compresseurs, les moteurs peuvent conserver leur puissance jusqu’à des altitudes très élevées, malgré la diminution de la densité de l’air à ces hautes altitudes ; mais comme les résistances de l’air sur les ailes diminuent proportionnellement à cette densité, la poussée sustentatrice se trouve ramenée à la valeur du poids de l’avion sans qu’il soit nécessaire de diminuer autant l’angle d’attaque qu’à la surface du sol. Mais on le diminue encore trop et jusqu’aujourd’hui, la plupart des avions sont obligés de voler sous un angle d’attaque qui reste encore inférieur à l’angle économique jusqu’à l’altitude pour laquelle le moteur conserve toute sa puissance. Il est entendu qu’au-dessus de cette altitude on peut augmenter progressivement l’incidence des ailes jusqu’à atteindre l’angle économique, ce qui correspond au « plafond » de l’appareil, mais comme le moteur perd de sa puissance et l’avion de sa vitesse, cela n’a pas d’intérêt pratique.
- Le jour où l’on se trouvera débarrassé-du souci de l’atterrissage « en vitesse » rien ne s’opposera plus à ce que l’on utilise l’angle « optimum » comme angle d’attaque normal du vol en croisière, c’est-à-dire un « coefficient de traction a de o,o4. L’emploi de voilu-
- 1. Voir l’article du même auteur paru dans La Nature du 1S avril 1938 : Les progrès de l’hélicoptère.
- -i—................................ , 377 =
- res tournantes nous paraît de nature à satisfaire à ce désiderata C).
- Passons maintenant au second terme de la somme (i) qui correspond aux résistances passives. Ici l’avantage de l’avion sur le véhicule terrestre est très net, au point qu’on a même envisagé la possibilité d’annuler complètement ces résistances ; il suffirait, en effet, pour y parvenir, d’enrober toute la structure de l’avion à l’intérieur d’une enveloppe rigide présentant la forme extérieure d’une aile, on réaliserait ce que l’on a appelé 1’ « aile volante », qui ne présente pas d’impossibilité, tout au moins au point de vue théorique, si l’on tient compte que l’on a déjà pu construire des avions « sans queue » et que les trains d’atterrissage escamotables sont aujourd’hui couramment employés.
- Mais sans pousser les choses aussi loin, il est certain que la carlingue d’un avion se prête beaucoup mieux que la carrosserie d’une automobile aux formes fuselées qui offrent à l’air de faibles résistances et comme l’avion se déplace non pas au ras du sol, mais à une certaine altitude où la résistance de l’air est moindre, le gain est encore plus appréciable. L’altitude à choisir pour le vol économique est évidemment l’altitude maximum jusqu’à laquelle le moteur conserve sa puissance ; cette altitude atteint et même dépasse 4.000 m pour les moteurs modernes ; à cette altitude, la densité de l’air, et par conséquent sa résistance se trouvent diminuées dans le rapport de o,668, chiffre
- Fig. 3. — Autres carrosseries aérodynamiques proposées par M. Andreau.
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-
-
-
- ===== 378 .......—.......
- très appréciable. En définitive, l’effort total de traction à produire pour le remorquage d’un avion de poids P à l’altitude h pour laquelle le. poids spécifique de l’air est égal à a peut se mettre sous la forme :
- (2) R = -^. + CS— V*.
- J °0
- o0 étant le poids spécifique de l’air au niveau de la mer.
- COMPARAISON
- ENTRE L’AUTOMOBILE ET L’AVION
- L’analogie des formules (i) et (2) est évidente et permet d’établir une discussion précise, lorsqu’on y remplace les coefficients par les valeurs que nous avons passées en revue dans ce qui précède. La comparaison que nous avons voulu établir entre les transports aériens et les transports terrestres se présente donc finalement comme suit :
- Pour les vitesses aujourd’hui usitées en automobile, le coefficient de résistance au roulement K est nota-
- blement inférieur au coefficient y qui lui correspond pour les avions, mais tandis que K tend à augmenter
- pour les vitesses plus élevées, — est rigoureusement
- indépendant de la vitesse et pourra être diminué dans de très grandes proportions lorsqu’on aura résolu le problème de l’atterrissage vertical ; on peut donc pré-
- voir que dans l’avenir -y devienne égal et même inférieur à K.
- Quant aux seconds termes des sommes (1) et (2), celui de la formule (2) qui correspond à l’avion est nettement inférieur à celui de la formule (1) qui correspond à l’automobile, puisque théoriquement du moins il peut même s’annuler complètement.
- L’effort total de traction R ayant été ainsi évalué, il faut le multiplier par la vitesse V pour avoir le travail
- de traction RV par unité de temps, et pour avoir la puissance du moteur, multiplier enfin ce produit par
- un facteur y qui représente l’inverse du rendement
- des organes chargés de transformer l’énergie motrice en énergie de propulsion : c’est-à-dire les transmissions pour l’automobile, l’hélice pour l’avion. Pour l’automobile, r varie de 0,9 à o,g5 tandis qu’il ne dépasse pas 0,8 pour l’avion et dans l’état actuel de la technique des hélices, il n’est pas probable qu’on puisse l’améliorer prochainement.
- Si, pour prendre un exemple, nous chiffrons maintenant la valeur de cette énergie de propulsion pour le cas d’une vitesse de 200 km/h (55 m/sec), d’une charge totale de 1.000 kgr et d’une surface « nuisible » de 2 m2 pour fixer les idées, nous trouvons d’après ce qui précède pour l’automobile :
- W = (°>02 X i-ooo) + (o,o4 X 2 X 3.000) 55
- “ °,9
- = 16.000 kgm.
- soit 214 ch et pour l’avion volant à l’altitude de 4.000 m avec des ailes de finesse maximum.
- W — (°‘°4 X 1.000) 4- (o,o4 X 2 X 3.000 X 0.668) 55
- 0,8
- = 13.700 kgm.
- soit 182 ch seulement. Encore supposons-nous dans cet exemple que la carrosserie de l’automobile est aussi (t fine » que le fuselage de l’avion.
- Pour les vitesses supérieures, le gain est encore plus considérable.
- Les avions, comme nous l’avons dit précédemment, ne volent pas encore couramment à leur finesse maximum, mais ils y viendront et ce jour-là les transports aériens seront non seulement ceux qui permettront les plus grandes vitesses, mais aussi ceux qui coûteront le moins cher.
- M. Lamé.
- LES RÉCEPTEURS DE T. S. F. A RÉGLAGE AUTOMATIQUE
- Grâce à la simplification du réglage dans les appareils actuels, la recherche des émissions n’offre plus aucune difficulté. Pour entendre un poste, il suffît par la manœuvre d’un bouton, d’amener une aiguille en regard d’une division ou d’un nom sur un cadran.
- On a voulu faire mieux encore. Certains modèles nouveaux portent sur un tableau de réglage séparé, complétant ou remplaçant le cadran habituel, un certain nombre de boutons-poussoirs analogues à ceux des machines à calculer.
- En face de chacun d’eux, se trouve une inscription indiquant le nom d’un poste émetteur déterminé. Pour entendre la station désirée, il suffît d’appuyer sur le bouton cor-
- respondant, après avoir, s’il y a lieu, choisi la gamme de longueurs d’onde convenable au moyen du bouton combi-nateur habituel du poste.
- L’effort, très léger cependant, que demandait à l’auditeur la recherche de la station choisie se trouve ainsi supprimé.
- Remarquons du reste que le réglage automatique ne s’applique généralement qu’à un certain nombre de stations émettrices, une vingtaine par exemple, choisies à l’avance par le constructeur ou dont l’auditeur peut même varier à volonté la composition.
- Sur la plupart des récepteurs, le réglage automatique coexiste donc généralement avec le système de réglage
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- 379
- habituel; la plupart des auditeurs français n’admettraient pas volontiers d’être limités à l’audition de quelques postes imposés.
- Le réglage automatique améliore-t-il la qualité de l’audition ? En principe non, puisque la simplification des manœuvres ne modifie pas les caractéristiques du montage récepteur. Cependant l’automatisme permet d’augmenter la précision de l’accord.
- Le réglage normal des appareils actuels est obtenu à l’aide d’un bloc de condensateurs variables, dont tous les rotors (lames mobiles) du circuit d’antenne et d’hétérodyne sont actionnés par un même bouton de commande.
- L’accord de ces différents circuits doit ainsi s’effectuer en même temps sur une-gamme très étendue, de x8 à 2.000 m environ de longueur d’onde, sur les postes ce toutes ondes », et Valignement est réalisé par correction, à l’aide de petits condensateurs ajustables disposés en série et en parallèle, que l’on nomme des trimmers et des paddings. Malgré ces précautions, il est bien difficile d’établir une parfaite correspondance des circuits, et la sensibilité du récepteur ne demeure pas constante sur toute la gamme, en dehors d’autres causes nombreuses pouvant provoquer une variation de l’amplification.
- A cet égard, on obtenait théoriquement de meilleurs résultats avec les premiers récepteurs à accord séparé des circuits, au moyen de condensateurs variables distincts. En introduisant pour le réglage automatique dans les différents circuits des capacités réglées séparément, on reviendrait, en théorie du moins, au même procédé, qui assure une sensibilité satisfaisante, quelle que soit la longueur d’onde considérée, et, particulièrement pour les parties médianes des gammes.
- LES DIFFICULTÉS A SURMONTER
- Aux États-Unis, il n’existe pour les émissions normales de broadeasting qu’une seule bande de longueurs d’onde de 200 à 600 m. L’emploi des ondes moyennes complique beaucoup en Europe les questions de réglage, en exigeant un combinateur à plusieurs positions pour mettre en circuit les bobinages correspondant à chaque gamme.
- Pour cette raison, les nouveaux appareils, dits à réglage automatique, ne peuvent, en réalité, être absolument automatiques que sur une gamme déterminée, de 200 à 600 m, ou de 1.000 à 2.000 m, par exemple !
- Pour supprimer cet inconvénient, il faudrait constituer des appareils unigamme fonctionnant avec un seul bobinage sur toute la gamme de fréquences considérées.
- Des essais ont déjà été faits en ce sens, en supprimant le système d’accord habituel d’antenne, et en utilisant une fréquence intermédiaire beaucoup plus élevée, correspondant à une longueur d’onde inférieure à 200 m.
- Malheureusement, ce procédé que nous avons signalé en son temps, ne permet pas la réception des émissions au-dessous de 200 m de longueur d’onde ; l’amplification effective est dimiuée, et surtout la sélectivité n’est plus suffisante, ou bien des distorsions gênantes apparaissent.
- D’un autre côté, la réception des émissions faibles provenant de stations lointaines avec un poste sensible et sélectif exige une précision absolue de la manœuvre de réglage; cette précision est rendue encore plus nécessaire par la présence de dispositifs antifading; si ceux-ci atténuent les variations de l’intensité d’audition dues aux phénomènes atmosphériques, ils provoquent, en même temps, des dis-
- torsions gênantes, lorsque le réglage n’est pas effectué exacte-tement sur la fréquence de l’onde porteuse.
- C’est pour éviter cet inconvénient qu’on utili-se dans la majorité des récepteurs des dispositifs indicateurs de réglage visuel, et par exemple, des tubes cathodiques, dits « œil magique » ou « trèfle cathodique », permettant immédiatement à l’auditeur, par un examen visuel, de se rendre compte du moment où l’appareil est accordé.
- Les dispositifs de réglage automatique ne permettent pas toujours, en raison même de leur principe, d’obtenir cette précision absolue de l’accord, et, pour éviter les inconvénients qui en résulteraient, il devient nécessaire d’avoir recours dans les montages les plus perfectionnés à d’autres systèmes distincts de rectification automatique de l’accord.
- Ces dispositifs font apparaître le désaccord entre le réglage obtenu et le réglage optimum, et permettent d’utiliser une tension variant suivant ce désaccord, pour agir sur un système compensateur électrique ou électro-mécanique.
- LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE RÉGLAGE AUTOMATIQUE
- L’accord des circuits d’antenne et de changement de fréquence ou d’amplification haute fréquence dans les appai’eils actuels, est obtenu en faisant varier en même temps la capacité des condensateurs variables introduits dans les différents circuits, après avoir tout d’abord choisi, au moyen du com-binateur, les bobinages correspondant aux différentes gammes considérées.
- Ce procédé de réglage n’est pas le seul qu’on puisse utiliser. Dans les premiers récepteurs, on employait tout aussi bien des condensateurs fixes, et l’on faisait varier la self-induction des bobinages en circuit en employant des bobinages fractionnés ou à curseurs, ou encore des vario-coupleurs. Dans le même ordre d’idées on a employé aussi des bobinages cylindriques, à l’in-l’intérieur desquels on pouvait déplacer des noyaux en fer doux.
- Ce procédé, utilisé dès 1924, revient à l’ordre du jour, de-
- Fig. 1. — Récepteur à réglage automatique mécanique dans lequel le cadran de réglage est remplacé par une carte géographique (De Saint-Quentin).
- Fig. 2. — Dispositif de réglage automatique mécanique à deux disques superposés, l’un fixe, Vautre mobile et percés de trous en coïncidence au moment de l’accord.
- Fiche
- pénétrant dans les deux tnaus^js en coïncidence des deux disques
- Bouton
- permettant de Mr. faire tourner 7 le disque inf f
- Disque ^ fixe perforé
- Arbre de commande / des rotons
- Bloc des condensateurs variables
- Disque mobile perforé
- Fknneau avant I du récepteur
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- puis qu’on a réalisé les noyaux à poudre de fer, d’une bien meilleure sélectivité que les noyaux primitifs en fil de fer.
- Il paraît offrir les éléments d’une solution satisfaisante du réglage automatique, puisqu’il suffirait de relier chaque noyau mobile à une tige à bouton poussoir permettant d’enfoncer plus ou moins le noyau à l’intérieur de la bobine. Des dispositifs de ce genre ont déjà été essayés aux États-Unis et en France.
- LES RÉCEPTEURS A RÉGLAGE MECANIQUE
- Pour l’instant le réglage automatique conserve les procédés de réglage usuels. C’est ainsi que dans une première catégorie de dispositifs mécaniques, il suffit de déterminer à l’avance, à l’aide d’une butée, la position du condensateur variable correspondant à l’accord, puis d’actionner à la main, soit directement soit indirectement, les lames mobiles jusqu’au moment où le mouvement est arrêté par la butée.
- Ce dispositif robuste, mais de peu de précision, ne simplifie guère qu’en apparence la manœuvre et la rend seulement plus immédiate pour le profane qui n’a même plus besoin d’examiner les indications d’un cadran.
- La plupart des appareils sont destinés plus spécialement à la réception de quelques émissions locales, et comportent une série de touches analogues à celles d’une machine à écrire, fixées à l’extrémité de leviers tournant autour d’un axe ou une série de poussoirs. En appuyant sur une de ces touches, on actionne une came calée sur l’arbre du rotor des condensateurs, et on provoque la rotation nécessaire de ce dernier, pour la réception d’une émission correspondante.
- Nous signalerons plus spécialement un dispositif ingénieux dû à un inventeur français, M. de Saint-Quentin, et présenté au Concours des Inventions de la Foire de Paris 1908.
- Le récepteur ne porte plus sur son panneau antérieur le cadran de réglage ordinaire mais une carte de l’Europe et de l’Afrique du Noi’d sur laquelle les différentes stations sont indiquées, au nombre de i5o environ : en dessous du nom de chaque station, se trouve un petit trou bien visible, mais de 1 mm seulement de diamètre (fig. 1). Pour entendre Une station quelconque, une fois le poste mis en marche de la manière habituelle, il suffit à l’auditeur d’enfoncer dans le trou correspondant, une petite fiche métallique à bout conique qui demeure fixée automatiquement sur la paroi par un artifice que nous indiquerons plus loin, et de faire tourner dans une rainure circulaire un petit bouton de commande, jusqu’au moment où se produit un
- déclic empê-
- Fig. 3. — Poste, de T. S. F. à réglage mixte, par condensateur variable habituel et par boutons-poussoirs mettant en circuit des condensateurs fixes. On voit à droite du cadran habituel le tableau des boutons-poussoirs (Radio L-L).
- chant le bou-t o n d’aller plus loin. A ce moment, le récepteur est automatiquement réglé sur l’émission désirée.
- Ce résultat est obtenu d’une manière aussi simple qu’ingénieuse. La carte géographique circulaire en carton est collée
- UtH
- DH
- Circuit
- hétérodyne
- Circuit
- antenne
- TlHI-HhHho
- ----------1------------
- 1
- HtO
- -<ë !
- HJ
- ——j
- Fig. 4. — Réglage automatique par condensateurs fixes choisis par l’opérateur et condensateurs ajustables intercalés dans les circuits cl’antenne et d’hétérodyne au moyen de boutons-poussoirs.
- sur un disque de fer blanc assez épais pour rester rigide. Derrière ce disque peut tourner autour d’un axe disposé a u centre de la carte géographique un disque mobile de même diamètre que celui, de la carte. La rotation de ce disque est commandée par un bouton extérieur qui
- se déplace dans une glissière circulaire en deux segments de 1800. Le disque mobile est solidaire du rotor du bloc des condensateurs variables du poste, soit directement, soit avec liaison par câble souple ou flecteur. Ainsi, en faisant tourner le disque au moyen du bouton, on modifie la position du rotor, et on règle le récepteur sur une longueur d’onde quelconque.
- Le disque mobile est percé de trous de même diamètre que ceux du disque fixe et en nombre égal. Lorsque la position du disque mobile correspond à l’angle nécessaire pour que le condensateur variable soit accordé sur la longueur d’onde de l’émission à recevoir, le trou du disque fixe correspondant à la station est superposé exactement à un trou du disque mobile.
- Ce résultat est évidemment facile à obtenir, il suffit, au moment de l’étalonnage, d’accorder le récepteur pour les différentes émissions considérées, et, pour chaque émission, c’est-à-dire pour chaque position du disque mobile, de percer à la fois le trou du disque fixe et celui du disque mobile.
- L’arrêt automatique du disque mobile est obtenu avec une grande précision à l’aide d’une clé de blocage portant une petite fiche à bout conique évitant tout jeu. L’enfoncement automatique de la fiche est, lui-même, réalisé d’une manière ingénieuse : celle-ci est un petit bloc aimanté en alliage de nickel, qui s’applique de lui-même sur la plaque en fer blanc, et tend à enfoncer la fiche dans le trou du disque mobile dès qu’il y a coïncidence.
- Toute modification du réglage, comme tout réglage indépendant, est d’ailleurs possible pour l’usager, puisque le bouton de commande du disque mobile permet de faire tour-, ner les plaques mobiles du rotor, comme dans tout appareil récepteur ordinaire.
- UN PROCÉDÉ ÉLECTRIQUE SIMPLE
- Une méthode très simple de réglage semi-automatique consiste à intercaler dans les différents circuits d’accord et de changement de fréquence, en remplacement des condensateurs variables habituels, des condensateurs fixes ou ajustables, dont les capacités sont préalablement réglées, de manière à correspondre à l’accord sur une émission déterminée.
- On pourrait adopter des condensateurs réglés une fois
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- pour toutes, et d’une capacité aussi stable que possible; mais de tels condensateurs sont difficiles à fabriquer ; aussi, utilise-t-on généralement des condensateurs régla-blés, de manière à pouvoir compenser les déréglages possibles et à permettre de nouveaux réglages , dans
- le cas où l’on voudrait changer le nombre ou les caractéristiques des émissions à recevoir. A cet effet, les vis de serrage des condensateurs ajustables sont accessibles, et l’opéi’ateur règle d’abord en général, le circuit de l’oscilla-trice, puis le circuit d’antenne.
- L’introduction de chaque groupe de capacités est assurée par un bouton-poussoir; le nombre de ces derniers, correspondant à celui des émissions reçues automatiquement, est généralement réduit. Un premier bouton-poussoir permet d’autre part, de mettre hors circuit les condensateurs fixes et de replacer en circuit les condensateurs variables ordinaires de réglage. L’appareil est donc mixte, et peut servir suivant la méthode habituelle, pour la réception des émissions faibles ou lointaines.
- Le tableau portant les boutons-poussoirs se trouve à côté du cadran de réglage, avec les indications correspondant aux stations reçues automatiquement (fig. 2).
- L’auditeur peut indiquer à l’avance au constructeur les stations qu’il désire ainsi recevoir, et, sur certains modèles, il peut également faire varier les capacités, de manière à modifier les réglages correspondants, et les émissions reçues automatiquement.
- D’autres appareils ne permettent que la variation de condensateurs réglables combinés avec des condensateurs fixes intercalés dans les différents circuits. Les variations possibles sont alors faibles, ou ne peuvent s’effectuer avec une précision suffisante. Dans un modèle récent (fig. 2), un tableau avec fiches à l’arrière permet à l’auditeur de choisir une capacité fixe correspondant à une bande de longueurs d’onde déterminées, puis de régler avec précision une capacité ajustable additionnelle. Ce réglage est extrêmement facile ; on commence par régler l’appareil sur l’émission qu’on veut entendre, à l’aide du réglage habituel, puis on passe à l’aide du bouton-poussoir sur le dispositif automatique de capacités, et on règle d’abord la capacité ajustable de l’oscillatrice puis celle du circuit d’antenne.
- Tout dépend du soin et de l’habileté de l’auditeur. La difficulté d’établir des condensateurs stables a réduit jusqu’à présent la diffusion de ce procédé séduisant.
- LE RÉGLAGE ÉLECTRO-MÉCANIQUE
- Le principe en est le suivant : un petit moteur électrique ou même à ressort, à marche lente, fait tourner le rotor
- des condensateurs variables de l’angle correspondant à la réception désirée. Une série de boutons-poussoirs permettent d’arrêter le moteur et, par conséquent, le rotor sur les positions convenables.
- Il est indispensable que l’arrêt se produise exactement à la position de réception, et par conséquent soit brusque. Il ne suffit donc pas d’une rupture électrique du circuit, il faut un arrêt mécanique complet, avec -débrayage. Les poussoirs sont réglables de manière à faciliter les modifications possibles.
- A cet égard, le dispositif français représenté figure 3 est particulièrement bien étudié. Le moteur électrique entraîne par engrenage l’axe de commande manuelle du récepteur; il est muni d’un débrayage automatique. Deux taquets disposés sur le disque de commande du condensateur variable actionnent l’inverseur, quand le condensateur arrive à son maximum ou à son minimum, de sorte que le mouvement alternatif d’entraînement est continu.-
- Une série de petits contacteurs, munis chacun d’une aiguille de repère, peuvent d’autre part, se déplacer le long d’une réglette métallique disposée parallèlement au cadran horizontal du récepteur, et leur position est déterminée par serrage d’un boulon mollelé. La position de chaque aiguille du contacteur coïncide avec celle de l’aiguille de repère du cadran.
- L’auditeur peut donc choisir les émissions qui seront reçues automatiquement par un premier réglage manuel très simple, en amenant l’aiguille indicatrice du cadran sur la position nécessaire, puis en faisant coïncider la position de l’aiguille du contacteur avec celle de l’aiguille du cadran.
- Le dispositif fonctionne sans fils de liaison entre les contacteurs et le moteur. Le bouton d’enclenchement de chaque contacteur ferme le circuit du moteur, et met ainsi en rotation l’axe du condensateur; l’aiguille indicatrice du cadran se déplace en même temps le long des graduations, d’un mouvement continu de droite à gauche et de gauche à droite. Cette aiguille est supportée par un équipage mobile glissant sur un guide métallique et portant un doigt inférieur. Lorsque ce doigt arrive devant le contacteur fixe enclenché, il rencontre un ergot qui déclenche brusquement le contacteur. Le courant est coupé et le moteur s’arrête immédiatement.
- Cette précision d’arrêt permet d’obtenir un accord exact, même pour la réception des stations faibles ou lointaines, et évite l’emploi d’un correcteur de fréquence.
- Les dispositifs électro-mécaniques sont la meilleure solution actuelle de l’accord automatique, mais ils sont complexes et d’un prix de revient élevé.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 6. — Disposition schématique d’un appareil de réglage automatique électro-mécanique.
- Relais commandant l’embrayage et le blocage du moteur \ __
- Secteur
- condensateurs variables dont l'arbre porte l'inverseur du moteur
- Boutons' O
- poussoirs
- Fig. 0. — Récepteur à réglage automatique électro-mécanique. On voit au-dessous du cadran horizontal les boutons-poussoirs montés sur une glissière (Radio L-L).
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- LES ORGANOLITES
- On sait que pour l’épuration des eaux industrielles, aussi bien pour l’alimentation des chaudières que pour la tannerie et la teinturerie, on emploie sur une très grande échelle les « échangeurs de bases » type zéolite. C’est en i85o que Way montra pour la première fois que des cations peuvent être absorbés par différents constituants des sols, Eichhorn en i858 montra que certains corps peuvent échanger leurs bases et c’est vers 1906 seulement que l’application industrielle de cette propriété commença à se développer.
- Vers 1935, Adams et Holmes eurent l’idée de purifier, toujours par échange de base, l’eau ordinaire en la faisant passer sur des résines synthétiques obtenues par condensation de phénols polyhydriques et de formaldéhyde. Carlton Ellis proposa de donner à ces produits organiques le nom d’ « organolites » pour les distinguer des zéolites artificielles inorganiques.
- Les recherches entreprises surtout en Amérique ont permis de préparer des organolites présentant des avantages sur les résines phénoliques en particulier au point de vue prix, capacité d’échange de bases et résistance à l’action de certaines eaux corrosives. Ces corps se préparent en partant d’extraits de bois solubles dans l’eau, par exemple de produits analogues aux tanins, et en les rendant insolubles par traitement avec des acides forts concentrés, comme l’acide sulfurique. Ces produits retiennent le calcium et le magnésium des eaux dures et donnent en échange du sodium et même de l’hydrogène. De plus leur capacité initiale d’échange augmente au cours des premiers cycles de régénération.
- On opère en général avec l’extrait de québracho condensé avec la formaldéhyde. Par exemple on dissout 100 gr d’extrait de québracho sulfité dans 5oo cm3 d’eau, on ajoute 5oo cm3 puis 200 cm3 de formaline à 4o pour 100 et on chauffe à l’ébullition, ensuite on additionne de 5o cm3 d’acide chlo-hydrique dissout dans i5o cm3 d’eau en agitant rapidement jusqu’à ce que la solution se transforme en une gelée que l’on lave à l’eau et sèche à 4o° de façon à obtenir une résine dure noir-brunâtre et cassante.
- Tous les tanins ne conviennent pas d’ailleurs et il sem-
- ble que seuls ceux du type catéchol donnent des résines possédant la propriété d’adoucir l’eau.
- On a cherché également à remplacer la formaldéhyde. En particulier l’acétaldéhyde, l’acétone en présence d’acide chlorhydrique concentré, ont donné de bons résultats. L’acide sulfurique mérite une mention particulière, car il permet d’obtenir des organolites en partant d’un grand nombre de matières premières, non seulement les tanins, catéchol et pyrogallol, mais aussi les pseudo-tanins comme les liqueurs sulfitiques riches en lignite (extrait de châtaignier, bindex, sciure de pin, etc.), les acides sous-produits du raffinage du péti’ole, etc.
