La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- MFîPM©Mirn@Mi L'HMWSTBïhl
- 1IWI I ET 3SE JLOTK
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- SOIXANTE-SEPTIÈME ANNÉE 1939 - PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU No 3054 (15 JUIN 4939),
- Le Gérant : G. MASSON.
- IMPRIMÉ PAR BARNÉOUD FRÈRES ET Cie A EAYAL (FRANCE)
- Published in France.
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- N° 3040
- LA NATURE
- 1er Janvier \ 939
- E LA PETITE PLANÈTE HERMÈS E LA PLUS VOISINE DE LA TERRE
- Les notions élémentaires destinées à faire comprendre le système solaire et sa disposition générale se bornent à l’énoncé, en ordre de distances croissantes au Soleil, de la succession des principales planètes classiquement connues : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Sur une représentation graphique, les orbites de plus en plus développées de ces planètes se tracent suivant une distribution concentrique. Sans doute, entre chacune, l’écart n’est-il pas égal en tous points puisqu’il s’agit, non de cercles, mais d’ellipses d’excentricités différentes et dont les grands axes sont diversement orientés. Il n’en reste pas moins que, dans tous les cas, des distances considérables séparent les planètes les unes des autres. Et si nous nous en tenons à la conception de ce système, nos plus proches voisines, ainsi qu’on l’énonça pendant longtemps, étaient d’une part Vénus, et d’autre part Mars : la première pouvant se rapprocher à 4o millions de km, la seconde à 56 millions, en chiffres ronds.
- Mais depuis la Un du siècle dernier, et surtout depuis peu, notre appréciation doit être différente. En effet les découvertes effectuées dans le domaine des petites planètes sont venues bouleverser ces simples notions, en révélant que des voisinages moins écartés, voire presque immédiats, pouvaient se réaliser. Et la place toujours grandissante qu’il faut faire à cette catégorie de petits corps célestes nous incite à considérer diverses questions relatives à leur importance et à leurs relations avec la Terre.
- LES PETITES PLANÈTES ET LEUR DÉCOUVERTE
- Les diamètres des plus grosses parmi les petites planètes sont à grand'peine susceptibles d’être mesurés directement, même à l’aide de très puissants instruments optiques ; quant aux autres, et c’est l’immense majorité, on doit se borner à les évaluer photométri-quement, ce qui ne peut fournir que des données approximatives. Dans le premier cas, les chiffres obtenus atti'ibuent à Cérès la première place avec une lar-geui* d’environ 760 km (fig. 1) ; puis Pallas, Vesta et
- Junon auraient respectivement 48o, 38o et 190 km de diamètre. Pour les plus petites, d’après les déterminations auxquelles il faut s’en tenir, on trouve des dimensions qui finalement sont de l’ordre de quelques km seulement. Ces astres minuscules sont pratiquement invisibles à l’œil nu, et aperçus seulement sous l’aspect de points brillants comparables aux faibles étoiles au milieu desquelles ils se confondent pour l’ordinaire vision télescopique qui permet de les distinguer. On s’explique alors que les petites planètes — appelées également planètes télescopiques ou astéroïdes -— soient restées longtemps ignorées, . même après que les instruments d’optique vinrent suppléer à l’insuffisance de la vision humaine. Mais il ne suffit pas absolument d’avoir les moyens de les apercevoir. Ne s’imposant nullement aux regards par des caractères distinctifs propres, elles ne sont en principe reconnaissables que grâce à leur déplacement comparativement aux étoiles. C’est par hasard que la première découverte fut effectuée dans ces conditions. Ensuite on entreprit systématiquement de telles recherches, d’abord visuellement, puis photographiquement dans les temps modernes. Et le résultat de ces investigations vint enrichir prodigieusement le système solaire, en même temps qu’il en compliquait l’ordonnance.
- Rappelons en quelques mots l’histoire de ces découvertes.
- Piazzi, à Palerme, aperçut le ier janvier 1801 la première petite planète en remarquant dans la constellation du Taureau une petite étoile là où à sa connaissance il n’en existait pas. Le lendemain elle avait changé de place au milieu des astres, et les jours suivant ce déplacement continua, tout à fait comparable à celui d’une planète. Or précisément on en recherchait une alors et voici pourquoi.
- La succession des orbites planétaires, dans l’ordre d’éloignement du Soleil, est donnée approximativement par la loi empirique de Bode ; celle-ci établit une correspondance entre les distances moyennes des planètes successives et les termes successifs d’une série numérique définie par une loi arithmétique. Cepen-
- Fig. 1. — Dimension de Cérès, la plus grosse des petites planètes, comparée à l’étendue de la France.
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- Fig. 2. — Principe du procédé de découverte photographique d’une petite planète dont l’image, en raison de son mouvement apparent pendant la durée de la pose, se traduit par une traînée P, parmi, les points stellaires.
- dant, la loi de Bode, appliquée au planètes connues, était en défaut sur un point : entre les chiffres se rapportant à Mars et à Jupiter il s’en intercalait un qui ne s’appliquait à aucun astre ; Képler avait déjà signalé, autrefois, l’énorme lacune qui lui paraissait séparer Mars et Jupiter. Et l’on fut ainsi conduit a admettre, pour combler cette fâcheuse lacune, l’existence d’une planète encore inconnue. Or, lorsqu’après avoir suivi la marche de l’astre découvert par Piazzi, l’orbite en fut calculée, on reconnut qu’il s’agissait bien d’une nouvelle planète, et surtout que cette dernière venait précisément se placer au bon endroit ; c’est-à-dire au chiffre 28 de la série, si pour représenter la succession en distance au Soleil le chiffre 10 correspond à celle de la Terre. La nouvelle planète reçut le nom de Cérès.
- La découverte de Cérès parut donner tous les apaisements. Mais bientôt surgirent d’autres motifs de perplexité ; après avoir manqué de planètes, on en eut trop, si l’on peut dire... Effectivement, le 28 mars 1802, Olbers l'econnut une seconde petite planète que l’on appela P allas ; ce qui incita alors à explorer très attentivement l’espace par de minutieuses recherches de comparaisons à l’aide des cartes célestes. Et ainsi, Harding rencontra Junon le ier septembre 1804, puis Olbers encore, le 29 mars 1807, aperçut Vesta.
- Nous ne saurions entreprendre le récit de toutes les découvertes effectuées par la suite. Rappelons seulement que le zèle des observateurs s’étant ainsi trouvé stimulé, c’est une véritable légion d’astres qui vint se révéler à notre connaissance. On comprend quelle patience il fallut déployer pour repérer par comparaisons et mesures de positions ces minuscules points brillants au milieu du fourmillement des autres.
- A cet égard la photographie, dont on sait les inestimables services qu’elle rend dans tous les domaines, est venue apporter le plus efficace concours. Au lieu du labeur acharné réclamé par l’examen simplement oculaire, la plaque sensible enregistre sans fatigue ni erreurs les plus faibles astres dans toute une vaste portion de ciel ; ce n’est qu’une question de pose un peu prolongée. Mais si une planète se trouve dans le champ embrasé, elle se déplace pendant cette pose, et son image se traduit alors par une petite tramée repérable de suite au milieu des points stellaires (fig. 2). Un autre procédé reposant sur le même principe utilise deux clichés pris à intervalle plus ou moins long, et qu’on examine à l’aide d’un instrument appelé stéréo-comparateur : le moindre déplacement d’un objet céleste suffit, grâce à un effet parallactique, à le faire voir en relief, détaché en avant des étoiles. Ainsi se sont multipliées aisément les découvertes d’astéroïdes dont le nombre reconnu grossit chaque année et approche aujourd’hui de 2.000.
- Parmi ces nouveaux venus, il s’en trouve de tout particulièrement intéressants. Car en dehors du groupement principal formant comme un anneau, une sorte de ileuve d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, il en est qui s’écartent de la zone où se trouve rassemblé le gros de la foule. Certains d’entre eux en effet circulent sur des orbites si excentriques qu’elles recoupent les orbites de diverses grosses planètes : de ces petits mondes, les uns, au périhélie, se rapprochent presque aussi près que Mercure de l’astre du jour ; d’autres, à l’aphélie s’éloignent autant que Jupiter ou Saturne. De plus, les orbites de nombre d’astéroïdes sont très diversement inclinées, jusqu’à 35°, 45° ou même 6o° par rapport au plan de l’écliptique.
- Ainsi, l’harmonieuse et presque régulière distribution admise au début se trouve bien dérangée. Nous constaterons surtout que certains de ces astres offrent de remarquables possibilités de voisinage avec la Terre ; ce cas est celui qui nous intéresse tout particulièrement ici.
- LA PETITE PLANÈTE HERMÈS
- On connaissait déjà divers astéroïdes, comme Apollon et Adonis (découverts par M. Delporte en 1982 et 1936 à l’Observatoire d’Uccle) que leur course amène à se rapprocher de nous à des distances de l’ordre du million de km. Mais voici mieux.
- Le Dr Reinmuth, à l’Observatoire d’Heidelberg, sur deux clichés pris le 28 octobre 1937, reconnut une traînée dont la longueur anormale signalait le très rapide mouvement apparent d’un corps céleste ; dans l’incertitude de sa nature réelle, cet astre fut provisoirement désigné sous le nom « d’objet Reinmuth ». D’autre part il fut repéré sur quelques autres clichés du 25 octobre (M. Cunningham, Station d’Harvard College), 27 octobre (M. Jackson, Observatoire de Johannesburg), 26, 27, 28 et 29 octobre (MM. Iiichter et Morgenroth, Observatoire de Sonneberg). Les diverses positions enregistrées permirent d’établir que
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- Soleil
- Soleil
- Orbite _ de ta Terre
- Fig. 3. •— L’orbite d’IJermès.
- A, Relations avec les orbites de Mercure, Vénus, la Lune et Mars ; B, Inclinaison sur le plan de l’orbite terrestre.
- les deux orbites est de 354.ooo km seulement, c’est-à-dire une distance moindre que les 384.000 km auxquels , en moyenne, la Lune circule autour de nous (fig. 4). Si cependant o n considère que
- notre satellite, au périgée, se rapproche à 353.680 km, nous reconnaîtrons que d’une manière générale ces deux astres se partagent le privilège du record de proximité avec le globe terrestre. Et alors, en se plaçant sur le terrain des compétitions — suivant la mode de l’époque présente — on peut se demander lequel est susceptible de battre l’autre et de combien. La distance de la Lune est connue avec une précision quasi absolue, tandis que l’orbite d’Hermès ne peut encore être établie que d’une façon approximative : partant, la détermination du
- Fig. 5. — Variation proportionnelle des diamètres apparents du Soleil, vu d’Hermès.
- P, au périhélie ; T, à la distance de la Terre ; A, à l’aphélie.
- a l’objet » était passé près de la Terre le 3o octobre, à la relativement faible distance de 780.000 km environ.
- Par la suite, M. Cunningham a déterminé l’orbite de l’astre et l’a identifié avec une nouvelle petite planète qui a reçu le nom d'Hermès. La publication : Occa-sional Notes 1-1938 Jurte, des Monthly Notices, nous apporte d’intéressants renseignements à son sujet.
- D’après ce mémoii'e, la figure 3 montre le développement de l’orbite d’Hermès dont l’excentricité probable est de 0,626, et l’inclinaison de 6° sur le plan de l’écliptique. On voit comment, recoupant en distance au Soleil les orbites de Mercure, Vénus et Mars, elle se croise presque exactement avec celle de la Terre, de façon à réaliser de remarquables possibilités de rapprochement. En effet lecartement minimum entre
- Fig. 4. — Comparaison de la distance à laquelle Hermès peut passer près de la Terre et de la moyenne distance de la
- Lune.
- Fig. 6. — Dimensions probables d’Hermès dont le diamètre est comparé ici à la hauteur du Mont Blanc et de la Tour Eiffel.
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- Fig. 7. — Un spectacle de la Terre et de la Lune que l’on pourrait avoir de la petite planète Hermès passant dans leur proche voisinage.
- minimum de distance entre elle et la Terre comporte jusqu’à nouvel ordre une certaine part d’incertitude.
- Hermès, dont la révolution s’effectue en 2 ans, 121 environ, reviendra vers nous en 1940, mais par suite des situations respectives au moment de son passage se trouvera alors moins près de nous qu’en 1987.
- En ce qui concerne ses dimensions, Hermès est vraiment un astre minuscule, car d’après les premières estimations, son diamètre ne saurait excéder 2 à 3 km. Imaginons cet astéroïde — de forme sphérique ou irrégulière, on ne sait, — placé sur la Terre, il n’y produirait qu’une sui'élévation bien inférieure à celle de nos grands massifs montagneux (fig. 6) ; c’est à peu près la comparaison que l’on pourrait établir entre une mouche et une sphère de 20 m de diamètre sur laquelle elle se poserait !
- En raison de ses proportions exiguës, pouvons-nous voir dans Hermès un monde, au sens que l’on donne généralement à ce mot ? En tous cas, l’orbite décrite l’expose à recevoir bien différemment la radia-lion du Soleil : du périhélie où il s’en approche sensiblement plus que Vénus, à l’aphélie où il s’éloigne bien au-delà de Mars, le disque de l’astre du jour varie pour lui dans les proportions indiquées par la fïg. 6. Imaginons un observateur placé sur ce petit astre ; pouvant passer à grande proximité de la Terre, et encore plus de la Lune suivant la position que celle-ci occuperait sur son orbite à ce moment, il verrait détonnants spectacles, comme la ligure 7 essaie d’en donner une idée générale.
- L'ANCIENNE QUESTION D'UNE PLANÈTE INTRA-MERCURIENNE
- Les découvertes des astéroïdes circulant dans nos parages et jusque dans ceux de Vénus et de Mercure, apporteront peut-être quelques éclaircissements dans la question, posée au siècle dernier, de l’existence, admise par les uns et niée par les autres, d’une planète dite « intra-mercurienne ». Résumons brièvement les faits.
- L’analyse du mouvement de Mercure, entreprise par Le Verrier en 1859, lui indiquait des perturbations qu’il crut devoir attribuer à l’existence, entre cette planète et le Soleil, d’une ou de plusieurs autres planètes de faible dimension. Dans cette hypothèse il faudrait s’attendre à voir ces corps célestes passer de temps à autre devant le disque solaire sous l'aspect de petits disques noirs, comme on voit Mercure et Vénus. Or, précisément, des observations de cette sorte ont été parfois effectuées, et l’une des plus remarquables est due à un amateur d’astronomie, le Dr Lescarbault qui, le 26 mars 185g, put suivre pendant plus d’une heure le passage d’une petite tache ronde et très noire devant le Soleil, suivant une corde assez voisine du bord. Par la suite Le Verrier rassembla tous les faits connus analogues, au nombre d’une cinquantaine. Mais nombre de ces observations sont incertaines ou résultent d’illusions provoquées par de petites taches solaires ; Le Verrier retint six observations seulement, effectuées en 1802, 1819, i83g, i84g, 1859 et 1862, et qui parurent
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- se rapporter au mouvement d’un même corps céleste. Estimant qu’il s’agissait de la planète intra-mercu-rienne supposée, et baptisée prématurément du nom de Vulcain, Le Verrier calcula plusieurs orbites possibles. Parmi ces orbites, l’une d’elles lui sembla préférable : elle faisait tourner Vulcain en 33 jours suivant une grande inclinaison par rapport à l’écliptique, ce qui expliquait la rareté de ses passages devant le Soleil. Et d’après les éléments ainsi déterminés, il crut pouvoir annoncer que vraisemblablement Vulcain traverserait le disque solaire le 22 mars 1877. Mais rien ne se produisit ce jour-là, pas plus que lors d’un autre passage devant résulter d’une nouvelle orbite qu’Oppolzer calcula par la suite. Notons enfin qu’aucune planète nouvelle n’a jamais pu être remarquée au cours des éclipses totales permettant d’explorer utilement les abords du Soleil.
- Ainsi l’existence de Vulcain ne put être prise en considération. Mais alors on se demandera à quoi se rapportent ces énigmatiques observations de corps célestes venant s’interposer de temps à autre devant le Soleil. Le fait fut encore constaté par .1. Guillaume à l’Observatoire de Lyon, le i5 janvier 1929 (fig. 8), mais seulement par intermittence à travers de vagues trouées dans un ciel très nuageux, ce qui a nui à l’examen précis et à l’enregistrement de la marche du phénomène ; à tout le moins, le passage de cet objet d’environ 12" de diamètre a dû s’effectuer, d’après le déplacement observé, en 37 ou 38 mn.
- Comme on ne saurait admettre que tous les observateurs aient été victimes d’illusions, il faut rechercher une explication plausible aux faits constatés. Ne pourrait-on mettre en cause des astéroïdes circulant comme nous venons de le voir pour certains, et susceptibles ainsi de venir passer enlre la Terre et le Soleil ? Divers faits d’observation autorisent cette hypothèse. Par exemple les durées et les inclinaisons indiquées pour diverses traversées du disque solaire sont conciliables avec le mouvement apparent d’une petite planète se montrant dans ces conditions. Par ailleurs, on pourrait comprendre aussi pourquoi Liais affirmait n’avoir rien vu le 28 mars x85g, alors que le Dr Les-
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- carbault effectuait son observation en apparence si précise. Le premier se trouvait au Brésil et le second aux environs d’Orléans : or entre ces deux points si distants sur le globe, et pour un astre voisin de la Terre (comme dans le cas d’Hermès) l’importance de l’effet parallactique aurait pour résultat que cet astre visible pour l’un devant le Soleil, paraîtrait rejeté en dehors pour l’autre.
- 11 n’est donc pas interdit de supposer que les recherches relatives aux astéroïdes réservent de nouvelles découvertes qui apporteront peut-être une solution satisfaisante à cette question de mystérieux passages devant le Soleil, jadis attribués à une planète intra-mercurienne.
- Lucien Rudaux.
- Fig. 8. — Passage d’un corps céleste devant le Soleil, observé le 15 janvier 1929 par J. Guillaume à l’Observatoire- de Lyon.
- ...NOUVELLES EXPÉRIENCES ...............................
- DISPOSÉES DANS LA SALLE AMPÈRE-FARADAY AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE
- La Nature a déjà publié l’année dernière dans son numéro consacré à la physique au Palais de la Découverte (ier septembre 1987, pp. 238-245) une description des principales expériences d’électromagnétisme qui avaient été disposées à la salle Ampère-Faraday au Grand Palais.
- Le Palais de la Découverte a, comme on le sait, survécu à l’Exposition de 1907 ; il occupe encore une partie du Grand Palais et continue à recevoir des visiteurs,
- particulièrement de nombreux jeunes gens désireux de voir de près bien des expériences qu’ils ne connaissent que par des livres. M. Jean Perrin espère que le Palais de la Découverte deviendra permanent et pourra être installé à demeure dans un local parfaitement adapté.
- Une telle exposition permanente serait beaucoup plus intéressante si les expériences qui sont présentées n’étaient pas toujours les mêmes : l’idéal serait même
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- Fig. 1. — Attraction et répulsion de bobines.
- qu’elle suive constamment le progrès de la science et qu’elle soit même associée en quelques sorte à un centre de recherches. En attendant que cet idéal puisse être atteint, on a déjà, dès cette année, ajouté aux expériences que l’on pouvait voir l’année dernière quelques expériences nouvelles. Je voudrais dire quelques mots de celles qui viennent d’être montées à la salle Ampère-Faraday. Elles ont été montées par des travailleurs du Laboratoire de l’Électro-aimant à Bellevue ; c’est grâce à eux, particulièrement à MM. ïsaï et Servant, quelles comprennent- quelques appareils inédits. M. Poirson, qui est, comme on sait, l’auteur de la puissante dynamo installée dans cette salle nous a continué aussi sa collaboration particulièrement précieuse.
- Je rappelle qu’il y a dans la salle Ampère-Faraday un premier groupe d’expériences consacrées à l’électromagnétisme et qui sont faites avec des courants de faible intensité. On a ajouté à des expériences de ce groupe une expérience d’électro-dynamique et divers
- Fig. 2. — Appareil de démonstration de la loi de Coulomb.
- appareils ou expériences sur les aimants : un appareil pour la démonstration de la loi de Coulomb, un appareil pour tracer un cycle d’hystérésis, une maquette d’un grand, aimant permanent, un appareil nouveau pour la mesure du champ magnétique, une expérience sur l’action de freinage des courants induits : toupie électro-magnéique.
- Les autres expériences sont toutes faites avec les courants très intenses de la dynamo de Poirson : elles comprennent les expériences sur la volatilisation et la sublimation du carbone (Poirson) et des expériences où l’on utilise le champ magnétique que ces courants très intenses produisent autour des barres qui les conduisent ; en particulier, un nouveau dispositif de potentiomètre magnétique de M. Tsaï qui permet de contrôler la mesure de ces courants très intenses.
- EXPÉRIENCES
- DISPOSÉES D’UNE FAÇON PERMANENTE
- I. — Attraction et répulsion des bobines. — Au
- centenaire de la mort d’Ampère en 1936 à Lyon, M. Bethenod avait disposé une expérience où l’on voyait suspendue au-dessus de la scène du Grand Théâtre, une grande bobine dont les spires s’éloignaient ou se serraient près les unes des autres quand on y lançait un couixmt intense. C’est cette expérience qui a suggéré les suivantes, disposées à côté des pendules parcourus par des courants dont l’attraction et la répulsion illustraient déjà la découverte d’Ampère.
- Deux paires de bobines très légères de 10 cm de diamètre et de 5 cm de longueur sont constituées par du fil de 5/io enroulé sur une carcasse de carton. Deux tringles sur lesquelles coulissent les crochets de suspension des bobines conduisent le courant à celles-ci, chaque bobine est suspendue par 4 fils de 5o cm de longueur (fig. 1).
- Une minuterie actionnée par un bouton lance un courant de i5 A pendant un très court instant dans les bobines qui subissent un déplacement de 5 cm environ.
- Un solénoïde horizontal de grand diamètre maintenu seulement suivant sa génératrice inférieure a ses spires écartées en éventail par l’élasticité naturelle du fil qui le constitue. Par le passage du courant les spires se resserrent les unes contre les autres et l’éventail se referme.
- IL — Appareil pour la démonstration de la loi de Coulomb. — Deux aimants en acier Holtzer de 11 mm 3 de diamètre et de i5 cm de longueur sont maintenus verticalement l’un au-dessus de l’autre avec des pôles de même nom en regard. Gomme l’indique la figure 2, l’aimant inférieur est fixé à un peson constitué par un levier coudé portant un contre-poids et une aiguille indicatrice, un système à parallélogramme maintient toujours l’aimant vertical. L’aiguille se déplaçant devant un cadran gradué en grammes indique la force de répulsion F des deux aimants.
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- L’aimant supérieur est réglable en hauteur par un bouton grâce à un système de leviers et de poulies. Pour des distances inférieures à 3 cm on peut ne tenir compte que des pôles en regard et assimiler la répulsion à celle de 2 masses magnétiques situées à 7 mm 5 des extrémités des aimants leur distance d est lue sur une réglette portée par l’aimant supérieur en face d’un index fixé sur l’aimant inférieur. On a :
- F (gr) x d2 (cm) = 100.
- L’ensemble est placé dans une vitrine ne laissant à la disposition du public que le bouton de commande de variation de d.
- III. — Appareil pour tracer le cycle d’hystérésis (M. Tsaï). — Cet appareil (fig. 3) est composé de 2 oscillographes identiques constitués chacun comme un galvanomètre à cadre mobile, mais la bobine de faible inertie est collée au dos d’un miroir de i5 mm de diamètre et elle est suspendue par un fil de torsion entre les pôles d’un électro-aimant. Un système de projection forme un spot lumineux sur un écran après réflexions successives sur les deux miroirs, le premier ayant son axe d’oscillation vertical et le second horizontal. En pressant sur un bouton on envoie un courant alternatif à 5o pér./sec. dans la bobine mobile du premier oscillographe et dans l’électro-aimant du deuxième, en même temps qu’on envoie un courant continu dans la bobine mobile du deuxième oscillographe et dans l’électro-aimant du . premier. Dans ces conditions les déviations horizontales et verticales du spot seront respectivement proportionnelles à H et à B, le cycle d’hystérésis sera tracé 5o fois par seconde et grâce à la persistance de l’impression rétinienne on verra la courbe en totalité sur l’écran en verre dépoli.
- IV. — Maquette au ljlO d’un grand aimant permanent en construction pour le Laboratoire de Bellevue (MM. Rosenblum, Tsaï, Guillot). — Cette maquette à carcasse rectangulaire comporte un socle de dimensions 35o x no x 5o mm qui porte en son milieu le noyau polaire inférieur et à ses deux extrémités 2 montants de section 5o x no mm et de longueur 35o mm. Ces montants supportent une traverse à laquelle est suspendu le noyau polaire supéi'ieur. Le socle, les montants et la traverse sont en fer doux (voir la figure zodiaque noyau polaire, en acier au nickel-aluminium, a 80 mm de haut et ii3 mm de diamètre, et se trouve prolongé par une pièce polaire tronconique en fer Armco qui réduit la surface de l’entrefer à celle d’un rectangle de 44 x 78 mm. Un système à coulisse permet (dans cet appareil d’essai) de régler le noyau supérieur pour obtenir l’entrefer voulu. Chaque montant est coupé en deux par une cavité cylindrique dans laquelle tourne à frottement doux un cylindre en fer portant dans une rainure quelques tours de fil qu’on peut relier à un fluxmètre. On peut mesurer ainsi le flux total.
- Fig. 3. — Appareil pour tracer un cycle d’hystérésis.
- Pour aimanter la maquette on a entouré les noyaux polaires d’un bobinage constitué par 12 tours d’un tube de cuivre de section i3 mm 5 x i3 mm 5 dans lequel on fait passer un courant de 7.000 ampèi'es, la réfrigération étant assurée par un courant d’eau.
- Cette maquette donne un champ de 10.000 gauss dans un entrefer de 44 x 78 x 3 mm et la règle de similitude permet de prévoir pour l’aimant définitif du poids de 60 t environ le même champ de 10.000 gauss dans un entrefer de 44 x 78 x 3 cm. Le champ obtenu avec ce grand aimant,' rigoureusement constant, et qui se maintient indéfiniment sans aucune dépense d’énergie, servira tout d’abord à des recherches sur la déviation magnétique des rayons a,
- Fig. 4. — Maquette du grand aimant permanent de. Bellevue.
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- Fig. 5. — Appareil pour la mesure des champs magnétiques (Système Servant-Tsaï).
- puis à d’autres ensuite. C’est ia Caisse nationale de la Recherche scientifique qui a accordé le crédit nécessaire à la construction de ce grand aimant.
- 1.000 gauss et il suffît de multiplier le courant par N pour avoir des sensibilités N fois plus grandes.
- VI. — Toupie électro-magnétique. — Cette expérience due à Ch. Manet a été décrite déjà sous le nom de toupie électro-magnétique dans La Nature du ia janvier 1888, mais elle paraît avoir été oubliée.
- Le disque en fer D (fig. 6) tournant à une certaine vitesse, se trouve repoussé par tout aimant tel que n qu’on approche de lui de telle sorte que les lignes de force le traversent normalement ou obliquement.
- 11 s’agit évidemment d’un effet de réaction dû aux courants de Foucault induits dans le disque, en combinaison avec l’effet gyroscopique.
- Le champ H perpendiculaire à la zone A induit dans cette zone du disque des courants dont la réaction donne lieu à un effort de freinage tel que AF, perpendiculaire à OA, dans le plan du disque.
- Cet effort de freinage donne lieu au couple (F'-F) qui tend à s’opposer au mouvement de rotation, et à la
- V. — Appareil pour la mesure des champs magnétiques (système Servant-Tsaï). — Une tige creuse horizontale (fig. 5) montée sur pivots porte à une extrémité une petite bobine de 5oo tours et de dimensions 10 x 3 mm qui, parcourue par un courant connu I et placée dans le champ H à mesurer, sera soumise à un couple fonction de n,SIH. La tige porte à l’autre extrémité une aiguille indicatrice et deux ressorts spiraux qui fournissent le couple de rappel et forment en même temps amenées de courant. Le tout est renfermé dans un boîtier approprié, fixé par une genouillère sur un plateau à vis calantes. Deux bornes permettent de relier l’appareil à sa boîte d’alimentation (dimensions : 5 x 10 x i5 cm) qui renferme une pile sèche de 4 ’v, un rhéostat, un milliampô-remètre et un interrupteur. Pour un courant de 20 milliampères on obtient une déviation de près de go° sur le cadran dans un champ de
- Fig. G. — Toupie électro-magnétique.
- Fig. 7. — Le cadre de Dclesenne.
- force OF permanente, appliquée au centre O, perpendiculairement au plan XOA. On sait qu’alors l’effet gyi'oscopique se traduit par un effort OF' perpendiculaire à OF et dirigé suivant OA. Le disque tend ainsi à s’incliner en pivotant autour de P, le côté OA s’abaissant de sorte qu’on a ainsi l’illusion que l’aimant repousse le disque de fer.
- On obtient le même résultat en freinant mécaniquement le disque soit en A soit sur la tranche : il s’abaisse du côté freiné.
- EXPÉRIENCES
- AVEC LES COURANTS TRÈS INTENSES
- VII. — Cadre de Delezenne. — Un cadre en bois de 4o x 5o cm sur lequel se trouvent enroulés quelques centaines de tours de fil tourne autour d’un axe
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- horizontal parallèle à ses grands côtés. Les extrémités du lil sont reliées par bagues et frotteurs à une petite ampoule de 12 v. L’appareil étant placé sur les barres d’aluminium parcourues par âo.ooo À et produisant un champ d’une valeur moyenne de 4oo gauss à l’emplacement du cadre, on met le cadre en rotation au moyen d’une manivelle par l’intermédiaire d’un système d’engrenages et on constate que la lampe s’allume (fig. 7).
- VIII. — Roue de Barlow. — Une roue de bicyclette à jante en bois est maintenue par son axe au-dessus des barres dans lesquelles passe le courant de 5o.ooo A. Le bas de la jante est plongé dans une petite cuve à mercure mise en communication avec un des pôles de la dynamo qui alimente la barre, ce qui conduit aux extrémités des rayons une dérivation du courant principal. Ce courant dérivé d’une cinquantaine d’ampères parcourt les rayons de bas en haut et, sous l’action du champ de 4oo gauss qui règne près des barres, la roue se met en rotation.
- Cette expérience peut être faite en remplaçant le mercure par une solution de sulfate de cuivre, en particulier. M. Sève de la Faculté des Sciences de Marseille a réalisé ainsi cette expérience. Mais dans ce cas, on est obligé de changer périodiquement le sens du courant pour annuler les effets de l’électrolyse.
- IX. — Appareil Pestarini=Fontaine pour la mesure des courants intenses. — Cet appareil, introduit ici comme exemple des appareils employés déjà à de telles mesures, comporte principalement une dynamo, à inducteur de forme rectangulaire qui entoure la barre dans laquelle circule le courant à mesurer I. L’induit est mis en rotation par un petit moteur et se trouve relié à un voltmètre. On envoie dans l’enroulement inducteur à n tours (n — 1.000) un courant connu i tel que le voltmètre marque zéro et dans ce cas, les ampère-tours dus au courant I se trouvent exactement compensés par les ampère-tours produits par le courant i. NI = ni, N = 1, d’où I = ni. On doit prendre quelques précautions spéciales pour éliminer l’action de l’hystérésis du fer constituant le circuit magnétique.
- X. — Utilisation du potentiomètre magnétique pour la mesure des courants intenses (Tsaï). — On constitue une bobine flexible en enroulant un fil isolé sur un tube de caoutchouc dont la longueur est maintenue constante par un câble en cuivre glissé à l’intérieur et fixé par vis et rondelles aux extrémités du tuyau. Un fil légèrement élastique est intercalé entre les spires du bobinage pour garder sa flexibilité à l’ensemble. L’enroulement est effectué en double couche de façon à ramener au même point les deux extrémités du fil que l’on relie à un fluxmètre.
- En notant ia déviation 9 du fluxmètre lorsque la bobine ceinture la barre dans laquelle circule le courant à mesurer I et lorsque la bobine forme une bou-
- Fig. 8. — Aspect de Vappareil Servant-T saï pour la mesure des champs magnétiques.
- cle fermée sans ceinturer la barre on obtient immédiatement la valeur de I, soit :
- I le courant à mesurer 0~nsJ'H.dl = ns.l\v;l r=D©.
- n le nombre de tours par cm s la section de la bobine 10.D0
- D la constante du fluxmètre amPeres*
- .,/.i l. u fluxmètre
- Si on prend un tube de 1 m 5o de longueur et de Fig. 9. — La dynamo Poirson.
- mm
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- 10
- Fig. JO. — Expérience sur Veffet Joule.
- 2 cm de diamètre avec un enroulement en fil de 5/io (s — 3,1416, n — 12) relié à un lluxmètre de constante D — 10.000, on aura :
- I = 212 A.
- XI. — Expériences sur l'effet Joule. — M. Poirson a fait à plusieurs reprises des expériences intéressantes
- sur le ramollissement du graphite quand celui-ci est parcouru par des courants très intenses. Une de ses expériences est visible de temps en temps dans la salle Ampère-Faraday où elle constitue non seulement une expérience intéressante de l’effet Joule, elle sert aussi à des mesures et à des essais (fig. 10).
- A une potence se trouvent suspendues verticalement deux plaques d’aluminium reliées aux barres par des rubans de cuivre. Un système de volants et d’écrous permet de régler la distance entre ces plaques. Un cylindre de graphite de 8 cm de diamètre et de 12 cm de longueur est inséré entre les plaques par interposition de deux blocs de graphite de 3o cm de diamètre et de i4 cm d épaisseur entourés d’un serpentin réfrigérant. Par le passage d’un courant de So.ooo A, le cylindre se trouve porté en peu de temps au blanc éblouissant. En agissant sur les volants on écrase le cylindre de graphite qui prend la forme d’un tonneau sans s’effriter, ce qui montre qu’il y a eu un ramollissement du graphite. La température atteinte dépasse 4-ooo° à la surface externe de l’éprouvette en graphite, et est encore plus élevée au centre ; on obtient même dans certaines conditions, la fusion, la vaporisation et la condensation du carbone.
- En prenant des cylindres creux, en graphite et dispositifs appropriés on peut effectuer des réactions à très hautes températui'es et sous une certaine pression.
- Aimé Cottosn. Membre de l’Institut.
- UN NOUVEAU RECORD FRANÇAIS U ALTITUDE
- UN BALLON MÉTÉOROLOGIQUE DÉPASSE 30 KILOMÈTRES
- I. — L'Office national météorologique dirigé par M. Ph. Wherlé vient de réussh' une ascension de ballon-sonde avec émetteur radio particulièrement remarquable.
- Pour la première fois en France, l’altitude de 00 km a été dépassée. Le dernier record établi s’élevait à 28.900 m et datait du 12 avril 1938. Un gain de près de 3 km a été réalisé d’un seul couprff
- Le ballon a été lancé tout récemment, le 26 novembre 1938, à Saint-Cyr, à 16 h. Il n’a cessé d’envoyer ses observations de température, de pression et d’humidité, grâce à son émetteur radio-télégraphique, jusqu’à l’altitude maxima de 3r.465 m, après quoi il est redescendu en poursuivant d’ailleurs l’émission.
- Le record du monde établi par un ballon allemand lancé par le météorologiste Wigand est ainsi approché d’une manière sérieuse. Ce record s’élève à 34-ooo m environ, mais a été établi par un ballon sans émetteur, de sorte que le récent record français est aussi à notre connaissance le record du monde pour ballon radio-émetteur.
- IL — Les principales dispositions techniques. —
- On imagine que, pour réussir une ascension aussi élevée, de nombreuses précautions doivent être prises.
- Le ballon employé est du type le plus moderne. Il est construit par la nouvelle méthode de projection sur une sphère.
- On sait qu'autrefois les ballons se composaient de fuseaux de caoutchouc soudés les uns aux autres à la manière dont on construit les grands ballons d’ascension. Ce mode de construction avait l’inconvénient de laisser se produire assez facilement des fuites, ce qui limitait l’altitude atteinte. Dans le procédé actuel, une sphère creuse, d’un diamètre approprié, constitue une espèce de moule sur lequel on projette, par pulvérisation, une solution de caoutchouc. On obtient ainsi une sphère aussi régulière que possible.
- Le ballon employé avait un diamètre de 80 cm, était gonflé à l’hydrogène et sa force ascensionnelle était de 3 kgr.
- Le météorographe à radio-sonde émetteur pesait seulement x kgr ç5o, y compris tous ses accessoires; ce poids comprend donc les appareils de mesure : baromètre, ther-
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- momètre, hygromètre, les boites de protection et le parachute, ainsi que le poste émetteur radiotélégraphique complet, avec son antenne.
- L’appareil employé est du modèle établi par le commandant Bureau, on peut dire, sans exagération, qu’il est le meilleur modèle de météorographe radio émetteur actuellement existant.
- La durée totale de l’ascension a été de 89 nin, soit sensiblement x b 1/2. Le ballon a été suivi au théodolite au début de sa course. Il se dirigeait vers le Nord-Est. Le vent, au sol, était du Sud-Ouest; vitesse ; 9 m. Le temps n’était pas beau; le ballon n’a pas pu être observé longtemps. Il a été retrouvé à la limite du département de l’Aisne et de la Seine-et-Marne.
- III. — Les observations météorologiques recueih lies. — Les renseignements envoyés par l’émetteur durant celte ascension remarquable présentent un intérêt météoi'o-logique notable.
- La courbe des températures que nous reproduisons ci-con-Irc est instructive et particulièrement frappante si on la compare à la courbe analogue obtenue le lendemain. C’est ce que nous axions fait en reportant les deux courbes sur la même figure (trait noir pour le record, ponctué pour le lendemain).
- Elles décèlent l’arrivée en altitude d’une masse d’air chaud très épaisse se superposant aux masses d’air voisines du sol et qui, elles, n’ont presque pas changé de température d’un jour à l’autre.
- Sa frontière inférieure se trouvait, le lendemain, à une hauteur d’environ 3.000 m et sa masse s’étendait très régulièrement jusqu’à 10.700 m, c’est-à-dire en mordant nettement sur la stratosphère inférieure.
- Le réchauffement correspondant était marqué (environ 6°).
- La stratosphère a été rencontrée à une altitude de 9.600 m et la température était à ce niveau de — 55°.
- Si on compare ces chiffres aux moyennes, on peut dire qu’il s’agissait d’une stratosphère relativement basse et peu froide, malgré la rigueur qu’offre à nos yeux la température de — 55°. Ceci montre qu’on se trouvait dans une masse d’air polaire bien caractérisée. Au contraire, la masse d’air, qui a été décelée le lendemain dans ces couches élevées, était une masse d’air chaud tropical.
- Parmi les autres points remarqués dans les courbes des températures nous signalerons une inversion de température enti'e a.5oo et 3.3oo m. Sur les 800 m de cette couche de transition, la températux’e a cessé de baisser et est restée à peu près stationnaire au lieu de descendre environ de 4J, comme c’eût été normal.
- Entre la limite de la sti’atosphère : 9.600 m et le sommet de la trajectoire à 3i.465 m, la tempéi'atui’e a été très peu variable sur 22 km d’altitude : entre la limite de la stratosphère et l’altitude de i5.ooo m, c’est-à-dire sur les 5 premiers km environ, on assiste à un réchauffement très modéré. La température l’emonte de — 55° à — 5o°. Au contraire, sur les 16 derniers km, la température descend très lentement de — 5o° à — 59°5. Encore est-elle restée presque constante de i5 à 22 km puisqu’à 22 km on mesure seulement — 5i°.
- IV. — Le réchauffement de la haute stratosphère.
- — Certains indices ont conduit à supposer que dans la haute stratosphère, la température, au lieu de demeurer très rigoureuse, se relevait et dépassait même la température au sol. On a été jusqu’à envisager des températures de 100 et de x5o°.
- v. :r : —.......: 11 =
- Le nombre des sondages ayant dépassé 3o km est encoi’e restreint. Celui que nous relatons est d’autant plus important pour résoudre la question. En fait, il ne montre aucune tendance au réchauffement, même au sommet de la trajectoire de l’ascension. Bien que négatif, ce résultat est précieux.
- V. — L’action de la basse et moyenne strato= sphère sur le temps au sol. — On a cru longtemps que les perturbations qui commandent les changements de temps au sol et qui sc caractérisent par la pi’ésence des nuages et des météores, n’étendaient pas leur influence au delà d’une altitude de 8 à 10 km, celle où les nuages deviennent de plus en plus ténus et dispax-aissent complètement..
- Depuis que les sondages atteignent quotidiennement la stratosphère ou tout au moins ses couches inférieures (entre 10 et 20 km d’altitude), des faits ont été observés qui contredisent l’opinion antérieure sur l’action de la stratosphère dans les couches inférieures. La stratosphère ne peut plus être regai'dée comme une région sereine, où une température régulière règne sur d’immenses hauteurs et qui tourne autour de la terre au-dessus de la ti'oposphère, sans se préoccuper, pour ainsi dire, des perturbations qui gouvernent la vie des hommes : pluies, tempêtes, orages, etc...
- Les changements de température qu’on y mesure sont souvent plus amples qu’au sol et ils se produisent plus rapidement : des vai’iations de i5 à 20° en 24 h n’y sont pas très rares au-dessus de Paris alors qu’on ne les obsei’ve pratiquement jamais au sol. De même, les changements d’altitude de la base inférieure de la stratosphèi’e (on la nomme tropopau.se) sont grands et rapides : ils se chiffrent par plusieurs km en 24 h.
- Fig. 1. — Sondage record exécuté à Trappes, le 26 novembre 1938, à 16 h, altitude 31.463 m.
- km
- 30
- 25
- 20
- 15
- 10
- Refroidissement de 1S° en 2kheures dans la S tratosphère. dû à l'invasion d'air tropical.
- -80*
- Limite
- inférieure de la Stratosphère Je 26 Hovembre 1938
- Limite inférieure de la Stratosphère le 27 (relèvement de 3000mètres dû à l’invasion tropicale).
- Réchauffement de 5è 10° en 2k heures (air tropical).
- Base de /'invasion d'air tropical le 27 Novembre 1938
- Même masse d’air le 26 Novembre que le 2 7les températures n ontpas varié.
- Inversion de température
- -r£ÿ
- km
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- 15
- 10
- 40*
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-
- = 12 ' - ...........................................
- L’ascension clu 26 novembre permet de vérifier nettement les observations générales qui précèdent.
- Entre le 26 et le 27 novembre, la variation de température au sol, à iC h (heure de l’ascension), a été seulement de l’ordre de i°. Au contraire, la variation en altitude dans toute la région supérieure à 3.000 m et jusqu’à près de 11.000 m, a été de l’ordre de 6° et s’est traduite par un réchauffement.
- Au-dessus de 11.000 m, l’ampleur du phénomène n’a pas diminué et cela jusqu’à 17.000 m environ, altitude où la comparaison devient impossible, le sondage du 27 novembre ne s’étant pas élevé plus haut. La seule différence c’est que la variation de température a changé de sens et s’est traduite par un refroidissement de la stratosphère inférieure. Ce renversement de variation est, d’ailleurs, un phénomène très fréquent.
- La variation d’altitude de la stratosphère a également été rapide. Entre le 26 et le 27 novembre, la limite inférieure de la stratosphère s’est élevée d’environ 3.000 m en 24 h, c’est-à-dire que l’épaisseur de la troposphère a augmenté brusquement de plus de 26 pour 100.
- On voit que le champ ouvert aux recherches scientifiques par les progrès techniques qui permettent d’atteindre les couches élevées de l’atmosphère est très important.
- Des efforts seront faits par les savants de l’Office National Météorologique pour améliorer encore le record français qui vient de dépasser 3o km. Nous avons tenu à signaler sans retard ces recherches remarquables.
- Ph. ScHEHESCnEWSKY.
- = LES MILIEUX DE MONTAGE EN MICROSCOPIE =
- Les objets microscopiques plus ou moins opaques ou colorés donnent facilement de bonnes images, parfaitement visibles, par suite de la transmission plus ou moins intense ou colorée de la lumière qui les éclaire.
- Il n’en est pas de môme des objets incolores. Ceux-ci ne sont visibles que par leurs contours, par suite de l’altération que subit la lumière aux points de contact de l’objet et du milieu dans lequel il est immergé, par suite de phénomènes de diffraction.
- Pour obtenir de bonnes images dans de telles conditions, il est nécessaire qu’il y ait un écart suffisant entre l’indice de réfraction de l’objet et celui du milieu d’observation dans lequel il est plongé.
- On sait que les phénomènes de réfraction sont régis par les deux lois de Descartes :
- i° Le rayon réfracté est dans le même plan que le rayon incident.
- 20 Le rapport des sinus de l’angle d’incidence et de l’angle de réfraction, pour deux mêmes milieux, est
- un nombre constant : - ?D - = n .
- sin r
- Ce rapport n est appelé indice de réfraction, il mesure en même temps le rapport des vitesses de la
- lumière dans les deux milieux : — = n = — .
- sin r v
- On conçoit facilement que si l’on observe un objet microscopique d’indice n plongé dans un milieu ayant le même indice, la lumière traversera le tout sans aucune modification et l’objet sera pratiquement invi sible. Ce n’est que s’il y a un écart entre les deux indices que les phénomènes de diffraction lumineuse aux points de contact rendront visibles les contours.
- C’est ainsi que si l’on examine des diatomées qui sont constituées par de la silice hydratée d’indice i,45 à i,46 environ dans de l’huile de lin d’indice i,48, elles seront à peine visibles ; les images seront meilleures dans le baume du Canada d’indice 1,53 ; enfin dans le monobromure de naphtaline (jn — 1,66), on distinguera les moindres détails.
- Le choix des milieux d’observation et de montage a donc pour les micrographes la plus grande importance. Elle intéresse les diatomistes qui s’attachent aux plus petits ornements des frustules, elle peut également faciliter les recherches d’histologie et de cytologie végétale et animale, enfin elle est de première nécessité pour les minéralogistes, surtout, depuis que les méthodes de détermination microscopique des minéraux en grains ont pris une grande extension.
- On distingue les milieux d’observation utilisés pour les préparations temporaires, c’est-à-dire pour un examen après quoi la préparation sera détruite ; et les milieux de montage permanents pour les préparations qui peuvent être conservées indéfinimient en collection.
- Les liquides employés pour l’observation temporaire sont très nombreux et variés. Il suffit qu’ils soient chimiquement assez bien définis pour que l’indice de réfraction soit constant et qu’ils n’attaquent pas l’objet examiné. C’est le cas d’un grand nombre de produits chimiques purs, de quelques huiles ou essences naturelles et d’un certain nombre de mélanges dont l’emploi est classique en technique microscopique.
- Voici les indices de quelques produits employés couramment :
- Eiau i,336
- Glycérine i,475
- Benzène . i,5oi
- Terpinéol i,48o
- Nitrobenzine .... i,55o
- Chloroforme .... i,44o
- Alcool méthylique . . i,33o
- Naphtaline monobromée. 1,662
- lodure de méthylène. . i,74
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- Les essences les plus courantes sont :
- Essence de girofle. . 1,470
- » cannelle . 1,598
- » lavande . 1,467
- » cèdre . i,5o8
- Huile de paraffine. 1,470
- » lin . . . i,48o
- les mélanges classiques on peut noter
- Lactophénol . i,44
- Chlorallactophénol . 1,49
- Chloralphénol . . . I ,52
- En histologie et en cytologie, beaucoup de techniques de coloration permettent d’obtenir une bonne visibilité sans contrastes d’indices de réfraction avec, en plus, l’avantage que beaucoup de ces colorations sont sélectives. Mais pour les diatomisles, les minéralogistes et également pour les derniers venus : les micrographes qui étudient les microfossiles, les colo-
- ' ..: ' . . = . 13 =
- rations sont impossibles et il leur faut des préparations permanentes montrant le maximum de détails par montage dans des résines conservant à froid une structure vitreuse transparente.
- Ces résines sont mises en dissolution sirupeuse dans un solvant approprié : benzène, xylol, chloroforme, etc.
- Pour l’emploi, on dépose une goutte de cette solution sirupeuse sur l’objet bien sec, déposé sur une lame de verre, on recouvre d’une lamelle et porte à l’étuve ou sur la platine chauffante pour évaporer le dissolvant. Finalement l’objet reste inclus dans la masse résineuse transparente où il se conservera indéfiniment. Les méthodes de montage sont d’ailleurs décrites avec de minutieux détails dans tous les ouvrages de technique microscopique.
- Jusqu’à ces années dernières, les micrographes disposaient d’un nombre restreint de ces résines. La plus employée est le baume du Canada, dissous dans le benzène ou le xylol. A l’état sec, son indice de réfraction est de i,53. On utilise également la gomme Dam-mar (n = i,5i), la colophane (n = 1,52). Pour les indices plus élevés, on a recours au styrax (n = x,64)
- Fig. 1. — La diatomée marine Pleurosigma formosum Fig. 2. — La même, montée dans la résine de coumarone
- montée au baume de Canada (n = 1,53). (n = 1,70 à 1,74).
- (Photos P. Lcfébure, préparations L. J. Laporte).
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- et au baume de Tolu dont l’indice i,64 atteint 1,72 quand le produit est séché.
- Les diatomistes qui recherchaient des indices plus élevés encore pour l’étude des frustules avaient recours à des mélanges dont l’emploi est difficile et parfois dangereux, par exemple des solutions de soufre et de phosphore dans le sulfure de carbone, une solution saturée d’acide arsénieux dans une gelée formée de bromure d’antimoine dissous dans la glycérine (n = 1,80 à 2). Enfin l’acide arsénieux dans une dissolution de sulfure d’arsenic dans le bromure d’arsenic permet d’atteindre un indice de réfraction de 2,3o à 2,4 o (réalgar).
- Tous ces mélanges sont peu stables, désagréables et difficiles à employer. Ils peuvent cristalliser spontanément. Au contact de l’humidité ils deviennent opaques et les préparations sont alors irrémédiablement perdues.
- Ces dernières années, des produits nouveaux ont fourni des milieux de montage intéressants et d’emploi facile.
- L’industrie toute récente des matières plastiques et des résines synthétiques a mis sur le marché nombre de produits nouveaux dont certains présentent un certain intérêt pour les micrographes.
- Il faut placer en premier lieu les résines de Cou-marone. Elles sont constituées en majeui'e partie par les produits de polymérisation de la coumarone :
- CIE
- C°H;< ^CII.
- Ce ne sont pas à pi’oprement parler
- des résines synthétiques : elles proviennent du ti’aite-ment de purification du solvant Naphta par l’acide sxxl-furique. Dans cette opération, la .coumarone et ses homologues sont résinifiés et se séparent.
- On trouve ces résines dans le commerce. La qualité courante est de couleur un peu foncée mais on en ti'ouve aussi de très bien prépai’ées, très transparentes et d’une teinte jaune paille qui sont pairfaites pour l’emploi qui noxxs intéresse.
- L’ixxdice de réfi'action est aux environs de 1,70 à 1,7/1. Cet indice relativement élevé les rend particulièrement propres au montage des diatomées, radiolaires foraminifères, spiculés divers, etc. Les pi’éparations dans ce milieu sont nettement visibles et bien détaillées.
- Les objets coloi’és montés dans la coumai’one résistent parfaitement. Elle n’a pas le pouvoir réducteur du baume du Canada et les couleurs ne sont pas altérées.
- Le point de fusion de ces résines varie entre 65° et 8o°. Elles sont solubles dans la benzine, le toluène, les xylols. On les utilise exactement comme le baume du Canada.
- J’en ai recommandé l’emploi il y a plusieurs années à la Société française de Microscopie et il a été généralement adopté.
- Les bakélites sont des résines produites par la condensation des phénols et d’aldéhyde formique, leur
- indice de réfraction est assez élevé mais elles sont de peu d’intérêt pour les micrographes car elles sont insolubles dans le benzène et foncent de couleur à l’air et à la lumière. Chauffées aux environs de 120° elles présentent un phénomène de polymérisation irréversible et deviennent insolubles dans tous les solvants organiques.
- On trouve également sous divers noms commerciaux des x'ésines d’acétate de vinyle polymérisé CH2 = CH — CO2 — CH3. Elles sont très belles, absolument incolores et transparentes comme du verre. Elles sont solubles dans le benzène, le toluène, les xylols. Leur point de fusion est un peu au-dessus de ioo° C.
- Leur indice de réfraction est aux environs de 1,48 ; il est notablement inférieur à celui du baume du Canada et à celui de la cellulose, ce qui les rend intéressants pour le montage d’un grand nombre d’objets : coupes végétales et animales, protozoaires, etc. Les colorations résistent parfaitement.
- Malheui’eusement leur emploi est très délicat. Leurs solutions se x'étractent très fortement par dessiccation et il est difficile d’éviter des rentrées d’air sous la lamelle. Il faut employer des solutions aussi concentrées que possible, garnir largement la préparation et luter celle-ci sur les bords dès quelle est sèche et que l’on a gratté les bavures du milieu en excès.
- Les résines métacryliques sont également très belles, très claires et transparentes, mais elles ont les mêmes défauts que les résines vinyliques et un indice de îéfraction légèrement plus élevé.
- Les polystyrols sont des résines formées de styrolène polymérisé. Elle sont également transpai’entes comme du verre, solubles dans le benzène, le toluène, les xylols et leur indice de réfraction est élevé : 1,67 environ. Malheureusement elles présentent les mêmes difficultés d’emploi que les résines vinyliques : rétrac-lion considérable au séchage et sont bien moins inté-i-essantes pour les micrographes que les résines de coumarone. Elles présentent cependant cette particularité d’être extrêmement ti’ansparentes aux rayons ultraviolets qu’elles laissent passer jusqu’à 2.900 sans affaiblissement sensible.
- Les micrographes ont souvent l’obligation de recourir à des milieux de montages à haut indice pour pouvoir discerner de minimes détails de structure. Notamment pour letude des diatomées, des microfossiles et surtout pour la détermination microscopique des minéi’aux lourds par leur indice de infraction.
- J’ai indiqué plus haut les milieux employés autrefois et dont la manipulation était dangereuse et désagréable.
- Il existe maintenant toute une série de formules plus simples qui permettent d’atteindre des indices élevés.
- La plus facile à employer est le mélange de soufre et de sélénium. Fondus, ces deux corps sont miscibles en toutes propoidions. La gamme des indices qu’ils permettent s’étend de n = 1,998 à 2,920. Le seul
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- inconvénient de ces mélanges est qu’ils cristallisent et cela d’autant plus rapidement qu’ils sont plus riches en soufre. Mais il est facile de chauffer légèrement la préparation pour la rendre utilisable pendant quelques heures pour l’observation ou la photographie.
- Les mélanges à moins de 45 pour ioo de sélénium sont colorés du jaune à l’orangé ; au-dessus leur couleur fonce jusqu’au rouge sombre. Pour les très hauts indices, il faut employer un éclairage puissant : une lampe poinlolite par exemple.
- Pour les microphotographies dans ces milieux à haut indice il sera préférable d’employer des plaques panchromatiques sensibles à la partie rouge du spectre.
- Voici quelques indices de réfraction pour des mélanges de soufre et de sélénium :
- douce assez commune en France, et plus de 3.ooo par millimètre pour l’Amphipleura Lindheimerii une diatomée d’eau douce assez répandue au Texas et au Brésil.
- Il faut toutefois remarquer que les milieux à haut indice ne doivent être employés qu’excep-tionnellement pour des objets difficiles à résoudre. Outre le fait qu’ils sont assez délicats à manier, il ne faut pas perdre de vue qu’ils exagèrent les contours par une intensité excessive des phénomènes de diffraction lumineuse qui peut déformer la vérité.
- Pour le travail courant, un indice de 1,70 environ, comme celui de la lésine de Coumarone est parfaitement suffisant et d’une utilisation ti'ès générale.
- Soufre Sélénium Indice n Raie D du Sodium
- 100 pour 100 0 pour 100 I>99
- ?5 » 25 )) 2,07
- 5? » 43 )) 2,16 Fig. 3. — La diatomée d’eau douce Navicula rhomboides, montée dans
- 47 20 )> 53 » 2,22 le réalgar (n = 2,4). Grossissement
- )) 80 » 2,49 2.700. On compte 23 à 30 stries sur une distance de 10 p.
- 0 » 100 » 2,92
- Lucien Perruche.
- Fig. 4. — Amphipleura lindheimerii, montée clans le réalgar (n = 2,4). Grossissement 2.700. On compte 30 à 33 stries par 10 p. (Préparations L. J. Laporte, photos P. Lefébure).
- Comme on le voit, l’observation microscopique dispose maintenant d’une gamme de milieux de montage très étendue qui permet de varier l’indice de réfraction suivant la nature des objets à examiner.
- Les photographies de diatomées qui accompagnent cet article précisent l’intérêt de l’emploi de milieux de montage appropriés.
- Les figures 1 et 2 montrent la différence très sensible de la qualité de l’image obtenue en photographiant exactement dans les mêmes conditions des diatomées marines identiques, des Pleurosigma formo-sum très communes sur toutes les côtes françaises, montées pour la figure 1 dans du baume du Canada d’indice i,53 et pour la figure 2 dans de la résine de Coumarone d’indice 1,70 à 1,74. La différence de résolution des stries est très sensible entre ces deux clichés.
- Les figures 3 et 4 montrent une résolution parfaite de diatomées aux ornements très fins et difficiles à observer, montées dans du réalgar dont l’indice atteint 2,4.
- On distingue très nettement les stries des frustules. Or, celles-ci sont au nombre de 2.5oo environ par millimètre pour Navicula rhomboïdes, une diatomée d’eau
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- LE I6ÈME SALON DE L'AVIATION
- 25 NOVEMBRE-Il DÉCEMBRE 1938
- Chaque année le Grand Palais donne périodiquement asile à une série de manifestations de caractère divers qui s’y succèdent d’une façon à peu près invariable.
- Parmi toutes ces manifestations d’ordre artistique, sportif, commercial ou industriel, le salon de l’Aviation (*) tient une place à part car il touche à tous ces domaines à la fois et à bien d’autres encore, constituant en fait une vaste leçon de choses capable aussi bien d’alimenter l’imagination des petits que d’apporter aux grands des enseignements nombreux et variés et de susciter dans leur esprit des sentiments multiples faits à la fois d’admiration envers le génie créateur des formidables machines volantes modernes et de crainte envers la puissance meurtrière de ces engins.
- L’aviation malheureusement tend en effet de plus en plus actuellement vers des buts guerriers et chacun a encore présente à la mémoire la campagne de presse faite tout dernièrement dans le but d’intensifier nos fabrications d’aviation de guerre et de rattraper dans la mesure du possible l’avance importante qu’ont prise sur nous tant en quantité qu’en qualité les nations étrangères et particulièrement l’Allemagne. A la fin
- 1. Le salon de l’Aviation n’a plus lieu maintenant que tous les deux ans.
- de la guerre 1914-1918, nous possédions en France 4.000 avions, nous n’en avons plus aujourd’hui que 1.200 tandis que l’Allemagne atteint dès maintenant le chiffre de 6.000 qu’elle dépassera demain grâce à l’importante main-d’œuvre qu’elle consacre au développement de son aviation.
- Aux côtés de l’aviation purement militaire, l’aviation de transport tend à jouer aussi un rôle de plus en plus important dans l’activité des nations. Elle reste soumise à la tutelle de l’État qui doit encore lui venir en aide matériellement et pécuniairement ; l’État y trouve en échange le moyen de maintenir entraîné tout un personnel de pilotes, de navigateurs et de mécaniciens qui appartiennent tous aux réserves de l’Armée de l’air et qui viendraient au. début môme des hostilités renforcer immédiatement les effectifs de l’armée active en cas de conflit.
- Il n’en reste pas moins que le trafic des grandes compagnies françaises : Air-France, Air-Afrique, Aéromaritime, Air-France .transatlantique, Air-Bleu (aviation postale) est en voie de progression constante. C’est ainsi que le nombre annuel des passagers d’Air-France qui était de 62.376 en 1935 a atteint 87.056 en 19.37 et continue depuis à s’accroître dans les mêmes proportions.
- Le nombre annuel des traversées de la ligne Amérique du Sud était de 86 en 1936, la 100e traversée fut effectuée le 20 juillet 1936 et la 200e le 19 juillet 1937 ; en 193S, xi2 traversées ont déjà été effectuées, la durée du trajet, qui dépassait 4 jours au
- Fig. 1. — L’exposition du ministère de l’Air et des Sociétés nationales de constructions aéronautiques au Salon de 1938.
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- Fig. 3.— Avion de chasse Marcel Bloch, 151 (Construit par S. N. C. A. S. 0.).
- début, se réduit maintenant à a jours 1/2 ; le trafic postal est passé de 129.899 kgr à 200.000 kgr pendant ces deux dernières années.
- Quant à l’aviation légère, ou aviation de tourisme, elle ne comprend que quelques types de petits avions qui servent principalement à la formation d’élèves pilotes dans les clubs d’aviation privés ou dans les Écoles de l’État ; là encore le Ministère de l’Air intervient pour aider matériellement les organisations privées où se prépare la formation de futurs pilotes militaires ; dans celte catégorie se place également le vol à voile ou aviation sans moteur qui utilise les planeurs.
- Les appareils exposés au Grand Palais ne sauraient représenter la totalité des types existants, la place étant beaucoup trop restreinte pour les y loger tous. On a dû établir une sélection des appareils considérés comme les plus intéressants soit par leurs performances, soit par l’importance des séries construites ou en construction, soit enfin par certaines particularités qui en font des appareils spéciaux. On trouve également au salon des « anticipations » sous forme de prototypes encore en essais ou de maquettes destinées à donner une idée des machines de demain.
- 11 a été fait au 16e salon de l’Aviation une très large place aux aéronautiques étrangères, ce en quoi le salon mérite tout particulièrement l’appellation d’exposition internationale de l’Aéronautique, qu’on lui donne également.
- La tâche de présenter au public dans une telle exposition une image fidèle de l’état de l’aviation dans le monde n’était pas aisée et l’on conçoit aisément toutes les difficultés qu’ont eues les organisateurs pour placer au mieux les gigantesques machines qui y figurent. Les avions du salon ne sauraient être sagement alignés et disposés symétriquement dans les stands, comme le sont par exemple les voitures du salon de l’Automobile ; il faut au contraire qu’ils soient disposés en hauteur et dans les positions incli-
- nées qu’ils sont appelés à prendre en vol ; ils apparaissent donc généralement placés de guingois dans un désordre voulu qui donne un effet plus artistique, semblant se poursuivre entre eux comme des oiseaux dans le ciel ; des nuages artificiels formant comme un décor de fond complètent l’illusion.
- En dépit du caractère nettement militaire du salon de 1938 sur lequel nous insistions au début, on n’a présenté à ce salon aucune des armes ou munitions telles que bombes aériennes, mitrailleuses, canons aériens à tir rapide, etc. destinés à équiper et à garnir nos appareils de chasse ou de bombardement.
- Les avions exposés ne sont point hérissés de ces bouches à feu meurtrières prévues dans leur équipement, ils conservent au contraire les lignes élégantes et nettes des fins coursiers de l’air qu’ils sont devenus grâce aux roues d’atterrissage escamotables, et c’est là une preuve de tact et de bon goût dont il faut féliciter les organisateurs.
- Avant de convier notre lecteur à nous suivre dans la visite des principaux stands, rappelons brièvement, pour juger des progrès réalisés, quels sont les derniers chiffres des principaux records : vitesse, altitude, parcours.
- Pour la vitesse pure, le dernier record remonte à avec 709 km par l’Italien Francesco Agello sur hydravion Macchi-Calstoldi, moteur double Fiat de 2.800 ch. Il faut remarquer qu’on n’a pas tenté depuis de battre ce record, car l’appareil de vitesse pure doit êlre conçu tout à fait spécialement dans ce but, au détriment de la charge utile qu’il peut emporter, et qui se trouve réduite au strict minimum : le pilote et l’essence pour quelques minutes de fonctionnement ; c’était le cas de l’appareil italien et ce type d’appareil ne présente au fond qu’un intérêt restreint, beaucoup plus intéressants à considérer sont les records de vitesse avec charge permettant aux avions de maintenir leur vitesse sur des parcours appréciables. Parmi, ces records, il faut citer les suivants qui se rapportent à une charge marchande de 1.000 kgr : 524 km/h sur 1.000 km par l’ingénieur Furio Niclot sur avion
- Fig. 4. — Hanriot N. C. 510 (construit par S. N. C. A. C.).
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- Fig. 5. — Hanriot H. 232 (Avion d’entraînement, S. N. C. A. C.).
- Breda 88, bimoteur Piaggio ix R C 4o, de x.ooo ch chacun, le 9 décembre 1987, en Italie.
- 487 km/h sur 2.000 km par Rossi et Vigroux sur monoplan Amiot 370, bimoteur Ilispano-Suiza de 860 ch, le 8 février 1938, sur le parcoui's Oran-Meknès et 4oo,8io km/h sur 5.000 km par le même équipage et sur le même appareil sur le parcours Istres-Cazaux (France), le 8 juin ig38.
- Les vitesses que peuvent l'éaliser nos avions de chasse exposés au salon sont d’ailleurs de cet ordre, et celles des avioxis de bombardement, plus lourdement chargés cependant, les approchent de bien près.
- Pour l’altitude, que de progrès réalisés depuis le jour : i4 octobre 1897 où Clément Ader effectuait sur son avion Eole avec moteur à vapeur le premier décollage d’un appareil plus lourd que l’air monté par son pilote, à une hauteur évaluée « à l’œil » à 10 cm, jusqu’à celui tout récent : 22 octobre xq38 où la hauteur de 17.074 m a été atteinte par le lieutenant-colonel italien Mario Pezzi sur biplan de record Caproni moteur Piaggio et muni d’une cabine étaixche spéciale chauffée sans laquelle le pilote n’aurait pu résister à la dépression atmosphérique ni à la température extrêmement basse (65 mm de pression, — 69° de tempéi’a-ture) que l’on l’encontre à cette altitude. Les chiffi-es et dates ci-après donneront une idée de la progression x’éalisée en altitude :
- Fig. G. — Hanriot H. 182 (Avion-école et d’entraînement, moteur Renault-Bengali de 140 ch).
- En 1908, Wilbur Wright atteignait pour la pi’e-miôre fois les 100 m au Mans. En 1910, Latham, à Châ-lons, franchissait les 1.000 m et en 1912, Legagneux les 0.000 m à Issy. Les 10.000 m ne furent atteints qu’en 1920 par Schroëder aux Etats-Unis. Et l’an dernier, le 3o juin 1937, le lieutenant anglais M. J. Adams atteignait i6.64o m sur avion Biùstol 138, moteur Bristol Pegasus 490 ch, recoi'd pi'écédant celui de Pezzi. On annonce qu’en Suède, l’ingénieur Swen Lindkwist construit un avion stralosphérique qui dépassei'ait 18.000 m.
- Le record du monde d’altitude est détenu par le ballon stratosphérique américain « Explorer II » qui atteignit 22.066 m le 11 novembre 1935 à Rapid City monté par le capitaine Orvil A. Anderson pilote, et le capitaine Albert W. Stevens, observateur.
- En ce qui concei'ne les records de distance, les distances maxima fi'anchies sans escale atteignent ii.65i km en circuit fermé (record battu au Japon les 10, i4 et i5 mai 1938 par Yuso Fujita et Takahashi, sur monoplan Kôken Long Range) et io.i48 km en ligne di’oite (record battu les 12, i3 et i4 juillet 1937, de Moscou à San Jacinto aux Etats-Unis, par les aviateurs russes M. Ci’omov, A. Youmachev et Daniline sur monoplan A. N. T. 25-i). 11 faut citer en outi’e comme performances remarquables le raid de 7.000 km sans escale effectué le 7 et le 8 juillet par un gi’oupe de 4 avions militaires anglais Vickers Welles-ley à moteur Bristol Pegasus ; partis le 27 de Ci'omwel (Lincolnshire) à 4 h 10 du matin pour arriver le 8 à 1 :> li ro à Ismaïla (Égypte) après avoir viré au golfe Persique ; et le tour du monde de New-York à New-York en 3 jours 19 heures 17 minutes, accompli par l’équipage américain HoAvard Hughes, Thurlow, Con-nor Sloddart sur avion Lockheed Electra, bimoteur Wright Cyclone, du 10 au i4 juillet 1938, avec escales au Bourget (traversée de l’Atlantique Nord en 16 h 35), à Moscou, Omsk, Yakoutsk dans l’Alaska, Mineapolis et New-York, le parcours total, soit 23.5oo km ayant été accompli à la moyenne de 25e km/h (vitesse commerciale).
- LES AVIONS
- A l’instar de ces magnifiques randonnées, la visite du salon se présente un peu elle aussi comme un tour du monde mais en raccourci et nous commencerons par la France qui y occupe la place principale : centi'e de la grande nef, galeries adjacentes, balcon central et salles adjacentes.
- L’exposition française se présente cette année, poun’ait-on dire, sous le signe de la nationalisation. Depuis 2 ans, en effet, la majorité des industries de l’aviation ont été nationalisées, c’est-à-dire transformées en sociétés anonymes dont la majorité des actions (les 2/3) sont détenues par l’Etat. Il en est l'ésulté une unification qui saute aux yeux au salon de 1926, avec un souci de généraliser
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- Fig. 7. — C. A. 0. 300 (Hydravion-école construit par S. A'. C. A. 0., moteur Salmson 280 ch).
- l’emploi des machines modernes perfectionnées et des meilleurs procédés de fabrication et d’usinage. Cette organisation nouvelle est présentée au public par le moyen de panneaux peints ou portant d’immenses photographies agrandies et qui représentent l’intérieur et la vie des usines de fabrication : bureaux de dessin, laboratoires, etc., ainsi que par la disposition ordonnée des stands où sont exposées les productions des sociétés nationales de constructions aéronautiques :
- S. N. C. A. Nord, S. N. C. A. Sud-Ouest,
- S. N. C. A. Centre, S. N. C. A. Ouest,
- S. N. C. A. Sud-Est et S. N. C. A. Midi, le stand du Ministère de l’Air, le plus important de tous, se trouve placé en chef de file des 6 autres au fond de la grande nef, face à l’entrée principale ainsi qu’au balcon du Ier étage. On y voit le gigantesque Farman 2.234, quadrimoteur transatlantique, à cabine étanche pour vol en altitude, et au-dessus, s’étageant jusqu’au balcon, diverses maquettes dont celle du Bréguet 780, quadrimoteur. Tout au sommet, accroché à la nef, l’avion de chasse Arsenal V. G. 3o C/i, construit dans l’Arsenal de l'État.
- La galerie de nef, à gauche, est presque entièrement occupée par la maquette grandeur du fuselage du futur avion transatlantique S. E. 200 de 600 t, à double étage de cabines destiné à T Atlantique Nord ; ce fuselage est posé sur un plan d’eau artificiel et le public est admis à en parcourir l’intérieur où l’on retrouve, à plus petite échelle, tout le luxe et le confort d’un « Normandie ».
- En arrière de la nef et pour ainsi dire dans la coulisse, on assiste à tous les travaux de recherches et à la gestation, en quelque sorte, des techniques nombreuses qu’exige la réalisation d'un avion : la mécanique des fluides et l’aérodynamique venant en tête ; on voit aussi le moteur à huile lourde Clerget transatlantique 16 H, i.5oo-2.ooo cv à 16 cylindres en V et à compresseur Bateau qui est à l’avant-garde de la technique du Diesel d’aviation en France.
- Dans les diverses salles du 1e1' étage sont présentés les maquettes, tableaux et dioramas du Service des travaux et installations : aérogares du Bourget, Marseille, Le Havre, Vichy, Strasbourg, terrain de Nice, Biscaros, et diverses statistiques des compagnies de navigation aérienne. Un hall est réservé à l’aviation populaire, vol à voile, etc. avec 3 petits avions de sport : le Cri-Cri Salmson, le Caudron-Luciole et le Mauboussin 123 ; les planeurs et les modèles réduits ont aussi leur place et les écoles, ainsi que les services météorologique et radio ont aussi leur exposition.
- La S. N. C. A. Nord expose le Potez 662, quadrimoteur de transport rapide (46o km/h) pour 12 passagers, tout en duralumin, et l’hydravion Potez 160 qui est une maquette volante à l’échelle de 1/2,6 de l’hydravion transatlantique Nord Potez 161 prévu avec
- 6 moteurs de 5.58o ch au total et pouvant transporter un poids total de 4o t à 357 km/h.
- La S. N. C. A. Sud-Ouest présente le quadrimoteur de bombardement Bloch 162 B 5 de 4-4oo ch (4 moteurs Iiispano-Suiza i4 AA) pouvant transporter jusqu’à 4 bombes de 5oo kgr à 475 km/h et à une distance de i.4oo km, train rentrant Messier, hélices tripales à pas variable, amié de deux canons de 20 mm et de deux mitrailleuses ; et l’avion de chasse Bloch 15 x, moteur Gnome-Rhône i4 N sup. (vitesse 48o km/h à 4.200 m).
- La S. N. C. A. Centre présente les avions Hanriot N C 510, avion « de travail » bimoteur (2 Gnome-Rhône 760 ch), 35o km/h; Hanriot 23a, bimoteur d’entraînement aux appareils bimoteurs, pouvant faire du 820 km/h à 1.000 m, et l’Hanriot 182 monomoteur d’entraînement qui fait du 200 km/h.
- La S. N. C. A. Ouest présente l’hydravion Loire i3o, catapultable et repliable et le monoplace de chasse CAO 200, pouvant atteindre 55o km/h.
- La S. N. C. A. Sud-Est expose le L E O 45 de bombardement, bimoteur qui atteint les 5oo km/h et le Romano R 82 Et 2, avion de transformation et d’acrobatie.
- La S. N. C. A. Midi, ancienne Société Dewoitine, n’expose que des maquettes, l’avion de chasse Dewoitine 520 ne devant pas figurer au salon par ordre du
- Ministère de l’Air.
- Fig. 8. — Le Léo 43, gros bombardier à grande vitesse (500 km/h) construit par S. N. C. A. S. E.
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- Fig. 9. — L’hydravion Léo H. 24. 6 (porte 18 t ou 24 passagers, vitesse 840 km/h).
- En dehors des Sociétés nationales, il existe encore divers constructeurs qui ont gardé leur indépendance, leurs stands se trouvent à la suite et aux côtés de ceux des Sociétés nationales. C’est d’abord Amiot (S. E. C. M.) où l’on trouve au centre d’un parterre de roses, et montée sur un piédestal, une très jolie maquette nickelée de l’Amiot 370, l’avion de record de vitesse de Rossi et Vigroux que nous avons signalé précédemment.
- Chez Breguet, à droite de l’entrée, on trouve également des maquettes, dont celle du prototype bimoteur 690 présenté par Détroyat à la fête de l’Air ig38 (5oo km/h).
- A côté, Morane-Saulnier expose le Morane de chasse 4o6 à moteur Hispano ia Y 3i, l’un de nos plus anciens avions de chasse rapide. Plus loin, chez Cau-dron, on trouve l’avion de chasse léger Caudron-Renault 45o ch (moteur Renault 45o ch, 12 cylindres), qui atteint la vitesse de 48o km/h. Paul Aubert et Lignel exposent des avions légers.
- LES MOTEURS
- Après les stands d’avions, viennent les stands de moteurs répartis sur le pourtour de la grande nef. A l’inverse des constructeurs d’avions, la majorité des constructeurs de moteurs sont restés indépendants, sauf l’ancienne firme Lorraine-Dietrich qui est devenue la Société nationale de constructions de moteurs. Une mention spéciale doit être faite pour le stand de cette société où l’on retrouve le souci de propagande et d’extériorisation provoqué par la nationalisation. Les autres marques : Gnome-Rhône, Hispano-Suiza, Renault, Salmson, etc. présentent, vernis et astiqués, les modèles de ces impeccables mécaniques où la puissance s’allie à la pi'éci-sion.
- La technique du moteur d’aviation paraît à l’heure actuelle devoir se concentrer autour de quelques formules quasi definitives et nous renvoyons à ce sujet le lecteur à l’article paru dans le n° 3o3o de La Nature.
- On trouve dans ces modèles toute la gamme des puissances désirables, la puissance maximum étant de l’ordre de 1.000 ch. Signalons cependant quelques tentatives pour réaliser
- des puissances plus élevées, en particulier chez Hispano-Suiza, qui expose le modèle d’un moteur de 2.000 ch en cours d’essais, mais c’est en réalité un moteur double avec 2 arbres manivelle séparés, mais portés sur un même bâti.
- LES ACCESSOIRES
- Après les moteurs viennent tout ce que l’on appelle les accessoires qui suffisent pour occuper à eux seuls 1oute la galerie du premier étage et une grande partie des galeries de la nef.
- A examiner en détail toutes ces parties constituantes d’un avion moderne, on se rend encore mieux compte de la complexité d’une semblable machine et des multiples engins, mécaniques, électriques, pneumatiques, etc. quelle comporte et qui en font une véritable usine, usine en réduction si l’on veut, mais d’autant plus difficile à bien conduire que tous ses organes sont plus raprocliés et concentrés dans l’espace minimum.
- Signalons, pour fixer les idées, que sur la plupart des gros avions multimoteurs que nous venons de voir, le nombre des appareils de commande ou de contrôle que doivent manipuler ou surveiller le pilote et ses aides dépasse la centaine.
- Parmi tous ces accessoires qu’il nous est impossible d’examiner séparément en détail, une mention spéciale doit cependant être réservée aux hélices. Les hélices d’avion sont pour la plupart devenues métalliques, elles sont en alliages légers d’aluminium ou de magnésium et à 3 pales, il se pourrait d’ailleurs que le bois, qui malgré tout est encore plus léger, refasse son apparition, mais sous une forme nouvelle : celle de feuilles très minces, agglomérées et mises en forme sous de très hautes pressions par des procédés spéciaux. Les hélices sont à pas variable, un mécanisme, en général électrique, commandé par le pilote, permet de régler leur pas pour qu’elles freinent toujours le moteur à sa vitesse de régime.
- Fig. 10. — Le Dewoitine D. 510. Avion de chasse, monoplace à moteur-canon Hispano-Suiza, 860 ch, vitesse maxima, à 5.000 m : 402 km, production S. N. C. A. Midi.
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- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
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- Quittant la France pour passer en Allemagne, nous trouvons au centre d’un vaste stand situé à l’extrémité droite de la grande nef un seul avion militaire : le Dornier bimoteur D 0 17 de combat qui ressemble beaucoup, il faut bien le dire, à nos avions de chasse et qui peut atteintre la vitesse de 5oo km/h. Le reste du stand est occupé par des éléments d’avions et par des appareils de recherche et de mesure ; sur le pourtour s’alignent les maquettes de nombreux appareils allemands parmi lesquels il faut citer le Kurier de transport, le Fieseler Storch, le Condor Focke-Wulf pour 26 passagers (43o km/h), qui vient d’accomplir le voyage Berlin-Tokio, le Nordstern (quadrimoteur Junkers-Diesel Jumo 2o5), le Heinkel 1x2 de chasse, l’Arado A R 79, l’hydravion Dornier D O 26, quadrimoteur transocéanique, le Junkers J U go, quadrimoteur pour 4o passagers (poids total : 23.5oo kgr) et le Henschel H S 126 militaire ; une mention spéciale pour l’hélicoptère Focke-Achgelis dont nos lecteurs ont vu la description dans notre n° 3o23 du i5 avril ig38 ; dans l’intervalle, cet appareil a battu son propre record de distance en parcourant 23o km le 19 juin dernier sur le trajet de Brême à Berlin.
- A côté sont exposés les moteurs allemands Hirth H M 5i2 B, 45o ch et Argus A S 4io de 45o eh, à air à 12 cylindres en Y inversé ; deux moteurs à air en étoile simple : le Bramo-Fafner de la Brandenburgis-che Motonverke (1.000 ch) et le B M W i32 de 880 ch, enfin le Mercedes-Benz D B 602, moteur Diesel d’aéronef de 900-1.255 ch et le Junkers Jumo 2x1 de 1.200 ch à eau invei’sé.
- Sur le stand voisin, de mêmes dimensions, la Pologne expose les productions de ses établissements nationaux d’aéronautique P. Z. L. On y voit suspendu à la nef un élégant planeur rouge vif de lignes très fines qui domine un bombardier bimoteur avec tourelle avant à paroi transparente sur le modèle que l’on retrouve chez nous et ailleurs et qui parait être lui
- Fig. 12. — Le Groéland Caudron-Renault.
- aussi international (vitesse 490 km/h). A côté, un petit bimoteur de chasse, muni, celui-là de ses trois mitrailleuses qui saillissent de la carlingue et enfin un avion d’obsei’vation : la Mouette.
- Dans les stands de gauche, la Tchécoslovaquie expose quelques spécimens et les moteurs de la firme Walter, de Prague.
- Sur le stand belge, les productions de la S. A. B. G. A. sont représentées par un monomoteur militaire camouflé aux teintes vert-jaunes de la campagne automnale, et à côté, la firme hollandaise Fok-ker expose le Fokker D 23, bimoteur de chasse d’une formule spéciale : les moteurs sont l’un derrière l’autre en tandem avec hélice avant et hélice ari’ière ; à l’arrière, deux fuselages séparés supportent les gou-vernes de queues, cet avion est camouflé également.
- La firme Koolhoven, de Rotterdam expose l’avion de chasse Koolhoven : fuselage vert, ailes grises, qui se px’oclame le plus rapide du monde.
- L’Angleterre a installé une très belle exposition de la Royal Air Force à l’extrémité gauche de la galerie, dans un salon particulier, à cloisons de verre et dont le mur de fond fomie un cadre décoratif de très haut goût avec les portraits en pied et à grande échelle du roi George VI et de la reine Elizabeth ; deux avions y sont installés sur des piédestaux : le Hawker Hurri-cane de chasse, moteur Rolls-Royce de 1.000 ch (53o km/h) et le Supermarine Spit-fire équipé avec le même moteur et avec 8 mitrailleuses dans les ailes. À côté, les Impérial Airways ont un stand de propagande et de démonstration avec les maquettes des avions de transport Ensign (4o passagers, 320 km/h) et Frobisher (22 passagers, 376 km/h). En outre les firmes anglaises Flawker-Siddeley et Bristol ont des stands séparés dans la nef ; Bristol y expose un bimoteur de bombardement dont le nez avant,
- Fig. 11. — Le Dewoitine D. 33S. Trimoteur Ilispano-Suiza. 660 ch. Avion de transport pour 24 passagers.
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- non montés à moteur caoutchouc ou à essence ; ces derniers sont représentés au salon par de petits modèles minuscules, ne pesant que quelques grammes, dont la puissance est une fraction de ch et qui sont de petites merveilles d’horlogerie ; les modèles réduits ont leurs fervents, leurs clubs et on a déjà dû établir pour eux une nouvelle classe de records officiels (le record de distance atteint'21 km 857) O.'
- Fig. 13. — Poste de pilotage et tableau de bord d’un avion moderne bimoteur.
- à paroi transparente, a la particularité d’être dissymétrique. Les firmes de moteurs Armstrong, Black-burn, Napier, de Haviland, Bristol, Rolls-Royce exposent également leurs moteurs.
- Parmi les autres nations exposantes, citons encore le Brésil (aviation postale), la Suisse (accessoires, optique), la Yougoslavie et enfin les États-Unis qui présentent dans divers stands : le Vought V i56 de la United Aircraft Corporation, avion jaune d’or à ailes relevables, des maquettes des moteurs Wright et des hélices de la United Aircraft Corporation.
- L’Italie s’est abstenue, ainsi que l’U. R. S. S. qui avait fait une demande tardive.
- Pour être complet, il nous faut signaler que la sœur aînée de l’aviation : l’aérostation n’occupe plus aujourd’hui au salon qu’une place bien réduite (un seul stand Zodiac) cédant le pas à une industrie connexe, celle des parachutes, mais que, par contre, une autre industrie « miniature » prend un développement grandissant, c’est celle des modèles réduits et des petits avions
- Fig. 14. — Le moteur hispano-Suiza. 24 cylindres en H de 2.000 ch à refroidissement liquide.
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- Et pour terminer, qu’il nous soit permis d’émettre un vœu, puisqu’aussi bien nous sommes à celle époque de l’année où il est d’usage de souhaiter pour l’avenir des jours meilleurs. Quand le visiteur sort du Grand Palais, émerveillé de tout ce qu’il a vu, à l’égal de l’enfant qui s’extasie devant les décors enluminés et les scènes pittoresques des étalages de Noël des grands magasins, il est malgré lui tenté de considérer toutes ces choses savamment présentées pour réjouir la vue, du même œil que cet enfant qui prend pour des jouets la panoplie militaire ou l’armée de soldats de plomb en montre à la vitrine. Qu’il ne s’y trompe pas, l’envers de ce beau décor est beaucoup moins réjouissant, car il est fait des accidents, hélas encore trop fréquents, qu’il faut déplorer chaque année, et si la liste des records s’accroît constament, le long martyrologe de l’aviation n’est malheureusement pas près de s’éteindre. Ces appareils aux lignes harmonieuses, resplendissant sous le brillant éclairage du Grand Palais, sont des engins terriblement difficiles à manier et dont les vitesses énormes mettent leur équipage à la merci de la moindre défaillance.
- Ce sont de plus de terribles machines de guerre et l'on frémit en songeant à tout le mal qu’ils peuvent faire.
- Souhaitons donc de toute notre force que l’humanité assagie finisse enfin par comprendre dans un avenir proche que tout ce génie, toutes ces merveilleuses facultés créatrices dépensées pour la construction de ces mécaniques compliquées, dangereuses, et mortelles seraient beaucoup mieux employés à la conception et à la création de moyens matériels ou intellectuels pour accroître la sécurité et le rendement pratique de la locomotion aérienne.
- Quand donc l’aviation sera-t-elle bornée aux usages pacifiques ?
- M. Lamé.
- SèÊÊSÊ^BêÈ6àÉë
- 1. Rappelons que La Nature a créé dès 193G une compétition internationale pour modèles réduits d’avions destinée à récompenser les vols à la plus haute altitude.
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- E LES PHÉNOMÈNES LUMINEUX E ACCOMPAGNANT LES EXPLOSIONS
- Dans un article récent, nous avons signalé les résultats très intéressants obtenus par MM. Michel-Lévy et IL Muraour concernant les phénomènes lumineux dus aux ondes de choc accompagnant les explosions (voir n° 3o34 et n° 3o36).
- Dans une autre série d’expériences, réalisées à l’aide d’un dispositif exti’êmement simple, les apparences observées ont été particulièrement curieuses et nous devons à l’amabilité de M. Muraour de pouvoir les mettre sous les yeux de nos lecteurs.
- L’appareil est constitué, comme l’indique la figure i, à sa partie inférieure, par un bloc métallique cylindrique portant une rainure dans laquelle on dispose l’explosif. A la partie supérieure, un cône métallique percé d’un orifice central. Entre les deux un cylindre de cellophane. En étrier serré sur deux tiges filetées par des écrous évite la projection du cône supérieur par le soufile de l’explosion.
- Le cône inférieur est percé d’un trou central par lequel on remplit l’appareil du gaz choisi : acide carbonique, argon, hélium, etc... Dans la rigole du bloc inférieur on place o cm3 4 d’un mélange de tétranitro-méthane et de toluène et, dans l’obscurité, devant un appareil photographique dont l’objectif est ouvert (à F 3a dans les expériences) on fait détoner l’explosif.
- Les photographies 2, 3, 4 montrent les phénomènes
- Fig. !. — L’appareil utilisé pour observer les phénomènes lumineux dus aux ondes de choc.
- Fig. 2. — Détonation de 0 cm3 4 du mélange de télranitromêthane et de toluène.
- A gauche : clans une atmosphère d’acide carbonique ; au centre : dans une atmosphère d’hélium ; à droite : dans une atmosphère d’argon (la durée de l’éclair lumineux est d’environ 4 millionièmes de seconde).
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- lumineux dont la durée est de l’ordre de 4 millionièmes de seconde dans l’acide carbonique, l’hélium et l’argon. On voit que la différence d’intensité est considérable suivant l’atmosphère dans laquelle a lieu la détonation. On aperçoit un cône lumineux très intense occupant toute la hauteur du cylindre dont le sommet est au milieu du bloc de base et qui donne, examiné au spectroscope, un spectre continu. Ce cône est dû à la rencontre des ondes de choc issues de l’anneau circulaire contenant l’explosif. A sa partie supérieure, on d'stingue une zone dans laquelle on décèle le spectre de raies du métal constituant les parties métalliques de l’appareil. A l’orifice du cône supérieur se produit une vive lueur donnant le spectre du métal du cône et dans lequel les raies fondamentales apparaissent en absorption.
- Les photographies présentent un aspect tout à fait particulier, en forme de « hérisson lumineux » et, bien que l’enveloppe de cellophane soit pulvérisée lors de chaque expérience, elle apparaît intacte sur la pho-
- tographie et il semble qu’à travers cette paroi des rayons d’une substance lumineuse aient passé.
- Ceci n’est qu’une illusion d’optique et en voici l’ex-piication. Un premier éclat lumineux très intense se produit dans le cône central lors de la rencontre des ondes de choc émises par l’explosif lors de sa détonation. A ce moment, le cylindre de cellophane est encore intact et il est photographié dans sa portion normale. Quelque fraction de millionième de seconde après, un second éclat lumineux se produit à la partie supérieure de l’appareil quand l’onde de choc rencontre le bloc métallique supérieur. A ce moment, l’enveloppe de cellophane est déjà détruite et ses fragments en train de se disperser en un mouvement très rapide. Ils sont alors brusquement éclairés et comme les particules réfléchissent la lumière, on obtient l’apparence si curieuse présentée par la photographie qui est donc en réalité la superposition de deux vues prises à des temps infiniment voisins.
- H. Vigneron.
- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE EN HORTICULTURE
- L’électricité offre un moyen simple et pratique de chauffer les couches et les serres en accumulant, pendant la nuit, aux heures de tarif minimum, une certaine quantité de chaleur au moyen de câbles enfouis sous le compost de culture. La chaleur ainsi accumulée permet d’obtenir pendant la journée une température également répartie dans le compost et à peu près constante.
- L’installation est simple, demande moins de main-d’œuvre que le fumi r et coûte moins cher que les autres dispositifs de chauffage. La figure i montre ce dispositif.
- On creuse une tranchée de 4o cm plus longue et de 20 cm plus large que le coffre à installer. On dispose au fond sur 3o cm d’épaisseur du mâchefer ou des poteries concassées qui servent à l’isolement et au drainage, évitant les déperditions de chaleur par le sol. On place les gros morceaux dans le fond et on les recouvre avec les petits, le tout étant tassé énergiquement.
- Pour contenir le sable et les câbles chauffants, on construit un petit soubassement de io cm de hauteur avec des planches ou au moyen de deux rangs de briques (sans cimenter). On pose ensuite les coffres sur le soubassement et on emplit les côtés de mâchefer.
- Les câbles sont disposés en lignes parallèles sur un lit
- Fig. 1. — Chauffage électrique du sol par accumulation.
- _ ........... —.......Lmummsa
- i v t
- i ] Câbles cha.uFFa.nts
- Mâchefer côte
- 2Qcm
- de sable de 5 cm d’épaisseur, la première ligne doit passer à 5 cm des planches du coffre, les autres sont espacées de a5 cm au maximum. On recouvre ensuite djune nouvelle couche de sable de 5 cm puis on étend un grillage pour protéger les câbles des coups de bêches et finalement on emplit le coffre du mélange terreux choisi comme d’ordinaire.
- Une bonne température de la terre est obtenue après 36 h de chauffage et la couche est utilisable sans attendre, comme autrefois, que le coup de feu du fumier soit passé. Cette température, uniforme dans le compost, élimine le danger des points chauds, est constante et indépendante des brusques variations atmosphériques. L’installation est peu onéreuse. Pour une ligne formée de 12 châssis (i3o x i35) soit 20 m2, la consommation de courant, pour un fonctionnement de 60 jours par an, une température intérieure de 180 et une température extérieure ne descendant pas à plus de — 5° est de i.5oo kw/h environ.
- Les récoltes produites sous des bâches électriques sont homogènes, vigoureuses, saines et précoces. On peut chaque année faire plusieurs cultures sans remanier la couche. Un autre avantage est la suppression des manutentions et du stockage du fumier ou du charbon.
- Pour les horticulteurs, le chauffage électrique facilite beaucoup les opérations culturales de multiplication ; dans les cultures maraîchères, des primeurs et des plantes il rend également des services importants.
- Le forçage des endives, à Orléans, grâce à l’électricité donne une augmentation de poids de i5 pour 100 et une récolte toutes les 3 semaines pour une dépense moyenne de i5 kw/h par kilo d’endives récoltées. A Châlon-sur-Saône la culture des concombres a été très améliorée avec une dépense de 20 kw/h par mètre carré pour une récolte de 100 concombres. La culture des champignons sur fumier artificiel avec appert de chaleur permet, avec une dépense d’électricité de 3 kw/h par kilo de champignon récolté, une économie notable sur le fumier, de plus en plus difficile à se procurer, et dont la consommation est réduite au quart puisqu’il ne sert plus que de support nutritif pour la culture.
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- DANS LE MONDE DES ABEILLES
- Tant d’études, dont certaines ont plus de renommée que de valeur scientifique, ont été publiées sur ces insectes que l’on pourrait croire à l’épuisement du sujet. M. Julien Fran-çon nous prouve le contraire avec L’esprit des abeilles. N’hésitons pas à féliciter la librairie Gallimard d’avoir édité ce livre charmant et hautement instructif (x).
- Constatons tout de suite que l’auteur ne nous entraîne pas sur des sentiers battus, qu’il n’emprunte rien aux manuels, qu’il n’encombre pas ses 220 pages de références bibliographiques : c’est une œuvre essentiellement personnelle, basée sur des expériences fort ingénieusement imagi-ginées par lui et qui, si l’on peut dire, promène le lecteur de surprise en surprise.
- Le laboratoire de M. Julien Françon n’est pas compliqué : un coin de verger ou de prairie dans une vallée du Jura possédant quelques ruches qui, d’ailleurs, ne jouent qu’un rôle effacé dans sa-chaîne d’expériences. Comme outillage (c’est ici que les surprises commencent), un morceau de sucre, une soucoupe, des couleurs, un pinceau, un verre à boire. Parfois, le morceau de sucre sera remplacé par une goutte de miel.
- Mais l’insecte, habitué au nectar des fleurs, ne saurait être attiré par ces produits fabriqués. Il faut donc que chaque expérience soit précédée par l’amorçage, opération que nous allons décrire une fois pour toutes :
- « Tenant dans la main gauche la soucoupe et, dans la droite, le verre, je m’approche d’une fleur visitée par une abeille. Je glisse la soucoupe immédiatement au-dessous de la fleur et, rabattant le verre renversé sur la soucoupe, je capture facilement l’insecte qui, absorbé par son travail, n’a pas pris garde à ma manœuvre ».
- Fureur de l’abeille qui se heurte aux parois transparentes. Mais elle finit par rencontrer la goutte de miel et se calme instantanément. Sans perdre une seconde, elle se met en devoir d’exploiter sa trouvaille; elle s’y donne avec une telle ardeur que l’on peut maintenant ôter le verre et. transporter la soucoupe plus loin sans qu’elle abandonne son « chantier »'.
- A ce moment, le pinceau fin de l’expérimentateur pose sur Je dos brun de l’ouvrière une tache de couleur vive, rouge, verte, jaune ou blanche; il peut même assembler deux ou trois points de teintes différentes ou dessiner des motifs variés : cocardes, croix, étoiles. A remarquer que l’abeille se sera laissé décorer sans autre forme de protestation qu’un léger frémissement.
- Nous choisirons quelques-unes des expériences exécutées par l’auteur, en commençant par celle qui marqua le début de son étude. La mouche à miel capturée s’agite follement dans le verre, puis découvre sur la soucoupe un morceau de sucre légèrement mouillé et se met au travail. Le pinceau l’orne d’un disque vert. Bientôt, sa provision terminée, elle s’apprête à regagner la ruche.. Après avoir soigneusement frotté ses pattes, elle s’envole; mais de quel vol curieux !
- « Elle décrit lentement trois cercles étroits à faible hauteur au-dessus de la soucoupe posée sur une chaise, la tête constamment tournée vers le centre, dont elle s’éloigne peu à peu par une savante spirale et, à proprement parler, à reculons. Il est clair qu’elle regarde avec la plus grande attention les lieux qu’elle quitte, comme pour bien en repérer la position exacte... Encore deux cercles plus grands, plus hauts et plus rapides; une dernière courbe; puis, c’est l’envol rectiligne, à 5 ou 6 m au-dessus du sol, droit vers l’est, dans la direction du lointain rucher du hameau ».
- 1. 1 vol. in-16, 226 p. Gallimard, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Ce soin que met l’abeille à enregistrer dans sa mémoire visuelle l’emplacement du morceau de sucre et les objets qui l’environnent est de haute importance ; il jouera un rôle capital dans les expériences qui suivront. Celle que nous sommes en train de décrire n’est qu’un préambule. L’auteur a voulu savoir si son ouvrière retrouverait le chemin du trésor. Elle n’y revient qu’au bout de 12 minutes, planant un moment au-dessus de la soucoupe avant de s’y poser. Elle refera 8 fois encore le voyage entre le sucre et la ruche, avec des durées de plus en plus réduites. Ces neuf trajets lui auront pris 2 h, durant lesquelles l’infatigable butineuse aura compté quelque 20 km de vol, ce qui permet à l’auteur de calculer qu’une abeille doit parcourir de ko à 5o km par journée de travail !
- 'En une série d’expériences variées, l’auteur a pu s’assurer de l’exactitude de ce fait extraordinaire : une abeille qui a découvert le morceau de sucre grâce à l’amorçage sait annoncer la bonne aubaine à ses compagnes de ruche et les inviter à prendre leur part de butin. Ce qu’il y a de plus mystérieux dans l’histoire, c’est qu’elle ne les guide pas « en personne », puisqu’elles atteignent l’appât plusieurs secondes après qu’elle s’y est posée de nouveau. Et l’expérimentateur, pour qui l’entomologie n’est qu’un précieux violon d’Ingres, car il est ingénieur de sa profession, aboutit à cette conclusion qu’il nous faut bien admettre : les abeilles échangent entre elles de véritables communications qui peuvent être cl’une précision incroyable.
- C’est en vain que l’expérimentateur complique les épreuves, invente des ruses quasi diaboliques, dont la description est l’un des attraits de son livre, pour embarrasser ses butineuses et prendre en défaut leur sagacité : que le sucre, par exemple, soit caché dans une boîte dissimulée elle-même sous un amas de terre ou de cailloux et qui n’a d’autre voie d’accès qu’un tunnel, l’abeille amorcée sait non seulement retrouver le régal, mais révéler à ses compagnes cc la façon de s’y prendre ».
- « Nous savons voir, mais nous ne savons pas comprendre », conclut M. Julien Françon. « Nous avons la certitude que les abeilles communiquent entre elles..., mais nous ignorons par quel mécanisme sonore, optique, tactile ou vibratoire, peuvent s’établir ces communications ».
- L’auteur me permettra-t-il de verser une pièce au dossier? Abeilles et fourmis appartenant au même genre des hyménoptères, il se peut que mon observation soit jugée digne d’être retenue.
- C’était dans les forêts vierges de l’Amérique tropicale. Mes deux Indiens et moi avions édifié une paillotte montée sur pilotis, comportant une plateforme où nous dormions côte à côte. Au milieu de la nuit, je suis réveillé par des piqûres cuisantes : c’est l’invasion de ces fourmis rouges voyageuses qui se déplacent par myriades, dévorant toutes les créatures sur leur passage, sans dédaigner vivres et provisions.
- L’un de mes hommes cherche deux coutelas (machetes) et se met à heurter les lames l’une contre l’autre, d’un rythme doux et régulier. Je ne tarde pas à saisir la signification de cette étrange manœuvre : les piqûres dont je souffrais s’espacent, avant de cesser complètement. Deux ou trois minutes après le commencement du cliquetis, la horde avait disparu, nous laissant retomber dans le sommeil.
- J’ai réfléchi souvent à cet incident et ne puis l’expliquer que de cette façon : le cliquetis de l’acier devait être l’imitation amplifiée d’un « cri » d’alarme que ces fourmis rouges auraient coutume de lancer le long de leurs massives colonnes et qui leur commanderait de se reformer et de battre en retraite.
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- J’oserai signaler un autre fait à l’éminent auteur de L'esprit des Abeilles. Il m’arriva de découvrir dans un trou du sol une colonie de ces gigantesques fourmis noires, longues de 3 à 4 cm, dont les Indiens disent que les piqûres sont mortelles. Je m’accroupis près de la cavité et, du bout d’une brindille, taquinai les quelques insectes qui semblaient monter la garde à l’entrée du souterrain. D’autres les y rejoignirent en grand nombre et, me penchant, prêtant l’oreille, j’entendis très nettement une rumeur faite de « cris métalliques ».
- Je voudrais lui soumettre une dernière observation qui n’a plus rien à voir avec la jungle sud-américaine : je la
- recueille chaque été dans mon jardin de la banlieue parisienne. Mes tilleuls médicinaux fleurissent 3 semaines avant uu gigantesque tilleul argenté, dont les fleurs sont vénéneuses. Et j’ai commencé à douter de l’intelligence des abeilles, du jour où j’ai vu leurs cadavres joncher le sol sous cet arbre. Comment n’ont-elle pas encore appris, en leur jugeotte de créature supérieures, qu’il y a le bon tilleul et le mauvais ?
- Question qui n’a sans doute qu’une importance médiocre après celles que posent les travaux de M. Julien Françon.
- Victor Forbin.
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1939 (')
- Parmi les divers phénomènes décrits ci-après, il y a lieu de signaler, à la date du 25, la curieuse conjonction d’Ura-nus et de la Lune, à 9h. Il y aura occultation de la planète pour les pays situés entre les latitudes 36° Nord et 270 Sud. Voilà un intéressant phénomène céleste à suivre par les observateurs situés entre ces parallèles.
- Fig. 1. — Marche de la planète Uranus parmi les étoiles de la constellation du Bélier pendant l’année 1939. (D’après l'Annuaire astronomique Flammarion').
- 1. — Soleil. — La déclinaison du Soleil, en février, passe de — i7°i6/ le Ier à — 8°i2/ le 28. La durée de jour varie de Qh22m à iohi2m du xer au 28.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Fév. Heure du passage Dale : Fév. Heure du passage Date : Fév. Heure du passage
- I er 12I1 4mi6s i3 I2h 5m os 2.5 12*1 3in57s
- 4 12 4 38 16 12 4 53 28 12 3 27
- 7 • 12 4 52 *9 12 4 4°
- 10 12 4 59 22 12 4 22
- Observations physiques. —- Pour orienter les dessins et les photographies du Soleil, on utilisera les données ci-après :
- Date |oh) P Bo Lo
- Fév. 4 - i3;,4 0 — 6^3 299(37
- — 9 — 1.1.07.0 - 6,54 i63,54
- — 14 — 16,88 0 — 6>79 97,7»
- — *9 — 18,54 0 — 6,98 3i ,86
- — 24 — 20,06 0 — 7, i3 326,01
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont éxprimées en Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit).
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale sera bien visible, le soir, après le crépuscule, à l’Ouest, à partir du 7 février et jusqu’au 20. A cette date, la Lune commencera à gêner son observation.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire du i5 au 24 février, vers minuit, dans le Lion. Le 22, elle coïncidera avec la région où brille l’étoile Régulus.
- II. — Lune. — Les phases de la Lune, en février, se produiront comme suit :
- P. L. le 4, à 7h55m I N. L. le 19, à 8h38m
- D. Q. le 11, à 4hl2m * P- Q- le 27, à 3!i26m
- Age de la Lune, le ier février, à oh = iri,4; le 20, à oh = oj,6.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le ier février, à oil = + 2o°2/; le i3 février, à 9h = — i9°5ç/.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 février, à oh. Parallaxe = 6i,2qi/. Distance = 356 647
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 17 février, à 211. Parallaxe = 53/57//. Distance — 4o6 448 km.
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune :
- Mag ai- Phéno- Heure
- Date Étoile tude mène Paris Uccle
- Fév. 2 134o B. D. + 180 6m,2 Imm. 2h47m, '7 21147m: ,4
- — 6 2546 B. D.— 10 6 2 Em. 23 46 2 23 5o 8
- — 8 % Vierge 4 8 Em. 3 3o 2 3 33 1
- — 11 28 Balance 6 2 Em. 3 52 3 3 5i 0
- — 14 4q4o B. D. — 20° 6 5 Em. Ol 00 7 —
- 25 447 B. D. + i5o 7 3 Imm. 18 48 2 00 00 7
- — 26 594 B. D. + 180 6 6 Imm. 20 i3 8 20 12 2
- — 28 1129 B. D. -f- 180 6 2 Imm. 22 3o 0 22 27 6
- Le 25 février, Uranus sera en conjonction avec la Lune, à 9h. Il y aura occultation de la planète pour les pays dont la latitude est comprise entre 36° N et 270 S.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout du 3 au 8 février. Elles seront très importantes, leur coefficient atteignant n5 centièmes, le 6.
- III. — Planètes. — Le tableau ci-après, dressé à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour trouver et observer les principales planètes pendant le mois de février 1939.
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- ASTRE Date : Fév. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent
- 6 7 117m ,2h 411148s ifih54m 21I 117m i5o48' 32' 29"4
- Soleil . 18 6 59 12 4 45 »7 i4 22 4 — I X 5i 32 24,8
- 28 6 38 12 3 27 17 3o 22 42 — « 12 32 20,5
- 1 Mercure . 6 7 6 11 3o i5 56 20 39 — 20 26 4,8
- 18 7 8 12 6 •7 5 22 2 — 4 12 4,8
- Vénus. .• 1 fi 4 2,3 8 48. i3 x3 *7 58 — 20 12 23,2
- 18 4 33 8 55 i3 20 18 53 — 20 27 20,6
- Mars . . j 6 2 37 7 0 11 23 16 11 — 20 26 5,8
- 18 2 28 6 44 10 59 16 42 — 21 43 6,2
- Jupiter 6 8 9 i3 29 18 49 22 4< — 9 24 3i ,2
- - 18 7 28 12 52 18 *7 22 52 — 8 20 3i ,0
- Saturne . 6 9 i5 4' 21 59 0 54 + 3 i3 l5,2
- 18 8 38 i4 58 21 18 0 58 + 3 4i x5,o
- Uranus 3x (!) 10 h *7 56 1 x8 2 46 + i5 4o 3,6
- Neptune . 3. (i) 20 25 2 49 9 9 11 36 + 3 52 2,4
- (’) Janvier.
- Constellation et étoile voisine
- VISIBILITÉ
- Capricorne
- Veiseau
- Verseau
- »
- Capricorne ( Verseau '
- u Sagittaire /
- £ Sagittaire ) ° I
- P Scorpion ^ Scorpion 5
- X Verseau ? 1 Verseau )
- Poissons ? Poissons S
- c Bélier
- Inobservable.
- Très belle, le matin.
- Lematio, avant l'aurore.
- Très peu visible le soir.
- Dès l’arrivée de la nuit. Premre partie de la nuit.
- 89 Lion
- Toute la nuit.
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 19 février, à 2h. Il sera invisible pendant tout le mois.
- Vénus se lèvera près de oh avant le Soleil. Elle brillera d’un magnifique éclat dans le ciel du matin. Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Fraction Fraction
- illuminée Magni- illuminée Magni-
- Date du disque tude Date du disque tude
- Fév. 5 0,528 — 4,0 Fév. 20 o,5q7 ~ 379
- — 10 0,552 — 4,0 — 25 0,617 — 3,8
- — 15 0,6/6 - 3,9
- Mars se lève, maintenant, vers 2h3om, on peut l’observer aisément avant le jour. Son diamètre augmente et déjà les observations avec de grands instruments seront possibles et utiles.
- Jupiter sera encore un peu visible le soir, dans le crépuscule. Voici les derniers phénomènes du système des satellites que l’on pourra observer avant la conjonction avec le Soleil.
- Février 2, I. E. f. x7h3om,9. — 3, II. E. f. i7h4om,o. — 5, III. P. c. i7h47m. — 7, IV. P. c. i7hi8m.
- Saturne pourra être observé dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau pour le 16 février :
- Grand axe extérieur............................ 37,54
- Petit axe extérieur............................— 6 37
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . — 90778
- Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau . . —11 537
- Élongation de Titan : à l’Est, le 5 février, à 2h,i.
- Uranus sera encore visible une grande partie de la nuit. Pour le trouver, on utilisera la petite carte de la figure 1. Uranus sera en quadrature avec le Soleil le 3 février, à i5h.
- Neptune, à la fin du mois, sera presque en opposition avec le Soleil. Pour le trouver sur le ciel, utiliser la carte donnée au « Bulletin astronomique » du n° 3oi8, p. 91, sur laquelle on reportera sa position figurant au tableau des planètes.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 7, à oh, Neptune Le 12, à i3h, Mars Le i5, à 3h, Vénus Le 18, à 4h, Mercure Le 19, à i5h, Mercure Le 20, à 12I1, Jupiter Le 23, à 6h, Saturne Le 25, à qh, Uranus Le 26, à 5h, Mercure
- en conjonc. avec la Lune, à 5°2o'N.
- — la Lune, à l°40, S.
- — la Lune, à to36' S.
- — t Verseau (4m,3), à o° 5'N.
- — la Lune, à 7° 2' S.
- — la Lune, à 5o38' S.
- — la Lune, à 4°4ir S.
- la Lune (voir aux Occultations). — Jupiter, à oû25' S.
- Étoile S, Petite Ourse; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’étoile S Petite Ourse au méridien de Paris :
- Heure(T.U.) Temps sidéral (’)
- Date
- Fév. 1
- — 11
- — 21
- Passage
- Inférieur
- 20^4Im20s
- 20 2 3
- 19 22 47
- 8h41œ,3S 9 20 38
- 10 o 4
- Étoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (j3 Persée), variable de 2m,3 à 2m,5 en a32ûh48m; le 9 février, à oh2im; le ix, à 2ihxom; le x4, à
- i7h5gm.
- Étoiles filantes. — Le 16 février, météores émanant de la région de a Cocher (Radiant situé par 74° 4- 48°).
- V. — Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste le ier février, à 2ih; ou le i5 février, à 20h :
- Au Zénith : Le Cocher ; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse; le Dragon.
- A l’Est : La Vierge; le Lion; le Cancer.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Le Grand Chien; Orion ; le Petit Chien; la Licorne ; le Navire.
- A l’Ouest : Andromède, le Bélier; les Poissons ; la Baleine.
- Remarquer l’éclatant aspect du ciel, au Sud, avec les brillantes étoiles Castor et Pollux, Procyon, Aldebaran, Bétel-geuse, Rigel et la plus lumineuse de toutes : Sirius.
- Em, Touciiet.
- I. A Oh, pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La dissolution (Mémoires de Lavoisier, Gay-Lussac, Loewel, Gernez, Lescoeur, Raoult), préface de Henry Le Chatelier (Collection Les classiques de la Découverte). 1 vol. 150 p. Gauthier-Yillars, éditeurs, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- On a réuni ici les extraits des mémoires des savants français qui ont apporté la plus importante contribution aux progrès de nos connaissances sur les solutions. Le choix des textes a été fait, non sans malice, par feu Henry Le Chatelier, qui s’est plu à mettre en évidence la force des préjugés même en matière scientifique. Gay-Lussac, qui a découvert les lois fondamentales de la solubilité, a été le premier à constater aussi le phénomène de la sursaturation sans pouvoir expliquer comment l’agitation à l’air d’une solution sursaturée de sulfate de soude fait cesser la sursaturation. Trente ans plus tard, Loewel reprend la question, l’étudie avec plus de minutie traités didactiques, jette un voile pudique sur ces faits découvrant chemin faisant un autre phénomène très important : les différentes solubilités des différents hydrates et des différentes variétés allotropiques d’un même sel. Pendant 40 ans, à l’indignation de Le Chatelier, la science officielle, celle des Traités didactiques, jette un voile pudique sur ces faits déconcertants. Ce qui prouve bien l’utilité, la nécessité même pour quiconque s’adonne à la science, de se reporter le plus souvent possible aux mémoires originaux des maîtres.
- Polycyclic aromatic hydrocarbons, par Ch. Weizmann et E. Bergmann, 1 broch. 32 p, 14x25. Rubin Mass, éditeur, Jérusalem,
- Durant les dernières années, la série des carbures aromatiques polycycliques a été l’objet d’un grand nombre de recherches, dues à l’intérêt que présentent ces corps non seulement comme substances apparentées à des colorants et des teintures, mais également au point de vue biologique. Dans la présente brochure, les auteurs donnent un bref exposé des recherches poursuivies par eux et leurs collaborateurs au Daniel Sieff Research Institute et divisé en trois chapitres : synthèse des hydrocarbures, étude de leurs propriétés, structure et synthèse des carbures obtenus par déshydrogénation des stéroïdes.
- An introduction to hotany, par J. H. Priestley et Lorna I. Scott. 1 vol. in-8°, 615 p., 170 fig. Longmans, Green and C°, London, 1938. Prix : relié toile, 17 sh. 6 d. Écrit pour les étudiants de l’Université de Leeds, avec le souci de montrer clairement des faits, des observations, des expériences que les élèves pourront voir et répéter, ce livre présente surtout les plantes à fleurs et insiste sur leur structure, leurs activités et leur développement, tels qu’on peut les voir par dissection, puis au microscope et par quelques travaux pratiques de physiologie et de chimie. Après un bref aperçu de la diversité des formes, on part de la graine qu’on fait germer, on suit la croissance jusqu’à la forme végétative adulte en notant le cycle vital et les aspects des plantes pérennes. A ce moment, le microscope entre en jeu pour montrer les zones de croissance, la structure de la feuille, son métabolisme qui conduit aux composés chimiques et aux mécanismes de photosynthèse, de respiration et de transpiration, à la circulation dans les tiges, le bois, les racines: Vient enfin l’étude de la fleur, de la fertilisation et un bref aperçu des modes de reproduction des plantes inférieures, suivi d’un chapitre sur le noyau et l’hérédité et d’un autre sur les principes de classification. Ce qui frappe dans cet enseignement, c’est son caractère objectif, expérimental, opposé aux considérations habituelles sur les théories de l’adaptation et de l’évolution.
- L* Atlantique. Histoire et vie d’un océan, par Ed. Le Danois. 1 vol. in-16, 291 p., 54 fig.'et cartes. Collection « Sciences d’aujourd’hui ». Albin Michel, Paris, 1938. Prix : 30 francs. Tout le monde l’a vu, au moins de la côte, mais combien connaissent son histoire et ses mouvements ? Le directeur de l’Office des pêches qui l’a maintes fois traversé, qui a bourlingué sur les lieux de pêche et même quelque peu bousculé l’idée qu’on se faisait du Gulf S treàm rappelle les découvertes passées, les premiers voyages maritimes préhistoriques et historiques, l’époque des grands navigateurs et la découverte de toutes les mers qui finit au xvme siècle, le début des croisières scientifiques, le développement de l’océanographie qui aboutit aujourd’hui aux essais dé prévisions du temps et des pêches. Il décrit les formes et la structure de l’Atlantique, conditionnées par son histoire géologique et cela l’amène à développer ses idées sur la circulation océanique où il distingue lès courants et les transgressions dont une qui se fait sentir jusqu’au Golfe de Gascogne règle les pêches saisonnières. La dernière
- partie est justement consacrée à montrer l’influence des transgressions sur les pêches françaises du germon, du thon, du maquereau, du hareng, de la sardine, etc., et la preuve que ces activités, économiques apportent aux données océanographiques que Le Danois a mises en lumière. Des cartes schématiques, d’excellentes photographies prises à bord du navire de l’Office des pêches illustrent cet exposé qui intéressera tout le monde.
- Physiologie des animaux marins, par Paul Portier. 1 vol. in-16, 253 p., 42 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1938. Prix : 20 francs. Compagnon du Prince Albert de Monaco dans ses croisières scientifiques, ayant eu ainsi la gloire de découvrir l’anaphylaxie avec Charles Richet, professeur à la Sorbonne et à l’Institut Océanographique, l’auteur a su tant ajouter à la connaissance de la physiologie comparée que ce livre ,a tout le charme et toute la vie d’une oeuvre personnelle. On y retrouve ses idées neuves sur l’édification ef l’évolution de la matière vivante dans la mer, la bactériologie marine, le milieu intérieur et la locomotion des animaux marins, les perles de culture, les plongeurs, la physiologie des mammifères marins, les animaux marins venimeux et vénéneux, la respiration, l’action de la pression, l’homochromie et le mimétisme, une suite de chapitres de biologie générale auxquels l’auteur a su apporter bien des contributions.
- Capture et acclimatation des poissons exotiques?
- par W. Besnard. 1 vol. in-8°, 202 p., 52 fig. Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1938. Prix : 40 francs.
- L’amour des aquariums, l’introduction des poissons vivants dans le décor des habitations ont développé la pêche des poissons exotiques aux couleurs et aux formes étranges, les techniques de leur transport et de leur conservation. On trouve couramment aujourd’hui des amateurs de poissons de l’Amazone ou des mers de Chine. L’auteur qui a organisé et peuplé l’aquarium du Musée de la France d’outre-mer et qui l’entretient si merveilleusement, sait mieux que personne comment il faut capturer les poissons d’eau douce ou de mer, les transporter jusqu’au bateau, dans le bateau, puis jusqu’à Paris, quelles précautions sont nécessaires pour stocker, acclimater, accoutumer les espèces fragiles et comment on construit, plante, décore un aquarium, comment on surveille, filtre, aère l’eau. Et voici le premier guide de grande expérience pour les aquariophiles professionnels et amateurs.
- Discovery Reports. Vol. XVII. 1 vol. in-4°, 344 p., 303 fig., 19 pi. Cambridge University Press, London, 1938. Prix : 2 £ 15 sh.
- L’inventaire des recherches accomplies dans l’Atlantique austral par les navires anglais du « Discovery Committee » se poursuit activement. Le volume XVII qui vient de paraître est presque tout entier consacré aux baleines, objet principal des expéditions. MM. Haynes et Laurie étudient la structure histologique du poumon, très particulière parce que massive et élastique, inconnue jusqu’ici parce que les poumons d’une grande baleine pèsent plus d’une tonne, sont rétractés et gorgés de sang et peuvent être difficilement fixés par les méthodes habituelles. M. Harrison Matthews groupe tout ce qu’on sait de la biologie du Mégaptère, du Cachalot, de la Baleine australe et du Baleinoptère : taille, caractères externes, proportion des sexes, nourriture, variations de la couche adipeuse, parasites, reproduction, croissance, migrations, population et effets de la pêche ; son enquête a porté sur 62 Mégaptères, 81 Cachalots, 5 Baleines australes et 220 Baleinoptères qui furent tous mensurés, dépecés et examinés ; c’est dire l’abondance des renseignements recueillis. Tous ces Cétacés, sauf le Cachalot, se nourrissent uniquement d’un minuscule crustacé : Euphausia superba ; tous ont une abondante couche de lard dont l’importance diminue avec l’âge ; tous font de grands voyages à travers l’océan et se reproduisent dès l’âge de deux ans, bien avant d’avoir fini leur croissance. Le dernier mémoire de M. Gurney est consacré à des larves de Crustacés dés groupes des Néphropsidés, des Axiidés, des Callianassidés, extrêmement difficiles à reconnaître et déterminer exactement.
- Le problème du pain. III. La qualité des blés et leur amélioration, par Pierre Potel. 1 broch. in-8°, 44 p., 1 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 10 francs.
- Les conditions de la boulangerie (fermentation rapide, travail mécanique, lois sociales) obligent à améliorer les qualités des blés qui dépendent de la sélection et du mode de culture. V ,,,..........................;—;— ----------------.------—
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- COMMUNICATIONS
- A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du, 19 septembre iq38.
- L’étoile quadruple 59 serpent. — L’étoile 69 serpent est double visuellement; par son spectre elle appartient aux types Ao et G. En étudiant les spectrogramm.es obtenus de l’étoile la plus brillante a la station de Provence de l’Observatoire de Paris, M. Tremblot montre que ces types correspondent à des étoiles, l’une de type G de vitesse radiale constante, l’autre du type Ao, que les dédoublements périodiques des raies du calcium et de l’hydrogène conduisent à considérer comme double, les deux composantes ayant un mouvement orbital rapide. L’étoile 59 serpent est donc un système quadruple dont l’étude complète demandera de très nombreuses observations.
- Influence du temps sur la composition du sol.
- — Après des dosages systématiques des éléments fertilisants (N nitrique, P20. et K20) sur des terres de la Seine-Inférieure (limon de plateaux), de la Seine-et-Oise (diluvium des vallées et éboulis des pentes) et de l’Eure (craie à micras-ter), M. Leroux expose que la quantité totale des matières dissoutes croît d’automne en été; la teneur en électrolytes croît en hiver puis se stabilise, il en est de même de l’azote nitrique, sauf dans les terres frès pauvres où l’enrichisse-ment se poursuit d’avril à juillet. Le taux de P20s a peu varié ainsi que celui de K20, qui traduit cependant une certaine rétrogradation au point de vue solubilité. Des échantillons maintenus à température constante (17 à 180) se sont comportés d’une façon analogue, mais la solubilisation des matières organiques y a été cependant plus importante.
- Séance du 26 septembre 1938.
- Couronnes et anticouronnes dans le brouillard.
- — M. Bricard a étudié les phénomènes lumineux dans le brouillard au sommet du Puy-de-Dôme. Il a utilisé des dispositifs donnant des faisceaux pratiquement parallèles. Avec une lumière monochromatique, la vision directe montre une série d’anneaux alternativement sombres et brillants dont on peut mesurer le diamètre angulaire, ce qui permet de calculer le diamètre des gouttelettes. Les chiffres obtenus sont en bonne concordance avec les mesures directes des gouttelettes. En tournant le dos à un faisceau de lumière blanche, on aperçoit autour et à partir de l’ombre de la tête, une petite couronne sombre peu visible, trois couronnes irisées d’intensité décroissante, deux ou trois couronnes blanches irisées de rouge, une couronne plus grande et plus nette qui doit correspondre au premier arc-en-ciel blanc et à ses surnuméraires et, enfin, une couronne blanche qui doit être l’arc-en-ciel blanc dû à deux réflexions. La lumière de ces arcs et couronnes est partiellement polarisée.
- L’essence de karo karoundé. — Le karo karoundé est une plante de la Guinée française dont la fleur, traitée par l’éther de pétrole, donne une essence concrète d’où on peut tirer une essence absolue par épuisement à l’alcool. L’odeur de l’essence de karo karoundé participe à la fois du Jasmin, de l’Oranger et de la Tubéreuse, ce qui l’a fait, au début, appeler : essence de Jasmin buissonnant. MM. Sabetay, Palfray et Trabaud montrent que cette essence contient une quantité importante de cyanure de benzyle. Il est très rare de trouver des nitriles dans les
- huiles essentielles, et encore y proviennent-ils en général d’hydrolyses ultérieures tandis qu’ici le mode opératoire exclut cette hypothèse et confirme la présence du cyanure de benzyle dans les fleurs.
- L’éphédrine et l’anoxémie. — MM. Binet et Strumza exposent que l’éphédrine racémique, la noréphé-drine et la pseudo-noréphédrine peuvent tripler la durée de résistance d’un chien chloralosé et placé dans une atmosphère très pauvre en oxygène (a,4i pour 100). Cet effet s’explique à la fois par une action centrale et par une action périphérique. Il est nécessaire, pour l’obtenir, que la dose d’éphédrinc ou de ses dérivés déméthylés soit au moins égale à 25 mgr par kilogramme d’animal.
- Vaccination contre le typhus exanthématique.
- — MM. Blanc et Baltazaru exposent une nouvelle méthode de vaccination contre le typhus exanthématique. La puce de l’homme et celle du rat s’infectent facilement par le typhus murin et restent infectées. Leurs déjections sont très virulentes et le restent très longtemps (plus de 325 jours). Ces déjections, après biliation suivant une technique définie par les auteurs, donnent un vaccin qui confère l’immunité à l’homme. La facilité de conserver et de transporter ce virus sec dans des tubes scellés où on fait le vide donne un grand intérêt à cette technique que les auteurs cherchent à perfectionner en réalisant la vaccination en plusieurs temps.
- Séance du 3 octobre 1938.
- Cultures aseptiques. — Les cultures aseptiques des phanérogames donnent des plantes qui ne développent qu’ac-cidentellement leur appareil floral et ne produisent que très rarement des graines. On ne peut donc pas se rendre compte si les caractères acquis au cours de cette culture sont ou non transmissibles. M. Molliard expose qu’il est possible d’obtenir normalement des graines en culture aseptique en ajoutant du sucre au milieu. L’auteur a, en particulier, réussi à obtenir des cycles répétés de végétation avec le Radis, le Mouron et la Cymbalaire. La dose de sucre à ajouter dépend des espèces; elle est, en général, voisine de 2 à 3 pour 100.
- Les rameaux de vigne. — MM. Lagatu et Maume ont étudié et comparé l’alimentation de rameaux de vigne (ara-mon) en analysant les feuilles de base. L’optimum d’équilibre NPK est 4i-8-5i ; les équilibres observés montrent tous un excès d’azote et une carence de potasse; ils se rapprochent de l’équilibre optimum par l’action des engrais potassiques. Ghaque amélioration du taux de la potasse entraîne une amélioration de l’alimentation totale. En comparant des rameaux portant deux, une ou zéro grappes, on constate que la quote-part de la potasse dans l’équilibre de la feuille décroît lorsque le nombre de grappes augmente, la quote-part de l’azote varie en sens inverse, les variations du taux de l’acide phosphorique étant toujours de très faible amplitude. La même comparaison effectuée sur l’alimentation totale montre qu’elle varie en sens inverse du nombre de grappes. Ces variations sont d’autant plus sensibles que la vigne est mieux nourrie.
- L. Bertrand.
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- 30 := NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- Les méthodes de séparation des isotopes.
- La séparation des isotopes, c’est-à-dire des atomes de masses différentes occupant la même place dans la classification périodique des éléments, est un problème extrêmement difficile. En fait meme, c est cette inséparabilité qui a conduit à leur découverte. Bolton, en igoG, remarqua en effet que si l’on mélange deux sels d’ionium et de thorium, U est ensuite impossible de les séparer par voie chimique. D’autres exemples analogues furent trouvés pour les dérivés radio-actifs et Soddy en 19x0 s’appuya sur ces résultats pour énoncer la théorie des isotopes. La première séparation d’isotopes fut réalisée en 1913 par Aston qui parvint à séparer les composants du néon, de masse 20 et 22 par diffusion à travers des parois poreuses. On sait en effet que les vitesses de diffusion sont inversement proportionnelles aux racines carrées des masses. C’est encore aux phénomènes de diffusion que s’adressa Harkins en 1920 dans l’étude de l’acide chlorhydrique gazeux.
- Bronsted et Hevesy utilisèrent la distillation lente, dans un vide si parfait qu’aucun atome évaporé ne pouvait être de nouveau capté par la surface du liquide, pour séparer les isotopes du mercure. Dans ces conditions, les isotopes légers s’évaporent les premiers et la densité du résidu liquide augmente légèrement, de la quantité prévue par la théorie. La pesanteur doit pouvoir également être efficace pour la séparation des isotopes et Lindemann pense qu’un échantillon de néon prélevé dans la partie supérieure de la stratosphère doit être plus léger que le néon normal. Aucune preuve expérimentale n’a été l'ecueillie jusqu’à présent.
- La centrifugation, théoriquement, devrait permettre une séparation facile des isotopes; pratiquement, on n’a pu arriver à aucun résultat. On attribue généralement cet échec à l’impossibilité de supprimer les vibrations dans l’appa-î-eil et on travaille cette question à Upsal, à Oxford, etc... Si on peut sui’monter cette difficulté, on sera alors en possession d’une méthode générale applicable sur une échelle pratique.
- Jusqu’à présent, on en est réduit à des méthodes, très ingénieuses sans doute, mais qui ne valent chacune que dans des cas particuliers. Citons la migration ionique en milieu gélatineux sous l’influence des champs électriques, utilisée par Kendall pour les substances radio-actives ; la méthode photochimique, dans laquelle on fait tomber une lumière de longueur d’onde bien déterminée sur un composé à l’état gazeux, par exemple COC12. L’isotope le plus léger du chlore est dissocié préférentiellement.
- Une autre méthode consiste à utiliser le speclroscope de masse. On sait que cet appareil sépare en faisceaux les différents isotopes. Il suffit de recevoir ces faisceaux sur des cibles refroidies à l’air liquide. La difficulté réside évidemment dans l’obtention de faisceaux suffisamment intenses pour recueillir une quantité d’isotope appréciable dans un temps acceptable, mais par contre on obtient ainsi des isotopes rigoureusement purs. On a pu par cette méthode isoler les isotopes 6 et 7 du lithium, ceux du potassium et actuellement Aston essaye de sépai’er le bore 10 du bore 11.
- On voit que toutes ces méthodes ne donnent que des quantités infinitésimales de produits et que ce n’est pas encore le moment de penser à des applications pratiques des isotopes. Cependant deux corps peuvent déjà être obtenus en quantités notables : l’azote et l’hydrogène. Nous avons signalé en son temps que Urey avait pu, par une méthode de distillation fractionnaire de l’ammoniac dans une longue
- colonne d’absorption, préparer des quantités assez importantes d’isotopes i4 et i5 de l’azote. Quant à l’hydrogène, le problème beaucoup plus facile est résolu industriellement. Les isotopes ont des masses 1 et 2 et bien que l’hydrogène lourd ne soit présent dans l’hydrogène ordinaire qu’à la teneur de i/5.ooo, les différences de masse sont si grandes que, par électrolyse, on effectue la séparation sans grande difficulté. Urey a appelé l’hydrogène lourd « deutérium » et actuellement, l’eau lourde D30 est fabriquée industriellement à un prix relativement modéré, en Scandinavie, en Angleterre, en Amérique, etc. II. Vigneron.
- AGRONOMIE
- Dates d'introduction de ïa pomme de terre.
- Si Parmentier a fait sortir la pomme de terre des jardins pour l’introduire en grande culture, il y avait déjà longtemps qu’on avait reçu en Europe des tubercules qu’on entretenait dans tous les pays.
- M. W. Fuess a réuni une large documentation sur les dates
- StPéterbourg
- Oxford:
- 0 Lille'': Francfort ** o ü&i.r tS880 „ n Paris ’•
- 1 ru 1601 .paie \ Blois .0 I59B î 1653 /
- ’ ... " iVérone
- Montpellier : !608 o QjPa'O 1588 o ;• _ o
- o 'Brestau )1594
- Vienne ... 1588 /
- Madrid
- Fig. 1. — Dates des premières mentions de la pomme de terre-dans l’horticulture européenne, d’après W. Fuess.
- où la présence de la pomme de terre fut mentionnée pour la première fois dans chaque lieu.
- C’est la Flandre qui paraît avoir utilisé la première ces tubercules qu’on trouve signalés à Mons dès i588, à peu près en même temps qu’à Nuremberg et à Vienne.
- La carte ci-jointe résume les renseignements recueillis-
- (fig- 1).
- C’est de la même année que date le premier dessin botanique conservé au Musée Plantin à Anvers où la plante est qualifiée de « Taratoufli », origine sans doute des mots-Truffe et Carloufle (Kartoffel) bien que Truffe puisse venir de Tuber.
- Le nom latin était Papas Peruanum « Papa péruvienne ». Il est curieux de constater que de ces deux racines, le français seul, n’a pas tiré un nom.
- Les Italiens, les Espagnols et les Anglais ont patata ? potato, les Portugais batata; les Américains du Sud, papa; les Russes, Kartofelia.
- Francisant le nom botanique actuel : Solanum tuberosumr le Pr Van Tieghem avait proposé le nom de Morelle tubéreuse. Celui de pomme de terre n’est pas encore détrôné»
- Pierre Larue.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTES
- ÉLECTRICITÉ
- Petits tubes à rayons cathodiques.
- L’oscillographe cathodique voit se multiplier ses applications comme appareil de mesure. Il a en effet l’avantage, moyennant les montages appropriés, de faire apparaître directement sur son écran la courbe qui représente un phénomène en fonction d’une variable; par exemple les courbes caractéristiques d’un courant électrique, la tension ou l’intensité en fonction du temps. Les oscillographes cathodiques simples ont cependant un défaut : ce sont des appareils d’observation plutôt que de mesure : l’image dessinée par le pinceau cathodique est fugitive ; on peut sans doute l’enregis-
- Fig. 1. — Tube cathodique Philips à écran de petit diamètre. Aspect extérieur. Vue des organes internes.
- Ircr photographiquement, mais c’est une opération qui devient délicate et en tout cas les courbes ainsi enregistrées ne peuvent donner des renseignements quantitatifs que par comparaison avec celles que donne un phénomène de même ordre déjà connu.
- L’oscillographe cathodique ne peut donc prétendre à jouer tous les rôles; mais les services qu’il rend dans toutes les branches de l’industrie sont si gi’ands que l’on a senti le besoin de perfectionner les tubes un peu primitifs que seuls on trouvait autrefois dans le commerce.
- Dans les tubes cathodiques actuels règne généralement un vide élevé ; le tube est muni de deux paires de plaques de déviation électrostatique; le diamètre de l’écran peut atteindre plus de 3o cm, les compositions fluorescentes assurent une coloration vert-jaune pour l’observation directe, bleuâtre pour la photographie, et presque noire et blanche pour l’observation des images télévisées.
- La dui’ée de service des tubes a été constamment augmen-
- ]efeanode
- taire
- Fig. 2. — Dimensions extérieures du tube Philips. Schéma des électrodes.
- tée; elle est devenue souvent de l’ordre de celle des lampes de T. S. F.
- La construction d’un tube est d’autant plus difficile et coûteuse que la tension maxima prévue entre anode et cathode est plus élevée. Or, cette tension doit être d’autant plus élevée que le tube est de plus grand diamètre.
- Si les tubes à rayons cathodiques à grand écran sont utiles pour la réception des images télévisées de grande sur-, face, des tubes de petites dimensions suffiraient le plus souvent comme instrument d’observation dans les laboratoires ou les ateliers. Mais jusqu’à ces derniers temps, il n’existait pas de tubes cathodiques de petites dimensions.
- Ils viennent de faire leur apparition, sous forme d’ampoules de pxûx peu élevé, fonctionnant sous des tensions relativement basses et se prêtant bien au montage de dispositifs d’observation légers, peu encombrants et transportables.
- On trouve maintenant, dans le commerce, un petit modèle à vide poussé, particulièrement pratique, dont l’écran, de fluorescence verte, a un diamètre de 7 cm seulement. L’ampoule a une longueur de i65 mm; elle est munie de deux paires de plaques à déviation électrostatique, et d’un culot semblable à celui des lampes de T. S. F., avec simplement une borne latérale supplémentaire reliée à la deuxième anode (fig. 1 et 2).
- Étant donnée la faible longueur du pinceau cathodique, le système de concentration du faisceau est constitué par plusieurs électrodes disposées à la suite les unes des autres, comme on le voit sur la photographie de la figure 1, de manière à créer plusieurs chutes successives de potentiel produisant les concentrations du pinceau par un effet de cc lentille électronique ». Le chauffage indirect de la cathode est obtenu par courant continu ou alternatif d’une ten-
- Fig. 3. — Schéma de montage d’un oscilloscope, avec un nouveau tube cathodique Philips.
- Tension a étudier
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- Vers le circuit de ba-•Iqyage extérieur si il y a lieu, lorsque le cour, alternatif du JL. secteur n'est pas uti-~ -lise' a cet usage.
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- sion de 4 v, et d’une intensité d’un ampère environ. Les tensions anode-cathode nécessaires pour le fonctionnement sont assez faibles pour que, à la rigueur, on puisse utiliser pour les produire, des transformateurs de réseau quelconques, associés à des tubes redi'esseurs. La tension maximum appliquée sur la deuxième anode est, en effet, de 800 v, et, sur la première, de i4o à 200 v.
- La sensibilité du tube, de 0,19 à o,3o mm par v pour les premières plaques de déviation, du côté de la cathode, et de o,i5 à o,a4 mm par v pour la deuxième paire, du côté de l’écran, est très suffisante, étant donné le faible diamètre de l’écran.
- L’alimentation du tube est donc particulièrement simple; il suffit d’un transformateur donnant au secondaire deux fois a5o v ; la valve de redressement peut servir en même temps à alimenter les appareils auxiliaires de l’oscilloscope.
- Un autre modèle, qu’on peut également trouver en France, comporte, de même, un écran de 75 mm de diamètre ; sa cathode est alimentée sous une tension de 2,5 v et une intensité de 2,1 A. La tension maximum sur la deuxième anode est de l’ordre de 1.200 v, et sur la première de 4oo v.
- Un nouveau modèle américain, que nous verrons bientôt en France également, mérite vraiment le nom de « tube miniature », puisque son écran n’a que 25 mm de diamètre, et il a entièrement l’aspect d’une lampe de T. S. F. complètement blindée. L’écran seul est visible à l’avant du tube; sa fluorescence jaune-vert permet l’observation directe.
- La tension maximum appliquée est de 25o à 5oo v seulement. La tension de chauffage du filament est de 6,3 v. Le montage est extrêmement simple, comme le montre la figure 2. Les deux potentiomètres de 3o.ooo et de Go.000 ohms permettent de faire varier l’intensité et le diamètre du spot observé sur l’écran.
- Pour utiliser ces tubes à l’analyse d’un phénomène en .fonction du temps, on peut se contenter d’assurer le ibalayage horizontal de l’écran en appliquant sur une paire .de plaques de déviation verticale le courant d’un secteur jalternatif ; la base de temps est alors une sinusoïde; il est légalement possible d’utiliser un système de balayage linéaire, utilisant un oscillateur de relaxation pour donner une onde en dents de scie. La base de temps est alors une droite et le îphnomène étudié apparaît sur l’écran sous la forme représentative qui nous est la plus familière quand il s’agit de phénomènes électriques ou en général de phénomènes vibratoires.
- ! L’onde « en dents de scie » peut également être synchronisée avec le signal observé, comme il a été expliqué déjà jdans un article précédent.
- Avec ces appareils très simples, on peut pratiquer l'analyse visuelle des tensions et des courants dans tous les cir-ouits, l’étude de postes récepteurs de T. S. F., et, en particulier l’observation de leurs courbes de sélectivité, le contrôle des systèmes émetteurs, des appareils électro-acoustiques, des amplificateurs basse fréquence, etc.
- ; OBJETS UTILES
- f Uallumette électrique.
- i. „ Qui n’a tempêté, parfois, au moment d’allumer fourneau ï--vgaz, à alcool ou autre ?
- ' C’est l’allumette qui ne s’enflamme pas, le briquet qui manque d’essence, de pierre ou de mèche.
- t&V-i -
- Dans tous les cas, c’est du temps perdu, et de la mauvaise humeur assurée.
- L’allumette perpétuelle évitera ces ennuis.
- Cet ingénieux appareil allume tous les gaz : gaz de ville, butane ou similaire, alcool, essence, pétrole, sans pierre, sans essence, sans mèche. Il suffit, simplement, de le brancher sur le secteur électrique, et il est toujours prêt à fonctionner.
- Il comprend un boîtier (fig. 1), en tôle émaillée, qui contient une résistance selfique noyée dans l’amiante, et un manche supportant un rupteur en acier, pratiquement inusable.
- Simplement frotté sur la masse du réchaud, ce rupteur donne une belle étincelle bleue, et par consé-séquent très chaude, qui enflamme instantanément le gaz. On ne saurait trouver plus rapide et en même temps plus économique.
- L’allumette perpétuelle, en effet, ne consomme pas d’électricité, puisqu’elle n’est en circuit que lorsqu’on produit l’étincelle, et que celle-ci, instantanée, n’est pas enregistrée au compteur.
- La fatigue de la résistance étant nulle, l’usure est nulle également, et comme il n’est besoin ni de pierre, ni de mèche, ni d’essence, ni d’allumettes, dont le prix devient prohibitif, l’économie commence du jour de son emploi, et se continue tous les jours.
- Matériel Précisia, 1, rue de l’Arrivée, Enghien-les-Bains (Seine-ct-Oise).
- Fig. 1. — L’allumette électrique.
- Mitigeur « Le Nouvo ».
- Que ce soit pour le bain, la douche, le shampooing ou la toilette, il est très agréable de disposer d’un appareil permettant de régler à volonté la température de l’eau employée.
- Et il en existe en fait un grand nombre.
- Le Mitigeur cc Le Nouvo », représenté ci-dessous, comporte une branche qui relie le robinet d’eau froide au robinet d’eau chaude, où est adapté le mêla n g e u r, et, l’eau sortant tiède de ce mélangeur, aucune partie du caoutchouc ne peut être attaquée par l’eau chaude, ce qui se produit
- malheureusement avec d’au-t r e s appareils.
- La forme de ce mitigeur, d e plus, laisse le lavabo aussi complètement dégagé que lorsqu’il ne comporte que ses deux robinets, de sorte qu’il peut servir exactement aux mêmes usages qu’avec ses robinets seuls.
- C’est pourquoi il nous a paru intéressant de le signaler.
- Henri Watremez, 29 bis, rue de Paris,, Romainville (Seine).
- Fig. 1. — Le mitigeur « Le Nouvo ».
- Le Gérant : G. Masson. Laval. — Imprimerie Barnéoud. — 1-1-1939 — Published in France.
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- N° 3041
- LA NATURE
- 15 Janvier 1939
- = LES NAPPES « MONOPARTICULAIRES » =
- ET LEUR INTERPRÉTATION DANS LE DOMAINE DE LA MOLÉCULE
- La Nature a rendu compte à plusieurs reprises des travaux du Pr Henri Devaux dans le domaine des couches superficielles d’épaisseurs moléculaires.
- On sait qu’il y a là un « état » physique extrê-
- mement particulier, non sans parenté avec l’état gazeux et où l’on peut retrouver notamment une analogie avec la loi de Mariotte. Distribuée dans un espace à deux dimensions, soumise à des champs de force
- Fig. 1.
- a. Nappe de.lentilles répandue à la surface d’une cuve à mercure de 233 mm de longueur. — La quantité de lentilles étant insuffisante pour couvrir toute la surface, la nappe est discontinue. — b. Une trace d’huile écarte les lentilles en cercle. — c. A l’aide de la barrière mobile, on réduit la longueur de la nappe à 187 mm ; les lentilles deviennent jointives tout en restant couchées : c’est le premier point critique. — d. Nappe comprimée à 100 mm : une partie des lentilles est franchement relevée, principalement le long de la barrière, les autres partiellement. — e. Nappe comprimée à 90 mm : quelques lentilles s’échappent verticalement et retombent à plat sur la nappe ; toutes les lentilles en contact avec le mercure sont redressées. C’est le deuxième point critique. — f. Le deuxième point critique est dépassé (compression à 70 mm) ; des quantités notables
- de lentilles s’échappent en amas.
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- bien déterminés, la matière étale aux yeux du physicien sa structure moléculaire sous forme de figures lisibles.
- 'A l’inverse de la plupart des chercheurs, qui utilisent pour l’étude de la constitution de la matière des instruments de précision, M. Devaux a eu le mérite différent d’employer l’appareillage minimum : une cuve à eau ou à mercure, quelques gouttes d’huile, d’acide oléique, d’albumine ou de solides en solution dans la benzine, une « barrière » mobile formée d’une bande de papier, un tamis de soie permettant de répandre du talc, un double-décimètre de bureau.
- A l’aide de ce matériel d’une sobriété Spartiate, il est possible de mesurer, entre autres, les diamètres des molécules et cette méthode fournit des résultats concordant avec ceux d’une dizaine de méthodes basées sur les principes les plus variés.
- Tout récemment, le même expérimentateur est parvenu à fixer par adsorption les parfums artificiels et les odeurs des fleurs à la surface du mercure C1). « Révélée » par l’écartement progressif d’une nappe de talc ou par la condensation de la vapeur d’eau de l’ha-leine, la couche moléculaire de substance odorante peut être photographiée et cinématographiée ; on obtient ainsi de belles images du dégagement du parfum de la tubéreuse, du lis, du jasmin, cette dernière fleur perdant en h4 h jusqu’à i pour ioo de son poids sous forme d’odeur.
- ÉPAISSEURS MOLÉCULAIRES CRITIQUES
- Cette technique ingénieuse de l’étalement sur le mercure méritait d’être « illustrée » à échelle visible pour vérifier — tout au moins par analogie — certaines hypothèses.
- Dès 19x2, M. Devaux avait montré qu’il existe pour les lames unimoléculaires, à la surface d’un liquide, deux « épaisseurs critiques » différentes. La première correspond à un accroissement subit de la résistance opposée à la bande de papier formant barrière mobile au moment où la lame devient continue : c’est l’épaisseur minima pour laquelle se manifeste une cohésion du voile et il est naturel de penser qu’à ce moment les molécules viennent au contact.
- La seconde épaisseur critique, également signalée par un point anguleux de la courbe donnant la résistance en fonction de la surface, correspond à l’apparition de globules, c’est-à-dire de petites masses qui abandonnent le voile faute de place. On peut dire que la première étape marque le début d’une baisse de plus en plus rapide de la tension superficielle et la seconde, une stabilisation de cette tension à un chiffre inférieur.
- Les deux épaisseurs critiques ne sont jamais identiques } leur écart n’est jamais inférieur à 20 pour 100 et il peut s’élever à 80 pour 100 avec l’acide oléique.
- ,ï
- 1. Voir La Nature, n° 3011.
- L’interprétation de ce double phénomène serait difficile dans le cas de molécules iso-diamétriques, comparables à des billes sphériques. Elle est au contraire immédiate si l’on a affaire à des molécules possédant des diamètres inégaux, qui se présentent tout d’abord couchées puis se relèvent progressivement à mesure que la poussée de la barrière s’accentue. Le premier point critique correspondrait à l’étalement complet mais jointif de toutes les molécules à l’état couché, le second à l’instant où toutes ces molécules se trouvant redressées et l'esserrées, un certain nombre commencent à s’échapper verticalement.
- NAPPES DE LENTILLES
- Vérifier de visu ces orientations des molécules est impossible, même à l’aide des plus forts grossissements, bien que les rayons X, par comparaison, nous en laissent soupçonner quelque chose. Mais il est possible de renouveler les expériences à l’échelle macroscopique à l’aide d’objets solides, nombreux et parfaitement semblables entre eux, tels que des graines. C’est ainsi que MM. Devaux et Pallu ont été conduits à de frappantes expériences sur les lames uniparticu-laires.
- Le matériel employé est le même que pour l’étude des couches moléculaires : une simple cuve à mei-cure plate, de 25o mm de longueur, sur 200 mm de largeur, où le mercure forme une couche mince de 4 mm, légèrement en saillie par l’effet de ménisque. Un perfectionnement pratique a consisté, au lieu de laisser ce ménisque libre, à encadrer le mercure avec des bandes de cellophane collées aux bords de la cuve. On obtient ainsi une margelle souple qui se déprime sous la barrière mobile et permet un nettoyage parfait de la surface.
- Sur le mercure nettoyé, on verse un lot de 5o gr, par exemple, de graines propres et sèches. On assiste alors à une magnifique expansion des graines qui, au lieu de rester en tas, s'éloignent en directions centrifuges et forment une couchce unique, toutes les graines se trouvant individuellement en contact avec le mercure. Le phénomène est très net avec des lentilles ; il est dû tout d’abord à ce que le support du las étant fluide, il ne peut exister de talus, les parois du tas tendant à s’écrouler jusqu’à l’horizontale, et ensuite à l’attraction du mercure pour les graines. Chaque graine, une fois libérée, conserve durant un moment une certaine vitesse qui l’éloigne du centre (fig. 1, 3 et 4).
- Cet éboulement centrifuge rappelle, mutatis mutan• dis, l’étalement des lames d’huile sur le mercure, où l’attraction réciproque des deux liquides joue un rôle primordial.
- La lame uniparticulaire ainsi obtenue reste discontinue si le nombre de graines est insufffisant pour couvrir la totalité de sa surface. Elle permet de reproduire la plupart des expériences exécutées sur une lame unimoléculaire.
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- 1er POINT CRITIQUE : COHÉSION
- Supposons que la lame uniparticulaire ne couvre pas la totalité de la surface mais flotte en lambeaux, laissant des intervalles libres. Si l’on communique à la table des vibrations, ces lambeaux se disloquent, en sorte que les particules deviennent individuellement libres et se choquent comme les molécules d’un gaz. Si l’on touche un des intervalles libres avec un fil de verre mouillé d’huile, les graines s’écartent brusquement, formant un cercle autour duquel elles sont étroitement jointives (fig. ib).
- Au Heu de repousser les graines par l’huile, on peut les repousser par le souffle (fig. 3 b et 4b) ou à l’aide d’une barrière mobile, comme les lames moléculaires. On voit alors les graines se rassembler en une lame homogène qui remplit tout l’espace disponible ; à ce moment, toutes les graines sont couchées et jointives et la moindre poussée supplémentaire se fait sentir jusqu’à l’autre extrémité de la couche. C’est le premier point critique, manifesté par la cohésion du voile ; phénomène absolument général et qui se produit quelle que soit la forme des graines (fig. ic, 3c et 4c).
- A cette phase, le voile possède une surface et une épaisseur propres, donc un volume bien défini. Or, il est possible de mesurer le volume V de graines que l’on a versées sur le mercure et la surface S de la cuve ; le quotient Y/S doit donner l’épaisseur de la graine ; c’est en effet ce qui se présente, le chiffre ainsi trouvé coïncidant avec celui que l’on peut trouver par mesure directe à l’aide d’un pied à coulisse. Il semble donc assez justifié d’appliquer le même principe au calcul du diamètre moyen des molécules.
- 2e POINT CRITIQUE : EXPULSION
- Pour faire apparaître le second point critique, il est nécessaire de s’adresser à des graines non iso-diamétriques. Bien que les expériences, au total, aient porté sur un grand nombre de semences : lentilles, navette, colza, gruau d’avoine, moutarde, alpiste, lin, concombre, blé, pin, soleil, riz, les lentilles, qui possèdent deux diamètres différents et les gruaux d’avoine, qui en ont trois, suffisent pour donner des résultats typiques.
- Formons une lame monoparticulaire jointive de lentilles, et accentuons la compression au delà du premier point critique. On voit alors la tendance au redressement se manifester tout d’abord sur une ou deux bandes parallèles à la barrière, puis ces bandes s’élargissent progressivement à toute la nappe, toutes les lentilles se trouvant dressées sur la tranche avant qu’une seule ait
- quitté le mercure en s’échappant dans le sens vertical. L’attraction du mercure pour les graines semble jouer dans ce mouvement de pivotement un rôle important (fig. id et ie).
- Franchissons le second point critique en accentuant la poussée de la barrière mobile ; on voit alors quelques graines s’échapper verticalement et se poser à plat sur la couche uniparticulaire en formant de petits amas (fig. ie et i/).
- Si l’on mesure la surface de la nappe uniparticulaire au moment précis du premier échappement, on trouve qu’elle est exactement moitié de celle de la nappe formée de lentilles couchées. Le rapport de ces deux surfaces, puisque le volume n’a pas varié, doit être inverse de celui des deux diamètres individuels des graines ; c’est en effet ce que l’on constate par mesure directe, les deux diamètres moyens d’une lentille étant respectivement de 5 et 2 mm 5.
- ÏNous sommes donc à même, par la mesure des deux surfaces critiques, de calculer les rapports de
- Fig. 2. — Lame mince d’acide olêique en évolution rapide sur le mercure : âge 20 secondes.
- Grâce à son état instable, cette lame nous présente simultanément trois dispositions rappelant celles des nappes macro-particulaires : dans les lacunes noires, le mercure est à nu ; les plages grises sont formées d’une lame unimoléculaire ; les gouttelettes claires correspondent aux amas.
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- Fig. 3.
- a. Graines rondes de colza (45 gr) répandues sur une surface de mercure longue de 233 mm : nappe « distendue ». — b. Cercle d’écartement produit par le souffle dans une nappe de graines de colza. — c. Colza, nappe jointive à 496 mm : premier point critique. —
- d. Nappe rétrécie à 196 mm : un seul millimètre de rétrécissement et des « rides d’expulsion » apparaissent. Les deux points critiques sont pratiquement confondus pour les nappes de graines rondes. —
- e. Nappe de graines de colza rétrécie à 182 mm, montrant deux rides
- d’expulsion.
- diamètres individuels des particules flottantes. En voici quelques applications.
- GRAINES QUASI-ISO-DIAMÉTRIQUES
- Avec les graines à peu près rondes, il est à prévoir que les frottements mutuels empêcheront les pivotements (comme il est aisé de le montrer en dessinant lepüre des réactions de deux particules jointives) en sorte que tout se passera comme si l'on avait affaire à des sphères parfaites. Dans ces conditions, il n’y aura pas de (t pseudo-élasticité « de la nappe par redressement progressif des graines, autrement dit, les deux points critiques devront être à peu près confondus.
- MM. Devaux et Pallu (x) ont étudié à ce sujet les graines de navette, de colza (fig. 3), de moutarde,
- 1. C: R. Académie des Sciences, t. 206. n° 23, du 8 juin 1938, p. 1693 (séance du 30 mai).
- ainsi que les pois secs. Ils ont constaté que l’apparition des rides d’expulsion (fig. 3d) est en effet extrêmement hâtive ; alors qu’un rétrécissement de 5o pour ioo est nécessaire, dans le cas des lentilles, pour faire apparaître ces rides, un rétrécissement de i à 2 pour ioo suffit pour les graines de navette ou de colza. Il n’y a donc aucune pseudo-élasticité et il est visible que ces 2 pour ioo sont dus à l’élasticité vraie des graines.
- GRAINES A TROIS DIAMÈTRES INÉGAUX
- Passons aux autres particules hétéro-diamétriques, telles que les grains de blé, les graines de lin ou de concombre, les ellipsoïdes de mie de pain façonnés à la main et séchés. Il y a lieu de distinguer, dans ce cas le plus général, trois diamètres différents.
- Voici des grains d’avoine (fig. 4) dont les dimen-
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- sions sont les suivantes : longueur 8 mm, largeur 2 mm 5, épaisseur 2 mm. Quand on rétrécit la couche flottante au delà de la phase jointive (fig. 4a), on constate que les grains tendent à s’orienter parallèlement à la barrière mobile, avec tendance au redressement sur le côté (fig. 4b) et même expulsion verticale de quelques grains. Mais le plus grand nombre reste en contact avec le mercure et on les voit se redresser peu à peu sur leur grand axe. Ce redressement est favorisé quand on continue la compression dans un sens perpendiculaire au premier. A la fin, presque tous les grains se trouvent dressés (fig. 4c et 4d).
- Il y a donc pour le gruau trois points critiques. Le premier est précoce et faible, correspondant à l’orientation et au redressement sur le côté ; le deuxième,
- :.....:..: ......— 37 =
- tardif et fort correspond au redressement sur la pointe, tandis que le troisième est représenté par un échappement désordonné dans le sens vertical.
- La détermination des deux premiers points critiques, qui n’est malheureusement pas très précise, permet de calculer comme précédemment, les rapports des diamètres. Dans une expérience, on a trouvé : rapport longueur/épaisseur = 5,5 au lieu de 4 et rapport largeur/épaisseur = 1,17 au lieu de i,25.
- APPLICATION AUX LAMES D'HUILE
- Repassons maintenant à l’échelle moléculaire (fig. 2). L’utilisation des résultats obtenus ci-dessus à l’échelle macroscopique va nous permettre d’évaluer
- Fig. 4.
- a. Gruau d’avoine (oO gr) : particules à trois axes inégaux. Nappe discontinue longue de 233 mm. — b. Gruau d’avoine : cercle d’écartement produit par le souffle. — c. Nappe de gruau, jointive à 188 mm : premier point critique. — d. Nappe de gruau rétrécie à 132 mm. Orientation avec quelques redressements : deuxième point critique. — e. Voisinage du troisième point critique. — f. Gruau d’avoine : le troisième point critique est dépassé, toutes les particules sont approximativement
- debout sur leurs pointes avec des inclinaisons diverses.
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- non plus un diamètre moyen, mais les trois diamètres principaux des molécules.
- Pour des lames d’huile, on trouve, toujours par le procédé de la barrière mobile, des compressibilités variées, jamais inférieures à 16 pour xoo. Les chiffres suivants (x) indiquent le rapport des surfaces (donc l’inverse du rapport des épaisseurs) de différentes lames d’huile sur l’eau à chacun des deux points critiques :
- Trioléine 0,27 à o32 ; huile d’olive 0,21 à 0,27 ; huile de lin 0,15 à 0,18 ; huile de noix 0,18 ; de foie de morue 0,16 ; de pied de mouton 0,16 ; de ricin o,53.
- Ces compressibilités sont très supérieures à celles des nappes de graines iso-diamétriques, et peuvent égaler, dans le cas du ricin, la pseudo-élasticité des nappes de lentilles. Or, l’épaisseur d’une lame uni-moléculaire d’huile de ricin est précisément la moitié du diamètre théorique de la molécule : l’idée s’impose donc que les molécules de l’huile de ricin sont plates et flottent à plat, dans les nappes non comprimées, absolument comme les lentilles.
- On possède dès lors une méthode générale pour mesurer les trois dimensions principales a, b, c, d’une huile. Partant d’un volume V déposé sur l’eau ou le mercure, on obtient tout d’abord au premier point critique une surface S, d’où le petit diamètre de la
- V
- molécule a — —. Rétrécissant ensuite la surface jus-
- O
- 1. H. Devaux, Journal de Physique, septembre 1912, p. 16.
- qu’au deuxième point critique (début de l’expulsion de globules), on obtient de même par quotient le dia-V
- mètre moyen b = — .
- Mais on sait que le volume absolu d’une molécule quelconque est donné par la formule : V = -^- x g-,
- où M est le poids moléculaire, D la densité et K la constante d’Avogadro. On en déduit le troisième diamètre c — — .
- ab
- Appliquée à deux huiles, cette méthode a fourni les résultats suivants (en angstrôms) :
- Huile d’olive a — 11, b — 14,3, c = 10,5.
- Huile de ricin o — 5, b = 7,5, ,c — 43,5.
- On voit que la molécule d’huile de ricin serait non seulement plate mais très longue et ceci éclaire certaines particularité du graissage des moteurs par cette huile : film épais, à adhérence énergique et assurant une bonne étanchéité, mais accroissant les jeux.
- Tel est ce nouveau principe de recherches, basé sur les « analogies particulaires » et qui n’est qu’au début de ses applications. Il est probable qu’il pourra nous renseigner sur les détails de formes et de rapports des molécules, peut-être même, dans les cas extrêmes, sur la déformabilité des molécules sous l’influence des compressions que l’on fait subir aux lames ; tel serait le cas de l’acide oléique. Ceci fera l’objet de nouvelles recherches.
- Arthenay.
- = LES COULEUVRES DU CHILI =
- LEUR CHASSE AUX PETITS RONGEURS
- On sait que les Ophidiens géants tuent leurs proies de deux façons : le Boa les étouffe en s’enroulant autour de leur corps, le Python les broie entre ses anneaux. Mais, quel est au juste le procédé des Couleuvres de petite taille pour donner la mort aux Rongeurs dont elles se nourrissent P Voici quelle est la méthode des Couleuvres chiliennes.
- Celles-ci sont de deux espèces. La première est la Tachy-demis peruviana (Wiegmann). Commune en Bolivie, et plus encore au Pérou, d’où sa dénomination spécifique, elle s’est répandue sur le territoire entier du Chili; cependant, amie des endroits couverts et humides, elle s’est multipliée surtout dans les régions méridionales jusqu’au Golfe de Puerto Monlt, un peu au-dessus du 42e parallèle.
- La deuxième est la Dromicus chamissonis (Wiegmann) : du nord elle .-est descendue vers le sud du pays, mais sans dépasser le bassin du fleuve’Bio-Bio, au 38e degré. Comme, à l’encontre de l’autre, elle se plaît dans* les lieux secs et ensoleillés, elle s’est arrêtée''.devant les immenses forêts, préférant les collines de la vallée .centrale, rocheuses et buissonneuses, et -les pentes andines jusqu’à une altitude moyenne de i.5oo ’mî. Elle est, d’aiMurs, plus_rare que la première.
- Certaines Tachydemis atteignent exceptionnellement une longueur considérable. En 27 ans, j’en ai vu trois, mesurant : l’une, 1 m 80 ; l’autre 1 m 71 ; et la dernière x m 92.
- Or voici trois méthodes pratiquées par ces Reptiles pour asphyxier les Rats dont ils sont si friands.
- * *
- Dans une vallée de la région côtière, au 33e degré, plusieurs naturalistes étaient en tournée scientifique quand un petit drame forestier les arrêta. Devant eux, une Couleuvre Tachy demis, de 70 cm de long, avait saisi un Rat de moyenne grandeur. Pour lui rendre impossible toute fuite, et aussi pour lui presser le cœur, elle enroula autour de lui, entre les quatre pattes, le dernier tiers de son corps élastique replié en deux anneaux nerveux. Cela fait, elle releva le ventre, la poitrine, et le cou, les allongea en avant, puis en une courbe flexible les retourna en arrière de façon à faire face au Rat prisonnier. Les deux têtes étaient donc vis-à-vis.
- Une joute d’adresse s’engagea alors entre les deux bêtes, le Serpent qui tâchait de happer d’un coup le museau du
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- Rongeur, et celui-ci qui le déviait pour éviter l’étreinte fatale. Lutte très inégale, d’ailleurs, le Mammifère ayant le corps immobilisé par la forte pression des replis de la Couleuvre, et celle-ci, au contraire, libre et souple dans ses mouvements d’attaque.
- Après plusieurs essais infructueux, elle resta soudain comme figée, la gueule grande ouverte à i5 cm de sa victime, et la dominant un peu. Le petit Quadrupède la regardait fixement, dans l’attente d’un nouvel assaut. Une longue minute s’écoula ainsi. Soudain, avec la rapidité d’un éclair, le Reptile se détendit vers le Rat et en saisit la tête à pleine bouche jusqu’aux yeux. Ses dents s’y incrustèrent, ses anneaux se resserrèrent encore pour neutraliser les soubresauts de la proie et lui paralyser les battements du coeur et le jeu des poumons.
- Le Rongeur aux abois chercha bien, en ramassant ses forces, à se dégager; mais, les deux étaux ne cédèrent nullement. Ne pouvant respirer, sa bouche étant close et emprisonnée par les mâchoires du Serpent, et le cœur étant de plus en plus comprimé par le double câble des anneaux écailleux, il fut asphyxié après deux minutes d’agonie.
- Quand il se raidit dans la mort, la Couleuvre relâcha ses replis, et la tête haute, le Rat toujours entre les dents, se perdit dans les halliers.
- *
- m *
- En 19x1, j’avais été témoin d’un autre procédé.
- Assis sur un talus, dans un vert bosquet, je fus soudain alerté par mes compagnons : un Serpent venait droit sur moi ! D’un bond, je fus sur pied. Au même moment, je vis passer à mon côté un Mulot lancé à fond de train, puis aussitôt une Couleuvre Tachydemis qui le poursuivait. Deux mètres plus loin, elle atteignait le fugitif, le saisissait avec les dents par le côté droit du cou, et s’arrêtait net.
- Nous étions six, et fîmes cercle autour. Affamé sans doute, et tout occupé à sa proie, l’Ophidien ne s’en effaroucha point. Il mesurait environ 76 cm, et sa prise était un Mus rattus.
- Immobile, la moitié du corps redressé afin de priver sa victime de tout point d’appui, le Reptile la maintint ainsi dans le vide, ses mâchoires lui serrant la gorge pour lui couper toute respiration.
- Les yeux presque désorbités, le petit Quadrupède battait l’air des pattes et de la queue, tandis que tout le corps frémissait.
- J’avais tiré ma montre. Trois minutes passèrent ainsi. Dès lors, le Rongeur n’eut plus que de légers soubresauts, derniers spasmes.de l’asphyxie.
- Les pattes s’agitaient encore, en se raidissant, que le Serpent déjà, sans déposer à terre sa proie, la fit glisser et tourner dans sa bouche au moyen de légers mouvements des mandibules, jusqu’à ce qu’elle lui présentât de face le museau. Ce fut alors le rude travail de déglutition.
- La moitié du corps toujours vertical, la Couleuvre commença d’aspirer le Mulot, en s’aidant d’un va-et-vient latéral et alternatif des mâchoires. Dans la gueule dilatée, la tête du Rat pénétrait d’un millimètre environ à chacune des contractions des joues. Les efforts du Reptile secouaient
- -....:.......— ====== t:::::;:.:: 39-,==
- tout l’avant de son corps. Au bout de trois minutes, presque la moitié du Rongeur était entrée, le crâne arrivant à l’en* trée plus étroite de la gorge.
- Là fut le plus dur de la tâche. Les efforts des mandibules redoublèrent, le haut du corps se replia en mouvements ondulés sous les pressions musculaires, et imperceptiblement la tête de l’animal traversa l’étroit couloir oesophagien.
- A ce moment, les pattes postérieures, la croupe et la queue du Mulot pendaient encore dehors. Mais, le passage étant libre, en quatre aspirations la Couleuvre absorba la proie que nous vîmes glisser sous la peau jusqu’à l’estomac.:
- Incontinent, le Reptile retomba sur le sol, rampa entre notre groupe et fila tortueusement vers un ruisselet voisin1 où il but quelques gorgées avant de se perdre dans le fourré.
- *
- En septembre 1913, parcourant les collines proches de ma résidence d’alors, j’aperçus soudain une Dromicus chamisso-nis en sommeil léthargique. Longue de x m 10, elle avait le ventre gonflé par une grosse proie récemment avalée. L’occasion invitait à une autopsie, et la bête lut tuée.
- Le bourrelet stomacal qui m’intriguait n’était autre que le corps entier et presque frais' d’un Octodonte Dégu. Témoin de la scène précédemment décrite, où la proie ingurgitée n’était qu’à peine la moitié de celle-ci, je me représentais quels avaient dû être les difficultés et les efforts de la déglutition ; mais, deviner comment le Reptile avait tué le Rongeur était pour moi le plus intéressant. ;
- Je l’emportai donc. Dans mon laboratoire de taxidermie, je le dépouillai, et il me fut alors facile de me rendre compte de la méthode employée par le Sei’pent, un peu distincte des précédentes.
- La chair vive de l’Octodoixte, ainsi mise à nue, portait visible la trace de deux sillons livides autour du corps, et juste de la largeur de la Couleuvre : preuve évidente qu’il avait été enlacé et comprimé par les anneaux de celle-ci, H comme dans le premier cas cité plus haut.
- D’autre part, la nuque, à la base et de chaque côté du crâne, montrait une série de trous, comme faits avec une grosse épingle. Qu’était-ce ? sinon la trace des dents pointues de l’Ophidien? Il avait donc saisi le Rongeur par la nuque, et de ses mandibules avait comprimé les parois latérales de la trachée-artère, afin d’interrompre la respiration et causer ainsi la mort.
- * 1
- * #
- Il résulte de ces trois cas :
- i° Que ces deux espèces de Couleuvres étouffent le Rongeur qu’elles ont capturé. ;
- a0 Que leur manière de l’asplivxièr est quadruplé, selon la diversité des circonstances et la' taille de la victime : par suffocation, par strangulation, par compression du coeur et des poumons, et par l’une des premières manœuvres aidée de la dernière.
- , ,. : Abbé Émile Housse.
- de l'Académie des Sciences naturelles, --ç,, . du Chili...
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- L'ÉLIMINATION DU SOUFRE DES GAZ DE CHEMINÉES
- On sait que la combustion du charbon, surtout lorsqu’il s’agit de foyers importants, comme ceux des centrales thermiques et des grandes usines, déverse dans l’atmosphère des produits nocifs, fumées et gaz contre lesquels depuis longtemps luttent les services d’hygiène. Si les fumées, dont le panache couronnant le faîte des hautes cheminées fut pendant longtemps le signe extérieur de l’activité de l’usine, ont a peu près complètement disparu dans les installations modernes, les gaz par contre n’ont été jusqu’à présent que peu ou pas traités en vue de leur neutralisation. Parmi ceux-ci figure au premier rang l’anhydride sulfureux, non seulement relativement abondant puisqu’une centrale brûlant 2.000 t de charbon par jour déverse annuellement l’équivalent de io à i5.ooo t d’acide sulfurique dans l’air, mais encore extrêmement nocif puisque même des traces suffisent à augmenter de 20 à 3o fois l’action corrosive de l’atmosphère sur les pierres de construction, le fer et tous les métaux exposés à l’air.
- En Angleterre en particulier, les deux centrales thermiques de Londres, Battersea et Fulham ont été forcées par le gouvernement de traiter les gaz de combustion du charbon de façon à les neutraliser. Le problème semble à première vue théoriquement simple, puisqu’il suffit de faire passer les gaz par un lait de chaux, mais les difficultés commencent dans la pratique, non seulement par suite du volume important à traiter (de l’ordre de ào.ooo m3 par jour) mais aussi du point de vue purement chimique, car des phénomènes curieux ont été observés qui ont nécessité une étude délicate dont le Dr R. Lessing a exposé les grandes lignes dans une conférence récente à la Society of Chemical Industry.
- Les expériences préliminaires furent effectuées sur une chaudière brillant 2 t 5 de charbon à l’heure. En faisant passer les gaz dans un laveur à pression type Modave dans lequel les gaz viennent au contact de lames d’eau se renouvelant sans cesse, on constata qu’il n’était pas possible d’extraire plus de 45 pour 100 des gaz sulfureux. On décida donc d’utiliser non plus l’eau pure, mais un lait de chaux. Le rendement de l’épuration, s’éleva facilement à 7.5 pour 100. L’eau de lavage passait ensuite dans un bac de décantation où se déposaient du sulfate de chaux, du sulfite de chaux, du carbonate de chaux et des cendres, l’eau clarifiée rentrant dans le circuit après addition de lait de chaux.
- Pour augmenter encore l’efficacité de la purification on remplaça le laveur Modave par un laveur à anneaux ayant une plus grande surface de contact par unité de volume, de façon à ne pas augmenter outre mesure les dimensions de l’installation d’épuration dont le rendement est d’autant
- meilleur que les gaz à traiter y circulent plus lentement.
- Mais à ce stade de l’étude une sérieuse difficulté se présenta. Déjà pendant les essais antérieurs on avait constaté une tendance à la formation de dépôts dans l’appareil épurateur. En faisant marcher l’installation en continu, au bout de 72 h, tout était bloqué par des dépôts et il fallut arrêter l’opération. Ces dépôts étaient constitués par du sulfate de chaux avec de petites quantités de sulfite, carbonate et des poussières. Ils n’étaient dus ni à une clarification insuffisante de l’eau, puisqu’on en constata dans des endroits où l’eau était parfaitement clarifiée, ni à une irrigation insuffisante des surfaces, et avaient une apparence cristalline.
- L’étude approfondie révéla alors que le sulfate de chaux forme dés solutions sursaturées remarquablement stables et qu’il était impossible de faire cesser la sursaturation en ensemençant la liqueur avec de petites quantités de sulfate de chaux à différents degrés d’hydratation.
- Finalement on trouva qu’en mettant en suspension 5 pour 100 environ de sulfate de chaux à 2 molécules d’eau dans la solution sursaturée, en 3o s environ, la solubilité redevenait normale. De plus les cristaux ont tendance à se développer dans les régions où la pellicule d’eau reste stagnante au contact des parois solides, d’où nécessité de nettoyer périodiquement l’appareil. On trouva également que la taille des cristaux de sulfate cristallisé à 2 molécules d’eau influait sur leur efficacité à faire cesser la sur saturation. Enfin celle-ci est également diminuée par la présence de sulfite de chaux, de sorte qu’il fallut rechercher les conditions optima pour l’oxydation du sulfite en sulfate. En particulier, le pH de la solution ne doit pas être supérieur à 6,4 ni trop inférieur car alors le rendement de l’extraction de SO2 diminue.
- Finalement, on arriva aux conclusions pratiques suivantes : le liquide de lavage sera constitué par un lait de chaux additionné de 5 pour 100 de sulfate de calcium à 2 molécules d’eau ; l’installation sera soumise à des chasses violentes périodiques, l’acidité de la solution de lavage sera contrôlée et une chambre suffisamment vaste sera prévue pour permettre l’oxydation des sulfites, enfin une chambre de décantation permettra la séparation des précipités solides du liquide de lavage avant sa remise dans le circuit et addition de réactifs frais.
- Il est assez rare que soient exposés avec autant de détails que l’a fait le Dr Lessing dans sa conférence, les erreurs, les difficultés, les phénomènes parasites, etc., que l’on rencontre au cours d’une étude pratique de chimie industrielle et à ce titre celte conférence est un exemple typique à proposer à la méditation des jeunes chercheurs et des élèves ingénieurs. H. Vigneron.
- L'ACTINOMÉTRIE SOLAIRE A LA PORTÉE DE TOUS(,)
- La puissance du rayonnement solaire est connue de tous. Son évaluation précise est l’objet de l’actinométrie. L’intensité de la radiation peut être définie par la valeur des effets biologiques, chimiques ou physiques qu’elle détermine. Les premiers et les seconds exposent à des erreurs multiples quand il s’agit d’un rayonnement hétérogène. Les
- 1. Contraint de nous limiter nous prions le lecteur de se reporter aux deux articles de Boutaric, La Nature, 1929, t. II, p. 340, et 1933, t. II, p. 444, aux publications personnelles signalées lus loin, et au Traité d’héliothérapie et d’actino'-logie du Dr Brody, Maloine, éditeur, Paris (lre partie : actions physiques et chimiques, par le Dr Maurice d’Halluin).
- troisièmes ont toutes les préférences, mais il faut les choisir suivant la documentation souhaitée. Une surface noircie est universellement adoptée comme récepteur non sélectif (x). Encore faut-il mesurer la quantité de chaleur qu’il absorbe. On l’exprime en calorie-gramme par minute et centimètre carré.
- Des procédés calorimétriques de valeur absolue constituent l’instrumentation fondamentale, complexe, mais nécessaire, dans les laboratoires ayant pour objectif des
- 1. Les piles photo-électriques sont des appareils sélectifs dont la sensibilité varie dans les diverses zones spectrales.
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- recherches de haute précision. Les couples thermo-électriques, plus faciles à utiliser, fournissent un courant en relation directe avec la quantité de chaleur absorbée. Le pyrhé-liomètre d’Angstrôm peut être considéré comme appareil absolu. Les piles thermo-électriques de grande surface, généralement adoptées pour les déterminations courantes, doivent être graduées par comparaison avec un étalon primaire ou secondaire.
- Les phénomènes de dilatation provoqués par la chaleur sont également utilisables, ils nécessitent un étalonnage par comparaison. C’est un appareil utilisant ce phénomène dont nous proposons l’utilisation pour des buts météorologiques ou médicaux.
- A QUOI SERT L'ACTINOMÉTRIE
- Du point de vue géographique il est nécessaire de définir le climat solaire des différentes régions. Le nombre d’heures d’ensoleillement est un facteur important; mais la quantité de chaleur effectivement reçue par le sol, le maximum d’intensité de la radiation par jour clair le sont beaucoup plus. Ces notions devraient être prises en considération plus souvent en technique agricole, ou chaque fois que l’on a en vue l’utilisation immédiate de la chaleur solaire. Il faut ajouter à l’étude du rayonnement solaire direct, celui du rayonnement diffusé (x) par le ciel. Son énergie représente en une année, dans nos régions, environ 4o pour ioo de l’intensité incidente totale (1 2). Et l’on ne tient pas compte dans cette estimation, du rayonnement important renvoyé par les eaux ou les surfaces blanches.
- Nous avons étudié à Nice (3) au printemps, le rayonnement diffusé : récepteur vertical face au soleil, tantôt au voisinage de la mer, tantôt à l’abri du rayonnement réfléchi par l’eau. Quand le rayonnement de la mer peut atteindre le récepteur, nous avons trouvé des augmentations de 70 pour 100 pour le rayonnement global mesuré avec une pile thermo-électrique, de 10 à 21 pour 100 pour l’ultra-violet proche (mesuré avec une cellule photo-électrique au sodium, munie d’un verre de Wood), de 35 à 4o pour xoc pour l’ultra-violet lointain (mesuré avec le radiomètre de la Farben-Industrie). Ces chiffres sont des ordres de grandeur qu’un nombre de relevés plus considérables pourrait modifier.
- Du point de vue thérapeutique, objet principal de nos préoccupations, i’etenons que l’héliothérapie est une médication trop négligée et susceptible de donner des résultats remarquables. Citons seulement son importance dans les troubles du métabolisme du calcium : rachitisme, tétanie, ostéomalacie, retard de consolidation des fractures.... Bien des affections cutanées : lupus, acné, pyodermite, folliculite, furonculose, plaies torpides ou infectées, brûlures, sont favorablement influencées par le soleil. Ajoutons à cette liste
- 1. Plusieurs points esquissés dans ce paragraphe ont été résumés par notre article « Avantages biologiques et matériels du climat de la Côte d’Azur » (Art Médical, Vigot, Paris, 1937).
- 2. On peut à certains jours, lors de la présence de nuages blancs, obtenir pour le global (rayonnement du soleil et du ciel) 2 cal/gr par centimètre carré et par minute, et 1 cal/gr 40 pour le direct à l’incidence normale. Ces valeurs représentent un maximum exceptionnellement atteint dans nos régions. D’agrès Abbot, la constante solaire, c’est-à-dire la valeur de l’énergie calorifique du rayonnement à la limite de l’atmosphère, est de 1 cal/gr 94 par centimètre carré et par minute.
- 3. Gobczinski. Annales de l'Institut d’Actinologie, mai, 1931.
- M. d’HALLum. Le régime de l’ultra-violet sur la Côte d’Azur.
- Bulletin de la Société de Médecine et de Climatologie de Nice, 1937, t. II.
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- les tuberculoses dites chirurgicales, certaines maladies de la nutrition, les troubles endocriniens et les déficiences parfois importantes, caractérisant les troubles de la croissance ou la convalescence de certaines maladies particulièrement déprimantes. Toutefois il ne faut pas, comme on le fait par snobisme, s’exposer imprudemment au rayonnement solaire. Le soleil est une arme à deux tranchants, et cette pensée doit retenir l’attention des lecteurs car le soleil médicament doit être dosé comme tout médicament.
- Or l’empirisme règne en maître dans le domaine de l’héliothérapie. La prudence et la sagacité des cliniciens ont permis sans aucun doute d’en tirer un excellent parti. Mais il y a mieux à faire. Et le problème se présente sous deux aspects. Il faut considérer l’action thermique (x) du rayonnement global et l’action spécifique propre des différentes zones spectrales.
- Pour l’instant, nous nous occuperons seulement de l’énergie calorifique solaire. Notre actinomètre donne la valeur des recettes; mais logiquement il faut à côté d’elles évaluer les pertes et dans ce but, nous avons l’éalisé un cryomètre utilisant certains des éléments entrant dans la composition de notre actinomètre. La notion dynamique du refroidissement intéresse d’ailleurs également le météorologiste et le médecin.
- UN NOUVEL ACTINOMÈTRE
- L’actinomètre bimétallique compensé que nous proposons, a le mérite de la simplicité et Davantage d’un prix de revient relativement minime. Il présente une certaine inertie, inconvénient plus théorique que pratique car nous le considérons comme exact à 5 pour 100 près, au bout de 3 mn d’exposition. Par la suite, sa précision est de l’ordre de 2 à 3 pour 100 lors des petites variations d’intensité du rayonnement. Il est à lecture directe et pratiquement indé-
- 1. Dr Maurice d’IlALLuiN. Le facteur thermique dans l’héliothérapie. Badiologica, Band 1, Heft 4-6, 1937.
- Fig. 1. — U actinomètre du Dr D’Halluin.
- A, représente l’actinomètre monté sur un pied muni de vis calantes, N, niveau d’eau. Grâce aux vis de commande RY l’appareil tourne sur son axe ou peut prendre toutes les inclinaisons désirables. B, est le tube pyrhéliométrique pouvant s’adapter sur l’actinomètre pour l’étude du direct à l’incidence •normale. C, est un cache-soleil qui s’adapte en E pour étudier le diffusé. D, représente l’actinomètre sur pied simple pour l’étude du global sur une surface horizontale. On voit la surface réceptrice noircie, protégée par une double calotte de verre et la graduation latérale.
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- réglable. La déviation est de 3o à 4o mm environ pour une calorie-gramme par minute et centimètre carré.
- Il a extérieurement l’aspect d’un boîtier cylindrique chromé. On voit sur une face latérale une échelle devant laquelle se déplace une aiguille. La graduation est faite en dixième de calorie-gramme par minute et centimètre carré. Il ne faut pas attacher grande importance à la troisième décimale, car elle représente un ordre de grandeur que donnent seulement les appareils de laboratoire. La plaque noircie absorbant le rayonnement mesure 37 mm de diamètre. Elle est au centre de la face supérieure de l’appareil et protégée contre le refroidissement par deux calottes hémisphériques (*) en verre mince, ou mieux une coupe de verre à double paroi et vide d’air.
- La plaque métallique noircie constituant le récepteur s’échauffe sous l’influence du rayonnement solaire. Elle impressionne un bi-métal sous-jacent enroulé en spiral. Celui-ci est fixé sur un axe mobile, monté entre deux rubis et traversant l’appareil en son centre. L’autre extrémité libre constitue l’aiguille. Ce spiral dit « récepteur » se dilate proportionnellement à la quantité d’énergie calorifique reçue par la surface noircie. Mais il a fallu éviter l’influence des variations de la température ambiante. Dans ce but on a placé à l’autre extrémité de l’axe, un second spiral dit « compensateur ». Il travaille en opposition avec le premier et ses deux extrémités sont fixées : l’une à l’axe, l’autre à la masse de l’appareil. Il est donc toujours à la température ambiante. Ses variations sont semblables à celles du spiral récepteur. Elles font tourner l’axe pour maintenir au zéro l’extrémité libre du second spiral, quelles que soient les variations de la température ambiante (1 2).
- La déviation donne directement la valeur calorifique du rayonnement incident, exprimé en dixième ou (approxima-
- 1. Les calottes protectrices sont un inconvénient commun à tous les appareils servant à l’étude du global ou du diffusé. Il est surtout à retenir pour les incidences obliques.
- 2. Nous avons été amené à des modifications de détail pour la construction du modèle définitif. Mais la description que nous donnons ici a nos préférences, étant plus facile à comprendre.
- tivement) en centième de calorie-gramme par minute et centimètre carré.
- Il est à conseiller de laisser l’actinomètre exposé constamment au rayonnement. Si la surface est horizontale ou si recevant normalement le rayonnement solaire, l’appareil est entraîné par un monture équatoriale, la lecture peut être immédiate. Dans les autres cas, il faut rectifier la position de l’actinomètre i ou 2 mn avant de faire la lecture. Il en serait de même si on voulait mesurer successivement avec le même appareil le global et le diffusé. Les déterminations successives avec un seul appareil n’ont pas la précision des déterminations faites simultanément avec deux appareils, car il y a lieu de tenir compte, surtout à certains jours, des variations rapides du rayonnement.
- La mesure de l’intensité du rayonnement solaire n’est pas un problème nouveau. Sa technique est difficile quand on réclame une grande précision.^ Les appareils pouvant être considérés comme utilisables en pratique courante méritent des critiques, même le pyrhéliomètre d’Angstrôm. Notre objectif étant de répondre aux besoins biologiques et médicaux, nous avons surtout étudié notre appareil pour l’étude du rayonnement global sous diverses incidences. Nous espérons avoir atteint notre but grâce à l’ingéniosité des con-, structeurs qui nous ont apporté leur précieux concours (x).
- Les études actin orné triques sont encore peu répandues en France. Elles le sont davantage à l’étranger et nous entendons habilement vanter la valeur du climat solaire de régions beaucoup moins favorisées qu’une grande partie de notre pays. Notre actinomètre mériterait de prendre place à côté des appareils de météorologie courants. Le public curieux de suivre les courbes des baromètres, des thermomètres, des hygromètres, n’est point encore familiarisé avec la notion calorie-gramme par minute et centimètre carré. Mais c’est affaire d’éducation et quand les actinomètres seront plus répandus, on comprendra vite la signification et l’intérêt de leurs indications.
- Dr Maurice D’Halluin,
- Professeur à la Faculté libre de médecine de Lille.
- •1. Établissements Lampyris, I, rue Balzac, Nice.
- = LA DOCUMENTATION PHOTOGRAPHIQUE = ET CINÉMATOGRAPHIQUE DANS LES SCIENCES
- I
- La documentation, dans tous ses domaines, devient de plus en plus exigeante ; le livre et la revue répondent encore à ses besoins grâce à leuf organisation minutieuse, à..partir des catalogues jusqu’aux possibilités de diffusion et d’échange. Dans le domaine relativement ^nouveau de la documentation photographique et cinématographique, nous sommes encore loin d’atteindre la perfection réalisée dans le classement et le dépouillement des imprimés.» Cependant, quoique à l’heure actuelle la substitution du film au livre soit exclue, l’importance ^documentaire de l’image photographique, fixe ou en mouvement, ne laisse pas de doute : le document photographique
- permet de saisir clairement la genèse ou la morphologie des sujets étudiés ; la cinématographie permet de suivre le mouvement jusqu’à des fractions infinitésimales et permet d’en coordonner les règles les plus cachées.
- La documentation photographique ne demande pas de commentaires ; il s’agit ici encore d’illustrations qui se rattachent assez étroitement au livre ; pour ce qui est de la photographie à projeter (diapositive) on est désormais d’accord sur le format standardisé, sur la légende en deux langues (dont une internationale, comme le français), sur la numération progressive. En photographie, donc, seuls les moyens techniques peuvent nous intéresser : les nouveaux objectifs, les nouvelles gélatines, la micro-
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- photographie, la téléphotographie, la rœnt-genphotographie, la photographie en lumière spéciale (infra-rouge, ultra-violet, etc.).
- Pour la cinématographie, la question reste complexe. D’abord, il s’agit d’installations et de frais assez importants ; ensuite, l’intérêt particulier de ce moyen de documentation, son côté spectaculaire, ses possibilités de vulgarisation lui donnent un caractère spécial.
- Jusqu’à aujourd’hui, il manquait dans ce domaine une coordination et une possibilité pratique d’échanges. Les formats mêmes ont varié selon la fantaisie ou les moyens des cinéastes, de 8 mm à 35 mm ; le rythme même a varié de 16 à 24 images par seconde, le premier pour le film muet, le second pour le film sonore. De plus, il n’existait aucun catalogue, aucune information complète et internationale.
- Cependant, l’avenir de la documentation cinéma-
- Fig. 1. — Projecteur (de 8, 9 mm 5 et 16 mm) de Fred Jeannot. 1, contrôleur d’arc ; 2, moteur du souffleur ; 3, moteur d’entraînement ; 4, œil de chat ; 3, boîte à air humide ; 6, bobine de 600 m ; 7, ampèremètre ; 8, compteur d’images ; 9, rhéostat de marche ; 10, interrupteur de marche.
- tographique est indiscutable, même si on la considère sous le seul aspect de 1’ « enregistrement ». En s’en tenant à des solutions prudentes, dès maintenant on peut envisager :
- a) l’unification du film scientifique et industriel : 16 mm ;
- b) un catalogue international, alphabétique et analytique ;
- c) une association du film et de l’imprimé. Par exemple : les documentaires cinématographiques pourraient sortir accompagnés de brochures (voire une revue spécialisée avec un article sur le sujet) qui donneraient une explication aussi complète que possible du sujet traité, tandis que le film n’en serait que l’illustration en mouvement et, d’une certaine façon, la synthèse ;
- d) l’usage du film à projeter dans le microfilm, c’est-à-dire l’outillage — extrêmement simple — pour pouvoir étudier commodément (et même en
- 2. _ Beux images du film de MM. Comandon et de Fonbrune
- « Les champignons prédateurs de nématodes ».
- faire des projections fixes), un film, image par image.
- Comme on voit, il s’agit d’un ensemble qui doit être mis au point. Nous verrons la contribution de la France et de maints pays à cette tâche qui intéresse tous les chercheurs, les savants, voire, simplement, les « curieux intelligents ». Un principe général peut être tiré de ces expériences : seule la beauté des images d’un film peut vaincre l’indifférence du public pour la science.
- II
- Le VIe Congrès international de documentation photographique et cinématographique s’est tenu au Palais de la Découverte et au Musée pédagogique à Paris. On en doit l’organisation au Dr Ch. Claoué, à Jean Painlevé et à Michel Servanne. Le nombre ordinal du Congrès suffit seul à prouver la ténacité de ces savants ; c’est à ce Congrès qu’on a pu marquer un des pas les plus importants de la documentation moderne. M. Lebrun, directeur du Centre national de documentation pédagogique, a informé
- Fig. 3. — Les protubérances solaires (12 juin 1937 à 12 h 30), extrait du film scientifique de l’astronome Bernard Lyot.
- 3
- (Pose : Jq de seconde ; film panchromatique, filtre rouge. Lyot
- a obtenu ce profil au moyen d’une éclipse artificielle provoquée par un disque métallique posé devant l’objectif).
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- Fig. 4. — Extrait du film a Autour du zéro absolu » de VU. F. A., tourné par le Dr Martin Rilcli.
- Le film montre une série de phénomènes se produisant à très basses températures, en particulier la liquéfaction des gaz.
- a) L’air liquide peut être filtré comme de l’eau à travers le papier filtre ; b) Une cloche de mercure coulée dans un moule en plâtre est solidifiée par immersion dans l’air liquide ; frappée elle rend un son harmonieux ; c) L’oxygène liquide à — 190° C. est magnétique ; il flotte librement entre les deux pôles d’un aimant ; d) et e) L’air ambiant se liquéfie sur une sphère métallique refroidie par immersion dans l’hydrogène liquide à — 2o3° C. (récipient de gauche) ; I) De l’air liquide à — 190° C. dans un récipient de verre ; g) Cloche de plomb refroidie à — 190° C. dont le son sera plus harmonieux que celui qu’elle rendait avant l’opération.
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- les congressistes (x) que-, désormais, le documentaire sera considéré dans les principaux États comme un document semblable au livre ; cette affirmation, anodine en apparence, permettra d’assimiler le documentaire à l’imprimé, avec les éléments correspondants aux bibliothèques, aux catalogues (fichiers unifiés), aux facilités d’échange qui sont en usage pour les livres. C’est donc une étape en avant qui a été accomplie et dont les conséquences ne pourront qu’être heureuses pour l’avenir du documentaire filmé.
- Avec des bases aussi solides, l’initiative privée elle-même est encouragée ; elle peut oser sur une échelle plus vaste et ne pas craindre les interruptions qui ont compromis jusqu’à maintenant une exploitation régulière du documentaire. Il reste, à notre avis, un détail à fixer : la définition du documen-
- 1. On a compté l’adhésion de 800 personnalités du monde scientifique et plus de 60 films de recherches appliquées à la science ont été présentés.
- ' Fig. 5. — Opération esthétique du nez. a.) anesthésie locale ; fa) voie d’accès et décollement de la bosse nasale ; c) la bosse nasale est extraite.
- (Travaux du Dr Claoué, Paris).
- taire, métrage et genre, de façon à éviter les surprises d’ordre administratif ou douanier.
- Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Jean Pain-levé sur l’axiome : « le documentaire ne peut pas vivre » ; pour qu’il vive, il suffira de le considérer non comme une fin en soi, mais seulement comme une fraction de la documentation en général. On peut réaliser un bon documentaire courant (les 3oo m classiques) pour environ 5o.ooo fr (35.ooo pour les schémas animés) ; mais il ne faut pas limiter l’amortissement des frais à l’exploitation seule ; on en peut tirer une documentation photographique, un microfilm, une
- Fig. 6. — Œil de la Daphnie avec ses muscles et sa masse nerveuse (Bonnal, Paris).
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- Fig. 7. — Appareil de complément pour photographie et cinématographie (.Kenji Takagi, de l’Université Impériale de Tohio) pour enregistrer l’aspect ou l’évolution interne des articulations, abcès, kystes, spina-bifida, etc. Un appareil semblable a été construit par le Pr Slutzin qui, le premier, filma la vessie, et par Werner W. Siebert (Thorakoskop), qui pénétra dans la
- plèvre.
- a) schéma de l’appareil sur une articulation (genou) ; 6) schéma du mécanisme ; c) schéma de l’optique.
- propagande fondée sur l’intérêt général d’un argument déterminé (propagande pour un institut, un procédé, un système, un produit). Et de tout documentaire, il conviendra de tirer des éditions en 16 mm (mauve, si les négatifs originaux sont en couleur) pour usage international et post-scolaire. C’est en concentrant les moyens de diffusion du documentaire qu’on pourra éviter de le voir arrêté dans son essor, malgré d’admirables réalisations.
- Les formats réduits (8 mm, 9 mm .5, 16 mm et 17 mm 5) sont aujourd’hui à encourager ; soit à cause de leur plus grande facilité de réalisation, soit à cause de la possibilité d’obtenir des films en couleur (pellicule inversible). A ce dernier Congrès, le 8 mm lui-même a été une révélation ; on y a vu un projecteur conçu (fig. 1) pour donner aux images de 8 mm toute leur valeur (pratiquement, il s’agit d’images de 5 mm). Avec des appareils de prises de vues très perfectionnés et des projecteurs de la même qua-
- lité, on possède les éléments du succès pour la diffusion de ce moyen de documentation.
- III
- Le YI° Congrès a été surtout une mise au point ; outre l’importante contribution française, on y a vu des films venus de Londres, de Berlin, de Bruxelles, de Lisbonne, de Moscou, de Vienne, de Buenos-Aires, de New-York.
- Le Dr J. Comandon et M. de Fonbrune (Institut Pasteur, Garches) ont présenté un film étonnant : Les champignons microscopiques, prédateurs des nématodes (35 mm). Le Dr Comandon, médecin, botaniste, histologiste, biochimiste, physiologiste, est un maître de la microcinématographie ; certains de ses films sont célèbres même dans le grand public, comme 1! « attaque du microbe de la diphtérie par un groupe de globules blancs », « le repas de l’amibe » et tant d’au-
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- très. Mais le public ignorera toujours le travail préparatoire de Fonbrune dans le domaine du millième de millimètre, pour obtenir des microscalpels, des microbistouris, des microélectrodes, des micropipettes. Les Champignons présentés au Congrès, grâce à de nombreux pièges garotteurs, sensibles sur les parois intérieures du nœud, capturent les vers minuscules dont ils se nourrissent ; sur l’image de droite (fïg. 2), un nématode amené au bout d’une aiguille, a été fait prisonnier par le champignon, qui, déjà, commence à le digérer, après avoir développé un filet de mycélium à l’intérieur de sa proie [Ne pas oublier que le diamètre de la pointe de l’aiguille (fig. 2) est de 25 millièmes de millimètre.]
- Dans cette séance, Bernard Lyot, astronome à l’Observatoire de Meudon et au Pic du Midi, a présenté un film qui fera époque dans le domaine du documentaire : Protubérances solaires (35 mm). Le phénomène a été accéléré 600 fois, nous donnant ainsi la vision de ces protubérances qui s’élèvent en fusées de 25o.ooo et 5oo.ooo km de hauteur à la surface du Soleil et qui s’écroulent après une séparation médiane ; avec la seule photographie, on n’avait pu observer le phénomène avec cette rigueur et cette évidence (fig. 3).
- J. Ferrand (Paris), du groupe des amateurs, a projeté un 16 mm en couleur sur quelques réactions microchimiques utilisées en toxicologie ainsi qu’une étude sur Le Doryphore de la pomme de terre (16 mm). Julian Huxley a montré deux documentaires (Strand Film, Londres) excellents pour un large public : Du Singe à l’Homme et Nains et Monstres. A la première séance, les Allemands ont projeté un groupe de quatre films, dont les plus intéressants furent sans doute les deux de la cc Reichsstelle für den Unterrichtsfilm » (Berlin) : le Jeu des valvules du cœur de bœuf (16 mm) et la Formation des lignes équipotentielles dans le champ magnétique (16 mm) ; l’Ufa a présenté un 35 mm sonore : Autour du zéro absolu (fïg. 4).
- B. M. Belin, du Laboratoire de photographie et de cinématographie du Collège de France, nous a montré sur un 35 mm sonore,
- La formation des images dans le microscope, par l’observation en lumière transmise ; c’est peut-être la première fois que nous voyons matérialisée une théorie d’optique, toute abstraite.
- Le Dr van de Maele (Bruxelles) a présenté une véritable nouveauté en radiocinémato-graphie ; on sait qu’on obtenait indirectement ces films en cinématographiant dans des conditions normales des projections déjà faites ; ce procédé a l’inconvénient, au point de vue des graranties que la science exige, de permettre des montages. Le Dr van der Maele obtient ses films directement [Badiocinéma-tographie directe, 35 mm]. Le Dr Boni (Bologne), le Dr Djan et le Dr Yanker opèrent avec un objectif extrêmement ouvert, l’écran recevant l’image radioscopique, comme firent
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- d’ailleurs Lomon et Comandon en 1912 (10 ou 12 images par seconde). Les films du Dr van der Maele sont pris directement sur un grand format, 35 mm, à raison de 8 images par seconde, et reçoivent les radiations directement sur la pellicule. Ensuite, ces images sont triplées et réduites au format ordinaire de 35 mm. C’est là une nouvelle technique qui pourra avoir des applications étonnantes dans le domaine du « lent » et qui s’accorde d’ailleurs avec la lenteur relative des organes en mouvement.
- Le Dr Munhoz Braga, de l’Institut portugais du Cancer (Lisbonne), a montré trois groupes de photographies dans l’infra-rouge, dont il est un spécialisite averti ; le Dr R. Chanaud (Nice) a montré aussi la manière d’obtenir par une seule pose une épreuve en couleur et en relief.
- IV
- La séance suivante a réuni neuf documentaires sonores en 35 mm, pouvant convenir au grand public ; nous ne citerons que : 1.600°, de Giles-Nicaud (Paris) et Le Canal Moscou-Volga de la Soyuzintorgkino (Moscou) ; de l’Atlantic-film (Paris), La Lettre, un des innombrables films où figurent des graphiques en mouvement d’une grande perfection.
- La séance de médecine, chirurgie et physiologie a été particulièrement remplie : les films chirurgicaux du Dr Charles Claoué et J. Painlevé, dont nous signalons une Opération esthétique du nez (fig. 5), ont fait comprendre l’importance de l’écran pour l’étude de la chirurgie esthétique. Une véritable réussite, tant au point de vue de la technique du cinéma, qu’à celui de l’électro-chirurgie, est celle des films (16 mm) du Dr Munhoz Braga : Documentaires sur Vélectrochirurgie. du cancer. De semblables travaux suffisent à nous
- Fig. 8. — Prise de vue de microcinématographie (Laboratoire de Jean Painlevé).
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- Fig. 9. — L’œil quadruple de l’araignée.
- CDocumentaire présenté par Jean Painlevé au VIe Congrès international).
- renseigner sur l’élan de la recherche dans un pays. Généralement, ces documentaires n’ont qu’un intérêt pédagogique ; cependant les plus grands soins ont été apportés à leur réalisation ; signalons : le 16 mm du Dr Frænkel (Paris) ; Cinématographie et physiologie de Binet, Vallahien et J. Hansen (Paris) ; les trois films du Pr Malméjac (Marseille) ; Métabolisme hépatique chez le chien dépancréaté du Pr Hedon (Montpellier) ; les films des Drs Mauricard, Gothié et Tsatsa-ris (Paris) ; du Dr Preissecker (Vienne) ; du Dr Le Gac (Paris) ; Mécanisme physiologique de l’écriture du
- Dr H. Callewaert (Bruxelles) et le graphique animé (35 mm) ; Lutte contre le cancer du Dr Roffo (Buenos-Aires) qui prouve les mérites des beaux graphiques de l’Atlantic-Film. Hans Elias (Zurich), auteur de cet admirable film Evolutio ovi amphibiorum, était absent, ainsi que le cinéaste de la fécondation artificielle, Dr Liebmann (Berlin), et les films Carlo Foà-Calcagno (Rome).
- M. Prudhommeau (Paris) a montré, dans la séance technique et pédagogique, un groupe de films, très moyen au point de vue cinématographique, mais d’un immense intérêt pour l’étude psycho-motrice de l’enfant ; étonnant, son film (9 mm 5) sur Le dessin et les enfants anormaux. Médiocres aussi les films pédagogiques de Mme Decroly (Bruxelles) dont l’élément essentiel est noyé dans des lenteurs pittoresques. Les dessins animés pour l’enseignement de Danil et Monis (Cantagrel, Brucker et Geloso) présentent un intérêt indiscutable, mais ne prouvent pas leur nécessité pour l’enseignement ; ils font double emploi avec le livre et ce n’est pas là le but à atteindre. Un graphique animé de premier ordre a été celui de MUe Bernson sur l’Astronomie (Atlantic-Film), de même, celui des arabesques, incompréhensibles pour les profanes, sur les engrenages (35 mm), tourné par la Cinémathèque centrale d’enseignement professionnel (Paris). Le film sur les Otaries (35 mm, sonore) de l’Ufa (Berlin) est imposant. Un véritable succès a été celui d’un amateur, Bonnal (Paris), qui a réalisé un documentaire, juste dans le rythme et dans la précision du sujet, sur La Daphnie (8 mm), crustacé microscopique (fig. 6).
- V
- Fig. 10. — Extrait du film périodique « La marche du temps » présenté par R. K. 0.
- Le poumon cle fer. Il s’agit d’un appareil inventé par le médecin français Woillez en 1876, sous le nom de spirophore.
- Sur 60 films environ, 3i étaient de format réduit (1). Presque tous les films chirurgicaux ont adopté le 16 mm, peut-être à cause du moindre encombrement des appareils et de leur maniabilité, peut-être aussi à
- (x) Pellicules employées actuellement.
- Nombre
- Format Utilisable des perforations Métrages corres- Poids
- (mm) pondants (gr.)
- en muet en sonore muet sonore (m)
- sur mm sur mm
- 35 24,5 X 18,5 21,8 X 18 2 2 25o 1800
- 17,5 14 5 X 9.5 ii,3 x g 2 1 100 45o
- 16 10,4 x 7,4 9,6 x 7 2 1 roo 4oo
- 9.5 8,5 x 6,5 7,5 x 6,5* 1 1 100 2Ô0
- 8 5 x 3,7 1 5o 200
- * Le 9 mm 5 sonore existe depuis G mois (Pathé-Baby) ; 65o appareils sont déjà installés en France ; à côté de 5oo.ooo appareils muets (9 mm5). ’* N’existe pas sonore.
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- cause de leur prix et du prix du film. La communication de Fred Jeannot au sujet de son appareil de projection (de 8 à 16 mm) (fig. i), a une très grande portée pour l’avenir du film étroit : ce projecteur à arc, doué d’un miroir aux cotes savamment étudiées, permet de donner un véritable point de lumière ; c’est grâce à ce projecteur que La Daphnie a conservé toute sa valeur — en lumière et en clarté — sur un écran de grandes dimensions.
- Comme on voit, les moyens ne manquent pas et se perfectionnent de jour en jour ; pour les travaux normaux, on utilise des appareils de prise de vues et des projecteurs satisfaisants. Pour les prises de vues spéciales, on dispose de pellicules extrêmement sensibles ; dans lé format de 16 mm et de 9 mm 5, la trichromie (Kodak, Agfa et Dufaycolor) est au point elle aussi ; elle a l’inconvénient de ne fournir qu’un seul exemplaire. ; ce n’est pas très grave pour les documents strictement scientifiques (dermatologie, mimétisme, réactions, etc.) ; cet inconvénient peut d’ailleurs
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- être diminué si on fait usage de u batteries » de 2, 3, 4 ou 5 appareils. Le succès du Centre français de documentation pédagogique, qui a fait assimiler le film au livre, ouvre, d’autre part, une voie assez large. L’organisation des cinéastes et ces rencontres périodiques où l’on échange des idées et où il est possible de coordonner les recherches, de façon à éviter le gaspillage dans des doubles inutiles, feront le reste. Mais il faut, à notre avis, une vue d’ensemble sur toute la question du « document », pour pouvoir résoudre efficacement la question de détail du documentaire cinématographique ; il faut songer aussi à la solution exemplaire qui nous vient d’Amérique, sous la forme du périodique Mar ch of Time (R. K. O.) où l’actualité scientifique est mélangée aux autres actualités (fig. 10) ; il y a là un excellent moyen de propagande, sans compter l’éducation et le goût pour le documentaire qu’on crée dans le public du monde entier.
- Lo Duca.
- LES PROPRIÉTÉS MUSICALES DES JETS FLUIDES
- Les jets de fluides ont de tous temps retenu l’attention des savants, depuis Léonard de Vinci jusqu’à Lord Rayleigh et Lord Kelvin et, malgré les innombrables expériences, les multiples théories proposées, la complexité des phénomènes a jusqu’à présent défié toute interprétation. Cependant, à première vue, le problème semble simple : un jet fluide débouche d’un orifice dans un espace renfermant le même fluide au repos. Les difficultés provenant de la tension superficielle, des propriétés élastiques, qui se présentent quand le jet débouche dans un fluide différent (comme par exemple un jet d’eau dans l’air) 11’existent pas dans le cas considéré ; de plus un gaz, d’après la théorie cinétique, consiste en une infinité de particules se mouvant dans toutes les directions avec des vitesses considérables par rapport auxquelles la vitesse propre du jet est pratiquement insignifiante. Cependant les phénomènes échappent à nos moyens mathématiques actuels.
- Rien plus, ce n’est qu’en 1800 que Thomas Young signala un fait qui avait échappé aux observateurs antérieurs, aussi bien aux savants qu’aux artistes. Lorsque l’on souffle de l’air chargé par exemple de fumée de tabac à travers un tube fin, on constate que, si la vitesse de sortie du jet d’air est très faible, il continue à se propager dans l’air sans augmenter de section pendant un parcours assez long puis bnisquement à partir d’une certaine distance, il diverge en un cône d’angle au sommet assez gi'and. Quand la pression d’expulsion augmente, la partie cylindrique du jet à la sortie du tube diminue de longueur, mais l’angle au sommet du cône ne varie pas (fig. 1). C’est-à-dire que la repi'ésentalion des jets d’air par les peintres, comme Botticelli dans sa « Naissance de Vénus », est absolu-
- ment erronée (fig. 2). Ajoutons d’ailleurs qu’actuelle-ment, ce phénomène est resté inexpliqué et qu’au point de divergence on observe un régime vibratoire qui complique encore la question.
- Après la découverte du gaz d’éclairage par Lebon et la généralisation de son emploi dans les becs dits papillon, la question des jets gazeux redevint d’actualité. Lecomte, Tyndall, Plateau, Rayleigh étudièrent les propriétés des « flammes sensibles » mises en état d’excitation intense par des vibrations périodiques de l’air, des sons musicaux par exemple et on sait qu’en acoustique et dans un grand nombre de problèmes scientifiques et techniques elles reçurent de nombreuses applications... sans cependant que leur mécanisme intime fût mieux connu. Tout ce que l’on peut dire c’est que les jets gazeux ont une tendance naturelle à vibrer ou à entrer en
- vibration sous des in- Fig , _ u /orme j#, fluences extérieures ex- d’air d’après U. Young.
- Irêmement faibles.
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- Si au lieu de considév rer le jet d’air se propageant dans l’espace libre, nous lui faisons rencontrer un obstacle matériel, plan taillé en biseau, creux de forme appropriée, on constate qu’il peut provoquer des oscillations de l’air donnant des sons musi-
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- Fig. 2. — Représentation
- erronée de la forme d’un jet d’air par un artiste (d’après Botticelli).
- eaux : c’est l’origine des instruments à vent, depuis la flûte jusqu’à l’orgue.
- Quand un jet d’air frappe un obstacle taillé en coin, il se produit une note dont la fréquence augmente avec la pression du jet et peut également sauter brusquement à des fréquences beaucoup plus élevées. L’instrument de musique le plus ancien utilisant cette propriété est la flûte de Pan ou syrinx qui était en usage plusieurs centaines d’années avant l’ère chrétienne et qui évolua rapidement pour donner naissance au plus remarquable des instruments musicaux : l’orgue. Les figures 3 montrent comment cette transformation s’accomplit logiquement. La figure 3 a donne le fonctionnement de la flûte de Pan : l’air soufflé horizontalement vient frapper le bord interne du tuyau et met en vibration l’air contenu dans la cavité (on ne sait d’ailleurs pas comment) déterminant la formation, dans le cas le plus simple, d’un maximum de vibration (ventre) à l’orifice et d’un minimum (nœud) au voisinage du fond.
- Dans la figure 3 b on voit que le roseau de la flûte de Pan a été taillé latéralement de façon à former un biseau contre lequel vient se heurter le courant d’air provenant de la base. La figure 3 c représente la coupe d’un tuyau d’orgue : on voit qu’elle est équivalente à la flûte de Pan modifiée. Grâce à cette transformation, le jet d’air ayant une position bien déterminée par rapport au biseau et ne dépendant plus de l’ajustement correct des lèvres humaines, il est possible de produire les sons mécaniquement : l’orgue est née et l’histoire nous parle dans l’antiquité de l’orgue hydraulique de Héron
- Fig. 3. — De la flûte de Pan (a) au d’Alexandrie,
- tuyau d’orgue (b, c). 1 eau servant
- à comprimer l’air dans les tuyaux. Plus tard, les Romains adaptèrent des souf-flets pour l’alimentation en air des tuyaux et les modernes fina-1 e m e n t des compresseurs mécaniques.
- Les notes sont produites par l’oscilla-
- tion de l’air à l’intérieur des tuyaux, on le sait depuis longtemps, mais quand on pose la question de savoir comment les oscillations sont initialement engendrées, on aborde un problème qui, ainsi que celui des flammes sensibles, continue à faire le désespoir des savants depuis plus d’un siècle.
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- La première théorie fut proposée par W. Weber en 1826. Il suppose que la première bouffée d’air entrant dans le tuyau provoque une onde de pression qui met l’air en oscillation ; elle détermine des compressions et des raréfactions à la bouche du tuyau qui à leur tour créent des compressions et des dilatations dans le jet d’air lui-même de telle sorte qu’il donne une série régulière de pulsations qui entretiennent la vibration.
- Helmholtz admet au contraire que l’impact du jet d’air sur le biseau détermine un bruit, ou la création de tourbillons périodiques parmi lesquels le tuyau sélectionne automatiquement sa propre fréquence.
- Van Schaik en 1872, en observant stroboscopique-ment le jet d’air sortant du tuyau d’orgue (à l’aide de poudre de talc introduite dans la soufflerie), constata que le jet d’air oscille latéralement, allant alternativement dans le tuyau et à l’extérieur.
- Lord Rayleigh et Kônig pensent que l’arrêt brusque du jet d’air rencontrant le biseau du tuyau détermine une onde de compression se propageant dans toutes les directions avec la vitesse du son. Il en résulte à la bouche du tuyau une perturbation qui se propageant avec la vitesse du jet provoque un nouvel arrêt et ainsi de suite. Mais le calcul mathématique qui découle de celte théorie ne donne pas la valeur correcte de la fréquence ni l’explication des sautes de ton.
- Reprenant la théorie des tourbillons, Krüger en 1920 suppose que le jet d’air a une longueur d’onde « naturelle » ou distance entre les tourbillons se propageant de chaque côté d’un obstacle (correspondant au sifflement produit par un jet d’air ne frappant aucun obstacle). Quand la distance de l’orifice au biseau est égale à la longueur d’onde, le son est maximum ; quand elle augmente, l’amplitude de la vibration diminue, mais quand la distance est voisine du double de la longueur d’onde il y a brusquement renforcement et le son passe à l’octave.
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- On voit que la question est loin d’être élucidée. Cependant Burnston Brown vient de faire récemment une série de recherches très intéressantes que nous allons résumer d’après son mémoire aux Proceedings of the Physical Society.
- Un jet d’air chargé de fumée dont on peut faire varier la pression sort d’un orifice et rencontre une pièce de bronze en forme de coin qu’il bissecte exactement. De chaque côté du coin un dispositif d’éclairage permet, à l’aide d’un stroboscope, d’obtenir une image stationnaire du jet vibrant. On constate les phé-
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- nomènes suivants : à très faible vitesse, le jet d’air s’écoule régulièrement et également de chaque côté du coin ; quand la vitesse de sortie augmente, pour certaine valeur, très inférieure à celle correspondant à l’émission d’un son, le jet semble osciller de côté et d’autre du coin et présente l’apparence figure 4 a (état I). La vitesse croissant, les oscillations deviennent de plus en plus importantes, leur fréquence augmente et brusquement on observe l’apparence figure 4 b (état II) accompagnée d’une élévation subite de la fréquence.
- La vitesse du courant d’air continuant à croître, la fréquence et l’amplitude des tourbillons augmentent puis on passe brusquement à l’apparence fig. 4 c (état III) puis à l’apparence figure 4 d (état IV). Finalement le son dégénère en un sifflement sans tonalité.
- La figure 5 représente graphiquement en lignes fines ces divers changements. AB correspond à l’état I ; en B la fi’équence augmente dans le rapport i à 2,3 ; CD est l’état II avec un autre saut brusque en D (rapport i à i,6), EF l’état III, l’état IV n’est pas représenté (le saut correspond à un rapport de i à i,4). Quand on opère en sens inverse, en diminuant la vitesse, on repasse par les memes , états quoique les points E et C ne soient pas à la même place. Un fait curieux est que, lorsque la vitesse est d’environ 5oo cm/sec, l’état I peut coexister avec un des autres, de sorte que le jet peut produire simultanément deux notes pures.
- Brown a pu établir une formule reliant la vitesse du jet, la distance de l’obstacle et la fréquence du son (Q.
- Ces expériences dont Brown tira d’intéressantes conclusions quant à la formation des tourbillons et au mécanisme de l’émission musicale qui sortiraient du cadre de cet article, sont à rapprocher des observations de Lord Rayleigh sur les variations de tonalité d’un tuyau d’orgue en fonction de la pression de la soufflerie. Elles sont représentées graphiquement sur la figure 5, en traits gras et voici, pour des pressions décroissantes, les résultats de Rayleigh :
- On entend la note fondamentale et son
- octave......................... i + /
- La note fondamentale disparaît, l’octave
- persistant...................... h
- La note fondamentale réapparaît, l’octave persistant........................ g
- L’octave disparaît................ /
- La note fondamentale disparaît ... e
- On observe une zone de silence ... e — d
- L’octave réapparaît............... d
- 1. Cette formule est pour une fente de 1 mm :
- n = 0,466 j (ü —40) (1/h —0,07).
- n étant la fréquence, U la vitesse du jet, h la distance du coin à. l’orifice en cm, j un coefficient ayant les valeurs 1 ; 2, 3 ; 3, 8 ; 5, 4 correspondant aux états I, II, III et IV.
- •• ô - c é
- — Différents aspects d’un jet d’air frappant un cône observés stroboscopiquement.
- La note fondamentale réapparaît, mais
- plus haute......................... c
- L’octave disparaît, la note fondamentale subsiste, mais sa hauteur diminue progressivement.................. c — b
- On voit combien les phénomènes sont complexes. Non seulement ils sont multiples et se juxtaposent souvent, mais encore comme nous l’avons indiqué plus haut, lorsque l’on force le débit d’air, le son ne passe pas rigoureusement à l’octave supérieure puisque les fréquences varient dans le l'apport de i à 2,3 et non pas 2. De plus, si le courant est encore plus violent, le son change (états II et III, rapports 1 à 1,3 et 1 à i,4). Aussi n’est-il pas étonnant, en l’absence de tout guide théorique, que la construction des orgues n’ait pu être mise au point que par des essais empiriques innombrables dont sont sorties des règles pratiques que les facteurs d’orgues tiennent jalousement secrètes et se transmettent religieusement de génération en génération.
- H. Vigneron.
- Fig. S. — Les divers états de vibration d’un tuyau en bois ouvert (note fondamentale 130 cycles!sec.).
- -Etat I
- 300 400 500
- Vitesse de /air en cm/sec.
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- UN POISSON QUI COUVE SES ŒUFS
- Le plus souvent, chez les poissons, le développement des petits est laissé au hasard et les parents s’en désintéressent complètement. La femelle choisit un lieu favorable à la ponte : tantôt des herbes, tantôt des branchages ou encore des endroits remplis de gravier, où elle creuse une petite fosse, pour y déposer ses œufs, et suivant en cela l’exemple du mâle, elle s’en va ensuite sans-se préoccuper de sa progéniture.
- Cependant, il n’en est pas toujours ainsi, et, chose tout à fait curieuse, c’est plutôt le mâle qui témoigne de la sollicitude à l’égard de ses rejetons. Tel est le cas de l’épinoche, un charmant petit poisson, tout argenté qui pullule dans nos rivières. A l’époque du frai, il construit un véritable nid à l’aide de débris végétaux et veille avec un soin jaloux sur les œufs que la femelle vient y déposer.
- Lorsque ces œufs sont éclos et que les jeunes quittent le nid trop tôt, le père les poursuit, les prend dans sa bouche et les replace dans le berceau. C’est seulement lorsqu’ils sont assez forts pour se suffire à eux-mêmes que ce « père modèle » leur laisse prendre la clé des champs... aquatiques.
- Mais il y a mieux encore. Le Loricaria parva, un poisson d’ornement appelé vulgairement te queue de fouet » à cause du long filament qui termine sa queue, couve les œufs pondus par la femelle. Ce poisson n’est pas une nouveauté, mais ses mœurs sont restées inconnues pendant longtemps.
- Cette lacune est coriiblée aujourd’hui, grâce aux observations de MM. Irisxvold et Thombugh de Pÿsa-.. dena (Californie).
- Possédant deux de ces poissons, ces deux savants les mirent ensemble dans un aquarium. Il n’y avait pas de différence marquante entre les deux bêtes ; mais aussitôt en présence, ils se livrèrent à des jeux qui ne laissèrent aucun doute : il y avait un mâle et une femelle.
- On les transporta dans un petit bac de 5o x 25
- x 5o cm et 4o cm de hauteur d’eau (maintenue entre 22° et 26° C.) et garni de quelques Yallisnères et de quelques Sagittaires. On eut soin de faire passer un léger filet d’air à l’une des extrémités du bac.
- Quelques jours après la rencontre des deux fiancés eut lieu la ponte. La femelle déposa une quarantaine d’œufs au sommet d’un bout de bois pétrifié placé à 3o cm environ au-dessous du niveau de l’eau, sous forme d’une masse très gluante. Ces œufs, de couleur jaune pâle étaient relativement très gros ; ils avaient un diamètre de i / x6 de pouce (i mm 587).
- Aussitôt la ponte terminée, le mâle chassa la femelle et se mit à surveiller les œufs ; il se posa dessus, comme une poule couveuse -sur le nid. Les nettoyant de temps en temps, les lavant avec sa grande bouche à ventouse, il se trémoussait gauchement, à des Intervalles assez réguliers, pour renouveler l’eau à leur contact. Pendant les 8 jours qui précédèrent l’éclosion, il ne quitta son trésor qu’une seule fois et seulement pendant quelques instants. Deux des œufs ayant été envahis par des champignons, il s’empressa de les en débarrasser promptement.
- Il prenait son rôle tellement au sérieux qu’il fallut • l’éledgner de force., lorsqu’on voulut prendre une photographie des œufs.
- Pendant les 36 dernières heures, les œufs prirent une couleur sombre, puis s’éclaircirent peu à peu. On pouvait alors voir nettement à travers leur coque devenue trasparente les larves qui avaient la couleur de leurs -parents, gris et brun foncé. La queue émergea la première et après un arrêt de quelques instants, la. larve « jaillit » dans l’eau pour se coller à la paroi du bac.
- Au moment de l’éclosion, le père était tout agité. Prenant les œufs dans la bouche, il les nettoyait les uns après les autres jusqu’à la sortie complète du jeune qu’il abandonnait ensuite, pour s’occuper des œufs non éclos.
- Il n’aidait pas à la délivrance des petits, /'mais il continuait son travail jusqu’à ce que le dernier alevin fût dehors et accroché à la paroi ou à une plante au moyen de sa bouche minuscule formant ventouse.
- L’éclosion terminée, le père délaissa les alevins ; il ne s’v intéressait pas, même quand l’un ou l’autre se posait sur sa tête ou s’accrochait à lui.
- Les jeunes affectionnaient particulièrement le filet d’air, auprès duquel on les trouva réunis le lendemain. Ils y restèrent toute la journée ; vers le soir seulement ils devinrent actifs.
- Ils furent nourris avec des roLifères, animalcules microscopiques et des enchy-trées, genre de vers, auxquels on joignit un aliment sec réduit en poudre fine. Du reste, ils profitèrent rapidement et ne tardèrent pas à descendre vers le fond du bac et à tourner en rond, à l’instar de leurs parents. L. Kuentz.
- Fig. 1. — Loricaria parva mâle couvrant les œufs.
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- LE MOAÏ DE L1LE VAO
- Quelque part, seule au milieu du Pacifique, un peu au-dessous du Capricorne, et à environ 3.ooo km des côtes du Chili, émerge l’Ile de Pâques : Rapa-Nui, la Grande Rapa, que les Pascuans appellent aussi Te-Pito-Te-Henua, le Nombril de la Terre.
- Terre de mystère, encore inexpliquée, dont l’origine est inconnue, mais dont la population autochtone semble d’origine polynésienne et parle une langue polynésienne assez pure.
- Il y a quelques années, la découverte de planchettes en bois de rose portant des caractères d’un genre idéographique pur dénommé quelquefois par erreur hiéroglyphique fit assez grand bruit, surtout lorsque, peu après, une découverte analogue faite sur les bords de l’Indus permit d’échafauder une parenté probable entre les deux contrées, ce qui constituait un fait nouveau dans les origines ethniques. polynésiennes. On cnit pouvoir déchiffrer les tablettes de l’Ile de Pâques qui seraient écrites suivant le mode « boustrophédon » (en aller et retour, à la manière dont les bœufs tracent le sillon du labour), et qui constitueraient une espèce de poème kyriologique, chantant les dynasties successives, tels que ceux que chantent les « Tangata-Rongo-Rongo » (mot à mot : l’homme qui raconte), c’est-à-dire les bardes sacrés,
- Une des plus grandes curiosités de l’Ile de Pâques est incontestablement constituée par ces immenses statues de pierre, ou plutôt par ces immenses têtes de colosses, hautes de^plusieurs mètres, à la nuque plate, à la face allongée, aux orbites sans yeux donnant l’aspect d’un regard étrangement lointain et aux lèvres méprisantes ; statues considérées comme uniques en leur genre et sans réplique par ailleurs, désignées par les Pascuans sous le nom de « Moaï ». Certaines étaient coiffées d’un genre de bonnet égyptien nommé « Hiteraù », atteignant 3 m de diamètre et i m 5o de hauteur.
- On signale aussi des Moaïs de bois, de taille bien . moindre que ceux de pierre.
- Quelle est l’origine de ces statues extraordinaires ? Là est l’énigme.
- Or, au cours d’un voyage que je fis cet été à travers toute l’Océanie, j’eus la plus agréable fortune d’y rencontrer le capitaine de frégate Planté, commandant le Pâgault-de-Genouilly, océaniste fort distingué, fort cultivé et esprit chercheur toujours en quête de quelque découverte intéressante.
- Nous causions de l’Ile de Pâques et de ses Moaïs, lorsqu’il sortit de ses cartons le dessin — fait de sa main — de l’un d’eux, reproduit par la figure ci-jointe et qu’il avait découvert, il y avait quelques mois.
- Type de Moaï en bois, haut de i m 25, debout directement en terre, dans le genre pascuan dans toute sa beauté.
- Mais type de Moaï présentant la particularité la plus inattendue : il n’était pas de l’Ile de Pâques. Le commandant Planté l’avait trouvé et dessiné immédiate-
- Fig. 1. — Statue en bois de Vile Vao (.Nouvelles-Hébrides).
- ment sur placé, à 9.000 km environ de l’Ile de Pâques, exactement dans l’archipel des Nouvelles-Hébrides, dans l’Ile de Vao, petite île au Nord de la grande île de Mallicolo, et une de celles qui ont conservé leur ethnique la plus pure.
- La présence en pleine Mélanésie, au delà de toute l’immense Polynésie, d’une statue aussi originale que les Moaïs pascuans, n’est pas le fait d’un hasard, c’est impossible. Elle est la preuve incontestable d’une parenté, le témoin irrécusable d’un passage de migration. Les Pascuans sont passés par les Nouvelles-Hébrides dans leur migration vers l’Est, et ils y ont laissé ce témoin de leur industrie, de leur art et peut-être de leurs rites religieux. Tout permet de le supposer.
- En passant par les Nouvelles-Hébrides, d’où venaient-ils ?
- Justement les 9.000 km qui séparent cet archipel de l’Ile de Pâques sont dans la direction du plein Ouest, avec une légère inclinaison vers le Nord, ce qui revient à dire en pleine direction et sensiblement à mi-chemin des Indes -— où fut précisément trouvée la réplique des fameuses tablettes appelées « Draù-Rongo-Rongo », le « bois qui raconte ». N’y a-t-il pas là la constatation d’un rapprochement — voire d’une corrélation — pour le moins curieux ?
- En outre, la tête géante de bois de l’Ile de Vao est de grandeur analogue aux Moaïs de bois de l’Ile de Pâques, bien moins grands que ceux dé" pierre.
- Enfin, le fait que cette tête de l’Ile de Vao est en bois semble prouver qu’elle n’est pas très ancienne, sans quoi, sous les injures du temps, elle aurait disparu. Le passage de la migration des Pascuans ne remonterait donc pas très loin, et ceci concorderait
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- = 54 = : ..—
- avec la chronologie dynastique chantée par les « Tan-gata-Rongo-Rongo » pascuans et par les « Arépos » polynésiens.
- Il n’est pas sans intérêt de rapprocher la découverte de la tête géante de Yao avec le fait que le Dr Brossier qui a été longtemps Administrateur à l’Ile de Malli-colo m’a rapporté avoir entendu dire par les indigènes que des statues analogues existeraient dans le Nord de l’île. Malheureusement, cette contrée a été jusqu’à ce jour totalement impénétrable pour les Européens, et il n’a pu en vérifier lui-même l’existence certaine.
- Il va sans dire qu’une simple découverte n’a jamais permis de conclure à la moindre certitude.
- Il n’en demeure pas moins vrai que la tête géante
- des Nouvelles-Hébrides du commandant Planté permet d’ouvrir des horizons et même de consolider très sérieusement des hypothèses déjà très vraisemblables (Q.
- C’est un grand point d’acquis — un point d’appui qui ne peut que contribuer au déchiffrement de l’énigme qui continue de planer sur l’île de Pâques.
- Jean de la Roche.
- 1. On sait que le Pr Rivet a développé depuis 1909 l’idée que des migrations successives se sont produites à travers le Pacifique, depuis l’Australie, la Mélanésie et la Polynésie, pour aborder sur les côtes occidentales d’Amérique (Voir La Nature, n° 2654, 14 février 1925).
- LES RÉACTIONS A L’ÉTAT SOLIDE
- Si les réactions en milieu liquide et . en milieu gazeux ont fait l’objet d’innombrables études, les réactions en milieu solide n’ont guère retenu l’attention des chimistes jusqu’à ces toutes dernières années. C’est qu’en effet les positions fixes occupées par les atomes ou les groupes d’atomes dans un réseau cristallin ne leur permettent de réagir qu’avec les atomes voisins les plus proches, de sorte que les réactions dans les solides se réduisent à l’étude des réactions à l’interface solide-solide. Ce n’est que récemment, grâce à la spectroscopie aux rayons X et à la reconnaissance de l’importance pratique, aussi bien au point de vue mécanique qu’au point de vue chimique et physique, du rôle joué par la structui’e superficielle des solides, que l’on commence à posséder des indications précises à ce sujet.
- Les réactions dans les solides peuvent se ramener à deux types : a) celles dans lesquelles il n’y a pas de transport de matière à travers l’interface et qui comprennent en particulier les transformations polymorphes ; b) celles dans lesquelles il y a transport de matière à travers l’interface et qui présentent un intérêt tout particulier pour le chimiste.
- *
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- La diffusion dans les solides est l’un des phénomènes les plus connus depuis les expériences classiques de Roberts-Austen sur la diffusion de l’or dans le plomb, le coefficient de diffusion de l’or dans le plomb à la température de x65° étant de 5,8 x io~8 cm2-sec._1 (Rappelons pour fixer les idées que le coefficient de diffusion des gaz à la pression atmosphérique est de l’ordre de io_1 cm2-sec.-1).
- La découverte des isotopes radio-actifs a permis de déterminer le coefficient de self-diffusion du plomb dans le plomb et de l’or dans l’or. Dans le cas du plomb, en utilisant le thorium [3 ou le radium S, on a trouvé un coefficient de diffusion un million de fois plus petit que celui de l’or dans le plomb (exactement 1,2 x io~14 cm2-sec.-1 à i65°). Ce résultat surprenant qui indique une mobilité de l’atome d’or de beaucoup supérieure à celle de l’atome de plomb', s’interprète en supposant que les forces d’attraction entre un atome d’or et un atome de plomb sont beaucoup plus faibles que celles existant entre deux atomes de plomb* Par conséquent, si on opère avec des métaux de plus en plus voisins du plomb, on peut penser logiquement que le coefficient de diffusion doit diminuer de plus en plus. C’est ce que l’expérience a démontré, l’ordre décroissant étant :
- argent, cadmium, mercure, bismuth, thallium, étain. A 260° les coefficients de diffusion Pb-Au, Pb-Sn et Pb-Pb sont respectivement 3,5 x io~7, i,5 x io-11 et 5,i
- x io-11 cm2-sec.-1.
- Dans ,1e cas de self-diffusion de l’or on a trouvé, à ifiS0, un coefficient de 6,1 x io_2S cm2-sec._1, infiniment plus faible que celui de l’or dans le plomb.
- Les résultats expérimentaux sont encore trop peu nombreux pour que l’on puisse voir s’il existe une relation entre le coefficient de diffusion et la déviation des solutions solides par rapport aux lois de Raoult.
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- Parmi les autres réactions dans les solides qui ont été étudiées avec quelque détail, il faut citer la décomposition des substances explosives. On appelle' ainsi des corps qui chauffés à une température inférieure au point de fusion se décomposent en donnant une onde explosive dont la vitesse est de l’ordre de plusieurs milliers de mètres par seconde. Parmi ceux étudiés, citons les azotures alcalins et alcalino-terreux, l’iodure d’azote, le fulminate de mercure Hg (ONG)2.
- Ces corps présentent les caractéristiques générales suivantes : a) lorsqu’on les chauffe, après une période d’induction, la décomposition se déclanche, s’accélère, atteint une vitesse limite qui diminue vers la fin de la réaction ; b) la détonation peut se produire après une période d’induction.
- Lorsque les produits de la réaction sont solides, il est évident que celle-ci se produit à l’interface entre cristaux décomposés et cristaux non décomposés, et l’on suppose qu’elle s’amorce en des centres constitués soit par des impuretés soit par des défauts dans la structure du cristal. Les expériences de Maggs semblent vérifier cette hypothèse car la lumière ultra-violette est capable de créer des noyaux de décomposition dans les azotures alcalins et la période initiale d’induction est alors extrêmement réduite.
- Quant au mécanisme même du phénomène, on en est encore réduit aux suppositions, quoique l’étude de la vitesse et de la chaleur de décomposition fournissent quelques bases de discussion.
- En ce qui concerne la décomposition lente des explosifs, tels que les azotures de sodium ou de potassium, dont la vitesse de décomposition entre 270 et 33o° est mesurable,
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- il semble qu’il y ait tout d’abord une réaction rapide, qui s’arrête bientôt, et qui est accompagnée par une érosion des cristaux le long des gerces et des fentes microscopiques que,porte leur surface. Suit une longue période d’induction qui se termine par une réaction rapide dont la vitesse est une fonction exponentielle de la pression du gaz dégagé (ici l’azote). Ici encore, on est réduit aux hypothèses en ce qui concerne le mécanisme de la propagation de la réaction.
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- Enfin, un autre ordre de réactions solides a été récemment étudié : c’est la déshydratation des sels hydratés (sulfate de cuivre à 5 molécules d’eau, alun à 24 molécules d’eau, etc.). Ce phénomène semble se rapprocher beaucoup de ceux mentionnés plus haut. La déshydratation se propage à partir de centres qui sont probablement, à la période initiale, des imperfections du réseau cristallographique.
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- Arrivés à une certaine taille (io“3 cm), on peut suivre au microscope le développement de ces noyaux dont la vitesse n’est pas la même suivant les différentes directions cristallographiques, la vitesse maxima correspondant sans doute à la direction suivant laquelle les molécules d’eau peuvent s’échapper le plus facilement.
- Le fait intéressant est qu’il existe une période d’induction avant que les noyaux visibles n’apparaissent ou n’augmentent en nombre s’il y en a déjà de préexistants ; ensuite leur nombre croît linéairement avec le temps (sauf pour le sulfate de nickel à 7 molécules d’eau, où leur nombre croît comme le carré du temps).
- De nombreuses questions se posent : que se passe-t-il pendant la période d’induction ? Comment agit la température ? etc. etc..., et il est à souhaiter qu’en France les chimistes s’intéressent à ces problèmes qui jusqu’à présent n’ont guère été étudiés qu’en Amérique par Garner et ses élèves.
- Ii. Vigneron.
- = PAUL WINTREBERT =
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- L’Académie des Sciences, en l’élisant dans sa section d’anatomie jet de zoologie, le i4 novembre ig38, a récompensé les heureux efforts de ce sagace chercheur, professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Paris, qui a su déduire de ses patientes observations macroscopiques, de ses diverses constatations biologiques, de ses expérimentations méthodiques et précises, des vues d’ensemble d’une haute portée philosophique.
- Né à Lille, le 18 juillet 1867,
- M. Paul Wintrebert, après de brillantes études secondaires, prit ses inscriptions de médecine à la Faculté catholique de sa ville natale, puis à Paris.
- Comme il nous le disait, dans un récent entretien : « J’ai commencé ma carrière par des études de médecine, que j’ai poussées à fond avec le souci d’exercer plus tard la profession médicale; je les ai terminées par quatre années d’internat en chirurgie dans les hôpitaux de Paris avec les professeurs Guyon, Berger et Poirier. Mais chargé, dès 1896, de diriger le laboratoire d’anatomie pathologique et de bactériologie du Dr Bazy, je ne tardais pas à quitter définitivement le bistouri du chirurgien pour le microscope du savant.
- et Désirant comparer l’anatomie humaine à celle des autres Vertébrés, je fus conduit, après avoir soutenu ma thèse de doctorat en médecine en 1899, à m’occuper de zoologie et de biologie générale. Afin de m’instruire dans ces disciplines, j’entrais à la Sorbonne où j’ai préparé ma licence ès-sciences naturelles. J’y devins préparateur d’anatomie
- comparée (1904), puis chef des travaux de la même spécialité.
- (c Malgré plusieurs offres tentantes, j’occupai, . durant cette longue période, une fonction subalterne, travaillant d’abord sous les auspices de Giard, dont je fus l’élève et qui m’avait proposé, en particulier, le poste de directeur
- adjoint du Laboratoire maritime de Wimereux qu’il avait fondé. Je m’imprégnai des idées que ce naturaliste hors ligne professait sur le transformisme, sur les facteurs de l’évolution et sur les principes de l’embryologie. Je devais m’inspirer également dans toutes mes recherches ultérieures, des conseils suivants d’Yves Delage : « Il ne faut plus se contenter, écrivait l’enthousiaste zoologiste, comme presque tous font aujourd’hui, de disséquer, couper, colorer ce qui n’avait pas encore été disséqué, coupé, coloré ou dessiné. Il faut faire tout cela, non pour combler une minime lacune dans nos connaissances anatomiques ou histologiques, mais pour résoudre un problème biologique, si petit qu’il soit ».
- « Jaloux de mon indépendance, nous confessa d’autre part M. Wintrebert, j’ai au début de ma carrière sacrifié au plaisir de la recherche scientifique les intérêts de mon avancement universitaire. Je fus nommé en 1923, professeur d’anatomie et de physiologie comparée à la Sorbonne. Entre temps, je m’étais consacré presque exclusivement à des travaux originaux qui se rapportent surtout aux phénomènes du développement des êtres vivants.
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- a J’entends par développement d’ün animal non seulement les manifestations anatomiques et physiologiques de ses périodes embryonnaire et larvaire, mais encore les faits de croissance, de régénération, de métamorphose et tous les processus qui marquent chez lui, d’une façon persistante, le pouvoir d’évoluer. Ces phénomènes offrent un intérêt capital, car ils nous révèlent les mécanismes essentiels de la vie. Je les ai donc étudiés chez les Vertébrés par une série d’investigations anatomiques et physiologiques, dérivées les unes des autres et orientées en vue d’élucider leur conditionnement causal. Mes observations portèrent toujours, en premier lieu sur le vivant, puis, grâce à des dissections, à des coupes microscopiques ét à une expérimentation méthodique, je m’efforçais d’éclairer l’origine et la filiation des êtres. Ainsi l’étude du crâne et de la voûte palatine des Amphi-biens Urodèles et Anoures m’a permis de conclure, dès 1910, que ces deux ordres d’animaux ne peuvent provenir de la même souche et se rattachent chacun directement à un groupe particulier de Poissons. Les travaux embryologiques d’Ilolmgren (i933) ainsi que les récentes découvertes paléon-tologiques de G. Save-Sôderbergh et de Piveteau (1937) ont confirmé cette notion. Si bien que les zoologistes ont modifié la classification des Vertébrés Gnathostomes ; ils placent maintenant les Urodèles et les Dipneustes à part et font descendre par l’intermédiaire des Stégocéphales tous les autres Tétrapodes des Poissons Grossoptérigiens ».
- En opérant sur les embryons ou des larves de Poissons et d’Amphibiens, M. Wintrebert s’est efforcé de saisir le comportement ainsi que l’évolution d’organes déjà formés mais non encore rattachés au système nerveux. Chez les très jeunes têtards d’Amphibiens, par exemple, la peau présente une irritabilité aneurale qui la rend capable de recevoir et de conduire une excitation sans le secours du système nerveux. Chez les embryons de Sélaciens, il a vu également que les muscles du tronc disposés symétriquement, en deux bandes musculaires longitudinales, de chaque côté de l’axe chordal, battent d’abord comme deux cœurs avant la pénétration par le système nerveux et chaque bande droite ou gauche possède son rythme particulier. On assiste ensuite à toutes les étapes de la liaison neuro-musculaire. Plus tard, dans l’évolution du système nerveux, les cellules géantes dorsales de Rohon-Beard construisent un système nerveux transitoire; elles servent de relais périphériques aux muscles et permettent au mouvement ondulant du corps de persister en se propagêant de la tête à la queue malgré des sections multiples de la moelle. D’autre part, M. Wintrebert a montré que chez les Téléostéens, les mouvements de l’embryon ne provoquent pas seuls la rupture de la coque au moment de l’éclosion; des glandes monocellulaires multiples de la peau secrétent, en outre, un liquide qui, déterminant la digestion préalable de l’enveloppe, en facilite le déchirement. Une fois, l’expulsion effectuée, ces glandes cutanées disparaissent; voici donc une fonction transitoire : Vembryon est de son temps.
- Les examens comparatifs de ces diverses fonctions transitoires ainsi que les phénomènes observés sur la grenouille peinte ou Discoglosse (choisie pour son élevage facile, ses pontes multiples et sa remarquable résistance aux interventions expérimentales) ont permis à leur auteur de démontrer l’existence d’une évolution physiologique discontinue allant de l’œuf à l’adulte. Pour lui, l’ancienne notion que l’embryon présente l’ébauche des fonctions définitives est périmée. Dans ce domaine, ses conclusions S’opposent à celles de la doctrine ^réformiste et s’écartent aussi des théories d’Huxley ou de De Beer, qui fond dépendre l’épigenèse de l’intervention des facteurs externes. Elles rejettent aussi la
- cote mal taillée alliant la préformation à l’épigenèse que Spemann, Conklin~èFTa plupart des embryologistes prônent aujourd’hui. En un mot, elles conduisent à la conception nouvelle de l’épigenèse physiologique, qu’il a proposée en 1935. Celle-ci est basée sur l’existence des fonctions successives et transitoires constatées dans le développement des poissons et des Amphibiens, chacune de ces fonctions correspond à une forme, à une structure définie, à une étape précise de l’ontogenèse et leurs manifestations successives reposent sur une suite parallèle de modifications chimiques de la matière vivante. L’épigenèse physiologique commande donc l’épigenèse morphologique. La fonction crée, non seulement l’organe, suivant une formule célèbre, mais tout Vorganisme. M. Wintrebert introduit, en effet, dans la science, en sus des fonctions de relations et de nutrition, la nouvelle catégorie des fonctions dè construction qui bâtissent les organes de l’embryon'et Renouvellent'ensuite l’être vivant à chaque métamorphose. Ces fonctions jie différencient complètement des fonctions d'utilisation que présenteront plus tard les organes édifiés.
- Pour les biologistes partisans de la préformation, l’œuf indivis posséderait déjà une structure prédéterminée et stable qui évolue directement sans à coup ; on y distinguerait un centre (dénommé « organisateur » par Speman), avec plusieurs foyers autonomes qui conféreraient aux différentes régions du germe leur individualité propre. A cette théorie, qui s’appuie sur des interventions expérimentales mal interprétées, l’épigenèse phvsiolog^ue oppose un grand nombre dé* faits positifs nouveaux qui révèlent, au cours de l’ontogenèse, un enchaînement de fonctions générales indépendantes du milieu et généralisées, grâce à une circulation de substances qui permet des échanges rapides entre tous les constituants cellulaires. Chacune d’elles développe un état constitutionnel équilibré dont l’expression morphologique et fonctionnelle compose une individualité propre. Au cours de l’ontogenèse, l’organisme revêt ainsi plusieurs individualités dont voici, très résumée, la succession. Dans l’œuf indivis, des courants plasmiques répartissent d’abord les matériaux, puis grâce aux groupes les plus actifs de ceux-ci et aux propriétés inductrices qui s’élaborent à leurs dépens, dans certains territoires régionaux ou centres initiateurs, un développement ordonné commence, qui mène à l’organisation progressive de l’embryon. On compte ensuite plusieurs individualités larvaires qui s’affirment soit par des formes complètement différentes comme chez les Crustacés, soit par des remaniments partiels à seuils variables, échelonnées sur des temps différents et affectant successivement, par exemple, la peau, le système nerveux, les branchies, etc. La dernière individualité est l’adulte définitif.
- En somme, comme le note excellemment M. Wintrebert, « le débat causal en embryologie porte non sur la destination, rigoureuse et évidente pour tous, qui conduit un œuf à édifier toujours un individu de même espèce, mais sur la façon dont il met en œuvre les matériaux qu’il renferme. Pour le préformiste, l’œuf est un système statique prédéterminé, qui évolue de manière directe et continue vers sa réalisation définitive. Pour l’épigenétiste, il est au contraire un ensemble mouvant de substances spécifiques (noyau, cytoplasme) qui, au cours du développement, changent à la fois leur ordonnance topographique et leur structure intime ; ces transformations s’opèrent dans le temps et dans l’espace suivant un ordre inflexible et déterminent une série de fonctions et de formes transitoires ». Quel que soit l’avenir réservé à l’épigenèse physiologique, on ne peut contester à cette théorie d’être logiquement conçue et fortement étayée par de solides observations. Jacques Boyer.
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- INFLUENCE DE LA FORME DU DIAPHRAGME SUR L’ASPECT DE L’IMAGE
- Nos lecteurs photographes ont certainement conservé le souvenir de la curieuse épreuve qui a été reproduite en cette Revue (n° 2993, du i5 janvier 1937) et dont nous devions la communication au R. P. Desreumaux, de Lille ?
- Il s’agissait d’une vue prise à contre-jour, sous bois. Le Soleil, caché par un arbre, mais le débordant très légèrement, a donné, sur le cliché, au lieu d’un point ou d’un trait lumineux, une sorte d’étoile à dix rayons.
- Nous «suggérions alors, parmi plusieurs explications possibles, que ce phénomène pouvait provenir de la lumière diffractée par les lamelles de l’obturateur.
- Plus récemment (n° 3o37, du i5 novembre 1938), une communication de M. Dufour, de Lausanne, est venue apporter un éclaircissement supplémentaire dans cette question. M. Dufour, à deux reprises, a obtenu des clichés dans lesquels des points lumineux présentent aussi dix rayons. Or, le diaphragme iris de son appareil comporte 10 lamelles, qui donnent à l’ouverture une forme de décagone. N’y avait-il pas un rapport quelconque entre le nombre des lamelles et le nombre des rayons ?
- Et nous lancions un appel aux nombreux lecteurs de cette Revue, pratiquant la photographie, les priant de rechercher parmi leurs clichés ceux qui pourraient présenter ce phénomène de rayons multiples et d’indiquer, en même temps, le nombre des lamelles du diaphragme. Comment se présentent les images de foyers lumineux quand le nombre des lamelles est différent de 10 ?
- Cet appel nous a valu, de M. le Colonel de Bony, à Poitiers, la communication de l’agrandissement d’un négatif 24 x 36 mm dans lequel le foyer d’un lampadaire est représenté par une étoile régulière à dix rayons. Le diaphragme de son appareil possède 10 lames. En même temps, notre correspondant signalait être en possession d’un objectif réputé dont le diaphragme est hexagonal, à côtés rectilignes.
- Nous avons aussitôt demandé à M. de Bony de vouloir bien
- Fig. 1: — Image à six rayons d’une ampoule de lampe de poche photographiée à //3, 4 6 m. Diaphragme en forme d’hexagone. A toute ouverture, à //2, les rayons disparaissent, le diaphragme devenant alors circulaire. Des images « parasites » sont dues aux réflexions sur les surfaces des lentilles de l’objectif (Photographie de M. le Colonel de Bony, à Poitiers).
- photographier un foyer lumineux avec cet objectif. Et voici le résultat : une petite ampoule de lampe de poehe a été enregistrée à la distance de 6 m, l’objectif étant ouvert à f/3. La figure x est la reproduction de l’épreuve obtenue. L’image de l’ampoule présente six rayons.
- Une autre photographie, prise avee un petit appareil dont le diaphragme a 8 lamelles, présente huit
- Fig. 2. — Photographie d’une ampoule de lampe de poche, à 5 m 30 de distance, avec un objectif rectilinéaire muni de diaphragmes de forme différente. A gauche, le diaphragme employé. A droite, le résultat obtenu. Le petit trait noir au centre de l’image de l’ampoule, est le filament incandescent, inversé par excès de pose (Photographies deM. Em. Touchet).
- phragmes à vannes, et j’ai tracé 4 diaphragmes de même ouverture (x cm2) pour avoir des temps de pose égaux : un triangle équilatéral, un carré, un pentagone et un hexagone. Ces diaphragmes ont été découpés avec le plus grand soin dans du carton mince, puis noircis à l’encre de Chine.
- Une lampe de poche a été photographiée à la distance de 5 m 3o, en changeant chaque fois le diaphi’agme; les quatre poses, égales, étant faites sur la même plaque. Le résultat est donné dans la figure 2 : le triartgle a donné six rayons, le carré quatre, le pentagone dix et l’hexagone six.
- On peut en déduire que les diaphragmes ayant un nombre de côtés pair, donnent un nombre égal de rayons, ceux ayant un nombre impair de côtés donnant un nombre double de rayons. En tous cas, nous savons à présent, d’une
- rayons.
- Ainsi, l’influence de la forme du diaphragme deve-n a i t évidente dans la forme de l’image ponctuelle.
- Ces résultats m’ont conduit à tenter la même expérience, mais avec un même objectif et en modifiant la forme du diaphragme.
- L’objectif employé a été un vieux rectiliné-aire à dia-
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- manière certaine, que le diaphragme ëst la cause du phéno-
- mène observé.
- Suivant une expression chère aux mathématiciens, « on aurait pu prévoir ce résultat » ! (*).
- Rien ne différencie, en effet, un objectif photographique d’un objectif astronomique, en ce qui concerne la formation des images. Or, on sait que l’image d’une étoile donnée
- par un objectif astronomique résulte uniquement de la
- nature ondulatoire de la lumière, on lui donne le nom de « disque de diffraction » ou « faux disque » et nous avons vu par ailleurs (2) que cette image se compose d’un disque circulaire entouré d’anneaux lumineux irisés.
- Ceci pour un objectif circulaire ou à diaphragme circulaire. Si le diaphragme est polygonal, l’apparence de l’image focale est très modifiée par suite des interférences qui se produisent entre les diverses ondes lumineuses diffractées par les bords rectilignes du diaphragme. L’image de l’étoile s’agrémente d’un nombre de rayons variable suivant la forme du diaphragme. Plus celui-ci est petit et plus d’importance prennent les rayons. En meme temps, l’image de l’étoile se trouve plus ou moins débarrassée des anneaux de diffraction qui l’entourent habituellement. Aussi, cette propriété est-elle utilisée pour l’observation des étoiles doubles très serrées, dans lesquelles il y a une composante très brillante et un compagnon faible et rapproché : c’est le cas de Sirius, la plus brillante étoile du ciel. Le compagnon, de 8e,4 magnitude, est situé très près de l’étoile principale, et son image est presque toujours « noyée » dans les anneaux de diffraction qui entourent l’image de l’étoile centrale. On munit alors l’objectif d’un diaphragme hexagonal qui transforme l’image de Sirius en une étoile à six l’ayons. On fait tourner le diaphragme, ce qui entraîne la rotation des rayons, jusqu’à ce que le compagnon faible se trouve entre deux rayons; les anneaux de diffraction ayant
- ’ 1. Un essai effectué à notre demande par M. le Colonel de Bony, avec un diaphragme circulaire comportant un segment rectiligne, a donné deux rayons.
- * 2. Voir « Causerie photographique », n° 2993, la janvier 1937,
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- disparu, on peut ainsi observer le compagnon qui se trouve alors dans une région obscure.
- En photographiant des sources artificielles éloignées — donc sensiblement ponctuelles — à l’aide d’objectifs munis d’un diaphragme polygonal, on réalise photographiquement l’expérience du diaphragme hexagonal pour observer le compagnon de Sirius. Mais si on opère à toute ouverture, il n’y a plus de rayons — en général — car les lamelles du diaphragme s’éclipsent dans leur monture qui est circulaire. L’expérience a été faite par le Colonel de Bony. En opérant à f/2 avec le même objectif qui a fourni la figure 1, il n’y a plus de rayons, on retombe alors, en effet, dans le cas d’une étoile regardée au foyer d’une #lunette, munie d’un diaphragme circulaire.
- On a fait observer que ces rayons constituent un grave défaut pour les objectifs, surtout pour ceux à grande ouverture relative, dont le prix est si élevé. Cette lumière ainsi répartie autour d’un point est un phénomène qui doit se produire pour tous les points du champ. Le résultat doit donc se traduire par une distribution de lumière diffuse sur toute l’étendue de l’image, qui en atténue les contrastes.
- Nous savons à présent que ce phénomène est inévitable, inexorable, car il est une conséquence de la nature même de la lumière. Il ne se produit, d’ailleurs, que dans le cas d’une source très intense (et de petit diamètre angulaire).
- Il en est tout autrement des « fausses images » dues aux réflexions sur les diverses surfaces air-verre de l’objectif. On en voit un bel exemple dans la figure 1.
- L’objectif —- de très grande valeur — avec lequel cette vue a été prise est inutilisable pour enregistrer des vues de nuit. Ces réflexions multiples, si gênantes pour des vues à grands contrastes, ont pour effet d’étaler de la lumière diffuse dans les vues moins contrastées, et le phénomène se produit pour toutes les parties de l’image. Il y a ainsi une atténuation des valeurs de celle-ci.
- En résumé, pour revenir à l’objet de cette note, il n’y a qu’un moyen d’éviter ces images en « étoiles » : c’est d’employer un diaphragme circulaire ou de ne pas diaphragmer du tout si les lamelles, à toute ouverture, disparaissent dans la monture. Em. Touchet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1938, A PARIS
- Mois exceptionnellement doux, même chaud, avec des pluies abondantes surtout dans ses dix derniers jours, et très mal ensoleillé.
- La hauteur moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 762 mm 2, est très légèrement supérieure à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, io°,o, est en excédent de 4°,o sur la normale et est tout à fait exceptionnelle ; c’est, la plus élevée qui se soit produite en novembre depuis la fondation de l’observatoire du Parc Saint-Maur. Elle se trouve être à peine plus basse que la normale d’octobre. Dans la série d’observations publiée par M. Renou et remontant jusqu’à l’année 1757; on ne. trouve en effet que deux mois de novembre, ceux de 1821 et de i852, dont la température moyenne ait dépassé io° (xo°,2 et io°,5).
- Exceptés les 27 et 3o, la température, a été, à Montsouris, tous les jours, fort supérieure à la normale; aussi la moyenne
- mensuelle, io°,o, est elle en excès de 3°,G et c’est aussi également la plus forte enregistrée pour novembre depuis le début de la série des observations, c’est-à-dire depuis .1873.
- Au Parc Saint-Maur toutes les températures quotidiennes, sauf celle du 27, ont été supérieures à leurs normales respectives ; celle du 12 a été particulièrement remarquable avec un excédent de 8°,6. On n’a pas observé une seule gelée sous l’abri et le minimum absolu, o°,4 le 27, est supérieur de 4952 au minimum absolu moyen. Lé maximum absolu,, iq°,8, le 11, est le plus élevé enregistré à pareille date depuis 1874 et est lui-même en excès de 3°,6. Une seule gelée blanche, au lieu de 9 que l’on observe en moyenne, s’est produite lé 3o. Dans l’ensemble de la région parisienne, il a,gelé le 27 et le 3o, sur plusieurs points et les extrêmes absolus de la température ont été de — 3°,o à Montesion’(le 27) et 20°,i à Ivry et à Vaucluse (du ix au i3)’.
- La première et la dernière décade ont été fort peu enso-
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- leillées et plus de la moitié des heures d’insolation appartiennent à la deuxième décade. Les trois journées du n, du 12 et du x 3 totalisent à elles seules les ti’ente-huit centièmes de l’insolation mensuelle. Celle-ci est fortement déficitaire (de 38 pour ioo) et classe novembre ig38 au huitième rang parmi les mois de novembre les plus mal ensoleillés écoulés depuis 1881.
- Le total pluviométrique mensuel, g3 mm i, au parc Saint-Maur, est supérieur de 85 pour ioo à la normale et il a été recueilli en 18 jours de pluie appréciable (normale i5). La première quinzdne a été sèche et les 5 jours pluvieux qui lui correspondent n’ont fourni en tout que 5 mm 4- A partir du 16, il a plu presque tous les jours (sauf le 18 et le 27) et les deux journées du 20 et du 21 ont apporté respectivement i4 mm 7 et 17 mm 5 d’eau.
- A l’observatoii'e de Montsouris, la hauteur totale d’eau recueillie a été de 80 mm o et est supérieure de 61 pour 100 à la normale. Les trois quarts de cette quantité reviennent à la troisième décade au cours de laquelle la seule journée du 21 en a fourni plus du quart. Hauteurs maxima en 24 b : pour Paris, 2.5 mm C (Bagatelle) et, pour les environs, 3a mm 7 (Asnières).
- De la grêle est tombée le 22 sur de nombreux points; autour de i3 h, le 25 à Versailles et le 27 au Bourget à 8 h 10. Quelques flocons de neige ont été observés à Vaucluse le 3o, vers 12 h 5.
- Le 20, entre 17 h et 17 b 35 un fort orage, mais local, éclatait dans la région de Noisv-le-Sec et était suivi d’un autre plus violent encore, de 5 h à 5 h 3o, le 21 dans la banlieue S et SE de Paris, notamment à Villeneuve-le-Boi.
- On a eu tous les jours, dans la région, des brouillards généralement matinaux, souvent épais et étendus. Ceux des 10, 15, 17, 21 et 27 ont été particulièrement épais. La visibilité a été abaissée à xo m le 27 et i5 m le 10, à Igny. Des obscurcissements ont eu lieu le 18, au Petit-Pantin vers i4 h et, le 21, à Montsouris, de i4 h 45 à i5 h 20.
- La durée totale d’insolation à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, 48 h 3o m, est inférieure de 22 pour 100 à la normale.
- A l’observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 88,2 pour 100 et celle de la nébulosité, de 88 pour 100. On y a constaté : 1 jour de gouttes, 1 jour d’orage, 12 jours de brouillard, 12 jours de brume, 10 jours de rosée. Le 28, floraison de la rose de Noël. A la fin du mois, de nombreuses pâquerettes parsè-
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- ment encore les pelouses, les rosiers continuent à fleurir; en pleine terre les géraniums sont encore en végétation et les fuchsias sont couverts de boutons.
- RÉSUMÉ DE L’ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE DE 1938 (Observations du Parc Saint-Maur)
- Année chaude, avec une moyenne de température de xi0,24, contre io°,23 moyenne normale des 60 années i874-ig33.
- Les extrêmes absolus de la température ont été : — 6°,g le 4 janvier et 33°,7 le 4 août.
- Huit mois ont offert une température moyenne supérieure à la normale, principalement ceux de novembre, octobre, mars et janvier ; ceux d’octobre et de novembre avec excédents respectifs de 4°,5 et de 4°,o. Les quatre autres mois, décembre ig37, avril, mai et juillet en ont présenté une inférieure à la normale; avril et mai avec déficits respectifs de i°,3 et de i°,o.
- Il y a eu 44 jours de gelée à glace dont 5 sans dégel (3 en décembre ig37 et 2 en janvier); 55 jours de gelée blanche et 1 jour de verglas (en janvier).
- La hauteur totale de pluie tombée s’est élevée à 577 mm o (contre 5g3 mm 6 chiffre normal) et a été répartie sur i56 jours de chutes de pluie appréciable (contre i65 nombre moyen) ; il y a eu de plus, 28 jours de gouttes qui n’ont rien accusé au pluviomètre. Les mois les plus pluvieux ont été ceux de juillet (87 mm 1) et de novembre (g3 mm 1) et ceux les plus secs, mars et avril (g mm 5 et g mm 4).
- La moyenne barométrique de l’année, ramenée au niveau de la mer, a été, 768 mm g3, supérieure de x mm 4 à la normale. Le mois de décembre igS? a présenté la plus basse moyenne mensuelle, 75g mm 7, en déficit de 3 mm o et le mois de mars celle la plus élevée, 770 mm 2, en excédent de 8 mm g ; avril en a offert une élevée également, 767 mm 7, supérieure de 7 mm 5 à la normale respective et avec un maximum absolu exceptionnel, de 77g mm 8.
- La moyenne annuelle de l’humidité relative de l’air a été 76,6 pour 100 et celle de la nébulosité du ciel, G5,i pour 100.
- On a observé ; 18 jours d’oi’age seulement et x jour d’éclairs seuls, 16 jours de neige, 6 jours de gi'êle, 4 jours de grésil, i3i jours de brouillard, x3i jours de brume et 11g jours de rosée. Em. Roger.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENDUITS POUR BÉTON
- On a souvent besoin, pour protéger les surfaces des cuves et autres récipients en béton, de les recouvrir d’un enduit protecteur dont la nature doit varier suivant la nature du liquide au contact. Voici quelques formules intéressantes :
- Enduit résistant aux acides.
- Paraffine.............................. 70
- Cire d’abeille......................... 10
- Cire de carnauba....................... 10
- Pigment sec............................ 10
- Enduit appliqué à chaud pour hydrofuger :
- Résine coumarique...................... 14
- Gazoline............................... 80
- Varnolène .. ."..................... 6
- Le varnolène est un distillât du pétrole exempt d’hydrocarbures aromatiques et contenant au maximum 2 pour 100 d’hy-
- drocarbures non saturés. Il passe à la distillation entre 163 et 234°.
- Enduit pour moules en ciment :
- Résine coumarique....................... 34
- Cire d’abeille.......................... 33
- Paraffine............................... 33
- Enduit pour cuves à vin.
- On peut employer diverses formules. En voici trois :
- 1° oxyde de magnésium 10 Silicate de soude à 40 pour 100 .... 50
- Sulfate de calcium. . 10 Varnolène 5
- Pigment sec . ... 10 Charges terreuses . . 15
- Fibre d’amiante . . . 12 3° Résine coumarique . 15
- Sciure de bois .... 8 Cira de carnauba . . . 5
- Solution de chlorure Caoutchouc 5
- de magnésium à. Fibre d’amiante . . . 15
- 30 pour 100 . . . 50 Varnolène 60
- 2° Ciment Portland . 30
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- LIVRES NOUVEAUX
- La pratique acoustique et électro-acoustique, par
- P. Hémardinquer. 1 vol. in-8, 280 p., 120 üg. Eyrolles, Paris, 1938.
- La musique mécanique a pris un développement considérable ; l’enregistrement et la reproduction des sons ont exigé des études spéciales d’acoustique des salles. Les immeubles, les studios, les bureaux, doivent être protégés contre les bruits, rançon de la vie moderne ; les questions d’isolement phonique sont aussi à considérer. Cet important ouvrage pratique, après un exposé des principes généraux les plus récents d’acoustique, traite ces deux questions que techniciens, architectes doivent connaître et dont le grand public, ne peut plus se désintéresser.
- Le phosphore des végétaux, par E. Michel-Durand. I. Phosphore minéral et glucidique. 1 vol. in-8°, 99 p. Les problèmes biologiques. Presses universitaires de France, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Sous des formes variées : minérales, glucidiques, lipidiques, protidiques, le phosphore se trouve dans tous les végétaux, mais son dosage est difficile. Cette monographie rappelle les rôles qu’il joue ou qu’on lui a attribués et met au point, après une sage critique, les méthodes de dosage.
- La naissance de la vie, par Robert Tournaire. 1 vol. in-8, 291 p. Nouvelle société d’édition, Paris, 1938. Prix : 27 francs.
- Curieux livre où l’auteur, chimiste documenté, élève un temple à la science qu’il voit expliquant, dominant tout, jusqu’à la métaphysique et à la morale. Cela le conduit à passer en revue la matière vivante, la reproduction, la composition et la structure du protoplasma, des structures visibles aux atomes, puis au électrons et aux quanta, et à chercher une synthèse où puissent entrer et se coordonner matière et conscience, homme et univers, vie et monde inerte.
- Homéothermie et thermorégulation, par J. Giaja. 2 broch. in-8°, 70 et 76 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Les animaux à température constante — ou presque — peuvent vivre entre de certaines limites dans un milieu plus chaud ou plus froid. Quand le milieu se refroidit, leur température se maintient par des échanges chimiques de plus en plus intenses ; quand il s’échauffe, la régulation est d’ordre physique. Le minimum observé à la neutralité thermique constitue le métabolisme de base. ,
- Physiologie. Revue annuelle, dirigée par Emile F. Ter-
- ROINE :
- 1. Glucides, par Th. Cahn et J. Houget, 67 p., 15 francs.
- 2. Eau et sels, par E. Aubel, 28 p., 8 francs.
- 3. Protides, par Jean Roche, 55 p., 12 francs.
- 4. Substances nucléiniques, par E. Terroine, 31 p., 8 francs.
- 5. Créatine et créatinine, par E. Terroine, 41 p., 12 francs.
- Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938.
- Intermédiaire entre une revue bibliographique et une série de monographies, cette nouvelle publication se propose de suivre le mouvement des recherches dans chacun des chapitres de la physiologie, en présentant l’ensemble des travaux parus depuis un an. Ceux-ci ne sont pas simplement analysés mais situés dans l’état actuel des connaissances et discutés selon les tendances de chaque auteur. Le professeur de Strasbourg espère ainsi développer la culture générale des physiologistes, éviter leur étroite spécialisation, montrer les" liens très complexes qui unissent les diverses questions, fournir une documentation étendue et vivante, devenue impossible à suivre dans l’avalanche des publications originales. Les cinq premiers fascicules parus répondent parfaitement à ce besoin et à cette préoccupation.
- Wild animais in Britain, par Frances Pitt. l vol. in-8°, 128 p., dessins, 104 fig. hors texte en noir et en couleurs. The British Nature Library. Batsford, Londres, 1928. Prix : relié toile, 8 sh. 6 d.
- Après les « oiseaux sauvages » et les « fleurs sauvages », les « animaux sauvages » sont une troisième réussite de cette collection. Les photographies sont parfaites et très heureusement choisies ; le texte, clair, précis, présente tous les mammifères de Grande-Bretagne, simplement et d’une manière vivante. Tour à tour défilent les renards et les chats sauvages, les castors et les loutres, les martres, hermines et putois, les taupes et les hérissons, les chauves-souris, les écureuils et les loirs, les souris et les rats, les lièvres et les lapins, les cerfs et les daims, les mammifères marins, tous bien observés dans leurs caractères et leurs habitudes.
- La vie du chameau, le vaisseau du désert, par Elian-J. Finbert. 1 vol. in-16, 254 p., 16 pl. Collection « Scènes de la vie des bêtes ». Albin Michel, Paris, 1938. Prix : 22 francs. Le premier volume de cette collection, Séti, « mon caméléon », par Francis de Miomandre, était un enchantement ; le deuxième, tout différent, est aine autre révélation. L’auteur a conduit, en Arabie, un troupeau de 3.000 chameaux, pendant la dernière guerre ; il a senti la solidarité du chameau et du Bédouin, l’un portant l’autre, l’homme dont la bête est la richesse, le moyen de transport, la nourriture et plus, la créature de Dieu qui fait rêver, qu’il faut soigner, qui porte bonheur. Une série de tableaux évoquent le chameau en route, à l’herbage, au puits, la vie du troupeau et du berger, les mœurs, les amours, la naissance et l’enfance, la beauté et l’intelligence du vaisseau du désert que l’automobile ne peut détrôner.
- Néo=hippocratisme et homœopathie, par le Dr Léon Vannier. 1 vol. in-16, 87 p. G. Doin et Cie, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- Rappelant les idées d’Hippocrate et les opposant au néohippocratisme, l’auteur soutient les principes qu’il a maintes fois développés : la loi de la nature, la loi des contrastes et celle de similitude, base de l’homéopathie qu’il préconise.
- U. R. S. S. et nouvelle Russie, par Alfred Silbert. 1 vol. in-16, 209 p. Denoel, Paris, 1938. Prix : 18 francs. Parmi tous les témoignages sur la nouvelle Russie, en voici un, favorable dans l’ensemble, écrit après un voyage de cinq semaines passant par Moscou, la Volga, le Caucase et l’Ukraine. L’auteur connaissait l’Extrême-Orient et savait un peu de russe ; il raconte ce qu’il a vu dans son périple, ses notations de touriste, ses rencontres et conclut sans hésiter que l’énorme progrès accompli depuis 1917 et la forme de gouvernement sont inséparables.
- Topobibliographie de la France, par Maurice Dupor-tet avec la collaboration de Henri Fougerol, J. Joussain du Rieu, René Vallet. Allier, Creuse, Indre. Montluçon, 3 vol. in-4°.
- Le volume sur l’Indre est le dernier des trois volumes déjà parus et qui inaugurent une collection qui doit comprendre les 90 départements. Pour chacun d’eux, toutes les revues locales doivent être dépouillées depuis leur origine et les articles présentés dans un ordre tel que les spécialistes de tout ordre y trouvent aisément ce qui les intéresse plus particulièrement. Un coup d’œil jeté sur les grandes divisions de l’ouvrage montre que les sciences naturelles sont parmi les plus favorisées. Les naturalistes regretteront moins l’interruption, sans doute définitive, de la Bibliographie des travaux scientifiques de Deniker. La présentation des renseignements sur des feuillets mobiles est une innovation intéressante qui permet aux usagers de disposer ces feuillets selon leurs besoins personnels.
- Curiosités du journalisme et, de Timprimerie, par
- André Ravry. 1 vol. i,n-4°, 174 p., 70 fig. hors-texte en couleurs. Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de France, Paris, 1939. Prix : 80 francs.
- Après avoir rappelé les méthodes d’information antérieures à la presse, Fauteu» présente divers aspects curieux des journaux : transmission des nouvelles ; journaux à deux fins : journaux roulants, flottants, volants ; la presse en prison ; canards, perles et coquilles ; argot et vocabulaire, etc. L’impression, luxueuse, est agrémentée de splendides illustrations qui révèlent tout ce qu’on peut obtenir des procédés les plus modernes et font de cet album un des plus beaux ouvrages techniques qu’on puisse voir.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 octobre 1938.
- Analyse des gommes. — M. Gonnard appelle indice de méthoxyle le nombre de milligrammes du groupement OCH3 contenus dans x gr du corps analysé, valeur plus précise que celle de l’indice de methyle. Les mesures ont lieu par la méthode de Zeizel. En collaboration avec M. Janot, M. Gonnard montre que les gommes arabiques provenant de l’Acacia Sénégal ont un indice de methoxyle voisin de O, caractère qui, joint à leur solubilité dans l’eau et à leur pouvoir rotatoire lévogyre, permet de les déterminer. Les gommes Salabreida ont un indice de méthoxyle voisin de 6 et les gommes adragantes ont un indice qui atteint 3o. Les indices de méthoxyle de nombreuses autres gommes végétales ont été détermines ils varient de o pour le Prunier et le Sterculia à 23 pour l’Abricotier.
- Les hétéro-auxines. — Il est démontré que les hétéro-auxines provoquent sur les boutures de feuilles, non seulement le développement de racines, mais aussi de bourgeons. M. Ciiouard expose que pour provoquer ces phénomènes il suffit d’amener les hétéro-auxines (acides indol-3-acétique, indol-3-butyrique ou a-naphtalène-acétique) à la dose convenable au point désiré. Les doses fortes restent bloquées au point d’introduction. La pesanteur agit pour répartir la substance active ainsi que toutes les causes agissant sur la circulation interne. Le processus d’apparition et d évolution des néoformations montre que les hétéro-auxines ne doivent pas être considérées comme des rhizocalines, ou hormones formatives des racines, car, dans certains cas, il y a seulement formation de bourgeons ou formation des bourgeons avant apparition des racines. On peut seulement affirmer que les hétéro-auxines constituent un moyen très puissant d’agir sur les végétaux et de diriger leur formation et leur évolution.
- Séance du 10 octobre ig38.
- Les radio-sondages. — M. le Général Bourgeois expose que la technique des radio-sondages a été mise au point dès 1927 à l’O. N. M. par MM. Idrac et Bureau, et a été consacrée par le Comité météorologique international en 1937. Les ballons emportent un matériel pesant de 1 kgr à 1 kgr 5 comportant des appareils de mesure, un émetteur radiophonique et un dispositif d’envoi automatique de signaux commandé par les appareils. L’O. N. M. réalise ces sondages à Trappes (Seine-et-Oise) et à la station flottante du « Carimaré », à 1.800 km à l’Ouest des Açores. Les altitudes atteintes sont en général comprises entre i5.ooo et 3o.ooo m à Trappes, l’altitude de base de la stratosphère variant entre 7.200 et i4-6oo m, la température de cette base oscille de — 70° à — 38°; le minimum de — 73° a été enregistré le 21 janvier 1938 à i2.5oo m. Sur le « Carimaré », les altitudes de base de la stratosphère ont été notées de 11.000 à x5.ooo m, la température la plus basse a été de — 68° les 4 et 3i mai et le 16 juin 1938; dans l’ensemble les températures étaient plus basses qu’à Trappes.
- Mesures de g. — La plupart des mesures de g sont basées sur les observations du pendule. M. Guillet montre qu’il est possible, avec une précision de l’ordre de 1/200.000, de déduire g des mesures effectuées sur la chute d’un corps dans le vide. Il a réalisé un tube de Newton dans lequel tombe une bille qui est libérée et reçue par des dispositifs spéciaux ; on peut ainsi baser les mesures, soit sur le temps total de chutç, soit sur trois observations en des stations
- séparées. Ces mesures sont des mesures de longueur effectuées avec un comparateur micrométrique et des mesures de temps réalisées par enregistrement d’un pendule réglé sur l’heure de l’Observatoire. Pour éviter tout effet de collimation l’appareil photographique tombe du même mouvement que la bille.
- Viscosité des huiles. — M. Marcelin a fait construire un viscosimètre composé d’un plan incliné sur lequel une bille prend une vitesse déterminée et arrive ensuite dans un auget dont le fond est recouvert d’une mince couche de l’huile à étudier. Le parcours de la bille dans l’auget donne une mesure de la viscosité de l’huile. L’auteur montre que la viscosité des huiles augmente de 25 pour 100 environ après un repos de quelques heures. Ce phénomène est en rapport avec la formation de lits de molécules actives polarisées sur les parois. Ces lits doivent être formés d’édifices fragiles car, en opérant plusieurs fois sur une huile reposée, la bille a des parcours de plus en plus longs jusqu’à atteindre les mêmes valeurs qu’avec une huile récemment brassée; les passages successifs de la bille ont donc suffi à détruire les piles moléculaires sur son parcours.
- Phosphure de lithium. — Par l’action à — 8o° d’un courant d’hydrogène phosphoré PH3 sur le lithium en présence d’ammoniac, M. Legoux a obtenu une poudre blanche micro-cristalline à structure cubique qui répond à la formule PlI0Li, 4NH3. Ce composé réagit sur l’eau en donnant de la lithine, le phosphure PH3 et de l’ammoniac.
- La choline chez les mammifères. — MUe Lévy et M. Kaiiane exposent qu’ils ont mis au point une méthode de dosage de la choline libre et de la choline combinée dans les organes des mammifères. Opérant sur le sang, ils ont trouvé des traces de choline hydrosoluble chez l’Homme, le Cheval, le Chien, le Mouton, le Porc et le Rat; une qiian-tité importante de choline libre chez les Bovidés et le Cobaye et une quantité appréciable de choline combinée chez le Lapin. L’existence dans l’organisme des dérivés hydrosolubles de la choline peut avoir une grosse importance physiologique.
- Séance du 17 octobre 1988.
- Les cafés coloniaux français. — Les grandes plantations de café du Sud du Brésil ont été réalisées avec le Cofjea arabica; elles seraient suffisantes à la consommation du monde entier si beaucoup de nations ne cherchaient à produire sur leur territoire le café qui leur est nécessaire ; il en est ainsi de la France qui a beaucoup développé les plantations de ses colonies dont la récolte a passé de 5.000 t en 1928 à So.ooo t cette année, M. Chevalier expose que le C. arabica est un arbuste de montagne qui ne prospère qu’au-dessus de 800 m et dans des terrains riches. Les sols de nos colonies ne lui conviennent guère ; d’autre part beaucoup d’autres espèces sont d’une culture plus facile mais donnent des graines sans intérêt du 'fait de l’absence de caféine. Grâce aux recherches de Dybowski, Laurent. Durand et De Wildeman on a pu trouver quatre espèces (C. congensis, C. liberica, C. canephora robusta et C. Devise-vrei excelsa), très proches du C. arabica, bien adaptées à nos sols coloniaux et dont le seul défaut était l’amertume exagérée. Par la culture et la sélection on a pu très largement les améliorer et c’est maintenant aux deux dernières d’entre elles qu’est due la production coloniale française concentrée surtout à Madagascar (35.000 t) et dans l’Afrique Occidentale Française (12.000 t). L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- L’auscultation permanente des ouvrages d’art.
- Les grands ouvrages d’art modernes : ponts, barrages, ports, etc., nécessitent une surveillance constante, car leur rupture ou leur affaissement pourrait avoir des conséquences catastrophiques.
- En principe, le problème à résoudre est simple, puisque tous les phénomènes physiques produits par les contraintes dans l’ouvrage en observation ou dans l’appareil qui en est solidaire fournissent théoriquement chacun une solution : variation de pression sur une pile de rondelles en charbon ou dans la soudure d’un couple de deux métaux (mesures de résistivité), variation de température ou d’état magnétique dans un appareil thermo-élastique ou magnéto-élastique, etc.
- M. Coyne, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, a réalisé des appareils très intéressants dans lesquels il s’adresse aux propriétés acoustiques des cordes vibrantes.
- Le principe est le suivant : une corde vibrante dont les deux extrémités sont attachées sur l’objet à ausculter participe à sa déformation et sa fréquence varie suivant les allongements ou raccourcissements que subit cet objet (x).
- La corde est excitée à distance au moyen d’un électro-aimant dans lequel on envoie un faible courant et les vibrations sont perçues, sur le même circuit, à un poste d’écoute central, au moyen d’un amplificateur à lampes. A ce poste d’écoute, à l’aide d’une corde étalon (dont on-peut faire varier la tension), on effectue la comparaison des deux fréquences émises par la corde étalon et la corde placée dans l’ouvrage. Quand les deux cordes sont à l’unisson, si elles sont de même longueur, leurs s tensions sont égales ou proportionnelles si elles sont de longueur différente, comme le montre facilement la formule.
- En réalité, on fait non pas une mesure absolue, mais une mesure de différence de tension entre deux états successifs de la corde.
- Si à un certain moment;, la tension mesurée est T et qu’à
- "T"
- un autre, elle soit TV, la différence T/ — T donne la contrainte intervenue pendant ce temps; si elle est positive, il s’agit d’une tension; si elle est négative, il s’agit d’une compression. La sensibilité de la mesure est extrême, puis-qu’au laboratoire on peut ainsi déceler une variation de longueur de l’ordre du micron par mètre. Dans la pratique, sur le chantier, la précision n’est que de 2 à 3 microns, ce qui ne représente encore que des contraintes de l’ordre de 5o gr/rnm2 dans l’acier et o,5 kgr/cm2 dans le béton.
- Les seules erreurs possibles sont celles d’origine thermique, si l’appareil et son support n’ont pas le même coefficient de dilatation : quand la température monte, la corde se détend, puisqu’elle s’allonge plus vite que son support et le son Qu’elle rend baisse ; c’est l’inverse quand la température dintinue. Pratiquement, on obvie à ce gros incon-
- 1. La formule des cordes vibrantes est en effet :
- N_ Kj/T L
- N fréquence, T tension, L longeur et K coefficient dépendant du poids spécifique de la corde.
- vénient en isolant une corde témoin du champ des contraintes, en la disposant par exemple dans une boîte à double fond dans laquelle elle est encastrée. La lecture faite sur elle donne donc l’erreur d’origine thermique, dont on tiendra compte dans les observations sur les cordes avoisinantes, pour ne déduire de celles-ci que l’effet des contraintes qu’elles supportent.
- Parmi les nombreuses applications des témoins sonores de M. Coyne, signalons le barrage-voûte de Marèges sur la Dordogne. Dans ce massif de 90 m de hauteur, 80 témoins ont été disposés par groupes de 3 suivant les côtés d’un triangle équilatéral à base horizontale de façon à déterminer en chaque point ausculté la direction des contraintes principales. Les déformations ont'ainsi pu être suivies depuis ig35, date de remplissage du réservoir et on a constaté le retour chaque année des mêmes contraintes pour les mêmes conditions de température et de charge.
- Citons également la mesure de la tension dans des tirants maintenant des murs de quai au Havre et à Dieppe, l’auscultation du pont de Port-de-Pascau sur la Garonne et la détermination des pressions dans les sols et à l’intérieur de de la masse des grains entassés dans une cellule de silo.
- En résumé, qu’il s’agisse d’étudier en laboratoire des phénomènes comme le retrait et les déformations lentes du béton, ou de vérifier les règles adoptées dans les constructions ; qu’il s’agisse, sur les ouvrages eux-mêmes de comparer les fatigues réelles avec les fatigues calculées ou d’exercer un contrôle instantané ou permanent sur les grands ouvrages d’art et plus particulièrement les plus dangereux, comme les barrages; qu’il s’agisse enfin de mettre en évidence en temps utile les mouvements lents du sol, cause des plus grands désordres dans les constructions, la méthode des témoins acoustiques de M. Coyne fournit d’une façon très simple une solution élégante de ces différents problèmes.
- H. Vigneron.
- CHIMIE
- L’acide suliamique.
- C’est un nouveau venu dans la série des acides commerciaux : lactique, acétique, oxalique, formique, tartri-que, etc... qui trouve son emploi lorsqu’il est nécessaire d’avoir un acide non volatil fortement dissocié.
- On l’obtient en dissolvant l’urée dans un excès d’acide sulfurique, la dissolution étant traitée ensuite par l’oléum dans certaines conditions. Pendant la réaction, il y a dégagement d’acide carbonique et l’acide sulfamique S03H-NH2 se précipite du liquide.
- L’acide est incolore, sans odeur, non hygroscopique, cristallisé et peut être expédié et manipulé sous forme solide. En solution aqueuse, il est fortement ionisé et donne un liquide acide très énergique. A la température ordinaire, il est stable dans l’eau; quand on chauffe, il s'hydrolyse lentement et donne du sulfate acide d’ammonium. Ses sels sont stables en solution alcaline ou neutre et les solutions peuvent être évaporées sans hydrolyse du radical amide. Une des applications industrielles intéressantes est l’emploi de certains selS pour ignifuger les matières combustibles, étoffes, papiers, etc...
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- AUTOMOBILE
- Appareil de sécurité contre Vincendie des automobiles.
- Bien des incendies d’automobile sont consécutifs à un choc ou un accident, dont ils aggravent les dangers dans des proportions redoutables.
- Ces incendies prennent rarement naissance par le ruissellement de l’essence sur le tuyau d’échappement ; car l’inflammation ne peut généralement se produire qu’en présence d’une étincelle électrique ou d’une flamme. Il y a ainsi deux causes possibles après un choc : un retour de flammes au carburateur, ou un court-circuit en présence d’essence ou de gaz d’essence.
- Un appareil de sécurité vient d’être établi en vue d’éviter ces causes initiales d’incendie, en coupant automatiquement tous les circuits de l’installation, en cas de choc ou de renversement.
- Son fonctionnement repose sur la différence mécanique considérable entre les effets d’un coup de frein violent produisant sur la masse en mouvement simplement un ralentissement d’une certaine durée, et un choc accidentel déterminant un arrêt à peu près instantané.
- Le courant venant de l’accumulateur de l’installation pénètre dans l’appareil par une borne isolée, il passe par un balai de rupture et parvient à une seconde borne isolée ; les sections de contact sont largement calculées, de manière à ne pas déterminer de résistance pour une longue durée de service.
- La rondelle de contact est maintenue normalement contre les balais par un ressort jointif, supportant une masse-lotte, et incompressible dans le sens vertical.
- Si un choc accidentel survient, la masselotte est entraînée par l’effet d’inertie; elle surmonte la résistance latérale du ressort jointif, échappe de la cuvette sur laquelle son extrémité appuie normalement, comme on le voit sur la moitié gauche du dessin de la figure i.
- Aussitôt, la rondelle de contact supérieure solidaire de la cuvette, et qui n’est plus soutenue par la masselotte, descend sous la poussée d’un ressort spiral et s’éloigne des balais, en coupant instantanément le courant.
- C’est ainsi que sur le dessin de la figure i la voiture est censée se diriger vers la gauche au moment du choc supposé, et la masselotte s’est échappée vers la gauche en suivant le mouvement initial de la voiture.
- Le dispositif peut être également utilisé comme « robinet de batterie » au moyen d’une chaînette qui permet de tirer sur la masselotte. Pour réarmer l’appareil, il suffit de soulever l’axe central du couvercle, et le ressort à spires central ramène immédiatement la masselotte dans la position antérieure de contact.
- En prolongeant la chaînette et l’axe central par des cordonnets, il est facile de les commander à distance, puisque la manœuvre de rupture et l’armement consiste à les tirer alternativement, et l’appareil peut également servir évidemment de dispositif antivol.
- Établissements Huchet, i5o, rue Marcadet, Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Sécheuse^glaceuse rotative.
- De plus en plus, l’amateur photographe prend des vues mais ne les développe pas. Avec une précision du temps de pose facilitée par un posemètre, il obtient des séries de négatifs sur un film qu’il confie ensuite à un professionnel.
- Fig. 2. — La sécheuse-glaceuse Union.
- Celui-ci révèle, fixe et tire des positifs, le plus souvent agrandis. Il lui faut aller vite, surtout dans les périodes de presse que sont les vacances, pour satisfaire une clientèle passagère.
- On a imaginé diverses machines pour sécher et glacer les épreuves presque instantanément. En voici un modèle, conçu par un praticien, expérimenté depuis io ans, qui fournit un débit pouvant atteindre 700 épreuves 6x9 ou 9x12. Un petit moteur électrique avec rhéostat conduit l’épreuve dans une essoreuse puis sur une toile et enfin sous un cylindre à glacer chromé. Le chauffage est contrôlé par un thermomètre et réglé par deux interrupteurs limitant l’écart de température. L’ensemble est peu encombrant et d’un fonctionnement sûr.
- Constructeurs : établissements Union, 26, rue du Renard, Paris (4e).
- Balat en rupture-
- con tact
- Ressort ~jointif
- Fig. 1. — L’appareil de sécurité A séria, coupant automatiquement les circuits électriques en cas de chocs accidentels.
- A droite : coupe schématique de l’appareil au moment du contact, en marche normale. A gauche : position des pièces après rupture du circuit à la suite d’un choc.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATION
- Bibliothèque municipale de Châteaudun. — La
- Terre ayant 40.000 km de tour à l’équateur et effectuant une rotation en 24 h, soit 86.400 secondes, il est facile de connaître la vitesse d’un point de l’équateur, en 1 s, par une simple division. Toutefois, la durée d’une rotation terrestre est de 1 jour sidéral de 23 h 56 m 4 s = 86.164 s. La vitesse de déplacement d’un point à l’équateur est ainsi voisine de 465 m par seconde. Voici, d’après l'Annuaire Astronomique Flammarion, la vitesse de la surface terrestre à différentes latitudes :
- Latitude Vitesse Latitude Vitesse
- 0° . . . . 465 m/s 50° ... . 300 m/s
- 10° ... . 458 — 60° ... . 233 —
- 20° ... . 437 — 70° ... . 160 —
- 30° ... . 403 — 80° ... . 81 —
- 40° ... . 357 — 90° (Pôles) . 0 —
- La latitude de Paris étant de 48°50L la vitesse de déplace
- ment y est un peu supérieure à 300 m par seconde.
- En raison de la grande longueur du rayon terrestre et de la faible épaisseur relative de l’atmosphère, on peut dire que, pratiquement, celle-ci possède la même vitesse que le sol. Si nous appelons R le rayon terrestre équatorial, h la hauteur d’un point de l’atmosphère, la circonférence décrite, à l’équateur, par ce point, aura pour longueur 2-n: (R 4- h). Divisant cette longueur par 86.164 s, on voit tout de suite que la première partie (2itR) donnera les vitesses du tableau ci-des-sus. La seconde (2-h) pour h = 10.000 m fournit pour produit 62.832 m et la division de ce nombre par 86.164 ne donne pas 1 ni par seconde !
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Alimentation d’un appareil de prothèse audi= tive. — Pour obtenir le courant haute tension destiné à alimenter les plaques des lampes d’un amplificateur, à partir d’une batterie d’accumulateurs basse tension, de 4 ou 6 v et d’assez forte capacité, on peut employer un petit groupe moteur-générateur haute tension ou une commutatrice fournissant directement du courant continu qu’on filtre ensuite. Très souvent, on transforme le courant continu basse tension en courant ondulé basse tension. On élève par transformateur la tension de ce courant ondulé à la valeur nécessaire et on le redresse finalement, après filtrage.
- Pour transformer du courant continu en courant pulsatoire, on emploie un vibreur, en ayant soin d’éviter les irrégularités du courant et les parasites dus aux contacts de ce vibreur. Dans un amplificateur de prothèse auditive, le filtrage doit être particulièrement soigné. Ces solutions ne conviennent qu’à un appareil à poste fixe, en raison du poids.
- Des convertisseurs et des vibrateurs sont construits par les établissements Électro-Pullmann, 58, route d’Orléans, Montrouge (Seine) et par les établissements Ferrix-Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- Réponse à M. Maurice C..., Le Havre (Seine-Inférieure).
- De tout un peu.
- M. Jourdan, Bougé-Chambalud. — La baisse de pression barométrique, pour les basses altitudes tout au moins, est d’environ 1 mm quand on s’élève de 10 m. Toutes conditions égalés, ’d pression étant supposée de 760 mm à 0 m d’altitude, on a le tableau suivant :
- 760 mm = 0 m ; 750 mm = 105 m 5 ; 740 mm = 212 m 4 ;
- 730 mm = 320 m 8 ; 720 mm = 430 m 6 ; 710 mm = 542 m 0 ;
- 700 mm = 654 m 9 ; 690 mm = 769 m 5 ; 680 mm = 885 m 8 ;
- 670 mm = 1.003 m 7.
- La densité de l’air, et par suite, la pression barométrique,
- dépendant de la température de l’atmosphère, on doit apporter une correction à cette table, selon la formule suivante :
- 2(T + t)
- C = '—1 000— 011 ^ e*’ t son* *cs temPératures des deux stations dont on veut déterminer la différence d’altitude. Le signe de la correction est celui de la somme T + t.
- Pour déterminer l’altitude à la lecture du barographe, on emploie la formule de Laplace :
- h = 18.400 log. Ü- (1 + 0,00367 t)
- *'2
- où h est l’altitude ; Bi la pression à la base ; B2 la pression à l’altitude h ; t, la température. La pression est chiffrée en millimètres.
- M. L. C..., Paris. — L’article sur les Iguanodons de Ber-nissart a paru dans La Nature, n° 543, du 27 octobre 1883, page 337.
- M. J. L..., Paris. — L’emploi dans les chaudières d’eau calcaire ou séléniteuse présente divers inconvénients : entartrage d’abord qui diminue la conductibilité des parois et amène un surcroît de consommation de combustible ; rupture du dépôt qui se détache par places, laissant le métal à nu et provoquant une surchauffe locale brusque et une surpression.
- Beaucoup de produits ont été proposés comme désincrus-tants. En voici quelques-uns, indiqués par M. Duroudier dans un récent numéro des Annales des Falsifications et des Fraudes :
- Poudre désincrustante. — 26 pour 100 carbonate de chaux, 21 pour 100 sel marin, 24 pour 100 chaux caustique, 8 pour 100 sulfate de Na (Allemagne).
- Désincrustant Engel. — 51 pour 100 carbonate de soude, 28 pour 100 sel marin, 20 pour 100 eau.
- Poudre désincrustante Rudel. — 15 pour 100 sulfate de magnésie, 15 pour 100 sel marin, 28 pour 100 chaux, 12 pour 100 carbonate de soude.
- Végétaline Ulman. — 96 pour 100 eau et 4 pour 100 décoction d’algues de mer avec du chlorure de Mg.
- Corrosif Colin. — 33 pour 100 chaux caustique, 22 pour 100 carbonate de CaO, 20 pour 100 soude caustique, 15 pour 100 eau.
- Paralitli. — Solution à 30 pour 100 de chlorure de magnésie et dextrine.
- Yégéto-correctif Pèlerin Bruxelles. — 50 pour 100 eau + 50 pour 100 d’un mélange de tourbe, marc de café et parfumé au nitrobenzol.
- Antitartre Nivet. — Solution de chlorhydrate d’ammoniaque avec un pou d’alun et de teinture de bois de campêche.
- Épurateur universel Lutz. — 8 pour 100 oxalate de potasse, 6 pour 100 glucose, 5 pour 100 glycérine, 80 pour 100 eau.
- Sélénifuge. — Solution à 33 pour 100 de carbonate de soude brut et de mélasse à parties égales.
- Lithophage. — Mélange de carbonate de soude brut avec des débris végétaux pulvérisés.
- Anticorrosif. — Liquide visqueux brun foncé et trouble = 72 pour 100 benzol brut + 26 pour 100 goudron + 2 pour 100 chaux et litharge.
- A cette liste, on peut ajouter le phosphate trisodique et les diverses zéolites dont La Nature a maintes fois parlé.
- M. B. M., Le Buy. — On peut aisément reconnaître les pierres gélives par le procédé suivant dû à Brard : on taille dans les pierres à essayer de petits cubes de 4 à 5 cm de côté ; on les pèse, puis on les plonge dans une solution bouillante de sulfate de soude concentrée où on les laisse une demi-heure ; on les retire et on les suspend dans une chambre aux environs de 15’ ; plus ou moins vite, elles se recouvrent d’efflo--rescences blanches ; on les arrose alors d’eau pure jusqu’à ce que toutes les efflorescences soient dissoutes ; on les replonge dans la solution de sulfate de soude, froide cette fois et on les arrose à nouveau. Si la pierre est gélive, des parcelles se détachent, les arêtes s’émoussent et les blocs s’arrondissent. Si la pierre est peu hygrométrique, elle supporte ces traitements sans s’altérer.
- Le Gérant : G. Masson.
- Lavai. —> Imprimerie Barnéoud. — 15-1-1939
- Püblished in France.
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- N° 3042
- LA NATURE “ ,w>
- LA FAÏENCE DANS L’ANCIENNE ÉGYPTE =
- De tous les objets égyptiens antiques que possèdent les musées ou les collectionneurs, il n’en est pas de plus connus que les statuettes funéraires appelées ouchabtis ou répondants. Ces figurines en forme de petites momies, longues d’une dizaine de centimètres, sont généralement émaillées. Mais ce ne sont pas, loin de là, les seuls objets pour lesquels les Égyptiens de l’époque pharaonique aient employé la céramique émaillée et nous voudrions résumer, dans les pages qui suivent l’histoire de cette céramique qui ne le cède à aucune autre.
- LES PLUS ANCIENNES PIÈCES
- On trouve des perles en faïence dès la période prédynastique. A la Ire dynastie (vers 35oo av. J.-C.), les fouilles d’Amelineau et de Sir Flinders Petrie à Abydos ont donné des débris de plaques vertes employées à décorer un édifice, des perles de colljp-r, de petites figurines d’animaux. Comme objets spécialement curieux on a des tables à jeu circulaires (diamètre, 20 cm) émaillées bleu turquoise, divisées en cases alternativement en relief et en creux et allant en diminuant de surface à mesure quelles se rapprochent du centre. Ces cases forment une série de cercles concentriques sur lesquels on faisait avancer des pions. Un exemplaire de ce jeu se trouve au rnùsée de Bruxelles.
- A l’Ancien Empire, lê plus'bel ensemble est celui décorant la pyramide à degrés du roi Djeser (IIIe dynastie, vers 2800 av. J.-C.) à Saqqarah et la grande tombe adjacente. Ces plaqueLtes émaillées (bleu brillant ou vert) forment le revêtement des murs de plusieurs chambres et couloirs. Elles sont plates ou légèrement bombées afin d’imiter des portions de cannelure de roseaux. Une des portes décorée des noms et fïtres de Djeser, enlevée au siècle dernier par le savant allemand Lepsius, se trouve au musée de Berlin.
- Du Moyen Empire (environ 22oo-i58o av. J.-C.) nous citerons un collier du Musée de Bruxelles (fig. 1) terminé par deux têtes de faucon bleu pâle et dont les perles, en forme de bâtonnets, sont disposées en rangées alternativement bleu ou bleu-vert et brun très
- foncé ; un cylindre au nom de Sésostris II (Ashmo-lean Muséum d’Oxford) ; un vase trouvé à Kahun, à décor de filet à la partie supérieure et de fleur de lotus en pourpre sur fond bleu à la base ; des animaux, pièces de jeu ou jouets : porc-épic, grenouille, singe tenant un vase à kolil, etc., des poupées (voir La Nature, n° 3.029).
- Une mention spéciale est due aux statuettes d’hippopotame en faïence bleue, généralement recouvertes de. dessins noirs figurant des plantes aquatiques afin de recréer le milieu dans lequel vivait l’animal. Ces figurines étaient déposées dans là tombe pour servir de gibier aux chasses du mort quand il voudrait se réjouir par ce sport dans l’autre monde. Elles sont particulières au Moyen Empire et rendent d’une manière stylisée, mais fort juste, l’aspect balourd de l’animal. Le plus bel exemplaire, par la qualité de son émail, d’un bleu magnifique, est au Louvre. Certaines de ces statuettes, très rares, nous montrent avec réalisme l’hippopotame se levant et mugissant, la gueule largement ouverte et tournée de côté (un exemple dans la riche collection de sculpture de Copenhague,, fig. 2).
- AU NOUVEL EMPIRE
- Le Nouvel Empire ou seconde période thébaine est l’époque dont il nous reste le plus de documents. L’Égypte connaît alors une ère de prospérité qui se reflète dans tous les objets de la vie courante aussi bien que, dans la magnificence des temples de Karnak.
- La céramique émaillée produit alors des œuvres difficiles à réussir, comme ce grand sceptre bleu portant le nom d’Amenophis II qui, intact, devait mesurer plus de 1 m 5o de haut (au Victoria and Albert Muséum de Londres).
- De nombreuses catégories de vases sont représentées.
- On trouve, par exemple, des coupes à décor manganèse sur un fond bleu suggérant l’eau. Le décor représente souvent un lac placé'au centre, d’où s’épanouissent des Heurs de nymphéa. Une jolie coupe (coll. Myers à Elon College) montre quatre poissons tournant en rond dans un décor aquatique (fig. 3). D’autres ont un ornement cèntral et des plantes, ou
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- Fig. 2. — Statuette d’hippopotame mugissant.
- Copenhague, Glyplothèque Ny-Carlsberg
- (D’après Kœfœd-Petersen)
- une rosette, ou une combinaison de divers éléments. Deux coupes, trouvées par Sir Flinders Pelrie à Gurob, représentent dans un marais une jeune fille conduisant une barque chargée, l’une d’un veau, l’autre d’oiseaux qu’elle conduit au marché. Toutes ces scènes, rien que par le rappel de l’eau et de la fraîcheur, ne pouvaient manquer d’être agréables aux Égyptiens, vivants ou morts.
- Une coupe d’un très beau bleu, conservée à Leyde (fig. 4), figure une musicienne et danseuse nue assise sur un coussin, portant tatouée sur la cuisse droite une image de Bès, dieu de la joie. Elle joue du luth et derrière elle un petit singe familier s’amuse avec la ceinture de l’artiste. Celle-ci relient du bras droit une tige de lotus terminée par un bouton et du bras gauche une autre dont la lleur est épanouie. De chaque côté se dressent des tiges terminées par des fleurs. À la partie supérieure, formant tonnelle, des grappes de raisins alternant avec des feuilles de vigne rappellent le vin. Cette coupe synthétise donc tous les plaisirs qui
- accompagnaient habituellement les réjouissances gastronomiques des riches Ihébains.
- Les Égyptiens ne perdaient jamais le sens de l’humour, aussi sur une coupe en faïence vert-bleu du musée de Brooklyn (diamètre, 10 cm) ils nous ont donné une caricature représentant, à la place de la musicienne, un singe jouant de la double flûte (fig. 5).
- Les vases à pied comptent également parmi les plus belles productions des céramistes du Nouvel Empire. Par une poétique idée, c’est dans un calice de fleur que buvaient, tels des abeilles, les habitants raffinés de la vallée du Nil. Ces calices représentent tantôt la lleur élancée du Nymphe a çerulea, tantôt celle plus courte du Nymphéa lotus. Les deux types sont représentés par les calices de faïence bleue du British Muséum (fig. 6, hauteur 12, 15,5, i3,5 cm) et des musées du Caire, New York, Bruxelles, Berlin. Un de ces vases en forme de Nymphéa cerulea, a son ouverture en carré (au Louvre). D’autres ayant aussi la forme d’un calice sont décorés en léger relief de scènes de bateliers dans un marais (Metropolitan Muséum de New-York).
- Une bouteille lenticulaire bleu turquoise (au Louvre) est décorée de deux gazelles affrontées bondissant des deux côtés d’un arbre de fantaisie. Ce motif décoratif, peut-être d’origine asiatique, est extrêmement ancien puisqu’on le trouve déjà sur une poterie peinte d’époque gerzéenne. Enfin certains vases plastiques sont en forme d’animaux : hérisson (Oxford), poisson (British Muséum), guenon tenant un petit serré contre elle (Bruxelles).
- Les parfums et onguents exigeaient, comme aujourd’hui, des récipients plus petits et de fabrication spécialement soignée. L’un des plus beaux est celui dont l’émail jaune, très rare, a pour seule décoration des hiéroglyphes bleus donnant les cartouches d’Ameno-phis 1T1 et de la reine Tiyi. On remarquera l’heureuse alliance des couleurs de ce charmant bibelot, l’un des trésors du Louvre (fig. 7). Un autre petit vase de la même reine (au musée du Caire) est porté par une
- Fig. 3. — Coupe aux poissons. Eton College. — Fig. 4. — Coupe à la musicienne. Musée de Leyde. iiy. 5. — Coupe au singe flûtiste. Musée de Brooklyn.
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- Fig. G. — bases en forme de calices de nymphéa. Britisli Muséum (D’après Capart).
- figurine de servante penchée sous son poids, dont le corps est vert et les cheveux rouges, rappelant la teinture de henné. Des cuillers à fard représentent une gazelle couchée les pattes liées, prête pour le sacrifice. Le fard était placé dans une cavité creusée dans le corps (musée du Caire et Eton College).
- On trouve naturellement aussi à cette époque des colliers en faïence dont certains ne sont pas seulement composés de perles mais sont ornés de pendeloques triangulaires polychromes imitant le calice du Nymphéa ou de perles allongées figurant une fleur fermée.
- On lit encore des statuettes de divinités de bon augure, des pions de jeu, des pièces d incrustations de petits meubles. On fit même jusqu’à des ex-libris et le British Muséum en possède un au nom d’Ameno-phis III.
- Il y a aussi des statuettes votives comme celle du scribe Hori (hauteur, i3 cm 3 ; XIXe-XX® dyn.) en émail blanc avec détails noirs, tenant sa palette et,
- dans la main gauche, un rouleau de papyrus (fig. 8 ; collection de la New York flistorical Society au musée de Brooklyn).
- Les figurines funéraires o u -chablis, auparavant en pierre, sont alors exécutées en diverses matières. Celles en céramique émaillée sont généralement, vertes, bleues ou blanc rehaussé de brun. Elles sont faites au moule et
- Fig. 7. — Vase à parfum de la reine Tiyi. Musée du Louvre.
- (Cl. Archives Phot.).
- celles de la XXIe dynastie trouvées à Deir-el-Bahari sont d’un bleu magnifique. On sait qu’elles servaient de domestiques au mort pour faire les corvées agricoles à sa place dans l’autre monde. L’inscription du chapitre VI du Livre des Morts dont elles portent le texte le dit expressément. C’est pourquoi elles tiennent généralement des houes pour creuser la terre et un petit sac sensé contenir le grain à semer. Les plus belles peut-être sont celles d u r o i Séti Ier, en bleu de Deir-el-Bahari à décor
- Fig. 8. —- Statuette de scribe. Coll, de la N. Y. flistorical Society. Musée de Brooklyn.
- noir, représentant le souverain (au Louvre et au British Muséum).
- Parmi les objets du mobilier funéraire royal, les quatre vases canopes de Ramsès II (au Louvre) sont très remarquables.
- A L’ÉPOQUE AMARNIENNE
- Les fouilles de Tell-el-Amarna ont révélé, avec la ville d’Amenophis IV, un aspect particulièrement séduisant de la civilisation égyptienne. Certaines tendances, déjà en germe sous Amenophis III, s’épanouissent librement. Les arts connexes de la verrerie et de la faïence y brillent d’un vif éclat, avec le frais naturalisme caractéristique de cette brève époque.
- En très beau collier (fig. g) trouvé au cours des fouilles de 1929, est formé de rangées concentriques dont, le décor floral est composé, en parlant du haut, de bluets, de coquelicots, de grappes de raisin, puis de pétales de lotus et de bluets alternés, puis des dattes vertes et rouges, et pour terminer de longues pétales de lotus à pointes bleues. Les extré-
- mités sont des fleurs de lotus polychromes. Il se pourrait que de tels colliers soient inspirés de parures éphémères en Heurs naturelles.
- Des b a g u e s, portant des noms royaux ou des dessins variés, sont assez courantes p a r c e qu’elles avaient l’avantage
- Fig. 9. — Collier à éléments floraux. Musée du Caire.
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- d’être moins coûteuses en faïence qu’en métaux précieux.
- Le.Louvre possède des fragments de dallage ou de revêtement de murs en céramique émaillée représentant des lotus émergeant de l’eau et un veau bondissant dans les fourrés, toujours dans le style naturaliste amarnien.
- De Toutankhamon nous citerons seulement un boomerang en faïence bleue orné de dessins noirs donnant le cartouche royal entre une fleur de lotus et un œil magique oudja (musée de Leyde). Un autre boomerang tout à fait similaire, mais portant le nom d’Ame-jnophis IV; se trouve au British Muséum. Il s’agit de simulacres d’armes qui devaient permettre la chasse aux oiseaux de marais dans l’autre monde.
- | LA DÉCORATION ARCHITECTURALE
- L’emploi de la faïence dans la décoration architecturale remonte, nous l’avons vu, aux origines de la civilisation égyptienne. Mais c’est de la lin du Nouvel Empire, sous les Ramsès, que nous possédons le plus de documents à ce sujet. Les palais de Ramsès II à Kan-tir, fouillé par M. llamza, et de Ramsès III à Medinet-Habou et à Tell-el-Yahoudieh, ont laissé des débris que les musées, principalement au Caire, à New-York, à Boston et au Louvre, ont recueilli.
- Les pièces les plus typiques sont : l’encadrement de porte, au cartouche de Séti Ier (au Louvre), les statues, les plaquettes. Les statues, remarquables par leurs dimensions (hauteur, o m 70), sont des départs d’escalier du soubassement d’un trône. Elles représentent un lion assis tenant dans ses griffes antérieures un captif agenouillé dont il mord la tête. Le captif est soit un Nègre, un Lybien ou un Sémite, dont le costume est
- polychrome (bleu, vert, jaune, noir).
- Les plaquettes formaient le revêtement de l’escalier du soubassement et du dais du trône royal ainsi que des fenêtres et balcons des palais. Ces plaquettes rectangulaires donnent en hiéroglyphes la tilulature royale et surtout des figures en re-1 i e f de captifs étrangers (fig. io). Ceux-ci sont représentés en brillante polychromie avec leurs caractères raciaux et
- leurs costumes soigneusement figurés. Ce sont de‘véritables do-cuments ethnographiques qui nous rendent avec précision la physionomie des peuples avec lesquels les Égyptiens furent e n rapport :
- Nègres, Ly-biens, S y -riens,* Hittites, Peuples de la Mer
- (Philistins, Crélois, etc.). Il est probable que certains d’entre eux étaient représentés en file venant faire leur soumission au pharaon. Cela nous vaut sans doute le très beau portrait de Ramsès III du musée de Boston (fig. 11) provenant de son palais de Medinet-ITabou dont la face est en verre et la perruque en faïence.
- D’autres plaquettes représentant des femmes, des scènes de marais et des figures du dieu Bès proviennent du harem.
- Enfin de nombreuses rondelles violet pâle sont décorées d’une marguerite blanche à cœur jaune. Ces rondelles devaient être utilisées, soit pour former le décor d’un pavement, soit tout simplement pour remplir les yid3s entre les scènes à personnages ornant les murs.
- LES DERNIÈRES ŒUVRES
- Si, après de telles œuvres, nous parlons de'celles des époques plus récentes, c’est parce que leur quantité en a peuplé tous les musées. A l’époque saïle (XXVI0 dyn., 663-525 av. J.-C.) appartiennent de très nombreuses figurines d’un vert-bleu spécial. C’est également de cette époque que datent la plupart des amulettes en faïence. Un manche de sistre, du Louvre, représente Isis allaitant Ilorus. On trouve encore des pots à kohl, des bagues, des flacons à parfum dits « bouteilles de Nouvel An » car on les offrait comme étrennes.
- Nous terminerons par des œuvres qui, si elles sont de très basse époque (ve siècle av. J.-C.), peuvent rivaliser avec les meilleures du Nouvel Empire. Il s’agit de grands hiéroglyphes de faïence polychrome, hauts de i5 à 18 cm, ayant servi de pièces d’incrustation formant une inscription (fig. 12). Ils sont bleu pâle avec
- Fig. 10. — Synen et Nègre. Plaquettes polychromes. Musée de Boston (D’après Capart).
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- des incrustations de bleu foncé et de rouge, quelques détails sont jaunes ou noirs. Nous avons en ces magnifiques figurines, d’un dessin si sûr, un témoignage de la maîtrise des Égyptiens comme artistes animaliers.
- LA TECHNIQUE
- La faïence égyptienne se compose d’une fritte quartzeuse, granuleuse, blanche ou brunâtre, généralement très friable, revêtue d’une couverte vitreuse. On n’a que fort peu d’analyses chimiques des céramiques émaillées égyptiennes (voir le tableau). Pour la couverte, une seule analyse (le n° 8) porte sur un spécimen d’époque pharaonique.
- l’objet passé au four une fois, des incisions étaient faites dans la surface et, une nouvelle couverte y étant placée, on passait au four une seconde fois. Un autre procédé consistait à passer au four les différentes parties, totalement séparées selon leur degré de cuisson, et ensuite à les assembler avec un mortier à la chaux.
- Les objets étaient faits au moule et les fouilles de Sir Flinders Petrie à Tell-el-Amarna et de M. Hamza â-Kantir en ont procuré un très grand nombre provenant des ruines de trois faïenceries. Pour les figurines funéraires, seule la partie de devant était moulée et l’on terminait le travail à la pointe. Les grands objets étaient moulés par fragments avant l’émaillage.
- 1 2 3 4 5 6 7 8
- Date (Dynastie) .... XIX XX XXII XIX XIX
- Silice 94 94,l8 94,18 99.6 94,7 94,2 9° h 92,9
- Alumine Oxyde de fer O H 00 00 o,5q i,64 1,93 0,28 ( 0,3 i '.4 0,6 1,6 1,1 -b 7 o,3 o,5
- Chaux 2 i,73 1,60 o,3 o? 07 ‘b 7 0,8
- Magnésie 1,00 1,82 o,o5 1,8 1,8
- Oxyde de sodium . . . 0,25 1,11 o,4 2,5 1,6
- Oxyde de potassium . 0,2 o,5
- Oxyde de cuivre 1,1
- Divers 0,11 o,o4 1 0,1 °>7 2,3
- 100,10 100 100,i5 100,2 100 100 100 100,1
- Les analyses n°3i, 2, 3 par W. Burton ; 4 et 5 par A. Lucas ; h par L. Franchet ; 7 cl 8 par A. II. Kopp.
- Quelle était la substance adhésive ? Selon A. Lucas, le natron (oxyde de sodium) sec ou en solution, dans la proportion de 5 à 10 pour 100 ; l’emploi de couverte vitreuse réduite en poudre, semble probable, ainsi que celui de fragments de faïence imparfaite aussi réduits en poudre.
- Les couleurs employées sont habituellement le bleu et le vert, plus rarement le violet, le brun, le rouge et le noir, le blanc, le jaune. A toutes les époques, les couleurs claires, blanc et jaune, étant les plus difficiles à obtenir sont les plus rares.
- Le magnifique bleu égyptien a excité la curiosité des savants modernes. D’après les essais de Russel et de Laurie, qui ont essayé de le reproduire, la température nécessaire est de 85o° et doit être maintenue pendant 48 heures. Si elle faiblit la couleur tourne au vert. Cette couleur bleue était, pour la faïence, la couleur de prédilection des Égyptiens. Très souvent ils l’employèrent comme trompe-l’œil en remplacement de matières rares qu’ils devaient importer : la turquoise et le lapis-lazuli.
- Pour les objets polychromes les méthodes étaient les suivantes. La couleur de fond ayant été appliquée et
- Fig. 12. — Faucon et ibis. Metropolitan Muséum (D’après Capart).
- Le visiteur d’un musée, voyant une collection de faïences égyptiennes, est frappé par l’abondance des petits objets de couleur bleue et il peut être tenté d’accuser les Égyptiens de monotonie. Nous espérons avoir montré combien, au contraire, cet art décoratif et industriel était varié à la fois dans les fornies, les couleurs et les décors.
- IIeis'ky Dlï Morant.
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- 70 SYSTÈME STELLAIRE D’UN TYPE NOUVEAU =
- Le P1' IL Shapley, directeur de l’observatoire Harvard (Cambridge, Mass.) et en même temps l’un des pionniers les plus réputés de l’astronomie moderne, vient d’attirer une lois de plus l’attention du monde savant sur les merveilles cosmiques que nous révèle la pellicule photographique.
- En se servant de certains clichés pris à l’aide de puissants instruments utilisés à la station astronomique de Boyclen, près de Bloemfontein en Afrique du Sud — laquelle constitue une succursale du célèbre observatoire américain — il a pu reconnaître l’existence d’un amas d’objets célestes présentant des caractéristiques tout à fait exceptionnelles.
- Avant de décrire les circonstances qui ont permis de faire cette découverte sensationnelle, il convient de rappeler brièvement l’objectif poursuivi par les astronomes de l’observatoire Harvard en entreprenant leurs investigations et de mettre ensuite en évidence leur méthode de travail en la circonstance.
- Au début de la période de recherches tendant à la découverte de nébuleuses, on ne reculait pas devant la peine exigée pour calculer les positions de celles qui avaient pu être repérées. Plus tard, quand il a été donné de constater que les objets de cette nature, susceptibles d’être observés à l’aide des instruments photographiques actuels, se comptent par millions on s’est tout de suite rendu compte de la vanité de ces calculs. Aussi, aujourd’hui se contente-t-on, pour atteindre le même but, d’avoir recours au procédé des jauges déjà employé jadis par W. Ilerschel.
- Pour effectuer le repérage des innombrables nébuleuses extra-galactiques ou galaxies extérieures, les astronomes de l’observatoire Harvard disposent d’une plaque de verre comportant un quadrillage constitué d’autant de carrés que le cliché à examiner couvre de degrés carrés sur le ciel. Toutes les nébuleuses que la loupe permet d’apercevoir dans chaque carré sont numérotées méthodiquement; on en détermine ensuite le type en se référant à la classification dite de l’observatoire Harvard, laquelle est surtout basée sur la forme générale et sur le degré de concentration centrale apparente des objets; puis, après avoir évalué le diamètre des images enregistrées, on les -compare aux images des étoiles pour en fixer l’éclat. Afin d’obtenir les magnitudes ou grandeurs apparentes de celles-ci, on recourt à la méthode clés dénombrements et l’on tient compte de certaines corrections déduites de travaux dus aux astronomes hollandais Van Rhijn et américain Seares. Enfin, pour effectuer les dénombrements totaux des nébuleuses relevées dans chaque carré, on se sert de la machine à additionner.
- En résumé, la technique suivie par les astronomes du grand observatoire américain vise donc, en ordre principal. à déterminer la classe, la magnitude, le diamètre et le nombre des nébuleuses, apparaissant sur certains clichés. Cette technique ayant été rappelée dans ses grandes lignes, la compréhension de l’exposé des résultats devient chose facile.
- Le but essentiel des recherches entreprises est l’étude de la répartition des galaxies sur le ciel. En attendant qu’il soit, possible de s’attacher systématiquement à la réalisation d’une oeuvre aussi gigantesque, on se contente de procéder à un f< survev » c’est-à-dire que l’on opère sur un nombre très limité de plaques se rapportant à des régions ju ciel dont le choix est particulièrement indiqué, certaines ‘sè trouvant soit à + 5o°, soit à — 5o° de latitude galactique, d’autres, aux pôles de la galaxie, et d’autres enfin dans clés constellations telles que la chevelure de Bérénice et la Grande Ourse.
- La distribution est dite normale lorsque le nombre des nébuleuses par degré carré est égale à la moyenne de celle que l’on relève sur tout le ciel, c’est-à-dire environ vingt-cinq par degré carré jusqu’à la magnitude 17,5. On constate que si, dans certaines régions, la distribution est très pauvre, au contraire, dans d’autres, elle atteint plusieurs fois la normale, caractérisant ainsi un groupe de galaxies; parfois, elle se révèle d’une densité extraordinaire, comportant le centuple de la normale et définissant de la sorte un véritable amas de galaxies.
- Ces jauges des espaces célesles fournissent une précieuse documentation servant à faire progresser l’étude de la structure de l’Univers et aussi celle de l’absorption de la lumière par la matière obscure répartie le long de la galaxie.
- En examinant dernièrement une plaque à longue pose prise à la station africaine de Boyden, le Pr Shapley eut son attention attirée sur une sorte d’amas assez étendu, qui, à première vue et à cause de sa situation marginale sur le cliché, lui parut être formé de nébuleuses et présenter quelque analogie avec celui bien connu que nous offre la Chevelure de Bérénice. Une série de clichés pris à l’aide d’autres instruments a cependant permis de faire ressortir la nature ponctuelle des images d’où il résulte que l’on se trouve effectivement en présence d’un amas d’étoiles. Comme celui-ci se situe dans la constellation australe du « Sculpteur », on l’a tout naturellement dénommé l’amas du Sculpteur; ses coordonnées sont d’ailleurs oh55m,4 et — 34°i4/ (1900,0) et il se trouve à environ deux degrés au sud de l’étoile <j Sculptons.
- A s’en tenir à une première inspection, il semble s’étendre sur une plage ayant un diamètre d’un 1/2 degré et sa symétrie paraît être circulaire sans aucune condensation centrale manifestement apparente.
- Les résultats essentiels obtenus par la méthode des dénombrements permettent de fixer clairement les idées quant aux principales caractéristiques du système stellaire. Ils se trouvent illustrés d’une manière vraiment parlante par le graphique de la figure 1.
- Les nombres moyens N d’étoiles que, par degré carré céleste, l’on peut déduire des travaux statistiques des astronomes Van Bhijn et Seares sont figurés par de petits cercles. A côté de celle distribution théorique dite normale se trouvent indiqués, sous forme de points, les nombres réellement relevés sur la plage occupée par l’amas du Sculpteur.. On constate que les deux courbes illustrant les deux répartitions sont confondues pour autant que les étoiles considérées soient plus brillantes que la 18e magnitude ; au delà, c’est-à-dire pour les composantes cl’éclat plus faible, elles sont, nettement séparées. On en infère que l’amas est constitué d’étoiles dont la luminosité est plus faible que 18 m o. Les étoiles dont l’éclat est compris entre 18 m o et 19 m 5 et qui entrent dans la composition du système atteindraient le
- chiffre considérable de 10.000 environ. Le diamètre de £
- l’amas ne serait pas inférieur à 8oL Si l’on examine de près la densité stellaire telle qu’elle résulte des dénombrements, il en ressort qu’une légère condensation centrale allongée dans le sens Est-Ouest apparaît assez nettement,, mais il n’existe aucune agglomération extraordinairement dense comparable au noyau qui caractérise cerlains amas globulaires.
- La déterminalion de la distance et de la forme réelle de l’amas serait chose aisée si l’on connaissait la magnitude absolue de certaines des étoiles qui le composent. A défaut de ces éléments, le Pr Shapley arrive cependant à fixer approximativement les idées sur cette question en assi-
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- milant l'amas aux divers systèmes cosmiques connus : amas stellaire, système d’étoiles doubles ou multiples, galaxies extérieures, amas de ces dernières. C’est la première de ces hypothèses qui apparaît comme étant la plus plausible si l’on en juge d’après les déductions auxquelles elle conduit. En effet, dans ces conditions, la magnitude absolue des composantes les plus brillantes de l’amas du Sculpteur, celles de i8mo apparente, devrait être — i m 5, valeur qui représente à peu près la luminosité maximum des étoiles des amas globulaires. En se servant de foi’mules simples bien connues, on trouve tout de suite que le diamètre de l’amas et sa distance à notre globe seraient respectivement G.5oo et 260.000 années-lumières. Si l’on admet avec J. Plaskctt que le diamètre de notre galaxie est de l'ordre de 100.000 années-lumière, il s’ensuit que l’amas en question ferait partie du groupe local de galaxies auquel appartiennent notamment les nuées de Magellan.
- Si l’on a égard à son diamètre et à sa luminosité absolue, l’amas du Sculpteur a certains points communs avec la plus petite de ces nuées, mais il en diffère cependant fondamentalement comme aussi du type magellanique chaotique des galaxies extérieures, car il ne contient pas d’étoiles supergéantes, ni de nébuleuses irrégulières, ni d’amas ouvert.
- D’un autre côté, il offre certains points de ressemblance avec les galaxies sphéroïclales ou les amas globulaires à concentration fort peu marquée; il en possède non seulement la forme et la structure uniforme, mais il se caractérise aussi par une distribution de luminosité analogue. Toutefois, son diamètre vaudrait dix fois le diamètre moyen d’un amas globulaire et sa population stellaire comprenant des individus de magnitude absolue supérieure à zéro correspondrait à celle de douze amas globulaires du système galactique.
- Il semble bien que l’on se trouve en présence d’un système cosmique tout spécial constituant une espèce de type de transition. Suivant le Pr Shapley, on peut aussi bien le décrire en le considérant soit comme un super-amas de type globulaire ayant des dimensions galactiques, soit comme une nuée de Magellan symétrique dépourvue de ses amas, de ses étoiles caractéristiques brillantes et de ses nébulosités diffuses lumineuses, soit encore comme une galaxie
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- Magnitudes
- Fig. 1. — Courbe de luminosité de l’amas du Sculpteur. (Harvard Bulletin, 1er mars 1938).
- approximativement sphéroïdale dont la résolution en étoiles est très prononcée et dont la luminosité de surface sérail anormalement faible. Ce sont là trois façons de s’exprimer pour définir sensiblement la même chose.
- Cette belle découverte, qui est tout à l’honneur du savant directeur de l’observatoire Harvard et de la pléiade de ses dévoués collaborateurs, fait apparaître combien la persévérance dans la recherche systématique est utile pour conduire vers une conception plus exacte de l’Univers. Elle laisse aussi entrevoir le champ d’investigation extraordinairement vaste qui reste ouvert aux astronomes lorsqu’ils disposent des puissantes ressources instrumentales et pholo-graphiques modernes conçues par des ingénieurs, des physiciens et des chimistes toujours avides de perfectionnement et de progrès.
- S. Arenr, D1’ Sc., Astronome à l’Observatoire royral, Ucc le-Bruxelles.
- LA SYNTHÈSE DES TIMBRES DANS L'ORGUE ÉLECTRIQUE TOURNIER
- L’orgue, dont l’invention, s’il faut en croire Pétrone, remonte au génial Archimède, n’a cessé d’évoluer en se perfectionnant, depuis ses origines. De nos jours, sensiblement fixé dans sa forme définitive, il est indiscutablement de tous les instruments de musique celui qui possède la plus grande richesse de sons. Mais sa réalisation, fort complexe, est en même temps fort onéreuse.
- Physicien, mais aussi musicien, M. Tournier, professeur à l’École de Physique et de Chimie, s’est efforcé de mettre au point un instrument offrant au moins autant de possibilités musicales que l’orgue à tuyaux moderne, et qui soit en même temps d’un prix de revient abordable. Dirigées en utilisant au maximum les données
- actuelles de l’acoustique et de l’éleclro-acoustique, ses recherches l’ont conduit à la réalisation de l'orgue électrique actuellement exposé au Palais de la Découverte.
- Avant d’aborder la description de l’orgue électrique Tournier, il est indispensable de préciser les caractères de l’orgue classique et d’analyser soigneusement son fonctionnement. Ainsi sera-t-il possible de saisir quels principes ont présidé à la naissance de l’orgue moderne.
- L'ORGUE CLASSIQUE
- Instrument à vent, l’orgue classique produit les sons par vibration de l’air contenu dans des tuyaux sonores, la longueur des tuyaux fixant la hauteur du son, selon
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- Ampli BF
- Fig. 1. — Schéma électrique de Vorgue Tournier.
- Qe.......... oscillateur étalon.
- Qi, Q,... Qn.. oscillateurs à quartz piézoélectrique.
- Li, L2... Ln.. lampes d’entretien de ces oscillateurs.
- Le.......... lampe d’entretien de l’oscillateur Qe.
- Ii, ]2... In... interrupteurs commandant la mise en vibration des quartz Q.. Qn.
- Ci... Ci... circuits récepteurs.
- Di... Di... lampes fonctionnant en dé tectrices.
- Ti... Ti.... transformateurs de liaison BF.
- IL... Ki .. shunts des selfs, utilisés pour le dosage des harmoniques.
- (F)......... circuit oscillant aux fréquences de l’oscillateur étalon.
- (F 4. f).... circuit vibrant 'aux fréquences correspondantes des autres
- oscillateurs.
- des règles établies empiriquement par les facteurs d’or-
- gue, et approximativement prévues par la physique.
- Ces tuyaux, de formes diverses, sont groupés en jeux : les uns ouverts et à embouchure de flûte donnent les sons fondamentaux accompagnés de tous leurs harmoniques (jeux de:flûte) ; les autres, à embouchure de flûte également, mais fermés, deux fois plus courts à hauteur de son égale, ne donnent que les harmoniques impairs (jeux de bourdon). A côté de ces jeux, dits « de fond », existent des tuyaux à anche, c’est-à dire munis d’une mince lame élastique dont les vibrations imposent une structure périodique au vent qui attaque le tuyau ; riches surtout en harmoniques d’ordre élevé, du fait de cette variation périodique du vent, ces tuyaux sont trqs pauvres en son fondamental : celui-ci n’apparaît giière à l’oreille que comme « plus grand commun diviseur de,s harmoniques », ce qui rend le timbre un peu nasillard (jeux de gambe, de hautbois, de musette, etc.!.),
- A côté des sons d’intensité constante existent des sons tremblés. Les uns. (trémolo) sont obtenus au moyen d’une languette vibrant à très basse fréquence. Les autres (voix céleste, voix humaine, unda maris) sont dus aux battements acoustiques qui prennent nais-
- sance lorsque le son est produit simultanément dans deux tuyaux imparfaitement accordés : du point de vue musical, le tremblement présente l’avantage de mettre en relief, par rapport à l’accompagnement, certains passages de la partition. Pour l’ensemble de ces trois jeux tremblés, six séries de tuyaux sont nécessaires.
- Enfin, certains timbres sont réalisés par synthèse, grâce aux jeux de mutation : tels le cornet, le nasard, etc. Il est curieux que ccs combinaisons d’harmoniques d’un même son fondamental aient été connues des facteurs d’orgue dès le début du xve siècle, bien avant les expériences classiques d’Helmholtz. Soulignons que l’effet produit par l’émission simultanée des 4 ou 5 premiers harmoniques d’une "note, avec des intensités sensiblement égales, est d’un effet un peu brutal. D’autre part, chaque note exigeant 4 à 5 tuyaux, un jeu de mutation comprend à lui seul plus de 3oo tuyaux. Dans les grandes orgues modernes le nombre de tuyaux nécessaires à la production de tous les timbi-es prend rapidement une importance considérable : pas moins de io.ooo pour les 8o jeux de Notre-Dame, certains dépassant io m de longueur et le poids de l’ensemble pour les seules notes basses atteignant plusieurs tonnes !
- L’émission des sons est déclenchée par pression sur des touches groupées en plusieurs claviers .manuels ou à pied (grand orgue, positif, récit et pédalier) ; à chaque touche correspond une note caractérisée par sa hauteur et dont le timbre dépend des jeux mis en service ; ces jeux, généralement différents pour les divers claviers, peuvent être superposés à un même clavier par accouplement mécanique ou électrique. Du fait que les jeux ne correspondent pas à toutes les notes, l’utilisafion de certains d’entre eux au cours de l’exécution.conduit parfois à jouer i ou a octaves au-dessus ou au-dessous de la composition. Aujourd’hui, non seulement l’accouplement du clavier, mais encore l’admission de l’air se font par relais électropneumatique. Chaque touche du clavier peut alors commander jusqu’à 20 contacts et fermer autant de circuits ; c’est dire que l’équipement, électrique devient très compliqué,'plus compliqué que dans les orgues purement électriques, ce qui est assez paradoxal. L’installation prend alors l’aspect d’un véritable central téléphonique...
- Pour nuancer les différents sons fournis par l’instrument, il est nécessaire de modifier leur amplitude. A cet effet, les tuyaux sont enfermés dans des caisses à volets que l’on ouvre progressivement grâce à une pédale d’expression. Bien entendu la chose n’est réalisable qu’avec les petits tuyaux. L’effet est d’ailleurs peu important. Aussi, dans les grandes orgues modernes, 1 ’expression est surtout réalisée par addition progressive de jeux les uns aux autres, grâce au- rouleau,
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- été colorés puis paraffinés.
- Les leintes choisies sont au nom-
- Fig. 3. — Une pipette couverte de toile ^-’re de étaS^es adhésive colorée. dans l’ordre des
- couleurs du spectre, du rouge au violet. En plus huit pipettes ont été teintées l’une en noir, une autre en blanc et les sept autres en gris de moins en moins foncé formant une transition progressive du noir au blanc.
- Le principe de la technique expérimentale de M. Frank Brown est le suivant : il est présenté au Black Bass en observation une série de pipettes de teintes variées, l’une d’elles contient une amorce dont le poisson est friand : une daphnie ou une larve de moustique, qui est libérée au moment voulu et saisie par le Black Bass. Les autres pipettes dont la teinte est différente ne contiennent aucun aliment. De plus, si l’animal en observation s’en approche trop, l’expérimentateur lui fait subir une secousse électrique.
- Dans la période d’entraînement, les pipettes sont présentées en ordre variable afin que la couleur joue seule un rôle et non la mémoire d’une séquence.
- Ap rès la présentation de la pipette, trois secondes sont données au poisson pour réagir suivant la couleur. Après ces trois secondes, la position de l’animal est notée d’après les cercles concentriques numérotés et s’il est trop près de la pipette, si celle-ci est d’une teinte pour laquelle il n’est pas entraîné et qui ne contient pas d’amorce, il est soumis à la secousse électrique.
- Les animaux en expérience sont traités de manière que leur besoin de nourritmre soit toujours à peu près semblable au moment des observations. Pour cela des expériences préliminaii'es avaient permis d’apprécier le degré d’appétit des jeunes Black Bass. Il avait été observé qu’un poisson de la taille choisie pour les essais et bien nourri absorbait une daphnie toutes les cinq à huit minutes tandis que s’il avait été maintenu six heures sans alimentation il absorbait en série continue i5 à 20 daphnies. Se basant sur ces chiffres, les expériences étaient faites api*ès un nombre d’heures sans nourriture suffisant pour que le poisson réagisse franchement, mais sans excès à la présence d’une amorce.
- Les bassins d’expérience sont placés dans une pièce sans fenêtre et éclairés artificiellement par une source lumineuse d’intensité constante.
- Par la méthode indiquée plus haut, les Black Bass sont entraînés à répondis positivement à une couleur par une pipette déterminée contenant une amorce puis on observe leurs réactions aux diverses couleurs par des cylindres teintés dépourvus d’appât.
- M. Franck Brown a poursuivi ses expériences de manières très diverses, il a observé les réactions des poissons non entraînés à diverses couleurs, puis celles des poissons entraînés à une ou plusieurs couleurs en
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- les plaçant dans des cas variés, enfin il a étudié la sensibilité aux teintes, aux gris notamment.
- 11 ne saurait être question d’entrer ici dans le détail de ces expériences et de reproduire les tableaux de chiffres et les courbes dont le travail est hérissé. On peut voir d’après les quelques indications données plus haut, avec quelle rigueur d’observation cette étude a été faite, de manière à éviter de la part du poisson des réponses à d’autres réflexes que ceux provoqués uniquement par la couleur. On peut donc admettre comme indiscutables les conclusions de l’auteur.
- Les voici résumées : Mr. Frank Brown a pu entraîner des Black Bass à répondre positivement à une couleur déterminée et négativement aux autres.
- Des poissons récemment capturés, maintenus deux jours en aquarium et nourris de daphnies pendant ce temps sont surtout attirés par le rouge, puis d’une manière dégressive par le jaune, le blanc, le vert, le bleu et le noir.
- La position de la couleur rouge à ce point de vue est tout à fait nette, elle est facilement et franchement distinguée de toute autre, à l’exception toutefois du violet.
- Le Black Bass s’habitue très facilement à répondre de préférence au jaune en contraste avec le rouge, le vert et le bleu mais il distingue péniblement le jaune du gris très pâle.
- C’est à la distinction entre le vert et le bleu qu’il est le plus difficile de l’entraîner, malgré qu’il les différencie nettement du jaune et du rouge.
- Le bleu, le gris sombre et le noir sont séparés avec assez peu de précision et le vert est plus facilement
- Fig. 4. — Leurres américains pour la pêche du Black Bass. Tous ces appâts artificiels qui, pour la plupart, ne sont la copie d’aucun insecte ou animal vivant, sont très vivement colores.
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- confondu avec ]e bleu qu’avec le gris. Le bleu semble occuper dans la vision du Black Bass une position intei’médiaire entre le vert et le gris foncé.
- Les poissons entraînés pour le rouge et le jaune répondent nettement au gris pâle tandis qu’entraînés pour le vert et le bleu ils répondent positivement aux gris foncés, ce qui indique que les couleurs rouges et jaunes sont de haute intensité sélective pour l’œil du poisson alors que les verts et bleus sont de basse intensité.
- Ces observations confirment l’exactitude de l’opinion exprimée il y a quelques années par le naturaliste Schuurmann que la vision des couleurs chez les poissons semble leur donner la même impression que la vue normale humaine à travers un écran légèrement jaunâtre.
- L’impression similaire que donne au Black Bass le
- rouge et le violet qui se trouvent aux deux extrémités du spectre paraît indiquer une grande analogie avec la vision de l’homme. On peut en conclure également que le filtre jaune que constitue l’œil du poisson n’absorbe pas fortement le violet.
- La manière dont le Black Bass répond à l’échelle utilisée par Mr. Frank Brown pour ses études indique une sensibilité définie pour une couleur particulière ; elle montre aussi le degré d’analogie et de dissemblance produit par des couleurs différenciées par un plus ou moins grand écart des longueurs d’onde.
- En général, pour le Black Bass, l’intensité de la différence d’impi’ession entre diverses couleui's est fonction de l’écart entre les longueurs d’onde.
- LÙCICX PERRUCHE,
- Docteur de l’Université do Paris.
- LE PENDULE SCHULER DE L’UNIVERSITÉ
- DE GÔTTINGEN
- Le Pr Schuler a cherché à l’éaliser une horloge du type pendule à gravité dont les variations soient induites au minimum.
- Dans un pendule à gravité ordinaii'e, la dui’ée de l’oscillation dépend non seulement de la pësanteur ten’esti'e, mais encore de la distance du centre de gravité au point de suspension. Dans toutes les horloges à pendule construites jusqu’à présent, le point de suspension se ti’ouve au point de flexion • d’un ressort lame de suspension. Ce point se déplace toujours avec le temps de quelques millièmes de millimètre, modifiant ainsi la marche de l’horloge.
- La pi'emièi’e question à l’ésoudre était donc de créer un pendule dont la péi’iode d’oscillation soit indépendante de la position du point de suspension. Ceci se présente loi’sque la distance séparant le centre de gravité du point de suspension est égale au rayon de giration du corps du pendule (x). On obtient alors ce que Schuler appelle un pendule équilibi’é. Il l’a réalisé matéi'iellement sous la forme d’une tige portant une masse à chaque extx'émité. La tige et les masses sont fomiés d’une bari'e d’acier invar d’une seule pièce. Le pendule est suspendu à un couteau fixé à une distance du centre de gravité égale au rayon de giration. Si l’on veut régler le pendule selon une
- 1. Le calcul montre, en effet, que la courbe de la période d’oscillation T en fonction de la distance a du centre de gravité au point de suspension, passe par un minimum quand
- a - p. rayon de giration défini par p = \/-. I étant le
- V m
- moment d’inertie du pendule par rapport à son centre de gravité et m la masse du pendule. La durée d’oscillation est
- alors T = 2~y/—, g étant l’intensité de la pesanteur à la
- surface de la Terre.
- durée d’oscillation déterminée, il faut modifier cette longueur, ce qu’on réalise en augmentant ou en diminuant le poids au centre de gravité du pendule équilibré. On a alors ce que Schuler appelle un pendule partiellement équilibré.
- Pour éviter toute cause de perturbation extérieure dans l’horloge, le pendule ne doit pas subir le moindre contact mécanique exercé par l’impulsion. Aussi celle-ci, d’origine électro-mécanique est-elle déclenchée par cellule photo-électrique. Dans l’un des dispositifs réalisés, le courant amplifié de la cellule agit sur un relais qui charge un condensateur pendant une seconde et le décharge pendant la seconde suivante. Les altei’nances du courant du condensateur traversent une bobine dans le champ de laquelle oscille un aimant permanent fixé au pendule. Comme le relais renverse la direction du courant au passage du pendule à sa position d’équilibi’e, le pendule subit des impulsions se produisant précisément à ce passage Comme l’amplitude dépend de la tension de l’impulsion, il faut exiger que celle-ci demeure absolument constante, ce qui est réalisé en utilisant 2 valves Sta-bilovolts montées en série. La première raccordée sur le 220 v donne une tension de i4o v stabilisée une première fois, la seconde donne ensuite une tension de 70 v stabilisée une seconde fois. Les valves sont placées dans un thermostat pour réduire à moins de 0,1 pour 100 les variations de tension. Le montage est représenté figure 1.
- Il faut également réduire au minimum les pei'tes résultant de la résistance de l’air, afin d’obtenir un faible décrément du pendule. Dans ce but on a construit autour du pendule une cage hermétiquement close et l’emplie d’hydrogène sous la pression de
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- ioo mm de mercure. L’hydrogène n’offre qu’un treizième de la résistance de l’air. Le vide serait en réalité plus avantageux encore, mais alors, la conductibilité calorifique entre le pendule et la cloche serait presque entièrement supprimée et on ne pourrait plus connaître la température du pendule.
- Comme il faut, pour des mesures de haute précision, que les écarts de température demeurent aussi faibles que possible, le pendule est placé dans un thermostat, l’horloge entourée d’un isolant calorifique et sa cage chauffée au moyen d’un téléthermomètre électrique de solde que la température soit toujours de 23°, avec des écarts maxima de + o°o8. Pour observer l’amplitude du pendule, on enregistre celle-ci de façon ininterrompue sur un film ; ainsi, toute perturbation dans l’oscillation du pendule est-elle automatiquement notée et le temps auquel elle s’est produite repéré immédiatement.
- Grâce à ces précautions, la précision de l’horloge du Dr Schluler est véritablement prestigieuse, puisqu’on peut y lire l’heure au dix-millième de seconde, l’amplitude du pendule de + 87°5 ne variant pas de plus de o'o6. La constance de marche est si parfaite que sa variation n’est pas de plus de 8 à io x io~5 seconde par jour. Cette précision correspond à celle des nouvelles horloges à quartz de Potsdam.
- Il faut remarquer que ces deux types d’horloges ne sont en aucune manière rivales, mais se complètent réciproquement pour certaines investigations scientifiques. En effet, dans l’horloge de quartz on suppose que la structure du cristal ne se modifie pas. Dans l’horloge à pendule, on admet l’invariabilité de la pesanteur terrestre. Si deux horloges construites sur des principes aussi différents indiquent par exemple le même écart horaire par rapport à l’heure astronomique, on peut en déduire avec certitude qu’il s’agit d’une variation dans la rotation de la Terre. Subsidiairement, s’il se produit des variations de l’horloge à pendule par rapport à l’horloge à quartz qui est restée en concordance avec l’heure astronomique, on
- LE TALC ET S
- Le talc, silicate hydraté de magnésie naturel, appartenant au genre serpentine, est une roche tendre, pouvant être rayée avec l’ongle ou coupée au couteau, et qui se présente le plus souvent sous forme de masses schisteuses, d’un clivage parfait en lames minces, flexibles, mais non élastiques, d’une couleur généralement blanc verdâtre, verte ou grisâtre, quelquefois blanche, — auquel cas on lui donne le nom de « craie de Briançon », — d’un éclat nacré, d’un toucher gras et onctueux. Infusible au chalumeau, il donne, avec l’azotate de cobalt, la coloration rose caractéristique de la magnésie.
- La stéatite est une variété de talc qui forme des masses compactes et d’un blanc laiteux.
- 2000 n
- 3500 n
- Au
- pendule
- Fig. 1. — Le dispositif stabilisateur.
- peut conclure au contraire des variations dans la pesanteur terrestre.
- Au moyen de cette horloge, il est donc possible de constater des perturbations dans la rotation de la ferre. De même on pourra mesurer avec précision des modifications de longitude produites par des glissements de continents. En outre, puisque la période d’oscillation du pendule dépend de la pesanteur terrestre, on pourra mettre en évidence des variations de celle-ci que l’on a jusqu a présent toujours supposée implicitement constante en un lieu donné. Or il est plus que probable que tout grand tremblement de terre, toute éruption volcanique importante sont précédés par des modifications de la répartition des couches internes de la terre, et par suite que la pesanteur terrestre, résultante de leurs attractions, subit des variations cumulatives. Des glissements continentaux et des glissements de masse au centre de la terre pourraient être mis en évidence par ce « baromètre » de pesanteur. Comme l’appareil permet de déterminer g avec une précision de + 3 x ro-9 g, il constitue donc un instrument d’étude d’une importance extrême pour l’investigation scientifique.
- H. Vigneron.
- PRÉPARATION ----------------------
- Sa dureté varie de i à x ,5, son poids spécifique de 2,fi à 2,8 et il a pour formule H2Mg3Si4012, avec environ, suivant les provenances, de 58 à 64 pour ioo de SiO2, 28 à 35 pour 100 de Mg, o,3 à 5 pour 100 de H2, 0,2 à 4 pour 100 de FeO, et des quantités' faibles et variables de MnO, A1203 et CaO.
- Si son aspect physique lui donne quelque ressemblance avec les margarodites ou mica potassiques, les clilorites, silicates hydratés alumino-magnésiens, les trémolites, silicates de magnésie et de chaux, les serpentines, silicates de magnésie hydratés, les pyro-phyllites, silicates hydratés d’alumine, et les brucites, hydrates de magnésie, il est possible, cependant, de le distinguer de ces différents minéraux grâce à l’une
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- 80
- Fig. 1. — Broyeur à marteaux et tamis vibrant.
- ou l'autre, ou même à plusieurs de ses caractéristiques, et notamment au faible écartement de ses axes optiques, à son peu de dureté, au manque d élasticité de ses lames, à l’absence d’alcalis et d’alumine, à sa densité, sa résistance à l’action des acides, ainsi d’ailleurs qu’à ses réactions microchimiques.
- USAGES
- Employé en pharmacie, il est connu de tous pour ses propriétés isolantes ; il est utilisé surtout entre les plis de la peau, chez les nourrissons et les obèses, pour éviter les excoriations et les calmer lorsqu’elles existent. On peut l’employer également comme hémostatique dans les hémorragies capillaires. Les variétés compactes sont utilisées comme craie par les tailleurs pour tracer les lignes de coupe des vêtements, et surtout dans la fabrication des brûleurs à gaz. Il entre, sous forme de poudre, dans la préparation de certains produits de beauté, est utilisé par les teinturiers pour l’enlèvement des taches de graisse, et est employé, comme charge, dans de nombreuses industries ; notamment, les belles variétés blanches vont à la papeterie et la savonnerie, les variétés moins pures,
- additionnées de io pour ioo de sulfate de cuivre, étant utilisées dans la lutte contre les maladies crvpto-gamiques de la vigne.
- GISEMENTS
- Qn le trouve quelquefois, mais toujours en petite quantité, dans les roches éruptives.
- Fig. 2. — Couye du broyeur.
- Distributeur automatique
- Rouleaux
- Chemins de
- Socs en acier
- au manganèse
- où il a été souvent confondu avec des micas ayant perdu leur flexibilité par altération, et pris un toucher gras analogue à celui du talc.
- Mais c’est surtout dans les schistes cristallins et les roches paléozoïques métamorphosées qu’on le découvre en quantités exploitables ; résultat, souvent, de la transformation de minéraux plus anciens, il y forme même parfois des roches.
- Te sont, en France, les Pyrénées et les Alpes qui nous le fournissent. On exploite, en Ariège, des bancs de talc blanc ou stéatite, qu’on trouve entre la partie supérieure des schistes cristallins et les calcaii'es paléozoïques du silurien, dans le Massif du Pic Saint-Barthélémy sur le flanc du Pic de Soularac, au Col de Trimounts, à 1.800 m d’altitude. On en a exploité également, autrefois, dans la haute vallée d’Ustou, et l’on peut signaler un commencement d’exploitation de stéa-lite près de Quérigut.
- Dans les Pyrénées Orientales, au lieu dit le Caillou-en-Mosset, près de Villefranche, et au bas d’En-Guich (en Reynès), des gisements de stéatite en pleine exploitation présentent, en outre, avec des variétés bleuâtres très impures, des variétés grises, et d’autres vertes et translucides, au milieu desquelles on trouve parfois des nodules de calcaire et de beaux cristaux de quartz.
- Dans les Alpes, en Haute-Savoie, et notamment dans le Massif du Mont Blanc, vallée de Chamonix, on exploite un talc blanc verdâtre qxii se présente en grandes lames. On en trouve également, en Savoie, près Saint-Colomban-de-Villard, au-dessus de Combe-Rousse, entre Saint-Léger et Saint-Rémy, à Grivoley, au-dessus de l’église de Saint-Pierre, enfin, au-dessus d’Argentine, près d’Aiguebelle.
- EXTRACTION
- C’est à Argentine, dont les carrières sont exploitées par la Société française de Talc, et avec la bienveillante autorisation de son administrateur-délégué, que nous avons assisté à cette préparation, dans l’usine bâtie au pied de la montagne.
- Un petit torrent, qui longe les bâtiments de cette usine, capté un peu en amont, alimente, surtout au printemps et en été, à raison de 200 litres par sec., une conduite forcée de 18 m de chute qui fait tourner la turbine mixte Francis donnant la vie à cette usine, le complément de la force nécessaire à sa marche étant demandé au secteur électrique.
- Deux carrières sont exploitées à Argentine. Celle de La Balme, située à goo m d’altitude, est reliée à l’usine par un câble de 1.800 m, soutenu par 5 pylônes, alors qu’un câble de 1.700 m d’une seule portée, est utilisé pour les carrières de Praz-Ravier, situées à i.4oo m d’altitude.
- Dans des galeries de 1 m 5o à 2 m de largeur, le talc est extrait à coups de mine et se présente, alors, en fragments plus ou moins gros, de quelques centimètres cubes à plusieurs décimètres cubes. Il est placé dans les mines sur des wagonnets qui l’amè-
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- rient à Ja station de chargement du transporteur aérien, où il est pi’is par des bennes d’une contenance d’un demi-mètre cube pour les mines de La Balme et de 35o dm3 pour les mines de Praz-Ravier, pour être descendu ensuite à l’usine de broyage, la benne descendante chargée remontant à la station de chargement la benne vidée de son contenu.
- L’arrivée des bennes a lieu sous un abri établi au-dessus d’une plate-forme surélevée protégeant l’attache des câbles porteurs ainsi que les poulies des câbles tracteurs. Dans cette plate-forme, se trouve une trémie d’une contenance de i5 ma environ qui reçoit le talc venu des bennes ; il est repris au-dessous sur les wagonnets qui le conduisent sous de vastes hangars où il est mis à l’abri des intempéries et où il subit un commencement de séchage par l’air, avant d’être envoyé aux différents appareils de broyage.
- En raison de l’importance de la déclivité du terrain au pied de la montagne, le sol de ces hangars se trouve naturellement à plusieurs mètres au-dessous de la voie des Avagonnets qu’il suffit de basculer pour les vider de leur contenu.
- BROYAGE
- Chargés ensuite sur un transporteur à courroie, ces fragments plus ou moins gros de talc sont livrés à un premier broyeur, du type à marteaux, qui les réduit en morceaux d’un faible volume. Ceux-ci tom-vent sur un tamis vibrant qui laisse passer le talc, mais rejette extérieurement les parties de quartz, toujours incluses en plus ou moins grande quantité dans ce talc.
- Du tamis vibrant, les menus morceaux de talc passent sur un nouveau transporteur à courroie qui les amène au broyage.
- Le broyage autrefois, dans la plupart des industries, était pratiqué au moyen de meules, de broyeurs à galets, ou de broyeurs à percussion. Le produit venu de ces différents appareils était ensuite tamisé au moyen de bluteries équipées de toiles métalliques excessivement fines. Mais ces toiles présentaient l’inconvénient de se détériorer par endroits et de laisser passer par des déchirures souvent imperceptibles, un produit ne répondant plus à la finesse recherchée. D’autre part, leur usure était très rapide.
- L’psine de broyage d’Argentine fait usage d’un broyeur à pendules qui écrase et pulvérise la matière par gravité et force centrifuge.
- L’installation complète comprend en outre un séparateur par l’air, un cyclone collecteur, un ventilateur et un filtre.
- Une trémie placée au-dessus du broyeur à pendules reçoit le talc venu du broyeur préparateur. L’alimentation est faite au moyen d’un distributeur automatique qui assure un débit conforme au régime du broyeur.
- Le talc tombe dans une chambre de broyage, où il
- Fig. 3. — Trémie du talc brut et son dispositif d’alimentation, broyeur, séparateur, tuyauterie du retour d’air dans la chambre de broyage avec arrivée d’air chaud. Tubulure d-’arrivée du produit fini avec ensacheur double.
- est pris par des socs en acier au manganèse, et lancé entre les rouleaux pendulaires et 1 e chemin de roui e-ment.
- L’air est
- introduit dans le broyeur par une série d’ouvertures tangen tielles
- disposées autour de la chambre de broyage et passe entre les rouleaux et le chemin de roulement. A mesure que 1 e produit est pulvérisé, il est
- soulevé par l’air jusque dans le séparateur où un système de Amlets réglables permet de faire varier la finesse du produit. C’est dans le séparateur que se fait la séparation, et seules, les particules qui ont été réduites à la finesse désirée s’échappent avec l’air par le haut du séparateur, pour passer dans le cyclone collecteur ; les particules plus grosses retombent dans la chambre de broyage pour être broyées à nouveau jusqu’à ce qu’elles ai’rivent à la finesse désirée.
- Après avoir précipité le talc dans le cyclone, l’air retourne au broyeur, entraînant les poussières qu’il envoie dans un filtre, dont le rôle est non seulement de recevoir ces poussières, mais de laisser échapper l’air en excès.
- Le courant d’air est produit par un ventilateur électrique alimenté en haute tension.
- Le talc est recueilli en dessous d u cyclone a u moyen d’une tubulure principale
- Fig. 4. — L’installation de broyage, de séparation et d’ensachage.
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- qui se divise en deux tubulures secondaires, qu’un volet placé à leur origine et manœuvré de l’extérieur peut fermer alternativement.
- La base de chacune de ces deux tubulures porte une ceinture métallique qui permet d’y fixer un sac de toile où tombent les produits finis.
- Pendant que l’un des sacs se remplit, un sac vide est fixé à l’autre tubulure, et, dès que le premier est plein, la manœuvre du volet permet le remplissage du second, cependant que l’ouvrier affecté à cette
- machine enlève le sac plein, le pèse, le ferme, et le remplace par un sac vide.
- Le broyeur employé à l’usine d’Argentine, grâce au réglage de l’alimentateur, permet en 6 mn le remplissage d’un sac de ioo kgr. C’est donc à raison d’une lonpe à l’heure que cet appareil perfectionné fournit le talc finement broyé provenant des deux cari'ières exploitées dans la montagne qui s’élève au-dessus du village, sur la rive droite de l’Arc.
- G. Lanouvelle.
- LES FOURMILIERS
- Comme les tatous (*), les fourmiliers ou mynnéco-phagidés sont des édentés, mais ils méritent plus réellement ce dernier nom.
- Il y a aussi entre eux de grandes différences de taille puisque les uns, comme le Tamanoir, sont grands comme un chien moyen tandis que d’autres, comme le Mvrmidon, sont à peine gros comme un rat.
- Le Tamanoir (fig. i) est le plus grand des fourmiliers, son nom scientifique est Myrmecophaga jubata ; dans l’Amérique du Sud où il vit, on l’appelle « oso hormiguero », ours SaaitJier.
- Sa tête longue et étroite a la forme d’un étroit entonnoir continué par une sorte de tuyau d’où peut sortir de près de 5o cm la langue qui sert à attraper les fourmis. Le corps est aplati latéralement, les clavicules sont rudimentaires, les pattes sont armées de doigts dont les premiers et cinquièmes sont très petits, tandis que les troisièmes sont beaucoup plus développés. Le corps est recouvert de poils gris dans sa
- 1. La Nature-, n° 3034, 1er octobre 1938.
- majeure partie, la poitrine est traversée par une raie de poils noirs, bordée d’une bande de poils blancs ; la queue est couverte de très longs poils noii’âtres.
- Cette queue sert au Tamanoir d’abri et de logis ; il" rôde en général la nuit dans les régions désertiques il n’a pas d’habitat permanent, et couche en un endroit, puis dans un autre ; pour se reposer, il rassemble un peu d’herbe sèche qui l’isole du sol, il s’étend dessus et se recouvre de son énorme queue, dont la longueur est au moins égale à celle du corps-et dont les longs poils lui font une couverture.
- La variété la plus grande vit au Paraguay où on l’appelle Yurumi ; ces individus atteignent 2 m 20 à 2 m 3o de longueur totale, dont moitié pour la queue.
- La marche de cet animal n’est pas aisée et a une allure étrange ; les pieds postérieurs reposent à terre par leur plante, mais les antérieurs ont des ongles très longs et recourbés formant une espèce de semelle, qui ne facilite pas la marche.
- La femelle n’a qu’un petit par an ; elle le porte sur
- son dos et l’allaite très longuement.
- On voit parfois dans les propriétés, en Amérique du Sud, les fourmiliers élevés pour chasser les fourmis qui abondent (fig. 2).
- Si l’animal est attaqué, il se défend avec ses bras puissants, mais il est d’un caractère doux et ne riposte guère.
- Ce plus grand des fourmiliers est à peu près le seul connu du public en Europe ; il ne figure pas souvent vivant dans les jardins zoologiques, mais il a été abondamment représenté en gravures.
- L’espèce de taille
- Fig. 1. — Le Tamanoir (Myrmecophaga jubata).
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- moindre le Tamandua tétradactyle ou fourmilier moyen (fig. 3) est appelé Caguaré par les Guaramis, ce qui signifie le puant.
- Cet animal a aussi une tête allongée mais bien plus courte en proportion que celle du grand fourmilier ; le corps est aussi beaucoup plus trapu, généralement blanc jaunâtre, avec un tache noirâtre sur le dos qui se continue par une bande franchement noire passant sous la gorge ; la queue a des poils assez longs à sa naissance, elle est ensuite brusquement recouverte d’écailles.
- Tandis que le grand fourmi-llier erre à terre, le
- Fig. 2. — Le grand Fourmilier à l’œuvre dans un jardin.
- Tamandua est presque toujours grimpé sur les arbres et il semble préférer le miel aux fourmis.
- Les pattes postérieures ont cinq doigts tous munis d'ongles, les membres antérieurs ont seulement trois doigts bien développés, deux munis d’ongles réduits et un muni d’un ongle long qui s’étend sous la patte comme chez les grands fourmiliers ; les deux autres doigts sont complètement atrophiés.
- La longueur totale est d’environ i m io ; le corps est un peu plus long que la queue et sa hauteur est de o m 3o à o m 35.
- Dans la Guyane française, il y a une variété complètement noire de ces fourmiliers.
- On prétend que cet édenté est beaucoup plus abondant que le grand fourmilier, mais cela ne semble pas être. Il fut connu en Europe avant celui qui capte maintenant toutes les curiosités.
- Fréquemment, le Tamandua s’asseoit sur ses mem-
- Fig. 3. — Le Tamandua (Tamandua tetradactyla).
- b res postérieurs et agite en l’air ses grands bras ; cette attitude lui a valu du public le nom de Dominus vobis-cu,m.
- Il existe encore, bien moins connu du public, un petit fourmilier solitaire qui vit dans les arbres comme le précédent mais ne se rencontre que dans l’extrême nord de l’Amérique du Sud, ne pouvant vivre que dans les régions torrides ; c’est le Mvrmidon ou Cyclo-thurus didactylus. Il est de la taille d’une petit rat et Mme Lavarre, femme de l’explorateur William Lavarre, en fit photographier un dans sa main (fig. 4)- Ce jouet vivant n’est pas méchant pourvu qu’on ne l’excite pas.
- On l’appelle didaclyle bien que ses pattes aient plus de deux doigts, mais deux seulement sont bien développés aux membres antérieurs, dont le médian énorme. Les pattes postérieures sont munies de quatre doigts, à ongles bien formés. Le cinquième est réduit à un os arrondi. La tête et la langue sont relativement courtes. La longueur du coi’ps est de o m i5 et celle de la queue d’une vingtaine de centimètres.
- La queue est couverte de poils courts.
- On admet que l’Ordre des Édentés groupe des formes d’affinités et d’origines très différentes qui n’ont d’autre caractère commun que la réduction de leurs dents.
- P. Magne de la Croix.
- Fig. 4. — Le Mÿrmidon (Cyclothurus didactylus).
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- LA PUISSANCE DES EXPLOSIFS
- Les événements politiques récents ayant de nouveau ramené l’attention sur les problèmes militaires, les exagérations et les fausses nouvelles n’ont pas manqué de réapparaître dans les informations sensationnelles de la presse quotidienne : rayon de la mort, toxique mystérieux dont une trace anéantit une armée, arrêt des avions en vol, explosif d’une puissance inconnue jusqu’à ce jour, etc....
- En ce qui concerne les explosifs en particulier, la chimie nous permet de raisonner arec certitude et d’évaluer les possibilités de découvrir un super-explosif. Disons-le tout de suite, et c’est heureux pour l’humanité, cette éventualité est infiniment peu probable.
- Evidemment, si les physiciens modernes, qui ont montré que l’atome renferme une énergie extrêmement considérable, pouvaient trouver un moyen pratique de libérer instantanément l’énergie intra-atomique, on disposerait alors de l’explosif idéal, de puissance màxima. Le seul inconvénient, et il n’est pas mince, serait sans doute que personne ne serait plus de ce monde après la première expérience : une fois déclenchée, la décomposition de la matière gagnerait de proche en proche et ce serait bientôt le globe terrestre tout entier qui exploserait et se transformerait en une de ces novae éclatantes qui parfois brusquement surgissent de l’obscurité du ciel.
- Nous en sommes encore, pour longtemps espérons-le, réduits aux seules possibilités que nous offre la chimie.
- Tout d’abord remarquons que les explosifs en se décomposant ne dégagent qu’une quantité d’énergie relativement faible, les effets brisants observés étant dus à ce que cette énergie est libérée en un temps extrêmement court.
- Dans le tableau suivant, nous donnons pour quelques corps et mélanges ainsi que pour divers explosifs les quantités de chaleur dégagées pendant la combustion ou l’explosion. Les nombres se rapportent à i kgr de matière.
- Un autre facteur très important est la vitesse de détonation. En voici quelques valeurs ;
- Tétranilropentaérythrite .
- Hexogène.................
- Acide picrique .... Trinitrotoluène .... Fulminate de mercure.
- 8.4oo m par seconde 8.38o —
- 7.000 — —
- 6.700— —
- 6.000 — —
- On voit encore ici que les nombres se « tiennent » et crue le maximum que l’on puisse prévoir ne don pas dépasser beaucoup 8.5oo m/s.
- Enfin, d’autres considérati ns interviennent encore dans la détermination de la valeur pratique d’un explosif.
- Tout d’abord sa densité. 11 est évident que plus l’explosif sera dense, plus grand sera le poids que l’on pourra faire entrer dans un même obus, et par suite plus les effets destructeurs seront importants. C’est pourquoi les explosifs gazeux, même comprimés à haute pression ou liquéfiés, sont nettement inférieurs aux explosifs solides, et ne sont utilisables que dans des cas très particuliers.
- La sensibilité aux chocs, soit pendant les manipulations, soit au tir, soit à l’impact des balles ou des fragments de projectiles de l’ennemi permet de faire encore une discrimination. La stabilité chimique qui permet la conservation sans crainte de dégradation ou d’explosion intempestive est essentielle pour tous les explosifs.
- Enfin la facilité de préparation, les possibilités de fabrication avec des produits qui se trouvent ou peuvent se préparer sur le territoire même, sans nécessiter d’importations étrangères sont des arguments prépondérants dans certains cas. C’est ainsi que les Italiens ont mis au point l’hexogène qui fut employé dans la guerre d’Espagne parce que ce corps peut être fabriqué avec les ressources de la péninsule.
- Combustion de 1 kgr de pétrole.............11.000 cal
- Combustion de x kgr de bois sec. . . . 4.100 —
- Hydrogène gaz + ozone gaz (par kilogramme). 3.800 —
- Acétylène gaz + ozone gaz (par kilogramme). 3.376 —
- Carbone + oxygène liquide.................... 2.i36 —
- Dynamite gomme............................. i.54o —
- Télranitropentaérythrite C(CII2)4(N03)4 . . . i.4i8 —
- Hexogène C3II6N60G (dérivé nilré de l’hexa-
- métliylènetétramine)....................... 1.270 —
- Cheddite.................................... 1.180 —
- Coton poudre............................... 1.025 —
- Acide picrique.......................... 1.000 —
- Trinitrotoluène............................. c,5o —
- Poudre noire.................................... 665 —
- Fulminate de mercure........................ 357 —
- On voit que pratiquement, pour les principaux explosifs, les nombres sont compris entre 1.000 et i.5oo et il ne semble pas que l’on puisse espérer beaucoup atteindre plus.
- A la simple inspection du tableau, on voit d’autre part que la chaleur d’explosion ne doit pas être le seul élément àj considérer dans la détermination de la valeur d’un explosif puisqu’il conduirait à classer par exemple la poudre noire avant le fulminate de mercure.
- #
- * *
- Une question intéressante qui se pose lorsque l’on parle d’explosifs, est : quel est le mécanisme même de la réaction explosive ? Remarquons tout d’abord que les idées anciennes admises couramment de l’instabilité des molécules, explosives sont à abandonner définitivement. S’il est vrai que parmi les corps explosifs il en existe dont les molécules formées avec absorption de chaleur à partir des éléments (iodure d’azote, fulminate de mercure, etc.) semblent bien appartenir à ce groupe, la presque totalité des explosifs pratiquement utilisés (coton poudre, dérivés nitrés, etc.) ont une stabilité moléculaire au moins aussi grande que celle d’un très grand nombre de molécules organiques non explosives.
- Pour décomposer une molécule explosive, même si sa chaleur de formation est négative, il faut lui fournir, tout comme à une molécule ordinaire, une certaine quantité d’énergie que l’on appelle énergie d'activation. Cette énergie n’est pas forcément petite et même peut être plus grande que celle que l’on doit fournir, pour la décomposer, à une molécule non explosive.
- Pour que l’explosion puisse se propager à travers la masse de l’explosif, il faut que l’énergie dégagée par la décomposition d’une molécule (sous l’influence de l’énergie d’activation) soit supérieure à l’énergie d’activation. Dans ces conditions, la molécule qui a explosé activera à son tour la molécule voisine et ainsi de suite de proche en pro-
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- PRESTIDIGITATION
- MAGIE MYSTÉRIEUSE
- Dans celte curieuse présentation, rien de très nouveau comme moyens, mais une combinaison bien agencée de trucs variés présentés avec une heureuse mise en scène.
- Au lever du rideau; la scène est vide; le décor représente un laboratoire d’alchimiste. A droite une table avec cornues bizarres, accessoires, alambics, fourneaux, crocodiles empaillés, hiboux, grand in-folio gothique ouvert sur un pupitre, etc., etc. Le magicien entre suivi de deux servants portant un trépied brûle-parfums qu’ils posent au milieu de la scène, en avant. Le magicien se dirige vers la table; avec tous les gestes de circonstance, il prend un vase de cristal rempli cl’eau claire et une coupe. Après avoir rempli la coupe, il en boit une partie et verse le reste de l’eau sur le trépied : une flamme jaillit accompagnée d’une fumée blanche. Le magicien lève sa baguette qui sortant de sa main, s’élève doucement, puis redescend pour qu’il la reprenne.
- L’on voit alors un grand coffre en forme de kiosque, de style oriental, garni de pentures, soutenu par des chaînes, descendre lentement du cintre et se poser sur le sol. Les deux servants ouvrent la porte qui forme le devant du kiosque, puis celle de derrière,-ce qui fait que le kiosque forme une sorte de couloir que le magicien traverse pour bien montrer qu’il est vide. Très majestueusement il revient, puis se rend à sa table où il manipule quelques objets et revient au trépied, tenant une petite coupelle de métal dont il verse -le contenu sur ce trépied : une flamme verte et rouge s’élève et le magicien va se placer dans le milieu du kiosque. Toute cette scène est prétexte à conjurations, incantations, avec l’aide des deux servants.
- Gcs derniers ferment les portes, s’inclinent respectueusement, cependant que le kiosque s’élève à mi-hauteur de la scène : les porLes s’ouvrent comme d’elles-mêmes et dans le kiosque on aperçoit au lieu de l’imposant magicien une gracieuse jeune femme, qui s’incline gracieusement, salue le public. Les portes se referment et à ce moment une voix d’enfant retentit dans le kiosque dont les portes se rouvrent de nouveau : ce n’est plus une femme qui est à l’intérieur, c’est un tout jeune garçon. Nouvelle manœuvre des portes qui se referment puis se rouvrent permettant de constater que le kiosque est vide sans aucun truquage, puisque le toit lui-même s’ouvre par quartiers comme une écorce d’orange.
- Sans entrer dans le détail, voici en peu de mots l’explication des scènes qui se déroulent sous les yeux des spectateurs : le magicien fait toutes ses incantations surtout pour que le public constate bien qu’il a sous les yeux un homme robuste. Il allume le trépied avec l’eau claire contenue dans son verre, grâce à quelques parcelles de potassium placées dans le trépied. Sa baguette monte et redescend dans le vide, grâce à l’emploi du léger et invisible fil de soie noire. Lorsqu’il va à sa table chargée d’accessoires, il passe une fois derrière dans toutes ses manœuvres et gestes mystérieux :
- à ce moment-là, il est remplacé par la femme, habillée du même costume suffisamment rempli par un léger cartonnage et portant un masque complet de tête absolument identique à l’apparence du magic i e n .
- Comme il n’y a pas d’interruption visible dans l’action en cours
- au moment de l’échange, le public ne peut penser à la substitution.
- Le faux magicien entre dans le kiosque et pendant la montée, il se’débarrasse de son costume qui s’enlève tout d’une pièce. Devenu femme, il accroche la défroque à l'extérieur du kiosque (fig. 5) en A.
- Derrière le kiosque dans l’angle B, caché par la porte arrière lorsqu’elle s’ouvre, a été ménagé un petit espace B, lortc de placard, suffisamment dissimulé à l’extérieur par ms ornements d’architecture. On sait qu’une personne de petite corpulence, femme ou enfant, tient dans un espace excessivement restreint. L’enfant caché cède sa place à la femme et se place en vue. Aussitôt les portes refermées, il tire à lui les panneaux de glace GG qui l’enferment en D et sont invisibles car ils reflètent la décoration des parois, semblable à celle qui existait sur leur face D et comme cette décoration était à rayures verticales, la ligne de rencontre des glaces n’est pas visible.
- Le jeu des portes est assuré par uïi tirage dissimulé dans les chaînes de suspension et manœuvré en temps voulu par les aides du cintre. Il en est de même de l’ouverture du toit.
- Fig. 1. — Magie mystérieuse. Vue d’ensemble.
- Fig. 2. — Mécanisme de l’opération.
- Albeio
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1939 (')
- Voici l’ensemble des phénomènes célestes visibles en mars 1909. A signaler notamment, une bonne période de visibilité de Mercure, l’augmentation du diamètre de Mars le rendant accessible aux instruments moyens, puis l’opposition de la planète Neptune.
- T. — Soleil. — Le Soleil traversera l’équateur céleste le 21 mars, i2h28m34s. Ce sera le commencement du ce printemps astronomique ». A celle époque de l’équinoxe du printemps, les jours et les nuits ont la meme durée. La déclinaison du Soleil, de — 704g/ le Ier, sera de o° le ai et de -f 3°55/ le 3i mars.
- La durée du jours à Paris, de ioh55m le ier mars sera de i2h43m le 3x.
- Voici, cle 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai .
- Date : Mars Heure du passage Date : Mars Heure du passage Date : Mars Heure du passage
- I er 12I1 3mi6s i3 I2h om 2ÔS 25 1 ih56,n57S
- 4 12 2 39 16 11 5g 36 28 n 56 2
- 7 12 i 58 !9 11 58 44 3i ii 55 17
- 10 12 J 14 22 11 57 51
- Observations physiques. — Voici les éphémérides permettant l’orientation exacte des dessins et des photographies du Soleil :
- Date (oh) P B„ L„ •
- Mars 1er 21 ”42 0 7°22 260“ 16
- — 3 — 21,98 0 7,24 2.33’81
- — 8 — 23,08 0 7,20 i67,94
- — i3 — 25,06 O — 7,20 102,04
- — 18 — 24,88 0 — 7,10 36,14
- 23 — 2.5,52 0 — 6,95 33o,23
- — 28 — 25>99 0 — 6,74 264,29
- — 3r — 26,19 0 — 6,60 224,72
- L Toutes les heures figurant au présent « Bulletin Astronomique » sont basées sur le Temps universel (T. U.) ou temps île Greenwich, compté de 0h à 24h, à partir cle 0h (minuit).
- Lumière zodiacale. — Elle est bien visible, le soir, à rOuest-Sud-Ouesl. La période la plus favorable pour l’observer sera celle du 8 au 22 mars, pendant laquelle la Lune ne gênera pas par son éclat.
- IL — Lune. — Les phases de la L une, en mai s, se pro
- duiront ainsi :
- P. L. le 5, à 1 8h0m | N. L. le 21, à ib4gm
- D. Q. le 12, à 21 h37m 1 P. Q. le 28, à 1 2hi6m
- Age de la Lune, le icr mars, à oh = 9j ,6 ; le 2 2 mars
- à oh = c )S,9-
- Plus grandes dt clinaisons de la Lune, le 12 mars
- ù 2 1h = — i9°45/ ; le 27 mars , à 9h = - + i9°38'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 mars, à nh. Parallaxe = 6o,58,L Distance = 35q 668 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 mars, à i5h. Parallaxe = 54,3,/. Distance = 4o5 G95 km. Occultations d’étoiles et de Planètes par la Lune :
- Magni- Phénn- _
- Date Astre tude mène Paris Uccle
- Mars 1er 1518 B. D. + 170 6 m ,7 Imm. 21 b 14m ,8 2 I h nm ,8
- — 2 1 Gémeaux 3 6 Irnm. 0 3i 0 O 25 6
- — 2 1775 B. D. -f i5° 6 1 1mm. 20 7 8
- — 2 i85o B. D. i4° 6 4 Imm. 21 15 6 2 I 10 6
- — 3 x Cancer 5 1 Imm. 18 22 8 18 25 8
- — 8 5o Vierge 6 2 Em. 3 4? 3 3 42 9
- — 11 47 Balance 5 9 Em. 4 7 9 4 11 1
- — 26 97 Taureau 5 1 Imm. 18 53 7 18 39 6
- — 27 1040 B. D. + 180 7 1 Imm. 23 4 7 28 3 2
- — 3o A2 Cancer 5 7 Imm. 18 4g 4 18 55 1
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 4 au 10 mars (période de la pleine Lune du 5), puis du 22 au 26 (nouvelle Lune le 21). Les premières seront très fortes, leur coefficient atteignant ii5 et 116 centièmes les 5 et 6 mars. Le Mascaret sera important à ces dates.
- III. — Planètes. — Le tableau suivant a été dressé à l’aide des renseignements contenus dans VAnnuaire astronomique Flammarion. Il permet de trouver et de suivre sur le Ciel les principales planètes pendant le mois de mars 1939.
- ASTRE Date : Mars Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 2 6h34m 12h 3m 4s 17h33m 22h5ûm 102& 32' ig"8 Verseau
- Soleil . .< i4 ' 26 6 in 12 0 10 17 52 23 34 — 2 47 32 i3,3 Veiseau »
- 5 45 11 56 3g 18 10 0 18 + 1 5» 32 6,8 Poissons
- Mercure . .4 6 6 58 34 12 13 4' 4 18 !9 27 36 23 25 0 36 + 4 5 45 3i 5,2 6,8 Poissons 3 Poissons Le soir plus grande, élongation le 17.
- 26 5 48 12 87 '9 26 0 5g + 9 59 9,6 Poissons
- 2 4 37 9 6 i3 35 19 5i — !9 27 18,6 Sagittaire
- Vénus. i4 4 34 9 16 i3 58 20 48 — !7 12 17,0 Capricorne | Le matin.
- 26 4 26 9 20 i4 25 2i 44 — i3 46 15,6 3 Capricorne
- Mars . 2 i4 2 2 ifi 3 6 6 27 9 10 10 37 16 17 12 17 42 — 22 2.3 40 16 6,8 7,4 0 Serpent Sagittaire ^Devient bien visible le | matin.
- 26 1 47 5 5t 9 56 18 n — 23 34 8,2 1 Sagittaire
- Jupiter i4 6 4 11 39 •7 i5 23 i3 — 6 7 3o,8 f Verseau Inobservable.
- Saturne . »4 7 9 i3 34 *9 58 1 8 + 4 45 i4,6 /’ Poissons Un peu visible le soir.
- Uranus 2 8 42 16 1 23 20 2 48 + i5 5r 3,4 17 Bélier Premre partie de la nuit.
- Neptune . 2 18 23 0 48 7 10 11 34 4- 4 10 2,4 89 Lion Toute la nuit.
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- Mercure sera bien placé, en mars, pour être observé, le soir. 11 atteindra sa plus grande élongation le 16 mars, à i8°i9' à l’Est du Soleil. On essaiera de trouver Mercure dès le début du mois.
- Fraction illuminée du disque de Mercure (c’est-à-dire rapport de la surface de la partie éclairée à la surface du disque entier de la planète) : le a = 0,900 : le 7 = 0,828; le 12
- = 0,667; le 17 = o,444; le 22 = 0,243; le 27 = 0,092.
- Vénus est toujours bien visible le matin, quoique assez basse sur l'horizon. Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Fraction Magni-illuminée tude
- Date du disque stellaire
- Mars 2 o,638 — 3,8
- — 7 o,657 — 3,7
- — 12 0,674 — 3,7
- Mars devient, bien visible le matin, se levant quatre heures avant le Soleil. Il sera en quadrature occidentale avec le
- Soleii, le 21 mars, à i9h. Son diamètre apparent augmente
- et atteindra près de q!> à la fin du mois. Il sera très bas sur l’horizon pendant toute sa période d’opposition et les observations, en France, s’en ressentiront. Dès à présent, on peut diriger sur lui les instruments moyens.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 6 mars, à 12V Il sera inobservable ce mois-ci.
- Saturne, la curieuse planète, ceinte de son anneau, est encore un peu visible, à l’Ouest, dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 12 mars :
- Grand axe extérieur........................... 36,65
- Petit axe extérieur...........................— 6"g5
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau . — io5°g36
- Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau. . — 11 ®87g
- Uranus. comme Saturne, est observable dès l’arrivée de la nuit. Pour le trouver sur le Ciel, utiliser la petite carte de son déplacement donnée au n° 3o4o, du rer janvier 1909, page 26.
- Ve/dune va se trouver en opposition avec le Soleil le 13 mars, à nh. Il est donc visible toute la nuit. La petite carte (fig. 1) permettra de le trouver parmi les étoiles de la constellation du Lion.
- Date
- traction JMagni-illuminée tude du disque stellaire
- Mars 17 0,692 — 3,6
- — 22 0,70g — 3,6
- — 27 0,726 — 3,6
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à 10F, Neptune Le 9, à 7F, Vénus Le i3, à 5F, Mars Le 16, à ioh, Mercure Le 17, à 9F, Vénus Le20, à 8F, Jupiter Le 22, à 1 iF, Mercure Le 22, à 17F, Saturne Le24, à 16F, Uranus
- enconjonct. avec la Lune, à 5° 16' N.
- — p Capricorne (4m8), à ooi3' S.
- — la Lune, à 3<>33' S.
- — t? Poissons (4*5), à o°8' S.
- — la Lune, à 4°54' S.
- — la Lune, à 5017' S.
- — la Lune, à ioi5' N.
- — la Lune, à 4°14r S-
- — la Lune, à o»i6' N.
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- Circompolaires : Temps sidéral : Date Etoile Passage
- Mars 1er J Petite Ourse Inférieur
- — 1 o â — —
- — 20 « — —
- — 31 k — —
- Temps
- Heure sidéral (l)
- 19F 70132s robSi^ôs 18 3a i3 11 7 5
- 1 45 26 11 46 31 1 2 7 12 29 53
- Fig. 1. — Déplacement sur le ciel de la planète Neptune au cours de l’année 1939. Les chiffres le long de la trajectoire
- donnent la position de Neptune le 1er de chaque mois.
- (D’après l’Annuaire astronomique Flammarion).
- Étoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol, ([ÏPersée), variable clc 2m,3 à 3m,5 en 2j20h49m : 3 mars, à 22h55m ; G mars, à i9h45m; 26 mars, à 2ih3om.
- Le 3 mars, maximum cl’éclat de S Hercule, variable de 5m,9 à i3m,i en 3i5,G jours.
- Le 25 mars, maximum d’éclat de R Aigle, variable de 5m,5 à nm,8 en 3oi,5 jours.
- Le 27 mars, maximum d’éclat de R Bouvier, variable de 5m,9 à i2m,8 en 225,5 jours.
- Êtoiles filantes. — Deux radiants sont surtout actifs en mars : i° un situé près de |3 Scorpion, par 233°—180; 20 un autre près de y Hercule, situé par a44° + i5°.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier mars, à 2111, ou le i5 mars, à 2011, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée.
- A l'Est : La Vierge; la Chevelure; le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Sud : l’Hydre; le Navire; la Licorne; le Petit Chien.
- A l'Ouest : Le Taureau; le Bélier; Orion.
- Em. Touciiet.
- 1. A O11, pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Praktische Schnee= und Lawinenkunde, par le D1 W.
- Paulckr. 1 vol., 218 p., 142 lig. Julius Springer, éditeur, Berlin, 1938. Prix relié : 4,80 RM.
- Voici un livre qui sauvera bien des vies humaines et auquel il faut souhaiter une rapide et large diffusion. Il est consacré à la science de la neige et des avalanches. Celles-ci font chaque année de nombreuses victimes parmi les adeptes des sports d’hiver. L’auteur poursuit depuis 14 ans avec de nombreux collaborateurs, l’étude scientifique des champs de neige en montagne et des avalanches. C’est le fruit de cette longue expérience, sans doute unique au monde, qu’il offre ici au public, dans un ouvrage d’un puissant intérêt à tous les égards : on y trouve tout d’aborcl une étude approfondie des différentes espèces de neige et du mécanisme des transformations de la neige amoncelée, suivant les diverses circonstances topographiques, météorologiques qui se présentent en montagne. L’auteur étudie ensuite les différentes espèces d’avalanches, et en s’appuyant sur l’observation et sur des investigations expérimentales, il montre comment elles se déclenchent. Enfin, en quelques pages saisissantes, il donne aux touristes et skieurs les conseils lès plus précieux.
- La T. S. F. et Vappareillage électrique à bord des avions modernes, par Henry Lanoy. In-16, 158 p., loti fig. Desforges, éditeur, 1938. Prix : 48 francs. L’électricité a pris une grande importance à bord des avions qui sont devenus de véritables centrales électriques. Cet ouvrage très condensé donne des précisions souvent encore peu connues sur ce nouveau matériel.
- La loi des phases en minéralogie et pétrographie,
- par Paul Niggli. 2 broch. in-8°, 83 p. et 65 fig., 79 p. et 43 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie. Paris, 1938. Prix : 25 et 15 francs.
- Rappel de la loi des phases et des méthodes graphiques de représentation, suivi de quelques applications aux associations de minéraux, à la cristallisation des magmas et au métamorphisme.
- Le chrysanthème, par J. Lochot. 7e édition. 1 vol. in-16, 301 p., 67 fig. La Maison rustique, Paris, 1938. Prix : 16 francs.
- Grand maître du chi-ysanthème, l’auteur a su écrire — et de mieux en mieux au cours des sept éditions successives — tout ce qu’il faut savoir de cette fleur : terre et terreaux à choisir, engrais, bouturage greffe, culture en pots et en potées pour la Toussaint, en terre pour la décoration des jardins et l’ornementation de la maison, choix des variétés, calendrier des travaux de chaque mois, maladies et parasites à combattre. On ne cultive plus de chrysanthèmes sans avoir ce livre pour guide.
- Le petit peuple des ruisseaux, par Marcel Piponnier. 1 vol. in-8°, 131 p., photos et dessins de l’auteur. Collection « La joie de connaître ». Bourrelier et Cie, Paris, 1938. Prix broché : 13 francs ; cartonné : 16 francs.
- Un monde extraordinaire d’insectes, de larves, de crevettes, de vers, de coquillages anime l’eau du ruisseau et de la plus petite mare. Leur vie, leurs mœurs ont été saisies par la plume et l’objectif de l’auteur qui devient ainsi le guide d’un spectacle de vie intense, souvent féroce, plein de charme et d’enseignement.
- La biologie des Orthoptères, par Lucien Chopard. l'vol. in-8°, 541 p., 453 fig., 5 pi. Encyclopédie entomolo-gique. Lechevalier, Paris, 1938. Prix : 250 francs.
- Avec une maîtrise et une documentation admirables, le sous-directeur du laboratoire d’entomologie du Muséum réunit dans ce livre tout ce qu’on sait de la biologie des Orthoptères : distribution géographique ; habitats (déserts, hautes montagnes, grottes, rivages, eaux, sol, myrmécophiles et termito-philes, domestiques, parasites) ; terriers et abris ; accouplement, ponte, parthénogenèse, développement ; mouvements, stridulation, autotomie, régénérations, hétéromorphoses ; réflexes, immobilisation, saignée, saut et autres moyens de défense ; homochromie et mimétisme ; variation et hérédité ; rudiments de vie sociale. Cette étude s’étend à tous les Orthoptères : blattes, mantes, grillons, sauterelles, et aux Der-maptères ou forficules, et l’on sait tout l’intérêt qu’on a porté à ces curieux insectes. Pour l’entomologiste, c’est une mine unique de renseignements bien groupés ; pour l’agronome, les chapitres consacrés aux sauterelles révèlent tous les travaux récents ; pour le naturaliste, c’est un modèle et un monde
- d’exemples de tous les grands problèmes de biologie générale. L’illustration, abondante, est aussi parfaite et précise que le texte.
- L’île des manchots, par ' Cherry Kearton. 1 vol. in-16, 183 p., 63 fig. hors texte. Boivin, Paris, 1938. Prix : 24 francs.
- Sur un îlot des mers du sud, peuplé de 750.000 manchots et de bien d’autres espèces d’oiseaux, bordé de baleines, de requins, de phoques, l’auteur a campé, observé, photographié ; il donne ici ses notes et ses images sur ce peuple extraordinaire venu à terre pour faire les nids, pondre, élever les petits, jusqu’au prochain départ vers le large. Ces manchots en jaquette noire, gilet et. pantalon blancs, nous sont devenus familiers par l’image, mais leurs mœurs n’avaient jamais été décrites avec tant d’attention, de sympathie et de vie.
- La grande chasse en Afrique. Mémoires d’un chasseur professionnel, par Marcus Daly. -Traduit de l’anglais par Victor Forbin. 1 vol. in-8°, 30S p. Payot, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Né en Rhodésie, n’ayant guère quitté la brousse, l’auteur est réputé un des plus grands chasseurs professionnels du monde entier ; il a ravitaillé en animaux vivants le jardin zoologique de Cec.il Rhodes et guidé l’expédition de l’université de Harvard. Il connaît tout des mœurs du gros gibier : lions, léopards, éléphants, buffles, rhinocéros, gorilles et chimpanzés, aussi bien que des crocodiles, des hyènes et des chiens sauvages ; il réunit ici les observations de chasse, sans oublier les ruses, les coutumes de chaque espèce et conseille le chasseur sur l’équipement et l’art de tirer.
- L’heureuse traduction de notre collaborateur a su conserver toute la vie et l’allant de ces récits.
- La vie aux colonies. Préparation de la femme à la vie coloniale. 1 Ami. in-16, 476 p. Larose, Paris, 1938.
- Mme Moll-Weiss, présidente de la Fédération française de l’enseignement ménager a eu l’heureuse idée de demander à des coloniaux expérimentés ce qu’une femme doit savoir pour vivre aux colonies. Une série de chapitres traite du climat, de l’habitation, de l’habillement, de la nourriture et de l’eau, de la puériculture, du rôle de la femme dans la société coloniale et dans la AÜe indigène. Une deuxième partie initie à l’hygiène, à la défense contre les parasites et à la lutte contre les maladies et les épidémies. Les conseils pratiques vont jusqu’à la constitution et à l’usage d’une petite pharmacie.
- La préhistoire, par A. Yaysoïn de Pradexne. 1 vol. in-16, 224 p., 47 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1938. Prix : 15 francs ; relié : 17 fr. 50.
- Née en France et toujours activement étudiée depuis, la préhistoire est aujourd’hui une accumulation d’heureuses rencontres et d’observations de détails, éparses dans le temps et dans l’espace, d’où les conceptions générales se dégagent lentement. L’auteur a su passer de l’examen critique des méthodes de fouilles, de trouvailles et de l’interprétation des outillages à une vue d’ensemble, discutant les classifications et la chronologie, puis rassemblant les données essentielles acquises, non seulement en France et en Europe occidentale, où elles abondent maintenant, mais aussi dans le monde entier où les découvertes se multiplient depuis quelques années, tout en se liant plus ou moins difficilement aux notions plus anciennes. C’est une synthèse parfaitement réussie de la préhistoire, telle qu’on la peut connaître à ce jour.
- Le panaméricanisme, par Eugène PÉrix 1 vol. in-16, 224 p., 2 cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1938. Prix : 15 francs ; relié, 17 fr 50.
- L’auteur, pour la première fois, expose à des lecteurs européens l’éA'olution et l’organisation de l’Union des Républiques américaines. Ayant étudié sur place les efforts des collaboration continentale des états d’Amérique et assisté aux grandes assises du panaméricanisme, il dégage tout ce que ce mouvement comporte de profond et de durable. La documentation abondante contient des statistiques sur la part américaine dans la production des matières premières, le commerce des diverses républiques entre elles et avec les autres continents, les investissements étrangers en Amérique latine. Il touche en outre à tous les grands problèmes de l’heure : rivalités entre démocraties et états totalitaires, luttes d’influence entre états européens dans l’Amérique latine ; organisation politique. juridique et économique du monde. Enfin, les problèmes intérieurs des Républiques américaines y sont largement traités.
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- COMMUNICATIONS
- A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 octobre ig38.
- Le champ électrique atmosphérique. — M. Rouen expose qu’il a fait de nombreuses mesures du champ électrique atmosphérique en août et septembre 1938 dans l’Atlantique et la Méditerranée. Les valeurs observées ont été comprises entre 100 et 100 v au mètre dans le Golfe de Gascogne et sur les côtes du Portugal, elles montent à a4o v dans le détroit de Gibraltar et redescendent vers i3o à i4o v sur les côtes d’Algérie. Le champ remonte vers a5o v entre la Sicile et la Tunisie puis diminue lentement si on s’avance vers l’Est pour être compris entre 100 et i4o v sur les côtes de Grèce et de Syrie. Le champ est en général beaucoup plus élevé l’après-midi que le matin.
- La lèpre expérimentale. —- L’inoculation de la lèpre à un animal sensible n’a jamais donné que de très rares résultats positifs. C’est là une grave difficulté pour l’élude de la maladie. M. Burnet a réussi à inoculer la lèpre à un hamster en insérant un fragment mince de léprome entre peau et muscle. Il a obtenu un léprome sous-cutané et un commencement de généralisation dans les ganglions lymphatiques, la rate,, le foie et les reins. Il est à noter qu’il s’agit de l’insertion d’un tissu non broyé à un animal qui n’avait, pas été dératé. Ce nouveau résultat positif, quoiqu’il soit isolé, permet d’espérer qu’il sera possible de mettre au point une technique donnant des résultats positifs plus réguliers chez le hamster.
- Séance du 24 octobre ig38.
- Microdosage du carbone. — Le microdosage du carbone dans les produits sidérurgiques doit porter sur des échantillons dont le poids ne dépasse pas 10 mgr, ce qui conduit à mesurer o mgr o5 de carbone pour un acier titrant environ o,5 pour 100. Il n’est pas possible pratiquement de peser le gaz carbonique produit par combustion, ni d’opérer volumétriquement. M. Lassieur a mis au point une méthode par combustion à 1.200° dans un courant l’oxvgène. Le gaz carbonique formé est absorbé par une liqueur titrée de baryte dont l’excès est déterminé alealimétriquement. Il faut veiller à ce que l’appareil, d’un volume aussi réduit que possible, soit bien purgé d’air et éviter toute entrée d’air avec l’échantillon. Le travail de l’auteur a donc porté à la fois sur le matériel d’analyse et sur le mode opératoire.
- La précocité acquise. —• M. Lesage expose que le cresson alénois cultivé dans un milieu à température élevée (serre ou Algérie) acquiert une précocité qu’il conserve ensuite pendant de nombreuses générations. L’acquisition de la précocité a été beaucoup plus lente avec le pois nain (Merveille d’Amérique). Néanmoins, après 12 ans de culture sous châssis, les plantes élevées ensuite en plein air ont manifesté une avance sensible sur les lignées ayant toujours vécu en plein air. La précocité acquise semble donc être un phénomène assez général.
- Les gauchers. — MUa Kovarsky a étudié l’évolution des enfants gauchers. Leur rééducation par l’interdiction de se servir de la main gauche, et éventuellement du pied gauche dans leurs jeux, provoque des troubles fonctionnels qui en font le plus souvent des inadaptés scolaires. Il y a donc lieu de rechercher, .chaque fois que l’on se trouve en présence d’un enfant d’une intelligence et d’une santé suffisantes et qui ne suit que difficilement les classes, s’il
- ne s’agit pas d’un gaucher contrarié. Le bégaiement a presque toujours cette origine. Les troubles particuliers aux gauchers étant fonctionnels, il est possible de les faire disparaître ou de les atténuer en revenant à l’usage de la main gauche. Un gaucher, sain et intelligent, peut devenir un faux droitier mais il transmet cependant sa disposition de gaucher à ses enfants. L’origine de cette disposition est dans la prépondérance anatomique, physiologique et fonctionnelle de l’hémisphère cérébral droit.
- Séance du 2 novembre iq38.
- La viscosité des huiles. — Poursuivant ses études sur la viscosité des huiles, M. Marcelin montre qu’à partir de la surface d’une huile reposée se forment des piles de molécules actives qui se disposent comme les épis d’un champ de blé. Dans une nouvelle série d’expériences, l’auteur chronomètre le mouvement d’une bille roulant sur un plan incliné et restant complètement immergée dans de l’huile minérale raffinée. La durée du parcours passe de 47 s, au remplissage de la cuve, à Go après 12 h de repos; après le même repos, mais si la bille a été essuyée, le parcours est de 5G s. En observant la descente de la bille dans l’axe de la cuve, on remarque une marche en zigzags avec des temps d’arrêt, tout comme si la bille se déplaçait sur un plan incliné semé d’obstacles, ceux-ci sont les épis de molécules actives que la bille contourne sans les briser. Ces épis doivent probablement avoir une hauteur de plusieurs millimètres.
- Cultures à Vobcurité. — MM. Jacquot et Baveux exposent que la culture des plantules isolées à l’obscurité en milieu aseptique (arachides, haricots) donne un poids sec de récolte croissant avec la teneur du milieu en glucose, alors que la teneur du végétal en eau diminue. Les plan-luîes, dont la longueur augmente tout d’abord avec la teneur en glucose, présentent pour des teneurs supérieures à 4 pour 100 des déformations notables qui se traduisent par la disparition progressive de la lige au bénéfice de l’axe hypocotylc. Les plantules prennent un aspect court et trapu caractéristique, pouvant aller, pour l’arachide, jusqu’à la disparition totale de la tige.
- Les épidémies de paludisme. — MM. Parrot et Catanei ont pu étudier un groupe de Berbères présentant des cas en évolution des trois sortes d’infection palustre (tierce maligne, tierce bénigne et quarte), ceci hors de toute possibilité de réinoculation. Les examens du sang, mensuels ou bi-mensuels, ont été poursuivis pendant i4 mois. Les affections paludéennes sont apparues deux fois plus fréquentes chez les sujets âgés de moins de i5 ans que chez les autres ; elles atteignent leur maximum entre G et 10 ans. C’est l’agent de la tierce maligne qui est le plus fréquent et dont la présence décroît le plus lentement avec l’âge. Au contraire c’est dans le cas de la quarte que l’on observe la proportion la plus élevée de porteurs de gamétocytes. On peut déduire de cette étude que la prémunition s’établit vers la dixième année; elle est moins précoce, moins complète et moins persistante pour la tierce maligne. La propagation de la tierce maligne est plus difficile mais une pullulation des anophèles peut amener des flambées épidémiques ou pandémiques dues à la perle de la prémunition par les adultes.
- L. Bertrand.
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- 94 ..— NOTES et informations
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Nouvelle usine allemande d’hydrogénation de la houille.
- En mars i()38 a été mise en route à Bot trop, dans la Rulir, à la mine Weillieim, une usine réalisant la transformation de la houille en carburants liquides, par un procédé nouveau, différent des procédés Bcrgius et Fischer.
- Il s’agit toujours de l’hydrogénation de la houille sous pression, mais la nouvelle méthode Pott et Broche se caractérise par deux perfectionnements importants. D’une part, dans une première opération, la houille est dissoute dans un solvant approprié sans intervention de l’hydrogène gazeux, d’autre part l’extrait qui contient la houille en solution et, débarrassée de ses cendres est hydrogéné à une pression de 700 kgr/cm2 alors que dans le procédé Bergius on n’opère que vers 25o kgr/cm2.
- Les produits finaux présentent des caractéristiques intéressantes. Les matières premières sont la houille et l’eau, les produits finaux une essence, une huile pour Diesel et une huile lourde à brûler. Cette dernière se distingue de tous les autres produits naturels : elle est de caractère aromatique, exempte de substances précipitables (asphaltes), se mélange aux autres huiles lourdes sans former de précipité; si on l’ajoute en certaine proportion à un mélange d’huiles à brûler qui a formé un précipité, elle redissout ce pi’écipité.
- L’essence, de caractère aromatique accusé, est pratiquement équivalente au benzol de carbonisation.
- Les résultats obtenus dans l’usine de Boltrop, qui était une usine pilote, ont été si satisfaisants qu’une extension sur grande échelle a été décidée et les travaux sont en cours d’exécution.
- MÉTALLURGIE Le cupaloy.
- Les ingénieurs électriciens ont souvent rêvé d’un métal qui, tout en ayant les propriétés électriques et thermiques du cuivre posséderait en même temps les caractéristiques mécaniques de l’acier. Il semble que leur rêve soit devenu maintenant réalité, les métallurgistes ayant mis au point un nouvel alliage portant le nom de cupaloy.
- Il est constitué par 99,44 pour 100 de cuivre auquel on a incorporé du chrome et de l’argent. Il se différencie des alliages de composition analogue que l’on a pu réaliser dans le passé par le traitement thermique qu’il subit lors de sa préparation et qui lui confère justement ses propriétés remarquables. Le chrome en particulier est introduit de telle façon qu’il forme dans le cuivre une véritable émulsion colloïdale dont les particules sont des cristallites, assemblages de molécules de métal, trop petits pour être décelés par les procédés métallographiques usuels et l’examen microscopique.
- Le cupaloy a une grande ductilité et peut être travaillé à froid par laminage, forgeage, étirage, passage à la
- filière, etc.; et par ces traitements, sans modifier ses conductibilités électriques et calorifiques qui restent supérieures à 85 pour 100 de celles du cuivre, on peut lui donner une résistance élastique voisine de 2.5oo km par centimètre carré.
- Une autre propriété remarquable est la stabilité vis-à-vis de la température, un chauffage prolongé à 4oo° né produisant pas de recuit appréciable.
- CONSTRUCTION
- Les vitrages doubles Silther.
- Pour défendre contre le froid les appartements et les locaux d’habitation, on emploie, entre autres moyens, les doubles fenêtres qui, en créant un matelas cl’aid immobile entre l'extérieur et l’intérieur, empêchent la perte de chaleur intérieure de l’immeuble. L’augmentation de l’épaisseur du verre n’est pas aussi efficace (on admet qu’en doublant celle épaisseur, le coefficient de passage de la chaleur n’est diminué que de 3 pour 100 environ) tandis que le matelas d’air, de 4 à a5 cm d’épaisseur diminue de moitié la déperdition de chaleur, le coefficient de déperdition devenant sensiblement égal à 2,3 pour une double fenêtre, alors qu’il est de 5 pour la fenêtre simple. Ce coefficient devient ainsi comparable à celui d’un mur de pierre calcaire de 4o cm d’épaisseur, d’un béton comprimé de i5 cm ou d’une paroi de brique de 12 cm avec plâtrage intérieur de 3 cm. L’économie, dans la région parisienne, peut être évaluée à 4.000 calories par 24 h et par fenêtre.
- Mais l’installation de doubles fenêtres est parfois impossible, étant donnée la construction même, et, en tous les cas, surtout actuellement, est extrêmement onéreuse (environ i.5oo fr). Elle nécessite l’intervention de plusieurs corps de métiers (maçon, menuisier, serrurier, vitrier, peintre) d’où délais très longs pour la terminaison du travail. Sans compter que, pour un simple locataire, l’installation est perdue, puisqu’elle reste à la maison lors de son départ.
- Le vitrage Silther permet de résoudre la question.
- Il a pour principe de réaliser un double vitrage au lieu d’une double fenêtre et de s’adapter à tout châssis ouvrant ou coulissant, à l’extérieur ou à l’intérieur. L’un de ses dispositifs constructifs les plus simples consiste en une cornière de caoutchouc en forme d’Y encadrant le verre à vitre supplémentaire et maintenue par un profilé de métal en forme de Z. Le double vitrage est appliqué au moyen de vis sur le battant de la fenêtre, réalisant ainsi une couche d’air stable entre deux parois de verre et procurant les mêmes avantages calorifuges et assourdissants que la double fenêtre.
- Suivant le cas, le double vitrage pourra être apparent s’il est placé à l’intérieur de la pièce; il pourra être invisible s’il est fixé à l’extérieur. Il pourra être peint ou chromé. De toute façon son installation sera facile et rapide, donc sans grands frais.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil photographique à usages multiples.
- Les appareils photographiques de petit format permettant d’obtenir des clichés de 2 h x 35 mm sur film standard de 35 mm sont de plus en plus en faveur, mais il y a encore beaucoup d’amateurs qui préfèrent des plaques, des lilms-packs, et, surtout, des bobines de pellicules de format normal.
- Un nouvel appareil photographique 6x9 permet, a la fois, ces différents usages. Il emploie, en efiet, des plaques ou des films-packs, et, grâce à un châssis adapteur bien étudié, des bobines normales de films 6x9, sur lesquelles on peut exécuter à volonté des images de 4,5 x 6, 6 x 6, ou G x 9 cm. Le châssis adapteur peut, en outre, recevoir du film cinématographique standard de 35 mm, en noir ou en couleurs.
- L’appareil est muni d’un télémètre de précision couple
- avec l’objectif, ce qui assure une mise au point précise automatique, quel que soit le format.
- Des objectifs interchangeables à courte distance focale ou, au contraire, à longue distance formant télé-objectif sont prévus ; ils peuvent être mis en place très rapidement, à la place de l’objectif normal, par vissage sur la plaquette avant. On peut ainsi faire varier à volonté l’angle de champ suivant le sujet considéré.
- La qualité de la prise de vue exige la régularité de la mise au point, qui est assurée par la rigidité absolue du montage. La partie avant est reliée au corps de l’appareil par deux ciseaux très forts en acier.
- II est ainsi possible d’aborder tous les genres de photographies, depuis le portrait en gros plan jusqu’au paysage, scènes de genre, reportages^ et un jeu d’accessoires précis permet également les applications les plus diverses : reproduction, stéréoscopie, trichromie, etc.
- Gel appareil est donc vraiment universel, il remet ainsi en honneur l’appareil à plaques, dont les avantages sont indéniables, mais qui n’avait pas reçu les perfectionnements de la technique moderne.
- Cholard, 19, rue Bobillot, Paris.
- OBJETS UTILES Serrures inviolables F. O.
- La simple lecture des journaux quotidiens suffit à nous montrer combien il importe, aujourd’hui, d’assurer sa propre sécurité, ainsi que la sécurité de ses biens, par une fermeture inviolable.
- En raison de l’intervalle existant entre les serrures ordinaires et leurs gâches, cette sécurité 11e peut être complètement assurée par les anciens modèles (fig. 1).
- Dans la serrure-verrou F. O., à gâche rentrant dans le boîtier, cet intervalle est, supprimé, et l’efl'raction rendue impossible, car le verrouillage se fait à l’intérieur de la boîte par le clavetage du pêne (fig. 2).
- Sa fixation étant faite à l’intérieur par des vis très fortes unissant la base de la serrure contre le cylindre, ajustable sur les portes de toutes les épaisseurs, cette serrure, de plus, est indémontable, et l’extérieur est protégé par une bague massive contre toute attaque (fig. 3).
- Fig. 2. — 1. La serrure classique.
- 2. La serrure F. 0. à gâche rentrant dans le boîtier. 3. Coupe montrant la protection de la serrure par une bague massive.
- i. Bouton indicateur.
- Un bouton portant les lettres F. et O. indique si la porte est fermée et verrouillée, ou si elle est ouverte, et libre
- (fig. 4).
- Sa fermeture est d’ailleurs automatique. En mettant le bouton sur F. avant de sortir, elle s’opère automatiquement, et sans que l’on ait à faire usage de la clef.
- Celle-ci est plate, minuscule, renforcée au collet, de haute précision, et chaque serrure a une combinaison spéciale.
- Un coulisseau de sûreté, adapté à la serrure même, permet l’entrebâillement limité de la porte qui peut, de plus, être bloquée de l’extérieur. Dans ce cas, et même en brisant un panneau ou une vitre, il est impossible d’ouvrir de l’extérieur, ce que permettent encore les anciens systèmes de verrous de sûreté.
- Grâce à un dispositif spécial unique, on peut ouvrir les serrures-verrous F. 0. indépendamment des autres qui peuvent exister sur la même porte.
- Celle serrure se fait pour portes à un seul ou à deux battants, qu’elles s’ouvrent de l’extérieur vers l’intérieur ou de l’inlérigur vers l’extérieur.
- Elle existe en bronze or ou en chromé.
- Serrures de sûreté F. 0., G bis, place Saint-Augustin, Paris (8e).
- Fig. 1. — Appareil photographique à usages multiples Makina Plaubel H S.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Questions d’astronomie. — Les trois articles parus dans La Nature (n° 2537, 18 novembre 1922, p. 159 ; n° 2546, 20 janvier 1923, p. 19 et n° 2553, 10 mars 1923, p. 75) sur « La construction et l’emploi des petits instruments en Astronomie » répondent entièrement à la question concernant les moyens à employer pour construire soi-même une lunette. Voir également : La photographie astronomique et. les observations astronomiques, par A. Jarson (Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, Paris (6e).
- Pour la seconde question : « Façon de se repérer dans le ciel ? » nous vous engageons à vous reporter au Manuel pratique d’Astronomie de Lucien Rudaux (Bibliothèque Larousse, 13-17, rue du Montparnasse, Paris).
- Pour la troisième question : « Moyen de trouver les planètes et d’observer les phénomènes visibles », consultez le « Bulletin astronomique » que publie La Nature dans chacun de ses numéros du 1er du mois. Vous y trouverez l’ensemble à peu près complet des phénomènes visibles avec de petits instruments.
- Enfin, pour une documentation plus complète, reportez-vous à 1 ’Annuaire astronomique Flammarion et à la revue L’Astronomie (vous adresser les lundis, mercredis et vendredis de 14 h 39 à 17 h 30 — ou écrire — au Bureau de la Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris (6e).
- M. Jacques Guion, à Antony.
- Fonctionnement d’un récepteur de T. S. F. sur Je secteur continu. — Pour monter sur secteur à courant continu un récepteur de T. S. F. à courant alternatif, il faut transformer le courant continu en courant alternatif de tension correspondante, plutôt que modifier le montage radioélectrique de l’appareil de T. S. F.
- On peut employer une commutatrice, machine assez coûteuse, et d’un entretien souvent délicat. Comme l’intensité nécessaire, dans ce cas, est de l’ordre de l’ampère seulement, on peut se contenter généralement d’utiliser un vibreur produisant du courant ondulé à haute tension. Ce courant ondulé est régularisé dans un circuit-filtre avant d’être envoyé au récepteur ; un transformateur rétablit la tension nécessaire et un montage antiparasite évite l’action nuisible des étincelles du vibrateur.
- Vous trouverez un vibrateur de ce genre par exemple, aux établissements Philips, 2, cité Paradis à Paris.
- M. Perrellon, à Saint-Léger-sous-La-Bussière (Saône-et-Loire).
- Construction des condensateurs électrolytF ques. — Nous n’avons pas publié d’articles sur les condensateurs électrolytiques. Vous' trouverez une étude sur cette question dans le numéro d’août-septembre 1938 de l'Onde électrique.
- Sur les méthodes de vérification de ces condensateurs, voyez l’ouvrage : Entretien, mise au point, dépannage des appareils radioélectriques (Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris).
- Constructeurs de condensateurs électrolytiques : établissements Ducati, 29, rue de Miromesnil, Paris.
- M. Grattier, 20, cours Berriat, à Grenoble (Isère).
- De tout un peu.
- M. Cabanes, Toulouse. — La température des couches terrestres reste constante pendant toute l’année à une certaine profondeur qui dépend de l’amplitude de la variation annuelle de la température à la surface du sol. A Paris, toute trace de variation annuelle a disparu à 25 m de profondeur.
- Au-dessous de cette couche, la température croît à mesure qu’on s’enfonce dans la profondeur de la terre. Cet accroissement est variable en fonction de la nature des roches, de l’action de l’air sur les éléments qui les composent, et également des infiltrations d’eau.
- On admettait autrefois 31 m pour l’épaisseur moyenne des couches du sol correspondant à une élévation de 1°, mais on a trouvé 33 m à Paris et des chiffres notablement différents selon les endroits, comme 86 m dans le district de Minas Geraes, au Brésil.
- M. Supervielle, à Saint-Sébastien. — La préparation destinée à la destruction des mouches, qui vous intéresse est essentiellement constituée par du nobolt ou arsenic métalloïde. L’emploi de l’arsenic sous cet état est toléré à condition qu’il ne contienne pas d’arsenic sous une forme soluble telle que l’acide arsénieux. Dans ce cas, il est interdit par le décret du 14 septembre 1926, article 11, concernant les substances vénéneuses.
- Nous vous recommandons donc la plus grande circonspection, au point de vue responsabilité pour empoisonnements éventuels, si vous avez en vue une exploitation commerciale.
- M. Richard, à Saint-Omer. — A notre avis, le sectionnement d’une bouteille dans sa longueur, que vous avez observé à l'Exposition de verrerie céramique, a été obtenu par un tracé préalable au diamant effectué d’une main sûre, la bouteille étant solidement maintenue, puis en appliquant sur cette amorce, soit une.goutte de verre fondu puisée dans le creuset contenant du verre en fusion, soit en appliquant une tige de fer rougie, ce qui a produit une séparation par avances successives de la fêlure, en reculant peu à peu l’application jusqu’à détachement complet.
- N. B. — Nous, avons' publié dans le n° 3003, p. 574, un dispositif très, simple permettant Je chauffage électrique d’un fil, ce qui facilite beaucoup le coupage du verre, par application du principe de dilatation exposé ci-dessus.
- M. A. V., à Pontarlier. — On peut actuellement effectuer dos dépôts_ électrolytiques, en particulier ceux de nickel, sur tous métaux et alliages, sauf jusqu’ici sur le magnésium, l’adhérence du nickel est considérable, car il résulte d’expériences effectuées au Physical National Laboratory que même sur des pièces en aluminium ou ses alliages, la rupture à la traction se produit dans l’aluminium et non à la surface de contact avec le nickel.
- Bien qu’il s’agisse d’une technique spéciale, celle-ci est parfaitement au point, plusieurs maisons françaises sont actuellement en mesure de l’appliquer. Vous aurez tous renseignements sur cette question en vous adressant au Centre d’informations du Nickel, 7, boulevard Haussmann, Paris (9e).
- M. Lamy, à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher). — Le tungstène peut effectivement être substitué au platine dans l’équipement de votre petit four.
- Les conditions seront à peu près les mêmes quant aux diamètres et longueurs de fils, mais on ne peut d’avance lis calculer avec certitude pour une température donnée à réaliser, à cause de la perte de chaleur par rayonnement propre à chaque appareillage et de la circulation de l’air qui l’entoure, dépendant de sa situation.
- Vous pourrez vous procurer du tungstène dans les maisons suivantes Marret et Bonin, 220, rué Saint-Martin ; Polack, S, rue Cail, à Paris (10e).
- M. le D1’ Dubois, à Paris. — Le produit vendu pour le nettoyage des verres de lunettes et qui, en même temps, empêche la formation de buée par temps froid, a la composition suivante :
- Glycérine blanche.................. 30 gr
- Alcool dénaturé à 95°.............. 1.000 cm3
- La glycérine très hygrométrique sert d’agent de liaison entre les gouttelettes d’eau isolées, en provoque la réunion de sorte que la surface humide devient continue, donc transparente.
- N. B. — L’eaii de Cologne à haut degré peut évidemment être substituée à. l’alcool dénaturé si on désire une odeur plus agréable.
- , Laval. — Imprimerie Barnéoup. — 1-2-1939 — Published in France.
- Le Gérant : G. Masson.
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- N° 3043
- LA NATURE
- 15 Février 1939
- LE « CARIMARÉ » STATION MÉTÉOROLOGIQUE FLOTTANTE SUR L'OCÉAN ATLANTIQUE
- Ancien paquebot mixte, spécialement aménagé et équipé par l’Office National Météorologique (O. N. M.) en collaboration avec la Compagnie « Air-France Transatlantique », le « Carimaré » est une station météorologique flottante (fig. i) chargée d’explorer au cours de deux campagnes annuelles de 3 mois chacune, l’atmosphère de l’Atlantique nord, en vue d’assurer la
- ques autres, provoqués par la grande vitesse de propagation des divers hydrométéores (brouillard, pluie,, neige ou grêle) l’aviateur transocéanien doit posséder une documentation non seulement renouvelée sans cesse mais s’étendant aux principales couches atmosphériques qu’il doit rencontrer dans son voyage. 11 demande, en outre, aux météorologistes de lui fournir
- Fig. 1. — Le « Carimaré », observatoire météorologique flottant de l’O. N. M.
- sécurité des avions commerciaux, qui ne tarderont sans doute pas à franchir cet océan d’un continent à l’autre. Effectivement, on ne saurait établir un service aéronautique régulier sur un tel parcours sans organiser météorologiquement au préalable les meilleures routes à suivre par les pilotes selon les circonstances météorologiques extrêmement variables. Dans la traversée de l’Atlantique d’Europe aux États-Unis, les aéronefs survolent, d’ordinaire, une bande maritime, comprise enti'e 3o et 5o° de latitude nord et ils y rencontrent souvent des perturbations atmosphéi’iques à déplacement rapide, qui conditionnent les temps locaux.
- Par suite de ces réactions mutuelles entre les courants aériens chauds et froids, du givre peut se déposer sur les ailes d’avion. Pour éviter ce danger et quel-
- sur le temps futur, des renseignements précis et non périmés lors de leur réception à son aérodrome de départ ou au cours de ses randonnées transatlantiques.
- S’inspirant des considérations précédentes, M. Welirlé, directeur de l’O. N. M. et M. Robert Bureau, sous-directeur du même institut scientifique, ont tracé le programme de la difficile besogne que le personnel du a Carimaré » a su mener à bien. Dans sa seconde campagne (9 avril au 4 juillet ig38), ce laboratoire flottant a rempli, en particulier, avec plein succès sa mission, qui consistait à collecter des observations puis à les radiodiffuser et surtout à dresser des cartes météorologiques bi-quotidiennes dont il transmettait les éléments aux avions en vol. Il stationna durant 63 jours, du 23 avril au 24 juin 1938, en divers
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- Fig. 2. — Les mesures de sondages aériens au théodolite marin sur le pont du « Carimaré ».
- le « Carimaré » effectua de nombreux sondages aérologiques soit au moyen de théodolites spéciaux, soit à l’aide de radiosondes.
- Si à terre, les sondages au théodolite se font assez aisément, en suivant avec un seul instrument la marche d’un petit ballon libre et en considérant comme constante la vitesse ascensionnelle, — ce qui est permis parce que le frottement de l’air sur l’enveloppe compense très sensiblement l’accélération verticale du ballonnet, — le problème se complique sur mer où la plateforme fixe manque. Le lieutenant de vaisseau Tor-chet a tourné la difficulté par l’association d’un théodolite avec un sextant, les deux appareils étant munis d une suspension à la cardan destinée à annuler les oscillations de tangage et de roulis (fig. 2). D’août à novembre 1937, le « Carimaré » a procédé, de cette manière, à 220 sondages de vent par ballon pilote.
- Fig. 4. — Le poste de gonflement et de lancement des ballons-sondes.
- points entre les Bermudes et les Açores, dans les parages de 44° AV et 38°-d9° N. Grâce à son équipement radiotélégraphique, il recueillit pendant les 78 jours de son voyage 9.498 observations des navires de tous pays dont 8.014 sur les lieux de stationnement et il étudia par les moyens du bord les perfectionnements à apporter soit aux méthodes, soit aux instruments. Pour la mesure nocturne du plafond, c’est-à-dire l’appréciation de la base des nuages bas, il essaya un procédé en usage à terre et dont voici le principe. Aux deux extrémités d’une base, en l’espèce l’axe du bateau, on installe un projecteur à faisceau vertical et un viseur donnant l’angle sous lequel la tache lumineuse se trouve dessinée sur le nuage.
- D’autre part, afin d’obtenir des prévisions exactes sur la répartition, le nombre, la position et l’épaisseur des couches nuageuses, sur le vent aux différentes hauteurs atmosphériques, même au-dessus des nuages, et sur les zones où les pilotes peuvent craindre des dépôts de glace sur leurs avions,
- Fig. 3. — Schéma du fonctionnement d'une radiosonde. (B. Bras mobile relié au baromètre ; H. Bras mobile relié à l’hygromètre ; T. Bras mobile relié au thermomètre, c, capacité ; i, inductance ; l, lampe ; m, moteur ; p, plateau fixe ; r, roue dentée).
- Baromètre
- Dans sa seconde campagne (1938), il en a effectué 201 dont 5o ont dépassé 5.000 m, 20 ont atteint 10.000 m et un même environ 19.000 m. Les mesures se faisaient à 12 h et à 18 h T. M. G.
- Pour pratiquer les radiosondages en pleine mer, le « Carimaré » emploie les appareils dont on se sert à l’Observatoire de Trappes, près de Paris, depuis une dizaine d’années. Seuls le panier d’osier et le parachute ont été supprimés puisque l’instrument ne pourrait être retrouvé. L’appareillage radioélectrique permet l’audition à bord des signaux transmis, même si le ballonnet, dépassant la limite de la troposphère, entre dans la stratosphère à plus de 10 km d’altitude. Toutefois elles en diffèrent par certaines caractéristiques. Comme le note M. Robert Bureau dans un mémoire auquel nous empruntons ces détails, le dispositif radioélectrique comprend un émetteur réglé sur environ 9 m de longueur d’onde avec lampe actionnée par des piles de montage classique, système Mesny. Une antenne relie le ballon à la sonde suspendue en dessous. Les organes de mesure (capsule de Bourdon pour le
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- baromètre, lame bimétallique pour le thermomètre, cheveux pour l’hygromètre) sont logés dans un tube qui les abrite contre le rayonnement solaire et les soumet à une énergique ventilation, par suite de la vitesse ascensionnelle. Les styles de ces minuscules instruments météorologiques s’insèrent dans les trois secteurs d’un plateau, qu’un chercheur parcourt circulai-rement (fîg. 3). D’autre part, une roue dentée que des engrenages relient à ce dernier découpe l’émission en impulsions rapides, dont le nombre varie proportionnellement à l’angle parcouru par le chercheur. Ces signaux très serrés (5o environ par seconde) s'enregistrent à la réception, 10 par io, sur une bande et cessent pendant le passage du chercheur sur les bords du secteur et sur les styles de chacun des instruments météorologiques. Le décalage angulaire entre les deux contacts, ponctués à l’émission radioélectrique, fournit la valeur correspondant à l’observation.
- Pour lancer les radiosondes, le « Carimaré » a été
- Fig. o. — La salle de radiosondagc.
- A gauche, appareils de réception et d’enregistrement des signaux radio-électriques des ballons-sondes. A droite, contrôle et étalonnage des radiosondes.
- doté d’une cheminée, spécialement installée à l’arrière du navire, au-dessus d’une pièce où l’on gonfle les ballons avec de l’hydrogène contenu sous pi’ession dans des cylindres d’acier (fig. 4). Dans une salle contiguë, oïi étalonne les appareils avant leur lancement, selon la température, la pression et l’état hygrométrique régnant à ce moment au niveau de l’Océan. Dans le même laboratoire (fîg. 5), on a installé les enregistreurs des émissions hertziennes que la radiosonde lance, selon un rythme déterminé, aux divei'ses altitudes atteintes. Pendant sa deuxième campagne 1938, le paquebot exécuta, de la sorte, 82 radiosondages (4 à l’aller, 67 durant ses stationnements et 11 pendant sa traversée de retour), radiosondages que la Tour Eiffel retransmit aux intéressés. L’altitude maxima enregistrée au cours de cette croisière, fut de 21.000 m. Pendant son voyage, le « Carimaré » se tint constamment en liaison avec les stations météorologiques d’Arling-ton (Washington, États-Unis), de l’Europe et de l’Afrique du nord. Indépendamment des météorogrammes terrestres prévus au programme et provenant des stations européennes, il recevait, des radiogrammes des bateaux naviguant dans l’ouest ou au centre de l’Atlan-
- Fig. G. — Salle d’établissement des cartes et des renseignements météorologiques à bord du « Carimaré ».
- tique. En outre, du 22 mai au 17 juin 1938, il fut en liaison avec le navire océanographique allemand « Altaïr » et relaya 5i observations du navire océanographique norvégien « Armauer Hansen » 0) ; entre le 27 mai et le 24 juin, il se tint en communication avec un patrouilleur international d’icebergs, qui lui fournit 184 observations météorologiques diverses (fig. 6).
- Grâce à cette importante centralisation d’informations recueillies en plein Océan et surtout à ses propres observations, le personnel scientifique du « Carimaré » établit régulièrement de remarquables cartes météorologiques des pressions barométriques, des vitesses du vent, de l’état hygrométrique et des températures de l’air à la surface de la mer (fig. 7). Les renseignements
- 1. Ces deux navires croisaient au nord des Açores, dans le but de préparer une exploration internationale du Gulf Stream, sous l’égide de l’Union géodésique et géophysique internationale.
- Fig. 7. — Une carte des pressions et vents en surface et à 0.000 m, établie à l’aide de radiosondages.
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- transmis à Paris, joints à tous ceux provenant des stations de l’ouest de l’Europe, servirent à l'O. N. M. pour établir les premiers essais de cartes en altitudes, jusqu’à plus de i5 km, entre les Açores et les Bermudes.
- Si d’autres pays équipent des bateaux similaires se relayant aux mêmes points de stationnement, on parviendra à assurer entièrement la protection internationale de la navigation aérienne transatlantique. Alors le commandant d’un avion, disposant des cartes synoptiques établies par la station météorologique de départ et remontant aux quelques derniers jours, pourra les compléter par les informations plus récentes des observatoires flottants. Il connaîtra donc l’évolution pi'obable de l’ambiance atmosphérique dans laquelle il devra naviguer, les peidurbations actuelles qu’il aura à survoler ou qu’il s’efforcera de contour-xxer durant son voyage transatlantique et par suite il sera à même de choisir, chaque fois, le meilleur itinéraire arérien. Souvent sa détermination s’inspirera même de l’opportunisme : son aéronef devra affronter
- UNE PILE ÉLECTRIQUE
- Les fouilles effectuées en 1986 par le Dr Wilhelm Kcenig, du Muséum de Bagdad, ont amené la découverte à Khujut Rabu’a, au sud-est de Bagdad, d’un curieux appareil, dont la figure 1 donne le dessin schématique et qui ne peut guère être considéré autrement que comme une pile capable de donner un faible courant. électrique.
- C’est un vase en argile, de x 4 cm de haut et 8 cm de diamètre maximum. L’ouverture cii'culaire supérieure a un diamètre de 33 mm. A l’intérieur se trouve un cylindre constitué par une feuille de cuivre
- quelquefois les vents contraires sur certaines parties du pai-cours ou même a franchir des zones assez mauvaises. Mais les précieux avertissements d’un navire stationnaire lui permettront d'éviter les perturbations atmosphériques trop graves.
- Le <( Carimaré » vient de rentrer, en novembre dernier, de sa troisième campagne accomplie sous les 'ordres du commandant Beilvaire, assisté du commandant en second Arnold. Son état-major comprenait deux officiers météos, MM. Dai'ondeau et Boulanger, l’officier radiotélégraphiste Robert, huit météorologistes.
- Comme souvent, la France est à la tête du progrès scientifique dans le domaine de l’air, mais elle ne saurait accomplir seule une œuvre internationale qui exige de nombreux concours. Nous souhaitons donc que d’autres nations viennent joindre leurs efforts à ceux des savants et des marins qui, depuis deux ans, font une œuvre si utile sur cet original observatoire flottant, pendant ses croisièi'es, au centre de l’Atlantique.
- Jacques Boyer.
- DATANT DE 2000 ANS ?
- très pur, de 10 cm de haut et 26 mm de diamètre. La base du cylindre est fermée par une feuille de cuivre de môme épaisseur. La surface intérieure du cylindre et sa base étaient primitivement recouvertes d’une couche d’asphalte de 3 mm d’épaisseur. Un bouchon épais de même matière ferme le cylindi'e et est traversé par un morceau de fer cylindrique, de 75 mm de long, qui initialement devait avoir 1 cm de diamètre.
- Un tel assemblage constitue bien une pile primitive, -mais on peut hésiter à formuler cette conclusion, puisque l’appareil fut trouvé au milieu de poteries et de pièces remontant à 25o ans avant l’ère chrétienne. C’est cependant la seule hypothèse plausible et sa probabilité augmente du fait que 4 autres de ces appareils, en moins bon état de conservation il est vrai, ont été découverts aux environs de Tel-Ourar et que d’autres ont été trouvés par Kühuel à Ctesiphon, près de Bagdad, remontant à la dynastie des Sassanides (224 à 651 de notre ère). Willy Le y.
- Fig. l.
- Asphalte
- Cuivre
- = CALCULS BILIAIRES. VITAMINES. HORMONES =
- La chimie offre parfois l’exemple de singuliers retoui's, et révèle des parentés a priori inattendues. Certaines substances, par l’importance des problèmes qu’elles permettent de résoudre, et aussi de ceux qu’elles posent, acquièrent un relief tout particulier : tel est le cas du constituant principal des calculs biliaires, le cholestérol.
- CALCULS BÎLIAIRES ET CHOLESTÉROL
- Certains troubles de l’organisme s’accompagnent de l’accumulation dans un organe, la vésicule biliaire, ou
- dans ses canaux afférents, de concrétions plus ou moins volumineuses ; ces conci'étions affectent généralement la forme et la grosseur d’un petit caillou, d’où leur nom de « calculs )> (fig. 1).
- La présence de tels amas n’est pas sans provoquer de douloureux malaises qui, dans le cas du système biliaire, constituent les coliques hépatiques.
- En 1769, Poulletier de la Salle, portant son attention sur la constitution des calculs biliaires, s’aperçut qu’ils sont formés principalement d’une substance blanche, plus ou moins souillée de produits colorés provenant de la bile. Il se méprit d’ailleurs sur la
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- nature de ce corps, le confondant avec le spermaceii ou blanc de baleine, opinion qui prévalut longtemps. Bien plus tard néanmoins, en 1818, Chevreul découvrit qu’en réalité les calculs biliaires sont constitués non pas de spermaceti, substance saponifiable par les alcalis, mais d’un produit différent jusqu’alors inconnu et insaponifiable, qu’il appela « cholestérine » (du grec cholé : bile) C) (fig- 2).
- 11 faut attendre Berthelot pour acquérir de nouvelles
- précisions sur la structure du cholestérol ; en effet, en 1869, cent ans après l’observation de Poulletier de la Salle, Berthelot met en évidence l’un des princi-p a u x caractères chimiques du cholestérol : sa propriété de réagir avec les acides à la manière d’une base, en donnant naissance à des éthers-sels (esters) : par exem-p 1 e cholestérol + acide acétique acétate de cho-lestéryle + HOH. Ce qui conduit à lui attribuer, par analogie avec les alcools déjà connus, la fonction alcool (— OH) :
- Fig. 1. — Calculs biliaires humains. Constitués à peu près exclusivement de cholestérol, ils se présentent tantôt sous forme de concrétions à paroi lisse, tantôt sous forme d’agglomérats recouverts de nodosités.
- O
- O
- [Cholestéryle] H
- OH + H
- OC - R^rRCO [cholestéryle] + HOH
- Une dizaine d’années plus tard (en 1878), Wisliceus et Moldenhauser établissent qu’en outre le cholestérol est capable de fixer du brome par simple réaction d’addition, ce qui décèle une double liaison non saturée entre deux atomes de carbone : C> C = C <).
- Enfui, Reinilzer, en 1888, établit la composition centésimale du,cholestérol et lui attribue la formule C27H460, confirmée par les recherches ultérieures d’autres chimistes.
- Entre temps d’ailleurs, l’importance physiologique du cholestérol s’affirme à différentes reprises. Il entre pour une part importante dans la constitution des nerfs et du cerveau. Il existe dans la bile, associé aux acides biliaires ; dans le sang, où avec d’autres substances il forme la surface des hématies ; oh le trouve dans les graisses pulmonaires, où, selon Kling, il joue un rôle fondamental dans les échanges, grâce à ses
- 1. Par la suite, et conformément à la nomenclature moderne, nous dirons cholestérol.
- Fig. 2. •— Cristaux de cholestérol, dans l’éther (à gauche et au centre), et dans l’alcool.
- propriétés émulsionnantes. Il existe aussi dans les œufs, l’huile de ver à soie, la lanoline, etc...
- La constitution de l’édifice moléculaire du cholestérol fut d’une élude difficile et posa de nombreux problèmes, presqu’exclusivement résolus par la méthode purement chimique de dégradation progressive en constituants plus simples. Les noms de nombreux chercheurs s’y attachent : Abderhalden, Diels, King, Rosenheim, Wieland, Windaus, etc...
- Finalement, l’étude chimique du cholestérol et des acides biliaires voisins, et l’étude rœntgenographique faite par Bernai, conduisirent Wieland à proposer la formule développée ci-dessous :
- adoptée, à l’heure actuelle, par les biochimistes du monde entier et symbolisée dans une écriture plus simple par le schéma cholanique :
- Dans cette notation, chaque trait 12 17
- schématise une liaison de valence entre deux atonies, chaque angle ou chaque extrémité non figurée représente un atome de
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- Ergastérol et 7- déhydra cholestérol Vitamine 02 Cho!esta/Jiène Cholestérol
- 4000 A
- Longueurs d’onde
- Fig. 3. — Courbes d’absorption de quelques dérivés des stéro-liques : les maxima correspondent aux radiations fortement absorbées.
- carbone létravalent, les valences saturées par des atomes d’hydrogène et ces atomes ne sont qu’exception-nellement représentés.
- CHOLESTÉROL ET VITAMINE D (>)
- Dès 19x2, l’effet de la cai'ence solaire sur le développement du rachitisme spontané ou provoqué (1 2) attii'a l’attention sur le rôle possible du rayonnement dans son traitement. Huldschinsky, en 1919, et d’autres
- 1. Nous nous proposons dans ce qui suit de montrer qu’une étroite parenté unit le cholestérol à certaines vitamines et hormones ; dans un article ultérieur, nous examinerons un autre aspect de la chimie du cholestérol, et plus généralement de la chimie des molécules à noyaux condensés.
- 2. La comparaison entre les régimes naturels et certains régimes rachitigènes a montré le rdle important joué dans l’alimentation par une substance antirachitigène très active : la vitamine 11.
- Fig. 4. — Transformation de l’ergostérol en vitamine Ds par le noyau B, qui s’ouvre en 9-10.
- Ergostèrol
- Vitamine D,
- Irradiation U.V
- Ergostèrol 1 / Calcifèrol 1 3*~/sopyroca/ciféno/
- .1 / lumistérol Tachysterol ro Tox/slerol 1 . Pyrocalciférol
- (ouverture de B* ( toxique*
- T Suprastérol
- (maciif)
- Fig. 5. — Schéma des transformations de l’ergostérol sous l’action des radiations ultra-violettes et du chauffage.
- ensuite constatèrent que l’irradiation ultra-violette, non seulement des malades, mais encore de leurs aliments, exerce une action antirachitique efficace. Sur quoi porte l’action pliotochimique ? C’est ce que les chercheurs s’efforcèrent dès lors’ d’établir. Il apparut bientôt que le facteur « provitaminique » doit êti'e recherché dans le groupe des stérols ; d’une part, en effet, l’activité antirachitique de substances particulièrement efficaces, telles que l’huile de foie de morue, se concentre dans 1 insaporiifiable de ces huiles ; d’autre part, sous l’action de la lumière ultra-violette, les stérols acquièrent des propriétés antirachitiques. Or, parmi les stérols, l’un d’eux, l’ergostérol, se trouve presque toujours présent à côté du cholestérol. En 1927, guidé par l’étude des spectres d’absorption dans l’ultra-violet (fig. 3) de différentes substances apparentées au cholestérol, et de l’ergostérol, Heilbron suggéra que la vitamine D est l’un des produits de transformation photochimique de l’ergostérol ; au contraire, le cholestérol soigneusement purifié est dénué d’activité provitaminique. Effectivement, parmi les produits d’irradiation de l’ergostérol il fut possible d’isoler d’abord une vitamine Dlt association du lumistérol inactif et de la vitamine D2, isolée ultérieurement (1932) (fig. 4)-
- Il sembla alors que le problème de la vitamine D élait résolu, mais des essais physiologiques remirent tout en question ; si la vitamine D2 est douée, vis-à-vis des Rats, de la môme activité que la vitamine naturelle, elle est par contre beaucoup moins efficace vis-à-vis des Poussiixs que le produit extrait de l’huile de foie de momie. Dans ces conditions, il paraissait peut vraisemblable qu’il y ait identité chimique entre les deux substances.
- Windaus, comparant la constitution chimique des stérols sensibles à l’action photochimiq.ue, rattacha la propriété provitaminique à la présence de doubles liaisons conjuguées dans le noyau B.
- Parlant cette fois du cholestérol, Lettré et Schenck
- Fig. 6. — Synthèse de la vitamine D3 Pans une première phase, le cholestérol est transformé en 7-déhydrocholestérol, dont le noyau B est constitué comme celui de l’ergostérol. L’action photochimique do l’U. V. provoque ensuite son ouverture.
- H0b " sJ
- Cholestérol
- Vitamine D-.
- 7 - Oèhydro - cholestérol
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- le transformèrent d’abord, après oxydation du noyau B en 7.déhydrocholestérol ; par irradiation ultra-violette cette nouvelle substance fournit entre autres produits un corps actif qui, isolé, se révéla physiologiquement et chimiquement identique à la vitamine D3 séparée de l’huile de foie de Thon par Brockmann en 1986 (fig. 6). A partir du 22- dihydro-cholestérol dans lequel subsistent seulement les doubles liaisons du noyau B, Williams et Trautmann ont également préparé une vitamine D4 cristallisée.
- STÉROLS ET HORMONES SEXUELLES
- La première constatation dans le domaine des actions hormonales est due à Berthod qui, en 1849, parvint par des greffes à atténuer l’effet de la castration sur des Coqs impubères. Brown-Sequard ensuite, en 1889, décrivit l’action physiologique des extraits testiculaires ; ce n’est qu’assez récemment que fut obtenue, par synthèse, la confirmation du mécanisme chimique de ces observations.
- FOLLICULINE ET PROGESTINE
- Les premières connaissances chimiques sur les hormones sexuelles ont été acquises dans le domaine des hormones femelles (fig. 7 à 9) ; à l’origine de ces découvertes se trouvent les observations d’Allen et Doisy qui décrivirent les modifications histologiques provoquées, dans l’appareil génital de souris ovariec-tomisées, par l’injection de liquide folliculaire, extrait des follicules de Graaf de l’épithélium ovarien (1923) ; quelques années plus tard, Zondeck et Ascheim montrèrent qu’il est possible d’isoler de l’urine de femme enceinte une substance produisant le même effet que le liquide folliculaire (propriété œstrogène, 1927). Peu après, en 1929, Doisy aux États-Unis, Bute-nandt en Allemagne, et Laqueur en Hollande, isolèrent simultanément à l’état cristallisé et parfaitement pur la substance œstrogène des urines : theelin ou folliculine ou œsirone. L’année suivante, Maman isola une deuxième hormone, theelol ou hydrate de folliculine. ou œstriol. La découverte par Zondeck d’abondantes éjections hormonales dans l’urine des juments gravides permit d’extraire, en quantités suffisantes pour l’étude chimique, la folliculine, ainsi que de nouvelles hormones : Yéquilénine et Véquiline (Girard et San-dulesco). Dès 'l’origine des recherches, il apparut, grâce aux examens rœntgenographiques effectués par Bernai et Crcnvfoot, que toutes ces hormones se rattachent au groupe des stérols. Ceci se trouva bientôt confirmé par la dégradation de la molécule, qui conduit à attribuer à la folliculine la formule suivanle :
- Folliculine
- 0 0
- Equrl i ne
- Equi/énine
- La différence essentielle avec le noyau des stérols réside en ce que le cycle A possède trois doubles liaisons, comme le prouve le caractère acide de l’oxhy-drile correspondant à la fonction alcool des stérols (caractère phénolique). D’autre part, le radical 10-mé-thvle a disparu.
- L’équilénine et l’équiline se distinguent de. la folliculine par l’existence de doubles liaisons supplémentaires correspondant à un état d’oxydation plus poussée. La première en particulier contient un noyau
- Fig. 7, 8 et 9. — Féminisation progressive du plumage d’un chapon sous l’influence d’injections d’hormones femelles.
- Le plumage du chapon normal (Brown Leghorn) est brun, tandis que celui de la poule est clair. Sous l’action des hormones femelles, le plumage caractéristique du mâle est modifié : la modification, qui se traduit par l'apparition d’une zone claire, est d’autant plus étendue que l’action est plus prolongée.
- Fig. !.. — Effet de quantités croissantes d’œstradiol :
- 100 y, 250 y, 1 mgr, 4 mgr.
- Fig. 8. — Effet de quantités croissantes de la même hormone, introduite sous forme de monobenzoate.
- 50 y, 100 7, 250 y, 1 mgr, 4 mgr.
- Fig. 9. — Comparaison de Vefficacité de différentes substances : a) 1 mgr d’œslrone sous forme d’acétate ; b) 1 mgr d’œstradiol sous forme de benzoate ; c) 1 mgr d’œstradiol sous forme de 3-benzoate-17-acétate.
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- Ergostèra/ perte du W-mêlhyle Ærniw?n.«,„>w/ perte deZmoJêcul^ Dêhydronêoergostérol---v
- CEstrone
- TètrB.hydrodêhydronèoergostèroh
- du noyau B
- Fig. 10. — Synthèse de la folliculine.
- Par élimination du radical 10-ni éthyle et de l’atome d’hydro-gène-9, s’unissant pour donner une molécule de méthane CH4, il apparaît une troisième double liaison dans le noyau B ; par déshydrogénation catalytique, il se forme un noyau naphtol ; par une hydrogénation partielle portant sur le cycle B, le noyau de l’œstrone prend naissance. L’hormone s’obtient finalement par « coupure oxydante » de la chaîne latérale fixée sur le carbone 13.
- naphtol. Il est intéressant de noter que l’activité œstrogène décroît quand le nombre des doubles liaisons s’accroît.
- La connaissance de la formule de l’œstrone a permis la synthèse de celle-ci ; en la comparant à l’ergostérol, on voit que la suppression de la chaîne latérale en i3 et du radical io-méthyle conduit au squelette de l’œs-trone. Le cycle des transformations est représenté figure io.
- Notons que la présence d’hormone folliculaire fut signalée bientôt non seulement dans le règne animal, mais encore dans le règne végétal (extraits de certaines fleurs, noyaux de palmes) et même dans le règne minéral (roches bitumineuses) ; de même l’hydrate de folliculine existe dans les chatons femelles du saule.
- Si la folliculine est la première hormone œstrogène connue, elle n’est pas cependant la véritable hormone folliculaire, mais seulement sa forme d’excrétion. La véritable hormone de la glande folliculaire est la dihydro-œstrone, six fois plus active, isolée en 1935 par Mac Corquodale et Doisy (œstradiol) (fig. 11).
- HORMONES DU CORPS JAUNE
- Il est un autre groupe important d’hormones femelles, celles du corpus luteum de l’ovaire, dont le rôle est de fixer sur la muqueuse utérine l’œuf fécondé. Ln 1929, Corner Allen en isola sous le nom de progestine un corps qui fut préparé à l’état de grande pureté en 1934, par Butenandt. Antérieurement, en
- Fig. 11. — Dihydrofolliculine.
- Dihydrofolficuf/ne
- Progestérone
- Prégnandiol
- Fig. 12. — L’enlèvement, par oxydation, de 3 molécules d’hy-clrogène, transforme le prégnandiol en progestérone : à la place de chaque fonction alcool ( y COH) apparaît une fonction cétone (= C = 0) moins saturée, et le cycle A acquiert une double liaison (= C = C =).
- 1930, ce savant avait séparé des urines un produit physiologiquement inactif : le Prégnandiol, et déterminé sa constitution. Il lui parut raisonnable de considérer le prégnandiol comme une forme d’excrétion de la progestine et de rattacher la structure de cette hormone à celle du produit précédemment étudié, hypothèse parfaitement justifiée, puisqu’il parvint à préparer la progestine (progestérine) par oxydation convenable du prégnandiol (fig. 12).
- Généralement isolée de l’ovaire de Truie, la progestérone (progestine) peut être aussi préparée par synthèse partielle. La matière première est alors, soit un stérol extrait du soja, le stigmastérol dont la constitution est connue grâce aux travaux de Fernholz (1933), soit le cholestérol. Dans l’un et l’autre cas, le stérol est transformé par dégradation en un acide (hydroxy-3 bis non-cholénique) qu’une oxydation transforme en progestérone (fig. i3).
- Fig. 13. — Stigmastérol et cholestérol, par oxydation, donnent un produit intermédiaire facile à transformer en progestérone.
- Acide hydroxy - 3 bisnor • cholérique
- Cholestérol
- Progestérone
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- ANDROSTÉRONE ET TESTOSTÉRONE
- La connaissance des hormones sexuelles mâles est plus récente. C’est encore Butenandt qui, en ig3i,
- sépara de l’urine d’homme une substance, Yandrosté-vone, capable de provoquer l’accroissement de la crête des chapons auxquels on l’injecte (caractère sexuel secondaire) (fig. i4)-
- Butenandt, par analogie avec la folliculine, propose encore une formule chola-nique ; mais ici tous les noyaux sont saturés. La synthèse pourra donc se faire à partir de stérols déjà saturés ; il suffira de les amputer de leur chaîne latérale en i3. Ruzicka la réalise non à partir du di-hydrocholestérol (obtenu par hydrogénation du cholestérol), mais à partir de 1’épi-dihy drocholes l érol (fig. i5), isomère dans lequel la fonction alcool occupe la position a épimé-rique » (fig. 16).
- Mais, comme celle des extraits ovariens, l’étude des extraits testiculaires montre que les produits glandulaires sont beaucoup plus actifs que les extraits urinaires. Une nouvelle hormone fut isolée, la testostérone, de constitution voisine de celle de l’androslérone : Yandrostérol-17-one-3 (fig. 17).
- Cette hormone, très active, est assez fragile ; son effet est considérablement accru par un certain prin-
- Fig. 14. — Comme l’aspect du plumage, celui, de la crête du coq constitue un indice accompagnant l’apparition d,es caractères sexuels mâles. Il est possible par injection cl'hormone mâle d’en activer considérablement la croissance : cela permet de mesurer l’activité hormonique des produits étudiés. Par badigeonnage, dès la naissance, de Vemplacement de la crête, on a pu obtenir chez de jeunes poussins de sexe quelconque des crêtes de l’ordre de grandeur de celles clés jeunes coqs pubères (700 mm2), qui normalement n’apparaissent qu’a-près plusieurs mois chez les coqs.
- Fig. la. — Transjormation du cholestérol en androslérone.
- findrosièrane.
- Epidihydrocholesiérol
- Cholesièrol
- cipe activateur X, peut-être l’acide palmitique présent dans les glandes.
- Moins fragile est Yandrostérol-3-one-17 ou déhv-dro-androstérone, isolée en 1934 par Butenandt et préparée par Ruzicka.
- La synthèse de ces hormones a pu être réalisée à partir de différentes matières premières, en particulier 1 e cinchol d u quinquina et l’acide hydroxy-3-allocholanique.
- LA CORTICO-STÉRONE
- La présence d’une autre hormone dans la couche corticale des capsules surrénales, affirmée dès 1929 par RogOAv et
- ho'"
- Epi dihydrocho/estéro/
- Dihydrochalesférol
- Fig. 16. — Epimérie des dihydro-cholestérols.
- lyn réalité, l’édifice moléculaire est Mli dans l’espace. Chaque atome de carbone possède 4 valences égales, dirigées dans l’espace de façon à former 4 angles égaux (hypothèse de la structure tétraédrique). Si % des 4 valences se trouvent dans un certain plan, les autres sont disposées l’une au-dessus (trait plein), l’autre au-dessoiis (trait pointillé) de ce plan. Lorsqu’un assemblage d’atomes est rigide, tel le cycle A, il n’est pas indifférent que les substitutions s’effectuent sur l’une ou l’autre direction de valence. Ainsi dans le diliydrocholestérol, l’atome H fixé sur le C-5 est en dessous du plan de la figure, le radical 3-0II étant au-dessus ; au contraire, dans l’épidérivé, l’un et Eautre sont situés d’un même côté du plan de figure.
- Testostérone
- Androsténo! - 3-one-17
- Fig. 17. — Les hormones sexuelles mâles.
- Steward, a été confirmée récemment, grâce à l’isolement de la corticostérone par Reichstein et ses collaborateurs, en 1936. D’après Mason, sa constitution est représentée par la formule suivanle (fig. 18) :
- Fig. 18. Corticostérone et désoxy-corticostcronc.
- 21- 0’xyprogestérone
- Coriicosiêrane
- désoxycorticostérone
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- 21- oxyprogestérone ou
- dêsox y corticostérone
- Fig. 19. — Transformation du sligmaslérol en 2i-oxy-progestérone.
- La 21-oxyprogestérone n’en différerait que par l’absence du 4e atome d’oxygène. Elle pourrait être considérée comme « désoxy » corticostérone, et serait douée par suite de propriétés analogues. Il est remarquable que son activité corticale est effectivement voisine (x /3) de celle de la corticostérone, ainsi que le prouvent des expériences effectuées sur le produit synthétique, préparé en 1937 à partir du stigmastérol (fig. 19) de Steiger et Reichslein).
- La corticostérone est absolument indispensable à la vie puisque l’ablation des capsules surrénales entraîne automatiquement la mort, à moins que l’on n’y remédie par des injections de cette hormone. Il semble que son rôle soit multiple ; d’après de nombreuses observations, dont celles du Dr Gomez en France, les extraits corticaux agissent en effet sur la tension artérielle (action hypotensive), sur l’urée et sur le métabolisme hydrocarboné, ainsi que sur le comportement sexuel.
- Les liens structuraux qui rattachent la corticostérone aux hormones sexuelles expliquent cette dernière propriété.
- Il est intéressant à ce sujet de noter la présence, à côté de la corticostérone, d’une adrénostérone à activité hormonique mâle (i/5 de l’androstérone), signalée par Reichstein et qui, d’après Mason, prendrait naissance à partir de la corticostérone par enlèvement de la chaîne latérale (fïg. 20). Enfin, il y a quelques mois, Reall et Reichstein ont isolé dans les extraits corticaux de la progestérone et de l’alloprégnanolone.
- CONCLUSION
- Fig. 20 — Adrénostérone.
- Dix ans à peine ont suffi pour nous apporter une connaissance de plus en plus précise de différentes substances nécessaires à la vie, non seulement de
- l’individu, mais encore de l’espèce, apparentées âu cholestérol (fig. 21).
- Néanmoins, malgré l’énorme travail expérimental accumulé en ces quelques années, — n’a-t-on pas en un an étudié près de 5oo corps nouveaux dans la seule série du cholane ? —,
- bien des problèmes restent encore à résoudre, qui débordent d’ailleurs le cadre de la chimie pui'e.
- Par quels mécanismes des substances si compliquées, que nous ne savons transformer au laboratoire qu a l’aide d’agents puissants et destructeurs : chaleur, réactifs acides, oxydants, etc..., prennent-elles naissance dans l’organisme où les moyens mis en œuvre par la nature se signalent au contraire par leur extrême douceur : température constante et quasi neutralité du milieu réactionnel P
- Pourquoi, parmi ces substances, certaines d’entre elles, les vitamines, sont-elles empruntées au monde
- Oxydation du
- Vitamine D.
- Coupure
- Coupure , Acides oxydante biliaires
- Oêhydroisoandrostérone
- Progesféron es
- (Androsfènedione )
- Androstèrone
- Testostérone
- (Prègnandiol )
- Oestrone
- Oestriol
- Oestradiol
- Hormones
- folliculaires
- Equiline
- Fig. 21. — Relations entre les diverses substances apparentées au cholestérol.
- extérieur et ne peuvent être procurées que par les aliments quand d’autres, non moins essentielles et spécifiques, actives à des doses infinitésimales, les hormones, peuvent prendre naissance dans l’organisme (glandes endocrines) P
- Sans doute peut-on admettre pour ces dernières une transformation de substances reçues de l’extérieur ; mais ainsi tout au plus aurons-nous déplacé le problème pour nous heurter finalement à celui-ci : par quel processus des édifices atomiques extrêmement compliqués s’élaborent-ils dans ce merveilleux laboratoire qu’est la cellule vivante P
- Si l’on en revient constamment à confesser son ignorance dès qu’on examine des phénomènes vitaux, cependant on peut constater avec fierté l’énorme progrès accompli dans la connaissance chimique des composés du groupe du cholestérol et s’en réjouir puisqu’il donne de nouvelles armes thérapeutiques pour remédier aux déficiences et aux troubles des glandes à sécrétion interne.
- Rodolphe Viallard.
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- L'ARPENTAGE DU MONDE SIDÉRAL
- Fig. 2. — Une partie de la Nébuleuse d’Andromède.
- Au milieu du nuage formé par la masse des millions d’étoiles, on distingue quelques objets individuels : des amas d’étoiles, par exemple (amas ouvert, globulaire ou nuage d’étoiles), ainsi qu’une céphéide à son maximum d’éelat. Sa magnitude apparente est voisine de 19 et sa période de
- 18 jours.
- II y avait, en ig38, un anniversaire que les astronomes ont oublié de célébrer : le centenaire de la première mesure des distances stellaires. C’est en i838, en effet, que le Russe William Struve et l’Allemand Bessel obtinrent, pour la première fois, des parallaxes d’étoiles. Cela n’avait pas été sans mal, et, bien avant eux, Tycho-Brahé, Cassini et W. Herschel s’étaient évei’tués sur cette difficile question. Il y avait quelque temps que la distance du Soleil était connue avec une honorable précision, mais, quand on avait prétendu s’attaquer à celle des étoiles, tous les moyens connus avaient échoué. En théorie, cependant, la chose était simple :
- — Soient TT' le diamètre de l’orbite terrestre, disaient certains, S le Soleil et E une
- étoile (fig. i). Sa parallaxe c’est l’angle TES.
- T et T' sont des positions du globe à 6 mois d’intervalle. Au cours de l’année, l’étoile doit donc nous paraître décrire, sur le fond immobile des étoiles lointaines, une petite ellipse, d’autant plus petite que l’étoile est plus éloignée.
- — Sans doute, triomphaient les autres, mais nous n’avons jamais remarqué le moindre déplacement d’une étoile. Cela prouve, entre parenthèses, que la Terre ne bouge pas et que le système de Copeimic est faux.
- Nous savons maintenant que ces derniers avaient tort, que les étoiles décrivent bien, en un an, une
- petite ellipse apparente, et aussi que si l’on eut tant de mal à évaluer les parallaxes stellaires, c’est parce que le déplacement pa-rallactique est extraordinairement minuscule. Pour 1 étoile la plus rapprochée, l’angle
- TET' vaut à peine i"78 ! Imaginons que la distance TT' soit représentée par une base de a m tracée à Paris. Eh bien ! L’étoile E est placée à 23o km, aux environs de Château-roux. Comme la
- parallaxe TES se déduit de la me-
- sure des angles T et T', on conçoit que la moindre erreur sur cette mesure influe considérablement sur la parallaxe. Que l’on se trompe de o",oi,
- Fig. 3. — La relation période-luminosité des Céphéides. Connaissant la période d’une céphéide, la courbe permet d’en déduire immédiatement sa magnitude moyenne.
- 10 20 30 60 100
- Périodes enJours
- Fig. 1. — Parallaxe et distance des étoiles.
- La parallaxe d’une étoile est^ l’angle sous lequel on voit, de l’étoile, le demi-diamètre de l’orbite terrestre.
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- Fig. 4. — L’amas de nébuleuses de la Couronne Bor Cet amas est à 125 millions fl’années-lumière, et sa nébuleuse lante est de seizième magnitude apparente.
- L’image qui nous arrive aujourd Lui de.... est partie... sous le règne
- Antarès. en 1577 de Henri III
- Deneb, du Cygne en 1280 de Philippe le Bel
- L’amas globulaire
- d’Hercule .... il y a 34 000 ans ?
- La Nébuleuse d’An-
- dromède .... il y a 700 000 ans du Pithécanthrope (?)
- L’amas de la Vier- il y a 7 millions du Dinothérium (ère
- ge • d’années tertiaire)
- La Nébuleuse X. . il y a 100 millions d’années du Diplodocus (ère secondaire)
- La Nébuleuse Y. . il y a 500 millions d’années des Trilobiles (ère primaire)
- Comme TES est très petit et que sin T est
- maximum quand l’angle T est droit, on a, en
- fin de compte :
- , .. distance Terre-Soleil
- distance etoile = --------n--------
- parallaxe
- Le moyen le plus évident pour mesurer la
- parallaxe TES, c’est naturellement d’observer la petite ellipse décrite en un an par l’étoile. La parallaxe, c’est le demi grand axe de cette ellipse. Struve avait opéré ainsi en i838 sur Vega et Bessel sur la 6ie du Cygne. Ils avaient trouvé respectivement o ",262 et o;/,348 (1). Aujourd’hui, c’est par la photographie que l’on travaille. Le principe consiste à photographier, à 6 mois d’intervalle, la région céleste entourant l’étoile. Sur les deux plaques, celle-ci semble légèrement décalée par rapport aux étoiles lointaines. Ce décalage n’est d’ailleurs pas bien grand : sur les clichés obtenus à la lunette de 66 cm de l’Observatoire américain de Mac Cormick, qui a une sorte de monopole en ce genre de recherches, une parallaxe de o^oi correspond à un décalage de 1/2.000 de mm !
- On comprend que l’efficacité du procédé soit fort limitée. En fait, il ne permet guère d’aborder les parallaxes plus petites que o^oi, ce qui en borne l’emploi au voisinage immédiat du Soleil — 000 à 4oo années-lumière. Par exemple, à une échelle xo fois plus petite que tout à l’heui'e (distance Tei’re-Soleil = 10 cm), l’étoile la plus proche, Wolf 424, sex'ait à 23 km, près de Monllhéry, et l’extrême frontière de l’arpentage trigonométrique serait marquée par Antarès (362 années-lumière) à 2.3oo km, c’est-à-dire aux environs de Constantinople.
- Ce faible rayon d’action est un inconvénient très fâcheux, car les parallaxes ti’igonométriques sont les seules que l’on connaisse directement, et 'aussi les plus précises. « Toutes les parallaxes indirectes, dit l’Américain Mitchell, subsisteront ou disparaîtront, autant que la moyenne de leurs résultats concordei’a ou non avec la meilleure moyenne des parallaxes trigonomé-triques modernes ».
- ARPENTAGE DE LA BANLIEUE STELLAIRE
- éale.
- la plus bril-
- par exemple, dans la détermination de l’angle T, et la distance de tout à l’heure est altérée de près de 4 km. Or, un centième de seconde d’arc, c’est l’épaisseur d’un cheveu vu à 2 km !
- LES PARALLAXES TRIGONOMÉTRIQUES
- Le problème de la mesure des distances stellaires est donc,, avant tout, un problème technique : celui de la mesure des parallaxes. Il suffit ensuite d’écrire :
- sin TES __ sin T
- ~ST ~ ES
- Pour prolonger ce rayon d’action, les mathématiciens ont imaginé diverses méthodes. Dans l’une, on utilise le déplacement du système solaire vers l’apex, à la vitesse de 20 km/sec., soit 630.720.000 km par an. E11 attendant plusieurs années, pensa-t-on, la base est aussi longue que l’on veut et peut servir pour mesurer toutes les distances. Malheui’eusement, le déplacement parallactique de l’étoile se combine alors avec son mouvement propre ; il devient nécessaire de connaître celui-ci, et cela l'éduit singulièrement la portée du procédé.
- 1. Les valeurs actuelles sont O^/lâl et 0^,299.
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- Un autre — celui des parallaxes dynamiques — s’applique uniquement aux étoiles doubles. Gn montre que, mL et m2 étant les masses des composantes, la
- parallaxe est proportionnelle à 3~.. =. Or, m, et
- vm, + m2
- nu peuvent être calculés par la relation masse-luminosité (1), et l’on peut en déduire la parallaxe.
- Un troisième encore, applicable aux courants d’étoiles, consiste à en mesurer la vitesse en km/sec. par l’effet Doppler, puis, en même temps, la vitesse angulaire. La comparaison des deux résultats fournit la distance.
- 11 existe enfin d’autres méthodes qui permettent de déterminer, non des parallaxes individuelles, mais la parallaxe moyenne de tout un groupe d’étoiles. Nous ne nous y arrêterons pas, ces méthodes et les précédentes n’avant qu’une portée de quelques centaines d’années-lumière, ce qui est tout à fait misérable eu ég'ard aux dimensions de la Galaxie — 100.000 années-lumière de diamètre — et à celles de la sphère observable de l’univers — ooo millions d’années-lumière de rayon.
- LA LOI DES MAGNITUDES
- A partir d’ici, la parole passe au physicien, dont une méthode unique, la méthode photométrique, nous aide à plonger jusqu’aux plus lointaines nébuleuses visibles. La loi suivante en est le point de départ : l’éclat apparent d’une source lumineuse varie en raison inverse du cari'é de la distance. Ainsi, l’éclat apparent d’un bec de gaz placé à 200 m est 4 fois plus faible que celui d’un bec de gaz placé à 100 m.
- Inversement, si l’éclat apparent d’un certain bec de gaz est 9 fois plus faible que celui du bec de gaz placé à ïoo m nous avons le droit de dire que ce bec de gaz est à 3oo m.
- — A condition, fait remarquer le lecteur, que ces becs de gaz aient bien la même puissance lumineuse.
- Eh oui ! Il faut que les deux sources aient le même éclat absolu. De la comparaison de leurs éclats apparents, on peut alors tirer leur distance. Si, de deux lampes de 5oo bougies, l’une nous paraît 16 fois plus faible que l’autre, cela signifie qu’elle est 4 fois plus éloignée.
- Le même principe sert pour les étoiles. La connaissance de leur éclat apparent et de leur éclat absolu donne leur distance relative. La technique semble donc consister, au prime abord, à comparer, au photomètre, l’éclat de l’étoile étudiée et celui d’une certaine étoile, pris comme éclat-étalon. En réalité, ce n’est pas comme cela que l’on opèi’e, car l’éclat des plus petites étoiles perceptibles s’exprimerait alors par des nombres extrêmement petits et peu maniables. On convient de considérer, non pas l’éclat, mais un nombre proportionnel au logarithme de l’éclat, nombre appelé magnitude. De sorte que, si nous désignons par E„ et m0 leclat et la magnitude de l’étoile-étalon,
- :: • 109 =r-
- leclat E et la magnitude m d’une étoile quelconque sont liés par l’équation :
- c . E
- m — mQ + 2,0 log -pî—.
- L„
- Naturellement,'il faut distinguer la magnitude correspondant à l’éclat apparent — la magnitude apparente — et celle correspondant à l’éclat absolu — la magnitude absolue. La magnitude absolue m0 est définie, non pas par une étoile-étalon, mais par la magnitude qu’aurait l’étoile étudiée si elle était ramenée à la distance-standard de 32,6 années-lumière. Un exemple : a Centaure, qui est à 4 années-lumièi’e, est de i16 magnitude aparente ; s’il était à 32,6 années-lumière, il ne serait plus que de magnitude 5 — c’est sa magnitude absolue.
- Soient alors M la magnitude absolue et m la magnitude apparente d’une étoile. Sa distance d est donnée, en années-lumière, par la formule :
- log d = 0,2' (m — M) + x ,513.
- Il est donc tout à fait facile, connaissant le module de distance m — M, de calculer d. En voici quelques valeurs :
- m-M —5 -3 — 1 + 1 + 3 +5 + 7 + 9 + 11 + 3 3
- d 3,3 8,x 20,5 52,2 i3o,4 326 818 2057 5i67 12978
- Fig. B. — Deux novæ dans la Nébuleuse d’Andromède.
- La nova 108 est de magnitude apparente 17 et la nova 109 de magnitude apparente 16,7.
- 1. La Nature, 15 octobre 1938.
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- Fig. 6. — Comment on étudie les céphéides d’une nébuleuse.
- Voici un fragment de la Nébuleuse d’Andromède, sur lequel on regardera particulièrement les céphéides marquées 25, 26 et 30, dont la variation est nettement visible. La photographie de gauche a été prise au Mont Wilson, le 24 août 1925, et celle de droite le 26 novembre 1924. •
- Le problème se ramène clone finalement à la mesure de m et de M.
- Celle de m est assez aisée. Lorsqu’une étoile est photographiée, son image est un point, d’autant plus gros que l’étoile est plus brillante et que la pose est plus longue. On détermine m simplement en mesurant le diamètre de ce point. Pratiquement, on compare ce diamètre à celui d’une série de taches rondes gravées sur une plaquette de verre, et dont chacune indique une magnitude. Si l’image de l’étoile a le même diamètre que la tache étiquetée 6, cela veut dire : sixième magnitude apparente.
- Il faut ensuite chercher la magnitude absolue, et c’est là que l’affaire se complique.
- PARALLAXES SPECTROSCOPIQUES ET CÉPHÉIDES
- Supposons que toutes les étoiles soient situées à la même distance : 32,6 années-lumière. Alors, leur magnitude appareille se confond avec leur magnitude absolue, et la différence des magnitudes absolues, d’une étoile à l’autre, ne dépend plus que de l'étoile elle-même, de ses dimensions, de sa température, de l’éclat de sa couche extérieure visible. Autrement dit, la magnitude absolue est un caractère intrinsèque de l’étoile ; dépendant de sa température et de son éclat, elle doit avoir une influence sur la couleur, sur le spectre et sur ses raies. Telle est l’idée qui vint à W. S. Adams en 1916, et qui aboutit à la méthode des parallaxes spectroscopiques. Elle revient, en somme, à photographier le spectre de l’étoile, à étudier le rapport des intensités de deux raies et à en déduire la magnitude absolue.
- Elle n’est évidemment utilisable que si l’on possède
- un spectre d’assez bonne qualité. Cela limite son emploi à la 10e magnitude apparente et à des parallaxes de o^ooi, soit à des distances de 0.000 années-lumière. Au delà, les spectres deviennent illisibles, et il faut trouver autre chose pour obtenir la magnitude absolue.
- Cette (( autre chose », on la doit à Miss Leavitt, qui la découvrit en 1912.