- Les organolites ont un avantage considérable sur les zéolites car ils peuvent être régénérés par des acides dont l’union forme un sel soluble avec les cations absorbés et ces addes en général attaqueraient et désagrégeraient les zéolites. On obtient alors une eau adoucie dans laquelle les ions calcium sont remplacés, non par des ions sodium, mais par des ions hydrogène.
- Ceci présente un autre avantage : les eaux adoucies par les zéolites se chargent en carbonate et bicarbonate de soude qui, en s’hydrolysant dans les chaudières sous l’influence de la chaleur et de la pression, donnent de la soude caustique dont les effets peuvent être désastreux. Si au contraire on emploie un organolite, régénéré préalablement par une solution acide, l’eau perdra des ions calcium et magnésium et s’enrichira en acide carbonique qui sera facilement éliminé par aération de l’eau dont le résidu sec sera ainsi considérablement réduit.
- Enfin, à côté de cette importante application industrielle, il semble, à la suite des travaux de Cerecedo qu’un autre domaine s’ouvre à l'application des organolites : c’est l’extraction des vitamines B des produits qui en contiennent.
- On voit donc que tant par la variété des modes de préparation et des matières premières utilisables, que par les emplois plus étendus des organolites, ceux-ci prendront de plus en plus une place importante dans divers domaines de la chimie et de l’industrie.
- II. Vigneron.
- IRRIGATIONS DU NGHE-AN DANS LE NORD-ANNAM
- La province du Nghe-An (chef-lieu Yinh), la plus vaste des provinces côtières de l’Annam, ne comporte qu’une superficie de 90.000 ha de rizières environ pour une population de plus de 620.000 habitants ; la superficie de rizières par tête d’habitant descend donc au-dessous de o ha i4o, alors qu’en Cocliinchine, ce chiffre oscille pour les provinces du Centre et de l’Ouest entre o ha 5oo et 1 ha.
- LES TYPES DE RIZIÈRES DU NGHE-AN ET LEURS ALÉAS
- Les rizières du Nghe-An sont réparties en trois blocs principaux, séparés les uns des autres par des chaînes de collines dénudées à la suite de déboisements intensifs. Au Nord, le bloc des Phu de Quynh-Luu, Dien-Chau et Yen-Thanh groupe 45.000 ha environ de rizières ; au Sud, le bloc des Phu de Nghi-Loc, Hung-Nguyen et Nam-Dan groupe 25.000 ha environ
- de rizières ; à l’Ouest, le bloc du Phu de Doluong en groupe 5.000. Le restant des rizières se répartit dans les autres zones de la province, pour la plupart adjacentes aux trois zones principales précitées.
- Les terres cultivées en rizières sont de natures diverses, dérivant de formations granitiques pour la plupart, cependant que les chaînes de collines séparant les différentes régions rizicoles montrent des formations de grès et calcaires et enfin des formations de schistes profondément plissés et remaniés.
- Le climat et principalement la pluviométrie conditionnent étroitement la culture et, en raison de ses irrégularités, lui imposent des aléas fréquents et importants ; ces aléas diffèrent suivant les types de rizières que l’on peut, grosso modo, ramener à trois en liaison avec l’altitude relative de leur sol. J’ai dit plus haut que les trois grands blocs de rizières du Nghe-An sont limités par des chaînes de collines ; les terrains qui avoisinent ces chaînes sont élevés et bien drainés :
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- Fig. 1. — Irrigations du périmètre de Vinh-Nord.
- Le canal principal dérivant les eaux du Song-Ca vers le périmètre à irriguer.
- la population y cultive donc le riz uniquement grâce aux pluies de l’été et de l’automne et le récolte au dixième mois annamite (dernière semaine de novem-bre-trois premières semaines de décembre), en général avec succès lorsque les pluies sont suffisantes ; exceptionnellement en année très pluvieuse, la population fait sur ces terrains une récolte de riz du cinquième mois (juin). De ces terres élevées se rapprochent des cordons littéraux d’alluvions marines cultivés en riz au dixième mois. Ces terrains forment ainsi un premier type de rizières.
- Le second type est formé par les zones basses des grands casiers délimités par les terres hautes ; ces zones basses n’assèchent jamais ; les émissaires qui devraient les drainer ne peuvent y suffire ; la pente générale du terrain vers les exutoires — quelques décimètres pour plus de io km par exemple — n’est pas suffisante ; suivant les régions, l’inondation dxire un temps variable avec la cote du terrain, le débit de l’émissaire en cause, la surface du bassin versant, l’abondance des pluies et l’intensité de l’évaporation ; l’infiltration n’intervient guère avec les argiles lourdes qui forment généralement le sous-sol de ces zones. C’est au dixième mois seulement que, dans les plus favorisées de ces zones, peuvent commencer les premiers labours ; la culture y reste malaisée avec la baisse lente des eaux ;
- le repiquage se fait parfois avec de l’eau jusqu’aux genoux et en employant des plants très forts et vieux de 2 à 3 mois. La récolte se fait au cinquième mois avant les grandes pluies de l’été.
- Le troisième type de rizières forme les zones de cultures étagées entre les tei'res hautes du premier type et les terres basses du second type ; elles participent dans des proportions variables des conditions des unes et du régime des autres et, bien entendu, elles souffrent de leurs aléas d’une manière correspondante. Assez hautes pour n’être pas constamment noyées, elle portent des riz du dixième mois ; voisines des bas-fonds humides, elles portent une récolte au cinquième mois ; parmi elles, se trouvent tous les termes de passage entre les deux premiers types extrêmes.
- Les principaux risques courus par les cultivateurs sont dus à la sécheresse, spécialement pour les terres du premier type qui forment plus de la moitié de la superficie des rizières du Nghe-An. Cette sécheresse peut être telle que la préparation des pépinières devienne impossible et que le semis en place devienne indispensable. En de nombreux villages, s’il pleut au troisième mois, on prépare les ma (pépinières) ; sinon, on sème, à la volée ou en poquets, tout au moins une partie des terres qui doivent porter une récolte au dixième mois ; le repiquage, qui a lieu vers le sixième
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- mois, est souvent compromis par la sécheresse ou tout au moins retardé au détriment du rendement. Les risques du cultivateur sont plus faibles sur les terrains du second type, compte tenu cependant du fait qu’il ne peut espérer qu’une récolte ; travaillant à partir de la décrue, il ne redoute la sécheresse qu’en cas d’années exceptionnellement sèches ; mais il a à craindre, en cas de pluies précoces abondantes, l’inondation de sa terre à l’époque de la moisson.
- Aussi est-ce dans les zones intermédiaires du troisième type à deux récoltes que les aléas de la culture sont particulièrement graves et fréquents. Le repiquage de la récolte du dixième mois qui, comme je l’ai dit, se place au sixième mois pour assurer un rendement optimum, peut être retardé par la sécheresse jusqu’au huitième mois, limite extrême à laquelle correspond une diminution de rendement de 75 pour 100 ; la campagne du cinquième mois n’est pas plus favorisée ; la sécheresse s’oppose fréquemment, aux onzième et douzième mois, à l’exécution des repiquages ; la sécheresse encore, au moment de la floraison, est redoutée dans ces terres à deux récoltes. Enfin, bien que de cotes plus hautes, ces terres n’échappent pas toujours au fléau des inondations.
- En outre, une place à part doit être faite parmi ces aléas aux invasions des terres basses par l’eau saumâtre, lors des fortes marées conjugées avec des périodes de sécheresse.
- RÉPARTITION DE LA TERRE
- Tels sont les aléas nombreux qui frappent les agriculteurs du Nghe-An. Ces aléas sont d’autant plus graves que la population y est dense et qu’elle ne dispose que d’une petite superficie cultivable par habitant. Les enquêtes faites montrent en effet que la densité de la population s’étage, suivant les circonscriptions, entre 100 et 4oo habitants au kilomètre carré. Dans l’imprécision des statistiques, il est difficile d’avancer un chiffre moyen précis, mais on peut penser avec M. l’Ins-
- pecteur général Yves Henry (Démographie et riziculture) que ce chiffre moyen est situé entre 200 et u5o habitants au kilomètre carré, pour la zone cultivée en rizières. Il convient d’ailleurs d’ajouter que des recensements partiels directs effectués depuis par l’Administration provinciale à la demande du Service des Travaux publics ont accusé des chiffres sensiblement plus élevés que ceux des évaluations de M. l’Inspecteur général Yves Henry.
- Parallèlement à cette densité élevée de la population, on constate évidemment l’extrême division de la propriété qui en est l’accompagnement habituel et un morcellement de la terre à peine compatible avec l’emploi d’attelages pour les façons culturales : .
- 73.2 pour 100 des propriétaires possèdent moins de 1/2 ha ;
- 21.3 pour 100 des propriétaires possèdent entre 1 /2 et 2,5 ha ;
- 4.3 pour 100 des propriétaires possèdent entre 2,5 et 5 ha ;
- 1,1 pour 100 des propriétaires possèdent entre 5 et 25 ha ;
- 0,09 pour 100 des propriétaires possèdent entre 25 et 5o ha ;
- 0,007 Pour 100 des propriétaires possèdent plus de 5o ha.
- Sur les 102.486 propriétaires relevés dans le Nghe-An, 94*170 cultivaient eux-mêmes leurs terres, 8.3i6 seulement utilisant le métayage ou le fermage.
- Ces statistiques seront mieux illustrées par les deux exemples suivants :
- dans un village A, 48 ha sont divisés en 5oo parcelles et appartiennent à i63 propriétaires ;
- dans un village B, 54 ha sont divisés en 3g4 parcelles et appartiennent à n5 propriétaires.
- NÉCESSITÉ DE L'IRRIGATION
- Telles sont, esquissées brièvement, les conditions générales géographiques et humaines, qui régissent l’agriculture du Nghe-An. On arrive à cette conclusion, avec l’Office du Riz, que les récoltes mauvaises prédominent sur les récoltes normales et que a le Nghe-An, dans son ensemble, à cause des aléas de culture et des faibles rendements de ses rizières a une population sous-alimentée ».
- Pour arriver à cette conclusion, M. de Visme, directeur de l’Office du Riz, se basait en février 1929 dans un rapport sur l’avant-projet des irrigations du Nghê-An, sur un rendement moyen de rizières estimé à :
- 800 kgr par hectare pour une récolte du cinquième mois ;
- i.o5o kgr par hectare pour une récolte du dixième mois ;
- 1.700 kgr par hectare pour une rizière à deux récoltes.
- Fig. 2. — Ouvrage de prise.
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- Fig. 3. — Deux phases de la construction du barrage de Do-Luong.
- Ces hypothèses trouvent leur confirmation dans le fait que la province du Nghe-An doit meme chaque année importer du riz et du paddy (en quantités variables suivant la qualité de sa propre récolte) pour maintenir la ration alimentaire de ses habitants au taux déficitaire mentionné plus haut. C/est ainsi que les statistiques des 7 dernières années mettent en évidence des excédents de l’import sur l’export de :
- ig3o.... 6.533 t de riz et 36i t de ; paddy
- i93i. ... 5.696 )) » 443 )> »
- 1932.... 22.042 » » 55o » »
- i933. ... 15.126 » » 55o » »
- i934-••• 12.92I » )> 1.772 )) »
- i935. ... 5.893 » )) 3.5oo » »
- i936.— 3.4o4 » » 3.476 » »
- Aussi, de tous temps, la population a-t-elle marqué par ses vœux répétés l’intérêt primordial qu’elle attachait à voir ses terres irriguées et protégées contre les crues et M. de Visme concluait dans son rapport précité,. en appuyant l’avant-projet du Service des Travaux publics, par ces mots :
- « S’il était besoin d’un dernier argument, on le « trouverait dans le geste des propriétaires assemblés « en conférence par leurs mandarins, qui, pour être « surs d’avoir leurs terres assainies et irriguées, ont « accepté d’en porter la charge sous forme d’une « redevance de 33 pour 100 de la récolte brute de « grain dans les régions de Dien-Chau, Nam-Dan, « Do-Luong et de 20 pour 100 dans la région de « Hung-Nguyen ».
- *
- * *
- L’Administration française, plaçant au premier rang de ses préoccupations dans le Nord de l’Indochine l’angoissant problème démographique, avait étudié différents projets d’irrigation des principales zones de rizières de la province. Ces projets étaient rendus délicats par le fait que d’une part le seul fleuve qui dispose en toutes saisons du débit voulu — le Song-Ca
- — borde la province à l’Ouest et au Sud sans pénétrer les zones cultivées en rizières ; et même, pour la principale de ces zones, la zone Nord, le Song-Ca s’en trouve séparé par une chaîne de collines au relief accusé.
- Cependant des avant-projets avaient été mis au point par le Service des Travaux publics pour irriguer et protéger contre les crues et les eaux saumâtres les trois zones principales de rizières ; ils avaient reçu l’accord des services agricoles et l’adhésion des populations et seul le manque de ressources financières suspendait leur exécution. Il appartenait à M. le Gouverneur général P. Pasquier d’assurer la réunion des ressources d’emprunt nécessaires et de mettre en train les travaux dès i93i. Ces travaux intéressent les trois zones principales de rizières, Nord, Sud et Ouest ; mais comme les travaux des zones Sud et Ouest ne sont pas encore terminés, nous ne parlerons dans ce qui suit que de la région Nord, à vrai dire la plus importante.
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- Le réseau d’irrigation de Vinh Nord assure, dans les Pliu de Quynh-Luu, Dien-Chau et Yen-Thanh, l’irrigation de 35.6oo ha de rizières situées de part et d’autre des routes coloniales nos 1 et 7 au Nord et à l’Ouest de Phu-Diêri.
- La moitié environ de cette superficie est occupée par des rizières à une seule récolte du dixième mois ; ce sont des rizières du premier type défini plus haut. Par suite du manque d’eau au cinquième mois, la culture du riz est remplacée dans tous les terrains favorables par des cultures de patates et surtout de maïs.
- Le tiers environ de la superficie est occupé par des rizières basses du second type précité et le restant de la superficie — soit environ le 1/6 — appartient au troisième type de rizières à deux récoltes.
- Les statistiques des services agricoles et de l’Office du Riz montrent que, sur 16 récoltes du cinquième mois, on compte 9 récoltes mauvaises par suite de la sécheresse et que sur i5 récoltes du dixième mois,
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- 8 récoltes sont mauvaises par suite de la sécheresse ou des inondations, ou des deux. .
- J’ai indiqué plus haut les rendements moyens de ces différentes récoltes tels qu’ils sont estimés par M. de Visme. On rapprochera utilement de ces chiffres le rendement moyen qui est actuellement constaté dans le grand réseau irrigué voisin, celui du Song-Chu (province de Thanh-Iioa) et qui atteignent 1.680 kgr par hectare et par récolte.
- Si l’on considère alors que les rizières du premier type représentent 58,5 pour 100 de la superficie du réseau, que celles du second type en représentent 26 pour 100 et celles du troisième i5,5 pour 100, on voit que d’une part le tonnage de paddy récolté en année moyenne est de 38.700 t environ et que, d’autre part, on peut estimer qu’après mise en service du réseau, ce tonnage s’élèvera, compte tenu de 5 pour 100 de terres restant en friche, à 111.800 t ; la plus-value de récolte sera donc, en année moyenne, de l’ordre de 73.100 t.
- La sous-alimentation de la population disparaîtra ; l’importation de riz de la province sera supprimée, libérant ainsi un pouvoir d’achat considérable que la population pourra utiliser pour la satisfaction de nouveaux besoins.
- Et on peut estimer, à cet égard, que la collectivité indochinoise qui a supporté jusqu’ici les charges financières du premier établissement de cette grande œuvre, peut légitimement demander aux populations du Nghe-An de réserver une partie — relativement peu importante — du pouvoir d’achat, nouveau qui va leur être donné par ces irrigations pour supporter une fraction — sinon même la totalité •— des charges financières de construction et d’exploitation du réseau d’irrigation dont elles vont bénéficier.
- Aussi bien les populations ne feraient-elles que tenir les promesses qu’elles avaient faites en 1928-1929 lorsqu’elles étaient consultées lors de l’établissement des projets définitifs.
- DONNÉES TECHNIQUES DU SYSTÈME D'IRRIGATION
- L’irrigation du périmètre de Yinh Nord est assurée en dérivant une partie du débit du Song-Ca. Le coefficient d’irrigation adopté — o 1 7 par seconde et par hectare — conduit, compte tenu des pertes du réseau et d’un débit de 6 m3 à la seconde réservé pour l’irrigation par pompage de la zone Ouest de 5.000 ha du Phu de Do-luong — à prélever sur le Song-Ca un débit de 37 m3 7 à la seconde ; alors que le débit d’étiage du Song-Ca ne descend jamais au-dessous de 100 jn3 à la seconde.
- Ainsi que je l’ai fait remarquer plus haut, la cote des terrains à irriguer étant supérieure à la cote d’étiage du Song-Ca et la pente de ces terrains étant très faible,
- 11 était nécessaire de relever le plan d’eau par un ouvrage barrant tout le cours du fleuve et assurant la dérivation du débit nécessaire. Cependant l’importance des crues du Song-Ca, atteignant jusqu’à
- 12 m au-dessus de l’étiage, imposait, pour ne pas aggraver en hautes eaux la situation des terres riveraines en amont, l’adoption d’un barrage déversoir automatique s’effaçant à peu près en totalité en période de crues et se relevant aux basses eaux en maintenant toujours le plan d’eau à la prise à la cote minimum nécessaire pour les irrigations.
- Prenant son origine au barrage, un canal principal conduit les eaux vers le périmètre à irriguer. De grandes dimensions, ce canal suit d’abord une dépression naturelle et on y rencontre successivement de l’amont à l’aval :
- un ouvrage de prise qui isole le périmètre à irriguer des crues du Song-Ca et qui permet, par la manœuvre d’une de ses sept grandes vannes, la régulation du débit rendue nécessaire par la variation du plan d’eau du Song-Ca ;
- un ouvrage de garde qui protège le périmètre irrigué des crues d’une rivière importante, le Khé Cong, franchie par le Canal à l’aval de l’ouvrage de prise, à l’aide d’un siphon ;
- un tunnel par lequel le canal franchit la chaîne de collines qui sépare la vallée du Song-Ca du périmètre à irriguer. Ce tunnel, long de 5o8 m, creusé dans des schistes savonneux et très plissés, a présenté des difficultés considérables d’exécution. Sa section est sensiblement celle d’un souterrain de chemin de fer à voie unique.
- A la sortie du tunnel, encadré par de profondes tranchées creusées dans les mêmes terrains schisteux difficiles, le tunnel longe le périmètre irrigué à sa limite Nord et il distribue les eaux par un important réseau d’artères, de sous-artères et d’artérioles qui pénètrent toute la zone dominée par un maillage serré de canaux.
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- Enfin la navigation sur le Song-Ca, interrompue par le barrage de prise d’eau, est rétablie par un canal découpant, au droit du barrage, une longue boucle du fleuve ; la chute représentée par la pente naturelle du Song-Ca le long de cette boucle, et par la retenue du barrage atteint 4 m à l’étiage ; elle est franchie par la navigation à l’aide d’une écluse à sas qui présente la particularité d’être souterraine.
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- piles renfermant les mécanismes de commande des bouchures automatiques (vannages, contrepoids, flotteurs, bielles...).
- Enfin, un ouvrage de chasse de 21 m de largeur permet l’exécution de puissantes chasses devant l’entrée du canal d’irrigation pour évacuer les dépôts de sable qui pourraient se former éventuellement à l’amont du barrage contre le seuil fixe en béton.
- Le barrage de Doluong est établi sur fonds de sable ; aucun terrain plus favorable ne peut être trouvé, à moins de se reporter à 60 km à l’amont ; et l’énoncé de ce chiffre suffit à montrer l’impossibilité de toute autre solution que celle adoptée.
- L’ouvrage est d’un type couramment employé par les Anglais aux Indes ; il est du type récemment adopté pour le magnifique barrage automatique du Day achevé la même année au Tonkin. Son principe est de rechercher la stabilité non en profondeur, ce qui impose des travaux coûteux, mais en étendant la fondation sur une grande longueur et en faisant perdre ainsi aux eaux, qui sous la pression d’amont cherchent à passer sous l’ouvrage, toute leur charge et par suite toute leur vitesse.
- La retenue est assurée par un seuil en béton entre
- les cotes + 7 m 5o et + 9 m et par une bouchure
- métallique entre les cotes f 9 m et + 10 m. Cette
- bouchure est actionnée par un dispositif automatique
- utilisant le niveau d’amont du plan d’eau : levée en
- période d’irrigation, elle s’abat complètement pour
- faciliter le passage des crues dès que le plan d’eau à
- l’amont atteint la cote + 10 m i5.
- — s
- La protection contre les infiltrations sous la charge de l’eau relevée à l’amont et abaissée à l’aval est assurée par un premier rideau de palplanches métalliques inoxydables, un avant-radier en béton, un deuxième rideau de palplanches métalliques inoxydables, un radier principal en béton.
- Le parcours d’infiltration imposé aux eaux est ainsi de 46 m, suffisant, avec la nature des sables du lit de la rivière, pour empêcher toute désorganisation et tout entraînement du sous-sol par les eaux mises en charge à l’amont.
- La protection contre les affouillements est assurée, à l’aval de l’ouvrage d’abord par un seuil denté à l’extrémité aval du radier principal, puis par un rideau de planches en béton armé battues contre cette même extrémité aval et enfin par un arrière-radier en enrochements formant un bassin d’amortissement des remous.
- Deux épis évitant la formation de courants transversaux partagent le barrage en trois passes ; elles-mêmes subdivisées en quatre pertuis de a3 m d’ouverture libre, par des
- L’exécution des travaux a eu lieu suivant les modalités ordinaires ; les ouvrages, répartis par lots suivant leur nature et leur position géographique, étaient soumis à un appel à la concurrence. Toutefois, au début des travaux, une certaine quantité d’ouvrages fut exécutée par les villages et en régie afin de donner immédiatement du travail aux populations du Nghe-An éprouvées par deux années successives d’une extrême sécheresse. Mais dès que cela fut possible, on revint aux procédés habituels d’exécution. Les travaux se heurtèrent à des difficultés spéciales en raison de la nature de certains sols, soit particulièrement vaseux, soit schisteux et comme tels, sujets à des mouvements de masse difficiles à déceler à l’avance et plus difficiles encore à arrêter. En particulier, le tunnel du canal principal, les tranchées profondes qui l’encadrent et l’écluse de navigation obligèrent les ingénieurs et les entrepreneurs à mettre en œuvre des procédés adéquats aux difficultés rencontrées ; dans cet ordre d’idées tous les siphons du réseau sont des ouvrages en béton armé, souvent articulés afin de se prêter aux mouvements de terrains qui suivent leur construction dans les sols très vaseux où ils sont généralement posés.
- Les travaux entrepris en 1982 se sont terminés en
- Fig. 5. — Écluse de navigation souterraine de Nui-Toc.
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- ig36, exception faite du barrage de Doluong qui s’est achevé — dans les délais prévus — en mars 1937. Après une courte période de début, où le recrutement de la main-d’œuvre fut laissé libre, le Service de Santé, d’accord avec le Service des Travaux publics, intervint pour vérifier que la main-d’œuvre recrutée était qualifiée pour les travaux qui lui étaient demandés et pour exiger que ce recrutement fût fait dans les villages voisins des chantiers et à des conditions de salaires minima déterminées.
- ORGANISATION SANITAIRE
- En outre, une organisation sanitaire complète fut montée et placée sous le contrôle du directeur local de la Santé.
- Un médecin indochinois et un certain nombre d’infirmiers — variable avec le volume des chantiers — furent détachés sur les chantiers ; placés sous le contrôle technique direct du médecin-chef de Vinh et sous le contrôle administratif effectif des ingénieurs, ils assurèrent le service médical des chantiers.
- En outre, des installations d’eau potable, d’un modèle indiqué par l’Institut Pasteur, furent installées en nombre suffisant pour tous les travailleurs.
- Des vaccinations préventives antivarioliques et anticholériques furent opérées ; avant l’ouverture des chantiers, sur la demande du directeur local de Santé, le Service antipaludique fit les prospections nécessaires pour déterminer les zones dangereuses et les zones propices à l’installation des campements et des infirmeries.
- La quinine préventive était distribuée gratuitement aux travailleurs par leurs employeurs, conformément à la. législation en vigueur depuis 19x8. La quinine curative fut, comme les autres médicaments, fournie par le Service de Santé.
- Après entente entre le Service de Santé et le Service des Travaux publics, l’infirmerie du centre de Doluong, choisie comme ambulance principale des chantiers, fut agrandie d’un pavillon ; des infirmeries de chantiers furent en outre construites en nombre variable au fur et à mesure de l’ouverture des chantiers, chacune d’elle comprenant un ou deux infirmiers selon le nombre des travailleurs desservis. Ces infirmiers parcouraient chaque matin leur secteur, soignaient sur place les petits malades et les, blessés légers, distribuant médicaments et quinine. Les travailleurs malades et inaptes au travail pour plusieurs jours étaient ramenés à l’infirmerie de secteur. Périodiquement, des vaccinations antivarioliques et anticholériques étaient pratiquées.
- Deux fois par semaine, le médecin indochinois passait sur tous les secteurs avec une voiture ambulance ; il inspectait les infirmeries et évacuait sur l’infirmerie principale les coolies hospitalisés dans les infirmeries de secteur et dont l’état réclamait des soins plus délicats ; si leur état était grave, ils étaient évacués de suite sur l’hôpital de Vinh ; en cas d’urgence, il va de soi que cette évacuation était acquise immédiatement.
- Enfin une fois par mois le médecin-chef de l’hôpital de Vinh, accompagné d’un ingénieur, faisait une tournée générale, inspectant les campements et l’organisation médicale et donnant toutes indications d’ordre sanitaire.
- Il faut d’ailleurs souligner que l’organisation sanitaire a fonctionné également au profit des populations riveraines des chantiers, apportant une aide appréciable au Service médical normal de la province. Il en est résulté qu’il n’y eut aucune épidémie, ni même menace d’épidémie, et que l’organisation réalisée est toujours intervenue à temps pour soigner les malades et les blessés graves.
- Et il est intéressant de l'emarquer que, alors que trop souvent la morbidité et la mortalité sont élevées sur les grands chantiers coloniaux, le nombre de décès sur les chantiers et dans les .formations hospitalières fut seulement de 35 pour plus de g.700.000 journées de travailleurs. Cette mortalité est inférieure à celle que l’on aurait observée chez les milliers de coolies qui ont travaillé sur les chantiers s’ils étaient restés dans leurs villages vivre leur* vie habituelle. « Ces heureux résultats, écrit le directeur local de la Santé, ont pu être obtenus grâce à l’activité et au dévouement des médecins et des infirmiers, mais-aussi grâce à l’organisation du Service et à l’étroite-collaboration des autorités administratives et des services techniques intéressés : Travaux publics, Institut Pasteur et Service de Santé. »
- QUELQUES CHIFFRES
- Longueur des canaux et artères. Longueur des artérioles . Longueur des ponts et passerelles............................
- Longueur du tunnel . . . .
- Longueur des dalots et siphons. Volume des terrassements . .
- Cube de béton..................
- Tonnage d’acier de toute nature. Longueur de palplanches battues Nombre de journées de coolies. Montant des travaux . . . .
- Somme restant dans la province.
- 228 km 3 80 km
- 1.186 m 5o8 m 3.6oo m 8.58o.ooo m3 64.000 m3 2.272 t 18.740 m
- 9.700.000 journées-4.5oo.ooo $ 2.i5o.ooo $
- * *
- Avec l’achèvement prévu dans quelques mois dru réseau d’irrigation de Vinh Sud puis, quelques mois après, du réseau de Doluong, une grande œuvre aura* été menée à bien par la France dans le Nord de l’Indochine : après le Thanh-Hoa, le Nghe-An verra se desserrer l’intense pression démographique qui l’étouffait, et il pourra élargir le rythme de sa vie économique jusqu’à présent confinée dans une économie rurale-très fermée.
- J. Arnoux,.
- Ingénieur en cîief des Travaux Publics-de l'Indochine.
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- LE « PETIT BI »
- Le « Petit Bi » est une nouvelle bicyclette, qui diffère autant de la bicyclette ordinaire que cette dernière ressemble peu au « Grand Bi », que nous regardons aujourd’hui avec curiosité dans les musées de la locomotion. Son apparition marquera une date dans l’histoire du cycle en raison des avantages certains qu’il présente.
- Le « Petit Bi » se caractérise essentiellement par une tige de selle verticale et télescopique, par un guidon repliable comme une paire de ciseaux, par une petite roue de 4o cm de diamètre, et enfin, par une plateforme, solidaire de son porte-bagages, formant une base sur laquelle on peut le dresser. La tige de selle verticale ne fléchit pas, le guidon repliable, verrouillé par un dispositif ingénieux et robuste est aussi rigide qu’un guidon d’une seule pièce, le cadre est plus rigide qu’un cadre ordinaire et enfin la roue de 4o résiste mieux au voile qu’une roue de 70 : donc au point de vue mécanique, aucune critique à faire.
- Les avantages résultant de ces dispositions nouvelles sont nombreux :
- i° Le « Petit Bi » dressé sur sa base, selle rentrée et guidon replié, est peu encombrant et on le range chez soi, debout, dans un placard ou dans une penderie.
- 20 II est facilement transportable, en avion, en auto, dans l’intérieur même de la voiture ou sur le pare-choc arrière servant de support.
- 3° Il convient indifféremment aux hommes, aux femmes, et même aux enfants, puisqu’on peut aisément monter ou baisser la tige de selle qu’immobilise un seul écrou à papillon serré à la main. Des cintres de guidon réduits, interchangeables avec les cintres ordinaires, permettent même d’adapter la machine pour un enfant de moins de 10 ans.
- 4° Toutes choses égales, le « Petit Bi » est plus léger qu’une bicyclette ordinaire ; il doit cet allègement, principalement aux dimensions réduites de ses jantes, pneumatiques et garde-boue, et de certains éléments du cadre ; le gain total atteint environ 900 gr.
- Le « Petit Bi » est également établi en tandem. Il
- Fig. l. — Le .1 Petit Bi » à côté d’une bicyclette de dame ordinaire.
- 1 omporte encore dans ce cas la base de redressement, mais il n’est évidemment plus possible de le brans- ’’ porter dans l’intérieur d’une automobile ou sur le pare-choc arrière ; on le sangle aloi's sur un fixe au toit qui peut porter
- 2 tandems, mais il y a lieu de démonter les 2 pédales qui appuieraient sur le toit de la voiture. Le tandem « Petit Bi » convient à des cyclistes de toutes grandeurs, hommes, femmes ou enfants et permet à une grande personne de faire équipe avec un enfant.
- A côté de ces avantages, le « Petit Bi » présente-t-il des inconvénients ?
- Il vient à l’esprit que les roues étant petites, auraient tendance à buter contre les obstacles et qu’elles forceraient le cycliste à pédaler davantage. Ces objections sont-elles fondées ?
- Notons d’abord que les roues ne sont pas si petites qu’il paraît ; le diamètre d’une roue de bicyclette est de 70 cm ; celui d’une roue de « Petit Bi », mesure 4.0; le rapport est de 1,7. L’impression de petitesse tient à ce que la surface de la roue diminue comme le carré du rayon (~r2).
- Représentons deux disques tels que leurs diamètres soient entre eux comme 70 et 4o ; le diamètre de l’un est 1,7 fois plus grand que le diamètre de l’autre, alors que sa surface est trois fois plus grande. Dans une bicyclette, ce n’est pas la surface des roues qui compte, mais son diamètre, qui détermine le développement du tour de roue (2irr) : celui-ci est de 210, pour la roue de 70 et de 120 pour la roue de 4o.
- Les ingénieurs admettent que la roue pleine, telle que la roue de brouette, franchit sans buter un obstacle dont la hauteur est inférieure au tiers de son rayon, soit 7 cm dans le cas d’une roue de 4o. Ce chiffre peut être majoré de i5 pour 100 dans le cas d’une roue pourvue d’un pneu vélo « normal » et de 3o pour 100 dans le cas d’un pneu vélo « ballon ». Le coefficient est beaucoup plus élevé encore dans le cas des gros pneus « brouette » de Dunlop qui permettent de rouler dans les terres labourées. La roue du « Petit Bi » montée avec pneu ballon vélo, franchit donc sans buter un obstacle de 10 cm environ ; au surplus, la petite roue contourne, plus aisément que la grande, l’obstacle qui se présente.
- Question développement : le « Petit Bi » ne s’adresse
- Fig. 2. — Le « Petit Bi » posé sur sa base.
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- Fig. 3. — Le tandem « Petit Bi ».
- pas aux coureurs sur piste et doit avoir un développement normal de route ; il suffit de choisir, dans la gamme normale, la plus grande couronne (52 dents) et le plus petit pignon arrière (16 dents) pour obtenir une multiplication de 4 ni 45. Beaucoup de cyclistes routiers se contentent de cette multiplication, qu’ils jugent suffisante. Ceux qui désirent une multiplication supérieure trouvent, dans la série classique, des pièces éprouvées, des pignons arrière de moins de 16 dents : des 12 dents qui se montent sur les moyeux à roue libre intérieure, genre Cyclo-Tank, ou des i3 dents à petits pignons déportés montés sur des blocs à 3 dentures, utilisés couramment avec les dérailleurs, ou sur les moyeux à roue libre et frein, genre Torpédo.
- Les multiplications obtenues avec ces petits pignons sont :
- 4 m 70 avec un pignon i5 dents.
- 5 m 10 avec un pignon i4 dents.
- —: LE PRIX NOBEL
- Le Pr Ettrico Fermi.
- Le prix Nobel de physique pour l’année 1938 a été décerné au Pr Enrico Fermi, professeur de physique théorique à l’Université de Rome pour ses travaux sur les neutrons et la radio-activité induite artificielle.
- On sait que pour la démolition des noyaux atomiques, le neutron est un des projectiles les plus efficaces. Fermi en ig34 montra que même les noyaux les plus lourds sont décomposés par les neutrons avec formation de nouveaux noyaux radio-actifs et que l’efficacité du bombardement est accrue par la présence d’eau ou de paraffine. Il en conclut que les neutrons sont ralentis par les collisions avec les noyaux d’hydrogène de ces substances et que par suite pour les neutrons lents la probabilité de pénétrer dans les noyaux atomiques est beaucoup plus grande.
- 5 m 45 avec un pignon i3 dents.
- 5 m 95 avec un pignon 12 dents.
- Les cyclistes qui désirent des multiplications encore supérieures, les tandemistes, par exemple, ont à leur disposition les moyeux à changement de vitesse du genre BSA, ou Sturmey-Archer qui, par rapport à la vitesse moyenne, correspondant à la denture du pignon de chaîne en prise directe, donnent une multiplication de 33 pour 100, et une démultiplication de 2 5 pour 100. Le développement qu’on peut obtenir avec un trois vitesses peut donc atteindre 6 m 80 avec un pignon de i4 dents. Il est à remarquer que le moyeu à trois vitesses fatigue moins sur un « Petit Bi » que sur une bicyclette ordinaire, l’effort que supporte le moyeu étant alors démultiplié : pour une même vitesse linéaire, le moyeu tourne plus vite, tandis que le couple résistant est plus petit.
- Enfin la roue de 4o permet des démarrages plus rapides que la grande roue de 70. En terme d’automobiliste, on dirait que le « Petit Bi » a « plus de reprise ».
- L’énergie que doit dépenser un cycliste pour amener sa machine à prendre une certaine vitesse v, se compose de 2 facteurs : l’énergie cinétique de translation, d’une part, et l’énergie de rotation, d’autre part, celle-ci étant l’énergie qu’il faudrait dépenser, la machine étant suspendue au-dessus du sol, pour lancer les roues, comme des volants, à une vitesse correspondant à la vitesse linéaire delà bicyclette sur la route.
- Or, il est plus facile de lancer un petit volant qu’un grand volant.
- On calcule que l’énergie de rotation est proportionnelle dans le cas des roues de bicyclettes, au rayon de la roue ; elle est donc plus de deux fois moins élevée dans le cas des roues de 4o. C’est ce qui explique que les cyclistes, qui, pour la première fois montent sur un « Petit Bi » soient frappés de l’aisance avec laquelle ils démarrent et accélèrent la vitesse de la marche ; à cet avantage correspond une économie énorme de fatigue, car la marche du cycliste, en ville surtout, est essentiellement discontinue. A. B.
- DE PHYSIQUE —
- A côté de ces recherches expérimentales, le Pr Fermi a apporté une contribution importante à la partie théorique de la physique atomique. En 1926, partant du principe d’exclusion de Pauli, il proposa une nouvelle mécanique statistique pour les électrons, qui est devenue, après les travaux de Dirac, la statistique Fermi-Dirac.
- Appliquée à un ensemble d’électrons dans un atome (modèle atomique de Thomson-Fermi) elle est à la base de la théorie moderne des électrons dans les métaux.
- En 1934, Fermi, étudiant le rayonnement (3, supposa qu’il est émis quand un neutron du noyau atomique se transforme en un proton avec émission d’un neutron. Cette conception est actuellement le point de départ de nombreuses recherches.
- Enfin Fermi, en collaboration avec Rossi, s’est également attaqué à l’étude des rayons cosmiques, en particulier leur déviation dans le champ magnétique terrestre.
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- - TREMBLEMENTS DE TERRE
- Le début du mois de novembre a été marqué par une activité sismique exceptionnelle. C’est ainsi que le 5 novembre, au Japon, un tremblement de terre assez important, même pour cette région en perpétuel état d’instabilité géologique, fut ressenti dans le nord-est de l’île, semblant provenir d’une profondeur considérable, l’épicentre étant situé le long d’une région allant de Kamagata à Choshi bien connue des sismologues.
- Le 6 novembre, en Bulgarie, à Gabrovo, un choc assez violent fut ressenti. Remarquons que la Bulgarie peut être considérée comme une région à tremblements de terre d’une façon générale.
- Le 8 novembre, à Vienne, semblant provenir d’une profondeur de 3o km, une secousse se produisit, fait exceptionnel dans cette région, où il faut remonter jusqu’en 1927 pour trouver un séisme d’égale intensité.
- Enfin, le 10 novembre, les sismographes du monde entier enregistrèrent une violente secousse dont l’épicentre se trouve dans une région instable repérée dans l’Océan Pacifique Nord au sud-ouest de l’Alaska près des îles Aloutiennes. La violence de cette secousse semble la plus forte enregistrée depuis 3o ans et dépasser celle du tremble-
- ment de terre de .Quetta en ig35 et de Tokio en 1923.
- On sait que les secousses sismiques sont provoquées par la cessation brusque des contraintes qui, sous l’influence de la gravitation, se produisent dans les terrains le long de certaines failles importantes de l’écorce terrestre. La question qui se pose est alors : quelle’ est la cause provoquant la diminution brusque de l’action de la pesanteur qui tend à maintenir normalement les terrains fortement appliqués les uns contre les autres ?
- D’après l’étude de nombreux tremblements de terre, Per-rine, de l’observatoire de Cordoba, a mis en évidence l’action prépondérante des marées terrestres déterminées par l’attraction conjuguée de la lune et du soleil. D’après les statistiques, 80 pour 100 des séismes se produisent en effet au moment de la nouvelle lune ou de la pleine lune et particulièrement dans les périodes où elles se produisent près du périgée.
- Enfin, l’influence de brusques diminutions de pression barométrique semble, dans les périodes favorables pour un séisme, déterminer dans un grand nombre de cas, l’heure et même le jour du phénomène.
- .-.QUAND L'ÉTOURNEAU ......=
- REJOINT SON PERCHOIR AQUATIQUE
- Le Grand-Étang de la Forêt domaniale de Sillé-le-Guillaume (Sarthe) — centre touristique des Alpes Mancelles — est une magnifique pièce d’eau qui mesure près d’un kilomètre sur son grand axe :
- Le sapin, le bouleau, la fougère et l’herbage, L’auguste chêne encore ont serti son rivage,
- Du vert et long bandeau d’un brillant falbala.
- Des ruines carolingiennes y méditent sous la futaie, proche les eaux....
- De vingt lieues à la ronde on s’y donne rendez-vous chaque été ; mais la bourgeoise préoccupation des retours « avant la nuit » prive les touristes de ce site d’un bien joli lever de rideau nocturne et que condensent ces vers (Q :
- Quand l’étourneau rejoint son perchoir aquatique,
- Au soleil déclinant, selon son us antique,
- Quand le zéphir du soir, dans le frêle roseau,
- Entonne un chant léger dont la note module
- Au divin nénuphar un gracieux scherzo,
- L’âme du Grand-Étang vibre en flot qui s’ondule...
- J’ai coutume de me rendre en barque, chaque année, au Grand-Étang, pour y assister au poétique spectacle du coucher de a5.ooo étourneaux qui, de millénaire tradition, viennent à la chute du jour se percher dans les fourrés de roseaux, pour y passer la nuit jusqu’à la naissance de l’aube.
- Ils viennent des quatre points cardinaux, de 10 à i5 km à la ronde, par bandes de 100 à a.000 unités, évoluent pendant i5 à 20 mn à 5o ou 100 m au-dessus
- 1. De VÉtang, sonnet de l’auteur, publié par l’Anthologie des Poètes Classiques (Meissein, édit.).
- ' O'-A-rpyt, y ws
- de leurs perchoirs aquatiques avant de s’y poser. Les bandes retardataires se soudent aux premières venues et les 25.000 oiseaux se groupent pour une fantasia inouïe. Leur ronde immense tournoie, aux derniers feux du jour, dans un cercle de 5oo à 600 m de diamètre, avec des pépiements d’allégresse qui semblent fêter et la gloire du couchant et la sérénité des eaux. Puis, la masse ailée s’étire et s’allonge comme une pâte, se dresse en cerf-volant et, soudain, le fantastique tourbillon se désagrège ; les étourneaux s’en détachent et s’abattent en trombes sur les roseaux. Des bandes isolées s’en élèvent, volent quelques instants, semblant repérer une place plus favorable. Enfin, tout se tait et ces milliers de petits cœurs d’oiseaux se rythment au diapason du mystère des nuits.
- Nous avons eu grand’peine à fixer l’image de ce féérique coucher. C’était le 26 août dernier. Le canot à moteur de M. Richefeu, propriétaire de la plage du Grand-Étang, emportait M. Brou, photographe. Notre barque personnelle était en remorque. A 600 m de la plage, nous étions à portée des roseaux. Mais un incident banal nous ayant retardés, le soleil plongeait déjà à l’horizon et les étourneaux venaient de gîter. Je fis détacher ma barque et m’avançai au sein des roseaux. Je frappai des mains, je hurlai. Les frêles roseaux s’animèrent ; 5o.ooo pattes de conirostres s’en détachèrent, 5o.ooo ailes battirent d’un long frémissement, une immense clameur d’alerte déchira l’air et le gigantesque ballet aérien reprit pour quelques secondes la magie de ses figures. C’est à cet instant qu’on prit les instantanés. Il était temps : le soleil balayait les eaux d’un ultime rayon.
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- La lig. i représente une nuée assez caractéristique du vol des étourneaux en bandes lorsqu’ils arrivent à l'étang. Vers le centre un véritable globe d’oiseaux dont semble s’écouler une longue et mince traînée ; ses chefs de file sont déjà à plus d’un demi-kilomètre.
- La figure 2 montre, à l’horizon, un peu avant le coucher du soleil, l’arrivée d’une bande d’étourneaux.
- bandes, principalement de juillet à septembre de chaque année, au coucher et au lever du soleil, se dirigeant vers l’étang ou en revenant. Leur vol est rapide-et, comme son altitude est faible — de 20 à 5o m — on imagine aisément que le passage du régiment ailé mène grand bruit (l’étourneau a près de 4o cm d’envergure !). L’allure est de 20 m à la seconde (presque celle du pigeon voyageur) ; les escadrilles arrivent ainsi à l’Étang moins-de 3 mn après leur passage sur le vieux donjon. Le peloton est fort agité sa direction est sensiblement rectiligne, mais on a l’impression que chaque unité vise le centre de la formation : la masse paraît animée d’un perpétuel mouvement de rotation sur son axe. Le trajet inverse, au petit jour, s’effectue à plus basse altitude ; il n’est point rare que l’escadron volant rase le sol déclive de la grande place du Marché-aux-Bestiaux.
- Fig. 1 à 3.
- Quelques aspects des nuées d'étourneaux venant nicher le soir au bord de l'étang de Sillé-lc-Guillaume. Photographies prises le 2C> août 1938, au crépuscule.
- Vers le centre de l’image, un point blanc représente notre barque ; elle situe la lisière des roseaux.
- Après l’alerte (fîg. 3), les oiseaux reviennent en masses compactes ; ils vont se poser à nouveau sur leurs perchoirs nocturnes.
- La petite ville de Sillé-le-Guillaume compte 2.600 âmes ; elle est à 3 km du Grand-Étang de la forêt. 3.ooo étourneaux survolent ainsi la ville, en
- Le spectacle est commun à l’espèce. Déjà, Buffon remarquait que les étourneaux se réunissent en grand nombre, comme pour se mettre en force et se garantir des dangers de la nuit : ils la passent ordinairement tout entière, ajoute-t-il, ainsi rassemblés, dans les roseaux, où ils se jettent à la fin du jour avec un grand fracas.
- On sait que l’étourneau, chanteur diurne, lorsqu’il est apprivoisé est appelé aussi sansonnet ; cette déformation de chansonnet évoque à juste titre la douceur du ramage de cet oiseaii lorsqu’il vit en captivité.
- L’étourneau a fait l’objet d’une nombreuse littérature. Nous en avons fait le tour ; nous n’y entrerons point, n’ayant voulu fixer ici qu’un trait aimable des mœurs du plus gai des oiseaux de notre pays.
- Constant Hubert,
- Lauréat de la Société des Gens de Lettres.
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- SUR LES CHEMINS DE LA DÉCOUVERTE : =
- LE CINQUANTENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DES ONDES ÉLECTRIQUES
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- Il y a environ 4oo ans, en i654, nos ancêtres s’émerveillaient à la fameuse expérience des hémisphères de Mag-debourg leur révélant l’existence de la pression atmosphérique. Il y avait de quoi. Ils apprenaient ainsi que l’air qui nous entoure charge d’un poids de 16 t (16.000 kgr) un .homme de taille moyenne. Les liquides intérieurs et nos tissus qui en sont imbibés compensent cet énorme poids et s’opposent ainsi à l’écrasement.
- Depuis cette époque, que de merveilles plus étonnantes nous révéla l’expérience contrôlant l’observation!
- Cent ans après, en 1757, c’est la machine à vapeur que Watt (1756-18x9) met au point et qui, en 1820, avec Ste-phenson, transporte, à des vitesses jusqu’alors inconnues, voyageurs et marchandises.
- Encore 5o ans : 1875, le téléphone apparaît.
- Et voilà, i3 ans plus tard, en 1888, les ondes électriques qui vont bientôt porter la parole, d’un bord à l’autre des océans et à travers les continents, associant, sans fil interposé, l’humanité toute entière à l’échange des idées et à la diffusion des nouvelles.
- Cette année, 1938, marque le cinquantenaire de la découverte des ondes électriques. En 1888, le savant allemand Henri Rodolphe Hertz découvrait ces ondes et les recevait, sans fil interposé, à 25 m de distance. Et déjà ! nous voilà impatients de voir s’organiser les services de télévision (1), que ces mêmes ondes hertziennes rendent possibles.
- Cette découverte des ondes électriques ouvre un merveilleux champ d’applications pratiques. Leurs répercussions sociales sont imprévisibles. C’est une découverte uniquement d’observation et d’expérience. Les prévisions, comme les interdictions théoriques n’y jouent aucun rôle (2). Pas plus
- 1. En effet, en 1933, il y a 3 à 6 ans, ne recevions-nous pas, grâce à l’habileté de deux de nos jeunes collaborateurs (*), à Poitiers, l’audition et le spectacle des music’halls de Londres ? spectacle et audition que je pus montrer, le 16 janvier 1933, à un grand nombre d’invités.
- (*) 1). Bodroux et R. Rivault, C. R. Ac. Sc. Paris, 1931, p. 231 et 1934, t. 199, p. 269 ; R. Rivault, C. R. Ac. Sc. Paris, 1936, t. 203, p. 363 et Revue Générale d’Electricité, 2 octobre 1937, t. 42, p. 433.
- 2. On considère, très souvent — mais à tort, — les expériences de Hertz comme ayant été inspirées par et à la suite logique de la théorie électromagnétique de la lumière de Maxwell. Il suffit pour se convaincre qu’il n’en est rien de remarquer que :
- a) Faraday démontra, le premier, la parenté certaine, expérimentalement prouvée, de la lumière et de l’électricité, dès 1845 (28 ans avant la publication de la première édition (l0r février 1873) par Maxwell de son traité. Cela, en découvrant la polarisation rotatoire magnétique de la lumière (Voir La Nature, A. Turpain, Faraday, ses expériences et ses idées au regard de la conservation de l’énergie et de la radio-électricité, n° 3023, 15 avril 1937, pp. 240-244, 4 fig.) ;
- b) Maxwell fut l’élève de Faraday et s’inspira de ses découvertes en électricité, ainsi qu’il l’indique, d’ailleurs, en la préface de la première édition de son traité (trad. française par Seligmann-Lui, G. Y. Paris, 1885, t. 1, pp. ix-xvii). L’expérience de la polarisation magnétique de la lumière, de 1845, répétée par Faraday devant Maxwell, assura ce dernier que la curieuse coïncidence entre la valeur numérique de la vitesse de la lumière et celle du rapport des unités électriques des systèmes électrostatiques et électromagnétiques, n’était pas un hasard, que cette coïncidence devait lui permettre de construire une théorie commune aux deux sortes de phénomènes (théorie dont la logique est des plus contestable, Voir : P. Duhem, Les théories électriques de J. Clerk Maxwell, Paris, Hermann, 1902 et A. Turpain,. Le progrès scientifique au regard de la théorie et de l’expérience, dans Evolution des scien-
- qu’elles n’en ont joué dans les deux grandes découvertes touchant l’électricité, qui l’ont précédée : celle de l’électricité de contact, laquelle, grâce à Galvani et à Volta, conduisit à l’invention de la pile ; celle des courants induits qui engendrèrent la dynamo, laquelle a pénétré et rénové l’in-
- Courant
- Circuit
- Pile
- dustrie toute entière.
- L’induction électrique fait pressentir les ondes électriques.
- L’induction électrique ? La voici (fig. 1), en quelques mots :
- Un courant circule dans un conducteur, dans les spires conductrices d’une bobine. Au voisinage est un second circuit qui ne contient qu’un
- galvanomètre.
- Approchez brusquement, le premier circuit (le courant), du second ? Aussitôt, le galvanomètre dévie brusquement ; il indique un courant, temporaire, mais intense.
- Examinez, un instant, cette expérience. N ’ y voyez-vous pas un courant instantané qu’un mouvement fait naître à distance ?
- Pour le découvreur — (je gallicisse à dessein après Voltaire, d’ailleurs, le mot anglais discoverer) — de l’induction, pour
- galvanomètre
- Fig. 1. — L’induction électrique.
- Un courant continu et constant circule clans la bobine A. On approche brusquement la bobine A, (flèches /), siège de ce courant, du circuit B, circuit fermé par un galvanomètre : l’aiguille o du galvanomètre est projetée brusquement du zéro, 0 à la division n, puis revient au zéro, dès que la bobine A s’arrête. Le mouvement rapide de A a donc fait naître dans le circuit B un courant temporaire mais intense. Le mouvement de d a créé, à distance et sans qu’il y ait contact entre les deux circuits, un courant dans B.
- ces physiques et mathématiques, Paris, Flammarion, 1935, pp. 38-41). Théorie de logique si hasardée que, malgré les efforts de Boltzmann (Leipzig, 1891-1893), Hertz lui-même (1894) ainsi qu’O. Ileaviside (1888) et Cohn (1890) sont obligés de conclure : « La théorie de Maxwell, c’est le système des équations de Maxwell. Or, en physique, une équation, détachée de la théorie qui y a conduit, n’a aucun sens ;
- c) Bien avant les expériences de Hertz et les premiers travaux théoriques de Maxwell, la physique, avec Faraday, avait porté une très forte attention aux isolants. C’est encore Faraday qui remarque, définit et mesure même le pouvoir inducteur spécifique. Un passage de ses œuvres (Voir La Nature, loc. cit., 15 avril 1938, p. 244, 2e col., 1. 5 à 20) établit une parenté entre les courants de déplacements de Maxwell et le rôle des isolants, d’après Faraday.
- Que reste-t-il alors, dira-t-on, de l’œuvre de Maxwell ? Il reste son affirmation audacieuse et féconde (féconde au point de vue théorique) — que les ondes lumineuses sont des ondes électriques (Voir A. Turpain, Revue Générale d’Electricité, 1932, t. 31, pp. 169-170).
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- n—'
- Fig. 2. — L’oscillateur de Hertz (1888).
- Deux plaques, carrées, de 40 cm de côté, disposées dans le même plan, sont soudées respectivement à deux tiges terminées par deux boules a, b, le tout en laiton. — Ces deux conducteurs, sans contact (a et b, à quelques millimètres), réalisent un condensateur ayant l’air comme isolant. — Chargé à un potentiel convenable, ce condensateur se déchargera par une étincelle entre a et b. — Bien qu’il ne soit pas possible de calculer sa capacité, laquelle dépendra de l’écart a-b, pour un écart convenable, la décharge peut devenir oscillante (fig. 3) comme dans les expériences de Feddersen (1857 à 1862).
- Faraday cette action à distance était due à la transmission d’une énergie, par ondulations, d’un circuit à l’autre.
- Faraday imaginait cette action du courant inducteur sur le circuit induit, à l’image de celle d’un corps sonore sur l’oreille ou, mieux encore, d’un corps lumineux sur l’œil.