- On connaissait déjà les céphéides, étoiles du même type que 8 Céphée, c’est-à-dire des étoiles variables, puisantes, dont leclat augmente soudainement . et diminue ensuite lentement, le cycle se répétant indéfiniment. La période, ainsi que les deux magnitudes limites, sont constantes pour une même céphéide, mais changent de l’une à l’autre. Or, Miss Leavitt fit remarquer que, si l’on dresse un graphique portant en abscisses les magnitudes absolues moyennes et en ordonnées les périodes, toutes les céphéides se rangent sur une courbe (fig. 3).
- Il est donc possible, se dit-elle, rien qu’en observant la période d’une céphéide, de savoir sa magnitude absolue, puisqu’il suffit de jeter un coup d’œil sur la courbe, préalablement étalonnée. Ainsi une période de iS heures indique-t-elle une magnitude absolue moyenne de 0,2 ; une période de 1 jour, — 0,1 ; une de 2 jours, — o,5, etc.
- Les céphéides sont des étoiles géantes très brillantes. Elles sont donc visibles de très loin, et on en observe, non seulement dans la Galaxie, mais encore dans les nébuleuses rapprochées, comme la Nébuleuse d’Andromède. La première y fut aperçue en 1923. Sa magnitude apparente est de 18,2 ; sa période est à peu près d'un mois, ce qui correspond à une magnitude absolue voisine de — 4 ; cela donne un module de distance de 22 et une distance de 900.000 années-lumières (1). Une magnitude absolue de — 4, cela signifie que si cette céphéide était à 32,6 années-lumière, elle serait aussi brillante que Vénus à son maximum d’éclat ; cependant elle apparaît de dix-huitième magnitude ! Concluons-en que les céphéides sont un maillon extrêmement précieux dans la chaîne d’arpenteur céleste, mais qu’un moment arrive où elles deviennent inutilisables : allez donc suivre les fluctuations d’un phare à éclipse de vingtième magnitude !
- L’arpentage du ciel procède ainsi pas à pas. Le premier pas est le plus précis, mais aussi le plus court : c’est le maillon trigonométrique de la chaîne, et il ne va que jusqu’à 4oo années-lumières. Le deuxième va jusqu’à 3.ooo, mais il est bien moins rigoureux. Le
- 1. D’après les mesures récentes, la distance de la Nébuleuse d’Andromède ne serait que de 700.000 années-lumière.
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- maillon des céphéides s’avance jusqu’à plus d’un million d’armées-lumière, mais il est encore plus sujet à caution. Des portées de plus en plus grandes donnent des arpentages de plus en plus grossiers. Quand l’arpenteur opère dans un rayon de quelques centaines d’années-lumière, une erreur de plusieurs dizaines d’années-lumière lui paraît inacceptable mais, quand il se sert des céphéides, une incertitude de 5o.ooo années-lumière n’est pas pour l’effrayer. Et nous allons voir que, dans le royaume des nébuleuses proprement dit, il se déclare très satisfait quand cette incertitude ne dépasse pas quelques millions d’années-lumière.
- L’ARPENTAGE PAR LES NOVAE ET LES GÉANTES BLEUES
- Rappelons les conditions du problème : pour trouver la distance, il nous faut la magnitude apparente et la magnitude absolue. La première s’obtient sans difficulté. Pour avoir la seconde, nous nous sommes adressés successivement au spectre des étoiles ordinaires et aux céphéides. Mais nous sommes arrivés à une distance telle que les céphéides, malgré leur puissance, restent invisibles. Nous devons nous mettre en quête d’astres plus brillants et dont nous puissions savoir la magnitude absolue.
- Ce seront les novae. Depuis 21 ans, on en a trouvé 120 dans la Nébuleuse d’Andromède. Elles forment un groupe très homogène, et Humason a montré, en 1982, qu’elles présentent tous les caractères des novae galactiques. Il est donc naturel de leur attribuer une magnitude absolue du même ordre. On pense que les novae extra-galactiques plafonnent à la magnitude absolue — 5,7, et qu’elles ne s’en écartent pas de plus d’une demi-magnitude. C’est en tablant sur cette valeur — 5,7 que l’on parvient à pousser un peu plus loin l’arpentage.
- Pas 1res loin, cependant : n’oublions pas qu’une nova de magnitude absolue — 5,7 et de magnitude
- apparente, 2 o , c’est-à-dire visible seulement sur les clichés obte-nus avec de grands télescopes, n’est qu’à 4 millions et demi d’années-lumière. Il ne faut guère compter non plus sur les supernovae, ces novae ex-traoi’dinaires qui, comme celle d’Andromède en 1885, atteignent parfois la magnitude absolue — i5. Celle que Zwicky découvrit
- Portée
- Fig. S. — La portée des modes de sondage céleste.
- Cette portée est figurée par des circonférences centrées sur Paris. Le sondage trigonométrique correspond à un rayon de SOO m seulement, et le sondage spectroscopique à 6 km que l’on n’a pu figurer. On n’a pas pu davantage représenter la portée du sondage par la luminosité globale des nébuleuses qui, sur le dessin, devrait aller bien au delà de la Lune !
- dans la spirale NGC ioo3, le 10 septembre 1987, avait un éclat absolu 5o millions de fois supérieur à celui du Soleil, et elle était à 6 millions d’années-lumière. « Représentant, dit Hubble, une libération soudaine d’énergie sur une échelle effrayante », les supernovae sont les plus puissants des phares célestes, mais aussi d’une excessive rareté ; une nébuleuse n’en voit guère apparaître une que tous les 5oo ans.
- Pour continuer l’arpentage, nous devons donc chercher des étoiles plus brillantes que les céphéides et que les novae. Les plus brillantes, ce sont naturellement les plus chaudes. Or, les plus chaudes, ce sont les étoiles géantes bleues, comme Véga. On les perçoit encore comme de petits points blancs lorsque les nébuleuses ne sont plus que des flocons rendus indistincts par l’éloignement. Le grand astronome américain Hubble estime leur magnitude absolue moyenne à — ê,r. Cela fait un éclat environ 48.000 fois plus grand que celui du Soleil. C’est le critère des géantes bleues que Hubble a utilisé pour étudier l’amas de nébuleuses de la Vierge. Il discerna, dans quelques spirales de cet amas, des étoiles individuelles, de magnitude apparente 20,6, auxquelles il attribua la magnitude absolue — 6,1. Cela donne un module de distance de 26,7 et une distance de 7 millions d’années-lumière.
- Ces 7 millions d’années-lumière représentent, d’ail leurs, l’ultime effort des géantes bleues. Dans les nébuleuses plus éloignées, il est définitivement impossible de discerner les étoiles individuelles, sauf, de loin en loin, une rarissime supernova. Alors, il faut recourir
- Fig. 7. — Le spectre d’une nébuleuse rapide.
- C’est celui d’une nébuleuse de l’amas du Bouvier. Le spectre est encadré par le spectre de comparaison (les séries de raies noires de chaque côté). Son manque de netteté vient de ce que le cliché original mesure 1 mm 1/2 de longueur. Les deux interruptions que l’on aperçoit vaguement dans le spectre sont les raies H et K dont le décalage, par rapport au spectre de comparaison, permet d’évaluer la vitesse de récession — ici, de 39.000 km/s.
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- à la dernière méthode : il faut se résigner à considérer chaque nébuleuse comme une simple étoile, en estimer la magnitude apparente globale, en calculer la magnitude absolue et tirer de là sa distance.
- — Mais toutes les nébuleuses n’ont pas la même magnitude absolue ?
- Bien entendu, quoique leur éclat se disperse peu autour d’un éclat moyen égal à 85 millions de fois celui du Soleil. Au reste, puisqu’il n’y a plus de repère visible à partir de là, les astronomes sont bien obligés de se rabattre sur cette façon de faire, dont l’incertitude, assure Hubble, n’est pourtant pas supérieure à i5 pour ioo. Ce savant éminent adopte la magnitude absolue moyenne— i5, et il parvient alors à sonder jusqu’à e4o millions d’années-lumière. C’est là la borne actuelle des sondages, et, si l’on est arrivé à évaluer la distance de spirales dont la magnitude apparente est 21,5 — situées à 5oo millions d’années-lumière — c’est en s’appuyant, en outre, sur la rela-
- " LA STRUCTURE
- Dans un remarquable mémoire paru dans la Revue de VIndustrie minérale, M. L. Crussard examine les données récentes sur la structure des houilles, problème extrêmement important du point de vue pratique et extrêmement complexe du point de vue chimique.
- En effet, jamais, malgré tous les efforts des chercheurs, on n’est arrivé à retirer de la houille le moindre corps chimiquement identifiable, dont on puisse dire qu’il préexistait tel quel dans la masse. De sorte que cet échec permanent conduit à penser que la houille, comme bien des corps organiques complexes, n’est peut-être pas descriptible comme mélange de molécules d’espèces chimiquement définies.
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- La perle de cette notion de molécule et d’individu chimique est d’ailleurs plus générale qu’on ne le croit ou que ne voudraient l’admettre les anciens chimistes orthodoxes.
- Par exemple, dans un cristal de chlorure de sodium, on sait que les atomes de sodium et de chlore sont disposés régulièrement aux nœuds du réseau cristallin mais qu’on ne peut, à un atome de sodium donné, associer un atome de chlore déterminé pour constituer une molécule NaCl.
- Lors de la dissolution du soufre dans divers solvants, on obtient avec le sulfure de carbone des solutions limpides du (( type moléculaire », comme celles que donne le sucre dans l’eau où les mesures physico-chimiques (cryoscopie, osmose, etc.) montrent nettement que la substance est éparpillée en molécules de sucre, en groupes irréductibles comprenant 45 atomes (C12H22011). Par contre dans le benzène le soufre donne des liquides troubles, qui décèlent l’existence de particules colloïdales constituées d’assemblages plus ou moins complexes d’atomes ; la particule dispersée au sein du liquide est une « plurimolécule » ou un agrégat de particules provenant de la masse du solide. Souvent, si les corps sont complexes, les particules dispersées sont de dimensions inégales : la dispersion est hétérogène. Comme le liquide mouille le corps qu’il a dissous, ces particules entraînent en général avec elles une enveloppe de liquide; elles s’hydratent et lorsque l’on revient au corps primitif par corn centration progressive de la solution, au lieu d’observer la
- tion dislance-vitesse, due à Hubble, et suivant laquelle la vitesse de récession d’une nébuleuse est proportionnelle à sa distance. Comme la vitesse se déduit de l’effet Doppler, on a ainsi un aperçu de la distance.
- Le télescope de 5 m, en construction, permettra de pousser l’arpentage jusqu’à un milliard d’années-lumière, en découvrant à l’observation un volume d’espace 8 fois plus grand que le volume actuel. Quels pi'océdés inventera-t-on pour mesurer ces inimaginables distances ? A’en doutons pas : « L’esprit humain n’est pas épuisé ; il cherche et il trouve encore, afin qu’il connaisse qu’il peut trouver jusques à l’infini, et que la seule paresse peut mettre des bornes à ses connaissances et à ses inventions » (1).
- Pierre Rousseau.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article sont empruntées au beau livre de E. Hubble : The realm of the Nebulae. Oxford University Press. Humphrev Milford, éditeur. Londres, :H)3G.
- DES HOUILLES ............................ :
- discontinuité brusque de la cristallisation, on constate que le liquide s’épaissit, devient semi-solide puis donne des solides mous et finalement des substances amorphes de consistance cornée ou vitreuse. Quant aux gelées, elles se distinguent par des caractères spéciaux : les particules hydratées sont assemblées en un treillis assez gros pour être parfois visible au microscope, ébauche grossière du réseau cristallin. De plus une gelée ne peut exister pour des concentrations supérieures à la concentration critique correspondant à la pleine hydratation des particules ; si on essaye de l’étendre davantage, la gelée, insoluble, subsiste à côté de l’excès de liquide qu’elle se refuse à incorporer; c’est le contraire de ce qui se passe avec les corps amorphes dont on peut indéfiniment étendre la solution.
- Enfin rappelons que lorsque les corps sont insolubles, pour déterminer leur structure, on n’a plus que la ressource de les « découper en tranches. » par des réactifs chimiques appropriés. Par exemple si on prend de la cellulose, qui est insoluble, on peut en présence d’alcalis l’hydrolyser Q) plus ou moins complètement. On obtient d’abord de la cellulose mercerisée qui est encore de la cellulose, mais ayant une consistance différente, puis des cello-dextrines, poudres blanches solubles clans l’eau, encore trop complexes pour qu’on puisse en extraire des composés définis mais qui ne sont plus de la cellulose. Ensuite l’hydrolyse plus poussée conduit à la cellobiose, sucre double bien défini, et finalement au glucose qui est donc la substance génératrice des dextrines ainsi cpie de la cellulose.
- m
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- Ces quelques notions générales étant rappelées, l’élude de la structure de la houille peut être entreprise, mais il est
- L Le schéma général de l’hydrolyse peut sc représenter par :
- ROR' + H20 -> ROH + R'OH.
- R et R' étant des groupements d’atomes. On voit que si les corps obtenus ROH, R'OII diffèrent de la substance initiale, les groupes R et R' n’ont pas été altérés : on a bien, au point de vue de la structure, réalisé un découpage.
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- plus aisé, allant du simple au complexe, de commencer par l’examen des substances asphaltiques et humiques.
- Dans les substances asphaltiques on range diverses familles de corps, naturels comme les bitumes ou fabriqués industriellement comme les poix, les brais, les produits de polymérisation de corps furaniques simples, d’oxydation des naphtènes, etc....
- Aucun de ces corps n’a une composition chimique fixe, d’où leur amorphisme foncier. On peut les ranger dans une même famille en une suite allant des huiles épaisses jusqu’aux solides cassants comme le brai sec. La plupart de ces corps sont solubles dans le benzène à l’ébullition, bien que, de la tête à la queue d’une même série la facilité de dissolution aille en décroissant. Vers la queue on trouve des substances insolubles, tels le carbone du brai et les bitumes naturels carboïdes dont l’aspect rappelle le vitrain de la houille.
- L’action de la chaleur est extrêmement intéressante : combinée avec celle du temps, l’élévation de température facilite la mise en solution.
- Pour M. Crussard, l’interprétation de ces résultats est simple : l’élévation de température, en augmentant l’intensité des mouvements browniens auxquels est soumise une particule dispersée dans le solvant, tend à disjoindre cette parlicule suivant ses fêlures naturelles, le recollement des fragments rompus étant empêché par la solvation due au liquide de mouillage.
- Si à un moment donné une partie de la masse est déjà liquide, elle joue le rôle de solvant pour le reste et de proche en proche, la dislocation thermique aidant, toute la masse finit, par se liquéfier. La fusion est donc ainsi une dislocation thermique qui provoque une dissolution par le dedans. Cette remarque est essentielle pour comprendre la fusion de la houille.
- Quant aux substances humiques se formant à l’état naturel par l’altération à l’air humide des débris végétaux que donne la masse organique de l’humus, on les rencontre dans les tourbes et les lignites et on peut en obtenir artificiellement par l’oxydation des phénols multiples ou l’action des acides concentrés sur les sucres. Elles se comportent d’une façon analogue aux asphaltes, bien qu’évidemment les solvants à utiliser soient différents : seuls les premiers produits de tète sont dispersibles dans les solvants usuels, alcool ou éther; pour les autres, le solvant spécifique est la lessive alcaline, et comme pour les corps asphaltiques, on arrive dans les corps de queue à des substances « ultra-humiques » résistant à l’action du dissolvant.
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- Nous allons maintenant examiner pour la houille les divers modes de dislocation afin d’essayer de saisir au passage des indications utiles sur la structure. C’est sur le vitrain, la partie la moins hétérogène de la houille et pon-déralcment un composant important qu’ont porté, en général les recherches ; le terme vitrain caractérise d’ailleurs un constituant sans souci de la composition chimique. Par broyage mécanique on arrive à le réduire en grains de la dimension du micron, dont les propriétés spécialement actives ne peuvent s’expliquer que si, à cet état de division, on arrive à s’affranchir de la structure cellulaire des végétaux d’origine, préexistant même dans un vitrain d’apparence macroscopique homogène. C’est de cette houille micronique (p. kohle des Allemands), qui renferme par grain 2.5 à 5o milliards d’atomes de carbone suivant qu’on suppose les grains sphériques ou cubiques, que l’on part pour
- essayer de la découper en s’arrêtant si possible à des stades bien définis.
- En la traitant par certains liquides organiques, huiles pyridiques, aniline, goudrons primaires phénoliques, on réalise une première dislocation correspondant au stade de la mercérisation dans le cas de la cellulose.
- L’action de ces liquides est nettement différente de celle des solvants ordinaires : benzène, éther, acétone, chloroforme, etc. Tandis que ces corps ne dissolvent que quelques centièmes de la matière, les liquides tels que la pyridine semblent agir comme les sucs digestifs sur les aliments, ils digèrent en quelque sorte le solide d’où le nom de liquides peptisants qu’on leur a donné par opposition aux solvants comme le benzène.
- L’étude de la partie dissoute, ou plus exactement pepti-sée, offre le plus d’intérêt, comme l’ont montré les travaux de Agde et Hubertus. L’examen microscopique à très fort grossissement (2.000 environ) a montré pour toutes les houilles une curieuse uniformité de calibre, les dimensions observées étant non pas quelconques, mais des multiples simples d’une dimension de 0,75 décimicron, correspondant à un assemblage de 10 ou 20 millions d’atomes de carbone. On a donc réalisé une fragmentation quelques milliers de fois plus petite que ce que l’on peut obtenir par le broyage mécanique.
- Le fait constaté expérimentalement que les particules ont des dimensions qui sont des multiples de 0,07 p. constituant une série bien définie 2-3-4-G-8 est très remarquable, surtout si on le compare avec les résultats obtenus par Svedberg à Upsal sur les matières protéiques soumises à l’action de l’ultra-centrifugation. La Nature a décrit l’appareil de Svedberg et quelques-unes des recherches qu’il a permis de réaliser. En particulier, Svedberg a trouvé qu’une protéine est construite à partir d’un groupement fondamental, correspondant à l’albumine pure, par échelons répartis comme les nombres i-2-3-4-5-6-i2-24-48-96-i92.
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- Les expériences de peptisation fournissent donc, comme premier élément unitaire, à partir duquel le vitrain est constitué, un groupement de l’ordre du million d’atomes de carbone. La question qui se pose immédiatement est de savoir si on ne peut arriver à découper ce groupement lui-même en unités plus petites, à réaliser une dislocation plus parfaite. C’est ce qu’a permis la décomposition thermique.
- C’est généralement vers 3oo° qu’elle débute. Elle se manifeste par le dégagement de matières volatiles, des gaz simples (CO3, II20, CH4, I42S), en quantité peu importante. En un mot, la modification de l’édifice d’atomes de carbone se réduit à l’enlèvement de quelques unités superficielles, la masse est peu altérée et garde les traits essentiels de la substance d’origine. A des températures plus élevées, 35o à 4oo°, le dégagement s’intensifie et la décomposition devient plus sérieuse : les goudrons apparaissent. La température de ce point précis où le dégagement change d’allure est le seuil thermique. Le domaine de dislocation proprement dite qui s’étend de la température de dégagement commençante au seuil thermique est de 5o. à ioo°. Il a été étudié en particulier par Pott et Broche en suivant la progression de la dislocation au moyen des diverses huiles anthracéniques.
- Ces auteurs ont trouvé des résultats généraux très importants qui les ont conduits à la mise au point d’un procédé de dissolution des houilles en vue de leur hydrogénation et de la production d’essences dans lequel le solvant est un
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- mélange de goudron phénolique et de tétraline avec parfois addition de naphtaline. Ces résultats sont les suivants : la dislocation effectuée un peu en dessous dn seuil thermique laisse un résidu indissous dont le seuil thermique est plus élevé que celui du corps de départ. D’autre part, plus le seuil thermique initial est élevé, plus son ascension après dislocation est faible. A partir de 4ao° il y a un palier à peu près général. Au-dessus, au lieu de disloquer, on craquerait en faisant des goudrons et du précoke.
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- Dans de nombreux cas, l’action ménagée de l'hydrogène sur la houille à température peu élevée donne naissance à des corps asphaltiques qui peuvent alors se dissoudre dans une huile support. C’est ce qui est réalisé industriellement dans de nombreux procédés d’hydrogénation des houilles. La dislocation doit se produire suivant la formule schématique :
- ROR' + -Æ2 = RH + R'IÎ + R20.
- L’oxygène étant un élément de suture soit dans la constitution même des particules soit dans leur assemblage peut, suivant les circonstances, être un agent de dislocation ou au
- contraire de construction de groupes lourds. Dans le premier cas, on obtient des corps de consistance humique,. solubles alors dans une lessive alcaline. On opère sous pression à des températures de l’ordre de 200°.
- Le mécanisme de la réaction paraît être l’apparition de radicaux C02H, par action sur un CH2 de liaison entre a groupes R et R' suivant le schéma
- RC112R/ + O2 = RC02H + R'II.
- Si on élève la température, on franchit un nouveau palier et on arrive, avant la démolition totale en CO2 et acide formique, à des acides très simples : oxalique, fumarique, benzoïque, etc., suivant un processus qui rappelle, dans le cas de la cellulose, la décomposition en glucose après le stade des cello-dextrines.
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- On voit donc que par des actions physiques et chimiques, il est possible de déterminer plusieurs stades bien définis dans la dislocation des houilles, rattachant ainsi leur étude à celle de la polymérisation et de la constitution des matières protéiques.
- II. Vigneron.
- RECONSTITUTION PAR LA PHOTOGRAMMÉTRIE DES MONUMENTS DISPARUS (,)
- Dans un récent article 0), on exposait ici une application intéressante de la photogrammétrie, c’est-à-dire de la méthode qui, introduisant des données métriques dans le document photographique, — ou relevant celles qui s’y trouvent naturellement, — édifie sur ces données des constructions géométriques utiles à certaines fins.
- Une autre application remarquable de cette méthode, — aussitôt après son application à la topographie qui, créée de toutes pièces par Laussedat, se confond avec sa source même, — c’est l’utilisation du document photographique pour la reconstitution des monuments disparus. Inutile d’insister sur le fait que cette utilité s’est particulièrement fait sentir chez nous après la Grande Dévastation de 1914-1918.
- Voici un monument : église, hôtel de ville, etc, — rasé, disparu de la surface du sol, et avec lui ses archives, plans de construction. On souhaite le reconstruire dans sa forme primitive, et pour cela on ne dispose que du souvenir des hommes — document bien imprécis — et d’une vieille photographie d’amateur, retrouvée par miracle.
- On conçoit bien que cette mauvaise image soit déjà d’une aide appréciable pour reconstituer la physionomie générale de l’édifice. Mais est-il possible
- * Nota. — Les figures de cet article ne sont pas les reproductions directes des épures ormnales. Le clichage de celles-ci eût été peu lisible, étant donné la réduction considérable qu’elles eussent nécessitée, ainsi que leur grande finesse. On ne trouvera donc ici que des schémas redessinés.
- I. Levers topographiques du corps humain, La Nature, 1er août 1937.
- d’aller plus loin ? Est-il possible, d’après ce document médiocre souvent, en tous cas bien fragmentaire, — une simple carte postale du commerce par exemple, — de reconstituer des documents techniques exacts, et même des plans architecturaux complets, et conformes au plan primitif ?
- Cette question a été à la fois posée et résolue par M. Deneux, architecte en chef des Monuments historiques, chargé des réfections de la Cathédrale de Reims, récemment reconsacrée. Il a élaboré, à l’occasion de ses travaux de reconstitution, une méthode exposée par lui dans un ouvrage remarquable qui en prévoit sans doute les applications les plus éloignées et les plus difficiles. On ne peut prétendre en donner ici qu’un très bref aperçu.
- La photogrammétrie (ou métrophotographie Laussedat) étant l’art de prendre des mesures au moyen de la photographie, permet de reconstruire la vraie forme d’un objet en ses diverses projections horizontales et verticales, d’après une photographie. Celle-ci peut en effet être assimilée à un dessin en perspective où l’objectif a pris la place de l’œil. La métrophotographie est donc à même, à partir d’une épreuve photographique. d’exécuter l’opération inverse de la mise en perspective d’un objet d’après ses projections géo-métrales. Et cette opération inverse est plus rapide que la mise en perspective. Elle ne fait appel qu’aux principes élémentaires de la perspective, ceux dont la connaissance est aux débuts mêmes des études d’architecture.
- C’est dire, — et par là nous osons une générali-
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- sation dont l’auteur n’a pas eu à s’occuper, — c’est dii’e que cette méthode photogrammétrique n’est pas réservée aux seuls architectes. O n sait de reste qu’elle compte d autres applications nombreuses : anthropomé-trie, constructions navales, etc. — et l’on peut en concevoir bien d’autres. Il n’en est pas moins vrai que dans chacune de ces applications, existantes ou possibles, c’est l’œil de l’homme de l’art spécialiste, — donc l’architecte e n matière d’architecture — qui saura le mieux détecter sur le document photographique les don-nées et les recoupements nécessaires pour constituer le document géométral.
- LEAU
- Fhojection sur le plan de profil
- Perspective
- gèomètrale
- Tableau \ \œ vertical \\ de profil \\
- Projection
- horizontale
- Tableau
- Fig. 1. — Relations existant entre les diverses représentations d’un objet.
- A, géométral, ou projection horizontale : B, projection verticale ; C, perspective.
- A partir d’une de ces représentations, A, B, ou C, il est possible de passer aux autres (lignes de construction pointillées). A partir d’une photo notamment, qui équivaut à une construction perspective C faite par l’objectif, on peut passer aux constructions géométrales A et B.
- PRINCIPE
- DE LA RESTITUTION PHOTOGRAPHIQUE
- Le principe, très simple, est qu’une photo représente le relevé très complet des intersections avec le (t tableau » des rayons émis par l’objet vers l’œil observateur, — ici l’objectif. Il suffît donc de déterminer, sur l’horizontale et sur la verticale, les projections de ces intersections pour déterminer leur position exacte dans la perspective (fig. i).
- Par conséquent, quand on connaît, pour une photographie la distance focale OP, — ou distance de l’œil au « tableau », — et l’emplacement du point principal P, il devient facile de tracer les projections des rayons émis par les divers points de l’espace, qui passent par les divei's points de l’image pour aboutir en O.
- Si de plus on connaît la distance réelle entre deux points de l’espace, — notamment la mesure d’un objet vertical — il sera possible d’en déduire l’échelle de
- l’image par rapport à l’objet, et de construire l’épure exacte de la institution.
- Une restitution exige donc les données suivantes :
- i° Connaissance de la ligne d’horizon HH' ;
- 2° Connaissance du point principal P ;
- 3° Connaissance de la distance focale (œil-tableau) ;
- 4° Connaissance d’une mesure de l’espace détei'mi-nant l’échelle.
- L’utilité de ces données pour les études ultérieures d’api'ès photogrammes est si appréciée maintenant que toutes les photos du Service des Monuments Historiques doivent — ou devraient — inclure la l’eproduction d’un double-mètre placé vei’ticalement dans le sujet pour donner P « échelle », et l’indication du foyer de l’objectif qui permet le tracé sous un angle exact. Mais naturellement ces enregistrements ne figurent pas sur les documents de fortune d’avant-guerre. Fort heui’eusement toute photo contient en elle-même les éléments suffisants pour retrouver aussi ces données de départ. Il n’y faut qu’un travail préliminaire qui n’a rien d’excessif.
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- Recherche de la distance focale
- Fig. 2. — Recherche de la distance focale dans le cas où l’on connaît deux angles droits horizontaux de
- directions différentes.
- Ici les angles envisagés sont les bases rectangulaires des arcs-boutants. Le prolongement de ces bases et leur convergence avec diverses parallèles établit les points de fuite F, Fi et FL Ceux-ci déterminent
- la ligne d’horizon H1F.
- L’intersection des deux circonférences F,, F. et FF' donne ensuite le point de vue O, le point principal P et enfin la distance focale cherchée OP (au format de la photo).
- la connaissance de trois points horizontaux non en ligne droite, etc.
- On voit que les plus faibles indices peuvent être utilisés, et se suppléer, ou se corroborer réciproquement dans ces vingt cas, expliqués de la façon la plus claire, et avec constructions à l’appui.
- La plupart des cas s’appuient sur une prise de la photo supposée horizontale. Mais si le « tableau » a été incliné, — ce que décèle aussitôt l’allure des verticales, —le calcul permet également d’obtenir les éléments cherchés.
- UTILISATION D’UN DOCUMENT PHOTOGRAPHIQUE QUELCONQUE
- Le premier soin de l’auteur a donc été de décrire les procédés assez simples qui permettent ces déterminations.
- La ligne d’horizon se déterminera :
- ) d’après les verticales et deux horizontales fuyantes,
- ) d’après une seule horizontale fuyante si l’on connaît les rapports des parties qui la divisent.
- Le point principal se détermine ensuite, sur la ligne d’horizon, en même temps que la distance focale, dès que l’on trouve dans l’image la représentation d’une surface horizontale carrée. Le plus souvent un tel carré n’existe que virtuellement, mais il est facile de le tracer avec les lignes horizontales fuyantes d’une base de clocher, d’une façade symétrique vue d’angle, ou d’après un rond (bassin circulaire, puits, etc.).
- Mais il existe encore une vingtaine d’autres cas où de très faibles données recueillies sur la photo permettent de trouver les éléments ci-dessus grâce à un tracé géométrique élémentaire.
- Mentionnons succinctement :
- la connaissance de deux angles droits horizontaux de directions différentes (fig. 2) ;
- la connaissance de l’ouverture de deux angles horizontaux quelconques ;
- la connaissance des mesures des deux côtés d’un angle droit horizontal ;
- LA RESTITUTION
- Le document photographique ayant été analysé de cette manière en ses éléments constitutifs, on passe à la deuxième partie du travail qui est la restitution du plan géométral.
- On sait déjà, — pour partir du cas le plus simple — que si la photo a été prise verticalement, les objets situés dans les plans de front sont traduits par des lignes semblables et parallèles à elles-mêmes. Leurs dimensions réelles sont donc fournies par leurs dimensions en photo multipliées par l’indice de réduction ou échelle.
- Ce cas simple est d’ailleurs rarement réalisé dans les photos de fortune où, plus généralement, les objets se présentent sous des angles quelconques par rapport au tableau.
- La méthode des points de fuite est le procédé général de redressement de ces positions. C’est par elle qu’on résout la plupart des petits problèmes qui se posent successivement, tels que :
- restitution d’une surface horizontale carrée ;
- restitution d’une surface horizontale polygonale ;
- restitution d’une surface irrégulière (par l’emploi des treillis perspectifs) ;
- restitution de la grandeur des angles verticaux (pignons, etc.) ;
- division d’une fuyante en lignes proportionnelle aux divisions vues en perspectives ;
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- projections horizontales et verticales de tous les points d’un plan ;
- restitution d’un parallélipipède, d’un profil de corniche, etc.
- Il n’est pas jusqu’aux ombres portées par le soleil qui ne soient utilisables pour déterminer, par la photo elle-même, la position du soleil à l’heure de l’opération, et réciproquement la perspective des ombres par rapport aux contreforts, donc la saillie de ceux-ci, et même leur profil inaccessible, car une ombre portée peut se trouver visible sur la photo, alors que le relief dont elle émane est invisible.
- Les photographies prises sous des angles divers en dehors de l’horizontale sont de même utilisables, par des constructions analogues. Ici d’ailleurs l’application de la métrophotographie à l’architecture vient rejoindre son application à la topographie. En effet, les vues aériennes sont toujours prises selon un axe d’objectif, dont l’inclinaison sur le plan est l’irrégularité même.
- La fig. 3 donne un aperçu d’une de ces restitutions.
- Telle est, d’une façon très sommaire, cette méthode qui est susceptible de donner des résultats d’une étonnante justesse. C’est ainsi qu’une église des environs de Reims ayant été reconstruite d’après une photographie d’avant-guerre, il advint, quelques années après, qu’on retrouva, dans un vieux bouquin des quais, ses
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- plans complets. Or ceux-ci n’accusèrent, avec le monument reconstruit, qu’une différence de 3 cm pour la hauteur d’un faîte situé à 26 m 4o.
- Architectes et archéologues seront donc à même de retirer de grands services de cette méthode que M. Paul Léon, directeur général des Beaux-Arts, appréciait en ces termes, où se trouve excellemment soulignée une de ses caractéristiques les plus pratiques : « Désormais un procédé d’une absolue sécurité, d’une « rigoureuse précision, épargne aux architectes de t( longs travaux, qui sont compliqués, dans les parties « hautes, par les difficultés d’accès et la pose d’écha-<( faudages... L’image pittoresque prend la valeur « d’un document. L’admirable collection des Archives « Photographiques, constituée par l’Administration « des Beaux-Arts, va permettre aux architectes de tra-<( vailler comme s’ils étaient devant les monuments « eux-mêmes. Il importe que l’expérience de M. Henri <( Deneux devienne familière aux élèves de nos Ecoles « de Beaux-Arts ».
- On insistera ici sur ce point, si bien signalé par M. Paul Léon, qu’une simple photographie prise par l’architecte, ou par un photographe à façon, de préférence en observant les données photogrammétriques très simples exposées par l’auteur, dispense l’architecte de déplacements, de relevés sur place, de montage d’échafaudage, etc.
- Fig. 3. — Reconstitution de l’Église Saint-Jacques à Reims, par M. Deneux.
- EGLISE STJACQUES à Reims
- Reconstitution du clocher , d’après une photographie \
- ;p. . i |i A |?iS»«SîSîSoS<i?:S: r!û:<ihû:o:<i>:o:oX' ft'-OCI l/Oxrt/C IpiiliM wèli§sir:o!a*i: A'/ /'rç:<jxgi$&
- Photo d'avant guerre utilisée pour la reconstitution geomètrale
- Elévation suivant AB du plan
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- Quelles sont ces données photogrammétriques à introduire dans l’opération photographique ? Il suffit presque de les énoncer pour que l’on conçoive les dispositifs très simples à ajouter, s’ils n’y sont déjà, à la chambre noire du type professionnel. Il s’agit de réaliser :
- i° Une horizontalité exacte de la prise de vue. Dans ce but la chambre sera munie d’un niveau de contrôle, et d’une tête de Died articulée. Cet accessoire bien connu, outre qu’il facilite la mise de niveau dans les terrains irréguliers, permettra l’opération dans la position verticale, quand il s’agira de photographier un sol ou un plafond.
- 2° On disposera de deux objectifs, tous deux dédou-blables, l’un à foyer normal, l’autre à très grand angle, ce qui permettra l’opération avec quatre foyers différents.
- 3° On vérifiera les distances focales de ces quatre combinaisons optiques, et l’on affectera à chacune d’elles, sur la queue de la chambre noire, une graduation millimétrique. On relèvera pour chaque opération le tirage ainsi chiffré, ce qui constitue mieux que la distance focale principale, la vraie distance du « point de vue » au « tableau ».
- 4° On fixera, sur les 4 côtés du cadre intérieur de la chambre, 4 index dont l’extrême pointe, se réservant en blanc sur le cliché, fourniront deux à deux, deux lignes, au croisement desquelles se trouvera donc l’aboutissement de l’axe optique sur le tableau, soit le point principal de celui-ci. Toutefois celà n’est vrai que si l’objectif n’a pas été décentré. En pratique on peut considérer que le décentrage horizontal ne sert jamais. Quant au décentrement vertical, au contraire très fréquent, il suffira de le graduer par une réglette millimétrique et de noter ce renseignement sur la fiche signalé tique que comporte naturellement tout cliché d’archives.
- 5° Un relevé complet d’édifice, pour l’ensemble du moins, se fera au moyen de 4 clichés, l’axe horizontal de chacun se trouvant dirigé obliquement vers un des angles de la construction, dans le sens d’une diagonale approximative.
- On tâchera de plus d’inclure dans chaque cliché l’image d’un signal indiquant l’emplacement de la
- station précédente. Ce signal peut être formé par un carré de carton blanc fixé sur un pied auxiliaire, qui viendra prendre la place du pied opérateur après chaque cliché.
- 6° Enfin on assurera la lecture directe ou indirecte de Yéchelle de la photo.
- Si l’édifice est accessible, le plus simple est de placer un double-mètre verticalement contre l’édifice.
- S’il est inaccessible on se sert des divers moyens usités en topographie pour apprécier la hauteur des édifices. Dans ce cas, le plus simple est de mesurer la base aux deux extrémités de laquelle se trouvent les deux stations consécutives de prise de vue.
- *
- * *
- Pour terminer cet exposé si sommaire, on ne saurait souhaiter de meilleure récompense à l’auteur de cette méthode que de voir se réaliser les vœux qui, pour le désintéressement d’un esprit voué au culte exclusif d’une idée, récompenseraient le travail de toute une vie. Ces vœux sont :
- i° Celui que M. Paul Léon a déjà sanctionné de son approbation : que la métrophotographie architecturale soit enseignée dans les Écoles du Gouvernement, au même titre que la perspective dont elle découle ;
- 2° Que l’on crée à Paris cet Institut de Métrophotographie déjà réclamé par Laussedat, il y a plus de 5o ans, — et qui existe à Berlin. Il aurait parmi ses attributions de compléter par des documents photogrammétriques les archives photographiques du Service des Monuments Historiques, et accentuerait la haute utilité de cette collection.
- 3° Un vœu enfin, que La Nature sera heureuse de répandre déjà parmi tout son public d’auteurs attachés aux questions d’architecture, d’archéologie ou d’art. C’est que l’on ne néglige plus, dans des documents obtenus parfois à grands frais, l’inscription des quelques renseignements photogrammétriques préconisés ici. Bien des photos qui ne sont qu’imagés pittoresques deviendraient ainsi, sans autre peine que d’y avoir pensé, des documents précieux, et directement utilisables pour un nombre insoupçonné d’applications.
- Paul Chaux.
- E LES ANCÊTRES DE L’AUTOMOBILE =
- LES VOITURES A VAPEUR DE CHARLES DIETZ
- Bien que par lettres patentes du io octobre 1644, Louis XIV ait accordé à Jean Theson, escuyer, de mettre en usage un petit carrosse mené sans chevaux et que l’Almanach Royal de l’Époque relate qu’en l’an 1748, Vaucanson a fait évoluer devant Louis XV un carrosse à ressorts d’horlogerie, Cugnot doit être regardé comme le véritable instigateur de la locomotion automobile.
- Mais les deux fardiers construits en 1769 et 1770
- avec les deniers de l’État ne furent qu’une tentative sans suite et il fallut attendre i834 pour voir circuler en France les voitures à vapeur de Charles Dietz qui, remorquant des diligences, assuraient même un service régulier de voyageurs et de marchandises.
- Jean Christian Dietz, ingénieur mécanicien allemand né à Darmstadt en 1778 avait été appelé en France par Napoléon pour la construction du Canal du Midi. Après la chute de l’Empire, il se retira à
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- Bruxelles et produisit de nombreuses inventions mécaniques. Il créa en i83o un type de voiture inversable à roues multiples et indépendantes avec un système d’attelage articulé qui permettait à toutes les voitures remorquées de passer par les mêmes points d’une courbe.
- En i832, il essaya entre Bruxelles et Anvers une voiture à vapeur dite remorqueur -avec un train de ces voitures.
- La machine à 3 roues donna d’excellents .résultats. Les deux cylindres verticaux actionnaient par chaînes les roues avec changement de vitesse par engrenages. Les roues AR étaient montées sur rochets pour faciliter les virages et la imie motrice intérieure à la courbe était automatiquement débrayée.
- D’autres machines furent construites en i835 et 1837.
- Son fils Charles Dietz, né à Emmerich en 1802 s’était établi à Paris comme constructeur de machines et de pompes et c’est de ses ateliers de la rue Marbœuf qu’il sorLit de i834 à i84i une série de voitures à vapeur.
- 11 démontrait ainsi aux Parisiens les possibilités de la locomotion mécanique, 3 ans avant 1’ouverture du chemin de fer de Saint-Germain, 5 ans avant celui de Versailles, en effectuant les mêmes trajets.
- C’est en septembre i834 que fut accompli le premier trajet de la barrière du Trône à Versailles. La seconde expérience, importante par la démonstration faite pour la première fois de la montée d’une forte côte, eut lieu le 26 septembre i854-
- La machine était munie de bandages élastiques et remorquait deux diligences portant 4o personnes dont une commission de l’Académie de l’Industrie.
- Parti du Rond-Point des Champs-Elysées à 10 h x5, le remorqueur à vapeur avec près de 10 t de charge remorquée arrivait à la grille du Parc de Saint-Germain à midi 45, arrêts compi'is. 11 repartait à
- 12 h 1.4 et revenait à son point de départ à Paris à 4 h 3g.
- Le rapporteur de la commission termine .ainsi :
- « Cette arrivée glorieuse pour M. Dietz, puisqu’un plein résultat n’avait point encore pu être obtenu en France, s’est trouvée pour les voyageurs un spectacle aussi brillant que nouveau. Rien ne peut décrire le tableau magnifique que présentait cette foule immense qui couvrait tellement la route, depuis la grille du Parc jusqu’au bas de la côte, que la voiture pouvait à peine se frayer un passage. C’était pour elle une entrée triomphale,
- c’était pour son habile constructeur la plus magnifique des récompenses....
- « ...La commission, usant de ses pleins pouvoirs, a pris la décision d’offrir à M. Dietz sur le lieu même de sa victoire une médaille d’or de grand module, médaille que tous les
- membres de la commission lui ont portée à la barre de sa voiture et lui ont fait offrir par son président ».
- Dans la suite, Charles Dietz assura un service régulier quotidien entre la place du Carrousel et Versailles. Mais la première ligne de chemin de fer était en construction, la lutte entre la route et le rail commençait et ne trouvant pas d’encouragements, il dut y renoncer.
- En 18.39, ü construisit un nouveau modèle à 8 roues dont 2 motrices. Les roues porteuses étaient montées sur pivots indépendants et commandées par des barres d’accouplement, qui leur faisait épouser exactement la courbe à décrire. La transmission se faisait par engrenages et chaînes et les roues motrices étaient montées sur cliquets.
- Fig. 2. — Le remorqueur à vapeur de Charles Dietz sur le trajet Paris-Versailles, en 1838 (D’après une gravure du temps).
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- Cette voiture accomplit plus de 70 sorties, parcourant environ 1.700 km sans la moindre réparation et ce? essais furent l’objet d’un rapport élogieux de l’Académie des sciences.
- En i84i, la machine fut transportée à Bordeaux et un service régulier fut ouvert vers Libourne. Mais à côté de sympathies, Dietz rencontra la malveillance des rouliers et la société fut dissoute malgré des pourparlers très avancés avec les Messageries Laffitte qui voyaient déjà la possibilité de motoriser les diligences.
- Après les essais d’une calèche mue par un moteur à alcool fonctionnant par le vide, Dietz abandonna complètement la locomotion automobile pour se con-
- = LE FUMIER ET LES
- Le fumier de ferme est le plus précieux des engrais, mais sa valeur fertilisante ne va pas sans salissure des cultures. Il contient des graines de mauvaises herbes gardant leur pouvoir germinatif durant des mois, malgré la température et l’humidité du milieu en fermentation qui devraient favoriser leur germination sur le tas.
- Les graines « dures », comme certains trèfles, sont seulement « attendries » dans le fumier, ce qui favorise leur germination une fois enfouies à faible profondeur dans le sol. Un fumier où domine la litière de foin donne du trèfle et d’autres herbes indésirbales dans les champs de céréales.
- En Norvège, l’agronome Émile Korsmo vient de compter la quantité de mauvaises herbes apportées dans un sol par des fumiers de chevaux recevant comme d’habitude du foin au râtelier et de la paille comme litière et aussi par des fumiers de vaches, de moutons, de chèvres, de porcs, de volailles.
- Il a observé en passant que les balayures d’un moulin renferment par kg 343.000 graines de mauvaises herbes. Il vaut donc mieux les détruire par la chaleur ou les cuire pour le bétail que les porter au fumier.
- Un tel nombre paraît énorme, mais il faut se rappeler le nombre de graines que peut donner un pied de mauvaise herbe :
- Fig. 1. — Essais de M. Korsmo sur la végétation spontanée. A gauche, sol arable ; au milieu, terre stérilisée ; à droite, sol stérilisé avec fumier frais.
- sacrer uniquement à ses fabrications de pompes et de machines à vapeur marines.
- C’est ainsi que venus trop tôt, les grands inventeurs qu’étaient les Dietz durent renoncer à leurs remarquables tentatives et malgré le nombre considérable de leurs expériences leur nom est presque inconnu en France.
- Aucune maquette de leurs véhicules n’est visible dans un musée malgré les plans qui existent et aucune rue ne porte leur nom.
- Il y a là une profonde injustice à réparer.
- M. Dietz.
- MAUVAISES HERBES =
- Stellaire : xà.ooo à 26.000 ; Chénopode blanc : 200 à 20.000 ; Spergule : 3.000 à So.ooo ; Sanve (Sinapis arvensis) : 100 à 1.200 ; Matricaire camomille : 3o.ooo à 110.000 ; Oseilles sauvages (Rumex) : 3.700 à 9.000 ; Laiteron (Sonclms) : 6.000 ; Epilobe : 20.000.
- Le quart des mauvaises graines du fumier traversent le tube digestif sans perdre complètement leur faculté germinative. Les trois autres quarts viennent de la litière ou des pertes de foin et de grain.
- Dans un kg de fumier de cheval, Korsmo a trouvé environ 5o.ooo graines encore vivantes ; chiffres du même ordre dans le même poids de fumier de vache « fait », c’est-à-dire fermenté et dans le fumier de porc, autant. Dans le fumier de chèvre, on arrive à 72.000, dans celui de mouton à 96.000, dans celui de volailles (poules) à 85.000 !
- Pour que ces graines finissent de perdre leur faculté germinative, au jardin, on les enfouit dans la . jauge de la bêche à la profondeur de o m i5 environ de sol non tassé soit o m 10 de sol tassé. Le fumier ne revient ainsi à la surface que l’année suivante et c’est autant de gagné pour la propreté du sol. Mais on ne peut opérer de même à la charrue. Le fumier se mélange alors à la terre sur toute la profondeur labourée.
- Si on les laisse croître, ces mauvaises herbes absorbent par hectare autant qu’une récolte de plantes utiles, soit 5o à 100 kg d’azote, 3o à 5o kg d’acide phos-phorique, 70 à 20 kg de potasse. Le plus gourmand est le cirse serratule (Cirsium arvense), sorte de chardon violet. Le laiteron (Sonchus) et le tussilage pas d’âne sont très avides de potasse.
- Aussi, après que le bétail est passé dans le champ enherbé, doit-on s’empresser de labourer pour enfouir les herbes avant qu’elles ne viennent à graine.
- Avant d’épandre des engrais chimiques, il faut « nettoyer » le sol, sans quoi les mauvaises herbes deviennent plus vigoureuses que les plantes cultivées.
- Malgré ces apports indésirables, le fumier est fort utile, physiquement et chimiquement. Du reste, il y a toujours beaucoup de mauvaises graines dans les sols même non fumés. La concurrence vitale limite heureusement leurs effets. Pierre Larue.
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- POUR LES ARCHÉOLOGUES DE L'AN 6939 -
- Les Américains semblent très anxieux de laisser à la postérité des témoins de leur civilisation actuelle. Hantés par l’exemple des Pyramides, ils ont construit un grand monument dans lequel ils ont enfermé ce qui d’après eux était typiquement représentatif du développement actuel de l’humanité.
- Une grande compagnie industrielle : la Westinghouse Electric and Manufacturing Cy a voulu elle aussi contribuer à l’édification de nos lointains descendants et, dans les fondations du « Mur immortel » sur lequel s’élèvera le pavillon de la Compagnie à l’Exposition Internationale de 1939, elle a fait enterrer une sorte d’énorme torpille de 2 m 5 de longueur et 20 cm de diamètre renfermant une collection hétéroclite d’objets qui apparaissent caractéristiques de notre époque à nos contemporains américains. Dans cette liste nous relevons : un porte-plume réservoir, un porte-mine mécanique, une montre, une lampe électrique, une blague à tabac avec des feuilles de papier à cigarette, du tabac, une pipe, des cigarettes, des cosmétiques, un chapeau de femme (!?), une paire de lunettes, une brosse à dents et de la pâte dentifrice, un petit appareil photographique et des pellicules, un rasoir mécanique, un ouvre-boîte de conserve, des .pièces de monnaie, des spécimens des principaux métaux et alliages, des échantillons de textiles et d’étoffes (coton, soie, lin, rayonne, fibre de verre, caoutchouc, amiante, etc.), de produits industriels : ciment Portland, amiante, caoutchouc synthétique, charbon (qui peut-être sera rare dans 5.000 ans), des graines des principales céréales, etc. Un microfilm représentant 23.000 pages de livre ordinaire et un microscope pour le lire donne un résumé de l’histoire du monde et des connaissances actuelles dans les principales activités intellectuelles et techniques.
- Tout cet extraordinaire bagage est enfermé, pour son long
- voyage dans le temps, dans des récipients en verre Pyrex dans lesquels le vide a été fait et qui ont été remplis ensuite d’azote. Le tout fut introduit dans la torpille dont le corps est constitué par des sections cylindriques de cupaloy (alliage de cuivre résistant particulièrement bien à la corrosion) vissées les unes au bout des autres, les joints étant ensuite soigneusement goudronnés pour assurer l’étanchéité.
- Tout n’est pas de laisser un message pour les âges futurs, il faut encore que nos descendants de l’an 6939 en soient avertis et puissent le retrouver facilement. A cet effet dans toutes les bibliothèques, musées, conservatoires, universités, etc. on déposera un exemplaire d’un livre, imprimé à l’encre de Chine sur papier imputrescible, dans l’espoir qu’un au moins pourra échapper à la destruction ou sera traduit dans les langues nouvelles qui peut-être naîtront. Ce livre contiendra tous les renseignements pour localiser le « témoin » dont les coordonnées sont données avec une telle précision que l’erreur d’emplacement est inférieure à 2 cm (latitude 4o°44/34//o89 nord, longitude 73°5o,43/,842 ouest de Greenwich), l’extraire et l’ouvrir.
- Comme on peut craindre que dans 5.000 ans, le calendrier actuel ne soit plus en usage, la date de 6989 est donnée dans tous les calendriers : chinois, juif, mahométan, shintoïste. Même si aucun ne survit, les archéologues pourront encore déterminer les 5.000 ans écoulés d’après les données astronomiques que renferme le livre : nombre et date des éclipses de soleil et de lune depuis 1989, position des planètes, et angle de l’axe de la terre par rapport à l’étoile polaire.
- Espérons que grâce à toutes ces précautions, les hommes de l’an 6989 puissent retrouver la torpille due à la Westinghouse Electric, mais quelle drôle d’idée ils se feront sûrement d’après elle de notre civilisation actuelle!
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- SOUDURE A L’ÉTAIN DE L’ALUMINIUM
- Avec raison, il est courant d’entendre dire que la soudure à l'étain, de l’aluminium, est chose impossible, car tous les décapants ordinairement employés sont impuissants à dissoudre la couche d’alumine qui se forme au fur et à, mesure du chauffage.
- Ceux qui essaient, avec divers produits spéciaux, conviennent d’ailleurs qu’ils obtiennent un « collage » et non une « soudure ».
- L’idéal serait évidemment d’opérer à l’abri de l’air, mais tout de suite on entrevoit un matériel compliqué de laboratoire, alors que cette opération peut se simplifier très facilement :
- l’n premier procédé consiste à plonger la pièce d’aluminium dans un bain d’étain fondu, ou de soudure de plombier et à frotter avec un grattoir la partie à étamer. L’air n’intervenant pas, l’adhérence des deux métaux s’effectue. Mais c’est encore trop compliqué et peu pratique à cause de l’étain... non transparent.
- Le 1 rocédé suivant est plus pratique, et m’a été indiqué un jour par hasard par un chef d’atelier à qui je posais un problème de liaison électrique de l’aluminium. Il permet en effet la soudure au fer à souder ou mieux avec un bec à gaz.
- La seule précaution complémentaire consiste à employer de l’huile de graissage à machine pour éviter l’oxydation. Je me suis livré à de multiples essais et mises au point. Voici la marche à suivre pour réussir à coup sûr :
- La pièce d'aluminium sera nettoyée, en mettant le métal à nu, à l’endroit où l’on doit déposer la soudure, à l’aide d’un grattoir, toile émeri, etc...
- Le grattage se fera après avoir déposé une ou deux gouttes d’huile à l’endroit voulu (ceci n’est cependant pas, pour le moment, absolument nécessaire, mais préférable).
- L’huile d’arachide, à manger, paraît donner des résultats équivalents.
- On enlève les déchets de grattage, en frottant très légèrement avec un chiffon propre.
- Puis on dépose, à nouveau, une ou deux gouttes d’huile de graissage à machine.
- On chauffe très peu la pièce ; dès que la température le permet on frotte — assez fort — avec une bougie, de telle sorte que la quantité de bougie fondue soit, par exemple, 10 à 20 fois le volume de l’huile déposée.
- On continue à chauffer — sans excès — la pièce et l’on frotte alors, assez fort, avec un bâton de soudure à l’étain, de préférence assez gros pour deux raisons : 1° la résistance mécanique doit être suffisante pour résister à l’effort et 2° pour éviter qu’il ne fonde trop vite, ce qui aurait pour inconvénient de ne pas pouvoir appuyer suffisamment pour chasser l’huile. Ne pas diriger la flamme du chalumeau sur la bougie, ce qui aurait pour effet de la chasser, mais au contraire sur la pièce.
- Il faut un chauffage modéré, il doit être juste suffisant pour obtenir la fusion de la soudure, afin d’éviter l’élimination trop rapide de la bougie qui mettrait l’aluminium à nu, provoquant son oxydation, ou la combustion qui déposerait du carbone.
- Si la surface à étamer est relativement grande, on pourra rajouter de la bougie si le besoin s’en fait sentir.
- Quand la surface prévue est étamée, on peut soit enlever le surplus avec un chiffon, soit y souder la pièce à réunir qui, de préférence sera elle aussi étamée par avance, etc...
- Si la soudure est bien faite, elle a absolument l’aspect de ce qu’elle serait sur le fer, cuivre, zinc, etc..., et présente les mêmes garanties de solidité et de conductibilité électrique.
- Son nettoyage pourra être fait proprement avec l’essence minérale.
- L’aluminium étant très bon conducteur de la chaleur, il y a intérêt, à supporter la pièce par l’intermédiaire d’un corps mauvais conducteur.
- R. Demolliens, Ingénieur E. T. P.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE J 938, A PARIS
- Mois constitué par des périodes tout à fait dissemblables, quant à la température, car celle-ci a été successivement et sans transition, très douce du ier au 16, extrêmement froide, du 17 au 27 et, de nouveau, douce du 28 au 3i; pression barométrique déficitaire ; fréquence des précipitations (pluie et neige) et insolation très satisfaisante (mois fortement ensoleillé).
- La hauteur moyenne mensuelle du; baromètre, ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 760 mm 3, est inférieure de 2 mm 4 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, au même obser-valoire, 2°,4, est en déficit de o°,9 à la normale, soit sensiblement la moitié de l’écart probable (+i°,8), calculé sur les 5o premières années d’observations. Jusqu’au 16 inclus, toutes les moyennes journalières, sauf celle du 7, ont été supérieures à leurs normales respectives. Deux d’entre elles,
- 12 13 14 15 16 17 18 13 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 1 Décembre 1338 da.nv'.
- i2°,3 le 11 et i2°,8 le 12 ont été les plus élevées notées à ces mêmes dales depuis 1874. C’est à cette période qu'appartient le maximum absolu mensuel, i5°,7 enregistré le 11 et supérieur de 20,7 à la moyenne. Le temps s’est alors brusquement refroidi le 17 et de cette date à i4 li jusqu’au 27 à 12 b, le thermomètre est resté au-dessous de o°, atteignant, le 19 et le 20 — i2°,2, minimum absolu mensuel, inférieur de 5°,5 à la normale. Les moyennes journalières du 19, — io°,5, et du 20, — ii°,2, ont été les plus basses que l’on ait observées à pareilles dates depuis G4 ans. Le temps s’est radouci dans la journée du 28 et la fin du mois a été sensiblement normale. On a compté n jours de gelée (nombre moyen i3) dont g de gelée totale.
- A l’observatoire de Montsouris, la température moyenne
- mensuelle, 2°,G, est inférieure de i°,o à la normale et les extrêmes absolus ont été : — i2°,g et i4°,g. Pour l’ensemble de la région parisienne, les extrêmes absolus de la température ont été : le 11, pour les maxima, de i6°,6 à Paris (Jardin des Plantes) et iG°,i en banlieue (Saint-Ouen et Choisy-le-Roi) ; le 20, pour les minima, de — i3°,i à Paris (Belleville) et — i8°,2 en banlieue (Trappes).
- Le total pluviomélrique mensuel, au Parc Saint-Maur,
- 49 mm 7 est très sensiblement égal au total moyen,
- 50 mm 6. Il a été recueilli en 19 jours de précipitations appréciables au lieu de 16, nombre moyen. Parmi les cinq jours de neige subis au cours du mois, les plus remarquables sont ceux du 20 et du 21. A cette dernière date la hauteur de la couche de neige atteigxïait 6 cm. La fusion de cette couche ne s’est achevée, dans les endroits abrités, que dans la journée du 3o.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie du mois a été de 4i mm 8, et a été inférieure de 21 pour 100 à la normale, pour 21 jours pluvieux, contre ig, nombre moyen. Hauteur maxima en 24 heures : à Paris, n mm 2 (Bois de Vincen-nes, La Faisanderie) et en banlieue, 10 mm 2 (Parc Saint-Maur) du 29 au 3o. La durée totale de chute, 81 h 20 mn est en excès de 24 pour xoo à la normale.
- La durée totale d’insolation à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, 68 h 4o mn est supérieure de G2 pour 100 à la normale.
- A l’observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 83,5 pour 100 et celle de la nébulosité de 74 pour 100. On y a constaté : 5 jours de neige; 2 jours de gouttes ou flocons de neige; 1 jour de grêle; 1 jour de grésil; n jours de gelée dont 9 sans dégel; i4 jours de brouillard; 7 jours de brume; 4 jours de rosée ; 5 jours de gelée blanche ; 2 jours de verglas et 9 jours de sol couvert de neige.
- La douceur de la température de la fin de l’automne s’est répercutée sur la végétation. Le 14, on a remai’qué une fleur de coquelicot commun épanouie; le i5, une rose tré-mière était en pleine floraison et des rosiers portaient encore des fleurs. A cette même date on a noté le début de la floraison de la primevère, et le 17, jour où la gelée a débuté, un fuchsia en pleine terre était encore couvert de fleurs et de boutons. Em. Rogeb.
- N.-B. — Les fortes gelées ont causé des dégâts sérieux aux blés d’hiver ; de communications faites à l’Académie d’Agri-culture il s’agirait d’un véritable désastre et 80 pour 100 des terres seraient à réensemencer. Pareil fait s’est déjà produit en France, il y a eu 48 ans, lors de l’hiver de 1890-1891 qui fut si long.
- LES PLUS BAS MINIMA DE TEMPÉRATURE
- Minima absolus de la température, inférieurs à — io°, à —• 6°, pour les mois de novembre et de mars, depuis
- pour les mois de décembre, janvier et février et, inférieurs 1767 jusqu’à nos jours.
- (Observatoires de Paris et du Parc Saint Maur)
- Décembre 12°,3 1S083 l6°,2 18594 I 2° ,0 18921 Moyennes :
- •io°,3 17G2 io°,6 18124 11°,2 187011 io°,9 18997 Obs. Paris,—i4°,4o.
- i9°,i i78321 i3°,o 1820® 21°,5 18711 IO°,I igo23 Pai’c Saint-Maur,
- 21°,8 17885 i4°,5 18299 12°, 3 18743 x4°,8 igo8B — i2°,83.
- IO° ,2 1794e i3°,6 184011 12°,2 187s1 xi0,G 19179 Intervalle moyen
- 170,6 17984 io°,i i8466 26°,6 18794 ii°,i 1926® enli’e chaque année :
- i3°,i I7991 i4°,4 i8537 i3°,i 189011 ix°,6 19272 5,7 (soit tous les
- 12°,5 i8o56 12°,3 i8552 IO°,I 18911 —xi°,4 i933G G ans).
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- IO ,2
- i4°,3 11°,6 , i4°,6
- ii°,8 II0,2 i7°,° I?0,2 IO° ,2 i9°,°
- 11°>9 io°,5 io°,4
- IO°,I
- 18205
- 18211
- i8a32
- 18263
- 1827*
- 18292
- i83ox
- i83i]
- i8387
- I8402
- i84i]
- 1
- S7 >a 1
- 18421
- i8486
- Janvier —n°,9 1767 i3°,3 i8557 Février —12°,2 1771 Novembre — 6° ,3 1769 Mars —12°,5 1785
- 12°,5 I7581 io°,9 18616 i5°,o 17765 6°,3 17634 9°>9 17861
- io°,9 17668 IO°,I i8643 i3°,8 17826 C°,9 Tn-Ul 1 / y 4 8°,i 17893
- i3°,i 17671 ii°,i 18684 io°,4 17842 8°,3 17828 6°,3 17923
- T 6° ,3 17681 11°,0 18713 io° ,2 I7851 i4°,i 1788° 6°,i 17964
- 17°,2 177C8 i3°,3 187.54 18761 i4°,o 17927 6°,3 17891 G0,9 18004
- ii°,3 17771 11°,4 IO°,I 18019 7°, 8 17912 8°,2 i8i414
- i5°,o 17847 11°,5 18804 i5°,5 i8o32 8°,3 181221- 7°,o i83723
- io°,9 17862 i3°,6 18811 12°,5 i8i4“ 7°,5 i8i53 8° ,4 i8458
- i5°,i 17893 io°,9 i8854 io°,7 18162 G0,9 18161 7° 38 i8472
- 12°,4 17923 ii°,8 18883 12°,8 182711 G°,i l84226 70,5 i87427
- a3°,5 17953 i3°,5 18913 i5°,6 i83o3 6°,4 ï 84 97 6°, 9 1877^
- i3°,6 i7994 i7°,o i3°,8 i8g32 12°,2 i84515 6°,i 187627 r-0 9 i883f>
- CO O n )—i 18001 18941 io°,3 i85510 6°,7 18793 6°,5 18863
- i5°,5 18022 i3°,o i8g5x io°,9 187015 6°,i i8845 r-0 r* J U 18871
- IO° ,2 i8o34 n°,o 19013 i3°,5 18766 7°,G 18873 8°, 8 18881
- 12°, 5 18107 io°,9 igo54 i5°,o i888]2 i5°,o i8go3 6°,6 18891
- io°,3 18111 i8i43 _ 0 _ C 1 io°,4 19072 io°,5 18891 70,o 18911 II°,0 18901
- io°,o ii°,5 19081 i5°,4 i8g5® 6°,7 18965 r-0 Q J 18922
- ii°,4 io°,7
- -i3°,6
- 1914e
- igi73
- 19181
- 11°,2 i5°,4
- 12°,O
- -i4°,8
- i9oib
- 19171
- 19192
- I9291
- Moyennes :
- Obs. Paris,-— i3°,oi. Parc Saint-Maur,
- -- 12°,3i.
- Intervalle moyen entre chaque année 2,9 (soit tous les 3 ans).
- Moyennes :
- Obs. Paris, — i2°,4i. Parc Saint-Maur, — i3°,47-
- Intervalle moyen entre chaque année : 7,2 (soit tous les 7 ans).
- C°,i
- 6° ,4 9V
- 6°,i
- 8°, 3
- 9°>2
- 18971
- 19014
- 19021
- 19086
- igi57
- 19216
- Moyennes :
- Obs. Paris, — 7°,60. Parc Saint-Maur, — 70,72.
- Intervalle moyen entre chaque année : 6,7 (soit tous les 7 ans).
- 8°,6 i8953
- 6°,5 18994
- 7°,i igo45 — 6°,9 192925
- Moyennes :
- Obs. Paris, — 8°,oi. Parc Saint-Maur, - 7°,58.
- Intervalle moyen entre chaque année : 6,5 (soit tous les 6 ans et demi).
- Em. Roger.
- LA PREMIÈRE COMÈTE DE 1939
- L’année ig38 a été pauvre en comètes, puisque, au cours de ses douze mois, une seule a été découverte — et encore s’agissait-il d’une comète périodique, retrouvée le ier mai.
- L’année 1969 serait-elle plus favorisée par le nombre de ces astricules ? Il est permis de l’espérer puisque, déjà, la première comète de l’année vient d’être signalée, découverte indépendamment par deux astronomes : l’un M. Kosik, de l’Observatoire de Shnéïs (Crimée), l’autre par M. Pelticr, à l’Observatoire de Harvard College, aux Etats-Unis.
- Celle double découverte nous est annoncée par les Circulaires n° io5 à 108 du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France (d’après les télégrammes et circulaires de l’Union astronomique nationale). Nous en résumons, ci-dessous, les données essentielles :
- Ascension
- Auteur Date Heure (T.U.) droite Déclinaison
- Kosik igjanv. i6hi6m,8 2ihigm,i + 27053'
- Peltier 20 — 000 21 20 o -P 280 0'
- M. Kosik est le premier qui ait aperçu la comète ; la longitude de son observatoire étant de 2hi6m Est de Greenwich, son observation a été faite à i8u33m, heure locale (ce qui n’est pas l’heure du fuseau horaire où se trouve l’observatoire). La nuit était alors complète, mais à ce moment, il faisait jour aux États-Unis. L’observation de M. Peltier ayant été faite à ohom,o du 20 janvier, il était à ce moment, localement, I9hi6m (la longitude ouest de Harvard College étant de 4h44m). On peut être frappé par le peu de temps qu’en
- chaque station les observateurs ont mis à profit depuis l’arrivée de la nuit pour découvrir cette comète, dont l’éclat a été estimé, par les deux astronomes, de 8° magnitude.
- Une orbite parabolique provisoire a été calculée par le Pr Cunningham, de l’Observatoire de Harvard College, à l’aide des observations faites entre le 19 et le 22 janvier. Elle a conduit son auteur à fixer au 6 février 1939 la date du passage au périhélie. L’inclinaison du plan de cette orbite sur l’écliptique est de 63° environ et la distance périhélie de 0,719, celle de la Terre au Soleil étant prise pour unité.
- Il nous semble inutile de donner plus de détails sur les autres valeurs calculées, car elles seront certainement modifiées quand l’arc observé de la trajectoire sera bien plus grand. Qu’on songe, en effet, à la hardiesse et à la valeur des méthodes astronomiques qui permettent de calculer, sur des observations faites en 3 ou 4 jours, une orbite parcourue en plusieurs années ? ?
- La comète décrit une grande courbe dans les constellations de Pégase, des Poissons et de la Baleine. Le 28 janvier, elle passait près de l’étoile % Pégase, le 27 près de t, le 2 février, au sud de 'L Pégase, le 6 février à 3° à l’Est de a Pc gase, le 8 entre les étoiles 3i et 34 des Poissons et le ij février près de l’étoile 20 de la Baleine.
- Cette comète, accessible à l’aide d’une jumelle, sera intéressante à suivre, et nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler ici.
- E. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire astronomique et météorologique Ca= mille Flammarion pour 1939, publié par l’Observatoire de Juvisy. 473 p. illustré de 94 fig., cartes, diagrammes, un portrait, et deux frontispices. Flammarion, Paris. Prix : 18 francs.
- Comme chaque année; nous signalons la parution de cet excellent recueil/indispensable à tous les observateurs du ciel. On y trouve toutes indications relatives aux divers phénomènes célestes observables pendant l’année, avec de nombreux tableaux, documents, notices scientifiques et une revue astronomique et météorologique.
- Grimsehls. Lehrbuch der Physik, refondu par le Dr R. Tomaschek. 1er volume (Mécanique, thermodynamique, acoustique), 682 p. 740 fig. Prix relié : RM 19,80. — 2e volume, lre partie (Champ électromagnétique, optique), 868 p., 1.209 fig. Prix relié : RM 26. — 2e volume, 3e partie (Ether et matière), 456 p., 339 fig. Prix relié : RM 14. B. G. Teub-ner, éditeur, Leipzig et Berlin, 1938.
- Le Traité de Physique de Grimsehl, plusieurs fois réédité, jouit d’une légitime réputation. En voici une 8e édition refondue par le Dr Tomaschek, de Dresde. Un premier mérite de cet ouvrage, c’est de présenter un exposé d’ensemble suivant un plan pensé par l’auteur, à la différence de la plupart de nos ouvrages didactiques français, rédigés pour satisfaire aux exigences de certains programmes d’examen et présentant, par suite, à côté de chapitres trop développés, des lacunes fâcheuses pour le lecteur soucieux d’une bonne instruction générale. Ici, au contraire, les différents chapitres s’enchaînent de la façon la plus satisfaisante pour l’esprit et forment un ensemble harmonieusement équilibré. L’ouvrage débute par la mécanique que l’on a plaisir à voir remettre à sa place légitime, c’est-à-dire à la base de l’édifice de la physique des temps modernes : mécanique du point matériel, du corps solide, théorique, lois de la gravitation, constitution physique des corps solides : élasticité et résistance ; hydrostatique et hydrodynamique, et leurs applications, oscillations des systèmes matériels et propagation ondulatoire, thermodynamique, tels sont les sujets du premier volume. Le second volume en deux parties traite l’électricité et l’optique classiques dans une première partie, puis rassemble dans sa deuxième partie toute la physique contemporaine : structure de la matière et de l’électricité, radioactivité, électrodynamique des corps en mouvement, astrophysique, etc. Tout l’ensemble est rédigé avec une attachante clarté par un physicien qui s’est abstenu, à dessein , des développements trop abstraits et des exposés mathématiques exigeant du lecteur un bagage théorique trop considérable. Le côté expérimental et les applications sont toujours mis en relief comme il convient. Des figures nombreuses et intelligemment choisies complètent ce bel ouvrage, que l’on peut considérer, à bien des égards, comme un modèle.
- Kiinstliche Radioactivitat (Experimental Ergebnisse), par Kent Diebner et Eberhard Grassmann. 1 vol. cartonné 22 x 30 de 81 p, Hirzel, éditeur à Leipzig, 1939. Prix : 12 marks.
- Depuis la découverte de la radioactivité artificielle et les recherches de Joliot et Curie en 1934, les travaux se sont multipliés dans tous les pays et pratiquement tous les éléments chimiques ont été soumis à l’action des différents rayonnements. Les auteurs sa sont livrés à un énorme travail de documentation, puisqu-’il intéresse plus de 340 mémoires, pour rassembler, pour chaque élément soumis à l’action des rayons oc des protons, des deuterons, des neutrons et des rayons y, les valeurs trouvées par les différents expérimentateurs pour la vie moyenne et la caractéristique en électrons-volts de l’émission. Les renseignements sont donnés pour chacun des rayonnements cités plus haut et deux tableaux à là fin du volume résument toutes les données actuelles sur les isotopes de tous les éléments. Ajoutons que ce livre est parfaitement à jour, puisque sa documentation va jusqu’en septembre 1938.
- Kleine Erdbebenkunde, par K. Jung. 1 vol. illustré, 160 p., 95 fig. Julius Springer, éditeur, Berlin, 1938. Prix relié : RM 4,80.
- Ce nouvel ouvrage de l’excellente collection de vulgarisation Springer présente sous une forme attrayante un résumé de chacun des grands chapitres de la séismologie : description des tremblements de terre et de leurs effets, rappel des principales catastrophes, classification des séismes, échelles d’intensité, géographie des séismes, description des séismographes,
- étude et interprétation de leurs tracés. Un intéressant chapitre final est consacré à l’application du sismographe à l’étude du sous-sol.
- Précis de chimie physique, par A. Berthoud. 1 vol. in-8°, 498 p., 133 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1939. Prix : 155 francs.
- Le professeur de l’Université de Neuchâtel présente ici son enseignement : principes, théories, notions fondamentales, plus que méthodes expérimentales qu’on ne pénètre bien que par des travaux pratiques. C’est un excellent exposé didactique, au courant des idées récentes, que non seulement les étudiants apprendront avec profit, mais que physiciens et chimistes liront aussi pour situer leurs problèmes et se tenir au courant des théories modernes qui mêlent de plus en plus leurs sciences respectives en une vue d’ensemble de la matière.
- Les corrélations humorales chez les Invertébrés,
- par Paule Leleu. 1 vol. in-S°, 81 b. Actualités biologiques. Gauthier-Villars, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Existe-t-il des hormones chez les Invertébrés ? Ceux-ci sont-ils sensibles aux hormones de Vertébrés ? Peut-on penser à des mécanismes humoraux accompagnant les excitations nerveuses, les changements de couleurs, les phénomènes sexuels ? Tout le peu qu’on sait est rassemblé dans cette monographie.
- L’action dynamique spécifique des protides, par
- G. Schaeffer et E. Le Breton. 2 vol. in-8°, 172 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 45 francs.
- Depuis que Rubner a affirmé qu’il faut plus d’aliments azotés que de lipides et surtout de glucides pour assurer le métabolisme, de nombreuses recherches ont essayé d’expliquer ce fait et de fixer sa constance. L’examen critique et les expériences personnelles des auteurs aboutissent à une conception nouvelle dans laquelle le système nerveux organo-végétatif, excité par les amino-acides, libère dans le sang une ou des hormones qui augmentent les échanges après un repas de protides.
- Proceedings and Transactions ol the Liverpool Biological Society. Vol. LI, 70 p., 14 fig, University Press of Liverpool, 1938. Prix cartonné : 1 guinée.
- Herdmann, puis Johnstone, et aujourd’hui Daniel ont maintenu à l’Université de Liverpool une activité océanographique qui se manifeste par ces volumes de mémoires et par d’excellentes monographies d’animaux. On trouve ici une étude de M. J. H. Fraser sur la faune fixée de l’estuaire de la Mersey et de la baie de Liverpool, un autre de M. \V. C. Smith sur les caractères des bancs de harengs de la région de l’île de Man.
- La Turquie, passé et présent, par Marcel Clerget. 1 vol. in-16, 207 p., 9 cartes. Collection Armand Colin, Paris, 1938. Prix : 15 francs ; cartonné : 17 fr. 50. .
- Dans l’excellente collection Armand Colin, voici un exposé très précis et très à jour du problème turc. Les facteurs physiques sont passés en revue : relief, côtes, climat, végétation, hydrographie ; puis le facteur humain : mélange de races et de langues, grandeur et décadence de l’empire ottoman, redressement kémaliste, augmentation de la population, géographie politique ; puis les genres de vie actuels : montagnards, transhumants, sédentaires, citadins. Le dernier chapitre compare l’activité économique ottomane à l’actuelle et dégage tous les sages progrès dus à Atatürk,
- Jeux Dogons, par Marcel Griaule. 1 vol. in-8°, 291 p., 132 fig., 12 pl. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnolo-gie, Paris, 1938. Prix : cartonné toile,. 62 fr. 50.
- L’auteur a noté les très nombreux jeux des enfants Dogons : jouets, jeux du corps, luttes, rondes, danses, jeux d’adresse, de chance, d’arts plastiques, brimades et moqueries, divinations, etc. Pas de balles ni de cerfs-volants. Ces activités posent de multiples problèmes d’origine, d’interprétation, d’influence du milieu, surtout quand on les compare à celles qu’on connaît par ailleurs chez d’autres jeunes.
- Introduction à l’étude des statistiques démogra= phîques et sanitaires, par M. Huber. 1 vol. 16 x 25 de 67 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 15 francs.
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- COMMUNICATIONS A VACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 novembre ig38.
- Mesure des intensités élevées. — M. Tsaï expose que la mesure des intensités élevées peut être facilement réalisée au moyen d’un solénoïde flexible, constitué par l’enroulement d’un fil isolé sur un tube de caoutchouc dont la longueur est mainlenue constante par un câble de cuivre placé au centre, relié à un fluxmètre. On peut obtenir une précision de 1/200 pour des courants d’une intensité de l’ordre de 3o.ooo A, sans faire intervenir des shunts, donc sans interrompre le courant à mesurer. A ce sujet, M. Cot-ton fait remarquer que l’on peut mesurer également les courants intenses traversant des barres en utilisant les modifications apportées par le champ magnétique aux propriétés optiques d’un bloc de flint placé entre polariseur et analyseur avec un biquarlz à teinle sensible interposé. Les mesures de la rotation peuvent donner de très bonnes valeurs de l’intensité du courant. Il faut opérer des mesures tout autour des barres, mais on peut se dispenser de certaines d’entre elles si des raisons de symétrie le permettent.
- Recherche des halogènes à la touche. —
- MM. Duval et Mazarss ont mis au point une méthode de recherche des halogènes n’utilisant qu’une goutte de la solution à étudier. Une feuille de papier photographique au citrate d’argent, traitée successivement par le ferrocya-nure de potassium, le nitrate d’argent et le sulfate ferreux donne une coloration verte au contact d’une solution contenant l’un ou plusieurs des ions Cl, Br ou I. Par dépôt sur un papier au citrate, traitement à l’ammoniaque, impression et développement, les iodures et bromures donnent une tache noire. Par dépôt sur le papier au citrate, impression et traitement au sulfate ferreux et à l’ammoniaque, les chlorures et bromures donnent une tache noire. Enfin par dépôt sur papier au bromure, impression et développement, les chlorures et iodures donnent une tache blanche. Ces essais ont sensibles à o,5 y d’halogènes; ils permettent de les déceler et de déterminer en présence desquels des ions Cl, Br ou I on se trouve.
- La basse stratosphère. — MM. Mironovitch et Viaut, étudiant théoriquement et d’après les sondages de Trappes et du « Carimaré » les invasions d’air polaire ou tropical dans la troposphère et la stratosphère, notent tout d’aboi’d l’accord satisfaisant des courbes théoriques et observées des répartitions thermométriques. Cette étude leur montre que l’évolution des masses d’air troposphériques modifie toujours l’aspect de la tropopause, amenant des changements importants dans la structure de la stratosphère. En particulier le dédoublement de la tropopause qui résulte de ces invasions d’air est le signe d’un changement du type de temps en cours.
- Le glycérol dans les olives. — En pressant des olives mûres, on obtient non seulement de l’huile mais aussi un liquide aqueux et très fermentescible duquel M. Marcelet a pu séparer divers hexoses, le glucose dominant largement. L’auteur a constaté en outre la présence de glycérol libre (o gr 10 par litre) et combiné (o gr 47 par litre) ; ce dernier forme sans doute des glycérides avec les sucres présents. Il est donc possible de retrouver dans l’olive des termes intermédiaires de la transformation des sucres en corps gras.
- Séance du i4 novembre ig38.
- L’ancien port de Tyr. — Les recherches du R. P. Poi-debard continuent, sur l’emplacement de l’ancien port de
- Tyr, par exploration aérienne et sous-marine. Les photographies prises en avion montrent des combinaisons de blocs difficilement explicables par un dépôt naturel. De nombreux échantillons prélevés sur ces blocs gisant à une profondeur de 8 à 12 m montrent qu’il s’agit de poudingues à base de galets de silex, dont la nature est tout à fait différente des fonds voisins. Il s’agit donc certainement d’apports humains sur des terrains déjà submergés, car la nature du fond empêche de penser à un tassement et l’hypothèse d’un changement du niveau de la mer est contredite par de nombreux faits qui prouvent que le niveau de la Méditerranée est resté sensiblement fixe au cours des temps historiques.
- Le niveau de l’océan. — Depuis un siècle, on observe un lent relèvement du niveau moyen annuel de l’Atlanlique à Brest. Plusieurs hypothèses ont été émises pour l’expliquer ; en France, Lallemand et Prévôt tenaient pour des marées très lentes dues à des causes astronomiques; en Allemagne on opinait pour un affaissement des côtes. M. Legrand a pensé qu’un réchauffement des eaux de l’océan pouvait être en cause. En examinant les variations de la température des eaux observées sur les bateaux-feux hollandais et allemands, l’auteur peut montrer que les variations du niveau moyen annuel sont bien parallèles à celles des températures. Le phénomène du relèvement du niveau de la mer sur les côtes de l’Atlantique, d’ailleurs actuellement arrêté, serait donc lié à un réchauffement général des eaux de l’océan qui se fait sentir jusque dans les régions polaires.
- Le phosphonitrile. — L’étude du paranitrure de phosphore (PN)'1 conduit à admettre l’existence à l’état libre du phosphonitrile PN. MM. Moureu et Wetroff ont étudié l’aspect théorique du problème qui les a conduits à conclure à la combinaison directe du phosphore à l’azote. Us ont construit un matériel composé d’une ampoule contenant l’azote et le phosphore et un filament de tungstène pouvant être porté à haute température, l’ensemble étant placé dans un four vers 4oo-5oo°. Dès que le filament atteint i.5oo° on observe un dépôt de paranitrure sur l’ampoule, à 1.800° la réaction est complète en deux heures. Le paranitrure n’étant pas stable au-dessus de i.ooo0, la réaction des molécules P2, stables à haute température avec les molécules N2 doit donc donner directement le phosphonitrile qui se poly-mérise ensuite en arrivant dans les parties plus froides de l’ampoule.
- Séance du 21 novembre iq38.
- Le méthoxyle dans les bois. — MM. G. Bertrand et Brooks ont dosé le groupe méthoxyle, dans les bois par la méthode de Zeizel avec un matériel spécialement étudié à cet effet. Us ont trouvé une proportion de 2 à 7 pour 100 (évalué en OCH3 par rapport au poids de la matière sèche). Reprenant cette étude pour d’autres tissus végétaux, ils ont dosé le méthoxyle dans les divers constituants de la paille d’avoine et ont trouvé que ce groupement est concentré dans le lignol et la vasculose ; très probablement ce sont ces éléments incrustants qui contiennent le méthoxyle dans les bois. On peut envisager aussi que les éléments pectiques forment cet apport; à l’appui de cette hypothèse on remarque que les branches, moins lignifiées, contiennent en général plus de méthoxyle que les troncs. On peut aller jusqu’à supposer que la vasculose et le lignol sont des produits de transformation des matières pectiques.
- L. Bertrand.
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- 126 = NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Paul Séjourné (1851=1939).
- Un de nos grands ingénieurs, Paul Séjourné, vient de mourir. Né à Orléans le ai décembre i85i, il passa par l’Ecole Polytechnique et l’Ecole des Ponts et Chaussées, et en 189G entra à la Cie du chemin de fer P. L. M. où il put déployer ses talents de constructeur. On lui doit deux progrès considérables dans la construction des grandes Ajoutes en maçonnerie, nécessaires en particulier pour les ponts de grande portée. La première consiste à couper les rouleaux en tronçons et à les claver au mortier sec, partout où il y a des fissures à craindre. Le second consiste à construire les ponts larges sur deux minces anneaux de tête. De nombreux ponts, remarquables par leur élégance, ont été construits sur ce principe.
- M. Séjourné était membre de l’Académie des Sciences depuis le 8 décembre 192/1, au titre d’Académicien libre.
- PHYSIQUE
- Sources lumineuses ultra=brillantes.
- Dans toutes les sources lumineuses employées de nos jours, le rendement énergétique est extrêmement faible, puisque, par exemple, dans une ampoule électrique à atmosphère d’argon, il n’y a guère que 2 à 5 pour 100 de l’énergie électrique fournie qui soit comrertie en énergie lumineuse.
- Les savants ont maintenant orienté leurs recherches pour l’amélioration du rendement des appareils lumineux Arers la décharge électrique dans les gaz, particulièrement de ceux contenant des raies brillantes dans le spectre visible.
- Le rendement de ces lampes à atmosphère de néon, mercure ou sodium est le suivant :
- Vapeur de sodium. . . 8-12 pour 100
- Néon................... 2,5-6,4 —
- Vapeur de mercure. . . 2,5-8 —
- En particulier pour les lampes à vapeur de mercure travaillant à des pressions supérieures à la pression atmosphérique, on a observé de très bons rendements. C. Bol et W. Elenbaas en Hollande ont en particulier réalisé une lampe constituée par un tube capillaire de quartz de 4 mm de diamètre dans lequel sont fixées, à 18 mm environ de distance, deux électrodes d’oxyde de tungstène. Dans le capillaire on introduit une goutte de mercure et, de l’argon à faible pression, ce gaz ayant pour but de faciliter la décharge initiale entre les deux électrodes qui fonctionnent comme sources thermo-ioniques. Quand le courant passe dans l’appareil, le mercure se vaporise, la pression à l’intérieur du tube dépasse 10 atm. En refroidissant le tube dans un courant d’eau, on peut augmenter l’énergie électrique fournie à la lampe et par suite accroître considérablement sa brillance intrinsèque.
- Dans une expérience, Elenbaas a pu faire consommer dans sa lampe i.4oow par centimètre dans un capillaire de 1 mm, la pression dans l’axe du tube atteignant 200 atm et la température 8.6oo°. Dans ces conditions, la brillance mesurée fut de 180.000 bougies par centimètre carré, c’est-à-dire supérieure à celle du soleil qui n’est que i65.ooo bougies.
- AÉRONAUTIQUE
- Le second dirigeable « Oraf Zeppelin ».
- Les Allemands viennent de terminer la construction et les essais d’un nouveau dirigeable, portant le nom du comte
- Zeppelin; il est le 119e sorti des ateliers de Friedrichshafen. 11 est destiné au transport du fret et des passagers entre l’Europe et l’Amérique du Nord et du Sud. C’est, à part quelques détails, une réplique du Hindenburg qui, après 37 tra-A'ersées, fut détruit par le feu durant l’atterrissage à Lake-hurst en Amérique en mai 1937.
- Les caractéristiques principales de ce nomreau dirigeable sont les suivantes :
- Longueur totale.................................. 240 m
- Diamètre maximum.................................. 4o m
- Volume de gaz................................ 25o.ooo m3
- Poids de combustible.............................. 66 t
- Poids mort total................................. i43 t
- Puissance as- ( 235 t gonflé à l’hydrogène
- censionnelle. ) 200-208 t gonflé à-,l’hélium Propulsion . . 4 moteurs Daimler de 800-1.5oo ch
- Vitesse de croisière............................. i3o km/h
- Vitesse maxima................................... i4o km/h
- Rayon d’action en croisière................... i4.5oo km
- Nombre de passagers............................... 38
- Équipage...................... 5 a
- Pour donner une idée de l’importance d’un pareil aéronef, disons que pour les 16 balloncts intérieurs qui le constituent il a fallu 57.000 m2 de tissus imperméables et pour l’enveloppe extérieure 28.000 m2.
- PSYCHOPHYSIOLOGIE
- Curieuse illusion tactile.
- Je viens, tout à fait par hasard, de remarquer une curieuse illusion tactile.
- Ayant pris entre le pouce et l’index un tube de verre nu (tube de comprimés pharmaceutiques débarrassé de toute étiquette) et lui ayant imprimé, à l’aide de l’autre main, un mouvement de rotation contenu autour de la ligne xy joignant les points de contact des doigts avec le tube (dans la figure 1, cette rotation s’effectuait dans un plan perpendiculaire à la feuille)
- j’ai eu l’illusion, que mes doigts « s’enfonçaient » dans le tube qui semblait subir une diminution de diamètre au point de contact (fig. 2).
- Cette diminution de diamètre semble augmenter :
- a) si l’on tient le tube entre le pouce et le médius;
- b) si l’on ne regarde pas le
- tube pendant l’expérience ; ^ z
- e) si l’on appuie fortement les doigts sur le tube.
- Comment expliquer cette illusion ?
- Fig. 1.
- Maurice Iché,
- Professeur de Cours complémentaire.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- T. S. F.
- Récepteur à alimentation universelle.
- Pour alimenter les récepteurs de T. S. F. utilisables en voyage, plusieurs procédés sont possibles, qui offrent chacun des inconvénients plus ou moins graves.
- Les piles et les accumulateurs ont généralement une capacité insuffisante pour un haut-parleur électro-dynamique; les premières, en outre, sont coûteuses et se déchargent assez rapidement, même au repos.
- Le vibreur, destiné à produire le courant plaque haute tension, fonclionne par martèlement; s’il est mal étudié, il provoque une usure rapide des contacts et entraîne un déréglage.
- La commutatriee actionnée par une batterie provoque une consommation élevée. Avec une batterie de 6 v, il faut une intensité de 20 A pour alimenter un poste ordinaire à
- 5 lampes. Ces deux moyens ne seront donc employés pratiquement que pour l’alimentation des appareils sur automobiles.
- Un constructeur, désirant établir un appareil vraiment universel pouvant être alimenté à volonté par tous les secteurs alternatifs, ou par des batteries de 6, 12 ou 2/1 v, a eu l’idée de combiner un montage-secteur classique avec un convertisseur rotatif.
- Ce dernier utilise le courant provenant d’accumulateurs sans dépense d’entretien et fonctionne comme un transformateur ordinaire. La consommation est des plus réduites; elle s’abaisse à 4 A 5 sous 6 v, 2 A 5 sous 12 v, 1 A 5 sous 24 v. Le montage du récepteur est le même que celui d’un poste secteur ordinaire; l’appareil est portatif et se transporte dans une mallette gainée qui le protège contre les chocs.
- Le modèle représenté par la figure 1 est à 5 lampes métalliques, et permet la réception des émissions sur toutes ondes de 19 à 2.000 m avec 3 gammes distinctes. Il est muni d’un haut-parleur magnéto-dynamique, un commutateur permet de passer instantanément de l’alimentation secteur à l’alimentation sur accumulateur. A l’arrière du châssis, se trouve une plaque de connexion pour l’antenne, le secteur ou les accumulateurs. Le convertisseur fait corps avec le châssis et n’augmente pas la complexité du montage. N’importe quelle antenne de 8 à 10 m permet une excellente écoute, et l’appareil peut servir dans une automobile, en voyage, au camping, aussi bien qu’à poste fixe sur alimentation secteur.
- Éts Sivre, 125, boulevard Lefebvre, Paris (i5e).
- Fig. 1. — Poste de T. S. F. camping à alimentation universelle, type Sivr'e.
- OBJETS UTILES Trieur=caisse de monnaies.
- S’il est agréable, pour un commerçant — encore que le fait soit plutôt rare à l’heure actuelle — de constater le soir que la journée a été bonne, cette satisfaction est mitigée par l’ennui que présente le triage des diverses pièces de menue monnaie retirées de la caisse.
- Le <( Trieur-caisse » imaginé par l’Abbé Asset et présenté à la Foire de Paris évite cet ennui.
- D’un encombrement de 20 x 20 x 12 cm, construit en belle ébénisterie, comportant six casiers indépendants, —• l’inférieur reposant sur une embase,
- — amovibles séparément, percés , avec une
- précision au 1 /10.000, de trous de diamètre égal à celui des monnaies, il permet le tri par une « mécanipula-tion » simple,
- instantanée, hygiénique, pouvant être confiée à un jeune enfant.
- Pour cela, et les six casiers se recouvrant exactement, les pièces, qui peuvent être au nombre de plusieurs centaines, sont déversées en vrac sur le casier supérieur. L’appareil est alors pris entre les deux mains, les doigts écartés, de façon à maintenir les six casiers exactement les uns au-dessus des autres, et secoué pendant quelques secondes, bien horizontalement, en tous sens, par mouvements saccadés, afin que le choc léger des pièces sur les côtés des casiers produise leur triage.
- L’appareil étant ensuite penché légèrement en arrière, c’est-à-dire vers l’opérateur, et en même temps vers la droite, par exemple, les pièces triées viennent s’amasser dans le coin droit de leurs casiers respectifs.
- Il suffit alors de faire pivoter ces casiers progressivement et en éventail, vers la gauche pour les trois casiers du haut, et vers la droite pour les trois du bas, pour découvrir leurs six coins droits, où les diverses monnaies bien triées seront à portée du caissier qui, ainsi, disposera des pièces dont il a besoin pour rendre la monnaie.
- L’appareil, à ce moment, constitue un véritable casier à monnaies.
- Si, au cours de la journée, ou le soir, on désire vider complètement l’un des casiers, on le pousse horizontalement vers la droite ou vers la gauche, pour le séparer des autres. Chacun de ces casiers étant maintenu contre un axe unique et vertical par une griffe à ressort, il suffit d’écarter, avec le pouce le côté le plus en dehors de cette griffe pour dégager de l’axe le casier que l’on tire en même temps de l’autre main.
- Lorsqu’il est vidé de son contenu, la manoeuvre inverse permet de la remettre en place sans aucune difficulté.
- M. A. Asset, Ber-thouville, par Ber-nay (Eure).
- Fig. 3. — Le trieur-caisse fermé.
- â « <ss> <ss> «as-
- ta» a» a» gy
- Le trieur-caisse ouvert.
- Fig. 2.
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- BOITE AUX LETTRES
- ERRATA
- Conservation des vins O0 3035, 15 octobre 1938). — Une note parue dans la « Boîte aux lettres » indiquait l’emploi, cl ailleurs non récommandable, d’une proportion de sali-cylate de soude susceptible d’arrêter les fermentations des vins et signalait en même temps la possibilité d’utiliser l’allyl-sevenol pour le même usage. La Maison Chevallier-Appert, indiquée comme fournisseur d’allyl-sevenol, nous informe que ni l’un ni l’autre de ces. produits n’est autorisé pour la conservation des vins et qu’en conséquence elle ne s’est jamais occupée de la vente de ces produits, se bornant à ne fabriquer que des spécialités garanties strictement conformes à la législation. La Maison Chevallier-Appert, 36, rue Copernic, Paris, XVIe, se tient du reste à la disposition des lecteurs (1e La Nature pour leur donner toutes précisions à ce sujet.
- Robusticité et indices corporels («° 3039, 15 décembre 1938). — Une erreur typographique (p. 372) a inscrit qu’à notre naissance nous avions les 3/25 de notre taille, avec un trait séparant le 3 au lieu d’une virgule. Soit 0,50 x 3,25 = 1 m 62 avec 0,52 x 3,25, nous aurions 1,69, etc... Voici d’autres exemples pour répondre au désir de quelques lecteurs.
- Il faut d’abord avoir soin d’observer les équivalences numériques.
- Ainsi : le poids d’un homme de 1 m 70 sera ainsi établi en . , 170 w 170 ,, . 17 . . 17
- centimètres ~rz— X -stt ou en decimetres ~r~s~ X
- 15 '' 30
- les deux cas 64 kgr en chiffre rond.
- T ... , 1 m 70 ,
- Le penmetre donnera -----------r
- 1,5
- 64 lîgr
- 3
- 17 en dcm La surface corporelle s’établit ainsi :
- 170 cm + 64 kgr x 3 362
- dans
- cm 7.
- Z
- 181 cm2
- ou 1 m2 81 pour tout notre corps.
- L’actinoméirie solaire (n° 3041, 15 janvier 1939). — Il faut lire, p. 41, ligne 3 : « nous avons trouvé des augmentations de 7 pour 100 » et non 70 pour 100.
- De tout un peu.
- M. Bardot, à Herblay. — Voici, d’après Cerbelaud, la formule d’une excellente pâte dentifrice. Prendre :
- Savon médicinal....................... 30 gr
- Carmin n° 40 pulvérisé................ 0 gr 15
- Carbonate de chaux précipité. . . 60 gr
- Broyer soigneusement au mortier, tamiser et ajouter les produits suivants préalablement mélangés :
- Essence de badiane de Chine. . . 2 gr 50
- Menthol cristallisé . ................ 0 gr 10
- Essence de menthe Mitcham ... 2 gr
- — de girofle Bourbon .... 0 gr 50
- — de cannelle de Ceylan. . . 0 gr 25
- — de roses d’Orient .... 0 gr 15
- Ajouter enfin une quantité de glycérine neutre suffisante
- pour obtenir un savon de consistance molle, mettre en boîtes de fer-blanc ou pots de porcelaine.
- M. Lalevée, à Fraize (Vosges). .— Pour réaliser le bronzage des canons de fusils, on commence par préparer une solution-mère dite teinture d’acier en faisant dissoudre 100 gr de limai1 le de fer dans un mélange de 300 gr d’acide azotique et 2.300 gr d’acide chlorhydrique ; pour l’emploi, on associe cette solution, en proportions variables à des sels
- de cuivre et de mercure, suivant la teinte à réaliser, en pre-
- nant comme type :
- Teinture-mère d’acier.................... 15 gr
- Bichlorure de mercure..................... 4 —
- Sulfate de cuivre......................... 2 —
- Acide azotique............................ 4 —
- Alcool à 95° ............................ 15 —
- Eau ordinaire......................... 1.000 cm3
- Le métal étant bien nettoyé, on applique la mixture avec une petite éponge, laisse sécher 2 jours, grattebosse, puis répète les applications trois à quatre fois par jour, jusqu’à obtention de la teinte voulue. Enfin, on termine par un enduisage avec un tampon imprégné d’huile.
- Abonné à Bucarest. — Les pages d’un livre jauni ne pourraient être blanchies qu’en se servant de l’eau oxygénée (Voir La Nature, n° 3015), p. 599, mais encore faudrait-il procéder d’abord à une déreliure pour obtenir un bon résultat.
- A notre avis, l’abstention est la meilleure solution.
- R. 24, Valence. — Nous n’avons pas encore eu en mains la spécialité dont vous parlez, employée pour le décrassage, mais nous pensons qu’il s’agit très probablement de phosphate trisodique déjà mis dans le commerce sous des noms très divers.
- M. de Moissac, à Lavoux (Vienne). — Le gui est une plante parasite des vieux pommiers, poiriers, frênes, tilleuls, peupliers ; on le rencontre aussi, mais plus rarement, sur le saule, l’érable, le platane, le pin, le sapin et l’aubépine, ce n’est qu'exceptionnellement qu’on le voit sur le chêne, d’où peut-être la recherche qui en était faite par les Druides chez les anciens Gaulois.
- Le gui possède des propriétés astringentes très marquées, c’est pourquoi dans le cas que vous signalez, il peut donner d’excellents résultats dans le traitement des engelures, qui sont couramment soignées par des bains riches en tanin, tels que ceux obtenus avec la feuille de noyer.
- A cette action peut s’ajouter utilement celle des éléments contenus dans la sève des arbres constituant le support du gui, par exemple la Gratægine de l’aubépine (Cratægus oxyacan-tha) agissant comme vaso-dilatateur, hypotenseur, par action vasculaire périphérique, ce qui justifierait le choix du gui s’étant développé sur cet arbrisseau pour la guérison des engelures.
- M. F. M., à l’Ecluse (Hollande). — Le nettoyage des chapeaux de paille s’effectue ainsi :
- Enlever la coiffe et tous les accessoires du chapeau. Si celui-ci est piqué par l’humidité, le faire tremper 2 ou 3 h dans une solution d’acide oxalique à 5 gr par litre. Rincer.
- Dans tous les cas, que l’on ait fait ou non usage de l’acide oxalique, brosser la paille au savon noir chaud ou bien avec une dissolution de carbonate de soude 2 pour 100 et de savon ordinaire 5 pour 100.
- La paille devient très jaune sous l’action de ces alcalis ; pour la ramener au blanc, la faire tremper 10 mn dans l’acide oxalique, comme ci-dessus.
- Achever le blanchiment au soufroir.
- Les pailles qui doivent garder un reflet jaune sont ensuite nuancées au jaune naphtol. Celles qui, comme le latanier, restent en teinte écrue ne passent pas au soufroir.
- M. Le Blanc, à Aubergenville. — Le moyen le plus pratique d’utiliser les liquides provenant des water-closets est de les envoyer dans une fosse septique bien installée, qui après destruction des matières organiques, rendra sous la forme soluble de nitrates, l’azote de celles-ci, le liquide d’évacuation inodore pouvant alors être employé en épandages pour la fertilisation du sol.
- Quant aux eaux ménagères savonneuses, leur pouvoir fertilisant est tout à fait négligeable.
- imprimé PAR barnéoud frères et cie a laval (France). — 15-2-1939 — Published in France.
- Le Gérant : G. MASSON.
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- N° 3044
- LA NATURE
- I" Mars J 939
- : LA MÉTÉORITE DE SIBÉRIE
- Il y a trente ans environ, le 3o juin 1908, à sept heures du matin, un phénomène exceptionnel dans l’histoire de la terre se produisait dans la région de Krasnoyarsk : des masses météoritiques tombèrent dans la taiga, à 80-90 km au nord-ouest de la factorerie de Vanovara (q> = 6o°2o'i8",23 et À = io2°i7,6,/), à la vitesse de plus de 5o km à la seconde.
- La matinée était sereine, calme, chaude. Des milliers de gens de la région comprise entre l’Iénissei, lar Léna et le transsibérien, observèrent ce phénomène. Ils constatèrent le vol d’une sphère de ilamme dans le ciel — fait habituel pour les chutes météoritiques ordinaires — et entendirent ensuite 3 ou 4 puissants coups de « tonnerre », et un grand fracas. Ces bruits accompagnent toujours toute chute de météorite, mais en règle générale, on ne les entend pas au delà d’un rayon de 10 km.
- Ce bruit de « tonnerre » fut la première manifestation extraordinaire d e cette chute de 1908.
- Les coups de tonnerre furent entendus à 1.000 km et même plus loin ; leur fracas ai’rêtait les trains à Kansk, à 600 km du centre de la chute. De bouche en bouche se transmettaient des nouvelles encore plus fabuleuses : à Kansk, hommes et chevaux avaient été renversés à terre ; sur les rivières de Kan, d’Angara et plusieurs autres, de grandes vagues avaient parcouru la surface de l’eau ; sur l’Angara, à proximité du bourg de Tchadobets, à 3oo km du centre de la chute, tout un troupeau de moutons fut précipité dans la rivière ; à Kirensk, sur la Léna, à 4oo km de la chute, les clôtures s’effondraient ; à Kojma, sur l’Angara, à 260 km, des paysans tombaient en syncope sous l’effet du bruit assourdissant qui les bouleversait ; dans divers rayons de la Léna, on avait vu près de Kirensk, en direction
- ouest, au-dessus de la taïga (4oo km par rapport à la chute) un jet de flamme qui avait bondi tout à coup jusqu’au ciel ; dans un rayon de 5o à 100 km du point de chute de la météorite, des gens avaient été jetés en l’air, des habitations culbutées ; les verrous de fer des maisons paysannes étaient brisés. On prétendait que les chablis avaient couvert le sol et une grande masse d’eau avait jailli de la terre à l’endroit de la
- chute. Le soir de la même journée on vit dans la région comprise entre l’Ié-nissei et la mer Noire, et jusqu’à l’océan Atlantique, une nuit blanche extraordinaire provoquée par la présence, à la hauteur d e 83 km, de nuages argentés merveilleux. Mais le prodige ne se borna pas là. L’observatoire d’Irkoustk fut le premier à enregistrer à l’aide de ses instruments un puissant « séisme » dont la vague fît plusieurs fois le tour du globe ; ce tremblement de terre était encore curieux par le fait que son foyer ne se trouvait qu’à la surface de la terre (épicentre). Par ailleurs, les barographes (instruments enregistrant la pression de l’air) du même observatoire enregistrèrent un autre phénomène intéressant : une puissante vague d’air qu’un peu plus tard, les savants observèrent dans toutes les parties du monde, car elle fît le tour du globe. Quelque chose avait donc réellement « soufflé », et « soufflé » d’une façon extraordinaire. L’observatoire d’Irkoutsk interrogea ses correspondants sur le « tremblement de terre » ; ils répondirent par la description de la chute de la météorite. Les renseignements recueillis à l’époque embarrassèrent singulièrement les hommes de science : pendant tous les millénaires de la civilisation humaine on n’avait rien vu de semblable.
- En 1921, l’auteur de ces lignes, au prix des plus
- Fig. 1. — Arbres renversés par la météorite de 1908, à 7 km du point de chute (Photo prise en mai 1929).
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- renvërsés et touchés par le feu, leur feuillage anéanti. En règle générale, sur tous les arbres l’endroit de la cassure gardait la trace du feu, ces traces d’incendie allaient en s’affaiblissant à mesure qu’on s’éloignait du centre de chute. Les arbres gisaient, leurs cimes orientées dans le sens opposé au centre ; dans les vallées et les dépressions, des arbres nombreux étaient restés sur pied, mais effeuillés et ébranchés ; là encoi’e, les cimes étaient calcinées.
- Le rapport exposant ces constatations suscita d’ardentes discussions dans les milieux scientifiques. En 1928, l’auteur de ces lignes organisa une seconde expédition qui rassembla des renseignements 'proprement scientifiques (travaux géodésiques et magnétiques) et filma les chablis. Une station comprenant plusieurs maisons fut installée au centre de la forêt. Le pittoresque de ces voyages fournit d’abondantes matières à la littérature de vul-
- Fig. 2. — Vallée du ruisseau de Tchourgumae à 4 km au Sud du centre de la chute.
- Les montagnes sont couvertes d’arbres renversés et de jeune végétation. Dans la vallée on voit des troncs calcinés en 1908, restés debout et privés de feuillage, au milieu, de jeunes arbres.
- grands efforts, parvint à recueillir en Sibérie une vaste documentation. Mais ce ne fut qu’en 1927 qu’il réussit à organiser une expédition dans la région de la Podkamennaïa Toungouska. C’était à l’époque une région sauvage que personne, à l’exception des Evenks, n’avait visitée ; le bruit courait que les chablis y couvraient une étendue d’un ou môme de 5 km. Pendant cette première expédition, l’auteur découvrit à 80-90 km au nord-ouest de la factorerie de Yanovara une surface non pas d’un km, mais de plusieurs milliers de km2 où les arbres avaient été
- Fig. 3. — Etat actuel d'une futaie à 15 km à l’est du point, de chute.
- Fig. 4. — Station organisée par l'Académie des Sciences de VU. R. S. S. au centre de la région dévastée par la météorite
- de 1908.
- (Photo prise en 1929).
- garisation qui, d’ailleurs, n’exposa pas toujours exactement les faits et les observations scientifiques. La documentation réunie en 1928 amena l’auteur à organiser en 1929 et 1980 l’étude géobotanique et géologique de la région à l’aide de fouilles et de forages à bras ; à procéder à un cycle annuel d’observations météorologiques ; à fixer des astro-radio points et à exécuter aussi divers autres travaux. Il restait à faire photographier les chablis à vol d’avion, photos qui devaient enregistrer le tableau général des destructions causées et préciser l’orientation de la recherche du lieu où se trouvaient les masses météorolithiques les
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- plus importantes. Bien entendu, lepoque la plus propice à ces prises de vues est la saison où la terre n’est pas couverte de neige et où les arbres n’ont pas leurs feuilles, puisque les jeunes arbres de 3o ans qui ont poussé sur les lieux de la catastrophe couvrent aujourd’hui d’une masse compacte toute la surface déboisée par la météorite.
- Toutefois, en 1937, on n’a pu photographier d’avion qu’une partie des travaux géodésiques de surface ; en 1938, la plupart des prises de vues nécessaires furent opérées non au printemps malheureusement, immédiatement après la fonte des neiges, mais en juillet. On a photographié à l’échelle 1 : 4-700 une surface de 240 km2 environ couverte de chablis, ayant
- ..:........—:...............:.............: 131 =-
- pour centre de chute le milieu. Ces photos ont servi à l’établissement d’une mosaïque qui est un schéma photographique. Le centre de la chute repéré par l'auteur dès 1927-1928 apparaît nettement aujourd’hui sur le schéma photographique.
- Il reste aux explorateurs à préciser la disposition des différents foyers de l’explosion dans la partie centrale des chablis, et à établir exactement, par des méthodes physiques de prospection le lieu où se trouvent les masses méléoritiques.
- L. Koulik,
- Secrétaire scientifique du comité des météorites de l’Académie des Sciences d’U. R. S. S.
- MESURE DE L’ÉPAISSEUR DES PAROIS
- Il serait souvent très intéressant, dans l’industrie, de pouvoir déterminer l’épaisseur in situ des parois d’appareils 11e présentant qu’une face accessible, soit que l’appareil étant en service ne puisse être démonté, soit que sa forme elle-même empêche toute mesure. Parmi les nombreux cas où cette mesure présente un réel intérêt on peut citer : la vérification de l’épaisseur des tôles des chaudières et des réservoirs en vue de suivre l’action de la corrosion et de prendre les mesures ütiles avant que l’amincissement, ne devienne dangereux, l’examen des tubes coudés dans les collecteurs de vapeur afin de vérifier que l’opération du cintrage n’a pas réduit anormalement l’épaisseur en certains endroits ; l’inspection des parois des navires sans passer par la cale sèche pour déceler les tôles anormalement rongées par l’action de l’eau de mer; dans des pièces de fonte comportant un noyau, la détermination de l’épaisseur afin de vérifier que le noyau ne s’est pas déplacé pendant la coulée, donnant une paroi trop mince d’un côté, trop épaisse de l’autre, etc....
- MM. B. et W. Thornton ont réalisé un appareil auquel les Anglais ont déjà donné le surnom de « thickomètre » (de thick épais) qui fournit une solution très élégante du problème et très largement suffisante dans les applications industrielles pratiques courantes. Le phénomène auquel les auteurs se sont adressés est la conductibilité électrique : la résistance électrique, pour le courant continu, entre deux points pris sur une surface métallique relativement peu épaisse est inversement proportionnelle à l’épaisseur du métal et, pourvu que la forme de distribution du courant ne varie pas, l’intensité totale du courant circulant entre deux points est très sensiblement proportionnelle à l’épaisseur, quand le voltage reste constant.
- On peut opérer de deux façons différentes : soit faire passer un courant constant entre deux points et observer le déplacement de l’aiguille d’un galvanomètre, soit au contraire mesurer l’intensité du courant nécessaire pour produire une déviation déterminée de l’aiguille du galvanomètre. C’est cette dernière méthode qui fut adoptée car il est en pratique plus facile de lire la déviation d’un ampèremètre que de suivre le déplacement de l’aiguille d’un galvanomètre.
- La figure 1 montre le schéma électrique extrêmement simple qui est utilisé et qui est le dispositif classique de la mesure des résistances par la méthode dite des quatre points.
- Le courant, fourni par une batterie d’accumulateurs de 6 v par exemple, B, dont l’intensité peut être réglée à l’aide d’un rhéostat, passe dans un ampèremètre À et vient aboutir par une électrode à la surface S dont on veut vérifier l’épaisseur E ; il circule dans la paroi métallique et sort par Er pour retourner à la batterie au travers de l’interrupteur I. Deux électrodes auxiliaires P et P' situées sur la ligne EE' entre E et E' permettent la prise d’une différence de potentiel que l’on mesure dans le galvanomètre G. La distribution du courant dans la pièce métallique devient rapidement uniforme jusqu’à une profondeur de 2 cm environ dans l’acier doux et 4 cm environ dans la fonte.
- Les contacts des 4 prises de courant avec la surface métallique à étudier doivent être aussi parfaits que possible pour éliminer les résistances au contact susceptibles de fausser les résultats. On y an-ive en marquant le point de contact par un coup de pointeau donné soit au marteau soit mieux avec un appareil Starrett automatique à ressort dans lequel la force de percussion est toujours la même. Les 4 empreintes E, EL P, P' forment deux paires, l’espacement entre elles étant par exemple EP = i5 mm, PP' = 75 mm, P'E' = i5 mm et obtenu grâce à l’em-
- ^ Un<î P^aclue fig, {. — Schéma du dispositif élec-calibre portant qua- trique pour la mesure de l’épaisseur tre trous convena- d’une paroi.
- blement disposés.
- La marche d’une opération pour mesurer une épaisseur est la suivante : la place ayant été déterminée, on produit les 4 empreintes comme il est dit plus haut (ce qui a l’avantage de détruire la petite couche superficielle d’oxydeou de crasse qui pourrait altérer les mesures^, on introduit les contacts électriques, on établit le
- Ampèremètre
- Galvanomètre
- Sortie
- du court
- potentiel
- du courant
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- courant et on le règle jusqu’à ce que la chute de potentiel entre les deux électrodes auxiliaires ait atteint une valeur déterminée sur l’échelle du galvanomètre. Cette valeur est déterminée d’après un calibrage de l’appareil à l’aide de plaques ou de tubes d’épaisseur connue.
- La figure 2 donne les résultats obtenus avec une série de 8 plaques d'acier avant chacune 3o cm de côté et elle montre la relation liant l’intensité du courant à l’épaisseur de Fig. 2. — Calibrage de l’installation. 1;a plaque pour des
- difféi'enees de potentiel qui se traduisaient au galvanomètre par des déviations de 3o, 4o, 5o, Go el 70 divisions.
- On voit d’après ces courbes que l’on peut pratiquement vérifier l’épaisseur de toutes les tôles couramment employées dm s l’industrie.
- Quant à la précision des mesures, voici un tableau donnant les épaisseurs (en inchs = 2 cm 53) de diverses tôles mesurées au micromètre d’une part et de l’autre avec le dispositif électrique.
- 0.25 0,50 0,15 1,00
- Epaisseur en inches
- Micromètre
- Dispositif électrique
- o,oÔ25 in,
- 0,08
- 0,25
- o,5o
- o,5o
- 0,625
- 0,75
- 0,062 in, 0,07 0,23 0,23
- 0,49
- 0,62
- 0,75
- On voit que la concordance est très bonne.
- Pour la fonte, on peut ainsi déterminer, à 5 pour 100 près, l’épaisseur jusqu’à 75 mm, ce qui, lorsqu’il s’agit de pièces creuses moulées, est en général suffisant.
- Lorsqu’il s’agit d’examiner les amincissements locaux ou les craquelures dans les tubes de chaudières, on emploie des électrodes plus rapprochées et la précision est au moins égale à celle des moyens mécaniques de contrôle, tampons et calibres.
- Enfin, comme nous l’avons dit, la méthode permet l’examen des coudes et des parties cintrées des canalisations, alors qu’on n’avait pas de moyen pratique pour évaluer l’épaisseur de leurs parois jusqu’à maintenant.
- Naturellement si on opère sur des appareils en service, et qui par suite peuvent être à des températures différentes de la température ambiante, il faut, lorsqu’on calibre l’installation avec les plaques témoins, se placer dans des conditions homogènes; il en est de même si la face non accessible de la paroi est en contact avec un liquide, bien que, dans le cas des chaudières l’effet soit peu sensible.
- On voit que la méthode mise au point par MM. Thornton est susceptible de nombreuses applications, dans la marine, les installations thermiques, dans les usines hydrauliques aussi bien que dans les installations des usines de produits chimiques., les usines métallurgiques, etc.
- IL VlCNEUON.
- -..-.— L'INSTITUT DE GÉOLOGIE
- DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE RENNES
- Le nouvel Institut de Géologie de la Faculté des sciences de Rennes vient d’être construit dans le quartier le plus élevé, le plus sain et le plus calme de la 'ville.
- L’architecte, M. Lemoine, a parfaitement réalisé le programme que Liard avait résumé en quelques mots au moment de la construction de la Faculté des Sciences de Rennes : ,« Pas de monument, un atelier de sciences ». Les deux étages et les vastes sous-sols du nouveau bâtiment abritent : des locaux réservés à l’enseignement, de nombreuses salles de collection, des salles et des laboratoires réservés au travail scientifique et à la recherche. La façade sobre et élégante, donnant sur la rue du Thabor, ne s’orne ni de pierres sculptées, ni de festons, ni d’astragales, mais dispense aSv profusion la lumière dans toutes les pièces. Tandis qu’en France, trop de bâtiments universitaires s’élèvent dans le centre d’agglomérations surpeuplées, le nouvel Institut rennais est presque cerné par la verdure des jardins et des parcs.
- Ateliers et laboratoires----Dans les sous-sols bien
- éclairés par deux larges « cours anglaises », s’accumulent les milliers de tiroirs des collections de réserve et s’étend un vaste atelier où arrivent, directement par un monte-charge, les caisses d’échantillons. Cette salle pourvue d’établis, labiés de triage, machine à couper, scier et polir, centrifugeuse, marteau automatique électrique, etc..., sert aux multiples préparations et manipulations, à la confection de sections polies et de lames minces de roches, etc... Une partie de cet atelier, meublée de paillasses, de longues tables, d’un égouttoir, d’un séchoir et d’un grand évier avec bac de décantation, sert aux lavages, débourbages et tamisages. Le monte-charge électrique desservant tout le bâtiment fait communiquer facilement l’atelier du sous-sol et les autres ateliers ou laboratoires de Flnsli-tut ; ce sont :
- Au rez-de-chaussée un atelier de menuiserie bien outillé.
- Au premier étage ; un atelier, servant également de
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- salle de préparation de cours et où le bon éclairage facilite l’exécution des travaux les plus délicats ; un laboratoire de pétrographie et chimie avec une petite salle annexe pour les balances de précision et les appareils de densité ; un laboratoire pour l'étude des sables et des sédiments meubles, avec alimentation de courant continu pour des électro-aimants, étuve électrique et divers appareils d’élutriation.
- Un « laboratoire noir » pour la microphotographie, la microprojection et l’étude de la fluorescence par la lumière de Wood. Cette grande pièce communique avec la chambre noire classique pour les manipulations photographiques.
- Une salle de dessin, spacieuse, est équipée : d’une grande table mobile à contre-poids et appareil à dessiner, d’un panneau d’assemblage mural, de meubles a cartes, râteliers pour cartes murales, machine à
- Fig. 1. — L’Institut de Géologie de la Faculté des Sciences de Rennes.
- border les cartes et les plans, chambres claires de divers modèles et vitre à calquer. Cette salle complète l’outillage du premier étage.
- Au second étage, un laboratoire de pétrographie, au Nord, et un laboratoire de paléontologie sont réservés aux travailleurs ou chercheurs poursuivant des travaux spéciairx.
- L’enseignement. —L’enseignement de la géologie, de la minéralogie, du P. C. B. S. et de l’agrégation se donne dans une grande salle de cours parfaitement éclairée et une petite salle de conférences. Une salle de travaux pratiques communique avec la salle de cours, elle est munie de grandes tables pour les exercices de cartographie et renferme les collections d’étude pour les élèves.
- Collections spéciales et documentation. — Les
- collections générales, très importantes, sont pour la plupart groupées dans les sous-sols. Le Primaire étran-
- Fig. 2. — L’Institut vu du côté du midi, sur les jardins.
- ger et le Secondaire du Bassin de Paris sont particulièrement bien représentés.
- Une petite salle du premier étage abrite une série spéciale de préhistoire et ethnographie, ainsi qu’une petite bibliothèque de préhistoire armoricaine. Au second étage, une salle est réservée aux collections de « Géologie marine » groupant : les échantillons de
- Fig. 3. — Les collections générales du sous-sol (3.000 tiroirs).
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- Fig. 4 à 9. — Quelques salles de l’Institut de Géologie.
- Atelier et collections de réserve au sous-sol. — Bureau du directeur. — Salle de cours. — Salle de travaux pratiques. — Laboratoire de pétrographie pour l’étude des sables. — Salle de cartographie.
- faciès..., les échantillons de dragages, les coquilles et les faunes actuelles. Ces collections de comparaison sont très précieuses et seront activement développées.
- La bibliothèque, enrichie par les dons de Seune, OEhlert, Kerforne et de M. le D1' Picquenard est très importante et s’accroît sans cesse par les échanges de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, qui a son siège à l’Institut.
- Une petite salle spéciale renferme plus de dix mille tirages à part classés par ordre alphabétique.
- Le Musée régional. — La partie la plus originale du nouveau bâtiment et la plus intéressante pour les
- visiteurs est le Musée régional, qui groupe les collections locales d’enseignement et de recherche et occupe 3 grandes salles très claires au rez-de-chaussée.
- Je me suis inspiré pour meubler et installer ces salles des réalisations de certains musées régionaux, du type des « Heimat Museen » d’Allemagne. Pour l’organisation des nouvelles collections les principes de Muséologie suivants ont été adoptés :
- i° Suivre l’exemple des étalagistes modernes en évitant d’entasser côte à côte des centaines d’objets similaires ou disparates. Faire un choix d’échantillons typiques, en montrer relativement peu, mais bien démonstratifs, et réserver pour les tiroirs les séries
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- abondantes qui n’intéressent que les spécialistes.
- 2° Ëviter la fatigue de l’œil et du cerveau qu’entraînent les .mouvements incessants du globe ou des muscles oculaires accommodant sans cesse pour observer des objets placés trop haut ou trop bas, mal éclairés ou mal présentés.
- 3° Dans la mesure du possible ne pas séparer en espèces (en les dépaysant) tous les échantillons, mais les grouper comme dans leur gisement naturel.
- Pour notre Musée régional, j’ai réalisé la maquette d’un meuble qui supprime pratiquement la « migraine des musées » bien connue de tous ceux qui fréquentent la plupart de ces établissements (malaise causé par celle fatigue de l’œil, dont je viens de signaler rapidement les causes et les inconvénients). Les meubles perfectionnés par M. Lemoine sont des meubles doubles à travées de 7 tiroirs. Ils sont disposés en épis entre de larges baies vitrées et ainsi parfaitement et régulièrement éclairés sur les deux faces. Les vitrines inclinées qu’ils supportent sont prolongées par un panneau vertical. Le milieu des panneaux de cette longue « épine » dorsale se trouve à la hauteur de l’œil du visiteur. L’inclinaison des vitrines, et la disposition des gradins supportant les échantillons exposés sont telles que ceux-ci doivent se trouver à la meme distance de l’œil que le milieu du panneau vertical (fig. 11). Ainsi au cours de la visite assez longue de ces grandes salles, plus d’accommodation incessante de l’œil, donc pas de fatigue pour les visiteurs. Sur les panneaux verticaux se fixent : cartes, plans, dessins, graphiques et photographies, toute une documentation parlante qui illustre et commente les séries d’échantillons.
- Une première salle est réservée aux minéraux, aux minerais (souvent groupés par gîtes) et roches du Massif armoricain. Une deuxième salle groupe les séries primaires du Massif armoricain. Les vitrines doivent être examinées dans un certain ordre du Briovérien au Permo-Trias. Cette série stratigraphi-que est suivie d’une série de vitrines consacrées aux excursions classiques de la région. Les coupes les plus instructives se déroulent à la fois sur les panneaux et dans les vitrines correspondantes. La troisième salle est consacrée aux formations tertiaires, quaternaires et actuelles de l’Ouest de la France et du Bassin de Paris dont letude ne peut guère être séparée.
- Dans l’ensemble, ces trois salles forment avec leurs 3o6 vitrines inclinées et les panneaux correspondants un véritable musée d’enseignement de la géologie régionale. Leurs 2.142 tiroirs (s’ajoutant aux 3.ooo tiroirs des sous-sols) permettent de classer et d’examiner dans de bonnes conditions de très importantes collections d’étude.
- *
- # *
- Fig. 10. — Le musée régional : salle Durocher.
- Dans le nouvel Instilut de géologie de Rennes, rien n’a été sacrifié au luxe ni au colossal, tout à l’utilité, à la clarté, à l’ordre et à la propreté. Quel-chemin parcouru depuis l’unique réduit obscur où enseignait Durocher il y a moins d’un siècle ! L’Université de Rennes donne un exemple qui mérite d’être suivi. La Science française pour se maintenir à son rang a besoin de laboratoires modernes bien équipés et de ressources accrues. Notre production scientifique ne se maintiendra que si nous perfectionnons sans cesse notre outillage et nos moyens de travail. Le funeste « slogan » suivant lequel les savants et chercheurs français savent et doivent toujours et partout « se débrouiller » avec des moyens de fortune, a vécu.
- L’Institut de géologie rennais a un rôle très important à jouer en Bretagne. Il doit être à la fois : un établissement d’enseignement, de recherches théoriques et pratiques et un musée instructif et documentaire. Avec l’aide de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, il doit donner une vive impulsion aux recherches dans notre région. Les études que l’on y poursuivra nous apprendront à mieux connaître et aimer notre petite Patrie, en nous aidant à mieux servir la grande. Yves Milon.
- Directeur do l’Institut de Géologie de Rennes.
- Fig. 11. — Meubles des collections régionales.
- G, gradins sous glace ; P, panneau pour documents photographiques ; T, un des 7 tiroirs ; t, tablette à tirette.
- A droite, coupe montrant la position des documents et des vitrines par rapport à l’œil du visiteur. .
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- 136 LE REFROIDISSEMENT DES MOTEURS D'AVIONS
- Parmi les questions à l’ordre du jour en aéronautique les problèmes posés par le refroidissement des moteurs prennent actuellement une importance de tout premier plan. L’accroissement de la puissance massique obtenue par l’augmentation du taux de compression, l’emploi de carburants spéciaux, l’affinement des fuselages et nacelles, la réduction des maîtres-couples, etc... exigent des solutions nouvelles. Nous allons en examiner quelques-unes après avoir indiqué ce que l’on sait des échanges thermiques entre la chambre de combustion d’un cylindre et l’air qui le baigne.
- MÉCANISME DU REFROIDISSEMENT
- La quantité de chaleur contenue dans le carburant et libérée au moment de l’explosion ou de la combustion se divise approximativement en quatre parties :
- a5 pour ioo du total sont transformés en travail utile ; i5 pour ioo sont emportés par l’eau ou l’air de refroidissement ; 2 à 3 pour ioo sont drainés par la circulation de l’huile et le reste s’échappe à l’extérieur par les gaz d’échappement.
- Le problème consiste donc à évacuer les calories nuisibles de la seconde partie de façon à obtenir un équilibre en dessous des températures qui risqueraient de provoquer des dilatations dangereuses pour la tenue des pièces en mouvement et le maintien des qualités du lubrifiant, en un mot le bon fonctionnement du moteur. En outre il est indispensable que cette évacuation se fasse par des moyens de poids et d’encombrement mininia n’affectant que peu la résistance aérodynamique et les performances de l’avion.
- Dans un ensemble aussi complexe qu’un moteur où entrent de nombreuses variables, il est difficile d’espérer que les échanges thermiques puissent être régis par des lois simples. Dans la plupart des cas, il faut
- Fig. 1. — Cylindre d’essai chauffé par résistances électriques et susceptible de recevoir divers jeux cVailettes.
- Cylindre de garde
- Cylindre d'essai
- Cylindre de garde
- avoir recours à des méthodes expérimentales qui permettent parfois d’exprimer l’évolution des phénomènes par des relations empiriques ou semi-empiriques.
- Considérons comment la quantité de chaleur développée à l’intérieur de la chambre d’explosion se transmet au fluide de refroidissement extérieur. Elle traverse par conduction l’enveloppe du cylindre, plus ou moins vite suivant la nature du métal, pour s’acheminer vers les ailettes du moteur si celui-ci est à refroidissement par air pu pour être emportée par le liquide de refroidissement vers le radiateur, s’il s’agit d’un moteur à liquide. En définitive, dans les deux cas, elle se trouve cédée par convection forcée à l’air baignant l’appareil en mouvement ;'cet air s’échauffe lors de son passage à travers les ailettes des cylindres ou les lames ou tubes du radiateur.
- Deux séries de facteurs gouvernent ces échanges thermiques ; la première est relative à la conductibilité, au degré de poli et à la forme des surfaces métalliques et des capots qui les enveloppent, tandis que la seconde dépend surtout de la vitesse de l’air, de sa température, de sa densité et de son mode d’écoulement, laminaire, turbulent ou supersonique.
- Pour donner un aperçu du rôle primordial joué par la vitesse, notons, d’après les expériences de M. Brun, que de l’air pris à une température intitale tn s’échauffe de 5° à ioo m/sec., 20° à 200 m/sec. et 8o° à 4oo m/sec.
- Pour bénéficier donc de la plus grande différence de température entre l’air à tQ et le corps à refroidir de température t on voit qu’il y a intérêt à choisir des vitesses d’écoulement modérées de l’ordre de la moitié ou du tiers de la vitesse générale de déplacement, surtout dans le cas d’avions très rapides. Ceci conduit à des études très soignées sur le dessin à donner à l’intérieur des capots modernes qui deviennent de véritables petites installations de souffleries dont le rendement doit être le meilleur possible pour ne pas trop augmenter la résistance de l’avion. D’autre part à ce même point de vue, la forme extérieure de l’enveloppe du moteur a une importance considérable sur l’aérodynamique de l’hélice et de l’avion et doit être déterminée très sérieusement.
- LES CAPOTS N* A. C. A*
- Jusqu’aux environs de 1981, les cylindres des moteurs à refroidissement par air étaient directement exposés au courant d’air produit par la vitesse de l’avion. Comme le choc sur les ailettes, les culbuteurs était très brutal, d’importants tourbillons naissaient à l’arrière des cylindres et venaient perturber l’écoulement au long du fuselage et des carénages. Il en résultait une augmentation de résistance de l’appareil sans aucun bénéfice car, si l’air était mal guidé sur les cylindres, j1 se pouvait même que le refroidissement se fît mal et fût difficile à régler.
- Les expérimentateurs américains du National
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- Advisory Comiitee for Aeronautics mirent au point des enveloppes cylindriques enfermant les moteurs en étoile ; elle donnèrent toute satisfaction au double point de vue résistance et refroidissement. En Angleterre,
- M. Townsend mit en service un anneau entourant les têtes de cylindres qui eut également un certain succès pendant plusieurs années. Au sujet de la priorité de l’idée, il est assez cui'ieux de remarquer que le Deper-dussin de record de 19x3 à moteur rotatif comportait un capot qui rappelle les formes du N. A. C. A.
- A la suite d’essais américains et d’études entreprises dans divers laboratoires, les capotages de moteurs à refroidissement par air sont actuellement, surtout en ce qui concerne leur dessin intérieur, en période de pleine évolution. Avant d’en examiner différents types, il est intéressant de citer quelques expériences sur les fox’mes d’ailettes de cylindres qui ont, elles aussi, une grande importance.
- Divei'ses expériences ont été effectuées sur des cylindres garnis d’ailettes et chauffés électriquement (fig. 1) dans une boîte refroidie par le courant d’air d’un ventilateur, en faisant varier la vitesse du courant d’air et le poids spécifique, autrement dit la pression de l’air ; les observations semblent montrer que la différence entre la température des cylindres et celle de l’air d’entrée varie comme la puissance 0,7 du débit spécifique de l’air de refroidissement. Pour des ailettes distantes de moins de 2 mm, l’exposant croît légèrement pour chaque diminution d’espace. Autre conséquence : pour un débit et une puissance d’asph'ation donnée, relative à un diamètre de cylindre de 180 mm dont la largeur, ailette comprise, est de 3i mm, l’écartement donnant le maximum d’échange de chaleur est de l’ordre de 11 mm.
- Cependant au dernier Salon de l’Aéronautique, les constructeurs de moteurs semblent avoir augmenté la quantité et les dimensions de leurs ailettes, surtout pour celles qui garnissent les culasses ; on note sur plusieurs moteurs des hauteurs de 3o mm et des écartements de l’ordre de 5 mm ; en outre, l’emploi de déflecteurs ou « baffles » destinés à forcer l’air à passer dans les ailettes se généralise de plus en plus.
- Au point de vue constructif, on distingue deux catégories de moteurs à refroidissement par air ; les types en étoile simple ou double et les types en ligne, soit à une seule rangée, soit à cylindres opposés, soit en H, soit en Y.
- Les recherches sur les capotages ont surtout porté sur les moteurs en étoile fixes, car ceux-ci se sont prêtés à de fortes augmentations de puissance atteignant maintenant presque i.5oo ch, alors que les types en ligne semblent réservés à des puissances inférieures. La nécessité d’un bon refroidissement se faisant sentir impérieusement, de nombreux perfectionnements ont été apportés à ce genre de
- - Coupe d’une installation d’essai de divers capots NACA.
- capots. Le problème consiste à diviser judicieusement la circulation de l’air à l’avant du carénage du moteur et à la répartir en deux circuits, l’un intérieur au capot et l’autre extérieur, de telle façon que le refroidissement soit suffisant en toutes circonstances et que la forme extérieure reste de bonne pénétration, créant le minimum de perturbations nuisibles, pour l’écoulement des courants qui suivent capot, fuselages ou nacelles.
- Les critères de comparaison sont la détermination des résistances globales, des vitesses et pressions en différents points, des températures des cylindres et ceci en fonction de l’incidence que peut prendre l’avion sur sa trajectoire.
- Pour simplifier, il est commode de considérer un paramètre de débit et un paramètre de perte de charge ou d’énergie entré l’entrée et la sortie du circuit intérieur et d’étudier leurs variations en fonction d’un coefficient de résistance. Pour une même valeur de la résistance, on peut ainsi expérimenter diverses formes de capots et de parcours intérieur y compris les déflecteurs entoui'ant les fûts et les culasses et ,les systèmes de l'églage, de façon à choisir celle donnant le minimum de dépense d’énergie dans le circuit interne. On
- Fig. 3. — Résistance du capot NACA comparée à celle de carénages de référence.
- Û."0 fc
- -£>-Nez plat
- Ouvert
- Nez rond
- Fermé
- Capot normal NA CA
- Hélice
- Cylindres
- Moteur électrique 150 c.v.
- Fig. 2.
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- 138
- p/q= 1
- Fig. 4. — Distribution des pressions le long de la génératrice d’un capot IS'ACA à l’incidence zéro.
- peut ainsi définir le rendement ou la qualité d’une combinaison, à résistance égale, par le rapport entre l’énergie dépensée dans le circuit interne et celle nécessaire pour produire une circulation donnée. De plus, dans la pratique des essais en soufflerie, il est bon de définir un corps profilé idéal, de mêmes dimensions que les capots essayés et dont la résistance type servira de terme commun de comparaison avec la résistance des divers systèmes à circulation. Enfin il est indispensable de disposer d’un réglage en vol du débit dans le circuit interne. De nombreux capots sont également munis de volets montés sur le bord de sortie et dont on peut faire varier le braquage pour augmenter l’aspiration ; comme ce procédé majore la traînée, il est aussi nécessaire d’en connaître la valeur (fig. 2).
- La figure 3 indique les différences de résistances entre un capot N. A. C. A. avec circuit interne réglable et divers carénages de référence. Bien que la puissance nécessaire au refroidissement soit délicate à chiffrer, puisqu’elle peut avoir diverses définitions, il faut l’estimer pour le circuit interne d’un capot N. A. C. A. bien conçu à environ 5 pour 100 de la puissance du moteur, sur un avion volant au voisinage de 5oo km/h.
- Pour bien connaître l’aérodynamique d’un capot, il est utile de faire, avec ou sans souffle d’hélice, des prises de pression en avant et en arrière des cylindres ainsi que sur le contour de l’enveloppe extérieure. L’examen des cartographies des pressions a donné naissance à des recherches effectuées en Amérique par
- le N. A. C. A. et en Finance par M. Mercier pour créer de nouveaux types de capots à fente avant. Un diagramme de pression, tel que celui de la figure 4, montre qu’une forte dépression règne aux faibles incidences sur la partie supérieure du nez du capot, d’où l’idée de placer à cet endroit la sortie du circuit interne de l’air réchauffé. Dans la réalisation du N. A. C. A. indiquée figure 5, l’air entre par une large ouverture, traverse les ailettes des fûts, l’encontre des déflecteurs qui le font changer de direction, l’obligent à passer sur les culasses et à s’échapper par la fente annulaire avant.
- Dans les capots Mercier, la section d’entrée est beaucoup plus réduite et une large casserole solidaire du moyeu d’hélice guide les filets d’air ; de plus, comme on peut remarquer sur les figures 6 et 7, l’ouverture de la fente de sortie peut être réglée par un mécanisme commandé par le pilote, afin de conserver dans le circuit interne une vitesse de 6/10 environ de la vitesse générale. D’après les essais de l’avion de bombardement Le’O 45 il semble que ce nouveau type de capots et de déflecteurs à deux étages amène un gain sensible sur les performances de cet appareil tout en assurant un excellent refroidissement.
- D’autres idées relatives à des prises d’air situées sur le nez d’une large casserole entourant le moyeu d’hélice, à des capotages enfermant le moteur dans un tube de Yenturi ou à des déflecteurs spéciaux guidant les filets d’air en avant des cylindres, sont actuellement à l’étude, mais il est prématuré de poi’ter un jugement sur leur valeur pratique.
- MOTEURS EN LIGNE
- Dans le domaine des moteurs en ligne, la construction de nouveaux moteurs d’une puissance de 4oo à 1.000 ch en V ou en H a transformé le dessin des plastrons de capots dont les prises d’air sont maintenant centrales. Pour affiner encore les nacelles moteurs, des brevets anglais portant sur des prises d’air situées dans le bord d’attaque des ailes ont été appliqués récemment. C’est ainsi que le nouvel avion quadrimoteur De Havilland « Albatross » propulsé par des Gipsy 12, munis de ce dispositif à courant inverse pou chaque rangée de cylindres, comporte des nacelles parfaitement carénées (fig. 8).
- Pour diminuer encore l’encombrement et par conséquent la résistance, certains constructeurs comme Fokker envisagent de réduire encore la prise d’air et d’accélérer la circulation par un ventilateur placé dans le circuit entraîné par le moteur lui-même. Ce raisonnement peut être parfaitement juste, car un trop grand ou mauvais capotage peut entraîner à 600 km/h une dépense d’une centaine de chevaux alors que la puissance absorbée par le ventilateur est en dessous d’une vingtaine. Pour un capot normal d’un moteur en ligne, on compte généralement un débit d’air d’une quinzaine de litres-seconde
- Fig. S. — Capot NACA à fente avant avec circulation à retour.
- Hélice j Cylindres
- 1/2 coupe montage moteur réel
- \/Moteur \ électr. I5Qc.v\<"
- 1/2coupe montage d'essai en soufflerie arec moteur électrique .
- 'Plaque perforée
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- par cheval et la résistance de refroidissement peut être exprimée par la formule :
- 4.W ch
- Ræ =
- V km/h.
- où W est la puissance en ch et V la vitesse en km/h.
- REFROIDISSEMENT PAR LIQUIDE
- La rivalité entre le moteur à refroidissement par air et celui à refroidissement par liquide a revêtu différents aspects au cours de l’histoire de l’aviation ; actuellement, on observe que les avantages s’équilibrent pour les puissances inférieures à i.5oo ch, mais pour les groupes de 2.000 et a.5oo ch étudiés pour les appareils destinés à entrer en service dans 2 ou 3 ans, le moteur à liquide est plus facilement adaptable.
- Le problème du refroidissement par liquide comporte 3 principaux facteurs : le choix du liquide, sa vitesse de circulation dans le circuit, le dessin et la place du radiateur sur l’appareil, le tout étant conditionné aux plus faibles poids et encombrement possibles. Le choix du liquide doit tenir compte de ses propriétés physiques : densité, viscosité, chaleur spécifique, points d’ébullition et de congélation. Après avoir longtemps employé l’eau et avoir même, en Angleterre, essayé la vapeur pour améliorer l’échange thermique, on utilise maintenant l’éthyl-glycol, mélange d’une variété d’alcool et de glycérine dont le point d’ébullition plus élevé que celui de l’eau permet des températures de fonctionnement plus hautes, créant ainsi une plus grande chute de température avec l’air et rendant possible une diminution du liquide emporté. Le tableau ci-dessous donne quelques propriétés des liquides de refroidissement.
- Propriétés physiques de plusieurs liquides de refroidissement.
- Fig. 6 et 7. — Photos prises en vol des capots Mercier montés sur l’avion de bombardement Le’O 45.
- En haut : ouverture partielle ; en bas : ouverture totale.
- Pour obtenir un échange plus rapide et diminuer toujours le poids de liquide, on active la circulation d’eau dans le radiateur par une pompe dont le débit doit être calculé pour faire passer environ i 1 par ch. Peut-être est-il possible d’augmenter ces débits avec des radiateurs et des tuyauteries capables de subir de plus fortes pressions.
- Le troisième facteur relatif à la forme et à l’emplacement du radiateur a donné lieu à de nombreuses recherches et l’on peut dire qu’elles ont puissamment contribué à l’obtention de hautes performances. C’est ainsi que l’aérodynamique du radiateur, laissée de côté
- Fig. 8. — Refroidissement à contre-courant Ellor, de Paravicini appliqué sur les moteurs Gipsy-Twelve, des quadrimoteurs transatlantiques « Albatross ».
- Désignation Densité à a5° C Viscosité à 25° C Chaleur spéci- fique Point d’ébulli- tion Point de congélation
- Eau 1 1 1 100 0
- Ethyl-glycol. . ï,ii l7 0,02 I97 —170
- Glycérine. . . 1,26 6co °,59 290
- Mélange 97 °/0 de glycérine. I , 25 4oo 0,5q y>
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- Diffuseur . Bloc
- I radiateur
- • + —
- P 'Po
- Fig. 9. — Diagramme des variations de pression à l’intérieur d'un radiateur en tunnel sams dispositif de réglage.
- alleint.es aujourd’hui, à diminuer la vitesse de passage dans les éléments en utilisant des enveloppes en forme de tunnels dont le tracé permet une détente, un bon fonctionnement du système refroidisseur et écoulement favorable à la sortie. De plus, au point de vue aérodynamique, ce canal peut être situé dans des endroits où l’interaction avec le fuselage et les nacelles est minimà en supprimant les tourbillons nuisibles des radiateurs en saillie.
- La figure g précise le tracé du canal qui comporte 3 parties : le diffuseur de section croissante avec un raccordement à l’entrée pour éviter les tourbillons, le bloc radiateur comprenant les tubes ou les lames où circule le liquide, la buse de section décroissante qui a pour but de rétablir une vitesse voisine de celle du courant général afin que celui-ci ne soit pas perturbé en arrière du corps. A la partie inférieure, on note la différence de pression enlre la pression aux divers points répartis suivant la longueur et la pression amont. Cette différence croît dans le diffuseur, décroît à cause du frottement à travers le bloc et se raccorde théoriquement à la pression pQ à la sortie
- ces dernières années, prend aujourd’hui une grande importance qui justifie la construction de souffleries comme celle de la Société Hispano-Suiza destinée à essayer le groupe moto-propulseur complet : moteur, radiateur et hélice.
- Sans entrer dans le détail de la théorie de la chaleur, notons que tous les radiateurs, qu’ils soient à tubes ou à lames, sont des systèmes à frottement dans lesquels’ les échanges thermiques entre la paroi chaude et l’air se fait par va et vient à travers la couche limite. Etant donné que le métal est employé en épaisseurs de quelques dixièmes, sa nature a peu d’influence sur la transmission du liquide à la paroi, mais la forme de l’enveloppe extérieure conditionne tout le fonctionnement.
- On s’est aperçu qu’à la fois au point de vue thermique et aérodynamique, le fait de placer un radiateur extérieur au carénage en avant du moteur sur le nez du fuselage ou de le faire sortir derrière le moteur sous le bâti était une erreur. En effet, au point de vue thermique, il y a intérêt, aux vitesses
- Fig. 11. — Vue de l’avion Amiot SECM-330 montrant le radiateur en tunnel placé à la partie inférieure du moteur et faisant corps avec le
- fuseau.
- Fig. 10. — Coupe d’un radiateur en tunnel avec volets de réglage.
- Hélice
- Axe du fuselage
- Radiateur
- Diffuseur
- de la buse. Ce fonctionnement, considéré quand le radiateur est froid, est modifié par l’échauffement de l’air au contact des éléments et le sens de cette modification sur la résistance du radiateur est fonction de la perméabilité du radiateur et de la température. Des expériences ont montré que pour une faible perméabilité, la résistance passe par un minimum pour une température donnée. Dans la pratique cependant, on utilise peu de radiateurs sans volets de réglage ; ceux-ci (fig. io) permettent d’obtenir un passage déterminé
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- Fig. 12. — Montage du système Rabatel sut' l’Amiot SECM-350.
- On distingue le radiateur placé à l’arrière du moteur et les ailettes de réglage de débit situées à la sortie du courant d’air. (Figure extraite de la revue L’Aéronautique. Croquis de J. Gaudefroy).
- suivant les incidences et la vitesse de l’avion sur sa trajectoire, aussi l’étude complète du passage est-elle beaucoup plus complexe suivant les cas particuliers.
- Le choix et la construction des blocs qui peuvent être exécutés en tubes polygonaux ou en lames de laiton, de métaux légers ou d’acier inoxydable a une grande importance au point de vue du poids et de la sécurité de refroidissement, mais la technique des radiateurs en tunnel a un peu diminué l’intérêt des recherches concernant leur perméabilité. C’est ainsi que l’étude de la position et du dessin du tunnel pour assurer, à toutes les incidences, un passage correct, une faible résistance et le minimum d’interaction a beaucoup plus d’influence que la qualité du bloc d’éléments refroidisseurs et l’évaluation de sa résistance interne.
- Pour illustrer les applications modernes des radiateurs en tunnel, citons les réalisations exécutées sur le bimoteur Amiot 35o et un appareil de chasse anglais, le supermarine « Spitfire ». Dans sa forme actuelle, l’Amiot comporte les radiateurs dans un carénage faisant corps avec les fuseaux moteurs et où vient se loger le train d’atterrissage lorsqu’il est escamoté (lîg. n). Cette disposition, jointe à d’autres qualités, a permis à cet appareil de battre plusieurs records du monde de vitesse avec charge. Mais une autre solution en cours d’étude permettra de faire mieux encore.
- Appliquant les brevets de M. Rabatel, elle consiste à placer les radiateurs à l’intérieur même des fuseaux, derrière les moteurs, de telle façon que l’air pris par des ouvertures situées sur le nez du capotage soit amené aux éléments à refroidir par des conduits en
- forme de diffuseurs produisant ainsi une détente. Cette idée, qui va être expérimentée prochainement, rend possible un profilage parfait, aux lignes très pures (fig. 12 et i3).
- Sur le a Spitfire », comme sur beaucoup d’appareils anglais, le tunnel du radiateur est placé nettement en arrière du bord d’attaque de l’aile ; de plus, il se trouve décalé vers la gauche par rapport à l’axe du fuselage afin que le produit de la traînée du radiateur, multipliée par le bras de levièr qui le sépare de l’axe, compense le couple moteur produit par les 1.000 ch du Rolls-Royce qui l’entraînent. La figure i4 montre un virage de cette belle machine qui est une des plus rapides du monde.
- Avec de tels systèmes refroidisseurs, on estime que le pourcentage de résistance dû au radiateur n’excède
- F?',g. 13. — Détail du système Rabatel, montrant le tracé des tuyères de détente qui amènent au radiateur l’air pris sur le nez du moteur.
- (Figure extraite de la revue L’Aéronautique, croquis de J. Gaudefroy).
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- pas 4 à 5 pour ioo de la résistance totale de l’avion à la vitesse maximum, mais de nouvelles recherches peuvent encore abaisser ce chiffre.
- Dans un projet d’avion rapide d’un poids de 2 t, chargé à 200 kgr par m2 et muni d’un moteur de 1.000 ch, le fait de réduire la résistance du radiateur au quart de sa valeur actuelle ferait passer la vitesse de 5oo km/h à 525 km/h. Ce gain de 25 km/h, obtenu sans dépense supplémentaire de puissance, mérite que l’on examine attentivement les possibilités certaines de perfectionnement des radiateurs. L’une d’elles consisterait à développer l’idée déjà appliquée sur l’hydravion Machi-Castoldi du record du monde de vitesse, en utilisant judicieusement le revêtement des fuselages, ailes et empennages comme surfaces de refroidissement. Si sa réalisation paraît un peu compliquée pour des avions classiques, elle peut être simplifiée et limitée à des parties où la connaissance de l’écoulement de l’air et l'aménagement des panneaux est facile. La dépense d’énergie que l’on doit inéluctablement au frottement aurait un rôle utile au point de vue refroidissement et économiserait ainsi sur la puissance prise par la traînée du radiateur.
- CONCLUSION
- Sans prétendre être complet, cet exposé donne un aperçu suffisant de la technique actuelle du refroidissement des moteurs d’avions. 11 montre que l’activité des ingénieurs et des chercheurs est toujours vive dans notre pays. Souhaitons que l’outillage de nos laboratoires se développe parallèlement à celui de notre industrie pour
- Fig. 14. — Un beau virage de l’avion Supermarine « Spitfire ».
- On aperçoit sur l’aile pointant vers le bas le radiateur en tunnel décalé par rapport à l’axe (photo Flight).
- essayer et perfectionner les solutions nouvelles capables de contribuer rapidement à l’expansion de notre puissance aérienne.
- Jean Lacaine.
- CONDENSATION ET MOUILLABILITÉ
- Dans un récent article, nous avons succinctement exposé nos connaissances générales concernant cette propriété si importante pratiquement qu’ont certains liquides de mouiller d’une façon préférentielle certaines surfaces. Cependant, sauf de rares exceptions, dans la pratique, ni les ingénieurs, ni les constructeurs, ni les chimites n’ont semblé s’occuper systématiquement de cette question.
- Une exception doit cependant être faite : c’est le cas de la condensation de la vapeur d’eau dans les appareils métalliques. On constate en effet très souvent des différences très considérables dans les valeurs mesurées expérimentalement du coefficient de transport de la chaleur d’une vapeur qui se condense à la paroi métallique du condenseur, et cela, non seulement entre deux appareils de construction différente, mais dans le même appareil. C’est ainsi par exemple que Spoeltra constata à Java que lorsque les tubes de cuivre ou de laiton des évaporateurs d’une sucrerie où il était ingénieur
- avaient été nettoyés avec du pétrole, leur résistance thermique augmentait et ce fut l’origine de recherches extrêmement intéressantes se rattachant à celles poursuivies presque simultanément par Schmidt, Schurig et Sellschopp à Dantzig, Drew, Nagel et Smith en Amérique, etc... Les variations du coefficient de transport calorifique sont considérables, passant facilement du simple au décuple.
- L’explication de ces divergences a été trouvée très simplement, non à l’aide d’instruments précis et compliqués, mais en munissant les appareils de condensation de fenêtres de verre et en regardant ce qui se passe à l’intérieur.
- On a constaté alors que le taux de condensation d’une vapeur sur une paroi froide dépendait essentiellement de la propriété de cette paroi d’être ou non mouillée par le liquide condensé, propriété qui n’avait jamais été envisagée jusqu’alors.
- Si la surface est mouillable, la condensation forme une
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- pellicule continue de liquide qui s’écoule sous l’influence de la pesanteur avec une vitesse qui dépend de sa viscosité. La chaleur de condensation de la vapeur doit donc traverser cette pellicule dont l’épaisseur est fonction de la vitesse de condensation et de la l’apidité plus ou moins grande avec laquelle la surface de la paroi peut être drainée.
- Si la surface n’est pas mouillable, la condensation se fait sous forme de gouttelettes et l’échange calorifique peut être io ou 20 fois plus rapide que dans le cas précédent. En effet, la surface refroidissante entre les gouttelettes est en contact plus direct avec la vapeur, l’agglomération des gouttelettes pour former des gouttes plus grosses facilite leur drainage, enfin le coefficient de transport de la chaleur est plus grand, pour des gouttes de grand rayon de courbure que pour des surfaces planes.
- La question qui se pose immédiatement à. l’esprit est alors de déterminer les conditions physico-chimiques qui provoquent l’un ou l’autre mode de condensation. Un grand nombre de recherches ont permis de formuler les conclusions générales suivantes. Les surfaces rugueuses ou grattées, surtout si elles sont propres et exemptes de graisse, favorisent la condensation pelliculaire, tandis que les surfaces lisses et souillées, particulièrement de graisse, donnent lieu de préférence à la condensation en gouttelettes. Mais cette règle n’a rien d’absolu; Spoelstra par exemple a trouvé que des tubes recouverts d’un léger dépôt poreux qui, en l’absence d’huile, donnait lieu à la condensation pelliculaire pouvaient, par graissage, provoquer la condensation en gouttelettes plus ou moins complète.
- Drew, Nagel et Smith ont observé que même une surface polie, après nettoyage soit avec un mélange caustique, soit avec de la craie pulvérisée ou de l’émeri très fin, donnait initialement une condensation pelliculaire. Sauf pour l’aluminium et l’acier doux cependant, la condensation en gouttelettes se produisait ensuite au bout d’un laps de temps variant de quelques minutes à quelques jours. Le cuivre poli recouvert d’une couche de chrome semble donner la condensation en gouttelettes la plus persistante.
- Certains contaminants sont particulièrement actifs pour amener la condensation en gouttelettes, par exemple les acides gras, pour tous les métaux sauf l’aluminium et l’acier doux qui ne peuvent donner que temporairement cette forme de condensation. Les mercaptans, xanthates et dithio-phosphates sont très efficaces pour le cuivre et ses alliages, tandis que les huiles minérales, les alcools et les
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- composés organiques nitrés ont peu ou pas d’action sensible.
- Le type de condensation dépend également d’autres facteurs : en particulier de la tension superficielle du liquide condensé et du taux en masse de la condensation. Par exemple pour une condensation peu active, si le liquide a une grande viscosité, la condensation s’effectue en gouttelettes (aniline par exemple) ; si on force la condensation, comme c’est en général le cas dans les installations industrielles, dont les surfaces des appareils sont d’ailleurs assez rugueuses, c’est la condensation pelliculaire qui s’établit. Suivant la marche de l’opération, on peut donc passer d’un type à l’autre, d’où des différences considérables dans les bilans thermiques et le rendement de l’installation.
- D’autre part, quand la condensation a lieu dans des tubes verticaux assez longs, le flux de liquide condensé à la partie inférieure peut donner lieu à un mouvement turbulent, ce que Jakob a vérifié expérimentalement pour la condensation de la vapeur : pour de grandes différences de température, la température du tube, de haut en bas, diminue d’abord et augmente ensuite. Ceci peut s’expliquer en supposant que dans une première section du tube, le flux de liquide est du type laminaire, et que le transfert de chaleur, et par suite la température des parois, diminuent au fur et à mesure que la pellicule devient plus épaisse. Plus bas, quand le régime turbulent est établi, le transfert augmente et la température également.
- D’après une étude théorique de Nusselt, le coefficient de transfert de la chaleur pour un tube horizontal de diamètre donné est supérieur à celui d’un tube vertical de mêmes caractéristiques par suite de l’épaississement du film de liquide condensé vers la partie inférieure (bien que le mouvement turbulent et la formation de rides dans le liquide coulant puissent renverser cette conclusion) tandis que dans le tube horizontal, le liquide condensé tend à ne former qu’une pellicule très mince à la partie supérieure.
- On voit combien le problème est complexe et aussi quelle importance pratique il présente. Dans le cas de la condensation pelliculaire, la théorie de Nusselt donne des coefficients de conductibilité calorifique très voisins de ceux trouvés expérimentalement. Dans le cas de la condensation en gouttelettes, les expériences conduisent à des valeurs i5 à 20 fois plus fortes que celles de la théorie.
- H. Vigneron.
- ... LA POMPE A INJECTION "
- DANS LE MOTEUR DIESEL AUTOMOBILE
- Le moteur Diesel pour l’automobile se perfectionne chaque jour ; on peut prévoir que dans un avenir proche il se généralisera et supplantera le moteur à essence.
- Sa consommation de combustible est en effet moitié moins élevée et ses caractéristiques nouvelles donnent à espérer qu’il se montrera aussi résistant à l’usure et que ses frais d’entretien ne seront pas plus élevés.
- Employé d’abord sur les lourds camions dont il était l’apanage, il a conquis les camionnettes légères en
- attendant que dans un avenir proche les voitures de tourisme en soient elles-mêmes équipées (x).
- LES ÉTAPES DES DIESELS AUTOMOBILES
- La technique de construction du moteur Diesel pour automobile a pris son point de départ à deux sources différentes.
- 1. Un constructeur français présente sur le marché depuis fin 1937 un moteur Diesel de petite cylindrée (1,73 1.), construit en série et développant 40 ch à 3.300 t/mn pour une puissance fiscale de 7 ch (Poids 200 kgr).
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- CARACTÉRISTIQUES D’UN MOTEUR MODERNE : L’INJECTION
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- Fig. 1. — Moteur Diesel-Renault (4 cylindres) (vu du côté de la pompe d’injection).
- 1, injecteurs ; 2, raccords de retour du combustible ; 3, raccords d’arrivée du combustible ; 4, bougies (réchauffage) ; 5, levier d’amorçage (pompe à combustible) ; 6, entraînement de la pompe d’injection.
- La majorité des premiers fabricants, pour débuter, a adapté les formes et particularités de construction des cylindres, culasses, injecleurs, de types industriels sur des carters, vilebrequins, bâtis de moteurs à essence renforcés, de sorte que l’on a pu discerner :
- a) Les moteurs issus de la technique industrielle (fixes, marins) lourds et résistants, à vitesse à peu près constante et qu’on avait allégés pour les rendre souples et rapides. Moteurs généralement économiques et sûrs mais peu et brillants » et dépourvus des qualités de reprise et d’accélération nécessaires.
- b) Les moteurs issus de la technique automobile proprement dite, plus légers, rapides et que l’on s’était al taché , à renforcer pour les adapter aux hautes compressions. Ceux-ci, souvent trop poussés, dont les pièces travaillaient trop près des limites de leur résistance se montrèrent d’entretien dispendieux et rebutèrent une clientèle pourtant enthousiaste au début.
- D’essais en essais, ces deux catégories se sont peu à peu perfectionnées et ont évolué vers un type unique dont les caractéristiques générales et essentielles sont, en gros, les mêmes chez tous les constructeurs et ne rappellent plus que de loin les prototypes du début.
- 11 est bon de remarquer que l’on exige du moteur d’automobile, outre les qualités d’un moteur fixe ou marin (robustesse, poids miriimum, consommation réduite), d’être souple, nerveux, facile à démarrer et de tenir la surcharge.
- Reprendre par le détail les améliorations successives, même particulières à une marque, serait l’objet d’une trop longue étude.
- On peut néanmoins constater que tous les constructeurs se sont à l’heure actuelle ralliés aux dispositions suivantes, sur moteurs généralement à 4 temps :
- Culasses à turbulence (Saurer, Unie) ou pistons spécialement étudiés (Berliet) pour brasser l’air énergiquement et idéaliser un mélange intime avec l,e combustible ;
- Pistons en alliages légers à base d’aluminium ;
- Revêtement des cylindres avec des chemises en fonte nitrurée (Renault) ou même chemises indépendantes rapportées, noyées dans l’eau et interchangeables (C. L. M., Citroën) ;
- Métaux spéciaux aussi bien dans la fabrication des vilbrequins et soupapes (nickel-chrome) que dans les garnitures antifrictions.
- Graissage avec pompe à haute pression, réchauffage pour le démarrage, suspension souple ou montage pausodyne, etc. ;
- Pompes d’injection bloc avec avance et régulation automatiques (Lavalette-Bosch, Précision mécanique).
- Nous ne voulons examiner ici, d’une façon succincte, que la pompe d’injection, organe d’ailleurs essentiel et commun à la majorité des moteurs en vente sur le marché français.
- Si les diesels et les super-diesels modernes ont pu étendre la marge de leur vitesse d’utilisa-t i o n (anciennement comprise entre 6oo et i.5oo tours-minute) de 4oo à 4-ooo tours-minute pour un même moteur, c’est en grosse partie à la technique et à la précision de la fabrication des pompes à injection qu’on le doit.
- Il est nécessaire qu a chaque course motrice, à sa plus petite vitesse comme à plein régime, l’injection soit réalisée avec une précision abso-
- Fig. 2. — Schéma d’un cylindre de pompe d’injection.
- A, Lumières d’admission du combustible ; B, soupape de retenue ; C, piston; D, étranglement annulaire du piston ; E, came.
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- 1 ument mathématique, quantitativement et qualitativement Q).
- Quantitativement : c’est-à-dire en fonction de la puissance demandée et cela d’une façon identique dans tous les cylindres, sous peine de déséquilibre, à une fraction de mm3 près.
- Qualitativement : c’est-à-dire au temps précis d’injection qui doit être rigoureusement respecté quant à son début (avance à l’injection), sa durée et sa pression en fonction même de la vitesse et de la puissance exigées à un moment donné.
- Un exemple fera mieux comprendre la précision exigée :
- Un moteur 4 cylindres, de i4 ch de puissance fiscale (too x i5o) qui développe 65 ch à 2.200 tours-minute demande une injection de 5o mm3 de combustible par cylindre et par cycle (4o mgr). Le temps qui sépare deux cycles successifs est inférieur à 5 centièmes de seconde et la durée de l’injection est de l’ordre du millième de seconde.
- A tous les régimes, tous les organes doivent avoir un fonctionnement parfait, quelques degrés de décalage pouvant amener un chute considérable du rendement.
- FONCTIONNEMENT DE LA POMPE
- Chaque cylindre ayant son système d’injection propre, les premiers constructeurs, surtout à l’étranger (Maybach), disposaient une pompe sur chacun d’eux et T’actionnaient directement par des poussoirs reliés à l’arbre à cames de commande des soupapes ; cette disposition existe encore sur quelques modèles de grosse cylindrée (Baudoin).
- Le mécanisme de liaison (accélération, avance, régulation) entre les pompes étant malaisé, la majorité des fabricants ont maintenant adopté les pompes monoblocs comprenant dans un même corps les pompes correspondant aux divers cylindres, leurs cames et tous les organes auxiliaires pour l’accélération, la variation de l’avance, la régulation automatique et même parfois la pompe aspirante d’alimentation de combustible. 11 ne reste plus à prévoir sur le moteur que le manchon d’accouplement et le berceau de l’appareil comme pour une magnéto (1 2).
- La description du fonctionnement des types les plus courants que l’on peut voir sur les moteurs polycylin-driques peut se résumer en l’étude d’un seul élément.
- Outre une parfaite étanchéité et la résistance aux hautes pressions, la pompe doit posséder une qualité essentielle : la mise en pression et la chute de la pres-
- 1. Tous les moteurs fonctionnent par injection mécanique (solicl-injection) l’injection par l’air comprimé ayant été totalement abandonnée sauf sur quelques très grosses unités, moteurs industriels ou marins.
- 2. L’arbre de commande de la pompe tourne à la demi-vitesse du moteur à 4 temps de façon à donner à celle-ci une révolution tous les cycles moteurs alors que la magnéto tourne à la vitesse du vilebrequin, son appareil distributeur étant commandé par un réducteur à demi-vitesse (Le Delco tourne aussi
- à la demi-vitesse du moteur pour la même raison).
- Injecteur à téton Injecteur à trous
- Fig. 3. — Porte-injecteur avec injecteur (Bosch).
- 1, corps d’injecteur ; 2, aiguille ; 3, tige-poussoir ; 4, vis de réglage ; 0, tige de contrôle ; 6, tubulure de retour ; 7, tubulure d’admission.
- sion doivent être instantanées. Le mécanisme réalise celte croissance et cette décroissance instantanées sans aucun clapet, par le piston lui-même (fig. 2).
- Dans une longue chemise d’acier munie à sa partie supérieure d’une ou plusieurs lumières latérales (A)
- (fig. 2) et terminée par une soupape de retenue (B) coulisse un long piston (C) qui présente un étranglement annulaii’e (D) relié par une rainure verticale au-dessus de la tête.
- Au point mort, le combustible (venant d’un réservoir auxiliaire légèrement en charge) afflue à la partie supérieure du piston par les oi’ifices (A). Un peu avant le début de l’injection la came (E) attaque le poussoir et le piston monte vivement vers le haut.
- Dès le moment où la tête dépasse la partie supérieure des lumières, le liquide se trouve emprisonné et passe par le clapet de retenue pour gagner l’in-jecteur d’où il s’écoule finement pulvérisé dans le cy-
- Fig. 4. — Coupe d’un élément de pompe {Bosch).
- h piston ; 2 cylindre de pompe ; 3, manchon de réglage ; 4, tige de réglage ; 5, arrivée du
- combustible ; 6, soupape de refoulement ; 7, couronne dentée.
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- Point mort bas Fin d’injection Plein débit
- Point mort bas Fin d’injection
- Demi-débit
- Fig. 5. — Coupes cl’un cylindre de pompe montrant le piston dans diverses positions de réglage (Bosch).
- lin dre moteur (début de l’injection). Le gi’oupe a injecleur-porte-injecteur » forme lui-même un clapet de retenue qui se lève de son siège sous l’effet de la pression, en découvrant une série de petits trous ou une rainure' circulaire perpendiculaire à son axe (téton) pulvérisant finement l’hydrocarbure.
- Le refoulement s’opère jusqu’au moment où l’évidement annulaire du piston se trouve en regard de la partie inférieure des lumières d’arrivée du combustible (A). C’est la position de fin de compression, le liquide s'écoulant par la rainure longitudinale sous la tête du piston. Les cla-pels de refoulement retombent brusquement sur leurs sièges ainsi que l’aiguille de l’injecteur (fin de l’injection).
- La came de commande du piston, poursuivant sa rotation, celui-ci redescend, découvrant à nouveau les orifices d’aspiration et le liquide afflue dans le corps de pompe pour l’injection suivante.
- La quantité de liquide injecté serait ainsi toujours la même et le moteur serait censé fonctionner à une vitesse et à une charge uniformes. Pour le réglage de sa puissance à vitesse constante ou pour l’accélération, l’espace annulaire inférieur est taillé selon une rampe hélicoïde et, pour régler le débit du combustible, on
- fait tourner le
- Fig. 6. — Piston a auto-avance » avec jin d’injection fixe.
- Fig. 7.
- — Schéma de tringlerie avec régulateur.
- piston dans le cylindre par le déplacement d’une tige à crémaillère engrenant avec la couronne dentée calée sur le manchon de réglage. Le bord de la rampe hélicoïdale venant plus ou moins tôt en contact avec
- les lumières, le temps d’injection est plus ou moins prolongé.
- La charge maxima est obtenue en faisant arriver la rampe au contact des orifices le plus tard possible (départ, vitesse et puissance les plus élevées). La charge minima s’obtient en faisant coïncider la rainure verticale avec l’orifice d’arrivée (arrêt, débit nul) et toutes les positions intermédiaires de la même façon.
- Ce processus donne donc le début de l’injection toujours au même instant et une position de fin d’injection plus ou moins retardée suivant la charge (Lavalette-Bosch). Un variateur de calage, du dispositif d’entraînement de la pompe permet d’avancer ou de retarder à volonté de quelques degrés (4, 8, 12 suivant le modèle) le moment d’attaque du poussoir sur le piston.
- Une manette placée près du chauffeur ou mieux, d’une façon automatique, un régulateur en fonction
- WÏÏ-
- «V:
- Fig. 8. — Le moteur Diesel-Citroën.
- de la vitesse ou une membrane agissant suivant la dépression à l’aspiration (Citroën) permettent de graduer cette avance tout comme celle d’une magnéto dans un moteur à explosion.
- Un autre principe consiste à laisser circulaire l’espace annulaire de décharge et à tailler la rampe hélicoïdale sur la tête du piston. L’injection débute ainsi plus ou moins tôt et se termine toujours au même instant. C’est le principe des pompes dites Auto-avance qui donnent l’avance à l’injection en même temps que l’augmentation de combustible (fig. 6). On leur adjoint souvent une avance automatique supplémentaire (Renault).
- On conçoit également qu’en taillant le dessus du piston et la rainure de décharge suivant deux courbes hélicoïdes parfaitement calculées, on ferait varier le
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- début et la fin de l’injection d’une façon quelconque 0).
- D’autre part, pour éviter les actions trop brutales d’accélération, pour conserver au moteur un régime stable au ralenti, pour l’empêcher de dépasser la vitesse limite pour laquelle il est construit, la trin-glerie d’accélération n’agit que par l’intermédiaire d’un régulateur qui en tempère et en règle l’action et que l’on bloque au départ (pour suralimenter le moteur) et à l’arrêt (fig. 7).
- Ce régulateur agit très simplement par l’intermédiaire d’un levier dont le point fixe est relié à son équipage mobile (A) et qui ne tolère que des variations comprises entre des limites données en évitant les actions brutales et désastreuses.
- La construction d’une pompe d’injection relève, on le comprend, de la mécanique de haute précision.
- 1. L’avance doit en principe croître avec la vitesse étant destinée à compenser les effets de retard dus à l’élasticité des tuyauteries et du temps d’inflammation du mélange.
- :::::::::::::: : . : 147 =
- L’alésage et la rectification du piston qui sont polis et glacés s’effectuent dans des limites de tolérances très strictes ainsi que leur accouplement deux à deux qui ne peut être fait qu’en usine (ces pièces ne sont interchangeables que par jeu de piston-cylindre).
- Quant aux clapets de retenue, étant donnée la vitesse à laquelle ils travaillent, on conçoit qu’ils nécessitent des soins particuliers, la moindre fuite étant cause de panne.
- La pompe à injection, merveille d’usinage, a permis de faire du moteur à combustion routier un engin sûr. Un véhicule peut aisément parcourir 25.000 à So.ooo kilomètres sans autre entretien qu’une visite des injecteurs à peine plus fréquente que celle des bougies d’un moteur à essence. Au bout de ce kilométrage, un simple réglage à une station service vous redonnera une pompe neuve, encore capable d’exécuter a5 à 5o millions de coups de pompe à la pression de i5o à 200 kgr ! Jacques Beaudequin.
- Ingénieur I. C. A. M. et E. P. P.
- LA MESURE RADIO-ÉLECTRIQUE DE L'ALTITUDE
- La viLesse croissante des avions, la nécessité du vol de nuit ou par « temps bouché » exigent la connaissance à chaque instant de l’altitude au-dessus du sol. Nombre d’accidents graves sont dus à l’ignorance du pilote sur ce point.
- Les altimètres oi’dinaires basés sur la mesure de la pression atmosphérique donnent l’altitude au-dessus du niveau de la mer, et non la hauteur relative au-dessus du sol. Au surplus leurs indications ne sont valables que pendant un temps limité.
- Depuis fort longtemps on a songé à des méthodes de sondage analogues à celles qu’on emploie aujourd’hui en mer. On a songé aux ultra-sons qui permettent d’obtenir un étroit pinceau sonore dont la réflexion sur le sol devrait, en principe, permettre la mesure de l’altitude de l’avion émetteur. Malheureusement les ondes ultra-sonores n’ont qu’une faible portée dans l’air. Les appareils imaginés pour les mettre en œuvre étaient trop lourds et ne se sont pas répandus.
- Les ondes sonores ordinaires n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Restaient donc les ondes radio-électriques.
- Les sondeurs à ondes ultra-courtes dirigées sont employés déjà dans la navigation maritime, mais ils ne permettent que de déceler la présence et la direction des obstacles, et non leur distance.
- La mesure de la capacité entre l’avion et la terre à laquelle on a songé ne s’est pas prêtée aux applications pratiques; la variation est très grande pour les basses altitudes, mais très faible pour les grandes.
- La mesure de la différence de phase entre une onde rayonnée et une onde réfléchie est également difficile à réaliser en pratique. On a pu évaluer sans doute l’altitude des zones de réflexion dans l’atmosphère, en envoyant des « tops » de courte durée, et en notant le moment où le signal est réfléchi, de manière à déterminer la formation de l’écho radio-électrique, mais ce procédé n’est pas appli-
- cable pour les faibles altitudes et ne donne pas d’indications continues.
- On vient de réaliser dans les laboratoires téléphoniques américains Bell un altimètre de grande précision, fonctionnant suivant le principe du sondage par ondes radio-électriques modulées en fréquence et de très courtes longueurs, et les résultats obtenus paraissent favorables.
- L’appareil indique la hauteur exacte au-dessus du sol. La sensibilité est si grande qu’un obstacle de quelque dizaines de mètres de hauteur est détecté.
- Cet appareil émet des ondes modulées d’une longueur de 60 cm, soit à une fréquence de 5oo mégacycles ; ces ondes sont transmises par une première antenne, et viennent frapper la surface du sol. Après s’y être réfléchies, elles reviennent vers l’avion et sont reçues sur une deuxième anlenne reliée à un récepteur. Malgré le pouvoir directif
- Fig. 1. — Principe de Valtimètre radio-électrique.
- (D’après Radiocraft).
- ^Antenne de réception
- Antennesx d'émission
- Onde
- [directe.
- Onde
- réfléchie
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- Onde directe
- /''Onde
- réfléchie
- Fig. 2. — Décalage de l’onde directe et de l’onde réfléchie. Le segment AB représente la différence de fréquence constante entre les deux ondes pour une altitude donnée. Cette différence de fréquence provoque les oscillations de battement du récepteur.
- de l’antenne d’émission, une transmission directe s’effectue également entre les deux antennes écartées d’environ 5 m.
- Les ondes émises étant modulées en fréquence, la superposition du signal direct et du signal réfléchi dans le récepteur fait naître des oscillations de battement; celles-ci détectées et amplifiées actionnent un appareil de mesures qui constitue l’indicateur altimétrique.
- Ces antennes d’émission et de réception ont chacune 3o cm de long, et l’appareil permet de mesurer les altitudes depuis 3o m jusqu’au delà de 3.ooo m.
- La fréquence de battement obtenue varie en fonction de l’altitude; il est donc possible de graduer directement en altitudes le cadran de l’appareil de mesure.
- Si l’on utilise une modulation constante, le phénomène d’écho ne peut être obtenu que par impulsions successives, c’est la méthode des essais par « tops », bien connue; au lieu d’une seule fréquence, on peut transmettre une succession de différentes fréquences, ou plus simplement une succession de deux fréquences distinctes. On obtient dans ce cas des combinaisons des deux fréquences directes, et d’un battement de fréquence dû à la réflexion.
- Si l’on augmente le nombre des fréquences distinctes, le phénomène se complique, mais les indications deviennent plus précises. Si l’on reçoit, en même temps, la première fréquence et la cinquième, par exemple, cela veut dire que les ondes correspondant à cette dernière ont mis pour le parcours de l’avion à la terre, et de la terre à l’avion, l’in-
- tervalle de temps qui a servi à l'émission des fréquences intermédiaires.
- Dans l’appareil considéré, le signal à 5oo mégacycles est modulé en fréquence, c’est-à-dire qu’on fait constamment varier la fréquence transmise autour de la fréquence porteuse. Dans ces conditions, on obtient une fréquence de battement qui dépend de la hauteur au-dessus du sol.
- Pour une hauteur de 3o m, la fréquence de battement est de 5 millions de périodes-secondes, pour une hauteur de ioo m, de x.Soo.ooo, pour une hauteur de 3oo m, de 5oo.ooo; elle est de iào.ooo pour i.ooo m et de 5o.ooo pour 3.000 m.
- La fréquence de l’onde émise varie avec le temps, comme le montre la figure 2, et la courbe représentative est en dents de scie.
- La fréquence de l’onde réfléchie reçue par le récepteur de l’avion varie de la même manière ; le décalage correspond au temps mis par l’onde pour l’aller et retour; à chaque instant, la fréquence de l’onde directe diffère donc de celle de l’onde réfléchie d’une valeur, fonction de l’altitude de l’avion.
- La différence de fréquence entre les deux composantes peut être déterminée à l’aide d’une'lampe de modulation, en mesurant la fréquence du battement à l’aide d’un fréquencemètre. L’échelle de cet instrument est graduée en mètres et indique la distance au sol.
- Une lampe modulatrice produit une modulation en fréquence en forme de dents de scie, qui est appliquée sur la lampe d’émission. Le signal de battement est détecté dans le récepteur, amplifié à une certaine valeur fixe, puis transmis à l’appareil indicateur. Pour obtenir des indications constantes, on utilise un transformateur de liaison à deux secondaires qui agit sur un étage de sortie à deux lampes monté en compensation.
- L’appareil peut être équipé avec un dispositif auxiliaire qui provoque l’apparition d’un signal d’alarme lumineux, lorsque la hauteur de l’avion est inférieure à une certaine valeur.
- Le dispositif est évidemment utilisable pour la navigation maritime, et peut déceler la présence d’obstacles, tels que des navires ou des icebergs, au même titre que l’appareil de détection des obstacles à ondes ultra-courtes dirigées, déjà décrit dans La Nature.
- Étant donné le grand nombre des accidents dus à l’indétermination de l’altitude, ce nouvel altimètre radio-électrique rendra sans doute les plus grands services.
- P. Hémaudinquer.
- PÊCHE SPORTIVE AU HARPON DES GRANDS POISSONS DE MER
- La Nature a déjà décrit les grandes pêches sportives en mer (n° 3001,'. Aux États-Unis, de nombreux clubs d’amateurs se livrent à ce sport qui se perfectionne, de plus en plus. Les pêcheurs peuvent, d’ailleurs, choisir leurs victimes. Tantôt ils poursuivent les puissants Espadons et les Albacoi'es, cousins germains de nos Germons, tantôt, après une lutte parfois épique, ils s’emparent d’un Tai’pon de plus de ioo livres dans les golfes de Floride ou de Tampico, tantôt ils s’attaquent
- aux combatifs Xiphidés ou Poissons-épées et même aux énormes Requins.
- Les pêcheurs utilisent diverses sortes d’engins ; les plus simples sont de fortes cannes équipées avec des lignes de lin de g à 24 fils dont les résistances à la rupture varient de 8 à 20 kgr environ. Pour la pêche du Thon, par exemple, la ligne se compose d’une canne très puissante en bambou refendu, d’une longueur de 2 m, avec un moulinet très robuste capable de conte-
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- d’une petite corde, résistant à une traction d’une cinquantaine d e kgr. L e sportman s’asseoit dans un voilier dirigé par deux hommes et appuie la base de sa canne dans une cuvette ménagée dans la planche lui servant de siège. D’autre part, il passe sur ses épaules un harnais de cuir muni d’un crochet. La gaule, s e fixant alors à la fort de ses bras
- La pêche d’un requin au fusil harponneur.
- Fig. I (En haut à gauche) : Mise du harpon dans le fusil. — 2 (En haut à droite) Visée du poisson. 3. Requin harponné se débattant dans Veau.
- hauteur de ses yeux, soulage l’ef-dans la lutte contre les Thons. Nécessairement, les amateurs de ce sport doivent être
- sons en se débattant finissent par s mailles. Mais le plus souvent les montés sur des bateaux spéciaux,
- forts et habiles pour éviter la rupture de leur engin ou le bain forcé. Toutefois 1 e s marins, qui les accompagnent, manœuvrent l’embarcation de façon à les aider au cours des péripéties d’un duel qui dure souvent plusieurs heures.
- Pour les Requins, o n les prend quel-q u e f o i s au moyen de filets tendus à partir du rivage et les pois-’entortiller dans les pêcheurs sportifs, les harponnent du
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- bord. Jusqu’ici le harponneur se tenait debout à l’avant de son canot, ayant en main une longue perche terminée à un bout par un crochet barbelé et à l’autre par une longue corde roulée dans l’embarcation. Arrivé près du Requin, le pêcheur s’efforçait de transpercer son ennemi puis laissait se dérouler la corde longue de plusieurs centaines de mètres. Le poisson plongeait et s’enfuyait en se débattant ; quand l’animal s’épuisait, on le hissait à bord et on l’assommait. Depuis peu, on a perfectionné cette technique. Beaucoup de yachts sont maintenant pourvus à l’avant d’une plate-forme amovible appuyée sur l’étrave et formant balcon avec solide garde-fou C1). D’autre
- 1. Un yacht anglais ainsi équipé a lait escale l’été dernier en divers ports de Bretagne, où beaucoup de touristes le remarquaient.
- part, on lance le harpon au moyen d’un fusil spécial semblable à ceux qui furent essayés en France pour la chasse aux Bélugas (n° 2728).
- Nos photographies montrent une jeune fille yankee se livrant, à ce nouveau sport près des côtes californiennes.
- Après avoir fixé une corde à la hampe de bois dur que termine à son extrémité un fer en pointe de flèche, elle introduit le harpon dans le canon du fusil, vise et tire. Le Requin atteint se débat dans l’eau, en déroulant le câble attaché au dard ancré dans sa blessure, jusqu’à épuisement. Il n’y a plus alors qu’à le haler à bord.
- Jacques Boyer.
- LES APPRENTIS MÉCANICIENS
- La marine militaire apporte, à la formation des apprentis mécaniciens, les mêmes soins qu’à celle des apprentis marins, spécialités du pont f1). Les besoins, de plus en plus grands, en personnel de la machine le lui commandent.
- Deux écoles fonctionnent, dans ce but, l’une à Loi’ient, l’autre à Toulon. Elles comptent, chacune, plus de i.5oo élèves. C’est assez dire quelle est leur importance. Elles offrent, par suite de sérieux débouchés à la jeunesse à la recherche d’une cai’rière.
- L’école de Lorient procède au recrutement général. Elle garde les élèves originaires des régions bretonnes, du Nord et de l’Ouest. Étant trop à l’étroit, dans de vieux bâtiments de la compagnie des Indes, elle doit être transférée dès que les circonstances le permettront.
- Telle était, jusqu’en mai 1986, la situation de l’école de Toulon, qui reçoit les élèves des autres régions métropolitaines, de l’Afrique du Nord, et des colonies. Casernée, sur deux vieux cuirassés, devant l’ancien bagne, elle était obligée d’emprunter des salles de cours aux locaux de celui-ci.
- Aussitôt après le transfert de l’hôpital de la Marine à Sainte-Anne, elle a été installée à Saint-Mandrier, dans des conditions qu’on ne saurait rêver meilleures pour des jeunes gens en pleine croissance. L’air, le soleil, la lumière, leur
- 1 Voir La Nature du 1er août 1938.
- sont dispensés à profusion. Adossés à des bois ils ont, devant eux, le plan d’eau de l’aviation maritime, et la rade des Vignettes. Comme fond de tableau les trois étages du Mou-rillon, du Faron et du Coudon.
- On s’est efforcé d’aménager les bâtiments historiques de l’hôpital, en vue de leur nouvelle destination, sans toucher à l’harmonie de leur ensemble. C’est ainsi que, sur le côté, a été construit un vaste atelier, de 100 m de long sur 60 m de large, doté des outils les plus perfectionnés.
- LES APPRENTIS
- Dans les deux écoles sont admis les jeunes Français présentant les meilleures garanties d’intelligence, de conduite et de moralité, âgés de i5 ans et 9 mois au moins, et de 17 ans au plus, au Ier avril ou au 1e1' octobre, suivant l'époque de leur admission. Us doivent, en outre, réunir des conditions de santé, de constitution et d’acuité visuelle, qui les rendent propres au service militaire. Un certificat d’études primaires élémentaires est exigé d’eux, ou la preuve qu’ils ont satisfait à l’examen de passage de la classe de 6e à la 5e dans les lycées et collèges.
- Les candidats sont classés dans six catégories.
- Viennent d’abord les élèves des Pupilles de la Marine;
- Puis ce sont les orphelins de pères morts en activité de
- Fig. I. — L’école des mécaniciens et chauffeurs de Saint-Mandrier vue de la darse des embarcations.
- >1. I.L. ' 1;
- ÎM0Èis
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- service, ou titulaires d’une pension d’un des trois départements militaires;
- Ensuite ceux dont les pères sont encore en activité ;
- Les pupilles de la nation d’autres catégories ;
- Les orphelins de marins du commerce ou de pêcheurs ;
- Enfin la masse des autres candidats.
- Une commission locale classe les sujets par ordre de mérite. Cet ordre est suivi, sans autre examen, pour l’admission que prononce le contre-amiral commandant de la Marine à Lorient. À titres égaux, les candidats justifiant d’un apprentissage de six mois dans l’une des six professions d’ouvriers en métaux, obtiennent la préférence.
- Les admis sont avisés les 25 mars ou 25 septembre. Ils ont droit au quart de place, sur les voies ferrées, pour rejoindre l’école. Celte admission n’est que provisoire. Elle devient définitive après un stage de trois mois, au bout duquel les élèves contractent un engagement, pour le temps de leur séjour à l’école plus une durée de cinq ans après leur sortie.
- L’école est dirigée par un ingénieur mécanicien en chef, assisté d’ingénieurs mécaniciens et de gradés instructeurs.
- Les élèves apprennent l’une des six professions suivantes : ajusteur, tourneur, forgeron, chaudronnier en fer, chaudronnier en cuivre, ou fondeur-mouleur. Les élèves ai’muriers, surtout formés dans la profession d’ajusteur, reçoivent en outre, des notions de tour, de forge, et de chaudronnerie.
- En plus de cette instruction professionnelle les élèves reçoivent des leçons d’instruction élémentaire, de culture physique et morale. Ils disposent de terrains de sport.
- Leur régime est militaire ; leur tenue est celle du marin des équipages de la flotte.
- Le séjour à l’école est gratuit. Mais le remboursement des frais est dû par les familles de ceux qui refusent de contracter un engagement, ou qui sont renvoyés.
- Un compte spécial est ouvert, à chaque élève, qui ne doit jamais avoir plus de io fr sur lui. Ce compte est alimenté par un versement, de 5o à ioo fr, effectué par les parents. Chaque semaine l’élève peut y opérer un prélèvement de 5 à io fr.
- Telles sont les règles générales applicables, dans les deux écoles, aux diverses catégories d’élèves.
- Fig. 2. — La chapelle.
- COURS DE TOULON
- L’école de Toulon ne se contente pas de former des mécaniciens, des chauffeurs et des armuriers. Son enseignement s’étend à d’autres spécialités.
- Apprentis torpilleurs. — Ils se recrutent dans les mêmes conditions que les précédents, parmi les candidats, déjà pourvus d’une certaine formation manuelle, en vue de leur admission à l’école des Torpilleurs. Dans de vastes ateliers, dotés d’un outillage moderne, ils reçoivent une instruction, surtout manuelle, concernant le tour, l’ajustage, la forge, et la chaudronnerie en cuivre.
- Cet enseignement pratique est complété par des conférences techniques, des cours de mathématiques et des cours de français. Au personnel ordinaire de l’école est adjoint un officier des équipages torpilleur qui remplit les fonctions de capitaine de compagnie.
- Fig. 3. — La salle des tours.
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- École de maistrance. — Cette école de sous-officiers prépare les jeunes gens, qui possèdent une instruction primaire supérieure, aux fonctions d’officier' marinier dans les spécialités de mécanicien et de mécanicien d’aéronautique.
- L’admission a lieu au mois d’octobre. Le séjour à l’école est de i5 mois. Ceux qui se destinent à l’aviation commencent par en passer 6 au cours du brevet élémentaire de mécanicien d’aéronautique professé à Rochefort. Les deux tiers des places vacantes sont mises au concours. L’autre est réservé aux brevetés des écoles professionnelles et d’horlogerie de Besançon et de Cluses. Les conditions sont : qu’ils jsient été classés dans le premier tiers de leur promotion et qu’ils aient obtenu la note minima, donnant droit au brevet provisoire de matelot mécanicien, à l’épreuve manuelle d’atelier imposée aux candidats à l’engagement volontaire.
- Le concours d’admission comprend : une composition française facile, une d’arithmétique et d’algèbre, une de géométrie, une de physique et chimie. Il s’y ajoute la reproduction d’un croquis, et un travail manuel, dont le. coefficient est le plus élevé. La durée des épreuves est de 3 jours. Elles ont lieu, simultanément, dans 22 centres. Viennent ensuite les épreuves manuelles d’atelier, à Toulon.
- Au vu de la liste de classement le Ministre fixe le nombre des admissions. La répartition, entre les deux spécialités, se fait suivant les besoins, d’après le choix des candidats.
- École de perfectionnement. — Pour ne rien oublier il nous faut mentionner cette section, qui reçoit des pre-
- miers maîtres, en vue de leur admission dans le corps des officiers mécaniciens des Équipages de la Flotte.
- Effectifs. — Le total de l’effectif de l’école dépasse i.65o sujets, répartis de la façon suivante :
- Les apprentis mécaniciens forment quatre compagnies, de 180 hommes chacune. La cinquième, réservée aux torpilleurs, en comprend i5o, et celle des armuriers 90.
- Le cours des quartiers-maîtres mécaniciens en compte 107, celui des quartiers-maîtres chauffeurs 61, celui du brevet supérieur de mécanicien 43, celui du brevet supérieur de chauffeur 27.
- Le cours de maistrance comprend 67 élèves, et celui de perfectionnement 4 seulement.
- Le cadre de l’école ne compte pas moins de 382 hommes, dont ig3 permanents et 189 instructeurs.
- Telle est, dons les grandes lignes, l’organisation grâce à laquelle la Marine nationale arrive à se procurer les spécialistes, et surtout les gradés, destinés à constituer l’armature qui fait sa principale force. Les chiffres ci-dessus montrent l’importance, de plus en plus grande, que prend l’élément mécanique à bord des bâtiments de la Flotte.
- Le séjour à l’école facilite, aux jeunes gens qui se sentent des dispositions, un franchissement plus rapide des premiers échelons de la carrière. Ceux-là mêmes, qui ne voudraient pas poursuivre cette carrière, ont intérêt à passer par l’école afin d’y acquérir cette formation indispensable. Une fois rentrés dans le civil ils n’en trouveront que plus facilement à se caser, soit dans les usines de l’intérieur, soit dans la. marine marchande. G. de Raulin.
- Fig. 4'. — La cour des apprentis.
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- LES ROUTES GOUDRONNEES SONT-ELLES CANCÉRIGÈNES ?
- Lu multiplication des cancers du poumon est indéniable, de tous les cancers en général du reste. Cela tient à des causes multiples, au changement de vie que l’on brûle peut-on dire, à l’alimentation trop carnée, trop abondante souvent, ou, l’inverse, aux engrais qui modifient le sol et la constitution chimique des végétaux qui y poussent. On incrimine tant de causes différentes, peut-être toutes actives, sans préjudice d’inconnues possibles, qu’il est bien difficile de faire la part de chacune. On accuse encore le bronzage, les excès de lumière sur la peau, et le P1' A. Roffo, au grand Institut cancérologique de Buenos-Ayres, a apporté des faits convaincants. Mai s si l’on se borne à l’étude des cancers pulmonaires, il faut immédiatement songer aux éléments pouvant pénétrer dans les alvéoles pulmonaires.
- On connaît depuis longtemps l’action des divers goudrons sur la peau. Badigeonne-t-on des souris rasées avec une teinture quelconque de goudron, et cela un certain nombre de fois, qu’on les cancérise (expériences du P1' Ménétrier). Les ouvriers travaillant dans les goudrons, la suie, le brai, sont souvent cancéreux. On a parlé de maisons à cancer, en invoquant la mortalité par cette maladie en certains immeubles, mais si l'on pousse plus loin les investigations, comme l’a fait Auguste Lumière, on voit que le cancer est dû à la profession exercée et non à la maison elle-même (En certains cas, c’est, une question d’humidité, de cours d’eau souterrains et irréguliers (Dr Chaton, en Franche-Comté; Drs Loir et Legangneux, au Havre).
- Dans les cas de cancer primitif du poumon, on peut donc penser aux substances cancérigènes qui y pénètrent, en quantité, en qualité, suffisantes pour léser, irriter, détruire même, les cellules pulmonaires. On sait que les irritations répétées par elles-mêmes, brûlures, frottements, radiations diverses, telles aussi que rayons X et radium, peuvent produire le cancer et aussi parfois le guérir (sorte d’homéopathie !). Le sol peut avoir des radiations telluriques, des failles qui sont nocives.
- Pour les poumons, on a vile songé aux poussières extérieures, surtout si elles sont accompagnées de goudron aux vertus cancérigènes connues. Aussi, dès octobre 1929, à la Société de Pathologie comparée, signalai-je, comme cause possible de cancers pulmonaires et même digestifs, le sol modifié par les poussières qui s’y accumulent ou s’en envolent, et qui pénètrent dans la bouche, allant, de là, aspirées, dans les poumons, ou mêlées à la salive et dégluties. Dans les cas. d’aérophagie, il y aurait même alors aspiration dans l’appareil digestif. J’v suis revenu dans la Revue Les Néoplasmes et à la Société de Médecine de Paris, en 1980, et en général la cancérisation par les routes goudronnées a paru possible, plausible. En même temps, je voyais, radiologiquement, la multiplication des cancers du poumon, que tous les cliniciens constatèrent dès lors et depuis !
- La question a sommeillé et voici que l’Académie de Médecine s’en occupe. La Semaine du Cancer, organisée par la Ligue internationale que préside le sénateur Justin Godart, ancien ministre, s’est tenue avec succès à la fin de l’année ig38. Toutes les nations fournissent en effet un grand nombre de victimes à ce Moloch. Les automobiles et les routes goudronnées se multipliant, l’élément cancérigène des goudrons si c’en est un, doit être étudié, élucidé, expérimenté dans les plus brefs délais. On pourra l’atténuer, dit M. Kling, directeur du Laboratoire municipal de la Ville de Paris qui, comme nous y croit, et même plus que l’atténuer, dit-il, par des substances, des précautions utiles supprimant
- le danger. Nous allons suivre et résumer les discussions actuelles de l’Académie de Médecine de Paris, où la discussion s’est engagée.
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- Le 26 juillet 1988, l’Académie de Médecine entendait une communication sur « Le goudronnage des routes et chaussées, facteur étiologique possible du cancer primitif du poumon », par MM. André Kling, N. Samssonow et Mlle Marguerite Héros. Ces chercheurs rappelaient que, dès 1924, examinant « les dangers de l’emploi du goudron », le Conseil d’IIygiène et de Salubrité du Département de la Seine, avait chargé l’un de ses membres, le Pr Vincent, d’étudier la question. Les conclusions furent (je cite textuellement) :
- « Sur l’influence que peut exercer le goudronnage des rues de Paris quant à l’extension du cancer, les éléments certains d’appréciation font défaut. Il n’existe pas de documentation qui permette de fixer à cet égard l’opinion du Conseil d’IIygiène. Affirmer ou nier cette possibilité serait donc, sans doute, également imprudent.
- a Mais en raison de la gravité du péril que constitue la recrudescence de la mortalité cancéreuse, on est dans la nécessité de prendre toutes les mesures possibles pour enrayer le développement de ce fléau ».
- Le P1’ Vincent soulignait dès lors la nécessité d’enquêtes approfondies.
- M. Kling étudie depuis dix ans les activités cancérigènes des divers goudrons selon leur nature, leurs actions de contact. et de voisinage. Il ne croit guère aux statistiques. Lui et ses collaborateurs ont naturellement pris connaissance des travaux étrangers de Cook, Hieger, Keusseway et Maynecord, sur les tumeurs expérimentales des souris.
- Il est nécessaire, disent MM. Kling, Samssonow et Mlle Héros, d’expérimenter sur les animaux, sans exagération, car il n’y a là, comme l’ont rappelé aussi les argumentateurs, les Prs Sergent et Roussy, rien d’absolu. En outre, les auteurs ont établi des statistiques professionnelles, car nombreuses sont les professions cancérigènes : radiologistes, goudronneurs, briquetiers (agglomérés de charbon), paraffi-neurs, tisseurs de coton, raffineurs de pétrole, etc. La durée inégale du travail, la dilution de l’agent cancérigène, rendent difficiles les conclusions. La résistance des humains étudiés ou des animaux expérimentés, complique encore la question.
- Campbell, étudiant des souris, soumises à des poussières goudronnées de routes, a vu des cancers de la peau et des poumons.
- Nos auteurs notent l’imprécision des observations relatives à la composition et aux origines des goudrons utilisés, la nature et la composition des poussières ayant absorbé ces goudrons ; les résultats contradictoires obtenus par Campbell ne sont pas démonstratifs. Il reste seulement acquis poulies auteurs français la possibilité cancérigène des routes goudronnées.
- Ce à quoi M. Barrier répondit, pour signaler la gravité de la communication de M. Kling « à la bonne foi évidente ». Les nuages de poussières maintenant supprimés, faudra-t-il renoncer au goudron ou le rendre inoffensif moyennant des frais énormes. On a fait des expériences au Conseil d’IIygiène, à la Société du Gaz de Paris et elles apparaissent plus concluantes que celles de M. Kling.
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- M. Jules Renault constate l’utilité du goudronnage et devant tant d’hypothèses eontrouvées sur la genèse du cancer, conseille la prudence.
- Le Pr Émile Sergent, à son tour, dit : « M. Barrier vient de faire remarquer avec raison qu’on ne peut, en toute certitude, tirer des expériences faites sur l’animal, des conclusions rigoureusement applicables à l’être humain ». Et ce Maître d’affirmer que la clinique est une véritable expérimentation, suivant les symptômes et les lésions. Le cancer primitif du poumon est réellement en progression, révélé par radiologie et autopsie ; il dépend du genre de vie, de la profession. MM. Laubry, Bezançon confirment l’augmentation des cancers pulmonaires.
- M. Kling réfute les objections faites, disant qu’on peut modifier le goudronnage, montrant que la souris est un bon animal d’expérience, qui peut contracter le cancer par contagion comme l’homme (on connaît, dirai-jc, certaines piqûres opératoires avant donné le cancer).
- A une séance ultérieure (n octobre 1938), MM. G. Roussy et Ch. Oberling apportent des arguments nouveaux, confirmant la fréquence augmentée du cancer pulmonaire, rappellent les travaux japonais de Yamaghiwa et d’Itahilawa (1914) ; européens de Fibiger et Bang (1919), de Roussy, Leroux et Peyré (1921), sur le pouvoir cancérigène du goudron; ils parlent de leurs expériences à l’Institut du Cancer de Villejuif, où peu des souris badigeonnées eurent du cancer pulmonaire, ajoutant : les expériences de M. Kling confirment les effets du goudron, « mais de tels faits, tirés de l’observation expérimentale, ne réalisent pas du tout les conditions de l’observation posée par le problème du goudronnage des routes. Il est difficile, en effet, d’établir une comparaison entre la souris dont la peau est badigeonnée à plusieurs reprises avec du goudron, et l’homme qui, sur les routes, aspire de minuscules poussières chargées de goudron. Les différences portent à la fois sur le sujet d’expérience, sur la quantité de goudron utilisé et sur la voie d’introduction... ».
- Aux expériences anglaises, MM. Roussy et Oberling opposent les leurs qui montrent que la faible quantité des poussières absorbées serait insuffisante. Les autopsies confirment cependant l’augmentation de fréquence du cancer.
- M. Sergent approuve MM. Roussy et Oberling de préférer la clinique et « de ne pas conclure radicalement de l’animal à l’homme » ; sans « sûrement incriminer le goudronnage des routes, nous avons le devoir de chercher la cause de cette augmentation de fréquence du cancer primitif du poumon dans les conditions actuelles de vie et d’ambiance ».
- M. Rist confirme d’après les examens des Instituts anatomo-pathologiques, celte fréquence croissante. Dans beaucoup de mines de charbon, on n’observe que la silicose et dans celle de Schneeberg, à substances radio-actives et vraiment cancéreuses, on n’a rien signalé de spécial quant à la fréquence du cancer primitif des poumons.
- Enfin, le 24 janvier 1989, M. P. Valade a apporté une série d’expériences montrant la difficulté de cancériser certains animaux ou certains tissus. Il propose d’étudier les souris d’après l’âge, la robe, la race, l’hérédité, la spécificité d’action des carbures, etc.
- Il faudrait, ajoute M. Valade, avoir de bonnes statistiques hospitalières, faire des enquêtes auprès de l’Administration des Ponts et Chaussées ; et M. Barrier propose d’étudier spécialement les chevaux qui circulent sur les routes.
- Le cheval, le cantonnier, sur les routes, ont toutes chances d’absorber des poussières, mais jusqu’ici on n’a rien publié, que je sache, sur leur état pulmonaire !
- Les centres anticancéreux dus à l’initiative du Pr Jean Bergonié (de Bordeaux), qui mourut en janvier 1925, lent
- martyr des rayons X, peuvent foimur~llcs statistiques utiles. Ne sont-ce pas, du reste, des hôpitaux spéciaux dont les renseignements doivent' s’ajouter à ceux des autres et desmaisons de santé. Mais le secret professionnel n’est-il pas-un empêchement, puisque c’est pour cela que les déclarations des causes de décès ne sont pas encore de rigueur.
- Comme beaucoup de gens croient à l’hérédité qui, autant, que la contagion, est cependant niée pour le cancer, on craint de nuire à l’établissement, au mariage, des descendants-de cancéreux. Cependant toutes les indications sont utiles et devraient être demandées à tous, en entourant, — ce qui est possible — les déclarations, des conditions de secret !
- *
- * *
- Les négateurs de l’action des -poussières goudronnées des routes, ceux qui affirment leur danger et ceux qui parlent d’étudier avant de nier ou d’affirmer, sont restés sur leurs positions. Il est certain que les causes du cancer sont multiples, sans doute, que le cancer du goudron (travail et routes) est difficile à discriminer, comme nous le disions dans une nouvelle et récente communication à la Société de Pathologie comparée (10 janvier 1989).
- On a dit que si vraiment on devait incriminer les routes et les soins qu’on y apporte, les riverains, habitants des rez-de-chaussée dans les rues, dans la campagne, devraient être plus atteints que les autres ? Tous les cancers ne sont pas connus. Je parle ici des cancers pulmonaires et digestifs. Les poussières silico-goudronnées des routes peuvent pénétrer aussi bien les alvéoles pulmonaires que la cavité stomacale. La silice est anguleuse, tranchante ; on en connaît les lésions chez les tailleurs de pierres meulières, les sableurs de métaux, les fondeurs aux moules en sable, lésions surtout pulmonaires et tuberculeuses. Ce caractère anguleux, pénétrant, perforant, des particules siliceuses, ne me paraît pas souligné par nos chercheurs, et je le signalai dès 1929. De simples badigeonnages de la peau des souris les cancérisent, ceci est incontestable, et des cancers professionnels le prouvent aussi chez les hommes qui manipulent et absorbent des goudrons. Combien plus, peut agir un sable tranchant et goudronné !
- La pénétration est faible, dira-t-on, nulle peut-être, car les automobiles sont bien closes ? Pas si closes que cela cependant, puisque le Dr S. Icard (de Marseille), a montré que même les boîtiers de montres, si bien fermés, contiennent de la poussière du métier exercé, et il en a fait un signe médico-légal d’identité des individus. Il entre donc dans les autos, moins bien closes que des montres, de la poussière de la route en raison directe des voyages effectués.
- Les voisins des roules, même sans autos, participent à cette distribution par l’air ambiant. Sont-ils, demandons-nous encore, plus cancéreux? Tous les cancéreux ne se soignent pas. Certains souffrent peu, tels ceux de la gi’ande courbure de l’estomac ou de certains points pulmonaires. Certains êtres sont peu sensibles, durs à la souffrance et ne se faisant pas soigner, restent ignorés en leur mal.
- Évidemment, si des causes multiples existent, on ne sait pas, on ne sait plus !
- Quoi qu’il en soit, il y a augmentation du nombre de tous les cancers et même si le goudronnage des routes ne devait pas être incriminé — ce qui me paraît à moi et à d’autres bien douteux — la question est si grave qu’il faut en poursuivre l’examen et l’expérimentation jusqu’à ce qu’on soit clairement fixé et, s’il y a danger, qu’on l’élimine.
- Dr Foveau de Cour:ueixes.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE - «*
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1939 (')
- Une assez belle éclipse partielle de Soleil se produira le 19 avril, à la lin de la journée. Voici le fait astronomique' le plus important du mois. A signaler, en outre, une très belle conjonction de Vénus et de Jupiter, le 22. Puis une. série d’occultations d’étoiles par la Lune, la visibilité de la lumière zodiacale, le soir, etc.
- U — Soleil. — En avril, la déclinaison du Soleil passera de + /UiS' le ier à + 14°35/ le 3o. La durée du jour sera de i2h47m le isr et de i4h27m le 3o.
- Voici, de 3 jours en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Avril Heure du passage Dale : Avril Heure du passage Date : Avril Heure du passage
- I er 11 1i541t,49s i3 111*5111124s 25 00 5 ÜN en
- 4 11 53 55 16 11 5o 3q 28 11 48 14
- 7 11 53 3 *9 11 49 57 3o 11 4757
- 10 II 52 12 22 ‘«49 «9
- Observations physiques. •—• Observer chaque jour le Soleil. Voici la suite des éphémérides pour orienter les dessins et les photographies solaires :
- Date (oh) P B. Lo
- Avril 5 — 26(37 0 — 6(31 i58(75
- — 10 — s6,38 0 — 5,98 92,75
- — i5 — 26,20 0 — 5,6i 26,75
- — 20 — 25,83 0 5,20 320,72
- 25 — 25,28 0 — 4,7» 254,68
- — 27 — 25,01 0 - 4,56 228,25
- — 3o — 24,55 0 — 4, a7 188,61
- Eclipse annulaire de Soleil. — Le 19 avril, une belle éclipse annulaire de Soleil — visible seulement comme éclipse partielle à Pai'is, — se produira à la fin de l’après-midi. L’éclipse générale (premier point de la Terre qui verra l’éclipse) commencera à i4h26m; le maximum aura lieu à i6h45m et la fin de l’éclipse générale à igh5m.
- La plus grande durée de la phase annulaire s’observera dans les îles Aléoutiennes, par iC8°i4/ de longitude Ouest et 53°2t)/ de latitude Nord.
- Voici les principaux points de la Terre d’où l’éclipse sera visible comme partielle : moitié ouest de l’Europe, Atlantique nord, Océan glacial arctique, Amérique du Nord et partie nord-est de l’Océan Pacifique.
- En France, l’éclipse sera visible comme partielle. A Paris, elle commencera à i7h36m et la plus grande phase se produira à i8h2im, 25 mn seulement avant le coucher du Soleil. Celui-ci donc disparaîtra à l’horizon en partie éclipsé. Phase maximum à Paris : o,3o4, le diamètre du Soleil étant pris égal à un.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est bien placée, en ce mois, pour être observée le soir, à l’Ouest. La période la plus favorable sera celle du 6 au 20 pendant laquelle la Lune ne gênera pas par son éclat.
- IL — Lune. — Les phases de la Lune, en avril, seront les suivantes r
- P. L. le 4. à 41'[8m I N. L. le 19, à i6l‘35m
- D. Q. le h, à 16 11 | P. y. le 26, à 18 35
- Age de la lune, le 1e1' avril, à oh = ioj,9 ; le 20, à o11 = ofS.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 9 avril, à 6h = — i9°35/; le 23 avril, à i5h = + i9°34/.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le xor avril, à i3h. Parallaxe = 6o,io//. Distance = 364.46o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i3, à 9h. Parallaxe = 54/n//. Distance = 404.696 km.
- Périgée de la Lune, le 28, à ioh. Parallaxe — Dis-
- tance = 369.261 km.
- Fig. 1. — Trajectoire sur le cÂel décrite par la petite planète Daphné (41) entre le 22 mars et le 1er mai 1939. Opposition le 13 avril. Cette région du ciel est très riche en nébuleuses : sur cette carte on en compte onze, accessibles aux petites lunettes.
- Occultations d11 Etoiles et de Planètes par la Lune :
- Date
- Étoile
- Magni- Phéno-tude mène
- Heure
- Paris Uccle
- Avril 8 -L Ophiuchus 4m ,6
- — 10 4886 B. D — t 9° 6 3
- — 24 26 Gémeaux 5 1
- — 27 m Lion 5 5
- — 28 2328 B. D. -f- 40 6 6
- — 3o 244^ B. D. — 0“ 6 3
- — 3o 3235 B. D. — 4° 6 5
- Em. 2h 4mj6 2k 9m,5 Em. 1 5i 3 1 53 2
- 1mm. 22 16 2 22 i3 o
- 1mm. 19 19 8 —
- Imm. 20.55 1 20 55 1
- 1mm. 1 i4 6 1 12 0
- Imm. 20 58 o 20 57 9
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout au début du mois, du 2 au 7, à l’époque de la Pleine Lune. Coefficient inaximum : 109 centièmes.
- L Toutes les heures figurant dans le présent « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps Universel (T. U.) ou Temps de Greenwich, compté de Oh à 24h à partir de Oh (minuit). L’heure d’été sera mise en service dans la nuit du 13 au IG avril. En conséquence, à partir du IG avril, augmenter toutes les heures mentionnées ici de 1 unité.
- III. — Planètes. — Le tableau suivant, qui a été établi à l’aide des données de l'Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour observer les principales planètes pendant le mois d’avril 1939.
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- V
- ASTRE Date : Avril Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite
- 1 5h32m 11 h54m4Qs i8hiqm oh4om
- Soleil . .< 7 ' J9 5 4 19 56 11 11 53 3 49 57 18 18 28 46 1 ] 2 46
- 3° 4 35 11 47 57 >9 2 2 27
- Mercure . ; 7 J9 4 4 55 >9 11 10 23 28 ; 7 49 36 0 0 33 23
- 7 4 12 9 33 i4 54 22 39
- 19 3 55 9 39 i5 24 23 33
- Mars . . 7 I 28 5 32 9 37 18 4o
- J9 I 6 5 12 9 l7 19 6
- Jupiter J 7 !9 4 3 4i 59 10 9 26 49 16 i5 I X 39 23 23 34 44
- Saturne . 7 5 4o 12 10 18 4o I *9
- J9 4 56 11 29 18 1 I 24
- Uranus ier 6 47 i4 8 21 29 2 53
- Neptune . 1er 16 20 22 44 5 11 11 3x
- Déclinair son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- + 4°i8' 32' 3"6 Poissons
- + 6 36 32 o,3 Poissons
- 4- 10 57 3x 53,7 Bélier
- + i4 35 3x 48,2 Bélier
- + 5 3g 11,4 L Poissons Le matin à la fin du
- -j- 1 i5 10,0 44 Poissons mois.
- — 9 24 14,4 6 Verseau
- — 4 21 xM Verseau Le matin dans l’aube.
- — 23 35 9,0 )> Sagittaire
- 23 23 10,0 7r Sagittaire Vers la fin de la nuit.
- - 3 54 3i ,2 27 Baleine )
- — 2 5i 3i ,8 27 Baleine inobservable.
- + 5 54 14,4 « Poissons ) Inobservable.
- -j- 6 27 i4,4 u Poissons
- -f- 16 14 3,4 p2 Bélier Inobservable.
- + 4 29 2,4 89 Lion Presque toute la nuit.
- Mercure sera visible le matin, à la fin du mois, sa plus grande élongation se produisant le ier mai. Ce sera la plus grande de l’année, mais la planète sera assez peu observable dans l’aube. Il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 3 avril, à 8h.
- Vénus est toujours visible le matin, mais en des conditions moins favorables. Son diamètre diminue et la fraction illuminée du disque, à la fin du mois, sera de 0,8x2. Magnitude : — 3,4.
- Mars devient de plus en plus intéressant à observer. Mais sa grande déclinaison australe gênera séi’ieusemenl les observateurs du Nord et du Centre de la France. Le diamètre de la planète atteindra 10^,0 à la fin du mois et l’on peut, dès maintenant, entreprendre des obsei’vations suivies de ce monde voisin.
- Daphné, la petite planète n° 4i, découverte par Gold-sclimidt en i856, arrivera en opposition le i3 avril. Elle atteindra la magnitude 8,G. On la trouvera aux positions ci-après :
- Date Ascension droite Déclinaison
- Avril 7 i3l>29ra,2 + 1053'
- — i5 13248 + 4 0
- — 23 i3 20 5 —{— 5 54
- La figure 1 montre sa marche sur le ciel pendant cette période d’opposition.
- Jupiter est inobservable ainsi que Saturne qui sera en conjonction avec le Soleil le 11 avril, à 2oh. Les éléments de l’anneau de Saturne seront les suivants, le i3 avril :
- Grand axe extérieur.......................... 36", 24
- Petit axe extérieur . . . . . . . . — 7",90
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau — 120,596 Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau . — 120,332
- Uranus sera inobservable, se trouvant presque en conjonction avec le Soleil.
- Neptune sera encore visible presque toute la nuit. La carte de son mouvement sur le ciel, publiée au n° 3o4a, permettra de le trouver en s’aidant d’une petite lunette.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 19b, Neptune enconjonct Le 10, à 22h, Mars —
- Le 16, à i8h, Vénus —
- Le 17, à 4h, Jupiter —
- Le 18, à oh, Mercure —
- Le 19, à 7b, Saturne —
- Le2i,à 1 h, Uranus —
- Le 22, à 2*1, Vénus —
- Le3o, à 2h, Neptune —
- avec la Lune, à 5020' N.
- la Lune, à 5°i6' S.
- la Lune, à 5032' S,
- la Lune, à 4°57' S.
- la Lune, à 3°5g' S.
- la Lune, à 3°54' S.
- la Lune, à 0027' N.
- Jupiter, à o°24' S. la Lune, à 5oa4' N.
- Circompolaires ; Temps sidéral. — Voici quelques passages au méridien de Paris de l’étoile Polaire (a Petite Ourse) :
- Date
- Avril ier
- — 11
- — 21
- Passage
- Inférieur
- Heure
- 0h58m gs o 18 49 23 35 35
- Temps sidéral (l)
- I2h33m4gs
- i3 i3 i5 i3 52 4°
- Etoiles variables. — Minimum d’éclat, visible à l’œil nu, de l’étoile Algol (B Persée), variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j20h49m : le 18, à 2oh3m.
- Le 27 avril, maximum d’éclat de R Cassiopée, variable de 4m,S à i3m,6 en 426,3 jours.
- Etoiles filantes. — Du 16 au 3o avril, météores émanant de la l'égion de v Bouvier (Radiant : 20G0 + i3°).
- Du 19 au 22 avril, chute des Lyrides (Radiant : 271° +33°, près de io4 Hercule).
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le Ier avril, à 2ih, ou le i5 avril, à 20h, se présente comme suit :
- Au Zénith : La Gxande Ourse; le Lion.
- A u Nord : La Petite Ourse ; Céphée ; Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- A l'Est : Le Bouvier; la Chevelure de Bérénice; la Balance ; la Vierge.
- Au Sud : Le Corbeau ; l’Hydre : la Licorne ; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Les Gémeaux ; Orion ; le Taureau, les Pléiades.
- Em. Touchet.
- 1 A 0h, pour le méridien de Greenwich.
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- COMMUNICATIONS A U ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 novembre iq38.
- La région d’Alençon. — La carte gravimétrique de la France ne révèle que des anomalies relativement faibles, sauf à la limite du bassin houillier de Valenciennes et dans la région d’Alençon. MM. Sciilumberger et Baranov ont étudié d’une façon détaillée celle-ci en effectuant de nombreuses mesures avec le gravimètre Thyssen. Le gradient est particulièrement élevé au Nord d’Alençon où cette anomalie doit être liée à la jonction du Bassin Parisien et du Massif armoricain dont les terrains sont plus denses et entre Alençon et Mamers où un dôme important d’isogammes coïncide avec l’affleurement des phylladcs de Saint-Lo et des terrains cambriens.
- La cryptolépine. — La cryptolépine est un alcaloïde extrait du Cryptolepis sanguinolenta, plante de la Nigérie utilisée par les indigènes contre la fatigue et la courbature. M. Raymond-IIamet, après avoir annoncé que la cryptolépine provoque une forte hypothermie, expose que cet alcaloïde produit également une hypotension considérable et durable qui, comme à l’accoutumée, est accompagnée de modifications du volume du rein. Cette hypotension est due à une vaso-dilatation très forte et très prolongée. La cryptolépine paraît, à la suite de cette étude, d’un intérêt thérapeutique suffisant pour mériter un examen encore plus complet de ses propriétés.
- L’âge du granit des Pyrénées. — Par de nombreuses observations, en particulier dans le Massif de Castil-lon au Sud de Saint-Girons, M. Ragtjin montre qu’il y a eu au moins trois venues de magma granitique dans les terrains anciens des Pyrénées. L’une est anté-silurienne, la seconde se place avant les mouvements hercyniens, la troisième est probablement de l’époque carbonifère.
- Séance du 28 novembre 1938.
- L’azote des feuilles panachées. — Divers auteurs ont remarqué que les feuilles présentant de l’albinisme contiennent beaucoup d’azote soluble. Reprenant l’étude de ce phénomène, MM. Mollïard, Échevin et Brunel ont dosé dans les feuilles .de Y Acer negundo et du Pélargonium zonale l’azote existant sous diverses formes (total, soluble, protéique, nitrique, ammoniacal, amidé, allantoïne, acide allantoïque et aminé). Ils confirment aujourd’hui l’élévation du taux de l’azote soluble avec l’albinisme ; ils peuvent de plus affirmer la présence de quantités importantes d’allan-toïne et d’acide allantoïque dans les feuilles privées de chlorophylle. Les auteurs ont étudié de la même façon l’azote contenu dans les feuilles de Radis cultivés en milieu glu-eosé et atmosphère suroxygénée. Dans ces conditions ils ont observé une augmentation sensible de l’azote nitrique et d’autre part une accumulation d’azote soluble à fonctions amide, amine ou ammoniac, les uréides glyoxyliques étant à peu près absents.
- Mesures électriques absolues. — M. A. Guillet expose qu’il est possible d’effectuer aujourd’hui des mesures électromagnétiques absolues avec une haute précision si on s’astreint à une technique précise et bien arrêtée. Il faut installer à demeure dans un laboratoire spécial les appareils fondamentaux et n’avoir jamais à les transporter. L’auteur montre en particulier les conditions qui doivent présider au choix de l’inductance; il insiste sur la nécessité de bonnes définitions de la précision et de la sensibilité. Il est également indispensable que tout physicien puisse reprendre les mesures dans les mêmes conditions d’immobilité des
- appareils fondamentaux. Une telle installation remplacerait avantageusement les étalons de base dont l’invariabilité n’est pas certaine.
- Le poids atomique du carbone. — Des mesures très précises de la densité limite de l’éthylène, sous forme de gaz très pur, ont donné à Mlle Toral et à MM. Moles et Escribano le nombre 1,20122. Cette valeur conduit à un poids atomique du carbone de 12,007, en excellent accord avec d’autres mesures des mêmes auteurs mais sensiblement plus faible que celle admise par la Table internationale.
- Les sables désertiques. — M. Bellair a examiné les éléments lourds des sables désertiques du Sahara. Il a , noté des différences importantes entre les divers parcours. La grande abondance à l’Ouest des grains de zircon et de magnétite, très rares au contraire à l’Est (Ouargla, Toug-gourL), contraste avec la similitude presque parfaite des sables recueillis sur de très grands espaces. Il semble que la dorsale lloggar-Laghouat a joué un très grand obstacle, infranchissable pour des éléments par ailleurs très mobiles.
- Séance du 5 décembre ig38.
- Le tungstène de la Montagne Noire. — M. Vin-cienne signale qu’un échantillon rocheux provenant des gisements aurifères de Salsigne s’est révélé comme du wolfram (tungstate de fer et de manganèse). Ceci confirme la grande profondeur de formation des gisements filoniens de la Montagne Noire et place leur origine à l’époque hercynienne et peut-être même calédonienne. L’analogie entre ces formations et certains gisements aurifères du Brésil s’affirme ainsi de plus en plus.
- Mutations d’origine chimique. — M. Simonet a déjà fait connaître qu’en collaboration avec MM. Dansereau, Cho-pinet et Souilijaert il lui a été possible de provoquer des variations tétraploïdes sur divers végétaux, le Pétunia en particulier, par application d’une solution de colchicine. Il expose aujourd’hui qu’il a étudié au Centre de recherches agronomiques de Provence la descendance des variations obtenues par cette méthode. Les mutations se manifestent par des fleurs, des inflorescences et des feuilles plus grandes, une végétation tardive et des feuilles légèrement charnues. Malgré la difficulté qu’il a éprouvée à obtenir des graines viables, l’auteur a pu constater sur une seconde génération la persistance de la tétraploïdie et des modifications morphologiques. Cette possibilité de modifier les espèces par un agent chimique est d’un intérêt capital et sera probablement susceptible d’applications pratiques à brève échéance.
- Séance du 27 décembre 1938.
- Le zinc dans l’eau de mer. — Dieulafait, par des dosages sur les eaux mères des marais-salants, avait admis que l’eau de mer contient au maximum 2 mgr de zinc par mètre cube. En raison de la haute teneur en zinc de certains animaux marins, M. G. Bertrand a été amené à penser que ce résultat était inexact. Il a repris ce dosage directement sur l’eau de mer par une méthode mise au point à cet effet. Il a trouvé que les eaux des côtes de France (Atlantique et Méditerranée) contiennent de 3 à 4 mgr de zinc par litre, soit 1/10.000 en moyenne du total des sels dissous. Appliquant la même méthode aux eaux de la Mer Morte, il trouve que celte proportion s’abaisse à 1/54.000 environ. Il est donc permis d’affirmer que la Mer Morte n’est pas un résidu séparé depuis longtemps de la Méditerranée mais un lac dû à l’apport et à l’évaporation du Jourdain. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sichtbares and insichtbares Licht, par E. Rüchardt.
- 1 vol., 176 p., 135 fig. Julius Springer, éditeur, Berlin, 1938. Prix relié : RM 4,80.
- Ce petit ouvrage de vulgarisation, fort joliment illustré et élégamment présenté, décrit d’une façon très simple, accessible à tous, mais irréprochable du point de vue théorique, les phénomènes fondamentaux de l’optique géométrique et de l’optique physique : réflexion, réfraction, théorie ondulatoire, interférence et leurs applications, polarisation et double réfraction, dispersion et analyse spectrale, théorie électromagnétique de la lumière, rayons X, théorie des quanta.
- Naturgeschichte des Seemoses, par M. E. Tuiel. 1 vol. in-8°, 34 p., 25 fig., 6 pl. Handbuch der Seefischerei Nordeu-ropas. Schweizerbar’sche Yerlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1938. Prix : 9 marks.
- Les mousses de mer sont certaines espèces d’Hydroïdes qu’on pêche en Allemagne et en Hollande et qu’on utilise comme décoration, tandis qu’en France on n’utilise pas celles de nos côtes. Ce fascicule décrit l'histoire de leur découverte, leurs caractères et leurs noms, leur structure, leur \ûe, leur développement et enfin l’engin qui sert à la pêche.
- Faune de France. 35. Diptères Dolichopodidæ,
- par le Chanoine 0. Parent. 1 vol. in-8°, 720 p., 1002 fig. Lechevalier, Paris, 1938. Prix : 350 francs.
- Le 35e volume de la Faune de France, œuvre collective des zoologistes français groupés à l’Office central de faunistique, est consacré à une famille de Diptères très homogène dont beaucoup vivent au bord de la mer ou dans les salines. On en connaît en France 320 espèces et d’autres restent à découvrir. Selon le plan général adopté pour cet inventaire, l’ouvrage du chanoine Parent, directeur de la station biologique d’Amble-teuse, expose d’abord la classification, les caractères généraux, la biologie, puis décrit une par une toutes les espèces, donnant les caractères sexuels, l’habitat, et, quand on les connaît, les formes larvaires.
- Le pigeon voyageur, par Zaepffel. 2® édition. 1 vol. in-16,-177 p., 38 fig. La Maison rustique, Paris, 1938. Prix : 12 francs.
- Glorieux dans l’histoire, réglementé dans le présent, le pigeon-voyageur est aussi une des distractions de la Belgique et du Nord de la France où de nombreux colombophiles l’élèvent, le sélectionnent et l’entraînent. Voici leur guide où ils trouveront tout ce qu’ils doivent savoir : l’histoire naturelle, de l’origine au sens d’orientation, la pratique de l’élevage, les caractères anatomiques, les maladies et les soins qu’elles exigent et jusqu’à la législation en vigueur.
- Les chats. Élevage et maladies, par R. Moussu. 1 vol. in-16, 118 p., fig. La Maison rustique, Paris, 1938.
- Choix des reproducteurs, élevage, accidents et maladies, leurs signes et leurs traitements, tels sont les conseils pratiques et expérimentés du chef de clinique de l’Ecole d’Al-fort.
- Fliegen, Schwimmen, Schweben, par Werner Jacobs. 1 vol. in-16, 134 p., 86 fig. Yerstandliche Wissenschaft. Julius Springer, Berlin, 1938. Prix : relié toile, 4,80 marks.
- Les êtres vivants qui sont transportés passivement par les courants d’air ou d’eau, ceux qui volent ou nagent activement, ceux qui flottent à la surface de l’eau (grâce à une goutte huileuse ou une poche pleine de gaz) sont examinés dans leurs mécanismes très divers, au moyen d’exemples bien choisis. La bibliographie est tout entière allemande !
- Vues actuelles sur le problème de F alimentation,
- par Lucie Randoin, avec tables de composition des aliments. 1 vol. in-8°, 128 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- Avec sa grande compétence et sa longue expérience, l’auteur expose l’évolution des idées physiologiques, allant de l’énergétique aux besoins spéciaux d’acides aminés, de matières minérales, de vitamines, de lest, pour aboutir aux notions actuelles qu’on tend à appliquer à l’alimentation des peuples, sous l’égide de la Société des Nations. Des tables très précieuses renouvellent celles d’Alquier en y ajoutant les
- Leneurs en vitamines, l’équilibre acide-base, le rapport calcium-phosphore de tous les aliments.
- Physiologie. Revue annuelle, par E. F. Terroine. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938.
- 6. Lipides, par Emile F. Terroine. 59 p. Prix : 12 francs.
- 7. Stérides, par Emile F. Terroine. 25 p. Prix : 10 francs.
- 8. Energétique, métabolisme de base, thermoré=
- gulation, par R. Wurmser et L. Chevillard. 35 p. Prix : 10 francs.
- 9. Digestion, par Georges Delruc. 44 p. Prix : 12 francs.
- 10. Respiration, par D. Cordier, Robert Lévï et L. Rapkine.
- 83 p. Prix : 20 francs.
- Nutrition et dentition, par Milton Théo. Hanke. 1 broch. in-8°, 76 p., 4 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Pour garder les dents saines, il faut un régime alimentaire bien composé dès la naissance et même avant (ration suffisante de vitamines), une bonne disposition anatomique de la bouche, une salive non acide, un nettoyage enlevant les fongosités et détruisant les bactéries buccales. L’auteur donne sur chaque point des conseils précis basés sur l’expérience.
- Le temps. Etude philosophique, physiologique et psychologique, par Joseph Sivadjian. 1 vol., 425 p. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 8b francs.
- Qu’est-ce que le temps ? Est-il en nous ou hors de nous, psychique ou physique ? L’auteur passe en revue le problème métaphysique (les atomistes, les pythagoriciens, les platoniciens, le néo-platonisme chrétien et les scolastiques), le problème psychologique (de Kant à Piéron), le problème physique, le problème physiologique, le problème du subconscient ; l’auteur aboutit à une conception physique personnelle due à la nature discontinue de l’univers.
- La psychologie organique des centres nerveux,
- par Pierre-Jean. 1 vol. in-16, 167 p. Éditions Corrêa, Paris. Prix : 18 francs.
- Entre le spiritualisme et le matérialisme, Fauteur cherche sa voie. Il a déjà vu dans deux autres volumes des mécanismes qui vont contre la physique ; cette fois, il présente les organes des sens, les sensations, les mouvements, les fonctions organiques et y retrouve même opposition entre l’automatisme et l’intention. Gela éclate encore plus dans le sentiment du beau et dans le rire. Il pense s’en tirer en faisant de la conscience une propriété commune à toutes les unités élémentaires de la matière vivante. En tous cas, il sait exposer les faits d’un esprit honnête et clair.
- Panorama de la littérature lithuanienne contem= poraine, par Jean Mauclère. 1 vol. in-16, 190 p. Editions du Sagittaire, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Asservie, persécutée dans sa langue, la Lithuanie n’a gardé son âme que par des légendes, des contes populaires et des chansons jusqu’au réveil patriotique et littéraire, puis à la libération. Aujourd’hui, une pléiade s’essaie dans divers sens, tout en conservant le pathétique traditionnel. Spécialiste des questions lithuaniennes, notre collaborateur révèle cette floraison toute empreinte d’esprit national.
- Comment nous vaincrons la dénatalité, par Fernand Boverat. 1 broch. illustrée par Gazan, 54 p. Editions de l’Alliance nationale contre la dépopulation, 217, rue du faubourg Saint-Honoré, Paris, 1938. Prix : 6 francs.
- Sans enfants aujourd’hui, plus de France demain. L’alliance nationale contre la dépopulation et son actif président, M. Boverat, ne cessent de jeter le cri d’alarme sur la faible natalité française. Mais les lamentations ne suffisent pas, voici des remèdes : allocations familiales, primes à la natalité, prêts au mariage, allocations de logement, retraite des mères de famille, réforme fiscale, c’est toute une politique de natalité dont M. Boverat trace ici les grandes lignes. Cette brochure si frappante dans sa brièveté, si éloquente dans sa simplicité et ses chiffres, doit être lue et méditée par tous les Français. Puisse-t-elle créer l’atmosphère nécessaire pour entreprendre et mener à bien les réformes qui provoqueront un nouvel épanouissement de la natalité en France.
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- notes et informations
- ASTRONOMIE
- Btoile nouvelle ou étoile variable ? — La circulaire n° 738 de l’Union astronomique internationale, signalée par le « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France (circulaire n° 107), annonce que l’astronome A.-A. Wachmann a trouvé, sur un cliché pris le 18 janvier 1939, une étoile de 9e magnitude photographique qui n’est pas visible sur les plaques prises antérieurement. Elle ne figure pas non plus sur les cartes photographiques de Franklin Adams, sur les cartes de Wolf-Palisa, ni sur la Carte photographique du Ciel.
- Cette remarque a été confirmée par l’Observatoire de iBabelsberg. Les coordonnées de celle étoile (ramenées à l’équinoxe i855,o) sont les suivantes :
- Ascension droite = 5h37m,5; déclinaison = + 90o;.
- S’agit-il d’une Nova ou d’une étoile variable en période de maximum d’éclat ? La suite des observations permettra de trancher la question.
- Cette étoile est située dans une région d’absorption, entre Bételgeuse et le groupe des étoiles X, cp1 et çp2 Orion, à environ i°iof à l’Est de cp2, sur les confins de la Voie lactée.
- DÉMOGRAPHIE
- Les migrations alternantes de la population parisienne en 1936.
- Chaque jour, à pied, par le train ou les moyens de transport en commun, une véritable armée de travailleurs de toutes sortes, ouvriers, employés, fonctionnaires, etc., afflue vers Paris et un flot, en sens inverse en emporte vers les usines, les ateliers et les bureaux situés hors Paris. C’est ce que l’on appelle les migrations alternantes de la population.
- Elles englobent 53o.ooo personnes actives. 780.000 quittent Paris pour se rendre dans les autres circonscriptions ; 281.000 partent des 80 communes de la Seine-banlieue; i63.ooo de Seine-et-Oise ; iiô.ooo environ de Seine-et-Marne et 2.000 de l’Oise. Où se rendent-elles ? 4oo.ooo se dirigent sur Paris; n4.ooo vers les 80 communes de Seine-banlieue; i5.5oo vers la Seine-et-Oise, un peu plus de 700 en Seine-et-Marne et près de 600 dans l’Oise.
- Si on compare ces chiffres relatifs à 1986 à ceux fournis par le recensement de 1981, on constate que le nombre des migrants alternants a diminué d’environ 45.000.
- C’est la première fois depuis 1901 que l’on constate une régression du nombre des déplacements journaliers de professionnels dans la région parisienne. A quoi peut-elle tenir ? En premier lieu, la population de Paris a diminué, de 1981 à 1986, de plus de C0.000 personnes, tandis que celle des 80 autres communes de la Seine a augmenté de 90.000, celle de Seine-et-Oise de 48.000 et celle de Seine-et-Marne de 9.200. Il y a eu déplacement de la population et aussi parfois transport d’établissements industriels de Paris vers la banlieue. D’autre part la situation économique était différente à l’époque des deux recensements ; en 1981 il n’y avait que 34.3oo chômeurs dans la région parisienne, en 193G leur nombre s’élevait à 208.700.
- Des 78.000 professionnels quittant chaque jour Paris, 10.900 vont à Boulogne-Billancourt, 6.25o à Levallois-Per-ret, 4-5oo à Sainl-Ouen, 3.5oo à Saint-Denis, 3.5oo à Mon-. Irouge.
- C’est Asnières qui envoie le plus grand nombre de travailleurs à Pai’is : 10.691, ensuite et dans l’ordre décroissant : Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt, Montreuil, Vincen-nes, Colombes, Clichy.
- Les perspectives démographiques de VAllemagne d’après la Statistique du Reich.
- L’Office de Statistique du Reich vient de publier dans sa Revue Wirtschaft uncl Stalistik une étude du plus haut intérêt sur ce que sera l’évolution future de la population de l’Allemagne, si la fécondité des Allemandes, à chaque âge, se maintient au niveau qu’e'le atteignait en 1986.
- Si cette hypothèse se réalise, le nombre des naissances, qui a dépassé 1.410.000 en 1987 (Sudètes compris), décroîtra de i3.ooo par an, en moyenne, à partir de 1940, par suite de la diminution du nombre des mariages, consé-. quence de la dénatalité de la période de guerre ; il descendra à 1.280.000 environ en 1955. Il remontera ensuite à 1.870.000 en 1970, en raison de l’accroissement brusque de la -natalité survenue de 1933 à 1986, mais, à partir de 1965, il recommencera à diminuer lentement, la fécondité des femmes allemandes en 1986, qui a servi de base pour l’établissement des perspectives en question, étant insuffisante pour assurer le remplacement de chaque génération par une autre numériquement égale. En 1986, le nombre des naissances tomberait au-dessous de 1.200.000.
- Tandis que la natalité diminuerait ainsi, le nombre des décès croîtrait au contraire de façon continue, par suite de l’augmentation inévitable du nombre des vieillards ; le nombre des personnes de 65 ans ou plus s’élèvera en effet de 6.000.000 aujourd’hui à 11.700.000 en 1980, ce qui fera passer le nombre annuel des décès de 920.000 actuellement à 1.220.000 en 1970, chiffre égal à celui des naissances.
- A ce moment la population du Reich, qui est présentement de 79 millions d’habitants, atteindrait environ 86 millions ; elle diminuerait graduellement après 1970.
- Ces perspectives ont de grandes chances de se réaliser, à peu de choses près, en ce qui concerne la mortalité, car ï'augmentation du nombre des vieillards est certaine. Leur réalisation en ce qui concerne la natalité est beaucoup moins sûre, car celle-ci dépendra de l’attitude du Gouvernement et de la nation à l’égard du problème familial. Il faut noter, à cet égard, qu’en 1988 la fécondité des femmes allemandes a atteint un niveau notablement supérieur à celui de 1986.
- Maigre cela ces perspectives ont grandement ému le Gouvernement allemand, qui ne peut admettre que la population allemande diminue à partir de 1970 et la population active (de i5 à 65 ans) dès i960. On doit donc s’attendre à ce que les pouvoirs publics renforcent considérablement, dans un avenir prochain, les mesures d’encouragement à la natalité. Déjà le chancelier Hitler vient de créer, pour la Nioël, une nouvelle décoration réservée aux mèrfcs de 4 enfants.
- On peut faire un rapprochement intéressant entre les perspectives qui viennent d’être calculées en Allemagne sur la base d’une fécondité restant égale, à chaque âge, à celle de 1986, et les perspectives qui ont été calculées pour la France, il y a 2 ans, sur la base de la fécondité française de ig35. Si cette fécondité restait invariable, le nombre des naissances françaises tomberait de 617.000 en 1987, à 56o.ooo en 1942, à 5oo.ooo en 1970, à 468.000 en 1985, époque où la France perdrait 200.000 habitants par an. La France est, au point de vue de la dénatalité, en avance d’une génération sur l’Allemagne ; elle compte une population moitié moindre et, malheureusement, elle n’accomplit pas actuellement, comme le Reich, un effort méthodique et persévérant pour relever sa natalité.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- LE TRAVAIL MANUEL MOTORISÉ Le moteur à essence à dos.
- Il existe de nombreuses machines-outils portatives, mais toutes utilisent l’électricité comme source d’énergie, et par suite exigent la présence du courant électrique sur le chantier où travaille la machine, ce qui impose en certains cas, l’installation coûteuse de groupes moteurs-générateurs. D’autre part, l’ouvrier est gêné, dans son travail, par la présence des fils souples des conducteurs, qui, en outre, sont dangei’eux. De là est née l’idée de commander les machines-outils portatives par un moteur à essence, lui-même portatif et placé sur le dos de l’ouvrier.
- Voici une intéressante réalisation de cette idée.
- Le moteur tout équipé ne pèse que i4 kgr, il est donc facilement transportable et peu encombrant. C’est un 2 temps, 73 cm3 de cylindrée, 35 mm de course, 5o mm d’alésage, qui fournit au régime de S.ooo tours-minutes, une puissance sensiblement égale à 1 ch x/4- .
- Il est muni d’un carburateur sans flotteur, écartant tout danger d’incendie et d’explosion, d’un volant magnétique avec turbo-ventilateur et court-circuiteur fournissant un courant de très haute tension et une étincelle chaude. Le graissage se fait par un mélange de 5 à 6 pour 100 d’huile à de l’essence courante. Le moteur repose sur 3 ressorts amortisseurs anti-vibrateurs, fixés au bât tubulaire métallique : il est donc un véritable « moteur flottant ». Les trépidations qui pourraient franchir ce dispositif amortisseur sont absorbées par deux larges et épaisses bandes de feutre montées sous les bretelles de cuir du bât. La force motrice est tranmise à l’outil par un arbre flexible en ressorts conlre-toronés couverts d’une gaine souple et graissée. L’arbre flexible se termine par un raccord tournevis instantané qui permet d’un coup de pouce d’adapter un nouvel outil à l’arbre flexible et de travailler ainsi dans toutes les positions. Le moteur ne consomme qu’environ 1/2 1 d’essence par heure.
- Citons quelques-unes de ses nombreuses applications parmi les plus intéressantes :
- Le marteau à percussion permet de percer la roche et le béton, de 12 à 35 mm de diamètre de trou, jusqu’à une profondeur de 60 cm. La brosse métallique ordinaire permet d’enlever le crépissage et en général de nettoyer une façade ou une surface métallique.
- Pour les électriciens qui désirent percer de plafond à
- plancher ou dans un angle, le marteau peut être muni d’un flexible de rallonge. L'appareil à tailler les rainures pour noyer les tubes Bergmann jusqu’à 25 mm de diamètre est destiné plus spécialement aux électriciens et aux installateurs ; il avance d’un m en 4 mn environ (fig. 1).
- Le marteau et la scie à chaîne sont des outils robustes qui permettent à un entrepreneur de maçonnerie de travailler sans fatigue. La perceuse peut être employée aussi bien sur le fer que sur la pierre et la brique, avec des mèches à
- rig. 1. — Le moteur à dos en action.
- forage en tous diamètres de 6 à 100 mm.
- Les taille-haies coupent les haies quelle que soit leur nature et les rabattent avec exactitude.
- Le motocompresseur avec son pistolet permet de dérouiller, puis de repeindre les mâts, poteaux, pylônes avec rapidité.
- La scie à chaîne permet de débiter des rondins jusqu’à 20 cm et de faire l’abatage en forêt (fig. 2).
- Le rabot, la scie circulaire, la scie à chaîne sont utiles aux menuisiers, aux charpentiers, et aux paysans. La sarcleuse remplace la houe à main. La pompe centrifuge a un débit de 5 1 à la seconde, le jardinier et l’agriculteur s’en servent pour l’arrosage, l’entrepreneur pour épuiser l’eau des fondations et le particulier pour l’alimentation d’eau, etc.
- Fig. 2. — L’abatage au moteur.
- OBJETS UTILES Rasoir mécanique vibrateur.
- Le rasoir ordinaire, dit mécanique, ne possède en réalité qu’une lame mince fixe protégée simplement par une garde en forme de peigne, de manière à éviter les coupures et déterminer l’angle de coupe. Nous avons décrit des modèles de rasoirs électriques comportant une « tête » constamment en mouvement sous l’action d’un petit moteur électrique et dont les modèles sont divers. Ces rasoirs électriques, d’ail-leux's, se rapprochent des tondeuses bien plus que des rasoirs ordinaires.
- Un perfectionnement du l’asoir classique a pu cependant être obtenu, d’une manière uniquement mécanique, et, en xxalité, ti'ès simple.
- La « tête » habituelle du rasoir comporte à sa partie supérieure des x'ouleaux en caoutchouc, qui s’appliquent sur la peau lorsqu’on déplace le rasoir le long du visage. Ces roxx-lcaux tournent et déterminent un mouvement de va-et-vient en zig-zag de la lame. Ce mouvement vibratoire est imprimé à l’ensemble du rasoir (fig. 3).
- Cette « atta-
- que » en oblique, et non ^9- 3. — Rasoir mécanique vibrateur.
- plus seule -m e n t par le pi’océdé du rabot, tranche vraiment 1 a bai'be, m é -
- feu du rasoir. Rasoir Vib-
- Le Gérant : G. Masson.
- imprime par barnéoud frères et cle a x.AVAi, (france). — 1-3-1939 — Published in France.
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- N° 3045
- LA NATURE
- 15 Mars 1939
- UNE BELLE AURORE BORÉALE
- On se souvient encore de la magnifique aurore boréale qui l’an passé jeta ses feux pendant toute la soirée du 25 janvier. Nous rappelions à cette occasion que semblables spectacles ne sont pas, pour le ciel de France, aussi exceptionnels qu’on le croit communément. Et en effet une autre, sans doute d’aspect moins
- mer dans un creux de dune pour y disposer un appareil photographique destiné à enregistrer le ciel nocturne à la fin du crépuscule astronomique. Mon attention ne fut donc attirée que lorsque vers 18 h 4o la lueur grandissante déborda la crête proche me masquant juste l’horizon nord. Dans celle lueur générale
- Fig. 1. — L’aurore, boréale du 6 février 1939, vue à Donville, au bord de la Manche.
- La grande plage rayonnante de gauche se projette sur la Voie lactée.
- (Dessin d’après nature de L. Rudaux).
- grandiose et surtout de durée très brève, vient de se montrer le 6 février dernier au début de la nuit. En raison de leur grand intérêt, ces phénomènes méritent toujours d’être signalés.
- Telle que j’ai pu l’observer, celte aurore se manifesta d’abord par une lueur rougeâtre plus ou moins comparable — comme on le relate volontiers en pareil cas — au reflet de quelque vaste incendie lointain. Une apparition que rien ne laisse prévoir prend toujours l’observateur au dépourvu. C’est pourquoi je n’ai pu déterminer le début, me trouvant alors au bord de la
- palpitante, s’atténuant là, se ranimant plus loin, se montrèrent des jets presque verticaux assez fugaces. Le déplacement de l’ensemble vers l’ouest l’amena bientôt à se trouver dans le champ de l’appareil, déjà en station depuis quelques minutes, et qui par son dispositif ne peut être rechargé qu’en laboratoire ; ainsi, à défaut d’autres images pouvant être prises plus judicieusement, valait-il mieux courir la chance, sans toucher à l’appareil, d’enregistrer au moins une photographie, celle que reproduit ici la figure 2. Elle donne une bonne indication de l’intensité de la plage
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- Fig. 2. — Photographie prise vers JS h 45.
- Lu grande tache lumineuse striée de jets se déplace au-dessus ^ l-l 3. Photographie prise à 20 h vers le nord,,
- de la mer, du Nord vers l’Ouest. Observatoire de Donville à l’observatoire de Donville. Pose de 2 mirait es,
- ' tManclie). Pose de 3 minutes.
- lumineuse (le cliché eût gagné à être pris sur pellicule panchromatique), mais les détails sont un peu incertains, à raison du mouvement et des variations pendant les quelques minutes de pose.
- Le dessin (fig. i) reproduit mieux, en le synthétisant, l’aspect général qu’a présenté ce beau phénomène. Après la propagation vers l’ouest de la lueur précitée, et en même temps que s’élevaient et disparaissaient d’autres jets, une tache de grand éclat, en forme d’arc, se forma vers le nord magnétique : également intermittente dans son intensité et son extension, elle passait du blanchâtre à une nuance verte qui réalisait un très beau contraste avec le reste.
- Le tout disparut vers 19 h. Mais le ciel nord, au voisinage de l’horizon, conserva longtemps quoique variablement une clarté notable, comme on le voit sur la photographie (fig. 3) prise à 20 h de l’Observatoire.
- A ce dernier point de vue il faut noter qu’une telle luminescence est assez fréquente, ainsi que des recherches suivies m’ont permis de l’enregistrer. Enfin la brillance exceptionnelle de la lumière zodiacale, le 6 février, quoique peut-être en rapport avec la très grande pureté du ciel ce soir-là, doit être également signalée. Pareille constatation m’avait déjà frappé : le 26 janvier xg30. j’observai brièvement, pendant une éclaircie, une aurore de caractère assez semblable à celle du mois dernier ; le lendemain, malgré l’aspect bruineux du ciel, la lumière zodiacale attirait le regard et le même soir tout l’horizon nord présentait une illumination insolite. Il y a peut-être là plus que de simples coïncidences, et il serait à souhaiter que de plus nombreuses observations en soient faites.
- Lucien Rudaux.
- = SUR LES CHEMINS DE LA DÉCOUVERTE =
- L’ŒUVRE DE NICOLAS TESLA
- COURANTS TRIPHASÉS - HAUTE FRÉQUENCE. APERÇUS SUR LA VIE SCIENTIFIQUE DE TESLA ET SUR SES PROPHÉTIES SCIENTIFIQUES
- En 1937, fut célébré à Belgrade, le 80e anniversaire de la naissance du grand savant, de l’audacieux et puissant esprit dont les anticipations, — traitées de fantaisistes par certains savants de la fin du dernier siècle, — se sont cependant, actuellement, en grande partie réalisées, de Nicolas Tesla (fig. 1) qui, né le
- 10 juillet 1856, à Soniliane (Croatie), dans la Lika rocheuse (fig. 2), vit encore à New York, en ces Etats-Unis où, durant plus de 5o ans, il déploya une merveilleuse activité scientifique et industrielle.
- Tesla est fils et petit-fils de prêtres orthodoxes (popes).
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- Le père de Tesla était un homme cultivé, philosophe, écrivain, prédicateur de talent. Il sut donner à son fils une éducation originale : il lui faisait faire journellement des exercices consistant, par exemple, à deviner les pensées d’autrui, à découvrir les lacunes dans l’expression des pensées écrites, à répéter de longues phrases, ou bien à faire mentalement des calculs compliqués.
- La mère de Nicolas Tesla possédait des dons innés d’inventeur. C’est ainsi qu’elle imaginait de multiples ustensiles pratiques servant à des usages domestiques ou ruraux et destinés à faciliter ses travaux journaliers. C'était en même temps une véritable artiste dans l’exécution des travaux manuels. Ses dentelles et ses tissés, comportant d’admirables ornements et dessins, suscitaient l’admiration de son entourage.
- Son père désirait qu’il se consacrât à la théologie, alors que Tesla rêvait de s’adonner à l’étude des sciences physiques. Sur ces enbrefailes, il tomba malade du choléra et se débattait dans les affres de la maladie, quand, à son père venu pour le réconforter : « Je guérirai », lui dit-il, « si vous m’autorisez à faire mes études d'ingénieur ». •— « Tu suivras les cours de la meilleure des écoles techniques » lui répartit son père. Il guérit. On assure que sa rare volonté, dont plus tard il donna tant de preuves, fut la cause décisive de sa guérison.
- Au cours de sa deuxième année d’études à l’Université de Gratz on fit fonctionner devant lui une dynamo qui présentait de nombreuses étincelles aux balais. « iS’esl-il pas possible de supprime!' cet inconvénient ? » demanda-t-il « C’est aussi chimérique que la solution du mouvement perpétuel » lui fut-il répondu. C’est en 1882, étant à Buda-Pest, poursuivant ce problème, qu’il découvrit les champs magnétiques tournant et par là, l’entretien d’un moteur dépourvu d’étincelles aux balais. Il construisit, à l’atelier, avec des pièces apportées de Paris, un petit moteur asynchrone, et c’est à Strasbourg qu’il vit, pour la première fois, fonctionner son moteur ; il chercha le moyen d’industrialiser sa découverte, d’abord à Paris, puis à Strasbourg.
- Mais, comprenant qu’il ne parviendrait pas à intéresser les milieux techniques à son invention, Tesla s’expatria aux États-Unis.
- Dès sa première année de présence aux usines de la Compagnie Edison, à New-York,
- Tesla s’y distingua au point que financiers et ingénieurs lui proposèrent de fonder une société. Il accepta, pensant qu’il allait pouvoir réaliser ses inventions, mais ses associés ne s’occupèrent que d’un système d’éclairage par arcs ; le courant alternatif ne les intéressait pas. Enfin, en 1887, il fonde la a Tesla Electric Company », et met au jour ses découvertes.
- C’est alors qu’il obtint, à New York, sept brevets relatifs à la production, à la transmission et à l’utilisation de l’énergie électrique par courants alternatifs triphasés (fig. 3).
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- Fig. 1. — Nicolas Tesla, né le 10 juillet I806, savant yougoslave, vit encore à New York, où, incompris en Europe, il émigra, en 1884 (D’après le buste du sculpteur yougoslave Fran Menegolo-Dinïré).
- Nous voyons donc que lorsqu’en 1882, le jeune savant yougoslave indiqua ce moyen commode et économique de transport de l’énergie, personne ne comprit la fécondité de ses essais. Il en advint ce qu’en 1860 il advint de l’invention de la dynamo par Pac-cinolti, le professeur italien de l’université de Pise : la dynamo dut être réinventée, 10 ans plus tard, par
- Fig. 2. — Vue de la petite église orthodoxe de Smiliane (Croatie), dans la Lika rocheuse, où le père de Tesla était, pope.
- A gauche, la maison du pope, où naquit Tesla.
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- Fig. 3. — Production de courants alternatifs triphasés par une machine dynamo Gramme (invention de Tesia).
- On substitue, au collecteur de la dynamo, trois bagues métalliques isolées et centrées sur l’axe de l’anneau induit. Chacune de ces bagues est reliée respectivement à trois points, a, b, c (équidistants à 120° chacun des deux autres) de l’enroulement induit. Que trois balais, a, (3, y, soient respectivement en contact avec les trois bagues, et que, de ces trois balais parlent trois fils conducteurs réunis en un point M, alors, à chaque instant de la durée de rotation (flèche /), tout ce que deux de ces trois fils apportent d’intensité de courant en M, est exactement égal à l’intensité que le troisième fil emporte. Une distribution d’énergie électrique, ainsi réalisée, reste équilibrée avec trois conducteurs de transport seulement, car on a, à chaque instant : L + i2 + i3 = 0.
- l’ouvrier belge Gramme, pour que les milieux industriels prêtent enfin attention à celte si féconde invention.
- En France, en Roumanie, dans les pays de langue
- française, on ne sépare pas les champs tournants du seul nom d e Galileo Ferraris. (Nous avons le devoir de réparer cette injustice. Nos traités les plus complets sont absolument muets, concernant Tesia, au sujet des champs tournants. L’un des plus récents, — des mieux rédigés et des mieux composés a u point de vue didactique, — cite plusieurs fois les noms de tout récents chercheurs, mais il ne cite le nom de Tesia, ni à propos des champs tournants, ni même à propos des courants de haute fréquence.
- Ce n’est qu’en 1888 que Galileo Ferraris, sous le titre : « Rotations électrodynamiques produites par les courants alternatifs » retrouva les courants triphasés, mais sans en
- comprendre l’intérêt car il écrit : « On peut même construire un petit moteur en plaçant un cylindre tournant dans le centre des bobines. Un tel moteur se prête difficilement aux applications industrielles ».
- Ce passage de la note de Ferraris montre, péremp-ioirement, que le savant italien n’avait aucune idée de l’énorme progrès industriel contenu dans les champs tournants et qu’il considérait son expérience comme une curiosité sans portée.
- La priorité indéniable de Tesia est d’ailleurs établie par les dates de ses brevets et publications.
- Ce n’est que plus de 8 ans après Tesia (1887 à 1895), que Ferraris songea — en i8g5 seulement — aux applications pratiques des champs tournants et des courants polyphasés.
- Ce qui consacra pratiquement l’adoption de ce système, ce fut la constitution, en 1896, par la Niagara Falls Powers Cy, d’une commission internationale comprenant notamment Lord Kelvin (Sir William Thomson), Mascart, Edison, etc..., dont la mission fut de rechercher, pour ladite société, la meilleure utilisation au transport électrique de l’énergie des chutes du Niagara. Après enquête, la commission choisit le, système Tesia, malgré l’opposition de Lord Kelvin et d’Edison, restés partisans du courant continu.
- Le système Tesia installé aux chutes, par deux génératrices diphasées de 2.3oo v et 5.000 ch chacune, fut d’un fonctionnement si satisfaisant que des extensions amenèrent l’adjonction de cinq nouveaux groupes électrogènes.
- On évalue à trois cents milliards de kw/h l’énergie qui se transporte actuellement, chaque année, électriquement, sous la forme de courants triphasés.
- Rappelons maintenant les autres découvertes capitales de Tesia : haute fréquence, sensationnelles expériences répétées en Amérique d’abord, puis en Europe, a Londres et à Paris, en 1892.
- Il découvrit une forme nouvelle de l’énergie électrique, ces courants de haute fréquence dits « courants de Testa » de propriétés aussi merveilleuses qu’inattendues : des ampoules sphériques — à atmosphère raréfiée — sont traversées par un fil conducteur « uni-que » ; elles sont donc à une seule électrode, très soigneusement isolée du tube, par de la poussière de mica, par exemple. Ce fil « unique » se termine-t-il par un bouton en substance « réfractaire » exactement centré dans l’ampoule ? La haute fréquence le porte « cependant » à l’incandescence (fig. 4)-
- En janvier 1891, Tesia précisa, en deux brevets sur les courants de haute fréquence et de haute tension, son invention si ingénieuse d’un transformateur particulier universellement connu sous son nom (fig. 5 et 6).
- En associant, avec une perspicacité remarquable, la décharge oscillante de condensateurs et le soufflage vigoureux de l’étincelle de décharge, soit par un champ magnétique (fig. 5 et 5 a), soit par un violent courant d’air (fig. 6), Tesia obtint des effets tout nouveaux.
- Fig. 4. — Lampe unipolaire de Testa.
- Coupe (l'une ampoule, A, de forme ordinaire, dont la queue, s, contient le conducteur, b, alimenté en haute fréquence. U11 bout de filament, l, en charbon très réfractaire, supporte un bouton en matière réfractaire, v, placé bien exactement au centre de l’ampoule. Une mince feuille de mica est enroulée en spirale autour de b ; a est un tube d’aluminium formant écran. Le but de ces précautions est de concentrer toute l’énergie en v, et d’éviter que l’air raréfié autour de la queue de verre, s, ne subisse l’induction du conducteur b.
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- Troncs de ’’ cône en fer doux.assurant le soufflage magnétique
- Electro-aimant
- Transforma-teur Tes la à" bain d’huile
- Bornes du secondaire dune forte bobine d’induction
- mmoJ
- Fig. 5. — A droite : Transformateur particulier, dit « transformateur Tesla ».
- Il fournit de l’énergie de haute fréquence et haute tension aux extrémités de son enroulement secondaire. Ce dispositif ajouté à celui de l’excitateur de Hertz (ou émetteur d’ondes électriques), le primaire, p, d’un transformateur, inséré dans le circuit excitateur de Hertz ; primaire, p, et secondaire, s, sont immergés dans un bain d’huile cuite, R (voir üg. 6). De plus, l’étincelle éclatant en a (étincelle de Hertz) est vigoureusement soufflée. La figure de gauche détaille le procédé de soufflage magnétique.
- A gauche : Procédé de soufflage magnétique pratiqué par Tesla.
- Les deux pôles d’un puissant électro-aimant, terminés en tronc de cône arrondi (pain de sucre), dirigent leur champ magnétique perpendiculairement à la direction d’éclatement de l’étincelle hertzienne. Deux lames de mica, longues et hautes : M, M ; M, M, permettent l’approche des pôles, sans que l’étincelle a se produise entre chaque boule de l’excitateur a et les pôles A, A.
- Ainsi Tesla présente à ses auditeurs une sphère métallique connectée à « l’une seulement » des extrémités de son transformateur. En approche-t-il alors une tige métallique tenue à la main ? Il en tire aussitôt un torrent d’étincelles, de 20 à 3o cm de longueur. Gela, sans le moindre danger (fig. 7).
- En tous ces phénomènes, l’énergie électrique possède une fréquence d’un million de périodes à la seconde et une tension de 200.000 y !
- Cependant ces flammes électriques ne brûlent pas !
- La centième partie de cette énergie, à une fréquence de 5o ou 100 à la seconde, serait foudroyante !
- Ce n’est pas seulement à l’éclairage (x) que les courants de haute fréquence ont trouvé d’intéressantes applications, c’est, aussi en médecine : la thérapeutique utilise sous les noms de diathermie », de « d’arsonvalisation », cette nouvelle forme d’électrisation.
- Dès 1882, Tesla lui-même la préconisa pour le massage.
- 1. L’incandescence par haute tension et haute fréquence semble susceptible d’applications pratiques généralisées que certains techniciens paraissent avoir, tout récemment, mises au point.
- : ... .................................. 165 =
- Il comprit également, le premier, clairement, tout ce qu’on pouvait tirer de l’oscillateur de Hertz, des ondes électriques dites ondes hertziennes. Il apporta, ainsi, des contributions « capitales » aux progrès de la radiolechnique, — cela de 1891 à 1900 — utilisant, des premiers, la « résonance électrique » et le « système antenne-terre », tant à l’émission qu’à la réception.
- Parmi les précurseurs et les pionniers de la T. S. F., Tesla est certainement l’un des plus marquants, ayant d’ailleurs, dès 1896, à New-York, télégraphié par ondes et sans fil, à 35 km ; en 1898, il fait évoluer un petit navire, sans équipage, au moyen des ondes électriques. En 1899, ses transmissions par T. S. F. (émetteur au Colorado) couvrirent 1.000 km.
- Est-ce la prescience qu’il montra, qu’il a exprimée, dès 1892, en ses remarquables conférences à Paris et à Londres, — en termes que certains jugèrent trop audacieux, trop imprégnées de rêverie — qui firent qu’en Europe, en France en particulier, le nom et l’œuvre de Tesla soient si peu connus ? L’avenir devait cependant lui donner raison.
- En sa conférence faite à Paris en 1892, relatant les propriétés des tubes à vide qu’il a construits et sou-
- Fig. 6. — Transformateur de Tesla avec soufflage par violent courant d’air.
- Le dispositif de production d’énergie de haute fréquence est identique à celui de la figure 5. Le soufflage de l’étincelle est produit en dirigeant l’extrémité d’un tuyère, alimentée par une puissante soufflerie, entre les boules de l’excitateur. Si deux plaques de tôle, suspendues, sont respectivement reliées aux extrémités du secondaire du Tesla, des tubes à atmosphère raréfiée, T, T, T, s’illuminent, à distance, tant entre les plaques P, P, que de part et d’autre de ces plaques.
- Bobine d’induction
- Violent courant d’air
- Tuyère dune
- puissante
- soufflerie
- Transformateur Tesla à bain d’huile .
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- Fig. 7. — En lançant à travers deux circuits -primaires, à secondaire commun, des courants de fréquence variable, et, ajustant convenablement ce circuit secondaire commun, on peut, soit imiter les effets des plus puissantes machines statiques (Uoit:, ...) soit réaliser de très hautes tensions en très haute fréquence (200.000 v et 1 million à la seconde).
- A, alternateur, alimentant le primaire.
- l-Y d'une bobine d’induction dont le secondaire, S, charge les jarres C, C, d’armatures extérieures reliées ai} primaire p, p, du transformateur T.
- Des éclateurs à boules ou sphères : a., b ; A, B ; E, E ; de distances explosibles variables ; l’éclateur à boule a, b, est sourflé ; A, B, est muni de laines de mica M, AI.
- G, cuve, d’huile cuite baignant le Iransformateur T. En variant l’intensité et la Iréquence du courant primaire produit par A, Tcsla obtint cinq formes de décharges C1) nettement distinctes dont une, en pinceau, très longue et très fournie, partant d’un seul pôle, E.
- mis aux courants de haute fréquence, il dit : « On pourrait lui trouver — à la lampe à incandescence — en télégraphie, des applications pratiques : elle permettrait de télégraphier à une vitesse quelconque, à travers l’Atlantique, car sa sensibilité est telle que le plus léger changement l’affecte ».
- Ces remarques de Tesla, ce qu’il pressent de l’ex-trème » sensibilité » de la lampe à incandescence, ne peuvent-elles être rapprochées de ce qu’est devenu le même dispositif, avec Fleming : « la lampe
- valve » ? Puis, avec Lee de Forest : « la triode » ? laquelle réalise et le plus pratique des dispositifs producteurs d’ondes électriques de très grande fréquence, et le plus sensible des dispositifs récepteurs de ces mêmes ondes et, de plus, leur amplificateur le plus puissant ?
- Cela, au point que ces ondes courtes qui furent, à grand tort, méprisées, dont, vers la même époque, en 1898, je préconisais l’emploi en télégraphie « avec fil » ('), les amateurs devaient — avec MM. De-loy et Schnell — démontrer, plus tard, leur propagation aisée, très peu coûteuse, n’exigeant qu’une puissance de quelques watts, d’un bord à l’autre des océans et, peu après, tout autour du globe (2).
- Quelle prescience de la part de Tesla, de ce qu’on allait pouvoir tirer, et des
- 1. Que j’ai désignée par l’expression T. S. F. avec fil, opposition qui se justifie.
- 2. "Voir à ce sujet : IT. Rckop, Die Fortschritte, in der Draht-loscn Télégraphié mit Kursen Wellen ; Atti del Congresso nel centenario clella morte di Volta ; Como, 10-lo settembre, 1927-Y ; Roma, Tipografia del Senato del Doit. G. Bardi, 1932-XI ; A. Turpaix, Sur les échos des ondes courtes et les tentatives d’explication de ces phénomènes, C. R. Acad, des Sc . 26 novembre 1934, t. CXCIX, p. 1190 et Rev. générale de VElectricité, t. XXXVII, p. 374, 23 mars 193o.
- oscillations de haute fréquence qu’il vient de découvrir, et des propriétés du tube à vide, à travers son atmosphère raréfiée !
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- En terminant, nous allons voir Tesla, précurseur et divinateur, peut-on dire, pressentir les idées nouvelles qu’on allait bientôt grâce à ses expériences, pouvoir préciser.
- Il signale qu’une des propriétés très remarquable de ces nouveaux courants est de ne nécessiter qu’un seul fil. « Il n’est même pas nécessaire », ajoute-t-il, « d’avoir une seule connexion, sauf peut-être à travers le sol. On peut donc attacher à une plaque libre dans l’espace, l’une des bornes d’un moteur et mettre Vautre à la terre ».
- « Ces moteurs, sans fils transmetteurs » poursuit Tesla, « pourraient être actionnés à de très grandes distances à travers l’air raréfié, lequel offre un passage extraordinairement facile à la haute fréquence. Par les régions supérieures de l’atmosphère, on pourrait actionner, à distance, ces moteurs ».
- « Mais ce n’est qu’une possibilité que je' mentionne », continue-t-il, « ne croyant pas qu’il soit nécessaire de transmettre l’énergie par ce moyen ».
- (( Il ne doit pas être nécessaire de la transmettre d’aucune manière. Dans quelques générations, nos machines seront conduites par une puissance disponible en tous les points de l’univers. L’énergie est dans tout l'espace. Est-elle statique ou dynamique ? Si elle est statique, tout espoir est vain ; mais si elle est cinétique, et nous savons quelle l’est certainement, alors ce n’est qu’une question de temps pour que les hommes apprennent à attacher leur machinerie après la roue de la nature ».
- Ne peut-on rapprocher ces anticipations de Tesla de la découverte, assez récente, des rayons cosmiques et de leurs propriétés ?
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- Si l’œuvre de Tesla fut si féconde, c’est quelle fut surtout et constamment a expérimentale ».
- C’est parce que Tesla a accru, dans une très large mesure, nos connaissances sur la nature par l’acquisition de faits précis, lesquels demeureront, quelles que soient les orientations théoriques futures, que son nom restera associé, — et au premier rang, — à nos connaissances en électricité.
- Par là se légitime l’hommage du concours de savants de. tous pays qui ont tenu à lui apporter, en 1986, en son pays, l’hommage de leur admiration.
- Aubert Turpaix.
- Professeur à rUniversilé de Poitiers.
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- LES POUSSIÈRES INDUSTRIELLES SILICEUSES = 167
- On sait que les poussières siliceuses sont la cause de très graves maladies chez les ouvriers de certaines industries et la lutte contre ces poussières a fait l’objet de mesures de protection nombreuses et très sévères. Mais s’il est possible, dans une usine, de protéger efficacement les ouvriers, en les munissant de masques, en aspirant, par un système convenable de ventilation, les poussières à l’endroit même où elles se produisent, il est d’autres cas où ces mesures sont inapplicables. Aussi les affections pulmonaires, la silicose en particulier, sont-elles encore fréquentes chez les mineurs, les carriers, les maçons, etc., et le problème de leur prévention est un des plus importants de l’hygiène industrielle.
- Ce problème est particulièrement étudié en Angleterre car, après la guerre, lorsqu’on voulut réouvrir les mines d’or du Rand, on constata que bien peu des anciens ouvriers étaient encore vivants, la plus grande partie ayant succombé à la phtisie des mineurs.
- Hygiénistes, médecins, chimistes, industriels se sont donc attachés à déterminer les conditions de formation, les propriétés, le mode d’action, les moyens de protection et, au cours de leurs recherches sur un sujet d’apparence peu complexe quant à sa nature, ont fait des constatations extrêmement curieuses.
- En particulier, le P1' Briscoc, de l’Université de Londres, a étudié les poussières de granit provenant d’une mine de Cornouailles. 11 a tout d’abord constaté que la perte de poids par chauffage à io5° était d’environ io pour xoo, tandis que pour le même gi’anit pulvérisé au laboratoire, elle était seulement, de o,5 pour xoo. Pour les poussières les plus pures, l’eau retenue atteint même i5 à 20 pour 100. Cette hydratation instantanée rend en même temps une notable partie de la silice et des alcalis de la poussière immédiatement soluble dans l’eau. Cette réactivité remarquable des minéraux fraîchement fragmentés s’observe d’ailleurs dans un grand nombre de cas (Oint, feldspath, mica, amiante, etc., etc.).
- Ce phénomène est déjà connu des chimistes ; on sait que les surfaces propres et fraîchement formées ont une tendance marquée à adsorber la vapeur d’eau, et bien que la quantité adsorbée soit extrêmement faible pour des morceaux assez gros, il est naturel que lorsque la surface totale de la masse est devenue très considérable, celte quantité puisse devenir importante. Ce qui est peut-être moins évident, c’est qu’une telle adsorption provoque des modifications profondes dans les propriétés chimiques de la matière.
- Tandis qu’un solide ci'istallin présente une solubilité dans l’eau dont le maximum dépend de la température,
- LE MUSÉE DE LA
- L’inconnu des profondeurs marines a toujours excité la curiosité et l’imagination des esprits. Cependant, l’histoire naturelle de la mer, l’océanographie n’a guère qu’une centaine d’années : c’est une science jeune.
- Audouia et Milne-Edwards furent des premiers, en rSdo, puis Michael Sars, en 1835, à explorer les fonds côtiers. C’est un naturaliste anglais : Edward Forbes qui pratiqua les premiers dragages scientifiques systématiques autour des Iles Britanniques, peu avant i84o. Il peut être considéré comme un des pionniers de l’océanographie. Puis, vers 1860, des savants de tous
- dans les poussières, les aérosols, la solubilité maxirixa ainsi définie n’exisle pas. Le minéral est chimiquement modifié par l’eau et ses différents constituants hydratés sont inégalement enlevés par l’eau. Par exemple une poussière de feldspath perd de la silice soluble et de l’alcali caustique en proportions qui n’ont aucune relation entx'e elles ni avec les proportions sloéchiométriqucs présentes dans le cristal et qui varient indépendamment en fonction du temps dé lavage par l’eau. Il èn résulte que le minéral initial se transforme en d’autres espèces de solubilité moindi’e.
- Dans une poussière, la « solubilité » d’un constituant, la silice par exemple, est une fonction de plusieurs variables : la température (la quantité dissoute en 0 semaines à 20° est par exemple équivalente à celle dissoute en 3 heui'es à ioo0)* le temps (avec le quartz à 20° la solubilité en 5o jours est environ 3 fois celle en 3 jours), la dimension des particules, le rapport quantitatif entre solide et solvant.
- Mais les faits sont encore plus complexes dans certains cas. Si le minéral contient de la chaux, la solubilité de la silice est fortement diminuée par la présence d’acide carbonique dissous dans l’eau, même aux faibles concentrations correspondant à l’équilibre avec l’atmosphère. Des traces de potasse ou de soude au contraire augmentent notablement la solubilité de la silice. On a trouvé également que la présence de substances, en apparence inertes, comme certaines poussières métalliques, réduisait la solubilité de la silice.
- Enfin, la solubilité n’est pas la même dans tous les azimuts et peut être localisée dans certaines directions. Par exemple, une fibre d’amiante est insoluble suivant sa longueur, et au contraire très soluble à ses extrémités; de sorte que si on la fait tomber sur une gelée neutre renfermant. de la phénolphlaléine, la coloration rouge apparaît aux deux extrémités du cristal par suite de la concentration locale élevée de l’alcali libéré.
- Si nous ajoutons qu’en général les poussières industrielles renferment un grand nombre do matériaux diffe-x-cnts, on comprend que la question soit extrêmement complexe tant au point de vue chimique pur qu’au point de vue de la lutte contre les effets toxiques dans l’organisme.
- Cependant des résultats pratiques ont déjà été trouvés. En ajoutant certains composés, on a vu qu’il était possible de diminuer et même de supprimer la solubilité de la silice d’une poussière. C’est ainsi qu’agissent, la chaux caustique ou la poussière de ciment et la poudre d’aluminium très fine.
- IL Vigneron.
- MER DE BIARRITZ
- les pays civilisés entreprirent l’étude méthodique du fond de la mer. Leurs efforts furent récompensés par d’intéressantes découvertes, surtout en zoologie marine. Les profondeurs livrèrent aux biologistes de nombreux êtres étranges et nouveaux.
- Ces premiers résultats donnèrent une vive impulsion aux recherches et alors s’organisèrent les grandes croisières scientifiques par navires spécialement équipés : celles du Lightning (1868), du Porcupine (1869-1870). Puis la remarquable expédition du vaisseau anglais le Challenger qui quitta Portsmouth le 21
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- décembre 1872 pour rentrer au port le 26 mai 1876, après 42 mois de campagne tout autour du monde. Il avait parcouru 82.000 lieues, effectué 492 sondages, 234 dragages, traversé 5 fois l’Océan Atlantique et revenait chargé d’une multitude de richesses scientifiques qui furent réparties pour l’étude entre les savants du monde entier. Ces études furent condensées dans un énorme ouvrage divisé en 95 mémoires.
- La prodigieuse moisson de connaissances nouvelles récoltées au cours du voyage du Challenger attira l’attention sur la science nouvelle et de nombreuses expéditions sous-marines furent alors organisées par tous les pays civilisés.
- Leur énumération serait fastidieuse. Il suffit de citer, pour la France, les célèbres croisières du Travailleur et du Talisman (1880-1883), puis du Caudan (i8g5) et du Français (igoS-igoô), enfin les voyages scientifiques annuels du Prince de Monaco à partir de i885, pendant 22 ans à bord de l’Hirondelle et des yachts Princesse Alice I et II.
- Ces expéditions poursuivies dans toutes les mers du globe ont récolté d’innombrables animaux et accumulé une énorme masse de résultats et des institutions scientifiques internationales ont été constituées pour leur étude systématique.
- En meme temps, chaque pays organisait des centres d’études nationaux. Le premier fut le laboratoire de Concarneau, créé par Coste en i85q. Le dernier né des établissements français spécialisés dans l’étude de l’océanographie est le Musée de la Mer de Biarritz qui mérite une étude particulière.
- Ses bâtiments s’élèvent depuis iq33 sur l’esplanade du promontoire de l’Atalaye à Biarritz, face au célèbre rocher de la Vierge. Ils sont l’œuvre des architectes Hiriart, Lafaye et Lacourège.
- La construction, de couleur ocre, de lignes sobres, s’encadre admirablement dans la falaise et ajoute, par son harmonie, à la beauté du site. Battu des embruns pendant les tempêtes ou caressé par les reflets des houles apaisées, ce bâtiment ne pouvait être mieux
- placé pour sa destination : abriter le Musée de la Mer.
- Cet établissement moderne est également régi par des principes nouveaux :
- Après l’avoir édifié et équipé entièrement à ses frais, la municipalité de Biarritz, sur l’initiative de M. F. Hirigoyen, son maire, a pris, en effet, l’heureuse décision d’en confier la direction scientifique à un comité composé des représentants des institutions officielles les plus qualifiées pour assurer la bonne tenue de ses diverses sections qui comprennent actuellement :
- Un aquarium marin ;
- Un musée réservé à Fhisloire naturelle régionale, aux souvenirs navals ou historiques locaux et aux pêches maritimes ;
- Un laboratoire de biologie marine dépendant de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes ;
- Un laboratoire de biologie fluviale dépendant de l’Administration des Eaux et Forêts.
- Il doit être complété par une section d’études météorologiques fonctionnant sous la haute direction de l’O. N. M.
- M. Paul Arné, chef du laboratoire de l’Office scientifique des Pêches à Biarritz, correspondant du Muséum National, est le directeur de l’Aquarium et du Musée de la Mer.
- LE MUSÉE
- Deux étages du bâtiment sont réservés au Musée :
- Au rez-de-chaussée, sont exposés de précieux souvenirs des célèbres campagnes des avisos de la marine nationale : Travailleur et Talisman dans le golfe de Gascogne, dons du petits-fils du Marquis de Folin qui prit part à ces expéditions ; des caries, des appareils océanographiques ; des poissons et autres animaux abyssaux provenant des derniers dragages du navire de recherches de l’Office scientifique des Pêches : Président Théodore Tissier. Un plan en relief de la fosse du Cap Breton traduit d’une façon saisissante les résultats que l’on peut obtenir avec les procédés de sondage modernes employés à bord de ce navire. Des modèles de bateaux et des engins de pêche ; de beaux moulages de grands squales et de cétacés ainsi que des squelettes de ces mammifères marins, dont un, complet, du rare Ziphius caviros-tris qui a pu être préparé et monté dans les laboratoires du musée après l’échouage récent de trois de ces animaux aux environs de Biarritz ; une grande tortue luth ; des phoques capturés dans la région ; de nombreux poissons complètent la collection des animaux que l’on peut rencontrer dans le golfe de Gascogne, colection qui s’augmente chaque année d’espèces nouvelles dont quelques-unes entrent même, pour la première fois, dans la faune française.
- Une salle entière est réservée à la très belle collection de peintures, gravures, lithographies et cartes
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- anciennes données par M. le Curé Larre, auxquelles s’ajoutent les précieux documents évoquant les souvenirs du vieux Biarritz.
- Au premier étage, un stand est réservé à la préhistoire et à la géologie. Des cartes et des tableaux permettent aux visiteurs d’avoir un aperçu des transgressions marines qui ont laissé des dépôts dans la région, depuis les temps primaires jusqu’à nos jours. Des fossiles provenant de ces dépôts complètent la documentation. Pai'mi ces derniers figure le plus giand Céphalopode déroulé actuellement connu, du genre Hamites, extrait des falaises de Bidart, et aussi une belle série d’échinides et de mollusques provenant des gîtes fossilifères célèbres de Biarritz, Terris, Gaas, Saubrigue, etc...
- Dans la grande salle voisine, dont les murs sont ornés de tableaux contenant des algues, des cartes marines, un beau diorama du peintre Edouard Gélos représentant des rochers de la côte à marée basse, évoque l’habitat naturel des nombi’eux êtres vivants qui les peuplent et que l’on trouve classés et étiquetés, dans les vitrines voisines, d’un côté occupées par les invertébrés et de l’autre par une nombreuse collection d’oiseaux capturés dans la région, sans doute la plus riche de France en espèces pélagiques.
- Les moulages exposés au Musée de la Mer de Biarritz constituent d’excellentes reproductions des poissons mises en couleurs exactes. Ces copies donnent
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- mieux l'idée des animaux réels que les spécimens conservés qui sont toujours plus ou moins altérés par les liquides conservateurs.
- La réunion de toutes ces collections est l’œuvre personnelle de M. Arné, le directeur du Musée, qui a poursuivi la recherche de toutes ces pièces avec une longue et persévérante ténacité.
- L’AQUARIUM
- Pour le grand public, la partie la plus attrayante es! celle réservée à la présentation d’animaux vivants : au sous-sol, un grand aquarium marin ; sur la terrasse, le bassin des phoques ; les volières qui abritent surtout des oiseaux de mer, et qui seront prochainement complétées par un vivarium.
- L’aquarium ne compte pas moins de 36 bacs où sont actuellement exposés de nombreux représentants de la faune marine du golfe de Gascogne : invertébrés, tortues, poissons.
- A travers la glace épaisse, les animaux apparaissent sur un fond de roches naturelles prélevées en divers points de la côte ; ils sont d’autant mieux dans leur milieu que l’eau, renouvelée constamment et aérée par un dispositif spécial, leur assure les meilleures conditions biologiques. Les visiteurs se groupent surtout devant les bacs où l’on peut voir les poulpes à la fois splendides et hideux ; les labres aux
- Fig. 2. — Une des salles du musée.
- En avant, sur les vitrines, le squale Lamna cornubica. Au-dessus, squelettes suspendus de Balaena rostrata. à gauche, et
- Ziphius cavirostris à droite.
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- 3. Canthères gris (Cantharus griseus ; 4. Araignée de mer (Maia s quinado \; 5. Tortue caouane (Caretta caretta) ; 6. Pagels mormyres (Pagellus mormgrus) ; 7. Pastenagues ou Tères {Jrggon pastinaca) et étoiles de mer (Marthasterias glacialis) ;
- 8. Turbots (Rhombus maximus).
- somptueuses couleurs, les étranges sebastes pêchés par plus de 200 m de fond ; les raies nageant comme des Loïe Fuller, les trigles à l’aspect de grands papillons, quand ils déploient leurs grandes nageoires bleu turquoise ; les congres énormes à la robe sombre de bêle de nuit ; les tortues de mer ; les actinies, les pennalules, les veretilles, véritables fleurs vivantes parées des plus délicates couleurs.
- Enfin, sur la terrasse du musée on peut assister aux évolutions des phoques dans un vaste bassin d’eau de raer inauguré il y a quelques mois. Ce bassin dominé par des roches où est creusée la chambre de repos des
- phoques est flanquée de grandes volières où s’ébattent au vent du large de nombreux oiseaux : fous, cormorans, sternes, puffîns, un beau circaète, des passereaux indigènes, etc. Du haut de la terrasse, les visiteurs découvrent le splendide panorama du fond du golfe de Gascogne, les Pyrénées et la côte des Landes.
- Bientôt, s’ouvrira, sur celte même terrasse un grand vivarium qui complétera les attractions déjà offertes au public et qui fera pendant aux bâtiments des laboratoires de l’Office scientifique des Pêches et de la Direction des Eaux et Forêts.
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- LES LABORATOIRES
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- C’est dans le laboratoire des Eaux et Forêts, dépendant du Service de la Pêche dirigé par M. le conservateur Kreitmann, que sont poursuivies les études sur le saumon et les auti'es poissons qui passent alternativement de la mer à l’eau douce. Les bassins de l’Adour, de la Nive et des Gaves sont en effet les rivières françaises les plus riches en saumons.
- On essaie d’y élucider une très vieille question, actuellement encore sans réponse précise : le saumon retour de la mer revient-il dans la rivière où il est né ? Les deux rivières poissonneuses voisines de Biarritz sont de régimes très différents : l’une, la Nive, est très nettement fluviale, alimentée normalement par les pluies ; l’autre, les Gaves réunis de Pau et d’Olo-ron, est torrentielle, alimentée au printemps par la fonte des neiges.
- Dans celle-ci, plus froide, les jeunes saumons séjournent 2 à 3 ans avant de gagner la mer. Dans l'autre, ils descendent vers les eaux marines après 1 ou 2 ans seulement de séjour en eau douce.
- La lecture des écailles des poissons adultes capturés dans ces rivières alors qu’ils les remonteront, venant de la mer pour gagner les f ray ères d’amont, donnera une réponse à la question posée ; Fig. on pourra constater si les saumons remontant la Nive portent la marque de deux années de séjour en eau douce et par conséquent y sont nés ou s’ils portent la marque de trois années et sont originaires de la rivière voisine : les Gaves réunis de Pau et d’Olorori.
- En plus des laboratoires de l’Office des Pèches et des Eaux et Forêts où sont poursuivies sans interruption des recherches sur la biologie marine et fluviale, deux salles de laboratoires sont réservées aux savants de passage et aux clergés de mission qui désirent travailler dans la région.
- Ainsi le Musée de la Mer de Biarritz commence à apporter sa collaboration à l’étude des questions marines pour laquelle il est si heureusement situé. Le grand public a déjà manifesté son goût pour le musée et l’aquarium en venant chaque année en nombre croissant : on a compté l’an dernier
- Fig. 9. — Le phoque (Phoca vitulina) dans son bassin
- 60.000 visiteurs. Sur un des plus beaux points des côtes françaises, c’est bien un des plus réussis de nos observatoires marins. Lccien pEKHUCnE.
- Docteur de l’Université de Paris.
- 10. — Le laboratoire du Saumon (photo Mendihourc, Biarritz).
- LE PROBLÈME DU NOYAU ATOMIQUE
- Il y a plus de 25 siècles, les philosophes grecs enseignaient que la matière est constituée en dernière analyse par des grains indestructibles en mouvement incessant que le Hasard ou le Destin avait assemblés pour en constituer les divers corps. Bien que la théorie complète d’Épicure et de Democrite ne nous soit pas parvenue, les deux idées fondamentales : indestructibilité de la matière et existence de grains insécables ou atomes a été retenue par les savants.
- Il faut cependant attendre jusqu’au xvme siècle, lorsque, avec Lavoisier se créa la chimie moderne qui en moins d’un siècle arriva à un haut degré de perfectionnement, pour assister au développement logique des kLes fondamentales d’Épicure.
- Celles-ci furent d’ailleurs pi’écisées et complétées par la notion de corps simples, réduisant à un petit nombre les substances élémentaires à partir desquelles sont constitués
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- tous les corps, par la découverte des lois de discontinuité chimique (lois de Proust, de Dalton) qui apportaient un argument éclatant en faveur de la. théorie, par le nombre d’Avogadro qui donne le nombre de molécules dans une molécule-gramme et est le même quel que soit le corps chimique considéré, par la notion de valence, par la stéréochimie, etc. De sorte que vers la fin du xixe siècle on était en droit de considérer comme définitivement acquise et solidement établie expérimentalement la constitution atomique de la matière. On pouvait la visualiser schématiquement de la manière suivante : les atomes des corps simples, les grains élémentaires, se comportent comme des petites boules munies de tentacules (représentant les valences) disposées suivant des orientations définies et grâce auxquelles les divers atomes peuvent « s’accrocher » mutuellement pour former les corps chimiques suivant des règles bien définies.
- Quant à la nature même de la substance constituant chaque atome, elle était spécifique de l’élément chimique considéré et absolument insensible à tous les moyens d’action connus.
- DÉCOUVERTE DE LA RADIOACTIVITÉ. L’ATOME N’EST PAS INSÉCABLE
- En 189Ü, la découverte fondamentale, par Henri Becquerel, de la radio-activité de l’uranium et du thorium vint secouer tout l’édifice et remettre en question les fondements mêmes de la conception atomique. En effet on comprit bientôt que ,00 phénomène était la conséquence de la transmutation spontanée des atomes de ces éléments. A chaque instant un certain nombre d’entre eux deviennent instables et se brisent avec violence, projetant dans le monde extérieur un atome d’hélium chargé (particule a) ou un électron rapide (particule jü) en donnant naissance à un nouvel élément radio-actif et ainsi de suite pour aboutir finalement à un élément stable (qui n’est peut-être qu’un élément radioactif à vie infiniment longue).
- Ainsi donc la vieille notion classique était à reviser : l’expérience conduisait à considérer l’atome comme constitué lui-même d’éléments plus petits.
- i C’est alors qu’en 19n Rutherford proposa une théorie de l’atome si éloignée des conceptions anciennes qu’elle constituait une véritable révolution : l’atome serait comparable à un système solaire, constitué par un noyau central, chargé positivement, dans lequel résiderait presque toute la masse de l’atome, entouré d’électrons négatifs satellites dont le nombre va de 1 pour l’hydrogène à 92 pour l’uranium.
- C’est dans le soleil central que réside la personnalité chimique. On peut enlever plus ou moins complètement les électrons qui l’entourent, on peut même dépouiller complètement le noyau (on dit alors que l’atome est plus ou moins ionisé) mais tant qu’on n’a pas touché au noyau, rien n’est changé dans l’élément chimique : il reprendra dès qu’il le pourra son nombre normal d’électrons. A l’état normal, la charge positive du noyau est égale à la charge négative de l’ensemble des électrons : l’atome est électriquement neutre.
- En 19x3 N. Bolir complète ce schéma qui avait le gros inconvénient de n’être pas stable du point de vue de la mécanique newtonienne, en faisant intervenir la théorie des quanta et supposant que les électrons ne peuvent se déplacer que suivant certaines orbites correspondant à des séx'ics d’états d’énergie du système, déterminés par la condition que le moment angulaire soit proportionnel à la constante de Planck. Ainsi se trouva non seulement levée l’objection précédente, mais encore expliquée l’émission
- des spectres des divers atomes. Cette notion de niveaux d’énergie s’est montrée dans l’avenir particulièrement féconde.
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- Vers 192a, on se rendit compte que la théorie de Rutherford et Bolir ne pouvait plus, sous sa fonne simple, interpréter quantitativement les résultats des expériences. Une fois encore, la physique expérimentale fournissait à la physique théorique des faits nouveaux indiquant la voie à suivre pour arriver à une conception plus perfectionnée du système atomique. La théorie de Planck avait conduit à la conclusion que la radiation a non seulement les caractéristiques d’une onde en mouvement (théorie classique ordinaire) mais aussi cl’une particule en déplacement puisque, dans l’action mutuelle de la matière et de l’énergie, celle-ci est transférée en multiples " du quanta. A cette théorie dualiste de la nature de l’énergie fut adjointe une théorie analogue pour la matière puisque Germer et Davisson en 1927 montrèrent que les électrons pouvaient être dif-fractés par les cristaux métalliques de la même manière que les rayons X.
- Ces observations donnèrent une nouvelle impulsion à la théorie de de Broglie formulée en 1925 et, à la suite de travaux mathématiques de nombreux savants, Ileisenberg, Dirac, Schroedinger, Fermi, etc., une nouvelle mécanique quantique s’est développée. Retenant la notion de niveaux d’énergie de Bolir, elle a permis de prédire la façon dont se comportent électrons et atomes, en plus précise concordance avec les résultats expérimentaux.
- Malheureusement, en même temps, la complexité est devenue telle qu'actuellement il faut renoncer à se représenter l’atome à l’aide d’un modèle mécanique, et les pi'o-priétés qu’on lui suppose s’expriment par des formules mathématiques, intraduisibles en langage vulgaire.
- LES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
- Actuellement les physiciens ont été amenés à distinguer un certain nombre de particules atomiques :
- i° Tout d’abord l’électron, particule chargée négativement, la première découverte et étudiée.
- 20 Le positrony identique à l’électron sauf que le signe de sa charge est positif au lieu d’être négatif et qui fut découvert par Andersen en 1981.
- 3° Le neutron dont la masse est environ 200 fois celle de l’électron ou du positron mais qui est électi’iquement neutre, et ne porte aucune charge électrique. Pressentie par Rutherford, son existence ne fut décelée qu’en 1982 par Chadwick.
- 4° Le proton particule dont la masse est égale à celle du neutron, mais qui porte en plus une charge électrique positive identique à celle du positron. C’est en réalité le noyau de l’atome d’hydrogène (l’isotope de masse double a été nommé deuteron).
- 5° Le neutrino, particule non encore identifiée, mais dont les nouvelles théories ont été amenées à supposer l’existence pour expliquer certains phénomènes.
- 6° Les atomes eux-mêmes dont l’un en particulier, l’atome d’hélium chargé positivement, émis par les atomes de structure complexe, a reçu le nom de particule alpha.
- 70 Enfin il existe toute une classe de particules dénommées photons et qui représentent ce que l’on appelait des ondes dans la conception de l’éther classique. Ces particules ont des énergies différentes suivant la nature de la radiation
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- qu’elles représentent. Les moins énergiques sont les photons de lumière, puis ceux accompagnant les rayons X. Possèdent des énergies plus grandes encore les particules constituant les rayons gamma du radium et enfin l’on trouve, avec des énergies de l’ordre de io millions de fois ceux des pilotons de lumière, les pholons qui interviennent dans le mystérieux rayonnement cosmique.
- Certaines de ces particules sont supposées préexister dans le noyau atomique ; d’autres, admet-on, sont créées seulement au moment de leur émission, de la même façon qu’une note de musique n’est créée par une flûte par exemple qu’au moment de son émission et ne peut être dite exister réellement dans l’instrument.
- On a été conduit à attribuer aux particules non seulement une charge électrique, une masse, une énergie statique (x), une longueur d’onde associée (d’après la théorie dé de Bro-glie) mais également un moment magnétique et un moment de rotation ou spin. Dans le tableau suivant, nous résumons les caractéristiques des principales particules.
- Electron -fou — Proton Neutron
- Charge de 4,77 io—10 + 4,77 10—10 0
- Masse en g. . 9,02 10—28 1,66 10—24 6-1 t O O «O
- Masse par rapport à 0 = 16 . . o,ooo55 1,0076 i oogi
- Energie statique en millions de volts. o,5i 1 938,3 939»8
- Longueur d’onde de de Broglie en cm (V en volts) t ,22 10—7 -T— Va 2,85 io—9 -v-pp V 2 2,85 iO“9 rrrj~ V 2
- Moment magnétique. db 9,175 10—21 + 12,43 10—24 — 7,95 IO~24
- Moment de rotation 1 h (1) 1 h T h
- (sPin) 2 2 IC 2 2“ 2 27T
- Rayon ^ . . 2,8 10—13 ordre de io~16 1,13 10—13
- (h) est la constante de Planck.
- Dans la conception atomique actuelle, on admet que l’en-\eloppe extérieure de l’atome est constituée uniquement d’électrons négatifs. Par conséquent, toutes les autres particules observées doivent, soit être contenues dans le noyau, soit s’y former. Il est donc extrêmement important d’essayer d’avoir des renseignements sur la structure et la composition du noyau, le « saint des saints », et à cette lâche se sont attelés les physiciens modernes.
- LE NOYAU DE L’ATOME
- Le problème, du point de vue expérimental, est loin d’être simple, car le noyau apparaît comme remarquablement slable et difficile à disloquer. En effet, malgré les moyens matériels souvent très puissants, l'ien de pareil ne se pré-
- 1. D’apx'ès les idées d’Einstein la relation entre la masse mécanique m d’un mobile et la quantité absohie d’énergie E qu’il contient est donnée par E = me2, c étant la vitesse de la lumière. A une masse de 1 gr correspond donc une énergie de 9.JO20 ergs.
- sente dans les opérations d e toutes sortes que l’homme fait subir aux matériaux dont il se sert, et c’est de là qu’a découlé la notion de corps simples. Le noyau apparaît donc comme protégé par une barrière très solide. Un autre aspect de la difficulté d’atteindre la citadelle atomique se montre dans les phénomènes de la radio-activité où les noyaux des corps se décomposent spontanément et qui échappent complètement à notre contrôle. On ne peut, par aucun moyen, champ électrique, champ magnétique, température très élevée, pression énorme, ni accélérer ni retarder l’évolution des corps radio-actifs.
- On admet que le noyau est chargé positivement et retient par son attraction les électrons qui l’entourent. Le champ, dans la région où les électrons gravitent, c’est-à-dire à l’échelle atomique, assez loin du noyau, serait donc positif. On pense qu’à des distances plus courtes, ce champ se renverse et devient négatif (nous verrons plus loin des interprétations de ce phénomène). En langage du potentiel électrostatique, ce fait correspond à l’existence, autour du noyau, d’une barrière de potentiel dont l’image suivante fait comprendre le rôle. Le noyau serait entouré d’une sorte de rebord surélevé (fig. i) qui l’entourerait et tel que des projectiles arrivant de l’extérieur suivant la direction de la flèche, devraient, pour pouvoir pénétrer dans l’entonnoir central, posséder une énergie et une vitesse suffisante pour gravir la pente, passer au-dessus de son point culminant et retomber au delà.
- La hauteur de la barrière, c’est-à-dire l’énergie que doivent posséder des mobiles pour la franchir, est de l’ordre d’une dizaine de millions d’électrons-volts P), et ce n’est cru’avec des projectiles d’énergie comparable que l’on a pu arriver à pénétrer dans le noyau lui-même.
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- Que pouvons-nous nous attendre à trouver, à l’intérieur de cette barrière atomique P L’atome le plus léger de tous, celui d’hydrogène, étant considéré comme composé d’un seul électron tournant autour d’un proton, noyau porteur d’une seule charge d’électricité positive, on a cherché tout d’abord à interpréter la constitution et les propriétés des autres atomes plus lourds, en fonction de ces deux éléments. La considération de cette image électrons-protons était logique puisque les électrons existent bien dans tous les éléments et que les masses des atomes sont des multiples presque entiers de celle de l’atome d’hydrogène.
- Parmi les propriétés, la masse et la charge sont les prin-
- 1. En physique atomique on a pris pour unité d’énergie des projectiles corpusculaires, l’énergie possédée par un électron avec sa charge électrique et sa charge mécanique quand il est laissé par une différence de potentiel de 1 v. Un million d’électrons-volts correspond à 1,1)9 ÎO-16 ergs).
- Fig. 1. — La barrière de potentiel.
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- cipalcs. Si on sépare les isotopes, la masse cle chaque atome est environ un multiple exact de la masse du proton et la charge égale en valeur absolue à celle d’un nombre entier d’électrons (ou de protons). Si on représente par A le nombre entier correspondant à la masse et par Z celui correspondant à la charge, un atome chimique R peut se représenter par zIv'• Par exemple, dans le cas de l’azote on écrira 7lNia. Le proton étant environ r.338 fois plus lourd que l’électron, on aura i4 protons pour faire la masse, 7 électrons pour faire la charge, soit en tout 21 particules. D’une façon générale, un noyau contient A protons, A — Z électrons et 2A — Z particules en tout. Le nombre atomique Z détermine complètement le nombre et la position des électrons qui entourent l’atome et comme c’est à ces électrons que l’on rapporte les propriétés chimiques et optiques des éléments, il caractérise complètement l’espèce chimique et les spectres d’émission et d’absorption de l’atome qu’il représente. Les isotopes, que l’on sait maintenant, dans des cas de plus en plus nombreux, séparer les uns des autres, sont des atomes ayant la même valeur de Z, mais des nombres de masse N différents (N détermine combien de fois la masse du noyau considéré contient la masse du plus petit noyau connu, c’est-à-dire du noyau d’hydrogène).
- D’après cetle théorie, les masses des isotopes devraient alors être rigoureusement des nombres entiers quand on prend comme unité la masse du noyau d’hydrogène. L’expérience a montré qu’en réalité ils en diffèrent légèrement toujours en moins de quelques millièmes en moyenne. Ce défaut de masse (mass defect), d’après la théorie d’Einstein rappelée plus haut, représente l’énergie qu’il faudrait fournir de l'extérieur pour dissocier le noyau en ses particules constituantes. Par suite, plus le noyau est solide et difficile à décomposer, plus cette différence est grande ; elle représente l'énergie de liaison.
- La théorie séduisante semblait donc cohérente et fournissait une explication simple de la stabilité des atomes, de l’existence des isotopes et de la périodicité des propriétés que révèle en particulier la classification de Mendelejeff.
- Mais à côté de la charge et de la masse, un atome possède un spin et un moment magnétique dont les valeurs pour de nombreux noyaux ont pu être déduites de l’étude de la structure hyperfine des spectres atomiques, de la. division des faisceaux atomiques et moléculaires dans les champs magnétiques non homogènes, etc. La théorie devait donc rendre compte de ces propriétés à partir du spin et du moment magnétique des électrons et des protons sans naturellement modifier les propriétés supposées des électrons extérieurs au noyau car dans ce cas cela reviendrait à introduire une nouvelle sorte de particules. C’est ici que la théorie électron-proton du noyau a été mise en échec, ce qui a conduit à l’abandonner.
- Comme nous l’avons vu plus haut, l’électron et le proion ont chacun un spin 1/2 (en prenant pour unité-—).
- Les résultats de la théorie des quanta appliqués aux électrons exlranucléaires imposent que le spin et le moment magnétique d’une particule soient dirigés suivant la même direction et que les spins de plusieurs particules se disposent parallèlement ou antiparallèlement. D’autre part dans le cas de l’azote 7NU par exemple l’étude du spectre de bande de l’azote moléculaire a montré que le spin du noyau est égal à 1.
- Or, dans la conception proton-électron, nous avons en tout 21 particules ayant chacune un spin 1/2, soit un nombre impair, et il est manifestement impossible de les disposer parallèlement ou antiparallèlement pour donner un
- spin résultant de 1. Cette impossibilité se retrouve dans tous les cas (1).
- Une autre objection à l’existence d’électron dans le noyau est tirée de la considération du moment magnétique et de la dimension linéaire des particules en jeu. Si les électrons ont les mêmes propriétés dans le noyau qu’à l’extérieur de celui-ci, ils sont alors trop gros pour pouvoir s’y loger et même s’ils pouvaient y être présents en quantité suffisante pour expliquer la masse et la charge, le spin et le moment magnétique ne concorderaient plus avec les résultats expérimentaux.
- En résumé, il n’y a pas d’objection à la présence de protons dans le noyau (on sait d’ailleurs que c’est réellement le cas pour l’hydrogène), mais les électrons ne peuvent y exister. Il faut donc faire appel à un nouveau constituant pour tenir compagnie au proton dans la forteresse du noyau atomique.
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- En 1932, la découverte du neutron par Chadwiek vint fournir une solution au problème.
- Dans l’hypothèse d’un noyau neutrons-protons seuls, un noyau quelconque, de nombre de masse A et de nombre cle charge Z, contient Z protons pour donner la charge, A — sr neutrons pour faire la masse et A particules en tout. Par exemple pour l’azote ?N14 on aura 7 protons, 7 neutrons et i4 particules en tout. Puisque protons et neutrons sont supposés avoir un spin de 1/2, on voit facilement que le noyau d’azote pourra être disposé de façon à avoir un spin de 1.
- D’une façon générale le spin d’un noyau sera un multiple pair ou impair de x/2 suivant que A sera pair ou impair. De même la difficulté résultant du grand moment magnétique et de la grande taille de l’électron disparaît avec lui.
- PROBLÈME POSÉ PAR LA DÉSINTÉGRATION « BÊTA »
- On admet donc à l’heure actuelle que le noyau est constitué de protons et de neutrons seuls. Mais alors, on se heurte à une nouvelle difficulté, et de taille. C’est ce que l’on appelle le phénomène de la désintégration [3, qui consiste en l’émission, par le noyau, d’un électron, quand justement on vient de conclure qu’il ne pouvait exister dans l’intérieur du noyau !
- Dans le cas des noyaux lourds radio-actifs naturels, la particule émise est toujours chargée négativement, c’est un électron identique aux électrons extra-nucléaires ; dans le cas des atomes légers, bombardés par divers projectiles, la particule peut être chargée positivement (positron) ou négativement (électron).
- Les vitesses des corpuscules fi émis par une substance radio-active donnée varient depuis zéro jusqu’à une limite supérieure assez bien définie et dépendant de la nature de la substance. A l’aide d’un champ magnétique, il est possible de séparer les particules ayant des vitesses différentes. On obtient ainsi un spectre continu. L’interprétation de la continuité du rayonnement (3 que l’expérience a justifiée, est la suivante : les rayons [3 quittent effectivement le noyau
- 1. D’une façon générale, puisqu’il y a 2A-Z particules clans un noyau, son espèce sera un nombre entier ou la moitié d’un nombre impair suivant que 2A-Z est pair ou impair. L’expérience par contre montre que le spin est un nombre entier ou la moitié d’un nombre entier impair suivant que A est pair ou impair.
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- avec des énergies différentes s’échelonnant d’une manière continue entre zéro et une limite supérieure.
- Mais alors, nouvelle difficulté à résoudre. En effet, on a établi deux propriétés du mode de désintégration (3 :
- i° L’énergie absorbée par les parois d’un calorimètre capable d’arrêter toutes les radiations (même les rayons y les plus durs) est égale à l’énergie totale de tous les électrons produits par une substance radio-active placée dans le calorimètre ; 2° la différence d’énergie entre le noyau initial et le noyau après que la désintégration s’est produite est égale à l’énergie des électrons émis les plus rapides et non pas comme on pourrait le penser à l’énergie moyenne de tous les électrons émis. C’est-à-dire que la loi de la con-servalion de l’énergie ne s’applique plus !
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- Si on veut la conserver, il faut alors supposer l’existence d’une radiation extrêmement pénétrante, accompagnant la désintégration (3 et qui emporte l’énergie supplémentaire à travers tous les matériaux d’arrêt connus. Cette nouvelle radiation n’a pas de charge, elle n’est pas de nature électromagnétique et toute masse qui lui serait associée devrait être petite comparée à celle du neutron, puisque le poids atomique d'un noyau ne change pas d’une façon appréciable pendant la désintégration j3. Il est probable que son spin est de 1/2 et son moment magnétique infiniment petit : c’est le neutrino de Pauli.
- Même en acceptant le neutrino, il y a toujours 2 questions difficiles à résoudre : l’émission d’un électron par un noyau qui est supposé ne pas en contenir et la lenteur de la désintégration jâ, car il est impossible d’imaginer une barrière de potentiel qui retiendrait un électron dans le noyau tout en lui permettant éventuellement de s’en échapper.
- Aussi les savants tels que Fermi, ffonopinski, Uhlenbeck, etc., etc... ont-ils cherché, en introduisant des postulats divers et à grand renfort de mathématiques transcendantes, à résoudre ces incompatibilités. Leurs essais, jusqu’à présent, n’ont pas été confirmés par l’expérience.
- LES FORCES EN PRÉSENCE DANS LE NOYAU
- Le problème du noyau atomique tel que nous l’avons examiné jusqu’à présent se limitait à la nature des particules constituant le noyau. Il est une autre partie, non moins importante du problème, c’est celle de la nature des forces s’exerçant entre les divers éléments entrant dans sa composition.
- Ici encore, le terrain est peu sûr car, à l’échelle du noyau, nous ne savons plus quelle mécanique s’applique, ou ce que deviennent les grandeurs et les notions physiques sur lesquelles nous sommes habitués à raisonner.
- En effet, la mécanique newtonienne, valable pour des systèmes microscopiques de dimensions de l’ordre de io-3, doit au-dessous des dimensions de l’ordre de io~8 cm s’effacer devant la mécanicpie des quanta. Si on descend encore dans l’échelle des grandeurs d’une même quantité, pour arriver aux dimensions de l’ordre de io~13 correspondant aux systèmes nucléaires et au domaine du noyau atomique, quelle assurance avons-nous qu’il ne faut pas faire intervenir une nouvelle mécanique dont la mécanique des quanta serait seulement la limite supérieure ? Tout ce que l’on peut dire, c’est, que cette nouvelle mécanique devrait ressembler plus à la mécanique quantique qu’à la mécanique classique.
- Quelle est donc la nature des forces agissant entre les diverses particules ? Le noyau apparaissant comme très solide, elles doivent être fortement attractives ; de plus, le neutron n’ayant pas de charge, elles®' ne peuvent être uniquement d’origine électrostatique.
- L’hypothèse la plus simple est que l’action de 2 particules situées à une distance r peut être représentée par le potentiel mutuel V de ces deux particules, abstraction faite des autres. On a donc à considérer les actions des paires suivantes : neutron-proton; neutron-neutron; proton-proton. On suppose que la première est suffisante pour assurer la cohésion du noyau, la seconde étant nulle et la troisième étant la répulsion électrostatique ordinaire.
- Par suite de la petite taille et de la grande cohésion du noyau, l’action proton-neutron doit avoir la forme d’un puits profond de quelques dizaines de millions d’éleclrons-volls et large de 2 à 3.io-13 cm dans la représentation V, r (en trait plein sur la figure 2) ; la répulsion électrostatique entre proton-proton (en traits interrompus sur la figure 2) se superpose aux forces attractives ; on voit qu’elle n’est importante vis-à-vis de celles-ci que pour r très petit ou très grand. Bien qu’elle devienne infinie pour r = 0, elle n’est grande que dans un si petit domaine de r qu’elle n’a pas d’action sur les ondes fonction des particules du noyau.
- On rencontre cependant une difficulté, lorsque l’on se contente de celle représentation simple : on pourrait penser que l’énei’gie de liaison des noyaux lourds est proportionnelle au nombre de liens, c’est-à-dire au nombi’e des paires de particules, et par suite à À2. Or l’expérience montre qu’elle est sensiblement proportionnelle à A. Ceci ne peut s’expliquer qu’en supposant que chaque particule dans le noyau ne réagit qu’avec un petit nombre de particules, ce nombre étant indépendant du nombre total des particules présentes. C’est-à-dire que les forces entre particules présentent le phénomène de la saturation.
- Celte idée de liaison saturée n’est pas nouvelle et on l’avait déjà admise, pour les liaisons de valence entre deux atomes dans une molécrüe. On l’interprète en admettant qu’un électron est commun aux deux atomes, tantôt près de l’un puis de l’autre. Au mouvement de cet électron entre les deux atomes on associe dans la théorie des quanta un échange d’énergie qui sert à retenir les deux atomes,
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- Les conceptions précédentes, qui, ainsi que l’a fait remarquer Gamow, conduisent à donner au noyau une constitution analogue à celle d’une goutte de liquide, a fourni une
- Fig. 2. — Les forces en présence da?is le noyau.
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- explication qualitative heureuse des phénomènes se produisant dans les noyaux lourds et l’émission radio-active a. Naturellement, les résultats numériques sont encore en concordance médiocre avec ceux de l’expéidencc et dans certains cas, il faut faire intervenir des arguments purement mathématiques.
- L’exposé très schématique que nous venons de faire des conceptions actuelles sur la structure du noyau, dépouillées de l’appareil mathématique qui les enveloppe généralement, montre que bien des points d'interrogation subsistent et que les savants n'opèrent pas encore sur un terrain très sûr. A chaque nouveau fait expérimental, correspond une nouvelle complication de la théorie si élégante et si simple de
- Rutherford qui pendant longtemps, avait rempli parfaitement son rôle : expliquer les phénomènes connus et en prévoir de nouveaux (comme l’existence du neutron). Chose plus grave, ces complications apparaissent faites pour « les besoins de la cause»; la théorie suit péniblement l’expérience et n’est pas génératrice de découvertes nouvelles. On peut donc se demander si le modèle atomique planétaire pourra encore être conservé longtemps et si nous ne sommes pas à la veille de l’apparition d’une nouvelle conception de l’atome, qui sera sans doute aussi différent*' de la conception actuelle que celle-ci l’était de la représentation de la chimie classique.
- H. Vigneron.
- LES FOUILLES D'UR
- Visitant le Muséum de Bagdad, il y a 4 ans, en compagnie d’urt arabisant doublé d’un archéologue, mon ami M. Maurice Mercier, je fus saisi d’admiration devant la vitrine, gardée par des soldats irakiens, qui renfermait de superbes objets d’or provenant des fouilles d’Ur en Chaldée. Je relatai bientôt mes impressions dans un livre C1) dont je voudrais bien supprimer aujourd’hui une ou deux pages : celles où je
- 1. Le a Pipe-Line » sous les murs de Ninive, éditions Baudi-nière.
- Fig. 1. — Bélier retenu par un buisson (Statuette en or du 4° millénaire de l’ère ancienne, trouvée dans les fouilles d’Ur).
- commentais la découverte et l’origine de ces merveilleux joyaux. Mon excuse est que rien n’avait encore été publié sur le sujet et que je ne voyais aucune’raison de mettre en doute les informations recueillies de la bouche du très distingué fonctionnaire qui voulait bien nous servir de guide.
- 11 me fit écrire notamment que ces bijoux provenaient d’une reine et de concubines, brûlées vives autour du catafalque d’un roi. Telle que l’établit le savant directeur des fouilles, Sir Leonard Woolley, l’auteur du livre dont nous allons parler, la vérité est beaucoup plus tragique C1). 11 est vrai que, dans un premier ouvrage, le meme auteur donnait sur ce même drame une version qui se rapprochait de la mienne : les hommes et les femmes dont il avait retrouvé les squelettes autour de la sépulture royale avaient été « descendus vivants au fond du souterrain et égorgés sur place » (2). Au fait, il nous semble que, logiquement, nous pouvons soumettre tout de suite la version définitive, ce drame souterrain nous transportant à 3.5oo ans av. J.-C., au début de l’histoire du Sumer ou, plus exactement, vers la fin de sa préhistoire..
- Les archéologues poursuivaient leurs fouilles dans le plus vieux cimetière d’Ur, quand ils rencontrèrent la voûte de briques cuites qui recouvrait la sépulture d’une reine ; un sceau cylindrique leur en révéla le nom : Shub-ad. « Sur ce qui restait d’un cercueil en bois reposait le corps de la princesse, une coupe d’or à portée de sa main ; la partie supérieure du squelette était entièrement cachée sous un amas de grains d’or, d’argent, de lapis-lazuli, de cornaline, de calcédoine, dont les longues chaînes, partant d’un collier, formaient une cape qui descendait jusqu’à la ceinture... ».
- Il serait trop long de décrire les autres bijoux qui recouvraient la reine, son diadème fait de plusieurs rangs de lamelles d’or, imitant d’une façon parfaite des feuilles de laurier, avec leurs ramifications de nervures, et les trois grosses fleurs d’or, sobrement égayées de pierres fines et d’émaux blancs qui, sur
- 1. Ur en Chaldée, traduction française, éditions Payot.
- 2. Les Sumériens, traduction française, éditions Payot.
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- une sorte de crosse d’airain, se dressaient au-dessus de la nuque. « Toutes ces choses, ai-je écrit, sont d’une facture exquise, et si jeunes, malgré leurs cinq mille ans, qu’elles font vieillir maintes expressions de notre art ultra-moderne. Elles devraient être une source d’inspiration pour nos orfèvres de la rue de la Paix... ».
- LA « FOSSE DES MORTS »
- La chambre funéraire de la reine, celle du roi, construite à un plan inférieur, et leurs abords immédiats, renfermaient, outre les squelettes des monarques, les restes de 90 personnes, dont 70 pour le roi ; c’étaient des soldats, en faction dans le couloir d’accès, des cochers, près des débris de chars et des ossements de leurs attelages (Anes et bœufs), des courtisans, des femmes, presque aussi richement parées que la reine et qu’on suppose être des dames de la cour. Détail pathétique : à quelques pas de sa royale maîtresse, une musicienne jouait d’une harpe que j’ai vue au Musée de Bagdad et qui est un pur chef-d’œuvre, avec sa caisse de résonance ornée d’une tête de taureau sortie des doigts d’un maître animalier.
- La position des squelettes, rangés le plus souvent en files régulières, leurs postures, la richesse des joyaux et autres objets qui les couvraient, ne permettent pas d’imaginer qu’il s’agissait là de domestiques ou d’esclaves que l’on égorgeait pour qu’ils continuassent à servir leurs maîtres dans le inonde de l’au delà : ce furent des dignitaires qui acceptèrent leur sort afin d’accompagner dans la mort des personnages que la religion sumérienne déifiait de leur vivant. Il nous faut donc admettre l’hypothèse de Sir Leonard Woolley : les victimes descendirent dans les caveaux, en une marche processionnelle, y prirent les places que leur assignait quelque maître de cérémonie, absorbèrent une drogue qui les plongea dans un sommeil léthargique. Alors, les fosses furent remplies de terre que l’on piétina au-dessus de leurs corps inertes. Ce foulage explique pourquoi toutes les boites crâniennes sont écrasées. Par contre, si quelques objets métalliques (d’or, d’argent ou d’électrum) avaient été déformés par la pression, la plupart furent retrouvés intacts.
- Ni le nom de la reine Shub-ad, ni celui de son royal époux A-bar-gi, ne figurent sur la liste des rois chaldéens dressée longtemps plus tard, 2.000 ans av. J.-C., par les scribes. L’omission s’explique du fait que le règne de ce monarque appartient à la préhistoire ; mais il aurait pu figurer parmi les rois légendaires énumérés au début de cette table, liste que le chronologiste termine par cette phrase : « Le Déluge vint. Après la venue du Déluge, la royauté fut renvoyée d’en-haut ».
- Ainsi, les annales du Sumer remontent bien au delà de la grande catastrophe dont les archéologues, comme nous le verrons, ont retrouvé les preuves matérielles au cours de leurs fouilles. Mais il nous semble que, avant de parler de leurs travaux, il conviendrait
- Fig. 2. — Harpe provenant de la sépulture de la reine Shub-ad à Ur (3.500 ans avant J.-G.).
- de dire qui étaient ces Sumériens, dont l’admirable civilisation florissait à une époque où le restant du monde, Egypte y comprise, restait plongé dans la sauvagerie primitive.
- LES ORIGINES D’UN GRAND PEUPLE
- Après maintes controverses auxquelles ont pris part d’illustres anthropologues anglais, nous avons la certitude que les Sumériens n’étaient pas des Sémites, élément ethnique qu’ils soumirent à leur domination avant d’être, des millénaires plus tard, submergés par lui. Un autre point qui ne souffre plus de discussion, c’est qu’ils arrivèrent en Mésopotamie avec une civilisation déjà très avancée. Où se trouvait leur habitat ancestral ? En s’appuyant sur certains faits d’ordre archéologique, on a des raisons de croire qu’il était situé dans des montagnes boisées : ils édifiaient leurs innombrables temples sur des#collines artificielles et plantaient des arbres sur les terrasses des lieux saints. D’après leurs propres légendes, ils étaient venus de la mer (du Golfe Persique), c’est-à-dire de l’Est. Or, ces temps derniers, dans la vallée de l’Indus, à Mohenjo-Daro, on a mis à jour les ruines d’une grande ville dont la fondation remonterait au moins au début du quatrième millénaire de l’ère ancienne et qui fut le siège d’une brillante civilisation étroitement apparentée avec celle des Sumériens (x).
- On admet maintenant que ces deux cultures proviennent d’un même foyer que l’on serait tenté de placer dans les montagnes du Béloutchistan et de l’Afghanistan. Ce qui vient à l’appui de cette thèse, c’est que le type Sumérien, tel qu’il nous est connu
- I. Voir : La Civilisation de l’Indus, par Ernest Mackay, éditions Payot.
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- Fig. 3. — Armes de pierre et de bronze.
- tant par les squelettes que par les ouvrages artistiques qu’a laissés ce peuple, se retrouve chez les habitants actuels de ces deux massifs, inexplorés en grande partie et où des expéditions archéologiques pourraient découvrir un jour les ruines de ce commun foyer.
- Nous ne pouvons nous étendre, comme le fait Sir Leonai’d Woollev dans Les Sumériens, sur l’aspect géologique du problème ; mais nous jugeons indispensable de rappeler que le Golfe Persique, en des temps très anciens, s’enfoncait dans l’intérieur des terres beaucoup plus profondément qu’il le fait aujourd'hui. La rivière Karun qui, descendant des collines de Perse, charrie autant de houe que le Tigre et l’Euphrate réunis, et l’oued Al Batin, qui fut jadis l’un des grands cours d’eau de l’Arabie, se déversent vis-à-vis l’un de l’autre dans le Cholt-el-Arab, le bas lit commun aux deux fleuves mésopolamiens. Leurs apports conjugués finirent par édifier un barrage qui,
- Fig. 4. — Les ruines d’Ur.
- d une part, neutralisa l’action des marées et, de l’autre, retint le limon du Tigre et de l’Euphrate, entraîné auparavant dans la mer. L’eau n’ayant plus le meme écoulement, de vastes marécages se formèrent que, dans la suite des temps, comblèrent les boues de ces fleuves et de leurs affluents.
- Le premier peuple qui découvrit la haute fertilité de ces terres alluviales fut celui des Amorites, de race sémitique, qui, fixés sur le cours supérieur de l’Euphrate, suivirent le retrait des eaux et s’établirent au nord du delta, à l’endroit où les deux fleuves jumeaux voisinent presque ; leur territoire devint plus tard le Pays d’Akkad. Une deuxième race à langue caucasienne, venue du nord et de l’est, fut devancée par cette prise de possession et dut se résigner à s’installer plus haut sur le Tigre : ce fut le Pays d’Assur ou Assyrie. Un troisième élément ethnique fut fourni par les nomades d’Arabie, Bédouins de culture primitive, qui s’aventurèrent progressivement dans les marécages au fur et à mesure qu’y émergeaient des îles. Finalement arrivèrent les Sumériens, peuple de la famille indo-européenne, supérieurement doué, au point de vue de l’intelligence, et qui apportait, nous Lavons laissé entendre, une civilisation déjà très évoluée.
- Il est impossible de fixer des dates même approximatives à ces diverses immigrations, et nous n’avons, du reste, nulle intention d’exposer ici, ne fût-ce qu’en ses grandes lignes, l’histoire des Sumériens, connue d'ailleurs d’une façon très imparfaite. Le lecteur intéressé trouvera dans l’ouvrage de Sir Leonard Wool-ley tout ce qu’il importe de savoir sur le sujet. Qu’il nous suffise de dire que ce peuple fut la puissance dominante en Mésopotamie pendant deux millénaires, qu’une période de guerres intestines hâta sa décadence, que les races qu’il avait asservies détruisirent son entité politique et qu’il disparut totalement au cours du deuxième millénaire de l’ère ancienne, mais que sa brillante civilisation lui survécut, adoptée qu’elle fut par les vainqueurs.
- J1 faut lire les chapitres de cet ouvrage consacrés à la civilisation sumérienne pour comprendre à la fois sa -grandeur et sa minutie. Outre le fini et la beauté de ses productions artistiques, outre les inventions de ses architectes (le cintre, la voûte et le dôme que les Grecs lui empruntèrent longtemps plus tard), outre son écriture cunéiforme qui se propagea jusqu’en Syrie, elle appliquait à toutes les transactions commerciales un système de comptabilité qui témoigne que nous n’avons rien innové en la matière. Les négociants de ses villes entretenaient des agents dans des pays éloignés ; et ce furent eux, sans nul doute, qui créèrent la « lettre de change », rédigée sur une tablette d’argile, mais qui n’en était pas moins une (c lettre ». Ne perdons pas de vue que cette civilisation florissait à un époque où l’Egypte sortait à peine de la barbarie, comparaison qui suffirait à justifier l’affirmation de plusieurs archéologues : que la source primordiale de la civilisation européenne se trouve dans le Sumer.
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- LES ARCHÉOLOGUES A L’ŒUVRE
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- Rien ne pouvait laisser prévoir que les buttes qui se dressent entre Bagdad et Bassorah, à une quinzaine de km à l’ouest de l’Euphrate, indiquaient l’emplacement d’une grande ville ; sauf vers l’est où l’on distingue au loin la masse verdâtre des palmeraies, ces tertres sont entourés de déserts qui s’étendent à perte de vue. Cependant, dès 1854, le British Muséum chargea M. Taylor d’explorer la plus haute de ces buttes, connue des Bédouins sous le nom de Tell el Muqayyar (ou Tertre de Bitume). Les inscriptions qu’il déterra révélèrent qu’il s’agissait là des ruines d’Ur, mentionnée par la Bible comme le lieu de naissance d’Abra-liam. Les fouilles furent abandonnées deux ans plus tard, en raison de l’insécurité de la région.
- Celte cause d’insuccès disparut en 1918, quand les armées britanniques occupèrent la Mésopotamie. Un archéologue attaché au Service des Renseignements de ces troupes, M. Campbell Thomson, entreprit des sondages à Ur et à Eridu, que les Sumériens considéraient comme la plus ancienne ville du monde. Stimulé par cette initiative privée, le British Muséum organisa une expédition qui fut de courte durée (1918-1919) et s’occupa surtout de la butte d’El Obeid, située entre Ur et Eridu et qui livra des ruines intéressantes. Les travaux purent être repris en 1982, grâce à une association entre le British Muséum et l’Université de Pensylvanie, sous la direction de M. Leonard Woolley ; ils ne se sont pas arrêtés depuis cette date.
- Pour que tout soit clair dans notre exposé, il est indispensable de rappeler que l’emplacement de chacune des antiques villes de la Basse-Mésopotamie fut une de ces îles que nous avons vues surgir des marécages. Les colons y édifiaient des huttes de roseaux ou de boue qui s’effondraient tôt ou tard : on en élevait d’autres sur leurs débris. De génération en génération, de siècle en siècle, le niveau de ce qui avait été une île s’exhaussait. Quand les Summériens arrivèrent avec leur civilisation supérieure, ils s’emparèrent, pour y bâtir leurs villes fortifiées, de ces collines artificielles dont ils eureht garde de massacrer leurs habitants : ils les conservèrent en qualité de serfs. C’est ce qui explique que, dans la même couche de terrain, se rencontrèrent des objets (poteries, outils de pierre, etc.) d’une culture primitive et grossière et des produits de la culture très évoluée des Sumériens.
- Les fouilles furent entreprises par le procédé de creusage de puits. Ils traversèrent d’abord d’épaisses couches de déblais et de détritus, « et soudain le caractère du sol changea ». Les ouvriers rencontraient de l’argile parfaitement pure, sans aucun mélange, et dont la composition révélait qu’elle avait été déposée là par les eaux.
- « Les ouvriers, continue l’auteur, déclarèrent que nous étions arrivés à l’extrême fond du delta et que nous touchions la vase dont le delta primitif du fleuve était formé. Examinant les parois du puits, je m’apprêtais à partager leur opinion ; mais je me rendis
- Fig. 5.’— fuses d’or des tombes royales d’Ur.
- compte que nous étions trop haut... Après avoir effectué les calculs nécessaires, j’ordonnai aux hommes de creuser plus profond. L’argile pure accusa une épaisseur d’un peu plus de 8 pieds... Puis, aussi soudainement qu’elle s’était présentée, elle disparut, laissant place à de nouvelles couches de détritus mêlés à des outils de pierre, à des tronçons de silex et à des fragments de poteries ».
- Cette couche d’argile de près de 2 m 1/2 d’épaisseur constitue la seule preuve que l’on ait obtenue jusqu’ici du cataclysme qui ravagea la Basse-Mésopotamie et dont les traditions hébraïques, dérivées de celles des Sumériens, firent un Déluge universel. D’après M. Woolley, l’aire de destruction, comprenant les basses vallées du Tigre et de l’Euphrate, aurait couvert un territoire de l’ordre de 700 km de long sur 160 de large, balayant tous les villages qu’habitaient les autochtones (ou non-Sumériens), mais épargnant les villes sumériennes haut perchées sur leurs tertres et protégées, de surcroît, par leurs enceintes de briques cuites. Et ce fut le sort d’Ur, bien que son nom ne soit pas mentionné sur les antiques tablettes chal-déennes qui énumèrent celles des cités que le Déluge ne détruisit pas.
- Fig. 6. — Stèle d’Ur-Nammu (fragment).
- Le roi verse des libations à Nannar et Nina Gai et reçoit l’ordre de construire la Ziggurat d’Ur. Au-dessous, portant les outils du maçon, il va poser les fondations (University Muséum, Philadelphie).
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- AUX TEMPS D’ABRAHAM
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- Les fouilles que poursuit l’expédition anglo-américaine ont mis à jour les ruines de temples, de palais et de murs d’enceinte grâce auxquelles l’histoire d’Ur nous est révélée en ses grandes lignes. Les travaux des archéologues nous révèlent meme d’intéressants détails sur la vie de ses habitants, à l’époque où, vaincu par les Elamites, le Sumer agonisait, époque qui se place vers l’an 2000 av. j.-C., alors que le père d’Abraham vivait dans l’antique cité, où naquit le futur patriarche.
- En se basant sur les travaux des archéologues allemands à Babylone, on admettait que les citadins de la Basse-Mésopotamie habitaient de modestes maisons, bâties de briques crues, ne comportant qu’un rez-de-chaussée divisé en trois ou quatre pièces. Les fouilles entreprises dans l’Ur d’Abraham ont corrigé cette cireur. Le rez-de-chaussée des maisons, construit de briques cuites, supportait un étage aux murs de briques crues, le changement de matériau étant dissimulé par une couche de plâtre. Chaque demeure offrait de 12 à i!\ chambres ouvrant sur une cour spacieuse et bien pavée, pourvue d’un orifice central pour l’évacuation des eaux. Un escalier de briques conduisait à l’étage, que desservait une galerie au balcon de bois. En somme, c’était déjà le modèle de la maison orientale, telle qu’elle existe aujourd’hui dans l’Asie antérieure et l’Afrique du Nord.
- Certains détails montrent même que l’antique modèle observait mieux les lois de l’hygiène que la plupart de ses modernes copies. La porte d’entrée ouvrait sur un vestibule que traversait une rigole où le visiteur pouvait se rincer les mains et les pieds. Les w.-c. se cachaient derrière la cage de l’escalier ; ils étaient pourvus d’un égout en terre cuite, cimenté de mastic bitumineux. Dans la cuisine, une cheminée évacuait la fumée. Le rez-de-chaussée se complétait d’une salle de réception, d’une pièce réservée aux domestiques et d’une petite chapelle sous laquelle était creusée la sépulture familiale. Les maîtres et leurs enfants habitaient l’étage dont les chambres ouvraient sur la galerie et ne communiquaient pas entre elles.
- La description des rues de l’Ur d’Abraham nous
- Fig. 1. — Une barque.
- A
- Fig. 8. — La reine Shub-ad.
- Iransporte dans les vieux quartiers de Biskra et autres cités sahariennes. Étroites, tortueuses et non pavées, elles étaient bordées des murailles massives des maisons dont toutes les fenêtres donnaient sur les cours intérieures ; elles ne pouvaient être parcourues que par des piétons, des cavaliers et des animaux de bât ; les angles de ces ruelles étaient soigneusement arrondis pour parer aux collisions possibles.
- A défaut de meubles (exception faite des meules placées dans les cuisines), les archéologues ont trouvé de nombreuses table!les qui jettent quelque clarté sur le milieu où naquit et grandit Abraham : ce sont des hymnes que l’on chantait aux services religieux ; des copies d’anciennes inscriptions qui composent, en leur ensemble, une sorte d’histoire abrégée des principaux temples d’Ur ; des tables d’arithmétique permettant d’appliquer les quatre règles et des formules pour l’extraction des racines carrées ou cubiques.
- A ce même étage de l’antique cité, le temple de Dublal-makh a livré plusieurs centaines de tablettes constituant ses archives commerciales. Chez les Sumériens, « la loi ne reconnaissait aucune transaction qui ne fût attestée par un document écrit ». Pour toutes les dîmes qu’ils percevaient, les prêtres délivraient des reçus dont les duplicata étaient déposés aux archives du temple, qu’il s’agît « d’un troupeau de moutons ou d’un fromage ». Cette comptabilité méticuleuse suffirait à démontrer qu’Abraham ne fut pas élevé à l’école de nomades semi-primitifs, comme on l’admettait avant les fouilles d’Ur, mais bien dans un milieu
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- •de civilisation quasi raffinée. Et nous devons observer que le judaïsme a subi l’influence sumérienne dans ses lois comme dans ses légendes. Nous l’avons déjà noté à propos du Déluge ; mais nous pouvons men-iionner aussi la statue d'or trouvée à Ur, datant du quatrième millénaire de l’ère ancienne, un « bélier retenu par un buisson », symbole que l’on revoit dans le récit biblique du sacrifice d’Abraham.
- Notre but était d’analyser les ouvrages de M. Leonard Woolley, auxquels nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui voudraient approfondir ce passionnant problème de la brillante civilisation sumérienne. Nous nous contenterons de dire que les fouilles ont mis à jour les travaux de restauration qu’ordonnèrent successivement Nabuchodonosor et Cvrus qui, pour des motifs politiques, voulurent relever les principaux temples de l’antique cité. Elle n’était plus qu’un centre de traditions religieuses et, môme sous cet angle,
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- ses jours étaient comptés. Ce fut probablement sous le règne de Cyrus que se produisit la catastrophe finale : l’Euphrate, qui avait baigné les murs de la vénérable métropole pendant des millénaires, changea brusquement son lit en le portant à 16 km à l’est. Outre qu’elle perdit ses communications fluviales, Ur vit s’assécher son réseau de canaux d’irrigation. Le désert absolu eut tôt fait de couvrir ses champs ; les vents entassèrent le sable sur la cité morte dont le nom tomba dans l’oubli. Il ne resta plus d’elle que des monticules informes, à l’ombre desquels les Bédouins dressaient parfois leurs petites tentes brunes, « sans soupçonner que là avait vécu Abraham, Ibrahim Kha-lil Abdurahman, l’ami de Dieu, le fondateur de la nation juive et le père de leur propre race... ».
- Victor Forbin.
- (Photographies communiquées par les éditions Pavot et par le Muséum de Bagdad).
- LE PLUS PETIT MOTEUR ÉLECTRIQUE DU MONDE
- Si l’Amérique délient le record des constructions colossales, puisque la nouvelle centrale de Boulder Dam va être équipée avec des turbo-alternateurs de
- iià.ooo ch, c’est l’Europe, et plus particulièrement la Suisse qui délient et sans doute pour longtemps le record du plus petit moteur électrique du monde pour la construction duquel un concours international vient d’avoir lieu à Zurich.
- 11 s’agissait d’af-
- Fig. 2. — Photographie agrandie du moteur et d'une tête d’allumette.
- limier la maîtrise dans la précision et le travail des pièces mécaniques extrêmement petites. C’est M. Hugue-nin, de la Tour de Peilz, qui a remporté Je prix et son moteur est bien une véritable merveille. Son poids complet, en ordre de marche, n’est que de o gr. 16, et sa hauteur totale de 3 mm 5. On se rendra compte de ce que représentent ces chiffres en examinant la figure i où on voit ce moteur à côté d’une pièce de oo centimes et d’une pièce de 5 cents américaine (nickel) et la figure a qui montre sa construction d’une façon plus visible. L’énorme champignon qui se trouve à côté de lui est... la tête d une allumette ordinaire !
- Malgré sa petitesse, ce moteur marche parfaitement, en consommant o w oo5. Il tourne à 3.ooo tours-minute et peut être alimenté en courant continu ou
- Fig. 3. — Présentation du petit moteur.
- Fig. I. — Le moteur électrique de AL Huguenin photographié entre une pièce américaine de 5 cents et. une pièce française de 30 centimes.
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- allei'nalif. C’est un moteur série composé de 48 pièces toutes démontables. Le rotor a 2 mm 5 de diamètre, le collecteur est en platine, les balais en métal composition et l’enroulement électrique est constitué, sur chaque pièce polarisée, par 35 tours de fil de cuivre de o mm 08 de diamètre.
- Ajoutons que pour l’usinage, il n’était pas possible de se servir de limes, si fines soient-elles et toute la fabrication a été faite à la main et à la pince à huile. Chef-d’œuvre de patience et d’habileté manuelle, ce petit moteur est la preuve la plus frappante de la dextérité manuelle de son constructeur.
- EE A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX DÉBOUCHÉS =
- DE L'ARGENT
- Ce n’est pas des capitaux qu’il s'agit ici et c’est en Amérique que le problème s’est posé à un groupe de producteurs, de chercher de nouveaux emplois pour un métal dont la consommation monétaire a disparu pratiquement dans tous les pays et dont l’extraction, au contraire, suit une progression croissante.
- Ce groupe s’est adressé au Bureau of Standards de Washington et a mis un crédit important à sa disposition. Un plan de travail fut élaboré et une quinzaine de chercheurs aiguillés dans les diverses directions correspondantes. Ceci se passait aux alentours de juin 1937. Dans les numéros de février et octobre 1908 du Journal of the Fi'anklin Institute, le directeur du Bureau of Standards donne quelques indications sur les études en cours et signale que pour plusieurs d’entre elles, les résultats préliminaires déjà obtenus permettent d’espérer que la recherche, lorsqu’elle sera terminée, présentera un intérêt considérable pour l’industrie de l’argent.
- L’un des chercheurs a étudié les propriétés de l’argent et des alliages riches en argent employés comme métaux antifriclion. A l’aide d’une machine Amsler, on mesure la charge correspondant à un coefficient de frottement donné et en même temps on examine la tendance à l’écaillage et à la gravure du palier d’acier. On a trouvé que l’argent pur avait une grande valeur comme garniture de paliers, les additions de métaux ou d’alliages donnant des résultats moins satisfaisants. Aussi dans certains types de moteurs d’aviation américains, utilise-t-on normalement maintenant l’argent pur pour certains paliers. La résistance de l’argent à la gravure et à l’érosion l’a fait employer pour certaines garnitures métalliques, dans lesquelles sa tenue à l’action de la chaleur et de la corrosion est également très appréciée.
- Deux chercheurs ont étudié les dépôts électro-chimiques d’argent et d’alliages d’argent sur l’acier ainsi que le co-dépôt d’autres éléments. On espère ainsi augmenter les emplois des récipients et les pièces argentées dans l’industrie chimique en particulier. On a en particulier constaté que les plaques métalliques recouvertes d’argent pouvaient être matricées, repoussées et estampées sans inconvénients.
- Une application très, importante est envisagée dans l’industrie de la conserv.e, pour recouvrir d’une couche infiniment mince les parois des boîtes métalliques en contact avec les aliments. Le problème réside actuellement dans l’obtention d’un revêtement non poreux.
- Les bagues de collecteur et les balais en argent graphité ont donné des résultats supérieurs à ceux que fournissent les mêmes organes en cuivre pur ou en cuivre graphité. La résistance de contact diminue et on peut employer des densités de courant beaucoup plus grandes.. De plus, avec les surfaces de contact en argent, il y a moins d’effets de
- polarisation. Les fabricants d’équipement électrique ont été informés de ces résultats et on peut espérer qu’il en résultera des perfectionnements dans la construction de certains appareils.
- L’argent, utilisé comme catalyseur dans l’oxydation de l’alcool éthylique, s’est montré remarquable, agissant dans des conditions très différentes de la pratique industrielle actuelle.
- La transmission de la chaleur au travers des parois d’argent a fait l’objet d’une recherche intéressante. C’est ainsi qu’en utilisant un récipient en argent pur, une opération chimique dont la durée est de 48 h lorsqu’on opère dans des ballons de verre, a pu être effectuée en 4 h seulement, avec une économie notable de temps, de combustible et un meilleur rendement. Sans nul doute, les propriétés de l’argent au point de vue de la conductibilité calorifique, lorsqu’elles auront été déterminées exactement, seront susceptibles d’applications aussi bien en mécanique que dans les industries chimiques.
- Les propriétés fungicides des sels d’argent sont étudiées par un autre chercheur, et les possibilités agricoles semblent intéressantes, de même que pour la stérilisation des eaux dans certaines applications spéciales comme les élevages de poissons.
- La perméabilité de l’argent à. haute température par l’oxyr gène a été envisagée comme moyen de fractionner l’air et en particulier d’enrichir les gaz de hauts-fourneaux ; cette question est soigneusement étudiée du point de vue pratique industriel.
- D’autres chercheurs ont entrepris des expériences consistant à ajouter de petites quantités d’argent (moins de 5 pour 100) à des alliages industriels et à observer les variations provoquées dans les autres propriétés (dureté, recuit, résistance à la corrosion, conductibilité électrique, etc...); en particulier les plaques d’accumulateurs additionnées d’argent sont spécialement étudiées.
- Enfin, le point de vue biologique et médical n’a pas été négligé : étude des propriétés toxicologiques de l’argent et de ses sels, recherche du mécanisme de l’action sur les bactéries, etc...
- On voit cjue le programme est extrêmement vaste. Grâce à la méthode appliquée au Bureau of Standards de confier les divers ordres de recherches à des expérimentateurs qualifiés, même extérieurs au Bureau, travaillant dans des laboratoires différents, répartis sur toute la surface du territoire, sous le contrôle, la direction et la surveillance d’un membre du Bureau, il est cei’tain que dans tous les domaines, des résultats intéressants seront rapidement obtenus.
- H. V.
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- = EM. DE MARGERIE =
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le géologue Emmanuel de Margerie est un « self-made man » comme diraient les Anglais. Né à Paris, le îi novembre 1862, ce vrai « fils de ses œuvres » n’usa guère, en effet, ses culottes sur les bancs d’une école à traduire des versions grecques et latines ou à « potasser » les difficultés grammaticales des langues anciennes. Comme il nous le racontait récemment, dans son calme appartement du faubourg Saint-Germain où à travers un pittoresque dédale de livres et de souvenirs de voyage, nous avons pu le joindre : « Je n'avais aucun penchant pour les éludes classiques et je ne suis meme pas bachelier !
- Mon père, qui avait exercé la profession d’avocat ne m’envoya à aucun collège, me laissant la liberté de m’instruire à ma guise.
- Alors des amis de ma famille, entre autres le normalien Dupaigne et Victor Puiseux me donnèrent mes premières leçons, m’enseignant, tour à tour, les éléments des mathématiques et de l’astronomie. Puis sur les conseils d’Albert de Lapparent, dont je suivais les cours à l’Institut catholique, j’entrai à la Société géologique en 1877 et depuis plus de 60 ans je n’ai
- pas cessé de consacrer mon activité au culte désintéressé de la géologie et de la géographie. Grâce à mes multiples randonnées, dont les résultats sont consignés sur des cartes et dans plus de 25o mémoires, j’ai vu que la géographie, longtemps restreinte à la seule représentation puis à la description de la surface du globe, doit largement s’appuyer sur les acquisitions de la géologie. L’état actuel des continents n’est-il pas, en effet, l’aboutissement logique de leur histoire à travers les âges ».
- Dans un premier et utile ouvrage sur Les dislocations de l’écorce terrestre publié en collaboration avec
- M. Em. de Margerie, élu Membre de l’Académie des Sciences, le 16 janvier 1939.
- Albert Heim à Zurich en 1888, M. de Margerie contribua d’abord à donner une langue à la technique. Là, se trouvent réunis tous les termes français, allemands on anglais (au nombre de plus de 2.000) donnés par les savants aux accidents qui modifient l’allure ou interrompent la continuité des masses minérales. Plus d’une centaine d'illustrations originales, magistralement dessinées par Heim y viennent éclairer certaines définitions trop abstraites. Aussi cette classification systématique fut accueillie avec grande faveur à l’époque.
- La même année, le Colonel de La Noé associa M. de Margerie à la rédaction d’un livre d’une portée encore plus générale sur Les formes du terrain. Etendant, à la totalité des traits du relief terrestre, les lois que l’étude des torrents des Alpes avait permis à nos ingénieurs et notamment à Surell de formuler, vers le milieu du xix° siècle, ce travail démontrait, d’une façon précise, pourquoi il fallait attribuer à l’action des eaux courantes un rôle essentiel dans la sculpture des vallées, des montagnes et des plateaux. Ainsi s’introduisit, dans la géomorphologie, une série de notions nouvelles. En particulier, la conception des surfaces structurales, dont l’avenir démontra la fécondité, y apparut pour la première fois.
- Ces travaux ayant mis en relief M. de Margerie, il fut nommé, dès l’année suivante, collaborateur adjoint de la Carte géologique de France dont il devint, en 1922, collaborateur principal. Grâce aux ressources mises à sa disposition par ce service, il explora les Pyrénées françaises et espagnoles de 1886 à 1891 et montra que des actions de plissement et non de simples failles verticales ont joué le rôle principal dans la formation de ladite chaîne comme dans toutes les autres montagnes. Mais l’œuvre maîtresse du géologue fut son histoire si complète du Jura français et suisse,, formant deux gros volumes d’un total de
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- 1.5/12 pages avec 444 figures et 3i planches originales, dans les Mémoires du Service de la Carte géologique de France, parus seulement en 1922 et ig36. Cette monographie, qui sert de commentaires aux 12 feuilles jurassiennes, correspond à plus de 600 journées de courses, a II va de soi, nous dit son auteur, que je irai pu aller partout et que bien des localités où j’aurais eu le désir de me rendre sont restées, pour une raison ou pour une autre, en dehors de mes itinéraires. Néanmoins je me suis toujours astreint à reconnaître personnellement des domaines assez étendus pour me permettre d’interpréter, sans trop de chances d’erreur, l’ensemble des travaux dont je devais faire état. J’ai pu ainsi, pour la première fois, rédiger une description absolument continue, où plus d’un détail, sans doute demeure incertain — sinon suspect — jusqu’à nouvel ordre mais où du moins rien ne manque dans la trame du tissu que j’avais à décomposer ».
- Mais le savant géographe ne se contenta pas d'arpenter la France en tous sens, d’étudier les cours d’eau où les gîtes minéraux de notre pays, il fut un globe-trotter infatigable. Des .États-Unis, où il se rendit à quatre reprises de 1891 à 1920, il rapporta d’importants matériaux, entre autres un copieux commentaire de VAllas du Colorado (1924), qui sert de texte explicatif à un recueil de cartes antérieurement publié par le Geological Survey. Il traversa aussi l’Oural et le Caucase, visita les rives du Bosphore, l’Égypte et la Palestine. Puis à la fin de 1918, ayant reçu du Maréchal Foch la mission d’enquêter sur les matériaux d’empierrement exploitables en Alsace-Lorraine, il passa plusieurs semaines à recueillir sur place la documentation nécessaire. D’autre part, comme on lui avait prescrit de se mettre en rapport avec les représentants de la Geologischc Landesanstalt, il rédigea un rapport proposant la réorganisation de ce service allemand dans le cadre du régime administratif français, rapport dont les conclusions furent adoptées. Si bien que le 24 mai 1919, un arrêté nommait M. de Mar-gerie directeur du nouvel organisme, en l’assimilant au cadre du corps professoral de l’Université de Strasbourg. Voilà comment le docte géologue devint professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg quoique ne possédant aucun des titres exigés pour l’accès à une chaire d’enseignement supérieur. Cela ne l’empêcha pas d’accomplir, là encore, une excellente besogne. Avec l’aide d’une dizaine de collaborateurs topographes, graveurs ou dessinateurs, il parvint à établir une remarquable Carte géologique murale de l’Alsace et de la Lorraine en 4 feuilles. Grâce à l’emploi de teintes suffisamment transparentes pour ne pas masquer les détails et assez vives pour que le lecteur puisse se rendre très bien compte de la nature des terrains
- représentés, ce lableau d’ensemble exprime d’une façon saisissante les grands traits de la géologie du nord-est de la France avec le noyau ancien des Vosges comme motif central. Selon l’opinion autorisée de L. Gallois, si cette carte peut « être complétée par de nouvelles études de détail, on a l’impression qu’elles n’y changeront rien d’essentiel ».
- Toutefois M. de Margerie ne fut pas seulement un voyageur passionné, il se consacra, de temps à autre, à des travaux livresques importants. Il fut au retour de ses randonnées, tantôt un compilateur érudit, tantôt un traducteur exact, tantôt un historien scientifique averti et toujours un critique très « à la page ». Dans cet ordre d’idées, le Catalogue des bibliographies géologiques, qu’il publia en 1896, facilita beaucoup les recherches des spécialistes tandis que l’édition française de la Face de la Terre parue sous sa direction de 1897 à 1918 reste aujourd’hui le manuel de référence de tous les gens qui s’intéressent à la géologie. Cette traduction l’emporte de beaucoup sur l’ouvrage original du maître viennois par l’addition de nouvelles figures et de très copieuses tables alphabétiques (matières et noms propres). Dans sa préface, Marcel Bertrand a porté sur ce livre génial le jugement définitif suivant : u La création d’une science comme celle d’un monde demande plus d’un jour ; mais quand nos successeurs écriront l’histoire de la nôtre, ils diront, j’en suis persuadé, que l’œuvre de Suess marque dans cette histoire la fin du premier jour, celui où la lumière fut ».
- En outre, M. de Margerie a rédigé des notices bibliographiques variées, des études historiques ou critiques très nombreuses et qui fourmillent soit d'aperçus originaux, soit d’exposés méthodiques, soit de synthèses largement brossées, soit de traits caractéristiques concernant la carrière de divers savants anciens et modernes, français ou étrangers.
- Aussi cette prodigieuse activité intellectuelle, poursuivie durant plus d’un demi-siècle, valut à M. Emmanuel de Margerie une notoriété mondiale et des distinctions Batteuses. En 1923, l’Académie des Sciences l’avait, nommé correspondant et le 16 janvier 1909, elle l’élut membre titulaire, dans la section de minéralogie, en remplacement de Louis de Launay. En 1919, il avait présidé la Société géologique de France et en 1987 le 70° Congrès des Sociétés savantes françaises. Enfin de nombreuses académies ou sociétés scientifiques étrangères tinrent à honneur de le compter au nombre de leurs membres, notamment la Société royale de Londres, à laquelle il appartient depuis xgSi. Bien que sans « bachot », ce Parisien, épris de liberté, a donc fait brillamment son chemin !
- Jacques Boyer.
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- = RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES = 186
- Solutions des problèmes proposés dans LA NATURE du 15 novembre 1938 (n° 3037)
- Rappelons d’abord l’énoncé des questions.
- Problème A. — Une grand’mère répond à un curieux : j’ai perdu mon mari. Mon fils et mon gendre sont veufs. Mon gendre qui a les enfants les moins âgés en a deux fois plus que mon fils. Tous les âges sont des sous-multiples du mien et quand nous sommes tous réunis nous sommes en nombre égal à la somme des chiffres de mon âge. Vous connaissez maintenant la composition de ma famille et les âges de chacun (Proposé par M. G. Tuaillon, ingénieur, Pont-de-Roide (Doubs).
- Problème B. — La mouche cl l’araignée. Môme énoncé, mêmes restrictions que dans le problème pi’écédent, mais en intervertissant les vitesses : la mouche parcourt 5 m à la minute et l’araignée 3 m.
- Problème C. — On verse du Porto dans un verre de forme conique ayant 03 mm de profondeur (mesurée suivant l'axe du cône). A quelle hauteur faudra-t-il s’arrêter pour que le verre soit à moitié plein (Proposé par M. R. Sagot, à Paris).
- Solutions.
- Problème A. — Soit x, le nombre d’enfants du fds, le gendre sera père de aæ enfants et au total, la famille se composera de : x + sx + 3 = 3(æ + x) personnes.
- Ce nombre doit être égal à la somme des chiffres de l’âge de la grand’mère; cet âge est un multiple de; 3 et, en supposant que tous les âges soient différents (ce que ne précise pas l’énoncé), ce nombre doit admettre au moins 3(æ + i) diviseurs.
- Pour x = i nous aurons G diviseurs, et la somme des chiffres égale G. Avec 5i (3 x 17) nous avons 4 diviseurs, hypothèse à rejeter; avec 60 nous aurons 12 diviseurs, d’où plusieurs solutions acceptables : grand’mère : Go ans ; gendre : 20 ans; enfants du gendre : 1 et 2 ans; fils : 3o ans et son enfant : 3, 4, 5 ou G ans, etc....
- Pour x = a, 9 diviseurs, somme des chiffres de l’âge de la grand’mère 9. Hypothèses : 54, G3, 72, 90....
- Les deux premiers nombres ne conviennent pas ; 72 et 90 ont chacun 12 diviseurs, d’où plusieurs solutions. Par exemple : grand’mère : 72 ans; fils : 36 ans, ses enfants ont : S et 9 ans; gendre : a4 ans et ses enfants ont : 1, 2, 3 et 4 ans. Avec 90 nous aurions : grand’mère : 90 ans; fils : 45 ans et 2 enfants de i5 et 18 ans; gendre : 3o ans et 4 enfants de 2, 3, 5 et 6 ans.
- Pour x — 3 somme des chiffres de l’âge de la grand’ mère égale 12. Hypothèses : 66, 75, 84, g3.
- Le troisième nombre est seul à retenir; 84 ayant 12 diviseurs, il n’y a qu’une solution : c’est d’ailleurs la solution qui parait le mieux convenir à l’esprit de l’énoncé, puisqu’elle utilise tous les diviseurs. On obtient aisément : grand’mère : 84 ans ; fils : 4a ans, et ses trois enfants ont : a4 ans, i4 ans et 12 ans; gendre : 28 ans, et ses si^ enfants sont âgés respectivement de : 7, G, 4, 3, 2 ans et 1 an.
- Problème B. — Dans le précédent problème l’araignée allait plus vite que la mouche, ce qui est assez normal dans une question de poursuite. Nos correspondants ont résolu facilement le problème; mais nous avons été surpris de constater qu’aucun d’eux ne l’avait discuté. Il fallait examiner les trajectoires possibles de l’araignée et déterminer celle accomplie dans le temps minimum. Il est vrai que l’énoncé était choisi de telle manière qu’une seule trajectoire était à envisager.
- Ici il n’en est pas de même : la poursuivante va moins vite que la poursuivie, mais celle-ci parcourant une trajectoire fermée, l’araignée peut la rejoindre en coupant au court de plusieurs manières. D’aborcl il est facile de prouver que la rencontre 11e peut se faire sur les parois ABCD ou BDEF. Examinons maintenant si l’araignée peut rejoindre la mouche sur la paroi EFG H (fig. 1). L’araignée a 3 voies différentes pour y parvenir : i° par le plancher CDFII, 20 par la paroi verticale ACGH, 3° par la paroi verticale ABCD, puis le plafond ABEG. Cette dernière est à éliminer, car le parcours
- minimum est CAGX = i4 m ; temps : 4 mn-§-, or la mou-
- 6
- A J
- elle aurait parcouru 23 m
- _L_ et aurait quitté la paroi EFGIL
- Par la première voie, le chemin minimum de l’araignée est CHX soit 12 m, parcourus en 4 mn, dans le même temps la mouche a franchi 20 m, elle se trouve donc précisément en X d’où une première solution, t = 4 mn.
- Par la deuxième voie, le parcours minimum de l’araignée pour atteindre la trajectoire de la mouche est :
- CX - V?2 + 52
- 8 m G2 ; temps de parcours 2 mn
- 87
- 100
- La mouche aura franchi i4 m 35 environ, elle sera engagée sur la paroi EFGI1, donc il y a une rencontre possible avant le point X, par conséquent en un temps plus court que le pi'écédent : c’est la solution minima cherchée.
- La figure 2 donne : Py — (27 — 5f) ; Cy — 3f, d’où l’équation : (27 — 5/.)2 + 52 = (31)2.
- La plus petite racine, pouvant seule convenir, fournit la valeur : t — 3,53 mn.
- Enfin la rencontre n’est pas possible sur la paroi ACGII ; d’ailleurs elle aurait lieu après un laps de temps supérieur à 4 mn. Donc l’araignée rejoint la mouche dans le
- 53
- temps minimum de 3 mn en supposant qu’elle ait la
- bosse des mathématiques particulièrement développée ! U n bon point pour l’araignée et un mauvais pour nous qui avons oublié de
- h---------F [ever ]a restriction eoncei’nant l’extraction
- de la racine carrée.
- x......... Problème C. — Les volumes de deux
- 6 E solides semblables sont entre eux comme
- les cubes de leurs dimensions homologues. Soit x la hauteur du Porto, nous aurons :
- d’où
- 3 /633
- x = \ T
- Dp
- 63
- S/~
- Va
- 5o mm environ.
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- —— 186 ............r: - .................--'
- Rappelons, à l’occasion, un amusant paradoxe. Le verre de Porto est à moitié plein ; mais il est aussi à moitié vide, nous pouvons donc écrire : verre demi-plein = verre demi-vide, d’où en multipliant par a : verre plein — verrî vide!
- Enfin signalons une plaisante solution en vers, adressée par M. Arnaud André, que nous nous excusons de ne pouvoir reproduire ici, la place nous étant limitée.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — Mmo Fersing, Toulon; MM. G. Roux à Port-Fouad, Egypte; R. Sagot, 49, boulevard de Vaugirard, Paris; A. Jouffray à Mantalot, par La Roche-Derrien (C.-du-N.) ; D. Tikhobrazoff, employé au Crédit Lyonnais, Cannes; Jacques Rouleau, ingénieur, 84, Grande-Rue à Oullins ; J. Huyghcbaert, Anvers.
- Problèmes A, C. — MM. R. Tellier, instituteur à Saint-Gcorgcs-sur-Fontainc ; Arnaud André à Marseille.
- Problème A. —• M. L. Hobé, ingénieur, Uccle (Belgique).
- Problème C. — MM. Nicolas, ingénieur des travaux publics de l’État, Tancarville (Seine-Inférieure) ; C. Carty, ingénieur, 4, Gordon Street, Londres; A. Der'erre, Sainte-Foy-lès-Lyon; Edmond Chamois, 3a8, rue des Pyrénées, Paris.
- Problèmes proposés.
- Problème A. — Les géants de I’île d’Onéirie jouent avec des dominos taillés dans d’énormes blocs de marbre blanc. Leur jeu va du double blanc au double-cent. De combien de pièces se compose-1-il ?. Quelle est la somme totale des points de ce jeu ?
- Problème B. —- Un champ de forme triangifiaire a pour dimensions : AB = i54 m, BC = 102 m, CA = 8o nu D’un point D, situé sur AB et à 35 m de A, on veut tracer un sentier étroit rejoignant BC en E et partageant le champ en deux parties équivalentes. Comment déterminer le point E ? Quelle sera la longueur du sentier P
- Problème C. — Quati’e villes A, B, C, D, dorvent être desservies par une route automobile circulaire. En admettant que les 4 villes ne soient pas situées sur un même cercle, comment faudra-l-il tracer cette route pour qu’elle passe à égale distance de chaque ville P Y a-t-il plusieurs solutions ? (Problème déjà posé).
- Problème D. — Une petite amusette pour terminer : Démontrer qu’un cercle de rayon unité vaut la moitié d’un plat de lentilles (Proposé par M. Arnaud André, io, place Maurice Rouvier, Marseille). II. Barolet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1939, A PARIS
- Mois très doux et pluvieux, avec pression barométrique très basse, et fort mal ensoleillé.
- La moyenne barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Sainl-Maur, 766 mm o, est inférieure de 9 mm o à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, G°,o, supérieure de 3°,i à la normale, se classe au 4° rang parmi les plus élevées de la série du Parc Saint-Maur, et place ce mois au nombre des mois de janvier très doux.
- Les moyennes quotidiennes ont été pour la plupart supérieures à leurs normales respectives et les ont dépassées sans interruption de plus de 5° du i4 au a3. Celles da i5, du iG et du 17 ont été anormalement élevées : leurs écarts respectifs sont de io°,5, io°,3 et 9°,o. Elles sont les plus hautes que contient la série d’observations depuis 1874 pour les dates correspondantes et sc rapprochent des moyennes observées normalement, entre le 2 et le i3 mai. Le maximum absolu, i4°,9 a été enregistré le 16, il est supérieur de 2°,j au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, — 2°,3,
- le 6, surpasse de 5°,i la moyenne (— 7°,4)- Le nombre de jours de gelée, huit, est en déficit de six.
- Dans la région parisienne, il a gelé les 3, 4, 6, 7 et 8, puis du 20 au 3i.
- Les extrêmes de la température ont été de — 5°,o à Montesson le 7 et i5°,4 à Passy le i5.
- Les précipitations, très fréquentes, ont apporté en 22 jours pluvieux (normale 15), 79 mm 4 d’eau au Parc Saint-Maur. Ce total est légèrement supérieur au double du total moyen. La journée la plus pluvieuse, celle du i4, a donné i5 mm 3 d’eau. On n’a observé que deux petites chutes de neige, l’une le 7, l’autre le 26.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie dans le mois a été de 92 mm x, supérieure de 129 pour 100 à la normale et elle sc classe au 2e rang des plus fortes valeurs de ce mois (on avait eu 119 mm 9 en igSG). La durée totale de chute, 12G h 5o m est plus que double de la moyenne. Hauteurs rnaxima en 24 heures : à Paris, 20 mm o à Bercy, et aux environs, 19 mm 9 à Nanterre du 2G au 27.
- Fig. 1. — Enregistrement des pressions barométriques, pendant le mois de janvier 1939, communiqué par M. Bénie, opticien à Saint-Malo. L’énorme dépression du 24 au 20 a causé plusieurs sinistres maritimes.
- Le 5, de la neige mélangée à la pluie ou à la grêle est tombée sur de nombreux points. Le 7, une chute abondante s’est produite sur toute la région entre 7 h 3o et 10 h 3o; le 2G, nouvelle chute générale qui s’est pi’olongée le 27 sur plusieurs points.
- Les brouillards ont été quotidiens, mais généralement locaux et peu épais.
- La durée totale de l’insolation, 55 h 35 m, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques est supé-l’icui'e de 4 pour 100 seulement à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 83,4 pour 100 et celle de la nébulosité de 81 pour 100. On y a constaté : 2 jours de gouttes, 2 jours de neige, 8 jours de gelée, 7 jours de brouillard, 9 jours de brume, 2 jours de l’osée, 5 jours de gelée blanche. Premier chant de la gi'ive, le 22. Esu. Roger.
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- COMMUNICATIONS A VACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance clu 27 décembre 1938.
- La transmission de la fièvre jaune. — MM. Rou-baui), Colas-Belcour et Stefanopoulo ont fait connaître la possibilité de la transmission de la fièvre jaune par un moustique des régions paléarctiques : VAëdes geniculatus. Les mêmes auteurs montrent aujourd’hui que ce moustique infecté ne transmet la maladie que s’il est conservé à haute température (entre 3o et 35° C.) ; conservé à température plus basse (entre 20 et 220 C.) ses piqûres cessent d’être infectantes. Ce résultat est semblable à celui observé en Amérique avec un moustique néarctique : VAëdes triserialus.
- Anomalies des champs électromagnétiques près des rivières. —- M. Rocard a noté, en passant en avion au-dessus d’un cours d’eau important (Garonne ou Dordogne), un affaiblissement de l’ordre de 0,6 à 0,7 dans la réception des ondes de 7 m, i5 à 9 m. Cet effet paraît constant et lié à la proximité d’une masse importante d’eau en mouvement. 11 y aurait peut-être là un élément utile pour permettre à un avion volant à basse altitude sans visibilité de fixer sa position.
- Lampes=tubes luminescentes. — M. A. Claude expose qu’il a résolu le problème de la lampe-tube luminescente fonctionnant sous les tensions usuelles de distribution, ceci en collaboration avec MM. Lecorguillier, Lemaigre, Delrieu, Gonronet, Penon, Mea et Fagnon. Un tel tube est du type gaz rares — mercure à revêtement luminescent et phosphorescent pour éviter l’effet stroboscopique. Il est relativement facile d’obtenir un tube fonctionnant sous 110 v alternatifs, la bobine stabilisatrice ramenant la tension à 60-70 v. La grosse difficulté est dans l’amorçage; elle a pu être surmontée grâce à des électrodes de dimensions convenables, une association choisie du métal support et du dépôt émissif et leur traitement méthodique par la chaleur et le vide. Dans ces conditions il a été possible par un calcul judicieux des réactances et capacités d’obtenir l’amorçage sous la tension de régime. Le revêtement du tube est composé de tungstates et de silicates phosphorescents. Un des tubes réalisés a les caractéristiques suivantes : tension de distribution ixo v; régime o A 25; cos cp 0,88 à o,go;le flux est de 5oo lumens, soit 3i lumens par watt. Ce résuliat est d’une importance technique considérable par suite du rendement lumineux très élevé des tubes luminescents.
- L’extinction par les poussières. — L’extinction par les poussières, en particulier par le bicarbonate de soude, passe pour être due à leur inertie chiririque et au dégagement de gaz ni combustibles ni carburants (CO,). MM. Dufraisse et German montrent que cette action doit, au contraire, être l'attachée à la catalyse anti-oxygène. Il est en effet possible de noter une puissance extinctive très élevée, beaucoup plus que celle du bicarbonate de soude, chez des composés qui, à première vue, devraient au contraire activer le feu. Parmi ces corps les auteurs citent les chlorates et nitrates de potassium et de sodium. Les chlorates n’éteignent que les flammes peu chaudes tandis que les nitrates, plus stables, sont d’excellents extincteurs pour toiles les flammes, étant de deux à quarante fois plus actifs que le bicarbonate cle soude.
- Fibres musculaires vitrifiées. — Un colloïde aqueux cristallise si sa température descend au-dessous de zéro; la mort du tissu en est la conséquence. MM. Luyet et Tiioen-nes exposent qu’en plongeant des fibres musculaires dans
- l'air liquide il se produit, à celte très basse température, une vitrification par laquelle le protoplasme n’est pas désorganisé, comme il le serait si la température n’était que de quelques degrés au-dessous de zéro. Après un séjour plus ou moins prolongé dans l’air liquide, les fibres, brusquemeirt réchauffées, conservent en général leur vitalité qui se traduit par des contractions au passage de la décharge électrique .
- La foudre dans la ffaute-Garonne. — M. Dauzère a fait une enquête sur les lieux de chute fréquente de la foudre, en particulier dans la Ilaule-Garonne. Il a pu distinguer trois zones. Le centre du département, composé de mollasses miocènes peu radioactives, ne subit que de très rares coups de foudre. Les collines qui longent le plateau de Lannemezan, formées d’argiles ferrugineuses d’origine granitique sont très foudroyées. Le x'esle du département composé de mollasses et d’alluvions anciennes disposées en terrasses dans les vallées de la Garonne, de l’Ariège et du Tarn, constitue une zone moyenne dans laquelle certains points, l’emai'quables par une concenti’ation locale de matières radioactives, sont cependant souvent foudroyés.
- Le crépuscule. — M. Grandmontagne a adapté un photomètre enregistreur à l’étude des phénomènes crépus-culaii'es, l’appareil ne fonctionnant que lorsque la dépression du soleil au-dessous de l’horizon atteint 5°. Cette étude montre des différences profondes suivant que l’on envisage les radiations bleues ou l’ouges. Tant que le soleil n’est pas à io° au-dessous de l’horizon, les intensités du bleu et du rouge suivent des variations parallèles mais ensuite le bleu continue à décroître alors que le rouge se stabilise, soir intensité devenant d’ailleurs constante bien avant que le soleil ait atteint 180, fin du crépuscule astronomique. De la comparaison des coui’bes obtenues jadis et aujoui'd’hui, on peut déduire que les mesures de Lixrk et de Dufay avaient été effectuées sur des radiations contenant beaucoup de lumière bleue.
- t»
- Une ombellifère méconnue. — Près de Laragne (Hautes-Alpes), dans les balmes calcaires à exposition Sud, au pied de falaises créant un microclimat très particulier, M. Breistroffer a découvert des colonies d’une ombellifère, le Scandïehun stellalum dont les autres points de croissance spontanée sont fort lointains (S.-E. de l’Espagne, Crimée, etc.). C’est une sorte de fossile vivant d’origine tertiaire. Il est intéressant de remarquer avec l’auteur que celte région des Baronnies abrite d'autres survivantes xéi’o-thermiques tertiaires ainsi que de nombreuses autres variétés rares.
- Séance du 3 janvier 1939.
- Le rayonnement pendant la coagulation. —
- L’émission ultra-violette au cours de certaines réactions chimiques étant un phénomène déjà connu, MM. Rabinerson et Praurrov exposent qu’un tel rayonnement est également émis pendant la coagulation des sols de Fe (01i)3, de V20_ et d’oléale de sodium. Un tube de Gcigcr-Müller, associé avec un élément photo-électrique, décèle une élévation de 22 à 4r pour 100 des chocs si l’une de ces coagulations se produit devant la fenêtre du compteur. La longueur d’onde est de l’ordre de 0,2 u. Ce rayonnement est identique au rayonnement mitogénéfique de Gunvitsch; il peut donc être contrôlé par voie biologique.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Agenda Béranger 1939. 1 vol. Béranger, Paris.
- Prix : relié, 22 francs.
- De petit format commode, l’Agenda Béranger a l’avantage de compléter l’agenda proprement dit d’un aide-mémoire où l’on a rassemblé toutes les données nécessaires aux ingénieurs et aux praticiens, depuis les nouveaux tarifs postaux et les formules courantes de mathématiques jusqu’aux poids et mesures en passant par la résistance des matériaux, les données numériques physiques, les dimensions commerciales et les opérations de banque. Il est indispensable, sur le bureau ou dans la poche.
- Interprétations and misinterpretation oi modem physics, par Ph. Plane. ! vol. in-8, 38 p., Paris. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann, Paris, 1938. Prix : 18 francs.
- Dans cet ouvrage traduit en anglais d’un manuscrit allemand, l’auteur examine les points de vue différents que l’on fut conduit à envisager, puis à modifier ou rejeter, au fur et à mesure du développement des deux grandes théories qui dominent la physique moderne : la théorie des quanta et la théorie de la relativité.
- Les interprétations physiques de la théorie d’Einstein, par P. D. Dive. I vol. in-8, 80 p. Dunod, Paris. Prix : 23 francs.
- L’auteur fait dans cet ouvrage une analyse critique des concepts fondamentaux placés par Einstein à la base de sa théorie. Il conclut en montrant la nécsesité de réaliser des expériences de laboratoire et des observations astronomiques, précises et assez nombreuses, qui permettront de rattacher par un lien déductif logique les équations de Lorentz et d’Einstein à des lois physiques ayant reçu les sanctions d’un contrôle expérimental et rigoureux.
- L’électrochimie et l’électrométallurgie, par
- A. Levasseur (4e édition), t. I, 1 vol. in-8, vu-210 p., 42 fig. Dunod, Paris, 1939. Prix : 52 francs.
- Le tome I de cet ouvrage, dont le succès s’est affirmé par l’épuisement rapide des trois premières éditions, est consacré à l’électrolyse aqueuse. La première partie du livre est un exposé complet et concis de la théorie de l’électrolyse, qui sera très précieux aux élèves des grandes écoles ou des facultés des sciences, en raison de l’extrême clarté avec laquelle il a été rédigé. Des sujets considérés souvent comme délicats — théorie de Nernst et ses applications, mesures de pH, étude des complexes, etc... — y sont présentés avec un souci de limpidité, qui est l’une des caractéristiques les plus frappantes de l'ouvrage.
- Dans la partie industrielle, un long chapitre concernant la technique des dépôts électrolytiques a été ajouté aux éditions précédentes. Les formules de bains qui s’y trouvent sont toutes de valeur éprouvée. Elles font l’objet d’une discussion approfondie. Les modes opératoires et ies conditions d’électrolyse sont minutieusement précisés, l’n bref appendice est consacré à l’effluve.
- Le microscope et son emploi, par Fernand Lemardeley et l’Abbé Frémy. In-8, 100 p., 77 fig. Librairie des Sciences et des Arts, 100 bis, rue de Bennes, Paris. Prix : 27 francs. Cet ouvrage traite avec précision et clarté du microscope et de son emploi. Il contient une foule de renseignements pratiques permettant d’obtenir d’un appareil le maximum de rendement. Beaucoup d’usagers de ce merveilleux instrument n’en tirent pas tout ce qu’il peut donner parce qu’ils n’en connaissent pas à fond le maniement correct. Ce nouveau livre est un guide remarquable de l’emploi du microscope pour tous ceux, de plus en plus nombreux, qui l’utilisent. Ce volume est la première partie d’un « Traité de Microscopie » qui comprendra deux autres volumes : Technique de la photomicrographie et recherche, récolte et préparation des objets microscopiques.
- Comptes rendus et mémoires des commissions des neiges et des glaciers. Publication de l’Association internationale d’hydrologie scientifique, 6, rue de Seine, Paris. 1 vol. 23 x 16 de 804 p., Riga, 1938. Imprimerie des papiers d'état et cours de la monnaie de Lettonie.
- Cette volumineuse publication renferme un nombre considérable de mémoires traitant des sujets suivants : la précipita-
- tion de la neige, la prévision des inondations, le régime des rivières glaciaires, la glace de rivière et de lacs, de désennei-geage des routes, la physique de la neige et de la glace, les avalanches, les glaciers, la neige et la glace de l’arctique et de l’antarctique, les expéditions dans les pays arctiques, les appareils de mesure.
- Les hormones sexuelles. Colloque international tenu au Collège de France. Comptes rendus publiés par L. Brouha. 3 vol. in-8°. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 110 francs.
- Parmi les questions en pleine évolution, celle-ci a donné lieu à un échange de vues, un colloque, comme on dit maintenant, provoqué par la Fondation Singer-Polignac. Des rapports ont fait les mises au point des propriétés générales de ces hormones, de leurs manifestations dans l’ovulation, la menstruation, la gestation, du rôle de l’hypophyse, des régulations glandulaires et nerveuses, des effets toxiques, montrant l’énorme progrès des connaissances récemment acquises et aussi l’impossibilité d’une généralisation immédiate.
- La base chimique et structurale de la vision, par
- Sclig Heciit. 1 vol. in-8°, 100 p., 32 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 23 francs.
- Exposé des recherches quantitatives récentes sur la vision dont une bonne part a été poursuivie par le professeur de l’Université Columbia. Couleur, intensité lumineuse, acuité visuelle, clignotement, conduisent à une conception quantique, en admettant deux sortes de récepteurs, les cônes et les bâtonnets.
- Sciences naturelles. Bulletin mensuel des naturalistes. Librairie des sciences et des arts, Paris.
- Longtemps, les naturalistes, amateurs et professionnels, eurent, pour faire connaître, leurs observations et leurs travaux, la Feuille des Naturalistes, de belle mémoire. Un groupe a pensé qu’il conviendrait de renouer ce lien, de lé rendre encore plus vivant en signalant les excursions, conférences, congrès, expositions, en échangeant entre lecteurs des conseils et des renseignements aussi bien que des minéraux, plantes, insectes, oiseaux, etc. Ainsi est née la revue Sciences naturelles dont nous venons de recevoir le premier numéro, fort bien composé, et à laquelle nous souhaitons bonne chance et longue vie. Puisse-t-elle attirer et former beaucoup d’amateurs, révéler qu’il est d’autres loisirs que les sports, l’auto, la T. S. F. et le cinéma, que la promenade et l’observation personnelle peuvent donner des joies profondes.
- Mœurs et coutumes des Maoris, par T. E. Donne. 1 vol. in-8°, 298 p., J carte, 49 fig. Payot, Paris, 1938. Prix : 40 francs.
- Les Maoris sont, on le sait, les indigènes de la Nouvelle-Zélande. L’auteur, ancien secrétaire du Gouvernement de ces îles, après avoir passé 40 ans en Océanie, a rassemblé tout ce qu’on connaît de ce peuple : ses coutumes, ses croyances, ses arts, son organisation ; il a noté soigneusement son évolution récente au contact de la civilisation anglaise. C’est un document de premier ordre pour les ethnologues.
- Masques Dogons, par Marcel Griaule. 1 vol. in-8°, 896 p., 261. fig., 22 pl. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethno-logie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1938. Prix : cartonné toile, 230 francs.
- Ayant trois fois séjourné parmi ce peuple soudanais, l’auteur et ses collaborateurs ont pu apprendre et noter ses croyances, le rituel de ses fêtes au cours desquelles on voit une profusion de masques secrètement conservés dans des grottes et qui apparaissent à certaines funérailles, aux initiations, aux danses. Il a pu assister aux diverses cérémonies, photographier et cinématographier leurs phases, enregistrer les danses (un disque phonographique termine l'ouvrage) et aussi se faire expliquer le sens des mythes ainsi figurés. Ainsi apparaissent, scrupuleusement décrites en détail, les formes de la vie d’un peuple qui peu à peu oublie lui-même le sens caché de ses activités religieuses primitives.
- Annuaire statistique de l’Algérie 1937. 1 vol. in-4°, 386 p. Service central de statistique du Gouvernement général de l’Algérie, Alger, 1938.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La comète Cosik=Peltier (1939 a). — Nous pouvons à présent compléter les renseignements précédemment donnés sur cette nouvelle comète au n° 3o43, du i5 février 1939, p. ia3. En effet,, la « Circulaire » n° 109 du « Service des Informations rapides » de la Société Astronomique de France contient de nouveaux éléments plus précis de l’orbite, calculés par M. Môller, d’après trois observations des 20, 26 et 3i janvier, donc s’échelonnant sur 12 jours alors que les précédents avaient été déterminés d’après des observations s’étendant sur 4 jours seulement. Voici ces éléments :
- Date du passage au périhélie . .
- Argument de latitude du périhélie. Longitude du nœud ascendant.
- Inclinaison........................
- Distance périhélie.................
- T = 1939 fév. 6,787 (T. U.) w = ib8°54'52" )
- Û = 288«48'5o" ) 1939,0
- i = 63°28'32" )
- q — o 71667
- O11 sera frappé de la concordance de certains de ces éléments avec ceux donnés pi’écédemment.
- M. Môller a déterminé ensuite, d’après les constantes de l'orbite calculée par lui, des éphémérides donnant la position de la comète du i4 février au 26 mars 1939. A partir de cette dernière date, la comète, qui se dirige vers le Sud, cessera d’être visible dans le ciel de Paris, sa déclinaison étant supérieure à 4i° Sud. Elle s’éloigne du Soleil et de la Terre, et son éclat s’affaiblit.
- Il est inutile de reproduire ici les éphémérides calculées par M. Môller puisque la comète aura disparu du ciel de France quand ce numéro paraîtra. Disons seulement que, le i4 février, la comète se trouvait près de S Poissons, le 20 elle était dans le voisinage de £ Baleine, le 2 mars elle traversait la petite constellation du Fourneau chimique et le 26, elle se trouvera dans la partie la plus australe de l’Ëridan.
- Il faut attendre encore quelque temps avant de connaître les travaux qui ont été faits, dans les divers observatoires, pendant la période de visibilité de cette nouvelle comète. Em. Touciiet.
- CONSTRUCTION Le nouveau refuge Vallot.
- À l’altitude de 4.062 m, le nouveau refuge Vallot construit tout en duralumin a remplacé sur les flancs du Mont, Blanc celui élevé en i8q3 par J. Vallot. Cette construction nouvelle a présenté quelques caractéristiques spéciales qui méritent d’être rappelées.
- Situé au point de rencontre des deux itinéraires classiques d’ascension du Mont Blanc par les Grands Mulets et par l’Aiguille du Goûter, il se trouve construit à l’emplacement exact de l’ancien refuge, sur les seuls rochers qui émergent d’une vaste surface de glace et qui d’ailleurs sont fréquemment atteints par la foudre.
- L’enneigement très important à cette altitude risquerait de rendre le refuge inutilisable si la porte était bloquée. Aussi l’entrée est prévue dans le haut du refuge où l’on accède par une échelle en soulevant une trappe donnant, accès à un sas. On pénètre ensuite dans le refuge en ouvrant
- une porte qui ne peut alors être bloquée par la neige et en descendant quelques marches d’escalier.
- D’autre part, il ne faut aucune fissure dans les joints de porte ou de fenêtre car la neige poussée par le vent pénètre partout et forme sur le sol une couche de glace inconfortable quand on chauffe le refuge.
- Le vent, qui peut exercer des pressions de 3oo kgr au mètre carré doit n’avoir qu’un minimum de prise sur la construction dont toutes les aspérités et saillies doivent être supprimées.
- L’emplacement de la plate forme rocheuse est minimum : 5 m 4 x 7 m 4 et le refuge recouvre une surface de 7 x 5 m et contient 24 couchettes en deux étages. Il était impossible d’agrandir la plate-forme car il n’y a pas de pierres sur place et même s’il y en avait eu, elles auraient reposé sur la glace qui entoure le rocher et se seraient enfoncées peu à peu. Comme il n’y a ni sable, ni gravier, ni eau, impossibilité d’avoir recours au béton dont la prise serait d’ailleurs problématique à la basse température (— i4° température moyenne de l’année) qui règne à cette altitude.
- Enfin les ressources locales sont strictement nulles, les communications avec la vallée assez longues et incertaines par mauvais temps et la période favorable pour l’érection devait être comprise entre le i5 juillet le i5 août.
- Telles étaient les données du problème. Voici comment il fut résolu.
- Pour obtenir la stabilité du refuge, comme on ne pouvait le maintenir en place par les haubans habituels dans ce genre de construction, on a prévu des caissons lestés sur lesquels fut fixée toute la charpente pesant environ 3.5oo kgr (y compris les aménagements, revêtements et mobilier).
- Les deux caissons de 5 x 2 m aux deux extrémités du refuge sont lestés chacun par 8 t de pierres. Sur ces caissons prennent appui les 4 fermes principales en cornière de duralumin de 80 x 6,4. Ces fermes solidement conlreventées supportent les pannes de la toiture. Pour assurer l’étanchéité, les panneaux se rejoignent à mi-bois, chaque encastrement étant fixé sur la charpente par des boulons; la toiture est recouverte d’une couche de carton bitumé spécial.
- Toutes les pièces ont été établies pour ne pas dépasser 4o à 5o kgr de façon à pouvoir être montées par les porteurs de l’Aiguille du Goûter (3.835 m) où elles furent amenées par câble aérien jusqu’à la plate-forme à 4-362 m, à une altitude où le souffle est coupé au moindre effort et où le vent violent peut à chaque instant plaquer à terre l’homme et sa charge. Quatre pièces seulement pesaient 65 à 72 kgr chacune.
- Le refuge est construit comme une énorme marmite norvégienne pour limiter les pertes de chaleur : deux feuilles d’aluminium de part et d’autre de deux minces couches de contreplaqué entre lesquelles se trouve un isolant fibreux formant une paroi de 5 cm d’épaisseur équivalente au point de vue isolation thermique à 60 cm de brique.
- Le montage a été réalisé en 10 jours par une équipe de 5 ouvriers spécialisés qui n’avaient jamais été en montagne et, qui furent fortement gênés par le mal des montagnes et les nuits sans sommeil de sorte qu’au record d’altitude vient s’ajouter un record d’endurance.
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- 190 .— INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Machine a limer à ruban.
- Le travail à la lime dans les ateliers mécaniques est l’un des plus onéreux car il nécessite, pour être exécuté correctement des ouvriers expérimentés et un temps d’usinage considérable. La lime est un outil à faible rendement, le coup de retour étant un temps mort et, en plus, si l’ouvrier n’est pas habile, il émousse le taillant des dents.
- Limer droit, sans abîmer la lime, cl obtenir rapidement une face bien dressée caractérise un bon ouvrier.
- Actuellement, par suite du prix de la main-d’œuvre, de la réduction des heures de travail et du rendement horaire des ouvriers, on est conduit à s’adresser aux machines pour suppléer à la déficience du travail manuel. Nous signalerons
- Fig. 1. — Machine à limer à ruban.
- à ce sujet la nouvelle machine à limer continue fabriquée par la Continental Machine Cy de Minneapolis (États-Unis) dont la ligure i montre une vue cl’ensembie.
- Cette machine comporte une poulie, à gorge supérieure et inférieure qui porte le ruban à limes monté comme une scie à ruban. Le ruban à limes est en acier suédois flexible à ressorts sur lequel sont rivés de couris segments de limes. Le ruban épouse la forme des poulies alors que les segments s’ouvrent et restent droits.
- Les rubans à limes sont fournis en diverses tailles et formes standard de limes. 11 est aussi prévu une taille Yixen qui a de très fortes dents fraisées et agit comme une fraise ou une broche coupante plus que comme une lime dans le dressage du laiton, de l’aluminium, du cuivre, du zinc, etc. Un grand choix de limes permet d’employer celte machine pour tous les métaux, depuis l’acier le plus dur jusqu’à l’aluminium, ainsi que pour le travail des matières plasti-
- ques, la fibre, le bois, etc. Un étroit support disposé derrière les limes au point de travail permet d’appliquer une forte pression et ainsi de limer rapidement.
- Les limes en ruban font deux ou trois fois plus d’usage que les limes ordinaires et présentent plusieurs avantages. Le ruban entaille dans un seul sens, ce qui supprime le coup de retour qui souvent émousse les limes et il fonctionne à la vitesse qui convient à chaque travail, ce qui prolonge la durée des limes. Cette machine est à même de limer une surface rigoureusement droite et unie jusqu’à une épaisseur de io cm. La table de travail s’incline dans deux sens, de sorte qu’on peut limer la pièce obliquement.
- INVENTIONS
- Nouvelle ceinture sportive.
- L’habitude des sports a fait renoncer aux bretelles pour tenir le pantalon. La ceinture les a remplacées et il semblait qu elle avait atteint sa forme définitive. Mais l’esprit inventif de M. Auguste Chalbet, auquel on doit déjà entre aulres les flotteurs et radeaux de sauvetage actuellement en usage dans toutes les marines, s’est attaché à relever ses défauts. En grand sportif, il a reconnu que trop serrée elle gêne et trop lâche elle ne lient pas, même si on la passe dans les pattes ou coulants du pantalon, d’où le geste fréquent et si disgracieux qui consiste à « remonter » sa ^9- — ha ceinture sportive Chalbet.
- culotte après chaque
- effort. De plus, ou bien on ne met rien dans ses poches, ou bien le poids des objets tire sur le pantalon, sans compter que ces poches se vident toutes seules au premier geste violent, à la moindre acrobatie.
- L’idée lui est alors venue de créer une ceinture toute différente de celles qu’on connaît, sans cuir, ni caoutchouc. C’est une simple cordelière de soie, étroite mais solide, inextensible, dont la longueur est réglable selon le tour de taille au moyen d’un coulant. Et puisqu’on respire avec son ventre et non avec son dos, il a muni l’extrémité d’un des brins d’un ressort à boudin dont la force est telle qu’il se tend à l’inspiration et se détend à l’expiration, sans que la ceinture glisse. Un crochet passant dans un anneau fixe la ceinture autour de la taille.
- Et puis, de chaque côté, un passant porte un mousqueton auquel on accroche clés, montre,',couteau, tout ce qu’on met ordinairement dans les poches, et qui ne risque plus de glisser, de tomber, de s’égarer.
- Une gaine de peau, ornée d’un motif, entoure le ressort et le dissimule. L’ensemble est très réussi et surtout il est logique, physiologique, pratique : on s’étonne qu’on n’y ait pas songé plus tôt.
- Consortium des inventions modernes, i4, rue Chalgrin, Paris (iGe).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos « des propriétés musicales des jets fluides » (n° 3041).
- Nous avons reçu de M. l’Abbé Mourey une intéressante communication dont nous extrayons les passages suivants :
- Quiconque esL né à la campagne sait tailler, dans le coudrier, le saule ou la bourdaine, des sifflets qui ne sont, autre chose qu’un bourdon à haute pression. A l’époque de la sève, on découpe dans l’écorce un cylindre régulier, et avant de la décoller, on trace avec beaucoup de précision une « bouche » semblable à celle des tuyaux d’orgue. Le bas de cette bouche est tranché à angle droit ; mais le haut forme un biseau, dont la forme ogivale et la finesse ont une grande importance.
- La « peau vaine » enlevée, au moyen de procédés que connaissent tous les bergers, deux opérations restent à effectuer. Tout d’abord, approfondir et allonger la cavité que l’on vient d’amorcer ; c'est elle qui constitue le corps du tuyau. En bas, elle est coupée perpendiculairement à l’axe ; en haut, on l’arrondit toujours. Ensuite, et c’est le plus difficile, il s’agit de tracer, au-dessous de la bouche, le canal d’arrivée de l’air. On prélève sur le bois, derrière la lèvre inférieure, un segment calibré et orienté avec beaucoup d’exactitude. Car la fente doit être mince et dirigée vers la lèvre supérieure suivant un certain angle, faute de quoi, le sifflet reste muet. La veine d’air doit se fendre sur le biseau, en l’attaquant de biais. Cela fait, et l'écorce remise en place, il ne reste- qu’à jouer ou à perfectionner son instrument.
- A mon avis, la production du son dans le tuyau à bouche n’est entourée d’aucun mystère. Et tous les physiciens en conviendraient volontiers s’ils consentaient, sur le conseil de Bouassc, à dépouiller les préjugés classiques, cent fois démentis par l’expérience. Procédons avec méthode :
- 1° Au repos, l’air qui entoure le tuyau et celui qui le remplit, sont affectés de la même pression. Appelon a le premier, et b le second.
- 2° Au démarrage, la veine d’air qui vient du pied se fend sur le biseau et se partage en veine a et veine b.
- 3° La veine a ne rencontre qu’une résistance insignifiante ; elle s’épand librement dans tous les sens, suivant le calcul présenté par G. Lyon, dans sa brochure Architecture et Acoustique.
- 4° Il en est autrement de la veine b. Attaquant l’air encaissé dans le tuyau, elle rencontre une résistance appréciable. Elle fonce, et la résistance va croissant. Car elle tente de s’introduire à une vitesse que la disposition du cylindre freine immédiatement.
- o° Un moment vient où la résistance à la veine b équilibre la pression de cette dernière. Nous sommes alors au nœud de •vibration.
- 6° Aspirée par la veine a, la veine b rétrograde, et nous •entrons dans la seconde phase de la période. Pendant ce temps, grâce à l’inertie, l’ébranlement se propage dans la partie supérieure du tuyau.
- 7° Au cours de cette seconde phase, produite par la différence de pression qui existe entre la veine a et la veine b, la première aspire la seconde jusqu’au rétablissement de l’équilibre.
- 8° Puis le cycle recommence. La partie inférieure du tuyau s’est comportée comme un condensateur ; elle se charge et se décharge successivement, avec une régularité qui durera aussi longtemps que- l’on ne touchera pas aux caractéristiques de l’instrument.
- 9° En somme, s’il était possible de le mesurer, on découvrirait, sous la lèvre supérieure, une oscillation horizontale de l’air. Au début de la période, la veine b se dirige vers l’intérieur du tuyau. Sous la contrepression, elle ralentit bientôt, s’arrête et change de direction. Elle gagne alors l’extérieur, en se joignant à la veine a. En même temps, l’inertie, îran-eliissant le nœud de vibration, détend symétriquement la colonne d’air supérieure.
- Do part et d’autre du nœud de vibration, les mouvements élémentaires sont de sens contraire.
- Pourquoi le son monte-t-il lorsque la pression de l’air augmente ? Pour la raison bien simple que la veine b rencontre, dans le tuyau, une résistance croissante, tandis que la veine a s’épand tout aussi librement dans l’air libre qui l’entoure. Le condensateur accélère son mouvement, le nœud de vibration baisse... et le son monte. Douasse a étudié les phénomènes qui se passent au sommet du tuyau.
- Pourquoi lo son, après être monté d’un ton environ, fait-il un saut brusque à l’octave ?
- Parce que l’octave préexistait à la surpression. La différence minime de tonalité importe peu ; elle s’explique aisément : 1° par l’inadaptation de la bouche à la nouvelle pression ; 2° par la résistance croissante de la face interne du tuyau, dont le coefficient nous est inconnu. Il faut donc « forcer le vent » pour obtenir le son nouveau.
- A propos d’une illusion tactile (n° 3043).
- M. Maurice Dcspréaux nous écrit :
- « L’illusion tactile indiquée dans votre dernier numéro me parait explicable a priori d’une façon très simple.
- « Au cours d'un tour complet du cylindre, chaque point de la peau qui se trouve en contact avec la surface de ce cylindre perçoit des niveaux différents passant par deux maxima et deux minium. On pourrait facilement pour chaque point établir la courbe de ces niveaux. Quand la rotation est lente, nous percevons nettement la succession des maxima et des minium de niveau et nous « sentons » parfaitement la forme du cylindre qui tourne. Aucune illusion de déformation ne sc produit. Mais quand la rotation s’accélère et que les sensations de dénivellement se succèdent très rapidement, nous ne percevons plus que leur ensemble et leur « moyenne ». Cette moyenne se situe naturellement plus bas que les points les plus élevés qui donnent justement le diamètre du cylindre, et nous avons la sensation de creux à l’endroit, des doigts.
- « Transposant ce phénomène dans le domaine visuel pour une explication plus claire, imaginons noire la perception des points les plus hauts, blanche la perception des points les plus bas et grise, de plus en plus foncée, la perception des points se situant entre ces deux extrêmes. Au repos, nous percevons les noirs, les gris et les blancs et la forme du cylindre est sentie nettement. Lors d’une rotation de plus en plus rapide, les noirs qui donnent le diamètre du cylindre s’atténuent et deviennent gris. Théoriquement, seul le point central reste noir mais à condition que la rotation ait lieu suivant un axe rigoureusement fixe. Tactilement, on devrait aussi sentir cette « pointe » au centre, mais il faudrait obtenir une fixité de l’axe de rotation et aussi de la peau qui ne semble guère réalisable.
- « Points secondaires. — 1. Quant au fait que l’illusion est moindre quand on regarde le cylindre, il s’explique simplement. La vision, qui entre pour une grande part dans révocation du diamètre de notre cylindre, « freine », si j’ose dire, l’impression tactile et son « témoignage » vient détruire ou au moins atténuer l’illusion.
- 2. Index ou médius. Question de degré de sensibilité de ces deux doigts, à mon avis.
- 3. Pression plus ou moins forte. Une pression plus forte, en augmentant la surface de toucher, vient augmenter les minima et diminuer les moyennes de niveau perçues ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Microphone d’enregistrement. — Les microphones pour l’enregistrement phonographique direct sont, en général, du type électro-dynamique, ou piézo-électrique (asiatique). Ils sont relativement peu sensibles et nécessitent plusieurs étages supplémentaires d’amplification de tension.
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- -= 192 . -r^==.......:
- Pour adapter directement un microphone à un récepteur de T. S. F., sans lampes amplificatrices supplémentaires, il faut se contenter d’un modèle à contact de charbon, moins fidèle, mais plus sensible, qui pourra être relié à la prise pick-up du récepteur, par l’intermédiaire d’un transformateur microphonique à rapport élevé.
- Voici quelques adresses de fabricants ou revendeurs de microphones de ce genre :
- Max Braun, 127, avenue Ledru-Rollin, Paris (11e) ;
- Film et Radio, 5, rue Denis-Poisson, Paris (17e);
- Le Pigeon voyageur, 252 bis, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. G. M., à Nogent-sur-Marne (Seine-).
- Récepteur de T. S. F. colonial. — 11 existe des récepteurs à ondes courtes et très courtes, destinés spécialement aux colonies. Ces appareils sont construits pour résister à l’humidité et à la chaleur ; en particulier, les bobinages sont imprégnés « à cœur », et l’aluminium n’est pas employé dans les châssis. Ces récepteurs sont alimentés par piles ou accumulateurs, si l’on n’a pas à sa disposition le courant d’un secteur. 11 est possible d’utiliser une seule batterie d’accumulateurs de forte capacité et de faible tension et d’employer une eominutatrice ou un vibrateur pour l’alimentation en courant plaque.
- La recharge des accumulateurs peut être obtenue par un petit groupe électrogène de faible puissance, portatif, ou par une dynamo actionnée par un moulin à vent, dont des modèles ont été décrits dans La Nature.
- 'Constructeurs : Etablissements Philips-Radio, 2, cité Paradis, Paris. Etablissements Zenith-Radio, 4, boulevard Pershing, Paris (17e).
- M. Berthon, à Gannat (Allier).
- Irrégularité de fonctionnement d’un récepteur
- de T. S. F. — La variation brusque et irrégulière d’intensité sonore constatée dans votre récepteur semble due au récepteur, et non d’un effet de fading. 11 peut s’agir d’un mauvais contact ou d’un blocage des oscillations dans une lampe.
- Il conviendrait donc de vérifier les lampes et les contacts des broches, spécialement la lampe oscillatrice-modulatrice, et la lampe détectrice et aussi les organes de l’anti-fading.
- Vous pouvez consulter : Mise au point, dépannage des récepteurs (Eyrollcs, éditeur).
- M. Lajugie, à Périgueux (Dordogne).
- Conservation des bouchons de liège. — Les bouchons de liège sont attaqués par des insectes, notamment une teigne Tine.a cloacella et la larve d’un Coléoptère, Que drus mesomeiinus. Feytaud, de Bordeaux, a publié en 1940 une bonne étude de ces insectes et de leurs dégâts. Ils sont aussi souvent infectés par des moisissures encore peu étudiées, qui trouvent dans le liège la source de leur nourriture. Certaines semblent associées aux insectes.
- Les fabricants de bouchons se défendent contre les dangers d’altérations en choisissant des lièges sains, et aussi en lavant les bouchons et même en les faisant bouillir. Le bouillissage prolongé détruit les larves d’insectes et les mycéliums en végétation, mais il diminue un peu l’élasticité du liège et nécessite un séchage ultérieur fort lent.
- L'usage se répand de plus en plus de plonger les bouchons de liège secs dans un bain de paraffine fondue. On y trouve l’avantage d’assurer ainsi une sorte de pasteurisation et en outre d’avoir des bouchons plus brillants, qui glissent mieux. En outre, la paraffine bouche toutes les cavités superficielles et les anfractuosités du liège et forme une pellicule imperméable à l’air et aux liquides. Cette pratique est aujourd’hui courante dans l’industrie des vins de Champagne. Toutefois le paraffinage n’assure qu’un enrobage superficiel. On a cherché à obtenir une pénétration plus profonde en prolongeant la durée du bain et en opérant sous vide partiel. Une autre solution, souvent adoptée pour les eaux minérales est l’emploi
- de bouchons en liège aggloméré qui permet d’utiliser les rognures et les plaques minces et qui offre une garantie plus grande contre les infections.
- M. B. R„, Reims.
- De tout un peu.
- X., Saumur. — L’alcool synthétique dont il a été question à propos de l’eau supermouillante se trouve dans le commerce sous le nom de Tergitol. On peut se le procurer à la M. A. P. C. I., 22, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- M. X., Bel-Abbès. — De nombreux ouvrages paraissent sur la biologie, dont la plupart sont signalés et analysés dans La Nature. Par contre, il n’existe pas actuellement de revue française consacrée aux aspects scientifiques et philosophiques de ces problèmes.
- Casino de Zaragoza. — 1° La spécialité pour nettoyage dont vous nous parlez ne nous est pas connue, mais nous supposons quelle est simplement constituée par un mélange de tripoli et de savon mou.
- 2° Pour les bains de chromage, veuillez bien vous reporter à l’article que nous avons publié sur cette question dans le n° 2831 du 15 août 1930.
- 3° Vous trouverez dans le n° 3019, p. 128, tous détails sur la préparation des crèmes instantanées.
- 4° Le brunissement artificiel de la peau se réalise facilement en enduisant celle-ci du mélange suivant :
- Vaseline blanche...................... 94 gr
- Lanoline............................... 5 —
- Permanganate de potasse pulvérisé. 1 —
- 5° Les pommades se colorent sans difficulté par l’emploi des couleurs dites aux stéarates que l’on trouve d’une façon courante dans le commerce.
- 0° La question teinture des cheveux en général est trop étendue pour que nous puissions la traiter ici in extenso.
- M. Michel, à Thaon (Vosges). — Vous pourrez facilement luter les vitres d’un aquarium en appliquant à leur point de jonction le ciment suivant :
- Gutta percha.................... 100 gr
- Colophane....................... 120 —
- Faire fondre doucement, rendre homogène et appliquer encore chaud sur le verre parfaitement sec.
- Lisser ensuite avec un fer modérément chauffé.
- Brézil, à Sâo Paulo. — Comme suite à notre précédente réponse, nous vous signalons que vous trouverez des rensei-.gnements très intéressants sur la fabrication des toiles enduites telles que linoléum, toiles cirées, toiles cuirs, toiles lavables, toiles à enduits cellulosiques, etc., dans l’ouvrage « La cellulose » de Clément et Rivière, édité par la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Van Geertruyden, à Saint-Gilles (Bruxelles). — 1° Les produits dont vous nous avez soumis la composition sont tous des silicates de fer, alumine et chaux, dans lesquels les proportions des éléments sont variables ; ils ne peuvent présenter qu’un intérêt minéralogique et seul l’aspect de chacun d’eux permettrait de leur donner un nom : couleur, toucher, dureté, etc.
- 2° Vous pourrez vous procurer du métal Monel chez G. et J. Weir, 22, rue Caumartin, Paris (IXe).
- M. Didier, à Arbrefontaine. — Le Birhenwasser (Birke = Bouleau) est simplement une décoction de feuilles de bouleau qui constitue un dépilatoire et non une lotion capillaire favorable à l’entretien de la chevelure (Voir La Nature, n° 3035, p. 255), l’emploi dans ce dernier cas ne pourrait donc que atous exposer à des mécomptes.
- Le Gérant : G. MASSON.
- imprimé par barnéoud frères et cie a laval (france). — 15-3-1939 — Published in France.
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- N” 3046
- LA NATURE
- 1" Avril 1939
- LA RIVIÈRE SOUTERRAINE ÔÈ fABOUICHE
- La capitale de l’ancien comté de Foix, avec son château féodal que dessinent trois hautes tours fièrement campées sur un rocher, au cœur même de la cité (fig. i), est un centre bien connu des spéléologues et des amateurs de curiosités souterraines. De 4 à 4o km à la ronde se groupent, en effet, dans le sol calcaire des Petites Pyrénées et du Planlaurel, percé en tous sens, une infinité de galeries, de grottes et de gouffres dont la plupart sont connus depuis la plus haute antiquité si l’on en juge d’après les vestiges qu’ils renferment. Vers les points les plus éloignés de ce cercle sont situés le Tue d’Audoubert, les Trois Frères, le Mas d’Azil, Niaux, les Églises, la Vache, la fontaine de Fontes-torbes, les cavernes de Montségur ; un peu plus près, Bédeilhac,
- Lombrives d’Ussat, et enfin, non loin de la cité comtale, Lherm,
- Le Porlel et la rivière souterraine de La-bouiche (flg. 2).
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- Avant de paraître à la lumière, tous les cours d’eau ont, plus ou moins, une marche mystérieuse. L’exploration de ce trajet souterrain est souvent difficile, sinon impossible.
- Rarement, comme à Labouiche, on peut naviguer, sur plusieurs km, dans les ténèbres, avant d’arriver au faible ruisseau qui se déverse dans la rivière voisine : c’est là surtout ce qui constitue la curiosité de ce cours d’eau récemment découvert et ouvert au public depuis juin dernier.
- Située à 5 km au N.-O. de Foix, la rivière de Labouiche (du mot patois bouich, pays du buis) épouse la direction d’un plissement du Plantaurel dont elle recueille toutes les eaux. Elle se développe entre les deux villages de Baulou et de Vernajoul et on y accède, d’abord, par la route pittoresque creusée entre les pentes de Saint-Sauveur et la vallée de l’Ariège, puis, par la trouée que suit le tracé de la voie ferrée de Foix à Saint-Girons.
- Le schéma sommaire que nous joignons (fig. 3) à notre description particulièrement difficile, à cause
- de la configuration et des dispositions peu communes de la région, permettra de se rendre compte de l’infiltration et de la résurgence des eaux sur les points essentiels.
- O11 peut voir, en effet, au N.-O., la place où se perd le ruisseau supérieur de Baulou. Du côté nord, un juisseau plus important, le Fajal (Fach, nom patois du hêtre, pays du hêtre) descendu de la région du Porte!, disparaît à une cinquantaine de mètres de la voie ferrée de Foix à Saint-Girons et près de la métairie de Labouiche, au lieu dit « Aïgo-Perdent » (mot patois qui signifie eau perdue). Sur d’autres points,
- les eaux occupant les failles creusées par les lacs primitifs, dans ce chaos calcaire, s’écoulent en filets permanents ou temporaires qui pénètrent la surface par des cheminées plus ou moins verticales, pour arriver au magnifique canal d’écoulement inférieur de Labouiche.
- Ce n’est qu’a près un parcours de 7 à 8 km, resté long-temps mystérieux, que ce cours d’eau trouve ses résurgences au lieu dit « Aïgo Naichenl » (mot patois qui signifie, eau naissante) pour devenir le ruisseau de Vernajoul qui, non loin du coquet village qui porte ce nom, rejoint l’Ariège tumultueuse.
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- Placée dans une région où des cavernes nombreuses ont été habitées par l’homme des temps préhistoriques, la rivière de Labouiche paraît être restée inviolée jusqu’à nos jours. Les habitants du pays avaient bien remarqué que le petit ruisseau le Fajal disparait à l’Aïgo Perdent et que les eaux reparaissent sur l’autre versant de la falaise, à l’Aïgo Naichent, pour alimenter le ruisseau de Vernajoul ; mais c’est là que se borne l’investigation scientifique jusque vers 1908.
- A cette époque le grand géologue et spéléologue Martel, chargé d’une mission hydrographique dans
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- Mas) d'Azil
- Portel
- Trois'Frères
- intermittente » de Fontestorbe \ Lherm • ,
- Labouiche
- lAudoubert
- FOIX
- Montsêg
- Bedeilhac
- La Fa ch
- tambrives
- Ni aux.
- Fig. 2. — Grottes, cavernes et cours d’eau souterrains ariégeois.
- les Pyrénées par le ministère de l’Agriculture, s’enquit auprès des autorités locales qualifiées des pertes et résurgences existant dans l’Ariège, et, grâce aux indications du D1' Dunac et du Dr Crémadells qui avaient déjà jîi’ospeclé à Labouiche, il fut amené à conduire une exploration assez périlleuse avec l'inspecteur des forêts Fauveau, le Dr René Jeannel et Lucien Rudaux. En novembre 1909, ils arrivaient à i5o m du confluent du Fajal, jusqu’à la salle dite de l’Éléphant.
- Le D1' Dunac et ses fils devaient parvenir, quelques semaines plus lard, à 36o m de ce même confluent et atteindre une salle magnifique (salle Dunac) qui marque « la première grande étape » de cette exploration souterraine.
- Au cours de l’année 1909 eut lieu la deuxième étape, à laquelle prirent part tour à tour les D1S Dunac et Crémadells, les deux fils Dunac, Martel et les membres de sa mission (Rudaux, Maréchal, Fournier, etc...)
- Echelle
- Porte?
- > - Métal ri e^de
- 'pç,.LABOUlCHt
- St Martin -de-Caralp
- Cos
- » Voies ferrées
- Perte du ruisseau supf de Bautou (D Entrée de Labouiche sur le chemin G.C.I Perte du Faya! a Aïgo Perdent © Sortie de la rivière souterraine a Aïqo- Naychent.
- FOIX
- Fig. 3. — Plan général de la région de Labouiche (Extrait du Guide de Labouiche).
- qui porta à 1.200 m environ la distance parcourue, à travers mille difficultés, dans le lit de la rivière souterraine. Les dessins de Rudaux attestent le souvenir de cette campagne relatée par Martel dans La Nature du 3o octobre 1909, et » La France ignorée a (t. II, p. 210) reproduit un plan de Rudaux exécuté suivant les indications du D1' Crémadells.
- De ces communications, il résultait surtout que « la caverne n’était pas aménageable, à cause des crues », erreur qui sera reconnue plus tard. Il faut dire aussi que les événements tragiques de 1914-19x8 éloignèrent les explorateurs.
- Ce n’est véritablement qu’en 1935 que continue la
- Fig. 4. — Coupe schématique de la rivière souterraine de Labouiche (d’après Sannac).
- Ha.meau de Clarac
- Ferme de
- Entrée
- Labouiche
- Hameau de Lagrange
- Cascade
- Casierei
- Proche S—
- plongeante / lr.e Roche
- Galerie Crémadells plongeante ~ " 3
- Grande Rivière
- Partie aménagée et livrée au public depuisjuin 1938
- Gasc?r- Saiette
- Echelles
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- Fig. 5 à 11. — Quelques vues de la rivière souterraine H, en barque à l’estuaire rie la rivière ; fi, salle de l’éléphant ; 7, pendeloques ; 8, salle Reynabl. Stalactites et stalagmites ; salle Reynald. Concrétions curieuses ; 10, cascade Salcltc : 11, iVI. Norbert Casteret en exploration.
- (Photos Daspet, Foix).
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- = 196 ...:
- découverte décisive grâce à la vive impulsion donnée par de nouveaux animateurs.
- Malgré ses dures épreuves (il avait perdu ses deux fils à la guerre), le Dr Dunac n’abandonnait pas lui-même tout espoir de réaliser son rêve de pénétration dans les galeries supérieures du cours d’eau souterrain. Recevant la visite de M. Mandemant, préhistorien et spéléologue très connu dans la région, que lui adressait M. Bertin, secrétaire général du syndical d’initiatives de l’Ariège, il encouragea vivement celui qui avait déjà entrepris de nombreuses campagnes dans les grottes de Bédeilhac, de Lombrives, de Niaux et à Montségur.
- Un premier projet d’aménagement, bien audacieux après les conclusions de Martel, fut réalisé par cet admirable pionnier des profondeurs, en collaboration avec sa vaillante compagne, Mme Mandement. Il fit tant et si bien que la rivière souteiraine put être présentée aux membres du Congrès de préhistoire réunis à Foix en septembre 1936.
- La société d’études de Labouiche, qui s’était fondée, devait augmenter sa puissance budgétaire pour passer au stade de l’exploitation.
- Grâce au concours du Conseil général de l’Ariège, de la municipalité de Foix, de la Chambre de commerce, de plusieurs commerçants fuxéens, et surtout grâce à l’énergie persévérante de MM. Salette et Cré-madells aidés par une courageuse équipe d’ardents sportifs et spéléologues en herbe, MM. J. Reynald, Delteil, L. Piquemal, A. Respaud, Rouaix, Bataille, etc..., l’œuvre entreprise, menée avec rapidité et méthode, réussit pleinement, non sans de nombreuses difficultés qu’il serait trop long d’énumérer ici.
- De cette époque date particulièrement la belle découverte de la salle J. Reynald, la plus belle des excavations de la rivière, qui marque avec la galerie Delteil et la cascade Salette, le terme du parcours dont la visite est actuellement possible pour le public.
- La société fennière d’exploitation, qui a succédé à la société d’études, a complété heureusement l’aménagement commencé, par la percée d’une descente qui donne accès à la magnifique salle J. Reynald et qui se trouve au bord de la route départementale de Yer-najoul à Baulou, à 2 km 5oo environ de l’autre issue de la prestigieuse rivière souterraine, au confluent du Fajal (Aïgo Perdent). Ces deux issues offrent ainsi commodité et sécurité aux visiteurs.
- Avec un zèle infatigable, M. Salette s’est également assuré le concours de spécialistes qualifiés pour l’électrification de la caverne et pour l’établissement d’une batellerie permettant de donner aux touristes toute facilité et tout confort.
- Ce premier stade de travaux d’exploitation sera certainement continué par une installation complémentaire en amont de la rivière (après la cascade Salette) dès que l’exploration de cette partie sera terminée. A cette œuvre particulièrement difficile, M. Norbert Cas-teret, accompagné de l’aide courageux qu’est, le jeune Delteil, s’est déjà employé ces temps derniers
- (découvertes des galeries Delteil et de la cascade Cas-leret) ; et il n’est pas impossible que le célèbre spéléologue de « Dix ans sous terre » n’arrive, dans un avenir prochain, jusqu’aux origines du cours d’eau souterrain.
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- Ce rapide exposé devrait être complété par une description de la caverne et de la rivière. 11 n’est guère possible, dans une étude aussi brève de donner une idée des merveilleuses concrétions qu’a fait épanouir l’infiltration des eaux de surface par les pores de la roche calcaire ; du caprice des voûtes qui s’abaissent parfois jusqu’à vous faire coui'ber pour traverser un défilé et qui s’élèvent subitement en dômes majestueux de mosquée ; de la beauté des draperies qui courent le long des berges ou qui se développent en plissements aux couleurs immaculées...
- Il faut naviguer sur ces eaux souterraines ; jouir du spectacle des chutes et des cascades dans le silence des profondeurs ; traverser les passerelles et les gours diversement éclairés ; débarquer de loin en loin, et visiter les galeries ou les salles « préservées du vandalisme des iconoclastes », pour ressentir l’émotion que donnent les mille figurations d’un monde mystérieux do stalactites et de stalagmites...
- De la salle Reynald au confluent du Fajal, la croisière souterraine, de plus d’une heure, se poursuit dans une succession de décors qui font trouver courte la durée du trajet.
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- La rivière de Labouiche est un exemple frappant des formations souterraines dans les terrains argilo-calcai-res : cuvettes naturelles reliées par des avens et drainant, vers la circulation plus ou moins profonde, toutes les eaux qui irriguent le sol ; dépressions ou fissures capricieuses et irrégulières apportant leur tribut au cours d’eau souterrain. Sur plus de 5 km, la région de Labouiche offre l'illustration de ces phénomènes curieux tant sur le sol que dans le sous-sol et montre admirablement le travail accompli par le ruissellement des eaux.
- Ici, point de dessins préhistoriques comme au Mas d’Azil ou à Niaux, mais le spectacle grandiose des concrétions millénaires et la navigation accidentée à travers des salles aux dimensions variées et aux formes curieuses. Savants, professeurs et élèves, artistes, poètes et touristes peuvent y trouver, tour à tour, l’emploi passionnant de leurs loisirs.
- A l’heure actuelle, Labouiche n’est pas encore totalement explorée, mais dans le parcours possible, de plus de 3 km, on peut admirer les phénomènes naturels qui font de cette rivière un spécimen peut-être unique au monde par l’intérêt des démonstrations qu’elle permet et surtout par la longueur de sa navigation souterraine.
- Jules Eychène.
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- UN BEAU HALO SOLAIRE
- Les halos, qu’ils soient' produits par le Soleil ou par la Lune, sont des phénomènes extrêmement fréquents. Mais, le plus généralement on n’y prêle pas attention.
- Que l’on regarde le ciel quand celui-ci est voilé de nuages légers ou recouvert d’une faible brume, c’est bien rare si l’on n’y trouve pas quelque trace de halo (Q.
- Mais les beaux halos, présentant une série d’arcs colorés, sont' beaucoup plus rares et les bonnes descriptions le sont davantage encore. C’est pour cela que nous sommes heureux de donner ici l’intéressante observation que vient de nous envoyer l’un de nos lecteurs, M. le Capitaine Régnier, de Fontenay-le-Comle (Vendée), observation faite le 3o janvier 1909.
- Il était 9hiom lorsque notre correspondant' s’aperçut que le Soleil était entouré d’un halo de aa°, avec un parhélie, à droite, à la hauteur du Soleil, renforçant la luminosité de l’arc de 2a0 (fig. 1).
- Mais vers gh3om, le phénomène prit une grande extension : ie grand halo de 46° apparut, avec des irisations faibles, au
- Fig. 1. — Halo solaire observé le 30 janvier 1939, à Fontenay-le-Comte (Vendée) par le Capitaine Régnier.
- lre phase : 9h15m. Le halo de 22° est seul visible avec un parhélie P, à droite : Br, brume ; HH/, horizon.
- début, puis deux « arcs surnuméraires » faibles à droite, le parhélie de droite étant toujours visible, et enfin, au sommet de chaque halo de 220 et de 46°, l’arc tangent supérieur (%• 1 2).
- Les couleurs prirent alors plus de vivacité, et à 9h45m, elles étaient magnifiques, surtout en haut du grand halo extérieur.
- Les colorations se présentaient dans le même ordre dans le petit et dans le grand halo, les franges rouges étant à l’intérieur, vers le Soleil. L’arc tangent supérieur au grand halo de 46° (ou arc circumzénithal) était notamment le plus riche en couleurs) (2) (lig. 3).
- 1. A Paris, en moyenne, le halo solaire de 22° est visible 130 jours par an et le halo lunaire de 22° apparaît pendant 40 jours (L. Besson, « Les différentes formes de halos et leur observation ». L'Astronomie, mars 1911, p. 120).
- 2. Cet arc est visible, avec ses vives colorations, pendant un temps généralement assez court, quelques minutes. Puis il s’atténue ou disparaît.
- V fr
- Fig. 2.
- Développement du même halo.
- 2-‘ phase : 9h30m. Le halo de 46° entoure celui de 22°. En B, arc tangent supérieur du halo de 22° ; l’arc, en B, est blanc. En L, arc circumzénithal, la partie en L est très lumineuse. A, arc « surnuméraire » faible ; A', très faible ; P, parhélie ; v, violet ; r, rouge ; Br, brume ; HH', horizon.
- Vers ioh, le phénomène s’affaiblit, puis disparut dans l’ordre inverse de l’apparition de ses diverses parties.
- Il faut noter que les points de contact des arcs tangents supérieurs avec les halos de 220 et de 46° étaient très lumineux.
- La brume, vers l’Est, a très probablement empêché l’observation des <( arcs surnuméraires » latéraux, à gauche.
- M. le Capitaine Régnier a pris quelques mesures des rayons des arcs observés et il a donné ces mesures en millièmes. Un millième, c’est' l’angle sous lequel, à x.000 m, on voit
- Fig. 3. — Développement du même halo.
- 3e phase : 9h4om. Mêmes apparences que dans la figure 2, mais plus accusées. L’arc tangent supérieur du halo de 22°, en B, est devenu très lumineux, presque blanc. L’arc circumzénithal, en T, est très lumineux, avec vives colorations. Les arcs « surnuméraires » A et A' sont colorés et faibles. P, parhélie ; v, violet ; r, rouge ; Br, brume ; HH', horizon.
- v fr
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- Zénith
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- Horizon
- Fig. 4. — Schéma des diverses apparences les plus fréguenles des halos.
- O, position de l’observateur ; S, Soleil ; a, halo de 22° ; b. halo de 46° ; e, arc tangent supérieur du halo do 22° ; d, arc tangent inférieur du halo de 22° : e, e', pnrhélies ordinaires de 22° ; /, f, arcs de Lowitz ; g, g>, parhélics de 46° ; h, arc circum-zénithal ; i, if{ arcs tangents infratatéraux ; m, cercle parhéli-que ; u, u1, colonne lumineuse.
- (D’après L’Astronomie).
- un mètre (c’est un angle de 3/aG//)- On compte environ i.Goo millièmes au quadrant. Comme appareil de mesure, l’observateur a utilisé les doigts de la main : 3 doigts vus à bout de bras, et joints, couvrent ioo millièmes.
- Malgré l’exactitude très discutable de ... l’instrument utilisé, les valeurs que trouve notre correspondant traduites en degrés et minutes, conduisent aux nombres suivants (certains sont assez approchés) :
- Halo de 220 : rayon = /100 millièmes, soit 22°5o/.
- Halo de 46° : rayon = 900 millièmes, soit 5i°3o'.
- Arc langent supérieur au lialo de 220 : longeur de l’arc = 5oo millièmes, soit 28°3o/.
- Arc circumzénilhal, langent au grand halo de 4G°. Longueur de l’arc = Goo à 700 millièmes, soit 34°2o/ à 4o°.
- Voyons maintenant comment peuvent s’interpréter les diverses particularités de l’observation du Capitaine Régnier.
- La ligure 4, que nous extrayons de l’importante étude déjà signalée de M. L. Besson (’), permet' en partie l’iden-lilication des détails signalés.
- Les arcs lumineux appelés « arcs surnuméraires » par M. Régnier, et dont les points de tangence avec les halos de 220 et de 40° sont à la même hauteur que le Soleil au-dessus de l’horizon ne figurent pas expressément, dans le schéma de la figure 4. L’are « surnuméraire » tangent au halo de 220 semble difficilement identifiable avec un des arcs vus par Lowitz. L’arc « surnuméraire » tangent au halo de 40° est sans doute l’arc tangent infralatéral. O11 sait que la position du point de tangence varie avec la hauteur du Soleil, au-dessus de l’horizon. Si l’on désigne par a l’angle formé par la verticale passant par le centre du Soleil, avec le rayon joignant ce centre au point de tangence du halo de 4G° et l'arc tangent infralatéral, la théorie da Bravais conduit aux valeurs ci-après :
- Hauteur du Soleil au-dessus
- de l’horizon................o° io° 20° 3o° 4o° co° 6o°
- Valeur de l’angle a. . . . 90° 80° 8i° 7G0 70° Gi° 45°
- 1. L’Astronomie, mars 1011, p. 121.
- On peut se demander quelle était la hauteur du Soleil sur l’horizon de Fontenay-le-Comte, le 3o janvier, à 9h45m.
- On calcule aisément, en tenant compte des divers éléments astronomiques de la question (déclinaison du Soleil, heure du passage du Soleil au méridien ce jour-là, coordonnées géographiques du lieu) que la hauteur du Soleil était, à 9h45m, d’environ i5°3o'. La valeur de l’angle a était alors voisine de 83° ou 84°.
- Les dessins des figures 2 et 3 ne pei’mettent donc pas absolument de conclure qu’il s’agit, d’un arc tangent’ infra-latéral puisque l’observateur a dessiné les points de contact des « arcs surnuméraires » à la hauteur du Soleil. Toutefois, une erreur de G° à 70 est admissible, étant donné que l’attention n’était pas portée spécialement sur ce détail.
- Et ici une conclusion se dégage tout naturellement de ce qui précède : c’est que l’observation méthodique des halos —• pour être efficace — est à entreprendre et les nombreux lecteurs de La Nature peuvent apporter une très utile contribution à cette étude. Qu’ils utilisent comme guide la brochure spécialement écrite à cet effet : « Les différentes formes de halos et leur observation », par M. Louis Besson, ancien chef du service météorologique de la Ville de Paris. Cette brochure, qui réunit' plusieurs articles parus dans L’Astronomie en 1911, reste encore aujourd’hui le meilleur guide pour les amateurs (').
- Il ne nous est pas possible de donner ici une élude, même succincte, sur la question des halos. Rappelons seulement que ces phénomènes d’optique aérienne — parfois si surprenants — sont produits par la réfraction (et aussi par la réflexion) des rayons solaires ou lunaires dans les prismes de glace, à section hexagonale, formés dans la haute atmosphère. Ces prismes voltigent dans l’air, tombent en tous sens. Le halo est formé par l’ensemble des prismes qui tous occupent, à un instant donné, la même position par rapport à la droite joignant l’œil de l’observateur à l’astre lumineux. On conçoit' aisément que parmi ces millions de cristaux de glace, il s’en trouve quelques-uns occupant une position telle qu’un rayon lumineux réfracté vienne frapper l’œil de l’observateur. En raison de la mobilité de ces cristaux si légers, soumis aux caprices du moindre vent, les cristaux qui ont donné, un instant, un éclat coloré sont aussitôt remplacés par d’autres. Un halo est un phénomène qui se renouvelle sans cesse. Ainsi, de loin, les myriades d’étincelles d’une meule usant l’acier donnent l’impression d’une flamme continue.
- Ceux de nos lecteurs qui possèdent (ou ont le moyen de consulter) le bel ouvrage L’Atmosphère de Camille Flammarion feront bien de relire le chapitre VII consacré aux halos, ils y verront en outre, de beaux exemples de ces phénomènes.
- Si l’on veut se livrer à une étude plus détaillée et' plus approfondie de cette question, on trouvera une « bibliographie » très complète à la fin de la brochure de M. Besson, et un complément, plus étendu peut-être, à la suite d’un article du même auteur sur « L’Anthélie, les Paranthélies et les Halos blancs » paru dans L’Astronomie (septembre 1923, pp. 371 à 384).
- Ces bibliographies sont de la plus grande utilité en ce sens qu’elles guident immédiatement, le lecteur dans les recherches qu’il veut effectuer et lui évitent de sérieuses pertes de temps.
- Em. Touchet.
- L Une brochure IG x 23 cm de 24 pages sous couverture, avec figures et schémas. Prix : 8 francs. S’adresser ou écrire au Bureau de la Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris (6e).
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- = LE CENTRE EXPÉRIMENTAL DE TÉLÉVISION 199
- DE MONTROUGE
- Fig. 2. — Le studio d’émission.
- Le? résullals remarquables obtenus à l’étranger, et, en particulier, en Angleterre, ne doivent pas nous faire négliger les travaux des techniciens français. A côté de l’organisation embryonnaire du réseau officiel de télévision, les essais entrepris par l’industrie privée méritent d’être également signalés.
- Le Centre expérimental de Montrouge, créé par la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs, est une œuvre d’une importance égale à celle de la plupart des centres étrangers analogues.
- Les services d’études et les laboratoires occupent un bâtiment neuf de près de 4.000 m2 ; ils sont complétés par un vaste studio muni d’un appareillage perfectionné, des salles d’amplificateurs et une station d’émission dont le mât dégagé surmonte les bâtiments.
- Le studio est particulièrement dégagé, grâce, à l’emploi d’un grand nombre de ponts roulants, d’organes mobiles d’éclairage et de rideaux de fond. Haute de 7 m, avec galerie périphérique de 4 m, cette salle ressemble à un studio cinématographique par son agencement sonore et comporte des installations pour la transmission des images télévisées par procédés directs.
- Les caméras sont montées sur chariots à roulettes ;
- Fig. t. — Le centre de télévision de Montrouge et son mât d’émission.
- elles sont du type électronique à iconoscope ; leur aspect rappelle les caméras ordinaires de cinématogra^ phe, dont elles ont la mobilité. Elles sont reliées par des câbles à conducteurs multiples à la chaîne des amplificateurs, et plusieurs appareils peuvent fonctionner simultanément.
- L’éclairage n’est plus obtenu à l’aide de projecteurs à grande puissance, mais au moyen d’un plafond lumineux constitué par un grand nombre de petites ampoules de 200 av disposées sur une grande surface. Lcclairement varie de 1.000 à i5.ooo lux, par le jeu d’un contacteur silencieux à 36 commandes munies de relais, commandé depuis le studio ou la galerie.
- La cabine de sons est au-dessus de la salle des amplificateurs et du contrôle des images ; elle est séparée du studio par une fenêtre insonore.
- L’analyse est faite par un réseau de 4oo lignes entrelacées à déphasage interne, assurant la stabilité ; un système correcteur des taches de l’image assure une compensation à peu près automatique.
- Des transmetteurs de télécinématographie peuvent également être utilisés, au lieu de la prise de vues directe en studio, et les courants correspondants sont envoyés à un mélangeur distributeur. Cet appareil comporte trois tubes à rayons cathodiques ; sur les écrans de ces tubes, on aperçoit l’image en cours d’émission, l’image en prépai’ation et le mélange des deux images en proportion réglable.
- Ce (( mélangeur » rappelle le tableau de contrôle utilisé pour la transmission radiophonique et l’enre-
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- = 200 =:: tj...........
- gistremenl sonore ; il permet la transmission des scènes de toutes sortes sans interruption, et même « des truquages » donnant des effets très curieux.
- Ce meuble est relié à différentes salles réceptrices par des câbles concentriques à très haute fréquence, débitant, sur leur impédance caractéristique.
- Le Centre comprend, de plus, une série de salles de réception,, dont quelques-unes sont de véritables salles de spectacles, pouvant contenir une cinquantaine de personnes.
- Les récepteurs comportent un tube à rayons cathodiques à grande brillance, dont l’anode est alimentée sous une tension de 3o.ooo v. L’image produite sur l’écran de ce tube est reprise par un dispositif optique et projetée sur un écran de i m2. La réception peut être contrôlée par un oscillographe ordinaire de 370 mm de diamètre.
- La modulation provenant du centre répartiteur est envoyée au poste émetteur, qui transmet une bande de fréquence de 2.800:000 périodes-seconde, sans affai-
- blissement notable, avec une puissance de quelques kilowatts.
- Le reste du bâtiment est occupé par des laboratoires. Au premier étage, se trouvent des installations pour haute et- basse fréquences, des salles de mesures électriques, d’essais des appareils cathodiques et des installations optiques.
- Au deuxième étage, se trouvent les installations de construction et d’essai des oscillographes cathodiques, des caméras électroniques, des tubes multiplicateurs à émission secondaire de tous les appareils relevant de la technique du vide.
- Un laboratoire de chimie s’ajoute à cette installation. Enfin, un atelier d’études pour l’exécution des montages mécaniques et électriques fonctionne au rez-de-chaussée où se trouve également un jardin utilisé pour les essais de télévision en plein air. L’ensemble constitue une organisation très complète de diffusion d’images, dont il n’existe encore que peu d’autres exemples. P. Hémardinquer.
- E LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE AUTOMATIQUE E
- Depuis la guerre, la photographie aérienne a reçu de nombreuses applications en particulier le relevé des plans de concessions, de villes, d’usines, l’établissement des cartes, pour les grands travaux et cela avec
- Fig. I. — Le planiphole RichardLabrcly.
- des économies de temps et d’argent extrêmement importantes.
- La simple comparaison de chiffres suivante est particulièrement éloquente à cet égard.
- En 1914, le plan, cadastral français avait besoin d’être exécuté, il était évalué à 5 milliards or ; en employant les moyens^utilisés à cet époque, ce travail demandait 20 ans. '
- La photographie aérienne avec utilisation du matériel automatique a permis à l’heure actuelle d’exécuter presque entièrement ce travail de géant, commencé en 193/1, prévu en 5 ans et pour une somme de 2 millions de francs papier.
- Mais pour effectuer un lever de plan photographique, il fallait un équipage bien entraîné constitué par un pilote maintenant l’avion en ligne de vol horizontal au moment de la prise de vue et à une altitude bien déterminée, et un opérateur faisant la mise en plaque correcte, centrant le sujet et inscrivant les indications permettant, après développement et tirage, de repérer le cliché, etc...
- Actuellement, grâce au planiphote Richard-Labrely, le pilote n’a plus besoin d’un aide et peut être à la fois son navigateur et son photographe, grâce à des liaisons mécaniques et électriques qui assurent un fonctionnement absolument automatique de l’appareil et permettent de ramener d’une mission des centaines de clichés.
- La figure 1 donne une vue de l’appareil.
- A la partie supérieure on y voit le magasin contenant 5o m de pellicule et pei’mettant de faire 200 photographies 18 x 24.
- Au centre, on trouve le corps de l’appareil sur
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- lequel on distingue le moteur électrique de i /20e de ch, àme de l’automatisme. Ce moteur a la charge d’assurer le déroulement du film, la pression du film pour la continuité (pression i5o kgr), l’armement de l’obturateur, le déclenchement de l’obturateur. Il est alimenté par une batterie de 24 v.
- À la partie inférieure sont l’obturateur et l’objectif non visibles sur cette figure, cachés par le cône protecteur en métal.
- 11 n’y a plus besoin de la pi'ésence d’un opérateur spécialement attaché à effectuer les opérations de mise en route du moteur, réglage des diaphragmes, défilement du film réglant la cadence des prises de vues avec la vitesse de défilement au sol, vérification des compteurs, utilisation des écrans destinés à percer les brumes atmosphériques, etc...
- Toutes ces opérations se transmettent à distance, grâce à des commandes souples, qui relient, si l’on peut s’exprimer ainsi, le cerveau du pilote à la mécanique réceptrice du planiphote.
- Le magasin à pellicules contient 5o m de film, soit 200 photos 18 x 24, c’est-à-dire qu’un pilote peut photographier à 4-ooo m par exemple, sans changer
- ...:.. ;...... 201 =
- son magasin, une bande de terrain de 670 km de long, soit la distance de Paris à Marseille, sur la largeur de 3.200 m.
- Si ce même pilote utilisait ce même matériel à G.000 m d’altitude, il pourrait enregistrer une photographie continue de Paris à Florence en Italie, sur 5 km de largeur.
- Enfin, sur chaque photographie se trouvent photographiées simultanément et automatiquement les indications suivantes :
- i° Altitude donnée par un altimètre sensible ;
- 20 L’heure et la seconde de la prise de vue données par un chronomètre ;
- 3° La position de l’avion dans la pente (cabré ou piqué) par un niveau à billes amorties par liquide ;
- 4° La position latérale de l’avion par un niveau similaire ;
- 5° Le cap d’une boussole ;
- 6° Le numéro de succession des images par un compteur automatique ;
- 70 La date de la prise de vue, le nom du pilote, le numéro matricule de l’appareil photographique, le foyer de cet appareil et les lettres d’immatriculation
- Fig. 2. — Vue aérienne prise en oblique au-dessus du champ de manœuvre d'Issy-les-Moulineaux à 500 m avec un planiphote Richard-Labrely et portant les indications du dispositif d’inscription (pilote et opérateur, M. Henrard).
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- Fig. 3. — Vue aérienne prise en oblique au-dessus de la placé de la République à Paris avec planiphote Labrely (pilote et opérateur, M. Henràrd).
- de l’avion portés sur une-plaquette préparée avant le départ.
- On comprend facilement que cet appareil peut rendre des services remarquables aussi bien à l’armée de
- l'air qu’aux entreprises civiles de cadastre et de levé de plans.
- Constructeurs : Établissements Jules Richard, 25, rue Melin-gue, Paris.
- LE PISSENLIT, ÉNIGME HISTORIQUE
- S’il est une plante banale, vulgaire, connue de tous, c’est bien le Pissenlit, le Taraxacum des botanistes. Non seulement on la rencontre à peu prés partout en France, et en tous terrains, dans les prairies qbmnie le long des chemins, fût-ce ceux des forêts, dans les cultures comme dans les lieux incultes et sur des décombres, sur des sols arides comme dans les marécages et dans les tourbières, en haute montagne comme en plaine, sur les places des villages, les vieux murs, les toits de chaume, les rocailles, mais elle est de même Répandue dans toute l’Europe, depuis les hautes chaînes de la péninsule Scandinave jusque dans le pourtour méditerranéen, dé l’Espagne à la Syrie, en passant, il faut y insister, par l’Italie, la
- Grèce, les Balkans et la Russie méridionale. Le Pissenlit habite en outre à peu près toute l’Asie et l’Améri-que du Nord ; en somme, par conséquent tout l’hémisphère septentrional. De plus, deux de ses espèces se rencontrent en Australie, et lune d’elles également en Amérique du Sud. Peu s’en faut donc que notre plante mérite pleinement le titre de cosmopolite et d’ubi-quiste.
- Or, voici l’énigme historique. Ce végétal universellement répandu, familier à tous, enfants compris, frappant le regard à peu près en toute saison par ses gros capitules jaune d’or et par la chevelure argentée que lui constituent les aigrettes de ses fruits, ce végétal semble être resté inconnu des Anciens, tant Grecs
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- que Romains. S’il possède aujourd’hui une multitude de noms populaires, et dans toutes les langues, en français Lion dent, Dent de Lion, Florin d’or, Salade de Taupe, Chopine, Cochet, Couronne de Moine, Laitue de Clÿen, à peu près autant en allemand, guère moins en italien et en anglais, par contre les vocabulaires grec ancien et latin ne lui font aucune place, du moins aucune qui lui soit propre et qui lui revienne en toute certitude. Il y a là un fait fort étrange, dont la'constatation ne permet guère de croire que le Pissenlit fût alors. répandu en terre hellénique et latine comme il l’est actuellement.
- Autrefois, il est vrai, on admettait que Théophraste, Dioscoride et Pline avaient effectivement parlé de lui en deux ou trois passages de leurs écrits. Mais les plus -récents historiens de la pharmacopée pensent que l’application de ces textes au Pissenlit est arbitraire et -résulte simplement de l’ancien préjugé du Moyen Age et de la Renaissance qui voulait à toute force retrouver dans les auteurs de l’antiquité les plantes de l’Europe occidentale et centrale.
- Théophraste, dans son Histoire des Plantes, Livre Vif, chap. XI, parle d’ùn aphâkê ou apâpê, dans lequel Matthiole et avec lui les anciens botanistes ont cru reconnaître notre Pissenlit. « Plante amère et à peu près immangeable, qui fleurit très tôt, dont la fleur passe très vite pour s’évanouir ensuite en un envol d’aigrettes, et pour être rerqplaçée par d’autres lléurs qui se succèdent' àfrisi tout l’hiver, au printemps et jusqu’en été », tel est le très vague signalement de Y aphâkê de Théophraste. L’on voit du reste qu’il pourrait s’appliquer sans effort à une multitude de
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- Cdiicoracées et que, d’autre part, il néglige totalement les caractéristiques les plus frappantes du Pissenlit, sa curieuse hampe creuse, par exemple, à segments s’en-’roulant en spirale, et ses feuilles si originalement découpées. D’ailleurs, dans le même ouvrage, Théophraste, à la suite d’Aristote, donne ce même nom d’aphâkê à une Légumineuse voisine de la Gesse, et cela conformément- à l’étymologie, phâkê et phâkos désignant en grec la Lentille. On ne voit pas quelle analogie pourrait .relier la Lentille au Pissenlit.
- Les textes de Dioscoride, dans sa Matière médicale, Livre II, chap. CXXV, et de Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre XXI, chap. XV, § 52, sont encore plus imprécis. De sorte que, il faut bien l’admettre, ou le Pissenlit était, dans l’antiquité, infiniment plus rare qu’aujourd’hui, du moins en Grèce et en Italie, ou même il n’y existait pas encore. Toujours est-il, dans un cas comme dans l’autre, qu’il n’y jouait aucun rôle ni dans l’alimentation humaine, ni dans la médecine, ni dans le langage populaire — pas une allusion littéraire ! Même dans les auteurs de comédies, ce qui est à peine concevable — ni dans le folklore, ni dans les jeux des enfants. On est donc contraint de conclure que le Pissenlit, même s’il n’était pas totalement absent des régions méditerranéennes, à tout le moins y passait inaperçu.
- Pas plus que dans les écrits des Anciens, il n’apparaît dans la littérature du haut Moyen Age. Et il y a encore là de quoi s’étonner. Saint Isidore de Séville •A (070-636), par exemple, qui, dans ses Etymologies, Livre XVII, traite des noms des plantes connues de son temps, n’en cite aucun qui puisse désigner le Pis-
- Fig. 1 &3. — Le pissenlit peint aux pieds de saint Benoît, par Luca Spinelli, à San Minialo' (D’après F. Rosen. Die Natur in den Kunst. Leipzig, 1903, p. 23). Rosen voit à tort clans le personnage saint François. — 2. Le pissenlit, d’après Otto Brunfels, Gontrajayt Kreuterbuch, 1332. Gravure sur bois coloriée à la main de Hans Weiditz, de Strasbourg. — 3. Le pissenlit, u liens leonis », du Matthiole de 1344, t. I, p. 338. Bois de Georges Libéral ou de Wolfgang Meierpek, qui travaillaient en collaboration à Meissen [Saxe).
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- Fin 4 — Le mssenlil en fruits. D'après Hegi, llluslrierle Flora,
- . ' t. VI, II, p. 1091.
- senlit. Or s’il n’était sans aucun doute pas un très grand connaisseur des végétaux, Isidore était par contre un très bon connaisseur du vocabulaire. Deux siècles plus lard, Raban .Maur (776-856), abbé de Fulda et surnommé « i’instituteur de la Germanie » (praecep-tor Germaniae), emploie l’un des vingt-deux livres de son traité De l’Univers, le 19e, à l’étude, des plantes utiles". Le chapitre VIII traite des plantes communes, et le chapitre IX des ..légumes. Dans aucun des deux il n?est fait mention de notre plante. Au chapitre LXX du Capitulaire De vilUs' (xers 794 ou, 7q5), Louis le Pieux déclare : « Nous voulons que dans les jardins [du domaine impérial] on conserve toutes.les plantes, à savoir... « et il en ériumèfe 78 plus 16 espèces d’arbres fruitiers. Parmi ces plantes figurent les Chicorées et les Laitues ; il n’est pas question de Pissenlit. Walafrid Strabo, dans son fameux Hortulus, Macer Floridus, qui peut-être doit s’appeler Odon de Meung (xie siècle), dans les 2.269 hexamètres de son poème, sur Les Vertus des Plantes, le Regimen sanitatis de Salerne (1101), qui célèbre tant de plantes usitées dans la médecine populaire, n’ont ni l’un ni l’autre consacré un seul vers au Pissenlit.
- C’est chez un botaniste arabe dii xn° siècle, Ibn Beï-lar (mort à Damas en 1248) qu’il est pour la première fois question d’un Tharakschakuk dans lequel on peut reconnaître avec probabilité notre Taraxacum moderne. Or ce nom arabisé suppose la création antérieure et l’usage en Occident de ce nom de Taraxacum, formé de radicaux grecs, mais tel quel étranger au vocabulaire grec lui-même.
- Après le médecin arabe, c’est dans les Glossaires des , xnie et xiv® siècles qu’apparaissent les noms du Pissenlit, noms latins traduits selon toutes vraisemblances des noms populaires. On peut les grouper en séries d’après leur signification.. En raison de la forme des feuilles, on l’appelait Dent de Lion (Dens Leonis, Planta Leonis), Scarole (Scariola), Groin de Porc (Ros-trutn porcinum). Sa fleur, d’un jaune vif, qui se tourne toujours vers le soleil au cours de la journée-, lui faisait donner les noms de Fleur des champs (Flos campi, nom biblique qu’Albert le Grand croyait celui du Pissenlit), Souci des champs. (Calendula agreste), Fiancée du soleil (Sponsa solis), Héliotrope des champs (Eliotropia agreste), Tournesol (Solsequium agreste, Solsequium minus). L’aspect ..de ses capitules, qui, dépouillés de leurs aigrettes, ressemblent à une tête chauve, leur a valu le nom humoristique de Tête de moine (Caput monachi), qui avait coùrs précisément dans les cloîtres. Le nom d’OEil de Porc (Oculus porci) semble se rapporter à l’aspect du capitule non encore ouvert. Quant au titre de Gardien des jardins (Custos hortorum), il paraît plus difficilement explicable.
- On peut légitimement, semble-t-il, conclure de ce qui précède que le Pissenlit s’est répandu en Occident entre le ixe et le xi® siècles. La multiplicité des noms dont on le désignait aux xnf et xive montre qu’à cette époque il était déjà largement représenté dans la flore occidentale. En tout cas au temps de Hieronymus Bock bien des gens s’imaginaient encore qu’jl sejnétamor-phosail en Chicorée sauvage.
- C’est à la fin du Moyen Age seulement qu’il commença à être utilisé, et non pas dans l’alimentation, mais seulement comme plante médicinale. Encore n’est-il connu comme tel que de quelques auteurs.
- L’édition allemande dite Petit Ilortus sanitatis, incunable de i486, chez Pierre Scheffer à Mayence, énumère 435 plantes médicinales, dont certaines exotiques ; mais le Pissenlit n’est reconnaissable en aucune d’elles. En conséquence il n’y est pas figuré. Ce détail est d’autant plus important que les figures de ce livre reproduisent en grande partie les dessins d’un artiste français du xii® siècle, connu sous le nom de Platearius, qui le premier dessina les plantes d’après nature et se trouve à l’origine et à la source de la plupart des illustrations botaniques des xve et xvi° siècles. A la différence de l’édition précédente, le Grand Hor-ius sanitatis paru en 1491 à Mayence, chez Jacob May-denbach, .qui s’est augmenté d’une centaine d’espèces et en contient en tout 529, consacre le chapitre CD au Rostrum porcinum, notre Pissenlit sans conteste.
- A cette date, il était depuis longtemps entré dans l’iconographie et par la porte du grand art. Vers i384, Luca Spinelli, dit aussi Spinello Arietino, représentant dans l’église de San Minialo près de Florence, un miracle de saint Benoît, qui fait sortir du fond d’un torrent le fer du hoyau d’un paysan, peignait aux pieds du saint un Pissenlit parfaitement caractérisé, bien que non fleuri, par sa rosette de feuilles découpées et soigneusement rendues (fig. 1).
- Dans, leur merveilleux retable de Saint-Bavon à
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- Gand (i42o-i432), les Van Eyck ont étendu, autour de la Fontaine-de-Vie, une magnifique prairie toute émaillée de Jleurs printanières. Violette, Ficaire, Muguet, Trèfle, y figurent à côté du Pissenlit, qui jamais plus n’atteindra gloire et beauté aussi éclatantes.
- Au xvT siècle se multiplient, sous les noms de Her-barius, Or tus sanitatis, Krauierbuch, etc., les ouvrages botaniques- avec figures d’après nature. Sur ce point comme sur tant d’autres, la Renaissance se rattache au plus pur Moyen Age, car elle suit en cela l’exemple que lui avait donné Platearius dès le temps d’Albert le Grand. Otto Brunfels, dans le Contrefciyt Kreuterbuch, i532'(fig. 2), Hieronymus Bock (Tragus) dans son Kreuterbuch, i55i, Léonard Fuchs, dans son Historia stirpium, Bàle, i543, tous trois allemands, l’italien Matthiole, dans son Commentaire sur Dioscoride, 1544 (fig. 3), mentionnent et figurent le Pissenlit, très évidemment dès lors devenu commun partout.
- Si ce pacifique envahisseur est sorti pour la première fois de son obscurité vers le xm° siècle, il faut reconnaître que depuis lors il s’est bien rattrapé. Il a tout envahi, s’est installé partout et parfois en masses compactes qui étouffent la végétation plus grêle de Graminées.
- Comment s’esl-il répandu au point qu’en une dizaine de siècles, en un millénaire, il est parvenu à faire figure de citoyen du monde et à pulluler de la sorte ?
- Notons d’abord que le Pissenlit prospère surtout sur les espaces cultivés, fumés, soumis de quelque façon aux soins de l’homme.
- Par suite, à des époques où la surface des cultures était très restreinte, où champs et prairies étaient exploités à peu près sans engrais, il se multipliait certainement beaucoup moin§. Joint à cela que les surfaces boisées, dans nos régions, et même dans les régions méditerranéennes primitivement, s’étendaient sur la plus grande partie du sol, et par suite ne permettaient pas à une plante de lumière de prendre pied.
- Cette prédilection pour les terres riches et profondes s’accorde avec la structure même de cette plante et ses origines présumées.
- Dans sa racine épaisse, droite et longue, profondément ancrée dans la terre, on reconnaît le pivot des plantes de la steppe, dressées à se prémunir contre les sécheresses persistantes. Des plantes de la steppe encore, le Pissenlit possède les feuilles en rosette, à pentes convergentes formant de véritables gouttières disposées pour conduire vers la racine les moindres filets de pluie recueillis par les lobes du limbe, dirigés à cet effet en sens inverse et centripète.
- Ces caractères de plante steppique n’étonnent plus si l’on songe que le Pissenlit est originaire de l’Asie centrale et occidentale ; c’est là que se trouve le centre de répartition de ses nombreuses espèces. Est-il par-
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- venu en Occident avec les invasions des hordes asiatiques ou indépendamment d’elles, on ne saurait le dire. Toujours est-il qu’il a donné aussitôt, dans ces régions, de multiples races, espèces, sous-espèces, formes intermédiaires et hybrides. C’est le cas assez fréquent de beaucoup de plantes s’adaptant à un nouveau climat et à un nouveau milieu. Ce foisonnement de formes nouvelles vient donc renforcer d’un nouvel argument la thèse de l’implantation relativement récente du Pissenlit, comme la multiplicité de ses noms populaires semble indiquer un « tard venu ».
- Les traits ne manquent pas dans sa biologie, énigmatiques souvent, qui suggèrent l’idée d’habitudes ancestrales contractées dans des milieux différents et devenues apparemment inutiles chez nous. Ses fleurs, visitées pourtant par d’innombrables insectes qui y puisent pollen et nectar, donnent des graines fertiles sans être fécondées ; elles n’utilisent aucun pollen pour arriver à maturité. Et pourtant chaque soir, chaque jour de mauvais temps, le capitule se referme consciencieusement sur les étamines pour protéger de l’humidité ce pollen sans emploi. Souvenir d’un autre temps ? Geste hérité devenu sans signification actuelle, comparable aux organes rudimentaires de l’anatomie
- Fig. 5 à 7
- Les fruits du pissenlit se détachent dy capitule et sont emportés par le vent. — 6. Un fruit de pissenlit, avec ses pointes accrochantes, son long bec et son aigrette parachute. — 7." L’atterrissage. Le fruit s’agrippe au sol par ses crochets ; l’aigrette détachée reprend son vol.
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- comparée ? Peut-être. 11 y a là une énigme non encore résolue.
- Quant à la voie choisie par le Pissenlit pour arriver jusqu’à nous, il n’y a pas à hésiter, c’est la voie des airs. Chacun de ses fruits ou achaine réalise un merveilleux appareil de vol à voile conjugué avec un parachute, et emportant haut et loin l’unique graine qu’il contient. Voile et parachute automatiquement actionnés par l’état météorologique, car ils ne se déploient que par beau temps ; la graine ne s’envole que sur la prpmesse d’une belle journée et ne se hasarde jamais par temps douteux. Tout au plus profite-t-elle des vents orageux et des ouragans pour accomplir de plus vastes randonnées. De plus le fruit porte sur soi-même ancre et guide-rope, de sorte qu’après un voyage dont la longueur dépend de la violence des vents, elle s’accroche au sol par une ceinture de grappins insérés à même son corps. Alors détachée du léger parasol que formait l’aigrette (fig. 7), elle est à même de germer et de donner une jeune plante dans sa nouvelle patrie.
- Le vent atteint, et parfois dépasse, 100 km à l’heure. II transporte sur des centaines de km des objets beaucoup plus lourds que des graines de Pissenlit. On a constaté des pluies de sel, de poissons, de crapauds, enlevés à des distances considérables de leur point de chute. M. L. Berland a recueilli à i.5oo, 2.000 et même B.oco m d’altitude, dans des filets fixés aux ailes d’un avion, des brins d’herbes, des épillets de Graminées, des fragments de végétaux. On comprend d’après cela que les planeurs légers aussi parfaitement construits que les fruits du Pissenlit aient pu facilement venir jusqu’à nous, sans trop multiplier les étapes, depuis les steppes asiatiques et surtout depuis les grandes chaînes comme l’Himalaya. L’essentiel, pour se fixer Chez nous), était d’y rencontrer des terrains hospita-' liers. tels que nous les ay'on&\16finis, de ces terrains qui, dans l’antiquité,^^ffaie^t^sSris aucun doute beaucoup moins de que dans les temps modernes et
- surtout contemporains. - v
- Bien avant d’êtrè reconnu comme légume et d’entrer dans l’aliméntation, c’est comme plante officinale que le Pissenlit, nous le savons;-s'était-manifesté. C’est
- à ce titre qu’il figure dans le Livre des Simples d’Ibn Beïthar. Hiéronymus Bock (Tragus) rapporte que l’on portait suspendues au cou des racines de Pissenlit arrachées le jour de la Saint Barthélemy (24 août) pour faire disparaître les « taefies des yeux » ; en même temps on devait pratiquer des lotions, sans aucun doute plus efficaces, avec une décoction de la plante. Ces mêmes lotions étaient utilisées par les contemporaines de Bock comme crème de beauté. Plus tard, en vertu du principe de la signature, on ne manqua pas de reconnaître dans la couleur des fleurs l’indication d’une action infaillible sur le foie et sur les fonctions urinaires.
- A ces dernières propriétés est dû le nom populaire moderne de Pissenlit. Matthiole insiste sur les vertus astringentes et détersives de la plante et vitupère les droguistes et apothicaires qui lui substituent la Chicorée. Pour L. Fuchs, le Pissenlit est astringent, stomachique, constipant, hémostatique, soporifique, emmé-riagogue, diurétique et dépuratif. Il le recommande spécialement dans les conjonctivites. Ces indications sont restées à peu près les mêmes chez les modernes et le Dr Leclerc, le principal de nos phytothérapeutes actuels, reconnaît l’efficacité du suc frais de Pissenlit dans les affections du foie (Q.
- On ne peut qu’être frappé de ne trouver dans Matthiole aucun indice de l’usage alimentaire du Pissenlit, tandis que Chicorée, Endive et Scarole sont, dit-il, mangées par les campagnards crues et cuites. Si, au dire de J.-B. Bauhin (i65o), les habitants de Lyon, de Montpellier et de Padouè consommaient couramment, de son temps, le Pissenlit en salade, cet usage était ^ encoré;: très-récent et limité à certaines régions,, puis-qfi’en 187^ encore, les Suisses, tout étonnés de voir les . soldais de Bourbaki, internés chez eux, utiliser cet aliment, donnèrent au Pissenlit le nom de « Salade des Français ».
- P. Fournier.
- Directeur du Monde des Plantes.
- I. Noter cependant que les journaux allemands, pendant l’été 1027, annonçaient le décès de deux enfants dû à l’usage de-ce suc. D’après L. Kroeber, Das Neuzeitliche Krauterbuch, t 1, 1937, p. 238).
- : LA COMMANDE SOUPLE A DISTANCE
- Les copmruandes à distance « Teleflex «-sont des commandes mécaniques constituées .essentiellement' par un cable qui_-a là particu!i£Üé^.'dë par sa fabrication même, de pouvoir transmettre.-dés efforts, aussi bien en tract ion qu’ën compressions : *..• - -
- Ce câble coulisse à' frottement doux, en va et vient, dans un-tube et il est 1'.agent de liaison entre rfrf organe transmetteur ou de commande et un organe récepteur ou commandé. Ces organes d’extrémités sont conditionnés surtout par le fait que le câble constitue une sorte /de crémaillère souple de longueur indéterminée, cré-
- maillère pouvant engrener avec des roues hélicoïdales à taille appropriée et cela, en autant de points qu’on le désire sur le trajet du câble.
- On réalise donc ainsi la transformation Simple d’un mouvement linéaire en un mouvement circulaire et inversement, la reproduction fidèle et précise à distance de tout mouvement circulaire appliqué à l’une des extrémités du câble, c’est une solution très simple du problème des commandes multiples (répétitions) à réaliser un point central.
- Faisons remarquer qu’on peut multiplier ou démul-
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- tiplier l'effort au poste transmetteur par un réducteur approprié, intermédiaire entre la manivelle de commande et l’axe de la roue hélicoïdale.
- Nous décrirons rapidement les trois parties constitutives d’une commande à distance : le câble proprement dit, le tube ou gaine flexible et ses raccords, les organes d’extrémité.
- Le câble comprend (fig. i) les éléments suivants :
- ) un toron central (a) formant lame du câble ; ce toron est lui-même constitué par un fil central ou fil pilote, en acier, autour duquel sont toronnées en hélice à très grand pas et en sens inverse les unes des autres i à 4,couches de fils d’acier. Ces fils sont en acier Martin, d’une résistance de i4o à i5o kgr par mm2 ;
- ) Par-dessus le toron central, 2 enroulements superposés de chacun 4 fils, enroulements en hélice à pas très faible et en sens inverse l’un de l’autre. Le premier enroulement (b) a ses 4 fils de même diamètre, le deuxième a un gros fil (c) formant hélice saillante et 3 autres fils (d) de diamètre plus faible qui forment entretoise.
- A la traction, c’est le toron central qui travaille et, dans les limites de la charge de rupture, le câble peut supporter tout effort de traction.
- A la compression, les spires des deux enroulements extérieurs étant jointives par fabrication et à pas très faibles, constituent une sorte de tube qui est par conséquent incompressible, de sorte que, dans certaines limites, le câble est pratiquement incompressible et inextensible.
- D’autre part, l’hélice saillante extérieure permet d’assimiler le câble à une crémaillère, qui engrènera avec des roues taillées, l’attaque pouvant se faire soit tangentiellement, soit sur un certain angle, 3o°, 90° et même 1800.
- Le câble Teleflex est fabriqué en 6 diamètres différents de 2 111m 9 à 11 mm 5 et nous donnons quelques indications sur les deux types extrêmes, afin de fixer les idées.
- Cable de Cable de
- 2,9 nmi 11,5 min
- Pas de l’hélice saillante .... 2 4,2
- Charge de rupture à la traction. Charge de rupture pour l’engre- 45 kgr 2.5oo kgr
- nage langentiel Charge de rupture pour l’engre- 35 — x .000 —
- nage sur 3o° minimum. Efforts pouvant être demandés 45 — x.3oo —
- normalement en compression et traction en servi e discontinu :
- engrenage tangentiel .... 1-2 35-i4o
- Engrenage sur 3o° minimum. . Rayon minimum de cintrage à go0 i,5-2,5 45-190
- (en mm) 3o 200
- Poids au mètre en grammes. 32 54o
- Les tubes dans lesquels glissent les câbles sont le plus souvent en laiton écroui, étiré à froid, sans soudure ; pour l’aviation ils sont en duralumin traité et protégé. Le jeu entre le câble et le tube varie de 5/100
- à 0/10 de mm suivant le diamètre.
- Dans certains cas particuliers où il est nécessaire d’avoir une partie souple sur le trajet de la commande, par exemple pour commander un organe fixé sur un ensemble mobile, on remplace le tube par des gaines flexibles.
- La jonction des tubes entre eux se fait au moyen de raccords biconiques complets, avec ou sans graisseurs, la jonction des tubes aux accessoires au moyen d’écrous b icônes. Pour l’utilisation rapide et pratique du câble Teleflex, il existe un certain nombre d’organes d’extrémité standards : embouts coulissants, avec ou sans supports à rotule, tirettes, boîtiers à enroulement semi-circulaire, sur 3o°, sur 90°, etc...
- Les applications du Teleflex sont nombreuses et variées. En aviation, citons les transmetteurs d’ordre, les indicateurs de position de plans fixes, de volets de courbure, la commande des robinets, des carburateurs, des hélices à pas variable, la commande à distance des postes de radio et des appareils de photographie aérienne ; sur les chemins de fer, la commande des robinets de chauffage, des boîtes de vitesse sur automotrices, etc..., en électricité, la commande à distance des disjoncteurs, des rhéostats de démarrage des moteurs ; en chaufferie et ventilation, la commande des papillons mélangeurs, des registres d’air et de fumée, des vannes de gaz, etc...
- On voit que pour des transmissions de mouvement jusqu’à une cinquantaine de mètres pour les gros câbles et à une dizaine de mètres pour les petits câbles, et à condition qu’il n’y ait pas soit d’efforts anormaux, soit de trop nombreux coudes, le câble Teleflex apporte une solution élégante qui, dans beaucoup de cas supprimera des mécanismes d’engrenages et de tringlerie lourds et encombrants. H. Vigneron.
- Fig. 2. — Photographie d’une portion de câble Teleflex montrant les divers élémerits du câble.
- mm
- Fig. I. — La constitution d’un câble Teleflex.
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- 208 L'INDUSTRIE DE LA LAINE SYNTHÉTIQUE =
- L’Angleterre se soucie déjà du développement pris par l’industrie de la laine synthétique (lanital) (1), fabriquée à partir du lait ; car, non seulement la production totale italienne augmente (aujourd’hui environ 14-000 ouvriers y travaillent), mais elle se diffuse de plus en plus à l’étranger.
- Après la production réalisée depuis iq34 en Allemagne, par les soins de la Reiclmvollverwertung G. m. b. H., l’Italie a mis en marche une usine à Lodz, en Pologne, et elle va en avoir deux en Suisse, où la surabondance de lait facilitera le ramassage de la caséine. Dernièrement l’Italie a aussi cédé son procédé à la France, et nul doute que l’économie agricole n’en bénéficie à cause des connexions qui existent entre cette industrie nouvelle et celle des produits laitiers (2). C’est dans le Cantal qu’on a commencé l’installation des premiers ateliers ; il est vraisemblable que la production annoncée pourra éviter à la France, pour une part importante, d’être tributaire de l’étranger pour ses besoins en laine.
- Lorsqu’on songe que le lanital peut entrer dans la composition du drap dans une proportion qui varie de 5o à 80 pour ioo, que le seul établissement de Cesano Maderno est outillé pour une production annuelle de 7.000 t de laine synthétique et que son prix reste inférieur de 5o pour 100 environ au prix de la laine naturelle, on comprend les soucis des lai -niers anglais, dont la situation était déjà assez difficile bien avant les dernières crises.
- HISTORIQUE
- Dès 1664, on signalait la possibilité de filer comme de la soie certains composés artificiels glutineux. Plus
- I. Mot d’èmploi courant (Génie Civil, 21 décembre 1935 ; La Nature, 13 juillet 1936 ; Larousse mensuel, avril 1937).
- 1,0
- SO NDJ F M A M J JASOND
- Fig. 2. — Courbe des variations des caractéristiques mécaniques du lanital en jonction du temps.
- (Celles de la laine naturelle sont prises comme unité).
- tard, des savants allemands ont fait breveter des procédés de fabrication de textiles à partir de la caséine et, parmi eux, Todtenhaupt, auquel les Allemands tâchent d’attribuer la paternité de l’invention G). En réalité, le procédé de Todtenhaupt — qui lui a coûté, il est vrai, 20 ans de recherches — ne fut qu’un essai. Todtenhaupt tenta de faire passer dans sa filière des solutions alcalines de caséine, mais elles étaient ou trop épaisses — et dans ce cas elles ne passaient pas — ou trop liquides, et alors elles ne pouvaient être filées. Son bain de coagulation contenait un acide et de l’alcool ; à part le fait qu’en employant de l’alcool les prix de revient seraient inabordables, dans les brefs et rares instants où la filature devenait possible, il obtenait des fibres qui se collaient les unes aux autres. Ces fibres étaient rudes, dures et fragiles, donc inutilisables. Ainsi, les solutions alcalines de caséine n’étaient pas filables, le bain de coagulation ne remplissait pas sa fonction, les fibres obtenues n’étaient pas utilisables ; on peut donc affirmer que le procédé Todtenhaupt ne fut qu’un des nombreux essais de laboratoire qui restèrent sans lendemain (2).
- C’est à Antonio Ferretti que revient le mérite d’avoir résolu, en théorie et en pratique, les problèmes de la production du lanital ; « laine synthétique » est une définition scientifiquement exacte, car le lanital est bien une laine — avec toutes ses propriétés et ses apparences — obtenue artificiellement.
- 1er STADE : PRODUCTION DE LA CASÉINE
- La caséine animale est une substance protéique, organique; azotée, analogue à l’albumine,
- 1. ' De Todtenhaupt à Ferretti, Deutsche Allgemeine Zeitung, juillet 1937.
- 2. Faust, Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 13 août 1936.
- K. Grafe, Angewandte Chemie, 16 mai 1936.
- 2. Georges Ray, Le lait, XVI, n° 152, février 1936, pp. 118-152.
- Fig. !.. — Schéma de la fabrication de la laine ai'tificielle.
- A, caséine : 0,10 à 0,15 pour 100 de matières grasses ; B, mélange de caséines de différentes origines ; G, caséine textile soluble C4 ; D, pompe refoulant la solution textile ; E, bain coagulant ; F, filière ; G, bobine tournant sur son axe d'un mouvement synchronisé avec le débit de la pompe.
- 0pêrg.io1sjusqu" tissage
- 3 kg.dekmita.! 'Caséine desséchée
- Sérum
- Alimentât0."
- mère de lait acide lactique
- iiiiiiiiiiiiiiiii
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- qu’on trouve dans le lait des mammifères, sous forme de suspension très fine ou de solution colloïdale, dans les proportions suivantes :
- Dans le lait de vache......... 3 pour ioo
- — — chèvre .... 4 —
- — — bi'ebis .... 6 —
- 11 nous semble utile de rappeler ici la composition de la caséine animale ; elle forme des combinaisons
- Fig. 3. — Fabrication du lanital.
- Écrémage du lait par centrifugation (usine de Cesano Maderno).
- a\ec les acides et avec les bases (caséinates solubles d’une grande importance pratique).
- Caséine_____
- Haimnarsten Albumine
- 0/0 0/0 0/n
- Carbone . 5e, ao 53,oo 51,48
- Oxygène . 22,5o 22,65 22,66
- Azote .... i5,6o 15,70 18,14
- Hydrogène . 7,00 7,oo 6,76
- Phosphore . . o,8o o,85 —
- Soufre .... 0,90 0,80 0,96
- La caséine se rencontre dans le lait, sous forme
- sels calcaires (phosphocaséinate de chaux, principalement) et on l’obtient à l’état pur en traitant par l’acide acétique, le lait écrémé. On a employé la caséine pour la fabrication de matières plastiques : galalithe (caséine traitée au formol), cùrnalitlie et ladite (caséine additionnée de borax et saupoudrée de marbre), et dans la fabrication des papiers et des colles.
- Ferrelti se rendit compte qu’on peut obtenir fine fibre textile semblable à la laine si on tient compte de la composition chimique de la caséine et de la kératine, substance cornée qui forme en grande partie les
- Fig. 4. — Fabrication du lanital. Réfrigération de la caséine, (usine de Cesano Maderno;.
- fibres de laine naturelle, albuminoïde du groupe des scléro-proléines.
- Fig. o. — Fabrication du lanital. Centrifugeurs (usine de Cesano Maderno).
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- Fig. G. — Fabrication du lanital. Mélangeuses de caséine (usine de Cesano Maderno).
- aboutissant à la fibre prête à être filée, des transformations très intimes ».
- Pour ce qui nous intéresse, aucune des caséines du commerce ne se prête à la fabrication des fibres textiles ; il a donc fallu préparer une caséine spéciale, fabriquée pour la première fois, et appelée caséine textile. La précipitation de la caséine du lait écrémé — de telle sorte que sa teneur en matières grasses ne dépasse pas 0,10 à o,i5 pour ioo — est obtenue dans des conditions bien définies du milieu acide (nature et titre de cet acide) et de température.
- Celle caséine textile pourrait servir dans ,l’état où elle sort après la préparation ; mais on préfère la dessécher. On délaie ensuite la caséine sèche dans de grands tonneaux où on mélange intimement les caséines d’origines différentes de façon à obtenir un produit homogène. Celui-ci est ensuite mis en solution afin de le transformer en une matière visqueuse destinée à la filature (maturation). Après qu’on l’a soumise à cette maturation, par une succession d’opérations délicates, on arrive enfin à la solution prête pour la filière.