- Le dispostif avec lequel Hertz découvrit à Carlsruhe les ondes électriques est des plus simples : Deux sphères, ou deux plateaux carrés (fig. 2), de 4o cm de côté, conducteurs, sont dans le même plan (les centres, s’il s’agit de sphères, ainsi que deux courtes tiges de laiton soudées aux plaques ou aux sphères) tiges terminées par des boules de laiton s'ont rapprochées. Quelques millimètres d’air séparent ces boules. En résumé : deux conducteurs, non en contact, formant condensateur. Le charge-t-on, ce condensateur, électrique-
- Fig. 3. — L’oscillateur de Feddersen (Schéma de ses expériences).
- Une bouteille de Leyde a ses armatures reliées à deux boules, a et b, de distance réglable. — Chargée, elle se décharge par une étincelle entre a et b. — Un miroir tournant, rapide, m, étale en (i) l’image de cette étincelle, image qui, pour une distance convenable de a-b, révèle le caractère oscillant de la décharge.
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- Fig. 4. — L’oscillateur-émetteur de Hertz.
- La période de cet oscillateur (fig. 2) est de l’ordre de un billion, c’est-à-dire que le ballottement de la charge électrique-entre les plaques (armatures) de l’oscillateur (condensateur) s’y produit un billion de fois par seconde ? Pour entretenir de-si rapides oscillations, Hertz relia chaque plaque à l’un desdeux pôles d’une puissante bobine de Ruhmkorff. — Grâce à. une telle source d’énergie (à haut potentiel et de grand débit),, grâce, surtout, à la self-induction très élevée du circuit primaire du Ruhmkorff ; la charge, non seulement oscille à la fréquence de un billion, mais, localisée dans le condensateur par le barrage de cette self, elle rayonne son énergie à l’extérieur en ondes électriques. — L’oscillateur devient émetteur de ces ondes
- ment et suffisamment ? Il se déchargera par une étincelle-entre les deux
- éclatant boules.
- Et cette décharge, ainsi réalisée, peut être oscillante. C’est-à-dire que la charge électrique, avant de disparaître, passera d’un conducteur à l’autre, par une suite de va et vient, de ballottements d’oscillations électriques.
- La période des oscillations, en ce dispositif de Hertz, est extraordinairement courte : de l’ordre d’un billionième ou milliardième de seconde.
- Ce n’était pas la première fois' qu’on réalisait une étincelle électrique oscillante.
- De 1857 à 1862 Feddersen (i832-igi8), étudiant l’étincelle d’une bouteille de Leyde, montra, expérimentalement, en étalant, par un rapide miroir tournant, l’image de cette étincelle, qu’elle était oscillante.
- Dès i853, sir W. Thomson (lord Kelvin) avait calculé la période d’une oscillation électrique en
- Fig.' 5. — Le résonateur ou-détecteur d’ondes de Hertz.
- Un simple cerceau conducteur,, en laiton, coupé par un micro-mètre m, qui limite très extacte-ment l’ouverture, suffit à déceler les ondes et à prouver leur-propagation. — En le déplaçant, son plan restant parallèle à celui des plaques et le^ micromètre dans le vertical passant par l’étincelle de l’émetteur et perpendiculaire au plan de l’émetteur, une minuscule-étincelle apparaît au micromètre, même à 25 m de l’émetteur. Elle varie comme l’intincelle-de l’émetteur, suivant même-ses irrégularités. La simplicité de cet œil électrique est vraiment admirable.
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- fonction de la résistance R, de la capacité C, et de la self-induction L du circuit hypothétique qu’il se donnait (1). Le calcul de cette période par la formule de Thomson appliquée au dispositif de Feddersen, est illusoire. Les éléments de ce circuit, en particulier la capacité, ainsi que la résistance de l’étincelle, ne peuvent être, même approximativement, calculées. Tout au plus ces expériences sont-elles, en accord, seulement qualitatif, avec ladite formule.
- Les expériences de Feddersen ne permirent pas de réaliser des ondes électriques, se propageant autour de la bouteille de Leyde. Bien que la fréquence des oscillations dans le circuit ait atteint cent mille — (elles auraient donc pu correspondre à des ondes (/v = au t) de 3 m de longueur)
- — elles ne pouvaient produire d’ondes, non pas par faiblesse de fréquence, mais par absence d'énergie.
- L’émetteur de Hertz a une fréquence de un billon (i milliard) ; comment l’entretenir, assez énergiquement, pour le faire rayonner à l’extérieur ? La solution ce purement expérimentale », qui ne s’inspire d'aucune théorie, montre la sagacité et l’ingéniosité, rares, du génial expérimentateur allemand. Comme source d’énergie, il ne s’adresse, ni à la pile, de grand débit mais de faible potentiel; ni aux machines statiques, de haut potentiel, mais de faible débit. Non.
- Il relie les deux plaques de son émetteur aux pôles d’une puissante bobine d’induction de Rhumkorff qui, elle, est une source, et de haut potentiel et de grand débit.
- Soulignons la raison profonde du succès des tentatUes expérimentales de Hertz : en prenant la bobine d’induction comme source propre à x’endre émetteur son oscillateur, à perfectionner, en ce point l'oscillateur de Feddersen, progrès qui le transformerait en un centre d'ondes électriques pouvant se propager tout alentour, non seulement Hertz Avisait une source, et de haut potentiel et de grand débit, mais il espérait (il y réussit d’ailleurs) localiser la charge électrique empruntée à la bobine, dans l’oscillateur, dans son condensateur à deux plaques. Il empêchait cette charge, — grâce à la très grande self-induction du secondaire de la bobine Ruhmkorff — de retourner dans la bobine.
- Et c’est encore là un artifice heureux d’inspiration purement expérimentale.
- Hertz s’exprime nettement à cet égard : « J'ai, remarqué, écrit-il, qu'il existe un moyen très simple de fermer complètement un circuit complètement ouvert, et cela dans un temps moindre même que la centième partie d'un millionième de seconde. Ce moyen, c'est l’étincelle électrique produite dans des conditions spéciales ».
- Et il relie les armatures de son condensateur aux pôles d’un Rhumkorff susceptible de recevoir 21 ampères et de donner des étincelles de 40 cm.
- Mais c’est dans la création du détecteur de ces ondes que le génie expérimental de Hertz se montre hors de pair. Pour résoudre ce second problème, aucun guide, aucun prédécesseur. Et cependant, le dispositif qu’il imagine l’emporte, en simplicité, sur celle déjà si grande de l’émetteur. Un cerceau de laiton, coupé par un micromètre qui en limite, très exactement, l’interruption suffit. Ce cerceau est-il éloigné graduellement de l’émetteur ? A son interruption apparaît alors une minuscule étincelle, laquelle suit d’ailleurs les imperfections même de l’étincelle oscillante; elle démontre, cette petite étincelle, que le cerceau résonne électriquement au passage des ondes. Aussi Hertz apelle-t-il résonateur cet élégant dispositif. Ce cerceau, c’est le
- 1. La formule trouvée par Lord Kehûn est : T ou f/F = L. C. ; T, période ; F, fréquence des oscillations.
- ....-------------:........................ 395 =
- premier œil électrique, le premier et le plus simple des postes récepteurs d’ondes électriques.
- Hertz montra que ces nomœlles ondes sont polarisées, qu’on peut les obtenir stationnaires. Il les fît réfléchir sur de grands miroirs obtenus en tapissant de papier d’étain de grandes surfaces ; elles se réfractèrent, ces curieuses ondes, à l’intérieur de volumineux prismes d’asphalte, de résine, a la manière dont la lumière est déviée par un prisme en verre. Hertz concentra encore ses ondes par de longs fils de cuivre qui sont, ainsi, les premières antennes.
- Les physiciens du monde entier répétèrent à l’envi ces remarquables expériences (septembre 1889 : Suisse, France, Allemagne; 1894 : Autriche); moi-même, à Bordeaux, en 1894 ; au cours de cette répétition je pratiquai une large coupure et insérai un téléphone dans le cerceau de Hertz. Manœuvrant alors une clef Morse, au primaire de la bobine de Rhumkorff, qui alimentait l’émetteur, j’envoyai ainsi, des signaux longs et courts, à 25 m à travers 4 murs de 5o cm d’épaisseur, signaux que recevait une oreille attentive au téléphone. Ces modestes essais furent présentés le 4 avril 1895 à la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux et la sûreté des réceptions contrôlées par de nombreux visiteurs (Prs Duhem, Bergonié, Sigalas, Bou-louch, etc.).
- Le dispositif que j’ai employé et qui figura (septembre 1927) à l’exposition Voltiane de Côme, est actuellement au Palais de la Découverte (Phénomènes oscillants). Ces essais de 1894 ne sont que le premier balbutiement de la T. S. F.
- En juin 1895, un jeune chercheur italien, Guillaume Marconi, avec un sens pratique merA'eilleux que l’on doit souligner, sut tirer, de la découverte de Hertz, d’admirables dispositifs qui amenèrent, dès 1910, la portée des communications sans fil à près de 9.000 km (Irlande-Argentine), puis (le 22 septembre 1918; Angleterre-Australie) à 1S.000 km.
- Aujourd’hui les ondes courtes : lesquelles, à leur apparition, furent frappées d’interdiction théorique (Annuaire du Bureau des Longitudes, 1902, notice sur la T. S. F., p. A. 5) et laissées négligemment aux amateurs, lesquels d’ailleurs, avec ondes de 109 m et quelques watts, relièrent régulièrement, dans les deux sens, Nice au Connecticut (U. S. A., plus de G.3oo km. MM. Léon Deloy et F. H. Schnell) ; a jourd’hui les ondes courtes font plusieurs fois le tour de la terre et relayent les ondes longues lorsqu’elles sont défaillantes.
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- Hertz (1857-1894) mourut donc ayant moins de 38 ans. Il était israélite, laissa une femme et une fille que les événements actuels obligèrent à quitter l’Allemagne. Les persécutions antisémites les privèrent des secours qu’on aurait dû leur assurer.
- Les journaux du 25-27 mars dernier (iq38) rapportent qu’elles vivaient à Londres dans un état voisin de la misèi’e quand, informé, le Pape XI, leur fit remettre 1.200.000 lires.
- Ce geste, très louable, rompt avec les trop constants exemples d’ingratitude des sociétés humaines envers les génies bienfaiteurs de l’humanité.
- Albert Turpain.
- Professeur à F Université de Poitiers.
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- 396 CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE “> .—
- CONSERVATION ET MANIPULATION DES COUCHES SENSIBLES
- Conservation des surfaces sensibles. — La lumière et l’humidité sont les grands ennemis des préparations photographiques. Les fabricants prennent d’ailleurs soin de prévenir les usagers et inscrivent sur les emballages (ou « inscrivaient », car certains ne le font plus) la fameuse sentence : « A préserver de la lumière et de l’humidité ».
- La très forte chaleur, surtout humide, est aussi néfaste aux mêmes préparations.
- On conservera donc les surfaces sensibles (plaques, pellicules, papiers) dans un lieu sec, à température modérée et, comme nous l’avons indiqué dans des « Causeries » précédentes (1 2) loin de toutes émanations de produits volatils, et surtout d’hydrogène sulfuré. Les boîtes de plaques seront, de préférence, placées « sur champ », à la manière de livres sur des rayons, pour éviter l’écrasement des boîtes inférieures, ou encoi’e la déformation des couvercles en raison du poids très élevé des plaques.
- Dans une installation un peu importante, classer les boîtes d’une même catégorie de surfaces sensibles par numéro d’émulsion, afin d’utiliser d’abord les plus anciennes (L.-P. Clerc, La Technique photographique, p. 290).
- Lorsque l’on a un grand nombre de phototypes a executer, soit en vue d’un travail déterminé, soit encore au début d’un voyage, il est conseillé, en vue d’obtenir des résultats comparables, de faire une provision de plaques portant toutes le même numéro d’émulsion.
- L’humidité a une action particulièrement désastreuse sur les surfaces sensibles. Elle pénètre peu à peu les emballages les mieux soignés et rend les préparations moins sensibles à la lumière. Si elle est importante, les surfaces en contact peuvent adhérer, parfois énergiquement, les unes aux autres.
- Si elle agit longtemps, de minuscules moisissures peuvent se former à l’intérieur des boîtes, causant des dommages irrémédiables.
- La chaleur et un grand nombre d’agents chimiques provoquent souvent la formation de voiles, notamment avec les préparations de très grande sensibilité.
- Malgré tous les soins pris à leur conservation, les couches sensibles subissent une altération plus ou moins grande avec le temps. Cette altération est plus rapide avec les pellicules et avec les plaques ortho ou panchromatiques qu’avec les plaques ordinaires, sensibles surtout au bleu et au violet.
- Avec les pellicules, l’altération est due à une action du support (celluloïd, acétate de cellulose, etc.) dont les constituants ne sont pas des matières relativement inertes comme le verre. La. conservation des pellicules sensibles n’est donc pas, de beaucoup, assurée aussi longtemps que celle des plaques ordinaires. Dans les climats tempérés, il apparaît généralement un voile chimique qui ne devient véritablement gênant qu’après ueux ans ou davantage (L.-P. Clerc, La Technique photographique, p. 25a).
- Certains fabricants, par précaution, indiquent sur l’emballage des pellicules une date limite d’emploi. Cette date est, intentionnellement, plus rapprochée que la limite pratique de conservation. Et d’ailleurs, on trouve constamment dans le commerce, chez les soldeurs, des pellicules
- 1. Voir les n°s 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2985, 2987, 2989, 2993, 2996, 2999, 3002, 3006, 3010, 3012, 3023, 3027.
- 2. Voir n« 2974, du 1<* avril 1936, p. 328 et n° 3023, du 15 avril 1938, p. 251.
- u périmées » qui donnent encore d’excellents résultats, à condition de ne pas attendre trop longtemps pour les utiliser. Leur prix est, aussi, très intéressant.
- Dans le cas où l’on se procurerait de telles pellicules, nous recommandons de faire l’essai d’un rouleau, et d’acheter seulement après cet essai la provision, par exemple pour les vacances. S’assurer, au moment de cet achat, qu’il s’agit bien de la même fabrication et de la même date de prescription.
- La conservation des plaques orthochromatiques est, avons nous dit plus haut, plus courte que celle des plaques ordinaires. La raison en est dans la présence des divers colorants ajoutés à l’émulsion pour produire l’effet orthochromatique. Ces colorants organiques réagissent .à la longue sur le bromure d’argent et sur la gélatine.
- Voici un cas personnel. 11 y a quelques années, nous avons utilisé d’excellentes plaques orthochromaliques, donnant des résultats parfaits.
- Ayant voulu utiliser le reliquat de ces mêmes plaques environ un an après, et bien qu’elles aient été conservées dans les meilleures conditions, elles étaient à peu près inutilisables, présentant un très fort voile général.
- Sur des plaques anciennes — ou très anciennes — on observe au développement l’apparition d’un voile général plus ou moins intense; les bords de la plaque sont plus fortement voilés. Le développement est ralenti et il n’est plus possible d’obtenir des contrastes aussi accusés que sur l’émulsion neuve — ce qui s’explique en partie par le voile qui bouche les blancs du cliché.
- La sensibilité générale s’abaisse, particulièrement la sensibilité au rouge. Mais on peut, parfois, en augmentant la durée de la pose, tirer encore un excellent parti d’émulsions très vieilles.
- En voici des exemples très remarquables. Nous utilisons encore assez souvent, des plaques a Étiquette bleue » et des plaques a Étiquette jaune » de Lumière portant les numéros suivants d’émulsions : 39.572, 39.982, 40.570 pour les plaques rapides et 4o.432 pour l’émulsion lente (« Étiquette jaune »). Nous avons demandé à la direction de la Société Lumière les dates de fabrication de ces plaques. D’après les recherches- effectuées aux usines de Lyon-Mon-plaisir, il résulte que ces diverses plaques ont été fabriquées dans le dernier trimestre de 1907.
- Elles faisaient partie du stock emporté par le a Pourquoi Pas P » — dont la fin tragique est encore présente à tous les esprits — dans le voyage qu’il fit dans l’Antarctique vers 1910, sous la conduite du regretté Dr Jean Charcot.
- Ces plaques sont restées longtemps dans des caisses doublées de fer étamé et soudé. Depuis une quinzaine d’années, au moins, elles ont été déballées et les boîtes ont été conservées en lieu sec, mais sans précautions spéciales.
- Elles donnent encore d’excellents résultats, comme en témoignent les figures 1 et 2, mais à condition d’augmenter un peu le temps de pose.
- Le cliché de la figure 1 a été fait le 12 février ig38 sur plaque « Étiquette jaune », n° d’émulsion 4o.432, fabriquée il y a près de 3i ans. Nous avons groupé dans cette figure un calendrier de l’année, deux boîtes encore intactes de plaques, le tout reposant sur le n° 3oi8, du Ier février 1988, de La Nature.
- Le négatif de la figure 2 a été exécuté le 21 janvier 1938,
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- au moyen d’un appareil stéréoscopique 6 x i3, au cours d’une excursion dans la vallée d’Ossau, sur plaque « Étiquette bleue m, émulsion n° 40.570, ayant aussi environ 01 ans. Pose : i/5 de seconde environ, à f/32, à i5 h, par temps ensoleillé.
- Dans les régions tropicales, l’atmosphère chaude et chargée d’humidité est une cause d’altération très rapide des émulsions sensibles. Voici un procédé de conservation indiqué par M. L.-P. Clerc : on construit une forte caisse de bois étanche (intérieur et couvercle doublés de zinc ou mieux de fer blanc soudé dans les angles). Le couvercle s’applique sur les côtés avec interposition d’une plaque de caoutchouc épais, et des boulons assurent, par leur serrage, un joint parfait. C’est, en plus grand, la reproduction d’une de ces boîtes en métal ou de ces bocaux qui servent pour la préparation des conserves alimentaires. Remarquons même que pour la conservation des pellicules en bobines ou des plaques de petit format, l’emploi d’une de ces boîtes — et mieux de l’un de ces bocaux en verre (car on voit ce qui s’y trouve) paraît tout indiqué.
- Pour dessécher l’intérieur de la boîte, M. L.-P. Clerc recommande de la garnir de vieux journaux après avoir fait bien sécher ceux-ci au Soleil! Il faudra répéter l’opération de la dessiccation du papier après chaque ouverture du récipient.
- Mise en service des surfaces sensibles. — Comme il a été indiqué plus haut, afin de ne pas avoir de couches sensibles trop anciennes, ouvrir les boîtes par ordre d’ancienneté, ou, si l’on préfère, par ordre de numéros d’émulsion.
- Ouvrir avec soin les emballages. Il y a quelques années 'encore, les plaques étaient présentées dans des boîtes avec un joint en papier noir qu’il fallait inciser sur le pourtour de trois côtés, le couvercle se rabattant autour du papier du quatrième côté, formant charnière.
- Pour des raisons d’économie, la plupart des fabricants ont remplacé, depuis quelques années, ces boîtes par deux emboîtages rentrant l’un dans l’autre. Pour la conservation des négatifs, ces emboîtages sont un peu moins faciles à utiliser, car, parfois, ils coincent l’un dans l’autre, mais l’ouverture des boites neuves ne présente aucune difficulté, car il suffit de déchirer le papier qui les recouvre.
- Voici à présent quelques recommandations, dont certaines sont importantes.
- r° Tout paquet de plaques entamé sera remis dans sa boîte après avoir entouré les plaques inutilisées d’un double papier noir. On aura soin d’entourer toute boîte entamée d’une ficelle croisée ou, à défaut, d’un bracelet de caoutchouc. Nous préférons la ficelle, car parfois, au bout d’un certain temps, le caoutchouc peut se rompre. Cette ficelle empêche toute ouverture accidentelle de la boîte.
- On peut encore coller sur le pourtour quelques fragments de papier gommé, par exemple provenant des chutes du papier noir qui sert à border les positifs sur verre.
- 20 II est utile d’indiquer au crayon, sur la boîte ainsi ficelée, le nombre de plaques restant à l’intérieur.
- 3° Ne jamais placer des plaques neuves d’une catégorie dans une boîte ayant contenu des plaques d’une autre catégorie.
- 4° Dans tout paquetage entamé (plaque, film ou papier) ne jamais laisser une couche sensible en contact avec le papier noir servant à l’emballage, mais tourner cette surface à l’intérieur du paquet : par exemple placer gélatine contre gélatine, ou gélatine contre verre, quand il reste un nombre impair de plaques, etc.
- Fig. 1. — Exemple de conservation d’une plaque photographique.
- Le né' atif de cette figure a été exécuté le 12 février 1938 sur uue plaque ordinaire lente, fabriquée dans le quatrième trimestre de. 1907, donc ayant près de 31 ans ! (Voir le texte). On remarquera que la grande boîte de plaques, à gauche, qui est recouverte de papier jaune paille, est traduite ici par du gris foncé. La petite boîte, à droite, qui est recouverte de papier bleu assez foncé, est venue en gris clair. Le numéro de La Nature, à plat, qui est bleu ciel, est venu presque aussi blanc que le calendrier.
- 5° Conserver le papier noir provenant de l’emballage des plaques et de^ papiers, on a souvent l’occasion de l’utiliser au laboratoire confection de caches, etc.).
- 6° Conserver les emballages des plaques, qui serviront ultérieurement au classement des clichés, comme nous
- Fig. 2. — Artouste 'Basses-Pyrénées). Au fond, le Cinq-Monts. Exemple de conservation d’une plaque photographique. Ce négatif a été pris le 21 janvier 1938 sur une plaque ordinaire rapide fabriquée dans le dernier trimestre de 1907, donc ayant près de 31 ans ! 'Voir le texte).
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- l’avons exposé ici même (x). Éviter de souiller l’intérieur des boîtes avec des poussières de produits chimiques, en les laissant ouvertes par exemple lorsqu’on prépare les bains photographiques.
- Manipulation des surfaces sensibles. — Est-il nécessaire de rappeler ici qu’on ne doit manipuler les plaques sensibles qu’en les tenant par la tranche, tout contact de la peau avec la gélatine y laissant des taches graisseuses qui, au développement, se traduisent par des « empreintes digitales » d’un effet assez malheureux.
- Avec des plaques de très grand format (à partir de 18 x 24) il est à peu près impossible — même en les prenant à deux mains — de ne pas appuyer un peu l’extrémité du pouce sur la gélatine, mais cet empiètement ne doit atteindre que 5 à 6 mm.
- Comme l’image est très grande, les empreintes, s’il y en a, sont insignifiantes et ne gênent pas.
- 1. Voir n° 3006, du l01’ août 1937, p. 135.
- La manipulation des pellicules en bobines n’offre aucune difficulté jusqu’au développement. Nous y reviendrons en étudiant celui-ci.
- Les mêmes remarques concernant les « empreintes » s’appliquent au papier, qu’il faut toujours manipuler par la tranche. Notamment, quand on fixe sur la planchette d’agrandissement une feuille de papier — qu’il s’agisse d’une lanterne ou d’un agrandisseur vertical — ne pas appuyer avec les doigts sur la surface de la feuille que l’on met en place, toujours la maintenir par la tranche ou, si elle est très grande, par l’un des angles. Au besoin, pour la tenir en place le temps de l’épingler, la protéger par un fragment de papier.
- Qu’il s’agisse de plaques ou de papier, rappelons que l’emploi de pinces spéciales apporte la plus grande propreté dans le travail. Ce sont des auxiliaires très précieux pour la manipulation des surfaces sensibles (x).
- Em. Touchet.
- 1. Voir n° 2979, du 15 juin 1936, p. 576.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1938, A PARIS
- Mois assez doux dans son ensemble, relativement peu pluvieux et avec insolation satisfaisante.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 762 mm 5, est supérieure de o mm 5 à la normale.
- Celle de la température, xo°,7, est supérieure de o°,5 à la normale.
- La température est restée douce jusqu’au 22, elle s’est alors brusquement refroidie à partir du 28 et ne s’est réchauffée que le 3i. Le maximum absolu mensuel, 2o°,7, le 9, est inférieur de i°,i au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, —• o°,7, le 26, est sensiblement normal.
- Le nombre de jours de gelée à glace, 2, est exactement égal à la moyenne, celui des jours de gelée blanche, 3, est en déficit de deux unités.
- Les extrêmes de la température pour l’ensemble de la région ont été : — 3°,5 à Mon tesson, le 26, et 28°,5 à Trappes, le i4- La première gelée de la saison s’est produite le 22.
- La hauteur totale de pluie du mois, a été, au Parc Saint-Maur, de 44 mm o, nombre inférieur de 28 pour 100 à la normale, pour i3 jours de chute au lieu de i5 que l’on constate en moyenne. La journée la plus pluvieuse a été celle du 27 avec 11 mm 5 d’eau.
- La durée totale de chute de pluie, à l’Observatoire de Montsouris, a été de 46 h 10 m et est en déficit de 4 pour 100 à la normale.
- Les brouillards ont été quotidiens, matinaux et généralement locaux. Le 26 et le 3i, le brouillard a été cependant persistant toute la journée et le 28 il s’est reformé dans la soirée à Auteuil et à Brévannes. Les 26, 3o et 3i, le brouillard a affecté toute la région et le 3o, la visibilité s’est abaissée jusqu’à i5 m sur plusieurs points, vers 9 h. Obscurcissement le 27 au bois de Vincennes (La Faisanderie) vers i4 h 3o et à la Tour Saint-Jacques, de i4 h 10 à i5 h i5.
- Grêle le 5, mélangée à la pluie à Versailles et le 27 seule, sur plusieurs points entre i3heti4hi5.
- A l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, la durée totale de l’insolation, 166 h 4o m, est supérieure de 34 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 83,9 pour 100 et celle de la nébulosité de 63 pour 100. On y a relevé : 3 jours de gouttes, 12 jours de brouillard, 9 jours de brume et 17 jours de rosée. Les dernières hirondelles y ont été aperçues le 2.
- Em. Roger.
- .............: ' LE PÔLE
- La revue La Géographie signale que jusqu’ici, on estimait que les températures les plus basses du globe appartenaient à la petite ville sibérienne de Verkhoïansk, sur la Yana. On y avait enregistré, en effet, jusqu’à 70° au-dessous de zéro, et la moyenne au mois de janvier était de — 5o°,4. Or, le Pr russe Obroutchev affirme qu 'après des observations faites systématiquement pendant douze ans, il a découvert un pays encore plus froid que Verkhoïansk : c’est Oimekon, toujours en Sibérie orientale, sur l’Ondiguirka. Il existe
- DU FROID :..........-
- dans cette localité une station météorologique depuis 1933 et l’on a pu constater que la température y était toujours de 4 à 70 inférieure à celle de Verkhoïansk. On y a relevé jusqu’à — 78°. C’est, pour le moment, le pôle du froid. Oimekon et ses environ comptent un millier d’habitants qui supportent très bien le climat et il en est de même des rennes, des chevaux et des vaches qui vivent dans leurs fermes.
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- COMMUNICATIONS A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 août 1938.