- Voici, d’ailleurs, le contenu en amino-acides des deux matières, selon Fischer (x) :
- Caséine Laine
- 0/0 o/o
- Glycocolle .... 0,0 o,C
- Alanine i,5 4,4
- Valine 7 2,8
- Leucine 9.4 n,5
- Sérine o,5 2,9
- Proline 6,9 4,4
- Cvstine 4,2 i3,i
- Tyrosine 4,5 4,8
- Tryptophane . 2,0 i,8
- Acide asparaginique. I ,i 3 ,3
- Acide glut ami nique . 15,6 12,9
- Arginine 3,8 10.2
- Hystidine 2.5 6,9
- Lysine G.o 2.8
- , ( Laine. . Groupe acide < n r ( Gaseine . . l5,2 17,0
- Groupe basique j Laine . . Caséine . i9,9 11,3
- Comme l’a observé M. Georges Ray, « dans la caséine le groupe acide prévaut sur le groupe basique, tandis que le contraire se produit pour la laine. La caséine doit certainement subir, dans le processus d’élaboration
- 1. Georges Ray, Une nouvelle fibre artificielle, IV, pp. 137-159, Bulletin mensuel de renseignements techniques, n° 4, avril 1936.
- Rimington, The Biochemical Journal, Liverpool, XXIII, 1929.
- On a établi dans l’Italie du Nord des centrales productrices de caséine textile : ces centrales forment un système où l’on centralise l’excédent du lait produit dans les campagnes. Elles sont situées à Novare, Milan, L'ergaine, Casalpusterlengo, Castelsangiovanni, Crémone, Brescia, Ferrare, Tresigallo et Opéra ; le seul léseau Casalpusterlengo-Opera-Castelsangiovanni a
- Fig. 7. — Fabrication du lanital. Filtres-presses et récipients de maturation de la caséine (usine de Cesano Maderno).
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- donné jusqu’à aujourd’hui ioo t de caséine textile par mois.
- Le procédé de préparation de la caséine est tenu secret. On sait cependant que, exception faite de la parac-aséine, toutes les caséines textiles sont solubles dans les alcalis, fait notoire depuis qu’on connaît la « matière » Caséine. Dans toute la série des alcalis, des plus puissants aux plus faibles, il doit y en avoir un qui permette —- quantité, concentration, température et temps de maturation déterminés — d’obtenir la solution visqueuse apte à la filature.
- STADE : FILATURE
- On sait d’autre part qu’un acide quelconque peut coaguler les dissolutions alcalines de caséine. On affirme que la coagulation est obtenue dans un bain à base de formaldéhyde, cependant, on n’en possède pas la preuve ; on ignore aussi la température du bain (qui est supérieure à 5o° C.), la quantité à employer, quoiqu’il est certain qu’on ajoute des substances qui permettent d’obtenir des fibres souples et résistantes.
- La caséine textile (fig. x) passe dans des filières (F) en platine, dont les trous ont un diamètre de 2 à 3 centièmes de mm ; ces filières sont à 3oo fils, et le filé en sort à la vitesse de 60 à 100 m par minute, ce qui équivaut — pour une immersion de la filière à la profondeur de. i5 cm — à une dui'ée de séjour dans le bain (b) d’un dixième de seconde pour chacun des 3oo fils ; toutefois ces 3oo fils sortent parfaitement coagulés et isolés ; sans quoi, il n’y aurait pas de laine synthétique.
- La fibre obtenue est coupée à la longueur désirée pour obtenir une masse floconneuse. On la soumet à
- Fig. 9. — Fabrication du lanital. Séchoir (usine de Cesano Maderno).
- un certain nombre de lavages spéciaux ; enfin, après Lavoir desséchée, on la soumet au cardage et au tissage comme les fibres de laine.
- lin kilogramme de caséine donne environ 1 kgr de « lanital ». On emploie aussi cette formule frappante : 1 hl de lait donne 4 kgr de beurre, 3 kgr de caséine, l'2 m de drap.
- Le produit obtenu n’a pas la même texture que la laine naturelle, bien qu’il lui ressemble par sa constitution chimique et ses caractères techniques :
- Laine Laine
- naturelle synthétique
- 0/0 53,oo 7,oo 23,00 i5,5o 0,70
- Cette ressemblance chimique n’est pas la seule (Menozzi) (x) : la masse floconneuse du lanital se présente comme une bonne laine mérinos de qualité A, lavée et cardée. Comme élasticité, ténacité, le lanital est semblable à la laine. En brillant, il donne un résidu charbonneux et caverneux en dégageant l’odeur caractéristique de la laine bi’ûlée. Au lavage, et, en général, pour la tenue à l’eau et à l’humidité, laine et lanital s’équivalent ; le lanital résiste à l’eau bouillante sans rien perdre de ses qualités, ni de son poids.
- Dans la structure physique du poil naturel il y a quelques différences : la laine ordinaire de bas prix se présente au microscope sous l’aspect d’un petit tube ci'eux, tandis que les laines fines n’ont pas de canal médullaire. Le
- o/n
- Fig. 8. — Fabrication du lanital.
- Canaux d’alimentation des filières (usine de Cesano Maderno^.
- Carbone. 49,25
- Hydrogène . 7 >&7
- Oxygène. a3,6G
- Azote. . . . 15,86
- Soufre . . . 3,66
- 1. Angelo Menozzi, La lana ottenuta dal latte. La Chimica e F Indu stria, novembre 1933.
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- Fig. 10. — Fibres de lanilal.
- les solutions de soude et de potasse l’attaquent moins que la laine naturelle ; elle est insensible aux acides ; en général elle résiste beaucoup mieux aux agents chimiques que la laine naturelle. La laine synthétique — détail appréciable — n’est pas non plus attaquée par les miles qui, au contraire, dévorent la laine naturelle n’avanl pas subi un traitement préalable.
- N’oublions pas le prix de revient extrêmement bas de la laine synthétique (4o à 5o pour 100 de moins que la laine naturelle) : ce produit est donc destiné à concurrencer le produit naturel sur les marchés mondiaux, comme l’a déjà fait le colon synthétique qui pénétra même jusqu’en Amérique du Nord, patrie du coton, et aussi en Angleterre ; dans ces pays on fabrique maintenant plusieurs milliers de t de ces textiles synthétiques : rayonnes, coton et laine.
- L’invention du lanital ne date que d’août 1935 ; cependant il faut s’attendre à un développement rapide du procédé appelé à prendre une place marquante dans l’évolution technique et matérielle de l’homme.
- Lo Dtjca.
- Fig. 11. — Machine continue pour le séchage (usine de Cesano Maderno).
- poil naturel a sa surface écaillée ; le lanilal ne l’a pas, du moins actuellement, chose qui, si elle diminue son pouvoir feutrant, lui enlève cependant la rudesse habituelle du tricot insupportable aux épidermes délicats.
- 11 11e faut pas oublier non plus que sa teneur plus faible en soufre (0,70 pour 100 contre 3,66 pour 100) se traduit par une augmentation du pouvoir isolant du lanilal ; on sait en effet que la laine est cl’aulant « moins chaude » que son pourcentage en soufre est plus élevé. Cela explique la constatation (enregistrée par des appareils et faite au toucher par les experts) que le lanital est plus « chaud » que la laine naturelle et permet une meilleure défense thermique ; en absorbant l’humidité, dans les mêmes conditions, la laine synthétique dégage une quantité de chaleur supérieure de 3o pour 100 à celle que dégage la laine naturelle.
- La résistance des fibres de laine naturelle est très faible, inférieure à n’importe quelle autre fibre ; elle dépend de sa finesse.
- Comme nous l’avons dit, la laine synthétique résiste parfaitement à l'ébullition, même prolongée pendant 10 h ; pour celte raison on peut la teindre aussi avec des colorants au chrome qui demandent une cuisson d’environ 2 h en présence du bichromate et d’acide.
- La laine synthétique, comme la laine naturelle, a une grande affinité pour toutes les matières colorantes ; de plus, il y a économie de temps, de vapeur et de colorant ;
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- UN POISSON MÉSOZOÏQUE VIVANT
- Il n'est pas rare qu’on décrive une nouvelle espèce animale, mais il l’est infiniment qu’on découvre une forme si nouvelle qu’il faille envisager d’en faire le type d’une nouvelle famille et peut-être même d’un nouvel ordre.
- C’est cependant ce qui vient d’arriver au Dr J. L. B. Smith, du Rhodc Univcrsitv College de Graliamstown, en Afrique du Sud, et dont il vient de faire part à notre confrère anglais A’attire.
- Un chalut traîné par 70 m de fond, à quelques milles d’East London, enlre Durban et Port-Elisabeth, ramena vivant, le 22 décembre dernier, un grand poisson mesurant 1 m 5o, pesant 07 kgr, d’un bleu métallique brillant', qui fut remis à Miss Courtenay-Làtimer, conservatrice du musée de la ville et fut préparé par un taxidermiste local.
- C’est un poisson fort remarquable, qui ressemble au mieux au genre fossile Macropoma, trouvé dans les terrains crétacés d’Angleterre. La queue est géphyrocerque, avec un prolongement axial dépassant' vers l’arrière; des deux dorsales, la première est normale et se continue vers l’arrière par une membrane, la seconde est lobée et pédon-culée ainsi que les pectorales, l’anale et la ventrale. Les écailles cycloïdes et certains os dermiques de la tête ont une ornementation due à des tubercules. Le squelette est cartilagineux. Le poisson était très huileux. Sans attendre de nouvelles captures qui seront mieux conservées, maintenant que l’attention est attirée sur cette espèce extraordinaire, M. Smith l’a dénommée Latimeria chalumnae et se propose de la décrire dans tous ses détails en un mémoire que publieront les Transactions 0/ the Society of South Africa.
- On sait qu’à côté des poissons téléostéens, il existe divers groupes ayant' peu de représentants actuels, mais fort intéressants par leurs affinités paléontologiques. Laissant à part
- les Cyclostomes (Lamproies) et les Plagiostomes (Sélaciens, Raies, Chimères), qui forment des sous-classes différentes, on trouve auprès de l’ordre des Téléostéens quatre ordres curieux : les Dipneustes (A’eoceralodus, Protopterus, Lepido-siren), les Ganpïdes (Esturgeon, Polyodon), les Ilolostéens (Lepidosteus, Amia) et les Crossoptérvgiens (Polypterus, Codamichthys).
- Les Crossoplérygiens vivants ne se rencontrent que dans les lacs et les rivières de l’Afrique centrale et l’on admet qu’ils sont les descendants hautement modifiés, les reliques, de genres anciens qui avaient vécu ou passé sur le continent de Gondvvana. La récente capture de Latimeria dans les eaux marines de l’Afrique australe s’accorde avec cette opinion.
- Les Crossoplérygiens les plus anciens apparaissent dans les vieux grès rouges siluriens d’Ecosse avec les genres Osleolepis, Thursius et. Diplopterus ; ce sont tous des poissons d’eaux douces tranquilles. Ils émigrèrent probablement vers l’ouest et on en trouve au dévonien dans les eaux douces d’Amérique. D’autres genres, également dulcaquicoles, souvent associés à des débris végétaux et' à des bitumes, ont été rencontrés jusqu’au crétacé. Seul, le genre Macropona apparaît au turonien et au sénonien, associé à des restes marins.
- Les deux genres actuels de Crossoptérygiens connus jusqu’ici sont de la famille des Polypteridés et vivent en eau douce, l’un Polypterus bichir en Égypte, l’autre Calamich-thys calabaricus en Guinée. La nouvelle espèce Latimeria est marine et elle est voisine du genre Macropoma, de la famille des Coelacanthidés. On voit l’intérêt de sa découverte et l’espoir que permet son étude pour une meilleure connaissance de la fdiation des grands groupes de poissons.
- René Merle.
- VERRES SANS RÉFLEXION
- La Nature a souvent entretenu ses lecteurs des travaux effectués tant en France qu’à l’étranger sur les pellicules unimoléculaires que l’on peut former à la surface des liquides (travaux de MM. H. Devaux, Dervichian, Lang-rnuir, etc.).
- Tout, récemment, au laboratoire de la General Electric Cy, nous avons signalé que Langmuir et K. B. Blodgett étaient arrives à reporter ces couches unimoléculaires sur des supports matériels, une lame de nickel par exemple et à réaliser des empilements de plusieurs centaines de ces pellicules, réalisant ainsi des étalons d’épaisseur permettant, par simple examen des couleurs réfléchies de déterminer des épaisseurs de l’ordre de grandeur des longueurs d’ondes.
- Cette première application pratique d’un phénomène extrêmement intéressant semble devoir être bientôt suivie d’une autre non moins remarquable et que signale la General Electric Review.
- On sait qu’une partie de la lumière incidente se réfléchit sur la face d’une plaque de verre sur laquelle elle tombe. C’est ainsi d’ailleurs que Malus a découvert la polarisation de la lumière réfléchie. Cette réflexion est' dans beaucoup de cas extrêmement gênante pour l’observation des tableaux sous verre, des graduations d’appareils, la photographie de paysages ou d’objets sous vitrine, etc.... De plus, elle diminue la quantité de lumière transmise.
- On avait déjà observé, en particulier un opticien anglais Taylor, en 1892, qu’une lentille d’appareil photographique légèrement ternie avait une meilleure transparence que la même lentille parfaitement propre. Reprenant cette question, K. Blodgett a trouvé qu’en déposant une pellicule extrêmement mince sur la surface d’une lame de verre, la quantité de lumière transmise passait par exemple de
- 92 pour 100 à 92,2 pour 100 par élimination de la lumière réfléchie.
- Mais naturellement, il faut, que l’épaisseur de la pellicule soit parfaitement déterminée de façon que la lumière réfléchie par sa surface externe, soit égale en intensité à celle de la lumière réfléchie par la surface du verre et que les ondes lumineuses et les deux faisceaux réfléchis soient en opposition de phase, de façon à s’annuler mutuellement.
- En d’autres termes, if faut que la différence de marche soit de un quart, trois quarts ou cinq quarts de longueur d’onde moyenne de la lumière incidente. Si on emploie de la lumière blanche, les meilleurs résultats sont obtenus en prenant une différence de marche de un quart de longueur d’onde pour la raie D du sodium, correspondant à la radiation moyenne de la lumière.
- Pour réaliser des pellicules ayant cette épaisseur, K. Blodgett s’adresse aux couches unimoléculaires de stéarate de baryum ou mieux encore d’arachinate de cadmium. En déposant sur le verre, par la méthode que nous avons décrite précédemment, 4a à 44 couches unimoléculaires de ce corps, on obtient api'ès séchage, une pellicule ayant une épaisseur égale à un quart de longueur d’onde de la raie D du sodium, supprimant alors pratiquement toute la lumière réfléchie.
- Naturellement, celte couche est fragile, si on essuie le verre avec un chiffon, elle est détruite, mais Blodgett espère arriver à remédier à cet inconvénient majeur. Si on a recouvert ainsi la moitié d’une lame de verre et’ qu’on regarde à travers elle une feuille de papier blanc par exemple ou le ciel, la partie recouverte de la pellicule paraîtra absolument propre, et la partie non recouverte semblera légèrement ternie. H. V.
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- L'ÉCOLE FRANÇAISE DE MEUNERIE
- Inaugurée le io novembre içj38, I’École française de Meunerie occupe un bel immeuble, construit en bordure de la rue Nicolas Fortin dans le quartier des Gobelins, sur un terrain codé par la ville de Paris (lig. i). Elle remplace un établissement plus modeste, créé en 1924 rue Clotilde, près du Panthéon, par l’Association nationale de la Meunerie française. Cette Ecole de Métiers a pour but de former un personnel qualifié d’ouvriers, de contremaîtres, de chefs de service, de conducteurs de machines et d'assistants de laboratoire de meunerie. En outre, elle donne un enseignement supérieur aux jeunes gens déjà brevetés de sa section élémentaire, qui veulent poursuivre des études plus complètes alin de devenir directeurs de moulins ou ingénieurs spécialisés dans cette branche primordiale de l’économie nationale.
- Pour acquérir les connaissances nécessaires, il faut étudier scientifiquement la matière première, le blé, et les modes de préparation du produit fabriqué : la farine. La chimie s’avère indispensable, car les moulins ne travaillent pas une substance fixe et bien définie mais écrasent des grains, matières vivantes, dont la composition a une répercussion sur la mouture et la panification.
- A la vérité, la complexité de ces problèmes n’avait pas échappé aux anciens agronomes. Dès 1760, Cadet de Vaux avec l’appui du célèbre Parmentier, fonda une première « Ecole de Boulangerie » dont la Révolution arrêta l’essor mais qui exerça néanmoins une heureuse influence sur la formation spéciale des meuniers français de l’époque. Dans les petits moulins, fort nombreux alors, on appliquait la mouture dite « économique », excellente pour tirer le meilleur parti de nos blés tendres, tandis que dans de grands établissements, on broyait les grains en une ou plusieurs fois, puis on les soumettait à une série de tamisages et de blutages
- afin d’obtenir soit la mouture américaine dite « anglaise », soit la mouture à gruaux. L’étranger entra bien après nous dans celte voie. L’Allemagne entre autres, installa, voilà près d’un demi-siècle, des écoles de meunerie à Rosswein (Saxe) et à DippoldisAvalde près de Dresde. De leur côté, les Etats-Unis et l’Angleterre créèrent des institutions analogues de moindre notoriété. Quant à la France après avoir été une initiatrice dans ce domaine, elle se laissa distancer durant de longues années.
- La nouvelle Ecole française de meunerie ne tardera sans doute pas à nous faire rattraper l’avance perdue. Sous l’habile direction de M. Walterspiler (qui dirigeait déjà depuis i5 ans l’établissement de la rue Clo-lilde) des spécialistes qualifiés enseignent toutes les disciplines nécessaires aux divers groupes d’élèves qui s’y forment. Les études élémentaires comportent une durée d’une année. Les cours commencent au début d’octobre et se terminent fin mai, le mois de juin étant réservé aux interrogations et à l’établissement d’un projet final. On ÿ admet les jeunes gens depuis Page de 17 ans et ils doivent fournir, lors de leur entrée, un certificat établissant l’accomplissement dans un moulin d’un stage pratique d’au moins 2 mois. Des interrogations périodiques permettent de contrôler le travail scolaire et les notes obtenues à ces examens déterminent le diplôme que reçoit chaque candidat : technicien de l’Ecole française de Meunerie (moyenne de i4 et au-dessus), certificat d’aptitude professionnelle (moyenne comprise entre 10 et i3) et simple certificat de présence (moyenne inférieure à 10). L’établissement admet, en outre, des auditeurs libres français ou étrangers, qui suivent toutes les leçons mais ne participent pas aux manipulations, aux exercices pratiques et aux visites d’usines
- Indépendamment des bureaux administratifs, des salles de cours ou de conférences, de la bibliothèque et des salles d’études, l’École comprend divers laboratoires bien aménagés.
- Les élèves y apprennent à faire correctement les mesures indispensables. Voici, par exemple l’un d’eux (fig. 4), en train de doser un gluten. Après avoir pesé sur l’une des balances de précision (installées dans une salle voisine, fig. 3) 33 gr 33 de farine qu’il dépose dans un mortier, il y verse un peu d’eau mesurée exactement dans une petite éprouvette et mélange le tout de façon à obtenir une pâte ferme. Saisissant ce pâton, il le malaxe sous un mince filet d’eau au-dessus d’un tamis de cuivre, posé sur une terrine de faïence. Mouillé sur toute sa surface et cons-stamment retourné par les doigts de l’opérateur, le pâton laisse échapper l’amidon. Ce dernier tombe dans le récipient en traversant les mailles du tamis. Le chimiste arrête le lavage quand l’eau s’écoule à peine louche. 11 reste entre ses doigts le gluten qu’il essore à la main ou à l’essoreuse et qu’il place
- Fig. 1. — L'Ecole française de meunerie.
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- Fig. 2 à 5.
- 2. Un des laboratoires d’analyses et de recherches. — 3. L'examen et la pesée des farines. — 4. La séparation et le séchage du gluten. — 5. Les essais mécaniques des pâtes (A droite, le pétrin enregistreur Chopin ; à gauche, l’alvéographe Chopin).
- ensuite dans une étuve électrique maintenue à n5° jusqu’à complète dessiccation. Le poids sec obtenu multiplié par 3 donne la teneur en gluten sec pour ioo gr de farine.
- Les élèves se livrent à bien d’autres manipulations de chimie et de technologie meunière ou boulangère : détermination du poids spécifique des grains de céréales, teneur en protéines des principaux blés français et exotiques, observation des farines, de la pâle et des levures au microscope, expériences relatives à la panification, aux succédanés, aux sous-produits, etc. Des cours sur l’outillage des moulins modernes avec démonstrations sur machines en réduction ou pièces mécaniques détachées entrent dans le vaste programme d’enseignement de l’École, que complètent des travaux pratiques à l’échelle industrielle dans la Meunerie-boulangerie des hôpitaux de Paris (fig. G et 7) où
- fonctionnent des cylindres broyeurs, des sasseui’s, des plansichslers ou autres machines modernes de mouture, et des visites dans les minoteries et les fabriques de pâtes, les biscuiteries et les semouleries de la région parisienne.
- Dans les laboratoires de recherches (fig. 2) sis au rez-de chaussée et au premier étage du bâtiment de la rue Nicolas-Fortin, des docteurs ès sciences et des ingénieurs agronomes spécialisés poursuivent des travaux plus Originaux ou exécutent, sur commandes, des analyses chimiques, des examens physiques et microbiologiques. Parmi les divers instruments de contrôle industriel que nous y avons vus, au cours de notre récente visite, signalons les pétrins enregistreurs, les exlensimètres et les alvéographes, qui permetent d’estimer la valeur boulangère d’une farine. Longtemps, on se contenta de doser le gluten comme nous l’avons
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- indiqué ci-dessus ; mais celle mélhode se révèle souvent insuffisante et l’on accorde aujourd’hui beaucoup plus de valeur à la mesure précise de l’élasticité et de la résistance des pâtes boulangères. Entre autres, aux Grands Moulins de Paris, M. Chopin a imaginé un pétrin enregistreur qui, associé à l’alvéographe, perfectionnement récent de son extensimètre, rend aisés les essais de plasticité, devenus très courants.
- Dans les laboratoires de recherches de l’École de Meunerie, on a adopté ces instruments commodes pour caractériser la valeur globale des facteurs influençant les stades successifs d’une panification. Pendant le pétrissage, en effet, la consistance joue le rôle principal en déterminant l’absorption de l’eau par la farine. Durant la fermentation, c’est l’aptitude de la pâte à se transformer en membrane mince qui se révèle d’importance primordiale. Aussi, en soumettant des éprouvettes de pâtes à des essais mécaniques, on peut mesurer leur extensibilité et leur ténacité. Toutefois comme les propriétés plastiques des pâles de farines se modifient au cours de la fermentation, on répète l’essai sur pâtes fermentées.
- Pour faciliter l’étude des facteurs qui influencent la valeur boulangère d’une farine, M. Chopin a réalisé un petit pétrin enregistreur, qui donne des éprouvettes de pâte. L’ensemble de l’appareil repose sur un bâti en fonte sur lequel se trouvent le moteur électrique et un réducteur de vitesse ainsi qu’un tambour servant à inscrire les diagrammes de pétrissage.-
- L’alvéographe Chopin repose sur le même principe que l’extensimètre, antérieurement construit par le même ingénieur (L) ; il comprend des organes servant à délimiter l’éprouvette de pâte : une allonge de verre graduée avec flacon et tuyau de refoulement d’air par vases communicants, une commande centrale, un socle renfermant les dispositifs de régularisation de la tem-
- 1. La Sature, n° 2880, 1er mai !032, p. 31)0.
- pérature et des cases pour le repos préalable des pâtes.
- Pour opérer, on prend les éprouvettes de pâtes, préparées par le pétrin extracteur et après laminage pour les amener à une épaisseur constante, on y découpe au moyen d'un emporte-pièce des pâtons identiques qu’on glisse dans les chambres de repos. Une demi-heure environ après le pétrissage, on met les pâtons sur la platine de l’alvéographe. Puis à l’aide d’une poire de caoutchouc, on souffle sous la pâte un petit volume d’air qui la gonfle en une bulle sphérique croissant jusqu’à rupture, tandis que le manomètre enregisti'e la courbe des déformations. En essayant successivement 5 pâtons de la sorte, on obtient un graphique ou diagramme moyen définissant les caractéristiques de la pâte dont les deux principales sont la ténacité et l’indice de gonflement. L’expérience a montré qu’il existe une relation étroite entre les courbes caractéristiques ainsi obtenues et la valeur boulangère de la farine.
- En résumé, la nouvelle École forme dans sa section des métiers, des ouvriers meuniers qualifiés et dans sa section supérieure des ingénieurs spécialistes capables de diriger des moulins ou des usines d’industries connexes. En outre, ses fondateurs rêvent d’en faire un cenlre d’études sur le blé, la farine et le pain ; ils comptent de plus ouvrir prochainement des cours de perfectionnement de brève durée pour des ouvriers boulangers adultes. Enfin, lorsque la situation financière le permettra, ils espèrent construire, sur un terrain contigu appartenant à la ville de Paris et libre à l’heure actuelle, un moulin moderne ainsi qu’une Ecole de boulangerie autonome. Déjà, du reste, les laboratoires de la rue Nicolas-Fortin ont prouvé leur utilité technique en exécutant au cours de la campagne 1937-1938 plus de 9.000 analyses à la demande de meuniers, de boulangers, de fabriques de pâles alimentaires et de biscuitiers. Jacques Boyer.
- Fig. 6 et 7. — La salle des sasseurs (à gauche) et l’étage des plansk-hters (à droite), à la Meunerie-boulangerie de l’Assistance publique, où les élèves de l’Ecole de meunerie viennent faire des travaux pratiques.
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- LA SIDÉRURGIE PRÉHISTORIQUE
- L’histoire primitive du fer peut être divisée en 3 périodes : a) celle pendant laquelle le fer est d’origine céleste, le fer météorique; b) la période d’ulilisation des dépôts alluvionnaires, magnétite ou limonite; c) enfin la période du fer forgé. Ces 3 époques s’étendent environ depuis l’an /i.ooo avant J.-C. jusqu’à i.ooo avant J.-C. et intéressent surlout l’Asie.
- Période météorique. — Les météorites peuvent se diviser en 3 (Masses : les sidériles ou fers météoriques composés en majeure partie de fer allié à du nickel et du cobalt, la teneur de nickel variant de 7 à i5 pour 100 ; les sidéroliles mélanges de sidérile et d’une gangue siliceuse, et les aéroli-les dans lesquels la teneur en fer est très faible.
- Dans leur passage à travers l’atmosphère, le fer des météorites devient incandescent superficiellement et se recouvre d’une pellicule noire d’oxyde magnétique. Les premiers objets fabriqués à l’aide du fer météorique semblent être les perles tubulaires trouvées dans deux tombes à Gerzah en Égypte, et datant de 3.800 ans environ avant l’ère chrétienne. Leur origine extra-terrestre a été mise en évidence par l’analyse chimique.
- Le fer météorique lorsqu’il est forgé et poli prend un aspect argenté brillant et si le traitement thermique a été effectué à basse température, on observe, sur sa surface ce que l’on appelle les figures de Widmanslalten, dues à la cristallisation à l’état solide, d’alliages de fer et de nickel de teneur différente (Kamanite et taénite). Indiquons incidemment que ces dessins onl semblé exercer une influence importante sur l’industrie de l’acier aussi bien en Europe qu’aux Indes en donnant naissance aux aciers damasquinés, mais dans ces aciers les contrastes et les dessins sont dus à l’existence d’alliages à haute et à faible teneur en carbone.
- Période « alluvionnaire ». — Il faut sauter environ 1.000 ans pour rencontrer des objets en fer d’origine purement terrestre. Ce sont l’épée de fer trouvée à Tell Asmar
- en Mésopotamie et que l’on fait remonter à 2.800 ans avant l’ère chrétienne et la lampe d’Abydos du British Muséum datée 2.600 avant J.-C. Les objets les plus intéressants et les plus abondants de cette période sont les anneaux trouvés surtout dans les tombes mycéniennes et constitués en général de couches successives de différents métaux. L’anneau de Phaestos est constitué par une âme c’e bronze recouverte d’or sur la moitié du cercle et de fer sur l’autre; à Dendra près de Midea on a trouvé plusieurs anneaux constitués de couches successives de métaux suivants : fer, cuivre, plomb et argent. Ces anneaux magiques sont donc en réalité des piles sèches, des couples galvaniques et certains auteurs y voient l’origine scientifique des vertus qu’on leur attribuait. D’après Mülhen, les sables d’Abyssinie, et en particulier de Nubie, renfei’ment de la magnétite et de l’or, la magnétite formant la moitié des résidus lavés. Quand les deux métaux sont fondus dans un creuset, en atmosphère réductrice, l’or fond d’abord et le fer surnage sous forme d’une scorie riche en fer et d’un fer à faible teneur en carbone qui peut être forgé directement. La quantité de fer ainsi recueillie est très faible, ce qui explique que dans la tombe de Tutankamon (i35o avant J.-C.) par exemple, dans tous les bijoux d’or trouvés, on ne trouve que quelques rares incrustations de fer, d’un poids total inférieur à 5 gr !
- Aux Indes, on prépara dans cette période un acier au creuset à haute teneur en carbone, dénommé acier Woolz, en partant de la magnétite. Il servit en particulier à faire les instruments de chirurgie les plus délicats, tels ceux pour les opérations des yeux. En Perse également on a trouvé la trace d’une industrie du fer très développée à celte époque existant à Caradogh près de Tabriz, à partir de l’hématite et de la magnétite. Certains auteurs même y situent le centre initial de la fabrication du fer, dont les migrations en Égypte, aux Indes, en Chine, en Syrie et en Palestine deviennent alors facilement explicables.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- DESTRUCTION DES BLATTES OU CAFARDS
- Les appâts toxiques donnent des résultats plus complets que les pièges.
- La pâte phosphorée mélangée avec un peu de miel ou de sucre est très efficace.
- M. J. A. Gravillon conseiPe l’emploi de boulettes empoi-
- sonnées ainsi composées :
- Farine de froment..................... 300 gr
- Viande en poudre sèche.................. 1 —
- Sucre ordinaire........................ 25 —
- Arséniate de chaux...................... 5 —
- « On malaxe ces produits en les humectant d’eau en quantité suffisante pour obtenir une pâte assez ferme avec laquelle sont préparées les boulettes. Celles-ci sont séchées au four et disséminées le soir dans les pièces infestées.
- On opère ainsi pendant quinze jours à trois semaines.
- Ces appâts étant très toxiques, il ne faut pas laisser les enfants jouer avec ces boulettes ni laisser approcher les chiens et les chats. Le mieux, dans ce cas, est de relever tous les appâts le matin avant de lever les enfants ».
- On peut remplacer l’arséniate de chaux par le tartre stibié.
- Le Dr Romary, à qui on dpit une élude sérieuse des blattes et de leurs mœurs, recommande tout particulièrement l’emploi de l’acide borique :
- Dans une quantité convenable d’eau, de préférence chaude, on fait dissoudre un poids à peu près égal de sucre et d’acide borique (ou de borate de soude), environ 30 grammes de chacun. par litre.
- De cette solution on imbibe de petits cubes de pain. Chaque soir, pendant huit ou dix jours, on dépose aux endroits voulus un nombre suffisant de ces morceaux de pain boriqué.
- La solution peut être préparée à l’avance pour plusieurs jours, l’acide borique en assurant br conservation.
- Ce procédé simple, pratique et efficace n’expose pas à des empoisonnements.
- fl est prudent, quel que soit le procédé utilisé, d’en renouveler l’emploi au bout de quelques semaines ; car si les voisins n'ont pas pris aussi des mesures de destruction, on risque d’être à nouveau envahi par ces dangereux parasites.
- Dans les locaux importants et à bord des navires, le mieux est de procéder à la désinsectisation gazeuse par les procédés connus (sulfuration, nitrosulfuration, chloropicrine, etc.) qui détruit aussi d’autres parasites (rats, souris, punaises, etc.).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1939 (')
- Aucun fait' astronomique saillant à signaler ce mois-ci. Il y aura bien une éclipse totale de Lune, le 3, mais elle sera invisible en France. Mars approche de son opposition et son diamètre atteint à présent ibn. Mais il est si bas sur noire horizon, en raison de sa forte déclinaison australe, que les observations faites ici s’en ressentiront; les bonnes images seront réservées aux observateurs situés beaucoup plus au Sud.
- ) I • •••
- 1 2 3 4 S S
- 7 8 9 10 11 12
- I_____I_____I „
- Fig. I. — Aspects présentés par la planète Vénus au cours de l’année 11)39 (Images renversées, telles qu’on les observe dans une lunette astronomique).
- I, 16 janvier ; 2, 15 février ; 3, 17 mars ; 4, 16 avril ; 5, 16 niai ; 6, 13 juin ; 7, 13 juillet ; 8, 14 août ; 9, 13 septembre ; 10, 13 octobre ; H, 17 novembre ; 12, 17 décembre.
- (D’après l'Annuaire astronomique Flammarion).
- I. — Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, sera de + i4°53/ le icr et de + 2i°5o' le 3r. Durée du jour = 14h3om le ier et i5h/i7m le 3i.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Mai Heure du passage Daie : Mai Heure du passage Date : Mai Heure du passage
- I er ni»47m49s i3 j 1 h4Gni55s 21 1 ih47in24s
- 4 11 47 27 16 11 46 54 28 11 47 42
- 7 11 47 1 *9 11 46 5q 3j 11 48 5
- 10 11 47 0 22 'i 47 9
- Observations physiques. — Ne pas manquer d’observer, chaque jour de ciel clair, le Soleil. Dessiner, mesurer les taches. Voici les éphémérides permet tant d’orienter exactement les dessins et les photographies du Soleil :
- 1. Toutes les heures mentionnées au présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T .U.), compté do 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). Pendant la.période d’application de i’heure d’été, ajouter 1 unité à toutes les heures indiquées ici.
- Date (oh) P Bo L.
- Mai 5 — 23°P>4 0 — 3^6 122)52
- — 10 22,55 0 — 3,22 fi6,4i
- — i5 — 21,28 0 — 2,67 35o,29
- — 20 — jq.85 0 — 2,09 284,16
- — 24 — 18,Go 0 — 1,02 23l,24
- — 25 — 18,27 0 — 1,5o 2 1 8,0 I
- — 3o — 16,54 0 — o,9r 151,85
- Lumière zodiacale. — Elle n’est guère visible , en France,
- à cette époque de l’année , en r; lison de la longue durée
- du jour.
- IL — Lune . — Les pli ases de la Lune , en mai, seront
- les suivantes :
- P. L. le 3, à 15h15m | N. L. le >9, à 4ll25m
- D. Q. le 11, à 10 4o 1 P. Q. le 25, à 23 20
- Age de la L une, le 1e1' mai, i X 0 >h - n [i,3; le 15 mai,
- à o*1 = oL5.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, le G mai, à ioh = — i9°34/ ; le 20 mai, à 2ih = + i9°35/.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), Je ii mai, à 5h. Parallaxe = 54/i5//. Distance — 4o4 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le a3 mai, à i2h. Parallaxe — 59,33//. Dislance = 36S 23i km.
- Occulta lions d’Etoiles et de Planètes par la Lune :
- Magni- Phéno-______Heure
- Date Astre tude mène Paris Uccle
- Mai 6 4572 B. D. — 20° 5m,9 Em. oh 4™,8 oh 901,8
- — 8 5134 B. De—190 6 5 Em. 1 l\i 8 1 46 5
- Eclipse totale de Lune. — Le 3 mai, une importante éclipse totale de Lune se produira. Elle sera imisible en France. L’éclipse commencera à i2h23,n (peu après midi, à Paris, cl, la Lune sera à peu près exactement de l’autre côté de la Terre), le milieu de l’éclipse aura lieu à i5hnm et la fin à i8hom. Grandeur de l’éclipse : 1,182, le diamètre de la Lune étant pris pour l’unité.
- Le début de cette éclipse sera visible en Alaska, dans l’Océan Pacifique, en Australie, dans l’Océan Antarctique, dans l’Océan Indien, à l’Est et au centre de l’Asie.
- La fin sera visible de la partie Ouest de l’Océan Pacifique. de la Polynésie, en Australie, en Asie, dans l’Océan Indien, à Madagascar, en Afrique.
- Marées; Mascaret. — Les plus, grandes marées du mois se produiront au début, à l’époque de la pleine Lune du 3, puis du 18 au a3 (nouvelle Lune le 19). Elles seront peu importantes. Le Mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. — Planètes. — Le tableau suivant, que nous avons dressé à l’aide des renseignements donnés dans VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les éléments nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mai 1939.
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- ASTRE Date : Lever Passage au méridien Coucher
- Mai à Paris de Paris à Paris
- 1 4h33m I 1 h 4 7 m 4gs '9* X 3m
- Soleil . i3 4 15 n 4^ 55 '9 ?o
- 20 4 0 11 47 24 ’9 35
- 1 3 35 10 11 16 27
- Mercure . .3 3 37 10 19 17 2
- 25 3 28 10 4j 18 12
- 1 3 56 9 45 i5 55
- Vénus. .< i3 3 •7 9 5i 16 27
- ' 25 2 59 9 59 16 5g
- J I 0 42 4 49 8 57
- Mars . 13 O *4 4 24 8 33
- 25 23 4i 3 8 5
- Jupiter 13 2 34 8 33 i4 3i
- Saturne . 13 3 28 10 5 16 43
- Uranus 4 53 12 17 *9 4o
- / 3i 3 0 10 2 5 l7 5i
- Neptune . 3; i4 12 •9 >9 20 43 '8 44 3 1 12 13
- Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine
- ah31 m + i4o53' 31 ' 47"o Bélier
- 3 l8 U 18 i4 31 42,2 B.-lier
- 4 5 U 20 5o 3i 37,7 Taureau
- 0 5 i 4- 2 3 i 8,0 26 Baleine
- I 47 + 7 59 6,6 II Baleine
- 3 3 f i5 4i 5,6 S Taureau
- 0 26 + 1 3 12,8 44 Poissons
- 1 20 + 6 3t 12,2 £ Baleine
- 2 4 + 11 43 11,6 £ *3 Baleine
- r9 31 — 23 5 n,4 Sagittaire
- 9 53 — 22 45 12,8 Capricorne
- 20 11 — 22 33 14,6 Capricorne
- 0 3 — 0 55 33,2 27 Baleine Ç..
- 1 36 + 7 3i 14,6 V Baleine
- 3 0 16 42 3,4 P* Bélier
- 3 7 + 11 3,4 53 Bélier
- 11 28 + 4 44 2,4 89 Lion
- 1 T 27 U 4 5o 2,4 89 Lion
- VISIBILITÉ
- (Le matin dans l’aube, \ assez difficile.
- I
- (Dans l’aube, peu obser-( vable. i
- (Seconde partie de la nuit.
- Le matin, dans l’aube. Inobservable.
- jlnobservable.
- I .
- [Presque toute la nuit.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du malin, le Ier mai, à 6h, à 2G°46/ à l’Ouest du Soleil. 11 sera dilli-cilement observable en raison de l’arrivée rapide du jour.
- Vénus, comme Mercure, sera difficile à voir, car elle se rapproche de plus en plus du Soleil et c’est dans l’aube qu’on pourra l’observer. Voir, figure i, son aspect le 16 ma'.
- Mars augmente d’éclat et devient visible pendant la seconde, moitié de la nuit. Mais sa forte déclinaison australe rendra les observations difficiles en France. La planète atteindra un diamètre appai'ent de ib11 à la fin du mois, et sera à la portée des instruments moyens. Pour toutes les données relatives à la présentation du globe de Mars, voir V Annuaire astronomique Flammarion.
- Daphné, la petite planète n° 4i, découverte par Goldsch-midt, en i856 pourra être recherchée à la position ci-après, le icr mai, à oh (T. U.) : ascension droite = déclinaison = + 7°2g/. Voir la carte spéciale publiée au précédent et Bulletin Astronomique » (n° 3o44, page i55).
- Jupiter devient un peu visible le matin, dans l’aube. Le 12 mai, vers 3h45m, observer la curieuse disposition des satellites I, Il et IV à l’Est' de Jupiter. Voici les premiers phénomènes produits par les satellites, que l’on pourra observer depuis la conjonction avec le Soleil : le 23, II. 0. f. ohoul ;
- 24, I. E. c. 3hi8m,8 ; 25, I. 0. f. 2h53m ; 2S, III. Im. 3*24“;
- 3Ü, II. 0. c. ah54m.
- Saturne, dans les Poissons, est inobservable. Voici les éléments de l’anneau pour le i5 mai :
- Grand axe extérieur . .... . . . 30", 7r
- Petit axe extérieur ...........................— 8", 96
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau — i4°,i3p
- Hauteur du Soleil sur le plan de l’annpau . — 12",782
- Le signe — indique que c’est la face sud de l’anneau qui est, visible.
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 9 mai, à gh. Il est ainsi inobservable.
- Neptune .est visible la plus grande partie de la nuit, et on peut l’observer dès là fin du crépuscule. Utiliser pour le trouver la carte donnée au n° 3o4a, du ier février 190g, page 91.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 9. à-1 oh, Mars l.e 10, à i5h, Mercure Le i5, à oh, Jupiter Le 16, à 2[h, Vénus Le 16,à 21 h, Saturne Le 16. à 21 h, Vénus Le 17, à i4h, Mercure Le 17, à 23h, Vénus Le 18, à 12I1, Uranus Le 25, à 8h, Mercure Le 27, à 7b, Neptune
- en conjonct. avec la Lune, à 6°53' S. — Saturne, à oM\b' S .
- — la Lune, à 4°36r S.
- — Saturne, à o°34' N.
- — la Lune, à 3°36' S.
- — la Lune, à 3° 2' S.
- — la Lune, à 2054'S.
- — 0 Poissons (4m,6), à oo 8' S.
- — la Lune, à o<>36' S.
- — TJranus, à 1012' S.
- — la Lune, à 5°2i' N.
- Etoile Polaire; lemps sidéral :
- Date Étoile
- Mu 1er «Pet. Ourse
- — n « —
- — 21 « —
- — 31 « —
- Passage Heure
- Inférieur 22h56mi9s
- — 22 17 0
- — 2i 37 54
- — 20 58 44
- Temps sidéral (l)
- i4h32m 6S i5 11 32 i5 5o 57 x6 3o 23
- Etoiles variables. — Algol est inobservable ce mois-ci.
- Etoiles filantes. — Deux radiants principaux donnent des météores en mai : x° le radiant des Aquarides, situé près de c.Verseau par (026° —• 20) qui est actif du Ier au 6; 20 un autre radiant voisin de a Couronne, situé par (282° + a5°) qui est actif vers le 22 mai.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le icr mai, à ?.3h, ou le i5 mai, à 2 2Jl, est' le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de chasse.
- Au Nord : La Petite Ourse ; Ccphéè, Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- AV Est : L’Aigle; la Lyre; Hercule; la Couronne boréale. Au Sud-Est : Ophiuchus ; le Scorpion.
- Au Sud.: La Vierge; la Balance; les Gémeaux.
- Em. Tou guet.
- I. A 0h, pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La mécanique ondulatoire des systèmes de cor= pUSCUÎes, par L. de Broglie. 1 vol. 25 x 16 de 223 p. et 19 fig., Paris, 193'.). Gauthier-Yillars. Prix : 100 francs.
- Dans eet ouvrage, L. de Broglie présente une Ame d’ensemble du vaste édifice que constitue aujourd’hui la mécanique ondulatoire des systèmes de corpuscules. Il insiste tout particulièrement sur les constantes du mouvement et la théorie du centre de gravité en mécanique ondulatoire ainsi que sur les ensembles de corpuscules en interaction qui constitue l’analogue de la mécanique classique des systèmes de points matériels.
- Dia= et paramagnétisme et structure de la matière,
- par B. Cabrera. 1 vol. 25 x 16 de 78 p., Paris. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann, 1937. Prix : 20 francs. Les phénomènes magnétiques ont permis d’importants progrès en ce qui concerne la structure de la matière. Dans le présent ouvrage, Cabrera relate uniquement ses conceptions et ses expériences ainsi que celles de ses collaborateurs.
- Les cristaux mixtes et leur structure, par P. Dubois. 1 vol. 25 x 10 de 42 p., -Paris. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann, 1938. Prix : 12 francs.
- Cette courte monographie résume tout d’abord les notions de structure cristalline et les généralités sur les cristaux mixtes. Dans les deux derniers chapitres l’auteur examine les cristaux mixtes ayant la structure d’un des constituants ou au contraire une structure différente de celle des constituants.
- Calcul des équilibres physico-chimiques à Laide des données de la spectroscopie, par W. Jeuneiiomme.
- 1 A’ol. in-8, 92 p., Paris. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann, 1937. Prix : 20 francs.
- Les phénomènes spectroscopiuues qui ont joué un rôle fondamental dans rétablissement des théories atomioues et moléculaires permettent actuellement la résolution de problèmes pratiques, en particulier le calcul des équilibres en phase gazeuse. Dans cet ouvrage, M. Jeuneiiomme, après avoir rappelé les notions fondamentales de thermodynamique et de mécanique statistique et qmntiqne, étudie complètement l’hydrogène et ses isotopes, puis les états d’énergie des molécules et des atomes.
- Traité de blanchisserie mécanique. Désinfection et nettoyage à sec, par Maurice Caen. 1 vol., 240 p., 116 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1938. Prix : 90 francs. Le lecteur trouvera ici toutes les indications susceptibles de le guider utilement dans l’établissement et la conduite d’une blanchisserie industrielle ou semi-industrielle.
- Notes de météorologie physique de T observatoire de Zi-Ka-Wei. Fascicule VIII. Étude de la vapeur d’eau, do l’oxygène et des poussières contenues dans l’atmosphère à l’observatoire de Zô-Se, par le R.-P. Pierre Lejay. 1 broch. de 31 x 24, 49 p. Imprimerie de Tou-Se-We, Shanghai, 1938. Malgré la guerre qui a déferlé jusqu’aux pieds de l’observatoire, puisque le speetrographe qui était utilisé pour effectuer les mesures rapportées dans ce mémoire fut déréglé par l’irruption de soldats japonais dans la salle où il se trouvait, le P. Pierre Lejay a continué les observations qui constituent un des rares documents sur la météorologie de la Chine.
- Précis de biologie animale, par M. Aron et P. Grasse. 2° édition, 1 vol., 1201 p., 74 fig. Collection P. C. B. Masson et C10, Paris, 1939. Prix : relié, 130 francs.
- La remarquable collection de précis pour les étudiants de sciences et de médecine préparant le certificat d’études physiques, chimiques et biologiques (P. C. B.) est l’initiation la plus réussie à l’enseignement supérieur. Trois des cinq volumes ont été épuisés en deux ans et ont déjà dû être réédités, après révision et corrections. Les lecteurs de La Nature se souvien-' nent de la série d’articles de M. Aron, professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg, réunis dans son rmlume « Vie et reproduction » ; ai'ec son collaborateur, M. Grassé, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, il a partagé le vaste champ qui leur était tracé et tous deux ont réussi ce tour de force de traiter toute la biologie en un seul volume, sans rien oublier ni négliger des orientations les plus récentes.
- La cellule est présentée d’abord, dans sa constitution phvsico-chimique, sa morphologie, sa physiologie, ses équilibres, sa
- division, pour aboutir à la reproduction, à l’hérédité et à la régénération ; les échanges, la respiration, la nutrition, les mouvements qu’on y observe conduisent aux phénomènes généraux des organismes ; après un rapide défilé (les divers groupes d’animaux, les problèmes de l’espèce et de l’évolution sont discutés avec ampleur. Dans cette nouvelle édition, bien des passages ont, été remaniés pour faire place aux résultats obtenus récemment en cytologie, en embryogénie causale et aux nouvelles acquisitions en fait de respiration élémentaire, de corrélations hormonales, de vitamines, etc. La clarté et l’ordre dans les exposés mettent en œuvre très heureusement une documentation solide, et-parfaitement à jour.
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- Petites bêtes très communes et très humbles, l’escargot, le mille-pattes, la guêpe poliste, les punaises des bois que l’au-lcur a regardé vivre avec patience, avec amour, et dont il conte les merveilles, proimmt. une fois de plus qu’il suffit de bien A'oir pour aller jusqu’au tréfond de la vie et de la philosophie. Et pour fiuii*, le ver à soie, jouet vivant de beaucoup d’enfants, où Pasteur a trouvé l’idée directrice du microbe, de la contagion, de l’isolement, de l’immunité, pendant ce séjour à Aies, parsemé pour lui de douleurs et de maladie, où l’auteur nous conduit en pieux pèlerinage.
- L’année psychologique, par Henri Piéuon. 38 année.
- 2 vol. in-8, 1004 p. Félix Alcan, Paris, 1938, Prix : 175 francs.
- 13S2 analyses bibliographiques des travaux publiés en 1937,
- dans le monde entier, sur tous les sujets intéressant la psychologie, depuis les traités et les manuels jusqu’aux courtes notes, de l’anatomie et de la physiologie nerveuses à la psychotechnique, en passant par tous les chapitres de la psychologie et de la psycho-physiologie, et toutes ces analyses pertinentes, compréhensives, font de VAnnée psychologique l’ouvrage do référence, le guide, sans lequel on ne peut suivre le mouvement actuel des recherches dans ce domaine qui touche à notre vie mentale aussi bien qu’aux essais d’organisation sociale.
- Cette œuvre énorme, répétée chaque année, est loin de représenter toute l’activité du professeur du Collège de France. Son laboratoire est le grand centre français de recherches d’où soi tout nombre de travaux originaux dont certains sont groupés en tête de ce recueil. Ils traitent cette fois de la vision, actuellement soumise à une-analyse physique et chimique serrée (fréquences, longueurs d’onde, pourpre visuel), du sens A'ibratoire, de la sensibilité au froid, de l’appréhension des sons, des éleetrencéphalogrammes, etc.
- Introduction à l’astrologie, par II. Beer. 1 vol. in-8,
- 309 p., 50 fig., 16 photos hors texte. Payot, Paris, 1939.
- Prix : 50 francs.
- Convaincu de l’influence des astres sur la destinée humaine, l’auteur en a voulu donner des preuves. Pour cela, après les explications préliminaires nécessaires et le rappel du vocabulaire spécial, il a choisi un certain nombre d'exemples historiques : Jeanne d’Arc, Einstein, Gœthc, Baudelaire, Philippe II, Sainte-Beuve, Louis XVI, Savonarole, Richelieu, Proudhon, Musset, Bismarck, cent autres, dont il tire l’horoscope d’après la position des astres à l’heure de leur naissance. Celle-ci influerait aussi sur l’écriture et le visage et la dernière partie donne les éléments et les tableaux qui permettent à l’apprenti do s’exercer. Une affirmation nous a surpris, que les savants naissent surtout en hiver, conformément à la « loi des maisons » ; un coup d’œil sur l'Annuaire de l’Académie des Sciences suffit à montrer que les dates de naissance de ses membres se répartissent à peu près également sur tous les mois !
- La vie et ses problèmes, par Jean Rostand. 1 Arol. in-16,
- 211 p. Flammarion, Paris, 1.939. Prix : 17 fr. 50
- Sur le thème éternel : « qu’est-ce que la \rie ? », l’auteur s’exerce une fois de plus. Il passe en revue la structure cellulaire, les limites de taille, la reproduction, le développement, les hormones, la coordination organique, logeai turcs de tissus et d’organes, la régénération, la greffe, le rayonnement vital (?), l’activité, la mort et la vieillesse, toutes les questions en cours d’étude. Et après aArnir repris les thèmes du mécanisme et du Aitalisme, avoir défendu l’évolution, il aboutit à un tableau de la destinée de l’homme d’un pessimisme rationnel.
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- COMMUNICATIONS A LACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du, 3 janvier 1909.
- La chlorose calcaire. — Après avoir précisé que la chlorose calcaire a pour cause principale la carence de fer soluble dans les tissus végétaux, M. Vidal montre que cette carence peut être provoquée par la chaux mise en solution dans une eau chargée de l’anhydride carbonique du sol. 11 est facile de vérifier ce point en arrosant des plantes avec de l’eau de Seltz au cours d’une culture en terre calcaire. L’auteur expose également que l’excès de transpiration peut avoir un rôle dans le déclanchement de la chlorose. En particulier, pour la vigne, ce sont les feuilles jeunes, dont la transpiration est très active, qui sont les plus touchées par la chlorose; de même les cépages les plus sensibles sont ceux dont la transpiration est la plus intense.
- Action de l’eau de Vichy. — Mm€S Belluc, Ranson, MM. Ciiaxjssin et Lescokur ont examiné l’influence sur l’élimination urinaire, soit de l’ingestion massive de l’eau de Vichy (source Hôpital), soit de doses moins importantes ou mieux réparties, ils ont constaté clans le premier cas une augmentation du débit urinaire égale au volume de l’eau ingérée, une diminution de l’urée, une légère diminution de l’acide urique et. une baisse importante de l’acidité et des phosphates. Dans le second cas l’augmentation du débit urinaire est moins sensible ; la diminution de l’acidité et des phosphates reste notable. On est conduit à admettre que l’eau de Vichy provoque^’élimination des phosphates par le tube digestif à l’état dé phosphates alcalino-terreux insolubles. L’action prolongée de l’eau de Vichy peut aboutir à une modification de' la composition du sang où une certaine proportion de -phosphate pourrait être remplacée par des carbonates.
- Séance du 9 janvier 1939.
- Un nouveau cratère à la Réunion. — M. Lacroix expose les changements importants survenus depuis 1927 au Piton de la Fournaise dans l’île de la Réunion. Cette évolution s’est effectuée sans cataclysme, sans bruits, sans oscillations du sol, par de simples ouvertures de fissures, effondrements et montée du magna incandescent. Il est probable que, suivant la théorie de Dalv, l’expansion des gaz intérieurs à pression élevée a joué un rôle important. Un nouveau cratère s’est, formé dont les parois sont hautes de 120 m sur une longueur de 600 m et une largeur de 4oo m. D’autre part l’ancien cratère Bory, inerte depuis un siècle, s’est rempli par une coulée de lave issue d’une fissure de son bord supérieur. Dans leur ensemble les phénomènes actuels paraissent être une réplique atténuée de ceux qui ont donné les anciens cratères.
- Nouvelle cellule photo=électrique. — M. Déchêne a construit une cellule photo-électrique d’un nouveau type. Elle est constituée par une couche de 2 à 3 mm d’oxyde mer-eurique (jaune ou rouge) comprimée entre une anode de cellophane immergée quelques instants dans l’acide sulfurique étendu et un moule en ébonite portant la seconde élec-irode en mercure. L’auteur donne les caractéristiques d’une telle cellule. En particulier, la sensibilité est maxima vers o,55 u et se prolonge dans l’ultra-violet jusqu’à la limite de transparence de la cellophane (0,24 [z). Cette cellule est facile à construire et d’un prix modique; son traînage important la désigne surtout pour des applications qualitatives dans le visible et l’ultra-violet.
- L’élément 87. — L’actinium, privé de ses dérivés, présente immédiatement après sa purification un rayonnement (3 qui croît en manifestant une période voisine de 20 m. Après avoir constaté de fait, MUe Perey a pensé, puis vérifié, qu’il s’agit d’un rayonnement issu d’un nouvel élément formé à partir de l’actinium par rayonnement a. On doit considérer cet élément comme celui de numéro atomique 87, homologue supérieur du caesium. Sa période est de 21 m à 1 m près. 11 s’agirait donc d’un isotope du moldavium décelé spectrographiquement par ïlulubei dans la pollucite, celui-ci ayant une vie beaucoup plus longue.
- La correction de la cataracte. — Après l’opération de la cataracte, il n’est, pas rare d’observer au bout de quelques mois une baisse de l’acuité visuelle, parfois liée à un trouble du vitré. M. Polack pense, sans en avoir la certitude, qu’il peut s’agir d’une action nocive des rayons ultraviolets qui-, avant l’opération, sont, à son avis, arrêtés par le cristallin dsns un œil normal. Il est donc à souhaiter qu’a près l’opération de la cataracte, les verres de correction puissent arrêter les radiations ultra-violettes. Les verres au didyme ne conviennent pas car ils absorbent les radiations jaunes sur lesquelles.se fait la mise au point de l’image rétinienne. Il est préférable d’utiliser des verres au cérium pur dont l’absorption commence vers 0,89 p. pour être totale pour o,35 p.
- Séance du 16 janvier 1989.
- Anaphylaxie locale. — MM. Gosset et Jaiuel et Mme Delaunay ont étudié, chez le lapin, le cycle complet d’un processus d’endo-anaphylaxie du poumon. Un autosérum légèrement hydrolysé, injecté au niveau du poumon, donne une réaction locale discrète et bénigne. Si on pratique sur l’animal, ainsi sensibilisé, une injection intraveineuse du même sérum, des lésions très importantes surgissent, en général localisées au niveau de la première injection. Ces réactions ne se produisent pas si l’injection préparante n’a pas eu lieu ou si l’on a utilisé dans l’une des injections du sérum physiologique. L’identité du produit servant aux deux injections est nécessaire pour que des lésions importantes se produisent.
- L’air ionisé. — On admet généralement qu’un faisceau de rayons X donne dans l’air une ionisation disparaissant avec lui. MM. Reboul et Perrier montrent qu’il se produit cependant des ions de faible mobilité qui ne se recombinent que très lentement. Leur nombre croît d’abord avec la durée d’exposition aux rayons X, puis passe par un maximum. Ces gros ions paraissent se former sur des centres privilégiés, qui ne sont d’ailleurs pas les poussières, car le phénomène subsiste dans une atmosphère qui en est privée. Leur nombre reste très faible, environ un million de fois plus petit que celui des ions ordinaires produits par le même faisceau.
- Les amalgames de nickel. — Le nickel ne sc combine pas directement au mercure. La préparation de l’amalgame de nickel reste cependant possible en présence de l’hydrogène naissant. MM. Bougatjlt, Cattelain et Chabrier montrent qu’il suffit pour cela d’attaquer le nickel par un acide fort et dilué en agitant fortement en présence du mercure. Toutefois le choix de la source d’hydrogène n’est pas indifférent, ; le nickel Raney, les métaux alcalins, l’amalgame de sodium ne provoquent pas la formation de l’amalgame de nickel. Le nickel séparé d’un amalgame ainsi préparé n’est pas pyrophorique. L. Bertrand.
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- 322 Z- NOTES et informations
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Le tremblement de terre du Chili.
- Le Chili est', tout au moins clans sa partie sucl, une des régions d’activité sismique du globe et fait partie de l’anneau instable circum-paeilique. Le il\. janvier, d’après les témoins, un séisme qui ne dura pas moins de 3 mn a secoué la terre sur une étendue de plus de 90.000 km2 comprenant malheureusement des villes importantes comme Conception, Talcahuano, San Rcsendo, Talca, etc. A Valparaiso même la tour de la cathédrale s’inclina dangereusement. Le nombre des victimes dépasse iS.ooo.
- D’après les enregistrements des séismographes, l’épicentre semble s’être trouvé à 87° de latitude sud et 78° longitude ouest et à une profondeur normale pour ce phénomène.
- Conception, dans le passé, a déjà été fortement éprouvée par les tremblements de terre, aux moins six fois : le 2 février 1670, le i5 mars 1607, le 28 juin 17^0, le 26 mars 1761, le 20 février iS35 et' le 28 juillet 1898. Ce dernier était le moins violent, mais tous les autres ont été accompagnés de raz-de-marées dévastateurs. En 1800 par exemple, Conception fut anéantie, un raz-de-marée de 9 m de hauteur ravagea la côte jusqu’à Fernandez à 700 km au nord et détermina une élévation du sol de 1 m à 1 m 0.
- De nombreuses petites secousses sont fréquemment ressenties dont l’épicentre semble être légèrement au sud-ouest (38° sud de latitude, 7o°5 ouest de longitude) du centre actuel.
- Trois jours après, le 27 janvier, un autre fort tremblement de terre fut ressenti en Europe, aux îles Lipari, durant quelques secondes et provoquant simplement quelques dégâts matériels. L’épicentre était à 38°4o' de latitude nord et
- 1 longitude est, et sans doute à peu de profondeur.
- Messine qui ressentit' les tremblements assez forts a, comme Conception, son histoire marquée par des destructions nombreuses : ?.5 Février 1009, 8 juin 1899, 28 mars et
- 7 avril 1780, 5 février et 28 mars 1783,-28 décembre 1908, ce dernier qui fut le plus terrible des séismes qui frappèrent la cité, causa la mort de 77.000 personnes; il y eut
- 2 épicentres dans le détroit de Messine, qui provoquèrent également un raz-de-marée de plus de 10 m de haut et un affaissement du sol de plus de 5o cm dans les envii'ons immédiats de Messine.
- La dessiccation de VAfrique Occidentale.
- On sait que d’une façon générale, la Terre se dessèche lentement. Les témoins géologiques laissés par les fleuves, les rivières, les glaciers montrent qu’aux époques antérieures, leur importance et le volume des eaux en mouvement étaient infiniment plus grands qu’aux époques historiques. Les recherches des spéléologues ont nettement mis en évidence cet « enfouissement progressif des eaux » suivant l’expression de E. Martel.
- Il est une région du globe, dans notre empire colonial, pour laquelle la question présente un intérêt primordial : c’est l’Afrique Occidentale. D’après tous les indices et les vestiges retrouvés, le Sahara fut jadis une région fertile et peuplée; c’est maintenant un désert aride et n’est-il pas à craindre que peu à peu, sous l’influence du vent et des agents atmosphériques, il ne ronge les bords de son immensité, s’avançant vers le Niger et faisant reculer lentement la vie et la végétation devant lui ?
- Une commission franco-anglaise a fait récemment en décembre 1986 et janvier 1987 une prospection étendue dans le Niger et la Nigeria anglaise afin d’étudier le problème en détail et déterminer si ces régions peuplées par plus de i5 millions d’habitants, dont le sol est actuellement fertile, où prospèrent les troupeaux, le coton, les pistaches de terre, les bois, etc..., constituant une richesse intéressante, sont menacées dans un avenir plus ou moins rapproché d’être détruites par l’invasion du désert.
- Les géologues sont d’accord pour faire remonter au début du quaternaire l’existence des vallées, larges parfois de plusieurs kilomètres et longues de plusieurs centaines de kilomètres, que l’on rencontre dans le Sahara et le Soudan. Depuis cette époque, ces contrées sont devenues plus arides, mais, comme dans l’Est Africain, la dessiccation n’a pas été continue, et il y a eu au moins une période durant laquelle elle fut plus intense qu’à l’heure actuelle.
- C’est ainsi par exemple que dans le Soudan Occidental, on rencontre d’énormes étendues recouvertes d’un manteau épais de sable sur lequel la végétation a pris, comme dans le Mangu et fixé définitivement les dunes; forêts, plantes, herbes ont donc fait rétrograder le désert qui, à une époque antérieure était plus étendu que maintenant. On peut trouver d’autre preuves indirectes de l’existence de cycles de périodes sèches et humides, mais elles s’étendent sur des dunes si grandes qu’on- ne peut dire avec certitude si actuellement nous sommes dans une période de dessiccation ou au contraire d’humidité. Il semble cependant que ce soit plus vraisemblablement une période d’humidification qui règne actuellement, ce qui fait que l’avenir des populations indigènes n’est pas menacé.
- Les dunes du Sahara, sous l’influence du vent, progressent d’environ i5 m par an dans une direction sud-ouest et pourraient être fixées par une barrière de forêts s’étendant jusqu’au lac Tchad. IL V.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Le métaphosphate de calcium comme engrais.
- L’usine américaine géante de Muscle Sliools dans l’Ala-baina a été édifiée par le gouvernement en vue de la fabrication des engrais nécessaires à l’agriculture. Parmi ceux-ci, l’usine produit en particulier du métaphosphate de calcium, renfermant 60 à 70 pour 100 d’anhydride phosphorique P203 dont 99 pour 100 est assimilable par les plantes. Cet engrais est beaucoup plus avantageux que le phosphate ordinaire ne renfermant que iG à 20 pour xoo d’anhydride phosphorique assimilable ou les superphosphates concentrés dans lesquels la teneur ne dépasse pas 5o pour xoo.
- Le métaphosphate de calcium se présente sous l’aspect d’un verre transparent coloré par les impuretés. Il est lentement soluble dans l’eau et dans le sol après broyage. Pour le préparer, on part des vapeurs d’anhydride phosphorique obtenues par combustion du phosphore que l’on dirige dans un four rempli de phosphate de chaux. Par réglage de la température, la réaction se produit et le métaphosphate formé coule à l’état fondu à la partie inférieure de l’appareil. L’avantage du métaphosphate est dû d’une part au fait qu’au lieu de transporter le minerai (le phosphate) à l’usine, on peut le traiter sur place, en amenant le phosphore, d’où économie considérable de frais de transport, d’autre part pour un même poids d’engrais on a une quantité plus importante de produit utile, d’où encore économie de transport.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS == 833
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil photographique minuscule.
- A côté des appareils de poche, on réalise aujourd’hui de véritables appareils <c de gousset' », sous forme de plus en plus réduite. Voici un nouvel appareil qui présente, à cet égard, des particularités extrêmement remarquables.
- Sous un volume total ne dépassant pas 60 x 60 x 5o mm, cet appareil minuscule est du format ik x 36 mm.
- À l’encontre des appareils ordinaires ik x 36, il est équipé pour l’emploi des plaques; c’est la première fois qu’il est possible d’employer des plaques et la mise au point sur verre dépoli avec un appareil de si petit format. Un porte-films spécial permet également l’emploi des bobines de film, mais en bobines de 6 à 8 poses, et cette faculté d’employer à volonté des plaques et des films augmente les possibilités d’utilisation. La présentation des plaques
- Fig. 1. — Appareil photographique de gousset « Compass » à télémètre couplé et posemètre incorporé pour plaques et films 24 x 36 mm.
- I. Niveau ; 2. Index, des distances ; 3. Verrou ; 4. Poussoir instantané ; 5. PoulôJSbdes diaphragmes ; 6. Guichet des diaphragmes : 7. Vis stéréoscopique ; 8. Viseur d’angle ; 9. Support universel ; 10. Pare-soleil ; II. Guichet des filtres ; 12. Poulie
- des filtres ; 13. Flèche des instantanés ; 14. Poussoir pose ; 15. Couvercle cache-poussière ; 16. Centre-mobile ; 17. Poulet
- de remontage ; 18. Bague des temps de pose ; 19. Bague de mise
- au point.
- dans des châssis distincts en papier noir qu’on place dans
- • des châssis métalliques permet le chargement et le déchai'ge-ment en pleine lumière.
- L’objectif d’une ouverture de F : 3,5 a une distance focale relativement’ courte de 35 mm, et une ouverture assez grande pour permettre les prises de vues, même dans des conditions défavorables de lumière.
- L’obturateur, d’une conception nouvelle, pei’met la pose et des vitesses de 4 1/2 secondes à i/5oo, avec un réglage d’une précision absolue.
- L’appareil comporte un posemètre optique indiquant le temps d’exposition avec une précision suffisante, et qui
- • comporte une réglette transparente graduée, en rapport avec les temps de pose, les diaphragmes, les écrans, et les émulsions employées. Ce posemètre fait partie du viseur.
- L’objectif comporte un bouchon solidaire de l’appareil portant, à la partie supérieure, une table de profondeur de champ, des écrans-filtres logés dans la monture et amenés à la position convenable au moyen d’une molette.
- La courte longueur focale de l’objectif facilite la mise au point, et celle-ci est rendue plus précise par l’emploi d’un télémètre couplé avec l’objectif, donnant une image circulaire orange superposée. Pour obtenir une mise au point, il suffit de tourner la bague de mise au point de l’objectif, jusqu’à ce que les deux images bleue et orange coïncident.
- Les viseurs sont également très originaux. Un viseur d’angle permet de prendre des instantanés à angle droit de la direction dans laquelle on se place. Un dispositif spécial permet des prises de vues panoramiques sous un angle de 24o°, sans difficulté d’assemblage. Un trou central pour le. pied est prévu, une glissière entrant dans l’appareil permet, les prises de vues stéréoscopiques, un niveau est disposé sur la partie supérieure; enfin, un trépied ingénieusement conçu ne tient pas plus de place qu’un stylographe !
- CAMPING
- Tente de camping pneumatique.
- Le campeur n’a pas toujours à sa disposition un véhicule spacieux pour transporter son matériel ; un abri léger, pliable, de dimensions réduites est précieux. La plupart des tentes exigent l’usage de montants, supports métalliques ou en bois, plus ou moins longs et lourds. Une tente imperméable plus originale a été réalisée en Angleterre, et on la trouve désormais en France.
- Cette tente, de forme pyramidale, est pneumatique, c’est-à-dire que les arêtes de la pyramide sont constituées par clés boudins en caoutchouc que l’on peut gonfler au moyen d’une pompe à bicyclette ou d’automobile, et qui assurent une tension satisfaisante et un bon équilibre.
- L’entrée de la tente est une ouverture circulaire, le montage et le démontage sont très rapides. Les modèles les plus perfectionnés sont montés et démontés en 7 mn avec une seule main.
- Sur le même principe, existent plusieurs types : le petit modèle a 2 m 10 clc largeur, 2 m 10 de profondeur et 1 m 80 de hauteur ; une tente de famille avec 3 ouvertures et 3 baies d’aéralion a une hauteur de 2 m et offre une surface de 9 m2. Ces deux modèles sont contenus pour le transport dans un étui imperméable.
- Camping, i/i, rue de l’Amiral Mouchez, Paris (i4e).
- Fig. 2. -— La lente pneumatique.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Photographie aériene automatique. Constructeurs des appareils : Société Jules Richard, 25, rue Mélingue, Paris.
- M. Bourgeau, à Mallicolo (Nouvelles-Hébrides). —
- 1° Les pétards sont de petites cartouches en carton roulé contenant de la poudre à canon ordinaire (soufre, salpêtre, charbon) munies d’une mèche dépassante, que l’on a étranglées pour empêcher la poudre de fuser et lui laisser le temps de développer les gaz dont la pression fera éclater l’enveloppe avec bruit.
- 2° Les feux de Bengale sont constitués par les mélanges suivants que l’on tasse dans un moule en carton :
- Le pulverin est de la poudre à canon tamisée.
- Feu blanc. Feu rouge.
- Salpêtre 700 Chlorate de potasse. . 475
- Soufre 180 Sulfate de strontiane. 440
- Pulverin 120 Gomme laque .... 85
- Feu jaune. Feu bleu.
- Chlorate de potasse. . 625 Chlorate de potasse. . 635
- Oxalalc de soude. . . 250 Oxychlorure de cuivre. 342
- Gomme laque .... 125 Soufre 23
- Feu vert. Feu violet.
- Azotate de baryte . . 415 Chlorate de potasse. . 440
- Chlorate de potasse. . 335 Soufre 290
- Chlorure de plomb. . 120 Azotate de strontiane. 190
- Gomme laque .... 120 Oxychlorure de cuivre. 45
- Oxychlorure de cuivre. 8 Calomel 35
- M. L’Abbé Questiaux, à Dinard. — II n’est pas habituel de mouiller les feuilles sur lesquelles se trouve de l’écriture ; la plupart des encres supportent mal cette épreuve ; quoi qu’il en soit, vous pourrez donner plus de fixité à votre encre au bleu de méthylène en y ajoutant de l’alun ; la formule suivante vous donnera très probablement satisfaction :
- Bleu de méthylène pur. ... 5 gr
- Alun pulvérisé ....... 10 —
- Eau distillée................. 500 —
- Alcool à 95°................... 30 cm3
- Délayer le bleu pulvérisé dans l’alcool de façon à obtenir une sorte de bouillie, ajouter ensuite peu à peu et en secouant le récipient contenant le liquide, environ la moitié de l’eau indiquée. Après dissolution complète ajouter l’alun dissous dans le reste de l’eau, puis finalement :
- Glycérine........................... 25 gr
- Mélanger, filtrer de façon à avoir une solution de limpidité parfaite sans quoi on s’exposerait à des obstructions du canal d’alimentation de la plume du stylo.
- M. H. de Luserna, à Genève. — Nous avons publié dans le n° 3021, p. 182, les données que nous possédions sur la constitution des « farts » employés par les skieurs. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Kaufmann, à Bouxiwiller (Bas-B-hin). — Pour nettoyer un linoléum encrassé, il vous suffira de le brosser énergiquement avec de l’eau tiède dans laquelle vous aurez fait dissoudre un peu de savon mou et de carbonate de soude (cristaux des ménagères) rincer ensuite soigneusement à l’eau également tiède, laisser bien sécher.
- Finalement passer au moyen d’un tampon de flanelle une couche légère d’huile de lin siccativée, attendre autant que possible deux ou trois jours avant de circuler directement sur le linoléum qui pendant ce temps sera protégé par quelques journaux ou vieux tapis dans les passages.
- M. Pimienta, à Casablanca. — 1° Nous n’avons pas connaissance du ciment cellulosique gonflant au séchage dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner à son sujet.
- 2° Nous avons décrit dans le n° 3003, p. 574, un dispositif très simple permettant de couper le verre sous forme de tubes’'ou de flacons, veuillez bien vous y reporter.
- 3° Les échantillons de papiers adhésifs que vous nous avez soumis sont trop exigus pour que nous puissions nous faire une opinion, il faudrait en soumettre une quantité plus importante à un laboratoire qui en ferait l’analyse, ce dont nous ne pouvons nous charger.
- 4° Les mucilages employés comme fixateurs de la chevelure sont généralement à base de pépins de coings ou de semences de psyllium (herbe -aux puces) ; vous pourrez prendre par
- exemple :
- Pépins de coings................. 200 gr
- Eau distillée tiède.............. 1.000 cm3
- Laisser en contact une demi-journée au moins, passer, exprimer à travers une toile fine, ajouter le parfum puis à deux grammes de formol du commerce pour en assurer la conservation, mettre en pots.
- Dans le cas où on désirerait un mucilage plus ferme, il suffirait d’ajouter 5 à 10 gr de gomme adragante, au moment de la macération.
- 5° et 0° La maison Rhône-Poulenc, 40, rue des Ecoles, à Paris, vous fournira au détail tous produits chimiques.
- 7° L’éliminateur d’hyposulfite après fixage dont vous parlez est très probablement une solution d’iode dans l’iodure de potassium.
- 8° Pour récupérer l’argent de vos bains photographiques, le mieux est de le précipiter par l’acide chlorhydrique à l’état de chlorure d’argent ; celui-ci bien lavé et séché sera ensuite fondu dans un creuset en prenant 100 parties de chlorure d’argent, 70 parties de craie et 4 parties de charbon de bois pulvérisé.
- On peut également traiter ce chlorure d’argent par voie humide en le mettant en suspension dans l’eau et en précipitant l’argent à l’état métallique par une lame de zinc ou de fer.
- 9° La liqueur de Schweitzer étant ammoniacale altérerait forcément la gélatine de votre épreuve photographique, celle-ci serait donc détruite en même temps que le papier support.
- 10° On peut remplacer l’acétone dans la composition de l’encre pour écrire sur le celluloïd par l’acide acétique cristallisa-ble, les traits obtenus sont paraît-il très nets et se détachent en mat sur le fond brillant.
- 11° Nous n’entrevoyons pas de solution facile pour l’obtention de vos engrenages moulés.
- A. M., Mayenne. — Étant bien entendu que l’appareil fonctionne dans un air parfaitement sec, empêchant une déperdition d’électricité, si votre machine de Wimshurst a un fonctionnement imparfait, c’est que les frottoirs n’appuient pas assez sur les disques.
- Des recherches récentes (The Paper Maher, 1er juin 1937, technical supplément, p. 81) ont en effet démontré que l’élec-ti-isation dans ces conditions était un phénomène de piézo-électricité, fonction directe de la pression.
- Nous vous engageons donc, par une disposition convenable, vis à molette par exemple, à régler cette pression des frottoirs, qui joue un rôle capital.
- A. F., à Lorient. — Le capsulage des bouteilles à vin par badigeonnage au moyen d’une peinture à l’huile, nous paraît contre-indiqué, l’essence de térébenthine, que contient celle-ci, étant susceptible, au travers des pores du bouchon, d’aller communiquer au vin un goût désagréable.
- A notre avis il faut s’en tenir à l’emploi de la cire à bouteille, laquelle employée chaude, stérilise la tête du bouchon, volatilise l’eau qui se trouve sur le goulot, assure ainsi l’adhérence et prévient tout développement de moisissures ou intervention de la teigne des caves ; avantages que ne présenterait pqs un capsulage à froid, dans un milieu forcément humide.
- Le Gérant
- G. Masson,
- imprimé PAR BARNÉOUD frères et c*® a laval (france). — 1-4-1939 — Published in France.
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- N° 3047
- LA NATURE
- 15 Avril 1939
- L’ECLIPSE PARTIELLE DE SOLEIL DU 19 AVRIL
- Le Bulletin astronomique publié mensuellement ici a déjà annoncé cette éclipse, et précisé qu’annulaire pour le Nord de l’Amérique et les environs du pôle, elle ne sera que partielle pour l’Ouest de l’Europe et même d’assez peu d’importance. Mais par contre, de nos régions, elle pourra offrir un caractère spectaculaire digne d’être remarqué.
- Pour la France en effet le phénomène débutera peu avant le coucher du Soleil ; si bien que sur près de la moitié de noire territoire on verra ce dernier disparaî-
- Fig. 1. — Comment de la région parisienne, on verra l’éclipse du 19 avril.
- Hauteur à laquelle, comparativement à son diamètre, se trouvera le Soleil au moment de la plus grande phase. — En cartouche, marche de l’éclipse : A, premier contact ; B, phase maximum ; C, phase au moment du coucher.
- phénomène ne sera pas à la même phase à cet instant. Il faut aussi tenir compte du fait que l’horizon terrestre est souvent plus ou moins accidenté, ou même volontiers oblitéré par des collines, bouquets d arbres et édifices élevés : le Soleil peut donc cesser d’être vu bien avant l’heure de son coucher réel, C’est à peu près uniquement au bord de la mer que la condition théorique se trouve réalisée, et partant, les observateurs situés sur nos côtes tournées vers l’ouest seront plus favorisés que ceux de l’intérieur et surtout
- r
- Fig. 2. — Grandeur de l’éclipse pour différentes villes de France.
- Ire vers l’heure de la plus grande phase et que la fin ne pourra être notée. Un point de notre sol fait seul exception : Brest et la pointe extrême de la Bretagne seront favorisés de la vision complète de toùtes les phases.
- Si donc le ciel est propice et que les circonstances s’y prêtent, entendons par là une étendue suffisamment dégagée permettant de contempler au mieux le coucher de l’astre du jour, on verra celui-ci plonger derrière l’horizon sous l’aspect d’un disque plus ou moins échancré, selon le lieu d’observation. C’est que d'une part, et d’après les conditions de production de celle éclipse, elle offrira plus d’importance' pour nos départements du Nord que pour ceux du Midi ; et que d’autre part il faut tenir compte de l’heui'e du coucher du Soleil qui, différente pour chaque lieu, fera que le
- que les citadins. Bornons-nous donc à attirer l'attention sur le spectacle que, ce soir-là, d’une manière ou d’une autre, le Soleil offrira au moment de disparaître.
- A titre d’indications générales, sur lesquelles on pourra se baser, voici les données relatives à la région parisienne.
- Pour Paris même, le commencement de l’éclipse aura lieu à 17 h 36 m, 2, la plus grande phase (grandeur — 0,00/1, le diamètre solaire étant 1) à 18 h 21 m, 5 et le coucher du Soleil à 18 h. 46 m. La figure 1 permet d’apprécier à quelle faible hauteur, comparativement à son diamètre, se trouvera le Soleil au-dessus de l’horizon au moment du maximum.
- Du Nord au Sud de la France, et d’Est en Ouest, l'effet parallactique entraîne de légères différences
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- d’heure ainsi que de grandeur de leclip.se (fig. 2). Voici les principales, d’après les éléments fournis par l’.-ln-nuaire du Bureau des Longitudes.
- Commen-
- Lieu cement
- Bordeaux . . . 17h48ra8
- Brest 17 37 7
- Clermont-Ferrand. 17 44 9
- La Rochelle . . 17 44 6
- Lille 17 3i 2
- Lyon ..... Marsèille . . . 17 44 7 17 52 0
- Nantes .... 17 4i 3
- Nice ...... 17 49 b
- Plus grande phase Fin Grandeur
- i8h26m4 o,ig4
- l8 22 I I9h4mO 0,264
- |8 25 0 0,234
- 18 24 9 0,220
- l8 19 2 0,349
- 18 24 9 0,240
- 18 27 4 0,185
- 18 23 7 0,248
- 18 26 5 0,205
- Lieu Commen- cement Plus grande phase
- Rennes . . . . 17h38m5 l8h22m6
- Rouen . . . . 17 34 6 18 20 8
- Strasbourg . . . 17 35 9 18 21 0
- Toulon . . . . 17 52 3 18 27 5
- Toulouse . . 17 52 5 18 27 7
- Grandeur
- 0,269
- 0,3io
- 0,322
- 0,i84 0, 178
- Les différences étant peu importantes pour une certaine étendue on aura, d’après la situation de chacun par rapport à ces centres principaux, des données suffisantes pour se préparer à suivre la marche du phénomène qui fera, à tout le moins, l’objet d’une curieuse observation. Lucien Rudaux.
- LA FABRICATION DES FEUILLES TRANSPARENTES
- A BASE DE CELLULOSE
- Tout le monde connaît les feuilles transparentes à base de cellulose, diaphanes comme du verre et souples comme du papier avec lesquelles on enveloppe aujourd’hui, d’une façon élégante et très hygiénique, nombre de produits alimentaires. Leurs ancêtres sont les pellicules de gélatine, qui se vendaient déjà en France, dès le milieu du siècle dernier. On les fabriquait alors en versant, sur des plaques de verre, une solution de gélatine, qu’on faisait ensuite sécher. Mais indépendamment de leur prix élevé, elles avaient le grave défaut, pour des emballages, de pouvoir se dissoudre dans l’eau. Aujourd’hui, on les produit en bandes continues par des procédés analogues à ceux que nous décrirons plus loin ; en outre, on les imperméabilise en les plongeant dans une bain de formaldéhyde afin de les rendre peu hygroscopiques.
- Toutefois elles ne sauraient guère détrôner les feuilles cellulosiques transparentes, qui se préparent maintenant en partant de la viscose, soie artificielle dérivée elle-même d’une pâte de bois au bisulfite. Celle-ci doit posséder une teneur en cellulose pure d’au moins 88 pour 100 et ne pas contenir d'impuretés résineuses. La pellicule transparente de viscose fut découverte en 1908, par le chimiste suisse J. F. Brandenberger, docteur de l’Université de Berne, qui fonda, en 1913, la Société française « La Cellophane » dont les débuts furent laborieux par suite des difficultés de fabrication. Aussi le succès commercial de l’invention vint lentement mais finit néanmoins par s’affirmer. Aujourd'hui les brevets Brandenberger sont exploités, sur une vaste échelle, dans divers pays, principalement en Allemagne par la firme Kalle et C° à Wiesbaden et aux États-Unis par l’importante société chimique Du Pont de Nemours.
- Quant aux feuilles de cellulose à l'oxvde de cuivre, lancées il y a quelques années par une maison allemande sous le nom de « Trans-phan », leur fabrication est actuellement abandonnée. Au contraire, les feuilles d’acétate de cellulose, d’introduction récente sur le marché, sous les dénominations commerciales d’ « Ultraphan » ou d’ « Acetophan », paraissent posséder d’intéressantes qualités, qui les feront sans doute rechercher dans l’avenir.
- D’une manière générale, d’après M. Yoland Mayor, les procédés d’obtention des feuilles à la viscose reposent sur le principe fondamental suivant. On commence par préparer une solution de viscose qu’on introduit, après concentration et mûrissement convenable, dans un bac d’alimentation percé d’une fente par où elle s’écoule dans un bain de coagulation (sulfate de soude ou d’ammonium) ayant pour but de la transformer en mince pellicule.
- Fig. J. — Bacs digesteurs des plaques de pâte de bois.
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- Une fois coagulée, on soumet la feuille à l’action d’un nouveau bain acide qui régénère la cellulose. On élimine ensuite le soufre et les autres composés cellulosiques qui se forment, en faisant passer la feuille dans un autre bain. Ensuite on la blanchit, on la lave et après addition d’un assouplissant, il ne reste plus qua la dessécher partiellement.
- Toutefois ces opérations nécessitent de délicates mises au point techniques. En particulier, au moment où la pellicule prend naissance dans le hain de coagulation, elle n’offre pas grande résistance et par conséquent elle a tendance à se déchirer. Il faut donc lui fournir un support tout en l’immergeant dans le bain, de manière que la coagulation s’effectue sur les deux faces.
- Industriellement, les techniciens ont réalisé ces conditions théoriques de différentes manières. Cross, Bewan et Beadle commencent par transformer la cellulose en alcali-cellulose, en faisant digérer les plaques de pâte de bois dans une solution de soude caustique à 17-18 pour 100. Cette digestion qui dure plusieurs heures, s’opère dans des presses constituées chacune par un bac rectangulaire dans lequel on dispose des plaques de pâte de bois maintenues verticalement par des tôles minces (fig-. 1). Une fois que le chimiste juge le trempage suffisant, on procède au pressage afin d’évacuer l’excès du liquide alcalin. A cet effet, un plateau mobile disposé vers un des petits côtés du bac trem-peur et actionné par le piston d’une presse hydraulique permet de presser énergiquement les bandes l’alcali-cellulose, qu’on insère ensuite dans les déchi-queleurs afin de les réduire à l’état floconneux (fig. 2). Ces appareils sont des récipients métalliques tournant autour d’un axe horizontal et à l’intérieur desquels se trouvent des bras mobiles munis de dents. Au bout de 2 h de brassage, l’alcali-cellulose se présente sous forme de fins flocons qu’on recueille dans des tanks ou bacs de tôle d'acier maintenus à une température de 24° durant une soixantaine d’heures afin de faire « mûrir » le produit (fig. 3).
- La réaction, qui donne l’alcali-cellulose, s’exprime par la formule suivante :
- C6H10O5 + NaOH = CcH904NaO + H20.
- Après son « mûrissement », on soumet l’alcali-cel-lulose à l’action du sulfure de carbone qui, en se combinant avec les alcoolates alcalins, forme des xanthates ou sulfocarbonates à radical alcoolique, selon l’équation :
- .NaO
- CS2 + C6H904Na0 = CS<;
- \S(CaH9OJ.
- Cette transformation chimique s’effectue d’ordinaire -dans des sortes de barattes munies d’une chemise à circulation d’eau, Chaque appareil renferme environ 33o kgr d’alcali-cellulose auxquels on ajoute un dixième de son poids de sulfure de carbone ; il tourne lentement autour d’un axe horizontal ; les regards
- Fig. 2. — Déchiqueteurs (Dans ces tambours mobiles,-un énergique brassage réduit les bandes d’alcali-cellulose à l’état floconneux).
- vitrés qu’il possède permettent d’y suivre la marche de l’opération, d’une durée moyenne de 2 h (fig. 4)« Au cours de celle-ci, la température monte progressivement de 18 à 25° tandis que la masse traitée change de couleur, pas'sant du blanc jaunâtre au rouge orangé. Cette teinte indique la formation du xanthate de cellulose, qu’on recueille en vidangeant la baratte après avoir aspiré les vapeurs de sulfure de cai’bone en excès.
- On reprend ensuite le xanthate de cellulose, qu’on traite encore par une solution étendue de soude caustique. Cette dissolution s’effectue dans un mélangeur, vaste récipient métallique à double paroi à l’intérieur duquel tournent des palettes. Au bout d’environ 3 h, on obtient finalement une masse pâteuse, qui, à la sortie du mélangeur, doit subir un nouveau mûrissement, dans des réservoirs métalliques, installés eux-mêmes dans une cave maintenue à la température constante de i5° pendant 6 à 8 jours. Cette maturation favorise la formation de produits polymérisés, modifie l’aptitude de la cellulose à la coagulation et la rend plus transparente. Toutefois, on ignore encore le mécanisme chimique de cette opération reconnue pourtant indispensable et qu’on arrête une fois la viscosité convenable atteinte.
- On eoutrôle parfois le « mûrissement » en titrant la solution de viscose par l’iode en milieu acétique. On obtient, de la sorte, un indice d’iode, qui permet d’évaluer le degré de polymérisation de la cellulose. On peut doser également, au moyen du permanganate, le soufre contenu dans la masse et dans les sub-
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- Fig. 3.
- — Atelier de a
- A-U-L,- y-
- mûrissement » des flocons
- X 'i-.s~S-K>,. t-L tli »usy'\ à <^C~ ,'i" U <0
- d’alcali-cellulose. •
- s-^*_ '5 s-;. ^ ixi.
- stances de dédoublement : on calcule ainsi celui qui se trouve combiné à la cellulose et par suite la marche de la polymérisation. Mais comme le note un ingénieur spécialiste, Robert Gabillon, dans son excellent ouvrage sur Les soies artificielles « les données qu’on utilise ont une certaine part d’empirisme, c’est ce qui
- fait que l’expérience acquise dans une usine ne peut être appliquée dans une autre, sans une nouvelle mise au point et que la fabrication d’un produit dont les propriétés sont rigoureusement constantes est encore très difficile à réaliser ».
- Quoi qu’il en soit, après ce dernier « mûrissement », la nappe viscosique passe dans une trémie dont l’ouverture détermine la largeur et l’épaisseur de la feuille. Celle-ci tombe dans un bain coagulant où elle se solidifie. Puis elle subit divers traitements chimiques ayant pour but d’éliminer autant que possible les impuretés. Finalement après plusieurs lavages et séchages, la viscose incolore va s’enrouler sur des tambours cylindriques (fig. 5) d’où elle sort sous forme, de bobines de go cm à i m de largeur mais d’une longueur très variable. On enveloppe alors ces dernières avec des feuilles cellulosiques de rebut pour les préserver au cours de voyage (fig. 6).
- Le procédé Brandenberger, employé dans l'usine de La Cellophane de Bezons (S.-et-O.), comporte quelques variantes. On introduit directement la cellulose dans le bain de coagulation. Puis tant que la pellicule n’offre pas une résistance suffisante, elle se trouve entraînée par une série de tambours assez rapprochés les uns des autres pour quelle s’appuie constamment sur l’un d’entre eux et pour qu’elle présente alternativement ses deux faces à l’action du liquide. Après son
- Fig. 4. — Appareils où se forme le xanthaie de cellulose (Les regards ci très permettent de surveiller la marche de l’opération).
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- passage à travers les bains acides, la pellicule, devenue assez résistante et n’ayant plus besoin de support sur tout son parcours, passe suides tambours disposés en deux rangées placés l’un dans le fond, l’autre au-dessus des bacs.
- Pour amorcer l’opération, le D! Brandenber-ger a indiqué divers perfectionnements de détail, dans des brevets ultérieurs. Par exemple, avant de remplir avec la solution de cellulose la trémie d’alimentation, on insère l’extrémité d’une bande de toile qui devra parcourir le môme chemin que la future pellicule, dans la fente inférieure de l’appareil et on obture celle-ci à l’aide d’une corde. A la sortie de la machine,, la toile s’enroule à part tandis que la languette terminale, dont on a eu soin de munir cette dernière, permet de la détacher aisément de la pellicule, au fur et à mesure. Le même chimiste a imaginé aussi des trémies à débit variable : les unes ont des fentes de largeur réglable, les autres possèdent des ouvertures d’épaisseur constante mais on fait régner, dans leur intérieur, une pression plus ou moins forte suivant le genre des pellicules désirées.
- Dans le procédé « Transparit » de la firme allemande Wolff et C°, on verse la viscose, en dehors du bain coagulant, sur la partie supérieure d’un gros tambour de support, qui y plonge aux deux tiers et dont la rotation facilite la pénétration du liquide. Pour que la coagulation s’effectue dès le début sur les deux faces de la pellicule, on asperge ledit tambour d’un acide avant que la solution viscosique ne s’y répande. On calcule, en outre, les dimensions du cylindre et sa vitesse de rotation pour que la coagulation et le durcissement se trouvent assez avancés avant l’achèvement d’un tour complet. Par suite, la pellicule peut se passer de support et on la détache pour la conduire dans les bains suivants où un mécanisme d’entraînement la dirige, comme nous l’avons indiqué précédemment.
- L’autrichien J. Jacobson prépare les pellicules de viscose sur un support formé par une bande, passant en circuit fermé dans les différents bacs et plongeant à travers la solution cellulosique. De cette façon, on évite l'emploi délicat des trémies. Le réglage de l’épaisseur de la feuille s’opère en faisant varier soit la vitesse d’avancement, soit la longueur du cheminement de la lanière-support dans le bain.
- D’ailleurs, le séchage ne doit pas s’effectuer de façon complète, sinon les feuilles seraient cassantes. Afin d’éviter cet inconvénient, la « Cellophane » les plonge, après coagulation, désulfux-ation et lavages, dans un bain d’eau glycérinée de densité variant entre i,oog et 1,013 selon le degré de souplesse que l’on veut obtenir. Cette société effectue le « mi-séchage )> d’après les indications suivantes du Dr Brandenberger. La pellicule passe entre deux séries de tambours tournants. Ceux de la rangée inférieure sont creux, étanches, actionnés mécaniquement et chauffés intérieurement
- - Tambours cylindriques débitant les feuilles cellulosiques en bobines de largeurs variées.
- par un courant de vapeur. D’autres cylindres, constitués par des tronçons de tubes, sont posés simplement sur les précédents, qui les entraînent. Par suite de ces dispositions mécaniques, les deux faces de la pellicule, supportées en tous points pendant leur cheminement, ne se déforment pas et étant alternativement libres, perdent partiellement leur humidité. Si bien qu’elles ressortent, à l’autre extrémité de la machine, contenant les 8 à io pour ioo d’eau et les 12 à 16 pour 100 de glycérine nécessaires à leur assouplissement.
- Enfin comme les feuilles transparentes de cellulose, fabriquées par l’un ou l’autre des procédés précédents, resteraient encore trop liygroscopiques, ce qui constituerait un grave inconvénient pour l’enveloppage de certaines denrées, on les imperméabilise fréquemment à l’aide de composés à base de nitro-cellulose qui, sans modifier leur transparence, ralentissent con-
- b'iy. G. — Emballage des bobines avec des feuilles cellulosiques de rebut pour les préserver.
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- sidérablement leurs échanges d’eau avec l’ambiance atmosphérique. Ainsi, par exemple, la « Cellophane » vend depuis peu des pellicules transparentes (type M. S. T.) à vernis thermoplastiques, assemblées simplement entre elles par pression avec un fer chaud.
- Souvent aussi, une fois secs et après de multiples vérifications techniques, les rouleaux de feuilles de viscose sont dirigés sur différents ateliers de finissage et de décoration. Tantôt on découpe les pellicules transparentes en lamelles ou en rubans si on les destine aux industries de la mode. Tantôt on les plonge dans des bains de teintures d’où elles sortent colorées en toutes nuances depuis le noir le plus sombre jusqu’au rose le plus tendre. Tantôt on leur communique un aspect soyeux. Dans ce cas, elles passent sur des machines à gaufrer constituées en principe par 2 cylindres, l’un creux en acier chauffé intérieurement au gaz et portant des gravures sur sa face externe tandis que l’autre formant matelas est revêtu de papier très dur.
- Au sortir des gaufreuses, la viscose se trouve métamorphosée ; elle se présente comme une sorte de feuille diaphane imitant, selon les ciselures du cylindre d’acier, le taffetas ou la moire, la soie ou la peau
- de chagrin, le coton mercerisé ou le satin brillant. Le fabricant la découpe alors, au gré de ses clients, en rouleaux de toutes tailles depuis i mm jusqu’à i m de largeur. Ces sortes de « films » transparents peuvent servir à confectionner des emballages variés, des ornements de chapeau de dame, voire des pochettes ou des sacs. Avec un matériel à peu près identique à celui de la cartonnerie, on travaille même des blocs cellulosiques épais, ce qui permet de fabriquer des boîtes ou des tubes presque « invisibles ». Toutefois pour imprimer sur de telles surfaces, il faut employer des encres siccatives spéciales _car les caractères y sèchent lentement. Ainsi ce translucide emballage sert maintenant à envelopper, de façon coquette, de nombreux produits, des biscuits ou des bonbons, des cafés ou des thés, des médicaments, des savons ou des parfums. En particulier, le commerce de l’alimentation utilise beaucoup la « Cellophane » car elle possède des qua-Jiiés fort précieuses en l’occurrence : imperméabilité non seulement à l’eau mais aux corps gras, aux huiles et aux essences, stérilisation facile à froid ou dans l’autoclave, sans compter son aspect flatteur à la vue.
- Jacques Boyer.
- UN RECORD CHEZ LES PLANTES CARNIVORES :
- LES NÉPENTHÈS
- Lorsque Linné, en 1737, dans son Hortus Clifforiia-nus, parlant de l’uniiiue espèce de Népenthès connue de lui, écrivait que, par la singulière construction de ses urnes, remplies dj'eau, « elle doit compter parmi les plus rares et les plus merveilleuses plantes du globe », il ne soupçonnait pas à quel point la réalité dépasse encore en imprévu ce qu’il en pouvait connaître. Pour lui la « merveille » résidait simplement dans la stnic-lure des ui’nes, sui’montées d’un couvercle, et dans T « eaxx » qu’elles distillaient, d’où le nom de Nepen-tes clislillatoria donné à celle première espèce. « Ces urnes. offi’ent aux besoins de l’homme, écrivait-il encore, dix ans plus tard, dans sa Flore de Ceylan, une eau douce, limpide, agréable, tonique et fraîche, si bien que pai’fois 6 ou 8 d’entre elles contiennent assez d’eau pour étancher pleinement la soif d’un homme de la manière la plus agréable ». Ces détails sont l’epi'is, déclare-t-il, de Nicolas Grimm dans son Trésor médical de Ceylan (Amsterdam, 1677). Notons-les en passant, puisque dès ce pi'emier contact avec les Népenthès, ils réfutent d’avance la théorie qui prétend voir dans ces ui’nes des récipients à putréfactions.
- Récolté vers 1671, par un médecin allemand dans l’île de Ceylan, et parvenu par hasard 70 ans plus tard entx’e les mains dé Linné, ce Népenthès distillateur fut le pi’emier à faire son entrée dans la systématique botanique. Il ne'fut cependant pas le premier à retenir l’attention des observateui’s. La première décou-
- verte du Népenthès est due à un Français, Étienne de Flacourt (1607-1671), commandant des troupes du roi au Fort-Dauphin de Madagascar de i648 à i655. Il décrivit cette espèce madécasse sous le nom d’Amratico et la figura dans la planche 43 de son Histoire de la Grande lie de Madagascar, 1658. Elle est devenue le JSepenthes Madagascariensis Poiret.
- Quant au nom même de Nepenthes (<c Qui chasse la tristesse »), Linné l’a emprunté à la légende antique. Chez Homère (Odyssée, /V, 221), le népenthès est une di’ogue, pharmahon, qui, jetée dans le vin, par la fameuse Hélène, « calme la douleur, la colère et dissout tous les maux ; ... une dose au cratère empêche tout le jour quiconque en a bu de verser une laïune ». Évidemment c’est le texte cité plus haut de Nicolas Grimm qui a suggéré l’appellation linnéenne. Mais aucun rapport d’aucune sorte n’existe entre la plante de Ceylan, qui l’eçut ce nom, et celles qui auraient pu fouimir la drogue du l’écit homérique, à supposer qu’elle fût d'origine végétale,
- On connaît actuellement une soixantaine d’espèces de Népenthès. Elles habitent les régions tropicales de l’Ancien Monde et sont presque toutes cantonnées dans l’Insulinde. L’Archipel Malais, qui foi'me leur centre de dispei'sion, compte la plupart d’entre elles, dont près de la moitié dans la seule île de Bornéo. Viennent ensuite, par ordre de fi’équence, Sumatra, Singapour, les Philippines, puis, loin après, la Malaisie, Java,
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- Célèbes, le nord de l’Australie, enfin, au tout dernier-rang, avec chacune une seule espèce, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle Guinée, les Moluques, Ceylan, les Seychelles, Madagascar. Cette très curieuse répartition, dont les point extrêmes sont la Nouvelle Calédonie et Madagascar, ne va pas .sans poser d’intéressants , problèmes de paléogéographie et de biologie ; nous ne nous y arrêterons pas. Notons seulement que, propres à la sylve équatoriale, les Népenthès sont confinés dans la région des moussons où leur dispersion est hautement favorisée par l’extrême légèreté de leurs graines allongées en étroit fuseau.
- A côté des espèces sauvages, il faut mentionner les nombreux hybrides créés par les horticulteurs et répandus actuellement dans les serrés.
- Tous les Népenthès ont en commun le même genre de vie et des organes nommés, d’après leur forme, des urnes, qui, placés à l’extrémité des feuilles, possèdent la faculté de digérer les tissus animaux. Non seulement ces plantes comptent au nombre des espèces carnivores, mais, par le volume et la quantité des proies qu’elles peuvent digérer et assimiler, elles tiennent largement la tête du carnivorisme végétal.
- Répandus surtout dans l’ancienne forêt vierge, les Népenthès sont ordinairement installés sur les sols marécageux, ou à tout le moins très humides, à l’ombre épaisse des grands arbres vêtus de lianes, et, de là, pour la plupart gagnent, à travers les 4 ou 5 étages de l’exubérante végétation, les cimes ensoleillées (fig. i). .C’est là, daps le domaine de la lumière, que se déploient les innombrables ramifications. Parmi les floraisons aux couleurs éclatantes, dans le tourbillon des insectes ailés, les urnes, non moins voyantes que des fleurs, tendent aux hôtes de l’air leur traquenard. Or» conçoit la difficulté d’observer leur comportement à celte hauteur et dans le prodigieux fouillis de couleurs et de masses où elles sont juchées. Par là s’expliquent déjà les longues discussions sur la réalité de leur carnivorisme, d’autant que dans les cultures des sériés les mêmes conditions sont impossibles à reproduire. De plus la formation des urnes se trouve sous l’étroite dépendance, ainsi que l’a montré Sachs, du développement des organes d’enlacement dont nous parlerons plus loin.
- Tous les Népenthès cependant ne sont pas forcément des lianes grimpantes. Quelques-uns disposent leurs chausse-trapes au s.ol même, au niveau des débris végétaux, écorces en décomposition, bois putréfiés, feuilles mortes, etc., et recueillent là toute une petite faune rampante, larves de mouches, mollusques, cloportes, etc. Enfin il s’en trouve qui réunissent les deux sortes de dispositifs et possèdent à la fois des unies terrestres et des urnes aériennes.
- Aériennes ou terrestres, ces urnes sont la grande merveille des Népenthès. Dans leurs grandes lignes, elles répondent à un type uniforme. Elles constituent une partie de la feuille, sa partie terminale. Une feuille de Népenthès en effet est composée de trois parties en prolongement l’une de l’autre, la première élargie en limbe à la façon des feuilles normales et fixée à la tige
- Fig. 1. — Un fragment de tige de Népenthès, aoec urnes et rameau fleuri.
- soit directement soit par un pétiole étroit ; la seconde très allongée et assez grêle représentant un prolongement de la nervure et jouant le plus souvent le rôle d’une vrille ; la troisième enfin, sac cylindro-conique disposé verticalement et surmonté d’une sorte de couvercle ou d’auvent appelé l’opercule : c’est l’urne.
- Du limbe, il y a peu à dire, sinon que chez les deux espèces javanaises à urnes terrestres, il manque à certaines feuilles, réduites de ce fait à l’état de ramuscules portant chacun son urne (fig. 2). En contrepartie d’autres feuilles, sur la même plante, n’arrivent pas à développer leur urne et présentent à la place un simple renflement brunâtre à l’extrémité de leur pseudo-vrille terminale.
- Pseudo=vrille.
- •— Car le rôle de cette étrange partie étranglée du milieu de la feuille est de servir d'attache en s’enroulant ou se nouant aux rameaux des arbres et aux lianes, et de permettre ainsi à la plante d’atteindre la zone de la lumière qui est
- Fig. 2. — Urnes terrestres portées par un rhizome rampant et placées à même le sol : N. ampullaria, de Java (5 cm x 3)..
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- Fig. 3. — Extrémité de la feuille d’un Népenthès hybride obtenu par les horticulteurs : N. inastersiana Fort. Les urnes, de 11 x 3 cm, sont panachées de pourpre sur fond rouge vineux foncé et gorge blanc rosé. La partie moyenne des feuilles ne forme pas de vrilles.
- aussi celle où foisonnent les insectes. L a rencontre d'un point d’appui par ces organes intermédiaires agit à la façon d’un stimulant sur la formation des urnes, qui sont lourdes et ont besoin d’être soutenues ; elle semble même parfois une condition préliminaire d e leur développement normal. C’est dans les plantes âgées que ce rapport entre les deux fonctions s e montre le plus clairement, et l’on retrouve ici une des causes des rnédio-c r e s résultats obtenus en
- serre dans les expériences sur Népenthès. Par contre, cei tains livbiides ont perdu la faculté d’utiliser comme
- Fig. 4. — Le col d’une urne de Népenthès.
- A, les nervures transversales ; B, coupe à travers une nervure très grossie, avec la glande à nectar gl.
- attaches celte partie moyenne des feuilles et par suite ne sont plus qu’à peine des lianes.
- Dans les urnes réside la fonction qui fait ranger les Népenthès parmi les insectivores ou les carnivores. 11 n’est plus permis de traiter ce carnivorisme de légende, à moins de vouloir délibérément ignorer la littérature botanique de ces quarante dernières années. Ou a fait, il est vrai, des. centaines et des centaines d’expériences, dont beaucoup ont fourni des résultats douteux ou négatifs. Mais la plupart de ces expériences ne sont pas valables. Fdles portent sur des plantes totalement soustraites à leurs conditions naturelles, sur des plantes
- de végétation réduite — dans la nature, des Népenthès atteignent des cimes de i5 à 4o m de hauteur — ; or le carnivorisme ne se développe pleinement que chez des plantes vigoureuses. C’est dans la forêt équatoriale qu’il faut observer les Népenthès, comme l’ont fait quelques botanistes, notamment Heinricher, Claulriau, P. van'~Oye. Leurs observations ont définitivement établi que les urnes des Népenthès, si étonnamment agencées, ne peuvent être regardées comme de simples appareils « de luxe », des sortes d’excroissances inutiles et superflues. Les organes inutiles suivent une loi générale bien connue, ils dégénèrent puis disparaissent ; tel n’est pas le cas ici.
- Ti •ès variables de dimensions suivant les espèces, ces urnes s’échelonnent depuis 5 cm sur 3 jusqu’à 5o sur i;j à i5 (fîg. 3).
- Chacune d’elles se compose à son tour de quatre parties superposées, distinctes par leur forme, leur structure et leur fonction : l’opercule, le col, la zone lisse, la zone à glandes sécrétrices de pepsine.
- L’opercule n’est nullement un couvercle mobile à charnière. D’abord appuyé sur l’orifice de l’urne, dans la jeunesse de celle-ci, il s’ouvre progressivement pour rester ensuite levé dans une position fixe. Coloré à peu près comme le corps de l’urne, verdâtre, violacé ou panaché de pourpre, sécrétant du nectar comme le col, il joue sa partie dans l’appel aux insectes, et, de plus, protège partiellement de la pluie le liquide de la poche qu’il surmonte.
- lin étroit pédicule le relie au col qui forme le rebord de l’urne. Très différent du reste de l’appareil par son aspect côtelé, le col est constitué de nombreuses nervures transversales qui lui donnent l’apparence d’un muscle strié. Dans beaucoup d’espèces ces nervures débordent largement par leurs extrémités l’épaisseur de la paroi et se recourbent vers l’intérieur, opposant ainsi aux bestioles emprisonnées une haie de pointes coui'onnant le glacis de la zone lisse et les retenant par ce dernier obstacle (fîg, 4 A). Ce col joue donc un triple rôle : de soutien d’abord, en maintenant rigide l’ouverture de l’urne ; de clôture ensuite ; enfin d’amorçage. En effet sous ses bords internes s’ouvrent des glandes sécrétant un nectar sucré (fig. 4 B) qui, joint aux couleurs de l’ensemble, attire Diptères, Hyménoptères, Coléoptères, etc. Par sa position, ce nectar se trouve en même temps abrité de la pluie et de la rosée et protégé contre les déprédations causées par les prisonniers impatients de s’échapper.
- Le col surmonte la zone lisse, que l’on pourrait aussi appeler la gorge, en raison de sa position intermédiaire et de son diamètre ordinairement restreint. Ses parois ne contiennent aucune glande, et leur surface, ordinairement mate, est rendue plus glissante encore par un revêtement cireux. Les insectes essaient de s’agripper à elle pour atteindre le nectar, et, après de vains efforts, retombent finalement dans la liqueur du fond. La largeur de celte zone est ti'ès variable suivant les espèces. Elle peut occuper toute la moitié supérieure de l’urne ou se réduire à une bande étx-oite, avec différentes superficies intermédiaires.
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- Nous arrivons enfin à la partie inférieure du sac, à celte citerne que tapissent des glandes digestives. Celles-ci sont très nombreuses, de forme un peu variable dans les diverses espèces, en général assez grosses et assez facilement visibles par transparence. Sur la figure 4, elles sont représentées par des ponctuations. Les travaux de Goebel, de Wunsclimann (dans les P f Janzen f ami-lien), de Macfarlane (dans le PfJanzen-reich), de Fenner, de Heinricher (dans les Annales du Jardin botanique de Buitenzorg, 1906), de
- Wagner, etc., ont définitivement démontré la réalité des fonctions digestives de ces glandes, et tous les grands ouvragès~reéënts, ceux d’Engler, de Kerner, de Kirchner, d’Haberlandl, de Neger, de Wettstein, d’A. F. W. Schimper, de Hegi, de Massart, etc., se prononcent sans hésitation dans le môme sens.
- Placées dans des sortes de niches dont le rebord les recouvre en partie comme un toit et leur sert de protection tout en faisant obstacle aux tentatives de fuite des insectes capturés (Fig. 5), les glandes de Népen-thès sécrètent une liqueur analogue au suc gasfxifiue des animaux. Celte liqueur contient une enzyme, ou du moins certainement, une pepsine qui, comme le suc gastrique, digère l’albumine, ne laisse intactes que les parties inassimilables, comme la chitine et les ailes des insectes. Dès qu’une bestiole est tombée dans l’urne, celle-ci se met à sécréter de l’acide formique. Mais il faut noter que, chez les plantes débiles, la sécrétion du suc digestif cesse complètement, ou devient si réduite que le contenu de l’urne perdant son acidité, permet aux microorganismes et aux bactéries de se développer et de décomposer les petits cadavres. Goebel a constaté de son côté qu’une fumure excessive arrête également la production d’acide formique. De là la putréfaction constatée dans ces milieux liquides. Le cas est fréquent dans les cultures de serres.
- Le liquide peptonisant des urnes est bien sécrété par elles, car il existe déjà dans ces organes à l’état jeune, avant leur ouverture, et dès ce moment il se montre énergiquement digestif (Goebel). En outre, lorsqu’on les vide de leur contenu, elles se remplissent d’elles-mêmes, bien qu’abritées contre tout apport d’eau extérieur. <( Qu’il s’agisse bien d’une enzyme analogue à la pepsine, c’est ce qui résulte, écrit le Dr Ad. Wagner, dans son volume spécialement consacré aux plantes carnivores, du fait que la digestion des tissus animaux se produit en présence d’un acide, l’acide formique dans les hybrides étudiés par Goebel, produit dont l’action antiseptique est bien connue ». A cette sécrétion succède l’absorption par la plante et l’assimilation finale du produit, si bien qu’après 5 à 8 heures il ne reste plus dans le fond de l’urne que les ailes et la chitine.
- Darwin avait déjà fait remarquer, et A. F. W. Sehimpler, dans sa célèbre Géographie botanique basée sur la physiologie, constate de nouveau que les plantes carnivores en général habitent les tourbières, les marécages ou les eaux, milieux extrêmement pauvres en matières minérales et en substances azotées. Le car-nivorisme leur permet de compenser artificiellement
- C
- Fig. 5. — Ci landes à pepsine de Népenthès.
- A, coupe verticale à travers la paroi inférieure de l’urne, montrant les glandes ; R, coupe à travers une glande ; C, une glande vue de face.
- Fiy. O. — Unie de Ké-penlhès ouverte, mon-
- trant une colonie de larves commensales. Au-dessous, une larve grossie (d’après Jensen).
- celle carence du substratum. Bien que ne croissant pas sur des sols aussi pauvres, les Népenthès se rapprochent cependant des autres plantes carnivores par leur physiologie, puisque nous avons vu l’effet nocif sur eux d’un excès d’amendement.
- Nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises avec ces étonnants Népenthès. On a découvert des animaux, larves, Nématodes, êtres unicellulaires, qui vivent normalement dans la liqueur des urnes tout en restant rebelles à Faction de leur pepsine (fig. 6). Jen-sen, qui a fait celte découverte à Java en 1910, les comparait aux parasites internes du tube digestif des animaux supérieurs et leur attribuait la sécrétion d’antiferments qui leur permettraient de résister à l’action des sucs digestifs de leur hôte. Cependant la comparaison n'est pas exacte, car ces êtres 11e sont pas pour les Népenthès des parasites. Comme La montré le savant belge P. van Ove, ils ne nuisent en aucune façon à la plante. Ce sont simplement des êtres adaptés à ce milieu biologique assez spécial et vivant en « biocénose » avec leur porteur. Le même observateur a constaté, à Java, dans ces biocénoses, les degrés les plus divers de l’échelle biologique, des Desmidiées, des Diatomées, des Acariens, des Nématodes, des larves de Diptères et d’Hyménoplères, des chenilles de Lépidoptères, des colonies d’animaux inférieurs non plus immergées dans le liquide, mais surnageant à sa surface, comme ce serait le cas dans une mare ou une flaque d’eau. Doit-on attribuer à des Algues, à des Rhizopo-des, à des Nématodes, à des Anguillules, la sécrétion de l’anliferment dont parlait Jensen ? La question x-este ouverte. Toujours est-il que nombre de ces habitants des Népenthès sont si bien adaptés à ces aquariums suspendus, que non seulement ils ne souffrent nullement de ce bain de pepsine et d’acide formique, mais qu’ils s’y reproduisent, cl, bien mieux, que, sortis de là et déposés dans une solution nutritive, ils meurent rapi-deiuent. P. Fournier.
- Directeur' du Monde des Plantes.
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- E NOUVELLES PERSPECTIVES = DANS LA PRÉVISION DU TEMPS
- L’histoire de la « prévision scientifique du temps » est faite d’une succession d’enthousiasmes et de déceptions. Voici brièvement les principaux épisodes de cette histoire :
- 1860-1880. — Le Verrier inaugure la publication régulière de cartes synoptiques du temps et cette publication éveille l’enthousiasme général. Pendant au moins 20 ans, on vit dans l’illusion que l’examen ou analyse de ces cartes du temps doit pouvoir conduire à la prévision.
- Comme on s’est vite aperçu que les dépressions atmosphériques se propagent généralement de l’Ouest vers l’Est, on s’imagine qu’il suffit d’être averti le plus tôt possible de la présence d’une dépression sur l’Atlantique Oriental ou près des côtes pour pouvoir ensuite prévoir le temps en Europe, comme on prévoit l’arrivée d’un train en connaissant l’heure de son départ et sa vitesse moyenne. Mais il a fallu bientôt perdre cet espoir naïf, car on s’est rendu compte que l’évolution des dépressions et des anticyclones qui caractérisent les cartes du temps est bien trop compliquée pour se laisser prévoir par ces moyens simplistes d’extrapolation.
- 1880-1890. — A l’enthousiasme succède la déception. La plupart des météorologistes ne croient plus à la possibilité de la prévision.
- On continue cependant partout à tracer des cartes du temps, et l’on se sert de règles empiriques dont les exceptions sont presque aussi nombreuses que les cas où elles s’appliquent. On sent amèrement qu’il n’y a rien à faire.
- 1890-1914. — A la suite des explorations des régions polaires, la météorologie connaît un regain d’activité. Par l’attrait de ces contrées lointaines, on se met à accorder une grande importance à l’étude de leur climat. Cet enthousiasme gagne ceux qui s’occupent de la prévision du temps, et bientôt tout le monde attribue l’incapacité d’arriver à de bonnes prévisions au fait que les cartes quotidiennes du temps ne comprennent pas les régions polaires. Le pôle fascine ainsi l’imagination des météorologistes qui y voient le siège, le berceau de tous les changements de temps, le point névralgique de l’atmosphère, en un mot le « Sauveur » de la météorologie, capable de lui redonner le crédit perdu lorsqu’il sera suffisamment connu, lorsqu’on y aura établi en permanence des postes d’observations.
- Cet état d’esprit était naturel. Il était si tentant, si facile et surtout si humain de se laisser persuader que l’impuissance de la météorologie ne tenait' pas à l’état rudimentaire de la science mais simplement à une question d’ordre pratique ! Les observations recueillies pendant les expéditions finirent tout de même par montrer que le Pôle n’était pas si important qu’on ne l’avait cru, que sa météorologie n’était ni plus ni moins compliquée que celle des régions tempérées et cju’on ne pouvait pas y découvrir des lois simples.
- x9i4-i93o. — Cette désillusion polaire est bientôt suivie par une nouvelle période de confiance. Mais maintenant la cause en est double.
- a) Avec la guerre, le développement rapide de l’aviation attire l’attention sur les conditions atmosphériques en altitude. Déjà bien longtemps avant, on avait commencé l’exploration scientifique de l’atmosphère par ballon-sonde, cerf-volant, etc. On avait découvert l’existence de la stratosphère et déterminé les conditions moyennes à différentes altitudes en plusieurs régions du globe. Mais cette exploration avait surtout un caractère climatologique. Ce n’est
- qu’après igi4 qu’on a vraiment pensé à organiser systématiquement l’exploration quotidienne de l’atmosphère libre et- à l’utiliser pour la prévision du temps. Alors se renouvela, à propos de la haute atmosphère, ce qui s’était passé pour le Pôle : on s’est mis à croire (ou à rrouloir croire) que la clef de la prévision devait se trouver dans cette haute atmosphère, que des observations complètes des conditions atmosphériques en altitude devaient enfin, en complétant les caries synoptiques, permettre d’arriver à de bons résultats.
- De nouveau donc, on a cru, en suivant la pente du moindre effort, que l’impuissance de faire des prévisions réelles n’était pas la faute de la science et tenait, au contraire, à l’insuffisance des données.
- b) Parallèlement à cette poussée d’enthousiasme suscitée par l’exploration de l’atmosphère libre (aérologie), un espoir d’une autre origine a bercé et berce encore les météorologistes. Il s’agit de la frontologie. Pendant la guerre on a été amené à suppléer dans certains pays — surtout en Norvège — au manque de renseignements provenant de l’étranger par un développement inusité du réseau national des postes d’observation. Cela a permis de tracer des cartes très détaillées de l’état du temps et d’étudier des phénomènes qui jusqu’alors étaient considérés simplement comme des accidents irréguliers. Ces phénomènes sont les « fronts '» ou lignes de séparation, plus ou moins nette, de masses d’air d’origine différente (polaire, maritime, subtropicale, etc., etc.). Les Norvégiens ont ensuite rendu systématique la recherche des fronts sur les cartes du temps habituelles à grande échelle et étudié comment se comportent les fronts au cours de l'évolution des dépressions atmosphériques. De là à essayer de prévoir le temps par la prévision du déplacement des fronts, il n’y avait qu’un pas. On a cru que ce déplacement devait obéir à des lois simples, en tout cas plus simples que celles des dépressions, et une vague d’enthousiasme déferla sur les météorologistes. Les Instituts et Observatoires se sont mis les uns après les autres à tracer des fronts sur leurs cartes du temps.
- 11 semble cependant qu’on commence actuellement à se rendre compte que les fronts ne sont, dans les cartes du temps, qu’une donnée de plus, et qu’en tant, que simples données ils ne peuvent prétendre à une prévision.
- Si l’on juge la météorologie par cette phrase de Le Verrier : « La météorologie ne passera à l’état de science que le jour où elle pourra prédire longtemps à l’avance la hauteur de la colonne barométrique » — et la vérité de ce critérium est encore plus évidente aujourd’hui qu’alors — on peut vraiment dire que la prévision du temps est tout aussi empirique maintenant qu’il y a près d’un siècle. II peut paraître invraisemblable qu’au cours de ce siècle on ait pensé que le problème de la prévision du temps est un pi'oblème à part, pouvant être résolu, avec suffisamment de précision, par un simple examen des données de l’observation, alors qu’on sait bien que tout problème d’évolution dans la- science n’est résolu que si on peut appliquer aux données d’observation une théorie rationnelle et cohérente de cette évolution. En particulier, il est vraiment étrange qu’on ait pu s’imaginer que sans une théorie complète de l’évolution des milieux continus (comme l’atmosphère) le simple examen des cartes du temps pourrait conduire à la prévision d’une évolution aussi compliquée.
- Cét état d’esprit n’est d’ailleurs pas près de disparaître.
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- Les illusions du Pôle et de l’Aérologie subsistent'. N’oublions pas que tout récemment on a organisé une « Année polaire internationale » et que beaucoup pensent que le dépouillement des observations recueillies améliorera la prévision du temps. N’oublions pas non plus que depuis les raids arctiques de l’année dernière par les aviateurs russes, il est fréquent de trouver dans les journaux des nouvelles <c sensationnelles » nous apprenant' que la prévision du temps va enfin faire des progrès décisifs grâce à l’installation de stations météorologiques dans les régions polaires, voire de stations automatiques, de « Robots » météorologiques, sglon le mot des journalistes.
- INSUFFISANCE DE LA MÉCANIQUE
- Au cours de cette histoire de la météorologie, on a tout de meme essayé de se libérer des règles empiriques et d’expliquer, d’une façon plus rationnelle, l’évolution du temps. La mécanique classique ou, plus exactement, la mécanique des fluides, est à la base de ces tentatives (Margules, Exner, Bjcrknes, etc.).
- Il peut sembler naturel et tout à fait bien fondé de vouloir, par la mécanique des lluidcs, attaquer le problème de l’atmosphère. En effet, les principales grandeurs météorologiques (pression, température, vitesse et direction du vent) sont précisément celles qui interviennent dans les équations de la mécanique des fluides. Dès lors, le problème atmosphérique semble se confondre avec le problème hydrodynamique général, tel qu’il est traduit mathématiquement par les équations fondamentales de cette branche de la mécanique. Tant qu’on se borne à chercher des relations entre les différentes grandeurs qui caractérisent l’état du temps à un moment donné, la mécanique des fluides peut donner satisfaction, car ses équations ne sont précisément que des relations de ce genre. Mais dès qu’on prétend résoudre (c’est'-à-dire intégrer) réellement les équations en vue de la prévision de la variation des grandeurs météorologiques, des difficultés inextricables surgissent. Expliquons en quelques mots la raison de ces difficultés. Pour résoudre les équations hydrodynamiques, il faut avant tout pouvoir écrire pour chaque grandeur fondamentale (pression, température, vent) une équation à une seule inconnue, c’est-à-dire séparer les variables. Malheureusement', quand il s’agit des équations hydrodynamiques, seules des hypothèses très restrictives sur les conditions du problème permettent d’effectuer, dans certains cas, cette séparation préalable des variables. Or, dans un milieu aussi complexe que l’atmosphère, toute hypothèse restrictive est plus ou moins en contradiction avec les faits, de sorte que pour la prévision réelle du temps, aucune hypothèse simplificatrice des équations ne peut être tolérée.
- Pour avoir quelques chances d’arriver à la prévision rationnelle, deux solutions s’imposent donc :
- — ou bien compléter la mécanique des fluides par un nouveau principe aussi général, sinon plus général, permettant de séparer les inconnues;
- — ou bien abandonner complètement le point de vue mécanique et tâcher d’établir une théorie de révolution accordant à chaque grandeur la même importance et les séparant automatiquement.
- Nous allons exposer les principaux résultats des efforts qui ont été faits récemment' en suivant ces deux voies.
- LES PERTURBATIONS SPONTANÉES
- Pour la théorie des perturbations spontanées, l’état de l’atmosphère, comme de tout autre milieu fluide, doit être
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- considéré comme la somme ou superposition de deux états différents : le champ entretenu et la perturbation spontanée.
- Le champ entretenu est l’état qui est imposé au fluide par les actions extérieures. Sur l’atmosphère s’exerce, comme action extérieure principale, l’action du rayonnement solaire direct ou réfléchi par la surface (solide et liquide) du globe. A cette action correspond un mouvement' de base (mouvement entretenu) qui est, à tout instant, l'équivalent mécanique parfait des actions extérieures. On peut appeler aussi circulation générale instantanée ce mouvement entretenu, en ayant bien soin de ne pas oublier que cette circulation est un état de mouvement pouvant être défini à tout moment et non un état moyen de l’atmosphère.
- Si les mouvements atmosphériques qu’on observe réellement étaient identiques à la circulation générale, la météorologie serait très simple. Il n’y aurait qu’un changement saisonnier du temps, abstraction faite des variations diurnes. Mais un phénomène d’une importance capitale intervient pour compliquer les conditions atmosphériques : la perturbation spontanée. Si le champ entretenu ou circulation générale ne peut pas exister seul et s’accompagne d’un champ de perturbations cela tient à une instabilité intrinsèque, dont nous allons expliquer l’origine.
- Considérons un volume matériel et suivons-le dans son mouvement. On peut attribuer à trois causes différentes les changements d’état qu’éprouve ce volume : i° changements dus à un réarrangement interne ; 20 changements dus à des actions de contact avec le reste du milieu;, 3° changements provenant des actions extérieures qui agissent sur le milieu et qui y sont représentées par le champ entretenu ou circulation générale.
- La variation d’une propriété physique ou mécanique quelconque du volume matériel est donc égale à la somme des trois variations dues aux trois causes qu’on vient d’indiquer. Nous pouvons maintenant comprendre le principe fondamental de la théorie des perturbations spontanées. Ce principe s’exprime comme suit : Il existe des grandeurs (grandeurs globales) physiques ou mécaniques dont les valeurs, dans un volume matériel, s'adaptent, compte tenu de l'effet des actions de contact avec le reste du milieu, aux valeurs des grandeurs correspondantes dans le champ entretenu. Cela revient à dire que les variations de ces grandeurs globales ne peuvent provenir que des causes 2 et 3 indiquées plus haut.
- Considérons, parmi les grandeurs globales, la vitesse des particules (vitesse du vent par exemple). Dans ce cas, la deuxième cause de variation se réduit simplement à l’action des forces de frottement et l’on peut dire, d’après le principe d'adaptation : la vitesse d’une particule fluide, abstraction faite de l’effet du frottement, s’adapte à la vitesse du mouvement entre tenu (vitesse du vent' dans la circulation générale, dans le cas de l’atmosphère). Il est évident que cette relation est susceptible d’être traduite exactement par une équation différentielle que nous n’écrirons cependant pas, car nous voulons éviter l’emploi du calcul. Sans écrire cette équation, on voit que le vent réellement observé diffère toujours du vent qui correspond à la circulation générale quand les particules d’air sont soumises à l’action du frottement, (cc frottement peut être d’ailleurs un frottement interne « entre particules » ou bien un frottement de surface entre l’air et la surface du globe). L’origine des perturbations spontanées devient maintenant très claire. En effet, si les actions extérieures qui agissent' sur l’atmosphère imposent à celle-ci une circulation générale dans laquelle les forces de frottement ne s’annulent pas, alors forcément les particules d’air prennent spontanément un
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- mouvement différent de la circulation générale. Celte différence est précisément la perturbation spontanée. L’instabilité intrinsèque qui caractérise presque toujours une circulation générale provient donc simplement du fait que celle-ci comporte généralement des forces de frottement (pour qu’il n’y ait pas de frottement il faut que la distribution des vitesses obéisse à une condition très restrictive que la nature ne réalise jamais rigoureusement, même dans un astre aussi simple que le soleil).
- En appliquant aussi le principe d’adaptation à l’énergie, qui est, comme la vitesse, une grandeur globale, on obtient une relation très importante où seule la pression est une inconnue. Au point de vue pratique, cette équation est la plus importante de celles qu’on peut déduire de la théorie des perturbations. Elle permet en effet d’arriver à la prévision du champ de pression de l’atmosphère, lorsque la circulation générale est supposée permanente. Si cette condition est réalisée, l’équation de prévision de la pression montre que toute la variation de la pression atmosphérique provient, d’un transport, à vitesse variable d’un point à l’autre, mais constante dans le temps, des lignes isobariques. 11 existe alors, en quelque sorte, sur la surface de la Terre un système de a fils conducteurs » des lignes isobariques, ou, si on veut, une sorte de « vent » qui transporte ces lignes isobariques comme le vent réel transporte les particules d’air (tig. i). Nous ne voulons pas entrer ici dans des détails sur l’application pratique de l’équation de prévision de la pression, car cela demanderait inévitablement des calculs; mais la ligure i montre avec suffisamment de clarté en quoi consiste celle prévision.
- Dans toutes les équations qu’on peut déduire, avec ou sans la mécanique classique, du principe d’adaptation, interviennent, en plus des inconnues, des grandeurs qui dépendent uniquement de la circulation générale. On voit donc que ces équations ne peuvent être effectivement résolues que si la circulation générale joue le rôle d’une donnée. Or, il importe de remarquer que dans toute théorie des perturbations proprement dite, le mouvement réellement observé est toujours supposé être décomposé en deux parties (mouvement de base et perturbation) et que l’une de ces parties (le mouvement de base ou circulation générale) doit être considérée comme une donnée. Le problème général de la théorie des perturbations est donc seulement la prévision de l’évolution des perturbations lorsqu’on se donne la circulation générale. La théorie des perturbâtions, faisant dépendre leur évolution des propriétés mécaniques et physiques de la circulation générale, on voit que ce problème ne peut avoir un intérêt pratique pour la prévision du temps que si la circulation générale peut être considérée comme une « base stable >>, c’est-à-dire comme un mouvement ayant une évolution beaucoup plus lente que les perturbations et pouvant donc « en première approximation » être assimilée à un mouvement permanent. Si cette condition ne se vérifie pas, l’intérêt' théorique de la théorie des perturbations reste entier, mais son intérêt pratique se restreint beaucoup, car il faut alors prévoir aussi l’évolution de la circulation générale, chose que la théorie des perturbations, de par sa nature même, ne peut' pas faire.
- I.a circulation générale de l’atmosphère varie le plus souvent avec suffisamment de lenteur pour qu’on puisse
- Fig. J. — Exemple de prévision de la pression atmosphérique par la théorie des perturbations spontanées.
- 1. Carte isobarique de l’Europe occidentale à l’instant initial (2G-X-!!)2S, -13h). — 2. Carte des lignes de flux des vecteurs (fonctions du champ entretenu ou circulation générale) qui donnent les vitesses de déplacement des isobares. Ces lignes de flux sont les « fils conducteurs » du champ isobarique. — 3. Carte isobarique prévue (précalculée) pour le 27-X-2S à 7h. — 4. Carte réelle pour le 27-X-28, 7h. — fi. Barogramme réel et barogramme prévu pour la station d’Abbeville (Somme). — fi. Profil isobarique. initial (00) pris le long du « fil conducteur » qui passe à Abbeville, dans le sens contraire des vecteurs. La courbe au bas de la figure représente la grandeur des vecteurs en 1cm par trois heures, le long du profil initial. La prévision du barogramme s’obtient donc en déplaçant le profil initial avec les vitesses indiquées par cette courbe, ce qui donne à la fois un transport et une déformation. — 7. Barogramme réel et barogrammo prévu pour la station de Toulouse. — 8. Profil isobarique initial et valeur des vecteurs le long du « fil conducteur » qui passe à Toulouse.
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- appliquer la théorie des perturbations à la prévision. Il existe cependant des périodes au cours desquelles la circulation générale éprouve des changements qui ne peuvent pas être négligés. Ces changements cori’espondent' aux réactions des perturbations spontanées sur le champ entretenu et. se comprennent, facilement, car les perturbations peuvent modifier les conditions thermiques de la surface de la terre (par exemple en déposant une couche durable de neige sur une vaste étendue).
- Ce sont donc les réactions des perturbations sur la circulation générale qui empêchent de déduire de la théorie des perturbations spontanées une méthode de prévision mathématique pouvant toujours être effectivement appliquée.
- LA THÉORIE DES CHAMPS
- La théorie des perturbations spontanées rattache, répé-tons-le, révolution de toute perturbation aux propriétés d’un mouvement de base et ne rcsoud donc pas le problème tout, à fait général que pose l’évolution d’un champ (le champ est la distribution de n’importe quelle grandeur dans l’espace). Dans ce problème on doit évidemment s’affranchir de la nécessité de la décomposition du champ total en doux parties dont l’une seule est considérée comme une inconnue. C’est, l’évolution totale, réellement observée, qui est! ici l’inconnue et nous sommes alors en présence d’un problème qui dépasse de beaucoup les limites de la météorologie et même de la mécanique. En prenant comme point de départ, le principe le plus général de la physique (principe d’action de contact ou principe de l’impossibilité des actions instantanées à distance), on a essayé, ces dernières années, de développer une théorie générale des champs ou plutôt une « phénoménologie unitaire », pouvant' s’appliquer indifféremment aux fluides et aux solides, conduisant d’ailleurs à une équation d’évolution toujours la même, quelle que soit la variable observable envisagée, et échappant ainsi automatiquement aux difficultés de la séparation des inconnues. 11 ne peut être question d’exposer ici toute la théorie des champs; cela nous entraînerait beaucoup trop loin. Bornons-nous à expliquer la relation fondamentale de la théorie et à montrer comment on peut l’utiliser dans la prévision du temps.
- Admettre le principe d’action de contact, revient à admettre que l’évolution d’un champ en un point quelconque ne dépend que de l’évolution passée et' de l’état du champ autour du point à l’instant initial. En d’autres termes, le principe d’action de contact nous apprend que Dévolution en un point, résulte, en quelque sorte, d’une propagation vers le point envisagé de l’état du champ tout autour de ce point et, à des distances variables suivant,' le temps écoulé depuis l’instant initial. Considérons (fig. 2 a) la courbe qui représente les variations qu’éprouve une grandeur quelconque P (par exemple la pression atmosphérique) au cours du temps /; en un point quelconque.
- Marquons sur cette courbe un point correspondant à un instant f0 (instant initial). Prenons, de part et d’autre de t0, des intervalles de temps : Tj (dans le passé, c’est'-à-dire avant t0) et T, (dans l’avenir). Désignons par T l’intervalle total de temps, somme des intervalles Tx et T2. On montre, dans la théorie des champs, que toute l’évolution de la grandeur P, pendant un intervalle de temps tel que T, peut, être représentée synthétiquement par la hauteur moyenne de la courbe dans l’intervalle considéré. Sur la figure 2 a celte moyenne est indiquée par un Irait, horizontal et nous la désignerons par P('f), symbole qui indique que la valeur de la
- Pression \moyenne PCT>
- I pendant Irntervalle T
- Temps (-t)
- Tdntervalle \totaI )
- tQ (instant initiai>
- Intervalles de temps (T)
- Fig. 2. — Moyennes dans le temps (exemple schématique).
- moyenne dépend ou est jonction de l’intervalle de temps considéré.
- D’après le principe d’action de contact, Dévolution, ou variation dans vers le point A, de la distribution d e 1 a grandeur dans l’espace tout autour de ce point et à l’instant initial . La figure 3 a représente cette distribution (pour simplifier la figure, nous considérons les choses sur un plan et non dans l’espace).
- Les lignes en gros traits sont les courbes de niveau, c’est-à-dire les intersections des surfaces de niveau de la grandeur P avec le plan
- le temps, provient de la « propagation »,
- Fig. 3. — Moyennes dans l’espace (exemple schéma tique).
- Rayon des cercles (RI
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- cle la figure. S’il s’agit par exemple de la pression atmosphérique, ces courbes de niveau sont tout simplement les lignes isobariquçs habituelles des cartes du temps. Dans la propagation de l’état initial vers le point' A, propagation qui produit l’évolution qu’on y observe, tous les rayons, toutes les directions, qui convergent vers A sont évidemment équivalentes, en ce sens que la distribution de la grandeur P sur chaque rayon doit contribuer de la même manière à l’évolution en A. Au point de vue de cette évolution, l’état initial du champ de la grandeur P peut être représenté synthétiquement par la valeur moyenne à l’intérieur des sphères de rayons R centrées en A. Désignons par le symbole P(R) ces moyernes, ce qui veut dire que la valeur de la moyenne dépend du rayon.
- D’après le principe d’action de contact, les moyennes dans l’espace doivent se retrouver dans la variation de la grandeur avec le temps au point central. Il doit donc y avoir une correspondance entre les moyennes P(R) et les moyennes P(T) définies plus haut, puisque ce sont ces dernières moyennes qui représentent synthétiquement' l’évolution au point A. Celte correspondance est en réalité très simple. On démontre en effet qu’elle se réduit à l’identité. En d’autres termes, il est toujours possible d’établir une relation entre les rayons R et les intervalles de temps T telle que les courbes des moyennes correspondantes deviennent superposables. Celte propriété générale de l’évolution des champs reAÙent donc à écrire P(T) = P(R), relation qui n’est autre que l’équation fondamentale de toute la théorie. Malgré la forme extrêmement simple sous laquelle elle se présente, cette équation est pourtant universelle et explique les propriétés de n’importe quelle évolution (mécanique, physique proprement dite, physico-chimique, etc.)-
- Nous venons de dire que l’équation d’évolution implique une correspondance entre les rayons R et les intervalles de temps T (nous désignerons par le symbole R = /(T) cette dépendance). Mais en plus de cette relation, l’équation d’évolution implique encore l’existence d’une deuxième fonction. Regardons la figure 2 a. De part et d’autre de l’instant initial, nous pouvons marquer des intervalles de temps de durée égale ou de durée différente. Un même intervalle total de temps peut donc être partagé par l’instant initial d’une infinité de manières suivant l’importance relative du passé et de l’avenir dans Dévolution. C’est ce rapport enti’e le passé et l’avenir qui constitue la deuxième fonction dont nous venons de parler et que nous écrirons sous la forme T„ = «T1, a étant un nombre variable.
- Aussi bien celte dernière fonction que celle qui relie les rayons R aux intervalles de temps ne reste pas invariable, dans le cas général, quand on passe d’un point central à un autre point central ou d’un instant initial à un autre instant initial. Mais on montre dans la théorie des champs que si les actions extérieures qui agissent sur le milieu sont permanentes, ces fonctions restent les mêmes quel que soit l’instant initial et. ne changent qu’avec le point central. De plus, si le milieu ne subit pas d’actions extérieures, les fonctions ne changent pas non plus avec le point central et la dépendance entre les rayons et l’intervalle de temps devient une simple proportionnalité. Disons enfin que s’il s’agit cl’une évolution parfaitement réversible, par exemple d’une onde sans amortissement ni augmentation d’amplitude, le passé a autant d’importance que l’avenir et l’on a alors a = x.
- Après ces explications, aussi résumées que possible, sur l’équation d’évolution, il est facile de voir comment on peut l’appliquer à un cas réel de prévision du temps. La
- figure 4,i représente le champ de pression à la surface de la terre (carte isobarique) à un moment donné (le 29 janvier ig38 à 7 h), que nous prendrons comme instant initial (t0). Proposons-nous de prévoir l’évolution de ce champ en connaissant son évolution passée. Il s’agit de pouvoir tracer, à plusieurs époques (<) postérieures à tQ, la carte isobarique, ce qui demande la prévision des valeurs de la pression en un réseau de points. Considérons l’un des points A de ce réseau. Pour déterminer P(R) il n’est pas nécessaire de prendre les moyennes dans toute l’atmosphère située à l’intérieur des sphères de rayon R. En effet, comme l’atmosphère a, au point de vue de la pression, des dimensions horizontales beaucoup plus grandes que sa dimension verticale (vers 00 km d’altitude la pression est déjà presque nulle), il suffit de connaître la distribution de la pression à la surface du globe. P(R) sera donc la moyenne de P relative à la partie du champ qui est limitée par la courbe fermée dont chaque point est à la distance R du centre A, cette distance étant mesurée sur la surface. Nous traçons donc (fig. 4,i) plusieurs de ces contours (des petits cercles si la surface de la terre est supposée sphérique) et déterminons les moyennes correspondantes. Considérons d’autre part (fig. 4,4) le barogramme ou graphique de la pression au point A. La partie connue de la courbe (avant f0) est en trait plein et la partie à prévoir en trait interrompu. Si, de part et d’autre de tn, on prend des intervalles de temps T1? T3, partagés par l’instant t0 d’accord avec la relation T„ = aTx, les moyennes correspondantes (moyennes que le barogramme ne permet pas de trouver puisqu’on ne connaît pas ce qui va se passer après t0) pourront être déterminées, dès l'instant initial, grâce à l’équation fondamentale P(T) = P(R) si on a' préalablement déterminé, par la carte isobarique à l’instant tQ, les moyennes dans l’espace P(R) et si on connaît la relation R = /(T). La connaissance des moyennes P(T) relatives au passé et à l’avenir permet ensuite de déterminer la position de n’importe qml point de la courbe en trait interrompu, c’est-à-dire de faire la prévision. 11 suffit de regarder la figure 4 pour voir clairement que cette détermination est possible. Une opération mathématique très simple permet d’ailleurs de passer de la valeur moyenne P(T) aux valeurs instantanées de l’avenir quand on connaît les valeurs instantanées dans le passé. Ce calcul déduit donc de l’équation d’évolution une équation générale de prévision.
- Somme toute, on voit que la possibilité de la prévision, quand on se donne l’état initial et le passé cl’un champ, dépend entièrement de la possibilité de la détermination des deux fonctions R = /(T) et T2 = aTr Si la circulation générale est permanente, il est possible de les déterminer empiriquement parce qu’elles ne dépendent plus alors de l’instant initial. Il suffit pour cela de choisir, dans Je passé connu, un instant tl quelconque, et de calculer pour cette époque les moyennes dans l’espace. À l’aide du barogramme, qui est maintenant connu aussi bien avant’ qu’a-près tj on détermine, par tâtonnements, comment on doit partager les intervalles de temps que l’on considère de part et. d’autre de t1 pour que les moyennes P(T) correspondantes soient’ identiques aux moyennes dans l’espace. Cette opération fournit ainsi les deux relations cherchées entre R et T d’une part, et entre T„ et T1 d’autre part. Si on suppose que la circulation générale est permanente, ces relations pourront’ être appliquées sans changement à la prévision. On voit donc comment se manifeste, dans la théorie des champs, la constance des actions extérieures qui agissent sur un milieu.
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- Si ccs actions extérieures ne sont pas constantes (circulation générale variable), la théorie des champs permet encore d’arriver à la prévision, en faisant la prévision de l’évolution des relations R = /(T) et T„ = aT1 par l’équation fondamentale.
- Bornons-nous à indiquer ici la possibilité de celle prévi-
- ............239 =
- sion sans entrer dans des détails. Disons aussi que cette possibilité constitue, indépendamment du fait qu’on peut' se passer de la séparation du mouvement total en deux parties, une supériorité de la théorie des champs sur la théorie des perturbations spontanées.
- Antonio Giao.
- big. h — Exemple de prévision de la pression atmosphérique par la théorie des champs (Prévision de la grande tempête de
- janvier 1938).
- 1. La rte isobarique de l’Europe et de l’Atlantique oriental à l’instant initial (29-1-1938, 7h). Autour du point A (Paris) sont tracées des circonférences de 500, 1.000, 1.500 1cm de rayon pour déterminer les pressions moyennes P(R) sur la surface des cercles correspondants. — 2. Courbe des pressions moyennes P(R) à l’instant initia] déterminées par la carte 1. — 3. Courbes des fonctions R = /(T) et T2 = aTi. La fonction R — /(T) donne le rayon R du cercle sur la surface duquel la pression moyenne P(R) est identique, d’après la relation fondamentale P(R) = l’(T), à la moyenne P(T) de la pression au point A pendant un intervalle de temps T (quelconque) situé de part et d’autre do l’instant initial tu. La fonction ï2 = aTi permet de partager l’intervalle T entre le passé et l’avenir. — 4. Barogramme au point A réduit au niveau de la mer. Quelques intervalles T sont marqués sur cette figure. La courbe dans l’avenir est prédéterminée par les valeurs initiales P(R) ainsi que par les fonctions R = /(T) et T» = aTi. Celles-ci sont déterminées comme il est indiqué dans le texte de l’article.
- 28-1-38
- 30-1-38
- 29-L-38
- 29-1-38
- ]QH 20H 30h Wh SOh 60h T
- 1000 1500 2000 2500 km
- LES AMPLIFICATEURS A ÉMISSION SECONDAIRE OU MULTIPLICATEURS D'ÉLECTRONS
- Les lampes de T. S. F. actuelles utilisent le phénomène thermionique, c’est-à-dire l’émission d’électrons par une surface portée à la température convenable. Pour augmenter leurs qualités détectrices, amplificatrices, ou oscillatrices, pour permettre à une seule lampe de jouer simultanément plusieurs rôles radioélectriques, on a multiplié peu à peu le nombre des électrodes. L’ancienne lampe à trois électrodes a fait place aux lampes multiples, à 7, 8, ou même 9 électrodes, dont le fonctionnement est devenu très complexe.
- Cette multiplication des électrodes a rendu plus gênant un phénomène parasite qui se produit à l’intérieur de l’ampoule.
- Lorsqu’un électron émis par une cathode frappe avec
- une vitesse suffisante des surfaces sensibles correctement disposées, il peut en faire jaillir des électrons secondaires, animés en général d’une vitesse inférieure à la vitesse de l’électron initial.
- Ces électrons secondaires peuvent, à leur tour, venir frapper une autre surface analogue, en provoquant une nouvelle émission électronique. Il se produit ainsi, en quelque sorte, une cascade d’émissions.
- Ces émissions secondaires introduisent dans les lampes à électrodes multiples, notamment dans les lampes à écrans et les pentodes, des distorsions particulièrement sensibles dans les amplificateurs de puissance destinés à l’amplification sonore.
- Les techniciens se sont efforcés de combattre ce phé-
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- Q. 4 .
- 100 ZOO 300 400 500 600 700 800 900 1000
- Fig. I. — Rapport de l’émission secondaire au courant primaire pour différentes tensions d’anocle correspondant à différentes vitesses (d’après Zworykin).
- nomène parasite, et c’est ainsi qu’ont pris naissance les lampes à concentration électronique dans lesquelles on canalise dans la direction utile le flux électronique émis par la cathode, en évitant, autant que possible, les chocs parasites, générateurs d’émissions secondaires. (Nous avons déjà décrit différents modèles de ces lampes très ingénieuses qui donnent d’excellents résultats, en particulier pour l’amplification basse fréquence de sortie dans les amplificateurs puissants, et pour la réduction du bruit de fond sur les étages - d’amplification haute fréquence.
- Mais voici que, par un singulier retour, au lieu de combattre l’émission secondaire, on s’efforce d’en tirer parti. L’apparition des premiers modèles industriels de lampes à émission secondaire, dits aussi à multiplication électronique, montre les vastes perspectives qui s’ouvrent à celle nouvelle catégorie de lampes.
- L’émission électronique secondaire a donné lieu aux travaux d’un grand nombre de savants : Lénard, Albert W. Hull, Von Bayer, etc1... ; le phénomène est connu depuis 1902, et a été utilisé depuis 1915 par Hull pour la construction de la première lampe à émission secondaire, ou dynalron.
- L’élude du phénomène a montré que le nombre d’électrons émis est proportionnel au courant initial. Le facteur de multiplication peut varier de 1 à 10
- Fig. 2. — Principe de la triode montée en dynalron et courbe caractéristique courant-plaque, tension-plaque du montage.
- Tension
- plaque
- + HT, + HT,
- HT. > HT.
- environ ; il dépend de la surface et de la vitesse de bombardement des électrons.
- Depuis 1932, le mécanisme de l’émission secondaire a été étudié à fond par H. Frôhlich. Ce dernier a conclu que les métaux à structure cristalline sont les meilleurs émetteurs ; un grand nombre de surfaces à faible travail d’extraction ont été mises à l’étude ; on a employé comme support : l’argent, le glucinium, le tantale, le nickel, l’aluminium, le zirconium, le calcium, le tungstène, et comme couches de surface : le sodium, le potassium, le rubidium et le caesium. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec les oxydes d’argent, le glucinium et le zirconium comme supports, le caesium comme couche de surface ; on peut ainsi atteindre un rapport de multiplication de 8 à 10, avec 4oo à 600 v.
- La figure x montre le rapport de l’émission secondaire à 1 émission primaire, pour des surfaces de caesium, d’oxyde de caesium et d’argent, sous diverses tensions de bombardement.
- On peut étudier l’émission secondaire comme une source d’électrons, en l’exprimant en ampères par Avait fournis, mais on peut aussi déterminer le,gain obtenu pour une certaine tension globale, en fonction du nombre d’étages et de la tension par étage ; ce dernier facteur est le plus important en pratique.
- Cette question a été particulièrement étudiée par ZAvorykin. Celui-ci a constaté que la multiplication la plus efficace s’obtient avec une tension de 4o à 5o v par étage ; un multiplicateur de xo étages à 5oo v donne un gain de So.ooo, un multiplicateur de j5 étages à 800 v permet d’obtenir xxne multiplication de dix millions.
- Bien entendu, cette amplification théorique n’est pas toujours atteinte ; deux causes la limitent : l’émission thermionique des cibles d’émission secondaire et le bruit provoqué par l’émission d’ions positifs.
- Le bruit de fond des lampes ordinaires, dû à des mouvements éleclx’oniqués irréguliers, ne peut être complètement supprimé, mais les facteurs gênants peuvent être réduits en prenant des précautions convenables. Le gain dans le rapport entre le signal et le bruit de fond est de l’ordre de 100 à 200 fois, si on b; compare à un amplificateur ordinaire dans les coxi-dilions habituelles de fonctionnement.
- Quant à la sensibilité en fréquence du dispositif à multiplication électronique, elle demeure constante dans une très large gamme, ce qui n’est pas le cas des lampes ordinaires à émission électronique.
- LE DYNATRON
- Le dynalron, utilisé depuis 1915, coixslitxie la première lampe pratique à émission secondaire. C’est une lampe à grille fortement positive où le potentiel positif de la plaque est inférieur à celui de la grille.
- Les électrons émis par la cathode traversent, grâce à leur vitesse, la grille positive et sont attirés par la plaque, ils libèrent un certain nombre d’électrons secondaires, qui sont, à leur tour, captés par la grille.
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- Le courant plaque devient alors négatif, et la lampe possède, en fait, une résistance négative. Si l’on met en parallèle sur le circuit-plaque un circuit oscillant, dont la résistance positive est inférieure à la résistance négative du système, la lampe produit des oscillations d’une fréquence égale à la fréquence du circuit considéré.
- Si l’on étudie le phénomène plus en détail, en faisant croître progressivement la tension de plaque et en observant les variations du courant correspondant, on constate que le courant commence par croître, passe par un maximum, s’inverse, passe par un minimum, repasse par zéro et augmente ensuite jusqu’à la saturation, comme le montre la fîgui'e 2.
- Jlull a expliqué ce phénomène en supposant que les électrons sont attirés surtout par la grille, ceux qui lui échappent peuvent atteindre l’anode en nombre de plus en plus grand à mesure que la tension de cette dernière augmente.
- A partir d’une certaine valeur V, de la tension ano-dique, l’anode produit une émission secondaire, et le nombre des électrons émis est plus grand que celui des électrons primaires, puisqu'il chaque électron qui vient atteindre l’anode correspond une émission secondaire de. plusieurs électrons.
- Le courant de plaque diminue donc peu à peu, puis s’annule et s’inverse, et, pour une deuxième tension critique V2, la plaque commence à recevoir un plus grand nombre d’électrons qui ont passé à travers la grille. Le courant inverse d’émission secondaire diminue donc, puis s’annule, et le courant plaque ordinaire apparaît de nouveau et augmente très rapidement avec la tension.
- La plupart du temps, on fait varier la tension de plaque à partir de la première tension critique qui produit l’annulation du courant de plaque ; si l’on applique alors dans le circuit-plaque une tension de sens quelconque, elle produit une diminution d’intensité ou une augmentation de la tension, et inversement.
- Un dynatron permet de compenser la résistance d’un circuit, de même qu’avec un effet de rétroaction on peut diminuer sa résistance. Ce dispositif permet donc de provoquer raccrochage des oscillations dans un circuit oscillant relié sur le circuit de plaque, comme le montre la figure 3 ; il peut, en particulier, être utilisé dans les montages à faible puissance pour oscillations à très haute fréquence.
- LES DISPOSITIFS PHOTO-ÉLECTRIQUES A AMPLIFICATION PAR MULTIPLICATION ÉLECTRONIQUE
- De très intéressants essais d’émission secondaire ont été entrepris à partir de 1 ç>35 aux États-Unis dans le but d'augmenter la sensibilité des caméras électroniques de télévision. Us ont été réalisés, en particulier, par Farnsworth et Zworykin.
- Le multipactor-----Le Uullipaelor de Farnsworth
- est un organe photo-électrique à multiplication élec-
- 241
- Circuit
- oscillant
- Circuit 1 d’accord \
- Vers étages
- MF
- + + HT,
- Circuit
- oscillant
- Fig. 3. — Les montages en dgnalron.
- A, lampe à écran montée en changimse de fréquence ; B, émetteur à faible puissance monté en dynatron.
- tronique. Dans une cellule, une première cathode photo-sensible excitée par un rayon lumineux donne une émission électronique ; celle-ci n’est pas recueillie directement, mais est amplifiée avant de parvenir à l’anode de sortie, constituée par un fil métallique tendu suivant l’axe de la cellule et portant à l’extrémité inférieure une sorte de cuvette métallique servant de collecteur (fig. 4)-
- Il n’v a pas de cathode séparée ; elle est constituée par une couche photo-sensible, sur laquelle on applique un potentiel de l’ordre de 5oo v variant progressivement. le long de la couche, grâce à un artifice de construction.
- Les parois de verre de l’ampoule sont, en effet, recouvertes intérieurement d’une couche très mince de platine et de nickel, un peu plus épaisse aux deux extrémités, de manière à assurer un contact avec deux pointes de platine soudées à travers le verre. La résistance totale de cette couche transparente qui ne s’étend pas complèle-
- Fig. 4. — Une forme de mu 11 i p li calcur Fa rn s w 0 rlh.
- Couche .transparente de caesium sur oxyde d'argent
- Anode
- Sortie
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- Bobine de concentration
- Anode
- Bobine de concentration
- Bobine choc
- H F
- Vers un
- Circuit accordé / sur 50 mégacycles
- Fig. o. — Amplificatrice à cathodes froides de Farnsivorth.
- ment jusqu’aux deux extrémités du tube de verre est comprise entre o,5 et a mégohms.
- Cette première couche métallique est recouverte d’une deuxième d’argent pur également très mince, et oxydée par la suite ; sur ce support, on dépose enfin une couche de caesium.
- Les électrons projetés par la couche intérieure de la cellule ne sont pas recueillis directement par l’anode ; ils se réfléchissent plusieurs fois sur les parois du tube avant d’atteindre l’anode. Chaque fois qu’ils frappent la surface photo-sensible, ils peuvent en extraire un nombre d’électrons secondaires supérieur à celui des électrons primaires. Ce nombre varie suivant les différences de potentiel appliquées sur les surfaces successives de réflexion. Cette différence de potentiel est de l’ordre de 5o à ioo v, et, dans ces conditions, la multiplication obtenue est de l’ordre de 3 à 6.
- Le nombre final des électrons obtenus est proportionnel au nombre des électrons primaires et dépend
- Fig. ü. — Principe du multiplicateur électronique, type Z de Zworykin.
- Collecteur
- Plaques de champ
- Plaques cibles de multiplication électronique
- du nombre de réflexions successives et de la différence totale de potentiel.
- Farnsworth a également réalisé un système amplificateur électronique à émission secondaire adapté à sa caméra électronique « Dissector ».
- Le dispositif comporte deux surfaces métalliques, l’une en face de l’autre, et recouvertes d’oxyde de caesium. On applique entre elles une différence de potentiel alternative à haute fréquence de 5o millions de périodes-seconde, et tout le système est entouré par un cylindre métallique porté à une tension positive constante (fig. 5).
- Lorsqu’un électron pénètre, il est attiré par le disque chargé positivement et provoque une émission secondaire. On règle la déviation du flux électronique de telle sorte qu’à ce moment il soit chargé négativement par rapport au deuxième disque enveloppe.
- Les électrons se dirigent donc vers ce dernier et provoquent une émission tertiaire, et ainsi de suite. On obtient finalement un courant électronique sur l’anode, d’autant plus intense que le nombre de réflexions a été plus grand.
- La durée du trajet des électrons entre les deux disques doit être égale au temps nécessaire pour le chan-
- Ecran
- 3* tfE 5b Bb 76 g b
- Plaque
- Résistances internes
- Fig. 7. — Montage d’un tube Z à 10 plaques.
- gement des signes de leur charge respective. Ce résultat est obtenu en faisant varier la tension et le champ d’une bobine cylindrique extérieure déterminant la déviation du faisceau. L’amplification obtenue est théoriquement de l’ordre de 5.000, et pratiquement de l’ordre de 1.000.
- Des dispositifs à multiplication électronique de ce genre sont utilisés sur les caméras de télévision les plus récentes, et permettent, en particulier, la transmission des images de télévision en plein jour.
- Les multiplicateurs Zworykin. — Zworykin a réalisé des multiplicateurs électroniques à surfaces multiples en guidant le flux électronique de réflexion à l’aide de champs électrostatiques et magnétiques combinés, ou seulement à l’aide de champs électrostatiques, en constituant des lentilles électroniques suivant les principes de l’optique électronique, aujourd’hui bien connus.
- Un premier modèle, ou tube Z, comporte une cathode émissive et une série de plaques à charge positive disposées comme le montre la figure 6. On y voit deux rangées d’électrodes, la rangée inférieure
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- constitue les émetteurs secondaires et la rangée supérieure sert à maintenir un champ électrostatique transversal entre les deux séries d’éléments.
- Chaque cible de la rangée inférieure est positive par rapport à la précédente, et produit des électrons secondaires lorsqu’elle est frappée par des électrons provenant de cette cible. On crée, en outre, un champ magnétique perpendiculaire à l’axe du tube, les trajectoires des électrons s’incurvent sous l’action de ces deux champs de manière à frapper les cibles successives. Les électrons secondaires sont séparés des électrons primaires et concentrés sur les cibles suivantes ; ce dispositif d’optique électronique peut être comparé à un système optique cylindrique.
- Les plaques supérieures et inférieures sont aussi rapprochées que possible les unes des autres, et le courant n’est limité que par la puissance dissipée en chaleur sur les derniers étages ; les électrodes sont,
- d’ailleurs, montées sur des lames verticales en mica pour limiter la divergence latérale, et l’on peut superposer un grand nombre d’étages, de l’ordre de io au minimum.
- Pratiquement, pour éviter les accrochages, on entoure le dispositif d’une grille-écran qui empêche les réactions du collecteur final sur les étages précédents. On obtient ainsi une sorte de lampe à grille-écran.
- Pour appliquer les tensions voulues aux plaques-cibles, on incorpore un potentiomètre dans le tube, comme le montre la figure 7 ; le dispositif peut meme fonctionner avec des tensions alternatives sur les électrodes.
- Fig. S. — Principe du tube multiplicateur de fréquence en L.
- La formation des faisceaux électroniques dirigés peut être également obtenue à l’aide de lentilles électrostatiques analogues à celles utilisées dans les oscillographes cathodiques. On peut ainsi adopter 'des dispositifs à cibles multiples en L ou en T (fig. 8).
- On dispose deux cylindres face à face avec un étroit intervalle, on crée entre les cylindres une certaine différence de potentiel, un champ électrostatique symétrique radialement prend alors naissance et resserre le faisceau électronique. Les plaques d’émission secondaire sont solidaires des cylindres de concentration et on règle les potentiels par l’espacement des cylindres successifs ; avec 3 plaques, une différence de potentiel entre plaques successives de 200 à 4oo v, l’amplification est de l’ordre de 000, et le courant de sortie de l'ordre du milliampère.
- Ces tubes servent, avant tout, à l’amplification des
- 243
- courants photoélectriques faibles de l’ordre de xo~9 A et peuvent être insérés dans la caméra électronique.
- Un tube de ce genre, avec amplification de plusieurs millions et sensibilité de 10 A par lumen, n’est guère, plus grand qu’une lampe de T. S. F. or-
- Fig. 9. — Comparaison du pouvoir ampli-
- ficateur de 2 lampes de pentes différentes fonctionnant avec le même potentiel moyen de grille.
- dinaire.
- Une tension de i.5oo v est nécessaire, mais, l’intensité étant très faible, il suffit d’un petit redresseur pour la fournir. L’ensemble remplace la cellule photoélectrique ordinaire et l’amplificateur correspondant.
- Le bruit de fond est diminué ; le rapport du signa! au bruit de fond atteint de 5o à 200.
- Le multiplicateur à émission électronique est de plus en plus employé en télévision.
- LES LAMPES DE T. S. F. EUROPÉENNES A MULTIPLICATION ÉLECTRONIQUE
- La multiplication électronique peut être employée aussi pour accroître la pente des lampes de T. S. F., autrement dit leur pouvoir amplificateur.
- La pente d’une lampe désigne le rapport existant entre une certaine variation de tension grille et la variation de courant plaque correspondante, pour une valeur déterminée de la tension de plaque.
- Ce rapport est en effet la pente géométrique de la courbe caractéristique de la lampe.
- Toutes choses égales d’ailleurs, plus la pente d’une lampe est élevée, plus l’amplification est grande.
- Considérons, en effet, les caractéristiques de deux lampes fonctionnant dans les mêmes conditions
- Fig. 10. — Schéma de principe d’une lampe européenne à multiplication électronique et sa représentation symbolique.
- Cathode
- .Cible à
- secondaire
- Ecrarij
- ü. .Je ae Gr ille
- commande écran
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- Fig. II. — Aspevt extérieur d’une lampe multiplicatrice. d’électrons (Mini ica U-Dario-EE-oO).
- cl ' 111 i 1 i s a I ion. Lorsque des oscillations de même amplitude sont appliquées aux «Tilles de ces tubes, le point liprieraIif se déplace entre les points ,\' et B' pour le premier, alors que le point figuratif pour le second se déplace sur sa caractéristique entre A et B. Comme on le voit aisément, l’amplitude des oscillations amplifiées est beaucoup plus grande et une puissance plus considérable est mise en jeu dans le second cas que dans le premier (fig. g).
- La pente est d’autant plus élevée que la résistance interne est plus faible et le coefficient d’amplification plus grand. En pratique, avec les lampes ordinaires, on ne peut. qependant dépasser des pentes de l'ordre de i mA 5 par v. Aussi a-t-on pensé à recourir à la multiplication électronique par émission secondaire. Mais il a fallu tout d’abord résoudre de difficiles problèmes qui ne se posaient pas dans le cas* des cellules photo-électriques. Celles-ci, en effet, sont à cathode froide, tandis que les lampes de T. S. F. ont nécessairement une cathode émissive chaude.
- En service, le baryum métallique incorporé à la cathode émissive s’évapore et se dépose sur les cibles d’émissions secondaires ; la couche voit diminuer son pouvoir émissif ; elle perd son poli et prend une
- surface « grenue », très défavorable pour les projections et la réflexion secondaire.
- Ces défauts ont pu être surmontés en guidant les électrons primaires par les procédés de l’optique électronique. Les électrons bombardant la cible doivent d’autre part posséder une vitesse assez grande, d’où la nécessité d’une tension assez élevée entre chaque cible, et d’un écartement des cibles suffisant pour la formation et la concentration des flux.
- Pour éviter la projection directe de baryum sur les cibles d’émissions secondaires, on. a eu recours jusqu’ici à un guidage purement statique obtenu en choisissant convenablement les formes des électrodes et les tensions appliquées sur elles.
- La puissance nécessaire pour l’émission d électrons secondaires est exprimée par le nombre d’électrons secondaires libérés en moyenne par un électron primaire. La quantité d’électrons secondaires libérés, et leur direction, dépendent de la nature des métaux qui constituent les cibles, ceux qui sont utilisés dans les lampes de T. 8. F. n’ont pas, à cet égard, un grand pouvoir émissif. Avec une électrode en nickel et une différence de potentiel de i5o v, le coefficient n’est que de 0,94, et on ne peut ainsi obtenir un nombre d’électrons secondaires supérieur à celui des élections primaires.
- Dans une lampe triode utilisée normalement, les électrons secondaires libérés par la plaque sont, de nouveau, attirés par elle ; si, au contraire, près de la plaque se trouve une grille portée à une tension positive, les électrons secondaires peuvent s’échapper de la plaque ; c’est le mécanisme de la lampe à écran.
- Dans les lampes de T. S. F. à émissions secondaires, on a évité les difficultés provenant de la volatilisation de la cathode, en appliquant la méthode de déviation des électrons. On suppose que les molécules volatilisées se meuvent pratiquement suivant une ligne droite, et n’atteignent plus l’électrode à émission secondaire, lorsque cette dernière ne peut être bombardée directement par la cathode initiale.
- A l’aide d’un champ électrostatique on dirige, par une voie indirecte, les électrons primaires émis par la cathode vers la cathode auxiliaire servant de cible à émission secondaire (fig. 10).
- La cathode primaire, la grille de commande et la grille écran portée à une tension positive de i5o v par rapport à la cathode, forment un premier ensemble à grille-écran normal.
- La cathode auxiliaire à émission secondaire, portée également à un tension de i5o volts par rapport à la cathode primaire, est protégée par un écran qui se trouve devant cette dernière contre la projection directe du baryum volatilisé. Cet écran est au même potentiel que la cathode.
- Le deuxième écran disposé derrière la cathode primaire et porté égaleront à son potentiel, dévie le ilux électronique et le dirige par un trajet indirect sur la cathode à émission secondaire.
- Le rapport de multiplication est de l’ordre de 5.
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- Une petite partie des électrons ainsi projetés est captée par la grille anodique disposée à une distance de l'ordre de i mm 5, mais la plus grande partie est recueillie par l’anode en forme de plaque soumise à une tension positive plus élevée que celle de la cathode secondaire.
- Le treillis métallique reliant les deux parties de la plaque et constituant la grille anodique évite la formation de la charge d’espace des électrons secondaires.
- Ce tube présente de grands avantages surtout pour la construction des amplificateurs à larges bandes de fréquence fonctionnant avec de faibles impédances d’anodes, et, par exemple, dans les amplificateurs moyennes fréquences en télévision.
- La pente élevée de i4 mA par v et la résistance de 100.000 oluus permettent alors d’obtenir encore une amplification importante, à condition d’éviter l’amorçage d’oscillations parasites.
- La tension négative de grille s’obtient, à la façon usuelle, par une connexion à la cathode à travers une résistance cathodique, et une petite variation de la caractéristique est déterminée par une variation correspondante de courant anodique.
- Les variations du courant de cathode produisent de grandes variations du courant de plaque, par suite de la multiplication électronique, et il n’y a pas de correction puisque le courant ne traverse plus la résistance cathodique ; c’est pourquoi, il faut prendre des mesures spéciales, différentes de celles observées avec les lampes ordinaires.
- La lampe peut également être utilisée connue oscil-latrice-niodulatrice, la cathode auxiliaire étant employée comme dynatron ou comme inverseur de phase dans les amplificateurs basse fréquence pusli-pull.
- l'n autre modèle à émission secondaire dit du type tout verre EE 5o (fig. n et 12), est spécialement destiné aux très hautes fréquences considérées en télévision. Sa construction est particulièrement intéressante ; c’est, en effet, un modèle entièrement en verre, sans culot, dont toutes les électrodes, et même la grille de commande, sont sorties par la base du tube.
- L’amplification haute fréquence nécessite des connexions courtes et espacées. Dans le nouveau tube, les électrodes sont montées directement sur un fond de verre, les 9 fils de sortie servant à la fois de support des électrodes et de contact.
- Cet ensemble, monté sur 9 points en cercle, assure une construction rigide. Les fils de liaison coudés à angles droits à leur extrémité forment de petites griffes s’engageant dans les ressorts de contact, de sorte que le tube ne peut s’échapper de son support sous l’inlluence des vibrations.
- Aucune connexion ne se trouve à la partie supérieure, toutes les. liaisons s’effectuent par la base, pourtant, la capacité grille-anode est très réduite, et inférieure à 3/1.000 de micro-microfarad. Ce résul-
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- Lal a été obtenu par l'emploi d’un écran métallique couvrant la partie inférieure du tube, et mis à la masse par une des griffes de contact ; le reste de l’ampoule est entièrement métallisé.
- Dès à présent, on peut prévoir que la lampe à multiplication électronique, grâce à sa puissante amplification, trouvera de très nombreuses applications en radiotechnique. En particulier, dans les postes radiorécepteurs, elle permettra de réduire encore le nombre des lampes nécessaires pour obtenir une amplification donnée.
- En tout cas, elle nous offre un exemple remarquable des résultats industriels que peuvent donner l'observation et l’analyse attentives de phénomènes parasites jugés tout d’abord négligeables.
- P. ÏIÉMARDIXQUKK.
- Fig. 12. — Luc intcrieure de la lampe multiplie a trie c d’électrons (Miniica t t-Dario-EE-oO).
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- 246 ..:: LA NOUVELLE PENDULE ASTRONOMIQUE =
- DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS GARDE LE TEMPS AU MILLIÈME DE SECONDE
- Aujourd’hui les pendules astronomiques à pression constante « gardent le temps » à quelques millièmes de seconde près. Or l’atteinte d’une si remai'quable perfection exige d’abord une exécution parfaite de tous les mécanismes complexes de ces délicats appareils qu’il faut, en outre, mettre à l’abri des causes de perturbations extérieures (trépidations des bâtiments, changements de température et de pression atmosphérique). Dans les Observatoires, on remplit ces diverses conditions de la façon suivante. Dans le mur d’une pièce, située d’ordinaire dans la cave, on scelle un support formant collier et destiné à soutenir un gros
- Fig. 1. — Nouvelle pendule astronomique de l’Observatoire de Paris qui mesure le temps au millième de seconde.
- mgmÊÉm
- Fig. 2. — Cloche de verre enfermant, hermétiquement la nouvelle pendule astronomique de l’Observatoire de Paris.
- tube cylindrique en cuivre avec fond soudé. A sa partie supérieure, ce dernier se termine par une collerette en bronze qui, reposant sur 3 vis calantes, permet de mettre la pendule de niveau et d’aplomb. CeLte collerette porte une large rainure, laquelle soutient, à son tour, une cloche de verre enfermant hermétiquement l’appareil. Une couche adhérente de cire et de vaseline, mise sur le bord de ladite cloche, empêche l’introduction de l’air extérieur et pour actionner le mouvement d’horlogerie, on utilise le remontage électrique.
- La nouvelle pendule astronomique, récemment commandée par l’Observatoire de Paris à la maison Leroy et remarquablement exécutée par l'habile régleur M. Gerbeaux, permettra l’envoi de l’heure par T. S. F. avec une précision encore plus parfaite que ses cinq « sœurs », qui y furent installées antérieurement par le même constructeur et dont elle diffère par plusieurs perfectionnements notables.
- Depuis un quart de siècle environ, le système des
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- signaux horaires émis par le Bureau international de l'heure siégeant à l’Observatoire de Paris, consiste en Gi battements rythmés par minute, le 61e ayant une durée d’une demi-seconde. Cette émission permet, aux Observatoires du monde ainsi qu’à tout autre établissement ayant besoin de régler des garde-temps, de comparer la marche de ceux-ci avec une précision de 1/60 de seconde. Il a donc fallu diviser la minute non plus en 60 mais en 61 fractions afin qu’elle serve d’une sorte de vernier aux observateurs. Mais pour obtenir un tour de cadran de 61 divisions par minute, on a dû fixer, sur l’axe de la roue d’échappement, une roue de 60 dents engrenant avec une autre de 61 dents. L’axe de celle-ci porte l’aiguille faisant un tour par minute et marchant en sens inverse. Le pendule en acier invar bat la seconde moins i/6oe par oscillation ; il actionne directement un double interrupteur très précis, donnant sur un circuit une fermeture courte à chaque 61e division de la minute et sur l’autre circuit une fermeture identique mais avec suppression de la Gie afin de pouvoir repérer la minute à l’enregistrement. Cette suppression s’obtient à l’aide d’un autre interrupteur, commandé par la roue de 61 dents et qui coupe le courant juste au moment où le pendule actionne cet interrupteur. Toutefois pour allonger le 6ie battement à une demi-seconde, il a paru préférable de recourir à une pendule auxiliaire ; celle-ci divise
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- encore la minute en 6i parties, grâce aux oscillations doubles de son pendule court et marchant en synchronisme avec le garde-temps, suit très régulièrement la directrice.
- D’autre part, la remise à l’heure de l'horloge Leroy s’effectue sans aucune correction, au moyen d’un aimant, fixé sur la tige du pendule et dont le pôle inférieur passe au-dessus d’un solénoïde vertical. Si l’on envoie dans ce dernier un faible courant dans un certain sens, on provoque un retard et si on inverse le sens dudit courant, on réalise une avance ; de la sorte, on ramène rigoureusement la pendule à l’heure exacte en la comparant avec d’autres garde-temps. Afin de pouvoir procéder à ces divers réglages, le fond du tube se démonte au lieu dêtre simplement soudé comme d’ordinaire. Enfin la marche de la pendule astronomique peut également se corriger par le vide relatif existant dans la cloche hermétique où elle se trouve enfermée et cela à raison de o s 018 par mm. de mercure. Aussi, grâce à tous ces rouages et dispositifs si ingénieusement combinés, la nouvelle « Fée chronométrique » permettra à l’Observatoire de Paris d’envoyer à travers l’espace, des signaux horaires, rigoureusement exacts entre eux pendant une durée de 5 minutes ou dont l’erreur, tout au moins, ne dépassera guère le millième de seconde.
- J. de la Cerisaie.
- LA MACHINE PARLANTE ET LES AUTOMATES A L'EXPOSITION DE NEW-YORK
- La présentation de nombreux automates modernes ou <( robots » sera l’une des curiosités de l’Exposition de New-York.
- On y verra un homme-machine de 4 m de haut, actionné par un moteur de 6 chevaux, et dont la voix formidable pourra se faire entendre dans un rayon de 4 km. C’est cet automate qui proclamera l’ouverture de l’Exposition ; c’est lui qui, le premier soir, en allumera les projecteurs éblouissants. L’œil du géant est formé par une cellule photo-électrique. Le soir de l’inauguration, il regardera l’étoile Arcturus, distante de 39 années de lumière, et les rayons partis de cette étoile voici 3q ans déclencheront la première illumination de l’Exposition de 1939,
- Un très grand nombre d’autres automates seront présentés ; l’un d’entre eux, dit Télévox, que La Nature a déjà décrit, fonctionne « à la voix ». Il renferme une série de microphones accordés chacun sur un son déterminé et qui agissent sur des circuits séparés ; en sifflant suivant des tonalités diverses, on commande divers mouvements de l’automate, qui court, s’arrête, s’assoit, chante, ou répond aux questions les plus diverses. Le Télélux répond, non plus, au son, mais à la lumière dirigée sur de petites cellules photo-électriques. Mais le plus extraordinaire d’entre eux est une machine de 45o kgr actionnée par un moteur électrique de 18 ch, et commandée à distance par
- ondes hertziennes. L équilibré du géant est assuré par un gyroscope, et ses bras d’acier portent des matraques mises en mouvement constamment par des disques rotatifs.
- A côté de ces automates connus depuis longtemps, on verra une machine à parler destinée à effectuer la synthèse de la parole.
- Tous ceux qui se sont consacrés au problème de l’enregistrement et de la reproduction des sons musicaux se sont d’abord souciés de la production de la parole, et dans une première phase de recherches, les inventeurs ont tenté de construire des machines proférant des mots, ou plutôt des syllabes, à l’imitation du langage humain.
- La technique moderne permet désormais d’envisager le problème de la synthèse de la parole d’une manière rationnelle, en utilisant des générateurs de vibrations musicales à lampes à vide, et des filtres convenablement établis. Grâce à ces procédés, les laboratoires téléphoniques Bell ont créé une véritable machine parlante scientifique qui peut proférer une suite quelconque de mots dans une conversation régulière en liant les voyelles et les consonnes.
- Elle a l’apparence d’un petit orgue électrique, avec un clavier, de 11 louches blanches, 3 touches noires, une touche âuxiliah’e de poignet et une pédale.
- On est parti, pour établir cette machine, des carac-
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- térisliques aujourd'hui bien connues de la voix humaine.
- Dans la parole, l'air provenant des poumons fait Fig. 2. — La machine à parler.
- vibrer les cordes vocales. Ce phénomène s’accompagne d’effets de résonance donnant à la parole sa tonalité définitive.
- Les vibrations des cordes produisent des ondes sonores de fréquence relativement faible, depuis go périodes-seconde pour une voix grave d’homme, jusqu'à o.ooo pour une voix aiguë de femme.
- Lorsque l’air arrive dans la bouche, les effets de résonance sont déterminés par les formes diverses prises par les cavités vocales du nez, de la gorge et de la bouche, d’après les mouvements de la langue et des lèvres. L’intensité de tel ou tel harmonique est alors augmentée, et ces variations constituent les sons articulés de la parole.
- 11 y a cependant des sons dits inarticulés, tels que P, K, S, Ch, Sh, Th, pour lesquels les cordes vocales ne jouent aucun rôle ; on peut distinguer les sons continus tels que O, Z et S qui sont produits par un courant d’air continu, et les sons « arretés », tels que P, 1, K, dus à l’arrêt soudain du courant d’air.
- On distingue également, suivant la méthode classique, les voyelles et les consonnes ; les premières pouvant cire prononcées isolément, les secondes devant être accompagnées de voyelles.
- Les consonnes nasales, linguales ou dentales (B, Z, S et le son th en anglais) ne sont pas produits par les vibrations des cordes vocales, et se trouvent dans la zone des fréquences élevées non gutturales ; au contraire, les consonnes gutturales et les voyelles sont de fréquence moins.élevée.
- La machine à parler comporte un oscillateur ser vant à produire les sons sifflants continus inarticulés S, F, Th. Le même oscillateur, sous l’action de trois touches, permet d’obtenir les sons « arretés » K, B, P, T etc...
- Un deuxième oscillateur joue le rôle des cordes vocales et permet d’obtenir les voyelles et les consonnes guLturales. Le passage des sons gutturaux aux sons chuchotés est obtenu en appuyant sur un levier.
- La source sonore est un oscillateur de la relaxation produisant des vibrations en a dents de scie » déterminant la note fondamentale.
- Un inverseur permet d’effectuer le changement de tonalité pour la voix masculine ou la voix féminine.
- L’action du résonna leur constitué par la bouche, est remplacée par celle de différents filtres actionnés par io touches différentes.
- Les sons sont créés par des oscillateurs riches en harmoniques ; la tonalité générale de la voix peut être variée, en agissant directement sur ces oscillateurs.
- Ces combinaisons permettent à l’opérateur de la machine de produire ss3 sons différents, de tonalité choisie à volonté ; la qualité de la parole émise dépend, bien entendu, de l’habileté de l’opérateur, qui ne s’acquiert que par une longue pratique.
- Oscillateur produisî les sons
- Série de touches permettant la sélection des harmoniques
- yap
- 'Filtres
- Dispositif de réglage et de mixage.
- Oscillateur Touches pw produis , les sons sifflants.
- "les sons “arrêtés!"
- Filtres ' de bande
- Âmplificatü
- S
- Haut-parleur
- Fig. I. — Schéma de la machine à parler des laboratoires lie II
- (d'après Radiocraft).
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- LES ISOLANTS EN ÉLECTROTECHNIQUE = 249
- L’EXPLICATION ÉLECTRIQUE DE L’ISOLEMENT
- Nous avons rappelé à plusieurs reprises la conception planétaire de la structure des atomes : électrons négatifs gravitant autour du noyau positif. Pour certains corps, comme les métaux, les électrons des orbites extérieures peuvent être considérés pratiquement comme libres, ils ne sont retenus dans le système planétaire que par des forces attractives relativement faibles. Dans certains cas, sous l’action de forces extérieures, ils peuvent donc se libérer, se déplacer en sautant d’atome à atome. Sous l’influence d’une différence de potentiel appliquée aux deux extrémités d’un « conducteur » métallique, qui crée une force directrice, le mouvement incohérent devient orienté, les électrons libres se déplacent alors en bloc vers l’électrode positive, les centres positifs restant immobiles ; le courant passe.
- Au contraire, dans un isolant, les électrons périphériques des atomes ne sont pas libres de sauter d’un atome à l’autre, qu’ils soient trop fortement retenus par les forces atlractives du système atomique (comme dans les corps à molécules très grosses et poids moléculaire élevé : résine, cellulose, etc.), ou que les atomes soient trop éloignés les uns des autres pour que les électrons puissent sauter de l’un à l’autre (comme dans des gaz et des vapeurs, même les vapeurs des métaux les plus conducteurs comme l’argent et le cuivre), à condition qu’ils ne soient pas ionisés, c’est-à-dire si certains atomes n’ont pas perdu ou capté un électron.
- Donc, d’après ce que nous venons de dire, un corps aura une bonne insistance d’isolement s’il n’est pas ionisé, c’est-à-dire s’il ne renferme pas d’ions libres, et si les électrons périphériques de ses atomes sont fortement retenus sur leurs trajectoires par les forces attractives du système planétaire.
- LES CARACTÉRISTIQUES ÉLECTRIQUES DES ISOLANTS
- OuanJ un isolant est soumis à un champ électrique, et que l’on établit une différence de potentiel entre ses deux extrémités, ses molécules subissent une déformation, les électrons ayant leurs trajectoires modifiées par le champ. Tant que le champ électrique n’atteint pas une certaine valeur, les électrons de l’isolant reviennent à leur position d’équilibre quand le potentiel appliqué est supprimé. Cependant, pour une certaine valeur du champ, l’action sur les électrons est assez forte 'pour qu’ils s’éloignent suffisamment de la molécule : il passe alors un courant dans l’isolant. La valeur minimum de la différence de potentiel appliquée qui détermine ce phénomène caractérise la rigidité diélectrique de l’isolant qui s’exprime en kilovolts par centimètre ou millimètre.
- L’étincelle, au lieu de traverser la masse de l’isolant, peut au contraire cheminer à sa surface et on est alors conduit à envisager la rigidité diélectrique superficielle dont la valeur est considérablement modifiée par la nature de la surface, rugueuse ou polie, humide ou sèche, poussiéreuse ou propre, etc....
- La rigidité diélectrique, si grande soit-elle, n’est jamais parfaite de sorte que, si on applique à l’isolant en particulier une tension alternative, il y a des pertes diélectriques dont il faut tenir compte et qui sont dues non seulement à l’effet Joule mais également à une sorte d’hystérésis de
- l’isolant qui fait que le champ électrique dans l’isolant ne suit pas instantanément les variations du champ appliqué. Comme dans le cas de l’aimantation, cette viscosité électrique correspond à une perte d’énergie.
- Enfin l’isolant est caractérisé par sa constante diélectrique qui est définie comme l’augmentation de capacité éprouvée par un condensateur lorsque l’on remplace l’air comme isolant par la substance en expérience. Si la capacité devient k fois plus grande, on dit que la constante diélectrique par rapport à l’air est k.
- On explique celte propriété par la déformation électrique des molécules ou leur orientation sous l’action du champ électrique.
- Dans une intéressante étude parue dans la Revue d'électricité et-de mécanique, M. C. Léonard a passé en revue les principaux isolants, gazeux, liquides et solides employés actuellement en électrotechnique. Nous allons en résumer x’apidement les résultats essentiels.
- LES ISOLANTS GAZEUX
- Le vide, ou plutôt les gaz extrêmement raréfiés, à une pression de io-7 mm de mercure industriellement réalisable, constituent un isolant dont la rigidité diélectrique est extrêmement élevée, surtout aux faibles distances et diminue lorsque celte distance augmente. C’est d’ailleurs une caractéristique de tous les isolants. Les vapeurs, même métalliques, se comportent comme les gaz; ceux-ci isolants à l’état normal, deviennent conducteurs lorsqu’ils sont ionisés, amorçant alors la décharge disruptive.
- Les résultats expérimentaux s’interprètent., facilement par la théorie de l’ionisation et des électrons. Ün champ électrique dans lequel se trouvent placés des électrons est comparable ari champ de pesanteur dans lequel se trouve placé un corps matériel pesant. Si la hauteur de chute est grande, ce corps acquerra une vitesse considérable. De même si la distance entre les électrodes est grande, l’électron ou l’ion placé dans le champ accélérateur prendra une vitesse suffisamment grande pour que s’il rencontre une molécule, il l’ionise, c’est-à-dire lui arrache un électron. Celui-ci à son tour se transforme en projectile destructeur, ionise d’autres molécules et finalement, le percement du diélectrique en résu lie.
- Si la pression du gaz est extrêmement faible (inférieure au micron de mercure), c’est-à-dire s’il n’y a que relativement peu de molécules présentes, séparées par suite par de grandes distances (à l’échelle moléculaire), et si les électrodes sont peu éloignées, les électrons peuvent passer de l’une à l'autre sans rencontrer de molécule sur leur trajet.
- Pour des pressions moins faibles, de l’ordre du millimètre de mercure, la densité en volume des molécules est plus grande, les chocs avec les électrons sont nombreux, et par suite, la rigidité diélectrique, qui était très grande, s’abaisse considérablement.
- Pour des pressions plus importantes, allant jusqu’à i5 et 90 atm, les molécules sont si serrées que les électrons mis en mouvement par le champ électrique se heurtent à elles à chaque pas, leur élan est brisé et, saufr sous des tensions extrêmement élevées, ne peuvent prendre des vitesses capables de provoquer l’ionisation. La rigidité diélectrique est de nouveau très grande.
- Ajoutons que les gaz sous pression sont maintenant couramment employés pour assurer l’isolement des condensateurs et' celui des câbles souterrains à haute tension.
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- LES ISOLANTS LIQUIDES
- Pratiquement ils se réduisent en électrotechnique aux huiles minérales, qui, ainsi que nous allons le voir, présentent cependant des inconvénients assez sérieux.
- Tout d’abord, leur rigidité est extrêmement sensible à la présence d’impuretés : poussières, brins de fibre et surtout eau. C’est ainsi qu’une huile très bonne isolante a sa rigidité diminuée des deux tiers si elle contient seulement 2/100.000 d’eau en volume.
- Ensuite, les huiles au cours du fonctionnement des appareils. électriques, s’échauffent et s’oxydent au contact de l’air en donnant des dépôts boueux dont la rapidité de formation et l’abondance dépendent du raffinage de l’huile. Pour chaque huile il y a un degré de raffinage optimum pour lequel le dépôt est minimum.
- Il faut donc éviter les poussières, le contact de l’air, la présence de l’eau, la pénétration de l’humidité et de l’air, et en même temps, comme les huiles servent également pour assurer le refroidissement, des appareils, prendre des précautions contre leur inflammation propre ou celle des produits de distillation. On voit donc que le problème est très compliqué.
- Aussi a-t-on cherché d’autres isolants liquides exigeant de moins strictes précautions. On a mis récemment au point des produits dits « pyranols » dont la qualité principale est' d’être incombustibles et inexplosifs tout en ayant une constante diélectrique supérieure à celle de l’huile et une stabilité chimique plus grande.
- Ce sont des dérivés chlorés d’hydrocarbures, tels que le diphénvle et le benzol (pentachlorure de diphényle et tri-chlorobenzine). Leur densité étant supérieure à celle de l’eau, l’humidité reste à la surface et ne pénètre pas dans la masse.
- Malheureusement ces corps ne peuvent être utilisés dans les appareils où un arc électrique se produit normalement (comme les interrupteurs par exemple), car sous l’action de l’étincelle, les pyranols se décomposent en donnant des gaz, inexplosifs, mais contenant une très forte proportion d’acide chlorhydrique qui attaque les métaux en présence.
- LES ISOLANTS SOLIDES
- Ce sont les plus nombreux et les plus divers. On peut les ranger en trois classes :
- i° Les isolants organiques qui se carbonisent à température peu élevée (résines, vernis, papier).
- 20 Les isolants minéraux résistant aux températures les plus élevées (mica, silice, produits céramiques, verre, etc.).
- 3° Les isolants mixtes constitués par un support organique et un isolant minéral ou inversement (papier micacé par exemple ou amiante vernissée).
- Les résines synthétiques dont la' liste s’allonge tous les jours sont les plus employées. Nous énumérerons seulement les principales.
- Les résines phénoliques sont des produits de condensation des phénols avec les aldéhydes en présence de catalyseurs convenables. En général ce sont des produits durs, imperméables à l’eau, dépourvus d’élasticité, que l’on emploie en couche mince ou pour l’imprégnation de certains isolants.
- Les résines glycéro-phtaliques ou glyptal, produits de condensation à chaud de l’anhydride phtalique avec la glycérine, sont employées également dans la fabrication des
- peintures et combinées avec des huiles siccatives elles donnent des vernis isolants très durs et très adhérents. Elles, résistent mieux que la gomme laque à l’action de la chaleur.
- Les résines polystyréniques (obtenues à partir de l’éthylène-benzène) et métacryliques (éthers dérivés de l’acide acrylique) sont transparentes comme le verre et sont employées en aviation, automobile, lunettei’ie, etc. Leurs pertes diélectriques étant très faibles, on les utilise beaucoup en T. S. F.
- Les vernis sont surtout employés pour protéger contre l’humidité les matières fibreuses comme le papier, le coton, etc., etc., très utilisées dans la construction électrique par suite de leur grande souplesse. On se sert soit de vernis à l’alcool, soit de vernis gras. Les premiers donnent souvent une pellicule manquant de souplesse après évaporation du solvant et ne servent guère qu’à préparer des planches isolantes. Les seconds sont des dissolutions de gomme dans une huile siccative, fluidifiées par un solvant. Ils sont souvent additionnés de sels de plomb ou de manganèse qui augmentent leur vitesse d’oxydation à l’air et leur transformation finale en une pellicule dure, brillante et élastique.
- Les papiers, à base de cellulose (de colon) bien lavés à l’eau pure ou à l’alcool et débarrassés de leurs impuretés sont d’excellents isolants à condition qu’ils soient convenablement imprégnés car ils présentent deux graves défauts, facilement corrigés du reste : l’hygrométricité et la porosité.
- L’imprégnation avec des résines synthétiques et la compression énergique de la pâte, permettent la fabrication de tubes, planches, cylindres, etc., très employés et excellents isolants.
- La cellulose sous forme d’acétate n’étant pas hygrométrique est un bon isolant imperméable à l’eau et ne nécessitant pour son emploi, ni peinture ni imprégnation.
- Les isolants céramiques dont la porcelaine électrotechnique est le plus connu sont à base de silicate d’alumine hydraté cuit à haute température. Un perfectionnement récent, en substituant au silicate d’alumine du silicate de magnésie, a permis d’obtenir des produits plus résistants mécaniquement et ne présentant que des pertes diélectriques très faibles.
- Lorsque l’on opère à haute température, la résistance d’isolement' diminue considérablement; aussi pour certaines applications (bougies d’allumage de moteurs à explosion) a-t-on mis au point des isolants, conservant leur propriétés à haute température, à base en général d’alumine et de magnésie.
- Enfin parmi les isolants mixtes, nous citerons les mycalex constitués par un mélange de poudre, de mica et de borate de plomb traité à 75o° environ, c’est-à-dire une poudre de mica ayant un verre pour liant. Dans le même ordre de produits, il faut citer les micanites et les papiers micacés servant à l’isolement des bobinages des machines haute tension dans lesquels le liant est à base d’asphalte, qui donne des résultats supérieurs à ceux des liants à base de gomme laque.
- D’après le rapide exposé que nous venons de faire, on voit que l’isolant idéal doit résister aux trois éléments : air, eau, feu; il doit de plus ne pas être sujet au vieillissement et' être d’un prix de revient normal; il doit être facile à manier et à employer. On est encore loin de cet idéal, mais les progrès réalisés jusqu’à présent et les moyens d’investigation que Ja physique et la chimie modernes mettent à notre disposition justifient l’espoir de se rapprocher de plus en plus de la solution parfaite.
- II. Vigneron.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1939, A PARIS
- Froid, très ensoleillé et sec à son début, pluvieux, chaud et nuageux ensuite, février 1939 a été, dans son ensemble, doux, pluvieux et plus que normalement ensoleillé.
- La moyenne barométrique ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 766 mm 7, est supérieure de 3 mm 3 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, à ce même observatoire, 4°,G, surpasse la normale, de o°,8. Les températures jqurnalières sont restées inférieures à leurs normales respectives du ier au 7, date à laquelle a été noté le minimum absolu, — 5°,2. A partir du 8, toutes les moyennes quotidiennes, sauf celles du 21 et du 22, ont été excédentaires. Certaines d’entre elles, groupées autour du 11 ont atteint la température caractérisant les environs du 20 avril. Le maximum absolu, i4°,4 a été enregistré le 11.
- Le nombre de jours de gelée à glace, 9, est inférieur de 4 unités à la moyenne.
- La hauteur totale de pluie recueillie pendant le mois au Parc Saint-Maur, 5a mm 7, surpasse la normale de 46 pour 100. Sur les i4 jours de pluie appréciable (normale i3) qui ont contribué à la fournir, 5 se sont groupés du 16 au 20 et 5 autres du 22 au 26. Ces derniers ont donné à eux seuls 33 mm 2 d’eau soit G3 pour 100 du total mensuel. On n’a noté aucune chute de neige mais deux journées consécutives, celles du 2.3 et du 24, ont été particulière-
- ment pluvieuses et ont apporté respectivement au sol, i5 mm 6 et 10 mm 1 d’eau.
- A Montsouris, la hauteur totale, n’a été que 47 mm 9. supérieure de 35 pour 100 à la normale et la durée totale de chute, 49 h 5o m est sensiblement normale.
- Les hauteurs maxima relevées en 24 h ont été pour Paris, 21 mm 8 (Bois de Yincennes, La Faisanderie) et pour les environs, 24 mm 8 (Vaucluse) du 28 au 24.
- Il est tombé de la grêle, les 13, 24 et 28 sur divers points de la région.
- Les brouillards ont été quotidiens, matinaux; ceux des 4, G, 7, 8 et. 21 ont été épais; le 7, visibilité de 5 m à Ivry et de 10 m à Asnières. Les 3, 6 et 7 ils ont affecté toute la région.
- La durée totale de l’insolation, à l’Observatoire de la tour Saint-Jacques, 129 h 5o m est supérieure de 60 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 81,6 pour 100 et celle de la nébulosité de Go pour 100. Il y a été constaté : 1 jour de grêle, i5 jours de brouillard, 9 jours de brume, 6 jours de givre, 4 jours de rosée, n jours de gelée blanche. Le x4, floraison du perce-neige, le 24, la première violette.
- Em. Roceb.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PERFECTIONNEMENT DANS LA PRÉPARATION DES ENCAUSTIQUES ET CIRAGES
- On sait que les encaustiques liquides sont des émulsions de cire dans l’eau. La finesse des particules de la phase dispersée (la cire) exerce une grande influence sur la valeur du résultat pratique obtenu : plus les grains sont fins, plus le brillant est grand, de sorte que le choix de l’agent émulsionnant qui commande également les qualités de résistance à l’eau est très important.
- En général, on se sert d’émulsionnants fixes et non volatils, donnant des combinaisons stables qui demeurent dans le film résiduel et l’exposent à la réémulsification en présence de l’eau. Pour augmenter la résistance à l’action de celle-ci on peut diminuer la proportion d’émulsionnant ou en choisir un moins actif ; dans les deux cas, 011 a des émulsions moins stables et donnant un film moins brillant.
- En 1889, Knorr prépare une amine correspondant à la formule
- /CH* - CU\
- OC /Ml2
- \CII* — Cil3/
- à laquelle on a donné le nom de morpholine à cause d’une certaine analogie de configuration moléculaire avec le noyau basique de la morphine. Ce corps est un liquide incolore, bouillant à 128°, à odeur d’ammoniaque et soluble dans l’eau en toutes proportions qui, en combinaison avec les acides gras (oléique, stéarique, palmitique, etc.) donne des savons dont les propriétés émulsionnantes sont remarquables.
- C’est ainsi que les encaustiques dans lesquelles l’émulsion est obtenue à l’aide des savons de morpholine ont des grains dont les dimensions moyennes ne dépassent pas le micron, ce qui leur permet de donner des films très brillants. En outre, la morpholine est volatile ; les savons qu’elle donne ont tendance à s’hydrolyser et l’amine s’évapore finalement, laissant un film très résistant à l’eau.
- En réalisant la composition suivante :
- Cire de carnauba................ 11,2
- Acide oléique................... 2,4
- Morpholine...................... 2,2
- Eau............................. 67
- on obtient une émulsion presque claire comme de l’eau, laissant après évaporation un film d’un beau brillant immédiat sans aucun frottement.
- Pour réaliser des polishes, il est utile d’ajouter à la préparation précédente une solution aqueuse de résines solubles en milieu alcalin en vue d’améliorer les propriétés mouillantes et d’étalement sur les surfaces. On peut utiliser l’une des compositions ci-dessous dont les quantités sont celles qui seraient à ajouter à la formule de base à la cire de carnauba indiquée plus haut :
- P.ésine Manille ou Par- Gomme laque . 1,5
- tianak 1,5 Morpholine. . . 0,2
- Morpholine 0,6 Eau . . . .
- Eau 15,1
- ou encore :
- Colophane. . 1,5
- Morpholine . 0,6
- Eau . . .
- Si on veut une formule plus économique, on peut utiliser la composition suivante qui donne un film prenant un excellent brillant par frottement :
- Cire de carnauba..................... 2,6
- Paraffine........................... 10,6
- Acide oléique..................... 3
- Morpholine............................ 2,6
- Eau .............................100
- Nota. — La préparation de l’émulsion de carnauba doit se faire avec précautions : au bain-marie à 85-90° où fond la cire et l’acide oléique. On ajoute en agitant constamment la morpholine jusqu’à ce que la masse soit parfaitement claire et on ajoute ensuite lentement l’eau bouillante en agitant constamment. Le mélange devient de plus en plus visqueux et quand on a ajouté les deux tiers de l’eau il se présente sous forme consistante. Puis l’émulsion se renverse et du type eau dans l’huile elle devient du type huile dans l’eau, la consistance tombe et on peut ajouter le reste de l’eau rapidement. Le temps total pour l’addition de l’eau ne doit pas dépasser une demi heure. Finalement, pendant que le mélange refroidit, on continue d’agiter lentement. Le mode d’agitation a une grande importance, il ne doit être ni trop rapide ni trop lent et les meilleures résultats sont obtenus en se servant d’une spatule mue à la main.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire du bureau des longitudes pour 1939.
- 1 vol. in-S, vm-684 p., 5 cartes célestes en couleur et 2 cartes magnétiques. Gauthier-Yillars, Paris. Prix : 25 francs. Comme chaque année cet important recueil se recommande par les très nombreux documents qu’il contient. Divisé en cinq chapitres principaux consacrés au Calendrier, à la Terre, à l’Astronomie, aux Mesures légales et Monnaies, aux Statistiques géographiques et démographiques, on y trouve tous renseignements sur les divers calendriers, les positions des astres, les poids et mesures légaux français et étrangers, etc. Cet ouvrage publie également deux notices scientifiques : Les anomalies magnétiques par M. Ch. Maurain, et Les évanouissements brusques clés oncles radio-électriques courtes, par M. R. Jouaust.
- Hasard et contingence, par J. Second. 1 vol. 16 x 25 de 66 p. Actualités scientifiques et industrielles, Paris. Hermann, 1938. Prix : 20 francs.
- Le hasard, cet interrupteur de vie courante, est examiné au point de vue de la logique philosophique et l’auteur a divisé son exposé en 4 chapitres traitant de la notion du hasard, des deux formes du nécessaire ; du déterminisme et des jeux du hasard ; de la logique du con tingent.
- Logique du pari, par J. Second. 1 vol. 16 x 25 de 47 p. Actualités scientifiques et industrielles, Paris. Hermann, 1938. Prix : 15 francs.
- L’auteur considère non au point de vue mathématique, mais au point de vue philosophique les trois aspects suivants du pari : hasard et pari ; le pari et le risque ; chance et malchance.
- Méthodes d’élaboration des statistiques démographiques (recensement, état civil, migrations), par M. Huber.
- 4 vol. 16 x 25 de 105 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 20 francs.
- Ces deux fascicules sont les premiers d’une série de six qui reproduiront le cours de démographie et de statistique sanitaire professé par M. Huber, de 1923 à 1933 à l’Institut de statistique de l’Université de Paris. Ce sont surtout les méthodes fondamentales de la statistique que l’auteur expose dans ces deux premiers fascicules, ainsi que les principes généraux de l’analyse des résultats et de leur interprétation.
- Champignons de couche et autres espèces cultivables, par .1. Laciiau.me. 11° édition, mise au point par G. Belt.air. 1 vol. in-16, 147 p., 39 fig. La maison rustique, Paris, 1939. Prix : 10 francs.
- Ouvrage classique qui passe d’abord en revue les champignons comestibles et indique leur biologie. Puis les champignons de couche prennent la première place : culture en carrière, production du blanc, plantation des meules, récolte ; suivent les données utiles sur leurs maladies, leur conservation, leur commerce.
- Écho soundings, par Sv. Grf.ve. Dana-Report, n° 14, 25 p., 4 fig., 19 pi.
- Pendant le voyage autour du monde du Dr Johs Schmidt, 7.976 sondages au son furent exécutés, formant une couronne complète ; ils sont donnés ici avec des nombreuses coupes du fond, et certains corrigent en moins les déterminations antérieures au plomb de sonde.
- Formes nouvelles et formes larvaires des poissons apodes appartenant au sous-ordre des Lyomères, par Léon Bertin. Dana-Report n° 15, 26 p., 17 fig., 2 pl. Reitzels, Copenhagcn ; Oxford Universitv Press, London. Prix : 6 et 3 sh.
- Quelques poissons récoltés ajoutent au peu qu’on sait des extraordinaires Lyomères : Eurypharynx et Saccopharynx, un nouveau genre et des larves.
- Les Ichneumonides de Madagascar, par G. Hein-rich. III. Ichneumonidae Ichneumoniae. Mémoires de l'Académie Malgache, fasc. XXY. 1 vol. in-4, 139 p., 2 pl. en couleurs. Imprimerie de l’Emyrne, Tananarive, 1938. Prix : 45 francs.
- 5 à 6.000 Ichneumons recueillis par M. Seyrig dans la Grande Ile sont, avec les récoltes de M. Heinrich aux Iles Célèbes, ce qu’on sait de plus complet sur ce groupe, en dehors des pays tempérés. Tous deux spécialistes, les auteurs
- s’en sont partagé l’étude, M. Seyrig se chargeant des Pim-plinae et traduisant ici le travail de M. ïïcinrich sur les Ichneumoninae malgaches. La description des espèces, toutes pondant leurs œufs dans des Lépidoptères, est précédée de généralités biologiques ; on y apprend que cette faune a des affinités éthiopiennes très marquées, tandis que les représentants indo-malais sont fort rares.
- La chronaxie et ses applications physiologiques,
- par Louis Lapicque. 1 vol. in-8°, 117 p., 20 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Il y a 12 ans, le professeur de la Sorbonne réunissait l’ensemble de ses recherches et de ses vues sur l’excitabilité nerveuse en un volume maintenant épuisé. Depuis, maints travaux ont paru, montrant à côté de l’excitation électrique une transmission humorale, dont le mécanisme n’est pas encore totalement éclairci. Le père de la chronaxie reprend aujourd’hui son œuvre et dans ce premier fascicule refait l’historique de la question et examine le rapport intensité-durée chez les êtres vivants les plus divers, jusqu’aux Protozoaires et aux plantes.
- The basic mechanics of human vision, par R. Brooks Seupkin'S. 1 vol. in-8, 228 p., 79 fig., 8 pl. Chapman and Hall, London, 1939. Prix : relié toile, 12 sh. 6 d.
- Ayant examiné les conditions mécaniques et physiques de la vision : muscles moteurs, muscles ciliaires, accommodation, l’auteur, se basant sur sa longue expérience, s’élève contre la seule solution adoptée jusqu’ici, le port de verres correcteurs, et il propose un entrainement, des exercices de vision, à toutes distances, efficaces même contre la cataracte sénile et certains glaucomes, pour éviter que les civilisés deviennent tous des hommes à lunettes, par atrophie des muscles de la vision.
- Claude Bernard physiologist, par J. M. D. Olmsted. in-8, 272 p., 5 pl. Harper and Bros. Publ., New-York et Londres, 1938.
- Ce livre, écrit par le professeur de physiologie de l’Université de Californie, est divisé en trois parties. La première est la biographie de Claude Bernard : sa jeunesse à Saint-Julien, son arrivée à Paris, son activité professorale et sociale, sa vie privée, sa correspondance avec Mme Raffalovich, ses dernières années. La deuxième a trait à son activité scientifiquë, où la chimie biologique joue un si grand rôle ; des chapitres entiers relatent ses travaux sur la digestion pancréatique, la fonction glycogénique du foie, les nerfs vasomoteurs, l’action des poisons, la physiologie générale, la fermentation, etc. Enfin la dernière partie dégage la portée général de son œuvre, avec ses tendances éclectiques et agnostiques, le principe du déterminisme, le milieu intérieur.
- Depuis le livre de Sir Michael Foster, écrit an siècle dernier, et celui de vulgarisation, quelque peu partial, de Jean-Louis Faure, nous n’avions pas eu d’étude détaillée sur Claude Bernard. Le livre d’Olmsted, parfaitement documenté, et écrit d’une façon très claire et agréable, ne peut manquer de séduire tous ceux qu’intéresse l’œuvre du père de la physiologie moderne.
- Le meurtre de Radama II, par le P. Adrien Boudou. Mémoires de l’Académie Malgache, fasc. XXVL 1 vol. in-4, 59 p. Imprimerie de l’Emyrne, Tananarive, 1938. -Prix : 17 fr 50.
- Le rapprochement des documents déjà publiés et d’autres inédits, notamment ceux du Père Tinaz, permet d’écrire, discuter et préciser l’histoire de la révolution de palais survenue à Tananarive en 1863 qui coûta la vie au roi. On y voit apparaître les missions françaises et anglaises qui approchaient alors la cour malgache.
- Cosmétiques et produits de beauté, par René Le Florentin. Teintures capillaires, poudres et fards, préparations manucures, lotions, laits, crèmes et gelées, gominas, bandolines, pommades, dépilatoires. Nouvelle édition 1938 complètement remise à jour. 1 vol., 202 p. 18 x 12 avec fig. Desforges, éditeur, Paris, 193S. Frix : 30 francs.
- Lfeau potable, par A. Buieder. 1 vol. in-8, 160 p., 93 fig. Béranger, Paris, 1939. Prix : 40 francs.
- Où trouver de l’eau, comment la capter, la stocker, l’épurer, la stériliser, la distribuer et comment évacuer les eaux usées, problèmes pour lesquels ce petit, livre donne de bonnes recettes pratiques, avec peut-être trop de confiance en la sourcellerie.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance clu iG janvier 1909.
- L’action de îa coîchicine sur les végétaux. —
- M. Mangenot expose quelques conclusions sur l’action si spéciale de la coîchicine (solution à 1/2.000 dans le liquide de Kopp), sur les cellules végétales. En particulier les fragmentations de noyaux sont très fréquentes dans le méristème apical ou les ébauches radicellaires ; elles sont d’autant plus fréquentes que le séjour en milieu eolchiciné a été plus prolongé. D’autre part, la coîchicine peut produire une augmentation considérable du volume nucléaire, les dimensions des noyaux pouvant être décuplées. L’action est différente de celle des rayons X et de celle des autres agents chimiques. Elle peut être caractérisée par un arrêt de la prolifération cellulaire sans trouble profond du métabolisme ; l’hypertrophie des cellules de la zone de croissance est une conséquence de cet arrêt, elle apparaît bien avant la formation des noyaux géants. La racine colchicinée finit par souffrir et un processus lent de nécrose peut s’installer.
- La sérothérapie antidiphtérique. —- M. Besredka expose qu’en recouvrant la peau d’un lapin, rasée et légèrement scarifiée, d’une compresse imbibée de sérum antidiphtérique dilué à 5o pour xoo et en injectant ensuite de la toxine diphtérique, on n’observe que de très faibles réactions, très faibles surtout du côté scarifié. L’avantage de ce mode d’administration du sérum réside dans la facilité de son application et dans l’absence de tout' risque d’accidents a naphy lactiques.
- Séance du 23 janvier ig3g.
- Capture de larves par des champignons. —
- Certains champignons microscopiques du sol forment en présence des Nématodes libres des organes de capture : garrots ou gluaux, qui fixent et digèrent ces Nématodes. MM. Roubaud et Desciiiens ont recherché si ces champignons (Arlhrobotrys oligospora et Dactylella bembicodes) sont susceptibles de capter les larves des nématodes responsables d’affections redoutables (strongyloïdose, ankylostomiase). Ils ont constaté que la présence des larves et même des adultes provoque l’apparition de dispositifs de capture, soit du type gluau (Arlhrobotrys), soit du type garrot (Dactylella). Les larves et adultes capturés sont envahis par le mycélium qui les digèi'e. Ces captures sont réalisées malgré les dimensions relativement élevées des larves. La question est donc posée de savoir si la destruction des larves qui provoquent l’ankylostomiase et l’anguillulose serait réalisable pratiquement par la culture de champignons microscopiques prédateurs dans les galeries de mines et les boues fécales.
- Fusion du graphite. — M. Basset a pu réaliser la fusion incontestable du graphite dans une chambre à ultra-pressions et une atmosphère d’argon. Un courant électrique d’intensité croissante passe dans le bâtonnet de graphite jusqu’à volatilisation ou fusion. Des cas de fusion caractéristiques ont été ainsi obsci’vés. La pression critique est de 170 kgr/cm2 et la température critique de /i.ooo0 K. La densité du graphite fondu est de 2,26.
- La corrosion des métaux légers. — MM. Cournot et Baudrand ont étudié là corrosion des assemblages soudés des alliages légers. Leur conclusion est que la tenue à la corrosion des tôles assemblées est meilleure pour la soudure
- par points, surtout si le joint est protégé massivement. La régénération est très utile quand elle est possible. L’alliage léger à haute résistance est très nocif pour l’alliage léger au magnésium.
- Synthèse des teldspaths. — MM. Michel-Lévy et Wyart exposent qu’ils ont réalisé la synthèse des felds-paths alcalins (orthose et albite) en mélangeant de la silice précipitée, de l’alumine et des carbonates alcalins avec un explosif brisant, l’hexogène; La détonation dans une atmosphère d’argon donne des températures très élevées, de l’ordre de io.ooo0. 11 se forme dans les parties supérieures de la chambre d’explosion une croûte dans laquelle les feldspaths alcalins peuvent être caractérisés. On y trouve également des cristaux uniaxes qui doivent être du quartz. Un déplacement gazeux des feldspaths a pu ainsi être possible dans la nature aux âges géologiques.
- Séance du 3o janvier 190g.
- La falaise éboulée d’ivry. — Les travaux de la ligne n° 7 du Métropolitain ont mis à jour à Ivry-sur-Seine une falaise de lutétien présentant des dénivellations qui ne peuvent s’expliquer que par un éboulement. M. Soyer indique l’analogie de cette situation avec celles existant au pied de la colline de Chaillot, au pont de Suresnes, à Médan, à Saint-Cloud. Ces éboulements sont certainement dus à l’érosion et se placent dans le Pléistocène. A cette époque des actions morphologiques importantes ont eu lieu dans la région parisienne par affouillement du pied des rives pendant que s’édifiaient les graviers de base des terrasses.
- L’absorption digestive de l’insuline. — L’insuline ne produit par ingestion que des effets nuis ou très faibles sur la glycémie. MM. Ratiiery, Dérot et de Traverse ont pensé, qu’en évitant la destruction de l’hormone par des antidiastasiques et en facilitant son absorption par des modifications de la tension superficielle, on obtiendrait des résultats intéressants. Ils se sont adressés à des dérivés du Iriphénylméthane et, aux diazoïques d’une part et à des sapo-nines d’autre part. Dans ces conditions l’ingestion de l’insuline s’accompagne d’une hypoglycémie notable qui p.ut atteindre 85 pour 100. Ces résultats présentent toutefois une certaine irrégularité et nécessitent des doses au moins dix fois supérieures à celles utilisées par injections.
- Séance du G février 1909.
- Un cyclone tropical. — Le 21 septembre ig38 un cyclone d’une violence extrême dévastait la région de New-York. Il s’agissait d’un cyclone tropical que le Weather Bureau avait dépisté depuis le i3 septembre au large du Sénégal. M. Hubert a étudié les cartes du Service Météorologique de l’A. 0. F. et montre qu’on peut y retrouver l’origine de ce météore, non dans les isobares, mais dans un noyau de baisse apparu au Sénégal dès le 4 septembre. Une faible dépression s’est, ensuite formée qui s’est détachée de la zone de basses pressions de Tamanrasset. Un déplacement vers le sud de l’alizé a alors provoqué son antagonisme avec la mousson et amorcé le mouvement cyclonique. C’est la première fois que l’on peut suivre la formation d’un cyclone tropical depuis le creusement d’un noyau isalloba-rique ; c’est également la première fois qu’un cyclone atteignant les Etats-Unis est identifié avec un météore formé sur le continent africain. L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE
- Nouvel alliage magnétique.
- Il y a plusieurs années que l’on applique industriellement aux alliages de fer ou de cuivre le procédé dit de « calorisation » qui consiste à former un alliage superficiel d’aluminium pour augmenter les propriétés résistantes mécaniques et chimiques des surfaces des pièces.
- En étudiant les ' propriétés conférées aux divers alliages par l’adjonction cl’aluminium, les ingénieurs de la General Electric Cy trouvèrent que certaines combinaisons ont des propriétés magnétiques absolument remarquables et imprévisibles. Il en résulte la production d’un nouvel alliage dénommé cc Alnico » dans lequel le composé Al — Ni est dissout dans le fer à haute température et précipité ensuite par addition de cobalt dans des conditions de température et de vitesse de précipitation et de refroidissement bien déterminées suivant le produit final désiré.
- Ces alliages sont très magnétiques et leur force coercitive élevée permet la confection d’aimants plus courts et plus compacts. Ils résistent beaucoup mieux que les aimants permanents ordinaires aux actions démagnétisantes de la température ou des vibrations. On peut arriver à réaliser des aimants permanents en alnico capables de soulever 600 à 700 fois leur propre poids.
- Aussi les applications possibles sont-elles extrêmement nombreuses dans la construction des moteurs électriques à courant continu ou alternatifs, des moteurs de hauts parleurs de T. S. F., des mandrins et des plateaux magnétiques, etc.
- MÉTALLURGIE
- Le procédé acide de fabrication des fontes.
- Un perfectionnement important de la fabrication des fontes au haut-fourneau a été mis au point depuis deux ans en Allemagne, dans la Sarre, et en Angleterre à Corby et est passé dans la pratique industrielle dans cette deuxième usine appartenant à la Stewart and Lloyd Cy.
- Le procédé consiste à adopter un laitier acide (c’est-à-dire dans lequel l’indice de basicité, rapport chaux/silice, est de 0,9 à 1) sans se préoccuper, comme on le faisait avant dans la pratique ordinaire du haut-fourneau, du fait que ce laitier n’est pas désulfurant.
- L’opération de désulfuration est effectuée, en dehors du haut-fourneau, sur la fonte liquide, par l’action d’additions •dont la principale est le carbonate de soude.
- L’usine de Corby, à 100 km au nord-ouest de Londres, est' située sur un important gisement de fer oolithique pauvre (28 à 32. pour 100 de fer) assez 'siliceux et très alumineux. Si on voulait traiter ce minerai pour avoir un laitier désulfurant, il faudrait ajouter du calcaire, on aurait alors un laitier tellement réfractaire que la dépense de coke serait prohibitive, tout en donnant une fonte très siliceuse impropre à la fabrication de l’acier. Au contraire avec un laitier acide, on peut employer le minerai local sans aucune addition et on a une allure très coulante et très économique.
- La désulfuration se fait en deux temps : une première addition de carbonate de soude (additionné parfois de chaux •ou de produits fluidifiant le laitier) se fait dans la poche, au pied du haut-fourneau et élimine environ la moitié du soufre ; une seconde addition, dans la poche de l’aciérie
- ramène la teneur de soufre au quart de la valeur primitive. La fonte passée ensuite au convertisseur donne finalement un acier de teneur normale en soufre.
- Ce nouveau procédé, par lequel l’usine de Corby a produit 5oo.ooo t d’acier en 1937 consiste à adopter pour le hautfourneau l’allure la plus économique, d’après le minerai traité, c’est-à-dire celle donnant la scorie à point de fusion le plus bas sans se préoccuper du soufre qu’on enlève par une opération ultérieure. Il a suscité un vif intérêt, parmi les métallurgistes car il est économique et susceptible d’application générale.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Le glycérol synthétique.
- Le glycérol qui entre dans la préparation des résines synthétiques, particulièrement celles que l’on emploie dans les vernis et émaux, était jusqu’à présent extrait des sous-produits de la fabrication du savon. La demande augmentant, on a cherché à le préparer synthétiquement.,
- La méthode consiste à traiter par le chlore le propylène et à hydrolvser ensuite par un alcali le trichloropropane ainsi formé. Comme le propylène est lui-même un sous-produit du eraking des pétroles, ce sont les usines de raffinage d’huiles qui en Amérique ont mis cette fabrication au point.
- L’hydrogénation de la résine.
- La résine de pin dont les emplois ont été limités jusqu’à présent par sa tendance à s’oxyder et à se colorer avec le temps va peut-être retrouver des débouchés intéressants grâce à un nouveau procédé d’hydrogénation.
- En traitant la résine par l’hydrogène en présence d’un catalyseur convenable, la coloration des résines, même de basse qualité, est améliorée de telle sorte qu’elles sont plus incolores que les résines les plus pures. En même temps, l’hydrogénation produit une modification chimique qui l’empêche de changer de couleur sous l’action des rayons solaires. On peut donc envisager son emploi dans des applications d’où jusqu’à présent elle était radicalement exclue.
- Les emplois du tantale en chimie minérale.
- Le tantale est un métal relativement cher et rare, bien qu’il en existe d’importants gisements, en particulier dans les colonies belges. Il semble que son emploi en chimie industrielle soit appelé à se développer rapidement et à remplacer les appareillages en grès, en silice ou en lave, encombrants et fragiles, que l’on utilise encore généralement dans les usines de fabrication d’acide chlorhydrique et de dérivés chlorés.
- En effet, étant un métal, il transmet mieux la chaleur qui se dégage quand l’acide chlorhydrique se dissout dans l’eau et de plus, il est un des rares métaux résistant à l’attaque de l’acide concentré et chaud.
- Aussi les appareils construits en tantale ont-ils une puissance et un rendement bien supérieurs aux installations classiques. C’est ainsi qu’une colonne absorbante de i5 cm de diamètre intérieur et de 2 m dé haut est capable de produire par heure, une tonne et demie d’acide chlorhydrique à 20 pour 100.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- EMBALLAGE
- Nouvel emballage métallique pour crèmes, pâtes et produits visqueux.
- Les tubes d’étain dans lesquels on livre à la consommation les crèmes et pâtes, depuis les produits de beauté, d’entretien de chaussures, les dentifrices et les médicaments, jusqu’aux couleurs des peintres sont certainement très commodes. Cependant' de nombreux inconvénients peuvent leur être reprochés. Avant remplissage, ces tubes mous nécessitent une manutention délicate et occupent un volume important. Pleins, il faut les protéger contre les chocs par un emballage en carton qui non seulement grève leur prix mais encore augmente l’encombrement'. En service, on est naturellement obligé de les écraser pour en faire sortir le produit, et ils prennent une forme peu esthétique sans
- Fig. 1. — Nouvel emballage métallique. Schéma montrant les positions successives de la membrane souple (sertie en D sur le boitier rigide A).
- .compter que, si on roule la base au fur et à mesure de l’emploi, on arrive à masquer l’indication du contenant et, surtout pour les produits pharmaceutiques, il peut en résulter de graves accidents, si l’on confond un médicament avec un autre. On peut encore leur reprocher les risques de perforation de leur paroi souple et les risques de fuite ou d’éclatement au bout opposé à celui portant l’ajutage lorsque la pression de l’usager, faite au milieu du tube, provoque la poussée du contenu vers' les deux bouts.
- Un nouvel emballage en aluminium mis récemment sur le marché apporte une solution nouvelle qui semble des plus intéressantes. Il est constitué, comme l’indique la figure i, empruntée à la Parfumerie Moderne, par une partie A en aluminium rigide, portant un ajutage fileté B muni .d’un bouchon quelconque B', et par une membrane G en aluminium souple, déformable, réunies à leur base par un sertissage D en forme de couronne. Le fonctionnement est très simple : pour se servir d’un produit visqueux et pâteux ainsi emballé, il suffît, après avoir débouché le bouchon B', de presser avec le doigt sur la membrane, pour faire sortir le contenu par l’ajutage. Sous l’effet de pressions répétées, la •membrane se déforme progressivement jusqu’à venir épouser l’intérieur de la partie rigide A. Pour cette position de la membrane, la vidange du récipient est entièrement effectuée.
- La rigidité du récipient permet, soit de le décorer sur sa surface réelle, soit d’y adjoindre un boîtier enjoliveur qui :s’y fixe par un simple serrage. Naturellement ce boîtier
- peut avoir toutes les formes désirées et se prête à toutes les décorations.
- Ce même dispositif permet de réaliser une burette à huile particulièrement avantageuse. Dans les burettes ordinaires, on imprime à la paroi des déformations momentanées et alternées, qui provoquent de légères pulsations d’air manquant parfois d’efficacité. De plus, le rappel d’air qui accompagne chaque retour en arrière de la paroi risque d’entraîner les poussières qui se trouvent généralement autour du point de graissage et d’amener l’obstruction de l’embout'. Dans le nouveau récipient la pression est directe, toujours efficace et sans retour possible.
- Ce nouveau mode d’emballage est très avantageux pour le transport, soit à vide soit après remplissage.
- A vide, la membrane souple se trouve, en effet, appliquée contre la paroi rigide et se confond avec elle : les récipients s’emboîtent donc les uns dans les autres pour former des sortes de rouleaux peu fragiles que l’on peut emmagasiner sans peine. Après remplissage les récipients peuvent être simplement emballés en rouleaux avec des rondelles de cartons intercalaires ou dans des cartons individuels.
- OBJETS UTILES Lumvisor.
- On sonne à votre porte. Est-ce un parent, un ami, ou, au contraire, un importun, peut-être même un bandit? Il n’était guère possible de le savoir jusqu’à présent, sans ouvrir cette porte, qui, peut-être, va livrer passage à un malfaiteur.
- Grâce à Lumvisor, à l’abri de celte porte close, vous pourrez voir, sans être vu, qui demande à entrer chez vous.
- Lumvisor est un véritable périscope de haute précision de dimensions réduites, qu’on fixe sur la porte, autant que possible sur le montant' de la serrure, à environ i m 80 du sol, en perçant sur ce montant, au vilebrequin, un trou de 8 mm de diamètre, pratiquement invisible de l’extérieur.
- Cet appareil permet de voir, à travers la porte, en se plaçant, suivant la taille, à une distance de o m 5o à i m, ce qui permet à une grande personne, aussi bien qu’à un jeune enfant, de voir qui est à l’extérieur.
- L’appareil ne comportant aucun mécanisme est indéréglable. Sa solidité, à toute épreuve, lui permet de résister aux chocs les plus violents, et il ne nécessite d’autre entretien que, de temps à autre, l’essuyage de l’extérieur de la lentille à l’aide d’une peau de chamois.
- Laboi'atoire de Recherches industrielles, 24, rue Desnouet-les, Paris (i5e).
- Fig. I. — Fonctionnement du Lumvisor.
- Fig, 2. — Vue extérieure de l’appareil.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Schémas de récepteurs de T. S. F. — Vous trouverez des schémas de montage d'appareils industriels de T. S. F., ou en pièces détachées, et également des schémas d'ampliJicateurs dans Les meilleurs appareils de T. S. F. Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris.
- Sur le dépannage et la mise au point, consultez : entretien, mise au point, dépannage des appareils radio-électriques, par P. Hémardinquer. Eyrolles, éditeur, 01, boulevard Saint-Germain, Paris (6e).
- Réponse à M. Martel, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- Empioi de plusieurs microphones. — On peut employer assez facilement deux ou trois microphones simultanément, pour l’enregistrement ou la diffusion microphonique, mais il faut disposer convenablement les atténuateurs de mixage, montés en série ou en parallèle.
- Les atténuateurs ordinaires à un seul enroulement résistant, avec curseur, ou prises avec plots et manette, ont le grand inconvénient de causer une variation de l'impédance reliée au circuit de l’amplificateur, suivant le réglage, d’où ATaria-tions de tonalité et distorsions.
- Ces atténuateurs simples dits a en L », peuvent avec avantage être remplacés par des modèles « en H » et « en T », à deux ou trois enroulements résistants, et curseurs correspondants, à effets compensateurs évitant cet inconvénient.
- On utilise aussi le mixage électronique, ou plus, simplement, le couplage par lampe, soit avec une lampe multiple à deux grimes sur lesquelles agissent séparément les microphones, soit au moyen de plusieurs lampes séparées. On obtient ainsi à la fois un effet de mixage et d'amplification en tension, utile pour les modèles peu sensibles, électro-dynamiques ou piézo-élcclriques.
- Réponse à M. L., à Rouen.
- De tout un peu.
- M. Audis, à Briançon. — 1° Pour dorer les tranches de livres, on procède de la façon suivante :
- On place le volume entre deux planches et après avoir redressé les cartons, on serre fortement, puis avec un grattoir spécial à lame d’acier de la largeur requise, on gratte la surface de la tranche avec soin, afin d’enlever toutes les bavures du papier et on la brunit avec un polissoir en agate.
- Cela fait, on passe une couche de bol d’Arménie délayé dans un peu d’eau rendue albumineuse par du blanc d’œuf. On essuie aussitôt et brunit une deuxième fois sans laisser sécher.
- Ce travail permet à la dorure de mieux pénétrer et masque les défauts qui pourraient apparaître après coup sur la tranche.
- Il ne reste plus qu’à effectuer Je travail de dorure proprement dit.
- On applique au pinceau sur la tranche à dorer, une couche d’un mélange d’eau et de blanc d’œuf, soit un blanc pour trois fois son volume d’eau. Avant que cette colle ne soit sèche, on applique dessus, en se servant d’un tampon d’ouate, de minces feuilles d’or battu.
- Quand toutes les parties de la tranche sont bien dorées, on attend 5 h au moins pour commencer le brunissage qui doit être pratiqué très légèrement au début. Puis avec un linge fin enduit de cire vierge, on passe une couche que l’on brunit avec plus de force, parce qu’il n’y a plus à craindre que la dorure ne se détache.
- N. B. — Le bol d’Arménie n’est autre chose qu’une argile ocreuse colorée en rouge vif par du peroxyde de fer. Lorsqu’il est réduit en poudre, il porte le nom de Bol d’Arménie préparé et est fréquemment employé dans les arts comme produit de polissage.
- Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir le matériel nécessaire pour la dorure des livres : Alivon et Ma-louin, 35, rue Lacépède (5e) ; Bourgault, 7, rue Chariot ; Crépin, même adresse ; Caplain, 1, rue Gozlin (place Saint-Germain-després) ; Longiers, 58, rue d’Hauteville.
- 2° La formule suivante de colle pour reliure vous donnera très probablement entière satisfaction, elle a été le résultat de la collaboration des Ateliers fédéraux de Washington (Imprimerie nationale américaine) et de l’Association des patrons relieurs ; elle donne, paraît-il, des effets remarquables pour le collage du papier et du carton. Prendre :
- Eau ordinaire............................. 450 gr
- Diéthylène-glyeol......................... 100 —
- Beta-naphtol................................ 1 —
- Alun d'ammoniaque........................... 3 —
- Glucose à 43° B........................... 250 —
- Farine de froment......................... 196 —-
- 1.000 gr
- On mélange intimement à froid les constituants, farine exceptée, avec les deux tiers d’eau, on chauffe, puis ajoute la farine en pluie en remuant constamment. La cuisson se poursuit jusqu’à obtention d’une masse épaisse homogène, il ne reste plus qu’à mettre en récipients convenables, de préférence non métalliques pour éviter la coloration rouge de la colle par l’oxyde de fer.
- M. Brézil, à Sào Paulo. — Vous trouverez tous renseignements utiles en vue de la fabrication des toiles cirées dans l’ouvrage de Maigne et Petit édité par la librairie Roret, 12, rue d’IIautefeuille.
- M. Dauplay, à Jurançon. — La colle blanche que l’on trouve dans le commerce en boîtes d’aluminium a généralement une composition voisine de la suivante :
- Dextrine blanche........................ 30 gr
- Eau ordinaire............................ 50 —
- Glycérine blanche....................... 20 —
- Faire gonfler la dextrine dans l’eau froide pendant 12 h, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter la glycérine et une trace d’acide salicylique pour assurer la conservation.
- Couler encore chaud dans des boîtes munies d’un couvercle pour éviter la dessication.
- M. Auger, à Tanger. — Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir de la galalithe sous toutes ses formes : Guérin, 174, quai de Jemmapes ; Hillel, 55, iue de Bretagne (3e) ; Feuillant, 17, rue (les Petites Ecuries (10e) ; Petit-Collin, 20, boulevard Saint-Denis, dépôt, 32, avenue de Saint-Mandé (12e).
- Le polissage de ce produit s’effectue facilement avec les abrasifs courants très lins : potée d’étain tripoli, pierre ponce, etc.
- M. Vidal, à Saint-Pierre-les-Nemours. — Le fard ocré liquide fond de teint se prépare en prenant :
- Carbonate de magnésie léger. . . 20 gr
- Ocre jaune fine.................... 1 —
- Glycérine blanche................. 50 —
- Eau distillée de fleurs d’oranger. . 15 —
- Eau distillée de roses............ 35 —
- Essence de géranium rosat. ... 3 gouttes
- Avoir soin de broyer finement le mélange de carbonate de magnésie et d’ocre qui doit passer au tamis 200. Ajouter la glycérine puis les eaux distillées et le parfum.
- Un broyage parfait est essentiel. Suivant le ton à réaliser, prendre l’ocre jaune brunâtre ou l’ocre jaune clair.
- M. Jean. Lefebvre, à Douai. — 1° L’article que nous avons publié sur l’emploi du phosphate trisodique pour l’épuration des eaux calcaires se trouve dans le n° 2863, p. 167, recettes et procédés utiles.
- 2° L’huile de graissage qui souille l’intérieur de votre radiateur étant très probablement de l’huile minérale, le seul moyen de vous en débarrasser est à notre avis d’utiliser' sa densité inférieure à celle de l’eau, c’est-à-dire de remplir complètement d’eau, d’attendre quelques heures que l’huile ait gagné la surface puis de la faire déborder en versant un complément d’eau avec un entonnoir dont la douille descendra en dessous de la couche d’huile.
- Répéter au besoin l’opération, jusqu’à ce qu’aucune trace d’huile n’apparaisse plus à l’orifice.
- Le Gérant : G. MASSON.
- imprime par barnéoud frères et cie a laval (france). — 15-4-1939 — Published in France.
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- N° 3048
- LA NATURE
- V’ Mai 1939
- L'OR BLOND DE L'ABEILLE
- Il va io ans, près de Saint-Rémy-de-Provence, porté par le retroussis du terrible mistral escaladant les Alpilles,' je volai à voile 9 h à bord d’un lourd avion, moteur stoppé, hélice calée. Que faire, sinon regarder le paysage ?
- A mi-hauteur dans la pente abrupte, à i5o m d’altitude au-dessus des cypi'ès des basses vallées du Rhône et de la Durance, une caverne assez vaste, masquée par des arbustes aux chasseurs des garrigues qui « plafonnent » nettement plus bas. Quinze ans après,
- n’est qu’un bétail, victime de lauto-abrutissement du travail forcené et de l’asservissement à la vie collective. Alors, qu elle massacre les mâles dès qu’ils sont devenus inutiles, alors qu’elle condamne à mort en les jetant à la porte, c’est-à-dire en, les vouant au gel et à la famine, les malades, les invalides, les périmés. La société des abeilles ne ressemble en rien à nos gérontocraties ; à part quelques sociétés attardées du Centre-Afrique elle est la seule où les vieillards risquent de se voir secouer lorsqu’ils sont au sommet du « coco-
- Fig. 1 et 2. — Au pied de la pittoresque barrière des Alpilles, non loin de Saint-Rémy de Provence (au quartier de la Haute-Galine), un rucher « mobiliste » (ruches à cadres), abrité du soleil et du mistral dans une pinède riche en pollen et en nectar. Mais gare à l’incendie.... Ces chalets coquets nous changent de l’antique ruche provençale, simple caisse dressée. — 2. Aon loin de là un rucher, une « cité cl’ouvrières » abrité du mistral par une éminence et les portes face au levant. D'aucuns préfèrent l’orientation S.-E. pour que l’abeille se lève moins tôt et ne soit jamais saisie par le froid.
- revenu à mes belles Alpilles pour ouvrir une École des Remous (où nous volons des 9 h avec passager à bord d’un avion d’une tonne, hélice calée) j’eus l’idée de fouiller le sol de la « cave », et devins archéologue. En explorant le versant nord de la chaîne entre Saint-Rém.y et Eygaliôres pour y découvrir quelques habitats sous roche et de plein air, quelques sépultures et ossuaires (Q je vis dans des anfractuosités du roc, trois essaims. Ainsi, par le vol à voile et l’archéologie, je devins apiculteur. Plus exactement, au début, pas-leur d’abeilles sauvages.
- L’abeille est une richesse que la race humaine, de plus en plus épuisée par les percepteurs, a le tort de méconnaître. On a écrit sur cet insecte beaucoup de choses trop poétiques, et pas assez de pratiques. On a surfait son intelligence, faite principalement de routine taylorique ; on s’attendrit sur elle, alors quelle
- 1. Dont un savant M. Rolland qui fouille un oppidum grec près d’Istres, à Saint-Biaise, a dit qu'ils « bouchent un trou » dans l’archéologie régionale.
- lier » où ils sont grimpés, en une reptation qui dure une existence.
- Dès sa naissance, l’abeille est prise dans l’infernal engrenage du « contrat social ». Pendant sa courte existence — guère plus de 4 semaines lors du labeur inlense des beaux jours — nuit et jour elle est hypnotisée par tout ce qui est le travail : services de police, de nettoiement et d’expulsion des cadavres, ventilai ion pour déshydrater le nectar ou évacuer les calories, exsudation de la cire et construction des rayons en l’accidentelle géométrie des cellules, transport de l’eau et cueillette du pollen pour la nourriture du couvain, travail des nourrices, et aussi — c’est un travail formidable si on l’évaluait en kilogrammes-kilomôlres-lieures — la visite de millions de fleurs dans un rayon de 2, 3 ou 4 km pour la récolte du nectar, ce nectar qui est condensé en miel dans les greniers, étages supérieurs qu’on nomme hausses, pillables selon ce qui reste pour l'hiver dans le corps de la ruche.
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- Fig. 3 à 6. — Près des garrigues des Alpilles fleurant le romarin et la lavande, les cultures grainetières de Saint-Rémy abritées du mistral derrière des cyprès. Les ruches bénéficient de cet abri ainsi que du nectar des fleurs pour graine. Dans les régions de vergers, les abeilles sont une richesse car elles permettent la fécondation croisée des fleurs. — 4. Pour son habitat et ses atterrissages l’abeille craint la violence du mistral glacé. Les barrières des « cannes » qui protègent les cultures valent
- aussi pour le rucher.
- Ruches « mobilisies » (à cadres) où les abeilles mortes ainsi que Veau de condensation résultant de Vévaporation du nectar et de plus de 30.000 respirations roulent automatiquement sur le plancher très incliné. Or, moisissure, et, en cas d’épizootie, cadavres sont les grands ennemis dit rucher. — b. Il y a intérêt pour diverses raisons d’interchangeabilité à avoir un rucher homogène. Les manuels exposent les avantages de chaque type. Néanmoins dans cette garrigue des Alpilles parmi le romarin et les lavandes voici un rucher assez éclectique. Face au S.-E., un peu abrité contre le mistral par la monta-gnette il n’est guère protégé contre le soleil. — 6. Au pied des Alpilles qui dominent la vallée de la Basse-Durance (vallée du Rhône) dans, la plaine qui va de Cavaillon à Orange et en Avignon non loin d’amancliers (au miel réputé) un beau rucher.
- Niais il importe de commencer par quelques ruches pour se familiariser avec l’art de l’apiculteur.
- Rien de l’idylle ! Avec le massacre des bourdons et le terrifiant limogeage des invalides, il faut convenir que le pillage des colonies peu peuplées par les autres abeilles et son corollaire, la mise à mort de quiconque —- ouvrière ou reine — se fourvoie dans une ruche voisine trop proche, montrent assez le caractère implacable et la férocité réglementaire de ces poétiques buveuses de rosée. Mais on ne saurait leur en vouloir. L’esprit de la ruche est seul coupable, non point réaction de foules mais instinct collectif.
- Donc trop de poésie. En revanche on n’attire jamais assez l’attention sur l’intérêt qu’il y aurait pour la race humaine, à plusieurs points de vue, à développer l’asservissement de la race des abeilles et à intensifier la production de cet or liquide, le miel. Celui-ci ne devrait pas avoir à craindre la concurrence de sa tardive contrefaçon, le suci'e industriel — qu’il soit « miel de roseau », comme on l’appelait à ses débuts,
- ou miel de betterave. Heui’eusement, depuis quelques années, les efforts des naturistes commencent à remettre en honneur l’admirable aliment que chantait Homère — un potentiel vital fait des parfums du maquis ou de la garrigue, du pré, de l’alpage ou du jardin.
- Mais nous allions à notre tour nous envoler sur les ailes inconsistantes de la poésie ; tant il est admis qu’on ne saurait parler abeilles autrement qu’après avoir accordé sa lyre. Or ce condensé du nectar des fleurs — qu’il ne faut pas confondre avec le pollen, farine qui nourrit les larves d’abeilles — cet extrait du suc et du sucre de la parure parfumée de la terre est remarquable non seulement par le fait qu’il est le seul aliment hautement poétique, mais aussi par celui qu’au lieu de les entretenir, il empêche les fermentations intestinales.
- Jadis on embaumait les corps dans le miel. Et je
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- connais un apiculteur provençal qui panse ses coupures avec du miel, ensuite saupoudré de farine — comme si les microbes venaient s’y fossiliser. D’ailleurs les élégantes ne passent-elles point sur leurs lèvres, à la moindre gerçure, un bâtonnet de miel P Mais pour leur teint aussi, en usage interne et externe, le miel est à recommander.
- A noter que le concentré de nectar (le nectar est une exsudation des fleurs nocturnes) est également fort employé en médecine vétérinaire, et qu’il l’est — et devrait l’être beaucoup plus — en médecine humaine pour remplacer mainte odieuse chimie, plus ou moins u made in Germany ». La médecine relève également de l’abeille par l’emploi qu’on fait de son venin sous diverses formes par des applications directes •— en piqûres ou en injections — ou bien par la voie digestive. Il est à noter que les apiculteurs, bien qu’avec quelques précautions faciles l’abeille pique beaucoup moins qu’on ne le suppose, n’ont point de rhumatismes et que de plus ils vivent fort âgés, dans une forme
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- remarquable qui ne doit rien à l’opothérapie, chirur gicale ou autre. Ceci résulte non point seulement d’unt vie passée au grand air, mais aussi de l’acide formiqu* des piqûres, tonique du système nerveux ; et aussi, i. faut bien le dire, de la consommation du miel.
- L’Amérique du Nord, avec les vergers kilométriques de Californie, est le vrai pays de l’apiculture — un per grâce à Dadant, un Français émigré. Mais par la fautt des chasseurs d’abeilles qui extrayaient dés cavités des arbres un miel grossier et douteux (le. délicieux mie] sauvage des Alpilles m’a amené à l’apiculture) le consommateur américain n’accorde sa confiance qu’ar miel en petits l’ayons, pourtant d’une dégustation bien moins pratique. Mais, en rayons ou centrifugé, le miel connaît aux États-Unis une faveur qui lui fait atteindre des chiffres de production et de consommation énormes.
- Le miel a un seul défaut, non celui d’être très cher, mais celui dêtre très sucré. D’aucuns disent trop sucré. Qu’ils nous en croient, sous forme de solution non seu-
- Fig. 7 à 10. — Sous le vaste ombrage d’un mûrier, et les peupliers immenses, ce n’est point un cimetière pour chiens mais une cité d’ouvrières. Chaque ruche peut contenir 60 à 80.000 abeilles filles d’une mère unique, la reine. Sans compter des milliers de paresseux faux bourdons, les mâles, cette vingtaine de ruches peut contenir quelque cent mille abeilles. — 8. L’ombre empêche la catastrophe icarienne de l’écroulement des rayons de cire, diminue le travail des ventileuses, la tentation .d’es*0# saimer et augmente la production. Néanmoins, même en Provence, on voit, des ruchers florissants en plein soleil, qui, l’hiver sont exposés au mistral en des ruches non calorifugées par une double paroi. A noter que la ruche calorif-ugée risque de faire périr les abeilles trompées par un soleil glacial. — 9. Il convient de ne point jucher les abeilles trop haut comme on le fait dans, les ruchers-chalets qui comportent plusieurs étages. L'abeille a un vol très « tangent » lorsqu’elle rentre chargée de pollen ou de nectar dans la fraîcheur du soir qui risque de la saisir lorsqu’elle s’abat épuisée dans l’herbe — où le crapaud la guette. — 10. Est-ce une rangée de tombes antiques aux Alyscamps, en Arles ? Non point, mais entre- des saules riches en miel printanier — sur un sol non marécageux — une cité bien homogène de ruches interchangeables, « automatiques, ». Nous sommes loin des antiques ruches en terre cuite, des troncs d’arbre creusés où les peuplades primitives copient la nature, ou même de la ruche en écorce de chêne-liège où le berger kabyle, montre sa science de la calorification.
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- lcment dans le lait, les tisanes, etc... mais aussi dans l'eau — et les apiculteurs ont tort de ne pas faire cette suggestion d’une boisson non fermentée, vivifiante et désaltérante — on en peut absorber des quantités énormes sous une forme particulièrement agréable. L’éducation du consommateur est d’ailleurs à faire à bien des points de vue. N’y a-t-il pas les nombreux usages dans la pâtisserie, la confiserie — pain d’épices, bonbons au miel — n’y a-t-il pas la cuisine ? D’autre part, alors que certains réclament le miel granulé, d’autres refusent le miel qui n’est pas fluide ! Mettons-les d’accord en disant qu’il s’agit du même ; la granulation est question de délai et de température.
- Que les apiculteurs aussi apprennent à bien présenter leur produit dans des emballages spéciaux ; et sans oublier la comique mention « miel extra surfin » — pourquoi pas extra superfin — sans laquelle il leur resterait pour compte. Mais que le consommateur exige de lire le mot « Miel », qui est une garantie légale contre la fraude.
- Dans notre petite Europe tout est mesquin et bien qu’il y ait des miels exquis, réputés — et jusqu’en Amérique — il y a fort à faire pour développer la production.
- Les livres des spécialistes sont formels. Sauf exception, on ne saurait, à cause des années mauvaises où la sécheresse — ou bien le froid — empêche la montée du nectar, vivre de la seule apiculture. Mais le nombre est énorme des personnes possédant un jardin pas trop près d’une voie très fréquentée, plus ou moins clos (la réglementation varie avec les départements), qui pourraient augmenter leurs revenus de façon notable
- NOUVEAUX ENGINS DE
- Pour lutter efficacement contre la concurrence des locomotives électriques et des autorails, les engins de traction à vapeur s’orientent actuellement vers des solutions neuves et parfois très hardies : locomotive à turbines, chaudière Velox ou La Mont à survaporisation forcée (fig. i et 4), machines à moteurs rapides s’apparentant plus à l’automobile qu’à la locomotive à pistons de type classique.
- LIMITES DE LA LOCOMOTIVE CLASSIQUE
- Résumons les possibilités actuelles et les « handicaps » de la locomotive à vapeur (Q.
- Avant tout, la locomotive à vapeur est puissante et stable ; des locomotives ont atteint récemment des vitesses de 200 km à l’heure. Le fait nouveau est qu’à ces vitesses, l’effort au crochet de traction demeure élevé, en sorte que la puissance est considérable ; à titre d’exemple, les nouvelles « Pacifies transformées » fournissent en régime continu, à 120 km à
- 1. Nous suivons particulièrement M. G. Chan, dans Traction nouvelle, n° de janvier-février 1939.
- en occupant leurs loisirs agréablement avec leurs abeilles.
- La seule précaution à prendre est d’assurer chaque ruche pour les tiers, à un taux infime. D’ailleurs, sauf le cas d’un cheval venant ruer dans des ruches, les risques‘'sont insignifiants. Malgré son aiguillon, l’abeille est beaucoup moins redoutable qu’on ne l’imagine. L’organisme est, en général, bientôt insensible à la piqûre, d’ailleurs assez rare. Tous les manuels montrent en de rassurantes images des dames aux vêtements couverts d’abeilles fort paisibles et des apiculteurs le torse nu avec une barbe d’abeilles.
- On peut nous en croire, on arrive très bien à réussir des manipulations difficiles (transvasements, récolte de ruches fixes) seulement en ayant lu et relu quelques-uns des nombreux manuels des maîtres. Mais le vice apicole étant de ceux que les initiés aiment à répandre, on trouve bien vite dans son entourage un professeur. Seulement il convient de ne pas s’installer trop près d’un rucher trop gros, et d’observer les fleurs melli-fères de la région, qui ne sont pas toujours celles qu’on croirait.
- Les prêtres ont beaucoup fait pour le développement de l’apiculture. Les instituteurs aussi. Faute d’un enseignement et d’une propagande officiels assez développés, il faut espérer que les divers éducateurs de la jeunesse auront à cœur de continuer à répandre l’utile amour de l’abeille. On peut dire amour, car, bien qu’en 11e s’extasiant pas sur l’intelligence phalansté-rienne de l’insecte pressuré, comment ne pas s’intéresser un peu à lui ?
- J. Tiioret.
- TRACTION A VAPEUR
- l'heure, 3.3oo ch aux cylindres et 2.5oo ch au crochet du tender, avec une consommation de 1 kgr 1 de charbon par ch/h.
- Cette puissance massique élevée de la locomotive à vapeur est mise en évidence par la comparaison d’une a4o de 4-ooo ch de la région Sud-Est (ancien P.-L.-M.) avec les deux locomotives Diesel-électrique de 4-000 ch récemment mises en service par la même région pour le parcours Paris-Menton : la 240, avec son tender, fait à peine les deux tiers de la longueur de la Diesel-électrique.
- Rappelons (Q que les transformations techniques qui ont permis d’atteindre ces hautes performances sont les suivantes : préchauffage de l’eau d’alimentation, élévation du timbre de la chaudière, surchauffe, perfectionnements à la distribution de la vapeur, échappement de cheminée à grand tirage, graissage automatique.
- La locomotive à vapeur actuelle laisse cependant encore à désirer au triple point de vue des économies d’entretien, de l’économie de combustible (ou inverse-
- l. Voir La Nature, n° 2946, du 1er février 1933.
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- Fig. 1. — Locomotive 230 B 93 de la région Sud-Est équipée d'une chaudière rapide Velox : vue prise avant la mise en place du carénage, montrant la complexité de l’appareil évaporatoire et de ses auxiliaires.
- ment du gain de puissance) et du service prolongé diminuant les temps d’immobilisation.
- Malgré son aspect robuste, elle comporte des organes délicats, tels que l’essieu coudé, les bielles motrices, les boîtes de roulement ; la limitation impérieuse imposée par la largeur du gabarit se fait ici durement sentir en empêchant les ingénieurs de « dimensionner » plus généreusement les pièces ; et jamais n’a été plus justifiée la boutade célèbre qu’ « il est grand dommage que la largeur des voies de chemins de fer ait été définie par celle des diligences, c’est-à-dire en définitive par la largeur de deux croupes de chevaux ! ». Nous avons du reste indiqué précédemment les nouveaux procédés d’équilibrage créés par M. Chan pour épargner aux essieux coudés des déformations élastiques pouvant atteindre 2 cm (1).
- Il convient de signaler que la Société Alsacienne de Constructions mécaniques a actuellement en construction pour la région Nord 8 locomotives type Hudson 202 qui représentent un essai intéressant dans la voie du « dimensionnement » maximum des organes mécaniques et de la grille du foyer.
- C’est là, même en tenant compte des possibilités des aciers spéciaux, une solution lourde et l’on peut se proposer des solutions différentes et plus légères, utilisant les progrès de la mécanique ; on est ainsi conduit à envisager la suppression de l’essieu coudé et des bielles, en faisant appel à de petits moteurs alternatifs ou à des turbines. Les engrenages de transmissions
- l. Voir La Nature, n° 3034, du 1er octobre 193S.
- tournent en carter fermé, avec récupération intégrale de l’huile, ce qui permet un graissage abondant, à l’inverse de la locomotive classique, où toute l’huile est perdue.
- En ce qui concerne le rendement, ou puissance au kgr/h de charbon, c’est surtout du côté de la chaudière que des solutions nouvelles sont envisagées. Disons seulement que l’emploi de chaudières à haute pression et à tubes d'eau (chaudières aqualubulaires) pose des problèmes d’alimentation, l’eau devant être très pure pour ne pas entartrer les tubes ; ce n’est que tout récemment, grâce aux progrès de l’épuration, que l’on a pu envisager l’alimentation à l’eau brute, ce qui permet de faire circuler la locomotive en tous les points du réseau. Tel est le cas pour la locomotive Velox que nous décrivons plus loin.
- Enfin l’idéal, en fait de service prolongé, serait que les nouveaux engins à vapeur puissent assurer la traction sans interruption sur de très longs parcours, comme les locomotives électriques ou Diesel-électrique. A ce point de vue, les chaudières Velox et La Mont, qui suppriment la sujétion du décrassage de la grille et réduisent pratiquement à x/4 d’heure le délai de la mise à feu, sont particulièrement intéressantes.
- LOCOMOTIVE A MOTEURS INDIVIDUELS
- Voici tout d’abord une locomotive à 6o heclopièzes de pression, à moteurs individuels, actuellement en construction à la Société Alsacienne.
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- La chaudière est ' du type à tubes d’eau, comme les chaudières marines ; l’eau pénètre en premier lieu dans u n e « préchaudière » timbrée à 20 hec-topièzes et formant épurateur ; elle est ensuite injectée par des pompes dans la chaudière principale.
- Les moteurs sont de petites machines à pistons, placées au-dessus de chaque essieu et attaquant ce dernier par engrenages et faux essieu creux, suivant la disposition classique des locomotives électriques. La machine est du type 282 ; chacun des trois essieux moteurs est attaqué par deux moteurs, placés l’un à droite, l’autre à gauche, comportant trois cylindres de 100 mm d’alésage sur 228 mm de course et tournant à 1.000 tours/minute. La distribution est faite par soupapes en « équi-courant », c’est-à-dire que l’échappement est fait par une lumière à fin de course, le sens de circulation de la vapeur restant constant.
- LOCOMOTIVE A TURBINES SCHNEIDER
- Schneider livrera prochainement à la région Sud-Est une locomotive à turbines sans condensation. On sait que le condenseur a toujours été la pierre d’achoppement des locomotives à turbines essayées jusqu’ici dans divers pays, mais les progrès réalisés dans la con-
- Fig. 3. — Transmission à vis tangente attaquant un faux essieu creux (d’après Traction nouvelle).
- struction des turbines permettent aujourd’hui de se passer de cet encombrant auxiliaire tout en conservant un rendement convenable, môme en tenant compte des périodes de démarrage et de marche lente.
- La locomotive Schneider est du type 282; elle com-porte^ une turbine par essieu moteur, chaque turbine possédant des ailettes de marche avant et de marche arrière et attaquant l’essieu par deux engrenages symétriques avec transmission élastique. Les turbines, remarquablement petites, développent 1..000 ch à 10.000 tours/minute et sont abondamment graissées par une circulation d’huile, même en l’absence de vapeur, les pompes à huile étant entraînées par les roues. La possibilité d’alimenter indépendamment chacune des trois turbines fournit plusieurs régimes de marche économiques.
- Aucune pièce à mouvement alternatif n’a été conservée dans cette locomotive ; les bielles elles-mêmes sont supprimées.
- TRANSMISSION LONGITUDINALE DABEG
- La Société Dabeg va mettre en essais un typé très particulier de locomotive dont la conception était en études depuis plusieurs années.
- Dans cette machine, qui sera construite par la Société des Batignolles et livrée en 1940, il existe un seul moteur à 16 cylindres en V, placé à l’avant (fig. 2), qui attaque les deux essieux moteurs par des vis tangentes avec interposition de faux essieux creux à jonction élastique (fig. 3). Cette formule, fidèlement imitée de l’automobile ou plutôt de certains poids lourds peut être étendue à des machines à nombreux essieux moteurs et sera particulièrement intéressante à suivre pour les très grandes puissances : 5.000 ou 6.000 ch.
- Le moteur de la Dabeg-Balignolles développera 1.200 ch à 1.000 tours. .
- C’est également à des conceptions franchement « automobile » qu’ont eu recours les établissements Bugatti pour leurs nouveaux trains légers destinés à occuper und place intermédiaire entre le train lourd et l’autorail : moteurs individuels pour chaque essieu, alimentés par une chaudière timbrée à 5o hectopièzes et « distribués » par soupapes.
- La transmission a été réduite à sa plus simple expression, le vilebrequin se trouvant entre les deux roues, à la place de l’essieu, et relié à chaque roue par un accouplement élastique ; le moteur tourne donc à la même vitesse que les roues. Deux engins, l’un de 1.000 ch, l’autre de 2.000 ch, ont été commandés par les anciens réseaux Etat et P.-L.-M.
- POSSIBILITÉS DES CHAUDIÈRES VELOX
- La chaudière La Mont est basée sur le principe d’une circulation forcée de l’eau dans la chaudière, celle-ci
- 1. Aux États-Unis, V Union Pacific met en essais une machine de 5.000 ch en deux unités, à transmission électrique, où les groupes moteurs sont des turbines à condensation.
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- comportant des tubes calibrés exposés au feu ; aucun modèle n’a été monté pour l’instant à bord d’une locomotive, mais il semble que l’essai pourrait être tenté sans trop de risques car ce type de chaudière rapide a fait ses preuves dans la marine et dans de nombreuses installations fixes ; sa construction est du reste remarquablement simple.
- La chaudière Velox est bien connue de nos lecteurs (1). Elle a été créée par les ingénieurs de la Société Brown-Boveri à l’occasion de recherches sur la turbine à combustion directe ; amenés à envisager des chambres de combustion produisant un jet de gaz sous pression, ils ont été conduits à examiner ce qui se produirait si l’on faisait passer ces gaz chauds dans les tubes entourés d’eau d’une chaudière et ils ont fait cette découverte remarquable que la transmission de la chaleur à travers les parois métalliques peut être multipliée par io ou même par i5 lorsque les gaz sont animés d’une vitesse supérieure à 200 m par seconde.
- Cette notion nouvelle et inattendue allait permettre des réalisations extraordinaires. Dès à présent, on peut établir des turbines et leurs chaudières sur l’emplacement autrefois réservé à la chaufferie seule, construire des groupes électrogènes dont la chaudière n’est pas plus encombrante que le groupe, lutter avec le Diesel au point de vue encombrement pour les installations militaires et souterraines, loger les chaufferies des navires dans des espaces extrêmement réduits, enfin construire des groupes de secours à déman’age tellement rapide que les moteurs électriques fonctionnant sur le réseau ne perdent pas la phase î
- Danc ce type de chaudière, la conception primitivement envisagée pour l’alimentation d’une turbine se trouve renversée ; nous avons bien toujours un foyer sous pression émettant du gaz qui traverse une chaudière et va se détendre dans une turbine, mais ce n’est plus la turbine qui est l’essentiel : chargée de récupérer l’énergie l’estante des gaz, elle ne joue plus qu’un rôle d’auxiliaire en faisant tourner les pompes d’alimentation et de circulation de la chaudière et du foyer.
- Deux conceptions sont au reste possibles pour ce foyer. On peut l’alimenter périodiquement, à intervalles d’environ une seconde, avec un allumage électrique et un jeu de soupapes, comme un cylindre de moteur ; on a alors affaire à une chaudière à explosions. Ce système a toutefois cédé la place aux foyers à combustion constante ou foyers sous pression, où le combustible liquide, injecté sans arrêt, brûle dans une masse d’air renouvelée de façon également continue par un compresseur. Tel est le principe de la Velox, dont on cite des performances remarquables : rendement de 96,5 pour 100 en pleine charge, compte tenu de la puissance absorbée par les auxiliaires, non
- 1. Voir La Nature, n° 3013, du 15 novembre 1937.
- Fie/. 4. — Vue de la 230 Velox en ordre de marche.
- comprise la pompe d’alimentation ; démarrage complet en 3 minutes 1/2 à partir de l’état froid et tous les auxiliaires arrêtés.
- LA NOUVELLE 230 VELOX DU SUD-EST
- La première locomotive Velox, construite par la Compagnie Électro-Mécanique, a été livrée à la région Sud-Est et a subi un commencement d’essais en remorquant dans de bonnes conditions des trains lourds de 58o t entre Paris et Laroche, c’est-à-dire non comprises les grandes rampes de Dijon (fig. 1, 4 et 5).
- Le combustible liquide brûle dans une enceinte fermée, à une pression de 1 kgr 5 ; le réglage des brûleurs est entièrement automatique à toutes les allures, l’appareil évaporatoire étant capable de produire normalement 12 t de vapeur à l’heure, dont 11 t utiles et 1 t absorbée par les auxiliaires. La vapeur est produite à la pression de 20 lxectopièzes et surchauffée à 38o°.
- Pour la mise en marche de la chaudière, les auxi-liaii’es : pompes de circulation d’eau, d’alimentation en eau et en huile combustible, compresseur d’air pour l’alimentation du foyer sous pression, sont entraînés par des moteurs électriques alimentés eux-mêmes par un groupe électrogène à moteur Diesel de 60 ch. Une résistance électrique permet d’allumer le combustible à sa sortie du brûleur.
- Au bout de quelques minutes, le débit de vapeur est suffisant pour que l’on puisse arrêter le groupe Diesel, le groupe des pompes et le compresseur se trouvant entraînés par turbines à vapeur. En marche de puissance, le compresseur est principalement entraîné par la turbine à gaz d’échappement, la turbine à vapeur coirespondante ne devant fournir un appoint de puissance que lors des changements d’al-
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- Fiy. 5. —• Couloirs intérieurs de la salle des machines dans la locomotive Velox.
- lurc de la chaudière. La chaudière se met aulomali-quement en veilleuse pour les arrèls de courle durée.
- Des dispositifs de sécurité et de réglage complètent l’installation. Les premières mesures de rendement thermique exécutées sur l’appareil évaporaloire font ressortir des rendements de 83 à 86 pour ioo contre 65 à 70 pour 100 pour les chaudières classiques.
- La machine transformée est carénée, son aspect rappelant celui de la locomotive électrique ou Diesel-électrique. La cabine de conduite, placée à l'avant, communique par des portes avec la salle des machi-
- nes, où deux couloirs latéraux permettent de circuler (fig. 5) ; le tender, également caréné, est raccordé à la locomotive par un soufflet de caoutchouc.
- Outre les essais classiques à vitesse constante et les relevés numériques au banc de Yitry, la nouvelle locomotive devra subir un examen prolongé en service courant, en vue de vérifier la possibilité de l'alimentation en eau brute et de soumettre à l'épreuve de l’expérience les organes nombreux et complexes de la chaudière rapide.
- Pienrr Devaux
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique
- PEUT-ON PRÉVOIR LES TREMBLEMENTS DE TERRE ?
- I . — APERÇU HISTORIQUE ET GÉNÉRALITÉS
- Les séismologues peuvent-ils prétendre qu’ils sont qualifiés pour prédire les tremblements de terre P Sont-ils en mesure de rassurer le peuple en le niellant en garde contre certaines prédictions fatidiques ou contre l’appréhension injustifiée de nouveaux soubresauts du sol ?
- Comme bien l’on pense, à l’époque où les sciences étaient encore peu cultivées, les violents ébranlements séismiques, en répandant la terreur et en semant
- parfois la mort, étaient considérés comme dus à des causes surnaturelles. Ce n’est que peu avant l’ère chrétienne cpie les hypothèses émises au sujet de l’origine des tremblements de terre — on parlait du « temps souterrain », du feu central, etc. — pouvaient paraître plausibles. Mais il faut attendre la création de la séismologie, au siècle dernier, pour voir apparaître les théories géologiques et géophysiques expliquant la nature du fait, initial.
- Au cours des siècles passés, de nombreuses prédictions furent faites par des annonciateurs qui grossis-
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- saient parfois les faits à plaisir et jetaient l’émoi le plus angoissant parmi les populations.
- L’an 1000, par exemple, constitue une date fameuse, car selon les prédictions d’un moine allemand, elle devait être marquée par des bouleversements inimaginables, témoignages miraculeux précurseurs de la fin du monde. Le hasard voulut qu’une forte secousse vint à se produire, provoquant alors la plus grande consternation ; naturellement l’imagination surexcitée des foules crut y voir la réalisation indubitable de la sinistre’propliétie. Chacun pensa que sa dernière heure était venue C).
- L’éminent séismologue de LUniversité de Pavie, le P1’ Mario Baratta (2), cite quelques exemples de populations qui, après avoir été averties de l’arrivée d’un séisme, se sont trouvées livrées aux affres de l’épouvante. Il signale même que certaines fausses prédictions peuvent être, pour les gens par trop crédules, la cause de malheurs beaucoup plus grands que ceux qu’engendrent généralement les plus violents séismes. Ainsi, quelques jours après le mémorable tremblement de terre de Rome, en 1703, certaines personnes prétendument averties par des appareils installés au Vatican, annoncèrent une nouvelle catastrophe. De bonne foi, les habitants s’enfuirent, laissant leurs demeures à la merci des prophètes de malheur qui en profitèrent pour les piller à loisir. *
- On inclinerait a penser qu’en ce siècle de progrès où le développement des connaissances humaines est relativement avancé, les prédictions de tremblements de terre ne reposant pas sur une base scientifique ont cessé d’avoir cours. A en croire le P1' Agamennone (3), réputé notamment pour la lutte qu’il soutient contre les faux prophètes en mouvements séismiques, ceux-ci exerceraient encore leur mauvaise action de nos jours, surtout dans les pays où les phénomènes de ce genre sont communs et souvent ruineux ; tel est le cas en particulier au Chili, en Argentine, au Pérou, à l’Lqua-teur, en Autriche, en Bulgarie, en Italie, etc.
- Malheureusement pour la science, ces prévisions ont parfois pour elles les apparences de la vérité. C’est ainsi que le célèbre professeur prénommé cite comme ayant été publiée dans le Mercure du 16 octobre 1918, de Val-paraiso, l’annonce suivante : « Le 3 décembre 1918, il y aura au Chili une éclipse de Soleil et en même temps (sic) une éclipse entre corps célestes .qui produira une combinaison solélec-trique de grande puissance aux environs de Valpai’aiso. Le premier avertissement du péril sera donné à 7 h du malin, le 28 novembre, sous forme d’une tempête au nord de Val-
- 1. Lancaster. Les tremblements de terre en Belgique. Annuaire météor. pour 1901, 0. R., 1901, p. 194.
- 2. A. Letroye. La lutte contre les séismes en Italie.
- Bull. Soc. royale belge de géographie, sept. 1937,
- p. 18.
- 3. G. Agamennone. Per 1a. storia dette predizioni di terremoti. Roma, 1926, 9 p. ; voir aussi Ciel et Terre, janv. 1928, p. 40, mai 1928, p. 69.
- paraiso ; à x h du malin du 4 décembre, tout péril aura disparu ». On devine aisément le résultat immédiat de cette funeste prédiction d’un di'ame naturel susceptible de causer un irréparable désastre : pendant 3 nuits, aux environs de la date fatidique, toute la population de Valparaiso, effrayée, erra dans les. rues et encombra les places publiques ; cela occasionna des refroidissements qui dégénérèrent en bronchites et en pneumonies difficilement guérissables et parfois mortelles. Pour comble, le 3 décembre à 7 h 25 m (temps du méridien à 76° à l’ouest de Greenwich), un tremblement de terre violent se manifesta au noi'd du Chili, à Copiapo, indice qui semblait devoir confirmer la fameuse prédiction. Effectivement, le prophète fut couvert de gloire et les séismologues discrédités. Le savant de Montessus de Ballore, directeur du service séismologique chilien, eut toutes les peines du monde pour démontrer l’inanité de la ..prédiction.
- Plus près de nous, le séismologue italien Bendanti prétendit avoir prédit, le 2 avril 1928, le séisme bulgare qui détruisit, le 14 du même mois, Borissograd et Cirpan. D’ailleurs, ses nombreuses communications faites à la presse, dans ce domaine, ne sont plus à compter ; il les déclare basées sur une loi qu’il a découverte et dont il garde le secret ; cette loi lui permet, proclame-t-il, de prédire les grandes convulsions telluriques jusqu’au jour précis et quelquefois même jusqu’à l’heure exacte, mais cependant sans pouvoir, sans difficulté, situer la région qui en sera le théâtre.
- Le Pr Agamennone a pu, faits à l’appui, réduire à néant cette prétendue faculté de présager les séismes : scientifiquement, elle n’est pas acceptable.
- Dans de nombreuses régions du globe, les séismes
- Fig. 1. — Exemple de destruction d’une localité par tremblement de terre.
- village de Rognes (Bouches-du-Rhône) a été détruit par un tremblement de terre le 11 juin 1909.
- (Photo L. Rudaux).
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- Fig. 2. — Une rue de Rognes (Bouches-du-Rhône) quelques jours après le tremblement de terre de 1909.
- Les sinistrés, par suite de leur attachement au sol natal, se réinstallent dans les ruines. Le village va être reconstruit.
- (Photo L. Rudaux).
- constituent un danger permanent pour les vies et les propriétés humaines. Statistiquement parlant, ils se révèlent comme étant aussi meurtriers que certaines grandes guerres qui ensanglantent notre planète ; chose à peine croyable, ils causent annuellement la mort de 4o.ooo personnes environ.
- Qu’il faille éviter les guerres, la sagesse même nous l'enseigne. Les nations entretiennent à grands frais des organismes dont le seul but est de maintenir la paix ; les diplomaties font des efforts incessants pour préserver l’humanité de l’horreur des batailles. Dans le même ordre d’idées, faut-il. en ce qui concerne les tremblements de terre, que nous les acceptions à la naanière de nos ancêtres, c’est-à-dire en les considérant comme des événements inévitables P Tout comme une armée de médecins bien équipés combat victorieusement les maladies qui, dans les temps anciens, étaient, considérées comme des signes de la vengeance ou de la malédiction divine, les séismologues se doi-’vént de venir au secours des terriens en orientant leurs effôrts vers la solution du problème qui permettrait .de: prévoiri les séismes et de prendre, si possible, certaines mesures de protection.
- IL — POSSIBILITÉS ACTUELLES
- Combien pourrait-il y avoir de savants, dans le monde entier, qui s’intéressent actuellement à la résolution d’un pareil problème ? Pour tâcher de fixer les idées à ce sujet, on peut, avec H. Landsberg (x), admettre sans crainte de se tromper qu’il y a 4oo séis-mologues dans le monde entier et à peu près le même
- 1. H. Landsberg. The problem of earthquake prédiction. Science, 12 juillet 1935, 82, p. 37.
- nombre de stations d’observation. Mais la majorité des spécialistes en la matière concentrent leurs efforts sur des questions qui n’ont que peu ou pas de rapport avec le problème susvisé. La plupart portent leurs études sur la prospection géophysique des couches profondes du globe, car à leurs yeux, la séismolo-gie s’est l'évélée comme étant la science qui autorise les plus grands espoirs touchant la découverte des mystères de la constitution de notre planète ; c’est une des plus brûlantes questions actuellement à l’ordre du jour.
- Le nombre des hommes de science qui, dans le monde entier, s’occupent de recherches ayant trait à la partie.spéciale de la géographie, de la géologie et de la statistique relative aux tremblements de terre est très limité et ne dépasse guère la cinquantaine ; cependant ce seraient ces recherches qui aideraient à mettre sur la voie propre à faire prévoir les séismes. Pour que cette solution ait une signification réelle, elle devrait naturellement comporter la localisation assez précise de l’aire séismique, la spécification, dans une certaine mesure, de l’intensité du choc, et enfin, l’indication de l’instant d'arrivée du phénomène (l). Les tremblements de terre qui sc produisent dans les régions dont l’activité séismique est reconnue sont bien souvent précédés de signes précurseurs assez faciles à distinguer. Ainsi, au Japon, on constate que les lacs et les étangs de la l’égion de l’ancien volcan Fudji-Yama se dessèchent régulièrement quelques mois avant que se manifestent les fortes secousses ; par là, certains ont pu prédire la fameuse catastrophe du ier septembre 1928 (2).
- Mais ce ne sont pas les prévisions de cette nature qui doivent seules retenir l’attention des chercheurs ; ce sont plutôt celles qui sont corrélatives aux causes engendrant les séismes. A part quelques-uns de ceux-ci, auxquels on s’accorde à dire qu’ils sont d’origine volcanique ou bien dus à des éboulements dans les couches souterraines, les autres sont attribuables à des forces extraordinaires, d’une intensité difficile à évaluer et qui agissent tantôt à des centaines de km de profondeur dans le magma visqueux (tremblements de terre plutoniques), tantôt dans la croûte terrestre elle-même, laquelle, compai’ativement, n’est pas plus épaisse que la coquille ne l’est pour l’œuf qu’elle contient (tremblements de terre tectoniques).
- Ajoutons, en passant, que contrairement à ce que l’on pourrait croire, à première vue, le déhouillement ne peut être considéré comme une cause de tremblement de terre : tous les géologues sont d’accord sur ce point. « Le déhouillement, dit d’ailleurs le géologue belge réputé J. Cornet, donne lieu à des affaissements lents et graduels qui abaissent le niveau du sol et fis-
- 1. IIarry, 0. Wood et B. Gutenberg. Earthquake prédiction. Science, 6 septembre 1935, 82, p. 219.
- 2. A. Letroye. La lutte contre les séismes en Italie. Ciel et Terre, 1938, 54, n° 5, p. 175.
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- surent les constructions, mais jamais il ne se produit de secousses brusques ni surtout d’ébranlements sensibles sur de grandes surfaces ».
- Pour avoir quelque chance de trouver les moyens de prévoir les tremblements de terre, c’est vers la géophysique, la mécanique et même l’astronomie qu’il faut se tourner.
- C’est au Japon, en Italie et aux États-Unis, pays où ces phénomènes sont souvent violents, que les recherches sont le plus activement poursuivies. Rappelons-nous les épouvantables cataclysmes de San Francisco en 1906, de Messine en 1908 et de Tokyo-Yokohama en 1928, lesquels marquèrent de sang et de feu notre siècle déjà si cruellement éprouvé par des guerres atroces, qui font honte à l’humanité.
- Déjà, certains appareils particulièrement sensibles ont été installés sur le territoire japonais (x) et aussi en Californie (1 2) en vue de déceler les dénivellations ou les inclinaisons du sol ; on a, en effet, observé que des phénomènes de cette nature survenaient généralement quelques mois avant les grands tremblements de terre. On a aussi constaté que, quelques heures avant les secousses, des changements notables se produisaient dans la valeur de la pesanteur.
- Des instruments précis d’un autre genre ont été mis en œuvre, notamment aux États-Unis (3), afin d’enregistrer la tension qui se manifeste de façon accentuée dans les roches avant les grands séismes. Ce que Ton n’est pas encore parvenu à établir, c’est si cette tension s’exerce vite ou lentement ; cependant, en l’absence de renseignement précis, il y a tout lieu de supposer qu’il lui faut au moins plusieurs années, c’est-à-dire un temps géologique, pour qu’elle puisse s’accroître d’une manière continue jusqu a atteindre la valeur correspondant au point de rupture.
- Par l’astronomie, nous apprenons que l’écorce terrestre solide, qui a 60 à 100 km d’épaisseur, est, tout comme la masse liquide qui forme les océans, le siège de marées qui sont également dues à l’influence de la Lune ; comme pour les eaux qui élèvent et abaissent alternativement leur niveau deux fois par jour, les couches de la terre subissent les mômes mouvements sans qu’ils soient perceptibles à nos yeux. Dans certains pays, la marée terrestre a une amplitude dépassant assez fréquemment 30 cm. A l’action de la Lune, il faut aussi ajouter celle du Soleil qui peut atteindre les deux cinquièmes de la précédente ; de même, les planètes exercent une influence sur notre globe, mais sans grande importance. Considérées isolément, ces forces astronomiques si Ton peut dire, ne sont pas capables d’engendrer les séismes ; cependant, en agissant sur un terrain approprié, elles peuvent en devenir
- 1. Ch. Maurin. Physique du globe. Collection Armand Colin, 3e éd., 1937, Paris, p. 87.
- 2. E. Lagrange. Ciel et Terre, 1927, 43, p. 227 ; l’auteur signale le vaste programme des recherches entreprises sous la direction du Dr John Buwalda en vue de découvrir la solution du problème de la prévision des tremblements de terre.
- Tvcos. Earthquake predicters being tested. Organ 0/ Taylor Instrument Companies, Rochester, 1935 , 25, n° 2, p. 74.
- 3. Piatti, Yencenzo. La previsione dei terremoti, Bol. Soc. Sis. Ital., 1935, 33, nos 1-2, p. 42.
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- la cause déterminante. La preuve en a été acquise dans certaines régions où Ton a pu vérifier la réalité de ces manifestations astrales.
- Ce qui importe maintenant pour la science, c’est de continuer à rechercher les voies qu’il sei’ait intéressant de suivre pour arriver à résoudre le difficile problème de la prévision des séismes (Q. Ce problème a un double but, l’un se rattachant aux progrès de la séis-mologie, l’autre ayant trait au bien-être public.
- Dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est pas encore possible de faire des prédictions scientifiques ayant des assises certaines. Quelques-uns se hasardent seulement à faire des approximations ; si les événements devaient révéler qu’il faut leur accorder quelque créance, la science aurait fait un progrès énorme : cela signifierait, en effet, que l’homme en est arrivé à une meilleure connaissance des caractéristiques géologiques du sous-sol et à une meilleure compréhension de l'action des forces engendrant les tremblements de terre.
- 1. N. II. Heck. Dihiculties encountered in the prédiction oî cai Lhquakes, Sc. N.-L., Washington, n° 762 , 28, 16 nov. 1935, p. 316 ; The Earthquake Problem, Scientia, 1936, 60, p. 136,
- Y -B- — Les lecteurs qui désirent approfondir les questions de séismologie consulteront avec fruit : Bibliography of seis-mology, paraissant périodiquement dans Publ. of the Dominion übservatory, Ottawa.
- Fig. 3. — Répartition des volcans dans la chaîne des Andes et délimitation approximative (en pointillé) de la région du Chili, plus particulièrement ravagée par le tremblement de terre du 24 janvier 1939.
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- La difficulté des recherches réside non seulement dans le phénomène lui-même, mais encore dans le fait que peu de jours se passent sans que dans Lune ou l’autre partie du globe, des tremblements de terre importants ou seulement de moyenne importance viennent à se signaler. En général, l’ébranlement initial est presque toujours suivi de répliques en nombre considérable qui dépasse parfois plusieurs- centaines ; le plus souvent toutefois, il n’y en a que quelques-unes qui sont de nature à permettre l’enregistrement.
- Il est manifeste cpie' l’être humain sera toujours impuissant à conjurer les séismes, mais dans l’éventualité où il lui serait possible de les prévoir d’une manière assurée, il pourrait prendre certaines précautions qui amenuiseraient pour lui et les siens les conséquences souvent mortelles de ces ébranlements violents.
- III. — CONCLUSION
- Pour le moment, on se trouve donc au début d’une période de recherches que ne manquent pas d’encourager les institutions scientifiques et les compagnies d’assurance (Californie, par exemple). Vu l’incertitude des prévisions permises aux séismologues, il semble que l'on doive remettre à un avenir encore assez éloigné, la possibilité d’avertir les populations en temps opportun. En tout cas, jusqu’à présent, les prédictions qui pourraient être faites dans ce domaine ne devraient recevoir aucun crédit avant d’avoir été soumises à un contrôle sévère en vue d’en établir la valeur réelle ; on ne pourrait les livrer au public sans courir le risque presque certain de l’alarmer inutilement.
- On doit bien constater que les prédiseurs de séismes appartiennent presque toujours à une catégorie d’incompétents qui n’ont aucun titre, ni aucune qualité pour ce faire. D’ordinaire, ils se contentent d’annoncer de grandes crises telluriques sans apporter la moindre précision. Parfois aussi, ils s’avisent de rechercher, dans l’arrivée de séismes destructeurs, les éléments qui, à leurs yeux, seraient susceptibles de justifier la prédiction non fondée qu’ils ont lancée à la légère ; encore qu’il y ait désaccord manifeste entre la réalité des événements et la description des faits par eux annoncés, ils se vantent d’avoir su prévoir tous les phénomènes en affublant leur démonstration de données soi-disant scientifiques.
- S’il nous arrive donc d’apprendre par des articles de presse, que des chocs séismiques sont prochainement à craindre, sachons que les avertissements de l'espèce n’ont aucune valeur scientifique et qu’ils émanent d’annonciateurs de mauvais augure à ranger dans la catégorie des faux prophètes.
- Avant de clore cet exposé, qu’il nous soit permis d’évoquer les noms des savants américains II. Lands-berg, Harry O. Wood et B. Gutenberg et de1 leur rendre hommage en raison des travaux récents qu’ils ont effectués et qui nous ont servi en ordre principal pour la rédaction de cet article. Nous tenons aussi à exprimer nos vifs remerciements à M. Somville, chef du service séismologique de l’Observatoire royal, à Uccle, pour la complaisance qu’il apporta en mettant à notre disposition toutes les ressources de sa grande érudition.
- S. Arend,
- Docteur en sciences physiques et mathématiques.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU CHILI
- ÎSotre collaborateur Émile Touchel a reçu de M. Jean Rhodes à Temuco les émouvants renseignements qui suivent sur la terrible catastrophe qui a ravagé une
- partie du Chili le 24 janvier dernier. M. Rhodes a bien voulu joindre à sa lettre' les photographies ici reproduites.
- Vous aurez sans doute appris, par la presse, la terrible catastrophe qui afflige le Chili. Ce n’est pas la première fois que le pays est ainsi secoué. La zone qui actuellement est en ruines a été le théâtre de tremblements de terre semblables, le 20 mai i ~51 et le 20 février i835. Les trois cas se ressemblent tant par les effets que par les phénomènes météorologiques qui ont accompagné ou suivi les séismes.
- En 1761, deux secousses formidables renversèrent la plupart des maisons.
- En r835, le tremblement de terre détruisit en trois minutes Chillân. On construisit un peu sur les ruines et on changea l’emplacement de la nouvelle ville d’où la dénomination de Chillân viejo (Chillân vieux) et Chillân nuevo (Chillân neuf).
- Quant au tremblement de terre de 20 h 1/2 du 2'\ janvier, les faits sont si récents, les
- Fig. i. — Le volcan Llaima (altitude 3.050 m).
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- Fiij. 2. — Les ruines de Conception.
- 1. Le théâtre sous les ruines duquel 500 personnes ont été ensevelies ; 2. Une maison de gens riches ; 3. Campeinenls dans la rue ; Reste d’une habitation ; 5. Les décombres dans les rues ; 6. Armoires restées sur un étage écroulé ; 7. Ruines du marché ; 8. Un hôtel et des magasins.
- résultats si palpables qu’il est impossible de se tromper dans la description :
- Chillun, vieux et neuf, fio.ooo habitants, complètement en ruine. Il reste à peine 6 maisons debout. Degré d’intensité sismique : XI.
- Cauqucncs, u.ooo habitants, dans le même état que la précédente, même
- intensité.
- Conception, une des principales villes du Chili
- 8o pour ioo des maisons inhabitables. Inutile de parler des petits villages attenants qui pour être construits
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- Fig. 3. — Effets du séisme à Chillân et dans ses environs.
- 1. En allant vers Chillân ; 2. Ce qui reste d’une maison à Chillân ; 3. La gare de Chillân, qui s’effondra sur les employés et les voyageurs d’un train reparti quelques minutes auparavant ; 4. Les ruines de l’église de Yungay.
- en matériaux moins solides se sont écroulés plus facilement. Tout est par terre et les maisons de campagne (ranchos) sont dans un état lamentable.
- On compte près de 5o.ooo morts. En saura-t-on jamais le nombre exact P
- D’après le récit de survivants dignes de foi et d’après mes observations personnelles, les secousses ont été dans tous les sens avec prépondérance du mouvement E.-S.-E.—O.-N.-O. Le mouvement a été très rapide et projetait à terre ceux qui tentaient de s’échapper. Il s’est formé de grandes crevasses, la plupart suivant l’orientation indiquée plus haut. Les dalles de la gare de Chillân, bouleversées ont « tuile » celles de l’Est, montant sur celles de l’Ouest.
- Quelle explication scientifique peut-on donner de ce phénomène P
- Ne serait-ce pas un glissement d’assises des strates de l’écorce terrestre et cela dans le sens de la Cordillère à la mer P
- On peut dire que le séisme était, annoncé depuis quelque temps. En effet, le Bulletin de VObservatoire
- del Salto de Santiago faisait remarquer déjà depuis novembre 1938 que les incli-nographes établis dans la Cordillère des Andes accusaient un soulèvement des massifs centraux et que ce processus orogénique se résoudrait en une crise sismique : petites secousses ou tremblement de terre, faisant remarquer qu’il était impossible de préciser lequel des deux. L’attention est attirée par le fait que les villes telles que Chillân, intensité XI et Cauquenes, intensité XI sont séparées par d’autres telles que San Carlo et San Gregoi'io on le degré d’intensité sismique est à peine VIII. Ce fait semble donner raison à l’explication que M. Julio Bustos Navarrele, Directeur de l’Observatoire del Salto, donne du tremblement de terre. D’après lui un tremblement de terre est un phénomène géologique qui affecte toute une région et n’a pas de centre. L’épicentre signalé par les sismographes n'est autre que le point initial du mouvement qui se propage à toute une zone de déséquilibre interne et qui peut avoir plusieurs foyers ou hypocenlres.
- Ou’il y ait une relation entre l’activité volcanique et le tremblement de terre je n’ai encore à mon actif que peu d’expérience basée sur de nombreuses observations faites à différentes époques, ce qui ne me permet pas d’ériger la proposition en principe ; mais les faits, pour le cas actuel, sont les suivants : dans la matinée du 4 janvier, le volcan Llaiina lançait des 11 animes et de la lave par un de ses cratères. Je ferai observer que le volcan Llaima est plutôt un massif volcanique. La surélévation occidentale se contente
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- de fumer abondamment, au moins jusqu’à présent, tandis que l’orientale fume très peu et « éternue » beaucoup, suivant l’expression pittoresque d’un journaliste d’ici. J’ai pu me rendre compte du fait puisque ce matin-là je me disposais à faire l’ascension du cratère Ouest avec 3 compagnons : 0.060 m, accès relativement facile.
- Donc, le 4 janvier, le Llaima est en éruption.
- Le 11 et le 24 janvier, le Quizapu est en éruption.
- Le 2$ et les jours suivants, le Llaima continue à fumer et à vomir.
- Les contreforts du volcan éteint Antuci (sierra Bel-luda, cordillera Tricauco) se crevassent, laissant échapper de nombreuses fumerolles. Il est possible que les mouvements orogéniques, cause des soulèvements dans la zone de dislocation, aient produit une décompression telle que le magma solidifié, à cause des pressions énormes qui régnent à l’intérieur de la terre, se soit liquélié et ait trouvé une issue favorable par le cratère des volcans. Cela expliquerait la plus grande activité volcanique à l’époque des tremblements de terre.
- Il est intéressant de savoir qu’après les tremblements de terre il y a changement de temps. En i835, après le séisme on a remarqué toute une série de perturbations atmosphériques : lueurs nocturnes intenses, allant
- 271 =
- de la mer à la Cordillère, chaleur humide suffocante, éclairs, tonnerre, pluie, grêle. Tous ces phénomènes se sont reproduits dernièrement. Il est probable que la secousse sismique occasionne des anomalies électromagnétiques par de légers déplacements des lignes de force du champ magnétique terrestre et ce processus ajouté au mouvement de la terre crée une grande quantité d’électricité dont les décharges sont la cause des lueurs vues par des centaines de personnes ; cette tension atmosphérique peut être aussi cause des. autres phénomènes aqueux enregistrés.
- Voilà ce que nous pensons ici, au sujet de faits qui paraissent vouloir devenir familiers (le sol tremble souvent quoique pas très fort) faits auxquels on ne s’accoutume guère, je vous assure. On a beau être vaillant : quand le sol vous manque sous les pieds ou qu’il vous rejette impitoyablement, on subit une sensation indéfinissable. En ce qui me concerne, croyant à une petite secousse, je m’étais contenté de tourner l'interrupteur pour apprécier la durée du phénomène à la montre ; mais lorsque la chose alla « crescendo » et que les morceaux de plâtre tombèrent à côté de mon lit, je changeai d’opinion et déguerpis au plus vite...
- Jean Rhodes. ,
- = LES TRAVERSÉES AÉRIENNES E AU-DESSUS DE L'ATLANTIQUE NORD
- Les traversées aériennes de l’Atlantique Nord présen-lent un intérêt économique de premier ordre, les relations commerciales entre l’Europe et les États-Unis sont en effet très importantes. Les grandes nations de l’Europe occidentale et cenlrale absorbent entre 3o et 4o pour 100 des exportations américaines. Chaque
- année, le trafic de passagers entre Europe et États-Unis se chiffre par plus d’un demi-million de personnes. Plus de 5o.ooo passagers empruntent des navires français de la Compagnie générale transatlantique.
- La création de lignes aériennes transatlantiques apparaît donc comme une idée séduisante ; avec les
- Fig. i. — Les liaisons aériennes entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
- NÂ D A;
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- ——4 .Hçtrrn (nn+hndromieL
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- Açores
- Bermudes
- Canaries
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- Fig. 2. — L’hydravion « Lieutenant de vaisseau Paris » à Ilorta, en 1938.
- progrès récents des avions, elle a cessé detre utopique.
- Déjà depuis io ans, un certain nombre d’aviateurs ont effectué soit la liaison Étals-Unis-Europe, soit ce! le Europe-É tats-Umis.
- Mais jusqu’ici, on n’a pu créer de service régulier aérien entre le continent américain et l’Europe à cause de nombreuses difficultés qui seront exposées plus loin. La France a été la première à s’intéresser au problème et à entreprendre une expérimentation. Dès
- 1928, la Compagnie générale transatlantique constitua une filiale : la Société transatlantique aérienne, avec le désir, avant d’envisager une liaison purement aérienne entre l’Europe et l’Amérique, d’associer le bateau et l’avion.
- Le 10 août 1928, cette société cnti’epril le premier catapultage au large de New-York d’un hydravion postal. Le paquebot Ile-cle-France parfit du Havre. Quand il ne fut plus qu’à 760 km de New-York, l’hydravion lancé par une catapulte de 34 ni de long quitta le paquebot et rallia le port en 4 h i5 de vol, permettant de distribuer le courrier venu d’Europe 24 h plus tôt que d’habitude à New-York.
- Quelques liaisons de ce genre furent réalisées en
- 1929, mais ensuite une longue période s’écoula pendant laquelle la France négligea l’Atlantique Nord. D’autres nations cependant s’y intéressaient.
- Les États-Unis déléguaient Charles Lindbergh qui, à bord d’un monoplan biplace, étudia la route Nord par l’Irlande, le Groenland et le Labrador, ainsi que la route Sud par les Açores et les Bermudes. Il étudia aussi l’organisation de bases d’hydravions en Irlande, pour une ligne qui serait exploitée en « pool » par les « Pan American Airways » et les « Impérial Airways ».
- Les Anglais, ayant le monopole d’escales en Irlande, à Terre-Neuve et aux Bermudes, avaient conclu un accord avec le Portugal pour des escales à Lisbonne et aux Açores. Les Allemands, dès 1928, opéraient la
- liaison Irlande-Terre-Neuve avec un monoplan monomoteur Junkers métallique. En 1980 et ig3i, un aviateur reliait Warnemunde et Halifax à bord d’un Dornier-Wahl bimoteur, en passant en ig3o par les îles Féroé, l’Islande, le Groenland, le Labrador et le Canada.
- En 1932, l’hydravion géant Do X à 12 moteurs revint des États-Unis au lac de Constance avec i4 personnes à bord, par Terre-Neuve, Ilorta et Vigo.
- En 1936, deux hydravions bimoteurs à huile lourde, type Dornier, catapultés au large des Açores par un navire spécial accomplirent à 210 km à l’heure plusieurs traversées aller et retour de l’Atlantiquë Nord.
- Et devant le succès de ces raids, le directeur de la Lufthansa décidait d’organiser 10 vols d’essais et de construire un hydravion spécial.
- Rappelons que l’Atlantique Nord a été traversé pour la première fois, sans escale de Paris à New-York, par Cosles et Bellonte sur le « Point-d’Interrogalion » (septembre ig3o).
- Rossi et Codos renouvelèrent cet exploit à bord du « Joseph-Le-Brix » en 1933. En 1934, ils accomplirent New-York-Paris sans escale.
- Par la suite, des voyages d’études et des tentatives de raids furent effectués.
- Devant les projets anglo-américains se constitua une nouvelle compagnie qui fut formée par les éléments et les apports d’Air-France, de la Compagnie générale transatlantique et de l’État. Cette Compagnie se mit tout de suite au travail et elle s’attaqua aux différents problèmes à résoudre pour l’ouverture d’une ligne aérienne France-Étals-Unis.
- On peut les énumérer ainsi :
- La météorologie ;
- Le choix de l’itinéraire ;
- L’infrastructure et la signalisation ;
- Le matériel.
- MÉTÉOROLOGIE
- Le problème des conditions météorologiques sur l’Atlantique Nord est de beaucoup le plus important. Aucune partie du monde ne présente autant d’instabilité atmosphérique, et l’équipage qui se lance au-dessus de cet océan est exposé à rencontrer des vents d'une violence extrême, dont la composante générale dirigée d’Ouest en Est, rend beaucoup plus difficiles les traversées dans le sens d’Europe vers l’Amérique. En outre il doit lutter contre le brouillard, la formation de glace, le givrage, la neige. Enfin l’hydravion qui serait contraint de se poser sur une mer démontée trouverait des ci’eux qui atteignent des valeurs considérables.
- Même quand les aéronefs pourront, en choisissant leur niveau dans les hautes régions de la troposphère ou même dans la stratosphère, chercher à échapper aux difficultés rencontrées dans la traversée des masses
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- nuageuses, ils ne pourront éviter le danger du vent.
- Il est donc de première nécessité d’établir des caries météorologiques à la surface de l’Océan, grâce à un réseau d’observations régulières et à des liaisons solidement organisées, d’étendre ce réseau en altitude en développant des méthodes de sondage applicables en mer et d’organiser la protection météorologique des aéronefs à la fois sur les bases de départ et d’escale et par T. S. F. en cours de vol.
- Depuis longtemps déjà les navires qui effectuent la traversée de l’Atlantique collaborent à l'établissement de ces cartes.
- A des heures fixes (o h, 6 h, 12 h, 18 h T. M. G.) un ensemble de navires spécialement désignés et équipés assure des observations de même nature et les transmet à des stations T. S. F. côtières désignées par chaque pays, à destination d’un service météorologique qui les diffuse ensuite en les incorporant dans les radiotélégrammes météorologiques réguliers.
- Mais Air-France transatlantique a envoyé en outre un navire obervatoire, « Le Carimaré », pour effectuer des recherches aérologiques, dans la région que survolera la ligne française. Cette station météorologique flottante croise au cours de campagnes de 3 mois autour d’un point de stationnement déterminé.
- Il existait déjà une station météorologique flottante sur l’Atlantique Nord due à la collaboration de l’O. N. M. et de la Compagnie générale transatlantique. Elle fonctionnait sur un navire école le « Jacques-Cartier », en liaison avec les paquebots « Cuba » et « Flandre ».
- Le « Carimaré » réalise pendant ses périodes de stationnement, d’une manière permanente, le travail intermittent de ces trois navires.
- Son rôle météorologique comporte trois sections principales :
- a) concentration et diffusion des observations météorologiques de navires ;
- b) aérologie et observations ;
- c) prévision et protection des traversées aériennes.
- La Nature, dans son numéro du i5 février 1939, a
- traité celte question en détail. Nous n’y reviendrons donc pas.
- dure, parce que les appareils aériens sont assurés d’y rencontrer les obstacles atmosphériques les plus génanls, pendant la plus grande partie de l’année.
- Il semble que cet itinéraire soit à réserver pour le jour proche où les progrès de la mécanique et de l'aérodynamique permettront d’effectuer des vols sans escale à très grande vitesse'-'et sans doute stalosphéri-ques.
- La roule du /40e parallèle est la plus longue de toutes : 6.4a5 km et 7.200, si l’on passe par les Bermudes.
- Le régime des vents est moins violent, les tempêtes plus rares et le risque de givrage ne se présenterait qu’occasionnellement' et aux abords même des continents.
- La longueur totale de la roule a fait envisager une ou plusieurs escales dont la plus intéressante est l’archipel des Açores, situé au tiers de la distance.
- En ig36, la mission Codos-Castex découvrait aux Açores le terrain de Terceira, point central remarqua-
- e. Ten ceira se trouve en effet à :
- 1. .060 km de Lisbonne ;
- 2. .620 » » Paris ;
- 3. .960 » » New-York ;
- 3. . j5o )> » Bermudes ;
- 2. .020 » » Saint-Pierre et Miquelon
- Avec les Açores comme escale, on trouve comme itinéraires possibles :
- ( New-York - Bermudes - Açores - Lis-
- A < bonne-Paris......................7.726 km
- ( New-York-Bermudes-Açores-Paris . 7-3x5 »
- g ( New-York-Açores-Lisbonne-Paris. . 6.990 km
- ( New-York-Açores-Paris............6.58o »
- ( New-York - Sainl-Pierre-Miquelon -ç, ) Açores-Lisbonne-Paris . . . . 7.120 km
- ) New-York - Saint-Pierre-Miquelon -' Açores-Paris.....................6.710 »
- Le trajet le plus court New-York-Açores-Paris a G.58o km avec un trajet New-York-Açores de 3.960 km.
- CHOIX DE L’ITINÉRAIRE
- Fiy. 3. — Le Fannan terrestre 2234.
- Pour le choix de l’itinéraire, de nombreuses solutions avaient été envisagées depuis la route arctique reconnue par Lindbergli (Écosse-Irlande-Groenland-Labrador) j usqu’à la route du 4oe parallèle Açores, en passant par la route des grands paquebots (Irlande-Terre-Neuve).
- Il est probable qu’au début, les appareils navigueront, choisissant entre la route du Nord et celle du Sud, selon les circonstances atmosphériques.
- La route des paquebots, la plus courte parce qu’elle se rapproche à peu de chose près de l’orthodromie (arc de grand cercle), est la plus
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- En juin ig3S, le gouvernement portugais autorisait <( Air France-transatlantique » à faire sept vols d’essai « Lisbonne-Amérique du Nord » avec escalèaux Açores.
- Le 23 août, le « Lieutenant-de-vaisseau-Paris » partait de Biscarosse, amérissait le même jour à Lisbonne, le lendemain à Payai (Açores). L’avion repartait pour Nerv-lrork, le 3o août. 11 revint en France par les Açores.
- Il est à souhaiter que l'accord devienne déflnif et que le terrain de Terceira soit donné à la France. Outre son utilisation comme base commerciale transatlantique, il peut être appelé à jouer un rôle stratégique important.
- MATÉRIEL
- Pour obtenir la vitesse, la régularité et la sécurité, il faut construire de nouveaux appareils spécialement adaptés à ce nouveau problème.
- A l’heure actuelle, Air France-transatlantique ne dispose que du « Lieutenant-de-vaisseau-Paris », vieux de plusieurs années, qui a pourtant relié directement les Açores à New-York en 1938 et qui fut le premier hydravion de gros tonnage à décoller, par ses propres moyens, du plan d’eau d’Horta.
- Fig. 4. — Maquette de Vhydravion « Sud-Est 200 ».
- (0.000 ch de puissance, 20 passagers couchés, charge marchande 0 t).
- En 1939, la compagnie dispose du « Lieulcnanf-de-vaisseau-Paris » et du « Ville-de-Saint-Pierre ».
- Ces deux hydravions Latécoère ont une charge loi ale maximum de 42 t, une vitesse de croisière moyenne de 210 km à l’heure, un rayon d’action maximum par vent-nul de 6.000 km. Ils sont équipés de 6 moteurs 12 Y Hispano-Suiza de 920 ch. Leur puissance totale est de 5.520 ch. Ils sont destinés à assurer la continuation du programme des vols expérimentaux de l’Atlantique Nord.
- Il y a en outre trois avions terrestres Farm an, monoplans à ailes hautes, d’un poids total de 2,3 t. Leur vitesse est de 298 km à l’heure, au sol ; 354 km à l’heure à 3.3oo m. Leur rayon d’action maximum est de 7.500 km, par vent nul à la vitesse de croisière de 280 km à l’heure. Ces appareils sont équipés de 4 moteurs Hispano-Suiza de 920 ch, identiques à ceux des Latécoère. Leur puissance totale est de 3.680 ch. Ils doivent assurer le début des vols d’essais en haute altitude sur l’Atlantique Nord.
- En 1940, outre ces deux hydravions et ces trois avions, un hydravion Polez-Cams x 6 r, dont la maquette a volé avec plein succès en juin 1938 pourra faire une traversée sans escale en septembre.
- Son poid total sera de 4o t ; sa puissance : ü moteurs Hispano-Suiza, 12 Y (6.200 ch). Son rayon d’action sera de 8.700 km par vent nul, avec 16 passagers et 4.000 kgr. de frêt. Sa vitesse de croisière sera de 3o4 km à l’heure.
- En 1941, nous aurons l’hydravion « Yille-de-Saint-Pierre », 3 Farman et le Potez-Cams 161. En outre on espère avoir des hydravions de 66 t : le Latécoère 631 et le Sud-Est 200, 9.000 ch de puissance avec 20 passagers couchés et 8.000 km de rayon d’action par vent debout de 60 km à l’heure, 320 km de vitesse de croisière et une charge marchande de 6.000 kgr.
- LES BASES
- Le point de départ de la ligne française de l'Atlantique Nord doit être évidemment à Paris. 11 y aura donc une base d’hydravions à Paris ou près de Paris, mais il faudra plusieurs années pour la réaliser. En attendant Air France-transatlantique prépare l’étang de Biscar-rosse pour y recevoir les hydravions et Bordeaux pour les avions.
- La base d’hydravions de Biscarosse a un plan d’eau de 35 km2, les installations comprennent 2 hangars de 65 m d’ouverture, 4o m de profondeur et 12 111 sous entrait. Le balisage lumineux sera en place pour juillet 1939. Dès avril 1939, la base disposera du personnel nécessaire pour assurer les services radio et météo de jour et de nuit.
- Les Farman 2 234 ont besoin de pistes spéciales tant pour le départ que pour l’atterrissage. Le choix d’Air France-transatlantique s’est porté sur l’aérodrome de Bordeaux-Mérignac où la construction d’une piste a déjà été entrepi’ise, la seconde devant le Ire en juillet 1939.
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- Bordeaux sera en liaison étroite et constante avec l’hydrobase de Biscarrosse.
- LES AUTRES PAYS
- Aux États-Unis, les Pan American Airways pourront mettre en service en 1989 deux ou trois des six nouveaux hydravions Boeing de 3g t, construits pour le transport de la poste et des passagers sur le Pacific et l’Atlantique.
- Ils auront 4 moteurs Wright de i.5oo ch soit 6.000 ch, un rayon d’action de 5.000 km par vent nul, 4o passagers, 225 km à l’heure de vitesse de croisière et 3.5oo kgr de charge marchande. Ils comptent commencer leurs vols en avril 1989.
- En Angleterre, les Impérial Airways disposeront en 1939 de 4 hydravions « Short » de 24 t.
- Les Short auront 4 moteurs Bristol de 4oo ch., un poids de 24 t, 4-800 km d’action, i.36o kgr de charge payante. Les Anglais comptent effectuer un voyage postal hebdomadaire en juin, sur l’itinéraire Irlande-Terre-Neuve-C anada-N e w-York.
- En Allemagne, la Lufthansa adjoindra aux trois hydravions Blolim et Yoss (4 moteurs Junkers de 700 ch, 17 t 5 de poids, 270 km de vitesse, 5.200 km de rayon d’action s’ils sont catapultés), un certain nombre de Dornier 26 (meme moteur, 20 t de poids, 9.000 km de rayon d’action s’ils sont catapultés, 270 km à l’heure de vitesse).
- La Lufthansa en a terminé avec les essais. Elle attend
- des Américains l’autorisation de transporter la poste.
- La France a demandé au Portugal, à l’Angleterre et aux États-Unis l’autorisation d’effectuer 12 voyages, le premier aurait lieu en mai.
- Il faut espérer que les essais d’Air France-transatlantique aidé et soutenu par le Ministère de l’Air seront couronnés de succès et que l’inauguration du ^service français Paris-Yew-York est proche.
- Jean Hesse.
- = LA RÉCUPÉRATION DU SOUFRE DES GAZ DE COKERIE =
- ET DES GAZ RÉSIDUAIRES
- Une des caractéristiques de l’industrie chimique moderne est la préoccupation de chercher à utiliser tous les sous-produits qui avant étaient soit délibérément rejetés des usines, soit employés, malgré leur valeur intrinsèque, à des usages inférieurs. C’est ainsi par exemple que pendant longtemps, dans les raffineries de pétrole, l’éthylène, le butane, le méthane, etc... étaient' purement et simplement brûlés sous des chaudières, et que dans les cokeries, l’hydrogène sulfuré était employé au même usage. Remarquons que dans ce dernier cas on ne faisait que déplacer la question sans la résoudre, car si éliminer l’hydrogène sulfuré est un problème pratique assez compliqué, éliminer l’anhydride sulfureux pi’oduit par sa combustion est aussi incommode et l’on en était réduit faute de mieux à le déverser dans l’atmosphère au sommet de cheminées de très grande hauteur.
- Actuellement, dans tous les pays, Amérique, Angleterre, Allemagne, on cherche à récupérer le soufre ou scs dérivés pour le transformer ensuite en aciclc sulfurique. Or les sources de dérivés sulfurés sont nombreuses et importantes : une centrale thermique par exemple qui brûle 2.000 t de charbon par jour, déverse annuellement dans l’air l’équivalent de 10 à 15.ooo t d’acide sulfurique.
- En Allemagne, les cokeries qui livrent du gaz à longue distance pour la consommation domestique doivent en retirer l’acide sulfhydrique. Si on considère que les cokeries de la Ruhr ont produit en 1937 treize milliards de mètres cubes de gaz renfermant en moyenne. 7 gr 3 d’acide sulfhydrique par mètre cube, soit 6 gr 8 de soufre, c’est' donc 88.000 t de soufre qui ont été produites. La récupération a porté sur 29.000 t, le reste étant brûlé avec le gaz dans les fours et les usines. De même, dans le traitement du pétrole brut, il se produit des quantités considérables de dérivés soufrés qu’il est impossible de laisser se dégager dans l’atmosphère sous peine d’accidents graves aux êtres vivants et à la végétation.
- Enfin, si on se rappelle que l’acide sulfurique est le produit de base de toute l’industrie chimique et que la France, l’Allemagne, l’Angleterre sont démunies de pyrites, la matière première pour sa fabrication, on conçoit que les sources précitées de dérivés sulfurés aient une importance économique de plus en plus grande. Aussi de très nombreux procédés ont-ils été mis au point dans ces dernières années et nous allons les passer rapidement en revue.
- Les procédés anciens étaient basés sur l’absorption de
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- Caisse de contact
- Tour de lavage
- Fig. J. — Schéma d’une installation de fabrication d’acide sulfurique à partir de l’hydrogène sulfuré (procédé Lurgi).
- l’hydrogène sulfuré et de l’acide cyanhydrique par une masse de limonite poreuse, connue sous le nom de minerai des prairies. Une fois saturée, la masse est vendue surtout aux fabriques de cellulose qui en extraient le soufre sous forme d’anhydride sulfureux, avec régénération de l’oxyde de fer. On traite également la masse par le sulfure de carbone pour extraire les dérivés sulfurés, et comme les composés cyanures y sont encore retenus, on la réutilise jusqu’à ce qu’elle contienne i5 à 20 pour 100 de bleu de Prusse.
- Les procédés nouveaux permettent d’extraire le soufre, sous la forme d’acide sulfurique ou de sulfate d’ammonium, par combinaison avec les produits ammoniacaux que renferme également le gaz, soit enfin à l’état de soufre mélai-loïdiquc.
- PROCÉDÉS PAR VOIE SÈCHE
- Le procédé Lurgi qui conduit directement à l’acide sulfurique comprend 3 phases :
- i° L’hydrogène sulfuré est brûlé avec un excès d’air :
- II2S + 30 = I120 + SO2.
- 20 Les gaz de combustion, sans avoir subi aucun traitement. préalable, passent sur un catalyseur où s’opère l’oxydation en anhydridre sulfurique : SO2 4- 0 = SO3.
- 3° Enfin les gaz de cette réaction entrent dans un condenseur où, en présence de vapeur d’eau, se forme l’acide sulfurique : SO3 + H20 = SOdIl2.
- Au total, la x’éaclion générale est donc la suivante :
- LPS + 40 = S04II2.
- L’hydrogène sulfuré est un gaz facile à brûler, sa chaleur d’oxydation est de ia3 cal 7 par molécule gramme, tandis que l’oxycle de carbone dégage 68 cal seulement.
- La présence d’impuretés (naphtaline, phénols, etc.) n’est pas nuisible, puisqu’elles sont' brûlées et que les produits de leur combustion (IPO et CO2) sont inoffensifs. On a soin cependant d’éliminer les poussières par un lavage à l’eau, dans laquelle l’hydrogène sulfuré n’est que peu soluble.
- Les gaz de la combustion entrent ensuite dans l’appareil de catalyse avec 437 pour 100 en volume de SO2, 5 à 8 pour 100 d’oxygène, à une température d’environ 4oo°. Comme la transformation en SO3 dégage a3 cal et que, pour que la catalyse donne un rendement optima, il faut opérer entre 35o-45o°, la réaction étant réversible, il faut prendre des dispositions pour refroidir l’appareil
- Le condenseur qui fait suite est du type à tubes et le refroidissement se fait graduellement par circulation d’eau.
- Entrant à 35o°, les gaz sortent à 80-100° après avoir abandonné tout leur anhydride sulfurique transformé en acide.
- On remarquera qu’il n’y a aucun transport d’acide au moyen de pompes, etc... et qu’il suffit d’un seul ventilateur pour faire circuler les gaz à travers toute l’installation.
- Poyr récupérer le soufre sous forme de sulfate d’ammoniaque, en utilisant l’ammoniac contenu dans les gaz de distillation de la houille, le procédé Katasuli de la I. G. Farben Industrie consiste à faire tout d’abord passer les gaz, après addition de 8 pour 100 cl’air, sur un catalyseur formé d’un mélange de métaux lourds, fer ou nickel, activés par un peu de vanadium ou de molybdène, à une température de 3:>o à 35o°. Un mètre cube de catalyseur serait suffisant pour traiter pendant un an 7.000 m3 de gaz à l’heure.
- Les gaz ayant réagi passent dans un échangeur de température où ils portent les gaz à traiter à une température de i5o°, puis ils traversent un laveur où ils se refroidissent et réagissent sur l’ammoniaque en donnant du sulfite et du bisulfite d’ammoniaque suivant les réactions :
- 2NII3 + SO2 -f TI20 = S03(NLD)2 Nil3 4- SO2 4- I120 = SOUINII4.
- Quand la concentration des solutions atteint 5o à Go pour 100, on transforme en sulfate par chauffage à 25o° sous pression de 5o à 80 atm :
- 4S03(NH4)2 = 3SOd(NLI4)2 4- S(NIU)3. .
- À la détente, le sulfure ammonique se décompose en ammoniaque et hydrogène sulfuré qui rentrent dans le circuit.
- A la mine Augusta Victoria en Allemagne, depuis ig36, on traite ainsi 10.000 m3/h.
- Les procédés que nous allons décrire maintenant, très nombreux, se contentent de récupérer le soufre à l’état mélalloïdique, ou de séparer l’hydrogène sulfuré à l’état pur des autres constituants gazeux pour une utilisation ultérieure (soufre, anhydride sulfureux ou acide sulfurique).
- Le procédé de 17. O. Farben Industrie appliqué à l’usine de Leuna opère par voie sèche et récupère par an plus de 4o.ooo ï de soufre. Il consiste à additionner le gaz d’une quantité d’air suffisante pour oxyder l’hydrogène sulfuré et à faire passer le mélange dans des tours remplies de charbon actif à 35° seulement. Dans ces conditions, l’oxydation se réduit à : LFS 4- 0 = IL2 4- S, et le soufre se dépose dans les pores du charbon d’où on l’extrait ult'é-jicurcment par lavage avec une solution de monosulfure d’ammonium (qui donne des polysulfurcs) que l’on distille ensuite.
- Le procédé Pieters par voie humide repose sur l’emploi d’une solution colloïdale de bleu de Prusse (ferri-ferrocya-nurc) comme véhicule d’oxydation de l’hydrogène sulfuré. Celui-ci est transformé soit en soufre, soit en thiosulfate. La réaction se passe en deux phases : le ferrievanure est réduit par l’hydrogène sulfuré et donne du soufre qui précipite, et' du ferrocyanure; après élimination du soufre, on envoie le liquide dans le compartiment anodique d’un éleefrolyseur et on régénère le ferricyanure qui est renvoyé dans le circuit.
- Ce procédé, mis au point par les mines fiscales du Lim-bourg hollandais, est appliqué à l’usine à gaz d’Amsterdam.
- PROCÉDÉS PAR VOIE HUMIDE
- Les procédés par voie humide sont beaucoup plus nombreux et s’appuient’ tous sur la même idée générale : engager l’hydrogène sulfuré dans des combinaisons chimiques complexes, se formant à basse température, mais se décom-
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- Baz purifié l Mangeur
- de temj-----x 1
- . Réfri qèrt
- Absorbant
- Arrivée du gai à
- imiter
- m
- Eau
- de'refroidis sement
- 22
- Pompe x-rr—=*-
- Eau de nefroi -tfissem ?
- Four C/aus
- HChaudière
- x—I , Saz
- \ | resi dua ires n
- \
- U.\pdSépamteur ^ f de soufre
- Fig. 3. — Installation Alkazid.
- posant lorsqu'on les chauffe pour libérer l’hydrogène sulfuré pur et reconstituer les corps initiaux d’absorption chimique. Nous allons les passer rapidement en revue.
- Le procédé Alkazid utilise des absorbants organiques résultant de l’action de bases inorganiques fortes sur des acides organiques faibles et non volatils, comme les acides aminosulfoniques ou aminocarboniques.
- Suivant la composition des solutions utilisées, on peut absorber sélectivement l’hydrogène sulfuré, ou le gaz carbonique, ou ces deux gaz simultanément. L’absorption a lieu à basse température et la libération aux environs de io5°.
- A titre d’exemple, nous décrirons schématiquement une installation adjointe à un four Claus pour la transformation de l’hydrogène sulfuré en soufre métalloïdique. On pourrait tout aussi bien concevoir qu’on l’envoie dans une installation Lurgi pour fabriquer de l’acide sulfurique.
- Le gaz à purifier arrive à la partie inférieure d’un scrub-ber et rencontre en s’élevant dans la tour un courant descendant de solution alkazid froide qui se rassemble à la partie inférieure saturée d’hydrogène sulfuré.
- Elle est reprise par une pompe et envoyée dans un échangeur de- température chauffé à 80-90°. Elle passe ensuite dans une colonne dite de réactivation où elle est débarrassée des gaz absorbés par un courant de vapeur. Reprise à la partie inférieure par une pompe, la solution chaude réactivée est' refroidie à /|0-5o° par échange de chaleur avec la solution provenant de l’absorbeur puis ramenée à la température ordinaire par passage dans un réfrigérant et renvoyée au sommet du scrubber d’absorption.
- L’hydrogène sulfuré qui s’est dégagé dans l’activateur passe alors dans le système Claus qui comporte tout d’aborcl une chaudière dans laquelle l’hydrogène sulfuré est brûlé en présence d’air pour former de l’anhydride sulfureux. Ce gaz, à une température de 25o-3oo°, passe dans l’appareil Claus proprement dit où, en présence d’un catalyseur, l’anhydride sulfureux et l'hydrogène sulfuré résiduaire sont trans-formés en soufre qui s’accumule à l’état liquide à la partie inférieure du four. On récupère ainsi 92 à g4 pour 100 du soufre contenu dans les gaz.
- En Allemagne plus de 3o.ooo t de soufre sont ainsi produites, et une quantité au moins égale aux États-Unis (fig. 3).
- Dans le procédé Koppers, la solution absorbante est une solution de phé-nolate de sodium que l’on l'égénère par la vapeur.
- Dans le procédé Shell, la solution
- contient du phosphate tripotassique (environ 4o à 5o pour 100 en poids de sel). La tension de vapeur de l’hydrogène sulfuré en présence d’une solution de phosphate tri-sodique, pour une saturation donnée de ce gaz, est très diminuée si on dilue la solution avec de l’eau. On se sert de cette propriété en introduisant la solution, à deux concentrations différentes, dans la tour d’absorption (fig. 2).
- La plus grande partie de l’hydrogène sulfuré est absorbée à la partie inférieure par une solution à 4o-5o pour 100 de sel, tandis que l’absorption plus difficile du gaz à des concentrations plus faibles s’accomplit à la partie supérieure dans une solution relativement diluée. La Shell a monté d’énox-mes installations dans ses usines de raffinage de pétrole, en Amérique.
- Dans le procédé Girbotol, l’hydrogène sulfuré et l’acide carbonique réagissent avec des amines aliphatiques : mono-et trielhanolamine, pour donner des composés qui, par la chaleur, régénèrent les composés initiaux (Q.
- Quand on traite des gaz naturels, il faut enlever non seulement l’hydrogène sulfuré mais aussi l’eau. On emploie pour la solution d’amine, un agent déshydratant comme le diéthylène-glycol. De cette façon il ne se forme pas d’hydrates d’hydrocarbures dans les conduites. En réglant le rapport de méthyl-glycol et d’eau dans la solution absorbante on peut sécher totalement le gaz.
- Dans le procédé Thylox, le gaz que l’on désire débarrasser de son hydrogène sulfureux est lavé dans un appareil à contre-courant par une solution de sels d’arsenic contenant environ 5 pour xoo d’arsenic exprimé en As203. La réaction qui se produit dans le scrubber est :
- As02S2(NII4)3 + II2S - H2O + (NTI4)3AsOS3.
- Cette réaction est quantitative et plus de 98 pour 100 de 1I2S est absorbé. En même temps, les cyanures se transforment en thiocyanates. La solution est tenue légèrement alcaline par l’ammoniaque que l’on récupère du gaz sortant par traitement dans un second scrubber. On chauffe la solution vers 45° et on la fait passer, avec un courant d’air, dans une tour où la réaction principale est :
- (NlI4)3ÀsOS3 + ~ O2 = S + (NII4)3As02S2.
- La réaction globale est’ donc : IFS + O = IFO + S.
- La liqueur régénérée est renvoyée dans le premier laveur
- . 1. On a par exemple RNH2 + H2S ~ RNIPEFS.
- Fig. 2. — Installation Shell.
- purifié
- Gaz
- dirait er
- - -Ot-
- Solution
- diluée
- Solution
- regeneree
- Solution
- saturée
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- = 278 ..........:...................:t.:..r:...........
- el le courant d’air qui va de bas en haut entraîne le soufre à la partie supérieure de la tour sous forme d’une mousse jaunâtre qui est rassemblée dans un séparateur, égouttée sur un filtre rotatif et fondue en autoclave pour séparer la phase aqueuse.
- Le soufre ainsi produit renferme de l’arsenic que l’on peut éliminer en le lavant à l’état fondu sous faible pression par une solution d’ammoniaque qui est ensuite renvoyée dans le circuit' initial. Le produit fondu séparé de la liqueur ammoniacale est distillé suivant les méthodes classiques.
- Ce procédé est très en faveur en Angleterre ; il a été
- également installé dans la Ruhr, à Dortmund et Recklin-ghausen, où l’on traite plus de a5o.ooo m3 de gaz par 24 h.
- Nous ne mentionnerons que pour mémoire le procédé de l'Union chimique belge qui ne s’applique économiquement qu’aux cokeries ayant des usines d’ammoniaque de synthèse.
- Cette rapide revue et les quelques chiffres de production que nous avons donnés montrent l’importance que prend actuellement la question de la récupération des dérivés sulfurés et les multiples solutions qui déjà lui ont été apportées.
- H,. Vigneron.
- CADRAN SOLAIRE ANALEMMATIQUE
- Beaucoup de personnes s’intéressent encore aux cadrans solaires, ces horloges indéréglables qui constituent au point de vue architectonique un élément décoratif pour une façade ou un jardin et offrent en outre une leçon permanente d’astronomie.
- On reproche à ces cadrans de ne pas indiquer l’heure légale qui règle tous les actes de la vie, mais il dépend de leur auteur d’éviter cette objection en calculant à l’avance et mentionnant sur le cadran la correction à apporter pour passer instantanément de l’heure solaire à l’heure legale sans aucun calcul ni interprétation de courbe plus ou moins mystérieuse pour le public non initié.
- En général on ne connaît guère d’autres cadrans que ceux installés sur des façades ou sur un piédestal, ayant pour caractéristique de fournir l’heure par l'ombre d’une tige métallique dite style.
- Un cadran particulièrement décoratif, mais assez rare puisqu’il n’en existe à ma connaissance que quatre en France, est le cadran dit « analemmatique », qui, contrairement aux précédents, ne comporte pas de style, l’heure étant fournie par l’ombre de l’observateur lui-même, debout en un point correspondant à la date. Le style... c’est l’homme !
- Et celte particularité attire beaucoup de curieux comme on peut le constater par l’affluence des touris-
- Fig. J. — Cadran solaire analemmatique établi par A. Jarson, à Juan-les-Pins. Vue d’ensemble.
- (Photo Grvél.
- les autour d’un cadran de ce genre que j’ai installé dans les jardins publics de Juan-les-Pins (fîg. 1).
- Ce cadran con-sisle en une longue dalle de mar-b r e horizontale placée dans la direction nord-süd, au centre d’une ellipse de gazon sur laquelle se détachent en fleurs les chiffres des heures au-dessus d e boules e n faïence en prôci-s a n t l’emplacement.
- Au milieu de la dalle et sur toute sa longueur est gravée une ligne méridienne matérialisant en partie le petit axe de l’ellipse et coupée dans la direction est-ouest par une autre ligne dite équinoxiale suivant le grand axe de l’ellipse.
- Au-dessus et au-dessous de la ligne équinoxiale, 1 a méridienne est également coupée perpendiculairement, par d’autres lignes correspondant aux dates principales de l’année et dont la position a été calculée en fonction de déclinaison du soleil à chacune de ces dates.
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- Cadran Solaire Analemmatique
- 1937
- Fig. 2. — Cadran solaire analemmatique établi par A. Jarson, à Juan-les-Pins.
- Dalle centrale où se place l’observateur sur une ligne correspondant à la date. La direction de son ombre indique l’heure solaire vraie.
- (Photo Maiffret).
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- Fig. 2. — Cadran solaire analemmatique établi par A. Jarson, à Juan-les-Pins.
- Dalle centrale où se place l’observateur sur une ligne correspondant à la date. La direction de son ombre indique l’heure solaire vraie.
- (Photo Maiffret).
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- L'observateur se place debout sur la ligne correspondant à la date et la direction de son ombre en rencontrant les inscriptions horaires de l’ellipse lui fournit l’heure solaire.
- L’emplacement des points horaires ainsi que des lignes correspondant aux déclinaisons du soleil peut être déterminé par une épure ou par le calcul, mais ce dernier permet seul des résultats précis.
- Il ne peut être question de reproduire ici la théorie un peu longue du cadran analemmatique, mais je rappellerai pour les amateurs qui désireraient en établir un les formules à utiliser.
- Les positions des points horaires sont déterminées par leurs coordonnées x, y, à partir des axes de l’ellipse, savoir :
- y = C cos h cos cp x — C sin h
- dans lesquelles cp est la colatitude du lieu, h l’angle horaire de chaque heure et C le demi grand axe de l’ellipse, constante choisie selon l’emplacement dont on dispose et la nécessité de dimensions suffisantes pour la précision des observations (3 m à Juan-les-Pins).
- Quant aux lignes correspondant sur la dalle aux déclinaisons, leur distance à la ligne équinoxiale est
- i-:...:.:..:.::,::,....:::. .:... 279 =
- fournie par la formule : o = C (g (0 sin cp, (Q étant la déclinaison boréale ou australe au jour considéré.
- Pour le passage de l’heure solaire à l’heure légale — heure conventionnelle mais que les cadrans solaires devront maintenant permettre de connaître s’ils ne veulent pas être délaissés ! -— j’ai indiqué en regard de chacune des dates inscrites sur la dalle, la correction à effectuer à l’heure fournie par l’ombi-e, ne demandant ainsi à l’observateur que l’effort intellectuel d’une soustraction mentale à la portée d’un enfant.
- Dans ce pays de fleurs qu’est Juan-les-Pins, les chiffres des heures ont été indiqués par une mosaïque florale mais il est à recommander pour une précision supérieure, d’établir entièrement le cadran analemmatique sur pierre ou ciment en marquant les emplacements de l’observateur ainsi que les points horaires : heures, demies et quarts, par des traits gravés en creux, remplis de plomb ou de ciment coloré.
- Ainsi modernisé comme décor et utilisation, ce cadran peu banal nous a paru devoir intéresser les lecteurs de La Nature.
- A. Jarsox.
- Ancien administrateur de l’Observatoire de la Société Asti’ononiiquc de France.
- = BERNARD LYOT =
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- Élu membre de l’Académie des Sciences de Paris, le 6 mars 1989, en remplacement du comte de La Baume Pluvinel, M. Bernard Lyot est actuellement le Benjamin de la docte assemblée puisqu’il compte à peine k‘2 ans. Ce jeune astronome, indépendamment de ses intéressantes recherches dans le domaine de l’électricité, a imaginé de très originales méthodes pour l’observation du Soleil et des planètes, méthodes qui lui ont valu sa notoriété.
- Fils d’un chirurgien des hôpitaux de Paris, Bernard Lyot naquit dans la capitale le 27 février 1897 eL après avoir fait ses études classiques au Lycée Janson-de-Sailly, fut reçu le premier à l’École supérieure d’électricité en 1916. A sa sortie de cet établissement, l’industrie ne lui souriant guère, il rencontra heureusement le Pr Alfred Pérot, qui en quête d’un préparateur, lui offrit alors de le prendre comme tel dans son laboratoire de l’École polytechnique. « Ce savant, nous disait-il lors d’un récent entretien, eut beaucoup d’influence sur l’orientation première de ma carrière scientifique et je suis resté son collaborateur, durant 8 années jusqu’à sa mort. M. Fabry, qui lui a succédé, m’éclaira ensuite de ses conseils ».
- « Mon premier travail, qui remonte au mois de juillet 1917 se rapporte aux oscillations électromagnétiques produites dans un circuit sur lequel agissent, en même temps, les deux champs, électrique et magnéti-
- que d’une onde de T. S. F. En étudiant, d’une façon théorique puis expérimentale ledit circuit, j’ai construit un appareil permettant de déterminer la direction d’une station cmetlrice sans qu’on puisse hésiter entre deux directions opposées comme avec les radiogonio-mêtres ».
- Dans un ordre d’idées analogues, toujours en collaboration avec son maître A. Pérot, il poursuivit, de 1917 à 1919, sur la demande du Ministère de la Marine, des recherches sur le thème suivant : trouver le moyen pour un navire de suivre un bateau-pilote, par brume épaisse où la nuit, sans émettre aucun signal perceptible pour l’ennemi. 11 résolut cette question en produisant dans l’espace un champ magnétique de forme particulière, à l’aide de trois courants alternatifs de fréquences musicales. Au cours d’expériences faites à Toulon devant la Commission de la défense sous-marine, il démontra que, grâce à un tel disposilif, on pouvait localiser, suivre et manœuvrer, sans le secours de la vue, toute embarcation-pilote. D’autre part, il réalisa encore avec Pérot, pour le service technique de l’aéronautique, des appareils à courants alternatifs dissymétriques qui permettent aux avions d’atterrir par temps de brume en un point donné d’un aérodrome et face au vent.
- Enti’e temps, M. Lyot, entré dès 1919 comme stagiaire à l’Observatoire de Meudon, passa à la Sorbonne
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- sa licence ès sciences physiques et mit à profit sa culture technique, en apportant de très remarquables perfectionnements aux procédés et aux instruments d’observation de l’astronomie physique.
- D’abord, il mit au point un enregistreur de la déclinaison magnétique dont la courbe, tracée photographiquement sur un papier spécial, s’observe, à travers une glace inactinique, au fur et à mesure de son inscription. Avec cet appareil, il a pu, par exemple, prévoir et observer, durant la nuit du i4 au i5 mai 1921, une aurore boréale d’une exceptionnelle intensité. Puis en cherchant à perfectionner le polariscope de Savard, il a réalisé un polarimètre qui, monté sur la grande lunette de l’Observatoire de Meudon, lui permit, en particulier, d’analyser la lumière des cinq premières planètes dont aucun astronome n’avait réussi auparavant à déceler la polarisation. Grâce aux mesures qu’il a effectuées avec cet instrument d’une extrême sensibilité, M. Lyot a déterminé, pour chacune desdites planètes ainsi que pour la Lune, de mai 1922 à juillet ig3o, non seulement le plan de polarisation mais il a mesuré encore, au millième près, la proportion de lumière polarisée en divers points de leurs surfaces et dans des conditions très variées d’éclairement.
- Étudiant ensuite au laboratoire et de la même manière, de nombreuses substances (poudres cristallines ou amorphes, minéraux divers, brouillards formés de cristaux de glace ou de gouttelettes, etc.), il obtint, par comparaison des deux séries de résultats, des renseignements précis sur les épaisseurs des atmosphères des cinq premiers astres, sur les brumes de Mars, sur la nature et la hauteur des nuages de Vénus et sur la constitution du sol lunaire. Ce travail, qui fil l’objet de sa thèse de doctorat, soutenue devant la Faculté des sciences de Paris, le 18 juin 1929 et d’autres mémoires importants, lui valurent plusieurs prix académiques et sa nomination comme aide-astronome à l'Observatoire de Meudon (in3o).
- Cet avancement mérité et ces distinctions flatteuses accrurent encore si possible, le zèle scientifique de M. Lyot qui, sans tarder, s’attaqua à la couronne solaire en, dehors des éclipses. La diffusion de la lumière par les instruments d’optique et par les particules atmosphériques avaient rendu vaines jusqu’à lui, les tentatives de ses prédécesseurs pour étudier, en dehors de ces courts instants, la vaste atmosphère qui entoure
- 1 astre du jour. Mais voici comment le savant astronome réussit à résoudre le problème.
- il réalisa un coronographe d’un type nouveau, — dans lequel la diffusion expérimentale se trouve très réduite — puis il installa celui-ci d’abord en juillet-août. 1930 au Pic du Midi où la pureté de l’atmosphère lui permit d’observer les protubérances solaires sans l’aide d'un speclroseope, d’étudier la polarisation de la couronne, de voir ainsi que de photographier les raies verte et rouge de son spectre en dehors d’une éclipse. L’année suivante, pendant un nouveau séjour dans ce même observatoire pyrénéen, de juin à août, il parvint à photographier directement à l’aide d’un coronographe semblable mais plus grand et d’un matériel spectroscopique spécial, la couronne et les protubérances solaires à travers un. filtre rouge.
- De ig35 à igSS, profitant de la recrudescence de l’activité du Soleil, il effectua encore de nouvelles séries d’observations analogues, avec un coronographe plus puissant que les précédents, associé à un spectrographe également plus maniable. Ces travaux, qu’une forte subvention de l’Académie des Sciences lui avait permis d’entreprendre, lui fournirent de précieux clichés à grande échelle montrant des changements survenus dans la couronne en l’espace de quelques heures tandis qu’au moyen de photographies à longues poses, il découvrit 5 raies d’émission nouvelles du spectre de celle-ci.
- M. Lyot obtint, d’autre part, en septembre ig35, le premier film cinématographique d’une protubérance et depuis lors il en a pris beaucoup d’autres, qui révèlent, avec une grande richesse de détails, des mouvements très complexes que les lois de la pesanteur ne-su ffisent pas à expliquer.
- Les astronomes ont, d’ailleurs, reconnu l’intérêt que présente le coronographe puisque plusieurs observatoires construisent actuellement des appareils similaires, soit en vue de recherches d’astrophysique, soit pour l’enregistrement continu des variations de la couronne et de ses raies d’émission. Ces délicats instruments fourniront des séries de documents photographiques, qui confirmeront sans doute et, en tous cas,, compléteront utilement les rares clichés enregistrés pendant les trop courtes éclipses.
- Jacques Boyer.
- M. Bernard Lyot, Membre de l’Académie des Sciences.
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- L’ADSORPTION DES CONSTITUANTS A LA SURFACE DES ALLIAGES
- On a reconnu depuis longtemps que la concentration des constituants d’un alliage dans la pellicule formée à sa surface par chauffage prolongé dans l’air diffère en général très notablement de la composition de la masse de la matière.
- Par. exemple, si on oxyde un laiton à haute température, la pellicule superficielle oxydée est uniquement constituée par de l’oxyde de zinc. A température plus basse, c’est l’oxyde cuivreux qui est le constituant principal.
- Avec un alliage cuivre-glucinium à x pour ioo seulement de glucinium, on trouve que la surface est entièrement constituée de glucine.
- Des alliages cuivre-aluminium (à plusieurs pour cents d’aluminium) chauffés dans un bec Bunsen ont leur surface constituée par de l’alumine aux endroits qui furent exposés à la flamme tandis que l’oxyde de cuivre constitue la surface des parties restées exposées à l’air.
- Pour expliquer ces phénomènes on a cherché en général des raisons chimiques, par exemple on admet que l’absence d’oxyde de cuivre sur le laiton est due à la réduction de cet oxyde par le zinc à haute température. Bien que les réactions chimiques jouent un rôle certain, il semble qu’un mécanisme physico-chimique puisse parfaitement fournir une théorie générale, ainsi que le propose Dobinski de l’Université de Cracovie dans une communication à notre confrère Nature de Londres du 8 janvier 1988. Ce mécanisme est celui de l’adsorption.
- La théorie de l’adsorption établie par W. Gibbs et J. J. Thomson indique que la tendance à réduire au minimum l’énergie de la surface libre d’une solution a pour conséquence la concentration à la surface libre des constituants ayant la plus faible tension superficielle.
- En d’autres termes, à la surface de séparation de deux phases, il y a augmentation de la concentration de certains constituants de ces phases.
- L’expérience a largement vérifié l’exactitude de la théorie. Bien que celle-ci ait été établie plus particulièrement pour le cas des solutions liquides, rien dans le raisonnement n’empêche d’en appliquer les conclusions aux cas des solides en équilibre. C’est ce qu’a fait Dobinski en supposant avec Desch que la tension superficielle d’un solide est approximativement proportionnelle à celle de la même matière à l’état liquide au voisinage du point de solidification.
- On peut alors ranger les métaux, dans l’ordre croissant de
- leurs tensions superficielles à l’état solide de la manière suivante :
- Sb, Bi, Pb, Hg, Sn, Cd, Zn, Ag. Au, Cu.
- Dans un alliage, les constituants qui précèdent un constituant donné dans la série ci-dessus auront tendance à s’accumuler à la surface. Comme d’autre part la tension supei'ficielle des métaux est supérieure à celle des composés ou éléments non métalliques, ceux-ci auront également tendance à s’accumuler à la sui’face. L’action de la chaleur qui favorise la diffusion des constituants dans la masse permet d’accélérer l’arrangement superficiel.
- Dobinsky a effectué des expériences pour justifier cette théorie et nous en citerons quelques-unes. Un échantillon de cuivre contenant 0,01 pour 100 de soufre, attaqué superficiellement par l’acide nitrique étendu, donne, examiné par la méthode de la diffraction des électrons, le spectre normal du cuivre. Maintenu pendant k h dans le vide, à une température de 800 °, il donne uniquement le spectre du sulfure de cuivre, ce qui montre que tout le cuivre métallique de la surface s’est « enfoncé en profondeur » d’au moins une fraction d’angstrôm.
- Si une barre de cet échantillon gravée à l’acide est soumise à des efforts alternés, à l’abri de l’oxydation, on trouve encore que la surface est constituée par du sulfure de cuivre. Il ep est de même si on brunit un échantillon, avec un brunissoir en agate, en opérant sous une couche de benzène.
- Un alliage à 98 pour 100 de cuivre et 2 pour 100 de glucinium, bruni sous la benzine, se révèle à l’examen électronique comme ayant sa surface constituée par une couche de glucinium pur.
- De même, un laiton 71/29 traité de la même façon et plongé ensuite dans une solution de sulfure d’ammonium donne le spectre de la wuizite (sulfure de zinc). Il semble que la surface d’un laiton poli soit constituée par une couche de zinc pur.
- Ces quelques résultats, rapprochés de ceux que fournit l’étude de la coiiche de Beilby, permettront peut-être de mieux comprendre les phénomènes de corrosion, particulièrement à haute température; les actions protectrices exercées par certaines substances adsorbées à la surface, même lorsqu’elles n’existent dans la masse du métal qu’en quantités très minimes ; l’action protectrice résultant du polissage de certains aciers à basse teneur en nickel ; le mécanisme de la lubrification, etc.... II. Vignebon.
- PRESTIDIGITATION
- BLACK AND WHITE
- Ce très curieux numéro tient du dressage et de la presti-digitaion. On a déjà fait emploi d’animaux dans des trucs de prestidigitation et j’en ai donné un exemple (x) mais jamais on ne leur avait demandé pour leur collaboration un travail aussi compliqué.
- La scène est tendue d’étoffe vert foncé. Deux cages rectangulaires sont en- scène. Chacune est montée sur pieds et chaque angle supérieur est muni d’une chaînette abou-
- 1. La Nature du lo août 1931.
- tissant au centre et permettant l’enleArage de l’appareil. Elles sont toutes deux formées de larges barreaux verticaux (%• 0-
- Le présentateur, en habit de chasse accompagné de deux valets de chiens, entre en scène; tous trois font le tour des cages, pour bien démontrer qu’elles sont vides, car on les voit bien passer derrière ; de plus des spectateurs sont invités à venir constater le fait. De plus les portes qui tiennent tout le panneau d’avant sont ouvertes, puis refermées.
- Les valets jettent sur chaque cage un grand voile, les cages
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- sont enlevées à i m du plancher d e la scène et les valets placent devant chacune d’elles une sorte de praticable en pente.
- Les voiles sont alors retirés : dans la cage de gauche se trouve un superbe chien blanc. Le chasseur ouvre la porte, le chien grâce aux praticables descend de la cage, et monte dans la cage de droite dont la porte lui est ouverte. On 1 enferme; les voiles sont remis, puis retirés presqu’ins-tantanément : le chien est devenu noir. On le conduit à la cage de gauche, on recouvre la cage puis on retire immédiatement le voile, le chien est redevenu blanc. Couvert et découvert' encore une fois rapidement, il n’y a plus de chien du tout.
- Le truc réside dans la construction particulière des cages. Hautes de i m 20, longues de 1 m 5o environ, elles sont formées de barres verticales de o m 08 de large, peintes en gris argenté ce qui fait qu’elles se détachent vivement sur le fond vert foncé de la scène. Toutes les barres du fond de la cage A sont' doubles (fig. 2) : elles sont munies d’un pan-
- neau B et tous ces panneaux montés sur pivot et régis par la tige T, s’ouvrent d’un seul coup et bouchent les ouvertures. Tous ces panneaux sont peints à l’intérieur, c’est-à-dii’e du côté qui va être visible après qu’ils auront bouché les ouvertures, du même vert que le fond de la scène, ils donnent l’illusion du vide à l’œil des spectateurs. Deux des barres avec leurs panneaux sont' coupées en bas à une hauteur de o m 5o et les morceaux coupés sont remis en place avec des charnières C mobiles dans les deux sens. Cela forme dans chaque cage une porte arrière invisible de o m 5o sur o m 82 bien suffisante pour laisser passer un chien. La tige T est tirée au moment voulu par un des valets.
- Les cages sont assez rapprochées du fond de la scène : à la première ouverture des cages avant l’enlevage au-dessus du sol, les chiens, au nombre de deux seulement’ entrent dans les cages venant du fond grâce à une ouverture et à un pont portatif. Pour être invisibles, ils se tiennent sur un lage rebord qui fait motif décoratif des cages devant et sur les côtés, mais qui est beaucoup plus saillant derrière. Tout l’effet du tour réside dans un travail parfait des chiens paraissant ou disparaissant’ à tel moment qui leur est indiqué par un mot ou un signe.
- Le prestidigitateur Albert.
- Fig. 1. — L’une clés cages.
- Fig. 2. — Les barres de la cage.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CONSERVATION DES VERS DE VASE MASTICS POUR AQUARIUMS
- La Nature a déjà décrit (n° 3031) un procédé pour conserver les vers de vase destinés à la pêche. Yoici une autre réalisation que nous signale M. J. Ferrand. La conserve, en terre poreuse a la forme représentée sur la figure 1. Par le large
- Fig. 1. — Conserve pour vers de vase.
- goulot, on peut introduire un gobelet en terre poreuse également, que recouvre le couvercle. Les vers à conserver vivants et actifs sont mis dans le gobelet intérieur ; dans le pot extérieur on met de l’eau qui entretient l’atmosphère humide et fraîche puisqu’elle transsude et s’évapore sur la surface extérieure.
- La revue Glaces et Verres préconise les mastics suivants :
- 1° Pour fixer les glaces aux bâtis :
- Gutta percha....................... 100 gr
- Poix blanche....................... 600 —
- Pierre ponce en poudre fine. . . 300 —
- On fond les deux premiers corps à feu doux et on y incorpore la ponce, en agitant. On applique ce mastic à chaud sur les surfaces parfaitement nettoyées et asséchées.
- 2° Pour réparer :
- Résine............................... 100 gr
- Goudron végétal...................... 150 —
- Huile de lin......................... 100 —
- On fait fondre à feu doux et on coule la masse liquide sur les parties bien asséchées,
- 3° Glu marine :
- Pour les grands aquariums, on préfère la glu marine, proposée par Jeffrey, de Londres, vers 1840. C’est une dissolution de caoutchouc dans l’huile essentielle de goudron à laquelle on ajoute de la gomme laque. Les proportions sont :
- Caoutchouc...................... 340 gr
- Huile essentielle de goudron. . . 18 1
- Gomme laque..................... q. s.
- On met d’abord le caoutchouc dans l’huile où il se dissout lentement ; après 10 jours environ, quand le mélange a pris la consistance d’une crème épaisse, on y ajoute deux ou trois parties en poids de gomme laque pour une partie de dissolution. On chauffe ensuite et coule en plaques. Au moment de l’emploi, on fond ces plaques et on applique la glu à température assez élevée sur les pièces parfaitement asséchées.
- La glu marine est insoluble dans l’eau et très résistante aux efforts ; elle ne craque ni ne se fissure. C’est elle qui a servi à luter le grand aquarium du parc zoologique de Vin-cennes.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN (939 ()
- Mars sera en opposition le mois prochain. Il est maintenant accessible aux petits instruments, mais bien bas sur l’horizon. Belle occultation de a Vierge (L’Épi), le 25 juin, a observer en plein jour (voir plus loin). Le 22 juin, début de 1’ (( été astronomique ». Pendant quelques jours, avant et après' cette date, dans la région parisienne et le Nord de la France, on pourra observer, au Nord, le crépuscule de minuit (Temps bien pur et absence de lumières artificielles).
- L — Soleil. — En juin, le Soleil atteint sa déclinaison boréale maximum, + 23°27,! les 21 et 22. Le solstice d'été qui marque le commencement de l’été astronomique, se produira le 22 juin, à 8h.
- Fig. 1. — Marche sur le ciel de la petite planète Iris (n° 7) du 1S juin au 28 juillet 1939 (Opposition le 7 juillet).
- La durée du jour sera de ioMq111 le ier juin, de iôh7m du 17 au 23 inclus, pour décroître ensuite. Le 3o, elle sera de i6hom.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Juin Heure du passage Date : Juin Heure du passage Date : Juin Heure du passage
- 1er 1 x h48ni 14S i3 1ih5om23s 25 1 il152tn58s
- 4 h 48 41 16 11 5i 0 28 n 53 35
- 7 Il 4g 12 *9 11 5i 4° 3o 11 54 8
- 10 Il 4g 46 22 11 5a ig
- Observations physiques. — Observer ichaque jour le Soleil. Voici la suite des éphémérides permettant l’orientation des dessins du Soleil :
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.) compté de 0h à 24h, à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d'été, ajouter 1 unité à toutes les heures figurant ici.
- Date (oh) P B„ L0
- Juin 4 - i4;68 0 o’3i 85)68
- -— 9 — 12,70 0 + o,3o 19,5o
- — 14 — 10,62 0 + 0,90 3i3,32
- — 19 — 00 45* 0 + i349 247,14
- — 20 — 8,o3 0 + 1,61 233,90
- — 24 —- 6,25 0 + to O 00 180,96
- — 29 — O O 0 + 2,64 1*4(77
- mière zodiacale. — En raison de la grande durée du
- jour en France, la lumière zodiacale est pratiquement inobservable en juin.
- II. — Lune. —- Les phases de la Lune, en juin, se produiront comme il suit :
- P. L. le 2, à 3hnm 1 N. L. le 17, à iS^m D. Q. le 10, à 4h 7m J P. O. le 24, à 4h35®
- Age de la Lune, le Ier juin, à oh (T. U. ) = i2j,S; le
- 18 juin, à o1 = oj,4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 3, à oh — — i9°37d ; le 17, à 6h = + i90o7'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 juin, à 23h. Parallaxe - Distance = 4o4 572 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 19 juin, à 2011. Parallaxe — Co'ao". Dislance = 363 35o km.
- Occultations d1 Étoiles et de Planètes par la Lune :
- Magni- Phéno- Heure
- Date Étoile tude mène Paris Uccle
- Juin 25 « Vierge IŒ,2 Inam. i6hi4m56 i6hi5mji
- 25 a — I 2 Em. 1716 8
- — 27 28 Balance 6 2 Imm. 21 37 4 31 73 8
- L’occultation de a Vierge (L’Épi) sera très intéressante à observer. Elle se produira en plein jour. La Lune sera au lendemain du Premier Quartier et se lèvera, le 25, a Paris, à i3h39m. Observation à faire avec une bonne lunette sur un pied stable. L’heure de l’émersion, pour Paris, n’est pas indiquée. On pourra se tenir prêt à voir celte réapparition de l’étoile à partir de i7hiom.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront au début (pleine Lune du 2) puis du 16 au 22 (nouvelle Lune du 17). Ces dernières seront les plus fortes, coefficient, maximum 97 centièmes.
- III. — Planètes. — On trouvera dans le tableau suivant — qui a été établi à l’aide des données fournies par l’Annuaire astronomique Flammarion — les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de juin 1989.
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- ASTRE Date : Juin Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- i 0 3h5im iit»4gm 28 i9h47m 4h54m + 22035' 3i' 34"2 Taureau
- Soleil . 18 3 48 11 5i 27 19 55 5 44 4- 23 24 3i 3i,8 Taureau ))
- { 3o I 3 5i 11 54 0 19 56 6 34 +• 23”i3 3i 3o,8 Gémeaux
- 6 3 42 11 44 19 48 4 45 -f 22 52 5,o Taureau
- Mercure . 18 4 33 12 49 21 4 fi 37 -j- 25 5 5,4 g Gémeaux Inobservable.
- 3o 5 38 i3 32 21 24 8 8 + 21 47 6,2 0 Cancer \ •
- 6 2 45 10 8 17 32 3 11 + 16 18 11,2 rî Bélier ,
- Vénus. .< 18 2 37 10 20 18 4 4 10 + 19 58 10,8 43 Taureau Inobservable.
- 3o 2 37 10 35 18 33 5 12 + 22 22 10,4 Taureau .
- 6 23 7 3 21 7 3l 20 24 — 22 36 16,6 y Capricorne
- Mars . 18 22 3o 2 41 fi 48 20 32 - 23 4 18,8 sp Capricorne Presque toute la nuit.
- 3o 21 48 1 54 5 55 20 32 — 23 59 21,2 » Capricorne '
- Jupiter 18 0 21 6 33 12 4i 0 24 + I 17 36,4 44 Poissons Le matin.
- Saturne . 18 1 14 7 58 14 41 1 5o + 00 i5,2 0 Poissons Un peu visible le malin.
- Uranus 3o 1 6 8 34 16 2 3 i3 + 35 3,4 53 Bélier Inobservable.
- Neptune . 3o 10 23 ifi 47 23 12 11 28 -f 4 44 2,4 89 Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 7 juin, à ioh. Il sera inobservable ce mois-ci.
- Vénus pourra être clécelée clans les feux de l’aurore. Elle est pratiquement inobservable. Elle présentera, le i5 juin, une phase analogue au dessin n° 6 de la ligure i (n° 3o46, p. aiS).
- Mars est visible presque toute la nuit (il sera en opposition avec le Soleil le mois prochain). Son diamètre, à la lin du mois, dépassera 21". On peut donc l’observer avec de petits instruments. Malheureusement, sa très forte déclinaison australe rendra les observations difficiles. Pour toutes les données concernant la présentation de la planète, consulter l'Annuaire astronomique Flammarion (pp. 124 à 127).
- Iris, la petite planète n° 7, va passer en opposition le 7 du mois prochain. Sa magnitude sera, cette fois, assez faible (8m,7)- Pour l’identifier utiliser la carte ci-jointe (fig. 1) et la photographier, ce qui est le meilleur moyen pour la trouver. Voici ses positions en juin :
- Date (o1*) Ascension droite Déclinaison
- Juin 18 igt>24ra,8 — 18052'
- — 26 19 17 7 — 18 45
- Jupiter va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil, le 3o juin, à iu. Voici les phénomènes du système des satellites que l’on pourra observer ce mois-ci : 1er, E O. c. 2h33m ; II. Em. 3h5m ; 2, I. Em. 3hi3m; 4, III. E. c. 2hiQm,2 ; 10, I. P. f. 2h26m; 15, III. P. c. ih55m ; II. E. c. SV»,5; 16, I. E. c. 3h3om,i ; 17, I. P. c. 2hiom ; II. P. f. 2h54m; I. O. f. 3Vn; 18, I. Em. ih3Gm ; 22, IV. 0. f. 311 x2™; III. O. f. 3higm ; 24, I. 0. c. 2]l43m; II. 0. f. ah4Cm; II. P. c. 2h55m ; 25, I. Em. 3b32m.
- Saturne est un peu visible le matin avant l’arrivée du grand jour. Voici les éléments de l’anneau pour le 16 juin :
- Grand axe extérieur.......................... 38",01
- Petit axe extérieur..........................— io",o6
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau — i5o,343 Hauteur du Soleil sur le plan de Panneau . — 130,229
- Uranus, trop près du Soleil, est encore inobservable. Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil le 12 juin, à nh.
- Pour le trouver, on utilisera la petite carte de son mouvement sur le ciel donnée au n° 3o42, p. 91. Neptune sera stationnaire le Ier juin, à 1911.
- IV. — Phénomènes divers* — Conjonctions :
- Le 1er, à 5h, Vénus en conj. avec a Bélier (5m,6) à o°i6' S.
- Le 5, à gb, Vénus — Uranus à 1011 ' S.
- Le 6, à r3b, Mars — la Lune, à 8039' S. à 4° 12' S.
- Le 1 r,à 17b, Jupiter — la Lune,
- Lei3,à 12b, Saturne — la Lune, à 3oi8' S.
- Le i5, à ob, Uranus — la Lune, à 0047' N.
- Le 15, à 2 ib, Vénus — la Lune, à 0058' N.
- Le 18,à i3b, Mercure — la Lune, à 6028' N.
- Le 23, à 12b, Neptune — la Lune, à 5°io' N.
- Circompolaires ; Temps sidéral
- Temps
- Date Passage Heure (T. U.) sidéral à oh (*)
- Juin 10 Inférieur 2ohigiu34s 17b 9®48s
- — 20 — 19 4o 27 17 9 *4
- — 3o — IQ I 20 18 28 39
- — 3o Supérieur 7 3 17 18 28 39
- Etoiles variables. — Algol (jâ Persée) est inobservable à cette époque de l’année.
- Le 7 juin, maximum d’éclat de RR Sagittaire, variable de 5m,8 à i3m,3 en 334 jours.
- Etoiles filantes. — Peu d’étoiles filantes sont visibles à cette époque de l’année, en raison de la grande durée du jour. On aura soin de noter sur une carte céleste les trajectoires des météores que l’on observera, et d’inscrire les diverses particularités constatées.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le xcr juin, à ?.3h, ou le i5 juin, à 22h, est le suivant (pour Paris) :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- .4u Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée; le Ccrcher; Persée.
- .4 l'Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus ; le Scorpion; la Baleine.
- A l'Ouest : Les Gémeaux; le Lion; la Vierge; la Grande Ourse,
- Em. Touciiet.
- I. Pour le méridien de Greenwich.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance cia G février 1989.
- La sérothérapie cutanée. — Poursuivant ses recherches sur l’administration des sérums par voie cutanée, M. Besredka s’est attaché à la sérothérapie antitétanique. Il montre tout d’abord que le problème pratique consiste à rendre inoffensive l’administration du sérum. L’application du sérum sur la peau donne des résultats favorables mais insuffisants. Des expériences sur le cobaye montrent au contraire que la peau préalablement scarifiée permet au sérum antitétanique d’agir avec efficacité et sans danger de choc. Si la perméabilité de la peau scarifiée est la même chez l’homme, on aurait souvent intérêt à utiliser le sérum en pansements là où les injections ne sont pas indiquées. La sérothérapie cutanée peut être mise en œuvre immédiatement après l’accident par des pansements locaux au niveau de la blessure. On peut renouveler ces pansements sans danger de choc et prévenir ainsi le tétanos tardif. Le praticien aura pu, entre temps, reconnaître s’il y a lieu de faire parallèlement une injection.
- Séance du i3 février 1989.
- La colibacillose. — M. Vincent expose que le foie et le rein Ont une réceptivité particulière pour certaines infections et sont même des points d’élection pour la colibacillose, ceci malgré le caractère d’organe de défense que possède le foie. De plus l’immunité acquise par l’organisme ne s’étend ni au rein, ni au foie, ni à leurs organes excréteurs. L’auteur a envisagé diverses hypothèses pour expliquer ce fait ; la seule qui puisse être retenue est l’arrêt des anticorps par les lobules sécréteurs hépatiques ou par l’épithélium sécréteur de l’urine. On peut noter également que la bile et l’urine sont des milieux assez favorables à la culture du B. coli. Un phénomène analogue se manifeste pour les autres microorganismes du même groupe, en particulier pour les bacilles paratyphiques A et B. Ceci permet d’expliquer l’existence et la fréquence des porteurs de germes typhoïdiques.
- Les luminosités d’explosion. — MM. Muraour, Michel-Lévy et Rouvillois ont étudié la luminosité observée à l’extrémité du tube prolongeant un cône métallique fermant un tube de cellophane dans lequel on fait détoner un explosif brisant. Avec une atmosphère d’argon, cette luminosité est très intense à condition qu’il y ait détonation et non simple combustion. Le spectre est' analogue à un spectre d’arc. Les auteurs montrent, par des essais comparatifs effectués avec la bombe à érosion de Vieille, que ces spectres ne correspondent pas à une érosion du cône. Il reste deux hypothèses pour expliquer cette luminosité : soit l'excitation secondaire des atomes métalliques par des atomes d’argon, soit l’impossibilité de l’établissement d’un équilibre thermodynamique au passage de l’onde explosive ; des groupes d’atomes posséderaient alors une énergie très supérieure à l’énergie moyenne et exciteraient les atomes métalliques.
- Les celluloses des algues. — Divers auteurs ont annoncé qu’il n’est pas possible d’extraire des algues des substances pouvant être classées parmi les celluloses. M. Viel a étudié quatre variétés de Phéophycées et a pu en extraire de 2 à 7 pour 100 de résidus blancs qui, par leur composition centésimale, la possibilité de leur hydrolyse en glucose et le graphique de fractionnement thermique de leurs produits de pyrogénation, se classent sans hésitation dans les celluloses.
- Séance du 20 février 1989.
- Les radiations des métaux. — Poursuivant leurs recherches sur les radiations, du type rayons X mous, émises par les métaux ordinaires (Sn, Pb, Ni, Cu, Fe, Zn), MM. Rejboul et Thibaud montrent que les sels de ces métaux possèdent le même pouvoir émetteur. Ce phénomène n’est pas quantitativement additif, sans doute parce que ces radiations sont trop absorbables. Les coefficients d’absorption dans l’air montrent une remarquable constance lorsque l’on passe d’un métal à ses sels. Les longueurs d’onde varient de 3,1 angslroms pour le nickel à 5,5 pour l’étain.
- L’irradiation des microbes. — MM. Metalmkov, Iakimaci-i et Yadoff étudient l’action des rayonnements radio-actifs sur la structure des microbes et sur leurs fonctions. Ils exposent plus spécialement les résultats obtenus sur les sarcincs. L’action du rayonnement est importante sur la multiplication; le radon stimule la multiplication aux faibles doses et l’arrête aux doses fortes. On retrouve dans les préparations des microcoques et des bâtonnets de différentes structures et dimensions. Après action d’une dose déjà élevée de radon, on observe des modifications qui reviennent aux sarcincs normales par cultures ultérieures ; des doses encore plus fortes donnent des mutations stables (races jaune, crème, blanche et rose), qui diffèrent par la couleur et la forme. Ces résultats sont parallèles à ceux obtenus par M. Nad son sur les champignons et’ les levures.
- Séance du 27 février 1989.
- Les erreurs de nivellement. — M. Vignal montre que certaines erreurs relevées dans les nivellements de précision ne s’accordent pas avec la discussion des méthodes utilisées. 11 estime qu’elles doivent provenir de mouvements lents du sol qui s’effectuent autour de positions moyennes dans les régions stables et se superposent aux mouvements continus dans les régions instables. L’écorce peut se comporter, soit comme une membrane souple, soit comme un assemblage de blocs indéformables. On peut distinguer, sous le nom de panneaux, des zones animées d’un même mouvement; leur dimension linéaire moyenne serait de quelques dizaines de kilomètres. L’amplitude verticale des oscillations serait de l’ordre du demi-centimètre, leur durée d’au moins quelques semaines ou de quelques mois. Il est remarquable de constater avec l’auteur que les panneaux ainsi mis en évidence ont les mêmes dimensions que ceux qui, au Japon, participent à des mouvements d’une importance beaucoup plus grande.
- Le nickel Raney et le soufre. — Le nickel Raney a une grande affinité pour le soufre. MM. Boucault, Catte-lain et Citabrier montrent que la désulfuration des composés organiques a lieu en deux phases : formation d’un composé organique du nickel et destruction de ce composé avec formation de sulfure nickeleux. Cette désulfuration n’est qu’une manifestation de la très grande aptitude réactionnelle du nickel Raney. Les auteurs sont parvenus à désulfurer de très nombreux composés organiques : sulfure de carbone, thiourée, benzylthiourée, acide thioacétique, etc. La réaction a lieu à froid en milieu aqueux ou alcoolique et on observe presque toujours l’influence hvdrogénante du nickel Raney; le sulfure de carbone est, par exemple, transformé en méthane.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Aide-mémoire Dunod (mathématiques), par M. D. Paiux. 1 vol. xliii-274 p., Paris, J 939.
- Contient le rappel des théorèmes essentiels ainsi que les formules les plus utiles de l’algèbre, de la géométrie, de la trigonométrie élémentaire, de l’analyse, du calcul des probabilités, de la géométrie analytique et infinitésimale, ainsi que les notions de nomographie et géométrie sectorielle le tout accompagné d’utiles tables numériques.
- Pour Vautomobiliste, par G. Mohr. 1 vol. vi-165 p., 101 fig., 3e édition. Dunod, éditeur, Paris, 1939. Prix : broché, 15 francs.
- Les automobilistes trouveront dans ce petit recueil un exposé simple et clair du démontage et de réparation de tous les organes de la voiture et ils seront ainsi à même, soit d’entreprendre les réparations qui n’exigent pas un outillage spécial et qui sont la grande majorité, soit de surveiller efficacement les travaux exécutés sur leur voiture.
- Pour comprendre la T. S. F. et la télévision, par
- F. Tennevin. 30 p., 2 fig. Chez l’auteur, à Marseille, 1938. Prix : 3 francs.
- Ce petit fascicule donne sans aucun schéma ni terme technique, des explications très élémentaires sur la radiophonie, la réception en T. S. F., et la transmission des images animées.
- Télégraphie et téléphonie sans ül, par G. Gutton. 9e édition entièrement refondue. 1 vol. 185 p., 85 ûg. Collection Armand Colin, Paris, 1939. Prix : broché, 15 francs.
- Au lendemain de la guerre, M. Gutton inaugurait l’excellente collection A. Colin avec un petit ouvrage sur la téléphonie et la télégraphie sans fil, véritable modèle d’élégante vulgarisation, qui a remporté un succès mérité. Depuis lors la technique s’est profondément modifiée. Aussi M. Gutton a-t-il jugé utile de donner à son livre une rédaction entièrement nouvelle qui tient compte des progrès les plus récents. On y retrouve toutes les qualités qui ont fait le succès des premières éditions.
- Le cinéma d’amateur, par P. ÏIemardinquer, avec la collaboration de P. Boyer. I vol., 225 p., 90 fig. Chiron, Paris, 1939.
- Grâce aux films de formats réduits, le cinématographe d’amateur a pris un très large développement. On compte par milliers les cinéastes enregistrant enx-mèmcs et les projectionnistes utilisant des films personnels ou des réductions de films standard édités industriellement. Cet ouvrage très complet expose les notions précises et pratiques nécessaires pour la prise de vues et la projection, suivant les données les plus récentes de la technique qui a bénéficié de tous les progrès du cinématographe professionnel. Les auteurs, rédacteurs en chef de revues spécialisées, étaient particulièrement qualifiés pour rédiger cette étude.
- Pour le photographe et cinéman. Recettes, procédés, formules, tours de main et « trucs » divers pour la photo et le cinématographe, pour l’amateur et le professionnel, par J. de Tiiellesme. 1 vol. vn-199 p., 109 fig., 2e édition, 1939. Dunod, éditeur, Paris, 1938. Prix : broché, 15 francs.
- L’auteur a groupé en tableaux des séries de formules de révélateurs, de fixages et indiqué, à l’aide de nombreux croquis, comment construire facilement certains dispositifs.
- Les cochenilles, par A. Balaciioavsky. 2 broch. in-8°, 131 p., 74 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 36 francs.
- En deux fascicules, l’auteur décrit la morphologie externe et la morphologie interne des Cochenilles ou Coecidés.
- Problème de la vision, par Armand de Gramont, l vol., 282 p., 19 fig. (Bibliothèque de philosophie scientifique). Flammarion, Paris, 1939. Prix : 22 francs.
- A la lumière des plus récentes recherches, l’auteur décrit
- la morphologie de l’œil humain, les limites où opère notre vue ainsi que les mécanismes qui président à la perception des formes et des couleurs. Helmholtz, dit-on, reprochait à l’œil humain des défauts optiques ; l’auteur montre que certains, loin d’être nuisibles, comptent parmi les auxiliaires de la vision : le chromatisme oculaire par exemple peut en bien des cas apporter un précieux concours dans la perception des reliefs.
- La partie te plus originale du livre est sans doute celle où l’auteur vise à renouveler les principes actuels concernant la perception des couleurs. D’après M. de Gramont, la rétine serait le siège d’une résonnance piézoélectrique, hypothèse audacieuse que justifient à la fois l’étude histologique des éléments rétiniens et les analogies remarquables qu’offre leur excitation fonctionnelle avec les phénomènes classiques des circuits oscillants. Il explique ainsi les limites de nos perceptions visuelles dans l’immense domaine des radiations électromagnétiques, la forme de la courbe de visibilité, l’adaptation de notre vue aux différentes brillances.
- Les progrès récents de l’embryologie expérimentale, par Maurice Caullery. 1 vol. in-lti, 236 p., 395 fig.
- Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris,
- 1939. Prix : 22 francs.
- A la vieille question de savoir si l’être est préformé dans l’œuf ou s’il s’organise au cours du développement, de nombreux chercheurs se sont appliqués avec les ressources croissantes des techniques microscopiques. Ils ont piqué, coupé, greffé l’embryon des espèces les plus diverses et ont obtenu des réponses partielles de plus en plus nombreuses et précises. Ce mouvement de recherches, développé à l’étranger bien plus qu’en France, était difficile à suivre dans ses résultats progressifs si disparates ; il avait besoin d’être exposé avec ordre, précision et clarté. On saura grâce au professeur de la Sorbonne d’avoir si bien réussi à montrer ce qu’on sait déjà et ce qu’on peut espérer encore de pareils efforts.
- S’il y avait la guerre. Protégeons-nous contre les attaques aériennes, par A. Guillaume, 2e édition. 1 vol. in-8, 221 p., fig. Yigot, Paris, 1939. Prix : 30 francs.
- Excellent exposé de l’organisation et des moyens de la défense passive : évacuation ou dispersion des populations, lutte contre l’incendie et les effets des explosions, protection contre les gaz par les masques individuels et les abris collectifs ; fonctionnement des services de secours. Tous les sujets qui préoccupent tant les populations civiles sont exposés avec précision, dans le cadre des règlements actuels.
- La protection contre les gaz de combat. Cours de perfectionnement et exercices tactiques de l’Institut d’hygiène de la Faculté de Médecine de Paris. 1 vol. in-8, 284 p., 5i fig., Yigot frères, Paris, 1939. Prix : 30 francs.
- Série de conférences données sous la direction de MM. Tanon et Cot par les autorités civiles et militaires spécialement occupées de défense passive : organisation de la région parisienne, protection individuelle et collective, thérapeutique des gazés, détection des gaz toxiques et spécialement de l’oxyde de carbone. Deux exercices tactiques terminent le volume. C?est un enseignement supérieur, destiné aux médecins et par conséquent moins utile que l’ouvrage de Guillaume pour les secouristes et le public. L’un et l’autre montrent le grand effort d’organisation accompli en ces derniers temps, l’orientation actuelle des conceptions générales, mais bien des points do détail ne sauraient être fixés que par expérience, notamment ce qui concerne les déplacements massifs de population, aussi bien que les secours d’urgence les plus efficaces.
- T ahiti, par P. I. Nordmann. 1 vol. 160 p., 150 ph., illustrations en couleurs de Mlle Pauvert. Fernand Nathan, Paris, 1938. Prix : 24 francs.
- L’auteur explique comment Tahiti est devenue française, histoire ignorée de la plupart des Français. Une superbe illustration photographique évoque les paysages attirants de la perle du Pacifique ainsi que les mœurs de sa douce et hospitalière population.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTES — 287
- ŒNOLOGIE
- Cuve à flotteur étanche.
- La conservation des liquides en vidange entraîne toujours des pertes quantitatives par évaporation et surtout qualitatives par oxydation. Quand ce sont des liquides organiques, les microbes s’en mêlent et dénaturent le produit.
- Le danger d’oxydation pour le vin est tellement grand qu’on hésite à entamer un foudre si la livraison suivante doit attendre plusieurs semaines.
- A côté des foudres ou des cuves fermées de plusieurs dizaines ou centaines d’hectolitres que l’on maintient toujours pleines, il y a toujours une série de fûts appelés demi-
- muids ou fûts-transports, dont la capacité est de l’ordre de 600 1.
- Encore faut-il les tenir pleins eux-mêmes. Pour cela, comme pour avoir une réserve de vin destinée à entretenir le plein des foudres, l’œnologue Ch. Ber-tin, d’Alger, a réalisé un cylindre vertical (fig. 1) de la capacité d’un fût-transport ou plus, dans lequel la surface du vin en vidange est protégée par un flotteur de forme bombée.
- Sur le vin on a versé une mince couche d’huile (un verre seulement) que le flotteur chasse vers la périphérie où elle forme joint avec la paroi cylindrique.
- Pour éviter au vin tout contact métallique, le récipient est en acier émaillé et le flotteur en bois paraffiné.
- Un petit treuil, avec deux poulies de rappel au-dessus du récipient, manœuvre le flotteur à joint d’huile. Sur le côté, un tube de verre indique le niveau du vin. En dessous, un bouchon à vis permet la vidange totale, le recueil de l'huile et le lavage.
- Un tel récipient peut être installé au-dessus de la cave et relié par tuyaux aux bandes hermétiques des foudres qui resteront toujours pleins. C’est ce qu’on appelle ouillage automatique. « Ouiller », c’est en effet faire le plein d’un fût pour remplacer le « consumé », c’est-à-di.re la perte par évaporation ou par fuites du tonneau.
- HUILE
- ROBINET DE SORTIE
- Fig. 1. — La cuve à flotteur étanche de M. Ch. Bertin.
- CINÉMA
- La machine à brouillard dans les studios cinématographiques.
- Les prises de vues cinématographiques s’effectuent au studio beaucoup plus souvent qu’on ne le croit généralement ; la sonorisation directe ne constitue aussi qu’une partie assez faible des accompagnements sonores. Dans la plupart des films d’actualité, les bruits de la foule, les bruits de fond de toutes sortes ne sont plus enregistrés en même temps que les images correspondantes; ils sont synchronisés au laboratoire par retraduction d’une piste sonore correspon-. dante sur le film positif.
- Pour les prises de vues au studio, on a été obligé de mettre au point un certain nombre de procédés nouveaux, souvent très ingénieux ; c’est ainsi qu’il a fallu imaginer des
- Air
- comprime
- |~| Putvèrisa leur
- J\ ||/
- Chambre de réfrigération
- Réservoir Tube de ^Résistances Pompe u huile vaporisation chauffantes
- r=^
- Fig. 2. — Le principe de la machine à brouillard.
- dispositifs pour représenter les phénomènes atmosphériques naturels : vent, pluie, neige, etc.
- Les effets de brouillard, si fréquents dans certains films modernes, sont obtenus à l’aide d’un appareil particulièrement curieux.
- Cette véritable machine à brouillard comporte un petit réservoir d’huile minérale relié à un pulvérisateur actionné au pied ou au moteur.
- L’air comprimé se détend dans un réservoir de plus grandes dimensions, et l’huile pulvérisée est projetée dans un tube cylindrique sous forme de gouttelettes.
- Ce tube est chauffé par des résistances électriques, et les gouttes d’huile se transforment ainsi rapidement en une vapeur très chaude, qu’il faut refroidir pour permettre son emploi. Ce tube chauffant est donc relié à un réservoir à double paroi refroidi avec de l’acide carbonique solidifié.
- Il ne reste plus qu’à diriger la vapeur d’huile refroidie à l’endroit nécessaire, à l’aide-d’un tube métallique flexible de grand diamètre. On obtient dé véritables nappes de broœllard. Comme les gouttelettes sont très fines et très froides, le nuage reste stable et ne s’élève pas rapidement comme les nuages chauds produits par des matières inflammable ou les fumées pyrotechniques.
- En quelques secondes, on peut remplir un studio de 60 m de long et de 3o m de large, d’un brouillard qui se maintient longtemps.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATION
- A propos de la sidérurgie préhistorique (n° du
- 1er avrii 1939).
- Nous recevons de M. le Colonel de Briey la lettre suivante :
- (c Je lis votre article intéressant dans La Nature de ce jour sur la sidérurgie préiris torique. Votre correspondant omet à propos des objets égyptiens en fer un cas particulièrement intéressant qui est le poignard en fer du Roi Tut-Anlc-Amon, qui a été trouvé dans la tombe, sur le corps môme du Roi et dont la présentation extrêmement riche montre l’importance qu’on lui a alors attribuée. La monture est en or, ainsi que le fourreau ; le pommeau est une grosse boule de cristal de roche. La lame est plate, large de 30 mm environ, longue de 150 environ (tout ceci de mémoire), et, chose tout particulièrement intéressante, la lame est absolument intacte, non oxydée. L’on attribue cela, m’a-t-on dit, à la protection que l’embaumement et les résines employées pour cela, ont donnée à l’acier. Peut-être, si ce poignard a été fait en fer météorique à haute teneur de nickel, le métal est-il inoxydable.
- « Lorsque j’ai visité le Musée du Caire, l’on m’a signalé cette pièce rare comme étant la première apparition du fer en Égypte. Mais ce qui rend l’objet encore plus intéressant est que, dans le même musée, figure la lettre (brique) d’envoi du poignard, au père de Tut-Anlc-Amon, le fameux Aknaten — le roi hérétique — par un roi d’Asie Mineure, à titre de tribut, où l’on signale l’insigne rareté de ce métal inconnu et sa giande valeur.
- « Il me sera facile de préciser, si vous le désirez, par des recherches auprès des spécialistes compétents, les détails que je n’ai pas retenus, simple curieux, à propos de cette arme rarissime, à laquelle la trouvaille à Tel cl Amarna de la lettre d’envoi qui en authentifie l’origine donne un intérêt encore accru ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Technique du film en couleurs. — Le film soustractif triclirome, type Kodachrome ou Agfa-color, malgré ses progrès, n’est employé encore qu’en format réduit d’amateur ; deux difficultés s’opposent a son emploi pour le film cinématographique standard : les prix de revient sont très élevés, en raison de la difficulté et de la complexité des traitements nécessaires pour obtenir une épreuve positive finale. D’autre part, le film est employé normalement sous la forme inversible et ne permet d’obtenir qu’une seule copie positive ; sans doute, peut-on tirer des contre-types, mais l’opération est longue et coûteuse.
- La cinématographie professionnelle utilise donc les procédés trichromcs ; ils sont également du type soustractif, mais se prêtent mieux au tirage. Technicolor, en particulier, donne des copies positives par une sorte d’encrage par report des négatifs élémentaires monochromes qui permet de reconstituer l’image finale trichrome.
- Réponse à M. R. L. à Paris.
- Stéthoscope piézoélectrique. — Los stéthoscopes piézo-électriques reposent sur le même principe que les microphones, les pick-up et les récepteurs téléphoniques piézo-élec-triques. Ils comportent un cristal bimorphe de sel de Seignette.
- Les battements du. cœur produisent, par effet piézo-élec-que sur le cristal, des oscillations électriques correspondantes, qui sont transmises à un amplificateur et perçues dans les écouteurs téléphoniques, ou dans un haut-parleur.
- On trouve des appareils de ce genre aux établissements Radio-Consortium, 118, avenue Ledru-Rollin, à Taris.
- Réponse au D1' Maes, à Bruxelles (Belgique).
- Emploi d’un piézographe. — Des éléments de cristal piézo-électriques pourraient, sans doute, vous être fournis par les fabricants suivants :
- Établissements Radio-Consortium, 118, avenue Ledru-Rollin, Paris.
- Établissements Film et Radio, 6, Rue Denis-Poisson, Paris.
- Le piézographe Gomez-Langevin a été construit par les éta-blissements Beaudoin, 5, rue Rataud. Paris (5e).
- Vous pourrez trouver des détails sur les appareils piézoélectriques dans les articles parus dans La Nature sur ce sujet, et dans l’ouvrage Le picli-up et l’amplification musicale, Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris (0e).
- Réponse à Dr Giraud, à Besançon (Doubs).
- Correction d’une salle de projection sonore. —
- Vous ne nous indiquez que la surface de votre salle, et non sa hauteur ; cette donnée esL necessaire pour la détermination exacte du volume et du temps de réverbération optimum correspondant.
- Si ce volume est de l’ordre de 2.000 m3, le temps de réverbération doit être un peu supérieur à une seconde pour une salle de cinématographie sonore.
- Les défauts d’audition que vous constatez proviennent, sans doute, d’un temps de réverbération trop long, surtout gênant pour la parole, et dû aux réflexions trop intenses sur les parois latérales de la salle, de grande longueur et de largeur réduite.
- Nous ne pensons pas que votre salle comporte un balcon, et les fauteuils sont normalement disposés sur le même plan ; l’action du plafond est ainsi moins importante, la réflexion se faisant surtout en arrière de l’écran et sur les côtés.
- Il convient donc de traiter les parois latérales en étudiant une absorption progressive de la source sonore vers le mur du fond.
- Le plancher absorbe déjà les sons, du fait de ses tapis et de la présence des auditeurs ; quant à votre plafond, dont la forme concave n’a pas été étudiée en vue du but recherché, il vous sera possible, s’il y a lieu, d'en supprimer les effets gênants à l'aide d’un rideau horizontal.
- Le premier essai à effectuer consiste, en tous cas, à recouvrir les parois latérales et le mur de fond du côté de la cabine, de plaques de matériaux absorbants ou de tentures ignifugées. Ces plaques de matériaux peuvent couvrir toute la surface, mais peuvent s’arrêter à 4 m ou 4 m 50 du plafond, lorsque la hauteur est grande ; s’il n’y a pas de balcon, le revêtement du unir de fond doit s’étendre depuis 1 m 50 à 2 m jusqu’au plafond.
- En général, ce traitement suffit pour les petites salles, et le plafond, de même que les parois du côté de l’écran n’ont pas besoin d’être traités.
- Pour le haut-parleur, le mieux est de le placer derrière un écran perméable au son. Si l’écran est du type ordinaire, le haut-parleur peut être placé devant ou à côté ; dans ce cas, on peut prévoir des sortes de réflecteurs pour les sons de chaque côté de la scène.
- Réponse à M. Marguery, à Retiers (Ille-et-Vilaine).
- École d’opérateurs de projections sonores. —
- L’École technique de photographie et de cinématographie, 85, rue de Vaugirard, Paris, forme des opérateurs de projections sonores, des ingénieurs du son, des metteurs en scène, etc...
- Un certain niveau de connaissances est exigé à l’admission ; la durée des cours est de deux ans ; ils sont gratuits. Les élèves qui ont satisfait aux examens de sortie reçoivent un diplôme de l’Enseignement technique.
- Des cours publics de cinématographie organisés par l’Association philomatique ont lieu régulièrement toutes les semaines, à l’Institut d’optique, 3, boulevard Pasteur à Paris (15e).
- Les conférences durent G mois, et les auditeurs peuvent obtenir après examen un certificat de capacité.
- Les ouvrages suivants vous documenteront sur les problèmes de la prise de vue et de la projection cinématographique : Le cinématographe sonore, par P. Ilémardinquer, Eyrolles, éditeur, 01 boulevard Saint-Germain, Paris ; La technique cinématographique, par L. Lobel, Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris (6e).
- Réponse à M. Fillion, à Margny-les-Compiègne (Oise).
- Le Gérant : G. Masson.
- IMPRIMÉ PAR BARNÉOUD FRÈRES ET Cle A LAVAL (FRANCE).
- 1-5-1939 — Published in France.
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- N° 3049
- LA NATURE
- 15 Mai 1939
- LES AVALANCHES
- Plusieurs accidents graves, prenant parfois l’allure de véritables catastrophes, ont cet hiver rappelé l’attention sur les avalanches neigeuses. Ces phénomènes sont en général assez mal connus. On sait qu’ils se produisent de préférence en certaines régions des montagnes et qu’ils suivent un parcours assez bien défini, ce que les guides appellent des couloirs d’avalanches. Quant au mécanisme même de leur formation et aux causes qui les provoquent, les renseigne-
- geuses. Le travail de Paulke au contraire concerne la structure profonde des dépôts de neige et leur évolution jusqu’à l’avalanche finale.
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- Le principal facteur de la formation des amas de neige, qui dans certaines conditions constituent les
- Fig. 1. — L’enneigement des sommets, origine des avalanches (Photo Rudaux).
- ments sont beaucoup plus imprécis. Aussi nous a-t-il paru intéressant de présenter aux lecteurs de La Mature les grandes lignes du livre remarquable de W. Paulcke, grand spécialiste des sports d’hiver, dont l’autorité est fondée sur de nombreuses années d’observations (Praktische-Schnee- und Lawinen Kuride, éditions J. Springer, Berlin). Cet exposé complétera celui que nous avons fait ici même, d’après les travaux de Seligman, sur la neige et l’alpinisme et qui traitait surtout des qualités « superficielles » des couches nei-
- avalanches, est le vent dont l’intensité en montagne est particulièrement forte. Paulcke a étudié tout d’abord son action sur le transport de la neige en fonction de la forme du terrain et des pentes, et particulièrement la formation des surplombs de glace au voisinage des crêtes. Elle dépend de l’inclinaison des faces.
- Si la face frappée par le vent est abrupte et la face opposée au vent plus inclinée (fig. 3 a) il se crée un remous comme l’indique la figure, qui empêche la
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- Fig. 2. — Tourbillons au voisinage des crêtes, rendus sensibles par l’allure de formations nuageuses.
- (Photo Rudaux).
- neige de s’élever et de franchir la crête ; si au contraire la face frappée par le vent a une pente assez faible, la face opposée étant plus abrupte, la neige franchit la crête (fig. 3 b) et il se forme un surplomb.
- Si la montagne, sur sa partie protégée du vent, a une pente peu importante et présente elle-même en certains endroits des surplombs (fig. 4 a et 6), suivant la force du vent, la neige pourra simplement se déposer en tas si le vent est faible (fig. 4 a) ou au contraire former un tourbillon si le vent est très violent (fig. 4 b).
- Quant à la formation du surplomb de glace qui donne en hiver à certaines crêtes la forme si hardie d’un bec d’aigle, on peut en imaginer schématiquement le mécanisme de la façon suivante. Dans un barrage hydraulique, on sait que la lame d’eau qui s’écoule au-dessus de la crête ne retombe pas en se collant contre la paroi aval mais qu’au contraire entre la paroi et l’eau il existe un espace vide, où d’ailleurs la pression atmosphérique est moindre que la pression extérieure. Cet espace est d’autant plus important que la chute est plus haute et son débit plus considérable. C’est ainsi que l’on peut parfaitement circuler à sec aux chutes du Niagara entre le torrent liquide de la chute et la paroi rocheuse. Le même phénomène s’observe d’ailleurs à l’arrivée de tous les corps en
- Fig. 4. — Formation d’amas de neige ; sous Vinfluence du vent, sur les revers en pente douce du côté opposé au vent.
- mouvement rapide, comme une automobile à l’arrière de laquelle il existe une zone de dépression.
- Dans le cas de la neige qui par sa constitution même est une sorte d’émulsion de llocons légers dans l’air, ses particules obéissent à la dépression et finalement on obtient l’apparence représentée figure 5 a. Quand un nouveau transport de neige se produit ultérieurement ou que l’intensité du vent varie, la forme de creux du surplomb se modifie, par exemple comme l’indique la figure 5 6 et finalement on peut arriver à des apparences comme celle que représente la figure 6, où l’on rencontre des alternances de neige de différentes consistances et à l’intérieur de la masse des poches vides, restes d’anciens surplombs effondrés et recouverts par des dépôts ultérieurs.
- Après avoir examiné les formations de neige et de glace au voisinage des crêtes donnant les surplombs, nous allons examiner les dépôts sur les pentes fortement inclinées des lianes des montagnes.
- Ces pentes ne présentent pas une surface unie et sont en particulier semées de dépressions, de cuvettes, elles présentent également des différences d’inclinaisons, des terrasses. Voyons comment la neige s’y accumule et en quels points, lorsque l’épaisseur atteint une certaine valeur, il y a des dangers de rupture de la masse pouvant entraîner la formation des avalanches.
- La figure 7 montre les trois cas typiques auxquels on peut ramener les profils du terrain. En a nous avons une pente présentant de légères cuvettes dont
- Fig. 3. — Formation de surplombs de glace.
- Fig. 3. — Rôle du vent et de la raideur des pentes dans la formation des amas de neige.
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- Fig. 6. — Surplomb de glace avec alternances de couches de différentes consistances.
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- Fig. 7. — Les différents types de profils de terrain donnant lieu à des avalanches.
- deux seulement sont représentées. Une première chute de neige (i) a rempli les dépressions ; quand une seconde chute se produira (2) il y aura tendance, par suite de la pente, à la rupture de la masse aux points marqués d’une flèche et par suite les lieux de danger maximum seront aux points marqués d’une croix.
- Dans la figure 7 5, la dépression est plus importante et par suite le danger de glissement de la masse de neige ne se présentera qu’après la chute de neige marquée 4 qui aura nivelé le terrain. On remarquera la formation de poches vides au contact de la paroi vers le haut de la dépression, par le mécanisme que nous avons exposé plus haut. Enfin dans la figure 7 c, la dépression est suivie d’une teri'asse, l’accumulation de neige prend l’allure représentée, l’espace vide au pied de l’escarpement est plus important et quand la rupture se produira (dans la région marquée d’une flèche) une partie importante de la masse remplissant la dépression pourra être également entraînée.
- Lorsque l’avalanche se déclenche, la masse de neige en mouvement devient de plus en plus importante en même temps que sa vitesse s’accélère. Ce déplacement rapide d’un volume considérable détermine à l’arrière de l’avalanche un remous de l’air, analogue à celui qui se forme derrière une voiture automobile ou un train roulant à grande vitesse et on observe alors des effets mécaniques totalement différents et indépendants de ceux dus à la masse proprement dite.
- C’est ainsi que les arbres sont brisés, fauchés, les portes et les fenêtres soufflées comme après un tir d’artillerie (fig. 8 et 9). C’est également à la dépression de l’air survenue, quand l’avalanche est passée, qu’il faut attribuer les rentrées de neige qui envahissent les constructions, les cabanes et les refuges.
- Nous venons de voir les conditions statiques, pourrait-on dire, de la formation des avalanches. Il nous reste à parler du phénomène lui-même, puis à voir comment on peut s’en préserver, tout d’abord en montagne lorsque l’on gravit les pentes, ensuite en plaine lorsque des routes, des chemins de fer ou des habitations peuvent être menacés. Remarquons d’ailleurs dès maintenant que la possibilité d’avalanches est déterminée par la prédominance. du vent dans une direction donnée et par la configuration des pentes de la montagne. Comme ces conditions se trouvent réalisées d’une façon invariable, pourrait-on dire, les avalanches se produiront chaque année toujours dans les mêmes régions, plus ou moins importantes, plus ou moins fréquentes, suivant l’importance des chutes de neige, et elles suivront pratiquement toujours le même chemin. C’est ainsi que si l’on compare les photographies prises du même point des avalanches qui ont ravagé Barèges en 1907 (fig. 10) et en 1939, on constate que les dégâts ont été absolument identiques dans les deux cas : les avalanches ont démoli les
- Fig. 8 et 9. — L’intérieur d'une maison soufflée par l’avalanche à Barèges (1907). — Bouchon de neige tassée à. l’intérieur d’une maison à Barèges (février 1907).
- (Photo Rudaux).
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- Fig. 10. — Destruction de Barèges, au voisinage de l’hôpital militaire (février 1007;.
- (Photo Rudaux.i.
- maisons aux mêmes emplacements, se sont arrêtées aux mêmes endroits et les limites latérales de la masse dévalante ont été identiques.
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- On distingue plusieurs sortes d’avalanches, suivant la nature et la consistance de la neige en mouvement : avalanches poudreuses, avalanches r—
- compactes, avalanches terreuses.
- Les avalanches poudreuses se produisent lorsque la chute de neige s’est faite sous l’action du vent, à des températures très basses (— io° à — 3o°). Les cristaux forment une masse très légère, sans consistance et par suite très instable sur les pentes. Les avalanches de neige compacte sont les plus dangereuses. La neige tassée se rompt en gros - fragments qui dévalent
- Fig. 11. — Fusion, par-dessous, d’une nappe de neige tassée.
- (Photo Rudaux).
- les pentes en mettant en mouvement d’autres masses, en « faisant boule de neige » au sens propre de l’expression, bondissant et roulant à de grandes distances. Enfin lorsque du surplomb des crêtes des morceaux de glace se détachent, arrachant avec eux les terrains sous-jacents, on a les avalanches terreuses. Souvent elles sont également déterminées par la rupture des parois d’une immense poche d’eau accumulée soit à
- Fig. 12. — Détachement de blocs de neige tassée. Ecroulement et glissement sur les pentes.
- (Photo Rudaux).
- la base d’un glacier, soit dans une dépression momentanément bouchée par un éboulement de terrain ou un dépôt de neige. Ces avalanches sont extrêmement brutales et. dévastatrices. Elles se produisent souvent au printemps quand les neiges commencent à fondre (fig. ii et 12).
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- Vent
- Barrières cle protection contre les avalanches.
- réalisées. Parcourant la montagne, lorsque ces alpinistes rencontraient une formation neigeuse susceptible de donner naissance à une avalanche, ils provoquaient celle-ci soit en faisant ébouler par un skieur solidement encordé la partie supérieure d’une masse de neige pulvérulente, soit, à l’aide d’un câble métallique en découpant une certaine tranche de la surface dans le cas de neige compacte ou de surplomb au voisinage des crêtes. Dans d’autres expériences, un mannequin simulant un homme était placé sur le trajet de l’avalanche de façon à se rendre compte de la façon dont se produisait l’ensevelissement et déterminer les règles pratiques à suivre pour essayer ensuite de rechercher et de dégager le corps des victimes. Il y aurait intérêt à ce que ces expériences « en grandeur réelle » soient systématiquement généralisées, avec prises de vue cinématographique des différentes phases
- Fig. Kî. — ün couloir d’avalanches (Photo Rudaux).
- Pour l’alpiniste qui ascensionne en hiver, l’avalanche est une menace perpétuelle, mais il est possible de réduire au minimum les risques en déterminant avec soin l’itinéraire à suivre. La figure i/| montre par exemple que la traversée du champ de neige dans lequel débouchent plusieurs couloirs d’avalanches et dont le profil même donne en certains points des possibilités de rupture doit être effectuée au-dessus du débouché des couloirs, afin de réduire les risques au minimum.
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- Les conditions dans lesquelles se
- Fig. 14. — Itinéraire à choisir sur un champ de neige dans lequel débouchent plusieurs couloirs d’avalanches.
- détachent les avalanches sont mal connues et nous signalerons les expériences très intéressantes de Paulcke et de ses col-1 a b o r a -leurs qui sont jusqu’à présent les seules qui aient été
- Fig. .1.6.,. — ..Ouvrages .de. protection contre les avalanches.
- Barrière
- Barrière
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- du phénomène. Nul doute que des renseignements très importants ne soient ainsi obtenus.
- Les constatations faites par Paulcke ont permis de formuler des règles générales pour la défense « statique » contre les avalanches, en empêchant les accumulations de neige aux points dangereux d’une part et d’autre part en mettant des obstacles artificiels judicieusement disposés sur le trajet des avalanches pour en limiter la course et atténuer les dégâts.
- La figure i5 montre deux dispositifs préventifs dont on comprend immédiatement le fonctionnement en se reportant à ce que nous avons dit concernant le déplacement de la neige sous l’influence du vent.
- Sur le flanc de la montagne où, lorsque le vent souffle dans une certaine direction se produit un transport de neige susceptible d’amener, sur l’autre versant de la crête une accumulation de neige pouvant former un surplomb dangereux ou un dépôt instable, on dispose suivant l’orientation des filets du vent, soit une barrière unique (fig. i5 a) soit une série de barrières parallèles à la crête et s’étageant sur la penie (fig. i5 b). Leur action a pour résultat de diminuer considérablement le transport de la neige et par suite de retarder ou de supprimer la formation de l’avalanche de départ.
- arrive quand même à s’accumuler en formation dangereuse, l’avalanche lorsqu’elle se déclenchera soit fragmentée, morcelée et rencontre des obstacles qui la freinent et finalement l’arrêtent.
- Ces ouvrages peuvent être, comme dans la figure 16 a, constitués par des barrières en troncs d’arbres sur les parties abruptes et par des ponts qui retiendront la neige. Si le profil du terrain comporte un ressaut, une terrasse ou un mur en maçonnerie (fig. 16 b) constituera un arrêt efficace. Sur une pente assez faible, lorsqu’il s’agit de protéger des villages, des routes, des lignes de chemins de fer, on créera des terrasses artificielles constituées soit par des pierres empruntées à la montagne que l’on entaille comme
- Fig. 17. — Corrections des ravins et des pentes.
- 1, vue en plongeant, d’un ravin avec ses barrages ; 2, construction d’un barrage ; 3, terrasses échelonnées sur une pente.
- (Photo Rudaux).
- Sur la pente au-dessous du vent, des travaux de protection doivent également être exécutés pour que, si malgré la protection établie sur l’autre versant de la crête la neige
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- l’indiquent les figures 16 c et d, la pente de la face en devers étant voisine de 45°, soit par des ouvrages en maçonnerie (fïg. 16 e et f) consolidés vers la montagne par un entassement de pierres.
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- Maintenant que la montagne attire en hiver de plus en plus de fervents, il est désirable que ceux-ci ne se contentent plus de goûter seulement les plaisirs physiques et sportifs des ascensions et du ski. Pour qui sait observer, un grand nombre de problèmes intéres-
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- sants se posent, de multiples phénomènes sollicitent l’attention, formation des cristaux de glace, diverses variétés de neige, érosions superficielles dues au vent, transport de la neige, formation des avalanches, etc. Il y a là un domaine passionnant pour l’esprit. Nous souhaitons qu’il soit l’objet d’études en France et que nous ne soyons plus, pour la connaissance de ces magnifiques manifestations de la nature, réduits à consulter uniquement les travaux de l’Anglais Selig-mann ou de l’Allemand Paulke.
- H. Vigneron.
- FABRICATION D'ESSENCE PAR HYDROGÉNATION CATALYTIQUE DE L'OXYDE DE CARBONE LES PROCÉDÉS FISCHER ET MYDDLETON
- Fig. 1. -Fischer
- h — EXPOSE
- Deux Français, Sabatier et Senderens, ont créé, dès 1902, la méthode de préparation synthétique des carburants par la soudure d’une molécule d’oxyde de carbone à deux molécules d’hydrogène. En quelques mots, cette méthode a été définie, en 1922, par M. Sabatier, lors d’une conférence qu’il présentait devant l’Académie des Sciences de Stockholm : « Sur du nickel récemment réduit, maintenu à température convenable (entre i5o et 200°) on dirige les vapeurs de la substance, en même temps qu’un excès d’hydrogène. )>
- Dès 1902, MM. Sabatier et Senderens frôlèrent la synthèse des carburants par hydrogénation de l’oxyde de carbone. Ils réussirent alors à transformer l’oxyde de carbone en méthane, à la pression atmosphérique, en activant le nickel par l’alumine.
- A partir de 1925, deux savants allemands Fischer et Tropsch entreprirent leurs recherches d’hydrogénation de l’oxyde de carbone.
- Celles-ci, en 1935, aboutirent industriellement à la fabrication synthétique de l’essence en employant un procédé d’une étonnante simplicité, lequel permet, aujourd’hui, à l’Allemagne de produire 5oo.ooo t d’essence par an. L’installation-type correspond à une fabrication annuelle de 20.000 t d’essence et de gas oil, dénommés par Fischer, kogasin I et kogasin IL
- Cette essence Fischer est essentiellement formée d’une gamme très étendue d’hydrocarbures appartenant principalement à la série du méthane et à celle de l’éthylène.
- En France, les établissements Kuhlmann ont créé, à liâmes (Pas-de-Calais), une usine de cette importance-là. Elle prend le coke métallurgique comme matière pre-
- mière. Celui-ci est traité dans un gazogène conjointement au méthane résultant de la condensation et distillation fractionnées du gaz de fours à coke. Sous l’action de la vapeur d’eau et du carbone, le méthane subit alors une conversion en oxyde de carbone et en hydrogène. En réglant l’afflux de vapeur d’eau dans le gazogène, il sort de cet appareil un mélange gazeux répondant à la formule générale CO 4- 2 H3 requise pour la fabrication synthétique de l’essence Fischer. Ce mode de préparation du mélange gazeux réactionnel, tel qu’on l’applique à Harnes, offre un caractère plus élégant que les méthodes auxquelles on recourt habituellement : fours Demag, Didier, Pintsch, etc... L’intérêt pratique de ces dernières est
- Ensemble de l’installation des chambres de catalyse à l’usine de la société Courrières-Kuhlmann, à Harnes (Pas-de-Calais).
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- •nu
- montante / avec la vapeur-------»
- Fabnicat'on \ avec le gaz de four —»
- renversée ) avec la vapeur....
- Soufflage_______—=•
- Fig. 2. — Conversion en hydrogène des gaz riches (gaz naturels, gaz de fours à coke), en marche discontinue, dans un gazogène producteur de gaz à l’eau. A, gazogène ; B, récupérateur de chaleur ; C, générateur de vapeur ; D, laveur à barillet ; E, scrubber ; H, évacuation des fumées à la période de soufflage (d’après le Génie Civil).
- Fig. 3. — Composition du gaz brut en fonction de la pression de gazéification.
- cependant certain puisqu’on les emploie dans la plupart des usines Fischer allemandes mais elles sont trop compliquées et trop coûteuses d’emploi. Le prix de revient de l’essence s’en trouve obéré.
- II. — CARACTÈRES DU MÉLANGE GAZEUX POUR LA FABRICATION DE L’ESSENCE FISCHER
- Pour obtenir de l’essence selon la méthode Fischer, dans des conditions optima, on doit satisfaire à deux conditions primordiales :
- i° Mettre en œuvre un mélange gazeux dans lequel l’oxyde de carbone et l’hydrogène sont entre eux dans un rapport volumétrique de valeur égal à 2, ce qu’on traduit par la formule CO + 2 H2. En effet, pour le catalyseur dont se sert Fischer (mélange de nickel et de cobalt réduits), un accroissement de la teneur en hydrogène facilite la formation de méthane tandis qu’une diminution de la teneur en hydrogène favorise la production d’oléfines.
- 2° Epurer le mélange gazeux réactionnaire de façon qu’il contienne au maximum o gr 2 de soufre total (métalloïdique) par cent mètres cubes.
- III. — PRÉPARATION DU MÉLANGE GAZEUX
- RÉACTIONNEL POUR LA RÉACTION FISCHER
- A Harnes, comme nous l’avons indiqué plus haut, on insuffle dans un gazogène au coke producteur de gaz à l’eau un mélange de vapeur d’eau et de méthane ou simplement de gaz de fours à coke. On obtient ainsi un mélange réactionnel comprenant essentiellement 60 pour xoo d’hydrogène et 3o pour 100 d’oxyde de carbone.
- En Allemagne, on recourt à des fours alimentés avec des briquettes de lignites. Elles y sont soumises à une carbonisation et à une gazéification partielle sous l’action de la vapeur d’eau (Didier, Demag, Kop-pers, etc...).
- Une méthode plus élégante consiste à gazéifier des grains de lignite du calibre 2-5 mm seulement dans
- des gazogènes à marche continue à soufflage d'oxygène et de vapeur surchauffée travaillant sous pression. Le principe en est original (procédé Hub-mann). Il repose sur cette observation (fig. 3 et 4) que, plus le gaz est riche en méthane et plus son pouvoir calorifique s’élève, l’anhydride cai’bonique étant éliminé. Quant aux teneurs en hydrogène et en oxyde de carbone, elles varient en sens contraire de la richesse en méthane du gaz. Ces graphiques montrent encore qu’en opérant sous une pression de 5 atm, le gaz renferme deux fois plus d’hydrogène que d’oxyde de carbone, de telle sorte qu’il convient, après épuration, à la réaction Fischer sans qu’il soit besoin de recourir aux complications de construction et de fonctionnement inhérentes aux autres modèles de fours.
- En termes généraux, ce modèle de gazogène permet, en fonction du régime de pression sous lequel il travaille, de faire varier la valeur du rapport entre les teneurs en hydrogène et en oxyde de carbone du gaz depuis 2 (cas du gaz de synthèse Fischer) à 2,5 (cas du gaz de ville à 4-200 cal).
- A sa sortie du gazogène, le gaz est fortement chargé en anhydride carbonique. On utilise alors la pression sous laquelle il se trouve pour le laver avec de l’eau, également sous pression, suivant la technique connue, ce qui permet
- d’éliminer économiquement 1 a
- quasi-totalité d e son anhydride carbonique et environ go pour 100 de ses composés sulfurés. Il n’y a plus qu’à parfaire l’épuration a u moyen de l’oxyde de fer selon la pratique usuelle.
- L a figure 5 représente l’ensemble de l’installation d’un gazo-
- Fig. 4. — Composition et pouvoir calorifique du gaz épuré en fonction de la pression de gazéification.
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- gène travaillant sous pression. Les parties satellites du gazogène / correspondent à la condensation et à la distillation fractionnée en d de l’air pour la séparation de l’oxygène nécessaire au soufflage du gazogène, conjointement à de la vapeur surchauffée à 55o°, à l’épuration du gaz par l’eau sous pression et par le minerai de fer ou par tout autre moyen dont on fait usage pour épurer le gaz destiné à des opérations de synthèse. Au chapitre suivant, nous indiquerons le principe de ces méthodes.
- Afin de permettre l’alimentation en charbon et l’évacuation des cendres, ce gazogène comporte deux sas distincts. Le combustible repose sur une grille rotative dont la vitesse détermine la production de gaz, les périodes d’alimentation en lignite et d’évacuation des cendres.
- Pour des l’aisons de sécurité, ce gazogène est pourvu d’un water-jacket, lequel conti'ibue, comme nous le montre la figure 4, à fournir la vapeur nécessaire au service de l’installation.
- Cet appareil a une capacité de gazéification considé-
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- rable, les réactions étant accélérées par le régime de pression auquel on recourt. La quantité de combustible gazéifié peut ainsi atteindre 600 à 800 kgr par heure et par m2 de surface de cuve, soit environ six fois plus que dans les gazogènes modernes, mais du type usuel, producteurs de gaz à l’eau.
- Une unité de gazogène sous pression se prête à une production d’environ x20.000 m3 par a4 h, de gaz pris à l’état épuré.
- IV. — ÉPURATION DU MÉLANGE GAZEUX POUR LA RÉACTION FISCHER
- Usuellement, cette opération a lieu en deux phases distinctes. Dans la première, on retient ‘le soufre minéral au moyen de l’oxyde ferrique selon la réaction classique et d’une application générale, puis, dans la seconde, on fixe le soufre organique le plus souvent à l’aide d’un oxyde métallique porté à la température de 025° environ.
- La rétention du soufre minéral peut se faire aussi
- Fig. 0. — Fabrication du gaz de ville ou du gaz pour les réactions de synthèse suivant le procédé Lurgi de gazéification
- sous pression.
- a, chaudière à vapeur ; 6, compresseur d’air ; c, air à liquéfier et à distiller ; d, appareil de distillation de l’air liquide ; e, azote ; /, oxygène ; g, compresseur d’oxygène ; h, lignite du calibre 0 mm 10 ; i, gaz brut ; j, gazogène travaillant sous pression pour la production du gaz de ville ou du gaz de synthèse ; U, oxygène ; l, vapeur surchauffée à 550° ; m, surchauffeur de vapeur ; n, cendres ; 0, condenseur réfrigérant ; p, goudron primaire ; q, huile moyenne ; r, laveur à gaz pour en extraire l’essence ; s, désessenciement de l’huile de lavage ou gaz ; t, essence ; u, laveur du gaz par l’eau sous pression ; v, pompe ; x, turbine à eau ; y, tour de dég'azage de l’eau ayant servi au lavage du gaz ; z, compresseur d’air ; A, épuration sulfurée
- du gaz par le minerai de fer.
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- par voie liquide, ce qui permet d’ailleurs, de retenir d’autres impuretés capables d’empoisonner le catalyseur, les composés cyanés par exemple.
- Intervient ensuite le traitement du gaz pour le débarrasser de son soufre organique et de façon que ioo m3 contiennent au maximum o gr 2 de soufre total.
- On dispose pour cela de deux moyens. Le premier consiste à faire circuler sur du cuivre maintenu à 900°, le mélange gazeux pris à la pression ordinaire. L’hydrogène qu’il contient transforme, dans ces conditions, le sulfure et l’oxysulfure de carbone en hydrogène sulfuré, dont on se débarrasse ensuite, sans difficulté, par l’oxyde de fer.
- Le principe du second est celui qu’on applique dans les caisses épurantes. Il consiste à provoquer, sous la pression ordinaire, aux dépens d’un oxyde métallique MO, les deux réactions :
- COS + MO = CO2 + MS et
- CS2 + 2MO - CO2 + 2MS.
- Quand on choisit convenablement le métal M (cuivre, nickel, etc...), il suffit d’opérer à une température de l’ordre de 325° pour que ces réactions aient une vitesse assez grande pour permettre de traiter 1 m3 de gaz par litre d’appareil et par heure. Le sulfure auquel elles donnent naissance est, d’ailleurs, à peu près intégralement réduit par l’hydrogène qui circule à son contact, de sorte que, comme dans le cas précédent, la plus grande partie du soufre se trouve transformée en hydrogène sulfuré. En tout état de cause, la substitution d’un courant de gaz à purifier permet de régénérer l’oxyde initial.
- De ces deux procédés, le second est le plus intéressant en raison du fait qu’il comporte le chauffage du gaz à épurer à une température très notablement moindre : 325° au lieu de 900°.
- La véritable difficulté consiste à disposer d’un catalyseur actif, facile à régénérer et capable de rester efficace jusqu’après un grand nombre de régénérations. A titre indicatif, si on laisse dans le gaz o gr 126 de soufre par 100 m3 (teneur limite : o gr 2) et que le catalyseur perde la moitié de son activité, le cuivre qu’il contient aura, par kgr, traité 8.000 m3 de gaz, c’est-à-dire produit seulement 1 t 1 environ d’essence Fischer.
- V. - LES CATALYSEURS POUR LA FABRICATION SYNTHÉTIQUE DE L'ESSENCE
- Le choix du catalyseur exerce une influence prépondérante sur le rendement en produits liquides et solides (paraffine) — ce que l’on appelle les produits primaires — ainsi que sur la valeur de l’indice d’octane de l’essence. Les travaux du Dr Fischer, d’une part, et, d’autre part, du Dr Myddleton ont permis d’élucider ces questions essentielles. Le problème ne semble pas
- entièrement tranché, mais on est entré certainement dans la bonne voie pour y trouver des solutions inté-iessantes.
- Par exemple, on sait que le nickel est un catalyseur particulièrement actif favorisant la formation d’une huile hautement hydrogénée de la classe des paraffines. Quant au cobalt, il constitue un catalyseur moins actif ayant tendance à favoriser la formation des olé-fmes.
- Les données du tableau suivant établissent, en effet, que le rendement en oléfines est maximum avec le cobalt et lorsque le gaz de synthèse est plus pauvre en hydrogène.
- Oléfines dans l’essence synthétique par l’emploi de :
- ICO-MH» 1C0+2H» 1G0 + 3H»
- Catalyseur employé vol. p. 100 vol.p.100 vol. p. 100
- Cobalt .... 55 35 12
- Nickel .... 35 16 5
- Récemment, on a préconisé l’usage de catalyseurs poreux dans lesquels les métaux actifs constituent des alliages se présentant à l’état squelettique (« alloy skeleton catalyst »). Leur intérêt provient de ce que leur conductibilité thermique est bien supérieure à celle des catalyseurs où le kieselguhr sert de support aux métaux catalyseurs. Il en résulte la possibilité, d’une part, d’éviter les surchauffes locales et, d’autre part, d’employer des chambres moins volumineuses, la densité apparente de ces catalyseurs « squelettiques » étant plus élevée que celle des catalyseurs usuels. On prépare ces catalyseurs squelettiques par la méthode de Raney qui est la suivante :
- On part d’un alliage « nickel-aluminium-silicium » que l’on traite par de la soude caustique afin d’en éliminer les deux derniers éléments. Cette opération porte sur l’alliage concassé jusqu’à la grosseur d’un pois. Malgré tout, il reste de l’aluminium et du silicium dans l’alliage que l’on active ensuite à 35o° par un courant d’hydrogène. On imprègne finalement ce squelette métallique de nitrate de thorium qui joue le rôle de « promoter ».
- VL — QUALITÉ DE L'ESSENCE RÉSULTANT DE L'HYDROGÉNATION DE L’OXYDE DE CARBONE
- L’essence obtenue selon le procédé Fischer a une densité à 20° égale à o,685. Elle distille entièrement entre 47° et 170° et contient environ 37 pour 100 d’hydrocarbures non saturés, le solde est principalement représenté par des paraffines. Pour les raisons connues et commentées dans ce mémoire, l’indice d’octane de l’essence Fischer n’est égal qu’à 53-55.
- Quant à l’essence obtenue d’après les principes exposés par M. Myddleton, elle distille entre 35° et 147°. Sa densité à i5o° est égale à 0,691. Son indice d’octane se monte à 68 et sa teneur en gommes présentes
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- Fig. 6. — Courbe de distillation de l’ensemble des huiles obtenues d’après le procédé de la Synthetic Oils, Ltd.
- Fig. 1. — Courbe de distillation de l’essence obtenue selon le procédé de la Synthetic Oils, Ltd.
- Fig. 8. — Courbe de distillation de l’huile Diesel synthétique préparée selon le procédé de la Synthetic Oils, Ltd.
- et potentielles (mgr/ioo cm3) à 2 et à 1, l’essence contenant 70 pour 100 d’oléfines (fi g. 6 à 9).
- Parmi les caractéristiques essentielles d’un carburant, il en est une que l’on doit examiner avec attention. Elle correspond à la susceptibilité au plomb tétraéthyle ou plomb T4 (lead susceptibility), autrement dit l’accroissement d'indice d’octane déterminé par une addition de o cm3 8 de plomb T4 par litre d’essence, laquelle correspond à une tolérance maximum parce qu’au delà de cette teneur, le plomb T4 détermine une corrosion de certains organes du moteur, sièges et tiges des soupapes d’échappement notamment. On sait, par exemple, que lorsque l’essence d’hydrogénation est essentiellement constituée par des naphtènes, son indice d’octane peut être relevé de 87 à 100 par ladite addition de plomb T4 ce qui dénote une grande susceptibilité. Pour la même adjonction de plomb T4, l’indice d’octane de l’essence préparée selon les moyens indiqués par M. Myddleton gagne le niveau 80, soit un gain de 12 points, également très favorable.
- VIL — AVENIR PROBABLE DU PROCÉDÉ FISCHER ET DE SES VARIANTES. — LES SAVONS DE CHARBON
- En quelque trois années seulement, la capacité de production des usines allemandes pour la fabrication synthétique de l’essence s’est élevée à quelque boo.ooo t. Certes, ce procédé offre encore l’inconvénient de ne fournir que des essences à indice d’octane trop bas mais on envisage déjà à des moyens simples pour obtenir des essences à indice d’octane élevé.
- D’autre part, le procédé Fischer permet de préparer des produits de grande valeur, notamment des super-lubrifiants et des acides gras de haute qualité pour la
- Fig. 9. oléfines
- fabrication des savons. Sur cette base, le groupe allemand Merk a mis en marche, en 1938, deux usines capables de fabriquer annuellement 60.000 t de savons, dits de charbon. Elles utilisent comme matière première des hydrocarbures paraffiniques obtenus conjointement à l’essence ou Kogasin I Fischer. Ces hydrocarbures paraffiniques sont oxydés catalytique-ment par l’oxygène de l’air puis on les saponifie. On peut encore hydrogéner sous pression ces acides gras de synthèse afin d’obtenir des alcools dont la molécule renferme jusqu’à 12 atomes de carbone. Les dérivés sulfonés de ces alcools ont reçu des applications importantes comme détergents ou comme agents de mouillage et d’émulsion.
- Depuis moins de trois ans, l’industrie des carburants de synthèse a fait l’objet de perfectionnements considérables. On en a amélioré les rendements, les conditions techniques de réalisation et on l’a orienté vers la préparation de produits de grande valeur commerciale. La nature de ceux-ci varie avec les procédés employés.
- Quand on recourt
- - Relation entre la teneur en d’une essence et son indice d’octane.
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- à l’hydrogénation, on vise à la fabrication d’essence d’aviation à fort indice d’octane, laquelle vaut environ deux fois plus cher que l’essence tourisme. Si on choisit le procédé Fischer, on prépare, outre l’essence tourisme, des superlubrifiants, des acides gras utilisables pour la préparation des savons ou des alcools supérieurs destinés à servir de matières premières pour des détergents.
- Ainsi, la nouvelle industrie des produits chimiques de synthèse s’oriente de plus en plus vers un complexe
- de fabrications. Celui-ci permet de fermer le cycle de ses opérations et de ne plus fournir que des produits finis, d'une valeur commerciale élevée.
- Cn. Bkiïtüklot Ç) Ingénieur-Conseil.
- 1. Ch. Bertiielot. —• Carburants clc synthèse et de remplacement. Dunod, éditeur, 193(1. — Technique et économie nouvelle des carburants de synthèse. Dunod, 1937. — Epuration, séchage et agglomération du charbon. Dunod, 1938. — De la carbonisation aux carburants d’aviation. Dunod, 1939.
- E LES DIRECTIVES ACTUELLES E DE LA LUTTE ANTIPALUDIQUE
- Le paludisme qui atteint le tiers de la population du globe est, sans conteste, la maladie qui trouble le plus la vie sociale et économique du monde. On peut presque dire que, dans les régions intertropicales et tempérées chaudes, le paludisme n’est arrêté que par le désert. D’ailleurs bien des régions sont devenues ou sont restées désertiques à cause du paludisme qui a ainsi modelé pour une grande part le peuplement humain sur la moitié des terres émergées. La maladie du sommeil est la seule maladie dont l’influence sur la géographie humaine soit comparable ; encore, la maladie du sommeil reste-t-elle localisée à des régions beaucoup moins étendues.
- Prenons en exemple l’Indochine française. Pour des raisons locales qu’il est inutile d’indiquer maintenant, le paludisme reste faible dans les deltas, mais devient très grave dès qu’on aborde les premières pentes montagneuses. Aussi la population est-elle tassée dans les régions les moins impaludées, spécialement dans le delta du Tonkin, où les densités humaines atteignent des chiffres très élevés. La densité moyenne de ce delta, en excluant les agglomérations urbaines, était il y a
- Fig. 1. — Procédé de la chasse cl’eau.
- Un petit barrage arrête le cours de l’eau. Un système de vanne manœuvrée à la main provoque une chasse d’eau qui balaie les larves. On voit, en noir, la différence de hauteur des eaux avant et après. Ce procédé est efficace sur une courte distance en aval, le niveau des eaux s’étalant ensuite.
- Il nécessite de fréquentes manœuvres manuelles.
- (Photos Ph. Dccourt. Hagiang (Tonkin). Travail effectué sous la direction des Instituts Pasteur d’Indochine).
- quelques années de 4ao habitants au km2 et l’accroissement de population y est rapide. Les dernières statistiques nous apprennent que, dans certains villages vivant uniquement de l’exploitation de la terre la densité atteint des chiffres effarants oscillant autour de 4.000 au km2. Quelle que soit la fertilité du sol, on comprend que le spectre de la famine règne toujours dans ces régions. Or, à 3o ou 4o km de là commencent les immenses régions quasi désertiques qui couvrent la grande majorité de l’Indochine. Pourtant ce n’est pas le manque de fertilité qui empêche le peuplement de ces pays où la densité moyenne est de 4 à 5 habitants seulement au km2. De nombreuses tentatives, les unes spontanées, venues de bandes faméliques fuyant le delta au cours de certaines années déficitaires, les autres réfléchies et voulues par une autorité supérieure : empereurs annamites au milieu du xixe siècle, administration française depuis, ont abouti à des échecs complets provoqués par le paludisme; immédiatement meurtrier, épuisant les survivants au point de rendre presque tout travail impossible. Seules quelques populations qui ne sont pas de race jaune et résistent un peu plus au paludisme, ont pu se maintenir péniblement sur ces vastes étendues, mais au prix de véritables hécatombes qui diminuent sans cesse le nombre des habitants malgré la grande fécondité naturelle de ces populations.
- Prenons un autre exemple : l’Asie Mineure. Autrefois très peuplées, très riches, témoins des civilisations successives qui furent à l’origine de notre propre civilisation, les grandes plaines de Syrie se dépeuplèrent rapidement à l’époque des grandes invasions arabes. La disparition de nombreux travaux hydrauliques entraîna le développement d’un paludisme qui a augmenté l’étendue du désert syrien et empêche, depuis i.ooo ans, le repeuplement de territoires qui furent si peuplés. Pour des raisons locales, le paludisme en Asie Mineure, au contraire de l’Indochine, atteint surtout les plaines et touche moins les montagnes ; et l’on voit ainsi ce paradoxe : dans un pays sec où l’eau représente la richesse, on voit le reste des anciennes populations, réfugiées sur les montagnes libanaises ou alaouïtes rocailleuses et pauvres, laisser en friche les
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- plaines fertiles et largement arrosées telles que celles de la moyenne et de la basse vallée de l’Oronte dont les ruines antiques démontrent encore les anciennes richesses (*).
- Pour lutter contre un pareil fléau les méthodes sont nombreuses ; toutes ont des avantages, des inconvénients, et répondent à des indications particulières. En effet la lutte contre le paludisme se présente dans des conditions très différentes suivant le lieu et l’époque où on l’entreprend. 11 nous serait donc impossible d’exposer même d’une façon sommaire les divers procédés quelle utilise ; mais en schématisant les principes de la lutte antipaludique nous pourrons facilement en dégager les directives actuelles.
- Rappelons tout d’abord que le paludisme est provoqué par un protozoaire qui envahit les globules rouges du sang en provoquant des accès de fièvre, une anémie profonde et, indirectement, des troubles secondaires dans le reste de l’organisme. Ce parasite, appelé hématozoaire (étymologiquement : parasite animal du globule rouge) ou plasmode est transmis par une espèce particulière de moustique : l’anophèle. En principe, on peut donc supprimer le paludisme soit en détruisant l’agent transmetteur : c’est la lutte antianophé-lienne, soit en détruisant le parasite : c’est la lutte antiplasmodiale.
- LA LUTTE ANTIANOPHÉLIENNE
- L’anophèle adulte pond des œufs qui, associés les uns aux autres, forment de minuscules radeaux flottant sur l’eau. Les larves qui en sortent vivent dans l’eau mais doivent venir respirer fréquemment à La surface.
- Puis les larves donnent naissance à des nymphes d’où sortent enfin les moustiques adultes. Le développe-, ment de l’anophèle jusqu’au stade ailé dure au total quelques semaines ; il peut vivre ensuite pendant plusieurs mois. Alors que le Culex qui est le vulgaire « cousin » de nos pays, pond volontiers dans des eaux stagnantes et sales et supporte facilement les écarts de température, l'Anophèle préfère les eaux claires, vives et recherche, à l’état adulte, les atmosphères humides, d’une température moyenne assez élevée, régulière, et fuit les vives lumières. Aussi cherche-t-il un refuge de préférence dans les maisons où il se trouve à l’abri du vent et des intempéries, réfugié dans les coins sombres.
- La lutte antianophélienne s’efforce surtout d’empêcher le développement des larves et le contact de l’anophèle adulte avec l’homme.
- La lutte antilarvaire constitue l’une des parties essentielles de la lutte antipaludique. Elle peut être réalisée soit en modifiant le régime des eaux, soit en détruisant les larves par des procédés chimiques ou
- 1. Le mécanisme des influences respectives du paludisme sur le peuplement humain et du peuplement humain sur le paludisme est exposé dans : « La lutte antiplasmodiale, ses facteurs humains ». Bulletin de, la Société de pathologie exotique, 1938, pp. 59 à 68 et 138 à 147.
- Fig. 2.
- Drainage permanent.
- A gauche, drain à ciel ouvert et puisard recueillant l’eau de plusieurs drains couverts arrivant à des niveaux différents. A droite, au même endroit, fin du principal collecteur aboutissant dans le lit de la « Rivière claire » et pouvant être hermétiquement fermé pour éviter le reflux dans les drains lors des crues de la rivière. Ces grands travaux représentent l’idéal, mais très coûteux, doivent être réservés à des surfaces très restreintes.
- (Photos Ph. Decourt. Tuyen-Quang (Tonkin). Travaux effectués sous la direction des Instituts Pasteur d’Indochine).
- biologiques. L’idéal est évidemment de supprimer entièrement les points d’eau dangereux. C’est le système dit des « grands travaux » qui s’efforce en géné^ ral d’abaisser le plan d’eau par drainage, parfois au contraire de l’élever pour noyer une multitude de points d’eau difficiles à supprimer ou à surveiller sous
- Fig. 3. — Entretien des travaux permanents.
- Les drains non maçonnés doivent être régulièrement et soigneusement entretenus.
- Ici 3 coolies forment une équipe dont les deux premiers travaillent en marchant à reculons. Le premier nettoie, le second balaie, le troisième projette du vert de Paris.
- (Photo Ph. Decourt. Lutte antipaludique dans les Plantations des Terres Rouges (Cochinchine) sous la direction du Dr Canet).
- * * *
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- une grande nappe liquide dans laquelle le „ développement larvaire peut être empêché par d’autres méthodes.
- Ces grands travaux représentent é v i -d e m m eut l’idéal mais ils coûtent très cher, ils nécessitent e n -suite une surveillance qui reste souvent coûteuse. Aussi ne peuvent-ils être effectués que sur des surfaces restreintes et lorsque la question financière ne joue qu’un rôle secondaire. C’est le cas du canal de Panama, par exemple, où la zone de protection ne dépasse pas io km de largeur ; des Marais-Ponlins où l’installation de t.ooo habitants revient (tous frais compris) à 5 millions de francs environ, et surtout des agglomérations urbaines comme Singapour dont la zone de protection ne dépasse que de 3 km la périphérie urbaine mais permet de protéger une population importante.
- La lutte anlilarvaire comporte aussi une série de « petits travaux » qui cherchent non plus à supprimer les points d’eau mais à les modifier de façon telle que le développement larvaire y soit entravé. On ne peut indiquer ici tous les procédés utilisés ; ils sont en effet très nombreux et dépendent surtout des variétés ano-phéliennes dangereuses dans la région traitée. En effet les anophèles comprennent de nombreuses espèces qui ont des besoins biologiques différents : les unes ne pondent que dans les eaux ensoleillées, les autres dans des eaux à l’abri de la lumière, les unes ne se développent que dans l’eau douce, d’autres que dans des eaux plus ou moins salées, les unes préfèrent les eaux courantes, les autres au contraire des eaux très vives, etc... En outre, ces espèces ne transmettent pas les plasmodes aussi régulièrement les unes que les autres, de sorte que les unes sont très dangereuses, et les autres beaucoup moins. Une enquête entomologi-que précise s’impose donc avant d’entreprendre une lutte antilarvaire dont les procédés devront tenir compte des habitudes biologiques de l’espèce anoplié-lienne la plus dangereuse dans la région. Les procédés les plus divers sont utilisés tels que le désherbage des
- Fig. 4. — Irrigation alternée des rizières. On essaie actuellement en Annam d’irriguer des rizières 3 jours sur 1 seulement pour essayer d’obtenir un assèchement permettant de détruire les larves. Ce procédé est difficilement applicable dans les plaines basses sans dénivellation suffisante. Il y aurait plus de chances de réussite dans le cas de rizières en étages comme celles représentées ici, et dont les plus basses sont asséchées. (Photo Ph. Decourt. Yunnan (Chine).
- rivières et des étangs, l’ombrage ou au contraire l’ensoleillement de leurs bords par des plantations appropriées, le procédé de la chasse d’eau (explications dans les figures jointes i et i bis), l’irrigation alternée (fig. 4), la pose de grosses pierres dans le courant de petits ruisseaux. On s’efforce aussi de diminuer les points d’eaux par le comblement des trous qui peuvent être remplis par la pluie, la plantation d’arbres qui absorbent une grande quantité d’eau, etc...
- Les procédés qui consistent, non plus a empêcher le développement des larves en « bonifiant » le terrain, mais à les détruire, sont très employés. Ou bien on répand à la surface de l’eau une substance chimique toxique pour les larves et aussi peu toxique que possible pour l’homme et les animaux domestiques qui peuvent venir s’y abreuver ; on utilise à cet effet le vert de Paris mélangé, pour lui servir de support, à une poudre inerte, légère, peu coûteuse, telle que la poussière de route et que l’on projette soit avec des machines à main, soit par avion. Ou bien on empêche les larves de venir respirer à la surface en recouvrant les eaux dangereuses d’une mince pellicule de pétrole ou d’huile. On bien, enfin, on favorise le développement d’un ennemi naturel des larves ; le plus efficace est le « gambusia », petit poisson très prolifique et qui se nourrit de préférence des larves de moustiques dont il se montre très friand.
- Tous ces procédés ont leur intérêt, leurs indications, mais tous aussi ont leurs inconvénients. Qu’un peu de vent s’élève et de petites vagues se forment, les joncs s’agitent, rompant la couche de pétrole et permettant aux larves de venir respirer dans les interstices. L’épandage du vert de Paris n’est efficace qu’à la condition d’être répété au minimum une fois par semaine.
- Il faut, en effet, tenir compte de la rapidité avec laquelle la nature comble les vides.
- Supposons un étang abandonné à lui-même et contenant xo milliards de moustiques. Un an api’ès, toutes conditions météorologiques semblables, il en contiendra aulant et 5o ans plus tard aussi. C’est qu’il existe, pour des conditions déterminées, une concentration maxima qui ne peut être dépassée. Or, on a calculé qu’un seul couple de moustiques, si toutes possibilités de développement lui sont laissées, peut donner naissance en 4 mois à plus de So milliards de moustiques. Ainsi plus on détniit de moustiques, plus on permet à d’autres, ultérieurement, de se développer. Dans ces conditions, pour obtenir un effet durable, il faudi’ait détruire la totalité des larves et des moustiques ailés dans une région tirs étendue et empêcher l’arrivée de moustiques venus d’ailleurs, ce qui est évidemment impossible ; d’où la nécessité de x'épéter en permanence la destruction antilarvaire si l’on veut obtenir une diminution appréciable des anophèles.
- A cet égard les gambusias offrent le double avantage d’êtx'e peu coûteux et de se développer spontanément. Mais innombi'ables sont les petits points d’eau trop petits pour que les poissons puissent y vivre et qui permettent cependant largement le développement anophélien, tels que les ornières de chemins remplies
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- par la pluie, les trous formés par le pas des animaux autour des sources ou des puits lorsqu’ils viennent boire, les creux formés par l’irrigation au pied des arbres fruitiers, etc... En outre bien des points d’eau, plus grands, s’assèchent l’été ; or on ne peut guère compter moins d’un an avant que les gambusias soient devenus assez nombreux pour entraver le développement des moustiques. Quant aux grandes étendues d’eau permanentes, elles contiennent souvent des poissons carnivores qui se nourrissent de gambusias.
- Restent les procédés qui, sans détruire l’anophèle, s’efforcent de l’empêcher d’entrer en contact avec l’homme : les grillages dans les maisons, les moustiquaires autour des lits, les pulvérisations de liquides antimoustiques qui les éloignent constituent autant de moyens très utiles pour la protection d’individus isolés mais très difficilement généralisables. Il faut cependant mettre à part un phénomène sur lequel on a beaucoup insisté : dans les régions encore primitives, les hommes seuls sont logés et leurs habitations constituent un refuge d’clection pour les anophèles qui sont ainsi spécialement dangereux ; mais, quand la richesse s’accroissant, des constructions sont édifiées pour abriter les animaux domestiques, on voit les anophèles gagner les étables, les écuries, s’adapter peu à peu aux animaux et délaisser l’homme. C’est une des raisons pour lesquelles on a vu le paludisme disparaître spontanément dans certaines régions, et surtout en France dans la seconde moitié du xixe siècle.
- LA LUTTE ANTIPLASMODIALE
- On a vu combien est difficile la lutte antianophé-lienne. Celle-ci obtient des résultats remarquables lorsqu’on traite une surface restreinte avec des moyens financiers suffisants. Mais moins la population est dense, plus les frais s’élèvent par habitant protégé. Or ce sont les régions dont la population est moins dense, en particulier les campagnes, qui sont le plus gravement atteintes par le paludisme.
- Jusqu’à ces dernières années, la lutte antiplasmodiale s’est montrée décevante en dehors de quelques cas très spéciaux. Elle était basée sur l’emploi du seul médicament spécifique antipaludique dont on disposait, la quinine, et consistait à empêcher l’apparition des accès de fièvre par une absorption quotidienne de médicament. Malheureusement l’effet purement symptomatique, était de courte durée, d’où la nécessité d’un traitement continu et quotidien, difficile, pour ne pas dire impossible, à appliquer ailleurs que dans une collectivité très disciplinée telle que l’armée.
- En outre, la quinine n’agissait que sur la forme parasitaire asexuée, ou schizonte, qui provoque les accès de fièvre et les troubles de l’organisme mais ne transmet pas la maladie. Elle se montrait inactive sur la forme sexuée, ou gamète, qui, au contraire, n’est pas dangereuse pour l’organisme, mais transmet le paludisme par l’intermédiaire de l’anophèle dans le corps duquel elle continue son développement.
- La découverte de médicaments entièrement nou-
- veaux créés synthétiquement par la chimie a permis de créer une méthode dont voici le principe très résumé : un premier médicament permet d’obtenir, avec une dose convenable, l’arrêt du développement des formes asexuées ou schizontes pendant une longue période, qui peut atteindre 3 semaines, et cette action peut être régulièrement renouvelée par l’administration d’une nouvelle dose minime. Un second médicament, qui agit par contre sur les formes sexuées, permet, avec des doses très faibles, de rendre le sang des malades non contagieux. La distribution simultanée de ces médicaments à un rythme variable suivant les circonstances mais qui reste toujours lent, empêche à la fois les individus sains de contracter le paludisme, et, les malades d’infester les moustiques, donc de propager leur maladie.
- Cette méthode a des modalités d’application qui varient, bien entendu, avec les cas particuliers. Son intérêt réside, outre son efficacité, dans sa souplesse d’application et son prix de revient relativement peu élevé. On peut ainsi envisager une lutte antiplasmodiale beaucoup plus ample comprenant la protection immédiate des « centres de virulence » dans lesquels le paludisme se montre le plus dangereux, la protection médiale des populations voisines, et la création de barrages sanitaires à maillons très larges empêchant le transport des parasites dangereux d’une région à une autre.
- La lutte antiplasmodiale, telle que nous venons de l’envisager, est beaucoup plus récente et, de ce fait, beaucoup moins connue que la lutte antianophélienne. Mais son utilisation autorise les plus grands espoirs. Nous n’en citerons qu’un exemple : l’expérience faite par le Service de Santé tunisien dans la province très impaludée du Cap Bon, remarquable par son amplitude (c’est l’expérience la plus vaste de ce type au monde) et qui a nécessité, pour son contrôle, près de ioo.ooo examens de sang en 3 ans ; 27.000 personnes
- Fig. 5. — Etablissement d’une concession. Défrichement sur les bords du Fleuve ltouge. Assainissement par la lutte antiplasmodiale sous la direction du Service de Santé du Tonkin.
- (Photo Ph. Decourk Concession de Lang-Key).
- Fig. 0. — Type de rivière dangereuse.
- Parcourant la concession de Lang-Key sur une grande longueur (voir üg. 0), sa régularisation préalable, associée à une lutte antilarvaire, représenterait un prix de revient trop élevé pour l’établissement de la concession.
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- Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. No y. Décembre
- Fig. 7. — Lutte antiplasmediale.
- Diminution du pourcentage des individus parasités pendant la saison épidémique dans une région très gravement impaludée sous l’influence de la lutte antiplasmodiale.
- En trait plein : enfants ; en pointillé : adultes.
- (Expérience de l’Oued Zerga portant sur 2.000 personnes par Ph. Decourt, R. Dupoux, Belfort et Ch. Henry (Tunisie)
- 1935).
- reçurent deux fois par mois une seule dose médicamenteuse (par la bouche), ce qui permit de faire tomber le taux des rechutes à i pour i.ooo dès la première année et de protéger, non seulement les populations traitées, mais les populations voisines non traitées (*). Le prix de revient comprenant la totalité des frais, a été pour la pi*emière année de 20 francs par personne traitée.
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- Nous avons vu, chemin faisant, combien sont variées les possibilités de la lutte antipaludique, mais à quelles difficultés pratiques se heurtent trop souvent bien des procédés qui paraissaient pourtant presque parfaits, tels que l’empoisonnement des eaux dangereuses par les
- 1. « Résultats des expériences de prophylaxie collective antipaludique en Tunisie », par MM. Robert Dupoux, Charles Marini et Raymond Barthas. Bulletin de l’Académie de Médecine, 23 novembre 1937.
- gambusias. On comprend aussi qu’il ne peut y avoir de règles fixes, les conditions de la lutte étant essentiellement locales.
- Mais quelques conclusions se dégagent nettement. La plus générale est celle-ci : la lutte anti-larvaire doit être réservée de préférence aux agglomérations urbaines, la lutte antiplasmodiale aux territoires où la population est plus clairsemée, cette notion devant tenir compte cependant des possibilités locales des deux types de méthode.
- D’ailleurs, lutte anti-anophélienne et lutte antiplasmodiale ont souvent intérêt à s’associer : c’est le cas, par exemple, dans les expériences actuellement faites au Tonkin (fig. 5). Nous avons vu au début l’importance de la question démographique pour ce pays. Depuis 2 ans, le Service du Santé du Tonkin s’est efforcé d’implanter de nouveaux villages dans les hautes régions jusqu’à présent fermées à la colonisation par le paludisme. Voici le principe général des essais de colonisation ainsi tentés et que le gouverneur général Brévié est allé récemment visiter : dans un premier temps, installer des populations nouvelles et leur permettre de travailler à l’abri du paludisme, malgré les dangers particuliers du défrichement, grâce à une lutte antiplasmodiale efficace, qui reste cependant dans les limites étroites des possibilités budgétaires ; dans un deuxième temps par la mise en valeur du terrain, combinée avec quelques travaux d’assainissement effectués par les bénéficiaires des terrains eux-mêmes, préparer la diminution, puis la suppression totale de la lutte antiplasmodiale. Le résultat déjà obtenu est remarquable ; suivant l’expression du Résident supérieur du Tonkin « il a fait faire, depuis un an, à la lutte antipaludique, un pas décisif » et « met en lumière les possibilités d’avenir de la colonisation annamite en Haute Région (x) ».
- Certes, il est encore trop tôt pour qu’on sache s’il sera possible de modifier, par des mesures massives du même type, les inégalités terribles provoquées par le paludisme dans le peuplement des régions chaudes ; mais les possibilités nouvelles de la lutte antipaludique permettent, pour la première fois, de l’envisager.
- Dr Philippe Decourt.
- 1. Discours à la séance d’ouverture de la Chambre des Représentants, décembre 1937.
- LE PROCÉDÉ DE TÉLÉVISION SCOPHONY
- Les transmissions actuelles d’images télévisées sont toujours à haute définition. On ne songe plus pour le moment à transmettre simultanément tous les éléments de l’image à téléviser; on divise la surface de l’image en un certain nombre de surfaces élémentaires, d’autant plus nombreuses qu’on veut obtenir une image plus fine, et on transmet successivement tous ces éléments.
- L’exploration des objets télévisés s’effectue donc, élément par élément, à l’aide d’un analyseur. A la réception, l’image est' reconstituée, éléments par éléments, dans le
- même ordre et avec les mômes tonalités. Tous les éléments d’une même image doivent être reproduits en un temps inférieur à celui de la persistance de l’impression rétinienne, soit pratiquement en 1/25 ou i/5o de seconde.
- Normalement, l’image est explorée à l’émission, et recomposée au récepteur, par lignes parallèles horizontales, soit contiguës, soit intercalées, dans le but de faire disparaître le phénomène du scintillement beaucoup plus à craindre, d’ailleurs, qu’avec la projection cinématographique, malgré le faible éclairement de l’image.
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- Il est inexact, dans ces conditions, de parler de points transmis comparables à ceux d’une photogravure, puisque le nombre des éléments distincts dépend non seulement du nombre de lignes d’analyse, mais aussi de la nature de l’objet à téléviser, et même de la partie explorée de cet objet.
- Avec les analyses actuelles, le nombre d’éléments à transmettre en moins de 1/26 de seconde avec 4oo lignes au minimum, peut dépasser 200.000, ce qui correspond à une fréquence de transmission supérieure à 5 millions de périodes par seconde.
- ANALYSEURS ÉLECTRONIQUES ET DISPOSITIFS OPTIQUES
- La difficulté d’analyse et d’intégration d’un nombre d’éléments aussi grand explique l’abandon des procédés d’analyse mécanique, tels que miroirs oscillants, disques à lentilles, tambours et vis à miroirs, au profit des analyseurs électroniques, pratiquement dépourvus d’inertie.
- L’emploi de l’oscillographe cathodique ne résoud cependant pas tous les problèmes qui se posent pour la transmission et surtout pour la réception des images. Lorsqu’il s’agit d’obtenir une image bien éclairée, de dimensions suffisantes, et sur écran séparé, les difficultés sont encore très grandes. Il a fallu créer des tubes cathodiques à écran fluorescent de très grande brillance et à très haute tension d’alimentation, avec système optique assurant la projection de l’image télévisée sur écran séparé.
- Le problème de la transmission a, d’ailleurs, été mieux résolu, que celui de la réception.
- Pour l’émission, on emploie des caméras électroniques, contenant un écran photo-électrique, sur lequel on projette l’image à téléviser. Il se produit sur cet écran multi-cellu-laire une véritable accumulation électrique, et il ne reste plus qu’à balayer la surface à l’aide d’un faisceau électronique d’analyse.
- Grâce à cette accumulation électrique, et à l’emploi des multiplicateurs électroniques, la sensibilité des caméras est devenue très grande, et la transmission possible, même en plein air, ou à la rigueur pendant la nuit.
- Il n’en est pas' de même pour la réception; avec les oscillographes cathodiques, on n’a pas encore trouvé le moyen pratique d’accumuler, pour ainsi dire les signaux; on s’est contenté d’un compromis entre l’image de petit format très éclairée et l’image de grandes dimensions de faible luminosité.
- L’oscillographe cathodique, malgré ses qualités, n’est donc pas encore l’appareil idéal. Sans doute peut-on attendre de lui de nouveaux progrès. Mais, de leur côté, les systèmes d’analyse ou d’intégration électro-mécaniques à balayage optique n’ont pas dit leur dernier mot.
- LES APPAREILS SCOPHONY A ANALYSE OPTIQUE
- Nous avons déjà signalé les travaux de M. Georges Walton de la Société Scophony; à la transmission et à la réception, il emploie uniquement des appareils à analyse et à intégration optiques, sans caméra électronique, ni oscillographe cathodique.
- Certains de ces appareils permettent aujourd’hui d’obtenir chez soi des images de 5o cm x 60 cm, de couleur noire et blanche, et d’une dimension plus grande qu’avec un oscillographe ordinaire, tout en conservant un éclairement satisfaisant. D’autres modèles assurent une projection sur écran de l’ordre de 1 m 5o x 1 m 80 au minimum. Ils
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- ont été présentés en France par leur inventeur, au cours d’une conférence organisée par YEncyclopédie Française sous le patronage de M. de Monzie. Les dirigeants de la société Scophony se proposent d’introduire prochainement des appareils en France, à l’intention des amateurs et des professionnels.
- La caractéristique essentielle du procédé est d’augmenter la précision et la brillance du spot d’analyse, ce qui permet de diminuer le diamètre des analyseurs. A la réception, un modulateur ultra-sonore module une source lumineuse puissante, et assure l’intégration des éléments de l’image, en permettant la reconstitution de plusieurs éléments à la fois.
- L’analyseur dit Split Focus est constitué par deux lentilles cylindriques à axes croisés ; un même faisceau lumineux possède ainsi deux plans focaux différents. Les dimensions des analyseurs optiques peuvent être réduites dans de grandes proportions, et, réciproquement, avec un analyseur de mêmes dimensions, on peut utiliser une ouverture plus grande du système optique, de l’ordre de 10 à 12 fois.
- A la réception, la difficulté essentielle provient de la perte de lumière due à l’analyse ; on n’aperçoit qu’un seul élément de l’image à la fois, alors que dans l’image cinématographique, tous les éléments sont transmis simultanément.
- Pour une image à trame de l’ordre de 4oo lignes, contenant environ 200.000 éléments distincts, on ne peut donc obtenir que 1/200 de la lumière totale qu’on obtiendrait en transmettant à la fois tous les éléments de l’image, comme dans la projection cinématographique.
- A la réception, dans le système Scophony, un modulateur ultra-sonore permet de moduler dans de bonnes conditions la lumière produite par une source constante, et, d’autre part, de reconstituer, en même temps, plusieurs éléments de Vimage.
- Ce modulateur se compose d’une cuve transparente remplie de kérosène et comportant à une extrémité un cristal de quartz.
- Ce dernier est mis en vibration par la fréquence porteuse modulée de l’émission de télévision, dont la moyenne est égale à la fréquence propre de ce cristal.
- De chaque côté de la cuve une lentille est fixée, et le faisceau lumineux traverse le système dans une direction transversale à celle des ondes ultra-sonores. On obtient finalement, sur l’écran une image du modulateur illuminé, dont la largeur est égale à celle d’une ligne de l’image à transmettre, et la longueur est définie par la hauteur de la colonne de liquide de la cellule.
- La cellule permet donc de moduler simultanément plusieurs faisceaux de lumière.
- Les ondes ultra-sonores, produites par les vibrations du cristal de quartz, agissent1 sur le liquide de la cuve et se propagent dans celui-ci avec une vitesse bien définie, dépendant de sa nature et de sa température. A la fréquence de 10 mégacycles, la longueur d’onde dans l’eau est de o mm i5 et de o mm i3 dans le kérosène. La variation de vitesse est de 1 pour 100 pour 3° ou 4°.
- Des séries de modulations électriques successives produisent, dans ces conditions, des groupes d’ondes ultra-sonores distincts, correspondant chacun à un effet élémentaire.
- Si l’on considère chaque élément du liquide à une certaine distance du cristal, la portion considérée peut moduler un faisceau de lumière élémentaire, et cette modulation de lumière s’effectue avec un décalage égal au temps nécessaire pour le trajet des ondes ultra-sonores du cristal à ce point.
- L’analyseur optique, placé entre l’écran et le modulateur de lumière, tourne donc à une vitesse telle qu’il suit exac-
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- Analyseur
- Ecran
- d'images
- Cellule ultra-sonore
- Source
- lumineuse
- Analyseu
- de lignes
- Quartz
- Fig. 1. — Dispositif optique du récepteur de télévision Scophony pour j)rojections sur écran.
- tement la vitesse de propagation des ondes ultra-sonores dans le liquide. La cellule emmagasine, en quelque sorte, un certain nombre de modulations successives en les répar-lissant dans l’espace.
- On peut alors utiliser plusieurs pinceaux lumineux pour explorer et détecter simultanément ces modulations. Une partie des lignes de chaque image représentant environ 200 éléments peut être transmise en même temps ; on obtiendrait alors une augmentation de lumière considérable, de l’ordre de 200 fois.
- La puissance électrique nécessaire est extrêmement faible, elle est normalement de l’ordre de 5 à 10 w, alors que pour une cellule de Kerr le même résultat exigerait une puissance électrique cl’un kilowatt.
- Dans le récepteur normal, produisant des images de 5o cm x 60 cm, la source de lumièi'e modulée est constituée par une lampe à vapeur de mercure à très haute pression, ayant ainsi une forme allongée particulièrement favorable. Cette lampe est alimentée par un courant continu cl’une tension d’environ 80 v et d’une intensité de 3 A 1/2. Sa consommation ne dépasse pas 3oo w (fig. 1).
- Le faisceau lumineux traverse le modulateur de lumière et se réfléchit sur une roue polygonale en acier inoxydable constituant un analyseur à grande vitesse pour le balayage de lignes, puis frappe un analyseur à faible vitesse de rotation, analyseur d’images ou de cadrage. Il traverse enfin un objectif qui le concentre sur l’écran de projection de 5o cm sur Go cm.
- La lampe amplificatrice à haute fréquence est reliée au cristal de quartz, et le courant de sortie du récepteur de vision est transmis au circuit du modulateur de lumière.
- La petite roue polygonale à miroirs du balayage désignés est entraînée par un moteur à vitesse synchrone tournant à 3o.375 tours par minute, particulièrement bien équilibré, et monté sur roulements à billes. Il est du type asynchrone synchronisé; une partie asynchrone amène rapidement le rotor à la vitesse désirée et l’autre partie est1 constituée par un moteur synchrone auquel sont appliqués les signaux de synchronisation amplifiés par le récepteur de vision.
- L’analyseur d’images à 12 miroirs est actionné par un moteur synchrone tournant à i.5oo tours par minute et communiquant finalement par un jeu d’engrenages une vitesse de 25o tours par minute au tambour à miroirs.
- Le courant alternatif d’alimentation du moteur est obtenu en amplifiant les impulsions de synchronisation d’images provenant du récepteur de vision.
- Il existe également un modèle pour projections de 1 m 5o sur 1 m 80 sur écran plan transparent, pour salle de 5oo à 750 spectateurs.
- La source de lumière est un arc de cinéma ou une lampe à vapeur de mercure à haute pression. Le projecteur de télévision ressemble à un appareil de projection cinématographique ordinaire.
- LE TRANSMETTEUR UNIVERSEL DE FILMS
- Sur le même principe, un transmetteur de télécinématographie permet des transmissions d’images sur film, quels que soient le format du film et le standard d’analyse adopté.
- Grâce à une source lumineuse et à une fenêtre carrée éclairée, on forme sur le film, au moyen d’un système optique sphéro-cylindrique, et par l’intermédiaire de deux roues polygonales à miroirs disposées à angle droit, un spot mobile de balayage.
- Le balayage Arertical est produit' partiellement par un tambour à vitesse lente, et, partiellement, par le déplacement du film d’un mouvement continu en sens opposé (fig. 2).
- Finalement, le pinceau lumineux mobile qui a traversé le film vient tomber sur un autre système optique sphèro-cylindrique, et forme une image fixe sur la cathode d’une cellule photo-électrique à multiplication électronique.
- Le balayage à lignes contiguës est obtenu en choisissant une fréquence de lignes multiple exact de la fréquence de balayage de l’image. Si cette fréquence est un multiple impair de la moitié de la fréquence de balayage de l’image, l’analyse est à ligne intercalées.
- La fréquence de lignes est déterminée par le générateur synchronisalcur ; la fréquence d’images est de 5o en utilisant l’analyseur à faible vitesse et de 25 en le maintenant au l’epos. Le transmetteur est ainsi utilisable pour le balayage entrelacé ou successif, de 5o ou 26 images par seconde.
- En changeant' la « fenêtre », on peut modifier le standard d’analyse; l’ouverture de la source lumineuse est rectangulaire et de dimensions réglables.
- Le moteur de l’analyseur de lignes est actionné par un
- Fig. 2. — Disposition schématique de l’analyseur universel . Scophony.
- Analyseur à grande ' vitesse
- duree lumineuse Fente carrée
- Ç Film
- Lentille cylindrique
- Lentille^ J
- cylindrique Réflecteur /
- f I
- Analyseur a faible vitesse
- Lentille
- cylindrique
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- amplificateur à lampes dont la fréquence correspond à la fréquence de lignes produite sous forme sinusoïdale par le générateur synchronisatcur. Il consiste en une roue phonique accordée pour résonner à la fréquence de lignes et reliée directement au circuit de plaques d’une paire de lampes de 60 w montées en parallèle et fonctionnant en classe C.
- Le courant, continu traverse également le bobinage de la roue phonique, de façon à empêcher une inversion du flux magnétique; un moteur auxiliaire monté sur l’arbre du premier moteur l’entraîne jusqu’à la vitesse de synchronisme.
- La précision du pinceau lumineux serait si grande qu’on pourrait obtenir une image de 800 lignes, et la quantité de lumière venant frapper la cellule photo-électrique serait d’environ o,oùo5 lumens. Cette cellule est du type à multiplication électronique, elle envoie un courant de o v 01 à
- ...... .. ..............307 =
- l’amplificateur, dont la réponse de fréquence est satisfaisante de o à 2,5 mégacycles.
- Signalons enfin un générateur régulateur de synchronisation de signaux tout à fait particulier et transmettant les impulsions de cadrage avec une absolue précision.
- Ce dispositif est constitué par un disque denté sur sa périphérie et tournant entre deux anneaux de stator également dentés. On utilise le changement de capacité qui se produit entre les stators quand le rotor tourne.
- La denture est exécutée avec une machine à diviser très exacte donnant une précision de 6 u. Le nombre considérable des dents, l’emploi d’un système électrique équilibré supprime les risques de variation ; la variation maximum observée est de moins de 2 cycles par seconde, à la fréquence de 10.125 cycles-seconde.
- P. I'IÉMARDINQUER.
- L'HISTOIRE DES FUSÉES
- Avant l'application du moteur à réaction aux randonnées inter-astrales, bien des domaines pourraient exploiter.avec profit ses merveilleuses qualités.
- Avons-nous besoin de souligner que le moteur-fusée constitue le seul procédé pouvant permettre, pratiquement, de dépasser dans un très proche avenir la vitesse du son, de fonctionner dans une atmosphère raréfiée, voire dans le vide absolu. En outre c’est le seul appareil dont le mouvement soit indépendant du milieu ambiant.
- Pour le vol à haute altitude, ces diverses qualités font du moteur-fusée un concurrent sérieux de l’avion, car pour celui-ci, la présence de P atmosphère constitue un élément indispensable à la sustentation de l’appareil et à l’alimentation du moteur.
- Dans la présente étude, nous ne parlerons ni des fusées paragrêles, ni des fusées d’artifices, plus ancien-
- Fig. 1. — Oiseau et lapins réactifs de Fontana en 1420.
- Fig. 2. — Véhicule à réaction cle Fontana en 1420.
- nés, que l’on emploie couramment, de nos jours au cours des réjouissances populaires. Nous laisserons également, de côté les fusées lance-amarres, et les fusées lumineuses utilisées pour les prises de vue, pour la signalisation, ou pour l’éclairement des positions ennemies.
- Nous passerons d’abord en revue l’histoire des fusées pour examiner plus en détail dans un prochain article les fusées postales, les fusées météorologiques, deux applications nouvelles du moteur à réaction et les fusées de guerre, qui semblent sur le point de reprendre une place prépondérante dans la science de la balistique dirigée.
- HISTORIQUE
- Il est toujours instructif de jeter un coup d’œil sui Le passé. Cet examen nous invite toujours à la modestie ; la plupart des inventions « modernes » ne sont en réalité que des perfectionnements apportés à des inventions fort anciennes.
- Le principe du moteur à réaction, que d’aucuns croient récent, se retrouve 120 ans av. J.-C. dans la turbine purement réactive appelée « éolipyle », dont Héron était l’inventeur.
- La « fusée volante » remonte à des temps immémo-
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- Fig. 3. — Artificier lançant des baguettes d’après le R. P. Leurechon (1625).
- riaux et il est bien difficile de déterminer avec exactitude la date de son apparition. Ce qui est certain, c’est que les fusées incendiaires et les fusées d’artifices existaient il y a des milliers d’années aux Indes et en Chine sous le nom d’esprit caché. Nous les retrouvons à Milan en l’an 3gg de notre ère, et au vu® siècle leur usage pénètre en Grèce. Vers la meme époque, les Byzantins les emploient sous le nom de fusées ailées, pour projeter le feu grégeois.
- Vers 88o, Léon le Philosophe, confectionnait en grand secret des fusées, et au x® siècle Marcus Grae-
- cus confirme l’existence des fusées volantes bien avant son époque. Puis Roger Bacon en 1260 et Albert le Grand en 1266 nous laissent des conseils pour la fabrication des fusées.
- Dès ces époques reculées, les fusées n’étaient pas de simples objets d’amusements, elles étaient employées sur les champs de bataille en qualité d’engins incendiaires.
- Le document le plus ancien à cet égard, pour l’Europe occidentale, date de 1379, et nous apprend que les Padouans se servirent de fusées contre la ville de Mestre. Un autre document de i38i précise qu’en Asie, suivant un usage déjà ancien, on adaptait la fusée à une flèche pour accroître sa portée, d’où leur appellation encore usitée de flèche de feu.
- En France, l’usage des fusées de guerre ne prend naissance qu’au début du xv® siècle si l’on en juge d’après certains comptes de plusieurs villes, dont les plus anciens datent des années i4i8 et 1419-
- En 1420, Joanes Fontana décrit et môme esquisse les applications des fusées aux torpilles et aux navires.
- En i449, on lance des fusées contre Pont-Audemer défendu par les Anglais, l’incendie provoqué fournit à Jean Dunois l’occasion de pénétrer dans la ville.
- Les ouvrages de l’époque sont pour nous une source précieuse de renseignements sur l’emploi et le pouvoir destructeur des fusées. Leur lancement s’effectuait généralement d’un chevalet monté sur trois ou quatre pieds au-dessus duquel on disposait une tringle de bois pouvant prendre diverses inclinaisons, ou encore on maintenait la fusée par deux anneaux fixés au chevalet à l’aide de cordons.
- Les fusées de guerre étaient le plus souvent employées lors de l’attaque des places, pour provoquer l’incendie des constructions de bois, plus rarement sur les champs de batailles où par suite de leur manque
- Fig. 4. — Fusée gigogne, d’après le Dictionnaire des Sciences (1625).
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- Fig. 8. — Châssis de lancement des fusées, d’après le Dictionnaire des Sciences, 1628.
- total de précision, elles produisaient plus de surprise que de mal. Elles n’étaient vraiment efficaces que contre la cavalerie, parce qu’elles effrayaient beaucoup les chevaux.
- En 1547, R. V. Solms nous donne une description détaillée de la première fusée à parachute, et en i65o Casimiro Siemienowicz préconise les fusées gigognes ou composées, dont — soit dit en passant, — certains « astronautes » contemporains se disputent l’idée, pourtant vieille de près de 3oo ans.
- Malgré l’application par Frézier, en 1707, d’ailettes stabilisatrices aux fusées, et la suppression de baguettes seul moyen existant jusqu’alors, l’emploi de fusées de guerre en Europe, en tant qu'auxiliaires de combats semble de plus en plus abandonné, mais trouve des applications inattendues dans les domaines les plus divers.
- Ainsi nous les voyons employées durant le xvn® et xvm0 siècle au cours de grandes chasses pour la dispersion des troupeaux d’animaux sauvages, et en 1786 l’Allemand Bergschleter les propose pour la signalisation.
- Si en Europe la fusée de guerre se voyait délaissée, il n’en était pas de même en Asie. Aux Indes notam-
- ment Haïder-Ali, en 1766, constitua un corps de fuséens composé de 1.200 hommes. Son fils Tippo-Saëb, en 1782, porta ce nombre à 5.000 hommes. L’armée se servait, pour le combat contre les Anglais, de tubes de bambou de 3 à 6 kgr, accrochés à des bâtons longs de 2 m 5o. Ces fusées étaient employées lors du siège de Seringapatam en 1799, où Tippo-Saëb trouva la mort.
- Le général anglais Congrève qui prit part au combat, fit profiler son pays, quelques années plus tard, de l’expérience des fuséens hindous.
- Il semblerait pourtant à en croire certains documents conservés à la bibliothèque d’Odessa, que l’honneur d’avoir introduit à nouveau en Europe la fusée de guerre et d’avoir augmenté sa précision de tir, reviendrait à un officier français, Prévôt, mort en 1798, à Sébastopol. A ce propos nous lisons dans les Mémoires de Ségur : « ... il fabriqua pour lui des fusées remplies d’une sorte de feu grégeois liquide et inextinguible. Ces fusées étaient percées de plusieurs trous qu’on bouchait avec de la cire. On y suspendait plusieurs fils de fer armés de crochets aigus... ces mêmes fusées lancées dans les agrès d’un vaisseau ennemi, s’y attachaient et versaient des torrents d’une flamme que rien ne pouvait éteindre... » et sous la signature du Prince de Nassau — créateur de fusées sous-marines — nous lisons : « ... les fusées de guerre ont fait beaucoup de mal à l’ennemi en désorganisant sa flotte et en brûlant ses vaisseaux... l’invention de M. Prévôt est d’une grande importance ! ».
- Fig. 6. — 1-2. Le châssis de lancement et la fusée (xvie s.) ;
- 3. Fusées de Congrève (1804) ; 4. Fusées de signalisation ; 8. Fusées allemandes (xixe s.) ; 6-7. Fusée de Haie r1846) ; 8. Fusée de Haie de 73 livres (1861) ; 9. Fusée géante de Congrève ; 10. Châssis de lancement français ; 11-12. Châssis
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- Fig. 1. — Effet produit sur les palissades par des fusées à la Congrève.
- Si nous ne pouvons accorder à Congrève le mérite d’avoir réintroduit la fusée de guerre en Europe, nous devons toutefois reconnaître qu’il a été le premier à l’employer d’une façon vraiment efficace en constituant un corps spécial appelé Rocket corps.
- Ce n’est qu’en i8o4, que W. Congrève inventa à Woolwich la fameuse fusée à laquelle il doit sa célébrité C), et dont la portée varie entre i.35o m et 2.4oo m.
- Elle fut essayée pour la première fois par les Anglais en 1806 au siège de Boulogne. Deux cents fusées furent lancées, provoquant de nombreux incendies ; puis un an plus tard, contre Copenhague, où ils utilisèrent des fusées de 10, 20, 3o, 4o livres.
- Devant les résultats obtenus, toutes les armées s’empressèrent d’adopter et de perfectionner les fusées, on vit se constituer des unités spécialisées dans le maniement de ces engins. Ils sont employés à Goerde, près de Lunebourg, au bombardement de Flessingue, à l’attaque de l’île d’Aix en 1809 par l’amiral Croc-kram, et en 18 x 3 à la bataille de Leipzig où l’armée prussienne comptait un escadron de fuséens, puis en i8i5 à Waterloo et en 18x6 au bombardement d’Alger. La portée était de 2.700 m pour les fusées de 6 livres 5 ; 2.000 m pour celles de 9 livres et 1.800 m pour les fusées de 22 livres 5. Le calibre normal était de 5 à 8 cm, Congrève le porta plus tard à 12 cm.
- La fusée dite « à la Congrève» se perfectionnait à l’usage. Le Hollandais Choumaher (1819) pratique un canal central pour faciliter la combustion de la poudre, et l’Américain Haie propose de la doter d’un mouvement giratoire pour accroître sa stabilité.
- En i84o, Naundorff (le faux Dauphin) traite avec le gouvernement néerlandais un marché relatif aux projectiles de guerre propulsés par réaction, dont il est l’inventeur. L’usage des fusées s’est rapidement
- i. La fusée dite « à la Congrève » était constituée d’un tube en carton couvert de tôle, avec un bout de fer, chargée de mitraille et munie d’une mèche inextinguible.
- étendu en Europe. En i848 nous les voyons utilisées par les Autrichiens, les Italiens, les Hongrois.
- Enfin les artificiers de Napoléon III lancèrent, au siège de Sébastopol, des fusées chargées de 80 livres de poudi’e, d’un rayon d’action de 5’ à 7 km ; cette portée était considérable, si nous la compai’ons à celle des fusées russes, qui à la même époque n’atteignaient que 4 km. Leur pouvoir de destruction n’était pas à dédaigner si nous en croyons les nombreux écrits du général Konstantinoff, qui vers la fin du siècle dernier fit d’intéi’essantes recherches sur les fusées.
- Après l’invention du canon rayé et l’introduction de la poudi’e sans fumée, la portée et la précision du tir d’artillerie s’accrut et surpassa de beaucoup celle des fusées de guerre. Aussi, vers la fin du xix® siècle, voit-on disparaître les régiments de fuséens.
- Cependant les Allemands les utilisent encore pendant la guerre de 1870. En i885, les Anglais emploient les fusées de 7 livi'es 5, d’une portée de 1.000 m, pour leurs opérations coloniales.
- Parallèlement à l’évolution des fusées de guerre, l’on vit aussi quelques applications moins meurtrières. Ainsi au xix® siècle on les voit employer avec succès pour lancer, d’un navii’e, une amarre sur le rivage. En i865, Buisson prend un brevet visant l’application des fusées comme système propulseur pour navires et appai’eils volants. Le système, très ingénieux, se composait de deux cylindres dans lesquels à tour de rôle brûlait le combustible et dont les pi’oduits s’échappaient par une ouverture variable à volonté.
- Vers la fin du siècle dernier, Amédée Denis en France et L. Rohrmann en Allemagne inventèrent les fusées pour la photographie et, détail intéressant, la position de l’appareil de prise de vues était maintenue à l’aide d’un gyroscope.
- Au début du xxe siècle, le Suisse baron von Unge entreprit une série d expériences sur les fusées-torpilles, mais dut les abandonner pour les mêmes raisons que ses prédécesseurs.
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- Fig. 8. — Mise en place de la première fusée Oberth à combustible liquide.
- En 1905-1907, le Norvégien Birkeland effectue d’intéressantes recherches non seulement sur les fusées à poudre mais également sur celles fonctionnant avec l’hydrogène et l’oxygène liquide et démontre la possibilité de la propulsion de la fusée dans le vide.
- En 1912, M. Pomortseff fit d’intéressants travaux sur les fusées pneumatiques qui, à sa mort, furent perfectionnées par Ria-bouchinskv.
- La grande guerre vit une nouvelle activité des fuséens, mais ces derniers avaient un rôle bien déterminé à accomplir, peut-être moins éclatant que celui de leurs prédécesseurs, mais non moins utile assurément.
- Outre les recherches de Maurice Leblanc, qui étudia, en collaboration avec les services techniques de l’artillerie, l’utilisation dtes fusées de guerre, nous citerons le lieutenant Yves Le Prieur, qui les employa avec profit pour la destruction des ballons ennemis. Ruggieri assurait la fabrication de ces fusées qui comportaient environ 200 gr de poudre noire. Leur caractéristique résidait dans la partie supérieure en bois pourvue d’une lame de couteau triangulaire.
- Disposées sur les mâts des voilures des avions, les fusées étaient lancées, grâce à un allumage électrique commandé du poste de pilotage. Le tir s’effectuait avec précision d’une distance de 200 m.
- Le 25 mai 1916, Ch. Nungesser et cinq autres as de l’aviation contribuèrent efficacement à la reprise de Douaumont en incendiant les a saucisses » sur un front de 25 km, privant ainsi l’Etat-major ennemi, et surtout l’artillerie de précieux renseignements.
- Parmi les prototypes des fusées expérimentées pendant la grande guerre, nous pouvons encore citer celles de Robert et Sauereau du Parc et les essais au banc très intéressants du « propulseur-trompe » de l’ingénieur H. Mélot. Celui-ci continue à étudier et perfectionner cet appareil qui pourrait trouver un heureux emploi sur les avions.
- Les premières recherches systématiques furent entreprises un peu avant 1914 par le professeur américain Goddard, qui ne les publia qu’en 1919. Ce qui est à retenir de ses intéressantes expériences, c’est l’obtention d’un coefficient d’utilisation très élevé, près de 64 pour 100. Il démontra en outre que le rendement de la fusée dans le vide est 20 pour 100 plus élevé que dans l’air. Ses travaux actuels visent surtout le perfectionnement des fusées à liquide et leur stabilité. En 1935, l’une dalles parvint à 2.800 m d’altitude et franchit une distance de 4 km (La Nature du i5 juillet 1936).
- En 1924, le professeur roumain H. Oberth entreprit en Allemagne des essais sur les fusées également à
- Fig. 9. — Présentation de fusées à poudre par son inventeur Tùing.
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- Fig. 10. — Les différents modèles de fusées Tiling (fusées se transformant en planeur, fusées à descente parachutée, etc.), en médaillon l'inventeur.
- liquides, et effectua en collaboration avec Nebel et Rie-del, de nombreux lancers de fusées. Il faut reconnaître que la majorité d’entre eux ne furent guère satisfaisants.
- En 1928-1929, Max Valier — tué au cours d’une expérience malheureuse — appliqua les fusées à pom dre pour la propulsion des voilures, wagonnets^ planeurs, canots, etc., sans pourtant y apporter un perfectionnement notable. Le rendement des véhicules ainsi mis en mouvement, était inférieur à 1 pour 100.