- Radiosilicium. — MM. Pool, Cork et Thornton avaient annoncé la formation de radio-éléments de périodes 26 min et i4 j 5 par l’action de neutrons rapides sur le soufre. En opérant avec des neutrons d’énergie moindre, MM. Cicho-cki et Soltan n’ont pu obtenir l’élément de période 26 mn : ils ont obtenu l’élément de période i4 j 5, identifié comme le radio-phosphore et un autre élément de période 2 h 6. Ils ont réussi une séparation chimique assez avancée pour reconnaître qu’il s’agit pour ce dernier du radio-silicium de masse 31. Il est assez surprenant que les premiers auteurs n’aient pas décelé la formation de ce corps.
- Raffinage des huiles. — Dans le raffinage des huiles minérales on s’efforce d’éliminer les éléments ayant une très grande activité superficielle; on élève ainsi la tension interfaciale vis-à-vis de l’eau. M. Tbillat, en collaboration avec M. Aubry, a utilisé pour contrôler le raffinage la méthode d’enregistrement photographique de l’adsorption qu’il a imaginée. Une huile composée uniquement de carbures saturés donne une courbe rectiligne alors que des traces d’impuretés tensio-actives donnent des courbes présentant des chutes rapides. Ces résultats sont conformes aux mesures absolues de la tension interfaciale. C’est un procédé pratique et très précis de contrôle du raffinage des huiles minérales; automatique, il supprime toute erreur personnelle.
- Séance du 29 août 1938.
- Structure interne du globe. — M. Dauvillier montre qu’il est possible, comme Daubrée l’a suggéré, de se faire une idée de la composition du globe terrestre par l’analyse des météorites. Le noyau central de ferro-nickel représenterait les trois quarts de la masse totale; l’écorce serait, par sa radio-activité, responsable de la chaleur interne que l’on peut estimer inférieure à 1.200° C., donc inférieure à la température de fusion des matériaux du centre. Cette écorce serait composée du « sima », ayant- la composition des météorites et une épaisseur de 1.120 km environ; il resterait une épaisseur de 180 km pour le et sial ». L’auteur montre que le refroidissement a donné au globe terrestre une configuration externe analogue à celle de la lune, la ressemblance étant particulièrement nette dans le Pacifique. Avant l’apparition de l’eau sur la terre notre globe possédait cinq « mers lunaires » qui sont devenues au cours des âges géologiques les océans : Pacifique, Indien, Atlantique Nord et Sud et Arctique. Par la suite l’hydrogène, qui était un des principaux constituants de l’atmosphère, a réduit les oxydes métalliques superficiels en formant de l’eau. Cette théorie exclut celle de Wegener de la dérive des continents et des ponts continentaux; seuls des effets secondaires, tels que le détachement de l’Arabie de l’Afrique, celui du Groenland de l’Amérique restent possibles. Toutefois il n’est pas exclu que l’ensemble de l’écorce ait pu dériver sur le magma pâteux ; ce mouvement persiste peut-être de nos jours.
- Les pigments des oursins. — MUe Glaser et M. Lederer ont pu isoler chez divers oursins deux composés colorants présents, soit dans le sang, soit dans les œufs, la carapace ou les épines. Il s’agit de 1’échinochrome et du spi-nochrome, composés ternaires répondant aux formules C]2H10O7 et C12H10Og, dont le second paraît dériver du
- premier par substitution d’un hydroxyle à un hydrogène. Les auteurs ont pu obtenir ces deux composés à l’état pur et cristallisé; leur caractère acide n’est pas dû à des groupes carboxyles mais plutôt à des groupes phénoliques.
- Séance du 5 septembre ig38.
- U action du venin de cobra. — Dans le système nerveux des mammifères existe un complexe acétylcholinique dont l’acétylcholine est libérée par la chaleur, les acides l’alcool, l’acétone. MHe Corteggiani et M. Gautrelet montrent qu’in, vitro le venin de cobra jouit de la même propriété ; de plus il détruit ensuite l’acétylcholine libérée. Le phénomène paraît lié à la toxicité du venin.
- Cultures staphylococciques. — Pour l’obtention de la toxine staphylococcique et ensuite de l’anatoxine spécifique, les cultures sont actuellement effectuées sur milieu peptoné. MM. Ramon, Boivin et Richou montrent que l’on peut utiliser un milieu de composition définie et exempt de peptones. On peut partir d’un hydrolysat de gélatine en le complétant par : tyrosine, cystine et tryptophane. On obtient ainsi la toxine avec des rendements irréguliers, ceux-ci n’étant pas en rapport avec la richesse de la culture. En tout cas, le traitement au formol donne l’anatoxine sans aucun reste de toxicité ou perte importante de la valeur de l’antigène au cours de sa transformation, inconvénients qui se présentent parfois si on utilise les cultures en milieu pep-loné. On peut donc faire entrer avantageusement cette méthode dans la technique courante.
- Séance du 12 septembre 1938.
- Constitution de l’acide nitrique. — En appliquant la photométrie photographique à l’étude des spectres d’absorption de l’acide nitrique maintenu au voisinage de o°, M. Dalmon montre qu’à partir d’une concentration de 97 pour 100, il y a formation d’anhydride azotique. L’absence du peroxyde d’azote a été constatée par examen de la coloration sous forte épaisseur. L’auteur prouve par ailleurs, que la règle de Danois sur la variation de l’extinction moléculaire en fonction de la longueur d’onde implique la présence de l’ion N03 et d’une forme associée ou moyenne; à partir d’une certaine concentration il doit y avoir équilibre entre la forme moyenne et la forme homéopolaire.
- Séance du 19 septembre ig38.
- Le rôle du zinc dans la végétation. — A. Strom-berg admet que le zinc est utilisé comme un aliment par les végétaux, les champignons en particulier; Javillier, au contraire, attribue à ce métal un rôle catalytique. Ayant procédé à une étude complète de l’action du zinc sur Rhizopus nigrans, MM. Waksman et Foster montrent que l'a présence de ce métal aboutit à une utilisation énergétique plus complète du glucose, une grande partie de celui-ci se retrouvant, en son absence, sous forme d’acide fumarique. D’autre part la synthèse cellulaire, mesurée par l’assimilation de l’azote, est triplée par la présence du zinc. De plus, en l’absence de zinc et de fer, les spores ne se forment pas. Il est donc plus exact de considérer le zinc comme un catalyseur car son rôle est celui d’une action de présence modifiant le mode d’utilisation des aliments et les processus métaboliques. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Détermination des poids moléculaires (Mémoires de Avogadro, Ampère, Raoult, Van’t IIoff, D. Berthelot). Collection « Les classiques de la Découverte ». 1 vol. in-16 xn-168 p. Gauthier-Villars, Paris, 1938. Prix : 21 francs.
- M. Lespieau donne ici les extraits des mémoires où Avogadro émet l’hypothèse de l’égalité de volume de toutes les molécules gazeuses, hypothèse exprimée presque en même temps par Ampère dans une lettre à Bertho'llet.
- Des extraits de mémoires de Van’t Hoff sur la théorie des solutions et de Daniel Berthelot sur la détermination des poids moléculaires des gaz nous ramènent à une époque plus moderne. Mais la majeure partie de ce livre est occupée par les beaux et classiques mémoires de Raoult sur la mesure du poids moléculaire par la cryoscopie et la tonométrie, modèles de science expérimentale qu’on est heureux de voir rappeler à l’attention du public avide de bonne science.
- U utilisation du plomb dans la couverture en ardoises. Brochure de 24 pages éditée par le Centre d’information du plomb ouvré à Paris.
- Cette brochure rassemble une série d’articles publiés dans la revue L’Ardoise ; abondamment illustrée, elle montre avec quelle habileté nos ancêtres, dans les plus beaux monuments, savaient allier le plomb et l’ardoise et en tirer des effets décoratifs remarquables tout en assurant à l’ensemble une solidité et une étanchéité parfaites.
- Le moteur électrique vulgarisé, par R. Champly (3e édition). 1 vol., 168 p., 121 fîg. Desforges, éditeur, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Conseils sur le choix d’un moteur ; théorie élémentaire très vulgarisée du moteur électrique ; conseils pratiques sur l’installation, l’entretien et la réparation.
- Les gisements de pétrole. Géologie, statistique, économie, par Georges Macovei. 1 vol. in-8°, 502 p., 222 lig. Masson et Cie, Paris, 1938.
- Il y a cinquante ans, on l’utilisait à peine ; dans vingt ans, on n’en aura peut-être plus. Pour- le moment, le monde entier en consomme toujours plus, et la politique des nations est orientée par le pétrole. Directeur de l’Institut géologique de Roumanie et professeur à l’École Polytechnique de Bucarest, l’auteur nous donne, en français, le grand livre, la somme des connaissances scientifiques et des expériences acquises pendant ce bref « âge du pétrole ». On y apprend les caractères physiques et chimiques de la précieuse huile et ses variations selon les gisements. Les produits des puits sont analysés : gaz, bitumes, poix, paraffines, asphaltes et leur origine minérale ou organique discutée. La genèse des gisements, depuis les fermentations et les putréfactions du début, jusqu’à la séparation d’avec l’eau et le sel dans les roches mères, puis la migration vers la surface et la formation de poches et réservoirs sous des couches imperméables fait comprendre les conditions et les possibilités d’exploitation et l’évaluation des réserves. Un chapitre indique les principes des procédés de prospection et d’exploration.
- La deuxième partie étudie la distribution et la classification des gisements dans le monde. Les régions pétrolifères sont décrites l’une après l’autre et représentées par de nombreuses coupes géologiques.
- Cet inventaire détaillé permet de juger des ressources actuelles et des réserves d’avenir. On ne peut trouver documentation plus précise et mieux ordonnée sur un sujet plus passionnant. Le livre de M. Macovei sera lu et médité par tous : géologues, ingénieurs, hommes d’État.
- Les fruits à noyaux, par V. A. Evreinoff. I vol. in-16, 185 p., 72 fig. Collection « La terre ». Flammarion, Paris, 1938. Prix : 16 francs.
- Faire de l’argent avec des fruits, et non des fruits avec de l’argent, tel est le changement que doit subir l’arboriculture française. En ce qui concerne pêcher, prunier, cerisier, amandier, abricotier, cornouilller, prunellier, l’auteur indique avec beaucoup d’expérience ce qu’il faut savoir des variétés, des terres et des soins de culture, des traitements contre maladies et ravageurs de la récolte.
- La vie des mouches et des moustiques, par E. Séguy. 1 vol. in-16, 254 p., 22 pl. Bibliothèque « Juventa » Dela-grave, Paris, 1938. Prix : 16 francs ; relié : 20 francs. Mouches et moustiques se montrent à l’état adulte, souvent gênants et dangereux, et il faut bien savoir les distinguer ; mais ils ont aussi une vie larvaire plus cachée pendant laquelle on peut aussi les détruire. Cet excellent livre présente tout ce qu’on sait d’utile pour organiser la lutte.
- Mœurs étranges des insectes, par A. Hyatt-Verril. Traduit par G. Montandon. 1 vol. in-8, 207 p., 108 fig. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1938, Prix : 27 francs.
- On n’a pas fini de conter merveilles des insectes. L’auteur a groupé par chapitres ce qu’on a dit de leurs mœurs étonnantes et il présente ainsi les plus grands ennemis et les plus sûrs amis de l’homme, les artisans, les ogres, les bateliers, pêcheurs et pirates, les gemmes, les épouvantails, les géants, les lutins, les porteurs de lanternes, etc. Un chapitre est consacré aux araignées ; un autre donne des conseils pour découvrir, recueillir et étudier les insectes. C’est une agréable lecture, mais les explications des faits sont souvent simplettes.
- Manuel critique de biologie, par J. Lefèvre. 1 vol. in-8°, 1048 p., 550 fig. Masson et Cle, Paris, 1938. Prix : 190 francs.
- Professeur de lycée et directeur de laboratoire, l’auteur sait la complexité des faits et des expériences, la clarté que demande l’enseignement des jeunes ; il essaie de concilier les deux. Avec un grand sens didactique et critique, dans une langue claire, expliquant les termes techniques, il expose d’abord les principes de toute biologie, sans se payer de mots, sans vaines théories, puis il aborde les problèmes de la vie par l’élément de base : la cellule dont il examine les structures et les fonctions. En 200 pages, il suit ses spécialisations fonctionnelles : épithéliums, conjonctif, fibres musculaires, tissu nerveux, sang, et cela le conduit dans tous les domaines de la physiologie : ossification, contraction et mouvement, excitabilité et conduction, coagulation, régulation du milieu intérieur, immunisation, etc. Le métabolisme matériel va de la circulation et de la respiration à l’alimentation, la digestion et l'excrétion, en passant par les sécrétions externes et internes. L’unité de l’être apparaît dans les coordinations nerveuses et hormonales de la vie de relation et de la vie végétative. L’auteur cherche alors la synthèse de tous ces complexes dans le courant d’énergie qui traverse constamment l’organisme ; il aboutit ainsi à la thermochimie, à l’énergétique à l’étude de laquelle il a consacré tant de temps et de soins, puisqu’on sait qu’il a réalisé une chambre calorimétrique très précise. Ainsi, peu à peu, il va de la vie spontanée et libre, par la complexe organisation physiologique, à la. rigueur des bilans calorifiques. Chemin faisant, il a abordé presque toutes les questions difficiles et actuelles et en a fourni des exposés suis, clairs et pleins d’intérêt.
- Charcot, parv Auguste Dupouy. 1 vol. in-8°, 95 p. Plon, Paris, 1938.
- D’une si belle unité de vie. d’un si grand caractère, Charcot est plus qu’un explorateur et un navigateur ; il devient un exemple magnifique, il est un héro§ de notre temps. Depuis la perte du « Pourquoi-Pas ? » dans la tempête d’Islande, on se hâte de grouper les témoignages, de noter les détails de sa vie. Voici, admirablement présenté et écrit, un petit livre où sa vie est contée, glorifiée par un des auteurs qui ressentent et expriment le mieux l’amour de la mer.
- Annuaire statistique. 53e volume, 1937. 1 vol. in-4°, 502 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1938. Prix : 100 francs. La direction de la statistique générale et de la documentation publie annuellement, depuis 1871, cet annuaire qui devrait être le livre de chevet et de référence constante de tous les Français : ministres, parlementaires, fonctionnaires, économistes, producteurs, etc. S’ils le consultaient plus souvent et plus soigneusement, ils y verraient les conséquences et les incidences de toutes les initiatives politiques et économiques, et éviteraient beaucoup plus les improvisations et les à-coups, les théories imprudentes et les décisions impromptues dont notre pays souffre tellement qu’il en agonise. Souhaitons qu’il soit connu de tous et consulté comme il le mérite. Il n’est pas do meilleure leçon que celle des chiffres.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE André Blondel.
- M. André Blondel, membre libre de l’Académie des Sciences, est mort le i5 novembre à Paris.
- M. Cotton, président de l’Académie, a rappelé sa vie et son œuvre :
- « Il était né à Chaumont (Haute-Marne) le 28 août i863. Ancien élève de l’École polytechnique, il entra en i885 dans le Corps des Ponts et Chaussées et fut nommé ingénieur en 1888, le premier de sa promotion. Il suivit alors, comme i] l’a rappelé dans sa Notice, les cours de la Sorbonne où il obtint les licences ès-sciences mathématiques et physiques. Il aurait préparé une thèse de doctorat si, alors qu’il était en pleine jeunesse et qu’il pouvait regarder l’avenir avec confiance, un mal terrible n’était venu le frapper : il devint brusquement impotent, presque incapable de se mouvoir et fut désormais condamné à garder la chambre et même, pendant longtemps, le lit. Il est resté pendant presque toute sa vie dans cette cruelle situation. C’est seulement pendant ses dernières années qu’il a pu sortir parfois plus librement et même, très rarement, il est vrai, venir assister à nos séances. Beaucoup d’entre nous ne l’ont guère vu que chez lui, à l’occasion de leurs visites de candidature. Mais ils n’ont pas oublié l’accueil bienveillant qu’ils recevaient chez ce malade dont le visage était calme et souriant et dont le beau regard refié tait la vive intelligence.
- « Lorsqu’il avait été ainsi cruellement atteint, André Blondel n’avait pas perdu courage ; il avait délibérément choisi de chercher dans le travail l’oubli de sa déchéance physique et jusqu’à sa mort, pendant une cinquantaine d’années, il n’a cessé de poursuivre inlassablement ses recherches de science pure et ses travaux d’ingénieur. Il faisait faire par d’autres, près de lui, les expériences qu’il ne pouvait faire lui-même; on lui apportait et il faisait essayer en sa présence les instruments nouveaux qu’il ne cessait d’imaginer, et c’est autour de son lit que se sont faits, le plus souvent, les travaux des Commissions dont il faisait partie. Il n’avait guère, pour se reposer de ce labeur incessant, que les visites de quelques amis. En revanche, comme son infirmité le dispensait de bien des occupations qui gaspillent trop souvent le temps des hommes de science, comme il n’a eu jamais à faire aucune démarche (par exemple lorsque plusieurs membres de l’Académie des Sciences le décidèrent à accepter qu’on posât sa candidature dans la division des Académiciens libres), son travail a été exceptionnellement fructueux. Il s’est prolongé pendant toute cette longue période; ces dernières semaines encore, vous le savez, il nous envoyait comme d’habitude, ses notes
- aux Comptes rendus qui toujours éclaircissaient des points-obscurs ou apportaient des résultats nouveaux.
- « Je ne puis songer à analyser dans son ensemble cette œuvre considérable. Je dois me borner à quelques exemples.
- « A la sortie de l’École des Ponts et Chaussées il avait été attaché au Service central des Phares ; il resta fort longtemps à ce service, jusqu’en 1927; ce fut le point de départ de ses travaux sur la lumière. L’optique industrielle et la photométrie lui sont redevables de formules et de méthodes pour le calcul et la mesure de la puissance des grands appareils d’optique, d’un système de grandeurs et d’unités sanctionné par le Congrès international de Genève en 1896 où il avait introduit, de la manière la plus heureuse, la considération du flux lumineux. Cette notion est particulièrement importante puisque ce flux qui se propage dans un faisceau de rayons est proportionnel au flux d’énergie rayonnante, le coefficient de proportionnalité dépendant de la distribution spectrale de cette énergie. Le lumen-mètre de Blondel a été le-premier instrument propre à mesurer ce flux lumineux André Blondel s’en est servi lui-même dans ses recherches-sur le rendement des arcs électriques qui l’ont conduit à réaliser dans le domaine de l’éclairage, particulièrement en ce qui concerne les arcs à flammes, des progrès très importants.
- (( Les lois relatives à la perception des lumières brèves et à la portée des signaux lumineux ont été également, l’objet de ses études attentives;, il en a fait une bonne part en collaboration avec son ami,, notre regretté confrère Jean Rey. L’éclairage de nos côtes a grandement bénéficié des perfectionnements apportés par M. Blondel à la construction des phares.
- « Chargé d’étudier la production et l’emploi des arcs-à courants alternatifs pour ces phares, il a été amené bien vite à constater l’insuffisance des connaissances que l’on avait alors sur ces courants, et à réaliser les instruments nécessaires pour leur étude précise. C’est ce qui l’a conduit à imaginer un instrument entièrement nouveau, l’osciiZo-graphe, caractérisé par l’emploi d’équipages galvanométri-ques à période extrêmement courte. Cet instrument, que-Blondel n’a cessé de perfectionner, a eu un très grand', succès dans le monde entier, son oscillographe à fer doux et bifilaire a remporté le premier prix à l’Exposition de Saint-Louis en igo4.
- « En 1890, Blondel avait été chargé quelque temps, à l’École des Mines, de la suppléance de Potier (dont il devait plus tard publier les œuvres), mais il fut bien vite chargé,, à l’École des Ponts et Chaussées, d’organiser à cette école l’enseignement de l’électrotechnique. C’est ce qui le conduisit à élucider les théories encore obscures de diverses machines industrielles à courants alternatifs. Utilisant à la-fois l’analyse et l’emploi de la représentation vectorielle
- Fig. 1. —M. André Blondel.
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- des fonctions sinusoïdales, qui venait d’être introduite en électrotechnique par Blakesley, il a pu apporter dans la théorie de presque toutes ces machines des solutions nouvelles. Au dernier Congrès international d’Électricité, tenu à Paris en 1982, M. Clarence Feldmann, chargé du rapport sur le développement de la connaissance des machines électriques, a souligné l’importance de ces travaux et l’élégance des solutions. On peut citer particulièrement la représentation géométrique nouvelle (le diagramme bipolaire) qu’il a créée pour l’étude des alternateurs, moteurs, oommutatri-ees, etc., et la théorie des deux réactions qu’il a créée pour l’étude des alternateurs polyphasés, et qui établit un lien direct entre ces machines et les machines à courant continu.
- (c Les méthodes de M. Blondel ont trouvé de nombreuses applications dans l’industrie, ainsi que ses procédés de calcul des lignes électriques.
- « Je voudrais encore rappeler la théorie qu’il a donnée des oscillations des alternateurs accouplés et, parmi ses nombreux travaux sur les ondes électriques, souligner que Blondel eut le premier l’idée d’appliquer les propriétés d’un cadre récepteur fermé et mobile à la détermination du gisement d’un navire ou de tout autre objet, ce qui est le principe de la radiogoniométrie ; que c’est sur son initiative, et d’après ses plans qu’ont été réalisés les premiers phares hertziens ou radiophares, si précieux pour la navigation, enfin qu’il a indiqué dès 1902 le principe de la téléphonie sans fil par variation d’amplitude des ondes entretenues.
- « André Blondel a pu, avant de mourir, avoir la satisfaction de constater qu’un projet auquel il avait beaucoup travaillé allait enfin être réalisé. C’est dès 1904 que fut établi le projet (de Blondel, Iiarlé et Mahl) du transport à Paris de l’énergie du Haut Rhône. Ce projet paraissait alors très hardi, à cause de la tension très élevée nécessitée par la longueur de la ligne; il aurait été exécuté aussitôt, si des lenteurs administratives et l’opposition irréfléchie d’un département n’avaient soulevé des difficultés. C’est pour cette seule raison que les premières distributions d’énergie électrique à grande distance et à haute tension ont été faites ailleurs qu’en France ».
- MÉTÉOROLOGIE
- Les usines atmosphériques de pluies artificielles.
- Même dans les régions les plus désertiques, l’atmosphère renferme des quantités d’eau appréciables. C’est ainsi que les moyennes mensuelles de la vapeur d’eau contenue dans un mètre cube d’air sont de 5 à 18 gr dans le Sud-constan-tinois et de 1 à 5 gr dans le Hoggar au centre du Sahara.
- Le problème s’est donc immédiatement posé aux agronomes qui rêvent de rendre aux déserts la fécondité qu’ils connurent • dans le passé, de capter économiquement ces quantités d’eau disponibles dans l’air. La question a été étudiée théoriquement par M. Chaptal à Montpellier et on connaît les dispositifs ingénieux de M. A. Knapen dénommés puits aériens.
- M. Bernard Dubos a proposé une autre solution qui, tout au moins en théorie, est extrêmement séduisante. Elle consiste à créer des conditions artificielles, analogues à celles rencontrées dans les trombes, dans des tours aérologiques de plusieurs centaines de mètres de haut.
- L’ouverture de la base, d’un diamètre d’une trentaine de mètres, recevrait l’air chaud de la plaine surchauffée ou
- l’air chaud et chargé de vapeur d’eau des nappes d’eau voisines. L’ouverture supérieure déverserait le fluide échauffé dans l’atmosphère froide et raréfiée en altitude. C’est par la partie supérieure que s’amorcerait le courant tourbillonnaire. La partie supérieure du tube serait constituée par un tronc de cône inversé incliné de 70 pour faciliter l’évasion tourbillonnante du gaz en altitude. Le tourbillon serait amorcé par le vent faisant irruption dans des vannes pratiquées à la partie supérieure du tube. Ce tourbillon déterminerait une véritable succion de l’air du sol de bas en haut, amenant la formation de nuages et la condensation de l’eau contenue dans l’atmosphère.
- AÉRONAUTIQUE
- Altimètre électrique pour Vaéronautique.
- Les altimètres actuellement en usage dans l’aéronautique présentent les graves inconvénients d’indiquer l’altitude par rapport au niveau de la mer, et non l’altitude par rapport au sol, du fait qu’ils sont basés sur le principe des baromètres anéroïdes. De plus, les variations de pression barométrique et de température introduisent également des erreurs qui peuvent être très importantes (de l’ordre d’une centaine de mètres parfois). Aussi sont-ils impropres à l’atterrissage sans visibilité qui exige la connaissance exacte de faibles altitudes au-dessus du sol.
- On a proposé des altimètres basés sur l’utilisation de la lumière ou du son, mais ils ne se sont pas développés.
- L’emploi des ondes radio-électriques réfléchies par le sol présente un certain nombre-d’avantages : indépendance de l’action du vent, grande portée, insensibilité aux bruits propres de l’avion. Les principes que l’on peut appliquer sont assez nombreux : utilisation de la variation de capacité de l’antenne en fonction de l’altitude, utilisation de la différence de phase entre l’onde émise par l’avion et l’onde réfléchie par le sol, utilisation d’émissions très brèves.
- Leur réalisation pratique est cependant très délicate. M. Sadahiro Matsuo est arrivé à une solution satisfaisante en utilisant la modulation de fréquence.
- Le principe de son altimètre est le suivant : supposons que la fréquence de l’onde émise varie assez rapidement. Alors, l’onde réfléchie par le sol et atteignant l’avion n’a pas exactement, à un moment donné, la même fréquence que l’onde émise. Il s’ensuit une note de battement qui peut être audible, et qui est fonction de l’altitude de l’avion. Il suffira donc de disposer, à la sortie du récepteur, un fréquence-mètre pour obtenir l’indication directe de l’altitude.
- M. Matsuo utilise une longueur d’onde de 5o cm environ correspondant à une fréquence de 6 x io8 périodes/s. permettant d’obtenir un faisceau dirigé, de produire de grandes variations de fréquence avec un émetteur de faible poids du type Barkhausen muni d’un modulateur.
- Les expériences ont montré que les indications continues ainsi obtenues sont exactes, même pour des altitudes inférieures à 4 m, qu’elles sont sensiblement proportionnelles à l’altitude et que pour les altitudes de i5o m, la puissance d’alimentation est inférieure à 4 w. Il semble donc que le dispositif de M. Matsuo est susceptible d’applications intéressantes tant pour l’atterrissage sans visibilité que pour la navigation aérienne dans la brume.
- H. Vigneron.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTION D’AMATEUR
- Procédés simples d’inscription automatique.
- Voici diverses constructions pratiques qui découlent d’un principe fort simple. Sur un fichier nous composons des lettres ou des dessins au moyen de tiges placées aux endroits voulus (fig. i).
- Si nous commandons la montée de ces pièces au mo^en d’un dispositif mécanique quelconque, nous pouvons tracer
- Fig. 1 . — Composition d’une inscription à l’aide de lettres ou signes et d’un fichier.
- Point gris
- Fig. 2. — Une commande mécanique simple permet de faire apparaître ou disparaître automatiquement les inscriptions de la figure 1.
- ou effacer chaque point du tableau (fig. 2). Les gris plus ou moins accentués sont donnés par les positions intermédiaires.
- Voici, maintenant, le moyen de former un texte qui s’écrira en quelque sorte, sous vos yeux, un texte vivant.
- Fig. 3. — Les éléments nécessaires pour réaliser un « texte vivant ».
- Fig. 4. — Le cylindre commandant l’apparition du « texte vivant ».
- Sur une surface de couleur uniforme un point apparaît et forme des lettres en suivant les mouvements de la main. Les boucles se tracent d’un geste circulaire, les jambages filent.
- Les lettres sont constituées par des espèces de petits drapeaux (fig. 3). Un simple cylindre tournant les soulèvera les uns après les autres en suivant l’ordre du tracé.
- Si dans le même fichier nous intercalons deux ou trois lettres différentes nous pouvons faire apparaître et disparaître autant d’inscriptions.
- Le même dispositif permet de réaliser un dessin ; un per-
- Fig. 5. — Cinéma sans éclairage.
- Fig. G. — La commande du cinéma sans éclairage.
- sonnage connu par exemple dont le contour filera comme si un pinceau venait l’appliquer.
- Les tiges en fil de fer qui terminent les petits drapeaux sont souvent coudées et elles se croisent sur la même rangée (fig. 4). En effet il peut arriver qu’une touche visible à droite du panneau soit une des premières à commander au cours d’un traçage commencé par la gauche.
- En poussant un peu loin l’équipement de notre fichier, nous garnissons chaque rangée de touches de 2 mm x 2 mm juxtaposées (fig. 5). Cette disposition va nous permettre d’obtenir un véritable cinéma sans éclairage ou de tracer et d’écrire à distance n’importe quelle inscription, même en grandes dimensions.
- Pour un cinéma on adopte le montage de la ^figure 6. Les tiges de commandes de toutes les touches sont placées sur une seule ligne.
- Il faut pour les commander autant de cames qu’on a d’éléments. Elles sont réduites à de simples disques de papier (fig. 7). Le poids à soulever étant minime, une feuille de papier Kraft a ' une rigidité suffisante pour animer chaque tige de fil de fer.
- Un montage analogue donne un tableau d’affichage, sur lequel n’importe quelle lettre pourra apparaître. Sur chaque rangée horizontale les touches sont représentées par des fiches (fig. 8). A 1a. partie inférieure, chaque carton possède plusieurs ergots. Une simple raclette les soulève les uns après les autres.
- Quand elle rencontre un creux, la fiche tombe et devant les pleins elle remonte.
- Ainsi toutes les fiches composant le A se lèvent, puis le B, le C, etc.
- Fig. 7. — Cames en disques de papier.
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- Commandé électriquement ou mécaniquement un seul fil permet de former successivement toutes les lettres de l’alphabet. Bien entendu, la même solution est applicable pour des chiffres et dans ce cas on réalise des cadrans où le nombre à indiquer couvre toute la surface. Ceci est beaucoup plus précis que la lecture des déplacements d’une aiguille (fig. 9).
- Si nous disposons sur chaque rangée trois épaisseurs de fiches superposées, bleues, rouges et .jaunes nous obtenons une mozaïque dont la couleur sera réglable. En réglant la hauteur de chaque élément nous obtenons toutes les teintes aussi facilement qu’en les mélangeant avec un pinceau sur une palette. On réalise ainsi un écran caméléon.
- Fig. 9. — Tableau de balance faisant apparaître automatiquement le ]ioids du corps pesé.
- TOPOGRAPHIE
- Les appareils topographiques Chaix.
- Les ingénieurs, les géomètres, les officiers, les forestiers ont souvent à résoudre rapidement et économiquement des problèmes qui nécessitent d’aller sur le terrain et d’y effectuer les relevés topographiques qui serviront de base pour une étude ou un avant-projet.
- Les opérations à exécuter se ramènent à la mesure des cheminements que l’on reporte à l’échelle sur le papier, à la mesure des angles que font les différents cheminements les uns par rapport aux autres, et à la mesure des angles de site pour obtenir le profil du relevé.
- Les appareils
- topographiques Chaix : planchette et boussole éclimètre, sont particulièrement bien étudiés pour permettre de reporter facilement et avec exactitude sur le plan les résultats des mesures sur le terrain.
- La planchette Chaix dont la figure xo montre la réalisation est composée d’un bâti portant dans sa partie centrale un. graphique se déplaçant longitudinalement et deux rouleaux, latéraux sur lesquels s’enroule une feuille de papier transparent.
- Par l’enroulement ou le déroulement du papier, on obtient, un mouvement suivant l’axe des abeisses, par la montée ou la descente du graphique on réalise un mouvement suivant l’axe des ordonnées, de sorte qu’il est possible de faire-coïnc'der n’importe quel point du papier avec n’importe-quel point du graphique et que tout ou partie du graphique-ainsi vu par transparence pourra être aisément calqué sur le papier.
- Les deux graphiques principaux portés par la planchette-sont : le graphique de planiméti-ie composé d’un rapporteur-complet dont tous les rayons sont coupés par des cercles-concentriques distants d’un millimètre et le graphique d’altimétrie composé d’échelles de pentes et rampes coupées par-des traits verticaux écartés d’un millimètre.
- Ces graphiques sont complétés par des tableaux : réduction à l’horizontale des distances mesurées suivant la pente, équidistance des courbes de niveau et mesure des distances par-écart de pente entre les extrémités d’une base. On trouve,. en outre, deux échelles millimétrées pour étalonnage personnel.
- Le fonctionnement de la planchette est le suivant : l’opérateur a continuellement avec lui, sur le terrain et en contact constant avec le papier transparent sur lequel il se-propose de dresser l’original du levé, un rapporteur permettant de tracer toutes les directions et, dans chacune de ces-directions, une règle graduée pour porter toutes longueurs.
- Par la combinaison très simple du mouvement en abeisse (molettes des rouleaux) et en ordonnée (molettes du graphique) le rayon désiré de ce rapporteur vient exactement se-placer sous le point voulu du papier, ce rayon étant gradué,, on peut ainsi porter sur le papier la longueur voulue suivant la direction de ce rayon. Il en est de même pour tracer un«
- Fig. 10. — La planchette Chaix.
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- profil, la pente ou la rampe désirée vient se placer exactement au point voulu du papier, ces pentes et rampes étant coupées par une échelle horizontale millimétrée, l’on porte sur le papier la longueur de pente ou rampe correspondant à la longueur voulue l’apportée à l’horizontale.
- Lors d’une mesure, le tableau réduisant les distances à l’horizontale permet de connaître immédiatement la lon-gucr réduite qu’il y a lieu de porter et le tableau d’équidistance des courbes donne, selon chaque direction, les points appartenant à de mêmes courbes de niveau, en raison de la pente de chacune de ces directions.
- Ainsi, tout cheminement pourra faire l’objet d’un profil à l’échelle convenue, profil exact dresse d’après les longueurs réduites à l’horizontale.
- La boussole éclimètre Chaix représentée figure n est construite pour permettre de se diriger d’une façon sure et d’exécuter un relevé rapide d’une façon simple.
- Elle est déclinable : on tourne par rapport au cadran la llèc-he repère d’une valeur angulaire égale à la déclinaison et
- Fig. 11. — La boussole Chaix.
- lors des visées tous les angles lus en face de l’index sont des angles exprimés par rapport au Nord vrai ou géographique.
- Le mode de détermination de l’angle de visée est simple : en position de visée, l’opérateur voit, dans les pinnules, le point visé et voit aussi, dans la glace, la flèche repère ainsi que l’aiguille aimantée, il fait tourner le couvercle mobile jusqu’à placer la flèche repère sur l’aiguille aimantée, l’index marque alors sur le cadran la valeur de l’angle de visée par rapport au Nord vrai. Le niveau vu dans la glace permet de mettre automatiquement la boussole parfaitement horizontale pour la visée.
- La détermination de la pente est aussi facile, l’opérateur utilisera simplement l’œilleton au lieu de la fcnlc pour effectuer sa visée, lorsqu’il tiendra sa boussole horizontale, la huile du niveau sera coupée par le ti'ait zéro de l’échelle graduée ; à ce moment il verra que le point visé est en face d’une graduation de pente dont il lira la valeur (celle graduation correspond à celle du graphique d’altimétrie de la planchette).
- Ajoutons que ces deux appareils sont extrêmement robustes et que toutes les précautions ont été prises pour qu’ils puissent supporter les efforts parfois violents qu’ils ont à subir, soit dans le transport, soit dans l’utilisation sur le terrain dans des conditions parfois très dures.
- Topochaix, 5, rue Boudreau, Paris.
- Fig. 1,2. — Dispositif anti-vol Idaxon à contact électrique et verrouillage de la direction.
- couper l’allumage et de bloquer la
- AUTOMOBILE
- Dispositif antLvoI pour automobiles.
- Un a proposé de nombreux dispositifs anti-vol pour automobiles ; la plupart d’entre eux consistent en un verrouillage coupant l’allumage. La protection n’est pas absolue, puisqu’il suffit pour mettre la voiture en marche, de soulever le capot, et de relier directement la batterie d’accumulateurs à la bobine d’induction, au moyen d’un conducteur quelconque, opération relativement facile et qui demande peu de temps à un professionnel, lorsque la batterie est facilement accessible.
- Il est donc intéressant d’associer à la coupure de l’allumage une autre interdiction : c’est ce qui s’est fait dans le dispositif Klaxon.
- Celui-ci sc pose directement sur le tube de direction, d’une façon très simple. C’est une serrure dans laquelle une clé de sûreté permet à la fois de direction (fig. 12).
- Le verrouillage de la direction et l’interruption de l’allumage s’effectuent automatiquement, en retirant la clé de la serrure de l’anli-vol ; la voiture est alors immobilisée complètement. Cet appareil ingénieux et simple, est, d’ailleurs, monté aujourd’hui sur des voitures de série par un grand nombre de constructeurs français et étrangers.
- Société Klaxon, 3g, avenue Marceau, Courbevoie (Seine).
- L’allumage des moteurs.
- Depuis que la magnéto a été détrônée par l’allumage Delco, les pannes qui peuvent être dues au dispositif lui-même proviennent de la bobine ou du condensateur qui a claquent » parce qu’ils sont de fabrication trop légère et d'isolement électrique insuffisant ou parce que le conducteur a effectué une fausse manœuvre, oublié par exemple de fermer le contact en
- rentrant sa voiture au Fig. 13. — L'inverseur « Bialurn », ( dépanneur d’allumage.
- ' 0 ; Il sc fixe par une simple patte
- Aussi, nombreux sont et peut être actionné par une les automobilistes pru- manette ou une tirette,
- dents qui, pour se préserver de ces ennuis ont, dans leur coffre, une bobine et un condensateur de secours.
- Cette précaution est bonne, mais elle est imparfaite et voici pourquoi : la panne d’allumage est généralement spontanée, et ses signes précurseurs sont rares ; rien n’est plus désagréable que d’en être victime la nuit ou par mauvais temps. De
- (T «ANETTE ou TIRETTE PRECISER
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- plus lorsque lu panne survient, on ne peu! pas a priori affirmer qu’il s’agit d’une panne d’allumage. 11 faut donc chercher, ce qid prend du temps... et nécessite des connaissances mécaniques que meme d’excellents automobilistes ne possèdent pas.
- L’appareil Bialum apporte la « roue de secours » de l’allumage. C’est un inverseur liante et basse lension permettant de [lasser instantanément du circuit d’allumage normal au circuit auxiliaire, par le simple jeu d’un boulon tirette, ce circuit auxiliaire comprenant lu bobine et le condensateur de secours, convenablement brandies et prêts à fonctionner.
- La sécurité de cet appareil est extrême, puisque même sans être en pannne, on peut en pleine vitesse passer sur le deuxième circuit et contrôler à tout moment, son bon fonctionnement.
- Les usagers de la voiture apprécieront certainement cette nouveauté.
- L’inverseur « Bialum » est construit par les établissements F. Souriau, i.'l, rue du Général Galliéni, Billancourt (Seine).
- MICROSCOPIE
- Petit nécessaire de microscopie.
- Combien de jeunes gens ont la passion d’observer, qu’il faudrait savoir développer comme une qualité très précieuse, sans la laisser tarir par les études livresques. Bien de mieux pour cela qu’un petit microscope. C’est, un jouet dont on ne se lasse pas, puisque son intérêt se renouvelle et ses surprises s’accumulent. Le jeune naturaliste, amateur d’insectes, de fleurs, de champignons, de fossiles, le physicien eu herbe, le chimiste en boulon, verront, ainsi sous des aspects inattendus leurs récoltes et. leurs expériences; ils découvriront le monde à une échelle que l’ail nu* ne
- Fui- 14. — Le petit nécessaire de microscopie.
- voit pas. Ils apprendront en se jouant bien des choses et mieux encore à développer leur dons d’observation. Pour les iuitier, les conduire dans leurs premiers pas, voici un petit nécessaire qui renferme tout, ce qu’il leur faut : un guide précis, « Ce qu’on peut voir avec un petit microscope », par Henri Coupin, des lames, des lamelles, du baume de Canada, des godets et des verres de montre, une trousse de dissection avec un rasoir pour faire les coupes, quelques préparations montées à litre d’exemples, et bien entendu un petit microscope de débutant. C’est un cadeau d’étrennes seientiliques à offrir à tous les enfants.
- Jules Peler, n, rue de la République, Lyon.
- OBJETS UTILES
- Cendrier à rotule « Pivolex ».
- Fumer deviendrait un délice s’il n’v avait, les cendres, les bouts d’allumettes et de cigarettes. Partout, où l’on fume, il faut malheureusement des cendriers,- et mieux vaut les
- Fiij. I ; >. — Le cendrier Fi noter.
- dore pour éviter les odeurs acres des combustions mal éteintes. Voici, parmi bien dViulrcs, un nouveau cendrier, à rotule, de belle forme, en cuivre chromé ou en aluminite métallisée, qui présente deux particularités : le bouchon ou capsule à rotule est bien suspendu, un rien le déplace pour ouvrir comme pour fermer la boîte à cendres; le vidage des cendres se fait sans difficulté par cn-dcssous, en tournant le fond, ce qui ouvre un large milice.
- Etablissements Fernand Solère, ay, rue F’onlaine-au-Roi,
- Dispositif de réglage simple à distance pour poste de T. S. F.
- Beaucoup de sans-filisles désireraient régler l’intensité d’audition obtenue avec leur récepteur sans s’approcher de ce dernier. Il en est. ainsi, par exemple, pour les auditeurs qui ont l’habitude d’écouler les radio-concerts dans leur lit, ou étendus sur un divan.
- Gc résultat peut être obtenu simplement et à peu de frais, à l’aide d’un petit dispositif dit « Sound-Choker » composé d’un câble à deux conducteurs formant cordon de 3 m de long, terminé à une extrémité par une prise mâle, et à l’autre par une prise femelle.
- Ce cordon est. connecté d’un côlé aux douilles du pcslc destinées à un haut-parleur supplémentaire, si elles sont, prévues, ou aux bornes du transformateur du haut-parleur, dans le cas contraire.
- L’autre extrémité est reliée à un petit boîtier en bakélite renfermant un dispositif de résistance réglable, dont la variation est commandée par un bouton mollelé extérieur. En tournant ce bouton, on obtient immédiatement la variation d’intensité sonore désirée.
- Adresse relative aux appareils décrits : Ëts Lefebure-Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du Centre national d’hydrobiologie appliquée du Paraclet (n° 3037). — II convient de signaler que les bâtiments du Centre sont l’œuvre de MM. Lucien d’Escrivan et Louis Charpentier, architectes, et que les mosaïques reproduites sortent des ateliers île M. A. Labouret. Les photographies publiées dans La .X a turc ont été prises par les maîtres de J’iruvre.
- A propos de la destruction des bouchons
- (n° 3030). — M. le I)1' Ch. Cordier, ancien président de la Société de zoologie agricole de Bordeaux, nous signale que plusieurs éludes sur les insectes destructeurs du liège ont paru dans la revue de celle société, notamment celle 1res approfondir, du P1’ Peylaud (1000, n° (i ; 1010, u°’ I à 4) et celle, du I)1' Manou (1030, n° 12). On trouve ces publications à 1’Insi il ut, de zoologie de la. Faculté des Sciences, cours de la Marne., Bordeaux.
- Mante religieuse et couleuvre. — Notre collaborateur, M. L. Hcrirand, veuf bien nous signaler l’inléressanle observation suivante .
- « Me promenant, le Ier octobre 1038, dans un taillis qui venait d être coupé, mon attention a été attirée par les mouvements bizarres d’une, mante religieuse. L’insecte avait, attaqué iivrr. succès une proie- exceptionnelle : une jeune couleuvre du diamètre d'un gros crayon et longue de près de. 40 cm. Suivant, son habitude la mante avait, saisi sa proie entre ses pattes antérieures et, achevait de la Incr en broyant lu région cervicale. Le, reptile ne donnait plus que de faibles signes de vie. Quand il fut, mort, la mante, malgré la, disproportion des poids, réussit, à le traîner à travers un tapis d’herbes drues et rudes qui ne facilitaient nullement, cet, exploit, sans jamais lâcher la prise qui lui avait donné la, victoire sur un pareil adversaire ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un poste émetteur. — 1° Vous trouverez dans l’ouvrage Les ondes courtes et. ultra-courtes, par F. Ilémardinquer (Dunod, éditeur), des indications détaillées sur le montage des postes émetteurs, les schémas des appareils, les caractéristiques des bobinages, -des capacités et des tensions d’alimentation.
- 2° Les installations du Palais de la Découverte ont été transformées partiellement depuis sa réouverture, mais aucun des appareils actuellement inutilisés ne sera, mis en vente.
- M. Marc, l’in.i-.miix, Paris.
- Construction d’un oscillateur haute fréquence.
- — Vous trouverez les lampes spéciales a faible capacité nécessaires pour le montage de ces oscillateurs, aux établissements Philips, 2, cité Paradis, Paris, ou à la. Société des lampes Mazda, 211, rue de- Lisbonne, Paris.
- M. (îÉR.uin, Mulhouse- (Haut-Rhin).
- Emploi d’un électro-cardiographe. — L’électro-mr-diographe Portier comportant un dispositif particulier d'amplification des courants enregistrés est construit par les établissements Radio L.-L., il., rue du Cirque, Paris.
- Dr Carpentier, Combourg (Ille-et-Vilaine).
- Lecteur de son pour cinématographie sonore. —
- La, hauteur de la. fente lumineuse projetée sur la piste sonore d’un film a une très grande importance pour la qualité de la. reproduction et, en particulier, pour la. restitution intégrale des notes aiguës.
- Pour le film de 16 mm envisagé, la vitesse linéaire de déroulement à, la cadence de 24- images-secondes est de 182 mm 88 ; pour un son de li.000 périodes-seconde, l’espace réservé à une bande ou à une dent de la piste sonore est de 182,88 : 10.000 = 18 microns. L n trait de lecture de 28 microus ne permettrait d’atteindre que 3.000 périodes-seconde. Une fente optique de 20 à, 30 microns pour film standard permet d’obtenir, en principe, un résultat équivalent fi. celui d’une fente de 12 microns pour un film de 16 mm.
- Vous trouverez l’optique nécessaire à la réalisation d’un lecteur de sons aux établissements 8. O. M. Rcrthiot, 123, boulevard llavouf, Paris.
- M. Pi'.kot, Orléans.
- Photographie microscopique. — U est facile d’adapter un appareil photographique à plaques ou à pellicules à un microscope ; des articles sur la question ont déjà paru dans La Aatiirc.
- Le moyen le plus simple consiste à conserver l'oculaire et l'objectif de grossissement faible du microscope. L’objectif photographique est, réglé à l’infini, et on ne modifie pas ce réglage pour la. mise au point, qui est faite en agissant, comme à l’habitude, sur le déplacement, du tube du microscope. Lu lentille de F objectif de l'appareil photographique est appliquée contre, l’oculaire du microscope, et le cadrage est, de préférence, exécuté sur le verre, dépoli de. l'appareil photographique.
- On emploie, une plaque de faillie, sensibilité et à grain très tin : on peut éclairci' par une- lampe, à incandescence 1/2 \v, mais il vaut, mieux une source de lumière, très intense ponctuelle, avec un filament incandescent chauffé par un courant de faible tension à grande, intensité, de l’ordre de 10 à 12 A, analogue à celle des phares d'automobile.
- M. Bastikn, Bordeaux'.
- Construction d’un transformateur d’alimentation. — La construction d’un transformateur d’alimentation pouvant servir à d’autres usages en liasse tension, est, délicate, mais peut, être entreprise par l’amateur avec un peu de soin. Le noyau magnétique a une section de l’ordre de (i cm2, et on emploie des tôles de 88 mm environ de côté, avec une fenêtre permettant d’obtenir un noyau de, 22 mm et. un intervalle libre du même ordre de chaque, côté. L’enroulement primaire est bobiné en premier sur une bobine de carton enfilée sur le noyau magnétique ; pour 110 v on emploiera 770 tours de lil, 23/100 émaillé. Pour l’enroulement- secondaire, il faudra 10 tours pour 2,3 v, I l tours de [dus pour 4 v et encore 18 tours pour 6,3 .v. L’enroulément se,conduire est, effectué également en lil de, 7/1.0 émaillé. Le primaire est isolé du secondaire par-six à sept couches de, papier huile, et entre les couches du primaire on place une. milice feuille- de papier paraffiné, les deux enroulements sont isolés par rapport, à la, masse.
- M. Cauet, Charme (Charente).
- Charge d’une batterie d’accumulateurs. — Lorsqu’on dispose d’un redresseur, par exemple d’un redresseur Tungar produisant un courant d’une tension de 7,3 v, la charge d’une, batterie d’accumulateurs de 6 éléments, sous 12 v, d’une capacité de 80 A/li peut sc faire facilement, sans modifier le montage du redresseur. Il suffit de diviser la. batterie en deux'groupes de 3 éléments, donnant une tension de 6 v chacun et de charger en parallèle les deux demi-batteries ; bien entendu, on ne fera les connexions reliant les batteries en parallèle qu’au .moment où l’on veut effectuer la charge.
- M. WimiANx, Versailles.
- Location de films cinématographiques. — Le film dont vous avez envoyé un échantillon est un film muet standard d’une largeur de 33 mm. Les édilenrs ne fabriquent plus actuellement de bandes positives de ce, type, mais uniquement des films sonores. .11 reste encore dans les lilmothèques
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- des grandes maisons d’édition françaises de nombreuses bobines de films de ce type. Vous ne pourrez pas trouver à acheter ou à louer des films muets d’actualités de 35 mm ; ceux-ci sont de formats réduits, de 16 mm par exemple. Pour louer ou acheter des films muets 35 mm, vous pourriez vous adresser à Pathé-Cinéma, 6, rue Francœur, Paris, ou à la Société nouvelle Gaumon LFraneo-Film, 35, rue du Plateau, Paris (1.9e).
- M. Faucher, Savenav.
- De tout un peu.
- M. E. Rabourdin, à Saint-Louis (Sénégal). — Les observations que vous avez faites le 7 juillet et le 6 novembre se rapportent à des taches solaires.
- Pour qu’une tache solaire soit visible à l’œil nu, il faut qu’elle ait, au moins, un diamètre apparent de 50 secondes d’arc, ce qui correspond à trois fois environ le diamètre de la Terre. Le vif éclat du Soleil empêche, en plein jour, de voir ces taches ; mais lorsque l’astre du jour, au voisinage de l’horizon, a son éclat affaibli par la brume, l’œil peut alors le fixer sans danger et, s’il y a de grandes taches, elles peuvent être reconnues sans aucun instrument. C’est le cas de vos deux observations.
- De tout temps, bien avant l’invention des lunettes, on a signalé l’apparition de taches sur le Soleil, toujours lorsque cet astre était près de l’horizon. Ainsi on en vit en 807, 840, 1006, 1588. Képler en vit une qu’il prit pour un passage de la planète Mercure. Les Chinois ont largement devancé les Européens dans ce genre d’observation et on connaît 45 observations faites par eux entre les années 301 et 1205 ap. J.-C. Flammarion rapporte avoir vu une tache à l’œil nu sur le Soleil en 1868, une autre en 1870. On en trouverait un grand nombre depuis 1887 dans la collection de la Revue L’Astronomie.
- D’ailleurs, la vérification que vous avez faite le 6 novembre avec votre longue-vue confirme entièrement votre observation visuelle.
- Avec cette longue-vue, vous pourrez, chaque jour, observer aisément le Soleil, par projection sur une feuille de papier (Voir La Nature, n° 3033, du 15 septembre 1038, p. 185). Ne pas regarder directement sans verre noir.
- M. Medioni, à Casablanca. — Nous avons donné tous renseignements sur le liquide employé pour l’obtention de Vondulation permanente dans le n° 3024, du 1er mai 1038, réponse h M. Robert, à Alger, veuillez bien vous y reporter.
- M. Olivier, à Marseille. — Le moyen le plus pratique d’utilisation du poussier de charbon de bois est la confection d’agglomérés ; pour cela on commence par faire un mélange de 7 kgr 500 d’argile grasse et de 2 kgr 500 de poudre de chaux éteinte.
- A celui-ci on ajoute 90 kgr de poussier de charbon de bois puis une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte épaisse, on moule en briquettes et laisse sécher à l’air.
- B. Brossy, à Johannesburg. — 1° Pour faire disparaître les taches d’huile d’autos dans l’allée de votre jardin, le mieux est de procéder par absorption en les saupoudrant de plâtre cuit pulvérisé. Laisser quelques jours, enlever le plâtre chargé d’huile et répéter l’opération jusqu’à disparition des taches.
- 2° La destruction des racines envahissantes peut se faire facilement en y perçant des trous au moyen d’une tarière puis en versant dans ceux-ci quelques centimètres cubes d’acide sulfurique concentré.
- 3° Si les troncs d’eucalyptus ont déjà été débités en morceaux, le plus simple pour détruire les larves du Grand Capricorne (Cerambyx héros) qui s’y sont logées, est de se servir du bois comme combustible, par exemple pour le chauffage des locomobiles agricoles ; car il n’existe pas de moyen de remédier aux dégâts de ces dangereux coléoptères, le mal étant déjà complet quand on s’en aperçoit.
- T. C., à Avignon. — Le tour du fourneau où vous faites chauffer les fers à repasser se fend parce que les différentes parties de la cloche se dilatent d’une façon inégale, les unes étant plus chauffées que d’autres.
- Vous éviterez facilement cet accident en entourant la cloche où a lieu la combustion, d’une chemise en carton d’amiante maintenue par deux ou trois bandes de feuillard, s’élevant le plus haut possible avant d’atteindre l’emplacement réservé aux fers à repasser.
- M. Kuhn, à Hayange. — Le moyen le plus pratique pour donner de la cohésion aux éléments qui constituent le grès de votre escalier est de procéder à une fluatation par application d’un fluosilicate de magnésie ou de zinc. Vous l.rouverez ces produits tout préparés chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand, qui vous guideront eux-mêmes très volontiers dans le choix de la préparation la plus convenable, si vous leur donnez les indications utiles et leur envoyez de préférence un petit échantillon du grès en cause.