- En 1931, F. Schmiedl effectue des essais sur des fusées postales par tous les temps et à des heures fixes.
- Sa fusée constniite en laiton et aluminium, d’un poids à vide de 7 kgr, de 1 m 70 de haut sur 24 mm 5 de diamètre pouvait contenir 33o lettres et cartes postales. La portée atteinte régulièrement et avec précision était de 3 à 4 km.
- En 1933, l’Allemand R. Tiling entreprit des essais méthodiques sur les fusées à poudre de son invention, auxquelles il fit atteindre une portée de 18 km et un tir zénital de 8 km. En 1933, il trouva la mort au cours d’un essai en laboratoire.
- Enfin parmi les praticiens français, nous pouvons citer Louis Damblanc qui, depuis 1935, poursuit des expériences sur les fusées à poudre. Ces expériences lui ont permis d’établir une balistique expérimentale d’une importance indéniable, et d’effectuer des mesures sur la vitesse de propagation de la chaleur développée au cours de la combustion de la poudre. En 1938, il procéda au lancer d’une fusée. Les résultats obtenus furent des plus encourageants.
- *
- * *
- Le moteur à réaction, à combustible solide ou liquide, peut prétendre à des applications nombreuses et variées.
- Pour l’instant il serait quelque peu audacieux d’envisager la réalisation d’un astronef pour voyages interplanétaires et intersidéraux ; l’idée n’est pas chimérique, mais nous ne pouvons songer à la mettre en pratique avec les moyens précaires actuellement en notre pouvoir. L’astronautique (voir La Nature du i5 juillet 1930), n’est pas une utopie, elle viendra en son temps, mais il faut auparavant franchir des étapes plus modestes, mais non moins intéressantes.
- Pour l’instant, la poste et la météorologie sont surtout à considérer. Les progrès qui résulteront de ces applications pacifiques ne manqueront pas, il est vrai, d’être utilisés pour des buts plus meurtriers ; et il faut s’attendre à voir renaître la fusée de guerre, avec les propriétés qui en feront peut-être la plus terrible des armes modernes.
- Dans notre prochain article, nous examinerons où en sont les recherches et quels sont les progrès acquis dans la technique des fusées à poudre et à liquides qui justifient les espoirs des partisans de ce mode de propulsion, si vieux et si jeune tout à la fois.
- Alexandre Ananoff.
- Lauréat de la Société astronomique de France. Fondateur
- du groupement astronautique Français.
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- VERRES PONCTUELS
- Les verres ordinaires de lunetterie, habituellement dénommés verres plats, ont l’inconvénient de donner des images fortement entachées d’astigmatisme lorsque l’œil utilise leur partie marginale. L’emploi de la totalité de la surface du verre correcteur est cependant' indispensable, en relation avec la mobilité de l’œil dans l’orbite, si l’on veut éviter au porteur de lunettes des mouvements de la tête incessants et fatigants.
- On appelle verres ponctuels, des verres procurant, pour toutes les inclinaisons du rayon visuel, des images dépourvues d’astigmatisme et assurant ainsi, à l’œil corrigé, la même souplesse de fonctionnement qu’à l’œil emmétrope.
- Bien que l’on signale dès le xvne siècle des apparitions isolées de verres en forme de ménisques, c’est' Wollaston qui, le premier, recommanda en i8o3 dans le Philosophical Magazine, l’emploi de verres correcteurs cambrés, qu’il appela « périscopiques ».
- Les frères Dollond fabriquèrent ces verres, dont la cambrure était considérable, ce qui nuisit certainement à leur succès. Cependant, en i8i3, Biot en entretenait l’Académie des Sciences et s’en déclarait très satisfait, après les avoir essayés pendant plusieurs mois. Il fit d’ailleurs fabriquer par l’opticien Cauchois des verres de ce genre.
- Durant le cours du xix® siècle, les ophtalmologistes, dans des traités ou des revues, leur consacrèrent quelques lignes, mais sans appeler spécialement l’attention sur leur propriété essentielle (Nagél, Landolt, Donders, Badal).
- En 1889, l’oculiste français Oshvalt fît la première étude sérieuse des verres cambrés, dans son ouvrage : Des verres périscopiques et de leurs avantages pour les myopes. Il présenta ses résultats au Congrès international d’ophtalmologie d’Utrecht en 1889. Après s’être occupé uniquement des verres divergents, il reconnut que les verres convergents pouvaient bénéficier des mêmes avantages et publia un travail à ce sujet dans la Revue générale d’Ophtalmologie en 1900.
- Le Dr Tscherning, directeur adjoint du laboratoire d’optique physiologique à la Sorbonne, fit à son tour sur la question, plusieurs communications à la Société française d'Ophtalmologie en 1905. Il présenta ses calculs sous une forme devenue classique, avec la célèbre ellipse qui représente graphiquement la solution du problème (fig. 2).
- Oslwalt avait, dans ses calculs, fait une erreur touchant la position apparente de l’œil muni de son verre correcteur; Tscherning avait considéré ce verre comme infiniment mince. Von Rolir, en 1910, mit définitivement au point' la question et donna, en hommage aux pionniers, les noms de « verres de Wollaston » et « verres d’Ostwalt » aux formes, plus ou moins cambrées, données par chacune des branches de la courbe de Tscherning.
- Nous exposerons brièvement l’essentiel de la théorie :
- soit un verre correcteur placé devant l’œil, à une distance —
- du centre de rotation de celui-ci. Soient r1 et r3 ses rayons de courbure, n l’indice de réfraction (fig. 1). Les calculs sont généralement effectués en prenant pour inconnue : soit la
- cambrure du verre, y = ~ [-^—b~—], soit la puissance
- de la surface postérieure :
- 1 — n '•3
- Nous adopterons cette seconde manière, en nous basant sur l’élude de M. Necloux parue dans la Revue d’optique d’avril 1926. Posons :
- n — 1 1 — n
- wi — -------. —--------
- ri 13
- Si le verre est infiniment mince, sa puissance est égale à :
- *— -TS---ta | —J— Tû 3
- Avec la même hypothèse, la condition d’annulation de l’astigmatisme est :
- où Qp est l’invariant paraxial relatif aux pupilles :
- (p et p' étant les abscisses pupillaires par rapport au diopt're de rayon r), et x l’abscisse du point objet.
- Effectuant le calcul pour chacune des surfaces et sommant, il vient, après des transformations élémentaires, la condition suivante de suppression de l’astigmatisme :
- xa\(n -f- 2) + UT3[2(n2 — 1 )D — m{n + 2)]
- -}- nra% — 2[n — i)nD -f- nin — i)2U2 = o
- Cette équation du second degré donne, pour toute valeur de t0 comprise entre deux limites (correspondant à l’annulation du discriminant), 2 valeurs de t03 conduisant à 2 types de verres stigmatiques, le genre Wollaston, le plus cambré, et le genre Ostvvalt. C’est ce dernier qui est utilisé dans la pratique.
- Le verre de lunetterie a pour indice de réfraction i,523. En admettant que le centre de rotation de l’œil soit situé à i4 mm de la cornée et celle-ci à i3 mm du verre correcteur, on trouve, en portant ces valeurs dans l’équation précédente, que le discriminant de celle-ci s’annule pour les valeurs suivantes de w • + 7.14 et — 22.97 dioptries.
- Donc, pratiquement, tous les verres divergents peuvent être corrigés de l’astigmatisme. En ce qui concerne les verres convergents de puissance supérieure à 7 dioptries, on peut : soit adopter la cambrure donnant le minimum d’astigmatisme, soit recourir à l’emploi des surfaces déformées, dont la fabrication est délicate et onéreuse.
- Nous avons précisé que les calculs précédents étaient basés sur l’assimilation du verre correcteur à une lentille infiniment mince.
- Fig. 1. — La théorie des verres correcteurs.
- mz =
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- Fig. 2. — L’ellipse de Tscherning.
- L’introduction de l’épaisseur indispensable, notable surtout dans les verres convergents, et la nécessité de réaliser les verres de lunetterie en puissance frontale (inverse de la distance en mètres du foyer image à la surface postérieure), obligent à des retouches par calculs trigonométriques, permettant d’éliminer totalement l’astigmatisme dans les images données par le verre définitif.
- Tous ces calculs conduisent à des rayons de courbure variables d’un verre à l’autre, ce qui nécessite la mise sur pied d’un outillage considérable.
- Ainsi, les verres ponctuels français « Stigmal », fabriqués suivant les principes énoncés précédemment, s’exécutent en toutes puissances sphériques ou sphéro-toriques. Ceci représente plus de 3.25o verres différents, donc plus de (i.5oo courbures et comme deux outils par courbure sont nécessaires (douci et poli) on se rend aisément compte que seule unë puissante maison peut' établir un tel outillage, sans recourir aux compromis qui permettent de réduire le nombre des courbures au détriment de la correction rigoureuse de l’astigmatisme.
- D’autre part, on aura une idée de l’importance des stocks permettant de répondre immédiatement à la demande de n’importe quel verre, lorsque nous dirons que ces verres ponctuels sont fabriqués dans deux matières différentes :
- i° dans le crown Phylax, renfermant des oxydes de terres rares, ce qui le rend absorbant pour les rayons ultra-violets et infra-rouges. Le verre ponctuel, appelé alors « Stigmal », est à la fois correcteur et protecteur ;
- 2° dans le crown extra-blanc, de même indice que le Phylax. Le verre ponctuel est alors dénommé « Leuco-stig-mal ».
- Naturellement, le verre donnant des images ponctuelles est avantageusement utilisé dans les autres combinaisons nécessitées par la correction de la vue. En particulier, il est pour ainsi dire indispensable que les verres bifocaux soient réalisés sous cette forme, puisque la partie utilisée pour la vision de près occupe une position excentrée.
- L. Poichet, Ingénieur E. S. 0.
- = DU DESSIN ANIMÉ A LA PLASTIQUE ANIMÉE =
- DESSIN ANIMÉ, FANTOCHES ARTICULÉS, MARIONNETTES, PERSONNAGES EN MATIÈRE PLASTIQUE
- L’article général que La Nature a publié sur le dessin animé (x) nous a valu maintes lettres qui nous prouvent l’intérêt soulevé par ces problèmes ; une revue cinématographique, spécialisée elle-même, ne pourrait donner place aux réponses nécessaires. Cependant, nous ajouterons quelques détails au sujet principal du dessin animé : l’animation.
- QUELQUES PROBLÈMES TECHNIQUES DU DESSIN ANIMÉ
- On sait que, par raison d’économie, le format du « transparent » employé en dessin animé est assez réduit (18 x 24 cm) ; les Etats-Unis emploient une matière française excellente, le Rodophace KC (Rhône-Poulenc), qui laisse passer facilement la lumière et dont l’épaisseur (o mm 12 env.) est constante et qui supporte trois lavages dans un bain acide, ce qui permet de l’utiliser quatre fois. Le Rodophace est aussi employé en France, par « Les Gémeaux » dirigés par Paul Grimault ; mais les studios américains les plus adroits ont accepté ce que l’on proposait depuis longtemps, pour augmenter au maximum la qualité du dessin : une table d’agrandissement, dont le système
- t. La Nature, 1er octobre 1938, n° 3034.
- optique est constitué par une forte lentille bi-cylindri-que de forme rectangulaire qui ne déforme pas et qui est montée sur un pont roulant (fîg. 1). Le dessinateur exécute son tracé avec plus de précision, en diminuant le rapport entre le dessin et l’écran ; ainsi, au lieu d’avoir 1 : 100 on a xo ou i5 : 100. Ce détail est extrêmement important ; le spectateur a pu observer dans Blanche-Neige une vibration continuelle du trait ; elle était supérieure à celle d’un dessin animé français techniquement mauvais, mais dessiné sur un format 36 x 48 cm. Cette table procure les mêmes avantages que le travail sur grand format, mais sans
- Fig. 1. — Table d’agrandissement
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- en avoir les inconvénients ; elle a été signalée d’ailleurs à la Société d’ophtalmologie, par le Dr Mawas, directeur du Laboratoire ophtalmologique du Collège de France.
- Pour ce qui est de la prise de vues, toujours gênée par des reflets, on voit se généraliser l’usage d’écrans polarisants qui éliminent les effets de la lumière réfléchie en laissant intact l’éclairage en lumière diffuse. On trouve dans le commerce deux types d’écrans : le Polar, de Eastman-Kodak, et le Herotar, de Zeiss.
- Pour ce qui est de l’animation, il semble utile de signaler une table excellente, réalisée par Marcel Reychman qui est à la fois un technicien de premier ordre et un cinéaste précis ; il s’agit d’une échelle de décroissance qui, adroitement employée, peut résoudre maints problèmes de perspective dans les mouvements complexes qui doivent donner l’illusion d’un objet se déplaçant du premier plan vers l’infini. Les dimensions dans les différents plans peuvent être déterminées à l’aide de cette simple échelle, toutes les fois qu’un objet se meut dans l’espace suivant une trajectoire déterminée (ou, plus empiriquement, suivant le besoin). Pour simplifier, prenons par exemple une sphère (fig. 2), dont on pourrait d’ailleurs se servir pour trouver les dimensions principales d’un personnage. Pour obtenir son diamètre en un point quelconque de sa trajectoire en plan, on trace un horizontale OA passant par le centre O de la sphère ; cette horizontale coupe sur l’échelle de décroissance la dimension du rayon de la sphère R. On reporte verticalement le centre O en O' et le rayon R sur la trajectoire en perspective.
- Pour un mouvement continu dans l’espace le nombre d’images généralement nécessaire est obtenu en prenant pour centres successifs de la sphère l’intersection de sa trajectoire avec le contour apparent du cercle précédent. Sur la figure 2, la trajectoire de la sphère dans l’espace est une courbe gauche.
- Il est évident que le même principe peut être appliqué aux sujets se déplaçant dans un plan.
- Cette échelle de décroissance peut être utilisée pour calculer correctement les dimensions principales des objets en mouvement dans le cas des « plastiques animés » que nous verrons plus loin. Nous avons supposé une « sphère » et l’échelle qui s’y rapporte, car il nous a semblé qu’on peut y inscrire les dimensions essentielles des objets qu’on veut représenter (par exemple : le diamètre de la sphère sera équivalent à la taille d’un personnage), ou bien utiliser le rayon de sa largeur.
- Dans le même ordre d’idées, on peut utiliser la courbe de grandissement (fig. 3) imaginée, elle aussi, par Reychman, pour obtenir le mouvement d’un objet se déplaçant d’un plan très éloigné vers le premier plan et suivi en travelling. Par exemple, pour nous limiter à des figures simples : un obus
- Fig. 2. — Les problèmes de perspective.
- L’échelle de décroissance de M. Reychman et son emploi.
- interplanétaire allant de la terre au soleil. Une dimension de l’objet (longueur de l’obus dans le cas présent) est donnée par le segment d’horizontale compris entre la courbe AB et l’axe vertical. Les autres dimensions sont proportionnelles et sont fonction de cette dimen-
- Fig. 3. — Les problèmes de perspective.
- La courbe de grandissement de M. Reychman.
- Courbe grandissement
- “rovciling
- Coeffici*nC de* diihancev 6
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- s i o n (diamètre, etc.). A la prise de vues, les déplacements du fond de travelling, d’image e n image, sont donnés par les segments d e l’axe vertical délimités par les parallèles successives, multipliés par un coefficient qui dépend de la distance supposée entre les deux extrêmes .
- [Par exemple longueur d e l’image 36 = ab, longueur de l’image bO = cd.
- Déplacement du fond de tra-. velling entre ces deux ima-g e s (pour 4 images successives) = ac
- x 6 (6 étant le coefficient)].
- On recommande de donner à la technique du dessin animé une base mathématique rigoureuse. De la pré-
- cision des diagrammes et des graphiques obtenus dépend l’effet saisissant obtenu sur l’écran. Walt Disney a réussi des tours de force inouïs dans Blanche-!\eige grâce à des calculs utilisant bien plus les logarithmes que le métronome : la chanson chantée dans le puits par les ondes concentriques de l’eau ; le clignotement de la rosée dans le bois des nains, etc.
- Voici encore (fig. 4) à titre d’exemple un graphique qui permet de rendre l’effet de clignotement d’une étoile : on a recouru à l’allongement et au raccourcissement apparent de ses rayons, en supprimant une image sur deux et naturellement en restant dans les limites de ses dimensions. Cependant, ces variations de « longueur de rayon » ne doivent pas être constantes, ni égales pour toutes les branches de l’étoile ; ainsi, comme on le voit sur la figure 4, le signe 4-correspond (sur la verticale) à l’allongement du rayons tandis que le signe — correspond au raccourcissement proportionnel. L’axe horizontal donne la vitesse des variations ; les chiffres des sommets correspondent aux images successives. A la prise de vues, à la quarantième image, il peut y avoir reprise, selon les nécessités de la séquence..
- Aucune de ces tables n’est indispensable ; un bon dessinateur peut deviner certains des effets cherchés ; mais on ne voit pas l’intérêt d’un travail livré au hasard quand une technique précise permet d’éviter des erreurs et des tâtonnements inuliles, et laisse aux artistes plus de facilités pour orienter leur talent vers des efforts bien plus vivants. Comme Walt Disney, nous souhaitons l’automatisme de la technique du dessin animé : les trois plus grands studios américains sont pourvus de fichiers qui donnent toute une gamme de mouvements, tirés soit des travaux précédents, soit des films normaux ou de documentaires (24 photogrammes par seconde). Le nombre de ces fiches rend impossible la monotonie des acrobaties, des mouvements ou des jeux mimiques, sans compter que, extérieurement, le personnage change ; les fiches qui correspondent aux « gags », par leur nombre incalculable, réussissent à donner constamment l’illusion du nouveau, quoique nous revoyions en couleurs les mêmes boutades qui, il y a 6 ans, nous étaient données en blanc et noir. Si les premiers fichiers sont une source importante d’économies et de simplifications, les seconds sont extrêmement dangereux car on pourrait tomber — si on ne l’est pas déjà — du style dans la manière, et de la fraîcheur dans le fade.
- L’ÉVOLUTION DU DESSIN ANIMÉ
- Fernand Léger a écrit que le dessin animé disparaît doucement pour faire place aux « formes animées en couleurs » ; cette affirmation, prise à la lettre, est inexacte ; mais il est indiscutable que le dessin animé tend à évoluer. La technique du
- Fig. 4. — Graphique de clignotement d’une étoile à 5 branches.
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- « tour de manivelle» ne fait que commencer ; tout le domaine de l'enregistrement « image par image » appelle notre attention, en raison de la lassitude du public pour les « mimes » et les « étoiles ».
- Le schéma ci-dessous peut résumer cette branche de la cinématographie :
- I objets se mouvant
- Tour de manivelle (image par image)
- fantoches
- articulés
- dessin
- animé
- — poupées marionnettes Java
- — ombres chinoises
- Caran d’Ache (‘)
- blanc et noir
- — graphique animé
- — gravure animée
- — en couleur
- , ( — plasliline
- plastique _ {,ire
- \ animée ( _ gomme (« mie de pain »)
- Mouvement des objets. — Le premier « truc », comme disaient nos pères, est extrêmement simple : pendant l’arrêt de la caméra, on déplace l’objet d’environ 1/24 de son déplacement total en une seconde (en pratique le déplacement est de 2/24, car on peut filmer deux images identiques sans inconvénients). Gaumont et Cohl ont donné maintes applications de cette trouvaille ; le premier filma des batailles ; le second, en 1908, créa Les allumettes animées (77 m) que nous avons applaudies 20 ans plus tard dans les courts métrages suédois. C’est Àlexeieff qui a donné à ce genre une véritable allure d’art abstrait.
- Fig. 6. — La poule et le renard, dans le « Roman duRenart » de Starevilch.
- ont admis un fantoche dans des films normaux, Char-lie MacCarthy ; mais, déjà, les Allemands avaient introduit les marionnettes comme partie intégrante du spectacle (L. Harvey) ; Jean Masson a cinématographié Les soldats de plomb ; Bernard Derosne, Les statues de Paris ; Michael Curtiz, encore aux États-Unis, Les masque de cire ; en un mot on a cherché à donner une âme par le mouvement, aux choses inanimées. Même la Marseillaise de Jean Renoir n’a pas dédaigné
- Fantoches articulés. — Les fantoches articulés, que ce soient des poupées, des marionnettes ou des personnages de Guignol, ont des applications plus étendues, attii'antes à tant d’égards. Cohl avait réalisé en 1908 Les frères Boutdebois (90 m) et en 1909 Lilliput (90 m) ; mais le classique du genre « poupée » a été Le nouveau Gulliver de 1935, réalisé par le groupe À. L. Plouchko de la « Mosfilm », avec Sara Mokil, I. Sklut, F. Krasny et Levandowskv. Soit pour le dessin animé, soit pour les fantoches animés, la Russie a déjà une tradition de travail chez L. Starevilch, qui introduisit les deux genres à Moscou dès 1913 et qui a produit à Paris, avec Irène Starevitch, Le Roman de Renart (2.200 m, sonore et parlant, édition L. Nalpas, fïg. 5 et 6). En Italie on a les Fantoches vivants de Paolo Bianchi (35o m, Pasparcolor).
- Les États-Unis, à court de l’essources,
- 1. On connaît l’Epopée napoléonienne de Caran d’Ache ; moins connu est le rôle d’Henri Rivière qui présenta en 1886 au Chat Noir un « théâtre d’ombres » à grand succès. Cependant, l’origine française de cos ombres remonte à 1772 (Versailles, Séraphin). Voir, à ce sujet, la note d’Albert dans La Nature, n° 3036, du 1er novembre 1038.
- Fig. 7. — Une scène de la « Marseillaise » de Jean Renoir (1937) (L’histoire en ombres chinoises).
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- une petite séance d’ombres chinoises, souvenir du Palais Royal (1784) pins encore que Versailles (1772), qui a la saveur d’un dessin animé anachronique à la cour des rois de France (fig. 7).
- On se trouve devant un sujet à trois dimensions qu’on traite selon la technique meme du dessin animé, mais sans souci cette fois du relief, car il existe déjà
- dans la photographie même. Une vertu essentielle de ces genres (marionnettes à fil exclues) est la patience : il faut déplacer à la main chaque détail avec une précision d’orfèvre ; en revanche maints problèmes sont plus simples que dans le dessin animé. Si on n’y rencontre pas de problèmes à trois dimensions puisqu’on a déjà le volume, les graphiques restent cependant utiles si on veut que les déplacements soient corrects : le crayon, le compas et le rapporteur sont donc précieux ici comme en dessin animé.
- Sculpture animée. — Jean Painlevé a eu l’idée de transporter les méthodes du dessin animé dans la « sculpture animée » ; pour cela, ses personnages sont en plastiline coloriée (Barbe-Bleue) (fig. 8 et 9) ; ils sont modelés selon leurs attitudes ou leurs mouvements au fur et à mesure que la caméra en prend les images. Travail de longue haleine, plein d’imprévus, mais dont le succès de curiosité et de goût est indéniable. Des tentatives semblables sont, faites actuellement en Hollande, où l’on emploie une gomme polychrome spécialement traitée (dite « mie de pain », et aussi en Angleterre, avec des sujets en (dre, filmés dans une ambiance surchauffée, qui permet à la cire de conserver un certain degré de ductilité.
- Les poupées. — Cependant ce ne sont là que des solutions ingénieuses et volontairement corsées ; l’ave-
- Fio. D. — Le sculpteur René Bertrand travaillant au décor de a Barbe Bleue ».
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- Fig. 10. — Les marionnettes de Salzbourg devant les « sunlights » (Photo Bernant!).
- nir est bien aux « poupées », maniables, articulées soigneusement, bien équilibrées, bien coloriées, qui donnent une agréable interprétation de la réalité. En France, on a vu un excellent court métrage Alice au pays des merveilles, très bien conçu et exécuté ; il est regrettable qu’on ne puisse le voir, de temps en temps, que dans les salles d’amateurs. Ptouchko et Kadotchnikov nous donnent maintenant Petits, mais braves ; du môme studio devait sortir, en couleurs, Le Renard et le Loup. En profitant de ce que les fils noirs des marionnettes ne sont pas visibles à cause du grain de l’émulsion, on filme maintenant les personnages du théâtre de la Branche de Houx de Jacques Chesnais
- Fig. 11. — Personnages du théâtre de la a Branche de Houx », de Jacques Chesnay.
- (France), les Hohnteiner de Max Jacobs (Allemagne), les pantins de Salzbourg (Autriche), les « gioppetti » du théâtre Girolamo de Milan. Le dessin animé, lui aussi, profite de celte vogue et voici que Walt Disney produit un deuxième long métrage (2.200 m) avec Pinocchio, marionnette en hois de Collodi (Italie). Sans être entièrement décisive, cette orientation du cinéma n’est pas négligeable ; en tout cas, elle ne manque pas de nous donner des spectacles agréables, d’une valeur plastique très sûre, s’approchant plus du véritable cinéma que le cinéma ordinaire, devenu de plus en plus esclave des longueurs de la parole.
- Lo Duc a.
- LE COURANT DIADYNAMIQUE
- De tous temps une des principales préoccupations des médecins a été le soulagement de la douleur. L’électricité sous toutes ses formes a été essayée dans ce but : depuis le poisson torpille des peuples d’Abyssinie, cité par Réaumur au xvm° siècle, depuis l’électricité statique de Nollet, de Bertholon, le courant de Volta, de Galvâni, jusqu’aux ondes courtes des temps modernes, l’électrothérapie antalgique n’a cessé de provoquer
- les recherches les plus variées, preuve que les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des espéi'ances.
- La haute fréquence a donné de grands espoirs, du fait des très fortes intensités qu’elle permet d’appliquer sur le corps humain ; la haute fréquence, en effet, n’a aucune action sur la sensibilité et la motricité et même avec des doses des milliers de fois plus fortes que celles appliquées en courant continu ou en basse fré-
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- quence, elle ne pi’ovoque qu’une sensation de chaleur diffuse et profonde (diathermie). 'Mais' précisément parce qu’elle n’a pas d’action sur la sensibilité, ses possibilités sont très faibles à l’égard du traitement des algies.
- Pourtant de la fin du xix® siècle jusqu’en 1982, la haute fréquence avait une réputation bien assise de médication antalgique. Elle devait cette réputation à l’action parfois calmante de la chaleur et surtout à un important effet de basse fréquence parasite dit « effet de faradisation ». Cet effet était dû aux « trains d’ondes » des anciens appareils à éclateur ; mais, avec les appareils plus récents à lampes, l’intensité applicable augmenta en même temps que disparaissait l’effet de basse fréquence et son action antalgique. En 1982, Loubier et avec lui, les membres de la Société d’électrothérapie reconnurent que la diathermie ne guérit pas toujours la sciatique et qu’elle risque même d’en exarcerber les douleurs si l’on pousse l’intensité jusqu’à la limite de tolérance.
- C’est alors que P. D. Bernard, se rappelant les tra vaux de d’Arsonval, de Mai’ques, de Laquerrière, reprit l’essai des courants de basse fréquence appliqués seuls et non comme parasites accidentels de la haute fréquence. Différentes modalités de courants furent envisagées. D’Arsonval, père de la haute fréquence, avait dit des courants sinusoïdaux de basse fréquence qu’ils constituent « le médicament par excellence de la douleur ». Laquerrière avait montré que ces courants sinusoïdaux sont très supérieurs aux courants faradiques. L’usage ne s’en était pas répandu, faute seulement d’un appareillage approprié.
- Des thérapeutes allemands, utilisant directement le courant alternatif des secteurs dans une technique brutale appelée « torpillage », ont causé des accidents gra-xes, qui ont jeté le discrédit sur la basse fréquence et rendu hésitant son emploi.
- Un des principaux mérites de Bernard a été de réali-
- Fig. 1. — L’appareil diadynamique du Dr P. D. Bernard.
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- j DIADyNAMIQUE
- AMORTI
- GALVANIQUE
- Fig. 2. — Schéma de montage de l’appareil.
- Deux courants sinusoïdaux en opposition de phase, produits par un transformateur double (Tl T2) sont amputés d’une alternance par deux kénotrons (Kl K2) ; le chauffage des filaments est interrompu et rétabli automatiquement et périodiquement, par un commutateur au mercure (G). Le courant est alors réglé par les potentiomètres (PI P2), plus ou moins filtré suivant les besoins (galvanique, amorti, diadynamique). C’est le seul courant de basse fréquence rigoureusement mesurable au milliampèremètre (M).
- ser un appareillage moderne de thérapie. En outre, les études de cet auteur — déjà connu en électrologie par ses travaux sur l’ionophorèse — ont porté sur les effets physiques, physiologiques et thérapeutiques de différents courants dérivés du sinusoïdal, sur leur oscillo-graphie et leur production (Bulletin de la Société française d’électrothérapie et de radiologie, avril 1981, mars et avril 1982, mai, novembre et décembre 1933, mai 1934, mars 1936, juin ig38).
- Les actions spécifiques de ces courants sur la sensibilité douloureuse ont confirmé l’opinion, jamais démentie, de d’Arsonval, et bien rares sont les algies qui ne cèdent pas à une ou au plus à trois ou quatre applications. Dans les algies traumatiques telles que l'entorse, le résultat est instantané et la récupération fonctionnelle est immédiate ; il en est de même dans les lumbagos, les myalgies, les arthralgies rhumatismales. les algies gynécologiques. Les sciatiques ne sont rebelles que dans les cas de névrite-funiculite, qui relèvent de la radiothérapie. Le mode d’action antalgique est double : i° par élévation immédiate du seuil d’excitation douloureuse (pouvant aller jusqu’à l’anesthésie pour des interventions de petite chirurgie) ; 20 par un mécanisme indirect qui n’apparaît qu’après un certain temps : fonte des œdèmes compressifs péri-ner-veux.
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- L’action de ces courants est également spécifique sur lu musculature à longue chronaxie (les fibres lisses normales et les fibres striées pathologiques se contractent électivement). Dans la dégénérescence musculaire, l’action se localise aux muscles malades qui se contractent alors que les muscles sains du voisinage ne réagissent pas — à l’inverse de ce qui se produit avec le faradique. Les possibilités thérapeutiques et diagnostiques de cette forme de courant sont donc particulièrement importantes (ptoses viscérales, atrophies, etc.).
- Sur la trophicité, l’action n’est pas moins spécifique, ainsi que l’avait déjà démontré d’Arsonval : ces courants sont les seuls à produire une augmentation des échanges respiratoires tissulaires (action sur les cellulites) ; le continu, le faradique — en dehors des contractions douloureuses — sont sans effet et la haute fréquence produit une réduction de ces échanges. Ainsi les œdèmes traumatiques ou autres, les troubles trophiques treuvent-ils dans ces courants une médication à peu près exclusive.
- Pour réaliser pratiquement ces genres de courants, le D1' P. D. Bernard a conçu un appareil dénommé <( Diadynamic » dont la figure i montre l’aspect extérieur et la figure 2 le schéma de montage intérieur. Il produit trois courants fondamentaux dont peuvent dériver douze variétés différentes : depuis le galvanique pur, l’ondulé à longue période, jusqu’au diadyna-mique. Ce dernier courant est un diphasé à monophasé modulée en longue période ; il réunit donc les propriétés de deux fréquences différentes et des longues périodes, il supprime l’effet d’accoutumance ; pour ces raisons il est le plus actif et possède les plus nombreuses indications (La modulation en longue période est produite par l’inertie thermique des filaments de kénotrons).
- Fig. 3. — Oscillo graphie s du courant diadynamique.
- En haut, diadynamique diphasé à monophase modulée en longues périodes. Au milieu, amorti modulé en longues périodes. En bas, modulation en longue période (6 s) d’une seule phase sur deux ; la ligne rectiligne supérieure est l’enveloppe de la phase fixe, la ligne ascendante rapide, puis descendante en expoteutielle lente, est l’enveloppe de la modulation de la deuxième phase).
- La figure 3 reproduit quelques oscillogrammes obtenus avec diverses variétés de ce courant.
- Le courant diadynamique qui produit un massage complexe en profondeur caractérisé par des effets successifs de vibrations ténues puis saccadées et de malaxage tissulaire est une des plus importantes nouveautés de l’actualité électrothérapique.
- Dr Charles Gaudin.
- LES ILES HOUAT ET HOEDIC
- La presqu’île de Quiberon, aujourd’hui la saillie la plus remarquable du littoral de la France, était autrefois beaucoup plus étendue.
- L’isthme étroit, sablonneux et couvert de dunes, qui réunit Quiberon à Plouharnel, n’est qu’une plage d’alluvions récentes recouvrant des vases marines. 11 faut donc chercher ailleurs l’ancienne jonction de Quiberon au confluent.
- Si du fort Penthièvre, qui se trouve à l’entrée de la presqu’île, on se tourne vers Etel, on est frappé de voir, sur une assez grande largeur, des îlots tels que Finie, Guernic, Téviec, Rohellan, et un grand nombre de rochers (fig. 1). Ce sont évidemment les restes de l’ancienne côte que la mer a brisée pour former de ses débris l’isthme actuel. Plus au large, des chapelets d’îlots et de rochers : Beg Conguel, En Toul-Bihan et En Toul-Bras, plateau de la Teignouse, chaussée des Esclassiers, chaussée du Béniguet, île Glazic, île Valhuec, île Cenis, île de Houat, chaussée des îles aux Chevaux, île de Hoedic, Petits et Grands Cardinaux
- tracent le rivage disparu (fig. 2). La presqu’île se prolongeait-elle jusqu’au plateau du Four ? C’est possible, mais ici le travail destructeur de la mer a été si grand qu’on ne peut rien affirmer.
- Elle était autrefois plus large que ne sont aujourd’hui les tronçons qui résistent à la sape de la mer ; les îlots et les rochers qui entourent Quiberon, Houat et Hoedic en sont une preuve convaincante.
- La nuit, et même le jour par gros temps, les bateaux ne s’approchent des côtes qu’avec circonspection. Sur tout l’emplacement de l’ancienne presqu’île, les hauts fonds abondent ; dès qu’on en sort, la profondeur augmente, aussi bien vers Belle-Ile que vers la presqu’île de Saint-Gildas. Dans les tempêtes, la mer y brise partout. Les navires ne peuvent guère franchir cette chaussée qu’à la Teignouse et plus difficilement au Beniguet et aux Deux Sœurs.
- Cette longue presqu’île circonscrivait une véritable mer intérieure, recevant les eaux des rivières de Crach, d’Auray, de Vannes et de Redon, dont l’issue était en
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- face du Croisic. Par un travail lent, continu, qui dure encore, la mer a gagné du terrain, envahi des villages ; elle couvre aujourd’hui ces agglomérations primitives : « le navire sille où la charrue traçait son sillon, et le poisson aux chatoyantes couleurs prend ses ébats où paissaient le chevreuil, le bœuf et le mouton ».
- Quand et comment s’est rompue cette digue qui s’étendait d’Etel aux Cardinaux ou au plateau du Four ?
- On trouve dans la baie de Quiberon des racines et des troncs d’arbres. Il y a donc eu affaissement du sol. D’autre part, la mer poussée par des vents d’ouest, frappe les côtes et les use. La mer a triomphé de l’obstacle longtemps avant la période gallo-romaine, mais après l’apparition de l’homme, puisqu’on trouve, sur les différents îlots inhabités de l’ancienne presqu’île, les traces d’une civilisation primitive. Là où l’homme s’est réfugié après le cataclysme, les mêmes traces existent, mais avec superposition de civilisations successives,
- LES ILES
- Nous avons été de Quiberon à Houat à bord du courrier qui fait le service aussi régulièrement que la mer le permet. Passé le phare de la Teignouse, perché
- sur un rocher, Houat apparaît au loin. On en est encore séparé par la terrible ligne d’écueils de Béni-guet où la mer s’élance en fusée sur le plus dangereux, les Esclassiers ; des roches émergent de partout ; les unes, simples récifs battus des vagues, d’autres comme Valhuec et Glazic, îlots coiffées de petites prairies. et survolés par des nuées d’oiseaux de mer. Au Sud, très loin, s’estompe Hoedic.
- Les regards sont attirés par Houat ; sur le plateau, le village montre quelques maisons blanches ; à droite,
- d’autres habitations basses descendent vers une petite anse sablonneuse (fig. 3).
- A mesui’e qu’on avance, des îlots se détachent, déchiquetés, rongés par la mer. La pointe ouest de Beg-er-Vachif est couronnée par les remparts géométriques d’une batterie. L’île Gurie en est séparée par une anse (fig. 5) comme elle est séparée plus au sud. de l’île Cénis (fig. 6) ; ces rochers à peine recouverts d’une rare et rase verdure sont les môles qui préservent Houat des violents courants de Béniguet.
- Notre goélette passe au large pour doubler un autre îlot rocheux, allongé dans la mer, tel un chien couché : le farouche écueil de la Vieille. Au delà de la pointe sablonneuse prolongée par le récif d’Er Gene-teu, une autre chose se découpe, Er Yoh, le Grand Mulon (fig. 4)-
- de la Te/i
- 'r9 Ooc Les Esclassiers
- Fonds de S mèires
- Vannes
- Les Sœurs
- S'I.GIazic 'V-
- I .Teviec
- .«•p", W La. Trinité-d-Penthièvre
- ieg en Vachis
- 1. Cenis ’fe.
- °Sarieau SfGHdas-de-Bujs
- Quitter on
- Penerf
- TkHouat
- Ile aux Chevaux
- Dumet
- •I,[e Hoedic
- • Er Rouzes
- °JHoèd/a
- 1 Les Sœurs
- Plateau, du Four
- Le Chariot
- 30 km.
- Fig. 1. — La région d’Houat et d’Hoedic. Fig. 2. — L’aspect déchiqueté
- En pointillé, la ligne des fonds de S m. des abords des îles.
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- Fig. 3. — Houat, vu de mer, avec le bourg sur le plateau. A droite, le rocher de la Vieille. Fig. 4. — Le rocher de la Vieille. A droite, au loin « Er Yoh ».
- Après avoir contourné Er Yoh, on entre dans une anse bordée d’une belle plage de sable, Tre lier Gouret, ouverte à l’Est, bordée par trois îlots : Baz-Tost et Baz-Kreiz, assez verts, où des restes de monuments celtiques ont été trouvés, et Baz-Pel, complètement dénudé par les vents et la pluie. Au loin, une autre terre plus vaste, verdoyante, occupe l’extrémité d’une longue traînée de récifs, c’est l’île aux Chevaux.
- Un chemin caillouteux monte du port (fîg. 7) sur le plateau et conduit à travers des dunes à maigre végétation xérophyte (fi g. 8) au bourg, unique hameau de l’île.
- C’est, dans la partie nord-est une agglomération allongée, irrégulière, d’une centaine de petites maisons basses, d’une blancheur éclatante, blotties les unes contre les autres
- comme si elles cherchaient à se protéger mutuellement des rafales.
- Houat et Hoedic sont, de toutes les îles que nous avons énumérées, les seules habitées et habitables.
- Il faut peu de temps pour en prendre connaissance.
- Houat 0), a. à peine 4 km dans sa plus grande longueur, du N.-O. au S.-E. et un peu plus de 1 km dans sa plus grande largeur de l’Est à l’Ouest. Sa superficie est d’environ 600 ha.
- L’île est bordée d’énormes rochers, vers le large comme vers la terre ; au N.-O. surtout, des masses granitiques s’élèvent immobiles au milieu de l’agitation perpétuelle de l’Océan. Les vagues s’y brisent avec fureur et ruissellent en larges nappes d’écume sur leurs flancs polis et dénudés. Les côtes sont plus sauvages, plus déchirées et beaucoup plus élevées que celles d’Hoedic. En plusieurs endroits, elles approchent de 3o m d’altitude. De belles glottes creusées par le flot voisinent avec de petites baies de sable fin.
- Hoedic (Petit Canard ou Caneton), sœur de Houat, est un tiers plus petite. Différentes pointes lui donnent une figure assez irrégulière, dont la plus grande longueur est de 3 km et la plus grande largeur de
- Fig. 5. — La pointe nord-ouest de l’île de Houat. Derrière, l’île Gurie ; à l’horizon, Belle-Ile.
- Fig. 6. — La pointe en /ace de l’île Cenis, par gros temps.
- 1 km. Sa superficie est d’environ 200 ha,
- Tout indique que cette île a été bien plus grande qu’aujourd’hui. Un rocher
- 1. Houat, en breton, signifie Canard. Ces oiseaux viennent, en effet s’y abattre en hiver par bandes nombreuses.
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- Fig. 7. — L’entrée du port de Ilouat à mer basse.
- remarquable, à l’Est, le Moreriten (tirant sur l’eau ou passage de l’eau) se trouve aujourd’hui à i km de l’île ; au Sud-Est, à 5oo m de terre, une autre pointe s’appelle Reg Melin (pointe du moulin), et certes, s’il existait là un moulin, l’immense plalure qui le sépare maintenant de l’île et qui se découvre entièrement à basse mer, augmentait considérablement la superficie de l'île.
- Hoedic est bordée de rochers peu élevés, mais elle est enclavée dans une chaîne de récifs dont les uns se découvrent à basse mer, les autres sont à peine recouverts jusqu’à i km au large. Ces écueils sous-marins rendent l’approche d’Hoedic fort dangereuse, à moins qu’un pilote très expérimenté de l’île ne dirige l’embarcation.
- ARCHÉOLOGIE
- V-
- On sait combien la civilisation mégalithique a été florissante sur la côte morbihannaise, depuis Etel jusqu’à Saint-Gildas de Rhuis. Tumulus, dolmens, allées couvertes, menhirs isolés et alignements s’y rencontrent, plus nombreux qu’en toute autre région de la presqu’île armoricaine. Houat et Iloedic, à proximité du rivage, devaient se trouver englobées dans le même foyer de civilisation et participer à ses manifestations architecturales et rituelles. Sur leur sol, tout comme sur le continent, s’érigèrent de nombreux monuments mégalithiques. Malheureusement, alors qu’à u la grande terre », on a veillé à leur sauvegarde et que l’État a acquis certains monuments et classé une grande partie des autres, pour empêcher leur disparition, rien de semblable n’a été fait dans les îles. L’éloignement, le manque de surveillance ont favorisé les vandales. Des fouilleurs collectionneurs, dont le seul désir est de se procurer des pièces archéologiques intéressantes, des indigènes, par ignorance, mais surtout avec l’idée du « trésor » à découvrir, ont consommé la ruine à peu près totale des monuments. A Houat, un seul menhir est encore debout, les autres sont renversés ; à Hoedic ne subsistent intacts, que le menhir de la Vierge et le dolmen voisin. C’est sans doute la croix plantée sur le menhir de la Vierge qui l’a sauvé de la destruction.
- Malgré l’anéantissement de la presque totalité des constructions mégalithiques, la curiosité archéologique peut encore trouver à s’exercer. Il existe en effet, sur certains points des îles et dans les îlots avoisinants, des gisements que rien ne décèle aux yeux des profanes, des « habitats » dont les superstructures ont disparu, mais qui sont encore marqués par des vestiges d’aliments, des « déchets de cuisine » des Kjokken-modding. Recouverts par la couche d’humus moderne, ils sont formés, en majeure partie, de coquillages auxquels se trouvent mêlés des fragments d’os d’animaux qui ont été consommés par place. C’est dans ces amas de détritus que l’on retrouve de nombreux objets en silex taillé ou en os travaillé, des vases ou fragments de vases en céramiques, des bibelots, de panme (pendeloques, grains de collier, etc.).
- Des archéologues, utilisant les notes de M. l’abbé Lavenot, ancien recteur d’Houat, ont entrepris des fouilles à plusieurs reprises. En 1887, M. Le Rouzic, aujourd’hui conservateur du musée de Carnac, avait visité à Houat la station du Mulon Er Yoh (x), et y avait recueilli des débris de poterie grossière, des éclats de silex pei'cutés et des fragments d’os. En iga3, avec la collaboration de Mmfi et M. Saint-Just-Péquart,' de Nancy, il explora de nouveau le gisement ; ils eurent la bonne fortune d’y retrouver les traces d’un habitat important de l’époque contemporaine des mégalithes, et au cours de quatre campagnes consécutives (1923-1926) ils firent une ample moisson de documents archéologiques : outils en silex, vases en céramique, faune marine et terrestre, outillage fabriqué avec des ossements et des bois de cerf (pointes, lissoirs, poignards, gaine de haches... analogue à celui que l’on trouve dans les stations lacustres néolithiques de Suisse, dont l’existence était inconnue dans le Morbihan. La collection complète des documents archéologiques recueillis au Yoh est exposée au musée de Carnac.
- Après leur belle découverte, à l’île Téviec, à l’Ouest de la presqu’île de Quiberon, d’un Kjokkenmodding abritant une importante nécropole d’époque mésolithique, antérieur par conséquent de quelques millénaires à l’érection des mégalithes, Mme et M. Saint-Just-Péquart ont entrepris en 1931, l’exploration d?Hoedic. Leurs premières investigations, couronnées de succès, ont révélé qu’en outre de la civilisation mégalithique déjà connue, on y trouve les mêmes vestiges de civilisation mésolithique qu’à Téviec. En ce qui concerne la préhistoire bretonne, cette découverte est de la plus haute importance, puisqu’elle confirme, sans aucun doute possible, l’existence d’une civilisation très ancienne, insoupçonnée jusqu’alors, s’étendant sur plusieurs points du Morbihan.
- 1. C’est un bloc rocheux situé au N.-E. de la anse Treh er Gourett que l’on doit toujours contourner pour arriver au port, car il est encore relié à .l’île par une chaussée sous-marine basse, formée de gros galets et de sable ; cette chaussée ne se découvre, aujourd’hui, qu’au moment de la basse mer des grandes marées. Le rocher, lui-même, mesure environ 80 m de longueur sur une trentaine de largeur, sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est de 16 à 18 m environ.
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- Plusieurs civilisations antiques se sont donc succédées dans les îles de Houat et d’Hoedic :
- i° Une civilisation mésolithique, ainsi appelée parce qu’elle se place dans la chronologie préhistorique, entre l'époque paléolithique (pierre taillée) et l’époque néolithique (pierre polie). Cette civilisation est caractérisée par un outillage lithique comprenant des types de petits outils en silex, à forme géométrique et par l’absence de tout objet poli.
- 2° Une civilisation mégalithique, époque contemporaine de l’érection des dolmens, avec un outillage en silex plus évolué (grattoirs et bouts de lames discoïdes, pointes de flèches à ailerons, tranchets...), des objets polis (haches, pendeloques, petits polissoirs...) et des vases en céramique, avec ou sans décors.
- 3° Une civilisation gallo-romaine (vases faits au tour, poteries gauloises et romaines, métal).
- Les îles de Houat et d’Hoedic sont donc habitées depuis une époque très reculée, et s’il est permis de faire une évaluation approximative d’après les récentes découvertes archéologiques, on peut dire que l’homme y vivait déjà il y a 8.000 ans, avec comme moyens d’existence, la pêche et la chasse. On a recueilli, en effet, aussi bien dans les gisements les plus anciens que dans les plus récents de l’époque mégalithique, de nombreux spécimens d’une faune forestière ; le cerf et le sanglier s’y trouvent en abondance. Cela suppose la présence ou la proximité de
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- vastes superficies boisées, et par voie de déduction : l’existence d’une terre plus étendue, comprenant Houat, Hoedic, les récifs de leurs abords, la presqu’île de Quiberon, Téviec, Rohellan, etc.
- GÉOLOGIE
- La constitution géologique est extrêmement simple : le granit est partout, de teinte variant du gris à l'ocre rouge ; en certains points, il se désagrège facilement, de sorte qu’en maints endroits de la côte, la falaise, taillée à pic, cède parfois sous le pas de quelques promeneurs imprudents. Les vaches elles-mêmes, bien qu’habituées à leur île, font aussi des chutes mortelles, et chaque année on en compte plusieurs qui « se perdent à la mer », comme disent les pêcheurs. L’Océan ronge de toutes parts l’île. Des pans enLiers de falaise se fendent et finissent par s’écrouler. Ceci s’observe, en particulier, à la pointe Nord-Ouest de l’île de Houat, à Beg er Vachif, où l’action des vagues est encore accrue par les violents courants du Béniguet. Sur ces récentes entailles d’un rose violacé, on voit se dessiner, pareilles à des hiéroglyphes inconnus, des veines d’opale d’un blanc pur, de formes et de dimensions variées.
- Il existe un seul filon de micaschiste de 1 m de large environ, se dirigeant du Nord-Est au Sud-Ouest, entre le bourg de Houat et le puits creusé à Len er Iloet.
- Fig. 8. — Les dunes couvertes d’Immortelles jaunes, avec quelques Carex.
- Fiq. 9. — Le plateau et sa lande à Ulex europaeus L., au loin, le bourg de Houat.
- Fig. 10. — Les buissons d'Ulex europaeus L., Prunus spinosa L., et Kosa spinosissima L. Fig. 11. — Rochers couverts du lichen Ramalina cuspidata Nyl.
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- VÉGÉTATION
- La végétation, un peu plus variée, n!a rien d’endémique, la séparation des îles est trop récente et leur proximité du continent trop grande.
- L’aspect dominant sur le plateau est la lande (fig. 9), formation répandue dans toute la Bretagne péninsulaire, caractéristique des terrains acides à terre végétale pauvre et peu épaisse, dont les principaux représentants sont : l’Ajonc (JJlex europaeus L.), le Prunellier (Prunus spinosa. L.) et le Rosier à fruits noirs (Rosa spinosissima L.). Tous ces arbustes sont petits, chétifs et ramassés en boule (fig. xo). Aucun arbre ne vient interrompre celle monotonie. Les seuls arbres que l’on trouve dans l’île sont dans le bourg même ou ses environs immédiats. C’est ainsi qu’à Iiouat, deux sureaux et un vieux figuier s’élèvent à quelques mètres de hauteur ; quatre ormeaux ne dépassent pas le toit du presbytère voisin ; dans le cimetière, cinq ou six autres, à la tête échevelée, aux branches appauvries, penchent, inclinés par le souffle violent du large. A Hoedic, une vingtaine d’ormeaux rabougris ornent un courtil ; deux ou trois mûriers végètent sur d’autres points du village, le marais s’environne de magnifiques tamarix. C’est tout.
- Parmi la flore herbacée de la lande et des dunes, nous citerons : Ephedra dis tac hy a L. et Asparagus ojficinalis L. qui de leurs baies rouge vif égaient heureusement la teinte vert terne de l’ensemble de la lande ; des graminées : Lagurus ovatus L. à épis ovales et recouverts d’un duvet blanc, Cvnodon dactylon Rich., l’oyat des sables, Ammophila arenaria Link. ; Allium sphairocephalium L., S cilla cerna Iluds. ; Teucrhun Scorodonia L. ; Eradium cicutarium LTIérit. ; Polerium diclyocarpum Spach. ; la rose à fruits noirs, Rasa spinosissima L. ; Ononis repens L. ; Asperula cynanchica L. ; l’œillet mauve, Dianihus galliucus Pers. ; la petite immortelle jaune caractéristique des dunes, Ilelichrysum Stoecha L. (fig-. 8), etc...
- Le long des sentiers qui dévalent vers la mer, on trouve une flore un peu différente.
- Dans les endroits sablonneux, on note la présence de Staiice lychnidifoVta Gir., Atriplex liitoralis L., Armeria maritima Willd., Planta go Coronopus L., Cerdstium triviale Link., le célèbre Lys de Houat, Pancraiium mariUmum L., dont la douce émanation sui'prend, Medicago maritima L., Euphorbia porilan-dica L., etc...
- L’habitat saxicole fait apparaître d’autres espèces : Jasione montana L., Silene maritima With., Festuca arenaria Obsbeck., G ali uni arenarium Lois., Criih-mum maritimum LTIérit., etc...
- La Bretagne, et ses îles plus encoi’e, ont une floi-e de lichens abondante et vai’iée, le climat doux et humide favorisant cette végétation.
- On peut distinguer tx-ois habitats :
- i° La végétation tei’ricole de la lande est caractérisée surtout par les Cladohiacées qui, par leur abondance en individus et leur couleur jaune paille contribuent à donner une physionomie particulière à cet
- habitat. Les plus répandues sont : Cladonia furcata Schrad., Cl. rangiformis Hoffm., Cl. fimbriata Fr.
- 2° Les falaises rocheuses offrent une flore peu variée : Roceella fuciformis Ach., sur les parois ombreuses orientées entre le Nord et l’Est, R. phycopsis Ach., Teloschyster flaricans Norm., Ramalina scopu-loriim Ach., R. curnowii Nyl., R. cuspidata Nyl. qui recouvre les rochers d’une fourrure végétale (fig. 11), Parmelia perlata Hue, Pseudophyscia aquila Hue.
- 3° Les rochers marins et surmarins, baignés à chaque mai'ée, ou aspergés seulement par les vagues, montrent les premiers : Lichina pygmaea Ag. ; Verni cari a maura Whlub. ; les seconds : Lecanora prose-choides Nyl., Xanthoria parielina Th. Fr.
- LA VIE SUR LES ILES
- La principale ressource est la pêche ; l’agriculture et l’élevage autrefois florissants, sont en décadence.
- La pêche. — Sur la jetée du port, quand les pêcheurs débarquent, c’est un amoncellement de pinces, de nageoires, de queues qui battent l’air, un élin-cellemenl d’écailles nacrées, aux nuances délicates et mouvantes. On y reconnaît des maquereaux, des congres, des plies, des merlans, des turbots, des rougets, des « vieilles » (Labrus bergylla), etc., et aussi homards, langoustes, crabes, tourteaux, crevettes, araignées de mer, moules, palourdes.
- La pêche est le métier des hommes qui ont tous un certain mépris pour ce qui n’est pas marin ; ils ne songent qu’à leurs bateaux, leurs casiers et leurs fdels. Dès l’âge de i3 ans, les enfants deviennent mousses et affrontent la mer ; tout jeunes, ils ne craignent pas d’aborder les rochers les plus battus pour y recueillir les œufs de goélands et de mouettes, dont on fait des omelettes recherchées.
- Le chalutage, la drague et la pêche aux casiers occupent tous les hommes valides.
- Api'ès la guerre, les crustacés abondaient tout près de terre ; actuellement il faut s’éloigner au large de Belle-île et même vers Noirmoulier, pour en recueillir des quantités qui paient ce voyage de 3 à 4 h.
- La pêche du homard et de la langouste dure de juin à fin septembre, quelquefois jusqu’en octobi’e ; en hiver, ces crustacés se déplacent vers les fonds plus grands du large où ils sont hors d’atteinte.
- Les crabes (C arc inus moenas) et les chèvres (Por-tamis puber) sont plus sédentaires et leur pêche se prolonge jusqu’en novembre-décembre. Les araignées de mer atteignent 60 à 70 cm d’envergure.
- Pendant l’hiver, les Houatais pratiquent la drague des coquilles Saint-Jacques. O11 quitte le port avec la marée et on rentre à la suivante, au moins sur les barques qui ne peuvent rester en mer plusieurs jours.
- Les pi-oduils de la pêche sont vendus à Quiberon, la Trinité-sur-Mer, Vannes par les pêcheurs de Houat, à Saint-Nazaire ou même à Nantes par les Hoedicais.
- L’agriculture. — Avant la guerre, les champs étaient ensemencés en froment, orge, lin, petits pois,
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- jarosse ; ils sonl maintenant en friche pour pâture. Iiouat produisait 4oo à 600 hectolitres de blé, année commune, Hoedic moitié moins. C’est le pain assuré sur place et largement. Le froment était égrené par le piétinement des chevaux.
- Pour éviter à leurs paroissiens de longs et coûteux voyages, les recteurs avaient fait construire des moulins. Les meuniers sont devenus pêcheurs, et les moulins, corps sans àxhe, ne battent plus les airs de leurs ailes. Un seul reste en ruine, sur la route du port, dernier vestige des temps écoulés... (flg. 12).
- Toute la farine est apportée du continent par le courrier. Deux boulangers font le pain, avec des pétrins mécaniques actionnés par des moteurs à essence, puisque les îles ne sont pas électrifiées.
- Seule la pomme de terre (saucisse de Bretagne) a trouvé grâce, sur guère plus d’un hectare. La nature du terrain (terre légère et acide) lui convient, cependant, et l’on pourrait avec profit étendre sa culture, d’autant mieux que le doryphore et la pourriture grise (Dhylophlora infesians) sont encore inconnus.
- Avec quelques plantes potagères (salades, oignons, carottes, tomates, etc.) et une dizaine d’arbres fruitiers plantés dans de rares endroits abrités, on a la liste complète'des plantes cultivées.
- Les femmes seules travaillent la terre. Elles le font uniquement à la bêche, les champs étant trop petits pour la charrue et les animaux de trait se bornant à deux vieilles juments qu finissent tranquillement leur vie en parcourant Elle en liberté, accompagnées d’un cheval plus vigoureux, devenu à moitié sauvage et qui refuse obstinément de porter le collier.
- La mer fournit la presque totalité des engrais sous forme de goémon, constitué d’algues de toutes sortes (laminaires, zostères, varech) que les femmes et les enfants vont recueillir sur les rochers à marée basse.
- Les fucus ont une autre deslina-nation. Une fols coupés sur les
- rochers, ils sont étendus sur la côte. Lavés par les eaux pluviales, séchés au soleil, ils sont rentrés dans les greniers et serviront au chauffage. Un autre combustible est la bouse de vache, ramassée avec soin sur les pâturages, séchée, puis brûlée telle quelle.
- L’élevage. — A la fin du siècle dernier, Houat et Hoedic possédaient chacune un beau troupeau de bovins. En 1880, on comptait à Iïouat plus de 200 bovins, 35 à 4o porcs en ôté, qu’on abattait et salait pour l’hiver, une quarantaine de chevaux entiers. Les taureaux, les bœufs, les chevaux ne sont plus qu’un souvenir. Maintenant, chaque île ne nourrit plus qu’une centaine de vaches, une trentaine de garnisses et un seul taureau qui errent en liberté (fig. i3).
- Le soir, le bétail revient de lui-même au bourg, où chaque propriétaire appelle ses vaches par leur nom, les trait et les laisse repartir. Le lendemain matin, le troupeau connaît son heure et se retrouve sur le grand pré du Sud-Ouest du bourg.
- Autrefois les îles avaient leur foire qui se tenait sur la côte de Rhuis, le 24 mai, et portait le nom de foire de Iiouat. Les deux flottilles de chaloupes, chargées de bestiaux, appareillaient à la même heure et s’efforcaient de naviguer de conserve, afin d’arriver en même temps à la petite crique de Port-Maria ou de Sanl-Jacq-en-Gildas. Les bêles étaient jetées à la mer et recueillies ensuite sur le rivage.
- Alors que les vaches et les bœufs étaient, pendant l’hiver, logés sous des toits, les chevaux n’avaient aucun asile. Le naturaliste pouvait, paraît-il, vérifier sur ces îles, les curieuses observations que Sanchez, médecin des armées russes, communiquait à Ruffon, sur les mœurs des chevaux en liberté. Ces animaux se groupaient par compagnies qui paissaient, sans se séparer ni se mêler. Chaque troupe avait un che-
- Fig. 14. — Une place, près de l’église de Iiouat.
- Fig. 13. — Lé troupeau de vaches paissant au sud de Vile.
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- Fig. la. — La procession de VAssomption.
- val chef qui la commandait et la guidait. Quand un nouveau poulain, amené du continent, débarquait, chaque chef venait à sa rencontre, à la tête de sa compagnie, disputer à ses concurrents l’adoption de la nouvelle recrue.
- Jamais on ne voyait les chevaux descendre à la mer ; par contre, les vaches vont souvent se baigner.
- Quand l'été est sec, le bétail souffre, maigrit, et la traite ne donne plus qu’un litre ou même un demi-litre de lait par jour ! Les femmes et les enfants font quelques réserves de foin et quand toute l’herbe de l'île est coupée, on va à 1 île aux Chevaux voisine, îlot d’une centaine de mètres de long sur une trentaine de large. D’après un vieux mai’in de l’île, autrefois, on y faisait séjourner pendant quelques jours les chevaux amenés du continent pour les acclimater. La distance n’est que de 2 à 3 km, mais les parages sont si dangereux que, plus d’une fois, les radeaux chargés de foin ont chaviré, noyant leurs équipages de femmes.
- Les algues. — Les Hoedicais tirent un profit important de la pêche du goémon, qu’ils incinèrent pour l’iode contenu dans les cendres. A Houat, celle industrie est nulle, mais à Hoedic-, elle a rapporté 72.000 fr en iq36. Ce sont encore les femmes qui coupent ou recueillent les laminaires, les remontent sur la grève, les étalent pour les sécher. Le goémon sec mis en meules est brûlé dans des fosses creusées près du rivage ; la « soude » s’agglomère au fond, et lorsqu’elle est refroidie, on la brise à coups de pioche. Des industriels de Quiberon l’achètent à raison de 8 à g fr la t environ, pour en extraire l’iode.
- LES HABITANTS
- Isolés, loin des contraintes administratives, les insulaires ont un sens aigu de l’indépendance et de la liberté joint à un particularisme très développé.
- A Houat, le village, formé d’une centaine de petites maisons basses, blanchies chaque printemps à la chaux, abrite environ 34o habitants, tous pêcheurs. Les maisons sont séparées non par des rues, dont les lignes droites livreraient passage à la tempête, mais
- par des venelles aboutissant à de petites places irrégulières (fig. i4). Tous les intérieurs se ressemblent et sont admirablement tenus.
- Il est peu de ménages sans armes à feu, non par crainte de voleurs, qui sont inconnus, si bien que les portes ne sont jamais fermées à clé, mais pour la chasse aux oiseaux de passage, surtout lorsque, en automne, les canards sauvages; les cormorans au long cou, les « gottes » plongeuses, les courlis, les goélands, les alouettes marines s’abattent sur les grèves et les guérets. Quant aux lapins, on en voit partout.
- L’église actuelle, construite en 1766, sous l’invocation de Saint-Gildas, n’a rien qui puisse retenir l’archéologue. Des ex-voto pendent de la voûte, toujours les mêmes : petits modèles d’embarcations, bateaux de pêche, vaisseaux de haut bord rappelant les périls de mer et les miraculeuses délivrances.
- Quand je la vis, les cloches sonnaient à toute volée, un cortège traversait le village. C’était la procession de l’Assomption (fig. i5). Le recteur et ses hommes aux faces énergiques, le torse enfermé en de courtes blouses de toile noire venaient en tête en chantant ; les femmes suivaient, aux coiffes blanches, aux vêtements sombres où le bleu dominant est relevé par le vert et le rouge de quelques ornements. Les enfants de Marie étaient en blanc ou en bleu très pâle, presque effacé. La statue de la Vierge de Procession était portée par 4 jeunes filles vêtues de soie noire, avec un tablier à bavette blanc.
- Les habitants réservent aux étrangers un accueil cordial. Passionnés pour la mer et ses aventures héroïques, les marins racontent volontiers leur vie et leurs voyages. Beaucoup de vieux pêcheurs ont vu toutes les mers du globe, ont fait escale dans les principaux ports. Les jeunes qui ont fait leur service dans la marine, prennent souvent du service dans la marine marchande, deviennent long-courriers ou caboteurs.
- Le recteur de Houat est un personnage ; il assure à lui seul toute l’administration. Sans doute il n’est plus, comme certain de ses prédécesseurs, médecin et infirmier ; les soins des malades et des accouchées incombent aux Sœurs qui font aussi la classe aux petites filles ; celle des garçons est faite par un maître d’école. Il a renoncé à être cambusier, laissant aux débits du village la vente du « gwin ardent » qui réchauffe les gosiers. S’il ne porte plus le titre de maire, il en exerce les fonctions. Pendant que le maire de Houat, pêcheur comme tous ses administrés, pose ses casiers du côté des Béniguets, le recteur, adjoint et secrétaire de mairie, rédige les actes d’état civil, inscrit les naissances et les morts, unit les fiancés.
- Une seule boutique coopérative tenue par les Sœurs met à la disposition des habitants les marchandises les plus variées : quincaillerie, tissus, cordages, cirés, conserves, etc... Quant aux fruits, légumes, beurre, viande, ils sont apportés du continent par le courrier
- 2 ou 3 fois par semaine.
- Depuis quelques années, on compte à Houat, 2 ou
- 3 hôtels.
- Georges Ivonoroff.
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- CALCULS RAPIDES
- Les calculateurs prodiges ont toujours émerveillé les foules; rappelons le succès d’Inaudi, par exemple, pour ne citer qu’un contemporain. Chacun se rend compte, en effet, qu’une opération arithmétique, portant sur des nombres de plusieurs chiffres, demande beaucoup d’attention et exige un temps appréciable pour être exécutée correctement.
- Or les ce phénomènes » du calcul mental donnent, en quelques minutes, souvent même en quelques secondes, des résultats qu’on obtiendrait péniblement, plume en main, en un temps dix ou vingt fois supérieur ! A quoi tiennent ces facultés remarquables ? Des psychologues ont étudié la question, nous n’avons pas à y revenir ici. Sans aucun doute ces calculateurs sont doués de dispositions spéciales ; mais la rapidité de calcul, chez eux, est due également, en partie, aux procédés de simplification dont ils font usage. Sans prétendre les égaler, un bon calculateur entraîné peut parvenir à une certaine maîtrise, tout au moins pour quelques opérations, quand il possède la <c clé » indispensable. Deux moyens sont mis en œuvre conjointement : les méthodes mnémotechniques et les procédés abréviatifs proprement dits. Nous ne nous occuperons que de ceux-ci dans le présent1 article, en nous limitant' à la multiplication et à l’extraction des racines.
- MULTIPLICATION
- Rappelons d’abord quelques règles, utiles dans bien des cas ; nous supprimons les démonstrations, le lecteur les établira d’ailleurs facilement. Pour multiplier deux nombres compris entre io et 20, on ajoute à l’un les unités de l’autre, puis à la somme, considérée comme dizaine, on ajoute le produit des unités. Exemple : i3 x 17 ; i3 + 7 — 20 diz. + 21 = 221. Pratiquement, on dit — mentalement — i3 et 7 vingts et deux un, vingt' deux un : 221. Pour multiplier deux nombres de deux chiffres dont les dizaines sont semblables (compris dans la même dizaine), on ajoute à l’un les unités de l’autre, on multiplie cette somme par le chiffre des dizaines et au produit, considéré comme dizaines, on ajoute le produit des unités. Exemple : 47 x 48 : 47 + 8 = 55 x 4 = 220 diz. + 56 = 2256. Pratiquement : 47 et 8, 55 fois 4, 220 et cinq six : deux cent vingt cinq, six = 2266. Pour multiplier deux nombres de deux chiffres terminés par le même chiffre : au produit des dizaines, considéré comme centaines, on ajoute le produit, considéré comme dizaine, de la somme des dizaines par le chiffre des unités, enfin on ajoute le carré des unités. Exemple : 73 x 43 : 7 x 4 = 28 cent. + (7 + 4)3 = 33 diz. = 3x3 diz. + 9 = 3i39. Pratiquement : 7 fois 4 • 28 plus trois trois, trente et un trois, trois cent treize et zéro neuf : 3i39.
- Remarque générale. — Pour abréger et éviter des erreurs : ne jamais prononcer virgule, concentrer son attention sur les résultats et non sur les opérations intermédiaires.
- Dans l’exemple précédent, penser ces stricts mots : 28 et trois trois, trente et un trois, trois cent treize et neuf : 3i39.
- Pour multiplier deux nombres terminés par 5 : au produit des dizaines on ajoute la demi-somme des dizaines et on accole 25 pour avoir le résultat. Exemple : 45 x 85 = 4 x 8 + 6 = 3825. Si la somme des dizaines est impaire, on prend la moitié par défaut et on accole 75. Exemple : 35 x 85:3x8 + 5 = 2975. Cas particulier : carré d’un nombre quelconque terminé par 5. On fait' abstraction du 5,
- on multiplie le nombre restant par celui qui le suit immédiatement, puis on accole 25. Exemple : 752 = 7x8 = 5625; i253 =12 x i3 = i5625. En combinant les règles précédentes on peut obtenir des produits tels que : 735 x 435. Pratiquement : 28 et 3.3, 3i.3 et 9, 31.3g; 73 et' 43 116, 58; 3x.3g et 58, 3x4o et 57, 8197, on énonce : 319.725.
- Produit de deux nombres quelconques par la méthode de multiplication sans produit partiels. — Procédé très ancien, enseigné par Léonard de Pise dans son Liber abaci (1202) et pratiqué déjà antérieui’ement à cette date. Il est peu répandu quoiqu’il puisse rendre de grands services dans la vie courante ; il est vrai que l’emploi des machines à calculer a contribué à faire délaisser de plus en plus le calcul mental.
- Prenons un exemple pour faire comprendre la règle : soit à multiplier 78 par 49. On pose l’opération comme d’habitude :
- 7 8
- 4 9
- 3822
- puis, mentalement, on dit : 8 fois 9 : 72, on écrit 2 au-dessous des unités, et on retient 7; on fait ensuite la somme des produits, en croix, des 4 chiffres, c’est-à-dire : 7 fois 9 = 63 plus 4 fois 8 = 32, total 95 et 7 de retenue 102 : on écrit 2 sous les dizaines, en retenant 10. On ajoute enfin le produit des deux premiers chiffres 7 fois 4 : 28 et 10 : 38 et l’on pose 38 à gauche des dizaines, le résultat final est 3822.
- Autre exemple : 87 x 53. Pratiquement : 1, retenue 2 et 24, 26 et 35, 61 ; 1, retenue 6, et ho, 46. Résultat 46n.
- Schématiquement, on peut décomposer ainsi l’opération :
- 7
- î
- 3
- (I)
- Passons maintenant aux nombres de trois chiffres, par exemple 783 par 467. L’opération étant posée :
- 783
- 467
- 3 65.6 6 x
- nous aurons à faire les 5 opérations successives, d’après le schéma suivant’ :
- 77 87838 33
- \/ W' \S
- I X /\\ /\
- 44 04676 77
- (V) (IV) (111) (H) * (1)
- A la fin de chacune d’elles on écrit le chiffre des unités et on conserve le reste pour l’ajouter à la suivante. Nous dirons : 1 (retenue 2) et 56, 58 et 18, 76 ; 6 (retenue 7) et 49, 56 et 12, 68 et 48, 116 ; 6 (retenue 11) et 42, 53 et 32, 85; 5 (retenue 8) et 28; 36. Résultat : 365.661.
- Remarque. — Si le multiplicateur n’a que 2 chiffres, on calcule comme s’il y avait un zéro aux centaines, tous les produits correspondants sont nuis, évidemment, mais on
- 8 8 7
- I \/*
- Y
- 5 5
- 3
- (M) (II)
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-
-
- = 330 : — -
- conserve la symétrie, ce qui prévient toute erreur. Exemple : 04 7 par 8/1.
- Schématiquement :
- 6 6 4 647 4 7 7
- 1 "i \/ x/\ Mx* /l\ /\ ..
- O 0 8 0 8 4 8 4 i
- (V) (IV) (III) (II) O
- Pratiquement : 8 (retenue a) et iG, 18 et 56, 7/1; 4 (retenue 7) et a4, 01 et o, et 3a, G3 ; 3 (retenue G) et 48, 54 et o, 54; 4 (retenue 5) et o ; 5. Résultat : 54.348.
- Pour deux nombres de 4 chiffres, nous nous bornerons à donner le schéma des opérations successives ; on en déduit aisément la règle générale pour quatre chiffres par quatre chiffres. Exemple : 4783 x 5G4a.
- 44 74784 7
- 3^ 7 8 3 8 3 3
- \/* W \ V
- -N/*
- 55 6 5 6 4 5 G 4 2 6 4 2 4 22
- (Vil) (VI) (V) (IV) (111) (II) (I)
- EXTRACTION DES RACINES
- Nous nous occuperons d’abord des racines cubiques, car elles sont beaucoup plus faciles à extraire que les racines carrées, et la marche des calculs éclairera ensuite les méthodes applicables à celles-ci.
- Il faut savoir par cœur les cubes des g premiers chiffres : x, 8, 27, 64, ia5, 21G, 343, 5i2 et 729. On remarquera que tous ces nombres sont terminés par des chiffres différents,' par conséquent si l’on vous donne un cube parfait, ce que vous demandez toujours sous prétexte de faciliter la vérification, le chiffre des unités du cube vous indique immédiatement le chiffre des unités de la racine. La correspondance est facile à retenir : tous les cubes terminés par x, 4, 5, G, g ont leurs racines tenninées par ces mômes chiffres; tous les autres cubes ont lexirs racines terminées par les compléments arithmétiques de leurs dernier chiffre : 8 : 2 ; 7 . 0, o . 7 ; 2 • 8.
- a) Le cube a moins de 7 chiffres; la racine n’a que 2 chif-fres. — Le dernier chiffre à droite vous donne les unités de la racine d’api'ès la remarque ci-dessus. On partage ensuite le cube donné en tranches de 3 chiffres à partir de la droite — la tranche de gauche peut avoir moins de 3 chiffres — et l’on cherche qxicl est le cube parfait immédiatement inféi’ieur à la tranche de gauche : la racine de ce cube coiTespond au chiffre des dizaines : Exemples : racine cubique de 12.167 ? Unités : 3; le cube inférieur à la li-anche de gauche — 12 — est 8 (racine 2). Réponse : 23. Racine cubique de 389.017 P Unités : 3 ; le cube inféi’ieur à 889 est 343 (l'acine 7). Piéponse : 78. Racine cubique de 970.299 P Unités : 9, dizaines : 9. Réponse : 99.
- b) Le cube a au moins 7 chiffres et au plus 9; la racine a 3 chiffres. — En procédant comme précédemment on détermine facilement les unités, puis les centaines grâce à la dernière tranche de gauche ; il reste à trouver le chiffre des dizaines. C’est peut-être plus compliqué, il faut de la mémoire et un peu d’habitude, mais le résultat en vaut la peine. Pensez que si vous extrayez de tête, en moins d’une minute, la racine cubique d’un nombi’e de 9 chiffres, vous passerez pour un Inaudi au petit pied! Un peu d’arithmétique pour faciliter la compréhension de ce qui suit. Les cubes des 10 premiers nombres divisés par 11, qui est pre-
- mier, donnent 10 restes différents d’après le tableau I ci-dessous :
- Racines Restes des cubes
- 1 1
- 2 8
- 3 5
- 4 9
- 5 4
- 6 7
- 7 2
- 8 6
- 9 3
- 10 10
- Tableau 1
- Restes des cubes Racines
- I 1
- 2 7
- 3 9
- 4 5
- 5 3
- 6 8 .
- 7 6
- 8 2
- 9 4
- IO 10
- Tableau 11
- Inversement : connaissant le reste, par 11, d’iin des
- 10 premiers cubes nous pouvons en déduire la l'acine correspondante en consultant le tableau II qu’il faut savoir par cœur.
- Rappelons qu’il est inutile d’effectuer la division par 11,
- 11 suffit d’appliquer la règle connue : le reste, par 11, d’un
- nombre quelconque est égal à la différence entre la somme des chiffres de rang impair et la somme des chiffres de
- rang pair. En généralisant, on démontre que : un cube
- quelconque io3.82.3, par exemple, qui a pour reste, par 11, 5, a pour racine un multiple de 11 plus 3 (tableau II); en effet 47, l’acine cubique de io3.823 est égal à 4 x 11 + 3. Raisonnons sur l’exemple précédent; le chiffre des unités de la racine est 7, au lieu de trouver le chiffre des dizaines par l’examen de la tranche de gauche, nous allons le déterminer en appliquant les principes ci-dessus. Le reste, par 11. de ioo.SaS est (3 + 8 + o) — (2 + 3 + 1) = 11 — 6 = 5;
- à 5 correspond dans le tableau II le chiffre 3, clone, si nous
- appelons x le chiffre des dizaines de la racine nous devons avoir :
- 7 — x — 3
- d’où x — 7 — 3 = 4. Réponse : 47•
- Autre exemple : racine de 889.017 ? Reste par 11 : (7 + 0 + 8) — (1 + 9 + 3) = i5 — i3 = 2 ; à 2 correspond 7 (tableau II), or le chiffre des unités de la racine est 3, donc le chiffre des dizaines sera :
- 3 — 7 = (3 + 11) — 7 = 7. Réponse : 78.
- On voit, dans cet exemple, que si la soustraction n’est pas possible, on ajoute 11 ou un multiple de 11, puisque nous ne considérons que les restes par 11. Revenons maintenant au cas de 3 chiffres.
- Soit le cube : 182.28/1.263, il a 9 chiffres, donc la racine a 3 chiffres. Par la première méthode on détermine le chiffre des unités : 7 et celui des centaines : 5 (ia5 < 182). Le l’este par 11 du cube donné est : (3 + 2 + 8 + 2 + 1)
- — (G + 4 + 2 + 8) = 16 — 20 = (16 + 11) — 20 = 7. A 7
- correspond 6 (tableau II), la racine est un multiple de 11 plus G. Soit x le chiffre de ses dizaines, elle pourra s’éci’irc : 5*7, et son reste, par 11, sera : (5 + 7) — x — G.
- D’où æ = 5 + 7 — 6 = 6. Réponse : 567. Encore un
- exemple : racine de 6G.g23.4i6. Unités : G; centaines : 4. Total : 10. Reste du cube par 11 : 10 : reste de la racine 10; chiffre des dizaines : 10 — 10 = 0. Réponse : 4o6.
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- Pour les cubes de io chiffres et au-dessus, le procédé cesse d’être applicable; il n’existe plus de moyens pratiques d’extraire les racines, il faut donc se limiter aux cas étudiés et savoir se contenter de ce qui est dans « nos cordes ».
- RACINES CARRÉES
- A. — Le carré proposé a k chiffres; la racine a 2 chiffres. — 11 faut d’abord apprendre les carrés des 9 premiers chiffres : 1, 4, 9, 16, a5, 06, 49, 04, Si. A chaque chiffre ünal correspondent deux valeurs possibles pour la racine, sauf pour 5 (?.5) dont la racine est 5. Ainsi à 1, correspondent : 1 ou 9 ; à 4 : 2 ou 8 ; à 6 : 4 ou 6 ; à 9 : 3 ou 7.
- Soit un carré parfait : 448g. On le partage en tranches de 2 chiffres à partir de la droite; le chiffre terminal de la première tranche indiquera les chiffres possibles pour les imités de la racine, ici 3 ou 7 ; cnsuiLe on cherche le carré parfait immédiatement inférieur à la tranche de gauche, ce qui fournit le chiffre des dizaines de la racine, soit 6. La racine cherchée est donc 03 ou 67. 11 reste à choisir entre ces deux nombres, ce qui est facile en déterminant les dizaines du carré médian G5, nombre que l’on obtient à vue et qui est égal à G x 7 = 4a (voir plus haut). Or 44 étant plus grand que 4a, c’est la grande racine qui convient, donc 448g a pour racine carrée : 67. Deuxième exemple : Racine de 8969 ? Dizaines : G ; G x 7 = 4a 09 <( 4a, il faut prendre la petite racine ; réponse : G3.
- Autre exemple : Racine de Go84 ? Dizaines : 7 ; 7x8 = 56 ; Go >• 56 ; grande racine : 78.
- R. — Le carré a 5 ou G chiffres; la racine a 3 chiffres.
- a) Le carré est inférieur à bO.OOO. — On étend la table des carrés parfaits jusqu’à 20 fois 20 : 100, 121, i44, 169, 196, 220, a56, 289, 3a4, 361, 400. On procède comme précédemment, sauf que l’on considérera les 3 chiffres de gauche comme formant une seule tranche. Exemple : racine de 31.829 ? Séparons les deux chiffres de droite : 3i3.29; pour les unités nous pouvons avoir 3 ou 7; pour les dizaines 17 (289 <( 3x3); formons le produit 17 x 18 — 3o6, c’est la grande racine qui convient car 3i3 O 3o6 ; réponse : 177. Autre exemple : racine de 204.49? Dizaines x4 ; i4 x i5 = 210; petite racine; réponse : i43.
- b) Le carré est supérieur à 40.000. — On partage toujours le nombre en tranches de 2 chiffres à partir de la droite. La première tranche à gauche donne comme ci-dessus le chiffre des centaines de la racine sans ambiguité. Ensuite on procède comme dans l’opération écrite, mais en simplifiant comme nous l’allons voir.
- On forme d’abord la différence entre la tranche de gauche et le carré immédiatement inférieur, à cette différence on accole le chiffre de gauche de la deuxième tranche et on divise le résultat ainsi obtenu par le double du premier chiffre de la racine, plus un.
- Un exemple fera mieux comprendre comment on forme celte division et' comment on l’interprète, pour choisir, en môme temps, le chiffre des unités de la racine. Soit le carré 58.94.24. Le chiffre des centaines est 7; différence : 58 — 49 = 9, en accolant le 9 de la deuxième tranche nous obtenons 99 : c’est, le dividende; le double de la racine (premier chiffre) est i4 +• 1 = i5 : c’est le diviseur. On cherche le quotient par excès ou par défaut, de manière à obtenir le resté minimum en valeur absolue, ici nous avons 0 par défaut-, le deuxième chiffre est 6 et il faut choisir la grande racine : 8. Réponse : 768. Si la division se fait sans reste (à peu de chose près) ou si le quotient est obtenu par excès, on prend la petite racine. Exemple : racine de 58.o0.44 ? Le chiffre des centaines est 7. Pratiquement, on
- : :.. =• - • - - 331 =
- ait : 58 —-49 = 9, 90; 2 x 7 + 1 = i5, quotient : 0, reste o; petite racine; réponse : 7G2.
- Exemple : racine de 5.38.24 ? Centaines : 2; 5 — 4 = 1,
- 13 ; diviseur : 5 ; quotient par excès : 3 ; petite racine ; réponse : 232.
- c) Cas particulier. Le carré se termine par G. — La détermination du chiffre clés unités est impossible quand le carré est terminé par un G ; les racines ont 4 ou G aux unités, les 2 nombres sont voisins l’un de l’autre et les quotients qui donnent le deuxième chiffre sont tous deux de même nature, en général. Il faut avoir recours à la méthode des restes par 11, mais simplement pour faire la preuve avant d’annoncer le résultat. Quelques exemples feront comprendre la marche des calculs.
- Racine de 580-750 ? Centaines : 7; différence 9; 9C1, diviseur i5. Quotient 0, par défaut, on serait tenté de choisir la grande racine. Avant de conclure faisons la preuve par 11. Reste de 76G (pour abréger nous supprimons, par 11), 7 + 0 — 6 = 7, carré : 49 ; reste 5. Reste du carré proposé : (G + 7 + 8) — (5 + G + 5) = 5. C’est bien la grande racine qui convient ; résultat : 7GO.
- Racine de 58.06.96 ? Centaines : 7; différence 9; 90, quotient, par i5 : G, par défaut également.
- Nous supposons donc G unités et, comme précédemment nous faisons la preuve. Le reste de la racine essayée, 766, est 7, carré 49, reste : 5; reste du carré : 3 ; il y a désaccord, c’est donc la petite racine qu’il faut choisir, le résultat est 764.
- Mais, il y a un « mais », si la petite racine est de la forme 11N + 10 les deux carrés donnent pour reste par 11 le môme résultat : x, ce qui a lieu pour les carrés des
- 14 nombres : 274 et 276, 384 et 380, ...., 934 et 930. On tourne la difficulté en faisant la preuve par 9 quand le reste par 11 est 1. Évidemment c’est une complication, mais en réalité, ces calculs accessoires sont faciles et rapides. Un dernier exemple : racine de 14.74.50 ? Centaines 3 ; dividende 57; diviseur 7; quotient 8, par défaut. Essayons la grande racine : 38G ; reste, par 11 : 10; carré 100, reste, par 11 : r. Cas ambigu. Preuve par 9. Resle de 386 : 8; carré : 64, reste 1 ; reste du carré proposé : o; donc c’est la petite racine qui convient. Réponse. 384.
- Des procédés semblables donnent également les racines 7e, 9e, 11e... des puissances correspondantes de nombres de 2 chiffres; nous ne nous arrêterons pas à ces cas particuliers. Les principes exposés plus haut pour l’extraction des racines cubiques, par la méthode des restes par 11, permettent d’établir les règles convenant à chaque puissance. Signalons simplement la périodicité des derniers chiffres des puissances successives. Quand l’exposant est de la forme 4n + 1, la racine et la puissance sont terminées par le même chiffre : 3, o5, o9, o13... se terminent par 3. Si l’exposant est de la forme 4n + 3 la puissance se termine par le même chiffre que le cube de la racine : 73, 7Q 711, 715... se terminent par un 3.
- Nous n’avons pas la prétention cl’avoir épuisé le sujet', bien loin de là; nous avons passé sous silence, entre autres, les applications à l’addition, à la soustraction, à la division, ainsi que de nombreuses méthodes abrégeant la multiplication. Notre intention a été surtout de donner un aperçu des procédés aboutissant à la réalisation des opérations les plus « spectaculaires ». Il nous reste à souhaiter bon couiage à ceux qui désirent s’initier à la pratique des calculs rapides ; outre un excellent exercice développant, la mémoire et l’attention, ils trouveront l’occasion de faire apprécier à leurs amis un talent de société original et peu commun.
- II. Babolet.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS 1939, A PARIS
- Mois un peu frais et mal ensoleillé. Malgré la fréquence des précipitations, le total pluviométrique a été légèrement déficitaire.
- La moyenne barométrique mensuelle ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 762 mm 4, supérieure de 1 mm 1 à la normale.
- La moyenne thermométrique mensuelle, au même observatoire, 6°,x, n’est inférieure que de o°,3 à la normale. D’abord assez élevée au début du mois, la température est devenue fraîche à partir du 9 et jusqu’au 29 inclus, toutes les moyennes journalières, sauf celle du i5, sont restées inférieures à leurs normales respectives. Celles du 18, du 19 et du 27 ont été particulièrement basses. Le temps s’est radouci le 3o et a été chaud le 3i. Le maximum absolu, i7°,9, correspond du reste à cette dernière date et il est inférieur de x°,i au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, — 3°,4, le 19, est supérieur de o°,7 au minimum absolu moyen.
- Il y a eu 5 jours de faibles gelées sous l’abri et on note 7 jours de gelée blanche.
- Les extrêmes absolus de la température dans la région ont été de : — 7°,o à Montesson le 19, et i9°,8 à Joinville-le-Pont et au square Saint-Jacques (Paris) le 3i.
- Les précipitations ont été fréquentes au Parc Saint-Maur, mais leur intensité a été faible : on a compté 19 jours de pluie appréciable (au lieu de 14, nombre moyen) qui ont fourni un total de 3y mm 4 d’eau, en déficit de 9 pour 100
- à la normale et le maximum en 24 h, le 5, n’a pas dépassé 5 mm 7.
- Les hauteui's maxima de pluie relevées en 24 h, pour l’ensemble de la région ont été : pour Paris, i5 mm 8 à Montmartre et, pour les environs, 16 mm 5 à Asnières et à Montesson, du 6 au 7. La durée totale de chute de pluie, à Montsoui'is, 56 h, est normale.
- Les brouillards ont été quotidiens et matinaux seulement ; le 10 au matin, le brouillard fut assez épais : visibilité minima de 4o m au Mont-Valérien et 100 m à Rosny.
- Dans la région, il a été observé pendant le mois, et sur divei's points différents : 7 jours de grésil, 11 jours de grêle et 9 jours de neige, la plupart de ces chutes mêlées à la pluie.
- Le 25, vers i5 h 3o, orage (éolair et tonnerre) dans Paris et sur divers autres points.
- La durée totale de l’insolation, à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, i38 h 25 m, est supéi’ieure de 4 pour 100 seulement à la normale.
- À l’obsei-vatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 73,5 pour 100 et celle de la nébulosité, de 73 pour 100. On y a constaté : 3 jours de neige, 2 jours de gouttes, 3 jours de grêle, 4 jours de grésil, 1 jour d’orage, i3 jours de brouillard, 10 jours de brume et 5 jours de l’osée. A la fin du mois, les floraisons étaient en l'etard d’envii'on une semaine.
- Em. Roger.
- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE (,)
- LE COURRIER DES LECTEURS
- Un courrier assez abondant suit la publication de chacune de ces « Causeries » et je suis heureux de pouvoir remercier ici les nombreux lecteurs qui y prennent intérêt.
- Parmi les lettres parvenues, celles qui ont un caractère particulier ont reçu une réponse directe. D’autres, au contraire, présentent un intérêt général et nous croyons bien faire de les signaler dès à présent, avant d’aborder de nouveaux sujets, car elles se rapportent à des questions déjà traitées ici-même.
- Verre dépoli à fenêtre transparente. — Nous avons indiqué précédemment (2) deux moyens d’établir un verre dépoli avec partie centrale transparente pour la mise au points très précise dans le cas d’images peu lumineuses (il s’agissait de la « photographie des paysages éloignés »). On se rappelle que ces moyens consistaient à assembler, avec du papier noir gommé, des morceaux de verre dépoli et un morceau de verre transparent.
- Un lecteur, M. Em. Cordonnier, à Nice, signale l’artifice qu’il a mis à profit' pour établir un verre dépoli à fenêtre transparente, en vue de la photomicrographie. Il se ramène à coller, au centre du verre dépoli, c’est-à-dire dans l’axe
- 1. Voir les n°s 2967, 2972, 2974, 2979, 2980, 2981, 2983, 2983, 2987 , 2989, 2993 , 2996, 2999, 3002, 3006, 3010, 3012, 3023 , 3027, 3039 et 3041.
- 2. N® 3004, du 1er jumet 1937, p. 23.
- de l’objectif, un morceau de verre ou mieux un couvre-objet de micrographie, avec une goutte de baume de Canada (x). Si l’on trace au préalable une croix sur le dépoli avec une pointe de crayon, cette croix paraîtra nette, à la loupe, en même temps que l’image donnée par l’objectif. Cet artifice, que rapporte M. Cordonnier, serait dû à Viallane (2). Notre correspondant à l’appui de sa description, nous a envoyé un verre dépoli ainsi constitué : le résultat est très remarquable et l’on a tout à fait l’impression d’un verre transparent dont on aurait dépoli la surface en réservant seulement la partie centrale. Il faut un éclairage frisant et une loupe pour se rendre compte que le dépoli existe sous la couche de baume de Canada.
- 1. M. Cordonnier pense que la résine mastic ou la résine dammar dissoutes dans la benzine jusqu’à consistance épaisse donneraient un résultat analogue à celui produit par le baume de Canada.
- 2. Il est signalé par M. L.-P. Clerc dans La technique photographique (p. 317). Dans cet ouvrage, l’auteur indique le moyen suivant pour savoir si l’image donnée par l’objectif se forme rigoureusement dans le plan du dépoli : un déplacement de l’œil de haut en bas ou de droite à gauche derrière la loupe de mise au point ne doit pas modifier la position de la croix dans l’image fournie par l’objectif. Dans le cas contraire, le sens de déplacement indique s’il y a lieu d’allonger .ou de raccourcir le tirage de l’appareil. Le tirage est trop long si la croix se déplace dans l’image dans le même sens où l’on déplace l’œil. 11 est trop court si la croix se déplace en sens contraire.
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- Classement des clichés sur verre ou sur pelli=
- cules. —• La « Causerie photographique » consacrée au classement et à la conservation des phototypes (x) nous a valu une intéressante communication d’un de nos abonnés, M. Marcel Clerc, 34, rue des Bois, à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise). Depuis 20 ans qu’il pratique la photographie, M. Clerc a toujours pris soin de protéger ses clichés par des pochettes, et il les classe verticalement, dans des classeurs spéciaux, comme des fiches, en suivant l’ordre des numéros et. en tenant à jour, comme nous l’avons conseillé, un répertoire de la collection. Pour ces divers classements, il a fallu établir divers modèles de pochettes et de répertoires, fort pratiques. M. Clerc fait remarquer qu’il existe, en France, des milliers d’amateurs photographes, et que, parmi eux, nombreux sont ceux qui possèdent plusieurs centaines de clichés : mais, ajoute-t-il, bien peu comprennent la nécessité d’un bon classement.
- Nous sommes entièrement de son avis et nous avons suffisamment insisté sur ce point dans la « Causerie » précitée. La place nous faisant défaut, nous conseillons aux lecteurs qui désireraient de plus amples renseignements sur les modèles qu’il a établis de s’adresser directement à M. Marcel Clerc.
- Le prix de la photographie. — Notre « Causerie » consacrée à celte question (1 2) a incité M. J. Barrai, ingénieur à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure), lecteur de cette Revue depuis plus de ai ans, à nous signaler le format qu’il considère comme le plus économique. C’est le format 4 1/2 x G sur pellicule 6x9, qui permet de faire 16 poses sur une pellicule complète. M. Barrai tire ses vues sur plaques positives G x 10 pour en faire des projections et il coupe ensuite ces positives en deux par un trait de diamant, après tirage. Il établit ainsi le prix de revient d’une vue positive 6 x 6,5 (nous corrigeons ses chiffres à l’aide d’un catalogue assez récent, car sa lettre remonte à plus d’un an et, depuis, on sait que la valeur du franc a été modifiée !) :
- Négatif (16 par film 6 x 9, 8 poses). ... o fr Go
- Positif (a4 par boîte de 6 x i3)............... . o fr 70
- Verre à doubler (24 par douzaine de G x i3) et accessoires (caches, bandes gommées, etc.). o fr 25
- Total pour une projection. . 1 fr 55
- Comme précédemment, nous négligeons le prix des bains photographiques. Alors, si nous considérons un amateur prenant en moyenne une dizaine de clichés par mois, soit 120 par an, nous arrivons à une dépense totale de l’ordre de 200 fr, à peu près analogue à celle que nous avions indiquée. Il s’agissait alors des prix pratiqués en avril 1937 et de tirages sur papier.
- Il n’en reste pas moins que, malgré les hausses de prix survenues, la photographie reste encore une distraction très populaire, comme nous l’avons déjà montré.
- Transformation d’un appareil 6 x 9 en appareil 4 1/2x6. — Le format 4 1/2 x G, issu de la pellicule G x 9, est d’ailleurs assez répandu. Actuellement, de nom-
- 1. Voir n° 3000, du 1er août 1937, p. 133.
- 2. Voir n° 3012, du 1er novembre 1937, p. 438.
- ===: ......................... 333 =
- breux appareils 6x9 comportent un cache métallique amovible ou des lamelles mobiles qui, rabattues, réduisent le champ à 4 1/2 de largeur. Quand donc on veut faire du 4 1/2 x G, il suffit de placer le cache ou de rabattre les lamelles. D’autre part', au dos des appareils, se trouvent deux fenêtres rouges pour suivre le déroulement du film, fenêtres distantes de 48 mm. Si donc, on veut travailler en 4 1/2 x G, on amène le n° 1 de la pellicule sous la première fenêtre, puis pour prendre la seconde vue, on amène le même n° 1 sous la seconde fenêtre, etc. Signalons qu’il convient de faire très attention avec ce changement de régime, lorsqu’après avoir travaillé un certain temps en G x 9 on utilise le 4 1/2 x 6. Parfois, on oublie de placer le cache. D’autres fois, on oublie de passer d’une fenêtre à l’autre; ou encore, inversement, reprenant le travail en G x 9 on oublie de supprimer le cache ou bien on déroule le film en passant d’une fenêtre à la suivante, ce qui le déplace seulement de 48 mm.
- Mais, le plus grave inconvénient de ces appareils permettant l’utilisation de deux formats est le champ très restreint que donne le cache 4 1/2x6 : tout se passe comme si, ayant pris une vue G x 9 on la rognait en coupant, à chaque bout, 22 mm 5. On n’utilise donc qu’une partie du champ de l’objectif. Cette solution, évidemment économique, convient pour un portrait, pour une vue étroite ; mais pour un paysage, elle n’est guère à conseiller, l’angle embrassé devenant trop faible.
- Cette dernière considération a conduit un de nos lecteurs, M. Lucien Paillard, à Paris, à transformer son appareil G x 9 en véritable appareil 4 1/2 x G. A première vue, il peut paraître un peu étrange de s’embarrasser d’un appareil 6x9, relativement volumineux, pour obtenir des clichés 4 1/2 x G. Mais, comme nous le verrons plus loin, cette solution est fort intéressante. Elle ne s’applique qu’au cas de l’appareil 6x9, somme toute léger et peu encombrant. Elle serait encore possible avec les appareils 6 1/2 x 11, qui pourraient donner 22 poses 4x6 1/2. Mais elle serait ridicule avec des formats supérieurs.
- L’idce directrice de M. Paillard a donc été d’obtenir en format 4 1/2 x G toute Vimage donnée par son objectif sur G x 9. O11 connaît la vogue actuelle des appareils dits de « petit format » dont les expositions ont mis en valeur les étonnantes possibilités. Par agrandissement des petits clichés, on obtient des résultats remarquables et, en dehors des facilités de manœuvre et de rechargement, le bon marché relatif du film est une considération qui a sa valeur par le temps qui court. Mais les appareils de cc petit format », notamment les 24 x 36 munis de tous leurs perfectionnements, atteignent des prix très élevés, qui ai’rêtent de nombreux amateurs. Or, notre correspondant possède un excellent appareil, muni cl’un anastigmat réputé : le problème a donc consisté à transformer cet appareil en « petit format » sans rien lui faire perdre de ses qualités optiques.
- La première partie du travail (x) a été l’ouverture à Par-
- I. En réalité, l’appareil de M. Paillard est un G 1/2 x 9 à plaques. Il lui n fallu d’abord y ajuster un adaptateur à pellicules G x 9. Notons que notre correspondant n’est ni un mécanicien, ni un ajusteur de métier, mais un amateur adroit comme on en rencontre tant parmi les lecteurs de cette Revue. Il a exécuté là un travail de précision très remarquable.
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- rière de l'appareil, d.’une seconde fenêtre à 48 mm de la première pour dérouler la pellicule par images du nouveau format, puis à placer dans l’appareil le cache 4 1/2 x 6, constitué par un volet amovible.
- Maintenant, il fallait raccourcir la distance focale de l’objectif pour l’amener de io5 mm à 75 mm (diagonale de 4 1/2 x 6). Les premiers essais avec des bonnettes placées devant l’objectif furent désastreux.
- Après un certain nombre d’essais, M. Paillard a adopté une lentille simple (ménisque) de 3,5 dioptries, placée en M à l’arrière de l’objectif, presque en contact avec la lentille postérieure (üg. 1) et épousant sa courbure. Cette
- Fig. 2. — Exposition de 1937 : Cour du Pavillon des Flandres. Négatif pris au mois de novembre, à //5,6, au 1/25 de seconde, à l’aide d’un appareil 6x9 transformé en 4 1/2 x 6 (voir le texte). Remarquer la forte amplitude de l’angle couvert dans le sens vertical.
- (Photographie de M. Lucien Paillard).
- lentille fournissait une image absolument nette, couvrant intégralement le 4 1/2 x 6 à f/4,5 et même le 6 x 9 à partir de l’ouverture f/8. Il a fallu ensuite adapter sur l’abattant de l’appareil (genre folding), une nouvelle échelle de mise au point constituée par une petite pièce de cuivre, tracée tout d’abord à l’aide du verre dépoli, puis vérifiée ensuite par le calcul. Cette échelle, valable pour le 4 1/2 x 6, se glisse sur l’échelle de l’appareil. Sa longueur est telle qu’elle vient s’arrêter contre le taquet-butoir placé pour la photographie à l’infini avec le 6 x 9. A son autre extrémité, elle porte elle-même un butoir, de sorte qu’en ouvrant l’appareil, il se trouve automatiquement au point à l’infini pour le 4 1/2 x 6. Diverses divisions sont tracées pour la photographie de près. Enfin, il a fallu déterminer l’équivalence des diaphragmes, avant et après raccourcissement de la distance focale : f/4,5 est ainsi devenu environ f/3,5; f/5,6 est devenu f/4,o; f/8 et f/'ii sont, à présent, f/5,6 et f/8.
- M. Paillard nous fait remarquer qu’il lui est possible de tirer sur le même film des photographies normales 4 1/2 x 6; puis, en supprimant le volet contenant la fenêtre 4 1/2x6, prendre des vues à grand angle 6x9. Et, en supprimant la lentille ménisque, d’utiliser l’appareil 6x9 ordinaire. Enfin, tout l’arrière étant amovible, on peut employer des plaques 6 1/2 x 9 en châssis.
- Que doit-on penser de cette ingénieuse transformation d’un appareil ?
- Elle se traduit, d’abord, par une économie de 5o pour 100 sur le prix des négatifs. Elle permet, avec le même nombre de bobines de film, de prendre deux fois plus de clichés, ce qui est intéressant au cours d’un voyage. La possibilité de prendre des vues à grande échelle (en 6 x 9) ou à grand angle (en utilisant la lentille additionnelle sur 6x9) offre un grand intérêt, puisqu’on réalise ainsi trois appareils en un seul.
- Maintenant, au point de vue optique, que doit-on penser de ce ménisque placé derrière un anastigmat ? Les résultats sont excellents. On nous a communiqué un certain nombre de négatifs 41/2x6 d’une netteté parfaite. Voici l’agrandissement de l’un d’eux (fig. 2) où il faut remarquer l’amplitude de l’angle couvert dans le sens vertical.
- A notre avis, la solution réalisée par M. Paillard pourrait être étudiée par les constructeurs. En remplaçant le ménisque arrière par une lentille convenablement calculée, il est certain que les résultats optiques seraient excellents.
- Mais pour rendre cet appareil vraiment pratique, il serait indispensable de pouvoir mettre en place ou escamoter de l’extérieur le ménisque et le cache 4 1/2 x 6.
- Divers dispositifs de sécurité pourraient en outre être envisagés pour l’emploi des deux échelles de mise au point et des diaphragmes.
- Quoi qu’il en soit, et même si la tentative exposée ici reste sans lendemain, il était bon de la présenter en ces « Causeries » réservées aux véritables amateurs photographes (1). Em. Touchet.
- 1. Depuis la rédaction de cet article est apparu sur le marché un appareil à usages multiples permettant, sur film 6x9, d’obtenir des images 4 1/2 x 6, 6 x 6 ou 6 x 9, d’utifiser du film de 35 mm et des plaques. Des objectifs interchangeables sont prévus suivant le format utilisé. C’est un appareil « universel » mais de prix forcément élevé.
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- Fig. 1. — Modification, par l’adjonction d’une lentille en forme de ménisque M, d’un objectif anastigmat de 105 mm de longueur focale, couvrant 6x9 en un objectif de 75 mm couvrant 4 1/2x6 (Vue schématique du dispositif adopté par M. Lucien Paillard).
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- COMMUNICATIONS A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 février 1939.
- Métabolisme et climat alpin. — Poursuivant leurs éludes des influences du milieu sur le métabolisme végétal, MUe Gertrude et M. Combes ont examiné en climat alpin des espèces alpines, indifférentes ou nettement de plaine. Entre les individus cultivés en haute altitude et en plaine, on retrouve les différences morphologiques habituelles. Le métabolisme paraît surtout' affecté en altitude dans la glucogénèse ; la lipogénèse l’est beaucoup moins, la protéogénèse et la nutrition minérale varient dans des sens différents suivant les espèces. En général les individus cultivés au-dessus de 2.000 m contiennent trois fois plus de glucides solubles, la différence portant surtout sur les sucres réducteurs. Les modifications apportées par le climat alpin tiennent aux écarts importants entre les températures diurnes et nocturnes et non aux autres conditions de la vie en altitude. On observe en effet des modifications analogues en créant un climat artificiel possédant les mêmes différences de température ; ce sont donc celles-ci qui constituent l’élément agissant du climat alpin sur le métabolisme végétal.
- La production des. céréales. — MM. Demolon et Burgevin exposent les fluctuations constatées dans les quantités d’éléments fertilisants (N, P, K) absorbées par les céréales, rapportées à un quintal de grain. Ils montrent que des fumures tardives ou une richesse particulière du sol en un élément fertilisant ont leur retentissement surtout dans la paille et qu’au delà d’une certaine limite de fumure, le rapport des éléments fixés dans le grain à la totalité des éléments fixés (grain + paille) décroît' rapidement. Ce rapport est surtout très sensible aux facteurs climatiques. Il est particulièrement faible dans les années humides sur un sol imperméable et pour les semis tardifs. Ces variations confirment l’importance de l’adaptation d’une variété au milieu de culture.
- Bactériothérapie de l’épithélioma du lapin. —
- M. Besredka expose qu’en inoculant au lapin une émulsion d’épithélioma et des streptocoques vivants, on provoque un abcès chaud qui évolue rapidement vers la guéi’ison définitive, sans formation de tumeur. L’animal devient réfractaire à l’épithélioma. Ce fait' est d’une importance exceptionnelle car il constitue une étape vers le traitement et la vaccination contre les. tumeurs malignes.
- Séance du 6 mars 1989.
- Les périodes solaires. — M. Mémery a étudié les périodes solaires depuis le xvm® siècle et a remarqué qu’une fois par siècle la période de n ans comprend une période de croissance de l’activité portant sur 5 à 6 ans, alors qu’en général, cette croissance ne se manifeste que pendant 3 à 5 ans. Cette anomalie se retrouve pour les périodes 1923-1933, i823-iS33 et 1723-1733; elle semble donc être liée à une période solaire de xoo ans. Cette période apparaît également dans les phénomènes liés à l’activité solaire et dans le retour des périodes anormalement courtes. L’auteur a remarqué également qu’au xix0 siècle les hivers froids ont été plus nombreux dans la seconde moitié du siècle. Les séides d’observations sont toutefois encore beaucoup trop courtes pour donner un caractère de certitude à cette période de 100 ans.
- Les vasières de la Seine. — La Seine dépose beaucoup de vase dans son estuaire et en particulier dans les ports latéraux. M. Bourcart a observé, en marée descendante, de gros flocons de 1 à 2 centimètres de grand axe, très ténus, qui adhéraient' à la banquette lorsque la hauteur de l’eau n’était plus que de quelques centimètres. Ces flocons sont formés d’agrégats en treillis dont les nœuds sont des grains de craie, de glauconie et surtout de quartz; de très fins grains de calcite forment les mailles. Des débris très divers adhèrent au flocon ou sont pris dans ses mailles. Dans la région de Rouen on peut observer des formations beaucoup plus petites. L’auteur estime que la production des flocons est due à la pseudo-attraction capillaire des particules mouillées par l’eau; ces flocons adhèrent ensuite aux parois en s’aplatissant. Les vasières ne sont donc dues, ni à la coagulation des colloïdes par le chlorure de sodium, ni à une sédimentation sous l’influence de la gravité.
- Le rouget du porc. — La vaccination du porc contre le rouget, suivant la méthode de Pasteur et Thuillier, nécessite deux injections séparées et effectuées sur des porcelets de moins de quatre mois. M. Staub montre qu’il est possible d’obtenir une culture pratiquement avirulente en opérant en large contact avec l’air. En ajoutant à cette culture de la gélose à 2 pour 1.000 on obtient, par une seule injection, une immunité qui paraît durable. Cette injection est très bien supportée.
- Séance du i3 mars 1939.
- L’électrolyse des üuosilîcates. — L’électrolyse ignée des fluosilicates a peu tenté les chercheurs. Cependant M. Dodero a constaté qu’en opérant vers 95o°, au voisinage du point de décomposition, on obtient le métal alcalin qui réagit sur le bain pour donner du silicium. Cette méthode permet de préparer des siliciures en ajoutant au bain, comme second constituant, un fluorure ou un oxyde métallique. Il est probable que le métal alcalin réduit simultanément le fluorure de silicium et le fluorure ou l’oxyde ajouté. Par cette méthode l’auteur a pu préparer les siliciures : SiMn0, SiCr3, SiFe2 et Si2Ti.
- Les hautes pressions et les explosifs. — Les
- explosifs d’amorçage détonent encore dans le vide de la trompe à mercure. MM. Muraour et Basset ont voulu étudier s’il en est de même aux très hautes pressions. L’azot'ure de plomb, placé dans une chambre à très hautes pressions, détone au contact d’un fil de platine rougi. Une mince feuille métallique placée à son contact montre les effets mécaniques de l’explosion. A 1.000 kgr/cm2 ces effets sont déjà atténués et tout effet mécanique disparaît vers 5.000 kgr/cm2; la décomposition instantanée de l’explosif persiste cependant. Les résultats sont les mêmes si l’on opère dans l’azote ou l’argon, ils restent identiques si l’on choisit comme explosif le perchilorate du diazo de métanitraniline. Poursuivant ces recherches, les auteurs ont observé que cette absence d’effets mécaniques à partir d’une certaine pression se constate dans les mêmes conditions avec les explosifs secondaires tels que la dynamite-gomme et l’acide picrique. Un régime de combustion tout à fait nouveau a ainsi été mis en évidence.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Mesure des temps, vitesses, débits, par Pierre Fleury. 1 vol., 112 p., 93 fig. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Dans cette utile brochure, on trouvera tout d’abord exposées toutes les données nécessaires pour comprendre ce que signifie, au point de vue pratique, l’expression mesure du temps. Après la théorie du pendule, l’auteur décrit les appareils servant pratiquement à la mesure du temps : chronomètres, montres, horloges électriques, oscillateurs à courte période ; puis les appareils mesureurs de vitesse : tachymètres, strobomètres et les appareils mesureurs d’accélération, et enfin les appareils mesurant les vitesses et les débits de fluides. L’auteur évite les détails oiseux et se borne à ce qui est nécessaire pour bien comprendre le fonctionnement des appareils, les résultats qu’ils donnent et la façon de les utiliser.
- Les petits moteurs électriques, par R. Bevaert. 1 vol., vi-218 p. 16 x 25, 172 fig. Dunod, Paris. Prix : 78 francs.
- Les petits moteurs électriques, malgré la multiplicité de leurs applications, n’ont fait l’objet jusqu’ici que d’études incomplètes dans les revues ou ouvrages d'électrotechnique. Le présent volume comble donc une lacune. L’auteur explique d’abord brièvement le principe de fonctionnement et les caractéristiques de tous les petits moteurs électriques, du plus « grand », c’est-à-dire de l’ordre de 1/2 ou 3/4 ch jusqu’au plus petit, dont la puissance se trouve aux environs de 1/1.000 ch ou 1/2.000 ch, depuis le petit moteur de l’industrie jusqu’au minuscule moteur d’horlogerie ou au moteur-jouet. Il énumère aussi les diverses applications de ces moteurs, et pour chacun d’entre eux il donne des caractéristiques générales et des renseignements numériques : puissance en ch, tension aux bornes, consommation, rendement, vitesse, couple et courant absorbé au démarrage et en marche normale.
- La technique de l’éclairage des automobiles, par
- A. Monnier et M. Mouton. 1 vol. x-223 p., 79 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1939. Prix broché : 68 francs.
- Cet ouvrage est consacré aux sources lumineuses spéciales employées sur les automobiles et à leurs dispositifs de projection. C’est une attachante étude, conduite suivant une parfaite méthode scientifique, dans laquelle après un commentaire sur la réglementation française en matière d’éclairage des automobiles, les auteurs exposent la théorie, la technique de la fabrication, les méthodes de contrôle des projecteurs, réflecteurs, glaces et lampes, déterminent la meilleure répartition lumineuse des faisceaux et les moyens de l’obtenir, étudient la propagation des lumières colorées dans les atmosphères limpides ou troubles et les effets physiologiques qu’elles produisent. La lecture de cet ouvrage a été rendue aisée par un rappel d’importantes notions de physique appliquée, de météorologie et d’optique physiologique. L’ouvrage sera d’un précieux secours aux techniciens de l’éclairage automobile et aux usagers.
- Naissance de l’industrie automobile (Tempête sur l’histoire), par Pierre Bollée. 1 vol. illustré, 98 p. Imprimerie L. Chandourne, Le Mans.
- Les deux Amédée Bollée, père et fils, ont joué un rôle capital dans la création de l’automobile moderne et de l’industrie automobile française. On leur doit dans ce domaine des inventions essentielles et de magnifiques réalisations dont les premières remontent à 1873. Pionniers de l’époque héroïque, les Bollée, après les pires épreuves, ont pu créer la première usine de construction d’automobiles qui sans doute ait existé au monde ; M. Pierre Bollée, leur fils et petit-fils, rappelle dans cette brochure les légitimes titres de gloire de ses ascendants, trop souvent oubliés. Il s’en prend, hélas avec raison, aux historiens improvisés qui ont, en ces dernières années, écrit sur l’automobile. Il faut, une fois de plus, le constater avec regret, l’histoire de la technique n’existe pas en France. L’Institut d’Histoire des Sciences et Techniques qui fonctionne à la Sorbonne ferait œuvre utile en attelant quelques historiens à un chapitre comme celui de l’automobile où la France a joué un rôle si brillant. Les archives privées et publiques regorgent de documents précieux dont il serait aisé de faire la critique et la synthèse.
- Traité de la brevetabilité, par Alain Casalonga. I vol., 392 p. Librairie Dalloz, Paris, 1939. Prix broché : 75 francs.
- Notre loi des brevets est presque centenaire ; en un siècle, la doctrine et la jurisprudence ont pu en approfondir le sens et en éclairer toutes les obscurités. Il semblait donc qu’il n’y avait plus rien à écrire de nouveau au sujet des caractères distinguant une invention brevetable et des causes de nullité
- qui peuvent vicier un brevet. M. Casalonga, à la fois juriste, ingénieur et praticien de la propriété industrielle, a su renou-Areler ce sujet d’une façon aussi utile qu’originale. Le brevet est un véritable contrat bilatéral entre l’inventeur et la société. Quel est le fondement juridique véritable de ce contrat ? L’auteur pour l’établir fait appel à la théorie juridique de la « cause », théorie très moderne et qui, quoique fort controversée, exerce aujourd’hui dans certains domaines une grande influence sur la jurisprudence. M. Casalonga expose clairement les . grandes lignes de cette théorie générale, sans dissimuler les difficultés qui s’attachent à une définition précise de ce concept de « cause ». Il en va, dans la science du droit, comme dans toutes les autres sciences, il est difficile sinon impossible de délimiter nettement le contenu des notions fondamentales sur lesquelles la science bâtit son édifice ; ici aussi la valeur d’une théorie se juge à ses fruits. Dans le domaine particulier du brevet, M. Casalonga, montre l’utilité de cette notion, en construisant avec son aide un ensemble solide et logique dans lequel certains points restés obscurs reçoivent une vive lumière, qui facilitera grandement la solution de problèmes parfois difficiles. Toutes les questions relatives à la brevetabilité sont du reste examinées à fond dans un ordre fort satisfaisant pour l’esprit et avec toute la documentation jurisprudentielle nécessaire. Aussi cet ouvrage ne pourra-t-il manquer de rendre de grands services à tous ceux qu’intéresse à un titre quelconque la propriété industrielle.
- L’invention. Exposés de la 9e semaine internationale de synthèse. 1 vol. in-8°, 215 p. Alcan, Paris, 1938. Prix : 25 francs.
- Chaque année, le Contre international de synthèse consacre une semaine à l’exposé et à la discussion des aspects d’une question générale. Cette fois, le thème fut l’invention. Mécanisme psychologique, par les Drs Blondel et Claparède ; invention mathématique par M. Iladamarcl ; physique, par MM. de Broglie et Bauer ; esthétique, par MM. Valéry et Gleizes ; technique, par M. Bréguet et la vie comme invention, par M. Guyénot. Le rôle du conscient et de l’inconscient, voire même des rêves, l’opposition ou les nuances entre invention et découverte, les manières d’être neuf dans les diverses disciplines furent examinées et argumentées, sans que se dégage une notion nette de l’invention, ni dans son essence, ni dans son mécanisme ; elle semble rester une intuition personnelle difficilement analysable et explicable.
- Nouvelle technique prophylactique par condition* nement de l’air et des surfaces, par J. Risler. 1 vol. in-16, 78 p., fig. Imprimerie Blériot et Devoisselle, Melun, •1939.
- Par badigeonnage des surfaces et par pulvérisation dans l’air de mélanges d’huiles essentielles, l’auteur obtient un conditionnement en même temps qu’une action antiseptique, insecticide, antitoxique et au besoin une neutralisation des gaz de combat. Il déçut sa technique et les résultats obtenus. Le fumier artificiel en agriculture, en culture maraîchère, par Ch. Lafite et J. Caudron. 2° édition, i broch. in-lC, 64 p., il fig. La Maison rustique, Paris, 1939. Prix : 6 fr. 50.
- La réduction do la cavalerie a créé une véritable « famine de fumier ». Horticulteurs, vignerons, champignonnistes ne peuvent s’en passer. En utilisant des pailles et les déjections, les auteurs ont réussi à en produire économiquement. Ils donnent leurs recettes et les .prix de revient. C’est une opération économiquement viable, une valorisation de la paille, une sauvegarde pour la culture.
- Nahrung und Ernæhrung, par le Dr Hans Glatzel. 1 vol. in-16, 256 p., 25 fig. Collection « Verstândliche Wis-senschaft. Julius Springer, Berlin, 1939. Prix : 4,80 marks. L’excellente collection s’enrichit d’un 39° volume consacré à la nourriture et à l’alimentation. On y trouve très exactement exposées les données classiques et.les notions nouvelles; les trois groupes de composés : glucides, lipides et protides, sont suivis des corps complexes qu’on arrive maintenant à bien connaître : vitamines, hormones, phosphatides, stérols, etc., etc. Après une vue d’ensemble de la nutrition dans la série animale, les aliments de l’homme sont examinés avec précision : pain, céréales, légumes, fruits, champignons, boissons, viandes, poissons, œufs et beurre. La conservation des denrées, la cuisine, conduisent naturellement à la digestion et à l’absorption, aux régimes, à la soif, à la faim, à l’appétit. Un chapitre d’hygiène, un autre fort intéressant sur les rations dans les diverses régions d’Allemagne et les différenles nations conduit aux problèmes sociaux du ravitaillement, de l’équilibre des productions et des répartitions. C’est une initiation très complète, où tous les aspects apparaissent successivement.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE S. P. L. Sorensen.
- Un des plus grands savants du Danemark vient de mourir : Sôren Peter Lauritz Sorensen. Il était né en 1868 à Ilavrebjerg. Après quelque temps passé comme chimiste consultant de la Marine, il devint, à 33 ans, directeur du laboratoire Carlsberg, en remplacement de Kjeldahl et il y resta toute sa vie, en compagnie du zoologiste Johannes Schmidt. Ses études sur la fermentation le conduisirent à la notion de concentration en ions hydrogène, expliquant l’acidité et l’alcalinité, et à sa notation par le symbole pH dont l’usage est devenu universel et a trouvé les plus diverses applications. On lui doit aussi d’autres recherches importantes sur les protéines, la synthèse des amino-acides, au cours desquelles il imagina la formol-titration, les mécanismes des réactions enzymatiques. 11 fut une des gloires de la fondation Carlsberg, qui en compte déjà tant et prouve que des problèmes scientifiques précis posés par l’industrie clc la brasserie, on peut dégager les notions théoriques les plus générales et promouvoir la science pure dans les voies les plus neuves et les plus fertiles.
- RADIOÉLECTRICITÉ
- Réception des ondes électriques très courtes à grande distance.
- Les ondes hertziennes de très courtes longueurs, de l’ordre de 5 à 8 m, sont très employées aujourd’hui pour les transmissions téléphoniques, ainsi que pour la diffusion des images animées et de leur sonorisation.
- Les lois de propagation de ces ondes se rapprochent de celles de la lumière et cela d’autant plus que la longueur d’onde est plus faible.
- En principe, une transmission régulière n’est possible que si le poste émetteur et le récepteur sont directement visibles l’un pour l’autre, et c’est pourquoi les postes émetteurs de télévision actuels à haute définition sont placés à une hauteur aussi grande que possible au-dessus du sol, sur la Tour Eiffel à Paris, sur la Tour de l’Alexandra Palace à Londres, par exemple.
- En principe, la portée des ondes très courtes est ainsi limitée à l’horizon de l’émetteur. Le poste émetteur à ondes très courtes dans l’antenne, placé au sommet de la Tour Eiffel, a une portée de 60 ou G5 km, celui de la British Broadcasting Corporation a un rayon d’action normal de 5o à Go km.
- Cependant la réalité apporte de temps à autre de curieux démentis aux idées reçues à cet égard.
- La Radio Corporation of America vient de publier que les ingénieurs de la station de Riverhead près de New-York, ont pu recevoir, d’une façon satisfaisante, les images et les sons transmis par le poste émetteur de télévision de l’Alexandra Palace à Londres.
- L’appareil récepteur utilisé avait été construit spécialement pour capter les ondes ultra-courtes, et, fait très curieux, la qualité de la réception des images n’est pas la même que
- celle des sons qui les accompagne ; elle varie même inversement.
- Depuis longtemps, également, d’assez nombreux amateurs de télévision anglais avaient pu recevoir des émissions de Londi’es dans des villes aussi éloignées que Norwich ou Birmingham. Le résultat actuel est beaucoup plus saisissant.
- Il ne permet naturellement pas de conclure à la possibilité d’une liaison régulière transatlantique par ondes ultra-courtes, mais le fait démontre que la théorie classique de propagation ne peut plus être admise entièrement et que les portées actuelles pourront sans doute être augmentées dans l’avenir.
- La propagation de ces émissions au delà de la limite optique fait, d’ailleurs, déjà depuis plusieurs années, l’objet d’études poursuivies aux laboratoires téléphoniques Bell.
- Le facteur de portée est proportionnel à la hauteur des antennes d’émission et de réception et dépend de la longueur d’onde; mais, si les caractéristiques sont bien choisies, la longueur des antennes n’intervient pas.
- Les obstacles locaux, les masses des bâtiments, les étendues d’eau ont une importance bien démontrée qui, en première approximation, a fait considérer la propagation comme à peu près rectiligne ; mais les observations assez fréquentes de propagation à grande distance obligent à prendre également en considération les phénomènes de diffraction et de réfraction, même si l’on se borne à l’étude des transmissions directes dans une zone de l’ordre de 80 à 100 km au maximum.
- La saison 1908-1939 a été particulièrement favorable à l’étude de la transmission des ondes très courtes, et surtout des ondes courtes, en rapport précis avec certains phéno-m nés astronomiques, et', en particulier, avec les taches solaires.
- Nous sommes, en effet, dans une période de maximum des taches solaires ; on admet que celles-ci ont une influence ionisante sur les couches supérieures de l’atmosphère. Or, on admet que les couches ionisées réfléchissent les ondes hertziennes ; l’augmentation de l’ionisation de la haute atmosphère en rapprochant du sol les couches réfléchissantes doit donc avoir une influence favorable sur la propagation à grande distance. Généralement l’ionisation atmosphérique est beaucoup plus forte pendant le jour que pendant la nuit ; le jour on peut donc utiliser des ondes plus courtes pour les transmissions à grande distance tandis que pour le service de nuit il faut recourir à des ondes plus longues.
- Aussi les stations à ondes courtes fonctionnent-elles au minimum avec deux longueurs d’onde distinctes, l’une de jour, l’autre de nuit.
- L’activité des taches solaires cette année se traduit par une ionisation de l’atmosphère qui se prolonge durant la nuit. Aussi peut-on utiliser des ondes de jour et même de nuit, de longueur plus faible que d’habitude.
- La réception des émissions américaines en Europe devient possible avec des ondes de l’ordre de iG m, même lorsque la trajectoire tout entière est dans l’obscurité.
- Le jour n’est donc pas éloigné où la télévision atteindra des portées comparables à celles de la radiotélégraphie et où l’on pourra voir en même temps qu’entendre les scènes captées et transmises dans un pays étranger, ou même transocéanique.
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- PHYSIQUE DU GLOBE
- La composition de la Terre aux grandes profondeurs.
- Dans l’étude de la conductibilité électrique de la terre, déduite des variations de magnétisme terrestre, Chapuseau et Price puis Price et Lahiré ont trouvé récemment que cette conductibilité doit croître avec la profondeur en dessous de i5o km, l’augmentation maximum se produisant vers une profondeur de 700 km environ. Ils en ont déduit qu’à cette profondeur il doit y avoir un changement dans la composition de l’écorce terrestre.
- Il est remarquable que cette conclusion soit identique à celle à laquelle sont arrivés, par la considération de phénomènes totalement différents, des savants comme Byerly, Jeffreys, Lehmann, etc.... Nous voulons parler des ondes sismiques dont la vitesse et le mode de propagation ont montré qu’il doit exister une discontinuité très nette entre les propriétés élastiques du noyau central et celles des couches périphériques.
- Une discontinuité importante doit se produire à une profondeur de 2.900 km et une autre à une profondeur moindre que l’on peut estimer à 474 km + 20 km si la discontinuité est brusque et à 700 km si elle est graduelle.
- Enfin une autre constatation intéressante vient encore corroborer les conclusions précédentes. Il semble en effet que la profondeur de 700 km corresponde à la limite de la profondeur des foyers des tremblements de terre, déduite des enregistrements sismographiques, les foyers les plus profonds donnant en général lieu aux tremblements de terre les plus considérables.
- Il semble donc bien qu’à une profondeur voisine de 700 km, il y ait une discontinuité très nette dans les propriétés de l’écorce terrestre : conductibilité électrique (qui d’après Lahiré passerait de io-15 à io-11 unités électromagnétiques) densité, etc.... A quoi l’attribuer? On en est' évidemment réduit aux hypothèses. Parmi les plus plausibles, signalons celle de Bernai qui suppose que sous l’action de la pression et de la température, il se produit une modification de la structure cristallographique du péridot qui alors passe d’un système cristallographique à un autre (système cubique par exemple).
- GÉOGRAPHIE
- Le chemin de fer transiranien.
- Le nouveau chemin de fer qui relie la mer Caspienne au Golfe Persique en traversant l’Iran du nord au sud vient d’être inauguré. Il part, sur la mer Caspienne, de Bender Chah, traverse une plaine côtière, puis franchit une région montagneuse où il monte jusqu’à 2.100 m et redescend sur Téhéran dont l’altitude est de 1.170 m. Cette partie de la ligne a nécessité d’importants ouvrages d’art : 85 tunnels d’une longueur totale de plus de 24 km, le plus long mesurant 2.880 m.
- Ensuite le tracé passe par Sultanabad, Salchabad, régions de plaines puis il lui faut forcer son passage à plus de 2.200 m d’altitude dans une région tourmentée où, en 25o km, il n’y a pas moins de 120 tunnels dont la longueur totale dépasse 3o km (dont un de 2.5oo m). Au total, la ligne qui a 1.390 km de longueur a coûté plus de 25 millions de livres sterling. Elle aboutit, sur le Golfe Persique à Bender Chapour, au bord d’une baie longue de 45 km et dont la profondeur atteint 5o m.
- Bien que ce chemin de fer traverse des régions désertiques et montagneuses et soit éloigné des parties riches de la Perse (Azerbeidjhan, Guilan, Masauderan), son importance est considérable car il rendra accessibles des régions insuffisamment exploitées au point de vue de leur valeur technique et il peut être la source de nouvelles richesses, minières en particulier. Enfin, bien que normalement l’Iran soit conduit à effectuer ses échanges avec la Russie, au cas où celle-ci voudrait abuser de ses avantages géographiques, il ne serait plus dépourvu de moyens de défense commerciale.
- DÉMOGRAPHIE
- La population du nouveau Reich allemand.
- La Bohème et la Moravie comptaient' 10.674.000 habitants au dernier recensement. Sur ce chiffre 3.900.000 sont devenus Allemands en octobre 1938, puis i5o.ooo autres Polonais; la population restante, qui vient d’être annexée par le Reich, s’élève par suite à environ 6.600.000.
- La population de l’Allemagne dépasse donc aujourd’hui 85 millions.
- Le nombre des naissances annuelles, sur le territoire nouvellement annexé, est d’environ 102.000. En ajoutant ce chiffre on arrive à un total de 1.586.000 pour le nombre des naissances enregistrées, en ig38, sur le nouveau territoire du Reich.
- A titre de comparaison, on se rappellera que le nombre des naissances n’a pas dépassé, en France, 610.000 l’an dernier, chiffre qui s’abaisse à 585.000 si l’on en déduit les 45.000 naissances d’enfants d’étrangers.
- (Communiqué par VAlliance Nationale contre la dépopulation).
- Fig. 1. — Tracé du chemin de fer transiranien.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHYSIQUE APPLIQUÉE Lampe d’analyses à rayons ultra-violets.
- L’analyse par fluorescence est un moyen suffisamment précis pour l’examen et la détermination des matières premières et des produits industriels ou alimentaires. Elle permet de déceler instantanément les falsifications de peintures, de documents de valeur, de lettres de crédit, de billets de banque et de timbre-poste et de faire apparaître les écritures dissimulées (encres sympathiques, etc...) d’où son grand intérêt en criminologie. Il est d’un extrême intérêt, pour beacoup d’industries, de pouvoir, sans perte de temps, découvrir grâce à l’analyse par fluorescence le degré de
- Fig. 1. — Lampe d’analyses à rayons ultra-violets.
- pureté et l’authenticité des matières premières, de reconnaître instantanément et avec certitude les falsifications nuisibles ou les impuretés indésirables et en éviter ainsi les conséquences fâcheuses pour la fabrication.
- La lampe pour analyses « Claude Lumière » permet d’appliquer l’analyse par fluorescence à tous ces domaines; elle utilise la combinaison d’un brûleur de quartz automatique à haute intensité et d’un filtre de Wood. Précisons qu’il s’agit d’un nouveau brûleur, sans mercure liquide, à électrodes blindées, utilisé depuis quelques mois seulement dans les lampes médicales à rayons ultra-violets.
- La lampe d’analyse « Claude Lumière » permet donc l’irradiation des objets, soit sous le flux total du rayonnement ultra-violet, soit uniquement sous lumière de Wood.
- Elle est constituée principalement par un brûleur de quartz
- disposé dans un réflecteur parabolique suspendu à une potence, de façon que le flux utile irradié couvre une plage utile circulaire de 3o à 35 cm de diamètre sur le plan de travail.
- Un obturateur tronconique mobile se joignant bord à bord au réflecteur parabolique permet d’isoler les objets à examiner de l’éclairement ambiant.
- Un dispositif électrique d’alimentation relié par un cordon au casque est renfermé dans un socle à poignée. Il permet l’utilisation de la lampe d’analyse sur toutes les tensions primaires sous courant alternatif, comprises entre no et 220 v.
- Établissements Claude-Paz et Silva, 8, rue Cognacq-Jay, Paris.
- Audiomètre perfectionné.
- L’audiomètre est devenu un appareil de précision, grâce à l’emploi des oscillateurs thermioniques à fréquence musicale. Il permet les études les plus variées de physiologie et d’électro-acoustique; il est surtout employé pour déterminer les caractéristiques des différentes déficiences de l’ouïe.
- Fig. 2. — Audiomètre perfectionné.
- La plupart des audiomètres ne fonctionnent que sur la gamme de 64 à 8.192 périodes-seconde, ce qui est suffisant pour explorer l’audibilité normale, mais ne permet pas de mettre en évidence des déficiences des sons aigus, ni d’effectuer des expériences sur cette gamme.
- Un nouveau modèle, présenté récemment en France, offre la particularité intéressante de permettre l’examen du champ auditif depuis 16 périodes jusqu’à 32.768 périodes-seconde, la lecture étant obtenue directement en fréquences et en décibels sur deux disques.
- Le premier est gradué pour les fréquences de 16, 32, 64, 128, 256, 5i2, 1.024, 2.o48, 4.096, 8.192, 16.384, 32.768 périodes-seconde.
- Dans les audiogrammes, les fréquences sont indiquées en abscisses et les pertes évaluées en décibels sont en ordonnées. Une indication est donnée également en décibels négatifs pour déterminer les cas de sensibilité exagérée sur une gamme musicale particulière.
- Un assez grand nombre d’audiomètres fonctionnent sur le courant alternatif redressé, mais ce procédé d’alimentation aurait donné un bruit de fond désagréable, il a fallu adopter l’alimentation par batteries.
- Deux batteries, l’une de 2 v, l’autre de i5o v donnent d’une façon réglable le chauffage et la tension de plaque.
- L’étalonnage de l’appareil peut être vérifié fréquemment, à l’aide d’une vis de réglage des fréquences ; cette opération s’effectue en écoutant un diapason correspondant à la fré-
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- qucncc considérée et en tournant la vis jusqu’à élimination du son de battement.
- Un bouton interrupteur permet drarrêtër l’action des vibrateurs au moment exact où l’opérateur le désire.
- Les audiogrammes sont établis suivant la méthode américaine avec trois courbes ; la courbe supérieure correspond à la conduction aérienne, la courbe médiane à la conduction osseuse, avec une différence de 3o décibels en dessous, et, enfin, la ligne tracée en bas de l’audiogramme indique le seuil inférieur de l’audition en conduction aérienne.
- L’appareil détermine l’effet masquant, en faisant entendre simultanément un son de même fréquence et intensité, en conduction aérienne et en conduction osseuse.
- L’audiomètre comporte un jacx additionnel, permettant d’appliquer au malade, à la fois un écouteur à conduction aérienne, et' le vibrateur à conduction osseuse. On fait varier l’intensité jusqu’à ce que le malade ne perçoive plus de différence entre l’écoute aérienne et osseuse.
- Établissements Audios, 18, rue Jean Mermoz, Paris (8e).
- PHOTOGRAPHIE
- Nouvel appareil photographique à usages multiples.
- Nous avons déjà signalé dans le numéro 3o42 de La Nature un appareil photographique 6x9 muni de tous les perfectionnements modernes, tels que télémètre couplé avec l’objectif, objectif à très grande ouverture, mise au point' précise automatique, etc..., et possédant, en outre, la propriété très originale d’être absolument universel.
- Depuis lors, cet appareil a reçu plusieurs perfectionnements qu’il nous semble intéressant' de décrire.
- Il se prête désormais avec la même facilité à l’emploi des plaques, des pellicules en rouleaux, des films packs, avantage unique jusqu’à présent par rapport aux autres appareils connus. Il permet en particulier l’emploi du film cinématographique perforé à l’aide d’un châssis spécial, pour les
- prises de vue de
- Fig. 3. — L’appareil photographique format 2 4 universel Mahina II, S. „r
- X OU IliXIl»
- Jusqu’à présent, les émulsions soustracti-v e s trichromcs ne sont pas fournies par les fabricants sous une autre forme que le film 35 mm standard ou le format réduit pour le cinéma. Tout en assurant les avantages des appareils de format plus grand, et, en particulier, la prise de vues directe sans agrandissement, ce modèle permet donc la prise de vues en couleurs dans les meilleures conditions. Un autre châssis à pellicules est prévu pour la bobine 6 x 9, et donne à volonté les formats 6 x 9, 6 x 6 et 4,5 x 6.
- Les objectifs sont entièrement vissés sur la plaquette avant et, par suite, sont rapidement interchangeables, ce qui permet l’utilisation des modèles grand angle, ou, au contraire, des téléobjectifs. A tout moment, l’opérateur peut composer
- le sujet choisi sur le verre dépoli et placer à volonté la surface sensible qu’il désire, en noir ou en couleurs. Deux viseurs l’un optique, l’autre iconométrique, permettent également un cadrage exact, quel que soit le format choisi.
- La vogue des appareils de petit format de 24 x 36 mm ou de 6 x 6 cm est de plus en plus grande; l’usage du film cinématographique donne les meilleurs résultats, et les émulsions qu’on peut choisir sont très variées et très sensibles, tant en noir qu’en couleurs; leur grain très fin permet des agrandissements de très grand format.
- Ces avantages ne doivent pas faire oublier cependant les qualités du format 6x9, que l’expérience a souvent montré comme le format idéal de l’amateur. Tout en étant suffisamment réduit pour ne pas exiger de chambre noire de grandes dimensions, il donne des épreuves directement lisibles et peu coûteuses ; il se prête à de très grands agrandissements avec un rapport modéré, qui ont tout à fait l’aspect’ d’épreuves directes.
- L’appareil permet aussi les formats intermédiaires, le G x 6 et le 4,5 x 6, les formes de l’image carrées ou allongées, intéressantes pour des sujets particuliers et se prête donc aux applications les plus diverses, telles que la reproduction de portraits, la stéréoscopie.
- Le prix d’un tel appareil est comparable à celui d’un modèle 24 x 36 de précision. L’objectif de 10 cm de distance focale destiné normalement au format 6x9, dont la diagonale a une longueur de 112 mm, possède un champ très suffisant pour les sujets courants. Avec un appareil de format réduit de 24 x 36, dont la diagonale est de 33 mm, un objectif de 5o mm de foyer normalement adopté donne souvent un champ trop étroit, ce qui oblige à utiliser un grand angulaire.
- Il est très facile pour l’agrandissement d’utiliser une partie du cliché 6 x 9 et de l’agrandir davantage, ce qui revient à utiliser un négatif obtenu avec un objectif de longueur focale double. Il ne saurait en être de même avec un négatif 24 x 36 mm, pour lequel on est toujours à la limite d’agrandissement, tant sous le rapport de la netteté, que du « grain » de l’émulsion.
- Les objectifs interchangeables de l’appareil peuvent donc être réservés à des cas spéciaux : portraits, architecture, documentation scientifique, téléphotographie, etc., etc., et ne sont jras indispensables.
- L’appareil est donc universel, convenant aussi bien à l’amateur qu’au professionnel et notamment aux reporters.
- Constructeur : Établissement Chotard, 10, rue Bobillot, Paris.
- RADIOÉLECTRICITÉ Antenne antiparasite toutes ondes.
- Les récepteurs modernes sont tellement sensibles qu’une antenne de fortune leur suffit, le plus souvent, pour capter même les émissions faibles ou lointaines. Mais, en raison aussi de celte sensibilité ils captent des parasites de toute nature.
- Il convient donc d’augmenter le niveau de l’énergie utile par rapport à celui des parasites, et d’éviter l’action des perturbations sur le collecteur d’ondes; aussi, l’emploi des antennes antiparasites se généralise-t-il. « Mieux vaut un récepteur moyen avec une bonne antenne que l’appareil le plus perfectionné avec une antenne insuffisante ».
- Deux dispositifs classiques ont' été employés jucqu’ici : l’antenne verticale et l’antenne doublet.
- L’antenne verticale d’un type quelconque doit être aussi
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- élevée que possible au-dessus du champ des parasites, avec descente blindée directe.
- Mais les pertes en haute fréquence deviennent très élevées, lorsque la descente est longue. Le rendement est à peu près nul sur la gamme des ondes courtes ; la descente se comporte souvent comme un fil court-circuitant l’entrée du poste, malgré l’emploi de câbles de liaison à faible capacité.
- On remplace généralement la liaison directe par un montage avec transformateur d’antenne élévateur de tension, et transformateur de récepteur abaisseur de tension, de manière à réduire les pertes dans le câble de liaison. La descente peut être réalisée en fil torsadé ou à brins croisés, ce qui annule les effets parasites déterminés par induction.
- L’emploi de plus en plus répandu des appareils récepteurs « toutes ondes » permettant la réception des émissions sur la gamme de 12 à 80 in de longueur d’onde, exige certaines précautions supplémentaires, tant dans l’établissement de l’antenne elle-même, que dans la construction des transformateurs qui doivent comporter des enroulements à prises, de manière à faire varier les bobinages en circuit, suivant la gamme de longueur d’onde considérée.
- L’antenne doublet, comportant deux brins généralement
- Transformateur d’antenne
- Parafâudre double
- Transformateur de poste
- Fig. 4. — Antenne double antiparasite (Modèle Dyna').
- horizontaux et, d’égale longueur, permet d’obtenir un bon rendement en ondes courtes ; elle est de dimensions réduites et assure une réception suffisante des autres gammes. Sur ce principe, un constructeur français a réalisé un ensemble d’antenne antiparasite « toutes ondes » assurant un bon i-en-dement, même sur la gamme ondes courtes.
- Le coupleur d’antenne est muni d’une bride avec poulie en porcelaine retenant le fil de descente et évitant son cisaillement aux points d’attache. Les grands vents ne risquent plus de produire des coupures.
- Les deux bras horizontaux égaux sont réunis au centre par un coupleur d’antenne, placé dans un blindage étanche, auquel est reliée la descente en fil torsadé. A l’arrivée au récepteur, un coupleur de récepteur adapte l’impédance de la ligne des descentes à celle du circuit d’accord; ce coupleur est réglable.
- A l’intérieur de l’appartement,, la liaison peut* être effectuée au moyen de simple fil torsadé, employé pour les canalisations électriques de lumière.
- Un parafoudre particulier a été prévu pour cette antenne. Il est composé d’un boîtier en aluminium fixé à l’extérieur de la maison, à l’endroit où l’antenne pénètre dans l’habitation. Un disque en bakélite supporte des pinces maintenant deux cartouches au néon, dont la tension d’amorçage est de 25o v.
- Établissements Dyna, 34, avenue Gambetta, Paris.
- CYCLISME
- Nouveau véhicule de camping.
- A côté de la bicyclette et du tandem revenu aujourd’hui à la mode, il y a place pour des machines à pédales offrant plus de confort et permettant de transporter un volume appréciable de bagages.
- Tel est le Vélocar, déjà décrit dans nos colonnes, légère petite voiture à 4 roues, à 2 places côte à côte, disposées vers l’avant, dans une position rationnelle et1 assurant une très bonne suspension. L’arrière de la voiture comporte un coffre de grandes dimensions, dans lequel on peut transporter, si on le désire, tout un matériel de camping : la tente, le sac de couchage, la batterie de cuisine, le réchaud, et même placer deux enfants.
- Le constructeur de ce véhicule présente aujourd’hui pour le camping un modèle d’encombrement et de poids réduits, avec changement de vitesse à quatre démultiplications. Ce
- Fig. 5. — Nouveau véhicule de camping.
- changement de vitesse est formé par un « dérailleur » très simple et de fonctionnement sûr.
- Les roues arrière sont entraînées par un moyeu à roue libre faisant office de différentiel, ce qui assure une grande douceur de roulement ; la carrosserie est particulièrement élégante ; une petite capote permet de se protéger en cas de pluie.
- L’effort nécessaire, grâce à la disposition judicieuse des organes et de la démultiplication, est inférieur à celui exigé pour une bicyclette ou un tandem, et aucun apprentissage px-éalable n’est nécessaire, même pour ceux qui ne savent pas monter à bicyclette.
- Vélocar, 08, rue Roque-de-Fillol, à Puteaux (Seine).
- HYGIÈNE
- Mesure de la capacité respiratoire.
- La pratique des sports, la préparation physique militaire, l’examen général des malades et des sujets en bonne santé font intervenir la notion de capacité respiratoire.
- Les différents éléments compris sous cette dénomination caractérisent, pour une bonne part, la vitalité du corps humain. Pour l’étude de cette question, il convient de distinguer la respiration forcée de la respiration normale.
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- La première correspond à des cas accidentels. Son indice est le volume maximum d’air expiré après une inspiration maxima. La seconde, au contraire, est celle'de l’individu en période normale. On peut la définir comme étant le produit du volume d’air moyen par le nombre d’expirations pendant une durée déterminée. Il découle de ce qui précède qu’en respiration forcée on mesure un volume, et en respiration normale on ramène un volume à un débit.
- Un autre élément utile est le volume d’air qui, en respiration normale, reste en réserve dans les poumons.
- Un sujet a une mauvaise respiration, si le volume en réserve est élevé par rapport au volume inspiré ; ses poumons sont mal ventilés. La cause peut en être pathologique ou provenir d’une mauvaise technique de ses mouvements respiratoires.
- La mesure de ces différents volumes et l’établissement de leurs rapports donne donc des indications très utiles.
- Pour effectuer ces déterminations dans des conditions satisfaisantes, on peut utiliser le compteur médical représenté ici.
- Ce compteur entièrement métallique, sans aucune membrane sujette à détérioration, comporte deux embouts d’entrée et de sortie d’air.
- Son mécanisme est parfaitement' équilibré et de faible inertie ; la perte de charge pour les débits respiratoires est sensiblement nulle (2 mm d’eau environ).
- L’appareil ne donne donc lieu à aucune gêne, condition essentielle pour que les phénomènes respiratoires soient enregistrés fidèlement.
- Les cloches à mouvement guidés par parallélogramme sont à double effet' avec joint hydraulique à huile.
- Le grand cadran correspond à un volume de 5 1 avec subdivision en centilitres.
- Deux petits cadrans totalisateurs de 10 et xoo 1 dispensent Fig. C. — Le compteur respiratoire.
- Fig. 7.
- Son mécanisme intérieur.
- de noter le nombre de tours de la grande aiguille. Toutes les aiguilles peuvent être ramenées à zéro. Elles sont protégées par une lunette en glace montée sur charnière.
- Ce type de compteur est utilisé, en outre, pour le contrôle des masques à gaz et des inhalateurs d’oxygène destinés à l’aviation aux hautes altitudes.
- Constructeur : Société industrielle de gazométrie, 14, rue Corvisart, Paris (i3e).
- Chalumeau souple « Dipso ».
- Fig. 8. — Le chalumeau souple u Dipso ».
- On sait comme il est' difficile de faire boire les malades alités, les impotents, au moyen d’un verre ou d’un bol qu’on porte à leur bouche.
- Le chalumeau « Dipso » ré-soud la question. Comme on le voit sur la figure 8, une agrafe fixe le tube sur le bord du vase. Ce tube est formé de deux branches inégales en verre reliées par un tuyau de caoutchouc. Pour plus de sécurité, on peut remplacer la branche courte qu’on met dans la bouche par un tube métallique, si l’on craint qu’elle ne soit brisée. L’agrafe lient la longue branche au fond du vase ; elle tient aussi un petit tube fermé dans le bas où l’on pose la sucette. Le tout peut être nettoyé, écou-villonné, stérilisé.
- Constructeur : Jean Gogry,
- 46, rue de Montreuil, Vin-cennes.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’an poste émetteur-récepteur sur ondes courtes. — 1° Le petit poste émetteur-récepteur à ondes très courtes sur la gamme de 5 m a été indiqué dans le n° 3014 de La Nature.
- Les résistances de plaques R, et R» ont respectivement des valeurs de 10.000 cl de 100.000 ohms ; la résistante Rs a une valeur de 30.000 ohms.
- Le condensateur de couplage Cia une capacité de 1/10.000 de microfarad ; l’accord est obtenu au moyen du condensateur C[ de 1,5/100.000 et le condensateur fixe C3 est de 4/1.000.
- Le bobinage d’antenne L i et le bobinage de modulation L,t comportent chacun deux spires en fil de 12/10 de millimètre d’un diamètre de 0 mm, et sont montés entre les deux bobinages d’oscillation L2 et L3 comportant cinq spires de fil de 16/10 de millimètre d’un diamètre de 12 mm.
- 2° Vous pouvez trouver des bobines de choc aux établissements Dyna, 34, avenue Gambetta, à Paris (18e).
- Vous aurez des résultats suffisants avec un écouteur de 500 ohms, mais il vaudrait mieux un casque de 2.000 ohms.
- Réponse à M. Sadeler, à Luxembourg (Grand-Duché).
- Défaut de fonctionnement d’un récepteur de
- T. S. F. — Le défaut de fonctionnement de votre récepteur ne s’étant manifesté que sur les petites ondes, et non les grandes, il est bien probable qu’il n’est pas dû à une détérioration des étages d’amplification moyenne fréquence, et à plus forte raison basse fréquence. Il ne pourrait donc provenir que de la lampe changeuse de fréquence, de ses bobinages, d’un défaut de tension plaque ou de polarisation ne permettant pas un fonctionnement normal en petites ondes.
- Il est peu probable que le phénomène soit dû à une tension d’alimentation trop faihle, du moins dans les proportions que vous indiquez et il est facile d’en faire l’expérience. Si le remplacement de la lampe de changement de fréquence ne donnait aucun résultat, il faudrait revoir complètement les bobinages d’oscillation, mais ce défaut est très rare dans les postes modernes.
- Les petits crépitements au moment de la mise en marche sont anormaux avec des lampes en bon état, mais, s’ils cessent rapidement et ne sont pas violents, il peut s’agir de simples coïncidences sans gravité.
- Réponse a M. Lajujie, à Périgueux (Dordogne).
- Cours de radio-électricité et de cinématographie sonore. — Nous avons donné précédemment des indications sur les cours d’opérateur et d'ingénieur du son dans une réponse de la Boîte aux Lettres.
- Seuls, les cours organisés à l’Institut d’Optique ont lieu le soir ; ceux de l’École de Cinématographie durent une grande partie de la journée, ce qui oblige les élèves à une présence presque constante.
- L’ouvrage : La pratique acoustique et électro-acoustique (Eyrolle, éditeur) peut vous donner des détails sur les principes de mesure acoustique, la construction des salles, les caractéristiques des microphones, des haut-parleurs et des amplificateur et leur emploi.
- Réponse à M. Daigre ville, à Saint-Denis (Seine).
- Construction d’une lanterne de projection. ~
- Vous trouverez des indications sur la construction des lanternes, la construction des épiscopes, ainsi que sur la fabrication des écrans dans l’ouvrage : La technique de la projection, par L. P. Clerc. Montel, éditeur, 189, rue Saint-Jacques, Paris (5e).
- Réponse à M. F. Rod, à Lausanne (Suisse).
- Construction d’un poste émetteur sur ondes courtes. — Voyez l’ouvrage : Les ondes courtes et ultra-courtes, par P. Hémardinquer. Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris
- Nous pensons également que vous pourrez obtenir un schéma de montage de poste émetteur en vous adressant, par exemple, aux établissements Tungsram, 112 bis, rue Cardinet, à Paris (17e).
- Réponse à M. Léon Jouis, à Zeebrugge (Belgique).
- Appareil à cellules photo-électriques pour aveugles. — Nous ne pensons pas que les appareils permettant la lecture directe des ouvrages imprimés par les aveugles fonctionnant à l’aide do cellules photo-électriques et décrits dans la Revue en 1932, aient jusqu’à présent été construits d’une manière industrielle.
- Vous pouvez cependant vous adresser à ce sujet, au Bureau d’études Philips-Radio, 2, cité Paradis, à Paris, ou aux établissements Gécovalve, 10, rue Rodier, à Paris.
- Réponse à M. Roger Bav, à Boulogne-sur-Seine.
- Réception des émissions de télévision. — Les
- émissions de télévision à basse définition sur une longueur 400 lignes et une longueur d’onde très courte, de l’ordre de 30 lignes, ne permettant d’obtenir que des images imparfaites, mais dont la réception était facile même à grande distance, n’ont plus lieu actuellement.
- Les émissions normales, en France, en Angleterre ou en Allemagne, sont effectuées avec une trame de l’ordre de 400 lignes, et une longueur d’onde très courte, de l’ordre de 6 m, leur réception n’est possible normalement que dans un rayon de 50 à 60 km autour de l’émetteur. Vous trouverez une documentation complète sur la question dans l’ouvrage La télévision et ses progrès, Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris.
- Réponse à M. Haefeli, à La-Chaux-de-Fonds (Suisse).
- De tout un peu.
- M. Audis, à Martel (Haute-Savoie). — 1° Le brunissage de la dorure, après séchage complet de la colle fixant la feuille d’or, consiste simplement à passer sur l’application, en appuyant fortement, un instrument appelé brunissoir, constitué par une pierre d’agate (variété de quartz calcédoine) fixée à l’extrémité d’un manche en bois, tenu bien en main.
- 2° Lorsqu’un tissu est pure laine, il se dissout en totalité dans une solution de soude caustique à 5 pour 100 maintenue aux environs de 100° dans un bain-marie bouillant ; s’il y a du coton, il reste comme résidu.
- 3° Dans les mêmes conditions, la soie naturelle se dissout, alors que la soie artificielle de viscose (rayonne du commerce), reste insoluble.
- M. Martinel, à Mazamet. — Si l’caü qui a passé par une canalisation en cuivre précipite en vert lorsqu’on y ajoute du savon, c’est qu’elle a entraîné du cuivre, donnant lieu à une formation de stéarate de cuivre.
- A notre avis, le moyen le plus simple pour débarrasser Veau du cuivre, serait de la faire passer assez lentement au travers d’un filtre à sable de rivière dans le milieu duquel vous aurez disposé une couche de tournure de fer, qui fixera ce cuivre.
- M. Hosteins, à Angdade. — A notre connaissance, il n’a pas été fait de publication sur les procédés de polycopies auxquels vous faites allusion.
- En ce qui nous concerne, nous ne possédons pas de renseignements assez précis sur la composition des produits employés pour en donner des formules qui vous conduiraient à des résultats certains et regrettons vivement de ne pouvoir vous fixer à ce sujet.
- P. H., à Neuilly-sur-Seine. — 1° Le durcissement du plâtre est un phénomène de cristallisation : le sulfate de chaux anhydre résultant de la cuisson, reprend au gâchage les deux molécules d’eau qui lui ont été enlevées pour redonner le CaSO4, 2II20 primitif.
- Lorsque l’on ajoute l’eau peu à peu, le phénomène ne fait que s’amorcer, c’est à ce moment que l’on fait l’emploi.
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- Si au contraire, on met le plâtre dans un excès d’eau, ia cristallisation se fait immédiatement et les grains de sulfate de chaux déjà hydratés ne sont plus ’ susceptibles de se souder entre eux.
- 2° Le mélange acide sulfurique concentré et eau est dangereux à effectuer quand on verse l’eau dans l’acide, parce que la combinaison est brutale, avec grand dégagement de chaleur qui vaporise l’eau, la forte pression de cette vapeur pouvant occasionner des projections d’acide.
- En opérant inversement, c’est-à-dire en versant doucement et en agitant l’acide dans l’eau, la combinaison est progressive, la chaleur dégagée est simplement utilisée à élever la température de l’eau qui est en plus grande quantité, il n’en résulte pas de dommages, surtout si on prend la précaution de placer le récipient dans une terrine contenant un volume d’eau froide important.
- M. Munch, à Mulhouse. — Les encaustiques pour parquets sont généralement des encaustiques à l’eau, plus économiques que les encaustiques à l’essence ; vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre, la formule sui-
- vante :
- Eau non calcaire........................... h 1
- Savon blanc en copeaux. . . . 128 gr
- Cire jaune............................... 800 —
- Sel de tartre............................ 20 —
- Faire dissoudre dans l’eau bouillante le savon et le sel de tartre, d’autre part liquéfier la cire au bain-marie puis la verser doucement sous forme de filet dans la solution savonneuse en remuant constamment, puis continuer à faire bouillir jusqu’à obtention d’un lait homogène.
- Appliquer de préférence chaud sur le parquet au moyen d’un pinceau, laisser sécher 24 h, puis brosser énergiquement.
- Pour l’entretien des parquets cirés, on se trouvée bien de frotter avec un chiffon de laine ayant reçu quelques jours auparavant une légère aspersion de pétrole ordinaire et en frottant toujours dans le sens des fibres du bois.
- M. Bernard, à Tarbes. — 1° L’emploi d’une toile métallique en laiton dans la battée, pour le captage de l’or est contre-indiqué, car il se forme un amalgame triple d’or-zinc-cuivre dont l’or ne peut être isolé que par dissolution du cuivre et du zinc par l’acide nitrique ainsi qu’il a été indiqué dans notre n° 3039 au sujet de l’orpaillage, on doit employer pour cette opération des grilles d’acier et des velours spéciaux dits « Corduroy ».
- 2° La distillation du mercure se pratique dans les bouteilles en fer forgé qui servent à transporter ce métal et qui, dans ce cas, font l’office de cornues.
- Pour cela, on visse à l’orifice un canon de fusil courbé à angle droit dont l’extrémité est garnie d’un linge mouillé, plongeant dans une terrine contenant de l’eau froide, laquelle recueille le mercure condensé.
- Le plus souvent, on purifie le mercure sans le distiller, en l’agitant avec de l’acide nitrique étendu qui dissout les métaux étrangers, ainsi que les oxydes.
- Le mercure est en particulier débarrassé de l’étain avec lequel il est souvent mélangé, en le faisant légèrement chauffer avec de l’acide chlorhydrique qui dissout l’étain sans attaquer le mercure.
- M. Ramonède. — 1° L’apprêt percale se compose des élé-
- ments suivants :
- Amidon de riz.................... 1.400 gr
- Fécule de pommes de terre. . . 380 —
- Savon stéarique.................. 40 —
- On cuit progressivement jusqu’à formation d’un empois homogène, puis on imprègne le tissu à plein bain, tord et fait sécher complètement.
- Après quoi on humecte et enroule l’étoffe sur elle-même, laisse reposer et finalement on repasse très légèrement sur molleton.
- 2° Pour teindre un tissu de soie, le mieux sera de vous servir d’une couleur diamine, par exemple du Bleu diamine 3B de la Manufacture lyonnaise de matières colorantes de Lyon.
- On teint généralement au bouillon en ajoutant au bain du
- savon pour empêcher la couleur de « monter » trop rapidement, c’est-à-dire pour ralentir au début son absorption par la fibre et du sulfate de soude ou du sel marin pour faire « tirer » la couleur, autrement dit produire l’effet contraire vers la fin de l’opération.
- On peut employer pour une quantité d’eau représentant 20 fois le poids du tissu, pour tons moyens :
- 3 à 4 pour 100 de savon ou 2 pour 100 de soude Solvay ;
- 10 à 30 pour 100 de sulfate de soude cristallisé.
- Mettre d’abord le savon ou le carbonate de soude, puis le colorant et enfin le sulfate de soude.
- Entrer l’étoffe vers 40°-80° C., chauffer lentement jusqu’à l’ébullition, et teindre en moyenne une heure au bouillon, laisser refroidir l’article dans le bain un quart d’heure ou une demi-heure avant de rincer.
- Bibliothèque de Rennes. — 1° Le mastic à greffer se prépare en prenant :
- Poix blanche........................... 200 gr
- Poix noire.............................. 200 —
- Colophane.......................... 80 —
- Suif épuré............................... 28 —
- Cire jaune............................... 28 —
- Fondre doucement en évitant l’inflammation ; couler sur un marbre et rouler en bâtonnets dont on provoquera le ramollissement au moment de l’emploi.
- 2° La cellophane étant une cellulose régénérée est insoluble dans tous les réactifs neutres, elle ne pourrait être mise en solution qu’en repassant par le xanthate de cellulose, forme sous laquelle a lieu le filage de la soie artificielle viscose, mais il s’agirait alors d’une opération industrielle non à la portée de l’amateur.
- M. Lefébure, à Paris. — 1° Pour diminuer dans une certaine mesure l'encrassage des limes lorsqu’on lime des métaux mous, il est de pratique courante de passer sur la taille un morceau de craie, ce qui permet en même temps de marquer une face de la lime pour la réserver aux métaux tendres, l’autre face servant exclusivement au fer et à l’acier. Quand malgré cette précaution la lime se trouvera encrassée, on pourra dégager la taille en plongeant l’outil dans de l’eau acidulée, l’acide étant l’acide sulfurique pour le zinc, l’acide chlorhydrique pour l’étain, enfin l’acide nitrique pour le cuivre et le plomb. Après cette opération, on rince à fond, sèche dans la sciure de bois et dégage le fond de la taille des parcelles restantes en passant une carde d’acier montée sur une planchette à manche que l’on frotte en suivant le sens de ladite taille.
- 2° Les taches de thé sont produites par les tanins qui y sont contenus dans la proportion de 10 pour 109 environ, même 10 pour 100 dans les thés noirs.
- Pour faire disparaître ces taches, il suffit donc d’alcaliniser ces taches au moyen d’une solution de carbonate de soude (cristaux des ménagères), ce qui les rend solubles, puis de rincer soigneusement.
- M. Rivière, à Chabons (Isère). — 1° Le salicylale de benzyle OH — G6H4 — CO2 — CH2 — C6II5 ou éther benzylique de l’acide solicylique est employé comme fixateur des parfums sous le nom d’Agfa protégé par le brevet allemand n° 144.002, la dose utile est d’environ 1 pour 1.000 du produit achevé.
- Dans le cas qui vous intéresse, nous pensons que l’emploi de l’alcool benzylique qui est liquide à la température ordinaire, à peine odorant et fixateur lui-même, vous donnera satisfaction.
- 2° Un grand nombre d’articles ont été publiés sur les dosages biologiques, microchimiques dans le Journal de Pharmacie et de Chimie, éditeur Doin, 8, place de l’Odéon, mais nous n’avons pas connaissance qu’ils aient été réunis en un ouvrage spécial analogue aux Archives « Micro-Chemie internationale für deren Gesamgebiet, Verlag Emil Ilaim et C°, Wien 1, Marie Thérèse Strasse, 10, publiées en allemand, peut-être l’éditeur de la Gazette des Pharmaciens, 81, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (18e), pourrait-il vous renseigner plus exactement à ce sujet. Eventuellement, nous vous signalons l’ouvrage Les techniques de chimie clinique de Mestrezat éditées par la libraire Masson qui vous suffiraient sans doute.
- Le Gérant : G. MASSON.
- imprimé par barnéoud FRÈRES et cle a laval (france). — 18-5-1939 — Published in France.
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- N° 3050
- LA NATURE
- 1er Juin 1939
- AVIONS DE CHASSE
- Dans la course aux armements à laquelle se livre le monde, la part réservée aux matériels d’aviation est prédominante. Tous les pays travaillent avec lièvre à l’élaboration de plans de i.ooo, 2.000, 5.ooo avions qui absorbent annuellement des dizaines de milliards. La majorité de ces plans accordent la
- prépondérance numérique à l’avialion de chasse qui, par son mordant et sa densité, doit assurer la maîtrise du ciel. Étant donné l’importance du problème de l’avion de combat, nous allons examiner objectivement les différents facteurs intéressant sa technique et son utilisation, citer quelques réalisations actuelles et envisager des perfectionnements qui pourraient être développés dans un proche avenir.
- CHOIX DES APPAREILS
- Quelles sont les principales missions d’un avion de combat ? Il est commode de les diviser en trois groupes : offensives, défensives et de surveillance.
- Le premier comporte la destruction des matériels
- aériens ennemis en travail sur le front : avions de chasse, de bombardement léger, d’observation et de réglage :
- — attaque des objectifs terrestres : colonnes motorisées, rassemblements de cavalerie, chars et batteries en action.
- Parmi les missions du type défensif nous distinguerons :
- Marque Type Pays / / Puissance au décollage CV Tours Puissance en altitude CV Tours <* • Poids à sec en kg fodia.n.c Poids par CV à la )uiss.max Litres de cylindrée CV par litre de cylindrée
- Hispana-Suiza 12 Y 21 France V, liquide 880 2400 920 2400 3600 .470 0,510 36 25,5
- tt tt 74 AA » Etoile, air 1,26 1070 2200 11 50 2200 4000 680 0,591 46 25,5
- Gnome -Rhône 74 N 21 tt tt tt 1,29 1100 2400 1030 2400 4000 610 0,592 38,7 27
- Rolls Royce Merlin Angleterre V, liquide 880 3000 990 2600 4000 605 0,612 27 36,6
- » tt Comprf, 2 vit. tt tt 1075 ’ 960 2600 4500 605 0,563 27 35,5
- Bristol Hercufês tt Etoile, air 1,32 1308 2800 1150 2400 1500 38,7 29,7
- Napier Dagger VIII tt H , air 965 4200 925 4000 2700 630 0,653 16,8 54,9
- Mer cédés - Benz D. B 600 Allemagne Vf liquide 1050 2400 10 50 2400 4000 565 0,540 33,9 31,2
- Brandenbourg Bramo 323 » Etoile, air 1,39 900 2500 830 2350 4000 545 0,604 26,3 30,9
- Pratt et Whitney Twin IVasp Etats-Unis tt 1,22 1065 2700 910 2600 3700 658 0,618 30 30,4
- Wright Cyclone 105a tt tt 1,40 900 2350 860 2300 3650 630 0,700 29,9 28
- Général 'Motor Allison tt V, liquide 1000 2600 1000 2600 4000 580 0,580 28 35,7
- Hispano-Suiza 12 X France V, liquide 660 2600 690 2600 3900 380 0,550 27 25,5
- tt tt 74 Ab tt Etoile-air 1,01 640 2400 670 2400 3500 490 0,731 26 25,7
- Gnome -Rhône 74 Mars tt tt t» 0,97 700 3030 660 3030 4000 420 0,600 19 34,7
- Fig. 1. — Tableau des principaux moteurs actuels susceptibles d’être montés sur avions de combat.
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- Fig. 2. — Tableau des charges au mètre carré pour divers avions de chasse 1939.
- — l'attente et l’attaque des escadres ennemies venant bombarder les centres vitaux ;
- — l’accompagnement et la protection des escadres ou des avions de travail amis.
- Enfin les missions de la surveillance comprendront une sorte de guet en altitude pour informer immédiatement les services intéressés, l’identification des avions inconnus ou des reconnaissances rapides pour l’obtention d’un l’enseignement de valeur.
- La diversité des missions d’une part et 1’impérieuse obligation d’obtenir de hautes performances fait rejeter le choix d’un seul type d’avion appelé souvent type « toutes-missions », toléré par exemple dans l’aviation d’observation. Cependant il ne faudrait pas tomber dans le défaut contraire d’un trop grand nombre de genres d’appareils ; il supprimerait toute possibilité de consti'uction en grande série et rendrait coûteux et malaisés l’approvisionnement et le stockage des pièces de rechange.
- Pour rester dans une bonne mesure nous proposons les trois types d’appareils suivants :
- — un avion ultra-rapide possédant une nette supériorité de vitesse sur l’adversaire le plus vite ;
- Fig. 3. — Système hypersustentâteur à volet à projondeur et fentes variables : simple (1) ou double (2).
- — un avion d’arrêt excellent grimpeur construit pour l’altitude ;
- — un avion d’attaque au sol et en piqué, bon manœuvrier capable d’intervenir dans la bataille terrestre et de gêner et démoraliser les troupes ennemies.
- Examinons quelles formules constructives présentes ou à venir sont susceptibles de satisfaire techniquement la résolution de ces trois problèmes.
- LES CHASSEURS ULTRA-RAPIDES
- Ces appareils dérivent directement des avions de course et sont en quelque sorte la synthèse de tous les perfectionnements aéronautiques connus à une époque déterminée. Comme le fait d’en posséder quelques centaines suffit à x'ehausser le prestige d’une aviation et le moral d’un pays, l’élaboration des projets peut comporter des solutions coûteuses et exceptionnelles. D’autre part, comme ils sont réservés aux meilleurs pilotes, on devrait élargir pour eux le cadre des noi’mes habituelles.
- L’obtention des hautes performances est à la fois un problème de puissance et un problème d’écart de vitesse.
- Pour la puissance, les constructeurs ont à leur disposition actuellement des moteurs de l’ordre de i.ooo ch homologués et ayant fait leurs preuves. Le tableau ci-joint (fig. i) indique leurs principales caractéristiques et pei’met d’estimer leurs qualités respectives. La fin de cette année verra probablement l’éclosion de groupes de i.5oo à 2.000 ch, mais il n’est pas sûr que leur mise au point se fasse rapidement. L’examen du tableau montre que l’on peut compter en moyenne un poids au ch de 600 gr et une puissance d’une trentaine de ch par litre de cylindi'ée.
- Si l’on veut mettre l’accent sur la vitesse, quel qu’en soit le prix, on peut envisager la consti'uction de bi-moteurs disposés sur l’aile de part et d’auti'e du fuselage ou en tandem dans le fuselage lui-même. Cette dernière solution comporte deux variantes, l’une utilisant deux moteurs placés l’un derrière l’autre et commandant par une transmission concentrique deux hélices co-axiales tournant en sens inverse placées à l’avant de l’appareil, l’autre réalisée par Fokker, avec un groupe moto-propulseur à l’avant et un autre à l’arrière ; le pilote étant assis entre les deux moteurs. Ces formules posent de délicats problèmes d’aérodynamique, de mécanique et de production industrielle mais nous pensons que les appareils ultx-a-rapides de demain s’orienteront dans cette voie.
- Considérons maintenant, dans le pi'oblème de l’écart de vitesse, la question si importante de la vitesse d’atterrissage. Nous savons que celle-ci dépend de deux
- P
- facteurs : la charge au m2 et les qualités d’hyper-
- O
- sustentation de l’aile Cz max. Pour obtenir de hautes performances en vitesse maxima, la surface des ailes
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- diminue de plus en plus, les charges au m2 qui étaient en moyenne de ioo kgr il y a trois ans atteignent maintenant, comme le montre le tableau (fig. 2), près de 200 kgr. Il devient indispensable de contrebalancer cet accroissement par une augmentation corrélative de la portance maxima, ceci pour conserver une vitesse d’atterrissage compatible avec la sécurité des équipages.
- Dans la prochaine étape, malgré la complication et les difficultés qui en résultent, les constructeurs seront amenés à munir leurs voilures de dispositifs articulés et mobiles plus ou moins complexes. C’est ainsi que les systèmes à variation de courbure et de profondeur, à volets à fente simples ou doubles, se généraliseront de plus en plus. Des combinaisons telles que celles indiquées (fig. 3) permettent d’obtenir des Cz max. supérieurs à 3 que l’effet d’échelle majore encore sur l’appareil en vraie grandeur par rapport aux essais en soufflerie. De plus, pour que toute l’envergure soit occupée par les dispositifs hypersustenlateurs, le système de gauchissement sei'a souvent réalisé par des braquages dissymétriques des volets eux-mêmes ou de leurs annexes.
- Fig. 5. — Détail de l'installation d’une mitrailleuse dans l’aile d’un Morane 406.
- On remarquera les commandes pneumatiques de détente et d’armement.
- Fig. 4. — Le Koolhoven 58, avion de chasse à moteur Hispano-14 AA de 1070 ch, commandé pour la déjense de nos colonies.
- (Photo collection de 1’ « Aéronautique »).
- Mais, à côté de ces solutions du domaine de l’ex ploitation immédiate, la surface variable et le condi tionnement de la couche limite sont pleins de promesses. Nous avons cité ici-même O les travaux et les réalisations des précurseurs Gérin et Mahkonine ; il est pénible de penser que si des milliards ont été dépensés pour l’Aéronautique, seule une infime parcelle a été distraite pour d’insuffisantes recherches intéi’essant la surface variable. Ce problème a pourtant une importance capitale pour l’aviation de chasse et mériterait mieux que ' l'indifférence générale. Un auteur américain envisage pour le vol de croisière à 65o km/h des charges alaires optima futures de l’ordre
- 1. Voir La Nature, n° 2883, 15 juin 1932 et n° 2945,
- 15 janvier 1935.
- de i.5oo kgr par m2 ; sans aller jusque-là, un récent système proposé par M. Gérin permettrait 4oo kgr par m2 tout en conservant, par une variation de surface, une vitesse d’atterrissage raisonnable.
- Quant aux travaux relatifs à l’action sur la couche limite entourant l’aile, par aspiration ou éjection d’air, ils sont de plus en plus à l’ordre du jour. En France, un laboratoire se livre en soufflerie à des essais systématiques tandis que des expérimentations en vol sont poussées en Angleterre.
- Pour le présent, parmi les appareils dont notre Armée de l’Air disposera dans le courant de cette année, le Morane 4o6, le Bloch 15 2, le Dewoitine 5 20 et peut-être le S. N. C. A. O. 200, feront de bons avions de poursuite. De plus si les espoirs que l’on met en lui se réalisent, il se peut que l’avion de record construit par M. Bugatti en collaboration avec M. de
- Fig. 6. — Le Morane-Saulnier 406, construit, en grande série formera cette année la solide armature de notre aviation de chasse.
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- indispensable que les chasseurs puissent atteindre l’altitude de rencontre probable dans un laps dë temps aussi court que possible, dès que les services de guet ont donné l’alerte. Pour cela, il faut que les avions d’interception possèdent une très grande vitesse ascensionnelle, un excellent champ de vision et qu’ils soient conçus pour le vol prolongé et les qualités d’attaque en altitude.
- Au point de vue technique, les facteurs qui agissent sur la vitesse ascensionnelle sont : la puissance W, le coefficient de résistance Cx et le poids. Celte vitesse est proportionnelle à l’excédent de puissance : différence entre la puissance utile fournie par le moteur et la puissance nécessaire au vol à l’altitude considérée, et inversement proportionnelle au poids. 11 est donc souhaitable d’utiliser des
- Fig. 7. — Le Bloch 152 à moteur Gnome-Rhône 14 -Y-21 de 1.100 ch armé de deux canons.
- (Photo collection de 1’ <i Aéronautique »).
- Monge soit transformable en excellent chasseur ultra-rapide.
- AVIONS D’ARRÊT
- Dans une guerre stabilisée, comme en témoignent les horreurs dont la guerre d’Espagne nous a donné l’image, les grandes villes subiront hélas de fréquentes attaques des bombardiers ennemis. Avec la D. C. A. la défense possèdei'a des escadrilles de chasse stationnées près des centres à protéger. Mais aux vitesses actuelles il ne faut, pas oublier que l’adversaire parcourt 8 à g km à la minute ; pour que la défense soit efficace il est
- Fig. 8. — Le Hmcker-Hurricane à moteur Rolls Royce de 1.050 ch qui constitue l’arma turc de Variation de chasse anglaise (Photo l’Tiiihl'.
- Fig. 0. — Le Breguet 090, triplace de chasse et cl'attaque au sol muni de deux moteurs IHspano-Suiza 14 /10 de 040 ch, armé de deux canons à la partie basse de l’avant du fuselage et de deux mitrailleuses à l’arrière.
- moteurs à compresseurs conservant leur puissance à des altitudes élevées et de réduire le poids total le plus possible.
- Pour dominer l’adversaire, s’il cherchait la fuite en altitude, ces avions doivent avoir également un très haut plafond. Celui-ci, toujours fonction des caractéristiques du moteur,
- p
- dépend aussi du poids par cheval ^ , de
- p
- la charge au m2, et du rapport inverse
- O
- 3
- du minimum de puissance -— 2 , déter-miné par la polaire.
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- Fig. 11. — Le Caudron « Cyclone » 714, avion cle chasse léger à moteur Renault 450 ch ; ses qualités de finesse le rendent particulièrement apte aux
- piqués rapides.
- C’est ainsi qu’il faudra rechercher, même au détriment de la vitesse maxima, une charge au m2 modérée, un faible poids au ch
- 3
- et une valeur élevée du coefficient — 2 .
- C.r
- Pour la bonne visibilité en montée, qui est souvent déficiente sur les appareils surbaissés, il sera utile de placer le pilote assez en avant et au besoin surélever légèrement son siège. Certains avions français sont d’ailleurs bien étudiés à ce point de vue.
- En ce qui concerne le séjour en altitude, le scaphandre aérien ou la cabine étanche doivent permettre au pilote de conserver toutes ses facultés physiques. Le scaphandre a pour avantage d’être un équipement individuel rendant possible l’évacuation en para-
- Fig. 10. — Le Fokher D. 23, bimoteur en tandem, à train tricycle et poste de pilotage blindé, dernier-né du grand constructeur hollandais.
- chute sans dangers physiologiques à hautes altitudes, mais la cabine étanche paraît d’un emploi plus'pratique pour les mulliplaces.
- Enfin, pour que l'avion d’arrêt reste apte au combat en altitude il faut que son pilotage reste facile pour ne pas imposer au pilote une fatigue exceptionnelle, à cet effet les commandes devront être parfaitement établies pour tenir compte des contractions des câbles ou tiges et du changement d état de leur graissage causés par le froid.
- AVIONS D’ATTAQUE AU SOL
- Conçus pour participer à la bataille en appuyant une offensive terrestre amie ou dégager un point par-
- ticulièrement menacé par une attaque ennemie ils seront puissamment armés de canons légers et de mitrailleuses. Evoluant à faible altitude et se trouvant par là-même particulièrement vulnérables, il serait souhaitable qu’ils possèdent un blindage résistant aux balles de l’armement d’infanterie. De plus comme leur tir doit être efficace, ils emmèneront de préférence un ou deux mitrailleurs. Enfin, comme l’effet de surprise est important, notamment dans l’attaque des
- Fig. 12. — Un beau vol de groupe de chasseurs anglais Hurrieane patrouillant au-dessus de Londres.
- (Photo Flight).
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- ballons d’observation ennemis, ils devront pouvoir effectuer des piqués à la verticale qui.exigent une cellule et une construction générale très robustes.
- Dans la catégorie des mulliplaces, le Bréguet 690 et le Potez 63 bien armés et maniables nous paraissent être d’excellents avions de bataille. Le nouveau Fok-ker D. 23 bi-moteur en tandem à poste blindé sera également redoutable lorsqu’il sera muni de moteurs plus puissants. Enfin le Caudron Cyclone 714, étant donné ses faibles dimensions et ses qualités de finesse et d’aptitude au piqué, paraît convenir spécialement à la destruction des ballons ainsi que l’avion Vernisse-Gal-tier construit par l’Arsenal de l’Aéronautique.
- ....*
- Le présent exposé nous montre que notre aviation de chasse est dans une période, de plein redressement.
- Tout n’est pas encoi’e parfait, nous souhaiterions une moins grande diversité de types, cependant, avec rapport des avions américains, notre Armée de l’Air possédera cet année un excellent matériel en qualité et en quantité. Mais il faut penser à l’avenir et nous efforcer de prendre une avance sur les productions étrangères ; pour cela, à la base de tout, il faut faire des recherches, établir des méthodes de travail, augmenter l’outillage et les moyens de nos usines et de nos laboratoires, encourager les inventeurs.
- Dernièrement, à une conférence, un ingénieur officiel déplorait qu’une idée partie de France ait été mise au point en Amérique bien avant que nous n’ayons pu l’utiliser pratiquement. Espérons que celte leçon sera comprise et que dans l’avenir plus de dynamisme se manifestera dans ce domaine.
- Jean Lacaixe.
- LE MOUSTIQUE DE LA FIÈVRE JAUNE
- (Aëdes aegypii)
- La fièvre jaune ou typhus amaril est, avec la peste et le choléra, une des trois maladies infectieuses qui ont le plus frappé l’imagination des hommes par leurs redoutables manifestations épidémiques. Durant plu-
- Fig. 1. — Le 9e tergite ct’Àedes aegypti mâle.
- sieurs siècles, la transmission de cette maladie est demeurée mystérieuse : on a invoqué tour à tour les miasmes des eaux, la chaleur, la pluie, le soleil. Aucun des agents supposés ne pouvait cependant, à lui seul, expliquer le génie épidémique.
- C’est à un grand savant Cubain, Carlos Finlay, que l’on doit la découverte de l’agent transmetteur, un Moustique. Une Commission américaine s’était rendue à la Havane, en 1879, afin d’y étudier la fièvre jaune et avait émis l’opinion que dans l’air devait se trouver un agent capable de transmettre la maladie. Alors que Carlos Finlay x'élléchissait à ce sujet, un livre de botanique de Van Tieghem lui tomba sous la main, et il lut la description du cycle évolutif de Puccinia grami-nis, la rouille du blé, dont les sporidies sont trans-poi’tées par le vent. Dans une intuition géniale, il pensa qu’un fait analogue devait se produire dans la transmission de la fièvre jaune et il incrimina un Moustique, particulièrement abondant à la Havane et dont les femelles sont très agressives pour l’Homme : le Culex mosquito. Il fit l’hypothèse que cet Insecte devait être l’agent de transmission de la fièvre jaune, d’un Homme malade à un Homme sain. Le i5 août 1881, il présenta à l’Académie des sciences médicales de la Havane une note intitulée : Le moustique hypothétiquement considéré comme l’agent, de transmission de la jièvre jaune.
- Carlos Finlay ne se contenta pas d’apporter une affirmation, il l’appuya bientôt sur des expériences aussi hardies que rigoureuses. Une fois de plus, les voies de la nature se révélaient plus extraordinaires que l’imagination la plus délirante.
- Quel est donc ce petit insecte ailé qui par ses piqûres a été la cause de centaines de milliers de morts ? Où vit-il ? Comment évolue-t-il ? A quoi est due cette
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- redoutable puissance qu’il a de transmettre une maladie aussi grave pour l’espèce humaine ?
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- L - DESCRIPTION
- Ce Moustique a porté des dizaines de noms : tous doivent tomber, suivant les bonnes règles de la synonymie, devant celui à’Aëcles œgypti L. 11 appartient à la famille des Aëdines, dont plusieurs espèces sont courantes en France ; il est caractérisé à l’état adulte par un corps recouvert de poils et d’écailles noirs ; des anneaux d’un blanc neigeux entourent les tarses et les fémurs. Des écailles blanches dessinent une lyre sur la partie thoracique dorsale. Les descriptions des poils et de taches, devenant insuffisantes pour différencier les nombreuses espèces de celte famille, ont été remplacées par l’examen du g® tergite des mâles (fig. i).
- II. — RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
- L’Aëdes œgypti vit dans les régions chaudes de notre globe, régions tropicales et subtropicales à peu près délimitées par les isothermes de 20° C. (fig. 2). Il semble à peu près établi que ce Moustique, originaire de l’Amérique du Sud, a peu à peu étendu son aire de dispersion à l’Afrique, à l’Europe méditerranéenne, à l'Asie, aux Iles de la Sonde et à l’Australie. Quoi qu’il en soit, l’Aè'das œgypti existe actuellement dans des régions encore indemnes de fièvre jaune, régions surpeuplées où il n’attend qu’une défaillance de nos services sanitaires aériens pour y implanter et propager des épidémies gigantesques, notamment aux Indes et en Indochine. Pour reprendre une expression de Charles Nicolle, la fièvre jaune peut être comptée au nombre des « maladies d’avenir » ; son destin pèse et pèsera encore longtemps sur l’humanité.
- IIL — BIOLOGIE
- Éclosion. — Les œufs pondus dans les vieilles jarres, les poteries, les boîtes de conserves jetées
- Fig. 3. — Eclosion de la larve. On aperçoit la petite dent frontale qui découpe les parois de l’œuf par un mouvement circulaire comme un ouvre-boîtes de conserve.
- Fig. 2. — Distribution géographique d’Àedes aegypti dans les régions chaudes du globe.
- dans les ordures, les vieux pneus, etc., en un mot les moindres cavités susceptibles de recevoir quelques gouttes d’eau, s’endorment à la fin de la saison des pluies pendant plusieurs mois et attendent les premières ondées. Dès que l’eau vient à remplir les gîtes, immédiatement un certain nombre d’œufs éclosent. Les petites larves réveillées et comme prévenues mystérieusement des conditions favorables du milieu extérieur rompent la coquille de l’œuf qui les a protégées de la sécheresse et commencent leur vie aquatique (fig. 3).
- Développement. — Cette petite larve d’un mm environ, au moment où elle sort de l’œuf (fig. 4), mange avec un appétit féroce la mi-
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- Fig. 4. — La larve à l’éclosion.
- crofaune et la microflore des gîtes, atteint i cm en quelques jours, selon la température et se transforme en nymphe. Au cours de toute sa vie larvaire YAëdes œgypti présente un phototropisme négatif très remarqué.
- Les nymphes en forme de point d’interrogation sont comparables aux chrysalides des Papillons, aux pupes des Mouches ; elles ne s’alimentent plus, entièrement bouleversées intérieurement par les phénomènes de transformations cellulaires qui vont donner naissance à l’Insecte parfait.
- Métamorphose. — A un moment précis et que Ion peut prévoir expérimentalement, la métamorphose s’accomplit sans un mouvement visible. La chitine de la face supérieure du céphalo-thorax de la nymphe se rompt peu à peu et le nouvel Insecte semble être projeté à l’extérieur. En réalité, il gonfle d’air son diverticule œsophagien et dégage ses longues pattes de l’enveloppe nvmphale, comme une épée tirée de son fourreau. En quelques heures, les téguments sont secs et l’insecte dont le phototropisme devient positif, commence sa vie ailée.
- Les mâles qui se métamorphosent de 24 à 48 h plus tôt que les femelles volent en essaim léger et butinent les fleurs. Seules, les femelles piquent pour amener à maturité les œufs quelles portent dans leur flanc ; elles attaquent avec voracité et acharnement à n’importe quelle heure du jour. Après la première ponte d’une centaine d’œufs environ, elles cherchent de nouveau à piquer, mais à partir de ce moment avec une grande prudence et seulement la nuit C1).
- 1. C’est sur ce fait biologique, que la plupart des mesures sanitaires édictées contre la fièvre jaune ont été prises, notamment l’interdiction de sortir après le coucher du soleil sans' être muni de voiles moustiquaires.
- Si le Moustique de la fièvre jaune mourait après sa ponte comme de nombreux insectes, notamment le \er à Soie, il n’y aurait jamais eu d’épidémies amari-les. Il est intéressant de considérer les répercussions incalculables pour l’Homme d’un fait biologique aussi minime : la survie d’un petit Moustique aux pattes argentées après sa première ponte. Il est non moins curieux de constater que la faculté de piquer en plein jour seulement pour le premier repas, a permis à l’Homme d’entreprendre une lutte à mort avec des chances sérieuses de succès.
- IV. — TRANSMISSION DE LA MALADIE
- Le typhus amaril se transmet d’Homme malade à Homme sain par l’intermédiaire de YAëdes œgypti. Une seule piqûre peut donner une maladie mortelle, un seul petit moustique infecté peut donc tuer une vingtaine de personnes au cours de sa vie. Actuellement tout au moins, un Moustique ne peut transmettre la maladie qu’à la condition de l’avoir puisée dans le sang d’un Homme malade et un Homme ne peut contracter la fièvre jaune qu’après avoir été piqué par un Moustique infecté (x). De nouvelles constatations viennent cependant de bouleverser ces notions que nous croyions fondamentales : la fièvre jaune dite de la Jungle sans Aëdes œgypti. Le problème est en suspens.
- Repas de sang. — Nul n’ignore la piqûre des Moustiques ; nous avons pu faire poser devant l’objectif de l’appareil photographique un Aëdes œgypti en train de piquer (fig. 5). On le voit accroupi sur sa proie comme un fauve, les stylets enfoncés, la gaine de la trompe repliée, se gonflant progressivement de sang. Après avoir injecté un peu de sa salive aux propriétés anesthésiantes et anticoagulantes, le Moustique aspire son repas dans un capillaire sanguin. La succion dure environ 1 à 2 minutes, à ce moment la femelle repue s’envole lourdement dans un coin obscur pour digérer son copieux repas ou se faire dévorer à son tour par quelque Araignée. Après le départ du Moustique, on ressent la réaction urticante de la salive et il se produit une papule. C’est au cours de cette ponction de sang que YAëdes œgypti puise le virus filtrant de la fièvre jaune pour le réinoculer 10 à 12 jours plus tard à un Homme sain.
- V. — MULTIPLICATION DE L'ESPÈCE
- Une femelle peut pondre, au cours de sa vie en captivité, un nombre d’œufs que les différents expérimentateurs ont trouvé de plus en plus élevé. Ainsi Goldi trouvait en 1901, 100 œufs ; Marchoux et Simond en 1906, x44 œufs ; Fielding en 1919, q5o œufs ; enfin en 1934 nous avons pu battre ce chiffre en portant le record à i.36o œufs.
- 1. La transmission de la fièvre jaune de singe à singe (Macacus rhésus) a pu être réalisée expérimentalement à Paris, en 1934.
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- Si l’on considèi’e qu’une femelle peut pondre 100 œufs environ io jours après sa naissance et que sur ce nombre il y aura 5o femelles capables d’engendrer io jours plus tard le môme nombre de femelles, on arrive très rapidement à des chiffres astronomiques, qui se vérifient dans la nature à certaines époques de l’année, malgré les causes multiples de destruction qui peuvent enrayer cette énorme progression.
- VI. - DESTRUCTION DES MOUSTIQUES
- La lutte antilarvaire est confiée à des équipes spécialisées, dressées à rechercher les gîtes les plus invraisemblables. Nous en donnerons deux exemples entre mille : une petite cavité de quelques litres d’eau de pluie, située sur une plateforme de la Cathédrale du Souvenir Africain à Dakar ; un pot de colle desséchée et de nouveau remplie d’eau sur la table d’un médecin faisant précisément une conférence sur le Moustique de la fièvre jaune.
- Pin principe, les visites domiciliaires sont hebdomadaires, elles peuvent être plus fréquentes en cas d’épidémie. A Rio-de-Janeiro la lutte antilarvaire entreprise après les travaux de la Mission française en 1903 s’est poursuivie jusqu’en 1926. A ce moment les dépenses d’environ 1 million de fr paraissant trop élevées pour un péril qui semblait disparu à tout jamais, on supprima le Service. Un an plus tard, une épidémie éclata, causant des centaines de morts et un déficit
- Fig. 5. — La femelle adulte, en train de piquer.
- commercial considérable par suite de l’application des mesures quarantenaires internationales. La couleur du pavillon jaune des Services sanitaires maritimes rappelle curieusement les épidémies de typhus amaril du dernier siècle.
- Actuellement, nous continuons de poursuivre à l’Insectarium de l’Institut Pasteur, la biologie du Moustique de la fièvre jaune, ét nous possédons une souche qui a atteint sa 68° génération en série.
- D1' Maurice Matiiis.
- LA DÉSAÉRATION DE L'ARGILE DANS L'INDUSTRIE CÉRAMIQUE
- La préparation de l’argile nécessaire aux briqueteries et tuileries exige généralement leur passage dans un groupe préparatoire comprenant un doseur, un broyeur à meule — lorsque ces argiles sont impures —, un cylindre finisseur, un mélangeur à deux arbres et une mouleuse.
- L’air et les gaz que l’argile renferme toujours et que le cylindre à hélices fermé de la mouleuse ne peut expulser, produisent souvent des bulles à la surface et à l’intérieur des produits fabriqués qui ont ainsi moins bel aspect, sèchent plus difficilement et sont toujours plus ou moins poreux. Ils donnent à la percussion un son d’autant plus mat qu’ils renferment plus d’air et de gaz, et sont ainsi de qualité inférieure.
- Aussi a-t-on cherché, depuis quelques années, — et nous avons pu lire à ce sujet d’intéressantes études dans la Revue des matériaux de construction et de travaux publics, — le moyen d’extraire mécaniquement air et gaz. Les Américains, les premiers, ont eu l’idée de faire passer l’argile à travers une grille en tôle perforée avant son entrée dans une chambre vide où l’air est aspiré au moyen d’une pompe. Ils ont constaté, à la suite de ce traitement, une grande augmentation de
- li plasticité et de la malléabilité du boudin d’argile qui, môme pour les argiles maigres, peut atteindre plusieurs mètres sans se rompre, et augmente de densité (fi g. 1).
- L’argile désaérée, de plus, absorbe moins d’eay, sèche plus rapidement, et donne, avec une coupe plus lisse, moins de produits inférieurs (fig. 2). Le procédé est surtout remarquable avec les argiles maigres, où l’on peut avantageusement pousser le vide au maximum, ce qui n’est pas toujours le cas pour les argiles grasses et plastiques.
- Les constructeurs européens, simplifiant la construction américaine, afin de la rendre moins coûteuse, ont eu l’idée de placer la chambre à vide au milieu du cylindre d’hélices, divisé ainsi en deux parties. Mais, lorsque la grille est intercalée entre le cylindre d’hélices et les organes d’entraînement de la mouleuse, ou obtient des résultats plus satisfaisants avec certaines argiles. Cependant, l’alimentation ne se faisant pas toujours régulièrement, la mouleuse pouvait encore aspirer de l’air, ce qui ne se produirait plus s’il existait toujours une couche d’argile de 3o à 4o mm sur la grille.
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- l'ig. 1. :— Le boudin d’argile désaérée a une remarquable plasticité et peut atteindre plusieurs mètres sans se rompre.
- C’est pourquoi, à l’aide d’organes d’entraînement prolongés, formant un petit mélangeur à deux arbres, on a eu l’idée de constituer une sorte de couloir d’argile avant son arrivée à la grille, afin d’empêcher ainsi toute aspiration d’air, même si l’alimentation n’est pas parfaitement régulière.
- 11 ne faudrait pas croire, cependant, que ces nouvelles mouleuses à vide soient capables, à elles seules, de faire des merveilles, et que leur emploi penne!le de supprimer partiellement ou totalement les machines de préparation, qui restent toujours indispensables, car les résultats obtenus sont d’autant meilleurs que la préparation a été plus soignée et plus prudente.
- Mais, lorsque la presse à vide peut assurer un vide
- Fig. 2. — Brique supérieure en argile désacréc. Brique intérieure en argile ordinaire.
- (On remarque sur cette dernière une infinité de plissements et de failles).
- régulier, constant, effectif, contrôlable à chaque instant, et quelle a été adoptée après de sérieux essais, elle donne des résultats absolument inespérés, et il est des brique tiers et tuiliers sur le point d’abandonner leur exploitation, parce que les bancs d’excellente argile dont ils disposaient au début étaient devenus de qualité inférieure, qui ont pu sauver leur industrie et continuer leur fabrication grâce à l’emploi d’une presse à vide.
- Si la mouleuse à hélices, inventée au siècle dernier, a généralement donné de bons résultats pour la fabrication des briques pleines, il n’en a pas toujours été de même pour la préparation des produits creux. Suivant, en effet, la plus ou moins grande résistance de la filière, il se produit un refoulement plus ou moins grand de l’argile qui se traduit par une augmentation de la force absorbée et une diminution de la production.
- On est arrivé cependant, vers ig3o, à créer une mouleuse à hélices sans refoulement augmentant d’environ 5o pour roo la fabrication des produits creux en diminuant d’autant la force motrice. Ce résultat a été obtenu grâce à un cylindre d’hélices sans interruption.
- Cette constatation va nous permettre la critique des deux principaux systèmes de presses à vide.
- Dans les unes, la chambre à vide, munie d’une grille verticale, est placée au milieu du cvlindre d’hélices
- («g 3).
- Dans ce ' cas, é v i d e m m e n t, l’obstacle constitué par la grille verticale provoque
- inévitablement un refoulement.
- De plus, les filets
- Fig. 3. — Grille verticale placée au milieu du cylindre d’hélices dans une mouleuse à hélices.
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- d’argile, après avoir traversé cette grille verticale, s’affaissent les uns sur les autres, par suite de leur poids et empêchent ainsi leur parfaite désaération
- (fig- 4).
- Enfin, la longueur réduite du pas d’hélices avant l’arrivée à la chambre à vide, puis entre cette chambre et la filière, peut occasionner au début des irrégularités d’alimentation de celte chambre à air et des interruptions totales ou partielles du vide, interruptions que ne signale pas toujours le manomètre, et qui sont causes de différences dans la qualité de la fabrication, dont les produits présentent parfois des traces de structures, du feuilletage, des différences de séchage et de cuisson, et une insuffisante résistance au
- gel- .
- La Maison Rieter, de Constance, a créé une presse à vide dans laquelle la chambre à vide, munie d’une grille horizontale, est disposée à l’entrée et au-dessus du cylindre d’hélices (fig. 5).
- Grâce à la prolongation des organes d’entraînement, l'alimentation est régulière et sans refoulement, la couche d’argile entre ces oi'ganes et la grille horizontale est toujours suffisamment épaisse pour éviter un entraînement d’air, les filets d’argile, descendant verticalement et parallèlement les uns aux autres, de la grille horizontale, assurent une parfaite désaération correspondant bien toujours aux indications du manomètre, et l’alimentation de la filière, en raison de la longueur du cylindre d’hélices, se fait toujours régulièrement et sans refoulement.
- De plus, les grilles pouvant êti’e enlevées facilement et rapidement, la mouleuse à vide peut être transformée à volonté en mouleuse sans vide.
- La production horaire de cette presse à vide peut
- Départ daii
- yr^r-'j
- Manomètre
- . u v :
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- \ / \ / A /
- Fig. 4. — Coupe cl’une installation à grille verticale au milieu clu cylindre d’hélices.
- Fig. o. — Coupe d'une chambre à grille horizontale à l’arrière de l’hélice.
- varier, suivant les modèles, au nombre de trois, entre 6 et 12 l, et les produits obtenus, grâce à elle, avec des argiles maigres, ont réalisé, suivant certificat de EUniversilé de Strasbourg, des résistances supérieures à a48 pour ioo par rapport aux mêmes argiles traitées sans vide. JElles semblent donc, actuellement, 1 e dernier mot du progrès.
- G. Lan outille.
- LA GRANDE SOUFFLERIE HISPANO-SUIZA
- Dans les premiers jours de l’aviation, il n’existait dans le monde entier qu’une seule soufflerie, permettant de mesurer les caractéristiques aérodynamiques d’une surface. C’était la soufflerie installée, rue Boileau, à Paris, par Gustave Eiffel. Pendant la guerre 1914-1918, cette soufflerie a été reprise par l’Etat pour les besoins des constructions de guerre. Depuis cette époque, les souffleries se sont multipliées, mais sont restées presque exclusivement des laboratoires publics, auxquels s’adressaient les constructeurs privés pour les essais nécessaires à leur industrie. Les services rendus par les souffleries aérodynamiques sont si grands et si variés, ils portent sur des domaines si différents que les constructeurs aujourd’hui éprouvent le besoin de laboratoires autonomes, adaptés à leurs propres besoins. C’est ainsi que la Société Ilispano-Suiza, un grand constructeur de moteurs d’avions, vient de créer pour ses essais en usine, une installation qui se classe d’emblée parmi les plus puissantes du monde : elle vise deux buts : d’une part diminuer la durée et le coût de la mise au point du .refroidissement des moteurs en remplaçant par des essais à poste fixe les essais en vol longs et coûteux; d’autre part, étudier l’action de l’air sur les ensembles fuseau-moteur et sur les fuselages d’avions de chasse.
- Le laboratoire comprend une petite soufflerie pour les
- essais de maquettes de fuseaux-moteurs ou de fuselages d’avions et une grande soufflerie pour les essais en vraie grandeur des mêmes éléments.
- Ces deux souffleries étudiées par l’éminent ingénieur G. Darrieus ont été réalisées par la Compagnie Électro-Mécanique.
- La grande soufflerie est du type Eiffel à air libre ; la section de la base a 5 m de diamètre, la longueur de la veine libre est de 8 m ; la vitesse maximum de l’air est de 100 m/s
- Fig. •!. — Coupe longitudinale et. dimensions principales de la grande soufflerie Hispano-Suiza.
- Soufflante et son moteur
- Pavillon
- d'aspiration
- Diffuseur
- Fuseau moteur
- Salle des balances
- essayer
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- rrrrrr 356 " =.-.......
- (vitesse inégalée jusqu’ici dans les installations de cette importance). La puissance sur l’aile de la soufflante est de 4.700 ch.
- L’air, aspiré par la soufflante placée à une extrémité de tunnel, pénètre dans celui-ci à l’extrémité opposée, en traversant un ajutage convergent terminé par une buse cylindrique qui débouche directement dans la chambre d’expérience longue de 8 ni ; dans cette chambre la vitesse de l’air est maxima ; l’air pénètre ensuite dans un diffuseur divergent, où sa vitesse diminue graduellement, tandis que sa pression augmente jusqu’à devenir égale à celle de l’atmosphère à la sortie du tunnel.
- Pour augmenter la récupération du diffuseur, la sortie comporte un système d’aubages concentriques ayant pour
- LA COLONISATION AUX
- Le surpeuplement de l’île de Java est, un problème dont la solution urgente est d’une importance vitale et pour Java et pour le développement économique des autres îles.
- La densité de la population à Java est, en moyenne, de 3i5 habitants par km3, pour atteindre, dans les régions les plus denses de Java Central et Java Occidental, jusque près de 700.
- Pour comparaison, on notera que la densité de la population en Belgique est de 260 et au Japon de i85.
- La population de Java augmente d’environ 700.000 âmes par an.
- 11 y a trois moyens pour procurer des possibilités d’existence à l’excès croissant de cette population :
- i° Encourager l’industrialisation;
- 20 Améliorer l’agriculture à Java ;
- 3° Pousser l’émigration des Javanais vers les autres îles des Indes néerlandaises où la densité de la population est considérablement moindre.
- Le problème ne peut être résolu que par ces ü’ois moyens simultanément, chacun étant, à lui seul, insuffisant.
- Dès 1906, on a commencé la colonisation agricole de Javanais transplantés au Sud de Sumatra, près de « Gedong-Tataân » dans les « Lampongsche Distric-ten ». Vingt ans plus tard, on était obligé d’avouer que cette expérience n’était pas heureuse, du moins sur les bases primitives. L’échec était surtout d’ordre financier l’émigration revenait à environ 5oo florins (*) par famille et, à moins que d’engager des capitaux considérables, une telle colonisation n’était pas susceptible d’être généralisée. L’erreur était double :
- i° On accordait aux colons une trop grande aide pécuniaire ;
- 20 La sui’face cédée à chaque colon netait pas limitée. « Tout ce que vous défricherez sera à vous ». Les
- 1. Un florin vaut actuellement 22 fr, mais son pouvoir d’achat, aux Indes Néerlandaises, ne dépasse pas celui de la piastre indochinoise, soit 10 fr.
- effet d’éviter tout décollement de la veine fluide par rapport aux parois. C’est le premier essai à grande échelle d’un tel dispositif qui permet de réduire l’importance du diffuseur.
- Celte soufflerie se distingue des souffleries du même type ou du type Prandtl qui l’ont précédée, non seulement par la grande vitesse de l’air (xoo m/s contre 65 m/s dans la soufflerie Prandtl de Berlin et 5o m/s dans la grande soufflerie de Chalais-Meudon), mais encore par la grande longueur de sa veine libre par rapport au diamètre de la buse et par la grande homogénéité de la veine d’air. Il faut signaler aussi d’intéressants dispositifs de réglage à récupération permettant de faire varier les vitesses d’air en réglant la vitesse du moteur de la soufflante.
- INDES NÉERLANDAISES
- colons avaient évidemment les yeux plus grands que les bras, défrichaient, au hasard, de grandes superficies qu’ils n étaient pas en mesure de mettre en valeur rationnellement, faute de main-d’œuvre et ils ne pouvaient ainsi rembourser les avances — d’ailleurs considérables — qui leur avaient été consenties.
- De plus, la dispersion des propriétés conduisait à une irrigation fort coûteuse.
- Un deuxième essai de colonisation, tenté en 1932, sur de nouvelles bases, fut, cette fois couronné de succès, à Sumatra Sud, où 7.000 émigrants de Java onl été transportés.
- Les différences essentielles entre les essais de 1905 et 1932 sont les suivantes :
- i° Aucune avance ou don en argent n’est accordé, autre que le paiement des frais de transport ;
- 20 On a joué sur « l’aide réciproque », trait caractéristique des populations orientales ;
- 3° La superficie attribuée à chaque colon est limitée très bas.
- Les opérations diffèrent, au départ, suivant qu’existent, ou non, à proximité du centre à créer, d’anciens noyaux de colonisation.
- Dans le premier cas, le nouveau colon ne reçoit que des avances en outils et est adressé tout d’abord chez les anciens colons, pour 6 semaines, à l’époque de la moisson, à laquelle il participe. Il reçoit, de ces derniers, en salaire, 3oo kgr de paddy (U, puis est transporté sur ses terres définitives.
- Dans le deuxième cas, le nouveau colon reçoit des avances en paddy et en outils.
- Dans les deux cas, chaque famille est ainsi pourvue de 3oo kgr de paddy, ou avancé ou gagné, et elle est dotée, en forêts, de o bouw 2 pour des jardins et o bouw 7 pour des rizières (1 bouw = o ha 7).
- La succession des opérations est dès lors la suivante :
- L’arrivant est hébergé, provisoirement, dans de 1. Riz non décortiqué.
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-
-
- grands campements de 6 à 24 familles, établis par l’Administration.
- 11 coupe la forêt, mais ne peut en vendre le bois, par suite du manque total d’acheteurs. Il en tire toute» fois de quoi construire une hutte individuelle, pour laquelle l’Administration lui fournit la couverte en feuilles de palme, par au bout de ('2 mois, le campement démontable lui est retiré.
- Il sème le maïs de 3 mois, et, en attendant la récolle, vil sur le paddy gagné ou avancé.
- Il participe aux travaux d’irrigation : il reçoit o cent 20 par m3 pour les canaux secondaires mais exécute, à ses frais, les canaux tertiaires (Q et les artérioles.
- Après la première récolte de maïs, il plante du manioc, du tabac, de l’arachide, du maïs et surtout une variété de paddy s’accommodant des périodes de sécheresse de la saison des pluies (l’iiTigation ne sera assurée que plus tard).
- Pendant 3 ou 4 ans, on ne lui demande aucun impôt, autre que le remboursement d’une partie des
- 1. Est classée tertiaire, en moyenne, une artère alimentant 500 bouw, débitant 500 1/s.
- .. ... ..............:::...... 357
- avances qui lui ont été consenties, environ 25 florins. Après 3 ou 4 ans, il paie un impôt atteignant 8 à 9 florins par famille, partie argent, partie prestation (routes), supérieur à l’impôt moyen perçu à Java (6 à 7 ilorins, dont la totalité est perçue en argent) : son pouvoir d’achat provient de la vente, aux Chinois, des produits qu’il cultive.
- A signaler'que le colon ne reçoit, meme en prêt, aucun bétail. Ceci n’est possible que parce que la superficie qui lui/est attribuée est très faible (o ha 63 par famille). •
- Le rendement des terres4 est excellent, dès les premières annés (terres neuves) et atteint, en moyenne, 4 t à l’ha à Soekadana et de 2 à 2 t 5 ailleurs. Quand la terre commence à s’épuiser, les travaux d’irrigation sont alors terminés et permettent de maintenir ces hauts rendements.
- Enfin, signalons que les nouveaux colons sont administrés par des fonctionnaires Javanais, nommés temporairement pour 2 ou 3 ans.
- Etudions, plus spécialement, lè district, de Lampong à Sumatra, où les plus importants1 travaux de colonisation ont été effectués.
- Fig. 1 à 4. — Le centre de colonisation de Soekadana, créé en 1936.
- 1. En bordure de la forêt non encore défrichée, à droite, le premier maïs ; à gauche, au premier plan, perré d’un ouvrage du réseau d’irrigation en cours. — 2. Le maïs lève parmi les troncs d’arbres subsistant. — 3. Le centre de Mitro. — Une
- paillotte.
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- /"/./• S à 12. — Le centre de colonisation de Bélitang, créé en 11)38.
- 5 et 0. Plants de manioc sur des terres défrichées pendant l’été de 1938 (photographies prises en décembre 1938). — 7. Travaux d'irrigation. — 8. Travaux de défrichement. — 9. Paddy. — 10. Maïs et paddy. — il. Paillotte dans un champ de
- maïs. — 1.2. La naissance d’un cocotier.
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- Les caractéristiques de ce district sont les suivantes :
- Surface totale................. 28.368 km2
- Réserves forestières. . . . 10.2x8 —
- Population Européens. 700
- Indigènes . 413.000 dont < Lampongais . Javanais . 209.000 166.000
- Chinois et autres orientaux . 1 i.3oo 426.000 Autres. 38.000
- Densité : 1 au km2, réserves forestières comprises ; x5 au km2, réserves forestières non comprises.
- Caoutchouc................. 9
- — et café. ... 12
- Café....................... 2
- Caoutchouc et musa (*). 1
- Huile de palme .... 1
- Supei'fîcie totale . . 60.062 ha
- dont mise en cultui’e. 26.219 —
- Poivre . 18.896 t = 3.216.000 fr Café . . 14.27/1— = 3.268.000 — Copra. . 901— = 118.000—
- Riz . • . 6.9/49-— = 547.000-—
- Huile de
- coco . g4a— = 660.000 —
- Caoutchouc sauvage. 1.167 —
- Sur ce seul district, la colonisation atteint actuellement 91.670 colons, dont 23.734 hommes.
- Examinons les centres que nous avons visités :
- i° Gedonçj Taiaan :
- Commencé en igo5 avec 200 familles.
- Actuellement (tç>38), 35.175 âmes.
- Superficie mise en valeur 3o.ooo bouw, dont
- 1. Arbres ayant l'apparence des bananiers, ne donnant pas do fruit, mais une fibre qu’on peut tisser.
- Exploitations
- européennes
- Exploitations
- indigènes
- (1937)
- .. -.... .....: 359 =
- 2.460 irrigués par le Gouvernement et 1.800 par les colons.
- Écoles publiques :
- 9 primaires (3 classes) ; 1 supérieure (2 classes).
- Écoles privées :
- Subventionnées
- Non subventionnées
- 20 Soekadana : en ig36, 1.806 familles ; en 1987, 1.780 familles ; en 1938, 4-i*5 familles.
- On attend pour 1989, 5.5oo familles soit
- 19.000 âmes.
- Actuellement 26.250 âmes dont : 7-434 hommes, 7.047 femmes, 11.769 enfants.
- Superficie mise en valeur : 5.449 kouw.
- 9 écoles publiques primâmes avec 1.162. élèves ; 6 écoles privées avec 119 élèves.
- Le chef-lieu du centre actuel de colonisation s’appelle Métro (abréviation de Métropole) que les indigènes ont transformé en milro = ami.
- Au total, le centre de colonisation de Soekadana doit absorber, de 1938 à 1946, 60.000 familles, suivant le plan d’extension ci-contre (fig. 16).
- 3° Par la suite, nous avons visité un troisième centre de colonisation à Belitang, dans le distinct de Palembang, où on peut enregistrer la même réussite :
- =5o familles en .1937 (sur ,ine étape de 10.000
- 000 en 1988 ) et une 2e étape de 10.000
- r.5oo — en 1939 [
- La dotation est sensiblement équivalente : x/4 bouw pour les jardins et 1 bouw pour les rizières.
- A remarquer le très beau manioc des colons arrivés en août 1938.
- Les travaux d’irrigation se poursuivent concurremment avec l’ouverture de nouvelles pistes.
- ............ 4
- 2 Hollandais-Javanais i4 primâmes 2 supérieures 1 pour instituteurs.
- Fig. 13 à lo. — A Bôlitang : une école ; un notable javanais ; un enfant portant le premier ris récolté.
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-
- 360
- Légende
- E3 Terrains ouverts à ia colonisation ilLlll Extension étudiée ËÜ3 Extension à étudier BB Villages actuels
- Canaux d'irrigation
- G0EN0ENGS0EGIH
- tGedongdalem
- ^Centre de colonisation )\de Tpîmoepgjo **“"
- nnnnn
- kamp
- ''Barrage Argogoeroeh Gare Tegineneng
- vers B.Befoeng
- Fig. 16. — Le plan d’extension du centre de Soehadana.
- L’expérience lenlée, en 1982, sur 7.000 émigrants ayant réussi, fut continuée, sur une échelle croissante :
- i5.ooo en ig36 20.000 — 1937 36.ooo — 1938
- et on pense atteindre 48.000 en 1939 (12.000 familles).
- On espère transplanter prochainement 100.000 colons par an.
- Les futurs colons sont pris, de préférence, dans les régions sucrières, les plus touchées par la crise, par familles entières, voire fraction de village. Une statistique détaillée permet de suivre, de très près, cette migration sociale.
- Restant toujours en contact avec des Javanais (anciens colons et fonctionnaires), le colon n’a jamais l’impression detre perdu ; il est toujours bien accueilli, aidé par les anciens colons. De plus, ses contacts avec l’autochtone sont dépourvus de toute friction, puis-qu'aussi bien, il s’agit de coloniser des terres en friche, forêts pour la très grande majorité ; chacun trouve sa place au soleil.
- Depuis 1936, existe une Commission centrale pour l’émigration et la colonisation, comprenant, des fonctionnaires chargés de la propagande, du recrutement et du transport des colons, d’autres ayant mission
- d’étudier et résoudre les problèmes concernant les droits sur le sol de la population autochtone, quelques ingénieurs agronomes et un ingénieur d’irrigation pour étudier l’irrigation et le drainage.
- Les principes directeurs sont les suivants :
- i° La colonisation, exécutée à grande échelle, a les meilleures chances de réussir quand on possède de petits noyaux préexistants ;
- 20 Pour la formation de noyaux prospères, il faut disposer de terrains irrigua-bles ;
- 3° Il est toujours plus économique de fonder un noyau de colonisation sur un très vaste terrain (superficie dépassant 10.000 ha) ;
- 4° Une propagande intensive parmi les paysans Javanais est nécessaire pour encourager l’émigration ;
- 5° Une sélection minutieuse des aspirants-colons est désirable ;
- 6° L’organisation de la colonisation ne doit pas être précipitée.
- Tous les districts, hors de Java — excepté ceux des îles de Bali et de Lom-bok, où la populaton a absolument besoin de toute la terre pour elle-même — sont prospectés pour la colonisation des Javanais et des Madurais (6 millions d’ha sont déjà prospectés).
- Les experts étudient les possibilités de drainage et d’irrigation, les qualités du sol et de l’eau destinée à l’irrigation, etc...
- La carte ci-contre (fig. 17) donne les centres actuels de colonisation à Sumatra, Bornéo et Célèbes, les centres prospectés et les centres à prospecter (à signaler, en particulier aux Célèbes, l’important centre de Malili, prévu pour 100.000 ha).
- Les résultats de la propagande sont très satisfaisants. On utilise les moyens suivants :
- Cinéma,
- Opuscules distribués dans les écoles primaires indigènes,
- Bulletins de propagande,
- Correspondance facilitée entre les colons et leurs amis restés au village natal à Java.
- De plus, les fonctionnaires indigènes sont appelés à visiter les terrains de colonisation hors de Java. Enfin, à quelques colons (200 en 1938), on donne l’occasion de retourner dans leur village, où ils font la propagande la plus effective.
- A la suite de la création du Service de la Propagande, on a constaté qu’il est beaucoup plus facile de recruter 02.000 Javanais à présent que 7.000 en 1932.
- D’une façon générale, les services d’irrigation s’oc-
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- cupent des travaux d’irrigation, de construction des routes et de l’installation générale du terrain de colonisation.
- La recherche des terrains nouveaux est la tâche de l’ing^nÉeüï agronome en collaboration avec l’ingénieur d’irrigation. Les échantillons du sol sont envoyés aux laboratoires de l’Institut des Recherches du sol, du Département des Affaires Économiques à Bui-tenzorg. De même, est étudiée l’eau disponible pour l’irrigation. Les échantillons du sol et de l’eau sont pris pendant la saison humide et sèche, pour connaître la réaction du sol pendant les divei’ses saisons.
- Quand; les résultats de la première recherche sont satisfaisants, on fait des mesures quotidiennes de débit, enregistrées le plus souvent par des instruments automatiques.
- Parallèlement, on commence à mettre le terrain en carte, à fixer la situation future des principaux travaux d’irrigation, rechercher les possibilités de drainer les marais et de régulariser les rivières.
- Dans la plupart des cas, il a fallu lever une carte à l’échelle de i/5o.ooo. Les travaux d’irrigation exigent une carte à l’échelle de i/xo.ooo avec courbes de niveau de mètre en mètre. La photographie aérienne est employée très couramment.
- Toutes ces études demandent environ un an. Après avoir recueilli ces éléments, on fait un avant-projet qui est adressé à la Commission centrale, laquelle décide si la colonisation est intéressante ou non dans cette région.
- ..==================:::.:= 361 =
- Financement. — Le financement de cette colonisation provient de 3 sources :
- t° 3 millions de florins, montant d’une taxe perçue sur le caoutchouc avant le plan de restriction. ;
- 2° Partie d’un fonds de 25 millions de florins accordé par le Gouvernement Néerlandais, à dépenser en 3 ans pour combattre la crise ;
- 3° Inscription au buget général.
- Seul, le financement par le budget général pourra se perpétuer. On estime à 87 florins 5 par famille les frais de colonisation à Soekadana : 5o florins pour le transport, la propagande, les avances et 37,60 pour l’irrigation ; sur ce total, 20 sont remboursés en 3 ans.
- Pour les autres îles, ces chiffres, qui ne comprennent pas la construction des imites et des polycliniques, bâtiments généraux, sont plus élevés (notamment les frais de transport sont supérieurs).
- On estime à 5 millions 5 de florins les frais totaux de colonisation pour 100.000 personnes, soit :
- 3,5 pour recherches, propagande, routes, bâtiments généraux, polycliniques, colonisation ;
- 2 pour l’irrigation.
- On estime d’ailleurs, que la plus grande partie de ce s 5 millions 5 reviendra indirectement au budget général (à titre d’exemple, les exportations de Oostha-ven, port au Sud de Sumatra, ont atteint 246.576 florin en 1967, contre 2.6i3 en 1935).
- J. Arnoux.
- Ingénieur en Chef des Travaux Publics de l’Indochine.
- Fig. 17. — Le programme de colonisation des Indes Néerlandaises.
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- LE CINÉMATOGRAPHE ET L'ENSEIGNEMENT DU TIR
- On a souvent songé à utiliser le cinématographe pour l’éducation des tireurs, les exerçant sur line projection cinématographique animée, donnant une représentation beaucoup plus exacte de la réalité que les buts fixes classiques.
- Voici un ingénieux appareil de mise en œuvre de celte méthode, créé par M. Œhmiehen.
- La projection est obtenue au moyen d’un projecteur à film standard, ou à film réduit de 16 mm, muni d’un dispositif d’arrêt et de mise en marche particulier; elle s’effectue sur un écran ayant la forme d’une grande armoire métallique.
- La partie avant de l’armoire est couverte par un écran en papier; le tireur, placé à côté de l’appareil de projection, lire sur les images qui se dessinent sur l’écran. La balle perce le papier, et vient s’écraser sur une tôle de protection placée à l’arrière de l’armoire; l’appareil de projection s’arrête alors immédiatement ; des lampes s’allument derrière l’écran, et le point d’impact apparaît comme un point lumineux très visible sur le reste de l’écran (fig. i).
- Le tireur se rend compte immédiatement du résultat atteint, et éprouve l’impression d’arrêter en pleine marche l’objet visé. La position du point lumineux correspondant au trou de la balle donne toute précision sur le résultat.
- Au bout de quelques secondes d’arrêt, le fonctionnement du projecteur reprend, les lampes d’éclairage s’éloignent, le trou produit par la balle est automatiquement bouché, et le tir peut recommencer aussitôt.
- Le mécanisme est très simple. Le projecteur, du type eou-
- Fig. 1. — Le tir cinématographique Œhmiehen.
- Armoire écran formant cible
- Appareil de cinéma ,
- Fig. 2. — Projecteur de tir vu de côté.
- A droite, la boîte de déclenchement avec le cadran réglable permettant de régler le retard de mise en marche.
- rant, comporte un dispositif d’arrêt instantané de la projection commandé par un électro-aimant qui agit sur le mécanisme d’effacement des griffes d’entraînement, et d’arrêt des galets d’ali-
- mentation. Ce mécanisme d’arrêt est complété par un autre qui, au bout du temps nécessaire, débloque l’arrêt instantané, et remet l’appareil en marche.
- Dans certains cas, il peut être intéressant de tenir compte de la durée réelle du trajet du projectile d’après le but représenté sur l’écran. Si la projection représente, par exemple, un but situé à 1.000 m du tireur, il faut, pour rester dans la réalité, tenir compte du. temps mis par le projectile à parcourir cette distance, et, par conséquent, du déplacement correspondant du but mobile.
- On place donc sur l’appareil de projection un dispositif retardant automatiquement du temps nécessaire 1 e fonctionnement de l’arrêt automatique.
- Fig. 3. — Vue intérieure de Varmoire-écran montrant les rouleaux sur lesquels se déroule le papier, le mécanisme intérieur et l’emplacement de l’écran.
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- 363
- Il se compose d’un électro-aimant agissant sur le déclenchement d’un mécanisme à mouvement d’horlogerie ou électrique calé préalablement sur la division d’un plateau gradué en secondes et fractions de seconde, ce qui permet le réglage correspondant à la durée du trajet envisagé (lig. 2).
- La balle en frappant l’écran-cible fait fonctionner le mécanisme, et ce dernier tourne pendant le temps prévu du parcours figuré; au bout de ce temps seulement, l’arrêt instantané du projecteur est déclenché, la projection s’arrête, et le point d’impact devient lumineux.
- L’armoire de tir elle-même, dont la pai’tie antérieure est découpée selon la forme de l’écran, est entièrement' métallique ; sa partie postérieure est en tôle épaisse de 7 mm, et les balles viennent s’écraser sur sa surface (fig. 4).
- L’écran de projection est une feuille de papier tendue entre un rouleau débiteur et un rouleau enrouleur placés à la partie inférieure et à la partie supérieure de l’appareil. Le papier glisse sur plusieurs rouleaux intermédiaires, et passe en feuille double devant la découpure de l’écran. Un moteur électrique très démultiplié fait tourner l’un des rouleaux de papier, en déroulant l’autre, et un dispositif spécial permet d’enrouler le papier, tantôt dans un sens, tantôt' dans l’autre, afin de le faire servir plusieurs fois (fig. 3).
- Avant la remise en marche de l’entraînement, après un arrêt, un contact fait fonctionner le moteur quelques instants, pour déplacer le papier de 1 cm environ ; le trou de la balle est ainsi bouché par le glissement des deux feuilles.
- Quatre lampes à incandescence placées dans l’armoire, s’allument au moment de l’arrêt et s’éteignent à la remise
- en marche, le fond de l’ar-moire est blanc ; le trou apparaît donc comme un point lumineux précis.
- Pour l’arrêt et la remise en marche des projecteurs, des vibreurs sont placés derrière la tôle du fond de l’armoire. Le. choc produit par la balle coupe le courant passant dans ces vibreurs, et un relais fait fonctionner l’élcctro-aimant agissant sur l’arrêt instantané du projecteur, en même temps qu’un contact tournant allume les lampes.
- Au bout de quelques secondes, le moteur d’entraînement se met en marche, le trou de l’écran est bouché, le point lumineux disparaît, les lampes s’éteignent, et le projecteur se remet en marche normale.
- P. II.
- Fig. 4. — L’écran-cible vu de face, avec son écran papier.
- LE VOL DES ÉTOURNEAUX
- Dans le n° 3009 de La Nature nous donnions une étude sur le vol des étourneaux avant leur coucher dans les roseaux de l’étang de Sillé-le-Guillaumc.
- Nous nous efforcions surtout de fixer le côté poétique du spectacle et le titre alexandrin de l’article (Quand l’étourneau rejoint son perchoir aquatique) révélait bien que là se bornait notre dessein, comme aussi la conclusion, où nous évoquions, sans insister, la nombreuse littérature dont l’étourneau a fait l’objet.
- Les quotidiens et revues — principalement de l’Ouest — ont fait moisson d’emprunts à notre étude : La Sarthe y voit motif à de curieux clichés photographiques, L'Ouest-Éclair souligne l’inédit de ce spectacle de verdure dont les Alpes Mancelles revendiquent priorité dans le décor de leurs sylves aux eaux dormantes.
- Mais des lettres de lccleui-s entrent dans le concret.
- C’est ainsi que M. Berlhelemy narre avec concision le spectacle, contemplé par lui chaque jour de fin septembre à fin avril, près de Salonique, entre 1916 et 19x8.
- Il 11e décrit ni le lever ni le coucher des étourneaux, mais il expose comment — sous le signe de la terreur -— ils allaient se mettre à table, vers 8 h du matin, dans les immenses marais de l’embouchure du Vardar où leur festin, digne des us du grand siècle, durait toute la journée.
- Les convives arrivaient par bandes formant une douzaine de délégations d’environ 5oo m sur 12 à i5 m d’épaisseur.
- Nous avions signalé que, d’une manière générale, chaque escadrille d’étourneaux semble animée d’un perpétuel mouvement de rotation sur son axe et nous n’ignorions point,
- après Buffon, que cette manière de voler a ses avantages contre les entreprises de l’oiseau de proie qui, se trouvant embarrassé par le nombre de ces faibles adversaires, inquiété par la vision et le vacarme de leurs battements d’ailes, étourdi par leurs ci’is, déconcerté par leur ordre de bataille, enfin, ne se jugeant pas assez fort pour enfoncer des lignes si sevrées et que la peur concentre encore de plus en plus, se voit contraint fort souvent d’abandonner une si riche proie sans avoir pu s’en approprier la moindre partie.
- Fort souvent, mais pas toujours.
- Et notx’e lecteur de nous édifier en ccs termes sur l’exception :
- <( La grande curiosité du spectacle résidait dans les déformations violentes et soudaines que subissait la partie postérieure du vol.
- L’emploi assidu d’une bonne jumelle me permit bientôt de déceler la cause de ces brusques changements de figure : c’était l’attaque d’un oiseau de proie.
- En voici le film :
- 1. Observant l’espace libre bien en arrière du vol non encoi’e troublé, je parvins aisément à voir un oiseau de proie rattrapant le vol avec un avantage d’altitude estimé à 3o ou 4o m, puis fonçant en oblique sur l’arrière du vol à sa partie supérieure.
- 2. Les étourneaux d’extrême pointe arrière plongeaient en accentuant leur vitesse pour glisser vers l’avant sous ceux de leurs congénèi’es qui les précédaient.
- 3. La rapidité de l’attaque creusait ordinairement la poche qui se profilait sur le ciel à l’arrière du vol et quelques oiseaux se trouvaient finalement coupés du gros.
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- Fig. 1. — Les phases de l’attaque d’un vol d’étourneaux par un rapace.
- 4. L’un d’entre eux était saisi par l’oiseau de proie qui, faisant avec sa prise un puissant demi-tour sur un plan oblique, reprenait de la hauteur en direction opposée à celle du vol, pendant que les oiseaux, séparés du gros en même temps que la victime, mais restés indemnes, rejoignaient le vol à tire d’ailes.
- 5. En 100 m, l’arrière du vol avait repris sa forme oi'di-naire.
- Les volumes apparents du rapace et de sa prise semblaient assigner au premier une envergure de 75 à 85 cm.
- J’ai plusieurs fois vu un vol attaqué dans le milieu de sa longueur par un oiseau fondant sur lui. Chaque fois l’attaquant était de forte taille. Ce pouvait être un des multiples oiseaux proches de l’aigle et ayant une envergure que je n’estimais point inférieure à 1 m 00, mais qui était fréquemment plus grande.
- En deux circonstances, j’ai vu l’attaque double presque simultanée par le gros rapace venant au-dessus du centre et par le petit venant par l’arrière. Le vol d’étourneaux offrit en ces deux cas des volutes fort tourmentées qui témoignaient d’une émotion atteignant une proportion considérable de ses membres ».
- Et notre correspondant de se demander si l’étude du vol des oiseaux à laquelle se livraient les devins n’aurait pas eu parfois pour objet les découpages curieux que provoque la frayeur dans le vol des étourneaux.
- Cette relation complète opportunément la littérature consacrée aux ennemis des étourneaux.
- Dans nos pays d’Ouest, ils sont la proie voyageuse du milan et' de l’épervier, la victime terrestre des martres,
- belettes, écureuils, loirs, corbeaux, pies et geais qui en pillent les nids et égorgent les jeunes.
- Nous avons insisté sur le caractère gai, vif et enjoué de l’étourneau, sur sa sociabilité. Ajoutons, à propos des rapaces que, dans nos prés, il se tient souvent en compagnie des vigilantes et courageuses corneilles qui ne dédaignent point le combat avec l’oiseau de proie, cependant que le prudent étourneau s’enfuit....
- Pour terminer, donnons un rapide bilan de l'étourneau dans ses rapports avec l’homme.
- Oiseau d’agrément, son bavardage animé et expressif est connu. L’étourneau ou sansonnet était naguère, dans nos campagnes du Maine, le compagnon traditionnel de tout savetier, qui l’enfermait dans une cage d’osier — précaution quasi superflue car l’élourneau domestiqué suit son maître avec la docilité du chien, et c’est le plus parfait imitateur vocal que nous connaissions parmi la gent ailée du vieux monde : cris, grincements de porte, tic-tac du moulin, gloussements de poules, chants d’oiseaux, mots et phrases entières..., tout enrichit le vocabulaire de ce Frégoli d’un nouveau genre.
- Et voici pour Futile :
- Dans la note pittoresque, Buffon signale l’usage que l’on faisait de ses excréments dans les... cosmétiques. Mais la Cour en connaissait bien d’autres dans un Versailles dénué des commodités les plus élémentaires. Buffon supposait dans l’étourneau, grande abondance de bile noire expliquant d’ailleurs Famertume de sa chair.
- Au rayon des frivolités, nous trouvons l’étourneau pourvoyeur de parures de chapeaux de dames et autrefois Paris sacrifiait à ce titre, plus de deux millions de sansonnets par an.
- Enfin, l’agriculture lui rend un hommage que ces dernières années ont, au surplus, grandement altéré car on lui fait grief d’être un agent propagateur de la fièvre aphteuse. Il cherche en effet sa nourriture dans les fientes des bestiaux au pâturage et, comme il évolue dans un périmètre journalier d’au moins 20 km de diamètre, il peut diffuser intensément les germes nocifs. On accuse aussi l’étourneau de ne point se contenter de chanter le temps des cerises : dans nos cerisiers, il appuie son chant de substantielles razzias ; il le fait avec un humour sinistre, entouré d’aides dont la bande opère au petit jour, sans le moindre recours en grâce....
- Ces péchés — capital et véniel — sont' atténués par une étonnante propension à la destruction des sauterelles, chenilles, vers, limaces, insectes, etc. On a établi qu’une famille de sansonnets, composée du père, de la mère et des deux couvées annuelles, soit en tout une douzaine d’individus, détruit 84o limaces par jour I
- Et ceci explique sans doute qu’à l’étranger — en Allemagne notamment — on ait aménagé des forêts — avec des nids artificiels — pour y acclimater les étourneaux par centaines de mille.
- Coxstant Hubert,
- Lauréat de la Société des Gens de Lettres.
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- LES ARBORESCENCES MINÉRALES = ses
- La Nature a souvent signalé à ses lecteurs les travaux de Herrera, Stéphane Leduc, etc., sur les « plantes minérales », curieuses formations obtenues par des moyens purement physico-chimiques au sein de liquides inorganiques et qui reproduisent d’une façon particulièrement fidèle les phénomènes que l’on observe dans les milieux biologiques vivants : création de cellules, développement par karyolcinèse, etc...
- Parmi ces nombreuses créations, images de ce qui se passe dans la nature, les plus simples à réaliser, mais aussi peut-être les plus extraordinaires, sont la formation et la croissance des « arbres » de plomb qui ont été étudiées en détail dans Chemistry and Industry, par A. King et N. Stuart. Ces auteurs ont examiné les différents types de ramifications obtenues en faisant varier les conditions extérieures, en particulier la quantité de et nourriture » fournie à l'arbre se développant dans un « terrain » constitué par du gel de silice contenant une solution d’un sel de plomb.
- Sous le nom d’ « arbre de Saturne » les formations ramifiées de plomb sont bien connues des enfants depuis un siècle et dans toutes les boîtes d’expériences de chimie que l’on vend au moment de Noël et du jour de l’an, on trouve le matériel et les indications pour le produire en suspendant un morceau de zinc dans une solution d’acétate de plomb. Au bout de quelques minutes, il se forme une magnifique ramification en forme de feuille de fougère constituée par des cristaux mous de plomb autour du zinc donnant au bout de quelques jours une masse spongieuse si on évite les agitations mécaniques de la solution. On peut obtenir des arborescences analogues d’étain en opérant avec une solution de sels stanneux (« arbre de Jupiter »).