- M. Leung Luen Quen, à Haïphong. — 1° Pour préparer le charbon des piles, on commence par faire un mélange intime d’une partie en poids de houille grasse et de deux parties de coke, que l’on amène à l’état de poudre impalpable par broyage prolongé.
- On chauffe ce mélange au rouge dans un creuset muni d’un couvercle jusqu’à disparition des matières volatiles.
- Après refroidissement, on broie à nouveau et ajoute une quantité de mélasse suffisante pour faire une pâte ferme que l’on comprime fortement dans un moule de forme convenable, on ferme hermétiquement celui-ci, puis on porte à nouveau au rouge et démoule après refroidissement complet.
- 2° La glycérine brute peut contenir des matières grasses non attaquées et des acides gras ; pour la purifier on l’étend d’eau et on la traite à chaud par de la litharge pulvérisée qui saponilie les matières grasses et s’empare des acides libres.
- On décante, puis précipite l’excès de plomb resté en solution, par un courant d’hydrogène sulfuré ; on filtre et évapore pour amener à 30° B.
- Cette concentration ne présente aucune difficulté si on prend la précaution de rester en dessous de 280° C., température à laquelle la glycérine commence à se décomposer en donnant de l’acroléine, il suffit pour cela de faire le vide dans l’appa-reij ainsi que cela se pratique couramment au laboratoire, soit avec la pompe, soit avec une petite pompe telle que la l’onipe Leybold (dépositaires Jarre-Jacquin, 18, rue Pierre-Curie, Paris (5e)).
- M. Ragonot, à Bellevue. — La formule suivante de pâte à polycopier recommandée par le Ministère des Travaux publics vous donnera certainement satisfaction :
- Colle forte................... 100 gr
- Glycérine. ........................... 500 —
- Kaolin eu poudre ....... 25 —
- Eau ordinaire ........ 375 —
- Faire gonfler la colle forte dans l’eau froide pendant 12 heures, liquéfier au bain-marie, ajouter la glycérine, puis le kaolin en remuant constamment, couler à l’état pâteux dans les moules plats appropriés aux dimensions des feuilles de papier qui seront employées.
- M. Bardot, à Herblay. — Le moyen le plus pratique pour coller des tissus entre eux est de se servir de la solution de caoutchouc employée pour la réparation des pneumatiques, suivant sa consistance on y ajoute plus ou moins de benzine afin de lui donner la fluidité convenable. Ce procédé présente l’avantage d’assurer une adhérence parfaite en présence d’humidité.
- Si les surfaces à joindre sont de peu d’étendue, on peut utiliser simplement une feuille mince de caoutchouc ou de gutta-pereha que l’on interpose entre les deux tissus puis on passe, avec intermédiaire d’un buvard, un fer à repasser modérément chaud qui liquéfiant la gomme amène la fixation désirée.
- Le Gérant : G. Masson.
- Laval. — Imprimerie Barnéoub. — 15-12-1938 — Published in France,
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- LA NATURE
- SOIXANTE-SIXIÈME ANNÉE — 1938
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences : communications, 29, 59. 92, 125, 158, 187, 220, 251, '285, 817, 349, 399.
- Accessoires électriques, 287.
- Accidents de l’aviation civile française, 189. . ,
- Accouplements électriques glissants-, ,107. \ Accus : charge, 407.
- Acide nitrique : constitution, 399.
- Acide stéarique : déshydrogénation, 15S. Adhésifs en miroiterie, 155.
- Aérodynamique : mesure des pressions,' 220.
- Aiguilles de phonographe originales, 95. Aimants : application au jeu de dames pour aveugles, 238.
- Alcool de parfumerie, 128.
- Alcools gras sulfonés, 63.
- Allumage des moteurs : dépanneur, 405. Altimètre électrique pour l’aéronautique, 402.
- Alumine* et claveau, 349.
- Aluminium : fabrication, 64. Aluminothermie et soudure des rails, 307.
- Amadou, 192.
- Ammoniac carburant, 158.
- Amplificateurs pour poste à galène, 160. Analyse spectrale par infra-rouge, 263. Angmagssalilc : eskimo, 353.
- Antiparasites : cadre 32.
- Antiparasite simple, 31.
- Antivol pour autos, 405.
- Argon dans la croûte terrestre, 61.
- «' Armorique », 85.
- Arctique : résultats de l’expédition russe,
- 21.
- Asperge : fascie, 253.
- Astronomie : bulletin, 26, 90, 156, 217, 2S2, 346.
- Atmosphère : sodium, 125, 158. Atmosphère : vapeur d’eau, 29. Audiomôtre portatif, 223.
- Automobiles : antivol, 405. .
- Automobiles : rationalisation des usines, 318.
- Avertisseurs lumineux clignotants, 288. Aviation civile française : accidents, 189. Aviation : moteurs, 70.
- Avion à la vitesse de la terre, 224. Avions modèles réduits, 9.
- Avions modèles réduits : concours de La Nature, 219.
- Avion : tour du monde en 91 heures, 94. Azote dans la croûte terrestre, 61.
- B
- Bactéries lumineuses, 125.
- Bactériologie appliquée à l’agronomie, 32. Bactériothérapie cutanée, 349.
- Bandes adhésives à sec, 192.
- Barrage de Génissiat, 257.
- Barillon, 151.
- Bateaux-pompes parisiens, 1.
- Bateaux soudés de la flottille du radium, 46.
- Baume-Pluvinel (A. de la), 222.
- Bellite, 192.
- Béton : protection contre la gelée, 159. Betterave : évolution, 187.
- Bi ( Petit), 389.
- Bibliothèque nationale : modernisation, 268, 298.
- Biréfringence anormale, 317.
- Blanc d’argent, 255.
- Blondel (André), 401.
- Bois armé, 337.
- Bois de gaiac, 352.
- Bois en grume, 320.
- Bois : polissage, 352.
- Bois : pourquoi brûlent-ils ? 57.
- Bouchons : insectes, 96, 407.
- Bourgeons expérimentaux, 125.
- Bresse : poterie rustique, 161.
- Briquettes de sciure, 224.
- Bronze : trempe, 32.
- Brucella : diagnostic, 92.
- Buée, 251.
- Bulles d’air dans les cristaux de glace, 141.
- c
- Cadrans de montre lumineux, 128.
- Cadran solaire de précision, 190.
- Cadre antiparasites, 32.
- Calcul dans l’espace, 57.
- Calorimétrie : laboratoire de l’Office de chauffe rationnelle, 214.
- Casteret : explorations dans les gouffres pyrénéens, 142.
- Catalyseurs physiques, 274.
- Cellophane pour cultures, 158.
- Cellule photo-électrique, 63.
- Cellules photo-électriques et lumière noire, 160.
- Cellules photo-électriques pour infrarouge, 96.
- Cellules végétales : colorants, 125. Cendrier « Pivotex », 406.
- Centenaire de la photographie astronomique, 195.
- Centrifugeuse ultrasonore, 251, 274. Céphalophe des bois, 280.
- Cerveau de l’ourson, 220.
- Cervidés sud-américains, 150.
- Chaleur et feu, 338.
- Champignons : électroculture, 48.
- Champs magnétiques : mesure, 59. Changement de vitesse Cotai, 113. Charbon de piles, 408.
- Charbons et fermentations, 285.
- Charbon pulvérisé : moteur, 54.
- *
- Supplément au n° 3039 de La Nature du 15 décembre 1938,
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- = 410 ............:...........
- Chat domestique « Tabby argenté », 53. Chauffage des wagons par lame d’air centrifuge, 236.
- Chaulage des sols acides, 29.
- Chemins de fer : nouveau mode de liaison, 250.
- Chimie et l'ayons X, 4, 37.
- Chlorure de calcium contre la gelée, 277. Choc transfusionnel, 220.
- Chromage, 64.
- Ciel nocturne, 317.
- Ciments : essais, 29.
- Ciment : imperméabilisation, 32.
- Ciment : remplissage de tubes d’aluminium, 255.
- Cinématographie d’amateur en plein air, 17.
- Cinéma sonore : lecteur de sons, 407. Claveau et alumine, 349.
- Clichés : écriture en blanc, 63.
- Cobra : venin, 399.
- Cols : glaçage, 192.
- Collage des tissus, 408.
- Colles d’amidon, 64.
- Colorants du triphénylméthane, 158. Colorants : toxicité, 158.
- Coloration du nickel, 224.
- Composés organiques : structure, 59. Concours de La Nature pour avions modèles réduits, 219.
- Conduites en bois armé, S37.
- Congrès ornithologique international, 245. Constantes physiques des gaz, 224. Contre-réaction basse fréquence, 332. Coques de bateaux : salissures, 285. Corindon artificiel, 111.
- Corpuscule : notion, 92.
- Couches monomoléculaires, 167. Couleuvre et mante religieuse, 407.
- Crabe chinois : invasion du littoral français, 44.
- Crème pour le visage, 320.
- Cristaux de nitrate de soude, substituts du spath, 30.
- Crocodile : bond, 250.
- Cuir de daim : teinture, 255.
- Cuir de fauteuil : teinture, 224.
- Cuivre : électroanalyse, 29.
- Cuivre : traitements, 285.
- Cultures sur cellophane, 158.
- Curare, 59.
- Curie : timbre postal, 222.
- D
- Daguerréotype, 64.
- Débits gazeux : mesure, 251.
- Déboucheur de conduits, 191.
- Découverte : Palais, 94.
- Delta du Niger, 220.
- Dépilation lente, 255.
- Dépolissage de lampes électriques, 160. Déshydrogénation de l’acide stéarique, 158.
- Dessins animés : cinquantenaire de l’invention,. 25.
- Dessin animé : technique, 201. Détonations : amortissement, 63. Détonations : effets lumineux, 213, 267. Dictons sur la prévision du temps, 96. Diélectrique : résistance des gaz et vapeurs, 305.
- Documents : reproduction, 61.
- E
- Eau calcaire, 256.
- Eau de la Marne, 125.
- Eaux de pluie, 64.
- Eaux de puits : purification, 63.
- Eau : état solide, 356.
- Eau supermouillante, 189.
- Égypte ancienne : jouets et poupées, 33. Électro-acoustique : ouvrages, 96. Ëlectroanalyse du cuivre, 29. Ëlectrocardiographie, 407.
- Ëlectroculture des champignons, 48. Eléments, 93, 349.
- Élément nouveau, 317.
- Éléphant saharien fossile, 187.
- Encre sympathique, 64.
- Epizootie au Muséum, 220.
- Époques glaciaires, 164.
- Eskimo d’Angmagssalik, 353.
- Espagne : production agricole, 12.
- Essais des ciments, 29.
- Essences à fort indice d’octane pour l’aviation, 135.
- Etain sur argent, 256.
- Étincelles soufflées, 29.
- Étoile la plus proche, 179.
- Étoiles naines blanches, 225.
- Étourneau, 391.
- Europium : isolement, 101.
- Europium métallique, 92.
- Évaporation, 186.
- Expédition arctique russe : résultats, 21.
- F
- Fascie d’asperge, 253.
- Feu et chaleur, 338.
- Films cinématographiques : location, 407.
- Films monomoléculaires multiples. 222. Fluatation, 408.
- Fluorescence des calcaires, 285.
- Fonte : soudure, 320.
- Forez : hautes chaumes, 65.
- Fossiles sahariens, 349.
- Fourmis : destruction, 255.
- Fréon, 320.
- Froid : pôle, 398.
- Fromages : flore, 29.
- Frottement : chaleur, 187.
- Fruits : conservation par l’éthylène, 192. Fulminates : décomposition, 285.
- G
- Gaïac : bois, 352.
- Galalithe : soudure, 256.
- Galets éoliens, 187.
- Galvanomètre logarithmique, 251.
- Gaz : résistance diélectrique, 305.
- Gaz : transport d’ions, 59.
- Gel : protection, 352.
- Gélatine bichromatée, 192.
- Gelée et chlorure de calcium, 277.
- Gelée : protection du béton, 159. Génissiat : barrage, 257.
- Germination de l’orobanche, 251.
- Gîtes fossilifères de la région de Paris, 119.
- Glaçage des cols, 192.
- Glace : bulles d’air dans les cristaux, 141. Glaces transparentes, 63.
- Globe : structure interne, 399.
- Glycérine, 408.
- Gommage des puisards, 96.
- Gouffres du Haut Comminges, 285. Gouffres pyrénéens : explorations de Norbert Casleret, 142.
- Goût de moisi, 192.
- Graine : triage par la poudre de fer, 315. Graissage de pied de bielle, 224.
- Guanaco, 175.
- Guillaume (Charles-Édouard), 55.
- H
- Halos, 320.
- Halo sur la neige, 187.
- Haricot : maturation, 59.
- Haut-parleurs sans effet directionnel, 95. Helbronner, 350.
- Hélium et métaux rares, 159.
- Hélium : isotope, 92.
- Hérédité aberrante, 59.
- Holzmaden : cimetière d’ichtyosaures, 172.
- Horlogerie : histoire en quinze quatrains, 89.
- Hormones et sels métalliques, 349. Hormones et vitamines, 261, 300.
- Huile de chaulmoogra, 32.
- Huile de ricin : viscosité, 192.
- Huiles : raffinage, 399.
- Humidité des murs, 256.
- Hydrobiologie : centre du Paraclet, 289, 407. '
- Hydrogénation catalytique, 251. Hydrogénation par le noir de platine, 125.
- Hydrogène : action sur les carbures, 220. Hydromel, 256.
- I
- Ichthyosaures : cimetière de Holzmaden, 172.
- Imperméabilité du ciment, 32.
- Impression : évolution, 328.
- Indices corporels et robusticité, 371. Infra-rouge : analyse spectrale, 263. Infra-rouge : cellules photo-électriques, 96.
- Inoculations protégées, 285.
- Inscription automatique : procédés simples, 403.
- Interconnexion : réseaux, 294.
- Ionoskrib, 369.
- Ions : transport par la vapeur, 92.
- Ions : transport par les gaz, 59. Irrigations du Nghe-An, 382.
- Isocyanates, 92.
- Isotope de l’hélium, 92.
- J
- Jaunissement des murs, 128.
- Jérusalem : université hébraïque, 341. Jouets et poupées de l’ancienne Égypte, 33.
- Jupiter : 10e et 11e satellites, 323.
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- K
- Khamissa, 309.
- L
- Laboratoires des Ponts-et-Chaussées, 246. Laiterie : machinisme, 78.
- Lames monomoléculaires, 187.
- Lampes électroniques à flux dirigé, 49. Lampes électriques : dépolissage, 160. Lampe électrique sans pile, 62.
- Launay (Louis de), 93.
- Lavage électrique, 318.
- Lettre parlée officielle, 250.
- Leucobases : fixation sur les végétaux, 349.
- Liqueur des sept graines, 255.
- Lit « Nuage », 287.
- Livres nouveaux, 28, 60, 124, 188, 221, 252, 284, 316, 348, 400.
- Locomotives : efforts anormaux, 210. Lotion capillaire, 192.
- M
- Machine à laver simplifiée, 254. Machinisme en laiterie, 78.
- Magnétisme et courants telluriques, 29. Magnétisme : mesure des champs, 59. Mante religieuse et couleuvre, 407. Maquette d’arbres, 192.
- Marne : eau, 125.
- Maroc : pluies, 59.
- Martel : E.-A., 23.
- Mathématiques : récréations, 249, 313. Maturation du haricot, 59. Méningo-encéphalite post-vaccinale, 317. Métaldéhyde : emplois, 134.
- Météorologie : mois, 58, 123, 219, 315, 398.
- Métropolitain de Paris : plans et indicateurs, 153.
- Micrasters de ltowc, 215. Microphotographie en couleurs, 89. Microscopie : petit nécessaire, 406. Microséismes et cycle solaire, 158.
- Mines très profondes, 273.
- Miroiterie : adhésifs, 155.
- Mites : destruction, 128, 352.
- Moteur à charbon pulvérisé, 54.
- Moteurs d’aviation, 70.
- Mouillage, 67.
- Mousse : teinture en vert, 255. Mouvement brownien, 320.
- Mowrah, 256.
- Musée de l’homme, 97.
- N
- Natalité : diminution dans les campagnes, 61.
- Néolithique : mise à mal d’une nécropole, 278.
- Niger : delta, 220.
- Nitrification, 03.
- Noir de platine : hydrogénation, 125.
- O
- Objectifs cinématographiques à très grande ouverture, 31.
- Observatoire Yerkes, 179.
- Ocagne (d’), 286.
- Océan : vagues, 100.
- Odeur de peinture, 192.
- OEufs propres, 304.
- OEuf : percement, 192.
- Ohm international et absolu, 187.
- Oiseaux bagués mangés par un poisson, 25.
- Okoumé du Gabon, 230.
- Oléagineux : traitement, 92.
- Ondes courtes : propagation, 317.
- Ondes électriques : cinquantenaire, 393. Organoli.tes, 382.
- Ornithologie : Congrès international, 245. Orobanche : germination, 251.
- Orpaillage, 36G.
- Oscillateur HF : construction, 407. Oursins : pigments, 399.
- Ourson : cerveau, 220.
- P
- Palais de la Découverte, 94.
- Palmer automatique OEhmichen, 181. Papillon de l’ailante, 321.
- Paquebot « Queen Elizabeth », 351.
- Paradet : centre national d’hydrobiologie, 289, 407.
- Parasites atmosphériques, 349.
- Pâte à polycopier, 408.
- Pâle antirouille, 128.
- Peinture : odeur, 192.
- Peinture pour moleskine, 224.
- Pellicules photographiques : pour empêcher l’enroulement, 255.
- Péril jaune, 121.
- Peroxyde de zinc, 29.
- Personnages mécanisés, 281.
- Peste porcine : vaccination, 220.
- Pétrel arctique et psittacose, 298. Phonographe : aiguille originale, 95. Phonographe électrique à pick-up, 160. Phonographe : enregistrement direct, 288. Phosphore de fer, 158.
- Photographie astronomique : centenaire, 195.
- Photographie : causerie, 396.
- Photographies en relief, 160.
- Photographie microscopique, 407. Photographie : rayons, 320.
- Photométrie, 92.
- Physique : prix Nobel, 390.
- Picrates métalliques : caractéristiques explosives, 253. rierres Basanes, 65.
- Pièze, 32.
- Pigments des oursins, 399.
- Plancton d’eau douce, 103.
- Plans et indicateurs du métropolitain, 153.
- Plante qui mange des grenouilles, 20. Plantes qui tuent la volonté, 76.
- Pluies artificielles : usines météorologiques, 402.
- ..... .........411 =
- Pluies au Maroc, 59.
- Poissons pélicans, 361.
- Poisson qui mange des oiseaux bagués, 25.
- Poisson-scie, 325.
- Pôle du froid, 398.
- Polissage du bois, 352.
- Population du globe, 94.
- Poste émetteur : construction, 407. Poterie rustique de la Bresse, 161.
- Poudres : combustion, 187.
- Poupées et jouet de l’ancienne Égypte, 33. Poussier de charbon, utilisation, 408. Poussières industrielles, 318.
- Pressions aérodynamiques : mesure, 220. Prestidigitation, 57, 186.
- Prévision économique : est-elle possible ? 239.
- Prévision du temps : dictons, 96.
- Prix Nobel de physique, 390.
- Production agricole en Espagne, 12. Prothèse auditive, 288.
- Psittacose et pétrel arctique, 298. Puisards : gommage, 96.
- Pyorrhée, 256.
- R
- RH : dosage de l’oxygène, 224. Radioélectricité : ouvrages, 160. Radioélément nouveau, 158.
- Radiopathie, 335.
- Radiophonie : postes dans le monde, 160. Radio silicium, 399.
- Raffinage des huiles, 399.
- Rails : soudure par aluminothermie, 307. Rationalisation dans les usines d’automobiles, 318.
- Rayons X et chimie, 4, 37.
- Rayonnement des végétaux, 59.
- Récepteur de T. S. F. à lampe à deux grilles, 288.
- Récepteurs à réglage automatique, 378. Réseaux d’interconnexion, 294.
- Résistances de démarrage en oxyde d’uranium, 30.
- Révélateur au géno-hydroquinone, 320. Robusticité et indices corporels, 371. Rongalite, 64.
- Roseaux : destruction, 128.
- Routes : confection par traitement thermique, 325.
- S
- Sablage et topographie, 303.
- Sable : effets du vent, 14.
- Salissures des coques de bateaux, 285. Salon de la T. S. F., 345.
- Samoens et la haute vallée du Giffre, 129. Schoopage, 255.
- Sciure de bois, 224.
- Segments spéciaux pour moteurs usagés, 191.
- Sels réfrigérants « Glaçons », 128.
- Sérums acidifiés, 317.
- Sérum des mammifères, 158.
- Signalisateur mécanique pour automobiles, 223.
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- Silencieux d’automobile, 31.
- Sodium atmosphérique, 125, 158.
- Soleil : cycle et microséismes, 158.
- Soleil : observation par une jumelle, 185. Soleil : stabilité de l’activité, 125.
- Solides : structure granulaire, 293.
- Sols acides : chaulage, 29.
- Sons : enregistrement sur film, 288. Soudure de la fonte, 320.
- Soudure des rails et aluminothermie, 307. Soupapes de moteurs : stellitage, 30. Squelette : réactions générales, 317. Stabilité, 317.
- Staphylocoques : culture, 399.
- Stellitage des soupapes, 30.
- Stroboscope de démonstration, 02. Sulfamide, (il.
- T
- T. S. F. • postes de camping et de voyage, 126,
- T. S. F. : ronflements, 32, 100.
- T. S. F.- Salon, 345.
- T. S. F. : troubles, 288. l'abby argenté, 53.
- Taches d’huile, 408.
- Taches solaires, 408.
- Taille-douce, 352.
- Tatous de l’Amérique du Sud, 193. Télécinématographie : nouveaux procédés, 140.
- Tellurisme et courants magnétiques, 29. Tennis : coloration du court, 100.
- Tension superficielle : mesure, 220. Théâtre d’ombres, 281.
- Thioacides, 187.
- Thubursicum, 309.
- Timbre postal Curie, 222.
- Tomate mûre, 109.
- Topographie : appareils Choix, 404. Topographie et sablage, 303.
- Tour du monde en avion en 91 heures, 94. Toxicité des colorants, 158. Transformateur à prises multiples de précision, 254.
- Transformateur d’alimentation, 407. Transports aériens et terrestres : comparaison, 374.
- Tremblement de terre de Paris du 11 juin 1938, 19.
- Tremblements de terre, 84, 391 Trempe du bronze, 32.
- Triage des graines par la poudre de fer, 315.
- Trioxyméthylène, 63.
- Triphénylméthane : colorants, 158. Tuberculose pulmonaire, 64.
- Tuyaux : débouchage, 63.
- U
- Ultrafiltres, 125.
- Ultrasons : propriétés piézo-chimiques, 274.
- Ultravirus, 200.
- Université hébraïque de Jérusalem, 341. Urbain, 350.
- y
- Vaccination contre la peste porcine, 220. Vagues de l’océan, 100.
- Vapeur d’eau atmosphérique, 29.
- Vapeurs : résistance diélectrique, 305. Vapeur : transport d’ions, 92.
- Variations végétales, 285.
- Végétation et zinc, 399.
- Végétaux : rayonnement, 59.
- Venin de cobra, 399.
- Vent : effets sur le sable, 14.
- Ver à soie de l’ailante, 321.
- Vers de vase : conservation, 123.
- Vernis pour cuivre, 224.
- Vespetro, 255.
- Vidange des carters d’auto, 288.
- Vin et éliminations, 285.
- Vitamine A : dosage, 59.
- Vitamines et hormones, 261, 300.
- Vitesses supersoniques : mesure, 29. Vitrification des masses cellulosiques, 251. Vol naturel : application à la navigation aérienne, 92.
- w
- Wagons : chauffage par lame d’air centrifuge, 236.
- Z
- Zinc et végétation, 399.
- Zinc : peroxyde, 29.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Le calcul dans l’espace, U7. — Évaporation, 186. — Personnages mécanisés, 281.
- Are.\t> (S.). — Les tremblements de terre, 84. — L’Observatoire Yerkes découvre l’étoile la plus proche de nous, 179. — On vient de découvrir les 1O0 et 11e satellites de Jupiter, 323.
- Arnoux (J.). — Les irrigations du Nghe-An dans le Nord-Annam, 382.
- B. (A.). — Le « petit Bi », 389.
- Barbou (E.). — Application des aimants permanents au jeu de dames pour aveugles, 235. — Curieuse application du sablage à l’enseignement de la topographie, 303.
- Barolet (IJ.). — Récréations mathématiques, 249, 313.
- Berthelot (Ch.). — Les essences à fort indice d’octane pour l’aviation, 135.
- Bertrand (L.). — Résumés des communications à l’Académie des Sciences, 29, 59, 92, 125, 158, 187, 220, 251, 285, 317, 349, 399.
- Bgtjtaric (A.). — Les couches monomoléculaires, 167. — L’analyse spectrale par infra-rouge. 263.
- Boyer (Jacques). — Une plante qui mange des grenouilles, 20. — L’électroculture des champignons, 48. — Ch.-Ed. Guillaume, 55. — Le machinisme dans la laiterie, 78. — Méthodes d’isolement de l’europium, 101. — E. G. Barrillon, 151. — Les nouveaux laboratoires des Ponts-et-Chaussées, 246. — La modernisation de la Bibliothèque nationale, 268, 298. — L'université hébraïque de Jérusalem, 341.
- Brossard (René). — Merveilles planctoniques d’eau douce, 103.
- Broyer (Ch.). — Les hantes chaumes du Forez et les Pierres Basanes, 65.
- Cerisaie (J. de la). — Le musée de l’homme, 97.
- Chabanaud (Paul). — Les poissons pélicans, 361.
- Daridon' (Henri). — Le feu et la chaleur, 338.
- Daumas (Maurice). — Qu’est-ce qu’une tomate mûre ? 109. — Vitamines et hormones, 261, 300.
- Déribéré (Maurice). — L’ionoskrib, 369.
- Desbrières (R.). — A propos du chat domestique, 53.
- Devaux (Pierre). — .Nouveaux bateaux-pompes parisiens, 1. — Accouplements électriques glissants, 107. — Efforts anormaux dans les locomotives, 210. — Chauffage des wagons par lame d’air centrifuge, 236. — Conduites en bois armé, 337.
- Dupouy (Lucien). — La production agricole en Espagne, 12.
- Eychène (Jules). — Les explorations de M. Norbert Casteret dans les gouffres pyrénéens, 142.
- Feuillée-Billot (à.). — Le IXe Congrès ornithologique international, 245.
- Forbin (Victor). — Les plantes qui tuent la volonté, 76.
- Fournier (P.). — Découverte et mise à mal d’une nécropole néolithique, 278.
- Foveau de Courmelles (Dr). — Dangers des rayons X ou radio-pathie, 335.
- IL (P.). — La cinématographie d’amateur en plein air, 17. — Nouveau mode de liaison pour les communications ferroviaires. 250.
- IIjLuardinquer (P.). — Lampes électroniques à flux dirigé, 49. —• Nouveaux procédés de télécinématographie, 146. —- La contre-réaction basse fréquence, 332. •— Le Salon de la T. S. F., 345. — Les récepteurs de T. S. F. à réglage automatique, 378.