- Ces formations peuvent être réalisées par dépôt électrolytique en employant une densité de courant convenable, ou encore en constituant une pile de concentration dans laquelle un morceau de plomb trempe dans une solution de nitrate de plomb au-dessus de laquelle on a déposé avec précaution une couche d’eau distillée. De ces prépai’ations par voie chimique ou électrique on peut conclure que le phénomène a pour origine le remplacement électrochimique d’un métal par un autre et peut être représenté par :
- Pb++ + Zn ^ Zn++ + Pb
- les ions plomb étant déplacés de la solution par les ions zinc, métal plus électroposilif.
- La position des métaux dans la série des tensions est donc essentielle. Bien que l’étain et le plomb donnent des formations arborescentes, ce n’est pas le cas pour d’autres métaux, bien qu’un morceau de fer plongé dans une solution de sulfate de cuivre se recouvre rapidement d’une pellicule de cuivre, mais non arborescente.
- Les deux métaux, plomb et étain, se suivent dans la série des tensions et leurs potentiels ne diffèrent que
- de o v. ox. L’étain, le plus positif des deux, déplace le plomb d’une solution d’un de ses sels et l’arborescence se formant plus lentement que dans le cas du zinc, la structure en est beaucoup plus fine. Pour l’observer à loisir, on opère en présence d’un gel de silice imprégné d’une solution d’acétate de plomb.
- En particulier, suivant la concentration du a terrain » en acétate de plomb, la morphologie des « plantes » varie d’une façon très curieuse. Les auteurs ont utilisé dans leurs expériences un gel de silice à o,5 de la normale (o,5 N) par rapport à la concentration d’acide acétique et dans lequel on faisait varier la concentration d’acétate de plomb.
- Au-dessus d’une concentration de 0,2 N on ne peut observer aucune formation arborescente. De 0,1 à 0,08 N la croissance de l’arbre est très lente, et a 1 apparence d’une série de lames d’épées extrêmement plates et très serrées. Entre 0,08 et o,o5 N la croissance est rapide et il y a une tendance marquée à donner des ramifications latérales. Entre o,o4 et 0,02 N la vitesse de formation est plus rapide encore, les ramifications sont plus complexes, les lamelles métalliques plus étroites mais plus épaisses, de sorte que la tige principale ne peut plus se distinguer des ramifications. De plus, l’arboi'escence a une tendance très nette à se former en spirales, et particulièi’ement pour la concentration 0,2 N. On peut d’ailleurs influer sur son aspect en modifiant la rigidité du gel et la quantité d’acide acétique ajouté.
- Finalement, quand la concentration est réduite à o,oi5 à 0,01 N la croissance de nouveau devient très lente, les branches sont très fines, irrégulières et tordues. A des concentrations de 0,001 N plus aucune foi'mation n’est observée même après plusieurs mois.
- D’autres métaux que l’étain peuvent déplacer le plomb de ses solutions et on obtient des arborescences analogues en utilisant le magnésium, l’aluminium, le zinc, le chrome, le manganèse, le fer et le cadmium, mais ni le nickel ni le cobalt ne donnent naissance au phénomène.
- Une particularité intéressante et inattendue est l’action d’addition au gel de quantités minimes de colloïdes protecteurs ou de matières oi’ganiques. C’est ainsi par exemple que l’addition d’une goutte de fluorescéine a une action inhibitrice telle que la croissance de l’arborescence est pratiquement annulée ; la gélatine produit le même effet, et c’est pourquoi il est impossible de
- Fig. 1. — Croissance lente d’un arbre de plomb dans un gel à 0,02 N d’acétate de plomb avec addition d’acide.
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- Fig. 2. — Croissance d’un arbre de plomb dans un gel de silice contenant de l'acétate de plomb à des concentrations comprises entre 0,1 et 0,08 A (état au bout de o mois).
- former des arbres de Saturne ou de Jupiter dans des gels de gélatine.
- Au fur et à mesure que les arbres se développent dans la solution, celle-ci s’appauvrit en sel de plomb, la concenti'ation diminue et l’aspect de l’arborescence
- = LE TOUCHER, LA VUE
- A l’aide de ses mains, chacun répondra, ce semble, à la question ainsi posée.
- En premier lieu, il observera que, selon les lois de la perspective, elles lui paraissent devenir plus graciles, s’amenuiser dans la mesure pù, s’éloignant des veux, il les verra de plus loin. Mais, ce faisant, il ne tardera pas à remarquer que ces impressions de rapetissement intéressent aussi bien les sensations du loucher que celles de la vue.
- Et, pour serrer de plus près la démonstration de ce, fait, après avoir placé en chacune de ses mains tout objet pouvant' y être contenu, bientôt il sentira que, par une sorte d’adaptation du contenu au contenant, l’objet se rapetisse, à son tour. El cette illusion — qui n’est point un simple effet d’auto-suggestion — apparaîtra d’autant' plus manifeste qu’elle se sera accomplie, dans l’obscurité, ou les yeux fermés, comme pour bien marquer que chacun des deux éléments sensoriels ainsi appelés à participer au phénomène de la perspective, demeure une réalité distincte et en état de se suffire.
- De même fera-t-il la contre-épreuve de cette première démonstration en dirigeant les deux mains et leur contenu
- ......... PHÉNOMÈNES CE
- change et prend alors celui correspondant à la nouvelle concentration. D’ailleurs si à un moment donné on rétablit la concentration primitive, le développement ultérieur reprend son apparence initiale. Ceci montre bien que le facteur déterminant est la concentration du sel de plomb.
- Ces expériences sont faciles à reproduire et le phénomène mérite de retenir l’attention des chercheurs. Il a jusqu’ici été négligé par les « savants » qui affectent de n’y voir qu’une amusette d’enfants, mais son étude systématique, en faisant varier les facteurs : concentration du sel, température, état électrique, etc., pourrait certainement conduire à des résultats intéressants aussi bien théoriques, car aucune information sur les modes d’organisation des molécules n’est indifférente à l’heure actuelle, qu’au point de vue pratique même, dans le domaine des dépôts électrolytiques en particulier.
- II. Vigneron.
- ET LA PERSPECTIVE =
- semblable en des sens contraires et en comparant, après coup, les résultats sensoriels acquis, résultats certes discrets el fugaces, mais tout de même suffisants pour traduire en images tactilo-stéréognostiques différenciées des objets n’ayant pourtant d’autres différences que celles de l’inégalité de leur espacement.
- Au moins aussi probante sera cette technique si, cette fois, on l’applique à un seul objet, soit une petite boîte de forme cai’rée, ronde ou cubique que l’ensemble des doigts juxtaposés puisse aisément enserrer. En pareille occurrence, en effet, les deux mains, ramenées, après écart, vers l’objet unique, prendront l’impression que l’image en est momentanément déformée, que, de carrée, ronde ou cubique, elle est’ devenue trapézoïde, elliptique, pyramide tronquée.
- D’où cette conclusion :
- En matière de perspective, les sensations visuelles et tactilo-stéréognostiques marchent adéquatement de pair, obéissant à de mêmes lois.
- Dr B. Pailhas.
- ïSTES EN AVRIL ="
- Le mois d’avril 1989 aura été fertile en événements célestes qu’il est intéressant de résumer, à litre documentaire.
- L’éclipse partielle du 16 se produisant vers le coucher du Soleil' fut observée dans un ciel très pur, depuis son début jusque peu apres le maximum ; ensuite le Soleil descendit derrière des bandes de brume qui l'oblitérèrent complètement avant qu’il atteignît l’horizon marin. Les ligures 1 à 4 montrent quelques phases de ce beau spectacle, le disque solaire s’aplatissant progressivement par l’effet de la réfraction atmosphérique.
- Notons maintenant que deux aurores boréales sont apparues les 17 et 24 avril. La première se vit depuis
- 2i h 5o jusqu’à 22 h 45 (heure d’été) avec une coloration rougeâtre. Elle débuta par des rayons s’élevant de 1 horizon et orientés vers le nord magnétique ; puis la lueur s’étendant et devenant diffuse gagna le N.-VV. La seconde apparut également dès l’arrivée de la nuit comme une vaste clarté étalée au-dessus de l’horizon du N.-W. au N.-N.-W. ; jaune verdâtre à la base, elle tournait au rougeâtre à son bord supérieur ; les nuages en interrompirent l’observation à 23 h.
- Enfin il faut mentionner une comète assez brillante, mais dont la position voisine de la lueur crépusculaire a été peu favorable à sa contemplation. Aperçue, de 3e magnitude, par MM. Jurlof, Achmarof et Hassel le 16 avril, elle se découvre tout au bord de
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- Photographies de l’éclipse partielle de Soleil du IG avril.
- Fig. !. — Vision au-dessus de la mer, au moment du maximum MU h 22, heure d’été).
- Photographies des aurores boréales.
- Fig. o. — 17 avril à 21. h Go (pose 120 s).
- Fig. G. — 17 avril à 22 h 15 (pose GO s).
- Fig. 7. — 2-4 avril à 22 h 15 (pose 120 s).
- Fig. 2 et 3. — Le Soleil, à 19 h 53 et 19 h 5G, voilé par les brumes au voisinage de l’horizon.
- Fig. 4. — Le Soleil disparaît à 20 h 2 derrière une bande opaque surmontant l'horizon.
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- Fig. II. — 24 avril (22 h, pose
- loO s) dans le crépuscule et le clair de Lune entre Perséc et le Cocher.
- Fig. 12. — 2o avril (21 h 50 à
- 22 h 30) photo prise dans le clair
- de Lune, avec un objectif de 81 mm et 1 m de foyer.
- Photographies de la comète Juilof-Achmarof-Hassel (1939 d).
- Fig. 8. — 17 avril (22 h 13, pose 90 s) dans la clarté de l’Aurore boréale.
- Fig. 9 et 10. —19 et 20 avril (22 h 15, pose 120 s) à la fin du crépuscule, dans Persée.
- l’un de mes clichés de l’aurore boréale du 17, ainsi que sur deux autres, les 19 et 20, relatifs à l’enregislrenient de la clarté du ciel. Les poses de ces clichés ayant été de 2 min au plus, et sans suivre le mouvement diurne, l’image de la comète es! faible et manque de netteté : elle a dû être rehaussée sur les reproductions agrandies données ci dessus pour montrer la marche apparente de l’astre. Sur les négatifs, on mesure une queue d’une dizaine de degrés. La comète, s’éloignant, diminua rapidement les jours suivants en même temps que son éclat s’atténuait aussi dans l’intensité grandissante du clair de Lune. Le 26, elle paraissait de 5e magnitude, et dans un oculaire faible, la tête se montrait comme une belle nébulosité verdâtre avec une faible queue de i5' environ ; un cliché pris ce soir-là montre cette dernière s’étendant sur 3°, très irrégulière, et accompagnée d’une queue secondaiie.
- L. Rudaux.
- Observatoire de Donville.
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- BALANCE, TYPE ROBERVAL, A PLATEAUX EXCENTRES 369
- On a souvent proposé des balances faciles à construire par les amateurs. Dans les unes, tout a été sacrifié à la simplicité, à tel point que le fléau est remplacé par une ficelle peu fendue. Dans d’autres, tel le modèle Chaplet, cité dans les Recettes de La Nature, on a d’excellents résultats mais au prix d’une construction plus délicate.
- Dans ces dispositifs, pour la commodité de l’exécution, on
- adopte les plateaux suspendus. Il me semble qu’il y a place pour des systèmes plus • pratiques, à plateaux supérieurs, semblables aux balances Rober-
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- Fig. 1. — Principe de la balance de Roberval.
- val, quitte à perdre un peu sur la sensi- bilité.
- Principe. —— La balance de Roberval est montée sur deux fléaux F et / solidaires, montés en parallélogramme. Le fléau inférieur est habituellement sujet à des chocs contraires selon le hasard qui préside à la chute des objets jetés sur les plateaux : si l’objet est au bout de la balance, le fléau inférieur subit un refoulement, si l’objet est près du centre de la balance, le fléau subit une traction; ces actions inverses nécessitent un fléau rigide et des articulations soignées. Si nous n’avions que des tractions, nous pourrions remplacer le fléau par un simple tendeur. Pour cela, montons le plateau en porte-à-faux vers le centre, et le problème sera théoriquement résolu : nous supprimerons donc le second fléau et nous le remplacerons par une simple ficelle. .
- Je ne pense pas qu’un tel principe, malgré l’avantage qu’il présente d’avoir un plus long fléau pour un même encombrement attire les constructeurs. Mais il intéresse les amateurs qui hésitent à acheter une balance lorsqu’elle a peu d’emploi ; quittes à prendre quelques précautions pour ne pas faire basculer les plateaux vers l’extérieur.
- Détails du fléau. — Il faut un fléau bien équilibré, réglable et d’une articulation aussi bonne que possible au point' a malgré les moyens rudimentaires d’exécution.
- a) Fléau équilibré. — Il faut que les trois axes d’articulation soient en ligne droite. Adoptons une simple planchette, par exemple une règle à dessin, et proposons-nous de mettre les trois axes d’articulation dans le milieu de l’épais- . scur : pour les deux bouts, pas de difficulté, il suffit de tailler en double biseau (en ogive, pour assurer la solidité); quant au milieu, nous utiliserons une suspension par deux fils de soie passés dans deux trous t et V ce qui remplacera avantageusement le couteau que la Roberval porte au point' o, et pour amener l’articulation au milieu de bois nous aurons fait préalablement deux encoches coniques avec une mèche à métaux relativement grosse et manœuvrée
- d’une main délicate.
- b) Réglage. — Pour rendre la balance réglable, il faut pouvoir monter ou descendre le centre de gravité. Nous ferons deux trous e et e', nous collons dessus deux rondelles de liège l et V où nous glisserons deux vis v et' v1 (ou même deux clous). Généralement on ne
- Fig. 2. — Détails du fléau (Coupe et vue de dessus).
- s ra t- e' B ^j§
- \ ©< 1 ® e e'© 1 ©i' S’r—Y y ri *-42
- met qu’un seul dispositif de réglage dans les balances, mais comme notre méthode , de construction rend le mi-1 i e u difficilement abordable, on tourne la difficulté, en doublant le système.
- c) Articulation.—
- Pas de couteaux, là non plus, mais deux fils de soie et s''2, collés comme l’indique la figure (ne pas mettre de colle
- trop près du point d’aPticulation) ; en ajoutant un troisième fil (marqué en noir sur la ligure) croisé avec les deux autres, on rend le système plus solide pour résister aux chocs d'écartement (En pratique, je préfère faire un petit trou dans la planche, y passer le fil, et mettre un point de colle de poisson à l’endroit de sortie).
- Résultats expérimentaux. —; J’ai essayé un petit modèle destiné à peser des produits photographiques (fig. 3). Il pèse jusqu’à io gr.
- Fig. 3.
- Une balance d'amateur.
- La suspension par lès deux fils est assez courte, surtout pour éviter les torsions latérales lorsqu’on déplace brusquement la balance. Tout est construit avec un morceau de moulure électrique à deux gorges, de 29 mm de. large; le socle est taillé dans la moulure, tout le reste est taillé dans du couvercle, lequel a 4 mm d’épaisseur. L’encombrement total est de 17 cm.
- On observera les proportions adoptées; la course des plateaux est assez limitée, pour la commodité des manipulations. Le tout est collé à la colle de poisson; il faut remarquer (ici il n’y a qu’un équilibreur et on ne voit que son ombre) que l’humidité contenue dans la colle n’est pas du tout négligeable et donc il ne faut terminer l’équilibrage qu’après séchage complet ; en outre, une petite masse fixe est ajoutée pour compenser le petit déséquilibre constaté en fin de construction.
- Cette balance est sensible au centigramme; toutefois on ne pourrait pas être sûr de trouver deux fois de suite le même poids à 1 egr près, à cause des adhérences parasites. Mais 5 egr la font tomber net, ce qui veut.dire qu’elle suffit amplement à l’usage photographique et qu’elle est' plus sensible que les petites balances de bureau du modèle ordinaire.
- En remplaçant
- les fils par de la pig ^ _ pj^nu pu{ssant et i{pjer peau de gant, (articulation par ruban).
- ou même par de la peau de mouton mégissée, on pourrait établir de grosses balances robustes. La figure 4 montre un dispositif pratique de fléau puissant et léger, à masses équilibrées.
- Paul Dapsenge.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET (939 (')
- Opposition de la planète Mars ; élongation de Mercure ; commencement de la chute des Perséides ; chute des Aqua-rides ; phénomènes divers du système des satellites de Jupiter (à observer surtout le 3, entre oh27m et 2h3gm) et enfin, occultation d’une étoile de 9e magnitude par Jupiter le 12 : voici quelques faits astronomiques importants de ce mois de juillet.
- I. — Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, diminue et passera de + 23°q/ le Ier à -f- i8°26/ le 3i. La durée du jour décroît : elle sera de i6h4m le Ier et de i5h8m le 3i, pour Paris.
- Voici, de 3 en 3 jours, le temps moyen à midi vrai :
- Date : Juil. Heure du passage Date : Juil. Heure du passage Date : Juil. Heure du passage
- 1er 11h54m 1 lS i3 nh56m gs 25 111157(11 2s
- 4 II 54 45 16 11 56 29 28 11 57 2
- 7 11 55 16 *9 11 56 45 3i 11 56 57
- 10 ii 55 44 22 11 56 56
- Observations physiques. — Observer chaque jour le Soleil, du moment que l’état du Ciel le permet. Dessiner et mesurer les taches. Voici la suite des éphémérides permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- Date (oh) P Bo L»
- Juil. 4 1°72 0 + 3°20 4s;59
- — 9 + 0,55 E + 3,72 342,41
- — 4 4 2,81 E 4- 4,23 276,24
- — 18 + 4,59 E + 4,6i 223,3i
- — !9 4* 5,o 3 E 4 4,7° 210,08
- — 24 4 7,20 E 4 5,i4 i43,g3
- — 29 + 9,3o E + 5,55 77,79
- Lumière zodiacale. — Elle n’est guère visible, en France, en cette période de l’année, en raison notamment de la grande durée du jour et du crépuscule.
- 1. Toutes les heures mentionnées ici ont pour base le Temps Universel (T. U.) compté de 0h à à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter l1* à toutes les heures indiquées en ce « Bulletin astronomique ».
- II. — Lune. — Voici les dates des phases de la Lune en juillet :
- P. L. le ier, à i6hi6m P. Q. le 23, à nh34m
- D. Q. le 9, à i9h4qra P. L. le 3i, à 6^37™
- N. L. le 16, à 2ih 3m
- Age de la Lune, le Ier juillet, à oh = ioJ‘,4; le 17 juillet, à oh = o3,!.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juillet' : le i4, à i8h = + x9°33/; le 27, à i2h = — i9029'’.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 5 juillet, à i4h. Parallaxe — 54,4//. Distance —4o5 570 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 juillet, à 23h. Parallaxe = Distance = 35g 082 km.
- Occultations d’Êtoiles et de Planètes par la Lune :
- Magni- Phéno-_____— Heure
- Date Astre tude mène Paris Uccle
- Juil. i3 523 B. D. + 160 6m,o Em. 2biim,7 —
- — 26 4572 B D. — 20*> 5 9 Imm. 20 26 9 20h28m,4
- — 28 5i34B. D. —190 6 5 Imm. 23 2 9 23 5 8
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se
- produiront du i5 au 22 juillet. Elles seront assez impor-
- tantes surtout le 18 et le 19. Coefficient maximum : 106 centièmes le 18 (marée du soir) et le 19 (marée du matin).
- Le mascaret se produira aux heures probables ci-après :
- Coefficient de la marée Heure d’arrivée du mascaret à :
- Date Quillebeuf Villequier Caudebec
- Juil. 18 — «9 106 106 20^41m 9 6 2ihi8m 9 43 211127m 9 52
- III. — Planètes. — Le tableau ci-après a été dressé à l’aide des renseignements fournis par l'Annuaire astronomique Flammarion. Il contient les éléments nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juillet 1939.
- ASTRE
- Soleil .
- Mercure
- Vénus. Mars . Jupiter
- Saturne
- Uranus
- Neptune
- Date : Juil. Lever à Paris Passage au méridien de Paris Coucher à Paris Ascen- sion droite Déclinai- son Diamètre apparent Constellation et étoile voisine VISIBILITÉ
- 1 3b52m 1 ih54mi is iqh56m 6h38m + s3o 9' 3i' 3o"8 Gémeaux
- •< 12 4 1 11 56 1 19 5i 7 2.3 -j- 2 2 4 3i 3o,9 Gémeaux »
- ( 24 4 i4 U 67 0 19 4» 8 12 -j- 20 0 3i 32,4 Cancer
- 1 î 12 6 24 i3 45 21 4 9 11 + 16 8 7,6 83 Lion Le soir. Plus grande
- 24 6 3i i3 26 20 19 9 4o 4- 11 5 9,6 0 Lion élongation le i3.
- ( 12 2 48 10 5i 18 54 6 i5 + 23 17 10,2 P Gémeaux 1 Inobservable.
- '( 24 3 9 11 7 19 5 7 ‘9 4 22 35 10,0 S Gémeaux
- j 12 21 1 0 5q 4 53 20 25 25 i4 23,0 y Capricorne Toute la nuit. En oppo-
- •j 24 20 9 23 54 3 45 20 12 — 26 27 24,0 y Capricorne ; sition le 5. /
- t 12 22 5o 5 6 11 iq 0 33 422 39,4 44 Poissons (Seconde partie de/ la
- M 24 22 4 4 21 10 34 0 34 4 2-10 4o,8 44 Poissons j nuit.
- 12 23 4o 6 3o i3 16 1 56 4 9 18 15,8 0 Poissons /Seconde partie def’ la
- 24 22 54 5 45 12 32 1 59 + 9 27 16,0 Ç1 Baleine 1 nuit. /
- 3o 23 6 6 4o i4 9 3 17 -j- 17 5i 3,4 o2 Bélier Vers la fin de la nuit.
- 3o 8 28 14 52 21 i5 11 3o + 4 28 2,4 8g Lion Inobservable.
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- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir le io juillet, à 18*, à 26°3i/ à l’Est du Soleil. On pourra le rechercher —• avec quelque difficulté toutefois —• quelques jours avant; et après le i3 juillet.
- Voici la phase de Mercure (fraction illuminée du disque) :
- Magni- Magnitude tude
- Date Phase stellaire Date Phase stellaire
- Juil. 5 0,572 + 0,3 Juil. 20 0,320 + 1,0
- — (0 °,4go + °,5 — 25 0,237 + U2
- — i5 0,4* 1 + 0,8 — 3o 0,146 +
- Vénus, très près du Soleil, sera inobservable.
- Mars arrivera en opposition avec le Soleil, le 23 juillet, à 8h. Il aura alors son diamètre apparent maximum 24^, i. Malheureusement pour les observateurs français il sera très bas sur l’horizon, sa déclinaison australe, le 24 juillet, élant de — 2G°27h A Paris, il sera à i4° au-dessus de l’horizon seulement, ce qui nuira beaucoup aux observations physiques. Pour toutes les données relatives à la présentation du globe de Mars, voir VAnnuaire astronomique Flammarion.
- Junon, la petite planète n° 3, arrivera en opposition le mois prochain, et' atteindra la magnitude 8,3. On pourra la rechercher à la position ci-après (voir aussi la carte fig. i, trajectoire de gauche).
- 28 juillet, à o* (T. U.) ; AR = 22*5m,2; CO = — i°2f .
- Iris, la petite planète n° 7, sera en opposition le 7 juillet et à ce moment aura l’éclat d’une étoile de 8,7 magnitude (voir la carte publiée au précédent « Bulletin astronomique », n° 3o48, p. 283, qui donne ses positions du ier au 28 juillet).
- Victoria, la petite planète n° 12, découverte en i85o, par llind, passera en opposition le 5 août prochain. La carte figure 1 (trajectoire de droite) et les positions suivantes permettront de la trouver :
- Date (oI,,T. U.
- Juil. 20
- — 28
- Ascension droite
- 2ih pm}6
- 21 4 2
- Déclinaison + I°22'
- -f- 1 44
- Elle atteindra, le 5 août, la magnitude 8,1.
- Jupiter devient maintenant bien visible. On pourra observer les phénomènes suivants produits par les satellites principaux :
- Juillet 1, II. 0. c. 2h4xm. — 2, I. E. c. 1*47“,2. — 3, I. P. c. 0*27“; I. O. f. i*i8m ; I. P. f. 2h3gm ; II. Em. 2h53m ; III. Em. 2*53“. — 9, I. E. c. 3*4i“,5. — 10, II. E. c. 0*1™,9 ; I. 0. c. oh58m; III. E. f. i*24“,5; I. P. c. 2*20“; I. 0. f. 3*u“. — 11, I. Em. i*48“. — 12, II P. f. o*4“. — 17, III. E. c. 2h25m,9 ; II. E. c. 2*36“,2 ; IV. 2*38“,5 ; I. 0. c. 2*152»» __ 1S> L E c> 0h4m,4; I. Em. 3*4o“; I. 0. f. 23*33“; II. 0. f. 23h55m. — 19, II. P. c. ohom; I. P. f. o*5o“ ; II. P. f. 2h37m. — 21, III. P. f. oh24m. — 25, I. E. c. ih58ra,7 ; I. 0. c. 23hi4m; II. 0. c. 23*53“. — 26, I. P. c. oh3om ; I. 0. f. 1*27“; II. P. c. 2*31“; II. O. f. 2*34“;
- I. P. f. 2h4om; I. Em. 23h58m. — 27, III. 0. f. 23*17“;
- II. Em. 23h35“. — 28, III. P. c. i*4im.
- Observer Jupiter le 3 juillet : de 0*27™ à 2*39“ un seul satellite, le IV, sera visible (I en avant du disque, II et III derrière). En outre, phénomène rare, le 12 juillet, à i*39m, l’étoile B.D + i°,93 de 9e magnitude sera occultée par Jupiter.
- Saturne est bien visible à la fin de la nuit. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 24 juillet', à 18*. Voici les éléments de l’anneau pour le 18 juillet :
- Grand axe extérieur..........................
- Petit axe extérieur..........................
- Hauteur de la Terre sur le plan de l’anneau Hauteur du Soleil sur le plan de l’anneau .
- 4o",00
- — 1 i",o5
- — 160,041
- — 130,672
- 371
- Élongations de Titan : à l’Ouest le 7 juillet à 7*,6 et le 23, à 7*,o ; à l’Est, le i5 juillet à 6*,9 et le 3i, à 6*,2 .
- Uranus se lève vers minuit. Voir la petite carte de son mouvement' sur le Ciel au n° 3o4o, du Ier janvier 1939, p. 26.
- Véplune est inobservable, très près du Soleil :
- IV. — Phénomènes divers.
- Le 3, à 23li, Mars en conjonction Le 9, à 6h, Jupiter —
- Le 11, à oh, Saturne —
- Le 12, à 12h, Uranus —
- Le i5, à 2rh, Vénus —
- Le 18, à igh, Mercure —
- Le 20, à 21 h, Neptune —
- Le 3o, à iôh, Mars —
- — Conjonctions :
- avec la Lune, à io°36' S. la Lune, à 3°52' S la Lune, à 3° o' S. la Lune, à 10 3' S. la Lune, à 4°33' N. la Lune, à 3o25' N. la Lune, à 4°53' N. la Lune, à 1104P S.
- Étoile Polaire; Temps sidéral :
- Date Passage Heure
- Temps
- sidéral à oh (‘)
- Juil.
- 10
- 20
- 3o
- Supérieur
- 6h24mI0s
- 5 45 4 5 5 57
- igh 8m 5s
- 19 47 3o
- 20 26 56
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Persée) variable de 2m,3 à 3m,5 en 2j20*49m et visibles à l’œil nu : le 8 juillet, à 2*52m; le 10, à 23*4im; le 3i, à 1*21“.
- Fig. 1. — Trajectoires célestes des deux petites planètes Junon
- et Victoria pendant leur prochaine période d’opposition.
- A gauche, sous a-[3 Verseau, orbite apparente de Junon (3) et ses positions du 28 juillet au 6 septembre. A droite, sous a-£ Petit Cheval, orbite apparente de Victoria (12) et ses positions du 20 juillet au 29 août.
- Le 29 juillet, maximum d’éclat de 0 Baleine (Mira Ceti), variable de 2m,o à iom,i, en 3313,8.
- Étoiles filantes. — D’assez nombreux essaims d’étoiles filantes sont actifs en juillet1. Le plus connu est celui des Perséides dont la chute commence vers le 8 juillet. Le radiant initial est situé près de 0 Cassiopée.
- Observer en ore, du 25 au 3o, la chute des Aquarides : radiant près de 0 Verseau. Météores lents, à longues trajectoires.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier juillet, à 23*, ou le i5 juillet, à 22*, est le suivant :
- Au Zénilh : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher (à l’horizon).
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion ; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; le Serpent; la Vierge. Em. Touchet.
- 1. Pour le méridien de Greenwich.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Protons, neutrons, neutrinos, par J. Solomon. 1 vol. in-8, 228 p. Gauthier-Villars, Paris, 1938. Prix : 100 francs.
- Ce livre est la reproduction d’un cours professé au Collège de France et met en évidence les progrès réalisés tant au point de vue expérimental qu’au point de vue théorique dans nos connaissances sur les propriétés fondamentales des protons et des neutrons qui, jusqu’à présent, sont considérés comme des éléments constitutifs de la matière. Le problème du neu-trino, ou de la particule cosmique nouvelle que la théorie conduit à introduire pour sauvegarder les principes de base de la science, est également exposé objectivement.
- Radiotéchnique appliquée à bord des navires et des aéronefs, méthodes de navigation par T. S. F., par X. Beynes. 1 vol. 167 p., 169 fig. Dunod, Paris, 1939. Prix : 48 francs.
- L’auteur, supposant connus les principes de l’émission à ondes entretenues et modulées, a intentionnellement laissé de côté toute théorie pour se limiter aux applications pratiques qui intéressent les radiotélégraphistes de la marine marchande et de l’aviation. La première partie contient la description des principaux postes émetteurs et récepteurs utilisés à bord des navires de commei'ce, les installations annexes (récepteur autoalarme, radiogoniomètre) ainsi qu’une importante étude sur la radiogoniométrie, les radiophares, les sondeurs à ultra-sons. La seconde est consacrée aux appareils de mesure et aux mesures en T. S. F. Une annexe contient les codes météorologiques de Copenhague 1929 et de Varsovie 1935.
- Nouveaux procédés de radiesthésie physique, par
- Pierre Béasse. 1 vol. in-16, 191 p., 55 fig. Librairie du progrès scientifique, Grenoble..
- Le titre dit qu’ils permettent « sans don spécial, de percevoir les modalités du rayonnement de la matière, de découvrir sources souterraines, trésors cachés, gisements de houille, minerais, pétrole, etc., de prendre contact avec un monde nouveau, radiesthésie médicale, téléradiesthésie ». Le savoir, la santé, le bonheur, la richesse ; il ne manque que de rajeunir pour que le rêve de Faust s’accomplisse sans diablerie.
- Manuel de la blanchisserie mécanique, par Émile
- Hue. 1 vol., 416 p., 92 fig. J. B. Baillière et lils, Paris, 1938.
- Prix : 30 francs.
- Ce manuel,^ en offrant aux techniciens du blanchissage les moyens de développer leurs connaissances et de tirer meilleur parti de leur matériel, contribuera au perfectionnement pratique de cette industrie.
- Biochimie de la choline et de ses dérivés, par Ernest Kahane et Jeanne Lévy. I. Choline-neurine, 61 p. IL Acétylcholine, 59 p. 2 vol. in-8°. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1938. Prix : 30 francs.
- Connues chimiquement depuis longtemps, ces amines n’avaient guère attiré l’attention des physiologistes jusqu’à ce que des méthodes précises aient permis de les trouver chez un grand nombre d’êtres vivants. La choline a été étudiée la première et présente un remarquable antagonisme avec l’adrénaline. L’acétylcholine, particulièrement expérimentée en ces dernières années, semble bien être un intermédiaire chimique entre l’influx nerveux et les effets musculaires ou glandulaires des excitations. Ces deux fascicules mettent au point les recherches actuelles.
- Près des oiseaux, par Jean de Witt. 1 vol. in-8°, 169 p. Dessins de J. Oberthüe ; photographies de Laure Albin-Guil-i.ot. Éditions de la Bonne idée, Paris, 1939.
- Chasseur certes, mais plein de sympathie pour les oiseaux, l’auteur les regarde vivre et note d’une plume alerte des scènes de leur vie auxquelles le crayon de M. Oberthür ajoute une note précise et spirituelle en marge, en haut ou en bas de pages. On lit avec plaisir ces anecdotes où moineaux, merles, serins, pigeons, et bien d’autres défilent, les uns à Paris, d’autres à la campagne, chacun en un tour vivant et gracieux. Une liste fort abondante des oiseaux parisiens termine l’ouvrage.
- Histoire de la découverte de la Terre, par Ch. de la
- Roncière. 1 vol. in-4, 304 p., 586 fig., 8 pi. en couleurs.
- Larousse, Paris, 1938.
- La librairie Larousse est coutumière d’ouvrages somptueux où l’illustration artistique, abondante et heureusement choisie, suffirait pour enchanter l’amoureux de belles et curieuses images. Cette fois-ci, 586 héliogravures, 8 planches en couleurs révèlent maintes figures pittoresques de relations de voyages : des sites, des scènes de mœurs, des portulans, des cartes anciennes de tous les pays du monde. Le texte du grand historien de la géographie y ajoute plus qu’un commentaire, une histoire nourrie, documentée, élégamment écrite, de la découverte du monde. Elle commence par les périples et les odyssées antiques, à travers la Mer Rouge, la Méditerranée, peu à peu étendues jusqu’aux Indes et en Chine d’une part, en Guinée et en Irlande de l’autre. Rome envahit l’Afrique; l’Islam s’étend de l’Espagne au Pacifique, les Scandinaves traversent la Russie jusqu’à Byzance ; les Normands évangélisent le Groenland et l’Amérique ; Pékin a un archevêché et le Japon se convertit à Saint-François-Xavier. La Renaissance révèle l’Amérique : Français et Anglais au nord, Espagnols et Portugais au sud. Le Pacifique, traversé d’Est en Ouest par Magellan, se découvre au xvine siècle à Cook,. La Pérouse, etc. Au xixe, l’Afrique est pénétrée en tous sens, le Thibct se découvre ; les forêts vierges du Brésil, les régions sauvages de Nouvelle-Guinée livrent presque tous leurs secrets. Les pôles sont enfin atteints, l’Himalaya survolé et on en est aujourd’hui à la découverte, à la pénétration de la haute atmosphère et du monde sous-marin. Quelle somme d’efforts, d’audaces, de calculs représente cette conquête lente et continue du globe qui aboutit à une carte précise, exacte de la Terre et à la connaissance de tous ses aspects, de tous ses milieux, de toutes ses civilisations ! Peu de livres sont aussi passionnants et témoignent aussi haut de la curiosité et de l’esprit d’entreprise do l’homme.
- Manuel de la conservation et de la restauration
- des peintures. 1 vol. in-8, 310 p., 62 fig. Office international des musées, Paris, 1939. Prix : cartonné toile, 150 francs.
- Voici l’édition complète et définitive de l’œuvre collective réalisée par l’Office international des musées. Elle est la suite de l’introduction des méthodes scientifiques et de la création de laboratoires dans les grandes collections nationales. C’est un travail magistral, dû à la collaboration des conservateurs et des experts les plus compétents du monde entier, fixant les meilleures techniques de conservation et de restauration des peintures, les illustrant d’exemples particulièrement saisissants, reproduits par photographies.
- On y trouve d’abord les méthodes d’examen à l’œil nu, à la loupe, à jour frisant, aux rayons X, ultra-violets et infra-rouges, jusqu’à l’analyse microscopique, chimique et spectrogra-phique des matériaux. L’action du milieu est ensuite considérée : lumière, chaleur, fumée, humidité, ce qui conduit à fixer les règles de chauffage, de conditionnement d’air des salles, d’exposition des toiles, ainsi que la protection contre l’incendie et les précautions d’emballage pour le transport. La restauration est ensuite envisagée, qui ne doit jamais détériorer ni altérer l’œuvre. Les maladies des vernis, des peintures, de la préparation, des supports de toile et de bois sont énumérées ainsi que les soins efficaces qu’on y peut apporter : dévernissage et revernissage, retouches, dorures, réparations, rentoilages, transferts, etc. Cette analyse minutieuse, ces consens précis aboutissent à des recommandations générales qui doivent être maintenant observées strictement par tous les conservateurs de musées et les amateurs de peintures.
- Une épopée indienne : les Araucans du Chili, par
- le R.-P. Émile Housse. 1 vol. in-8, 310 p., 11 fig., 32 hors texte,
- 1 carte, Plon, Paris, 1939. Prix : 22 francs.
- L’auteur a passé 34 ans au Chili, dont 9 dans l’ancienne Arauoanie située au sud ; il a vécu parmi ces Indiens qui résistèrent trois siècles aux Espagnols. Il rappelle d’abord leurs luttes épiques, féroces, puis leur évangélisation qui n’a pas encore aboli toutes leurs anciennes croyances. Mêlé à leur vie, il a noté avec le même soin et la même finesse que nos lecteurs lui connaissent en histoire naturelle, la vie, les activités techniques, les arts, la langue, les contes, les mœurs, l’organisation sociale, les restes du passé religieux, domestique et national de ce peuple courageux, mal connu, dont l’histoire est une épopée, dont l’existence actuelle a si peu attiré l’attention.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 mars 1989.
- Les ponces de l’Océan Pacifique Sud. — M. Lacroix expose que M. Schmidt a rencontré des ponces flottant sur l’Océan au N.-E. des îles tiji. Le problème de leur origine est résolu par leur composition qui les rattache aux volcans circumpaciliques et, sans doute, à celui signalé dans une île temporaire surgie en 1928 au banc de Falcon, près des Tonga. La même origine doit" etre attribuée aux ponces retrouvées par M. Aubert de la Rüe dans les Nouvelles-Hébrides et' sur les côtes de la Nouvelle-Calédonie. M. Lacroix fait remarquer qu’en ce qui concerne les volcans sous-marins, si ceux-ci ont leurs sommets détruits rapidement par la houle, il subsiste d’importants cônes de débris au-dessous du niveau d’immobilité relative des couches d’eau. Ces cônes forment des hauts-fonds dont' plusieurs ont déjà été relevés par les hydrographes.
- Visibilité en milieu trouble. — Les détails d’un objet disparaissent progressivement par immersion dans un liquide trouble, celui qui contient par exemple une suspension de grains calibrés. En traçant sur une plaque métallique des traits équidistants (o mm 5), on peut mesurer à partir de quelle épaisseur du liquide trouble les traits ne sont plus distincts; on peut ainsi traduire le phénomène numériquement. M. Marcelin a résolu les difficultés techniques et parvient à une loi : le trouble de la visibilité au travers d’une suspension comprenant une certaine espèce de grains ne dépend que du nombre de ces grains et est indépendant de leur dilution. Cette loi se rapproche de celle de Beer relative à l’absorption de la lumière par les molécules dissoutes.
- Identification d’une algue. — En général les algues entrant dans la constitution des lichens conservent leur aspect normal. M. De Puymaly a cependant observé un lichen assez répandu, le Placynthium nigrum, et a reconnu que son algue est, non pas une Scytonemataceae, comme il était admis, mais une Rivulariaceae, très profondément modifiée par les conditions spéciales de son existence. En l’élevant dans l’eau douce et à la lumière du jour, cette algue reprend son aspect normal et hautement différencié. C’est donc une dégradation qui est' subie dans le lichen sous l’influence morphogène du champignon associé.
- Le dosage biologique de l’acide ascorbique. —
- En privant un cobaye de vitamine C, la teneur de ses organes en acide ascorbique devient rapidement nulle. Si on lui fait’ absorber de petites doses quotidiennes et égales d’acide ascorbique, on observe une fixation qui aboutit, au bout' de 2 à 3 semaines à un taux stabilisé. Mme Randoin et M. Leblond exposent que ce taux varie comme le logarithme de la dose quotidienne. Par une analyse des tissus du cobaye (surrénales, foie ou rein), il est donc possible de doser la teneur d’une substance en vitamine C. Les résultats de cette méthode sont' absolument précis, surtout en opérant sur les surrénales.
- Les précurseurs de l’acide ascorbique. — Certains auteurs ont émis l’hypothèse de la formation de l’acide ascorbique dans l’organisme à partir des glucides. M. Lemos a étudié cette question sur la Civelle (jeune anguille), qu’il est facile de faire vivre dans des milieux liquides de composition connue et variée. En ajoutant à ces milieux des subs-trances intermédiaires de la formation de l’acide ascorbique (sorbite, sorbose, acide diacétone glucosonique) on n’a observé aucune augmentation du taux d’acide ascorbique
- dans les civelles. Seul le diacétone-sorbose à 0,1 pour 1.000 donne une augmentation de 33 pour 100 ; à dose plus élevée il provoque au contraire une diminution, comme cela a été le cas fréquent avec les autres substances étudiées. Si donc les tissus animaux sont capables de former l’acide ascorbique, ce n’est qu’à partir de substances intermédiaires bien particulières et dans des conditions déterminées. Le problème reste pratiquement entier; seules de longues recherches systématiques sur de nombreuses espèces permettront de le résoudre.
- Séance du 27 mars 1989.
- L’oxydation lente du magnésium. — L’oxydation lente du magnésium à l’air humide produit un composé noir qui se forme aussi par l’altération du magnésium condensé à basse température. Ce composé est détruit vers 4oo° et peut se séparer par lavage au bromure d’éthyle en solution élliérée. L’étude de ce composé, en particulier celle des diagrammes de Debye-Scherrer et des courbes d’analyse thermique, a montré à MM. Faivre et Michel qu’il possède la structure hexagonale de la brucite et une composition correspondant à la formule Mg(OH)„ avec un excès de magnésium. Les auteurs en concluent que ce composé est bien de la brucite contenant des atomes de magnésium en insertion ; ces atomes, protégés contre les attaques, donnent à ce produit sa couleur noire.
- Les métaux légers dans les explosifs. — Le nitrate d’ammoniaque conduit à des explosifs donnant un grand volume de gaz à une température relativement basse. Leur énergie transformable en travail est faible ; ils sont surtout utilisables pour le fissurage des roches. M. Baron montre que si l’on ajoute à ces explosifs de l’aluminium en poudre, le volume des gaz est' réduit mais la température et la force sont considérablement augmentés. On parvient ainsi à deux formules d’explosifs autorisés par le Service des Poudres, contenant 5 et 2 pour 100 d’aluminium, dont la puissance est supérieure de 10 à 12 pour 100 à celle des explosifs analogues sans aluminium.
- Carbures acétyléniques vrais. — M. Bodroux expose que la préparation des carbures acétyléniques vrais peut être réalisée dès la température ordinaire par l’action du dérivé monosodé de l’aniline sur les cai’bures dihalogénés. Ce dérivé de l’aniline s’obtient facilement par l’action d’une solution éthéréc d’aniline sur l’amidure de sodium ; on ajoute ensuite goutte à goutte le carbure dihalogéné; il se forme un complexe dont le carbure acétylénique se dégage par l’action de l’eau. L’auteur a obtenu par ce procédé : l’acétylène, l’allylène, l’heptine-i et le phénylacétylène. Dans certains cas il est préférable de partir d’un carbure monohalogéné en solution éthérée avec de l’amidure de sodium et de faire ensuite intervenir l’aniline en petite quantité qui agit comme catalyseur.
- Xénie de la vigne. — M. Pozzi-Escot signale que dans une culture de vigne il a observé, sur des pieds de Chasselas doré voisins d’hybrides (Couderc, Seibel, Baco), des grappes ne présentant aucune variation d’aspect mais possédant un goût foxé très net. Ce phénomène ne s’est manifesté que sur des pieds greffés sur Rupestris du Lot, les ceps francs de pied en étaient exempts. Malgré de fréquentes situations analogues dans les vignobles, c’est le premier cas de xénie observé dans ces conditions.
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Le grand télescope du Mont Wilson.
- La Nature a déjà entretenu ses lecteurs de la construction du télescope du Mont Wilson qui sera et pendant longtemps probablement le plus puissant du monde. Les problèmes que soulève la réalisation d’un appareil aussi gigantesque, dont le poids total dépassera 5oo t, et dont la précision devra cependant être rigoureuse sont peu à peu résolus et, jusqu’à présent, les solutions nouvelles qu’il a fallu envisager ont parfaitement répondu aux désirs des astronomes.
- La coulée du bloc de verre, la pièce essentielle de l’appareil, a été effectuée sans incidents ni accidents. Son travail optique est actuellement très avancé. Nous allons exposer l’état des travaux concernant l’optique du télescope, la construction de la partie mécanique, son érection au sommet de la montagne Palomar.
- Le miroir a été travaillé de façon à lui donner une première forme qui est celle d’une calotte sphérique de 33 m 5o environ de rayon. On a opéré par rodage à l’aide de car-borundum de plus en plus fin, de sorte qu’en quelques heures on put donner finalement à la surface un pouvoir réflecteur suffisant. Pendant ces opérations, les creux que porte la face arrière du miroir furent remplis de plâtre et tout l’ensemble du miroir reposait sur des supports de caoutchouc équilibrés par des contre-poids, la friction empêchant le miroir de se déplacer sous l’action des outils de polissage. Cinq tonnes de vei’re ont ainsi été enlevées de la masse de coulée et la consommation de carborundum s’est élevée à 20 t. Pour le polissage, on a utilisé a5 kgr de rouge anglais par heure dont une faible fraction pouvait seule être récupérée.
- Il reste à terminer le travail optique pour donner la forme parabolique définitive qui ne diffère d’ailleurs que très peu de la courbure sphérique actuelle, puisqu’il suffira d’enlever encore 1,2 dixième de millimètre dans la partie centrale. Cette opération finale nécessitera l’emploi d’un miroir auxiliaire de 120 m de diamètre qui est actuellement en période de façonnage.
- Quant aux pièces principales de la monture du télescope, elles sont à pied d’œuvre ; elles comprennent notamment des tubes de 20 m de longueur et 3 m de diamètre et le poids total sera environ de 5oo t. Pour montrer l’importance des pièces entrant dans la construction, nous dirons par exemple que les engrenages commandant la mise en position (ascension droite et déclinaison) ont 4 m 3 de diamètre ! Enfin le dôme lui-même destiné à loger cet énorme instrument a plus de 4i m de diamètre, pèse plus de x.000 t, est monté sur 32 roues par l’intermédiaire de ressorts d’équilibrage qui se déplacent sur un rail de glissement dont les différents éléments ont été soudés électriquement et soigneusement travaillés pour éviter les soubresauts et les vibrations. La rotation du dôme, commandée par deux moteurs électriques, avec engrenages de réduction et disposés suivant un diamètre, est freinée par des tampons de caoutchouc.
- Si l’on se rappelle que pour les observations photographiques à l’aide du télescope, il faut des temps de pose considérables, on comprendra les difficultés mécaniques qu’il a fallu résoudre pour assurer avec une précision extrême le déplacement de masses aussi énormes. Jusqu’à présent, elles ont toutes été surmontées et dans un avenir prochain les astronomes pourront repousser les limites du ciel et étudier plus complètement les mystères de l’Univers.
- IL Vigneron.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les bentonites.
- Ces argiles que l’on a trouvées primitivement en Amérique aux envii-ons de Fort-Benton, dans le Wyoming, d’où leur nom, ont des propriétés particulières remarquables et qui sont la source de nombreuses applications industrielles.
- Ce sont des terres de coloration ci'ème, parfois verte, dont la composition moyenne est la suivante : silice 5g,5 pour 100, alumine 16,5 pour 100, magnésie 2,5 pour 100, oxyde de fer 3 pour 100, chaux et alcalis 4 pour 100, eau i4,5 pour 100. Si leur composition n’a rien de remarquable, il n’en est pas de même de leurs propriétés physiques.
- Elles sont constituées de particules si fines qu’elles présentent le mouvement brownien, ce qui fait que mises en suspension dans l’eau à faible concentration, elles donnent des gels visqueux ou des suspensions colloïdales stables. On estime que les bentonites renferment' 3o à 4o fois plus de matières colloïdales que les argiles courantes. A plus forte concentration (1 partie d’argile pour 6 à 7 d’eau) la suspension prend l’aspect d’une graisse épaisse. Pour avoir la même consistance avec des argiles ordinaires, il faut9 employer des quantités 6 à 10 fois plus grandes.
- Les molécules de bentonite sont chargées négativement. Lorsqu’on mélange la bentonite à l’eau, elle gonfle et augmente de 10 à 20 fois son volume, ce qui s’explique en admettant que chaque molécule s’hydrate et s’éloigne de ses voisines par répulsion électrique, par suite de sa charge. Aussi, dans l’eau acidifiée, le gonflement s’arrête, ainsi que des solutions fortement alcalines. Si la bentonite est mise à gonfler dans l’eau pure puisqu’on ajoute l’alcali, le gel est rendu plus épais, tandis que si le mélange est fait en sens inverse, le gel est plus fluide.
- La bentonite a la propriété d’être adsorbée sur les surfaces de deux liquides immiscibles, ce qui permet de stabiliser les émulsions. Par exemple, en formant une pellicule autour des gouttelettes d’huile dans l’eau, elle les empêche de s’unir.
- De nombreuses applications découlent de ces propriétés remarquables. Le gonflement .considérable a été utilisé pour l’obturation des fuites dans les puits de pétrole, les canalisations d’eau et les réservoirs d’automobile. Augmentant la viscosité des solutions, même lorsqu’on l’emploie à faible dose (quelques pour cents), on l’incorpore dans les produits à polir, les détersifs, les lubrifiants, etc. Ses propriétés d’ad-sorption la font utiliser dans la préparation des émulsions d’asphalte, la fabrication des savons, les bains d’émaillage. Son pouvoir liant est mis à profit dans les sables de fonderie, les blocs et plâtres isolants calorifiques ou sonores.
- La bentonite augmente la compacité des briques et des tuiles sans accroître proportionnellement leur poids. . C’est ainsi qu’à égalité de volume, une argile à 16 pour 100 de bentonite pèse i5 pour 100 de moins que l’argile non additionnée. Le façonnage est rendu plus facile et les barbotines coulables sont plus épaisses.
- Enfin, grâce à sa contexture ultra-fine, la bentonite est le plus puissant absorbant connu pour l’eau, les huiles, la glycérine, les couleurs, etc., d’où des applications très importantes dans le raffinage du pétrole et les industries tinctoriales et chimiques.
- Il serait' intéressant de trouver en France, où les dépôts argileux sont nombreux et variés, des argiles ayant des propriétés se rapprochant des bentonites, dont on importe plus de 10.000 t par an. On a signalé dans les Pyrénées et le Limousin la présence d’argiles smectiques tertiaires ayant de bonnes propriétés absorbantes, mais ne présentant pas le gonflement des bentonites. H. Vigneron.
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- : INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ Moulin à vent
- pour la recharge des accumulateurs.
- Dans quelques régions, aux colonies, les réseaux de distribution d’électricité n’existent pas encore. Un appareil de recharge d’accumulateurs actionné par moulin à vent peut alors rendre service à peu de frais.
- Une grande hélice à rendement élevé est montée au sommet d’un petit pylône de toiture ; elle s’oriente d’elle-même à l’aide d’une queue de girouette. Un dispositif de blocage maintient l’orienta lion, et un frein du type automobile arrête l’appareil à volonté.
- La génératrice est montée sur pivots à roulements à billes, avec roulement à graisse étanche et anneau collecteur à deux balais. Une commande automatique contrôle la vitesse de l’hélice.
- L'appareil commence à charger par un vent de 2 m 80 à la seconde. Le débit de la dynamo peut s’élever jusqu’à 20 A, sous une Fig. 1. — Moulin à vent accouplé avec tension de 6 v et une chinamo pour la recharge des . ’
- accumulateurs. jusqu a 12 A, sous
- 12 v.
- Une batterie de 6 v fonctionnant 6 h par jour, peut ainsi être constamment maintenue chargée. On choisit, de préférence, une capacité de l’ordre de i5o A/h.
- Cette batterie de 6 v ou de 12 v peut évidemment servir à d’autres usages et en particulier à l’éclairage.
- Zénith-Radio, 4, boulevard Pershing, Paris (17e) et Établissements Ragonot, 15, rue de Milan, Paris (9e).
- Coupe-circuit perpéiuel.
- Un artisan français, M. Y. Ruinnet, a mis au point et réalisé un petit' coupe-circuit des plus ingénieux. Cet appareil, le « Fuz », aussi simple qu’utile, sera apprécié du technicien et de la ménagère.
- L’içn l’appellera « coupe-circuit perpétuel », l’autre, plus simplement, « plomb perpétuel ».
- Le « Fuz » consiste essentiellement en un élégant coffret de matière moulée, dans lequel se trouve, en réserve, une bobine de fil fusible calibré. Des contacts parfaits sont assurés par le coincement du fil fusible dans des V à ressorts.
- Le plomb saute-t-il ?
- Sans même défahe une vis, on ouvre le coffret, on tire sur le fil et on referme. De nouveau, votre lampe est allumée, votre fer électrique et votre cuisinière chauffent, votre aspirateur ronfle.
- Ne cherchez plus le fil de rechange.
- Inutile, vous perdriez votre temps.
- Il est là, tout calibré, sur le coupe-circuit. Le ce Fuz » évite bien des ennuis, petits et grands. La lumière est rendue en un instant, plus de danger d’incendie, le fil fusible enfermé dans le coffret ne peut plus tomber en fusion sur tapis et tentures. L’appareillage électrique est protégé, le fusible reprend toute sa valeur puisque l’ingénieuse réserve en fil fusible calibré du « Fuz » ne permet plus de truquer l’installation électrique.
- Le « Fuz » a été couronné d’une médaille de vermeil à la Foire de Paris 1988. 11 se construit en modèle à broche ou à tableau, pour différents ampérages : i,25, 2,5, 3, 5, 6, 10 et i5 A. Son-prix est modique (9 îr 75 l’unité).
- Fuz, 65, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine.
- Contacts à ressort en V
- Bobine de Fil fusible
- Contre -contacts'-
- Anneau de fermeture du coffret
- Broches
- Fig. 2. — Coupe-circuit perpétuel.
- OBJETS UTILES
- Affûteur perfectionné pour lames de rasoir.
- Pour l'epasser avec succès une lame de rasoir mécanique, il faut que l’angle du tranchant de la lame avec la surface polisseuse soit égal à celui sous lequel la lame a été aiguisée, au moment de sa finition en usine, et il faut que cet angle demeure constant’.
- Le petit appareil représenté sur la figure 3 assure très simplement ce résultat'; il comporte un porte-lame avec un manche, dans lequel on fixe la lame.
- Le repassage s’exécute séparément pour chacun des tranchants, et on^promène alternativement huit à dix fois d’un bout à l’autre de la lanière des deux faces d’un même tranchant. Une entretoise arrête le porte-lame dans la position nécessaire pour assurer l’angle d’affûtage optimum; l’opération peut ainsi être effectuée sur une lanière souple accrochée et tendue, ou sur un cuir à rasoir rigide, en moins d’une minute.
- Établissement Bertry, 19, rue Chapon, Paris
- (3e).
- Fig. 3. — L’affûteur Figaro.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu.
- M. Guillebaud, à Pantin. — 1° Pour coller le drap sur le bois, il faut appliquer la colle sur le support et non sur le drap, celui-ci s’applique alors facilement en le faisant retomber progressivement sans emprisonner d’air, puis en tamponnant légèrement avec un linge propre.
- 2° L’eau de toilette à laquelle vous faites allusion est une solution antiseptique glycérinée que l’on peut réaliser sans
- difficulté en prenant :
- Acide salicylique ...... 2 gr 50
- Alcool à 90°............................ 10 gr
- Glycérine blanche...................... 250 —
- Eau de fleurs d’oranger. ... 50 —
- Eau de laurier cerise .... 100 —
- Eau de roses........................... 600 —
- Héliotropine............................. 0 gr 50
- Dissoudre l’acide salicylique et l’héliotropine dans l’alcool, ajouter la glycérine puis les eaux distillées, rendre homogène et filtrer au papier.
- 3° Vous pourrez également obtenir une lotion pour les soins
- de l’épiderme par mélange de :
- Glycérine neutre à 30°. . . 300 gr
- Eau de fleurs d’oranger . . 50 —
- Eau distillée de roses. . . 600 —
- Essence de géranium rosat. X gouttes
- Alcool à 90°....................... 50 gr
- Solution de fuchsine sulfo-
- née au 1/100...................... V gouttes
- Solution d’éosinate de potasse au 1/100...................... X —
- 4° Fixatif pour les cheveux.
- Prendre :
- Gomme adragante pulvérisée . . 50 gr
- Borax en poudre................. 5 —
- Eau distillée de roses.......... 1.000 cm3
- Parfum au choix................. 2 à 5 cm3
- Dissoudre la gomme et le borax dans l’eau de roses en chauffant légèrement au bain-marie, ce qui donne un mélange épais, passer sur une mousseline et ajouter le parfum, puis 1 ou 2 gr de formol pour assurer la conservation.
- École municipale franco-chinoise, à Tientsin. —
- 1° L’appareil dont vous parlez est le horoscope ou Sturm-glass de Malacredi qui a été patronné autrefois par l’amiral Fitz-Roy. I1 se compose simplement d’un gros tube de verre fermé à sa partie inférieure et dont la partie supérieure est recouverte par un morceau de parchemin.
- A l’intérieur du tube, on introduit le mélange suivant :
- Alcool à 80°........................... 80 gr
- Sel ammoniac............................ 6 —
- Xitrate de potasse...................... 6 —
- Camphre................................. 6 —
- Eau distillée......................... 200 —
- Suivant les conditions atmosphériques, il se produirait clans la solution des cristallisations de formes diverses correspondant à la prévision du beau ou du mauvais temps, au vent, à la tempête, etc. En réalité, seules les variations de température sont opérantes en modifiant les conditions de solubilité. Aucun pronostic sérieux ne peut être basé sur l’emploi de l’instrument.
- 2° Le produit employé pour absorber les mauvaises odeurs est simplement le trioxyméthylène (CH20)3 ou formol poly-mérisé.
- 3° Seuls des sondages pourront renseigner sur l’endroit où votre canalisation souterraine se trouve détériorée.
- 4° Les empreintes digitales sur les objets sont celles laissées par les matières grasses exsudées par la peau ; pour les faire apparaître, il suffit de projeter à la surface de ces objets une poudre colorée très fine, par exemple minium impalpable, qui se fixe en ces endroits, l’application d’une feuille de papier
- blanc permet ensuite de relever la configuration desdites empreintes.
- 5° Le sel réfrigérant généralement employé est le nitrate d’ammoniaque, qui arrosé de son poids d’eau produit un abaissement de température de 25° à 26° G.
- M. G-. Didier, à Arbrefontaine. — S’il s’agit simplement d’assurer la conservation de la sève de bouleau, vous y réussirez facilement en y ajoutant un peu de formol du commerce à la dose d’environ 5 cm3 par litre dont l’action antiseptique s’ajoutera aux effets bienfaisants escomptés.
- M. Leung Luen Quen, à Haïphong. — 1° Vous trouverez dans le n° 567, mars 1939, page 69, de la Revue de Chimie industrielle un article très complet sur les méthodes industrielles actuellement appliquées pour obtenir le glycol en partant des carbures éthyléniques.
- 2° La préparation de l’acide stéarique en partant des corps gras est exposée dans tous les traités de chimie (fabrication des bougies stéariques), c’est dire avec quelle facilité vous le trouverez déjà très pur dans le commerce.
- 3° Le réactif de Tioitchell employé pour l’hydrolyse des graisses (br. ail. n° 114.491 du 6 mars 1898) est un mélange d’oléine sulfonée et de naphtaline, vous trouverez la formule de préparation de ce réactif dans le brevet français n° 610.282 du 17 mai 1926 de Petroff.
- 4° Le sirop de citrons se prépare en prenant :
- Sucre blanc........................... 88 kgr
- Eau ordinaire......................... 45 1
- Zestes de citrons..................... n° 40
- Zester les citrons et ajouter ceux-ci au sirop bouillant, agiter rapidement, couvrir aussitôt le récipient au moyen de son couvercle. Tirer le sirop de citrons après refroidissement.
- M. A. Boussin, à Orléans. — En première approximation (et en faisant abstraction de toute variation intrinsèque du rayonnement solaire) on peut considérer que le jour de l’année pendant lequel la Terre reçoit le maximum de chaleur du Soleil coïncide avec son passage au périhélie. Inversement, c’est à l’époque de son passage à l’aphélie qu’elle en reçoit le moins.
- Pour l’année 1938, ces passages ont eu lieu comme suit :
- Périhélie, le 3 janvier à 8h. Distance = 146.993.000 km.
- Aphélie, le 3 juillet, à 4h. Distance = 151.996.000 km.
- Ces renseignements figurent dans les annuaires astronomique tels que l'Annuaire astronomique Flammarion et l’Annuaire du Bureau des Longitudes. D’autre part, le « Bulletin astronomique » que nous publions chaque mois vous renseigne approximativement à ce sujet. En effet, il donne le diamètre du Soleil environ de 10 en 10 jours ; or, ce diamètre est maximum au périhélie, en janvier ; il est minimum à l’aphélie, en juillet.
- M. Binot, à Bruxelles. — Les vêtements huilés de pêcheurs se préparent en appliquant sur la toile, généralement de coton, de l’huile de lin vraie, type huile de Bombay au moyen d’un tampon de flanelle très peu imbibé. Le tissu est ensuite pendu dans un lieu frais bien ventilé ce qui est indispensable, l’huile séchant par oxydation à l’air (transformation de l’acide linoléique en acide linolénique).
- On attend au moins une quinzaine de jours pour que cette oxydation soit complète, puis on répète l’opération à deux ou trois reprises en procédant de la même façon.
- Le résultat pourrait être obtenu plus rapidement en se servant d’huile de lin siccativée, mais les tissus auraient une tendance à coller.
- M. G. T., Pleterje. — Les poêles en céramique ont l’avantage d’être des accumulateurs incomparables de chaleur qui restituent très lentement la chaleur emmagasinée. Les poêles en fonte, par contre, ont un rayonnement de chaleur plus direct et plus immédiat, mais qui cesse rapidement lorsque le foyer est éteint.
- Dans les pays froids, à rendement égal, l’avantage revient donc aux premiers.
- imprimé par barnéoud frères et cie a laval (france) . — 1-6-1939 — Published in France.
- Le Gérant : G. MASSON.
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- N° 3051
- LA NATURE
- 15 Juin 1939
- LE BUFFLE SAUVAGE D'AFRIQUE ÉQUATORIALE
- Du point de vue de la Zoologie que je qualifierai d’abstraite, il y a « une question du Buffle d’Afrique ».
- Les Buffles sauvages du Continent Noir constituent un groupe important de la famille des bovidés dont la variété s’étend du Buffle nain, Syncerus nanus nanus, que j’ai connu très intimement au Gabon, au gigantesque Buffle cafre, Syncerus caffer caffer, que je ne connais que par ouï-dire. Le premier ne dépasse pas i m io à l’épaule pour un poids qui atteint difficilement 3oo kgr. Le second, d’après les mensurations d’observateurs dont la compétence et la bonne foi sont au-dessus de tout soupçon, atteindrait i m go au garrot pour un poids qui dépasserait aisément i tonne. Le pygmée serait cantonné au Gabon, au Cameroun et à certaines régions de l’Oubangui Chari, alors que le second serait spécial à l’Est africain.
- Entre ces deux types extrêmes s’échelonne une diversité passablemeïît confuse de types intermédiaires. Combien faut-il compter dans cette confusion de races proprement dites ? Combien chacune de ces l’aces comporte-t-elle d e variétés ? Descendent-elles toutes d’un ancêtre commun ou sont-elles d’origines diverses ? Peut-on établir le « standard » de ces types divers et que valent les « standards » que l’on s’est efforcé d’établir ? Autant de questions dont l’ensemble complexe constitue « le problème zoologique des buffles sauvages d’Afrique ».
- Posée dans le cadre restreint du seul Gabon, la question moins touffue n’est pas plus facile à résoudre. L’espèce buffle y serait représentée, nous dit-on, par trois races : Syncerus nanus nanus, Syncerus nanus sylvestris, Syncerus nanus savannensis. Nulle part dans ce pays on n’observe de buffle domestique ou domestiqué.
- Presque partout, il est difficile (j’allais dire impossible) d’identifier un buffle de façon absolument catégorique. Plus ou moins près de l’une des races extrê-
- mes Cela on peut toujours le dire. Buffle cafre ou Buffle nain ? Oui assurément. Nanus nanus, nanus sylvestris ou nanus savannensis ? On peut, sincèrement et sans parti pris, discuter à perte de vue devant n’importe quel buffle, représentant toujours plus ou moins individualisé de l’une ou l’autre de ces races, plus exactement, de ces variétés.
- Il n’y a pas en terre sauvage de sélectionneur chargé do veiller sur la pureté des races ! Dans une région où cohabitent des variétés de buffle très peu différentes les unes des autres, rien ni personne n’empêche les individus des différents troupeaux de se mélanger les
- uns aux autres et de créer au hasard des accouplements d’innombrables variétés issues de croisements dont rien ne règle la fantaisie. El si des races aux caractères nettement définis ont existé à l’origine, ce qui d’ailleurs n’est nullement démontré, ces caractères originels, déformés, abâtardis, et qui plus est, soudés les uns aux autres par l’infinie variété des métissages, ont depuis longtemps cessé d’être définissables de façon précise. Seules, à mon avis, peuvent être approximativement définies, les limites extrêmes entre lesquelles varient les caractères généraux de l’espèce dans une région déterminée.
- La silhouette du buffle gabonais est très caractéristique. Sa hauteur à l’épaule ne dépasse pas i m 4o et reste souvent beaucoup moindre, s’abaissant chez cerlains sujets à i m io, voire à i m o5.
- Ses cornes plates, 1res larges à la base et fortement guillochées, forment d’épais bandeaux qui coiffent lourdement son front bas ; elles se développent dans le prolongement direct de sa face. Les pointes lisses sont aiguës chez les jeunes bêtes, émoussées et arrondies chez les vieux sujets.
- La forme de cette armure, essentiellement variable, se ramène plus ou moins à deux types. Tantôt elle dessine un double croissant dont les pointes convergentes arrivent paxdois chez les vieux animaux et
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- spécialement chez les vaches hors d’âge à se croiser. Tantôt elles s’ouvrent largement, les pointes divergentes et plus ou moins relevées, presqu’aussi dangereuses lorsque la bête attaque, que les cornes des taureaux de combat d’Europe. De même que la taille des buffles varie d’un individu à l’autre dans les limites déjà indiquées, le développement et la forme de leurs coi'ncs varient à l'infini de l’un à l’autre de ces deux types caractéristiques.
- Leur robe qui va du roux au noir pur en passant par toutes les teintes de l’alezan se pare chez tous les sujets qui ne sont pas franchement noirs de hautes balzanes plus sombres qui les bottent de fort seyante façon.
- Trapus, massifs, les buffles semblent ramassés sur eux-mêmes et leur démarche est franchement lourde. Sous le galop d’un troupeau groupé, la terre tremble comme sous la charge d’un escadron de cuirassiers.
- Leur course est néanmoins singulièrement plus rapide quelle ne le paraît.
- La disposition favorable d’une plaine coupée par un large fossé m’a permis un jour de chronométrer avec exactitude la vitesse d’une troupe de buffles, qu’un
- Fig. 2. — Jeune de Synccvus nantis savanensis
- (photo Le Charles).
- coup de carabine tiré à cet effet avait mis en fuite. Ils coururent 21 secondes du passage du marigot à leur rentrée sous bois ; la distance mesurée sur leurs propres traces accusa 325 m. Us couvraient donc les 100 m en un peu moins de 7 secondes et rien ne permet d’affirmer que ce temps constitue un record.
- Le galop des buffles est très particulier. Comme d’ailleurs toutes leurs actions violentes, il paraît dépourvu de souplesse et d’une raideur puissante et brutale. Ils galopent en portant la tête horizontalement, allongée et tendue en avant, les cornes entièrement couchées sur l’encolure.
- Leurs attitudes au repos n’appartiennent qu'à eux seuls. Le taureau d’Europe tranquille a l’air paisible ; provoqué, il regarde devant lui, le chanfrein presque vertical, et charge la tête basse. Le buffle, lui, a toujours l’air hostile ; à la moindre alerte il regarde devant lui, le chanfrein presque horizontal, les naseaux pointés en l’air, affirmant cette réalité que l’expérience confirme qu’il se fie plutôt à son merveilleux odorat qu’à sa vue d’un acuité médiocre. Il charge sans modifier celte altitude jusqu’au moment où près d’entrer en contact avec l’ennemi, il baisse brusquement la tête pour la lancer à toute volée, de bas en haut et toujours un peu obliquement.
- Chez le buffle comme chez l’homme de la forêt, la perfection des sens s’augmente d’une adaptation parfaite au milieu où il vit habituellement. Sur les grèves maritimes où il s’aventure volontiers dans toute la région du Bas-Ogooué, à la recherche des dépôts salins dont il est très friand, il se sent dépaysé et se montre constamment inquiet et particulièrement farouche. Les Noirs disent qu’il boit l’écume des vagues et que cela le rend méchant, explication naïve d’un fait imparfaitement observé mais qui dans l’ensemble contient une grande part de vérité. Bien souvent d’ailleurs, en semblables matières, les choses que
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- disent les Noirs, pour baroques qu’elles puissent paraître, méritent mieux que le mépris hautain que leur témoignent l’ignorance totale et la vanité injustifiée des Européens.
- L’observation confirme en tous points ce que leurs attitudes familières révèlent de la valeur relative des sens des buffles : subtilité de l’odorat, finesse de l’ouïe, faiblesse caractérisée de la vue. Le port élevé des naseaux qui constamment scrutent les moindres souffles de la brise, annoce l’extrême perfection de l’odorat, que l’impossibilité absolue d’aborder un buffle sous le vent confirme de façon catégorique. Le mouvement incessant de leurs larges oreilles aux contours arrondis et bordées de longs poils, qu’ils déploient en éventail au moindre bruit suspect, démontre de manière indiscutable la perfection de l’ouïe. Mais la position même de leur tête en cas d’alerte, essentiellement défavorable à une vision nette, semble bien indiquer qu’ils voient mal et que leurs gros yeux noirs sont des yeux de myopes.
- Même à très courte distance, un buffle ne voit pas un chasseur sommairement dissimulé ou même simplement immobile, alors que le moindre bruit éveüle son attention et provoque une réaction immédiate. J’ai vu à maintes reprises des animaux blessés de loin, puis, en dépit de la pauvreté des abris d’un terrain presque dénudé, approchés de près par un chasseur décidé à en finir, se retourner brutalement et char-
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- ger sans hésiter au seul bruit de la manœuvre inopportune d’une culasse de carabine.
- Il y a peut-être dans le bassin du Bas-Ogooué trois ou quatre variétés de buffles : il y a certainement dans cette région un type général de buffle, quelque chose comme un buffle moyen. Ce buffle, c’est le « Nyaré » des Noirs.
- Dans les immenses espaces que couvre la forêt d’Afrique Equatoriale, cette forêt vierge dont la destruction par l’industrie humaine est fort heureusement loint d’êti'e un fait accompli, de vastes régions demeurent, à peu près inexplorées, où les grands animaux sauvages vivent encore dans une sécurité relative. Les Blancs et leurs tenables armes perfectionnées, font dans ces régions des incursions relativement rares, car les satisfactions que réserve la chasse y sont rarement proportionnées aux difficultés qu’elle présente. De ce fait, la grande faune des solitudes forestières jouit d’une paix relative.
- Les buffles sont exclus de ce privilège. Hôtes de la brousse et non de la grande forêt, ils affectionnent l'impénétrable maquis de ses taillis épineux, ses clairières ensoleillées, ses plaines médiocres aux pei’spec-tives courtes, aux horizons boi’nés. Ils vivent là en petites troupes de 5 à i5 individus ; les vieilles tribus qui comptent 20 à a5 têtes sont beaucoup plus rares et finissent généralement par se fractionner.
- A deux heures de marche au delà des lisières de la
- Fig. 4. — Troupeau de buffles dans la savane, photographié d’un avion (photo N. Y. T.).
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- grande sylve, on ne trouve plus ni buffles ni traces de buffles. Il arrive cependant, bien au delà de ces limites. de déboucher inopinément sur une piste défoncée par une abondance inattendue d’empreintes. Il s’agit simplement du passage accidentel et sans lendemain d'un troupeau en transhumance. Sur une piste de forêt, une empreinte de buffle signifie presqu’immanqua-blement la proximité d’éclaircies importantes ou tout au moins le voisinage de régions partiellement déboisées pour les besoins de la culture indigène.
- Tel n’est pas l’avis d’observateurs dont l’opinion est loin d’être négligeable et qui voient dans le buffle nain, Syncems nantis nantis, une race fortement individualisée, dont les derniers représentants subsisteraient notamment dans la grande forêt primaire du Cameroun. Je ne connais pas le Cameroun... Mais je puis affirmer, sans présomption, que l’on chercherait vainement un buffle dans l’immense forêt vierge à peu près intacte qui couvre au sud de l’Ogooué la presque totalité du territoire gabonais.
- Si l’on trouve tout le long de ses lisières des buffles qui se distinguent de leurs congénères par leur petite taille, ils ne m’ont jamais paru posséder les caractères physiques non plus que les moeurs d’une race plus spécialement individualisée et exclusivement forestière.
- Le buffle d’Afrique Equatoriale est beau ! Il est beau par la puissance de son corps trapu, bâti en force. Il est beau par son expression hautaine, farouche, par la superbe de celte lourde tête qu’il porte fièrement, le muffle haut, les naseaux dilatés aux émanations de la brise. Il est beau dans l’affolement de la pariade, quand les taureaux front contre front, agenouillés dans la poussière, la face maculée de bave et de sang,
- se livrent de terribles combats. Il est beau par la vaillance des mâles gardiens des troupeaux, par l’héroïsme des vaches qui se font tuer sur place plutôt que d’abandonner leurs veaux. Et quand l’épaule trouée d’une balle qui ne l’a pas abattu sur place, un buffle charge dans la détente foudroyante de son ultime révolte, pendant ce cinquième de seconde où le cœur d’un chasseur cesse de battre tandis qu’à son oreille, la grande forêt impassible murmure : « Lui ! ... lui... ou toi ! » un buffle n’est pas beau, il est splendide !
- Comme tous les représentants de la grande faune africaine, les buffles sont destinés à disparaîlre de toutes les contrées où une législation opportune et sévèrement appliquée ne les protège pas. C’est en vain que les colons européens cherchent à faire croire que cette disparition a pour cause principale l’autorisation accordée à certains Noirs de posséder une arme à feu. Les indigènes du Gabon bénéficient exceptionnellement du droit d’acheter des fusils à pierre, bien plus dangereux pour le chasseur que pour le gibier, et toutes les demandes d’achats de poudre leur sont impitoyablement refusées. Par contre, la surveillance exercée sur les exploits des chasseurs européens ou prétendus tels est assez lâche pour que l’un d’eux ait pu en 1929 me faire voir dans sa case, une mitrailleuse de cavalerie allemande dont il attendait le meilleur résultat pour ses futures chasses au gros gibier.
- Georges Trial
- Les photographies illustrant cet article sont extraites de l’ouvrage de M. Georges Trial, Nyaré, buffle sauvage. Collection « Scènes de la vie des bêtes ». Albin Michel, Paris, 1939. Nous remercions la librairie Albin Michel de nous avoir donné l’autorisation de les reproduire.
- = SAUVETAGE D'UN ÉQUIPAGE DE SOUS-MARIN =
- La navigation sous-marine est soumise à un danger spécial qui est de ne pouvoir remonter en surface, une fois le navire en plongée ou sur le fond. Une avarie des machines, des pompes ou des water-ballasts peut empêcher d’alléger le sous-marin et de lui rendre sa flottabilité. Ce redoutable accident, fréquent au début, est heureusement devenu fort rare. Cependant, les journaux ont signalé, le 23 mai dernier, la perte du sous-marin américain cc Squalus », de i.45ô t, coulé au large de Portsmouth (New Hampshire), par 73 m de fond, sans pouvoir vider un compartiment envahi par l’eau et remonter par ses propres moyens.
- Quand les sous-marins étaient encore de petites tailles, la technique de secours consistait à passer des chaînes sous la coque ou même à les attacher à des anneaux préparés sur celle-ci, puis à les tendre sur des navires de secours, des pontons, des cales flottantes qu’on délestait ensuite de façon à soulager le bâtiment échoué, à le soulever et à l’amener progressivement sur des fonds de plus en plus faibles. En recommençant plusieurs fois l’opération, et à condition qu’elle se poursuivît normalement jusqu’au bout, on finissait par échouer le sous-marin près de la côte, sous une faible couche d’eau d’où l’équipage pouvait enfin sortir.
- Les dimensions et le tonnage des sous-marins actuels
- ont rendu impossible une telle manoeuvre et l’on a dû se borner à essayer de sauver les hommes et non le bateau. La difficulté réside alors dans la décompression rapide pendant la remontée et les accidents graves qu’elle provoque, notamment par embolies gazeuses..
- La marine anglaise a étudié et mis au point un moyen de secours individuel, l’appareil Davies, composé d’une bouteille d’air ou d’oxygène, d’un sac formant réservoir de gaz respirable et d’un masque ou d’un embout buccal complété par une pince nasale. Mais l’homme ainsi équipé doit remonter très lentement, en s’arrêtant à divers niveaux pour se mettre chaque fois en équilibre de pression. On a prévu une bouée détachée du sous-marin coulé et montant en surface en déroulant un câble le long duquel chaque homme remonte à son tour. De place en place, des nœuds ou des marques lui indiquent de s’arrêter un temps assez long fixé, d’avance. S’il observe la règle, il arrive en surface sans accident, mais s’il la transgresse et' se hâte, l’embolie le terrassera.
- On a aussi prévu des chambres de recompression à bord de bateaux sauveteurs. L’homme en danger de mort y est introduit, les portes et hublots sont fermés, et on rétablit rapidement la surpression suffisante pour redissoudre les
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- chapelets de bulles gazeuses qui ont interrompu la circulation sanguine; quand l’embolie disparaît, on décomprime lentement et prudemment. Mais pour un équipage de 60 ou de ioo hommes, il faudrait disposer simultanément d’un grand nombre d’appareils.
- On a également pensé à construire les sous-marins avec des parties larguables dans lesquelles les marins se réfugieraient. Mais les cloches détachables devraient être multiples, puisque l’équipage est généralement réparti en trois groupes au moins, l’un au centre, les deux autres à l’avant et à l’arrière, et il faut que le sous-marin se pose sur le fond sans se coucher pour que la manœuvre soit possible.
- Dans les travaux publics en atmosphère comprimée (construction des piles de ponts, des jetées, etc. ; mines au-dessous du niveau de la mer; tunnels, galeries, égouts sous des fleuves), on emploie en cas d’accident une cloche à plongeur qu’on descend au-dessus de là galerie en détresse. Les hommes sortent de cette dernière par la manœuvre d’un sas à deux portes, se trouvent dans l’eau à peu près ii la même pression qu’on avait établie sur le chantier, et entrent dans la cloche où ils retrouvent une atmosphère respirable. La cloche est alors très lentement remontée en surface, de façon à décomprimer progressivement ses habitants, pour que l’excès des gaz dissous dans leur sang se dégage sans former de bulles dans les vaisseaux sanguins. Cette technique a fait ses preuves pour les sauvetages à quelques mètres au-dessous de la surface de l’eau, mais elle devient de plus en plus délicate quand la profondeur augmente. A 70 m, par exemple — où le « Squalus » gisait, la pression atteint 8 at'm et la remontée progressive devrait durer plusieurs heures.
- La marine américaine vient de faire la preuve d’un autre moyen de sauvetage collectif plus rapide dont la réussite est un précieux enseignement.
- Les sous-marins présentent généralement trois sas de sortie dont un dans le capot central où se trouve le poste de
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- commandement. L’intérieur du sous-marin est a la pression atmosphérique, quelle que soit la profondeur de plongée.
- Le navire de sauvetage spécialisé cc Falcon » est pourvu d’une cloche assez grande pour contenir 9 hommes. Cette cloche est close par un fond muni d’un sas et elle est assez épaisse pour résister à la pression de l’eau. Elle peut être immergée du bord au moyen de palans et descendre le long de câbles guides jusque sur le fond. Son atmosphère intérieure, close, reste à la pression atmosphérique, sans compression.
- L’emplacement du « Squalus » étant connu, le « Falcon » est venu mouiller juste au-dessus. Ses scaphandriers de grande profondeur ont été reconnaître la position et la gite (qui aurait été de 3o°), puis la cloche de sauvetage a été descendue juste au-dessus du kiosque du sous-marin; les scaphandriers l’ont amarrée sur un collier prévu dans la construction; ils l’ont fixée et serrée par des écrous sur un épais anneau de caoutchouc pour assurer l’étanchéité. Par la manœuvre des sas, les hommes ont pu alors sortir un par un du navire coulé et se réunir dans la cloche, sans avoir subi à aucun moment de surpression. La remontée put donc avoir lieu rapidement, à la vitesse des treuils, sans précautions spéciales.
- Le (( Falcon » a ainsi réussi à sortir du « Squalus », 7, puis 8, puis 9, puis encore 9 hommes qui se sont retrouvés en surface sains et saufs, sans que les quatre manœuvres successives aient présenté d’autres difficultés qu’un emmêlement des câbles à la dernière remontée. Les 26 hommes manquants se trouvaient dans la partie arrière ; ils ont été noyés dès l’arrivée ai fond, par une voie d’eau qui obligea de fermer brusquement la porte étanche faisant communiquer ce compartiment avec la partie centrale.
- Ce très remarquable sauvetage collectif de 33 hommes — tout l’équipage encore vivant — par 73 m de fond, est un exemple et une leçon qui profiteront à toutes les marines du monde. A. B.
- LA CHIMIE DES GROSSES MOLÉCULES
- Dans la chimie organique, un chapitre tout nouveau est en train de se constituer, celui des grosses molécules, dont l’importance est considérable, puisque, parmi les corps à grosses molécules se classent' la cellulose, le coton, la laine, la soie, le caoutchouc, les résines, les protéines et les substances constitutives de la cellule vivante.
- Tandis que parmi les centaines de milliers de corps de la chimie organique bien peu ont un poids moléculaire dépassant plusieurs centaines, c’est par dizaines et même centaines de mille que s’évaluent les poids moléculaires de ces substances. Si on se rappelle que pour la quinine, dont le poids moléculaire est de 324 et qui contient modestement 48 atomes de carbone, il a fallu plus de 10 années de recherches pour arriver à la formule exacte de constitution, on se rend compte de l’immensité de la tâche à laquelle s’attellent les chercheurs modernes.
- Ce qui complique encore le problème, c’est que les outils de travail de la chimie classique sont ici inopérants. Les matières à étudier en général ne cristallisent pas et ne distillent pas, ce qui élimine les deux meilleurs moyens de purification. Leur solubilité est très limitée et même lorsqu’un solvant’ approprié existe, les méthodes classiques de détermination des poids moléculaires, par cryoscopie ou ébullioscopie, donnent des résultats sans grande signification
- par suite de l’énormité des valeurs numériques. C’est par l’emploi de nouvelles méthodes qu’il a fallu mettre au point : précipitation fractionnée, dialyse, ultra-centrifugation, viscosimétrie que l’on a pu progresser dans la connaissance de la structure de ces corps.
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- Du côté théorique, la situation est plus satisfaisante puisque la structure initiale de base de ces produits est en général connue. Les grosses molécules peuvent en effet se classer en 2 groupes généraux : produits de polymérisation et produits de condensation.
- Les produits de polymérisation sont obtenus par la réaction de x unités moléculaires chimiques identiques ou de même genre, de poids moléculaire peu élevé, pour donner finalement un agrégat moléculaire x fois plus grand . que l’unité chimique originale. Le caoutchouc par exemple est un polymère de l’hydrocarbone non saturé appelé iso-prène, de formule C5II8. Il n’est constitué de rien d’autre, mais son poids moléculaire indique que plusieurs centaines de molécules d’isoprène se sont agglomérées pour former une molécule de caoutchouc, ce que l’on exprime par la formule (C5H8)n.
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- L’opération inverse est d’ailleurs souvent possible : le caoutchouc chauffé dans certaines conditions redonne l’iso-prène. La cellulose peut de même être dépolymérisée par l’action des acides minéraux et donne le glucose, mais par contre jamais jusqu’à présent, on n’a pu, partant du glucose, obtenir de la cellulose.
- Les produits de condensation peuvent être considérés comme résultant de la réaction indéfinie de deux produits organiques de poids moléculaire peu élevé. La réaction est telle que le corps produ:t est de nouveau capable de réagir avec les produits initiaux et cela un nombre de fois extrêmement' grand. On rencontre de nombreux exemples dans la nature. La gomme laque, exsudation d’un insecte des Indes, est le produit de condensation d’acides organiques complexes et d’alcools supérieurs. On pense que toutes les protéines appartiennent à cette classe et résultent de la condensation des radicaux des amino-acides.
- Grâce à ces notions, il est possible de comprendre pourquoi on peut passer de molécules ordinaires à de très grosses molécules sans trouver trace de produits intermédiaires, ce qui à première vue apparaît mystérieux au chimiste classique, et aussi pourquoi les substances à grosses molécules ne présentent pas en général les propriétés des corps purs, comme la structure cristalline. En effet les groupes de molécules réagissants peuvent ne pas tous s’arrêter à la même valeur de n et le produit final sera constitué par un mélange de molécules semblables, mais non identiques comme dans le cas d’une substance chimique pure.
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- Par suite des grandes dimensions des grosses molécules, l’arrangement dans l’espace des groupes élémentaires les constituant' présente un intérêt particulier. Il y a deux arrangements principaux.
- Dans l’un, les groupes élémentaires se disposent les uns à la suite des autres, en une longue chaîne, comme une chaîne d’arpenteur, dont les divers maillons sont retenus entre eux seulement par les forces physiques d’attraction. Quand on chauffe, ces forces sont diminuées, ce qui permet à la substance de se ramollir. On dit' que de tels corps sont thermoplastiques.
- Dans l’autre mode d’assemblage, qui donne un agrégat plus ou moins sphérique, les groupes élémentaires sont retenus par les forces chimiques qui s’exercent dans tous les plans et donnent un produit final ayant une structure enchevêtrée. Ces substances diffèrent des précédentes en ce qu’elles ne sont pas thermoplast'iques, et qu’elles résistent à la chaleur presque jusqu’à leur point de décomposition.
- Par exemple, le caoutchouc est une résine thermoplastique, se ramollissant quand la température s’élève, durcissant et devenant' brisante à basse température. Mais si on fait réagir le caoutchouc avec le soufre qui établit des liens entre les divers éléments des molécules à longue chaîne, on obtient' un nouveau produit dont la configuration moléculaire est du second type et qui est beaucoup moins sensible à l’action de la température.
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- La branche d’industrie qui s’est considérablement développée au fur et à mesure que progressaient nos connaissances, encore bien rudimentaires cependant, sur les grosses molécules est celle des matières plastiques.
- On appelle matière plastique, une substance qui peut être amenée, par chauffage généralement, à un état de malléa-bililé suffisant pour pouvoir prendre et conserver une forme qu’on lui impose par pression mécanique, et qu’il est possible de durcir ensuite, soit par refroidissement, soit par réaction chimique dans sa masse, de façon qu’elle garde d’une façon permanente la forme qu’on lui a donnée.
- C’est la définition classique de l’argile, du verre et de beaucoup d’autres substances, mais la nouveauté a consisté à s’adresser à des produits chimiques synthétiques qui justement déconcertaient les chimistes dont l’idéal était de fabriquer des matières cristallines, pures, chimiquement' bien définies. Quand une réaction aboutissait à un produit résineux ou poisseux, les chimistes abandonnaient son étude.
- Cependant, entre 1870, époque à laquelle Ilyatt travailla sur le celluloïd, et le début du siècle, où Backeland étudia les résines résultant' de la réaction du phénol sur la formaldéhyde, l’idée peu à peu se précisa que ces substances non orthodoxes pouvaient présenter des applications pratiques intéressantes.
- Mais ces corps existant dans la nature devaient d’abord être modifiés pour être rendus utilisables, ainsi que l’avaient fait par exemple Goodyear en 1839 en découvrant' la vulcanisation du caoutchouc (qui poussée à froid donne l’ébonite), et Hyatt en i865 en traitant la nitrocellulose par le camphre pour former le produit connu commercialement sous le nom de celluloïd. Plus récemment, au début du xxe siècle, on découvrit qu’en traitant la caséine du lait par la formaldéhyde on obtenait une matière plastique particulièrement intéressante par sa couleur et son incombustibilité.
- En ce qui concerne les matières plastiques purement synthétiques, créées de toutes pièces par les chimistes, les travaux de Backeland déjà signalés plus haut sont les premiers à retenir. Le produit, la bakélite, est obtenu par une réaction de condensation : la formaldéhyde réagit sur le phénol avec élimination d’une molécule d’eau eQle produit formé continue à réagir, toujours avec élimination d’eau jusqu’à donner une masse formée de grosses molécules à liaisons internes. On peut arrêter la réaction à un stade quelconque de façon à préparer un corps ayant' les propriétés désirées de résistance à l’action de la chaleur et à celle des acides, tout en se ramollissant encore sous l’influence de la chaleur. Ce corps est alors réduit en poudre qui, comprimée dans des moules chauffés, devient d’abord visqueuse puis durcit, la réaction de condensation se continuant'. Le produit finalement obtenu est alors insensible à l’action de la chaleur.
- En remplaçant le phénol par l’urée, on obtient également des résines qui se comportent comme les bakélites, dont la couleur est moins foncée que celle des bakélites mais qui ont l’inconvénient' de se modifier au cours du temps, la réaction de condensation se poursuivant lentement.
- Lorsque l’on traite la cellulose par l’anhydride acétique, on agit sur les radicaux alcooliques libres et on bénéficie du fait que la molécule de cellulose est déjà une grosse molécule fabriquée par la nature. Le produit résultant est l’acétate de cellulose qui est plastique.
- Un autre type de résine de condensation a été récemment créé sous la forme chimique d’un ester d’alcool polyvalent traité par un acide polybasique donnant une molécule de grandes dimensions avec liaisons internes. En pratique on a surtout utilisé l’acide phtalique et' la glycérine. La résine obtenue, trop cassante pour les applications, est mélangée avec des acides_ non saturés d’origine végétale et peut alors servir comme laque ou revêtement superficiel, pour les automobiles en particulier.
- Les résines vinyliques constituent un groupe important
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- et tout nouveau de produits susceptibles de nombreux usages. Tout composé organique qui contient une liaison non saturée ou un groupe oléfine peut être considéré comme un composé vinylique. Un grand nombre de ces corps se poly-mérisent facilement sans que l’on connaisse bien encore le mécanisme de la réaction. Parmi les principales des résines vinyliques, citons les polymères du chloi’ure de vinyle, de l’acétate de vinyle, du méthylacrylate, du méthylmétacrylate, du styrol, etc....
- Enfin rappelons que par polymérisation du butadiène les Allemands ont réussi à obtenir une résine remplaçant avantageusement le caoutchouc naturel, présentant même sur lui des avantages au point de vue de la résistance à l’huile, à l’essence et aux agents oxydants.
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- Les quelques exemples que nous venons de donner montrent que les chimistes sont déjà en possession de nombreux résultats expérimentaux. Mais est-il possible d’en déduire dès maintenant des règles générales permetttant d’orienter les nouvelles recherches entreprises en vue de l’obtention d’un composé répondant à un programme défini d’avance 3 En un mot peut-on déjà disposer d’un « fil conducteur » comme ceux qui existent en chimie organique classique où l’on sait par exemple que la présence d’un groupement OH, NH2 ou S03H dans la molécule lui conférera la solubilité dans l’eau, que la présence d’autres groupements lui donnera les propi'iétés d’un narcotique, d’une teinture ou d’un explosif ? C’est cette question extrêmement intéressante que le professeur Mark a étudiée dans un récent mémoire paru dans Nature de Londres.
- Évidemment les relations que l’on peut énoncer entre la structure moléculaire et les propriétés ne peuvent encore avoir qu’un caractère préliminaire, mais néanmoins elles constituent déjà un guide extrêmement utile.
- Mark distingue tout d’abord un certain nombre de facteurs qui influent nettement sur le produit final de la polymérisation ou de la condensation. Ce sont :
- a) La nature chimique du produit de base qui peut' appartenir à la série aliphatique ou aromatique, être un hydrocarbure, un ester, un chlorure ou une cétone, contenir une ou plusieurs doubles liaisons, etc. Dans le tableau suivant nous donnons quelques exemples :
- Nature chimique
- Formule
- Hydrocarbure
- Ester
- Chlorure
- Cétone
- Alcool
- Éthylène C2ITl Butylène C4H®
- Butadiène C4H®
- Acétylène C2H2 Styrol CMFCHCII2 Isoprène CSH8 Acétate de vinyle C4H602 Ester acrylique C4H702 Chlorure de vinyle C2H3C1 Dichloréthylènc C2IT2C12 Cétone méthylvmylique G4HeO Alcool vinylique C2H40
- b) La longueur (moyenne) de la chaîne qui' dépend du traitement qu’a subi le corps de base, à basse ou à haute température, en présence ou non d’un catalyseur. Voici
- ... :................ =..................... 383 =
- quelques indications sur les nombres de molécules de base agglomérées dans la chaîne :
- Caoutchouc naturel .... 5oo à 1.000
- Styrène polymérisé .... 5o à 5.ooo
- suivant le traitement
- c) La flexibilité interne de la chaîne. — D’après les théories moléculaires, une très longue chaîne hydrocarbonée doit avoir une certaine mobilité interne due à la rotation des molécules autour des liaisons de valence principales. Cette mobilité peut être réduite par suite de substitutions dans la chaîne, de douhles liaisons, etc....
- Le tableau suivant donne quelques exemples de cette propriété :
- Matière
- Cellulose
- Ester cellulosique Polystyrène Ester acrylique Polyisoprène Polybutadiène Polybutylène
- F.exibilité continue
- Très faible )>
- Assez faible Moyenne Grande Très grande »
- d) Enfin ce que nous appellerons l’indice de potentiel de réaction latérale ou plus simplement, l'indice latéral. Voici ce qu’il faut entendre par là. Si la molécule de base renferme plus d’une double liaison, il est possible que lors de la polymérisation ou de la condensation, les molécules de base, au lieu de se disposer simplement en chaînes, se soudent également' par leurs liaisons latérales, donnant ainsi une résine dont l’édifice moléculaire est extrêmement résistant, par exemple à l’action de la chaleur, du choc, de l’abrasion; elle a une densité plus grande mais des propriétés plastiques moindres. L’indice latéral qui caractérise ces corps sera le nombre de liaisons latérales pour cent liaisons axiales. Par exemple, un indice de 3 signifie que dans la substance considérée on a en moyenne 3 liaisons perpendiculaires à la chaîne pour ioo liaisons parallèles à cette chaîne. Le tableau suivant donne l’ordre de grandeur de cet indice pour quelques substances.
- Substance
- Indice latéral
- Caoutchouc naturel
- Cellulose naturelle
- Polybutylène
- Polystyrène
- Chlorure de polyvinyl
- Caoutchouc mou
- Polybutadiène
- Caoutchouc dur
- Buna
- Bakélite
- Pratiquement nul »
- Très faible, 3 à 5 »
- »
- Moyen 5 à io )>
- Grand ïo à 20 )>
- Très grand, 5o
- Ayant' défini 4 facteurs qui peuvent servir à caractériser une substance fortement polymérisée, Mark cherche à relier ces facteurs aux propriétés techniques principales : résistances à la chaleur, à l’eau, à l’huile, au choc, à l’abrasion, résistance électrique et élasticité.
- Il a établi le tableau ci-après : les propriétés sont en tête de colonnes, et dans les lignes, les 4 indications a, b, c, d désignent les 4 facteurs définis plus haut. Deux croix signifient que le facteur n’a aucune action sur la propriété correspondante, une seule choix qu’il n’a qu’une faible action.
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- Résistance à
- la chaleur l’huile l’eau le choc l’abrasion Elasticité
- diminue croît diminue croit diminue croît diminue croît diminue croit diminue croît
- a X X par CH3, OCH-et groupes gras par OH et 0 par OH, NHa OC H3, S03H GOOft par CH3, C«H3 et groupes gras X X par CH3 et groupes gras par OH X X
- b par courtes chaînes par longues chaînes X X X X quand les chaînes sont courtes quand les chaînes sont longues quand les chaînes sont courtes quand les chaînes sont longues quand les chaînes sont courtes quand les chaînes sont longues
- C X X X X quand les chaînes sont très flexibles quand les chaînes sont peu flexibles quand les chaînes sont très flexibles quand les chaînes sont rigides X X X X quand les chaînes sont rigides quand les chaînes SOn.t flexibles
- d quand l’indice latéral est faible quand l’indice latéral est élevé quand l’indice latéral est faible quand l’indice latéral est élevé quand l’indice latéral est très faible quand l’indice latéral est très élevé quand l’indice latéral est faible quand l’indice latéral est élevé quand l’indice latéral est faible quand l’indice latéral est élevé quand l’indice latéral est élevé quand l’indice latéral est faible
- Nous voyons d’après cc tableau que, par exemple, la l’huile, il faudra éviter les corps renfermant des grou-
- résistance à l’eau diminue quand la molécule renferme des pes CH3. On constate qu’en ce qui concerne la flexibilité
- groupes OH ou OCII3 et au contraire augmente quand on y de la chaîne et l’indice latéral, les deux qualités : résistance
- introduit clés groupes CH3 mais que la longueur de la chaîne à l’huile et grande élasticité demandent' des conditions
- est différente. Supposons que nous recherchions une matière opposées. Il faudra alors sacrifier une qualité à l’autre,
- très peu sensible à l’action de la chaleur, de l’huile, de l’eau, Ce tableau de Mark, bien qu’il ne soit qu’une esquisse que
- ayant une grande résistance électrique et une grande résis- l’avenir et les expériences compléteront et préciseront sans
- tance aux chocs. Il faudra chercher du côté des hydrocar- doute, constitue dès à présent un embryon de fil conducteur
- bures à longue chaîne (flexible ou non) ayant un indice laté- au milieu de ce domaine inconnu que l’on pressent si riche
- ral élevé. Si on veut une substance résistant à l’action de de la chimie des grosses molécules. II. Vigneron.
- UN NOUVEL HOMME DE NÉANDERTHAL
- Lorsqu’on découvrit dans la grotte de Néanderthal, en i856, le premier spécimen du groupe d’Hommes fossiles auquel on devait, par la suite, appliquer ce nom, la forme de son crâne parut si étrange que beaucoup de savants affirmèrent qu’il s’agissait d’une pièce pathologique. La discussion sur ce sujet devait durer près de 3o ans ! Les trouvailles ultérieures, et surtout la très belle monographie qu’a écrite en igi3 le Pr M. Boule à propos du Néanderthalien de La Cha-pelle-aux-Saints, ont maintenant fixé nos connaissances sur ces très vieux représentants de l’humanité. Mais le nombre des squelettes exhumés est encore très restreint et surtout, il n’en est aucun dont le crâne soit dans un état de conservation absolument parfait : durant son long séjour dans le sol, il a toujours été plus ou moins brisé et comprimé, et il a fallu faire des reconstitutions qui, si bonnes soient-elles, risquent de prêter le flanc à la critique.
- La découverte que vient de faire, le 25 février dernier, M. A. C. Blanc, dans la petite grotte Guattari, sur le flanc du Mont Circé, se présente dans des conditions totalement différentes de toutes celles connues jusqu’ici (x).
- I. fine note préliminaire a été publiée le mois dernier, dans les C. R. de l’Académie des Lincei de Rome (t. 29, fasc. 5).
- Le Mont Circé est une hauteur calcaire qui domine la Méditerranée, à une centaine de km au Sud-Est de Rome, à l’extrémité des marais Pontins. Sa face tournée vers la mer contient une série de grottes qui furent habitées, aux époques moustiérienne et auri-gnacienne, par l’Homme de l’âge de la Pierre taillée, qui y a laissé les restes de son industrie. Sur un des éperons de la montagne, s’élève le petit village de San-Felice. En creusant à la base de cet éperon, pour y agrandir un terre-plein, des ouvriers mettaient à jour, il y a 2 mois, une ouverture surbaissée qui correspondait à une ancienne grotte dont l’entrée avait été obstruée. C’est au géologue et paléontologiste italien A. C. Blanc, qui étudie depuis plusieurs années les dépôts quaternaires des marais Pontins et du bassin du Tibre, que devait revenir l’honneur de la découverte d’un Homme fossile. Pénétrant en rampant dans la cavité qui venait d’être l’évélée, il apercevait dans un recessus latéral, à côté d’ossements d’Ëléphants, de Rhinocéros et de grands Carnassiers, disséminés sur le sol, une tête intacte d’Homme de Néanderthal. Placée sur un foyer qui l’avait un peu carbonisée, partiellement recouverte de stalactite, accompagnée d’un outillage de silex, cette tête, qu’un hasard exceptionnel avait ainsi conservée, se présentait dans l’état où
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- elle avait été laissée plusieurs dizaines de milliers d’années auparavant, par les Hommes qui avaient accompli près d’elle leurs rites funéraires.
- Une telle découverte est d’un intéi'êt énorme au point de vue préhistorique. Elle présente en effet, préservés « comme dans un tombeau de Toutankhamon », pour employer l’heureuse expression de M. Blanc, un ensemble de documents anthropologiques, et paléontologiques, comme il n’en existait pas encore pour les hommes fossiles de l’Europe (x).
- Les, documents archéologiques sont formels : l’industrie qui accompagnait l’Homme du Mont Circé montre qu’il appartenait à la civilisation moustiérienne. Quant à son âge géologique, il a pu être déterminé, non seulement par la faune trouvée dans la grotte, mais aussi par la situation des dépôts par rapport aux variations préhistoriques du niveau de la mer. De ce double examen, M. Blanc conclut que sa trouvaille est contemporaine de la période à climat chaud par laquelle a débuté la dernière glaciation, le Würmien des géologues. L’Homme fossile du Mont Circé correspondrait à ce qu’on nomme le « Moustiérien à faune chaude », et ceci le reporterait à 7.000 ans au moins avant notre ère.
- En 1929 et en 1 g35, on avait déjà trouvé en Italie, aux portes mêmes de Rome, dans la carrière de Sac-copastore, sur les rives de l’Àniene, deux autres crânes néanderthaliens (dont le second fut justement découvert par M. Blanc, en collaboration avec l’abbé Breuil). Or il semble que ceux-ci appartiennent au Moustiérien à faune chaude qui aurait immédiatement précédé le début de la dernière glaciation : l’Homme de Néan-derthal se serait donc maintenu en Italie pendant une très longue période, 20 à 3o.ooo ans pour le moins.
- Rien que l’examen sommaire de la photographie qu’a bien voulu nous communiquer M. Blanc (fig. 1), montre la présence des caractères typiques des Hommes de Néanderthal : la voûte crânienne est surbaissée, avec un front aplati et fuyant ; l’occiput se prolonge en un chignon plus marqué encore que celui du classique Homme de la La Chapelle-aux-Saints ; les orbites, qui sont très hautes, sont surmontées d’un puissant bourrelet osseux (le torus supra-orbitaire
- 1. Il faut cependant rappeler qu’à près de 7.000 km du Mont Circé, en Afrique du Sud, dans le lieu de la Rhodésie dit Broken Ilill, un mineur découvrait en 1921, presque dans les mêmes conditions, un crâne fossile qui était dans une petite grotte dont le couloir d’accès avait lui aussi été comblé. Ce crâne offre de grandes ressemblances avec l’homme de Néanderthal mais il semble d’une structure encore plus primitive. Malheureusement, l’absence totale d’outillage et le fait que les ossements de mammifères placés à côté de lui appartenaient à des espèces qui vivent encore en Afrique, empêchent de fixer la date géologique de cet homme fossile.
- — h’homme fossile néanderthalien de la Grotte Gvattari, à San-Felice Circeo, Littoria, Italie (cliché A. Blanc).
- des anthropologistes) ; les os malaires sont énormes, deux fois plus gros que chez les Hommes actuels, bien que les dimensions de la tête n’excèdent pas, semble-t-il, celles de ces derniers ; l’arcade zygomatique est aussi extrêmement forte. La face a un aspect bestial qui devait encore s’accentuer quand elle reposait sur la mandibule : cet os, qui a été également recueilli, était en effet dépourvu de menton, de sorte que tout le massif facial s’avançait en une sorte de museau. Un caractère, sur lequel a justement insisté le Pr Boule, semble aussi s’observer ici : l’absence de fosse canine au maxillaire supérieur.
- Dans les premières recherches qu’il avait faites sur les crânes de Saccopaslore, le Pr S. Sergi, de Rome, avait déclaré qu’ils se différencient des Néanderthaliens de la France et de l’Europe centrale par toute une série de caractères ; il avait conclu qu’il existait à cette époque, dans le Sud de l’Europe, une race particulière qu’il avait nommée Homo Neanderthalensis aniensis. Cette conception avait été mise en doute : les deux crânes de Saccopastore sont en effet l’un et l’autre très abîmés, et on ne peut affirmer que leur reconstitution soit absolument exacte.
- L’étude du crâne du Mont Circé sera confiée à M. Sergi qui aura ainsi en mains un document de tout premier ordre pour contrôler son hypothèse ; mais a priori, et rien qu’à l’examen de la photographie, il ne paraît pas qu’il puisse continuer à la défendre : la ressemblance enü'e le nouveau Néanderthalien et l’Homme de La Chapelle-aux-Saints décrit par M. Boule semble tellement marquée qu’il est bien difficile de voir dans le pi-eniier une race spéciale.
- H. V. Valloxs.
- Professeur à l’Institut de paléontologie humaine. '
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- LES PROGRÈS DE LA FUSÉE
- LE MOTEUR A COMBUSTIBLE SOLIDE ET LIQUIDE
- Le moteur à réaction est le plus simple qui soit. Il transforme directement l’énergie chimique d’un mélange de combustible et de comburant en énergie cinétique de la fusée. La projection des gaz de la combustion entretient un mouvement de recul qui assure la propulsion de la fusée.
- Fusée à combustible solide. — Un moteur à réaction à combustible solide est constitué simplement par un cylindre qui fait en même temps office de chambre de combustion, de rései'voir à combustible et de tuyère.
- La poudre noire et la poudre colloïdale (ou sans fumée) sont les seuls combustibles solides contenant l’oxygène indispensable à leur combustion et pouvant être employés pour la propulsion des fusées.
- Le bourrage du combustible s’effectue suivant le résultat recherché ; la plupart du temps on pratique suivant l’axe de la fusée un vide tronconique appelé « âme de la fusée », qui a pour avantage d’augmenter la surface inflammable et d’intensifier le dégagement des gaz. Après inflammation ces derniers s’écoulent par la partie inférieure du cylindre au travers d’un étranglement formant tuyère. La partie supérieure ou « massif » porte dans la majorité des cas la charge utile.
- La pression interne relativement basse permet de confectionner l’enveloppe cylindrique soit en fer blanc soit en carton. Lorsque la pression dépasse plusieurs dizaines d’atmosphères on emploie généralement l’acier.
- Les températures de combustion de la poudre noire et de la poudre colloïdale sont sensiblement les mêmes, elles oscillent entre 2.200° et 2.400° ; quant à la chaleur dégagée par kgr, elle est de 700 cal pour la poudre noire et 900 cal pour la poudre colloïdale.
- Fig. 1. — Explosion d’une fusée à poudre (Expérience de Nebel sur la Raketenflugplatz près de Berlin).
- Fig. 2. — Expérience sur la- combustion par la Cleueland Rocket Society aux Etats-Unis.
- Le coefficient de chargement des fusées" à combustible solide ne peut pratiquement dépasser une certaine valeur. Ce point est capital car il limite leur taille ; elles ne peuvent, vu leur faible portée — quelque 20 ou 3o km au maximum — être utilisées que lorsqu’on désire disposer d’un appareil simple et économique.
- Fusées à combustibles liquides. — Si le principe qui régit leurs mouvements est le môme pour les fusées à combustible solide ou liquide, le moteur, dans ce dernier cas, se complique notablement.
- Dans une fusée à combustible liquide ce 11’esl plus à un cylindre faisant en même temps office de chambre de combustion, de réservoir et de tuyère que nous aurons à faire, mais à un groupe d’organes indépendants, dont il s’agit d’harmoniser les fonctions.
- Le combustible et le comburant sont emmagasinés dans des réservoirs séparés, d’où ils sont injectés, sous dosages judicieusement choisis, dans la chambre de combustion. Là, le mélange, qu’il faut rendre aussi homogène que possible, est enflammé. Les produits de la combustion se dégagent avec violence par la tuyère, imprimant à l’ensemble de l’appareil un déplacement en sens opposé à celui de leur éjection.
- Les expériences très nombreuses effectuées ces dernières années sur les fusées montrent qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, de classer les types de fusée. En effet ces dernières diffèrent les unes des autres, tant par leur aspect que par le matériel utilisé pour leur construction ou par la répartition des organes.
- Généralement les expériences peuvent se classer suivant le combustible employé (solide ou liquide), la nature de la combustion (constante ou intermittente), l’agencement, le nombre, et la disposition des tuyères (tractives, propulsives, tournantes, parallèles), le système de stabilisation et de direction (mouvement giratoire, ailerons mobiles, fixes ou giratoires, etc.), leur utilisation (postale, militaire, météorologique, cosmique, etc.), le mode d’altei'rissage (parachute, réaction à contre-sens, etc.).
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- L’étude du moteur à combustible et comburant liquides soulève une foule de nouveaux problèmes parmi lesquels nous pouvons citer : le choix du combustible et du comburant, la régularisation du débit dans la chambre de combustion, la recherche du meilleur système pour le mélange intime des liquides, les moyens d’inflammation, la préservation de la fusée contre les températures excessives ; le choix du matériel pour la construction des divers organes, etc.
- Cette énumération montre que nous sommes déjà loin de la fusée des feux d’artifice, si simple par sa conception ; mais en raison des espoirs que le moteur réactif nous offre pour l’avenir — et déjà dans une certaine mesure pour le présent — les études destinées à le perfectionner méritent d’être encouragées.
- PROGRÈS ACQUIS DANS L’ÉTUDE DES FUSÉES
- Les combustibles et les comburants sont d’autant plus intéressants pour la fusée que leur vitesse d’éjection est plus élevée et leur densité avant combustion plus grande.
- Le combustible et le comburant ne doivent être ni explosifs, ni corrosifs ni toxiques ; enfin ils doivent se prêter à une production industrielle et être d’un prix peu élevé.
- Combustibles. — Des expériences comparatives ont été faites avec l’oxygène pour comburant. Les hydrocarbures : méthane (carbone, 66,7 ; hydrogène, 33,3), pentane (carbone 88,33 ; hydrogène 16,67), e^°-> possèdent un pourcentage très élevé en hydrogène et permettent d’obtenir d’excellents résultats.
- Leur pouvoir calorifique diffère tellement peu des autres membres du même groupe (paraffine, éthylène, acétylène, etc...), que le choix de l’un ou de l’autre de ces mélanges ne doit être dicté que par la facilité de leur maniement et leur économie. L’acétylène (2.760 cal) et l'éthylène (2.400 cal) possèdent un pouvoir calorifique élevé et peuvent s’employer à l’état liquide.
- Mais la faible densité de ces mélanges est un grave défaut. La benzine tout en ayant un pouvoir calorifique moindre (a.3oo cal) a une densité très grande (0,878) et permet à la fusée d’atteindre une plus grande portée.
- L’hydrogène liquide possède un pouvoir calorifique élevé et donne lieu à un dégagement gazeux intense, mais sa densité est ires faible (0,07) ; sa conservation et sa fabrication ne sont pas sans danger.
- On fonde de grands espoirs sur le télranilromé-thane, qui industrialisé, fournirait un puissant réactif en mélange avec un combustible lourd.
- Comburants. — On a effectué des expériences comparatives sur les différents comburants, agissant en association avec un même combustible, le toluène (C7H8). Les résultats obtenus permettent de conclure que l’eau oxygénée (vitesse de combustion : 2.690 m/sec) et l’acide azotique (2.470 m/sec) ont à la combustion une faible température (3.o7o0-3.52oQ)
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- mais donnent une abondante production de gaz ; que les mélanges les plus lourds sont constitués par le tctranitrométhane (densité, 1,47 ; 2.670 m/sec) et l’acide azotique (densité, 1,35) et que l’oxygène (5.200 cal ; 3.100 m/sec) et l’ozone (2.820 cal ; 8.43o m/sec) possèdent un très grand pouvoir calorifique.
- Les éludes en laboratoire sont activement poussées sur les « propulseurs-trompe » prélevant par succion le comburant contenu dans l’air.
- Amélioration des qualités du mélange. — Un
- procédé consiste à mélanger des substances solides avec les combustibles liquides pour accroîti’e les qualités calorifiques et la densité du mélange.
- A l’examen le glucinium et l’aluminium se sont révélés comme les plus intéressants. Le bore présente également quelqu’inlérêt.
- Réservoirs. — La diminution du combustible au cours du vol, provoque le déplacement du centre de gravité de la fusée, point essentiel pour le maintien d’une stabilité parfaite. Des réservoirs spéciaux à double compartiment permettent le maintien de cet équilibre.
- Le ballottement du liquide est combattu par des cloisons disposées dans les réservoirs de grande capacité.
- Fig. 3. — Présentation par Loebell d’une des chambres de combustion de son invention.
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- Expulsion du combustible du réservoir. — Cetle opération s’effectue par la pression d’un gaz sur le liquide à expulser. Ce gaz doit être neutre, c’est-à-dire pouvoir entrer en contact avec les liquides sans engendrer une explosion. L’azote donne de très bons résultats. Dans certains essais on a employé une pompe pour injecter le liquide dans la chambre de combustion.
- Chambre de combustion et tuyère. — Toutes deux sont soumises à des températures élevées et au flottement des gaz parfois corrosifs. On a songé à abaisser la température par l’introduction d’un filet d’air, ou par une pulvérisation d’eau ; ces procédés sont peu avantageux à de nombreux points de vue. On peut aussi dériver une partie des calories, par la paroi de la chambre ou de la tuyère pour rendre le liquide plus fluide avant son introduction dans la chambre de combustion.
- Dans certains cas on a utilisé des revêtements de cuivre rouge. Les métaux en notre possession, peu résistants aux températures dégagées, ne pourraient servir qu’aux appareils à fonctionnement momentané ou de très courte durée.
- Mélange. — De l’homogénéité du mélange dépend le bon fonctionnement du moteur-fusée. Le mélange peut être obtenu dans la chambre de combustion — rarement en dehors de celle-ci — soit par pulvérisation, soit par jet. Le système par pulvérisation du combustible et du comburant a donné d’excellents résultats. L’idéal serait que les liquides puissent se dissoudre mutuellement.
- Allumage. — Deux cas sont à envisager : a) combustion intermittente : dans ce cas il faut un mécanisme complexe et délicat, ne devant trouver d’emploi pratique qu’en astronautique ; b) combustion continue :
- l’inflammation s’effectue généralement dans la chambre de combustion après le mélange des liquides. H. Oberth introduisait dans la tuyère un chiffon imbibé d’essence et fixé à un bâton ou relié à un cordon Bickfoi'd, procédé dangereux. D’autres chercheurs provoquaient l’allumage, à la sortie de la tuyère, au moyen d’un foyer installé à peu de distance. La bougie a donné d’assez bons résultats ; il en a été de même d’une charge de poudre à combustion lente, placée dans la chambre de combustion et enflammée électriquement. Le procédé idéal serait d’assurer l’inflammation dès le contact du combustible avec le comburant.
- Fusées à étages multiples de combustion. — Dans les expériences avec des fusées simples on n’a pu obtenir que des portées relativement faibles. Pour accroître la distance, la vitesse et abaisser du même coup au maximum le coefficient d’utilisation, on a essayé des fusées à étages multiples de combustion. Ces der nières peuvent se diviser en fusées gigognes (fusées incluses les unes dans les autres) et fusées composées (placées les unes au-dessus ou les unes à côté des autres). Il serait avantageux de pouvoir éliminer l’enveloppe ou le réservoir au fur et à mesure de la combustion.
- Fig. 4. — La fusée Ziicker et son châssis de lancement.
- Lancement. — Les expériences de lancement ont été faites, généralement, à l’aide d’un pylône servant à guider la fusée pour lui donner sa direction de départ, avec deux ou quatre rails, suivant les cas, pour la conduire jusqu’à sa sortie du pylône. La majorité des expériences ont été faites à la verticale pour les tirs d’altitude, et sou sun angle variable pour les
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- dessiccation se poursuit, puis s’enchevêtrent et, lorsque toute l’eau est évaporée on a finalement une pellicule solide transparente qui se détache facilement de la plaque support.
- Cette pellicule présente encore les propriétés générales de l’argile dont elle provient : si on l’immerge dans l’eau, elle se gonflera et finalement se redispersera, mais déjà elle présente la propriété de ne plus être influencée par les huiles, les graisses, les solvants organiques et elle résiste à l’action des solutions salines et des acides forts.
- Si on soumet ces pellicules soit à la pression, soit à des températures de 45o à 5oo°, soit à des traitements chimiques appropriés, on peut modifier profondément leurs propriétés.
- C’est ainsi qu’il est possible de les transformer en des pellicules résistant à l’eau, rigides comme le miea qu’elles peuvent remplacer dans ses applications électriques, car elles ont des propriétés diélectriques remarquables. On peut les obtenir avec les mêmes qualités, mais flexibles, pour faire des isolements de câbles électriques et même suffisamment minces et flexibles pour en confectionner des emballages sans crainte de les voir se casser ou se déchirer au pliage. En recouvrant ces feuilles d’alsifilm (dont le nom rappelle l’origine, l’aluminium et la silice étant les constituants essentiels des argiles) d’un dépôt métallique, par condensation des vapeurs du métal par exemple, on peut réaliser des
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- élémenls de condensateurs électriques ayant des caractéristiques remarquables-.
- Enfin, l’alsifilm, mélangé à des charges convenables et à la pâte de papier, donne des papiers susceptibles de rivaliser au point de vue résistance à la destruction, à l’humidité avec les meilleurs parchemins et au point de vue impression typographique, profondeur, lustre et relief des caractères et des illustrations, avec les papiers de luxe. Bien d’autres applications peuvent être envisagées, par exemple clairs l’industrie textile en recouvrant les fils soit avant, soit après tissage, d’une couche protectrice d’alsifilm.
- Comme l’argile est extrêmement répandue en France, et sous une grande variété de constitution, comme le traitement est essentiellement physique et ne nécessite pas la construction d’usines chimiques pour la préparation préalable de produits organiques délicats ou coûteux, cette nouvelle matière semble être appelée à une réussite particulièrement brillante.
- lels sont, au début de 1939, les principales nouveautés marquantes à signaler dans le domaine des matières plastiques synthétiques. Il est probable, étant donnée l’activité des laboratoires de recherches dans le monde entier, que bien d’autres produits remarquables verront le jour dans un avenir prochain. H. Vigneron.
- LE PLATEAU DE MILLEVACHES lCorrè*e)
- Le Plateau de Millevaches n’attirera jamais beaucoup les touristes car ses i5o.ooo ha de superficie, s’étendant sur les trois départements de la Haute-Vienne, de la Creuse et de la Corrèze, n’offrent guère de curiosités
- naturelles. Seuls les botanistes et les géographes auront plaisir à le parcourir.
- Son altitude qui varie de 700 à 984 m, les pluies fréquentes qui l’arrosent dues aux vents du S.-W., la
- Fig. 1 à 4. — Le problème des sources de la Vienne, sur le plateau de Millevaches.
- 1. La source occidenta’e, au pied du pin de droite. — 2. La source orientale signalée par un poteau du T. C. F. — 3. Le cours supérieur de la Vienne en amont de la source précédente. — 4. La véritable source de la Vienne, dans une petite
- tourbière à écoulement pérenne.
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- Fig. 5 à 8. — La haute Vézère, sw le plateau de Millevaches.
- 5. Affleurements granitiques dans les landes tourbeuses près des sources de la Yézèrc. — 6. Méandre de la Yézère, en amont de ChaA'anac. — 7. Moulin sur la Yézère, à Chavanac. — Vue d’aval de l’étang des Oussines, près de Saint-Merd-
- les-Oussines (Corrèze).
- monotonie de ses immenses horizons que barrent de loin en loin des protubérances arrondies dénommées pompeusement monts ou puys n’en font pas un séjour enchanteur en été et à plus forte raison en hiver quand la neige en recouvre toute l’étendue. La meilleure description de cette région est faite par Cardot et je la puise dans les rapports du Congrès de l’Arbre et l’Eau de 1907 :
- « Sauf quelques rares massifs boisés, établis à Châ-leauvert, Mirambel, Bellechassagne, la Feuillade et Châteauneuf, le plateau n’offre que des landes de bruyères. C’est une immense steppe, sans ombrages et presque sans cultures et sans habitants. Rien n’égale l’impression de tristesse et de mélancolie que l’on éprouve en suivant les routes qui traversent le plateau pendant des heures entières, ne rencontrant ni un arbre, ni une maison, n’entendant pas le chant d’un oiseau. Partout la brande de bruyères, d’ajoncs, de genêts, et de de-ci de-là un troupeau de moutons, poursuivant patiemment à travers ces touffes semi-ligneuses, les maigres brins de fétuque, d’ovine, ou d’autres plantes fourragères qui croissent à leur abri. De temps à autre cependant, un peu de verdure apparaît dans les dépressions du plateau où coule un petit ruisseau et où se développe souvent une végétation de mince profit car l’herbe des marais accompagne les formations tourbeuses. Il faut parcourir de très longues distances, 10, i5 km, avant de rencontrer un vil-
- lage et alors avec les haies d’arbres qui bordent les chemins, enloui’ent les champs, les jardins, avec leurs belles prairies maintenues constamment vertes et fraîches, par ses ombrages et par les eaux d’irrigation, ces petits terroirs agricoles vous donnent l’impression des oasis, de ces petits paradis terrestres qui de loin en loin jalonnent les l’outes des grands déserts... ».
- Ce portrait qui date de plus de 3o ans est encore vrai et ne demande pas de retouches. Toute une campagne s’était organisée pour encoui’ager le reboisement et s’est continuée jusqu’à ces dernières années, mais le résultat ne se fait guère voir et en vérité certains essais n’ont pas eu de succès. La grande humidité de cette région qui l’a fait appeler la Mère des Eaux ou le Château d’Eau du Massif Central huit aux plantations qui dépérissent sous l’influence nuisible des végétations cryptogamiques, mousses et lichens. Si nous nous libérons des thèses d’écoles, nous jugerons que tous ces efforts ne sont peut-être pas nécessaires et que le plateau de Millevaches tel qu’il est remplit son rôle. C’est une vaste éponge dont les suintements donnent naissance à quatité de rivières dont les noms nous sont familiers : Vienne, Taurion, Maulde, Creuse, la Tarde, etc. qui sont tributaires de la Loire et Vézère, Corrèze, Diège, Luzège, Triousonne qui alimentent le-bassin de la Dordogne, affluent de la Gironde. On parle souvent des dégâts que causent les moutons, jp'àvoue qu’en montagne leurs méfaits sont
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- Fig. 9 et 10. — Les moutons du plateau de Millevaches.
- A gauche, un troupeau près de la source de la Vienne.— A droite, un abri à moutons dans la lande.
- grands ; ils arrachent les touffes d’herbe, piétinent le sol, l'éraflent, l’érodent et les pluies survenant, l’humus est entraîné vers le fond des vallées en meurtrissant le pâturage ; ici rien de semblable, les pentes n’existent pas et leur séjour dans la lande n’offre aucun danger. Le mouton constituant le principal des ressources du pays et ayant pris par suite de la diminution du cheptel ovin une valeur appréciable, il est bon de ne pas lui diminuer ses parcours. Du reste les habitants ne souffrent pas de la misère et leur désir est qu’on reste dans le statu quo. Cette opinion peut contredire diverses théories mais elle est véritable.
- Examinons maintenant quelques problèmes hydrographiques.
- Si nous quittons le village de Millevaches par la roule de Fellelin, nous apercevons 2 km plus loin un poteau qui nous indique : Sources de la Vienne. La plupart des autos s’arrêtent et leurs occupants, voyant la lande qui descend vers une dépression et n’apercevant aucun sentier courant dans la fougère, restent sagement dans leur voiture. La peur des vipères entre beaucoup dans leur indécision. Notez que celles-ci sont peu nombreuses car au cours d’un séjour d’une huitaine de jours, errant par-ci par-là, je n’en ai vu
- qu’une seule qui avait eu la mauvaise idée de traverser un chemin devant moi, ce qui causa sa perte. Bien chaussé et guêtré, on passe partout et nous voici devant une borne de pierre quadrangulaire portant comme inscription : T. C. F. Sources de la Vienne. Nous sommes en présence d’un maigre écoulement qui sourd avec timidité sous quelques pierres et qui va se jeter quelques dizaines de mètres plus loin d^'un ruisselet qui vient de l’amont du vallon. Suivo;.% son cours en remontant dans la lande marécageuse et nous aboutissons 3oo m plus loin à une petite tourbière toute émaillée de Rhynchospora alba, d’Elodea palus-tris, de Menyanthes trifoliata qui abritent de leur mieux la fragilité des curieux D rasera rotundifolia et intermedia qui vivent en compagnie du minuscule Oxy-cuccos vulgaris. Le filet d’eau qui sert d’exutoire à ces lieux est la Vienne et nous pouvons certifier que c’est à ce point qu’est la véritable source de la rivière car le cours d’eau est pérenne et provient d’une altitude plus élevée que celle de la source considérée comme officielle. Il est vi’ai qu’il est plus poétique de faire jaillir Fonde du rocher et qu’une tourbière est moins artistique, mais arnicus Plato sed magis arnica veritas. J’étais accompagné de M. Sarrasat, ancien professeur à l’Ecole
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- Fig.. 14. — La u Dansarelle » (Salomé) de l’église de Chavanac (Corrèze), xv° siècle.
- normale de Guéret qui partage mon avis et confirme mes conclusions.
- Nous venons de visiter la source orientale de la Vienne ; descendons le thalweg, nous rencontrerons sur la rive droite d’autres sources qui grossissent notre petite rivière et nous arrivons au débouché sur la gauche d’un autre vallon où coule un autre ruisselet : c’est la branche occidentale de la Vienne. Remontons-la en pataugeant quelque peu et en évitant les fosses modestes d’extraction de la tourbe qui sert de combustible aux gens du village. Au bas de deux pins d’assez belle venue, une autre boi’ne du même genre que la précédente nous signale la seconde source de la Vienne. Là, point de discussion. L’eau sort de terre que panache une touffe de Juncus squarrosus et le vallon immédiatement au-dessus ne présente aucun filet liquide, ce qui prouve que la source est fort bien indiquée. Laissons donc la Vienne suivre sa destinée et regagnons Millevaches en observant au passage un abri pour moutons en cas de mauvais temps, car il ne s’agit pas d’une bergerie, les troupeaux rentrant le soir à la ferme à l’encontre des transhumants.
- Pour les amateurs de tranquillité, Millevaches avec ses 2.io habitants est la localité rêvée. Pas d’estivants, pas de bruit de T. S. F., une grande route peu animée et le chemin de fer à 20 km. Le gîte est modeste, mais la cuisine est bonne et les villageois aimables.
- Reprenons nos pérégrinations et cette fois allons au Sud étudier la Vézère naissante. Comme la Vienne, elle est formée de deux branches, l’une la plus longue vient de tourbières sises au pied du Puy Pendu (978 m) et l’autre d’un vallon qui aboutit à la route de Mevmac. Ils se ré unissent dans des prairies tourbeuses après un parcours de 2 km environ. Il est intéressant de remarquer en certains points des affleurements granitiques qui montrent la structure du sol car nous sommes en plein granit. La vallée, si l’on peut donner ce nom à une simple ondulation, est plate à l’excès et la rivière y trace des méandres dès qu’elle
- sent la moindre résistance à son cours. Chemin faisant, parmi les bruyères, les fougères et les genêts nous nous trouvons soudain dans la perplexité, car la carte d’Ëtat-Major Ussel N.-W. 1/80.000 nous montre la Vézère inclinant à gauche pour se déverser dans l’étang des Oussines alors que nous la voyons se diriger vers Chavanac. Notant soigneusement ce point, nous continuons sur Chavanac où il nous est confirmé que la Vézère est bien le ruisseau que nous avons suivi. Notre observation était juste car ayant avisé à notre retour à Paris le Service géographique de l’Armée, celui-ci fit une enquête qui amena la rectification du tracé de la rivière sur le cuivre destiné à l’impression.
- Chavanac est un modeste village dont l’église renferme une statue du xve siècle méritant l’attention : c'est la Dansarelle, autrement dite Salomé, portant dans ses bras la tête de Saint Jean-Raptiste, œuvre fruste mais pleine de caractère.
- L’étang des Oussines où s’étale la Vézère est le plus grand de la région. D’aspect assez sauvage, il offre sur ses grèves sableuses le rare Isoëtes echinospora qui vit en colonies nombreuses avec le commun Littorella lacastris. On y trouve encore en abondance le Pota-mogelon natans qui couvre toute une partie de sa surface. Jolie rivière, la Vézère s’enfuit vers Saint-Merd-les-Oussines dont le vocable est dû à une déformation euphonique de Saint-Médard et sur ce chapitre nous pouvons dire que Saint-Setiers aux sources de la Creuse est ignoré des hagiograpb.es car c’est Saint-Sagittaire le patron de la paroisse. Pour Saint-Yrieix-le-Déjélat l’explication est plus facile : le Déjelat signifie le dégelé et prouve que ce Saint-Yriëix est dans une situation plus ensoleillée que les autres.
- On ne peut quitter le plateau de Millevaches sans dire un mot des Monedières, massif curieux et peu connu dont le pittoresque est accentué, car il a l’allure montagnarde, malgré sa faible altitude, 900 m environ. Toute cette région fut autrefois boisée, mais en septembre 1575, Louis de Pompadour la fit incendier sous prétexte qu’un parti protestant s’y réfugiait en toute impunité. Le pays fut dévasté et la forêt ne se reconstitua pas. Actuellement c’est la lande qui domine alors que hêtres et sapins y pousseraient merveilleusement. Le centre de ce petit pays est Treignac qui riva-lice d’archaïsme avec le célèbre Uzerche.
- Les espèces qui paraissent le mieux résister à la pauvreté du sol et aux dures conditions climatiques sont le hêtre et l’épicea, mais leur croissance est lente et les propriétaires auront-ils la patience de voir grossir leurs arbres pour en tirer un profit rémunérateur. Toute la question est là, mais je suis bien prêt de croire que longtemps encore le Nardus stricta, le Pleris aquilina, le Calluna vulgaris, YErica tetralix et les Sphagnum régneront en maîtres sur la lande et dans les tourbières que caressent ou flagellent les vents du Sud-Ouest.
- Ch. Rroyer.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SUR LE JEU DE « NIM »
- (Amusement par les Dames de Jacquet)
- La Nature du i5 octobre ig38 (n° 3o35) a publié un article de M. Léon David sur une variante du jeu de Nim ; nous avons ajouté un court commentaire sur la théorie de ce jeu et, en terminant, nous écrivions : « ... il y a beaucoup plus de positions ordinaires que de positions remarquables. » (Se reporter à l’article pour la définition des expressions ci-dessus). Nous pensons intéresser nos lecteurs en exposant la méthode générale qui permet de dénombrer toutes les positions. Le problème de la partition des positions remarquables étant plus difficile à traiter nous nous bornerons à le résoudre dans le cas considéré par notre correspondant.
- Combien y a-t-il de dispositions du jeu à une phase quelconque de la partie ? Il s’agit de trouver d’abord le nombre des solutions de l’équation :
- x + y + z = n ;
- les inconnues étant' des nombres entiers et positifs — zéro excepté — dont l’ordre n’entre pas en ligne de compte. Le nombre cherché, P(n), dépend d’un autre nombre G(n) que nous allons définir. Développons l’expression (a + a2 -1- a3 + ... an + ...)3, où a représente un nombre quelconque ; nous désignerons par G (n) le coefficient de an dans ce développement. Il est évident que G (n) représente le nombre des solutions de l’équation x -f y + z = n, en nombres entiers et positifs — zéro excepté — mais en tenant compte de l’ordre des inconnues. Ainsi, le lecteur vérifiera qu’il y a G(6) = io nombres de 3 chiffres dont la somme des chiffres est égale à 6, car dans le développement ci-des-su.s le coefficient de a6 est io.
- Pour calculer G(n), en général, il est impossible d’avoir recours au développement effectif qui conduirait à des opérations laborieuses même pour des valeurs relativement peu élevées de n. On obtient aisément l’expression de G(n) par une méthode analytique élémentaire due à J. Bernouilli. On a pour — i<b<i.
- a3
- a3 + a4 + a5 + a6 + ... -f an -f ... = -------------
- i — a
- Ci'i
- a4 + a5 + a6 + ... -f an + ... = -------------
- x — a
- Ct'*
- a5 + aG + ... + an -f ... = -------
- x -—a
- Sommant par lignes et par colonnes, il vient :
- a3 + 2a4 + 3a3 + 4aG + ••• + (n— 2)an + ... = —---------------—
- (i — a)~
- Partant de cette dernière série, nous aurons de même :
- a3 + 2a4 + 3a5 + 4 a6 + ... + (n— 2)an + ... = -------------------------
- (1 — a)2
- qJL
- a4 4- 2a5 4- 3aG + ... + (îi— 3)au 4- ... = -------------------
- (1 — ay
- 4- a5 4- 2a0 4- ... + (n — 4 )an + ... = --------------------
- (1 — a)2
- Cl**
- 4- «6 4- ... + (n — 5)an 4- ... = ------------------
- (1 — a)2
- Sommant, de nouveau, par lignes et par colonnes nous avons enfin :
- a3 -f- 3a4 -j- 6a8 f 10a6 + ....
- 1
- (n—1) (n - 2)sd
- + -
- U-")3
- or l’identité prouve que
- G(n)
- i -a a ^ 3 1—a (n — 1 ) (n—2)
- = 1 + a + a2 + a3 + an + ... nous = (a + a2 + a3 + ... an + ...)3 ; donc . Par exemple G(6) = 10 comme nous
- l’avons vu plus haut; G(3o) = 4o6 : c’est le nombre des dispositions de 3o objets semblables en 3 tas, en tenant compte de l’ordre des tas; ainsi i4, 7, 9Î 9» i4, 7 sont considérées comme deux dispositions distinctes.
- Comme l’ordre est indifférent daixs le problème qui nous occupe, il faut donc distinguer parmi les G(n) solutions celles qui ne diffèrent que par les valeurs attribuées aux inconnues. A cet effet nous envisagerons le degré de multiplicité des divers types de solutions. Les solutions, telles que x ^ 7 ^ z figureront 6 fois ; nombre des permutations de 3 objets distincts ; celles pour lesquelles x — y 7^ z (ou x = z ^ y, ...) figureront 3 fois : nombre des permutations de 3 objets dont 2 sont semblables; enfin, la solution x = y — z, si elle existe, ne figurera qu’une seule fois.
- Dénombrons d’abord les solutions de l’équation x + 2y = n (nous ne répétons pas : en nombres entiers...) correspondant au cas où deux des inconnues sont égales entre elles.
- On démontre, par des considérations semblables, à celles exposées ci-dessus, que leur nombre, Px(n), est égal au coefficient de an dans le développement de :
- n a2 a3
- , ou :
- a-
- ([ — a) (1 — a2)
- Décomposons cette fraction rationnelle en ses éléments simples (nous passons le détail du calcul) on obtient :
- «3 f, 3 a 3
- ") (‘
- 4 o
- +
- 2 (1
- +
- 4 ( f + a)
- r
- Le coefficient de a11 dans le premier terme est (se
- ,’cporter aux développements précédents) ; celui du second
- errne est : H "... , enfin le coefficient de an dans le der-2
- (—, )n—i
- 1---;--- . Pour celui-ci nous utilisons
- 4
- t — a + a2 — a3 4- ... (— 1 )nan.+ ... =: a3 — a1 + a3 — aG + ... + (—- i)”-1^.
- et toutes
- lier terme est
- 1
- 'identité
- 1 -f a
- a
- 1 -f- a Donc : P, (ri) = éduclions faites :
- P.(«)
- J---p 1—
- 4 2
- 2 ,
- — ~r -------7.----
- 3 + f— i)n-
- Chaque solution de x -f 2y = n, figure 3 fois, comme nous l’avons vu, puisqu’on a également à envisager : x — z et x — y. Par exemple, la formule ci-dessus donne
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- P (io) = 4 ; il y a 3 x 4 — 12 nombres de 3 chiffres, dont 2 chiffres sont semblables, ayant pour somme des chiffres. 10. Ainsi dans G(n) il y a 3P1(n). Mais si l’équation 3x = n admet une solution, elle est' comprise dans P (n) ; comme elle est unique, nous n’avons plus que 3(Pj(n) — 1) 4- 1 = 3P1(n) — 2 solutions des équations du type x + 2 y — n.
- Appelons Pj/(n) le nombre des solutions de ox — n ; ce nombre est égal à 1 ou o. Afin de généraliser nous l’écrirons :
- P i(n) = [cos —].
- Cette notation signifie qu’il faut prendre la partie entière de l’expression entre crochets. On vérifie que P1/(n) = o pour n = 3p + 1, et P/(n) = x pour n — 3p.
- Si nous désignons par P2(n) le nombre des solutions de l’équation x + y + z = n, avec x + ÿ^z, nous aurons :
- G(n) = 6P2(n) + 3P» - 2P/(n), d’où nous tirons P2(n) égal à :
- 3P ^n) + 2P
- et pour avoir P(n) il faut ajouter P^n), qui comprend P/(n). En définitive nous obtenons :
- P(») = + + p» + + P/(n).
- Remplaçant G(n), P^n) et P/(n) par leurs valeurs en fonction de n, nous arrivons à la formule générale :
- P (n) —
- 5 + 3 (— i)”-1 + 8
- cos
- 27Trtl
- ”1
- 24
- Donc pour n = 3o, P(n) = 76, c’est le nombre des positions initiales à la « Baissette », ce qu’on peut vérifier par un calcul direct. Pour n = 200, P(n) = 3333, alors que le nombi*c des partitions de 200, c’est-à-dire le nombre total des dispositions de 200 objets en un nombre quelconque de tas, de 1 à 200 évidemment, toujours sans tenir compte de l’oi-dre, est un nombre de i3 chiffres : 3-972-999-°29-388.
- La détermination des partitions d’un nombre est un problème très ardu ; le cas relativement simple que nous étudions ici ne peut donner qu’une faible idée des difficultés qui se présentent quand on aborde la question dans toute sa généralité.
- Pour revenir à P(n), remarquons que c’est toujours un entier, quelle que soit la forme de n, en outre la formule est générale et donne P(n) = o pour n — 1 ou 2 ; c’est là une des propi'iétés de ces curieuses fonctions arithmétiques que l’on rencontre dans ce domaine.
- Enfin on peut sommer P(n), de 1 à n, pour avoir le nombre des dispositions de trois tas, en jouant. Soit P(n) ce nombre, il est égal, tous calculs faits, à :
- P (n)
- 2«3 + 3n2 — 5n — 18 ^
- 72
- A la « Baissette », pour n = 3o, P(n) =780. Pour avoir le nombre total des positions il faut ajouter tous les cas qui ne pi’ésentent que 2 tas. Soit 7r(n) le nombre des dispositions de n objets en 2 tas; il nous faudra sommer n(n) de n = 2 à n — 29, puisque, après le premier coup, nous pouvons avoir 29 objets répartis en 2 tas. Nous n’envisa-
- geons pas les positions d’un seul tas, car, d’après la tactique du jeu, elles sont évitées par les partenaires comme immédiatement perdantes ; mais il faut logiquement com-prendre la position finale : 1. D’ailleurs il y a 28 positions d’un tas; au deuxième coup il peut rester, au maximum, 28 dames sur une seule pile.
- On trouve facilement
- et en sommant
- de 2 à n, il vient, en appelant II(n) le nombre cherché :
- avec s —- o, si n est pair, et s = 1, si n est impair.
- II(3o) = 225, en ajoutant P(3o) — 785, et la position finale, nous obtenons au total :
- 780 + 225 + 1 = ion.
- Mais le nombre des combinaisons est extrêmement grand car on peut arriver à une même position après avoir passé par des phases très diverses, c’est ce qui fait la variété et l’intérêt de cette récréation.
- Le dénombrement des positions remarquables de n objets est assez facile mais il ne peut être exprimé par une formule générale car il dépend de la forme de n.
- Rappelons d’abord ce qu’au jeu de Nim —- ou de la « Baissette » — on entend par position remarquable.
- Supposons n écrit dans le système binaire, c’est-à-dire décomposé en une somme de puissances de 2; les 3 nombres x, y, z formeront une position remarquable si, dans leur ensemble, chaque unité des divers ordres binaires est représentée zéro ou 2 fois.
- Ainsi 5, 9, 12 est' une position remarquable.
- 5 — 1 o 1 1
- 9 — 1 o o r [ Base 2 12 — 1 1 o o ]
- car les 3 nombres contiennent, en tout, 2 unités du premier ordre, zéro du second, et 2 du troisième et du quatrième.
- Donc si n est impair il n’y aura aucune position remarquable; de même si n est une puissance de 2 il n’y a
- qu’une décomposition : o, — , — , valable seulement pour
- une disposition en 2 tas. Dans le cas où n est pair, nous allons démontrer que le nombre des positions remarqua-
- blés, R(n) de 3 tas, est égal a : -----------, en désignant
- par p le nombre des chiffres significatifs de n, dans le système binaire. En effet, écrivons les uns au-dessous des autres, comme ci-dessus les 3 nombres x, y, z; s’ils forment une position remarquable nous aurons dans p colonnes, écrits dans un certain ordre, les signes o, 1, x. Dans chaque colonne il y a 3 permutations de ces signes, pour 2 colonnes nous aurons donc 32 figurations différentes car chaque permutation de la première peut' se combiner avec chaque permutation de la deuxième ; pour p colonnes nous obtiendrons 3p dispositions. Mais parmi ces 3P positions remarquables nous en aurons trois où l’un des nombres x, y, z est nul ; en outre les — 3 positions qui restent ne sont pas toutes distinctes : les nombres x, y, z étant différents, chaque position figure 6 fois, nombre des permutations de 3 objets. Donc en divisant 3P 3 par G nous obtenons la formule donnée plus haut :
- 2
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-
-
- Remarquons que le cas particulier 2k = n, est compris dans cette formule, R(2&) = o, car p = i.
- Pour 2 tas il n’y a évidemment qu’une position remarquable pour tout nombre pair.
- En résumé : si n, écrit dans le système binaire, se termine par un zéro, il y a R(n) + i position remarquable de 2 et 3 tas ; si n se termine par un, il n’y en a aucune.
- 33 — i
- Pour n - (3o)10 = (iino)a, p = 4; R(3o) = ----------------
- = i3. Il y a i3 positions remarquables sur les 75 positions initiales.
- Pour déduire de la formule précédente, toutes les positions remarquables, en jouant, il faut sommer R(n) + 1 pour toutes les valeurs de p relatives aux nombres pairs de 2 à u inclus. Si n est quelconque le problème est difficile car 1 R(n) + 1 dépend d’une manière complexe de la décomposition de n dans le système binaire. Si n — 2* — 2, ce qui est le cas pour 3o, on trouve aisément une formule générale. En effet tous les nombres pairs ^4 3o, par exemple, s’obtiennent en combinant une à une, deux à deux,... quatre à quatre les unités du deuxième au cinquième ordre binaire. Autrement' dit il y a autant de nombres écrits avec p chiffres significatifs qu’il y a de manières de' combiner 4 objets pris p à p. Ainsi : C’ = 4, d’où 4 nombres écrits avec 1 chiffre : 2, 4, 8, 16 ; C| = 6, d’où : 6 nombres écrits avec 2 chiffres 6, 10, 12, 18, 20, 24; C* = 4, donc 4 nombres écrits avec 3 chiffres : i4, 22, 26, 18 ; enfin C* = 1 un seul nombre 3o, écrit avec les 4 chiffres significatifs.
- .. : 403 =====
- Nous aurons donc, en désignant par dl(3o) foutes les positions remarquables en cours de partie : dl (3o) = 4R(a) + 6R(6) + 4R(i4) + R(3o) + 4+6 + 4;
- nous ne comptons pas la position remarquable o.i5.i5, le cas étant exclu par la règle du jeu (3 tas au départ). Cette somme est égale à 49 au jeu de Nim. A la a Baissette », il faut remplacer la position 0.1.1 par 0.0.1 et ajouter la position 1.1.1, ce qui donne en tout 5o positions remarquables comme on peut le vérifier directement dans le tableau de la page 249 du n° 3o35 de La Nature. Ainsi parmi ion positions possibles de 3o dames, on ne trouve que 5o combinaisons favorables au gain de la partie, il y a donc beaucoup plus de positions ordinaires que de positions remarquables.
- D’ailleurs c’est presque évident d’après ce que nous avons établi plus haut : sur deux nombres consécutifs, l’un, le nombre impair, ne donne aucune position remarquable ; l’autre, le nombre pair, n’a pas toutes ses décompositions favorables, donc les positions ordinaires surpassent, en nombre, les positions remarquables.
- Indiquons, pour terminer par une note moins grave, un petit artifice qui assure infailliblement le gain de la partie. Vous retirez une dame à l’insu de votre adversaire ; comme il en reste 29, nombre impair, toutes les positions sont ordinaires et vous êtes assuré de vous emparer immédiatement d’une position favorable. Ce mauvais conseil ne mérite d’être suivi, bien entendu, que si vous êtes le premier à jouer; sinon, souvenez-vous du vers de La Fontaine :
- « Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui... »
- II. Barolet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1939, A PARIS
- Mois chaud dans son ensemble, malgré le refroidissement survenu dans la dernière décade et un excédent pluviomé-trique dépassant 25 pour 100. Insolation assez satisfaisante.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée, au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 761 mm 1, est supérieure de o mm 7 à la normale des 60 années 1875-ig34, et le maximum absolu, 777 mm x, noté le 19, à 8 h, est un des plus élevés observés en avril depuis 69 ans.
- La température moyenne, n°,3, est supérieure de i°,7 à la normale et classe le mois qui vient de s’écouler parmi les mois d’avril franchement chauds.
- Jusqu’au 22 inclus, toutes les moyennes journalières, sauf le 18 et le 19, ont été supérieures à leurs normales respectives. Celles du 11, du 12 et du 13, avec des écarts de + 90,8, + 9°,i et + 8°,5, sont pai’ticulièrement remarquables ; ce sont les plus élevées enregistrées à pareille date au Parc Saint-Maur depuis 1874. Il en est de même des maxima cori’espondants, 27°,7, 24°,6 et 23°,4. Le maximum absolu mensuel, 27°,7, le 11, est supérieur de 4°,7 au maximum absolu moyen. Le minimum absolu, 2°,8, le 19, est également excédentaire de 3°,6. On n’a observé aucune gelée blanche.
- Les températures extrêmes absolues pour l’ensemble de la région ont été : o°,o à Montesson le 19 et 29°,2 à Join-ville-le-Pont le n.
- A Montsouris la température moyenne du mois, ii°,7, est supérieure de i°,6 à la normale. Le minimum absolu a été de 3°,6 le 28 et le maximum absolu de 28°,1 le 11.
- Seize journées de pluie appréciable (normale i4) ont fourni 55 mm 4 d’eau au Parc Saint-Maur, supérieurs de
- 2G pour 100 à la moyenne. Ce total a été fourni en majeure partie par quatre journées particulièrement pluvieuses, le 6, 11 m 1, le i4, 8 mm 3, le 24, 8 mm 1 et le 25, 11 mm 2. Les pluies du 6 et du i4 ont été accompagnées de manifestations orageuses.
- La quantité totale de pluie recueillie pendant le mois, à l’Observatoire de Montsouris a été de 49 mm 4, supérieure de 12 pour 100 à la normale, et la durée totale de chute, de 48 h 20 m, est normale. Les hauteurs maxima constatées en 24 h ont été, pour Paris, i5 mm 5 (Ménilmontant) du 6 au 7, et, pour les environs, 26 mm 5 (Vaucluse) du 25 au 26.
- Les brouillards ont été quotidiens, matinaux et peu épais.
- Orage sur toute la région, entre 17 h 3o et 23 h, le 6. Les 12, i4 et 25, tonnerre par places. Grêle les 4, 6, 18, 24 et 25, sur divers points. Grésil le 18, à la Tour Saint-Jacques.
- La durée totale de l’insolation à. l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, a été de 189 h 55 m et elle est supérieure de 11 pour 100 à la normale.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 69,0 pour 100 et celle de la nébulosité de 65,o pour 100. On y a constaté : 2 jours d’orage, 6 jours de brouillard, 8 jours de brume et 12 jours de rosée.
- La douceur de la température pendant les deux premières décades a activé les phénomènes de la végétation et les floraisons, qui étaient en retard d’une semaine environ au début du mois, présentaient à la fin une avance de trois à quatre jours.
- Le 5, réveil de la chamre-souris et le 6, arrivée des pre mières hirondelles.
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- 404 =
- TEMPÉRATURES EXTRÊMES D'AVRIL
- Nous avons groupé en deux tableaux les plus bas minima absolus de température, inférieurs à — 20 et les plus hauts maxima absolus, de + 2C0 et au-dessus, constatés en avril, depuis 1757 jusqu’à nos jours, d’après trois séries d’observations : celles de l’Observatoire de Paris qui s’étendent jusqu’en 1878, celles faites à Montdidier (Somme) de 1784 à 18G9 et
- celles de l’Observatoire du Parc Saint-Maur depuis 1874.
- PLUS BAS MINIMA ABSOLUS
- à Année froide F. à ou
- Année Paris Montdidier chaude C
- 1767 — 2°,2
- 177710 2°,5
- 17847 4°,6 — 6°,3 F.
- 17851 3°,8 3°,i F.
- 17861 2° ,0 20,5 F.
- I79°i 3°, 4
- 17903 3°,x F.
- 17985 2°, 3 i°,9
- I7991 3°, 9 5°,o F.
- 18078 3°,5 3°,i C.
- i8o8L 2°,6 5°,6 F.
- 1S091 3°, 6 2°,2 F.
- 18101 2° ,0
- 18122 2° ,0 20,8 F.
- 18161 3°,2 i°,9 F.
- 18171 2°, 5
- i83720 3°,3 3°,8 F. •
- i843b 2°,3
- i8529 3°,i
- i86210 2°,5
- 187s11 3°,7
- 18763 2°, 4
- 18793 3°,o F.
- 18878 2° ,0 F.
- 18881 2°,2 F.
- 18913 3°,5 F.
- iSga1 3°,o
- 19008 2°,0
- 19033 2° ,5
- 19052 i°,9
- 19072 2° ,0
- 1908* 3°,o
- igxi3 3°,o C.
- I9i32 2°,7 C.
- 19185 2°,7
- 19191 2°, 4
- 19223 2° ,0
- Moyenne : 4a,3 Proportion des années
- froides : 87 pour 100 Nota. — La plus longue période passée sans minima de
- l’ordre considéré, a été de 20 ans, de 1817 à 1837, et,
- pendant une période de 56 ans, de 1817 à 1873, ils ont été
- très peu nombreux. Ces minima reviendraient, en moyenne,
- tous les quatre ans 1 ou quatre ans et demi environ.
- On remarquera le retour de 100 ans : 1777-1876; 1799-
- 1900; de 1786-1793 avec 1887-1892; de 1807-1817 avec
- 1907-1919.
- PLUS HAUTS MAXIMA ABSOLUS
- Année froide F.
- à à ou
- Année Paris Montdidier chaude C
- 1709 26°,3 C.
- 17623 26°,2 C.
- 177513 27°,8 C.
- i7794 26°,2 C.
- i7834 28°,1
- 1792° 27°,2 26°,3
- I7942 27°, 8
- 17962 26°,3
- 18004 26°,3
- 18o44 25°,9 C.
- 18073 25°,9 28°,1 C.
- 18114 26°,9 C.
- 182110 28°,4
- 18221 26°,3 C.
- x84o18 29°,1 2.8°, 1
- x8411 28°, 2 28°,4 F.
- 186221 27°,3 26°,3
- i8653 26°,5 26°,9 C.
- 18694 26°,3
- 18701 26°,0
- i8744 28° ,0
- 18751 27°, 5
- 18827 26°,2
- 18864 26°,3
- x8g37 28°, 0 C.
- 19007 26° ,3
- igog9 26° ,8 F.
- 19134 26°,6 C.
- xgi63 26°,1 C.
- 193317 26°,2 c.
- I9341 29° ,0 c.
- 19393 27°>7 P
- Moyenne : : 5a,8 Proportion des années
- chaudes : 45 pour 100
- Nota. — La plus longue période passée sans maxima de l’ordre considéré, a été de 21 ans, de i84i à 1862, et, pendant une période de 5i ans, de 1811 à 1862, ils ont été très peu nombreux.
- Ces maxima reviendraient, en moyenne, tous les six ans environ.
- On remarquera le retour de 100 ans : 1762-1862; 1792, 1794-1893; 1800-1900; 1840-1939; de 1775-1783 avec 1874-1882.
- Em. Roger.
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- COMMUNICATIONS A V ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 mars 1939.
- La tremblante de la Chèvre. — La « tremblante du Mouton » est due à un virus filtrant. Jusqu’à maintenant il n’avait jamais été possible de la transmettre a d autres espèces. MM. Cuillé et Chelles ont essayé la transmission à la chèvre, chez laquelle cette maladie n’a jamais ete constatée mais qui présente une grande parenté zoologique avec le mouton. Ces tentatives ont été couronnées de succès. Il est à noter que la période d’incubation, atteignant 25 à 26 mois, est plus longue que chez le mouton. La maladie a évolué sous sa forme paralytique. Les troubles moteurs n’ont pas été accompagnés de modifications de la sensibilité cutanée ; les grincements de dents étaient rares et peu accusés.
- Séance du 3 avril 1939.
- Masses moléculaires des protéines. — M. Guastalla a mesuré au moyen d’un micromanomètre à fil tendu les pressions superficielles d’un certain nombre de films de protéines très diluées. La concentration superficielle a été parallèlement obtenue par pesée directe d’une parcelle de protéine disposée ensuite sur un manomètre superficiel à grande surface. En appliquant la loi PS = RT aux résultats de ces mesures, on est conduit par extrapolation aux valeurs suivantes des masses moléculaires : ovalbumine, 4o.ooo; gliadine, 27.000; hémoglobine, 12.000. Les deux premiers nombres sont en bon accord avec ceux de Sved-berg, celui trouvé pour l’hémoglobine est beaucoup plus faible, ce qui semble traduire une décomposition.
- Volcanisme et chimie nucléaire. — Il a été montré que l’uranium attaqué par les neutrons thermiques donne naissance à des neutrons supplémentaires porteurs d’une fraction de l’énergie libérée. M. Noetzltn voit dans ce phénomène une explication de l’origine des manifestations volcaniques. Les réactions nucléaires à grande échelle ont, jusqu’ici, été considérées comme propres à l’astrophysique, mais x’ien n’empêche que ces réactions s’amorcent dans les profondeurs terrestres et s’entretiennent par un mécanisme par chaînes. Il faut admettre en un point du globe une certaine concentration d’un corps capable de produire, sans .absorption d’énergie, des neutrons sous l’influence d’un bombardement de neutrons, ceci en présence d’autres corps
- capables d’absorber ces neutrons. Si la concentration de tels
- corps est grande, laissant peu de chances aux neutrons de s’échapper, il se produira des réactions nucléaires fortement exothermiques dont l’aboutissement sera une éruption. Ces réactions s’opposent par leurs résultats aux réactions nucléaires de l’astrophysique, d’une part à la synthèse exothermi-
- que des noyaux dans les étoiles et d’autre part aux explosions -spontanées des noyaux trop lourds qui donnent le flux thermique régulier émis par le globe terrestre dans l’espace.
- Possibilités biochimiques des végétaux. —
- "MUü Gertrude et M. Combes montrent combien est grande la plasticité de la matière végétale pour s’adapter à des
- conditions de vie différant de la normale. Leurs expériences sur Veronica Anagallis ont surtout porté sur les phénomènes biochimiques sous divers éclairements variant de 1/6 à 1. Elles ont montré que la même matière vivante construit des substances végétales différant par leurs teneurs en minéraux, glucides et protides suivant l’éclairement et suivant les con-
- ditions spéciales de culture (altitude ou immersion). D’une façon très générale, les minéraux et les composés azotés diminuent fort rapidement quand l’éclairement croît. Les glucides deviennent 1res abondants en altitude et rares en immersion. La plasticité biochimique est telle que certains des chiffres obtenus varient dans le rapport de x à 20, soit beaucoup plus qu’ils ne le font en général en passant d’une espèce végétale à une autre.
- Séance du 12 avril 1939.
- Les facteurs adjuvants de la vaccination. — Les
- chercheurs ont beaucoup plus porté leur attention sur le rôle des antigènes dans la vaccination que sur celui de leurs véhicules. M. Henri Vallée signale au contraire toute l’importance des excipients. Il est des vaccins qui sont redevables de leur efficacité non point seulement à l’antigène mais aussi aux divers éléments associés. La culture d’une souche immunisante du charbon symptomatique en bouillon de foie, peptoné et glucose, en présence de cai’bonate de chaux conduit à une acidité marquée. Les réactions du milieu pi'o-voquent une sédimentation de sels calcaires à laquelle s’associent le dépôt’ de corps mici’obiens à divers stades de sporulation et de dissociation et des floculats. Par des centrifugations et des lavages on peut séparer l’élément microbien de ces facteurs accessoires (sécrétions, acidité, sédiments). Il se trouve, qu’aioi's que le vaccin utilisé intégi'alement’ confère une immunité sûre et complète, le vaccin purifié et réduit à ses constituants microbiens ne protège que 60 à 70 pour 100 des cobayes éprouvés. Celte constatation confirme l’ensemble des travaux de llamon et’ de ses collaborateurs sur le rôle des facteurs adjuvants dans la vaccination.
- Phosphures de vanadium. — Les phosphures de vanadium n’ont été jusqu’à ce jour que très peu étudiés. M Chêne annonce qu’il a pu les préparer par électrolyse entre 8oo° et 900° d’une dissolution d’oxyde de vanadium dans l’acide métaphosphorique additionné de fluorure ou de chlorure de magnésium ou de lithium. On traite ensuite le résultat par l’acide chlorhydrique étendu. L’auteur a pu isoler les phosphui’es PV et PV, qui se présentent sous la forme d’aigxxilles d’aspect métallique. Ces composés résistent à l’attaque des acides mais sont décomposés par les alcalis et les sels alcalins fondus.
- L’attaque du carbure de fer. — En attaquant la fonte blanche par l’acide nitrique, on obtient dans certaines conditions, par exemple directement avec l’acide de densité 1,17, une matiêi'e carbonée brune qui peut être purifiée par dissolution dans la soude et précipitation par acidification. A l’état sec on obtient’ une poudre noirâtre peptonisable en brun foncé par les alcalis à froid ou lentement à chaud parles solutions d’acide niti'ique. On est en présence d’un composé quaternaire de carbone, oxygène, hydrogène et azote, analogue à ceux obtenus par oxydation des carbones amorphes par l’acide nitrique. Ces substances possèdent des propriétés semblables à celles des matières hunxiques extraites du sol, de la tourbe ou des lignites, elles contiennent seulement sensiblement plus d’hydrogène, soit de 1,9 à 2,8 pour 100 en poids.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les étoiles, par Georges Bkuhat. 1 vol., 238 p., 16 pl. Félix
- Alcan, Paris, 1939. Prix : 25 francs-.
- Nos connaissances sur le monde sidéral ont fait en ces dernières années d'étonnants progrès, grâce surtout à la plioto-métrie et à la spectrographie. L’auteur à qui l’on doit déjà une belle étude de mise au point sur le Soleil montre ici avec le même talent et la même autorité par quelles voies la science est parvenue à constituer ce bel édifice de connaissances et examine quel en est le degré de certitude. On ne trouvera pas ici de ces constructions cosmogoniques aventureuses et quelque peu fantaisistes auxquelles se sont complus en ces dernières années de grands savants, mais un exposé clair et solide, appuyé sur une documentation abondante et sûre, et cependant d’une lecture facile et attachante.
- Précis de technologie et de chimie industrielle,
- par Pierre Carré. Tome II (4e édition) (Les industries des
- produits minéraux). 1 vol., 594 p., 137 fig. J.-B. Baillière,
- Paris, 1939. Prix : 90 francs.
- Les industries des produits minéraux sont si variées et offrent une telle diversité de techniques qu’il paraît impossible de résumer en un seul volume leurs traits essentiels. M. Pierre Carré a cependant réussi ce tour de force. Cette réédition, soigneusement remise à jour, témoigne que cet effort a reçu le succès qu’il méritait. L’auteur a su exposer avec une concision qui ne nuit jamais à la clarté, et avec un sens didactique remarquable, les caractéristiques fondamentales de chaque industrie et des divers procédés qu’elle met en œuvre ; son livre destiné surtout aux élèves des écoles techniques intéresse cependant une classe plus étendue de lecteurs qui y trouveront les uns des vues générales sur les méthodes des industries chimiques et l’enchaînement des diverses industries minérales, les autres des renseignements numériques précis et soigneusement contrôlés.
- Sols et fondations, par Armand Mayer. 1 vol., 202 p.,
- 94 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1939. Prix broché :
- 15 francs.
- La mécanique des sols de fondation a fait, au cours des dernières années, des progrès rapides. Le livre de M. Mayer est le premier tableau d’ensemble, en langue française, de cette branche nouvelle de la technique. L’auteur, qui a créé et 'est encore l’animateur du premier laboratoire français de la mécanique du sol, y expose, sous une forme accessible à tous, l’état actuel cle nos connaissances en la matière. Laissant de côté les développements purement mathématiques, reposant sur des hypothèses trop limitatives pour aboutir à des formules applicables sans réserve et sans danger, M. Mayer se place et se maintient résolument sur le terrain de l’observation et de l’expérience et fait bénéficier ses lecteurs de l’expérience acquise par l’étude de plusieurs centaines de cas particuliers soumis au laboratoire : fondations superficielles ou profondes, soutènements, digues et barrages en terre, infiltrations. Il compare, dans chaque cas, les résultats du calcul et les observations directes et constate, le plus souvent, l’insuffisance des formules théoriques. Il indique, sur de très nombreux exemples, comment peuvent être conduites les études expérimentales, indispensables pour la sécurité de l’ouvrage projeté.
- Pour savoir le temps qu’il fera, par G. Guilbert.
- 1 vol., 109 p., 15 fig. Hachette, éditeur, Paris, 1939. Prix :
- 12 francs.
- Depuis de longues années, M. Guilbert met en pratique avec un succès remarqué des méthodes personnelles de prévision du temps qui reposent sur quelques lois simples se résumant ainsi : le vent est le maître de la pression ; la pression commande le temps. Le baromètre, le vent et les nuages convenablement interrogés doivent nous apprendre le temps de demain. L’auteur, en ces quelques pages, initie le lecteur à sa méthode et la compare à celle des organisations officielles. Rien de plus clair que l’exposé de M. Guilbert ; ce qui ne signifie pas que ses lecteurs peuvent, du jour au lendemain', devenir de bons prévisionnistes. L’auteur a la sagesse de les prévenir : « rien ne dispense de l’étude et de la réflexion ».
- Le soja et les industries du soja, par A. Matagrin.
- 1 vol. in-16, 390 p., 46 fig. Gauthier-Yillars, Paris, 1939.
- Prix : 60 francs.
- Fève riche en matières azotées, en huiles, en lécithine, le soja a de multiples utilisations alimentaires et industrielles. Ce livre rappelle son histoire, indique sa culture et s’étend sur sa composition chimique, ses préparations culinaires, ses traitements industriels en vue de séparer l’huile et la lécithine du tourteau, matière première aux multiples usages. Une bibliographie très complète permet de se reporter aux travaux ori-
- ginaux mis en ordre et analysés ici. Ils aboutissent à cette conclusion que la culture du soja est possible et désirable en France et dans ses colonies.
- Nyaré, buffle sauvage, par Georges Trial. 1 vol. in-16, 221 p., 16 pl. Collection « Scènes de la vie des bêtes ». Albin Michel, Paris, 1939. Prix : 22 francs.
- Ayant vécu 10 ans de chasse, de pêche et d’entière liberté parmi la brousse et la forêt gabonaise, notre collaborateur a observé à loisir les animaux dont il a déjà présenté quelques-uns dans La Nature. Il y a connu le buffle sauvage, animal farouche et puissant, qu’il a regardé vivre de la naissance à la mort, jeune suivant sa mère, admis dans un troupeau, mâle batailleur, solitaire, errant dans la plaine de hautes herbes, menacé par les blancs, chassé par les noirs, blessé, traqué, finissant sa vie noyé dans la lagune, proie des requins. Destinée tragique qui nous vaut de vivants tableaux africains, bien différents de ceux des deux premiers volumes de la même collection : le caméléon familier de de Miomandre et le chameau domestique de Finbert.
- Buschi, par G. Brandes. 1 vol. in-8°, 132 p., 155 fig. Quelle und Meyer, Leipzig, 1939. Prix : relié toile : 4,80 marks. Kohler aux Canaries, Yerkes aux États-Unis, Guillaume et Meyerson en France, ont longuement et finement observé la psychologie et le comportement des singes anthropoïdes. L’auteur, directeur du jardin zoologique de Dresde, a reçu en 1927, une mère orang-outang avec son fils, un tout jeune mâle, Buschi, né en Mer Rouge pendant le voyage. Le nourrisson a grandi à Dresde, grâce aux bons soins du professeur Brandes et il est devenu adulte, avec une moustache, une barbe, une longue toison, une énorme poche vocale. Pendant 12 ans, on l’a regardé vivre, on a suivi son développement parmi les hommes et ce livre raconte et figure tout ce qu’on a pu observer de ses gestes, de ses expressions, de ses progrès. Document unique par sa durée et la sympathique compréhension dont il donne la preuve.
- Essai de météoropathologie, par W. Kopaczewski. 1 vol. in-8°, 296 p., 14 cartes. Baillière, Paris, 1939.
- L’auteur a déjà donné dans La Nature une vue d’ensemble du sujet développé ici. Il passe d’abord en revue toutes les données physiques relatives à l’air et à lumière, principaux éléments du climat, puis rappelle les effets physiologiques de chaque facteur isolé. Il indique les mesures météorologiques simples qui doivent accompagner les observations cliniques, puis aborde les phénomènes météoropathologiques : chocs aigus dus aux variations de température, de pression, de lumière, d’électricité, les prédispositions, les états aggravés par des facteurs météorologiques. La troisième partie traite des éléments thérapeutiques : climats, hygiène, phylacto- et sismothérapie (stabilisation et chocs).
- La Somalie française, par E. Aubert de La Rüe.
- 1 vol. in-8°, 163 p., 3 cartes, 32 pl. Collection « Géographie humaine ». Gallimard, Paris, 1939. Prix : 40 francs.
- Récit d’un voyage accompli l’an dernier par notre collaborateur dans une des colonies françaises les moins bien explorées et les plus d’actualité. Outre la côte et les ports : Obock, Tadjourah, Djibouti, l’auteur a parcouru 1.500 km à pied, en pays Issa et Dankali, jusqu’aux frontières éthiopiennes et aux régions occupées par les Italiens. Il décrit en naturaliste ces pays tourmentés : sables basaltiques, lacs asséchés, déserts, gorges aux sources fumantes, et quelques forêts de montagnes ; il observe la flore, la faune, les hommes et montre par de nombreuses photographies les aspects si divers d’une contrée en partie ignorée encore.
- La loi mathématique de l’histoire et Napoléon Ier,
- par R. E. Gérard. 1 vol. in-8°, 95 p., 1 pl. Librairie de la Bourse, Charleroi, 1939. Prix : 20 francs.
- Reprenant les idées deux savants belges, Brück puis Lagrange, l’auteur voit dans l’histoire une périodicité qui déplace et fait succéder les peuples-chefs : Babylone, l’Égypte, la Palestine et la Phénicie, la Grèce, Rome, les Francs, la Papauté, la France, l’Angleterre, tous les demi-millénaires. Chaque peuple-chef, en 516 ans, passe de sa constitution à l’organisation, puis à l’apogée suivie de décadence interrompue par un grand éclat ; pendant 516 ans il se prépare, pendant 516 autres il a le gouvernement universel, pendant deux fois 516 ans il décline avant de disparaître. Napoléon est l’éclat de la France, comme Charlemagne fut celui des Francs et Alexandre celui des Grecs. De cet arrangement de l’histoire,’ l’auteur tire des conclusions pour le temps présent et prévoit l’éclat de l’Angleterre vers 2200.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Distribution pneumatique pour moteur à deux temps.
- Le grave défaut des moteurs à deux temps, dont les lumières d’admission et d’échappement sont ouvertes et fermées par le piston faisant office de tiroir, est une consommation spécifique exagérée due surtout à une course de détente insuffisante et à une perte de gaz frais, provoquée par l’ouverture de la lumière d’échappement après celle de la lumière d’admission.
- Malgré ce désavantage important, le moteur à deux temps jouit d’un certain succès car son prix de construction est relativement bas, il est léger, peu encombrant et très rustique. Aussi a-t-on cherché à diminuer sa consommation
- sage aux gaz frais qui se précipitent dans le cylindre par la lumière A (fig. 3), pendant que le piston P, continuant sa course, remonte et ferme la lumière d’échappement E. Les gaz frais continuent leur admission dans le cylindre jusqu’à fermeture de la lumière À par le piston P, qui, continuant sa course remontante, compresse les gaz frais, ce qui a pour effet de faire redescendre la navette N, fig. 4. Et le cycle recommence.
- Les caractéristiques importantes de ce cycle sont : i° admission des gaz frais après échappement des gaz brûlés, moment difficile à saisir mécaniquement parce que variable avec chaque régime ; 20 fermeture de la lumière d'échappement avant celle d’admission, évitant les pertes de gaz frais et rendant possible la suralimentation entre les fermetures ; 3° course de détente plus longue.
- Travail
- Echappement
- Admission
- Compression
- Fig. 1. — Le distributeur Ragoucy.
- pour profiter au maximum des autres avantages.
- M. G. Ragoucy a réalisé un dispositif de distribution très simple, très sûr et améliorant très sensiblement le rendement général. Ce dispositif agit sous le double effet, du vide laissé par l’échappement (effet Atkinson) et de la pression d’introduction des gaz frais. Il est donc indépendant du fonctionnement mécanique du moteur et par suite peut s’adapter automatiquement aux conditions du régime de marche, ce qui lui assure une efficacité certaine.
- L’effet Atkinson est la dépression profonde qui suit immédiatement la sortie des gaz d’échappement et qui est immédiatement comblée soit par l’air ambiant, soit par les gaz brûlés ramenés en arrière dans la tuyauterie. L’utilisation de cet' effet a été l’objet de nombreuses tentatives de Atkinson, Southall, Loyal, Colman, Matricardi,
- Kadenacv, pour ne citer que les principaux, mais la difficulté principale rencontrée était justement la variation des caractéristiques du phénomène en fonction de la vitesse du moteur.
- Le dispositif de M. Ragoucy dont la figure 1 donne le principe de fonctionnement repose essentiellement sur l’emploi d’un organe de distribution appelé navette (N) dont le fonctionnement est commandé par les gaz du cylindre et non plus par un organe mécanique.
- Son fonctionnement est le suivant :
- La face supérieure de N reçoit par le canal B les pressions existantes dans le cylindre et sa face inférieure la pression des gaz frais précompressés arrivant de C. Cette navetle étant à son point mort bas obture le transvasement des gaz frais entre C et la lumière d’admission A. Il est à remarquer que, partant du point mort bas du piston P, cette lumière A est plus haute que celle d’échappement E, contrairement ou dispositif classique du moteur deux temps, dit à 3 lumières.
- Le fonctionnement du cycle est le suivant : supposons le piston-moteur P arrivant à son point mort haut, les gaz frais comprimés passant par B font pression sur la navette N, l’amenant à son point mort bas. L’explosion survenant, le piston-moteur P (fig. 1), descend, accomplissant sa course de travail. Il découvre d’abord la lumière d’admission A, mais la navette N obturant le canal de transvasement entre C et A, .les gaz brûlés ne peuvent aller plus loin. Ensuite le piston P découvre la lumière (fig. 2), et les gaz brûlés s’échappent. Cet échappement produit une baisse rapide de pression, suivie d’une dépression, dans le cylindre-moteur et, par suite, sur la face supérieure de la navette N. De ce fait, la pression exercée par les gaz frais précompressés venant de C n’étant plus contrebalancée, la navetle N se soulève, ouvrant le pas-
- II est à souhaiter que les essais préliminaires satisfaisants de ce système puissent être poursuivis activement en vue d’une étude industrielle complète.
- Terrassements à la pelle à traction.
- La pelle à cheval est un instrument insuffisamment connu. Elle consiste en une sorte de benne métallique raclant dans la terre préalablement labourée, puis traînant sur le sol et déversant son contenu où l’on veut.
- C’est un outil merveilleux pour les nivellements précédant l’irrigation. On peut l’employer aussi à la creusée des mares en faisant alterner la pelle et la charrue. On s’en sert pour creuser des grands fossés en opérant en travers ou obliquement.
- Avec un tracteur, on a des modèles plus forts permettant à un seul homme de transporter et mettre en tas ou régaler des dizaines et des dizaines de mètres cubes par jour.
- L’homme, en tirant sur un levier, déclanche le mécanisme d’accrochage lorsque la pelle, fonctionnant en raclette, vient d’être remplie. Ensuite il fait une centaine de mètres au plus. Arrivé à l’endroit où il doit abandonner sa charge, il tire à nouveau pour enclancher à la prise. La pelle pique dans la terre, ce qui l’oblige à se retourner par-dessus son contenu qu’elle abandonne. La machine retournée est conduite à nouveau sur le terrain labouré. On cnclanche un loquet la transformant en raclette rigide. Elle fonce dans le labour, se remplit et la tournée reprend. Toutes ces opérations se font sans arrêt de la traction.
- Dans les pelles à cheval, l’homme suit derrière et commande les enclanchemcnts au moyen d’un levier.
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- BOITE AUX LETTRES
- De tout un peu.
- M. Breiter Zhymler, à Paris. — Nous vous conseillons de vous adresser au Bureau de la Société astronomique de France, .7, rue Suger, Paris (Ge) (lundis, mercredis, vendredis, de 14h30m à 17h30m). Vous pourrez vous y procurer des planches astronomiques et notamment les plus belles photographies du ciel contenues dans l’album de G.-W. Ritchey : L’Evolution de l’Astrophotographie et les grands télescopes de l’avenir.
- M. F. Boyer, à Paris. — La formule du révélateur en deux bains dont vous nous communiquez le nom n’a pas été publiée. Nous avons sous les yeux une notice du laboratoire qui a lancé ce produit, mais nous ne connaissons pas de maisons françaises fabriquant un produit comparable.
- Vous trouverez un article sur ce sujet, paru sous le titre « Les révélateurs à double développement » dans la Revue française de Photographie et de Cinématographie, n° 428, du 1er octobre 1937, p. 289 et vous consulterez avec intérêt l’ouvrage « Les grands contrastes en photographie (Comment s’en rendre maître) », par J. Dulovits. Paul Montel, éditeur, 189, rue Saint-Jacques, Paris (5e).
- M. Séchaud, à Montreux. — La cellophane se colle simplement à la gélatine, il suffit donc de préparer à cet effet une solution de colle forte légère.
- M. Soubise, à Bordeaux. — La crème à raser se prépare
- ainsi :
- Prendre :
- Acide stéarique.......................... 100 gr
- Eau distillée............................ 800 —
- Glycérine................................. 60 —
- Lessive de soude caustique à 13° B. 30 —
- Faire fondre au bain-marie l’acide stéarique, puis ajouter la lessive de soude, laisser quelques minutes en contact, verser ensuite la glycérine et l’eau.
- Abandonner au repos jusqu’à solidification et chauffer à nouveau pour obtenir une nouvelle fluidité, puis faire refroidir en battant constamment : ajouter pendant cette opération le
- parfum choisi, par exemple :
- Héliotropine cristallisée pulvérisée. 4 gr
- Musc artificiel............................. 2 —
- Glycérine (pour homogénéiser) . . 5 —
- Mettre en pots, recouvrir d’une feuille d’étain ou d’aluminium, fermer hermétiquement, conserver en lieu frais.
- Le second chauffage est indispensable à une bonne réussite, le battage pendant le refroidissement doit être de préférence effectué mécaniquement avec un batteur type mayonnaise.
- M. Saint, à Marseille. — La solution permettant d’obtenir des bulles de savon volumineuses et persistantes se prépare ainsi :
- Prendre :
- Eau distillée............. 80 cm3
- Oléate de soude........... 2 gr
- Laisser en contact 24 h puis ajouter :
- Glycérine................. 25 cm3
- Alcali volatil............ une ou deux gouttes
- Laisser reposer après mélange, décanter le liquide clair et mettre en flacons.
- N. -B. — L’oléate de soude est simplement le savon obtenu en saturant l’acide oléique du commerce par une quantité suffisante de soude caustique.
- M. Valin-Hoel, à Itoulers. — Pour empêcher la formation de buée sur les verres de lunettes, il suffit de déposer sur ceux-ci une trace du savon transparent connu dans le commerce sous le nom de savon à la glycérine, puis d’étendre en frottant avec le doigt de façon que ce léger dépôt ne soit plus apparent.
- Si on préfère la forme liquide, on opérera de la même façon
- en préparant d’avance une solution concentrée du même savon dans l’eau distillée.
- N.-B. — Ne pas employer l’eau ordinaire dont les sels de chaux en solution précipiteraient le savon en troublant le liquide.
- M. Kahanoff, au Caire. — Les proportions de ciment et de sable étant prévues au cahier des charges, il vous suffira de les observer ; quant aux sels de baryum qui doivent venir en complément, dont le dosage est également prévu, ce sont soit le sulfate, soit le carbonate de baryum, sels insolubles qui jouent le rôle de remplissage, à l’exclusion des sels solubles qui donneraient naissance à des réactions fâcheuses et doivent par suite être évités.
- M. Barthélémy, à Casablanca. — Vous pourrez préparer une excellente graisse d’armes en prenant :
- Suif de mouton.................. 100 gr
- Huile de vaseline............... 200 —
- Faire fondre le suif au bain-marie laisser reposer pour sédi-menler les impuretés, filtrer au travers d’une flanelle, ajouter l’huilo de vaseline, rendre homogène, puis mettre en boîtes pouvant se fermer hermétiquement.
- M. Bouvier, à Dour (Belgique). —- La mixture suivante conviendra parfaitement pour l'entretien de la carros-
- serie d’automobile :
- Essence minérale................ 850 cm3
- Huile de vaseline............... 150 —
- Si un polissage est nécessaire, il vous suffira d’imprégner le tampon d’un peu de tripoli impalpable.
- N.-B. — Cette préparation par sa nature enlève en même temps toute trace de graisse ou de goudron.
- M. Chardin, à Pantin. — 1° La force agglutinante d’une colle est fonction de son pouvoir gélatinisant (formation de gelée), de sa viscosité et directement proportionnelle au point de fusion. Si le pouvoir gélatinisant est le même, la viscosité varie avec le point de fusion.. Quand la température est élevée au-dessus du point de fusion, la viscosité croît à peu près en fonction logarithmique de la concentration et en raison inverse de la température.
- 2° Le viscosimètre d’Engler est constitué par un réservoir en laiton fermé par un couvercle laissant passer un thermomètre. Le fond du réservoir donne passage à un tube de 20 mm de long d’un diamètre de 2 mm 9 à la partie supérieure, rétréci à 2 mm 8 à la base.
- Le tout est placé dans une enveloppe contenant de l’eau ou de l’huile que l’on porte à une température déterminée.
- Pour effectuer un essai, on fait gonfler la colle pendant 12 h dans l’eau froide, puis on la liquéfie au bain-marie et l’amène à une concentration de 15 pour 100.
- On maintient cette solution pendant une demi-heure au bain-marie bouillant, puis on la fait s’écouler par le tube calibré de l’appareil d’Engler à 30° C., le temps d’écoulement divisé par le temps d’écoulement d’une même quantité d’eau déterminé préalablement avec le même appareil à la même température, donne un chiffre qui représente la viscosité de la colle par rapport à l’eau.
- M. Sabatier, à Aies. — La formule suivante de colle pour le cuir vous donnera très probablement satisfaction, dans le cas prévu :
- Prendre :
- Benzine légère........................ 300 cm3
- Asphalte............................... 15 gr
- Colophane.............................. 15 —
- Gutta-percha........................... 70 —
- Laisser digérer en flacon bien bouché en agitant fréquemment pendant quelques jours, puis après repos, décanter le liquide clair qui servira seul au collage.
- N. -B. —- Avoir soin, avant application, de bien décaper les parties du cuir à joindre, en frottant celles-ci avec du papier de verre.
- Le Gérant : G. MASSON. imprimé par barnéoud frères et cle a laval (france). — 15-6-1939 — Published in France.
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- LA NATURE
- SOIXANTE-SEPTIÈME ANNÉE — J 939
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles, 25.
- Abeille : miel, 257.
- Académie des Sciences : résumés des communications, 29 , 61, 93, 125, 157, 187, 221, 253, 285, 335, 373, 405.
- Accus : recharge par moulin à vent, 375. Acide ascorbique : dosage, 373.
- Acide ascorbique : précurseurs, 373.
- Acide sullamique, 62.
- Actinométrie solaire, 40, 128.
- Adsorption à la surface des alliages, 281. Affûteur pour lames de rasoir, 375. Afrique Occidentale : dessication, 222b Air ionisé, 221. , !
- Alençon : gravimétrie, 157. A
- Algues : celluloses, 285. ,ÿ
- Algue : identification, 373. ' /
- Allemagne : perspectives démographiques, 159.
- Alliages : adsorption à la surface, 281. Alliage magnétique nouveau, 254. Allumette électrique, 32.
- Altitude : mesure radioélectrique, 147. Altitude : record de ballon sonde, 10. Aluminium : soudure à l’étain, 121. Amalgames de nickel, 221.
- Amplificateurs à émission secondaire, 239. Anaphylaxie locale, 221.
- Anoxémie et éphédrine, 29.
- Antenne antiparasite toutes ondes, 340. Antibuée, 408. -
- Appareil photographique minuscule, 223. Apprentis mécaniciens, ,150.
- Apprêt percale, 344.
- Aquarium : lut pour vitres, 192. Aquariums : mastics, 282.
- Arborescences minérales, 365. Archéologues de 6939, 121.
- Argent : recherche de débouchés, 182. Argile : désaération, 353.
- Arpentage du monde sidéral, 107.
- Arsenic métalloïde, 96.
- Astronomie : bulletin, 26, 90, 155, 218, 283, 370.
- Astronomie : questions, 96.
- Atlantique nord : traversées aériennes, 268.
- Atmosphère : champs électriques, 93. Attaques aériennes : précautions, 394. Audiomètre perfectionné, 339.
- Audition : appareil de prothèse, 64. Aurore boréale, 161.
- Auscultation permanente des ouvrages d’art, 62.
- Autos : sécurité contre l’incendie, 68. Automates de l’Exposition de New-York, 247.
- Automobile : ancêtres, 118.
- Avalanches, 289.
- Aviation : 16e Salon, 16.
- Aviation : traversées de l’Atlantique nord, 271.
- Avions de chasse, 345.
- Avions : refroidissement des moteurs, 136.
- B
- Bactériothérapie de l’épithélioma du lapin, 335.
- Balance, type Roberval, à plateaux excentrés, 369.
- Ballon météorologique à plus de 30 km, 10.
- Baroscope, 376.
- Battée, 344.
- Bentonites, 374.
- Berbères du Haut Atlas, 85.
- Béton : conduits, 58.
- Biarritz : musée de la mer, 167. Birkenwasser, 192.
- Blattes : destruction, 217.
- Bois : méthoxyle, 125.
- Bouchons de liège : conservation, 192. Bouteille : sectionnement, 96.
- Bronzage des canons de fusil, 128. Brouillard et couronnes, 29.
- Brouillard : machine pour cinéma, 287. Brunissement de la peau, 192.
- Buffle sauvage d’Afrique équatoriale, 377. Bulles de savon, 408.
- c
- Cadran solaire analemmatique, 278.
- Cafés coloniaux français, 61.
- Caisse trieuse de monnaies, 127.
- Calculs biliaires, vitamines, hormones, 100.
- Calculs rapides, 329.
- Camping : véhicule, 341.
- Cancer des routes goudronnées, 153. Capacité respiratoire : mesure, 341. Gapsulage des bouteilles, 224.
- Carbone : microdosage, 93.
- Carbone : poids atomique, 157.
- Carbures acétyléniques vrais, 373. Carbure de fer : attaque, 405.
- Carimaré, 97.
- Carrosserie d’auto : entretien, 408. Cataracte : correction, 221.
- Ceinture sportive, 190.
- Cel’ophane : collage, 408.
- Cellule photoélectrique, 221.
- Cellules photoélectriques pour aveugles, 343.
- Celluloses des algues, 285.
- Cellulose : fabrication des feuilles transparentes, 226.
- Centre expérimental de télévision de Montrouge, 199 .
- Céréales : production, 335.
- Chimie nucléaire et volcanisme, 405.
- Ciel : arpentage, 107.
- Ciel : phénomènes en avril, 366>
- Supplément au n° 3051 de La Nature du 15 juin 1939.
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- Cinéma : machine à brouillard, 287. Cinématographie dans les sciences, 42. Cinématographie et enseignement'du-tir, 362.
- Cirages : perfectionnements, 251 Chalumeau souple « Dipso », 342.
- Champ électrique atmosphérique, 93. Champs électromagnétiques : anomalies près des rivières, 187.
- Champignons capteurs de larves, 253. Chapeaux de paille : nettoyage, 128. Chauffage électrique en horticulture, 24. Chemin de fer transiranien, 338. Cheminées : élimination du soufre, 40. Chili : couleuvres, 38.
- Chili : tremblement de terre, 222, 268. Chlorose calcaire, 221.
- Choline chez les mammifères, Cl. Colchicine : action sur les végétaux, 253. Colibacillose, 285.
- Collage du drap sur bois, 376.
- Colles, 408.
- Colle blanche,. 256.
- Colle pour cuir, 408.
- Colle pour reliure, 256.
- Colonisation aux Indes Néerlandaises, 356, Comète Cosik-Peltier (1939 a), 123, 189. Commande souple à distance, 206. Condensateurs électrolytiques : construction, 96.
- Condensation et mouillab.ilité, 142. Corrosion des métaux légers, 253. Couleuvres du Chili, 38.
- Coupe-circuit perpétuel, 375.
- Courant diadynamique, 319.
- Couronnes dans le brouillard, 29.
- Cours de radioélectricité et cinématographie, 343.
- Cratère nouveau à La Réunion, 221. Crèmo à raser, 408.
- Crépuscule, 187.
- Cryptolépine, 157.
- Cultures à l’obscurité, 90.
- Cultures aseptiques, 29.
- Cupaloy, 94.
- Cuve à flotteur étanche, 287.
- Cyclone tropical, 253.
- D
- Défense passive, 394.
- Démographie allemande : perspectives,
- 159.
- Dépôts élcctrolytiques, 96.
- Désaération do l’argile, 353. Desincrustants, 64.
- Dessiccation de l’Afrique Occidentale, 222. Dessin animé, 314.
- Destruction des blattes, 217.
- Diaphragme : influence sur l’imago photographique, 57.
- Diphtérie : sérothérapie, 253.
- Dirigeable « Graf Zeppelin », 126. Documentation photographique dans les sciences, 42.
- Dorure : brunissage, 343.
- Dorure sur tranches, 256.
- Drap : collage sur bois, 376.
- E
- Eau de mer : zinc, 157.
- Eau de toilette, 376.
- Eau de Yichy : action, 221.
- Eaux résiduaires : utilisation, 128. Éclipse partielle de soleil du 19 avril, 225.
- École française de meunerie, 214.
- Égypte ancienne : faïence, 65.
- Électrolyse des fluosilicates, 335.
- Électrons : multiplicateurs, 239.
- Électrotechnique : isolants, 249.
- Élément 87, 221.
- Emballage métallique, 255.
- Émetteur sur ondes courtes, 34-3. Empreintes digitales, 376.
- Encaustiques : perfectionnements, 251. Encaustiques pour parquets, 344. Encrassage des limes, 344.
- Encre fixe, 224.
- Enduits pour béton, 58.
- Éphédrino et anoxémie, 29.
- Épidémies de paludisme, 93.
- Essence de Karo Karoundé, 29.
- Essence : fabrication par hydrogénation, 295.
- Etoile nouvelle ou variable ? 159.
- Étoile quadruple 59 Serpent, 29.
- Étoiles : système nouveau, 70.
- Étourneaux : vol, 363.
- Explosifs et hautes pressions, 335. Explosifs : métaux légers,' 373.
- Explosifs : puissance, 84.
- Explosions : luminosités, 285.
- Explosions : phénomènes lumineux, 23. Exposition de New-York : machine parlante et automates, 247.
- Extinction par les poussières, 187.
- F
- Faïence dans l’ancienne Égypte, 65. Falaise éboulée d’Ivry, 253. Fcldspaths : synthèse, 253.
- Feuilles panachées : azote, 157. Feux de Bengale, 224.
- Fibres musculaires vitrifiées, 187. Fièvre jaune : moustique, 350. Fièvre jaune : transmission, 187. Film en couleurs : technique, 288. Fixatif pour cheveux, 376 . Fluosilicates : électrolyse, 335.
- Fond de teint, 256.
- Fontes : procédé acide, 254.
- Foudre en Haute-Garonne, 187. Fouilles d’Ur, 176.
- Fourmiliers, 82.
- Fumier et mauvaises herbes, 120. Fusées : histoire, 307.
- Fusées ' progrès, 386.
- Fusion du graphite, 253.
- G
- g : mesure, 61.
- Gauchers, 93.
- Géologie : institut de la Faculté des Sciences de Rennes, 132.
- Glycérol dans les olives, 125.
- Glycérol synthétique, 254.
- Gommes : analyse, 61.
- Graisse d’armes, 408.
- Granit des Pyrénées : âge, 157.
- Graphite : fusion, 253.
- Gui, 128.
- H
- Halo solaire, 197.
- Halogènes : recherche à la touche, 125. Hermès, planète, 1.
- Ilétéroauxines, 61.
- Homme de Néanderthal, 384.
- Hormones, vitamines, calculs biliaires, 100.
- Horticulture : chauffage électrique, 24. Houat et Hœdic, 321.
- Houille : nouvelle usine allemande d’hydrogénation, 94.
- Houilles : structure, 112.
- Huile de graissage, 256 .
- Huiles : viscosité, 61, 93.
- Hydrogénation catalytique, 295. Hydrogénation de la houille : nouvelle usine allemande, 94.
- Hydrogénation de la résine, 254.
- I
- Iles Houat et Hœdic, 321.
- Illusion tactile, 126, 191.
- Incendie des autos : appareil de sécurité, 63.
- Indes néerlandaises : colonisation, 356. Institut de géologie de Rennes, 132. Insuline : absorption digestive, 253. Intensités élevées : mesure, 125.
- Iran : chemin de fer, 338.
- Irradiation des microbes, 285.
- Isolants en électrotechnique, 249.
- Isotopes : séparation, 30.
- Ivry : falaise éboulée, 253.
- J
- Jets fluides : propriétés musicales, 49, 191.
- Jeu de « Nim », 401.
- L
- Labouiche : rivière souterraine, 193.
- Laine synthétique, 201.
- Lampe d’analyses à U. V., 339. Lampes-tubes luminescentes, 187. Lanterne de projection : construction, 343.
- Lèpre expérimentale, 93.
- Liège : conservation des bouchons, 192. Lime à ruban, 190.
- Limes : encrassage, 344.
- Linoléum : nettoyage, 224.
- Lithium : phosphure, 61.
- Livres : dorure sur tranches, 256.
- Livres nouveaux, 28, 60, 92, 124, 158, 188, 220, 252, 286, 336, 372, 406.
- Lotion épidermique, 376,
- Luminosités d’explosion, 285.
- Lumvisor, 255.
- Lunettes : nettoyage des verres, 96.
- Lut pour aquarium, 192.
- Lyot, membre de l’Académie des Sciences, 279.
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- M
- Machine à limer à ruban, 190.
- Machine de Wimshurst, 224.
- Machine parlante de l’Exposition de New-York, 247.
- Magie mystérieuse, 89.
- Magnésium : oxydation lente, 373. Margerie (Em. de), membre de l’Académie des Sciences, 183.
- Mastic à greffer, 344.
- Mastics pour aquariums, 282. Mathématiques : récréations, 185, 401. Matières plastiques nouvelles, 395.
- Mercure : distillation, 344.
- Mesures électriques absolues, 157.
- Mesure radioélectrique de l’altitude, 147. Métabolisme et climat alpin, 335. Métaphosphate de calcium comme engrais, 222.
- Métaux légers : corrosion, 253.
- Métaux légers dans les explosifs, 373. Métaux : radiations, 285.
- Météorite de Sibérie, 129.
- Météorologie : mois, 58, 122, 186, 251, 332, 403.
- Méthoxyle dans les bois, 125.
- Meunerie : école française, 214.
- Microbes : irradiation, 285.
- Microdosage du carbone, 93.
- Microphone d’enregistrement, 191. Microphones multiples, 256.
- Microscopie : nouveaux milieu de montage, 12.
- Miel de l’abeille, 257.
- Millevaches : plateau, 397.
- Mitigeur « Le Nouvo », 32.
- Moaï de l’île Vao, 53.
- Molécules grosses, 88, 381.
- Mont-Blanc : nouveau refuge Yallot, 189. Mont Wilson : grand télescope, 374. Montagne Noire : tungstène, 157. Montrouge : centre expérimental de télévision, 199.
- Moteur à deux temps : distribution pneumatique, 407.
- Moteur à essence à dos, 160.
- Moteurs d’avions : refroidissement, 136. Moteur Diesel automobile : pompe à injection, 143.
- Moteur électrique le plus petit, 181. Mouillabilité et condensation, 142.
- Moulin à vent pour la recharge des accus, 375.
- Moustique de la fièvre jaune, 350. Multiplicateurs d’électrons, 239.
- Musée de la mer de Biarritz, 167. Mutations d’origine chimique, 157.
- N
- Nappes monoparticulaires, 33. Néanderthal : nouvel homme, 384. Nécrologie : Séjourné, 126. Nécrologie : Sôrensen, 337. Népenthès, 230.
- Nickel : amalgames, 221.
- Nickel Raney et soufre, 285. Niveau de l’océan, 125.
- Nivellement : erreurs, 285.
- Nobolfc, 96.
- Noyau atomique : problème, 171.
- O
- Observatoire do Paris : nouvelle pendule astronomique, 246.
- Océan : niveau, 125.
- Olives : glycérol, 125.
- Ombellifère méconnue, 187.
- Ondes très courtes : réception à grande distance, 337.
- Orgue électrique Tournier : synthèse des timbres, 71.
- Oxydation lente du magnésium, 373.
- P
- Pacifique sud : ponces, 373.
- Palais de la Découverte : nouvelles expériences, 5.
- Paludisme : épidémies, 93.
- Paludisxne : lutte, 300.
- Paris : migrations alternantes de la population, 159.
- Parois : mesure de l’épaisseur, 131.
- Pâte dentifrice, 128.
- Peau : brunissement, 192.
- Pêche sportive au harpon en mer, 148. Pelle à traction, 407.
- Pendule astronomique de l’Observatoire de Paris, 246.
- Pendule Schüler, 78.
- Percale : apprêt, 344.
- Perspective : toucher et vue, 365. Pétards, 224.
- Phosphonitrile, 125.
- Phosphure de lithium, 61.
- Phosphures de vanadium, 405. Photogrammétrie des monuments disparus, 114.
- Photographie aérienne automatique 200. Photographie : appareil à usages multiples, 95, 340.
- Photographie : appareil minuscule, 223. Photographie : causeries, 57, 332. Photographie dans les sciences, 42. Pierres gélives, 64.
- Piézographe, 288.
- Pigeons de Paris, 392.
- Pile électrique de 2.000 ans ? 100. Pissenlit, énigme historique, 202.
- Planète Hermès, 1.
- Plantes carnivores, 230.
- Plastique animée, 314.
- Plateau de Millevaches, 397.
- Plâtre : durcissement, 343.
- Poids atomique du carbone, 157.
- Poisson mésozoïque vivant, 213.
- Poisson qui couve ses œufs, 52.
- Poissons : vision des couleurs, 75 Pomme de terre : dates d’introduction, 30.
- Pompe h injection dans le moteur Diesel, 143.
- Ponces de l’Océan Pacifique sud, 373. Population du Reich, 338.
- Population parisienne : migxations alternantes, 159.
- Porc : rouget, 335.
- -,...:: 411 =
- Poussières industrielles siliceuses, 167. Précocité acquise, 93.
- Pression barométrique, 64.
- Prestidigitation, 89, 281.
- Prévision du temps : nouvelles perspectives, 234.
- Projection sonore : correction d’une salle, ' 288.
- Projections sonores : école d’opérateurs, 288.
- Protéines : masses moléculaires, 405. Prothèse auditive : alimentation, 64. Pyrénées : âge du granit, 157.
- R
- Radiations des métaux, 285. ltadiosondages, 61.
- Rameaux de vigne, 29.
- Rasoir mécanique vibrateur, 160.
- Rayons cathodiques : petits tubes, 31. Rayonnement pendant la coagulation, 187. Réactif de Twitchell, 376.
- Réactions à l’état solide, 54.
- Récepteur de T. S. F. : défaut, 343. Refroidissement des moteurs d’avions, 136 Refuge Yallot, 189.
- Reich : population, 338.
- Reliure : colle, 256.
- Rennes : institut de géologie, 132.
- Résine : hydrogénation, 254.
- Réunion : nouveau cratère, 221. Révélateur en deux bains, 408.
- Rivières : anomalies des champs électromagnétiques, 187.
- Rivière souterraine de Labouiche, 193. Robusticité et indices corporels, 128. Rouget du porc, 335.
- Routes goudronnées cancérigènes, 153.
- S
- Sables désertiques, 157.
- Salicylate de benzyle, 344.
- Salon de l’aviation, 16.
- Sauvetage d’un équipage de sous-marin, 380.
- Sécheuse-glaceuse rotative, 63.
- Seine : vasières, 335.
- Séjourné : nécrologie, 126.
- Sérothérapie antidiphtérique, 253. Sérothérapie cutanée, 285. .
- Serrures inviolables, 95.
- Sibérie : météorite, 129.
- Sidérurgie préhistorique, 217, 288.
- Sirop de citrons, 376.
- Soie : teinture, 344.
- Sol : influence du temps, 29.
- Soleil : périodes, 335.
- Sôrensen : nécrologie, 337.
- Soudure à l’étain de l’aluminium, 121. Soufflerie Hispano-Suiza, 355.
- Soufre : élimination des gaz de cheminées, 40.
- Soufre et nickel Raney, 285.
- Soufre : récupération des gaz de cokeries, 275.
- Sources lumineuses ultra-brillantes, 126. Sous-marin : sauvetage de l’équipage, 380. Stéthoscope piézoélectrique, 288. Stratosphère, 125.
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- 412
- T
- T. S. F. : irrégularités de réception, 192. T. S. F. : poste sur ondes courtes, 343. T. S. F. : récepteur à alimentation universelle, 127.
- T. S. F. : récepteur colonial, 192.
- T. S. F. : récepteur sur continu, 96.
- T. S, F. : schémas de récepteurs, 256.
- Talc : préparation, 79.
- Tantale : emploi, 254.
- Teinture de tissu de soie, 344.
- Télescope du Mont Wilson, 374. Télévision : centre expérimental de Montrouge, 199.
- Télévision : procédé Scophony, 304. Télévision : réception, 343.
- Température du sous-sol, 96.
- Température : plus bas minima, 122. Tente de camping pneumatique, 223. Terrassements par la pelle à traction, 407.
- Terre : composition aux grandes profondeurs, 338.
- Terre : vitesse de rotation, 64.
- Tesla : œuvre, 162.
- Tir : enseignement et cinématographie, 362.
- Toucher, vue et perspective, 365.
- Traction à vapeur : nouveaux engins, 260.
- Tremblante de la chèvre, 405. Tremblement de terre du Chili, 222, 268. Tremblements de terre : prévision, 264. Tubes à rayons cathodiques, 31. Tungstène, 96.
- Tungstène dans la Montagne Noire, 157. Typhus exanthématique : vaccination, 29. Tyr : ancien port, 125.
- U
- Ultra-violet : lampe d’analyses, 339. Ur : fouilles, 176.
- V
- Vaccination contre le typhus exanthématique, 29.
- Vaccination : facteurs adjuvants, 405. Vanadium : phosphures, 405.
- Yao (île) : moaï, 53.
- Yasières de la Seine, 335.
- Végétaux : possibilités biochimiques, 405. Vers de vase : conservation : 282.
- Verres ponctuels, 313.
- Verres sans réflexion, 213.
- Vêtements huilés, 376.
- Vitamines, hormones, calculs biliaires, 100.
- Vitrages doubles Silther, 94.
- Vigne : rameaux, 29.
- Vigne : xénie, 373.
- Vins : conservation, 128.
- Viscosité des huiles, 61, 93.
- Visibilité en milieu trouble, 373.
- Vision des couleurs chez les poissons, 75. Vol des étourneaux, 363.
- Volcanisme et chimie nucléaire, 405.
- Vue, toucher et perspective, 365.
- w
- Wintrebcrt, membre de F Académie des Sciences, 55.
- X
- Xénie de la vigne, 373.
- Z
- Zinc dans l’eau de mer, 157
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Magie mystérieuse, 89. — Black and white, 281.
- Ananoff (Alexandre). — L’histoire des lusées, 307. — Les progrès de la fusée, 38(1.
- A rend (S.). — Système stellaire d’un type nouveau, 70. — Peut-on prévoir les tremblements de terre ? 264.
- Arnoux (J.). — La colonisation aux Indes néerlandaises, 356.
- Arthenay. — Les nappes monoparticulaires, 33.
- B. (À.). — Sauvetage d’un équipage de sous-marin, 380.
- Beaudequin (Jacques). — La pompe à injection dans le moteur Diesel automobile, 143.
- Barolet (IL). — Récréations mathématiques, 18b, 401. — Calculs rapides, 329.
- Bertiielot (Ch.). — Fabrication d’essence par hydrogénation catalytique, 295.
- Bertrand (L.). — Résumés des communications à l’Académie des Sciences, 29 , 61, 93, 128, 157, 187 , 221, 253 , 285 , 335 , 373, 405.
- Boyer (Jacques). — Paul Wintrebert, membre de l’Académie des Sciences, 55. — Pêche sportive au harpon, 148. — Em. de Margerie, membre de l’Académie des Sciences, 183. — L’école française de meunerie, 214. — Fabrication des feuilles transparentes de cellulose, 226. — Bernard Lyot, membre de l’Académie des Sciences, 279.
- Broyer (Ch.). — Le plateau de Millevaches, 397.
- Cerisaie (J. de la). — Nouvelle pendule astronomique de l’Observatoire de Paris, 246.
- Chaux (Paul). — Reconstitution par la photogrammétrie des monuments disparus, 114.
- Cotton (Aimé). — Nouvelles expériences au Palais de la Découverte, 5.
- Dapsence (Paul). — Balance, type Roberval, à plateaux excentrés, 369.
- Decourt (Dr Philippe). — Les directives actuelles de la lutte antipaludique, 300.
- Demolliens (R.). — Soudure à l’étain de l’aluminium, 121.
- Devaux (Pierre). — Nouveaux engins de traction à vapeur, 260.
- Dietz (M.). — Les ancêtres de l’automobile, 118.
- Eyciiène (Jules). — Le rivière souterraine de Labouiche, 193.
- Forbin (Victor). — Dans le monde des abeilles, 25. — Les fouilles d’IJr, 176.
- Fournier (P.). — Le pissenlit, énigme historique, 202. — Les népenthès, 230.
- Foveau de Courmeli.es (l)r). — Les routes goudronnées sont-elles cancérigènes ? 153.
- Gaudin (Dr Charles). — Le courant diadynamique, 319.
- Giao (Antonio). — Nouvelles perspectives dans la prévision du temps, 234.
- 11. (P.). — Réception des ondes très courtes à grande distance, 337. — La cinématographie et l’enseignement du tir, 362.
- IIalluin (Dr Maurice d’). — L’actinométrie solaire à la portée de tous, 40.
- Hémardinquer (P.). — La mesure radioélectrique de l’altitude, 147. — Le centre expérimental de télévision de Montrouge,
- 199. — Les amplificateurs à émission secondaire, 239. — Le procédé de télévision scophony, 304.
- Hesse (Jean). — Les traversées aériennes au-dessus de l’Atlantique nord, 268.
- Housse (Abbé Emile). — Les couleuvres du Chili, 38 .
- Iché (Maurice). —• Curieuse illusion tactile, 126.
- Hubert (Constant). — Le vol des étourneaux, 363.
- Jarson (A.). — Cadran solaire analemmatique, 278.
- Konoroff (Georges). — Les îles Houat et Iiœdic, 321.
- Koulik (L.). — La météorite de Sibérie, 129.
- Kuentz (L.). —• Un poisson qui couve ses œufs, 52.
- Lac aine (Jean). — Refroidissement des moteurs d’avions, 136. — Avions de chasse, 345.
- Lamé (L.). — Le XVI® Salon de l’aviation, 16.
- Lanorville (G.). — Le talc et sa préparation, 79. — La désaération de l’argile, 353.
- Larue (Pierre). — Dates d’introduction de la pomme de terre, 30. — Le fumier et les mauvaises herbes, 120.
- Ley (Willy). — Une pile électrique datant de 2.000 ans ? 100.
- Lo Duca. — La documentation photographique et cinématographique dans les sciences, 42. — L’industrie de la laine synthétique, 208. — Du dessin animé à la plastique animée, 314.
- Mathis (Dr Maurice). — Lo moustique de la fièvre jaune, 350.
- Merle (René). — Un poisson mésozoïque vivant, 213
- Milon (Yves). — L’institut de géologie de la Faculté des Sciences de Rennes, 132.
- Morant (Henry de). — La faïence dans l’ancienne Egypte, 65.
- Magne de la Croix (P.). — Les fourmiliers, 82.
- Paieras (Dr B.). — Le toucher, la vue et la perspective, 366.
- Paulian (Renaud) et Yilliers (André). — Chez les Berbères du Haut Atlas, 87.
- Perruche (Lucien). — Les milieux de montage en microscopie, 12. — La vision des couleurs chez les poissons, 76. — Le musée de la mer de Biarritz, 167.
- Poichet (L.). — Verres ponctuels, 313.
- Raulin (G. de). — Les apprentis mécaniciens, 150.
- Reboussin (Roger). — Pigeons de Paris, 392.
- Rhodes (Jean). — Le tremblement de terre du Chili, 268.
- Roche (Jean de la). — Le moaï de l’île Vao, 53.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 58, 122, 186, 251, 332, 403. — Les plus bas minima de température, 122.
- Rousseau (Pierre). — L’arpentage du monde sidéral, 107.
- Rudaux (L.). — La petite planète Hermès, la plus voisine de la terre, 1. — Une belle aurore boréale, 161. — L’éclipse partielle de soleil du 19 avril, 225. — Phénomènes célestes en avril, 366.
- Schereschewsky (Ph.). — Un nouveau record français d’altitude, 10.
- Thoret (J.). — L’or blond de l’abeille, 257.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 26, 90, 155, 218, 283. — Causeries photographiques, 57, 332. — La première comète de 1939, 123, 189. — Un beau halo solaire, 197.
- Trial (Georges). — Le buffle sauvage d’Afrique équatoriale, 377.
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- = 414 .............: .. . :. =
- Turpain (Albert). — L’œuvre de Nicolas Tesla, 162.
- V. (II.). — Les grosses molécules, 88. — Recherche de nouveaux débouchés de l’argent, 182. — Verres sans réflexion, 213. — La dessication de l’Afrique Occidentale, 222.
- Vallois (II. V.). — Un nouvel homme de Néanderthal, 384.
- Viallard (Rodolphe). — La synthèse des timbres dans l’orgue électrique Tournier, 71. — Calculs biliaires, vitamines, hormones, 100.
- Vigneron (H.). — Les phénomènes lumineux accompagnant les explosions, 23. —• Los méthodes de séparation des isotopes, 30. — Élimination du soufre des gaz des cheminées, 40. — Les propriétés musicales des jets fluides, 49. — Les réactions à l’état solide, 64. — L’auscultation permanente des ouvrages d’art, 02, — Le pendule Schiller de l’université de Gôt-
- tingen, 78. — La puissance des explosifs, 84. — La structure des houilles, 112. — Mesure de l’épaisseur des parois, 131. — Condensation et mouillabilité, 142. — Les poussières industrielles siliceuses, 167. — Le problème du noyau atomique, 171. — La commande souple à distance, 206. — Les isolants en électrotechnique, 249. — Récupération du soufre des gaz de cokeries, 275. — Adsorption des constituants à la surface des alliages, 281. — Les avalanches, 289. — Le grand télescope, du Mont Wilson, 374. — Les bentonites, 374. — Les arborescences minérales, 365. —• La chimie des grosses molécules, 381. — Nouvelles matières. plastiques, 395.
- Y ilt.ie rs (André). — Voir Pauli an (Renaud).
- * . — Précautions contre les attaques aériennes, 394.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumés des communications (L. Bertrand), 29, 61, 93,
- 125, 157, 187, 221, 253, 285, 335, 313, 405 Nouveaux membres (J. Boyer).
- Paul WlNTREBERT................................55
- Em. de MargeRie................................183
- Bernard Lyot...................................279
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La petite planète Hermès, la plus voisine de la Terre
- (L. Rudaux).............................................. 1
- L’étoile quadruple 59 Serpent..............................29
- Système stellaire d’un type nouveau (S. Arend). ... 70
- Le pendule Scbüler de l’université de Gôttingen (H. Vigneron)........................................................^8
- L’arpentage du monde sidéral (P. Rousseau).............107
- La première comète de 1939 (E. Touchet)............123, 189
- Étoile nouvelle ou étoile variable ?......................159
- L’éclipse partielle de soleil du 19 avril (L. Rudaux). . 225 La nouvelle pendule astronomique de l’Observatoire de
- Paris (J. de la Cerisaie)...............................246
- Cadran solaire analemmatique (A. Jarson)..............278
- Bernard Lyot, membre de l’Académie des Sciences
- (J. Boyer)..............................................279
- Calculs rapides (H. Barolet)..............................329
- Phénomènes célestes en avril (L. Rudaux)..............366
- Le grand télescope du Mont Wilson (H. Vigneron). . . 374
- Récréations mathématiques (H. Barolet)............. 185, 401
- Bulletin astronomique (Em. Touchet). 26, 90, 155, 218,
- 283, 370
- III. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Nouvelles expériences au Palais de la Découverte
- (A. COTTON) . . . . ........................... 5
- Les phénomènes lumineux accompagnant les explosions
- (H. Vigneron)............................................. 23
- Les méthodes de séparation des isotopes (H. Vigneron). . 30
- Les nappes monoparticulaires (Arthenay)......................33
- Les propriétés musicales des jets fluides (H. Vigneron). . 49
- Les réactions à l’état solide (H. Vigneron)...............54
- Viscosité des huiles.........................................61
- Les grosses molécules (H. V.)...........:.................88
- La viscosité des huiles......................................93
- Sources lumineuses ultra-brillantes..........................126
- Condensation et mouillabilité (H. Vigneron)..................142
- Le poids atomique du carbone.................................157
- Le problème du noyau atomique (H. Vigneron)..................171
- Le rayonnement pendant la coagulation. ......................187
- Verres sans réflexion (H. V.)................................213
- Nouvelle cellule photoélectrique............................221
- Nouvel alliage magnétique...................................254
- L’adsorption des constituants à la surface des alliages
- (II. Vigneron)............................................281
- Radiations des métaux...................................... 285
- Les arborescences minérales (H. Vigneron)...................365
- Balance, type Roberval, à plateaux excentrés (P. Dap-
- sence)....................................................369
- Visibilité en milieu trouble................................373
- 2, Chimie.
- Élimination du soufre des gaz des cheminées (H. Vigne-
- ron) .....................................................40
- Analyse des gommes....................................... 61
- Phosphure de lithium .....................................61
- L’acide sulfamique.........................................62
- Microdosage du carbone....................................93
- Nouvelle usine allemande d’hydrogénation de la houille. 94
- Le cupaloy................................................94
- La structure des houilles (II. Vigneron)..................112
- P «cherche des halogènes à la touche......................125
- Le phosphonitrile.........................................125
- Le zinc dans l’eau de mer.................................157
- Recherche de nouveaux débouchés de l’argent...............182
- L’élément 87 ............................................ 221
- Les amalgames de nickel...................................221
- Fusion du graphite........................................253
- Corrosion des métaux légers...............................253
- Synthèse des feldspaths...................................253
- Procédé acide de fabrication des fontes...................254
- Hydrogénation de la résine................................254
- Le glycérol synthétiquo...................................254
- Emplois du tantale en chimie minérale.....................254
- Récupération du soufre des gaz de cokeries (H. Vigneron). 275
- Le nickel Raney et le soufre..............................285
- Fabrication d’essence par hydrogénation catalytique
- (C. Berthelot)..........................................295
- L’électrolyse des fluôsilicates...........................335
- Sôrensen : nécrologie.....................................387
- L’Oxydation lente du magnésium............................373
- Carbures acétyléniques Aurais.............................373
- La chimie des grosses molécules (H. Vigneron).............381
- Nouvelles matières plastiques (H. Vigneron)...............395
- Vulcanisme et chimie nucléaire............................405
- Phosphures de A'anadium. . . '............................405
- L’attaque du carbure de fer...............................405
- IV. — SCIENCES NATURELLES 1. Géologie. — Paléontologie.
- L’institut de géologie de la Faculté des Sciences de Ren-
- nes (Y. Milon)........................................132
- La région d’Alençon.....................................157
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- L’âge du granit des Pyrénées................................157
- Les sables désertiques......................................157
- Le tungstène de la Montagne Noire....................157
- Em. de Margerie, membre de l’Académie des Sciences
- (J. Boveu)................................................183
- La falaise éboulée d’Ivry...................................253
- Les ponces de l’Océan Pacifique sud.........................373
- Les bentonites (H. Vigneron)................................374
- 2. Physique du globe. — Météorologie.
- Un nouveau record français d’altitude (P. Sciiereschewskï). 10
- Influence du temps sur la composition du sol...............29
- Couronnes et anticouronnes dans le brouillard. ... 29
- L’actinométrie solaire à la portée de tous (M. d’HAL-
- hvm).............................................40, 128
- Mesures de g...............................................61
- Les radiosondages..........................................61
- Le champ électrique atmosphérique............. ; . . 93
- Le « Carimaré », station météorologique flottante sur
- l’Atlantique (J. Boyer)..................................97
- Les plus bas minima de température (E. Roger). . . 122
- La basse stratosphère.....................................125
- Le niveau de l’océan.................................... 125
- La météorite de Sibérie (L. Koulik).......................129
- Une belle aurore boréale (L. Rudaux)......................161
- Anomalies des champs électromagnétiques près des rivières ......................................................187
- La foudre en Haute-Garonne................................187
- Le crépuscule.............................................187
- Un beau halo solaire (E. Touchet).........................197
- Un nouveau cratère à la Réunion ..........................221
- L’air ionisé..............................................221
- Le tremblement de terre du Chili..........................222
- Nouvelles perspectives dans la prévision du temps
- (A. Giano)..............................................234
- Cyclone tropical..........................................253
- Peut-on prévoir les tremblements de terre ? (S. Arend). 264
- Le tremblement de terre du Chili (j. Rhodes)..............268
- Les erreurs de nivellement................................285
- Les avalanches (II. Vigneron)................... . . 289
- Les périodes solaires ....................................335
- Les vasières de la Seine..................................335
- Composition de la Terre aux grandes profondeurs. . . 338 Le mois météorologique (Em. Roger). 58, 122, 186, 251,
- 332, 403
- 3. Zoologie — Biologie. — Physiologie.
- Dans le monde des abeilles (V. Forbin)...................25
- L’éphédrine et l’anoxémie ...............................29
- Les couleuvres du Chili (É. Housse)......................38
- Un poisson qui couve ses œufs (L. Kuentz)................52
- Paul Wintrebert, membre de l’Académie des Sciences
- (J. Boyer)................................................55
- La choline chez les mammifères..............................61
- La vision des couleurs chez les poissons (L. Perruche). 75
- Les fourmiliers (P. Magne de la Croix)...................82
- Calculs biliaires, vitamines, hormones (R. Viallard). . 100
- Curieuse illusion tactile (M. Iché).........................126
- Pêche sportive au harpon (J. Boyer)......................148
- Le musée de la mer de Biarritz (L. Perruche).............167
- Fibres musculaires vitrifiées...............................187
- Un poisson mésozoïque vivant (R. Merle)..................213
- Absorption digestive de l’insuline..........................253
- L’or blond de l’abeille (J. Thoret).........................257
- Métabolisme et cümat alpin..................................335
- Le vol des étourneaux (C. Hubert)..........................363
- Le toucher, la vue et la perspective (Dr B. Pailhas). . . 366
- Dosage biologique de l’acide ascorbique.....................373
- Précurseurs de l’acide ascorbique....................... . 373
- Le buffle sauvage d’Afrique équatoriale (G. Trial). . . 377
- Pigeons de Paris (R. Reboussin)...........................392
- Masses moléculaires des protéines.........................405
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les milieux de montage en microscopie (L. Perruche). . 12
- Le chauffage électrique en horticulture......................24
- L’essence de lvaro Karoundé..................................29
- Cultures aseptiques........................................ 29
- Les rameaux de AÛgne.........................................29
- Dates d’introduction de la pomme de terre (P. Larue). 30
- Les hétéroauxines.......................................... 61
- Les cafés coloniaux français.................................ol
- La précocité acquise....................................... 93
- Cultures à l’obscurité.......................................93
- Le fumier et les mauvaises herbes (P. Larue)................120
- Le glycérol dans les olives.................................125
- Le mëthoxyle dans les bois..................................125
- La cryptolépine.............................................157
- L’azote des feuilles panachées..............................157
- Mutations d’origine chimique................................157
- Ombellifère méconnue........................................187
- Le pissenlit, énigme historique (P. Fournier)...............202
- L’école française de meunerie (J. Boyer). ..................214
- La chlorose calcaire........................................221
- Le métaphosphate de calcium comme engrais...................222
- Un record chez les plantes carnivores : les népenthès
- (P. Fournier).............................................230
- Capture de larves par des champignons.......................253
- Action de la colchicine sur les végétaux....................253
- Celluloses des algues . . 285
- I.a production des céréales.................................335
- Identification d’une algue..................................373
- Xénie de la vigne...........................................373
- Possibilités biochimiques des végétaux......................405
- V. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Le moaï de l'île Vao (J. de la Roche).....................53
- La faïence dans l’ancienne Égypte (H. de Morant). ... 65
- Chez les Berbères du Haut Atlas (R. Paulian et A. Vil-
- LIERS).....................................................87
- Pour les archéologues de l’an 6939........................ 121
- L’ancien port de Tyr........................................125
- Les migrations alternantes de la population parisienne
- en 1936 ................................................. 159
- Les perspectives démographiques de l’Allemagne. . . . 159
- Les fouilles d’Ur (V. Forbin)...............................176
- La rivière souterraine de Labouiche (J. Eyciiène). . . . 193
- La dessication de l’Afrique occidentale (H. V.). . . . 222
- Les îles Houat et Hœdic (G. Konoroff).......................321
- Population du nouveau Reich allemand........................338
- Le chemin de fer transiranien...............................338
- La colonisation aux Indes néerlandaises (J. Arnoux). . 356 Un nouvel homme de Néanderthal (H. V. Vallois). . . . 384
- Le plateau de Millevaches (C. Broyer).......................397
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Vaccination contre le typhus exanthématique. .... 29
- La lèpre expérimentale..................................93
- Les gauchers . ........................................ . 93
- Les épidémies de paludisme.......................... 93
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- Les routes goudronnées sont-elles cancérigènes ?
- (Dr Foveau de Couiimelles)................................153
- Transmission de la fièvre jaune...........................181
- Action de l’eau de Vichy..................................221
- Correction de la cataracte................................221
- Anaphylaxie locale...................................... • 221
- Sérothérapie antidiphtérique..............................253
- Colibacillose.............................................285
- Sérothérapie cutanée......................................285
- Irradiation des microbes..................................285
- Les directives actuelles de la lutte antipaludique
- (Dr P. Decourt).........................................300
- Verres ponctuels (L. Poichet).............................313
- Le courant diadynamique (Dr C. Gaudin)....................310
- Bactério thérapie de l’épithélioma du lapin...............335
- Le rouget du porc.........................................335
- Le moustique de la fièvre jaune (Dr M. Mathis). . . . 350
- Tremblante de la chèvre...................................405
- Facteurs adjuvants de la vaccination......................405
- VH. — SCIENCES APPLIQUÉES 1. Mécanique- — Industrie. — Outillage.
- Le talc et sa préparation (G. Lanorville)..................79
- La puissance des explosifs (II. Vigneron)..................84
- Les vitrages doubles Silther..................................94
- Mesure de l’épaisseur des parois (H. Vigneron).............131
- Les poussières industrielles siliceuses (II. Vigneron). . . 167
- Extinction par les poussières.................................187
- La commande souple à distance (H. Vigneron)................206
- L’industrie de la laine synthétique (Lo Duc a).............208
- La sidérurgie préhistorique...........................217, 288
- Fabrication des feuilles transparentes do cellulose
- (J. Boyer)................................................ 226
- Les luminosités d’explosion................................ . 285
- Les hautes pressions et les explosifs......................335
- La désaération de l’argile (G. Lanorville).................353
- Les métaux légers dans les explosifs..........................373
- 2. Photographie.
- Documentation photographique et cinématographique
- dans les sciences (Lo Duca).............................42
- Reconstitution par la photogrammétrie des monuments
- disparus (P. Chaux).....................................114
- La photographie aérienne automatique.....................200
- Du dessin animé à la plastique animée (Lo Duca). . . 314 La cinématographie et l’enseignement du tir (P. H.). . . 362 Causeries photographiques (Em. Touchet).
- Influence de la forme du diaphragme sur l’image. . 57
- Le courrier des lecteurs..............................332
- 3. Électricité.
- La synthèse des timbres dans l’orgue électrique Tournier (R. Viallard).........................................7|
- Une pile électrique datant de 2.000 ans P (W. Ley). . . 100
- Mesure des intensités élevées.................................125
- La mesure radioélectrique de l’altitude (P. Hémardinquer). 147
- Mesures électriques absolues..................................157
- L’œuvre de Nicolas Testa (A. Turpain).........................162
- Lo plus petit moteur électrique...............................181
- Lampes-tubes luminescentes....................................187
- Le centre expérimental de télévision de Montrouge
- (P. Hémardinquer)..........................................199
- Les amplificateurs à émission secondaire (P. IIémardin-Qüer).....................................................239
- 417
- Machine parlante et automates de l’Exposition de New-
- York ...................................................247
- Les isolants en électrotechnique (H. Vigneron)............249
- Le procédé de télévision Scophony (P. Hémardinquer). . 304
- Réception des ondes très courtes à grande distance (P. H.)....................................................337
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- L’auscultation permanente des ouvrages d’art (H. Vigne-
- ron)......................................................62
- Paul Séjourné : nécrologie.................................126
- Le nouveau refuge Vallot...................................189
- 5. Transports.
- Les ancêtres de l’automobile (M Dietz).................118
- La pompe à injection dans le moteur Diesel automobile
- (J. Beaudequin)......................................143
- Nouveaux engins de traction à vapeur (P. Devaux). . . 260
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Le XVIe Salon de l’aviation (M. Lamé)......................16
- Lo second dirigeable « Graf Zeppelin ».....................126
- Refroidissement des moteurs d’avions (J. Lacaine). . . 136 Los traversées aériennes au-dessus de l’Atlantique nord
- (J. Hesse)................................................268
- L’histoire des fusées (A. Ananoff)...........................307
- Avions de chasse (J. Lacaine)................................845
- La grande soufflerie Hispano-Suiza...........................355
- Les progrès de la fusée (A. Ananoff).......................386
- Précautions contre les attaques aériennes....................394
- 7. Guerre et Marine.
- Les apprentis mécaniciens (G. de Raulin)...............150
- Sauvetage d’un équipage de sous-marin (A. B.). . . . 380
- IX. - VARIA
- Prestidigitation (Alber).
- Magie mystérieuse.....................................89
- Black and wliite.......................................281
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES 1. Inventions et Nouveautés.
- Petits tubes à rayons cathodiques.......................31
- Allumette électrique....................................32
- Mitigeur « Le Nouvo »...................................32
- Appareil de sécurité contre l’incendie des autos. . 63
- Sécheuse-glaceuse rotative..............................63
- Appareil photographique à usages multiples. ... 95
- Serrures inviolables....................................95
- Récepteur à alimentation universelle....................127
- Trieur-caisse de monnaies...............................127
- Moteur à essence à dos............................... 160
- Rasoir mécanique vibrateur..............................160
- Machine à limer à ruban.................................190
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- Ceinture sportive :....................................190
- Appareil photographique minuscule......................223
- Tente de camping pneumatique. . . 223
- Emballage métallique pour crèmes.......................255
- Lumvisor...............................................255
- Cuve à flotteur étanche................................287
- Machine à brouillard pour cinéma.......................287
- Lampe d’analyses à U. V................................339
- Audiomètre perfectionné................................339
- Appareil photographique à usages multiples. . . . 340
- Antenne antiparasite toutes ondes......................340
- Véhicule de camping....................................341
- Mesure de la capacité respiratoire.....................341
- Chalumeau souple Dipso.................................342
- Moulin à vent pour la recharge des accus...............375
- Coupe-circuit perpétuel................................373
- Affûteur pour lames de rasoir..........................373
- Moteur à deux temps à distribution pneumatique. 407 Terrassements par la pelle à traction.............407
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Enduits pour béton...............................58
- Soudure à l’étain de l’aluminium................... . 121
- Destruction des blattes...............................217
- Encaustiques et cirages : perfectionnements de fabrication..........................................251
- Vers de vase : conservation...........................282
- Mastics pour aquariums.............................282
- 3. Boîte aux Lettres.
- Vitesse de rotation de la Terre..........................64
- Prothèse auditive : alimentation........................-64
- Pression barométrique ...................................64
- Désincrustants...........................................64
- Pierres gélives .........................................64
- Astronomie...............................................96
- T. S. F. : récepteur sur continu.........................96
- Condensateurs électrolytiques............................96
- Sol : température........................................96
- Nobolt...................................................96
- Verre : coupe.......................................... 96
- Électrolyse : dépôts.....................................96
- Tungstène.............................................. 96
- Verres : nettoyage.......................................96
- Vins : conservation....................................-12S
- Robusticité et indices corporels........................128
- Pâte dentifrice.........................................128
- Bronzage des canons de fusil............................128
- Gui.....................................................128
- Chapeaux de paille : nettoyage..........................128
- Eaux résiduai es : utilisation..........................12S
- Jets fluides : propriétés musicales.....................191
- Illusion tactile........................................191
- Microphone d’enregistrement.............................191
- T. S. F. : récepteur colonial...........................192
- T. S. F. ; irrégularités de réception........... 192, 343
- Bouchons de liège : conservation........................192
- Brunissement de la peau.................................192
- Lut pour aquarium.......................................192
- Birlcenwasser...........................................192
- Pétards.................................................224
- Feux de Bengale.........................................224
- Encre fixe..............................................224
- Linoléum : nettoyage....................................224
- Machine de Wimshurst....................................224
- Capsulage des bouteilles................................224
- T. S. F. : schémas de récepteurs........................256
- Microphones multiples...................................256
- Dorure des tranches de livres................... 256, 343
- Colle pour reliure......................................256
- Colle blanche...........................................256
- Fond de teint........................................ . 256
- Huile de graissage......................................256
- Sidérurgie préhistorique................................288
- Film en couleurs : technique,...........................288
- Stéthoscope piézoé^ctrique..............................288
- Piézograpbe.............................................288
- Projection sonore : correction d’une salle..............288
- Projection sonore : école d’opérateurs..................288
- Ondes courtes : poste émetteur-récepteur................343
- Cours de radioélectricité et cinématographie. . . . 343
- Lanterne de projection : construction...................343
- Cellule photoélectrique pour aveugles................343
- Télévision : réception..................................343
- Polycopies..............................................343
- Plâtre : durcissement...................................343
- Encaustiques pour parquets..............................344
- Battée..................................................344
- Mercure : distillation..................................344
- Apprêt percale..........................................344
- Mastic à greffer........................................344
- Encrassage des limes....................................344
- Salicylate de benzyle...................................344
- Collage du drap sur bois................................376
- Eau de toilette.........................................376
- Lotion épidermique......................................376
- Fixatif pour cheveux....................................376
- Baroscope...............................................376
- Empreintes digitales....................................376
- Réactif de Tvvitchell................................. 376
- Vêtements huilés........................................376
- Révélateur en deux bains................................408
- Ccllophano : collage................................. . 408
- Crème à raser......................................... 408
- Bulles de savon.........................................408
- Antibuée................................................408
- Graisse d’armes....................................... 408
- Auto : entretien de la carrosserie......................408
- Colles..................................................408
- Colle pour cuir.........................................408
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux, 28, 60. 92, 124, 158, 188, 220, 252, 286, 336, 372, 406.
- Le Gérant : G. MASSON.
- imprimé par barnéoud frères et cle a laval (france) — 1939 — PubUshed in France.
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