- IJgusse (Abbé Émile). — Le guanaco, 175.
- Hubert (Constant). — Quand l’étourneau rejoint son perchoir aquatique, 391.
- Jeanton (Gabriel). — La poterie rustique de la Bresse, 161.
- Kimpfhn (Georges). — Le laboratoire calorimétrique de l’Office central de chauffe rationne-lle, 214. — La soudure des rails et l’aluminothermie, 307.
- Konoroff (Georges). — Samoens et la haute vallée du Giffre, 129. — Les œufs propres, 304.
- L. (L.). — Hélium et métaux rares, 159.
- Laffitte (Léon). — L’orpaillage, 365.
- Lamé (Maurice). — Les moteurs d’aviation, 70. — Comparaison entre les transports aériens et terrestres, 374.
- Lanorville (Georges). — Le corindon artificiel, 111.
- Larue (Pierre). — La poudre de fer dans le triage des graines, 315.
- Legendre (Dr À.). — Le péril jaune, 121.
- Legendre (R.) et Troller (A.). — E.-A. Martel, 23.
- Lemoine (Paul). — Le tremblement de terre du 11 juin 1938 à Paris, 19.
- Ley (Willy). — Le cimetière des Ichthyosaures de Holzmaden, 172.
- Lo Duca. — La technique du dessin animé, 201. — Propriétés piézo-chimiques des ultrasons, 274.
- Lyée de Belleau (M. de). — Ruines algériennes de Thubursi-cum, 309.
- Magne de la Croix (P.). — Les cervidés sud-américains, 150. — Les tatous de l’Amérique du Sud, 193.
- Mathis (Maurice). — Le ver à soie de l’ailante, 321.
- Merle (René). — Un poisson qui mange des oiseaux... bagués, 25.
- Morant (Henry de). — Jouets et poupées de l’ancienne Égypte, 33.
- Muraour (H.). — Les effets lumineux des détonations, 267.
- Pasteur (Médecin Général). — Robusticité et indices corporels, 371.
- Per ruche (Lucien). — Les gîtes fossilifères de la région de Paris, 119. — Les micrasters de Rowe, 215. — Le centre national d’hydrobiologie appliquée du Paraclet, 28(1.
- Pftrocokino (D.). — Les réseaux d’interconnexion, 294.
- Remacle (G.). — Le céphalophe des bois, 280.
- Reverchon (L.). — Histoire de l’horlogerie en quinze quatrains, 89.
- Reynaud (Paul). — Le cinquantenaire de l’invention des dessins animés, 25.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 58, 123, 219, 315, 398.
- Rollet de L’Isle. — Plans et indicateurs du métropolitain de Paris, 153.
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- Rabot (Charles). — La psittacose transmise par le pétrel arctique, 298.
- Raulin (G. de). — L’ « iVrmorique », 85. — Le barrage de Génis-siat, 257.
- Rousseau (Pierre). — La prodigieuse énigme des naines blanches, 225.
- Sacot-Lesage (M.). — Pourquoi les bois brûlent-ils P 57.
- Saladin (Raymond). — Les modèles réduits d’avions, 9.
- Sauvy (Alfred). — La prévision en matière économique est-elle possible ? 239.
- Touciiet (Em.). — Bulletin astronomique, 2G, 90, 156, 217. — 282, 346. — L’observation du soleil au moyen d’une jumelle, 185. — Le centenaire de la photographie astronomique, 195. — Causerie photographique, 396.
- Tguvy (M.). — La boîte électromécanique de changement de vitese Cotai, 113.
- Trial (Georges). — L’okoumé du Gabon, 230. — Le poisson-scie, 325.
- Troller (à.). — Voir Legendre (R.).
- Turpain (Albert). — Le cinquantenaire de la découverte des ondes électriques, 393.
- V. (H.). — La protection du béton frais contre la gelée, 159. —
- Les ultravirus, 200. — La confection des routes par traitement thermique direct, 325.
- Viallard (R..). — Chimie et rayons X, 4, 37.
- Victor (Paul-Émile). — Les Eskimo d’Angmagssalik, 353.
- Vigneron (H.). — Les effets du vent sur le sable, 14. — Les résultats de l’expédition arctique russe, 21. — Les bateaux soudés de la flottille du radium, 46. — Le moteur à charbon pulvérisé, 54. — La reproduction des documents, 61. —- Le problème du mouillage, 67. — Les vagues de l’océan, 100. — Le métaldéhyde et ses emplois, 134. — Les bulles d’air dans les cristaux de glace, 141. — Les époques glaciaires, 164. — L’eau supermouillante, 189. — Les effets lumineux des détonations, 213. — Application de films monomoléculaires multiples, 222. — Caractéristiques explosives des picrates métalliques, 253. — Le -problème des mines très profondes, 273. — La structure granulaire des solides, 293. — Résistance diélectrique des gaz et des vapeurs, 305. — Nouvelles propriétés des poussières industrielles, 318. — L’évolution de l’impression, 328. — L’état solide de l’eau, 356. — Les organolites, 382.
- Vivien (Jean-Henri). — Invasion du littoral français par un crabe chinois, 44.
- Weiss (E.). — Le palmer automatique OEhmichen. 48i.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumés de communications (L. .Bertrand), 29, 59, 92,
- 123, 138, 187, 220, 251, 2S5, 317, 349 Les nouveaux membres de l’Académie des Sciences.
- E. G. Barrillon (J. Boyer)...............151
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Charles Édouard Guillaume (J. Boyer).....................55
- Histoire de l'horlogerie en quinze quatrains (L. Rever-
- chon)..................................................89
- Stabilité de l’activité solaire...........................123
- L’Observatoire Yerkes découvre l’étoile la plus proche de
- nous (S. Arend)........................................179
- L'observation du soleil au moyen d’une jumelle (E. Tou-
- cuet) .....................................................185
- Centenaire de la photographie astronomique (E. Touchet). 195
- A. de la Baume Pluvinel...................................220
- La prodigieuse énigme des naines blanches (P. Rousseau). 225
- La prévision en matière économique est-elle possible ?
- (A. Sauvy).............................................239
- Maurice d’Ocagne..........................................286
- On vient de découvrir les 10e et 11e satellites de Jupiter
- (S. Arend).............................................323
- Récréations mathématiques (H. Barolet).............. 249, 313
- Bulletin astronomique (E. Touchet). 26, 90, 156, 217, 282, 346
- HL — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Les étincelles souillées....................................29
- Mesure des vitesses supersoniques...........................29
- Les cristaux de nitrate de soude, substituts du spath. . 31
- Transport d’ions par les gaz................................59
- Mesure des champs magnétiques...............................59
- Le problème du mouillage (H. Vigneron)......................67
- Photométrie.................................................92
- Notion de corpuscule........................................92
- Transport d’ions par la vapeur..............................92
- Ultrafiltres...............................................125
- Les bulles d’air dans les cristaux de glace (II. Vigneron). 141
- Les couches monomoléculaires (À. Boutaric).................167
- Représentation des lames monomoléculaires..................187
- La chaleur de frottement...................................187
- L’eau supermouillante (H. Vigneron)........................169
- Les effets lumineux des détonations (H. Vigneron) . . . 213 Le laboratoire calorimétrique de l’Office central de chauffe rationnelle (G. Kimpflin)..................................214
- Mesure de la tension superficielle.......................220
- Application de films monomoléculaires multiples (II. Vigneron) ......................................................222
- Centrifugeuse ultrasonore................................251
- La buée..................................................251
- Mesure des débits gazeux.................................251
- L’analyse spectrale par infra-rouge (A. Boutaric) .... 263
- Les effets lumineux des détonations (H. Muraour) . . . 267
- Propriétés piézo-chimiques des ultrasons (Lo Duca). . . 274
- La structure granulaire des solides (H. Vigneron) . . . 293
- Résistance diélectrique des gaz et des vapeurs (II. Vigneron) ......................................................305
- Biréfringence anormale...................................317
- Nouvelles propriétés des poussières industrielles (H. Vigneron) ......................................................318
- L’état solide de l’eau (II. Vigneron)....................356
- Le prix Nobel de physique................................390
- Radiosilicium............................................399
- André Blondel............................................401
- 2. Chimie.
- Chimie et rayons X (R. Viallard)....................4, 37
- L’électro-analyse du cuivre................................29
- Le peroxyde de zinc .......................................29
- Structure des composés organiques..........................59
- Isotope de l’hélium........................................ 92
- Les isocyanates............................................92
- L’europium métallique......................................92
- Méthodes d’isolement de l’europium (J. Boyer)..............101
- Hydrogénation par le noir de platine.......................125
- L’eau de la Marne..........................................125
- La métaldéhyde et ses emplois (II. Vigneron)...............134
- Le phosphure de fer........................................158
- L’ammoniac comme carburant.................................158
- Colorants du triphénylméthane..............................158
- Nouveau radio-élément......................................158
- Déshydrogénation de l’acide stéarique . -..................158
- Hélium et métaux rares (L. L.).............................159
- Les thioacides.............................................187
- Combustion des poudres.................................... 187
- Action de l’hydrogène sur les carbures...................220
- Hydrogénation catalytique..................................251
- Vitrification des masses cellulosiques.....................251
- Caractéristiques explosives des picrates métalliques
- (H. Vigneron)...........................................253
- Décomposition des fulminates.............................285
- Nouvel élément.............................................317
- L’élément 93 ............................................. 349
- Urbain...................................................350
- L’ionoskrib (M. Déribéré)..................................369
- Les organolites (II. Vigneron)...........................382
- Raffinage des huiles.......................................399
- Constitution de l’acide nitrique...........................399
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- IV. — SCIENCES NATURELLES
- 4. Botanique. — Agriculture.
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- 1. Géologie. — Paléontologie.
- Louis de Launay.................'...........................93
- Les gîtes fossilifères de la région de Paris (L. Perruche). 119
- Les époques glaciaires (II. Vigneron)....................... 164
- Le cimetière des iclitliyosaures de Holzmaden (W. Ley) . 172
- Un éléphant saharien fossile..................: . 187
- Les micrasters de Rowe (L. Perruche)..........................215
- Fluorescence des calcaires naturels...........................285
- Fossiles sahariens............................................349
- 2. Physique du globe. — Météorologie.
- Les effets du vent sur le sable (II. Vigneron)..........14
- Le tremblement de terre du 11 juin 1938 à Paris (P. Lemoine) ...................................................19
- Courants telluriques et perturbations magnétiques ... 29
- La vapeur d’eau atmosphérique..............................29
- Les pluies au Maroc.................................... . 59
- L’azote et l’argon dans la croûte terrestre................61
- Les tremblements de terre (S. Arend).......................84
- Les vagues de l’océan (H. Vigneron).......................100
- Le sodium atmosphérique...........................125, 158
- Le cycle solaire et les microséismes......................158
- Halo sur la neige.........................................187
- Galets éoliens............................................187
- Le ciel nocturne..........................................317
- Tremblement de terre......................................391
- Le pôle du froid..........................................398
- Structure interne du globe................................399
- Les usines atmosphériques de pluies artificielles. . . . 402 Le mois météorologique (E. Roger). . 58, 123, 219, 315, 398
- 3. Zoologie — Biologie. — Physiologie.
- Un poisson qui mange des oiseaux... bagués (R. Merle). 25 Invasion du littoral français par un crabe chinois
- (J. II. Vivien)...........................................44
- A propos du chat domestique (R. Desbrières)..................53
- Dosage de la vitamine A......................................59
- Hérédité aberrante...........................................59
- Curare.......................................................59
- Merveilles planctoniques d’eau douce (R. Brossard) . . . 103 Les cervidés sud-américains (P. Magne de la Croix) . . 150
- Le sérum des mammifères......................................158
- Le guanaco (Abbé E.-Housse)..................................175
- Les tatous de l’Amérique du Sud (P. Magne de la Croix) . 193
- Le cerveau de l’ourson..................................... 220
- Une épizootie au Muséum.....................................220
- Le IXe Congrès ornithologique international (A. Feuillée-
- Billot).................................................. 245
- Le bond d’un crocodile..................................... 250
- Le cépbalopbe des bois (G. Remacle).........................280
- Le Centre national d’hydrobiologie appliquée du Paraclet
- (L. Perruche).............................................289
- Vitamines et hormones (M. Daumas)......................261 300
- Réactions générales du squelette . ..........................317
- Le ver à soie de l’ailante (M. Mathis)...................... 321
- Le poisson-scie (G. Trial)...................................325
- Hormones et sels métalliques ................................349
- Les poissons pélicans (P. Ciiabanaud). .... . . . 361 Quand l’étourneau rejoint son perchoir aquatique
- (C. Hubert)...............................................391
- Les pigments des oursins.................................... 399
- La production agricole en Espagne (L. Dupouy) .... 12
- Une plante qui mange des. grenouilles (J. Boyer) .... 20’
- Chaulage des sols acides..................................29'
- La flore des fromages......................................29
- L’électroculture des champignons (J. Boyer)................48
- Rayonnement des végétaux...................................59
- Maturation du haricot......................................59
- Les plantes qui tuent la volonté (V. Forbin)...............76
- Traitement des matières oléagineuses......................921
- Qu’est-ce qu’une tomate mûre ? (M. Daumas).................109
- Bourgeons expérimentaux....................................125
- Bactéries lumineuses.......................................125
- Colorants des cellules végétales...........................125
- Cultures sur cellophane...................................158'
- Toxicité des colorants.....................................158
- L’évolution de la betterave................................187
- L’okoumé du Gabon (G. Trial) .....'..................... 230'
- Germination de l’orobanche.................................251
- Fascie d’asperge...........................................253
- Variations végétales . ................................. 285-
- Charbons et fermentations..................................285
- Traitements cupriques..................................... 285
- Fixation des leucobases sur les végétaux.................. 349'
- Le rôle du zinc dans la végétation........................ 399'
- V. — GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Résultats de l’expédition arctique russe (II. Vigneron). . 20
- E.-A. Martel (R. Legendre et A. Troller)....................23
- Jouets et poupées de l’ancienne Égypte (II. de Morant). 33 Pourquoi les bois brûlent-ils ? (M. Sagot-Lesage). . . 57 Diminution de la natalité dans les campagnes .... 61
- Les hautes chaumes du Forez et les Pierres Basanes
- (C. Broyer)..............................................65
- La population du globe......................................94
- Le musée de l’homme (J. de la Cerisaie).....................97
- Le péril jaune (Dr A. Legendre).............................121
- Samoens et la haute vallée du Gifîre (G. Konoroff) . . 129 Les explorations de M. Norbert Casteret dans les gouffres
- pyrénéens (J. Eyciiène)..................................142
- 'La poterie rustique de la Bresse (G. Jeanton)..............161
- Le delta du Niger...........................................229
- Découverte et mise à mal d’une nécropole néolithique
- (P. Fournier)............................................278
- Gouffres du Haut Comminges..................................285
- Curieuse application du sablage à l’enseignement de la
- topographie (E. Barbou)..................................303
- Ruines algériennes de Thubursicum (M. de Lyée de Bel-
- leau)....................................................309
- L’université hébraïque de Jérusalem (J. Boyer)..............341
- Helbronner..................................................350
- Les Eskimo d’Angmagssalik (P. E. Victor). . . . . . 353
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Diagnostic des espèces du genre Brucella....................92
- Les ultra virus (H. V.).....................................200
- Vaccination contre la peste porcine.........................220
- Choc transfusionnel.........................................220
- Timbre postal Curie au profit de la lutte contre le cancer .................................................... 222
- p.416 - vue 410/413
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- 417
- Inoculations protégées.......................................285
- Le- vin et les éliminations..................................285
- La psittacose transmise par le pétrel arctique (C. Rabot). 298
- Les œufs propres (G. Konohoff)...............................304
- Injections de. sérums acidifiés..............................317
- La méningo-encéphalite post-vaccinale........................317
- Dangers des rayons X ou radiopathie (Dr Foveau de Cour-
- MELLES)................................................. 335
- Bactériothérapie cutanée.....................................349
- Le claveau et l’alumine......................................349
- Robusticité et indices corporels (Médecin Général Pasteur). 371
- L’action du venin de cobra...................................399
- Cultures staphylococciques...................................399
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Nouveaux bateaux-pompes parisiens (P. Devaux) .... 1
- Stellitage des soupapes de moteurs..........................30
- Résistances de démarrage en oxyde d’uranium .... 30
- Le moteur à charbon pulvérisé (H. Vigneron).............54
- Le machinisme dans la laiterie (J. Boyer)...................78
- Le corindon artificiel (G. Lanorville).....................111
- La boîte électromécanique de changement de vitesse Cotai
- (M. Touvy)..............................................113
- Le palmer automatique OEhmichen (E. Weiss).................181
- La modernisation de la Bibliothèque nationale (J. Boyer).
- 268, 298
- L’évolution de l’impression (II. Vigneron).................328
- Conduites en bois armé (P. Devaux).........................337
- L’orpaillage (L. Laffitte).................................366
- 2. Photographie.
- La cinématographie d’amateur en plein air (P. IL). . . 17
- Le cinquantenaire de 1 invention des dessins animés
- (P. Reynaud)...........................................25
- La reproduction des documents (H. Vigneron)...............61
- La technique du dessin animé (Lo Duca).................201
- Causerie photographique (E. Touciiet).....................396
- 3. Électricité.
- Lampes électroniques à flux dirigé (P. Hémardinquer) . . 49
- Accouplements électriques glissants (P. Devaux) .... 107 Nouveaux procédés de télécinématographie (P. Hémarrin-
- quer)....................................................146
- L’ohm international et l’ohm absolu . .....................187
- Application des aimants permanents au jeu de dames
- pour aveugles (E. Barbou)................................235
- La lettre parlée officielle.................................250
- 'Galvanomètre logarithmique.................................251
- Les réseaux d’interconnexion (D. Petrocokino) .... 294
- ;Stabilité..................................................317
- Propagation des ondes courtes...............................317
- La contre-réaction basse fréquence (P. Hémardinquer) . . 332
- Le Salon de la T. S. F. (P. Hémardinquer)...................345
- Les parasites atmosphériques................................349
- Les récepteurs de T. S. F. à réglage automatique
- (P. Hémardinquer)........................................378
- ILe cinquantenaire de la découverte des ondes électriques (A. Turpain)...............................................393
- STm 4."Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Les essais des ciments.......................................29
- Protection du béton frais contre la gelée (H. V.) .... -159 Les nouveaux laboratoires des Ponts-et-Chaussées
- J. Boyer).................................................246
- Le barrage de Génissiat (G. de Raulin)....................257
- Le problème des mines très profondes (II. Vigneron) . . 273
- Le chlorure de calcium et la gelée........................277
- La soudure des rails par aluminothermie (G. Kimpflin) . 307 Confection des routes par traitement thermique direct
- (H. V.)...................................................325
- Irrigations du Nghe-An dans le Nord Annam (J. Arnoux). 382
- 5. Transports.
- Plans et indicateurs du métropolitain de Paris (Rollet de
- L’Isle)................................................153
- Efforts anormaux dans les locomotives (P. Devaux) . . 210
- Chauffage des wagons par lame d’air centrifuge
- (P. Devaux)............................................236
- Nouveau mode de liaison pour les communications ferroviaires (P. II.).........................................250
- La rationalisation dans les usines d’automobiles .... 318
- Comparaison entre les transports aériens et terrestres
- (M. Lamé)..............................................374
- Le « Petit Bi » (A. B.)..................................389
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Les modèles réduits d’avions (R. Saladin).................. 9
- Les moteurs d’aviation (M. Lamé)..............................70
- Application du vol naturel à la navigation aérienne ... 92
- Le tour du monde en avion en 91 heures.....................94
- Les essences à fort indice d’octane pour l’aviation (C. Ber-
- tiielot)....................................................135
- Les accidents de l’aviation civile française..................189
- Le concours d’avions modèles réduits de La Nature . . . 219
- Mesures des pressions en aérodynamique.......................220
- Altimètre électrique pour l’aéronautique......................402
- 7. Guerre et Marine.
- Les bateaux soudés de la flottille du radium (II. Vigne-
- ron)............................................ ... 46
- L’ « Armorique » (G. de Raulin)...........................85
- E.-G. Barrillon (J. Boyer)................................151
- Salissure des coques de bateaux...........................285
- Le. paquebot « Queen Elizabeth »..........................351
- VIII. — HISTOIRE DES SCIENCES
- Le feu et la chaleur (H. Daridon)..........338
- IX. — VARIA
- Le Palais de la Découverte..................................94
- Prestidigitation (Alber).
- Le calcul dans l’espace................................ 57
- Évaporation............................................186
- Théâtre d’ombres (Alber).
- Personnages mécanisés..................................281
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- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES Inventions et Nouveautés.
- Silencieux d’automobile................................31
- Objectifs cinématographiques à très grande ouverture ... 31
- Antiparasite simple....................................31
- Lampe électrique de poche sans pile....................62
- Stroboscope de démonstration...........................62
- Aiguille de phonographe originale......................93
- Haut-parleur sans effet directionnel...................93
- Postes de T. S. F. de camping et de voyage . . . 126
- Sels réfrigérants « Glaçons »..........................128
- Cadran solaire de précision............................190
- Segments pour moteurs usagés...........................191
- Déboucheur de conduits.................................191
- Signalisateur mécanique pour automobiles .... 223
- Audiomètre portatif...................................223
- Transformateur à prises multiples de précision . . . 234
- Machine à laver simplifiée............................234
- Accessoires électriques................................287
- Lit « Nuage »..........................................287
- Lavage électrique.....................................319
- Inscription automatique : procédés simples.............403
- Appareils topographiques Chaix.........................404
- Anti-vol pour automobiles..............................403
- Moteurs : dépanneur d’allumage........................403
- Microscopie : petit nécessaire.........................406
- Cendrier « Pivotex »...................................406
- Recettes et procédés utiles.
- Microphotographie en couleurs...........................89
- Conservation des vers de vase...........................123
- Adhésifs employés en miroiterie.........................133
- Triage des graines par la poudre de fer..............313
- Boîte aux Lettres.
- Bactériologie et ugronomie.............................32
- T. S. F. : ronflements..........................32, 160
- Cadre antiparasite.....................................32
- Huile de chaulmoogra...................................32
- Pièze..................................................32
- Trempe du bronze.......................................32
- Imperméabilisation du ciment...........................32
- Jus de fruits : conservation...........................32
- Alcools gras sulfonés..................................63
- Eau de puits : purification............................63
- Ecriture en blanc sur clichés..........................63
- Trioxyméthylène...................................... 63
- Tuyaux : débouchage....................................63
- Détonations : amortissement............................63
- Glaces transparentes...................................63
- Cellule photo-électrique................... 63, 96, 160
- Sulfamide..............................................64
- Itongalite.............................................64
- Colles d’amidon........................................64
- Encre sympathique......................................64
- Chromage...............................................64
- Aluminium : fabrication.............. ... 64
- Daguerréotype..........................................64
- Eaux de pluie...................................... 64
- Tuberculose pulmonaire.................................64
- Dictons sur la prévision du temps.....................96
- Électro-acoustique . ouvrage..........................96
- Bouchons : insectes............................ 96, 407
- Gommage des puisards..................................96
- Roseaux : destruction.................................128
- Cadrans de montres lumineux...........................128
- Pâte antirouille......................................128
- Mites : destruction...................................128
- Alcool de parfumerie..................................128
- Jaunissement des murs blanchis à la chaux .... 128
- Phonographe électrique à pick-up......................160
- Photographies en relief...............................160
- Radioélectricité : ouvrages...........'............160
- Amplificateur pour poste à galène.....................160
- Radiophonie : postes dans le monde....................160
- Tennis : coloration du court..........................160
- Dépolissage de lampes électriques.............. . 160
- Huile de ricin : viscosité............................192
- Odeur de peinture.....................................192
- Fruits : conservation par l’éthylène..................192
- Lotion capillaire....................".............192
- Maquette d’arbres.....................................192
- Amadou . . 192
- Goût de moisi.........................................192
- Gélatine bichromatée..................................192
- OEuf : percement......................................192
- Glaçage des cols .....................................192
- Bandes adhésives à sec................................192
- Bellite...............................................192
- rH et dosage d’oxygène................................224
- Avion volant à la vitesse de la terre.................224
- Vernis pour cuivre .................. 224, 352
- Graissage de pied de bielle...........................224
- Coloration du nickel ............ 224
- Constantes physiques des gaz......................... 224
- Cuir de fauteuils : teinture..........................224
- Peinture souple pour moleskine........................224
- Briquettes de sciure de bois..........................224
- Ciment en tubes d’aluminium...........................255
- Pellicules photographiques non enroulées..............255
- Cuir de daim teint en noir............................255
- Fourmis : destruction.................................255
- Teinture en vert de la mousse ........................255
- Dépilation lente......................................255
- Vespelro..............................................255
- Liqueur des sept graines..............................255
- Blanc d’argent....................................... 255
- Schoopage.............................................255
- Eau calcaire. . 256
- Pyorrhée..............................................256
- Etain sur argent . ...................................256
- Encaustiques laquées..................................256
- Galalithe : soudure...................................256
- Alliage : fusion......................................256
- Humidité des murs . ..................................236
- Mowrah................................................256
- Hydromel..............................................256
- Prothèse auditive ....................................288
- Vidange des carters d’auto............................288
- T. S. F. : troubles...................................288
- Phonographe : enregistrement sur disque...............288
- T. S. F. : poste à 2 lampes bigrilles.................288
- Sons : enregistrement sur film........................288
- Avertisseurs lumineux clignotants.....................288
- Photographie à rayons................................ 320
- Halos.................................................320
- Révélateur au génol-hydroquinone......................320
- Crème pour le visage..................................320
- Fréon.................................................320
- Soudure de la fonte...................................320
- Mouvement brownien....................................320
- Bois en grumes........................................320
- Polissage du bois.....................................352
- Bois de gaïac...................................... . 352
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- Taille-douce............................................352
- Gel : protection par la paille..........................352
- Livres nouveaux, 28, 00, 124, 188, 221, 252, 284, 316,
- 348, 400.
- Centre national d’hydrobiologie du Paraclet. . . . 407
- Mante religieuse et couleuvre...........................407
- Poste émetteur : construction...........................407
- Oscillateur H. F. : construction........................407
- Ëlectrocardiographe.....................................407
- Lecteur de son pour cinéma sonore.......................407
- Photographie microscopique..............................407
- Transformateur d’alimentation : construction. . . 407
- Accus : charge..........................................407
- Films cinématographiques : location.....................407
- Taches solaires....................................... 408
- Ondulation permanente....................................408
- Poussier de charbon : utilisation........................408
- Taches d’huile d’auto....................................408
- Fluatation...............................................408
- Charbon des piles........................................408
- Glycérine................................................408
- Pâte à, polycopier.......................................408
- Collage des tissus.......................................408
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux, 28, 60, 124, 188, 221, 252, 284, 316, 348, 400.
- Le Gérant : G. MASSON.
- Laval.
- Imprimerie Barnéoud.
- 1938.
- Published in France.
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